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Jean-Claude Bader@

Ce document présente un modèle de propagation d'écoulement entre les lits mineur et majeur des fleuves Sénégal et Niger, adapté aux zones inondables à faible pente. Le modèle, basé sur des données observées, permet de simuler les dynamiques de crue et de décrue, en tenant compte des connexions hydrauliques complexes. Plusieurs cas d'étude sont analysés pour valider l'efficacité du modèle dans des conditions variées d'écoulement.

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MODELISATION DE PROPAGATION D'ECOULEMENT ENTRE LITS MINEUR ET

MAJEUR SUR LES FLEUVES SENEGAL ET NIGER

Jean-Claude Bader*1, Gilles Belaud2, Jean-Pierre Lamagat1, Thibaud Ferret3, Philippe Vauchel4

1 IRD, UMR G-Eau, BP 64501, 34394 Montpellier cedex 5, France

2 Supagro, UMR G-EAU, 2 place Pierre Viala, 34060 Montpellier cedex, France

3 IRSTEA, UR EABX, 50 avenue de Verdun, 33612 Cestas-Gazinet, France

4 IRD, UMR GET, 14 av. Edouard Belin, 31400 Toulouse, France

*[Link]@[Link]

Résumé Dans la vallée du fleuve Sénégal et le delta intérieur du fleuve Niger, la crue annuelle

inonde un vaste lit majeur par des chemins d’écoulement complexes. Pour représenter la

propagation d’écoulement entre lits mineur et majeur sur ces zones très plates, on utilise un modèle

sans données topographiques initialement développé pour les lits mineurs (Lamagat,1983). En

fonction du niveau dans le lit mineur, le modèle calé sur les niveaux observés à deux stations donne

le niveau dans le lit majeur et le temps de propagation entre stations. Plusieurs cas sont testés, pour

divers types de connexions entre lits mineur et majeur. Le modèle représente bien les dynamiques

de crue et de décrue pour des systèmes de structure stable, y compris pour un lac du lit majeur relié

par un unique chenal au lit mineur ou dans le cas d’un fort amortissement de l’onde de crue entre

deux stations très distantes.

Mots-clefs : fleuve Sénégal, fleuve Niger, faible pente, inondation, lit majeur, modèle hydrologique

de propagation

1
FLOOD PROPAGATION MODELING BETWEEN RIVERBED AND FLOODPLAIN ON

THE SENEGAL AND NIGER RIVERS

Abstract In the Senegal river valley and Niger Inner Delta, the annual flood inundates a wide

floodplain consisting of a complex network of lakes and channels, where topographic informations

needed by standard hydraulic models are difficult to obtain. To represent the flood propagation

between mainstream and floodplain, we use a model designed for flood propagation in river

mainstreams with flat bed and large overflowing without topographic data (Lamagat, 1983).

Depending on the level in the riverbed, the model calibrated on the levels observed at two stations

gives the level in the floodplains and propagation time between stations. Several cases are tested for

various types of hydraulic connections between mainstream and floodplain. The model could

correctly reproduce the flood rise and fall in the floodplain, even for a lake connected by a single

channel to the riverbed or in the case of a strong attenuation of the flood between very distant

stations.

Keywords: Senegal river, Niger river, small slope, floodplain, inundation, hydrological propagation

model

NOTATIONS

A amplitude d’intervalle des valeurs de Hm reliées à Hv par corrélation linéaire

D pas de temps entre délais de propagation successifs testés pour le calage du modèle

Dv dénivelée positive de ligne d’eau entre extrémités du chenal reliant lac et lit mineur

E moyenne arithmétique des erreurs de modélisation de la cote Hv

Ev taux de pertes par infiltration et évaporation dans le lac (lame d’eau par unité de surface et

par unité de temps)

F intervalle de valeurs de Hm

f fonction donnant Hv à partir de Hm

2
g fonction donnant T à partir de Hm

Hc niveau moyen du fond du chenal reliant le lit mineur au lac du lit majeur

Hm niveau absolu de plan d’eau dans le lit mineur du fleuve, à la station préviseur

Hv niveau absolu de plan d’eau dans le lit majeur, à la station prévisande

I décalage des intervalles de valeurs de Hm analysés successivement pour caler le modèle

L0 largeur au miroir dans le chenal reliant le lac au cours d’eau

L1 longueur du chenal reliant le lac au cours d’eau

k coefficient de Strickler dans le chenal

K coefficient de déformation théorique du limnigramme observé dans le lit mineur

N nombre de couples de valeurs de Hv observées et modélisées simultanées

n rang de l’intervalle de valeurs de Hm analysé pour caler le modèle

p rang du délai de propagation testé pour caler le modèle

Q débit dans le chenal, positif du fleuve vers le lac et négatif dans le sens inverse

NSE coefficient d’efficacité de modèle de Nash-Sutcliffe (= 1-S2/V, avec : S, erreur quadratique

moyenne des cotes Hv modélisées; V, variance des valeurs observées de cote Hv)

S erreur quadratique moyenne ou erreur type de modélisation (racine carrée de la moyenne

arithmétique des carrés des écarts entre valeurs modélisées et valeurs observées de cote Hv)

Sv superficie de plan d’eau du lac

T délai de propagation entre stations du lit mineur (préviseur) et du lit majeur (prévisande)

t temps

Vv volume d’eau dans le lac

Zv tirant d’eau dans le chenal reliant le lit mineur au lac du lit majeur

3
INTRODUCTION

En Afrique de l’Ouest, le fleuve Sénégal dans la vallée située à l’aval de Bakel entre Mauritanie et

Sénégal (fig.1) et le fleuve Niger dans le Delta Intérieur situé au Mali (fig. 2), présentent les

caractères suivants : 1-écoulement à très faible pente dans une zone très plate ; 2- crue annuelle

unimodale essentiellement alimentée par les pluies de mousson sur l’amont du bassin situé dans les

monts du Fouta Djallon en Guinée ; 3- inondation d’un vaste lit majeur lors du passage de la crue

annuelle, au grand bénéfice de l’environnement (recharge de nappes, biodiversité etc.) et d’activités

traditionnelles des populations (cultures de décrue, pastoralisme, pêche, etc.) ; 4- barrages réservoirs

à buts multiples situés en amont, existants ou en projet, pouvant fortement réguler les écoulements

(production hydroélectrique, laminage des trop fortes crues, soutien des étiages pour l’agriculture

irriguée et la navigation). L’analyse d’impact des barrages sur l’inondation annuelle de ces zones

nécessite des modèles numériques décrivant la propagation des écoulements à la fois dans le lit

mineur et entre le lit mineur et le lit majeur.

Les modèles hydrauliques décrivant la propagation des ondes de crues dans les cours d’eau sont

généralement basés sur les équations de Barré de Saint Venant, qui traduisent la conservation de

masse et de quantité de mouvement au sein de l’écoulement. Sans solution analytique, ces équations

aux dérivées partielles sont résolues numériquement par les méthodes des éléments finis ou des

différences finies, selon des schémas explicites ou implicites qui favorisent respectivement la

simplicité de mise en œuvre et la stabilité numérique des calculs. Les modèles obtenus diffèrent

également (Ponce & Simons, 1977, Chow et al., 1988) selon qu’ils tiennent compte de tous les

termes exprimés dans l’équation de conservation de quantité de mouvement pour représenter au

mieux les phénomènes (système Saint Venant complet), ou qu’ils en négligent certains (modèles

d’onde dynamique stable, d’onde de gravité, d’onde diffusante et d’onde cinématique, par ordre de

simplification croissante). Moussa et Bocquillon (1996) montrent que parmi ces formes plus ou

moins simplifiées, le modèle le plus adapté dépend à la fois du nombre de Froude de l’écoulement

4
et de la forme de l’hydrogramme de crue.

