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Le rapport du Ministère de la Justice sur l'état des droits de l'homme au Cameroun en 2021 présente une analyse détaillée des droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels. Il aborde des questions telles que le droit à l'intégrité physique, la liberté d'expression, le droit à l'éducation et à la santé, ainsi que la promotion des droits des femmes et des personnes vulnérables. Ce document vise à évaluer la situation des droits de l'homme et à proposer des recommandations pour leur amélioration.

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Le rapport du Ministère de la Justice sur l'état des droits de l'homme au Cameroun en 2021 présente une analyse détaillée des droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels. Il aborde des questions telles que le droit à l'intégrité physique, la liberté d'expression, le droit à l'éducation et à la santé, ainsi que la promotion des droits des femmes et des personnes vulnérables. Ce document vise à évaluer la situation des droits de l'homme et à proposer des recommandations pour leur amélioration.

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RAPPORT DU MINISTERE

DE LA JUSTICE SUR L’ETAT


DES DROITS DE L’HOMME
AU CAMEROUN EN 2021
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

© Copyright Ministère de la Justice – Tous droits de reproduction réservés


2023

iv
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme

Sommaire
au Cameroun en 2021

AVANT-PROPOS ........................................................................................vii
CARTE ADMINISTRATIVE DU CAMEROUN........................................viii
CARTE JUDICIAIRE DU CAMEROUN .....................................................ix
CARTE DE L’ADMINISTRATION PENITENTIAIRE CAMEROUNAISE...x
LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS ....................................................xi
PREFACE ......................................................................................................xix
INTRODUCTION GENERALE ...................................................................1
CHAPITRE PRELIMINAIRE : LA COOPERATION ENTRE LE
CAMEROUN ET LES MECANISMES INTERNATIONAUX ET
REGIONAUX DE PROMOTION ET DE PROTECTION DES
DROITS DE L’HOMME..................................................................................7
PREMIERE PARTIE : QUESTIONS SE RAPPORTANT AUX DROITS
CIVILS ET POLITIQUES ............................................................................17
INTRODUCTION DE LA PREMIERE PARTIE .........................................19
CHAPITRE 1 : LE DROIT A L’INTEGRITE PHYSIQUE ET MORALE,
ET LE DROIT A LA LIBERTE ..........................................................................21
CHAPITRE 2 : LE DROIT A UN PROCES EQUITABLE..............................41
CHAPITRE 3 : LA LIBERTE D’EXPRESSION ET DE COMMUNICATION ..61
CHAPITRE 4 : LE DROIT DE PARTICIPER A LA GESTION DES
AFFAIRES PUBLIQUES ................................................................................73
CONCLUSION DE LA PREMIERE PARTIE.............................................97
DEUXIEME PARTIE : QUESTIONS SE RAPPORTANT AUX DROITS
ECONOMIQUES, SOCIAUX ET CULTURELS .......................................99
INTRODUCTION DE LA DEUXIEME PARTIE .....................................101
CHAPITRE 1 : LE DROIT A L’EDUCATION.............................................103
CHAPITRE 2 : LE DROIT A LA SANTE .....................................................129
CHAPITRE 3 : LE DROIT A UN NIVEAU DE VIE SUFFISANT...............149

v
v
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

CHAPITRE 4 : LE DROIT AU TRAVAIL ET A LA SECURITE SOCIALE......187


CHAPITRE 5 : LE DROIT A LA CULTURE ET AUX LOISIRS....................203
CHAPITRE 6 : LE DROIT A UN ENVIRONNEMENT SAIN..................217
CONCLUSION DE LA DEUXIEME PARTIE.........................................233
TROISIEME PARTIE : QUESTIONS TRANSVERSALES DES
DROITS DE L’HOMME ET DES DROITS CATEGORIELS..................235
INTRODUCTION DE LA TROISIEME PARTIE ....................................237
CHAPITRE 1 : LE DROIT A LA PAIX ET A LA SECURITE .......................239
CHAPITRE 2 : LA PROMOTION DE LA BONNE GOUVERNANCE
ET LA LUTTE CONTRE LA CORRUPTION...............................................259
CHAPITRE 3 : LES CONDITIONS DE DETENTION..............................285
CHAPITRE 4 : LA PROMOTION ET LA PROTECTION DES
PERSONNES SOCIALEMENT VULNERABLES......................................307
CHAPITRE 5 : LA PROMOTION ET LA PROTECTION DES
DROITS DE LA FEMME ............................................................................321
CHAPITRE 6 : LA PROTECTION DES DROITS DES PERSONNES
EN SITUATION DE DEPLACEMENT INVOLONTAIRE.........................345
CONCLUSION DE LA TROISIEME PARTIE ........................................365
CONCLUSION GENERALE...................................................................367
ANNEXE ...................................................................................................371
TABLE DES MATIERES ............................................................................375

vi
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme

Avant-propos
au Cameroun en 2021

« Nous devons promouvoir, en toutes circonstances, un dialogue


constructif et régulier entre les différentes composantes socio-
logiques de la République, en vue de leur mobilisation pour
l’émergence de notre pays. »

Message du Chef de l’Etat à la Nation le 31


décembre 2021.

vii
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

CARTE ADMINISTRATIVE DU CAMEROUN

viii
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

CARTE JUDICIAIRE DU CAMEROUN

ix
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

CARTE DE L’ADMINISTRATION PENITENTIAIRE CAMEROUNAISE

x
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

Liste des sigles et abreviations


…: Résultats non disponible
/// : Non existant du fait de la nature de l’information
AER : Agence d’Electrification Rurale
AGR : Activités génératrices de revenus
ALPC : Armes légères et de petit calibre
ALVF : Association de Lutte contre les Violences faites aux
Femmes
ANIF : Agence Nationale d’Investigation Financière
ANOR : Agence des Normes et de la Qualité
ANTIC : Agence Nationale des Technologies de l’Information
et de la Communication
APME : Agence de Promotion des Petites et Moyennes
Entreprises
ART : Agence de Régulation des Télécommunications
APSTA : Association Africaine des Formateurs au Maintien de
la Paix
ATPC : Assainissement Total Piloté par la Communauté
BIR : Bataillon d’Intervention Rapide
BEPC : Brevet d’Etudes du Premier Cycle
BUNEC : Bureau National de l’Etat Civil
CADHP : Commission Africaine des Droits de l’Homme et des
Peuples
CAEDBEE : Comité Africain d’experts sur les droits et le bien-être
de l’enfant
CAN : Coupe d’Afrique des Nations
CAP : Certificat d’Aptitude Professionnelle
CAPIEMP : Certificat d’Aptitude Pédagogique d’Instituteurs de
l’Enseignement Maternel et Primaire
CAPIET : Certificat d’Aptitude Pédagogique d’Instituteurs de
l’Enseignement Technique
CBBF : Conseil de Discipline Budgétaire et Financière
CBCHS : Cameroon Baptist Convention Health Services

xi
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

CBF : Cameroon Business Forum


CBHS : Cameroon Baptist Convention Health Services
CCIMA : Chambre de Commerce, de l’Industrie, des Mines et
de l’Artisanat du Cameroun
CDI : Centre Divisionnaire des Impôts
CDHC : Commission des Droits de l’Homme du Cameroun
CDN : Contribution Déterminée au niveau National
CDPM : Caisse de Développement de la Pêche Maritime
CEMAC : Communauté Economique des Etats de l’Afrique
Centrale
CEP : Certificat d’Etudes Primaires
CERD : Comité pour l’Elimination de la Discrimination
Raciale
CFC : Crédit Foncier du Cameroun
CFCE : Centres de Formalités de Création d’Entreprise
CICR : Comité International de la Croix Rouge
CILSN : Comité Interrégional de Lutte contre la Sécheresse
dans le Nord
CIPCRE : Cercle International pour la Promotion de la
Création
CIV : Civil
CMPJ : Centres multifonctionnels de promotion des jeunes
CNC : Conseil National de la Communication
CNDDR : Comité National de Désarmement, de Démobilisa-
tion et de Réintégration
CNLS : Comité National de Lutte contre le SIDA
CNPBM : Commission Nationale pour la Promotion du
Bilinguisme et le Multiculturalisme
CNPS : Caisse nationale de la prévoyance sociale
CNUDHD-AC : Centre des Nations Unies pour les Droits de l’Homme
et la Démocratie en Afrique Centrale
COMIFAC : Commission des Forêts d’Afrique Centrale
CONAC : Commission Nationale Anti-Corruption
CONSUPE : Ministère en charge du Contrôle Supérieur de l’Etat
COR : Correctionnel
CPFF : Centre de Promotion de la Femme et de la Famille
CRIM : Criminel

xii
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

CS : Cour Suprême
CSU : Couverture santé universelle
CTD : Collectivités territoriales décentralisées
CVUC : Communes et Villes Unies du Cameroun
DAJEI : Division des Affaires Juridiques et de l’Exploitation
des Informations
DDHCI : Direction des Droits de l’Homme et de la Coopération
Internationale
DDR : Désarmement, Démobilisation et Réintégration
DGD : Direction Générale des Douanes
DGI : Direction Générale des Impôts
DGRE : Direction Générale de la Recherche Extérieure
DGSN : Délégation Générale à la Sûreté Nationale
DICTD : Division des Inspections et de Contrôle des Collec-
tivités Territoriales Décentralisées
EEE : Espèce Exotique Envahissante
EEI : Engin explosif improvisé
EIFORCES : Ecole Internationale des Forces de Sécurité
ELECAM : Elections Cameroon
ENAM : Ecole Nationale d’Administration et de Magistrature
ENAP : Ecole Nationale de l’Administration Pénitentiaire
ENIEG : Ecoles Normales d’Instituteurs d’Enseignement Général
ENIET : Ecoles Normales des Instituteurs de l’Enseignement
Technique
FDS : Forces de Défense et de Sécurité
FDSE : Fonds de Développement du Secteur de l’Electricité
FEICOM : Fonds Spécial d’Equipement et d’Intervention inter-
communale
FMO : Forces de Maintien de l’Ordre
FNE : Fonds national de l’emploi
FNUAP : Fonds des Nations Unies pour la population
FOSA : Formations Sanitaires
FSLC : First School Leaving Certificate
GIC : Groupement d’initiatives Communautaires
GICAM : Groupement Inter patronal du Cameroun
GTG : Thématique Genre Humanitaire et développement
GCE A/L : General Certificate of Education, Advanced Level

xiii
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

GCE O/L : General Certificate of Education, Ordinary Level


HALCOMI : Halte au Commerce Illicite
HCDH : Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de
l’Homme
HIMO : Haute Intensité de Main d’œuvre
IGAPEN : Inspection Générale de l’Administration Pénitentiaire
IGSJ : Inspection Générale des Services Judiciaires
INS : Institut National de la Statistique
IRAD : Institut de Recherche Agricole pour le Développement
ITIE : Initiative pour la Transparence dans l’Industrie
Extractive
LF : Loi de Finances
MAETUR : Mission d’Aménagement et d’Equipement des Ter-
rains Urbains et Ruraux
MAS : Malnutrition Aigüe Sévère
MBOSCUDA : Mbororo Social and Cultural Development Association
MILDA : Moustiquaires imprégnées à longue durée d’action
MINAC : Ministère des Arts et de la Culture
MINADER : Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural
MINAS : Ministère des Affaires Sociales
MINAT : Ministère de l’Administration Territoriale
MINCOM : Ministère de la Communication
MINCOMMERCE : Ministère du Commerce
MINDCAF : Ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires
Foncières
MINDDEVEL : Ministère de la Décentralisation et du Développement
Local
MINDEF : Ministère de la Défense
MINEDUB : Ministère de l’Education de Base
MINEE : Ministère de l’Eau et de l’Energie
MINEFOP : Ministère de l’Emploi et de la Formation Professionnelle
MINEPAT : Ministère de la Planification et de l’Aménagement du
Territoire
MINEPDED : Ministre de l’Environnement, de la Protection de la
Nature et du Développement Durable
MINEPIA : Ministère de l’Elevage, des Pêches et des Industries
Animales

xiv
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

MINESEC : Ministère des Enseignements Secondaires


MINESUP : Ministère de l’Enseignement Supérieur
MINFI : Ministère des Finances
MINFOF : Ministère des Forêts et de la Faune
MINFOPRA : Ministère de la Fonction Publique et de la Réforme
Administrative
MINHDU : Ministère de l’Habitat et du Développement Urbain
MINJEC : Ministère de la Jeunesse et de l’Education Civique
MINJUSTICE : Ministère de la Justice
MINMAP : Ministère des Marchés Publics
MINMIDT : Ministère des Mines, de l’Industrie et du Dévelop-
pement technologique
MINPMEESA : Ministère des Petites et Moyennes Entreprises, de
l’Economie Sociales et de l’Artisanat
MINPOSTEL : Ministère des Postes et Télécommunications
MINPROFF : Ministère de la Promotion de la Femme et de la
Famille
MINRESI : Ministère de la Recherche Scientifique et de l’Inno-
vation
MINREX : Ministère des Relations Extérieures
MINSANTE : Ministère de la Santé publique
MINSEP : Ministère des Sports et de l’Education Physique
MINT : Ministère des Transports
MINTOUL : Ministère du Tourisme et des Loisirs
MINTP : Ministère des Travaux publics
MINTSS : Ministère du Travail et de la Sécurité Sociale
MIPROMALO : Mission de Promotion des Matériaux Locaux
MOOC : Massive open online courses
OIBT : Organisation internationale des bois tropicaux
OIM : Organisation Internationale pour les Migrations
ONACC : Observatoire national sur les changements climatiques
ONG : Organisation Non Gouvernementale
ONU-Femmes : Entité des Nations Unies pour l’Egalité de Sexe et
l’Autonomisation des femmes
ONUSIDA : Programme commun des Nations Unies sur le
VIH/sida
OPJ : Officiers de Police Judiciaire

xv
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

OSC : Organisations de la société civile


PADER : Programme d’Appui au Développement des Emplois
Ruraux
PAEPYS : Projet d’approvisionnement de la ville de Yaoundé
et ses environs à partir du Fleuve Sanaga
PAJER-U : Programme d’Appui à la Jeunesse Rurale et Urbaine
PAM : Programme Alimentaire Mondial
PAMEC : Programme d’Appui à la Modernisation de l’Etat
Civil
PAREC : Projet d’Appui à la Résilience Economique
PAST : Programme d’Appui au Secteur des Transports
PDI : Personne Déplacée Interne
PFNL : Produits forestiers non ligneux
PGES : Plan de Gestion Environnementale et Sociale
PLANUT : Plan d’Urgence Triennal pour l’accélération de la
croissance économique
PME : Petites et Moyennes Entreprises
PNDP : Programme National de Développement Participatif
PNG : Politique Nationale Genre
PNLP : Programme national de lutte contre le paludisme
PTME : Prévention de la transmission du VIH de la mère à
l’enfant
PVID : Pensions vieillesse, d’invalidité et de décès
PVVIH : Personnes vivant avec le VIH
RCA : République Centrafricaine
SAGO : Salon de l’Action Gouvernementale
SCAAP : Société civile des arts audiovisuels et photographiques
SCDP : Société Camerounaise des Dépôts Pétroliers
SCDV : Société civile des droits voisins
SED : Secrétariat d’Etat à la Défense Chargé de la
Gendarmerie
SIC : Société Immobilière du Cameroun
SND 30 : Stratégie Nationale de Développement 2020-2030
SOCADAP : Société civile des droits d’auteur et droits voisins
SOCILADRA : Société civile des droits de la littérature et des arts dra-
matiques

xvi
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

SODEPA : Société de Développement et d’Exploitation des


Productions Animales
SONACAM : Société Nationale Camerounaise de l’Art Musical
SONAMINES : Société Nationale des Mines
SOSUCAM : Société sucrière du Cameroun
STT : Sciences et Technologies du Tertiaire
TA : Tribunal Administratif
TCS : Tribunal Criminel Spécial
TGI : Tribunal de Grande Instance
TPD : Tribunal de Premier Degré
TPI : Tribunal de Première Instance
TVA : Taxe sur la valeur ajoutée
UA : Union Africaine
USEP : Urban Special Employment Program
VBG : Violences basées sur le Genre

xvii
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

Préface
Le Rapport que le Ministère de la Justice publie chaque année a voca-
tion à renseigner le public sur les efforts du Gouvernement, des partenaires
et de tout le corps social en matière de promotion et de protection des
Droits de l’Homme.
Marquée par la lutte continue contre la Covid-19, l’année 2021 a été
riche en évènements au rang desquels la mise en place de la nouvelle
Commission des Droits de l’Homme du Cameroun, la mise à jour du
dispositif normatif dans bien de secteurs à l’instar des associations, de la
promotion du volontariat, de la filière du livre ou encore de l’accès aux
ressources génétiques, à leurs dérivés, aux connaissances traditionnelles
associées et le partage juste et équitable des avantages issus de leur
utilisation, sans oublier l’attention particulière accordée aux personnes
handicapées.
La promotion des Droits de l’Homme est une œuvre permanente, les
avancées enregistrées débouchant sur de nouveaux défis. Protéger les
Droits de l’Homme c’est d’abord une responsabilité de l’Etat, c’est une
responsabilité collective à laquelle chacun, en sa qualité est amené à
participer.
J’exhorte chaque lecteur à trouver dans le présent Rapport une raison de
poursuivre son engagement en faveur des Droits de l’Homme, car s’in-
vestir pour les droits d’une personne c’est s’investir pour le progrès de
l’humanité.
Je vous souhaite une bonne lecture.

Laurent ESSO
Ministre d’Etat, Ministre de la Justice,
Garde des Sceaux

xix
INTRODUCTION
GENERALE

INTRODUCTION GENERALE
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

1- Après la surprise et l’émoi suscités par l’apparition de la pandémie à


corona virus en 2020 et les mesures de contrainte y relatives, l’année 2021
a été celle des ajustements et de l’adaptation. Dans ce contexte, la poli-
tique de promotion et de protection des Droits de l’Homme a été déployée
dans ses divers aspects, tant sur les plans normatif et institutionnel que dans
le cadre des actions opérationnelles, en l’occurrence la nomination et l’ins-
tallation des membres de la Commission des Droits de l’Homme du
Cameroun créée en 20191. L’année a été marquée par la consolidation
des acquis des années antérieures mais également par des défis.
2- Sur le plan des droits civils et politiques, la Loi n°90/053 du 19 dé-
cembre 1990 relative à la liberté d’association a été modifiée par la Loi
n°2021/022 du 16 décembre 2021, pour soumettre à un régime par-
ticulier les partis politiques, les syndicats, les associations sportives, les Or-
ganisations Non Gouvernementales (ONG) ainsi que les organisations
interprofessionnelles. La Loi n° 2021/023 du 16 décembre 2021 regissant
les organisations interprofessionnelles au Cameroun a ainsi été adoptée
pour régir ce dernier type d’organisation. L’on a cependant noté une uti-
lisation malveillante des médias sociaux avec des discours de haine, des
vidéogrammes obscènes et violents ainsi que des fake news. Cette tendance
a suscité une mobilisation des forces à travers des campagnes de sensi-
bilisation. Les nouveaux membres du Conseil National de la Communi-
cation, installés au cours de l’année, ont fait de la lutte contre ce phéno-
mène un cheval de bataille. La Commission Nationale pour la Promotion
du Bilinguisme et du Multiculturalisme a également continué les descentes
sur le terrain en vue de promouvoir le vivre-ensemble et lutter contre les
discours de haine.
3- Par ailleurs, et s’agissant de la participation à la gestion des affaires
publiques, le volontariat a été promu à travers la Loi n°2021/015 du 9
1
Par Décret n°2021/107 du 19 février 2021 portant nomination du président de la CDHC. Il s’agit
de M. MOUANGUE KOBILA James. Par Décret n° 2021/108 du 19 février 2021 portant no-
mination du Vice-président de la CDHC. Il s’agit de M. Raphaël GALEGA GANA. Par Décret
n° 2021/109 portant nomination du Secrétaire Permanent de la CDHC. Il s’agit de M. ABOUEM
ESSEBA Jean-Pierre a été nommé Secrétaire Permanent. Suivant Décret n° 2021/110 du 19
février 2021portant nomination des membres de la CDHC. Il s’agit de Mesdames ASUAGBOR
née AYUK Lucy, ENDELEY née Joyce BAYANDE MBONGO, BOUBA née HAMAN HAWE ;
Messieurs BIKORO Aimé Parfait, AMOUGUI Apollinaire TITE, SALIHOU LABARANG, SOU-
LEY MANE, DJIBOMADOM MAMENE Dieudonné, SEINI BOUKAR LAMINE, TEZANOU Paul,
BALLA Joseph Constantin, NGALLE MBONJO Jean-Marc et NKWEBO Denis. Ces membres
ont prêté serment le 29 avril 2021.

3
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

juillet 2021 portant organisation et promotion du volontariat au Came-


roun, tandis que le processus de décentralisation s’est approfondi. L’on
a ainsi enregistré la mise en place des Conseils régionaux, la nomination
des premiers public independent conciliators et la précision de certaines
modalités d’exercice des compétences transférées.
4- Bien que globalement maîtrisé, le droit à la sécurité a connu des soubresauts
avec la résurgence des conflits intercommunautaires dont les plus graves ont
été la confrontation entre les Arabes Choas et les Mousgoums dans la ré-
gion de l’Extrême-Nord ainsi que les attaques des écoles dans la région du
Sud-Ouest. Pour renforcer la coopération judiciaire, le Cameroun a ratifié
2 Accords suivant Décrets n° 2021/243 et n° 2021/244 du 27 avril 2021,
respectivement sur l’extradition entre la République du Cameroun et la Ré-
publique Fédérative du Brésil, et sur le transfèrement des personnes
condamnées à une peine privative de liberté entre les 2 Républiques.
5- Pour ce qui est des droits économiques, sociaux et culturels, le Came-
roun a, suivant Décret n° 2021/246 du 27 avril 2021, ratifié l’Accord
avec le Gouvernement des Emirats Arabes Unis tendant à éviter la dou-
ble imposition et à prévenir l’évasion fiscale en matière d’impôts sur le
revenu, signé le 13 juillet 2017 à Dubaï.
6- Les initiatives en faveur de la bonne gouvernance et la lutte contre la
corruption se sont intensifiées. Ainsi, avec la conduite des réformes bud-
gétaires, la mobilisation soutenue des recettes non pétrolières, et l’ac-
compagnement des partenaires au développement, l’Etat s’est donné des
marges de manœuvre, dans un contexte de contraintes sécuritaire et
sanitaire, pour piloter les politiques de développement telles que définies
dans la Stratégie Nationale de Développement (SND 30). Certains
projets structurants de première génération ont ainsi pu être achevés. Le
renchérissement de la vie, dû en partie à l’explosion des coûts du fret ma-
ritime, a permis de mettre en relief la pertinence de la politique d’import-
substitution, de discuter avec le secteur privé sur les mesures d’adapta-
tion et d’accompagnement, notamment fiscales. Il s’est agi de sauvegar-
der le tissu de production nationale et de préserver l’offre d’emplois. Dans
le même temps, les capacités des demandeurs d’emploi ont été renforcées
à travers la multiplication des formations adaptées. Pour ce faire, et compte
tenu du contexte, le système éducatif a développé des capacités de
résilience pour lui permettre de faire face aux diverses contraintes et main-

4
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

tenir une offre d’éducation acceptable malgré les atteintes dont l’une des
plus graves était l’attaque du Lycée Bilingue d’Ekondo-Titi avec un bilan
de 4 élèves blessés et 5 décès, à savoir une enseignante et 4 élèves.
7- La promotion du droit à la santé a encore été largement marquée par
la lutte contre la pandémie à Covid-19. La stratégie camerounaise de ri-
poste contre le virus a été guidée par 2 logiques, à savoir sauver des vies
et freiner l’expansion du virus. Dans ce sens, les premières campagnes de
vaccination ont été lancées en avril 2021. La préparation de la Coupe
d’Afrique des Nations TotalEnergies 2021 a également été l’occasion de
rénover les infrastructures hospitalières et de relever leurs plateaux tech-
niques. La rénovation a également touché les villes devant abriter la com-
pétition avec de nouvelles infrastructures routières, touristiques et autres.
La dimension culturelle de la préparation de cette compétition n’était pas
en reste, même si la reprise des activités de masse a été timide. Sur le plan
normatif, la Loi no2021/024 du 16 décembre 2021 portant organisa-
tion et promotion de la filière du livre a jeté les bases d’une meilleure struc-
turation de la filière.
8- La protection des Droits de l’Homme dans le domaine des ressources
extractives a été mise en relief, à travers notamment la décision n°
00465/D/MINMIDT/SG/DAJ du 30 août 2021 du ministre en charge
des mines qui a interdit l’accès des mines aux personnes mineures sur toute
l’étendue du territoire et l’opérationnalisation de la Société Nationale des
Mines (SONAMINES). Les dirigeants de cette nouvelle entreprise ont fait
de la lutte contre le travail des enfants dans les mines une priorité, avec
des campagnes de sensibilisation. L’intérêt des populations et la protec-
tion de l’environnement constituent les piliers du cahier de charge de la-
dite société. De manière générale, ces 2 variables ont guidé l’Etat qui a
adopté la Loi n°2021/014 du 09 juillet 2021 régissant l’accès aux res-
sources génétiques, à leurs dérivés, aux connaissances traditionnelles as-
sociées et le partage juste et équitable des avantages issus de leur utili-
sation. Pour la gestion concertée des ressources en eau, le Cameroun a
ratifié, par Décret n°2021/754 du 28 décembre 2021, la Convention
sur la protection et l’utilisation des cours d’eaux transfrontières et des lacs
internationaux adoptée le 17 mars 1992 à Helsinki. Il a également adhéré,
suivant Décret n°2021/780 du 28 décembre 2021, à l’Accord créant
le réseau international sur le Bambou et le Rotin, adopté à Beijing le 06
novembre 1997.

5
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

9- Les droits des personnes vulnérables ont été renforcés. S’agissant des
réfugiés, 2 Accords ont été signés les 24 février et 25 mai 2021, l’un
entre le Gouvernement et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les
Réfugiés (HCR) visant la prise en charge sanitaire des réfugiés et l’autre
entre le Gouvernement, le HCR et le Bureau International du Travail(BIT)
relatif à la facilitation de l’accès à l’emploi des réfugiés. Pour ce qui est des
enfants, des mesures ont été prises pour faciliter l’enregistrement de leurs
naissances et assurer leur bien-être. Quant aux populations autochtones
vulnérables, un nouveau Plan national de développement des populations
autochtones 2021-2025 a été adopté. Concernant des personnes handi-
capées, ont été ratifiés par Décrets n° 2021/751 et n° 2021/753 du
28 décembre 2021, la Convention des Nations Unies sur les droits des per-
sonnes handicapées et le Protocole à la Charte Africaine des Droits de
l’Homme et des Peuples relatif aux droits des personnes handicapées.
10- Sur les droits de la femme, l’actualisation de certains documents stra-
tégiques de promotion de l’égalité de genre en cours en 2021 était l’oc-
casion d’évaluer la mise en œuvre des politiques publiques en la matière.
11- Le présent Rapport rend compte de ces éléments de l’actualité en
2021, en mettant en relief les avancées et défis. Comme à l’accoutumée,
une approche concertée a été adoptée pour l’élaboration du Rapport.
Le parlement, les administrations publiques, les institutions administratives
indépendantes, les juridictions, les organisations de la société civile ont
contribué tant au moment de la collecte des données qu’au moment de
la mise en forme à travers la validation des informations communiquées.
12- Le Rapport conserve sa structure traditionnelle qui, outre un chapitre
préliminaire sur la coopération du Cameroun avec les mécanismes
internationaux et régionaux des Droits de l’Homme, comporte 3 parties
abordant :
- les questions se rapportant aux droits civils et politiques (Première
partie) ;
- les questions relatives aux droits économiques, sociaux et culturels
ainsi qu’au droit à un environnement sain (Deuxième partie) ;
- et les questions transversales des Droits de l’Homme et des droits
catégoriels (Troisième partie).

6
CHAPITRE
PRELIMINAIRE
LA COOPERATION ENTRE
LE CAMEROUN ET LES
MECANISMES
INTERNATIONAUX ET
REGIONAUX DE
PROMOTION ET DE
PROTECTION DES DROITS
DE L’HOMME

CHAPITRE PRELIMINAIRE : LA COOPERATION ENTRE LE


CAMEROUN ET LES MECANISMES INTERNATIONAUX ET
REGIONAUX DE PROMOTION ET DE PROTECTION DES DROITS
DE L’HOMME
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

13- La coopération entre le Cameroun et les mécanismes internationaux


et régionaux de promotion et de protection des Droits de l’Homme s’est
déployée sur les volets contentieux (Section 1) et non contentieux (Sec-
tion 2) dans un contexte sanitaire contraignant.
SECTION 1 : LA COOPERATION CONTENTIEUSE
14- Dans le cadre de la coopération contentieuse, de nouveaux cas ont
été soumis à certains organes (§1) tandis que les décisions précédemment
rendues ont fait l’objet de suivi (§2).
§1 : Le traitement des nouvelles communications et appels urgents
15- Au total, 6 nouvelles communications ont été reçues par l’Etat du
Cameroun, soit une soumise au Comité des Droits de l’Homme, une au
Comité contre la torture, 3 à la Commission Africaine des Droits de l’Homme
et des Peuples (CADHP) et une au Comité Africain d’experts sur les droits
et le bien-être de l’enfant (CAEDBEE). L’Etat a également reçu un Appel
urgent du Rapporteur Spécial de la CADHP sur les défenseurs des Droits
de l’Homme au sujet de la situation du nommé AGBOR NKONGHO
BALLA.
16- Globalement, au 31 décembre 2021, 6 communications étaient pen-
dantes contre le Cameroun devant le Comité des Droits de l’Homme, 2
devant le Comité contre la Torture, 23 devant la Commission Africaine
des Droits de l’Homme et des Peuples, et une devant le CAEDBEE.
17- Les allégations et griefs qui y étaient articulés contre l’Etat du Cameroun
portaient essentiellement sur les atteintes au droit à l’intégrité physique et
morale, la violation du droit à un procès équitable (notamment le droit d’être
jugé sans retard excessif), la violation du droit à l’éducation et de l’in-
terdiction du mariage des enfants, les arrestations illégales, les détentions
arbitraires et au secret, les mauvaises conditions de détention, la violation
du droit à la liberté d’expression et de communication, et l’aménagement
insuffisant d’un espace civique propice à l’expression des citoyens.
§2 : Le suivi de la mise en œuvre des décisions antérieures
18- Au niveau onusien, 3 procédures de suivi de constatations ont été en-
registrées, dont 2 provenant du Comité des Droits de l’Homme au sujet

9
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

des nommés Etienne ABESSOLO2 et ZOGO ANDELA Achille Benoit3,


et une du Groupe de Travail du Conseil des Droits de l’Homme sur la dé-
tention arbitraire relativement à l’Avis n° 1/2020 adopté le 29 avril 2020
sur le cas de Monsieur AMADOU VAMOULKE. Dans ces différents cas,
l’Etat du Cameroun a soumis des éléments d’information sur les mesures
prises pour mettre en œuvre les recommandations formulées par les mé-
canismes des Droits de l’Homme concernés, ainsi que sur les contraintes
et difficultés rencontrées relativement à certaines de ces recommandations.
19- Au niveau de l’Union Africaine, courant mars 2021, lors de l’audience
de suivi organisée par le CAEDBEE, le Cameroun a rendu compte des
mesures prises pour mettre en œuvre les recommandations formulées à
l’issue de l’examen de la Communication concernant la jeune T.F.A.4.
20- Sur les mesures individuelles, le Gouvernement a indiqué que la
victime a été scolarisée et qu’une somme de 500 000 FCFA5 avait été
mise à sa disposition pour la soutenir en attendant le paiement de la
somme de 50 000 000 FCFA6 fixée par le Comité. Le Gouvernement a
également indiqué que la chambre de contrôle de l’instruction de la Cour
d’Appel du Nord-Ouest avait décidé de renvoyer l’accusé en jugement
devant le Tribunal de Grande Instance de la Mezam, et qu’une prise en
charge psychosociale était assurée à la victime par un travailleur social
du Ministère des Affaires Sociales.
21- Sur les mesures d’ordre général, le Gouvernement a mentionné l’exis-
tence des cadres juridiques pour la protection de l’enfance et l’accès aux
services afin de répondre à toutes les formes de violences et prendre en
charge les survivants. Il a en outre été mis en relief la formation initiale et
continue aux Droits de l’Homme, y compris les droits de l’enfant, des juges
et des membres de la police et de la gendarmerie.
2
Dans le cadre de la Communication n° 2587/2015 du 16 octobre 2014, Etienne ABESSOLO
c. Etat du Cameroun.
3
Dans le cadre de la Communication n° 2764/2016 du 28 octobre 2014, Achille Benoit ZOGO
ANDELA c. Etat du Cameroun.
4
Communication n° 006/com/002/2015 du 16 novembre 2015, The Institute of Human Rights
and Development in Africa and Finders Group Initiative au nom de TFA (une mineure) c. Le
Gouvernement de la République du Cameroun.
5
Soit 763,35 euros.
6
Soit 76 335,87 euros.

10
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

22- Au total, le CAEDBEE a considéré que la décision n’avait été mise en


œuvre que partiellement. Il a recommandé à l’Etat de fournir un calendrier
de mise en œuvre de toutes les recommandations, principalement le paie-
ment de l’indemnisation à T.F.A. et la promulgation d’une législation vi-
sant à éradiquer les violences sexuelles.
23- Le CAEDBE a prié le Gouvernement de soumettre un rapport sur l’état
de la mise en œuvre de la Décision 2 fois par an et a relevé que son rap-
porteur pour le Cameroun travaillera en étroite collaboration avec les 2
parties pour surveiller la mise en œuvre de cette Décision.
SECTION 2 : LA COOPERATION NON CONTENTIEUSE
24- S’agissant de l’activité non contentieuse, la coopération du Cameroun
avec les mécanismes internationaux et régionaux de promotion et de pro-
tection des Droits de l’Homme a été perceptible à travers la participation
aux sessions et réunions de certaines instances (§1), la contribution à l’éla-
boration des rapports thématiques de certains titulaires de mandats onu-
siens (§2), la soumission des rapports périodiques aux organes de trai-
tés (§3) et le renforcement de la présence camerounaise au sein des mé-
canismes des Droits de l’Homme (§4).
§1 : La participation du Cameroun aux sessions de certaines
instances des Droits de l’Homme
25- Malgré la limitation de la mobilité humaine en raison de la pandé-
mie de la Covid-19, le Cameroun a participé aux sessions de plusieurs
instances en charge des Droits de l’Homme ou abordant des probléma-
tiques en lien avec les Droits de l’Homme, à l’instar de la CADHP et du
Comité Technique Spécialisé de l’Union Africaine sur la justice et les af-
faires juridiques respectivement. Le contenu des sessions du Conseil des
Droits de l’Homme des Nations Unies (A) et de celles du Conseil de Paix
et de Sécurité de l’Union Africaine (B) mérite d’être relayé.
A : La participation aux sessions du Conseil des Droits de l’Homme
des Nations Unies
26- Par l’entremise de son Ambassadeur, Représentant permanent auprès
des Nations Unies, de l’Organisation Mondiale du Commerce et des

11
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

autres Organisations internationales à Genève, le Cameroun a participé


aux 46ème, 47ème et 48ème sessions du Conseil des Droits de l’Homme des
Nations Unies, qui se sont tenues en mode virtuel, respectivement du 22
février au 24 mars, du 21 juin au 13 juillet, et du 13 septembre au 8
octobre 2021.
27- Au cours du segment de haut niveau qui a marqué la 1ère articulation
de la 46ème session et durant lequel 130 dignitaires ont pris la parole, le
ministre des Relations Extérieures a présenté les efforts accomplis par le Ca-
meroun dans le sens de la promotion et de la protection des Droits de
l’Homme, malgré les contextes sanitaire, économique et sécuritaire difficiles.
28- Dans le cadre du débat général, le Cameroun a exercé son droit de
réponse instantané suite aux déclarations faites par le Portugal (au nom
de l’Union Européenne), l’Autriche, le Royaume-Uni et l’ONG « East and
Horn of Africa Human Rights Defenders Project » sur la situation des Droits
de l’Homme sur son territoire. Le Cameroun a aussi participé à diverses
séances portant sur des sujets particuliers7 d’une part, et avec certains
Groupes de Travail, Rapporteurs spéciaux8, Experts indépendants9 et
Commissions d’enquête10 d’autre part. En vertu de son mandat de
coordonnateur du Groupe Africain du Conseil des Droits de l’Homme, le
Cameroun a conduit plusieurs activités, à savoir : la coprésidence de 2
side events sur certains sujets11, la présentation de 16 déclarations au

7
Comme la peine de mort, la situation des Droits de l’Homme dans certains pays, les droits de l’en-
fant, la discrimination raciale, etc.
8
Rapporteur Spécial sur le droit à l’alimentation ; Rapporteur Spécial sur la liberté de religion ou
de conviction ; Rapporteuse Spéciale sur la vente d’enfants, la prostitution des enfants et la por-
nographie mettant en scène des enfants ; Rapporteuse Spéciale sur le droit des personnes handi-
capées ; Rapporteur Spécial sur la situation des défenseurs des Droits de l’Homme ; Rapporteur
Spécial sur les Droits de l’Homme et l’environnement ; Rapporteuse spéciale sur la promotion et
la protection des Droits de l’Homme et des libertés fondamentales dans la lutte contre le terrorisme ;
Rapporteur Spécial sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.
9
Experte indépendante sur l’exercice des Droits de l’Homme par les personnes atteintes d’albinisme ;
Expert indépendant chargé d’examiner les effets de la dette extérieure et des obligations finan-
cières internationales connexes des Etats sur le plein exercice de tous les Droits de l’Homme, par-
ticulièrement des droits économiques, sociaux et culturels.
10
Commission d’enquête sur le Burundi.
11
Relativement à la journée internationale du souvenir des victimes de l’esclavage et de la traite trans-
atlantique d’une part, et à l’impact négatif du non-rapatriement des fonds d’origine illicite vers les
pays d’origine sur la jouissance des Droits de l’Homme et l’importance d’améliorer la coopéra-
tion internationale d’autre part.

12
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

nom du Groupe, la conduite de certaines négociations et la gestion du


processus de présentation et d’adoption de 4 projets de résolutions12.
29- Au cours des 2 autres sessions du Conseil des Droits de l’Homme, le
Cameroun a fait des déclarations sur certaines thématiques inscrites à l’or-
dre du jour13.
B : La participation aux sessions du Conseil de Paix et de Sécu-
rité de l’Union Africaine
30- Le Cameroun a participé aux différentes réunions du Conseil de Paix
et de Sécurité de l’Union Africaine (UA), dont il est membre. La plupart
de ces réunions se sont tenues par visioconférence, en raison du contexte
sanitaire lié à la Covid-19.
31- Au cours de la 1048ème réunion tenue le 15 novembre 2021 sur le
thème « la lutte contre les idéologies radicales et extrémistes en Afrique »,
après avoir relevé que le Cameroun fait face à l’extrémisme violent dans
la partie septentrionale et dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest
d’une part, et mis en exergue leurs conséquences sur les plans humain,
social et économique d’autre part, la délégation camerounaise a indiqué
que la question de l’extrémisme violent mérite plus d’attention au niveau
sous-régional, régional et international, et appelé à plus de coopération
régionale en matière de surveillance. Elle a par ailleurs invité les Etats à
faire preuve d’un sens élevé de responsabilité en empêchant les terroristes
de faire de leurs territoires, leurs bases arrière.
12
Sur l’impact négatif du non-rapatriement des fonds d’origine illicite vers les pays d’origine sur la
jouissance des Droits de l’Homme et l’importance d’améliorer la coopération internationale ; sur
le mandat de l’expert indépendant sur la jouissance des Droits de l’Homme par les personnes at-
teintes d’albinisme ; sur l’assistance technique et le renforcement des capacités dans le domaine
des Droits de l’Homme au Mali ; et sur l’assistance technique et le renforcement des capacités
pour le Soudan du sud.
13
Ces thématiques étaient relatives, pour la 47ème session, au droit à la vie privée à l’ère du
numérique ; la liberté d’opinion et d’expression ; la liberté de réunion pacifique et la liberté
d’association ; le droit à l’éducation ; le droit à la santé physique et mentale ; les Droits de
l’Homme dans l’administration de la justice ; l’élimination de la discrimination à l’égard des
femmes ; la protection contre la discrimination et la violence liées à l’orientation sexuelle et à
l’identité de genre ; la sensibilisation aux droits des personnes handicapées ; les Droits de
l’Homme et les peuples autochtones ; les droits des migrants et des personnes déplacées dans
leur propre pays ; les Droits de l’Homme et les changements climatiques ; les entreprises et les
Droits de l’Homme ; les Droits de l’Homme et l’extrême pauvreté ; la traite des êtres humains et
en particulier les femmes et les enfants ; la prévention du génocide, etc.; et pour la 48èmesession,
à l’eau et l’assainissement ; la détention arbitraire ; les droits des peuples autochtones ; les
personnes âgées ; le mercenariat ; le racisme ; les disparitions forcées ; la vérité, la justice et la
réparation ; les substances et les déchets dangereux.

13
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

§2 : La contribution à l’élaboration des rapports thématiques de


certains titulaires de mandats
32- L’Etat du Cameroun a répondu favorablement aux appels à contri-
bution de plusieurs titulaires de mandats onusiens en vue de l’élaboration
de leurs rapports thématiques. C’est le cas de l’appel à contribution du
Rapporteur Spécial sur l’utilisation des mercenaires comme moyen de vio-
ler les Droits de l’Homme et d’empêcher l’exercice du droit des peuples
à disposer d’eux-mêmes, en vue de l’élaboration du Rapport thématique
sur « la fourniture des produits et services militaires et de sécurité dans le
cyberespace par les cyber-mercenaires et d’autres acteurs concernés et
son impact sur les droits humains » ; de celui de la Rapporteuse Spéciale
sur la traite des êtres humains, en particulier les femmes et les enfants, pour
l’élaboration du Rapport thématique sur « la traite des êtres humains dans
le cadre des travaux ou services forcés, d’esclavage ou pratiques similaires,
ou de la servitude dans le secteur de l’agriculture » ; de celui du Groupe
de Travail sur la question des Droits de l’Homme et des sociétés trans-
nationales et autres entreprises, dans le cadre de l’élaboration du Rap-
port thématique sur les « accords internationaux d’investissement (AII) com-
patibles avec les Droits de l’Homme ».
33- Le Gouvernement du Cameroun a également soumis une communi-
cation suite à l’appel à contribution du Haut-Commissariat des Nations
Unies aux Droits de l’Homme (HCDH) relativement aux mesures nationales
prises en faveur de la lutte contre le racisme, la discrimination raciale, la
xénophobie et toute forme d’intolérance y associée.
34- Dans ces différentes contributions, le Cameroun a transmis des élé-
ments sur les aspects politique, stratégique, normatif, institutionnel et opé-
rationnel concernant les différentes thématiques, les résultats de ses ac-
tions, ainsi que les défis et contraintes rencontrés.
§3 : La soumission des rapports périodiques aux organes de
traités
35- Après avoir examiné le 4ème rapport périodique du Cameroun au
titre du PIDESC (rapport soumis le 16 novembre 2017), les 20 et 21
février 2019, le Comité des droits économiques, sociaux et culturels a for-
mulé ses observations finales le 8 mars 2019. Dans lesdites observations

14
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

finales, le Comité avait invité l’Etat du Cameroun à soumettre au plus tard


le 8 mars 2021, un Rapport de suivi sur des points spécifiques concernant
la discrimination à l’égard des minorités, les droits syndicaux et le droit
à l’alimentation. Le Gouvernement a sacrifié à cette diligence à l’échéance
indiquée. Le 5ème Rapport périodique de l’Etat du Cameroun au titre de
ce Pacte est attendu le 31 mars 2024.
36- Le Cameroun a élaboré son 6ème Rapport périodique au titre de
la CAT qui était en cours de soumission en fin d’année. Conformément
à la procédure de Rapport simplifié qui avait été acceptée par le Cameroun
le 1er avril 2014, le Comité a, le 2 décembre 2020, adopté une liste de
points à traiter14. Les réponses apportées aux préoccupations y contenues
ont constitué la substance dudit Rapport. Globalement, ce document contient
les renseignements spécifiques sur la mise en œuvre des articles 1 à 16
de la Convention, les renseignements sur d’autres questions et les ren-
seignements sur les mesures et faits nouveaux concernant la mise en œu-
vre de la Convention. Il rend compte des avancées qui ont été enregis-
trées sur les plans stratégique, normatif, institutionnel et opérationnel, sans
manquer d’exposer les défis et contraintes rencontrés, notamment sur la
conduite de certaines réformes, l’autonomisation des femmes victimes et
autres personnes socialement vulnérables, l’exécution du programme d’amé-
lioration de la carte pénitentiaire, la prise en charge des enfants associés
aux groupes armés, la mise en place du dispositif de protection des té-
moins et des victimes d’actes de torture, et la ratification de certains ins-
truments juridiques pertinents.
37- Ces 2 rapports périodiques ont été élaborés suivant une approche
participative et inclusive, qui a impliqué les Administrations publiques, la
Commission des Droits de l’Homme du Cameroun et les Organisations de
la Société Civile (OSC).
§4: Le renforcement de la présence camerounaise au sein des
mécanismes des Droits de l’Homme
38- Le 14 octobre 2021, le Cameroun a été réélu pour un second man-
dat de 3 ans comme membre du Conseil des Droits de l’Homme au cours
de la 76ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies, avec 179
voix sur 193. Ledit mandat court du 1er janvier 2022 au 31 décembre 2024.
14
30 au total.

15
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

39- Au cours de la 29ème session des Etats parties à la Convention inter-


nationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale
qui a eu lieu le 24 juin 2021, Madame Régine ESSENEME15 a été élue
membre du Comité pour l’Elimination de la Discrimination Raciale
(CERD), pour un mandat de 4 ans, couvrant la période allant du 19 jan-
vier 2022 au 19 janvier 2026.
40- Monsieur Damien Côme Georges AWOUMOU, Ministre Conseil-
ler en poste à la Mission Permanente de la République du Cameroun au-
près de l’Office des Nations Unies, de l’Organisation Mondiale du Com-
merce et des autres Organisations internationales à Genève en Suisse, a
été élu président de la 28ème session du Groupe de travail des situations16
du Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies le 11 octobre 2021,
pour un mandat d’un an renouvelable une fois.
41- Par ailleurs, au mois d’août 2021, le Cameroun17 a assuré la prési-
dence du Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine18.
42- Cette présence des camerounais au sein de ces instances des Droits
de l’Homme a témoigné de l’importance que le Gouvernement attache
aux questions relatives aux Droits de l’Homme d’une part, et a contribué
au rayonnement du pays et au renforcement de son leadership sur la scène
internationale d’autre part.

15
Magistrat Hors Hiérarchie, Avocat Général au Parquet Général près la Cour Suprême.
16
Ce Groupe de travail est composé de 5 membres nommés par chacun des groupes régionaux
parmi les Etats membres du Conseil des Droits de l’Homme pour une période d’un an renouve-
lable une fois. Il tient au moins 2 sessions par an pour examiner les communications que le Groupe
de travail des communications lui transmet ainsi que les situations dont le Conseil est saisi dans
le cadre de la procédure de requête. Il présente au Conseil un rapport sur les violations flagrantes
des Droits de l’Homme et des libertés fondamentales et formule des recommandations sur les me-
sures à prendre (v. www.ohchr.org).
17
Par l’entremise de l’Ambassadeur, Représentant permanent du Cameroun auprès de l’Union Africaine.
18
Conformément à l’article 8 alinéa 6 du Protocole relatif à la création du Conseil de Paix et de
Sécurité de l’Union Africaine, la présidence du Conseil échoit, à tour de rôle, à ses différents mem-
bres, dans l’ordre alphabétique en anglais de leurs noms, pour une période d’un mois. Il est utile
de rappeler que le Cameroun a été élu membre de cette instance au cours de la 34ème session
de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement tenue à Addis-Abéba en février 2020,
pour un mandat de 2 ans allant de 2020 à 2022.

16
PREMIERE
PARTIE
QUESTIONS SE
RAPPORTANT AUX
DROITS CIVILS ET
POLITIQUES

PREMIERE PARTIE : QUESTIONS SE RAPPORTANT AUX


DROITS CIVILS ET POLITIQUES
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

INTRODUCTION DE LA PREMIERE PARTIE


43- La garantie de la jouissance des droits civils et politiques s’est illus-
trée par des actions du Gouvernement cristallisées autour de son obligation
de préserver l’Homme dans son intégrité physique et morale, et sa liberté,
de permettre d’avoir accès à une justice impartiale, de sécuriser l’infor-
mation ainsi que l’usage des Technologies de l’Information et de la Com-
munication, et d’apporter sa contribution au développement de sa cité.
44- Malgré la persistance des atteintes, parfois graves, l’intégrité physique
et morale ainsi que la liberté ont été protégées, notamment à travers le
renforcement des capacités des détenteurs de la force légitime, la lutte contre
l’utilisation de l’individu à des fins mercantiles, l’opérationnalisation du mé-
canisme national de prévention de la torture et la sensibilisation des usa-
gers de la route. Des sanctions ont été prononcées contre les auteurs des
violations de l’intégrité physique et morale, et de la liberté.
45- La réaffirmation de l’indépendance de la justice, la poursuite du
développement des infrastructures judiciaires et le respect de la
déontologie ont permis de garantir le droit à un procès équitable.
46- En outre, pour assurer la protection des consommateurs des services
de communications électroniques, la diffusion des contenus malveillants
via Internet a été décriée et réprimée. Bien plus, la mise en œuvre des
mécanismes de régulation a été accompagnée par des sanctions contre
les acteurs de medias indélicats.
47- La mise en place effective des conseils régionaux a reflété l’affirma-
tion du droit de tous de participer à la gestion des affaires publiques.
48- Ces actions sont relayées dans cette partie qui s’articule comme suit :
- le droit à l’intégrité physique et morale et le droit à la liberté
(Chapitre 1) ;
- le droit à un procès équitable (Chapitre 2) ;
- la liberté d’expression et de communication (Chapitre 3) ;
- le droit de participer à la gestion des affaires publiques
(Chapitre 4).

19
CHAPITRE 1
LE DROIT A
L’INTEGRITE PHYSIQUE
ET MORALE, ET LE
DROIT A LA LIBERTE

CHAPITRE 1 : LE DROIT A L’INTEGRITE PHYSIQUE ET


MORALE, ET LE DROIT A LA LIBERTE
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

49- La sauvegarde de l’intégrité physique et morale de l’Homme, ainsi


que de sa liberté, a été une activité primordiale du Gouvernement en 2021.
Malgré un contexte socio-politique propice à la violation des différents
droits fondamentaux (Section 1), l’Etat s’est attelé à assurer l’exécution
de sa double obligation de prévenir d’éventuelles atteintes (Section 2) et
de réprimer lesdites entorses (Section 3).
SECTION 1: LES VIOLATIONS DES DIFFERENTS DROITS CONSACRES
50- Des cas de violations du droit à l’intégrité physique d’une part (§1),
et du droit à la liberté d’autre part (§2), ont été enregistrés.
§1 : Les violations du droit à l’intégrité physique
51- Des effondrements d’immeubles (A) et des accidents de la circulation
ont causé des dommages corporels (B). Par ailleurs, des violations ont été
répertoriées (C).
A : Les effondrements d’immeubles
52- Le 30 juin 2021, un immeuble de 6 étages encore en chantier s’ef-
fondrait à Douala, au quartier Bonapriso, causant la mort d’une personne.
Le 14 juillet 2021, à Akwa à Douala, c’est l’affaissement de l’échafau-
dage d’un immeuble R+5 en construction qui a entraîné la mort d’une per-
sonne et causé les blessures à 27 autres. Dans la nuit du 11 au 12 août
2021, un couple a trouvé la mort, enseveli dans l’éboulement d’un immeuble
au quartier Pk 13 dans la ville de Douala. Le 22 août 2021 au Camp
Yabassi à Douala, 3 personnes (une femme et ses 2 enfants) ont péri suite
à l’effondrement d’un immeuble à 2 niveaux.
53- Selon les spécialistes du ministère des Travaux Publics, ces évènements
sont le résultat du non-respect de la législation en matière d’urbanisme et
de l’incivisme des populations.
B : Les accidents de la circulation
54- 6 810 cas d’accidents de la circulation ont été enregistrés au cou-
rant 2021 par la Délégation Générale à la Sûreté Nationale (DGSN).
Ces chiffres qui sont nettement en baisse par rapport à ceux enregistrés
en 2020, se présentent de la manière suivante :

23
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

Tableau n°1 : Etat des accidents de la circulation par types enre-


gistrés par la DGSN

Source : DGSN
55- Ces différents types d’accidents en 2021 ont causé 523 décès et 1
463 blessés contre 594 décès et 3 043 blessés en 2020.
56- La Gendarmerie Nationale a enregistré 2 107 accidents de la circu-
lation contre 2 275 cas en 2020, et repartis dans le tableau ci-dessous :
Tableau n°2 : Etat des accidents de la circulation enregistrés par la
Gendarmerie Nationale

Source : SED
C : Les statistiques sur la criminalité violente
57- Au courant de l’année 2021, la DGSN a enregistré 2 699 crimes
violents, dont la plupart des enquêtes diligentées ont conduit aux poursuites
des mis en cause devant les juridictions compétentes. Ces différentes in-
fractions sont indiquées dans le tableau ci-dessous :
Tableau n°3 : Etat des procédures diligentées par la DGSN

Source : DGSN
24
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

58- Les procédures diligentées par les juridictions quant à elles, se déclinaient
de manière suivante :
Tableau n°4 : Etat des procédures dans les juridictions

H19 Fi20

19
H : Homme ; F : Femme ; E : Enfant
20
G : Garçon ; Fi : Fille

25
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

26
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

§2 : Les violations du droit à la liberté


59- La privation de liberté par l’usage de la contrainte, notamment par
l’utilisation des armes, a refait surface dans la zone septentrionale avec
le phénomène des coupeurs de route, et la persistance des attaques des
bandes armées, en particulier le groupe Boko Haram. A cela, il faut ajou-
ter les violations du droit à la liberté d’aller et venir commises par des bandes
armées dans les régions en crise du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.
60- Au plan national, on a comptabilisé, exception faite de la région du
Nord-Ouest, 71 procédures à l’information judiciaire pour les faits d’en-
lèvement de mineurs, tandis que 105 étaient en phase de jugement. Les
juges d’instruction et du fond ont par ailleurs, chacun, connu 40 affaires
d’enlèvement avec fraude ou violence. Ainsi, devant le tribunal militaire
de Maroua, 3 procédures d’enlèvement étaient en cours d’instruction à
la fin de l’année, tandis que l’on dénombrait 8 procédures pour arrestation
et séquestration en cours devant le tribunal militaire de Garoua, et 13 dos-
siers d’enlèvement et 82 pour arrestations et séquestration étaient instruits
par ladite juridiction, tandis que devant le tribunal militaire de Buea, une
était en phase de jugement et 2 en information judiciaire. Devant le tri-
bunal militaire de Yaoundé, 3 dossiers étaient en jugement et 4 en in-
formation judiciaire. Au tribunal militaire de Bamenda, 31 dossiers dont
30 devant le juge de fond et 1 devant le juge d’instruction avaient été re-
censés, tandis que devant la juridiction militaire de Bafoussam on comp-
tait 2 procédures en information judicaire et 3 en jugement. Par contre,
devant le tribunal militaire de Douala, 7 dossiers étaient en jugement alors
que devant celui d’Ebolowa, l’on dénombrait 4 en jugement.
61- Les enlèvements avec demande de rançon ou non ont également été
perpétrés dans les régions en crise du Nord-Ouest et du Sud-Ouest comme
l’illustrent les cas suivants : le 22 mai 2021, Père Christopher EBOKA,
Directeur de la Communication du Diocèse de Mamfé, a été enlevé par
des bandes armées et libéré 10 jours plus tard ; le 18 juin 2021, 6 dé-
légués départementaux21, tous en service dans le département du
Ndian, ont été enlevés sur le tronçon Mundemba-Ekondo-Titi, région du
21
Notamment ceux des ministères de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Ter-
ritoire ; du Développement Urbain et de l’Habitat ; de l’Eau et de l’Energie ; des Domaines du
Cadastre et des Affaires Foncières ; et des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Economie Sociale
et de l’Artisanat.

27
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

Sud-Ouest. Une forte somme d’argent a été réclamée pour leur libération,
notamment celle de 30 000 000 CFA22 pour le délégué du ministère du
Développement Urbain et de l’Habitat. Ceux-ci étaient toujours en cap-
tivité à la fin de l’année de 2021. Courant août 2021, Monseigneur AG-
BORTOKO AGBOR a été enlevé, ses ravisseurs réclamaient la somme
de 20 000 000 FCFA23 pour sa libération; le 15 septembre 2021 dans
la région du Nord-Ouest, une quinzaine d’enseignants et des responsa-
bles d’éducation qui avaient été enlevés quelques jours plus tôt, étaient
libérés après paiement d’une rançon de 500 000 FCFA24 chacun ; le 7
décembre 2021, les bandes armées ont également kidnappé à Bambalang,
Fon YAKUM Kelvin, Chef traditionnel de la chefferie de MbawYakum
et Président de la House of Chiefs du Nord-Ouest.
SECTION 2 : LA PREVENTION DES RISQUES DE VIOLATION DU
DROIT A L’INTEGRITE PHYSIQUE ET MORALE, ET
A LA LIBERTE
62- Les capacités des personnels en charge de l’application de la loi ont
été renforcées (§1) et d’autres efforts ont été déployés pour la préservation
de l’intégrité physique et morale (§2) et de la liberté (§3).
§1 : Le renforcement des capacités des personnels chargés de
l’application de la loi
63- Ce renforcement des capacités était articulé autour de la formation
initiale (A) et de la formation continue (B).
A : De la formation initiale
64- Dans le cadre des formations initiales, un cours sur les Droits de l’Homme
est dispensé aux auditeurs de justice (élèves magistrats) à l’Ecole Nationale
d’Administration et de Magistrature (ENAM). En plus de ces enseignements,
chaque promotion bénéficie d’un séminaire académique de 3 jours sur le
droit international humanitaire et sur la prise en compte des Droits de l’Homme
dans l’administration de la justice en contexte de contre-terrorisme. Dans
le même sillage, les élèves administrateurs de la Section Administration Gé-

22
Soit 45 801, 53 euros.
23
Soit 30 534,35 euros.
24
Soit 763, 38 euros.

28
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

nérale ont bénéficié du 9 au 10 septembre 2021 d’un atelier de forma-


tion sur « les défis liés à la protection des personnes déplacées internes et
les perspectives de la mise en œuvre de la Convention de Kampala », avec
l’appui du Comité International de la Croix Rouge (CICR).
65- En outre, les modules de « Droits de l’Homme et Libertés » et « Prohi-
bition de la torture » ont été maintenus dans les curricula pour le person-
nel de la DGSN, tout comme celui de droit international humanitaire dans
les Centres d’Instruction de la Gendarmerie Nationale. Ces formations ont
concerné près de 3 000 personnels du SED dont 20% de sexe féminin.
B : De la formation continue
66- Le 26 août 2021 à Yaoundé, le ministère de la Justice (MINJUSTICE)
a organisé un Atelier de renforcement des capacités des personnels ju-
diciaires et pénitentiaires sur les Droits de l’Homme et les mesures priva-
tives de liberté, au cours duquel les participants ont été édifiés sur les droits
des personnes en détention, les garanties contre la privation de liberté,
les contraintes pratiques et l’esquisse de solutions dans un contexte de crise
sanitaire et sécuritaire. Y ont pris part, 14 personnels judiciaires et 6 per-
sonnels pénitentiaires. D’autres ateliers ont également été organisés en
juillet, septembre et décembre 2021 à Yaoundé, Buea, Maroua, Bafoussam
par le MINJUSTICE, avec l’appui du Centre des Nations Unies pour les
Droits de l’Homme et la Démocratie en Afrique Centrale sur le droit in-
ternational des Droits de l’Homme et le droit international humanitaire, ainsi
que 4 ateliers en octobre et novembre 2021 dans la région de l’Est sur
la protection des enfants en contact avec la loi en collaboration avec l’UNI-
CEF et 3 ateliers sur le violences basées sur le genre en collaboration avec
ONU Femmes à Buea, Bafoussam et Maroua au profit de près de 110
magistrats civils et militaires.
67- En outre, l’Ecole Internationale des Forces de Sécurité (EIFORCES)
quant à elle a organisé le 3 décembre 2021, à Awae, un séminaire de
formation axé sur les Droits de l’Homme et la lutte contre le terrorisme.
Cette session s’adressait aux membres des FDS.
§2 : La prévention des risques d’atteinte à l’intégrité physique
68- Cette prévention était basée sur le renforcement de la sécurité rou-
tière (A), la lutte contre la prolifération des armes à feu (B), l’opération-

29
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

nalisation du Mécanisme national de prévention contre la torture (C) et


la lutte contre la traite et le trafic des personnes (D).
A : Le renforcement de la sécurité routière
69- Afin de renverser la tendance meurtrière sur les routes, l’Etat a pris un
train de mesures portant sur le renforcement des capacités des acteurs en
matière de sécurité routière, la densification et la réhabilitation des infra-
structures routières, la conception des outils de prévention des accidents de
la circulation routière et l’organisation des campagnes de sécurité routière.
1) Le renforcement des capacités des acteurs en matière de
sécurité routière
70- Dans le cadre du Programme d’appui à la gouvernance des infrastructures
nationales et régionales en Afrique centrale financé par l’Union Européenne
à hauteur de 413 000 000 FCFA25 et par les fonds de contrepartie du Ca-
meroun de l’ordre de 85 000 000 FCFA26, l’EIFORCES a formé 400 per-
sonnels, incluant les Forces de Maintien de l’Ordre (FMO) et les acteurs de
la société civile, en matière de prévention des accidents de la circulation
routière, de contrôle, de la répression et de secours d’urgence. Du 29 mars
au 1er avril 2021, la même école a formé 34 personnels civilo-militaires en
matière de secours et de soins médicaux post-accidents.
71- En décembre 2021, cette institution a organisé une session de formation
des formateurs au profit de 23 personnels de la police et de la gendar-
merie, axée sur l’environnement de la sécurité routière mondiale et afri-
caine, les enjeux continentaux de la décennie d’action pour la sécurité
routière 2021-2030, la conception et l’analyse des statistiques routières
et les particularités du milieu rural.
2) La construction et la réhabilitation des infrastructures routières
72- Les projets en cours sur la construction des routes ont atteint les résultats
suivants en 2021 : l’achèvement de la première phase de la construction
des autoroutes Yaoundé-Nsimalen, Yaoundé-Douala27 et Kribi-Lolabé.
25
Soit 500 000 euros.
26
Soit 129 573, 17 euros.
27
La réception technique de ce tronçon routier par le ministère des Travaux Publics a eu lieu le 31
décembre 2021. Long de 60 km, l’ouvrage est composé de deux chaussées de 7,5 m de largeur
chacune, deux bandes d’arrêt d’urgence de 3 m de largeur revêtues en béton bitumineux, un terre-
plein central, entre autres.

30
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

L’on peut évoquer à titre illustratif, le tronçon Sangmélima-Ntam28 dans


la région du Sud, long de 321,5 Km ; la route Maroua-Bogo dans la ré-
gion de l’Extrême-Nord, longue de 35 Km, la 1ère phase de l’autoroute
Yaoundé-Douala, longue de 60 km ; la section Mintom-Lélé (67,5 km) ;
la réhabilitation de la route Maroua-Mora (61,43 km). Certaines routes
ont été mise en exploitation sans réception formelle. Il s’agissait entre au-
tres de : l’autoroute Kribi-Lolabe (36 km) ; la section Lena-Tibati (167 km)
et la route Mengong-Sangmelima (75 km).
73- Les travaux de réhabilitation29 du tronçon Kalong-Tonga sur la route
nationale n° 4, long de 67 km, ont été réceptionnés le 27 décembre 2021.
3) La conception des outils de prévention des accidents de la
circulation routière
74- Le Gouvernement a lancé le projet de gestion et de suivi du transport
interurbain, qui est un outil basé sur l’intelligence artificielle ayant pour
but de réduire le taux des accidents de la circulation causés par le fac-
teur humain sur les axes routiers Douala-Yaoundé, Douala-Bafoussam et
Yaoundé-Bafoussam. La phase pilote dudit projet qui a duré 2 mois, au
cours de laquelle 400 véhicules30 ont été équipés d’un dispositif de sur-
veillance à distance, a permis d’identifier les principaux risques d’accidents31,
mais aussi de circonscrire les pratiques comme l’excès de vitesse, la conduite
en état d’imprégnation alcoolique ou de fatigue, la surcharge des véhi-
cules, la conduite sans permis de conduire, le défaut de visite technique
automobile et l’usage du téléphone portable au volant. Le Ministre des
Transports a également institué une fiche de suivi automobile, signée par
les chefs d’agence, sur l’état du véhicule et celui du chauffeur devant pren-
dre la route, et ordonné le respect sans délais des durées minimales par
trajet sur les axes routiers réputés accidentogènes.
28
Il s’agit de la section camerounaise du corridor Sangmélima-Ouesso, dite route de l’intégration
régionale, censée faciliter la circulation et les échanges entre le Cameroun et la République du
Congo.
29
Ces travaux ont porté, entre autres, sur le remplacement de 118 buses métalliques par des dalots.
30
Soit 100 bus des compagnies de transport routier interurbain et 300 camions de transport des
produits dangereux.
31
Au bilan, il a été relevé : 713 917 causes d’accidents liés à l’excès de vitesse ; 44 196 risques
attribués au non-port de la ceinture de sécurité ; 6 693 risques attribués à la fatigue ; 130 risques
attribués à la distraction ; et 22 risques liés à la consommation de la cigarette.

31
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

4) L’organisation des campagnes de prévention routière


75- Le ministère des Transports a organisé la traditionnelle campagne de
prévention routière durant la période de grande mobilité précédant la ren-
trée scolaire32 et une campagne spéciale de prévention routière couvrant
la période allant du 10 septembre 2021 au 28 février 2022. Dans le ca-
dre de cette dernière campagne, des équipes mixtes disposant d’un ma-
tériel de contrôle sophistiqué, à l’instar des radars de contrôle de vitesse,
des alcootests chimiques et électroniques, et des applications numériques
d’authentification des titres de transport (vignettes de visite technique, per-
mis de conduire, certificats d’immatriculation, attestations d’assurance…),
ont été déployées sur les axes routiers dans l’ensemble du pays.
76- Des unités de veille permanentes et une unité centrale ont été instaurées
respectivement pour coordonner les actions et pour centraliser les infor-
mations. Des numéros verts (620 22 45 29, 620 22 45 20, 620 21 27
41) ont également été créés pour recevoir les dénonciations des usagers
de la route.
B : La lutte contre la prolifération des armes
77- Le Comité interministériel sur la mise en œuvre de la Convention de
Kinshasa a constamment tenu ses travaux, notamment la réunion du 18
mai 2021 qui avait pour but de présenter le projet dénommé SALIENT
(The Saving Life Entity), nouveau mécanisme de financement des Nations
Unies dédié à aider les Etats à lutter contre la prolifération des armes
légères et de petit calibre (ALPC) illicites, et d’évaluer le contexte lié aux
ALPC au Cameroun afin d’identifier les domaines dans lesquels les autorités
gouvernementales, les Nations Unies et d’autres parties prenantes pour-
raient collaborer dans la mise en œuvre dudit projet.
78- La Plateforme de concertation interministérielle chargée de l’élabo-
ration du Système National de Transfert International des Armes (Plate-
forme/SYNTIA) s’est régulièrement réunie. Ainsi, au cours de la réunion
du 16 décembre 2021, il a été dressé le bilan des activités de l’année
en cours et les perspectives pour l’année 2022 envisagées. De cette concer-
tation, l’on a pu retenir la nécessité de la création d’une autorité nationale
en charge du contrôle des armes.
32
Du 7 juin au 10 septembre 2021.

32
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

79- Le Comité interministériel de mise en œuvre de la Convention sur l’In-


terdiction des Armes Chimiques (CIAC) a aussi tenu ses sessions et organisé
des formations, en l’occurrence le séminaire sur « les mesures d’intervention
de la sécurité chimique et les dispositifs d’intervention d’urgence lors des grands
évènements publics ». Tenu à Yaoundé du 1er au 3 décembre 2021, ledit
séminaire, organisé en partenariat avec l’Organisation sur l’Interdiction des
Armes Chimiques (OIAC), avait pour but d’accompagner le Cameroun dans
la préparation de la CAN TotalEnergies 2021 et de renforcer les capaci-
tés des participants sur la gestion d’une potentielle attaque chimique. Y pre-
naient part, les représentants des administrations publiques33.
80- Le ministère des Relations Extérieures (MINREX) en collaboration avec
la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC), Ca-
meroon Youth and Students Forum for Peace et United Nations Trust Fa-
cilities Supporting Cooperation on Arms Regulation, a organisé du 29 juin
au 1er juillet 2021 à Yaoundé, l’Atelier sous-régional intitulé « Collecte
des données sur l’ODD 16.4.2 sur les armes légères et de petit calibre
(ALPC) et l’implémentation de l’Instrument International de Traçage (ITI)
sur les armes légères et de petit calibre en Afrique Centrale ». A l’issue
des travaux, il a été recommandé aux Etats membres et à la Commission
de la CEEAC de mettre sur pied, dans des délais raisonnables, un organe
de coordination afin que les activités des Etats dans la lutte contre les ALPC
soient véritablement engagées ensemble, et d’implémenter le marquage
et le traçage des ALPC conformément aux engagements pris dans la conven-
tion de Kinshasa et les autres instruments internationaux pertinents.
C : La mise en œuvre effective du Mécanisme national de pré-
vention contre la torture
81- Le 30 avril 2021, la Sous-Commission de la prévention de la torture,
composée de 4 commissaires dont un médecin, a été mise en place au
sein de la CDHC. Entre juillet et septembre 2021, la CDHC a effectué des
visites dans 16 unités de police judiciaire, 9 prisons et un hôpital psy-
chiatrique dans les régions du Nord, de l’Extrême-Nord, de l’Ouest, du
Littoral, du Sud-Ouest, du Sud, ainsi qu’à l’hôpital Jamot dans la région
33
Ministères de l’Administration Territoriale, de la Défense, des Sports et de l’Education Physique,
de la Délégation Générale à la Sûreté Nationale, du Secrétariat d’Etat à la Défense chargé de
la Gendarmerie Nationale, et du Comité d’Organisation de la Coupe d’Afrique des Nations
TotalEnergies 2021.

33
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

du Centre34. Comme plus-value, du fait du signalement effectué par la


CDHC, plusieurs personnes illégalement privées de liberté ont été libérées.
D : La lutte contre la traite et le trafic des personnes
82- Le Gouvernement a mené des activités dans le but d’endiguer le phé-
nomène de la traite et le trafic des personnes. Ainsi, dans le cadre de la
mise en œuvre du Projet « Evaluation Situationnel de la traite des personnes
et du trafic illicite des migrants au Cameroun », l’Organisation Internationale
pour les Migrations (OIM) a organisé du 10 au 26 décembre 2021, en
collaboration avec le MINAS et le MINPROFF, 3 campagnes de sensi-
bilisation, respectivement à Bertoua, Garoua Boulaï et Yaoundé sur la traite
des personnes et le trafic des personnes. Ces campagnes ont permis de
sensibiliser près de 10 000 personnes constituées des élèves en milieu sco-
laire, des prostituées, des commerçants, des conducteurs de moto-taxi, des
footballeurs, des promoteurs d’agences de voyages, des leaders d’as-
sociations féminines, des autorités administratives, religieuses et tradi-
tionnelles.
83- En outre, les travaux de mise en route du numéro vert (1503), attri-
bué au MINAS pour la dénonciation des cas de traite et de trafic des per-
sonnes étaient terminés, tandis que sa mise en service officielle était pré-
vue en janvier 2022.
84- Par ailleurs, dans les nouveaux programmes de formation des
Officiers de Police Judiciaire (OPJ) de la Gendarmerie Nationale, un
module sur la criminalité organisée a été inclus, qui intègre des chapitres
spécifiques sur la traite et le trafic des êtres humains.
85- Dans le cadre du projet susmentionné sur la traite et le trafic de per-
sonnes, a été publié le 7 avril 2021, l’Etude Situationnelle sur la traite et

34
Ont notamment été visités : région du Centre, 17 août 2021 (Hôpital Jamot, pour vérifier les
conditions de prise en charge des malades mentaux) ; région du Nord, 27 juillet 2021 (Prison Cen-
trale de Garoua, Commissariat Central et Brigade de Gendarmerie Territoriale de Garoua) ; région
de l’Ouest, 28 juillet 2021 (Prison Centrale de Bafoussam) ; région du Sud, 25 août 2021(Pri-
son Principale de Kribi, Commissariat Central et Brigade de Gendarmerie de Kribi) ; région du
Sud-Ouest, 30 juillet 2021 et 3 août 2021(Commissariat Central de Buea, Commissariats de Sé-
curité des 1er et 2ème Arrondissement de Buea, Brigade de Gendarmerie Territoriale de Buea,
Commissariat de Sécurité Publique et Brigade de Gendarmerie de Tiko, Commissariat de Sécu-
rité publique et Brigade de Gendarmerie de Mutengene, Centre de détention du BIR de Muten-
gene).

34
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

le trafic illicite des personnes et des migrants au Cameroun. L’étude a iden-


tifié les formes les plus courantes de la traite des personnes, les itinéraires
utilisés par les trafiquants, et a examiné le cadre juridique et les poursuites
judiciaires, entre autres. Il a aussi formulé des recommandations pour mieux
lutter contre la traite et le trafic de personnes. Un plan d’action est annexé
à l’étude.
§3 : La prévention des atteintes au droit à la liberté
86- Une attention particulière a été portée sur les détentions illégales. Dans
ce sens, les contrôles de gardes à vue et des détentions provisoires par
les autorités habilitées se sont poursuivis tout au long de l’année en vue
de mettre un terme aux irrégularités.
SECTION 3 : LA SANCTION DES VIOLATIONS
87- On distingue les sanctions verticales (§1) des sanctions horizontales
(§2).
§1 : Les sanctions des violations verticales
88- Les personnels chargés de l’application de la loi reconnus coupables
de violation des droits à l’intégrité physique et morale ont reçu des sanc-
tions administratives (A) et judiciaires (B). Les mises en liberté immédiate
des personnes illégalement privées de liberté ont été obtenues au
moyen de la procédure d’habeas corpus (C). En outre, certaines victimes
de détention illégale ont saisi la commission d’indemnisation des personnes
victimes de garde à vue et de détention provisoire abusives (D).
A : Les sanctions administratives
89- L’Inspection Générale chargée de la Division Spéciale de Contrôle
des Services de la DGSN a, au courant de l’année 2021, diligenté 175
enquêtes relatives aux atteintes aux Droits de l’Homme perpétrées par
des fonctionnaires de Police. Ces chiffres qui sont nettement en hausse
par rapport à ceux enregistrés en 2020 se résument à travers le tableau
ci-après :

35
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

Tableau n°5: Etat des infractions commises par les fonctionnaires


de police

Source : DGSN
90- Par ailleurs, 14 sanctions disciplinaires ont été infligées au courant
de l’année 2021 aux fonctionnaires de police, pour des fautes relatives
aux violations de Droits humains, chiffre qui se trouve nettement supérieur
aux 09 cas de sanctions disciplinaires enregistrés au cours de l’année 2020
pour les mêmes motifs. L’on a dénombré 2 mises à pied, 5 blâmes, 1 re-
tard à l’avancement, 1 radiation au tableau d’avancement, 1 retard à
l’avancement, 2 abaissements d’échelon et 3 abaissement de grade.
91- Aucune sanction n’a été prononcée contre les personnels de l’Ad-
ministration Pénitentiaire, tandis que 57 procédures administratives et 48
judiciaires ont été ouvertes contre des gendarmes.
B : Les poursuites et les sanctions judiciaires
92- Le 11 février 2021, dans la localité de Ndu, région du Nord-Ouest,
2 gendarmes, 2 soldats et 4 fonctionnaires de police ont été gardés à vue
à la Brigade Territoriale de Gendarmerie de Ndu et des enquêtes disci-
plinaires, administratives et judiciaires ont été ouvertes contre eux pour avoir,
à l’aide d’une machette, assené des coups au nommé Jean FAI FIN-
GONG, soupçonné d’être un criminel et un relais terroriste. Le ministère
de la Défense (MINDEF) avait jugé qu’un tel acte est « en rupture avec
la protection des Droits Humains ». La procédure suivait son cours.

36
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

93- Dans la nuit du 15 au 16 septembre 2021, le nommé TCHOUMI Cy-


rille, suspecté de vol, avait subi un traitement inhumain, infligé par 5 fonc-
tionnaires de police en service au Commissariat de Sécurité Publique du
18ème arrondissement de la ville de Yaoundé, filmé et relayé sur les réseaux
sociaux. Ces derniers, interpellés et déférés au parquet près le Tribunal
de Première Instance de Yaoundé Centre-Administratif le 24 septembre
2021, ont été poursuivis devant ledit Tribunal pour les faits de torture et
mauvais traitement. Le 6 décembre 2021, ils ont été condamnés à des
peines d’emprisonnement ferme ainsi qu’il suit : N.F.J.M. à un mois d’em-
prisonnement, K.D. à 2 mois d’emprisonnement, A.A.A. à 3 mois d’em-
prisonnement, et N.K.M. et K.P. à un mois d’emprisonnement. Ils ont éga-
lement été condamnés à payer des amendes allant de 25 000 FCFA35
à 45 000 FCFA36.
C : Le contentieux de l’habeas corpus
94- Ce contentieux découlait des demandes de mises en liberté immédiate
basées sur les irrégularités de la détention, notamment à la phase de l’in-
formation judiciaire. Il a ainsi été admis dans l’ordonnance n° 07 du 16
juillet 2021 du Président du TGI du Diamaré, dans l’affaire NDJIDDA Sali
que :
« …attendu que vérifications faites au sommier d’instruction, le dernier acte
posé par le juge d’instruction est la prorogation de la durée du mandat de
détention provisoire qui est venu après la communication du dossier de pro-
cédure au Procureur de la République pour son réquisitoire définitif ;
Que dès lors le délai de validité du mandat de détention provisoire […]
(courant 2016) prorogé le 27 avril 2017 a expiré depuis belle lurette ;
Que sa détention étant devenue justement illégale, il doit immédiatement
être mis en liberté… ».
95- Il en fut de même dans les ordonnances n°03/HC/TGI/2021 du 16
septembre 2021 et n°04/HC/TGI/2021 du 16 septembre 2021 du Pré-
sident du TGI du Haut-Nkam. Il s’exprimait ainsi dans la 2ème procédure :
« Qu’en l’espèce, le requérant avait été placé sous mandat de détention
provisoire le 15 avril 2020 pour une durée de 6 mois ;
35
Soit 38, 17 euros.
36
Soit 45, 70 euros.

37
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

Qu’à l’expiration de cette période soit le 15 octobre 2020, le juge d’ins-


truction se devait de prendre une ordonnance de prorogation, ce qu’il n’a
pas fait ;
Qu’à cette période, outre l’inobservation de cette prescription légale, la
détention en l’espèce était devenue illégale… ».
96- Dans une ordonnance n°02/HC/TGI/2021 du 22 juin 2021, la
même juridiction a par ailleurs conclu que le défaut d’enrôlement et le
maintien en détention, 3 mois après son renvoi et sa notification du
procès-verbal de dernière comparution rendait ladite détention du
nommé ALIYOU illégale.
97- Par ailleurs, dans l’ordonnance n°08 du 16 juillet 2021 consécutive
à l’affaire DJIDDA Oumar, la même juridiction a ordonné la libération
immédiate du requérant pour défaut de titre régulier de détention, no-
tamment un mandat de détention provisoire ne portant pas son nom.
98- Le Président du TGI du Mfoundi quant à lui dans une ordonnance
n°168/HC du 10 novembre 2021, a ordonné la libération du nommé
ETOGO MBASSI Etienne Vicky pour défaut de la mention de la peine
privative de liberté dans l’arrêt n°025/CRIM/TCS, assortie des mandats
d’incarcération décernés par Tribunal Criminel Spécial (TCS). La même
juridiction a ordonné la libération de TEPGA Eric alias MAKONG An-
toine par ordonnance n°115/RG/HC/2021 du 26 août 2021 pour
inexistence de titre de détention.
D : L’activité de la commission d’indemnisation des personnes
victimes des gardes à vue et détentions provisoires abusives
99- Elle a reçu 14 requêtes et tenu deux audiences. La 1ère audience a eu
lieu le 27 octobre 2021 avec 7 affaires inscrites au rôle, 5 décisions ren-
dues et 2 sorties du rôle. A la 2ème audience, tenue le 29 décembre 2021,
6 décisions ont été rendues pour les 6 affaires inscrites au rôle. Ainsi, au
31 décembre 2021, la commission avait rendu 11 décisions. Ce chiffre est
croissant par rapport aux 2 jugements rendus au cours de l’année 2020.
§2 : Les sanctions des violations horizontales
100- Les juridictions ont réprimé les atteintes au droit à l’intégrité physique
et à la liberté commises par des personnes autres que les personnels en

38
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

charge de l’application de la loi (A). Les promoteurs de transport public


ont également été sanctionnés dans le cadre de la lutte contre les acci-
dents de la circulation (B).
A : Les procédures devant les juridictions
101- Le 7 septembre 2021, le Tribunal Militaire de Buea, par jugement
n°291/2021 du 7 septembre 2021, a reconnu les nommés K. P. T., R.
L. M., Y. L. et E. K. E. coupables d’acte de terrorisme, hostilités envers la
patrie, insurrection, sécession, assassinat et autres, et les a condamnés à
la peine de mort par fusillade. Ces derniers étaient les auteurs de la tue-
rie du 24 octobre 2020 à la Mother Francisca International Academy de
Kumba où 7 élèves avaient trouvé la mort.
102- Le 21 mai 2021, le TGI de la Vallée du Ntem a rendu une décision,
dans laquelle il reconnaissait M.A. coupable de trafic et traite des per-
sonnes, le condamnait à 5 ans d’emprisonnement ferme et à 100 000
FCFA37 d’amende ; tandis que O.M.C.N. et O.M.M. étaient condamnés
chacun à 20 mois d’emprisonnement pour les mêmes faits. En outre, dans
un jugement du 29 juillet 2021, le TGI du Diamaré a condamné K.B. à
17 mois d’emprisonnement ferme pour séquestration. Le TGI de la Benoué
a retenu L.H.W. dans les liens de l’accusation et l’a condamné à 10 ans
d’emprisonnement ferme et 100 000 FCFA d’amende, pour les faits de
coaction d’enlèvement avec fraude et autres. On peut aussi signaler, la
poursuite devant le Tribunal Militaire de Ngaoundéré du Soldat de 1ère
classe L.B.D. pour les faits de coups mortels et torture sur le nommé J.P.,
perpétrés le 18 mai 2021 au poste de contrôle de Koumtchoum, région
de l’Adamaoua ; la procédure en cours devant les tribunaux d’instance
de Bertoua contre M.N.R., M.M.J., et S.J.P. pour les faits de torture et
autres ; et celle devant les tribunaux d’instance de Yokadouma contre L.W.
pour les mêmes faits.
B : Les sanctions contre les promoteurs de transport public
103- Au regard de la persistance des accidents de la circulation, le MINT
a, le 10 août 2021, dans une communication spéciale, annoncé des sanc-
tions contre les compagnies de transport routier et leur personnel res-
ponsable desdits sinistres, et évoqué les nouvelles orientations de la stra-
37
152, 67 euros.

39
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

tégie nationale de prévention et de sécurité routière. Ainsi, les compagnies


de voyage, aussi bien que leurs chauffeurs, responsables de ces accidents,
ont été provisoirement suspendus. Il s’agissait notamment des compagnies
« Solidarité plus Voyages » et « Avenir de la Kadey ». Bien plus, à l’is-
sue de leur suspension, les chauffeurs ont subi un recyclage dans les auto-
écoles agréées.
*
* *
104- Les activités relatives à la protection de l’intégrité physique et
morale et de la liberté ont démontré à suffisance la volonté de l’Etat de
protéger l’Homme dans son être. Toutefois, des challenges demeurent
dans le cadre des sanctions des personnels en charge de l’application
de la loi, qui semblent insatisfaisantes au regard de la gravité de
certaines violations observées.

40
CHAPITRE 2
LE DROIT A UN PROCES
EQUITABLE

CHAPITRE 2 : LE DROIT A UN PROCES EQUITABLE


MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

105- L’exécution des programmes d’amélioration de l’activité juridictionnelle,


de gouvernance et d’appui institutionnel au sous-secteur de la Justice s’est
poursuivie. Au cœur desdits programmes, le droit à un procès équitable
a été mis en œuvre à travers ses garanties institutionnelles (Section 1) et
procédurales (Section 2).
SECTION 1 : LA MISE EN OEUVRE DES GARANTIES INSTITU-
TIONNELLES DU PROCES EQUITABLE
106- Sur le plan institutionnel, les garanties relatives à l’égalité d’accès
à la justice (§1) ainsi qu’à l’instance et à la juridiction (§2) ont été réaf-
firmées.
§1 : La réaffirmation des garanties afférentes à l’égalité d’accès
à la justice
107- Pour faciliter l’égal accès intellectuel, économique et géographique
à la Justice, la diffusion du contenu du droit s’est intensifiée (A), tandis que
l’allocation de l’aide juridictionnelle (B) et le développement des infra-
structures judicaires se sont poursuivis (C).
A : L’intensification de la diffusion du contenu du droit
108- Les instruments normatifs et les décisions de justice ont été publiés.
Par ailleurs, les enseignements et la documentation juridiques ont été dis-
séminés.
1) La publication des instruments normatifs
109- Outre le Journal Officiel, les instruments normatifs ont été publiés en
libre téléchargement sur les sites Internet de plusieurs administrations dont
la Présidence de la République (www.prc.cm), l’Assemblée Nationale
(www.assnat.cm), les Services du Premier Ministre (www.spm.gov.cm), les
ministères, y compris celui de la Justice (www.minjustice.gov.cm), et d’au-
tres entités publiques. L’information était également accessible à partir des
sites Internet appartenant à des personnes privées (www.barreaucame-
roun.org, www.droitcameroun.info, www.tribunejustice.com…).
110- Dans le même registre, des revues juridiques et des media, à l’instar
de Juridis-Périodique et le quotidien Cameroon Tribune, ont publié, entre

43
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

autres, des lois adoptées par le Parlement, des règlements du Chef de l’Etat,
du Chef du Gouvernement et des chefs de départements ministériels.
111- La publication s’est faite dans les 2 langues officielles que sont l’an-
glais et le français. Pour marquer l’importance de la traduction dans la pro-
duction normative, une cérémonie a été organisée au MINJUSTICE le 30
septembre 2021, à l’occasion de la Journée internationale de la traduction,
célébrée sous le thème « tous unis pour la traduction ». Y ont pris part le
représentant du Président de la Commission Nationale pour la Promotion
du Bilinguisme et le Multiculturalisme (CNPBM), les traducteurs de la Cour
Suprême, du Tribunal Criminel Spécial et de la Cour d’Appel du Centre.
2) La publication des décisions de justice
112- Le « Recueil des arrêts du Tribunal Criminel Spécial » (TCS), édité
en 5 tomes a continué à être vulgarisé. En outre, le « Recueil des arrêts
de la Section spécialisée de la Cour Suprême », en 6 tomes a été édité
et diffusé. De même, dans le n° 016 de mars 2021 du magazine Justi-
tia édité par le MINJUSTICE, les dispositifs de plusieurs arrêts rendus par
le TCS ont été publiés.
113- Le choix des affaires présentées dans ces compilations inédites a été
guidé, dans une démarche pédagogique, par le souci de mettre en avant
celles étant susceptibles de mieux faire comprendre les aspects substan-
tiels et procéduraux de l’infraction de détournement de biens publics et
des infractions connexes.
3) La dissémination des enseignements et de la documentation
juridique
114- En sus de ceux qui étaient déjà disponibles en ligne, dans les librairies
et bibliothèques, dont celles de la Cour Suprême et du MINJUSTICE, des
ouvrages38 et revues juridiques sont parus, à l’initiative des universitaires
et des praticiens.
38
A l’instar des ouvrages suivants : L’exception en droit ; La jurisprudence de la cour de justice de la
CEMAC ; La protection du crédit bancaire en droit africain des affaires ; La justice, ses métiers, ses
procédures ; Pratique des saisies immobilières en droit OHADA ; Le nouveau droit de l’arbitrage et
de la médiation ; L’effectivité du droit ; La responsabilité des agents de l’administration en droit ca-
merounais ; La responsabilité des agents publics au Cameroun ; La procédure pénale au Came-
roun (Criminal Procedure in Cameroon); Le droit du travail au Cameroun, analyse critique ; Justice
militaire et lutte contre le terrorisme au Cameroun ; La responsabilité fiscale du notaire dans les pays
membres du traité OHADA ; Le droit camerounais du travail, relations individuelles du travail.

