Mémoire de Projet de Fin D'études Filière: DUT Génie Des Procédés
Mémoire de Projet de Fin D'études Filière: DUT Génie Des Procédés
PERIODE :
Du 01/03/2024 au 31/03/2024
Jury
Nous exprimons nos remerciements les plus sincères à toutes les personnes qui nous ont
accompagnés tout au long de la réalisation de ce projet de fin d’études. Leur soutien, leur
disponibilité et leurs conseils ont été d’une grande importance pour mener à bien ce travail.
Nos remerciements les plus profonds s’adressent à Monsieur Tangamas Zakaria, dont
l’implication, la rigueur et le soutien technique ont été essentiels à la concrétisation de ce projet.
Par sa présence constante au laboratoire, ses conseils méthodologiques, sa maîtrise des outils
expérimentaux et sa grande disponibilité, il a su nous guider avec efficacité et professionnalisme
à chaque étape du travail. Nous lui témoignons toute notre reconnaissance pour son engagement
et sa générosité.
De plus, en raison des liaisons chimiques très stables entre leurs monomères, ces polymères sont
très peu dégradables dans l’environnement. La plupart des plastiques utilisés aujourd’hui
proviennent de l’industrie pétrolière, une des plus polluantes au monde, contribuant de manière
significative à la dégradation des écosystèmes.
La pollution plastique a des effets délétères à la fois sur l’environnement et sur la santé humaine.
Dans les milieux aquatiques, les déchets plastiques se fragmentent en microplastiques, de
minuscules particules qui sont ingérées par les organismes marins. Ces particules peuvent ensuite
remonter la chaîne alimentaire, atteignant l’homme par la consommation de fruits de mer
contaminés, avec des risques sanitaires potentiellement graves.
Les microplastiques contaminent également les sources d’eau douce, telles que les rivières, les
lacs ou les nappes phréatiques. Leur ingestion involontaire via l’eau potable représente un danger
pour la santé publique. Par ailleurs, les plastiques contiennent souvent des additifs chimiques
toxiques, qui peuvent se disperser dans l’environnement et s’accumuler dans les organismes
vivants. Une exposition prolongée à ces substances peut entraîner des troubles hormonaux, des
problèmes de développement, voire augmenter le risque de cancer.
Face aux impacts négatifs des plastiques synthétiques, les bioplastiques s’imposent comme une
solution innovante et plus respectueuse de l’environnement. Également appelés plastiques
biosourcés ou biodégradables, ils sont fabriqués à partir de ressources naturelles renouvelables
telles que le maïs, la canne à sucre ou certains déchets agricoles.
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Contrairement aux plastiques issus du pétrole, les bioplastiques sont moins énergivores à
produire, génèrent moins d’émissions de gaz à effet de serre et sont souvent biodégradables, ce
qui limite leur impact environnemental à long terme. Ils représentent donc une alternative plus
durable, à la fois sur le plan écologique et sanitaire.
une réduction significative des émissions de CO₂ durant leur cycle de vie ;
une diminution de la consommation de ressources fossiles ;
la valorisation de matières premières locales et de sous-produits agricoles ;
une meilleure gestion de la fin de vie des produits grâce à leur biodégradabilité.
1. L’origine biosourcée des matières premières, qui limite l’exploitation des énergies
fossiles.
2. La biodégradabilité des matériaux, qui offre des solutions plus écologiques pour la
gestion des déchets.
Dans le cadre de notre projet, nous avons synthétisé un bioplastique à partir de l’amidon extrait
des épluchures de pommes de terre. Cette méthode repose sur la valorisation de déchets
organiques, ce qui permet non seulement de réduire le gaspillage alimentaire, mais aussi de
produire un matériau plus respectueux de l’environnement.
Ce choix s’inscrit dans une logique d’économie circulaire, où les résidus de l’agriculture ou de la
consommation peuvent être transformés en ressources utiles. Le bioplastique ainsi obtenu
constitue une alternative écologique et innovante aux plastiques traditionnels, répondant aux
enjeux actuels de développement durable.