Tous ces modèles, dits distribués, peuvent représenter les variables de l’écoulement en différents

points sur un maillage des biefs étudiés. Les plus utilisés sont des modèles dits 1D ou filaires, qui

donnent le niveau de surface libre et le débit pour des sections du cours d’eau perpendiculaires à la

direction générale d’écoulement. Pour représenter les débordements sur lit majeur, ces modèles

doivent être adaptés de façon à tenir compte des connexions hydrauliques entre lit mineur et lit

majeur (continue sans obstacle, par chenal, par submersion de digues, etc.) et des caractéristiques

d’écoulement très différentes entre ces deux domaines (vitesse, profondeur, rugosité hydraulique,

niveau). Parmi ces modèles 1D adaptés, on distingue les modèles à lit composé et les modèles à

casiers.

Les modèles 1D à lit composé supposent pour chaque section un niveau de surface libre identique

sur les lits mineur et majeur et ne sont donc pas adaptés à toutes les situations. Ils ne considèrent

souvent que les débits longitudinaux, obtenus pour chaque section en combinant par différentes

méthodes (Einstein, Debord) ceux du lit mineur et du lit majeur, calculés avec des coefficients de

rugosité distincts et des gradients de perte de charge identiques ou distincts (Proust et al., 2009). On

peut simplifier ces modèles en considérant le lit majeur comme une simple zone de stockage avec

des vitesses longitudinales nulles (Moussa & Bocquillon, 2000). Cette simplification améliore dans

certains cas les résultats du modèle utilisé (Mizanur & Chaudhry, 1995).

Les modèles 1D à casiers représentent les lits majeurs par un maillage de cellules contigües,

judicieusement définies en fonction de la topographie (obstacles, connexions entre cellules, zones

homogènes, etc.). Chaque cellule échange des débits à ses frontières avec ses voisines et/ou le lit

mineur, selon le niveau de surface libre de chaque élément. Ces débits, calculés par des formules

d’ouvrages hydrauliques (seuils, déversoirs, etc..) ou d’écoulement uniforme (Manning-Strickler),

sont perpendiculaires aux frontières des cellules et ne suivent donc pas forcément la direction

générale de l’écoulement. Dans ce type de modèle, la représentation des écoulements sur le lit

5
majeur s’apparente donc à une modélisation 2D, surtout dans le cas d’un maillage serré (Bates &

De Roo, 2000).

Nécessitant une description très précise de la topographie, les modèles 2D sont plus difficiles à

mettre en œuvre que les modèles 1D mais ils donnent des résultats plus détaillés et généralement

plus précis, surtout pour des lits majeurs de topographie très complexe (Tayefi et al., 2007). Dans

certains cas toutefois, les modèles 1D peuvent être de précision équivalente, s’ils intègrent une

bonne représentation de la topographie (Besnard & Goutal, 2011).

Les modèles hydrauliques, une fois calés sur des observations hydrométriques, ont le grand

avantage de pouvoir être adaptés pour intégrer certaines modifications du milieu, contrairement à

des modèles hydrologiques conceptuels ou de type ‘’boîte noire’’ calés sur les mêmes observations

(Kundzewicz, 1986). On peut alors les utiliser pour l’analyse anticipée de scénarios

d’aménagements hydrauliques dans la zone modélisée.

Sur les fleuves Sénégal et Niger, les zones qui nous intéressent se caractérisent par la quasi-absence

de pente et une grande complexité des écoulements sur le lit majeur. Les données topographiques

disponibles sont insuffisamment précises pour permettre d’y appliquer des modèles hydrauliques

sur de longs biefs. On peut par contre utiliser des modèles hydrologiques de propagation, qui ne

nécessitent pas de données topographiques. Généralement basés sur des concepts schématiques de

l’écoulement, ces modèles ne peuvent représenter la cote ou le débit qu’aux points où ils ont été

calés sur des données observées.

Le plus connu des modèles hydrologiques de propagation est probablement la méthode de

Muskingum, qui correspond à une solution approchée du modèle hydraulique d’onde cinématique

(Cunge, 1969). Sur un bief donné, ce modèle suppose une vitesse de propagation constante de

l’écoulement et représente le stock d’eau présent par une fonction stable des débits à l’entrée et à la

sortie du bief. Du fait de ces hypothèses, la méthode de Muskingum ne donne pas de bons résultats

pour les écoulements sur de vastes plaines d’inondation (Chow et al., 1988), où l’on observe

6
souvent des vitesses de propagation variables ainsi que des relations non univoques entre débit et

niveau, dues au caractère très diffusif des ondes de crue. Elle n’est donc pas adaptée pour nos zones

d’étude où l’on peut observer, par exemple à Podor sur le fleuve Sénégal, un débit passant du

simple au double entre décrue et montée de crue pour une même cote de moyennes eaux (Bader &

Cauchy, 2014). Il en est de même pour les modèles de propagation obtenus par linéarisation des

équations de Saint-Venant (Hayami, 1951), bien que ceux-ci puissent être qualifiés de distribués

(Dooge et al., 1983 ; Munier et al., 2008).

Contrairement à ces méthodes, le modèle hydrologique de propagation mis au point à l’ORSTOM

par Lamagat (1983) est bien adapté pour les écoulements fortement diffusifs, où l’atténuation est

contrôlée par les dynamiques d’échange lit mineur-lit majeur. Il décrit correctement la propagation

dans le lit mineur de cours d’eau à faible pente, tels que le Niger et la Gambie (Lamagat et al.,

1993), le Nil (Morel-Seytoux et al., 1993) et le Tana (Léauthaud et al., 2013). Le but de la présente

étude consiste à tester les performances de ce modèle pour représenter la propagation entre lit

mineur et lit majeur sur les fleuves Sénégal et Niger.

METHODE

Après avoir présenté les données de l’étude qui sont des niveaux observés dans le lit mineur et sur

le lit majeur des fleuves Sénégal et Niger, on rappelle les principes du modèle de Lamagat (1983,

1987, 1990) et sa justification théorique à partir des équations de Saint Venant (Morel-Seytoux et

al., 1993). Pour chaque fleuve, on cale ensuite le modèle sur des niveaux observés pour qu’il donne

le niveau dans le lit majeur en fonction du niveau dans le lit mineur, pour différents types de

liaisons hydrauliques entre les deux domaines et sans hypothèse sur les débits échangés.

Pour chacun des cinq cas étudiés sur le fleuve Sénégal, qui associent quatre cuvettes du lit majeur à

trois stations du lit mineur, le modèle une fois calé est validé sur des données observées non

utilisées pour le calage.

7
Pour les deux cas étudiés sur le fleuve Niger, qui à une dépression fermée du lit majeur reliée au lit

mineur par un unique chenal associent deux stations du lit mineur, on cale d’abord le modèle sur

une longue période de données observées avant d’analyser l’évolution temporelle de ses erreurs

cumulées. Cette analyse met en évidence des périodes successives sur lesquelles le modèle doit être

calé différemment, pour rendre compte de modifications physiques qui sont manifestement

intervenues sur la liaison hydraulique entre lit mineur et lit majeur, et qu’avèrent certaines images

satellitaires publiées par Google Earth. On analyse enfin certaines limites d’utilisation du modèle en

appliquant celui-ci sur des régimes d’écoulement théoriques plus ou moins éloignés du régime

observé, et pour lesquels les niveaux dans la dépression du lit majeur sont auparavant reconstitués

par un modèle hydraulique élémentaire de remplissage, basé sur le principe de conservation de

masse.

DONNEES

Les données utilisées sont des cotes moyennes journalières absolues (NGAO1) de plan d’eau

observées en différents points du lit majeur et du lit mineur des fleuves Sénégal et Niger.