44
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

115- Par ailleurs, le MINJUSTICE a publié 2 numéros de la revue Justi-


tia (n°016 et 017), lesquels ont abordé des domaines aussi variés que
les institutions judiciaires, la coopération judiciaire internationale, la jus-
tice pénale internationale, le droit communautaire OHADA, les Droits de
l’Homme ainsi que les droits catégoriels des femmes et des enfants, le droit
des successions et le droit du sport. Au titre de revue également parue,
l’on peut citer Juridis-Périodique39qui a publié 4 numéros en 2021.
B : L’allocation de l’aide juridictionnelle
116- Hormis les cas prévus pour être alloués de plein droit, l’assistance
judiciaire a été accordée, en tout ou partie, par les commissions y rela-
tives. Celles-ci étaient saisies par des personnes ne disposant pas de res-
sources suffisantes pour faire valoir leurs droits en Justice. Les bénéficiaires
de cette aide ont été dispensés de l’avance des frais de procédure et d’actes,
lesdits frais étant supportés par l’Etat du Cameroun.
117- Comme le démontre le tableau ci-dessous, les commissions d’assistance
judiciaire ont fait droit à 100 demandes sur 182 enregistrées, soit un taux
d’accord de 54,94 %. De 2017 à 2020, elles faisaient droit respectivement
à 97, 137,126 et 163 demandes, pour des taux d’accord de 42,17% ;
53,51% ; 48,64% et 86,70%. A titre d’illustration d’assistance judiciaire,
par Décision n° 2 du 29 août 2021, la Commission d’assistance judiciaire
du tribunal de première instance (TPI) d’Edéa a accordé l’assistance ju-
diciaire à N.W.G. La Commission d’assistance judiciaire du tribunal de
grande instance (TGI) du Wouri a fait de même par Décisions n°
26/CAJ/TGI/W/DLA et 27/CAJ/TGI/W/DLA du 4 mai 2021, n°
43/CAJ/TGI/W/DLA, 45/CAJ/TGI/W/DLA et 46/CAJ/TGI/W/DLA
du 3 août 2021 dans les affaires K.G, J.M.M, T.M.O.A et B.E.P.

39
L’on peut également citer, entre autres, Le Kilimandjaro, la Revue africaine de droit et de l’éco-
nomie du sport, la Revue camerounaise de droit et de science politique, la Revue camerounaise
du droit des affaires, Actualité Trimestrielle de Droit des Affaires et Janus.

45
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

Tableau n°1 : L’attribution de l’assistance judiciaire en 2021

Source : MINJUSTICE
Légende
TPI : Tribunal de Première Instance
TGI : Tribunal de Grande Instance
CA : Cour d’Appel
TA : Tribunal Administratif

118- La mobilisation de certains membres des commissions d’assistance


judiciaire est restée un défi, tout comme la non-institution desdites commissions
auprès de certaines juridictions, à l’instar des juridictions traditionnelles
et des tribunaux administratifs.
C : Le développement des infrastructures judiciaires
119- En plus de la construction et de la réhabilitation des infrastructures
judiciaires, des études prospectives en vue de l’extension de la carte
judiciaire ont été menées.
1) Les études prospectives en vue de l’extension de la carte
judiciaire
120- Le MINJUSTICE a poursuivi les études prospectives en vue de l’ex-
tension de la carte judiciaire40, qui sera à terme arrimée à la carte ad-
40
Le Cameroun comptait un Conseil Constitutionnel, une Cour Suprême, un Tribunal Criminel
Spécial, 10 Tribunaux Administratifs, 10 Tribunaux Militaires, 10 Cours d’Appel, 12 Tribunaux
de Grande Instance, 47 Tribunaux de Première et Grande Instance, 29 Tribunaux de Première
Instance et 447 juridictions traditionnelles.

46
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

ministrative. Dans cette perspective, une équipe de la Division des Etudes


et de la Prospective (DEP) a, courant novembre 2021, effectué des des-
centes dans certaines localités des ressorts des Cours d’Appel du Centre,
de l’Ouest et du Littoral, à l’effet d’identifier des sites devant abriter des
tribunaux de première instance à créer. Il s’agissait de Pouma, Tonga, Obala
et Mbandjock. Ces localités ont été retenues sur la base de plusieurs cri-
tères, à savoir la tenue régulière des audiences foraines, la forte démo-
graphie, l’importance de l’activité économique et la distance à parcou-
rir pour atteindre la juridiction dont elles relèvent.
121- De 2015 à 2020, la DEP avait déjà identifié des sites susceptibles
d’abriter de nouvelles juridictions dans les localités de Soa, Sa’a,
Ngaoundal, Belel, Lomié, Messamena, Mbang, Bétaré-Oya, Bafut,
Nwa, Menchum-Valley, Njinikom, Lolodorf, Mvangane, Eyumodjock,
Mbonge et Ekondo-Titi.
2) La construction et la réhabilitation des infrastructures judiciaires
122- Le taux d’exécution des travaux de construction des complexes modernes
des services judiciaires de Yaoundé et de Douala s’élevait respectivement
à 40,67% et 48,23% en 2021 contre 32,40% et 34,82% en 2020.
123- Par ailleurs, les fissures constatées sur le bâtiment central du MIN-
JUSTICE ont été réparées, les travaux de construction du gros œuvre des
palais de justice d’Edéa et de Tombel ont été achevés et réceptionnés,
et les travaux de construction du palais de justice de Tombel se sont pour-
suivis. Davantage, l’étude architecturale de la cour d’appel de l’Extrême-
Nord était en cours de finalisation, la grande salle d’audience de la cour
d’appel du Sud a été réhabilitée, et les travaux d’extension du palais de
justice de Sangmélima et de construction du palais de justice de Ngambé
se sont poursuivis.
124- Les efforts du Gouvernement tendant au renforcement des infra-
structures judiciaires ont parfois été entravés. Ainsi, le 3 mai 2021, les lo-
caux abritant le TPI de Foumbot ont été consumés par un incendie d’ori-
gine criminelle. Outre le bâtiment, cet incendie a entraîné la perte des dos-
siers, des équipements et des matériels de bureau. Pour assurer la conti-
nuité du service public de la justice, le Gouvernement a installé le personnel
judiciaire de cette juridiction dans des locaux provisoires. La reconstitu-
tion des dossiers détruits était en cours.

47
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

125- Cet incident grave a rappelé le défi de la sécurisation des infra-


structures judiciaires41.
§2 : La réaffirmation des garanties à l’instance et à la juridiction
126- Dans l’ensemble, les exigences relatives au droit à un tribunal com-
pétent (A) et impartial (B) ont été observées. De plus, des mesures ont été
prises pour ancrer le droit à un tribunal indépendant (C).
A : L’observation de l’exigence d’un Tribunal compétent
127- En fonction des cas, les Juges ont tantôt justifié leur compétence ra-
tione loci et ratione materae, tantôt l’ont déclinée. Les juridictions supérieures
ont annulé les décisions rendues en violation des règles de compétence.
128- A titre d’exemple, par Jugements n°145/COR et 186/COR des 23
septembre et 25 novembre 2021 dans les affaires MP et K.M. contre D.J.R.,
MP et N.D. contre F.D.D.C., le TPI de Bafoussam s’est déclaré incompétent
ratione materae à connaître des faits d’outrage à la pudeur en présence
d’une personne mineure de 16 ans.
129- De même, par Arrêt n°007/CRIM/TCS du 31 mars 2021 dans l’af-
faire MP et Etat du Cameroun contre K.T.S.B. et 5 autres, le TCS a rejeté
l’exception d’incompétence matérielle excipée par les conseils de la dé-
fense et tirée de la nature civile des fonds en cause, de la règle de l’ef-
fet relatif des contrats, du caractère fongible de la monnaie, de l’indivi-
sibilité de l’arrêt des poursuites et du principe général de droit suivant le-
quel « l’accessoire suit le principal ».
B : L’observation de l’exigence d’un Tribunal impartial
130- Il était loisible aux parties doutant de l’impartialité des juges de sol-
liciter leur récusation. L’on a dénombré 44 requêtes aux fins de récusa-
tion (contre 33 en 2018, 37 en 2019 et 20 en 2020) adressées aux pré-
sidents des cours d’appel.
131- Il n’a été fait droit à aucune de ces requêtes, 9 d’entre elles ont été
rejetées et 35 autres étaient en instance de traitement.
41
Précédemment, dans la nuit du 3 au 4 mars 2012, le TPI de Foumbot avait déjà connu un incendie,
qui l’avait partiellement consumé. Dans la même veine, un incendie également d’origine criminelle
avait, le 13 juin 2018, consumé le Palais de Justice de Muyuka.

48
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

132- Aucune procédure de prise à partie n’a été enregistrée.


C : Les mesures d’ancrage de l’indépendance de la Justice
133- Le principe de l’indépendance des juges et les ressources humaines
du service public de la justice ont été développées, et des ressources bud-
gétaires ont été allouées à la Justice.
1) Le rappel du standard de l’indépendance des magistrats du
siège
134- Au cours de la Réunion annuelle des chefs de cours d’appel et des
délégués régionaux de l’administration pénitentiaire, organisée les 18 et
19 octobre 2021 par le MINJUSTICE, la problématique de l’indépendance
des magistrats du siège a été débattue. Il s’agissait de revisiter le cadre
normatif et institutionnel qui sous-tend ladite indépendance et d’examiner
sa mise en œuvre à l’égard du pouvoir exécutif, du parquet et des pres-
sions diverses (pressions financières, lobbies tribaux et religieux, opinion
publique…).
135- Il était également question de s’appesantir sur les menaces à cette
indépendance que sont, entre autres, la tentation à l’arbitraire de certains
juges, les velléités d’intrusion du parquet dans l’activité du siège, et les de-
mandes vexatoires de récusation, de prise à partie ou de renvoi devant
un autre tribunal ainsi que les menaces sur l’intégrité physique et psy-
chologique des juges. A l’issue des échanges, il est ressorti une double
nécessité, à savoir celle du respect par tous de l’indépendance des juges
et celle pour les présidents des cours d’appel et des tribunaux adminis-
tratifs d’encadrer les juges en vue d’une meilleure appropriation par eux
des enjeux de l’indépendance de l’institution judicaire.
2) Le développement des ressources humaines du service
public de la justice
a) Le renforcement des effectifs des personnels judiciaires
136- Pour ce qui est du personnel non magistrat, les effectifs ont été
sensiblement renforcés. Ainsi, par Décret n°2021/701 du 13 décembre
2021, 20 administrateurs des greffes, promotion 2018-2020 de l’Ecole
Nationale d’Administration et de la Magistrature (ENAM) ont été intégrés

49
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

dans le corps des fonctionnaires des greffes. De plus, suivant Arrêté


n°513/MINJUSTICE/DAG/SDPJ du 31 décembre 2021, le MINJUS-
TICE a publié les résultats définitifs du concours direct pour le recrutement
dans le corps des fonctionnaires des greffes de 200 greffiers-adjoints, ses-
sion du 25 septembre 2021. Par Communiqué n°512/MINJUSTICE du
29 décembre 2021, le MINJUSTICE a publié la liste de 150 secrétaires,
hommes et femmes, retenus à l’issue du test de sélection ouvert pour les
juridictions, les services centraux et les services déconcentrés. Les effec-
tifs sont passés de 4 659 en 2020 (soit 3 306 personnels fonctionnaires
et 1 353 personnels non fonctionnaires) à 4 942 en 2021 (soit 3 308
personnels fonctionnaires et 1 634 personnels non fonctionnaires).
137- Par ailleurs, le statut des personnels non magistrats a été amélioré
à travers le Décret n°2021/442 du 20 décembre 2021 modifiant et com-
plétant le Décret n°2011/020 du 4 février 2011 portant statut spécial
des fonctionnaires des Greffes. Ce texte fixe de nouvelles conditions de
recrutement et permet l’intégration dans le corps des Greffes des agents
de l’Etat ayant fait preuve d’une grande adaptation professionnelle.
138- S’agissant du personnel magistrat, le Conseil Supérieur de la Ma-
gistrature n’ayant pas siégé en 2021, les effectifs sont restés relativement
stables, passant de 1826 en 2020 à 1806. Cette légère baisse des ef-
fectifs était essentiellement liée aux décès et aux révocations. Ces statis-
tiques n’intègrent que les Magistrats relevant du MINJUSTICE.
b) Le renforcement des capacités des personnels judiciaires
139- Le renforcement des capacités des personnels judiciaires a porté no-
tamment sur la collecte des données statistiques dans les juridictions, le
droit administratif, le droit communautaire OHADA, la sécurité chimique
et l’intervention d’urgence, le droit de la propriété intellectuelle, le ma-
nagement et l’optimisation de l’achat public, le droit international huma-
nitaire, l’archivage, le droit international public, la criminalité faunique,
la lutte contre le terrorisme, l’entraide judiciaire internationale et la cy-
bercriminalité. Ces activités de renforcement des capacités qui se sont te-
nues aussi bien dans plusieurs villes du Cameroun qu’à l’étranger
(France et Cote d’Ivoire), ont permis de former 270 personnels judiciaires.

50
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

140- S’agissant particulièrement du renforcement des capacités en Droit


de l’Homme, le MINJUSTICE a organisé les 9, 10 et 11 mars 2021 à
Yaoundé, un Atelier de vulgarisation des recommandations formulées par
le Comité des droits économiques, sociaux et culturels (couplé à la vali-
dation du Rapport à mi-parcours au titre du Pacte international relatif aux-
dits droits). Ce département ministériel a également organisé une série d’ate-
liers sur les mesures privatives de liberté, la protection des enfants en contact
avec la loi, les violences basées sur le genre, le droit international des Droits
de l’Homme et le droit international humanitaire (voir §66).
141- Certains de ces ateliers, qui ont connu la participation de plus de
125 personnels judicaires, ont été organisés avec l’appui de l’UNICEF,
d’ONU Femmes et du Centre des Nations Unies pour les Droits de l’Homme
et la Démocratie en Afrique Centrale (CNUDHD-AC).
3) L’ancrage des obligations déontologiques des personnels
judiciaires
a) Le rappel du principe de la subordination hiérarchique
142- Le principe de la subordination hiérarchique a été rappelé au cours
de la Réunion annuelle des 18 et 19 octobre sus-évoquée. D’une part,
la subordination hiérarchique sur le plan administratif des magistrats du
parquet a été abordée, l’accent étant mis sur son exercice en termes d’at-
tribution de récompense, de promotion et de poursuites disciplinaires en
cas de manquement. D’autre part, il était question de s’appesantir sur le
contrôle hiérarchique de l’activité juridictionnelle des magistrats du par-
quet au regard des missions du ministère public (mandataire du peuple
souverain et défenseur de l’Etat de droit). Il s’agissait aussi d’examiner l’exer-
cice de l’autorité hiérarchique quant à ses titulaires (le Ministre de la Jus-
tice, les procureurs généraux et les procureurs de la république), ses ca-
ractères (vertical et fonctionnel), ses modalités (exercice au sein d’un même
parquet et dans les limites de la loi) et sa portée.
143- Au terme des travaux, il a été recommandé aux procureurs géné-
raux près les cours d’appel de veiller au respect scrupuleux dudit principe
avec ses corolaires que sont les obligations de rendre compte et de se
conformer aux instructions reçues, tout en évitant de se prêter à toute forme
d’ingérence. Il a aussi été recommandé le renforcement de la formation

51
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

des personnels judiciaires avec un accent sur les règles éthiques et déon-
tologiques.
b) Le contrôle et l’évaluation des juridictions
144- Sur place et sur pièce, l’Inspection Générale des Services Judiciaires
(IGSJ) du MINJUSTICE a contrôlé et évalué les juridictions. Sur pièce, cette
Unité de travail a poursuivi l’exploitation des états trimestriels des activi-
tés juridictionnelles et des détentions provisoires communiquées par les
chefs de cours d’appel. Les états ont été analysés et synthétisés afin de
permettre au Ministre de la Justice d’avoir une haute vue sur le rendement
des magistrats du siège d’une part et la maîtrise des détentions provisoires
d’autre part.
145- Sur place, l’IGSJ a courant juin, août, septembre et octobre 2021,
procédé au contrôle et à l’évaluation du greffe du TGI du Wouri, des sièges
et des greffes des TPI de Douala-Bonanjo, de Douala-Ndokoti ainsi que
de Douala-Bonabéri.
c) Le suivi disciplinaire des personnels judiciaires
146- L’IGSJ a exploité 212 requêtes (contre 185 en 2020). Elle a pres-
crit 46 enquêtes (contre 29 en 2019 et 52 en 2020), adressé 35 lettres
d’observation (contre une en 2019 et une en 2020), 28 demandes d’ex-
plications écrites (contre 3 en 2019 et une en 2020) et 69 demandes d’ob-
servations (contre 18 en 2019 et 30 en 2020). Par ailleurs, elle a saisi
l’organe disciplinaire de 7 dossiers contre 3 en 2019 et une en 2020.
147- De même, à l’issue de procédures disciplinaires initiées contre eux,
7 magistrats ont été révoqués du corps de la magistrature par le Chef de
l’Etat, essentiellement pour abandon de poste. Pour le même motif, le
Ministre de la Justice a révoqué d’office 43 greffiers du corps des fonc-
tionnaires des Greffes.
4) Les fonds alloués au service public de la Justice
148- Suivant la Loi n°2020/018 du 17 décembre 2020 portant Loi de
Finances pour la République du Cameroun pour l’exercice 2021, modifiée
et complétée par l’Ordonnance n° 2021/004 du 29 décembre 2021,
des dotations budgétaires ont été allouées au secteur de la justice. Elles

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MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

étaient en hausse pour ce qui est du Conseil Constitutionnel, mais en


légère baisse pour le MINJUSTICE et la Cour Suprême.
149- Une somme de 60 549 000 000 FCFA42 a été allouée au MIN-
JUSTICE. Comparativement à l’année précédente, cette allocation était
en baisse de 1,24% comme l’illustre le tableau ci-après :
Tableau n°2 : Allocation financière au MINJUSTICE (en millions
de FCFA43)

Source : MINJUSTICE
150- Le budget du Conseil Constitutionnel quant à lui est passé de 2
774 000 000 FCFA44 en 2019 à 3 244 000 000 FCFA45 en 2020,
puis à 3 744 000 000 FCFA46 en 2021.
151- En revanche, le budget de la Cour Suprême, qui était en constante
valorisation depuis 2017 (soit 2 862 000 000 FCFA47 en 2017, 3 336
000 000 FCFA48 en 2018, 4 504 000 000 FCFA49 en 2019 et 5 503
000 000 FCFA50 en 2020), était de 4 130 000 000 FCFA51 en 2021.

42
Soit 92 441 221,37 euros.
43
100 000 FCFA équivalent à 1518,72 euros.
44
Soit 4 227 825,03 euros.
45
Soit 4 944 147,22 euros.
46
Soit 1 135 877,86 euros.
47
Soit 4 361 944,93 euros.
48
Soit 5 084 363,48 euros.
49
Soit 6 864 500,33 euros.
50
Soit 8 387 066,02 euros.
51
Soit 6 305 343,51 euros.

53
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

SECTION 2 : LA MISE EN OEUVRE DES GARANTIES PROCE-


DURALES DU PROCES EQUITABLE
152- Sur le plan procédural, la mise en œuvre du droit à un procès équi-
table a été perceptible à travers le raffermissement de l’exigence
d’équité de la procédure (§1), l’observance du standard de la publicité
des débats (§2), la préservation des droits de la défense (§3) et l’exer-
cice des voies de recours (§4).
§1 : Le raffermissement de l’exigence d’équité de la procédure
153- Au-delà de la préoccupation liée à la motivation des décisions de
justice, l’exigence d’équité de la procédure s’est raffermie à travers les
principes du contradictoire et de l’égalité des armes.
154- Au cours de la Réunion annuelle sus-évoquée des chefs de cours d’ap-
pel et des délégués régionaux de l’administration pénitentiaire, il a été
recommandé aux juges de rendre des décisions juridiquement bonnes et
crédibles. Il s’agissait de réitérer l’obligation pour ces derniers de fonder
leur décision sur les faits et le droit.
155- Les juges ont globalement fait observer les principes du contradic-
toire et de l’égalité des armes entre les parties. Sur le premier point, ils
se sont assurés que les parties défenderesses ou poursuivies étaient informées
des procédures initiées contre elles et que les parties s’étaient mutuelle-
ment communiquées les moyens de fait, les moyens de droit et les preuves.
Sur le second point, les juges n’ont fondé leurs décisions que sur des moyens
et pièces invoqués ou produits et soumis à la discussion.
156- Ainsi, dans l’affaire MP et Etat du Cameroun contre K.T.S.B. et 5
autres, objet de l’Arrêt n° 007/CRIM/TCS du 31 mars 2021, le TCS a
rejeté une exception de nullité de la procédure tirée de la violation du droit
à un procès équitable, en expliquant avoir respecté et fait respecter le
principe du contradictoire et l’égalité des armes.
§2 : L’observance du standard de la publicité des débats
157- Le principe est resté celui de la publicité des débats (A) et excep-
tionnellement le huit clos a été ordonné (B).

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MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

A : Le principe de la publicité des débats


158- Les audiences et le prononcé des décisions étaient publics. Le tableau
ci-dessous illustre le nombre de procédures instruites en audience publique.
Tableau n°3 : Etat de la publicité des débats

Source : MINJUSTICE
B : Le caractère exceptionnel du huis clos
159- Dans certaines affaires, le huis clos était, en tout ou partie, prononcé
en fonction des considérations tenant à l’intérêt général (ordre public ou
sûreté de l’Etat) ou à l’intérêt des parties (protection des mineurs ou pro-
tection de la vie privée). Sauf les cas où la loi le prévoit (comme devant
les juridictions pour mineurs), il revenait aux juges de statuer sur l’éven-
tualité d’un huis clos (au sein de la salle d’audience mais portes fermées
ou en chambre du conseil).
Tableau n°4 : Etat comparatif du huis clos en 2020 et 2021

Source : MINJUSTICE

55
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

§3 : La préservation des droits de la défense


160- Le droit à l’assistance d’un conseil (A), le droit d’être jugé dans la
langue que l’on maîtrise le mieux (B) et le droit d’être jugé dans un délai
raisonnable (C) ont été préservés.
A : Le droit à l’assistance d’un conseil
161- Les justiciables ont bénéficié du droit d’être assisté par un conseil,
qu’il s’agisse des avocats ou d’autres professionnels.
1) L’assistance par les avocats
162- Hormis les cas où le ministère d’avocat était obligatoire, il a été loi-
sible aux justiciables, en toutes les matières, de solliciter leur assistance.
Tableau n°5 : L’exercice du droit à un conseil

Source : MINJUSTICE
163- Par ailleurs, l’effectif des avocats a été renforcé avec la prestation
de serment et l’inscription audit Tableau de plusieurs anciens magistrats
ainsi que des avocats issus des barreaux étrangers et exerçant à New York,
Londres, Afrique du Sud, Rwanda, Nigéria entre autres. A titre d’illustra-
tion, courant avril 2021, 44 impétrants ont prêté le serment d’avocat
devant la Cour d’Appel du Centre.

56
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

164- Pour leur permettre de rendre un ministère évoluant en qualité, les


capacités des Avocats ont été renforcées. Ainsi, des avocats ont participé
à des Ateliers sur les violences basées sur le genre (voir §66). Par ailleurs,
les 23 et 24 mars, 6, 7 et 9 décembre 2021 à Yaoundé, 11 et 12 no-
vembre 2021 à Douala, ils ont pris part à une série d’Ateliers d’échanges
entre les acteurs clés de la chaine de justice pénale au Cameroun, organisée
par la GIZ. Ces ateliers portaient notamment sur les droits consacrés par
le Code de procédure pénale.
165- Sur le plan disciplinaire, la Direction des Professions Judicaires du
MINJUSTICE a enregistré 158 requêtes dirigées contre des avocats. Les
motifs portaient essentiellement sur l’abus de confiance et les négligences
professionnelles.
2) L’assistance par d’autres professionnels
166- Devant les juridictions administratives, certains justiciables ont été as-
sistés par des Conseils fiscaux. A la date du 31 octobre 2021, le Tableau
de l’Ordre national des conseils fiscaux comptait 114 personnes physiques
et 11 sociétés de conseil fiscal. Des justiciables ont aussi été représentés
par d’autres praticiens et par des universitaires. Dans les juridictions ayant
moins de 4 cabinets d’Avocats installés, certaines parties étaient assistées
par des agents d’affaires.
B : Le droit d’être jugé dans la langue qu’on maîtrise le mieux
167- Dans certaines juridictions, les Traducteurs y affectés ont permis aux
parties d’être jugées en français ou en anglais. Les juridictions ne dispo-
sant pas d’interprètes affectés ont eu recours aux interprètes ad hoc. Pour
les langues maternelles, il était nécessaire de recourir à des interprètes.
168- Le tableau suivant contient des statistiques sur l’assistance d’un
interprète.

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MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

Tableau n°6 : Etat comparatif de l’assistance d’un interprète

Source : MINJUSTICE
C : Le droit d’être jugé dans un délai raisonnable
169- Les mesures ont été prises pour s’assurer que les affaires soient
jugées dans un délai raisonnable. Ainsi, lors des contrôles, l’IGSJ du MIN-
JUSTICE a continué à mettre un accent particulier sur le traitement diligent
des procédures. De même, le renforcement des effectifs des personnels
judiciaires non magistrats tendait à réduire la durée de traitement des
procédures. En outre, lors des sessions de renforcement des capacités
organisées par le MINJUSTICE, les participants étaient sensibilisés sur cette
problématique.
170- Dans le ressort de la Cour d’Appel de l’Adamaoua, une séance de
travail regroupant les procureurs de la république et les officiers de po-
lice judiciaire, s’est tenue le 26 mai 2021, avec pour objet « la contribution
des officiers de police judicaire dans la lutte contre les lenteurs judiciaires
». Il s’agissait pour les participants de s’accorder sur les bonnes pratiques
de nature à donner une suite évolutive aux procédures. Au terme des tra-
vaux, des résolutions ont été prises dans le sens de relever le niveau d’ef-
ficacité de la police judiciaire.
171- De même, certains chefs de parquet ont imparti des délais de trai-
tement des dossiers. Au siège, dans le cadre de leur attribution adminis-
trative, les présidents des cours d’appel, des tribunaux administratifs et des
juridictions d’instance veillaient au traitement diligent des procédures.

58
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

172- Les juridictions ont quant à elles rejeté les demandes, notamment in-
cidentes, qui tendaient à rallonger l’instruction des procédures. Ainsi, dans
l’affaire F.S. contre D.B.C., le TGI du Moungo a, par Jugement n° 23/CIV
du 13 août 2021, rejeté comme inopportune une demande de sursis à
statuer jugée vexatoire.
173- Malgré ces mesures le droit à un procès dans un délai raisonnable
constituait une préoccupation.
§4 : L’exercice des voies de recours
174- Le ministère public et les justiciables ont fait valoir leur droit à un nou-
vel examen des procédures. Des cas de non-paiement des frais de re-
production des dossiers ont été enregistrés.
Tableau n°7 : L’exercice du droit à un recours en 2021

Source : MINJUSTICE

59
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

*
* *
175- En conclusion, le droit à un procès équitable a été mis en œuvre à
travers ses garanties institutionnelles et procédurales, qu’il s’agisse de l’éga-
lité d’accès à la justice, des standards liés à l’instance et à la juridiction
ou des exigences d’équité de la procédure, de publicité des débats, des
droits de la défense et de l’exercice de recours. Toutefois, des défis ont
été signalés, notamment la difficulté à mobiliser certains membres des com-
missions judiciaires et l’insuffisance des ressources budgétaires allouées
au service public de la Justice.

60
CHAPITRE 3
LA LIBERTE D’EXPRESSION
ET DE COMMUNICATION

CHAPITRE 3 : LA LIBERTÉ D’EXPRESSION ET DE


COMMUNICATION
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

176- L’intensification des échanges et la mutation de moyens de com-


munication appellent de l’Etat une adaptation à cette nouvelle ère de ré-
trécissement des frontières, gestion instantanée des informations, et
l’émergence de la délinquance dématérialisée. Le challenge résidait donc
dans la continuité de la garantie de la liberté d’expression et de com-
munication, par la fourniture d’une information fiable, mais également la
sécurisation des échanges au moyen de l’Internet. Pour y parvenir, il était
nécessaire d’offrir une variété des moyens d’accéder à l’information (Sec-
tion 1), de sécuriser l’usage des Technologies de l’Information et de la Com-
munication (TIC) (Section 2) et de poursuivre la régulation de la mise en
œuvre de cette liberté (Section 3).
SECTION 1: UNE OFFRE VARIEE DES MOYENS D’ACCES A
L’INFORMATION
177- On a observé une relative évolution de certaines sources d’infor-
mation (§1), la persistance dans la réduction de la fracture numérique (§2)
et le maintien de l’aide publique à la communication privée (§3).
§1 : L’évolution des sources d’information.
178- Le nombre d’organes de presse écrite était de 650 environ, 250
en matière de radiodiffusions sonores, 50 pour ce qui était des chaines
de télévision et 165 entreprises de télédistribution. On constatait, par rap-
port à l’année précédente, une relative augmentation dans le secteur de
la presse écrite qui était de 600, celui de la télévision qui était de 35, ainsi
que de la télédistribution avec 150.
179- La Commission Nationale de la délivrance de la carte de presse a
siégé le 22 septembre 2021. Sur les 63 dossiers examinés, 13 ont été
acceptés définitivement et 20 sous réserve de complément des pièces, tan-
dis 30 ont été rejetés.
§2 : La poursuite de la réduction de la fracture numérique.
180- Le 15 juillet 2021, le Cameroun et le Gabon inauguraient l’inter-
connexion des communications électroniques entre les deux pays dans
le cadre du Projet Central AfricanBackbone. Financé par la Banque Mon-
diale et d’autres partenaires, le projet est destiné à relier les pays de la

63
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

sous-région par la fibre optique, avec comme plus-value l’amélioration de


l’offre des services électroniques de 99% et la disponibilité de l’Internet
haut débit.
181- Toutefois, pour la diversification de la connectivité à l’international, les
contraintes budgétaires liées à la pandémie de la Covid-19 n’ont permis
la construction d’aucun point d’atterrissement des câbles sous-marins. En consé-
quence, les taux de télé densité fixe et mobile sont restés constants52 .
§3 : Le maintien de l’appui de l’Etat à la presse à capitaux privés.
182- Elle s’élevait à 120 000 000 FCFA53, au lieu de 240 000 000
FCFA54 pour l’année antérieure, soit une réduction de moitié, justifiée par
le contexte socio-économique.
SECTION 2 : LA SECURISATION DE L’ACCES AUX TECHNO-
LOGIES DE L’INFORMATION ET DE LA COM-
MUNICATION
183- Dans l’optique de garantir l’intégrité dans l’utilisation des TIC, le Gou-
vernement a continué à renforcer les capacités des acteurs du cyberespace
(§1), protéger le cyberespace national par des audits de sécurité (§2),
maintenir une veille de sécurité (§3) et sensibiliser les usagers des services
de télécommunications (§4).
§1 : Le renforcement des capacités.
184- L’Agence Nationale des Technologies de l’Information et de la Com-
munication (ANTIC) a organisé un séminaire de renforcement des capacités
des personnels des Collectivités Territoriales Décentralisées en matière de
TIC, à Ebolowa du 9 au 11 mars 2021 ; un Atelier sur la protection des
données des agents de l’Etat, à Buea du 30 juin au 2 juillet 2021 ; la Confé-
rence sur la sécurité informatique, à Douala du 24 au 27 août 2021 ;
un Séminaire de sensibilisation des Magistrats du Tribunal Criminel Spé-
cial sur la cybersécurité et la cybercriminalité, à Yaoundé du 15 au 17
septembre 2021 ; le Séminaire de sécurisation des documents adminis-
52
03,6% pour la télé densité fixe et 74,34% pour la télé densité mobile en 2020.
53
Soit 183 206, 11 euros.
54
Soit 366 412, 21 euros.

64
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

tratifs à l’ère de la transformation digitale, à Yaoundé du 29 septembre


au 1er octobre 2021 ; l’Atelier d’évaluation des risques des infrastructures
critiques nationales, à Yaoundé le 25 novembre 2021 ; l’Atelier sur la pro-
tection de l’enfant en ligne, du 24 au 26 novembre 2021 à Yaoundé ;
et le Séminaire de renforcement des capacités des enseignants de la ré-
gion du Nord-Ouest dans le domaine de la cybersécurité et la lutte contre
la cybercriminalité, du 8 au 10 décembre 2021 à Bamenda.
185- L’ANTIC assistait également les autorités judiciaires et les différentes
structures nationales de sécurité55 dans la recherche des preuves numé-
riques, l’identification des cybercriminels et leur traduction devant les ju-
ridictions compétentes.
§2 : Les audits de sécurité
186- Des tests de vulnérabilité ont été effectués auprès de 12 Départe-
ments ministériels, 10 établissements publics administratifs, 7 établissements
de crédit, un opérateur de téléphonie mobile et un fournisseur d’accès in-
ternet dans le but d’évaluer la sécurité et la fiabilité des systèmes d’in-
formation. Sur un total de 30 missions d’audit réalisées, l’ANTIC a décelé
5 660 vulnérabilités.
§3 : La veille de sécurité
187- L’ANTIC a détecté 5 105 faux comptes sur les réseaux sociaux
entre 2019 et 2021, dont 3 750 ont été fermés, soit 75%. En outre, 7
attaques ont été enregistrées sur les sites web des administrations
publiques, les failles identifiées et résorbées. Par ailleurs, 157 dossiers
d’authentification des preuves numériques ont été reçus, contre 22
dossiers en 2020, soit une augmentation de 613,63%. Les réquisitions
des administrations étaient de 11 128, tandis que l’on a dénombré 30
plaintes des usagers victimes de cyber chantage, 39 plaintes de hacking,
26 plaintes de harcèlement, 85 plaintes d’arnaques via les portefeuilles
électroniques, 5 plaintes pour contenus malveillants, et 2 plaintes de cas
de ransomwares. 7 pages Facebook ont été certifiées par l’ANTIC, ce qui
porte le nombre à 49.

55
MINDEF, SED, DGSN, DGRE, etc.

65
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

188- De même, 153 alertes de sécurité ont été émises ; plus de 10 000
vulnérabilités ont été détectées au cours des scans sur 120 sites web et
applications.
§4 : La sensibilisation des usagers des services de télécommu-
nications.
189- Il s’agissait des actions de sensibilisation des consommateurs menées
par l’Agence de Régulation des Télécommunications (ART).
190- Un plan de sensibilisation, d’information et d’éducation des consommateurs
des communications électroniques sur leurs droits et obligations a été élaboré
en début d’année et revu ensuite, en vue d’une adaptation au contexte de crise
sanitaire et à l’organisation de la Journée Mondiale des Droits du Consom-
mateur qui se tient chaque 15 mars de l’année. Elle a consisté en la réalisa-
tion et diffusion via les réseaux sociaux d’un spot publicitaire d’une durée de
1 minute et 22 secondes sur les droits des consommateurs des services de té-
lécommunications ainsi que sur l’utilisation du numéro vert gratuit « 1 515 »
pour enregistrer les réclamations et plaintes des consommateurs.
191- Du 17 au 29 mai 2021, la Délégation régionale de l’ART du Nord
a organisé une caravane de sensibilisation des consommateurs des pro-
duits et services de communications électroniques dans les villes de Ga-
roua, Ngaoundéré et leurs environs. Cette descente s’est faite en colla-
boration avec les associations de défense des droits des consommateurs,
notamment de l’association de Défense des Droits de l’Homme et des
consommateurs du sahel et l’association de protection et de défense du
consommateur. En outre, des émissions radiophoniques ont été diffusées
sur les ondes de la Radio Salaaman qui a un auditoire assez diversifié.
Au total, il y’a eu 3 émissions avec des rediffusions pendant 3 semaines.
192- Les échanges durant cette caravane ont porté sur l’identification des
abonnés, le guide des bonnes pratiques du consommateur, la procédure
de saisine de l’ART et la vulgarisation du numéro vert « 1515 ».
193- L’ART a participé à une campagne de sensibilisation des étudiants
de la ville de Douala aux bonnes pratiques cybernétiques. Ladite cam-
pagne a été organisée par l’Association pour la Promotion de l’utilisation
responsable du cyber espace (APURCE) le 3 février 2021.

66
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

SECTION 3 : LA REGULATION DE L’EXERCICE DE LA LIBERTE


D’EXPRESSION ET DE COMMUNICATION
194- Le constat de l’inflation des vidéos au contenu pornographique (sex-
tapes) et des affaires de mœurs a conduit l’Etat à prendre des mesures
pour maintenir l’ordre public numérique (§1), tout en continuant à assu-
rer le renforcement les capacités des acteurs du secteur des medias (§2),
non sans recadrer les errements de ceux-ci (§3).
§1 : Le maintien de l’ordre public numérique.
195- Le constat était celui de la violation du droit à la vie privée par la
prolifération des sextapes parfois impliquant des élèves et des célébrités.
Ainsi, le16 juin 2021, des photos et des vidéos d’actes sexuels commis
dans un bureau, étaient publiés sur la toile. Sur plainte de la victime M.B.,
une enquête a été ouverte et W.E. et M.C.M. interpellés, puis déférés au
Parquet près le Tribunal de Première Instance de Douala-Bonanjo. Ils étaient
placés sous mandat de détention provisoire et poursuivis devant ledit tri-
bunal pour complicité de publications obscènes et atteinte à la vie privée.
L’affaire suivait son cours à la fin de l’année 2021.
196- Le dénominateur commun entre tous ces cas est l’usage des réseaux
sociaux, notamment l’application WhatsApp, pour la diffusion des vidéos.
197- Ces différents scandales sexuels ont été condamnés fermement par
le Ministre de la Promotion de la Femme et la Famille dans une sortie du
21 juin 2021. Pour sa part, dans une déclaration de novembre 2021, le
MINCOM, porte-parole du Gouvernement affirmait que : « ces actes dé-
lictuels constituent des atteintes graves aux droits humains ».
198- Les juridictions quant à elles ont sanctionné les atteintes par usage
des communications électroniques, à la dignité des personnes et à leurs
biens. Ce fut le cas dans le Jugement n°351/COR du 25 août 2021 du
Tribunal de Première Instance de Bertoua, dans lequel T.S.A.E. a été re-
connu coupable des faits de diffamation par voie électronique, et
condamné à 4 mois d’emprisonnement et à 500 000 FCFA56 d’amende,
ainsi qu’au paiement de la somme de 350 000 FCFA57 au titre de dom-
56
Soit 763, 36 euros.
57
Soit 534, 35 euros.

67
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

mages et intérêts à M.T.S., la partie civile. L’affaire était pendante devant


la Cour d’Appel de l’Est suite à l’appel interjeté par la plaignante.
§2 : La sanction des dérives dans le secteur des medias et des
communications électroniques
199- Des journalistes ont été sanctionnés par le Conseil National de la
Communication (A) et par les juridictions (B). L’Agence de Régulation des
Télécommunications a également assuré la protection des usagers des ser-
vices de communications électroniques (C).
A : L’activité de régulation du Conseil National de la Commu-
nication
200- Le Conseil National de la Communication (CNC) a enregistré 22
plaintes dont 8 ont été initiées par les particuliers, 5 par des autorités pu-
bliques, 5 par diverses institutions, à côté de 4 cas d’auto-saisine. En 2021,
le CNC a pris 21 décisions, dont 15 suspensions temporaires pour une
durée inférieure à 6 mois, une suspension temporaire pour une durée égale
à 6 mois, 2 avertissements et 3 décisions de non-lieu.
201- A la suite des faits constitutifs d’atteintes à l’éthique et à la déonto-
logie professionnelle en matière de communication sociale, plusieurs sanc-
tions ont été prononcées par le CNC le 8 avril 2021. Ainsi, le Directeur
de publication du journal La Nouvelle a été suspendu pour une durée
d’un mois pour publication d’une déclaration non fondée offensante, ainsi
qu’un journaliste du même média, pour les mêmes motifs ; un journaliste
en service au journal Le Zénith a été suspendu pour une durée de 2 mois,
pour manquement aux exigences professionnelles et d’équilibre de l’in-
formation publiée ; le Directeur de publication et un journaliste de l’organe
de presse écrite dénommé Le Miroir ont été suspendus pour une durée
d’un mois, pour accusations non fondées et offensantes ; un journaliste en
service à l’organe La voix du Centre a été suspendu pour une durée de
2 mois, pour publication d’un article contenant des accusations non fon-
dées, offensantes et insinuantes.
202- A la même date, un journaliste en service à la station de Radiodif-
fusion sonore Galaxy Fm a été suspendu pour une durée de 3 mois, pour
manquement professionnel consécutif à la diffusion de dérives langagières

68
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

portant atteinte aux bonnes mœurs ; le Directeur de publication et une jour-


naliste du journal Le Point Hebdo ont été suspendus pour une durée d’un
mois, pour publication de déclarations non fondées et offensantes; le Di-
recteur de publication par intérim et un journaliste du journal L’Epervier ont
été suspendus pour une durée de 3 mois, pour publication de déclara-
tions non fondées et offensantes.
203- En plus, à cette même date, un journaliste en service à la chaîne de
télévision DBS TV a été suspendu pour une durée d’un mois, pour man-
quement professionnel constitutif à un défaut d’encadrement et de conduite
ayant permis la diffusion d’accusations non fondées et offensantes ; un jour-
naliste en service à la station de radiodiffusion sonore Satellite Fm a été
suspendu pour une durée de 2 mois, pour diffusion d’injures et d’accu-
sations non fondées et contraires aux règles de confraternité ; un journaliste
en service à la station de radiodiffusion sonore Galaxy Fm a été suspendu
pour une durée d’un mois, pour diffusion de propos offensants ; le Directeur
de publication et un journaliste de l’organe de presse écrite dénommé Es-
singan ont été suspendus pour une durée d’un mois, pour publication d’ac-
cusations mal fondées, offensantes et insinuantes ; un journaliste en ser-
vice au journal La Cloche Hebdo a été suspendu pour une durée de 3
mois, pour publication d’accusations non fondées offensantes et insinuantes.
204- Le 6 juillet 2021, le Directeur de publication de la station de
radiodiffusion sonore RIS RADIO a été suspendu pour une durée d’un mois,
pour manquement professionnel consécutif à une investigation insuffisante
ayant conduit à la diffusion d’informations non fondées et offensantes, ainsi
que pour une durée de 3 mois pour diffusion d’accusations non fondées,
offensantes et insinuantes. Une suspension d’une durée de 6 mois était
également prononcée le 6 juillet 2021 contre le Directeur de publication
du journal Confidences pour manquement aux exigences professionnelles
d’investigation et d’équilibre dans le traitement de l’information publiée.
205- Dans le même sillage, le 12 novembre 2021, un journaliste en
service à le Calame a été suspendu pour une durée de 2 mois, pour
insuffisance professionnelle ayant conduit à la publication d’accusations
non fondées, offensantes et insinuantes.

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MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

206- Par ailleurs, des avertissements ont été décernés le 8 avril 2021 au
Directeur Général de l’entreprise camerounaise de télédistribution Créo-
link Communications, pour retransmission sans contrepartie intégrale des
chaînes de France Télévisions, et le 6 septembre 2021 au Directeur de
publication du journal Telegram News, pour manquement professionnel
consécutif à une investigation insuffisante ayant conduit à la publication
de déclarations non fondées, offensantes et insinuantes.
207- Par contre des décisions de non-lieu ont été prononcées le 8 avril
2021 à l’encontre du journal la Missive et le 12 novembre 2021 au
bénéfice de certains journalistes des journaux Kalara, EcoMatin.
B: La répression des violations par les juridictions
208- Les tribunaux ont connu 17 procédures relatives à l’infraction de
diffamation par voie de presse ; une était en cours d’information judiciaire
et 16 devant les juridictions de jugement. La violation des intérêts des
particuliers a été la principale cause de la saisine des juges. Le 18 mai
2021 le Tribunal de Première Instance de Yaoundé/Centre Administratif
après avoir reconnu P. C. coupable de diffamation et de diffusion de
fausses nouvelles au préjudice de C.B., l’a condamné à 23 mois de
prison ferme, et au payement à la victime d’une somme de 2 000 000
FCFA58 au titre de dommages et intérêts.
C: La régulation par l’Agence de Régulation des Télécommu-
nications
209- L’ART (Direction Générale et Délégations Régionales du Centre, Lit-
toral et Nord) a reçu au total 75 plaintes écrites et 13 plaintes verbales
des abonnés contre les opérateurs de téléphonie Orange Cameroun, MTN
Cameroon (MTNC), Viettel Cameroun et la CAMTEL. Les litiges portaient
sur les débits injustifiés de forfait, la mauvaise qualité de service, les ter-
minaux défectueux, la modification unilatérale des contrats de paiement
de facture, etc. Si certaines affaires étaient réglées par les parties avant
toute conciliation devant le régulateur, d’autres ont nécessité son intervention
pour leur résolution. Ainsi, 5 plaintes ont abouti à l’ouverture d’une pro-
cédure de conciliation.

58
Soit 3 053, 43 euros.

70
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

210- A titre d’exemple, dans l’affaire Maître D. contre MTN Cameroon,


il était reproché à cette société d’avoir modifié unilatéralement le contrat
de paiement de facture entre les 20 et 25 du mois relatif à l’offre inter-
net Easy Box. Cette affaire s’est soldée par la signature d’un procès-ver-
bal de conciliation le 17 mai 2021. Conformément aux prétentions de
Maitre D., l’opérateur MTN Cameroon lui a offert: un an de connexion
gratuite avec remplacement de l’équipement obsolète et 100 000 FCFA59
de crédit de communication.
*
* *
211- En somme, le Gouvernement a continué à assurer l’accès à l’infor-
mation par une diversification des organes de presse. L’assainissement du
secteur de la presse et la protection des consommateurs des services de
télécommunications se sont également poursuivis par la mise en œuvre
des sanctions contre les hommes des medias et les opérateurs de téléphonie.
Toutefois, la fracture numérique et l’amélioration de la qualité des services
internet étaient un véritable défi.

59
Soit 152, 67 euros

71
CHAPITRE 4
LE DROIT DE PARTICIPER
A LA GESTION DES
AFFAIRES PUBLIQUES

CHAPITRE 4 : LE DROIT DE PARTICIPER A LA GESTION DES


AFFAIRES PUBLIQUES
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

212- Les actions menées par l’Etat en vue de garantir le droit de partici-
per à la gestion des affaires publiques ont été orientées vers l’approfon-
dissement de la décentralisation (Section 2), le renforcement de l’effica-
cité de la fonction publique (Section 3), la synergie entre les acteurs de
la vie politique (Section 4) et la garantie des droits électoraux des citoyens
(Section 1).
SECTION 1 : LA GARANTIE DES DROITS ELECTORAUX DES
CITOYENS
213- Les droits électoraux des citoyens s’analysent en deux branches :
le droit de voter et le droit d’être élu. Pour garantir le premier aspect de
ce droit, des élections régionales partielles ont été organisées (§1), les
listes électorales révisées (§2) et de nouveaux partis politiques autorisés
en tant qu’ils concourent à l’expression du suffrage (§3). Pour la seconde
branche, certains élus ont vu leurs mandats interrompus pour diverses
raisons (§4).
§1 : L’organisation des élections régionales partielles
214- Par Décret n° 2021/001 du 4 janvier 2021, le Président de la Ré-
publique a convoqué le collège des électeurs de la circonscription élec-
torale du département de la Ménoua constitué des chefs traditionnels, en
vue de l’élection des représentants du commandement traditionnel dudit
département au Conseil régional de l’Ouest. En effet, l’unique liste restée
en compétition60 lors du scrutin du 6 décembre 2020 avait été disquali-
fiée par la Chambre Administrative de la Cour Suprême, au motif qu’elle
ne respectait pas la composante sociologique de la circonscription, telle
que prescrite par l’article 246 de la Loi n° 2012/001 du 19 avril 2012
portant Code électoral, modifiée et complétée par les Lois n° 2012/017
du 21 décembre 2012 et n° 2019/005 du 25 avril 2019.
215- Ledit scrutin s’est effectivement déroulé le 4 avril 2021. Il ressort du
rapport de la Commission régionale de supervision des élections que, sur
158 personnes composant le collège électoral, l’on a enregistré 148 vo-
tants et 10 abstentions, soit un taux de participation de 93,67%. Les 3 chefs

60
Suite à la disqualification des 2 autres listes concurrentes par résolution du Conseil électoral d’Elec-
tions Cameroon du 2 octobre 2020.

75
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

traditionnels déclarés élus61 ont ainsi complété à 90, le nombre des mem-
bres du Conseil régional de l’Ouest.
§2 : La révision des listes électorales
216- Elections Cameroon (ELECAM) a entamé le 2 janvier 2021, la cam-
pagne annuelle de révision du fichier électoral. L’institution a également
continué à délivrer les cartes électorales aux citoyens nouvellement ins-
crits sur les listes.
217- Malgré la pandémie de la Covid-19 qui a été un frein pour le
déploiement des agents d’ELECAM, les citoyens ont fait montre d’un
engouement particulier dans le cadre des inscriptions sur les listes
électorales, malgré le fait qu’aucun scrutin populaire n’était prévu au
cours de l’année.
Tableau n° 1 : Evolution du nombre d’électeurs inscrits sur les listes
électorales

Source : ELECAM

61
Il s’agit de leurs Majestés Gabriel TSIDIE (Chef du Groupement de Bamendou), Placide
NGUEFACK (Chef du Groupement Fossong-Wentcheng) et Benjamin MFOKO (Chef du village
Fonguetafou).

76
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

218- A la clôture du processus de révision au 31 août 2021, le fichier


électoral affichait un total de 6 959 848 électeurs, soit 103 037 nou-
veaux électeurs inscrits au cours de l’année 2021, contre 15 077 nou-
veaux électeurs en 2020.
§3 : L’autorisation de nouveaux partis politiques
219- En application de la Loi n° 90/056 du 19 décembre 1990 relative
aux partis politiques, le Ministre de l’Administration Territoriale a autorisé
l’existence légale de 11 nouveaux partis politiques, dont les dénominations
et les responsables sont mentionnés dans le tableau suivant :
Tableau n° 2 : Les nouveaux partis politiques autorisés au cours de
l’année 2021

Source : MINAT
220- Au 31 décembre 2021, le Cameroun comptait au total 329 partis
politiques autorisés.

77
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

§4 : L’interruption des mandats de certains élus


221- Les mandats de plusieurs élus ont été interrompus pour cause de dé-
cès, tant au niveau national qu’au niveau local.
222- Au niveau national, 6 Députés à l’Assemblée Nationale sont décédés
en 2021. Il s’est agi des élus des départements du Mayo Tsanaga dans la
région de l’Extrême-Nord ; de la Boumba et Ngoko dans la région de l’Est ;
du Fako dans la région du Sud-Ouest ; de la Sanaga Maritime et du Wouri
dans la région du Littoral ; et de la Lékié dans la région du Centre. Ce nom-
bre est en nette augmentation par rapport à 2020, où l’on avait enregistré 3
décès62. Au 31 décembre 2021, l’on ne comptait plus que 171 députés à
l’Assemblée Nationale sur les 180 élus au cours des élections législatives de
2020. Quatre sénateurs sont décédés au cours de la même année63.
223- Au niveau local, des conseillers régionaux, des maires et Adjoints
aux maires ont également connu le même sort. C’est le cas du Président
du Conseil régional du Nord ; de 4 conseillers régionaux de l’Ouest ;
de 5 conseillers régionaux du Nord-Ouest ; des Maires des communes
de Bamendjou, Bangangté et de Demdeng dans la région de l’Ouest, de
Njombé-Penja dans la région du Littoral, de Meyomessi dans la région
du Sud ; et du 1er Adjoint au Maire de la Commune de Garoua 2ème dans
la région du Nord.
224- Si les mécanismes légaux de remplacement ont été actionnés pour
les élus municipaux, cela n’a pas été le cas pour les élus régionaux et na-
tionaux, ce qui, d’une certaine manière, porte atteinte au droit des po-
pulations de participer à la gestion des affaires publiques.
SECTION 2 : L’APPROFONDISSEMENT DE LA DECENTRALISATION
225- Après avoir parachevé le processus de décentralisation en 2020,
le Gouvernement s’est engagé dans une logique d’approfondissement de
ce mode de gouvernance. Cet engagement s’est ressenti en 2021 sur les
plans normatif (§1), institutionnel (§2), financier (§3), humain (§4) et opé-
rationnel (§5).
62
Les élus des départements du Mayo-Louti dans la région du Nord ; du Mayo Kani et du Mayo-
Tsanaga dans la région de l’Extrême-Nord.
63
Il s’agissait de certains sénateurs des régions de l’Est, de l’Ouest, du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

78
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

§1: L’encadrement des modalités d’exercice de certaines com-


pétences transférées
226- Plusieurs décrets ont été signés le 28 décembre 2021 relativement
aux modalités d’exercice de certaines compétences transférées. Il s’agit
du Décret n° 2021/744 fixant les modalités d’exercice de certaines com-
pétences transférées par l’Etat aux régions en matière d’urbanisme et d’ha-
bitat64, du Décret n° 2021/745 fixant les modalités d’exercice de cer-
taines compétences transférées par l’Etat aux régions dans le cadre de
leur participation à l’organisation et à la gestion des transports publics in-
terurbains65, du Décret n° 2021/746 fixant les modalités d’exercice de
certaines compétences transférées par l’Etat aux régions en matière de
tourisme et de loisirs66, et du Décret n° 2021/747 fixant les modalités
d’exercice de certaines compétences transférées par l’Etat aux régions
en matière de protection de l’environnement67.
227- Suivant les dispositions de ces décrets, les transferts de ces com-
pétences s’accompagnent des transferts concomitants des ressources né-
cessaires à leur exercice.
228- Ces textes donnent ainsi aux régions les outils devant leur permet-
tre d’implémenter leurs prérogatives, pour le bien-être de leurs populations.
§2: Sur le plan institutionnel
229- L’Etat a procédé à la mise en place effective des conseils régionaux
(A), à la mise en fonction des Public Independent Conciliators (B), sans
manquer de préciser l’organisation-type de l’administration régionale (C).
64
Conformément à ce décret, les compétences transférées en cette matière concernent : la partici-
pation à l’élaboration des Documents de Planification Urbaine (DPU) et des schémas directeurs ; le
soutien à l’action des communes en matière d’urbanisme et d’habitat.
65
Les compétences transférées en cette matière concernent : la participation à la création et à la
gestion des infrastructures de transport public interurbain d’intérêt régional ; la participation à la
promotion et à l’animation des actions de prévention et de sécurité routière ; l’élaboration du schéma
régional des transports ; et la délivrance de certains documents de transport public.
66
Il s’agit de la promotion du tourisme au niveau régional ; la création et l’exploitation des parcs
de loisirs d’intérêt régional ; l’organisation des manifestations socioculturelles à des fins de loisirs
d’intérêt régional.
67
Ces compétences portent sur la mise en défense et autres mesures locales de protection de la na-
ture ; la réalisation des pare-feu et la mise à feu précoce, dans le cadre de la lutte contre les feux
de brousse ; l’élaboration, la mise en œuvre et le suivi des plans régionaux d’action pour l’environnement.

79
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

A : La mise en place effective des conseils régionaux


230- Si les conseillers régionaux ont été élus à la faveur des élections
tenues le 6 décembre 2020, c’est en 2021 que les assemblées et les exé-
cutifs régionaux ont été effectivement mis en place68. Le Gouvernement
a accompagné69 les conseils régionaux dans l’élaboration de leurs bud-
gets et les a appuyé pour l’acquisition des locaux et des équipements qui
ont permis le démarrage de leurs activités.
231- Les premiers secrétaires généraux des régions ont été nommés par
Décret n° 2021/043 du 25 janvier 2021. Les receveurs régionaux70 ont
été aussi nommés.
232- En matière de planification du développement local, un Guide mé-
thodologique d’élaboration des Plans Régionaux de Développement
(PRD) a été élaboré et adopté le 1er juillet 2021 à l’issue d’un Atelier or-
ganisé par le ministère de la Décentralisation et du Développement Local
(MINDDEVEL). Vulgarisé ensuite sur toute l’étendue du territoire, ce guide
a permis à la plupart des conseils régionaux de se doter des PRD arrimés
à la SND30.
233- Les défis portent sur la finalisation du cadre juridique des interventions
des Conseils régionaux en matière de compétence transférées, la mise en
place de la fonction publique locale et la mobilisation des recettes locales.
B : L’entrée en fonction des Public Independent Conciliators
234- Le Président de la République a nommé les public independent conci-
liators dans les régions du Nord-Ouest71 et du Sud-Ouest72 par Décret n°
2021/342 du 10 juin 2021. Ceux-ci sont prévus par l’article 367 du Code
68
Les présidents des Conseils régionaux ont prêté serment devant les Cours d’Appel compétentes
au courant du mois de janvier 2021.
69
A travers un appui conseil d’une équipe mixte du MINDDEVEL, du MINEPAT et du MINFI.
70
Le Programme National de Développement Participatif (PNDP), en collaboration avec le minis-
tère des Finances (MINFI) et le MINDDEVEL, a d’ailleurs organisé du 13 au 17 juillet 2021 à
Mbankomo (région du Centre), un séminaire de formation des receveurs régionaux nouvellement
nommés, avec pour objectif de les doter des outils pouvant leur permettre de maîtriser les opé-
rations financières au sein des postes comptables dont ils ont la charge et de produire les comptes
de gestion de bonne facture.
71
Madame TELELEN Dorothy ATABONG épouse MOTAZE.
72
Monsieur TAMFU Simon FAï.

80
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

Général de Collectivités Territoriales Décentralisées pour donner corps


au statut spécial de ces régions.
C : L’adoption d’une organisation-type de l’administration
régionale
235- Suivant le Décret n° 2021/742 du 28 décembre 2021, l’admi-
nistration régionale est organisée autour du Président du Conseil régio-
nal et du Secrétaire général.
236- Le Président du conseil régional dispose d’un secrétariat particulier.
Le secrétariat général pour sa part dispose des structures techniques (la
direction du développement économique et social ; la direction des affaires
générales ; et la division des infrastructures et de l’aménagement régio-
nal) et des structures rattachées (la cellule des affaires administratives et
juridiques ; la cellule des systèmes d’information ; la cellule de la com-
munication et des relations publiques ; le service du courrier, de la do-
cumentation et des archives). Un contrôleur financier et un receveur ré-
gional sont nommés auprès de chaque région.
237- Pour laisser aux régions une certaine marge de manœuvre, le dé-
cret prévoit une possible modification de l’organisation-type (article 11
alinéa 2) ou un regroupement des structures en fonction de la connexité
de leurs attributions (article 12) par délibération du conseil régional ou
de l’assemblée régionale. Cette marge de manœuvre pourrait être utile-
ment mise en œuvre par les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest pour
adapter l’organisation de l’administration régionale aux spécificités des-
dites régions, étant donné que le décret n’a prévu aucune disposition spé-
ciale pour ces régions.
238- Un organigramme-type de l’administration régionale est annexé au
Décret susmentionné.
§3 : Sur le plan financier
239- La dotation générale de la décentralisation a été substantiellement
revue à la hausse (A). En outre, les systèmes de gestion des finances pu-
bliques locales ont été renforcés (B).

81
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

A : L’augmentation substantielle de la Dotation Générale de la


Décentralisation
240- Par Décret n° 2021/743 du 28 décembre 2021, le Président de
la République a fixé à 232 176 624 000 FCFA73 le montant de la Do-
tation Générale de la Décentralisation au titre de l’exercice budgétaire
2021, contre 49 900 000 000 FCFA74 au titre de l’exercice 2020, soit
125 772 505 000 FCFA75 pour le fonctionnement contre 13 900 000
000 FCFA76 en 2020, et 106 404 119 000 FCFA77 pour l’investissement
contre 36 000 000 000 FCFA78 en 2020. La dotation générale était donc
en hausse de 182 276 624 000 FCFA79 par rapport à l’année 2020.
241- S’agissant de la dotation générale de fonctionnement, 90 772 505
000 FCFA80 étaient constitués des ressources transférées en fonctionne-
ment, tandis que 35 000 000 000 FCFA81 constituaient la provision des-
tinée à l’accompagnement du processus de décentralisation, et répartie
ainsi qu’il suit : 30 000 000 000 FCFA82 pour la mise en place et le fonc-
tionnement des régions83 ; 5 000 000 000FCFA84 pour d’autres emplois.
Les détails de répartition sont contenus dans les tableaux suivants :

73
Soit 354 468 128,2 euros.
74
Soit 76 183 206,1 euros.
75
Soit 192 019 091,60 euros.
76
Soit 21 221 374, 04 euros.
77
Soit 162 449 036,64 euros.
78
Soit 54 961 832, 06 euros.
79
Soit 278 284 922,13 euros.
80
Soit 138 583 977 euros.
81
Soit 53 435 114,5 euros.
82
Soit 45 801 526, 71 euros.
83
Soit 3 000 000 000 FCFA (soit 4 580 152, 67 euros) par région.
84
Soit 7 633 587, 79 euros.

82
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

Tableau n° 3: Répartition de la dotation pour chacune des régions


à statut spécial

Source : Décret n° 2021/743 du 28 décembre 2021


Tableau n° 4: Répartition de la dotation de mise en place pour cha-
cune des autres régions

Source : Décret n° 2021/743 du 28 décembre 2021


Tableau n° 5: Répartition du volet fonctionnement de la Dotation
Générale de la Décentralisation en 2021

83
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

Source : Décret n° 2021/743 du 28 décembre 2021


B : Le renforcement des systèmes de gestion des finances
publiques locales
242- Dans le cadre du renforcement des systèmes financiers des admi-
nistrations publiques prescrit par la SND30, le MINDDEVEL a organisé
à Yaoundé, du 16 au 18 novembre 2021, avec l’appui de l’Agence Fran-
çaise de Développement et de l’Union Européenne, un Atelier sur l’éva-
luation du système de gestion des finances publiques, au cours duquel les
experts internationaux utilisant la méthode Public expenditure and financial
accountability, ont évalué 12 CTD choisies suivant des critères socio-éco-
nomiques et géographiques85. Le But de l’exercice était de permettre aux
pouvoirs publics de disposer d’une situation de référence pour affiner l’éla-
boration d’un plan de réforme des finances publiques locales et l’adap-
tation du système de financement y afférent.

85
Il s’agit de 4 communautés urbaines (Yaoundé, Garoua, Maroua et Kribi), 2 communes d’ar-
rondissement (Douala 5ème et Garoua 1er) et 6 communes (Tiko, Obala, Ambam, Doumé, Yagoua
et Dschang).

84
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

§4 : Le renforcement des capacités des élus et fonctionnaires


locaux
243- Le MINDDEVEL, le MINEPAT et le MINFI ont conjointement et si-
multanément organisé dans toutes les régions du pays, du 6 au 8 avril 2021,
des ateliers à l’intention des personnels et des membres des bureaux des
Conseils régionaux, à l’effet de les édifier sur les innovations du Code Gé-
néral des CTD, les compétences transférées par l’Etat aux CTD, la plani-
fication, la programmation, l’exécution et le suivi du budget programme,
ainsi que le rôle des différentes parties prenantes dans le processus de
décentralisation.
244- Le 1er juillet 2021, la Communauté Urbaine de Douala a organisé,
avec l’appui de l’Association Internationale des Maires Francophones
(AIMF) et de l’Union Européenne, un Atelier national sur le thème « La norme
ISO 37101 : enjeux, priorités et contraintes spécifiques aux contextes des
villes camerounaises », à l’effet de vulgariser auprès des maires et conseil-
lers régionaux cette norme en tant qu’outil de gestion et de développe-
ment durable pouvant améliorer la performance des projets et des poli-
tiques publiques locales.
245- Courant août 2021, le Réseau pour la Coopération Décentralisée
et le Développement Durable (RC3D)86 a organisé à Kribi, une session
de formation de 10 jours à l’intention d’une cinquantaine de conseillers
régionaux, de magistrats municipaux et des cadres des CTD, axée sur les
dispositions de la Loi portant Code général des CTD, le marketing digi-
tal territorial, la maturation des projets, la tenue des documents financiers
et comptables, l’élaboration des plans directeurs de gestion des déchets
et des plans climats, etc.
246- L’Association des Communes et Villes Unies du Cameroun (CVUC)
a organisé à Bafoussam, du 3 au 6 novembre 2021, un Atelier de
renforcement des capacités des maires de la région de l’Ouest sur la
sécurité électrique. L’objectif était d’outiller ces élus locaux sur les leviers
pouvant être actionnés en vue d’améliorer la disponibilité et la densité du
réseau électrique, ainsi que sur les mécanismes de prévention des accidents
électriques.
86
Le RC3D est une organisation à but non lucratif créée en 2014. Basée en Afrique et au Canada,
elle promeut le développement et la décentralisation à travers un réseau de coopération international
entre les Etats, le CTD, les entreprises et autres OSC.

85
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

247- Le 15 novembre 2021, le Conseil régional du Centre a organisé


à Yaoundé, un Atelier à l’intention de ses conseillers régionaux sur le thème
« Le Code Général des CTD : opportunités et défis pour le développe-
ment de la région du Centre ». Cet Atelier, qui visait à mettre tous les par-
ticipants au même niveau d’information, a permis de les édifier sur le pro-
cessus de décentralisation, le rôle du Sénat dans ce processus et les rap-
ports entre les régions et les représentants de l’Etat, pour leur permettre
d’être plus efficaces lors de la préparation des budgets et de l’élabora-
tion du Plan Régional de Développement.
248- Du 17 au 19 novembre 2021, le Programme National de Formation
aux Métiers de la Ville (PNFMV) a organisé la première édition des jour-
nées professionnelles territoires et métiers (JPTM), sous le thème « le secré-
taire général des collectivités territoriales décentralisées : rôles, défis et pers-
pectives d’un métier clé de l’administration locale à l’aune de la mise en œu-
vre du Code Général des CTD ». Cette activité visait à favoriser la com-
préhension et l’appropriation de la fonction territoriale de secrétaire général
et à faciliter son évolution dans un environnement local en pleine mutation,
afin qu’elle accompagne mieux l’action publique locale.
§5 : Sur le plan opérationnel
249- Les actions de l’Etat ont consisté en la clarification des rapports en-
tre l’Etat et les régions (A), l’implication des populations dans le proces-
sus de développement local (B) et l’appui à l’action communale (C).
A : La clarification des rapports entre l’Etat et les régions
250- Le MINDDEVEL avait, sur financement de la Coopération française,
commandé auprès de la Fondation Paul ANGO ELA, une étude visant
à élucider les rapports qui existent entre l’Etat et les régions, en tenant compte
des perceptions de la base et des principales parties prenantes87. Les ré-
sultats de ladite étude ont été restitués le 13 janvier 2021. Après avoir
mis en exergue les multiples lenteurs qui bloquent l’implémentation du
processus, cette étude a recommandé la refonte de certaines dispositions
légales à l’effet d’éviter les chevauchements entre certains départements

87
Populations, chefs traditionnels, fonctionnaires municipaux, FEICOM, ELECAM, etc.

86
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

ministériels88, l’accélération du transfert des compétences et des ressources,


la mise à la disposition des CTD d’un personnel qualifié et le renforcement
des capacités des élus locaux sur les problématiques de décentralisation
et de développement local.
251- Dans la même lignée, le MINEPAT a organisé à Ebolowa le 7
décembre 2021, un Atelier interrégional Centre, Sud et Est portant sur la
vulgarisation du contrat-plan entre l’Etat et les communes. Il s’agit d’un
cadre de collaboration en vue de la réalisation des projets structurants
et autres objectifs au niveau local adossés sur les Plans Communaux de
Développement.
B : L’implication des populations dans le processus de déve-
loppement local
252- Courant novembre et décembre 2021, le Conseil régional de l’Ex-
trême-Nord a effectué une tournée dans les 6 départements de la région,
dans le but de recueillir les préoccupations des populations, à l’effet de
dégager les axes stratégiques et les actions prioritaires de la vision de dé-
veloppement de la région. Dans cette démarche participative, les conseil-
lers régionaux ont eu des échanges avec les élus municipaux, les élites,
les membres de la société civile, les leaders traditionnels et religieux, ainsi
que les autres couches de la population.
253- Le Conseil régional de l’Ouest a adopté la même démarche. Celui
de la région de l’Est a organisé les consultations dans les départements
du Haut-Nyong et de la Boumba-et-Ngoko en vue de recenser les aspi-
rations des populations dans la perspective de l’élaboration du Plan Ré-
gional de Développement.
C : L’appui à l’action communale
254- Du 3 au 5 décembre 2021, l’association CVUC a organisé à
Yaoundé, les journées économiques internationales des communes
(JEICOM). L’évènement s’est déroulé en présence de dizaines de maires
issus de toutes les régions du pays, de plusieurs présidents de Conseils
régionaux, ainsi que des représentants de l’Association internationale
des maires francophones et l’Association internationale des régions
88
A l’instar du MINDDEVEL, du MINDUH, du MINAT et du MINFI.

87
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

francophones. Le but de cette rencontre était de mobiliser la coopération


décentralisée en mettant en relation les CTD et les organismes et
investisseurs nationaux et internationaux, afin de partager les bonnes
pratiques, nouer des partenariats techniques, renforcer les capacités au
niveau des communes et élargir à moyen terme l’assiette des ressources
propres, dans la perspective de l’accélération du développement local.
Les communes étrangères représentées ont manifesté un intérêt pour les
projets relatifs à la culture, la santé, le développement durable, la mobilité
urbaine et la gestion de l’eau.
255- Par ailleurs, l’Association CVUC et l’Institut Africain d’Informatique
(IAI) ont signé en décembre 2021, un protocole d’entente relatif à l’ar-
rimage des communes au numérique. Ce partenariat va consister en la
formation des personnels communaux, la digitalisation des documents et
des procédures, la sécurisation des données et la mise en place des sources
d’énergies renouvelables. La plus-value réside dans le renforcement des
capacités des cadres, la limitation des déplacements grâce aux vidéo-
conférences, le transfert des documents numériques aux usagers, etc.
256- Dans le but de contribuer à l’accélération du processus de décen-
tralisation et du développement local à travers l’intercommunalité, l’As-
sociation Initiatives, Education, Santé, Environnement (INESE) a organisé
à Yaoundé, du 2 au 4 novembre 2021, les premières rencontres bien-
nales des « synergies nationales des Collectivités Territoriales Décentra-
lisées ». Le but de cet atelier était de promouvoir les partenariats multi-ac-
teurs pouvant permettre de réaliser les objectifs de développement durable
à partir des localités.
257- Enfin, le Fonds d’Equipements Intercommunal (FEICOM) a financé
la réalisation des ouvrages, à l’instar des cités municipales, des adduc-
tions d’eau, de l’éclairage public, des structures hôtelières et des complexes
commerciaux. Le Comité des concours financiers de cet organisme a oc-
troyé au cours de l’année de référence environ 74 financements à 53 com-
munes et communautés urbaines, pour un montant de 20 634 000 000
FCFA89. Le FEICOM a achevé la construction et a mis en service, l’immeuble
abritant son agence régionale du Sud à Ebolowa, d’un coût évalué à 500

89
Soit 31 502 290 euros.

88
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

000 000 FCFA90. La réalisation de cet ouvrage est à ranger dans la po-
litique du FEICOM de rapprocher ses services de ses principaux parte-
naires que sont les conseils régionaux et municipaux.
SECTION 3 : LE RENFORCEMENT DE L’EFFICACITE DE LA
FONCTION PUBLIQUE
258- A l’effet de renforcer l’efficacité de la fonction publique, le Gou-
vernement a pris des mesures en faveur de l’augmentation des effectifs
(§1) et de leur efficience (§2).
§1 : L’augmentation des effectifs dans la fonction publique
259- Le Ministère de la Fonction Publique et de la Réforme Administra-
tive (MINFOPRA) a organisé des concours administratifs et des concours
spéciaux sur la base des besoins en personnels91 identifiés au sein des
administrations bénéficiaires, selon le plan annuel de recrutement prédéfini,
qui a tenu compte des dotations et de la soutenabilité budgétaires. Les don-
nées statistiques des différents concours et tests de sélection sont compi-
lées dans le tableau suivant :
Tableau n° 6 : Récapitulatif des concours et tests de sélection
organisés par le MINFOPRA en 2021

Source : MINFOPRA
90
Soit 763 358,77 euros.
91
Ces besoins touchaient une gamme variée de secteurs et de domaines, à l’instar de l’informatique, la
téléinformatique, le cadastre, la production rurale et agricole, l’écogarde, le génie civil, le génie rural,
la santé publique, les mines et la géologie, les techniques industrielles, les postes et télécommunications,
les régies financières, l’enseignement technique et professionnel, l’élevage et la pêche maritime, l’in-
dustrie animale, la traduction et l’interprétation, la magistrature, l’administration générale et les greffes.

89
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

260- Sur un total de 1 054 lauréats, l’on comptait 54% d’hommes et 46%
de femmes. Suivant la langue, l’on dénombrait 81% de lauréats d’expression
française et 19% de lauréats d’expression anglaise.
§2 : L’amélioration de l’efficience de la fonction publique
261- Les actions menées ont concerné le renforcement des capacités des
agents publics (A), l’assainissement du fichier solde de l’Etat et la sanc-
tion des agents publics indélicats (B), la rationalisation du traitement de
la solde et des pensions des agents publics (C), ainsi que l’approfondis-
sement de la digitalisation de la fonction publique (D).
A : Le renforcement des capacités des agents publics
262- Le MINFOPRA a organisé à Yaoundé le 30 juin 2021, un Séminaire
de renforcement des capacités de son personnel sur les règles d’organi-
sation matérielle des concours administratifs, notamment la réception des
candidats, la vérification et la validation des dossiers physiques et élec-
troniques, le secrétariat, la méthodologie de correction des copies, les exi-
gences éthiques et le régime des indemnités de participation à l’organi-
sation desdits concours. Le même département ministériel a signé avec la
Croix-rouge camerounaise, le 17 juin 2021, une convention en vue de
la formation de son personnel sur les premiers secours et la gestion des
urgences.
263- Courant septembre 2021, le Ministère des Relations Extérieures a
organisé 2 sessions de séminaires nationaux dédiés au maintien de la paix
à l’intention de 400 cadres de l’administration publique92, à l’effet de les
préparer au recrutement éventuel dans la fonction publique internationale,
et notamment les missions de maintien de la paix des Nations Unies et au-
tres organismes internationaux.
264- Le MINEPAT et la Commission Economique des Nations Unies pour
l’Afrique (CEA), en partenariat avec le Programme Alimentaire Mondial
(PAM), ont organisé du 9 au 11 novembre 2021 à Douala, un Atelier
de renforcement des capacités d’une quinzaine d’agents publics, consti-
tués des experts en planification, des cartographes et des économistes en
matière de production des données géo-spatiales pour une meilleure pla-

92
Diplomates, Magistrats, Forces de Défense et de Sécurité, personnels de l’Administration pénitentiaire…

90
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

nification participative du développement. Le but était de les sensibiliser


à la prise en compte des données issues du système d’informations géo-
graphiques dans la conception et la planification des politiques sectorielles
de développement, et d’en faire un outil d’aide à la décision et d’intelli-
gence territoriale.
265- Le même département ministériel a organisé en novembre 2021, à
Douala, à Yaoundé et à Bamenda, des sessions de vulgarisation de la
SND30. Plusieurs responsables administratifs des régions du Littoral, du Cen-
tre et du Nord-Ouest y ont respectivement pris part aux côtés des parle-
mentaires, des élus locaux, des acteurs du secteur privé et des représentants
des Organisations de la Société Civile. Le but de ces sessions était d’outil-
ler les participants sur les objectifs, considérations clés, principes directeurs,
projets prioritaires, réformes majeures, orientations stratégiques et disposi-
tif de suivi-évaluation de ce document ainsi que le rôle des différents acteurs.
B : L’assainissement du fichier solde de l’Etat et la sanction des
agents publics indélicats
266- L’Opération d’Assainissement du Fichier Solde et Personnels de l’Etat
s’est poursuivie en 2021. Entre autres activités menées dans ce cadre, l’on
peut évoquer la session de formation des responsables de la gestion des
ressources humaines de l’administration publique sur l’utilisation de l’ap-
plication « cartographie des postes de travail »93 tenue du 30 mars au 8
avril 2021 ; la tenue des sessions de validation des organigrammes des
administrations du 15 novembre au 1er décembre 2021 ; et la transmis-
sion au MINFOPRA des rapports d’activités des Comités sectoriels d’as-
sainissement de 13 administrations.
267- En outre, le MINFOPRA a initié 1700 procédures disciplinaires contre
les agents publics indélicats et a infligé 510 sanctions disciplinaires. A cet
effet, par une série de 5 Arrêtés signés le 21 mai 2021, le MINFOPRA
a révoqué et licencié d’office une vague de 493 fonctionnaires et agents
publics relevant du Code du travail. Il s’agissait, entre autres, des contrô-
leurs des prix, poids et mesures ; des instituteurs contractuels ; des cadres
contractuels d’administration ; des informaticiens contractuels ; des agents
contractuels d’administration ; des infirmiers diplômés d’Etat contractuels ;
93
Y ont pris part, 85 personnes représentant 40 administrations, dont 20 Sous-directeurs du personnel
et de la solde, et 23 Chefs de Cellules SIGIPES.

91
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

et des cadres en génie informatique contractuels. Ces sanctions ont été


prises dans le cadre de la phase contentieuse de l’opération de Comp-
tage Physique des Personnels de l’Etat (COPPE).
268- Dans une lettre ouverte adressée aux agents et usagers du service
public à l’occasion de la célébration de la 26ème édition de la Journée
africaine de la fonction publique, le même ministère a indiqué que 7 622
agents publics étaient en situation d’absence irrégulière et les invitait à se
justifier.
C : La rationalisation du traitement de la solde et des pensions
des agents publics
269- Le MINFI a élaboré un Guide pratique de traitement de la solde et
des pensions pour faciliter le calcul et le paiement des salaires des agents
de l’Etat en activité et des pensions des agents à la retraite. Rédigé en ver-
sions française et anglaise, ce document pédagogique renseigne sur les
procédures contentieuses et non contentieuses, les techniques d’assai-
nissement du fichier et les pratiques en matière de traitement de la solde.
270- Le même département ministériel a organisé en novembre 2021 à
Yaoundé, un séminaire national sur l’harmonisation et la sécurisation des
actes relatifs à la pension et aux prestations familiales94, à l’intention des
contrôleurs financiers, de ses délégués régionaux et d’autres responsa-
bles administratifs.
271- Dans la même veine, en octobre 2021, le MINFI a lancé l’auto-
matisation de la production des Etats de Sommes Dues (ESD) à travers
la mise sur pied d’une application baptisées ESD-SOFT. Cette application
ambitionne d’alléger et rationnaliser la liquidation des rappels de salaires,
primes, indemnités, sujétions, avancements, reclassements, prises en
charges et allocations familiales non générés automatiquement par l’ap-
plication ANTILOPE.
D : L’approfondissement de la digitalisation de la fonction publique
272- Le Ministre de la Fonction Publique et de la Réforme Administrative,
à l’occasion de la conférence annuelle des responsables des services cen-

94
Pension vieillesse, d’invalidité, de survivants, indemnités de décès, etc.

92
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

traux, déconcentrés et organismes sous-tutelle de ce département minis-


tériel tenue à Yaoundé le 15 janvier 2021 sous le thème « La digitalisation
des procédures administratives au MINFOPRA dans un contexte sanitaire
critique », a engagé l’ensemble de son personnel à s’appuyer sur le nu-
mérique pour atteindre leurs objectifs et optimiser le service rendu aux usa-
gers. L’offre de service a ainsi été repensée en tenant compte de la res-
triction des contacts physiques et des mouvements.
273- Au cours du forum Cameroun-Corée du Sud dédié au service pu-
blic qui s’est tenu à Yaoundé le 26 novembre 2021 sous le thème « Gou-
vernance numérique en vue de la réforme administrative », il a été décidé
de la création de 3 campus numériques à l’ENAM, à l’Institut Supérieur
de Management Public (ISMP) et à l’Ecole Nationale Supérieure des Postes,
des Télécommunications et des Technologies de l’Information et de la Com-
munication (SUP’PTIC), avec l’appui de l’Agence coréenne de coopération
internationale95. L’objectif à terme est de former près de 4000 jeunes
chaque année dans le cadre de l’administration numérique et ainsi do-
ter les agents publics camerounais des techniques de l’e-government et
garantir la migration progressive vers le service public digital.
SECTION 4 : LA SYNERGIE ENTRE LES ACTEURS DE LA VIE
POLITIQUE
274- L’animation de la vie démocratique s’est manifestée à travers la vi-
talité du Parlement (§1), la synergie entre les parlementaires et la société
civile (§2) et le renforcement des capacités des parlementaires (§3).
§1 : La vitalité du Parlement
275- En dehors des activités traditionnelles de vote des lois et de contrôle
de l’action gouvernementale, le Sénat et l’Assemblée Nationale ont, au
cours des sessions parlementaires, organisé plusieurs séances de dialogue
avec les membres du Gouvernement, sur des thématiques et probléma-
tiques diverses et variées, à l’instar de la réforme foncière, de la justice
militaire, de la sécurité routière, et du cadre stratégique, normatif et
institutionnel de promotion et de protection des Droits de l’Homme au
Cameroun.
95
A hauteur de 4 000 000 000 F CFA (soit 6 106 870, 23 euros) pour la construction et l’équi-
pement desdits campus numériques.

93
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

§2 : La synergie entre les parlementaires et la société civile


276- Le 22 avril 2021, les parlementaires et les acteurs de la société ci-
vile membres de la Plateforme Nationale des Organisations de la Société
Civile (PLANOSCAM) ont tenu une réunion de concertation à Yaoundé,
en vue de définir les contours d’une plateforme de dialogue devant per-
mettre à la société civile de mieux participer à la gestion de la cité en exer-
çant un meilleur contrôle et une évaluation efficace de l’action publique.
§3 : Le renforcement des capacités des parlementaires
277- Le 6 avril 2021, l’antenne camerounaise de l’Association Interna-
tionale des Parlementaires pour la Paix a organisé à l’intention de ses mem-
bres, un séminaire de renforcement des capacités en matière de promo-
tion de la paix, afin de faire d’eux de véritables ambassadeurs de la paix
auprès des populations. Les principes de protection de la famille, d’altruisme,
de coopération interreligieuse, de priorité à l’humain et de dialogue ont
été mis en exergue au cours dudit séminaire.
278- La section camerounaise du Réseau des parlementaires africains pour
l’évaluation du développement, avec l’appui de la BAD, d’Onu-femmes
et de l’UNICEF, a organisé à Yaoundé le 25 novembre 2021, un sémi-
naire de formation et d’information à l’intention des élus de la Nation sur
l’évaluation de l’action publique, sous le thème « évaluation du déve-
loppement au cœur de la modernité de l’action publique ». L’objectif du-
dit séminaire était d’outiller les parlementaires sur les mécanismes modernes
d’évaluation des politiques publiques mises en œuvre par le Gouverne-
ment en vue d’un développement durable et équitable du pays. Cette for-
mation rentre en droite ligne des initiatives comme la Déclaration de Co-
lombo relative aux responsabilités des parlementaires sur l’évaluation des
politiques publiques et le Forum global des parlementaires pour l’évaluation
visant l’intégration des méthodes d’évaluation au niveau national, auxquelles
le Cameroun a adhéré
*
* *

94
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

279- En définitive, la garantie du droit de participer à la gestion des af-


faires publiques s’est manifestée pour l’essentiel à travers l’organisation
des élections régionales partielles, l’autorisation de nouveaux partis po-
litiques, l’adoption de nouveaux textes règlementaires relatifs à la dé-
centralisation, la mise en place effective des conseils régionaux, l’entrée
en fonction des Public Independent Conciliators, l’augmentation substantielle
de la Dotation Générale de la Décentralisation, le renforcement des ef-
fectifs dans la fonction publique et des capacités des agents publics, ainsi
que l’animation de la vie démocratique au sein du Parlement.

95
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

CONCLUSION DE LA PREMIERE PARTIE


280- En définitive, des avancées ont été enregistrées dans le cadre de
la promotion et de la protection, par le Gouvernement, des droits civils
et politiques.
281- Pour ce qui est du droit à l’intégrité physique et morale, et à la li-
berté, l’on a noté la mise en place effective du mécanisme national de pré-
vention de la torture, la lutte contre la traite et le trafic des personnes, la
sensibilisation et les sanctions des personnels en charge de l’application
de la loi. La protection des usagers de la route a également été assurée
à travers la sécurité routière.
282- La garantie du droit à un procès équitable s’est manifestée par la
mise en œuvre de ses standards procéduraux et institutionnels.
283- L’accès à une information fiable et sécurisée, ainsi que la protection
des utilisateurs des services de communications électroniques ont été as-
surés à travers la pluralité des sources d’information et les activités de ré-
gulation. La violation de la vie privée a fait l’objet de poursuites et de sanc-
tions devant les juridictions compétentes.
284- La mise en place effective des conseils régionaux et des Public In-
dependent Conciliators, ainsi que l’augmentation substantielle de la Do-
tation Générale de la Décentralisation ont illustré les efforts de l’Etat dans
le sens du raffermissement du droit de participer à la gestion des affaires
publiques.
285- Des efforts supplémentaires s’imposent cependant en ce qui concerne
l’accès à Internet, la répression de l’usage illégal de la force publique et
le traitement des procédures judiciaires dans les délais raisonnables.

97
DEUXIEME
PARTIE
QUESTIONS SE
RAPPORTANT AUX
DROITS ECONOMIQUES,
SOCIAUX ET CULTURELS

DEUXIEME PARTIE : QUESTIONS SE RAPPORTANT AUX DROITS


ECONOMIQUES, SOCIAUX ET CULTURELS
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

INTRODUCTION DE LA DEUXIEME PARTIE


286- Les droits économiques, sociaux et culturels ont été impactés par les
contraintes multiformes auxquelles l’Etat a fait face en 2021, à l’instar des
crises sécuritaires dans certaines régions du pays, de la pandémie de la
Covid-19, de l’augmentation du fret maritime, de l’inflation des prix des
produits de première nécessité et des changements climatiques.
287- Malgré ces contraintes, l’Etat a continué dans la mesure de ses moyens,
à garantir l’ensemble de ces droits, afin d’assurer le plein épanouissement
des personnes relevant de sa juridiction.
288- La présente partie, qui rend compte des efforts consentis par l’Etat
et des défis rencontrés relativement à cette catégorie de droits, épouse
la structure suivante :
- le droit à l’éducation (Chapitre 1) ;
- le droit à la santé (Chapitre 2) ;
- le droit à un niveau de vie suffisant (Chapitre 3) ;
- le droit au travail et à la sécurité sociale (Chapitre 4) ;
- le droit à la culture et aux loisirs (Chapitre 5) ;
- le droit à un environnement sain (Chapitre 6).

