0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
20 vues12 pages

Decret99 369

Le décret n° 99/369/PM du 19 mars 1999 établit le régime d'interconnexion entre les réseaux de télécommunications au Cameroun, définissant les obligations des opérateurs et les conditions d'interconnexion. Il précise les procédures de demande, les conventions d'interconnexion, ainsi que les coûts et tarifs associés, tout en assurant la régulation par l'Agence de Régulation des Télécommunications. Ce cadre vise à garantir l'accès équitable et la transparence dans les relations entre les opérateurs de télécommunications.

Transféré par

Patou Nnouk
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
20 vues12 pages

Decret99 369

Le décret n° 99/369/PM du 19 mars 1999 établit le régime d'interconnexion entre les réseaux de télécommunications au Cameroun, définissant les obligations des opérateurs et les conditions d'interconnexion. Il précise les procédures de demande, les conventions d'interconnexion, ainsi que les coûts et tarifs associés, tout en assurant la régulation par l'Agence de Régulation des Télécommunications. Ce cadre vise à garantir l'accès équitable et la transparence dans les relations entre les opérateurs de télécommunications.

Transféré par

Patou Nnouk
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

REPUBLIQUE DU CAMEROUN PAIX TRAVAIL PATRIE

DECRET N° 99/369/PM DU 19 MARS 1999


FIXANT LE REGIME D’INTERCONNEXION ENTRE
LES RESEAUX DE TELECOMMUNICATIONS
OUVERTS AU PUBLIC

LE PREMIER MINISTRE, CHEF DU GOUVERNEMENT,

Vu la Constitution ;
Vu la loi n° 98/O14 du 14 juillet 1998 régissant les Télécommunications au Cameroun ;
Vu le décret n° 97/2O5 du 7 décembre 1997 portant organisation du Gouvernement, modifié et
complété par le décret n° 98/O67 du 28 Avril 1998 ;
Vu le décret n° 97/2O6 du 7 décembre 1997 portant nomination d’un Premier Ministre ;
Vu le décret n° 98/198 du 8 septembre 1998 portant création de Cameroun Télécommunications
« CAMTEL » ;
Vu le décret n° 98/199 du 8 septembre 1998 portant création de la société Cameroun
Télécommunications Mobile « CAMTEL MOBILE » ;
Vu le décret n° 98/197 du 8 septembre 1998 portant organisation et fonctionnement de l’Agence de
Régulation des Télécommunications ;

DECRETE :

TITRE I
DES DISPOSITIONS GENERALES

ARTICLE 1er : (1) Le présent décret fixe le régime d’interconnexion entre les réseaux de
télécommunications ouverts au public.

(2) L’interconnexion fait l’objet d’une convention de droit privé entre les parties.
Elle doit être conforme aux concessions et autorisations des opérateurs concernés.

CHAPITRE I
DES CARACTERES GENERAUX DE L’INTERCONNEXION

ARTICLE 2 : La convention d’interconnexion obéit au catalogue d’interconnexion préparé chaque


année par l’opérateur fournisseur d’interconnexion. Ce catalogue est publié après approbation de
l’Agence de Régulation des Télécommunications ci-après dénommée l’ « Agence ».

ARTICLE 3 : (1) La demande d’interconnexion ne peut être refusée si elle est raisonnable au
regard des besoins du demandeur et des capacités de l’exploitant à la satisfaire. Tout refus
d’interconnexion est motivé et notifié par l’opérateur refusant l’interconnexion.
(2) Sous réserve de l’approbation de l’Agence, l’opérateur fournisseur peut refuser
une demande d’interconnexion pendant la période fixée par le cahier des charges.

ARTICLE 4 : Le cahier des charges de l’opérateur fournisseur d’interconnexion précise les détails
éventuels au terme desquels il devra fournir les capacités supplémentaires.

ARTICLE 5 : Les réclamations portant sur le refus d’interconnexion sont portées devant l’Agence
dans les conditions fixées au Titre IV du présent décret.