Fleuve Sénégal

Entre Matam et Podor, le fleuve qui sépare le Sénégal et la Mauritanie ne reçoit que de faibles

apports locaux. Son écoulement résulte essentiellement de la propagation d’une crue annuelle

formée à l’amont (Mali, Guinée) par les pluies de mousson et en partie contrôlée par le barrage de

Manantali, situé à plus de 550 km en amont de Matam. La très faible pente du fleuve, de l’ordre de

3 cm/km entre Matam et Salde et 1 cm/km entre Salde et Podor, provoque l’inondation d’un vaste

lit majeur lors de la crue (fig. 1-A). L’analyse porte sur quatre cuvettes du lit majeur (fig. 1-B) en

rapport avec trois stations du lit mineur sur la période 1997-2000, pendant laquelle les liaisons

hydrauliques concernées ne subissent pas de modification physique. Les données utilisées (source :

1
Nivellement Général de l’Afrique de L’ouest

8
OMVS (Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal)) sont les cotes absolues déduites

des chroniques homogènes de cotes observées aux échelles des stations suivantes :

• cuvette de Podor : dépression avec mare résiduelle reliée au lit mineur par 4 chenaux ;

superficie observée entre 0 et 18 km2

• cuvette de Wawa : plaine d’inondation en continuité directe avec le lit mineur, sans

dépression susceptible de garder l’eau après la décrue ; superficie observée entre 0 et 26 km2

• cuvette de Nabadji : dépression avec mare résiduelle, reliée au lit mineur par un chenal

utilisé pour l’entrée et la sortie d’écoulement ; superficie observée entre 0 et 5 km2

• cuvette de Donaye : plaine d’inondation sans dépression, séparée du lit mineur par un

bourrelet de berge percé en plusieurs endroits ; superficie observée entre 0 et 7 km2

• stations de Matam, Salde et Podor : situées sur le lit mineur

Fleuve Niger

La zone étudiée se situe au Mali dans le Delta Intérieur du fleuve Niger, où la crue annuelle de

mousson formée à l’amont inonde un immense lit majeur, constitué par un réseau complexe de

chenaux, de plaines d’inondation diffuse et de lacs bien individualisés. Situé près de Tombouctou et

recevant environ 250 mm de pluie par an (Brunet-Moret et al., 1986), le lac Fati est une dépression

toujours en eau reliée au lit mineur du fleuve par un chenal d’une dizaine de kilomètres de long, qui

sert successivement à son remplissage puis à sa vidange lors du passage de la crue. L’analyse porte

sur le niveau du lac à Tondigame, en rapport avec le niveau du fleuve à Tindirma et Mopti, situés

respectivement à l’entrée du chenal et environ 200 km à l’amont (fig. 2). Les données utilisées

(source : Direction nationale de l’hydraulique du Mali) sont les cotes absolues déduites des cotes

observées aux échelles de ces trois stations sur la période 1955-2000, homogènes pour Mopti et

Tindirma et vraisemblablement aussi pour Tondigame. Certaines valeurs manquantes sont

reconstituées pour Tindirma (30% des valeurs entre 1955 et octobre 1996, et 100% ensuite) par le

modèle de Lamagat (période de calage : 1955-1996 ; erreur type : 6 cm ; NSE = 0.999) à partir des

9
niveaux observés à Diré.

PRINCIPE DU MODELE

Le modèle de Lamagat (1983, 1987, 1990), justifié de façon théorique par Morel-Seytoux et al.,

(1993), est basé sur les équations de Barré de Saint Venant qui régissent les écoulements à surface

libre monodimensionnels et graduellement variés. Pouvant être considéré comme un modèle d’onde

diffusive (ou ‘’zéro inertie’’), il suppose que dans l’équation dynamique d’écoulement, les termes

d’accélération locale et convective sont négligeables par rapport au terme des forces de pression

(proportionnel à la dérivée de la profondeur d’eau par rapport à l’abscisse) et à ceux des forces de

gravité et de frottement. Cette hypothèse est généralement vérifiée pour la propagation des ondes de

crue dans les cours d’eau (Moussa et Bocquillon, 1996).

Exploitant la proportionnalité entre débit et racine carrée de la pente de friction (French, 1985),

Morel-Seytoux et al. (1993) montrent que la propagation d’un signal de niveau de surface libre de

l’amont à l’aval d’un bief est alors régie par deux fonctions f et g du niveau amont Hm, donnant

respectivement le niveau aval Hv et le délai T de propagation. Ce dernier est égal à la longueur du

bief divisée par la vitesse moyenne de l’onde cinématique le long du bief. On a donc au temps t :

T(t) = g(Hm(t)) [1]

Hv(t+T(t))) = f(Hm(t)) [2]

Les fonctions f et g ne peuvent malheureusement pas être déterminées directement à partir de leurs

formules théoriques, où interviennent des paramètres qui en pratique ne sont jamais connus sur les

cours d’eau naturels. Il faut donc les déterminer à partir de séries de valeurs de Hm et Hv observées

à la fois en crue et en décrue, qui doivent être analysées par intervalles successifs de valeurs de Hm.

Ces intervalles doivent être suffisamment petits pour que la fonction f puisse y être considérée

comme linéaire, ce qui permet de la déterminer par la méthode des moindres carrés.

Pour caler le modèle sur un marnage [Hm1 ; Hm2] de valeurs de Hm, on procède par intervalles

10
successifs Fn définis par Fn = [Hm1+n×I ; Hm1+A+n×I], ou A et I sont respectivement une

amplitude et un décalage fixes, le rang n entier progressant entre zéro et (Hm2-Hm1)/I.

L’analyse d’un intervalle Fn consiste à trouver le temps de propagation Tn qui maximise la

corrélation entre Hm et Hv. On définit alors les bornes minimale T1 et maximale T2 de délai de

propagation à tester, et,D un pas de temps de discrétisation. Pour chaque rang p entier situé entre

zéro et (T2-T1)/D, on calcule alors l’erreur type Sn,p de la corrélation linéaire entre les valeurs de

Hm(t) comprises dans Fn et celles de Hv(t+T1+p×D). La valeur pn de p minimisant Sn,p désigne le

délai de propagation optimal Tn = T1+pn×D affecté à l’intervalle Fn, pour lequel on retient

également les valeurs moyennes Hmn et Hvn des couples Hm, Hv reliés par la corrélation associée.

L’ensemble des triplets Hmn, Hvn, Tn obtenus en faisant varier n permet de définir la fonction f

par le barème des valeurs Hmn et Hvn et la fonction g par celui des valeurs Hmn et Tn. Dans

l’analyse, les paramètres A, I, T1, T2 et D sont adaptés arbitrairement en fonction des échantillons

de valeurs observées. Il est parfois nécessaire de les faire varier pour différentes parties du marnage.

Enfin, le modèle est d’autant plus performant que les apports ou pertes de débit dans le bief

reliant les deux stations sont faibles ou corrélés aux cotes Hm à la station préviseur.

APPLICATION DU MODELE SUR LES LITS MAJEURS DU SENEGAL ET DU NIGER

Fleuve Sénégal

La figure 3 montre pour les quatre cuvettes étudiées les cinq calages du modèle effectués à partir de

deux années d’observations suffisamment représentatives. On remarque que les fonctions f

croissantes reliant la cote Hv dans les cuvettes du lit majeur à la cote Hm aux stations préviseurs du

lit mineur sont très régulières. Ceci est moins vrai pour les fonctions g donnant les temps de

propagation T, car pour un intervalle Fn donné de valeurs Hm, l’erreur type Sn,p présente parfois un

minimum de faible concavité en fonction de p. Selon les aléas d’échantillonnage de Hm et Hv, ceci

peut conduire à une moindre précision dans la détermination du temps Tn associé au minimum Sn de

11
Sn,p. Une erreur de modélisation du temps T entraîne une erreur d’autant plus importante sur les

cotes que celles-ci sont rapidement variables. C’est pourquoi les plus fortes erreurs types S du

modèle sont observées dans la plupart des cas pour les moyennes eaux, qui sont les plus concernées

par les périodes de montée de crue ou de décrue.

