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7
1817
ARTES SCIEN
VERITAS
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RECUEIL
DES
ANCIENNES ORDONNANCES
DE LA BELGIQUE ,
PUBLIÉ
RECUEIL
DES ORDONNANCES
DES
—
TROISIÈME SÉRIE. 1700-1794 .
TOME QUATRIÈME ,
PAR M. GACHARD ,
79109
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FAIT LA
BRUXELLES ,
1877 :
1
PRÉFACE .
dans ce volume , furent , pour les Pays-Bas autrichiens , comme celles qui
les avaient précédées depuis les traités d'Utrecht , une époque de paix et de
tranquillité . Un moment on put craindre que cette paix ne fût troublée : ce fut
le second était soutenu par la Russie et par l'Autriche : ces deux puissances
possession du trône.
La cour de Versailles , se tenant offensée de la conduite de l'Empereur ,
lui déclara la guerre le 10 octobre 1733 , et dès le 12 une armée française passa
le Rhin pour aller investir le fort de Kehl . Bientôt après, de concert avec
Français des Pays-Bas , de prendre les mesures nécessaires afin que les
(2) M. de Jonville .
rappeler les Belges qui se trouvaient sous la domination des ennemis (1) .
France de rester neutres , si elle voulait s'engager à ne point attaquer les Pays-
faite ; une convention de neutralité pour ces provinces fut signée à la Haye ,
généraux ( 2) .
prit sur elle de suspendre l'exécution des ordres qu'elle avait reçus de
convoquer les états des provinces , auxquels elle demanda un subside extraor-
ne rien faire dont on pût inférer qu'il acceptait ou qu'il rejetait la neutralité
Les choses restèrent établies sur ce pied tant que dura la guerre entre
resulte de las ulteriores resoluciones de las potencias maritimas, la expida mis órdenes positivos ,
sin hacer por aora otra novedad que la de mandar se haga entender á este residente Joinville evite
el acceso á la córte de V. A. y á la casa de su mayordomo mayor el conde de Harrach , ya que
haciéndome la guerra abiertamente la Francia , no seria decoroso que el tal residente entre en la
córte de V. A. ni comunique ni frecuente la casa de su primer ministro..... » ( Dépêche citée
du 13 février 1734. )
(4) Le 3 octobre 1755 , à Vienne , le comte de Sinzendorff signa des préliminaires de paix avec
M. de la Baune , plénipotentiaire de Louis XV. La cessation des hostilités fut publiée en Alle-
magne le 5 novembre et en Italie le 15 du même mois . (SCHOELL , Histoire des traités de paix,
t . I , p . 256.)
PRÉFACE . III
II
voulut l'investir de la même autorité qu'y avaient exercée les infants et les
projet d'instructions pour cette princesse , examina celles qui avaient été
Nous croyons devoir insérer ici quelques-uns des articles du chapitre Ier ,
ART. 3. Une des choses essentielles pour conserver la religion et l'unir étroitement avec la
souveraineté , c'est de bien établir l'autorité qui m'appartient, comme prince souverain des
Pays-Bas, sans souffrir ni permettre qu'il y soit donné la moindre atteinte par qui que ce
pourroit être, directement ni indirectement , ni qu'à aucun sujet on délibère ou traite sur icelle
sans votre consentement et sans m'en informer au préalable , afin que je vous puisse donner
les ordres convenables au service de Dieu et à la conservation de mesdits pays.
ART. 4. Vous aurez aussi soin de maintenir mon autorité en matière de présentation des
évêchés , prélatures et dignités ecclésiastiques , avec la moindre dépendance de Rome que
possible sera, suivant ce que les droits et les coutumes du pays le permettent .....
*(1 ) Dans le décret du 11 décembre 1724 par lequel l'Empereur notifia au conseil suprême des
Pays-Bas la nomination de l'Archiduchesse , il s'exprimait ainsi : « Je veux que la sérénissime
« Archiduchesse , aussitôt qu'elle se sera transportée aux Pays-Bas , y jouisse des prérogatives et
<< y exerce l'autorité dont jouirent et qu'exercèrent les sérénissimes infantes d'Espagne qui furent
(( appelées au gouvernement de ces provinces par les seigneurs rois d'Espagne, de la maison
«
<
d'Autriche , mes glorieux prédécesseurs » (Queriendo que la serenísima Archiduquesa, luego
que se haya conferido en aquellos Estados, goze, exerça y cumpla las funciones, prerogativas y
autoridad que tuvieron y gozaron las serenísimas infantas de España, governadoras de los
mismos Paises Baxos por nomina de los señores reyes austriacos de España, mis gloriosos
predecesores).
(2) Archives du royaume, fonds de la chancellerie des Pays-Bas , à Vienne.
(3) Ibid.
PRÉFA
IV CE .
ART. 5. La promotion de bons évêques et prélats aux églises est le fondement de la discipline
ecclésiastique, qui s'est conservée religieusement en iceux pays par les soins que mes glorieux
prédécesseurs y ont employés dans le choix de personnes convenables. Vous aurez grande
attention à les imiter, et élirez aux prélatures des personnes de vie exemplaire , de génie doux et
prudent et approuvées en doctrine et gouvernement, et quelques théologiens éminents, comme
étant les plus nécessaires dans lesdites provinces pour la prédication du saint Évangile et pour
prévenir les disputes et animosités des partis , qui s'élèvent aisément et s'apaisent difficilement.
Et d'autant que les évêques et prélats ecclésiastiques ont entrée et voix dans les états, vous
devez avoir une considération toute particulière pour ceux qui , étant doués des susdites qualités,
auront donné des preuves de leur attachement à mon service .
ART. 6. Afin d'assurer la religion , il convient de maintenir les évêques et prélats dans le
respect et dans l'exercice de leurs fonctions pastorales ; et outre ce, vous aurez à considérer
attentivement leurs actions et manières de procéder, notamment en des matières qui pourroient
intéresser ma souveraineté et jurisdiction , même au dedans des provinces de mesdits pays, afin
que, par leur moyen ou sous leur nom , il n'arrive rien à mon préjudice ni à celui de ladite union,
comme étant de la dernière importance pour préserver mesdits pays d'hérésie et de division .
ART. 8. Le repos des diocèses dépend de l'humeur et du procédé de leurs évêques, l'expé-
rience faisant voir que les uns inquiètent et troublent, et que les autres calment et réforment,
suivant leur génie et le plus ou le moins de zèle prudent qu'ils ont. Ce sera de grande impor-
tance et de fort bon exemple que tous évitent les compétences de jurisdiction avec les conseils,
lesquelles ont produit quelquefois des scandales dans mesdits pays, d'autant que les jurisdictions
ne se contestent jamais avec grand fruit, et rarement l'on en sort sans inconvénients pour
l'obtenir il convient, en premier lieu , de choisir de bons évêques et prélats, selon qu'il est dit
ci-dessus, et qu'ils n'intentent aucune nouveauté contre les conseils. Ainsi vous veillerez exacte-
ment à ce que les tribunaux à qui il appartient n'en souffrent aucune en quelque manière que
ce soit, ni chose quelconque qui puisse apporter diminution à mon autorité royale , y mettant
ordre selon la raison et la justice.
ART. 11. Je vous avertis que, par ma dépêche du 26 mai de l'an 1723 ( 1 ) , j'ai ordonné à mon
gouverneur général de mesdits pays de faire connoître à tous mes conseils et juges que ma
volonté et ordre absolu sont que la publication , y faite en l'an 1714 , de la bulle dogmatique de
notre saint- père le pape Clément XI qui commence Unigenitus Dei filius, tienne lieu et sorte
son plein et entier effet, et que tous ceux qui oseront, s'y opposer publiquement et avec scandale
soient poursuivis canoniquement et punis selon les lois et coutumes du pays, ayant aussi
prescrit à mes fiscaux leurs devoirs pour la soutenir, et enchargé mes conseils et juges de n'y
causer d'empêchement, et que, par une autre dépêche de la même date, adressée aux évêques (2) ,
je leur ai fait connoître que ma volonté est que l'on procède à cet égard avec toute la modéra-
tion convenable à la conservation de la tranquillité publique, sans exiger ni permettre que l'on
exige des souscriptions à ladite bulle, comme vous le verrez par les copies ci-jointes .
ART. 12. Vous aurez des attentions singulières qu'en conséquence de mesdits ordres et par
les moyens y repris , ladite constitution y soit reçue par tous mes sujets, et qu'à cette fin mes
fiscaux, conseils et juges s'y conforment ponctuellement en ce qui les regarde , et les évêques,
leurs officiers et autres ecclésiastiques, dans leurs poursuites contre ceux qu'ils prétendront de
s'y être opposés publiquement et avec scandale, procèdent canoniquement, sans s'y méprendre
en aucune manière, et se contiennent dans les bornes de leur pouvoir et jurisdiction , sans porter
aucune atteinte à l'autorité et au droit qui en semblables matières me compètent, comme à
prince souverain . Et comme il importe de prévenir les troubles dans mes États , pour y maintenir
le repos public , et que l'on m'a informé qu'au lieu de tâcher de ramener les esprits inquiets , sur
les préceptes et la doctrine de ladite constitution , par des instructions et persuasions charitables,
quelques prédicateurs , par un excès de zèle ou animosité immodérée, s'emportent, dans leurs
prêches sur ce sujet, à user d'invectives et d'expressions injurieuses , au grand scandale et
murmure des assistants , et que dans notre université de Louvain , dans les séminaires , monastères
et autres lieux l'on expose des thèses et l'on dispute publiquement sur lesdits dogmes avec
chaleur et véhémence, qui excitent et forment des partis, même à soutenir des propositions y
contraires, et que souvent, dans des disputes publiques , on met en controverse mes droits incon-
testables de souveraineté et de protection pour la conservation de la foi et à l'égard de la disci-
pline de l'Église et des mœurs des ecclésiastiques, vous aurez de soigneux égards pour réprimer
lesdits abus, comme aussi le débit de tous écrits et imprimés , sans une légitime approbation, sur
lesdites matières, par de sages et prudentes ordonnances, de l'avis de mon conseil d'État et privé
et des autres conseils qu'il appartiendra, en y statuant des peines contre les transgresseurs, selon
l'exigence des cas : me confiant, quant au point de ladite constitution , d'avoir pleinement pourvu
à son exacte observation dans mesdits pays par les voies régulières et de justice prescrites et
ordonnées par mesdites deux dépêches . Et s'il y survient ou s'y rencontre aucune difficulté
notable et d'importance, vous m'en pourrez informer, afin qu'avec connoissance de cause je
puisse vous envoyer mes ordres .
ART. 13. Vous contribuerez aussi beaucoup, de votre part, pour d'autant plus assurer cette
observation , en excluant de la collation des cures , bénéfices et dignités ecclésiastiques qui sont
de votre provision tous ceux que, par de sûrs et fidèles avis, et de l'aveu de mes ministres qui
vous seront les plus affidés, vous aurez reconnus être vraiment suspects d'avoir sentiment con-
traire aux dogmes de la foi contenus dans la susdite constitution ; et vous observerez le même
en la provision de toutes les leçons de l'université de Louvain , ne permettant que tels soient
admis, non pas seulement aux leçons de théologie, mais point même à celles d'aucune autre faculté .
ART. 14. A cette cause, outre les qualités que je vous ai enchargé d'examiner pour la nomina-
tion des évêques , à savoir qu'ils soient personnes doctes et de bonne vie pour instruire leurs trou-
peaux par leur exemple et par leur parole et écrits, vous devez surtout vous abstenir d'hommes
ART. 16. Pour conserver les églises et nosdits bons sujets dans la possession pacifique de ce que
chacun a et possède, vous ne permettrez que l'on accorde plus aucun amortissement des biens ,
ordonnant aux ministres qu'il appartient de veiller à ce point, afin de tant mieux assister au
service de Dieu, des églises et à la conservation de nosdits bons sujets, sans aucune réserve.......
ART. 18. Le plus grand scandale qui peut résulter des différends en matière de jurisdiction
ecclésiastique et la mienne consiste en la commination et publication de censures et excommu-
nications et dans leur cassation dans un pays environné d'hérétiques : étant arrivé que, pour
des mésentendus entre les promoteurs et vicaires et mes officiers, plusieurs procès se sont
suscités entre les évêques et mes conseils, si avant poussés que ci-devant le nonce de Sa Sainteté
y est entré comme partie. A cette cause, observant et faisant observer ce que je vous ai enchargé
Pays-Bas autrichiens . - III SERIE . TOME IV. b
VI PRÉFACE .
sur cette matière par votre instruction, vous y ferez procéder avec un tel tempérament qu'on
ne m'y fasse entrer comme partie formelle, en me conservant, autant que possible, par la voie
des conseils d'État et privé, ou tout au moins par votre personne, le pouvoir et la régalie dus pour
les terminer et ajuster par mon autorité, et de faire cesser toutes sortes de procédures inconsi-
dérées. C'est pourquoi vous donnerez ordre secret pour que les officiaux et promoteurs ecclésias-
tiques se rendent partie plutôt que les évêques , et empêcherez surtout qu'ils ne s'unissent pour
s'opposer de main commune à ma jurisdiction . Et pour cette même raison vous considérerez
prudemment les différends qu'ils peuvent avoir les uns contre les autres , et tous ensemble contre
Sa Sainteté.....
résidant à Bruxelles .
à ne rien négliger pour réveiller dans le cœur des Belges leur ancien amour
pour sa maison ; elle devait s'attacher surtout à extirper , en leur racine, les
facilitée et secondée , non- seulement par les états généraux des Provinces-
Unies , mais par d'autres puissances voisines , en se servant du spécieux prétexte
de liberté qui abuse aisément des populations élevées dans un esprit d'indépen-
(1) « ... La guerra que, por la muerte del señor rey don Cárlos segundo , se empezó desde el
año de 1701 , tuvo mayor raiz en mi Pais Baxo ; y fué fácil dividir los ánimos en facciones dife-
rentes : unos , conducidos de su propio interes , mantuvieron devocion al elector duque de Baviera ;
otros declararon su genio al govierno español de Madrid ; algunos fueron partidarios de la Francia ,
y los más conservaron en aquel tiempo y después el espiritú por la libertad de república ...
(2) « ... Esta division de ánimos en unas provincias cuya situacion las hace peligrosas por las
Lorsque celui- ci verrait que pour son avantage il pouvait se reposer sur
en se fondant sur le soutien des priviléges du pays que la noblesse attirait à elle
le peuple : l'observation de ces priviléges était donc une maxime dont il fallait
<< l'Empereur que les peuples voient que Votre Altesse y veille avec une
«< vigilance particulière , puisque ce sera le principal moyen de leur faire juger
<
«
< inutile leur dépendance de la noblesse ; et alors il deviendra plus facile
« les erreurs que la malice avait su introduire , sous les apparences de l'aus-
« térité, à l'appui des propositions condamnées par l'Église dans les écrits de
<
«
< Jansenius et de ses adhérents ( 3) . » Il ne se dissimulait pas toutefois les
inconvénients qui pouvaient résulter d'un excès de zèle, car il disait immédia-
tement après à sa sœur : « La jalousie qui règne entre les jésuites et ceux qui
<< ne suivent pas leur doctrine scolastique , a pour effet ordinaire de troubler
<< discerner ce qui est vrai d'avec ce qui est l'effet de la passion , au moyen
« et c'est là un point bien délicat , vu la division qui règne dans les esprits .
« Il n'est pas juste que la méchanceté puisse décréditer des hommes savants
(1) <«< ...La razon de Estado aconseja el procurar con todo disímulo introducir divisiones entre el
primero y segundo órden de la nobleza , y entre esta y el pueblo , porque quando este llegare á
afianzarse de la autoridad de V. A. y presumiere sus ventajas con independencia de la nobleza ,
cessará aquella subordinacion que en los exemplos antiguos fué causa de las revoluciones y de la
separacion de las provincias de Holanda ... >>
(2) « ... Y con efecto es conveniente que los pueblos vean que V. A. se interesa en esto con
particular vigilancia , pues será el medio principal de que crean inútil su dependencia de la nobleza
por este propósito ; y entonces sera más fácil la práctica de la division entre ella y la plebe , que es
un punto muy substancial y en que ha de obrar la prudenza y la discrecion , con summa delicadeza ,
secreto y disimulacion ... >>
(3) « ... Me ha parecido renovar la necesidad de la vigilancia contra los errores que supo
introducir la malicía , con las apariencias de la austeridad , en sostenimiento de las proposiciones
que la Iglesia condenó en los escritos de Jansenio y de sus sequaces... »
(4) « ... Es verdad que la emulacion entre jesuitas y los que no siguen su doctrina escolástica
suele ser causa de alterar el concepto de las gentes ; y en esta parte V. A. ha de procurar discer-
nir la verdad contra las pasiones , valiéndose de secretos informes y de personas en quienes no aya
sombra de sospechas que es un punto bien delicado por la ya introducida oposicion y division
de genios . Y no es justo que la malicía piense desacreditar los hombres doctos y virtuosos ,
dándoles el título de jansenistas... »
VIII PRÉFACE .
et les principes qui devaient le diriger ; l'état des finances royales ; les affaires
་
prétendre qu'à sa première visite Votre Altesse le fit asseoir, selon l'usage
« ment , tel que le mien , lorsqu'il assiste à quelque conseil d'État , j'ai jugé
< Glaces
<
« et en pied , après l'avoir assuré préalablement que , quand il se
< trouvera au conseil d'État , il y aura un siége pareil à celui de Votre Altesse ,
<
«
«
qui sera libre , au surplus , de ne pas l'appeler audit conseil ( 2) .
attribués à l'Archiduchesse par ses patentes (3) et qui étaient les plus amples
qu'un gouverneur ou une gouvernante des Pays-Bas eût jamais eus : en effet
elle avait le commandement des troupes ; elle était autorisée à faire faire tous
(2) « Pudiera pretender el cardenal de Alsacia , arzobispo de Malinas , que en la primera visita
le acordase V. A. la silla , segun el uso de España . Pero , siendo muy diferente el estilo de nues-
tra córte , donde no se concede silla en la primera visita al cardenal súbdito , y solamente se le
acuerda igual á mi persona en caso de asistir á algun consejo de Estado, he creido conveniente
que V. A. siga este mismo estilo , y que el ceremonial se arregle reciviendo V. A. al dicho cardenal
de Alsacia, en su primera visita , en la sala de los Espejos y en pie , con asegurarle antes que, en
el caso de ser convocado á algun consejo de Estado , se le dará silla igual en el modo á la de V. A. ,
conforme aquí se observa ; y arreglado en esta forma el ceremonial , quedará en el arbitrio
de V. A. no llamarle ni convocarle al consejo de Estado . >>
(3) En date du 1er septembre 1725. V. le t . III , p . 512 .
(4) Dans ses Mémoires (inédits) sur la constitution des Pays - Bas , le comte de Wynants dit à ce
sujet :
« Les instructions de madame Marie-Élisabeth , gouvernante générale des Pays-Bas aujourd'hui ,
pour autant qu'elles me sont connues , sont très-amples et très- générales , même plus que celles
de madame Élisabeth- Claire- Eugénie , qui pendant la vie de l'archiduc Albert en fut souveraine .
<< Pour ce qui concerne celles qu'elle peut avoir de la main propre de l'Empereur, son frère ,
c'est un secret entre ces augustes personnes que j'ignore , aussi bien que la communication secrète
qu'il y a entre eux en matière de gouvernement . Ce qu'on en voit par les opérations est qu'elle
confère toutes les charges , dignités et bénéfices ci- devant exceptés et réservés à la personne du
souverain .
<
«
< Elle a conféré les abbayes réservées , la place de président de Malines , celles du conseil privé ;
aux évêchés vacants elle a nommé ; et quoique la cour de Rome soit fort pointilleuse , les patentes
de nomination aux évêchés dépêchées par elle en vertu de l'autorité lui accordée par Sa Majesté
y ont été retenues : ce qui du passé n'a jamais été admis .....
<< Elle a aussi fait dépêcher les patentes de maître général des postes du Pays-Bas au prince de
PRÉFACE . IX
l'un des trois conseils collatéraux des Pays-Bas , il déclara, par un acte spécial ,
<< ni sujette aux règles et lois établies dans tous les articles des instructions
cardinal d'Alsace , sous prétexte qu'il était occupé de la visite de son diocèse ,
l'Archiduchesse , il devrait être exclu aussi bien de l'un que de l'autre, ajoutant
dans les occasions qui s'offriraient à l'avenir (4) . Il avait été choqué aussi de ce
de la princesse avec la calotte sur la tête pour que les autres évêques et les
abbés ne s'autorisassent pas de cet exemple, il leur fit signifier à tous que,
dans les audiences qui leur seraient données par l'Archiduchesse , ou lorsqu'ils
lui parleraient ailleurs , ils devraient être en pied et la tête découverte (5) .
la Tour , dépêche de tout temps réservée à la signature du souverain . On voit qu'elle donne des survi-
vances qui sortent effet , provisions également et absolument réservées au prince . A la vue de ces
opérations , il faut conclure que jamais aucune gouvernante générale n'a eu un pouvoir si étendu . >>
(1 ) Lettres patentes du 31 janvier 1733. V. p . 493 .
(2) Dans une dépêche du 27 octobre 1725 au comte Visconti , l'Empereur lui disait :
<< Toute votre étude doit être dirigée vers ce but, que le public envisage l'autorité de ma sœur
<<< comme étant absolue , sans la moindre restriction ni scrupule » ( Todo el estudio ha de ser diri-
gido que comparezca en el público, sin la menor limitacion ni escrúpulo, el curso absoluto de la
autoridad de mi hermana) .
(3) Ce fut le doyen du chapitre qui la reçut et lui donna la croix à baiser . (Relations véritables,
année 1725 , p . 655. )
(4) «< .... Me ha sido de summo desagrado que (el cardenal de Alsacia) esquivase cumplir con el
acto de recivir la serenísima Archiduquesa á la puerta de la iglesia de Sancta Gudula , vestido de
pontifical y á la cabeza del capítulo , para presentarla la reliquia de la santa cruz ...... ; y assí
se lo manifestaréis en mi real nombre ....., añadiendo que si pensare en concurrir á los consejos y
ausentarse de la audiencia , será excluido de uno y otro , y que tendré muy presente su conducta
para las ocasiones que ulteriormente se presentaren ..... » (Dépêche de l'Empereur au comte
Visconti, du 20 octobre 1725 reg. Despachos, Decretos y Ordenes por Flandes, 1720-1726 ,
fol . 223 vº , aux Archives du royaume . )
Cette admonition fit- elle impression sur le cardinal d'Alsace ? Le 4 novembre suivant , jour de la
fête de l'Empereur , ce prélat se rendit à Sainte- Gudule pour y chanter la messe , précédée du
Te Deum, et il reçut , à la porte de l'église , à la tête du chapitre , l'Archiduchesse , à qui il présenta
l'eau bénite . (Relations véritables, année 1725 , p . 711. )
(5) « Ha sido tambien muy reparable el exceso de los obispos de Tornay y de Ruremonda de
haverse presentado á la audiencia de mi hermana sin quitarse el solídeo , y os ordeno que , para no
dexar tan mal exemplo , y excusar que los demás obispos y abades no piensen en establecer tan
disonante tratamiento , prevengais á todos índistinctamente que , en la audiencia que pidieren á
mi hermana y en el acto de hablarla fuera de ella , deban estar en pie y descubiertos sin el
solídeo …………
. ( Dépêche citée en la note précédente . )
exprimer au duc son mari la surprise que lui causait ce manque d'égards envers
une princesse qui était non- seulement sa sœur , mais encore la gouvernante
III
La liste civile que les états avaient votée pour Marie-Élisabeth (2) lui permit
d'entretenir une cour qui ne le cédait pas en splendeur à celle de plus d'un
prince régnant. Dans les premiers temps qui suivirent sa prise de possession du
gouvernement, elle avait, pour grande maîtresse, la comtesse douairière d'Uhl-
feld, née comtesse de Sinzendorff ; pour grand maître , le comte Jules Visconti ,
d'une des plus illustres familles de la Lombardie ; pour grand écuyer, le prince
différait point de celle qui s'observait à la cour impériale ; les honneurs qu'à
présence , et il leur était interdit de venir au palais en carrosse à six chevaux (3) .
(1 ) « .... Tengo á bien ordenar y encárgaros que immediatamente hagais llamar al duque , y
le signifiqueis seriamente la estrañeza que me ha causado esta falta de obsequio , mayormente
quando por las circunstancias de distinguida nobleza que en la casa del duque concurren , y por
las señas que ha recivido de mi benevolencia , debería esmerarse en proseguir la respetuosa aten-
cion á quien , sobre la esphera realzada de archiduquesa hermana mia , tiene en esos paises el
superior grado y carácter de regirlos ; y le prevendréis que espero procurará en el venidero la
enmienda de esta poca plausible conducta , que trae consigo el perjuicio de la influencia de tan
mal exemplo ..... » (Dépêche du 6 juin 1731 au comte Visconti reg. Despachos, Decretos y
Ordenes por Flandes, 1727-1732 , fol . 156 vº . )
(2) V. le t . III , p . 20 .
( 3) C'est ce que rapporte le baron de Pöllnitz , et il ajoute : « Ces dames ont boudé pendant
(( quelque temps et n'ont pas paru à la cour : mais, voyant qu'on les laissoit dans leur mauvaise
Dans l'instruction secrète de l'Archiduchesse dont nous parlons plus haut, il y avait un article
qui regardait les dames de la haute noblesse ; il y était dit ( nous traduisons littéralement) :
(( Quoique , au temps passé , selon les règles de la cour de Madrid , les dames dont les maris étaient
PRÉFACE . XI
elle était servie par ses dames . Elle ne fit pas même exception à cette règle
lorsque ces princes , peu après qu'elle fut arrivée à Bruxelles , vinrent visiter
cette capitale . Ce fut le prince de Rubempré , son grand écuyer , qui les traita
en son nom ( 2 ) . En 1731 le duc François de Lorraine , qui plus tard épousa
une seule fois avec elle (3) . Elle voulut pourtant , avant qu'il quittât les Pays-
Bas, déroger en quelque façon à l'étiquette, pour lui faire honneur , et voici
comme elle s'y prit : elle le conduisit chasser dans le parc de Tervuren ; après
la chasse elle dîna avec lui au château : mais il fut entendu , et les journaux
l'annoncèrent ainsi , que c'était incognito (4) . Dans les grandes occasions Marie-
premier ministre ; à ce titre il avait entrée aux conseils d'État et privé toutes
grands d'Espagne pussent seules prétendre à la préséance dans les cérémonies et fêtes du
(( palais, je souhaiterais que , l'état des choses étant changé , un nouveau mode s'établit qui corres-
(( pondît à ce qui s'observe à ma cour : de manière que le premier rang appartînt d'abord aux
femmes des princes de l'Empire , ensuite à celles de mes conseillers intimes d'État, • puis à
«
< celles des gentilshommes de ma chambre , par rang d'ancienneté . Toutefois , considérant que cette
<< nouveauté peut produire des mécontentements et que peut-être les dames qui ne sont pas prin-
<< cesses de l'Empire , pour ne point reconnaître une préséance qu'elles ont toujours contestée ,
<< s'abstiendront de paraître auxdites fêtes et cérémonies , je laisse absolument ce point à la
<< volonté et discrétion de Votre Altesse . Au cas qu'elle rencontre des difficultés pour établir le
«
< cérémonial et les rangs qui sont observés ici , Votre Altesse s'en tiendra à l'usage des sérénissimes
«< infantes d'Espagne qui gouvernèrent les Pays-Bas, puisque sans doute il sera plus agréable à
«
< ces dames , étant mieux connu d'elles . »
>
(1 ) Marie-Amélie d'Autriche , seconde fille de l'empereur Joseph Ier . Charles -Albert aurait dit ,
à ce propos , suivant Pöllnitz (l . c . ) « qu'il étoit plaisant que lui , qui couchoit journellement à
<< Munich avec une archiduchesse , ne pût pas manger avec une archiduchesse à Bruxelles . »
<
«< au comte la faculté d'intervenir aux conseils d'État et privé, avec vote et préséance sur tous les
<
«< membres de l'un et de l'autre conseil , toutes les fois que cela serait jugé nécessaire » (para el
qual efecto le concedo la facultad de intervenir en los consejos de Estado y privado, con voto y prece-
dencia á todos los individuos de uno y otro, siempre que se halle necessario) . Visconti était con-
seiller intime d'État de l'Empereur : c'était à ce titre que la préséance sur les membres des conseils
d'État et privé des Pays- Bas lui était attribuée . Harrach en jouit au même titre.
XII PRÉFACE .
Charles VI, ayant, au mois de novembre 1732 , fait le comte de Visconti son
qui assure le mieux leur conservation . Vous devez donc employer à cela vos
tout ce qui peut conduire à un but si salutaire , sans oublier en même temps
effet vous voyiez que la noblesse du pays et les autres membres des états
formassent des liaisons desquelles pût résulter la moindre altération des lois
ou abus des placards qui les régissent , vous auriez à provoquer les mesures les
pussent jamais en concevoir de défiance . Car les habitants des Pays- Bas,
pourvu . Leur donner des motifs de défiance ou de croire que celle-ci réside dans
causèrent le démembrement des Pays- Bas . Il conviendra donc d'user avec eux
prudence dans les choses graves, vous leur teniez le langage de la vérité et de
(2) Elles portent la date du 17 novembre 1732. Elles sont dans le registre nº 86 de la chan-
cellerie des Pays -Bas , fol . 1 .
(3) « ART. 4. La buena inteligencia y concordia entre los súbditos es el medio que mas asegura
formasen su union , de la qual pudiesen resultar la menor alteracion de las leyes ó abuso de los
placartes que establecen su buen regimen , ha de ser cuidado vuestro excitar los medios más
proporcionados al reparo , obrando con tal disímulo y reserva que jamás lleguen á formar concepto
de la menor desconfianza , porque los naturales del Pais Baxo , aunque con el pretexto de sus
privilegios sostienen á veces algunos puntos que executados no dejarian de perjudicar la auto-
PRÉFACE . XIII
espèce de partialité : car , si les uns croyaient que vous soutenez les autres qui
peut-être ne sont pas de leur opinion ou de leur parti , une nouvelle jalousie
libre et exempt de toute prévention , et cela même vous fera acquérir le renom
surmonte les plus subtiles malices . A ce propos vous ferez voir que vous ne
donnez point part à votre commerce et à votre confiance aux faiseurs de projets ;
que vous n'admettez pas auprès de votre personne les flatteurs, contre lesquels
noblesse dans vos relations avec elle et en ce qui concerne la satisfaction de ses
votre caractère les députés des états des provinces et vous montrez gracieux
à leur égard ; que vous donnez à tous sans distinction une agréable audience ;
que vous estimez les ministres zélés pour le bien public et pour mon service ;
enfin que vous êtes désireux de connaître la vérité , pour la faire servir au bien
universel (1) . »
C'était une chose nouvelle, dans le gouvernement des Pays- Bas , qu'un
Harrach (2) , cette innovation ne plut pas aux Belges . Aussi Marie-Thérèse ,
ridad del govierno , se contienen facilmente quando sin violencia y muy naturalmente hallan
anticipada la prevencion ; y el darles motivo á la desconfianza ú á formar juicio de que esta reside
en el ánimo de mi hermana ú en el vuestro , seria el daño irreparable, como se experimentó en
tiempo de la serenísima duquesa de Parma y del cardenal Granvela , siendo de creer que su
temor y la desconfianza que concibieron de este ministro precipitó parte de la nobleza al error y
desórden que fué causa de la desmembracion de las provincias . Será pues muy del caso tratarlos
con sinceridad y franqueza , y que sin faltar al disímulo que en las cosas graves prescrive la
prudencia, hallen en vuestras palabras anticipada la verdad y la indiferencia , evitando que por
ningun modo puedan fundar desconfianza de vuestro proceder , ni fomentar cavilaciones y
quexas, á qué son facilísimos . >>
mais los buenos ministros y celosos del público bien y de mi servicio , y que estais deseoso de
escuchar las verdades , para consultar con ellas el beneficio universal . >>
(2) Le baron de Pöllnitz , qui à cette époque visita les Pays-Bas , s'exprime dans les termes les
plus flatteurs sur le compte de l'un et de l'autre . ( Lettres, t . III , pp . 128 et 129. )
Harrach s'attira , en 1734, une réprimande sévère de l'Empereur ; voici à quelle occasion .
Il avait présenté à Charles VI un mémoire où il proposait divers expédients pour le redressement
des finances aux Pays-Bas . Ce plan , ayant été soumis à l'examen du conseil suprême , donna lieu ,
de sa part, à des observations que l'Empereur communiqua à l'archiduchesse Marie-Élisabeth
dans des dépêches du 3 avril et du 7 juillet . Harrach se montra blessé de ces obscrvations , qu'il
Pays-Bas autrichiens. III SERIE . TOME IV. d
XIV PRÉFACE .
des Pays-Bas au duc Charles de Lorraine, voulut qu'il n'en fût plus question (1 ) .
IV
des métiers de Bruxelles et d'autres individus qui avaient pris part à ces
troubles ; les procédures commencées alors n'avaient pas entièrement pris fin ,
amnistie pour tout ce qui se rapportait aux tristes événements dont Bruxelles
ayait été le théâtre sous le ministère du marquis de Prié . Charles VI eut égard
considérés comme les chefs et moteurs principaux des troubles et qui n'avaient
attribuait surtout à l'un des membres du conseil , le comte de Cuvelier, et il s'en plaignit en des
termes peu mesurés , jusqu'à insinuer même que la signature de l'Empereur avait été surprise .
Charles VI , après avoir entendu , non-seulement le conseil suprême , mais encore la conférence
ministérielle d'État , qui l'un et l'autre trouvèrent inconvenante la conduite du comte, chargea
l'Archiduchesse , par une dépêche du 20 octobre , <
« d'appeler son grand maître et de l'avertir très-
«
< sérieusement d'écrire à l'avenir avec plus de modération , plus de modestie et avec tout le respect
« dû , surtout lorsqu'il s'agirait d'exécuter des ordres signés de sa main , attendu qu'il devait
(( n'y considérer que sa personne même . » (He venido en resolver que V. A. , llamando al conde
Federico de Harrach, su mayordomo, le advierta muy seriamente que de aora en adelante escriva
con mayor moderacion y modestia de simismo y con todo el debido respeto, mayormente quando
se trate de cumplir órdenes firmados de mi mano, porque en ellos solo debe considerar mi
persona . )
(1) Sur un rapport de la conférence ministérielle d'État du 19 octobre 1743 où un nouveau
plan pour le gouvernement des Pays-Bas lui était présenté , elle écrivit de sa main , après avoir
indiqué les seules mesures que pour le moment elle jugeât à propos de prendre : « Sur cela le
<«
< conseil aura à travailler les instructions et informations , NE VOULANT POINT DE PREMIER MINISTRE
<< NI DONNER MÊME AUTANT D'AUTORITÉ A UN GRAND MAITRE COMME CI- DEVANT , desquels les Flamands ont
« été si jaloux , et d'où sont venus tous les partis qui ont tant nui à mon service et au bien de
((
l'État. »
> (Registre nº 114 de la chancellerie des Pays- Bas . )
(2) Acte du 11 septembre 1725 , dans nos Documents inédits concernant les troubles de la
Dans ses Lettres (1) le baron de Pöllnitz fait un grand éloge de Marie-
Élisabeth . Il est vrai que cette princesse était un modèle de piété et de charité .
Les journaux du temps sont remplis de détails sur les cérémonies religieuses et
trer le Viatique dans les rues de Bruxelles , elle descendait de son carrosse et
jamais elle ne manquait , le Jeudi- Saint , de laver les pieds à douze pauvres
vieilles femmes et de les servir à table , après les avoir habillées de neuf (2) .
De sa charité on peut dire qu'elle était inépuisable : « Elle ne sait » - - écrit
Pöllnitz -―― «
< ce que c'est que de refuser les malheureux ; elle voudrait être en
<
«
< état de faire du bien à tous ceux qui lui demandent ( 3 ) . » Le jour de Sainte-
Lucie (13 décembre) , qui était celui de sa naissance et de son nom, elle faisait
à celui des années qu'elle venait d'accomplir , une bourse où était renfermé de
l'argent (4).
