GROUPE 8 : tuteur : BASSIROU KOUME
EXPOSANTES :
LARISSA OBEGA
MAIMOUNA SECK
FATOUMATA SAM
DOLINDA SYLVA
SUJET 8 : le président de la République est-il responsable ?
Le président de la république, en tant que figure centrale de l'exécutif dans de
nombreux systèmes politiques, notamment dans le cadre de la Ve République
française, ok une position de pouvoir et d'autorité considérable. Cependant,
cette position soulève une question essentielle dans les régimes
constitutionnels modernes : le président de la République est-il responsable ?
Endroit constitutionnel, la responsabilité peut se décliner en plusieurs formes :
responsabilité politique, responsabilité pénale, et responsabilité civile. La
question de la responsabilité du Président de la République suscite des débats
depuis l'origine de la Ve République, en raison de la fonction primordiale qu'il
exerce et des pouvoirs considérables qui lui sont conférés.
Cette dissertation se propose d'étudier dans quelles conditions et selon quelles
modalités le président de la République peut être tenu responsable de ses
actes ? Pour se faire, il conviendra tout d'abord d'examiner la portée de
l'irresponsabilité présidentielle en I, avant de se pencher sur les mécanismes
par lesquels cette irresponsabilité peut être atténuée en II.
I. Une irresponsabilité présidentielle largement consacrée
En raison de la place prééminente du président dans les constitutions, la
constitution lui accorde une protection particulière. Il bénéficie ainsi d'une
irresponsabilité politique qui le soustrait à toute sanction parlementaire, ainsi
que d'une immunité pénale total durant l'exercice de ses fonctions
A. Une irresponsabilité politique devant le parlement
Le président de la République n'est pas responsable politiquement devant le
parlement, ce qui le distingue des membres du gouvernement. Contrairement
au premier ministre, qui peut être renversé par une motion de censure, le chef
de l'État ne peut être contrainte de quitter ses fonctions par une décision
parlementaire. Cette absence de responsabilité politique repose sur l'idée que
le président tire sa légitimité du suffrage universel direct et non du parlement.
Ainsi, il ne peut être sanctionné politiquement qu'au moment des élections
présidentielles, où le peuple juge son action.
Ce principe renforce la stabilité des institutions et empêche toute crise
politique majeure liée à un conflit entre l'exécutif et le législatif. Même en cas
de forte impopularité, le président reste en place jusqu'à la fin de son mandat,
sauf en cas de décision volontaire. La seule forme de responsabilité politique
qui lui est applicable reste donc le verdict électorat, qui permet aux citoyens de
choisir de le reconduire ou non au pouvoir.
B. Une immunité pénale totale durant le mandat
Sur le plan juridique, le président bénéficie d'une protection complète contre
toute poursuite judiciaire pendant l'exercice de ses fonctions. L'article 67 de la
constitution établie que le chef de l'État ne peut être poursuivi, ni même
entendu comme témoin devant une juridiction, qu'il s'agisse d'action commis
dans l'exercice de ces fonctions ou de fait relevant de sa vie privée. Cette
immunité garantie que la justice ne puisse être utilisé comme un moyen de
pression contre lui et protège la continuité de l'État.
L'objectif de cette immunité est d'éviter que le président ne soit empêché
d'exercer ses responsabilités par des procédures judiciaires. Une mise en cause
judiciaire en plein mandat pourrait en effet affaiblir son autorité et paralyser
l'action gouvernementale. Toutefois, cette protection ne signifie pas que le
président soit définitivement à l'abri de toute poursuite : elle cesse dès la fin de
son mandat, et certains mécanismes permettent, dans des cas exceptionnels,
de l'engager avant ce terme.
II. Une responsabilité engagée dans des cas exceptionnels
Bien que le président bénéficie d'une large irresponsabilité durant son mandat,
certains dispositifs permettent néanmoins de l'engager dans des circonstances
particulières. Il peut être tenu responsable après son départ de l'Élysée, mais
également dans le cadre d'une procédure exceptionnelle de destitution en cas
de manquement grave.
A. Une responsabilité engagée après la fin du mandat
Si le président est intouchable sur le plan judiciaire pendant son mandat, cette
immunité prend fin un mois après son départ de l'Élysée. Dès lors il devient un
justiciable ordinaire et peut être poursuivi pour des actes commis avant ou
pendant son mandat, à condition qu'ils ne soient pas directement liés à
l'exercice de ses fonctions présidentielles. Ainsi, les anciens présidents ont pu
être jugé après avoir quitté le pouvoir, comme Jacques Chirac, condamné en
2011 pour détournement de fonds publics, ou Nicolas Sarkozy, impliqué dans
plusieurs affaires judiciaires après sa présidence.
Cette possibilité de poursuite après le mandat permet d'éviter qu'un président
ne profite de son immunité pour échapper définitivement à la justice.
Toutefois, elle soulève parfois des critiques, certains estimant qu'elle ne suffit
pas à garantir une responsabilité immédiate en cas de faute grave commise
durant l'exercice du pouvoir.
B. Une destitution possible en cas de manquement grave
La constitution prévoit une exception à l'irresponsabilité présidentielle en cas
de manquement grave à ses devoirs. L'article 68 instaure une procédure de
destitution qui peut être déclenché par le parlement si le comportement du
président est jugé manifestement incompatible avec l'exercice de son mandat.
Cette procédure exceptionnelle nécessite un vote des deux tiers des
parlementaires réunis en Haute Cour, ce qui en fait un mécanisme difficile à
mettre en œuvre réserver au cas des plus extrêmes.
Depuis son introduction en 2007, cette procédure n'a jamais été appliquée en
France, ce qui montre son caractère exceptionnel. Elle constitue néanmoins
une garantie démocratique, permettant d'empêcher un président de rester en
fonction s'il venait à enfreindre gravement les principes de la République. Par
ailleurs, bien que son immunité nationale soit garantie, le président pourrait en
théorie, être poursuivi devant la Cour pénale international pour des crimes
particulièrement graves, tel que les crimes contre l'humanité.