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Plan Du Cours Du Cours Et Chapitre 1 Analyse Menetaire

Le cours d'analyse monétaire, dirigé par le Dr Mbanga Kassi Olivier, couvre les fonctions, formes et mesures de la monnaie, ainsi que le système bancaire camerounais et la politique monétaire. Il explore la création et le contrôle de la monnaie, la demande monétaire et le financement de l'économie, tout en soulignant le rôle social et politique de la monnaie dans les échanges économiques. Le document propose également des références bibliographiques et des ressources en ligne pour approfondir les connaissances sur le sujet.

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Plan Du Cours Du Cours Et Chapitre 1 Analyse Menetaire

Le cours d'analyse monétaire, dirigé par le Dr Mbanga Kassi Olivier, couvre les fonctions, formes et mesures de la monnaie, ainsi que le système bancaire camerounais et la politique monétaire. Il explore la création et le contrôle de la monnaie, la demande monétaire et le financement de l'économie, tout en soulignant le rôle social et politique de la monnaie dans les échanges économiques. Le document propose également des références bibliographiques et des ressources en ligne pour approfondir les connaissances sur le sujet.

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Plan du cours d’analyse monétaire

Dr Mbanga Kassi Olivier

Chargé de Cours Université de Douala, FSEGA

Chapitre 1 : La monnaie : Fonctions, Formes et Mesure

Chapitre 2 : le système bancaire camerounais et la conjoncture monétaire


et financière nationale

Chapitre 3 : La création monétaire

Chapitre 4 : contrôle de la création monétaire

Chapitre 5 : la demande de monnaie

Chapitre 6 : le financement de l’économie

Chapitre 7 : La politique monétaire

Introduction générale

L’approche la plus courante de la monnaie la définit comme un moyen de paiement


accepté par tous, au sein d’un espace géographique donné, directement utilisable pour effectuer
les règlements sur les marchés des biens et services ou pour régler définitivement toutes les
dettes au sein d’un espace monétaire donné. L’étude de la monnaie nous oblige à délimiter le
champ de nos investigations.

- Nous nous situons dans une économie monétaire, c’est-à-dire dans une économie où il y a
circulation de la monnaie. La monnaie a ce que l’on appelle un pouvoir libératoire immédiat et
général. La monnaie n’a pas d’utilité privée, mais une utilité sociale. Son utilisation est en effet
uniquement collective.
La monnaie est un bien indivisible (sa consommation par un individu quelconque ne diminue
par la consommation des autres) qui s’échange sur un marché. Elle est donc offerte et demandée
sur le marché monétaire. La monnaie occupe une place prépondérante dans nos économies
contemporaines. Elle est, en effet, au cœur de tous les mécanismes économiques dans la mesure
où, de façon quasi exclusive, les opérations d'achat et de vente s'effectuent en monnaie ; le troc,
nous y reviendrons, a pratiquement disparu de nos économies. Ainsi, dans notre vie de tous les

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jours, nous sommes confrontés à des phénomènes monétaires : directement au travers de nos
actes économiques : en tant que consommateur, nous utilisons tous les jours cette monnaie, pour
acheter des biens et services ; en tant que travailleur, nous sommes rémunérés en monnaie ;
indirectement au travers des informations économiques et financières qui nous parviennent :
taux d'inflation, endettement des pays, taux de change mais aussi évolution de la consommation
finale, du Produit intérieur brut... toutes ces informations ou du moins leur calcul présupposent
l’existence de la monnaie.

Le marché de la monnaie est organisé et structuré. On parle généralement de système bancaire,


de loi bancaire, de banque centrale et de banques commerciales. L’existence de la monnaie
repose sur la confiance en tout un systeme. En effet, les banques commerciales cherchent à
Maximiser leur profit en accroîssant la part des fonds prêtables et donc à accroître
la monnaie en circulation. Si la création monétaire n’est pas contrôlée, les
conséquences d’un accroissement de la masse monétaire sont susceptibles de créer
de nombreuses distorsions dans le secteur réel. Pour cela, il est important qu’une
autorité monétaire soit instituée. Son rôle sera donc le contrôle de la liquidité en
circulation soit dans un pays, soit dans une région.