Les plaisirs lui prenaient peu de son temps . La chasse était celui que ,
était invitée la noblesse : la bourgeoisie à cette époque n'avait pas l'accès des
palais royaux ; elle devait se contenter des bals qui lui étaient offerts au théâtre .
toutefois d'être trop lente à se résoudre . C'est le baron de Nény ( 6) qui nous
<< d'une conscience timorée , ne se bornoit pas aux sentiments de ses ministres
<<< et de ses conseils en bien des affaires ; elle en consultoit d'autres en parti-
<<< souvent pas conformes . De là Son Altesse Sérénissime tomboit dans des
<
«< irrésolutions qui l'engageoient à demander de nouveaux éclaircissements ,
<<< des consultes ultérieures , qui à la fin devenoient si prolixes et si étendues que
(6) Secrétaire de Marie -Thérèse , frère puîné du comte de Nény , chef et président du conseil
privé , auteur des Mémoires historiques et politiques sur les Pays-Bas autrichiens .
XVI PRÉFACE .
<< la princesse ne pouvoit plus trouver le temps de les lire ni les conseils celui
une influence qui se fit trop sentir , surtout dans les rapports du gouvernement
clergé belge, la fameuse bulle Unigenitus (2) . Charles VI se vit plus d'une fois
citerons, pour exemple , l'affaire Du Cellier , qui fit grand bruit en ce temps-là .
«< conservation
< de la tranquillité publique , sans exiger ni permettre qu'on
Unigenitus : en ayant reçu une réponse négative , il lui refusa les sacrements ,
et, après qu'il fut décédé , il refusa de même à son corps la sépulture ecclésias-
firent-elles même signifier , par notaire , un acte de protestation , au cas que leur
frère ne fût pas inhumé en terre sainte : les instructions expresses qu'il avait de
au couvent des frères Cellites , en attendant qu'une décision fût prise sur le
point de savoir s'il avait droit à la sépulture en terre sainte ; elle chargea le
ecclésiastique en cette matière ; lorsqu'elle eut reçu son rapport , elle assembla
une junte de cabinet pour en délibérer , et enfin , le 19 mai , elle renvoya les
(1) Notice des manuscrits concernant l'histoire de la Belgique qui existent à la Bibliothèque
impériale, à Vienne, in-8° , 1864 , p . 147 .
(2) Dans un rapport que fit , le 23 décembre 1773 , le comité établi pour les affaires des jésuites
après la suppression de la Société , on lit que « la Société régna dans les Pays-Bas , sous le nom
<< du confesseur, le P. Amiodt , pendant toute la vie de l'Archiduchesse . »
Il y a sans doute de l'exagération dans ce jugement . Le comité , qui se composait des conseillers
Le Clerc, comte Philippe de Nény , Cornet de Grez et Limpens , était très- hostile aux jésuites.
(5) Page IV .
PRÉFACE . XVII
était ordonné de leur administrer bonne et briève justice , suivant les règles de
l'Empereur une affaire qui avait eu un tel retentissement ; elle lui en rendit
venu en cela aux ordres de l'Empereur, car « ceux qui , à l'article de la mort ,
« avoir été interpellés et exhortés par leurs curés , devoient être réputés et
<< censés s'opposer avec scandale , et même assez publiquement , à cette bulle .
« Il semble donc continuait l'Archiduchesse que Votre Majesté
« ecclésiastiques .... Pour moi , je serois d'avis , sous le bon plaisir de Votre
« Majesté , que , pour accomplir ses intentions royales pour la conservation de
« portée par ses lettres circulaires du 26 mai 1723 , d'exiger des sous-
«< criptions à la bulle Unigenitus, ne dépouille pas les curés de la faculté
d'interroger ceux qui sont à l'article de la mort sur les décisions dogma-
<< terre sainte, lorsqu'ils jugent les moribonds indignes de recevoir lesdits
(1 ) Il ne paraît pas que les demoiselles Du Cellier aient poursuivi l'affaire devant la juridiction
ecclésiastique , car , d'après les Mémoires historiques sur l'affaire de la bulle Unigenitus dans
les Pays-Bas autrichiens, t . II , p . 155 , le corps de leur frère demeura toujours en séquestre au
L'EMPEREUR ET ROI .
Madame ma très- chère et très-aimée sœur , rapport m'ayant été fait de la relation de Votre
Altesse du 8 juillet de cette année et des papiers et documents qui y étoient joints, à l'égard du
différend survenu à Bruxelles, au mois de mars dernier, touchant l'administration des derniers
sacrements et par rapport à la sépulture en terre sainte du défunt bénéficié Charles -François Du
Cellier, je veux bien faire cette à Votre Altesse pour lui dire que j'approuve l'ordre que Votre
Altesse a observé dans la discussion et examen des questions et difficultés mues à cette occasion,
aussi bien que la résolution qu'elle a prise de faire séquestrer et transporter au couvent des
frères Cellites le corps dudit défunt, pour y être gardé jusques à ce que le procès intenté à ce
sujet par les sœurs du même défunt ait été décidé , servato juris ordine, par le juge ecclésias-
tique, par-devant lequel Votre Altesse a renvoyé lesdites sœurs.
Et pour ce qui concerne les difficultés qui, pour l'avenir, pourroient naître au sujet de la
question si les curés, avant d'administrer les derniers sacrements aux moribonds, peuvent leur
faire des interrogations sur leur sentiment à l'égard de la bulle Unigenitus, Votre Altesse , avec
sa prudence ordinaire, fera connoître au cardinal archevêque et aux évêques du pays que ma
volonté royale est que lesdits curés, après avoir appris du malade qu'il s'est confessé et qu'il a
reçu l'absolution, seront obligés de lui administrer les derniers sacrements, sans lui faire autre
interrogation au sujet de ladite bulle .
CHARLES.
et qu'il en pourrait résulter des embarras avec le saint- siége . Elle voyait donc
pratique , tandis que , en continuant d'employer les moyens dont on avait usé
dès le principe et qui étaient basés à la fois sur la douceur et sur la crainte par
laquelle les novateurs pouvaient être retenus, elle espérait voir le calme se
dont on avoit usé auparavant avec eux , et je puis assurer Votre Majesté que l'un de mes premiers
et principaux soins étoit de tâcher de les réduire aux bornes prescrites par les dépêches de Votre
Majesté du 26 mai 1723 , par lesquelles Votre Majesté déclare que la bulle Unigenitus est dogma-
tique, et que ses ordres absolus sont que la publication de la même bulle tienne lieu et sorte son
plein et entier effet, par où ladite bulle est devenue une règle de foi et d'État : ce qui doit servir
de loi pour affermir la discipline et la subordination canonique .
« C'est dans l'esprit desdites résolutions de Votre Majesté que je me suis appliquée à empêcher ,
avec des principes de douceur et de modération mêlés d'autorité , les ecclésiastiques inquiets et
indociles de s'élever, par un procédé indécent et plein d'aigreur , contre leurs supérieurs : dont je
compte de venir à bout peu à peu , pourvu qu'il plaise à Votre Majesté d'agréer que je continue à en
PRÉFACE . XIX
lesquels elle était fondée : « Bien que j'aie approuvé — répondit- il à sa sœur —
«
< ce que Votre Altesse a fait dans le cas du défunt Cellier , il a fallu pour
<< l'avenir examiner la question si les curés peuvent demander aux moribonds
<< leur sentiment sur la bulle Unigenitus . Or , si j'ai défendu qu'on oblige les
<< vivants à souscrire la bulle, le même motif s'oppose à ce qu'on interroge sur
«
<
< la bulle ceux qui sont à l'article de la mort , car il n'y a pas de différence
<< de la mort sur le point de savoir s'ils admettent , ou non , des dogmes ou
<< duction de cette nouveauté peut causer de plus grands désordres, au préjudice
<< du repos public. La véritable règle est que , lorsqu'il conste au curé que le
« malade a été absous par un confesseur approuvé , il doit lui administrer les
« le pénitent est bien pénétré des articles de notre doctrine catholique sans
<
«
< tique, il n'est pas douteux qu'il n'appartienne au clergé, en observant ce que
«
prescrit le droit, et c'est ainsi que je l'ai déclaré : vouloir par voie sommaire
« l'absolution et les sacrements à celui qui est tenu avec certitude pour impé-
<
༥ nitent, puisqu'il doit se garder d'un sacrilége : mais , là où ce danger n'existe
༥
point et où le temps permet l'observation de l'ordre légal , il faut qu'il soit
user de même , avec le même zèle pour le bien de l'Église et pour celui de l'État , qui n'en peut pas
être séparé, comme je l'ai fait jusques ici ; dont le succès a été assez heureux , puisque je puis
assurer Votre Majesté que le nombre des novateurs est diminué considérablement, et que ceux
qui étoient fort opiniâtres avant mon gouvernement sont devenus plus traitables et plus soumis ,
de même que ceux qui les favorisoient dans les cours supérieures de ce pays , qui tiennent à
présent une conduite assez circonspecte pour ne se pas opposer à mon empressement et à mon
désir d'établir le calme dans l'Église et dans l'État dans toute l'étendue de mon gouvernement .
<< Mais les choses pourroient changer de face si les ordres portés par ladite dépêche de Votre
>>
Majesté du 22 novembre dernier devenoient publics.... ›
(1) « .... Hasta nueva órden mía.... >>
L'Empereur ne crut pas devoir communiquer au conseil suprême des Pays-Bas la représen-
tation de l'Archiduchesse .
XX PRÉFACE .
« mon désir est de voir s'éteindre cet incendie qui a pris naissance dans
«<
l'opposition à une bulle dogmatique et admise , j'approuve que Votre Altesse
<< par tous les moyens possibles et naturels , à déraciner cet excès ou scandale
« des opposants à la bulle , en les châtiant avec rigueur : bien entendu qu'elle
<< de ne pas attiser le feu des disputes et des oppositions parmi les fidèles , ils
« aient à s'abstenir d'imposer pour règle aux curés de demander aux moribonds
« s'ils admettent ladite bulle (puisqu'il suffit que les confesseurs , en vertu des
<< instructions qu'ils auront des évêques , s'assurent de la disposition des péni-
<< tents touchant les articles de notre sainte foi) , et que tout jugement pour
(1 ) < ......... Si bien con justo motivo aprobé quanto V. A. practicó en el caso del difunto
Cellier, para lo succesivo fué preciso examinar la question si los curas ó parrocos pueden
preguntar á los moribundos sobre la admision de la bula . Y si en vida prohibí que se les
obligase á la subscripcion , milita el mismo acuerdo en la interrogacion á los que están cercanos á
morir, no haviendo diferencia entre la pregunta de apremio que se haze á estos y la subscripcion
que se pretendia de los sanos ; ni ay precepto de la Iglesia que mande hazer semejantes interro-
gaciones, in articulo mortis, sobre si admiten ó no dogmas ó artículos de bulas dogmáticas ,
especialmente fuera de la confesion . Con qué el introducir esta novedad puede causar mayores
confusiones , contra la comun quietud : siendo la verdadera regla que , constando al parroco que
el enfermo está absuelto de confesor aprovado , debe administrarle los sacramentos y sepultura ,
evitando escándalos perjudiciales ; bastando que el confesor en aquel acto de la confesion se
asegure (como debe) que el penitente está bien puesto en la fee de los artículos de nuestra
cathólica doctrina, sin cuya circunstancia es cierto que le negará la absolucion .
<< Y en quanto al juicio sobre negar ó conceder sepultura ecclesiástica , no ay duda que toca á los
ecclesiásticos con el órden del derecho ; y assí lo he mandado advertir , porque el querer por via
sumaria y extraordinaria declarar la privacion de la sepultura , es atentado y exceso que ningun
soberano puede disimular sin faltar á la ley de la regia suprema proteccion . Ni esto se opone á
que el parroco en sus casos pueda negar la absolucion y los sacramentos á uno que se considera
con certidumbre impenitente , pues debe evitar el sacrilegio : pero donde no ay este peligro y el
tiempo permite la observanza del órden legal , es preciso que se practique esta , y que V. A. lo
sostenga , siendo mas necesario este cuidado quanto son mas ordinarios los tentativos de los
ecclesiásticos á estender su mano en agena mies , vulnerando la supremá regia jurisdicion .
É introducidas por la tolerancia semejantes usurpaciones , no se pueden remediar sin gravísimas
dificultades .
<< Pero aunque todas estas razones fundan mi resolucion primera , como mi ánimo es que se
extinga este empezado incendio del contraste y oposicion á una bula dogmática y admitida ,
apruebo que V. A. suspenda la publicacion del citado despacho , y que se dedique por todos los
medios posibles y naturales á desarraygar este exceso ú escándalo de los contradicentes , osten-
tando rigor en su escarmiento , pero con la circunstancia de prevenir reservadamente y por actos
de confianza al cardenal de Alsacia , arzobispo de Malinas , y á los prelados que fuere menester ,
que usando de discrecion y por no aumentar el fuego de las contestaciones y oposiciones de los
fieles , se abstengan de fijar por regla á los parrocos el preguntar á los moribundos por la
admision de dicha bula, bastando que los confesores , mediante las instrucciones que tengan
de los obispos , se aseguren de la disposicion de los penitentes en los artículos de nuestra santa
fee, y que qualquiera juicio sobre denegar sepultura sea juris ordine servato . . . . » (Dépêche
du 27 décembre 1727 , dans le registre nº 85 de la chancellerie des Pays-Bas, fol . 45. )
1
PRÉFACE. XXI
Un bal devait avoir lieu au palais le 5 février 1731 ; des préparatifs se faisaient ,
depuis plusieurs jours , dans les offices , pour cette fête . Dans la nuit du 3 au 4
le feu prit à la partie de ces offices qui était située au-dessous de l'appartement
n'eut que le temps de passer une robe et un bas et de se réfugier chez le prince
de Rubempré , dont l'hôtel faisait face au palais . Les flammes s'étendirent bientôt
à tout l'édifice , et ce fut seulement à huit heures du matin qu'on en put arrêter
les ravages ;
il ne restait plus alors , de ce palais bâti par les ducs de Brabant ,
que Philippe le Bon , Charles- Quint, les archiducs Albert et Isabelle avaient
rent, ou consumées par le feu , ou des suites des brûlures qu'il leur avait
qu'elle devait porter au bal et qui était garni de diamants , de perles, de pierre-
ries , fut la proie des flammes ; il en fut de même de quantité d'objets précieux
eut d'autres pertes plus difficiles encore à réparer : ainsi les archives du conseil
anéanties ; les magnifiques toiles de Rubens qui ornaient le salon dit d'Espagne,
Luxembourg et de Namur .
(1) V. , pour de plus amples détails , notre notice intitulée L'incendie du palais royal de
Bruxelles , dans les Bulletins de l'Académie , 2º série , t . XXXV .
(2) Pag. 91 .
Pays-Bas autrichiens . - III SÉRIE. TOME IV . f
XXII PRÉFACE .
18 octobre 1734 (3) , renouvelle , en les renforçant , les dispositions des anciens
Par des mesures spéciales ( 27 novembre 1728 , 16 juin 1732 , 7 juin 1734)
velles historiques, politiques, critiques et galantes, qui paraissait deux fois par
<< siége que de plusieurs princes et États (4) » ; des Cérémonies et Coutumes de
tous les peuples du monde, livre en quatre volumes imprimé aussi à Amsterdam ,
<< on ne gardait aucun ménagement pour les personnes les plus élevées en
« dignité , et qui était plutôt à réputer pour un libelle diffamatoire que pour une
« défendre indifféremment tous les livres défendus par l'autorité seule des
༥ ecclésiastiques ou décrétés en la cour de Rome . »
L'ordonnance du 12 août 1730 qui interdit les jeux de hasard , statue qu'ils
annule toutes obligations , toutes lettres de change , ainsi que tout engagement
de bijoux , de vaisselle et d'autres effets qui seraient résultés de ces pertes (7) ;
Les lettres patentes du 26 mars 1732 déterminant les réserves sous lesquelles
le nonce du saint- siége aux Pays-Bas pourra user des facultés et des pouvoirs
(1) Pag. 93 .
(2) Pag. 261 .
(3) Pag. 376 , 422 et 563 .
«
quantité de vagabonds , de l'un et de l'autre sexe , qui s'y sont répandus (4) » ;
Six ordonnances sont relatives aux monnaies . Trois (1er mars 1726 , 7 juin 1731 ,
4 août 1732) fixent le taux auquel seront reçues dans les Pays-Bas certaines
d'une monnaie nationale , les demi- escalins dits plaquettes ; les deux autres
(10 février 1726) confirme ceux de ses sujets aux Pays-Bas qui , durant la
s'établir dans ces provinces (9 ) ; il ajoute (23 novembre 1729) à ces mêmes
(1 ) Pag . 465 .
(2) Pag. 471 .
(3) Tom. III , p . 515.
(4) Pag. 537 .
(5) Pag . 540 .
(6) Pag . 10 , 371 , 454 .
(7) Pag. 2 et 7 .
(8) Pag. 6 .
(9) Pag. 154.
(10) Pag. 281 .
(11 ) Cet article porte : « Que ceux qui sont extraicts d'aucune noble race de sang et maison , ou
< ceux dont les père et aïeul paternel et eux auront vescu publicquement comme personnes
«
<< nobles et pour telz auront esté communément tenuz et réputez , ou qui , ou leurs prédécesseurs
paternelz en ligne directe masculine , auront esté honorez de nos ancestres ou de nous du
((
degré de noblesse par lettres patentes d'anoblissement sur ce dépeschées , ou qui , a CAUSE DE
<«<< LEURS ESTATS , offices ou charges , ou de celles de leURS PÈRES OU AÏEULS PATERNELS , ONT DROIT
<< DE CE FAIRE , respectivement , pourront seuls (et nuls autres) prendre ou s'attribuer la qualité
<< d'escuyer, noble ou autre titre de noblesse , etc. »
1
XXIV PRÉFACE .
nobles (1 ) ; il statue ( 9 mai 1731 ) que les lettres patentes de noblesse , chevalerie ,
sans valeur aux Pays-Bas ( 2) . Afin de mieux assurer l'effet de cette dernière
fiscaux d'intenter des poursuites contre ceux qui se serviront de titres nobi-
liaires ou d'armoiries obtenus par un autre canal que celui du conseil suprême
établi à Vienne pour les affaires des provinces dont l'administration lui est
confiée ( 3) .
sance des procès criminels et des sentences à rendre contre ceux qui pren-
stances , telles que les défenses de la sortie des grains , des chevaux , des bois
propres aux fortifications , de l'or , de l'argent , et les actes dont l'objet est sans
aucune importance) :
ries ou fiefs situés sur les frontières des Pays-Bas à des étrangers non résidant
fixement dans ces provinces, à moins qu'ils n'en aient obtenu l'autorisation du
gouvernement ( 5) ;
première , que nul ne sera nommé à des charges publiques requérant le degré
de licence ni reçu avocat sans avoir étudié quatre ans dans l'une des univer-
sités des États de l'Empereur ( 6) ; la seconde , que ceux qui auront pris le
exercer la médecine ( 7) ;
dans les Pays- Bas de toutes sortes de vieux habits ( 8) : ordonnance qu'avait
( 1 ) Pag. 335 .
(2) Pag. 364.
(3) Pag. 557 .
(4) Pag. 6 , 84, 94, 533.
(5) Pag. 328 .
(6) Pag. 388.
(7) Pag. 457 .
(8) Pag. 393.
PRÉFACE . XXV
qu'en 1664 leur ville avait cruellement souffert de la contagion causée par
des habits vieux importés de la Grande -Bretagne ;
des anciens placards sur la réparation des chemins , le nettoiement des rivières ,
Les décrets des 18 février 1726 et 13 avril 1733 faisant défense aux magis-
trats des villes et des châtellenies d'envoyer des députés en cour sans l'autori-
sation du gouvernement ( 3) ;
nants à l'Empereur aux Pays -Bas (4) ; les secondes, les droits d'entrée , de
Indes ( 8), actions sur lesquelles la spéculation s'exerçait alors que la ruine de
Passant aux actes qui ont un caractère purement provincial , nous parlerons ,
Le premier (13 avril 1726 ) statue que le grand conseil peut prendre connais-
poursuite des crimes surannés commis par des individus ayant leur domicile
dans la province (1 ) .
l'avenir des prolongations successives de vente de fiefs déshérités par les posses-
seurs et propriétaires de leur vivant , pour être vendus après leur décès ( 2) .
juger de la nécessité d'établir des curés ou vicaires dans les églises du diocèse
souveraine (4) .
Luxembourg (6) .
bre 1725 ( 7 ) , aux termes duquel les prévôt et jurés de Tournay devaient
appeler aux jugements criminels touchant vie ou membre le grand bailli ou son
lieutenant et les deux plus anciens conseillers du bailliage, statue qu'en cas
conseil de Luxembourg ont pour objet , ou leur régime intérieur , ou des points
Le grand conseil ( 7 mars 1727 ) fixe les délais dans lesquels la révision de
l'appel de ses sentences doit être demandée ( 9) ; il renouvelle à son garde- sacs
conseil de Flandre les procès de ce conseil , après qu'ils auront été décidés (10 ) .
(1 ) Pag. 107 .
(2) Pag. 150 .
(3) Pag. 374 .
(4) Pag. 442.
(5) Pag. 556 .
(6) Pag. 192.
(7) Tom . III , p . 527 .
(8) Pag. 70 .
(9) Pag . 95 .
(10) Pag. 109 .
(11 ) Pag. 38 .
PRÉFACE . XXVII
(15 février 1729) que dorénavant aucunes requêtes , écritures , motifs ou autres
déductions de droit ne seront reçus s'ils ne sont rédigés et signés par des
avocats qui ont été admis à plaider devant lui ( 1 ) ; il décide que les sentences
les vacations et frais de copies que les procureurs et les avocats pourront, dans
les procès avant de les fournir , afin de s'assurer s'ils sont en état ( 4 ) . Il ordonne
(19 novembre 1727) que , dans les requêtes introductives , actes du rôle et
autres écritures , toutes les parties soient mises en qualité des causes, par nom
du côté maternel , étaient requis pour être admis à l'état noble de Luxembourg,
en ce sens qu'il suffit que l'aïeul paternel et l'aïeul maternel aient été anoblis
et noblement alliés, et il ajoute : « Bien entendu que ceux dont les père, aïeul ,
« pour tels, du moins pendant les derniers cent ans , sans avoir fait aucun acte
«<
dérogatoire , seront admis (7) .
de Hainaut ( 8 ) . Ce dernier exigeait deux alliances nobles dans les quatre géné-
de 1731 porte que les deux alliances doivent s'entendre « des filles dont les
clergé de Hainaut . Par le premier ( 30 octobre 1731 ) la liberté de ses choix est
laissée tout entière au clergé, «< en sorte cependant que l'un des députés soit
(1 ) Pag. 239 .
(2) Pag. 247.
(3) Pag. 274 .
(4) Pag. 119.
(5) Pag. 125 .
(6) Tom . III , p . 529 .
(7) Pag. 270 .
(8) Tom . I , P. 379.
(9) Pag. 365 .
(10) Pag. 392.
(11 ) Pag. 566 .
XXVIII PRÉFACE .
Des actes , au nombre d'une dizaine , qui sont relatifs aux administrations
provinciales , nous n'en voyons guère qu'un sur lequel il y ait à appeler
l'attention : ce sont les lettres patentes du 28 mai 1729 qui autorisent les états
de Brabant à lever une somme de près de quatorze cent mille florins pour le
remboursement des capitaux hypothéqués sur les revenus des postes , leur
somme avec les intérêts , et déterminent les règles à observer , dans ses rapports
avec eux, par le prince de la Tour et Taxis , à qui l'Empereur avait donné le
BRABANT . -
Ordonnance du 20 janvier 1727 défendant de fumer dans les
granges, les écuries, sur les tas de fumier et les toits en chaume (2) .
villages de faire relier , chaque année , les actes de partage , de vente et autres
de cette nature, après les avoir classés et numérotés suivant leur ordre de
date ( 3 ) .
Décret du 2 août 1728 sur le salaire des secrétaires des villages (4) .
pâturage commun ( 8) .
de recevoir, pour les blanchir , des toiles écrues de plus de soixante- cinq aunes
de longueur (10).
défendant d'entrer dans les granges et les écuries avec des chandelles et des
enclavées dans la province de fréquenter les cabarets, les jours de fêtes et les
dimanches , pendant les offices divins , et fixant les heures où les cabarets devront
être fermés ( 4) .
obtenu le degré de licencié en droit dans une université des États de l'Empereur
tout ou en partie , leurs droits communaux , de les racheter , à peine de les voir
Ordonnance du 23 août 1729 ayant pour objet de faire cesser les abus et
maréchaussée dans la province pour lequel les états s'étaient concertés avec le
conseil (13) .
la province de faire lier ensemble et numéroter, par année , tous les actes
1
fermiers de la province d'ensemencer deux bonniers , par charrue, de leurs
salaire des chefs- tuteurs et de leurs greffiers dans les ville et châtellenie de
COURTRAY (4).
règlement pour la ville d'ENGHIEN fait par le magistrat , les notables et les
veur général des domaines de MALINES sont les premiers et principaux audi-
teurs des comptes de cette ville et que, comme tels , il leur compète de dicter
NAMUR (9 ) .
Autre décret , en date du 17 mars 1728 , statuant que tous ceux du magistrat
Décret du 23 novembre 1733 statuant sur les différends qui s'étaient élevés
ment faits entre le magistrat de RENAIX et les curés des deux paroisses de la
ville touchant les frais des funérailles et autres frais d'église dont profitaient
lesdits curés (3 ) .
et la liste , formés par le magistrat de la même ville , des droits et salaires des
châtellenies de Flandre , par les personnes faisant partie de ces corps (8) ,
Il y a d'autres actes , d'un caractère local , que nous ne devons point passer
Les lettres patentes du 31 octobre 1729 qui érigent une chambre de com-
avait proposé quelque chose de plus ; il aurait voulu que ces femmes fussent
Les statuts et règlements donnés aux corps de métiers se rapportent aux villes
et aux corporations suivantes ; il nous paraît suffire d'en indiquer les dates :
: Scieurs de bois , 30 jan-
ANVERS Passementiers, 13 septembre 1728 ( 5) ;
(1 ) Pag. 458 .
(2) Pag. 503 .
(3) Pag. 520 .
(4) Pag. 534.
(5) Pag. 179 .
(6) Pag. 284.
(7) Pag. 100 .
(8) Pag. 462.
(9) Pag. 440 .
( 10) Pag. 158 .
( 11 ) Pag. 324 .
(12) Pag. 321 .
(13) Pag. 195 .
( 14) Pag. 582.
(15) Pag. 378 .
(16) Pag. 183 .
(17) Pag. 434 .
(18) Pag. 186.
PRÉFACE. XXXIII
métier (4) , et les motifs en sont , non-seulement que les brasseurs de Hal
vendaient aux habitants de mauvaise bière, mais encore qu'ils les laissaient
souvent en disette .
Deux décrets font droit , dans une certaine mesure , à des griefs que les
bre 1728 ) défend à tous privilégiés de donner du travail chez eux à des
personnes non reçues dans ces métiers ( 5) ; l'autre (13 novembre 1731 ) déclare
qu'il n'est pas permis aux hallebardiers de la cour de faire trafic de métier
clos sans être admis au métier dont ils veulent exercer le commerce ( 6) .
Tournay dans le droit de faire course et visite chez les marchands grossiers
c'est le décret du 5 février 1726 par lequel les doyens des métiers d'Anvers
bourgeoise (8) .
D'autres lettres du 1er juin 1729 et du 6 août 1730 , qui confirment les
(1 ) Pag. 277.
(2) Pag. 164.
(3) Pag. 168 .
(4) Pag. 317.
(5 ) Pag. 204 .
(6) Pag. 397.
(7) Pag. 306 .
(8) Pag. 5 .
(9) Pag. 82.
(10) Pag. 120 et 361 .
(11 ) Pag. 254 et 329.
Enfin l'on trouve, dans ce volume, un assez grand nombre d'actes qui
statuent sur des points relatifs à l'administration des communes rurales . Ces
communes sont toutes du duché de Brabant ; nous en donnons ici la liste avec
(1) Pag. 81 .
(2) Pag. 149.
(3) Pag. 243 .
(4) Pag. 98 .
(5) Pag. 266 .
(6) Pag. 214.
(7) Pag. 288 .
(8) Pag. 163 .
( 9) Pag. 147 .
(10) Pag. 106 .
(11 ) Pag. 146 .
(12) Pag. 360 .
(13) Pag. 67 et 96 .
(14) Pag . 379.
(15 ) Pag. 242.
( 16 ) Pag. 108 .
(17) Pag. 297 .
FIN DE LA PRÉFACE,
TABLE DE LA PRÉFACE .
Continuation de la paix . I
Craintes que fait concevoir pour son maintien la mort du roi de Pologne Frédéric-Auguste Ier ib .
Charles VI veut que sa sœur ait la même autorité que ci -devant les infantes d'Espagne . • III
ib .
Projets d'instructions pour cette princesse formés par le conseil suprême des Pays-Bas
Instruction générale arrêtée par l'Empereur . • ib.
Articles de cette instruction qui concernent la religion et l'autorité royale , le choix des évêques, les
conflits de juridiction entre ceux-ci et les conseils de justice, l'observation de la bulle Unigenitus,
l'érection de nouveaux couvents, la mainmorte , la menace et la publication de censures ecclésiastiques . ib.
Instruction secrète donnée à l'Archiduchesse . VI
Articles de cette instruction concernant la constitution des Pays-Bas , la religion et l'autorité royale, les
jésuites et les jansénistes , le cardinal d'Alsace , archevêque de Malines . ib.
L'Empereur fait témoigner son mécontentement au cardinal archevêque de Malines de ce que , à l'arrivée
de sa sœur, il ne l'a pas reçue à Sainte -Gudule • IX
Il fait signifier aux évêques et aux abbés que, lorsqu'ils parleront à l'Archiduchesse, ils devront être en
pied et la tête découverte . · : • ib.
Il fait témoigner sa surprise au duc d'Arenberg de ce que la duchesse sa femme est allée à Paris sans
en avoir demandé la permission à l'Archiduchesse . X
Personne n'est admis à la table de la princesse , qui ne fait exception à cette règle, ni pour le prince
électoral de Bavière , ni pour l'électeur de Cologne, ni pour le duc François de Lorraine • XI
Particularité relative à ce dernier prince ib.
Amnistie accordée, sur les instances de l'Archiduchesse, aux personnes impliquées dans les troubles de
Bruxelles de 1718 XIV
Piété et charité de l'Archiduchesse • XV
Application qu'elle apporte aux affaires ; lenteur qu'elle met à se résoudre . ib.
Causes de cette lenteur ib.
S V. RÉSUMÉ DU VOLUME .
Nombre des ordonnances, lettres patentes, décrets, règlements, etc. , contenus dans ce volume ;
autorités de qui ils émanent XXI
ib.
Énumération des actes les plus importants parmi ceux qui concernent le pays tout entier.
Actes d'un caractère provincial et concernant :
Les conseils de justice XXV
La constitution des états · XXVII
L'administration des états . • XXVIII
Les mesures de police et autres relatives aux provinces de Brabant, de Flandre, de Hainaut, de
Limbourg, de Luxembourg, de Malines et de Namur . • ib.
Actes relatifs à l'administration des villes et des châtellenies • XXX
Autres actes de diverse nature relatifs aux villes . XXXI
Statuts et règlements donnés aux corps de métiers • XXXII
Autres actes relatifs aux corps de métiers . XXXIII
Actes relatifs aux serments et confréries militaires• ib.
Actes relatifs à l'administration des communes rurales · XXXIV
DES ORDONNANCES
DES
-
TROISIÈME SÉRIE. — 1700-1794.
CHARLES, par la grâce de Dieu , empereur des Romains, toujours auguste, roi d'Allemagne,
d'Espagne, de Hongrie, de Bohême, etc. , archiduc d'Autriche , duc de Bourgogne , de Lothier,
de Brabant, de Limbourg, de Styrie, de Carinthie, de Carniole, de Luxembourg, de Gueldre, etc. ,
marquis du Saint-Empire, etc. , comte de Habsbourg, de Flandre, etc. , palatin , de Hainaut,
de Namur, etc. , seigneur de la marche d'Esclavonie , du Port- Naon , de Biscaye, de Molines,
de Salins, de Tripoli et de Malines , etc.
Ayant trouvé convenir, pour notre service et le bien de notre province de Luxembourg et
comté de Chiny, d'y faire cesser la distillation des eaux- de-vie dites brandevins de grains , par
rapport à la grande consommation qui s'y fait, et qui , par rapport à la conjoncture présente et
cherté des grains , pourroit en faire encore augmenter le prix, au très-grand préjudice de nos
bons et fidèles sujets , nous, à la délibération de notre très-chère et très-aimée sœur Marie-
Élisabeth, par la grâce de Dieu , archiduchesse d'Autriche , etc. , notre lieutenante et gouvernante
générale de nos Pays-Bas, avons trouvé convenir de défendre, comme nous défendons par ces
présentes, à tous et un chacun , de quel état ou condition ou sous quel prétexte que ce pourroit
être, ladite distillation des eaux-de-vie dites brandevins de grains dans ladite province et comté,
à peine de confiscation des chaudières et alambics et de tout ce qui en dépend, et une amende
de trois cents florins pour la première fois , et de confiscation des biens et d'être banni à toujours
pour la seconde fois.
Et afin que ce notre placard puisse d'autant mieux sortir son effet, mandons qu'endéans la
huitaine de la publication , tous distillateurs, tant ordinaires que autres, qui ont en leurs maisons
ou pouvoir quelques chaudières ou alambics à distiller lesdites eaux-de-vie ou brandevins,
Pays-Bas autrichiens. -
— III SÉRIE . TOME IV . 1
2 ORDONNANCES DES PAYS-BAS AUTRICHIENS .
CHARLES VI. auront à s'adresser aux officiers, magistrats ou gens de loi des lieux de leur résidence , et à leur
9 janvier 1726.
donner, sous serment qu'ils devront prêter ès mains desdits officiers, une déclaration indivi-
duelle contenant leur nom , surnom, demeure et la capacité de leurs chaudières et alambics et
les lieux où ils se trouvent érigés , avec promesse qu'ils ne s'en serviront ou n'en feront ni
laisseront servir par qui que ce pourroit être, directement ni indirectement, et ce nonobstant
quelconques permissions ou octrois spéciaux qui pourroient avoir été accordés ci-devant,
lesquels nous avons généralement révoqués , comme nous les révoquons par le présent, à peine
que tous ceux qui seront en défaut de ce faire endéans le terme de huit jours de la publication
de ce présent édit, fourferont lesdites chaudières et alambics et tout ce qui en dépend , et
par-dessus ce d'une amende de soixante florins. A quel effet nous autorisons lesdits officiers ,
magistrats et gens de loi de faire la recherche et visite, chacun dans son district , par les voies
ordinaires et usitées , au plus tard endéans la quinzaine de ladite publication , et de faire quitter,
enlever et mettre en lieu de séquestre toutes les chaudières et alambics qui seront trouvés non
annoncés dans le terme et en la manière comme dessus : enchargeant de plus lesdits officiers,
magistrats et gens de loi de remettre à notre conseiller et procureur général , endéans le mois
après la publication de cet édit, une relation pertinente du nombre des chaudières et alambics
qui auront été déclarés. Et tout ce qu'ils auront fait en accomplissement de ce notre placard,
sous lequel nous entendons de comprendre aussi toutes les terres qu'on appelle franches, dans
notredit duché et comté , déclarons , comme il a été encore ci-devant déclaré, qu'elles sont tenues
à la disposition de nos placards, non plus ni moins que tous autres lieux et sujets de notre obéis-
sance , desquels les habitants des terres franches ne sont pas distingués . Voulons que les amendes
pécuniaires ci -dessus mentionnées soient partagées : un tiers à notre profit, un autre au profit du
dénonciateur, dont le nom sera tenu secret, et le restant au profit de l'officier exploiteur.
Si donnons en mandement à notre gouverneur, président et gens de notre conseil de Luxem-
bourg d'envoyer ce présent placard en tous les lieux ordinaires et accoutumés et èsdites terres
franches, et aux officiers et gens de loi d'iceux de le publier incontinent après sa réception et
de l'observer et faire observer, et à notre conseiller et procureur général d'y tenir la main .
