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Mémoire de Projet de Fin D'études Filière: DUT Génie Des Procédés

Ce mémoire de projet de fin d'études présente la fabrication d'un bioplastique à base d'amidon extrait de pommes de terre, dans le cadre d'une démarche expérimentale visant à valoriser les déchets organiques. Les étudiants remercient leurs encadrants et soulignent l'importance des bioplastiques comme alternative écologique aux plastiques traditionnels, en raison de leur biodégradabilité et de leur origine renouvelable. Le document comprend une recherche bibliographique, des méthodes de fabrication, des résultats expérimentaux et une discussion sur les propriétés du bioplastique obtenu.

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Mémoire de Projet de Fin D'études Filière: DUT Génie Des Procédés

Ce mémoire de projet de fin d'études présente la fabrication d'un bioplastique à base d'amidon extrait de pommes de terre, dans le cadre d'une démarche expérimentale visant à valoriser les déchets organiques. Les étudiants remercient leurs encadrants et soulignent l'importance des bioplastiques comme alternative écologique aux plastiques traditionnels, en raison de leur biodégradabilité et de leur origine renouvelable. Le document comprend une recherche bibliographique, des méthodes de fabrication, des résultats expérimentaux et une discussion sur les propriétés du bioplastique obtenu.

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Mémoire de projet de fin d’études

Filière : DUT Génie des Procédés


Sous thème

Fabrication d’un bioplastique à base d’amidon

PERIODE :
Du 01/03/2024 au 31/03/2024

Nom & Prénom des étudiants : BAJDA ILHAM


AMAOUI NIHAD
EL AZZAOUI LINA
ZAHOR ZOUHAIR
Classe : 2éme année du Diplôme Universitaire de Technologie

Jury

Mr. Mohammed ELLAITE..................................................................................................Président


Mr. Issam FORSSAL.......................................................................................................Examinateur

Année universitaire : 2024-2025


Remerciements

Nous exprimons nos remerciements les plus sincères à toutes les personnes qui nous ont
accompagnés tout au long de la réalisation de ce projet de fin d’études. Leur soutien, leur
disponibilité et leurs conseils ont été d’une grande importance pour mener à bien ce travail.

Nous tenons à remercier chaleureusement Monsieur Mohammed ELLAITE et Monsieur


Issam FORSAL, enseignants à l’École Supérieure de Technologie de Béni Mellal, pour leur
appui, leurs orientations pédagogiques et leurs remarques constructives qui ont enrichi notre
réflexion et facilité l’avancement de notre projet.

Nos remerciements les plus profonds s’adressent à Monsieur Tangamas Zakaria, dont
l’implication, la rigueur et le soutien technique ont été essentiels à la concrétisation de ce projet.
Par sa présence constante au laboratoire, ses conseils méthodologiques, sa maîtrise des outils
expérimentaux et sa grande disponibilité, il a su nous guider avec efficacité et professionnalisme
à chaque étape du travail. Nous lui témoignons toute notre reconnaissance pour son engagement
et sa générosité.

Nous remercions également Monsieur Zakaria, responsable du laboratoire, pour sa


collaboration et les moyens matériels mis à notre disposition. Enfin, nous exprimons notre
gratitude à nos familles et amis pour leur encouragement constant, ainsi qu’à toutes les personnes
ayant contribué, de près ou de loin, à la réussite de ce projet collectif.
Table des matières
Remerciements...............................................................................................................................2
Introduction....................................................................................................................................5
Notre démarche expérimentale.................................................................................................6
Chapitre 1 : Recherche Bibliographique.....................................................................................7
1. Introduction aux bioplastiques :............................................................................................7
1.1 Définition des bio polymères :......................................................................................7
1.2 Classification des biopolymères :..................................................................................7
1.3 Biopolymères d'origine naturelle...................................................................................7
1.4 Biopolymères produits par des micro-organismes........................................................8
1.5 Biopolymères synthétisés chimiquement à partir de matières biosourcées..................8
1.6 Biopolymères non biodégradables mais biosourcés......................................................8
1.7 Définition des bioplastiques :........................................................................................9
1.8 Importance des bioplastiques dans la réduction de la pollution plastique....................9
1.9 Différence entre bioplastiques biodégradables et non biodégradable:........................10
2. L'amidon comme matière première pour les bioplastiques................................................10
2.1 Structure chimique et propriétés de l'amidon :............................................................10
2.2 Avantages et inconvénients :.......................................................................................12
2.3 Sources principales d’amidon :...................................................................................13
1. Propriétés des bioplastiques à base d’amidon....................................................................13
2.4 Biodégradabilité :........................................................................................................13
2.5 Propriétés mécaniques :...............................................................................................13
2.6 Limites et solutions :...................................................................................................14
Chapitre 2 : Méthodes et Réalisation.........................................................................................15
2. Extraction et préparation de l’amidon de pomme de terre.................................................15
1.1 Procédés d’extraction de l’amidon à partir de la pomme de terre...............................15
1.2 Séchage et stockage de l’amidon :..............................................................................16
3. Formulation du bioplastique...............................................................................................18
1.3 Choix des additifs (glycérine comme plastifiant, autres agents de renforcement) :....18
4. Procédé de fabrication du bioplastique...............................................................................18
2.7 Gélatinisation : chauffage du mélange pour obtenir une pâte homogène...................18
Mode opératoire :.........................................................................................................................19
2.8 Moulage : mise en forme du bioplastique (films, plaques, etc.).................................20
2.9 Séchage : élimination de l’eau pour durcir le bioplastique.........................................21
2.10 Paramètres influençant la qualité du bioplastique.......................................................21
2.11 Température et temps de chauffage.............................................................................22
2.12 Proportions amidon/eau/glycérine...............................................................................22
2.13 Conditions de séchage.................................................................................................22
Chapitre 3 : Résultats et Discussion...........................................................................................23
I. Résultats expérimentaux détaillés :........................................................................................23
1. Extraction de l’amidon :.....................................................................................................23
a. Quantité obtenue et calcul du rendement :......................................................................23
b. Observations visuelles.....................................................................................................23
c. Qualité de l’amidon extrait.............................................................................................24
d. Comparaison avec la littérature.......................................................................................24
2. Résultat de la formulation...................................................................................................24
a. Masse finale du mélange.................................................................................................24
b. Observations sur l’aspect du mélange.............................................................................24
c. Rôle de chaque composant..............................................................................................25
3. Produit final : bioplastique :...............................................................................................25
II. Étude des paramètres expérimentaux :................................................................................26
1. Rapport amidon/eau/glycérine............................................................................................26
2. Température et durée de chauffage.....................................................................................27
3. Influence du pH sur la consistance du mélange..................................................................27
4. Conditions de séchage et comparaison des méthodes........................................................28
5. propriétés mécaniques et physiques observées :.................................................................29
6. Discussion critique croisée avec la bibliographie :.............................................................30
a.. Confirmation des données théoriques.............................................................................30
b. Limites du bioplastique à base d’amidon........................................................................30
7. Avantages observés en lien avec la littérature....................................................................31
Conclusion générale :...............................................................................................................33
liste des figures