La forme des fonctions g dépend des liaisons hydrauliques entre cuvettes et lit mineur, ainsi que

de la position des stations préviseurs du lit mineur. Pour les cuvettes de Podor, Nabadji et Donaye

(fig. 3 A, D et E respectivement) situées à faible distance des stations préviseurs (Podor, Matam et

Podor), le temps T correspond essentiellement au passage du signal entre le lit mineur et le lit

majeur. Il décroît globalement en fonction de Hm, à mesure que la liaison hydraulique se remplit

entre lit mineur et lit majeur. Pour la cuvette de Wawa, le temps T depuis Salde (fig. 3 B) croît au

contraire en fonction de Hm du fait de la distance importante parcourue par le signal dans le lit

mineur depuis cette station. Dans ce bief, plus la crue est importante, plus elle est ralentie par son

étalement dans le lit majeur. Toujours pour Wawa, le temps T croissant puis décroissant en fonction

de la cote Hm à Podor (fig. 3 C) résulte probablement d’une situation mixte entre les précédentes.

Par ailleurs, le temps T peut être négatif quand la station préviseur du lit mineur se situe à l’aval de

la liaison hydraulique entre cuvette et lit mineur (fig. 3 C et E). Dans ce cas, le modèle exprime une

correspondance entre des variables Hm et Hv qui ne sont pas forcément reliées de cause à effet,

mais peuvent avoir des causes communes.

Sur chaque cuvette, l’utilisation du modèle consiste à appliquer sur les chroniques de cotes Hm

observées les fonctions f et g, étendues si nécessaire vers le haut par rapport à leur domaine de

définition (extrapolation linéaire pour f et constante pour g), mais pas vers le bas. Les cotes Hv

modélisées présentent un NSE toujours supérieur à 0.98 en calage et supérieur à 0.97 quatre fois sur

cinq pendant deux années supplémentaires de validation (tab. 1 et 2). La figure 4 montre la capacité

du modèle à reproduire précisément, à partir d’un unique calage, le niveau dans chaque cuvette pour

des crues d’amplitude assez variée.

12
Fleuve Niger

La longue série de données disponibles pour le lac Fati couvre une période (1955-2000) durant

laquelle le chenal reliant le lac au lit mineur du Niger a visiblement connu d’importantes

modifications. Les images satellitaires publiées par Google Earth montrent l’absence probable en

janvier 1987, puis la présence probable en octobre 2001 et certaine en janvier 2004, d’une digue de

franchissement barrant le chenal à Tindirma et ne permettant l’écoulement que dans quatre passes

de 3 m de large, alors que le lit majeur naturel du chenal atteint à cet endroit une largeur de 950 m.

Il se pourrait que l’ouvrage de franchissement ait eu plusieurs configurations successives,

passant par exemple d’un simple radier submersible à un pont enjambant le lit mineur, avant

l’existence de la digue actuelle. C’est en tous cas ce que suggère l’analyse du cumul des erreurs du

modèle calé sur la période 1955-2000 entre les cotes Hm du fleuve à Tindirma et les cotes Hv du lac

Fati à Tondigame. En effet, au lieu d’évoluer de façon aléatoire autour de zéro, ce cumul varie de

façon organisée pour différentes tranches de marnage. Les ruptures de pente des courbes (fig. 5-A)

permettent de dater approximativement certaines modifications de la relation entre Hv et Hm (fig. 5-

B), Le modèle est finalement calé séparément sur les quatre périodes suivantes, correspondant

chacune à une relation Hv(Hm) assez homogène: 1955 à mai 1983, juin 1983 à mai 1992, juin 1992

à mai 1997 et juin 1997 à 2000. L’évolution des paramètres du modèle (fig. 6) entre ces périodes

(diminution de Hv et augmentation de T pour Hm constant) ne peut s’expliquer par un simple

changement de zéro de référence du limnimètre qui aurait pu se produire à Tondigame, mais qui

n’aurait pas modifié la relation T(Hm). Elle montre plutôt une évolution de la capacité d’échange

entre le fleuve et le lac, probablement liée à des modifications physiques du chenal.

Le modèle est enfin calé sur les quatre périodes précitées entre les cotes Hm du Niger à Mopti

et les cotes Hv du lac. Pour tenir compte de l’amortissement très important de la crue entre Mopti et

Tindirma, on utilise ici les cotes Hm en moyenne mobile entre j–50 jours et j+50 jours. Cette durée

13
de 50 jours, qui n’excède pas le temps de propagation constaté entre Mopti et Tondigame, est celle

qui en pratique donne les meilleurs résultats. Les résultats obtenus (fig. 7) confirment la diminution

récente de capacité d’échange entre fleuve et lac.

La précision des cotes modélisées sur le lac Fati à partir des cotes du fleuve à Tindirma ou à

Mopti est assez bonne, avec un NSE toujours supérieur ou égal à 0.93 sur chaque période (tab. 3 et

4), sauf pour la période 1997-2000 à partir de Tindirma. Sur chaque période de calage (fig. 8 et 9),

le modèle donne de bons résultats pour des crues d’amplitude variée. Enfin, le niveau du lac est

modélisé correctement avec les quatre calages successifs pour les crues de 1977-1978, 1991-1992,

1996-1997 et 1997-1998, très semblables dans le fleuve Niger à Tindirma ou à Mopti. Ceci

confirme que les différents calages du modèle ne sont pas nécessités par des signaux d’entrée

différents, mais bien par de probables modifications physiques du chenal reliant le lac au fleuve.

LIMITES D’UTILISATION DU MODELE

Non respect de certaines hypothèses de base du modèle, en particulier dans le cas d’un chenal

unique reliant lit mineur et lit majeur

Les résultats présentés ci-dessus montrent la capacité du modèle à représenter la propagation des

écoulements entre lit mineur et lit majeur sur les fleuves Sénégal et Niger. On ne peut affirmer

cependant que les cas étudiés vérifient bien en permanence toutes les hypothèses de base du

modèle, en particulier celles, implicites, selon lesquelles les stations préviseur et prévisande doivent

être en connexion hydraulique, suivant un chemin et un sens d’écoulement constants. Pour le fleuve

Sénégal, les temps T négatifs obtenus dans certains cas, qui pourraient s’expliquer par combinaison

ou inversion de modèles élémentaires, ne contredisent pas à eux-seuls la théorie. Mais le signe

variable de la dénivelée (Hm-f(Hm)) ou du temps de propagation (g(Hm)) en fonction de Hm, observé

pour quatre des cinq cas étudiés (fig. 3B), pourrait correspondre à des changements du chemin ou

du sens d’écoulement entre stations préviseur et prévisande.. Pour le cas étudié sur le fleuve Niger

14
(tout comme pour la cuvette de Nabadji sur le fleuve Sénégal) la variabilité du sens d’écoulement

est évidente puisque l’unique chenal reliant le lac Fati au fleuve sert successivement à son

remplissage et à sa vidange lors du passage de la crue annuelle. Enfin, les informations disponibles

ne permettent pas de garantir la permanence de connexion entre lits majeur et mineur pour les plus

faibles cotes observées utilisées dans l’analyse.