Donné en notre ville de Bruxelles , le 9 janvier 1726 , de nos règnes : de l'Empire romain le
quinzième, d'Espagne le vingt-troisième, de Hongrie et de Bohême aussi le quinzième.
Étoit paraphé DE BAILL. vt ; plus bas étoit écrit : Par l'Empereur et Roi, signé F. GASTON
CUVELIER, et le grand scel de Sa Majesté, imprimé en cire vermeille, y étoit appendant à double
queue de parchemin .
21 janvier 1726. Ordonnance de Charles VI portant que ceux qui contreferont, aux Pays- Bas, des monnaies
étrangères seront punis de la peine du gibet.
CHARLES, par la grâce de Dieu, empereur des Romains, toujours auguste, roi d'Allemagne,
d'Espagne , de Hongrie, de Bohême , etc.
Étant informé que, nonobstant toutes les recherches et poursuites criminelles faites contre
ceux qui ont fabriqué , dans ces provinces, des espèces de monnoies au coin de France, ce mal
pernicieux à nos États et sujets continue encore, et nous, voulant y apporter un remède capable
de déraciner un crime qui intéresse également tous les princes souverains , le public et le
commerce, avons , par notre dépêche royale signée de notre main , et à la délibération de notre
très-chère et très-aimée sœur Marie-Élisabeth, par la grâce de Dieu , archiduchesse d'Autriche, etc.,
notre lieutenante et gouvernante générale de nos Pays-Bas, ordonné et statué, comme nous
ordonnons et statuons par ces présentes, qu'à l'avenir tous ceux qui contreferont, dans ces
Pays-Bas, de la monnoie au coin de quelque prince ou État que ce pourroit être, nonobstant
TROISIÈME SÉRIE .
3
qu'elle eût sa valeur intrinsèque, soient punis de la peine du gibet : demeurant, au surplus, CHARLES VI.
21 janvier 1726.
toutes les peines, amendes et confiscations comminées et décernées par les édits, ordonnances et
placards précédents en leur pleine force et vigueur .
Donnons en mandement à nos très-chers et féaux les chef, présidents et gens de nos privé et
grand conseils, les chancelier et gens de notre conseil de Brabant, les président et gens de notre
conseil de Luxembourg, les chancelier et gens de notre conseil en Gueldre, les président et
gens de notre conseil en Flandre, les grand bailli , président et gens de notre conseil de Hainaut,
les gouverneur, président et gens de notre conseil à Namur, bailli de Tournay et du Tournaisis,
écoutète de Malines, et à tous autres nos justiciers , officiers et sujets , et à chacun d'eux en parti-
culier et comme il lui appartient, qu'afin que personne n'ignore notre présente ordonnance et
loi pénale , ils la fassent incontinent publier et afficher par toutes les villes et lieux de leur
juridiction, respectivement, où l'on est accoutumé de faire publications et affiches, et au surplus
la gardent, observent et exécutent, la fassent garder, observer et exécuter exactement, procédant
et faisant procéder contre les transgresseurs et désobéissants par l'exécution de la peine y
portée, sans port , faveur ni dissimulation : car ainsi nous plaît-il.
Donné en notre ville de Bruxelles, le 21 janvier, l'an de grâce 1726, et de nos règnes : de
l'Empire romain le quinzième , d'Espagne le vingt- troisième, et de Hongrie et de Bohême aussi
le quinzième .
Étoit paraphé DE BAILL . vt ; sur le pli étoit écrit : Par l'Empereur et Roi, signé F. Gaston
CUVELIER, et le grand scel de Sa Majesté, imprimé en cire vermeille, y étoit appendant à double
queue de parchemin .
(Imprimé sorti des presses d'Eugène-Henri Fricx , imprimeur
de l'Empereur .)
Ordonnance de Charles VI défendant provisoirement la sortie de toute espèce de grains, à 22 janvier 1726.
CHARLES , par la grâce de Dieu , empereur des Romains, toujours auguste, roi d'Allemagne,
d'Espagne, de Hongrie, de Bohême, etc.
Comme nous sommes informé que des pays voisins on a tiré et qu'on continue de tirer hors
des pays de notre obéissance de grosses quantités de grains de toutes les espèces, et convenant
à notre service, au bien et soulagement de nos bons sujets, d'y en conserver à quantité
suffisante pour nosdits sujets et qu'ils puissent s'en pourvoir à un prix raisonnable, nous
avons trouvé bon , à la délibération de notre très- chère et très-aimée sœur Marie- Élisabeth , par
la grâce de Dieu, archiduchesse d'Autriche, etc. , notre lieutenante et gouvernante générale de nos
Pays-Bas, par avis de nos conseils d'État , privé et des finances, de défendre, comme nous
défendons par ces présentes, par provision et jusqu'à autre ordre, à tous et un chacun, de quel
état et condition et sous quelque prétexte que ce puisse être , de porter ou mener, faire ou laisser
porter ou mener hors des pays de notre domination , de quelle manière que ce soit , par terre ou
par eau, toutes espèces de grains, comme froment, blé, seigle, avoine, épeautre, orge, soucrion ( 1 ) ,
fèves , favettes (2) , pois et lentilles, sauf et excepté seulement la bouquette ou sarrasin et la semence
de navette dite coolsaet, dont nous permettons la sortie jusqu'à autre disposition, à peine de
confiscation desdites espèces de grains, des bateaux , chariots , charrettes et chevaux avec lesquels
elles seront transportées ou menées et du quadruple de leur valeur , et que, par-dessus ce, les
contrevenants à la susdite défense seront saisis au corps et punis arbitrairement, lesdites
(1) Soucrion, sorte d'orge qu'on sème avant l'hiver. 1 (2) Favettes, fèves de marais.
4 ORDONNANCES DES PAYS-BAS AUTRICHIENS .
CHARLES VI . Confiscations et amendes partageables, moitié au dénonciateur et l'autre moitié à notre profit.
22 janvier 1726.
Et, afin que la présente défense soit ponctuellement suivie et exécutée, nous ordonnons bien
sérieusement à tous officiers, justiciers et sujets, à qui ce peut toucher, d'arrêter et saisir , faire
• arrêter et saisir les bateaux, chariots, charrettes, chevaux ou autres bêtes portant à dos, dont on
pourroit se servir pour transporter les susdites espèces de grains hors des pays de notre
obéissance.
Voulons et ordonnons que les différends à mouvoir au fait des susdites contraventions,
confiscations et amendes soient sommairement décidés par ceux qu'il appartient, sans forme
ni figure de procès et sans appel .
Et pour prévenir et empêcher que les censiers et tous autres habitants du plat pays, par un
effet d'avarice et désir insatiable de gain , ne puissent avoir aucune ouverture ni prétexte , et ne
puissent contrevenir à cette notre souveraine volonté , nous défendons à tous censiers, propriétaires
et à tous autres ayant des grains qui leur appartiennent, de les vendre ailleurs, à quel titre ou
prétexte que ce puisse être, qu'en plein marché, dans nos villes closes ou autres bourgs et lieux
où il y a marchés publics, à peine de confiscation des grains et du quadruple de la valeur.
Nous permettons néanmoins qu'ils en pourront vendre aux habitants de leurs respectifs
villages autant qu'ils auront besoin pour leur consomption et subsistance , s'ils n'en ont point de
leur propre labeur ou d'autre chef, à peine de semblable confiscation et amende, comme dessus.
Et pour prévenir qu'on ne fasse, dans les villages et hameaux limitrophes à nos voisins, des
magasins ou amas de grains au delà de ce qu'ils ont besoin pour la consomption de leurs
habitants, et que la proximité du voisinage n'en facilite le transport clandestinement , de jour ou
de nuit, hors de notre domination , nous défendons qu'on y fasse des magasins ou amas de
grains, aux peines ci-dessus portées ; et, à cet effet, nous interdisons aussi , bien sérieusement,
aux hameaux et villages limitrophes aux pays voisins, qu'on y tienne marché de grains , notre
volonté royale étant que les habitants desdits villages et hameaux limitrophes , qui en auront
besoin pour leur subsistance, s'en devront pourvoir dans nos villes closes ou autres lieux,
comme ci-dessus .
A quoi nous enchargeons bien expressément tous officiers, magistrats et gens de loi de surveiller
et de tenir la main à l'observance de ce placard , dans tous ses points et articles, à peine d'être
châtiés arbitrairement , selon l'exigence du cas. Et nous déclarons, en outre, que tous ceux qui
contreviendront ou auront contrevenu à la présente défense et ordonnance seront recherchables
par nos officiers et ceux de nos vassaux , pendant le terme de deux ans, et condamnés dans les
peines et amendes y comminées .
Nous voulons cependant bien permettre , pour le bénéfice du commerce, que les grains venant
des pays étrangers pourront librement, par voie de transit, passer par ceux de notre domination ,
sujets et à chacun d'eux en particulier et comme il lui appartient, qu'afin que personne
n'ignore notre présente ordonnance et loi pénale, ils la fassent incontinent publier et afficher par
toutes les villes et lieux de leur juridiction , respectivement, où l'on est accoutumé de faire publi-
cations et affiches, et au surplus la gardent, observent et exécutent, la fassent garder, observer
et exécuter exactement, procédant et faisant procéder contre les transgresseurs et désobéissants
par l'exécution des peines y portées, sans port, faveur ni dissimulation : car ainsi nous plaît-il.
Donné en notre ville de Bruxelles, le 22 janvier, l'an de grâce 1726, et de nos règnes : de
l'Empire romain le quinzième, d'Espagne le vingt-troisième, et de Hongrie et de Bohême aussi
le quinzième . DE BAILL . vt.
Décret de Marie- Élisabeth, archiduchesse d'Autriche, gouvernante générale des Pays-Bas, CHARLES VI.
5 février 1726.
statuant que les doyens des métiers d'Anvers seront, pendant la durée de leur service,
exempts de la garde bourgeoise . '
Remontrent en tout respect les doyens des métiers et leurs jurés , représentant un des
trois membres de la ville d'Anvers, qu'étant très- souvent occupés, tant au large conseil et à
leurs chambres , pour le service de Sa Majesté Impériale et Catholique, qu'aux autres comparu-
tions sur la maison de ville, pour le service de ladite ville et de leurs métiers particuliers , par où
ils sont très - souvent distraits et souffrent de grands dommages dans leurs affaires particulières
et main- d'œuvre , et comme les chefs et quartier - maîtres ( étant de même un des trois
membres de ladite ville, qui ne sont pas gens de métier, et conséquemment pas si sujets à
distraction) ont joui , depuis longtemps, pendant leur service, de la franchise des gardes bour-
geoises et des serments, même d'un temps égal à la durée dudit service, après l'avoir quitté,
quoiqu'ils ne soient sujets à tant de comparutions que les remontrants, et ayant plu à Son
Excellence le maréchal comte de Daun de disposer , le 10º de septembre passé (1 ) , en partie en
faveur des remontrants, néanmoins avec la restriction qu'à l'avenir ceux qui seront créés lieute-
nants, alfères (2) ou sergents des gardes bourgeoises , et leurs veuves, devront fournir, sur le pied
ancien , à la taxe des quartier-maîtres , leur contribution, par rapport à leur affranchissement
desdites gardes personnel, et qu'à leur égard le décret du 2 septembre 1718 ( 3) , pour autant
qu'il pourroit être à ce contraire , n'auroit plus aucun effet, n'ayant jamais été l'intention des
remontrants de donner occasion , par leur affranchissement particulier, que le bien public en
souffre en la moindre chose : c'est pourquoi ils prennent leur recours vers Votre Altesse Séré-
nissime, la suppliant, avec toute la soumission possible, d'être servie de leur vouloir favorable-
ment accorder, sans restriction , la franchise desdites gardes bourgeoises et serments pendant
leur service actuel , et, après l'avoir quitté, autant de temps que leurdit service aura duré, conforme
à celui desdits chefs et quartier- maîtres, et d'ordonner que le décret du 2 septembre 1718
sera toujours observé en sa pleine vigueur, afin que les remontrants se puissent réjouir d'avoir
obtenu de la clémence de Votre Altesse Sérénissime d'être traités en ce également à l'autre
membre de ladite ville . Et cela leur fera trouver quelque soulagement dans le service qu'ils sont
obligés de rendre à Sa Majesté Impériale et Catholique et à Votre Altesse Sérénissime, qu'ils conti-
nueront très-volontiers toute leur vie, avec tout l'amour , zèle et fidélité possible. Quoi faisant, etc.
SON ALTESSE SÉRÉNISSIME, ayant eu rapport du contenu de cette requête, a, par avis du conseil
privé, déclaré et déclare par cette, que les doyens des métiers de la ville d'Anvers jouiront,
pendant le temps de leur service actuel seulement, de l'exemption de la garde bourgeoise , sans
qu'ils pourront être excusés de ladite garde après que leurdit service de doyen aura cessé.
Sortira néanmoins le décret du 18 septembre 1718 ( 4) son effet, pour autant qu'il n'est pas
contraire au présent acte . Ordonnant à tous ceux qu'il appartiendra de se régler selon ce.
(4) V. t. III, p. 514 . maîtres, d'après laquelle les valets servant des maîtres.
(2) Alfères , enseignes , porte- drapeaux , de l'espagnol qui payaient la contribution pour les gardes bourgeoises
alférez. devaient être exempts de cette contribution ; la seconde,
(3) Nous ne possédions pas ce décret lorsque nous du magistrat, touchant la durée du service à faire par
avons livré à l'impression le t . III ; il nous a été com- les officiers des gardes bourgeoises, et la contribution à
muniqué tout récemment par M. Génard, archiviste de payer par eux après l'expiration de leur service .
la ville d'Anvers . Il est du marquis de Prié et confirme (4) Ce décret n'a été trouvé ni aux Archives du
des résolutions des 4 et 16 août de la même année : la royaume ni dans celles de la ville d'Anvers .
première, des chefs de la bourgeoisie et des quartier-
CHARLES VI. Décret de l'archiduchesse Marie-Elisabeth défendant l'enrôlement des sujets de l'Empereur
7 février 1726
pour le service de puissances étrangères.
MARIE-ÉLISABETH , par la grâce de Dieu , princesse royale de Hongrie , de Bohême et des Deux-
Siciles, archiduchesse d'Autriche, duchesse de Bourgogne, de Brabant, de Styrie, de Carinthie,
de Carniole , de Luxembourg, de Wurtemberg, de la haute et de la basse Silésie , etc. , princesse
de Souabe, marquise du Saint- Empire, de Bourgau , de Moravie, de la haute et de la basse
Lusace, etc. , comtesse de Habsbourg, de Flandre, de Tyrol et de Gorice , etc. , lieutenante
et gouvernante générale des Pays - Bas.
Très-chers et bien- aimés (1 ) , étant informée que, contre le respect dû à la souveraineté de Sa
Majesté, des personnes, officiers ou autres , se hasardent, dans ces provinces de notre gouverne-
ment, d'enrôler et engager clandestinement ses sujets pour servir dans les troupes des puissances
étrangères, nous vous faisons la présente pour, au nom de l'Empereur et Roi , notre très- cher
frère et seigneur, vous encharger d'ordonner à tous les officiers de justice, magistrats et gens
de loi qui sont de votre juridiction , de veiller exactement et avec beaucoup de soin à les
découvrir, et de les faire arrêter , puis conduire dans vos prisons , tant les enrôleurs que ceux de
ses sujets qui se seront ainsi engagés , où vous ferez aussitôt procéder à leur charge par les
voies ordinaires, selon la rigueur des lois, sauf qu'à l'égard des officiers étrangers , vous attendrez
nos ordres ultérieurs, après nous avoir informée de leur détention et de leur caractère. Et, afin
que l'on puisse plus facilement les découvrir, vous pourrez promettre une récompense de
dix écus , que nous ferons exactement payer à ceux qui en auront découvert et fait arrêter
quelques-uns, et pour chaque fois (2) .
A tant, etc.
10 février 1726. Ordonnance de Charles VI confirmant ceux de ses sujets, aux Pays-Bas, qui, durant la
guerre de la succession, ont obtenu du roi d'Espagne des titres, dignités et marques d'honneur,
dans la possession de ces titres, à condition qu'ils les fassent vérifier et enregistrer dans le
terme d'un an.
CHARLES, par la grâce de Dieu, empereur des Romains, toujours auguste, roi d'Allemagne,
d'Espagne , de Hongrie, de Bohême, etc.
Comme par le 9º article du traité de paix par nous conclu dans notre ville impériale de Vienne,
le 30 avril dernier, avec le roi d'Espagne (3 ) , il a été arrêté que les dignités conférées aux sujets
de part et d'autre, pendant la guerre, leur seront conservées en leur entier, et qu'elles seront
mutuellement reconnues en conformité dudit article, nous, à la délibération de notre très-chère
et très-aimée sœur Marie-Élisabeth , par la grâce de Dieu , archiduchesse d'Autriche, etc. , notre
(1 ) Ce décret est adressé aux conseils de justice . villes et gens de loi de leur ressort . ( V. , entre autres,
(2) Les conseils de justice firent exécuter ces dispositions les Placards de Flandre, liv. IV , p . 1590. )
par des lettres circulaires adressées aux magistrats des (3) Dumont, Corps diplomatique, t . VIII , part. II , p . 106 .
TROISIÈME SÉRIE . 7
lieutenante et gouvernante générale de nos Pays -Bas, avons déclaré et déclarons que notre 10
CHARLES VI.
février 1726.
volonté royale est que tous les titres, dignités, marques d'honneur et de noblesse accordés à
nos sujets pendant la guerre, pour être reconnus dans nos Pays-Bas dans la forme accou-
tumée, leur soient conservés. En conséquence de ce, voulons et ordonnons que tous ceux
qui auront obtenu des patentes de cette nature , qui jusques à présent n'ont été vérifiées et
enregistrées aux bureaux et offices, soit au conseil des finances, chambres des comptes ou
ailleurs qu'il appartenoit, devront les y présenter pendant le terme d'un an , pour y être
vérifiées et enregistrées , à peine de nullité desdites grâces.
Déclarons, en outre , que notre placard émané le 12 octobre 1718 ( 1 ) à l'égard des susdits
titres et marques d'honneur et de noblesse, par rapport à nosdits sujets, vient à cesser , et
ordonnons , suivant ce, que leurs diplômes ou patentes originelles , qui ensuite dudit placard ont
été consignées ou remises en mains des conseillers fiscaux des respectives provinces de nos
Pays-Bas, soient restituées à ceux à qui elles appartiennent.
Si donnons en mandement à nos très-chers et féaux les chef, présidents et gens de nos privé
et grand conseils , les chancelier et gens de notre conseil de Brabant , les gouverneur, président
et gens de notre conseil de Luxembourg, les chancelier et gens de notre conseil en Gueldre , les
président et gens de notre conseil en Flandre , les grand bailli , président et gens de notre
conseil de Hainaut, les gouverneur , président et gens de notre conseil à Namur , bailli de
Tournay et du Tournaisis, écoutète de Malines, et à tous autres nos justiciers, officiers et sujets,
et à chacun d'eux en particulier et comme il lui appartient, qu'afin que personne n'ignore
notre présente ordonnance, ils la fassent incontinent publier et afficher par toutes les villes et
lieux de leur juridiction , respectivement, où l'on est accoutumé de faire publications et
affiches car ainsi nous plaît-il (2) .
Donné en notre ville de Bruxelles , le 10 février 1726, et de nos règnes : de l'Empire romain
le quinzième, d'Espagne le vingt- troisième, et de Hongrie et de Bohême aussi le quinzième.
Étoit paraphé DE BAILL . vt ; plus bas étoit écrit : Par l'Empereur et Roi , signé F. Gaston
CUVELIER; et le grand scel de Sa Majesté, imprimé en cire vermeille, y étoit appendant en
double queue de parchemin .
Décret de Charles VI portant que la peine du gibet, comminée par son ordonnance du 11 février 1726.
21 janvier précédent contre ceux qui contrefont des monnaies étrangères, est applicable, à plus
forte raison, à ceux qui mettent en circulation des monnaies de cuivre blanchies ou des
monnaies d'argent dorées.
L'EMPEREUR ET ROI.
Chers et féaux , le conseiller procureur général de Luxembourg nous ayant donné à connoître
que la France a fait forger des pièces d'argent, de la valeur de dix-neuf sols et demi et de
quatre sols trois quarts , dont le cours a été permis dans notredite province, et que depuis on
avoit frappé audit royaume des sols et demi-sols et quarts de cuivre , du même coin que lesdites
pièces d'argent, et que plusieurs personnes se seroient oubliées si avant de blanchir lesdites
espèces de cuivre, et les auroient ainsi échillées pour celles d'argent, demandant sur ce notre
déclaration, nous vous faisons cette pour vous dire que la peine de gibet, comminée par notre
CHARLES VI. placard du 21 de janvier dernier ( 1 ) contre ceux qui contreferont aucune monnoie au coin de
11 février 1726.
quelque prince ou État que ce puisse être, quoiqu'elles aient même la valeur intrinsèque , com-
prend à plus forte raison des monnoies de cuivre blanchies ou celles d'argent dorées , et partant
que tous ceux qui les apportent et font entrer ou échillent sciemment sont sujets à ladite peine
du gibet. Selon quoi vous aurez à vous régler .
A tant, etc.
Au conseil de Luxembourg.
(Collection de placards de la Chambre des représentants ,
t. III , pièce 108. )
16 février 1726. Ordonnance de Charles VI instituant une commission à l'effet de procéder à la restitution,
définitive ou temporaire, à leurs propriétaires respectifs, des terres et schorres inondés des
villages de Zandvoorde, Steene, Sainte-Catherine, Breedene et autres, en Flandre.
CAREL, by der gracie Gods , roomsch keyser , altyd vermeerder des ryks , konink van
Duytsland, van Spagnien , van Hongarien , van Bohemen , etc.
Alsoo het betaemt, soo wel tot onsen dienste, als tot het gemeyn welwesen ende voordeel van
onse goede onderdaenen , deel hebbende in de actuële overstroomde ende vlottende landen
genaemt schorren, gelegen in de parochien van Santfort, Steene, Sinte-Catharine, Breedene
ende andere, dat de selve overstroomde ende vlottende landen ten eersten worden her-ingedykt
in't geheel ofte ten deele, wy hebben , by resolutie van den 19en december lestleden , goed-
gevonden te committeren ende authoriseren den procureur van't Vrye van Brugge, Breydel , opdat
hy, sonder verlies van tyde, sich soude hebben t'addresseren aen die van het gemelde Vrye, om
aldaer te bekomen brieven van daegsel noodig om aldaer te citeren ende daegen alle de gene die
souden konnen pretenderen eenig recht oft actie tot de gemelde overstroomde landen ofte
schorren , op wat titel ende uyt wat oorsaeke het selve mochte wesen , ten eynde dat de voor-
schreven persoonen , pretenderende eenig recht oft actie , sullen hebben over te brengen ofte te
doen blyken hunne titels, documenten ende verificative stukken van den eygendom ofte recht die
hun soude mogen toekomen in de voorgemelde landen ende schorren, ter greffie van het voor-
schreven Vrye, in de handen van den greffier pensionaris Biesbroeck , dien wy daertoe hebben
gecommitteert ende bemachtigt, opdat dienvolgens, partyen gehoort ende alles gesien, geproce-
deert worde tot d'adjudicatie ende andere gepretendeerde rechten in de voorschreven over-
stroomde landen ende schorren , soo als in rechte sal bevonden worden te behooren , gelijk in
dusdanige voorvallen geplogen wordt ; maer alsoo de voorschreven landen ende schorren sich
bevinden onder verscheyde jurisdictien , wy, by advies van onsen privéen raede, ende ter delibe-
ratie van onse seer-lieve ende seer-beminde suster Maria-Elisabeth , by der gratie Godts , aerts-
hertoginne van Oostenryk, etc. , onse stadthoudersse ende gouvernante generael van onse
Nederlanden , hebben geoordeelt te betaemen, om te voorkomen de verscheyde conflicten van
jurisdictie, die souden konnen voorvallen ter oorsaecke van d'adjudicatie der gronden aen de
proprietarissen , te committeren , gelijk wy committeren, by dese, den president van onsen
provinciaelen raede van Vlaenderen ende die raeden van den selven raede Du Bois, Van Goethem
ende Vaerendonck, midtsgaeders den pensionaris van ' t Vrye van Brugge Biesbroeck, rappor-
teur der voorschreven saeken, om by hun geprocedeert te worden tot d'adjudicatie der gemelde
overstroomde landen ende schorren aen de gene wien het sal behooren , ' t zy by provisie, ' t zy dif-
finitivelijk, ende dit by arrest ende sonder dat van hun gegeven vonnis appel sal mogen vallen.
(1) V. p. 2.
TROISIÈME SÉRIE . 9
Ontbieden daeromme ende bevelen aen onse seer-lieve ende getrouwe die president ende CHARLES VI.
16 février 1726.
luyden van onsen grooten raede, die president ende luyden van onsen provinciaelen raede in
Vlaenderen, ende aen alle andere onse justicieren, officieren ende onderdaenen , wien het raeken
mag, hun te conformeren ende reguleren volgens dese onse dispositie. Ende opdat de selve aen
een- iegelijk bekent zy, ende dat niemand aen en wende redenen van onwetentheyt, wy ordon-
neren dat de selve voorgelesen, gepubliceert ende geplakt worde daer het behoort : want ons
alsoo gelieft. Des t'oirconden hebben wy onsen grooten segel doen hangen aen dese tegenwoor-
dige.
Gegeven in onse stad van Brussel, den 16en februarii in het jaer Ons Heeren 1726 , ende van
onse rijken van het Roomsch keyserrijk het 15º, van Spagnien het 23º, ende van Hongarien
ende van Bohemen ook het 15º.
Was geparapheert DE BAILL. vt ; leeger stont geschreven . By den Keyser ende Konink,
onderteekent F. GASTON CUVELIER, ende den grooten segel van Syne Majesteyt in rooden wasse
gedrukt was daeraen uythangende aen eenen dobbelen steerte van parkement.
Décret de Charles VI rappelant aux magistrats des villes et châtellenies la défense d'envoyer 18 février 1726.
des députés en cour, sans l'autorisation du gouvernement et leur ordonnant de l'observer
avec ponctualité.
L'EMPEREUR ET ROI.
Chers et bien-aimés, nous sommes informé que, pour le plus grand bien et utilité de nos
provinces, villes, châtellenies, et afin que les bons sujets de nos pays ne soient pas chargés de
frais de députations et vacations inutiles , il a été résolu ci- devant de ne pas permettre qu'aucun
député vienne en cour, sous quelque prétexte ou affaire que ce puisse être, sans qu'au préalable
on ait représenté, par requête, au gouvernement, les raisons pour lesquelles l'on croit convenir
d'y envoyer des députés , pour, icelles raisons vues et examinées, être disposé sur la permission
requise . Et comme, nonobstant plusieurs ordres vous envoyés afin que vous ayez à vous
y conformer, nous voyons souvent paroître des députés sans en avoir pour ce obtenu la permis-
sion, nous vous faisons la présente, pour vous ordonner bien sérieusement de vous conformer
ponctuellement auxdits ordres, à peine de démonstration et que lesdits frais seront portés par
ceux qui se seront avancés d'y contrevenir. A quel effet, ordonnons, dès à présent , tant aux
commissaires qu'à tous autres qui entendront les comptes, de ne passer aucune journée ni
vacation sans faire conster de la permission qu'ils en auront obtenue du gouvernement.
A tant, etc. Bruxelles , 18 février 1726.
CHARLES VI. Ordonnance de Charles VI fixant, par provision , la valeur des pièces d'or nommées noailles ,
1er mars 1726.
des louis d'or à la croix de Malte, des mirlitons et des écus d'argent de Navarre.
CHARLES, par la grâce de Die" , empereur des Romains, toujours auguste, roi d'Allemagne,
d'Espagne , de Hongrie , de Bohême, etc.
Comme le bien et l'avantage du commerce des Pays- Bas autrichiens est un des principaux
objets de nos plus sérieuses attentions , nous avons trouvé convenir d'avoir des égards favorables
aux représentations qui nous ont été faites par quelques principaux négociants afin qu'il nous
plût, pour l'aisance du commerce et l'avantage de nos sujets desdits pays, d'y évaluer et donner
cours aux espèces des monnoies de France, sur la même proportion qu'elles ont, entre elles ,
avec les louis d'or au soleil et l'écu blanc à trois couronnes et celui à l'effigie du roi très-chrétien
moderne et aux armes de France, du titre et poids respectivement déclarés par nos placards du
22 janvier 1714 ( 1 ) et du 10 janvier 1718 (2) nous, dans la vue du bénéfice du commerce et de
nosdits sujets, par avis des conseils d'État, privé et des finances, à la délibération de notre très-
chère et très-aimée sœur Marie-Elisabeth , par la grâce de Dieu , archiduchesse d'Autriche, etc. ,
notre lieutenante et gouvernante générale de nos Pays -Bas, avons déclaré, statué et ordonné,
comme nous déclarons , statuons et ordonnons par cette, par provision et forme d'essai , qu'à
l'avenir les espèces d'or et d'argent dont les empreintes se trouvent imprimées ci -après , à
savoir : les pièces d'or nommées noailles, de vingt au marc, au poids de sept esterlins trente et
un grains et demi, qui , ensuite de notre placard du 10 avril 1720 (3 ) , ont été évaluées, en nosdits
pays, à seize florins cinq sols, argent de change, et, en argent courant, à dix-huit florins
dix-neuf sols, y auront, à l'avenir, cours à seize florins dix sols , argent de change, et à dix-neuf
florins cinq sols , argent courant ;
Que les louis d'or à la croix de Malte, de vingt- cinq au marc, du poids de six esterlins douze
grains, qui , par le même placard , ont été évalués à douze florins dix- sept sols et demi , argent
de change, et à quinze florins deux liards, argent courant, seront reçus , à l'avenir , à treize
florins quatre sols, argent de change, et à quinze florins huit sols, argent courant ;
Que les espèces nommées communément mirlitons, de trente-sept et demi au marc, au poids
de quatre esterlins sept grains , seront évaluées et auront cours, dans nosdits pays , à huit
florins quatorze sols , argent de change, et à dix florins trois sols , argent courant,
Et que les écus qu'on nomme de Navarre, de dix au marc, au poids de seize esterlins, évalués,
en conséquence de notre susdit placard du 10 avril 1720 , à deux florins quatre sols , argent de
change, deux florins onze sols et un liard, argent courant, comme aussi les écus du même poids
et titre, aux armes de France, auront à l'avenir cours à deux florins cinq sols , argent de change,
et à deux florins douze sols et demi, argent courant ; les demis et les tiers à proportion.
Liste des espèces ci-dessus exprimées, avec la déclaration du prix auquel elles auront cours
et pourront être échillées, par provision , tant en argent de change qu'en argent courant.
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Si donnons en mandement à nos très-chers et féaux les chef, présidents et gens de nos privé
et grand conseils , les chancelier et gens de notre conseil de Brabant, les gouverneur , président
et gens de notre conseil de Luxembourg, les chancelier et gens de notre conseil en Gueldre, les
président et gens de notre conseil en Flandre, les grand bailli , président et gens de notre conseil
en Hainaut, les gouverneur, président et gens de notre conseil à Namur, le bailli de Tournay et
du Tournaisis, l'écoutète de Malines, et à tous autres nos justiciers, officiers et sujets et à chacun
d'eux en particulier et comme à lui appartiendra, qu'ils fassent incontinent publier et afficher ce
notre présent placard partout, ès villes et lieux de leur juridiction , respectivement , où l'on est
accoutumé de faire publications et affiches, et au surplus le fassent garder et observer selon sa
forme et teneur : car ainsi nous plaît- il.
Donné en notre ville de Bruxelles, le 1er mars, l'an de grâce 1726, et de nos règnes : de
l'Empire romain le quinzième, d'Espagne le vingt-troisième, et d'Hongrie et Bohême aussi le
quinzième.
Étoit paraphé DE BAILL. vt ; plus bas étoit : Par l'Empereur et Roi, signé F. GASTON CUVELIER,
et le grand scel de Sa Majesté imprimé en cire vermeille y étoit appendant à double queue de
parchemin.
(Imprimé sorti des presses d'Eugène-Henri Fricx, imprimeur
de l'Empereur .)
16 mars 1726. Arrêt de règlement du conseil de Hainaut concernant l'administration de la ville de Soignies.
Comme à messeigneurs les grand bailli , président et gens du conseil souverain de l'Empereur
et Roi en Hainaut fut présentée requête, le 18 d'avril 1725 , de la part de Clément Delsamme ,
licencié en médecine, Louis Mochaert, chirurgien , Charles-Philippe Maquesteau , François Moins,
Gérard Buisseret et autres bourgeois , marchands, censiers , manants et habitants de la ville et
territoire de Soignies, exposant qu'encore bien qu'il soit d'ancien usage audit lieu d'y avoir
un commis de ville, avec douze pairs , principaux bourgeois et censiers, composant le conseil
d'icelle, pour veiller, garder et soutenir les intérêts de toute la communauté, ce qu'il importoit,
même absolument, d'y avoir , pour le plus grand bien , profit, utilité et avantage d'icelle , ainsi
que l'expérience journalière le démontroit plus qu'à suffisance , pour à quoi parvenir il se fit
une assemblée générale de la bourgeoisie , qui fit choix de la personne du sieur Hiérôme-Albert
Travel pour commis de ville, avec douze autres, pour composer le conseil, ainsi qu'il s'étoit
toujours pratiqué , il se trouvoit cependant que, ce choix étant fait, on fut pour le présenter
aux bailli, mayeur et échevins, afin de l'enregistrer et recevoir ; mais ils s'en étoient défendus
et s'étoient retirés sans le vouloir faire , au prétexte que Joseph De Meuldre , ci- devant échevin
et receveur moderne des vingtièmes , leur avoit été faire rapport que l'assemblée avoit été de voix
égale, bien que non pourtant, attendu que la pluralité l'emporta ; qu'il en falloit nécessairement
un dont on fît choix , en effet, avec douze principaux bourgeois et censiers composant ledit
conseil de ville, pour surveiller et remédier à quantité d'abus qui se glissoient journalièrement,
au grand préjudice de la communauté, par la tolérance des mayeur et échevins, qui n'osoient
TROISIÈME SERIE . 13
y contredire ni s'y opposer, dans la crainte d'encourir la disgrâce du chapitre , leur seigneur , CHARLES Vi .
18 mars 1726.
et ensuite être exposés à un remerciment, desquels abus on pourroit même faire un détail
ci-après, s'il en étoit besoin d'où la nécessité indispensable de ce commis et conseil de ville se
manifestoit dans toute la dernière évidence , selon qu'il étoit d'usage, qu'on ne pouvoit à présent
innover. Pour quoi les remontrants s'adressoient à mesdits seigneurs, suppliant très -humble-
ment à ce qu'en entérinement du choix fait dudit commis et conseil de ville, en leurdite
assemblée , il leur plairoit le confirmer et maintenir, en conséquence ordonner qu'il seroit suivi ,
enjoignant auxdits bailli , mayeur et échevins d'enregistrer sur leur livre de résolutions les
personnes choisies, si mieux ils n'aimoient que la cour en dénommeroit d'autres d'office, après
connoissance de cause, gens qui ne soient point dévoués au chapitre, interdisant tandis au doyen
ou autre commis d'icelui d'intervenir aux assemblées de ville, où il intimidoit un chacun , et, en
cas d'opposition , que ce soit pour y dire sommairement, demandant dépens et autorisation du
premier sergent d'office requis, ou facteur aux insinuations .
Sur laquelle requête avoit été ordonné de la communiquer à ceux contre qui elle s'adressoit,
pour avertir ce qu'ils trouveroient convenir dans huit jours, l'interdiction requise tenant lieu , et
autorisant aux insinuations. Lesquelles ayant été faites aux doyen et chanoines de Soignies, bailli ,
mayeur et échevins de ladite ville , iceux mayeur et échevins avoient servi avertance le
27 d'avril 1725 , disant par icelle que les demandeurs supposoient que les bourgeois de Soignies
avoient choisi un commis de ville , et que ce choix seroit tombé sur Hiérôme-Joseph Travel. Les
défendeurs nioient positivement ce choix et qu'il seroit tombé sur Travel, non plus que ledit
choix leur auroit été présenté. Cela n'étant donc pas, on demandoit prématurément la confir-
mation d'un choix qui n'étoit pas encore fait, au regard de la nécessité de l'établissement d'un
commis, et des inconvénients auxquels on prétendoit qu'il pourroit être apporté du remède par
cet établissement ; on se réservoit de réfuter ci-après ce que les requérants avanceront, s'ils
trouvoient bon de s'expliquer. Parmi quoi , on persistoit à soutenir que les demandeurs devront
être éconduits et condamnés aux dépens , y concluant et à la présente avertance, in forma .