Figure 1: Structures moléculaires de l’amylopectine et de l’amylose............................................9


Figure 2 : la pâte de pommes de terre............................................................................................12
Figure 3 : le filtrat avant la décantation.........................................................................................12
Figure 4: le filtrat après la décantation (sédiment blanc)..............................................................13
Figure 5 : l’amidon........................................................................................................................14
Figure 6 : Pesée de l'amidon extrait des pommes de terre ............................................................14
Figure 7: le mélange amidon–eau–glycérine................................................................................17
Figure 8 :Ajout d’un colorant rose dans le mélange amidon–eau–glycérine................................17
Figure 9 : mélange homogène........................................................................................................17
Figure 10 : le produit après le séchage..........................................................................................18

Liste des tableaux

Tableau 1 Caractéristiques du bioplastique obtenu.......................................................................23


Tableau 2 Proportions testées........................................................................................................23
Tableau 3 : Propriétés du film en fonction des conditions de séchage..........................................26
Tableau 4 : comparaison entre les résultats obtenus et les données théoriques.............................29
Introduction
Les plastiques traditionnels sont issus de polymères synthétiques, de longues chaînes
moléculaires composées d’unités répétitives appelées monomères. Ces monomères proviennent
majoritairement de ressources fossiles non renouvelables, telles que les produits pétrochimiques.
Ce mode de production rend les plastiques conventionnels particulièrement non durables, car il
repose sur l’exploitation de combustibles fossiles.

De plus, en raison des liaisons chimiques très stables entre leurs monomères, ces polymères sont
très peu dégradables dans l’environnement. La plupart des plastiques utilisés aujourd’hui
proviennent de l’industrie pétrolière, une des plus polluantes au monde, contribuant de manière
significative à la dégradation des écosystèmes.

La pollution plastique a des effets délétères à la fois sur l’environnement et sur la santé humaine.
Dans les milieux aquatiques, les déchets plastiques se fragmentent en microplastiques, de
minuscules particules qui sont ingérées par les organismes marins. Ces particules peuvent ensuite
remonter la chaîne alimentaire, atteignant l’homme par la consommation de fruits de mer
contaminés, avec des risques sanitaires potentiellement graves.

Les microplastiques contaminent également les sources d’eau douce, telles que les rivières, les
lacs ou les nappes phréatiques. Leur ingestion involontaire via l’eau potable représente un danger
pour la santé publique. Par ailleurs, les plastiques contiennent souvent des additifs chimiques
toxiques, qui peuvent se disperser dans l’environnement et s’accumuler dans les organismes
vivants. Une exposition prolongée à ces substances peut entraîner des troubles hormonaux, des
problèmes de développement, voire augmenter le risque de cancer.

Face aux impacts négatifs des plastiques synthétiques, les bioplastiques s’imposent comme une
solution innovante et plus respectueuse de l’environnement. Également appelés plastiques
biosourcés ou biodégradables, ils sont fabriqués à partir de ressources naturelles renouvelables
telles que le maïs, la canne à sucre ou certains déchets agricoles.

1
Contrairement aux plastiques issus du pétrole, les bioplastiques sont moins énergivores à
produire, génèrent moins d’émissions de gaz à effet de serre et sont souvent biodégradables, ce
qui limite leur impact environnemental à long terme. Ils représentent donc une alternative plus
durable, à la fois sur le plan écologique et sanitaire.

Parmi les principaux avantages des bioplastiques, on peut citer :

 une réduction significative des émissions de CO₂ durant leur cycle de vie ;
 une diminution de la consommation de ressources fossiles ;
 la valorisation de matières premières locales et de sous-produits agricoles ;
 une meilleure gestion de la fin de vie des produits grâce à leur biodégradabilité.

Ainsi, les bioplastiques permettent d’agir sur deux leviers majeurs :

1. L’origine biosourcée des matières premières, qui limite l’exploitation des énergies
fossiles.
2. La biodégradabilité des matériaux, qui offre des solutions plus écologiques pour la
gestion des déchets.

Notre démarche expérimentale

Dans le cadre de notre projet, nous avons synthétisé un bioplastique à partir de l’amidon extrait
des épluchures de pommes de terre. Cette méthode repose sur la valorisation de déchets
organiques, ce qui permet non seulement de réduire le gaspillage alimentaire, mais aussi de
produire un matériau plus respectueux de l’environnement.

Ce choix s’inscrit dans une logique d’économie circulaire, où les résidus de l’agriculture ou de la
consommation peuvent être transformés en ressources utiles. Le bioplastique ainsi obtenu
constitue une alternative écologique et innovante aux plastiques traditionnels, répondant aux
enjeux actuels de développement durable.

2
Chapitre 1 : Recherche Bibliographique
1. Introduction aux bioplastiques :

1.1 Définition des bio polymères :

Un biopolymère est une macromolécule de grande taille produite par des organismes vivants. Il
est composé de monomères répétitifs liés par des liaisons covalentes. Les biopolymères incluent
les protéines, les acides nucléiques (ADN et ARN), les polysaccharides (comme le cellulose et
l'amidon), et certains polymères synthétiques biodégradables produits à partir de ressources
biologiques. Ces macromolécules jouent des rôles cruciaux dans la structure cellulaire, la
fonction, et le métabolisme des organismes. En outre, en raison de leur biodégradabilité et de
leur biocompatibilité, les biopolymères sont également utilisés dans de nombreuses applications
industrielles et biomédicales.

1.2 Classification des biopolymères :

Les biopolymères sont des polymères d’origine naturelle ou obtenus à partir de ressources
renouvelables. Ils peuvent être classés selon différents critères, notamment l’origine des matières
premières ou leur biodégradabilité. Cette classification permet de mieux comprendre les
propriétés, les applications et l’impact environnemental de ces matériaux.

1.3 Biopolymères d'origine naturelle

Les premiers types de biopolymères sont ceux directement extraits de la biomasse. Ils
proviennent de sources végétales, animales ou microbiennes, et ne nécessitent pas de
transformation chimique importante. Parmi eux, on retrouve les polysaccharides, comme
l’amidon (issu de la pomme de terre, du maïs ou du blé) ou la cellulose (présente dans le bois et
le coton). Les alginates extraits des algues, et le chitosane, obtenu à partir des carapaces de
crustacés, sont également très utilisés. Du côté des protéines, des biopolymères tels que la
gélatine (issue du collagène animal), le gluten (présent dans les céréales), ou encore la caséine
(protéine du lait), sont exploités pour leurs propriétés fonctionnelles dans divers domaines.