101
CHAPITRE 1
LE DROIT A L’EDUCATION

CHAPITRE 1 : LE DROIT A L’EDUCATION


MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

289- En 2021, en dépit des contraintes diverses, le Gouvernement s’est


employé à mettre en œuvre le droit à l’éducation. Il en a été ainsi dans
les enseignements supérieurs (Section 3), secondaire (Section 2) et de base
(Section 1).
SECTION 1 : LA MISE EN ŒUVRE DU DROIT A L’EDUCATION
DANS L’ENSEIGNEMENT DE BASE
290- Le Gouvernement a développé des capacités de résilience du sys-
tème éducatif (§1), favorisé l’accès à l’éducation (§2) et organisé les exa-
mens officiels (§4). Il a également renforcé les ressources humaines et
intensifié la lutte contre les établissements clandestins (§3).
§1 : La résilience du système face au contexte de crises
291- Diverses mesures d’adaptation aux crises ont continué d’être ap-
pliquées au cours de l’année 2021, qu’il s’agisse de l’encadrement nor-
matif du temps scolaire ou de l’enseignement hybride.
292- Ainsi, l’article 2 alinéa 1er de l’arrêté conjoint n° 078/B1/1464/MI-
NEDUB/MINESEC du 25 août 2021, fixant le calendrier de l’année sco-
laire 2021/2022 en République du Cameroun, dispose qu’« en raison
de la pandémie du Covid-19 et des autres types d’urgences humanitaires
actuellement en cours au Cameroun, les activités d’enseignement/ap-
prentissage seront organisées en présentiel et/ou à distance ». L’alinéa
3 du même article précise les 3 modalités de l’apprentissage à distance
que sont l’internet, la radio et la télévision.
293- Par ailleurs, la gestion du temps scolaire a été encadrée par l’Ar-
rêté conjoint susvisé notamment aux articles 7, 8, 9 et 11. Il en résulte que
les classes ont évolué en régimes de plein temps et de mi-temps.
294- En vertu de ce texte, les activités d’enseignement/apprentissage du
régime de plein temps commençaient à 7 heures 30 minutes et se clôtu-
raient à 12 heures 30 minutes, pour tous les niveaux 1, 2 et 3, avec 2
pauses de 30 minutes chacune. Les activités post et périscolaires se dé-
roulaient les mercredis après-midi de 12 heures 30 minutes à 15 heures.
295- En ce qui concerne le régime de mi-temps, les activités d’enseigne-
ment/apprentissage des classes évoluant à mi-temps, débutaient à 7 heures
30 minutes et se clôturaient à 12 heures 30 minutes pour les élèves qui

105
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

évoluent dans la matinée et de 13 heures à 17 heures 30 minutes, pour celles


qui se déroulent dans l’après-midi, de lundi à vendredi. Le samedi matin,
ces élèves fréquentaient de 7 heures 30 minutes à 12 heures 30 minutes.
§2 : L’accès à l’éducation dans l’enseignement de base
296- Pour renforcer l’offre (A) et répondre à la demande en éducation
(B), plusieurs actions ont été menées.
A : Le renforcement de l’offre en éducation
297- Les infrastructures ont été développées, le matériel didactique et le
manuel scolaire ont été distribués. En plus des subventions au titre de
bonification des performances scolaires accordées à certaines écoles, le
projet « Ecole et langue maternelle » s’est poursuivi.
1) Le développement des infrastructures scolaires et la création
de nouvelles écoles
298- Au cours de l’année de référence, 2 766 salles, 120 blocs latrines,
42 clôtures ont été construits. En outre, 96 écoles primaires publiques ont
été réhabilitées et 25 431 tables bancs fabriqués. Les acquis des projets
de coopération (12 écoles du don japonais et 3 écoles du Projet pilote pour
l’amélioration de la qualité de l’éducation de base dans le cadre de la coo-
pération avec la Banque Mondiale) ont été pérennisés et le développement
de l’éducation inclusive s’est poursuivi dans 69 écoles pilotes.
299- Les collectivités territoriales décentralisées, appuyées par des fonds
octroyés par le Ministère de la Décentralisation et du Développement Lo-
cal, et le ministère de l’Education de Base, se sont investies pour 3 types
de projets : la construction, la réhabilitation des salles de classe et la sé-
curisation à travers les clôtures. A titre d’illustration, la commune d’arron-
dissement de Bertoua 1er a réhabilité un bloc de 2 salles de classe et achevé
les travaux de construction de l’école publique d’application de Mokolo
Sembe, dont la clôture. Elle a doté l’école primaire publique de Bango d’un
bloc de 2 salles de classe et d’un bloc administratif, et l’école primaire pu-
blique bilingue de Mokolo 2 d’un bloc de 2 salles de classes. Du côté de
l’école primaire publique de Nkolbikon 3, un bloc de 2 salles de classe
a été construit et les travaux de construction d’un bloc de salles de classe
étaient en cours d’achèvement à l’école primaire publique de Mokolo 4.

106
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

300- Par ailleurs, les bâtiments de l’école primaire publique d’application


de Yokadouma, détruits par une forte pluie en 2016, ont été réfection-
nés par la commune de ladite localité et réceptionnés le 11 juin 2021.
301- Les écoles publiques créées en 2021 se chiffraient à 11, soit 9 écoles
primaires et 3 écoles maternelles.
2) L’octroi des subventions au titre de bonification des perfor-
mances scolaires
302- Au cours de l’année de référence, 1000 écoles ont bénéficié des
financements basés sur la performance à travers le Programme d’Appui
à la Réforme de l’Education au Cameroun (PAREC). Les écoles bénéficiaires
des régions de l’Est (300), de l’Adamaoua (300), du Nord (200) et de
l’Extrême-Nord (200) ont bénéficié de 800 000 FCFA96chacune.
3) L’offre en matériel didactique et manuel scolaire
303- Des manuels scolaires constitués, entre autres, de 687 994 livres
de sciences et technologie et 81 917 livres d’informatique ont été distri-
bués par le MINEDUB dans les zones d’éducation prioritaire. Dans le ca-
dre de la coopération entre le Cameroun et la Chine, du matériel didactique
composé des centaines de paquets de cahiers, de gommes, de règles, des
boîtes de stylos, de crayons, de cartons d’ardoises et de sacs à dos, a été
offert aux élèves du complexe scolaire du Plateau Atemengue (Yaoundé)
le 17 septembre 2021, par la Beijing Urban construction Group.
4) La poursuite du projet « Ecole et langue maternelle »
304- Dans la ville de Douala, 5 écoles pilotes du projet « Ecole et langue
maternelle » (Elan), dont les écoles primaires publiques de Bonamikano
(Douala 4ème), New Deido groupe I (Douala 1er), Bépanda (Douala 1er),
Pk 17 (Douala 5ème), ont bénéficié des enseignements en langue mater-
nelle Duala.
B : La demande en éducation
305- La demande en éducation a été globalement abondante tant au
niveau du préscolaire que du primaire.

96
Soit 1 221, 4 euros.

107
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

306- Au niveau du préscolaire, durant l’année scolaire 2020-2021,


164 219 élèves étaient scolarisés dans les écoles maternelles publiques,
dont 81 600 filles et 82 619 garçons. La Région du Nord-Ouest enre-
gistrait le plus faible effectif avec 2 327 élèves alors que celle de l’Ouest
comptait le plus grand effectif avec 36 082 élèves.
307- Au cycle du primaire, on comptait 3 369 903 élèves dans les écoles
publiques, soit 1 562 022 filles et 1 807 881 garçons. La région du Nord-
Ouest affectée par la crise sécuritaire avait le plus petit effectif avec 18 317
élèves alors que celle de l’Extrême-Nord disposait du plus grand effectif avec
919 835 élèves.
§3 : Le renforcement des effectifs des enseignants et la lutte contre
les établissements clandestins
308- Les ressources humaines ont été renforcées avec le recrutement de
3 099 nouveaux enseignants soit 1 985 femmes et 1 114 hommes.
309- S’agissant de la gestion des établissements clandestins, 176
écoles maternelles et primaires privées ont été fermées dont 21 pour faux
et usage de faux dans les Régions du Centre (1), de l’Ouest (3) et du
Littoral (17), puis 155 établissements clandestins pour défaut d’actes de
création dont 71 dans la région du Littoral (40 dans la ville de Douala),
42 dans le Centre et 42 à l’Ouest (10 Dschang).
§4 : Les résultats aux examens officiels
310- Régulièrement organisés en 2021, les examens de CEP, FSLC et Com-
mon entrance ont connu des fortunes diverses. Par ailleurs, les résultats aux
examens professionnels dans les Ecoles Normales d’Instituteurs d’Ensei-
gnement Général (ENIEG) ont été publiés.
311- La session 2021 du CEP a enregistré 326 653 candidats. Sur les
319 237 qui se sont présentés, 253 503 ont été admis (filles : 119 510 ;
garçons : 133 993), soit un taux de réussite de 79,36%. La région du Sud-
Ouest venait en tête avec un taux de réussite 92, 21%, et celle de l’Ex-
trême-Nord clôturait la liste, avec un taux de réussite de 58,63%.
312- Pour ce qui est du FSLC, on a enregistré 112 435 candidats. Sur les
111 215 qui se sont présentés, 104 727 ont été admis (filles : 54 514 ;

108
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

garçons : 50 213), soit un taux de réussite 90, 42 %. La région du Centre


avait le plus fort taux de réussite de 99,33% alors que celle de l’Extrême-
Nord enregistrait le plus faible taux.
313- S’agissant de la Common entrance, on a dénombré 98 704 can-
didats inscrits. Sur les 97 339 qui ont pris part à l’examen, 88 881 ont
été déclarés admis (filles : 46 088 ; garçons : 42 793), soit un taux de
réussite de 86,27%. Le plus fort taux de réussite qui s’élevait à 99,11%
a été enregistré dans la région du Centre, tandis que celle de l’Extrême-
Nord clôturait la marche avec un taux de réussite de 72, 15%.
314- Pour ce qui était des examens professionnels dans les ENIEG, on a dé-
nombré 8 303 candidats inscrits au Certificat d’Aptitude Pédagogique d’Ins-
tituteurs de l’Enseignement Maternel et Primaire (CAPIEMP) en 2021. Des
8 204 candidats ayant pris part aux épreuves, 7 931 ont été admis, soit
un taux de 96,67%. La Région du Sud a enregistré un taux de réussite de
100%. Les résultats de cet examen sont inscrits dans le tableau suivant :
Tableau n°1 : statistiques des résultats au CAPIEMP session 2021

Source : MINESEC
SECTION 2 : LA REALISATION DU DROIT A L’EDUCATION
DANS LES ENSEIGNEMENTS SECONDAIRES
315- En 2021, Gouvernement a continué à garantir l’accès à l’éduca-
tion dans les enseignements secondaires (§1) l’éducation inclusive et la
lutte contre les établissements clandestins se sont poursuivies (§2), ainsi

109
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

que la gestion rationnelle des effectifs (§3) ; toutes choses qui ont permis
d’obtenir des résultats probants aux examens officiels (§4).
§1 : L’accès à l’éducation dans les enseignements secondaires
316- En vue de satisfaire à la demande toujours abondante (C), l’offre
en éducation s’est poursuivie dans les enseignements secondaires (A), ainsi
que des mesures incitatives (B).
A : L’offre à l’éducation dans les enseignements secondaires
317- Dans les enseignements secondaires, on dénombrait 4 309 éta-
blissements scolaires (2 790 établissements publics et 1 519 établissements
privés) en 2021, contre 4204 (2 764 établissements publics et 1 440
établissements privés) en 2020, soit une augmentation de 105 établis-
sements.
B : Les mesures incitatives à l’éducation
318- Des bourses scolaires ont été octroyées à 8000 élèves. Il s’agissait
des bourses d’excellence d’un montant de 61 880 000 FCFA97, des
bourses pour les filles des filières scientifiques et techniques s’élevant à 10
780 000 FCFA98, et les bourses pour les élèves vivant avec un handicap
à hauteur de 7 340 000 FCFA99.
C : La demande en éducation dans les enseignements secondaires
319- L’effectif des élèves au plan national s’élevait à 1 918 924 durant
l’année scolaire 2020-2021 contre 1 866 583 en 2019-2020, soit une
augmentation de 52 341 élèves. On dénombrait 895 996 filles et 1 022
928 garçons. La région du Centre affichait le plus grand effectif avec 500
939 et celle du Nord-Ouest clôturait la marche avec 46 035 élèves. Les
statistiques y relatives sont portées dans le tableau ci-après :

97
Soit 94 473, 28 euros.
98
Soit 16 458, 02 euros.
99
Soit 11 206, 11 euros.

110
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

Tableau n°2 : Effectif des élèves du public et du privé par sexe et


par Région

Source : MINESEC
§2 : La gestion rationnelle des effectifs
320- Pour ce qui est de la gestion des effectifs des apprenants, l’article
14 de l’Arrêté conjoint MINEDUB/MINESEC du 25 août 2021 sus-
mentionné relève que les effectifs de chaque classe ne devaient pas dé-
passer 60 élèves.
321- En ce qui concerne l’accroissement des effectifs des enseignants, une
cuvée de 474 enseignants sortis le 27 août 2021 de l’Ecole Normale
Supérieure de l’Enseignement Technique d’Ebolowa, constituée entre au-
tres, de 221 titulaires du diplôme de professeurs de l’enseignement tech-
nique de premier grade (Dipet I), 186 titulaires du diplôme de l’ensei-
gnement technique de deuxième grade (Dipet II) et 62 titulaires du diplôme
de Conseiller d’Orientation Scolaire, Universitaire et Professionnelle
(DIPCO), a été mise à la disposition de l’Administration, en vue d’être dé-
ployée dans les établissements scolaires.
322- En outre, 238 lauréats formés à l’Institut National de la Jeunesse et
des Sports du Cameroun ont reçu leurs diplômes de fin de formation.
323- Au total, 6 780 nouveaux enseignants qualifiés ont été recrutés en
2021, soit 2 214 Professeurs des collèges, 3 174 Professeurs de lycée,
791 contractuels issus des Ecoles Normales des Instituteurs de l’Ensei-
gnement Technique (ENIET) et 601 contractualisés.

111
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

§3 : La poursuite de l’éducation inclusive et la lutte contre les


établissements clandestins
324- L’éducation inclusive s’est poursuivie (A) et la lutte contre les éta-
blissements clandestins a été densifiée (B).
A : La poursuite de l’éducation inclusive
325- Les principales mesures entreprises dans le cadre de l’approche genre
étaient relatives à la promotion des clean toilet à travers l’aménagement
des toilettes séparées pour les garçons et les filles dans les établissements
scolaires.
326- Dans le cadre du partenariat UNESCO, ONUSIDA, MINSANTE
et MINESEC, il a été organisé à Douala, du 1er au 4 juin 2021, un Ate-
lier sous le thème « Théorie de changement-initiative Education Plus » qui
visait à garder les filles à l’école au moins jusqu’au secondaire, afin qu’elles
apprennent le maximum et acquièrent des connaissances pour se proté-
ger contre le VIH.
B : La lutte contre les établissements clandestins
327- Suivant Arrêté n°188/21/MINESEC/SEESEN/SG/DAJ/ DESG/
DESTP/DEN/BNCEP du 29 juillet 2021 portant fermeture de certains
établissements scolaires privés pour violation des formalités légales de
création au titre de la rentrée scolaire 2021/2022, 106 établissements
clandestins ont été fermés dans 6 régions dont 58 dans le Littoral, 28 dans
le Centre, 9 à l’Ouest, 7 à l’Est, 2 au Nord et 2 au Sud.
§4 : Les résultats obtenus aux examens officiels
328- Le Gouvernement a organisé et publié les résultats aux examens of-
ficiels dans les enseignements général (A) et technique (B), ainsi que dans
les écoles normales d’instituteurs (C).
A : Dans l’enseignement général
329- La session 2021 du BEPC Bilingue a enregistré 3 167 candidats.
Sur les 3 142 qui se sont présentés, 2 814 ont été admis, soit un taux de
réussite de 89,56%. La région du Nord-Ouest venait en tête avec un taux
de réussite de 100%. Les statistiques des résultats dudit examen sont re-
flétées dans le tableau suivant :

112
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

Tableau n° 3 : Statistiques des résultats au BEPC Bilingue de la


session 2021

Source : MINESEC
330- Pour ce qui est du BEPC ordinaire, le nombre de candidats inscrits
à la session 2021 était de 215 287. Parmi eux, 212 284 ont pris part
aux épreuves dans les 10 régions et 152 931 ont réussi à cet examen,
soit un taux de réussite de 72,04%. La meilleure performance était détenue
par la région du Littoral, avec un taux de réussite de 87, 11 %.
331- Les statistiques des résultats par région et désagrégé par sexe sont
inscrites dans le tableau ci-dessous :
Tableau n°4 : Statistiques des résultats au BEPC ordinaire de la
session 2021

113
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

Source : MINESEC
332-La session 2021 du Probatoire littéraire a enregistré 124 776 can-
didats dans les 10 régions. Des 122 600 candidats présents, 65 801 ont
été admis, soit un taux de réussite de 53,67%. La région du Nord-Ouest
affichait la meilleure performance avec 65,74%. Les statistiques desdits
résultats sont contenues dans le tableau suivant :
Tableau n°5 : statistiques des résultats au Probatoire littéraire
session 2021

Source : MINESEC
333- Au Probatoire scientifique, 111 144 candidats ont été enregistrés
et parmi les 109 611 candidats qui ont pris part aux épreuves, 47 300

114
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

candidats ont été admis, pour un taux de réussite de 43,15%. La région


du Centre chapeautait le classement avec un taux de réussite de
49,91%. Les statistiques des résultats par région et désagrégées par sexe
sont inscrites dans le tableau ci-dessous :
Tableau n°6 : statistiques des résultats au Probatoire Scientifique
session 2021

Source : MINESEC
334- Le GCE Ordinary Level a enregistré 81 354 candidats dans les 10
régions du pays à la session 2021. Sur les 80 238 présents, 47 407
ont été admis, soit un taux de réussite de 59,08%. Le Littoral occupait la
première place du classement avec 64,83%. Les éléments statistiques ex-
posant les résultats de cet examen sont inscrits dans le tableau suivant :
Tableau n° 7: Statistiques des résultats au GCE Ordinary Level
session 2021

115
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

Source : MINESEC
335- Le GCE Advanced level a enregistré 55 390 candidats dans les 10
régions, pour une participation de 54 414 candidats. On a enregistré 33
705 admis, soit un taux de réussite de 61,94%. La région du Nord-Ouest
arrivait en tête avec un taux de réussite de 66,33%. Les statistiques des
résultats de cet examen sont inscrites dans le tableau suivant :
Tableau n° 8 : Statistiques des résultats au GCE Advanced Level
session 2021

Source : MINESEC

116
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

336- Des 76 525 candidats inscrits, 75 850 ont pris part aux épreuves
du Baccalauréat littéraire dans les 10 régions et 62 689 ont été admis,
pour un taux de réussite de 82,65%. La région du Sud-Ouest est arrivée
en tête du classement, avec un taux de réussite de 95,73%. Le tableau
ci-après renseigne sur les résultats dudit examen :
Tableau n° 9: Statistiques des résultats au Baccalauréat littéraire
session 2021

Source : MINESEC
337- Le taux de réussite global au Baccalauréat scientifique était de
55,35%. La région de l’Ouest affichait la meilleure performance, avec un
taux de réussite de 60,90%. Les résultats audit examen sont contenus dans
le tableau ci-après :

117
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

Tableau n° 10 : Statistiques des résultats au Baccalauréat scienti-


fique session 2021

Source : MINESEC
B : Les résultats aux examens officiels dans l’enseignement
technique
338- La région du Littoral a affiché la meilleure performance au Certificat
d’Aptitude Professionnelle (CAP) en Sciences et Technologies du Tertiaire
(STT), avec un taux de réussite de 75,40% tel qu’inscrit dans le tableau
ci-dessous :
Tableau n°11 : Statistiques des résultats au CAP STT session 2021

Source : MINESEC

118
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

339- Sur les 30 421 candidats qui se sont présentés au CAP industriel
en 2021, 25 505 candidats ont été déclarés admis, soit un taux de réus-
site de 83,84%. La meilleure performance s’est retrouvée dans la région
du Centre, avec un taux de réussite de 88,27%. Les résultats désagrégés
dudit examen sont transcris dans le tableau ci-dessous :
Tableau n°12 : Statistiques des résultats au CAP Industriel session
2021
INSCRITS PRESENTS ADMIS TAUX DE REUSSITE (%)

Source : MINESEC
340- Sur les 14 564 candidats qui ont été enregistrés au Probatoire STT,
14 408 ont pris effectivement part aux épreuves et 8 644 candidats ont
été déclarés admis, pour un taux de réussite de 59,99%. L’Extrême-Nord
arrivait en tête du classement avec 68,57%. Les résultats détaillés dudit
examen sont relayés dans le tableau ci-après :
Tableau n°13 : Statistiques des résultats au Probatoire STT session 2021

119
MINJUSTICE
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l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

Source : MINESEC
341- Sur les 34 006 candidats inscrits au Probatoire Industriel, 33 415
candidats ont pris part aux épreuves et 8 560 ont été admis, soit un taux
de réussite de 25,62%. La meilleure performance revenait à la région du
Littoral avec un taux de réussite de 31,28%. Les résultats dudit examen
sont représentés dans le tableau suivant :
Tableau n°14 : Statistiques des résultats au Probatoire industriel
session 2021

Source : MINESEC
342- Le Baccalauréat STT a connu la participation de 8 444 candidats
dans 8 régions100 et 6 193 ont été admis, pour un taux de réussite de
73,34%. La région du Nord est arrivée en tête avec un taux de réussite
100
Cet examen n’a pas été organisé dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest au cours
de la session 2021.

120
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

de 80,71%. Les statistiques des résultats dudit examen sont mentionnées


dans le tableau ci-dessous.
Tableau n°15 : Statistiques des résultats au Baccalauréat STT
session 2021

Source : MINESEC
343- Des 7 965 candidats inscrits au Baccalauréat Industriel dans 8 ré-
gions101, 7 882 ont pris part aux épreuves et 5 553 ont été admis, pour
un taux de réussite de 70,45%. La région de l’Ouest est arrivée en tête
du classement, avec un taux de réussite de 82, 26%. Les statistiques des
résultats dudit examen sont contenues dans le tableau suivant :
Tableau n°16 : Statistiques des résultats au Baccalauréat Industriel
session 2021

101
Cet examen n’a pas été organisé dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest au cours de
la session 2021.

121
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

Source : MINESEC
344- Le Technical and Vocational Education Examination Advanced
level a enregistré 7 988 candidats dans 7 régions, pour une participa-
tion de 7832 candidats. On a enregistré 5 607 admis. Les statistiques des
résultats de cet examen sont inscrites dans le tableau suivant :
Tableau n°17 : Statistiques des résultats du Technical and Vocational
Education Examination Advanced level, session 2021

Source : MINESEC
345- Le Technical and Vocational Education Examination Intermediate Le-
vel a enregistré 12 774 candidats dans 7 régions, pour une participation
de 12 591 candidats. On a enregistré 7 416 admis. Les statistiques des
résultats de cet examen sont inscrites dans le tableau suivant :

122
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

Tableau n°18 : Statistiques des résultats du Technical and Vocational Edu-


cation Examination Intermediate Level, session 2021

Source : MINESEC
C : Les résultats aux examens professionnels dans les écoles
normales d’instituteurs
346- La session 2021 du Certificat d’Aptitude Pédagogique d’Instituteurs
de l’Enseignement Technique (CAPIET) a enregistré 2 227 candidats. Des
2 209 candidats ayant pris part aux épreuves, 1 961 ont été admis, soit
un taux de réussite 88, 77%. La région du Nord-Ouest occupait la tête
du classement, avec 98, 35% comme le révèle le tableau ci-après.
Tableau n°19 : Statistiques des résultats au CAPIET session 2021

123
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

Source : MINESEC
SECTION 3 : LA MISE EN ŒUVRE DU DROIT A L’EDUCATION
DANS L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR
347- Doté d’un Budget de 57 545 000 000 FCFA102, le ministère de
l’Enseignement Supérieur a entrepris des actions qui lui ont permis de sa-
tisfaire à la demande en éducation (§2), d’améliorer la ressource humaine
(§3), d’assurer la continuité de l’enseignement hybride (§1) et d’avoir des
résultats aux examens officiels (§4).
§1 : La continuité de l’enseignement hybride
348- En ce qui concerne le e-learning, la priorité a été portée sur la
digitalisation des enseignements pour faire face à la pandémie de la Co-
vid-19 dans les universités, notamment celles de Yaoundé 1, de Yaoundé
2 et de Maroua. Ledit système a permis de décongestionner les établis-
sements ou les filières aux effectifs pléthoriques, tout en facilitant la
gestion de la démographie estudiantine par rapport à la pandémie de
la Covid-19.
349- Les versions numériques de cours ont été développées pour être ven-
tilées aux apprenants à partir des plates-formes. Aussi, certains enseignants
ont utilisé les radios universitaires pour expliquer leurs cours, comme à l’Uni-
versité de Dschang où des tranches horaires étaient octroyées par la ra-
dio universitaire pour dispenser et expliquer leurs enseignements. Les ré-
seaux sociaux ont également été mis à contribution pour dispenser les cours

102
Soit 87 854 961, 83 euros.

124
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

à distance. Des groupes whatsApp de classe ont été constitués et des liens
électroniques ont permis aux étudiants de les intégrer. C’est dans ces
groupes que les enseignants ont envoyé des supports de cours et ont ré-
pondu aux questions posées par les étudiants.
350- L’Université de Dschang s’est également appuyée sur une plateforme
de formation ouverte à distance en abrégé Foad (formation à distance).
En outre, des outils de communication tels que les emails, les fora, les ser-
vices chat, ont densifié le partage d’informations à l’Université. Les outils
de visioconférence à l’instar de zoom, jitsi, Google meet, ont également
été utilisés. Des enseignements et principalement des soutenances ont été
organisés par visioconférence.
351- Par ailleurs, des classes virtuelles dénommées Google Classroom ont
été mises sur pied par le Centre universitaire des technologies de l’infor-
mation et de la Communication de l’université de Yaoundé I. Google Class-
room a permis de faire en sorte que chaque cours soit présenté virtuel-
lement dans la plateforme.
352- La gouvernance numérique a été également assurée à l’Univer-
sité de Ngaoundéré qui a adhéré à l’African Network Information Cen-
tre. Ladite institution a poursuivi l’apprentissage à distance à travers une
plateforme intégrant tous ses établissements dont le lien d’accès était
http://faod.univ-ndere.cm.
353- Par ailleurs, une innovation pédagogique a été opérée à travers le
« Massive Open Online Courses » (MOOC). Dans le cadre d’un colloque
organisé en septembre 2021, relativement au projet du Réseau africain
de développement du MOOC, 3 universités camerounaises (Douala,
Yaoundé 1 et Ngaoundéré) se sont engagées à tester une autre façon
d’enseigner dans le supérieur, qui passe entre autres, par la formation à
la production des contenus. Pour mettre en œuvre ledit projet, l’Univer-
sité de Douala a reçu une somme de 25 000 euros soit environ 16 300
000 FCFA pour l’acquisition de certains documents de production. Aussi,
une dizaine d’enseignants de cette institution a été formée à l’ingénierie
pédagogique numérique, c’est-à-dire à la manière de créer des cours en
ligne.

125
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

354- Concomitamment aux enseignements à distance, des supports phy-


siques de cours ont été mis à la disposition des apprenants et subsé-
quemment expliqués en leur présence à l’amphi.
§2 : La demande en éducation dans l’enseignement supérieur
355- En 2021, l’Université de Douala a enregistré 17 843 nouveaux étu-
diants103. L’Université de Yaoundé 1 quant à elle a enregistré 28 356 nou-
veaux étudiants104. Au total, ladite institution comptait 72 380 étudiants105.
L’Université de Maroua comptait 32 701 étudiants106. A l’Université de
Ngaoundéré, 7000 nouveaux étudiants ont été accueillis en 2021.
356- Le fichier actualisé de l’effectif de l’Université de Dschang a démontré
que cette institution a enregistré 4 409 nouveaux étudiants inscrits en 2021,
faisant grimper l’effectif total pour le compte de l’année académique
2020/2021 à 30 100 étudiants.
357- Les instituts privés de l’enseignement supérieur ont enregistré 100
000 étudiants au cours de l’année académique 2020/2021.
358- Sur le plan national, on dénombrait au total 592 000 étudiants dans
les universités d’Etat et instituts privés d’enseignement supérieur.

103
Dont 2 870 à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines (FLSH), 2 478 à la Faculté des Sciences
Juridiques et Politiques (FSJP), 2 394 à la Faculté des Sciences Economiques et de Gestion Ap-
pliquée (FSEGA), 5 572 à la Facultés des Sciences (FS), 209 à la Faculté de Médecine et des
Sciences Pharmaceutiques (FMSP), 939 à l’Ecole Nationale Polytechnique de Douala, 692 à
l’Ecole Normale Supérieure de l’Enseignement Technique (ENSET), 673 à l’Ecole Supérieure des
Sciences Economiques et Commerciales, 1 809 à l’Institut des Beaux-Arts, 138 à l’Institut des Sciences
Halieutiques, 276 étudiants étrangers (hors Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique
Centrale) sont inscrits ou en mobilité à l’Université de Douala.
104
Répartis selon les établissements ainsi qu’il suit : 11 902 à la Faculté des Arts, lettres et Sciences
Humaines, 13 000 à la Faculté des Sciences, 1 326 à la Faculté des Sciences de l’Education,
472 à l’Ecole Normale Supérieure, 595 à l’Ecole Nationale Supérieure Polytechnique, 700 à
la Faculté de Médecine et des Sciences Biomédicales, 97 à l’IUT bois de Mbalmayo, 357 à l’EN-
SET d’Ebolowa (cycle 1 : 198 ; cycle 2 : 159).
105
Dont 27 986 à la FALSH, 32 061 à la Faculté des Sciences, 3 898 à la FMSB, 2 170 à la FSE,
3 032 à l’ENS, 1 599 à l’ ENSPY, 384 à l’ IUT-Bois et 1 250 à l’ENSET.
106
Répartis dans 7 établissements ainsi qu’il suit : 12 609 étudiants à la Faculté des Arts, Lettres et
Sciences Humaines ; 1 623 à la Facultés des Mines et des industries pétrolières ; 5 919 à la Fa-
culté des Sciences ; 4 390 à la Faculté des Sciences économiques et de Gestion ; 4316 à la
Facultés des Sciences Juridiques et Politiques ; 2162 à l’Ecole Nationale Supérieure Polytech-
nique de Maroua ; et 1 682 à l’Ecole Normale Supérieure.

126
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

§3 : La gestion des ressources humaines


359- Des enseignants ont été promus en grade (B) et leur effectif a été
renforcé par de nouvelles recrues (A).
A : Le recrutement des nouveaux enseignants
360- Dans la seconde vague de recrutement spécial des titulaires de
Doctorat Ph.D, 549 enseignants, ont été recrutés, portant le nombre total
d’enseignants à 7100, soit un enseignant pour 84 étudiants. Ledit
recrutement a permis d’améliorer le ratio enseignants/enseignés et
optimiser l’assurance-qualité dans les institutions universitaires publiques.
Par ailleurs, le communiqué n° 003/SG/PM du 13 octobre 2021
portant autorisation d’ouverture de 573 postes d’enseignants dans les
universités d’Etat a été publié.
B : La promotion des enseignants en grade
361- Du 20 au 23 décembre 2021, se sont tenus à Yaoundé les travaux
des 45ème et 46ème sessions du comité consultatif des institutions universi-
taires. Un total de 1 772 dossiers d’enseignants du supérieur a été exa-
miné par des experts évaluateurs, en vue des changements de grade. L’on
dénombrait 1 246 dossiers de demande d’accession au grade de Char-
gés de cours, 373 pour le grade de Maître de conférences et 143 au
grade de Professeurs titulaires. L’examen desdits dossiers était toujours en
cours à la fin de l’année de référence.
§4 : La participation aux examens officiels et les taux de réussite
362- Des 28 034 candidats qui ont pris part aux épreuves écrites du
Brevet de Technicien Supérieur, 24 031 ont été admis, soit un taux de
réussite de 80,73% contre 83,71 % en 2020. Les filières d’administration
scolaire, d’assistant judiciaire, de chimie générale, de design, de mode,
de e.commerce et marketing numérique, de construction bâtiment et
routes rurales ont été les plus performantes.

127
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

*
* *
363- Le droit à l’éducation, confronté à des crises multiformes en 2021,
a pu résister grâce à la mise en œuvre des mesures d’ajustement et d’adap-
tation, qui ont permis d’assurer la continuité des services publics éduca-
tifs et maintenir une offre éducative acceptable. Toutefois, de nombreux
défis restent à relever pour pérenniser l’accès à l’éducation au Cameroun.
A ce titre, le 10 novembre 2021, se sont tenues à Yaoundé les assises
de la deuxième session du Comité interministériel chargé du suivi de la
mise en place du Système d’Information Intégré de la Gestion de l’Edu-
cation (SIGE), regroupant les ministères de l’Education de Base, des
Enseignements Secondaires, de l’Enseignement Supérieur, de l’Emploi et
de la Formation Professionnelle. Le SIGE procèdera par les données
statistiques qui renseigneront sur le nombre d’enseignants, d’établissements,
le nombre de postes d’ordinateurs, lesquelles permettront à l’Etat d’ap-
précier les priorités dans lesquelles, il faudra investir.

128
CHAPITRE 2
LE DROIT A LA SANTE

CHAPITRE 2 : LE DROIT A LA SANTE


MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

364- Le droit à la santé a été garanti au Cameroun en 2021 malgré la


pandémie de la Covid-19 qui a continué de sévir, le nombre de cas étant
toutefois à la baisse vers la fin de l’année. La menace de ce fléau n’a pas
entravé la détermination du Gouvernement à poursuivre la mise en œu-
vre de la Stratégie sectorielle de santé 2016-2027. Ainsi, des mesures
ont continué à être prises pour la promotion de la santé (Section1), la pré-
vention et la prise en charge des maladies (Section2), l’amélioration de
la santé de la mère, de l’adolescent et de l’enfant (Section3), et le ren-
forcement du système de santé (Section4).
SECTION 1 : LA PROMOTION DE LA SANTE
365- Pour permettre aux populations d’avoir un meilleur contrôle sur leur
santé et en vue d’améliorer celle-ci, des mesures ont été prises en faveur
d’une action communautaire pour la promotion de la santé (§1), l’amé-
lioration du cadre de vie de la population (§2), le planning familial (§3),
la lutte contre la malnutrition (§4) et les substances illicites et nocives (§5).
§1 : L’action communautaire pour la promotion de la santé
366- Un Plan stratégique national 2021-2025 de la santé communau-
taire a été adopté en novembre 2021.Il vise à contribuer à la réduction
de la morbidité et de la mortalité avec la pleine participation des com-
munautés. Il comprend 5 axes stratégiques107.
367- Parmi les problèmes rencontrés par les services de santé commu-
nautaires avant l’adoption du Plan, figuraient : la faible appropriation de
la santé communautaire par les autres secteurs, implication des Collecti-
vités Territoriales Décentralisées, la faible disponibilité et la mauvaise qua-
lité des services préventifs, curatifs et promotionnels de santé communautaire,
la faible demande des services promotionnels, préventifs et curatifs, de
la mère et de l’enfant au niveau communautaire, la faible implication des
leaders communautaires dans la mobilisation communautaire aux soins
de proximité.
107
Axes stratégiques : le renforcement de l’institutionnalisation et de la gouvernance des interven-
tions de santé communautaire (1), l’amélioration de l’offre de services de santé communautaire
de qualité (2), la communication pour le développement en faveur de la santé communautaire
(3), le suivi ; l’évaluation et la recherche opérationnelle sur les interventions de santé communautaire
(4), l’accès des populations clés et vulnérables aux soins de santé de qualité y compris aux soins
de santé communautaire et prise en compte du genre et des droits humains (5).

131
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

368- Les objectifs spécifiques du Plan comprennent : d’ici 2025, amener


60% des CTD à prendre en main efficacement la gestion des formations
sanitaires (FOSA) de base et à s’impliquer totalement dans le financement
et la gestion de la santé communautaire dans leur territoire ; rendre dis-
ponible dans au moins 80% des FOSA les intrants/médicaments de qua-
lité y compris chez les Agents de Santé Communautaire et autonomiser
les groupes vulnérables.
369- En outre, le 12 juillet 2021, le Programme national de lutte contre
le Paludisme (PNLP), la Société civile pour l’élimination du paludisme et
Impact Santé ont lancé la première Task Force NMCP – Société civile pour
faciliter la participation de la communauté à la lutte contre le paludisme.
Ainsi, 5170 personnels soignants communautaires de 69 districts de santé
ont été formés et équipés.
§2 : L’amélioration du cadre de vie de la population
370- Des mesures ont été prises pour améliorer l’accès à l’eau potable
(voir §523-533), et l’assainissement (voir §742-744) afin de promouvoir
un environnement sain pour la population.
371- Concernant l’Assainissement Total Piloté par la Communauté
(ATPC) et financé par l’UNICEF, le ministère de l’Eau et de l’Energie (MI-
NEE) et le Ministère de la Santé Publique ( MINSANTE ) ont organisé un
atelier d’ATPC qui s’est tenu du 26 au 28 janvier 2021 à Garoua, dans
la région du Nord. Ledit atelier visait à renforcer les capacités de 30 ONG,
associations locales et acteurs gouvernementaux des r égions du Nord
et de l’Extrême-Nord sur la stratégie nationale ATPC et ses directives de
mise en œuvre.
§3 : La planification familiale
372- En septembre 2021, la 4ème édition de l’ « enquête sur la disponi-
bilité des contraceptifs et des produits vitaux de santé maternelle dans les
points de prestation de services au Cameroun en 2020 », a été publiée
par l’Institut National de la Statistique, en collaboration avec le MINSANTE
et le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP).
373- Pour ce qui est de la prestation normale des services de planifica-
tion familiale, 94% des formations sanitaires ayant fait l’objet de cette en-
quête proposaient au moins 3 méthodes contraceptives modernes et 76%
132
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

en proposaient au moins 5. La raison la plus évoquée pour justifier la non-


disponibilité de certains contraceptifs était la demande nulle ou faible des
clients. De manière générale, 43% des formations sanitaires n’ont pas connu
de rupture de stock d’au moins une méthode contraceptive et 78% d’au
moins 3 étaient offerts de façon régulière, dans le cadre de leur presta-
tion normale de services offerts pendant les 3 mois précédant l’enquête.
374- S’agissant du coût, 37% de ces formations sanitaires ont renoncé
aux frais de consultation relatifs à la planification familiale. Parmi les for-
mations sanitaires ayant fait l’objet de l’enquête susmentionnée, 72% avaient
un personnel formé aux services de planification familiale et 98% des per-
sonnes interrogées immédiatement après avoir reçu ces services étaient
satisfaites.
375- L’une des recommandations de l’enquête était la création et la mise
en œuvre d’activités génératrices de la demande pour lutter contre la de-
mande nulle ou faible des services de planning familial.
§4 : La lutte contre la malnutrition
376- Une étude camerounaise intitulée « Fill the Nutrient Gap » menée
en 2021 a révélé que 48% des camerounais n’ont pas les moyens d’avoir
une alimentation qui réponde à leurs besoins nutritionnels, 40% seulement
des enfants de moins de 6 mois sont exclusivement allaités au lait maternel
conformément aux recommandations de l’OMS et seulement 11% des en-
fants de 6 à 23 mois reçoivent une alimentation minimale acceptable.
377- Les recommandations de cette étude étaient, entre autres, de ren-
forcer la supplémentation en micronutriments multiples, en fer et en acide
folique pour les femmes et les adolescentes, ainsi que les initiatives visant
à promouvoir l’allaitement maternel qui est la base d’une alimentation nu-
tritive chez le nourrisson.
378- Les statistiques de l’année 2021 en matière de malnutrition affichaient
3,8% pour la Région de l’Adamaoua, 5,9% pour l’Est, 4,5% pour l’Ex-
trême Nord et 4,8% pour la Région du Nord. Pour ce qui est de la mal-
nutrition chronique, elles étaient de 34,6% pour la Région de l’Adamaoua,
32,8% pour les Régions de l’Est et de l’Extrême Nord et 40,2% pour la
Région du Nord.

133
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

§5 : La lutte contre les substances illicites ou nocives


379- Dans le cadre de la lutte contre les substances illicites ou nocives,
1990 cas d’abus de substance ont été signalés, avec 135 cas (6,8%) ayant
conduit à la mort, ainsi que 2 364 cas d’alcoolisme avec 47 décès (2%).
380- Le Comité National de Lutte contre la Drogue ( CNLCD ) a orga-
nisé du 21 juin au 8 juillet 2021, des activités relatives à la lutte contre
le trafic illicite de drogues. Il a été révélé au cours de ces activités que la
prévalence de la consommation de drogues chez les jeunes est de 15%.
381- Le pays disposait de 19 Centres de soins, d’Accompagnement et
de Prévention en Addictologie (CSAPA) en 2021
SECTION 2 : LA PREVENTION ET LA PRISE EN CHARGE DES
MALADIES
382- Les initiatives se sont poursuivies pour prévenir l’apparition des ma-
ladies transmissibles et non-transmissibles (§1) et prendre en charge celles
existantes (§2).
§1 : La prévention des maladies
383- Concernant la prévention des maladies, le Gouvernement a mené
des actions spécifiques visant à réduire le développement et la sévérité
des maladies transmissibles (A) et non transmissibles (B).
A : Les maladies transmissibles
384- Les mesures ont été prises pour la lutte contre les maladies trans-
missibles prioritaires et les épidémies.
1) Les maladies transmissibles prioritaires
385- S’agissant du paludisme, dans le cadre de la 3ème campagne na-
tionale de distribution des Moustiquaires Imprégnées à Longue Durée d’Ac-
tion (MILDA), au 31 décembre 2021, la Région du Sud-Ouest avait reçu
1 003 400 MILDA, dont 300 000 distribuées dans 4 villes (Buea, Limbe,
Tiko, Muyuka) pour les 19 districts de santé de la région. En outre, un la-
boratoire dédié à la recherche sur le paludisme a été inauguré le 26 oc-
tobre 2021 au Centre Pasteur de Yaoundé.

134
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

386- Pour plus d’informations sur la prévention du paludisme (voir §413


and 424).
387- Toutefois, la lutte contre le paludisme a été entravée par certains fac-
teurs tels que les fréquentes ruptures de stock de certains intrants en rai-
son de plusieurs défaillances dans la chaîne nationale d’approvisionne-
ment en médicaments essentiels.
388- Pour commémorer la 13ème Journée mondiale contre l’hépatite le
28 juillet 2021, des activités ont été menées, notamment le dépistage gra-
tuit et une table ronde. Le dépistage de cette pathologie qui est un tueur
silencieux s’est tenu du 26 au 30 juillet 2021 au Centre international de
vaccination de Yaoundé. À la date du 28 juillet, 70 personnes avaient
pris part à ladite campagne. Un test de dépistage de l’hépatite B a été
pratiqué sur 190 810 poches de sang dans le cadre de transfusions san-
guines, contre 163 313 en 2020. Un total de 10 821 donneurs de sang
a été testé positif à l’hépatite virale B, soit un taux de prévalence de 5,67%,
légèrement inférieur à celui de 2020 (5,8%).
389- Le nouveau Plan stratégique national 2021-2023108 de lutte contre
le VIH/SIDA et les IST a été adopté en septembre 2021. Il vise à réduire,
à l’horizon 2023, les nouvelles infections de 60%, la mortalité liée au VIH
de 70% et à améliorer de 50% la qualité de vie des personnes infectées
et/ou affectées par le VIH et la qualité de la gestion de la riposte nationale.
En outre, il prescrit de nouvelles lignes directrices pour les interventions prio-
ritaires, à savoir une meilleure couverture antirétrovirale chez les enfants et
les adolescents, la promotion des auto tests comme stratégie complémen-
taire pour que davantage de personnes connaissent leur statut sérologique
VIH, la rétention dans la prise en charge et le traitement des personnes sé-
ropositives dans le contexte de la Covid-19 et la réduction de l’incidence
de l’infection à VIH chez les jeunes filles âgées de 15 à 24 ans.
390- Au total, 2 660 738 préservatifs féminins et 33 111 351 préservatifs
masculins ont été distribués en 2021, contre 2 918 908 et 41 057 011

108
La crise sanitaire mondiale de la Covid-19 a eu un impact sur les stratégies de lutte contre le VIH/SIDA.
Le nouveau Plan stratégique national a été élaboré comme étant une extension du Plan 2018-2022,
pour doter le Cameroun d’un document de référence stratégique national visant à accélérer la ri-
poste face au VIH/SIDA, ainsi que préparer la demande de financement conjoint VIH-tuberculose
pour le nouveau modèle de financement 2021-2023 du Fonds mondial.

135
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

respectivement en 2020. Le nombre de personnes soumises à un test de


dépistage du VIH en 2021 était de 3 479 989, avec un taux de
séropositivité de 2,7% contre 2 984 346 en 2020, avec un taux de
séropositivité de 3,3%. Sur 192 351 poches de sang analysées, 1 951
étaient positives au VIH, ce qui représente un taux de séropositivité au VIH
de 1,01%.
2) Les épidémies
391- Des mesures ont continué d’être prises pour endiguer la propagation
de la Covid-19. Ainsi, par Décision n°1211/D/ MINSANTE/ SG/ DPML
du 12 avril 2021, une commission chargée de la libération des lots de vac-
cins a été mise sur pied, avec pour principale mission de remplir les formalités
relatives à la libération des lots de vaccins sur l’ensemble du territoire na-
tional. Les vaccins disponibles au Cameroun étaient ceux de Sinopharm,
Astra Zeneca, Janssen et Pfizer. En dépit de la disponibilité des doses de
vaccins et l’intensification des campagnes de sensibilisation menées en vue
d’améliorer la couverture vaccinale, le pourcentage de la population cible
complètement vaccinée était de 4,7% (soit 660 451 personnes pour une
population cible de 13 944 491) à la fin de l’année.
392- La couverture vaccinale du vaccin Penta3 (DTC-HepB-Hib3- (diph-
térie, tétanos, coqueluche, hépatite, hémophilie))109 était de 80,3% (in-
férieure à la ciblede 85%), contre 81,2% en 2020, tandis que la couverture
du Tetanol-diphtérie (Td2+) était de 73% en 2021 contre 62% en 2020.
La couverture vaccinale du BCG était de 80,3% (en dessous de la cible
90%) en 2021, soit une baisse de 3,4 % par rapport à 2020 (76,9%).
393- Près de 4 116 formations sanitaires offraient des services de vac-
cination, soit une augmentation de 257 structures hospitalières par rap-
port à 2020. Dans le cadre du dispositif Covax, 4 congélateurs à ultra-
basse température d’une capacité de 827 litres chacun ont été acquis en
novembre 2021, pour la conservation des vaccins à - 80°C.
394- Les activités de vaccination ont été entravées par des facteurs tels
que l’insuffisance de congélateurs maintenant la chaîne du froid et les ru-
meurs au sujet de certains vaccins. Pour ce qui est de la durée de rupture
de stock des vaccins, la plus longue était de 111 jours pour le vaccin BCG.
109
Il faut relever que le tétanos et l’hépatite ne sont pas des maladies à tendance épidermique.

136
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

B : Les maladies non transmissibles


395- Concernant le cancer, 20 700 cas ont été enregistrés en 2020, un
nombre non négligeable, raison pour laquelle la sensibilisation et le dépistage
se sont poursuivis en 2021. Plusieurs campagnes de dépistage gratuit ont
été organisées, notamment le dépistage du cancer de la prostate à l’Hô-
pital Central de Yaoundé du 28 juin au 1 juillet 2021, des cancers gyné-
cologiques au Centre Hospitalier de Recherche et d’Application en Chirurgie
Endoscopique et de Reproduction Humaine en mars 2021. En outre, au cours
du mois d’octobre dédié à la sensibilisation au cancer du sein, le coût du
dépistage à l’Hôpital Général de Yaoundé a été réduit et une campagne
de sensibilisation a été organisée dans les locaux de l’ONG Solidarité Chi-
miothérapie (SOCHIMIO) le 20 octobre 2021 à Yaoundé.
§2 : La prise en charge des maladies
396- La volonté d’améliorer la qualité du niveau de vie des populations
a emmené le Gouvernement à poursuivre ses efforts dans la recherche
de solutions contre les maladies transmissibles et non-transmissibles.
A : Les maladies transmissibles
397- Des mesures ont été prises pour lutter contre les maladies transmis-
sibles prioritaires, les maladies tropicales négligées et les épidémies, par-
ticulièrement en raison de la flambée d’un certain nombre d’épidémies.
1) Les maladies transmissibles prioritaires
398- Concernant le VIH/SIDA, au 31 décembre 2021, 388 358 (82,7%)
personnes vivant avec le VIH (PVVIH) sur 469 793 étaient sous ARV par
rapport à 84,9% en 2020. Près de 268 283 (69,1%) PVVIH sur 388 358
sous ARV présentaient une suppression de la charge virale. Les personnes
vivant avec le VIH/SIDA ont continué à bénéficier gratuitement de cer-
tains services, notamment les ARV, les examens de suivi et les médicaments
pour la prévention des infections opportunistes. De plus, 763 personnes
ont été formées sur diverses questions relatives à la riposte au VIH/SIDA
au cours de 25 sessions de renforcement des capacités.
399- Le réseau de prise en charge des personnes vivant avec le
VIH/SIDA a été renforcé dans les formations sanitaires et dans les com-

137
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

munautés, le nombre de formations sanitaires offrant une prise en charge


globale étant passé de 848 en 2018 à 4 424 en 2021 et le nombre d’or-
ganisations communautaires de 101 en 2018 à 154 en 2021.
400- Les acteurs clés ont été formés sur la prise en charge du paludisme.
Ainsi, plus de 3000 prestataires de santé ont été formés sur la prise en
charge appropriée des patients souffrant de cette maladie et presque 2000
techniciens de laboratoire ont reçu une formation sur le diagnostic approprié
du paludisme. En 2021, 3 150 784 cas de paludisme (soit 30% des consul-
tations dans les formations sanitaires) ont été enregistrés, dont 3 863 dé-
cès (soit 14% des décès dans les formations sanitaires). Pour ce qui est
des actions relatives au traitement, voir §427.
401- En outre, 22 850 nouveaux cas de toutes les formes de tubercu-
lose ont été enregistrés en 2021, y compris chez 21,7% des 227 333
PVVIH sous ARV. Les cas de tuberculose pédiatrique s’élevaient à
5,2%. Le traitement de la tuberculose a continué à être gratuit dans la to-
talité des 306 centres de prise en charge et de diagnostic.
2) Les maladies tropicales négligées (MTN)
402- Le Cameroun a atteint son objectif d’éliminer la lèpre en l’an 2000
et a maintenu ce statut pendant plus de 2 décennies. Toutefois, en 2021,
des cas de lèpre ont été enregistrés principalement dans les Régions de
l’Adamaoua, du Nord, du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, après 2 décen-
nies de recul de la maladie. Cette maladie est prise en charge dans les
hôpitaux de district et les centres spécialisés.
3) Les épidémies
403- La Covid-19 a continué à constituer un risque sanitaire majeur.
Outre la médecine conventionnelle, le Gouvernement a autorisé 4
médicaments traditionnels améliorés, à savoir : l’AdsakCovid/Elixir Covid,
produit par Monseigneur Samuel KLEDA, Archevêque de Douala, la pou-
dre Corocur du Dr. Euloge YAGNIGNI, Palubek’s de Christine BEKONO
et Soudicov Plus de l’Imam MODIBO. Cette autorisation a représenté une
avancée remarquable et a apporté un soulagement contre les effets
dévastateurs de la Covid-19 aux populations affectées.

138
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

404- Du début de la pandémie au 29 décembre 2021, l’on avait enregistré


109 666 cas confirmés (dont 3 756 membres du personnel soignant et 580
femmes enceintes), 1 853 décès et 106 108 cas guéris (96,8%). Rien qu’en
2021, 663 décès de suite de Covid-19 ont été enregistrés.
405- Le pays a également fait face à une épidémie de choléra. Du 29
octobre au 31 décembre 2021, 499 cas de choléra avaient été enregistrés
sur l’ensemble du territoire national, dont 18 décès, soit un taux de léta-
lité de 3,6%. Les 4 régions où sévissait le choléra étaient le Littoral, le Sud,
le Sud-Ouest et le Centre, avec 10 districts de santé affectés. Des activi-
tés de riposte ont été menées dans lesdites régions sous la coordination
du Centre de coordination des opérations d’urgence de santé publique.
406- Une épidémie de rougeole110 a été déclarée dans 31 districts de
santé au total. Des mesures de riposte au niveau local ont été menées dans
22 (71%) de ces districts. On a observé une résurgence de la fièvre jaune
(25 districts de santé affectés) et en novembre 2021, 38 infections et 8
décès avaient été enregistrés. Un total de 4 poliovirus de type 2 circulant
et dérivés d’une souche de vaccin (cVDPV2) ont été isolés dans la Région
de l’Extrême Nord dans les districts de santé de Fotokol, Goulfey et Kous-
seri, mettant le pays dans une situation d’épidémie de poliomyélite après
qu’il ait été déclaré zone exempte de poliomyélite en 2019. Pour endi-
guer la propagation de cette épidémie, le MINSANTE a mené une en-
quête pour surveiller le taux de contagion et la propagation du virus et
initié une campagne intitulée « Journées nationales de vaccination » du
7 au 9 mai 2021 pour renforcer la vaccination des enfants âgés de 0-5
ans. Cette campagne a permis de juguler la maladie.
B : Les maladies non transmissibles
407- Comme dans les années antérieures, les patients souffrant d’insuf-
fisance rénale ont observé des grèves. Au rang de leurs plaintes, figu-
raient l’interruption des séances de dialyse, la mauvaise qualité de l’eau
distribuée par CAMWATER utilisée pour les dialyses, les pannes des ma-
chines de dialyse et la rupture de stock des kits de dialyse. Ces grèves
ont eu lieu en avril 2021 au Centre Hospitalier Universitaire de Yaoundé,

110
Dans les régions de l’Extrême Nord (10), de l’Est (5), de l’Ouest (4), de l’Adamaoua (3), du
Centre (3), du Littoral (2), du Sud (2), du Nord-Ouest (1) et du Sud-Ouest (1).

139
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

en juin 2021 et le 21 octobre 2021 à l’Hôpital Général de Yaoundé,


ainsi que le 5 janvier 2021 à l’Hôpital Régional de Bamenda.
408- Pour améliorer la qualité des soins prodigués aux patients souffrant
d’insuffisance rénale, de nouveaux centres de dialyse ont été créés, de
nouvelles machines de dialyse ont été achetées et le système de traitement
de l’eau utilisée pour les dialyses a été amélioré. À la fin de l’année, il exis-
tait 13 centres de dialyse dans le pays111. Un grand bond en avant a été
franchi concernant la prise en charge des patients atteints d’insuffisance
rénale avec la toute première transplantation rénale réussie au Came-
roun et réalisée à l’Hôpital Général de Yaoundé le 10 novembre 2021.
409- La prise en charge à domicile a été l’une des activités relatives à la
santé mentale. Ainsi, la première phase de la campagne de prise en
charge communautaire des personnes atteintes de maladies mentales et
errantes dans les rues de la capitale politique s’est tenue en mai 2021.
Avec la collaboration de leurs familles, ces personnes ont été prises en
charge par le personnel du MINSANTE. Pour la seconde phase de la cam-
pagne, 88 patients ont reçu des soins à domicile du 7 août au début du
mois d’octobre 2021.
410- Au total, 49 918 cas d’hypertension dont 285 décès ont été en-
registrés, ainsi que 967 cas de drépanocytose, dont 19 décès.
SECTION 3 : LA SANTE DE LA MERE, DE L’ADOLESCENT ET DE
L’ENFANT
411- S’agissant de la santé de la mère (§1), de l’adolescent (§2) et de
l’enfant (§3), des ressources humaines et matérielles ont été rendues dis-
ponibles et des efforts ont été déployés pour un accès à la santé mater-
nelle à un coût raisonnable.
§1: La santé maternelle
412- Concernant la prestation de services aux femmes enceintes, en
juin 2021, l’initiative « chèque santé » lancée en 2014 couvrait 250
formations sanitaires dans les Régions de l’Extrême Nord, du Nord et de
111
Les régions du Centre (3), du Littoral (2), de l’Est (1 centre avec 8 machines), de l’Extrême Nord
(1 centre avec 4 machines), de l’Ouest (2), du Nord (1 centre), du Nord-Ouest (1 centre avec
8 machines), du Sud (1 centre avec 3 machines), du Sud-Ouest (1).

140
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

l’Adamaoua. Ladite initiative a permis d’enregistrer les résultats suivants :


721 363 visites prénatales, 164 091 échographies, des milliers de
naissances, dont 6 833 par césarienne pour 289 722 chèques santé
vendus112. Au 31 décembre 2021, ce projet couvrait 202 formations
sanitaires dans 15 districts de la Région du Nord et 28 598 femmes
(72%) sur 39 807 ciblées s’étaient enregistrées pour le chèque santé dans
ladite région. En outre, à la fin du mois d’août 2021, 52 des 100 femmes
atteintes de fistules obstétricales ont subi une opération chirurgicale à
l’Hôpital Protestant de Ngaoundéré dans le cadre de l’accord signé en
2018 entre ledit hôpital et le FNUAP. Ces opérations intervenaient pour
le compte de l’année 2021.
413- De plus, le nombre total des femmes ayant été reçues pour les vi-
sites prénatales s’élevait à 869 313 sur les 1 003 172 ciblées, soit 86,7%,
et 54% d’entre elles ont reçu au moins 3 doses de traitement préventif in-
termittent contre le paludisme. Le VPH (vaccin contre le papillomavirus hu-
main) a été administré aux femmes dans le cadre de la prévention du can-
cer du col de l’utérus. La couverture du VPH était de 18,2% bien que la
cible était 25%.
414- En ce qui concerne la santé reproductive, dans le cadre du Pro-
jet d’appui à la santé maternelle, néonatale et infantile (PASMNI), le MIN-
SANTE a reçu du FNUAP le 30 juillet 2021, 24 variétés d’environ 3 000
kits de santé reproductive et de réanimation pour les 54 formations sa-
nitaires des Régions de l’Adamaoua, du Nord, de l’Extrême Nord et pour
le Centre de coordination des opérations d’urgences de santé publique
à Yaoundé. 423 kits d’intrants pour les soins obstétricaux d’urgence ont
également été reçus pour distribution dans 106 formations sanitaires dans
les Régions de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême Nord.
415- S’agissant des ressources humaines, au rang des étudiants ayant
terminé leur formation, figuraient 133 sages-femmes et maïeuticiens sortis
de l’Ecole de sages- femmes de Douala le 14 novembre 2021.
416- La 4ème édition de l’enquête sur la disponibilité des contraceptifs et
des produits vitaux de santé maternelle dans les points de prestation de

112
Le chèque coûte 6000 CFAF (soit 9, 16 euros) et les patients peuvent recevoir des soins obsté-
triques d’une valeur de 60 000 CFAF (soit 91, 06 euros).

141
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

services au Cameroun, en 2020 publiée en 2021 a révélé que de


manière générale, les médicaments relatifs à la santé de la mère et de
l’enfant étaient gratuits respectivement dans 22% et 33% des formations
sanitaires ayant fait l’objet de l’enquête (dans lesquelles les consultations
étaient payantes).
§2 : La santé de l’adolescent
417- Le MINSANTE et le FNUAP ont lancé le 16 février 2021, une cam-
pagne de sensibilisation à la santé sexuelle reproductive de l’adolescent
qui a duré un mois dans les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Elle
avait pour objectif d’autonomiser les adolescents en leur fournissant des
informations sur les services de santé sexuelle et reproductive, notamment
sur le planning familial, afin de les protéger des violences sexuelles, des
maladies sexuellement transmissibles et des grossesses précoces dans un
contexte humanitaire marqué par la Covid-19.
418- Pour ce qui est de la prévention contre le VIH chez les adolescents,
des campagnes de sensibilisation ont été menées en milieux scolaire et
communautaire. Au total, 257 963 adolescents et jeunes non scolarisés
ont bénéficié des programmes de prévention contre le VIH, soit 36 295
âgés de 10 à 14 ans, 221 668 âgés de 15 à 24 ans et 34 410 jeunes
non scolarisés.
419- Dans le même sillage, la 19ème édition de la campagne Vacances
sans SIDA s’est tenue du 13 au 31 août 2021 sous le thème « VIH ou Co-
vid-19, tu peux te protéger, reste en vie ». Près de 600 pairs éducateurs
des 10 régions ont été déployés sur le terrain pour éduquer et sensibili-
ser les jeunes sur la prévention contre le VIH/SIDA, les maladies sexuel-
lement transmissibles et la Covid-19 pendant les vacances.
420- Le nombre de centres de santé reproductive pour adolescents dans
les Régions de l’Adamaoua, de l’Est, de l’Extrême Nord et du Centre s’éle-
vait à 22.113
421- Concernant les grossesses chez les adolescentes, 3 350 grossesses
chez les filles de 10 à 14 ans et 147 410 chez celles de 15 à 19 ans

113
Des partenaires tels que l’OMS, le FNUAP, l’ACMS et la CAMNAFAW ont accompagné le
Gouvernement dans l’amélioration de la santé des adolescents.

142
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

ont été recensées dans les formations sanitaires pendant les premières
visites prénatales.
422- En outre, 368 521 filles et 379 024 garçons ont été sensibilisés au
VIH/SIDA et aux infections sexuellement transmissibles, tandis que 1 035
préservatifs féminins et 274 000 préservatifs masculins ont été distribués
aux jeunes. Des 26 512 adolescents114 qui ont consulté pour les infections
sexuellement transmissibles dans les formations sanitaires, 23 929 ont reçu
des soins selon les normes prescrites.
§3 : La santé de l’enfant
423- Des initiatives relatives à la prévention des maladies chez les en-
fants se sont poursuivies. Au cours de la campagne conjointe « Journées
nationales de vaccination contre la poliomyélite/Semaine d’Actions de Santé
et de Nutrition Infantile et Maternelle » (SASNIM), organisée du 7 au 9
mai 2021 dans 191 districts de santé, 5 262 468 enfants âgés de 0 à
59 mois sur les 6 042 816 ciblés ont reçu le vaccin oral bivalent contre
la poliomyélite (VPO), soit une couverture de 87%. En outre, les enfants
de la même tranche d’âge ont reçu des suppléments de vitamine A et ceux
âgés de 12 à 59 mois ont été déparasités avec du Mebendazole.
424- Dans la même lancée, des campagnes de chimioprévention du pa-
ludisme saisonnier se sont tenues dans les Régions de l’Extrême Nord et
du Nord en juillet et octobre 2021, au cours desquelles près de 1 900
000 enfants âgés de 3 à 59 mois ont reçu des traitements préventifs.
425- Concernant la prévention de la transmission du VIH de la mère à
l’enfant (PTME), le nombre de formations sanitaires appliquant l’option
B+ pour la PTME était de 5 280, soit 87% des formations sanitaires à
l’échelle nationale, une baisse par rapport aux 5 303 enregistrés en 2020.
Cette baisse s’explique par la crise sécuritaire dans certaines régions du
pays qui a conduit à la fermeture de certaines formations sanitaires. Des
869 313 femmes reçues en visites prénatales, 824 243 ont été soumises
à un dépistage du VIH. Le nombre de femmes enceintes séropositives ayant
reçu des ARV dans le cadre de la PTME était de 17 304 sur les 19 081
identifiées (10 087 (58,3%) d’entre elles étaient déjà sous ARV pendant
leur grossesse), soit 90,2% contre 80,2% en 2020.
114
2 666 adolescents entre 10 et 14 ans et 26 512 entre 15 et 19 ans.

143
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

426- S’agissant des enfants exposés au VIH, 12 619 sur 13 809 (enfants
nés dans les formations sanitaires et ceux nés hors des formations sani-
taires mais qui y ont été conduits dans une période de 72 heures) ont été
mis sous ARV, ce qui représente une couverture de 91,38% par rapport
aux 85,2% de 2020.
427- Des soins médicaux ont été dispensés aux enfants pour une va-
riété de maladies, dont le paludisme, le diabète et les maladies congé-
nitales. Le nombre total de cas confirmés de paludisme chez les enfants
était de 995 192, dont 500 529 ont reçu des soins gratuits, soit un pour-
centage de 50,3%. Des 523 590 enfants de moins de 5 ans souffrant de
paludisme sans complication, 289 202 ont bénéficié d’un traitement gra-
tuit, soit 55,2% d’entre eux ; et sur 471 602 enfants de moins de 5 ans
souffrant de paludisme grave, 211 327 enfants, soit 44,8% ont reçu un
traitement gratuit. Les enfants ont continué à recevoir des soins gratuits grâce
au programme Changing Diabetes in Children dans le cadre de la stra-
tégie « Vaincre le diabète » de Novo Nordisk.
428- Pour ce qui est du traitement des malformations congénitales chez
les enfants, un accord a été signé entre le MINSANTE et la Cameroon
Baptist Convention Health Services (CBHS) le 25 mai 2021 pour la prise
en charge des enfants nés avec un pied bot dans le cadre du projet Ca-
meroon Clubfoot Care exécuté par la CBHS qui s’étend sur 4 ans.
429- En outre, le 10 juillet 2021, le Presbyterian Paediatric Eye Hospital
a été inauguré à Limbe pour la fourniture de soins oculaires spécialisés aux
enfants, dans le cadre d’une initiative conjointe entre l’église presbytérienne
du Cameroun, la Christian Blind Mission et le German Lions Club.
SECTION 4 : LE RENFORCEMENT DU SYSTEME DE SANTE
430- La répartition équitable des formations sanitaires était la priorité du
Gouvernement qui a continué à fournir des équipements médicaux aux
formations sanitaires et à y affecter du personnel (§1). Des mesures re-
latives à l’accessibilité des soins de santé ont également été adoptées (§2).

144
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

§1 : La disponibilité des formations sanitaires, des ressources


humaines et des équipements
431- Le nombre de formations sanitaires a été renforcé (A), le personnel
soignant a été formé (B) et des équipements ont été achetés (C).
A : La disponibilité des formations sanitaires
432- Pour s’assurer que les formations sanitaires sont relativement équi-
tablement réparties pour servir la population, l’Arrêté n° 2039/MINSANTE
du 25 mai 2021 fixant la carte sanitaire du Cameroun pour la période
2021-2025 a été signé. Ledit arrêté a pour principal objectif de prescrire
la distance minimale entre les formations sanitaires, ainsi que la taille de
la population à couvrir par un établissement de santé public115.
433- Au rang des nouvelles formations sanitaires, on peut citer les Cen-
tres hospitaliers régionaux d’Ebolowa et de Bafoussam, inaugurés les 3
et 11 décembre 2021 respectivement et qui sont déjà opérationnels. L’Unité
de coordination de la réponse à l’urgence polio a également été inau-
gurée à Yaoundé le 26 mars 2021 pour permettre au pays de conser-
ver son statut de zone exempte de poliovirus.
434- En 2021, il existait 2 674 formations sanitaires publiques.
B : Les ressources humaines
435- L’amélioration de la quantité et de la qualité est restée une préoc-
cupation majeure, raison pour laquelle la formation du personnel soignant
s’est poursuivie.
436- Des étudiants ont obtenu leur diplôme de médecine, notam-
ment182 chirurgiens-dentistes de la Faculté des Sciences de la Santé de
l’Université des Montagnes et de la Faculté de Médecine et des Sciences
Biomédicales de l’Université de Yaoundé I le 29 juin 2021, ainsi que 400
médecins de la Faculté de médecine et des sciences pharmaceutiques de
115
L’arrêté stipule que la distance minimale pour les formations sanitaires publiques de même ca-
tégorie est de cinq (5) kilomètres (art. 3). Dans les villes de Yaoundé et Douala, une distance d’au
moins trois cent (300) mètres doit être observée entre deux (2) formations ou structures sanitaires
privées (art 4). Dans les autres chefs-lieux de régions et localités, la distance minimale est de trois
cent cinquante(350) mètres. Pour ce qui est de la population, l’Arrêté précise qu’une formation
sanitaire publique doit couvrir une population d’au moins dix mille (10 000) habitants dans les
chefs-lieux de régions et cinq mille (5 000) dans les autres localités (art.5).

145
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

l’Université de Douala et de la Faculté de Médecine et des Sciences


Biomédicales de l’Université de Yaoundé I le 28 avril 2021.
C : La disponibilité des équipements
437- Plusieurs types d’équipements ont été achetés, notamment des am-
bulances, des machines de laboratoire et des équipements de la chaîne
de froid, pour ne citer que ceux-là.
438- Dans le cadre des mesures prises pour continuer de combattre le
Covid-19, des ambulances ont été acquises pour la gestion des urgences
dans les districts de santé des zones rurales, notamment 10 ambulances
le 27 février 2021 et 15 ambulances le 1er avril 2021, avec le soutien
du Programme des Nations Unies pour le Développement. Dans le cadre
du soutien au Projet d’élimination de la transmission du VIH/SIDA de la
mère à l’enfant au Cameroun, 47 véhicules ont été achetés le 22 décembre
2021. Pour ce qui est de l’organisation de la CAN TotalEnergies orga-
nisée en janvier 2022, des ambulances ont été achetées et distribuées dans
les régions qui devaient accueillir les matchs.
439- En outre, le 27 février 2021, dans le cadre de la deuxième phase
du Projet d’acquisition des équipements de la chaîne de froid, 842 équi-
pements, dont certains étant alimentés à l’énergie solaire, ont été ache-
tés grâce à l’effort conjoint de l’Etat et de l’UNICEF. Ces équipements étaient
destinés aux formations sanitaires publiques et privées offrant des services
de vaccination.
440- Dans le cadre de la coopération Cameroun-Japon, l’Ambassade du
Japon au Cameroun a financé l’acquisition d’une machine ultra-performante,
MaldiT, pour le diagnostic des maladies infectieuses. Ladite machine qui
réduit le temps de diagnostic était disponible dès le 29 juin 2021. Un nou-
veau scanner a également été acheté pour l’Hôpital Central de Yaoundé.
441- Le renforcement des capacités du personnel soignant a aussi porté
sur la fourniture des soins de santé pendant la CAN TotalEnergies orga-
nisée en janvier 2022. C’est dans cette optique que le 8 décembre 2021,
30 personnels de santé ont été formés à Yaoundé sur les interventions en
cas de catastrophe, avec le soutien de la Turkish Aid Agency. Dans le même
sillage, le MINSANTE a organisé, du 14 au18 décembre 2021, une for-

146
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

mation nationale sur les soins d’urgence dans le contexte du Covid-19 pour
les acteurs impliqués dans la mise en œuvre de la couverture sanitaire de
la CAN TotalEnergies.
§2 : L’accessibilité aux soins de santé
442- L’Arrêté n° 2039/MINSANTE du 25 mai 2021prévoit également
des mesures permettant de s’assurer que les formations sanitaires ne cou-
vrent pas toutes la même zone, mais tiennent également compte des zones
moins desservies, permettant ainsi qu’une vaste zone géographique soit
couverte pour une meilleure accessibilité physique.
443- Reconnaissant l’importance des associations d’employeurs dans la
mise en œuvre de la Couverture Santé Universelle (CSU), le Ministre de
la santé publique a tenu une réunion le 26 février 2021 à Douala, avec
lesdites associations (Groupement Inter patronal du Cameroun (GICAM),
Mouvement des Entreprises du Cameroun (MECAM) et Entreprises du Ca-
meroun (ECAM) pour expliquer les tenants et les aboutissants de la CSU
et obtenir leurs observations. Cette réunion marquait le début d’une sé-
rie de consultations pour une meilleure structuration de la CSU. En dépit
de ces initiatives, la mise en œuvre de la CSU a fait face à un défi ma-
jeur, à savoir le renvoi au premier trimestre de l’année 2022 de la mise
en œuvre effective initialement prévue pour janvier 2021.
444- Les tests de la Covid-19 sont restés gratuits tout au long de l’année
2021.
445- S’agissant de l’accessibilité aux médicaments, comme dans les an-
nées précédentes, le traitement du paludisme était gratuit dans les formations
sanitaires publiques pour les femmes enceintes et les enfants de moins de
5 ans (§427).), de même que l’insuline pour les patients diabétiques de
moins de 25 ans (§428). Le traitement de la tuberculose et les ARV sont
également restés gratuits, ainsi que les autres formes de traitement pour
les personnes vivant avec le VIH/SIDA (§ 398).
446- En outre, un répertoire de médicaments homologués a été publié
en août 2021. Selon ce répertoire, 7 974 médicaments étaient autori-
sés au Cameroun à la date du 2 décembre 2020. Ledit répertoire com-
prend les noms des médicaments, des fabricants, la date d’autorisation

147
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

et le coût. Il s’agit d’un document de référence qui contribue à la prise


de décision lors des interventions sanitaires dans le secteur pharmaceu-
tique. Il est accessible à l’adresse https://dpml.cm/repertoireDesAmm/
index.php.
*
* *
447- Des progrès importants ont été accomplis dans le secteur des
interventions médicales avec la toute première transplantation rénale réus-
sie au Cameroun. Un pas de géant a également été franchi avec la
reconnaissance du rôle des médicaments traditionnels améliorés comme
traitement de la Covid-19, à travers l’autorisation officielle de 4 médicaments
traditionnels améliorés à utiliser au même titre que les médicaments conven-
tionnels. Ces actions appellent à la réflexion sur le cadre juridique rela-
tif à la transplantation d’organes et aux médicaments traditionnels amé-
liorés. Une autre avancée a été l’augmentation du nombre de formations
sanitaires et du nombre d’équipements, particulièrement ceux relatifs à la
santé de la mère et de l’enfant.
448- Une fois de plus, le système de soins de santé universel destiné à
fournir des soins de qualité pour tous n’a pas pu être rendu opérationnel.
Le stockage de certains intrants et la réapparition de certaines épidémies
ont également constitué un défi.
449- Toutefois, la baisse des infections liées à la Covid-19 à la fin de
l’année a redonné espoir pour l’année 2022.

148
CHAPITRE 3
LE DROIT A UN NIVEAU
DE VIE SUFFISANT

CHAPITRE 3 : LE DROIT A UN NIVEAU DE VIE SUFFISANT


MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

450- En dépit des contraintes multiformes, tenant notamment aux crises


sécuritaire et sanitaire, à la hausse du fret maritime et à la flambée des
prix des produits de première nécessité, l’Etat n’a ménagé aucun effort en
vue de garantir à la population relevant de sa juridiction, le droit à un ni-
veau de vie suffisant dans ses 3 composantes, à savoir le droit à l’ali-
mentation (Section 1), les droits à l’eau et à l’énergie (Section 2) et le droit
à un logement décent (Section 3).
SECTION 1 : LE DROIT A L’ALIMENTATION
451- L’élaboration de nouveaux outils stratégiques (§1), la lutte contre
l’insécurité alimentaire (§2), la garantie de la disponibilité (§3), de l’ac-
cessibilité (§4) et de l’acceptabilité des produits alimentaires (§5) ont été
les principales actions menées par l’Etat pour garantir aux populations le
droit à l’alimentation.
§1 : L’élaboration de nouveaux outils stratégiques
452- Le Plan des réformes prioritaires pour l’amélioration de l’environnement
des affaires dans le secteur agropastoral (A) et le Plan de développement
du maïs et du manioc (B) ont été élaborés.
A : Le Plan des réformes prioritaires pour l’amélioration de l’en-
vironnement des affaires dans le secteur agropastoral
453- Dans le cadre du Programme de promotion de l’entreprenariat agro-
pastoral des jeunes, le ministère de l’Agriculture et du Développement Ru-
ral (MINADER) et le ministère de l’Elevage, des Pêches et des Industries
Animales (MINEPIA) ont élaboré le Plan des réformes prioritaires pour l’amé-
lioration de l’environnement des affaires dans le secteur agropastoral. Le
but de cet outil stratégique est d’attirer plus d’investisseurs privés et d’ac-
croître l’apport du secteur agropastoral à l’économie.
454- Ce Plan prévoit la mise en œuvre de 17 réformes, dont l’accélération
de la réforme foncière en cours, en mettant l’accent sur l’accès des femmes
et des jeunes ; l’élaboration d’une loi d’orientation agropastorale ; la struc-
turation des professions et des métiers dans le secteur agropastoral ; le
renforcement du leadership des communes dans le développement des
filières agropastorales ; le développement des partenariats publics-privés
en matière de conseil, de vulgarisation et de recherche agropastorale ;

151
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

la promotion du machinisme agricole ; la vulgarisation des normes ca-


merounaises sur les produits et services agropastoraux pour assurer la
compétitivité, la santé du consommateur et la protection du marché na-
tional ; et la promotion du « made in Cameroon ».
B : Le Plan de développement du maïs et du manioc
455- Le Gouvernement, à travers le MINADER, s’est doté d’un Plan de
développement du maïs et du manioc.
456- S’agissant du maïs, ce Plan vise les 7 objectifs suivants : l’élargis-
sement et la fourniture des variétés améliorées de maïs nutritives et tolé-
rantes au stress, qui utilisent les nutriments de manière efficiente ; la lutte
contre la propagation et l’impact des ravageurs, notamment la chenille
légionnaire et la nécrose létale du maïs ; le renforcement de la filière du
maïs par l’amélioration des capacités des cultivateurs et le recours aux
variétés améliorées résistantes au climat ; le développement et le dé-
ploiement du maïs aux caractéristiques nutritionnelles renforcées ; l’in-
tensification des systèmes agroalimentaires basées sur le maïs à travers
des pratiques de gestion de cultures et des outils de soutien aux décisions
intelligentes face au climat ; l’amélioration des produits Aflasafe, des sys-
tèmes de gestion des aflatoxines et des mécanismes de fourniture et le dé-
veloppement des capacités ainsi que la formation d’une nouvelle géné-
ration de professionnels du maïs.
457- Pour ce qui est du manioc, le Plan ambitionne d’améliorer les ren-
dements dans les exploitations familiales ainsi que les technologies post-
récolte et la qualité des produits ; il a également pour but de contribuer
à la diffusion et à l’adoption des innovations et résultats de la recherche.
§2 : La lutte contre l’insécurité alimentaire
458- Le Projet conseil sur la gestion durable des sols dans le milieu rural
au Cameroun (Prosep) a mené une étude sur les impacts des changements
climatiques sur l’agriculture dans les régions de l’Adamaoua et du Nord.
Les résultats de ladite étude, qui ont été présentés à Yaoundé en janvier
2021, ont permis aux agriculteurs et éleveurs des zones cibles de mieux
organiser leur calendrier agricole et d’accroître la résilience de leurs ac-
tivités face aux changements climatiques.

152
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

459- En 2021, la région de l’Extrême-Nord a eu 38 jours de pluie pour


une pluviométrie de 659 millimètres d’eau, contre 44 jours de pluie pour
une pluviométrie de 966 millimètres d’eau en 2020. Cette régression consi-
dérable prédisposait cette région à l’insécurité alimentaire. Mais grâce
aux efforts du Gouvernement116, les productions agropastorales ont per-
mis d’écarter le spectre de l’insécurité alimentaire.
460- Au plan national, le MINADER et le MINEPIA ont élaboré le Ca-
dre harmonisé, qui est un outil d’analyse et de diagnostic de la situation
de la sécurité alimentaire et nutritionnelle dans le pays, visant à identifier
les zones à risque et les populations en situation d’insécurité alimentaire.
L’analyse qui a été faite au mois de décembre 2021 a révélé que 85,2%
des ménages avaient une consommation alimentaire acceptable, tandis
que 14,8% avaient une alimentation pauvre. En outre, la situation de la
sécurité alimentaire était bonne dans 22 départements et relativement ac-
ceptable dans 24 départements. L’on a néanmoins observé une dégra-
dation de la situation dans 12 départements des régions de l’Extrême-Nord,
du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, due à la crise sécuritaire et à la pauvreté.
Aucun département n’était cependant en situation d’urgence ou de famine.
En raison de ces indicateurs, l’indice de la faim dans le monde117 a placé
le Cameroun au 74ème rang sur 113.
461- A l’issue de ladite analyse, le MINADER a préconisé la reprise des
activités agropastorales dans les zones désertées, la poursuite de la mise
en œuvre des pratiques agricoles innovantes, l’utilisation des semences
améliorées et résilientes, le choix des spéculations correspondant à la pé-
dologie des sols et le renforcement de l’industrie agroalimentaire.
§3 : La garantie de la disponibilité des produits alimentaires
462- A l’effet de garantir la disponibilité des produits alimentaires, le
Gouvernement a intensifié la recherche (A), mutualisé les efforts en vue
du développement du secteur agropastoral (B) et renforcé les capacités
de production (C).

116
Déployés à travers le Programme d’appui à la compétitivité des exploitations agricoles ; le
Projet d’appui et de développement des filières agricoles ; le Projet de développement de la
laiterie, etc.
117
Pour plus d’informations, cf. www.globalhungerindex.org.

153
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

A : L’intensification de la recherche
463- Dans le souci d’intensifier les activités de recherche, l’Institut de Re-
cherche Agricole pour le Développement (IRAD) s’est doté de nouvelles
structures opérationnelles créées dans certains bassins de production, à
savoir : 2 Stations Polyvalentes de Recherche Agricole dans les régions
de l’Extrême-Nord et du Sud-Ouest ; et 9 Antennes de recherche dans les
régions de l’Adamaoua, du Centre, du Littoral, du Sud-Ouest, du Sud, du
Nord et de l’Extrême-Nord.
464- En outre, cet institut a, comme à l’accoutumée, mené des activités
de recherche dans les domaines végétal, pastoral et halieutique, qui ont
permis le développement des chaînes de valeurs palmier à huile, ananas
et bananiers plantains ; le développement des techniques appropriées
pour réduire l’impact des contraintes de production sur les céréales ;
l’amélioration de la productivité des légumineuses dans les différentes
zones agro-écologiques du Cameroun ; la production de vitro-plants de
bananiers plantains et des semences de base des variétés améliorées
d’igname et de manioc pour le Nord-Ouest et le Sud-Ouest ; la sélection
des variétés de riz adaptés pour les zones d’altitude ; l’accentuation des
essais multi-locaux d’adaptabilité du blé dans la région de l’Adamaoua ;
le développement des techniques et procédés de conservation des
viandes et produits de pêche ; l’amélioration du système de production
des petits ruminants traditionnels par l’acquisition et l’entretien des
ressources génétiques et la production de foins ; l’accroissement de la
production des poussins d’un jour par l’acquisition des parentaux, la
formulation des provendes, l’incubation et le sexage des œufs.
B : La mutualisation des efforts en vue du développement du
secteur agropastoral
465- Le 8 juin 2021, une concertation a eu lieu à Yaoundé entre le MINADER
et plusieurs agences du système des Nations Unies dont le Programme Ali-
mentaire Mondial (PAM), afin de collecter directement auprès de celles-ci,
les données en vue d’établir un programme de sécurité alimentaire prenant
en compte les personnes vulnérables résidant au Cameroun.
466- Par ailleurs, du 23 au 26 novembre 2021, l’Agence de Promotion
de Petites et Moyennes Entreprises (APME) a organisé à Yaoundé, la 2ème
édition des journées nationales de réseautage, sous le thème « valoriser

154
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

et capitaliser les chaînes de valeurs collaboratives ». L’objectif de cette ac-


tivité était d’amener les acteurs du secteur agroalimentaire à adopter une
culture de valorisation du réseautage, à maîtriser les chaînes de valeurs
au sein desquelles ils peuvent opérer, à adresser les problèmes d’accès
aux marchés et à tirer profit des cadres normatifs nationaux et commu-
nautaires pour développer les chaînes de valeurs.
467- De plus, dans le cadre de la mise en œuvre de son Plan stratégique
2021-2025, le Centre nationale d’étude et d’expérimentation du ma-
chinisme agricole (CENEEMA) a signé avec la société de développement
et d’exploitation des productions animales (SODEPA), le 20 octobre 2021,
une convention visant à améliorer la production agropastorale. A travers
cette convention, le CENEEMA s’est engagé à aménager les espaces,
ranchs et exploitations agropastorales pour le compte de la SODEPA ;
à encadrer techniquement les exploitants ; à assister les Collectivités
Territoriales Décentralisées dans l’aménagement des périmètres agro-
pastoraux ; à concevoir les prototypes de machines à mettre à la dispo-
sition de la SODEPA et en assurer la maintenance et à former le person-
nel de la SODEPA et les exploitants à l’utilisation des engins agricoles.
C : Le renforcement des capacités de production
468- Afin de garantir la disponibilité des denrées alimentaires, des me-
sures visant à renforcer les capacités de production ont été prises, dans
les domaines agricole, pastoral et halieutique.
1) Le renforcement des capacités de production dans le domaine
agricole
469- Le Gouvernement et ses partenaires se sont employés à promouvoir
le machinisme local, aménager les espaces arables, construire un centre
d’incubation pilote, financer la production, produire et distribuer les se-
mences améliorées et renforcer les capacités des agents publics.
a) La promotion du machinisme agricole local
470- L’un des objectifs de l’Etat mentionné dans la SND-30 est la mo-
dernisation de l’agriculture au Cameroun. Conscient de ce que cette mo-
dernisation passe par la mécanisation et la densification du tissu industriel
national, le Gouvernement s’active à encourager le développement du
machinisme local. Ainsi, à l’occasion de la 7ème édition du Salon international

155
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

de l’agriculture et de l’agroalimentaire de Yaoundé (SIALY) qui s’est tenu


en juillet 2021 sous le thème « Agriculture et agroalimentaire : enjeux, dé-
fis du libre-échange africain », les chercheurs camerounais ayant répondu
à l’appel ont exposé des machines agricoles de toutes sortes, fabriquées
localement, à l’instar de la presseuse d’huile, la décortiqueuse d’arachides,
la trieuse de noix de palme, l’égreneuse, la plumeuse à volailles, la râ-
peuse à manioc, le broyeur de farine, les moulins pour vivres frais, dont
les coûts variaient entre 250 000 et 1 500 000 FCFA118. Ces machines,
destinées pour l’essentiel à la transformation, visent l’accroissement de la
valeur ajoutée des produits agricoles.
471- Par ailleurs, en novembre 2021, 12 promoteurs d’entreprises agro-
industrielles issus de l’incubation au sein de la pépinière nationale pilote
d’Edéa, ont bénéficié d’une subvention de 100 000 000 FCFA119,
octroyée par le MINPMEESA, et destinée à la modernisation des chaînes
de production et de transformation, à l’amélioration du packaging, à la
conception et à la fabrication des machines agroalimentaires, à l’instar
des expulseurs d’huile végétale, des séchoirs de fruits et légumes, etc.
b) L’aménagement des espaces agricoles
472- La mise en œuvre du volet agricole du Plan d’Urgence Triennal pour
l’accélération de la croissance économique (PLANUT) s’est poursuivie dans
ses 3 composantes, à savoir l’aménagement des périmètres hydro-agri-
coles, la mise en place des Agropoles et la construction des retenues d’eau.
Concrètement, l’aménagement de 13 000 hectares s’est poursuivi dans
le département du Logone-et-Chari ; les études pour l’aménagement de
13 107 hectares de périmètres fourragers dans la région de l’Adamaoua
et pour la construction de 16 retenues d’eau dans la région du Nord ont
continué ; le processus de contractualisation en vue de l’aménagement
de 15 280 hectares de périmètres fourragers dans les départements de
la Vina, du Mbéré et du Faro-et-Déo a été démarré et 7 retenues d’eau
ont été construites dans la région de l’Extrême-Nord.
c) La construction d’un centre d’incubation pilote
473- Le 22 décembre 2021, a été inauguré un Centre d’Incubation Pi-
lote de 2ème génération à Bwadibo dans l’arrondissement de Dibombari,
118
Soit 2 290 euros.
119
Soit 152 671 euros.