Les sieurs prévôt, doyen , chanoines et chapitre de Soignies, en qualité de seigneur dudit lieu ,
avoient aussi présenté requête en cour, remontrant qu'ils étoient en bonne et paisible possession ,
de temps immémorial, d'avoir un député aux assemblées de ladite ville, pour ouïr et clore les
comptes, pour faire les assiettes des tailles , pour intervenir aux passements des biens de la
ville, etc. , afin de surveiller à ce que tout se passeroit dans l'ordre . Il se trouvoit cependant
qu'on avoit présenté requête au conseil souverain, le 18 d'avril 1725, sous le nom de quelques
habitants dudit lieu, ayant conclu à ce qu'il fût interdit au doyen ou autre député du chapitre
d'intervenir aux assemblées de ville, sous le fautif prétexte que ce député intimidoit un chacun ,
à tort cependant, car il constoit que ledit chapitre, en qualité de seigneur, avoit, de tout
temps, député des commis pour intervenir auxdites assemblées et aux affaires de ladite ville ,
ce qui étoit de plus attesté par l'acte signé de Clément Delesamme et de Louis Mouchaert,
premiers nommés dans ladite requête , qui désavouoient la conclusion prise en ce regard .
Il ne paroissoit rien de moins équitable que de vouloir empêcher le seigneur d'un lieu d'inter-
venir, par lui-même ou par ses députés , aux assemblées du magistrat, pour surveiller à ce que
rien ne se passât contre règle. Et comme, à cause de cette interdiction , qui avoit été captée, le
député dudit chapitre ne pouvoit plus intervenir auxdites assemblées , c'étoit pourquoi ils
s'adressoient à la cour, à ce qu'en les maintenant dans leur possession d'intervenir par leur
député auxdites assemblées , il lui plairoit de lever ladite interdiction , et si la présente faisoit à
communiquer, que ce soit pour y dire sans forme ni figure de procès, demandant dépens et
d'autoriser le premier sergent d'office requis aux insinuations . Sur laquelle requête avoit été
déclaré qu'en la prenant pour réponse , le tout se verroit : de quoi partie ou son avocat seroit
signifiée pour exhiber titre dans tiers jours, si bon sembloit, pendant quel terme ceux joints
resteroient au greffe : ladite ordonnance en date du 4 de juin 1725 .
Suivant quoi , lesdits Delesamme, Mouchaert, Charles- Philippe Maquesteau et consorts, bour-
geois, censiers, manants et habitants de ladite ville de Soignies , avoient servi solutions contre
l'avertance des mayeur et échevins de ladite ville , disant que les intimés étoient grandement en
tort de ne parler que par supposition, ainsi qu'ils faisoient ès art . 1er et 2 de leur avertance,
que les bourgeois de la ville avoient choisi un commis de ville, et que ce choix seroit tombé sur
le sieur Hiérôme-Albert Travel, puisqu'ils n'étoient que trop convaincus et informés de cette
réalité et vérité, sans qu'ils l'auroient jamais pu ignorer, au moyen qu'elle leur fut manifestée
CHARLES VI. immédiatement après ledit choix , qui fut effectivement et réellement fait et non supposé , comme
16 mars 1726.
partie le prétendoit mal à propos et sans raison èsdits articles . Après cela comment pouvoient-
ils prétexter une supposition pareille , tandis que la réalité leur étoit connue à fond , et que, depuis
lors jusques à présent, lesdits bourgeois insistoient , réitéroient et confirmoient ce choix qu'ils
vouloient être maintenu , reconnoissant ledit Travel pour commis en effet ? Ainsi en constoit . De
la supposition les défendeurs passoient à la dénégation , art. 3, laquelle étoit d'autant plus témé-
raire qu'ils ne la savoient faire qu'en contestant opiniâtrément la réalité de la chose, qui étoit
telle en soi, à moins que ce ne soit sur le faux rapport que leur avoit fait Joseph De Meuldre,
dont étoit parlé par requête , lequel homme ne pouvoit constamment avoir voix dans cette
élection , d'autant qu'avant ce choix d'un commis, il s'y opposoit opiniâtrément et soutenoit
qu'il n'en vouloit absolument pas , par où il étoit exclu de voter , vu qu'il manifestoit publique-
ment son dessein, et qu'il se déclaroit le protecteur et le défenseur du parti contraire. Laquelle
opposition fut poussée si avant qu'elle alla même jusqu'à la violence, déclarant avec des
emportements et menaces à toute l'assemblée que, si l'on en choisissoit un, il emprendroit lui
seul, à ses frais, le fait et cause des défendeurs ; aussi étoit- il l'auteur et le moteur de l'opposi-
tion. En sorte qu'il étoit tout évident de là qu'il se formoit ouvertement et publiquement partie,
et que, par conséquent, il ne pouvoit jamais être admis à voter, encore moins à colliger les
voix, ainsi qu'il fit, malgré l'opposition et les protestations de la pluralité des votants. On
concevoit encore beaucoup moins comment les intimés osoient donner, à la suite dudit art . 3,
la présentation de ce commis choisi à leur corps échevinal, à l'effet d'y être reçu et enregistré,
puisque c'étoit là vouloir dénier le soleil en plein midi . En effet, sur-le-champ on fit appeler
le sieur Le Vray, bailli de la ville, hors de l'assemblée du sieur doyen Lambotte et des mayeur
et échevins , pour le lui présenter et ensuite le conduire en leur chambre échevinale, à l'effet d'y
être reconnu, reçu et enregistré , ainsi que d'ancienneté avoit toujours été pratiqué et se devoit
pratiquer, comme il en résultoit d'un ancien acte auquel on prioit la cour de vouloir prêter
attention . Il n'étoit donc pas possible , après cela , de nier la présentation de ce commis , puisque,
ledit sieur bailli étant sorti de l'assemblée échevinale pour se rendre dans celle bourgeoise,
comme il fit, en étant requis, on lui présenta lors ledit Travel pour commis , lequel avoit
été choisi à pluralité de voix ; après quoi , ledit sieur bailli étant retourné dans la chambre
échevinale, pour faire rapport au corps de ce dont il étoit chargé par les bourgeois , savoir : que
cette élection étoit faite dudit Travel, avec les douze pairs dénommés, composant le conseil de
ville, ils rompirent l'assemblée , pour éviter d'approuver et d'enregistrer ce choix , comme ils
étoient absolument obligés , d'où se manifestoit que les erreurs et dénégations des opposants
n'étoient que calomnieuses et tout à fait contraires à la vérité , qu'ils contestoient sans fondement
ni raison . Au reste, il étoit fort aisé de les en convaincre et de les en faire revenir par l'acte
dudit sieur bailli qu'on exhiboit , ce qui feroit voir , en même temps, avec évidence la méprise
volontaire des défendeurs ; que l'on ne demandoit pas prématurément, comme ils le supposoient,
art. 4 , la confirmation d'un choix qu'ils osoient avancer par icelui n'être pas encore fait, bien
pourtant qu'il constoit évidemment et qu'il résultoit, plus qu'à suffisance , qu'il étoit réel , effectif,
et non pas prématuré, ainsi que partie s'efforçoit de le vouloir persuader contre la vérité,
attendu que les actes des bourgeois, marchands , censiers, manants et habitants de la ville, avec
celui du sieur bailli, en faisoient pleine preuve . Mais les détours que les intimés cherchoient ,
étoient trop visibles que pour ne les point apercevoir, en déclarant, art. 5 et pénultième de leur
avertance, qu'au regard de la nécessité de l'établissement d'un commis et des inconvénients
auxquels on prétendoit qu'il pourroit être apporté du remède par icelui, ils se réservoient de le
réfuter en après, par où ils tâchoient de se taire pour s'éluder de parler au principal ; mais on
leur soutenoit qu'il étoit hors de tout doute qu'il soit d'une nécessité , même indispensable,
d'établir ce commis, pour remédier à une infinité d'inconvénients qui arrivoient tous les jours , et
auxquels lui seul pouvoit s'opposer ; laquelle nécessité indispensable a autrefois été reconnue
par Philippe -François Fécherouille, aujourd'hui bourgmestre de la ville , puisque lui - même,
en l'année 1717 , avoit prétendu y être établi commis, avec les douze bourgeois et censiers
dénommés pour le conseil de ville, alléguant même, par leur instruction du 27 de juillet de la
même année , qu'il forma lui-même, art. 9 d'icelle, que, puisque les échevins, qui devoient leur
servir de pères, faisoient tout au contraire, en leur suscitant des procès, voulant par-là empêcher
leur bon droit, il falloit nécessairement qu'il y eût un commis et un conseil pour arrêter ce
torrent. Ce qui paroissoit le plus étrange et de particulier au cas, c'étoit qu'en ce temps-là ledit
TROISIÈME SÉRIE . 15
Fécherouille étoit le chef et le solliciteur du parti prétendant un commis avec avidité, et CHARLES VI.
16 mars 1726.
qu'aujourd'hui il étoit le premier opposant , bien que lors il en auroit lui -même reconnu la
nécessité indispensable, qui subsistoit encore plus que jamais . Mais, sans s'arrêter à ce point,
comme il ne s'agissoit uniquement ici que d'obtenir un commis, avec les douze pairs composant
le conseil de ville, pour conserver et maintenir les droits et intérêts d'icelle, ce que les échevins
ne pouvoient constamment pas faire, au préjudice du chapitre, qui les établissoit et avec lequel
ils devoient concourir en tout, de crainte d'être remerciés, comme ils l'étoient sitôt qu'ils ne lui
étoient point dévoués, il convenoit de détailler ici les principaux griefs.
Premièrement , il constoit plus qu'à suffisance, par la notoriété publique, que les échevins
recevoient leur commis du chapitre, tel que le sieur doyen Lambotte, qui intervenoit à toutes
les assemblées, au gage de la ville , qui se trouvoit par là surchargée, quoiqu'il y soit de la
part dudit chapitre ; de plus , il intervenoit encore à la formation de tous les cahiers, d'où il
tiroit encore rétribution et son honoraire, si comme de la massarderie six livres, et de ceux de
Clément Laveine, en nombre de quatre ou cinq, à chaque encore sa présence, ce qui ne se
pouvoit constamment pas faire, puisque ledit chapitre ne payoit aucune maltôte faisant ici
à remarquer que ledit Laveine, afin de cacher le tout aux bourgeois, refuse de donner vue
et inspection , tant de ses cahiers qu'assiettes des tailles et clôtures de ses comptes , quoique
dûment sommé à cette fin , le 30 d'avril dernier, que lors il fit réponse à ladite sommation
qu'il ne pouvoit le faire avant qu'au préalable il n'en auroit averti ses maîtres, qui étoient ledit
sieur doyen Lambotte , comme commis de la part dudit chapitre , aussi bien que les mayeur
et échevins, ce qui faisoit cependant la plus grande partie de leurs émoluments et rétributions,
au préjudice de la communauté, qui s'en plaignoit hautement. Falloit- il encore le dénoter et
décrire plus particulièrement ? On leur objecteroit qu'ils ne sauroient jamais disconvenir de ces
abus journaliers , vu qu'ils recevoient chaque fois deux commis dudit chapitre aux redditions de
tous comptes, indifféremment à double rétribution , chaque, que les mayeur et échevins . En outre,
ils excluoient le commis des bourgeois , quoique les textes des comptes contenoient qu'ils s'adres-
soient à lui après eux , s'appropriant ainsi par ce moyen la présentation à eux seuls , depuis peu
de temps , savoir : depuis les comptes de la massarderie et hauches (1) rendus le 19 de juin 1704 .
Si cela ne suffit pas encore, on ajouteroit qu'ils ne pouvoient disconvenir ni désavouer , qu'à la
discrétion dudit doyen Lambotte et commis dudit chapitre, ils avoient laissé rendre les der-
niers comptes de la fabrique de l'église paroissiale en leur chambre capitulaire , à l'exclusion du
curé et de l'avocat Hubrechts , greffier échevinal , ainsi qu'il en apparoissoit de l'acte dudit sieur
curé, par lequel on verroit clairement que lesdits échevins toléroient plusieurs choses non
permises, àcause qu'ils n'osent s'opposer à leurs maîtres, tels que ledit doyen Lambotte et autres
du chapitre, de crainte d'être démis de leur charge, au moyen qu'ils étoient dépendants d'eux ,
tandis, cependant , qu'il étoit certain de droit que l'audition desdits comptes n'appartenoit et ne
devoit s'adresser qu'au sieur bailli , représentant le seigneur, dont le commis pouvoit intervenir,
s'il le souhaitoit, sans gage, pour garder les intérêts qui le regardoient, en après aux sieur curé ,
mayeur, échevins, bourgeois, censiers, manants et habitants dudit lieu, sans souffrir et permettre
qu'ils seroient rendus en chapitre , par- devant trois ou quatre chanoines , à l'exclusion de tous
ceux qu'il appartenoit, faisant coucher les apostilles par leur secrétaire ou par l'un d'eux . En un
mot, l'on croyoit qu'il suffisoit de tous ces griefs pour évidemment faire voir aux intimés qu'ils
n'oseroient désapprouver en aucune manière, moins encore s'opposer à ce que lesdits sieurs du
chapitre, par ledit Lambotte, leur commis, prétendoient être fait, à moins d'encourir et leur
disgrâce et leur remerciment en même temps : d'où se voyoit que les échevins n'ayant pas la
liberté de faire ce qu'ils voudroient bien, en étant empêchés par cette crainte respectueuse, il
étoit aisé d'entrevoir qu'ils ne pouvoient ou n'osoient s'opposer à tous ces abus, dont on deman-
doit redressement, et auxquels le commis de ville, avec les douze pairs , résisteroit sans aucun
respect humain, comme ne dépendant point dudit chapitre. De là donc s'ensuivoit la nécessité
indispensable qu'ils seroient établis et qu'il y en auroit, comme il y en avoit eu de tout temps et
qu'il en résulteroit des registres des résolutions de l'hôtel de ville , que les intimés devroient
produire, pour y remarquer que, depuis plus de cent ans , les bourgeois étoient en possession d'en
avoir. C'étoit ce qu'on espéroit que la cour continueroit de faire pour le plus grand bien , utilité
et avantage de la ville, et qu'à cette fin, les demandeurs, tant au moyen de ces raisons qu'autres
CHARLES VI. à suppléer par les profondes lumières du seigneur juge, de son noble office, qu'on imploroit,
16 mars 1726.
seroient adjugés ès fins et conclusions de leur requête, avec dépens . C'étoit à quoi ils concluoient
par le présent écrit de solutions in forma.
Les sieurs Hiérôme Travel, Charles-Philippe Maquesteau , François Moins, Sébastien De Vigne
et autres bourgeois, marchands, censiers, manants et habitants de la ville de Soignies avoient
aussi servi un écrit de solutions contre la requête des sieurs prévôt, doyen et chanoines du
chapitre de ladite ville, qui avoit été prise pour réponse : disant par ledit écrit que c'étoit en
vain que lesdits sieurs du chapitre auroient présenté cette requête, puisque c'étoit multiplier
les instances sans nécessité , et qu'ils n'avoient qu'à répondre à celle des intimés , comme
avoient fait les mayeur et échevins de Soignies, avec lesquels ils avoient été pris à partie,
et avec lesquels ils pouvoient servir d'avertance , soit conjointement ou séparément , par où
l'instance sommaire seroit en état d'être jugée , comme elle l'étoit contre lesdits échevins.
C'étoit pourquoi les rescribents supplioient la cour de joindre celle-ci à celle-là , pour être
fait droit simul et semel, allouant, à cet effet, toutes les raisons y déduites ; ajoutant que leurdite
requête étoit d'autant plus superflue, que les défendeurs ne leur avoient jamais contesté qu'ils
n'étoient en bonne et paisible possession d'avoir un député de leur corps du chapitre aux
assemblées de ville, pour ouïr et clore les comptes, faire les assiettes des tailles, et intervenir
aux passements des biens de la ville , comme ils se vantoient d'être , au principe de leur
requête ; mais ils leur disputoient seulement le droit d'avoir deux pareils députés dudit chapitre,
qui soient aux frais de la ville, qui ne pouvoit être surchargée de la sorte : consentant que
les demandeurs continueroient dans leur possession vantée , mais que ce soit aux frais de leur
corps, qui les députoit, et de la part duquel ils intervenoient à ces assemblées, d'autant plus
que, n'étant pas pour le bien ni l'utilité de la ville, il n'étoit pas juste qu'elle en supporteroit les
frais ; mais étant pour l'intérêt du chapitre, il n'y avoit pas de doute que ces députés dussent
être à leur charge particulière . Autrement il s'ensuivroit que la communauté seroit chargée
d'une chose injuste et illégitime, faisant d'ailleurs à considérer que les députés s'approprioient
double paye à toutes auditions et redditions des comptes, aux assiettes des tailles et vingtièmes
et aux passements de chaussiage et autres biens de la communauté qui, par-dessus cela, payoit
encore un gage à l'un d'iceux , ce qui étoit intolérable , puisqu'un seigneur ne devoit pas être à
la charge de son lieu , puisqu'il devroit lui-même chercher le moyen de subléver les habitants
d'icelui, au lieu de les charger inutilement, comme il faisoit. Considéré , d'ailleurs , que le bailli,
qui le représentoit, y intervenoit encore, et qu'il tiroit une paye et demie, ce qui étoit , à la vérité ,
d'usage et qu'on ne prétendoit pas de lui contester ; mais , puisque lui y étoit et qu'il tenoit la
place du seigneur, il étoit absolument inutile qu'il y auroit encore deux députés de sa part. Il
étoit bien vrai que , par la requête des rescribents , ils avoient conclu à ce qu'il seroit interdit au
sieur doyen Lambotte, ou autre député dudit chapitre , d'intervenir à chaque assemblée particu-
lière de ville, comme il se pratiquoit par un abus intolérable, où il avoit même voix délibérative,
indépendamment de celle du bailli , avec les autres échevins : en sorte qu'au lieu de sept
échevins, par-dessus ledit bailli , il y en avoit huit, et c'étoit ce que les intimés demandoient
d'être aboli, et à quoi seul ils avoient conclu par leur requête, pour le regard dudit chapitre,
et non pas à ce qu'il n'y auroit point de commis de la part de leur corps aux choses ci- dessus
reprises, pourvu que ce soit à ses frais, et non pas à ceux de la ville , n'étant pas naturel que le
seigneur et son bailli auroient chacun en particulier leur voix délibérative , ce qui étoit constam-
ment un abus qui devoit être corrigé, car, à la moindre assemblée particulière qui se faisoit,
ledit doyen, comme commis du chapitre , prétendoit indûment s'arroger le droit d'y être
convoqué et d'y intervenir : ce qu'on soutient qui ne pouvoit être sans que la déclaration
jointe en leur requête pourroit faire force à ce regard, au moyen qu'on ne contestoit point
aux demandeurs d'avoir, en qualité de seigneur, un député, commis de la part de leur corps,
comme ils avoient toujours eu aux assemblées générales pour les comptes et assiettes des tailles,
mais non pas à toutes celles particulières des échevins , auxquelles ne s'agissant de rien qui
regardoit le chapitre , mais les affaires publiques de toute espèce, ils n'avoient aucun droit
d'y avoir leur commis. L'acte de Clément Delesamme et de Louis Mouchaert devoit, à ce
qu'on croyoit, avoir été capté, sous promesse, peut-être, de les faire échevins à la prochaine
rénovation (1 ), car il n'étoit pas croyable, qu'après avoir donné leur acte ou procure , qui étoit
exhibé en l'écrit des solutions des intimés , ils l'auroient rétracté sans cause
suppliant CHARLES VI.
16 mars 1726.
la cour d'avoir recours audit écrit, qui étoit sur le bureau, l'allouant à cette fin, pour faire
conster de la vérité avancée, ce qui prouvoit que celui contraire ne pouvoit avoir été capté que
par détour, surprise, promesse, ou pour quelque autre cause semblable ; allouant aussi le surplus
du même écrit, pour faire voir la nécessité indispensable qu'il y avoit de ne point avoir un tel
commis ou député du chapitre dans chaque assemblée particulière des échevins, tant à cause
qu'il conduisoit et dirigeoit toute chose à sa mode et à sa volonté, qu'à raison que le corps
n'avoit point la liberté de voter comme il voudroit, par la crainte respectueuse qu'il imposoit à
un chacun, et que sitôt qu'ils ne suivoient pas son intention , on ne manque pas de les remer-
cier, ce qui faisoit voir la dangereuse conséquence de cette intervention générale . C'étoit
pourquoi les rescribents espéroient que, tant au moyen de ces raisons qu'autres à suppléer par
la cour, de son noble office , qu'ils imploroient, lesdits sieurs du chapitre seroient renvoyés de
leurs fins et conclusions et condamnés aux dépens.
Contre lequel écrit de solutions les sieurs prévôt, doyen, chanoines et chapitre de Soignies
avoient servi arrière-solutions , le 15 de juin 1725, disant qu'il se voyoit, par les art. 3, 4, 9 et 11 ,
que lesdits manants avouoient et consentoient que le chapitre pourroit avoir un député de son
corps aux assemblées de ville, pour ouïr et clore les comptes, faire les assiettes des tailles ,
intervenir aux passements des biens de la ville, de quoi ledit chapitre étoit en bonne et paisible
possession, suivant que les défendeurs avouoient. Mais ils venoient disputer audit chapitre
d'avoir deux pareils députés aux frais de la ville , consentant que le deuxième député y
viendroit aussi, selon la coutume, pourvu que ce soit à ses frais : c'étoit tout le contenu de
leur avertance. Il paroît bien juste que le premier député y interviendroit aux frais de la ville,
puisque c'étoit pour son bien qu'il y alloit , plutôt pour l'intérêt de la ville que pour celui du
chapitre, comme il étoit apparu cette année dernière dans la réduction des rentes de la ville,
même au préjudice dudit chapitre , qui , sans l'intervention dudit député , n'auroit pas eu lieu ,
ou du moins il se fût trouvé des oppositions qui auroient été très- certainement suivies de
gros frais . Pour ce qui étoit des frais du deuxième député , ils avoient été autorisés à la charge
de la ville, suivant le règlement fait par M. le conseiller Boele, l'an 1695, ayant été lors réglé
qu'il n'interviendroit auxdits comptes que deux députés du chapitre, au lieu de quatre ou cinq,
qui y alloient auparavant aux frais de la ville . Il convenoit que le conseil soit informé que
ce deuxième député n'intervenoit qu'à l'audition des comptes, au lieu que le premier inter-
vient aux assiettes des tailles , aux passements des biens de la ville et aux autres assemblées
échevinales qui regardoient le bien public, de quoi ledit chapitre étoit en bonne et paisible
possession pour lesquelles assemblées échevinales ledit premier commis n'avoit aucune rétri-
bution particulière , sauf quinze livres de gage par an, ce qui ne pouvoit faire un objet par
rapport à ladite ville. Les défendeurs disoient encore que l'intervention dudit député empêchoit
la liberté des échevins, ce qui étoit contraire à la vérité , car , nonobstant sa présence, lesdits
échevins avoient cotisé le chapitre en général, et ses membres et ses suppôts en particulier ,
dans une taille des mauvais frais, malgré la protestation faite de la part dudit chapitre, comme
il en pouvoit conster de ladite assiette, qu'on supplioit la cour de se faire administrer ce qui
démontroit la fausseté de leur énoncé sur ce chef. L'acte donné par Clément Delesamme et
Louis Mouchaert, dont parloit partie, art. 12, n'avoit pas été capté, comme ils le disoient, mais
ayant reconnu l'injustice de leur cause, ils avoient volontairement donné cette révocation. Ces
raisons et la possession immémoriale dudit chapitre lui faisoient espérer qu'il seroit maintenu
dans son droit de faire intervenir, comme de coutume, son premier député du corps à toutes
assemblées échevinales où il s'agiroit du bien public et de la ville, et que son second député
pourroit aussi intervenir aux redditions des comptes, comme de coutume, et, en conséquence,
que l'interdiction captée par lesdits manants seroit levée. A quoi ils concluoient et aux dépens .
Ce procès, ainsi instruit, avoit été vu le 14 de juin 1725 , que lors la cour, avant que de disposer
sur la confirmation demandée d'un commis et de douze personnes choisies par les bourgeois
et habitants de la ville et banlieue de Soignies, ainsi que sur la levée requise de l'interdiction
.
du 18 avril 1725 par ceux du chapitre, avoit ordonné aux parties de comparoir par députés
par- devant le conseiller rapporteur, et entendre ce que leur sera proposé, selon l'instruction
donnée ; cependant, et par provision , les commis de la part dudit chapitre n'entreviendront aux
assemblées de ville que lorsqu'il s'agira de régler affaire ou tailles auxquelles le chapitre est
cotisable ou a intérêt personnel, et c'est sans salaire et voix délibérative : continuant la surséance
- IIIe SÉRIE . Tome IV .
Pays-Bas autrichiens . — 3
18 ORDONNANCES DES PAYS-BAS AUTRICHIENS
CHARLES VI. de l'audition des comptes de la ville jusqu'à ce que soit disposé sur le présent différend , les
16 mars 1726.
dépens réservés .
En satisfaction de l'arrêt ci - dessus , les parties avoient comparu , le 20 de juin 1725 ,
comptes ; et sur pied de cette possession , le chapitre espéroit qu'il seroit maintenu d'avoir leur CHARLES VI .
16 mars 1726.
député dans tous comptés et autres affaires de la ville de Soignies ; et quant au salaire, le chapitre
ne vouloit pas s'arrêter à plaider pour si peu de chose. Cependant il espéroit que le seigneur juge
feroit attention à leur longue et paisible possession , se remettant là -dessus, comme auparavant,
à l'ordonnance de la cour . Et comme par arrêt de cette cour souveraine il étoit ordonné aux
bourgeois de comparoir par député, muni de mandat , on soutenoit que lesdits Travel et Buis-
seret, comparoissants, ne faisoient à recevoir, pour être personnes privées , n'ayant les qualités
requises par l'arrêt ; qu'ils faisoient à renvoyer et à condamner aux frais de la présente compa-
rution . De la part des sieurs échevins avoit été dit que l'on administreroit au sieur Travel et à
un autre les comptes et registres dont ils auroient besoin , et ensuite ils devroient mettre ès
mains des avocats Richer et Le Clercq , quinze jours ensuivants, un état de tous les abus et
erreurs qui pouvoient s'être glissés, préjudiciables à la ville, lesquels avocats étoient priés , de la
part des parties, de les examiner et d'ajuster les choses autant que faire se pouvoit ; et en cas
qu'il y ait des difficultés sur aucuns points, les parties pourroient demander nouveau jour de
comparution pour les ajuster. Après lecture, les parties avoient signé.
Ce procès, ainsi par instruit , avoit été revu , avec l'instance mue entre ledit Travel et
consorts et lesdits sieurs du chapitre , par requête du 16 de juin 1725 ; le besogné tenu
le 20 , en satisfaction de la sentence interlocutoire du 14 dudit mois ; les écrits et pièces
respectivement servis par les parties, en spécial celui du 18 octobre 1725 , servi par le sieur
Jean-Baptiste Travel, Charles-Philippe Maquesteau , François Moins, Gérard Buisseret et autres
bourgeois et habitants de la ville et banlieue de Soignies, dans lequel étoient contenus divers
abus, et y formé trente-trois conclusions .
Vu aussi les devoirs faits les 11 et 12 de mars 1726, tout considéré,
LES GRAND BAILLI, PRÉSIDENT ET GENS dudit conseil de Sa Majesté Impériale et Catholique ont
disposé et disposent sur chaque conclusion comme s'ensuit :
Sur la première conclusion , intérinent le choix fait de Jérôme-Albert Travel pour commis
de ville , et la surrogation , après le décès d'icelui, de Jean-Baptiste Travel, son frère, par
appointement du 21 août dernier, ainsi que le choix des personnes pour composer le conseil
de ville enjoignant aux mayeur et échevins d'en tenir note en leur registre, ce qui sera
continué à l'avenir, en la forme et manière ordinaires.
Sur la deuxième , seizième , dix - septième et vingt- septième , concernant les commis du
chapitre aux affaires de la ville , déclarent que ceux du chapitre pourront commettre un
d'entre eux seulement, pour intervenir à toutes affaires de ville, sans salaire ni voix délibérative ,
sauf et excepté ès assemblées concernant affaires auxquelles la ville auroit intérêt contraire
au chapitre .
Sur la troisième , quatrième, cinquième, sixième, septième et huitième, concernant les lieux
pieux , déclarent que le mambour perpétuel de l'hôpital et des communs pauvres, ainsi que le
receveur des biens desdits lieux et de ceux de l'école dominicale, des orphelins , des pauvres
veuves, des pauvres filles et du cimetière s'établiront par un chanoine, commis du chapitre, ou
le bailli , à leur choix , et les mayeur et échevins, et que les comptes des biens et revenus desdits
lieux se rendront par-devant ledit chanoine, commis , ou le bailli, deux députés de la part des
mayeur et échevins et ledit mambour, à l'intervention du pasteur : le tout à la rétribution
ordinaire de cinq sols chacun, par heure , sauf que ledit pasteur n'aura aucun salaire ; et un seul
commis du chapitre, avec deux députés de la ville , continueront d'être mambours desdits lieux
pieux respectifs . Et pour ce qui concerne la chapelle paroissiale et celle du Saint- Nom ,
l'administration des biens y affectés ainsi que les comptes seront régis et entendus comme du
passé, et le pasteur pourra intervenir sans salaire.
Sur la neuvième, concernant les deniers nantis, procédant des rentes dues aux fondations
et lieux pieux, ayant égard aux soutènement et demande respective des parties, accordent
au plaignant l'adjonction du conseiller et avocat de Sa Majesté , qui prendra vue de ce différend ,
pour autant qu'il regarde la présente conclusion , et fera les devoirs de sa charge par instance
séparée.
Sur la dixième et onzième conclusions, concernant le commerce de vin et la défraudation de
la maltôte sur le vin et bière, ordonnent à ceux du chapitre de Soignies de se conformer aux
ordonnance et décret de l'empereur Charles cinquième, du 20 février 1528 et 12 de juin 1531 .
20 ORDONNANCES DES PAYS-BAS AUTRICHIENS .
CHARLES VI. En conséquence, ne pourront faire aucun commerce ni communiquer leur exemption de
16 mars 1726.
maltôte de vin et de bière, en quelque manière que ce soit, aux peines portées par lesdits
ordonnance et décret : défendant à leur vignier ou cavier de rien pratiquer au préjudice de
ladite maltôte, à peine d'être pourvu à sa charge selon l'exigence du cas. Au surplus, les devoirs
conçus seront effectués.
Sur la douzième, concernant le renouvellement des échevins, déclarent que les intimés
devront renouveler les échevins de Soignies à la Saint-Jean - Baptiste prochain , sans y laisser
ceux qui ont été continués au dernier établissement de la loi.
Sur la treizième, concernant les droits de mouture du moulin de Soignies, et la vingt- neuvième,
touchant le carillon de la ville, déclarent que ces conclusions viennent à cesser , quant à présent,
sauf aux mayeur et échevins d'agir par nouvelle instance, s'ils s'y croient fondés, après la remise
de tous titres appartenant à la ville, suivant les offres des intimés .
Sur la quatorzième, concernant le passement des ouvrages de la ville, déclarent que les
ouvrages concernant la ville, dont la dépense excédera cent livres, devront être exposés en
criée et à rabais.
Sur la quinzième, concernant la présentation des comptes de maltôte, déclarent que les
comptes des maltôtes octroyées se rendront par-devant commis de cette cour, et que le texte
et présentation s'en feront en la forme observée ès comptes d'octrois, sans qu'il y soit plus fait
mention du chapitre ni de leur bailli, qui pourront néanmoins y être présents, sans salaires.
Sur la dix -huitième, dix-neuvième , vingtième, vingt et unième, et vingt-troisième, concernant
les vins que prennent les échevins aux passements des biens de la ville, déclarent que les bailli,
mayeur, échevins et greffier continueront de jouir des vins ordinaires stipulés dans les criées
des biens de la massarderie et produit des octrois , à répartir entre eux , comme de coutume,
à l'exclusion du commis du chapitre . Et pour ce qui regarde les visites à faire , le cas échéant,
elles se feront par deux députés d'entre eux , aux salaires de dix patards par heure.
Sur la vingt-deuxième , concernant les rendages d'un étang et de deux petits jardins , déclarent
que la conclusion prise touchant le rendage dudit étang vient à cesser , au moyen du rensei-
gnement en fait ès comptes de la ville ; et pour le surplus, tous adjudicataires devront fournir
au prix de leur demorée, et ne pourra être fait remise sans cause.
Sur la vingt-troisième, concernant la remise des maltôtes de vin, déclarent que la maltôte de
vin sera exposée en criée .
Sur la vingt-quatrième, concernant une somme de quatre cents livres, la vingt- cinquième,
touchant l'excressence des vingtièmes , la vingt-sixième, le boni du compte de la massarderie , de
l'an 1723 , la vingt- huitième, touchant le tabernacle, la trentième, la nouvelle cloche, la trente-
deuxième, l'image de saint Sébastien , déclarent qne ces conclusions viennent à cesser.
Sur la trente-unième, concernant les procès que les échevins intentent sans l'avis des
bourgeois , déclarent que les mayeur et échevins devront se conformer à la charte, lorsqu'ils
voudront intenter ou soutenir aucun procès, à péril de répondre des frais et dépens d'iceux en
leur propre et privé nom .
Sur la trente-troisième, concernant les brassins prétendûment faits par le médecin Féche-
rouille en préjudice de la maltôte , déclarent que ledit Travel , à l'adjonction des mayeur
et échevins , pourront agir contre ledit Fécherouille par instance particulière , s'ils s'y croient
fondés .
Dépens compensés entre parties, sauf que ceux du chapitre payeront trois quarts de la totalité
de la consulte et frais des commis aux besognés ; l'autre à prendre des deniers de la ville.
Au surplus, les termes injurieux contre le chapitre, repris dans les écrits dudit Travel seront
biffés et note tenue en marge qu'ils sont biffés par ordre de la cour.
Signé J. B. DESFOSSEZ .
Décret de Charles VI révoquant la défense faite aux blanchisseurs de la Flandre de blanchir CHARLES VI.
26 mars 1726.
des pièces de toile écrue excédant la longueur de soixante-cinq aunes.
Sa Majesté IMPÉRIALE ET CATHOLIQUE, ayant eu rapport de la représentation lui faite par les
échevins de la keure et conseil de la ville de Gand et par les bailli et hommes de fief du château
de Vieux -Bourg , et de la requête des blanchisseurs de ladite ville , au sujet de l'ordonnance du
21 octobre 1723 (1 ), réglant la longueur des toiles qui seront blanchies en la province de
Flandre, et de l'acte d'interprétation donnée sur ladite ordonnance, le 21 juillet 1724 (2), et
de toutes les pièces exhibées de part et d'autre , ensemble de l'avis rendu par ceux du conseil
provincial de Flandre, et le tout considéré, déclare que la défense faite aux blanchisseurs , tant
des villes que du plat pays de ladite province, d'admettre, pour blanchir, des toiles excédant
la longueur de soixante-deux, soixante-trois, soixante-quatre et soixante-cinq aunes, vient à
cesser, et qu'ensuite il demeurera libre auxdits blanchisseurs d'admettre des toiles crues
au-dessus de soixante-cinq aunes de longueur, à condition que ceux qui les feront blanchir
devront payer aux blanchisseurs leur salaire pour les aunes qui excéderont ladite mesure de
soixante-cinq, à rate du prix ordinaire qui se paye par pièce de soixante-deux , soixante- trois ,
soixante- quatre et soixante-cinq aunes. Ordonne à tous ceux qu'il appartient de se régler selon
ce, et que le présent acte soit envoyé et affiché où il convient, afin qu'un chacun en ait connois-
sance.