C’est dans cette logique que dans la plupart des économies à travers le monde, a
été instituée une Banque Centrale qui a en charge la conduite de la politique
monétaire. Il lui incombe entre autres missions la définition des objectifs et
instruments de politique monétaire, ainsi que le renforcement de la stabilité du
système financier. Cette dernière mission des Banques Centrales est à examiner de
près surtout si l’on s’intéresse aux causes éventuelles et au risque de survenance
des crises financières. En effet, la stabilité financière est un bien public qu’on ne
saurait confier au soin d’une entreprise privée quelconque. C’est donc à l’Etat ou à
une autorité suprême qu’il revient de garantir la stabilité du système financier.
Laquelle stabilité agit sur les fonctions de bien-être des agents comme une
externalité positive.

Enfin, il convient de rappeler le débat théorique relatif au rôle et à l’importance de la monnaie


dans les économies. « La monnaie est un voile derrière lequel l’action des forces réelles est
cachée », (Pigou, 1949). Cette citation de l’économiste classique Pigou décrit bien le sentiment
général de ses contemporains quant au rôle de la monnaie dans l’économie. La monnaie pour
eux est un bien résiduel. Sa détention est sans coût et son incidence sur les transactions sans

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effet. Elle est même au sens de Sidrauski (1967) « super neutre ». Elle n’a d’incidence ni à court
terme, ni à long terme sur le niveau de l’activité réelle. Seulement, cette thèse pourtant
fondamentale a été remise en cause par les keynésiens et néo-keynésiens qui soutiennent que
dans un environnement incertain, les agents économiques ont une certaine préférence pour la
liquidité. La détention des avoirs liquides pénalise les transactions et la monnaie n’est plus ce
voile que Say et Pigou décrivent dans leurs travaux. Tobin en 1965 montre à cet effet qu’en
modifiant le portefeuille des ménages, la monnaie influe sur le niveau du PIB. Pour lui, elle doit
en conséquence être désormais définie comme un actif financier qui permet à son détenteur de
se prémunir contre les risques du marché des biens et services. La présence des coûts élevés de
transaction et d’acquisition de l’information sur le marché des fonds mobilisables fonde
l’existence des intermédiaires financiers. Plusieurs études ont essayé d’apporter des précisions
sur le champ d’action de chaque type d’intermédiaires ; mais toutes se sont accordées sur le
rôle de ces agents institutionnels dans l’économie. Il ressort de ces analyses que les
intermédiaires financiers ont en charge la transformation des dépôts qui sont en général d’une
très grande volatilité en capitaux stables pour les investissements productifs. Autrement dit, les
intermédiaires financiers et plus précisément les banques ont pour rôle de transférer l’épargne
collectée auprès des ménages vers le financement des projets présentés par les entreprises dans
le besoin. Cependant, les banques et les autres établissements financiers sont des agents
économiques qui ont des comportements individuels d’optimisation de leur fonction objectif.
La fonction de profit d’un établissement de crédit dépend de ses ressources et de ses emplois.
Les ressources proviennent essentiellement des crédits à la clientèle, tandis que les emplois sont
constitués pour leur grande part des coûts de rémunération des dépôts des épargnants.

Parmi les ouvrages disponibles dans la bibliothèque de notre faculté, je vous propose les
suivants :
- Allegret Jean Pierre, Courbet Bernard, « Monnaie et Financement », Vuibert, Paris, 2000.
- Bassoni Marc, « Monnaie : « théories et politiques », Ed Sirey, Paris 1997.
- Majnoni. B, « L’instabilité monétaire? », Que sais-je ?, Paris 2003
- Plihon Dominique, « La monnaie & ses mécanismes », Repères, Paris 2008

Il est à remarquer que tous les manuels de macro économie traitent de la monnaie.

Documents fondamentaux : les rapports annuels des Banques centrales, en particulier


celui de la BEAC, et de la CCIMA, disponibles sur Internet.
Sites conseillés :
Fonds monétaire international : [Link]
Banque centrale : [Link]
Banque de France : [Link]

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Chapitre 1 : Fonctions, Formes et Mesure de la monnaie

La nécessité d’un instrument monétaire pour régler les échanges entre les membres d’une
société est apparue très tôt et selon les régions et les époques. En outre la monnaie sert une
multitude de fonctions : unité de compte, moyen de paiement, actif de placement et instrument
de la politique économique. Elle a eu des supports matériels variés : plumes, coquillages, pièces
métalliques, billets de banque. Aujourd’hui la monnaie scripturale a remplacé en grande partie
les pièces et les billets. De nouveaux instruments monétaires sont apparus, comme les cartes de
crédit ou les virements automatiques. La monnaie s’est donc progressivement dématérialisée.
Pour aborder les questions monétaires et comprendre l’état actuel des choses, une démarche
judicieuse consistera à remonter dans le temps et suivre progressivement le processus des
innovations financières. Mais avant d’aborder cette question nous allons définir au préalable
qu’est ce qu’on entend par monnaie.