156
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

région du Littoral. D’un coût total de 1 500 000 000 FCFA120, cette unité121
de la Chambre de Commerce, de l’Industrie, des Mines et de l’Artisanat
du Cameroun (CCIMA) est un centre de formation aux métiers de la trans-
formation agropastorale et vise le développement de l’esprit d’entreprise
en vue de la création d’unités semi-industrielles de production. Elle per-
met ainsi de mettre en valeur les atouts du département du Moungo, lo-
calité essentiellement agricole d’une part, et vise à consolider la place de
l’agriculture comme socle du développement industriel, en adéquation avec
la SND30 d’autre part.
d) Le financement de la production agricole
474- Le 12 octobre 2021, le Gouvernement a signé avec la Banque Mon-
diale, un Accord de financement de 116 917 500 000 FCFA122, pour
la mise en œuvre du Projet d’aménagement et de valorisation des inves-
tissements dans la Vallée de la Bénoué, dont le but est d’aménager et d’amé-
liorer les services d’irrigation dans la localité concernée afin d’optimiser
la production agricole, et spécifiquement du riz.
475- En vue de redynamiser la filière riz, le Gouvernement a signé une
convention de financement avec le Fonds International de Développement
Agricole pour la mise en place du Projet d’Appui au Développement des
Filières Agricoles phase II. Ce projet vise à accroître durablement les re-
venus et la résilience des exploitations agricoles familiales dans les régions
de l’Extrême-Nord, du Nord, du Nord-Ouest et de l’Ouest.
476- Courant août 2021, 46 organisations de production agropastorale
de la région de l’Est123 ont reçu du Programme de consolidation et de pé-
rennisation du conseil agropastoral, des appuis financiers chiffrés au to-
tal à 240 000 000 FCFA124. Le même Programme a octroyé la somme

120
Ces fonds ont été mobilisés conjointement par le MINMINTD, le MINEPAT et la CCIMA.
121
Construit sur 1 hectare, ce centre comprend un bloc administratif, un bloc technique bâti sur 1300m2,
un bloc de toilettes, un forage d’eau potable et un transformateur électrique d’une puissance de
400 Kva. Il est également doté d’un minibus de 30 places pour assurer le déplacement des in-
cubés et du staff.
122
Soit 178 500 000 euros.
123
Soit 7 dans le département du Haut-Nyong, 18 dans le département du Lom et Djérem, 8 dans
le département de la Boumba et Ngoko et 13 dans le département de la Kadey.
124
Soit 366 412 euros.

157
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

de 166 000 000 FCFA125 à 29 organisations de producteurs dans la ré-


gion du Littoral126, et celle de 400 000 000 FCFA127 à 94 organisations
dans la région du Centre. Ces appuis étaient destinés au financement des
activités et à la modernisation des appareils productifs des bénéficiaires.
477- Le MINADER a aussi octroyé des appuis aux producteurs, surtout
les plus vulnérables. A titre d’exemple, le 12 octobre 2021, des appuis
en matériels constitués entre autres des machettes, gants, casques,
brouettes, portes-tout, pulvérisateurs, atomiseurs et engrais ont été octroyés
par ce département ministériel pour permettre à 60 cacaoculteurs de la
région du Sud de reconstituer les superficies dévastées par le feu au cours
de la période sèche de février 2021.
e) La production et la distribution des semences améliorées
478- Pour la campagne semencière 2021, le MINADER a publié la liste
des producteurs128 et des zones de production des semences de maïs, du
sorgho et du cacao, ainsi que des quantités disponibles, récapitulées dans
le tableau suivant :
Tableau n° 1 : Quantité des semences produites par région pour
la campagne semencière 2021

Source : MINADER

125
Soit 253 435 euros.
126
Soit 17 dans le département du Moungo et 12 dans le département du Nkam.
127
Soit 610 687 euros.
128
SODECAO, IRAD, les GIC et les Coopératives.

158
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

479- Dans la région de l’Adamaoua, le Centre de recherche agricole de


l’IRAD de Wakwa a offert à 20 organisations paysannes, 60 000 plants
d’anacardier et 20 000 plants d’acacia Sénégal. L’anacardier produit
de la pomme de cajou, consommée localement et utilisée pour la fabri-
cation des jus naturels, des confitures, de l’alcool et des produits phar-
maceutiques. Cet institut a également organisé des campagnes de dis-
tribution des semences améliorées aux populations et autres acteurs du
secteur agricole sur toute l’étendue du territoire, dans les proportions sui-
vantes :
- 20 tonnes de riz de diverses variétés129;
- 1 tonne d’arachide (40 ha d’ensemencement) ;
- 500 kg de haricot (20 ha d’ensemencement) ;
- 1,5 tonne de soja (50 ha d’ensemencement) ;
- 10 tonnes de maïs (450 ha d’ensemencement) ;
- 5 tonnes de sorgho pluvial et de contre saison (350 ha
d’ensemencement).
480- Au cours d’un atelier organisé le 8 juillet 2021 dans le cadre de
la 7ème édition du Salon international de l’agriculture et de l’agroalimentaire
de Yaoundé (SIALY), l’Institut international d’Agriculture tropicale (IITA),
partenaire du MINADER, a présenté des innovations relatives aux semences
améliorées (boutures, manioc, maïs, igname, cacao), à la protection des
végétaux et à la fertilité du sol. Ces innovations sont fondées sur la maxi-
misation de l’utilisation des différentes sources organiques d’engrais, la
minimisation des pertes en éléments nutritifs et l’utilisation judicieuse des
disponibilités économiques.
f) Le renforcement des capacités des agents publics en
matière agricole
481- L’Etat et ses partenaires ont continué à renforcer les capacités des
acteurs du monde agricole, et particulièrement des agents publics. C’est
dans ce sillage que du 15 au 22 juin 2021, 20 cadres du MINADER et
du MINEPIA ont bénéficié d’une session de formation en ligne et de par-
tage d’expériences en matière de développement rural et de promotion
de l’agriculture, organisée par l’Agence coréenne de coopération inter-
nationale. Les participants ont été édifiés sur le système agricole coréen,
129
Nerica, Nerica L56, Nerica L8 et 4, Nerica L36.

159
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

le modèle de développement rural mis en œuvre dans ce pays, l’économie


liée à l’agriculture, le développement des infrastructures, l’élaboration des
plans d’action des projets agricoles, ainsi qu’un cas d’école portant sur
la production du riz.
2) Le renforcement des capacités de production dans le domaine
pastoral
482- Le tissu de production en matière pastorale s’est densifié en 2021
avec l’ouverture de l’usine de la Compagnie fermière camerounaise,
filiale de la Société Anonyme des Brasseries du Cameroun. D’un inves-
tissement de 18 000 000 000 FCFA130, ladite usine, implantée dans la
localité de Mbankomo, département de la Mefou-et-Akono, permettra de
produire 40 000 tonnes de riz de maïs et de farine à base de maïs chaque
année, 112 000 œufs à couver par semaine et 90 000 poussins d’un jour
chaque semaine, destinés à l’élevage des poulets de chair. Elle permet-
tra également de renforcer les capacités productives des populations
environnantes et de répondre à la demande des aviculteurs et autres
éleveurs en intrants131.
483- S’agissant des financements, le Programme de consolidation et de
pérennisation du conseil agropastoral (PCP-ACEFA) a octroyé à 56 or-
ganisations de producteurs132 de poulets et de viande blanche de la ré-
gion de l’Ouest, la somme totale de 292 592 900 FCFA133, essentiel-
lement destinée à la modernisation des appareils de production.
484- De plus, la SODEPA a noué un partenariat de 3 ans avec l’Ecole
Pratique d’Agriculture de Binguela134, en vue de mutualiser les ressources
humaines, matérielles et financières pour développer l’embouche bovine135,
vulgariser les techniques pastorales innovantes en zone forestière, mobiliser
les partenaires, et à moyen terme, mieux gérer les cheptels au niveau de
130
Soit 27 480 916 euros.
131
L’usine est en effet dotée d’une provenderie capable de produire 30 tonnes d’aliments par jour.
132
Soit 19 dans le département de la Menoua, 17 dans le département du Haut-Nkam, et 20 dans
les départements de la Mifi et du Koung-Khi.
133
Soit 446 706 euros.
134
Le 24 juin 2021.
135
Technique d’élevage consistant à nourrir le bétail dans les enclos à l’aide des herbes et des plantes
permettant un engraissage rapide.

160
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

l’insémination artificielle et de la reproduction, et assurer la commercia-


lisation et la distribution des produits issus de cette collaboration.
3) Le renforcement des capacités de production dans les
domaines halieutique et piscicole
485- Les actions de l’Etat ont porté, entre autres, sur l’amélioration de la
qualité de la formation d’une part, et l’encadrement des acteurs de la pêche
artisanale d’autre part.
486- Sur le 1er point, le 29 décembre 2021, le Limbe Nautical Arts and
Fisheries Institute (LINAFI) a signé une convention de partenariat avec les
opérateurs de la pêche industrielle. Suivant les termes de cette conven-
tion, le LINAFI s’est engagé à former les personnels des compagnies de
pêche, tandis que celles-ci accueilleront les étudiants du LINAFI en stage.
Le but de cette convention est d’améliorer la qualité des ressources hu-
maines de la filière, et partant, de booster le rendement dans ce secteur
d’activité.
487- Dans le cadre de la stratégie gouvernementale d’accroissement de
la production halieutique et de mise en œuvre de la politique d’import-subs-
titution, la Caisse de Développement de la Pêche Maritime (CDPM) a formé
plus de 300 aquaculteurs et pisciculteurs en 2020 et 2021 dont 170 dans
la région du Littoral. La majorité des personnes formées est parvenue à pro-
duire d’importantes quantités de poissons d’eau douce, dont une bonne par-
tie a été commercialisée à l’occasion des fêtes de fin d’année 2021. Même
si les concernés ont éprouvé des difficultés d’approvisionnement en aliments
et que leurs bacs aquacoles sont demeurés au stade artisanal, cette initia-
tive du MINEPIA a contribué à la réduction des importations.
488- Sur le second point, le top management de la CDPM a eu des
échanges les 7 et 8 décembre 2021 avec les pêcheurs du Cap Came-
roun et Manoka dans la région du Littoral, principaux pourvoyeurs des
villes de Douala et Yaoundé en écrevisses. Le but de ces échanges était
de collecter les informations sur les activités de capture, de transformation
et de commercialisation des ressources halieutiques issues de la pêche ar-
tisanale. A cette occasion, la pêche par empoisonnement des poissons136
pratiquée par certains a été fustigée et un point a été fait sur les princi-
136
A l’aide d’un produit toxique appelé Thiodan 35 (Galamine) qui étourdit les poissons.

161
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

pales difficultés rencontrées137 par ces pêcheurs à l’effet d’y apporter des
solutions. En outre, le 5 novembre 2021, par l’intermédiaire du MINE-
PIA, 10 pirogues, 28 glacières, un fumoir et de nombreux accessoires de
pêche ont été octroyés aux pêcheurs et transformateurs de produits ha-
lieutiques dans la localité de Mouanko, département de la Sanaga-Ma-
ritime, par la Commission Régionale de Pêche du Golfe de Guinée
(COREP), institution spécialisée de la Communauté Economique des Etats
de l’Afrique Centrale (CEEAC).
§4 : La garantie de l’accessibilité des produits alimentaires
489- Afin de garantir l’accessibilité des produits alimentaires, le Gou-
vernement est allé en croisade contre l’inflation et la vie chère (A). De plus,
les structures et espaces de distribution des produits alimentaires ont été
multipliées (B) et les acteurs économiques œuvrant dans le domaine de
la distribution desdits produits ont été accompagnés (C).
A : La lutte contre l’inflation des coûts des produits de première
nécessité et la vie chère
490- Compte tenu de la situation inflationniste, le Gouvernement a pris
un train de mesures en vue d’approvisionner les marchés et de réduire les
importations.
1) L’état des lieux de la situation inflationniste
491- Les coûts des produits de première nécessité ont connu une inflation
de l’ordre de 2,1% en moyenne138 sur les marchés camerounais, surtout
au cours de la 2ème moitié de l’année 2021. Selon l’Institut National de
la Statistique139, cette flambée était due en majeure partie aux effets né-
fastes de la pandémie de la Covid-19 qui ayant réduit la mobilité au ni-
veau des frontières, a conduit à l’augmentation exorbitante des coûts du
fret maritime avec une incidence négative sur les chaînes d’approvision-
nement, à la pratique de la spéculation par les commerçants distributeurs,
137
L’intrusion des pêcheurs industriels dans les zones réservées à la pêche artisanale, l’usage d’en-
gins de pêche illicites par les pêcheurs industriels, la destruction de la mangrove qui constitue
l’habitat et le lieu de reproduction des poissons, l’inconstance de la marée, le manque de glace
pour la conservation des produits de pêche, etc.
138
V. Communiqué de presse du Ministre du Commerce du 24 décembre 2021.
139
V. Note publiée le 1er septembre 2021.

162
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

à l’insécurité dans certaines régions du pays, à la faiblesse de l’offre des


produits agricoles due aux changements climatiques, et à la transmission
de la hausse des prix mondiaux. Même si elle est demeurée en deçà du
seuil de 3% fixé en zone CEMAC, cette inflation a néanmoins rendu dif-
ficile les approvisionnements en denrées telles que le riz, la farine de blé,
le poisson, le poulet de chair et les huiles végétales raffinées, avec comme
conséquence une forte pression sur le panier de la ménagère.
492- La question a fait l’objet de débat au cours du conseil de cabinet
du 4 novembre 2021. A l’occasion, le Ministre du Commerce, le Minis-
tre de l’Elevage, des Pêches et des Industries Animales, ainsi que le Mi-
nistre de l’Agriculture et du Développement Rural ont exposé sur « la stra-
tégie d’approvisionnement du marché national en produits de grande
consommation dans la perspective des fêtes de fin d’année140 ainsi que
les mesures prises en vue de la mise en œuvre de la politique d’import-
substitution prescrite par le Chef de l’Etat ».
2) La stratégie d’approvisionnement des marchés
493- Le Ministre du Commerce a multiplié les concertations avec les di-
vers acteurs141et les contrôles dans les marchés142. La stratégie de contrôle
reposait sur la surveillance des comportements, la dénonciation des spé-
culations et la transparence dans les prix pratiqués dans les espaces mar-
chands. Le Gouvernement a en outre, par décision du Ministre des Finances
du 16 novembre 2021, décidé d’un abattement exceptionnel de 80% sur
le montant du fret maritime143 à intégrer dans le calcul des droits de douane
140
Il s’agit globalement des mesures prévisionnelles visant à éviter les pénuries et à stabiliser les prix
(la mise en place des facilités d’importation des produits essentiels ; l’organisation des campagnes
de ventes promotionnelles en collaboration avec les municipalités ; les opérations de contrôle
des marchés…
141
C’est le cas de la réunion d’échanges qui a eu lieu le 22 septembre 2021 entre le MINCOM-
MERCE, les responsables des compagnies maritimes opérant au Cameroun, les opérateurs éco-
nomiques et les Administrations publiques dans l’importation des produits de grande consommation ;
c’est également le cas de la concertation qui a eu lieu le 28 décembre 2021 entre le MIN-
COMMERCE et une vingtaine de présidents de syndicats et des marchés du Département du
Mfoundi, au cours de laquelle il a été convenue du recours aux achats groupés auprès des pro-
ducteurs et importateurs pour diminuer les coûts en amont et éviter au consommateur de payer
des prix salés en aval.
142
La Brigade Nationale des Contrôles et de Répression des Fraudes du MINCOMMERCE a mené
21 916 contrôles, qui ont abouti à 6 388 sanctions, 47 mises sous scellés et 71 076 produits
saisis pour non-conformité et mise en vente de produits interdits.
143
Cette mesure s’étend jusqu’au 28 février 2022, renouvelable le cas échéant.

163
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

pour alléger les sacrifices consentis par les opérateurs économiques. L’ob-
jectif poursuivi par cette mesure était de neutraliser l’augmentation du fret
maritime à l’international et d’éloigner la menace qui pesait sur la dis-
ponibilité des produits de grande consommation. Le Gouvernement a aussi
interdit l’exportation des huiles végétales (Mayor, Azur, Diamaor, star oil,
pacific oil et Neimar) et des céréales (maïs, riz, mil et sorgho) dans le but
de permettre la disponibilité de ces produits sur les marchés locaux.
494- Dans la même perspective, le MINEPIA a œuvré à la satisfaction de
la demande en produits d’origine animale, notamment par l’accroissement
continu de la production et la réduction des pertes par la mortalité. Ces
actions ont permis de stabiliser le circuit national de distribution dans la
filière bovine autour de 11 000 têtes abattues par semaine. Les mesures
tendant à assurer la biosécurité ont contribué à préserver les grandes
exploitations de la peste porcine africaine, ce qui a permis d’avoir une
production de viande de porc estimée à 12 808 tonnes au 4ème trimestre
2021, avec 5 500 tonnes pour le seul mois de décembre. S’agissant des
produits halieutiques, les efforts du Gouvernement ont permis d’assurer la
disponibilité de 74 554 tonnes de poissons frais au cours du dernier
trimestre, tandis que les stocks des importations étaient de 22 000 tonnes.
495- Le MINADER pour sa part s’est employé à dynamiser l’offre locale
des spéculations à forte demande tels que les céréales, les racines et tu-
bercules, le bananier-plantain et les maraichers, ce qui a permis de pro-
jeter une production annuelle de l’ordre de 12 860 000 tonnes de maïs,
121 000 tonnes de riz, 1 200 000 tonnes de sorgho, 458 000 tonnes
de pommes de terre, 20 000 tonnes de soja, 5 700 000 tonnes de ba-
nane-plantain et 6 250 000 tonnes de manioc.
496- En outre, le 26 janvier 2021, le MINEPAT et la Banque Mondiale
ont signé un accord de crédit d’un montant de 60 000 000 de dollars,
soit 35 900 000 000 FCFA144 pour la mise en œuvre du Projet de
Relance et de Développement de la Région du Lac Tchad (PROLAC).
Ces fonds visent à améliorer les conditions d’existence et de résilience
des populations du département du Logone et Chari dans la région de
l’Extrême-Nord, à réhabiliter 314 km de route et renforcer les activités
génératrices de revenus.

144
Soit 54 809 160, 30 euros.

164
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

3) Les mesures visant la réduction des importations


497- En vue de promouvoir les produits « made in Cameroon », des ini-
tiatives ont été conduites par le MINCOMMERCE à travers l’aménage-
ment des circuits d’accès aux financements, l’ouverture de 63 vitrines d’ex-
position des produits locaux, etc.
498- Le MINADER a mis l’accent sur l’aménagement des surfaces culti-
vables et la mécanisation de la production et de la transformation.
499- En outre, la Société sucrière du Cameroun (SOSUCAM) et l’Admi-
nistration des Douanes ont signé un protocole d’accord le 5 août 2021
mettant en place un cadre de collaboration et d’accompagnement en vue
de lutter contre le commerce illicite et particulièrement l’importation illicite
du sucre.
B : La multiplication des structures et des espaces de distribution
des produits
500- Dans le but de permettre aux populations d’accéder facilement aux
produits à des coûts réduits, l’Etat et les CTD ont organisé de nombreuses
activités ponctuelles. Les CTD et les structures privées ont également amé-
nagé de nouveaux espaces de distribution des produits.
1) Les activités ponctuelles visant l’accessibilité des produits
alimentaires
501- En vue d’approvisionner les marchés et faciliter l’accès des popu-
lations des zones urbaines aux denrées durant la période des fêtes de fin
d’année, de nombreuses foires et mini-comices ont été organisés sur toute
l’étendue du territoire national, soit par le MINCOMMERCE, soit par des
organisations privées. A l’occasion, les agriculteurs, éleveurs, pisciculteurs
et autres acteurs du monde rural, à titre individuel ou regroupés au sein
des Groupes d’initiative commune (GIC) et autres coopératives, ont pro-
posé au public des fruits, produits maraîchers, tubercules diverses, pou-
lets, viandes et poissons à prix abordables. La possibilité a également été
donnée aux transformateurs camerounais d’écouler leurs produits, à l’ins-
tar des pâtes alimentaires à base de plantain et manioc, des liqueurs à base
de manioc, citron et miel, ainsi que des huiles végétales, contribuant ainsi
à la mise en œuvre de la politique gouvernementale de l’import-substitution.

165
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

2) L’aménagement de nouveaux espaces de distribution des


produits alimentaires
502- Le complexe commercial « Ongola », construit au centre de la ville
par la Communauté Urbaine de Yaoundé, a été mis en service le 29 sep-
tembre 2021. Bâti sur une superficie d’environ un hectare, le complexe
comprend 176 boutiques, 26 box, 3 hangars de près de 300 places, un
bloc administratif, un restaurant, une infirmerie et des toilettes modernes
à grande capacité d’accueil. Cet espace marchand est prioritairement dé-
dié au recasement des vendeurs à la sauvette qui encombraient les artères
du marché central de Yaoundé.
503- La SODEPA a ouvert à Ebolowa dans la région du Sud en décembre
2021, une boucherie moderne145. D’un coût de 75 000 000 FCFA146 et
construite sur une superficie de 108 m2, cette structure a contribué à ré-
sorber l’insalubrité et l’installation anarchique des vendeurs de viande qui
prévalaient dans cette ville.
C : L’accompagnement des acteurs économiques
504- Le 8 juillet 2021, sous la houlette du MINCOMMERCE, le Syndi-
cat national des commerçants de bétail et activités connexes du Came-
roun et le Syndicat national des bouchers du Cameroun ont signé une
convention de partenariat pour mettre en place un mécanisme d’appui
et de mutualisation des moyens pour l’amélioration des conditions de com-
mercialisation du bétail et de la vente de la viande fraîche, notamment
les programmes concertés de ravitaillement des marchés locaux en qua-
lité et en quantité de viande de bœuf ; la création, l’implantation et la ges-
tion des boucheries modernes dans les communes.
505- L’Agence des Normes et de la qualité (ANOR) a organisé au pro-
fit des producteurs, importateurs, syndicats, administrations, responsables
de marchés, associations de défense des droits des consommateurs et per-
sonnels des laboratoires d’analyses et d’essais, 11 séminaires et ateliers
sur l’appropriation du mécanisme d’élimination des Obstacles Techniques
au Commerce (OTC) dans le cadre de l’opérationnalisation de l’accord

Elle est constituée d’une chambre froide pour la conservation des produits, des salles de découpe
145

et d’exposition (2 vitrines réfrigérées d’une capacité de 368 litres, d’un magasin, d’une salle d’eau
et d’un bureau.
146
Soit 114 503,8 euros.

166
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

sur la Zone de Libre Echange Continentale Africaine (ZLECAF), les pro-


cédures de contrôle qualité et la maîtrise des exigences des normes ISO
9001 relative au système de management de la qualité, ISO 27000 sur
le management de la sécurité de l’information, ISO 14001 sur le ma-
nagement environnemental et ISO 37001 relative au système de ma-
nagement anti-corruption.
§5 : La garantie de l’acceptabilité des produits alimentaires
506- Le Gouvernement s’est concentré sur l’amélioration de la qualité (A),
la normalisation et la certification (B), ainsi que sur le contrôle de la qua-
lité desdits produits (C).
A : L’amélioration de la qualité des produits alimentaires
507- Plusieurs activités ont été organisées par l’Etat en vue d’améliorer
la qualité des produits alimentaires destinés à la consommation. A titre
d’exemple, le Comité de pilotage du Dispositif d’appui à la compétitivité
du Cameroun, avec l’appui du MINEPAT et de l’Union européenne, a or-
ganisé à Douala du 18 au 21 août 2021, un atelier de renforcement des
capacités des organisations professionnelles évoluant dans l’agroalimentaire
en matière d’emballage et d’étiquetage. Le but était d’outiller les participants
sur les qualités d’un bon emballage en vue d’assurer la conservation, le
transport et la sécurité du produit.
508- Dans le cadre du volet agropastoral du Fonds européen de Déve-
loppement, le Programme National de Développement Participatif
(PNDP) a doté le département du Lom-et-Djerem dans la région de l’Est,
qui constitue un important bassin de production de manioc, de maïs et d’ara-
chide, de 6 aires de séchage dans les localités de Ndoumbi I et II, Kanda,
Minkolong, Mbeth et Moundi. Ces installations évaluées à 17 400 000
FCFA147 ont contribué à améliorer les systèmes de transformation et de
conservation des produits concernés, et partant, leur qualité.
509- Les 26 et 28 octobre 2021 à Yaoundé, l’ANOR, à travers la Cel-
lule Femmes, Jeunes et normalisation, a organisé une session de sensibi-
lisation et de formation des revendeuses de vivres, membres de l’Association
des Bayam-sellam sur l’hygiène sanitaire et les bonnes pratiques en ma-

147
Soit 26 564,8 euros.

167
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

tière de vente des produits alimentaires. Les participantes ont été édifiées
sur les avantages de l’emballage et sur les procédures de contrôle de la
qualité des denrées d’une part, et sur les dangers de l’usage des produits
chimiques pour la conservation ou l’accélération du murissement des ali-
ments, ainsi que de la disposition des produits à même le sol d’autre part.
510- L’ANOR a également organisé à Yaoundé, le 13 décembre 2021,
un atelier de renforcement des capacités des parties prenantes sur les sys-
tèmes d’assainissement, conformément aux normes ISO 30500 et ISO
31800.
B : La normalisation et la certification des produits alimentaires
511- L’activité de normalisation des produits, menée pour l’essentiel par l’ANOR,
a produit des résultats en termes d’élaboration des normes, d’évaluation de la
conformité des marchandises et de certification des produits locaux.
1) L’élaboration des normes
512- Dans le but de garantir les droits économiques et sociaux des citoyens
en général, et les droits à une alimentation suffisante et à un environnement
sain en particulier, l’ANOR a élaboré 276 nouvelles normes et spécifica-
tions techniques dans les domaines de l’agroalimentaire, du génie chimique,
des fertilisants, entre autres, tel que cela ressort du tableau ci-après :
Tableau n°2 : Normes et spécifications techniques élaborées par
l’ANOR en 2021

Source : ANOR

168
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

2) L’évaluation de la conformité des marchandises


513- Le Décret n° 2015/1875/PM du 1er juillet 2015 fixant les moda-
lités de mise en œuvre du Programme d’Evaluation de la Conformité Avant
Embarquement (PECAE) de marchandises importées en République du Ca-
meroun a été modifié et complété par le Décret n° 2021/3306/PM du
31 mai 2021. Comme principale avancée, depuis le 15 novembre 2021,
la procédure d’évaluation de la conformité avant embarquement est dés-
ormais obligatoire pour toutes les marchandises avant leur mise en circulation
sur le territoire camerounais.
514- Dans le cadre du PECAE, 6 065 certificats de conformité ont été dé-
livrés en 2021.
3) La certification des produits locaux
515- L’ANOR a délivré au total 264 certificats aux produits locaux dans
divers secteurs d’activités, dont la majeure partie dans le domaine agroa-
limentaire, répartis de la manière suivante :
Tableau n° 3 : Nombre de certificats des produits locaux délivrés
par l’ANOR en 2021

Source : ANOR
C : Le contrôle de la qualité des produits alimentaires
516- Les activités de contrôle de la qualité ont permis de saisir d’impor-
tantes quantités de produits non conformes ou de contrebande, impropres
à la consommation humaine.
1) Les activités de contrôle
517- Dans le cadre de leur mission de surveillance des marchés, les équipes
de la Brigade Nationale des Contrôles et de la Répression des Fraudes du

169
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

MINCOMMERCE ont effectué au total 21 916 contrôles dans les espaces


marchands. Comme résultats palpables, 6 388 sanctions ont été infligées,
47 enseignes mises sous scellés, et 71 076 produits saisis pour non-confor-
mité, mise en vente des produits interdits et non-respect des prix homologués.
Le contrôle qualité des produits par cette Brigade était principalement axé
sur les huiles raffinées enrichies en vitamine A et les eaux minérales.
518- Suivant Arrêté n° 000084/A/MINMIDT/SG/DM/DAJ du 4
mars 2021, le Ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement Tech-
nologique a suspendu la Société SANO S.A. des activités d’exploitation
et de conditionnement des bouteilles et des bonbonnes d’eau destinées
à la consommation, pour des griefs relatifs à la qualité.
519- L’ANOR a également effectué des missions de contrôle des produits
sur les marchés et mené des enquêtes suite aux alertes et aux dénoncia-
tions émanant des populations. Le bilan de cette activité de contrôle est
récapitulé dans le tableau suivant :
Tableau n° 4 : Bilan de l’activité de contrôle des produits par l’ANOR
en 2021

Source : ANOR
2) La saisie des produits de contrebande
520- Dans le cadre de l’opération « Halte au Commerce Illicite III » (HAL-
COMI III), l’administration des Douanes a saisi plusieurs types de mar-
chandises frauduleusement entrées sur le sol camerounais et dont la qua-
lité douteuse pourrait nuire à la santé. A titre d’exemple, le 23 avril 2021,
les éléments de la Zone I ont saisi 30 palettes de boissons gazeuses de
contrebande au pont sur le Moungo ; du 16 au 18 septembre 2021, les
Postes de douane de Mora, Maroua et Magada dans la région de l’Ex-
trême-Nord ont saisi 309 sacs de sucre, 350 palettes de boissons gazeuses
et des cartons de cubes.

170
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

521- La police s’est également illustrée dans ce sillage. C’est ainsi que
le 3 août 2021, les éléments du Commissariat de Sécurité Publique du
8ème arrondissement de Douala ont saisi 243 palettes de boissons alcoolisées
d’origine douteuse.
SECTION 2 : LE DROIT A L’EAU ET A L’ENERGIE
522- Le Gouvernement a mené des actions en faveur de l’accès à l’eau
potable (§1) et à l’énergie (§2).
§1 : L’accès à l’eau potable
523- Les actions ont porté essentiellement sur la poursuite des réalisations
des projets de production de l’eau potable (A) et sa distribution (B).
A : La poursuite des réalisations des projets de production de l’eau
524- Dans le cadre du Projet d’Alimentation en Eau Potable de la Ville
de Yaoundé (PAEPYS) et ses environs à partir du fleuve Sanaga, les
actions menées jusqu’au mois d’octobre 2021 ont permis de porter le
taux d’exécution physique global du projet à 81,5 % études d’exécution :
99,8%; fournitures : 97,2%; travaux : 68,5% comparativement à 36,95 %
en octobre 2020.
525- De façon détaillée, la station de captage et de pompage d’eau brute
à Nachtigal affichait un taux de réalisation de 97% tandis que, celui de
l’usine de traitement d’eau à Emana Batchenga était à 98,5%. Le poste
de transformation à Nkomotou quant à lui affichait un taux de réalisation
de 96,1%. La station de reprise de pompage d’eau traitée à Nyom II quant
à elle, avait un taux de réalisation de 61%. S’agissant du réservoir d’eau
traité de Ndindan, le taux de réalisation était de 5,2% alors que la pose
des conduites de la station de Nachtigal affichait 36%.
526- La pose des canalisations par l’entreprise SINOMACH, est passée
de 800 mètres en 2020 à 27 kilomètres en 2021.
527- Le projet d’alimentation en eau Potable de 7 centres secondaires,148
finance par la Banque Arabe pour le Développement Économique en Afrique
(BADEA) et le Fonds de l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole pour
148
villes ayant une densité moyenne de la population telle que Nanga Eboko, Ebolowa.

171
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

le Développement International (OFID), s’est achevé en 2021 et les ouvrages


étaient fonctionnels dans les 7 centres concernés à savoir : Kette Messamena,
Bot-Makak, Akom II, Olamze, Mvengue et Mvangan.
528- Par ailleurs, le Projet de construction, réhabilitation et extension des
systèmes d’approvisionnement en eau potable dans 52 centres149, struc-
ture en 7 tranches s’est achevé. Les travaux des 6 premières tranches de
ce projet qui concernaient 38 localités se sont achevés en 2020 et les
constats d’achèvement effectués. En 2021, les travaux de la dernière com-
posante qui visaient 14 centres150, se sont également achevés. Les travaux
des centres de Bangoua, Banyo, Mbalmayo et Djoum ont fait l’objet d’une
réception provisoire.
529- En ce qui concerne le Projet d’amélioration de la desserte en eau
potable de Yaoundé, Edéa, Ngaoundéré et Bertoua, le taux d’exécution
physique global des travaux en 2021 était d’environ 95 % ( soit 100%
pour la ville de Yaoundé, 99% pour la ville d’Edéa, 96% pour la ville de
Bertoua et 82 % pour la ville de Ngaoundéré), soit une progression glo-
bale de 14 % par rapport à l’année 2020.
530- En outre, les travaux de la première phase151 du Projet finance par
Eximbank China et visant l’extension et la remise à niveau des stations de
production d’eau potable dans 9 villes, ont été achevés dans les villes de
Bafoussam, Kribi et Sangmélima, et ont fait l’objet des réceptions provisoires.
531- Par ailleurs, le Gouvernement avec le concours de l’entreprise SI-
NOMACH, a entrepris de réhabiliter les 350 stations Scanwater. 6 régions
sur les 8 qui abritent les stations Scanwater ont été visitées par le MINEE
et son partenaire chinois cité plus haut, pour les études dans 248 stations.
532- Dans le cadre du Projet d’Etudes de Mobilisation et de Valorisation
des Eaux Pluviales à travers des retenues collinaires dans la région du Nord,
le Gouvernement a finalisé en 2021 les études d’avant-projet détaillées,
149
villes ayant une forte densité de population à l’instar de Douala, Yaoundé, Bafoussam.
150
Il s’agit des villes de Mayo Oulo, Chidifi, Figuil, Banyo, Bankim, Dimako, Mbe, Djoum, Lomie,
Sa’a, Pitoa, Yoko, Bangoua et Mbalmayo.
151
Cette phase concernait 4 villes à savoir : Bafoussam, Bamenda, Kribi et Sangmélima. A terme,
elle permettra de porter la production journalière supplémentaire de 10 000 m3 par ville a Ba-
foussam et a Bamenda, et de 7 000 m3 par ville a Kribi et a Sangmélima, soit un total de 34
000 m3.

172
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

des études d’impact environnemental et social et a élaboré les dossiers


d’appel d’offres afin de présenter les études banquables aux bailleurs de
fonds, en vue de la construction des ouvrages dans la région du Nord.
533- En ce qui concerne le Plan d’Urgence Triennal pour l’Accélération
de la Croissance Economique, le MINEE a poursuivi la réalisation des ad-
ductions d’eau potable et des forages dans les 10 régions. Rendu au mois
de septembre 2021, 256 forages avaient été réalisés, portant leur nom-
bre total de 1 263 à 1 519.
B : La distribution de l’eau
534- Le 21 janvier 2021, a eu lieu la cérémonie de la pose de la première
pierre des travaux de construction d’un réseau d’alimentation en eau po-
table au centre-ville de Nkoteng dans le département de la Haute-Sanaga,
région du Centre. Financé à hauteur de 600 000 000 FCFA152 parle FEI-
COM, ledit réseau constitué de 5 forages regroupés en un château de 200
m3 va produire 25 m3 d’eau par heure. Ledit château sera alimenté par l’éner-
gie solaire et un poste autonome d’une capacité de 5 000 litres d’eau par
jour. Les tranchées de plus de 25 km connectées à 60 bornes fontaines et
plusieurs branchements privés seront également réalisées.
535- En outre, dans la commune de Njimom dans le département du Noun,
un Projet d’adduction d’eau potable153, constitué d’un château d’eau de
1000 m3, de 1,5 km de canalisation et de distribution, de 8 bornes fon-
taines et de 3 branchements particuliers, a été inauguré le 14 décembre
2021.
536- L’ensemble de ces travaux a permis de porter le taux d’accès à l’eau
potable à 66,5 %.
§2 : L’accès à l’énergie
537- Les actions menées ont concerné le renforcement du cadre institu-
tionnel (A) l’accès à l’énergie électrique (B), aux énergies renouvelables
(C), ainsi qu’aux produits pétroliers et gaziers (D).

152
Soit 916 030,5343 euros.
153
Ce projet d’un montant de 121 000 000 FCFA, soit 184 732,8244 euros a été financé par
le FEICOM.

173
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

A : Le renforcement du cadre institutionnel


538- L’opérationnalisation du Fonds de Développement du Secteur de
l’Electricité (FDSE)154 a été effective avec la mise en place du comité en
charge des projets dudit Fonds, qui a tenu sa première session au mois
de juin 2021. Au terme des échanges, il a été décidé de la création par
le MINEE d’un Secrétariat Technique chargé de mettre en place une base
de données intégrant les projets définis par ledit ministère et les propo-
sitions formulées par les opérateurs du secteur ; de l’adoption par le Co-
mité de Projets, de la liste des projets et budgets prévisionnels associés
pour le compte de l’exercice 2022, sous réserve de la transmission aux
membres des fiches projets ; de la rédaction par le Secrétariat Technique
du manuel de procédure du FDSE ; de la poursuite par ARSEL, Agent Comp-
table et Opérateur du Secteur, de la collecte de fonds dédiés au finan-
cement des projets et activités du FDSE.
539- Le FDSE a financé des prestations liées à l’électrification d’une qua-
rantaine de localités réparties sur l’ensemble du territoire, ainsi que le rac-
cordement de certaines unités agro-industrielles. Il s’agissait entre autres
de l’électrification rurale de la localité de Massaré II dans le département
du Mayo Sava, région de l’Extrême-Nord (Lot 1) ; de l’électrification ru-
rale de la localité de Héré dans le département du Mayo Sava, région
de l’Extrême-Nord (Lot 2) ; de l’électrification rurale de la localité de Tcha-
kamari, Commune de Mora, dans le département du Mayo Sava, région
de l’Extrême-Nord (Lot 3) et les travaux de réhabilitation du réseau aé-
rien HTA triphasé et monophasé de l’axe Mvila-Yeminsem-mefo, dans le
département de la Mvila, région du sud.
B : L’accès à l’énergie électrique
540- Les actions ont porté sur la poursuite des projets d’infrastructures de
production, de transport et de distribution de l’énergie électrique.
1) La poursuite des projets d’infrastructures de production de
l’énergie électrique
541- Les travaux de construction de l’usine de pied du poste et de la ligne
d’évacuation de l’ouvrage Lom Pangar d’une capacité de 30 MW ainsi
154
La Loi des Finances de l’année 2021 a doté ce Fonds d’un montant de 7 000 000 000 FCFA
(soit 10 687 022, 09 euros).

174
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

que de la ligne 90 kV d’évacuation d’énergie entre Lom Pangar et Ber-


toua ont continué en 2021. Le taux d’avancement de ceux-ci se situait à
environ 45% au 30 octobre 2021 contre 23% au 30 octobre 2020. L’es-
sentiel des travaux en 2021 était consacré au génie et à la construction
de la ligne d’évacuation.
542- Quant au Projet hydroélectrique de Memve’ele sur le fleuve Ntem
d’une capacité de 211 MW, les travaux de construction du barrage ont
été achevés. La mise en service complète de cet ouvrage, qui ne produit
actuellement que 90 MW, restait tributaire de la fin des travaux de construc-
tion de la ligne d’évacuation Nyabizan-Yaoundé, dont le taux de réali-
sation était de 92% au 30 septembre 2021. Les recettes générées depuis
sa mise sous tension d’avril 2019 à octobre 2021 s’élevaient à environ
45 000 000 000 FCFA155, soit 19 739 892 000 FCFA156 en 2021. Cette
mise en production partielle a permis l’arrêt des centrales thermiques en
2019 d’Ahala, Oyom-Abang, Mbalmayo et Ebolowa.
543- L’année 2021 a été marquée par la remise en production de la cen-
trale hydroélectrique de Mekin d’une capacité de 15 MW qui avait an-
térieurement connu quelques difficultés techniques. Les 3 groupes de la-
dite centrale qui alimentent les départs D31 Sangmélima et D32 Meyo-
messala étaient disponibles et en état de production.
544- En outre, les travaux de réalisation du projet d’aménagement hy-
droélectrique de Nachtigal Amont d’une capacité de 420 MW 157sur le
fleuve Sanaga, à laquelle est associée une ligne de transport d’électricité
double circuit de 225 KV entre Nachtigal et Yaoundé démarrés le 1er fé-
vrier 2019, se sont poursuivis. Au mois de septembre 2021, le taux d’avan-
cement des travaux se situait à environ 50 %.
545- Le Projet hydroélectrique de Bini à Warak relatif à l’aménagement
hydroélectrique de 75 MW, associé à une ligne de transport d’électricité
haute tension de 225 KV, permettant d’évacuer l’énergie produite sur le
réseau électrique national, a connu d’une part la mise en œuvre du Plan
155
Soit 68 702 290,07 euros.
156
Soit 30 137 239,69 euros.
157
Ce projet porte sur la construction d’un aménagement hydroélectrique de 420 mégawatts (MW)
en Amont de Nachtigal sur le fleuve Sanaga, associée à une ligne de transport d’électricité dou-
ble circuit de 225 kilovolts (kV) entre Nachtigal et Yaoundé.

175
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

d’Action et de Réinstallation (PAR) et d’autre part, l’achèvement des Etudes


d’Impact Environnemental et Social (EIES) de la ligne de transport.
2) La poursuite des projets d’infrastructures de transport de
l’énergie électrique
546- La signature des premiers décrets d’indemnisation, notamment le Dé-
cret n°2021/4505/PM du 5 juillet 2021 portant indemnisation des per-
sonnes victimes des pertes des droits fonciers et/ou de destructions de biens
dans le cadre des travaux de construction d’une ligne de transport d’élec-
tricité 225 KV Nkongsamba-Bafoussam, dans la région du Littoral, a per-
mis de débuter les travaux relatifs au Projet de construction de la ligne de
transport d’énergie électrique 225 KV entre Nkongsamba-Bafoussam et
Yaoundé-Abong-Mbang, de construction des postes HT 225/90/30 KV
à Bafoussam, et 225/90 KV d’Abong-Mbang, ainsi que des extensions
des postes d’Ahala et de Bekoko. Au mois d’octobre 2021, le taux d’exé-
cution desdits travaux était d’environ 82,5% et celui d’acquisition du ma-
tériel de 95%.
547- Par ailleurs, la signature du Décret n° 2021/6443/PM du 1er sep-
tembre 2021 portant indemnisation des personnes victimes de perte de
droits fonciers et/ou de destruction de biens et de cultures dans le cadre
des travaux de construction de la ligne 90 KV Ahala-Nkolanga-Kondengui
et du poste de Nkolanga, dans la région du Centre, a favorisé la finali-
sation des travaux de construction des lignes et du poste de Nkolanga.
548- Bien plus, au mois d’octobre 2021, les tests d’acceptation des équi-
pements dans les postes d’Ahala, Oyomabang et Ngousso étaient effectués,
ce qui a porté le taux de réalisation physique des travaux à 72%.
549- Au mois de septembre 2021, le taux d’exécution globale de la
construction d’une centrale hydroélectrique d’une capacité de 1,4 MW
à Mbakaou Carrière dans la région de l’Adamaoua était de 90%.
550- En outre, les populations impactées par le Projet de Remise à Ni-
veau des Réseaux de Transport d’électricité et de Réforme du Secteur ayant
pour objectif d’améliorer la capacité, l’efficacité et la fiabilité du réseau
de transport de l’électricité au Cameroun ont été pour la plupart indem-
nisées au mois d’octobre 2021 et les travaux de terrassement du site du
poste de Nyom II achevés.

176
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

3) La distribution de l’énergie électrique


551- L’amélioration du taux d’accès à l’électricité en milieu urbain, pé-
riurbain et rural s’est poursuivie par la mise en œuvre de plusieurs pro-
jets d’électrification rurale portés par l’Etat et ses démembrements. Ainsi,
le Projet d’Electrification Rurale et d’Accès à l’Energie dans les zones sous
desservies du Cameroun qui cible 200 000 ménages dans les régions sep-
tentrionales et de l’Est, du Nord-Ouest et du Sud-Ouest a été poursuivi.
A ce titre, une convention a été signée au mois de juillet 2021 entre l’Agence
d’Electrification Rurale (AER) et ENEO Cameroon pour la mise en place
du mécanisme de revolving Fund158 pour le branchement des ménages.
552- Pour ce qui est de la première phase d’électrification de 166 localités,
les campagnes de branchement se sont poursuivies. Toutes les centrales
ont été mises en service pour un nombre total de 13 984 branchements
effectués, dont 3 100 en 2021. Le processus de rétrocession de la ges-
tion desdites centrales au profit de l’AER s’est achevé en février 2021.
553- S’agissant de la 2ème phase d’électrification (184 localités), les tra-
vaux de construction ont été achevés. Les campagnes de branchement qui
se poursuivaient ont permis d’augmenter le nombre de ménages connec-
tés de 6 720 en 2020 à 9 820 en 2021, soit 3 946 nouveaux ménages
connectés en 2021.
554- Pour ce qui est de la 3ème phase d’électrification (200 localités), la
maturation technique et administrative a été finalisée.
555- Par ailleurs, l’Etat du Cameroun a procédé en décembre 2021 au
payement de la somme de 47 157 783 694 FCFA159 au titre de l’indemnité
de reprise à payer à la société ENEO, du fait du retrait par l’Etat du seg-
ment Transport de sa concession.
556- Ces actions ont permis l’augmentation du nombre d’abonnés d’ENEO
à 1 643 885 à fin octobre 2021. Soit un ajout de 160 000 nouveaux
clients actifs enregistrés depuis le début de l’année, dont 76 000 étaient
158
Le revolving Fund permet d’offrir une facilité de paiement aux ménages (avec une attention par-
ticulière aux femmes et personnes vulnérables) à revenus modestes pour l’obtention de leur bran-
chement auprès d’ENEO, concessionnaire des réseaux publics de distribution d’électricité, et de
favoriser ainsi l’accès à l’électricité à un grand nombre de personnes.
159
Soit 71 996 619,326 euros.

177
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

le fruit des branchements neufs et le reste de la conversion des consom-


mateurs illégaux. Les travaux réalisés dans le secteur de l’énergie ont porté
le taux d’accès à l’électricité à 65 % en 2021, soit 5 886 618, 113 MWH
d’énergie totale transportée.
C : Les énergies renouvelables
557- Le projet de Promotion de l’Utilisation des Energies Renouvelables
et des Technologies d’Efficacité Energétique dans les Ménages des zones
rurales du Cameroun conduit avec l’appui de l’UNESCO, et visant à amé-
liorer l’accès à l’énergie propre et durable des populations dans les ré-
gions du Nord et de l’Extrême-Nord du Cameroun, a permis la distribu-
tion des équipements d’énergie renouvelable (Kits Solaires photovoltaïques,
bio digesteurs, foyers améliorés, fours fumoirs améliorés, briquettes et char-
bons écologiques) et d’efficacité énergétique à au moins 6 000 personnes,
particulièrement les femmes et les jeunes.
558- Par ailleurs, dans le cadre dudit projet, 1000 ménages ont été iden-
tifiés, 36 agents ont été formés pour leur encadrement. Plus de 600 mé-
nages ont reçu la formation pour le montage et la maintenance des kits
solaires, la fabrication des foyers améliorés, des briquettes écologiques,
des bio digesteurs et des fours fumoirs. 5 femmes ont également bénéfi-
cié d’une formation de 4 mois allant de juin à octobre 2021 à Dakar au
Sénégal sur le montage des équipements solaires.
559- Dans le cadre de la résorption du déficit entre l’offre et la demande
du réseau interconnecté Nord, 2 centrales solaires modulaires avec bat-
teries de stockage d’une capacité cumulée de 30 MW+20 MWH ont été
installées à Maroua et Guider.
D : Les produits pétroliers et gaziers
560- Les points de distribution des produits pétroliers ont connu une hausse
avec la construction de 7 nouvelles stations-services, portant à 858 le nom-
bre total desdites installations au 10 octobre 2021, dont 308 en zone
rurale, soit 36%. Cette augmentation du réseau de distribution des pro-
duits pétroliers est la conséquence de l’attribution des agréments à 6 nou-
velles sociétés.

178
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

561- En vue de mettre à la disposition des consommateurs les produits de


qualité, le comité de coordination de la lutte contre la fraude des produits
pétroliers et gaziers a intensifié ses actions visant à mettre fin à la proli-
fération des réseaux de trafics illicites desdits produits. C’est dans ce ca-
dre qu’environ 920 000 m3, tous produits confondus, ont été saisis.
562- Dans le domaine du stockage des produits pétroliers, la Société Ca-
merounaise des Dépôts Pétroliers (SCDP) a achevé les travaux de sécu-
risation des dépôts de Yaoundé, Douala et Bafoussam par système de vi-
déo surveillance et télé jaugeage. Par ailleurs, elle a augmenté ses capacités
de stockage par la construction d’un bac de 10 000 m3 de gasoil à Nsam
à Yaoundé et modernisé ses installations d’enfutage de gaz butane com-
mercial par la mise en place d’un nouveau carrousel dans le site de Bo-
nabéri, ce qui a porté sa production journalière de 80 à 100 tonnes.
SECTION 3 : LE DROIT A UN LOGEMENT ADEQUAT
563- Les efforts consentis en 2021 par les pouvoirs publics en vue de fa-
voriser l’accès à un logement décent ont porté sur le renforcement du ca-
dre normatif et la signature d’accords en matière de développement de
l’habitat (§1), sur la poursuite de la construction de la gestion des loge-
ments, de la sécurisation des terres, et de la promotion de l’immobilier par
les personnes privées (§2),sur l’exécution des travaux d’aménagement ur-
bain et d’assainissement des villes (§3).
§1 : Le renforcement du cadre normatif et la signature des accords
564- Le 28 décembre 2021, le Président de la République a signé le Dé-
cret n°021/744 fixant les modalités d’exercice de certaines compétences
transférées par l’Etat aux Régions en matière d’urbanisme et d’habitat. Ce
texte étend aux régions les pouvoirs précédemment dévolus aux organismes
centraux relativement à la participation à l’élaboration des documents de
planification urbaine et des schémas directeurs et au soutien de l’action
des communes.
565- Par ailleurs, dans le cadre de l’exécution des travaux d’habitabilité
de certaines villes, 46 contrats ont été signés entre la Société immobilière
du Cameroun (SIC) et le Ministère de l’Habitat et du Développement Ur-

179
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

bain (MINHDU), pour un montant total de 1 771 000 000 FCFA160. A


la fin de l’année de référence, le niveau d’avancement physique de l’en-
semble des contrats engagés était de 81,53%.
566- En outre, le 28 janvier 2021, un contrat de ville d’un montant de
27 950 000 000 FCFA161 a été signé entre le MINHDU et le Maire de
la ville de Bertoua, portant sur le développement urbain de ladite ville pour
la période 2020-2026.
567- Dans l’optique du développement d’une synergie et d’une com-
plémentarité d’actions visant à contribuer à la réduction du déficit en lo-
gements sociaux, à travers la construction de logements en matériaux lo-
caux et à moindre coût, un accord de partenariat a été signé le 31 mai
2021 à Yaoundé entre le MINHDU, la SIC, la Mission de Promotion des
Matériaux Locaux (MIPROMALO) et la Cimenterie du Cameroun (CI-
MENCAM) pour la mise en œuvre du Projet « terre-ciment ». Ce projet
qui porte sur la mise sur pied de 2000 logements en matériaux terre-ci-
ment, a connu à sa phase pilote la construction de 200 logements en terre-
ciment dans la ville Pitoa.
§2 : La poursuite de la construction et de la gestion des logements,
de la sécurisation des terres, et de la promotion de l’immobilier
par les personnes privées
568- La construction et la gestion des logements (A), la sécurisation des
terres (B) et la participation du privé dans la gestion immobilière (C) ont
connu une avancée.
A : La construction et de gestion des logements sociaux
569- Dans le cadre du programme gouvernemental de construction de
10 000 logements sociaux et d’aménagement de 50 000 parcelles
constructibles amorcé en 2009, 220 logements ont été construits en 2021,
portant le nombre total de logements achevés à 2 780. De ces logements,
1 472 ont été attribués, dont 200 au MINDEF et 22 aux joueurs de l’équipe
nationale de football fanion ayant honoré les couleurs du pays lors de
la coupe du monde de football de 1990.
160
Soit 2 703 816 euros.
161
Soit 42 671 755 euros.

180
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

570- S’agissant du PLANUT démarré en 2016, les logements sont ache-


vés à 75%, soit 600 logements réceptionnés sur les 800 prévus par le pro-
jet, avec 100 logements réceptionnés en 2021 à Maroua. Les logements
de la ville de Bamenda (150) et de Buea (100) n’ont pas été réceptionnés
à cause de la situation sécuritaire instable dans les régions du Nord-Ouest
et du Sud-Ouest.
571- Dans le cadre du contrat plan Etat-SIC, un immeuble de 24 ap-
partements dénommé « Résidence ABIERGUE » sis à la cité verte à Yaoundé,
bâti sur une superficie de 1300 m2, a été réceptionné et a fait l’objet de
la convention de location n° 0292 signée le 25 octobre 2021 entre la
SIC et le Ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires Foncières
(MINDCAF).
572- Dans le cadre de la gestion des logements déjà disponibles, cou-
rant 2021, 1 035 avaient été réservés en achat, cash, acompte ou via
le Crédit Foncier du Cameroun (CFC). Près de 11 291 391 613 FCFA162
avaient été collectés par la SIC dans le cadre de cette opération, dont 8
000 000 000 FCFA163 dépensés par le MINHDU pour la prise en charge
des travaux d’habitabilité et de construction des logements.
573- Aussi, en 2021, 381 prêts fonciers classiques164 ont été octroyés à
des taux préférentiels par le CFC pour un montant global de 17 484 727
381 FCFA165 en vue de la construction de 1 497 logements et l’achat de
terrains à bâtir. Ce financement était assis sur 3 types de produits à sa-
voir :
- prêt foncier classique acquéreur : 295 accords de prêt pour un
financement 7 139 113 723 FCFA166, pour la construction de 317
logements et l’acquisition des terrains à bâtir ;

162
Soit 17 238 765, 82 euros.
163
Soit 12 213 740, 46 euros.
164
Prêt Foncier Classique est une formule de prêt immédiat pour tout projet immobilier à usage
d’habitation personnelle. Le guide pratique du prêt foncier classique et les pièces à produire
pour dossier de prêt foncier. classique peut être consulté sur le site web du Crédit Foncier du
Cameroun: www.creditfoncier.cm.
165
Soit 26 694 240, 28 euros.
166
Soit 10 899 410, 26 euros.

181
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

- prêt foncier classique jeune : 110 accords de prêt pour un fi-


nancement à hauteur de 2 743 086 574 FCFA167;
- prêt foncier classique locatif : 64 accords de prêt pour un mon-
tant de 3 641 678 686 FCFA168.
B : La sécurisation des terres et les indemnisations
574- Dans le cadre de poursuite de la mise à disposition des terrains de
grande superficie, le MINDCAF a signé plusieurs actes de Déclarations d’uti-
lité publique au profit de la Mission d’Aménagement et d’Equipement des
Terrains Urbains et Ruraux (MAETUR) dans les villes de Mbankomo (dé-
partement de la Mefou-et-Akono) sur une superficie de 1000 ha, de Lobo-
Botmakak (département du Nyong-et-Kéllé) sur 2500 ha, de Massoumbou
(département du Nkam) sur 5700 ha, de Djebalé (département de Wouri)
sur 3500 ha, et Bangseng (département du Moungo) sur 2500 ha.
575- A Djebalé, la convention de régularisation foncière était en cours
en 2021. Des négociations étaient en cours pour l’acquisition du site de
Yansoki Bakoko (212 ha) dans le département du Wouri.
576- Pour ce qui est de la cession à la MAETUR des terrains du domaine
privé de l’Etat, sur une superficie totale de 1000 ha, à raison de 100 ha
dans chaque chef- lieu de région, les sites ont été identifiés en collaboration
avec les Délégués Régionaux du MINDCAF à Ebolowa (100 ha), Ma-
roua (100 ha) et Bertoua (50 ha).
577- Par ailleurs, la MAETUR a lancé depuis 2019 la campagne de pro-
duction massive des titres fonciers de ses clients. Celle-ci s’est poursuivie
avec collaboration des structures déconcentrées du MINDCAF et com-
mence à afficher des résultats satisfaisants.
578- En ce qui concerne la construction de l’autoroute Yaoundé-Nsima-
len, qui comprend 3 composantes toutes réalisées sous la coordination
de la MAETUR, la composante Emprise de 200 m a été réalisée dans sa
phase d’urgence à 85%, la composante Etude du corridor est totalement
réalisée et réceptionnée en 2021, la composante Aménagement des sites
de recasement n’a pas connu d’évolution en 2021, les populations du
site de Ntoun n’ayant pas été indemnisées.
167
Soit 4 187 918, 43 euros.
168
Soit 55 588 822, 42 euros.

182
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

579- Le processus de sécurisation des terres par l’établissement des titres


fonciers aux personnes physiques et morales a connu une nette évolution
dans certaines régions et une baisse dans d’autres comme le démontre
le tableau comparatif ci-dessous.
Tableau n°5 : Statistiques sur les titres fonciers établis

SOURCE : MINDCAF
580- Aussi, le nombre de titres fonciers générés par les demandes d’im-
matriculations directes par les collectivités territoriales est passé de 1 125
en 2020 à 1 296 en 2021.
C : La promotion de l’immobilier par les personnes privées.
581- La contribution des personnes privées à la promotion immobilière
a été marquée par l’allègement des conditions d’accès à la profession de
promoteur immobilier, la caution financière passant de 25 000 000 FCFA169
à 2 500 000 FCFA170. Par conséquent 21 nouveaux promoteurs immo-
biliers ont reçu une autorisation d’exercer en 2021, portant le nombre to-
tal à 250. Deux nouvelles agences immobilières ont reçu leur agrément
tandis que 4 ont vu les leurs renouvelés.
582- Le bilan de la promotion immobilière par les personnes privées réa-
lisées au cours de l’année 2021 faisait état de 938 logements achevés,
tous standings confondus, 3 270 en cours de construction, 3 212 parcelles
aménagées et 702,8 hectares de terres sécurisées.
169
Soit 38 167, 93 euros.
170
Soit 3816, 79 euros.

183
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

§3 : Les travaux d’aménagement et les mesures d’assainissement


des zones urbaines
583- Les pouvoirs publics, dans un souci de prise en compte du volet so-
cial en matière de construction des logements, ont procédé au cours de
l’année de référence à des travaux d’aménagement urbain (A) et d’as-
sainissement des villes (B).
A : les travaux d’aménagement urbain
584- Dans le cadre de la mise en œuvre des travaux d’habitabilité, 23
marchés pour un coût des travaux de 15 000 000 000 FCFA171 et 16
marchés d’un montant de 8 000 000 000 FCFA172 ont été passés et exé-
cutés. 7 marchés d’un montant de 7 000 000 000 FCFA173 étaient en
cours d’exécution à la fin de l’année.
585- Sur la concrétisation des prestations de services, des discussions en-
tamées entre la MAETUR et les collectivités territoriales décentralisées, ont
abouti à la signature d’une convention cadre et de 2 conventions spéci-
fiques avec la Commune d’arrondissement de Douala IIIème. Des conven-
tions cadres et spécifiques sont en cours de négociation avec la Com-
munauté Urbaine de Douala, la Commune d’arrondissement de Douala
Vème et la Communauté Urbaine d’Edéa. Lesdites prestations visent l’amé-
lioration du cadre de vie des populations.
B : les mesures d’assainissement des villes
586- Dans le cadre de l’assainissement urbain, la Communauté Urbaine
de Yaoundé a, le 10 juin 2021, doté les 7 communes d’arrondissement
d’équipements roulants pour une meilleure gestion des déchets. Cette ac-
tion intervient dans le cadre de la mise en œuvre du Projet d’assainisse-
ment de la ville de Yaoundé dans sa deuxième phase (PADY 2) dont l’ob-
jectif est l’amélioration des conditions d’assainissement pluvial, d’hygiène
et de santé de la ville. Bien avant, courant avril 2021, la Communauté
Urbaine de Douala a lancé la première phase de l’opération de curage
de certaines artères de la ville en retirant des bouteilles en verre ou en
plastique, caillasse, cartons, papiers etc. des caniveaux.
171
Soit 22 900 763, 36 euros.
172
Soit 12 213 740, 46 euros.
173
Soit 10 687 022, 90 euros.

184
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

587- Le 2 juillet 2021 à Yaoundé, un important matériel de salubrité com-


posé de gants de travail manuel, des pelles, des bottes, de 2 tricycles à
moteur avec bâche et du matériel de dépannage, des imperméables, des
râteaux, de 5 pousse-pousse, etc. a été remis à 2 associations actives dans
le domaine de la pré-collecte des ordures ménagères dans la commune
d’arrondissement de Yaoundé 1er. Cette remise s’inscrivait dans le cadre
du PADY 2. Il était question de mettre fin au dépôt des ordures dans des
endroits inappropriés tels que les cours d’eau et leurs berges, les caniveaux,
ainsi que les drains.
588- Par ailleurs, le 20 août 2021, a eu lieu à Douala, la cérémonie de
présentation de 100 nouveaux camions à ordures, fruit d’un partenariat
entre la Communauté Urbaine de Douala (CUD) et la société Hygiène
et Salubrité du Cameroun (HYSACAM). Le résultat attendu était de ren-
dre la ville de Douala étincelante, et la maintenir dans un état de propreté
impeccable, en traquant dans les moindres recoins les ordures ménagères,
en débarrassant les trottoirs de tous les déchets, et en restaurant l’ordre
civique, avec le concours de tous, pour améliorer le niveau de collecte
des ordures tout en créant des emplois
*
* *
589- Au total, nonobstant de nombreuses contraintes, notamment celles
liées aux financements et aux approvisionnements en produits de première
nécessité, l’Etat s’est efforcé à garantir aux populations une alimentation
acceptable, de l’eau et de l’énergie en quantité raisonnable, ainsi que des
logements décents. Cependant, beaucoup restent à faire dans ces domaines
pour assurer de manière optimale le droit des populations à un niveau
de vie suffisant.

185
CHAPITRE 4
LE DROIT AU TRAVAIL
ET A LA SECURITE
SOCIALE

CHAPITRE 4 : LE DROIT AU TRAVAIL ET A LA SECURITE SOCIALE


MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

590- Les crises sanitaire et sécuritaire ont été en 2021, parmi les facteurs
qui ont impacté l’emploi et la formation professionnelle (Section 3). Dans
ce contexte particulièrement difficile, des mesures ont été prises en vue d’at-
teindre des objectifs stratégiques de promotion de l’emploi (Section 1),
de promotion et de protection d’une sécurité sociale de qualité pour tous
(Section 4), du travail décent, ainsi que la redynamisation du dialogue
social dans tous les secteurs d’activités (Section 2).
SECTION 1 : LA POURSUITE DE LA PROMOTION DE L’EM-
PLOYABILITE
591- Les actions visant l’accroissement de l’offre de l’emploi se sont pour-
suivies (§1), ainsi que celles relatives à la mise en adéquation formation-
emploi et l’amélioration de l’efficacité du marché de l’emploi (§2).
§1 : Les actions visant l’accroissement de l’offre de l’emploi
592- La politique de l’accroissement de l’offre d’emploi a été articulée
autour de l’accompagnement des jeunes à l’insertion professionnelle (A),
l’Accompagnement des Petites et Moyennes Entreprises (B) et la poursuite
des programmes spécifiques (C).
A : L’accompagnement des jeunes à l’insertion professionnelle
593- Dans le cadre des appuis aux organisations de producteurs, le Pro-
gramme de consolidation et de pérennisation du Conseil agropastoral (PCP-
Acefa) du MINEPIA a remis le 17 août 2020 au Groupement d’initiatives
Communautaires (GIC) « Dempol » Basé à Moya dans le département
du NKAM, spécialisé dans l’élevage porcin, une enveloppe de près de
2 000 000 FCFA174. Le GIC Agril-Provenderie situé à Souza dans le dé-
partement du Moungo, spécialisé dans la volaille, a reçu une enveloppe
de 2 000 000 FCFA. Aussi, 17 autres GIC dans le Moungo et 12 dans
le Nkam ont bénéficié d’une enveloppe de 166 000 000 FCFA175.
594- Au titre de la plateforme Youth Connekt, le ministère de la Jeunesse
et de l’Education Civique (MINJEC) a mené des activités au rang
desquelles : la sélection et l’accompagnement de 48 entrepreneurs dans

174
Soit 3 053, 44 euros.
175
Soit 253 435, 11 euros.

189
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

le domaine des énergies renouvelables et du recyclage des déchets (soit


16 filles et 32 hommes) ; l’organisation de la foire 100% Made in
Cameroon, au cours de laquelle 105 jeunes promoteurs ont été mobilisés
et accompagnés dans le développement de leurs projets ; la formation
et l’installation de 58 jeunes entrepreneurs ; et la création de 12 emplois
stables dans le cadre du programme de promotion de l’entreprenariat
des jeunes.
595- Pour sa part, l’approche Haute Intensité de Main d’œuvre (HIMO)
a permis au cours de l’exercice 2021 : de réaliser 27 microprojets agro-
pastoraux dans le département de la Bénoué, dont 14 à Bashéo et 13
à Dembo ; de créer plus de 1 420 emplois directs dont 462 dans les lo-
calités de Nwa, Mbengwi et Fundong dans la région du Nord-Ouest et
de construire 20 boutiques d’alimentation à Bayangam.
596- Par ailleurs, le Fonds national de l’emploi (FNE) a : assisté 1 937
jeunes dans leurs installations en auto-emploi ; enregistré 66 300 nouveaux
chercheurs d’emploi176 (contre 53 417 en 2020) ; contribué à l’insertion
de 35 000 personnes en emploi salarié (contre 30 280 en 2020) ; installé
43 enfants de la rue en auto-emploi et mis en formation 106, parmi les-
quels 46 vivants avec un handicap.
597- S’inscrivant dans la même dynamique, le Programme d’Appui au
Développement des Emplois Ruraux (PADER) a financé 90 microprojets.
Aussi, les mairies de Sangmélima, Bafia, Bertoua et Ebolowa ont aidé
2 100 jeunes à démarrer leurs activités dans le cadre de l’Urban Special
Employment Program (USEP).177
598- Le Programme Intégré d’Appui aux Acteurs du secteur informel a :
appuyé à hauteur 200 000 000 FCFA178, 108 microprojets des groupes
de jeunes, lesquels ont généré 432 emplois, dont 108 directs et 324
176
Cette réalisation a été effective grâce au développement de la digitalisation des procédures
opérationnelles qui ont permis d’enregistrer les candidats à distance.
177
L’USEP fait partie des nombreux programmes conçus et mis en œuvre par le FNE pour la résorption
du chômage des jeunes en milieu urbain et l’amélioration du cadre de vie urbain. Il constitue pour
les jeunes bénéficiaires, une occasion d’apprentissage de formation et d’insertion en emploi sa-
larié ou en auto-emploi. Par ailleurs, L’ USEP est basé sur l’utilisation d’une forte main-d’œuvre
de proximité pour la réalisation des projets basés sur l’approche HIMO, à travers les travaux
d’aménagement, de réaménagement, d’assainissement et d’amélioration des infrastructures pu-
bliques dans les villes.
178
Soit 305 343, 51 euros.

190
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

indirects ; favorisé la réintégration en auto-emploi des ex-migrants, en oc-


troyant à ceux-ci une somme de 100 000 000 FCFA179, dans le cadre
de 56 microprojets ayant généré 224 emplois, dont 56 directs et 168
indirects ; soutenu à hauteur de 100 000 000 FCFA180, les acteurs du sec-
teur informel installés dans le secteur de l’économie numérique, dans le
cadre de 45 microprojets ayant généré 180 emplois, dont 45 directs et
135 indirects.
599- Dans l’optique de favoriser l’insertion des jeunes, le Gouvernement
a aussi procédé aux investissements suivants : le financement à hauteur
de 389 375 000 FCFA181 des opérations de production, d’acquisition et
de personnalisation de la Carte Jeune Biométrique, en vue de permettre
aux jeunes détenteurs de bénéficier des services et produits à des coûts
réduits auprès des partenaires (42 125 services sociaux de base offerts
aux jeunes détenteurs de ladite carte) ; l’affiliation de 134 jeunes à la pla-
teforme numérique en élevage pour un montant de 44 937 000
FCFA182 ; le financement à hauteur de 30 000 000 FCFA183 de la formation
de 60 Jeunes dans les Centres de Formation d’Excellence du Ministère
de l’emploi et de la formation professionnelle (MINEFOP) ; l’aménage-
ment de 73 nouveaux villages pionniers de seconde génération et de 33
clusters économiques, ainsi que le financement direct à un montant de 1
108 667 764 FCFA184, de 1 129 projets individuels innovants ; l’instal-
lation de 39 jeunes sortis des centres multifonctionnels de promotion des
jeunes (CMPJ) et de 200 jeunes dans le cadre du projet digital Youth Ser-
vice Center dans le cadre du programme CMPJ-Incubator, à hauteur de
187 000 000 FCFA185 ; l’accompagnement pré et post-financement des
jeunes porteurs de projets par le Fonds National d’Insertion de Jeunes (FO-
NIJ) ; le renforcement des capacités techniques et entrepreneuriales de
472 jeunes dans 5 projets filières du Programme d’Appui à la Jeunesse
Rurale et Urbaine (PAJER-U) ; et le réarmement moral, civique et Entre-

179
Soit 152 671, 75 euros.
180
Soit 152 671, 75 euros.
181
Soit 594 465, 65 euros.
182
Soit 68 606, 11 euros.
183
Soit 45 801, 53 euros.
184
Soit 1 692 622, 54 euros.
185
Soit 285 496 euros.

191
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

preneurial des jeunes bénéficiaires des financements Plan Triennal


Spécial (PTS)-Jeunes.
600- Dans le même sillage, le Sous-Programme de la Réduction de la Pau-
vreté à la Base a poursuivi ses activités à travers la mise en œuvre du Pro-
jet d’Appui à la Résilience Economique (PAREC). C’est ainsi que, 360 jeunes
et femmes ont été formés à la création et à la gestion des micro entreprises,
275 jeunes et femmes ont été insérés en auto-emploi à travers des dota-
tions en équipements pour la mise en œuvre de 62 projets, 3 Plans Com-
munaux d’Insertion Professionnelle des Jeunes (PCIPJ) ont été élaborés à
Doumé, Ngan-Ha et à Garoua Boulaï.
601- Des bureaux d’emplois municipaux (BEM) ont été créés et opéra-
tionnalisés dans les communes de Garoua 1er, Wina, Logone Birni, Bibemi,
Ngoura, Tcholiré et Poli. Ces bureaux sont chargés de recenser les offres
d’emploi et de les mettre à la disposition du public.
602- En outre, 6 chaînes de valeurs ont été renforcées, à savoir : la pro-
duction et la transformation du manioc à Garoua Boulaï, Doumé et Dir ;
la production du haricot à Ngan-Ha ; le stockage et la conservation des
oignons à Pitoa ; la transformation et le conditionnement du riz paddy à
Touloum et Kousseri ; le stockage et la conservation du niébé à Moul-
voudaye et la transformation de l’arachide en huile à Mokolo.
603- Dans le cadre de son partenariat avec le Gouvernement, La fondation
PUENE a formé, du 5 août au 21 septembre 2021 à Yaoundé, 37 jeunes,
dont 21 femmes et 16 hommes en Community management et marketing
digital. Elle a également offert à 50 jeunes une formation en master class
en entrepreneuriat.
604- Pour développer la créativité des jeunes et accroitre leur employabilité,
un digital center a été créé dans le cadre de la coopération inter-Etats et
entreprise impliquant le Gouvernement camerounais, le Gouvernement al-
lemand à travers l’Agence allemande de coopération internationale pour
le développement (GIZ) et la multinationale de télécommunication
Orange. Cet outil qui vise à mettre l’innovation numérique au service du
développement socio-économique devrait contribuer à la transformation
du numérique au Cameroun tout en créant des perspectives d’emploi
local pour les jeunes.

192
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

B : L’accompagnement des Petites et Moyennes Entreprises


605- Pour accompagner les Petites et Moyennes Entreprises (PME) au dé-
veloppement et au renforcement de la production locale, 2 plateformes
ont été lancées et présentées aux entrepreneurs. L’une des plateformes dé-
nommée Mutuelle d’inclusion sociale et de solidarité vise à renforcer et
accroitre la compétitivité de la production locale et l’autre appelée Doing
Business in Africa est dédiée au développement et au renforcement des
capacités d’intervention des entreprises en quête de visibilité et de crois-
sance. Cette dernière plateforme dispose d’un showroom made in Ca-
meroon. Ces différentes plateformes permettent de faciliter l’accès aux dif-
férentes économies rattachées à la zone de libre-échange continentale.
606- Par ailleurs, à l’initiative du Bureau régional Afrique centrale de
l’UNESCO et de son partenaire technique eSTE-Mate, s’est tenu du 22
au 23 octobre 2021 à Yaoundé, le premier Youth ICT Boost Camp for
Central Africa sur le thème « Jeunesse africaine et entrepreneuriat dans
le monde digital ». Ladite rencontre avait pour objectif de créer un cadre
d’échanges stratégiques entre les jeunes entrepreneurs évoluant dans le
secteur numérique au Cameroun et en Afrique Centrale.
607- Dans le cadre du partenariat, MINEFOP- Groupement Inter-Patronal
du Cameroun (GICAM) et en vue d’améliorer les performances des en-
treprises, 255 stagiaires salariés issus des entreprises privées et parapubliques
et PME ont été formés par le Centre de Formation Professionnelle d’Excel-
lence (CFPE) et ont reçu des attestations à cet effet le 18 octobre 2021. Les-
dites formations portaient sur la soudure industrielle homologuée, la pré-
paration à l’habilitation électrique, l’hygiène-qualité-sécurité-environne-
ment en agro-industrie, l’électricité de maintenance, l’installation industrielle,
la conduite responsable et sécurité pour chauffeurs routiers.
608- Du 14 au 28 mai 2021, la Caisse de Développement de la Pêche
Maritime a organisé une session de formation théorique de 33 aquaculteurs
dans le domaine de la pisciculture urbaine, la construction des bacs bé-
tonnés, le montage des fastank186, l’empoissonnement et l’entrepreneuriat
aquacole. Cette session de formation visait à promouvoir l’autonomie de
la femme vulnérable à travers la pisciculture.
186
Des bacs hors sol ou hors bassins, destinés à l’élevage des poissons.

193
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

C : La poursuite de programmes spécifiques


609- Le MINJEC a financé à hauteur de 389 375 000 FCFA187 les opé-
rations de production, d’acquisition et de personnalisation de la carte jeune
biométrique, qui a permis aux jeunes de bénéficier à moindre coût des
services auprès des partenaires188.
610- A la suite d’une vaste opération de mobilisation et d’enrôlement des
jeunes organisée sur l’étendue du territoire national, 50 000 cartes jeunes
biométriques ont été distribuées. Ces documents sont destinés à faciliter
aux bénéficiaires l’accès, entre autres, aux transports, à l’hébergement,
à la formation professionnelle, à l’approvisionnement dans les grandes
surfaces, aux loisirs et à la santé, à des coûts préférentiels.
611- En 2021, on comptait environ 1 000 000 de jeunes inscrits à l’ob-
servatoire national de la jeunesse. Au 30 juin 2021, 30 000 ont été ré-
férencés à des guichets compatibles à leurs besoins et aspirations.
612- Par ailleurs, un centre de référencement, matérialisé par une
plateforme d’information des populations sur les questions de la jeunesse
répondant au numéro 1505, a été inauguré.
§2 : La mise en adéquation formation-emploi
613- Le CMPJ de référence de Yaoundé a offert à 307 jeunes des for-
mations dans les domaines divers tels que la gestion des ressources hu-
maines, la comptabilité, le secrétariat bureautique, la maintenance infor-
matique, l’infographie, la conduite automobile, le bâtiment et la couture.
A l’issue desdites formations les meilleurs ont été primés, à l’instar du ma-
jor de la promotion 2021, M. Saurin Luther NOUMEDEM, qui a reçu
de son école (du Centre de formation professionnelle des arts et métiers),
une somme de 500 000 FCFA189 afin de financer son projet.

187
Soit 594 465, 65 euros.
188
Le nombre de partenaires s’élevait à 97 (on peut citer entre autres, hôtel les chérubins, Grand
rolly couture, hôpital gynéco-obstétrique et pédiatrique de Yaoundé, hôpital de district de Dibombari,
Mission de promotion des matériaux locaux, auto-école l’amitié, auto-école idéal de Garoua, Sa-
lam institut, délice du Diamare, musango bus services, etc.) répartis dans 9 régions (Adamaoua
(19), Centre (12), Est (1), Extrême-Nord (22), Littoral (22), Nord (5), Ouest (3), Sud (10), Sud-
Ouest (6).
189
Soit 763, 359 euros.

194
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

SECTION 2 : LA PROMOTION ET LA PROTECTION DU TRAVAIL


DECENT, ET LA REDYNAMISATION DU DIALOGUE
SOCIAL
614- La protection des droits des travailleurs (§1) et la promotion du dia-
logue social et du syndicalisme (§2) ont été assurées.
§1 : La protection des droits des travailleurs
615- Les droits des travailleurs ont été protégés sur les plans administratif
(A) et judiciaire (B).
A : La protection administrative des droits des travailleurs
616- Afin d’apprécier les conditions de travail et de prévenir les risques
professionnels, 6 254 visites d’inspection en entreprises ont été effectuées
par les inspecteurs de travail. À l’issue desdites visites, des infractions à
la législation et à la réglementation du travail ont été constatées et 908
mises en demeure ont été servies.
617- En outre, à l’occasion de l’examen et de la résolution des conflits
individuels et collectifs du travail, 7 881 procès-verbaux de conciliation
ont été dressés entre employeurs et travailleurs.
B : La protection judiciaire des droits des travailleurs
618- Les droits des travailleurs ont continué à être garantis devant les ju-
ridictions judiciaires. Dans le jugement n° 327/SOC du 21 juillet 2021,
le Tribunal de Grande Instance (TGI) du Wouri a condamné la société
Tractafric Motors Cameroun S.A, à payer la somme de 3 024 123 FCFA190
au sieur BANJUN NGABO Ivan, son employé, pour licenciement abu-
sif. Aussi, par jugement n° 226/SOC du 26 mai 2021, le même Tribu-
nal a condamné l’entreprise Jess Assistance Sarl à payer la somme de 5
554 234 FCFA191 à son employée Mrs ROUKAYATOU épouse MA-
MOUDOU, qui avait été débarqué de l’entreprise sans lettre de licen-
ciement et sans préavis.
619- Par ailleurs, dans son jugement n° 226/SOC du 26 mai 2021, la
même juridiction a condamné la Société OLA Energy Cameroon à payer
190
Soit 4 616, 98 euros.
191
Soit 8 479, 75 euros.

195
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

au sieur DAPEU Paul la somme de 24 652 672 FCFA192 au titre des


arriérés de pension retraite de janvier 2020 au 30 juin 2021, ainsi que
de 1 665 792 FCFA représentant les intérêts échus pour la période de
janvier 2020 à décembre 2020, puis à lui payer mensuellement, à comp-
ter du 1er juillet 2021, une somme de 3 748 032 FCFA193 à titre de pen-
sion retraite complémentaire.
620- Dans son jugement n° 02/SOC du 14 juin 2021, le TGI de la Me-
noua a condamné la Société Express Union Finance S.A à payer à Ma-
dame KAYEM Marie Bruno épouse POUOKAM la somme de 24 064
947 FCFA194 pour licenciement abusif. Ledit tribunal a également ordonné
à cette entreprise de délivrer à la susnommée, un certificat de travail, ainsi
que les 20 bulletins de paie par elle sollicité en forme originale et ce sous
astreinte de 1 000 FCFA195 par jour de retard à compter du prononcé
de cette décision.
621- Il est à noter que les juridictions ont enregistré 5 718 requêtes por-
tant sur les différends sociaux, dont 5 177 à l’initiative des travailleurs et
541 introduites par les employeurs. De toutes ces affaires, 2 618 ont été
jugées dont 1 570 en faveur des travailleurs et 1 048 en faveur des em-
ployeurs.
§2 : La redynamisation du dialogue social et du syndicalisme
622- La redynamisation du dialogue social s’est poursuivie avec la tenue le
22 septembre 2021 à Yaoundé, en présence des partenaires sociaux em-
ployeurs et travailleurs, des 28ème et 29ème sessions du Comité de concertation
et du suivi du dialogue social. Lesdites assises étaient axées autour des 4
thématiques suivantes : « la Covid-19 et le monde du travail » ; « l’apport du
ministère du travail et de la sécurité sociale (MINTSS) dans la stratégie
nationale de développement » ; « le bilan de la mise en œuvre des mesures
d’assouplissement en matière de sécurité sociale » ; et « les mesures envisa-
geables pour juguler l’insécurité sur le corridor Douala-Bangui ».

192
Soit 37 637, 67 euros.
193
Soit 5 722, 19 euros.
194
Soit 36 740, 38 euros.
195
Soit 1,53 euros.

196
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

623- Dans le cadre du maintien de la paix sociale, le Ministre du Travail


et de la sécurité sociale a procédé à des négociations qui ont abouti à
la maîtrise et à la levée de 44 préavis de grève et de mouvements d’hu-
meur, observés entre autres, à la Société camerounaise de construction
du Barrage de Nachtigal, à la société chargée de la construction de la
route Likok-Ngaoundéré, au projet d’approvisionnement de la ville de
Yaoundé et ses environs à partir du Fleuve Sanaga (PAEPYS), à Came-
roon oil transportation company, à Union Bank of Cameroon, à Bolloré
Africa Logistics Cameroon et dans le secteur des transports terrestres.
624- En outre, le 27 octobre 2021, les élections des délégués du personnel
se sont tenues sur l’étendue du territoire national, conformément à l’Arrêté
n° 000365/MINTSS du 12 octobre 2020 fixant les modalités des élec-
tions et les conditions d’exercice des fonctions de Délégué du personnel.
625- La liberté syndicale a aussi été redynamisée avec l’inscription de 12
nouveaux syndicats dans le fichier du MINTSS, dont 11 syndicats de base
et une fédération de syndicats. Par ailleurs, les sièges de 223 syndicats
ont été identifiés dans les 10 régions par le service du Greffe des syndi-
cats du MINTSS.
SECTION 3 : L’IMPACT DES CRISES SUR LE SECTEUR DE L’EM-
PLOI ET DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE
626- La pandémie de la Covid-19 a non seulement plombé la création
de nouveaux emplois, mais aussi handicapé le fonctionnement optimal des
services publics de l’emploi (FNE, Offices privés de placement de la main
d’œuvre et les entreprises de travail temporaires) et des programmes et
projets actifs du marché au rang desquels : le Programme Intégré et d’Ap-
pui aux Acteurs du secteur Informel (PIAASI) ; le Programme Spécial d’Em-
plois Urbains (USEP) et le Programme d’Appui au Développement des Em-
plois Ruraux (PADER).
627- La baisse de l’investissement public du fait d’une prise en charge op-
timale de cette pandémie a entraîné la suspension de certains projets d’in-
vestissement dont les effets ont été néfastes sur le marché de l’emploi. De
nombreux emplois ont été supprimés dans l’économie nationale, notam-
ment dans les secteurs porteurs tels que l’agriculture, l’agro-industrie, les
mines et l’énergie. Cette situation a été exacerbée par la crise sécuritaire
dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest et de l’Extrême-Nord,

197
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

qui a considérablement affecté les activités des entreprises et amenuisé


les opportunités d’emploi.
SECTION 4 : LA PROMOTION ET LA PROTECTION DE LA
SECURITE SOCIALE
628- La promotion et la protection de la sécurité sociale ont été assurées
par le renforcement du système de sécurité sociale (§1), le paiement des
prestations sociales, l’accroissement du nombre des assurés sociaux et des
immatriculations d’employeurs (§2), le suivi de la conformité des employeurs
à leurs obligations sociales (§3), de même qu’à l’occasion du contentieux
de la prévoyance sociale (§4).
§1 : Le renforcement du système de sécurité sociale
629- Dans la perspective de renforcer le système de sécurité sociale, le
fonctionnement des 10 commissions régionales du Contentieux de la pré-
voyance sociale et le taux de couverture sociale ont été évalués. Il s’est
agi de définir le profil national de sécurité sociale d’une part et d’identi-
fier les obstacles qui entravent le bon fonctionnement des commissions ré-
gionales du contentieux de la prévoyance sociale d’autre part. Pour ce
second volet, il a été proposé des mesures correctives au rang desquelles :
la systématisation du renforcement des capacités des responsables des-
dites commissions ; leur autonomisation afin de les rendre indépendantes
vis-à-vis de la Caisse nationale de la prévoyance sociale (CNPS) ; et la
mise en place d’un système d’information et de gestion automatisée des
données relatives aux affaires enrôlées devant ces commissions.
§2 : Le paiement des prestations sociales et l’accroissement
du nombre des assurés sociaux et des immatriculations
d’employeurs
630- Les prestations sociales ont régulièrement été payées (A) et le nombre
des assurés sociaux et des immatriculations d’employeurs s’est accru (B).
A : Le paiement des prestations sociales
631- La CNPS a dépensé 120 132 674 309 FCFA196 au titre de paie-
ment des prestations sociales au profit de 208 424 attributaires, qui ont
eux-mêmes généré 317 431 bénéficiaires sur toute l’étendue du territoire.
196
Soit 183 408 663, 07 euros.

198
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

632- En fait, la branche des pensions vieillesse, d’invalidité et de décès (PVID)


constituait 89, 38% desdits paiements, celle des prestations familiales (PF)
était de 8,59 % et celle des risques professionnels (RP) s’élevait à 2,02 %.
Le taux le plus élevé d’attributaires ayant bénéficié desdits paiements était
logé dans la branche des PVID qui concentrait 52,69 % (114 128 béné-
ficiaires) de l’effectif global, suivi de la branche des PF dont les attributaires
représentaient 45,26% (198 766 bénéficiaires) et de celle des RP qui for-
mait 2,03% (4537 bénéficiaires) des assurés sociaux.
B : L’augmentation du nombre des assurés sociaux et des
immatriculations d’employeurs
633- Le nombre d’assurés sociaux enregistré en 2021 était de 103 124
contre 99 562 en 2020. Les assurés sociaux soumis au régime obliga-
toire se chiffraient à 66 758 en 2021 contre 81 291 en 2020 et ceux
relevant du régime volontaire étaient de 36 366 contre 18 271 en 2020,
soit une augmentation de 99, 03 %. Aussi, on a dénombré 6 164 nou-
velles immatriculations d’employeurs.
§3 : Le suivi de la conformité des employeurs aux obligations
sociales
634- De nombreux employeurs se sont conformés à leurs obligations
sociales à l’égard de leurs employés (A), tandis que d’autres ont été
sanctionnés pour les violations desdites obligations (B).
A : La conformité des employeurs aux obligations sociales
635- Cette conformité a été relevée en matière de télé déclaration et en
ce qui concerne les paiements des cotisations sociales.
636- S’agissant de la télé déclaration, 26 266 employeurs actifs sur les
36 564 attendus ont accompli ladite formalité, soit un taux global de
réalisation de 71,84 %. L’Etat a effectué 57 652 contrôles en vue de
recenser entre autres, de nouveaux employeurs et assainir le fichier des
employeurs actifs.
637- Pour ce qui du paiement des cotisations sociales, près de 11 026
employeurs étaient à jour relativement au paiement des cotisations sociales
pour le compte de leurs personnels. Les cotisations sociales recouvrées s’éle-

199
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

vaient à 196 700 000 000 FCFA197, soit une augmentation de 8 300
000 000 FCFA198 par rapport à 2020.
B: Les sanctions prononcées contre les employeurs défaillants
638- Près de 22 382 employeurs étaient en retard au titre des paiements
des cotisations pour le compte de leurs employés, lesquels représentaient
un total de 89 811 titres de créances, soit une balance de recouvrement
d’un montant global de 222 842 423 102 FCFA199.
639- Outre les majorations et pénalités de retard automatiquement générées
en cas de non-respect des obligations de déclarer et de payer, des actions
en recouvrement forcé ont été engagées à l’encontre desdits employeurs.
640- Pour les cas des employeurs les plus récalcitrants, la CNPS a engagé
des poursuites judiciaires devant les juridictions répressives telles que le
Tribunal Criminel Spécial, pour détournement des deniers publics. Des
éléments de preuves ont été mis à la disposition du corps spécialisé des
officiers de police judiciaires contre 2 employeurs200 dont la dette de
cotisations sociales cumulée se chiffrait à 2 000 000 000 FCFA201.