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Chapitre 1 : Recherche Bibliographique
1. Introduction aux bioplastiques :
Un biopolymère est une macromolécule de grande taille produite par des organismes vivants. Il
est composé de monomères répétitifs liés par des liaisons covalentes. Les biopolymères incluent
les protéines, les acides nucléiques (ADN et ARN), les polysaccharides (comme le cellulose et
l'amidon), et certains polymères synthétiques biodégradables produits à partir de ressources
biologiques. Ces macromolécules jouent des rôles cruciaux dans la structure cellulaire, la
fonction, et le métabolisme des organismes. En outre, en raison de leur biodégradabilité et de
leur biocompatibilité, les biopolymères sont également utilisés dans de nombreuses applications
industrielles et biomédicales.
Les biopolymères sont des polymères d’origine naturelle ou obtenus à partir de ressources
renouvelables. Ils peuvent être classés selon différents critères, notamment l’origine des matières
premières ou leur biodégradabilité. Cette classification permet de mieux comprendre les
propriétés, les applications et l’impact environnemental de ces matériaux.
Les premiers types de biopolymères sont ceux directement extraits de la biomasse. Ils
proviennent de sources végétales, animales ou microbiennes, et ne nécessitent pas de
transformation chimique importante. Parmi eux, on retrouve les polysaccharides, comme
l’amidon (issu de la pomme de terre, du maïs ou du blé) ou la cellulose (présente dans le bois et
le coton). Les alginates extraits des algues, et le chitosane, obtenu à partir des carapaces de
crustacés, sont également très utilisés. Du côté des protéines, des biopolymères tels que la
gélatine (issue du collagène animal), le gluten (présent dans les céréales), ou encore la caséine
(protéine du lait), sont exploités pour leurs propriétés fonctionnelles dans divers domaines.
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1.4 Biopolymères produits par des micro-organismes
Une autre catégorie importante regroupe les biopolymères synthétisés naturellement par des
micro-organismes, souvent via des processus de fermentation. C’est le cas des
polyhydroxyalcanoates (PHA), une famille de polyesters produits par certaines bactéries comme
Ralstonia eutropha. Le plus connu de cette famille est le PHB (polyhydroxybutyrate), un
polymère biodégradable aux propriétés similaires à certains plastiques traditionnels, mais avec
un impact environnemental réduit. Ces biopolymères sont particulièrement intéressants car leur
production ne nécessite ni pétrole ni procédés chimiques lourds.
Enfin, certains polymères sont fabriqués à partir de ressources renouvelables, mais ne sont pas
biodégradables, car ils sont chimiquement identiques à leurs équivalents pétrosourcés. On parle
ici de polymères dits “biosourcés” mais non biodégradables, comme le bio-PE (polyéthylène
biosourcé) ou le bio-PET (polyéthylène téréphtalate biosourcé). Par exemple, le bio-PE est
obtenu à partir de l’éthanol issu de la canne à sucre, mais ses propriétés et son comportement
dans l’environnement sont identiques au polyéthylène traditionnel. Ces matériaux permettent de
réduire la dépendance au pétrole, sans pour autant offrir une solution aux problèmes liés à la fin
de vie des plastiques.
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Résumé schématique :
Les bioplastiques sont des matériaux polymériques innovants qui se distinguent des plastiques
traditionnels par leur origine ou leur capacité à se biodégrader. Ils peuvent être biosourcés,
fabriqués à partir de ressources renouvelables comme l’amidon, la cellulose ou les huiles
végétales, ou biodégradables, capables de se décomposer naturellement sous l’action de micro-
organismes dans des conditions spécifiques. Leur utilisation se développe dans divers secteurs
tels que l’emballage, l’agriculture, la médecine et l’industrie automobile, contribuant ainsi à la
réduction de la dépendance aux plastiques issus du pétrole et à la limitation de la pollution
plastique. Cependant, leur adoption à grande échelle rencontre certains défis, notamment un coût
de production élevé, des conditions de biodégradation spécifiques et des enjeux liés à leur
recyclabilité. Malgré ces obstacles, les bioplastiques représentent une alternative prometteuse
pour une transition vers une économie plus durable et respectueuse de l’environnement.