Application du modèle de Lamagat pour des régimes modifiés d’écoulement du fleuve Niger

Même théoriquement justifié à partir des équations de l’hydraulique, le modèle de Lamagat est

soumis aux limitations de tous les modèles hydrologiques de propagation calés statistiquement :

recalage nécessaire en cas de modifications physiques sur le bief modélisé ; validité non garantie en

dehors du domaine de calage. Cette dernière limitation du modèle pose problème pour les fleuves

Sénégal et Niger, où les régimes d’écoulement pourraient évoluer sous l’effet de changements

climatiques et surtout suite à l’implantation de barrages réservoirs sur les hauts bassins.

L’utilisation du modèle en dehors de son domaine de calage est très problématique quand de

surcroît toutes ses hypothèses de base ne sont pas respectées. Il est ainsi évident qu’entre le fleuve

Niger et le lac Fati, le modèle calé sur le régime observé ne conviendrait pas en régime quasi

permanent. Dans ce cas en effet, le niveau du lac à Tondigame se confondrait avec celui du Niger à

Tindirma dès lors que celui-ci se situerait au-dessus du seuil d’écoulement du chenal (probablement

inférieur à 260 m d’après les cotes Hm et Hv observées (fig. 8)). Or la fonction f du modèle, éloignée

de la première bissectrice pour Hm inférieur à 262 m (fig. 6), ne peut pas représenter cela.

On teste donc ci-dessous le modèle entre fleuve Niger et lac Fati pour des régimes d’écoulement du

Niger qui diffèrent du régime observé par la fréquence ou l’amplitude des crues, et pour lesquels les

niveaux correspondants du lac sont reconstitués par ailleurs à l’aide d’un modèle hydraulique

simplifié à base physique, calé sur le régime observé et présenté en annexe.

On remplace d’abord des lacunes résiduelles du limnigramme observé à Tindirma (déjà complété à

15
partir de cotes observées à Diré) par des interpolations linéaires ou des paliers de niveau constant en

fin d’étiage, pour obtenir un limnigramme complet et exploitable par le modèle hydraulique sur des

périodes les plus longues possible. Sur celle du 10/07/1955 au 30/08/1981, la cote du fleuve Niger

présente un signal périodique annuel de moyenne 260.32 m, dont le minimum annuel varie entre

257.09 et 258.39 m et le maximum annuel entre 261.79 et 263.35 m. De l’étiage à la crue suivante,

le marnage annuel varie entre 4.51 et 5.87 m selon les années, avec une moyenne de 5.24 m.

On crée ensuite des limnigrammes théoriques à Tindirma en appliquant des déformations

d’ampleur K à celui du régime observé du 29/07/1955 au 30/08/1981. Ces déformations qui

reviennent à multiplier par K la période annuelle du signal naturel (méthode α) ou son amplitude

maximale de 6.26 m (méthode β conservant la cote moyenne et méthode γ conservant la cote

minimale), modifient ainsi chaque cote observée : α) en multipliant par K le délai écoulé depuis le

29/07/1955; β) en multipliant par K l’écart à la cote moyenne de 260.32 m ; γ) en multipliant par K

l’écart à la cote minimale de 257.09 m. Ces limnigrammes théoriques du Niger à Tindirma sont

ensuite utilisés pour simuler avec le modèle hydraulique simplifié (calé sur le régime observé de

1955 à août 1981) le niveau du lac Fati, initialisé le 29/07/1955 à la cote observée de 260.32 m.

Le modèle de Lamagat calé sur les données observées de 1955 à 1983 et extrapolé vers le haut

si nécessaire est enfin appliqué sur les limnigrammes théoriques de Tindirma utilisés en entrée, à

partir de la date correspondant au minimum d’étiage observé en 1956 et jusqu’à leur fin (du

01/07/1956 au 30/08/1981 pour les limnigrammes d’amplitude modifiée ; sur des périodes variables

selon l’ampleur K de déformation du signal pour les limnigrammes de période modifiée). Pour

chaque régime théorique, on évalue la précision du modèle en comparant le limnigramme produit

pour le lac Fati avec celui qui est produit par le modèle hydraulique simplifié, plus fiable a priori.

Calé en régime observé, le modèle appliqué en régime théorique voit sa précision diminuer

d’autant plus que l’ampleur K de déformation du signal s’éloigne de 1. Les résultats restent

toutefois assez bons (NSE>0.95) pour 0.67 < K < 1.51 si la période du signal est modifiée (fig 10α),

16
pour 0.74 < K si l’amplitude du signal est modifiée avec cote moyenne conservée (fig. 10β) et pour

0.87 < K si l’amplitude du signal est modifiée avec cote minimale conservée (fig. 10γ). Ces

résultats expliquent pourquoi le modèle reproduit correctement l’ensemble du régime observé, qui

est caractérisé à Tindirma par un limnigramme de périodicité constante avec un marnage annuel

assez peu variable (entre 0.86 et 1.12 fois le marnage moyen de 5.24 m). Ils montrent également

que le modèle calé sur le régime observé ne convient pas pour des régimes très différents, pour

lesquels il doit être recalé.

Les calages effectués sur les différents régimes théoriques sont satisfaisants (NSE>0.98) même

quand ces derniers diffèrent beaucoup du régime naturel, sauf pour un signal de période très courte

(K<0.44, fig. 10α), qui ne laisse pas le temps au lac de s’équilibrer avec le niveau du fleuve, et pour

un signal de très faible amplitude avec cote minimale conservée (K <0.80, fig. 10γ), qui entraîne

chaque année une déconnexion très prolongée entre lac et fleuve. Le calage du modèle diffère

d’autant plus du calage en régime observé (K=1), qu’il est effectué pour des régimes qui en sont très

éloignés (fig. 11 à 13). Ces différences concernent surtout les valeurs des fonctions f et g pour des

cotes Hm inférieures à environ 261.50 m à Tindirma. Fort logiquement, la fonction f tend vers la

première bissectrice pour les régimes se rapprochant le plus d’un régime permanent avec un signal

de période longue (fig. 11 : K=5) ou de faible amplitude (fig. 12 : K<0.5).

CONCLUSION

Pour chacun des sept cas étudiés sur les fleuves Sénégal et Niger, le modèle de Lamagat (1983)

permet de calculer de façon satisfaisante le niveau dans une dépression du lit majeur en fonction du

niveau dans le lit mineur. Sur le fleuve Sénégal, le NSE du modèle est dans tous les cas supérieur à

0.98 sur deux années de calage et supérieur à 0.97 dans quatre cas sur cinq sur deux autres années

de validation. Sur le fleuve Niger, l’analyse des erreurs cumulées du modèle calé sur 46 ans de

données observées permet de dater certains changements probablement intervenus sur la liaison

17
hydraulique entre fleuve et lit majeur, suite à la construction et aux modifications d’un ouvrage de

franchissement. Ces changements conduisent à caler différemment le modèle sur des périodes

successives car celui-ci, affranchi de données topographiques, suppose la stabilité des conditions

d’écoulement sur le bief modélisé. Enfin, le modèle peut représenter un fort laminage de l’onde de

crue entre une station préviseur du lit mineur et la station prévisande du lit majeur, s’il utilise en

entrée des cotes moyennées sur une période suffisamment longue.

Paradoxalement, le modèle donne de bons résultats y compris pour des configurations d’écoulement

qui ne vérifient pas certaines de ses hypothèses de base, comme c’est le cas pour le lac Fati qui est

reliée au lit mineur du fleuve Niger par un seul chenal où le sens d’écoulement s’inverse

régulièrement. Malgré cette configuration, le modèle calé sur le régime observé reste valide (avec

NSE > 0.95) pour des régimes théoriques d’écoulement du fleuve relativement modifiés du point de

vue de la fréquence ou de l’amplitude des crues. Quelle que soit l’ampleur des modifications

envisagées par rapport au régime observé, le modèle peut être calé de façon satisfaisante sur le

nouveau régime (avec NSE >0.98), sauf pour une fréquence de crue plus que doublée, qui ne

laisserait pas le temps au lac de s’équilibrer avec le fleuve, ou pour un limnigramme d’amplitude

totale diminuée de plus de 20% avec cote minimale conservée, qui entraînerait chaque année une

déconnexion trop prolongée entre le fleuve et le lac.