197
Soit 300 305 343, 51 euros.
198
Soit 12 671 755, 72 euros.
199
Soit 340 217 439, 85 euros.
200
Pour le premier employeur concerné dont la dette s’élevait à 1 000 000 000 FCFA ( soit 152
671 euros), la CNPS a produit les rapports de contrôle et les mises en demeure avant poursuites
qui lui avaient été notifiées en son temps et qu’il n’avait pas pu contester devant les instances com-
pétentes et dans les délais prescrits par la loi. Il a plutôt choisi d’introduire des recours en contes-
tation devant des juridictions de droit commun statuant en matière civile et commerciale qui n’étaient
pas compétentes pour connaître du contentieux du recouvrement des cotisations sociales. Les ju-
ridictions saisies, en l’occurrence, le TPI de Fundong et la Cour d’appel du Nord-ouest se sont dé-
clarées compétentes et ont annulé la dette de cotisations sociales de la CNPS. La CNPS s’est pour-
vue en cassation devant la Cour suprême qui a annulé l’arrêt de la Cour d’Appel du Nord-ouest.
Devant le TCS, cet employeur a affirmé que les décisions du TPI de Fundong et la Cour d’Appel
du Nord-Ouest annulant la dette de cotisations sociales lui étaient favorable. Il a ensuite déclaré
que la CNPS n’était pas fondée à le poursuivre devant les juridictions répressive, notamment le
TCS. L’arrêt de la Cour Suprême avait été produit devant le TCS. La CNPS détenait alors la preuve
dudit détournement, caractérisé par le non reversement par cet employeur, des cotisations sociales
prélevées sur les salaires de ses travailleurs.
La situation du 2ème employeur également poursuivi pour détournement de la somme 1 000 000 000
FCFA (soit 152 671, 75 euros) était différente. Il avait été dénoncé par ses travailleurs devant le TCS
qui avait demandé à la CNPS de communiquer des pièces établissant qu’il existait la dette de coti-
sations sociales. La CNPS a produit des rapports de contrôle et mises en demeure avant poursuites
qui ont révélé que cet employeur accumulait ladite dette depuis plusieurs dizaines d’années.
201
Soit 3 053 435, 11 euros.

200
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

§4 : L’état du contentieux de la prévoyance sociale


641- Le contentieux de la prévoyance sociale a porté sur le recouvrement
des cotisations sociales (A) et des prestations sociales (B).
A : Le contentieux du recouvrement des cotisations sociales
642- La phase gracieuse du règlement des différends portant sur le re-
couvrement des créances de cotisations sociales a précédé l’étape conten-
tieuse devant les juridictions administratives.
1) La phase gracieuse
643- Un total de 39 requêtes gracieuses a été introduit devant le comité
de recours gracieux du Conseil d’administration de la CNPS par les em-
ployeurs contestataires des actes de recouvrement de la CNPS en 2021.
Parmi lesdites requêtes, 5 ont fait l’objet de reprises et de réexamen202 dans
le cadre de l’instruction et 34 ont implicitement été en faveur de la CNPS.
2) La phase contentieuse devant les juridictions administratives
644- Les tribunaux administratifs ont été saisis de 39 recours contentieux
exercés par les employeurs, en contestation des actes de recouvrement de
cotisations sociales. De toutes les requêtes introduites, 17 ont connu jugement
en premier et dernier ressort, dont 12 en faveur de la CNPS, 4 en faveur
des requérants et 1 partiellement en faveur de chaque partie.
645- Par ailleurs, les employeurs insatisfaits des jugements ont fait pour-
voi devant la Chambre administrative de la Cour suprême, qui à l’issue
de la procédure a rendu 3 arrêts en faveur de la CNPS.
B : Le contentieux des prestations sociales
646- Le contentieux des prestations sociales a été très dense en 2021 et
la plupart des requêtes introduites par les assurés sociaux portaient sur
la branche des PVID. Lesdites requêtes ont fait l’objet de recours gracieux
préalables et certaines ont atteint la phase de recours de contentieux.
202
Ces reprises de contrôle font suite aux décisions de la CNPS de faire annuler ou modifier, par
ses contrôleurs agréés et assermentés, des procédures de contrôle des employeurs pour les-
quelles il est établi après vérification, que les Contrôleurs instrumentaires n’ont pas respecté la
loi à l’occasion de leurs contrôles.

201
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

647- Le comité de recours gracieux du Conseil d’administration de la CNPS


a enregistré 296 requêtes, qui ont toutes connu décisions, dont 244 en
faveur de la CNPS et 52 en faveur des assurés sociaux.
648- Par ailleurs, les commissions régionales du contentieux de la pré-
voyance sociale siégeant au sein des TGI des chefs lieu de Région ont
connu du contentieux de la prévoyance sociale initié par les assurés so-
ciaux en 2021. Parmi les 187 affaires enrôlées et régulièrement appe-
lées par ladite Commission, 52 ont été vidées, 14 radiées du rôle, 29 dé-
cisions rendues en faveur de la CNPS et 9 en faveur des assurés sociaux.
649- Les assurés sociaux ont saisi les cours d’appel pour contester les dé-
cisions rendues par les commissions régionales du contentieux de la pré-
voyance sociale relativement aux prestations sociales. A cet effet, lesdites
cours ont rendu 10 arrêts dont 6 en faveur de la CNPS et 4 en faveur des
requérants. Au demeurant, 33 affaires étaient encore pendantes devant
lesdites juridictions à la fin d’année.
650- Par ailleurs, des 5 pourvois exercés devant la Cour Suprême, aucun
n’a connu de décisions à la fin de l’année.
*
* *
651- Le droit du travail et de la sécurité sociale a été impacté en 2021 par
les crises sanitaire et sécuritaire qui ont entraîné le ralentissement les acti-
vités économiques génératrices d’emploi. Cette situation a également causé
la réduction des effectifs dans les entreprises et par ricochet l’augmentation
du taux de chômage. Des défis demeurent relativement à la redynamisa-
tion du tissu économique, qui contribuera au relèvement de l’emploi.
652- Malgré ces défis, le gouvernement a poursuivi les actions relatives
l’employabilité et à la protection des droits des travailleurs.

202
CHAPITRE 5
LE DROIT A LA CULTURE
ET AUX LOISIRS

CHAPITRE 5 : LE DROIT A LA CULTURE ET AUX LOISIRS


MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

653- En 2021, le Gouvernement a poursuivi ses efforts pour assurer la


disponibilité des biens culturels, l’accessibilité aux services culturels et la
protection des intérêts moraux et matériels des acteurs de la culture. La
promulgation de la loi régissant l’organisation et la promotion de la filière
du livre y a constitué une étape majeure. La promotion et le développe-
ment du secteur du tourisme ainsi que des loisirs se sont poursuivis notamment
à travers le renforcement des infrastructures et la promotion du Cameroun
comme destination touristique.
654- Lors des préparatifs de la CAN TotalErnergies 2021, le droit à la
culture et aux loisirs a été garanti.
SECTION 1 : DISPONIBILITE DES BIENS CULTURELS
655- Davantage d’infrastructures ont été mises à disposition et la pré-
servation des biens culturels s’est poursuivie.
§1 : Amélioration de l’infrastructure culturelle
656- Le nombre d’infrastructures sportives s’est accru et d’autres ont été
réhabilitées en prélude à la CAN TotalEnergies 2021. Il s’agit notamment
du Complexe sportif d’Olembé à Yaoundé (60 000 places), du Complexe
sportif de Japoma à Douala (50000 places), du stade RoumdeAdjia de
Garoua (40 000 places), du stade de Kuekong à Bafoussam (20 000
places), du Stade Omnisport de Limbé (20 000 places).
657- En outre, la construction de la Salle de convivialités, des galeries d’art
et des boutiques d’exposition de divers objets d’art au Musée nationale
s’est achevée. Le Musée régional du Centre a également été réhabilité
et sert désormais de lieu d’exposition des valeurs culturelles.
§2 : La préservation des biens culturels
658- En raison de l’imminence des risques, des mesures préventives ont
été prises. Par ailleurs, des progrès ont été enregistrés concernant l’ins-
cription de certains biens sur la liste des sites du patrimoine mondial.

205
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

A : La conservation préventive du patrimoine culturel des risques


imminents
659- Les intempéries, les incendies, les vols des biens culturels et les crises
sécuritaires203, à l’instar de celles des régions de l’Extrême-Nord, du Nord-
Ouest et du Sud-Ouest, ont mis en péril le patrimoine culturel dans les zones
de conflit. C’est la raison pour laquelle ce patrimoine devait être protégé.
C’est à cet effet qu’en collaboration avec l’UNESCO, dans le cadre du Pro-
jet pilote « Evaluation et d’intervention d’urgence sur les sites du patrimoine
culturel des musées et collections en péril dans les régions du Nord-Ouest,
Sud-Ouest et l’Extrême-Nord du Cameroun », un atelier de formation sur la
conservation préventive des musées et collections, et l’aide d’urgence au
patrimoine culturel en temps de crise, a été organisé à Douala le 13 avril
2021. En outre, les 29 et 30 juillet 2021, le Centre International de Recherche
et de Documentation sur les Traditions et les Langues Africaines (CERDO-
TOLA)204 a abrité la Conférence internationale sur la conservation et la pré-
servation du patrimoine documentaire en Afrique Centrale, piliers de la ré-
conciliation et de la consolidation de la paix. Les participants, à savoir des
bibliothécaires et des archivistes, ainsi que les autres acteurs de la gestion
du patrimoine au Cameroun et d’autres pays de l’Afrique Centrale, ont
échangé sur la conservation et la préservation du patrimoine documentaire,
particulièrement dans les zones de conflit et de post-conflit.
B : La visibilité à travers la préservation des sites patrimoniaux
660- Dans le cadre de ses démarches visant à faire inscrire un bon nom-
bre de sites sur la liste des sites du patrimoine mondial de l’UNESCO, pour
assurer leur protection et permettre ainsi aux générations futures d’en pro-
fiter, le Gouvernement a intensifié ses efforts pour y faire inscrire le site
du port négrier de Bimbia. A cet égard, 15 experts nationaux et inter-
nationaux en patrimoine culturel ont commencé à collecter les données
nécessaires, le 25 avril 2021 durant une semaine pour constituer le dos-
sier relatif à la reconnaissance de ce site par l’UNESCO.

203
Le 24 septembre 2021 par exemple, le Palais Royal de Bafut a été pillé et plusieurs artéfacts
précieux ont été emportés, notamment un masque en bronze.
204
La conférence qui a été organisée en collaboration avec la Fédération Internationale des Associations
et Institutions de Bibliothèques et l’Association des bibliothécaires, archivistes, documentalistes
et muséographes du Cameroun (ABADCAM). Elle a été financée par UNESCO.

206
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

661- L’inscription éventuelle du port négrier du village de Bimbia205 sur


la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO viendra s’ajouter à la Réserve
de faune du Dja inscrite en 1987 et au Tri-National de la Sangha inscrit
en 2012.
SECTION 2 : L’ACCESSIBILITE AUX SERVICES CULTURELS
662- Bien que certains évènements culturels, tels que le Festival des mu-
siques et danses patrimoniales(FESMUDAP) et la Rentrée culturelle et ar-
tistique nationale (RECAN),ont été annulés en raison de la pandémie de
la covid-19, d’autres tels que des festivals, des expositions et des cérémonies
de remise de prix sont restés ouverts au public, offrant ainsi aux popula-
tions la possibilité d’apprécier par elles-mêmes les diverses offres culturelles.
En outre, plusieurs secteurs culturels ont bénéficié de subventions.
§1: Organisation de festivals et d’expositions
663- En avril 2021, un festival de 4 jours appelé Cameroon Internatio-
nal Film Festival (CAMIFF) a été organisé à Buea avec le soutien de
l’UNESCO. Ce festival dont l’un des objectifs était de mettre en valeur la
richesse des talents du Cameroun, particulièrement dans les Régions du
Nord-Ouest et du Sud-Ouest, a réuni des actrices et acteurs, des musiciens,
des réalisateurs, des critiques cinématographiques, des acheteurs et des
distributeurs qui, grâce à des cours sur le cinéma, ont appris plusieurs as-
pects de la culture au service du développement et de la culture pour la
paix et pris part à des activités sociales pour la paix et l’unité. L’une des
réalisations du festival a été l’élaboration d’une feuille de route pour le
développement individuel et collectif de l’industrie musicale et l’identification
du rôle clé des artistes dans la consolidation de la paix et le redressement
des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest à travers la culture de la
musique.
664- La 25ème édition du Festival international de film Ecrans Noirs, qui
valorise les films africains, a été célébrée, à Douala et Yaoundé du 17
au 27 novembre 2021, sous le thème « Cinéma, un art marchand et
libérateur ». Les activités comprenaient des ateliers et des projections de
films en compétition. Le dernier jour du festival, les gagnants ont reçu des
prix dans plusieurs catégories, dont un pour le meilleur film camerounais.
205
Outre le site négrier de Bimbia, il existe 21 autres biens culturels et naturels sur la liste indicative
du patrimoine mondial.

207
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

665- D’autres festivals comprenaient : la 8ème édition de la Semaine in-


ternationale du 1er film qui s’est tenue du 30 octobre au 7 novembre 2021
à Yaoundé et au cours de laquelle les meilleurs films ont été récompen-
sés ; le Festival Mboa BD du 17 au 20 novembre 2021 à Yaoundé qui
avait pour objectif de promouvoir les bandes dessinées du Cameroun ;
et la 10ème édition du Douala Music’Art Festival du 25 au 28 novembre
2021 au cours de laquelle des spectacles musicaux, des danses et des
expositions d’art ont été présentés.
666- Par ailleurs, dans le cadre des activités de commémoration de la Jour-
née internationale des musées qui se célèbre chaque 18 mai, la Commu-
nauté Urbaine de Douala a organisé une exposition de plusieurs œuvres
d’art du 8 mai au 5 juin 2021. Le 18 mai 2021, le personnel de ladite com-
munauté a visité le Musée maritime de Douala où se trouve une exposition
sur l’histoire maritime et portuaire du Cameroun à travers des objets, des
photos, des cartes et un simulateur de navigation. Cette visite a été suivie
d’un débat sur le thème : « Impact du musée sur son environnement : Cas
du Musée maritime de Douala dans la ville de Douala ».
667- En prélude à la CAN TotalEnergies 2021, l’exposition Voyage dans
le passé a été organisée à Yaoundé en décembre 2021. Quelque 500
pièces d’art primitif camerounais ont été exposées. Il s’agissait, entre au-
tres, d’ustensiles de cuisine, d’armes de chasse et de sculptures.
668- Dans le même sillage, le Festival 2021des arts et cultures en milieu
scolaire du Centre régional a été organisé par la Concertation des en-
cadreurs du réseau des formateurs en arts et cultures sous le thème « Ré-
veiller l’esprit des arts dans les écoles »206. Dans le cadre de ce festival
qui s’est tenu au Lycée Général Leclerc du 24 mars au 7 avril 2021, 12
collèges ont concouru dans les domaines des arts du spectacle, des beaux-
arts et de l’éducation musicale.
§2 : Les subventions
669- Le Gouvernement a accordé les subventions suivantes : 16 000 000
FCFA207 pour la création, la promotion et la diffusion des œuvres cultu-
206
Le thème a été choisi à cause du ralentissement des activités artistiques dans les écoles en rai-
son de la Covid-19.
207
Soit 24 427, 48 euros.

208
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

relles camerounaises; 14 100 000 FCFA208 pour l’appui à la création,


l’édition et la diffusion des œuvres musicales ; et 1 000 000 FCFA209 pour
les évènements liés aux œuvres littéraires.
SECTION 3 : LA REFORME DE LA FILIERE DU LIVRE
670- Le cadre juridique du droit à la culture a été renforcé par la Loi n°
2021/024 du 16 décembre 2021 portant organisation et promotion de
la filière du livre au Cameroun. Jusqu’ici, la législation était essentiellement
muette à ce sujet.
§1 : Contexte et justification de la réforme
671- La filière du livre au Cameroun a été confrontée à certaines difficultés,
notamment la faible production locale des livres de qualité, l’absence d’une
véritable industrie nationale du livre, la hausse de la contrefaçon des
livres et le manque de professionnalisation des acteurs.
672- S’agissant particulièrement des livres et des manuels scolaires, un
nombre de pratiques peu orthodoxes a été observé, à savoir la corrup-
tion, les conflits d’intérêts, les délits d’initié identifiés contre les organismes
d’évaluation des manuels scolaires, les changements anarchiques des li-
vres au programme et la pléthore d’ouvrages retenus pour une seule dis-
cipline. La disponibilité et l’accessibilité des livres ont également été une
source de préoccupation.
673- Face à tous ces défis, il était impératif de réformer la filière du livre.
§2 : Points saillants de la loi portant organisation et promotion
de la filière du livre au Cameroun
674- Cette loi définit la structuration de la filière du livre, encadre les in-
teractions entre les acteurs et instaure des mesures incitatives au déve-
loppement et à la professionnalisation de celle-ci, notamment en encou-
rageant la diversité culturelle dans le secteur, ainsi que l’impression et la
publication locales des livres. Elle s’applique aux livres qui sont des œu-
vres de l’esprit considérés comme des biens culturels ou économiques, ainsi
qu’aux manuels et aux livres scolaires (article 2).
208
Soit 21 526, 71 euros.
209
Soit 1526, 71 euros.

209
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

675- Concernant l’organisation, la filière du livre est structurée autour de


7 maillons, à savoir la rédaction, l’édition, l’impression, la diffusion, la dis-
tribution, la commercialisation et la consultation en bibliothèque.
676- Cette loi définit en outre le rôle des différents acteurs et met l’accent
sur le caractère apolitique de l’école, la professionnalisation des ensei-
gnements et la promotion de l’éducation inclusive pour les apprenants en
situation d’handicap, un seul ouvrage par discipline pour une durée mi-
nimale de trois (3) ans, une préférence pour les opérateurs camerounais
autant que possible dans la filière et la mise à disposition gratuite par l’État
des manuels essentiels dans l’enseignement210 primaire public, prioritai-
rement dans les Zones d’Éducation Prioritaire (article 42). Elle prévoit éga-
lement des mesures à rendre accessible les manuels scolaires.
677- Cette loi dispose également que les manuels et livres scolaires non-
inscrits sur les listes officielles des manuels scolaires ne peuvent être ni im-
posés pour achat aux élèves, ni opposés à ceux-ci lors des évaluations
et examens officiels (article 53).
678- Pour ce qui est des sanctions pénales, elle prévoit que quiconque pro-
cède à la vente de manuels et livres scolaires au sein des établissements sco-
laires est puni d’une peine d’un (1) à cinq (5) ans d’emprisonnement et d’une
amende de 1 000 000 FCFA à 5 000 000 FCFA211 (article 64). En outre,
toute personne qui procède à la contrefaçon ou à la commercialisation de
manuels et livres scolaires contrefaits est punie d’une peine de cinq (5) à dix
(10) ans d’emprisonnement et d’une amende de 5 000 000 FCFA à 10 000
000 FCFA212 ou de l’une de ces deux peines seulement.
SECTION 4 : LA PROTECTION DES INTERÊTS MORAUX ET
MATERIELS DES ACTEURS CULTURELS
679- Des mesures ont été prises en vue du recouvrement et de la répar-
tition des redevances des artistes et certains d’entre eux ont reçu des prix.
210
Pour le Sous-système francophone, ces manuels concernent les disciplines ci-après : le français,
l’anglais, les mathématiques, l’éducation à la citoyenneté et l’informatique ; pour le Sous-système
anglophone, il s’agit de : English language, French language, Mathematics, Citizen ship education,
Information and Communication Technologies.
211
Soit 7 633,59 euros.
212
Soit 15 267,18 euros.

210
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

§1 : Les redevances aux artistes


680- Le Ministre des Arts et de la Culture a signé la Décision n°
021/0001MINAC/CCCOG du 16 février 2021 fixant les modalités de
sécurisation des fonds collectés au titre des droits d’auteur ou des droits
voisins. Le MINAC a également apporté son soutien technique aux or-
ganismes de gestion collective (SONACAM, SOCADAP, SOCILADRA,
SCAAP et SCDV) pour leur fonctionnement et le recouvrement auprès des
utilisateurs des sommes dues relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Les sommes recouvrées pour les droits d’auteur et droits voisins ont été ré-
parties tel que le montre le tableau suivant :

SOURCE : MINAC 112 714 272213

681- Un Accord de partenariat a été signé le 8 décembre 2021 entre le


Groupement Inter-patronal du Cameroun (GICAM) et les organismes de ges-
tion collective des droits d’auteur et droits voisins, dont les principaux do-
maines de collaboration sont la sensibilisation et la formation des entreprises
sur les droits d’auteur et les droits voisins, ainsi que le paiement des rede-
vances y relatives. Les 2 parties envisagent également d’établir un cadre
de réflexion pour la promotion de l’industrie culturelle au Cameroun.
§2 : Les distinctions
682- La cérémonie de récompense de la 13ème édition des Canal 2’Or
organisée par la chaîne de télévision camerounaise Canal 2 Internatio-
nal s’est tenue le 30 octobre 2021 à Douala. Lors de cette cérémonie,
213
Cette somme recouvrée auprès des utilisateurs pour l’exploitation des œuvres artistiques entre
2019 et 2020 était destinée à 1483 artistes.

211
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

les meilleurs musiciens et acteurs culturels du Cameroun et de l’Afrique cen-


trale ont été primés.
683- Par ailleurs, le camerounais Brice TADÉ TANGOU a remporté le
premier prix du concours mondial de dessins et de bandes dessinées in-
titulé « Génération égalité : Imaginez-la ! »214, auquel ont pris part 1200
jeunes artistes de plus de 120 pays.
SECTION 5 : LA PROMOTION ET LE DEVELOPPEMENT DU
TOURISME ET DES LOISIRS
684- Des mesures ont été prises pour faire du Cameroun une destination
touristique. La disponibilité des infrastructures de tourisme et de loisirs, ainsi
que le suivi de ce secteur ont été garantis.
§1 : Les activités visant à améliorer la visibilité du potentiel
touristique
685- Comme dans les années précédentes, des activités ont été menées
en vue de promouvoir le Cameroun comme destination touristique. Il s’agit
notamment de la mise en valeur du potentiel touristique du pays lors d’évè-
nements, ainsi que la production et la distribution de matériel promotionnel.
A : La participation aux évènements
686- Le MINTOUL a pris part à plusieurs évènements, dont le « Village
jeunesse 2021 » logé au Musée national à Yaoundé, en février 2021,
la célébration de la Journée internationale des guides touristiques les 19,
20 et 21 février 2021 à l’hôtel de ville de la Communauté urbaine de
la même ville Yaoundé, le Tour cycliste sur la route des chefferies de l’Ouest
du 25 au 28 février 2021 dans la Région de l’Ouest, et la 10ème édition
du Salon de l’Action Gouvernementale (SAGO), à Yaoundé du 25 au
30 juillet 2021. Lors de ces évènements, le MINTOUL a informé le pu-
blic de ses activités et distribué des affiches et brochures publicitaires sur
le tourisme.

214
Le concours a été organisé par ONU Femmes en collaboration avec la Commission européenne,
ainsi qu’en partenariat avec Cartooning for Peace pour marquer le 25èmeanniversaire de la Dé-
claration et du Programme d’action de Beijing.

212
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

687- Ce Département ministériel a également célébré la Journée mondiale


pour un tourisme responsable et respectueux le 2 juin 2021 et installé des
stands d’informations touristiques dans les gares et les aéroports.
B : La production et la distribution du matériel promotionnel
688- Du matériel promotionnel, à savoir des guides touristiques pour les 10
régions, des affiches portant l’inscription « Toute l’Afrique dans un pays »,
des gadgets sur lesquelles il est marqué « Tourisme et loisirs Cameroun »
et des prospectus « Destination Cameroun », a été distribué dans des foires
et des festivals et rendu disponible dans les stands d’informations touristiques,
dans les gares et les aéroports. Ce matériel était également disponible dans
les Bureaux d’information touristique du Cameroun en Europe, en Asie et
en Amérique.
689- La stratégie de communication et de marketing numérique comprenait
la diffusion de matériel promotionnel sur des plateformes numériques et
le site web du MINTOUL (www.mintoul.gov.cm). L’une de ces plateformes
électroniques baptisée « Visiter le Cameroun avec moi », était également
présente sur les réseaux sociaux tels que Facebook, Instagram et TikTok.
C : Les activités menées dans le cadre de la CAN TotalEnergies 2021
690- Une session extraordinaire du Conseil National du Tourisme prési-
dée par le Premier Ministre s’est tenue le 22 juillet 2021 et avait pour but
de réfléchir sur les stratégies de promotion du tourisme et des loisirs dans
le cadre de la CAN TotalEnergies 2021, ainsi que la promotion du Ca-
meroun comme destination touristique. Les échanges ont tourné autour de
l’accélération du développement des infrastructures, de la mise à niveau
de celles existantes et de l’embellissement des villes devant abriter les matchs.
691- C’est dans ce sens qu’en prélude à la CAN TotalErnegies 2021, le
Ministre de l’Habitat et du Développement Urbain a lancé l’opération villes
propres dans les villes de Yaoundé, Douala, Bafoussam, Limbe et Garoua
afin de rendre ces villes plus attrayantes.
692- Dans le cadre de la sStratégie de marketing touristique de la CAN
TotalEnergies 2021, la start-up NchimsyTeq a développé l’application
TourCMR, la toute première application camerounaise bilingue de guide
de voyage qui a été approuvée et inaugurée par le MINTOUL le 2

213
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

novembre 2021 comme application officielle de guide de voyage pour


cet évènement sportif. Ladite application que l’on peut télécharger à par-
tir des plateformes Google play store et Apple Store, fournit des informations
sur le Cameroun et ses attractions touristiques. On y retrouve notamment
plus de 145 sites touristiques du Cameroun classés en fonction de leur lo-
calisation.
693- Le 28 août 2021, un Accord a été signé entre le MINTOUL et la
Cameroon Radio Television (CRTV) pour la coproduction et la diffusion
de microprogrammes télévisés et de mini-documentaires visant à promouvoir
le Cameroun comme destination touristique. Ainsi, une quinzaine micro-
programmes intitulés « Safari » ont été produits (d’une durée de 7 minutes
pour certains et 5 minutes pour d’autres). Une dizaine de documentaires
(de 26 minutes chacun) ont également été produits (5 en anglais et 5 en
français) sur les villes devant abriter les matchs de la CAN. Ces micro-
programmes télévisés et ces documentaires ont commencé à être diffusés
en décembre 2021.
§2 : La disponibilité des infrastructures de tourisme et de loisirs
694- La Commission Technique Nationale des Etablissements et des
Agences de Tourisme a tenu au total 10 sessions au cours desquelles des
autorisations d’ouverture d’établissements de tourisme et de loisirs ont été
accordées.
695- Des autorisations ont également été accordées pour la construction
et le fonctionnement de 286 hôtels. De même, 21 restaurants et 45 éta-
blissements de loisirs ont été autorisés à exercer, ainsi que 12 agences
de tourisme et 13 guides touristiques.
696- Dans le cadre de l’organisation de la CAN TotalEnergies 2021, un
centre d’hébergement offrant 22 chambres et une suite junior a été construit
au Centre d’accueil de Kribi, des travaux de réhabilitation et d’extension
ont été effectués à l’hôtel de la Benoué, et l’hôtel Ribadou a été construit
et aménagé à Garoua. Quelques hôtels de haut standing ont été
construits et d’autres rénovés, notamment Shalom City hôtel à Garoua,
Star Land hôtel, United hôtel et Mundi hôtel à Yaoundé, Relaxe hôtel à
Nkometou, Best Western hôtel et Krystal Palace Hôtel à Douala, hôtel la
Vallée de Bana dans la Région de l’Ouest.

214
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

§3 : Le renforcement des capacités des acteurs du tourisme et des


loisirs
697- Dans le cadre de la promotion de la culture de loisirs sains et édu-
catifs, en prélude à la tenue des colonies de vacances pour jeunes à Me-
long dans la Région du Littoral en juillet 2021 et à Bashéo au Nord-Ouest
en août 2021, le MINTOUL a organisé un atelier de renforcement des
capacités à l’intention de 50 moniteurs de loisirs en vue d’un meilleur en-
cadrement des jeunes.
698- Par ailleurs, les 20 et 21 décembre 2021, un atelier de validation
s’est tenu à Yaoundé sur l’harmonisation des programmes de formation
professionnelle en matière de tourisme, hôtellerie et loisirs. Y ont pris part
des cadres du MINESEC, MINESUP, MINEFOP et des promoteurs de cen-
tres de formation professionnelle du secteur du tourisme, de l’hospitalité
et des loisirs des 10 régions.
§4 : Le suivi du secteur du tourisme et des loisirs
699- Des établissements de tourisme et de loisirs ont été inspectés, no-
tamment 770 établissements dans les régions du Centre, de l’Ouest et du
Sud-Ouest. Certains de ces établissements jugés non conformes ont été
fermés, tandis que d’autres ont été condamnés à payer une amende.
700- De plus, le MINTOUL a organisé, en collaboration avec le MINMIDT,
le MINEPDED et le MINCOMMERCE, des inspections conjointes de 64
établissements de tourisme dans la Région du Centre entre novembre et
décembre 2021.
701- En outre, un protocole de santé anti-Covid-19 à l’intention des pro-
moteurs du secteur du tourisme et des loisirs a été élaboré suivant les di-
rectives de l’OMS, de l’Organisation Mondiale du Commerce et des me-
sures gouvernementales. Ce protocole a par la suite été vulgarisé. La cer-
tification hôtel sans Covid-19 s’est faite par l’apposition des panneaux avec
des QR codes(codes à réponse rapide) Covid. Quelque 400 QR codes
ont été apposés.

215
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

*
* *
702- La loi portant organisation et promotion de la filière du livre a mar-
qué une étape décisive concernant le droit à la culture. En outre, des me-
sures préventives relatives à la préservation des biens culturels contre les
risques imminents ont été prises. Par ailleurs, il y a eu une amélioration de
la qualité et de la quantité des infrastructures de tourisme. Des mesures
ont été prises pour faire du pays une destination touristique, particulièrement
dans le cadre de l’organisation de la CAN TotalEnergies 2021 au moyen
d’une Stratégie de communication et de marketing numérique. Toutefois,
certaines activités ont dû être annulées en raison de la pandémie de la
Covid-19.

216
CHAPITRE 6
LE DROIT A UN
ENVIRONNEMENT SAIN

CHAPITRE 6 : LE DROIT A UN ENVIRONNEMENT SAIN


MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

703- Comme les années précédentes, le Cameroun a multiplié des actions


en faveur de la protection de l’environnement, qui ne cesse d’être menacé
par le fait de l’homme et/ou par les phénomènes naturels. Ces actions, ré-
silientes à la pandémie de la Covid-19, ont porté essentiellement sur le ca-
dre normatif (Section 1), la lutte contre les changements climatiques, la dé-
sertification et la gestion durable de la biodiversité (Section 2), la lutte contre
les pollutions, nuisances et substances chimiques nocives et/ou dangereuses
(Section 3) et le contentieux environnemental et faunique (Section 4).
SECTION 1 : LE RENFORCEMENT DU CADRE NORMATIF
704- Le Cameroun a ratifié, par Décret n° 2021/754 du 28 décembre
2021, la Convention sur la protection et l’utilisation des cours d’eaux trans-
frontières et des lacs internationaux adoptée le 17 mars 1992 à Helsinki.
Il a également adhéré, suivant Décret n°2021/780 du 28 décembre 2021,
l’accord créant le réseau international sur le Bambou et le Rotin, adopté
à Beijing le 6 novembre 1997. L’une des innovations majeures a été l’adop-
tion de la Loi no 2021/014 du 09 juillet 2021 régissant l’accès aux res-
sources génétiques, à leurs dérivés, aux connaissances traditionnelles as-
sociées et le partage juste et équitable des avantages issus de leur utili-
sation. Cette Loi aménage les conditions d’accès et d’exploitation des res-
sources dans l’intérêt partagé des populations et des exploitants.
705- Le Cameroun a également adopté la loi n° 2021/024 du 16
décembre 2021 portant organisation et promotion de la filière du livre
au Cameroun, dont l’un des aspects porte sur la pollution, notamment la
Section III consacrée à l’impression. En effet, l’article 16 dispose que :
« l’impression du livre doit être faite dans des conditions respectueuses de
l’environnement, tant pour sa production qu’à l’occasion de la gestion éco-
logique des déchets générés par celle-ci ». L’article 46 ajoute que : « l’Etat
encourage le développement d’une économie verte pour la production des
manuels et livres scolaires ».

219
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

SECTION 2 : LA LUTTE CONTRE LES CHANGEMENTS CLIMA-


TIQUES, LA DÉSERTIFICATION ET LA GESTION
DURABLE DE LA BIODIVERSITÉ
706- Les activités du Gouvernement sur ces volets ont porté sur le reboi-
sement (§2), la gestion de la biodiversité (§3) et l’amélioration du climat
(§1).
§1 : La lutte contre les changements climatiques
707- La lutte contre les changements climatiques s’est poursuivie en 2021
avec la finalisation de la phase de préparation du Cameroun au processus
de la Réduction des Emissions dues à la Déforestation et à la Dégrada-
tion forestière (REDD+) à travers : la participation à la réunion de pré-
paration de la Manifestation d’intérêt du Cameroun pour la Coalition LEAF
(Lowering Emissions by Accelerating Forest Finance) (Réduire les émissions
en accélérant le financement des forêts) ; la tenue d’une réunion de concer-
tation entre le Gouvernement et la Banque Mondiale sur le déblocage
du fonds additionnel ; la publication par le Ministère de l’Environnement,
de la Protection de la Nature et du Développement Durable (MINEPDED)
le 7 janvier 2021 de la Note de synthèse sur les progrès du processus
REDD+ ; la tenue de la réunion de concertation des parties prenantes du
processus REDD+ au Cameroun le 21 janvier 2021; l’organisation des
9ème et 10ème sessions ordinaires du comité de pilotage du processus REDD+
le 18 février 2021 et la participation au 30ème Comité des Participants
(PC30) et à la 14ème Assemblée des Participants (PA14) du Forest Car-
bon Pathnership Facility (FCPF) du 14 au 17 décembre 2021.
708- Le Cameroun a adopté la boussole de référence et de surveillance
du couvert et du carbone forestier, qui est un document stratégique pro-
duit par l’Observatoire National sur les Changements Climatiques
(ONACC), sous la tutelle du MINEPDED.
709- Le bilan technique des activités menées par l’ONACC se résumait
comme suit: la réalisation et l’édition d’un bilan climatique de l’année 2020;
la finalisation de l’étude pour la modélisation des impacts des changements
climatiques sur les secteurs de développement; la finalisation et l’édition
de l’étude en vue de l’ajustement des calendriers climatiques spécifiques

220
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

aux activités socio-économiques; l’élaboration d’un rapport d’inventaire


des émissions de gaz à effet de serre du secteur de l’agriculture, foresterie
et autres affectations des terres, ainsi que le rapport d’inventaire des émis-
sions de gaz à effet de serre du secteur énergie; l’édition, la présentation
et la distribution de l’Atlas des pertes du couvert forestier au Cameroun
de 2000 à 2017 ; l’édition et la diffusion de 4 bulletins saisonniers de
prévisions des paramètres climatiques pour les 5 zones agro-écologiques ;
l’édition et la diffusion de 36 bulletins de prévisions et d’alertes climatiques
décadaires ; la réalisation de l’étude pour la définition des indicateurs cli-
matiques et la réalisation de l’étude en vue de la cartographie des actifs
nationaux menacés par les changements climatiques.
710- Par ailleurs, révisant sa Contribution Déterminée au niveau Natio-
nal (CDN), le Gouvernement s’est engagé à réduire de 35 % l’émission
des gaz à effet de serre d’ici 2030. Quatre rencontres de partage d’in-
formations ont été organisées par le Cameroun pour l’appropriation de
la CDN par les administrations sectorielles, les partenaires techniques et
financiers ainsi que les OSC. C’est le cas de l’atelier sous régional tenu
à Douala du 9 au 13 mars 2021 sur le suivi de la révision des CDN des
pays d’Afrique Centrale. Ledit Atelier financé par le GIZ était organisé par
le Gouvernement et le secrétariat exécutif de la Commission des Forêts
d’Afrique Centrale (COMIFAC). A l’issue de cet Atelier, plusieurs re-
commandations ont été formulées215.
711- En outre, le Gouvernement a lancé le 29 juin 2021 à Douala le Pro-
jet216 Renforcement de la résilience des populations côtières de l’estuaire
du Wouri aux effets des changements climatiques. Ce projet qui aura une
durée de 3 ans, vise l’amélioration de la résilience socioéconomique des
populations riveraines de l’estuaire du fleuve Wouri régulièrement
confrontées à des épisodes d’érosion, d’inondation et de submersion ma-
215
Notamment : le lancement du Project Preparation Grant (PPG) du Capacity Building Initiative in
Transparency (CBIT) ; la réalisation de l’étude sur l’évaluation des lacunes de la CDN ; la réa-
lisation de l’étude sur l’évaluation des lacunes de la CDN ; l’adoption d’un canevas qui devra
permettre l’élaboration d’un plan d’action climat pour la mise en œuvre de la CDN ; la propo-
sition d’un plan de mobilisation des fonds ; la réalisation de l’étude sur la modélisation des émis-
sions de gaz à effet de serre pour les différents scénarios (business-as-usual, with mesures, with
additionnal mesures) des émissions par secteur cible (Agriculture, Déchet, Energie) et la révision
de la CDN.
216
Il s’agit d’un partenariat regroupant les universités de Québec à Rimouski et Laval (Canada), de
Douala et de l’ONG Actions pour la biodiversité et la gestion des terroirs.

221
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

rine en favorisant le développement des connaissances terrain et en gé-


nérant des outils cartographiques d’aide à la décision. Il vise également
le renforcement des connaissances et des capacités locales par la sen-
sibilisation et la formation des communautés locales aux impacts des chan-
gements climatiques.
712- Le Gouvernement et ses partenaires ont débloqué environ 100 000
000 FCFA217, pour l’acquisition de plus de 111 équipements destinés à
soutenir le secteur froid dans la réduction des effets qui appauvrissent la
couche d’ozone. Une partie de ce matériel avait été remise à des admi-
nistrations publiques, des opérateurs privés et des structures de formation
telles que les universités, le 16 septembre 2021 à Douala, à l’occasion
de la 34e édition de la journée internationale de la protection de la couche
d’ozone.
§2 : La lutte contre la désertification
713- Le Gouvernement a mis sur pied des forêts urbaines dans des zones
marécageuses de la ville de Yaoundé. A cet effet, le marécage situé en
contrebas du lieu-dit « carrefour 3 statues » a été transformé en forêt ur-
baine par la mairie de la ville de Yaoundé. Les travaux ayant débuté en
décembre 2020 se sont achevés en 2021. Il s’agit d’une part d’un ar-
boretum municipal dans lequel on retrouve la collection d’essences qui
existait dans la ville de Yaoundé. On y retrouve par exemple des sape-
lis, bubinga, acacias et eucalyptus ; d’autre part d’une forêt urbaine qui
a vu le jour au quartier Ekounou où un marécage a été remplacé par des
jeunes plantes d’eucalyptus. Il en va de même de l’arrondissement de
Yaoundé 7ème où des pentes marécageuses ont fait place à la forêt urbaine.
714- La poursuite des activités du projet Sahel Vert a permis de restau-
rer 500 ha (2 sites de 250 ha) de terres dégradées dans le Département
du Diamaré avec 60 000 plants mis en terre. Les 2 sites de Badjiwal dans
la commune de Bogo, et de Gawel 3 dans la commune de Ndoukoula,
étaient sécurisés par 6 gardiens permanents et les mises en défens en fil
barbelé. Des actions de sensibilisation ont été faites à l’intention des maires
et des populations bénéficiaires sur les enjeux de la restauration et de la
gestion durable des ressources ligneuses.
217
Soit 152 671,75 euros.

222
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

Par ailleurs, 400 arbres ont été plantés dans l’arrondissement de Douala
4ème le 5 juin 2021 à la faveur de la 49e journée mondiale de l’environ-
nement sous le thème « La restauration des écosystèmes ».
715- Pour le Comité Interrégional de Lutte contre la Sécheresse dans le
Nord (CILSN), les principaux extrants ont notamment été la production
de 317 635 plants, dont 258 509 ont été distribués aux établissements
scolaires, aux communes, aux communautés, aux particuliers et aux par-
tenaires au développement, pour le reboisement d’une superficie estimée
à 710 ha218. Ce Comité a également assuré le suivi du reboisement des
berges du Lac de Lagdo dans le cadre de la Convention MEADEN-CILSN.
Le taux de survie des plants de ce reboisement a été estimé à 71%. Ledit
Comité a aussi réhabilité 2 mares agropastorales à Poudiri dans l’Ar-
rondissement de Kaélé. Un document de sensibilisation des CTD sur les
missions et les activités du CILSN ainsi que les axes de collaboration a
été produit et distribué à toutes les communes de sa zone de compétence.
716- Pour ce qui est du projet d’aménagement du Bassin Versant de la
Bénoué, les sites reboisés en 2019 ont été mis en défens dans 4 communes
(Pitoa, Ngong, Garoua II, Garoua III).
717- En outre, il y a eu la mise sur pied de 12 pépinières et une production
de plus de 105 042 plants dont 46 982 bambous, 54 060 produits fo-
restiers non ligneux (PFNL) et 4 000 palétuviers dans les 3 paysages du
projet. 249,75 ha de bambous et PFNL ont été mis en place (67,68 ha
à Douala-Edéa, 109,99 ha à Mbalmayo et 72,08ha à Waza), répartis
en 156,08 ha de terres agricoles dégradées, 44,67 ha de forêts et terres
dégradées, 4 ha de mangrove restaurées, 45 ha sous pratiques amélio-
rées avec au moins 150 acteurs locaux impliqués.
718- Le ministère des Forêts et de la Faune (MINFOF) a élaboré, édité
et multiplié le carnet d’agroforestier. Il a également organisé des ateliers219
de formation de 250 personnes sur l’utilisation du carnet agroforestier.
Ces ateliers de formation s’inscrivaient dans la continuité d’une activité de
sensibilisation du MINFOF qui a débuté en novembre 2019.

218
Dont 157 reboisés directement par le Comité.
219
A l’instar de celui organisé à Douala du 28 au 29 juin 2021 au profit de 70 participants, et de
celui organisé à Mbankomo en août 2021, avec 65 participants.

223
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

719- Concernant les sites des personnes en situation de déplacement


involontaire, une pépinière de 42 000 plants a été préparée et 28 950
plants clairsemés mis en terre dans le site des refugiés nigérians de
Minawao et dans les sites des déplacés internes de OuroTada, Zamai,
Mogode et Koza.
§3 : La gestion durable de la biodiversité
720- Cette gestion a été faite à la fois dans le secteur de l’environnement
(A) et dans le secteur des forêts (B).
A : Dans le secteur de l’environnement
721- Les activités du Gouvernement dans la gestion de la biodiversité ont
porté principalement sur la sensibilisation, l’information et la formation ;
l’évaluation environnementale ; la conservation et la restauration des éco-
systèmes et d’autres actions.
1) Les actions de sensibilisation, d’information et de formation
722- Dans le cadre du renforcement de la sensibilisation environnementale,
les activités suivantes ont été menées : la sensibilisation des populations
riveraines des sites aménagés des berges de la Bénoué par le Projet d’Amé-
nagement du Bassin Versant de la Bénoué et le Projet Pilote Bambou contre
les feux de brousse et la coupe abusive de bois ; la sensibilisation et la
formation de certains élus locaux et de 12 cadres communaux respon-
sables de l’environnement dans la Région de l’Extrême-Nord sur la ges-
tion des ressources transférées aux communes par le MINEPDED dans le
cadre de l’opération Sahel Vert dans les Départements du Diamaré et du
Mayo-Danay.
723- En ce qui concerne le développement et la diffusion de l’informa-
tion environnementale, 8 bases de données thématiques ont été rendues
disponibles dans le Système d’Information Environnemental (SIE).
724- S’agissant de la formation, les actions suivantes ont été menées : la
formation de 342 personnes sur les techniques de restauration à travers
le bambou et les PFNL ; l’appui à au moins 109 agriculteurs par les
pépinières ; l’élaboration du Rapport de la Méthodologie d’Evaluation

224
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

des Opportunités de Restauration (MEOR220) dans les paysages de


Mbalmayo, Douala-Edéa et Waza ; l’adoption du Plan d’Action
Harmonisé (2020-2030) pour la restauration des Terres et Paysages
Forestiers Dégradés au Cameroun; l’élaboration du un Rapport de l’Etude
de Marché sur la Chaîne de Valeur du Bambou et d’autres PFNL ;
l’élaboration du Document de Suivi-Evaluation du Projet TRI; ainsi que
l’adoption du Plan d’Influence Politique (PIP) et des Notes Politique et
Scientifique.
2) Les actions d’évaluation environnementale
725- Les évaluations environnementales ont été renforcées par certaines
activités notamment : l’organisation de 23 audiences publiques des études
d’impact et audits environnementaux et sociaux ; la réception et le trai-
tement de 182 Termes de Référence des études d’impact et audits envi-
ronnementaux et sociaux ; le traitement des dossiers relatifs aux programmes
de consultations publiques dans le cadre de la réalisation des études d’im-
pact et audits environnementaux et sociaux ; la préparation et la tenue
de 12 réunions du Comité Interministériel de l’Environnement ; l’évalua-
tion de 108 rapports soumis à l’examen du Comité Inter Ministériel de l’En-
vironnement (CIE) ; la délivrance de 93 Certificats de Conformité Envi-
ronnementale (CCE) et de 17 agréments de Bureaux d’Etude ; la réali-
sation de 12 missions de suivi et de diagnostic de l’état de mise en œu-
vre des PGES ; la réception et le traitement de 25 dossiers de demande
d’Attestation de Respect des Obligations Environnementales (AROE) ayant
abouti à la délivrance de 20 AROE ; et la réorganisation des informations
relatives aux PGES mis en ligne dans l’application de numérisation et de
mise en ligne des PGES.
3) Les actions de conservation et de restauration de l’écosystème
726- Dans le cadre de la promotion de la conservation et de la restau-
ration des écosystèmes de mangroves, 3 500 000 FCFA221 de recettes
générées par le mécanisme d’Accès et Partage des Aventages (APA) ont
été reversées au Compte d’Affectation Spéciale (CAS) pour l’Environnement
et le Développement Durable et comptabilisées par les mécanismes édic-
220
Méthodologie d’Evaluation des Opportunités de Restauration des paysages forestiers MEOR
(Restoration Opportunities Assessment Methodology (ROAM).
221
Soit 5 343, 51 euros.

225
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

tés dans la gestion des finances publiques. La centralisation des bases de


données thématiques a été effectuée à hauteur d’au moins 10% dans le
système d’informations sur la biodiversité et les services écosystémiques
(BES) mis en place en 2021.
727- La restauration de la biodiversité des berges du fleuve Bénoué à tra-
vers l’utilisation des espèces de bambou dans les localités de Pitoa, Lagdo,
Garoua II et Garoua III (phase pilote) s’est poursuivie avec les transferts
de compétences à ces communes.
728- La mise en œuvre du Projet d’Appui à la restauration des paysages
dégradés par l’utilisation durable des espèces locales (bambusassp,
Irvingiaspp etc) pour la conservation de la biodiversité, les moyens de
subsistance durables et la réduction des émissions au Cameroun (Projet
TRI222) s’est poursuivie à travers : la mise en place de 12 pépinières avec
plus de 105 042 plants, dont 46 982 bambou, 54 060 PFNL et 4000
palétuviers dans trois paysages du projet (Waza, Mbalmayo et Douala-
Edéa) ; la mise en place de 249.75 ha de bambou et de PFNL (67,68
ha à Douala-Edéa, 109,99 ha à Mbalmayo et 72,08 ha à Waza),
répartis en 156,08 ha de terres agricoles dégradées, 44,67 ha de forêts
et terres dégradées, 4 ha de mangroves restaurées 45 ha sous pratiques
améliorées) avec au moins 150 acteurs locaux impliqués.
4) Les autres actions sur la biodiversité
729- Ces actions ont porté sur la signature le 21 juillet 2021 à Yaoundé,
de 2 contrats sur les Conditions Convenues d’un Commun Accord (CCCA)
entre la communauté locale de Pimbo (commune de Ngambe dans la
Région du Littoral) et la société suisse Firmenich S.A. Les 2 protocoles por-
taient sur la recherche en vue de l’exploitation et la commercialisation de
2 ressources génétiques précises que sont : l’Aframomum Spp (mbon-
gobako) et le Fagaraspp (Hiomi Matam).
730- Bien plus, le développement et l’institution d’un système national de
monitoring et de contrôle des Organisme Vivant Modifié (OVM) et des
Espèce Exotique Envahissante (EEE) a facilité la mise sur pied du projet
de Biosécurité au Cameroun. Ce qui a permis de répertorier 165 OVM
et une EEE.
222
The Restoration Initiative.

226
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

B : Dans le secteur des forêts


731- Le 25 juin 2021, le MINFOF et la Fondation Tikki Hywood (une or-
ganisation active dans la sauvegarde des pangolins), ont signé à
Yaoundé, une Convention afin d’assurer la protection de cette espèce ani-
male. Le Cameroun dispose d’un Centre de réhabilitation des pangolins,
logé au sein du Parc National de la Mefou dans le Département de la
Mefou et Afamba qui a pour but de garantir la survie de cette espèce en
voie de disparition du fait des braconniers.
732- Du 28 au 30 septembre 2021 s’est tenu à Douala, l’atelier régio-
nal de validation technique dont l’objectif est de « contribuer à la révision
du set des principes, critères et indicateurs (PC&I) harmonisés de l’Or-
ganisation africaine du bois et de l’Organisation internationale des bois
tropicaux –OAB-OIBT »
732-1- Cet Atelier a regroupé une trentaine de participants dont des re-
présentants des administrations forestières publiques des pays membres
de l’OIBT, de la société civile et des représentants du secteur privé. A l’is-
sue dudit Atelier, il a été recommandé que les pays membres de l’OIBT
devraient évaluer systématiquement la mise en œuvre de la gestion du-
rable des forêts en utilisant les nouveaux critères et indicateurs de l’OIBT
pour la gestion durable des forêts tropicales africaines et rendre compte
des progrès réalisés. Il a également été recommandé que les pays mem-
bres devraient inciter les entreprises forestières dont il a été démontré qu’elles
ont adopté une gestion durable des forêts, sur la base d’audit effectués
à l’aide des critères et indicateurs (C&I) de l’OIBT.
733- Par ailleurs, plusieurs ateliers de formation ont été organisés par le
Gouvernement dans le cadre des rapports entre le Cameroun et le Tchad
portant sur les aires protégées de Bouba-Ndjidda et Sena-Oura. Il en est
ainsi de l’Atelier de réflexion stratégique sur la création d’une interface
entre le Parc National de Bouba-Ndjidda et le Jardin Zoologique de Ga-
roua, qui s’est tenu à Maroua du 7 au 9 juin 2021 ; de l’Atelier d’har-
monisation et de suivi de la Déclaration de NDjaména sur la transhumance
et la preservation des sites écologiques Sena Oura-Bouba Ndjidda du14
au15 juillet 2021 à Douala coorganisé avec la GIZ en appui à la CO-
MIFAC. Les participants étaient des experts du Tchad et du Cameroun,
et l’objectif était de permettre aux 2 pays de mieux s’investir dans la ges-

227
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

tion du Binational Sena Oura-Bouba Ndjidda (BSB Yamoussa) à travers


le developpement local durable dans la périhérie du projet et la gestion
participative pour une implication effective dans les strategies de conser-
vation qui seront mises en oeuvre dans le complexe Yamoussa.
734- En outre, le Ministre des Forêts et de la Faune a signé le 29 juin 2021
une circulaire relative à l’organisation et au suivi des opérations d’empotage
de bois dans les parcs de rupture de charges et les unités de transfor-
mation223. En mars de la même année, ledit Ministre interpellait ses col-
laborateurs, à travers une correspondance, sur la falsification des docu-
ments administratifs sécurisés qui cachait l’existence d’un réseau de blan-
chiment du bois exploité illégalement.
735- Des sanctions ont également été prises à travers les Décisions no
00509/D/MINFOF/CAB du 29 décembre 2021 constatant la caducité
de certaines ventes de coupe dans le domaine national ; no 00510/
D/MINFOF/CAB du 29 décembre 2021 constatant la caducité de cer-
tains certificats de vente aux enchères publiques de bois ; et no 0224/D/
MINFOF/CAB du 21 juin 2021 portant suspension à titre provisoire des
activités de la forêt communautaire n° 1004767 du GIC DaaBona dans
le Département du Lom et Djerem.
736- Lancé officiellement le 23 juillet 2021, le Programme National de Dé-
veloppement des Plantations Forestières224 est structuré autour de : la pro-
duction ligneuse et productions autres que le bois d’œuvre, de services et
de chauffe et la valorisation des produits bois et le développement des chaines
de valeurs sylvicoles ; la protection et la fourniture des services écosystémiques
autres que l’approvisionnement ; la restauration des paysages et terres dé-
gradés ; la recherche-innovation-formation et le renforcement des capaci-
tés ; le montage institutionnel, gouvernance et genre processus de décision.
737- Par ailleurs, le Parc National Marin Manyane Na Elombo-Campo
a été créé par Décret no 2021/4804/PM du 09 juillet 2021.
223
Il s’agit du suivi des opérations de chargement de bois à l’intérieur d’un conteneur dans les parcs
de rupture de charges (lieux où s’effectuent des chargements ou déchargements de bois, soit pour
un changement de moyen de transport, soit pour un stockage momentané).
224
La mise en œuvre dudit Programme contribuera à l’atteinte par le Cameroun de l’objectif opé-
rationnel de promouvoir l’émergence et l’exploitation des plantations forestières à travers la mise
en place de 40 000 ha de forêt par an pendant 25 ans, soit 1 000 000 ha jusqu’à l’horizon
2045 et l’accompagnement des acteurs de la chaîne des valeurs de la filière sylvicole.

228
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

SECTION 3 : LA LUTTE CONTRE LES POLLUTIONS, NUISANCES


ET SUBSTANCES CHIMIQUES NOCIVES ET/OU
DANGEREUSES
738- Les actions du Gouvernement ont pris en compte la lutte contre les em-
ballages plastiques non-biodégradables (§1) et la gestion des déchets (§2).
§1 : La lutte contre les emballages plastiques non-biodégradables
739- Environ 6 000 000 tonnes de déchets sont produits tous les ans par
le Cameroun, dont 600 000 tonnes de déchets plastiques, parmi lesquels
les plastiques non-biodégradables. Ces plastiques polluent la terre ferme
et les cours d’eau.
740- Afin de remédier à cette situation, l’association Matanda Ecotour
a collecté en 2021, plus de 12 400 kg de déchets plastiques, dont 3
000 kg ont été recyclés. De plus, Iso-tech, une start-up à Douala
spécialisée dans le recyclage a choisi ces déchets comme matière
première pour fabriquer du carburant, nécessaire pour faire fonctionner
son usine (incinérateur).
741- Aussi, des opérations de saisie des plastiques non-biodégradables
ont été menées. C’est ainsi que 42,5 tonnes de ces emballages ont été
saisis par la Douane camerounaise, dans le cadre de l’opération Halte
au commerce illicite zone 3 (Halcomi 3) et détruites par la Délégation ré-
gionale du MINEPDED du Nord le 29 septembre 2021.
§2 : La gestion des déchets
742- Le MINEPDED a délivré 595 visas techniques pour le contrôle de
la qualité des substances appauvrissant la couche d’ozone et des équi-
pements électriques et électroniques. 13 sessions d’examen des dossiers
de demandes de permis environnementaux se sont tenues, à l’issue des-
quelles l’on a enregistré la délivrance de 139 permis environnementaux
dont 74 relatifs à la manipulation des déchets et 65 relatifs à la fabrica-
tion, l’importation et la commercialisation ou distribution des emballages.
743- Par ailleurs, le transfert de ressources financières à 16 CTD d’un mon-
tant total de 205 000 000 FCFA225 en matière de lutte contre l’insalubrité,
225
Soit 312 977,09 euros.

229
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

les pollutions et les nuisances, a été effectué. Une mission du MINEPDED


a été conduite dans les 10 régions dans le cadre du suivi de la traçabi-
lité des déchets. A l’issue de celle-ci, il a été constaté une amélioration subs-
tantielle du remplissage des manifestes de traçabilité des déchets par les
services déconcentrés du MINEPDED en ce qui concerne le renseignement
des différents champs du manifeste de traçabilité ; une bonne tenue des
documents relatifs à la délivrance des manifestes de traçabilité des déchets
(dispatching des carnets, registre des déchets, transmission et archivage
des copies des reçus de versement des fonds) ; une amélioration constante
dans l’élaboration des rapports relatifs aux mouvements des déchets par
les délégués et une amélioration dans la régularité des versements des fonds
liés à la délivrance des manifestes de traçabilité des déchets au Fonds Na-
tional de l’Environnement et du Développement Durable. La difficulté ma-
jeure relevée par la mission était l’absence de ressources nécessaires (lo-
gistiques et financières) pour assurer le transport du personnel dans le ca-
dre de la délivrance des manifestes de traçabilité.
744- En outre, la première édition de la compétition « Orange Summer Chal-
lenge » a été organisée du 1er juillet au 30 septembre 2021 par Orange
Digital Center en collaboration avec Google et Sisley, sous le thème « Tech-
nologies innovantes pour le recyclage des déchets plastiques ». L’équipe
Recyclink, qui a développé un écosystème numérique pour la collecte des
déchets plastiques a remporté ladite compétition. Cet écosystème a pour
principal objectif la connexion des différents acteurs du recyclage des dé-
chets plastiques (des producteurs de déchets aux entreprises de traitement),
dans le but d’enseigner les techniques de recyclage des déchets et de sen-
sibiliser la population pour bâtir une communauté dédiée.
SECTION 4 : L’ÉTAT DU CONTENTIEUX ENVIRONNEMENTAL
ET FAUNIQUE
745- Il s’agissait ici des sanctions administratives et des procédures ju-
diciaires tant dans le domaine environnemental (§1) que dans le domaine
des forêts et de la faune (§2).
§1 : Dans le domaine environnemental
746- La Brigade des inspections environnementales a eu à coordonner
les inspections des établissements classés dangereux, insalubres et in-

230
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

commodes sur l’étendue du territoire ainsi que le contrôle de conformité


des emballages plastiques. Il ressort de cette coordination qu’au cours de
l’année 2021, 4 482 installations ont été programmées et 3 119 ont été
inspectées, 64 procès-verbaux de constations d’infraction dressés. Pour ce
qui est du contrôle de conformité des emballages plastiques, environ 54 845
kg de plastiques ont été saisis sur l’étendue du territoire et rendus inutilisa-
bles. En matière d’inspection des navires dans les Ports de Douala et de Kribi,
655 navires ont été inspectés avec 2 procès-verbaux de constatation d’in-
fraction dressés et 1 066 mises en demeure de payer (amendes) ont été
servies aux promoteurs récalcitrants.
747- Dans le cadre de la préparation de la CAN TotalEnergies 2021,
166 établissements de tourisme et des loisirs ont été inspectés dans les villes
hôtes de la compétition, soit 22 à Garoua, 20 à Limbé et Buea, 48 à
Douala, 44 à Yaoundé et 32 à Bafoussam. En outre, la Brigade a mené
7 missions d’enquêtes environnementales à la suite des dénonciations ou
plaintes de la population.
748- Le MINEPDED a assuré le suivi juridique auprès des cours et tribu-
naux où 179 affaires étaient pendantes, parmi lesquelles 9 ont été vidées.
§2 : Dans le domaine forestier et faunique
749- En 2021, 119 procédures forestières et fauniques ont été introduites
devant les tribunaux pour les faits d’abattage et de commercialisation il-
légaux d’espèces protégées.
750- Par ailleurs, 21 sociétés d’exploitation forestière226, unités de trans-
formation de bois et groupements forestiers défaillants ont fait l’objet de
convocations administratives et de sanctions pécuniaires.

226
239 sociétés d’exploitation forestière... dont 155 ont fait l’objet des transaction et penalités payé
dans les caisse de l’etat ; 49 ont fait l’objet d’une suspension de leur titre, agrement, vente de
coup et 35 sont en instance dans les differents juridictions.

231
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

*
* *
751- Pour faire face aux divers défis liés à la protection de l’environne-
ment, le Gouvernement a mené des actions sur les plans stratégique, nor-
matif, institutionnel et opérationnel. Il s’agissait, entre autres, de lutter contre
toutes formes de pollution et contre les changements climatiques. C’est ainsi
qu’il a été créé des forêts urbaines dans plusieurs zones marécageuses.
En dépit des résultats obtenus, il demeure nécessaire de poursuivre la sen-
sibilisation des acteurs sur les risques et les conséquences de la dégradation
de l’environnement.

232
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

CONCLUSION DE LA DEUXIEME PARTIE


752- Au terme de cette Partie consacrée aux questions se rapportant aux
droits économiques, sociaux et culturels ainsi qu’au droit à un environnement
sain, il se dégage un panorama mitigé que résument les clichés suivants :
753- Le système éducatif a mis en œuvre des mesures d’ajustement et dé-
veloppé des capacités de résilience, qui ont permis de maintenir une of-
fre d’éducation acceptable, tant dans l’enseignement de base que dans
les enseignements secondaires et supérieur.
754- Le droit à la santé, comme en 2020, a encore été largement mar-
qué par la lutte contre la pandémie de la Covid-19. Les infrastructures hos-
pitalières ont été rénovées et construites, dans le but de mieux adresser
les autres pathologies que par le passé.
755- Le droit à un niveau de vie suffisant a été fortement éprouvé par les
crises sécuritaires et l’inflation. Malgré ces contraintes, l’Etat a mené des
actions diverses ayant permis de garantir la disponibilité, l’accessibilité et
l’acceptabilité des denrées alimentaires. Des efforts en vue de renforcer
l’accès à l’eau, à l’énergie et aux logements décents ont aussi été consen-
tis, même si l’offre générale demeure insuffisante.
756- S’agissant du droit au travail et à la sécurité sociale, les difficultés
économiques ont constitué un frein au recrutement massif des jeunes par
les entreprises. Le Gouvernement a néanmoins continué ses actions de pro-
motion de l’emploi, du travail décent et d’une sécurité sociale de qualité.
757- La culture et les loisirs ont été positivement impactés par la construc-
tion et la rénovation de diverses infrastructures hôtelières et sportives.
758- Relativement au droit à un environnement sain, les préoccupations
inhérentes aux changements climatiques et au dérèglement des saisons
sont demeurées lancinantes. Pour y répondre, l’Etat a pris des mesures de
gestion durable de la biodiversité et de lutte contre la désertification.

233
TROISIEME
PARTIE
QUESTIONS
TRANSVERSALES
DES DROITS DE
L’HOMME ET DES
DROITS CATEGORIELS

TROISIEME PARTIE : QUESTIONS TRANSVERSALES DES


DROITS DE L’HOMME ET DES DROITS CATEGORIELS
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

INTRODUCTION DE LA TROISIEME PARTIE


759- Le Gouvernement est resté constant dans le suivi des questions trans-
versales des Droits de l’Homme et la protection des droits catégoriels, en
dépit des contraintes multiformes.
760- Ainsi, le tissu normatif et institutionnel a été étoffé pour améliorer la
situation des personnes vivant avec un handicap, des personnes âgées,
des refugiés, des demandeurs d’asile et des déplacés internes, entre au-
tres. Les allocations budgétaires allouées à l’administration pénitentiaire,
qui étaient à la hausse, ont permis d’améliorer le traitement des détenus,
notamment sur les plans alimentaire et sanitaire, une attention particulière
étant accordée aux enfants, aux femmes et aux personnes âgées en dé-
tention. La protection des droits des femmes a été marquée par la mise
à jour en cours, d’un bon nombre de documents programmatiques.
761- Le Gouvernement est resté préoccupé par les affrontements inter-
communautaires, les incursions de bandes armées dans le territoire national
et les attaques terroristes, les réponses subséquentes ayant permis de main-
tenir la cohésion sociale. En ce qui concerne la qualité de la gouvernance,
la dématérialisation de certaines procédures s’est poursuivie. En outre, le
dialogue entre le secteur privé et le secteur public est demeuré actif.
762- Tels sont les faits saillants qui constituent la trame de la troisième par-
tie du présent Rapport, articulé comme suit :
- le droit à la paix et à la sécurité (Chapitre 1) ;
- la promotion de la bonne gouvernance et la lutte contre la cor-
ruption (Chapitre 2) ;
- les conditions de détention (Chapitre 3) ;
- la promotion et la protection des droits des personnes socialement
vulnérables (Chapitre 4) ;
- la promotion des droits de la femme (Chapitre 5) ;
- la protection des droits des personnes en situation de déplacement
non volontaire (Chapitre 6).

237
CHAPITRE 1
LE DROIT A LA PAIX ET
A LA SECURITE

CHAPITRE 1 : LE DROIT A LA PAIX ET A LA SECURITE


MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

763- L’Etat a mené des actions de prévention (Section 2) et de résorption


de l’insécurité (Section 3), sans manquer d’intensifier la promotion du bi-
linguisme et du multiculturalisme (Section 4). L’exposé de toutes ces actions
sera précédé par un état des lieux de la situation sécuritaire (Section 1).
SECTION 1 : L’ETAT DES LIEUX DE LA SITUATION SECURITAIRE
764- Au-delà des incursions des bandes armées dans la région de l’Est
(§3), le groupe terroriste Boko Haram n’a pas totalement disparu dans
la région de l’Extrême-Nord (§1), tandis que les combattants sécession-
nistes ont perpétré des attaques dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-
Ouest (§2). La région de l’Ouest a également connu quelques heurts (§4).
§1 : La situation sécuritaire dans la région de l’Extrême-Nord
765- Cette situation a été marquée par la résurgence des attaques terroristes
(A) et les affrontements intercommunautaires (B).
A: La résurgence des attaques terroristes
766- S’il est vrai que le groupe Boko Haram avait baissé d’intensité dans
la région de l’Extrême-Nord, des attaques-suicides contre les civils et les
éléments des FDS227, ainsi que des incursions sporadiques, ont été notées
en 2021228.
767- L’armée camerounaise a changé de stratégie afin de répondre ef-
ficacement à la mutation de la menace, notamment en restructurant le dis-
positif déployé sur le terrain, en redynamisant le volet du renseignement
prévisionnel et en remobilisant les comités de vigilance, notamment en les
encourageant à dénoncer les situations suspectes, révéler les complicités
locales, et donner des alertes aux autorités administratives ou aux FDS.
A cet effet, ils ont reçu des appuis logistiques, à l’instar des motocyclettes,
des casques et des lampes-torches, ainsi que des denrées alimentaires.
227
C’est le cas de l’attaque dans la localité de Dabanga dans la nuit du 17 au 18 mars 2021,
qui a causé la mort de 3 personnes dont un militaire ; de l’attaque dans la matinée du 24 juil-
let 2021 du poste avancé de l’opération « Emergence 4 » situé dans la localité de Sagmé,
qui a occasionné la mort de 8 militaires et 13 blessés ; de l’attaque dans la nuit du 26 et 27 juil-
let 2021 du poste de commandement du sous-secteur n° 2 de la Force Multinationale Mixte de
la Commission du bassin du lac Tchad situé dans la localité de Zigue dans le département du
Logone-et-Chari, qui a causé la mort de 5 militaires et d’un civil.
228
Tel est le cas de l’attaque perpétrée le 8 janvier 2021 dans la localité de Mozogo, département
du Mayo-Tsanaga, à l’aide de mines et d’armes à feu, qui a fait 12 morts, des blessés et d’im-
portants dégâts matériels.

241
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

B : Les affrontements intercommunautaires


768- Entre juin et décembre 2021, le département du Logone-et-Chari a
connu une escalade de violences liées aux affrontements intercommu-
nautaires. Au mois de juin 2021, plusieurs personnes ont été tuées et d’au-
tres blessées, ainsi que des dizaines de maisons incendiées dans un conflit
opposant les Kotoko aux Arabes Choas. Les tensions étaient nées de la
raréfaction des terres arables que se disputaient ces deux communautés.
768-1- Courant août 2021, des affrontements à l’aide d’armes blanches ont
eu lieu dans la localité de Logone-Birni sur fonds de dispute des terres et des
ressources naturelles entre les Arabes Choas, majoritairement éleveurs229,
et les Mousgoum, en grande partie agriculteurs230 et pêcheurs. Ces heurts
ont causé 25 décès, une cinquantaine de blessés, 42 villages incendiés, des
marchés calcinés et des centaines de têtes de bétail disparus ou emportés.
769- Le 5 décembre 2021, dans les localités de Mariam et Ouloumsa,
de nouveaux affrontements entre ces mêmes communautés ont causé la
mort de 8 personnes, une vingtaine de blessés, un disparu et des habi-
tations incendiées. Le 8 décembre, les heurts dans la ville de Kousseri ont
occasionné 19 décès et de nombreux blessés, ainsi que d’importants dé-
gâts matériels231. Cette crise a en outre provoqué le déplacement de plu-
sieurs milliers de camerounais vers le Tchad voisin232.
770- A travers des communiqués officiels, le Gouvernement a appelé à l’apai-
sement, à la retenue, au sens du patriotisme, au maintien du vivre-ensem-
ble et à la cohésion sociale. Les autorités administratives de la région ont
multiplié les rencontres de concertation avec les leaders traditionnels et re-
ligieux des communautés concernées, afin de répondre aux besoins urgents
créés par ces incidents. Le Gouvernement a mis sur pied dans la région de
l’Extrême-Nord, une Commission Paix et Sécurité233 chargée de régler les
conflits intercommunautaires dans le département du Logone-et-Chari

229
A la recherche de meilleurs pâturages pour leurs bétails ainsi que les points d’eau pour les abreuver.
230
Qui tiennent à préserver les terres arables pour leurs cultures.
231
Destruction des boutiques et des résidences de certaines hautes personnalités.
232
V. Chapitre sur la protection des droits des personnes en situation de déplacement non volontaire.
233
Composée des élites, des leaders traditionnels et religieux, ainsi que des autorités administratives,
cette Commission a pour rôle de sensibiliser les populations, d’encourager le vivre-ensemble, de
prévenir l’extrémisme violent et de résoudre amiablement les litiges d’ordre communautaire.

242
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

771- Les 16 et 17 décembre 2021, une mission gouvernementale y a été


conduite à l’effet de cerner les causes profondes de ce conflit et d’explorer
des solutions pouvant permettre d’y mettre définitivement terme, à l’instar
de l’instauration d’une veille sécuritaire, l’organisation d’un dialogue in-
tercommunautaire élargi et franc, l’actualisation des plans de zonage te-
nant compte de l’accroissement de la démographie et de l’augmentation
corrélative des besoins, la construction des points d’eau et la proactivité
des autorités administratives et traditionnelles. Dans la même veine, le HCR,
en collaboration avec les autorités administratives locales, a organisé à
Kousséri du 3 au 5 décembre 2021, un dialogue entre les Mousgoum
et les Arabes Choas pour poser les bases d’une paix durable entre les deux
communautés.
§2 : La situation sécuritaire dans les régions du Nord-Ouest et du
Sud-Ouest
772- Trois traits principaux ont caractérisé la situation sécuritaire dans les
régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest en 2021: la multiplication des in-
cidents au cours des contrôles policiers (A), la réitération des attaques dans
les établissements secondaires et universitaires (B) et la perpétuation des
enlèvements et des embuscades meurtrières (C).
A : La multiplication des incidents au cours des contrôles policiers
773- Le 14 octobre 2021, au cours d’un contrôle routier au lieu-dit
Bokova dans la périphérie de la ville de Buea, région du Sud-Ouest, un
automobiliste s’est opposé à la fouille de son véhicule et a entrepris une
manœuvre de fuite. A l’effet de l’immobiliser, le Gendarme R.A.M. a
procédé à des tirs de sommation et a mortellement atteint la jeune
ENDIALLE Carolaise, âgée d’environ 5 ans, qui se trouvait à bord dudit
véhicule. Ledit gendarme a été lynché par la foule234.
774- Le 12 novembre 2021, à Bamenda dans la région du Nord-Ouest,
la jeune TATAW Brandy, qui revenait de l’école, a reçu une balle des-
tinée à immobiliser un automobiliste ayant refusé de se soumettre à un
contrôle routier. Dans la même ville, le 4 juillet, au poste de contrôle mixte
de Below-Foncha, un fugitif sécessionniste dénommé N.G.D., qui avait en-
234
V. Communiqué de presse du Ministère de la Défense du 14 octobre 2021.

243
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

gagé une manœuvre automobile de dérobade, a été mortellement atteint


par des tirs de dissuasion235.
B : La réitération des attaques dans les établissements secondaires
et universitaires
775- Dans la matinée du 24 novembre 2021, un groupe d’une dizaine
d’individus armés a perpétré une attaque au Lycée bilingue d’Ekondo-Titi
dans la région du Sud-Ouest, causant la mort d’une enseignante et de 4
élèves âgés de 12 à 17 ans, et blessant 7 autres élèves. Deux semaines
auparavant, une attaque à la bombe dans un amphithéâtre de l’Univer-
sité de Buea a causé des blessures à 11 étudiants. Les enquêtes ouvertes
dans ces différents cas étaient en cours à la fin de l’année.
C : La perpétuation des enlèvements et des embuscades meurtrières
776- Les bandes armées ont multiplié les enlèvements236 et les attaques
contre les chefs traditionnels237, les autorités publiques238 et les FDS239.
La plupart de ces attaques ont été perpétrées à l’aide notamment d’En-
gin explosif improvisé (EEI). En outre, ces bandes armées ont plusieurs fois
utilisé les populations civiles comme boucliers humains.
§3 : La situation sécuritaire dans la région de l’Est
777- La République Centrafricaine (RCA) a connu des troubles sécuritaires
après l’élection présidentielle du 27 décembre 2020, exacerbée par les
violences perpétrées par les bandes armées, ce qui a provoqué un afflux
de réfugiés centrafricains dans la région de l’Est et impacté la situation

235
V. Communiqué de presse du Ministère de la Défense du 6 juillet 2021.
236
Courant juin 2021, 6 fonctionnaires ont été kidnappés dans le département du Ndian, région
du Sud-Ouest. Les chefs des villages Boku, Ikaké et Bénin dans le département de la Menchum
ont été enlevés le 9 novembre 2021 ; le Fon de Bambalang dans le département du Ngoké-
tunjia a aussi été enlevé le 7 décembre 2021.
237
A titre d’exemple, dans la nuit du 13 au 14 février 2021, 3 chefs traditionnels du village Essoh-
Atah dans le département du Lébialem ont été fusillés.
238
Dans la nuit du 5 au 6 janvier 2021, le cortège du Préfet du département de la Momo est tombé
dans une embuscade tendue par les bandes armées à Mbengwi. Le bilan faisait état de 5 morts
(soit 4 éléments des FDS et 1 civil), 3 blessés et d’importants dégâts matériels.
239
A titre d’exemple, les convois du BIR ont été attaqués à Kikaïkom et à Bamessing (région du
Nord-Ouest) respectivement les 12 et 16 septembre 2021, occasionnant le décès de 15 mili-
taires ainsi que des civils, et la destruction de 3 véhicules.

244
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

sécuritaire dans ladite région. Des dispositifs spéciaux ont été mis en place,
dont la construction d’un poste du Bataillon d’Intervention Rapide (BIR)
à Zamboï240. Afin d’évaluer l’efficacité de ces dispositifs, le Chef d’Etat-
Major des Armées y a effectué une mission de contrôle opérationnel du
5 au 7 janvier 2021, puis du 10 au 12 novembre 2021, ce qui lui a per-
mis de constater la relative accalmie qui y a progressivement régné.
778- En outre, dans le cadre de la coopération internationale, le Came-
roun a participé à la mission de maintien de la paix en RCA, en y envoyant
en septembre 2021, 1 070 éléments des FDS constituant le 8ème contin-
gent camerounais de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations
Unies pour la stabilisation en République Centrafricaine. Cette participation
active et constante au maintien de la paix en RCA a contribué de manière
incidente à la sécurisation de la région de l’Est, limitrophe audit pays.
§4 : La situation sécuritaire dans la région de l’Ouest
779- La situation dans la région de l’Ouest a été marquée par les incur-
sions des bandes armées venant de la région du Nord-Ouest. C’est le cas
de l’attaque le 8 janvier 2021 du poste de contrôle mixte de la localité
de Matazem dans le département des Bamboutos, qui a fait 6 morts et
2 blessés, et de l’attaque du poste avancé des forces de défense de Za-
vion dans l’arrondissement de Babadjou, qui a occasionné la mort de 2
gendarmes.
780- Cette région a également enregistré des affrontements communau-
taires. En effet, le 8 septembre 2021, soit 3 jours après l’agression mor-
telle d’un natif de la ville de Tonga dans le département du Ndé, des af-
frontements entre certains allogènes et des populations autochtones ont
occasionné 4 décès et des dizaines de blessés.
SECTION 2 : LA MULTIPLICATION DES ACTIONS DE PREVEN-
TION DE L’INSECURITE
781- L’Etat a, entre autres, sécurisé les frontières (§1) et mené des actions
en faveur de la prévention de l’extrémisme violent et des attaques terro-
ristes (§2).
240
Localité située dans la commune de Garoua-Boulaï, département du Lom-et-Djérem. Construit à
400 mètres de la frontière avec la RCA, ce poste a été inauguré le 25 juin 2021.

245
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

§1 : La sécurisation des frontières


782- Au-delà des frontières maritimes et aériennes, l’Etat a mis l’accent
sur la sécurisation des frontières terrestres. Les initiatives entreprises ont
concerné aussi bien la frontière entre le Cameroun et la RCA (A), que celles
entre le Cameroun et le Nigéria d’une part, et le Cameroun et le Congo
d’autre part (B).
A : Une nouvelle impulsion dans le processus de sécurisation de
la frontière entre le Cameroun et la RCA
783- A l’issue des travaux de la 2ème rencontre sur la sécurité transfron-
talière entre le Cameroun et la RCA, tenue dans la ville de Bouar en RCA
le 16 novembre 2021, à laquelle a pris part une délégation camerounaise
conduite par le Ministre Délégué à la Présidence chargé de la Défense241,
plusieurs résolutions ont été prises, dont l’engagement des 2 Etats à renforcer
leur partenariat dans les domaines de la défense et de la sécurité ; et à
dynamiser les échanges dans les domaines de la formation, du rensei-
gnement et de la lutte contre la criminalité transfrontalière. La construction
par le Gouvernement d’un poste du BIR à Zamboï dans la commune de
Garoua Boulaï, département du Lom-et-Djérem, participe de ce proces-
sus de sécurisation de la frontière Cameroun-RCA.
B : Des avancées dans le cadre du tracé de la frontière entre le
Cameroun et le Nigéria et entre le Cameroun et le Congo
784- Les 18 et 19 novembre 2021, le Cameroun a abrité la 33ème ses-
sion de la Commission mixte des Nations Unies chargée de la mise en œu-
vre de l’Arrêt de la Cour Internationale de Justice du 10 octobre 2002
sur le différend frontalier ayant opposé le Cameroun et le Nigéria au su-
jet de la péninsule de Bakassi. A l’occasion, l’évolution du processus de
démarcation de la frontière a été évaluée. Ainsi, entre février 2014, date
de la tenue de la 32ème session, et novembre 2021, le comité de pilotage
a implanté 1 295 bornes, portant le nombre total à 1 673 bornes. En ou-
tre, les travaux des experts ont permis de réduire les points de désaccord,
les portants de 17 au départ à 4.

241
Délégation interministérielle composée des représentants du ministère de la Défense, du minis-
tère des Relations Extérieures, de la DGSN, des Gouverneurs des régions de l’Est et de l’Ada-
maoua, ainsi que de l’Ambassadeur du Cameroun en RCA.

246
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

785- La 4ème session de la Commission technique mixte des frontières en-


tre le Cameroun et le Congo s’est tenue à Ouesso du 12 au 14 juillet 2021.
Après avoir constaté le grand espacement242 des principales bornes im-
plantées le long de la frontière entre les deux pays, les délégations ont
invité les Etats et les partenaires à mobiliser les ressources financières et
matérielles pour l’implémentation effective du projet de démarcation de
la frontière.
§2 : La prévention de l’extrémisme violent et des attaques
terroristes
786- Plusieurs initiatives de prévention ont été menées à la fois par l’Etat
et les partenaires privés. Ainsi, du 25 au 29 octobre 2021, le ministère
de la Recherche Scientifique et de l’Innovation (MINRESI) a organisé à
Yaoundé, un atelier national sur l’exécution d’un plan de sécurité nucléaire
en appui à la sécurité globale lors des évènements publics majeurs. Le but
de cette activité était d’édifier les participants issus de diverses adminis-
trations sur les mesures visant à empêcher et à détecter l’accès non au-
torisé et les actes de sabotage mettant en jeu des matières nucléaires ou
radioactives.
787- Pour sa part, l’Association Africaine des Formateurs au Maintien de
la Paix (APSTA)243 a organisé à Yaoundé le 16 décembre 2021, un
échange avec les directeurs de publication des médias camerounais, toutes
presses confondues, sur le thème « Médias et maîtrise de l’information pour
la prévention et la lutte contre l’extrémisme violent ». Le but était de rap-
peler les fondamentaux du journalisme et d’échanger les bonnes pratiques
sur le traitement de l’information dans un contexte de crise.
788- Au cours de l’année 2021, le Cercle International pour la Promotion
de la Création (CIPCRE) a outillé 100 élèves de 10 établissements scolaires
de la région de l’Ouest en compétence de vie courante sur les mécanismes
de prévention et de réponse à la violence en milieu scolaire. En outre, 50
enseignants ont été formés sur la même problématique et se sont engagés
comme membres des cellules de suivi et d’encadrement sur les techniques
de promotion des compétences de vie courante chez les élèves.
242
De 10 à 20 km.
243
Il s’agit d’une instance panafricaine chargée d’améliorer la capacité de formation des institutions
de maintien de la paix, et qui œuvre pour la construction de la paix et de la stabilité en Afrique.

247
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

SECTION 3 : LE RENFORCEMENT DES ACTIONS DE RESTAU-


RATION DE LA PAIX
789- Dans cette rubrique, le Gouvernement s’est déployé à plusieurs ni-
veaux : les actions diplomatiques (§1), les actions en faveur de la paix
(§2), la mutualisation des forces pour lutter contre l’insécurité et le terro-
risme (§3), le renforcement des capacités des agents publics en matière
de sécurité (§4) et le désarmement, la démobilisation et la réintégration
des ex-combattants et ex-associés (§5).
§1 : Les actions diplomatiques visant la résolution de la crise
sécuritaire
790- En vue de résoudre la crise sécuritaire dans les régions du Nord-
Ouest et du Sud-Ouest, le Cameroun a entrepris diverses actions diplo-
matiques bilatérales et multilatérales tendant à assécher les sources de fi-
nancement extérieur des bandes armées, à poursuivre les instigateurs ins-
tallés à l’étranger et à contrecarrer toutes autres actions de déstabilisa-
tion menées par certains acteurs internationaux.
791- Dans ce sillage, le Cameroun a engagé des actions en Allemagne,
en France, au Royaume-Uni de Grande Bretagne et aux Etats-Unis d’Amé-
rique, entre autres. En outre, le Gouvernement a constamment renseigné
ses partenaires sur les complexités de la crise en cours et sa ferme volonté
à la résoudre. Ainsi, à travers le Ministre des Relations Extérieures, le Gou-
vernement a réuni les chefs de missions diplomatiques et des organisations
internationales accréditées au Cameroun le 28 octobre 2021, pour leur
faire le point sur la mise en œuvre des résolutions du Grand Dialogue Na-
tional qui s’était tenu du 30 septembre au 4 octobre 2019244. Le même
exercice a été fait lors de la 115ème session du Conseil permanent de la
Francophonie tenu courant juillet 2021.

244
Il a été rappelé la promulgation de la Loi n° 2019/024 du 24 décembre 2019 portant Code
Général des Collectivités Territoriales Décentralisées qui a donné naissance au statut spécial
des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ; l’arrêt des poursuites contre certaines personnes
poursuivies dans le cadre de la crise dans lesdites régions ; la mise sur pied du plan présiden-
tiel de reconstruction dans ces régions ; le recrutement de plus de 1000 enseignants bilingues ;
la subvention spéciale allouée aux écoles anglophones, etc.

248
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

§2 : Les actions en faveur de la paix


792- Au titre des actions en faveur de la paix, l’on peut citer, outre les ap-
pels à une culture de la paix du Chef de l’Etat à l’occasion de ses adresses
à la Nation, les croisades de la paix menées par le Chef du Gouverne-
ment (A) et les actions sociales des FDS (B).
A : Les croisades de la paix menées par le Chef du Gouverne-
ment dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest
793- Le Chef du Gouvernement a fait une tournée dans la région du Sud-
Ouest du 22 au 24 septembre 2021 et dans la région du Nord-Ouest du
5 au 7 octobre 2021, afin d’y véhiculer un message de paix. Il a saisi l’oc-
casion de ces visites officielles pour tenir à Buea la 2ème réunion du Comité
de suivi des recommandations du Grand Dialogue National, et plus glo-
balement pour exposer l’ensemble des réponses de l’Etat aux différentes
revendications corporatistes ainsi que toutes les autres actions posées dans
le sens de la résolution de la crise sécuritaire en cours. Il a invité les po-
pulations à œuvrer pour l’opérationnalisation du Plan présidentiel de re-
construction et de développement des régions du Nord-Ouest et du Sud-
Ouest, et à exhorter leur progéniture ayant rejoint les rangs des bandes
armées à saisir la main tendue du Chef de l’Etat en déposant les armes et
à intégrer les centres de désarmement, de démobilisation et de réintégration.
B : Les actions sociales des Forces de Défense et de Sécurité
794- A l’effet de raffermir le lien Armée-Nation, les FDS se sont illustrées,
au-delà de leurs missions principales de défense et de préservation de la
sécurité, par des actions sociales en faveur des populations, notamment
dans les domaines éducatif et social. A titre d’exemple, le BIR a offert une
centaine de tables-bancs, des cartons de craie et de crayons à l’école pu-
blique de Déhané et à l’école publique bilingue de Luma Grand-Batanga
dans la région du Sud le 28 septembre 2021 ; du matériel didactique à
6 écoles de la péninsule de Bakassi le 5 octobre 2021 ; des tables bancs
à l’école publique d’application de Sabongari et à l’école publique de
Doubané dans la région de l’Extrême-Nord le 6 octobre 2021 ; des tri-
cycles et des appuis financiers à une dizaine de personnes souffrant de
handicap moteur à Douala le 23 septembre 2021. Par ailleurs, la Garde
présidentielle a remis des appoints en matériel didactique à 515 enfants
issus de 138 familles à Yaoundé le 1er septembre 2021 et la 21ème Bri-

249
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

gade d’Infanterie Motorisée a rénové l’école maternelle d’application de


LikokoMembea à Buea dans la région du Sud-Ouest.
C : La reconstruction des régions en crise
795- De nombreuses retombées ont été enregistrées dans le cadre du Plan
de reconstruction et de développement des régions du Nord-Ouest et du
Sud-Ouest. Par ailleurs, le Plan de reconstruction de la région de l’Extrême-
Nord a été adopté.
1) Les retombées du Plan de reconstruction et de développement
des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest
796- Le 16 septembre 2021, le Comité de pilotage du Plan de recons-
truction et de développement des régions du Nord-ouest et du Sud-Ouest
(PRD-NO/SO)245 a tenu sa 3ème session à Yaoundé. A l’occasion, il a été
fait le constat de ce que la vie reprend progressivement son cours normal
dans les deux régions. Cette évolution est le résultat d’une batterie d’ac-
tions menées par les responsables en charge de la mise en œuvre du PRD-
NO/SO afin de redonner confiance aux populations locales, à l’instar
de l’organisation des championnats de vacances, l’appui aux radios com-
munautaires chargées de diffuser des messages de paix, la mise en place
de 65 « insider mediators » et d’un réseau d’ « influenceurs » pour la paix
sur les réseaux sociaux, l’organisation d’ateliers de concertation, la ré-
habilitation des centres polyvalents au profit des femmes, etc. Un total de
154 000 000 000 FCFA devait être mobilisé pour ladite reconstruction
pour 2020 et 2021
797- Dans le but de mobiliser les ressources pour les phases de
reconstruction et de développement dudit Plan, le Chef du Gouvernement
a organisé une session de consultation avec les entreprises du secteur
privé à Douala le 18 mai 2021, à l’effet de les inciter à accompagner
le processus de reconstruction. Concrétisant les promesses faites à cette
occasion, certaines entreprises ont subséquemment signé des accords
avec le Gouvernement246.
245
Les 3 principales missions de ce Plan sont : la restauration de la cohésion sociale ; la reconstruc-
tion et la réhabilitation des infrastructures de base ; et la redynamisation de l’économie locale.
246
Le 26 novembre 2021, la Société Anonyme des Brasseries du Cameroun (SABC) et le Grou-
pement des Industries Meunières du Cameroun (GIMC) ont signé des accords avec le Gou-
vernement, en vue du versement des sommes de 1 000 000 000 FCFA (soit 1 526 717, 56 eu-
ros) par la SACB et 200 000 000 FCFA ( soit 305 343, 51 euros) par le GIMC.