ARTICLE 6 : L’Agence doit s’assurer que la demande d’interconnexion est raisonnable au regard
des besoins du demandeur et des capacités de l’exploitant à pouvoir la satisfaire. Elle bénéficie à cet
effet de tous les moyens d’investigation nécessaires, et notamment de l’assistance de la force
publique.

ARTICLE 7 : Les opérateurs prennent en compte dans leurs conventions d’interconnexion,


l’ensemble des mesures tendant à garantir le respect des exigences essentielles définies par la loi N°
98/O14 du 14 juillet 1998 régissant les télécommunications au Cameroun, en veillant notamment :

- à la sécurité de formation des réseaux ;


- au maintien de l’intégrité des réseaux ;
- à l’interopérabilité des services ;
- à la protection des données, y compris celles à caractère personnel, liées à la protection
de la vie privée et à la confidentialité des informations traitées, transmises ou stockées.

ARTICLE 8 : (1) Les opérateurs veillent au maintien de l’accès aux réseaux et aux services de
télécommunications dans les cas de défaillance du réseau ou les cas de force majeure.

(2) Ils se conforment aux spécifications techniques adoptées par l’Agence en vue
d’assurer le respect des exigences essentielles.

ARTICLE 9 : Lorsqu’une interconnexion avec un tiers porte gravement atteinte au bon


fonctionnement du réseau d’un opérateur, ou au respect des exigences essentielles, l’opérateur,
après vérification technique de son réseau, en informe l’Agence.

Dans ce cas, l’Agence peut autoriser la suspension de l’interconnexion. Elle en


informe les parties et fixe les conditions nécessaires à son rétablissement.

ARTICLE 1O : (1) L’opérateur peut, à ses risques et périls, et en cas de danger grave portant
atteinte au fonctionnement du réseau (surtension, trafic perturbateur, virus), interrompre le trafic.

Il en informe l’Agence dans un délai de vingt quatre (24) heures en précisant la


nature du danger justifiant sa décision.

(2) L’Agence rend une décision sur l’opportunité de la suspension.

2
Elle a la faculté de prononcer des pénalités à l’encontre de l’opérateur auteur d’une
suspension irrégulière.

ARTICLE 11 : En cas d’évolution technologique ou des besoins nouveaux en matière


d’interconnexion, l’Agence propose une modification conséquente de la réglementation en vigueur.

CHAPITRE II
DU CATALOGUE D’INTERCONNEXION

ARTICLE 12 : (1) Les opérateurs de réseaux ouverts au public sont tenus de publier un catalogue
décrivant une offre technique et tarifaire d’interconnexion, préalablement approuvé par l’Agence.

(2) Le catalogue est soumis à l’approbation de l’Agence dans les six mois suivant
l’attribution de la concession, et publié dans le mois suivant son approbation.

(3) A défaut de publication par l’opérateur, l’Agence procède aux frais de


l’opérateur fournisseur, à la publication du catalogue dans un journal d’annonces légales.

ARTICLE 13 : Toute condition d’interconnexion qui n’aurait pas été prévue par le catalogue de
l’opérateur doit être signalée en tant que telle dans la convention d’interconnexion.

ARTICLE 14 : Les offres inscrites au catalogue publié par les opérateurs de réseaux ouverts au
public contiennent les différentes conditions relatives d’une part, au besoin d’interconnexion des
exploitants de réseaux ouverts au public, et d’autre part, au besoin d’accès au réseau des
fournisseurs de service des télécommunications au public, compte tenu de droits et obligations
propres à chacune de ces catégories d’utilisateurs.

ARTICLE 15 : (1) Les principes d’égalité de traitement et de transparence imposent aux


opérateurs fournisseurs d’interconnexion de communiquer aux opérateurs tiers, les mêmes
informations tarifaires que celles fournies aux demandeurs d’interconnexion avec lesquels ils ont
contracté.

(2) Les pratiques anticoncurrentielles prévues et réprimées par la loi n° 98/O14 du


14 juillet 1998 relative à la concurrence sont interdites, notamment le fait pour les opérateurs de faire
preuve de préférence injustifiée ou d’exercer une discrimination.

