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Cours Geodyn M1SVT 2020

Le document traite de la géodynamique et de la tectonique, en se concentrant sur la cinématique des plaques tectoniques, leur définition, et leur mouvement relatif. Il décrit les caractéristiques des plaques, notamment la plaque africaine, et présente les méthodes pour déterminer leur vitesse de déplacement à l'aide de données géophysiques et de l'âge des sédiments marins. Enfin, il évoque les différentes plaques tectoniques actuelles et leurs interactions, ainsi que les techniques modernes de mesure des mouvements des plaques.

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Cours Geodyn M1SVT 2020

Le document traite de la géodynamique et de la tectonique, en se concentrant sur la cinématique des plaques tectoniques, leur définition, et leur mouvement relatif. Il décrit les caractéristiques des plaques, notamment la plaque africaine, et présente les méthodes pour déterminer leur vitesse de déplacement à l'aide de données géophysiques et de l'âge des sédiments marins. Enfin, il évoque les différentes plaques tectoniques actuelles et leurs interactions, ainsi que les techniques modernes de mesure des mouvements des plaques.

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M.

DABO : Cours Géodynamique, Département de Géologie/FST/UCAD

GEODYNAMIQUE ET TECTONIQUE

Chapitre I : CINEMATIQUE DES PLAQUES

I- NATION DE PLAQUE
Une plaque tectonique ou plaque lithosphérique est la partie rigide superficielle de la terre
épaisse d’une centaine de kilomètres, qui résultent d’un découpage de la terre par un système
de failles, de dorsales, de rifts et de fosses de subduction. Elle est constituée en majorité de
dépôts d’âges variés qui sont restés pratiquement horizontaux partout où on les rencontre. Ces
plaques peuvent se déplacer horizontalement sur leur substratum visqueux appelé
asthénosphère ce qui entraîne la formation de zones de divergence, de subduction, de collision
et de coulissage.

1.1- Exemple de la plaque africaine


Partout sur le continent africain les dépôts cénozoïques voire mésozoïques sont restés
pratiquement horizontaux (ex. des formations du bassin Sénégalo-mauritanien). La même
disposition est souvent réalisée avec les dépôts beaucoup plus anciens appartenant au
Paléozoïque (ex. des formations du Bassin de Ségou- Médina Kouta) et même au Précambrien
(formations du bassin de Taoudeni). Ainsi, si on ne tient pas compte du réseau de cassures
Ouest africain, le continent n’a pas subi de déformation appréciable depuis 100 Million d’années
(Crétacé supérieur). Il est ainsi resté rigide ou s’est comporté comme un bloc. On parle pour
l’époque considérée de bloc ou de plaque africaine.
Les prolongements océaniques de la plaque africaine
Avec les données géophysiques, on constate que les zones océaniques autour du continent
africain comme dans la plupart des zones océaniques, les dépôts cénozoïques sont presque
toujours horizontaux sur des milliers de kilomètres. On peut donc parler dans ce cas de plaque
de nature océanique. Elle est caractérisée par une écorce moins épaisse que les plaques
continentales.
Relation plaques continentales – plaques océaniques
Les profils géophysiques effectués des zones océaniques abyssales (profondes) jusqu’au
plateau continental, montrent qu’en général les dépôts cénozoïques peuvent se suivre des
grands fonds jusqu’au continent sans être affectés par des déformations importantes (Figure
Cap-vert). Dans ce cas, il est possible d’individualiser une plaque africaine unique,
comportant une partie continentale et une partie océanique.

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Ainsi, le terme de plaque est appliqué aux vastes étendues de l’écorce terrestre, définis à
l’échelle de milliers de kilomètres, qui n’ont pas subi de déformations appréciables à cette
échelle et qui montrent par conséquent des strates qui sont pratiquement restées horizontales
depuis leur dépôt. La plaque doit être définie aussi bien dans l’espace (limites) que dans le
temps (durée du comportement comme plaque). Ses limites sont en général caractérisées par
une activité sismique (tremblement de terre) importante liée au frottement entre plaques (figures
1.1 ; 1.2).
1.2- Les grandes plaques actuelles (Figure 1.1)
Si l’on s’en tient aux plus grandes, il existe aujourd’hui plus d’une dizaine de plaques mais leur
nombre a varié au cours de l’histoire géologique. Le model actuel nommé NUVEL 1, reconnaît
12 à 14 plaques : Eurasie, Afrique- Somalie, Inde, Arabie, Australie, Nord Amérique, Sud
Amérique, Antarctique, Pacifique, Juan de Fuca, Philippine, Caraïbe, Nazca, Cocos.
Eurasie : Elle est faite d’une mosaïque de blocs accrétés à différentes périodes ce qui lui
confère une certaine fragilité. Son extrémité occidentale est à moitié recouverte par l’Atlantique
Nord jusqu’à la ride médio- atlantique.
Afrique- Somalie : C’est une plaque presque entourée de rides médio- océaniques (R.M.O.)
atlantique à l’Ouest ; R.M.O. indienne à l’Est. Seule sa bordure nord est soumise à une
compression le long de la zone de collision avec l’Eurasie. Elle est coupée en deux par le
système de rift Est africain qui isole partiellement la sous plaque Somalie.
Inde : Elle comprend le contient indien jusqu’à la collision himalayenne, ainsi qu’une bonne part
de l’Océan indien à l’Est de la dorsale Ouest indienne. Sa frontière sud avec l’Australie est une
zone de déformation diffuse intracratonique, ce qui explique que certains auteurs intègrent les
deux blocs dans le cadre d’une seule plaque indo-autralienne. Aussi, sa limite avec la plaque
arabique est une zone de fracture peu active (F. Owen) et certains auteurs lient Arabie et Inde
au sein d’une seule plaque arabo-indienne.
Arabie : Elle est bordée à l’Est par la zone de fracture d’Owen, au NE par la zone de collision du
Zagros, au Sud par la zone d’accrétion océanique de la Mer Rouge et au NW par la faille du
Levant.
Australie : Elle est bordée au NE par la zone de collision avec l’Indonésie (Fosse de la Sonde),
à l’Est par le système des fosses du SW Pacifique (Nouvelles Hébrides, Pyu- Ségur), au Sud
par la ride antarctique, au SW par la dorsale SE indienne.
Nord Amérique : Elle commence à l’Est par la ride médio atlantique et se termine à l’Ouest par
les zones de subduction des Aléoutiennes et des Cascades ainsi que par la faille de San
Andreas. Sa frontière sud avec la plaque Caraïbe est marquée par une zone de décrochement

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senestre (le long des fossés de Caïman et de Porto- Rico) ainsi que par une zone diffuse de
déformation intra océanique à l’Est de la subduction des Antilles.
Sud Amérique : Elle est bordée à l’Est par la ride médio-atlantique au Nord par des
décrochements dextres comme la faille El Pilar et à l’Ouest par la fosse de Pérou- Chili qui se
ramifie vers le Sud en deux branches encadrant l’hypothétique mini plaque de Scotia.
Antarctique : Elle est entourée de toute part des rides médio océaniques comme la ride Est
Pacifique et les rides SW et SE indiennes ainsi que la ride Antarctique -Pacifique.
Pacifique : C’est la plus grande et également celle qui se déplace le plus rapidement (environ 8
cm/an). Elle est entièrement océanique bordée à l’Est par la ride Est-Pacifique, la faille de San
Andreas, la ride Juan de Fuca. Au Nord, elle est limitée par la zone de subduction des
Aléoutiennes et à l’Ouest par l’ensemble des zones de subduction ouest pacifique (fosse des
Kourides jusqu’à celle de Puy Ségur).
Juan de Fuca : C’est une petite plaque limitée par la zone de subduction des Cascades et par
la ride de Juan Fuca.
Philippine : Elle est bordée à l’Est par les fosses des Mariannes et des Bonins, au Nord par la
zone de collision du Japon central et la fosse de Nankaï, à l’Ouest par la zone de subduction
des Ryukyu et la zone de collision de Taiwan, au SW par la fosse des philippines.
Caraïbes : Située entre les plaques Nord et Sud Amériques, sa bordure Nord est constituée par
les fosses de Porto-Rico et de Caïman. La bordure sud présente de grands décrochements intra
continentaux à caractères transpressif (Faille El Pilar et de Bocono). Ses frontières orientale et
occidentale sont respectivement les zones de subduction des Antilles et d’Amérique centrale.
Nazca : Elle est limitée par la ride Galàpagos au Nord, la ride de Nazca au Sud, la ride Est
pacifique à l’Ouest et les zones de subduction Pérou-Chili à l’Est.
Cocos : C’est une petite plaque limitée à l’Ouest par la ride Est Pacifique et au Sud par la ride
de Galàpagos. Sa frontière orientale est constituée par la zone de subduction d’Amérique
centrale.

Remarques : En plus des plaques citées ci-dessus, on distingue d’autres microplaques au


nombre d'une quarantaine dont les plaques de Caroline (Sud philippines) et Scotia (Sud
Amérique du Sud) etc.
Toutes ces plaques sont animées de mouvements relatifs dont la vitesse moyenne est estimée
à titre indicatif à la figure 3.

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Figure 1 : Carte des principales plaques et limites de plaques

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Figure 2 : Carte des séismes à la surface du globe, tous les séismes sont de magnitude supérieure à 5.

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Figure 3 : Cartes des limites de plaques avec vecteurs et taux de mouvements de glissement calculés d’après le modèle NUVEL-1.
Les chiffres indiquent les valeurs de vitesses relatives en mm/an.

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Figure 1.24 : Les zones de déformation majeure Cénozoïques dans le contexte cinématique actuel. Les zones en noir sont les bassins
océaniques ouverts dans les domaines convergents (bassins marginaux) et les domaines en grisé sont les principaux domaines d’épaississement
crustal.

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II- DETERMINATION DE LA VITESSE DES PLAQUES (figure 1.3)


2.1- Taux de mouvement relatif
Sur les frontières divergentes, le taux de séparation de deux plaques peut être estimé en
utilisant les changements de polarité du champ magnétique terrestre. Ce champ magnétique est
en effet "fossilisé" lors du refroidissement des roches à la dorsale médio- océanique (figure 1.4).
Rappel : Les minéraux ferromagnétiques du basalte enregistrent l’orientation du champ
magnétique terrestre comme des mini-aimants. Les cristaux de magnétites acquièrent en se
refroidissant une aimantation et s’orientent vers le pôle nord magnétique de l’époque. Après le
refroidissement ils garderont leur orientation même si le champ magnétique s’inverse de façon
aléatoire.
Le champ magnétique terrestre subit des changements de polarité au cours des temps et les
âges de ces inversions sont à présent bien connus. Ainsi, on peut assimiler la croûte océanique
formée le long de la dorsale à une sorte de bande magnétique qui enregistre la polarité du
champ magnétique (figure 1.4). La répartition symétrique des anomalies magnétiques avec une
alternance de + et – de part et d’autre de la dorsale s’expliquent par une mise en place des
basaltes qui constituent le plancher océanique. Cela témoigne du mouvement de divergence
ces plaques. A l’axe de la dorsale on a toujours une anomalie + (=champ magnétique actuel).
A la lecture de l’enregistrement magnétique sur une carte de fond océanique (figure 1.5), on
peut estimer la distance parcourue par une portion de la croûte basaltique depuis sa naissance
à la dorsale, et le temps mis pour effectuer un tel déplacement. Connaissant l’âge des basaltes,
on calcule la vitesse moyenne à laquelle une bande s’est éloignée de la dorsale. En doublant la
valeur obtenue on obtient la vitesse d’expansion de l’océan c’est-à-dire la vitesse à laquelle les
2 marges se sont éloignées.
Les vitesses sont moyennées sur une période de 3 Ma (âge moyen d’une série d’inversion du
champ magnétique) qu’on appelle anomalie 2A, nécessaire pour une mesure précise : C’est la
cinématique instantanée.
Les anomalies magnétiques permettent de remonter plus loin dans le temps jusqu’au
Jurassique et les déplacements des grandes plaques sont bien calibrés depuis cette époque :
On parle de cinématique finie.
Les vitesses moyennes de déplacement des plaques peuvent également être déterminées à
partir de :

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Figure : Aspect en peau de zèbre du plancher océanique (a) et calendrier des inversions magnétiques (b).

- L’âge des sédiments marins : L’analyse détaillée de l’âge des premiers sédiments reposant
sur la croûte montre une répartition symétrique par rapport à la dorsale. Plus on s’éloigne de la
dorsale, plus les sédiments sont vieux. Cela traduit ainsi un mouvement d’extension, on met
ainsi en évidence l’expansion des fonds océaniques. Connaissant l’âge des sédiments (à partir
des fossiles qu’ils renferment), on a pu calculer la vitesse d’expansion (environ 2 cm/an pour
l’Atlantique Nord et environ 9 cm/an pour le pacifique).
On ne trouve pas au fond des océans de plancher plus vieux que 180 millions d’années.
L’avantage de cette méthode est que l’on raisonne sur une échelle des temps plus réduite, on
peut ainsi estimer les variations de la vitesse de déplacement des plaques.

Figure : Âges des sédiments de fond marin : cas de la marge de Floride.

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- Les satellites : Ils émettent des ondes radios qui sont captées par des balises de réception
situées à la surface de la terre. Ainsi on peut connaître la distance entre le satellite et les
balises, par conséquent, on peut donc évaluer le déplacement des plaques. Pour faire des
mesures précises, il faut 4 satellites distincts. La précision des mesures est de l’ordre de
quelque millimètre. Ceci impose une mesure de position au moins tous les trois et idéalement
tous les dix ans (pour diminuer les erreurs).
Cette technique de positionnement par rapport à des satellites, (GPS) permet de mesurer au
millimètre près la distance entre 2 points. Il fournit des informations instantanées permettant de
mesurer en temps réel (à l’échelle humaine) les déplacements relatifs des plaques. Il devient
possible d’étudier les mouvements des plaques sur des périodes de quelques années
seulement. Ce système de positionnement confirme les valeurs obtenues par les méthodes
géologiques et affine le modèle global de la tectonique des plaques.

2.2- Direction du mouvement relatif


L’orientation des vitesses relatives de plaques le long de leurs frontières est déterminée à partir
de deux types de sources.
- La direction des failles transformantes recoupant les rides Médio Océaniques (cartographie
par sondeurs bathymétriques des navires) est parallèle au vecteur du mouvement relatif des
plaques qu’elles délimitent (figure 1.5).
- Le mécanisme au foyer des séismes dont le vecteur glissement serait parallèle au
déplacement des plaques. En effet, pour chaque tremblement de terre, on mesure la direction
dans le plan de faille, du mouvement d’un bloc de croûte terrestre par rapport à l’autre, qu’on
appelle vecteur de glissement (figure 1.6). Il est parallèle au déplacement relatif des plaques
pour les séismes de forte magnitude supposés caractériser les mouvements entre deux
plaques.
- Le déplacement des plaques par rapport à un point fixe : les points chauds. Ils sont
d’autant plus anciens qu’ils sont éloignés du volcan actif. Ces alignements sont interprétés
comme la conséquence du déplacement de la plaque au-dessus des panaches mantelliques
issus d’un point chaud considéré comme fixe. Ils constituent des repères fixes qui permettent de
mesurer les vitesses et les directions de déplacements des plaques (cas plaque Pacifique).
A partir des satellites la direction du mouvement correspond à celle de la ligne séparant 2 points
initialement confondus. Elle est déterminée à l’aide d’une boussole.

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Figure 1.4: Origine des anomalies magnétiques océaniques. Des bandes de croûte océanique (basaltes,
gabbro) aimantée positivement (noir) ou négativement (blanc) sont formées successivement à l’axe d’une
dorsale (vue en coupe) par l’expansion océanique.

Figure 1.5: La plaque Pacifique et les plaques Nazca, Cocos, Juan de Fuca et Antarctique. Les traits fins
représentent les traces des failles transformantes (Hilde et al., 1977). Le grisé léger représente la croûte
du Crétacé, le grisé plus dense la croûte jurassique. Le reste du domaine océanique est composé de
croûte d’age cénozoïque.

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2.3- Géométrie des déplacements : modèles cinématiques


Elle est régit par la géométrie "eulérienne". Tout déplacement instantané à la surface d’une
sphère peut être décrit par un vecteur rotation (figures 1.7 ; 1.8). Celui-ci est centré sur l’axe de
rotation qui passe par le centre de la terre et en perce la surface aux pôles de rotation (pôles
eulériens). Le module (nombre) de ce vecteur est la vitesse angulaire de rotation (souvent en
exprimée degré/million d’années). Le signe du module dépend du sens de rotation. Ainsi pour le
mouvement relatif de deux plaques (A et B), chaque plaque est considérée comme un ensemble
rigide (à mouvement interne faible) dont le mouvement à la surface du globe peut être décrit
comme une rotation autour d’un axe passant par le centre de la sphère (figures 1.7 ; 1.8).
Un seul vecteur suffit à décrire le mouvement de tous points de la plaque si celle-ci est rigide.
Pour connaître la vitesse linéaire en un point donné, on multiplie la vitesse angulaire par la
distance angulaire du point au pôle de rotation :
Vl= Va x Da.
Ainsi la vitesse d’expansion le long de la ride médio océanique est nulle au pôle et augmente
progressivement en s’éloignant du pôle. Elle change de signe à la frontière convergente de
l’autre côté du pôle (figures 1.7 ; 1.8).
Si on considère 3 plaques A, B, C, connaissant le mouvement de A%B et le mouvement de
B%C, le mouvement A%C est la somme des deux vecteurs de rotation.

III- LES PRINCIPALES FRONTIERES DE PLAQUES


Entre les différentes plaques les frontières sont divergentes, convergentes et transformantes
(décrochement).
3.1- Les frontières divergentes
Elles sont affectées par une distension avec écartement faible ou important des plaques.
- Lorsque l’écartement est faible, il ne se forme que des fossés d’effondrement (rifts) limités par
des cassures.
- Lorsque l’écartement est important on a un amincissement de l’écorce terrestre suivi d’une
rupture et formation progressive d’une nouvelle croûte par arrivée de magma. Les limites
divergentes apparaissent tant dans la croûte continentale que dans la croûte océanique.
3.1.1- Notion de rift (chap. 6)

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Fig. 1.6

Figure 1.7 : Géométrie eulérienne, axe et pôle de rotation, petits cercles.

Figure 1.8: La rotation de deux plaques à la surface de la Terre. L’axe et le pôle de rotation des plaques
sont différents de l’axe de rotation terrestre. Les failles transformantes suivent de petits cercles centrés
sur l’axe de rotation des plaques (d’après Allègre, 1983). D: dorsale (divergence) ; S : subduction
(convergence).