250
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

2) L’adoption du Plan de reconstruction de la région de l’Ex-


trême-Nord
798- Le Plan présidentiel de reconstruction de la région de l’Extrême-Nord
a été adopté le 26 septembre 2021. Il est bâti autour des axes destinés
à réparer les dégâts causés par les attaques du groupe Boko Haram et
les inondations qui ont eu lieu dans ladite région, à savoir : la reconstruction,
chiffrée à 136 000 000 000 FCFA247, le développement des infrastructures
estimé à 1 587 000 000 000 FCFA248 (avec un accent particulier sur la
voirie urbaine), l’appui aux activités socio-économiques et à l’adaptation
aux changements climatiques, évalué à 87 000 000 000 FCFA249, et la
gouvernance250, soit un total de 1 810 000 000 000 FCFA251.
799- Le 1er axe vise à reconstruire les infrastructures détruites par le groupe
Boko Haram. Le 2ème vise à relancer l’économie et à réduire les vulnéra-
bilités sociales à travers le développement des activités socio-économiques
et la formation, avec une priorité accordée aux femmes et aux jeunes. Le
dernier a pour but de renforcer la résilience des populations face à la forte
pluviométrie saisonnière, et de mettre en place un mécanisme permettant
de tirer profit du surplus d’eau.
800- L’adoption d’un Plan pour l’Extrême-Nord, distinct de celui du Nord-
Ouest et du Sud-Ouest, traduit la volonté du Gouvernement de prendre
en compte les spécificités de chacune des crises et des localités concer-
nées. Ce Plan, censé se déployer en marge des autres investissements clas-
siques de l’Etat dans cette région, a bénéficié de l’accompagnement des
partenaires techniques et financiers, à l’instar du PNUD.
§3: La mutualisation des forces pour une lutte efficace contre
l’insécurité et le terrorisme
801- La 3ème réunion du Forum des Gouverneurs du Bassin du Lac Tchad
pour la coopération régionale en matière de stabilisation, de consolida-

247
Soit 207 633 587,78 euros.
248
Soit 2 422 900 763,35 euros.
249
Soit 132 824 427, 48 euros.
250
Non évaluée.
251
Soit 2 763 358 778, 62 euros.

251
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

tion de la paix et de développement durable252 s’est tenue à Yaoundé les


4 et 5 octobre 2021. La principale résolution prise par les participants
(Gouverneurs, organismes onusiens et autres partenaires techniques et fi-
nanciers) à l’issue des travaux était d’œuvrer pour la réalisation de la Stra-
tégie régionale de stabilisation, de redressement et de résilience des zones
de la région du Bassin du Lac Tchad affectées par la crise de Boko Ha-
ram253 à travers l’élaboration des 8 Plans d’Action Territoriaux couvrant
les régions les plus durement touchées par les attaques.
802- Le Cameroun et le Nigéria ont entrepris de mutualiser leurs efforts
à l’effet de combattre le groupe terroriste appelé ISWAP (Islamic West
African Province), qui a pris de l’ampleur. C’est dans ce sillage que le 17
novembre 2021, la 4ème Région Militaire Interarmées (RMIA 4) basée à
Maroua a eu une séance de travail avec une délégation de l’Armée ni-
gériane et de la Force Multinationale Mixte (FMM), dans le but d’échan-
ger les connaissances et les informations sur les différentes stratégies de
lutte à mettre en place. Cette séance de travail se situe en droite ligne des
résolutions de la 8ème session du Comité de sécurité transfrontalière entre
le Cameroun et le Nigéria tenue à Abuja du 24 au 26 août 2021.
§4 : Le renforcement des capacités des agents publics en matière
de sécurité
803- L’utilisation des EEI étant de plus en plus observée sur les terrains
des opérations, une formation de commandants d’unités de sécurité a été
organisée par l’EIFORCES du 8 mars au 25 juin 2021. Elle a regroupé
53 gendarmes et policiers issus de 14 nationalités, dont plus de la moi-
tié était camerounaise. Le but était de parfaire leurs aptitudes opérationnelles
dans les domaines de rétablissement de l’ordre en situation dégradée, de
direction d’enquêtes complexes et de défense du territoire. Du 15 au 19
novembre 2021, la même école a organisé un séminaire de sensibilisa-
tion sur les EEI, mines et restes de guerre. Ledit séminaire a regroupé 34
participants de l’Afrique centrale, dont plus d’une vingtaine de camerounais
membres d’OSC, des FDS, de l’Administration pénitentiaire et de la Douane,
déployés pour la plupart dans les zones de crise et les opérations de main-
tien de la paix. Le but était de leur procurer des connaissances sur les ré-
252
Il s’agit d’une plateforme de coopération mise en place pour résoudre les problèmes transfron-
taliers transversaux communs au Cameroun, au Niger, au Nigéria et au Tchad.
253
Validée en août 2018.

252
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

seaux d’approvisionnement en matériaux, les méthodes de dissimulation


des ingrédients servant à la fabrication des EEI, la conduite à tenir en cas
de découverte ou d’explosion de ces engins, et les mécanismes de prise
en charge psychologique des victimes.
804- Courant juin 2021, le Centre Spécialisé d’Instruction, d’Application
et de Perfectionnement a formé 16 sapeurs du Génie militaire à la lutte
contre les EEI.
§5 : Le désarmement, la démobilisation et la réintégration des
ex-combattants et ex-associés
805- Le Comité National de Désarmement, de Démobilisation et de Réin-
tégration (CNDDR) a renforcé ses capacités infrastructurelles (A) et les ca-
pacités de son personnel (B). Il a par ailleurs engrangé des résultats (C).
A : Le renforcement des capacités infrastructurelles du CNDDR
806- En novembre 2021, les travaux de construction du centre régional d’ac-
cueil des ex-combattants de Mémé dans la région de l’Extrême-Nord ont été
lancés. Les ouvrages à édifier sont estimé à 1 300 000 000 FCFA254.
807- Le Coordonnateur du CNDDR a réceptionné le 3 décembre 2021,
le complexe du centre d’accueil des ex-combattants du Sud-Ouest, construit
à Misselele dans l’arrondissement de Tiko. Bâti sur une superficie de 3 hec-
tares, ce complexe, dont la réalisation a coûté la somme de 1 000 000
000 FCFA255, est composé de 6 dortoirs, un bloc administratif, une infir-
merie, une église, 2 ateliers, un réfectoire, une guérite et 2 forages. L’opé-
rationnalisation effective de cet ouvrage permettra aux ex-combattants qui
séjournent au centre provisoire de Buea de bénéficier d’un meilleur en-
cadrement. Le centre régional d’accueil des ex-combattants du Nord-Ouest
construit à Bamenda a également été réceptionné en 2021. Ces centres
multifonctionnels ont une capacité de 1000 pensionnaires chacun.
B : Le renforcement des capacités du personnel du CNDDR
808- Du 21 au 24 septembre 2021, l’Organisation Internationale pour
les Migrations (OIM) a organisé une session de renforcement des capacités

254
Soit 1 984 732,82 euros.
255
Soit 1 526 717,55 euros.

253
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

des acteurs impliqués dans le processus de Désarmement, Démobilisation


et Réintégration (DDR) au Cameroun. Le but était de fournir à la trentaine
de participants, dont le tiers était composé des responsables et cadres du
CNDDR, les outils de base pour une compréhension conceptuelle et opé-
rationnelle des principes, procédures et pratiques de planification, de coor-
dination et de conduite d’un programme DDR.
809- Le Cameroun a organisé du 31 mai au 1er juin 2021, avec l’appui
de l’OIM, le 2ème atelier régional de réflexion sur le DDR dans la région
du Bassin du Lac Tchad256 portant sur le thème « harmonisation régionale
en matière de réintégration et de réconciliation communautaire ». Une dé-
légation camerounaise257a ensuite participé aux 3ème et 4ème ateliers ré-
gionaux qui se sont tenus respectivement à Niamey258 et à Abuja259, sur
les thèmes « harmonisation régionale en matière de triage et de déter-
mination de l’éligibilité au DDRR » et « architecture institutionnelle et coor-
dination du DDRR dans les pays du Bassin du Lac Tchad ». L’objectif prin-
cipal de ces ateliers était de promouvoir les échanges et de partager les
expériences sur l’élaboration et la mise en œuvre des politiques et pro-
grammes de DDR, de mettre en exergue les principaux défis et de pro-
poser des solutions avec une emphase sur le renforcement de la coopé-
ration régionale. A l’issue de cette série d’ateliers, les participants ont va-
lidé un rapport final contenant 10 recommandations260 allant dans le sens
de l’harmonisation des programmes et de la mutualisation des forces pour
plus d’efficacité des processus DDR dans la région du Bassin du Lac Tchad.
C : Les résultats des activités du CNDDR
810- Au chapitre des résultats engrangés par le CNDDR, l’on peut rele-
ver l’élaboration d’un outil opérationnel et la démobilisation de plusieurs
ex-combattants et ex-associés.
256
Le 1er, organisé par le Tchad le 30 novembre 2020, a porté sur le thème suivant : « les progrès
réalisés dans les différents pays du Bassin du Lac Tchad en matière de DDRR ».
257
Composée de 2 représentants du CNDDR, d’un représentant du Ministère de la Justice, d’un re-
présentant de la DGSN et de deux leaders communautaires.
258
Au Niger, les 28 et 29 juillet 2021.
259
Au Nigéria, du 2 au 4 novembre 2021.
260
Qui préconisent, entre autres : l’adoption d’une approche multisectorielle et inclusive du proces-
sus DDR ; la création d’un comité régional permanent de suivi des programmes DDR ; le développement
des standards et des protocoles communs pour le triage et l’éligibilité au programme DDR, etc.

254
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

1) L’élaboration d’un outil stratégique


811- Avec l’appui d’ONU-Femmes, le CNDDR s’est doté courant janvier
2021, d’une stratégie genre pour la période 2021-2025. Ce document
précise les fondements économique, socioculturel, politique et juridique ;
les critères d’éligibilité ; les différentes composantes à savoir le désarme-
ment, la démobilisation et la réintégration ; les axes stratégiques ; le cadre
institutionnel de mise en œuvre ; le dispositif de suivi-évaluation ; ainsi que
les modalités de financement. Il est adossé à ce document, une matrice d’ac-
tions prioritaires déclinant les différentes activités à mener. Il a pour but de
permettre une meilleure prise en compte des besoins de la femme et de la
fille dans la mise en œuvre du processus DDR au Cameroun.
2) La démobilisation des ex-combattants et ex-associés
812- Au 31 décembre 2021, les effectifs dans les différents centres
régionaux d’accueil des ex-combattants étaient les suivants :
Tableau n° 1 : Effectifs des repentis dans les centres d’accueil au 31
décembre 2021

Source : CNDDR
813- Courant juillet, août et septembre 2021, le centre d’accueil de Mora
a connu un afflux des ex-combattants et ex-associés de Boko Haram, dû
à leur démobilisation massive consécutive aux mésententes entre les dif-
férentes factions nées après l’annonce du décès du leader, en la personne
d’Abubakar SHEKAU. Cela a eu comme effet, l’augmentation significative
du nombre de pensionnaires dans ledit centre, ainsi que cela est décrit
dans le tableau suivant :

255
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

Tableau n° 2 : Effectifs des repentis au centre d’accueil de Mora au


14 septembre 2021

Source : CNDDR
814- Les repentis de nationalité étrangère ont été remis aux autorités de
leurs pays respectifs par vagues successives. Ceux de nationalité came-
rounaise ont poursuivi, dans tous les centres, le programme de déradi-
calisation et les formations261, en vue de la préparation de leur retour à
la vie normale.
SECTION 4 : LA POURSUITE DE LA PROMOTION DU
BILINGUISME, DU MULTICULTURALISME ET DU
VIVRE-ENSEMBLE
815- La Commission Nationale pour la Promotion du Bilinguisme et du
Multiculturalisme (CNPBM) a continué les actions de promotion de la co-
hésion sociale et de l’usage égalitaire des deux langues officielles. Dans
ce sillage, elle a mené 2 principales activités : une compagne de com-
munication intensive contre les discours haineux et la xénophobie d’une
part, et les descentes sur le terrain en vue d’évaluer le niveau d’implé-
mentation de la politique publique de promotion du bilinguisme dans les
structures publiques et privées d’autre part.
816- Dans le cadre de la première activité, la CNPBM s’est rendue dans
8 des 10 régions du pays262. En outre, elle a organisé à Yaoundé les 5
et 6 mai 2021, un colloque sur les discours haineux et la xénophobie. Après
avoir analysé les causes, les manifestations et les conséquences de ces
fléaux, les experts263 ont formulé 30 propositions pour les juguler. La
CNPBM a aussi mené une campagne médiatique sur les plateformes de
communication classiques et nouvelles.
818- Dans le cadre de la seconde activité, les membres de la CNPBM
ont effectué une mission dans la ville de Douala, région du Littoral, du 31
261
En menuiserie, maçonnerie, couture, coiffure, cuisine, etc.
262
Adamaoua, Centre, Est, Littoral, Ouest, Nord-Ouest, Sud et Sud-Ouest, étant précisé que les ré-
gions de l’Extrême-Nord et du Nord avaient été visitées courant novembre 2020.
263
Il s’agissait des anthropologues, des politistes, des sociologues, des juristes, etc.

256
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

octobre au 5 novembre 2021, où ils ont évalué, avec satisfaction, la pra-


tique du bilinguisme dans les banques, établissements financiers, établis-
sements publics à caractère bancaire et entreprises brassicoles, sans man-
quer de sensibiliser les organisations patronales, à l’instar du Groupement
interpatronal du Cameroun (GICAM) et de la Chambre de commerce, au-
tour de 3 thématiques : la présentation de la Loi n° 2019/019 du 24 dé-
cembre 2019 portant promotion des langues officielles au Cameroun ;
les avantages économiques liés à la promotion des 2 langues officielles ; et
les discours de haine et la xénophobie au Cameroun.
819- Emboîtant le pas à la CNPBM, le Réseau des organisations pour la
promotion de la paix et la protection des droits humains en Afrique
(Rop3Dha) a organisé en juin 2021, une campagne de sensibilisation dé-
nommée « No To Hate Speech » dans certaines établissements scolaires
de la ville de Yaoundé264, à l’effet d’amener les jeunes à cultiver le mes-
sage de tolérance sur les réseaux sociaux.
820- En outre, le réseau des parlementaires pour la promotion du bilin-
guisme et du multiculturalisme a été créé au cours de la session parlementaire
de mars 2021. Il ambitionne d’accompagner et d’assister le Gouverne-
ment dans les actions menées en la matière, notamment à travers l’inten-
sification de la sensibilisation et la vulgarisation des outils juridiques de
promotion des langues officielles. A cet effet, un Plan d’action 2021-2025
a été élaboré.
*
* *
820- Même si des défis demeurent, l’on peut conclure que toutes ces ac-
tions multiformes ont contribué à la promotion de la cohésion sociale et
du vivre-ensemble, ce qui a eu un relatif impact positif sur la sécurité, la
paix et l’harmonie au Cameroun en 2021.

264
A l’instar du Lycée d’Odza et du Lycée technique de Nkolbisson.

257
CHAPITRE 2
LA PROMOTION DE LA
BONNE GOUVERNANCE
ET LA LUTTE CONTRE
LA CORRUPTION

CHAPITRE 2 : LA PROMOTION DE LA BONNE GOUVERNANCE ET LA


LUTTE CONTRE LA CORRUPTION
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

821- Comme les années précédentes, la promotion de la bonne gou-


vernance et la lutte contre la corruption sont restées des axes stratégiques
de la politique du Gouvernement. Diverses initiatives ont été menées afin
de raffermir la qualité de la gouvernance (Section 1) et de renforcer la
lutte non seulement contre la corruption mais aussi contre les atteintes à
la fortune publique (Section 2).
SECTION 1 : LE RAFFERMISSEMENT DE LA QUALITE DE LA
GOUVERNANCE
822- En sus du dialogue avec le secteur privé (§1), de l’application du
principe de la transparence (§5) et de la dématérialisation des procédures
(§3), le Gouvernement a axé le renforcement de la qualité de la gou-
vernance sur l’adoption de certaines mesures fiscales (§2) et l’incitation
à l’investissement (§4).
§1 : Le dialogue entre le secteur public et le secteur privé
823- Ce dialogue s’est poursuivi (A) et l’impact des réformes mises en œu-
vre dans le cadre des recommandations du Cameron Business Forum265
(CBF), a été évalué (B).
A : La poursuite du dialogue entre le secteur public et secteur privé
824- L’un des points saillants de ce dialogue a été la rencontre que le Chef
de Gouvernement a, le 18 mai 2021, présidée à Douala au siège du Grou-
pement Inter-patronal du Cameroun266 (GICAM), qui est le groupement
patronal le plus représentatif. Au-delà de la problématique centrale qui
portait sur le Plan de Reconstruction et de Développement des Régions
du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, cette haute autorité a rappelé le poids
substantiel des contributions du secteur privé aux recettes fiscales de l’Etat.
825- Des membres du Gouvernement et d’autres autorités administratives
ont tenu des concertations avec le secteur privé sur des problématiques
diverses. Les échanges portaient, entre autres, sur l’appropriation de l’Ac-
cord de Partenariat Economique Bilatéral entre le Cameroun et l’Union
265
Le CBF est une plateforme d’échanges entre les acteurs des administrations publiques et ceux du
secteur privé, qui concourent à la formulation des recommandations se traduisant par des reformes.
266
Un certain nombre d’initiatives intervenues dans le cadre dudit dialogue étaient relayées sur le
site Internet du secteur du GICAM (https://www.legicam.cm).

261
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

Européenne ; la fiscalité ; l’implémentation des réformes des finances pu-


bliques ; la flambée du prix des matières premières et le coût du fret ma-
ritime ; le rôle des initiatives privées dans le développement de l’écono-
mie et la création des richesses et des emplois ; la lecture et la vision des
chefs d’entreprises sur l’économie camerounaise ; et les formations pro-
fessionnelles.
B : L’évaluation de l’impact des réformes mises en œuvre dans
le cadre du CBF
826- Cette évaluation a été faite dans le cadre d’une étude menée par
l’Institut National de la Statistique267 (INS). Des résultats publiés en juin
2021, il est ressorti qu’entre 2009 et 2018, le Gouvernement a adopté
83 reformes recommandées par le CBF dans 11 axes d’intervention. En-
viron 80% des réformes préconisées ont été totalement mises en œuvre
dans les axes d’intervention que sont, entre autres, la promotion des in-
vestissements et la création d’entreprises. Les axes d’intervention où les
réformes étaient partiellement mises en œuvre étaient notamment la dé-
livrance des actes d’urbanisme et le règlement des différends. Au terme
de l’étude, l’INS a recommandé de vulgariser davantage lesdites réformes
pour une meilleure appropriation, de revoir le format du CBF par la te-
nue préalable d’ateliers thématiques, et d’améliorer le cadre de suivi éva-
luation de la mise en œuvre des réformes par la formulation des recom-
mandations accompagnées d’indicateurs de suivi.
827- Par ailleurs, le 30 mars 2021, s’est tenue à Yaoundé dans les Ser-
vices du Premier Ministre, une réunion d’évaluation de la mise en œuvre
des recommandations formulées à l’issue de la 11ème session du CBF in-
tervenue le 22 octobre 2020. A cette occasion, les chefs des départements
ministériels concernés ont fait le bilan de la mise en œuvre des recom-
mandations qui leur incombait.
§2 : Les mesures fiscales d’amélioration du climat des affaires268
828- Le Gouvernement, à travers la Loi de Finances (LF) pour l’exercice 2021,
a adopté certaines mesures fiscales tantôt d’ordre général (A) tantôt spéci-
fiques aux défis économiques de la crise sanitaire de la Covid-19 (B).
267
Voir https://www.impots.cm/sites/default/files/documents/Note%20d%27analyse.pdf.
268
Voir https://www.impots.cm/sites/default/files/documents/mesure%20fiscales%20F-
A%202021.pdf.

262
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

A : Les mesures fiscales d’ordre général


829- En sus de la consécration d’un régime fiscal de promotion de l’éco-
nomie numérique marquée par la concession de plusieurs avantages fis-
caux, la LF 2021 a dispensé de contrôle fiscales les entreprises justifiant
d’une progression des impôts et taxes à versement spontané au moins égal
à 15 % par rapport à l’année précédente. Elle a également renforcé les
avantages fiscaux du secteur boursier avec notamment la consécration d’un
taux réduit d’impôt sur les sociétés en faveur des entreprises qui procèdent
à l’admission de leurs actions ordinaires à la cote de la Bourse des Va-
leurs Mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC).
830- Par ailleurs, la LF 2021 a rationalisé les conditions de déduction des
avaries, clarifié le régime de territorialité de la taxe sur la valeur ajoutée
(TVA) sur les prestations de services matériellement localisables au Ca-
meroun et pour celles immatérielles, et institué une procédure de dégrè-
vement d’office des impositions émises de façon erronée.
B : Les mesures fiscales spécifiques de réponse aux défis éco-
nomiques de la crise sanitaire de la Covid-19
831- La LF 2021 a reconduit la transaction spéciale, réduit de 2 points
le taux d’impôt sur les Sociétés des PME, et consacré non seulement l’en-
registrement gratis des conventions de rachat et de titrisation de la dette
publique intérieure, mais aussi la déductibilité intégrale des dons effectués
par les entreprises au profit de l’Etat dans le cadre de la lutte contre la
Covid-19. En sus, des mesures fiscales ont été adoptées en faveur de l’hô-
tellerie, du transport et du secteur forestier, à l’instar de la reconduction
de la suspension de la taxe de séjour, de la suppression de la taxe à l’es-
sieu et de la réduction de 4 % à 3 % du taux de la taxe d’abattage.
§3 : La poursuite de la dématérialisation des procédures
832- En vue de raccourcir les délais de traitement des dossiers, réduire
les dépenses publiques, accroître les recettes de l’Etat, mitiger les poches
de corruption, réduire les coûts induits par les déplacements des usagers,
sécuriser les dossiers en les numérisant, le Gouvernement a poursuivi la
dématérialisation de certaines procédures. Pour ce faire, plusieurs admi-
nistrations disposaient de plateformes numériques dédiées, à l’instar de

263
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

la Direction Générale des Impôts-DGI (FISCALIS et OTP), de la Direction


Générale des Douanes (DGD) et du Guichet Unique des Opérations du
Commerce Extérieur (e-GUCE et CAMCIS), du ministère des Finances
(SYAMPE), du ministère de la Justice (JUSTICAM), du ministère des Fo-
rêts et de la Faune (SIGIF 2) ou encore du ministère des Marchés Publics
(COLEPS).
833- A titre d’illustration, afin d’évaluer et expliquer la mise en œuvre de
la dématérialisation de 14 services administratifs sur les 16 les plus sol-
licités relativement au suivi des dossiers de carrière, le Ministre de la Fonc-
tion Publique et de la Réforme Administrative a effectué une tournée dans
les 10 régions du Cameroun. Dans la même veine, le 16 mars 2021 à
Yaoundé, le MINFOPRA a organisé, au profit des personnels de plusieurs
administrations, un Atelier sur l’appropriation de la nouvelle procédure
dématérialisée de recrutement des agents publics.
834- Également en guise d’exemple, la LF 2021 a accentué la dématé-
rialisation des paiements et ce, en précisant les modalités de paiement des
impôts et taxes. Ainsi, elle a consacré la délivrance et la notification des
quittances en ligne, rendu obligatoire le télépaiement comme mode de
règlement pour les entreprises relevant de la Direction des Grandes En-
treprises. Pour les entreprises relevant des Centres Divisionnaires des Im-
pôts (CDI), elle a imposé le virement bancaire et le paiement par voie élec-
tronique ou par Mobile Tax, le versement d’espèces ne pouvait se faire
qu’auprès des guichets des banques. S’agissant des CDI situés dans les
localités non dotées de réseau bancaire, la LF 2021 n’a autorisé le paie-
ment en espèces qu’auprès des agents financiers agréés.
835- En terme illustratif des résultats de la dématérialisation des procé-
dures, le 26 novembre 2021, lors de la présentation du Programme éco-
nomique, financier, social et culturel du Gouvernement pour l’exercice bud-
gétaire 2022, le Chef du Gouvernement a indiqué que la digitalisation
des procédures au sein de l’administration avait permis de réduire d’en-
viron 30% le temps moyen consacré par le contribuable pour l’accom-
plissement des obligations fiscales.
836- Cette digitalisation qui couvrait les déclarations fiscales, les paiements
fiscaux, les contrôles fiscaux, leurs réclamations contentieuses et les pro-
cédures gracieuses, a aussi entraîné une augmentation et une meilleure

264
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

sécurisation des recettes. Ainsi, de janvier à juin 2021, l’enveloppe col-


lectée s’est accru de 50 000 000 000 FCFA269 en glissement annuel, se-
lon les chiffres publiés par la DGI, qui a expliqué que cette augmentation
est la conséquence de l’optimisation de la collecte de l’impôt au moyen
notamment de la dématérialisation des procédures fiscales.
§4 : L’incitation à l’investissement
837- Des initiatives d’incitation à l’investissement ont été menées par le
Ministère des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Economie Sociale et
de l’Artisanat-MINPMEESA (A) et l’Agence de Promotion des Petites et
Moyennes Entreprises (APME) (B).
A : Les actions du MINPMEESA270
838- Tout en accompagnant les créateurs de richesses dans la formali-
sation de leurs entreprises et en promouvant l’entreprenariat, le MINPMEESA
a poursuivi l’encadrement des PME, des organisations artisanales et de
l’économie sociale.
839- Dans cette optique, ont été notamment organisées : la 7ème édition
du Salon international de l’artisanat du Cameroun, la 6ème édition des Jour-
nées nationales des PME, les rencontres business entre les entreprises fran-
çaises de la région Auvergne Rhône Alpes et les PME camerounaises, les
2èmes Journées nationales de réseautage des PME agricoles et agroali-
mentaires ainsi que la 1ère édition des Journées de l’artisanat et des PME.
Se sont aussi tenues, la 5ème édition des Journées nationales de l’écono-
mie sociale, la 3ème édition du Youth Connekt Cameroon, la 6ème édition
de la Foire du Hilton, la 6ème édition de la Caravane de sensibilisation sur
les centres de gestion agréés ainsi que les Journées de la Coopération
et du Partenariat-JCP MINPMEESA.
840- Par ailleurs, le MINPMEESA a initié des formations à l’attention des
entrepreneurs. C’est le cas : d’une série d’Ateliers de vulgarisation des in-
citations fiscales contenues dans la loi des finances 2021 en faveur des
startups, centres de gestion agrées et structures d’accompagnement des

269
Soit 76 468 930,10 euros.
270
Une vue complète des actions du MINPMEESA est disponible sur les plateformes ci-après :
www.minpmeesa.gov.cm et www.facebook.com/minpmeesa.

265
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

PME dont le 1er s’est tenu le 16 mars 2021 à Yaoundé ; d’un Atelier sur
le renforcement des capacités techniques de 30 artisans sur le condi-
tionnement tenu courant avril 2021 à Douala; et d’une campagne de
vulgarisation et d’appropriation du cadre normatif de l’économie sociale
auprès des promoteurs des organisations et entreprises de l’économie
sociale, lancée à Yaoundé le 29 juin 2021.
841- En outre, le MINPMEESA a attribué les premières autorisations aux
structures d’incubation privées, poursuivi l’exécution du programme EM-
PRETEC271 (avec la sortie des 23ème, 24ème et 25ème promotions), publié
la liste des projets des incubés de la Pépinière Nationale Pilote d’Entre-
prises d’Edéa éligibles à la subvention de l’Etat, mis en place un comité
de validation des dispositifs d’accompagnement et des modules de
formation dans les structures d’incubation, et présenté son « Annuaire
Statistique 2020 ».
B : Les actions de l’APME
842- L’APME a signé avec des entreprises 7 conventions d’agrément au
régime des incitations à l’investissement, pour 544 emplois pressentis et
des investissements de l’ordre de 7 000 000 000 de FCFA272 envisagés.
Ses équipes ont visité 31 entreprises bénéficiaires de cet agrément. En ou-
tre, elle a notamment édité 600 Rapports de la cartographie des PME,
1000 Répertoires des formalités et des autorisations administratives à l’exer-
cice d’une activité T1 ; 500 Répertoires des Sources d’appuis financiers
et non financiers aux PME ; et 2000 Guides de l’investisseur (1200 en
français et 800 en anglais).
843- Dans le cadre du programme Cameroon food Packaging and Qua-
lity, un Atelier de communication s’est tenu le 27 mai 2021 à Yaoundé.
Des personnels de cette agence se sont déployés, de mai à juillet 2021,
au sein de 17 PME agroalimentaires et cosmétiques de la ville de Douala.
Le taux global moyen de conformité est passé de 53% à 70% de 2020
à 2021. A Yaoundé, 15 PME ont été formées aux bonnes pratiques d’hy-
giène, aux bonnes pratiques de fabrication et à la maîtrise du cadre rè-
glementaire, etc.
271
Il s’agit d’un programme intégré de renforcement des capacités managériales axé sur le déve-
loppement personnel de l’entrepreneur pour le rendre plus compétitif.
272
Soit 10 705 650,21 euros.

266
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

844- Par ailleurs, le Centre Technique Agroalimentaire du Cameroun a


analysé 16 échantillons de 14 PME agroalimentaires de Douala. En sus,
62 analyses en physicochimie et 128 analyses microbiologiques ont été
effectuées sur 16 produits et ont donné un taux de conformité de 56%.
Pour sa part, le Laboratoire National de Contrôle Qualité des Médica-
ments et d’Expertise (LANACOME) a analysé 30 produits de 7 PME du
secteur cosmétique de Yaoundé et Douala. 14 PME agroalimentaires de
Yaoundé ont fourni des produits pour les analyses physicochimiques, bac-
tériologiques et pour le contrôle de la conformité des mentions d’étique-
tage. 34 kits de 108 petits équipements de contrôle qualité et condi-
tionnement ont été distribués à des promoteurs des PME à Douala le 25
octobre 2021.
845- Dans le cadre du Programme de modernisation des PME par les TIC,
l’APME a, le 25 octobre 2021, lancé une série de 3 webinaires Academy
Online273 diffusés dans les Centres d’accompagnement des PME et les Cen-
tres de Formalités de Création d’Entreprise (CFCE) des 10 régions, avec
une audience de 1100 participants. Sur le terrain, 20 PME du secteur de
l’imprimerie et du bois de Douala et Yaoundé ont été accompagnées dans
leur stratégie de marketing digital, de commerce électronique.
846- Quant à l’accompagnement à la recherche de financement et au dis-
positif d’accompagnement des entreprises modernes, un Atelier de sensi-
bilisation au capital investissement a été organisé par l’APME le 17 août
2021 à Douala et a vu la participation d’une trentaine de PME des sec-
teurs agroalimentaires et de l’imprimerie. Pour ce qui est du diagnostic et
de la restructuration, 35 PME du secteur de l’imprimerie (15 de Douala
et 20 de Yaoundé) et 7 PME du secteur menuiserie de Yaoundé ont été
sensibilisées. De ces 42 PME, 20 ont accepté un diagnostic, qui a souli-
gné principalement les difficultés d’accès au marché du manuel scolaire
pour l’imprimerie et à la commande publique pour le secteur ameublement.
847- En ce qui concerne la promotion intégrée des PME, l’exécution du
projet KAIZEN274 s’est poursuivie avec des formations en Kaizen avancé
à Douala et Yaoundé, respectivement du 26 avril au 22 mai 2021 et du

273
Il s’agit d’un espace d’échanges, de partage et de promotion des bonnes pratiques profession-
nelles qui permettent d’améliorer la compétitivité des PME.
274
Méthode implémentée par l’Agence japonaise de coopération internationale qui vise à boos-
ter les performances du tissu productif, au moyen d’actions simples, concrets et peu onéreux.

267
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

14 Juin au 9 Juillet 2021 ; la formation de 24 consultants et de 5 inspecteurs


sur l’amélioration de la productivité et de la qualité des chaînes de pro-
duction ; la formation en Business Management à Douala, du 26 juillet
au 20 août 2021 et Yaoundé, du 30 août au 24 septembre 2021.
848- Sur la promotion de l’esprit d’entreprise, plusieurs jeunes ont été for-
més dont 414 encadreurs et mentors volontaires, 6 226 en esprit d’en-
treprendre, 10 sur la prise en main de la plateforme d’élaboration du bu-
siness plan et 10 sur l’utilisation de l’outil d’incubation pour le suivi des
jeunes formés en ligne. Pour ce qui est du Programme Start and Improve
your Business, 25 PME installées dans les régions du Nord-Ouest et du
Sud-Ouest ont bénéficié de formation sur le démarrage et le développe-
ment de l’entreprise.
849- En somme, les CFCE ont créé 15 542 entreprises dont 61,56% d’éta-
blissements et 8,76% de société à responsabilité limitée (SARL) dans les
régions de l’Adamaoua (434), du Centre (5 877), de l’Est (331), de l’Ex-
trême-Nord (494), du Littoral (5 342), du Nord (542), du Nord-Ouest
(520), de l’Ouest (842), du Sud (214), du Sud-Ouest (946).
§5 : L’application du principe de la transparence
850- Ce principe a été appliqué notamment dans l’industrie extractive.
Ainsi, la Société Nationale des Mines (SONAMINES), dont l’une des mis-
sions est de contribuer à la promotion de la transparence dans l’industrie
minière, a été rendue opérationnelle par le Gouvernement (A), qui a pour-
suivi sa participation au processus de Kimberly (B) et à l’Initiative pour la
Transparence dans l’Industrie Extractive-ITIE (C).
A : L’opérationnalisation de la SONAMINES
851- Courant avril 2021 Par Décret n°2021/209 du 14 avril 2021, les
membres du Conseil d’Administration de la SONAMINES ont été nom-
més. Suivant le décret n°2021/208 du même jour, les membres de
l’Assemblée Générale ont eux aussi été nommés. Dans le même mois, le
président du conseil d’administration a été élu, un directeur général et un
directeur général adjoint ont été désignés.
852- Au cours de sa session ordinaire tenue le 22 juin 2021 à Yaoundé,
le conseil d’administration a adopté des résolutions relatives au décollage

268
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

effectif de la SONAMINES, notamment celles concernant le budget de


démarrage, le Plan d’actions prioritaires et la constitution de 4 commis-
sions internes en charge des marchés publics, de la stratégie, de l’audit
et de la gouvernance, de l’environnement et des questions sociales. Pour
sa part, la direction générale de cette entreprise a mené diverses initia-
tives dont une série de concertations avec les collecteurs et les titulaires
des bureaux d’achats et des unités de fusion, du 12 au 16 octobre 2021
dans les villes de Bertoua, Meïganga et Rey-Bouba.
B : La participation au processus de Kimberly
853- Le Gouvernement a poursuivi le renforcement du dispositif et des ca-
pacités des acteurs du contrôle et de classement des circuits de produc-
tion et de commercialisation des diamants. Ainsi, le Secrétariat National
Permanent du Processus de Kimberly a lancé une opération de recense-
ment, de sensibilisation, de formation et de formalisation des acteurs de
l’artisanat minier. Prévue sur une durée d’un mois et concernant les sites
diamantifères dans les arrondissements de Ketté, Mbotoro, Kentzou et Gari-
Gombo dans la Région de l’Est, cette opération devrait s’étendre pro-
gressivement aux autres localités.
854- Ladite opération consistait à accompagner environ 1 500 acteurs
miniers à l’obtention des cartes de collecteurs et d’artisans ainsi que leur
organisation autour de groupements socioprofessionnels d’artisans miniers.
Lors du lancement de cette initiative le 16 décembre 2021 à Ketté, ledit
Secrétariat a révélé qu’entre 2016 et 2021, 11 304,42 carats de dia-
mants ont été tracés dans les circuits formels de commercialisation, 5 923,46
carats ont été exportés et 120 922 000 FCFA275 ont été collectés au ti-
tre des impôts et taxes liées à l’exportation desdits diamants.
855- Par ailleurs, sous le thème « Lutte contre la fraude et la contrebande
des diamants en Afrique Centrale », s’est tenue du 20 au 22 décembre
2021 à Yaoundé, une réunion de haut niveau regroupant les pays de la
CEMAC, la République Démocratique du Congo et l’Angola. Il s’agissait
d’intéresser les Etats sur la nécessité de la mise en œuvre de la coopération
sous régionale, d’identifier des facteurs favorisant le trafic et la contrebande,
de définir les mécanismes et les moyens de financement des activités

275
Soit 184 935, 52 euros.

269
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

diamantaires, et de créer un cadre de collaboration, d’échanges et de


partage d’informations.
C : La participation à l’Initiative pour la Transparence dans les
Industries Extractives (ITIE)276.
856- Le 29 juin 2021 à Yaoundé, s’est tenu un Atelier de présentation
au public du Rapport ITIE 2018, organisé par le Ministère des Finances
(MINFI). Ledit Rapport révélait qu’en 2018, le Cameroun avait enregis-
tré des revenus générés par le secteur extractif pour plus de 763 095 000
000 FCFA277 et ceux repris dans le budget de l’État l’avait été pour plus
de 568 032 000 000 FCFA278.
857- Par ailleurs, le Rapport ITIE 2019 a été présenté lors d’un Atelier
organisé le 19 novembre 2021 à Yaoundé par le MINFI. Cet autre Rap-
port indiquait que les paiements des sociétés extractives ont atteint un mon-
tant de 908 028 000 000 FCFA279 et que les revenus captés au niveau
du budget de l’Etat ont atteint un montant de 703 091 000 000 FCFA280
dont plus de 90% provenant du secteur des hydrocarbures.
858- En outre, le Centre pour l’environnement et le développement a, le
8 décembre 2021 à Bertoua, organisé un Atelier de renforcement des
capacités des acteurs locaux de la région de l’Est sur l’ITIE, dans le ca-
dre du projet « Renforcement de l’engagement des Organisations de la
Société Civile (OSC) dans l’Initiative pour la Transparence des Industries
Extractives au Cameroun ».
SECTION 2 : L’ACCENTUATION DE LA LUTTE CONTRE LA
CORRUPTION ET LES ATTEINTES A LA FORTUNE
PUBLIQUE
859- Les actions de prévention (§1), de répression (§4), de détection (§3),
de contrôle, d’assistance et de conseil (§2) ont été accentuées.
276
Les 2 Rapports ITIE publiés en 2021 sont disponibles en ligne à l’adresse : https://eiticame-
roon.org/post/category/documentation/itie-reports
277
Soit 1 167 061 164,29 euros.
278
Soit 868 735 986, 05 euros.
279
Soit 1 388 718 593, 22 euros.
280
Soit 1 075 292 330, 66 euros.

270
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

§1 : Les initiatives de prévention


860- Il s’agissait de renforcer les capacités (A), sensibiliser, informer et
communiquer (B).
A : Le renforcement des capacités
861- Des activités de renforcement des capacités ont été organisées par
la Commission Nationale Anti-Corruption (CONAC) et les Services du
Contrôle Supérieur de l’Etat (CONSUPE).
1) Le renforcement des capacités par la CONAC
862- La CONAC a procédé au renforcement des capacités de ses
partenaires et de 280 acteurs en matière de lutte contre la corruption. Ainsi,
elle a organisé les 24 et 25 mai 2021 à Yaoundé, un Atelier de
renforcement des capacités de 146 acteurs de la lutte contre la corruption
au Cameroun, à savoir des leaders religieux, des membres des OSC et
ceux des comités de lutte contre la corruption ; les 23 et 24 juin 2021 à
Douala, un Atelier de renforcement des capacités des membres des cellules
de lutte contre la corruption et de suivi de l’élaboration du Plan d’action de
l’Initiative à Résultats Rapides (IRR) sur le délai d’obtention d’un devis de
branchement à la CAMWATER, au profit de 16 personnels de cette
entreprise ; et le 25 juin 2021 à Yaoundé, un Atelier de consolidation et
de validation de la cartographie des risques de corruption au MINPROFF,
au profit de 15 personnels de cette administration.
863- Par ailleurs, la CONAC a organisé du 24 au 30 octobre 2021 à Kribi,
un Atelier de formation de 26 personnels de la Société Immobilière du
Cameroun (SIC) sur la lutte contre la corruption et la mise en place d’un sys-
tème de management anti-corruption conforme à la Norme ISO 37001 ; du
15 au 18 novembre 2021 à Mbalmayo, un Atelier de formation de 16
personnels de l’ARMP sur les techniques de lutte contre la corruption et
la mise en œuvre des IRR et le 19 novembre 2021 à Yaoundé, un Ate-
lier de formation de 19 personnels du MINTOUL sur les techniques de
lutte contre la corruption.
2) Le renforcement des capacités par le CONSUPE
864- Au profit de 60 personnels du Fonds Spécial d’Equipement et d’In-
tervention intercommunale (FEICOM), le CONSUPE a, le 04 juin 2021

271
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

à Kribi, organisé une Conférence technique sur la sensibilisation au ma-


nagement des risques. Par ailleurs, cette institution a organisé du 7 au 11
juin 2021 à Douala, un Atelier de formation sur l’audit des systèmes d’in-
formation, pour 30 personnels du FEICOM ; du 2 au 6 août 2021 à
Yaoundé, un Atelier d’initiation en audit de performance, pour 14 personnels
de l’Inspection Générale du Ministère des Transports ; du 1er au 5 novembre
2021 à Ebolowa, un Atelier de formation sur l’audit des systèmes d’in-
formation, pour 30 personnels du FEICOM ; courant novembre 2021 à
Yaoundé, un Atelier de formation du personnel de la North West Deve-
lopment Authority sur le cadre juridique rénové des établissements publics
et les bonnes pratiques de programmation et de planification du budget-
programme, pour 10 personnels.
B : La sensibilisation, l’information et la communication
865- Des activités de sensibilisation, d’information et de communication
ont été organisées par la CONAC et le CONSUPE.
1) Les activités d’information et de communication
866- La CONAC a produit et fait diffuser, en français et en anglais, 21
éditions d’Espace CONAC Magazine Radio de 13 minutes, 18 éditions
d’Espace CONAC Magazine Télé de 13 minutes et 20 éditions d’Espace
CONAC Magazine Alerte Télé de 6 minutes, sur les infractions de cor-
ruption et des implications pénales. Elle a, en outre, produit et distribué
2 000 exemplaires en français et en anglais du Rapport sur l’état de la
lutte contre la corruption en 2020, rendu public le 20 novembre 2021.
2) La sensibilisation
867- Les activités de sensibilisation ont été menées tant par le CONSUPE
que par la CONAC.
a) La sensibilisation par le CONSUPE
868- Dans le cadre du renforcement de la participation citoyenne à la
protection de la fortune publique, se sont tenues à Yaoundé sous l’impulsion
du CONSUPE en avril 2021, la 2èmeédition des Journées de réflexion du
Syndicat des Prestataires des marchés publics (SYPREMAP) sous le thème
« Sécurisation et protection de la fortune publique dans le cadre de la ges-

272
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

tion de la commande publique pour un Cameroun émergent » ; en juin


2021, une Table ronde sous le thème « Conventions fiscales : enjeux et
défis pour la relance économique inclusive et durable en temps de Covid-
19 au Cameroun », organisée par le Centre Régional Africain pour le Dé-
veloppement Endogène et Communautaire ; en novembre 2021, la
deuxième Réunion annuelle de la Plateforme de coopération CONSUPE-
OSC281 ; et en décembre 2021, la 3ème journée du Dialogue citoyen avec
le consortium ADIN-CRADEC-Transparency International, sous le thème
« Gouvernance budgétaire et crise sanitaire : état de préservation de la
fortune publique pour la garantie des droits humains en temps de Covid-
19 au Cameroun ».
869- Par ailleurs, le CONSUPE a le 7 décembre 2021 à Yaoundé, or-
ganisé la Journée de diffusion des audits pilotes 1 et 2 du secteur minier
qu’elle a réalisés, lesquels ont porté respectivement sur « La conformité
de l’attribution du renouvellement et des transactions des permis de recherche
dans les régions de l’Adamaoua et de l’Est » et sur « La gestion des pas-
sifs environnementaux et sociaux relatifs à l’exploitation minière et artisa-
nale semi-mécanisée, période 2015-2018 ».
b) La sensibilisation par la CONAC
870- La CONAC a mené la campagne « Chan 2021 sans corruption »,
au cours de laquelle 10 affiches géantes sur panneau publicitaire ont été
posées dans les villes de Yaoundé, Douala, Limbe et Buea. 6 roll-up ont
été posés dans les Aéroports internationaux de Yaoundé et de Douala.
Des matériels de sensibilisation ont été distribués dans lesdits aéroports
notamment, des exemplaires de la CONAC Newsletter, du Rapport sur
l’état de la lutte contre la corruption au Cameroun en 2019 et du docu-
ment intitulé « 2010-2020, une décennie de la lutte contre la corruption
au Cameroun : les avancées ».
871- Le 9 février 2021, la CONAC a lancé à Yoko une campagne de
promotion de l’intégrité au sein de la jeunesse scolaire, sur le thème « Ce
qui ne t’appartient pas, n’y touche pas ». Le Président de la CONAC a

281
Cette Plateforme a pour objectif de contribuer au renforcement de la chaîne de surveillance de
la gestion des finances publiques, en accroissant la communication entre le CONSUPE et les
OSC ; et de réfléchir sur les mécanismes à mettre en place pour permettre aux OSC d’assurer
un suivi citoyen des résultats d’audit du CONSUPE.

273
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

effectué une tournée d’intégrité dans 8 établissements de cette localité et


fixé les premières plaques anticorruption sur les façades de la sous-pré-
fecture et de l’Hôtel de ville. Au total, 14 services publics de Yoko ont reçu
des plaques sur leurs façades ; 2 enseignants et 50 élèves ont reçu des
diplômes de félicitation et d’encouragement ; 10 000 copies des diffé-
rentes éditions « CONAC Newsletter », 2 000 flyers portant le slogan de
la campagne, 1 000 autocollants portant le numéro vert (1517), 200 exem-
plaires du document intitulé « 2010-2020, une décennie de lutte contre
la corruption : les avancées », et 150 exemplaires du Rapport sur l’état
de la lutte contre la corruption au Cameroun en 2019, ont été distribués ;
et 20 000 personnes ont été touchées par le message de lutte contre la
corruption autour de la cette campagne.
872- Par ailleurs, la CONAC a pris part, le 23 mars 2021, en qualité d’ob-
servateur, à une séance plénière spéciale de l’Assemblée Nationale consa-
crée à la problématique de la prévention et de la sécurité routière, initiée
par le Réseau des Législateurs camerounais pour la sécurité routière. A
ce sujet, la CONAC a produit un dépliant sur ses activités de prévention
de la corruption sur la voie publique dont le contenu a aidé les membres
de ce Réseau à formuler des recommandations. Dans le même sillage, l’As-
semblée Nationale a, le 08 avril 2021, tenu une séance plénière spéciale
de présentation des avancées de la lutte contre la corruption au Came-
roun et les attentes de la CONAC.
873- En outre, sur le thème : « Communautés Economiques Régionales,
acteurs essentiels de la mise en œuvre de la Convention de l’Union
Africaine sur la prévention et la lutte contre la corruption », la CONAC
a le 11 juillet 2021, commémoré dans sa Salle des Actes, l’édition 2021
de la Journée africaine de lutte contre la corruption. Bien plus, Lors de la
commémoration, le 9 décembre 2021, de la 18e édition de la Journée
internationale de lutte contre la corruption, sur le thème « Votre droit,
votre défi : dites non à la corruption », elle a organisé à Yaoundé, un
Atelier de formation de journalistes de 50 médias de la presse nationale
à la lutte contre la corruption sur le thème : « Journalistes : sentinelles de
la lutte contre la corruption ».
874- Du 16 au 29 août 2021, la CONAC a organisé la campagne
« rentrée scolaire 2021-2022 sans corruption ». A cette occasion, 241
établissements d’enseignements secondaires ont été visités, 540 plaques

274
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

anti-corruption fixées sur les façades des bâtiments et 1 121 affiches po-
sées. Les équipes de la CONAC ont également distribué des flyers décrivant
la méthodologie de dénonciation d’actes de corruption ; des exemplaires
du document intitulé : « 2010-2020, une décennie de lutte contre la cor-
ruption au Cameroun : les avancées » ; et des copies de récentes éditions
du magazine mensuel « CONAC Newsletter. »
875- Davantage, la CONAC a poursuivi l’opération de fixation des plaques
anticorruption sur les façades des édifices publics. Du 1er au 4 novembre
2021, l’opération a été conduite dans 5 chefs-lieux de département et 18
chefs-lieux d’arrondissement des régions de l’Adamaoua, du Centre, de
l’Est, du Nord, de l’Ouest et du Sud. A cette occasion, 335 plaques anti-
corruption ont été fixées sur les façades des services publics. Enfin, la
CONAC a produit et disséminé : 60 000 exemplaires du magazine men-
suel « CONAC Newsletter » ; 5 000 exemplaires du Livret du code
d’éthique de la CONAC ; 2 000 T-shirts ; 2 000 casquettes ; 2 000 sacs
aux messages anti-corruption ; 10 000 stickers et autocollants ; 40 000
flyers ; et 400 plaques anti-corruption.
§2 : Les activités de contrôle, d’assistance et de conseil
876- Ces activités ont été menées par l’Agence Nationale d’Investigation
Financière (ANIF) (A), la CONAC (B), le CONSUPE (C) et la Chambre
des Comptes de la Cour Suprême (D).
A : Les actions de l’ANIF
877- L’ANIF a reçu 771 déclarations de soupçon (contre 785 en 2020)
et 373 dossiers (contre 98 en 2020) ont été transmis aux autorités judi-
ciaires pour les faits de blanchiment de capitaux, détournement de biens
publics, corruption, fraude fiscale, fraude douanière et autres.
878- En outre, le 12 janvier 2021 elle a publié le Rapport d’évaluation na-
tionale des risques de blanchiment de capitaux et de financement du ter-
rorisme, contenant un Plan d’actions prioritaires sur la période 2021-2025.
Ce Plan repose sur les axes suivants : le renforcement du cadre juridique
et institutionnel, le développement d’un cadre de coordination national des
actions à entreprendre par diverses administrations, le renforcement du dis-
positif de contrôle et de supervision des acteurs de prévention ainsi que l’amé-
lioration de l’efficacité des autorités d’enquête et de poursuites.

275
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

879- Une délégation camerounaise conduite par l’ANIF a défendu ce Rap-


port lors d’une commission du Groupe d’Action contre le blanchiment d’Ar-
gent en Afrique Centrale (GABAC) tenue à Douala du 18 au 22 octo-
bre 2021. Il s’agissait d’examiner la conformité du Cameroun aux re-
commandations du Groupe d’Action Financière (GAFI).
B : Les actions de la CONAC
880- La CONAC a traité des dénonciations et effectué des missions de
contrôle et d’investigation.
1) Les dénonciations reçues
881- Le nombre de dénonciations était en baisse. En effet, la CONAC a
reçu 6 573 dénonciations (contre 16 067 en 2020) dont 2 694 provenant
de son numéro vert et 4 006 (contre 3 392 en 2020) reçues via le nu-
méro WhatsApp (658 262 682), les courriers électroniques et adminis-
tratifs.
882- Au titre des appels reçus de la ligne verte (1 517), 1 536 étaient
sans lien avec la corruption et 1 158 portaient sur la dénonciation d’actes
de corruption et d’infractions sous-jacentes. Les dénonciations ainsi reçues
étaient soit transmises au Président de la CONAC (319) soit résolues par
téléphone à travers les inspecteurs de services régionaux ou les inspec-
teurs de service des ministères concernés (552). Dans certains cas, les
appelants étaient dirigés vers d’autres structures compétentes, entre au-
tres, la CDHC, le MINJUSTICE et le CONSUPE, ou invités à adresser une
dénonciation écrite au Président de la CONAC (287).
883- Outre les dénonciations en provenance des pays étrangers, le plus
grand nombre provenait des villes de Douala, Yaoundé, Bafoussam et Ma-
roua. Très peu d’appels provenaient des régions du Nord-Ouest et du Sud-
Ouest. Par ordre croissant de dénonciations, les secteurs concernés étaient
le transport routier, les finances (douanes, trésor, impôts), les forces de main-
tien de l’ordre (FMO), l’éducation, la Justice, l’administration territoriale,
le commerce, les services des communes, les forêts et la faune, les affaires
foncières et la santé.

276
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

2) Les activités de contrôle et d’investigation


884- Au total, 5 enquêtes ont été bouclées (contre 2 en 2020) et 16 mis-
sions d’interventions rapides (contre 19 en 2020) pour divers cas d’ar-
naque et de corruption, ont été menées. Pour les cas de dénonciations qui
s’avéraient fondées, 12 suspects ont été mis à la disposition de la police
judiciaire. En outre, en 2021, la CONAC a initié 11 procédures auprès
des juridictions compétentes pour les infractions liées à la corruption et aux
infractions assimilées, contre 25 en 2020.
C : Les actions du CONSUPE
885- Le CONSUPE a traité des dénonciations et effectué des contrôles.
1) Le traitement des dénonciations
886- Les dénonciations enregistrées par la Division des Affaires Juridiques
et de l’Exploitation des Informations (DAJEI) étaient en baisse comme le
montre le tableau ci-dessous. Elles étaient au nombre de 77 contre 212
en 2019 et 301 en 2020.
Tableau n°1 : Etat des dénonciations reçues et exploitées

Source : CONSUPE

277
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

2) Les dénonciations traitées par les Divisions des Inspections


et de Contrôle (DIC)
887- Les DIC ont reçu 114 dénonciations en 2021 contre 139 en 2020.
Tableau n°2 : Etat comparatif des dénonciations reçues et traitées

Source : CONSUPE
Légende
DIAP : Division des Inspections et de Contrôle des Administrations publiques
DICTD : Division des Inspections et de Contrôle des Collectivités Territoriales Décentralisées
DIEPOS : Division des Inspections et de Contrôle des Etablissements Publics et des Organismes Spécifiques
DIESP : Division des Inspections et de Contrôle des Entreprises du Secteur Public et Parapublic.

3) Les contrôles effectués


888- 20 missions de contrôle ont été engagées par les DIC en 2021 contre
22 en 2020. A l’issue de leur traitement, 6 rapports ont été transmis à la
Présidence de la République.
Tableau n°3: Etat comparatif des missions de contrôle réalisées par
les DIC

Source : CONSUPE

278
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

D : Les activités de la Chambre des Comptes de la Cour Suprême


889- En plus des contrôles effectués, la Chambre des Comptes de la Cour
Suprême a procédé à des travaux d’audit et de certification des politiques
publiques.
1) Les contrôles juridictionnels et administratifs
890- La Chambre des Comptes a procédé à l’examen de l’économie, de
l’efficacité et de l’efficience des actions de certaines institutions publiques
ainsi qu’au contrôle juridictionnel de leurs opérations. Ainsi, un établissement
public et 7 entreprises publiques ont fait l’objet d’examen de leur gestion,
ayant abouti à la production de 8 rapports d’instruction dont 6 provisoires
et 2 définitifs.
891- En ce qui concerne le contrôle juridictionnel, la Section de contrôle
et de jugement des comptes des comptables de l’Etat a produit 20 rap-
ports d’instruction à fin d’observations provisoires (RIOP) ; celle du contrôle
et du jugement des comptes des comptables des collectivités publiques
territoriales décentralisées et leurs établissements, 60 RIOP ; et celle du
contrôle et du jugement des comptes des établissements publics de l’Etat,
147 RIOP.
2) Les travaux d’audit et de certification des politiques publiques
a) L’audit des fonds Covid-19
892- Le 16 juillet 2020, la Chambre des Comptes avait inscrit à son programme
d’activités l’audit du « Fonds spécial de solidarité nationale pour la lutte contre
le coronavirus et ses répercussions économiques et sociales », doté de
180 000 000 000 FCFA282. Le premier Rapport de ladite chambre, relatif
aux activités menées par le MINSANTE, le MINRESI et le MINFI au cours de
l’exercice 2020, a été adopté le 4 juin 2021. Le contrôle portait sur la régularité
de l’emploi des fonds et sur la performance de l’action publique.
893- Au regard des observations et des irrégularités relevées, la Cham-
bre des Comptes a formulé 30 recommandations et décidé de l’ouverture
de 14 procédures pour fautes de gestion. Elle entendait ouvrir une pro-
cédure pour gestion de fait, et transmettre au MINJUSTICE 12 rapports
relatifs aux faits susceptibles de revêtir une qualification pénale.
282
Soit 275 288 148,36 euros.

279
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

b) La certification des formulaires de déclaration des recettes


du secteur extractif
894- La Chambre des Comptes a procédé à la certification des formu-
laires de déclaration des recettes du secteur extractif des régies financières
pour les exercices 2018 et 2019 dans le cadre de l’ITIE. Cette activité
de certification visait à s’assurer que les revenus tirés de l’exploitation des
richesses du secteur extractif rentraient dans le budget de l’Etat.
895- A l’issue de ses travaux, la haute juridiction financière a relevé que
des incohérences qui persistaient après la régularisation de certaines des
anomalies constatées, représentaient 0,08% des recettes déclarées en 2018
et 2019. Elles n’ont pas été jugées significatives car se situant en dessous
du seuil de 2% retenu par la norme ITIE. Ces incohérences ne remettaient
pas en cause la fiabilité des données, lesquelles ont été déclarées régu-
lières et sincères.
c) L’audit du Programme d’Appui au Secteur des Transports
Phase II283 (PAST 2)
896- L’audit comptable et financier du PAST 2, exercices 2018, 2019
et 2020, a été confié à la Chambre des Comptes par le MINTP. Il s’agis-
sait de donner une opinion sur les états financiers du programme et de
faire des recommandations sur l’organisation comptable et les procédures
de contrôle interne. Les travaux se sont achevés par la production entre
mai et septembre 2021 de 4 Rapports dont 3 d’audit financier et comp-
table, qui ont tous conclu que les états financiers produits donnaient dans
tous leurs aspects significatifs, une image fidèle de la situation financière
PAST 2. Il a été produit un Rapport de recommandations en vue d’amé-
liorer les procédures de contrôle interne dudit Programme.
d) Le Rapport de certification du Compte Général de
l’Etat et l’Avis sur le Projet de Loi de règlement pour
l’exercice 2020
897- En septembre 2021, la Chambre des comptes de la Cour Suprême
a procédé à l’examen du Compte Général de l’Etat pour l’exercice 2020.
283
Financé par la Banque Africaine de Développement, le Fonds Africain de Développement et le
Gouvernement camerounais, le PAST 2 a pour objectif de contribuer au désenclavement et à la mise
en valeur des potentialités agricoles et d’accroitre les échanges entre les régions du Cameroun.

280
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

Tout en notant l’absence de progrès significatifs, elle a relevé des insuf-


fisances déjà constatées dans ceux des exercices précédents. Elle a éga-
lement formulé 17 observations sur lesquelles elle s’est fondée pour faire
une certification avec réserves.
898- Le projet de loi de règlement élaboré à la suite de l’exécution de
la loi de finances pour l’exercice 2020 et transmis à la Chambre pour son
Avis a fait état de recettes réalisées de 4 482 385 479 585 FCFA284 et
de dépenses exécutées de 4 363 505 742 004 FCFA285, soit un solde
budgétaire excédentaire de 118 879 737 581 FCFA286. Son examen
a permis à la juridiction de formuler 34 observations sur la forme et sur
le fond.
§3 : Les actions en matière de détection
899- Ces actions étaient afférentes au renforcement des capacités des per-
sonnels en charge de la détection. Le CONSUPE a organisé plusieurs ate-
liers de formatio à Yaoundé : du 11 au 21 janvier 2021, sur la « Conduite
d’un audit de conformité portant sur le secteur minier » et auquel ont pris
part 25 vérificateurs ; du 15 au 19 février 2021, sur « l’attestation de dé-
clarations des revenus de l’industrie extractive dans le cadre du proces-
sus ITIE », en présence de 10 de ses vérificateurs et 5 personnels de la
Chambre des Comptes de la Cour Suprême ; du 15 au 19 mars 2021,
sur « la prise en compte des questions de fraude et de corruption dans les
audits du secteur minier », au profit de 30 de ses vérificateurs ; du 24 mai
au 4 juin 2021, sur « la conduite d’un audit de performance portant sur
le secteur minier », pour 30 de ses vérificateurs ; et du 13 au 17 novem-
bre 2021, sur « l’audit de conformité dans le secteur minier », auquel ont
pris part 20 vérificateurs.
900- Du 28 au 30 avril 2021 à Douala, l’ANIF a conduit un Séminaire
de renforcement des capacités du personnel du MINMIDT sur la lutte contre
le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme. Du 4 au 8 oc-
tobre 2021 à Kribi, des cadres de l’ANIF ont assisté à l’Atelier de forma-
tion des personnels des forces de sécurité sur les techniques d’investigation
numérique et les stratégies de cyber défense organisé par l’ANTIC.
284
Soit 6 855 264 438, 39 euros.
285
Soit 6 673 452 311, 53 euros.
286
Soit 181 812 126, 87 euros.

281
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

§4 : La poursuite de la répression
901- Par le biais des sanctions tantôt d’ordre administratif (A) tantôt d’or-
dre judiciaire (B), la répression des auteurs d’actes de corruption et d’at-
teintes à la fortune publique s’est poursuivie.
A : Les sanctions d’ordre administratif
902- Le Conseil de Discipline Budgétaire et Financière (CDBF) a instruit
des dossiers, puis rendu des décisions susceptibles de recours et récapi-
tulées dans les tableaux ci-après :
Tableau n°4: Etat des dossiers reçus et instruits de 2019 à 2021

Source : CONSUPE
903- Le CDBF a rendu 27 décisions dont 11 de sanction, 9 d’acquittement et
7 d’incompétence. Aucun dossier valant plainte n’a été transmis au MINJUSTICE.
Tableau n°5 : Etat comparatif des sanctions contre des gestion-
naires indélicats

Source : CONSUPE 2 733 911 861 FCFA28718 400 000 FCFA288147 666 435 FCFA289 7 900 000 FCFA290

287
Soit 4 153 494, 61 euros.
288
Soit 27 954, 19 euros.
289
Soit 224 342, 18 euros.
290
Soit 12 002, 07 euros.

282
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

904- Relativement au recours, le tribunal administratif de Yaoundé a été


saisi d’une requête contentieuse contre une décision rendue par le CDBF.
B : Les sanctions d’ordre judiciaire
905- Il s’agissait de sanctions prononcées par le Tribunal Criminel Spé-
cial (TCS) et par d’autres juridictions.
1) Le contentieux du détournement des biens publics devant le TCS
906- En 2021, le contentieux du détournement des biens publics devant
le TCS s’est densifié, avec 73 procédures enrôlées contre 65 en 2020.
Tableau n°6 : Etat comparatif des procédures

Source : MINJUSTICE 73291 31292

907- Le nombre de procédures à l’information judiciaire était en hausse,


soit 46 contre 34 en 2020.
Tableau n°7 : Etat comparatif des procédures à l’information
judiciaire

Source : MINJUSTICE

291
Dont 45 anciennes et 28 nouvelles.
292
Dont 8 ADD, 2 donner acte et 21 au fond.

283
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

2) Le contentieux devant les autres juridictions


908- En ce qui concerne les actes de corruption, le nombre de procédures
était à la baisse.
Tableau n°8 : Etat comparatif des décisions rendues en matière de
corruption

Source : MINJUSTICE
909- Relativement aux cas de détournement de biens publics, le nombre
de procédures était à la hausse.
Tableau n°9 : Etat comparatif des décisions rendues sur les faits de
détournements des biens publics

Source : MINJUSTICE
*
* *
910- En somme, l’année sous revue a été riche en initiatives en faveur du
renforcement de la qualité de la gouvernance et de la lutte contre la cor-
ruption et les infractions connexes. Ainsi, bien que le CBF ne se soit pas tenu,
le Gouvernement a poursuivi le dialogue avec le secteur privé, tout en ap-
pliquant les principes de transparence et en incitant à l’investissement.

284
CHAPITRE 3
LES CONDITIONS DE
DETENTION

CHAPITRE 3 : LES CONDITIONS DE DETENTION


MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

911- Le Gouvernement a poursuivi l’exécution de son programme d’amé-


lioration de la politique pénitentiaire dont l’objectif est de rendre meilleures
les conditions de détention et de préparer la réinsertion sociale des déte-
nus. A cet effet, l’évaluation de la population carcérale (Section 1) est in-
dicative des défis à relever, qu’il s’agisse des ressources pénitentiaires (Sec-
tion 2) ou de la qualité du traitement des détenus (Section 3), les visites et
les contrôles permettant des réajustements dans l’action (Section 4).
SECTION 1 : LA CARTOGRAPHIE DE LA POPULATION
CARCERALE
912- La cartographie des détenus présentait la situation générale (§1)
et les catégories spécifiques (§2).
§1 : La cartographie générale des détenus
913- Le nombre de détenus était en augmentation. A la date du 31 dé-
cembre 2021, l’on dénombrait 30 567 détenus (contre 26 800 en 2020,
soit 3 667 détenus de plus) dont 18 987 détenus provisoires et 11 580
détenus condamnés. Les détenus provisoires représentaient ainsi 62% de
la population carcérale et ceux condamnés 38%.
914- Il ressortait de la carte pénitentiaire que les détenus étaient incar-
cérés dans 81 prisons, lesquelles avaient une capacité d’accueil de 18 350
places, soit un taux d’occupation de 157%. Ce taux était de 221% en
2018, 189% en 2019 et 137% en 2020.
915- Le taux d’occupation le moins élevé était celui de la région du Nord-
Ouest (90%), et le plus élevé celui de la région du Littoral (300%). Cer-
taines prisons avaient un taux d’occupation plus ou moins élevé. A titre
d’illustration, ayant une capacité d’accueil de 100 places, la prison prin-
cipale d’Edéa comptait 480 détenus, soit un taux d’occupation de 480%.
Avec des capacités d’accueil respectives de 100, 70 et 200 places, les
prisons secondaires de Ngambè, Makary et la prison principale de
Yaoundé ne comptaient que 9, 11 et 148 détenus, soit des taux d’oc-
cupation de 9%, 15,71% et 74 %. Les prisons de la région du Nord-Ouest
avaient un nombre de détenus inferieur à leurs capacités d’accueil, soit
27 détenus pour 120 places à la prison principale de Mbengwi, 26 dé-

287
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

tenus pour 200 places à la prison principale de Wum, 12 détenus pour


300 places à la prison principale de Kumbo, 34 détenus pour 100 places
à la prison principale de Nkambe et 609 détenus pour 700 places à la
prison centrale de Bamenda.
916- Comme l’illustre le tableau ci-après, les détenus provisoires les plus
nombreux étaient enregistrés dans les prisons des régions du Centre et
du Littoral. Les régions du Nord-Ouest et du Sud avaient les nombres les
moins élevés.
Tableau no 1 : Statistiques des détenus provisoires par région

Source : MINJUSTICE
Légende : N= Nationaux, E= Etrangers.
917- Tel qu’il apparaitra du tableau ci-dessous, les plus grands nombres
de condamnés se trouvaient dans les régions du Centre et du Littoral. Les
régions du Nord-Ouest et du Sud comptaient les nombres les moins éle-
vés. La prison principale de Kumbo et les prisons secondaires de Ndiki-
niméki, Ngambè, Bétaré-Oya, Doumé et de Lomié, entre autres, n’abri-
taient que des détenus condamnés.

288
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

Tableau no 2 : Statistiques des détenus condamnés par région

Source : MINJUSTICE
918- Dans plusieurs prisons, notamment dans toutes les prisons centrales,
il a été observé des quartiers distincts pour les hommes et les femmes ainsi
que pour les mineurs. Les quartiers des mineurs n’étaient occupés que par
des garçons, les filles partageant les locaux des femmes. Dans les prisons
où il n’existait pas de quartiers distincts, des zones bien délimitées étaient
réservées au logement des femmes et des mineurs.
919- En raison des contraintes d’espace, les détenus provisoires n’étaient
pas toujours séparés des condamnés. L’administration pénitentiaire a conti-
nué à veiller à ce que les récidivistes et condamnés ou ceux poursuivis pour
des infractions graves soient, autant que possible, séparés des autres dé-
tenus. Ainsi, au sein de la prison centrale de Yaoundé, des locaux distincts
étaient affectés aux condamnés à mort.
§2 : La cartographie des catégories spécifiques de détenus
920- Les étrangers (C), les mineurs (B) et les femmes (A) constituaient les
principales catégories spécifiques de détenus.
A : Les femmes détenues
921- L’effectif des femmes en détention étaient au nombre de 832 (soit
2,72% de la population carcérale) contre 841 en 2018, 726 en 2019

289
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

et 717 en 2020 (soit respectivement 2,64%, 2,37% et 2,76% de la


population carcérale).
922- L’on comptait 597 femmes détenues provisoires et 235 condamnées.
Les prisons principales de Yoko, Mbengwi et Kumbo, et celle Secondaire
de Ndikiniméki entre autres, ne comptaient aucune femme.
923- A la lecture du tableau ci-après, il appert que les femmes étaient moins
nombreuses dans les prisons des régions du Nord-Ouest et du Nord, et
l’étaient plus dans les régions du Centre et du Littoral.
Tableau no 3 : Statistiques des femmes incarcérées au 31 décembre
2021

Source : MINJUSTICE
924- Il importe de relever que 39 femmes détenues étaient accompagnées
d’enfants, pour la plupart nés avant leur incarcération. A titre d’exemple,
elles étaient au nombre de 11 dans les prisons de la région de l’Ouest
et 7 dans la région du Centre.
925- La gestion de cette catégorie de détenues posait des difficultés liées
aux besoins spécifiques (alimentaires, sanitaires et vestimentaires) des
femmes concernées et de leurs enfants. Ainsi, leur entretien nécessitait no-
tamment des produits hygiéniques, des vêtements, des médicaments ou
encore des aliments appropriés, qui n’étaient pas toujours disponibles. En
tout état de cause, la présence de ces enfants aux côtés de leurs mères
incarcérées se justifiait par leur intérêt supérieur.

290
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

B : Les détenus mineurs


926- Le nombre de mineurs était de 905 (soit 2,96% de la population
carcérale), dont 881 garçons et 24 filles, contre 938 en 2018, 886 en
2019 et 823 en 2020. Dans bon nombre de prisons, il existait des quar-
tiers distincts pour les mineurs.
927- Plusieurs prisons, dont celles principales et secondaires de Sa’a, Kous-
séri, Makary, Nanga-Eboko, Meiganga, Tibati, Bangangté, Yabassi, Ba-
zou, Yokadouma et Batouri etc., ne disposaient pas de quartier distinct
pour les mineurs. A l’instar des Prisons principales de Nkambé, Yoko,
Mbengwi, Wum, Kumbo et de celle secondaire de Ngambè, certaines pri-
sons n’abritaient aucun mineur.
928- Dans un certain nombre de prisons, des dispositions n’étaient pas
toujours prises pour un encadrement approprié des mineurs notamment
en ce qui concerne la literie, l’alimentation et surtout leur préparation à
la réinsertion en société, en l’occurrence l’éducation, l’assistance sociale,
la formation professionnelle et les activités socio-culturelles. Ainsi, dans les
prisons de la région de l’Ouest, aucun enfant n’était scolarisé. Il en était
de même dans plusieurs autres prisons dont celle principale de Bafia.
929- Qu’ils soient des camerounais ou des étrangers, le nombre des mi-
neurs était plus élevé dans les prisons des régions du Centre et de l’Ex-
trême-Nord. Il l’était moins dans les régions du Sud et du Nord-Ouest. Le
tableau suivant renseigne à ce sujet.
Tableau no 4 : Statistiques des mineurs détenus au 31 décembre 2021

Source : MINJUSTICE

291
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

N : Nationaux
E : Etrangers
C : Les détenus étrangers
930- L’on comptait 1 376 détenus étrangers en 2021, contre 1 285 en
2020, 1 450 en 2019 et 1 602 en 2018. Des missions diplomatiques
ont effectué des visites consulaires aux détenus relevant de leurs juridic-
tions conformément à l’article 36 de la Convention de Vienne sur les re-
lations consulaires.
931- Les détenus de nationalité nigériane étaient les plus nombreux. Avec
des effectifs de 854 prévenus et de 522 condamnés, les prisons des ré-
gions de l’Extrême-Nord et de l’Est avaient les nombres les plus élevés
de détenus étrangers. Parmi les étrangers, 37 étaient des réfugiés. On re-
trouvait à titre d’illustration, des réfugiés dans les Prisons Principales de
Poli (2), Guider (12), Tcholliré (8), Yagoua (9).
SECTION 2 : LE DEVELOPPEMENT DES RESSOURCES PENI-
TENTIAIRES
932- Les ressources humaines (§1), matérielles et infrastructurelles (§2)
de l’administration pénitentiaire ont été développées.
§1 : Le développement des ressources humaines
933- Outre les effectifs qui sont restés assez stables (A), les capacités des
personnels pénitentiaires ont été renforcées (B) et la déontologique a été
ancrée (C).
A : La relative stabilité des effectifs
934- Il n’a été procédé à aucun recrutement au cours de l’année sous
revue. Les personnels pénitentiaires étaient au nombre de 4 378, soit un
ratio d’un personnel pour 7 détenus. La légère baisse des effectifs s’expliquait
par les départs à la retraite (59) les décès (19) et les révocations (8).
935- S’agissant du ratio personnel/détenu, certaines prisons avaient des
personnels d’encadrement supérieurs au nombre de détenus. Il en était
ainsi notamment des prisons secondaires de Makary (14 personnels pour
12 détenus), Ngambè (20 personnels pour 9 détenus) et de Doukoula

292
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

(14 personnels pour 11 détenus) ainsi que de la prison principale de Kumbo


(23 personnels pour 12 détenus).
936- L’état numérique désagrégé des personnels pénitentiaires est illus-
tré dans le tableau ci-après.
Tableau no 5 : Etat numérique des personnels de l’Administration
pénitentiaire au 31 décembre 2021.

Source : MINJUSTICE
Légende
AP : Administrateurs des Prisons
IP : Intendant des Prisons
GCPs : Gardien-Chef des Prisons
GPs : Gardien des Prisons

937- Parmi ces personnels, certains disposaient de compétences particulières


comme le montre cet autre tableau.
Tableau no 6 : Etat numérique des personnels de l’Administration
pénitentiaire par spécialité.

Source : MINJUSTICE

293
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

938- En 2021, 1625 personnels ont bénéficié des avancements en grade,


et 1188 en échelon, tandis que 98 ont été décorés dans divers ordres
nationaux.
B : Le renforcement des capacités des personnels pénitentiaires
939- Les capacités des personnels pénitentiaires ont été renforcées afin
d’entretenir et d’améliorer leurs connaissances et capacités professionnelles.
Ainsi, 420 personnels ont suivi un stage de formation continue à l’Ecole
Nationale de l’Administration Pénitentiaire (ENAP) à Buea, et plusieurs
autres ont suivi des formations spécifiques, soit10 en santé (le 3 août 2021
à Yaoundé, 2 sur la protection des civiles lors des opérations de maintien
de la paix (du 14 au 18 juin 2021 à l’EIFORCES), 12 sur le recrutement
dans les missions de maintien de la paix (du 9 au 11 et du 23 au 25 sep-
tembre 2021 à Yaoundé), 3 sur les engins explosifs improvisés (du 15
au 19 novembre 2021 à Yaoundé) et 13 en matière de statistiques. En
effet, du 1er au 3 février 2021 dans la ville de Mbankomo, des person-
nels pénitentiaires ont participé à un Atelier de formation sur la mise en
place d’un système d’information statistique judiciaire et pénitentiaire,
organisé par le MINJUSTICE, avec l’appui de la Délégation de l’Union
Européenne au Cameroun. Il s’agissait de les outiller à la collecte et au
traitement des données statistiques.
940- S’agissant des Droits de l’Homme, des personnels de l’administra-
tion pénitentiaire ont pris part à des Ateliers sur la privation de liberté sur
les droits des enfants (voir §66) et sur la protection internationale des
réfugiés, des déplacés internes et des apatrides (du 1er au 3 février 2021
à Mbankomo, au profit de 13 personnels).
C : L’ancrage déontologique des services pénitentiaires
941- Outre le rappel du principe de la subordination hiérarchique et la
sanction des manquements commis par des personnels pénitentiaires, les
services pénitentiaires ont été contrôlés et évalués.
1) Le rappel du principe de la subordination hiérarchique
942- Au cours de la Réunion annuelle des chefs de cours d’appel et des
délégués régionaux de l’Administration Pénitentiaire, organisée les 18 et
19 octobre 2021 par le MINJUTICE, la problématique de la subordination

294
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

hiérarchique dans ladite administration a été débattue. Il s’agissait de s’ap-


pesantir sur les fondements normatifs et institutionnels de cette subordination.
Sur ce point, la hiérarchisation et l’organisation fonctionnelle de l’admi-
nistration pénitentiaire ainsi que l’obligation des subordonnés de se sou-
mettre aux instructions de la hiérarchie, ont été analysées. En outre, il a
été relevé d’une part, l’inopportunité d’exécuter un ordre manifestement
illégal et d’autre part, les conséquences disciplinaires des manquements
à l’obligation de subordination hiérarchique.
943- A l’issue des échanges, il a été recommandé la reprise en main des
personnels pénitentiaires par les délégués régionaux de l’administration
pénitentiaire et des sanctions appropriées pour les auteurs ou complices
d’évasion de détenus ainsi que le renforcement de la formation desdits
personnels avec un accent particulier sur les règles morales et déontolo-
giques.
2) Le contrôle et l’évaluation des services pénitentiaires
944- Pour veiller à ce que les établissements pénitentiaires soient adminis-
trés conformément aux instruments normatifs et que les droits des détenus
soient protégés, l’Inspection Générale de l’Administration Pénitentiaire (IGA-
PEN) du MINJUSTICE a effectué des contrôles sur pièces et sur place.
945- Sur pièces, elle a poursuivi l’exploitation des états et rapports trans-
mis par les Délégués régionaux de l’administration pénitentiaire. Ces do-
cuments ont été analysés et synthétisés afin de permettre au Ministre de
la Justice, d’avoir une vue sur la qualité du fonctionnement et le rendement
des services pénitentiaires. Sur place, l’IGAPEN a notamment contrôlé la
Prison Centrale de Ngaoundéré ainsi que les prisons principales de Foum-
ban et de Batouri.
946- Dans le cadre de la lutte contre la corruption, l’IGAPEN, les Délé-
gués régionaux de l’administration pénitentiaire et les régisseurs des pri-
sons ont sensibilisé les personnels lors des missions de contrôle, les déte-
nus et les visiteurs sur la gratuité du service public et les méfaits de la cor-
ruption. Par ailleurs, l’IGAPEN a reçu et traité plusieurs requêtes dirigées
contre des personnels.

295
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

3) La répression des manquements commis par des personnels


pénitentiaires
947- Sur le plan disciplinaire, des sanctions ont été prononcées contre
des personnels pénitentiaires, à savoir la cessation temporaire de service
(21), la suspension de fonction (5), l’avertissement écrit (4), le blâme avec
inscription au dossier (24), l’exclusion temporaire (17), le retard à l’avan-
cement (1) et la révocation (8).
948- Pour ce qui est des procédures judiciaires, 7 personnels péniten-
tiaires étaient en détention. C’était le cas du Gardien-Major des Prisons
E.N., en service à la prison centrale de Bertoua. Un juge d’instruction du
Tribunal de Grande Instance du Lom-et-Djerem l’a inculpé pour compli-
cité d’assassinat et l’a placé sous mandat de détention provisoire le 29
juillet 2021.
§2 : Le développement des ressources matérielles et infrastruc-
turelles
949- En vue de l’extension de la carte pénitentiaire, une étude stratégique
a été réalisée (A). Par ailleurs, des services pénitentiaires ont été
construits ou rénovés (B).
A : La réalisation d’études stratégiques en vue de l’extension de
la carte pénitentiaire
950- Une équipe de la Division des Etudes et de la Prospective du
MINJUSTICE a, en novembre 2021, procédé à des études stratégiques
en vue de l’extension de la carte pénitentiaire pour l’arrimer à la carte
administrative. Au cours des descentes dans les régions du Centre, du
Littoral et de l’Ouest, des sites susceptibles d’abriter de nouvelles prisons
ont été identifiés dans les localités de Pouma, de Tonga, d’Obala et de
Mbandjock.
B : Les constructions et rénovation des services pénitentiaires
951- Les travaux de rénovation et d’extension de la prison principale de
Djoum ont été achevés.

296
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

952- Une difficulté majeure était celle de l’insuffisance de ressources bud-


gétaires nécessaires à la rénovation des prisons ayant des infrastructures
en état de délabrement. Il en était ainsi des Prisons Principales de Tibati
et d’Abong-Mbang dont les murs d’enceinte menaçaient ruine. Par ailleurs,
les terrains abritant certaines prisons n’étaient pas toujours sécurisés avec
des titres fonciers. Des cas d’empiètement ont été enregistrés.
SECTION 3 : LE RENFORCEMENT DE LA QUALITE DU TRAITEMENT
DES DETENUS
953- En sus de la couverture alimentaire (§1) et de la couverture médi-
cale (§2), les mesures d’hygiène, d’assainissement et l’approvisionnement
en électricité (§3), les activités socioculturelles et l’assistance sociale (§4)
ainsi que les activités préparatoires à la réinsertion sociale (§5) ont par-
ticipé à améliorer le traitement des détenus.
§1 : La couverture alimentaire
954- Afin de permettre aux détenus de recevoir aux heures habituelles
une alimentation de bonne qualité ayant une valeur nutritive suffisant au
maintien de leur santé et de leurs forces, un budget de 5 015 000 000
FCFA293 ( contre 5 015 891 000294 FCFA en 2020 ) a été alloué, soit
un taux moyen de ration alimentaire journalière de 531 FCFA295par jour
et par détenu en 2021, contre 512 FCFA296 en 2020 et 2019 et 400,13
FCFA297 en 2018.
955- Les repas, en moyenne 2 à 3 par jour, étaient essentiellement consti-
tués d’huile de palme, d’arachide, de viande, poisson frais et secs, maïs,
haricot, soja, mil, manioc, riz, légumes, tomate, gombo, sorgho… Les en-
fants et les malades avaient en général un repas de plus. Pour réduire les
coûts liés à la cuisson, plusieurs prisons disposaient de foyers améliorés.
Dans la même veine, la prison centrale de Maroua disposait du biogaz.

293
Soit 7 656 488, 55 euros.
294
Soit 7 657 848, 85 euros.
295
Soit 0, 81 euro.
296
Soit 0, 78 euro.
297
Soit 0, 61 euro.

297
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

§2 : La couverture sanitaire des détenus


956- En raison du contexte sanitaire, le bilan de la riposte à la Covid-19
a été fait (A). A l’observation, la couverture sanitaire présentait une situation
générale (B) et des situations spécifiques (C).
A : Le bilan de la riposte contre la Covid-19
957- Au cours du Conseil de Cabinet du 25 mars 2021 consacré à l’éva-
luation de la situation de la Covid-19 au Cameroun, le Ministre de la Jus-
tice a fait le bilan de la riposte dans les prisons depuis le début de la pan-
démie. Il s’est tout d’abord félicité de la qualité de la collaboration entre
les responsables des structures pénitentiaires et ceux du MINSANTE dans
la prise en charge adéquate des malades ; toute chose qui a permis de
ne déplorer que 2 décès, survenus pendant l’évacuation vers les centres
spécialisés de traitement prévus à cet effet.
958- Il a ensuite relevé que la recrudescence des contaminations, dont
le pic a été observé en janvier 2021, avait parfois mis en difficulté des
structures locales du MINSANTE, notamment celles de l’Extrême-Nord,
du Centre, de l’Est, du Littoral et de l’Ouest, lesquelles, débordées, pei-
naient à fournir suffisamment de kits de dépistage et les médicaments. Sug-
gestion a été faite de mettre à la disposition des infirmeries des 10 prisons
centrales des médicaments en quantité suffisante pour le traitement des
détenus et des personnels malades ainsi que des kits de dépistage, masques
de protection, gels hydro-alcooliques, thermo-flashs, pulvérisateurs de subs-
tances de désinfection des locaux et équipements de protection individuelle
pour le personnel médical (combinaisons, gants, bottes, lunettes…).
959- Sur le plan logistique, le Centre Médical Pénitentiaire de Yaoundé
a été agréé par le MINSANTE comme centre de dépistage et de vacci-
nation contre la Covid-19. Ouverte au public, cette formation sanitaire a
continué à se déployer, participant à désengorger les autres centres agréés.
960- Pour ce qui est particulièrement de la période sous revue, la situa-
tion se présentait comme suit :

298
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

Tableau n° 7 : Bilan de la riposte à la Covid-19 en 2021.

Source : MINJUSTICE
B : La situation générale de la couverture sanitaire des détenus
961- La dotation budgétaire allouée à la couverture sanitaire s’élevait à
1 050 000 000 FCFA298 contre 1 015 000 000 FCFA299 en 2020, soit
25 875 FCFA300 par an et par détenu. De 150 640 000 FCFA301 en 2017.
Cette allocation demeurait insuffisante.
962- Par ailleurs, la plupart des prisons disposait d’une infirmerie chargée
d’évaluer, de promouvoir, de protéger et d’améliorer la santé physique et
mentale des détenus. Certaines prisons, comme la prison principale
d’Eséka et la prison secondaire de Sa’a, n’en disposaient pas. Ces infirmeries
étaient dotées de personnels médicaux, parfois en nombre insuffisant.
298
Soit 1 603 053, 43 euros.
299
Soit 1 549 618, 32 euros.
300
Soit 39, 50 euros.
301
Soit 229 984, 73 euros.