Section 1 : Signification du terme « monnaie » et son rôle politique et social

A- Signification du terme « monnaie »

Le concept monnaie désigne tout instrument de paiement accepté communément dans une
société donnée. Les formes de la monnaie ont évolué pour répondre aux fonctions qu’elle devait
remplir.
La monnaie c’est d’abord le moyen le plus commode pour effectuer des achats ou se libérer
d’une dette. Il faut cependant se méfier des représentations courantes comme le rappelle
Frederic Mishkin :
- Lorsqu’on dit "avoir de la monnaie" ou encore "payer en liquide" c’est du numéraire qu’il
s’agit. La monnaie est constituée pour environ 10% par ce numéraire.
- De même, dire d’une personne "elle a de l’argent" ou "elle gagne beaucoup d’argent" cela
signifie le plus souvent qu’il s’agit d’une personne "riche" et dans le second cas que son
revenu est élevé. La monnaie n’est pas la richesse (le patrimoine ou la fortune) ce n’est pas
non plus le revenu.
Ainsi, les économistes définissent la monnaie comme tout ce qui est généralement accepté en
paiement de biens et services ou pour le remboursement de la dette. Le numéraire (ce que l’on
appelle l’argent liquide) consiste en pièces et billets et correspond à cette définition. Mais pour
les économistes, le numéraire ne représente qu’une petite partie de la monnaie. Comme les

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chèques sont généralement acceptés en paiement, les dépôts en comptes courants bancaires ou
postaux sont également considérés comme de la monnaie. Une définition encore plus large est
aussi employée car les dépôts sur des comptes d’épargne peuvent aussi servir de monnaie s’ils
peuvent être transformés rapidement et facilement en numéraire ou virés sur des comptes
courants. La définition pratique de l’offre de monnaie n’est donc pas simple même pour les
économistes. La monnaie est donc plus large que le numéraire, mais plus restreinte que la
fortune ou le patrimoine et différent du revenu. Exemple le patrimoine comprend la monnaie
possédée mais aussi les autres actifs que sont les biens immobiliers, mobiliers (voitures,
meubles, titres comme les actions et les obligations).

B- Le rôle politique et social de la monnaie

La monnaie joue un rôle important sur le lien social. Dans une communauté qui utilise la même
monnaie elle représente une sorte de « langage commun ». De plus en facilitant les échanges
marchands elle favorise les échanges pacifiques et évite les modes d’appropriation plus violents
comme le pillage. Elle contribue à l’identité collective d’un groupe en donnant aux individus la
conscience d’appartenir à un même ensemble.
Elle a également un rôle politique essentiel. Historiquement le pouvoir de battre monnaie c'est-
à-dire de créer et de contrôler la monnaie a été une des prérogatives des Etats.
De même, l’acceptation et l’utilisation d’une monnaie repose ainsi sur une convention implicite,
les agents économiques l’acceptent parce qu’ils font confiance en l’autorité qui l’émet (c’est
Etat qui confère à la monnaie son cours légal). Et c’est là qu‘elle prend une dimension
institutionnelle, elle peut être considérée au même titre que les institutions sociales qui servent
l’intérêt public.
Les fonctions sociales et politiques de la monnaie se retrouvent avec le Franc CFA. En
effet, le Franc FCA a évidement des fonctions économiques, en particulier celle de favoriser
les échanges entre les pays de la zone Franc. Il a aussi une fonction sociale et politique. En
utilisant la même monnaie les pays de la zone Franc sont censés prendre conscience
d’appartenir à un même ensemble et contribue donc à la création d’une identité sous-régionale.
Sa mise en place a été conçue comme une étape de l’intégration monétaire.