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3.1.2- Exemples de déchirures continentales actuelles


Les rifts Est africains (figures 1.3 ; 1.9)
C’est un ensemble de dépressions allongées ou "Ritfs valleys" qui traverse toute l’Afrique de
l’Est et dans lesquelles se trouvent les grands lacs africains. Le fossés ‘est ouvert au Miocène.
La fracturation est accompagnée d’une importante activité volcanique (volcanisme cénozoïque).
Ce volcanisme est de type alcalin (riche en sodium) comme pour tous les rifts. Ex. volcans
Kenya et Kilimandjaro. La distension est peu importante (une dizaine de Km) et la vitesse de
divergence est lente. La déformation est insignifiante au Sud des côtes à l’approche de la ride
SW indienne. Ainsi, certains auteurs considèrent ces rifts comme une zone de déformation intra
plaque (déplacement faible). Pour ces auteurs, il n’y a pas lieu de distinguer une plaque
Somalie.
La ride de la Mer Rouge (figures 1.3 ; 1.9)
Elle constitue la frontière entre les plaques Arabie et Afrique. Le domaine est purement
océanique et très étroit avec une vitesse moyenne d’extension de 1,5 cm/an. Au NW (Golfe de
Suez et d’Aqaba), la croûte océanique disparaît et la ride laisse la place à un rift intracontinental
inactif dans le Golfe de Suez, et à une faille transformante intra-continentale : la faille du Levant
(faille de Jourdain ou F. mer Morte).
3.1.3- Exemples de déchirures océaniques actuelles
La dorsale médio-Atlantique (figures 1.3 ; 1.10)
Elle sépare les plaques Eurasie et Nord Amérique (au Nord) et Afrique et Sud Amérique (au
Sud). Sa portion septentrionale traverse le bassin eurasien sous le nom de ride de Nansen et
pénètre ensuite le continent eurasien où elle se transforme en un système de rifts
intracontinentaux à l’approche du pôle de rotation (figures 1.3 ; 1.10). Sa vitesse décroît au fur
et à mesure qu’on s’approche du pôle de rotation (3 cm/an à qq cm/an) et s’inverse ensuite de
l’autre côté du pôle (vers la zone de subduction peri-pacifique).
La partie sud de la dorsale est également une dorsale lente, les vitesses varient entre 3 à 4
cm/an du N au S. Elle rencontre la dorsale ouest indienne au point triple Afr-Som-Ant.
Les dorsales de l’océan indien (figures 1.3 ; 1.11)
Les eaux de l’Océan indien recouvrent 3 plaques principales : Somalie, Indo- Australienne et
Antarctique. Elles se rencontrent au niveau du point triple de Rodriguez. La dorsale SW
indienne est très lente (~1,6cm/an) alors que les dorsales SE et Centrale indiennes sont rapides
(~7cm/an). Cette vitesse décroît vers le NW dans la région méditerranéenne. La ride se poursuit
jusqu’en mer rouge où elle rencontre le Rift Est-africain au niveau du point triple de Ara-Som-Afr
(Pt. Bouvet).

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Figure 1.9 : Rift Est africain (REA) et mer Rouge avec les vecteurs glissement des séismes en extension
le long du REA et les vecteurs mouvements calculés à partir du modèle NUVEL1. Les pôles de rotation
Arabie/Afrique; Arabie/Somalie et Somalie/ Afrique (Justin, 1964)

Figure 1.10: Carte de la partie nord de la ride médio-atlantique, le pôle de rotation Nord Amérique-
Eurasie en Sibérie et le passage à la compression du coté Pacifique. L’ellipse autour du pôle de rotation
indique la marge d’erreur sur sa localisation (il peut être situé en tout point à l’intérieur de l’ellipse
(Chapman et Solomon, 1976).

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La dorsale de Est Pacifique (figure 1.3)


Elles constitue la frontière SE da la plaque Pacifique. La vitesse divergence varie rapidement de
6 cm/an au Sud jusqu’à 16 cm/an au Nord au large (dans les alentours) de l’Amérique du Sud.
Deux rides (Galàpagos et Nazca) se séparent de la ride Est pacifique pour rejoindre les zones
de subduction de l’Amérique du Sud. La ride Est Pacifique est reliée au Nord par la faille de San
Andreas qui passe en relais à la ride de Juan de Fuca.
3.2- Les frontières convergentes (figure 1.12)
C’est soit des zones de subduction où la lithosphère océanique disparaît dans le manteau, soit
des zones de collision associées à des déformations intracontinentales importantes.
3.2.1- Les zones de subduction (figures 1.3 ; 1.10 ; 1.12)
Les zones de subduction péri-Pacifique (chaînes péripacifiques)
Presque tout le périmètre de l’océan Pacifique est un exemple où la plaque Pacifique s’enfonce
sous les Amériques, l’Alaska ou le Japon. Cette zone est appelée ceinture de feu du Pacifique
car elle est ponctuée de nombreux volcans actifs.
Toutes les zone de subduction péri- Pacifique absorbent la lithosphère océanique de la plaque
Pacifique et des plaques Juan de Fuca, Nazca et Cocos, à des taux relativement élevés qui
atteignent ou dépassent souvent 10 cm/an (figures 1.1 ; 1.3).
- A l’Est, la subduction frontale de l’Est Pacifique (Pérou, Chili et Amérique Centrale) s’effectue à
des vitesses variables (2 à 9 cm/an). Elle donne naissance au volcanisme de la cordillère des
Andes et induit la formation des plus grandes chaînes de montagnes du globe.
- Au Nord, la subduction de la plaque Juan de Fuca sous la plaque Nord Amérique donne lieu
au volcanisme de la chaîne des Cascades (Monts Rocheux) (figure 1.13).
Dans l’extrême Nord du Pacifique, la vitesse de subduction dans la fosse des Aléoutiennes varie
d’Est en Ouest de 6 à 8 cm/an. La subduction est frontale à l’Est (Alaska) et très oblique à
l’Ouest à l’approche du Kamtchatka où elle donne lieu à l’arc volcanique des Aléoutiennes
(figure 1.12).
A l’Ouest, la subduction de la plaque Pacifique donne du Nord au Sud, les fosses des Kourides,
du Japon, des Bonins, des Mariannes de Vityaz (Nouvelle Guinée) et des Tonga Kermadec
(figure 1.12). Cette subduction donne naissance à un volcanisme intense mais pas comparable
aux Andes avec parfois l’ouverture de bassins en extension dans la plaque supérieure (figure
1.14).
Vers le Sud, la subduction est relayée par une faille transformante (F. Alpine) qui elle-même
relayée au SW par la zone de subduction de Pyu Ségur le long de laquelle la plaque Indo-
Australienne s’enfonce sous la plaque Pacifique à environ 2 cm/an.

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Figure 1.11 : Quelques points triples (p.t) à la limite des plaques.

Kamtchatka

Figure 1.12: Zone de subduction mondiales.

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Figure 1.13 : La plaque de Juan de Fuca et la


cinématique du point triple Pacifique -Juan de Fuca -
Nord Amérique. Les étoiles montrent les volcans
actifs de la chaîne des Cascades (Cox & Hart, 1986)
Cascades (Cox & Hart, 1986)

collision

Japon central

Ryukyu

Japon sud

Figure 1.14 : Principaux éléments de la plaque Philippine.

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La région de Japon-Philippines (figures 1.14, 1.17, 1.18 ; 1.19).


La cinématique de cette région (Nankai, Ryukyu, Phillipines) située à l’arrière des subductions
NW pacifique est très complexe. Cet ensemble est en rotation par rapport à l’Eurasie autour
d’un pôle situé près du coin NE à l’Est des côtes Japonaises (figure 1.15). Au Nord de la plaque
Philippines, la subduction passe brutalement à une zone de collision entre l’arc volcanique des
Bonins et le Japons central (figure 1.14). En effet, cet arc volcanique est épais et léger, donc ne
s’enfonce pas (subduction) mais entre plutôt en collision avec la croûte légère de la région du
Japon Central (figure 1.14).
La plaque philippine plonge en subduction sous le Japon SW dans la fosse de Nankai, sous la
Chine dans la fosse de Ryukyu et sous l’arc des Philippines dans la fosse des Philippines
(figures 1.14 ; 1.16).
Les vitesses de convergence sont variables et la direction de convergence Philipinnes -Eurasie
peut être perpendiculaire (F. Nankai, Ryukyu) ou oblique (F. Philippines) à la fosse (figures
1.17).
La faille de Philippines sépare de l’Eurasie un bloc indépendant, le bloc Est Pacifique et la
convergence est perpendiculaire le long de la frontière orientale de ce bloc (figure 1.17).
Remarque : La plaque Philippines pose un problème de cinématique puisqu’elle est entourée
de toute part par des zones de subduction. Seul le fossé d’Ayu est en extension dans la partie
sud. La vitesse de cette plaque est déduite sur la base des mouvements (taux, vitesse) connus
dans les plaques voisines. En effet, le mouvement Pacifique- Eurasie est complètement
déterminé en taux et vitesse. Le mouvement Philippines –Eurasie n’est connu que par la
position du pôle de rotation (figure 1.15).
Le mouvement Philippines – Pacifique passe de la convergence à la divergence entre la fosse
de Palau et le Fossé d’Ayu (figure 1.14), ce qui suggère que le pôle de rotation Philippines-
Pacifique se situe le long de la limite entre ces deux plaques.
On constate que les petits cercles des mouvements Pacifique- Eurasie et Philippines- Eurasie
sont tangents uniquement dans cette région.
Au pôle de rotation Philippines- Pacifique, le mouvement relatif entre les deux plaques est nul :
VPh-Pa= 0
Le mouvement Philippines- Eurasie étant la somme des mouvements Ph-Pa et Pa-Eu : VPh-Eu=
VPh-Pa + VPa-Eu
Si VPh-Pa= 0, en ce point précis les mouvements Ph-Eu et Pa-Eu sont égaux :
VPh-Eu= VPa-Eu

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Puisque le mouvement Pa-Eu est connu partout en direction et en vitesse, on connaît alors en
un point (Pôle de rotation Ph-Pa), la direction et la vitesse du mouvement Ph-Eu. Connaissant la
vitesse en un point et la direction partout, le mouvement est alors complètement déterminé (bloc
rigide).

La région d’Indonésie et de la bordure Nord Australie (figure 1.12 ;1.18)


Dans cette région la plaque Pacifique se déplace de manière très oblique avec une forte
composante senestre par rapport à l’Australie. Le long de la frontière nord de l’Australie, le
mouvement relatif est absorbé par des structures variées : fosse de subduction, faille
transformante et bassin marginaux en extension. La majeure partie de la convergence est
absorbée aujourd’hui le long de la fosse des Nouvelles Hébrides où la plaque australienne
s’enfonce sous la plaque Pacifique (figure 1.18).
Au Sud, la jonction entre les fosses Tonga-Kermadec et Nouvelles Hébrides se fait par
l’intermédiaire d’un système transformant (failles) complexe, dans le bassin de Fiji.
Les zones de subduction de l’Océan indien (figures 1.1 ; 1.9 ; 1.18)
Deux zones de subduction sont actives dans l’Océan indien : la Fosse de la Sonde (sud
Indonésie) et la Fosse du Makran (subduction Arabie-Eurasie) (figure 1.9). La subduction de la
Sonde est plus importante. Le taux de rapprochement entre les deux plaques (Inde- Eurasie) est
d’environ 8 cm/an. La subduction est pratiquement frontale dans la région médiane, et est très
oblique à l’Ouest (Golf du Bengale) (figure 1.3).
Plus à l’Ouest la subduction passe progressivement à la collision himalayenne.
Les zones de subduction en Atlantique, Antilles du Nord et du Sud (figure 1.19)
Deux zones de subduction assez courtes sont actives dans l’océan Atlantique, la fosse des
Antilles du Nord et celle des Antilles du Sud (figure 1.12 ; 1.19).
La première (Antilles Nord) concerne la subduction de la plaque Nord- Amérique sous la bordure
orientale de la plaque Caraïbe à une vitesse de 2 cm/an. Cette convergence donne naissance à
l’arc volcanique des Petites Antilles.
La seconde (Antilles Sud) située le long de la frontière Amérique du Sud et Antarctique est
moins connue, et présente une géométrie d’ensemble très semblable à celle de son équivalent
du Nord (Scotia).

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Figure 1.15 : La cinématique de la plaque Philippine, décrite par les petits cercles des mouvements relatifs PHIL-EUR
(traits pleins) et PAC-EUR (traits pointillés). On constate le parallélisme des directions dans la région du pôle de
rotation PHIL-PACI.

Figure 1.16: Carte des vecteurs glissement des séismes le long des contacts interplaques, autour de la plaque
Philippine (Ranken et al., 1985) et les principales fosses de subduction.

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Figure 1.17 : Partition du mouvement PH-EU entre la fosse et la faille Philippine, vecteurs glissement des séismes
interplaques et triangle des vitesses. La faille Philippine sépare de l’Eurasie un bloc indépendant (Bloc Est Philippine,
BEP) et la convergence est perpendiculaire le long de la frontière orientale de ce même bloc (Barrière et al., 1991).

Figure 1.19 : La région des Caraïbes, avec la subduction des Antilles et les limites de la plaque Caraïbe (Mann &
Burke, 1984).

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3.2.2- Les zones de collision


Les taux de convergence y sont en général faibles (% à ceux des zones de subduction), ne
dépassant jamais quelque cm/an. A leur niveau, les continents subissent des déformations
importantes sur un vaste domaine, rendant ainsi difficile de tracer une limite précise des plaques
impliquées.
La collision Inde-Asie (figures 1.1; 1.3)
C’est la plus spectaculaire, elle absorbe en moyenne 5 cm/an de convergence entre la plaque
indienne qui monte au Nord par rapport à l’Eurasie. Ses effets les plus évidents sont le
plissement et le soulèvement de l’Himalaya, mais également la déformation d’une large partie
du continent Eurasiatique en arrière de la zone de collision. La vitesse de convergence
augmente progressivement d’Ouest (3 à 4 cm/an) en Est (7 cm/an) à cause de la position du
pôle de rotation Inde- Eurasie, situé à l’Ouest de la zone de collision dans la région
méditerranéenne.
La collision Afrique- Eurasie (figures 1.12 ; 1.20 ; 1.21)
Elle intervient dans la région méditerranéenne avec un taux de convergence ne dépasse pas 1
cm/an. Cette vitesse augment vers l’Est depuis le pôle de rotation situé à l’Ouest du Détroit de
Gibraltar jusqu’à la Méditerranée orientale.
La distribution de la sismicité sur un domaine large (figure 1.20, 1.21) rend difficile le tracé d’une
limite de plaque précise
La convergence y est absorbée de diverse manières (figures 1.12 ; 1.24): zones de subduction
de Calabre, Fosse Helléniques ou collision continent- continent comme dans le cas des Alpes.
Les directions de raccourcissement y sont très variables, rarement parallèles au mouvement
Afrique- Eurasie. La déformation diminue d’intensité à l’approche du point triple des Açores.
La collision Arabie- Eurasie (figure 1.3)
Elle fait la jonction avec les zones de collision précédentes. La vitesse de convergence au
niveau de la zone de collision du Zagros est d’environ 1 à 2 cm/an.
La collision Australie- Indonésie (figures 1.3 ; 1.18 ; 1.22)
C’est une zone très complexe parce que située dans la région du point triple Aus-Pac-Eur. Les
mouvements aux frontières de cette zone sont très rapides (8 à 10 cm/an), imposés par les
zones de subduction de la Sonde et du Pacifique. La collision est assez récente et s’applique
sur un domaine déjà très fragmenté par l’ouverture de nombreux petits bassins océaniques au
cours du Cénozoïque. De nombreuses microplaques peuvent être décrites dans cette région.
La frontière de convergence en formation au Sud de l’Inde (figures 1.1 ; 1.3 ; 1.23)

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Figure 1.18: Carte de la région Ouest Pacifique avec les principales fosses et bassins marginaux.
1 : Bassin des Kouriles, 2 : Mer du Japon, 3 : Bassin d’Okinawa, 4 : Bassin de Shikoku, 5 : Bassin de
Parece Vela, 6 : Bassin des Mariannes, 7 : Bassin Ouest Philippin, 8 : Mer de Chine méridionale, 9 : Mer
d’Andaman, 10 : Mer de Sulu, 11 : Mer des Celebes, 12 : Bassin des Carolines, 13 : Mer de Banda, 14 :
Rift de Bismark, 15 : Rift de Woodlark, 16 : Mer de Corail, 17 : Mer de Tasmanie, 18 : Bassin Nord Fiji ;
Bassin Sud Fiji (Jolivet et al., 1989).

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Figure 1.20: La séismicité de la zone de collision Afrique- Eurasie depuis le point triple des Açore jusqu’au Zagros
(Jackson & McKenzie, 1988).

Figure 1.21: Cinématique actuelle de la convergence en Méditerranée. Les directions et taux indiqués (en mm/an) ont
été calculés à partir du modèle NUVEL1 (DeMets et al., 1990). La vitesse augmente progressivement avec
l’éloignement du pôle de la rotation. L’extrusion de l’Anatolie le long de la faille Nord Anatolienne induit une
convergence beaucoup plus rapide dans les fosses Helléniques (Calculé d’après le modèle de Pichon et al., 1993).

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La découverte récente d’une nouvelle zone de déformation active au Sud de l’Inde dans l’Océan
indien remet en cause la notion de plaque Indo- Australienne. Un profil sismique au travers de la
zone de déformation, montre des plis et des chevauchements qui traversent l’ensemble de la
croûte.
Les données stratigraphiques de forage donne un âge Miocène supérieur (7 Ma) à la
déformation. La vitesse de convergence Inde –Australie le long de cette limite diffuse est
estimée à 1 cm/an.

3.2.3- Les grandes failles transformantes


Faille de San Andréas (figure 1.13)
Elle borde la plaque Nord Amérique à l’Ouest et rejoint les rides Est –Pacifique et de Juan Fuca.
Le mouvement est purement décrochant avec une vitesse de l’Ordre de 5 cm/an.
Faille du Levant (figure 1.9)
C’est une faille très active qui borde la plaque Arabie à l’Ouest. Le mouvement est senestre et
très lent (~1 cm/an). Cette faille transforme le mouvement d’ouverture océanique de la Mer
Rouge en collision dans la chaîne Zagros. La Mer Morte s’ouvre le long de cette faille comme un
bassin losangique au niveau d’un relais extensif.
Faille Alpine de Nouvelle Zélande (sud Hikurangi) (figures 1.1 ; 1.12 ; 1.18 )
Elle fait la jonction entre la fosse des Kermadec et la fosse Pyuségur. Le déplacement le long de
cette faille est dextre et partiellement compressive et donne lieu au soulèvement rapide des
Alpes de Nouvelle Zélande. La vitesse relative de part et d’autre de la faille est ~5 cm/an.
Conclusion
Ce chapitre s’intéresse aux plaques lithosphériques, à leurs limites et à leur dynamisme dans le
cadre de la tectonique globale. Il fait une synthèse des grandes limites tectoniques du globe en
rapport avec la géodynamique. Ces limites sont souvent le siége de déformations importantes
qui aboutissent à des structures dont l’aspect géométrique dépend en partie de la rhéologie des
formations impliquées.

