« Lorsqu’on décide de soigner les symptômes d’une maladie
dont vous ne souffrez pas, sachez que vous allez certainement
mourir de celle dont vous souffrez. » Fin de citation, de la part
des étudiants de l’Institut National de Formation en Sciences
de la Santé.
Chers membres du jury,
Chère assistance,
Distingués contradicteurs,
Recevez le bonjour chaleureux de mes coéquipiers et moi.
Au pupitre, vous avez Youssouf DEMBELE accompagné ce
matin par l’éloquente Maïmouna DOUMBIA et le charismatique
Mohamed KEITA, tous étudiants à l’Institut National de
Formation en Sciences de la Santé (INFSS).
Dans une nation où les violences en milieu scolaire et
universitaire ne nous laissent sans mots, une question d’une
importance capitale nous a interpellé à savoir : « La mise en
place de critères d’excellence serait-elle des dispositifs
suffisants pour neutraliser la violence dans les milieux
universitaires en cas de création de nouvelles organisations ? »
De même que vous répondez non à la question de si traiter le
rhume chez une personne souffrant de COVID est-elle
suffisante pour éradiquer la maladie, nous disons aussi non
face à cette thématique.
Mesdames, Messieurs,
Avant toute analyse profonde, explorons d’abord l’univers
lexical et contextuel de la problématique.
L’expression critères d’excellence se définit comme l’ensemble
des normes élevées et précises qui servent de référence pour
évaluer la qualité ou la performance dans un domaine donné.
Neutraliser, selon le Larousse, c’est l’action d’annuler l’effet de
quelque chose ou d’empêcher son effet par une action
contraire.
Quant à la violence en tant que agent de santé, nous avons fait
recours à la définition donnée par l’Organisation mondiale de
la santé qui la définit exactement comme l’utilisation
intentionnelle de la force physique à l’encore des autres qui
entraîne des dommages ou blessures.
Enfin, une organisation dans le contexte de notre thématique
signifie une association gérée par des étudiants ou des élèves
dont les membres sont composés généralement de ces derniers
dans le but de revendiquer leurs droits.
Chère assistance, à present que la lumière est mise sur les
mots et expressions clés, intéressons-nous au sujet en
retraçant l’historique de tout ce que les élèves et étudiants du
Mali ont connu comme association.
Soit ! À cet effet, il est important de vous souligner que toutes
ces associations ont été créées avec un seul objectif : celui de
défendre les intérêts matériels et moraux des élèves et
étudiants du Mali.
Au départ, c’est l’UNEM (Union Nationale des Étudiants du
Mali) qui portait cette aspiration qui avait dissoute en son
temps et qui va voir la naissance de l’UNEEM (Union des
Étudiants et Élèves du Mali) qui aussi a portée l’aspiration des
étudiants à travers beaucoup de revendications entre autres
comme revendication, il faut noter : la suspension du tronc
commun au niveau secondaire, la suppression des
concours d’entrée dans les établissements supérieurs,
l’ouverture des cantines au niveau de certains lycées et
aussi l’arrêt d’exclusion des filles mères.
Ajouter à tout ceci, il ne faut pas oublier cette lutte pour le
paiement régulier des bourses ainsi que leur augmentation.
À la suite de l’histoire, le 27 octobre 1990, l’AEEM
(Association des Élèves et Étudiants du Mali) voit le jour avec
le soutien du syndicat des enseignants, notamment le Syndicat
National de l’Enseignement Supérieur, le Syndicat National de
l’Enseignement et de la Culture, 10 après l’UNEEM.
La Naissance de cette association s’inscrit dans le dynamique
de ce qui a été fait par l’UNAEEM, toujours cette lutte de
défense des intérêts des élèves et étudiants du Mali.
Par ailleurs, il est aussi important de souligner que cette
association a fortement contribué à la manœuvre de l’ère
démocratique du Mali en 1991.
Plus les années passent, les dégâts commencent à se ressentir.
Des militants blessés, nous nous sommes retrouvés dans des
situations plus complexes, plus violentes et des pertes en vies.
Ainsi le mercredi le 13 mars 2024 à la suite du conseil du
ministre. Le gouvernement a pris la décision de dissoudre cette
instance revendicatrice.
Chers dames et messieurs,
vous vous demandez certainement pourquoi cette historique,
était-il nécessaire de la faire ? Eh bien oui, elle a tout son sens
car c’est d’elle qu’est naît notre thématique du jour
Ce pendant la véritable question qu’on doit se poser pour
mieux cerner notre débat du jour est la suivante : est-ce à
cause d’un manque d’excellence que nous avons vécu toute
cette violence dans notre espace universitaire ? Un seul mot
suffirait comme réponse et c’est NON.
Des associations estudiantines, principalement celle que nous
avons tous connu qui est l’AEEM, a été un instrument de
manipulation devant nous tous. Elle a été instrumentalisée par
les anciens, tous devenus des politiciens qui ont élevé les
récents dirigeants des structures de la dite association.
L’histoire ne nous dit nulle part que c’est le manque
d’excellence qui nous a conduits aux violences dans les milieux
universitaires, qu’il en déplaise à qui que soit, encore plus que
qui nous prouve réellement que ces personnes dont au cours
de leur mandat il y a eu des violences ne sont pas excellents ?
Et une dernière question à vous et à nos chers contradicteurs :
Est ces violences sont causées réellement que des militants de
l’AEEM? Si oui dans quelle fin ?
Si vous répondez avec honnêteté à cette question, je pense que
vous allez gentiment nous rejoindre dans notre position, dans
le cas échéant, rassurez-vous que nous n’allons éprouver
aucune pitié pour vous.
Mesdames et messieurs, vous allez certainement entendre
beaucoup parler de l’ancienne association AEEM car un bon
agent de santé est plus intéressé par la cause d’un problème
que le problème lui-même. Nous allons vous détailler autour de
ce débat d’où sortent ces problèmes auxquels nous sommes
confrontés afin que vous admettiez que même la mise en place
des critères est bien insuffisante pour neutraliser les violences
dans les milieux universitaires.
Le débat ne fait que commencer, alors accrochez-vous bien.
Je vous remercie !!!