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Section 2 : Les fonctions de la monnaie

La monnaie peut être définie par les fonctions qu’elle assure. Elle remplit quatre fonctions
essentielles, c’est à la fois une unité de compte, un moyen de paiement, une réserve de valeur
et un instrument de politique économique.

A- La monnaie, unité de compte

La première fonction de la monnaie est de fournir une unité de compte, c'est-à-dire servir d’unité
de mesure de valeur dans l’économie. On mesure habituellement la valeur des biens et services
en termes de monnaie. Elle permet de limiter le nombre de prix à fixer. On passe de prix relatifs
à des prix monétaires. La monnaie sert donc d’unité de mesure ou bien de numéraire qui permet
d’exprimer la valeur des différents biens en une seule unité. Dans le cadre d’une économie de
troc, donc absence de monnaie, la valeur d’un bien est exprimée par rapport aux autres biens,
on parle de prix relatifs, ainsi si on a n biens, on a C= n(n-1)/2 rapports d’échange ( prix relatifs).
Si parmi ces n biens, un va jouer le rôle de monnaie, donc assurer le rôle de numéraire, la valeur
de tous les biens va être exprimée par rapport à ce numéraire, dans ce cas on aura n-1 prix
absolus.
Exemple :
- Dans le cas de deux biens, Il y a deux flux réels dans l’exemple du troc.
- Avec l’introduction de la monnaie, il y a au total deux flux réels et deux flux monétaires.
Les biens sont désormais échangés contre de la monnaie et, contrairement à l’économie
de troc, les flux monétaires font leur apparition dans l’échange marchand.
- Dans une économie fabriquant 100 produits, il y aurait 4 950 prix relatifs dans une
économie de troc (100 _ 99/2) mais seulement 100 prix exprimés en monnaie (absolus)
dans une économie monétaire.
Avec 100 000 produits : 4 999 950 000 prix relatifs en système de troc ; 100 000 prix monétaires
(absolus) en économie monétaire.
Avec la monnaie, il y a beaucoup moins de prix absolus par rapport aux très nombreux prix
relatifs de l’économie de troc. Elle représente donc une économie d’information. Elle simplifie
le fonctionnement de l’économie en permettant de ramener l’ensemble de la production à un
étalon unique.

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B- La monnaie, moyen de paiement

Dans cette fonction, la monnaie apparaît comme un bien intermédiaire qui permet de dissocier
les opérations d’achat et de vente qui sont confondues dans le cadre d’un système de troc. Il
s’agit d’un intermédiaire obligé dans les échanges, tous les biens s’échangent contre de la
monnaie qui, à son tour, s’échange contre des biens. [Link] indique que dans une économie
monétaire, les biens achètent la monnaie et celle-ci achète les biens, mais les biens n’achètent
pas les biens. Pour assurer ce rôle, la monnaie doit avoir cours légal, elle ne peut être refusée
dans les paiements. Dans un système de troc, l’échange ne peut avoir lieu que s’il y a double
coïncidence des besoins, tout agent doit trouver non seulement quelqu’un qui soit prêt à lui
vendre les biens qu’il cherche mais aussi qui accepte en échange les biens dont l’agent dispose.
Comme cette double coïncidence risque d’être exceptionnelle, il y aura en fait un blocage de
l’échange. L’introduction de la monnaie comme intermédiaire des échanges permet ainsi de
scinder l’opération de troc en deux et résoudre le problème de la double coïncidence.

C- La monnaie, réserve de valeur

La monnaie permet de constituer une réserve de pouvoir d’achat à partir du moment où les
opérations recettes et dépenses ne sont pas synchronisées. Dès que la monnaie est un moyen
d’échange, il est possible de la conserver. La monnaie permet d’étaler les achats dans le temps,
elle représente un lien entre le présent et le futur, c’est un instrument d’épargne. Il est à noter
que certains biens peuvent constituer une réserve de valeur plus sûre que la monnaie.
Néanmoins, cette dernière présente l’avantage d’être la plus liquide, elle n’a pas besoin d’être
transformée, elle est utilisée immédiatement dans les paiements. Mais contrairement aux autres
actifs, le rendement nominal de la monnaie est nul, c’est sa qualité d’être liquide, sans coût de
transaction, qui fait que les agents économiques la détiennent.