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Annexe : Quelques figures complémentaires

Figure 1.22 : Détails de la région Philippines, Indonésie, Mer de Chine méridionale (Rangin et al., 1990).

Figure 1.23 : Un profil sismique à travers la zone de déformation du Sud de l’Inde montrant les chevauchements intra
océaniques (Bull & Scrutton, 1990).

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Figure 1.24: Allure des chaînes alpine. En pointillé, chaînes mésozoïques ; blanc : zones océaniques ;
tireté : axes des rides ; figuré croisé : zone continentales.
Une grande partie de ces chaînes s’est formée avec une position très différente des continents.

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Organisation interne du globe d’après les méthodes géophysiques

Bassin sédimentaire tertiaire quaternaire (Popoguine)

Coupe géologique des formations du bassin Sénégalo-Mauritanien (spinger

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Les grandes plaques et limites du globe terrestre

Champ magnétique terrestre

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Aléoutiennes Alaska

Nankai
Mont. Rocheuses
Kouriles
Japon
Bonin
Mariannes
Vityaz C
Tonga-kermadec or.
A
nd
Hébrides es
Puységur

Ceinture de feu

La ceinture de feu du Pacifique

La chaîne alpine et ses extensions

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La faille de San Andréas et son évolution

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Chapitre II : RHÉOLOGIE DE LA LITHOSPHÈRE

I. RAPPELS
La rhéologie désigne l’étude du comportement des matériaux soumis à une contrainte. Le
comportement élastique est celui d’une roche qui se déforme instantanément quand elle est
soumise à une contrainte et dont la déformation est visible. La relation contrainte
déformation est linéaire. Les matériaux élastiques accumulent une déformation qu’ils
restituent lorsque la contrainte est relâchée.

1 2 3
1
2
3
a
a b b

d
c

Figure 2.1 : (a)relation contrainte déformation en compression uniaxiale (Mercier & Vergely, 1992 ;
Schwartz, 2001). Courbes contrainte –déformation à différentes températures pour un
calcaire (c) et une lherzolite (d) (Heard, 1960 et Carter & Lallemand, 1970,
respectivement).

Le comportement plastique est celui d’une roche dont la déformation en réponse à la


contrainte n’est pas réversible. Les matériaux plastiques ne restituent pas la déformation
après relaxation de la contrainte (Fig. 2.1). La relation contrainte déformation n’est pas
linéaire comme dans le cas de la déformation élastique. Au cours d’une expérience en

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laboratoire, la déformation élastique correspond aux faibles contraintes (Fig. 2.1b). Au


dessus d’un certain seuil, la déformation devient plastique et la contrainte appliquée
augmente moins vite.
Si la contrainte n’augmente plus, on parle de fluage.
La déformation peut être cassante ou ductile. Dans le domaine cassant, les roches ne
subissent pas ou peu de déformation plastique avant la rupture (fig.2.1a). Dans le domaine
ductile les roches subissent de grandes déformations plastiques. La translation entre
élasticité et plasticité ou entre cassant et ductile dépend fortement de la température, de la
vitesse de déformation et de la nature des matériaux (Fig.2.1d,e). Une déformation cassante
est en général localisée le long d’un plan de glissement sans épaisseur, le plan de faille,
tandis qu’une déformation ductile est distribuée sur un certain domaine qui est en général
une zone de cisaillement.

II- NOTION DE CROUTE ET DE LITHOSPHERE


1. Enseignements de la sismologie
Le séisme est un ébranlement brutal de l’écorce terrestre provoqué en profondeur par un
mouvement brusque de deux compartiments (à travers une faille, un effondrement, un
volcanisme, explosion nucléaire etc.). Les séismes se produisent le plus souvent dans des
zones privilégiées qui sont au nombre de trois : le pourtour du Pacifique, une zone
comportant les nouvelle Hébrides, l’Indonésie, l’Himalaya, le pourtour de la Méditerranée ,
l’Afrique du Nord, enfin la zone médiane l’océan Atlantique (ride). Les séismes existent en
dehors de ces zones mais ils sont occasionnels et de moindre intensité. Lors d’un séisme,
l’ébranlement qui se produit à partir du foyer résulte de la libération instantanée d’une grande
quantité d’énergie qui se propage sous forme d’un train d’ondes élastique et ceci à la vitesse
de quelques Km/secondes.
En surface, les séismes provoquent des dégâts. En profondeur, ils se propagent et
reviennent à la surface après avoir été modelés par les différentes enveloppes de la terre
(Fig. 2.2c). Ce seront les analyses de ces enregistrements qui permettront de concevoir la
géométrie et la composition des différentes enveloppes traversées (Fig. 2.2a).
L’étude de la propagation des ondes sismiques, en particulier des ondes P et S
(longitudinales) a permis de distinguer, à la partie superficielle de notre globe, deux
ensembles superposés :
– une croûte ou écorce terrestre (~ 30 km d’épaisseur sous les continents, moins de 10
km sous les océans) (Fig. 2.2; 2.3)
– un manteau sous-jacent, séparé de la croûte par une surface de discontinuité au niveau
de laquelle les vitesses des ondes sismiques varient brusquement (discontinuité de
Mohorovicic, ou de Moho).

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c d

Figure 2.2 : (a) Structure de la terre à partir des données sismiques, (b) épicentre et hypocentre d’un
séisme. (c)- coupe sismique du globe montrant le trajet des ondes P et S à travers le
manteau et le noyau ainsi que les zones d’ombre. (d) sismographes horizontal et
vertical. P : onde première ou longitudinale ; S : onde seconde ou transversale ne se
propagent pas dans un fluide ; L : onde lente ou de surface à mouvement circulaire.

Les ondes sismiques montrent également que la surface de notre globe est rigide (à l’échelle
du temps des séismes) sur une épaisseur de l’ordre de 100 à 200 km, dite lithosphère
(écorce et sommet du manteau supérieur). Au-dessous, vient l’asthénosphère où les
vitesses sismiques diminuent, au moins dans sa partie supérieure. Cette zone à faible
vitesse correspond à un matériel susceptible de se déformer facilement et qui est
probablement le niveau auquel s’effectuent les réajustements isostatiques ainsi que le
bouclage supérieur des mouvements de convection que l’on pense être le moteur de bien
des phénomènes orogéniques.

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Figure 2.3 : Organisation interne de la Terre

2. Séismes et rhéologie fragile- ductile dans la lithosphère


La distribution des séismes en fonction de la profondeur dans les domaines actifs peut
donner une idée assez précise de la position de la transition fragile-ductile dans la
lithosphère :
a- Dans les domaines à croûte épaissie comme la région affectée par la collision Inde-
Asie (Tibet, Karakorum) la distribution des hypocentres des séismes en fonction de la
profondeur montre deux couches superposées (Fig.2.4).
La première couche correspond à la croûte supérieure (ici 15 à 20 premiers Km). La
deuxième couche (pas toujours présente) correspond au manteau supérieur. On ne note pas
de séismes dans les 5 premiers Km. Entre ces deux domaines, il existe un niveau où les
séismes sont rares ou absents, à la base de la croûte, au dessus du Moho (manteau).
b- Dans les zones de subduction et collision, la transition cassant ductile est en général
plus profonde près de la zone de convergence (Fosse Hellénique, avant pays des Apennins)
que dans le domaine de l’arc volcanique ou bassin arrière arc.
Exemple (figure 2.5) : Apennins profondeur variant entre 100 à 5Km sur une largueur de 200
Km).

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Figure II.4 : Distribution da la sismicité en profondeur…..

Cette variation systématique du comportement mécanique de la lithosphère continentale est


contrôlée par deux paramètres très différents.
(1)- Le taux de déformation : plus la déformation est rapide, moins elle est ductile. Le taux
de déformation étant plus important prés de zones de convergence, il favorise le
comportement cassant à plus grande profondeur.
(2)- La température : l’enfoncement rapide de la lithosphère froide en profondeur sous la
lithosphère continentale crée localement une anomalie négative de températures qui favorise
le comportement cassant. Cette anomalie négative diminue vers l’arrière et une anomalie
positive apparaît à l’approche de l’arc volcanique (bordure de la mer Tyrrhénienne) (Fig.
2.5 &2.6).

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Figure II. 5 : Distribution de la sismicité dans la région des Apennins en carte et en coupe. On notera
la variation de la profondeur des séismes le long d’un profil perpendiculaire à la chaîne. Du côté du
bassin en extension, lieu d’un flux de chaleur élevé, les séismes sont très superficiels (Amato et al.,
1993).

Figure II.6a : magmatisme dans une zone de subduction

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Figure II. 6 : Distribution en profondeur de la température dans les zones de subduction

c- Au niveau de la faille de San Andréas (F. transformante) la sismicité n’affecte que la


croûte supérieure. Aucune sismicité n’apparaît dans la croûte inférieure (Figure II.7).
Si on considère les séismes comme un indice d’un comportement cassant, il apparaît
alors une stratification rhéologie claire : la croûte supérieure (entre 15-20 Km) est dans le
domaine cassant. La croûte inférieure jusqu’au Moho est dans le domaine ductile. Le
manteau supérieur est dans le domaine cassant. Il existe donc une stratification mécanique
de la croûte et de la lithosphère en deux niveaux sismiques (croûte et manteau supérieur)
encadrant un niveau asismique (la croûte inférieure).

Figure II.7 : Distribution de la sismicité le long de la faille de San Andreas. Seule la croûte supérieure
présente une sismicité importante (Wallace, 1990).

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3. Propriétés rhéologiques de la croûte et du manteau supérieur : Enveloppes


rhéologiques
a- Etude expérimentale
Les comportements (résistance) des matériaux de la croûte et du manteau en fonction de la
pression confinement et de la température ont été expérimentés aussi bien pour le domaine
ductile que pour le domaine cassant. On choisit pour la croûte des matériaux riches en
quartz et feldspath et pour le manteau des matériaux riche en olivine.

Loi de Byerlee

Figure 2.8 : comportements des enveloppes rhéologiques

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Pour le comportement cassant, si on soumet des échantillons pré- fracturés à une pression
de confinement variable, la contrainte déviatorique nécessaire pour provoquer le glissement
augmente avec la pression de confinement et ceci de manière linéaire. Le comportement
cassant est ainsi défini par une loi linéaire. Le seuil de rupture augmente linéairement avec
la profondeur. Il ne dépend pas du matériau, ni du temps. La loi reliant la résistance à la
pression de confinement est la même pour tous les matériaux testés, elle est connue sous le
nom de loi de Byerlee (1978) (Fig. 2.8).

Loi de fluage
A des températures élevées, les roches se déforment plus efficacement par fluage. Le fluage
désigne un comportement pour lequel la contrainte est contrôlée par la vitesse de
déformation.
Dans la lithosphère, on utilise des lois de fluage non linéaire.
- Le seuil de fluage dépend d’une puissance de contrainte déviatorique (σ1-σ3). En effet, pour
que les roches se déforment de façon significative par fluage, il faut que la contrainte
tectonique dépasse certains seuils.
- Le seuil de fluage diminue exponentiellement avec la température. En effet, la température
favorise le fluage et abaisse son seuil (Fig. 2.8 ; 2.11).
Le comportement ductile est obtenu à plus haute température. La résistance varie avec la
pression de confinement et de manière très importante avec la température. Les lois sont
différentes pour les différents matériaux. De manière générale les matériaux basiques sont
plus résistants que les matériaux acides.

Transition fragile –ductile


La figure II.8 montre les courbes obtenues pour différentes roches en domaines cassant et
ductile. Les points situés à gauche des courbes dans l’espace résistance- profondeur sont
en dessous du seuil de rupture ou de déformation plastique. C’est le domaine élastique. A
droite des courbes, les roches se fracturent ou se déforment de manière plastique. Pour un
matériau donné le point d’intersection entre la courbe du régime ductile et la loi de Byerlee
est le passage fragile- ductile.
Les matériaux mantelliques comme l’olivine restent dans le domaine cassant à grandes
profondeurs, et la transition cassant- ductile pour ces matériaux est beaucoup plus profonde
que celle des matériaux crustaux. Ceci peut conduire à la présence d’un domaine cassant au
sommet du manteau sous la croûte ductile. La figure II.8 montre le sandwich de croûte
ductile encadré par les domaines cassants du manteau et de la croûte supérieure.

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Ce modèle rend bien compte de la distribution verticale des séismes (zones asismiques à la
base de la croûte) et prédit la possibilité d’un décollement à la base de la croûte, séparant le
manteau de la croûte (figure II.9a).

c- Evolution rhéologique de la croûte continentale


Les variations possibles de l’enveloppe rhéologique de la lithosphère en fonction du gradient
géothermique en contexte extensif sont illustrées par les figures II.9b et II.10.
L’épaisseur de la lithosphère était constante au début du calcul. Après 20 Ma d’extension un
amincissement de toute la lithosphère s’est produit au centre du modèle. La figure montre
également la variation latérale du profil de température et de la forme du profil de résistance
(figure II.10). Les transitions cassantes- ductiles au sein de la croûte et du manteau se
rapprochent de la surface quand la température augmente.
La profondeur de la transition cassant- ductile au sein de la croûte dépend fortement du
gradient géothermique (Figure. II.11).
Pour une même épaisseur, une croûte "chaude" possédera une plus forte épaisseur de
ductile qui la rendra moins résistante qu’une croûte "froide".

Fig. 2.9

Figure 2.9. Diagramme de


l’évolution rhéologique de la
lithosphère

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Fig.2.10

Figure : 2.10 (ci-dessus)

Figure : 2.11a

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Fig. 2.11b

d- Enseignements sismiques : Cas du golfe de Gascogne en Bretagne (France)


C’est un domaine océanique qui s’est ouvert au cours du Crétacé supérieur le long d’une
ride tributaire de la ride médio- Atlantique. La figure II.12 montre l’amincissement crustal à
l’approche de la transition continent océan. Les deux domaines sont caractérisés par une
stratification de vitesses sismiques différentes. La croûte continentale possède en particulier
un niveau situé sous les sédiments (V=2 à 4 Km/s) caractérisée par une vitesse de 6 km/s
que l’on ne rencontre pas du côté océanique. La disparition de ce niveau vers le Sud marque
la transition entre les domaines océanique et continental. La croûte continentale possède
sous les sédiments deux niveaux à 6 Km/s et 6,5 Km/s qui correspondent respectivement à
la croûte supérieure et à la croûte inférieure. Des deux côtés, la base de la croûte est
marquée par un passage à des vitesses très grandes d’environ 8 Km/s qui sont celles du
manteau. L’amincissement général de la croûte continental est bien illustré par cette figure.
Le facteur d’amincissement est plus élevé pour la croûte supérieure qui disparaît totalement.
Le détail des structures responsables de l’amincissement dans la croûte supérieure est
donné à la figure II.14. Sous une couverture sédimentaire horizontale, le profil montre des
blocs crustaux (basculés) limités par des failles normales qui ne traversent pas un certain
niveau marqué par le réflecteur "S". Sous ce réflecteur, l’amincissement ce produit sans
faille, donc vraisemblablement de manière ductile.
Le réflecteur "S" marque apparemment la transition fragile –ductile de l’époque du rifting.
Dans la croûte supérieure, l’amincissement est obtenu par les jeux de failles alors qu’il est
distribué et ductile dans la croûte inférieure.

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Fig. 2.13 : Données géophysiques et structures internes

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Les modèles analogiques


Le premier modèle utilisant la stratification dans le but de modéliser la géométrie de
l’extension a été réalisée par Faugères et Brun (1934). Deux couches de silicones
(comportement ductile/ croûte inf.) et de sable de Fontainebleau (comportement fragile/ c.
sup.) sont superposés l’une à l’autre dans une boîte rectangulaire entre un des bords fixe et
un piston mobile. De nombreuses failles normales apparaissent dans le sable
perpendiculairement à la direction d’extension, délimitant des blocs crustaux de taille ±
régulière. Les failles normales vues en surface se prolongent jusqu’à la base du sable et
l’interface sable- silicone est défléchie à leur approche.
Les blocs crustaux sont basculés de manière très régulière le long des failles. Dans la
silicone, des marqueurs verticaux sont défléchis après déformation à l’approche de
l’interface sable- silicone. La déformation ductile est très nettement localisée près de cette
interface, ceci étant lié aux conditions de glissement à la base du modèle.
Les failles normales du sable sont toujours, quelque soit l’expérience, synthétiques du
cisaillement à l’interface cassant- ductile. Ainsi le sens de cisaillement sous le réflecteur "S"
serait également synthétique du sens de glissement le long des failles normales.

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Conclusion
La croûte continentale est constituée par :
– la croûte supérieure (10 à 15 km), d = 2,7, Vp = 6 km/s;
– la croûte inférieure (10 à 15 km), d = 2,8 à 2,9, Vp = 7 km/s.
Entre les deux, existe parfois une zone où les vitesses sismiques des ondes P varient de 6 à
5,5 km/s : cette couche à faible vitesse est un niveau possible de clivage ou de glissement,
dont l’origine est encore discutée.
La croûte supérieure est facile à interpréter (affleures dans certains bouclier): sous une
épaisseur variable de sédiments, elle montre toujours des gneiss plus ou moins granitisés,
d’où son nom de couche granito-gneissique (ou sialique).
La croûte inférieure est plus difficile à interpréter, car inaccessible au niveau des grands
boucliers. La densité du milieu (2,8 à 2,9) est celle du basalte, d’où le nom de couche
basaltique qu’on lui donnait parfois. Ainsi, quelques coupes existent et qui montrent un
ensemble inférieur, plus massif, fait de roches basiques et où dominent les gabbros et les
péridotites litées à texture de cumulats. Les équilibres minéralogiques de ce complexe basal
indiquent une pression de 7 à 9 Kbar et une température de 1150 °C environ.
– La croûte océanique diffère essentiellement de la précédente par sa minceur et l’absence
de couche granito-gneissique.
Sa partie supérieure (épaisseur 2 km environ, d = 2,5 à 2,7, Vp = 5 km/s.) montre des
coulées basaltiques contenant quelques niveaux sédimentaires consolidés et sa base
(épaisseur 5 km, d = 2,8 à 2,9, Vp = 7 km/s) est constituée par des basaltes, des gabbros
métamorphisés, des amphibolites et des péridotites serpentinisées.