3
1.4 Biopolymères produits par des micro-organismes

Une autre catégorie importante regroupe les biopolymères synthétisés naturellement par des
micro-organismes, souvent via des processus de fermentation. C’est le cas des
polyhydroxyalcanoates (PHA), une famille de polyesters produits par certaines bactéries comme
Ralstonia eutropha. Le plus connu de cette famille est le PHB (polyhydroxybutyrate), un
polymère biodégradable aux propriétés similaires à certains plastiques traditionnels, mais avec
un impact environnemental réduit. Ces biopolymères sont particulièrement intéressants car leur
production ne nécessite ni pétrole ni procédés chimiques lourds.

1.5 Biopolymères synthétisés chimiquement à partir de matières biosourcées

Certains biopolymères sont produits chimiquement, mais à partir de monomères issus de


ressources renouvelables. C’est le cas de l’acide polylactique (PLA), fabriqué à partir d’amidon
végétal via fermentation du glucose, puis polymérisation de l’acide lactique obtenu. Le PLA est
l’un des bioplastiques les plus utilisés aujourd’hui, notamment pour les emballages et les
impressions 3D. On peut également citer le PBS (polybutylène succinate), un polyester biosourcé
synthétisé à partir de succinate et de butanediol d’origine végétale. Ces polymères combinent
origine naturelle et performance technique, tout en étant biodégradables.

1.6 Biopolymères non biodégradables mais biosourcés

Enfin, certains polymères sont fabriqués à partir de ressources renouvelables, mais ne sont pas
biodégradables, car ils sont chimiquement identiques à leurs équivalents pétrosourcés. On parle
ici de polymères dits “biosourcés” mais non biodégradables, comme le bio-PE (polyéthylène
biosourcé) ou le bio-PET (polyéthylène téréphtalate biosourcé). Par exemple, le bio-PE est
obtenu à partir de l’éthanol issu de la canne à sucre, mais ses propriétés et son comportement
dans l’environnement sont identiques au polyéthylène traditionnel. Ces matériaux permettent de
réduire la dépendance au pétrole, sans pour autant offrir une solution aux problèmes liés à la fin
de vie des plastiques.

4
Résumé schématique :

Catégorie Exemples Origine Biodégradable ?

Polymères naturels Amidon, cellulose, Végétale, animale Oui


chitosane
Polymères PHA, PHB Synthèse biologique (bactéries) Oui
microbiaux
Polymères PLA, PBS Chimie à partir de ressources Oui
synthétiques végétales
biosourcés
Polymères biosourcés Bio-PE, Bio-PET Matières végétales (ex : canne non
non biodégradables à sucre)

1.7 Définition des bioplastiques :

Les bioplastiques sont des matériaux polymériques innovants qui se distinguent des plastiques
traditionnels par leur origine ou leur capacité à se biodégrader. Ils peuvent être biosourcés,
fabriqués à partir de ressources renouvelables comme l’amidon, la cellulose ou les huiles
végétales, ou biodégradables, capables de se décomposer naturellement sous l’action de micro-
organismes dans des conditions spécifiques. Leur utilisation se développe dans divers secteurs
tels que l’emballage, l’agriculture, la médecine et l’industrie automobile, contribuant ainsi à la
réduction de la dépendance aux plastiques issus du pétrole et à la limitation de la pollution
plastique. Cependant, leur adoption à grande échelle rencontre certains défis, notamment un coût
de production élevé, des conditions de biodégradation spécifiques et des enjeux liés à leur
recyclabilité. Malgré ces obstacles, les bioplastiques représentent une alternative prometteuse
pour une transition vers une économie plus durable et respectueuse de l’environnement.

1.8 Importance des bioplastiques dans la réduction de la pollution plastique :

Les bioplastiques jouent un rôle crucial dans la réduction de la pollution plastique en offrant une
alternative prometteuse aux plastiques traditionnels pour atténuer la pollution plastique. Ces

5
matériaux, issus de ressources renouvelables comme l’amidon, la cellulose ou les huiles
végétales, offrent des avantages environnementaux significatifs. D’une part, leur production à
partir de biomasse permet de réduire la dépendance aux ressources fossiles et de diminuer les
émissions de gaz à effet de serre. D’autre part, certains bioplastiques sont biodégradables, se
décomposant sous l’action de micro-organismes et contribuant ainsi à la réduction des déchets
plastiques persistants dans l’environnement. Cependant, il est essentiel de noter que tous les
bioplastiques ne sont pas automatiquement biodégradables, et leur capacité à se décomposer
dépend des conditions environnementales spécifiques. Pour maximiser leur impact positif, une
gestion appropriée en fin de vie, incluant le compostage ou le recyclage, est nécessaire. Ainsi, les
bioplastiques, s’ils sont produits et gérés de manière responsable, peuvent jouer un rôle clé dans
la réduction de la pollution plastique et la promotion d’une économie circulaire durable.

1.9 Différence entre bioplastiques biodégradables et non biodégradable:

Les bioplastiques biodégradables sont des matériaux qui peuvent se décomposer naturellement
sous l’action de micro-organismes, tels que des bactéries, des champignons ou des algues, en un
délai relativement court (de quelques mois à quelques années), sans laisser de résidus toxiques.
Ils sont conçus pour réduire la pollution environnementale, car ils ne persistent pas longtemps
dans la nature et se transforment en substances naturelles comme le dioxyde de carbone et l’eau.

En revanche, les bioplastiques non biodégradables sont fabriqués à partir de ressources


renouvelables, mais ne se décomposent pas facilement dans l’environnement. Ces bioplastiques
partagent certaines caractéristiques avec les plastiques traditionnels dérivés du pétrole, car ils
peuvent rester dans l’environnement pendant de longues périodes sans se dégrader. Bien qu’ils
soient produits à partir de biomasse, leur impact sur la pollution plastique reste préoccupant, car
ils s’accumulent de manière similaire aux plastiques classiques.

2. L'amidon comme matière première pour les bioplastiques

2.1 Structure chimique et propriétés de l'amidon :

L’amidon est un polymère naturel des plus abondants, avec la cellulose et la chitine, et des moins
coûteux (Turenc et Meier, 2012). Outre son utilisation comme polymère, l’amidon peut être
converti en produits chimiques, notamment en éthanol, acétone et acides organiques, ou, d’un
autre côté, en polymère biosourcé (Carvalho, 2008). En plasturgie, l’amidon peut être utilisé de

6
deux manières, soit (1) comme amidon déstructuré, en entrant dans la composition de mélanges,
soit (2) comme polymère de grande masse moléculaire, en modifiant sa structure moléculaire à
l’aide d’un plastifiant (ibid.). Dans le deuxième cas, les termes « Thermoplastic Starch » (TPS)
ou « Platicized

Starch » (PLS) sont employés pour désigner cette utilisation. Cette section traite du deuxième
cas,

c’est-à-dire l’utilisation directe de l’amidon en tant que polymère pouvant constituer un


thermoplastique biosourcé, le TPS.