D- La monnaie, instrument de politique économique

Cette fonction est relativement récente, elle ne date que du début du 20ème siècle. La monnaie
constitue un outil puissant entre les mains des autorités publiques car elle permet d’influencer
considérablement l’activité économique. La politique monétaire peut servir des objectifs de
croissance et de stabilité de prix.

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Section 3 : Evolution du système de paiement

On comprend mieux les différentes fonctions de la monnaie et les formes qu’elle a prises dans
l’histoire en examinant l’évolution du système de paiement, c'est-à-dire de l’ensemble des
moyens permettant de réaliser des transactions dans une économie. Le système de paiement a
évolué durant des siècles et avec lui les formes de la monnaie. L’évolution des formes
monétaires s’est faite dans le sens d’une « dématérialisation » de la monnaie et dans celui d’un
« nominalisme » des signes monétaires.

A- Du troc à la monnaie métallique

Dans les sociétés primitives où l’homme s’adonnait à des activités destinées à satisfaire la quasi
totalité de ses besoins, la seule forme d’échange concevable était le troc. C’est l’opération
élémentaire d’échange d’une marchandise contre une autre. Dans ces sociétés basées sur
l’usage, l’échange n’était pas une nécessité, s’il existait, il ne concernait que le surplus. Au fur
et à mesure que le nombre de biens augmente, le troc devient une opération laborieuse pour
plusieurs raisons, telles que :
- Il faut que les désirs des uns et des autres coïncident.
- L’indivisibilité de certains biens
- Les couts de stockage et de transport
- Le problème de la détermination des termes de l’échange.
Ainsi, pour une économie à n biens, il faut établir C= (n(n-1))/2 prix relatifs.
Tous ces inconvénients ont fait que le bien le plus divisible et le moins altérable a été appelé à
jouer un rôle autre que le sien et à s’imposer comme intermédiaire unique de l’échange : c’est
la monnaie métallique. Ainsi l’introduction de la monnaie va permettre le passage d’un système
de prix relatifs à un système de prix absolus.
La monnaie sous son aspect primitif a ainsi pris la forme d’une marchandise. Seulement cette
monnaie marchandise a fini par révéler ses limites : elle est pondéreuse, périssable et non
homogène. La découverte des métaux a permis le passage à une autre forme de monnaie : la
monnaie métallique.

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B- De la monnaie métallique à la monnaie fiduciaire

Au début, les principaux métaux utilisés étaient le bronze et le cuivre. Ensuite avec la
découverte de l’or et de l’argent on s’est acheminé vers un système bimétallique où leurs valeurs
relatives s’appréciaient et se dépréciaient en fonction des découvertes de ces métaux. Ces
métaux étaient fondus et transformés en pièces librement, c-à-d il n y avait pas de monopole
dans leur fonte et leur frappe. Ce régime de la frappe libre allait vite engendrer une circulation
monétaire hétéroclite, composée de pièces et de lingots de provenance diverses, de qualité et
donc de valeur fort inégales. Cela explique dans une grande mesure l’intrusion des pouvoirs
politiques dans les affaires monétaires. Cette intervention a, au départ, revêtu la forme d’une
apposition d’un sceau sur les pièces en circulation. Ce sceau était un signe gravé à même la
pièce et était sensé en garantir à la fois le poids et la teneur en métal précieux. Mais les pièces
en circulation ont fini par devenir hétérogènes en raison notamment de la triche (grattage des
pièces) et de la fraude princière (retrait des pièces en circulation et leurs remplacement par
d’autres moins lourdes tout en gardant la même valeur d’échange). Cette hétérogénéité de la
monnaie en circulation à fait que les agents économiques gardent pour eux mêmes la bonne
monnaie et n’utiliser dans les paiements que la mauvaise. D’où la loi de Gresham, « la mauvaise
monnaie chasse la bonne ». A cela il faut ajouter les problèmes de pillage liés au transport de
l’or. Pour dépasser ce problème, les commerçants déposaient leurs Or et Argent auprès des
orfèvres en recevant en contre partie des reçus nominatifs qui sont acceptés par les orfèvres des
autres villes ou pays. La circulation des billets (reçus) va se substituer progressivement à la
circulation des métaux. Ensuite ces reçus sont devenus anonymes, ce qui a permis un essor
prodigieux de la circulation de la monnaie papier. C’est l’apparition de la monnaie fiduciaire.
Ce sont les billets et les pièces utilisés quotidiennement. Le mot fiduciaire provient de foi ou
confiance car la valeur intrinsèque des billets est nulle (valeur du papier et de l’encre) à la
différence de leur valeur faciale c'est-à-dire la somme inscrite sur le billet de banque. Cette
valeur provient donc de la confiance que les individus mettent dans la monnaie c'est-à-dire de
l’assurance qu’ils ont de pouvoir échanger cette monnaie contre des biens et service. C’est son
pouvoir d’achat.
En plus de leur activité de gardiennage, les orfèvres se sont mis à prêter de la monnaie sous
forme de billet sans pour autant qu’ils disposaient de son équivalent en or. Ce phénomène a
engendré un gonflement de la quantité de la monnaie en circulation par rapport au stock de
métaux précieux disponible. La hausse des prix engendrée par cette situation a fait perdre à la
monnaie papier de sa valeur et a entraîné un mouvement de fuite devant la monnaie papier et la

