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Commentaire Olympe de Gouges

Olympe de Gouges, dans sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, défie l'autorité masculine en affirmant l'illégitimité de la domination des hommes sur les femmes. Elle utilise des arguments scientifiques et un ton satirique pour critiquer la supériorité masculine, tout en soulignant les qualités intellectuelles et morales des femmes. Son œuvre appelle à l'égalité des droits et à la collaboration entre les sexes, en se basant sur les principes des Lumières.

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Commentaire Olympe de Gouges

Olympe de Gouges, dans sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, défie l'autorité masculine en affirmant l'illégitimité de la domination des hommes sur les femmes. Elle utilise des arguments scientifiques et un ton satirique pour critiquer la supériorité masculine, tout en soulignant les qualités intellectuelles et morales des femmes. Son œuvre appelle à l'égalité des droits et à la collaboration entre les sexes, en se basant sur les principes des Lumières.

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OE : la littérature d'idées du XVIème au XVIIIème siècle.

Olympe de Gouges, Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne


Parcours : écrire et combattre pour l'égalité
Explication de texte n°… "Homme, es-tu capable d'être juste ? ; [...] à "il prétend jouir
de la Révolution, et réclamer ses droits à l'égalité, pour ne rien dire de plus.", O. de
Gouges, Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, 1791.
Source : d'après ...
[Link]
OLYMPE_DE_GOUGES
Introduction
 Présentation brève d'Olympe de Gouges et de son oeuvre principale.
 Problématique : comment O. de Gouges défend-elle ici la cause des femmes ?
 Annonce des grands mouvements du texte destinés à vous guider et à guider votre
examinateur ou votre examinatrice.

Explication linéaire
1er paragraphe : l'audace d'Olympe de Gouges qui lance un défi à l'homme.
• Elle l'apostrophe violemment dès la première ligne. Le texte est présenté comme un
discours tenu à l'homme.
• Elle le tutoie : c'est une pratique commune pendant la Révolution. Le tutoiement
(notamment lorsqu'il est adressé à des gens issus de l'aristocratie) place tout le monde
sur un pied d'égalité. C'est ainsi que Marie-Antoinette ou Louis XVI deviendront de
simples « citoyens ».
• La confrontation apparaît clairement dans l'antithèse de la première phrase : au
masculin « homme » s'oppose le féminin « femme ». L'usage du singulier permet de
renforcer l'idée d'un duel avec deux adversaires.
• Olympe de Gouges se place d'emblée dans une posture d'autorité, ce qui est une façon
de s'opposer à toute idée de domination masculine :
- elle emploie un futur à valeur impérative : il exprime une défense : « tu ne m'ôteras pas
»;
- elle multiplie les impératifs : « dis-moi », « remonte », « observe », « rends-toi », « jette
un coup d'oeil » ce qui donne à l'homme le rôle de simple exécutant ;
- Elle apparaît donc en position de maître : « je t'en offre les moyens » : c'est la première
personne qui est sujet et la deuxième personne à qui bénéficie simplement l'action.
Ainsi, Olympe de Gouges met en question les pouvoirs et la supériorité masculine dans
ce 1er paragraphe.
• Cet effet est produit par la multiplication des questions rhétoriques : « es-tu capable
d'être juste ? » apparaît comme un défi à l'homme lancé par une femme mais elle
souligne également le fait que l'homme en est incapable.
• Dans les lignes 2 et 3, les questions rhétoriques suivantes « Qui t'a donné le souverain
empire d'opprimer mon sexe ? » renforcent l'audace d'O de G et mettent en lumière son
indignation tandis que « Ta force ? Tes talents ? » sont des interrogations rhétoriques
teintées d'ironie (il y a un décalage entre ce qu'elle dit et ce qu'elle pense = elle ne pense
pas que l'homme soit doté de talents ou d'une force particulière) : Olympe de Gouges
met ainsi en doute la force ou les talents de l'homme. La question rhétorique : "Qui t'a
donné le souverain empire d'opprimer mon sexe ?" permet de transformer l'homme en
figure de l'oppression (comme le serait un tyran ou un despote) et de mettre en avant
l'absence de liberté de la femme.
1
• D'ailleurs, la tournure hypothétique «"si tu l'oses" exprime aussi le défi et est plutôt
une façon de souligner le manque de courage des hommes et aussi l'impossibilité
intellectuelle de s'opposer aux idées de l'auteure.