ARTICLE 16 : (1) Les subventions croisées sont proscrites. Elles sont sanctionnées conformément
aux dispositions de l’article 6 de la loi n° 98/O14 du 14 juillet 1998 susvisée, sans préjudice de la
réparation des dommages subis par les concurrents.

(2) L’Agence procède à l’évaluation du préjudice en se fondant sur la part du


marché indûment captée par l’opérateur fautif ou en fonction d’un pourcentage du chiffre d’affaires
dégagé par l’opérateur ayant occasionné le dommage.

3
ARTICLE 17 : Les opérateurs ou fournisseurs d’interconnexion sont tenus d’informer les acheteurs
d’interconnexion des modifications de leurs offres d’interconnexion au moins trois mois avant leur
intervention, sauf si l’Agence en dispose autrement.

ARTICLE 18 : (1) L’Agence peut demander à tout moment la modification du catalogue


d’interconnexion lorsqu’elle estime que les conditions de concurrence et d’interopérabilité des
réseaux et services de télécommunications ne sont pas garanties.

(2) Elle peut, après vérification de la capacité technique de l’opérateur, décider


d’ajouter ou de supprimer des prestations inscrites au catalogue pour mettre en œuvre les principes
d’orientation des tarifs d’interconnexion vers les coûts et les besoins de la communauté des
opérateurs.

CHAPITRE III
DES PRESTATIONS OBLIGATOIRES EDICTEES PAR LE CATALOGUE
D’INTERCONNEXION

ARTICLE 19 : Le catalogue d’interconnexion des opérateurs fournisseurs d’interconnexion doit


déterminer les conditions techniques et tarifaires de l’offre. Il prévoit nécessairement :

- Les services fournis, notamment :

· Le service d’acheminement du trafic des télécommunications, offrant des accès


techniques et des options tarifaires de nature à mettre en œuvre le principe de
dégroupage de l’offre locale, interurbaine et internationale ;
· Le service d’aboutement de liaisons louées ;
· Le service des fonctionnalités complémentaires et avancées (y compris l’accès
aux ressources des réseaux intelligents nécessaires à l’interconnexion et à
l’acheminement optimal du trafic) ;
· Les modalités contractuelles ;
· Les frais de mise à disposition des locaux ;

- Les conditions techniques, notamment :

· La description de l’ensemble des points physiques d’une interconnexion et des


conditions d’accès à ces points, lorsque la liaison d’interconnexion est fournie
par un opérateur tiers ;
· Les conditions techniques et tarifaires des liaisons de raccordement aux points
d’interconnexion de l’opérateur tiers, ou d’accès physique au point
d’interconnexion de ces opérateurs, lorsque l’opérateur tiers souhaite fournir
cette liaison ;
· La description complète des interfaces d’interconnexion proposées au catalogue
d’interconnexion, et notamment le protocole de signalisation utilisé à ces
interfaces et ses conditions de mise en œuvre ;

4
- Les tarifs et les frais d’interconnexion, prenant en compte les augmentations de coûts à
moyen et à long termes.

ARTICLE 2O : Le catalogue des opérateurs destiné aux fournisseurs de services des


télécommunications au public doit inclure les prestations et les éléments prévus à l’article 19 ci-
dessus. Il tient compte des droits et des obligations propres à ces fournisseurs.

CHAPITRE IV
DES CONVENTIONS D’INTERCONNEXION

ARTICLE 21 : Les conventions d’interconnexion prévoient nécessairement :

- Au titre des principes généraux :

· les relations commerciales et financières, notamment les procédures de


facturation et de recouvrement, ainsi que les conditions de paiement ;
· les transferts d’informations indispensables entre opérateurs contractants et la
périodicité ou les préavis nécessaires ;
· les procédures à appliquer en cas de proposition d’évolution de l’offre
d’interconnexion par l’une des parties ;
· la détermination de l’étendue et des limites de la responsabilité des parties ;
· les éventuels droits de propriété intellectuelle ;
· la durée et les conditions de renégociation de la convention ;

- Au titre de la description des services d’interconnexion fournis et des rémunérations


correspondantes :

