Technologie ASU
Technologie ASU
INTELLIGENCE ÉCONOMIQUE
Résumé technique
Une unité cryogénique de séparation d’air (ASU) est une
usine qui utilise les propriétés distinctes des principaux
composants de l’air pour produire de l’oxygène de haute
pureté, de l’azote, et parfois aussi d’autres gaz tels que
l’argon. La technologie ASU repose sur un procédé de
distillation fractionnée cryogénique, dans lequel les
composants de l’air sont séparés par compression du gaz
jusqu’à ce qu'il se liquéfie à températures extrêmement
basses (-173°C à -193°C), puis par distillation sélective de
ces composants à leurs différentes températures
d’ébullition. Parce qu'il s’agit d'un processus
particulièrement énergivore, la technologie ASU est
généralement réservée aux contextes de production de
moyenne à grande échelle. Une unité ASU peut être conçue
en fonction de la pureté d'oxygène et des pressions de
livraison requises. Des techniciens qualifiés doivent être
présents en permanence pour assurer le bon
fonctionnement de l’usine.
Spécifications essentielles
Une unité ASU peut produire 100 à plus de 5 000 tonnes d'oxygène par jour à niveaux de pureté de 95 à 99,5 % ou mieux. Le
processus de séparation de l’air se déroule selon les grandes étapes suivantes :
La construction d'une usine ASU varie suivant la capacité de production, la pureté et la pression requises pour l’application.
Ces facteurs peuvent aussi influencer les matériaux utilisés. Pour l’oxygène, l’acier au carbone reçoit généralement la
préférence du fait de son coût et de son efficacité aux températures extrêmes subies durant l'opération ASU.
Besoins en infrastructure
La technologie ASU exige électricité et eau de refroidissement.
• Électricité : La technologie ASU exige de grandes quantités d’énergie (électricité ou autres sources de carburant) pour
maintenir les températures cryogéniques nécessaires au procédé. Par exemple, une usine ASU de 1 200 tonnes
métriques par jour consomme plus de 16 mégawatts d’électricité et exige l’installation d'une alimentation électrique
dédiée.
• Eau de refroidissement : Un système de refroidissement par évaporation (ouvert ou fermé) est requis pour refroidir les
compresseurs et l’air de traitement pendant la production.
Délais de livraison
Concernant l’usine : Suivant la taille et l’emplacement de l’usine, la durée — du lancement du projet à la première livraison
d'oxygène — peut dépasser 18 à 24 mois. Outre l’équipement mécanique fourni par un fabricant d’unités ASU, la construction
de l’usine peut dépendre des services de nombreux entrepreneurs, pour l’excavation, la pose de béton, l’installation de la
tuyauterie, l’installation électrique et celle des instruments, le montage des colonnes et le soudage de l’aluminium, le
nettoyage de l'oxygène et le rinçage de l'huile de lubrification, notamment, chaque service pouvant dépendre en outre de
l’accomplissement d'un autre. De plus, la construction peut être retardée du fait de la saison des pluies dans certaines régions,
parfois jusqu’à plus de 45 jours par an. Une planification minutieuse du projet, en collaboration étroite avec le partenaire de
construction, peut favoriser des délais de construction optimaux.
Concernant l'oxygène produit : Étant donné l’échelle de la production, les besoins énergétiques et les risques associés,
l’oxygène liquide est toujours produit hors site. L’application médicale de l'oxygène liquide impose d’autres besoins
d’équipement encore, pour le transport, le stockage et l'utilisation. Les options d’approvisionnement et de distribution varient
d'une entreprise à l’autre. La structure du réseau d'une entreprise peut déterminer les délais de livraison d'un fournisseur et
les coûts du transport. Les délais de livraison anticipés d'un fournisseur d’oxygène liquide doivent être pris en compte lors de
la planification de la fréquence d’approvisionnement afin d’assurer la continuité.
Pour une consommation importante, il convient de considérer l’installation d'un réservoir évaporateur isolé sous vide (VIE) sur
les lieux de la structure de santé, dimensionné en fonction de la fréquence de remplissage, et d'un évaporateur dimensionné
pour répondre à la demande. Pour les besoins de moindre importance, ou pour les considérations d'appoint, des bouteilles de
gaz à haute pression sont utilisées. Il y a aussi l'option des bouteilles de liquide à vaporiseur intégré, qui se raccordent à une
rampe de distribution. Étant donné le volume potentiel utilisable, elles offrent cependant rarement la solution la plus efficace.
Tous les récipients de stockage doivent être certifiés pour l’utilisation d'oxygène médical. Pour les livraisons, des camions-
citernes cryogéniques servent au transport de l’oxygène liquide et doivent être certifiés pour usage médical. Les camions
utilisés pour le transport de bouteilles d'oxygène doivent être conformes aux protocoles de transport de gaz comprimés.