Paraphé DE BAILL. vt ; signé J. LE ROY, et cacheté des armes de Sadite Majesté en hostie
rouge. 1
(Placards de Flandre, liv . IV, p . 876.)
Ordonnance du conseil de Hainaut portant ampliation du règlement du 22 novembre 1720 29 mars 1726
sur les gages et émoluments des officiers des terres de Chimay et de Beaumont, en ce qui
concerne la première de ces terres seulement.
Déclarent qu'il n'y a rien à changer au règlement du 22º de novembre 1720 , et que la rétri-
bution de deux cents florins lui accordée, art . 6 , au lieu et place du pâturage, prendra pied
du 9 janvier 1716. Suivant ce, sera fait liquidation de toutes les sommes qui lui ont été fournies
à ce sujet, par-devant le conseiller commis à l'audition du prochain compte à rendre par le
receveur de ladite terre.
Continuera ledit prévôt de profiter de cinq patards au poinçon de bière qu'il fait brasser
pour sa consomption.
Quant à ses successeurs en office, outre la diminution de deux cents huit florins l'an sur les
gages et arbres d'office mentionnés art. 1er du règlement de l'an 1720 , ils cesseront de jouir
de la rétribution de deux cents florins accordée au prévôt moderne au lieu du pâturage.
Concernant le receveur.
Déclarent que le règlement de l'an 1720 sortira effet dès l'année 1715, au regard du denier
de la recette, en conformité de l'ordonnance mentionnée fol . 182 du compte rendu pour ladite
année 1715.
Que dorénavant il prendra soin de stipuler, dans les criées des terres labourables, prairies,
jardins , fourneaux et toutes autres fermes, les quatre deniers par livre payables par les adjudica-
taires, pour en être fait la diminution sur la portance du soixantième denier alloué à son profit
dans la dépense de ses comptes , en conséquence de l'art. 8 du règlement de l'an 1720.
Procurera, au surplus , que la liquidation ordonnée , art. 6 du règlement, touchant les droits
desdites criées, soit effectuée dans le terme de six semaines : à quelle fin il se munira de toutes
les criées.
Continuera de jouir de l'exemption de cinq patards au poinçon de bière qu'il fait brasser
pour sa consomption.
Quant à ses successeurs en charge, ils devront se contenter des profits et émoluments réglés
par l'art. 14 du chap . LII des chartes générales de ce pays. En conséquence , outre les cent
trente-deux florins, en lieu des arbres d'office, dont ils ont été privés par l'art . 1er du règlement
de l'an 1720 , ne leur sera plus passé quatre florins par chaque jour d'emploi à la vente de la
haute futaie, non plus que huit florins, accordés au receveur moderne , au lieu de cinquante places
de porcs sur la glandée ; devront renseigner, au profit de la seigneurie et de ses créanciers ,
les seize florins à chaque mille cordes de bois que payent les adjudicataires pour le comptage
desdites cordes ; n'auront plus que seize patards pour criée de chaque portion des ramettes ( 1 ) ,
et le surplus, jusques à quarante- huit que payent les adjudicataires, se portera en recette .
Finalement ne leur sera plus rien passé ou alloué en la dépense de leurs comptes pour
consignations à la dépositairie générale, en telle sorte qu'ils devront y faire être le produit de
leur entremise, sans frais de la seigneurie.
Contrôleur.
Déclarent que l'augmentation de cent florins par an , accordée article dernier du règlement
du 22e de novembre 1720, n'aura pas seulement effet dudit jour, mais que ledit contrôleur ou
ses ayants cause auront deux cent cinquante florins une fois pour le temps intermédiaire,
depuis le 9 janvier 1716 , si avant qu'il n'auroit rien touché sur l'année 1720, à liquider au
besoin par -devant le conseiller commis à l'audition du compte prochain.
Greffier.
Déclarent qu'il n'y a rien à augmenter aux gages , salaires et émoluments dont ils ont joui depuis
la correction faite en l'art. 9 du règlement du 9º de janvier 1716 ( 1 ) , censée répétée par celui
du 22º de novembre 1720, au regard des arbres morts ou secs , qui ne leur seront plus accordés
par le conseiller commis à la vente de la haute futaie, moins encore par ceux de l'office des bois .
Si devront lesdits sergents s'abstenir de prendre à leur profit les hourdages (2) ou cueillottes des
scieurs , les huttes des ouvriers et les parcs des cochons au temps de la glandée, les enchargeant
de surveiller à ce que les marchands ni leurs ouvriers ne se servent à ces fins que des bois
nécessaires , au moindre intérêt de la seigneurie. Et devra le receveur procéder à la vente desdits
bois , pour en compter.
Déclarent que les deux traversiers établis au gage de trente florins par an continueront de
profiter de l'augmentation leur accordée depuis le règlement de l'an 1720, moyennant que
par leur vigilance et service ils s'efforcent d'en mériter la continuation.
Déclarent qu'il n'y a rien à changer, quant à présent, à ce qui a été ordonné par le règlement
de l'an 1720. Au surplus, enjoignons au receveur moderne de reprendre , au commencement de
chaque compte, le contenu entier du règlement du 22º de novembre 1720 , ainsi que de la
présente ordonnance ce que le prévôt moderne observera pareillement de reprendre au
commencement de ses comptes , pour ce qui le concernera, et ses successeurs en office.
Finalement ledit receveur ainsi que ses successeurs prendront soin de clausuler, dans les
criées de la glandée, que tous les officiers et sergents ont été privés de leurs places des porcs en
nature, afin que les enchérissants et obtenteurs en aient une pleine et entière connoissance, et
puissent à ce moyen profiter de la glandée entière.
Ordonnance du conseil de Hainaut portant ampliation du règlement du 22 novembre 1720 29 mars 1726.
sur les gages et émoluments des officiers des terres de Chimay et de Beaumont, en ce qui
concerne la seconde de ces terres seulement.
CHARLES VI. part desdits prévôt et receveur avant le règlement de l'an 1720, et aux comptes du produit de
29 mare 1726. ladite terre depuis l'an 1715,
Concernant le prévôt.
Déclarer qu'il n'y a rien à changer au règlement de l'an 1720, quant aux parties reprises en
sa déclaration du 18 octobre 1717, sauf pour ce qui concerne les arbres d'office dont est mention
art. 4 dudit règlement, qui resteront évalués, tant au regard du prévôt que des autres officiers,
ainsi et de la manière qu'ils l'étoient avant ledit règlement, et jusqu'à ce que l'arrêt provisoire
du 17 de novembre 1664 ne sera changé.
Et, disposant sur les parties omises dans sa déclaration de l'an 1717 , mentionnées par sa
requête en forme de représentation , déclarer qu'il continuera de profiter de six florins au mille
de cordes que payent les adjudicataires , ainsi que de la raspe des voyaux de la Haye de Sivry,
et des freschaux joignant ladite Haye, aux termes de la transaction du 4º de septembre 1625 :
enjoignant autre fois au prévôt de Beaumont de surveiller si soigneusement à la conservation
de tous les bois , qu'il ne s'y commette le moindre désordre, à péril de répondre de tous dom-
mages et intérêts qui pourroient arriver par sa faute ou négligence.
Quant aux successeurs du prévôt Claude Robaux de Pétrelle , ils ne profiteront plus des
ramettes des bois communs entre le comte de Beaumont et le chapitre de Maubeuge, soit que
la raspe se vende à la corde ou par bonnier. Cesseront aussi de jouir de quatorze florins l'an,
en lieu de vingt- huit places de porcs, sur lesdits bois communs et indivis .
Concernant le receveur.
Déclarer qu'il n'y a rien à changer au règlement de l'an 1720, et que ses successeurs en charge,
outre la diminution de soixante-douze livres pour arbres d'office, faite art. 1er dudit règlement,
ne jouiront plus de quarante-deux livres, en lieu de quarante-deux places de porcs sur les bois
par indivis, et que ne sera plus rien passé ou alloué dans la dépense de leur compte pour
consignation à la dépositairie générale, en telle sorte qu'ils devront y faire être les deniers de
leur entremise, sans frais d'icelle.
Lieutenant-prévôt.
Le greffier continuera de jouir des mêmes salaires et émoluments dont il a profité ci-devant,
conformément sa déclaration du 23e de décembre 1720.
Si aura, sa vie durant, en lieu et place de dix cordes de bois et de mille fagots, la somme de
cent vingt livres par chaque année, payable par le receveur , à prendre pied dès l'année réglée
au regard du lieutenant-prévôt ; mais ses successeurs en office ne recevront plus pour ce sujet
que cinquante livres par an.
Quant aux curé de la ville de Beaumont, concierge du château et portier d'icelui, ne leur sera
rien donné en considération des cordes de bois et des fagots dont ils ont ci-devant profité en
nature , non plus qu'aux trois sergents de la prévôté. Déclarant, au surplus , qu'après le décès
des avantdits concierge et portier, leurs places cesseront d'être conférées , et les jardin et
prairie dépendants du château seront exposés à ferme par le receveur au profit de la seigneurie
et de ses créanciers.
TROISIÈME SÉRIE . 25
CHARLES VI.
Sergents des bois dits Haye de Beaumont, Goulot, Martin-Pret et Bouillonvaux.
29 mars 1726.
Les deux sergents-gardes desdits bois continueront de jouir chacun de quatre- vingts livres
de gage par an, compris arbres d'office, outre la capote aux armes du seigneur qui leur sera
donnée de trois ans à autres.
Si continueront de profiter de cinq patards au bonnier, payables par les adjudicataires, comme
aussi du tiers des amendes , outre leur journée de rapport.
Quant aux layes des portions de raspe qui se vendent chaque année auxdits bois, ils s'abstien-
dront d'en profiter, de même que de deux cordes de bois et de cinquante fagots qu'ils avoient
avec les officiers , ' avant l'interdiction du . . janvier 1721. Cesseront aussi d'avoir aucun bois
mort ou sec, et tels autres que ce puisse être, de même que des places des porcs sur la glandée.
Mais, en vue de la privation de ce que dessus, ils auront chacun deux cents livres par an, que
leur payera le receveur de la terre de Beaumont, et dont la première année sera allouée au
compte pour 1727. Et prendra soin ledit receveur de conditionner , dans les criées de raspe, que
les adjudicataires auront à leur profit lesdites layes : ce qu'il observera aussi au regard de tous
autres bois.
Le sergent-garde desdits bois continuera d'avoir vingt-quatre livres de gage, outre la capote.
Si continuera de jouir de cinq patards au bonnier, payables par les adjudicataires, comme
aussi du tiers des amendes, outre la journée de rapport.
Quant aux layes des portions de raspe qui se vendent chaque année èsdits bois , il s'abstiendra
d'en profiter et de mettre aucune bête pâturer en iceux, comme aussi de la place sur la glandée ;
et en vue de la privation de ce que dessus, il aura, sa vie durant, cent seize livres par an, payables
par le receveur , à commencer comme a été réglé au regard des autres sergents. Quant à ses
successeurs , ils n'auront plus que trente- six livres l'an , au lieu de cent seize, en considération du
petit rapport desdits bois .
Au surplus, ayant été observé , par les comptes dudit receveur, que l'on a passé en mises
quarante-huit livres pour gage au sergent des garennes , qualifié surnuméraire, des bois du
Chenoy et Petite- Plaigne, la cour déclare que ne sera plus rien alloué à ce sujet en la dépense
desdits comptes .
Les deux sergents-gardes desdits bois continueront de profiter chacun de cent soixante-dix
livres de gage, compris arbres d'office.
Si continueront de profiter de cinq sols chacun au bonnier de raspe, et de trois patards à
chaque cent cordes de bois , payables par les adjudicataires, comme aussi du tiers des amendes ,
outre leur journée de rapport .
Quant aux layes des portions de raspe qui se vendent èsdits trois bois, ils s'abstiendront
d'en profiter, de même que des arrachures, rompures, bois mort ou sec, et de tout tel autre
que ce puisse être, en quoi sont compris les parcs des porcs au temps de la glandée , les huttes
des ouvriers , les hourdages ou cucillottes des scieurs : les enchargeant de surveiller à ce que
les marchands ni leurs ouvriers ne se servent à ces fins que des bois nécessaires , au moindre
intérêt de la seigneurie . Et devra le receveur procéder à la vente desdits bois , pour en compter
au profit des propriétaires . Tout quoi aura aussi lieu pour les sergents des autres bois, tant
communs et indivis, que ceux appartenants au comte de Beaumont seul. Cesseront encore
lesdits deux sergents de jouir des places de glandée èsdits trois bois. En considération de tout
ce que dessus, ils auront chacun cent dix livres par an, payables par le receveur, dont la
première année sera allouée au compte pour 1727.
Il sera payé par le même receveur à chacun d'eux autre somme de quatre-vingts livres l'an ,
en récompense de la privation du pâturage de seize bêtes à cornes, qui leur fut interdit par
ordonnance du .. août 1721 laquelle récompense prendra pied en la présente année, et sera
allouée en la dépense du compte pour 1726. Et devra ledit receveur faire expresse mention , dans
les mises de ses comptes, des causes respectives pour lesquelles ces rétributions nouvelles ont
été accordées auxdits sergents , ainsi qu'aux gardes de tous les autres bois.
CHARLES VI. De plus, devra ledit receveur retenir à chacun desdits deux sergents vingt-six livres treize
29 mars 1726.
sols quatre deniers par an pour prix de la capote qui leur sera donnée de trois ans à autres.
Et en décharge des bois communs ou indivis, il portera, dans la dépense du compte du bois
de Longpret, la somme de dix-sept livres annuellement pour chaque sergent bien entendu
qu'au regard d'iceux , cette somme de dix -sept livres sera comprise dans celles leur accordées
ci-dessus.
Les deux gardes dudit bois continueront de profiter chacun de cent vingt livres de gage,
compris arbres d'office .
Si continueront de profiter de cinq sols chacun , au bonnier de raspe que payent les adjudi-
cataires, comme aussi du tiers des amendes , outre leur journée de rapport.
Quant aux layes des portions de raspe qui se vendent à ladite forêt, ils s'abstiendront d'en
profiter, de même que de tous autres bois, ainsi qu'a été ordonné ci-devant au regard des
sergents du bois le Comte. En considération de quoi ils auront chacun cent livres l'an, y
comprise la privation des places des glandées, que payera le receveur , et portera pour la
première fois en la dépense de son compte pour l'année 1727.
Et en récompense du pâturage de seize bêtes à cornes dont ils resteront privés aux termes
de l'ordonnance du mois d'août 1721 , ils auront encore chacun quatre-vingts livres l'an, laquelle
somme sera passée en la dépense du compte pour la présente année 1726.
Sur toutes lesquelles sommes le receveur retiendra à chacun d'eux vingt-six livres treize sols
quatre deniers par an, pour prix de la capote qui leur sera donnée de trois ans à autres.
Si profitera, comme du passé, de cinq patards au bonnier de raspe que payent les adjudi-
cataires , comme aussi du tiers des amendes, outre sa journée de rapport.
Quant aux layes des portions de raspe qui se vendent chaque année, il s'abstiendra d'en
profiter et de tous autres bois, ainsi qu'a été dit et réglé au regard des sergents des autres bois,
de mème que de la place de glandée. En considération de tout quoi , lui sera payé par le
receveur septante- neuf livres , laquelle somme sera allouée en la dépense du compte de
l'année 1727.
Et en récompense de la privation du pâturage de seize bêtes à cornes, lui sera encore payé
septante-cinq livres que le receveur portera en la dépense du compte de la présente année 1726,
sans que ledit sergent, non plus que les autres, puissent rien exiger ni espérer pour le passé,
depuis la défense leur faite dès le mois d'août 1721 .
Sur toutes lesquelles sommes le receveur lui retiendra vingt-six livres treize sols quatre
deniers par an, pour prix de la capote qui lui sera donnée de trois ans à autres.
Au surplus, enjoindre au receveur moderne de reprendre, au commencement de chaque
compte, le contenu entier du règlement du 22º de novembre 1720, ainsi que de la présente
ordonnance en forme d'ampliation de règlement.
Si devra, ainsi que ses successeurs, prendre soin de clausuler, dans les criées de la glandée,
que tous officiers et sergents ont été privés de leurs places des porcs en nature, afin que les
enchérissants et obtenteurs en aient une pleine et entière connoissance, et puissent, à ce moyen,
profiter de la glandée entière.
Ordonnance de Charles VI portant que , par mesure de réciprocité , les rentes constituées CHARLES VI.
12 avril 1726.
au-dessus du denier vingt par les états , corps , communautés ou particuliers de la province de
Limbourg et des pays d'Outre-Meuse, au profit de corps , communautés et particuliers des pays
d'Outre-Meuse de la domination des Provinces- Unies , du pays de Liége et de la seigneurie
de Herstal, seront réduites au denier vingt, tant pour les termes de payement échus que
pour ceux à échoir.
Décret de Charles VI portant que le grand conseil de Malines peut prendre connaissance des 13 avril 1726.
statuts ou ordonnances politiques du magistrat de Malines, concernant les corps de métiers et
habitants de cette ville, et ce par voie de réformation , tamquam ab inordinato statuto .
Vu la requête présentée au conseil privé de Sa Majesté Impériale et Catholique par les doyens
et suppôts du métier des brasseurs de la ville de Malines, ensuite du décret de Sa Majesté du
11 mai 1724, envoyée à l'avis de ceux du grand conseil par appointement du 10 décembre 1725 ;
Vu aussi ledit avis ( 1 ) et les deux représentations de ceux dudit grand conseil, des 7 et 20 juil-
(4) Il est du 12 février 1726 et adressé au conseil envoyée par lettres du 10 décembre 1725 , pour y
privé. C'est un document qui mérite d'être reproduit reservir de notre avis.
en entier. En voici la teneur : Les suppliants se plaignent de ce que ceux du
« Messieurs nos bons confrères, nous avons examiné magistrat de cette ville auroient fait émaner deux ordon-
la requête ci-jointe, présentée à Sa Majesté par les doyens nances, l'une du 16 et l'autre du 26 d'avril 1723 , pour
et suppôts du métier des brasseurs de cette ville, nous les faire prêter le serment de ne point frauder les accises
28 ORDONNANCES DES PAYS-BAS AUTRICHIENS .
CHARLES VI. let 1724, au sujet dudit décret ; l'écrit de ceux du magistrat de ladite ville sur la matière ;
13 avril 1726.
revu les rétroactes sur lesquels ledit décret a été donné et aussi les règlements de Philippe
de la ville par eux-mêmes, ni par leurs femmes , enfants , duisoient deux règlements concernant la judicature de
domestiques ou autres, de quelque manière que ce soit. cette ville, le premier accordé par Philippe le Bon , le
Sur quoi ils se seroient adressés à ce conseil par la voie 11 juillet 1455 , et le second , par l'empereur Maximi-
de réformation, le 5e du mois de mai ensuivant, et lien et Marie de Bourgogne, le 16 janvier 1479 , lesquels,
auroient obtenu état et surséance quant audit serment . réglant les causes de réformation et d'appel à ce conseil ,
« Que ceux du magistrat, au lieu d'y répondre, se n'exciperoient aucunement la connoissance des statuts
seroient avisés de se servir de l'exception de chose jugée, politiques , principalement le second , qui déclareroit
requérant congé de cour, et que , le 8 dudit mois de mai, que dorénavant le grand conseil seroit le juge compé-
ils auroient fait émaner une autre ordonnance , par tent de toutes les causes, tant concernant la police
laquelle auroit été révoquée la faculté ci-devant accordée qu'autres, sauf celles touchant la draperie ; par consé-
à leur métier d'encaver leurs bières dans des caves quent, que cette exception formeroit la règle dans les
étrangères. Sur quoi les suppliants auroient présenté cas non excipés : ce qui auroit été renouvelé et confirmé
une seconde requête, le 9 de novembre de la même par l'ordonnance de Charles V, du 26 octobre 1531 , et
année, et dit que cette ordonnance ne buteroit qu'à les le 11 article de nos ordonnances, titre Des requêtes et
contraindre indirectement à prêter ledit serment, pour provisions de justice, tellement que ce conseil seroit auto-
éluder, par ce moyen, la surséance par eux obtenue le risé de connoître de la justice ou injustice des ordon-
5 dudit mois de mai. nances politiques , et même de corriger d'office celles qui
Et ceux du magistrat, ayant servi d'écrit par forme lui paroîtroient injustes .
d'avertance, auroient soutenu que l'ordonnance du 8 mai « De plus, que si les particuliers grevés par telles
seroit conforme à celles émanées le 3 d'avril 1655 et ordonnances seroient obligés d'avoir recours au conseil
16 janvier 1658 , requérant congé de cour . d'État, qu'en ce cas, plusieurs se trouveroient dans
« Ce différend ayant été pleinement instruit, fourni l'impuissance de supporter les frais des voyages et solli-
et rapporté, ledit congé de cour auroit été abjugé, et citations qu'ils devroient faire, où, au contraire, ce con-
ordonné aux parties de comparoître devant le commis de seil, étant sur le lieu, pourroit plus facilement et à
la cause, pour être réglées selon l'instruction lui donnée moindre frais connoître desdites ordonnances .
par écrit, et ladite ordonnance du 8 mai tenue en état «Que pareillement ledit décret du 11 mai 1724 , décla-
et surséance . rant qu'il auroit appartenu au magistrat de porter l'or-
« Ceux du magistrat, au jour fixé pour comparoître, donnance du 8 mai 1723 , seroit non-seulement très-
auroient soutenu qu'il ne leur seroit pas permis de nuisible aux suppliants , par rapport que plusieurs
reconnoître sur ce point la juridiction de ce conseil , sous d'entre eux n'auroient pas de caves suffisantes pour
prétexte que ladite ordonnance regarderoit la police. A contenir la quantité des bières qu'ils doivent brasser,
quoi les suppliants auroient répondu de ne pas vouloir afin de subsister de leur métier, mais aussi à une infinité
contester le pouvoir du magistrat de faire des statuts de bourgeois qui en dépendroient , de même qu'aux
politiques , mais que toute la difficulté consisteroit dans accises du moulage dues à la ville .
l'examen de ces deux questions : la première , si l'ordon- ་ Que cette ordonnance ne tendroit à autre fin qu'à
nance du 8 mai seroit dans le fond une ordonnance poli- les obliger de se soumettre à la prestation d'un serment
tique ou non ; la seconde , en la supposant telle , si ce contraire, à ce qu'ils prétendent, aux principes du
conseil n'avoit pu juger de la justice ou injustice d'icelle . christianisme , comme ceux de l'université de Louvain
« Quant à la première , encore bien, disoient-ils, que l'auroient ainsi avisé , et dans ce cas individuel ,
la négative leur paroîtroit incontestable , eu égard que unanimement déclaré le .........
l'ordonnance du 8 mai renverseroit indirectement la " Finalement, que ce serment seroit d'autant plus exor-
surséance accordée par la cour, néanmoins la grande bitant, à cause que les peines et amendes portées contre
difficulté se réduiroit à la seconde, puisque ceux du les fraudes seroient si grièves, que pour la première fois
magistrat soutiendroient que la connoissance des ordon- on décernoit prohibition de débit, avec amende de douze
nances politiques n'appartiendroit aucunement à ce cents florins , et pour la seconde un bannissement, avec
conseil, mais privativement à Sa Majesté ou à son con- amende de deux mille florins, tellement qu'il ne seroit
seil d'État. pascroyable que quelqu'un s'y oseroit exposer ; eu aussi
" Qu'en effet, pour lors , à ce sujet, seroit survenu un égard que les précautions pour prévenir les fraudes
conflit de juridiction entre les suppliants et ceux du seroient si bien prises , qu'il seroit impossible d'en
magistrat devant ledit conseil d'État , lequel , après avoir commettre la moindre.
demandé l'avis de cette cour, auroit porté son décret du << Pour toutes ces raisons, les suppliants concluent à ce
11 mai 1724 , déclarant en termes qu'il a appartenu à que le bon plaisir de Sa Majesté seroit de les décharger
ceux dudit magistrat de faire l'ordonnance du 8 mai 1723 du serment en question, à l'exemple de Charles II , de
en question , et si lesdits brasseurs prétendent de faire glorieuse mémoire , qui fut servi de décharger les bras-
quelque représentation , ils devront s'adresser à Sa Majesté seurs de petites bières de la ville de Bruges d'un pareil
en son conseil d'État. serment, par décret du 25 février 1699 , et , en cas de
" Que cette dernière clause seroit leur seule ressource difficulté, de les envoyer en justice devant son grand
pour informer de plus près Sa Majesté des mérites de conseil , leur accordant par provision la permission
cette cause et des priviléges , décrets et règlements de se servir des caves étrangères, sans prêter ledit ser-
accordés par ses augustes prédécesseurs à ce conseil , à ment, jusques à ce que par Sa Majesté ou son grand
l'égard des ordonnances politiques . A quelle fin ils pro- conseil seroit autrement disposé par sentence définitive.
TROISIÈME SÉRIE . 29
« Cette requête ayant été communiquée à ceux du lui-même pourvoir à la police de chaque province, ville
magistrat, ils ont dit , par leur rescription , que la dispute et bourg en particulier ; que les mœurs et le génie des
qui avoit été entre eux et les brasseurs auroit consisté, peuples n'étoient pas partout les mêmes ; que la diver-
selon leur propre aveu : premièrement, si l'ordonnance sité de la situation des lieux fournissoit des moyens diffé-
politique du 8 mai étoit véritablement politique ou non, rents pour la subsistance des uns et des autres, enfin
et, en second lieu , en supposant qu'elle le fût, si ce con- que le changement du temps et la nécessité réqueroient
seil n'auroit pu juger de la justice ou injustice d'icelle . très-souvent l'abolition des anciennes et l'établissement
« Que cependant cette question auroit été décidée des lois nouvelles, il a été obligé de confier ce soin aux
par ledit décret du 11 mai 1724 , puisqu'il porte qu'il magistrats particuliers , et de leur donner le pouvoir de
a appartenu au magistrat de faire l'ordonnance du faire des statuts politiques pour le bien commun de leurs
8 mai 1723, et que la connoissance de la justice ou bourgeois et concitoyens .
injustice d'icelle appartiendroit à Sa Majesté, en décla- « Et quoique ce pouvoir ait été confié à tout magis-
rant que, si lesdits brasseurs prétendent de faire quelque trat, soit que dans l'un endroit il pouvoit être composé
représentation contrè icelle, ils devront s'adresser à de jurisconsultes et de gens d'esprit, soit que dans l'autre
Sa Majesté en son conseil d'État . De sorte qu'il ne il le seroit d'ignorants et de basse condition , néanmoins
s'agiroit plus de renouveler des questions décidées et la nécessité l'ordonnoit ainsi , par rapport que le souve-
terminées par un décret souverain, qui seroit irrétrac- rain ne pouvoit pas toujours être au lieu pour juger de la
table et auroit la force de chose jugée, d'autant plus bonne ou mauvaise police de chaque ville en particulier.
qu'il auroit été porté, parties ouïes et vu préalablement « La police se trouvant, de la manière que nous
l'avis de ce conseil. venons de dire, entre les mains des magistrats, même
« Finalement, qu'il ne seroit plus question de ren- jusqu'à ce point qu'il n'y a presque point le moindre
contrer les faits abusifs et supposés de la requête des bourg dans la Flandre qui n'ait sa coutume particulière
suppliants, mais uniquement d'exciper sur cette décision et l'autorité de faire des statuts politiques, nos princes,
souveraine du 14 mai 1724 , les brasseurs entiers de por- qui n'ignoroient pas que de la bonne police dépendoient la
ter leurs plaintes à Sa Majesté au sujet de ladite ordon- félicité et le bonheur de leurs sujets , pour remédier aux
nance du 8 mai 1723 , s'ils croiroient en avoir matière . inconvénients qui se pouvoient glisser dans l'adminis-
« Par cette succincte déduction, nous trouvons que tration d'icelle , soit par ignorance, soit par abus, ont
les suppliants concluent principalement à ce que Sa ordonné aux conseils des provinces, et spécialement à ce
Majesté seroit servie de les décharger du serment en conseil, de prendre connoissance de la justice ou injustice
question, et subsidiairement , en cas de difficulté, de les des ordonnances politiques , pour y remédier, soit d'office,
envoyer en justice devant ce conseil , tenant cependant soit parties ouïes, afin que les magistrats se tiendroient
l'ordonnance du 8 mai en état et surséance, et ceux du dans les justes bornes de leur devoir.
magistrat, au contraire, qu'il appartiendroit à Sa Majesté « Pour ce qui regarde les titres , nous avons cru qu'il
privativement de connoître de la justice ou injustice de suffira de les alléguer simplement, pour être convaincu
ladite ordonnance politique, sur ce principe général que qu'à ce conseil appartient incontestablement la connois-
de tout règlement politique n'écherroit ni appel ni réfor- sance des ordonnances et statuts politiques .
mation, et que cette question seroit décidée par le décret « Premièrement , le règlement pour la judicature de
du 11 mai 1724. la ville de Malines émané de la part de Philippe le Bon,
« De ce soutènement résulte que ceux du magistrat et nommément celui de l'empereur Maximilien et de
tâchent, non seulement de tirer en doute le pouvoir et Marie de Bourgogne, respectivement du 11 juillet 1455
la juridiction de ce conseil au sujet des ordonnances poli- et 16 janvier 1479 , joints à la requête des suppliants ,
tiques , mais qu'ils déclarent suffisamment, par cette voie font foi que dès lors on appeloit et réformoit de tout
indirecte, de le vouloir maintenir, pour priver cette cour appointement et sentence rendue par ceux du magistrat,
d'une connoissance lui attribuée par des titres incontesta- sauf de celles concernant la police de la draperie , comme
bles des augustes prédécesseurs de Sa Majesté, confirmés on peut voir hors du contenu dudit dernier règlement.
par un usage constant et avéré depuis plusieurs siècles . « En second lieu , l'ordonnance de l'empereur Char-
« Pour établir une vérité si notoire , l'origine et l'éta- les V, de glorieuse mémoire, du 26 octobre 1531 est
blissement de la police même nous servira de règle. très-précise et ne souffre pas le moindre doute . Ce grand
« Premièrement, il est connu que la police est l'art prince s'énonce en ces termes : « que toutes et quantes
de bien gouverner ; qu'elle est le maintien de la tran- « fois que ceux de notre grand conseil trouveront, par
quillité publique ; que c'est en elle que consiste le bon- « le démené des procès étant par-devant eux , qu'il y
heur de l'État , et qu'elle est le premier objet du « aura quelque corruptèle, style, statuts politiques ou
souverain. C'est pourquoi les augustes prédécesseurs autre chose déraisonnable, allégués et vérifiés hors
de Sa Majesté ont, par plusieurs édits, voulu avant « raison et terme de justice, ou que de ce ils seront
tout pourvoir à la bonne police en général, c'est-à-dire « avertis, les pourront et devront corriger, soit d'office
à la conservation de la pureté de la religion , à l'établis- « ou partie ouïe , comme ils verront appartenir. » Ces
sement des bonnes mœurs et à l'extirpation des crimes termes sont formels et marquent la confiance que ce
et délits ; que, pour y parvenir, ils ont réglé l'ordre de la prince avoit dans son grand conseil .
justice, établi les conseils et érigé les corps des magis- Troisièmement , l'instruction postérieure de ce con-
trats pour y veiller . seil, titre Des requêtes et provisions de justice, art . 11 ,
Cependant, comme le prince ne pouvoit pas par porte en termes : ne bailleront aussi relief d'appel ou
Pays-Bas autrichiens. - IIIe SÉRIE . TOME IV. 8
30 ORDONNANCES DES PAYS -BAS AUTRICHIENS .
" réformation , comme dessus, sur sentences rendues en de ladite année 1653, et ce pour éviter les fraudes qui
matière de police , alimentations, dicages, aides et s'y pouvoient commettre .
⚫ subventions du prince , réparation des chemins, ponts, Enfin , pour montrer que cette vérité ne souffre pas
« passages et semblables sentences . » de contestation , non plus aujourd'hui que ci-devant, en
« Quoique ces termes soient prohibitifs , cependant l'an 1719 , les doyens et métier des brasseurs de la ville
ils ne regardent que les lettres d'appel ou réformation , d'Ypres s'étant plaints au conseil en Flandre de l'ordon-
quant à l'effet suspensif et nullement quant à l'effet nance politique portée par le magistrat de ladite ville,
dévolutif, puisque ce même article se réfère aux trois par laquelle fut défendu auxdits brasseurs de donner en
articles précédents par ces mots : comme dessus . Or, il ferme le pouvoir de brasser de la bière aigre, au moyen
est évident que les articles précédents disposent des d'une rétribution pour chaque tonne, en obtinrent lettres
matières privilégiées , au regard desquelles ne peut être de réformation et sentence favorable audit conseil : de
accordé que relief d'appel simple, sans les clauses d'in- laquelle étant appelé à cette cour, ladite cause fut
hibition et défense . Partant il en est de même au regard décidée par nouveau jugement le 13 novembre 1722 .
des matières reprises audit art . 11 ; autrement il s'en- « Si l'on ne craignoit pas de grossir mal à propos cet
suivroit que les personnes grevées, non seulement par avis, nous pourrions encore faire conster de plusieurs
pareilles ordonnances politiques , mais aussi par sen- autres exemples , non-seulement par rapport à la pro-
tences rendues en matière d'alimentation , dicages, aides vince de Flandre, mais aussi par rapport à celles de
et subsides, réparation des chemins et semblables repris Luxembourg et de Namur, qui , par voie d'appel , ont été
dans ledit art. 11 , ne pourroient s'en plaindre , pour décidés en ce conseil .
obtenir telle provision de justice qu'au cas appartien- << De cette déduction résulte clairement, tant du droit
droit : ce qui est tout à fait insoutenable . que du fait, que c'est une erreur de vouloir contester
Finalement , pour vérifier encore de plus près la juridiction de ce conseil à l'égard des ordonnances
que ledit art. 14 doit être et a toujours été interprété politiques , et que ce principe général , que d'icelles
en la manière que dessus, la lettre écrite à ce conseil , n'écherroit ni appel ni réformation, est des plus abusifs .
le 14 décembre 1707, paraphée Cox vt , dit et déclare « Pour à présent venir au cas individuel , nous avons
bien expressément qu'appel échoit des sentences qui l'honneur de dire que, quant à la conclusion principale
concernent la police des villes , châtellenies et villages, prise par la requête des suppliants , afin d'être déchargés
quant à l'effet dévolutif, nous étant interdit seulement du serment dont il s'agit, qu'il y a, à ce sujet, devant
d'accorder les clauses suspensives en pareille matière . cette cour, un différend pleinement instruit, fourni et en
« Voilà des titres que nous croyons plus que suffi- état d'être rapporté ; et ce qui est très-remarquable , c'est
sants pour persuader et convaincre ledit magistrat que ceux du magistrat y excipent sur chose jugée, et
qu'à ce conseil appartient la connoissance des ordon- parmi ce requièrent congé de cour car, pour fonder
nances politiques . leurs ordonnances politiques du 16 et 26 avril 1723,
« Quant à la possession et l'usage conformément aux- regardant ledit serment, ils employent plusieurs sen-
dits titres, l'un et l'autre peut être vérifié, et nous pou- tences et décrets de ce conseil portés en jugement
vons assurer avec la même confiance et vérité que nul contradictoire entre les mêmes parties.
magistrat pourra exhiber le moindre titre qui l'exempte- " Mais, comme les brasseurs y allèguent une innova-
roit de cette juridiction . tion de fait au sujet desdits sentences et décrets , et
« Aussi le conseil en Flandre, dont toutes les causes que cette exception est d'une discussion ultérieure, soit
qui s'y décident sont appelables à ce conseil , a de tout pour nous informer si les peines apposées pour éviter
temps pris connoissance des ordonnances politiques les fraudes ne sont pas suffisantes , ou un moyen plus
émanées de la part des magistrats subalternes, et c'est assuré pour y obvier, soit pour savoir si, pendant le
aujourd'hui un paradoxe que de lui disputer ce pouvoir. temps que les brasseurs ont été obligés de faire ledit ser-
« Il y a plus d'un siècle que ceux du magistrat de ment, en vertu desdites sentences, les fraudes aient été
Courtray, par une ordonnance politique , avoient restreint plus fréquentes qu'aujourd'hui, soit enfin pour faire tel
la faculté de ceux de Renaix de vendre leurs draps sur autre devoir ou y apporter tel autre remède que ce con-
le marché de Courtray , soit en gros , soit en détail , et que seil trouveroit le plus convenable pour le bien de la
ledit magistrat fut condamné au conseil en Fiandre de ville et du public, nous ne pouvons pas à ce sujet nous
laisser la même liberté aux bourgeois de Renaix qu'ils expliquer plus avant .
avoient eue ci-devant, et ce par sentence du 28 septem- « Personne ne révoque en doute que , comme la police
bre 1612 . est un objet digne de l'attention du souverain, ses sujets
Le 18 mars 1653 fut décidé au même conseil, en se peuvent adresser, pour se plaindre des ordonnances
faveur de ceux du magistrat de Tournay, contre le cha- politiques de leur magistrat, à Sa Majesté ou à son con-
pitre de ladite ville, que ledit magistrat, par son ordon- seil d'État ; mais cela n'empêche pas qu'ils se peuvent
nance politique , avoit pu empêcher les bourgeois d'aller adresser à son grand conseil , qui en est pareillement le
boire et acheter des bières dans les maisons dudit cha- juge compétent, en conformité des titres réclamés ci-
pitre exemptes des impôts . dessus et l'usage y ensuivi.