L’amidon est un polysaccharide produit par les plantes comme réserve énergétique (Turenc et

Meier, 2012). Plusieurs plantes sont utilisées commercialement afin d’en extraire l’amidon,

dépendamment de la zone climatique où elles sont cultivées (Carvalho, 2008). La contribution du

maïs à la production mondiale d’amidon est la plus importante, suivie de près par le riz et le blé

(ibid.). La pomme de terre, le manioc et le pois sont également utilisés afin d’en extraire
l’amidon (Avérous, 2012). D’autres sources montrent un grand potentiel, comme la banane, qui
produit de l’amidon d’excellente qualité (Carvalho, 2008). Selon la plante utilisée, l’amidon peut
se trouver dans diverses parties de la plante : endosperme, tubercule, feuille ou fruit (ibid.).

L’amidon est formé de deux composantes macromoléculaires : l’amylose et l’amylopectine.


Après raffinage, l’amidon contient également des traces de lipides, de gluten et de phosphate
pouvant perturber ses propriétés (Avérous, 2012). L’amidon contient généralement 70 %
d’amylopectine et 30 % d’amylose (ibid.). Les proportions relatives dépendent de l’espèce
végétale, laquelle influence également la forme et la taille des granules d’amidon, de même que
les propriétés du matériau créé à partir de celles-ci (Carvalho, 2008). Par exemple, le diamètre
des granules de la pomme de terre est de trois à quatre fois plus grand que celui du maïs (ibid.).
Le maïs cireux, d’origine biotechnologique, contient jusqu’à 99 % d’amylopectine, tandis que
l’amylomaïs contient jusqu’à 80 % d’amylose (Avérous, 2012). La structure moléculaire des
deux composantes de l’amidon est présentée à la figure 1.

7
a) Amylopectine b) Amylose

Figure 1: Structures moléculaires de l’amylopectine et


de l’amylose (tirée de : Turenc, 2012, p. 268)

2.2 Avantages et inconvénients :

Le succès de l’amidon comme thermoplastique repose principalement sur le fait que la ressource

nécessaire à son élaboration, soit l’amidon, est très peu coûteuse, disponible et que le
thermoplastique offre des propriétés satisfaisantes (Avérous, 2012). Par ailleurs, il est
biodégradable, est très abondant et renouvelable, il peut constituer dans une certaine mesure une

solution de rechange aux polyoléfines (Soulestin et autres, 2011). Enfin, il peut être facilement
mis en forme par les procédés conventionnels (Avérous, 2012). Cependant, certaines propriétés
limitent son utilisation; il est nécessaire de diminuer le caractère hydrophile du TPS et
d’augmenter les propriétés mécaniques (Turenc et Meier, 2012). Par ailleurs, l’intégration du
TPS à des mélanges semble être le mode d’utilisation du TPS le plus adéquat. Bref, bien que très
peu coûteux, le TPS a plusieurs inconvénients relatifs à ses propriétés qui limitent ses
applications. Les mélanges permettent de pallier ceux-ci par mitigation des propriétés des

8
composants, mais il ne s’agit vraisemblablement pas d’un thermoplastique biosourcé pouvant
concurrencer les polyoléfines conventionnelles quant à ses propriétés et applications.

2.3 Sources principales d’amidon :

L’amidon est un polysaccharide de réserve principalement synthétisé par les végétaux au cours
de la photosynthèse. Il se retrouve en grande quantité dans divers organes de stockage des
plantes, notamment les graines, les racines et les tubercules. Les céréales constituent l’une des
principales sources d’amidon à l’échelle mondiale ; parmi elles figurent le blé, le riz, le maïs,
l’orge et l’avoine. Les légumineuses, telles que les pois, les lentilles et les haricots, en
contiennent également des proportions significatives. Par ailleurs, les tubercules et racines,
comme la pomme de terre, le manioc, la patate douce et l’igname, représentent des réserves
amylacées importantes, particulièrement dans les régions tropicales. La banane plantain, bien
qu’appartenant aux fruits, constitue également une source notable d’amidon, surtout lorsqu’elle
est consommée non mûre. Ces différentes sources sont exploitées tant pour la consommation
humaine que pour des usages industriels variés, en raison de leur richesse en amidon et de leurs
propriétés fonctionnelles.

1. Propriétés des bioplastiques à base d’amidon

Les bioplastiques à base d’amidon présentent un fort potentiel en tant qu’alternative écologique
aux plastiques conventionnels. Toutefois, leurs propriétés varient en fonction de la formulation,
des conditions de traitement et des additifs utilisés. Cette section présente les principales
caractéristiques de ces matériaux.

2.4 Biodégradabilité :

L’un des atouts majeurs des bioplastiques à base d’amidon est leur biodégradabilité naturelle. En
effet, l’amidon étant un polysaccharide d’origine végétale, il est facilement décomposé par les
micro-organismes présents dans l’environnement. Dans des conditions appropriées (température,
humidité, présence de bactéries), ces bioplastiques peuvent se dégrader en quelques semaines à

9
quelques mois, produisant du dioxyde de carbone, de l’eau et de la biomasse, sans laisser de
résidus toxiques. Cette capacité à se désintégrer rapidement réduit considérablement l’impact
environnemental, notamment en comparaison avec les plastiques issus du pétrole, qui peuvent
persister pendant des siècles.

2.5 Propriétés mécaniques :

Les bioplastiques à base d’amidon présentent des propriétés mécaniques modestes, qui peuvent
varier selon les ingrédients et les conditions de production. Leur résistance mécanique est
généralement inférieure à celle des plastiques traditionnels, ce qui peut limiter leur usage pour
des applications nécessitant une grande solidité. Leur élasticité est également faible, ce qui les
rend plus cassants, notamment en l’absence de plastifiants. Concernant l’imperméabilité, ces
matériaux sont naturellement hydrophiles, ce qui signifie qu’ils absorbent l’eau facilement. Cette
caractéristique réduit leur résistance à l’humidité et limite leur usage dans des conditions
humides. Toutefois, ces limitations peuvent être partiellement corrigées par des modifications de
formulation.

2.6 Limites et solutions :

Malgré leurs avantages, les bioplastiques à base d’amidon présentent certaines limites : faible
résistance à l’eau, fragilité, et durée de vie courte. Pour pallier ces défauts, plusieurs solutions
sont envisagées. L’ajout de plastifiants comme le glycérol permet d’augmenter la flexibilité et de
réduire la cassure. De même, l’incorporation de renforts (fibres végétales, charges minérales)
peut améliorer les propriétés mécaniques et thermiques. Par ailleurs, les mélanges avec d’autres
biopolymères tels que le PLA (acide polylactique) ou le PHA (polyhydroxyalcanoates)
permettent d’optimiser les performances finales du matériau, en combinant les avantages de
chaque composant. Ces approches rendent les bioplastiques plus adaptés à des applications
industrielles tout en conservant leur caractère écologique.