Figure 2.15 : Les deux types de croûtes (océanique et continentale)

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ANNEXE
LES TREMBLEMENTS DE TERRE (en surface)
L'ECHELLE DE MERCALLI

L'échelle de Mercalli est une échelle de mesure de l'intensité d'un séisme, qui se fonde sur
l'observation des effets et des conséquences du séisme en un lieu donné.

Il est important de distinguer l'intensité d'un séisme de sa magnitude, laquelle mesure


l'énergie libérée par le séisme à son foyer.

Le sismologue et vulcanologue italien Giuseppe Mercalli est l'auteur de deux échelles


d'intensité.

La première (Mercalli, 1883) était, d'après le sismologue britannique Charles Davison (1921),
une simple adaptation de l'échelle Rossi-Forel ne comportant que 6 degrés, contre 10 pour
l'échelle Rossi-Forel.

La seconde (Mercalli, 1902) comportait 10 degrés et précisait les descriptions de l'échelle


Rossi-Forel. C'est le physicien italien Adolfo Cancani qui l'étendit à 12 degrés en 1903. Elle
fut complètement révisée par le géophysicien allemand August Heinrich Sieberg, et
désignée alors sous le nom d'échelle Mercalli-Cancani-Sieberg (MCS).

En 1931, l'échelle MCS fut traduite en anglais et modifiée par Harry O. Wood et Franck
Neumann, sous le nom d'échelle Mercalli-Wood-Neumann (MWN).

Elle fut encore modifiée en 1956 par le sismologue américain Charles Francis Richter, et
dénommée alors échelle de Mercalli modifiée (MM ou MMI). Elle fut finalement abandonnée
à partir de 1964, remplacée par l'échelle Medvedev-Sponheuer-Karnik (MSK).

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Échelle de Mercalli modifiée (MM ou MMI)


Degrés Étendue des dégâts observés

I Aucun mouvement n'est perçu. Le séisme n'est détecté que par des instruments sensibles et quelques personnes
dans des conditions particulières.

II Quelques personnes peuvent sentir un mouvement si elles sont au repos et/ou dans les étages élevés de grands
immeubles.

III À l'intérieur de bâtisses, beaucoup de gens sentent un léger mouvement. Les objets suspendus bougent. En
revanche, à l'extérieur, rien n'est ressenti.

IV À l'intérieur, la plupart des gens ressentent un mouvement. Les objets suspendus bougent, mais aussi les fenêtres,
plats, assiettes, loquets de porte.

V La plupart des gens ressentent le mouvement. Les personnes sommeillant sont réveillées. Les portes claquent, la
vaisselle se casse, les tableaux bougent, les petits objets se déplacent, les arbres oscillent, les liquides peuvent
déborder de récipients ouverts.

VI Tout le monde sent le tremblement de terre. Les gens ont la marche troublée, les objets et tableaux tombent, le
plâtre des murs peut se fendre, les arbres et les buissons sont secoués. Des dommages légers peuvent se produire
dans des bâtiments mal construits, mais aucun dommage structural.

VII Les gens ont du mal à tenir debout. Les conducteurs sentent leur voiture secouée. Quelques meubles peuvent se
briser. Des briques peuvent tomber des immeubles. Les dommages sont modérés dans les bâtiments bien
construits, mais peuvent être considérables dans les autres.

VIII Les chauffeurs ont du mal à conduire. Les maisons avec de faibles fondations bougent. De grandes structures telles
que des cheminées ou des immeubles, peuvent se tordre et se briser. Les bâtiments bien construits subissent de
légers dommages, contrairement aux autres qui en subissent de sévères. Les branches des arbres se cassent. Les
collines peuvent se fissurer si la terre est humide. Le niveau de l'eau dans les puits peut changer.

IX Tous les immeubles subissent de gros dommages. Les maisons sans fondations se déplacent. Quelques conduits
souterrains se brisent. La terre se fissure.

X La plupart des bâtiments et leurs fondations sont détruits. Il en est de même pour quelques ponts. Des barrages sont
sérieusement endommagés. Des éboulements se produisent. L'eau est détournée de son lit. De larges fissures
apparaissent sur le sol. Les rails de chemin de fer se courbent.

XI La plupart des constructions s'effondrent. Des ponts sont détruits. Les conduits souterrains sont détruits.

XII Presque tout est détruit. Le sol bouge en ondulant. De grands pans de roches peuvent se déplacer.

L’ECHELLE DE RICHTER
La magnitude d'un tremblement de terre mesure l'énergie libérée au foyer d'un séisme. Plus le
séisme a libéré d'énergie, plus la magnitude est élevée. Il s'agit d'une échelle logarithmique,
c'est-à-dire qu'un accroissement de magnitude de 1 correspond à une multiplication par 30 de
l'énergie et par 10 de l'amplitude du mouvement.

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Les médias grand public l'indiquent souvent sur l'échelle de Richter ou sur l'échelle ouverte de
Richter. Ces terminologies sont impropres : l'échelle de Richter, stricto sensu, est une échelle
dépassée et uniquement adaptée aux tremblements de terre californiens. Les magnitudes
habituellement citées de nos jours sont en fait des magnitudes de moment (notées Mw).

La magnitude et l'intensité (comme l'échelle de Mercalli) sont deux mesures différentes.


L'intensité est une mesure des dommages causés par un tremblement de terre. Il existe des
relations reliant l'intensité maximale ressentie et la magnitude mais elles sont très dépendantes
du contexte géologique local. Ces relations servent en général à donner une magnitude aux
tremblements de terre historiques.

Echelle de Richter
L'échelle étant le logarithme d'une amplitude, elle est ouverte et sans limite supérieure. Dans la
pratique, les séismes de magnitude 9,0 sont exceptionnels et les effets des magnitudes
supérieures ne sont plus décrits séparément. Le séisme le plus puissant jamais mesuré
atteignant la valeur de 9,5, fut le tremblement de terre de 1960 au Chili.

Description Magnitude Effets Fréquence

Micro Moins de 1,9 Micro tremblement de terre, non ressenti9. 8 000 par jour

Très mineur 2,0 à 2,9 Généralement non ressenti mais détecté/enregistré. 1 000 par jour

Mineur 3,0 à 3,9 Souvent ressenti sans causer de dommages. 50 000 par an

Léger 4,0 à 4,9 Secousses notables d'objets à l'intérieur des maisons, bruits 6 000 par an
d'entrechoquement. Les dommages restent très légers.

Modéré 5,0 à 5,9 Peut causer des dommages significatifs à des édifices mal conçus dans des 800 par an
zones restreintes. Pas de dommages aux édifices bien construits.

Fort 6,0 à 6,9 Peut provoquer des dommages sérieux sur plusieurs dizaines de kilomètres. 120 par an
Seuls les édifices adaptés résistent près du centre.

Très fort 7,0 à 7,9 Peut provoquer des dommages sévères dans de vastes zones ; tous les 18 par an
édifices sont touchés près du centre.

Majeur 8,0 à 8,9 Peut causer des dommages très sévères dans des zones à des centaines de 1 par an
kilomètres à la ronde. Dommages majeurs sur tous les édifices, y compris à
des dizaines de kilomètres du centre.

Dévastateur 9,0 et plus Dévaste des zones sur des centaines de kilomètres à la ronde. Dommages 1 à 5 par siècle
sur plus de 1000 kilomètres à la ronde. environ

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CHAPITRE III : LES CHAINES DE SUBDUCTION

Introduction
La subduction (ou sous- charriage) se produit soit sous une marge continentale active, soit
sous un arc insulaire actif (fig. 3.1 ; 3.2).
Un arc insulaire actif est une guirlande d’îles dont la croûte est le plus souvent de nature
continentale, et qui portent de nombreux volcans actifs. L’arc insulaire actif est séparé du
continent par un bassin à croûte océanique nommé bassin arrière arc ou marginal qui
s’ouvre comme un océan. Exemple : Le bassin des Marianne situé en arrière de la zone de
subduction des Mariannes.
Une marge continentale active est au contraire située au bord d’un continent.
Exemple : la marge Pacifique d’Amérique du Sud.
Dans ce cas la zone active (à volcans) est souvent séparée de la partie stable du continent
par un bassin sédimentaire à substratum continental comparable à un rift.
Il existe deux types de marges actives : (i) les marges en accrétion tectonique et (ii) les
marges en érosion tectonique.

II- LES MARQUEURS DE LA SUBDUCTION


Les marqueurs topographiques correspondent aux anomalies liées au relief : relief positif
(chaîne des Andes); relief négatif (fosse océanique); et les bassins d'arrière arcs.
Les marqueurs tectoniques sont des plans de chevauchement et /ou des failles inverses
nombreuses et des plis. Les chevauchements sont parfois symétriques (structures en
«fleur») permettant la remontée d’écailles de croûte continentale en surface. Les axes des
plis sont orientés parallèlement à la fosse et aux directions cartographiques des plans de
chevauchements. Par ailleurs, dans les zones de subduction, on peut observer un troisième
type de structure tectonique : les décrochements, plans verticaux de coulissage qui
s’ajoutent aux failles et aux plis. Ils proviennent de l'obliquité du vecteur convergence par
rapport à l'axe de la chaîne.
Enfin, il faut signaler l'existence d’un dernier marqueur tectonique, ou plus exactement
tectono-sédimentaire, dans les zones de subduction que l’on appelle un prisme
d'accrétion. Ce dernier est constitué de roches sédimentaires stoppées par un butoir
résistant («backstop», marge continentale ou arc magmatique) et dont l'accumulation va
produire une structure tectonique remarquable. Ces sédiments sont eux-mêmes des témoins
géologiques de la convergence. Ils sont d’origine variée, sédiments océaniques, sédiments
détritiques d’origine continentale, produits volcaniques érodés sur la marge chevauchante.
On retrouve, dans le prisme d’accrétion, des plis, des failles inverses, des chevauchements,
qui témoignent de la déformation qui affecte ce domaine qui est raccourci et épaissi.

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Fig. 3.1

Fig. 3.2a

Fig.3. 2b

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Les marqueurs magmatiques correspondent aux nombreux plutons granitiques et volcans


qui traduisent une forte activité magmatique. En conséquence, les zones de subduction sont
le lieu de la croissance crustale par extraction de matière du manteau pour former la croûte
continentale.
Les marqueurs métamorphiques des zones de subduction sont caractérisés par le
développement de domaines métamorphiques contrastés. En effet, les conditions
thermiques sont différentes dans la partie sous-charriée (métamorphisme HP et BT) et dans
la marge chevauchante (métamorphisme BP et HT). Dans la lithosphère océanique qui
"subducte", les roches sont déjà dans le faciès des schistes verts, donc riches en chlorite et
actinote. Lors de leur enfoncement (sous-charriage) elles seront progressivement portées
dans les conditions des faciès des schistes bleus (SB), donc riches en glaucophane
(amphibole sodique, moins hydraté qu’une chlorite), et enfin dans les conditions du faciès
des éclogites où prédominent des minéraux anhydres comme la jadéite et le grenat (cf. TP).
Toutes ces transformations minéralogiques s’accompagnent donc d’une déshydratation
progressive. De même, les sédiments portés par la lithosphère en subduction vont
progressivement se déshydrater en devenant des roches métamorphiques de haute pression
et basse température. Ce sont ces fluides libérés qui vont permettre la fusion partielle du
manteau de la marge chevauchante.
--------
III- LA SUBDUCTION "MOTEUR" DE LA TECTONIQUE DES PLAQUES
L’ensemble des forces agissant sur une plaque océanique depuis la ride jusqu’à la zone de
subduction peut être subdivisé en deux groupes (i) les forces distribuées sur toute la plaque
et (ii) les forces agissant aux frontières.
- (i) Les forces distribuées concernent (fig. 3.3) :
- La force introduite par la résistance au déplacement à l’interface lithosphère-
Asthénosphère (cisaillement basal) ;
- La force de poussée à la ride ("ridge push") provenant de la variation latérale de densité
de la plaque quand on s’éloigne de la ride, liée au refroidissement progressif de la plaque ;
- (ii) Les forces aux limites ;
- La plus importante est la traction exercée par la plaque plongeante ("slab pull") dans le
manteau moins dense. Cette force est également une fonction de l’âge de la plaque
plongeante.
- La force de résistance à la pénétration dans le manteau qui s’exerce sur l’extrémité du
panneau plongeant ;
- D’autres forces moins importantes seraient également actives.

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Parmi ces forces seules le "ridge- push" et le "slab- pull" aident au déplacement de la plaque.
Toutes les autres concourent à la freiner. Le "slab- pull" jouerait le rôle majeur de la traction
exercée sur la plaque plongeante d’après les différents travaux.

Fig. 3.3

Fig. 4.

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Fig.5

Fig.6

Fig.7

5
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IV- LES DEUX PRINCIPAUX TYPES DE SUBDUCTION (fig. 3.4)


Il s’agit des deux types extrêmes (Mariannes et Chili) d’un ensemble de régions variées dont
l’étude montre quels sont les paramètres fondamentaux qui régissent la déformation de la
plaque supérieure. La classification des subductions est fonction de l’age de la plaque
plongeante, la nature de la plaque chevauchante, l’importance du couplage entre les deux
plaques etc.

4.1- La subduction du chili (subduction forcée, marges en accrétion tectonique)


- C’est une subduction entre croûte continentale et croûte océanique (fig. 3.4).
- La plaque océanique jeune est peu dense. En effet, l’âge de la plaque de Nazca est au
maximum de 40 Ma alors que celui de la fosse des Mariannes est au moins de 150 Ma.
- Le panneau plongeant est faiblement incliné. Nous avons vu en effet que la force du "slab
pull" est fonction de l’âge da la lithosphère plongeante, plus celle-ci est âgée plus la force qui
tire vers le bas est grande donc plus le pendage sera fort. En d’autre termes une lithosphère
jeune est légère aura plus de difficulté à s’enfoncer dans le manteau qu’une lithosphère
âgée et lourde. Ainsi, la lithosphère jeune aura tendance à rester collée à la plaque
supérieure, donc il y a ;
- Fort couplage entre les plaques ;
- Fort séismicité illustrée par la figure 3.4 (d’après Kanamori, 1979) où de nombreux
événements sismiques très violents (magnitude supérieure à 7,5) ont eu lieu le long des
fosses d’Amérique du Sud entre 1904 et 1985.
- Développement de prismes d’accrétion (fig. 3.6) c'est-à-dire accumulation de matériel
sédimentaire à l’avant d’une zone de subduction, sous forme d’écaille imbriquées pouvant
atteindre 20 à 40 Km d’épaisseur. L’écaillage est lié à l’existence d’un butoir rigide (C.C,
C.O, anciens prismes) qui racle sur les sédiments pélagiques et la croûte océanique
plongeante. Le continent est la source des sédiments.
- Marge en compression avec un épaississement crustal considérable aboutissant à la
formation de chaîne de montagne (Andes) ;
- Fosse peu profonde.

4.2- La subduction des Mariannes (subduction spontanée, marges d’érosion tectonique)


- C’est une subduction croûte océan- croûte océan.
- Le panneau plongeant est vieux et dense. Il est fortement incliné à cause de la force de la
composante verticale du mouvement de la plaque plongeante ("slab pull").
Si la plaque est suffisamment âgée le point de courbure de la plaque plongeante aura même
tendance à reculer en s’éloignant de la plaque supérieure donnant lieu à des contraintes

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extensives dans la plaque supérieure. On parle de phénomène de "retrait de fosse" ou


"trench retreat ou roll back" (fig.3.8).
- Le régime est extensif ;
- Faible couplage entre les plaques ;
- Faible séismicité comme le montre la figure 3.4 où la fosse des Mariannes est vide de tout
événement significatif ;
- Développement de bassin d’avant arc (fig. 3.5) : Ces bassins sont liés à la subduction
lorsque celle-ci atteint un angle important (lithosphère âgée) : la tension exercée en surface
par le recul du panneau plongeant génère une extension et donc la formation du bassin
d'arrière arc par déchirure de la surface de la lithosphère chevauchante. On note à ce propos
qu’une tectonique extensive peut survenir dans des zones de convergence. Il ne faut pas
confondre les processus cinématiques (déplacements en convergence et divergence) avec
les phénomènes de déformation (compression et extension) ;
- Pas de prismes d’accrétion ou prismes peu développés;
- Fosse profonde.
- Marge en érosion tectonique (fig. 3.7), le passage de la plaque plongeante opère un effet
de rabot sur la base de la plaque chevauchante et lui arrache du matériel qui est entraîné
dans le manteau

V- ROTATION D’ENSEMBLE DE LA LITHOSPHERE (fig. 3.4 ; 3.9)


Il a été récemment mis en évidence que la plupart des plaques se déplacent avec une
composante vers l’Ouest (fig. 3.9). Les exceptions sont les plaques indo- australienne et la
plaque Nazca. On peut montrer que la dynamique actuelle des plaques dans un repère
absolu comporte une composante de mouvement d’ensemble de la lithosphère vers l’Ouest
autour d’un pôle eulérien situé à 84° E et 56°S avec une vitesse angulaire de 0,15°/Ma (fig.
3.9). La position du pôle dans les latitudes extrêmes conduit à des déplacements
essentiellement latitudinaux. Ce déplacement d’ensemble explique bien des caractéristiques
des zones de subduction à grande échelle et en particulier, la différence entre les
subductions à pendage Ouest (comme les Mariannes) et celles à pendage Est (comme la
Chili).
Les parties plongeantes des plaques "subductant" vers l’ouest vont résister au déplacement
d’ensemble vers l’ouest (ou au déplacement vers l’est du manteau par rapport à la
lithosphère). Cette résistance force le panneau plongeant vers le bas et explique sont fort
pendage. Elle explique aussi le retrait de la fosse par rapport à la plaque supérieure qui se
déplace continûment vers l’ouest, et l’ouverture d’un bassin marginal (fig. 3.4 ; 3.8).