. Ceux du magistrat de la keure de la ville de Gand " Quant à leur conclusion subsidiaire d'être renvoyés
ayant défendu aux bateliers d'être en même temps en justice devant ce conseil, nous sommes d'avis que
marchands de vin , leur ordonnance politique émanée Sa Majesté pourroit être servie d'accorder leur demande,
à ce sujet fut confirmée audit conseil , le 15 septembre d'autant plus que ceux du magistrat se prévalent de
TROISIÈME SÉRIE 31
connoissance des statuts ou ordonnances politiques que ceux dudit magistrat font éma- CHARLES VI.
13 avril 1729.
ner pour ceux de ladite ville , métiers et habitants d'icelle , et ce par voie de réfor-
plusieurs ordonnances et sentences portées par ce con- << Mais lesdits meuniers ayant représenté à Sa Majesté
seil, depuis l'année 1683 jusques et y compris l'an 1702 , que ce conseil avoit, de tout temps , pris connois-
par lesquelles , à leur réquisition et après pleine contes- sance des ordonnances politiques, elle fut servie de nous
tation en cause, auroit été ordonné aux brasseurs de renvoyer leur requête, pour y reservir de notre avis.
prêter le serment qu'ils ne frauderont pas directement A quoi étant satisfait , Sa Majesté porta le décret du
ni indirectement les accises de la ville . D'où s'ensuit 18 avril 1744 dont la teneur s'ensuit : « Ayant vu votre
pareillement que ce conseil, dans le cas individuel , a «< avis du 24 mars dernier, rendu sur la requête des
souvent été leur juge, et qu'il n'est pas concevable com- « doyens, suppôts et jurés des meuniers de notre ville
ment ceux du magistrat veuillent aujourd'hui contester « de Malines, avec les pièces y jointes, et l'ordonnance
cette compétence, après que leurs prédécesseurs l'ont de feu l'empereur Charles V , de glorieuse mémoire,
si souvent reconnue , et avec succès . " du 26 octobre 1534 , nous vous faisons cette pour vous
Ce droit de connoitre de la justice ou injustice de dire que nous avons permis et permettons par la
pareils règlements est un droit accordé par le souverain, པ présente aux suppliants de procéder avant en notre
qui n'est pas sujet à changement ni à la vicissitude du « grand conseil, selon les rétroactes. A quel effet, nous
temps , comme est le sort des ordonnances politiques, « vous envoyons lesdites pièces . 39
lesquelles produisent souvent un effet tout divers dans « Il paroît de ce décret que Sa Majesté, à la vue de
l'un et l'autre temps ; mais c'est une loi qui dépend l'ordonnance de l'empereur Charles V, qu'elle réclame
de la volonté souveraine, qui la peut changer comme expressément, n'a plus hésité d'envoyer les meuniers en
elle l'a pu introduire , selon que le bien commun de ses justice devant son grand conseil , nonobstant pareille
sujets le requiert. clause dont ceux du magistrat se prévalent aujourd'hui
« De plus, il n'est pas moins étonnant que le magis- et à laquelle ils veulent attribuer la force de chose jugée.
trat de cette ville, entre un si grand nombre qui se Nous avouons, comme dessus , que Sa Majesté peut
trouvent sous le ressort de ce conseil , prétend seul de par lui-même prendre connoissance des ordonnances poli-
contester cette juridiction , où cependant les autres villes tiques, s'en informer au fond, se faire instruire des faits ;
ont le même titre, le même droit et le même pouvoir mais il ne suit pas de là que ce conseil n'auroit pas obtenu
pour la direction de la police . ce pouvoir ou cette autorité de la main souveraine.
« Si l'argument que les jurisconsultes appellent ab « Les suppliants, en cas de renvoi en justice, supplient
absurdo est de poids, c'est l'absurdité même que nous pareillement Sa Majesté de leur vouloir accorder état et
prendrions connoissance des causes politiques dévolues surséance de l'ordonnance du 8 mai 1723 , portant dé-
par appel des provinces éloignées, et que cependant fense d'encaver leurs bières dans des caves étrangères .
celles dudit magistrat ne seroient pas sujettes au même " Nous avons à ce sujet remarqué, il est même pal-
conseil , établi sur le lieu . Nous pourrions, même nous pable que ladite ordonnance n'a eu d'autre vue que
devrions, selon l'ordonnance de l'empereur Charles V, d'obliger indirectement les brasseurs à la prestation du
le faire d'office, ou, partie ouïe, redresser les abus qui se serment, et à les frustrer de l'effet de la surséance obtenue
glissent dans l'administration de la police, et nous ne le 5 dudit mois de mai , puisque , trois jours après, à savoir
pourrions pas prendre connoissance de la justice ou le 8 ensuivant, cette ordonnance fut émanée . Il est
injustice de leurs ordonnances politiques ! Voilà leur néanmoins véritable , et ceux du magistrat n'en discon-
système, qui paroît directement contraire au bon sens . viennent pas, que la plupart des brasseurs n'ont pas
« Finalement, pour ne rien négliger, nous répondrons la commodité des caves dans leurs maisons pour y
à l'exception proposée par ledit magistrat, que le décret mettre la quantité des bières qu'ils doivent brasser, afin
du 14 mai de l'an 1724 auroit la force de chose jugée. de pouvoir subsister de leur métier . Ils se trouvent par-
« Pour les convaincre du contraire et que Sa Majesté là réduits , ou de souffrir cette perte considérable, ou de
ou son conseil d'État, nonobstant ce décret , peut être prêter ledit serment . Ils devront cependant s'assujettir à
servie de renvoyer les parties en justice réglée, il a la prestation d'icelui, puisque la crainte de la pauvreté
ainsi été décidé , dans un pareil cas, par le décret du fait passer l'homme par tout.
18 avril 1744. Le fait étoit que, les meuniers de cette « Nous n'avons pas cru nécessaire de répéter ici tout
ville s'étant plaints en ce conseil de certaine ordonnance ce qui est repris par la requête des suppliants, entre
politique émanée au fait de leur métier, ceux du magis- autres , que le droit sur le moulage dû à la ville en souf-
trat s'adressèrent à Sa Majesté en son conseil d'État , et friroit ; que les bières étrangères seroient favorisées ;
obtinrent deux décrets en leur faveur , le premier en que plusieurs bourgeois et métiers qui dépendent du
date du 16 juillet, et le second du 14 octobre 1711 , par leur se trouveroient endommagés , et que déjà les
lesquels fut déclaré que ceux du magistrat pourront suppliants, par rapport à ladite ordonnance du 8 mai,
émaner tel règlement politique, touchant le métier des auroient souffert un intérêt considérable, puisque les
meuniers et pour empêcher les fraudes, que pour le plus raisons ci-dessus déduites nous paroissent suffisantes
grand bien de la ville et de ses inhabitants ils trouveront pour, en cas de renvoi en justice réglée, tenir ladite
convenir, lesdits meuniers et tous autres entiers, s'ils ordonnance en état et surséance ; eu aussi égard que le
s'en trouvent grevés , de faire à Sa Majesté telle représen- différend sur le fait du serment en question est en état
tation qu'ils trouveront convenir : déclarant, en outre , d'être jugé .
l'appointement et surséance de ce conseil donnés sur la « Nous avons en même temps trouvé bon de repré-
requête desdits meuniers nuls et de nulle valeur, avec senter la nécessité qu'il y a , pour l'honneur et le respect
défense de s'en servir. dû à des titres si clairs , accordés par les prédécesseurs
32 ORDONNANCES DES PAYS-BAS AUTRICHIENS .
n'en échoit réformation ni aucun recours à ceux du grand conseil ; mais en cas que quelques
plaintes y seroient portées contre l'instruction ou non-observance des ordonnances émanées au
fait desdites causes criminelles, ceux dudit grand conseil pourront en informer Sa Majesté et
la consulter en son conseil privé.
Si renvoie la cause dont s'agit à ceux dudit grand conseil, pour y être parinstruite selon les
rétroactes de la sentence du 2 décembre 1723, et, sans prendre égard à celle du 4 du même
mois, permet aux parties de faire par- devant ceux dudit grand conseil tels soutènements , soit au
principal ou par provision , qu'elles trouveront convenir. Parmi quoi viennent à cesser l'ordon-
nance provisionnelle du 9 de décembre 1723 et celle du 11 mai 1724 .
Ordonne à tous ceux qu'il appartient de se régler et conformer selon ce.
Du 13 avril 1726.
21 avril 1726. Décret de l'archiduchesse Marie-Élisabeth statuant que toutes les personnes attachées à sa
cour doivent jouir de l'exemption des impôts et accises sur les quatre espèces de consom-
mation.
SON ALTESSE SÉRÉNISSIME, ayant eu rapport de l'avis rendu par les députés des états de
Brabant sur le contenu de la liste des ministres, cavaliers, dames , demoiselles et autres officiers,
domestiques de sa cour , ci-attachée, sous le cachet de Sa Majesté Impériale et Catholique, a ,
pour et au nom de Sa Majesté , par avis de son conseil des finances, déclaré et déclare par cette
que tous lesdits domestiques qui sont actuellement ou qui seront ci-après à son service, doivent
jouir de l'exemption des impôts et accises sur les quatre espèces de consomption , l'intention
de Son Altesse Sérénissime étant que ceux desdits domestiques qui tiennent ménage prennent
leur vin où bon leur semble, et que ceux qui ne sont point en ménage, en pots, à la cave de la
cour, bien entendu que ceux des affranchis qui pourroient tenir boutique ouverte, ou autrement
faire quelque négoce ou trafic bourgeois; seront exclus de ladite exemption . Ordonnant aux
états de Brabant, leurs députés et à ceux du magistrat de cette ville de Bruxelles de se régler
et conformer selon ce.
de Sa Majesté à son grand conseil , et pour le bien des " De manière que nous avons lieu d'espérer que Sa
habitants de cette ville, que sa royale volonté seroit Majesté sera servie de se déclarer sur un point de tant
de déclarer, en conformité desdits titres, qu'à ce conseil d'importance pour le public, et nommément pour cette
a toujours appartenu et appartient encore de connoître ville de Malines , qui est la seule qui fait naître et renaître,
de la justice ou injustice des ordonnances politiques , depuis quelque temps, continuellement cette dispute, au
afin que ceux du magistrat de cette ville ne soutiennent très-grand préjudice de ses habitants , qui par ce moyen
plus, d'un ton si relevé , que nous n'avons ni pouvoir ni sont obligés à tout moment de maintenir un conflit de
autorité de prendre connoissance des causes concernant juridiction, à leurs grands frais.
la police, et pour que le peuple, désabusé d'une telle « Nous prions Dieu, etc.
erreur, puisse avec sûreté s'adresser à un juge compétent. « De Malines , le 12 de février 1726. »
TROISIÈME SÉRIE .
35
Liste de tous les ministres, cavaliers, dames, demoiselles, officiers et autres domestiques de la CHARLES VI.
21 avril 1726.
cour de Son Altesse Sérénissime qui ont la table à ladite cour, ou qui tiennent leur propre
ménage, ou qui ne le tiennent pas, lesquels, suivant l'intention de l'archiduc Léopold (1 ), de
l'an 1653, doivent jouir de la franchise sur la consomption des quatre espèces , bien entendu
que toute fois l'un ou l'autre de ceux qui ne tiennent pas ménage présentement viendroient
jamais à le tenir, ils pourront égalementjouir de ladite franchise, à mesure de leur rang et
emploi, sans aucune difficulté, si bien que ceux qui tiennent maintenant leur ménage.
N. B. Ceux qui n'ont pas une des susdites marques , ou mangent avec leurs maîtres ou supérieurs, ou ce sont des
mariées dont les maris sont marqués ayant des emplois à la cour.
S. Nicolas de Butte,
S. Pierre Robert,
M. Alexandre Altenhoven ,
M. François-Charles De Petrins, fourrier de la chambre .
S. François Straubacher ,
} porteurs de la chambre.
S. Jean-François Jacomschif,
S. Jean-Joseph Huiber,
S. Michel Greiner, sous-cuisinier.
S. Cinq marmitons .
S. Jean- Jacques Ibser,
S. Jean Reis, } porteurs de cuisine .
S. Barthélemi Methord ,
S. Zacharie Glaste,
M. Jean-Baptiste Doley,
M. Jean-Georges Madelzetter,
M. Arnould Sprung,
S. Jean- Michel Seradinsky,
S. André Diernberger,
S. Benoît Zeervencka,
porteurs de chaises .
S. André Bighel ,
André Grabitsch , •
S.
M. Frédéric Schultz,
M. Ulric Mayer,
M. Jean Opfermann , cocher de ville de Son Altesse Sérénissime.
S. Antoine Feihtinger, cocher de campagne .
M. François Fendrich ,
M. Jean-Jacques Koch , } valets de fourrage .
S. Jean Wolf,
S. Joseph Lanz,
S. Antoine Fornefelder ,
S. Paul Koller,
cochers, postillons et valets d'écurie.
S. Jacques Tilly,
S. Laurent Silberhaven ,
S. Laurent Volbart,
S. Matthias Velffer,
36 ORDONNANCES DES PAYS-BAS AUTRICHIENS .
CHARLES VI.
21 avril 1726. S. Jean-Georges Kelner,
S. Michel Schmalhofer,
S. Galle Frix ,
S. Mathias Wassenhaver,
S. Thomas Schaffer,
S. Matthias Blanensteiner, :
S. Jean-Georges Lung,
S. Paul Schmid,
S. Simon Rirsch,
S. Jean-Georges Petter,
S. Jean-Georges Schlugs,
S. Michel Simon ,
S. Charles Kayser,
S. Jean-Georges Luchmann,
S. Jacques Ficher,
S. Jean-Georges Alt,
S. Étienne Lang ,
S. André Halbleib,
S. Jean Schmid ,
S. Simon Muehatsch,
S. Jean Taun ,
S. Michel Eisenburger,
S. Michel -Daniel Gunterhaler, cochers , postillons et valets d'écurie.
S. Martin Fischler,
S. Jean -Conrad Herzoy,
S. Jacques Gerst,
S. Jean-Pierre Harles,
M. Jacques Wilme,
M. Élias Haselhaver,
M. Jean-Georges Beut,
M. Antoine Soir,
M. Sébastien Held,
M. Jean Pessel ,
S. Jean-Georges Putz,
S. François Heininck,
S. Jean Von de Buch ,
S. André Noël ,
S. Antoine Wert,
S. Martin Gottfried,
S. Philippe Teuffel,
S. Valentin Bachel,
S. Martin Winterbauer,
S. Pierre Summer,
S. Jean-Georges Weiss ,
S. Adam Geterer ,
palefreniers .
M. Jean-Georges Koller,
S. Christian Baumgartner,
S. Matthias Kellermann,
S. Georges Schindler,
S. Simon Kellermann,
S. Jean-Georges Valtzer.
TROISIÈME SÉRIE . 37
M. Philippe Vemans.
C. Marie-Anne de Scherffenberg.
M. Marie-Charlotte de Princkman,
M. Thérèse-Barbe de Seiller,
demoiselles de chambre.
M. Marie-Catherine Gossinger ,
M. Thérèse Schrambergerin .
En bas étoit Pour copie authentique de la liste attachée sous le cachet de Sa Majesté à
l'ordonnance originelle, pour la franchise des personnes y reprises, et signé M. DE COMMINES.
CHARLES VI. Ordonnance du conseil de Brabant instituant un comptoir général pour les secrétaires dudit
7 mai 1726.
conseil et réglant l'exercice de leurs fonctions.
Op het vertoog gedaen , in Synen Keyserlyken ende Catholyken Majesteyts souvereynen raede
van Brabant, door de sesse secretarissen van den selven raede, dat in alle manieren conve-
nieerde te voorsien aen de abusen ende inconvenienten daegelyks voorvallende in het stuk van
hunne respective bedieninge, ende waerdoor niet alleenlyk de goede harmonie, die tusschen
hun behoorde te wesen, wierde gekrenkt, maer bovendien dat die administratie van goede ende
corte justitie niet en wierde geobserveert, soo is't dat, tot betere directie van de selve, by DEN
HOVE goedgevonden is te ordonneren, by provisie ende tot anders sal wesen gedisponeert, het
naervolgende :
1. Voor eerst, datter in het toekomende sal geërigeert worden een comptoir generael of
secretaris-kamer ter plaetse daertoe te assigneren, 't welk zal geopent worden op den eersten
junii toekomende.
2. Dat aldaer twee secretarissen , bekleed met hunne tabbaerden , maendelyk alle werke-
dagen zullen gehouden zyn te compareren , van Paesschen tot Bamisse, van acht uren ' s morgens
tot twelf uren , ende van dry uren naer noen tot sesse uren, ende van Bamisse tot Paesschen van
acht uren en half tot twelf uren 's morgens , ende van dry uren naer middag tot vyf uren , ende
dat tot het ontfangen van de requesten ende schriftueren , mitsgaeders tot het opstellen der
apostillen, ordonnantien ende provisien daer op te volgen.
3. Dat d'eerste maend zullen compareren den oudsten ende jongsten van de secretarissen .
4. De tweede maend , den jongsten met den tweeden.
5. De derde maend, den tweeden met den vyfden.
6. De vierde maend , den vyfden met den derden .
7. De vyfde maend , den derden met den vierde.
8. De sesde maend , den vierden met den oudsten , ende soo voorts van maende tot maende,
soodaeniglyk dat iederen secretaris op sesse maenden twee maenden zal dienen.
9. Dat alsoo het soude konnen voorvallen dat , naer het sluyten van het comptoir generael,
eenige depeschen zouden voorkomen , spoedigen haest vereysschende ofte geenen uytstel
leydende, soo zal den jongsten van de twee secretarissen, die maend dienende , sich altyd
moeten gereed houden t' synen huyse, om dusdaenige voorvallende depeschen t'expediëren .
10. Dat de secretarissen, wiens tour het zal wesen te compareren ten voorschreven comp-
toir generael , hun niet en zullen vermogen t'absenteren , nochte compareren naer d'ure
hierbovens gespecificeert, op pene van drye guldens voor iedere reyse, ten profyte van Syne
Majesteyt.
11. Ten waere in cas van siekte ofte andere wettige oorsaeke, om de welke het hun onmo-
gelyk soude wesen van te konnen compareren, in welken gevalle den genen niet konnende
frequenteren zal gehouden zyn by tyde te adverteren den secretaris die hem volgen zal
immediatelyk in den tour , op gelyke pene van drye guldens voor iedere reyse, den welken , naer
behoorelyke advertentie, zal schuldig zyn te occuperen de plaetse van den absenten, op pene
als vooren .
12. Dat het import der voorschrevene penen aen de deffaillante secretarissen t'elker maen-
delyke betaelinge zal ingehouden , ende gestelt worden in handen van den rentmeester van de
exploiten , ten profyte als vooren .
13. Dat, om te voorkomen dat de secretarissen elkanderen niet en verschoonen , zullen de
selve eed presteren, in handen van den commissaris daertoe gedeputeert, dat iederen van hun ,
wiens tour het zal wesen (die t' synen voorschreven tyde zal compareren) fidelyk ende sonder
dissimulatie zal annoteren op een particular register het deffaut ofte non-comparitie van den
secretaris , beneffens hem ten comptoir generael geobligeert zynde te vaceren , emmers soo
wanneer hy sich binnen eene halve ure naer de boven gedesigneerde uren ten voorschreven
TROISIÈME SÉRIE . 39
comptoir niet en zoude vinden. Ende gebeurende dat beyde die voorschreven secretarissen van CHARLES VI .
7 mai 1726.
den tour op die gemelde uren kwaemen te manqueren , zal, in dien gevalle , den eersten officiael,
op gelyken eede by hem, in handen als vooren , insgelyks te presteren, alsulke absentie ook
fidelyk ende sonder dissimulatie annoteren, om, etc.
14. Dat, om te ondervinden de egaliteyt, voertaen alle requesten , venuen en cour oft smaek
hebbende van institutien van actie, soo civile als criminele , gelyk ook alle requesten ten eynde
van patenten, commissien , octroyen , abolitien, remissien ende alle andere soorten van brieven
ende mandementen , soo onder den grooten segel als onder het cachet secreet , mitsgaeders alle
andere requesten, sonder eenige exceptie ofte reserve , zullen moeten gepresenteert ende gede-
pescheert worden op het voorschreven comptoir generael, oft by den secretaris synen tour
wesende , in cas sulke depeschen voorvallen naer het sluyten van het comptoir : in welken
gevalle die depeschen ook zullen komen ten profyte van 't comptoir generael.
15. Dat die secretarissen geene apostillen op eenige requesten, hoedanig die zouden mogen
wesen, alwaer het ook van eerste prolongatie, en zullen mogen stellen nochte teekenen , ten zy
dat die requesten alvoorens gesien zyn door de meesters van de requesten ofte rapporteur in
saeke, op pene van drye guldens, ten profyte als boven .
16. Dat alle de requesten , gesien by de meesters van de requesten ofte rapporteurs , selfs de
gene geappointeert met eenen nihil, zullen moeten geapostilleert, geteekent ende geënregis-
treert worden door eenen secretaris, ingevolge d'opinie daeronder staende, om te voorkomen
dat eene ende de selve requeste geen tweemael gepresenteert en worde, blyvende niettemin de
pene, in cas van contraventie, als by den reglemente van den jaere 1691 (1 ) .
17. Dat de appointementen van prolongatie op requesten toegestaen zullen moeten worden
geïnsinueert, niet alleenlyk op pene van nulliteyt, maer, bovendien , dat de procureurs daerover
van hunne meesters niet en zullen mogen vraegen, selfs niet van de segels. Verbiedende aen de
greffiers ende secretarissen van desen hove iets daerover in taxatie te passeren, ten zy hun
alvoorens consteert, by reproductie van de originele requesten ende gedaene insinuatie aen
partye.
18. Dat de secretarissen , onder solemnelen eede, in handen van den commissaris ofte
rapporteur te presteren , hun zullen expurgeren van onder malkanderen in ' t generael nochte in
't particulier geene secrete conventie, ' t zy schriftelyke ofte mondelinge, aengegaen te hebben,
noch aengaen en zullen , tot naedeel van iemand van hun , ende ook van geene requesten , van
wat soorte die zouden mogen wesen, naer de openinge van 't voorschreven comptoir generael te
presenteren, tot wat eynde die ook sullen mogen tenderen , t'hunnen huyse t'ontfangen , doen
ofte laeten ontfangen door hun , hunne officialen ofte andere , veel min de selve te apostilleren
ofte depescheren in prejuditie van ' t voorschreven comptoir generael .
19. Dat iederen secretaris zal moeten maeken eenen pertinenten inventaris van alle de saeken
hangende voor commissarissen, op syn comptoir loopende ende noch niet geïnstrueert, welken
inventaris zal moeten blyven berusten ten comptoir generael : zullende de saeken communica-
toir, noch niet geïnstrueert, op het comptoir generael vervolcht worden.
20. Dat iederen secretaris , den selven inventaris gemaekt zynde, zal verobligeert zyn alle de
selve saeken te draegen ten comptoire generael, om aldaer secundum retroacta voorders geïns-
trueert te worden ten profyte van het selve zullende de comparitie-rechten ende andere
emolumenten, anterieur aen d'openinge van ' t comptoir generael , blyven ten privativen profyte
van den secretaris op ' t comptoir van den welken de selve te voorens zullen hebben geloopen.
21. Dat alle de saeken communicatoirlyk geïnstrueert tot duplique, ofte andere secrete schrif-
tuere, zullen moeten gedraegen worden ter distributie van den seer eerweerden ende edelen
heere cancellier van Brabant, ofte van den heere doende des selfs fonctie, in cas van siekte,
absentie oft ander belet, gelyk ook alle requeste met de resolutien ten eynde van brieven van
daegsel voor commissarissen oft renvoy voor de selve, mede ook de requesten te presenteren
ten eynde van agreatie ende approbatie van de conditien van de decreten.
22. Dat ten voorschreven comptoir generael zal gehouden worden eenen pertinenten register
van alle de distributien ende commissien , die, naer d'openinge van ' t voorschreven comptoir
generael, zullen gedaen worden op iederen heere van desen raede.
23. Dat alle de comparitien zullen moeten gehouden worden ten huyse van de respective
(1 ) Règlement du 6 mars 1691 pour la procédure au conseil de Brabant . (V. Placards de Brabant, t . VI , p . 26.)
40 ORDONNANCES DES PAYS-BAS AUTRICHIENS .
CHARLES VI. rapporteurs, sonder datter eenige verbaelen zullen mogen afgeteekent worden ten comptoir
7 mai 1726.
generael ofte elders , op pene van drye guldens voor iedere contraventie, ten profyte als vooren.
24. Dat de procureurs, willende doen houden eenige comparitien , zullen verobligeert zyn te
voorens te versoeken den dag ende ure van den rapporteur ofte eersten commissaris, ende ten
minsten twee uren te voorens daerover adverteren het comptoir generael.
25. Datter geene verbaelen en zullen mogen worden afgeteekent, ten sy alvoorens constere
van het relaes van den gedaenen daegemente.
26. Dat de vier secretarissen , wiens tour niet en is te compareren ten comptoir generael,
zullen moeten selfs besoigneren in de commissien soo binnen als buyten dese stad , ten waere
in cas van siekte ofte wettig belet , alswanneer eenen der officialen aldaer zal mogen vaceren,
met consent van den eersten commissaris.
27. Dat van den daege van het openen van 't voorschreven comptoir generael, alle de rechten
van commissien, soo ordinaire als extraordinaire, comparitien, vonnissen, appointementen,
acten van eede, depeschen van alle soorten van brieven , passerende onder den grooten segel
ofte cachet secreet, mitsgaeders alle andere aldaer gedepescheert wordende, geene gereserveert
ofte uytgenomen, aen alle de secretarissen in ' t gemeyn zullen competeren.
28. Behoudelyk dat de vier oudste secretarissen zullen behouden hunne gagiën , hout, kolen
ende voorder emolument van het veranderen van de magistraeten, annex aen hunnen respec-
tiven ouderdom van rang, sonder dat daervan iet zal komen in de gemeyne kasse, maer dat
de selve zullen blyven ť hunnen profyte, als van ouds geplogen is.
29. Dat de rechten van comparitien , auditien van getuygen ende alle andere, die zullen
komen voor te vallen , ter goeder trouwe, ten gemeynen profyte, in de generaele kasse zullen
moeten gebragt worden.
30. Dat de secretarissen die in commissie zullen hebben geweest, onder den eed in 't aenko-
men van hun officie gepresteert, zullen gehouden zyn over te brengen in de gemeyne kasse de
penningen van de voorschreven commissie geprovenieert, daeraen afgekort syn verteir, 't welk
niet en zal mogen excederen de vyf guldens daegs.
31. Behoudens dat den secretaris d'eere hebbende te vaceren met den seer eerweerden ende
edelen heere cancellier, ofte heere raed in syne plaetse, tot het colligeren der voisen tot den
keuse van nieuwe prelaeten ofte abdissen, zal gestaen mids inbrengende, onder den gemelden
eede, de juste hellicht van 't provenu van alsulke commissie, ende zal generaelyk, soo 't gene
voortskomt van de octroyen tot het drukken van boeken, etc. , als van ' t gene daeruyt spruy-
tende, toebehooren de generale kasse.
32. Dat de secretarissen , nopende het stellen van bequaeme, suffisante , wel schryvende, de
twee taelen besittende ende wel gemanierde officialen , mede tot den noodigen nomber dier,
zullen conveniëren , als ook ten regarde hunder redelyke gagien ende emolumenten.
33. Ende eenige der selve geraekende tot promotie, aflyvigheyt, ofte andere door hun slecht
comportement geraeden gevonden wordende te congediëren, zal door de secretarissen, by
pluraliteyt van voisen, daerinne voorsien worden, gelyk ook tot het aenstellen van andere,
altyd prefererende de manierlykste, bequaemste in het wel schryven ende d'expertste in de
twee taelen.
34. Dat de secretarissen zullen verobligeert zyn de voisen te secreteren , ende geraekende
pares te zyn, zal den commissaris ofte rapporteur hebben de voise decisive. Zullende ook
t'synder decisie blyven alle de voorvallende geschillen ofte oneenigheden.
35. Dat de officialen, by die secretarissen t'employeren , zullen moeten eed doen in handen
van den seer eerweerden ende edelen heere cancellier, ofte den genen by hem te deputeren, van
fideel, secreet ende indifferent te wesen ; mede dat sy den eenen ofte den anderen secretaris niet
en zullen frauderen van ' t gene hun toekomt, ofte anderen in hun prejuditie toe voegen, nochte
eenige penningen, de voorschrevene secretarissen in 't gemeyn competerende, diverteren, nochte
aen eenen ofte eenige der voorschreve secretarissen zullen geven ofte laeten volgen, sonder
consent van alle andere secretarissen . Eyndelyk, dat sy niet en sullen postuleren nochte
vervolgen eenige volante depeschen, 't zy door hun ofte andere , soo lange sy ten comptoir
generael zullen dienen .
36. Dat de voorschreve officialen alle de penningen aenstonts zullen overleveren in handen
van den officiael daertoe te committeren, den welken daeraf dagelyks sal moeten houden
pertinente notitie op de registers van den ontfank, met de expressien van de depeschen ende
TROISIÈME SÉRIE . 41
qualiteyten der partyen voor welke rechten den selven officiael zal moeten innestaen , ende CHARLES VI.
7 mai 1726.
daervan rekeninge doen van maende tot maende, de secretarissen daertoe tydelyk geroepen
zynde.
37. Dat de secretarissen ende hunne officialen d'opinien van de meesters van de requesten
ofte rapporteurs ende de advisen van 't officie fiscael noyt en zullen mogen laeten volgen ofte
communiceren aen de partyen , maer zullen die moeten secreet houden, op den eed by hun
gedaen in het aenkomen tot hunne respective officien ende fonctien ; ende daeraen contrave-
niërende , zullen gestraft worden als meyneedige, ende gecondemneert in vyf hondert guldens
amende, ten behoeve als vooren .
38. Dat de secretarissen, advocaeten ende procureurs, in de comparitien ten huyse van de
rapporteurs, ter greffien ofte op het comptoir generael , niet en zullen mogen compareren
aenhebbende rappier oft nachttabbaert , dan zullen verobligeert zyn aldaer te compareren
behoorlyk gekleed in 't swert ende met eenen swerten mantel, op pene van dry guldens voor
iedere reyse, ten behoeve als vooren .
39. Blyvende de vorige reglementen ende ordonnantien , voor soo veel hieraen niet contra-
riërende, in hun volle vigueur : ordonnerende dese ter rolle te publiceren ende affigeren.
40. Gelyk ook zullen blyven in hun volle vigueur alle de authoriteyten , directien, preëmi-
nentien ende prerogativen van den seer edelen ende eerweerdigen heer cancellier, aen de welke
by desen noyt verstaen en word geprejudicieert te worden .
Aldus gedaen ende geresolveert in vollen raede, ter vergaderinge van de twee kamers,
den 7en may 1726.
Décret de Charles VI portant approbation de certains articles conçus par les ecclésiastiques et 13 mai 1726.
membres de Flandre touchant la distillation des brandevins et le moulage des grains y
servants.
L'EMPEREUR ET ROI,
Sur la remontrance, nous faite de la part des ecclésiastiques et membres de notre province
de Flandre, qu'étant autorisés , par l'art . 36 des conditions des droits sur la distillation des
brandevins de grain qui se lèvent dans notredite province , décrétées le 19 avril 1672 ( 1 ), par
le 17e des conditions de la ferme du moulage des grains décrétées le 11 avril 1673 (2) , et par le
81º article de celles décrétées le 18 février 1702 (3) , d'amplifier, diminuer et d'interpréter les
conditions des fermes , toutes les fois qu'ils trouveront convenir, comme ils ont fait ci-devant, ils
ont présenté requête à ceux de notre conseil en Flandre , à l'effet de leur demander la publica-
tion des articles d'ampliation des conditions desdites fermes , qu'ils ont dressés pour empêcher
les fraudes qui se commettent journellement par les distillateurs de brandevins et par ceux qui
les débitent, et empêcher les plaintes continuelles des admodiateurs, qui ont représenté que
lesdites conditions ne chargent point les distillateurs, ni ceux qui débitent les brandevins, de
rendre aucuns devoirs pour ledit débit, comme on les avoit chargés par les accords que l'on a
faits ci-devant avec eux ; ledit conseil avoit ordonné, par son appointement sur ladite requête,
en date du 24 avril dernier, de joindre les résolutions de leurs principaux, au sujet de ladite
CHARLES VI . ampliation , et ayant remontré par autre requête qu'il n'étoit point nécessaire de demander les
13 mai 1726.
résolutions de leurs principaux sur cette affaire, pour être les remontrants suffisamment auto-
risés par les susdits art. 36, 17 et 81 , et que d'ailleurs cela s'étoit encore pratiqué plusieurs fois ,
et, entre autres , le 6 octobre 1694, comme il constoit par l'acte de publication joint à ladite
dernière requête, ledit conseil a encore ordonné, le 26 dudit mois, de se régler selon l'appointe-
ment ou ordonnance précédente. Mais, comme les remontrants se trouvent troublés, dans leur
direction des moyens de ladite province, par les difficultés et nouveautés que ledit conseil intro-
duit, et empêche qu'on ne peut mettre remède aux fraudes avant le commencement de la
seconde année de l'admodiation , qui commence au 1er de ce mois, c'est pourquoi ils nous ont
supplié très-humblement d'approuver et décréter tous les articles de ladite ampliation des
conditions décrétées pour la distillation des brandevins de grain , et pour le moulage des grains
qui doivent servir à ladite distillation , dont la teneur s'ensuit, de mot à autre :
De Geestelijke ENDE LEDEN ' s landts van Vlaenderen , bevindende dat de rechten geïmposeert
op het stoken van gebrande wyn binnen den selven lande, ende op de graenen gemaelen tot disti-
latie van diere, gementionneert by de respective listen dienaengaende geëmaneert ende by den
raede van Vlaenderen gedecreteert, uyt krachte van autorisatie van Syne Excellentie, den
19en april 1672 ende den 11en april 1673, grootelijks worden gefraudeert , daerdoor de pach-
ters, ende consequentelijk ook de provintie, worden verkort in de opheve ende perceptie van de
selve rechten, ter causen dat, by de selve listen ende by de voordere generaele conditien van
verpachtinge van alle de middelen ende rechten der voorseyde provintie by de Majesteyt gede-
creteert den 18en februarii 1702 , niet genoegsaem en is voorsien om de selve frauden te konnen
beletten ende decouvreren , hebben, om sulks te beter te preveniëren , ende tot naedere faciliteyt
van de inninge ende conservatie der voorseyde rechten , userende van het vermogen ende facul-
teyt aen hun verleent ten 36en en 17en artikel van de voorseyde listen , mitsgaeders den 81en artikel
van de voorseyde conditien van 18 februarii 1702, geresolveert te ordonneren ende statuëren ,
gelijk sy ordonneren ende statuëren mits desen, by maniere van ampliatie van de voornoemde
listen ende conditien , de naervolgende pointen ende artikelen .