Entretien
Les interventions d’entretien majeures exigent la mise hors service de l'usine pendant plusieurs heures ou même plusieurs
jours. Les chaînes d’approvisionnement doivent être planifiées en conséquence pour compenser l’arrêt de production. Les
principaux critères d’entretien/maintenance appropriés de la technologie ASU comprennent :
• Main-d'œuvre : Des opérateurs bien formés (généralement trois opérateurs couvrant trois postes de huit heures
chacun) et un personnel de soutien de maintenance technique (responsables des opérations, mécaniciens et
techniciens d’instruments) sont requis pour l’exploitation et la maintenance des installations de production 24/7.
• Transport d’oxygène liquide : L’oxygène liquide est un produit dangereux et les pays ont généralement une
réglementation spécifique en place concernant la sécurité du transport. L’oxygène liquide destiné à de grandes
structures médicales est généralement transporté par des camions-citernes spécialisés et décanté dans un réservoir de
stockage cryogénique isolé sous vide installé sur les lieux de la structure médicale. Pour les grands utilisateurs de gaz
industriel, l'oxygène gazeux peut être fourni par pipeline directement au point d'utilisation.
• Remplissage de bouteilles : Suivant le type d'installation, l’oxygène liquide peut être vaporisé pour remplissage, sous
forme gazeuse, de bouteilles au moyen de compresseurs à haute pression, ou par pompe cryogénique et vaporiseur,
pour être ensuite transporté en camion-citerne ou par camion-plateau modifié pour le transport sûr de bouteilles de
gaz à haute pression.
Coût
Une usine ASU représente un coût d’investissement considérable et plusieurs facteurs fondamentaux doivent être pris en
compte. En premier, il faut déterminer la taille de l’unité, d’après la demande et son taux de croissance anticipé, notamment.
Si la croissance de la demande est de 8 %, par exemple, la taille de l'usine doit prévoir une charge initiale de 50 % de la
capacité pour permettre l’accès à la pleine capacité à échéance approximative de 9,5 ans. En deuxième lieu, il faut tenir
compte de la distance à la base d'utilisateurs, car les coûts de transport affectent le coût du produit et, en fin de compte, le
rendement de l'usine ASU. Troisièmement, le coût de l’énergie déterminera s’il convient de construire une usine plus efficace
au prix d'une mise de fonds plus importante. En moyenne, 75 % des coûts totaux sur la durée de vie d’une usine ASU de
200 tonnes métriques par jour représentent les coûts de l’énergie. Dans leur ensemble, les coûts d'investissement peuvent
aller d’environ 25 millions de dollars américains pour une usine produisant 200 tonnes métriques par jour à 125 millions de
dollars pour une usine produisant 3 000 tonnes par jour.
Du point de vue d’un fournisseur de gaz, un niveau d'investissement en capital élevé est courant pour une usine ASU étant
donné les équipements requis au soutien des installations de production. Pour assurer le fonctionnement optimisé de l’usine,
le fournisseur conclut avec les structures médicales ainsi qu’avec de gros utilisateurs de gaz industriel des contrats à long
terme prévoyant le paiement de services à fréquence mensuelle, trimestrielle ou autre. L’infrastructure d’accompagnement
— réservoirs de stockage cryogéniques isolés sous vide, générateurs, appareillages, centrale de remplissage de bouteilles,
camions et bureaux — exigent aussi des dépenses d'investissement considérables. Pour que l'usine atteigne une production
rentable, l’utilisation des capacités doit être optimisée. Pour le fournisseur, les principaux coûts d’exploitation sont
l’électricité, la main-d'œuvre et l’entretien.
Cette série repose sur les données d'une recherche financée par la Fondation Bill et Melinda Gates. Les observations et les
conclusions exprimées sont celles des auteurs. Elles ne reflètent pas nécessairement les positions ni les politiques de la
Fondation Bill et Melinda Gates.
La série a été élaborée par PATH et la Clinton Health Access Initiative (CHAI) dans le cadre du projet COVID-19 Respiratory Care
Response Coordination — un partenariat entre les organisations PATH, CHAI et Every Breath Counts Coalition formé pour
soutenir les décideurs nationaux dans la mise au point et l’exécution d’un plan de soins respiratoires complet apte à faire face
aux défis de la COVID-19. Le projet poursuit par ailleurs des stratégies qui aident à prioriser et améliorer l’accès à
l’oxygénothérapie et aux autres équipements essentiels entrant en jeu dans les soins respiratoires, en tant que partie
intégrante du renforcement des systèmes de santé, au-delà de la riposte à la pandémie.
Scott Knackstedt, Alex Rothkopf, Stassney Obregon et Alec Wollen, chez PATH, ont assuré la rédaction de la série avec l’aide de
Jason Houdek, de Martha Gartley et de Tayo Olaleye, chez CHAI. Les auteurs tiennent à remercier, pour leur précieux retour,
Lisa Smith, Andy Gouws, Evan Spark-DePass, Elena Pantjushenko, Carrie Hemminger et Conner House.
Renseignements complémentaires
[Link]/programs/market-dynamics/covid-19-and-oxygen-resource-library
oxygen@[Link]