Les bioplastiques jouent un rôle crucial dans la réduction de la pollution plastique en offrant une
alternative prometteuse aux plastiques traditionnels pour atténuer la pollution plastique. Ces
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matériaux, issus de ressources renouvelables comme l’amidon, la cellulose ou les huiles
végétales, offrent des avantages environnementaux significatifs. D’une part, leur production à
partir de biomasse permet de réduire la dépendance aux ressources fossiles et de diminuer les
émissions de gaz à effet de serre. D’autre part, certains bioplastiques sont biodégradables, se
décomposant sous l’action de micro-organismes et contribuant ainsi à la réduction des déchets
plastiques persistants dans l’environnement. Cependant, il est essentiel de noter que tous les
bioplastiques ne sont pas automatiquement biodégradables, et leur capacité à se décomposer
dépend des conditions environnementales spécifiques. Pour maximiser leur impact positif, une
gestion appropriée en fin de vie, incluant le compostage ou le recyclage, est nécessaire. Ainsi, les
bioplastiques, s’ils sont produits et gérés de manière responsable, peuvent jouer un rôle clé dans
la réduction de la pollution plastique et la promotion d’une économie circulaire durable.
Les bioplastiques biodégradables sont des matériaux qui peuvent se décomposer naturellement
sous l’action de micro-organismes, tels que des bactéries, des champignons ou des algues, en un
délai relativement court (de quelques mois à quelques années), sans laisser de résidus toxiques.
Ils sont conçus pour réduire la pollution environnementale, car ils ne persistent pas longtemps
dans la nature et se transforment en substances naturelles comme le dioxyde de carbone et l’eau.
L’amidon est un polymère naturel des plus abondants, avec la cellulose et la chitine, et des moins
coûteux (Turenc et Meier, 2012). Outre son utilisation comme polymère, l’amidon peut être
converti en produits chimiques, notamment en éthanol, acétone et acides organiques, ou, d’un
autre côté, en polymère biosourcé (Carvalho, 2008). En plasturgie, l’amidon peut être utilisé de
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deux manières, soit (1) comme amidon déstructuré, en entrant dans la composition de mélanges,
soit (2) comme polymère de grande masse moléculaire, en modifiant sa structure moléculaire à
l’aide d’un plastifiant (ibid.). Dans le deuxième cas, les termes « Thermoplastic Starch » (TPS)
ou « Platicized
Starch » (PLS) sont employés pour désigner cette utilisation. Cette section traite du deuxième
cas,
L’amidon est un polysaccharide produit par les plantes comme réserve énergétique (Turenc et
Meier, 2012). Plusieurs plantes sont utilisées commercialement afin d’en extraire l’amidon,
maïs à la production mondiale d’amidon est la plus importante, suivie de près par le riz et le blé
(ibid.). La pomme de terre, le manioc et le pois sont également utilisés afin d’en extraire
l’amidon (Avérous, 2012). D’autres sources montrent un grand potentiel, comme la banane, qui
produit de l’amidon d’excellente qualité (Carvalho, 2008). Selon la plante utilisée, l’amidon peut
se trouver dans diverses parties de la plante : endosperme, tubercule, feuille ou fruit (ibid.).
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a) Amylopectine b) Amylose
Le succès de l’amidon comme thermoplastique repose principalement sur le fait que la ressource
nécessaire à son élaboration, soit l’amidon, est très peu coûteuse, disponible et que le
thermoplastique offre des propriétés satisfaisantes (Avérous, 2012). Par ailleurs, il est
biodégradable, est très abondant et renouvelable, il peut constituer dans une certaine mesure une
solution de rechange aux polyoléfines (Soulestin et autres, 2011). Enfin, il peut être facilement
mis en forme par les procédés conventionnels (Avérous, 2012). Cependant, certaines propriétés
limitent son utilisation; il est nécessaire de diminuer le caractère hydrophile du TPS et
d’augmenter les propriétés mécaniques (Turenc et Meier, 2012). Par ailleurs, l’intégration du
TPS à des mélanges semble être le mode d’utilisation du TPS le plus adéquat. Bref, bien que très
peu coûteux, le TPS a plusieurs inconvénients relatifs à ses propriétés qui limitent ses
applications. Les mélanges permettent de pallier ceux-ci par mitigation des propriétés des
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composants, mais il ne s’agit vraisemblablement pas d’un thermoplastique biosourcé pouvant
concurrencer les polyoléfines conventionnelles quant à ses propriétés et applications.