· les conditions d’accès au service de télécommunications de base, ainsi que celles


concernant les opérateurs de réseaux ouverts au public, utilisant des capacités de
liaisons louées ;
· la connexion d’accès aux services complémentaires ;
· les prestations de facturation pour le compte des tiers ;
· les conditions de partage des installations liées au raccordement physique des
réseaux ;

- Au titre des caractéristiques techniques des services d’interconnexion :

· les mesures mises en œuvre pour réaliser un accès égal des utilisateurs aux
différents réseaux et services ;
· les mesures visant à assurer le respect des exigences essentielles ;
· la description complète de l’interface d’interconnexion ;
· la qualité des prestations fournies en termes de disponibilité, de sécurisation,
d’efficacité, et de synchronisation ;
· les modalités d’acheminement du trafic ;

- Au titre des modalités de mise en œuvre de l’interconnexion :

5
· les conditions de mise en œuvre des prestations, les modalités de prévision de
trafic et d’implantation des interfaces d’interconnexion, la procédure
d’identification des extrémités des liaisons louées et les délais de mise à
disposition ;
· la désignation des points d’interconnexion et la description des modalités
physiques d’interconnexion ;
· les modalités de dimensionnement réciproque des équipements d’interface et des
organes communs dans chaque réseau, tendant à maintenir la qualité de service
prévue par la convention d’interconnexion et à sauvegarder le respect des
exigences essentielles ;
· les modalités d’essai de fonctionnement des interfaces et d’interopérabilité des
services ;
· les procédures d’intervention et de relève de dérangement.

ARTICLE 22 : Toute convention d’interconnexion est communiquée pour visa à l’Agence dans les
trente (3O) jours suivant sa conclusion.

TITRE II
DES COUTS ET DES TARIFS D’INTERCONNEXION

CHAPITRE I
DES COUTS D’INTERCONNEXION

ARTICLE 23 : Les opérateurs tiennent une comptabilité spécifique permettant d’identifier les coûts
de leurs activités d’interconnexion.

ARTICLE 24 : La comptabilité spécifique permet d’identifier les différents types de coûts suivants :

- les coûts du réseau général, relatifs aux éléments de réseau utilisés à la fois par
l’opérateur pour les services rendus à ses propres utilisateurs, et pour les services
d’interconnexion ;
- les coûts spécifiques aux services d’interconnexion, directement induits par les seuls
services d’interconnexion ;
- les coûts spécifiques aux services de l’opérateur autres que ceux liés à l’interconnexion,
et induits par ses seuls services.

ARTICLE 25 : (1) Les coûts spécifiques aux services d’interconnexion sont entièrement imputés
aux services d’interconnexion.

(2) Les coûts spécifiques aux services de l’opérateur autres que ceux liés à
l’interconnexion, notamment les coûts de l’accès (boucle locale) et les coûts commerciaux (publicité,
marketing, vente, administration des ventes hors interconnexion, facturation et recouvrement hors
interconnexion) sont exclus de l’assiette des coûts du service d’interconnexion.

6
ARTICLE 26 : Les coûts imputés aux opérateurs des réseaux ouverts au public et aux fournisseurs
de services des télécommunications au public tiennent compte des droits et des obligations propres à
chacune de ces catégories d’opérateurs.

ARTICLE 27 : Les coûts d’interconnexion pour les exploitants de réseaux ouverts au public
doivent reposer sur les principes suivants :

- les coûts pris en compte doivent être liés de manière directe ou indirecte au service
effectivement rendu en matière d’interconnexion ;
- Ils doivent tendre à accroître l’efficacité économique en tenant compte, d’une part, des
investissements nécessaires au renouvellement du réseau sur la base des meilleures
technologies possibles et, d’autre part, du besoin de dimensionnement optimal de ce
dernier en vue de promouvoir un service de qualité.

CHAPITRE II
DE LA TARIFICATION DE L’INTERCONNEXION

ARTICLE 28 : La tarification comprend deux éléments dont une partie fixe correspondant à la
capacité, et une partie variable correspondant au trafic écoulé.