299
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

963- En outre, le plateau technique de bon nombre d’infirmeries nécessi-


tait d’être relevé. Dans ce registre, le plateau technique du Centre médical
pénitentiaire de Yaoundé a été relevé avec l’acquisition d’appareils
d’échographie, d’un électrocardiogramme, de radiographie numérique
964- Les personnels médico-sanitaires étaient au nombre de 245. Les ra-
tios étaient d’un médecin pour 1329 détenus ; un infirmier pour 485 dé-
tenus ; un aide-soignant pour 248 détenus ; et un technicien assistant de
laboratoire pour 926 détenus. Ces ratios traduisaient les besoins de ren-
forcement des capacités humaines de cette catégorie de personnel.
965- Toutes les prisons centrales disposaient d’au moins un médecin. A
titre d’exemple, la prison centrale de Yaoundé avait 3 médecins et 14 in-
firmiers. Certaines prisons principales, à l’instar de la prison principale de
Mbalmayo, disposaient de médecins. La relation entre le médecin ou les
autres professionnels de la santé et les détenus était soumise aux mêmes
normes déontologiques et professionnelles que celles qui s’appliquent aux
patients au sein de la société.
966- Enfin, les cas de maladies graves étaient référés vers les hôpitaux.
Le nombre de malades ainsi référés était en hausse. L’on a dénombré 240
hospitalisations externes contre 180 en 2020 et 2 193 consultations ex-
ternes contre 1 617 en 2020.
C : Les situations spécifiques
967- Il s’agissait des maladies transmissibles récurrentes, des maladies
non transmissibles récurrentes et des décès.
1) Les maladies transmissibles récurrentes
968- Les maladies transmissibles les plus récurrentes étaient les infections
cutanées avec 12 069 malades pour un taux de prévalence de 56,31% ;
la tuberculose avec 883 malades pour un taux de prévalence de 4,12%
et le VIH/SIDA avec 728 malades pour un taux de prévalence de 3,58%.
969- Dans le cadre de la lutte contre le VIH/SIDA, avec l’appui du Co-
mité National de Lutte contre le Sida, l’administration pénitentiaire a conti-
nué à assurer le suivi des détenus infectés, à travers la mise en place d’uni-
tés de prise en charge de cette pandémie dans les prisons. Dans le même

300
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

ordre d’idée, le Fonds Mondial de la Santé, par le biais de la GIZ, a en-


trepris de relancer ses activités (sensibilisation, campagne de dépistage
et recherche active des cas de pathologie, et prise en charge des déte-
nus et personnels) et ce, en synergie avec les délégations régionales de
l’administration pénitentiaire. A cet effet, des séminaires regroupant les Dé-
légués régionaux, les chefs de service régionaux de la santé pénitentiaire
et d’autres personnels pénitentiaires, ont été organisés.
970- Au total, 5 730 détenus ont été sensibilisés sur le VIH/SIDA, et 10 157
cas de dépistage au VIH/SIDA ont été effectués au moment de l’incarcé-
ration, pour 364 cas positifs, soit un taux de prévalence à l’incarcération
de 3,58%. Le Centre Médical Pénitentiaire de Yaoundé suivait 321 cas dans
les prisons de la région du Centre, où 160 causeries éducatives sur cette
pandémie ont été menées.
2) Les maladies non transmissibles récurrentes
971- Par ordre croissant de cas et de taux de morbidité, les maladies non
transmissibles les plus fréquentes étaient le paludisme (12 069 cas, soit
56,31%), les affections respiratoires (10 356 cas, soit 48,32%), les affec-
tions cutanées (9 517 cas, soit 44,40%), la diarrhée (3 168 cas,
soit14,78% ), la carie dentaire (2 762 cas, soit 12,89%), les blessures et
plaies (2 483 cas, soit 11,59%), les troubles oculaires (1 007 cas, soit 4,7%
), les traumatismes osseux (645 cas, soit 3,01%), l’hypertension artérielle
(459 cas, soit 2,14% ), les hernies (407 cas, soit 1,9% ) et le diabète (107
cas, soit 0,5% ).
3) Les décès
972- L’on a enregistré 118 décès de détenus (98 en 2020 et 170 en
2019), soit un taux de mortalité de 0,38 %. La plupart des décès étaient
causés par le VIH/SIDA, la tuberculose et le paludisme. Des cas de dé-
cès des suites de méningite (prison secondaire de Mantoun), cirrhose de
foie (prison principale d’Abong-Mbang), d’anémie et déshydratations sé-
vères (prisons principales de Meiganga et de Tignère), de Covid-19 (pri-
son principale de Bafang) et d’hernie étranglée (prison principale de
Mbanga), ont également été signalés.

301
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

§3 : Les mesures d’hygiène, d’assainissement et d’approvi-


sionnement en électricité
973- La majorité des prisons était alimentée en eau potable, fournie par
la société CAMWATER ou provenant de forages. Des points d’eau et toi-
lettes étaient aménagés. Plusieurs prisons disposaient d’un système
d’évacuation des eaux usées.
974- S’agissant d’électricité, la majorité des établissements pénitentiaires
étaient connectées aux sources d’énergie hydroélectrique. Pour parer aux
coupures d’énergie électrique, toutes les prisons centrales ainsi que cer-
taines prisons secondaires étaient dotées de groupes électrogènes.
§4 : Les activités socioculturelles et l’assistance sociale
975- Une partie de l’emploi du temps des détenus était consacrée à la
pratique des activités physiques, récréatives, culturelles et religieuses. Sous
l’encadrement de personnels pénitentiaires, les types d’activités les plus
récurrentes étaient le sport (football, handball, basketball, tennis de table,
footing…), la danse, le théâtre et les jeux de société (ludo, jeu de dame,
scrabble et le songho, …).
976- Sous la conduite d’autres détenus et parfois des membres du clergé,
les religions les plus pratiquées étaient le christianisme et l’islam. Certaines
prisons disposaient de lieux aménagés à cet effet. Pour ce qui est de l’as-
sistance sociale, plusieurs prisons disposaient de services d’action sociale,
animés par des travailleurs sociaux.
§5 : Les actions préparatoires à la réinsertion sociale
977- La période de privation de liberté était mise à profit pour faciliter
la réinsertion des détenus dans la société après leur libération, afin qu’ils
puissent vivre dans le respect de la loi et subvenir à leurs besoins. A cet
effet, des enfants étaient scolarisés (A), des formations professionnelles dis-
pensées et des activités de productions menées (B).
A : La scolarisation des enfants détenus
978- Bien qu’il n’existe pas de système de scolarisation formel dans les
prisons, des dispositions, en termes de locaux, d’enseignants ou encore

302
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

de matériels, étaient prises dans certaines prisons pour permettre aux en-
fants de suivre des cours. Certains d’entre eux ont d’ailleurs été présen-
tés aux examens officiels organisés par le ministère de l’Education de Base,
le ministère des Enseignements Secondaires, l’Office du baccalauréat et
le GCE Board.
979- En termes de résultat, 12 détenus ont été admis au Baccalauréat,
12 au GCE A/L, 24 au Probatoire, 18 au GCE O/L, 26 au BEPC, 71 au
CEP et 19 au First School Leaving Certificate (FLSC) ; soit 182 admissions
au total (contre 23 en 2020, 9 en 2019 et 10 en 2018). A titre
d’illustration, avec 204 élèves scolarisés, tous des garçons, la région du
Centre présentait un taux de réussite de 40%, dont un admis au CEP, un
admis au Probatoire et 3 admis au Baccalauréat. Avec 38 élèves, la
prison Central de Maroua présentait un taux de réussite de 100% (à
savoir, 2 élèves présentés et admis au CEP). Comptant 26 élèves, la
prison Central de Bamenda présentait aussi un taux de réussite de 100%
(5 admissions au FLSC)
980- Sous la supervision des régisseurs des prisons, les élèves étaient en-
cadrés en général par des bénévoles, à savoir d’autres détenus et des per-
sonnels pénitentiaires. En plus des bénévoles, la prison centrale de Bamenda
disposait d’enseignants affectés par le Ministère de l’Education de
Base.
981- Une expérience assez particulière était en cours à la prison princi-
pale de Nkongsamba, qui comptait des enfants scolarisés dans des éta-
blissements de la localité. Sous escorte, les enfants concernés allaient à
l’école en matinée et rejoignaient la prison à la fin des cours.
B : La formation professionnelle et les activités de production
982- Des détenus ont bénéficié de formations professionnelles, sanctionnées
par des attestations de formation, notamment en électricité, mécanique au-
tomobile, informatique, cordonnerie, et agriculture. Ainsi, à la prison prin-
cipale de Nkongsamba, 16 détenus ont été formés en techniques agricoles
modernes. De plus, 26 autres étaient en cours de formation.
983- Dans le même sillage, le complexe agro-pastoral de la Prison de Up-
per-Farm de Buea était en activité. Il était composé de 25 hectares de

303
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

champs de maïs, un champ de haricot, un champ de haricot vert, un champ


de légumes verts, un champ de choux. Par ailleurs, 5 porcelets étaient en
cours d’engraissement, 300 poulets étaient en cours de production et 4
truies avaient été acquises.
984- Malgré les besoins en intrants, des détenus pratiquaient de manière
informelle l’artisanat, l’élevage, l’agriculture, la bijouterie, la couture, l’in-
formatique et la cordonnerie, entre autres.
SECTION 4 : LES CONTROLES ET VISITES DES PRISONS
985- Les prisons ont fait l’objet de contrôles (§1) et de visites (§2) effectués
par des acteurs institutionnels et non institutionnels.
§1 : Les contrôles des prisons
986- Outre les contrôles administratifs sus-évoqués de l’IGAPEN, des contrôles
ont été effectués par des autorités judiciaires. A une fréquence en général
trimestrielle, des magistrats des parquets d’instance et parfois même des par-
quets généraux ont effectué des contrôles de prison. Certains parquets ont
effectué des contrôles à une fréquence plus élevée. Ainsi, le Parquet près
les tribunaux de première et de grande instance de Bafoussam et de la Mifi
a effectué 7 contrôles à la prison centrale de Bafoussam.
987- Il s’agissait de contrôles aussi bien physiques par l’appel des détenus,
que documentaires par l’examen des dossiers pénitentiaires. Ces contrôles
étaient sanctionnés par des rapports ayant consigné les constatations faites.
Les cas de violations des Droits de l’Homme ont été rapportés et ont sus-
cité des mesures subséquentes.
988- Par ailleurs, des contrôles sur pièces ont été effectués sur la base des
états communiqués au Ministère Public.
§2 : Les visites des prisons
989- Des visites ont été effectuées par la Direction des Droits de
l’Homme et de la Coopération Internationale (DDHCI) du MINJUSTICE
(C), par la Commission des Droits de l’Homme du Cameroun-CDHC (B)
et par des Organisations de la Société Civile-OSC (A).

304
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

A : Les visites des OSC


990- Plusieurs OSC ont effectué des visites dans les prisons. Il s’agissait
pour la plupart d’associations religieuses, caritatives, culturelles ou spor-
tives. A l’occasion de ces visites, des dons étaient offerts aux détenus, des
activités culturelles et sportives étaient organisées, des formations étaient
initiées…
991- A titre d’illustration, le 28 décembre 2021, l’Association Camerounaise
pour la Vulgarisation des Droits de l’Homme (ACAVDH) a visité la prison
principale d’Ambam. Outre des dons en nature aux détenus, l’ACAVDH
s’est, en faveur de 17 détenus, acquittée des condamnations pécuniaires
au profit de l’Etat. Le 12 août 2021, au cours d’une visite à la prison prin-
cipale de Mfou, la Fondation PUENE a formé 100 détenus en leadership,
en teinture ainsi qu’en réarmement moral. En faveur de 15 détenus, elle
s’est aussi acquittée des condamnations pécuniaires au profit de l’Etat.
B : Les visites de la CDHC
992- La CDHC a effectué des visites dans 21 prisons des régions de l’Est,
de l’Extrême-Nord, du Centre, du Nord, du Sud, de l’Ouest, du Littoral, du
Sud-Ouest et du Sud. Entre juillet et décembre 2021, elle a ainsi visité les
prisons centrales de Yaoundé, New-Bell, Bafoussam, Maroua, Garoua, Ebo-
lowa, Bertoua et Buea ; les prisons principales d’Akonolinga, de Mfou, Yaoundé,
Nanga-Eboko, Edéa, Foumbot, Kumba, Mokolo, Guider et Kribi ; et la pri-
son secondaire de Bengbis.
C : Les visites de la DDHCI
993- En vue de la collecte des données nécessaires à la rédaction du pré-
sent Rapport, des personnels de la DDHCI se sont rendus dans les régions
de l’Extrême-Nord, du Nord, de l’Adamaoua, de l’Est, du Centre, du Lit-
toral, de l’Ouest, du Sud et du Sud-Ouest. Y étant, ils ont procédé à des
visites des prisons centrales et de plusieurs prisons principales. Au cours
de ces visites, des cas enregistrés de violation des Droits de l’Homme ont
été signalés aux autorités compétentes et ce, pour susciter des mesures ap-
propriées.

305
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

*
* *
994- En somme, outre les visites et contrôles administratifs et judiciaires,
diverses initiatives ont permis de poursuivre le développement des ressources
pénitentiaires et le renforcement de la qualité du traitement des détenus.
L’insuffisance des allocations budgétaires à l’administration pénitentiaire
est restée le principal défi à côté de ceux liés à l’encadrement approprié
des détenus mineurs, au délabrement de certaines prisons, au besoin d’in-
formatisation des greffes des prisons, ainsi qu’à l’absence de service des
affaires sociales et de travailleurs sociaux dans un bon nombre de prisons.

306
CHAPITRE 4
LA PROMOTION ET LA
PROTECTION DES
PERSONNES SOCIALEMENT
VULNERABLES

CHAPITRE 4 : LA PROMOTION ET LA PROTECTION DES


PERSONNES SOCIALEMENT VULNERABLES
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

995- Malgré l’impact de la pandémie de la Covid-19 sur la promotion


et la protection des droits des personnes socialement vulnérables, l’année
2021 a été marquée par le renforcement du cadre juridique pour la pro-
tection des personnes vivant avec un handicap et des personnes âgées,
ainsi que par l’amélioration des droits civils, socio-économiques et cultu-
rels des enfants, des peuples autochtones et des personnes âgées, pour
garantir la pleine jouissance de ces droits.
SECTION I : LA PROMOTION ET LA PROTECTION DES DROITS
DES ENFANTS
996- La promotion et la protection des droits des enfants ont porté sur l’amé-
lioration de leurs droits civils et l’adoption des mesures de protection.
§1 : La promotion des droits des enfants
997- La garantie de l’accès à la citoyenneté et la participation des enfants
à la prise de décisions font partie des mesures prises en 2021 s’agissant
des droits.
A : Le droit à la citoyenneté
998- Le MINJEC, en collaboration avec le BUNEC et le MINJUSTICE,
a établi 3 300 actes de naissance pour les élèves en classes d’examen
ou les enfants d’âge scolaire dans les 11 arrondissements du département
du Mayo-Danay dans la région de l’Extrême-Nord. De même, 143 actes
de naissance ont été remis aux candidats à l’examen du CEP de la ses-
sion 2021 inscrits dans 14 écoles primaires publiques à Ngaoundéré par
l’ONG Help for All en janvier 2021.
999- En outre, la première phase du Programme d’Appui à la Modernisation
de l’Etat Civil (PAMEC), financée par la GIZ, s’est achevée en juin 2021
avec à son actif 11 000 officiers d’état civil formés. La deuxième phase lan-
cée par le MINAT a démarré le 30 septembre 2021. Ce programme vise
à garantir la mise en œuvre d’un système inclusif et fiable d’enregistrement
des actes d’état civil et des statistiques démographiques.
1000- Par ailleurs, les tribunaux302 dans la région du Nord ont délivré
6 481 jugements supplétifs en vue de l’établissement d’actes de naissance
pour des enfants.
302
TGI de la Benoué, TPI de Garoua, tribunaux de Guider, Tcholliré et Poli.

309
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

B : L’implication des acteurs


1001- Au cours de la 22ème session du Parlement des enfants tenue le 26
juin 2021, les échanges ont principalement porté sur la violence contre
les enfants, en droite ligne avec le thème de la 31ième édition de la Jour-
née de l’Enfant Africain, « Protéger chaque enfant contre la violence, l’ex-
ploitation, les négligences et les abus : une priorité pour le Gouvernement
camerounais ».La session parlementaire de 2021, contrairement aux an-
nées précédentes, s’est tenue dans un format hybride en raison de la pan-
démie de la covid-19. Ainsi, les 30 députés juniors de la région du Cen-
tre ont physiquement pris part à la session, tandis que les 150 députés
des 9 autres régions y ont participé par visioconférence.
1002- Les recommandations visant à améliorer la protection des enfants
contre la violence qui ont découlé de la session comprenaient une sen-
sibilisation accrue au respect des droits des enfants, la dénonciation de
toutes les formes de violence contre les enfants aux autorités compétentes
et la création des cadres pour la prise en charge des enfants victimes de
diverses formes d’abus.
§2 : Les mesures de protection
1003- Le Gouvernement a pris des mesures pour protéger les enfants
contre la violence et l’exploitation ainsi que, dans le système judiciaire,
garantir une protection de remplacement en cas de nécessité, endiguer
le phénomène des enfants de la rue et identifier les enfants associés aux
groupes armés.
A : La protection des enfants contre la violence et en situation
d’exploitation
1004- Dans l’optique de renforcer les capacités des points focaux sur la
protection des enfants dans les différents ministères et le secteur privé en
matière de prévention et de lutte contre la violence, les abus et l’exploi-
tation à l’égard des enfants, un atelier a été organisé par le MINAS du13
au 15 juillet 2021 à Mbalmayo. Les participants à cet atelier ont re-
commandé que les acteurs de l’éducation mettent pleinement en œuvre
l’article 35 de la Loi n° 98/004 du 14 avril 1998 d’orientation de l’édu-
cation au Cameroun, qui interdit les sévices corporels.

310
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

1005- Afin de réduire le travail des enfants, le MINMIDT, dans sa


Décision n° 00465/D/MINMIDT/SG/DAJ du 30 août 2021, a interdit
l’accès des enfants mineurs aux sites miniers sur toute l’étendue du
territoire national, de même que toute forme de travail des enfants à
l’intérieur de ces sites. Cette décision dispose en outre que toute forme de
travail à l’intérieur desdits sites impliquant les enfants en deçà de l’âge
de la scolarité obligatoire tel que prévu par la réglementation en vigueur
est également interdite.
1006- Dans le même sillage, le 21 septembre 2021, la Société Natio-
nale des Mines (SONAMINES) a lancé une compagne de sensibilisation
contre le travail des enfants dans les sites miniers dans la localité de Kam-
bele, dans la région de l’Est. Dans le but d’encourager les enfants à res-
ter loin de ces sites et à reprendre le chemin de l’école, la SONAMINES
a offert des outils didactiques aux écoles, des prix aux meilleurs élèves
et une assistance à la scolarité de 153 élèves de la localité.
B : La protection des enfants dans l’administration de la justice
1007- Dans le but de renforcer les capacités des acteurs du système ju-
diciaire qui traitent des affaires impliquant des enfants en contact avec la
loi, des ateliers ont été organisés comme dans les années précédentes.
1008- Dans cette perspective, le MINJUSTICE en collaboration avec l’UNI-
CEF a organisé 4 ateliers dans les 4 départements de la région de l’Est,
dans le but d’améliorer la protection des enfants en contact avec la loi.
Y ont pris part des magistrats, des éléments des forces de défense et de
sécurité, des personnels de l’administration pénitentiaire, des travailleurs
sociaux et des membres d’organisations de la société civile. Ces ateliers
se sont tenus à Bertoua du 21 au 24 septembre 2021, à Abong-Mbang
les 23 et 24 septembre 2021, à Batouri les 4 et 5 novembre 2021 et à
Yokadouma les 7 et 8 novembre 2021, respectivement.
1009- Les auteurs de crimes violents contre les enfants ont également été
poursuivis et punis notamment pour homicide involontaire, outrage à la
pudeur en présence d’une personne mineure de 16 ans, blessures graves,
coups mortels, enlèvement, trafic et traite des personnes.

311
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

1010- D’après les statistiques des tribunaux, environ 560 mineurs ont été
victimes des crimes violents susmentionnés, parmi lesquels 223 garçons
et 337 filles. Les auteurs de ces crimes ont été poursuivis.
1011- Concernant le trafic et la traite des personnes par exemple, le Tri-
bunal de Grande Instance du Haut-Nyong dans la région de l’Est, dans
son jugement n°114/CRIM du 6 octobre 2021, a condamné une jeune
femme et son petit ami à 5 ans d’emprisonnement ferme chacun pour tra-
fic de 4 jeunes filles autochtones (pygmées) de Bafia à Bouraka (Dé-
partement du Mbam et Inoubou) dans la région du Centre.
1012- A titre d’exemple, par jugement n°. 3120/COR du 30 novem-
bre 2021, le Tribunal de Première Instance de Garoua a condamné un
homme pour enlèvement et viol au préjudice d’une jeune fille de 17 ans.
Le mis en cause a par ailleurs été condamné à 5 ans d’emprisonnement
ferme. En outre, le Tribunal de Grande Instance de la Bénoué, par jugement
n° 84/CRIM du 21 avril 2021, a condamné 2 accusés à 60 mois d’em-
prisonnement ferme chacun pour enlèvement et outrage à la pudeur en
présence d’une personne mineure de16 ans.
C : La protection de remplacement
1013- Les tribunaux ont continué de tenir compte de l’intérêt supérieur de
l’enfant, conformément à l’article 3(1) de la Convention des Nations Unies
relative aux droits de l’enfant (CDE) et l’article 4 de la Charte africaine
des droits et du bien-être de l’enfant, pour les demandes d’adoption et
de mise sous tutelle.
1014- Selon les statistiques des tribunaux, 204 demandes d’adoption
initiées par des nationaux et 213 par des étrangers ont prospéré. Il en
est de même de 321 demandes de mise sous tutelle formées par des na-
tionaux et 23 par des étrangers.
1015- A titre d’illustration, le Tribunal de Première Instance de Bertoua,
par jugement n°190/TPD du 9 juillet 2021, a fait droit à une demande
d’adoption d’un garçon de 10 ans qui était maltraité par sa tante en dé-
clarant que l’adoption garantirait à ce dernier une meilleure prise en charge
et serait la base idéale pour son développement, conformément à la CDE.
De même, par jugement n° 541/CIV du 24 mai 2021, le Tribunal de

312
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

Grande Instance du Wouri a estimé que l’intérêt supérieur de l’enfant de


17 ans dont l’adoption était sollicitée , qui n’avait pas été reconnu par
son père à sa naissance, était garanti par l’adoptant qui serait en mesure
de lui offrir de meilleures perspectives d’avenir sur les plans social, fami-
lial et scolaire.
1016- De plus, suivant jugement n° 708/CIV du 5 juillet 2021, en ac-
cordant à un couple le statut de tuteur légal d’un enfant, le TGI du Wouri
a déclaré que la demande était introduite pour le bien-être de l’enfant et
que le choix d’un tuteur effectué par les parents visait l’intérêt supérieur
de l’enfant.
1017- Au terme du troisième trimestre de 2021, les statistiques du MINAS
indiquaient l’existence de 447 pupilles de la nation (220 garçons et 227 filles),
la plupart étant des ressortissants des régions de l’Est, du Centre, du Nord-
Ouest et du Sud-Ouest. Sur la même période, l’on comptait 1 374 pupilles
de l’Etat (731 garçons et 643 filles) sur le territoire national, la majorité se
trouvant dans la région de l’Est avec 1 195, suivi du Centre avec 119.
1018- Au 31 août 2021, 291 délinquants mineurs ont été placés sous
le contrôle des délégués à la probation sur toute l’étendue du territoire,
dont 259 garçons et 32 filles303. La majorité de ces délinquants mineurs
étaient des ressortissants des régions du Sud-ouest, de l’Extrême-Nord et
du Littoral.
1019- Pendant la même période également, les placements administratifs
et judiciaires des enfants dans des institutions de rééducation ont été
entrepris. 65 placements administratifs ont été effectués, parmi lesquels
59 garçons et 6 filles, dont 34 garçons de la région de l’Est. Quant aux
placements judiciaires, 153 enfants (134 garçons et 19 filles) ont été
placés dans des centres de rééducation, avec 43 garçons et 1 fille pour
la région du Littoral.
D : La lutte contre le phénomène des enfants de la rue
1020- La lutte contre le phénomène des enfants de la rue est restée la préoc-
cupation du Gouvernement. Sur les 201 enfants qui ont été retirés de la
rue, 162 ont été envoyés dans des centres d’écoute et de transit et 39 ont
été placés à l’Institution Camerounaise de l’Enfance de Bétamba.
303
Bulletin d’informations statistiques et sociales publié par le MINAS le 25 octobre 2021.

313
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

1021- Par ailleurs, à la fin du 3ème trimestre de l’année 2021, 1 312 en-
fants de la rue (918 garçons et 394 filles) ont été identifiés. Parmi ces en-
fants, 436 (337 garçons et 99 filles) ont été retournés à leurs familles et
182 placés dans des institutions publiques et privées. Au total, 113 (107
garçons et 6 filles) ont été placés dans des institutions publiques et 69 (41
garçons et 28 filles) dans des institutions privées.
E : L’identification des enfants associés aux groupes armés
1022- En 2021, les enfants ont continué à être des victimes associées
aux groupes armés. A la fin du mois d’août 2021, 1 272 enfants ont été
identifiés comme étant associés aux groupes armés, notamment 1 190
garçons et 82 filles. La région du Sud-Ouest occupait la première position
avec 965 enfants (956 garçons et 9 filles), suivie de la région du Nord-
Ouest avec 238 enfants (186 garçons et 52 filles) et du Littoral avec 25
enfants (16 garçons et 9 filles).
1023- Au 31 décembre 2021, le Comité National de Désarmement, de
Démobilisation et de Réintégration (CNDDR) avait dans ses centres 535
enfants ex-combattants (22 à Buea, 39 à Bamenda et 474 à Mora).
SECTION 2 : LA PROMOTION ET LA PROTECTION DES DROITS
DES PERSONNES VIVANT AVEC UN HANDICAP
1024- La cadre juridique pour la promotion et la protection des
personnes vivant avec un handicap a été renforcé en 2021. Des activités
visant à améliorer leurs droits socio-économiques et culturels ont aussi
été entreprises.
§1 : Le cadre juridique
1025- Afin de mettre en œuvre efficacement la politique nationale de pro-
tection sociale, la Convention des Nations Unies relative aux droits des
personnes handicapées et le Protocole à la Charte africaine des Droits
de l’Homme et des Peuples relatif aux droits des personnes handicapées
en Afrique, ont été ratifiés respectivement par Décrets n° 2021/751 et
n° 2021/753 du 28 décembre 2021.

314
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

§2 : La réinsertion des personnes vivant avec un handicap


1026- Le Centre National de Réhabilitation des Handicapés Cardinal Paul
Emile Leger et le MINPMEESA ont signé un accord de partenariat le 16
février 2021 en présence du MINAS. Selon les termes de cet accord, le
MINPMEESA mettra désormais les pensionnaires dudit Centre en contact
avec les partenaires techniques et financiers qui pourront mobiliser des
fonds pour la réalisation des projets.
1027- De plus, 1185 personnes vivant avec un handicap (647 hommes
et 538 femmes) promoteurs d’entreprises ont bénéficié de conseils, de suivi
et d’évaluation du Gouvernement à la fin du 3ème trimestre de l’année 2021.
Près de 1855 personnes handicapées ont également reçu un soutien en
nature et en espèces pendant la même période pour mener des activités
génératrices de revenus.
§3 : Le droit à une éducation inclusive
1028- En 2021, le Gouvernement a entrepris une campagne de sensi-
bilisation sur l’éducation inclusive. Ainsi, du 19 au 22 avril 2021, le
MINAS, le MINESEC et le MINEDUB, en collaboration avec la Came-
roon Baptist Convention Health Services (CBCHS), ont organisé la cam-
pagne annuelle « Tirer la sonnette » sous le thème « Ne délaisser aucun
enfant handicapé en matière d’éducation ». Cette campagne virtuelle de
3 jours avait pour but de sensibiliser et encourager l’action gouvernementale
visant la promotion de l’éducation des enfants vivant avec un handicap.
1029- Par ailleurs, le MINESEC a publié la Circulaire n° 19/21/LC/MI-
NESEC/IGE/IP-OVS/SVS du 16 novembre 2021 rappelant et complétant
certaines dispositions relatives à la prise en compte de l’approche handi-
cap et vulnérable dans les établissements publics d’enseignement secondaire
général, technique, professionnel et normal au Cameroun. Le Gouvernement
a également facilité l’accès des élèves vivant avec un handicap ou nés de
parents vivant avec un handicap dans des universités d’Etat et des écoles
publiques d’enseignement secondaire.
1030- De plus, le 25 février 2021, la CBCHS a fait don d’une salle
facile d’accès, équipée d’ordinateurs portables, à la Baptist High School
de Buea pour les élèves atteints de déficience visuelle. Avant la cérémo-
nie de remise de ces dons, un Protocole d’Entente (PE) a été signé entre

315
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

la CBCHS et la Cameroon General Certificate of Education Board. Ce


PE visait à soutenir les candidats vivant avec un handicap aux examens
du GCE et autres examens de fin d’année.
§4 : Le droit à l’éducation et à la culture
1031- Les droits à l’éducation et à la culture des personnes vivant un han-
dicap, particulièrement les personnes atteintes de déficience visuelle, ont
été renforcés grâce à la ratification par décret n°2021/250 du 27 avril
2021, du Traité de Marrakech visant à faciliter l’accès des aveugles, des
déficients visuels et des personnes ayant d’autres difficultés de lecture des
textes imprimés aux œuvres publiées. Ce traité304 facilite la production et
la diffusion internationale de livres dans des formats spécialement adap-
tés aux personnes aveugles ou atteintes de déficience visuelle.
§5 : L’amélioration de la santé des personnes vivant avec un
handicap
1032- Afin de continuer d’améliorer la santé des personnes vivant avec
un handicapé, le Gouvernement, à travers le MINAS et en partenariat avec
la CBCHS, a lancé le projet « Réhabilitation pour l’Inclusion » le 24 juin
2021, au Centre de ressources de la CBCHS à Yaoundé. Ce projet vise
à améliorer l’accès aux services de réhabilitation de qualité en faveur des
enfants, des jeunes et des adultes vivant avec un handicapés à travers la
formation des physiothérapeutes, des ergothérapeutes et des travailleurs
sociaux spécialisés en réadaptation au Cameroun. La CBCHS entend éta-
blir des partenariats avec les universités d’État, telles que les Universités
de Yaoundé I, Buea et Bamenda, pour former ces spécialistes au cours
des 4 prochaines années.
1033- Par ailleurs, dans le but de combattre la Covid-19 chez les personnes
handicapées, les capacités des acteurs de la chaîne de protection de ces
personnes, particulièrement des travailleurs sociaux, ont été renforcées. Des
kits anti-Covid-19 (51 496 cache-nez et 7 516 désinfectants pour les mains)
ainsi que 6 000 sceaux et du savon pour prévenir cette pandémie ont éga-
lement été remis aux organisations des personnes handicapées.

304
Le Traité inclut 2 éléments majeurs : les possibilités pour les personnes ayant des difficultés à lire
des textes imprimés ou pour les institutions qui les encadrent de réaliser des exemplaires d’ou-
vrages en format accessible et de les diffuser, y compris à l’étranger.

316
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

§6 : L’inclusion politique des personnes vivant avec un handicap


1034- En raison de la faible représentation305 des personnes vivant avec
un handicap dans les communes, à l’Assemblée nationale et au Sénat, la
Plateforme nationale des organisations de promotion de l’inclusion des
personnes handicapées du Cameroun a, lors d’une conférence de
presse le 12 août 2021, plaidé en faveur d’une inclusion des personnes
vivant avec un handicap au sein des partis politiques.
1035- Dans le même ordre d’idées, le 6 avril 2021, un nouveau parti po-
litique qui milite pour les droits des personnes handicapées a été créé. Ce
parti politique, l’Alliance démocratique des handicapés et sympathisants
du Cameroun, a pour objectif d’accroître la faible représentation des per-
sonnes handicapées dans la gestion des affaires publiques et de militer
pour l’application des lois qui protègent leurs droits.
SECTION 3 : LA PROMOTION ET LA PROTECTION DES DROITS
DES PERSONNES AGEES
1036- Le cadre juridique de la promotion et de la protection des droits
des personnes âgées a été renforcé et leur accès aux services de santé
amélioré. Les capacités des acteurs ont également été renforcées et des
activités de sensibilisation ont été menées.
§1 : Le cadre juridique
1037- Le Protocole à la Charte africaine des Droits de l’Homme et des
peuples relatif aux droits des personnes âgées en Afrique a été ratifié par
Décret n° 2021/752 du 28 décembre 2021. La ratification de ce Pro-
tocole contribuera à l’amélioration du système de protection sociale des
personnes âgées.
§2 : Le droit à la santé
1038- La célébration de la 31ème édition de la Journée internationale des
personnes âgées le 1eroctobre 2021 sous le thème « L’équité numérique
pour tous les âges » a été l’occasion pour le Gouvernement de procéder
à des dépistages en masse de la Covid-19 sur les personnes âgées et de
vacciner les volontaires. Au Centre d’accueil Bethanie Viacam de Nkol-
305
12 conseillers handicapés sur 360 communes, aucun député et 1 sénateur.

317
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

messeng à Yaoundé, des tests de dépistage de la Covid-19 ont été réa-


lisés sur 18 personnes âgées le 29 mars 2021. Des personnes âgées ont
été reçues pour des consultations ophtalmologiques, dentaires et en phy-
siothérapie, entre autres.
1039- En outre, des tables rondes ont été organisées sur les mauvais trai-
tements infligés aux personnes âgées et le MINAS a offert des présents
à ces personnes vulnérables.
§3 : Renforcement des capacités et sensibilisation
1040- A la fin du 3ème trimestre de l’année 2021, 1 488 travailleurs com-
munautaires (811 hommes et 677 femmes) avaient été formés sur le
soutien psychosocial aux personnes âgées. Au cours de la même période,
16 286 nouvelles personnes âgées (9 401 hommes et 6 885 femmes) ont
été sensibilisées sur le vieillissement actif. Par ailleurs, le MINAS a mené
1 137 campagnes de sensibilisation sur le vieillissement sain et actif au pro-
fit des personnes âgées et 2 973 nouvelles familles ont reçu un appui pour
la prise en charge de leurs personnes âgées pendant la même période.
SECTION 4 : LA PROMOTION ET LA PROTECTION DES DROITS
DES POPULATIONS AUTOCHTONES
1041- Un Plan national de développement des peuples autochtones a été
élaboré et des activités menées en vue de la promotion et de la protec-
tion des droits civils et culturels de ces personnes.
§1 : Le Plan national de développement des populations
autochtones
1042- La 9ème session du Comité intersectoriel de suivi des programmes
et projets impliquant les populations autochtones vulnérables (CISPAV)
s’est tenue le 3 août 2021 à Yaoundé. La session a servi à la présenta-
tion du Plan national de développement des peuples autochtones 2021-
2025, qui vise l’accès de ces populations à tous les services sociaux, la
jouissance de leurs droits fondamentaux et leur participation active au dé-
veloppement du Cameroun à l’horizon 2025. Ce Plan national comporte
10 axes, notamment la promotion de la santé et le bien-être des popu-
lations autochtones, l’éducation et l’accès à l’emploi, ainsi qu’à la formation

318
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

professionnelle des jeunes autochtones, la promotion de l’héritage cul-


turel et du savoir des peuples autochtones et facilitation du développement
des activités économiques au sein des communautés autochtones.
1043- La 27ème édition de la Journée internationale des peuples autochtones
a été célébrée le 9 août 2021 sous le thème « La prise en compte des
populations autochtones dans la planification d’un développement régio-
nal ». Le Gouvernement a saisi cette opportunité pour vulgariser le Plan
national de développement des populations autochtones et a invité les Conseils
régionaux à tenir compte de leurs particularités dans les processus de
développement régional et exhorté les populations autochtones elles-mêmes
à redoubler d’efforts en ce qui concerne leur émergence à l’horizon 2025.
§2 : Les droits civils
1044- L’Association pour le développement social et culturel des Mbo-
roro (MBOSCUDA) s’est lancé dans un projet intitulé « Améliorer l’accès
des Mbororo au registre d’état civil dans la région de l’Adamaoua, au
Cameroun », financé par l’Ambassade des États Unis, et dont le but était
de délivrer 600 actes de naissance aux enfants Mbororo scolarisés. Les
40 agents de terrain chargés de collecter les données ont profité de l’oc-
casion pour sensibiliser la communauté Mbororo sur l’importance d’en-
registrer les naissances et de se faire établir un acte de naissance. Au terme
du projet, 1 207 actes de naissance ont été établis et 15 298 enfants sans
actes de naissance ont été identifiés dans ladite région.
1045- Dans la même perspective, le 26 mai 2021, l’Association OKANI
a publié les résultats du questionnaire communautaire relatif à l’impact de
l’absence de certains documents, tels que la carte nationale d’identité, l’acte
de naissance ou de mariage au sein des communautés autochtones Baka
et Bagyeli dans les régions du Sud et de l’Est du Cameroun. Ces résultats
ont révélé que le faible taux d’établissement de ces documents au sein de
ces groupes a causé une exclusion disproportionnée de la jouissance de
certains droits, notamment le droit à l’éducation, au vote et la liberté de
mouvement.

319
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

§3 : Le dialogue intercommunautaire et les droits culturels


1046- En 2021, il était primordial pour l’Association MBOSCUDA de
favoriser la compréhension interculturelle et le respect mutuel entre les agri-
culteurs Mbororo-Fulani et non-Mbororo dans la région du Nord-Ouest.
Cet objectif a été atteint grâce à l’établissement d’un dialogue intercul-
turel par le biais de 20 associations de jeunes, 20 groupes de femmes
et 47 plateformes de dialogue.
1047- Par ailleurs, des ambassadeurs de la paix ont organisé des cam-
pagnes de sensibilisation communautaire sur les conflits identitaires dans
des communautés cibles dans l’arrondissement de Bamenda III. Au total,
84 personnes (53 Mbororo et 31 non-Mbororo) ont été sensibilisées aux
conflits identitaires, sur la manière d’identifier les conflits identitaires
potentiels et aux mécanismes permettant de les gérer. L’intervention
préventive, l’alerte précoce et les processus de réponse ont également été
présentés aux participants.
*
* *
1048- En 2021, le Gouvernement a accompli des progrès en matière de
promotion et de protection des droits des personnes socialement vulné-
rables, à travers le renforcement du cadre juridique des personnes han-
dicapées et âgées grâce à la ratification d’instruments internationaux et
régionaux relatifs aux droits de l’homme, au renforcement des capacités
des acteurs intervenant dans le traitement des affaires concernant les mi-
neurs dans le système judiciaire et à l’adoption d’un Plan national de dé-
veloppement des populations autochtones.
1049- Toutefois, la protection des enfants contre la violence nécessite d’être
améliorée.

320
CHAPITRE 5
LA PROMOTION ET LA
PROTECTION DES DROITS
DE LA FEMME

CHAPITRE 5 : LA PROMOTION ET LA PROTECTION DES DROITS DE LA


FEMME
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

1050- « Leadership féminin : pour un futur égalitaire dans le monde de


la Covid-19 ». Tel était le thème de la Journée internationale des droits
de la femme en 2021. Ce thème réitérait la nécessité pour les Etats d’ac-
célérer la réalisation des ODD, notamment le 5ème pour : « parvenir à l’éga-
lité des sexes et autonomiser toutes les femmes et les filles ».
1051- Pour faire reculer les inégalités persistantes entre les hommes et les
femmes, le Gouvernement a continué dans son élan de développement,
en prenant des mesures pour l’actualisation des politiques publiques de
promotion des droits des femmes (Section 1) et en impliquant les femmes
à la gestion des affaires publiques (Section 2). De plus, la valorisation des
femmes au sein des familles (Section 3) et la promotion de leurs droits so-
cioéconomiques (Section 4) se sont poursuivis. La lutte contre les violences
faites aux femmes s’est poursuivie (Section 5) et celles-ci se sont également
vu attribuer une place de choix dans la recherche de la paix face aux conflits
qui minent le pays et la Sous-région. (Section 6).
SECTION 1 : L’ACTUALISATION DES POLITIQUES NATIONALES
EN MATIERE DE PROMOTION DES DROITS DE LA
FEMME
1052- Des mesures ont été pris pour l’actualisation de certains documents
de politiques prenant en compte les éléments de contexte et les évolutions
(§1). En outre, les nouvelles options politiques de l’Etat sur les droits de
la femme ont été réaffirmés dans certains instruments (§2).
§1 : Les mesures pour l’actualisation de la Politique Nationale
Genre et d’autres documents de politique.
1053- La Politique Nationale Genre (A) et d’autres documents de
politiques (B) étaient en cours de révision.
A : La Politique Nationale Genre (PNG) 2021-2030
1054- Dans le cadre de l’actualisation de la Politique National Genre
(PNG) un draft 0 du PNG a été élaboré en 2021. Ce draft tire ses fon-
dements des évolutions récentes et des perspectives juridiques, économiques
et politiques à l’échelle internationale, régionale et nationale. Il s’agit no-
tamment de la Stratégie Nationale de Développement 2030, de

323
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

l’Agenda 2030 des Nations-Unies, de l’Agenda 2063 de l’Union Afri-


caine (UA) ou encore de la Stratégie de l’UA pour l’égalité des sexes et
l’autonomisation des femmes 2018-2028.
1055- Dans le but d’enrichir ce draft 0 de la PNG, le Ministère de la Pro-
motion de la Femme et de la Famille (MINPROFF) avec l’appui technique
et financier d’ONU Femmes, a organisé du 8 au 11 décembre 2021 à
l’hôtel Framotel de Kribi, un atelier auquel ont participé les représentants
des divers Administrations et le Conseil National de la Jeunesse du Ca-
meroun. L’une des principales recommandations à l’issue de cet atelier
était d’intensifier l’approche participative et inclusive dans la finalisation
du document.
B : D’autres Documents de Politique
1056- Une nouvelle Stratégie nationale de lutte contre les Violences Ba-
sées sur le Genre (VBG) 2022-2026 était en cours d’élaboration en 2021.
Elle devrait tenir compte des nouveaux enjeux de développement avec
l’objectif de contribuer à la réduction des violences faites aux femmes et
aux filles au Cameroun.
1057- En outre, un nouveau plan d’action national pour l’élimination des
mutilations génitales au Cameroun (2022-2026) était en cours d’éla-
boration.
1058- L’évaluation du premier plan d’action 2017-2020 pour la mise en
œuvre de la Résolution 1 325 et les résolutions connexes du Conseil de
Sécurité des Nations Unies a mis en exergue la faiblesse de ses mécanismes
de communication et de suivi-évaluation. Ainsi, le Plan d’action national de
2ème génération pour la Résolution 1 325 et des résolutions connexes du
Conseil de Sécurité des Nations Unies sur les femmes, la paix et la sécu-
rité qui était en cours d’élaboration vise à favoriser la participation équitable
et inclusive des hommes et des femmes à la prévention et à la gestion des
conflits dans le pays.
1059- Dans cette optique, le MINPROFF avec l’appui du Centre des
Nations Unies pour les Droits de l’Homme et la Démocratie en Afrique
Centrale, a organisé à Yaoundé, un atelier les 17 et 18 novembre 2021
pour définir les domaines clés et prioritaires, intégrer les nouveaux défis
de développement et partager les stratégies afin d’enrichir le projet de

324
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

Plan d’Action de 2ème génération du Gouvernement pour la mise en


œuvre de la Résolution 1325.
§2 : La réaffirmation des options politiques de l’Etat
1060- En plus des politiques spécifiques au genre, l’Etat a continué
d’inclure les droits des femmes dans la loi des finances 2022 (A) et la
Stratégie nationale de la Statistique (B).
A : L’expérimentation de la budgétisation sensible au genre
1061- Dans la Circulaire n° 001 du 30 aout 2021 relative à la prépa-
ration du budget de l’Etat pour l’exercice 2022, le Président de la Ré-
publique a prescrit l’expérimentation de la budgétisation sensible au genre
qui permettra à l’Etat d’inclure progressivement les questions de genre à
toutes les étapes du processus budgétaire. En conséquence, la Loi n°
2021/026 du 16 décembre 2021 portant Loi de finances de la Répu-
blique du Cameroun pour l’exercice 2022 a procédé à des allocations
budgétaires sensibles au genre à titre pilote à 9 départements ministériels306.
B : La production des données sensibles au genre
1062- Dans l’optique de saisir l’ampleur de la discrimination basée sur
le genre, la production des données désagrégées est nécessaire. Cette
dimension est incluse dans la Stratégie nationale de développement de
la statistique (SNDS30) dont le Plan d’action 2021-2030 a été validé le
16 novembre 2021 par le Conseil National de la Statistique. Dans ce do-
cument, il sera question pour l’Etat de produire progressivement des don-
nées statistiques complètes, fiables, cohérentes en temps voulu et dans un
format qui favorise leur utilisation judicieuse. Au rang de ces données, on
trouvera celles relatives aux violences faites aux femmes, filles et enfants.
SECTION 2 : LA PROMOTION DE L’EGALITE HOMME-FEMME
DANS LA GESTION DES AFFAIRES PUBLIQUES
1063- Les femmes ont été prises en compte dans les nominations aux postes
de décision (§1) et ont rayonné dans le domaine sportif (§2).

306
Il s’agit des Ministères en charge de l’Agriculture, de l’élevage, de la Décentralisation, de l’Edu-
cation de Base, des Enseignements Secondaires, de la Santé, et de la Promotion de la Femme
et de la Famille.

325
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

§1 : La nomination des femmes aux postes de décision et leur


inscription sur les listes électorales
1064- Après la production de 4 éditions du Palmarès genre des
administrations, document plaidoyer pour la prise en compte du genre
dans les instances de prise de décision, l’innovation relative à l’édition de
2021, a porté sur l’introduction de la notion de comparaison du taux de
représentativité des femmes d’une édition à une autre avec pour but de
mesurer la progression de la prise en compte du genre au sein des
administrations à terme. Il permettra également de mettre en relief les
stagnations et les régressions possibles.
1065- En 2021, il y a eu des désignations des femmes aux postes de
décision.
1066- S’agissant des quotas, alors que le texte organique de la CDHC
prévoit au moins la nomination de 30% de femmes, seules 3 femmes ont
été nommées sur 15 postes ouverts.
1067- Sur les 58 départements, on compte 57 Préfets de sexe masculin
contre 1 femme, représentant 98,27% pour les hommes et 1,72% pour
les femmes.
1068- De même, dans les 351 Sous-préfectures, 328 sont dirigées par
les hommes soit 93,44% et 23 par les femmes, soit 6,55 %.
§2 : Le rayonnement des femmes camerounaises dans le sport
1069- Bien plus qu’un jeu ou un divertissement, le sport se révèle être un
formidable levier à l’émancipation des femmes. L’Etat par le truchement
du Ministère des Sports et de l’Education Physique (MINSEP) a continué
d’impliquer les femmes dans l’organisation des activités sportives (A) et
de les accompagner lors des compétitions (B). Par ailleurs, celles-ci ont
brillé dans les compétitions sportives (C).

326
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

A : L’implication des femmes dans l’organisation de grandes


compétitions
1070- Les femmes ont participé à l’organisation des grandes compétitions
abritées par le pays. Elles étaient 46 sur les 191 membres du Comité d’or-
ganisation du 24ème championnat d’Afrique Femmes de handball 2020,
qui s’est déroulé du 8 au 18 juin 2021 à Yaoundé ; 25 sur 150 mem-
bres pour la 6ème édition du championnat d’Afrique des Nations de foot-
ball (CHAN) Total Cameroun 2020 qui s’est joué du 16 janvier au 7
février 2021 ; 39 sur 146 pour la 25ème édition de l’Afrobasket féminin
2021 qui s’est tenue du 18 au 26 septembre 2021 et 24 sur 150 pour
la 33ème édition de la Coupe d’Afrique des Nations de football 2021.
B : L’accompagnement par l’Etat des acteurs féminins du sport
1071- Le parrainage des pouvoirs publics a permis la désignation de la
camerounaise Louisette Renée THOBI ETAME-NDEDI, comme Secré-
taire Général de la Conférence des Ministres de la Jeunesse et des Sports
de la Francophonie (CONFEJES), lors de la 38ème session de cette instance
qui s’est tenue à Ouagadougou au Burkina Faso, du 23 au 27 février 2021.
1072- L’Institut des Sports et de l’Éducation Physique créé par Françoise
MBANGO (ISEP-FM) a bénéficié, le 19 mai 2021, d’un don du Président
de la République constitué de 40 ordinateurs portables.
C : Les performances des femmes dans les compétitions sportives
1073- La valorisation de la pratique sportive féminine a permis aux
femmes camerounaises d’investir l’arène sportive de haut niveau et de
se classer parmi les meilleures sportives du continent. A titre illustratif,
l’équipe nationale féminine de volley-ball a remporté pour la 3ème fois
successive le tournoi du Championnat d’Afrique 2021. En handball,
l’équipe nationale féminine a occupé la 27ème place sur 32 nations
présentes à la 25ème édition du Championnat du monde. Le tableau ci-
dessous résume les performances des athlètes camerounais.

327
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

Tableau 1 : Bilan genre des lauréats du Cameroun sur 83 compéti-


tions sportives internationales au cours de l’année 2021

Source : MINSEP.
SECTION 3 : LA PROTECTION DE LA FEMME AU SEIN DE LA
FAMILLE
1074- La protection de la femme au sein de la famille a été matérialisée
par la promotion de son statut dans le ménage (§1), la protection de ses
droits successoraux (§2) et la préservation de ses droits en matière de
divorce (§3).
§1 : La promotion du statut de la femme dans le ménage
1075- L’Etat a continué à préserver les intérêts des femmes à travers la
célébration collective des mariages. Tout au long de l’année, 1 721 ma-
riages ont été célébrés dans toute l’étendue du territoire. Ces célébrations
ont contribué à la réduction du déséquilibre familial occasionné par le concu-
binage, dont les femmes sont les principales victimes.
§2 : La protection des droits successoraux des femmes
1076- Dans plus de 1 878 affaires, le droit d’usufruit a été reconnu aux
veuves. Bien plus, dans plus de 2 433 affaires, la qualité de successible

328
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

a été reconnue aux femmes/filles307. Ces chiffres démontrent à suffisance


de l’évolution de la reconnaissance des droits successoraux des femmes.
Quelques décisions illustrent également ce fait. Le Tribunal de Grande Ins-
tance d’Edéa dans son jugement n° 62/CIV/TGI/021 du 15 septembre
2021, a désigné les enfants N.S.M.J. ; N.M.V.F. ; N.M.B.A. ; M.M.M.
toutes de sexe féminin, cohéritières de leur défunt père M.M.. Dans la même
lancée, le Tribunal de Premier Degré de Bafia dans son jugement n°125/
TPD du 19 mars 2021, a reconnu le droit d’usufruit aux veuves T.A.R.,
A.B. et K.N.A.M. dans la succession de leur défunt époux M.A.G.
§3 : La préservation des droits des femmes en matière de divorce
1077- L’Etat a continué dans son élan de préservation des droits patrimo-
niaux des femmes en matière de divorce. Des 930 jugements recensés, près
de la moitié ont octroyé des pensions alimentaires aux femmes. Le nombre
de décisions prononcées en faveur de la liquidation du régime matrimonial
en tenant compte des droits des femmes était de 486. C’est dans cette
optique par exemple que le Tribunal de Grande Instance du Koung-Khi dans
son jugement n°03/CIV/GI du 11 mai 2021 statuant en matière de divorce
a prononcé le divorce entre les époux K.. Le juge a confié la garde des
5 enfants à leur mère, condamné l’époux à verser une pension alimentaire
mensuelle de 125 000 FCFA308, et au paiement de la somme de 1 500 000
FCFA309 à cette dernière à titre de dommages-intérêts.
SECTION 4 : LA PROTECTION DES DROITS SOCIO-ECONO-
MIQUES DES FEMMES
1078- La protection des droits socio-économiques des femmes s’est ma-
térialisée à travers leur accès à la propriété foncière et aux crédits de fi-
nancement (§2) et leur autonomisation économique (§1).
§1 : La promotion de l’autonomisation économique des femmes
1079- Les actions de l’Etat en faveur de l’autonomisation des femmes ont
été orientées dans la promotion des femmes à l’accès à la terre et au fi-

307
Les statistiques de la région du Nord-Ouest ne sont pas incluses.
308
Soit 190,84 euros.
309
Soit 2 290, 77 euros.

329
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

nancement (A), de leur prise en compte dans la mise en œuvre des pro-
jets agricoles (B) et dans les autres secteurs de l’économie (C).
A : L’accès des femmes à la terre et au financement
1080- Les pouvoirs publics ont poursuivi la promotion de l’accès à la terre
et au financement des femmes.
1) La promotion du genre dans l’accès à la terre
1081- L’Etat à travers le MINDCAF a continué à garantir l’accès à la terre
aux femmes tel qu’il est indiqué dans le tableau ci-dessous.
Tableau n° 2 : Evolution du nombre de titres fonciers générés par
les demandes d’immatriculations directes entre
2019 et 2021

TOTAL

Source : MINDCAF
1082- En outre, les questions relatives aux droits des femmes rurales à la
terre et aux ressources naturelles ont été débattues lors de la semaine du
foncier qui s’est tenue du 25 au 29 janvier 2021 à Yaoundé sous le
thème : « La gestion locale du foncier au Cameroun : défis et leçons ». Il
a été rappelé aux participants que tous les citoyens ont droit à la terre
sans distinction de sexe.
1083- Le droit des femmes d’accéder à la terre a également été respecté
à travers le rendu de la justice. Le contentieux foncier qui est devenu de
plus en plus dense a permis de vider plusieurs saisines faites en faveur des
femmes. Ainsi, une centaine de jugements ont été prononcés en faveur des
droits fonciers des femmes dans différentes matières dans la majorité des
régions du pays. A titre illustratif, le Tribunal Administratif de Yaoundé dans
son jugement N°33/2021/TA-YDE du 16 février 2021, a annulé le Ti-
tre Foncier N°6613/MEFOU et AFAMBA au profit de Madame M.T.E.

330
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

1084- De même, par jugement N°65/TA/FOND/2021 du 14 décem-


bre 2021, le Tribunal Administratif de Ngaoundéré a reçu Madame D.F.M.
en son action en ordonnant l’annulation de l’Arrêté N°535/MINDCAF/
SG/D2/1300 du MINCAF en sa faveur.
2) L’accès des femmes au financement
1085- Les Centres de Formalités et Création des Entreprises (CFCE) dont
le but est de faciliter la mise en œuvre des actions visant à accroitre l’en-
trepreneuriat au Cameroun, ont enregistré la création de 3 430 PME par
des femmes.
1086- Bien plus, dans le processus de mise en relation de 153 PME avec
les Grandes Entreprises donneur d’ordre entrepris par la Bourse de Sous-
Traitance et de Partenariat du Cameroun (BSTP-CMR), 38 entreprises ap-
partenant à des promoteurs femmes ont été profilées.
1087- Dans la même mouvance, 150 microprojets portés par des femmes
ont bénéficié de l’appui de l’Etat de l’ordre de 180 000 000 FCFA310
dans le processus de financement des activités des incubateurs d’entre-
prises pour lequel 350 000 000 FCFA311 ont été mobilisées.
1088- Le renforcement de l’action du Gouvernement a d’autant plus été
constaté par la promotion de l’économie sociale au sein des Collectivités
Territoriales Décentralisées. A cet effet, 81 appuis financiers d’une
enveloppe de 650 000 000 FCFA312, ont été octroyés aux organisations
et entreprises de l’économie sociale féminine appartenant à des
promoteurs issus de toutes les couches sociales.
1089- Les femmes se sont particulièrement investies dans le domaine de
l’artisanat dans la mesure où 7 850 d’entre elles ont rivalisé de talent et
d’ingéniosité en mettant en lumière leurs différents produits lors de la
tenue à Yaoundé du 15 au 24 décembre 2021, du Salon International
de l’Artisanat du Cameroun (SIARC 2021).

310
Soit 274 809, 16 euros.
311
Soit 534 351, 14 euros.
312
Soit 99 236, 64 euros.

331
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

1090- Dans l’ensemble des Communes, 7 370 artisans dont 3 850 hommes
et 3 520 femmes ont été enregistrés en 2021, portant ainsi à 77 249
le nombre d’artisans enregistré depuis 2014.
B : La croissance économique des femmes dans le secteur
agricole
1091- Les femmes ont continué à être formées dans le domaine agricole
tout en bénéficiant des appuis étatiques.
1) La prise en compte des femmes dans les formations agricoles
1092- La politique d’admission des femmes dans les grandes écoles a été
appliquée de manière continuelle dans les écoles de formations agricoles.
Le tableau suivant illustre bien cette réalité.
Tableau n°3 : Effectif des apprenants dans les écoles relevant du
dispositif de formation du MINADER en fonction du
genre.

332
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

Source : MINADER
1093- Pour continuer dans ce processus de formation, en vue de renfor-
cer les capacités entrepreneuriales des bénéficiaires, le MINADER dans
la mise en œuvre de la majorité des projets et programmes du secteur agri-
cole au Cameroun, a pris en compte les besoins économiques des femmes
en vue de leur autonomisation. Pour ce faire, le 21 mai 2021, ONU Femmes
a signé, avec le Projet d’appui au développement des filières agricoles
(PAFDA), un mémorandum d’entente pour l’accompagnement dans
l’élaboration de sa stratégie genre. Tout au long de l’année, ce projet a
favorisé l’accroissement durable des revenus et la résilience des exploi-
tations agricoles familiales productrices de riz et d’oignon dans les régions
du Nord, de l’Extrême-Nord, de l’Ouest et du Nord-Ouest. Il faut relever
que 50% des participants à ce projet étaient des femmes.
1094- La collaboration du MINPROFF et ONU Femmes, dans le cadre
de la continuation du Programme dénommé Second Chance Education
(SCE), a permis de renforcer les capacités économiques des femmes et
des filles. En conséquence, près de 5 000 femmes localisées dans les ré-
gions affectées par les conflits (Extrême-Nord, Adamaoua, Est, Centre et
Littoral) ont bénéficié des formations professionnelles en élevage, petit com-
merce, agriculture, TIC, et couture dans les CPFF et dans les espaces com-
munautaires accessibles aux bénéficiaires. En plus de cela, ces cibles ont
reçu les kits de démarrage qui leur a permis d’être autonomes et capa-
bles de mettre sur pied leurs propres entreprises.

333
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

1095- Egalement, les capacités économiques des jeunes et des femmes


dans les régions de l’Ouest, de l’Est et de l’Adamaoua ont été renforcées
avec l’appui du CIPCRE, ce qui a permis à 233 bénéficiaires d’être for-
més sur la démarche entrepreneuriale.
2) La prise en compte des femmes dans la dotation des appuis
agricoles
1096- A travers les projets agricoles qui ont été mis en œuvre sur l’éten-
due du territoire, l’Etat a apporté des appuis multiformes aux femmes. Il
s’est agi entre autres du Projet d’Investissement et de Développement des
Marchés Agricoles (PIDMA). Les activités dudit projet ont permis aux ci-
bles de bénéficier non seulement d’un appui en financement à travers les
banques partenaires mais aussi d’un appui à la production, à la trans-
formation et à la commercialisation des produits dérivés du manioc, du
maïs et du sorgho. Les cibles principales étaient les femmes (50%) et les
jeunes (30%).
1097- En outre, sur la période allant de mars à août 2021, une coopé-
rative d’environ 300 femmes basées à Maga dans la région de l’Extrême–
Nord, a bénéficié d’un appui en semence de riz et d’un renforcement des
capacités sur le terrain. Appui mis en œuvre par le MINADER dans le ca-
dre du Projet de ferme pilote de riziculture d’Avangane.
1098- Bien plus, dans 20 terroirs d’innovation dans les régions du sep-
tentrion du Cameroun, 688 femmes ont été appuyées en matériels, équi-
pements et en semences pour la réalisation des activités agro écologiques
dans le cadre de la mise en œuvre par le MINADER du Programme d’Ap-
pui à la Sécurisation et à la Gestion Intégrée des Ressources Agropastorales
au Nord Cameroun (ASGIRAP).
1099- Un total de 832 femmes a également reçu un appui gouvernemental
d’un montant global de 249 600 000 FCFA313 représentant 208 kits de
démarrage dans le cadre de la mise en œuvre du Programme de promotion
de l’entreprenariat agropastoral des jeunes (PEA-Jeunes). Ce programme
implanté dans les régions du Centre, du Sud, du Littoral, et du Nord-Ouest
a également permis d’appuyer 213 femmes en leur octroyant des crédits
productifs pour une valeur totale de 74 550 000 FCFA314.
313
Soit 381 068, 70 euros.
314
Soit 74 550 000, 79 euros.

334
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

1100- Sur les 37 projets qui étaient en cours d’implantation par le MI-
NADER en 2021, plus de la moitié avait pour cibles principales les femmes
et les jeunes.
1101- En outre dans le cadre de la commémoration de la Journée
Mondiale de la Femme Rurale, édition 2021, le MINPROFF a organisé
des sessions de renforcement des capacités à l’intention de cette
catégorie sociale dans toutes les régions, 3 872 femmes et filles vivant en
milieu rural ont été touchées. Plus de 60 groupes de femmes et 200
femmes ont reçu du matériel agropastoral en vue de réduire la pénibilité
de leur travail. 18 000 femmes et filles ont été sensibilisées à cette
occasion en matière d’accès au foncier et au financement.
C : La promotion des femmes dans le secteur des TIC
1102- Le secteur des TIC a également été considéré dans la mise en œu-
vre des mesures qui ont permis d’encourager l’autonomisation des
femmes par l’Etat.
1103- Dans le cadre de la mise en œuvre du Programme de formation
de 8 000 femmes en TIC en Afrique, 1 500 adolescentes et jeunes femmes
camerounaises âgées de 12 à 25 ans ont bénéficié, du 28 juin au 9 juil-
let 2021 à Yaoundé, d’une formation expresse en codage numérique. Ce
camp de codage initié par la Commission Economique des Nations Unies,
permettra aux jeunes femmes non seulement de jouer pleinement leur rôle
dans le développement de l’économie numérique en Afrique, mais aussi
aux entreprises locales et internationales de les recruter davantage dans
ce domaine. Les modules portaient sur la connaissance des programmes
informatiques, des jeux vidéo, des logiciels et des applications numériques.
1104- Du 4 au 8 mars 2021, la 3e édition du Festival femme numérique
initiée par l’Association African Women in Tech Startups (WITS), s’est te-
nue dans les villes de Yaoundé, Douala, Buea et Ngaoundéré. Cette ca-
ravane numérique a permis de sensibiliser 500 jeunes filles au sein des
universités sur les opportunités du numérique et sur les enjeux de la cy-
bersécurité, et de réduire la fracture numérique du genre au Cameroun.

335
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

D : Le renforcement des capacités dans divers secteurs de


l’économie : formation des femmes
1105- Deux nouveaux Centres de Promotion de la Femme et de la famille
ont été construits à Dzeng et Nkambé au cours de l’année 2021. Le cen-
tre de formation de Ndom dans le département de la Sanaga-Maritime
a été rétrocédé à l’Etat en septembre 2021. Ce centre de formation en
couture, cuisine, petite médecine, a été mis sur pied par l’Etat pour encadrer
les femmes et les filles résidant dans cette zone du pays relativement en-
clavée.
1106- Il faut noter qu’à la fin de l’année, le MINPROFF comptait 116 au-
tres centres de ce type, disséminés sur l’échiquier national.
1107- En outre, dans le cadre du Projet Femmes, Jeunes et Normalisa-
tion-Cameroun, a eu lieu à Yaoundé du 22 au 26 novembre 2021, la 2ème
session de la formation sur la normalisation et les produits cosmétiques.
Une cinquantaine de participantes ont été édifiées sur la cosmétologie de
la peau noire, sur les différents types de cheveux, sur la normalisation et
le processus d’élaboration des normes au Cameroun, l’importance de par-
ticiper aux travaux des comités techniques CT 43 et les facteurs essentiels
de qualité et de compositions des produits cosmétiques selon la norme
camerounaises des produits cosmétiques NC 801.
1108- En outre, l’évaluation et la validation du référentiel d’éducation com-
plète pour les CPFF a permis d’offrir aux filles et femmes des compétences
générales en matière d’entrepreneuriat, de montage et de gestions de pro-
jets. Il s’est agi d’espaces d’incubation dans plusieurs domaines de spé-
cialisation, entre autres : l’industrie de l’habillement (TIH), l’esthétique et
la coiffure (EC), l’hôtellerie-restauration (HR), les TIC.
1109- Par ailleurs, le MINPROFF a formé plus de 40 000 femmes et filles
en entrepreneuriat et gestion des activités génératrices de revenus
(AGR) ; 102 groupes de femmes et 1 346 femmes dont 753 veuves ont
reçu des appuis financiers pour la mise en place des AGR.
1110- En outre, le partenariat avec CUSO International a permis à l’Etat
de réaliser un certain nombre d’activités en faveur des femmes et des filles
notamment : la formation de 24 filles en matière de démarrage d’une en-
treprise et de gestion financière et fiscale, suivie de leur installation dans
le secteur du textile et de la savonnerie.
336
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

§2 : L’implication des femmes dans les activités économiques de


lutte contre la Covid-19
1111- En 2021, les femmes ont été impliquées dans tous les processus
d’acquisition des équipements, des consommables et la réalisation des pres-
tations relativement à la lutte contre la Covid-19.
1112- Les activités génératrices de revenu ont été orientées vers la pro-
duction du matériel destiné à lutter contre la Covid-19.
1113- Le MINPROFF a formé plus 552 couturières à la confection des
masques. De plus, 849 femmes ont été formées aux activités génératrices
de revenu relatives à la fabrication artisanale du savon liquide et en mor-
ceau. A cet effet, 4 599 femmes et filles ont bénéficié des appuis pour leur
résilience face à la Covid-19.
SECTION 5 : LA LUTTE CONTRE LES VIOLENCES FAITES AUX
FEMMES
1114- En plus d’être le reflet de l’inégalité entre les hommes et les femmes,
les violences contre la femme constituent une atteinte à sa dignité. Pour
y faire face, l’Etat a orienté les actions dans le sens de la prévention (§1)
de la répression (§2) et de la prise en charge des victimes (§3).
§1 : La prévention des violences faites aux femmes
1115- Les mesures préventives ont été centrées d’une part sur l’éducation
et la sensibilisation (A) et d’autre part sur le renforcement des capacités
des acteurs de la chaine de protection des droits des femmes (B).
A : L’éducation et la sensibilisation
1116- Le MINPROFF a organisé une cérémonie de dénonciation sous le
thème : « Halte à l’exploitation sexuelle des enfants, adolescents et ado-
lescentes et de leurs images dans les réseaux sociaux ». La notion, les formes,
les causes et les conséquences de l’exploitation sexuelle ont été présen-
tées. En outre, l’état des lieux desdites violences au Cameroun, les rôles
des parents et des communautés locales, ont été rappelés.
1117- Par ailleurs, 1 547 personnes dont 714 femmes et 477 filles ont
reçu une formation sur les VBG, les droits des femmes, les services dis-

337
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

ponibles, le leadership et l’estime de soi, avec une attention particulière


sur les femmes leaders et les jeunes sur l’étendue du territoire national.
1118- La délégation régionale de la promotion de la femme et la famille
de la région de l’Extrême-Nord et le Réseau des Animateurs pour l’Edu-
cation des Communautés (RESAEC) ont été appuyés par le Fonds des Na-
tions Unies pour la Population (UNFPA) dans la formation de 100 ado-
lescents et jeunes filles sur le leadership et les compétences de vie en vue
de les sensibiliser aux risques de VBG, de viols et de mariages d’enfants.
1119- A l’occasion de la célébration de la journée internationale de lutte
contre les MGF le 6 février 2021, le MINPROFF a rappelé la stratégie
de lutte adoptée par le pays, qui était centrée sur l’information du public
et la formation des responsables religieux et traditionnels.
B : Le renforcement des capacités des acteurs
1120- Les acteurs de la chaine de protection des droits des femmes ont
bénéficié des formations en vue de lutter contre les VBG. En effet, du 21
au 22 janvier 2021 à Yaoundé, a eu lieu la retraite annuelle du Groupe
Thématique Genre Humanitaire et développement (GTG) piloté par ONU
Femmes. Cette retraite avait pour objectif global de renforcer la cohésion
de l’équipe du GTG autour des secteurs stratégiques d’intervention. Il s’est
agi spécifiquement de s’approprier les grands axes du document United
Nations Sustainable Development Cooperation Framework (UNSDCF),
d’élaborer le plan annuel GTG 2021 et d’analyser la feuille de route genre
et humanitaire.
1121- Au bout de 4 ateliers de formation qui se sont tenus du 8 août au
6 septembre 2021 à Mbalmayo, 135 fonctionnaires de Police ont vu leurs
capacités renforcées sur les thèmes relatifs à la prévention et prise en charge
des VBG.
1122- En outre, l’Association dénommée International Federation of Wo-
men Lawyers (FIDA)-Cameroon a organisé le 19 février 2021, à Limbe,
un Atelier de renforcement des capacités qui a réuni 40 participants com-
posés des leaders traditionnels, de leurs épouses, ainsi que des Présidents
des Tribunaux Coutumiers. Ceux-ci ont été entretenus sur les conséquences
négatives des pratiques discriminatoires, l’éradication des pratiques tra-
ditionnelles néfastes et les avantages liés au respect des droits des femmes.

338
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

1123- Au cours de 2 ateliers qui ont eu lieu à Maroua du 10 au 15 oc-


tobre 2021, 147 personnels de la Gendarmerie ont été formés sur la prise
en compte du traumatisme des victimes dans le cadre de leur audition, les
compétences nécessaires à l’audition des victimes majeures et mineures
de VBG et le référencement pour une prise en charge holistique, sous l’ini-
tiative du MINPROFF en collaboration avec ONU Femmes.
1124- Avec l’appui d’ONU Femmes, le Ministère de la Justice a formé 60
personnes (magistrats, avocats, médecins et membres de la société civile) sur
les VBG315. Les présentations ont porté entre autres, sur le cadre normatif re-
latif aux VBG ; la mise en œuvre de la Stratégie Nationale de Lutte contre
les VBG ; les VBG en contexte de crise ; la protection des victimes et témoins
de VBG, les poursuites des cas de VBG et la réparation des victimes de VBG.
Ces formations visaient à améliorer les poursuites des cas de VBG l’accès à
des services multisectoriels de qualité y compris l’aide juridiques aux femmes
et aux filles victimes de VBG dans les zones cibles.
§2 : La répression des violences faites aux femmes et aux filles
1125- Les VBG ont été à la fois physiques, morales, psychologiques, et
économiques, se matérialisant par les coups et blessures, séquestrations,
enlèvements, viols (parfois collectifs) des femmes et filles, l’esclavage sexuel,
les mariages précoces et forcés. La publication des abus sexuels et sex-
tape dont les victimes étaient des femmes, a augmenté sur les réseaux
sociaux. Les auteurs de ces actes ont été poursuivis (voir § 125).
1126- Sur 219 affaires de viols enrôlés devant les tribunaux, 168 ont abouti
à la condamnation des auteurs à des peines d’emprisonnement ferme.
S’agissant des 514 affaires relatives à l’atteinte à la pudeur sur mineur
de 16 ans, qui sont passés devant les juges d’Instruction, 334 ont fait l’ob-
jet d’une condamnation316. De manière concrète, le Tribunal de Grande
Instance du Mbere, dans son jugement n°10/CRIM du 9 juin 2021, a
condamné le nommé H.B.M. à 5 ans d’emprisonnement et 200 000
FCFA317 d’amende, pour les faits d’outrage à la pudeur en présence d’une
personne mineure de 13 ans, suivi de viol, arrestation et séquestration.
315
(Buea du 10-12 novembre 2021 ; Bafoussam 24-26 novembre 2021 ; Maroua 8-10 décem-
bre 2021)
316
Les statistiques de la région du Nord-Ouest ne sont pas incluses.
317
Soit 305, 34 euros.

339
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

1127- De même, dans le jugement n°288/CRIM du 6 juillet 2021 de


ce même Tribunal, monsieur Y.J.F. a été condamné à 30 ans d’empri-
sonnement ferme pour les faits d’outrage à la pudeur en présence d’une
personne mineure de 16 ans, suivi de viol et d’inceste sur sa fille G.L.G.
âgée de 14 ans lors des faits.
1128- Bien plus, certains cas de VBG, ayant fait l’objet d’une médiatisation
particulière ne sont pas restés dans l’impunité. A l’instar du cas de la re-
grettée Lislore NGOUENI décédée à Mbouda le 9 mars 2021 de suites
des coups de son compagnon alors qu’elle était enceinte de 7 mois. Ce
dernier a été placé en détention à la Prison Principale de ladite ville.
§3 : La prise en charge des victimes
1129- Durant toute l’année, dans les 10 régions du pays, l’Etat a procédé
à la mise en place des services intégrés de prise en charge des violences
dont les VBG pour les survivants (déplacés internes ; réfugiés, retournés
et populations hôtes) à travers un soutien holistique (orientation médicale,
soutien juridique et judiciaire, économique, psychosocial, matériel).
1130- Parmi les actions phares, on peut noter : le renforcement des ca-
pacités des intervenants sociaux des espaces sûrs ; le renforcement de la
fonctionnalité des espaces sûrs ; l’actualisation du guide d’utilisation d’in-
tervention dans les espaces sûrs ; l’offre de service psychosocial, médi-
cal, judiciaire avec appui en kits de dignité et kits économiques à certaines
survivantes des VBG dans les régions de l’Extrême-Nord, Nord-Ouest et
Sud-Ouest ; le renforcement des sous-groupes et sous cluster VBG (au ni-
veau central, dans les régions de l’Extrême-Nord, du Nord-Ouest et du
Sud-Ouest) ; le renforcement des capacités des formateurs de VBG des
10 régions avec la mise en place d’un pool de formateurs ; l’octroi des
téléphones qui serviront de call center au niveau central et des 10 régions.
9 espaces étaient disponibles en fin d’année 2021.
1131- Pour mieux accompagner les victimes des VBG dans le suivi pé-
nal de leurs cas, le MINPROFF avec l’appui d’ONU Femmes a procédé
à la mise en place de 5 Gender et Child-desk au sein des commissariats
et brigades de gendarmerie dans les villes de Bertoua, Buea, Meiganga,
Bamenda et Babadjou.

340
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

1132- Le MINPROFF a également mis sur pied dans ces villes 5 structures
d’encadrement de proximité bénéficiaires des services intégrés de prise
en charge des VBG pour les survivants318 à travers un soutien holistique319.
1133- En outre, le MINPROFF a procédé à la mise en place des services
intégrés pour la prise en charge des enfants victimes de violences dans
les communes de Bertoua 2, Betare-Oya, Garoua-Boulai, Mandjou,
Mbanga, Nkonsamba, Buea et Nguti.
1134- Bien plus, l’Association locale pour un développement participa-
tif et autogéré (ALDEPA), l’Association de Lutte contre les Violences faites
aux Femmes (ALVF), Plan International et International Medical Corps (IMC)
ont mené des activités de prise en charge dans les espaces sûrs au pro-
fit de 1 980 femmes et filles dans le Camp de réfugiés de Minawao sur
la période de juin à décembre 2021.
SECTION 6 : L’IMPLICATION DES FEMMES DANS LA RECHERCHE
DE LA PAIX
1135- Les actions de l’Etat relativement à cette question (§1) ont été com-
plétées par la dynamique des associations des femmes (§2).
§1 : Les Actions de l’Etat favorisant la participation des femmes
dans la recherche de la paix
1136- En vue de permettre aux femmes de s’impliquer d’avantage dans
la recherche de la paix, la Stratégie Genre du Comité National de Dés-
armement, Démobilisation et Réintégration du Cameroun (2021-2025)
a été élaborée avec la collaboration du MINPROFF et d’ONU Femmes
en janvier 2021.
1137- Le MINPROFF a également organisé 3 conférences (2 internationales
virtuelles, le 19 mars 2021 et le 17 novembre 2021), une en présentiel (au
cercle municipal de Yaoundé le 7 avril 2021), en faveur des femmes lea-
ders afin d’assurer leur participation active et significative au processus de
dialogue national, de créer un espace de solidarité dans les 10 régions du
Cameroun et mettre en place un puissant mouvement pour la paix.

318
Déplacés internes ; réfugiés, retournés et populations hôtes.
319
Orientation médicale, assistance juridique et soutien judiciaire, économique, psychosocial, matériel.

341
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

1138- Par ailleurs, courant avril 2021, avec l’appui de l’ONU Femmes,
l’Etat a organisé des séminaires à Bertoua et à Ebolowa, pour le renfor-
cement des capacités des forces de defense et de sécurité (FDS), la po-
lice municipale et les comités de vigilance sur les Droits de l’Homme, le
Droit International Humanitaire, les Recommandations relatives à la pro-
tection des écoles et universités pendant les conflits ainsi que les Recom-
mandations sur la violence basée sur le genre et la protection de l’enfant.
1139- En outre, Le MINPROFF a organisé du 28 au 29 mai 2021 à Limbe
et du 8 au 9 juin 2021 à Ebolowa, les campagnes de promotion de la
paix, du multiculturalisme et du vivre ensemble et les campagnes de sen-
sibilisation contre les messages de haine et de radicalisation auprès d’une
population majoritairement constituée des femmes. Un total de 200 pairs
éducateurs a été formé dont 96 femmes, à la culture de la paix, à la lutte
contre l’intolérance, au vivre ensemble et à la lutte contre la Covid-19,
dans les villes de Mfou, Ngaoundéré et Buea courant juin 2021.
1140- Par ailleurs, l’Etat avec l’appui de ses partenaires a procédé en
septembre 2021, dans les villes de Limbe, Douala et Ebolowa, à la for-
mation des Organisations à base communautaire (OBC), et des OSC aux
questions de leadership, engagement et citoyenneté, construction d’opi-
nion publique, guide pédagogique MIL (Media and Information Literacy),
redevabilité sociale et prévention et réduction de risques de conflits. 90%
de participants étaient des femmes et des jeunes filles.
1141- En 2021, plusieurs femmes camerounaises ont également été sé-
lectionnées pour exercer au sein des missions de maintien de la paix de
l’ONU. Au niveau du Ministère de la Justice, on compte 2 femmes ma-
gistrats et 8 femmes de l’administration pénitentiaire sélectionnées.
§2 : La dynamique de la société civile dans la recherche de la paix
1142- Plusieurs actions en faveur de la paix ont été posées par les OSC,
au rang desquelles l’initiative de la Cameroon Women’s Peace Movement
(CAWOPEM), financée par la Friedrich Ebert Stiftung, avec l’appui tech-
nique des différents Ministères et particulièrement le MINPROFF, pour la
tenue du 28 au 31 Juillet 2021 de la première Convention Nationale des
Femmes pour la Paix.

342
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

1143- Ladite Convention a permis de regrouper 95 organisations de la


société civile, ainsi que plus de 1 500 femmes320. Elle visait à encoura-
ger la participation inclusive de toutes les femmes dans la résolution des
conflits et dans la préservation de la paix au Cameroun.
1144- Dans la même dynamique, l’Association Women for Peace Mediation
Conflicts Prevention a pris part du 15 au 17 juin 2021, au séminaire de
formation virtuelle organisé par FemWise-Africa de l’Union Africaine sur
le thème : « Extrémisme violent et terrorisme : sensibilisation, analyse et stra-
tégies de réponse ». Cette formation a permis aux participants d’acqué-
rir des connaissances et des compétences pour anticiper les menaces, les
risques et les vulnérabilités en vue de prévenir et de traiter les diverses
manifestations de l’extrémisme violent dans les communautés.
1145- Par ailleurs, en termes de distinction, une militante des droits des
femmes, Marthe WANDOU, fondatrice d’ALDEPA (une association qui
lutte contre l’analphabétisme des jeunes filles, le mariage précoce et les
abus sexuels), a reçu le 1er décembre 2021 à Stockholm, le Right Liveli-
hood Award, plus connu sous le nom de prix Nobel alternatif.
*
* *
1146- Les actions du gouvernement ont permis de garantir une meilleure
impulsion des droits des femmes à travers la révision de nombreux instruments
normatifs et l’implication de celles-ci dans la gestion publique. Sous ce rap-
port, un certain engouement a été relevé dans le domaine du sport où une
femme a été élue au poste de vice-président à la Fédération Camerounaise
de Football et d’autres ont glané des médailles dans les compétitions spor-
tives nationales et continentales. Par ailleurs, les femmes ont bénéficié de
plusieurs appuis économiques surtout dans le domaine agricole, ce qui
leur a permis d’assurer leur autonomisation. La répression des VBG a été
effective tout comme l’implication des femmes dans la recherche de la paix.
Toutefois, la question de l’autonomisation de la femme reste un réel défi
pour l’Etat qui doit faire face à l’enracinement de certaines traditions ré-
trogrades.
320
Venant des 10 régions, constituées de militantes pour la paix, de femmes et filles déplacées mais
aussi de victimes de ce conflit.

343
CHAPITRE 6
LA PROTECTION DES
DROITS DES PERSONNES
EN SITUATION DE
DEPLACEMENT
INVOLONTAIRE

CHAPITRE 6 : LA PROTECTION DES DROITS DES PERSONNES EN


SITUATION DE DEPLACEMENT INVOLONTAIRE
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

1147- L’instabilité socio-politique dans les pays limitrophes et les affron-


tements intercommunautaires dans la région de l’Extrême-Nord ont entraîné
durant l’année 2021, des mouvements d’entrée et de sortie de popula-
tions du territoire national (Section 1). Par ailleurs, les conflits321 susvisés
entre Mousgoum et Arabes Choas couplés dans la même région aux at-
taques persistantes du groupe Boko Haram d’une part, et la crise sécu-
ritaire sévissant dans les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest d’au-
tre part, ont généré d’autres déplacements involontaires de personnes à
l’intérieur du pays (Section 2). Malgré ces contraintes, y compris celles
liées à la gestion de la Covid-19, le Gouvernement a pris des mesures pour
poursuivre sa politique d’accueil et de préservation des droits essentiels
de ces personnes vulnérables.
SECTION 1 : LA PRISE EN CHARGE DES REFUGIES ET DES
DEMANDEURS D’ASILE
1148- La réouverture de certaines frontières suite à la diminution de l’im-
pact de la pandémie à Covid-19 et l’hospitalité du Cameroun ont favo-
risé l’arrivée en sol camerounais de nouvelles personnes en quête de re-
fuge (§1). Le Gouvernement a veillé à apporter son soutien à toutes ces
personnes pour faciliter leur accès aux services sociaux de base (§3), ainsi
que la procédure de rapatriement de tous ceux désirant retourner dans
leurs pays d’origine (§2). Des mouvements dans le sens inverse ont été
également enregistrés
§1: L’accueil et l’installation des réfugiés et des demandeurs
d’asile
1149- L’enregistrement à la frontière des nouveaux arrivants cherchant
un refuge a modifié à la hausse les données concernant les personnes ac-
cueillies au Cameroun (A), et ces dernières ont été installées dans des abris
divers (B).
A : Le nombre croissant de réfugiés et demandeurs d’asile
1150- En 2021, le Cameroun comptait 474 294 réfugiés contre 436
397 en 2020 soit 37 897 réfugiés de plus. Les plus nombreux d’origine

321
Voir développement dans le chapitre sur le droit à la paix et à la sécurité, §…

347
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

centrafricaine étaient évalués à 342 877322 contre 316 128 en 2020,


suivis des nigérians qui comptaient 120 928 personnes323 contre 117 422
en 2020 et les réfugiés d’autres nationalités étaient chiffrés à 2 458 per-
sonnes324 contre 2 847 en 2020.
1151- S’agissant des demandeurs d’asile, leur nombre a également pro-
gressé, passant de 6 819 personnes en 2020 à 8 031325 en 2021.
B : L’accueil et l’installation
1152- Les réfugiés accueillis au Cameroun ont été installés dans des sites
aménagés et en communauté. Toutefois, l’installation des réfugiés cen-
trafricains a connu quelques aménagements par rapport à celle des au-
tres réfugiés et des demandeurs d’asile.
1) Des réfugiés centrafricains
1153- Suite à la crise post-électorale en RCA, de nouveaux réfugiés cen-
trafricains ont afflué sur le territoire national et plusieurs actions ont été me-
nées pour améliorer la qualité d’accueil et d’installation de ces derniers.
Ainsi, relativement aux sites, 506 anciens abris ont été réhabilités et 10
bornes fontaines avec 40 robinets ont été construites dans les sites de Lolo
et Mbilé pour renforcer l’accès à l’eau potable des réfugiés et de leurs
hôtes. Pour le cas spécifique des localités de Gado Badzere et de Lolo
qui ont accueilli de nouveaux arrivants, des travaux d’aménagement et
de viabilisation de 2 nouveaux sites d’environ 19 hectares au total ont
été effectués, avec chacun 462 nouveaux abris d’urgence dont 390 mu-
tés ensuite en abris de transition pour de meilleures conditions d’héber-

322
Ces personnes comprenaient 217 860 filles et 22 585 garçons de 0 à 4 ans ; 43 642 filles et
43 749 garçons de 5 à 11 ans ; 27 073 filles et 26 427 garçons de 12 à 17 ans ; 80 514 femmes
et 64 843 hommes de 18 à 59 ans ; 5 850 femmes et 6 409 hommes de plus de 60 ans.
323
Soit 9 386 filles et 9 465 garçons de 0 à 4 ans ; 17 558 filles et 17 514 garçons de 5 à 11
ans ; 9 091 filles et 8 879 garçons de 12 à 17 ans ; 26 031 femmes et 17 249 hommes de
18 à 59 ans ; 2 780 femmes et 2 775 hommes de plus de 60 ans.
324
Soit 69 filles et 64 garçons de 0 à 4 ans ; 166 filles et 164 garçons de 5 à 11 ans ; 130 filles
et 132 garçons de 12 à 17 ans ; 489 femmes et 557 hommes de 18 à 59 ans ; 16 femmes et
61 hommes de plus de 60 ans.
325
Soit 414 filles et 463 garçons de 0 à 4 ans ; 599 filles et 561 garçons de 5 à 11 ans ; 357
filles et 330 garçons de 12 à 17 ans ; 1 686 femmes et 3 553 hommes de 18 à 59 ans ; 20
femmes et 48 hommes de plus de 60 ans.