10
Chapitre 2 : Méthodes et Réalisation
2. Extraction et préparation de l’amidon de pomme de terre

1.1 Procédés d’extraction de l’amidon à partir de la pomme de terre

L’amidon est un polymère naturel largement présent dans de nombreuses plantes, notamment
dans les tubercules comme la pomme de terre. Pour la fabrication de bioplastiques,
l’extraction de l’amidon constitue une étape essentielle. Le procédé d’extraction à partir de la
pomme de terre est relativement simple, économique et ne nécessite pas de matériel
complexe, ce qui en fait une méthode accessible à petite échelle, y compris à partir de
déchets comme les épluchures.
Dans un premier temps, 1 kilos des pommes de terre (ou leurs épluchures) sont
soigneusement lavées pour éliminer toute impureté ou résidu de terre. Elles sont ensuite
râpées ou mixées avec de l’eaux pour obtenir une pâte., puis filtrée à l’aide d’un tissu fin ou
d’un tamis afin de séparer le jus amidonneux de la matière fibreuse. Le liquide obtenu est
ensuite laissé au repos pendant quelques heures, permettant ainsi à l’amidon de se déposer au
fond du récipient sous forme d’un sédiment blanc.

11
Figure 4: le filtrat après la
décantation (sédiment blanc)

1.2 Séchage et stockage de l’amidon :

Après l’extraction, le séchage de l’amidon est une étape cruciale pour garantir sa conservation et
son efficacité lors de son utilisation dans la formulation de bioplastiques. L’amidon humide
contient encore une quantité importante d’eau, ce qui peut favoriser la prolifération de micro-
organismes ou entraîner une dégradation de ses propriétés physico-chimiques.

Le séchage peut être réalisé à température ambiante, dans un endroit sec, aéré et à l’abri de la
lumière directe du soleil. Pour accélérer le processus, il est également possible d’utiliser une
étuve réglée à basse température (environ 40–50 °C) afin d'éviter toute altération thermique. Le
séchage est considéré comme complet lorsque l’amidon devient poudreux, non collant au
toucher, et ne présente plus d’humidité visible.

12
Une fois parfaitement sec, l’amidon doit être stocké dans des conditions appropriées pour
préserver sa qualité. Il est recommandé de le conserver dans un récipient hermétique, à l’abri de
l’humidité, de la lumière et de la chaleur. Un environnement stable permet d’éviter la
rétrogradation ou la contamination, assurant ainsi une matière première de bonne qualité pour la
production de bioplastique.

Le respect de ces conditions de séchage et de stockage garantit non seulement une meilleure
conservation de l’amidon, mais aussi de meilleures performances du bioplastique au moment de
sa synthèse.

L’amidon sec obtenu peut alors être utilisé comme matière première pour la synthèse de
bioplastiques.

Figure 5 : l’amidon
Après avoir mesuré la masse d'amidon obtenue, nous avons obtenu 31,87 g présents dans un
kilogramme de pommes de terre

13
Figure 6 : Pesée de l'amidon extrait des pommes
de terre à l'aide d'une balance électronique.

3. Formulation du bioplastique

1.3 Choix des additifs (glycérine comme plastifiant, autres agents de renforcement) :

La formulation des bioplastiques à base d’amidon repose sur l’ajout d’additifs spécifiques afin
d’améliorer leurs propriétés physiques et fonctionnelles, notamment leur flexibilité, leur
résistance mécanique et leur durabilité. Parmi les additifs les plus couramment utilisés, la
glycérine joue un rôle crucial en tant que plastifiant. En effet, la glycérine, un alcool
polyhydrique, est capable d'interagir avec les chaînes d’amidon en réduisant les forces
d'attraction intermoléculaires, ce qui permet d'augmenter la flexibilité et de rendre le matériau
moins cassant. Cette propriété est particulièrement importante pour éviter la fragilité du
bioplastique, qui est une caractéristique naturelle de l’amidon extrait des pommes de terre.

En fonction des applications visées, il peut être nécessaire d'ajouter d’autres agents de
renforcement pour améliorer la résistance mécanique du bioplastique. Ces renforts peuvent
inclure des fibres naturelles (telles que des fibres de coton, de chanvre ou de jute) qui permettent
d'augmenter la rigidité et la résistance à la traction. L’ajout de charges minérales comme la
bentonite ou la silice peut également contribuer à améliorer la stabilité thermique et la résistance
à l'humidité du bioplastique, tout en optimisant son processus de fabrication. Les plastifiants
supplémentaires, tels que l’acide citrique ou le sorbitol, peuvent être utilisés pour ajuster les
propriétés mécaniques du bioplastique, notamment la souplesse et l'élasticité.

Le choix des additifs et des renforts doit donc être soigneusement étudié en fonction des
propriétés souhaitées pour le bioplastique final, ainsi que des conditions d’utilisation du produit.
L'optimisation de la formulation permet d’améliorer la performance du bioplastique tout en
maintenant son caractère écologique.

14
4. Procédé de fabrication du bioplastique

2.7 Gélatinisation : chauffage du mélange pour obtenir une pâte homogène

La gélatinisation est une étape cruciale qui consiste à chauffer le mélange amidon-eau-glycérine
afin de former une pâte homogène. Lors du chauffage, les granules d’amidon absorbent l’eau,
gonflent, puis éclatent, libérant les chaînes d’amylose et d'amylopectine. Cette transformation
donne lieu à un gel visqueux et translucide, aux propriétés filmogènes. Une agitation constante
est nécessaire durant cette phase pour éviter la formation de grumeaux ou une cuisson
irrégulière. La température optimale de gélatinisation se situe entre 85 °C et 95 °C, et le
chauffage est maintenu jusqu’à ce que le mélange devienne homogène et légèrement épais.

Mode opératoire :
1) Préparez un bain-marie en introduisant 50 mL d'eau dans un bécher de 400 mL.

2) Mettez le bécher sur une plaque chauffante et commencez à chauffer.

3) Pendant ce temps, introduisez dans un bécher de 100 mL et dans l'ordre énoncé :

• 4,8 g d'amidon (pesée)

• 8,8 mL de solution de glycérol à 50% (éprouvette)

• Quelques gouttes de solution de colorant

• 4 mL d'acide chlorhydrique 0,1 mol/L (pipette graduée)

• 15 mL d'eau distillée (éprouvette)

• un barreau magnétique + 1 thermomètre

4) Mettez le bécher dans le bain-marie et enclenchez l'agitation.