L’amidon est un polysaccharide de réserve principalement synthétisé par les végétaux au cours
de la photosynthèse. Il se retrouve en grande quantité dans divers organes de stockage des
plantes, notamment les graines, les racines et les tubercules. Les céréales constituent l’une des
principales sources d’amidon à l’échelle mondiale ; parmi elles figurent le blé, le riz, le maïs,
l’orge et l’avoine. Les légumineuses, telles que les pois, les lentilles et les haricots, en
contiennent également des proportions significatives. Par ailleurs, les tubercules et racines,
comme la pomme de terre, le manioc, la patate douce et l’igname, représentent des réserves
amylacées importantes, particulièrement dans les régions tropicales. La banane plantain, bien
qu’appartenant aux fruits, constitue également une source notable d’amidon, surtout lorsqu’elle
est consommée non mûre. Ces différentes sources sont exploitées tant pour la consommation
humaine que pour des usages industriels variés, en raison de leur richesse en amidon et de leurs
propriétés fonctionnelles.
Les bioplastiques à base d’amidon présentent un fort potentiel en tant qu’alternative écologique
aux plastiques conventionnels. Toutefois, leurs propriétés varient en fonction de la formulation,
des conditions de traitement et des additifs utilisés. Cette section présente les principales
caractéristiques de ces matériaux.
2.4 Biodégradabilité :
L’un des atouts majeurs des bioplastiques à base d’amidon est leur biodégradabilité naturelle. En
effet, l’amidon étant un polysaccharide d’origine végétale, il est facilement décomposé par les
micro-organismes présents dans l’environnement. Dans des conditions appropriées (température,
humidité, présence de bactéries), ces bioplastiques peuvent se dégrader en quelques semaines à
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quelques mois, produisant du dioxyde de carbone, de l’eau et de la biomasse, sans laisser de
résidus toxiques. Cette capacité à se désintégrer rapidement réduit considérablement l’impact
environnemental, notamment en comparaison avec les plastiques issus du pétrole, qui peuvent
persister pendant des siècles.
Les bioplastiques à base d’amidon présentent des propriétés mécaniques modestes, qui peuvent
varier selon les ingrédients et les conditions de production. Leur résistance mécanique est
généralement inférieure à celle des plastiques traditionnels, ce qui peut limiter leur usage pour
des applications nécessitant une grande solidité. Leur élasticité est également faible, ce qui les
rend plus cassants, notamment en l’absence de plastifiants. Concernant l’imperméabilité, ces
matériaux sont naturellement hydrophiles, ce qui signifie qu’ils absorbent l’eau facilement. Cette
caractéristique réduit leur résistance à l’humidité et limite leur usage dans des conditions
humides. Toutefois, ces limitations peuvent être partiellement corrigées par des modifications de
formulation.
Malgré leurs avantages, les bioplastiques à base d’amidon présentent certaines limites : faible
résistance à l’eau, fragilité, et durée de vie courte. Pour pallier ces défauts, plusieurs solutions
sont envisagées. L’ajout de plastifiants comme le glycérol permet d’augmenter la flexibilité et de
réduire la cassure. De même, l’incorporation de renforts (fibres végétales, charges minérales)
peut améliorer les propriétés mécaniques et thermiques. Par ailleurs, les mélanges avec d’autres
biopolymères tels que le PLA (acide polylactique) ou le PHA (polyhydroxyalcanoates)
permettent d’optimiser les performances finales du matériau, en combinant les avantages de
chaque composant. Ces approches rendent les bioplastiques plus adaptés à des applications
industrielles tout en conservant leur caractère écologique.
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Chapitre 2 : Méthodes et Réalisation
2. Extraction et préparation de l’amidon de pomme de terre
L’amidon est un polymère naturel largement présent dans de nombreuses plantes, notamment
dans les tubercules comme la pomme de terre. Pour la fabrication de bioplastiques,
l’extraction de l’amidon constitue une étape essentielle. Le procédé d’extraction à partir de la
pomme de terre est relativement simple, économique et ne nécessite pas de matériel
complexe, ce qui en fait une méthode accessible à petite échelle, y compris à partir de
déchets comme les épluchures.