1. Eerst, dat niemand , ' t zy stokers, koopman, grossier, facteur ofte andere geneirende met
het distileren , verkoopen ofte debiteren van brandewyn, geenen brandewyn en sal mogen
uytleveren in groote ofte kleyne quantiteyt, ten minsten boven de twee stoopen, gendtsche
maete, ende dat ook niemand den selven brandewyn boven de quantiteyt als voren , 't zy
koopman, tavernier, herbergier, debiteerder ofte andere particuliere persoonen , sal mogen
inleggen, niet meer in beslotene ende onbeslotene steden, als ten platten lande, ten sy daervan
prealabelijk de kennisse doende aen den pachter ofte synen commis, by schriftelijke declaratie
by den uytleveraer ofte verkooper onderteekent, ende lichtende. behoorelijk billiet inhoudende
aen wie ende de precise quantiteyt van diere, welk billiet sonder hunnen kost sal worden
verleent, ende by de uytgeleverde specien altyds sal moeten blyven berusten tot de effective
consomptie ofte versendinge van diere : alles op pene van verbeurte van den voornoemden
brandewyn, ende te incurreren de boete van hondert guldens van elk vat , pulle ofte kanne,
groot ofte kleyn .
2. Dat niemant den selven brandewyn en sal mogen lossen, doen ofte laeten lossen in huys
ofte hoven, nochte en sal mogen werken , vervoeren ofte transporteren sonder 't selve billiet, op
pene van by hemlieden te verbeuren , boven de confiscatie van den selven brandewyn , gelijke
boete van hondert guldens over elk vat, pulle ofte kanne, als voren .
3. Nemaer de stokers van brandewyn, eenigen brandewyn uytleverende met eene, twee, dry
ofte vier potten, sullen verobligeert zyn de selve uytleveringe te doen by behoorelijk billiet by
hun onderteekent, daerby declarerende de date, aen wie, ende de quantiteyt van diere, welk
billiet by den uytgeleverden brandewyn ook sal moeten blijven berusten tot de effective con-
somptie van diere, op pene dat den gone de uytleveringe doende, ende ook den gonen met
eenigen brandewyn bevonden wordende sonder ' t selve billiet, sal vallen in de confiscatie van
bailliu ofte officier van de plaetse, sullen t'allen tyden , soo by daege als by nachte, liber acces
mogen nemen ten huyse, hove, stokeryen van de brandewyn-stokers, soo dikwils als het hun
belieft, soo binnen de beslotene ende onbeslotene steden , als ten platten lande, mitsgaeders by
TROISIÈME SÉRIE . 43
daege, ter assistentie als voren , ten huyse ende hove van kooplieden , facteurs, taverniers en alle CHARLES VI.
13 mai 1726.
andere debiterende eenigen brandewyn, als ook in de meulens ende in de huysen ende hoven
van de meulenaers ende van de gone voorsien zynde van hand ofte peerden-meulen , omme te
sien ofte den pachter, contrarie aen de voorschreven liste, niet verkort en word : ' t welk niemand
en zal mogen beletten nochte refuseren , op de boete van vier en twintig guldens t'elker werf,
ende sullen de meesters ende meesterssen moeten verantwoorden voor hunne kinderen ,
dienstboden ende domestiquen .
5. Dat niemand eenigen brandewyn en sal mogen versteken, ende dat eenieder, van wegen
den pachter , syne gecommitteerde ofte dienaeren aensocht zynde, aen hun sal moeten decla-
reren allen den brandewyn , daer van sy voorsien zyn , ende sonder eenigen uytstel toonen de
billietten daertoe dienende, op pene van verbeurte van diere, ende t'incurreren de boete van
vier en twintig guldens .
8. Ende by soo verre den pachter suspicie hadde dat in eenige particuliere huysen , soo
binnen de voorseyde steden als ten platten lande, soude eenigen brandewyn liggen , sal aldaer
t'allen tyde by dage acces mogen nemen, ter assistentie van eenen deurwaerder ofte officier van
de plaetse .
9. De overtreders van de voorseyde lysten ende conditien van verpachtinge, mitsgaders van
dese ampliatie , geïncurreert hebbende de voorseyde verbeurte en boeten, sullen mogen geca-
lengieert worden door den pachter, syne gecommitteerde ofte dienaeren , ende de calangien in
justitie geheescht worden binnen eene maend peremptoirement naer het leggen der selven, op
peyne dat die extinct sullen bedyden en niet meer en sullen mogen vervolgt worden .
Wordende niet min den selven pachter , syne gecommitteerde ofte dienaers , mits desen
geautoriseert tot uythaelinge ende sequestratie van de gecalangieerde specien, ter interventie
van de gequalificeerde exploiteurs van justitie, als voren.
Alles by provisie ende tot ander ordonnantie, blyvende ten surpluse in vigueur alle voordere
poincten ende artikelen by de voorseyde lyste ende conditien van verpachtingen gestatueert.
Pour ce est-il que nous, les choses susdites considérées, inclinant favorablement à la requête
desdits ecclésiastiques et membres de notre province de Flandre , suppliants , avons agréé ,
approuvé et décrété , agréons , approuvons et décrétons les articles d'ampliation ci- dessus
insérés, tant au regard de la distillation des brandevins qu'au regard du moulage des grains y
servants, comme faisant partie des conditions de la dernière admodiation , lesquelles demeu-
reront en leur pleine force et vigueur. Ordonnons à tous ceux qu'il appartient de s'y conformer,
et à ceux de notre conseil en Flandre d'en faire la publication au consistoire, au premier jour
de plaids, afin que personne ne l'ignore.
publics.
SON ALTESSE SÉRÉNISSIME, ayant favorable égard à la représentation lui faite par les états de
Brabant, que la raison principale de la défense de la sortie des grains de ce pays , portée par
l'édit du 22 janvier dernier ( 1 ) , étant venue à cesser par rapport aux quartiers de la province
de Brabant qui confinent au pays de Liége, a , par avis du conseil privé, en dérogeant au
quatrième article du susdit édit , permis, comme elle permet par cette, aux censiers , propriétaires
et à tous autres ayant grains, de les pouvoir vendre et débiter librement dans ces provinces,
sans être obligés de les porter ou mener aux marchés publics, et ce par provision et par forme
d'essai. Ordonne à tous ceux qu'il appartiendra de se régler et conformer selon ce (2) .
23 mai 1726. Ordonnance de Charles VI contre les fraudeurs des droits de la province de Flandre.
1
Bruxelles , 23 mai 1726..
CHARLES, par la grâce de Dieu, empereur des Romains, toujours auguste, roi d'Allemagne ,
d'Espagne , de Hongrie, de Bohême, etc.
Les admodiateurs des droits et moyens courants de notre province de Flandre nous ayant
représenté qu'ils trouvent que les mêmes droits, et nommément ceux établis sur les brandevins,
sont tous les jours extrêmement défraudés par une infinité de personnes sans aveu et autres,
qui font profession ouverte d'en introduire à main armée, non- seulement dans toutes les petites
villes et villages du plat pays, mais aussi dans nos places et villes closes, malgré les amendes et
autres peines corporelles décernées par les articles des admodiations précédentes ; que l'inso-
lence desdits fraudeurs alloit si avant que non- seulement ils continuoient ladite introduction ,
mais s'assembloient en un grand nombre d'autres personnes avec eux , munis de fusils , pistolets,
baïonnettes , bâtons et autres armes, avec lesquels ils menaçoient les gardes et autres employés
à la conservation desdits droits , les battoient, blessoient et les laissoient pour morts, se persua-
dant que lesdites gardes n'oseroient faire feu sur eux, lorsqu'ils se mettent en défense, requérant
très- humblement qu'il y soit pourvu si efficacement par notre autorité souveraine, que ladite
défraudation vienne à cesser, nous, les choses susdites considérées, par avis de notre conseil
privé et à la délibération de notre très- chère et très-aimée sœur Marie-Élisabeth, par la grâce
de Dieu, princesse royale de Hongrie, de Bohême et des Deux- Siciles , archiduchesse d'Autriche,
notre lieutenante et gouvernante générale de nos Pays- Bas, avons défendu , comme nous défen-
dons très- sérieusement par cette , à toutes sortes de personnes, de quelque qualité, caractère ou
condition qu'elles puissent être, d'introduire dans ladite province de Flandre, tant de nuit que
de jour, aucun vin ni brandevin, sans en avoir payé les droits y afférents, sous les peines et
(4) V. p. 3.
(2) Pareil décret , sous le nom de Charles VI , fut rendu , le 24 mai suivant, sur la requête des états de Namur.
TROISIÈME SÉRIE . 45
amendes reprises dans les ordonnances, statuts et règlements émanés sur la perception desdits CHARLES VI.
23 mai 1726.
droits.
Et d'autant que nous sommes informé qu'il y a de nos sujets et d'autres gens sans aveu qui
s'attroupent et se joignent ensemble, munis de fusils, pistolets de poche et autres armes, pour
faire ladite introduction à main forte, nous, pour remédier à pareils excès, avons déclaré, comme
nous déclarons par cette, ceux qui s'attrouperont et s'assembleront pour faire semblable intro-
duction, infracteurs de notre sauvegarde et perturbateurs du repos public, et qu'ils seront punis
par le fouet avec la marque et bannis à perpétuité hors de notre domination, sous peine de la
hart.
Nous ordonnons à tous nos gouverneurs et officiers des villes et places de notre province de
Flandre de prêter main-forte aux admodiateurs ou leurs commis, à leur première réquisition ,
pour arrêter lesdits fraudeurs , soit en entrant les portes, ou en passant de nuit les eaux- de-vie
par les remparts desdites villes.
De plus , nous enjoignons bien sérieusement aux gardes et patrouilles faisant les rondes
ensuite de nos édits et placards du 23 octobre 1713 et du 23 septembre 1719 (1 ) , de se joindre
auxdits admodiateurs , leurs commis ou gardes , en étant requis, à peine d'être responsables en
leurs propres et privés noms des dommages et intérêts que lesdits admodiateurs souffriront
par le refus de leur assistance.
Déclarons, en outre, que si lesdites personnes ainsi altroupées et armées voulussent se servir
de leurs armes contre ceux qui les voudront arrêter, nous avons autorisé, comme nous autori-
sons par cette, lesdits gardes et patrouilles à faire sonner le tocsin, afin que les manants des
villages par où les fraudeurs passeront les poursuivent et appréhendent,' pour les conduire
dans les prisons du chef- collége le plus voisin : ordonnant auxdits admodiateurs et leurs commis
de payer, pour chaque personne ainsi appréhendée au fait de défraudation, une somme de cinq
écus, à répartir entre ceux qui auront fait ladite appréhension, par-dessus le tiers de la
confiscation desdites eaux- de-vie, dont les deux autres tiers demeureront au profit desdits
admodiateurs.
Si donnons en mandement à nos très- chers et féaux les chef, présidents et gens de nos privé
et grand conseils , les président et gens de notre conseil provincial de Flandre, aux magistrats
des chefs -colléges, gens de loi et à tous autres nos justiciers, officiers et sujets qu'il appartiendra,
de se conformer et régler selon cette notre ordonnance. Et afin qu'elle soit connue à tous et que
personne n'en puisse prétexter cause d'ignorance, nous ordonnons qu'elle soit lue, publiée et
affichée partout où l'on est accoutumé de faire publications et affiches dans ladite province : car
ainsi nous plaît- il.
Donné en notre ville de Bruxelles , le 23 mai de l'an de grâce 1726 , et de nos règnes : de l'Em-
pire romain le quinzième, d'Espagne le vingt-troisième, et de Hongrie et de Bohême le seizième.
Étoit paraphé DE BAILL. vt ; sur le pli étoit : Par l'Empereur et Roi, signé F. GASTON CUVELIER,
et le grand scel de Sa Majesté imprimé en cire vermeille y étoit appendant à double queue de
parchemin.
(Imprimé sorti des presses d'Eugène-Henri Fricx , imprimeur
de l'Empereur . )
Déclaration de l'archiduchesse Marie-Élisabeth levant la défense de la sortie des grains portée 14 juin 1726 .
par l'ordonnance du 22 janvier précédent.
SON ALTESSE SÉRÉNISSIME, ayant favorable égard aux représentations qui lui ont été faites par
les députés des états de plusieurs provinces au sujet de la défense de la sortie des grains , faite
CHARLES VI. par le placard du 22 janvier dernier, a, par avis des conseils d'État, privé et des finances, levé ,
14 juin 1726.
comme elle lève par cette , ladite défense ; permet la libre sortie de toutes les espèces de grains
hors de ces pays, comme ci-devant ; ordonne à tous officiers et autres, à qui ce peut regarder , de
se régler et conformer selon ce, et que la présente soit publiée et affichée dans les lieux
ordinaires .
1er juillet 1726. Acte par lequel l'archiduchesse Marie-Élisabeth approuve l'adjudication faite à Josse Walkiers
et à ses associés, pour le terme de trois ans , de la ferme générale des impôts de la province
de Hainaut, aux conditions qui précèdent ledit acte et moyennant la somme de cinq cent
seize mille florins par an.
CONDITIONS SOUS LESQUELLES ON EXPOSE EN FERME GÉNÉRALE , PAR ORDRE DE SA MAJESTÉ IMPÉRIALE
ET CATHOLIQUE , LES IMPÔTS ÉTABLIS DANS SON PAYS ET COMTÉ DE HAINAUT SUR DIFFÉRENTES
ESPÈCES, COMME S'ENSUIT , POUR LE TERME DE TROIS ANNÉES , A COMMENCER LE PREMIER DE
JUILLET 1726 ET A FINIR LE DERNIER DE JUIN 1729.
1. Premièrement, les impôts sur les bières bourgeoises qui se brassent dans la province,
consistant en vingt sols blancs, avec l'augmentation de la moitié par tiercement, item en huit
sols, avec l'augmentation aussi de la moitié par tiercement, sur chaque tonneau de bonne bière,
réglé par les anciennes criées à douze stiers et demi pour les bourgeois, qui font cinquante lots,
mesure de Mons : faisant en tout vingt-deux patards et cinq deniers tournois à la tonne.
2. Item, les impôts sur les bières des vendeurs dits brocteurs (1 ) , qui se brassent dans la
province, consistant, outre lesdits vingt sols blancs et huit sols , avec leur augmentation par tier-
cement en douze sols blancs et quatre sols, aussi avec l'augmentation de moitié par tiercement,
sur chaque tonneau de bonne bière, réglé aussi par les anciennes criées à douze stiers , qui font
quarante-huit lots, mesure de Mons, lesquels impôts seront aussi dus sur chaque tonneau de
bière qui se vendra par les bourgeois, après avoir été encavé chez eux faisant en tout trente-
quatre patards et demi et cinq deniers tournois à la tonne.
Et quant aux petites bières, encore bien que, par les anciens établissements et les criées des
états, elles soient chargées des mêmes impôts, encore bien aussi que lesdits états n'aient pas eu
soin de faire aucune représentation pour qu'il en seroit fait diminution en faveur et pour le
soulagement du petit peuple, le gouvernement a bien voulu y pourvoir. Pourquoi il est déclaré
que les petites bières qui se brasseront dans la province ne payeront que la moitié desdits
droits , savoir : celles qui se brasseront par les bourgeois , onze patards et deux deniers tournois,
et celles qui se brasseront par les vendeurs dits brocteurs , dix -sept patards un quart et deux
deniers tournois à la tonne de la consistance ci-dessus dite, à condition qu'il ne se pourra faire
à chaque brassin qu'un certain nombre de tonnes de petite bière , savoir : au brassin où l'on aura
tiré seize tonnes de bonne bière ou au dessous, la moitié d'autant de petite, et au brassin où
l'on tirera au-dessus de seize de bonne, un tiers seulement de petite. Et si l'on tire plus de petite
bière qu'il n'est ici réglé, on payera , pour chaque tonneau d'excédant, les droits entiers : mais, si
quelqu'un , qui ne soit ni cabaretier ni vendeur dit brocteur, a besoin de faire un entier brassin
( 1 ) Brocteurs. On trouve dans le Dictionnaire rouchi de Hécart broqueteux, ཝ marchand de vin en détail, qui le tire
au tonneau. »
TROISIÈME SÉRIE . 47
de petite bière, il en demandera et obtiendra la permission du fermier, parmi payant la moitié CHARLES VI .
1er juillet 1726.
des droits, comme il est prédit.
3. Item, l'impôt de quinze patards sur chaque lot de brandevin , mesure de Mons.
4. Item, l'impôt de sept patards et demi à la livre de tabac.
5. Item, l'impôt de trois patards sur chaque lot de vin , mesure de Mons , excepté l'impôt sur
le vin qui se consomme dans la ville de Mons, d'autant qu'il a été cédé à ladite ville pour
l'entretien des casernes, et bien entendu que, dans les villes où il y a maltôte et où les échevins
l'ont réduite à six liards au lot, le fermier général ne lèvera aussi que six liards.
6. Item, l'impôt de quinze patards au sac de sel blanc , et celui de vingt-deux patards et demi
au sac de sel gris, qui se consommera dans la province sans être raffiné.
7. Item , l'impôt de trente patards par an, payable en deux termes, comme il s'est pratiqué
jusques à présent, sur chaque cheval ou poulain de deux ans et au-dessus.
8. Item, l'impôt de quinze patards par an , aussi payable en deux termes, sur chaque bœuf,
taureau, vache, halle (1 ) , génisse de deux ans et au dessus .
9. Item, l'impôt que l'on dit à présent de consomption , savoir : de quarante patards sur
chaque bœuf, vingt patards sur chaque halle , vache, génisse ou taureau, huit patards au mouton ,
autant au porc de demi-an , et quatre patards aux brebis , veaux ou agneaux, à prendre et lever,
suivant l'institution et les anciennes criées, une fois seulement sur chacune desdites bêtes qui
s'élèveront ou nourriront audit pays, comme aussi sur celles que l'on y amènera de dehors,
sans y comprendre les passagères, que l'on dit vulgairement bêtes de marchands, qui ne font
que traverser, ne soit qu'elles soient vendues audit pays.
10. Item, l'impôt de trente- quatre patards et demi et cinq deniers à la charge des vendeurs
dits brocteurs, et de vingt-deux patards cinq deniers à la charge des bourgeois, pour chaque
tonne de bière, bonne ou petite, de la consistance respectivement de quarante -huit ou cinquante
lots, mesure de Mons, comme il est dit ci-devant, qui viendront des terres franches ou d'autres
lieux qui ne sont de la province ou de la domination de Sa Majesté.
Finalement, les droits et impôts de douze florins à chaque bateau chargé de telle marchandise
que ce soit, en montant ou en descendant la rivière.
Deux patards au muid de forges ou menu charbon , trois patards à la chevalée (5) de gros
charbons, et la moitié pour le menu .
(1) Vache, trop âgée pour la reproduction . (6) Baudelée, charge d'un baudet .
(2) Wague, masse. (7) Sachée ou broutée, la contenance d'un sac ou d'une
(3) Coché, charbon contenant de gros morceaux . brouette,
(4) Querque, kerke, charge. (8) Sclauneurs, scloneux, ouvriers qui charriaient le
(5) Chevalée, charge d'un cheval. charbon dans la houillère .
48 ORDONNANCES DES PAYS-BAS AUTRICHIENS .
CHARLES VI. un plus grand débit et une plus grande consommation , il pourra en user de la manière qu'il
1erjuillet 1726.
présumera être plus avantageuse à la ferme, et sauf aussi qu'à l'égard de la perception des
impôts sur le charbon, il pourra, s'il le trouve à propos, en accorder quelques parties en
sous-ferme à la campagne, ainsi qu'en a été usé par les états.
14. Pour en faciliter la perception et empêcher les fraudes, seront exactement observées les
ordonnances ci- devant édictées , lesquelles seront renouvelées , republiées et réaffichées partout
autant que lesdites ordonnances des villes ne seront contraires à celles concernant la généralité :
même, au cas qu'il aperçoive que , par les prédites ordonnances de la généralité ou des villes
particulières, il ne seroit pas suffisamment pourvu à la conservation desdits droits ou d'aucuns
d'eux , il pourra proposer les moyens qu'il jugera convenables pour en mieux assurer la
perception , afin qu'il y soit pourvu ainsi qu'il appartiendra.
16. Le fermier sera tenu de livrer bons et loyaux brandevins et tabacs, selon qu'il sera jugé par
des experts, en cas de différend et contestation à cet égard, à peine qu'il sera pourvu à sa charge
selon l'exigence du cas, à l'arbitrage du juge ; et il sera tenu, toutes les fois qu'il en sera requis de
la part des députés des états, de leur faire conster des prix des achats par lettres de facture ou
autres pièces probantes , et en même temps de vérifier les frais de voiture , de débit et autres,
afin qu'ils puissent toujours reconnoître si l'espèce est bonne et s'il n'augmente pas les droits .
17. Le fermier sera tenu de prendre à son compte tous les brandevins et tabacs qui se trouve-
ront dans les magasins et cantines des fermiers ledit jour, 1er de juillet prochain, et de les payer à
leur receveur au même prix des factures, avec les frais que l'on fera conster d'avoir exposés :
ledit payement à faire dans deux mois suivants, à moins que la marchandise ne soit pas admis-
sible et d'aloi valable pour être distribuée au peuple, auquel cas on s'en rapportera au dire des
experts à choisir de part et d'autre.
Après l'expiration de la présente ferme, le nouveau fermier général sera tenu d'en user de
même en entrant dans l'exercice de son bail : ce qui devra pareillement être fait de la part des
états, au cas qu'alors on trouve convenir de remettre lesdits droits en collecte ou en régie.
18. Le fermier pourra établir ses comptoirs dans les mêmes villes, bourgs ou villages qu'ils
sont à présent, ou les échanger et en établir d'autres, ainsi qu'il trouvera plus à propos pour la
commodité du public, pour la plus grande facilité de la perception desdits droits, et pour en
empêcher les défraudations : auquel effet lui sera prêté toute aide et assistance de la part de
Sa Majesté.
19. Personne ne pourra entonner ou faire entonner la bière qu'en présence d'un commis du
fermier, qui ensuite percevra les droits sur le pied de chaque tonneau de la consistance de cin-
quante lots , mesure de Mons, pour les bourgeois, et de quarante- huit lots pour les vendeurs,
tant de la bonne que de la petite bière , en déduisant pourtant le treizième au profit des vendeurs
dits brocteurs, et le douzième au profit des bourgeois.
Auquel effet ceux qui voudront brasser ou faire brasser devront, en venant prendre le billet
de permission au comptoir de leur département, déclarer précisément l'heure que se fera
l'entonnement, afin que le commis puisse s'y trouver du moins un quart d'heure auparavant, à
peine que tant le brasseur que le propriétaire du brassin écherront chacun en l'amende de trente
livres pour chaque tonneau qui aura été entonné hors la présence du commis ou autrement en
fraude.
Le commis fera, aussitôt après l'entonnement et sans sortir de la brasserie, sa déclaration par
écrit du nombre des tonneaux , tant de bonne que de petite bière, laquelle déclaration sera
signée de lui, de l'occupeur de la brasserie ou du brasseur et de celui auquel la bière appar-
tiendra, et sera remise par le commis au receveur ou comptoiriste du département , pour se
faire payer des impôts en conformité d'icelle, et pour lui servir de contrôle dans les comptes
qu'il rendra au fermier général.
Quoique, selon les anciens usages et ordonnances, tous les tonneaux devroient être de la jauge
susdite et marqués , comme ce changement pourroit causer une dépense qui seroit assez
considérable pour les vendeurs, il suffira que tous les tonneaux qui devront servir à un brassin
soient d'égale grandeur et consistance, desquels le commis, avant que l'on commence l'enton-
nement, en mesurera un à son choix avec un pot de lot que le brasseur devra fournir jaugé et
TROISIÈME SÉRIE . 49
marqué à la mesure de Mons précise, pour sur la proportion que contiendra ce tonneau former CHARLES VI.
1er juillet 1726.
la relation du brassin entier.
Ces déclarations devront être exactes et du total, sans déduction du douzième ou du trei-
zième dont il est parlé ci-devant, d'autant que cette déduction se fera par le comptoiriste ou
receveur au temps du payement ; l'on y devra aussi déclarer les quarts, tiers , plus ou moins ,
d'un tonneau qu'il se trouvera d'excédant par le calcul et la réduction prédite, quoique de tel
excédant qui n'ira pas à une tonne il ne sera dû aucun impôt, à peine qu'en cas de fraude, soit
dans la mesure du premier tonneau , soit dans l'inégalité , et que l'on n'auroit pas pris pour
ladite mesure celui qui seroit de la plus grande consistance, soit dans la réduction et la relation
du total du brassin, le commis qui y aura participé ou connivé sera puni arbitrairement , et
le brasseur ainsi que le propriétaire de la bière écherront chacun en l'amende de cent livres à
la première fois , du double à la seconde , et du triple à la troisième fois, à répartir par tiers,
savoir un tiers à Sa Majesté, un tiers au fermier et le troisième au dénonciateur, outre le
payement des droits pour ce qui aura été fraudé, auquel ils seront tenus solidairement.
Au village, s'il arrive que les commis soient occupés dans d'autres lieux, qu'ainsi aucun ne
pourroit se trouver à l'entonnement de quelque brassin , il pourra se faire , à l'heure marquée, à
l'intervention d'un échevin du lieu, lequel sera tenu de s'y trouver, en étant requis, et de faire
les fonctions du commis, sous le serment qu'il a prêté à son établissement en loi , parmi le
salaire de quinze patards , qui lui sera payé par le receveur ou comptoiriste, en lui remettant
sa déclaration du contenu dudit brassin ; et s'il participe ou connive à quelque fraude, il sera
puni des mêmes peines que le commis auroit dû subir en pareil cas ; et ne pourra l'échevin à
ce requis refuser de vaquer à ce devoir, à peine de quinze florins d'amende, à répartir comme
est réglé ci-devant.
Attendu la difficulté de découvrir ces sortes de fraudes, même l'entonnement et l'enlèvement
de quelques tonneaux avant l'arrivée du commis ou autrement, il est promis à tous ceux qui
voudront les dénoncer, que le nom du dénonciateur sera tenu caché par le fermier général, le
comptoiriste ou par tel autre commis auquel il voudra s'adresser, et qu'il aura la moitié des
amendes pour sa récompense, l'autre moitié à partager également au profit de Sa Majesté et
du fermier, pourvu que ledit dénonciateur fasse sa déclaration assez tôt et de manière que la
chose puisse être avérée par la visite ou par les témoins qu'il désignera .
Afin que cet article soit bien et ponctuellement observé et que les peines y statuées soient
exécutoires, il sera publié et affiché à la republication des autres ordonnances .
20. A l'égard des magasins et des cantines principales pour la distribution des brandevins
et tabacs dans les villes de Mons et d'Ath , le fermier en usera de la manière qu'il en a été usé
jusques à présent entre les états et les magistrats desdites villes , ou il conviendra avec les
magistrats d'un établissement plus convenable à la perception et à la conservation de leurs
droits.
21. Il en agira de même au sujet des cantines où l'on distribuera de l'eau-de-vie et du tabac
pour les militaires ; et si lui ou ceux par lui établis sont trouvés avoir distribué du brandevin
ou tabac à des personnes non militaires, en fraude des maltôtes desdites villes ou autres, celui
qui aura commis cette fraude sera échu à l'amende de cent florins pour chaque fois , à répartir :
deux tiers au profit de Sa Majesté et l'autre au dénonciateur.
22. Quant aux autres villes , bourgs ou villages où il y a des maltôtes dûment octroyées sur
les brandevins et tabacs, le fermier devra convenir, avec les échevins des lieux , d'une somme
qu'il leur payera annuellement, ou de la manière de percevoir leurs droits des mallôtes .
23. Personne ne pourra vendre ni distribuer du brandevin ou tabac sans la permission du
fermier ; personne ne pourra aussi brasser ou distiller des brandevins de grain, encore moins
en vendre ou en introduire dans la province que par sa permission , à peine d'encourir les
amendes portées par les ordonnances, à partager par tiers : l'un au profit de Sa Majesté, le
second au fermier et le troisième au dénonciateur.
24. Pour d'autant plus prévenir les défraudations , il sera permis aux commis du fermier
général de visiter les caves et même les autres endroits des maisons où ils croiront que l'on
pourroit avoir caché du vin , de la bière, du brandevin , du tabac ou d'autres espèces assujetties
aux impôts, sans qu'il leur soit fait aucune opposition ou métraitement par paroles ou autre-
ment, à peine qu'il sera rigoureusement et arbitrairement pourvu à la charge de ceux qui les
en auront empêchés ou maltraités : ce qui se fera aussi à la charge de qui que ce soit qui aura
CHARLES VI. injurié ou maltraité le fermier ou ses commis en d'autres occasions au sujet de la ferme, d'autant
1er juillet 1726.
qu'ils sont tous et chacun d'eux sous la protection et sauvegarde spéciale de Sa Majesté.
25. Comme les versements et introductions frauduleuses des brandevins, tabacs et autres
espèces se font pour la plupart par gens de la lie du peuple, fainéants, vagabonds et autres
pareils, qui ne peuvent être retenus par la crainte des amendes et des frais, à cause qu'ils n'ont
aucuns meubles ou effets sur lesquels on en puisse dresser l'exécution, lorsque tels prévarica-
teurs et voleurs du public seront récidifs, ils seront punis corporellement , à l'arbitrage du juge,
selon que l'exigera la fréquence de la récidive ; et même à la première fois , s'ils ne peuvent pas
payer les amendes, ils seront punis par l'exposition au carcan ou autrement, selon que le juge
le trouvera convenir.
26. Le fermier ou adjudicataire desdits droits devra payer le prix de son adjudication en
quatre payements égaux, le premier avant pouvoir entrer dans l'exercice de sa ferme, le second
avant la fin du troisième mois , et ainsi continuer de trois mois en trois mois : ce qui servira de
caution.
27. Au cas que le fermier tarde dix jours à faire son payement, après le dernier jour desdits
termes, les états ou leurs députés pourront faire saisir les droits non payés, et les faire collecter
à ses frais, risques et périls, ou les affermer de nouveau à la folle enchère, dont ils recouvre-
ront par prompte exécution la courtresse à sa charge et de ses associés , lesquels y seront tenus
et obligés solidairement , aussi bien qu'au prix du bail . Et au cas que le fermier ou ses associés
auroient reçu des particuliers quelques sommes, par forme d'anticipation sur ce qu'ils pour-
roient à l'avenir leur être redevables , les états ou le nouveau fermier ne leur en tiendront compte
qu'à concurrence de ce qu'ils auront été redevables pour les espèces consommées avant la saisie,
lesdits particuliers demeurant cependant en leur entier de répéter le surplus à la charge dudit
fermier.
28. Le fermier ou ses associés, leurs commis , collecteurs , visiteurs, gardes et autres officiers
ne pourront faire, pendant le terme du bail , directement ni indirectement, par eux ou par
d'autres, trafic, commerce ou factorie quelconque en aucune des choses ou espèces assujetties
auxdits droits, à peine de par ledit fermier et ses associés encourir chacun l'amende de quatre
mille florins, et par chacun de leurs commis, collecteurs , visiteurs, gardes et autres officiers
celle de mille florins, à répartir : deux tiers au profit de Sa Majesté et l'autre au dénonciateur,
n'étant permis au fermier et à ses associés que de fournir les cantines de brandevin et de tabac
de la manière que l'ont fait ou pu faire les états pendant leur régie.
29. Le fermier pourra , à l'entrée de sa ferme , faire la retrouve, à ses frais, sur les espèces y
assujetties, pour la meilleure direction de sa ferme, sans en rien profiter ni en devoir rien payer
au fermier précédent .
30. Le fermier et ceux qui seront par lui employés dans la perception et conservation des
droits devront prêter serment, en mains des juges de la ferme, de bien et fidèlement se
comporter, savoir le fermier dans l'exercice de ladite ferme, et les autres dans leurs fonctions :
de quoi il leur sera délivré acte sans frais.
31. En cas de guerre, cette ferme cessera du jour de la déclaration, et ce que le fermier aura
payé d'avance lui sera promptement restitué : à faute de quoi il demeurera dans l'exercice de la
collecte jusques à ce que la restitution lui en aura été réellement faite.
32. L'adjudicataire et dernier enchérisseur sera tenu , avant que d'entrer dans l'exercice de la
ferme, de déclarer ses associés et de délivrer aux députés des états leur obligation solidaire.
33. Les ordonnances pénales qui tendent à empêcher les défraudations seront observées
avec exactitude et sans relâchement.
34. Pour donner aux particuliers , en spécial aux marchands de bière dits brocteurs, quelque
aisance à payer leurs impôts sur la bière, le fermier sera tenu de leur accorder les mêmes
termes que les états leur ont accordés jusques à présent, à moins qu'il n'y ait péril de perte
par la décadence du débiteur : auquel cas le fermier pourra prendre ses sûretés avant l'expira-
tion du terme, pourvu que le terme n'excède pas deux mois.
35. Aucun ne sera exempt desdits impôts, et toutes les exemptions qui pourroient autrefois
avoir été accordées sont révoquées et annulées par le présent article, hormis celles accordées
aux chevaliers de l'ordre de la Toison d'or, au chapitre de Sainte-Waudru avec ses suppôts et
aux ordres mendiants, avec cette réserve que, quant au chapitre de Sainte-Waudru et ses sup-
pôts et ordres mendiants, il sera convenu d'une certaine consomption que le fermier pourra
TROISIÈME SÉRIE . 51
leur accorder. Et quant aux curés de la province , Son Altesse Sérénissime leur accorde l'exemp- CHARLES VI.
1erjuillet 1726.
tion des droits et maltôtes sur les vins , bières et autres consomptions de bouche, en payant chacun
par an huit florins d'abonnement, au lieu de six florins qu'ils ont payés avant la ferme, à charge
qu'ils ne pourront en abuser ni favoriser, sous ce prétexte, ceux qui ne sont pas exempts : dont
et de quoi Son Altesse Sérénissime charge leur âme et conscience , et sous peine d'en être déchus .
Pour ce qui concerne les hôpitaux , bonnes maisons et colléges ou écoles qui peuvent avoir
joui des exemptions, le gouvernement se réserve d'examiner la chose et d'en ordonner.
Et s'il se trouvoit d'autres exemptions accordées à bon titre, que le gouvernement trouvât bon
de continuer, on bonifiera au fermier l'import de pareilles exemptions.
36. Les débiteurs desdits droits pourront être exécutés, sans sommation préalable , sur et en
vertu de la simple commission du fermier général ou de ceux par lui employés à la recette ,
chacun dans son département, par des sergents à ce dûment autorisés, et ne seront admises
aucunes oppositions sans consignation préalable en mains de celui qui aura décerné la commis-
sion.
37. Le prix du bail ne pourra être saisi en mains du fermier ni de ses employés par aucun
créancier des états ; et s'il se fait des saisies , elles seront réputées nulles, en sorte que le fermier
sera tenu de payer régulièrement aux receveurs desdits états le prix de son bail dans les termes
ci-dessus réglés, pour être employé au payement annuel d'un canon des rentes affectées sur
lesdits impôts et aux autres charges de l'État.
38. Les créanciers du fermier ou de ses associés ne pourront aussi , en préjudice de l'État, faire
saisir les deniers procédant de la ferme, iceux étant spécialement et par préférence affectés au
payement du prix de ladite ferme.
39. Le fermier ne pourra prétendre ni espérer aucune modération du prix de son bail , pour
quelque cause ou prétexte que ce puisse être, prévu ou non prévu , d'autant que l'adjudication
se fait par forme de vente et comme d'un jet de rets, à tous hasards de gain ou de perte, sans
que cette clause puisse passer pour comminatoire, parce que sans icelle l'adjudication ne se
seroit pas faite pour quoi Sa Majesté interdit à tous juges de recevoir aucune requête ou
poursuite judiciaire tendante à la modération dudit prix, qu'en cas de peste.
40. Les différends et débats qui surviendront au sujet de la collecte et perception desdits
droits , de leurs défraudations, des conditions du présent bail et tous autres résultants de la
ferme, ou en aucune manière en dépendants, seront et demeureront à la judicature ; en première
instance, d'un conseiller du conseil de Hainaut, qui en décidera sommairement, sans forme de
procès et sans appel, sauf pour des matières et sujets excédant cent cinquante florins, dont on
pourra appeler , en relevant l'appel par-devant trois autres conseillers du même conseil ,
42. La mise à prix se fera par billet écrit tout au long, sans chiffre ni abréviation , et celui qui
aura donné le plus haut billet profitera, pour droits de vin , la somme de six cents florins , à payer
par celui auquel la ferme sera adjugée, sans déduction sur le prix de son bail.
