Les phrases complexes
Définition de la phrase complexe
Une phrase complexe est une phrase qui contient au minimum deux propositions, chacune
munie d’un verbe conjugué ; on y trouve donc autant de propositions que de verbes
conjugués.
Contrairement à la phrase simple, qui ne comporte qu’une seule proposition et un seul verbe
conjugué, la phrase complexe peut exprimer des relations logiques et temporelles plus
élaborées.
la phrase complexe est une phrase formée de plusieurs propositions liées entre elles par
coordination ou subordination.
Les types de liaisons entre propositions
Les propositions d’une phrase complexe peuvent être reliées selon trois modalités
principales :
1. Juxtaposition
2. Coordination
3. Subordination
1. La juxtaposition
La juxtaposition est une technique grammaticale qui consiste à relier des éléments ou des
prépositions sans utiliser de mot de liaison, séparées par une virgule ou un point-virgule ; par
exemple : « Il fait froid, la neige tombe. »
2. La coordination
La coordination relie les propositions à l’aide de conjonctions de coordination telles que et,
mais, ou, donc, or, ni, car ; par exemple : « Je l’aime et je le déteste. »
3. La subordination
La subordination lie une proposition subordonnée à une proposition principale grâce à un
subordonnant (conjonction de subordination, pronom relatif, adverbe relatif) ; par exemple :
« Quand il arrive, je partirai. ».
Types de subordonnées
On distingue traditionnellement cinq grandes catégories de subordonnées :
Conjonctives (cause, but, conséquence, comparaison, concession, condition, temps)
Interrogatives indirectes
Relatives
Participiales
Infinitives
Identifier les propositions
Pour repérer toutes les propositions dans une phrase complexe :
1. Compter les verbes conjugués : chaque verbe conjugué correspond à une
proposition.
2. Repérer les connecteurs : virgules isolées, conjonctions de coordination ou
subordonnants.
3. Distinguer principale et subordonnées : la proposition principale peut rester seule et
a un sens complet, tandis que la subordonnée dépend de la principale.
La subordonnée conjonctive circonstancielle de cause
I. Définition
Une subordonnée conjonctive circonstancielle de cause est une proposition dépendante qui
explique la cause du fait exprimé dans la proposition principale. Elle est introduite par une
conjonction de subordination (subordonnant) et sert de complément circonstanciel de cause
du verbe de la principale.
I. Les subordonnants de cause
1. Principaux subordonnants simples
Parce que : le plus courant, neutre, introduit une cause explicite (la cause est
clairement exprimée, formulée de manière directe).
Il est resté à la maison parce qu’il faisait froid. (La cause est nouvelle et clairement
exprimée.)
Je ne suis pas venu parce que j’avais un rendez-vous. (La raison de l'absence est
donnée de manière neutre.
Elle pleure parce qu’elle a perdu son chat. (Cause exprimée sans jugement ni nuance.)
puisque : souligne une cause considérée comme évidente ou connue de tous.
Puisque tu es là, aide-moi. (Le fait « tu es là » est supposé connu et évident)
Je ne vais pas insister, puisque tu refuses de m’écouter. (On considère le refus comme
une évidence.)
Tu peux entrer, puisque la porte est ouverte. (La cause est logique et constatée)
comme : toujours placé en tête de phrase, introduit une cause déjà établie ou moins
contrastée (la cause est connue, déjà établie, ou considérée comme moins importante
que la conséquence).
Comme il pleuvait, nous avons annulé la sortie. (La cause (il pleuvait) est déjà connue,
et l’accent est mis sur la conséquence (nous avons annulé).)
Comme elle était malade, elle n’est pas venue. (On ne discute pas la cause, on la
considère comme acquise.
2. Autres subordonnants et locutions
vu que : introduit une cause présentée comme un fait observable ou évident.
On constate la cause (souvent déjà connue ou perceptible) et on en déduit une
conséquence logique.
Vu qu’il est malade, il ne viendra pas. (On part du fait constaté qu’il est malade pour
expliquer son absence.)
Vu que personne n’écoute, je préfère me taire. (La cause est évidente, on ne cherche
pas à convaincre.)
Vu que la route est bloquée, on prendra un autre chemin. (On s’adapte à une situation
constatée.)
étant donné que : introduit une cause posée comme un fait établi, souvent dans un
registre formel ou explicatif. Elle signale que la situation de départ justifie
logiquement la conséquence.
Étant donné qu’il pleut, le match est annulé. (La pluie est un fait établi qui justifie la
décision.)
Nous resterons à l’intérieur, étant donné que le temps est mauvais. (On explique la
décision par une cause objective.)
Étant donné que tu n’as pas révisé, tu ne peux pas passer l’examen. (La cause est
constatée et sert d’argument.)
Du moment que : introduit une cause posée comme suffisante pour justifier une
conséquence.
Elle met l’accent sur le point de départ d’une situation qui suffit à expliquer ou
légitimer ce qui suit. Elle signifie : « puisque cette condition est remplie, cela suffit »,
souvent avec une nuance de tolérance, résignation ou justification.
Du moment que tu es heureux, c’est le principal. (Le fait que tu sois heureux suffit à
justifier le reste.)
Du moment que tu rends ton travail à l’heure, peu importe comment tu t’y prends.
(La condition de départ suffit à justifier l’attitude.)
Je suis d’accord, du moment que ça ne me dérange pas. (Une seule condition (le
confort personnel) suffit.)
sous prétexte que : introduit une cause donnée comme justification, mais que le
locuteur met en doute, rejette ou conteste. Elle signifie que la cause avancée n’est
qu’un prétexte, une excuse peu valable ou hypocrite. Le locuteur ne croit pas
vraiment à la cause présentée, ou la juge insuffisante.
Il n’est pas venu, sous prétexte qu’il avait trop de travail. (Le locuteur doute de
cette excuse.)
Sous prétexte qu’il est fatigué, il refuse de nous aider. (Il se sert de la fatigue comme
prétexte.)
Elle a tout annulé, sous prétexte qu’il pleuvait un peu. (La pluie n’est pas une vraie
raison selon le locuteur.)
Non que… mais parce que (subjonctif + indicatif):
La tournure « non que… mais parce que » sert à rejeter une cause supposée ou
attendue, pour mettre en avant la véritable cause.
o « Non que » introduit une cause niée (ce n’est pas pour cette raison).
o « Mais parce que » introduit la véritable cause, affirmée.
👉 Elle oppose donc une cause fausse à la vraie cause.
Hier soir, je n’ai pas regardé le film, non qu’il soit mauvais, mais parce que j’étais trop
fatigué pour l’apprécier.
La subordonnée conjonctive circonstancielle de but