Dans un premier temps, 1 kilos des pommes de terre (ou leurs épluchures) sont
soigneusement lavées pour éliminer toute impureté ou résidu de terre. Elles sont ensuite
râpées ou mixées avec de l’eaux pour obtenir une pâte., puis filtrée à l’aide d’un tissu fin ou
d’un tamis afin de séparer le jus amidonneux de la matière fibreuse. Le liquide obtenu est
ensuite laissé au repos pendant quelques heures, permettant ainsi à l’amidon de se déposer au
fond du récipient sous forme d’un sédiment blanc.
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Figure 4: le filtrat après la
décantation (sédiment blanc)
Après l’extraction, le séchage de l’amidon est une étape cruciale pour garantir sa conservation et
son efficacité lors de son utilisation dans la formulation de bioplastiques. L’amidon humide
contient encore une quantité importante d’eau, ce qui peut favoriser la prolifération de micro-
organismes ou entraîner une dégradation de ses propriétés physico-chimiques.
Le séchage peut être réalisé à température ambiante, dans un endroit sec, aéré et à l’abri de la
lumière directe du soleil. Pour accélérer le processus, il est également possible d’utiliser une
étuve réglée à basse température (environ 40–50 °C) afin d'éviter toute altération thermique. Le
séchage est considéré comme complet lorsque l’amidon devient poudreux, non collant au
toucher, et ne présente plus d’humidité visible.
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Une fois parfaitement sec, l’amidon doit être stocké dans des conditions appropriées pour
préserver sa qualité. Il est recommandé de le conserver dans un récipient hermétique, à l’abri de
l’humidité, de la lumière et de la chaleur. Un environnement stable permet d’éviter la
rétrogradation ou la contamination, assurant ainsi une matière première de bonne qualité pour la
production de bioplastique.
Le respect de ces conditions de séchage et de stockage garantit non seulement une meilleure
conservation de l’amidon, mais aussi de meilleures performances du bioplastique au moment de
sa synthèse.
L’amidon sec obtenu peut alors être utilisé comme matière première pour la synthèse de
bioplastiques.
Figure 5 : l’amidon
Après avoir mesuré la masse d'amidon obtenue, nous avons obtenu 31,87 g présents dans un
kilogramme de pommes de terre
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Figure 6 : Pesée de l'amidon extrait des pommes
de terre à l'aide d'une balance électronique.
3. Formulation du bioplastique
1.3 Choix des additifs (glycérine comme plastifiant, autres agents de renforcement) :
La formulation des bioplastiques à base d’amidon repose sur l’ajout d’additifs spécifiques afin
d’améliorer leurs propriétés physiques et fonctionnelles, notamment leur flexibilité, leur
résistance mécanique et leur durabilité. Parmi les additifs les plus couramment utilisés, la
glycérine joue un rôle crucial en tant que plastifiant. En effet, la glycérine, un alcool
polyhydrique, est capable d'interagir avec les chaînes d’amidon en réduisant les forces
d'attraction intermoléculaires, ce qui permet d'augmenter la flexibilité et de rendre le matériau
moins cassant. Cette propriété est particulièrement importante pour éviter la fragilité du
bioplastique, qui est une caractéristique naturelle de l’amidon extrait des pommes de terre.
En fonction des applications visées, il peut être nécessaire d'ajouter d’autres agents de
renforcement pour améliorer la résistance mécanique du bioplastique. Ces renforts peuvent
inclure des fibres naturelles (telles que des fibres de coton, de chanvre ou de jute) qui permettent
d'augmenter la rigidité et la résistance à la traction. L’ajout de charges minérales comme la
bentonite ou la silice peut également contribuer à améliorer la stabilité thermique et la résistance
à l'humidité du bioplastique, tout en optimisant son processus de fabrication. Les plastifiants
supplémentaires, tels que l’acide citrique ou le sorbitol, peuvent être utilisés pour ajuster les
propriétés mécaniques du bioplastique, notamment la souplesse et l'élasticité.