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faillite de plusieurs orfèvres incapables d’assurer la conversion des billets en or. Cette perte de
confiance en la monnaie papier a poussé l’Etat a intervenir en monopolisant l’émission de la
monnaie fiduciaire.

C- La monnaie scripturale

La monnaie scripturale est une monnaie d’écriture (origine du terme scripturale). Il s’agit d’une
écriture au sens comptable. Cette écriture se trouve dans les comptes bancaires tenus par les
banques. Elle est composée des dépôts à vue en Franc CFA ouverts auprès des établissements
de crédit et des comptables du Trésor public. La monnaie scripturale est donc la monnaie
détenue par les agents sur leurs comptes bancaires, c’est-à-dire, non seulement les dépôts à vue
sur les comptes courants, mais aussi les dépôts sur les autres comptes à court terme.
Elle est apparue au 12ème siècle en Italie mais elle n’a commencé à se généraliser qu’au 19ème
siècle en Grande Bretagne dans le cadre d’une économie en pleine expansion. Face à une
demande d’emprunt de plus en plus importante de la part des entreprises, les banques ont trouvé
la solution suivante : créer de la monnaie par un simple jeu d’écriture, c’est ainsi que si une
banque est sollicitée pour un crédit et qu’elle n’a pas suffisamment de monnaie en réserve, elle
va porter le montant correspondant au crédit du compte du client en question. Celui ci n’aura
qu’à signer des chèques à ses fournisseurs. Si ces derniers sont des clients à la même banque,
ils vont lui présenter leurs chèques et celle ci se contentera d’une double écriture, créditer un
compte et débiter un autre. Ainsi, une ou plusieurs transactions peuvent avoir lieu sans qu’il y
ait circulation de la monnaie fiduciaire. La seule trace de cette monnaie, qu’on appellera
monnaie scripturale, est une simple écriture sur un compte et parmi les instruments de
mobilisation est le chèque.

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D- La monnaie électronique

La monnaie électronique consiste en un encours stocké dans une carte prépayée


multiprestataire. Ce type de carte qu’on qualifie aussi de carte à puce, représente une carte
bancaire possédant un ordinateur miniaturisé permettant de stocker des informations ( des unités
monétaires), on peut parler de porte monnaie électronique. La carte prépayée multiprestatire
présente une différence essentielle avec la monnaie scripturale puisque le siège de la monnaie
n’est plus un dépôt à vue individualisé, mais bien la carte elle même dont la simple détention
est la preuve de la créance du porteur sur l’émetteur. Cet encours stocké dans des cartes
prépayées se distingue de la monnaie fiduciaire à deux égards :
- Il n’a pas cours légal
- Il n’est pas réutilisable en tant que tel (alors qu’un billet de banque peut servir à plusieurs
transactions).
Ainsi on peut considérer que les unités chargées sur une carte prépayée multiprestataire
constituent une nouvelle forme de monnaie irréductible à l’une ou l’autre des deux formes
traditionnelles à savoir la monnaie fiduciaire et la monnaie scripturale. On peut la qualifier de
monnaie électronique.
Cependant, ce point de vue ne fait pas l’unanimité, le statut de cette nouvelle monnaie va
dépendre de la nature de l’émetteur. S’il est un agent non financier (société de service) il va
recevoir immédiatement en paiement un pouvoir d’achat utilisable sur le marché des biens et
services, et qui ne lui sera totalement retiré que lorsque le détenteur aura épuisé le potentiel de
dépenses contenu dans la carte et lorsque les bénéficiaires de ces achats auront été réglés. On
peut donc considérer, que dans ce cas, l’émission et l’acquisition d’une carte multiprestataire
génère par elle même un pouvoir d’achat additionnel, que l’on peut assimiler à une création
monétaire, certes transitoire, mais toujours renouvelée. Si par contre, l’émetteur est un
établissement de crédit (banque, société financière), dans ce cas, l’opération s’assimile à une
simple substitution d’une forme de monnaie, la carte multi prestataire, à une autre, les dépôts
ou billets.