En conclusion, le modèle de Lamagat se révèle bien adapté pour représenter la propagation des

écoulements par différents types de connexion hydrauliques entre lit mineur et lit majeur, sur des

zones très peu pentues des fleuves Sénégal et Niger recevant des apports intermédiaires

négligeables. L’unimodalité, la périodicité constante et le marnage assez peu variable des crues sur

ces zones lui permettent de fonctionner même en dehors de son champ théorique d’application,

comme dans le cas d’un lac fermé du lit majeur relié au fleuve par un unique chenal. Ce modèle

simple à mettre en œuvre, qui ne nécessite pas de données topographiques mais doit être calé sur

des niveaux observés, peut être utile pour la reconstitution de données manquantes, la prévision de

18
niveau en temps réel sur des délais limités par les temps de propagation, ou la simulation de

scénarios relatifs à des régimes d’écoulement relativement modifiés par un changement climatique

ou des ouvrages hydrauliques en amont. Il permet également de mettre en évidence des

changements hydrologiques majeurs intervenus à la suite d’aménagements effectués sur le bief

modélisé. Une extension possible est le calage de corrélations entre des niveaux observés à des

échelles et des surfaces en eau obtenues par télédétection sur plusieurs années de crue (Ogilvie et

al., 2015).

19
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22
ANNEXE : MODELE HYDRAULIQUE ELEMENTAIRE DE REMPLISSAGE DU LAC

FATI

Les relations f1 et f2 donnant la superficie Sv et et le volume Vv du lac Fati en fonction de son

niveau Hv sont connues (fig. 14). On les exploite pour développer un modèle hydraulique de

fonctionnement du lac basé sur le principe de conservation de masse, qui représente l’évolution de

son niveau à partir du niveau Hm du fleuve à Tindirma. Compte tenu des informations relevées sur

Google Earth et des résultats obtenus avec le modèle de Lamagat, on choisit de représenter ici la

liaison entre le fleuve et le lac sur les périodes de 1955 à mai 1983 et de juin 1983 à mai 1992 par

un simple chenal de section triangulaire, dont le fond situé à la cote Hc est supposé horizontal. La

dénivelée Dv de ligne d’eau sur toute la longueur du chenal est calculée en supposant que le niveau

de surface libre aux extrémités est celui du Niger à Tindirma et du lac Fati à Tondigame

respectivement, ou Hc en cas de valeur inférieure. Le débit Q, considéré uniforme dans le chenal,

est évalué à son extrémité amont par la formule de Manning Strickler dans laquelle le rayon

hydraulique est assimilé à la moitié du tirant d’eau Zv, ce dernier étant négligeable par rapport à la

largeur L0.. On suppose également qu’à chaque pas de temps, la valeur absolue du débit Q ne peut

excéder celle du débit théorique Qextr qui provoque l‘égalité des niveaux Hv et Hm en fin de pas de

temps. On utilise enfin la valeur maximale de largeur L0 et la longueur L1 du chenal estimées avec

Google Earth (L0max= 1000 m ; L1 = 18500 m), ainsi que la valeur maximale observée de Hm et Hv

(Hmvmax = 263.42 m) pour estimer la pente de ligne d’eau et la largeur L0, respectivement

proportionnelles à la dénivelée Dv et au tirant d’eau Zv.. En exprimant en mm j-1 le taux Ev supposé

constant des pertes nettes résultant de l’infiltration, de l’évaporation et de la pluie sur le lac, le

temps t en jour et les autres variables en unités SI, le modèle s’exprime ainsi au pas de temps

journalier :

Hv = f2-1(Vv) [3]

Zv = max(Hv, Hm, Hc) – Hc [4]

23
Sv =f1(Hv) [5]

Dv = max(Hv, Hm, Hc) – max(min(Hv, Hm), Hc) [6]

Qextr = (f2(Hm)-Vv+Sv*Ev/1000)/86400 [7]

L0 = Zv×L0max/( Hmvmax-Hc) [8]

abs(Q) = min(k×L0×(Zv/2)5/3×(Dv/L1)1/2 ; abs(Qextr)) [9]

Q = abs(Q) si Hm>Hv [10]

Q = -abs(Q) si Hm<Hv [11]

Vv(t+1) = Vv(t) + 86400Q(t) - Ev×Sv(t)/1000 [12]

A partir de juin 1992, la présence probable d’un ouvrage de franchissement sur le chenal amène à

calculer le débit échangé entre le fleuve et le lac par la formule d’un seuil épais de niveau Hs, de

chaque côté duquel le niveau de plan d’eau est supposé égal à celui du fleuve à Tindirma et du lac à

Tondigame respectivement, ou à la cote Hc du fond du chenal en cas de valeurs inférieures. Les

relations 8 et 9 sont alors remplacées par les suivantes, où Zam et Zav désignent les lames d’eau

amont et aval au dessus du seuil, F le coefficient d’ennoiement, g l’accélération de la pesanteur et

B0 la largeur du seuil.

Zam = max(Hm, Hv, Hc) – Hs [13]

Zav = max(min(Hm, Hv), Hc) – Hs [14]

F=1 si Zav < 2Zam/3 [15]

F = (1-((3Zav-2Zam)/Zam)2)0.5 si Zav > 2Zam/3 [16]

Q = (2/3)1.5×B0×g0.5×F×max(Zam, 0)1.5 [17]

A partir des cotes du régime observé dans le fleuve à Tindirma et avec un niveau dans le lac

initialisé à la valeur observée (259.73 m le 11/07/1955 ; 259.17 m le 24/09/1983 ; 259.20 m le

04/11/1992 ; 259.22 m le 10/11/1997), le modèle reproduit correctement le niveau observé dans le

lac (fig.15) pour les périodes de 1955 à mai 1983 (NSE = 0.990) et de juin 1983 à mai 1992 (NSE =

0.955), et de façon moins satisfaisante pour les périodes de juin 1992 à mai 1997 (NSE = 0.865) et

24
de juin 1997 à 2000 (NSE = 0.672). Ces résultats sont obtenus avec les valeurs optimisées suivantes

de paramètres : Hc = 258.99 m et Ev = 6.945 mm/jour pour toutes les périodes ; k = 8.64 m1/3s-1

pour la première période ; k = 8.87 m1/3s-1 pour la seconde période ; B0 = 6.19 m et Hs = 259.36 m

sur la troisième période ; B0 = 3.95 m et Hs = Hc sur la quatrième période.

Les valeurs relativement faibles du coefficient de Strickler optimisé peuvent s’expliquer par

certaines caractéristiques du chenal visibles avec Google Earth : très forte sinuosité en basses eaux ;

présence massive de cultures de décrue sur les berges du chenal inondées pendant les hautes eaux.

Quant à elles, les valeurs optimisées de la largeur B0 de seuil, deux et quatre fois plus faibles sur les

périodes 3 et 4 que la largeur cumulée des passes estimée avec Google Earth (12 m), pourraient

s’expliquer par le freinage de l’écoulement par les trois piles séparant les passes, ainsi que par la

sous-estimation du niveau Zav à l’aval du seuil (du fait d’une pente de ligne d’eau éventuellement

non négligeable dans le chenal d’alimentation du lac).