Le choix des additifs et des renforts doit donc être soigneusement étudié en fonction des
propriétés souhaitées pour le bioplastique final, ainsi que des conditions d’utilisation du produit.
L'optimisation de la formulation permet d’améliorer la performance du bioplastique tout en
maintenant son caractère écologique.
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4. Procédé de fabrication du bioplastique
La gélatinisation est une étape cruciale qui consiste à chauffer le mélange amidon-eau-glycérine
afin de former une pâte homogène. Lors du chauffage, les granules d’amidon absorbent l’eau,
gonflent, puis éclatent, libérant les chaînes d’amylose et d'amylopectine. Cette transformation
donne lieu à un gel visqueux et translucide, aux propriétés filmogènes. Une agitation constante
est nécessaire durant cette phase pour éviter la formation de grumeaux ou une cuisson
irrégulière. La température optimale de gélatinisation se situe entre 85 °C et 95 °C, et le
chauffage est maintenu jusqu’à ce que le mélange devienne homogène et légèrement épais.
Mode opératoire :
1) Préparez un bain-marie en introduisant 50 mL d'eau dans un bécher de 400 mL.
Lorsque la température du mélange atteint environ 95 °C, continuez d'agiter encore 15 min
jusqu'à formation d'un mélange homogène.
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Figure 7: le mélange amidon–eau–
glycérine
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Figure 9 : mélange homogène
2.8 Moulage : mise en forme du bioplastique (films, plaques, etc.)
Une fois la pâte obtenue, elle est immédiatement transférée dans un moule ou étalée sur une
surface plane et lisse, selon la forme souhaitée. Ce procédé de moulage permet d’obtenir des
films, des plaques fines ou des objets plus épais, en fonction de l’application visée. L'épaisseur
du film dépend de la quantité de pâte versée et de la surface d'étalement. Il est important de
réaliser cette étape rapidement tant que le mélange est chaud, car il commence à se solidifier en
refroidissant, ce qui peut nuire à sa mise en forme.
Après le moulage, le matériau est soumis à une étape de séchage, essentielle pour éliminer
l’humidité résiduelle. Ce séchage peut être réalisé à l’air libre dans un environnement sec, ou
dans une étuve à basse température (40–50 °C), afin d’accélérer le processus. La durée du
séchage dépend de l’épaisseur du bioplastique et des conditions ambiantes, mais elle varie
généralement de 24 à 72 heures. Une bonne évaporation de l’eau assure la solidification et la
résistance du produit fini, sans le rendre cassant.
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2.10 Paramètres influençant la qualité du bioplastique
Les proportions relatives entre l’amidon, l’eau et la glycérine ont un impact direct sur la texture
et les propriétés mécaniques du produit fini. Un excès d’eau rend le bioplastique trop fragile et
friable après séchage, tandis qu’un excès de glycérine le rend trop souple, voire collant. Un bon
équilibre entre les trois composants est donc crucial : par exemple, un rapport type pourrait être
de 2 g d’amidon pour 2 ml d’eau et 0,5 à 1 ml de glycérine.
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Chapitre 3 : Résultats et Discussion
Les étapes suivantes ont consisté en une filtration, visant à séparer la pulpe du jus riche en
amidon, puis en une décantation, pour isoler le sédiment amidonné. Après séchage partiel, 31,87
g d’amidon pur ont été obtenus.
Le rendement d’extraction, basé sur la masse initiale de pommes de terre, est calculé comme
suit :
Ce résultat est relativement faible, ce qui peut s’expliquer par plusieurs pertes lors de la
filtration, du transfert ou un séchage incomplet.
b. Observations visuelles
Pâte : Texture épaisse et collante, de couleur blanchâtre, témoignant d’un mélange dense
encore chargé de particules végétales.
Filtrat : Liquide trouble, contenant des traces d’amidon en suspension.
Sédiment : Dépôt blanc, dense, représentant l’amidon extrait, bien décanté au fond du
récipient.
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c. Qualité de l’amidon extrait
Blancheur : L’amidon obtenu présente une passable blancheur, sans coloration notable, ce
qui témoigne d’une bonne pureté.