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Section 4 : Les agrégats monétaires et d’endettement

A- Les agrégats monétaires et leurs contreparties


A- 1- Les agrégats monétaires

Les agrégats de monnaie sont des indicateurs statistiques reflétant la capacité de dépense des
agents non financiers résidents (sociétés, ménages, administrations publiques hors État,
compagnies d’assurance, caisses de retraite et administrations privées).

Ils regroupent l’ensemble des moyens de paiement de ces agents et, parmi leurs placements
financiers, ceux qui peuvent être utilisés en règlement des transactions après conversion facile
et rapide en moyens de paiement, sans risque important de perte en capital.
Les différents actifs monétaires sont classés selon leur liquidité. La liquidité désigne l’aptitude
d’un actif à être transformé en moyen de paiement à bref délai sans coût.
La banque centrale définit trois agrégats emboîtés, notés de M1 à M3, du plus étroit au plus
large. Le degré de liquidité peut se traduire par la fréquence avec laquelle les agents
économiques transforment ces actifs en moyen de paiement. La banque centrale a défini un
agrégat étroit, monnaie au sens strict, (M1), un agrégat « intermédiaire », monnaie et quasi
monnaie ( M2) et un agrégat élargi ( M3).
Les différents agrégats s’imbriquent les uns dans les autres du plus liquide au moins liquide.
- M1 réunit les billets les pièces et les dépôts à vue. monnaie fiduciaire et monnaie
scripturale. C’est l’agrégat le plus liquide. Il ne nécessite aucune transformation pour
servir de moyen de paiement. ;
- M2 comprend M1 plus les dépôts à terme. C’est le cas par exemple de certains
placements d’épargne qui ne peuvent être utilisés directement et qui peuvent supporter
des coûts lors de la transformation en moyen de paiement. Elle est encore appelée quasi-
monnaie = épargne liquide. A titre d’exemple, on trouve dans la quasi-monnaie, les
dépôts à terme, les comptes spéciaux d’épargne, les certificats de dépôt ;
- M3 comprend M2 (donc M1) plus des instruments négociables c'est-à-dire l’épargne
affectée = M3-M2. elle est composée de l’épargne logement, l’épargne projets et
investissements et les emprunts obligataires, autres titres de créances négociables qui
sont composés des titres émis par l’Etat auprès du public ils qui doivent, comme leur
nom l’indique, être vendus avant d’être utilisés comme moyen de paiement. Cela peut
entrainer une perte lors de la revente.

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A- 2- Les contreparties de la masse monétaire

Les agrégats monétaires mesurent la masse monétaire en fonction du critère de liquidité mais
ne permettent pas de rendre compte de l’origine de la création de monnaie. C’est pourquoi
l’analyse des contreparties est importante, car elle permet aux autorités d’asseoir leur politique
monétaire. Les contreparties de la masse monétaire sont les sources de création monétaire par
le système financier. On distingue une contrepartie d’origine externe et une d’origine interne.

A- 2 – 1 - Contrepartie d’origine externe : les créances nettes sur l’extérieur

La contrepartie extérieure traduit l’influence des relations internationales sur la masse


monétaire interne. Elle est affectée par le solde de la balance des paiements. De manière très
schématique, une importation se traduit par une sortie de devises, l’importateur doit convertir
les Francs en devises, les Francs sont, désormais, détenus par la banque, donc non comptabilisés
dans la masse monétaire. Les devises vont quitter le territoire national pour assurer le paiement
des importations. Résultat, une contraction de la masse monétaire interne. Une exportation
entraîne une entrée de devises, que l’exportateur va convertir en Francs, donc une augmentation
de la masse monétaire interne.
Les résultats des échanges extérieurs ne sont pas les seuls à influer sur la contrepartie extérieure.
Les mouvements de capitaux l’affectent également. Toute entrée de capitaux entraîne
l’augmentation de la masse monétaire et, toute sortie de capitaux entraîne une contraction de la
masse monétaire. La contrepartie extérieure est donc la traduction monétaire du solde de la
balance des paiements : concrètement, la variation de la masse monétaire interne se traduira par
une variation de même montant des avoirs en Or et devises de la banque centrale.