Enfin, avec les valeurs moyennes pour la région de 210 mm/an pour les précipitations (L’Hôte &

Mahé, 1996) et de 2500 mm/an pour l’évaporation sur plan d’eau (Brunel & Bouron, 1992), la

valeur optimisée des pertes nettes Ev permet d’estimer les pertes par infiltration dans le lac à 0.78

mm/jour. Sur la période de 1955 à mai 1981, le débit Q entrant dans le lac varie entre -40.2 et 84.0,

avec une moyenne de 8.23 m3s-1. Les autres termes du bilan en eau prennent les valeurs moyennes

suivantes (m3s-1) : évaporation = 8.16 ; infiltration = 0.80 ; précipitations = 0.69 ; stockage = -0.05.

Du même ordre de grandeur que les précipitations, l’infiltration est environ dix fois plus faible que

l’évaporation. Tout comme pour le lac Tchad (Bader et al., 1992), elle constitue un terme très

secondaire du bilan en eau du lac Fati.

C’est le modèle hydraulique calé sur la première période (1955 à mai 1983) qui est utilisé pour

calculer les limnigrammes du lac Fati à partir de différents limnigrammes théoriques du Niger à

Tindirma, déformés par rapport au limnigramme observé sur cette même période.

25
Tableau 1 : précision des cotes modélisées en calage sur les cuvettes du lit majeur du fleuve Sénégal

cuvette Podor Wawa Wawa Nabadji Donaye


station préviseur Podor Salde Podor Matam Podor
années 1997-1998 1997-1998 1997-1998 1998-1999 1998-1999
erreur moyenne E (m) 0.01 0.01 0.01 0.00 0.00
erreur type S (m) 0.08 0.13 0.07 0.13 0.04
effectif N 100 129 148 217 148
NSE 0.981 0.994 0.998 0.988 0.999

Tableau 2 : précision des cotes modélisées en validation sur les cuvettes du lit majeur du Sénégal

cuvette Podor Wawa Wawa Nabadji Donaye


station préviseur Podor Salde Podor Matam Podor
années 1999-2000 1999-2000 1999-2000 1997 et 2000 1997 et 2000
erreur moyenne E (m) -0.01 -0.07 0.08 -0.07 -0.07
erreur type S (m) 0.11 0.21 0.17 0.20 0.09
effectif N 128 401 541 151 63
NSE 0.978 0.984 0.989 0.893 0.986

Tableau 3 : précision des cotes modélisées sur le lac fati à Tondigame à partir des cotes du Niger à

Tindirma, sur quatre périodes de calage

date de début de période observée 18/08/1955 24/09/1983 04/11/1992 10/11/1997


date de fin de période observée 07/05/1983 31/12/1991 29/04/1997 30/12/2000
E: erreur moyenne (m) 0.00 0.02 0.00 0.02
S : erreur type (m) 0.15 0.15 0.19 0.33
effectif N 6481 1678 668 525
NSE 0.987 0.950 0.930 0.828

Tableau 4 : précision des cotes modélisées sur le lac fati à Tondigame à partir des cotes du Niger à

Mopti, sur quatre périodes de calage

date de début de période observée 11/07/1955 24/09/1983 04/11/1992 10/11/1997


date de fin de période observée 07/05/1983 31/12/1991 29/04/1997 30/12/2000
E : erreur moyenne (m) 0.00 0.00 0.01 0.02
S : erreur type (m) 0.19 0.15 0.15 0.21
effectif N 4480 1600 797 524
NSE 0.979 0.952 0.961 0.927

26
14° W

vers océan
Atlantique, à 267
cuvette de
km en aval de
DONAYE
Podor cuvette de
cuvette de
PODOR WAWA
station de
station de
PODOR
SALDE

16° N

cuvette de
NABADJI

station de
0 10 20 30 40 50 km MATAM
vers Bakel, à 171 km
en amont de Matam

Figure 1-A : images satellitaires du fleuve Sénégal entre Matam et Podor pendant la crue de 1999

(source : OMVS, Programme d’optimisation de la gestion des réservoirs)

27

né g (α) (β)
N al
Sén
é gal
5 km
PODOR
2 km

Ga
yo
yil
li Ma
Tié
14°33' ouest Ba
Do r igu
ué 16°33'06'' nord ira

1 km (γ) é gal (δ)


Sén
Dia
me
l

2 km

yo
Do Ga

16°36' nord

15°44'06'' nord

13°21' ouest 14°49'12'' ouest

Figure 1-B : plan de quatre cuvettes suivies sur le fleuve Sénégal (d’après Lamagat et al 1999, et

images GoogleEarth) avec leurs connexions aux axes d’écoulement et leurs contours de plan d’eau

mesurés par cheminement GPS (α : cuvette de Podor observée les 26/09, 13/10 et 30/10/1997 ; β :

cuvette de Wawa observée le 24/09/1997 ; γ : cuvette de Nabadji observée le 15/09/1997 ; δ :

cuvette de Donaye observée du 08 au 14/10/1998)

28
Tombouctou

NIGER AVAL

lac Fati

Dire

16° N

Tindirma
100 km

Mopti
3° W

BANI

NIGER AMONT

Figure 2 : réseau hydrographique du Delta Intérieur du Niger (traits gras : cours d'eau principal;

traits fins : diverticules et défluents; grisé : lacs)

29
4.5 14 T (j) 0.14
Hv (m) S (m)
12 0.12
4.0
10 0.10
3.5 8 0.08
3.0
A 6 0.06
4 0.04
2.5
Hm (m) 2 0.02
Hm (m) Hm (m)
2.0 0 0.00
2 3 4 5 2 3 4 5 2 3 4 5

7 10 0.35
Hv (m) T (j) S (m)
6 8
0.30
0.25
5 6 0.20
B 0.15
4 4
0.10
3 2 0.05
Hm (m) Hm (m) Hm (m)
2 0 0.00
4 6 8 10 4 6 8 10 4 6 8 10

7 2.0 0.14
T (j) S (m)
Hv (m) 1.5 0.12
6
1.0 0.10
5 0.08
C 0.5
Hm (m) 0.06
4
0.0
0.04
3 -0.5 2 3 4 5
Hm (m) 0.02 Hm (m)
2 -1.0 0.00
2 3 4 5 -1.5 2 3 4 5

14 25 0.30
T (j) S (m)
Hv (m) 0.25
20
13
0.20
15
12 D 0.15
10
0.10
11 5 0.05
Hm (m) Hm (m) Hm (m)
10 0 0.00
6 8 10 12 14 6 8 10 12 14 6 8 10 12 14

6 2 0.08
Hv (m) T (j) S (m)
1 0.07
5 Hm (m) 0.06
0 0.05
4 E -1 2 3 4 5 0.04
-2 0.03
3 0.02
-3
Hm (m) 0.01 Hm (m)
2 -4 0.00
2 3 4 5 -5 2 3 4 5

Figure 3 : modèle donnant la cote Hv=f(Hm) (cuvettes de Podor (A), Wawa (B), Wawa (C),

Nabadji (D), Donaye(E)), le temps T=g(Hm) et l'erreur type S sur Hv en fonction de la cote Hm

(stations de Podor, Salde, Podor, Matam et Podor respectivement), calé sur la période 1997-1998

(A, B, C) et 1998-1999 (D, E)

30
(m) période de calage
5.0 Hm : station de PODOR
4.5 Hv : cuvette de PODOR
4.0
3.5
3.0
2.5
2.0
1.5
date
01/01/1997 01/01/1998 01/01/1999 01/01/2000

(m) Hm : station de SALDE


période de calage
Hv : cuvette de WAWA
9

1
01/01/1997 01/01/1998 01/01/1999 01/01/2000 date

(m) Hm : station de PODOR


6.5 période de calage
Hv : cuvette de WAWA
5.5

4.5

3.5

2.5

1.5
01/01/1997 01/01/1998 01/01/1999 01/01/2000 date

(m) période de calage Hm : station de MATAM


14 Hv : cuvette de NABADJI

12

10

6
date
01/01/1997 01/01/1998 01/01/1999 01/01/2000

(m) période de calage Hm : station de PODOR


5.5 Hv : cuvette de DONAYE
4.5

3.5

2.5

1.5
01/01/1997 01/01/1998 01/01/1999 01/01/2000

Hv observé
Hv observé Hm observé
Hm observé Hv modélisé
Hv modélisé

Figure 4 : comparaison des cotes observées et modélisées sur le lit majeur du fleuve Sénégal