La partie fixe correspond aux frais d’établissement et/ou de raccordement, ainsi


qu’aux frais d’exploitation et d’entretien indépendants du trafic, payés sous forme de versements
périodiques.

La partie variable est déterminée selon que le trafic est local, national, international,
ou acheminé vers un opérateur tiers par rapport au fournisseur et à l’acheteur d’interconnexion.

ARTICLE 29 : (1) Les tarifs d’interconnexion sont soumis au contrôle de l’Agence dans le cadre
du plafond des prix fixés par le cahier des charges de l’opérateur ou de la méthode déterminée par
ledit cahier des charges, tant qu’il existe un opérateur de service de base disposant d’un monopole
ou un opérateur dominant sur un segment du marché.

(2) L’Agence décide en fonction de la position dominante des opérateurs sur le


marché s’il convient d’appliquer un encadrement par prix plafonds ou de fixer les prix sur la base des
coûts pertinents présentés par les opérateurs.

(3) Les opérateurs seront associés à l’élaboration de la méthode définie par


l’Agence.

ARTICLE 3O : L’Agence s’assure que les unités de tarification correspondent aux besoins des
opérateurs interconnectés.

7
TITRE III
DES PRESCRIPTIONS TECHNIQUES DE L’INTERCONNEXION

CHAPITRE UNIQUE
DES POINTS ET DES INTERFACES D’INTERCONNEXION

ARTICLE 31 : Les points d’interconnexion sont définis par les catalogues des opérateurs qui sont
tenus de respecter les prescriptions de leurs cahiers des charges.

ARTICLE 32 : Les opérateurs utilisent les interfaces conformes aux normes en vigueur approuvées
par l’Agence ou, le cas échéant, aux normes usitées au Cameroun avant la publication du présent
décret.

ARTICLE 33 : (1) L’Agence adopte et publie les spécifications techniques complémentaires ou


nouvelles auxquelles les interfaces d’interconnexion doivent se conformer en vue de garantir le
respect des exigences essentielles et la qualité du service.

(2) En l’absence de spécifications techniques publiées par l’Agence, les parties


pourront librement déterminer ces interfaces sous réserve des normes applicables par l’Union
Internationale des Télécommunications.

ARTICLE 34 : L’Agence est obligatoirement saisie pour visa avant la mise en œuvre des normes
nouvelles par un opérateur.

ARTICLE 35 : L’Agence est saisie des désaccords entre les parties sur la fixation des interfaces.
Elle rend sa décision dans un délai d’un (1) mois à compter de sa saisine.

ARTICLE 36 : Avant la mise en œuvre effective de l’interconnexion, et sur la demande de l’une des
parties, les interfaces font l’objet d’essais définis conjointement et réalisés sur site par les deux
opérateurs concerné.

Au cas où les essais d’interconnexion ne s’effectuent pas dans les conditions techniques et de
délai normales, l’une ou l’autre des parties peut saisir l’Agence.

ARTICLE 37 : Lorsque l’un de ces opérateurs souhaite utiliser une interface d’interconnexion qui
ne figure pas dans son catalogue d’interconnexion, ou apporter des compléments ou des
spécifications d’une interface du catalogue d’interconnexion, il communique les spécifications
techniques et les services correspondants à l’Agence.

L’Agence peut publier ces spécifications en vue de sauvegarder le principe de non-


discrimination. Elle peut aussi le faire au cas où cette publication présente un intérêt général pour la
communauté des opérateurs.

TITRE IV
DES LITIGES D’INTERCONNEXION

8
CHAPITRE I
DU TRAITEMENT DES RECLAMATIONS

ARTICLE 38 : L’Agence connaît des faits et des actes entraînant des difficultés d’interconnexion.
Elle est saisie de son propre chef ou à l’initiative du requérant.

ARTICLE 39 : (1) La requête introduite par un opérateur est déposée avec ses annexes en autant
d’exemplaires qu’il y a des parties en litige, plus neuf (9).

(2) Elle est introduite soit par lettre recommandée avec accusé de réception, soit par
dépôt au siège de l’Agence contre récépissé.