43. Au cas que le dernier enchérisseur fût insolvent et hors d'état de fournir à l'avance condi-
tionnée , il sera libre au bailleur de prendre le précédent enchérisseur, qui sera obligé de se tenir
à son offre, ou de donner la ferme à folle enchère, dont la moins - vaille se recouvrera à la charge
du défaillant ; à quoi il pourra être contraint par voie d'exécution .
44. L'adjudication se fera à Bruxelles, au conseil des finances, le 14e de juin 1726, sous
l'agréation de Son Altesse Sérénissime.
Ledit jour , 14º de juin , l'on a fait entrer tous ceux qui se sont présentés pour prendre cette
ferme, et l'on a fait lecture à haute voix des conditions et reçu les soumissions et offres par écrit
des prétendants, dont le plus haut billet fut trouvé dans celui du notaire Catoir, à cinq cent un
mille cinquante florins, qui a gagné six cents florins pour pot de vin , qui doit être payé par celui
qui sera adjudicataire de cette ferme, sans diminution de son bail .
Le 1er de juillet, ladite ferme ayant été de nouveau exposée avec la nouvelle modification que
52 ORDONNANCES DES PAYS-BAS AUTRICHIENS .
CHARLES VI. le fermier ne pourra lever que les trois quarts des droits sur les bières, tant bonnes que petites ,
1erjuillet 1726.
compris dans lesdites conditions, et qu'il ne lèvera plus le liard à la hottée des charbons qui se
payoit à l'entrée de la ville de Mons , et après plusieurs haussées , ladite ferme a été adjugée à
Isidore Chevalier, pour Josse Walkiers , pour la somme de cinq cent seize mille florins par an,
lequel a nommé pour ses associés, Jean-Baptiste de Cort , Pierre Bouchoute , François Nicolle et
Paul Walkiers, fils dudit Josse.
Étoit paraphé Go . vt, et signé MARIE ÉLISABETH ; plus bas : VANDER GOTE , le Vicomte De Vooght
et SUARTS .
(Imprimé sorti des presses d'Eugène-Henri Fricx , imprimeur
de l'Empereur . )
13 juillet 1726. Ordonnance de Charles VI fixant le poids que ne pourra excéder le chargement des chariots
et charrettes qui parcourent les chaussées de Bruxelles à Namur et Charleroi, et vice versa.
Étant informé que ceux du Wallon-Brabant et autres voituriers, passant les chaussées de la
ville de Bruxelles vers Namur et Charleroi , et de Namur et de Charleroi vers Bruxelles , chargent
si excessivement leurs chariots et charrettes qu'ils détruisent entièrement les chaussées, nous,
pour y pourvoir, avons défendu, comme nous défendons par cette, à tous voituriers de charger
sur leurs chariots quelques voitures ( 1) pendant les mois d'octobre, novembre, décembre, janvier,
février, mars et avril, qui excèdent le poids de cinq mille cinq cents livres, et pendant les mois
de mai, juin , juillet, août et septembre, qui excèdent le poids de six mille cinq cents livres,
excepté pierres de moulin et arbres sciés d'une pièce ; comme aussi de charger sur leurs
charrettes quelques voitures pendant les mois d'octobre, novembre, décembre, janvier, février,
mars et avril, qui excèdent le poids de trois mille livres, et pendant les mois de mai , juin ,
juillet, août et septembre, qui excèdent le poids de trois mille cinq cents livres , à peine de
vingt-cinq florins d'amende pour chaque chariot ou charrette qui seront plus chargés , et de
confiscation des denrées et marchandises qui excéderont lesdits poids réglés, l'un et l'autre
au profit des entrepreneurs de l'entretien et des réparations desdites chaussées , de tous les
forestiers du bois de Soigne, des commis établis pour garder les droits desdites barrières, et
des fermiers des droits des barrières , savoir : au profit de ceux seulement qui par prévention
auront trouvé et calengé lesdits chariots ou charrettes . Nous leur interdisons , comme aussi à
tous autres, d'arrêter sous ce prétexte quelques voitures, mais pourront les faire décharger et
peser, si bon leur semble, à Frasne, Genappe, Waterloo , Diesdelle, Vleurgat, ou à la porte de
cette ville , et ce aux frais des voituriers , s'il se trouve que la charge de leur voiture excède
lesdits poids réglés, et aux frais des calengeurs, s'il se trouve qu'elle ne les excède pas : en quel
cas les calengeurs seront tenus de payer aux voituriers des chariots quatre florins, et aux
voituriers des charrettes deux florins dix sols, pour leur retardement. Défendons aux calengeurs
de faire quelque accord touchant leurs calenges faites, à peine de cinquante florins d'amende
au profit du dénonciateur. Nous ordonnons à tous et un chacun de se régler selon ce, et que CHARLES VI.
13 juillet 1726.
la présente sera et restera toujours affichée sur un poteau ou autre endroit, à chaque barrière,
afin que personne n'en puisse prétendre cause d'ignorance : car ainsi nous plaît-il .
Lettres patentes de Charles VI par lesquelles il agrée et accepte Josse Walckiers , Pierre 20 août 1726
Bouchout, François Nicolle , François Maringh , Jean-Jacques Misson et Jean- Bernard
Bèchemont en qualité de conseillers admodiateurs généraux de tous les domaines apparte-
nants à l'Empereur, aux Pays- Bas, pour le terme de neuf années consécutives, moyennant
le prix annuel d'un million deux cent quatre-vingt-dix mille livres , de quarante gros ,
monnaie de Flandre, la livre , et aux conditions reprises dans lesdites lettres patentes .
CHARLES, par la grâce de Dieu, empereur des Romains, toujours auguste, roi d'Allemagne ,
d'Espagne, de Hongrie, de Bohême, etc. A tous ceux qui ces présentes verront, salut.
Comme différentes séances tenues en notre conseil des domaines et finances pour l'admodia-
tion générale des domaines, dans toute l'étendue des provinces de notre obéissance aux Pays-Bas ,
n'ont pas eu d'effet, nous avons trouvé convenir, pour en faire une prompte fin , de faire traiter
avec Josse Walckiers , Pierre Bouchout, François Nicolle, François Maringh , Jean-Jacques
Misson et Jean-Bernard Bèchemont, lesquels ont offert la somme d'un million deux cent
quatre-vingt-dix mille livres , du prix de quarante gros , monnoie de Flandre, la livre, somme
fixe, par an, aux clauses et conditions contenues et exprimées dans leur soumission du 13º du
présent mois d'août et suivantes :
CONDITIONS SOUS lesquelles l'on DONNE EN ADMODIATION , par forme de régie et direction générale ,
TOUS LES DOMAINES APPARTENANTS A SA MAJESTÉ Impériale et CATHOLIQUE dans toute l'étendue
DES PROVINCES DE SA DOMINATION AUX PAYS-BAS , Y COMPRIS LES VIlles , places et pays rétrocédés
A SADITE MAJESTÉ PAR LA FRANCE , PAR LES TRAITÉS DE PAIX DE RASTADT ET DE Baden , pour le
TERME DE NEUF ANS , A COMMENCER LE 1er JUILLET DE LA PRÉSENTE ANNÉE 1726 , et a finir le
DERNIER DE JUIN 1735.
CHARLES VI. chambre des comptes, resteront engagées aux entrepreneurs des chaussées vers Namur et
20 août 1726.
Charleroi, et pour les désintéressements des terres incorporées encore toute l'année 1727, et
puis sont destinées et engagées aux entrepreneurs de la chaussée à construire vers Auwerghem,
Notre-Dame-au-Bois jusques à Tervueren , et pourront le rester au moins neuf à dix années, sans
que l'adjudicataire en pourra rien profiter.
2. Des amendes et fourfaitures du wautmaître de Brabant, pour la part, compétant à Sa
Majesté, des droits de relief des fiefs et hergeweydes ( 1 ) de Brabant et des droits de relief de
la lieutenance desdits fiefs à Malines , savoir : le tout en payant les charges et frais , si bon lui
semble de les retenir. 7
(1) Hergeweydes ou droit de relief signifiait en dernier lieu la même chose. Le vrai sens du mot est expliqué par
Kiliaen dans son Dictionnaire de la langue flamande. ( V. au mot Her-ghewede .)
TROISIÈME SÉRIE . 55
accordées ou engagées : auquel dernier cas il sera libre à l'adjudicataire de les dégager avec CHALES VI.
20 août 1726.
participation, connoissance et autorisation du gouvernement, et jouira hors ledit produit cinq
par cent des sommes qu'il aura payées et avancées, et l'excressence fera partie de la masse
générale de la régie, et le remboursement des capitaux se fera pendant la dernière année de son
bail : le tout sur le pied stipulé art. 7º .
11. Des bois et forêts du pays de Namur, Malines, Gueldre, Limbourg, Flandre, Brabant,
pays rétrocédé, en la manière et sur le pied dit ci-devant, art . 4º, au sujet du domaine du pays
rétrocédé, et généralement de tous les bois et forêts appartenants à Sa Majesté dans les provinces
et pays susdits , à la réserve des parcs de Bruxelles, Tervueren et Marimont.
12. Comme les droits de médianate sont engagés , il aura aussi la faculté de retraire l'engage-
ment, et tirera en ce cas du produit cinq pour cent pour l'intérêt de la somme capitale qu'il
aura payée et remboursée à l'engagiste ; et l'excédant du revenu desdits droits , réglés par les
ordonnances et tarifs, tant anciens que nouveaux , pour l'obtention des places, tant de conseillers
dans les conseils de justice , que d'autres emplois, fera partie de la masse des revenus de la pré-
sente régie , sous les réserves énoncées et stipulées ci- dessous. Et seront les deniers capitaux
que l'adjudicataire aura avancés et remboursés , validés sur le prix des deux dernières années
de son entreprise : bien entendu néanmoins que les droits de médianate pour les postes des
officiers employés à la perception et à la conservation des droits d'entrée, sortie, transit, convoi
et tonlieu, de même que les donatifs qui proviendront de la collation de toutes autres charges
au delà du montant de la médianate réglée par les ordonnances et tarifs , et de plus les donatifs
qui reviendront de la disposition des postes ou offices qui ne sont pas taxés de médianate par
lesdits tarifs et ordonnances , n'entreront point dans cette admodiation, mais seront réservés à
la disposition du gouvernement.
13. De tous les coches , diligences, barques et voitures publiques , tant par terre que par eau,
en la manière que Sa Majesté en jouit à présent, bien entendu que si quelques-uns sont accordés,
par octroi ou autrement, pour un terme d'années , après l'expiration , il aura aussi la direction
lui-même jusqu'à la fin de la présente régie, et cela aux conditions reprises par les octrois
accordés ou bails en faits.
14. De tous les domaines et droits domaniaux en fonds, rentes, redevances seigneuriales ,
amendes de toute nature, même la part du Roi dans les amendes des eaux et forêts.
15. Des revenus de toutes les seigneuries, cens seigneuriaux , quints, requints, treizièmes,
rachats, sous-rachats, confiscations et autres droits seigneuriaux et domaniaux , casuels, épices ,
camberlinages, lardiers, vacqueries, briefs, watergravies, corvées, droits de bourgeoisie, morte-
main et meilleur catel , franchises des foires et marchés, jeux de paume, halles, boucheries,
poissonneries, étaux , bancs, échoppes, ouvroirs, droits de voirie, péages, passages, fouages,
hallages, ponts , bacs, bateaux , landes, guidonnages, geôles, prisons, poids, balances, brasseries,
fours et moulins banaux , avec les banalités y annexées , pêches , pêcheries, pâtis communaux ,
viviers, marais, îles , îlots, alluvions , attérissements, layes et relayes des rivières et de la mer,
eaux et forêts , carrières, mineries et maisons, à la réserve de celles de Vueren , Marimont et
Boitsfort, leurs appartenances et dépendances, celles occupées par les gouverneurs des
provinces, places et Broothuys en cette ville de Bruxelles, et par les officiers des droits d'entrée
et sortie : bien entendu que les confiscations mentionnées ci-dessus n'appartiendront à l'admo-
diateur général que lorsqu'elles n'excéderont pas la valeur de six mille florins, et que le surplus ,
lorsqu'il y en aura, sera au profit de Sa Majesté, sauf que l'admodiateur aura un huitième dans
cet excédant, en considération des avantages qu'il aura procurés, par ses soins et diligences,
aux revenus de Sa Majesté.
16. Jouira aussi l'administrateur des buissons, bruyères, terres et places, vairies et vagues,
terres dérodées et défrichées le long des forêts , herbages, pâturages, paissons , glands, glandées,
vinage, dîmes, amendes et de toutes les chasses , excepté ladite chasse dans le bois de Soigne,
la plaine de Bruxelles et le parc de Marimont et leurs dépendances.
17. Jouira aussi des épaves , déshérences , bâtardises et confiscations n'excédant pas la
somme de la valeur de six mille florins ; et sera le surplus (lorsqu'il y en aura) partagé entre
Sa Majesté et l'admodiateur sur le pied réglé par l'art. 15 à l'égard des confiscations, mines ,
mineries, minéraux connus et inconnus, et généralement de tous autres biens , droits et revenus
appartenants à Sa Majesté , à cause de ses domaines, qui font partie de cette régie et qui ont été
ou dû être régis et administrés par ses receveurs généraux ou particuliers.
56 ORDONNANCES DES PAYS-BAS AUTRICHIENS .
CHARLES VI. 18. De tous les domaines et droits domaniaux donnés par baux emphytéotiques, à temps , à
20 août 1726-
vie ou autrement, qui reviendront et écherront à Sa Majesté dans les provinces et pays susdits
et au temps limité, dont l'administrateur jouira pareillemeut pendant le temps de son bail.
19. L'administrateur pourra réunir ou retraire toutes les terres, seigneuries et biens qui ont
été séparés ou détachés des domaines, soit par négligence, par usurpation ou par quelque autre
moyen ou raison que ce puisse être, comme aussi les parties qui ont été engagées à certain
temps et dont le terme de retrait seroit expiré, de même que celles qui ont été engagées jusqu'au
remboursement des deniers de l'engagère, pourvu toutefois que ledit droit de retrait , dégage-
ment et réunion au domaine soit fondé en équité, justice et raison, et qu'il se fasse à la plus
grande utilité de Sa Majesté . C'est pourquoi il sera obligé, avant que de procéder à l'exécution ,
d'en donner part au gouvernement, lequel, s'il le juge à propos , donnera les ordres aux
respectifs fiscaux afin qu'ils se joignent à lui pour l'assister et veiller aux intérêts de Sa Majesté ;
et dans les susdits cas , l'admodiateur ne pourra faire aucune composition sans la connoissance
et approbation du gouvernement. Et jouira l'adjudicataire de cinq par cent hors le produit des
parties ainsi rapprochées ; et l'excressence fera partie de la masse de cette régie , et pourra se
rembourser des capitaux avancés pendant les deux dernières années de ce bail, sans qu'il sera
bonifié à l'administrateur aucuns frais ni dépens exposés pour le susdit retrait ou dégagement,
non plus que pour toutes les autres parties ci-dessus mentionnées, mais se devra contenter de
la somme stipulée pour les frais de cette administration .
20. Jouira aussi de tous les domaines et droits domaniaux usurpés, recélés et négligés qu'il
fera réunir à ses frais au profit de Sa Majesté pendant le cours de son bail, comme aussi de la
moitié desdits revenus pendant quatre années après l'expiration d'icelui , et jouira aussi de tous
les deniers consignés et nantis qui viendront à échoir à Sa Majesté pendant le terme de son
bail, en conformité du placard du . . . . 1663 (1 ) , à la réserve de ceux qui sont déjà dévolus à
Sa Majesté .
21. Excepté les parties et recettes ci- dessous, que Sa Majesté se réserve et qui ne feront pas
partie du présent bail :
Les exploits du conseil privé et grand conseil .
Scel de l'audience.
de Courtray .
d'Audenarde .
de Thielt.
d'Harlebeke.
Écoutèterie de Malines.
(1) Le placard du 23 octobre 1663 qui est aux Placards de Flandre, liv . III , p. 97.
TROISIÈME SÉRIE . 87
Bailliage de Wasseiges .
de Poilvache.
de Bouvignes .
de Montaigle .
de Neuville.
Mairie de Neuville .
Le mayeur de Genappe.
Le mayeur du Mont-Saint-Guibert.
Le bailli de Hannut.
Le drossard de Daelhem et lieutenant des fiefs.
Le drossard et lieutenant du château et pays de Fauquemont .
(1) Léau.
22. L'administrateur pourra, à l'expiration des présents baux de maisons, fermes, terres,
moulins , étangs , viviers , prairies , dîmes, halles , boucheries, bancs, étaux et autres parties
domaniales, faire de nouveaux baux à finir au plus tard quatre années après la présente régie,
et cela au plus offrant et à l'intervention du juge du département et de la personne à dénommer
de la part de Sa Majesté , au cas qu'elle le trouve bon ; et sera l'administrateur qui lui succédera
tenu auxdits nouveaux baux , comme lui est tenu à présent à ceux qui ont été faits par les
officiers de Sa Majesté.
23. A l'égard des sous-fermiers dont l'adjudicataire est obligé d'entretenir les baux, il pourra,
pour sa sûreté, obliger les sous- fermiers à lui donner de nouvelles cautions ; et si le juge établi
pour les domaines trouve que les anciennes cautions doivent être suffisantes, l'adjudicataire
sera obligé de s'en contenter : mais si , dans la suite, lesdits sous-fermiers deviennent insolvables,
l'adjudicataire n'en sera point garant, et il lui sera tenu compte, sur le prix de son bail , de ce à
quoi la courtresse desdits sous -fermiers se trouvera monter, en faisant par lui les diligences
nécessaires en son temps contre lesdits sous -fermiers ; mais le juge devra procéder en cette
matière avec toute l'attention que le cas le requiert.
24. Sa Majesté veut et entend que la régie, administration , recettes générales et particulières
des fermes, droits et revenus de ses domaines soient faites par l'admodiateur général, ses
procureurs et commis, sans que les officiers titulaires puissent s'immiscer en ladite régie et
recettes , signer ni contrôler aucuns acquits et quittances . Et en cas qu'ils eussent financé leurs
offices , sans en avoir été remboursés , il sera fait par le conseil la vérification de leurs titres et
quittances des finances, pour être par Sa Majesté liquidé et ordonné leur remboursement en
déduction du prix du bail de l'admodiateur, dans le temps et ainsi qu'elle avisera bon être, à
la réserve néanmoins de ceux qui jouissent des recettes d'espiers à titre de fiefs, lesquels
continueront de faire lesdites recettes à la charge d'en rendre compte et remettre les deniers à
l'adjudicataire.
25. Il sera par les officiers de Sa Majesté fait une visite générale de tous les bâtiments,
maisons, fermes , moulins, étangs , ponts et autres usines desdits domaines sujets à réparations,
en présence de l'admodiateur général, pour lui être le tout remis en état à l'entrée de sa ferme,
d'une manière que ladite ferme n'en puisse souffrir, à condition de rendre, à la fin d'icelle,
lesdites usines au même état et valeur qu'elles lui auront été données . Et si l'admodiateur
général a été chargé d'avancer les deniers, tant pour les réparations, à son entrée , que pour
quelque augmentation , qui auront par le conseil été jugées nécessaires pendant le cours de son
bail, il en sera remboursé sur le prix d'icelui.
1. On désignera , par un acte en bonne forme , la quantité des bois de haute futaie et raspe de
la forêt de Soigne qui doivent être coupés chaque année, pendant le cours de l'administration,
lequel sera déposé au greffe des finances, pour en prendre communication , et ensuite annexé à
la minute du bail , pour sûreté de l'administrateur général .
2. Outre les bois de haute futaie et raspe ci- dessus, l'administrateur aura à son profit tous les
chênes que les officiers de Sa Majesté trouveront à propos de marquer, pour être coupés chaque
année de l'administration .
TROISIÈME SÉRIE . 59
3. Ceux de l'année 1726 , qui sera la première de l'administration , seront pris et marqués CHARLES VI.
20 août 1726.
dans les laies où l'on a coupé la haute futaie de l'année 1725 ; les chênes de la seconde année de
l'administration seront pareillement pris et marqués dans les laies où l'on aura coupé la haute
futaie de la première année, et le même ordre sera observé d'année en année, jusqu'à la dernière
de l'administration .
4. L'administrateur n'aura rien à prétendre aux chênes qui se trouveront dans la coupe de
haute futaie qu'il fera pendant la dernière année de son administration .
5. Et comme il sera loisible aux officiers de Sa Majesté de marquer peu ou beaucoup de
chênes, il n'en pourra être délivré pour une moindre somme que celle de dix mille florins ; et en
cas qu'il s'en trouve moins, il en sera tenu compte à l'admodiateur sur le prix de sa ferme , et s'il
s'en trouve au-delà de la somme de dix mille florins , l'excédant sera au profit de Sa Majesté.
6. Les wintfellingues ( 1 ) qui étoient autrefois composés des lisières des laies des bois abattus,
pour séparer les différentes portions des ventes des arbres abattus par accident, bois blancs ,
chablis et autres qu'on a coutume de marquer pour être abattus, ne seront plus composés que
desdits bois abattus par accident, bois blancs et autres qui seront marqués sous le nom de
wintfellingues ; et les lisières des laies et les bois abattus pour séparer les différentes portions
des ventes, ne feront plus partie des wintfellingues, mais l'administrateur jouira séparément
desdits wintfellingues.
7. Des bois qui composeront à l'avenir lesdits wintfellingues il n'en pourra être délivré à
l'administrateur pour une moindre somme, par an , que celle de dix mille florins, sur le pied du
contenu de l'art. 5.
8. Après que les bois auront été délivrés à l'adjudicataire, il sera tenu de les vendre sur pied
et publiquement au plus haut offrant et dernier enchérisseur ; mais, en cas de cabale et monopole
de la part des marchands et jugée telle par le gouvernement, il sera permis à l'adjudicataire de
faire façonner, exploiter et vendre lesdits bois pour son compte particulier, comme bon lui
semblera, ouï ceux qu'il appartiendra.
9. L'administrateur vendant ses bois sur pied , comme il est dit ci-dessus, les marchands
qui les auront achetés seront responsables des délits et dégradations qui pourroient arriver
dans lesdits bois, et l'administrateur en demeurera bien et valablement déchargé, à compter du
jour qu'il en aura fait la vente aux susdits marchands.
10. A l'égard des bois des provinces de Luxembourg, Limbourg, Gueldre, Namur, Malines et
pays rétrocédé, et tous autres bois appartenants à Sa Majesté , il sera fait des désignations, par
des actes en bonne forme, des quantités et qualités qui doivent être coupées pendant chaque
année de l'admodiation générale, lesquels actes seront déposés au greffe , pour y en prendre
communication , et ensuite joints à la minute du bail général, pour sûreté de l'admodiateur.
11. L'administrateur ne pourra laisser sarter (2) les bois ; mais il sera permis aux charretiers
voiturants de laisser paître les chevaux ou boeufs à l'accoutumée.
12. Tous les bois en général qui doivent composer la coupe de chaque année seront délivrés
à l'administrateur pendant tout le mois d'août de chacune desdites années, afin d'en pouvoir
commencer l'exploitation au mois d'octobre suivant , en la manière usitée jusqu'à présent , à la
réserve néanmoins des wintfellingues de la forêt de Soigne, dont la délivrance ne se fera à
l'administrateur que depuis le 15 mars jusqu'au 15 avril de chaque année. Lesquelles coupes
seront désignées selon le règlement et l'usage accoutumés dans chaque province et ancienneté
des laies , soit qu'il se trouve dans lesdites laies moins de bons bois ou des bruyères.
13. Il sera pareillement remis au greffe du conseil des finances des états de ceux qui ont des
priviléges pour faire pâturer dans tous ou parties desdits bois certaine quantité de chevaux ,
bœufs , vaches et porcs, sans rien payer, lesquels états seront délivrés à l'admodiateur , afin
d'empêcher les difficultés qui pourroient dans la suite naître à cette occasion .
14. Pendant le cours de cette administration Sa Majesté promet de ne faire vendre, couper
ni abattre aucuns bois que ceux qui appartiendront à l'administrateur, excepté néanmoins les
bois dont elle pourroit avoir besoin pour les fortifications de ses places et réparations de ses
maisons, lesquels , en ce cas, seront coupés dans des endroits convenables, autres que ceux
désignés pour le compte de l'administrateur.
(1) Wintfellingues, du flamand wintvallinge, branches (2) Sarter, essarter, arracher les sous-bois et les
emportées par le vent. épines.
60 ORDONNANCES DES PAYS-BAS AUTRICHIENS .
CHARLES VI. 15. A l'égard de la cour et des privilégiés à qui Sa Majesté accorde une certaine quantité de
20 août 1726.
mesures de bois, charbons et équettes (1 ) , et certain nombre de fagots et fagotins, à prendre dans
la forêt de Soigne pour leur chauffage, il en sera dressé et remis un état entre les mains de
l'administrateur de la quantité de chaque sorte, qui sera tenu de les livrer en la manière
accoutumée ; et lui en sera tenu compte, savoir :
Pour chaque mesure de bois • 1 florin 16 sols.
• 6 Se 4
Pour chaque cent gros fagots .
2 -- 18 -
Pour chaque cent fagotins •
· 13 sols.
Pour chaque sac de charbon ·
9 --
Et pour chaque mande d'esquettes
qui lui valideront sur le prix de son bail .
16. Les quantités de bois de la forêt de Soigne qui ont été accordées, à titre de fondation , à
différents cloîtres et communautés, leur seront délivrées sur les ventes par l'administrateur
général, suivant l'état qui lui en sera remis , sans que lesdits cloîtres et communautés puissent
prétendre de convertir les susdits bois en argent, lesquels ils seront, au contraire, obligés de
prendre en nature.
17. A l'égard des mille mesures dont le prieur et couvent de Groenendael doivent jouir par
an, et de huit cents mesures dont le couvent de Sept- Fontaines doit aussi jouir, faisant en tout
mil huit cents mesures par an, elles seront fournies, savoir : moitié bole et moitié tremble, en la
forme accoutumée.
18. Il sera tenu compte à l'administrateur, sur le prix de son bail, des sommes qu'il payera,
tant à la cour qu'aux privilégiés, pour la conversion de leur chauffage en argent, sur le pied
ci-devant marqué .
19. Il lui sera pareillement tenu compte, au prix d'une année commune des cinq dernières
années, des bois qu'il fournira en nature aux cloîtres et communautés qui ont droit d'en
prendre . Et s'il se trouve quelques privilégiés et des couvents fondés qui aient aussi droit de
prendre dans les autres forêts des bois pour leur chauffage, il en sera remis des états particu-
liers à l'administrateur et usé comme il est dit ci- dessus pour la forêt de Soigne, à la réserve
seulement du prix qu'on remboursera aux privilégiés, lequel sera réglé différemment par
lesdits états , suivant la valeur du bois en chacun desdits lieux , sur une année commune des trois
dernières .
20. Sa Majesté se réserve la faculté de conserver, si elle le trouve bon, tous les officiers qu'elle
a établis pour la conservation de ses bois et forêts, comme aussi d'en établir d'autres, sans que
1. L'administrateur général jouira et recevra, sur le pied exprimé aux lettres patentes du
20 du présent mois d'août, de tous les domaines de Sa Majesté Impériale et Catholique, nuls
réservés, nuls exceptés, exprimés ou non exprimés, suivant les édits et ordonnances faits et
émanés ci-devant pour la perception desdits domaines et qui sont actuellement exécutés et en
observance , auxquels il ne pourra être rien changé que de la participation de l'administrateur,
et sans qu'il puisse aussi prétendre aucune diminution de la somme fixée de cette régie, ni
aucune augmentation de son tantième, pour quelque sujet que ce puisse être, excepté pour cause
de peste ou de guerre, dont Dieu préserve le pays ! auquel cas, si l'administrateur général croit
d'y être lésé, il devra en faire ses représentations et être écouté sur la matière, afin qu'on CHARLES VI.
20 août 1726.
convienne de nouveau avec lui , et qu'au cas qu'on ne puisse convenir, il soit d'abord procédé
à une nouvelle adjudication générale ou particulière, au choix de Sa Majesté .
2. Les domaines de la province de Luxembourg feront pareillement partie de cette admodia-
tion , dans la même étendue des parties domaniales qui en composent la ferme d'à présent : mais ,
comme ils sont déjà donnés en ferme, laquelle n'expire qu'à la fin de l'an 1729 , il sera bonifié
à l'administrateur le prix de quatre-vingt- un mille florins par an jusques à l'expiration dudit
terme, sans que , sous quelque prétexte que ce puisse être, soit d'interruption ou autre dispo-
sition pendant le terme susdit , l'admodiateur pourra prétendre davantage , ni entrer dans la
direction et jouissance desdits domaines qu'après l'expiration du terme de ladite ferme, à quoi
est fixé celui auquel il commencera à en jouir jusqu'à la fin de la présente régie.
3. Il aura la libre jouissance entière, perception et direction de toutes les recettes, tant pour
la perception que pour la distribution des deniers du domaine, en la manière et sur le pied de
l'état des charges qui lui sera délivré , tant pour le payement des rentes que charges affectées
sur chacune desdites recettes, lesquelles il sera obligé de payer aux créanciers et de les faire
payer par ses commis dans les respectives provinces à quel effet il passera condamnation
volontaire in forma , et dont l'import lui sera validé sur le prix de son bail.
4. L'administrateur jouira , pour le terme de cette administration , de toutes les maisons et
places servant pour magasins , appartenantes à Sa Majesté, lesquelles ne sont pas occupées par
les officiers des droits d'entrée, sortie et tonlieux , ou réservées par quelques articles ci-dessus ;
et pourra employer , pour la régie, direction et conservation , tels commis et officiers qu'il jugera
convenir, sans que les officiers titulaires (n'ayant pas commission de l'admodiateur) puissent
s'immiscer en ladite régie et recette, signer ni contrôler aucuns acquits et quittances ; et en
cas qu'ils eussent financé leurs offices sans en avoir été remboursés, il sera fait par le conseil
la vérification de leurs titres et quittances de la finance, pour être par Sa Majesté liquidé et
ordonné leur remboursement, en déduction du prix du bail de l'admodiateur, dans le temps
et ainsi qu'elle avisera bon être, à la réserve néanmoins de ceux qui jouissent des recettes des
espiers à titre de fiefs , lesquels continueront de faire lesdites recettes, à la charge d'en rendre
compte et remettre les deniers à l'adjudicataire .
5. Il sera libre à l'administrateur général de composer et transiger avec les fermiers et autres,
trouvés en contravention aux placards, règlements, listes et ordonnances de Sa Majesté, à
l'intervention du juge du lieu , et à la charge de tenir bon et fidèle registre , dans le comptoir le
plus prochain du lieu de la saisie, du provenu desdits accommodements, dont le tiers , libre de
tous frais , après la répartition faite en conformité des placards et ordonnances, devra être
porté dans la masse de cette régie.
6. Les juges établis et à établir dans les différents départements pour les droits d'entrée et
sortie auront la judicature et décision de tous les différends qui surviendront entre l'adminis-
trateur et ses officiers, d'une part, et les fermiers et autres, d'autre part, à cause de cette admi-
nistration du domaine, à l'exclusion de tout autre juge ; et de leurs sentences définitives il y
aura réformation par-devant les juges de la chambre suprême desdits domaines établie à
Bruxelles , et leurs sentences seront néanmoins exécutables par provision , nonobstant ladite
réformation .
7. Les juges de la chambre suprême desdits domaines jugeront en dernier ressort et sans
révision ; et il est interdit à tous conseils, magistrats et autres officiers de justice de prendre
connoissance, en première instance ni par appel , des différends au regard dudit domaine,
à peine de nullité, cassation de procédure, interdiction des juges , restitution des dépens et
dommages à l'administrateur et une amende de mille florins. Et seront les sentences des
juges particuliers et de ladite chambre suprême exécutables , sans avoir besoin d'attache ni
pareatis d'aucun conseil, magistrat ni autre juge des lieux , à la réserve qu'au dernier cas ils les
demanderont au conseil de Brabant pour les sentences données dans le ressort dudit conseil.
8. Il sera autorisé, dans chaque comptoir, trois commis, au choix de l'administrateur, tant pour
les domaines que pour les circonstances et dépendances d'iceux , qui auront la faculté de faire
tous exploits , significations , ventes et autres actes de justice que les huissiers ont accoutumé
de faire, tous commandements , et donner les assignations pour raison de défraudation desdits
droits et des contraventions aux listes , édits et ordonnances, en sorte que foi sera ajoutée à
leurs procès-verbaux jusques à inscription en faux .
Pays-Bas autrichiens. - III SÉRIE. TOME IV. 16
62 ORDONNANCES DES PAYS-BAS AUTRICHIENS .
CHARLES VI. 9. L'administrateur pourra sous-fermer les droits et revenus de cette régie, lorsqu'il le
20 août 1726.
trouvera utile au service, en la manière et sur le pied ci-devant dit par les art. 22 et 23 des
conditions particulières, et il ne sera comptable dans la masse de cette régie que des sommes
auxquelles ils auront été sous-fermés ; et il pourra contre les adjudicataires et autres rétention-
naires des deniers de cette administration décerner ses contraintes, qui seront exécutées
comme pour les propres deniers et affaires de Sa Majesté.
10. Les débiteurs des droits et revenus de ladite administration générale seront contraints
au payement d'iceux comme pour les deniers et affaires de Sa Majesté, par préférence à toutes
autres dettes, en vertu des exécutoriales portées par ces présentes, nonobstant opposition ,
à laquelle les débiteurs ne seront admis sans nantissement préalable, comme aussi lettres de
cession n'auront lieu au regard desdits droits et revenus , et l'administrateur ne sera obligé d'y
déférer .
11. Ne pourront être saisis, sous aucun prétexte , les deniers des recettes de l'administrateur ,
de ses sous-fermiers et commis et ceux dus par les redevables des droits de Sa Majesté, ni les
appointements des commis et autres employés, sinon pour un tiers desdits appointements ; et
s'il étoit fait aucune saisie , elle demeurera comme non avenue.
12. Il ne pourra être décrété contre l'administrateur, ses cautions et intéressés, pour aucun
fait concernant l'exploitation et administration de cette régie, ni contre ses commis, procureurs
et officiers , que par le conseil privé de Sa Majesté à l'égard dudit administrateur, ses cautions
et intéressés, et à l'égard desdits commis, procureurs et officiers , par les juges qui ont droit de
connoître de ladite régie générale, à peine de nullité, cassation de procédure, interdiction des
juges , amende de mille florins contre iceux, dépens , dommages et intérêts de l'administrateur
général et de ses commis.
13. Ne sera tenu l'administrateur de payer aucune rente , pension , donation, gratification ,
aucun gage ni droits d'officiers , sous prétexte de constitution, contrat, transport, franchises,
priviléges ou autrement, ni d'augmenter aucune charge, pour quelque prétexte, sous quelque
titre, cause, considération, ni à quelque personne que ce puisse être, qu'en vertu de l'état
des charges ou ordres particuliers du gouvernement, dont il lui sera tenu compte sur le prix
du présent bail.
14. L'administrateur, ses cautions, intéressés et commis seront sous la protection de Sa
Majesté Impériale et Catholique, de Son Altesse Sérénissime, gouvernante générale, des gouver-
neurs des provinces et villes, commandants des places et tous autres officiers militaires , officiers
des conseils , toute autre cour, justice et juridiction, magistrats, bourgmestres, échevins,
ammans, margraves , écoutètes , mayeurs , baillis , drossards et tous autres officiers de Sa
Majesté et bourgeois , lesquels seront tenus de leur prêter secours et assistance, à leur première
réquisition, à peine de répondre, par tous lesdits officiers et autres ci-dessus nommés , en leurs
propres et privés noms, de tous les dommages qui pourroient, par leur faute ou manquement
de secours et assistance, arriver audit administrateur, ses cautions, intéressés et commis .
15. L'administrateur aura le titre et qualité de conseiller et administrateur général du domaine
de Sa Majesté, et jouira des mêmes priviléges et exemptions dont jouissent présentement les
receveurs généraux des domaines de Sa Majest