A- 2 – 2 - Contrepartie d’origine interne

Cette contrepartie regroupe

• Les créances nettes sur l’Etat

L’Etat peut être considéré comme un agent non financier qui a des besoins de financement. Il
peut bénéficier d’un financement monétaire en faisant recours à la Banque centrale (avances
directes, bons de trésor en portefeuille), aux banques (sous forme d’achat de bons de trésor par

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les banques), et les avoirs des agents non financiers au trésor (pièces de monnaie en circulation,
comptes courants postaux et les titres auprès du public).

• Les concours à l’économie

Sont les concours de toutes natures (sous forme de crédits et de portefeuille-titres) distribués
par le système financier aux agents non financiers autres que l’Etat. Il est à noter que cette
contrepartie représente la part la plus importante.

B- Les agrégats d’endettement et de financement

On distingue l’endettement intérieur total (EIT) et le tableau des financements et des placements
(TFP).

B- 1 - L'endettement intérieur total (EIT)

L'endettement intérieur total (EIT) rassemble tous les concours obtenus par les agents non
financiers résidents par voie d'endettement, qu'il soit intermédié ou par voie de marché. En
définitive, seuls sont exclus de l'EIT les financements par émission d'actions ou, plus
généralement par renforcement des fonds propres, puisqu'il ne s'agit pas d'endettement auprès
de tiers. L'EIT permet en particulier de suivre l'endettement des différents agents non financiers
et en particulier de celui des administrations publiques.
Les composantes de l'EIT sont par conséquent :

- Les crédits.
- La dette non négociable nette de l'État : créances non négociables sur l'État détenues à la fois
par les agents non financiers (ANF) et par les agents financiers (AF) = position nette du Trésor
public (TP) vis-à-vis de la Banque centrale et des établissements de crédit + avoirs des ANF
auprès des agents comptables du TP.
- L'endettement via les marchés internes : émissions de titres réalisées sur le marché
obligataire et sur le marché monétaire = les obligations + les TCN que sont les bons du Trésor
(BT), les billets de trésorerie et les BMTN.
- L'endettement à l'étranger = prêts obtenus directement à l'étranger + obligations émises sur
le marché international.

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B-2- Le tableau des financements et des placements (TFP)

Le tableau des financements et des placements (TFP) est un bilan synthétique des financements
et des placements des agents non financiers. Offrant ainsi une vision synthétique des placements
et du patrimoine financier des agents non financiers.

Masse monétaire ( en milliards de FCFA)


2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008
Cameroun 1 130,2 1 329,1 1 344,8 1 428,6 1 502,3 1 645,7 1 887,9 2 149,8
RCA 109,7 104,9 96,5 110,2 128,4 123,0 118,5 138,1
Congo 258,0 291,7 284,6 330,0 449,7 633,6 714,7 977,0
Gabon 567,8 601,5 595,9 656,9 834,8 978,6 1 046,4 1 140,4
Guinée Équatoriale 64,7 99,1 155,4 207,2 279,1 318,5 449,9 585,4
Tchad 152,0 188,2 182,8 188,7 248,5 377,3 386,4 470,5

Source : BEAC

Crédits à l'économie( en milliards de FCFA )


2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008
Cameroun 761,7 834,4 907,8 904,9 976,8 999,5 1083,1 1282,7
RCA 42,5 49,4 49,4 55,2 54,1 56,4 59,1 64,1
Congo 109,0 66,4 81,7 85,0 86,1 96,5 114,1 189,6
Gabon 471,7 507,9 466,4 422,7 464,7 555,5 635,6 673,1
Guinée Équatoriale 36,9 54,2 51,6 62,8 93,8 129,5 183,7 384,3
Tchad 79,8 79,1 98,1 92,9 129,6 136,5 121,6 178,0

Source : BEAC

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