Texture : Sous forme de poudre fine, légèrement pâteuse au toucher.
Humidité résiduelle : Une légère humidité persiste, ce qui indique que le séchage n’est
pas complet. Cela pourrait influencer la conservation et la précision des mesures futures.
Les valeurs théoriques issues de la littérature indiquent que le taux d’amidon contenu dans les
pommes de terre peut atteindre entre 10 à 20 % selon la variété et les conditions de culture. Le
rendement de 3,19 % obtenu ici reste inférieur, probablement en raison de facteurs techniques,
notamment l’absence de séchage complet, la perte d’amidon dans les filtrats, ou encore une
variété peu riche en amidon.
2. Résultat de la formulation
Après le mélange et l’évaporation partielle de l’eau, la masse totale du produit obtenu était de
73,54 g. Ce chiffre intègre l’amidon extrait (31,87 g), la glycérine et l’eau résiduelle post-
chauffage. L’évaporation a donc entraîné une perte d’eau significative.
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Homogénéité : Le mélange obtenu était globalement homogène, sans séparation de phase
visible après chauffage. La pâte était lisse, sans grumeaux.
Couleur : Beige très clair, tirant sur le blanc, ce qui reflète la pureté de l’amidon et
l’absence de coloration extérieure.
Viscosité : Moyennement visqueuse à chaude, avec une consistance proche de celle d’une
pâte à crêpe épaisse. Elle devient plus rigide au refroidissement.
Sur le plan visuel, le bioplastique présente une couleur beige pâle, avec une surface lisse mais
légèrement granuleuse au toucher. Avant séchage, la pâte était encore malléable et brillante, avec
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Tableau 1 Caractéristiques du bioplastique obtenu
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2. Température et durée de chauffage
Lorsque la température est trop basse ou que le temps de chauffage est insuffisant, la
gélatinisation reste incomplète. Le mélange obtenu est alors hétérogène, parfois granuleux, et
présente une texture peu homogène. Au toucher, il reste partiellement liquide et ne développe pas
les propriétés attendues d’un bioplastique.
En revanche, un chauffage correct à 95 °C pendant environ 15 minutes permet d’obtenir une pâte
uniforme, bien liée et visuellement lisse. Cette pâte présente une certaine viscosité, signe que
l’amidon a bien été transformé.
Ainsi, un bon contrôle de la température et du temps est indispensable pour garantir la qualité du
produit obtenu à base d’amidon.
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→ Effet : Une légère neutralisation diminue la viscosité et améliore la souplesse de la pâte finale.
→ Interprétation : Une neutralisation bien dosée permet d’obtenir un matériau plus facile à
manipuler. À l’inverse, une neutralisation trop importante rend le mélange trop liquide ou
provoque une séparation des phases.
Équilibre à rechercher
→ Cause : L’ensemble des réactions chimiques dépend du pH global du milieu.
→ Effet : Un pH équilibré permet une gélatinisation optimale et une texture homogène.
→ Interprétation : Travailler dans une zone de pH légèrement acide à neutre est idéal pour
conserver la qualité de la pâte tout en évitant les réactions de dégradation.
Dans cette expérience, deux méthodes de séchage ont été utilisées pour évaluer leur impact sur le
produit final :
➤ Séchage en étuve :
Masse initiale : 50 g
Masse après séchage : 15 g
Perte en eau = 50 g - 15 g = 35 g
Taux de perte = (35 ÷ 50) × 100 = 70 %
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➤ Interprétation :
Le taux élevé de perte en eau confirme que la majeure partie du mélange était constituée
d’eau.
Le séchage en étuve permet de mieux maîtriser l’évaporation, réduisant les défauts tels
que les fissures.
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6. Discussion critique croisée avec la bibliographie :
Les résultats obtenus au cours de ce travail confirment plusieurs aspects théoriques relatifs aux
bioplastiques à base d’amidon, en particulier le thermoplastique d’amidon (TPS). L’extraction
d’amidon à partir de la pomme de terre a permis d’obtenir une poudre blanche, légèrement
humide, dont la texture et l’apparence concordent avec les descriptions trouvées dans la
littérature scientifique. La masse finale d’amidon obtenue (31,87 g pour 1 kg de pommes de
terre) est cohérente avec les rendements couramment mentionnés dans les travaux
expérimentaux.