2ème paragraphe : la science au secours de sa démonstration


Olympe de Gouges entend montrer que la domination masculine est illégitime car elle
n'est pas naturelle.
 Pour cela elle va recourir à un argument de raison, scientifique : celui de la nature. Le
champ lexical de la nature est présent : « animaux », « végétaux », "éléments ", «
matières organisée »
• Elle propose de prendre la nature comme le champ d'une sorte d'expérience
scientifique (on notera que les sciences naturelles sont en plein développement au
XVIIIème siècle notamment sous l'impulsion de Buffon qui entreprend de classer les
espèces). Cette expérience est perceptible dans le lexique et l'emploi de 4 propositions
débutant chacune par un verbe à l'impératif qui s'enchaînent dans le 2ème paragraphe :
"Remonte" / "consulte"/ "étudie"/ "jette enfin un coup d'oeil". Le terme "enfin" induit
l'idée d'une expérience chronologique et donc parfaitement ordonnée.
• "Rends-toi à l'évidence " conduit à la conclusion. Elle invite donc l'homme à procéder à
un raisonnement inductif en tirant de l'observation de la nature une loi générale qu'elle
affirme à la toute fin du paragraphe.
• Une nouvelle accumulation "cherche, fouille et distingue" reprend la même idée de
l'expérimentation mais elle y ajoute l'objet de l'expérience : "les sexes dans
l'administration de la nature." Olympe de Gouges prouve ainsi sa supériorité : alors que
l'homme n'est pas capable de se soumettre aux principes généraux, alors qu'il est
ignorant, elle montre elle, qu'elle est capable de faire reposer sa réflexion sur une
observation raisonnée et sur la logique.
• La dernière phrase du paragraphe rappelle la conclusion qu'il faut tirer de
l'expérience. Le parallélisme de construction et la répétition de "partout" indiquent qu'il
s'agit bien d'une loi générale. Le lexique de la coopération, de l'alliance : "coopèrent",
"confondus", "harmonieux" (avec l'emploi du préfixe CO qui signifie " avec") insiste sur
l'idée d'une alliance des sexes, d'une complémentarité des sexes. Elle détruit ainsi l'idée
que le sexe masculin bénéficierait d'une supériorité légitime.
• Enfin l'éloge de la nature grâce à l'hyperbole "chef d'oeuvre immortel" mais aussi le
terme "administration" insistent sur l'idée d'une nature bâtie sur des lois ; il faut
probablement entendre que ces lois ont quelque chose de divin : le terme "oeuvre"
renvoie à un ouvrage. La nature est censée être l'oeuvre de Dieu. On peut invoquer
également la caution divine apportée par la façon dont elle parle de Dieu par périphrase
"Créateur" auquel elle prête immédiatement une qualité « sa sagesse ». C'est une
manière implicite d'insister sur l'illégitimité de la domination masculine.

3ème paragraphe : O. de Gouges combat le despotisme masculin.


• Le texte est aussi marqué par un ton satirique : Olympe de Gouges se moque de
l'homme:
- Le terme « fagoté » est péjoratif. Il transforme les idées bizarres de l'homme en un
vêtement inélégant qui le ridiculise.
- L'énumération « Bizarre, aveugle, boursouflé de sciences et dégénéré » multiplie les
termes péjoratifs. L'attaque est très violente. L'adjectif « boursouflé » permet de créer un
effet de caricature : elle met en avant la vanité de l'homme qui se croit supérieur.
L'allitération en B : « bizarre » « boursouflé » renforce l'effet.