(3) L’acte de saisine indique les faits qui sont à l’origine du différend, expose les
moyens invoqués à l’appui de la requête et précise les conclusions présentées. Il précise également la
qualité du demandeur.

Si ce dernier est une personne physique, l’acte indique ses nom, prénom, domicile,
nationalité, date et lieu de naissance.

S’il est une personne morale, il est fait état de sa dénomination, de sa forme juridique, de
son siège social, de l’organe qui la représente légalement et de la qualité de la personne qui a signé la
requête. Dans ce cas, il est joint autant d’exemplaires des statuts que prévus à l’article 39 (1) ci-
dessus.

(4) Le demandeur doit préciser les nom, prénom et domicile du ou des défendeurs,
et s’il s’agit d’une ou de plusieurs personnes morales, leur dénomination et leur siège social.

Si la requête ne satisfait pas aux règles édictées ci-dessus, le Directeur Général de l’Agence
met en demeure le demandeur par lettre recommandée avec accusé de réception, de la compléter.

(5) La requête est inscrite sur un registre d’ordre et marquée d’un timbre indiquant sa
date d’arrivée. Il en est de même des pièces introduites en cours d’instruction.

ARTICLE 4O : (1) Le Directeur Général de l’Agence communique au défendeur par lettre


recommandée avec accusé de réception ou par tout autre moyen laissant trace écrite, copie de la
requête assortie des éléments de preuve. La lettre de transmission indique le délai imparti aux parties
pour déposer leurs observations écrites.

(2) Les défendeurs transmettent leurs observations et les éléments de preuve


éventuels à l’Agence par lettre recommandée avec accusé de réception, ou les déposent au siège de
l’Agence en autant d’exemplaires que prévus à l’article 39 (1) ci-dessus.

Dès réception des observations en réponse, le Directeur Général de l’Agence en adresse


copie aux parties par lettre recommandée avec accusé de réception ou par tout autre moyen laissant
trace écrite, en précisant le délai imparti pour déposer leur réplique.

9
(3) Les observations et les documents de preuve déposés hors délai ne peuvent être
pris en considération.

(4) Les notifications sont faites au domicile ou au lieu d’établissement des parties.

(5) Les parties doivent indiquer par lettre recommandée avec accusé de réception à
l’Agence ou par dépôt contre décharge à son siège, l’adresse à laquelle elles souhaitent recevoir
notification des actes si cette adresse est différente de celle mentionnée dans l’acte de saisine.

ARTICLE 41 : (1) Lorsque les parties annexent des pièces à l’appui de leur requête ou de leurs
observations, elles en établissent simultanément l’inventaire et les adressent à l’Agence dans les
conditions fixées à l’article 39 ci-dessus.

(2) Lorsque le nombre, le volume ou les caractéristiques des pièces visées à l’alinéa
1 ci-dessus font obstacle à la production de copies. Le Directeur Général de l’Agence peut autoriser
les parties à en produire un seul exemplaire.

Dans ce cas, les autres parties peuvent en prendre connaissance au siège de l’Agence et en
tirer éventuellement copie à leurs frais.

ARTICLE 42 : L’Agence peut se saisir d’office en cas de concurrence déloyale ou d’acte de


discrimination découverts par elle. Elle peut aussi se saisir sur dénonciation par un tiers, une autorité,
une administration ou un organisme quelconque.

Il en est notamment ainsi :

- de la facturation à l’opérateur autorisé de frais d’accès, de location de capacité et


d’interconnexion supérieurs à ceux qu’il se facture lui-même, ou qu’il facture à ses filiales
pour des fournitures comparables ;
- de la vente des services d’interconnexion à un prix inférieur à leur coût de revient, établi
en tenant compte des tarifs appliqués aux autres opérateurs.

Il en est également ainsi en cas d’absence de communication par les opérateurs :

- de leur comptabilité et des éléments justificatifs à mettre à la disposition de l’Agence


dans les cinq (5) mois suivant la clôture du second exercice comptable ;
- des documents déterminant de manière détaillée les éléments constitutifs des coûts de
revient des services concédés, sur la base des coûts historiques et des coûts
incrémentaux de développement ;
- de la méthodologie relative à la répartition des coûts de développement.