31
cumul des erreurs du modèle (cm) 259.47 < Hv < 260.76
100 260.76 < Hv < 262.06
50 262.06 < Hv < 263.35

0
A
-50

-100 rang
-150 chronologique de
l'erreur
-200
0 250 500 750 1000 1250 1500 1750 2000 2250 2500

date
2000
01 mai 1997
1992 01 mai 1992

1984 01 mai 1983

1976
B
1968

1960
rang chronologique de l'erreur
1952
0 250 500 750 1000 1250 1500 1750 2000 2250 2500

Figure 5 : évolution pour différentes tranches de marnage, du cumul chronologique des erreurs du

modèle donnant le niveau Hv du lac Fati à Tondigame en fonction du niveau Hm du Niger à

Tindirma, calé sur la période 1955-2000

Hv (m) 80 0.5
T (j) S (m)
263 70
0.4
60
262
50 0.3
40
261
30 0.2

260 20
0.1
10
Hm (m) Hm (m) Hm (m)
259 0 0.0
257 259 261 263 257 259 261 263 257 259 261 263

1955 - mai 1983 1uin 1983 - mai 1992 juin 1992 - mai 1997 juin 1997 - 2000

Figure 6 : calage du modèle donnant la cote Hv du lac Fati à Tondigame, le temps T et l'erreur type

S sur Hv en fonction de la cote Hm du fleuve Niger à Tindirma

32
264 110 0.4
Hv (m) T (j) S (m)
263 100
0.3
90
262
80 0.2
261
70
0.1
260 60
Hm (m) Hm (m) Hm (m)
259 50 0.0
261 263 265 267 261 263 265 267 261 263 265 267

1955 - mai 1983 1uin 1983 - mai 1992 juin 1992 - mai 1997 juin 1997 - 2000

Figure 7 : calage du modèle donnant la cote Hv du lac Fati à Tondigame, le temps T et l'erreur type

S sur Hv en fonction de la cote Hm du fleuve Niger à Mopti en moyenne mobile (j-50 à j+50)

33
264 (m)
262
260
258
256
1955 1956 1957 1958 1959 1960 1961 (année)

264 (m)
262
260
258
256
1962 1963 1964 1965 1966 1967 1968 (année)

264 (m)
262
260
258
256
1969 1970 1971 1972 1973 1974 1975 (année)

264 (m)
262
260
258
256
1976 1977 1978 1979 1980 1981 1982 (année)

264 (m)
calage modifié
262
260
258
256
1983 1984 1985 1986 1987 1988 1989 (année)

264 (m)
calage modifié
262
260
258
256
1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 (année)

264 (m)
calage modifié
262
260
258
256
1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 (année)

Tindirma (observé) Tindirma (reconstitué) Tondigame (observé) Tondigame (modélisé)

Figure 8 : cotes du lac Fati à Tondigame. Valeurs observées et modélisées à partir des cotes du

Niger à Tindirma

34
268 (m)
266
264
262
260
258
1955 1956 1957 1958 1959 1960 1961 (année)

268 (m)
266
264
262
260
258
1962 1963 1964 1965 1966 1967 1968 (année)

268 (m)
266
264
262
260
258
1969 1970 1971 1972 1973 1974 1975 (année)

268 (m)
266
264
262
260
258
1976 1977 1978 1979 1980 1981 1982 (année)

268 (m)
calage modifié
266
264
262
260
258
1983 1984 1985 1986 1987 1988 1989 (année)

268 (m)
calage modifié
266
264
262
260
258
1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 (année)

268 (m)
calage modifié
266
264
262
260
258
1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 (année)

Mopti (observé) Tondigame (observé) Tondigame (modélisé)

Figure 9 : cotes du lac Fati à Tondigame. Valeurs observées et modélisées à partir des cotes du

Niger à Mopti

35
NSE NSE NSE
1 1 1
0.9 0.9 0.9
0.8 0.8 0.8
α β γ
0.7 0.7 0.7
K K K
0.6 0.6 0.6
0 1 2 3 4 5 0 1 2 3 0.5 1.0 1.5 2.0

modèle calé sur régime observé (1955-1983) modèle calé sur chaque régime modifié

Figure 10 : coefficient d’efficacité NSE du modèle Tindirma lac Fati, appliqué pour un régime

théorique du Niger à Tindirma (limnigramme observé de 1955 à août 1981, modifié en multipliant

par K la période (α) ou l’amplitude (β avec cote moyenne conservée ; γ avec cote minimale

conservée))

264 Hv (m) T (j)


140
263
120
262
100
261 80
260 60
259 40
258 20 Hm (m)
Hm (m)
257 0
257 258 259 260 261 262 263 264 257 258 259 260 261 262 263 264

période naturelle (12 mois) multipliée par : 0.1 0.2 0.5 1 2 5

Figure 11 : calage du modèle (Tindirma->Tondigame) pour des régimes théoriques d’écoulement

du Niger à Tindirma de périodicité modifiée par rapport au régime naturel

Hv (m) T (j)
269 50

267 40

265 30

263 20

261 10
Hm (m)
259 0
250 255 260 265 270 250 255 260 265 Hm (m)
270

amplitude naturelle (6.26 m) multipliée par : 3 2 1.5 1 0.5 0.2

Figure 12 : calage du modèle (Tindirma Tondigame) pour des régimes théoriques différant du

régime naturel par l’amplitude de variation des cotes à Tindirma, avec cote moyenne conservée

36
Hv (m) T (j)
269 80
267
60
265
263 40
261
20
259 Hm (m)
Hm (m)
257 0
257 259 261 263 265 267 269 257 259 261 263 265 267

amplitude naturelle (6.26 m) multipliée par : 2 1.5 1.3 1 0.9 0.8 0.7

Figure 13 : calage du modèle (Tindirma Tondigame) pour des régimes théoriques différant du

régime naturel par l’amplitude de variation des cotes à Tindirma, avec cote minimale conservée

Sv (km2) Vv (km3)
500 2.5

400 Sv = f1(Hv) 2

300 Vv = f2(Hv) 1.5

200 1

100 0.5
Hv (m)
0 0
256 258 260 262 264 266 268 270

Figure 14 : relations de cubature du lac Fati

37
264 (m) (m3/s) 150
262 100
260 50
258 0
256 -50
1955 1956 1957 1958 1959 1960 1961 (année)

264 (m) (m3/s) 150


262 100
260 50
258 0
256 -50
1962 1963 1964 1965 1966 1967 1968 (année)

264 (m) (m3/s) 150


262 100
260 50
258 0
256 -50
1969 1970 1971 1972 1973 1974 1975 (année)

264 (m) (m3/s) 150


262 100
260 50
258 0
256 -50
1976 1977 1978 1979 1980 1981 1982 (année)

264 (m) (m3/s) 150


262 100
260 50
258 0
256 -50
1983 1984 1985 1986 1987 1988 1989 (année)

264 (m) (m3/s) 150


262 100
260 50
258 0
256 -50
1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 (année)

3
264 (m) (m150
/s)
Hv (observé)
262 Hm (observé + reconstitué)
100
260 Hv (modélisé) 50
Hm (interpolé + palier)
258 Q (modélisé)
0
256 -50
1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 (année)

Figure 15 : cotes du lac Fati à Tondigame. Valeurs observées et reconstituées par modèle

hydraulique à partir des cotes du Niger à Tindirma

38

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