Lorsque la température du mélange atteint environ 95 °C, continuez d'agiter encore 15 min
jusqu'à formation d'un mélange homogène.

Ajoutez 1 à 3 mL d'une solution de soude 0,1 mol/L pour diminuer la viscos

15
Figure 7: le mélange amidon–eau–
glycérine

Figure 8 :Ajout d’un colorant rose dans le


mélange amidon–eau–glycérine

16
Figure 9 : mélange homogène
2.8 Moulage : mise en forme du bioplastique (films, plaques, etc.)

Une fois la pâte obtenue, elle est immédiatement transférée dans un moule ou étalée sur une
surface plane et lisse, selon la forme souhaitée. Ce procédé de moulage permet d’obtenir des
films, des plaques fines ou des objets plus épais, en fonction de l’application visée. L'épaisseur
du film dépend de la quantité de pâte versée et de la surface d'étalement. Il est important de
réaliser cette étape rapidement tant que le mélange est chaud, car il commence à se solidifier en
refroidissant, ce qui peut nuire à sa mise en forme.

2.9 Séchage : élimination de l’eau pour durcir le bioplastique

Après le moulage, le matériau est soumis à une étape de séchage, essentielle pour éliminer
l’humidité résiduelle. Ce séchage peut être réalisé à l’air libre dans un environnement sec, ou
dans une étuve à basse température (40–50 °C), afin d’accélérer le processus. La durée du
séchage dépend de l’épaisseur du bioplastique et des conditions ambiantes, mais elle varie
généralement de 24 à 72 heures. Une bonne évaporation de l’eau assure la solidification et la
résistance du produit fini, sans le rendre cassant.

Figure 10 : le produit après le séchage

17
2.10 Paramètres influençant la qualité du bioplastique

La qualité finale du bioplastique dépend de plusieurs paramètres expérimentaux, qui influencent


directement sa texture, sa flexibilité, sa résistance et sa durabilité. Une maîtrise précise de ces
facteurs permet d’optimiser les performances du matériau.

2.11 Température et temps de chauffage

Le contrôle de la température et de la durée du chauffage est essentiel pour une bonne


gélatinisation. Une température insuffisante entraîne un gonflement partiel des granules
d’amidon, produisant un mélange hétérogène, tandis qu’un chauffage excessif peut provoquer
une dégradation thermique des composants, réduisant les qualités mécaniques du bioplastique.
Un temps de chauffage bien calibré assure une viscosité adéquate et une bonne interaction entre
les composants.

2.12 Proportions amidon/eau/glycérine

Les proportions relatives entre l’amidon, l’eau et la glycérine ont un impact direct sur la texture
et les propriétés mécaniques du produit fini. Un excès d’eau rend le bioplastique trop fragile et
friable après séchage, tandis qu’un excès de glycérine le rend trop souple, voire collant. Un bon
équilibre entre les trois composants est donc crucial : par exemple, un rapport type pourrait être
de 2 g d’amidon pour 2 ml d’eau et 0,5 à 1 ml de glycérine.

2.13 Conditions de séchage

Les conditions de séchage influencent fortement l’aspect, la transparence et la résistance du


bioplastique. Un séchage trop rapide ou à trop haute température peut provoquer des fissures,
tandis qu’un séchage trop lent peut favoriser la prolifération de moisissures ou la déformation du
matériau. Un séchage lent, à température ambiante stable et dans un endroit aéré, est
généralement recommandé pour un produit uniforme et solide.

18
19
Chapitre 3 : Résultats et Discussion

I. Résultats expérimentaux détaillés :


1. Extraction de l’amidon :

L’extraction de l’amidon a été réalisée à partir de 1 kg de pommes de terre soigneusement


lavées, pelées puis broyées mécaniquement. Cette opération a permis de libérer l’amidon contenu
dans les cellules végétales.

Les étapes suivantes ont consisté en une filtration, visant à séparer la pulpe du jus riche en
amidon, puis en une décantation, pour isoler le sédiment amidonné. Après séchage partiel, 31,87
g d’amidon pur ont été obtenus.

a. Quantité obtenue et calcul du rendement :

Le rendement d’extraction, basé sur la masse initiale de pommes de terre, est calculé comme
suit :

Ce résultat est relativement faible, ce qui peut s’expliquer par plusieurs pertes lors de la
filtration, du transfert ou un séchage incomplet.

b. Observations visuelles

 Pâte : Texture épaisse et collante, de couleur blanchâtre, témoignant d’un mélange dense
encore chargé de particules végétales.
 Filtrat : Liquide trouble, contenant des traces d’amidon en suspension.
 Sédiment : Dépôt blanc, dense, représentant l’amidon extrait, bien décanté au fond du
récipient.

20
c. Qualité de l’amidon extrait

 Blancheur : L’amidon obtenu présente une passable blancheur, sans coloration notable, ce
qui témoigne d’une bonne pureté.
 Texture : Sous forme de poudre fine, légèrement pâteuse au toucher.
 Humidité résiduelle : Une légère humidité persiste, ce qui indique que le séchage n’est
pas complet. Cela pourrait influencer la conservation et la précision des mesures futures.

d. Comparaison avec la littérature

Les valeurs théoriques issues de la littérature indiquent que le taux d’amidon contenu dans les
pommes de terre peut atteindre entre 10 à 20 % selon la variété et les conditions de culture. Le
rendement de 3,19 % obtenu ici reste inférieur, probablement en raison de facteurs techniques,
notamment l’absence de séchage complet, la perte d’amidon dans les filtrats, ou encore une
variété peu riche en amidon.

2. Résultat de la formulation

La formulation du bioplastique a été réalisée en mélangeant trois composants principaux :


l’amidon extrait, l’eau et le plastifiant (glycérine). Le processus a consisté à chauffer lentement
le mélange jusqu’à obtention d’une pâte homogène.

a. Masse finale du mélange

Après le mélange et l’évaporation partielle de l’eau, la masse totale du produit obtenu était de
73,54 g. Ce chiffre intègre l’amidon extrait (31,87 g), la glycérine et l’eau résiduelle post-
chauffage. L’évaporation a donc entraîné une perte d’eau significative.

b. Observations sur l’aspect du mélange

21
 Homogénéité : Le mélange obtenu était globalement homogène, sans séparation de phase
visible après chauffage. La pâte était lisse, sans grumeaux.
 Couleur : Beige très clair, tirant sur le blanc, ce qui reflète la pureté de l’amidon et
l’absence de coloration extérieure.
 Viscosité : Moyennement visqueuse à chaude, avec une consistance proche de celle d’une
pâte à crêpe épaisse. Elle devient plus rigide au refroidissement.

c. Rôle de chaque composant

 Amidon : Constituant principal du bioplastique, c’est lui qui forme la matrice


polymérique du matériau après gélatinisation.
 Glycérine : Plastifiant essentiel, il rend la matière plus souple et évite une cassure trop
rapide après séchage. Elle agit sur l’élasticité et la flexibilité du produit final.
 Eau : Support de dispersion de l’amidon, elle facilite l’hydratation des granules et leur
gélatinisation. Son taux affecte directement la viscosité du mélange.