348
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

gement. De plus, dans chacun desdits sites, 8 et 6 hangars communau-


taires d’urgence y ont été construits, 2 adductions d’eau potables sur fo-
rage avec système de pompage solaire installées, 128 nouvelles cabines
et latrines et 118 cabines de douches semi-durables, 17 fosses d’en-
fouissement des déchets solides ont été aménagés et entretenus. 500 dis-
positifs de lavage des mains y ont également été installés et 462 kits WASH
distribués aux 517 nouvelles familles installées dans ces sites, soit 1637
nouveaux réfugiés.
1154- De façon générale, 11 511 réfugiés centrafricains étaient logés à
Borgop, 29 164 à Gado Badzere, 12 489 à Lolo, 11 032 à Mbile, 6
811 à Ngam, 1 374 à Ngarisingo et 7 202 à Timangolo, soit un total de
79 583 personnes. En communauté, ils vivaient dans les régions de l’Est,
précisément dans les Départements de la Boumba et Ngoko (5 700), du
Haut-Nyong (25), de la Kadey (51 070) et du Lom-et-Djerem (88 961).
Dans la région de l’Adamaoua, ils étaient dans les départements du
Djerem (1 933), du Mbere (50 048), de la Vina (4 578) ; dans la Rrégion
du Nord, l’on a 43 141 personnes, soit au total 245 456 personnes. En
zone urbaine, ces réfugiés étaient évalués à 10 704 personnes dans la
région du Centre et à 7 134 personnes dans celle du Littoral.
2) Des réfugiés d’autres nationalités et des demandeurs d’asile
1155- Les réfugiés nigérians vivaient en majorité dans la région de l’Ex-
trême-Nord et étaient au nombre de 68 516 dans l’unique site de Minawao.
En communauté, ils se trouvaient dans les départements du Logone-et-Chari
(35 659), du Mayo Sava (8 105), du Mayo Tsanaga (4 248), du Dia-
mare (36), de la Benoue (2 467), du Ndian (618), du Mayo Banyo (1
259), soit 52 392 personnes. En zone urbaine, ces derniers vivaient dans
les villes de Douala (12) et de Yaoundé (8).
1156- Des initiatives visant à assurer un cadre de vie agréable à ces per-
sonnes ont également été prises. S’agissant du site de Minawao par exem-
ple, 254 kits d’outils ont été distribués aux 254 chefs de communes du
site afin de permettre à plus de 4 000 ménages de construire des abris
ou de transformer ceux existants en abris transitionnels plus résistants aux
intempéries, mais aussi d’effectuer des travaux d’assainissement. De même,
avec l’aide de la Lutheran World Federation, 105 latrines et 10 douches

349
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

ont été construites, tandis que 1 085,8 m3 de boues ont été vidangés dans
le site et ses environs. Dans la même optique, le HCR et ses partenaires
Shelter Box et IEDA Relief ont distribué à 4 500 réfugiés du Site des kits
non alimentaires.
1157- Les réfugiés de nationalités autres que centrafricaine et nigériane
résidaient également en zone urbaine dans les villes de Douala (453),
Yaoundé (1 848) et Langui (157). Quant aux demandeurs d’asile, ils vi-
vaient essentiellement dans les villes de Douala (4 801) et de Yaoundé
(3 230).
1158- En somme, 73% de réfugiés centrafricains, 27% de réfugiés nigérians
et 1% originaires d’autres pays étaient installés au Cameroun. Les femmes
et filles représentaient 52% et les enfants 55%.
§2 : Le rapatriement volontaire
1159- Le Cameroun a facilité le retour volontaire de 135 personnes com-
prenant des militaires, gendarmes, policiers, fonctionnaires des Eaux et
Forêts entre autres. Cette procédure s’est accompagnée de la remise au
Gouvernement centrafricain des matériels de combat. Toujours dans des
conditions de sécurité et de dignité, d’autres rapatriements volontaires ont
été effectués durant l’année au profit de 3 989 réfugiés, dont 3 880 ni-
gérians rapatriés respectivement dans la ville de Banki (2 659) et de Bama
(1 221) dans l’Etat de Borno et 109 centrafricains rapatriés à Bangui. Les
bénéficiaires de cette procédure, qui avaient la possibilité d’emporter leurs
biens ont reçu du Gouvernement Camerounais des kits de protection contre
la Covid-19, ont été testés avant leur départ et leur bétail a été vacciné.
§3 : La prise en charge des réfugiés orientée vers leur indépen
dance
1160- Les actions de l’Etat consistaient à protéger les réfugiés (A), faciliter
leur accès aux services sociaux de base (B) et leur autonomisation (C).
A : La protection des réfugiés
1161- La protection des réfugiés a prioritairement été axée sur la docu-
mentation, la formation et l’assistance judiciaire.

350
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

1) L’accès à la documentation
1162- Du 17 novembre au 7 décembre 2021, des campagnes d’éta-
blissement gratuit d’actes de naissance aux enfants réfugiés et demandeurs
d’asile326 nés au Cameroun ont été organisées dans la ville de Douala
par l’Association Women Peace Initiative avec l’appui du HCR, Plan Ca-
meroon et l’Union Européenne. Ces campagnes étaient accompagnées
de sensibilisation sur l’importance des actes de naissance et ciblaient l’ob-
tention d’environ 150 jugements supplétifs d’actes de naissance dans les
localités de Douala 1er, 2ème, 3ème, 4ème et 5ème.Menées dans le cadre du
Projet contribution au renforcement de la gouvernance locale par la ré-
habilitation de l’état civil à travers l’information, la sensibilisation et l’ac-
compagnement des citoyens aux formalités et obligations y relatives, les-
dites campagnes, qui étaient dans leur première phase, ont été étendues
aux actes de mariages et de décès des cibles.
1163- Par ailleurs, en attendant l’effectivité de la délivrance des cartes
de réfugiés par le Gouvernement327 et pour faciliter la liberté de mouve-
ment des réfugiés et demandeurs d’asile, le HCR a délivré à ces derniers
10 711 documents de déplacement appelés « A Qui de Droit ». Il a en
outre, facilité la fourniture de 39 titres de voyage de la Convention (pas-
seport des réfugiés) à ceux désirant se rendre à l’étranger et le renou-
vellement de 8 autres titres de voyage.
2) La formation
1164- Des activités de formation ont été organisées en vue de garantir
la protection des réfugiés et éviter des cas de refoulement à la frontière.
Ainsi, avec l’appui technique et financier du projet GIZ « Appui au pro-
gramme frontières de la CEEAC APF-CEEAC) » et l’appui technique du
HCR, 3 formations de 3 jours chacune ont été organisées sur les frontières
Gabon-Cameroun (Bitam), RCA-Cameroun (Garoua-Boulai) et Tchad-Ca-
meroun (Kousseri) entre novembre et décembre 2021. L’objectif était de
sensibiliser les autorités aux frontières et aux points d’entrée sur le concept
326
Ces campagnes ont aussi concerné des PDI des régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest.
327
Conformément à la Loi n° 2016/375 du 4 août 2016 fixant les caractéristiques et les modalités
d’établissement et de délivrance de la carte nationale d’identité, modifiant et complétant certaines
dispositions du décret du 4 septembre 2007 fixant les modalités d’application de la loi du 12 jan-
vier 1997 relative aux conditions d’entrée, de séjour et de sortie des étrangers au Cameroun.

351
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

de mouvements mixtes de population et sur les droits des réfugiés et des


autres personnes vulnérables à l’instar des femmes, enfants, personnes âgées
et les personnes handicapées vulnérables. De plus, un échange préala-
ble d’une journée a été organisé avec la société civile afin de connaître
les problèmes rencontrés lors du passage des refugiés à la frontière et de
les informer de leurs obligations et de leurs droits pour qu’ils soient moins
vulnérables aux agressions sexuelles, à la corruption et à d’autres abus
des autorités aux frontières.
1165- Dans les régions du Nord, de l’Adamaoua et de l’Est, le Gouver-
nement, avec l’appui du HCR, a organisé 10 Ateliers de renforcement des
capacités à l’endroit de 275 autorités administratives, judiciaires et des Forces
de Défense et de Sécurité (FDS), dont 7 sur la protection internationale et
3 sur le Pacte Mondial sur les Réfugiés. De même, un Atelier co-facilité par
le HCR et la GIZ a été organisé du 22 au 23 juin 2021 au bénéfice de
30 participants représentant des autorités administratives et sécuritaires, et
la société civile à Garoua-Boulaï, Kétté et la Bombé sur les mécanismes d’ac-
cès à l’asile, ainsi que sur les droits humains et les systèmes d’entrée per-
mettant la protection, l’éthique et la communication aux frontières.
1166- Au site de Minawao, une session de renforcement des capacités
a été organisée du 17 au 18 mai 2021 au profit de 135 autorités ad-
ministratives, judiciaires, traditionnelles, militaires, municipales sur le Mo-
dèle de Coordination des réfugiés, le caractère civil et humanitaire de l’asile,
les violences basées sur le Genre, les droits et devoirs des réfugiés, la po-
lice judiciaire et les responsabilités des FMO dans le site de Minawao,
la gestion de l’ordre publique dans un contexte de crise et la police com-
munautaire. Par ailleurs, le 17 septembre 2021 à Maroua, 75 membres
des comités mixtes, autorités traditionnelles et municipales ont été formés
sur la protection internationale. Le 2 novembre 2021 dans la même ville,
40 personnels des FMO et des gardes frontaliers déployés ont été for-
més sur le Pacte Mondial des Réfugiés.
1167- Le Secrétariat Technique des Organes de Gestion du statut des ré-
fugiés, le Cabinet d’Avocats MEMONG & ETEME qui assiste les réfugiés
à Yaoundé et le HCR ont organisé et facilité les 14 et 15 septembre 2021,
puis les 13 et 14 octobre 2021, une série de 4 Séminaires de renforcement
des capacités des administrations camerounaises en matière de protec-

352
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

tion internationale des réfugiés, déplacés internes et apatrides. Les parti-


cipants étaient constitués de personnels de la gendarmerie (37), de la po-
lice (37), des magistrats et greffiers (20), des personnels de l’administration
pénitentiaire (10), des mairies (22), des avocats (10), du MINAS (6), du
MINPROFF (5), du MINJEC (3), du MINEDUB (1), du MINESEC (1) et
du MINESUP (1).
3) L’assistance juridique
1168- Les réfugiés et demandeurs d’asile en conflit avec la loi ont bénéficié
d’une assistance judiciaire durant l’année de référence. Dans la région
de l’Extrême-Nord par exemple, 145 demandeurs d’asile et 76 réfugiés
ont été libérés des cellules de police et de gendarmerie grâce à l’assis-
tance juridique qui leur a été apportée par un Cabinet d’Avocat parte-
naire du HCR. Ledit Cabinet a en outre suivi 74 dossiers devant les tribunaux
militaires et civils, à l’issue duquel 29 réfugiés ont été libérés des prisons.
B : La facilitation de l’accès aux services sociaux de base
1169- Les actions menées ont concerné la protection des droits à la santé
et à l’éducation des réfugiés.
1) La couverture médicale
1170- La couverture médicale des réfugiés s’est matérialisée par des ac-
tions préventives, l’administration des soins et l’amélioration des infrastructures
et équipements sanitaires.
a) Les actions préventives
1171- En vue de préserver la santé des réfugiés, le Gouvernement a si-
gné le 25 mai 2021 avec le HCR, un Accord pour leur prise en charge
sanitaire328 dans les formations publiques des régions les abritant, en l’oc-
currence l’Extrême-Nord, le Nord, l’Adamaoua, l’Est, le Centre et le Lit-
toral. Cet Accord visait aussi à faciliter l’intégration des cibles329 dans le
système national de santé et renforcer la réponse à la pandémie à

328
Pour mémoire, une convention-cadre d’une durée de 2 ans renouvelable avait été signée entre
le HCR et le Cameroun le 10 août 2016 pour une couverture sanitaire des réfugiés centrafricains
et nigérians de 30% par le Cameroun et de 70% par le HCR.
329
Ledit Accord concernait aussi les PDI de la crise sécuritaire du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

353
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

Coronavirus. Dans la commune de Mandjou dans la région de l’Est qui


abrite près de 12 000 réfugiés par exemple, un comité de veille comprenant
des réfugiés a été mis sur pied pour assurer la sensibilisation de proximité
en langues locales et en français, ainsi que la distribution des kits de pré-
vention330.
1172- Par ailleurs, les réfugiés ont été inclus dans le programme élargi
de vaccination. A titre d’illustration, la couverture vaccinale des réfugiés
centrafricains (enfants de moins de 5 ans) contre la rougeole était de 92%
contre 77% en 2020. Environ 10 680 réfugiés centrafricains ont été vac-
cinés contre la Covid-19, soit près de 55% pour l’AstraZeneca, 36% pour
le vaccin Johnson & Johnson et 8% pour le Sinopharm.
b) L’administration des soins
1173- Sur le plan curatif, le contexte persistant de la Covid-19 a entraîné
une prise en charge séquencée des réfugiés. Ainsi par exemple, dans les
zones abritant les réfugiés centrafricains, seulement 23 Formations Sanitaires
(FOSA) contre 31 en 2020, ont pu bénéficier de l’assistance sanitaire en
2021, ceci au profit de près de 52% de la population cible, soit 8% de
moins qu’en 2020. De façon générale au 31 décembre 2021, les efforts
fournis par le Gouvernement et ses partenaires pour faciliter la prise en
charge sanitaire des réfugiés centrafricains ont permis d’enregistrer 99
380 consultations curatives et 2 078 références médicales essentiellement
pour des urgences obstétricales.
1174- Dans la région de l’Extrême-Nord, avec l’appui d’International Me-
dical Corps, un total de 101 919 consultations curatives (44 397 hommes
et 57 522 femmes) a été réalisé en 2021 contre 126 592 en 2020, avec
un taux de réalisation de 77,5% par rapport à la cible, les enfants de moins
de 5 ans représentant 33 %. Un nombre de 1 877 cas plus graves331 ont
été référés dans d’autres hôpitaux. Ainsi, 1 870 cas ont été référés à l’Hô-
pital Régional Annexe de Mokolo et 6 à l’Hôpital Régional de Maroua.

330
Ces kits comprenaient des sceaux à robinet, du savon, des bouteilles de gel hydro-alcoolique
et des caches-nez jetables et lavables.
331
Les principaux motifs de référencements étaient : les urgences pédiatriques, les urgences chi-
rurgicales, les urgences gynéco-obstétricales et la malnutrition aiguë sévère avec complications
médicales.

354
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

1175- Pour ce qui est de la malnutrition, l’enquête SMART-SENS effec-


tuée en 2021 dans le site de réfugiés de Minawao présentait une situa-
tion nutritionnelle stable avec un taux de Malnutrition Aigüe Globale de
3,9% contre 5,9% dans les autres parties de la région de l’Extrême-Nord,
tandis que le taux de Malnutrition Aigüe Sévère (MAS) était à une situation
d’alerte de 1,7% dans le site de réfugiés de Minawao contre 0,2% dans
les autres parties de la région de l’Extrêm-Nord. Ainsi, 55 269 enfants (26
410 garçons et 28 859 filles) âgés de 6 à 59 mois ont été dépistés pour
la malnutrition, dont 25 570 lors des dépistages communautaires actifs
et 29 699 via des dépistages passifs332. Ces dépistages ont permis de dé-
tecter 3 411 cas de Malnutrition Aigüe Modérée (1 435 garçons et 1
976 filles) et 1 788 cas de MAS (765 garçons et 1023 filles), et 581
admissions ont été faites ; soit 95,6% des 608 cas ciblés.
1176- Les réfugiés vivant dans les sites des régions de l’Est et de l’Extrême-
Nord ont également bénéficié d’un accompagnement psychosocial par
le biais des travailleurs sociaux du MINAS.
c) L’amélioration des infrastructures et des équipements sa-
nitaires
1177- Dans le cadre de la lutte contre la Covid-19, le HCR a apporté son
appui au Gouvernement camerounais à travers le MINSANTE, en offrant
du matériel médical333 pour les réfugiés le 17 mars 2021. De plus, le HCR
a fait construire dans 6 hôpitaux de district des régions de l’Est, l’Adamaoua,
du Nord et de l’Extrême-Nord, 6 unités d’isolement d’une capacité de 40
lits chacune. Des équipements médicaux et 5 centres de prise en charge
de la Covid-19 ont été également remis officiellement aux délégations ré-
gionales de la santé des 3 régions abritant les réfugiés centrafricains.
1178- En outre, 8 centres de quarantaine et d’isolement équipés en ma-
tériel médical et renforcés en ressources humaines ont été mis en place
dans les sites des réfugiés centrafricains et dans celui de Minawao pour
332
Le dépistage passif concerne toutes les personnes qui s’adressent spontanément à un centre de
santé et chez qui on va mettre en évidence des signes cliniques ou chez qui on pratique des tests.
Quant au dépistage actif, le personnel de santé n’attend pas que les personnes viennent dans
un centre de santé mais va au-devant de la population dans les villages et les hameaux, pour
rechercher ces signes ou effectuer les tests.
333
Ceux-ci étaient constitués essentiellement de 10 respirateurs médicaux, 3 ambulances, 181 concen-
trateurs d’oxygène, des masques chirurgicaux, 818 dispositifs de lavage des mains pour les sites
et les communautés, des centaines de savons.

355
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

les réfugiés nigérians. Ces unités de quarantaine ont permis d’accueillir


et prendre en charge plus de 600 réfugiés. Dans le site de Minawao, 2
postes de santé ont été équipés et un Centre Covid-19 a été construit.
2) L’offre d’éducation
1179- Les actions incitatives ainsi que des apports alimentaires divers ont
favorisé la fréquentation des enfants réfugiés à l’école.
a) Les mesures incitatives à l’éducation
1180- Des activités de sensibilisation, de renforcement des ressources hu-
maines et infrastructurelles et d’octroi d’appuis divers ont été entreprises.
i) La sensibilisation
1181- Dans les régions de l’Adamaoua, de l’Est et du Nord, 36 séances
ont été organisées en présentiel ou en distanciel sous forme d’émissions
radiodiffusées au profit de près de 8 000 personnes. Ces séances por-
taient sur des thèmes variés dont le rôle du parent dans l’accompagne-
ment scolaire des enfants, le respect continu des mesures préventives contre
la pandémie de la Covid-19 et l’éducation des enfants, l’identification des
grands freins à l’éducation de tous les enfants. Par ailleurs, des plateformes
d’échanges ont été créées via les réseaux sociaux pour sensibiliser les pa-
rents et les inciter à s’impliquer davantage dans le suivi de la scolarité de
leurs enfants.
1182- Dans les régions suscitées, des missions conjointes MINEDUB-Lu-
theran World Federation-HCR ont été organisées pour évaluer l’évolution
des activités d’éducation et mener un plaidoyer aux différentes instances
en faveur de l’éducation des enfants réfugiés ; 5 rencontres de suivi des
activités des Associations des Parents d’Elèves et Enseignants ont été or-
ganisées en vue de se rassurer de leur implication à la scolarisation des
enfants et leur appui dans la prise en charge des maîtres des parents. Par
ailleurs, 89 enfants à besoins spécifiques334, suivis et documentés ont bé-
néficié d’un appareillage leur facilitant l’accès à l’éducation.
1183- Pour les enfants dans le Site de Minawao, le MINEDUB a conduit
8 visites de supervision au niveau du préscolaire et 14 dans le primaire
334
Il s’agit des enfants à risque, à mobilité réduite ou non accompagnés.

356
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

en vue d’améliorer les conditions d’apprentissage. Au niveau du secon-


daire, le MINESEC a effectué 4 supervisions pédagogiques pour améliorer
la qualité des enseignements dispensés. En outre, pour promouvoir la par-
ticipation des jeunes, des parents et de la communauté dans la gestion
des écoles, des comités ont été créés. A travers ces comités, des mères d’en-
fants et des jeunes ont mené des activités de sensibilisation qui ont touché
environ 12 500 personnes, sur les thèmes « back to school campaign »,
« l’inscription et le maintien des élèves à l’école », « l’importance de la
scolarisation surtout pour les filles » et « l’alphabétisation pour les adultes ».
ii) Le renforcement des ressources humaines et infra-
structurelles
1184- Dans les zones abritant les centrafricains, 150 maîtres des parents
ont été recrutés dans le cadre d’une collaboration MINEDUB-HCR. Au
plan infrastructurel, 45 nouvelles salles de classe ont été construites en 22
blocs avec des bureaux pour enseignants. Ces salles de classe, mises à
la disposition du MINEDUB, étaient issues du projet Educate A Child co-
financé par le HCR et le fonds de la fondation Education Above All. Par
ailleurs, le 18ème reconstitution des ressources de l’IDA ( IDA 18 ) de la
Banque Mondiale a contribué à renforcer l’offre en infrastructures scolaires
dans lesdites zones à travers la construction de 21 blocs de 2 salles de
classe chacun, de 15 logements d’astreintes à double appartements pour
enseignants dans les localités enclavées ainsi que des latrines scolaires.
1185- Concernant l’éducation des enfants nigérians, 50 enseignants ont
été formés sur des thèmes portant sur la mise en œuvre et l’exploitation
des nouveaux curricula, sur la réduction des risques de catastrophes et
la gestion des conflits dans le cadre de l’éducation en urgence. A Mina-
wao, un bâtiment de 3 salles de classes a également été réfectionné.
iii) Les appuis à l’éducation
1186- Pour l’éducation des refugiés centrafricains, 150 maîtres recrutés
dans le cadre de la collaboration MINEDUB-HCR ont reçu une motiva-
tion financière mensuelle de 40 000 FCFA335. Par ailleurs, 392 enfants
ont été appuyés pendant leur déplacement pour des activités scolaires
connexes, 214 élèves des écoles publiques primaires ont été inscrits au
335
Soit 61, 06 euros.

357
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

Certificat d’Etudes Primaires, au concours d’entrée en 6ème et en 1ère an-


née de l’enseignement technique. Pour l’année scolaire 2020/2021, 2
204 enfants du primaire sur les 2500 prévus ont bénéficié d’une assis-
tance scolaire, soit 1 404 à Yaoundé et 800 à Douala. Au niveau du se-
condaire, 417 élèves des classes de 6ème à 3ème et 120 élèves des classes
de 2nde à Terminale ont reçu une aide financière pour leur scolarité.
1187- S’agissant des enfants nigérians du site de Minawao, le Gouver-
nement à travers le MINEDUB a offert en début d’année scolaire, des pa-
quets minima aux 6 écoles y présentes. Par ailleurs, pour les enfants du
préscolaire, il a fourni 46 nattes aux écoles, ainsi que 64 petites chaises
et 16 petites tables pour 2 écoles maternelles. De même, ces enfants ont
reçu 1 800 kits scolaires planifiés, 42 kits pédagogiques et 100 tenues
scolaires336. Au niveau du primaire, il a offert des kits à 8 421 élèves (3
902 filles et 4 519 garçons), 700 kits scolaires uniquement pour les élèves
du CM1 et CM2, 760 tenues scolaires. En outre, la bibliothèque du site
de Minawo a été approvisionnée avec 629 livres de français, mathé-
matiques, science, technologie etc.
1188- Concernant les élèves du secondaire, 12 ont reçu un appui financier
pour les frais d’examen (GCE) et 9 dont 3 filles des filières scientifiques,
non existantes à Minawao, ont été inscrits dans un établissement à Ma-
roua. Par ailleurs, des kits scolaires ont été distribués à 724 élèves (276
garçons, 448 filles), 70 tables-bancs pour les salles de classe, 36 kits pé-
dagogiques aux enseignants. Une aide financière a été octroyée à 545
élèves des classes de 3ème et de Terminale (206 garçons, 339 filles) pour
les frais des dossiers d’examen.
b) La demande d’éducation
1189- Les statistiques relatives à l’inscription des refugiés centrafricains
au niveau du primaire ont révélé que 33 620 enfants réfugiés (14 072
filles et 19 548 garçons) sur un total de 65 715 en âge scolaire étaient
inscrits dans 376 établissements primaires publics, soit un taux de scola-
risation d’environ 51%. Dans les zones urbaines, 79% des enfants réfu-
giés en âge de fréquenter l’école primaire étaient inscrits. Au niveau du
secondaire, le taux d’inscription était de 82% pour les classes de 6ème à
336
Prévues pour 50 filles et 50 garçons.

358
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

3èmeet de 86,48% pour celles allant de la 2nde à la Terminale, avec 84%


de filles en général.
1190- Pour les enfants nigérians du site de Minawao durant l’année aca-
démique 2020-2021, sur 21 641 enfants en âge scolaire à la maternelle
et au primaire (10 911 garçons et 10 730 filles), on a enregistré glo-
balement 13 088 enfants (6 770 garçons et 6 318 filles), soit un taux de
scolarisation de 68,47%. Ainsi, s’agissant du préscolaire, il y a eu l’ins-
cription de 3 757 enfants dont 1 823 garçons et 1 934 filles, ce qui fait
un taux de 59,41% et le taux d’assiduité des enseignants était de 99%
sur 95 % ciblés. Au cycle primaire, 11 062 enfants étaient enregistrés (5
756 garçons et 5306 filles), soit un taux d’inscription de 72,21%, avec
un taux d’assiduité des enseignants de 93% sur 90% ciblé.
1191- Au secondaire, 806 élèves ont été inscrits (474 garçons et 332
filles), soit un taux 6,59%. Lors de la procédure de rapatriement volon-
taire, 534 enfants réfugiés ont reçu leur certificat de scolarité. Concernant
l’alphabétisation pour adultes, les activités de sensibilisation ont permis
d’enregistrer 562 personnes dont 260 hommes et 302 femmes. A la fin
de la formation, 32 d’entre eux dont 25 femmes ont reçu des attestations.
1) La nutrition des réfugiés
1192- Les réfugiés au Cameroun ont bénéficié d’une aide nutritionnelle.
A titre d’illustration dans la région de l’Extrême-Nord, le Programme Ali-
mentaire Mondial a assuré dès fin janvier 2021, 11 distributions mensuelles
de vivres aux réfugiés du site de Minawao, soit un panier alimentaire indi-
viduel représentant une valeur calorique de 1 471Kcal (environ 405g/pers/j).
A la fin de l’année de référence, un nombre total de 740 834 réfugiés en
ont bénéficié avec une moyenne de 67 348 personnes/mois.
C : L’autonomisation des réfugiés
1193- Les appuis divers, la formation et les activités agricoles ont été
privilégiés pour faciliter la résilience des réfugiés en 2021.
1) L’apport des soutiens multiformes
1194- Le Gouvernement camerounais, représenté par le MINEFOP, a signé
le 24 février 2021, un Accord de partenariat avec le Bureau International

359
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

du Travail et le HCR relatif à la facilitation de l’accès à l’emploi décent aux


réfugiés vivant au Cameroun. De plus, ces derniers ont reçu des appuis di-
vers du Gouvernement. Ainsi par exemple, il a offert aux centrafricains nou-
vellement entrés au Cameroun et avant leur installation dans le site de Gado
Badzere, des dons de première nécessité337, y compris des ressources fi-
nancières. A Kentzou, 400 familles de réfugiés centrafricains ont également
reçu une aide humanitaire, de même que 600 familles de réfugiés centrafricains
à Garoua Boulaï et 150 réfugiés chinois venant de la RCA.
1195- Venant en appui, l’Organisation Internationale du Travail a, avec
le soutien de l’Agence Coréenne de Coopération Internationale, lancé
le 16 décembre 2021 le « Projet d’autonomisation des femmes pour des
économies résilientes et des communautés pacifiques dans les Régions de
l’Est et de l’Adamaoua ». Ledit Projet, prévu pour 4 ans dans 16 communes
et financé à hauteur de près de 46 000 000 000 FCFA338, a pour ob-
jectif d’aider environ 5 000 personnes dont des réfugiés339, plus parti-
culièrement les femmes, à créer des entreprises et des coopératives agri-
coles durables tout en leur facilitant l’accès aux services sociaux de base.
1196- Par ailleurs, dans les 3 régions hébergeant les réfugiés centrafricains,
55 Groupes d’Initiatives Communes ainsi que des associations villageoises
d’épargnes et de crédits réunissant en moyenne 550 femmes, ont été ac-
compagnés et suivis par le HCR. En outre, grâce au Projet Revolving Funds340
initié par ce partenaire, des fonds alloués à l’autonomisation des réfugiés
à travers des activités génératrices de revenus (AGR) ont été générés. Une
somme de 52 000 000 FCFA341 a ainsi été allouée à la réalisation de pro-
jets tels que la construction de 4 bâtiments pour des fermes avicoles, la dis-
tribution aux réfugiés de kits AGR et de kits agricoles, ainsi que le paiement
des frais de formation pour l’obtention du permis de conduire.
2) La formation
1197- Les fonds alloués par le Projet revolving Funds ont permis la for-
mation pratique de 50 réfugiés centrafricains, suivie de la mise en place
337
Ces dons comprenaient des matériels de couchage, des denrées alimentaires et des kits sani-
taires et une centaine de familles d’accueil en a aussi profité.
338
Soit 70 229 007,63 euros.
339
Ce projet cible aussi les femmes PDI et des populations hôtes.
340
Micro- credit schemes.
341
Soit 79 389, 31 euros.

360
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

d’un élevage de 1000 poulets de chair et de 1000 poulets pondeuses,


la formation de 25 femmes en pâtisserie avec la création d’une boulan-
gerie artisanale pour 25 femmes, et la formation et la mise en place d’une
unité de production de champignons comestibles pour 20 réfugiés. A tra-
vers ledit Projet, 25 réfugiés ont été formés en conduite automobile à Mei-
ganga et après l’obtention du permis de conduire, certains ont été insé-
rés dans le transport en commun pour subvenir à leurs besoins et ceux de
leurs familles. A Batouri, 75 jeunes réfugiés ont également été formés et
71 ont obtenu leurs permis de conduire, soit un taux de réussite de 94,7%.
1198- En outre, 25 réfugiés urbains de la ville de Douala et originaires
de la RCA, du Libéria, du Mali et la Côte d’Ivoire ont reçu des parche-
mins au terme d’une formation en entrepreneuriat agricole et en e-com-
merce du 23 au 26 février 2021. Cette formation a été organisée par
l’Africa Hope Refugees en collaboration avec le Gouvernement came-
rounais, l’Agence Française de Développement et le HCR. Il leur a été de-
mandé de mettre à profit les notions apprises pour leur autonomisation ef-
fective à travers des activités agricoles et commerciales.
3) Les activités agricoles
1199- La culture des terres a été l’une des options pour favoriser l’indé-
pendance des réfugiés. A titre d’illustration, des propriétaires terriens dans
les régions de l’Adamaoua, l’Est et le Nord ont concédé 1 060 ha des
terres arables au profit de 2 265342 personnes dont 1 586 réfugiés. La
culture de ces terres a abouti à une production globale de 3 014 tonnes
de vivres. Concernant les céréales et les légumineuses, les réfugiés de la
localité de Mandjou ont enregistré la plus grande production avec 405
tonnes de maïs et 258 tonnes d’arachide. 30% de ces productions ont
servi à nourrir les familles des bénéficiaires et 60 % environ ont été ven-
dues pour permettre à ces familles d’accéder aux autres besoins de base343
et d’agrandir ou diversifier leurs AGR.

342
Y compris 679 hôtes.
343
Notamment la santé, la scolarité, l’hébergement, l’habillement, etc.

361
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

SECTION 2 : LA GESTION DES PERSONNES DEPLACEES


INTERNES
1200- Des séances de formation des acteurs sur la protection des déplacés
internes ont été organisées. Tel est le cas de la session tenue du 7 au 9
septembre 2021 avec l’appui du Comité International de la Croix-Rouge,
à l’intention des élèves Administrateurs de l’Ecole Nationale d’Adminis-
tration et de Magistrature à Yaoundé sur les défis liés à la protection des
personnes déplacées internes au Cameroun et les perspectives de mise
en œuvre de la Convention de Kampala. En marge de cela, d’autres ini-
tiatives visant à sauvegarder les intérêts des déplacés internes de la Ré-
gion de l’Extrême-Nord (§1), ainsi que ceux des Régions du Sud-Ouest
et du Nord-Ouest (§2) ont été initiées.
§1 : La prise en charge des personnes déplacées internes de la
Région de l’Extrême-Nord
1201- Le Gouvernement a veillé à ce que la préservation du bien-être des
personnes déplacées internes (PDI) (A), ainsi que le retour vers leurs do-
miciles soient assurés (B).
A : La préservation du bien-être des PDI
1202- Elle a concerné le logement, l’éducation, la santé et la nutrition.
1) Le logement des PDI
1203- Evaluées en 2021 à 357 631, ces personnes ont été soit instal-
lées dans des sites aménagés, soit accueillies dans des ménages.
1204- S’agissant des personnes qui ont été obligées de quitter leurs ré-
sidences suite aux affrontements intercommunautaires entre les Massa/Mous-
goum et les Arabes Choas dans le département du Logone-Et-Chari, elles
étaient évaluées à environ 32 901 personnes. Ces dernières ont trouvé
refuge dans des sites spontanés octroyés par des Chefs traditionnels, des
abris d’urgence construits en paille, pagnes et piquets, ou encore dans
des familles d’accueil des départements du Diamaré344 et du Mayo-Sava345.

344
Notamment Maroua 1,2 et 3, Pétté et Bogo.
345
Mora et Tagawa.

362
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

2) L’accès à l’éducation, à la santé et à l’alimentation des PDI


1205- Les PDI issus des affrontements intercommunautaires suscités vivaient
de dons et du fruit des récoltes, parfois prématurées, dans leurs champs.
Le Gouvernement a distribué aux déplacés à Kousseri et dans les locali-
tés environnantes divers dons alimentaires346, des kits de couchage347et
hygiéniques348.
1206- La distance entre les sites d’accueil et les structures sanitaires, ainsi
que le manque de moyens financiers ont rendu difficiles la scolarité et l’ac-
cès aux soins de ces personnes. L’Organisation Non Gouvernementale
Action Contre la Faim et ses partenaires ont ainsi apporté leur soutien en
octroyant aux PDI des abris, des kits d’hygiène intime pour les femmes et
une assistance alimentaire via des transferts monétaires. Cette Organisation
a en outre déployé une clinique mobile pour apporter à ces derniers un
soutien psychologique, une réponse en santé primaire et une prise en charge
gratuite de la malnutrition.
C : Le maintien de l’option de retour volontaire
1207- La poursuite des actions de sécurisation pour faire revenir la paix
dans les zones impactées par les attaques de Boko Haram ont facilité le
retour de près de 135 257 PDI.
§2 : La protection des droits des personnes déplacées internes
des régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest
1208- Les personnes déplacées involontairement à cause des conflits dans
les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest étaient disséminées à travers
tout le pays et principalement localisées dans les régions du Sud-Ouest
(120 834), du Nord-Ouest (226 708), du Littoral (81 298), du Centre
(60 068), de l’Ouest (75 090), de l’Adamaoua (5 301), du Sud (4 200)
et de l’Est (2 008).
1209- Ces personnes ont été accompagnées à travers des dons divers.
Ainsi, dans le cadre de la mise en œuvre du Plan d’Assistance Humani-
taire d’Urgence, des produits de première nécessité, notamment du ma-
346
Composés notamment de riz, huile, viande, sel, maïs, poisson fumé etc.
347
Il s’est agi de matelas, de couvertures, de nattes….
348
Sceaux, savons…

363
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

tériel de couchage, des denrées alimentaires, ont été distribués à l’ensemble


des PDI. A titre d’illustration, 500 familles à Ebolowa, 100 à Tombel et
300 à Nanga-Eboko ont bénéficié de ces dons, ainsi que 700 familles
à Mamfé et 400 à Eyumodjock. De plus, le Cercle des Amis du Came-
roun a distribué des dons349 en faveur des PDI logées à Bonabéri dans
le Littoral et à Ntui dans le Centre où il a aussi apporté un soutien à l’édu-
cation des enfants PDI de la localité, évalués à plus de 400 dans les en-
seignements maternel et primaire, et pareillement au niveau du secondaire.
Les dons remis comprenant entre autres des fournitures scolaires et du ma-
tériel didactique, venaient à la suite des instructions gouvernementales pré-
conisant l’inscription systématique et gratuite des élèves PDI sur l’ensem-
ble du territoire, y compris ceux qui sont dépourvus d’acte de naissance,
de bulletins ou de diplômes.
*
* *
1210- Dans sa volonté ferme visant à protéger les droits et préserver la
dignité des personnes en situation de déplacement involontaire sous sa
responsabilité, le Gouvernement a renforcé la collaboration avec ses par-
tenaires et poursuivi ses initiatives multiples sur les plans notamment de la
protection, l’accès aux services sociaux de base, la sécurité, l’autonomi-
sation. Toutefois, force est de constater qu’une meilleure gestion de l’in-
stabilité dans les régions en crise, de la Covid-19 et une disponibilité fi-
nancière suffisante permettraient de mieux sauvegarder les droits de ces
personnes.

349
Notamment des matelas, de la literie, des ustensiles de cuisine, des denrées alimentaires, des
médicaments, des produits d’entretien et de première nécessité.

364
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

CONCLUSION DE LA TROISIEME PARTIE


1211- En faveur des questions transversales des Droits de l’Homme et de
la protection des droits catégoriels, des Décrets ont été publiés pour ra-
tifier les instruments internationaux, des textes nationaux ont été adoptés,
l’arsenal institutionnel renforcé, des documents stratégiques évalués et des
initiatives opérationnelles intensifiées. Toutes ces actions ont positivement
impacté la qualité de la gouvernance, les conditions de détention et les
droits des femmes, ainsi que la situation des personnes vulnérables et des
personnes en déplacement non volontaire.
1212- Ainsi, la Convention de Marrakech du 27 juin 2013 visant à fa-
ciliter l’accès des aveugles, des déficients visuels et des personnes ayant
d’autres difficultés de lecture des textes imprimés aux œuvres publiées, a
été ratifiée. Des accords portant sur le droit au travail et à la santé des
refugiés ont été signés. Une série d’ateliers sur la justice juvénile a été or-
ganisée. Par ailleurs, la Politique Nationale Genre a été évaluée. En ou-
tre, la couverture sanitaire et alimentaire des détenus a été améliorée. Da-
vantage, la CONAC, l’ANIF, le CONSUPE et la Chambre des Comptes
de la Cour Suprême ont continué à œuvrer dans la lutte contre la corruption
et la protection de la fortune publique.
1213- Bien que les résultats obtenus par le Gouvernement sur ces ques-
tions étaient satisfaisants, il demeurait des défis essentiellement liés aux
contraintes budgétaires, à la culture des Droits de l’Homme et au sens du
respect de l’intérêt général.

365
CONCLUSION
GENERALE

CONCLUSION GENERALE
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

1214- Au terme du présent Rapport, l’on constate de manière globale que


malgré la pandémie de la Covid-19, les crises sécuritaires, les difficultés
économiques et les changements climatiques, l’Etat du Cameroun,
comme au cours des années précédentes, s’est efforcé en 2021 à rele-
ver les défis de la protection des Droits de l’Homme.
1215- La coopération entre le Cameroun et les mécanismes internationaux
et régionaux de promotion et de protection des Droits de l’Homme a conti-
nué à se déployer, tant sur le volet contentieux que sur le volet non conten-
tieux, notamment à travers le traitement des communications et appels ur-
gents, la participation aux sessions de certaines instances des Droits de
l’Homme et la soumission des rapports périodiques aux organes de trai-
tés. La présence camerounaise au sein de certains mécanismes des Droits
de l’Homme s’est par ailleurs renforcée au cours de l’année de référence.
1216- Au niveau stratégique, le Cameroun a adopté un nouveau Plan na-
tional de développement des populations autochtones 2021-2025, le Plan
d’action 2021-2030 de la Stratégie nationale de développement de la
statistique, ainsi que le Plan de reconstruction de la Région de l’Extrême-
Nord. D’autres documents de stratégie ont été adoptés, notamment dans
le domaine agricole. En outre, la Politique Nationale Genre et son Plan
d’action, la Stratégie Nationale de lutte contre les Violences Basées sur
le Genre, le Plan d’action pour l’élimination des Mutilations Génitales Fé-
minines et le Plan d’action national pour la mise en œuvre de la Résolu-
tion 1325 de l’ONU ont été évalués et revus.
1217- L’activité normative a été particulièrement dense. En effet, le Ca-
meroun a ratifié d’importants textes internationaux et régionaux suscep-
tibles d’impacter significativement la situation des Droits de l’Homme, à
l’instar de la Convention des Nations Unies sur les droits des personnes
handicapées ; du Traité portant création de l’Agence Africaine des Mé-
dicaments ; du Traité de Marrakech visant à faciliter l’accès des aveugles,
des déficients visuels et des personnes ayant d’autres difficultés de lecture
des textes imprimés aux œuvres publiées ; du Protocole à la Charte Afri-
caine des Droits de l’Homme et des Peuples relatifs aux droits des personnes
handicapées ; et du Protocole à la Charte Africaine des Droits de l’Homme
et des Peuples relatif aux droits des personnes âgées.
1218- Au niveau national, des domaines et secteurs clés ont été réglementés,
notamment à travers la Loi n° 2021/014 du 9 juillet 2021 régissant l’ac-

369
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

cès aux ressources génétiques, à leurs dérivés, aux connaissances tradi-


tionnelles associées et le partage juste et équitable des avantages issus
de leur utilisation ; la Loi n° 2021/015 du 9 juillet 2021 portant orga-
nisation du volontariat au Cameroun ; la Loi n° 2021/023 du 16 décembre
2021 régissant les organisations interprofessionnelles au Cameroun ; et
la Loi n° 2021/024 du 16 décembre 2021 portant organisation et pro-
motion de la filière du livre au Cameroun.
1219- L’activité règlementaire a aussi été intense, surtout dans le domaine
de la décentralisation, où l’on a enregistré des décrets organisant l’admi-
nistration-type des régions et encadrant les modalités d’exercice de certaines
compétences transférées aux Collectivités Territoriales Décentralisées.
1220- Sur le plan institutionnel, les points les plus saillants ont été l’opé-
rationnalisation de la Commission des Droits de l’Homme du Cameroun,
la mise en place effective des conseils régionaux, la nomination et l’en-
trée en fonction des public independent conciliators.
1221- S’agissant des infrastructures, l’organisation de la Coupe Africaine
des Nations 2021 a offert l’occasion au Gouvernement d’achever la
construction d’importants édifices sportifs et des structures hospitalières,
et d’améliorer la voirie et les réseaux urbains de plusieurs villes du pays.
1222- Ces importantes avancées ont cependant été jonchées par plusieurs
situations négatives, au rang desquelles l’escalade de la violence à tra-
vers la résurgence des conflits intercommunautaires et la persistance des
attaques terroristes dans certaines régions ; la recrudescence des accidents
de la circulation routière ; l’incendie criminel ayant consumé les locaux
du Tribunal de Première Instance de Foumbot qui a induit les difficultés
de relocalisation des services et de reconstitution des dossiers de procé-
dure ; la montée en puissance de la désinformation et des contenus obs-
cènes sur les réseaux sociaux ; ainsi que la présence continue des réfu-
giés et des personnes déplacées internes.
1223- Il est évident qu’au cours des mois et années à venir, l’Etat du Ca-
meroun devra s’employer à surmonter ces contraintes, en vue d’améliorer
la situation des Droits de l’Homme sur son territoire. Des défis devront éga-
lement être relevés en vue de renforcer la culture des Droits de l’Homme,
le sens du respect de l’intérêt général, la cohésion sociale et le vivre-ensemble.

370
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

ANNEXE
Ont collaboré à l’élaboration de ce Rapport, la Commission des Droits
de l’Homme du Cameroun, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour
les réfugiés, la Cour Suprême, les Cours d’Appel et les Tribunaux, les Dé-
partements ministériels, les structures administratives, les institutions ad-
ministratives indépendantes, les établissements publics et parapublics et
les Organisations de la Société Civile ci-après :
Ministères/structures administratives
- Ministère des Finances (MINFI) ;
- Ministère des Forêts et de la Faune (MINFOF) ;
- Ministère de l’Administration Territoriale (MINAT) ;
- Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural (MINADER);
- Ministère de l’Eau et de l’Energie (MINEE) ;
- Ministère de l’Education de Base (MINEDUB) ;
- Ministère de l’Elevage, des Pêches et des Industries Animales (MI-
NEPIA) ;
- Ministère de l’Emploi et de la Formation Professionnelle (MINEFOP) ;
- Ministère de l’Enseignement Supérieur (MINESUP) ;
- Ministère de l’Habitat et du Développement Urbain (MINHDU) ;
- Ministère de la Communication (MINCOM) ;
- Ministère de la Décentralisation et du Développement Local (MIND-
DEVEL) ;
- Ministère de la Défense (MINDEF) ;
- Ministère de la Fonction Publique et de la Réforme Administrative (MIN-
FOPRA) ;
- Ministère de la Jeunesse et de l’Education Civique (MINJEC) ;
- Ministère de la Justice (MINJUSTICE) ;
- Ministère de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (MI-
NEPAT) ;
- Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille (MINPROFF) ;
- Ministère de la Recherche Scientifique et de l’Innovation (MINRESI) ;
- Ministère de la Santé Publique (MINSANTE) ;
- Ministère des Affaires Sociales (MINAS) ;
- Ministère des Arts et de la Culture (MINAC) ;

371
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

- Ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires Foncières


(MINDCAF);
- Ministère des Enseignements Secondaires (MINESEC) ;
- Ministère des Marchés Publics (MINMAP) ;
- Ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement Technolo-
gique (MINMIDT) ;
- Ministère des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Economie Sociale
et de l’Artisanat (MINPMEESA) ;
- Ministère des Postes et Télécommunications (MINPOSTEL) ;
- Ministère des Relations Extérieures (MINREX) ;
- Ministère des Sports et de l’Education Physique (MINSEP) ;
- Ministère des Transports (MINT) ;
- Ministère des Travaux Publics (MINTP) ;
- Ministère du Commerce (MINCOMMERCE) ;
- Ministère du Tourisme et des Loisirs (MINTOUL) ;
- Ministère du Travail et de la Sécurité Sociale (MINTSS) ;
- Ministère en charge du Contrôle Supérieur de l’Etat (CONSUPE) ;
- Ministre de l’Environnement, de la Protection de la Nature et du Dé-
veloppement Durable (MINEPDED) ;
- Délégation Générale à la Sûreté Nationale (DGSN) ;
- Direction Générale de la Recherche Extérieure (DGRE) ;
- Secrétariat d’Etat à la Défense Chargé de la Gendarmerie (SED).
Juridictions
- Cour Suprême (CS) ;
- Tribunal Criminel Spécial (TCS) ;
- 10 Cours d’Appel.
Autorités administratives indépendantes et structures publiques et
para-publiques
- Agence Nationale d’Investigation Financière (ANIF) ;
- Agence des Normes et de la Qualité (ANOR) ;
- Agence Nationale des Technologies de l’Information et de la Com-
munication (ANTIC) ;
- Agence de Promotion des Investissements (API) ;
- Cameroon Water Utilities Corporation (CAMWATER) ;
- Comité National de Lutte contre le SIDA (CNLS) ;

372
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

- Caisse Nationale de Prévoyance Sociale (CNPS) ;


- Commission Nationale Anti-Corruption (CONAC) ;
- Commission des Droits de l’Homme du Cameroun (CDHC) ;
- Conseil National de la Communication (CNC) ;
- Elections Cameroon (ELECAM) ;
- Fonds National d’Insertion de Jeunes (FONIJ) ;
- Mission d’Aménagement et d’Equipement des Terrains Urbains et
Ruraux (MAETUR) ;
- Mission de Régulation des Approvisionnements des Produits de Grande
Consommation (MIRAP) ;
- Programme National de Développement Participatif (PNDP) ;
- Institut de Recherches Agricoles pour le Développement (IRAD) ;
- Bureau National de l’Etat Civil (BUNEC) ;
- Commission Nationale pour la Promotion du Bilinguisme et du
Multiculturalisme (CNPBM) ;
- Comité National de Désarmement, de Démobilisation et de Réintégration
(CNDDR) ;
- Société Immobilière du Cameroun (SIC) ;
- Crédit Foncier du Cameroun (CFC).
Organisations de la Société Civile et Organisations Internationales
- Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés-Cameroun
(HCR-Cameroun) ;
- Mbororo Social and Cultural Development Association (MBOSCUDA) ;
- Entité des Nations Unies pour l’Egalité de Sexe et l’Autonomisation
des femmes (ONU-Femmes) ;
- Young Men’s Christian Association ;
- Nouveaux Droits de l’Homme (NDH)-Cameroun ;
- International Federation of Women Lawyers (FIDA).

373
TABLE DES
MATIERES

TABLE DES MATIERES


MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

Sommaire ...........................................................................................................v
Avant-propos ...................................................................................................vii
CARTE ADMINISTRATIVE DU CAMEROUN...........................................viii
CARTE JUDICIAIRE DU CAMEROUN.........................................................ix
CARTE DE L’ADMINISTRATION PENITENTIAIRE CAMEROUNAISE...x
LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS........................................................xi
Préface..............................................................................................................xix
INTRODUCTION GENERALE ......................................................................1
CHAPITRE PRELIMINAIRE : LA COOPERATION ENTRE LE
CAMEROUN ET LES MECANISMES INTERNATIONAUX ET
REGIONAUX DE PROMOTION ET DE PROTECTION DES DROITS
DE L’HOMME.....................................................................................................7
SECTION 1 : LA COOPERATION CONTENTIEUSE ...................................9
§1 : Le traitement des nouvelles communications et appels urgents............9
§2 : Le suivi de la mise en œuvre des décisions antérieures .......................9
SECTION 2 : LA COOPERATION NON CONTENTIEUSE ....................11
§1 : La participation du Cameroun aux sessions de certaines
instances des Droits de l’Homme...........................................................11
A : La participation aux sessions du Conseil des Droits de l’Homme
des Nations Unies......................................................................................11
B : La participation aux sessions du Conseil de Paix et de Sécurité
de l’Union Africaine ...................................................................................13
§2 : La contribution à l’élaboration des rapports thématiques
de certains titulaires de mandats............................................................14
§3 : La soumission des rapports périodiques aux organes de traités .......14
§4 : Le renforcement de la présence camerounaise au sein
des mécanismes des Droits de l’Homme ..............................................15
PREMIERE PARTIE : QUESTIONS SE RAPPORTANT AUX DROITS
CIVILS ET POLITIQUES ................................................................................17
INTRODUCTION DE LA PREMIERE PARTIE............................................19
CHAPITRE 1 : LE DROIT A L’INTEGRITE PHYSIQUE ET MORALE,
ET LE DROIT A LA LIBERTE..............................................................................21
SECTION 1: LES VIOLATIONS DES DIFFERENTS DROITS CONSACRES.23
§1 : Les violations du droit à l’intégrité physique.........................................23
A : Les effondrements d’immeubles................................................................23
B : Les accidents de la circulation ..................................................................23

377
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

C : Les statistiques sur la criminalité violente .................................................24


§2 : Les violations du droit à la liberté ..........................................................27
SECTION 2 : LA PREVENTION DES RISQUES DE VIOLATION
DU DROIT A L’INTEGRITE PHYSIQUE ET MORALE, ET A LA LIBERTE ....28
§1 : Le renforcement des capacités des personnels chargés
de l’application de la loi.........................................................................28
A : De la formation initiale ..............................................................................28
B : De la formation continue ...........................................................................29
§2 : La prévention des risques d’atteinte à l’intégrité physique .................29
A : Le renforcement de la sécurité routière ...................................................30
1) Le renforcement des capacités des acteurs en matière
de sécurité routière......................................................................................30
2) La construction et la réhabilitation des infrastructures routières.............30
3) La conception des outils de prévention des accidents
de la circulation routière.............................................................................31
4) L’organisation des campagnes de prévention routière ..........................32
B : La lutte contre la prolifération des armes ................................................32
C : La mise en œuvre effective du Mécanisme national de prévention
contre la torture ..........................................................................................33
D : La lutte contre la traite et le trafic des personnes ...................................34
§3 : La prévention des atteintes au droit à la liberté ...................................35
SECTION 3 : LA SANCTION DES VIOLATIONS ......................................35
§1 : Les sanctions des violations verticales ...................................................35
A : Les sanctions administratives.....................................................................35
B : Les poursuites et les sanctions judiciaires.................................................36
C : Le contentieux de l’habeas corpus...........................................................37
D : L’activité de la commission d’indemnisation des personnes
victimes des gardes à vue et détentions provisoires abusives..............38
§2 : Les sanctions des violations horizontales ..............................................38
A : Les procédures devant les juridictions .....................................................39
B : Les sanctions contre les promoteurs de transport public .......................39
CHAPITRE 2 : LE DROIT A UN PROCES EQUITABLE ...............................41
SECTION 1 : LA MISE EN OEUVRE DES GARANTIES
INSTITUTIONNELLES DU PROCES EQUITABLE ........................................43
§1 : La réaffirmation des garanties afférentes à l’égalité
d’accès à la justice ..................................................................................43

378
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

A : L’intensification de la diffusion du contenu du droit...............................43


1) La publication des instruments normatifs .................................................43
2) La publication des décisions de justice ...................................................44
3) La dissémination des enseignements et de la documentation juridique ...44
B : L’allocation de l’aide juridictionnelle ......................................................45
C : Le développement des infrastructures judiciaires ...................................46
1) Les études prospectives en vue de l’extension de la carte judiciaire .....46
2) La construction et la réhabilitation des infrastructures judiciaires .........47
§2 : La réaffirmation des garanties à l’instance et à la juridiction .............48
A : L’observation de l’exigence d’un Tribunal compétent ..........................48
B : L’observation de l’exigence d’un Tribunal impartial .............................48
C : Les mesures d’ancrage de l’indépendance de la Justice......................49
1) Le rappel du standard de l’indépendance des magistrats du siège ......49
2) Le développement des ressources humaines du service public
de la justice ..................................................................................................49
a) Le renforcement des effectifs des personnels judiciaires.........................49
b) Le renforcement des capacités des personnels judiciaires ....................50
3) L’ancrage des obligations déontologiques des personnels judiciaires......51
a) Le rappel du principe de la subordination hiérarchique ........................51
b) Le contrôle et l’évaluation des juridictions ...............................................52
c) Le suivi disciplinaire des personnels judiciaires .......................................52
4) Les fonds alloués au service public de la Justice.....................................52
SECTION 2 : LA MISE EN OEUVRE DES GARANTIES
PROCEDURALES DU PROCES EQUITABLE.................................................54
§1 : Le raffermissement de l’exigence d’équité de la procédure ............54
§2 : L’observance du standard de la publicité des débats ........................54
A : Le principe de la publicité des débats.....................................................55
B : Le caractère exceptionnel du huis clos....................................................55
§3 : La préservation des droits de la défense ..............................................56
A : Le droit à l’assistance d’un conseil...........................................................56
1) L’assistance par les avocats .......................................................................56
2) L’assistance par d’autres professionnels...................................................57
B : Le droit d’être jugé dans la langue qu’on maîtrise le mieux.................57
C : Le droit d’être jugé dans un délai raisonnable ......................................58
§4 : L’exercice des voies de recours ............................................................59

379
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

CHAPITRE 3 : LA LIBERTÉ D’EXPRESSION ET DE COMMUNICATION ...61


SECTION 1 : UNE OFFRE VARIEE DES MOYENS D’ACCES A
L’INFORMATION............................................................................................63
§1 : L’évolution des sources d’information. ..................................................63
§2 : La poursuite de la réduction de la fracture numérique. ......................63
§3 : Le maintien de l’appui de l’Etat à la presse à capitaux privés...........64
SECTION 2 : LA SECURISATION DE L’ACCES AUX TECHNOLOGIES
DE L’INFORMATION ET DE LA COMMUNICATION ............................64
§1 : Le renforcement des capacités...............................................................64
§2 : Les audits de sécurité .............................................................................65
§3 : La veille de sécurité ................................................................................65
§4 : La sensibilisation des usagers des services de télécommunications....66
SECTION 3 : LA REGULATION DE L’EXERCICE DE LA LIBERTE
D’EXPRESSION ET DE COMMUNICATION .............................................67
§1 : Le maintien de l’ordre public numérique. ...........................................67
§2 : La sanction des dérives dans le secteur des medias
et des communications électroniques....................................................68
A : L’activité de régulation du Conseil National de la Communication....68
B : La répression des violations par les juridictions......................................70
C : La régulation par l’Agence de Régulation des Télécommunications ....70
CHAPITRE 4 : LE DROIT DE PARTICIPER A LA GESTION
DES AFFAIRES PUBLIQUES............................................................................73
SECTION 1 : LA GARANTIE DES DROITS ELECTORAUX
DES CITOYENS ...............................................................................................75
§1 : L’organisation des élections régionales partielles................................75
§2 : La révision des listes électorales.............................................................76
§3 : L’autorisation de nouveaux partis politiques ........................................77
§4 : L’interruption des mandats de certains élus ........................................78
SECTION 2 : L’APPROFONDISSEMENT DE LA DECENTRALISATION.....78
§1 : L’encadrement des modalités d’exercice de certaines
compétences transférées.........................................................................79
§2 : Sur le plan institutionnel...........................................................................79
A : La mise en place effective des conseils régionaux ................................80
B : L’entrée en fonction des Public Independent Conciliators.....................80
C : L’adoption d’une organisation-type de l’administration régionale ......81
§3 : Sur le plan financier.................................................................................81

380
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

A : L’augmentation substantielle de la Dotation Générale


de la Décentralisation................................................................................82
B : Le renforcement des systèmes de gestion des finances
publiques locales........................................................................................84
§4 : Le renforcement des capacités des élus et fonctionnaires locaux .....85
§5 : Sur le plan opérationnel .........................................................................86
A : La clarification des rapports entre l’Etat et les régions ..........................86
B : L’implication des populations dans le processus
de développement local............................................................................87
C : L’appui à l’action communale ..................................................................87
SECTION 3 : LE RENFORCEMENT DE L’EFFICACITE
DE LA FONCTION PUBLIQUE ......................................................................89
§1 : L’augmentation des effectifs dans la fonction publique ......................89
§2 : L’amélioration de l’efficience de la fonction publique ........................90
A : Le renforcement des capacités des agents publics................................90
B : L’assainissement du fichier solde de l’Etat et la sanction
des agents publics indélicats ....................................................................91
C : La rationalisation du traitement de la solde et des pensions
des agents publics......................................................................................92
D : L’approfondissement de la digitalisation de la fonction publique .......92
SECTION 4 : LA SYNERGIE ENTRE LES ACTEURS DE LA VIE
POLITIQUE........................................................................................................93
§1 : La vitalité du Parlement ...........................................................................93
§2 : La synergie entre les parlementaires et la société civile......................94
§3 : Le renforcement des capacités des parlementaires.............................94
CONCLUSION DE LA PREMIERE PARTIE................................................97
DEUXIEME PARTIE : QUESTIONS SE RAPPORTANT
AUX DROITS ECONOMIQUES, SOCIAUX ET CULTURELS................99
INTRODUCTION DE LA DEUXIEME PARTIE........................................101
CHAPITRE 1 : LE DROIT A L’EDUCATION...............................................103
SECTION 1 : LA MISE EN ŒUVRE DU DROIT A L’EDUCATION
DANS L’ENSEIGNEMENT DE BASE .........................................................105
§1 : La résilience du système face au contexte de crises........................105
§2 : L’accès à l’éducation dans l’enseignement de base ........................106
A : Le renforcement de l’offre en éducation...............................................106

381
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

1) Le développement des infrastructures scolaires et la création


de nouvelles écoles ..................................................................................106
2) L’octroi des subventions au titre de bonification des
performances scolaires ...........................................................................107
3) L’offre en matériel didactique et manuel scolaire.................................107
4) La poursuite du projet « Ecole et langue maternelle » ........................107
B : La demande en éducation .....................................................................107
§3 : Le renforcement des effectifs des enseignants et la lutte
contre les établissements clandestins ..................................................108
§4 : Les résultats aux examens officiels ......................................................108
SECTION 2 : LA REALISATION DU DROIT A L’EDUCATION
DANS LES ENSEIGNEMENTS SECONDAIRES ......................................109
§1 : L’accès à l’éducation dans les enseignements secondaires ............110
A : L’offre à l’éducation dans les enseignements secondaires ................110
B : Les mesures incitatives à l’éducation .....................................................110
C : La demande en éducation dans les enseignements secondaires......110
§2 : La gestion rationnelle des effectifs ......................................................111
§3 : La poursuite de l’éducation inclusive et la lutte contre
les établissements clandestins ..............................................................112
A : La poursuite de l’éducation inclusive ...................................................112
B : La lutte contre les établissements clandestins .......................................112
§4 : Les résultats obtenus aux examens officiels ......................................112
A : Dans l’enseignement général ................................................................112
B : Les résultats aux examens officiels dans l’enseignement technique....118
C : Les résultats aux examens professionnels dans les écoles
normales d’instituteurs .............................................................................123
SECTION 3 : LA MISE EN ŒUVRE DU DROIT A L’EDUCATION
DANS L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR.....................................................124
§1 : La continuité de l’enseignement hybride ............................................124
§2 : La demande en éducation dans l’enseignement supérieur ............126
§3 : La gestion des ressources humaines ...................................................127
A : Le recrutement des nouveaux enseignants...........................................127
B : La promotion des enseignants en grade...............................................127
§4 : La participation aux examens officiels et les taux de réussite .........127
CHAPITRE 2 : LE DROIT A LA SANTE.......................................................129
SECTION 1 : LA PROMOTION DE LA SANTE ...................................131

382
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

§1 : L’action communautaire pour la promotion de la santé...................131


§2 : L’amélioration du cadre de vie de la population..............................132
§3 : La planification familiale.......................................................................132
§4 : La lutte contre la malnutrition ...............................................................133
§5 : La lutte contre les substances illicites ou nocives ...............................134
SECTION 2 : LA PREVENTION ET LA PRISE EN CHARGE DES
MALADIES......................................................................................................134
§1 : La prévention des maladies .................................................................134
A : Les maladies transmissibles ...................................................................134
1) Les maladies transmissibles prioritaires ..................................................134
2) Les épidémies ............................................................................................136
B : Les maladies non transmissibles .............................................................137
§2 : La prise en charge des maladies.........................................................137
A : Les maladies transmissibles.....................................................................137
1) Les maladies transmissibles prioritaires ..................................................137
2) Les maladies tropicales négligées (MTN) ............................................138
3) Les épidémies ............................................................................................138
B : Les maladies non transmissibles ............................................................139
SECTION 3 : LA SANTE DE LA MERE, DE L’ADOLESCENT
ET DE L’ENFANT ...........................................................................................140
§1: La santé maternelle.................................................................................140
§2 : La santé de l’adolescent ......................................................................142
SECTION 4 : LE RENFORCEMENT DU SYSTEME DE SANTE..............144
§1 : La disponibilité des formations sanitaires, des ressources
humaines et des équipements .............................................................145
A : La disponibilité des formations sanitaires .............................................145
B : Les ressources humaines .........................................................................145
C : La disponibilité des équipements ...........................................................146
§2 : L’accessibilité aux soins de santé ........................................................147
CHAPITRE 3 : LE DROIT A UN NIVEAU DE VIE SUFFISANT................149
SECTION 1 : LE DROIT A L’ALIMENTATION ..........................................151
§1 : L’élaboration de nouveaux outils stratégiques ..................................151
A : Le Plan des réformes prioritaires pour l’amélioration de
l’environnement des affaires dans le secteur agropastoral................151
B : Le Plan de développement du maïs et du manioc...............................152
§2 : La lutte contre l’insécurité alimentaire .................................................152
§3 : La garantie de la disponibilité des produits alimentaires .................153

383
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

A : L’intensification de la recherche ............................................................154


B : La mutualisation des efforts en vue du développement
du secteur agropastoral..........................................................................154
C : Le renforcement des capacités de production .....................................155
1) Le renforcement des capacités de production dans
le domaine agricole .................................................................................155
a) La promotion du machinisme agricole local ........................................155
b) L’aménagement des espaces agricoles .................................................156
c) La construction d’un centre d’incubation pilote .....................................156
d) Le financement de la production agricole .............................................157
e) La production et la distribution des semences améliorées ...................158
f) Le renforcement des capacités des agents publics en matière agricole ..159
2) Le renforcement des capacités de production dans
le domaine pastoral .................................................................................160
3) Le renforcement des capacités de production dans les
domaines halieutique et piscicole...........................................................161
§4 : La garantie de l’accessibilité des produits alimentaires ...................162
A : La lutte contre l’inflation des coûts des produits de première
nécessité et la vie chère..........................................................................162
1) L’état des lieux de la situation inflationniste...........................................162
2) La stratégie d’approvisionnement des marchés....................................163
3) Les mesures visant la réduction des importations .................................165
B : La multiplication des structures et des espaces de distribution
des produits ..............................................................................................165
1) Les activités ponctuelles visant l’accessibilité des produits alimentaires..165
2) L’aménagement de nouveaux espaces de distribution des
produits alimentaires ................................................................................166
C : L’accompagnement des acteurs économiques ....................................166
§5 : La garantie de l’acceptabilité des produits alimentaires..................167
A : L’amélioration de la qualité des produits alimentaires .......................167
B : La normalisation et la certification des produits alimentaires .............168
1) L’élaboration des normes ........................................................................168
2) L’évaluation de la conformité des marchandises..................................169
3) La certification des produits locaux ........................................................169
C : Le contrôle de la qualité des produits alimentaires ............................169
1) Les activités de contrôle ...........................................................................169
2) La saisie des produits de contrebande ..................................................170

384
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

SECTION 2 : LE DROIT A L’EAU ET A L’ENERGIE ..................................171


§1 : L’accès à l’eau potable ........................................................................171
A : La poursuite des réalisations des projets de production de l’eau .....171
B : La distribution de l’eau ............................................................................173
§2 : L’accès à l’énergie ................................................................................173
A : Le renforcement du cadre institutionnel ................................................174
B : L’accès à l’énergie électrique ................................................................174
1) La poursuite des projets d’infrastructures de production
de l’énergie électrique .............................................................................174
2) La poursuite des projets d’infrastructures de transport
de l’énergie électrique .............................................................................176
3) La distribution de l’énergie électrique ....................................................177
C : Les énergies renouvelables ....................................................................178
D : Les produits pétroliers et gaziers ...........................................................178
SECTION 3 : LE DROIT A UN LOGEMENT ADEQUAT.........................179
§1 : Le renforcement du cadre normatif et la signature des accords .....179
§2 : La poursuite de la construction et de la gestion des logements,
de la sécurisation des terres, et de la promotion de l’immobilier
par les personnes privées.....................................................................180
A : La construction et de gestion des logements sociaux .........................180
B : La sécurisation des terres et les indemnisations....................................182
§3 : Les travaux d’aménagement et les mesures d’assainissement
des zones urbaines ...............................................................................184
A : les travaux d’aménagement urbain ......................................................184
B : les mesures d’assainissement des villes.................................................184
CHAPITRE 4 : LE DROIT AU TRAVAIL ET A LA SECURITE SOCIALE........187
SECTION 1 : LA POURSUITE DE LA PROMOTION
DE L’EMPLOYABILITE....................................................................................189
§1 : Les actions visant l’accroissement de l’offre de l’emploi ..................189
A : L’accompagnement des jeunes à l’insertion professionnelle .............189
B : L’accompagnement des Petites et Moyennes Entreprises...................193
C : La poursuite de programmes spécifiques ............................................194
§2 : La mise en adéquation formation-emploi ..........................................194
SECTION 2 : LA PROMOTION ET LA PROTECTION DU TRAVAIL
DECENT, ET LA REDYNAMISATION DU DIALOGUE SOCIAL.............195
§1 : La protection des droits des travailleurs .............................................195
A : La protection administrative des droits des travailleurs.......................195

385
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

B : La protection judiciaire des droits des travailleurs...............................195


§2 : La redynamisation du dialogue social et du syndicalisme...............196
SECTION 3 : L’IMPACT DES CRISES SUR LE SECTEUR
DE L’EMPLOI ET DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE ..................197
SECTION 4 : LA PROMOTION ET LA PROTECTION
DE LA SECURITE SOCIALE ..........................................................................198
§1 : Le renforcement du système de sécurité sociale................................198
§2 : Le paiement des prestations sociales et l’accroissement du
nombre des assurés sociaux et des immatriculations d’employeurs ...198
A : Le paiement des prestations sociales ....................................................198
B : L’augmentation du nombre des assurés sociaux et des
immatriculations d’employeurs...............................................................199
§3 : Le suivi de la conformité des employeurs aux obligations sociales .....199
A : La conformité des employeurs aux obligations sociales ....................199
§4 : L’état du contentieux de la prévoyance sociale................................201
A : Le contentieux du recouvrement des cotisations sociales...................201
1) La phase gracieuse .................................................................................201
2) La phase contentieuse devant les juridictions administratives .............201
B : Le contentieux des prestations sociales.................................................201
CHAPITRE 5 : LE DROIT A LA CULTURE ET AUX LOISIRS .....................203
SECTION 1 : DISPONIBILITE DES BIENS CULTURELS ..........................205
§1 : Amélioration de l’infrastructure culturelle ...........................................205
§2 : La préservation des biens culturels .....................................................205
A : La conservation préventive du patrimoine culturel
des risques imminents .............................................................................206
B : La visibilité à travers la préservation des sites patrimoniaux ..............206
SECTION 2 : L’ACCESSIBILITE AUX SERVICES CULTURELS.................207
§1 : Organisation de festivals et d’expositions..........................................207
SECTION 3 : LA REFORME DE LA FILIERE DU LIVRE..............................209
§1 : Contexte et justification de la réforme ................................................209
§2 : Points saillants de la loi portant organisation et promotion
de la filière du livre au Cameroun ......................................................209
SECTION 4 : LA PROTECTION DES INTERÊTS MORAUX
ET MATERIELS DES ACTEURS CULTURELS ..............................................210
§1 : Les redevances aux artistes..................................................................211
§2 : Les distinctions........................................................................................211

386
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

SECTION 5 : LA PROMOTION ET LE DEVELOPPEMENT


DU TOURISME ET DES LOISIRS.................................................................212
§1 : Les activités visant à améliorer la visibilité du potentiel touristique.....212
A : La participation aux évènements...........................................................212
B : La production et la distribution du matériel promotionnel ..................213
C : Les activités menées dans le cadre de la CAN
TotalEnergies 2021.................................................................................213
§2 : La disponibilité des infrastructures de tourisme et de loisirs ............214
§3 : Le renforcement des capacités des acteurs
du tourisme et des loisirs ......................................................................215
§4 : Le suivi du secteur du tourisme et des loisirs ......................................215
CHAPITRE 6 : LE DROIT A UN ENVIRONNEMENT SAIN ...................217
SECTION 1 : LE RENFORCEMENT DU CADRE NORMATIF ...............219
SECTION 2 : LA LUTTE CONTRE LES CHANGEMENTS
CLIMATIQUES, LA DESERTIFICATION ET LA GESTION
DURABLE DE LA BIODIVERSITE..................................................................220
§1 : La lutte contre les changements climatiques.......................................220
§2 : La lutte contre la désertification ...........................................................222
§3 : La gestion durable de la biodiversité..................................................224
A : Dans le secteur de l’environnement ......................................................224
1) Les actions de sensibilisation, d’information et de formation...............224
2) Les actions d’évaluation environnementale...........................................225
3) Les actions de conservation et de restauration de l’écosystème.........225
4) Les autres actions sur la biodiversité.......................................................226
B : Dans le secteur des forêts .......................................................................227
SECTION 3 : LA LUTTE CONTRE LES POLLUTIONS, NUISANCES
ET SUBSTANCES CHIMIQUES NOCIVES ET/OU DANGEREUSES...229
§1 : La lutte contre les emballages plastiques non-biodégradables......229
§2 : La gestion des déchets..........................................................................229
SECTION 4 : L’ÉTAT DU CONTENTIEUX ENVIRONNEMENTAL
ET FAUNIQUE ...............................................................................................230
§1 : Dans le domaine environnemental .....................................................230
§2 : Dans le domaine forestier et faunique................................................231
CONCLUSION DE LA DEUXIEME PARTIE............................................233

387
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

TROISIEME PARTIE : QUESTIONS TRANSVERSALES


DES DROITS DE L’HOMME ET DES DROITS CATEGORIELS ...........235
INTRODUCTION DE LA TROISIEME PARTIE .......................................237
CHAPITRE 1 : LE DROIT A LA PAIX ET A LA SECURITE .........................239
SECTION 1 : L’ETAT DES LIEUX DE LA SITUATION SECURITAIRE .....241
§1 : La situation sécuritaire dans la région de l’Extrême-Nord ..............241
A : La résurgence des attaques terroristes .................................................241
B : Les affrontements intercommunautaires.................................................242
§2 : La situation sécuritaire dans les régions du Nord-Ouest
et du Sud-ouest ......................................................................................243
A : La multiplication des incidents au cours des contrôles policiers ........243
B : La réitération des attaques dans les établissements secondaires
et universitaires ........................................................................................244
C : La perpétuation des enlèvements et des embuscades meurtrières....244
§3 : La situation sécuritaire dans la région de l’Est...................................244
§4 : La situation sécuritaire dans la région de l’Ouest .............................245
SECTION 2 : LA MULTIPLICATION DES ACTIONS
DE PREVENTION DE L’INSECURITE..........................................................245
§1 : La sécurisation des frontières ..............................................................246
A : Une nouvelle impulsion dans le processus de sécurisation
de la frontière entre le Cameroun et la RCA .......................................246
B : Des avancées dans le cadre du tracé de la frontière entre
le Cameroun et le Nigéria et entre le Cameroun et le Congo ..........246
§2 : La prévention de l’extrémisme violent et des attaques terroristes .....247
SECTION 3 : LE RENFORCEMENT DES ACTIONS DE
RESTAURATION DE LA PAIX.......................................................................248
§1 : Les actions diplomatiques visant la résolution
de la crise sécuritaire ............................................................................248
§2 : Les actions en faveur de la paix..........................................................249
A : Les croisades de la paix menées par le Chef du Gouvernement
dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest...............................249
B : Les actions sociales des Forces de Défense et de Sécurité ................249
C : La reconstruction des régions en crise .................................................250
1) Les retombées du Plan de reconstruction et de développement
des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest .......................................250
2) L’adoption du Plan de reconstruction de la région de l’Extrême-Nord...251

388
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

§3 : La mutualisation des forces pour une lutte efficace contre


l’insécurité et le terrorisme ...................................................................251
§4 : Le renforcement des capacités des agents publics en
matière de sécurité................................................................................252
§5 : Le désarmement, la démobilisation et la réintégration
des ex-combattants et ex-associés.......................................................253
A : Le renforcement des capacités infrastructurelles du CNDDR ............253
B : Le renforcement des capacités du personnel du CNDDR..................253
C : Les résultats des activités du CNDDR....................................................254
1) L’élaboration d’un outil stratégique........................................................255
2) La démobilisation des ex-combattants et ex-associés...........................255
SECTION 4 : LA POURSUITE DE LA PROMOTION DU
BILINGUISME, DU MULTICULTURALISME ET DU VIVRE-ENSEMBLE.......256
CHAPITRE 2 : LA PROMOTION DE LA BONNE GOUVERNANCE
ET LA LUTTE CONTRE LA CORRUPTION.....................................................259
SECTION 1 : LE RAFFERMISSEMENT DE LA QUALITE DE LA
GOUVERNANCE ........................................................................................261
§1 : Le dialogue entre le secteur public et le secteur privé......................261
A : La poursuite du dialogue entre le secteur public et secteur privé .....261
B : L’évaluation de l’impact des réformes mises en œuvre
dans le cadre du CBF ............................................................................262
§2 : Les mesures fiscales d’amélioration du climat des affaires ..............262
A : Les mesures fiscales d’ordre général ....................................................263
B : Les mesures fiscales spécifiques de réponse aux défis
économiques de la crise sanitaire de la Covid-19..............................263
§3 : La poursuite de la dématérialisation des procédures ......................263
§4 : L’incitation à l’investissement................................................................265
A : Les actions du MINPMEESA..................................................................265
B : Les actions de l’APME ............................................................................266
§5 : L’application du principe de la transparence....................................268
A : L’opérationnalisation de la SONAMINES .........................................268
B : La participation au processus de Kimberly...........................................269
C : La participation à l’Initiative pour la Transparence dans
les Industries Extractives (ITIE). ..............................................................270
SECTION 2 : L’ACCENTUATION DE LA LUTTE CONTRE LA
CORRUPTION ET LES ATTEINTES A LA FORTUNE PUBLIQUE.............270
§1 : Les initiatives de prévention..................................................................271

389
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

A : Le renforcement des capacités ...........................................................271


1) Le renforcement des capacités par la CONAC ..................................271
2) Le renforcement des capacités par le CONSUPE...............................271
B : La sensibilisation, l’information et la communication...........................272
1) Les activités d’information et de communication...................................272
2) La sensibilisation........................................................................................272
a) La sensibilisation par le CONSUPE........................................................272
b) La sensibilisation par la CONAC ...........................................................273
§2 : Les activités de contrôle, d’assistance et de conseil..........................275
A : Les actions de l’ANIF ..............................................................................275
B : Les actions de la CONAC......................................................................276
1) Les dénonciations reçues .........................................................................276
2) Les activités de contrôle et d’investigation ............................................277
C : Les actions du CONSUPE ......................................................................277
1) Le traitement des dénonciations..............................................................277
2) Les dénonciations traitées par les Divisions des Inspections
et de Contrôle (DIC).................................................................................278
3) Les contrôles effectués..............................................................................278
D : Les activités de la Chambre des Comptes de la Cour Suprême .......279
1) Les contrôles juridictionnels et administratifs .........................................279
2) Les travaux d’audit et de certification des politiques publiques..........279
a) L’audit des fonds Covid-19......................................................................279
b) La certification des formulaires de déclaration des recettes
du secteur extractif....................................................................................280
c) L’audit du Programme d’Appui au Secteur des Transports
Phase II (PAST 2).......................................................................................280
d) Le Rapport de certification du Compte Général de l’Etat et
l’Avis sur le Projet de Loi de règlement pour l’exercice 2020 ............280
§3 : Les actions en matière de détection ....................................................281
§4 : La poursuite de la répression ..............................................................282
A : Les sanctions d’ordre administratif .......................................................282
B : Les sanctions d’ordre judiciaire .............................................................283
1) Le contentieux du détournement des biens publics devant le TCS ........283
2) Le contentieux devant les autres juridictions..........................................284
CHAPITRE 3 : LES CONDITIONS DE DETENTION ...............................285
SECTION 1 : LA CARTOGRAPHIE DE LA POPULATION CARCERALE.....287
§1 : La cartographie générale des détenus ..............................................287

390
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

§2 : La cartographie des catégories spécifiques de détenus .................289


A : Les femmes détenues...............................................................................289
B : Les détenus mineurs ................................................................................291
C : Les détenus étrangers .............................................................................292
SECTION 2 : LE DEVELOPPEMENT DES RESSOURCES
PENITENTIAIRES ...........................................................................................292
§1 : Le développement des ressources humaines.....................................292
A : La relative stabilité des effectifs..............................................................292
B : Le renforcement des capacités des personnels pénitentiaires............294
C : L’ancrage déontologique des services pénitentiaires .........................294
1) Le rappel du principe de la subordination hiérarchique ....................294
2) Le contrôle et l’évaluation des services pénitentiaires .........................295
3) La répression des manquements commis par des personnels
pénitentiaires .............................................................................................296
§2 : Le développement des ressources matérielles et infrastructurelles ......296
A : La réalisation d’études stratégiques en vue de l’extension
de la carte pénitentiaire..........................................................................296
B : Les constructions et rénovation des services pénitentiaires ................296
SECTION 3 : LE RENFORCEMENT DE LA QUALITE DU
TRAITEMENT DES DETENUS .....................................................................297
§1 : La couverture alimentaire .....................................................................297
§2 : La couverture sanitaire des détenus....................................................298
A : Le bilan de la riposte contre la Covid-19.............................................298
B : La situation générale de la couverture sanitaire des détenus ............299
C : Les situations spécifiques.........................................................................300
1) Les maladies transmissibles récurrentes .................................................300
2) Les maladies non transmissibles récurrentes..........................................301
3) Les décès....................................................................................................301
§3 : Les mesures d’hygiène, d’assainissement et
d’approvisionnement en électricité .....................................................302
§4 : Les activités socioculturelles et l’assistance sociale ...........................302
§5 : Les actions préparatoires à la réinsertion sociale .............................302
A : La scolarisation des enfants détenus .....................................................302
B : La formation professionnelle et les activités de production ................303
SECTION 4 : LES CONTROLES ET VISITES DES PRISONS...................304
§1 : Les contrôles des prisons ......................................................................304
§2 : Les visites des prisons............................................................................304

391
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

A : Les visites des OSC .................................................................................305


B : Les visites de la CDHC ............................................................................305
C : Les visites de la DDHCI...........................................................................305
CHAPITRE 4 : LA PROMOTION ET LA PROTECTION DES
PERSONNES SOCIALEMENT VULNERABLES.........................................307
SECTION I : LA PROMOTION ET LA PROTECTION DES
DROITS DES ENFANTS ...............................................................................309
§1 : La promotion des droits des enfants....................................................309
A : Le droit à la citoyenneté ........................................................................309
B : L’implication des acteurs .........................................................................310
§2 : Les mesures de protection ....................................................................310
A : La protection des enfants contre la violence et en situation
d’exploitation ...........................................................................................310
B : La protection des enfants dans l’administration de la justice..............311
C : La protection de remplacement ............................................................312
D : La lutte contre le phénomène des enfants de la rue............................313
E : L’identification des enfants associés aux groupes armés ....................314
SECTION 2 : LA PROMOTION ET LA PROTECTION DES
DROITS DES PERSONNES VIVANT AVEC UN HANDICAP.................314
§1 : Le cadre juridique ................................................................................314
§2 : La réinsertion des personnes vivant avec un handicap ....................315
§3 : Le droit à une éducation inclusive .......................................................315
§4 : Le droit à l’éducation et à la culture ..................................................316
§5 : L’amélioration de la santé des personnes vivant
avec un handicap .................................................................................316
§6 : L’inclusion politique des personnes vivant avec un handicap ........317
SECTION 3 : LA PROMOTION ET LA PROTECTION DES
DROITS DES PERSONNES AGEES............................................................317
§1 : Le cadre juridique..................................................................................317
§2 : Le droit à la santé..................................................................................317
§3 : Renforcement des capacités et sensibilisation ...................................318
SECTION 4 : LA PROMOTION ET LA PROTECTION DES
DROITS DES POPULATIONS AUTOCHTONES ......................................318
§1 : Le Plan national de développement des populations autochtones ......318
§2 : Les droits civils........................................................................................319
§3 : Le dialogue intercommunautaire et les droits culturels ....................320

392
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

CHAPITRE 5 : LA PROMOTION ET LA PROTECTION DES


DROITS DE LA FEMME ................................................................................321
SECTION 1 : L’ACTUALISATION DES POLITIQUES NATIONALES
EN MATIERE DE PROMOTION DES DROITS DE LA FEMME .................323
§1 : Les mesures pour l’actualisation de la Politique Nationale
Genre et d’autres documents de politique.........................................323
A : La Politique Nationale Genre (PNG) 2021-2030 ............................323
B : D’autres Documents de Politique ...........................................................324
§2 : La réaffirmation des options politiques de l’Etat................................325
A : L’expérimentation de la budgétisation sensible au genre .................325
B : La production des données sensibles au genre ...................................325
SECTION 2 : LA PROMOTION DE L’EGALITE HOMME-FEMME
DANS LA GESTION DES AFFAIRES PUBLIQUES .....................................325
§1 : La nomination des femmes aux postes de décision et leur
inscription sur les listes électorales ......................................................326
§2 : Le rayonnement des femmes camerounaises dans le sport .............326
A : L’implication des femmes dans l’organisation de grandes
compétitions .............................................................................................327
B : L’accompagnement par l’Etat des acteurs féminins du sport .............327
C : Les performances des femmes dans les compétitions sportives ........327
SECTION 3 : LA PROTECTION DE LA FEMME AU SEIN
DE LA FAMILLE .............................................................................................328
§1 : La promotion du statut de la femme dans le ménage.......................328
§2 : La protection des droits successoraux des femmes...........................328
§3 : La préservation des droits des femmes en matière de divorce........329
SECTION 4 : LA PROTECTION DES DROITS SOCIO-
ECONOMIQUES DES FEMMES ..............................................................329
§1 : La promotion de l’autonomisation économique des femmes ..........329
A : L’accès des femmes à la terre et au financement................................330
1) La promotion du genre dans l’accès à la terre ....................................330
2) L’accès des femmes au financement ......................................................331
B : La croissance économique des femmes dans le secteur agricole .....332
1) La prise en compte des femmes dans les formations agricoles .........332
2) La prise en compte des femmes dans la dotation
des appuis agricoles ................................................................................334
C : La promotion des femmes dans le secteur des TIC..............................335

393
MINJUSTICE
Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

D : Le renforcement des capacités dans divers secteurs


de l’économie : formation des femmes ................................................336
§2 : L’implication des femmes dans les activités économiques
de lutte contre la Covid-19 .................................................................337
SECTION 5 : LA LUTTE CONTRE LES VIOLENCES FAITES
AUX FEMMES................................................................................................337
A : L’éducation et la sensibilisation ............................................................337
B : Le renforcement des capacités des acteurs ..........................................338
§2 : La répression des violences faites aux femmes et aux filles .............339
§3 : La prise en charge des victimes ..........................................................340
SECTION 6 : L’IMPLICATION DES FEMMES DANS
LA RECHERCHE DE LA PAIX........................................................................341
§1 : Les Actions de l’Etat favorisant la participation des femmes
dans la recherche de la paix...............................................................341
§2 : La dynamique de la société civile dans la recherche de la paix ......342
CHAPITRE 6 : LA PROTECTION DES DROITS DES PERSONNES
EN SITUATION DE DEPLACEMENT INVOLONTAIRE ...........................345
SECTION 1 : LA PRISE EN CHARGE DES REFUGIES ET DES
DEMANDEURS D’ASILE ..............................................................................347
§1 : L’accueil et l’installation des réfugiés et des demandeurs d’asile ........347
A : Le nombre croissant de réfugiés et demandeurs d’asile.....................347
B : L’accueil et l’installation .........................................................................348
1) Des réfugiés centrafricains ......................................................................348
2) Des réfugiés d’autres nationalités et des demandeurs d’asile ............349
§2 : Le rapatriement volontaire ..................................................................350
§3 : La prise en charge des réfugiés orientée vers leur indépendance .......350
A : La protection des réfugiés ......................................................................350
1) L’accès à la documentation ....................................................................351
2) La formation...............................................................................................351
3) L’assistance juridique................................................................................353
B : La facilitation de l’accès aux services sociaux de base .....................353
1) La couverture médicale............................................................................353
a) Les actions préventives .............................................................................353
b) L’administration des soins.........................................................................354
c) L’amélioration des infrastructures et des équipements sanitaires ........355
2) L’offre d’éducation ...................................................................................356

394
MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

a) Les mesures incitatives à l’éducation ......................................................356


i) La sensibilisation ........................................................................................356
ii) Le renforcement des ressources humaines et infrastructurelles ...........357
iii) Les appuis à l’éducation .........................................................................357
b) La demande d’éducation ........................................................................358
1) La nutrition des réfugiés............................................................................359
C : L’autonomisation des réfugiés ................................................................360
1) L’apport des soutiens multiformes ...........................................................360
2) La formation ..............................................................................................360
3) Les activités agricoles ...............................................................................361
SECTION 2 : LA GESTION DES PERSONNES DEPLACEES
INTERNES ......................................................................................................362
§1 : La prise en charge des personnes déplacées internes
de la Région de l’Extrême-Nord..........................................................362
A : La préservation du bien-être des PDI ....................................................362
1) Le logement des PDI.................................................................................362
2) L’accès à l’éducation, à la santé et à l’alimentation des PDI ..............363
C : Le maintien de l’option de retour volontaire ........................................363
§2 : La protection des droits des personnes déplacées internes
des régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest ...................................363
CONCLUSION DE LA TROISIEME PARTIE...........................................365
CONCLUSION GENERALE ......................................................................367
ANNEXE........................................................................................................371
TABLE DES MATIERES................................................................................375

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MINJUSTICE Rapport du Ministère de la Justice sur
l’état des Droits de l’Homme
au Cameroun en 2021

EQUIPE DE REDACTION
Superviseur Général :
- Ministre d’Etat, Ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Laurent ESSO
Coordonateurs Généraux:
- Ministre Délégué auprès du Ministre de la Justice, Jean de Dieu MOMO
- Secrétaire d’Etat chargé de l’Administration Pénitentiaire, DOH Jerôme
PENBAGA
Coordonateur Général Adjoint:
- Secrétaire Général du Ministère de la Justice, FEH Helen KWANGA
épse GALEGA,
Coordonateur Technique:
- Directeur des Droits de l’Homme et de la Coopération Internationale,
Hermine KEMBO TAKAM GATSING
Membres de l’équipe de Rédaction :
- ATABONG ARUKE Angelina
- Patrick NSEGBE BELOMBE
- FONKUI MBOUDJEKEU Fernand Duplex
- Henri ENOTI FILS
- Yvonne MEVA’A
- BUWEH Vitalis SAB
- Adele NYAKE épouse MAKA
- Yves Pascal AKINI MVONDO
- ANGAH-AFAH MOSUNG NJOYA
- Alban Hervé SANDIO MOUAFO
- Zita Reine BALOM épouse ZAMBO

397
Dépôt légal : 1er trimestre 2023
Achevé d’imprimer sur les presses des Imprimeries Les Grandes Editions
B.P. : 5057 Yaoundé-Cameroun
Tél.: (237) 672 34 33 25 - 699 74 37 99 - 696 57 32 92
E-mail : [email protected]
Janvier 2023

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