2
- Enfin, dans cette même énumération, Olympe de Gouge insiste sur l'idée que l'homme
est totalement en opposition avec l'esprit de son siècle. C'est ce que suggère l'antithèse
entre « aveugle » et « siècle de Lumières ». On a aussi un effet d'antithèse entre «
sagacité » et « l'ignorance la plus crasse »
- Le superlatif « la plus crasse » insiste sur l'ignorance de l'homme et établit un contraste entre
ce qu'il croit être un homme « de sciences » et son ignorance.
• Enfin, Olympe de Gouges souligne le ridicule de l'homme en utilisant un paradoxe entre le
terme « principe » et « exception ». Le paradoxe vient du fait qu'un principe est justement une
généralité ; au contraire, l'exception est ce qui échappe à la loi générale. Ce paradoxe insiste sur
le fait que l'homme n'a aucune légitimité à occuper une position de supériorité.
• On va également retrouver un champ lexical de l'autorité politique "souverain empire", "
despote", "empire tyrannique". Elle établit donc un rapprochement entre l'autorité qu'exerce
l'homme et celle qu'exercerait un tyran ou un monarque qui aurait tous les pouvoirs. Rappelons
que comme les Révolutionnaires Olympe de Gouges est hostile à la Monarchie absolue de droit
divin.
• Le même effet est produit dans l'opposition entre "commander en despote" et "un sexe qui a
reçu toutes les facultés intellectuelles ". La périphrase "un sexe qui a reçu..." permet de mettre en
avant l'intelligence des femmes à qui l'on ne rend pas justice puisqu'on les laisse dans des
positions subalternes. Les termes "commander " et "despote" insistent sur la même idée
d'autorité et le terme "despote" met en question l'illégitimité du pouvoir.
• Il s'agit ainsi de suggérer que comme le monarque qui régnait sans partage, le pouvoir des
hommes peut être remis en question. Olympe de Gouges sous-entend que la domination
masculine peut être menacée comme le serait un régime autoritaire et despotique.
 Olympe de Gouges mène un combat l'égalité des droits. Mais pour obtenir cette égalité, elle
insiste surtout sur les qualités des femmes :
- L'accumulation des lignes 12 et 13 permet d'insister sur leurs qualités mais est également une
manière de marquer leur détermination : "qui a reçu toutes les facultés intellectuelles ; qui
prétend jouir de la révolution, et réclamer ses droits à l'égalité". Il n'y a pas de connecteur
logique entre les propositions mais il faut entendre un rapport de cause à conséquence : les
femmes ont toutes les facultés intellectuelles donc elles entendent jouir de la révolution et de
l'égalité. Cela renforce l'idée que leurs revendications sont légitimes. C'est probablement déjà
une façon de faire référence à "tous les hommes naissent libres et égaux en droits" dans la
mesure où hommes et femmes sont dotées de qualités (elle insiste surtout sur les qualités des
femmes).
- Le dernier paragraphe qui marque la conclusion (voir le connecteur logique "en conséquence")
est un éloge appuyé de la femme : "le sexe supérieur en beauté et en courage dans les
souffrances maternelles ". Les termes "beauté", "courage" bâtissent une image positive de la
femme.

Conclusion
 Olympe de Gouges apparaît ici comme une femme combative qui n'hésite pas à défier
l'homme et son autorité pour réclamer ses droits. L'attaque est violente et elle est basée sur
l'utilisation des registres polémique et satirique.
 L'homme est ici critiqué, voire ridiculisé et sa domination apparaît dès lors parfaitement
infondée.
 Olympe de Gouges bâtit toutefois un raisonnement dont la teneur montre qu'elle est une
femme des Lumières et qu'elle vit à une époque où les sciences se développent. Elle recourt à
l'argument de la nature.
 La réécriture de la Déclaration des droits de l'Homme montre qu'elle est favorable à la
collaboration et à l'égalité des deux sexes qui permettront à tous d'accéder au bonheur.

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