3. Produit final : bioplastique :

Le bioplastique obtenu à partir de l’amidon extrait a présenté des caractéristiques physiques


intéressantes. Une fois moulé, puis séché à l’air libre, le produit final se distingue par sa texture
homogène et sa structure relativement souple. La préparation a été coulée dans un moule de
forme rectangulaire pour permettre une analyse uniforme.

Sur le plan visuel, le bioplastique présente une couleur beige pâle, avec une surface lisse mais
légèrement granuleuse au toucher. Avant séchage, la pâte était encore malléable et brillante, avec

une consistance gélifiée. Après séchage complet (environ 48 h à température ambiante), le


matériau s’est rigidifié, perdant une partie de sa flexibilité initiale.

22
Tableau 1 Caractéristiques du bioplastique obtenu

II. Étude des paramètres expérimentaux :


1. Rapport amidon/eau/glycérine
L’équilibre entre l’amidon, l’eau et la glycérine est essentiel pour déterminer la souplesse, la
rigidité et la cohésion du bioplastique. Plusieurs essais ont été réalisés avec des proportions
différentes pour évaluer leur influence sur les propriétés finales du matériau. La glycérine joue
ici un rôle de plastifiant, facilitant la flexibilité du polymère, tandis que l’eau permet une bonne
gélatinisation de l’amidon.

Tableau 2 Proportions testées

23
2. Température et durée de chauffage

La température et la durée de chauffage jouent un rôle fondamental dans le processus de


gélatinisation de l'amidon. Lorsque le mélange contenant l'amidon est chauffé, celui-ci
commence à gonfler sous l’effet de l’eau et de la chaleur. Ce phénomène s’observe à partir de
70 °C environ, mais devient optimal vers 90–95 °C.

Lorsque la température est trop basse ou que le temps de chauffage est insuffisant, la
gélatinisation reste incomplète. Le mélange obtenu est alors hétérogène, parfois granuleux, et
présente une texture peu homogène. Au toucher, il reste partiellement liquide et ne développe pas
les propriétés attendues d’un bioplastique.

En revanche, un chauffage correct à 95 °C pendant environ 15 minutes permet d’obtenir une pâte
uniforme, bien liée et visuellement lisse. Cette pâte présente une certaine viscosité, signe que
l’amidon a bien été transformé.

Toutefois, si la durée de chauffage est trop longue ou si la température dépasse la valeur


recommandée, on observe une surépaisseur de la pâte. Elle devient difficile à mélanger, et le
matériau final perd en élasticité. Il peut même se former une croûte en surface, ce qui nuit à
l’aspect final.

Ainsi, un bon contrôle de la température et du temps est indispensable pour garantir la qualité du
produit obtenu à base d’amidon.

3. Influence du pH sur la consistance du mélange

Acidité du mélange (présence d’acide chlorhydrique)


→ Cause : L’ajout d’un acide chlorhydrique dilué rend le milieu acide.
→ Effet : Cette acidité facilite l’ouverture des grains d’amidon au moment du chauffage.
→ Interprétation : Le mélange devient plus fluide au départ, mais une acidité trop forte peut
entraîner la dégradation de l’amidon, rendant la pâte instable.

Neutralisation (ajout de soude après gélatinisation)


→ Cause : L’introduction de la soude vise à corriger l’excès d’acidité.

24
→ Effet : Une légère neutralisation diminue la viscosité et améliore la souplesse de la pâte finale.
→ Interprétation : Une neutralisation bien dosée permet d’obtenir un matériau plus facile à
manipuler. À l’inverse, une neutralisation trop importante rend le mélange trop liquide ou
provoque une séparation des phases.

Équilibre à rechercher
→ Cause : L’ensemble des réactions chimiques dépend du pH global du milieu.
→ Effet : Un pH équilibré permet une gélatinisation optimale et une texture homogène.
→ Interprétation : Travailler dans une zone de pH légèrement acide à neutre est idéal pour
conserver la qualité de la pâte tout en évitant les réactions de dégradation.

4. Conditions de séchage et comparaison des méthodes

Dans cette expérience, deux méthodes de séchage ont été utilisées pour évaluer leur impact sur le
produit final :

➤ Séchage à l’air libre :

 Durée : environ 48 heures à température ambiante.


 Observations :
o Temps de séchage long.
o Présence de fissures sur la surface du film.
o Texture non uniforme, avec certaines zones encore humides.
 Conséquence : produit final peu homogène.

➤ Séchage en étuve :

 Conditions : 60 °C pendant 6 heures.


 Observations :
o Séchage rapide et plus contrôlé.
o Film lisse et sans fissures.
o Bonne homogénéité du produit final.

➤ Calcul de la perte en eau :

 Masse initiale : 50 g
 Masse après séchage : 15 g
 Perte en eau = 50 g - 15 g = 35 g
 Taux de perte = (35 ÷ 50) × 100 = 70 %

25
➤ Interprétation :

 Le taux élevé de perte en eau confirme que la majeure partie du mélange était constituée
d’eau.
 Le séchage en étuve permet de mieux maîtriser l’évaporation, réduisant les défauts tels
que les fissures.

5. propriétés mécaniques et physiques observées :


Afin d’évaluer la qualité du film obtenu, une analyse des propriétés mécaniques et physiques a
été réalisée en fonction des conditions de séchage appliquées. Cette comparaison permet de
mieux comprendre l’impact du mode de séchage sur la texture, la résistance et l’homogénéité du
matériau final. Le tableau ci-dessous présente les principales caractéristiques observées pour les
films séchés à l’air libre et ceux passés en étuve.

Tableau 3 : Propriétés du film en fonction des conditions de séchage

26
6. Discussion critique croisée avec la bibliographie :

1. Confirmation des données théoriques

Les résultats obtenus au cours de ce travail confirment plusieurs aspects théoriques relatifs aux
bioplastiques à base d’amidon, en particulier le thermoplastique d’amidon (TPS). L’extraction
d’amidon à partir de la pomme de terre a permis d’obtenir une poudre blanche, légèrement
humide, dont la texture et l’apparence concordent avec les descriptions trouvées dans la
littérature scientifique. La masse finale d’amidon obtenue (31,87 g pour 1 kg de pommes de
terre) est cohérente avec les rendements couramment mentionnés dans les travaux
expérimentaux.