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De l’autre côté du Pacifique, au contraire le déplacement du manteau vers l’Est force la


plaque plongeante vers le haut et augmente donc le couplage avec la plaque supérieure qui
subit un épaississement.
VI- EXEMPLE DE LA SUBDUCTION DES ANDES (fig. 3.10 ; 3.11 ; 3.12 ; 1.13)
C’est l’une des chaînes les plus importante du globe à part l’Himalaya. Elle constitue un
bourrelet formé à partir de matériaux de la plaque Sud Amérique au dessus de la subduction
de la plaque Nazca. Cette dernière passe en subduction sous les Andes, entre ride de
Galàpogos et celle de Chili. La chaîne s’étend sur une largeur de plus de 500 Km et les
chevauchements les plus visibles se trouvent du côté oriental de la chaîne qui chevauche
sur le craton brésilien. La géométrie de même que l’activité volcanique de la chaîne varie du
Nord au Sud. La chaîne se décompose en segments volcanique et non volcanique. Les
segments volcaniques sont ceux sous lesquels la plaque plongeante a le plus fort pendage
(Fig. VI.11). Il s’agit des zones volcaniques Nord (Equateur), Centre (Sud Pérou, Nord-
Chili), Sud (Sud Chili) et australe (Patagonie). On considère en général que l’isograde 150
Km de la plaque plongeante est le lieu où se forme le magma calco- alcalin (caractéristique
des zones subduction). Cet isograde est situé plus loin à l’intérieur du continent Sud-
Amérique dans les segments non volcaniques. Ceci est dû au fait qu’une plaque plongeante
peu pentée reste collée à la plaque supérieure sur une plus grande distance et qu’il n’existe
donc pas de matériel mantellique à fondre, donc pas de volcanisme.
La direction de convergence Nazca- SAM est très constante, cependant, l’irrégularité de la
marge fait que la convergence est parfois frontale, parfois oblique. Seule la partie centrale de
la chaîne (Sud Equateur et au Nord du 40°S) correspond vraiment à un système de
subduction. Le Nord et le Sud de la chaîne sont concernés par la collision avec des séries
volcaniques.
5.1- Coupe dans les Andes (figures 3.11 ; 3.12)
La coupe est effectuée à la latitude de Bolivie sur environ 800 Km depuis la fosse de
subduction jusqu’au plateau sub-ardin. Une des caractéristiques de la chaîne est la très
grande épaisseur de la croûte continentale épaissie (due aux chevauchements et/ou à un
apport magmatique) qui atteint localement 70 Km (à Altiplano).
On distingue une zone de croûte continentale épaissie encadrée par deux systèmes de
chevauchements : la zone de subduction à l’Ouest, et les rétro-chevauchements (opposé au
sens du massif) sur le bassin sub-ardin à l’Est.

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Fig.8

9
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Fig.9

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5.2- Evolution orogénique des Andes


- Du Permien à la fin du Crétacé inférieur (300-100Ma) la paléogéographie est par un
système en extension (Fig. 8.12). Un arc magmatique alimente en produits volcanoclastique
une zone de subsidence à croûte amincie correspond à l’actuelle cordillère occidentale.
Dans le domaine arrière arc, se mettent en place deux bassins aubsidents (subsidés) (Ouest
et Est Péruviens) séparés par le haut-fond du Maraňon. Les bassins sont le siége d’un
important volcanisme et sont ensuite comblés par des séquences essentiellement clastiques.
Plus à l’Est, le futur domaine sub-andin est une plate forme continentale siége d’une
sédimentation peu épaisse avec d’importants niveaux de formations éoliennes (réservoir
pétrolier).
- A partir du crétacé supérieur la marge subit un raccourcissement avec des structures
compressives et une érosion tectonique progressive du domaine d’avant arc provoquant une
migration de l’axe magmatique. Une première phase de plissement qui intervient vers 100
Ma (Mochica) est bien marquée dans le Nord du Pérou. La seconde phase de plissement
correspond à la phase péruvienne qui intervient vers 85 Ma. Elle est caractérisée par des
chevauchements à vergence NE dans la région d’Arequipa.
- Au paléogène (58-30 Ma) la déformation atteint les zones plus orientales (Altiplano et
cordillère orientale) avec la mise en place de chevauchements durant la phase "incaïque".
- Au cours du Néogène (phase Quecha) la déformation gagne la zone sub-andine (Fig.
8.13). Cette période est caractérisée par un volcanisme calco- alcalin très intense et la mise
en place du relief montagneux actuel.

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Fig. 10

Fig.11

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Fig.12.

Fig.13.

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VI- MAGMATISME DES ZONES DE SUBDUCTION


Le magmatisme des zones de subduction se manifeste dans des environnements de limites
de plaques convergentes ou dans des zones en compression.
Les zones de subduction sont le siège d’une importante activité magmatique caractéristique :
les magmas visqueux et hydratés sont à l’origine d’un volcanisme (andésites, rhyolites à
structure microlitique) en surface, et de la mise en place de plutons de granitoïdes (diorites,
granodiorites, granites à structure grenue) en profondeur. Le magma des zones de
subduction a une composition chimique différente de celui des dorsales océaniques.
Ils ne proviennent pas, par conséquent, de la fusion de la plaque plongeante. Ils ont pour
origine la fusion partielle du manteau situé au-dessus du plan de Wadati-Benioff. La
température y est pourtant insuffisante pour faire fondre de la péridotite, du moins si ces
roches sont anhydres. Des études ont montré que le point de fusion de la péridotite est
abaissé lorsque celle-ci est hydratée. Or les andésites et les granitoïdes sont riches en
minéraux très hydratés comme les amphiboles. Il semble donc que la fusion partielle du
manteau soit due à l’hydratation de la plaque chevauchante. Le magmatisme des zones de
subduction est couplé au métamorphisme que subit la lithosphère hydratée plongeante. La
lithosphère océanique, juste avant d’entamer sa subduction, est constituée de roches dont
les minéraux sont hydratés. Entraînées dans la subduction, ces roches sont soumises à de
nouvelles conditions de pression et de température, elles se transforment (métamorphisme
Haute Pression Basse Température) en libérant de l’eau qui hydrate le manteau
chevauchant. L’hydratation de ce manteau diminue sa température de fusion. Entre 100 et
150 km de profondeur, à l’aplomb de l’arc magmatique, les conditions d’une fusion partielle
sont réunies : la température (1000 °C) est assez haute pour que le point de fusion de la
péridotite hydratée soit atteint. Cette fusion partielle donne naissance à un magma à
composition andésitique qui migre vers la surface et fabrique de la croûte continentale.
On observe la coexistence de granitoïdes et d’andésites au niveau de la lithosphère
continentale d’une zone de subduction. Ces roches ont une composition chimique
semblable, elles proviennent donc du même magma, mais leur différence de structure est
révélatrice. L’andésite à structure microlitique cristallise en surface suite à une éruption,
alors que les roches plutoniques à structure grenue, de type granitoïdes, cristallisent
lentement en profondeur dans des sortes de bulles appelées plutons. Dans les zones de
subduction, le magmatisme est à l’origine de la formation en grande quantité de croûte
continentale.
En général, le magmatisme des zones de subduction évolue avec le temps et l’évolution de
la déformation comme l’indique le tableau ci-dessous.

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Période Phase précoce Phase intermédiaire Phase tardive


de l’évolution de l’arc
Série magmatique Tholéiites Roches de la série Roches shoshonitique
calco -alcaline (alcaline)

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Conclusion
On remarque ici l'intérêt géologique de l'étude des zones de subduction : tous les
phénomènes géologiques y sont couplés. En effet, la subduction de la lithosphère océanique
hydratée génère des transformations métamorphiques qui libèrent des fluides. Ces derniers
hydratent le manteau sus-jacent et provoquent sa fusion partielle. En conséquence se
forment des liquides magmatiques qui pourront soit s’épancher en surface (volcanisme des
marges actives) soit être stockés et cristalliser au sein de la croûte chevauchante. La
cristallisation de ces magmas basiques (gabbros) va libérer une importante quantité de
chaleur et la croûte continentale encaissante va, à son tour, être métamorphosée et fondre
partiellement. Il y a donc couplages entre transferts de matière, de fluides et de chaleur.
Les Andes centrale (Pérou, Bolivie, Chili) constituent un bon exemple d’une orogenèse de
marge continentale liée à la subduction d’une lithosphère océanique sous une lithosphère
continentale. Toutefois, il ne s’agit pas d’un système immuable et il convient de s’interroger
sur les variations du système au cours des temps comme le passage d’une marge distensive
vers une marge compressive au crétacé supérieur etc.
Par rapport au schéma «standard» d’une subduction à l’interface continent-océan, la
subduction intra-océanique peut conduire, à l’obduction d’une portion de lithosphère
océanique sur une marge continentale.

Flux asthénosphérique vers l’Est

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Localisation du Bassin de Tindouf dans le craton ouest africain

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CHAPITRE IV : LES CHAINES D’OBDUCTION

Les ophiolites sont des fragments de lithosphère océaniques charriés sur les continents lors
du processus de l’obduction (montée de la plaque océanique sur une autre plaque). Leur
présence dans les chaînes de montagnes signifie qu’un océan a disparu à cet endroit lors de
la convergence des plaques.

I- POSITION DANS LES CHAINES DE MONTAGNE


Dans les Alpes
Dans ce cas les deux marges en rapprochement étaient passives et la marge apulienne est
venue recouvrir les ophiolites sauf certaines unités ayant échappé à l’enfouissement
(pointillés en A) (Fig. 4.1 et 4.2). La fermeture de l’océan a débuté en domaine intra
océanique (Fig. 4.2). Durant le stade collision, un processus d’exhumation très efficace a
permis la mise en affleurement d’une partie des ophiolites et de la marge de l’Europe
auparavant enfouie (Fig. 4.1).
Dans la collision Inde- Asie
Dans ce cas la subduction de la Téthys a été de type andin (marges active). Les ophiolites
sont issues d’un écaillage de la lithosphère océanique intervenant en avant de la zone de
subduction, seulement à la fin de la période de subduction (pointillés en B) (Fig. 4.2). La
marge indienne absorbe le raccourcissement uniquement en avant de la suture (Himalaya)
ou à la fois en avant et en arrière de la suture (Pamir) (Fig. 4.3).

II- LES OPHIOLITES DES ALPES OCCIDENTALES


Elle résulte de la fermeture de l’océan Téthysien (ou océan piémontais ou liguro- piémontais)
qui a commencé au Crétacé supérieur dans les Alpes franco-italiennes (Fig. 4.2). La
convergence Europe- Apulie a entraîné une subduction intra- continentale avec un
enfouissement rapide (à l’Eocène) d’une partie de cette ancienne croûte océanique jusqu’à
des conditions du métamorphisme schistes bleus (HP) et éclogitiques (Très HP).
La remontée des unités ophiolitiques s’est faite sur le dos d’unités de marge de l’Europe
enfouie plus profondément (unité de Dora-Maira, coupe A) au cours de l’Oligocène.
Au cours de l’évolution tectonique des Alpes, les ophiolites correspondantes ont été
charriées très loin, soit sur la marge européenne (Cas du Chenaillet), soit sur la marge
apulienne (ophiolites Apennin) (Fig. 4.1 et 4.4).
Les ophiolites des Alpes franco- italienne représentent le prototype des dorsales à expansion
lente avec une partie magmatique (basaltes, gabbros, filons) réduite et une partie
mantellique (serpentinites) toujours plus importante. Elles ne montrent jamais de complexe
filonien contrairement aux ophiolites d’Oman (Fig. 4.5).

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Fig.4.1

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Fig.4.2

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Fig.4.3

Fig.4.4

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Fig.4.5

Fig.4.6

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III- LES OPHIOLITES D’OMAN


1- Aspect général
Il s’agit du plus important massif d’ophiolite au monde. Il forme un croissant de 500 Km de
long sur 50 à 100 Km de large (carte A) (Fig. 4.6a).
La séquence ophiolitique typique d’une dorsale rapide, est composée d’une partie crustale et
d’une partie mantellique dépassant 10 Km d’épaisseur au total (Fig. 4.6b).
La partie crustale comprend de haut en bas des basaltes en coussins, un complexe filonien
épais ~1km, puis des gabbros (isotrope en haut et lités en bas) sur 5 à 6 Km d’épaisseur. On
trouve ensuite le Moho souligné par des dunites. Le manteau est représenté par des
péridotites de type harzburgites caractérisées par une foliation indiquant un fluage à des
températures > 1300°C.
Les ophiolites d’Oman proviennent de la fermeture d’une partie de la mer Téthys au Crétacé
terminal. L’obduction est accompagné d’un écaillage de la marge arabe avec redoublement
de la croûte continentale sous la nappe individualisant un métamorphisme HP dans les
unités enfouies (Fig. 4.6c). Ces roches HP sont exhumées dés la fin du Crétacé et au cours
du Tertiaire sous forme de fenêtre dans les ophiolites.
Aussi la région omanaise n’est pas engendrée dans une collision continentale et les
ophiolites ne sont pas reprises par une tectonique récente importante d’où la conservation
intégrale des structures de l’obduction. C’est le seul endroit de la Téthys où la nappe
ophiolitique et son substratum autochtone n’ont pas été remobilisés par une collision tardive.
2- Coupe schématique et métamorphisme
Les ophiolites d’Oman ou nappe de Semail, constituent l’unité la plus élevée d’une pile de
nappes bordant la péninsule arabe depuis l’entrée du Golfe d’Oman jusqu’au détroit
d’Ormuz. La figure (Fig. 4.7) résume les structures d’ensemble et montre la position des
unités métamorphiques.
La fenêtre de Saih Hatat correspond à un vaste anticlinal de rampe formé par la propagation
des chevauchements sur la plate forme arabe (Fig. 4.8). On y reconnaît des roches
métamorphiques de HP et BT avec un gradient brutal vers le cœur de la fenêtre. On passe
en quelques Km de roches peu métamorphisées à des schistes bleus puis des éclogites. La
base de la nappe ophiolitique est très déformée à HT.
L’empilement des nappes d’Oman juxtapose donc sur une faible épaisseur des unités
métamorphiques ayant subi, soit des conditions HT-BP (semelle), soit des conditions HP-BT
(nappes sous jacentes). Ces deux types de métamorphismes correspondent à deux
épisodes distincts de l’histoire de l’obduction. L’épisode HT-BP est lié à la déformation
précoce avant l’arrivée de la nappe sur la marge. L’épisode HP-BT est lié à l’épaississement
crustal et à la formation des nappes au sein de la marge continentale lors de l’arrivée de la
nappe ophiolitique.

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Fenêtre Saih Hatat

Fig. 4.7

Fig.4.8

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Fig.4.9 Fig.4.10

Fig.4.9 (suite) Fig.4.6 (simplifiée)

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V- MECANISME DE L’OBDUCTION
Des hypothèses s’opposent quant au mécanisme de genèse de l’obduction :
- l’hypothèse de cisaillement initiale à la ride (Fig. 4.9);
- L’hypothèse subduction intra- océanique suivi d’obduction et ;
- L’hypothèse de Chemenda (1993) (Fig. 4.10).
1- Obduction initiée à la ride
Pour ces auteurs l’obduction aurait démarrée par un chevauchement intra océanique à l’axe
de la dorsale (Fig. 4.9). Cette hypothèse corrobore l’extrême jeunesse de l’ophiolite lors de
l’obduction car pour obducter une croûte océanique jeune, il faut démarrer le chevauchement
près de la ride active. Cependant, elle se heurte à une difficulté importante : le manque
d’exemple actuel d’une moitié d’océan chevauchant l’autre moitié de cette manière.
2- Subduction puis obduction
Pour ces auteurs l’ophiolite d’Oman correspond à un arc insulaire très jeune installé sur une
croûte océanique plus ancienne. Cette hypothèse est soutenue par les roches volcaniques
qui tiennent la séquence ophiolitique et qui sont caractéristiques d’un arc insulaire immature
du point de vue géochimique et pétrographique. Cette hypothèse à l’avantage d’être plus en
accord avec l’âge du rifting sur la marge arabe et de manière générale sur les marges de la
Téthys (Fig. 4.9).
3- Modèle de Chemenda (1993)
Son hypothèse repose sur le fait que les chaînes d’obduction présentent certains caractères
communs :
- les lames ophiolitiques obductées sont peu épaisses par rapport à la lithosphère
océanique ;
- l’âge de mise en place tectonique est très proche de l’âge de mise en place magmatique ce
qui traduit un phénomène rapide ;
- association systématique avec des unités HT en fenêtre sous les ophiolites qui montrent
des signes d’une exhumation rapide.
Sur la base de ces faits, le modèle de Chemenda propose la subduction d’une lithosphère
océanique entraînant celle de la partie la plus amincie de la marge continentale adjacente
jusqu’aux conditions de faciès éclogites. Un clivage se produit au sein du matériel
continental qui remonte rapidement en perçant le matériel océanique sus-jacent et en isolant
un lambeau ophiolitique. On aboutit ainsi à une disposition comportant simultanément un
cisaillement chevauchant sous le matériel métamorphique et un cisaillement normal au dos
de celui-ci (Fig. 4.10).

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Conclusion
L’obduction constitue souvent une étape précoce au cours d’un cycle de déformation.
Elle est presque toujours suivie par une phase de collision (Fig. 4.11) si bien que les
géométries primitives sont partiellement ou totalement masquées et que même le domaine
océanique originel disparaît. Les principales ceintures ophiolitiques de la région téthysienne
sont indiquées à la figure 4.11. On constate que les lambeaux ophiolitiques sont
principalement localisés dans les chaînes de collision (Fig. 4.11b)

Fig.4.11. Fig. 4.11b : Obduction et collision

Fig.4.8 (bis)
------------------------------------------------------------

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ZONE DE SESIA (AUSTRO-ALPIN)

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CHAPITRE V : LES CHAINES DE COLLISION

Introduction
Après la fermeture d’un océan le long d’une zone de subduction et éventuellement
l’obduction d’une partie de la croûte sur une des deux marges, les masses continentales qui
convergent entre en collision (Fig.5.1). La collision crée des structures particulières et
variées dites marqueurs.
Des minéraux indicateurs de très hautes pressions, tels que la coésite et le diamant, se
forment par transformation de certains minéraux présents dans les roches continentales.

I- LES MARQUEURS DE LA COLLISION


a) En surface plusieurs types de marqueurs sont visibles en surface (Fig.5.1).

- Les marqueurs morphologiques, en particulier la présence de chaînes de montagnes


dans les zones de collision récente et les bassins flexuraux.
- Pour les bassins flexuraux, le fort épaississement qui caractérise les chaînes de collision
est à l’origine d’une importante surcharge qui affecte la lithosphère sous-charriée. Cette
dernière plie sous la surcharge et se flexure. Cette déformation à grande longueur d’onde est
à l’origine de la formation d’un bassin dit flexural (molassique ou d’avant-pays). Dans ce
bassin vont s’accumuler les produits de l’érosion des reliefs de la chaîne de montagnes. A
mesure que la collision continentale progresse, les sédiments de ces bassins flexuraux vont
être impliqués dans le raccourcissement et seront donc déformés. Le bassin est ainsi
incorporé à la chaîne de collision et un nouveau bassin molassique va se former à l’avant du
front de collision.