Par ailleurs, la nécessité d’un chauffage précis jusqu’à environ 95 °C pour déclencher la
gélatinisation de l’amidon a également été confirmée expérimentalement. Une température
insuffisante ne permettait pas une bonne homogénéisation du mélange, tandis qu’un chauffage
excessif risquait de provoquer une dégradation du matériau. Ces observations rejoignent les
données théoriques sur la transformation thermique de l’amidon en présence d’eau et de
plastifiant.
Malgré les résultats satisfaisants obtenus, plusieurs limites ont été relevées au cours de cette
étude, en cohérence avec ce qui est mentionné dans la littérature. Ces limites concernent
principalement la résistance mécanique, la stabilité à l’eau et la durabilité dans le temps.
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La faible résistance à la traction du matériau est l’une des faiblesses les plus notables. Lors des
essais manuels, les films obtenus ont montré une capacité limitée à résister à des forces de
flexion ou d’étirement, surtout au niveau des zones minces ou mal séchées. Cette fragilité peut
être attribuée à la structure moléculaire de l’amidon, constituée de chaînes linéaires (amylose) et
ramifiées (amylopectine), qui forment un réseau peu résistant sans renforcement externe.
Ce taux relativement élevé montre que le matériau est peu résistant à l’humidité, ce qui limite
fortement son usage dans des environnements humides ou pour des applications de longue durée.
Ces différentes limitations sont également décrites dans plusieurs sources scientifiques, qui
soulignent que le TPS, sans renforts ou traitements supplémentaires, reste insuffisant pour
rivaliser avec les polymères classiques, notamment au niveau des performances mécaniques et de
la stabilité environnementale.
Plusieurs avantages du bioplastique à base d’amidon ont été clairement identifiés au cours de
cette étude, en accord avec les données théoriques.
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Premièrement, la simplicité de la fabrication a été confirmée. La production a été réalisée en
laboratoire avec un matériel de base : béchers, plaque chauffante, bain-marie et verrerie graduée.
Ce procédé, accessible et peu coûteux, ne requiert pas de conditions industrielles, ce qui en fait
une solution adaptée aux projets éducatifs ou à petite échelle. Cette simplicité est souvent mise
en avant dans la littérature comme l’un des atouts majeurs du TPS.
Coût de la matière première ~10 DH / 100 g d’amidon Faible coût, ressource abondante
Épluchures de pommes de
Source de l’amidon Déchets organiques ou tubercules
terre
Enfin, la biodégradabilité est l’un des avantages les plus importants. Lors de tests simples, un
échantillon exposé à l’humidité ambiante a montré des signes visibles de ramollissement et de
décomposition au bout de 7 à 10 jours, sans émission d’odeur toxique. Ce comportement est en
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accord avec les études qui indiquent une dégradation du TPS en quelques semaines selon
l’humidité, la température et la présence de micro-organismes.
Ces observations soutiennent l’idée que le TPS est un matériau cohérent avec les objectifs du
développement durable, notamment en matière de réduction des déchets plastiques, de
valorisation des déchets agricoles, et d’économie circulaire.
Conclusion générale :
Tout au long du projet, nous avons mis en œuvre un protocole expérimental simple, adapté aux
moyens disponibles, permettant l’extraction de l’amidon, sa formulation avec des plastifiants, et
l’élaboration d’un film bioplastique. Les résultats obtenus confirment que l’amidon peut
constituer une base efficace pour la fabrication de matériaux biodégradables, à condition d’un
dosage précis des additifs et d’un contrôle rigoureux des paramètres de fabrication. Le
bioplastique produit présente une bonne flexibilité, une biodégradabilité satisfaisante, mais reste
limité par sa sensibilité à l’humidité et sa résistance mécanique modeste.
Ainsi, ce travail met en évidence le potentiel des bioplastiques à base d’amidon comme solution
innovante et écologique pour répondre aux enjeux actuels de durabilité, tout en soulignant la
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nécessité d’une amélioration continue pour atteindre des performances comparables à celles des
plastiques conventionnels.
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