ARTICLE 43 : L’Agence saisie dans les conditions prévues à l’article 42 ci-dessus se prononce
dans le délai d’un (1) mois à compter de la découverte des faits ou de la dénonciation.

CHAPITRE II
DE L’INSTRUCTION DEVANT L’AGENCE

10
ARTICLE 44 : (1) Le Directeur Général de l’Agence peut procéder à toute mesure d’instruction
qui lui paraît utile, en respectant notamment le principe du contradictoire.

(2) Il peut, en tant que de besoin, convoquer les parties à une audience.

(3) L’audience est présidée par le Directeur Général ou un membre du Conseil


d’Administration désigné à cet effet par le Président du Conseil.

(4) L’audience est publique.

(5) Toutefois, le Président peut décider du huis clos en tant que de besoin.

ARTICLE 45 : L’Agence délibère selon les règles établies et rend une décision notifiée aux
opérateurs concernés par lettre recommandée avec accusé de réception.

ARTICLE 46 : (1) L’Agence peut être saisie d’une action en conciliation. La demande en
conciliation est traitée conformément aux dispositions de la loi n° 98/O14 du 14 juillet 1998 susvisée.

(2) La procédure de conciliation est sanctionnée par un procès-verbal de conciliation


ou de non conciliation, signé du conciliateur et des parties.

(3) Le procès-verbal de conciliation vaut accord définitif entre les parties.

ARTICLE 47 : Sauf cas de force majeure, et sans préjudice des sanctions plus sévères prévues par
la législation en vigueur, le non-respect par l’opérateur défendeur du délai de communication stipulé
à l’article 41 (5) de la loi n° 98/O14 du 14 juillet 1998 est sanctionné d’une pénalité allant de 5
OOO OOO à 1O OOO OOO de francs CFA.

ARTICLE 48 : En cas de refus d’interconnexion ou d’échec dans les négociations commerciales,


de désaccord sur les conclusions ou l’exécution d’une convention ou en cas d’auto-saisine de
l’Agence pour tout fait ayant trait à l’interconnexion, l’Agence rend une décision motivée. Elle est
notifiée à l’intéressé et aux parties, et publiée dans un journal d’annonces légales.

En cas de refus d’exécution de la décision dans les quinze (15) jours suivant la notification,
l’Agence met en demeure l’opérateur ou la partie concernée d’avoir à l’exécuter.

ARTICLE 49 : En cas de non-respect de la mise en demeure dans un délai de quinze jours à


compter de sa notification, l’Agence peut prononcer l’une des sanctions suivantes à l’encontre de
l’opérateur :

- suspension d’un (1) mois ;


- réduction d’un an sur la durée de son titre d’exploitation ;
- retrait de l’autorisation.

11
ARTICLE 5O : En cas de refus non fondé d’interconnexion, l’Agence, après avoir sommé le
défendeur de présenter ses observations, rend une décision motivée dans un délai de trente (3O)
jours à compter de sa saisine par l’opérateur acheteur d’interconnexion. Le recours contre la
décision de l’Agence n’est pas suspensif.

ARTICLE 51 : Nonobstant les sanctions prévues à l’article 49 ci-dessus, l’Agence peut, si le


manquement n’est pas constitutif d’une infraction pénale, infliger une pénalité dont le montant est
compris entre 5 OOO OOO et 25O OOO OOO de francs CFA.

ARTICLE 52 : Les sanctions pécuniaires prononcées par l’Agence sont exécutoires de plein droit,
nonobstant l’exercice des voies de recours contentieux.

ARTICLE 53 : Le présent décret sera enregistré et publié suivant la procédure d’urgence, puis
inséré au Journal Officiel en français et en anglais./-

Yaoundé, le 20 décembre 1999

LE PREMIER MINISTRE,
CHEF DU GOUVERNEMENT,

Peter MAFANY MUSONGE

12

Vous aimerez peut-être aussi