- Les marqueurs tectoniques : failles inverses ; plis de toutes sortes; chevauchements;


nappes de charriage (Fig.5.2); coulissement de grande ampleur; l’extrusion de blocs
continentaux; amincissement lithosphérique et ouverture de bassins océaniques dans les
domaines éloignés de la suture.

- Les marqueurs pétrologiques (en surface), notamment la présence de fragments de


lithosphère océanique (ophiolites) jusqu'à plusieurs kilomètres d'altitude.
b) En profondeur, la croûte continentale est particulièrement épaisse (50-70 km au lieu de
30 habituellement) et forme une racine crustale profonde à l’aplomb des reliefs (visible à
l’imagerie géophysique).
- Pour les marqueurs pétrologiques en profondeur (migmatites et granites) : La racine de
la chaîne de collision va être le siège d’une fusion partielle du fait de l’élévation du flux
thermique qui suit l’épaississement (Fig.5.2). En effet, l’épaississement crustal est à l’origine

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d’une anomalie thermique qui résulte de l’accumulation des matériaux continentaux riches
en éléments radiogéniques (U, K, Th). L’élévation du flux est toujours postérieure à
l’épaississement car il faut que l’excès de chaleur produit puisse être diffusé. Or les roches
de la lithosphère sont de mauvais conducteurs (leur diffusivité thermique n’est que de l’ordre

de 10‫־‬⁶ m².s¯¹). Il y a donc toujours un délai (de l’ordre de 10 à 20 Ma.) entre


l’épaississement et le début de la fusion partielle. Cette dernière va être à l’origine de la
formation de migmatites (anatexie crustale). Une partie des liquides anatectiques ainsi
formés pourront être collectés et former des granites qui migreront vers les niveaux plus
superficiels de la chaîne de montagnes.

c) Les sources impliquées : La collision étant la deuxième phase du phénomène de


convergence, elle suit la subduction d'une lithosphère océanique ayant fini par disparaître.

Les chaînes de collision résultent d’une confrontation entre marge continentale et une autre
structure de densité faible pour que l'une ou l'autre plonge dans l'asthénosphère. Cette autre
structure peut être :
- Soit une croûte océanique généralement anormale de type plateau océanique ou arc
insulaire, le résultat est la formation d’une chaîne liminaire ;
- Soit une autre marge continentale, le résultat est une chaîne de collision
intracontinentale.
Remarque : la subduction continentale est un concept nouveau en terme de tectonique
des plaques et qui a été mis en évidence grâce à des données pétrologiques d’une part
(découverte d’échantillons de méta-granite dans le faciès des éclogites et donc subduits) et
géophysiques d’autre part (tomographie sismique qui montre dans le cas de la collision Inde-
Asie la subduction de la croûte continentale).

II- LES CHAINES LAMINAIRES


Elles sont formées au dépens d’une croûte continentale dans sa zone de contact avec une
croûte océanique « anormale ».
Collision marge continentale- plateau océanique : cas des Andes d’équateur et de
Colombie.
Les Andes d’Équateur et de Colombie représentent un cas de collision de plateaux
océaniques avec une marge continentale. Situées dans la prolongation N des Andes
péruviennes (fig. 3.13 subduction), l’on y retrouve, à l’Est, les mêmes éléments morpho-
structuraux caractéristiques, mais qui sont séparés de la zone de subduction par un nouvel
ensemble formé de séquences océaniques, l’Occidente, anciennement dénommé « Andes à
ophiolites ». Elle se distingue de la zone de subduction par la présence d’un nouvel
ensemble formé de séquences océaniques.

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Ainsi, l’évolution de l’Occidente Nord andin est caractérisée par l’adjonction de matériel
océanique (collision de plateau océaniques et des arcs qu’il porte) à la chaîne type andin.
Une partie de ces ensembles passe en sous placage et participe à l’édification d’un relief.
En Colombie certaines unités océaniques chevauchent la cordillère ce qui témoigne d’une
possible phase d’obduction avant la collision du plateau Caraïbe.

III- CHAINE DE COLLISION INTRACONTINENTALE


Elles résultent de la collision de deux marges continentale jadis séparées par un océan. La
genèse de ces chaînes implique la fermeture d’un océan donc l’existence d’une marge
active. Leur évolution comporte deux stades, la disparition de l’océan et la collision (Fig.5.1).
Deux cas de collision des marges sont possibles :
Un blocage rapide du processus de rapprochement qui se transforme sur une autre limite de
plaque. La chaîne est alors réduite en un paquet d’écailles océaniques (ophiolite) coincé
entre les bordures continentales faiblement déformées (Fig.5.2).
- le processus de rapprochement ne peut pas se débloquer ailleurs et la pression se
maintient dans la zone de contact. Les deux marges se raccourcissent en se clivant à divers
niveaux avec formation de nappes de charriage sédimentaires et d’écailles de roches
magmatiques (Fig.5.3).
Les chaînes de collision intracontinentale montrent deux caractères essentiels :
- une zone ophiolitique de suture souvent étroite parfois élargie ;
- un empilement de nappes (sédimentaires ou crutales) affectant soit essentiellement
l’ancienne marge passive (Cas Himalaya et Zagro), soit les deux marges (cas des Alpes).

IV- EXEMPLE DE CHAINE DE COLLISION INTRACONTINENTALE : L’HIMALAYA

L'Himalaya est un arc de montagnes de 2900 km de longueur orienté E-W qui s'étend sur
l'Inde, le Népal et la Chine. C’est un segment d'un ensemble de montagnes qui part du sud
de l'Espagne et s'étend jusqu'à Sumatra via la Nouvelle Calédonie. Elle se poursuit par le
Karakorum. L’ensemble Himalaya –Karakorum constitue la chaîne la plus élevée de notre
planète. Cette chaîne borde au sud le plateau Tibétain (5000 m) qui constitue le plus haut
plateau terrestre. L’ensemble Himalaya- Karakorum-Tibet, constitue donc le plus grand relief
terrestre. Tout cet ensemble résulte de la collision entre le bloc indien et le bloc eurasien
suite à un raccourcissement intracontinental estimée entre 1500 et 2000 Km.

Description unités structurales

Du Nord au Sud:

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Le Transhimalaya appartient à l'Asie et non à l'Inde. Il ne faut pas confondre la dalle du


Tibet qui appartient au Haut Himalaya et les hauts plateaux tibétains. Il est constitué de
formations magmatiques et volcaniques plutôt calco-alcalines

Le Haut Himalaya (Dalle du Tibet), comprend un soubassement cristallin du précambrien


très épais (plus de 5000m): la dalle du Tibet. Au-dessus une série sédimentaire de 10km
d'épaisseur allant du précambrien (540Ma) à l'Eocène (50Ma) et des traces d’éclogites.

Fig. 5.4 : Les unités structurales de l’Himalaya.

La zone de suture Indus- Tsang Po qui est un domaine ophiolitique et les séries d’arc de
Kohistan- Dras qui est un ancien arc intra-océanique piégé lors de la collision ;

Le Bas Himalaya ou Moyen Himalaya est la zone externe de la chaîne, le haut Himalaya la
zone interne. La MCT (Main Central Thrust) est un chevauchement qui sépare le Haut
Himalaya avec le Bas Himalaya (Fig.5.5).

Le Bas Himalaya est séparé du Sub Himalaya par une faille de chevauchement plus
récente: la MBT (Main Boundary Thrust). Au sud il y a les collines des Siwaliks
(conglomérats).

Le chevauchement MST (Main Siwaliks Thrust) aussi appelée MFT sépare les collines
Siwaliks de la zone indienne (Plaine indo- gangétique qui est bassin sédimentaire).

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Fig.5.5 : unités et failles majeures de la chaîne de l’Himalaya

Modèle de l'Himalaya

La lithosphère indienne entre en subduction sous l'Asie. Les collisions successives


d'éléments provenant de Gondwana avec Laurasia ont laissé, du N vers le S des sutures qui
attestent de l'existence de trois océans disparus: Paléotéthys, Mésotéthys et Néotéthys.
L’évolution de la chaîne est résumée ainsi (Fig.5.6).

280 à 250Ma (début Trias)

a
La dislocation de Pangée crée le Gondwana au S et Laurasie au N; Ces deux continents
sont séparés par l'océan Paléotéthys. Un rift se crée sur la bordure E de Gondwana qui
préfigure la création du N Tibet.

230Ma

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Le N Tibet se sépare de Gondwana et ouverture de l'océan Mésotéthys. Entrée en


subduction sous Laurasie du plancher océanique de Paléotéthys qui amorce sa fermeture.

210Ma

c
Formation d'un nouveau rift continental dans Gondwana qui prépare la séparation du S
Tibet.

200Ma

d
Le S Tibet se sépare du Gondwana et ouverture de l'océan Néotéthys. Il y a subduction
complète du plancher océanique de Paléotéthys. La croûte du N Tibet n'entre pas en
subduction et forme la nouvelle partie sud de l'Asie. La suture de Kekercli sépare l'Asie et le
N Tibet.

160Ma

e
Apparition d'un nouveau rift dans Gondwana préparant la séparation de l'Inde. Entrée en
subduction du plancher océanique de Mésotéthys et début de fermeture.

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120 - 130 Ma

f
Détachement de l'Inde et ouverture de l'Océan Indien. Comme le N Tibet, le S Tibet vient
s'accoler au continent asiatique. La suture Bangong Nuyiang sépare N et S Tibet. Début
d'entrée en subduction et début de fermeture de Néotéthys.

100 Ma

Avant que l'Inde n'entre en collision avec l'Asie, la subduction du plancher de Néotéthys sous
l'Asie entraîne la formation d'une chaîne de subduction qui deviendra le Transhimalaya. Lors
de la subduction, création d'un prisme d'accrétion de sédiments océaniques. La croûte
continentale trop légère a refusé de subducter et elle se désolidarise du manteau supérieur à
l'exception de quelques lambeaux. La chaîne himalayenne commence à se former par
empilement successif de morceaux de croûte. L'Himalaya n'a pas une racine profonde
comme celle des Alpes, le serrage et le soulèvement pourraient être contemporains
contrairement aux Alpes.

Aujourd'hui.

h
Aujourd'hui le raccourcissement se poursuit dans l'Himalaya alors qu'il a cessé dans les
Alpes.

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V- CHAINES DE COLLISION PANAFRICAINES ET HERCYNIENNES DU CRATON


OUEST AFRICAIN : EXEMPLES DES MAURITANIDES.

Introduction
Le Craton Ouest africain (CWA) est limité par des chaînes orogéniques (zones mobiles)
d’âges variables : Panafricain à l’Est (Dahoméyides, Gourma et Adrar des Iforas), et au Sud
Ouest (Rochélides) ; Hercynien à l’Ouest (Mauritanides) et au Nord (Anti-Atlas). Les chaînes
ou zones mobiles situées en bordures du CWA sont constituées lors des orogenèses
panafricaines (800 à 500 Ma) et hercynienne (300 à 250Ma).

5.1- Les chaînes de la bordure occidentale : la chaîne des Mauritanides


5.1.1- Présentation
La chaîne des Mauritanides (s.l.), est une longue bande d’environ1800 kilomètres qui jalonne
la bordure occidentale du craton ouest africain depuis le Sud marocain jusqu’en Sierra
Léone, en passant par la Mauritanie, une partie du Sénégal oriental et le Nord-Est de la
Guinée (Fig.5.7). Elle comprend les Rokélides, les Bassarides, les Mauritanides (s.s) et ses
prolongations septentrionales (Zemmour).

5.1.2- Genèse des Mauritanides (orogenèses)


La chaîne des Mauritanides est caractérisée par une structure en nappes de charriage
déplacées en général vers l’Est (Tessier et al,. 1961). Elle a été édifiée à la fin du
Précambrien au cours de différentes orogenèses.
Les travaux antérieurs ont permis de distinguer deux orogenèses panafricaines et une
orogenèse hercynienne. La première, Panafricain I (660 à 650 Ma) correspond à la
fermeture d’un rift. L’orogenèse du Panafricain II (550 à 530 Ma) correspond à une
remobilisation du substratum occidental (bloc oriental) et au plissement des bassins
sédimentaires postérieurs au Panafricain I, tandis que l’orogenèse hercynienne (380 à 245
Ma) se manifeste par la mise en place de nappes et par le plissement des bassins
paléozoïques.

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Figure 5.7. a- Carte géologique simplifiée de la chaîne des Mauritanides et localisation du secteur
d’étude (modifiée, d’après Lecorché et al., 1989). 1 : Substratum du socle archéen et birimien ; 2 :
Zone mobile de l’Afrique de l’Ouest ; 3 : Bassin de Taoudeni ; 4 : Bassins mésozoïque et cénozoïque.
b- Répartition des grandes séries des Mauritanides du Sénégal (modifiée, d’après Bassot, 1966 ;
Dabo et al., 2014). (1) Substratum du socle birimien ; (2) Zone mobile de l’Afrique de l’Ouest, (2a)
Série de Falémé, (2b) Série de Ségou-Madina Kouta, (2c) Série de Younkounkou, (2d) Série du Mali ;
(3) Bassin de Taoudeni, (3a) Granitoïde du Niokolo Koba, (3b) Série de Bakel, (3c) Zone de
cisaillement. MTZ: Zone transcurente majeure; SMF: Accident Sénégalo-Malien.

5.2- La chaîne des Mauritanides dans la région de Bakel


Elle comprend deux séries de formations parallèles de direction sub-méridienne, légèrement
incurvées vers le NW à la latitude de Kidira (Fig.5.7b). La série de la Falémé à l’Est, est
limitée par les formations birimiennes de la boutonnière de Kédougou et la série de Bakel à
l’Ouest disposée en fourche, est prolongée par les séries de Koulountou et des Bassaris au
S et SW.
La série de la Falémé (parautochtone) est constituée de formations volcano- sédimentaires
et sédimentaires (soit plissées, soit horizontales), non ou faiblement métamorphisées
(Bassot, 1966). Les sédiments sont généralement à caractère glaciaires (Deynoux, 1978)

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avec des conglomérats polygénique mal classés à galets (hétérométrique et anguleux) de


socle (mixtite). Ces conglomérats sont localement surmontés par des grès feldspathiques
massifs.
La série de Bakel forme la partie ouest des Mauritanides du Sénégal. Ellle se subdivise au
Sud en deux branches que sont les séries de Koulountou et des Bassaris, séparés par le
bassin de Youkounkoun. La branche des Bassaris correspondait en fait à la partie
affleurante d’une séquence volcano-sédimentaire basique plissée et métamorphisée. La
branche de la Koulountou est constituée par des roches volcano-détritiques plus acides
associées à des granites d’âge panafricain et intrudés dans un substratum granito-
gneissique d’âge indéterminé. Les roches volcaniques des Bassaris indiquent une affinité
avec les basaltes océaniques tandis que celles de la Koulountou montrent une affinité calco-
alcaline.
Le Page (1983) distingue dans la série de Bakel au Nord de Marsa (allochtone), quatre
principales unités imbriquées dans un système de nappes (Fig. 5.8) :
- l’unité de Gabou, bordée par le contact anormal majeur de Marsa au Sud et les collines de
l’Ourda Guindé au Nord. Elle est principalement constituée de schistes, de quartzites, de
grès, de jaspéroïdes ferrugineux et de serpentinites ;
- l’unité de Gounia qui correspond à une dépression large d’environ 2 Km avec quelques
collines de quartzites. Elle est située entre les collines de L’Ourda Guindé à l’Est et la barre
de quartzites de l’Aïré Diabal au Nord Ouest;
- l’unité de Bakel débute par la "barre" de quartzites de l’Aïré Diabal, s’étend jusqu’ au NW
de la ville de Bakel. Elle est constituée de quartzschistes et de quartzites localement
mylonitisés ;
- l’unité de Oundou Baba à micaschistes et quartzites, s’étend à l’Ouest jusqu’à la corniche
pliocène du bassin sénégalo- mauritanien (au NW du village de Thianiaf).

5.3- Lithologie des formations impliquées dans les nappes de Bakel


Les nappes (interne et externe) impliquées dans la chaîne des Mauritanides de la région de
Bakel, sont constituées de différentes lithologies affectées par un métamorphisme de bas
degré (schistes vert à amphibolite).
Entre Bakel et Marsa (Fig. 5.9) des collines de quartzites reposant sur des schistes et des
conglomérats constituent l’essentiel du relief. Elles sont associés à des formations ortho-
dérivées (serpentinites, métabasaltes chloritisés, métagabbros) situées structuralement sous
les quartzites. Dans les collines de l’Aïré Diabal, les quartzites bien recristallisés reposent
sur des schistes rougeâtre très mylonitisés. Les collines de Ourda Guindé au SE de Diabal,
montrent des barres de quartzites entièrement recristallisés avec une teinte rosée et qui
passent latéralement à des quartzites sombres ferrugineux. Les serpentinites forment à leur

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tour des affleurements discontinus sous forme de lambeaux d’anciennes péridotites,


localisés entre les villages de Diabal et de Gabou. Elles contiennent quelques des reliques
d’orthopyroxènes, de biotite ainsi que des fantômes d’olivine et d’amphibole. Les minéraux
d’altération (serpentine, chlorite, talc, calcite, oxyde de fer) sont plus abondants. A Gabou,
les serpentinites présentent quelques niveaux de chromite. Des métabasaltes chloritisés
apparaissent à Gounia et au Sud de Diabal. Ils montrent des reliques de structures en pillow
lavas et sont constitués de minéraux secondaires de feldspaths, amphibole, chlorite, calcite
etc. Cette minéralogie se retrouve dans des écailles de roches à texteure grenue localisées
au Sud du village de Samba Niamé et qui seraient des métagabbros. Dans ce village, des
déblais d’un puits révèlent la présence en profondeur des métabasaltes à chlorite bleu
magnésien et de micaschistes à grenat. Des volcano-sédiments à phénocristaux de
feldspaths et des séricito-schistes apparaissent localement entre Diabal et Gabou.
Ces formations seraient postérieurement intrudées par des granitoïdes qui se manifestent
sous forme de fines injections montrant des microstructures synchrones de la déformation
hercynienne (géologues de l’UCAD, 2009). Ces granitoïdes correspondraient au
magmatisme acide associé à l’événement hercynien. Des filons de pegmatite à tourmaline
recoupent l’ensemble de ses formations.
Par ailleurs, des sédiments particuliers (turbidites et brèches intraformationnelles) on été
notés dans ce secteur de Diabal- Gabou. Ils sont relayés au Sud de Diabal jusqu’à Marsa,
par des quartzites clairs qui passent progressivement à des quartzites ferrugineux sombres
souvent d’aspect jaspeux (jaspéroïdes). A Marsa, les jaspéroïdes sont discordant sur la tillite
de base du parautochtone (Néoprotérozoique). Le contact entre les formations
Néoprotérozoiques et le subtratum birimien n’a pas été observé dans ce secteur.
La succession lithostratigraphique des formations de la chaîne de Mauritanides de Bakel, a
été fortement bouleversée lors des différents événements tectoniques. C’est ce qui explique
les différentes interprétions lithostratigraphiques notées selon les auteurs.