Lors de la fabrication du TPS, l’ajout de glycérol a joué un rôle déterminant dans


l’assouplissement du polymère, confirmant ainsi la fonction essentielle du plastifiant. En effet,
comme attendu, le glycérol permet d’introduire des liaisons hydrogène entre les chaînes de
l’amylose et de l’amylopectine, rendant le matériau plus souple et moins cassant. Ce
comportement a été observé à travers la texture finale du film, particulièrement lorsqu’une
concentration équilibrée de plastifiant a été utilisée.

Par ailleurs, la nécessité d’un chauffage précis jusqu’à environ 95 °C pour déclencher la
gélatinisation de l’amidon a également été confirmée expérimentalement. Une température
insuffisante ne permettait pas une bonne homogénéisation du mélange, tandis qu’un chauffage
excessif risquait de provoquer une dégradation du matériau. Ces observations rejoignent les
données théoriques sur la transformation thermique de l’amidon en présence d’eau et de
plastifiant.

2. Limites du bioplastique à base d’amidon

Malgré les résultats satisfaisants obtenus, plusieurs limites ont été relevées au cours de cette
étude, en cohérence avec ce qui est mentionné dans la littérature. Ces limites concernent
principalement la résistance mécanique, la stabilité à l’eau et la durabilité dans le temps.

27
La faible résistance à la traction du matériau est l’une des faiblesses les plus notables. Lors des
essais manuels, les films obtenus ont montré une capacité limitée à résister à des forces de
flexion ou d’étirement, surtout au niveau des zones minces ou mal séchées. Cette fragilité peut
être attribuée à la structure moléculaire de l’amidon, constituée de chaînes linéaires (amylose) et
ramifiées (amylopectine), qui forment un réseau peu résistant sans renforcement externe.

La durabilité dans le temps représente également un point faible. Le bioplastique a tendance à se


déformer légèrement ou à devenir cassant après plusieurs jours, notamment en milieu sec. Cette
évolution s’explique par le retrait progressif de l’humidité résiduelle, ce qui réduit la souplesse et
modifie les propriétés mécaniques du film.

Un autre inconvénient majeur est la forte hydrophilie du TPS. En présence d’humidité ou au


contact direct de l’eau, le bioplastique absorbe rapidement le liquide, gonfle et perd sa cohésion.
Ce comportement a été constaté expérimentalement : un échantillon de 3 g plongé dans 20 mL
d’eau pendant 1 heure a absorbé
environ 1,2 g d’eau. Le taux
d’absorption peut être estimé par le calcul suivant :

Ce taux relativement élevé montre que le matériau est peu résistant à l’humidité, ce qui limite
fortement son usage dans des environnements humides ou pour des applications de longue durée.

Ces différentes limitations sont également décrites dans plusieurs sources scientifiques, qui
soulignent que le TPS, sans renforts ou traitements supplémentaires, reste insuffisant pour
rivaliser avec les polymères classiques, notamment au niveau des performances mécaniques et de
la stabilité environnementale.

7. Avantages observés en lien avec la littérature

Plusieurs avantages du bioplastique à base d’amidon ont été clairement identifiés au cours de
cette étude, en accord avec les données théoriques.

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Premièrement, la simplicité de la fabrication a été confirmée. La production a été réalisée en
laboratoire avec un matériel de base : béchers, plaque chauffante, bain-marie et verrerie graduée.
Ce procédé, accessible et peu coûteux, ne requiert pas de conditions industrielles, ce qui en fait
une solution adaptée aux projets éducatifs ou à petite échelle. Cette simplicité est souvent mise
en avant dans la littérature comme l’un des atouts majeurs du TPS.

Deuxièmement, l’utilisation de matières premières locales et bon marché renforce la viabilité du


projet. L’amidon a été extrait à partir de pommes de terre, avec un coût estimé à environ 3 DH
pour 30 g extraits, soit environ 10 DH / 100 g d’amidon. Ce prix reste nettement inférieur à celui
des polymères commerciaux dérivés du pétrole.

Tableau 4 : comparaison entre les résultats obtenus et les données théoriques

Critère Résultat obtenu Littérature

Méthode simple, 100 %


Facilité de fabrication Méthode accessible, à petite échelle
manuelle

Coût de la matière première ~10 DH / 100 g d’amidon Faible coût, ressource abondante

Commence à se dégrader en Biodégradable sous conditions


Dégradabilité dans l’eau et l’air
7 jours normales

Épluchures de pommes de
Source de l’amidon Déchets organiques ou tubercules
terre

Enfin, la biodégradabilité est l’un des avantages les plus importants. Lors de tests simples, un
échantillon exposé à l’humidité ambiante a montré des signes visibles de ramollissement et de
décomposition au bout de 7 à 10 jours, sans émission d’odeur toxique. Ce comportement est en

29
accord avec les études qui indiquent une dégradation du TPS en quelques semaines selon
l’humidité, la température et la présence de micro-organismes.

Ces observations soutiennent l’idée que le TPS est un matériau cohérent avec les objectifs du
développement durable, notamment en matière de réduction des déchets plastiques, de
valorisation des déchets agricoles, et d’économie circulaire.

Conclusion générale :

Dans un contexte marqué par les préoccupations environnementales et la nécessité de réduire


notre dépendance aux plastiques issus du pétrole, ce projet de fin d’études a permis de démontrer
la faisabilité de la fabrication d’un bioplastique à base d’amidon extrait de déchets de pommes de
terre. Cette démarche s’inscrit pleinement dans une logique d’économie circulaire, valorisant une
ressource locale, renouvelable et peu coûteuse.

Tout au long du projet, nous avons mis en œuvre un protocole expérimental simple, adapté aux
moyens disponibles, permettant l’extraction de l’amidon, sa formulation avec des plastifiants, et
l’élaboration d’un film bioplastique. Les résultats obtenus confirment que l’amidon peut
constituer une base efficace pour la fabrication de matériaux biodégradables, à condition d’un
dosage précis des additifs et d’un contrôle rigoureux des paramètres de fabrication. Le
bioplastique produit présente une bonne flexibilité, une biodégradabilité satisfaisante, mais reste
limité par sa sensibilité à l’humidité et sa résistance mécanique modeste.

Cette expérience nous a permis de développer des compétences techniques, analytiques et


critiques, tout en apportant une contribution modeste mais concrète à la réflexion sur des
alternatives durables aux matériaux synthétiques. Elle ouvre également la voie à des perspectives
prometteuses : optimisation de la formulation, renforcement des propriétés mécaniques, ou
encore élargissement du champ d’application de ces matériaux.

Ainsi, ce travail met en évidence le potentiel des bioplastiques à base d’amidon comme solution
innovante et écologique pour répondre aux enjeux actuels de durabilité, tout en soulignant la

30
nécessité d’une amélioration continue pour atteindre des performances comparables à celles des
plastiques conventionnels.

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