5.4- Données structurales (tectonique)


La chaîne des Mauritanides dans la région de Bakel, est composée de deux domaines
(interne et externe) allochtones chevauchant vers l’Est, la couverture fini-protérozoïque et le
Craton Ouest africain qui sont impliqués respectivement dans les unités parautochtones
(Falémé) et autochtones (Birimien) de la chaîne.

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Figure 5.9. a- Carte géologique de la région Sud de Bakel montrant les différentes unités lithologiques
(Dabo et al., 2014). 1: pendage et orientation de la foliation ; 2: faille mineure ; 3: faille majeure ; 4:
quartzites ; 5: jaspéroïdes; 6: schistes; 7: métabasaltes et turbidites; 8: métagabbros; 9: serpentinites ;
10: sédiments parautochtones (tillite et grès).
b- Coupe géologique de la région de Bakel (pour la localisation et la légende voir Fig. 2a). ZCB : zone
de chevauchement de Bakel ; ZCD : zone de cisaillement de Diabal ; ZCK : zone de cisaillement de
Kougany ; ZCS : zone de cisaillement de Samba Kontaye ; ZCG: zone de cisaillement de Gabou ;
ZCM : zone de chevauchement de Marsa.

Le Page (1988) distingue deux phases majeures de déformation. Une phase compressive
précoce dont les traces sont retrouvées uniquement dans l’unité de Gabou et une phase
tangentielle paroxysmale, postérieure aux quartzites, qui est associée à de grands plis
couchés et à des écaillages.

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M. DABO, Cours géodynamique, Département de Géologie/FST/UCAD

Burg et al., (1993) proposent une tectonique de nappes tégumentaires avec des plats et des
rampes parfois relayés par des duplex (Fig. 5.10). Le déplacement des nappes qui s’effectue
du NW vers le SE, est à l’origine de différents types de plis et d’une linéation d’étirement
N130°. Ces auteurs distinguent ainsi du NW au SE entre Thianiaf - Bakel et Alahina,
plusieurs répétitions de quartzites et de conglomérats qui s’effectuent sans plissement par le
biais d’un système de chevauchement en plats et en rampes. Au niveau des barres de
quartzites des voussures (courbures) antiformes, à grand rayon de courbure constituent des
plis de propagation qui accommodent le transport cumulé sur les plats et les rampes.
Au SE de Bakel, jusqu’à Gabou et Marsa se développe un autre système de nappes
tégumentaires en plats et rampes qui implique un substratum différent avec des écailles de
roches ultrabasiques et de quartzites ferrugineux rubanés (jaspéroïdes). Les écailles
d’utrabasiques peuvent correspondrent à des lambeaux de la paléo-suture ophiolitique
papafricaine décrits tout le long de la chaîne des Mauritanides (Lecorché et al., 1991). Cette
suture juxtapose un domaine granitique panafricain (socle Oundou-Baba) au Birimien de la
KKI.
Les travaux des géologues de Dakar (2008) ont montrés qu’entre le SE de Bakel jusqu’à
Gabou, existent une seconde linéation d’étirement orientée N40° sub-perpendiculaire à celle
N130° qui caractérise la tectonique de nappes. Cette seconde linéation d’étirement est liée à
une tectonique transpressive hercynienne qui relaie la tectonique de nappe dans ce secteur.
Cette déformation transpressive serait inclinée et partitionnée avec un mouvement senestre
(Fig.5.12).

Conclusion
Les unités lithostratigraphiques définies dans les Mauritanides se retrouvent généralement
dans les sédiments des chaînes de la bordure orientale. Cette analogie se trouve aussi dans
les formations magmatiques avec l’existence d’une importante série spilitique et de
serpentinites chromifères.
Sur le plan métamorphique les formations des chaînes orientales présentent un degré de
métamorphisme plus élevé que celles des chaînes occidentales. En effet les terrains
fortement métamorphisés de type granulites et éclogites sont uniquement notés dans les
chaînes orientales. Par contre dans les chaînes occidentales, en dehors du cas d’éclogite
décrit au Sahara occidental par Le Goff et al., (2001), on note essentiellement des faciès de
types schistes verts et amphibolites. Ces observations confirment l’hypothèse de Dupont et
al., (1987) selon laquelle l’océanisation est plus marquée dans les chaînes orientales que
dans les chaînes occidentales de la bordure du craton ouest africain.

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Chapitre VI- EXTENSION : BASSINS SEDIMENTAIRES ET RIFTS

Introduction
Les bassins et les rifts impliquent un affaissement superficiel de la croûte continentale que l’on
désigne sous le nom général de subsidence (enfoncement progressif). Le terme de subsidence
est aussi utilisé pour désigner l’enfoncement progressif de la croûte océanique par
refroidissement (subsidence thermique).

I- SUBSIDENCE ET ISOSTASIE
1.1- Le principe d’isostasie
Les géophysiciens ont constatés qu’en dehors de quelques points du globe en cours d’évolution
rapide par effondrement ou plissement, le champ de la pesanteur était grossièrement le même
au-dessus des continents et des océans et que par conséquent, il existait un mécanisme
régulateur des irrégularités de répartition ou de nature de la croûte au-dessus du manteau.
C’est le principe de l’isostasie, selon lequel il existe dans ou sous la lithosphère une surface
de compensation où les pressions s’égalisent. En première approximation, cette surface est
parallèle à celle du globe, et au-dessus d’elle, le poids cumulé de la colonne rocheuse et de la
colonne d’eau est le même, à section égale, en tous les points de la planète. Naturellement ce
principe d’isostasie n’est pas respecté partout, et les petits écarts observés localement par
rapport à la loi théorique sont d’un très grand intérêt pour l’étude détaillée de la lithosphère.
C’est au niveau de la «surface de compensation S» que les pressions deviennent
pratiquement «hydrostatiques» (isotropes), grâce à l’absence de rigidité du milieu, et qu’elles ne
dépendent donc plus que de la profondeur. Cette surface correspond à peu près à l’isotherme
1300°C. Elle est évidemment progressive et floue, et traduit en fait une fusion partielle très faible
du matériel mantellique.

1.2- Les lois de l’isostasie


Les lois de l’isostasie sont une simple application du principe d’Archimède: la croûte (chargée
éventuellement de la couche d’eau océanique qui la recouvre) «flotte» sur le manteau plus
dense (asthénosphère), la «poussée» du manteau sur les terrains crustaux étant comparable à
la poussée de l’eau sur un corps flottant (par exemple un navire ou un iceberg, la poussée vers
le haut étant égale au poids du volume de fluide déplacé). Ainsi comprend-on pourquoi il y a des
continents et des océans. Pour émerger, une croûte en équilibre isostatique doit être épaisse
d’au moins 30 km. Au contraire, la croûte océanique est mince (7 km); le Moho et les roches
denses du manteau sont alors rapprochés de la surface, ce qui implique une compensation

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isostatique superficielle par la tranche d’eau océanique légère. Il n’y a d’océan que là où la
croûte est mince.

Principe d'Archimède : "Tout corps plongé dans un


liquide (ou gaz) reçoit une poussée, qui s'exerce de
bas en haut, et qui est égale au poids du volume de
liquide déplacé.

Par ailleurs les phénomènes isostatiques doivent être examinés à l’échelle de la lithosphère et
non plus de la seule croûte. Or, de ce point de vue, on constate qu’il existe deux types de
compensation isostatique.
• Si la lithosphère est épaisse et rigide, elle réagira, à la surcharge d’un objet suffisamment
volumineux, d’une façon élastique en se déformant sur une vaste surface qui déborde largement
celle de la surcharge en question, autour de laquelle apparaîtra donc un anneau déprimé. La
compensation est dite régionale. Un bon exemple est donné par l’énorme complexe volcanique
des îles Hawaï. On a là des émissions basaltiques bien rassemblées émergeant d’un fond
océanique de – 5 000 m et culminant à + 4 000 m, soit un édifice volcanique de plus de 9 000 m
de hauteur. Son poids a fait fléchir la croûte océanique jusqu’à une distance de 1 000 km du
centre éruptif. De plus, fait significatif, il existe un bourrelet saillant autour de la zone déprimée,
témoignant de l’élasticité de la lithosphère incurvée (Fig. 6.2).
• Si la lithosphère est moins rigide, pour des raisons pétrographiques, structurales ou
thermiques, la compensation régionale sera évidemment beaucoup plus faible.
Un relief montagneux, par exemple, ne sera compensé que par sa racine. Autrement dit, le
poids du relief n’est contrebalancé que par la poussée d’Archimède s’exerçant sur sa racine.

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Figure 6.2 : le poids d’un volcan (A) provoque un affaissement local (B), compensé par un bombement (C)
à cent ou deux cents kilomètres du point d’application de la surcharge. Si la charge du volcan était
supprimée, la lithosphère reprendrait à peu près sa forme initiale.

Exemple : Le poids de colonnes rocheuses de mêmes sections situées au-dessus des points C
et D de la figure 6.1 doit donc être le même. Sachant que l’altitude d’une croûte continentale (d
= 2,8) d’épaisseur 30 km est nulle et que la densité des roches du manteau est 3,3, on peut
facilement calculer l’épaisseur (X) de la tranche d’eau dans un océan dont la croûte (d = 2,9) est
épaisse de 7 km: le poids par unité de surface des colonnes d’eau, de croûte océanique et de
manteau situées au-dessus du point D est égal au poids par unité de surface de la colonne de
croûte continentale située au-dessus du point C, soit:
(X∗ 1) + (7 ∗ 2,9) + [(30 – 7 – X) ∗3,3] = 30 ∗ 2,8 ce qui donne x = 5,3 km.
De la même manière, il est possible de calculer l’épaisseur Y d’une croûte continentale formant
un relief de 5 km (fig. 6.3):
Y∗ 2,8 = (30 ∗ 2,8) + [(Y – 30 – 5) ∗ 3,3] ce qui donne y = 63 km.

Figure 6.1. Comparaison des pressions imposées par les terrains situés au-dessus du point A (dans la croûte
continentale) et du point B (dans la croûte océanique), tous deux situés à 10 km de profondeur sur la surface S1, et
au-dessous des points C et D situés sur la surface S2 à 30 km de profondeur dans le manteau lithosphérique
(explications dans le texte).

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Figure 6.3. Épaisseur de la croûte


continentale sous une chaîne de
montagne haute de 5 km.
Y = 63 km. S2 = surface de
compensation isostatique située
dans le manteau lithosphérique.

1.3- Sédimentation et isostasie : moteurs de la subsidence


C’est le poids des sédiments qui détermine l’affaissement de la croûte sous-jacente et assure
ainsi la régularité du phénomène de subsidence. En fait, un calcul faisant intervenir les densités
des milieux en présence (fig. 6.4) montre que le dépôt de 1000 m de sédiments dans un bassin
existant correspond à un affaissement supplémentaire de 400 à 600 m seulement. Il faut donc
qu’intervienne aussi un processus d’origine profonde qui déclenche puis entretienne l’état
d’affaissement chronique du secteur considéré, la surcharge sédimentaire ne faisant qu’amplifier
la subsidence.

Fig. 6.4. Equilibre isostatique de type Airy : réponse de la lithosphère à une surcharge locale ou à un amincissement crustal
(d’après Chorowicz, 1970). A droite : compensation isostatique d’un dépôt sédimentaire.
H1 et H2 : tranche d’eau (densité arrondie à 1) ; Hs : tranche de sédiments déposée (densité supposée : 2,5)
X : déplacement à mesurer (densité du manteau : 3,3)
Géométriquement on peut écrire :
(1) H2 + Hs = H1 + X
Pour ce qui est de l’équilibre isostatique (égalité des masses des différentes colonnes de roche), on peut écrire :
(2) (1∗H2) + 2,5 Hs = (1∗ H1) + 3,3 X
(1) devient : H2 – H1 = X – Hs
(2) devient (H2-H1) + 2,5 Hs = 3,3X d’où : (x – Hs) + 2, 5 Hs = 3,3X
X= 1,7 Hs/ 2,3 = 0,65 Hs, c’est à dire que 1 000 m de sédiments provoquent un affaissement de 650 m.

La subsidence ainsi définie a des causes multiples dont les principales sont les suivantes :

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– l’amincissement de la croûte, qui est compensé isostatiquement par approfondissement (fig.


6.4) (subsidence tectonique initiale) ;
– le refroidissement de la lithosphère, qui augmente sa densité et l’épaisseur du manteau
lithosphérique, est également compensé isostatiquement par son approfondissement (cas de
subsidence thermique) ;
– la flexion de la lithosphère vers le bas et son enfoncement forcé en périphérie d’une charge
localisée (calotte glaciaire, volcan, empilement de nappes, etc.), par exemple bassins d’avant-
chaîne (subsidence flexurale) (fig. 6.2);
– la pile de couches sédimentaires dans les bassins ainsi formés induit également une
surcharge qui amplifie la subsidence (fig. 6.4).

1.4- Typologie des bassins

On peut diviser les bassins sédimentaires en trois grandes catégories :


1. Les bassins contrôlés par l’amincissement lithosphérique (bassins d’étirement). Ce sont les
fossés d’effondrement, quel que soit le mode d’étirement de la lithosphère (rifts, bassins en pull-
apart et bassins des couloirs de décrochement).
2. Les bassins contrôlés par le refroidissement de la lithosphère, que celle-ci soit continentale
(bassins intracontinentaux), océanique (plaines abyssales), ou de la transition continent-océan
(marges divergentes).
3. Les bassins contrôlés par la flexion de la lithosphère (bassins flexuraux), que celle-ci soit
océanique (subduction) ou continentale (bassins d’avant-chaîne).
Dans la réalité, l’évolution d’un bassin donné procède le plus souvent d’une combinaison ou
d’une succession de ces facteurs, par exemple étirement et refroidissement.
Compte tenu de ce facteur de complication, nous utiliserons une classification plus descriptive
qu’interprétative, en distinguant :
1. Les fossés d’effondrement, où l’affaissement est rapide et cassant, dans un contexte de
divergence.
2. Les bassins sur décrochement, où l’affaissement très rapide est associé à des failles
coulissantes.
3. Les bassins tardi-orogéniques, du type « Basin and Range », où l’affaissement traduit
l’amincissement d’une chaîne de montagnes et son retour à une épaisseur crustale normale.
4. Les bassins cratoniques, où l’enfoncement est lent et progressif.
5. Les bassins d’avant-chaîne, liés à une flexion lithosphérique.

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II- LES FOSSÉS D’EFFONDREMENT


Il s’agit de structures étroites et allongées, limitées par des failles normales conjuguées, de sens
de rejet opposé (failles antithétiques). Ces structures sont également désignées sous le nom de
grabens. Elles peuvent être découpées en grabens secondaires par des compartiments restés
en saillie ou horsts. Les demi-grabens et les demi-horsts sont limités par des failles de même
sens de rejet (failles synthétiques), ce qui entraîne le basculement du compartiment (blocs
basculés).
Grâce à ces fractures, les fossés d’effondrement montrent presque toujours un volcanisme de
type alcalin (Fig. 6.5).
Les fossés d’effondrement peuvent être des structures superficielles, de faible importance
(dimensions de l’ordre du kilomètre et rejets maximum d’une centaine de mètres).
Les rifts correspondent à des fossés d’effondrement d’échelle continentale (longueur de 100 à
plusieurs centaines ou milliers de kilomètres et largeur de plusieurs dizaines de kilomètres).
Exemple 1: le Rift des grands lacs de l’Est africain (cf. chap. I).
Exemple 1 2. Le bassin Sénégalo-Mauritanien résultant de l’ouverture de l’océan Atlantique au
Trias- Jurassique. On y observe les horsts de Dakar et Ndiass séparés par le graben de
Rufisque. Le volcanisme alcalin associé à cette ouverture emprunte des failles pour se mettre
en place dans les sédiments d’âges secondaire à quaternaire des régions de Dakar et Thiès (fig.
6.5).

Fig. 6.5. Coupe schématique du bassin du Sénégal avec faille d’effondrement et volcanisme alcalin (A. de Spengler et al.,
1966, modifiée par M. Ndiaye et al., 2012).

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III- LES BASSINS SUR DÉCROCHEMENT


3.1- Les rifts en «pull-apart»
Ce sont des bassins qui s’ouvrent dans la zone en distension séparant deux failles
décrochantes parallèles (fig. 6.7), la fracture primitive étant souvent en ligne brisée. Le
coulissement sur chacune des failles bordières étire la croûte suivant un bloc losangique qui
s’amincit et s’effondre. On remarquera que le régime distensif est seulement local, la
déformation générale étant décrochante.
L’exemple le plus classique est celui de la mer Morte le long de la faille décrochante du
Jourdain (fig. 6.7, 6.8). Le volcanisme alcalin associé à ces structures débute vers 10 Ma et
connaît son maximum entre 9 et 7 Ma.
Dans la boutonnière de Kédougou-Kéniéba au Sénégal oriental des micro-bassins en pull
apart apparaissent le long de failles décrochantes associées à la déformation éburnéenne
tardive (D3) (Fig.6.7B).

Fig. 6.7. Bassins en pull-apart le long de la faille du Jourdain.


Pour le golfe d’Aqaba et la mer Morte. En A, coupe de la mer
Morte, montrant l’existence d’une grande surface de clivage dite
« faille de détachement » (F) le long de laquelle s’effectue, de
façon dissymétrique, le processus de distension. Sédiments en
pointillé.

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Fig. 6.8. Bloc schématique montrant les structures de la déformation transtensive éburnéenne D3 dans les formations
birimiennes de la Daléma au Sénégal oriental (modifié d’après Dabo, 2011). En (d) et (c), bassins en pull-apart dans
associés à des failles décrochantes. S : schistosité, Rz : shear zone remobilisée ; Nf faille normale ; Ma :
magmatisme, Gt : granitoïdes, P3 : plissement de la phase D3, Do : Dolérite post birimienne, Mu : muscovite, Ca :
calcite, Sd : sédiments détritiques.

3.2 Bassins décrochants


Plus larges que les précédents, ils apparaissent par distension entre des failles de coulissement
et traduisent une sorte de « joint » souple au sein d’une masse continentale si bien qu’ils
peuvent aussi enregistrer les périodes de compression que subit la masse en question en
contrecoup du jeu des grandes plaques lithosphériques.
Un cas curieux de bassin décrochant est celui d’Andaman, dans l’Insulinde (fig.6.9 et Fig.1.18
point 9) et sa structure « en fleur » (flower structure). Il s’agit du bassin médian de Sumatra à
son débouché dans la mer d’Andaman.
En France dans le Massif armoricain (Bretagne), ces bassins jalonnent (bassins de Chateaulin,
Laval, Ancenis etc.) les grands coulissements (fig. 6.10).

Fig. 6.9. Structure en fleur du bassin


d’Andaman (tiré de A.W. Bally, Seismic
expression of structures, Am. Ass. Petr.
Geol. 1985). L’examen de ce profil de
sismique-réflexion montre qu’au Plio-
Pleistocène, la «fleur» a fonctionné comme
bassin extensif. Au Miocène, elle a joué en
compression (les sédiments y sont plissés
et plus minces que de part et d’autre de
l’accident). L’Oligocène est également
différent sur les deux lèvres indiquant ainsi
un jeu de blocs à cette époque.

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Fig. 6.10. Bassins décrochants dans le Massif Armoricain (bassins dinantiens de Chateaulin, Laval et Ancenis)
(d’après Rolet, 1984, simplifié).

chevauchement

plissement

granitoïde

Figure 6.11. Bassin décrochant en "flower structure" de la Daléma (d’après Dabo et Aïfa, 2011, modifié)

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Toujours au Sénégal oriental, les formations paléoprotérozoïques du bassin de la Daléma


montrent une structure en fleur (Flower structure). Elle est marquée par des chevauchements,
des plissements et une granitisation intervenant durant la phase transpressive D2 de la
déformation éburnéenne (fig. 6.11).
D’une manière générale les bassins de décrochement montrent une évolution en deux phases :
– Une période d’ouverture où la sédimentation est instable et troublée par des mouvements
synsédimentaires incessants, par l’arrivée d’apports détritiques grossiers («débris-flows ») et
même de véritables klippes sédimentaires descendues des bordures en coulissement. Un
volcanisme synsédimentaire se manifeste aussi, souvent acide (quartz-kératophyres), mais avec
quelques coulées de basaltes d’affinités tholéitiques.
– Une période de comblement, à fort taux de sédimentation et discordance progressive des
termes les plus jeunes sur les plus anciens.
Les bassins sont ensuite plissés, étirés ²et granitisés. Contrairement aux rifts classiques, ces
bassins montrent des anomalies gravimétriques positives que l’on explique par l’existence
probable de réservoirs magmatiques proches de la surface.

IV- PLATEAUX DE DISTENSION TARDI-OROGÉNIQUE : TYPE «BASIN AND RANGE»


La «Basin and Range Province» est située dans l’Ouest des États-Unis, se prolonge au Mexique
(fig. 6.12). Sur toute cette immense surface, apparaît une succession régulière de rides
montagneuses (2 000 et 3 000 m), et de bassins longitudinaux comblés de produits alluviaux
épais de 2 000 à 3 000 m (fig. 6.13). Ces reliefs, de longueur variable mais larges d’une
trentaine de kilomètres, correspondent parfois à des horsts et des grabens classiques mais le
plus souvent il s’agit de demi-horsts et de demi-grabens c’est-à-dire, de blocs basculés, la
dénivellation entre eux atteignant 5 000 à 6 000 m. Ces blocs sont délimités par des failles
normales de type listrique (concaves vers le haut).
Par ailleurs ces blocs basculés sont posés à plat sur un socle précambrien appartenant
certainement à la croûte moyenne ou inférieure (faciès amphibolite). Ces différents blocs sont
tronqués par une faille plate qui les sépare du socle (fig. 6.13 et 6.14) et qui est associée à une
certaine épaisseur de mylonites. Cette faille est manifestement un niveau de décollement
subhorizontal mais qui coupe les failles listriques séparant les blocs. Elle représente le trait le
plus remarquable de la région, surtout en raison de son extension (jusqu’à 10 000 km2) et de
l’ampleur du déplacement (40 km en Arizona W).

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4.1- Mécanisme de la distension «Basin and Range»


Ces énigmatiques failles plates étaient en distension. Celle-ci entraînant un étirement extrême
de la croûte au cours duquel sa partie supérieure aurait joué de façon cassante tandis que sa
partie inférieure aurait eu un jeu plus plastique (ductile). Le résultat aurait donc été la rupture
complète de la croûte supérieure en blocs basculés qui seraient ainsi venus reposer par leur
tranche sur la faille plate évoquée, jalonnée des mylonites témoignant du clivage intracrustal
profond (fig. 6.13 et 6.14).
Le processus peut être le suivant :

– Dans un premier stade (fig. 6.13-1), un plan de cisaillement ductile, ϕ, jalonné de mylonites, se

formerait plus ou moins horizontalement au sein de la croûte, peut être entre croûte supérieure
et croûte inférieure. Viennent s’y raccorder les failles normales listriques (f) séparant les
premiers blocs basculés par distension.
– Ultérieurement, et sous l’effet de la distension persistante, des failles listriques plus plates et
plus proches de la surface (« failles de détachement » F1) apparaissent et compliquent le
découpage des blocs basculés (stade 2).
– Au stade 3, la distension finit par provoquer un amincissement de la croûte suffisant pour
déclencher la remontée d’un manteau supérieur, donc de la croûte inférieure amincie. Les failles
de détachement F1 sont gauchies et rapprochées de la surface avec les mylonites du stade 1,
mylonites nées dans un milieu ductile mais qui sont désormais fossiles. Ce phénomène va
entraîner le glissement des blocs de croûte superficielle sus-jacents. C’est-à-dire qu’à partir d’un
certain stade (stade 4) une nouvelle faille de détachement (F2) se met à fonctionner en séparant
ces blocs superficiels du socle sous-jacent toujours coiffé de ses anciennes mylonites. La faille
plate, caractéristique des structures actuelles de type Basin and Range (F2) prend ainsi son
aspect définitif tandis que le vieux socle métamorphique arrive à l’affleurement (« metamorphic
core complex », MCC).
Le phénomène distensif provoque une diminution importante de la pression qui peut aboutir à
des fusions crustales et donc à la mise en place de granites syntectoniques dont la faible
densité contribue aussi au soulèvement du socle. Leur caractère syntectonique se manifeste par
le cisaillement distensif qui les affecte au voisinage de la faille de détachement. Ce dispositif
aboutit à réamincir une croûte jadis épaisse.

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Fig. 6.12. Le domaine affecté par les structures de type Basin and Range. A. GB. Great Basin. B. MNT GTOPO.

Fig. 6.13. Modèle de formation des structures « Basin and Range ». MCC : Metamorphic Core Complex ; (simplifié
d’après Lister et Davis, 1989).

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Fig. 6.14. Faille de détachement dans un profil de sismique réflexion sous un bassin de la «Basin and Range
Province». (Marys River valley, N du Nevada, SW du plateau de la Snake River) (d’après A.W. Bally, 1983).

4.2- Cadre structural de la distension


Le cadre structural de la distension est probablement (Molnar et Ménard, 1988), un « étalement
distensif », par gravité, d’un édifice orogénique antérieur après que la contraction ait cessé. Si
la compression baisse, elle tend à fluer sous l’effet de la gravité. C’est ce qui s’est passé ici
quand la compression aux limites a été remplacée par le jeu décrochant et distensif de la faille
principale (de San Andreas) et de ses annexes (fig. 6.15).
Les structures du type Basin and Range représenteraient le terme ultime de cet étalement d’un
ancien plateau, étalement dans lequel les failles de détachement ont joué le rôle essentiel (fig.
6.15).

Fig.6.15. Epaississement et amincissement distensif


dans divers orogènes en fin d’évolution tectonique
(d’après Dewey, 1988, simplifié et modifié).

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V- LES BASSINS PROPREMENT DITS (bassins cratoniques)


5.1. Cas simples
Ce sont des dépressions ovales ou arrondies où les sédiments prolongent en continuité ceux
des plates-formes voisines, beaucoup plus minces et lacunaires. Le maximum d’épaississement
reste au voisinage du même axe pendant toute l’évolution.
Le rapport profondeur/diamètre est de l’ordre de 1/100 à 1/50.
a) Exemple : le bassin de Paris (fig. 6.16): Il contient environ 2 500 m de couches secondaires et
tertiaires en son centre contre quelques centaines de mètres pour ces mêmes terrains à sa
périphérie.
Le déclenchement du phénomène de subsidence est donc une distension appliquée à une
croûte fragilisée par d’anciennes structures, elles-mêmes distensives.
Finalement les bassins cratoniques apparaissent comme des structures initialement fragilisées
et ultérieurement remobilisées à chaque réorganisation de la cinématique ou du champ de
contrainte de la plaque lithosphérique. Ces remobilisations se traduisent par des mouvements
verticaux de faible ampleur qui se combinent aux variations eustatiques pour contrôler les
épaisseurs et les faciès sédimentaires du bassin.
Autres exemples : Bassin paléozoïque de Tindouf situé à l’extrême ouest de la plate forme
saharienne, couvrant une vaste dépression (130.000 Km2) orientée Est- Ouest. Les dépôts
peuvent atteindre jusqu’à 8000 m (fig. 6.17).

Fig. 6.16. Fossés permiens sous le


bassin de Paris (reconstitués d’après
les résultats des forages profonds). On
remarquera leur coïncidence avec les
zones de subsidence maximum du
bassin ultérieur.

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4.2. Bassins complexes


Des complications de structure interviennent parfois, notamment quand la superficie du bassin
est très grande et que son histoire est longue car il se divise alors en bassins secondaires dans
lesquels l’onde de subsidence maximum se déplace, d’où des bassins basculés et emboîtés les
uns dans les autres. C’est le cas du bassin du Sahara (fig. 6.18).

Fig. 6.18. Morphologie schématique de bassin complexe.

VI- LES BASSINS D’AVANT-CHAÎNE


On appelle ainsi des bassins situés au front des chaînes de montagnes et qui en reçoivent les
produits d’érosion ou molasses, d’où le nom aussi utilisé de bassins molassiques.
Ils s’installent au front d’une chaîne en cours de plissement, parallèlement à sa direction et ses
structures tectoniques sur une lithosphère qui fléchit sous la charge que représente la chaîne,
d’où le nom de bassins « flexuraux » qu’on leur donne parfois. Les exemples abondent :
- Le bassin molassique de Suisse (fig. 6.19).
- Au Sénégal oriental nous avons les formations néoprotérozoïque à paléozoique du bassin de
Ségou-Médina-kouta (fig. 6.20).

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Fig. 6.19. Évolution du bassin


molassique suisse (d’après Pfiffner,
1986, très simplifié).
Fl. Mi. Flysch puis molasse marine
inférieure (Oligocène inférieur)
Li. Molasse d’eau douce inférieure
(Oligocène supérieur) ; Ms. Molasse
marine supérieure (Miocène) ; Ls.
Molasse d’eau douce supérieure
(Miocène supérieur).
A. massif de l’Aar, servant de repère. Il
montre la progression des nappes
alpines vers le N. On constate
l’affaissement corrélatif du fond du
bassin (flèche) par flexion au S (bassin
flexural) et failles normales au N. Le
pointillé gras indique, pour chaque stade,
la trace du clivage qui donnera la
structure charriée du stade suivant.

VII- SYNTHÈSE SUR LE RIFTING ET LA FORMATION DE BASSIN (OCEAN)


Si l’on juxtapose tous les types de structures distensives décrits dans le chapitre, on obtient un
schéma évolutif cohérent (fig. 6.20).

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7.1. Stade rift


Sous l’effet de la distension, la croûte supérieure se brise en blocs basculés séparés par des
failles normales listriques qui déterminent un fossé d’effondrement. En profondeur, la croûte est
étirée ductilement. L’étirement de l’ensemble de la croûte l’amincit, ce qui est compensé
isostatiquement à la fois par la subsidence en surface (subsidence initiale) et par la remontée
rapide du manteau en profondeur. L’allègement de la lithosphère à l’axe du rift est compensé
par sa remontée flexurale sur ses bordures, ce qui donne les épaules du rift (Fig.6.21).

Fig. 6.20. Evolution d’un rift vers un golfe océanique.

Un volcanisme alcalin se manifeste, alimenté non plus par le sommet du manteau supérieur
comme on pourrait le penser au premier abord, mais par un manteau plus profond (au moins
100 km).
La durée de ce stade est de l’ordre de 10 à 15 Ma.
Le rôle des points chauds à l’origine du rifting est encore discuté. Qu’ils soient ou non le
moteur initial de la divergence lithosphérique, ils provoquent un affaiblissement considérable de
la lithosphère continentale, le manteau lithosphérique étant fortement aminci par le transfert de
chaleur (d’où les grands bombements associés aux points chauds). Cet affaiblissement localise
ultérieurement le rifting et la rupture continentale, avec souvent plusieurs rifts divergents (point
triple).

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Fig. 6.21. Rift continental avec volcanisme.

7.2. Rifting «actif» et rifting «passif»


a) On parle de rifting passif lorsque c’est l’écartement des deux plaques en présence qui est la
cause première de la déchirure continentale.
En ce cas, le moteur de la déchirure continentale et de la divergence des plaques peut être une
zone de subduction située à quelques milliers de kilomètres du rift; ou un contrecoup lointain
de la collision de deux plaques, ce qui provoque des expulsions latérales de fragments
lithosphériques hors de la zone de collision. Enfin, il est possible que la divergence des plaques
soit l’effet des mouvements asthénosphériques, qui entraînent en sens opposé les plaques
lithosphériques à partir de l’endroit où divergent deux cellules de convection.
b) On parle de rifting actif lorsque la rupture continentale et l’ouverture océanique sont dans ce
cas des conséquences de l’impact du panache (point chaud) sur la lithosphère (Fig. 6.22), d’où
l’expression «rifting actif». C’est le cas aujourd’hui en Afar.

Figure 6.22. Panache mantellique et


volcanisme de point chaud.
Coupe schématique de la Terre selon les
conceptions de Courtillot et al. (2003). Il
existe deux zones de remontées de manteau
chaud profond, des super-panaches, sous
l’Afrique et sous le Pacifique. Ces deux
zones ne sont pas fixes entre elles. Sur ces
deux panaches majeurs «bourgeonnent» des
panaches de moindre importance enracinés
à la limite entre manteau inférieur et
supérieur représentés par des cercles noirs
sur la figure suivante.

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7.3. Stade du début de l’accrétion océanique


Si l’étirement continue, la croûte continentale, de plus en plus amincie, est injectée de produits
basiques issus du manteau supérieur, proche de la surface, cette fois, appartenant à la lignée
tholéitique. Ainsi se forme une croûte de type océanique dans l’axe du rift. À ce stade, la mer
envahit définitivement le fossé (mer Rouge).
Ce stade est enregistré dans la sédimentation par la discordance post-rift qui scelle les failles
normales du rift précédent. Ces structures du rift, qui deviennent inactives, constituent alors une
marge passive (sans activité sismique) (Fig. 6.23).

7.4. Stade de l’expansion océanique


Si le processus persiste, le golfe océanique peut devenir ensuite un océan entre ses marges
continentales.

Fig. 6.23. Accrétion et expansion océanique

VIII- Mécanisme de la rupture


La géophysique a montré que, la rupture de la croûte continentale ne se produisant pas
forcément dans l’axe de symétrie du système en distension. Pour les mécaniciens, ces
évolutions symétriques ou dissymétriques correspondent en fait à deux processus différents, le
cisaillement pur et le cisaillement simple (fig. 6.24). Le premier se fait par étirement homogène
des couches, le deuxième par basculement, rotation et étirement des blocs juxtaposés au-
dessus d’une faille dite « de détachement ».
Le modèle de Wernicke (1898) (fig. 6.25A) utilise en effet, pour cet étirement dissymétrique,
une zone de cisaillement à faible pendage, dite faille de détachement (7 à 15°) traversant toute
la lithopshère1. L’amincissement résulterait du glissement de l’un des deux compartiments sur
cette faille, glissement entraînant son éloignement. On obtient en effet (fig. 6.25A) un décalage
important entre la zone d’amincissement maximum de la lithosphère (X) et celle de la croûte (Y).
Par ailleurs, la disposition des blocs sur les marges A et B n’est pas symétrique. Dans le

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compartiment A, les blocs basculés reposent sur le manteau, dans le compartiment B sur des
zones profondes de la croûte continentale.

Fig. 6.24. Distension symétrique ou dissymétrique en fonction du type de cisaillement de la croûte (inspiré de Jolivet,
1995).

Fig. 6.25 A. Modèle de Wernicke pour la


distension dissymétrique des marges
continentales (x : axe de la remontée
asthénosphérique, Y : axe du rift). B. Modèle
de Lister et al. (1986).

Ce modèle permet aussi d’obtenir une «dénudation tectonique» du manteau supérieur dans
l’axe du rift avant le début de l’accrétion océanique, ainsi qu’un dôme thermique, donc le
soulèvement d’une des bordures seulement (et même, éventuellement, apparition d’un rift
subsidiaire excentré par rapport au premier sur cette marge bombée). Il explique enfin la
répartition dissymétrique du volcanisme sur les marges du rift primitif.

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Le modèle Lister et al. (1986), dérivé du précédent propose que la faille de détachement ne
traverserait pas la totalité de l’asthénosphère mais seulement la croûte jusqu’à sa base litée
(mylonites), dans laquelle elle passerait à l’horizontale et se perdrait (fig. 6.25B).
L’origine de ces failles de détachement très plates s’explique probablement par la structure litée
de la croûte inférieure et la modification progressive de sa composition minéralogique. Il en
résulte que les milieux superposés ne réagissent pas de la même façon à une distension, si bien
que des différences de comportement se manifestent de part et d’autre de plans de cisaillement
horizontaux ou peu inclinés.

Fig. 6.26. La mer Rouge, les Afars et le golfe d’Aden dans le cadre structural du bloc arabe (inspiré d’Ott
d’Estévou, 1987). Noir : volcanisme, flèches : sens de déplacement du bloc arabe mesuré par GPS, A, B :
traces des coupes de la figure 4.3. MNT GTOPO.

Conclusion
L’ouverture des bassins sédimentaires est souvent accompagnée de processus de subductions
qui interviennent aux extrémités lointaines des plaques divergentes.

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Annexes

Bassin de Tindouf dans le craton ouest Africain.

Modèle de bassin molassique

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Figure 4.39. Évolution de la plume centrale atlantique depuis le Permien (d’après Oyarzun et
al., 1997)

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