Cours 1:
Introduction à
l'optique
géométrique
Dr. AMRANI.
MODULE D'OPTIQUE.
L2 PHYSIQUE. UNIVERSITÉ ALGER 1.
01/10/2018
Table des
matières
I - Qu'est ce que l'optique? 5
A. Domaine très large.......................................................................................5
II - Nature de la lumière? 7
A. Théorie corpusculaire....................................................................................7
B. Théorie ondulatoire......................................................................................7
C. Dualité onde-corpuscule................................................................................8
III - Cadre générale de l'optique 9
IV - Fondements de l'optique géométrique 11
A. Rayons lumineux........................................................................................11
B. Faisceaux lumineux....................................................................................11
C. Sources....................................................................................................12
D. Interaction lumière-matière.........................................................................12
E. Indice de réfraction....................................................................................13
F. Chemin optique..........................................................................................14
G. Dioptre.....................................................................................................14
V - Principes de l'optique géométrique 15
A. 1- Principe de propagation rectiligne de la lumière.........................................15
B. 2- Principe du retour inverse de la lumière....................................................15
C. 3- Indépendance des rayons lumineux..........................................................16
D. 4- Limite de validité de l'optique géométrique...............................................16
E. 5- Principe de Fermat.................................................................................16
Conclusion 17
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Qu'est ce que l'optique?
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Qu'est ce que
I-
I
l'optique?
Le mot optique est la transcription du mot grec « optikos » qui signifie « je vois ».
À l'origine elle été d'abord l'étude de la lumière visible, c'est-à-dire des
phénomènes perçus par l'œil humaine.
Cependant, le mot "optique" a pris aujourd'hui un sens beaucoup plus large. Il ne
se limite pas seulement aux phénomènes lumineux proprement dits. Mais il
s'applique à un large domaine de rayonnements invisibles, allant des rayons
cosmiques aux micro-ondes (comme l'infra-rouge (IR), l'ultraviolet (UV), les rayons
X...,), qui obéissent aux mêmes lois.
A. Domaine très large
Perception du monde qui nous entoure (formation des images).
Instruments d'optiques (jumelles, télescope, microscope, ...).
Propagation d'information via la lumière (fibre optique).
Sources lumineuses (laser, lampe, ...).
Détecteurs (CCD, Caméra IR, photodétecteur, matériaux Semiconducteurs).
Fondamental
Donc : L'optique est une branche de la physique qui s'intéresse à l'étude des
phénomènes lumineux.
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Nature de la
II -
II
lumière?
Pendant plusieurs siècles , deux théories relatives à la nature de la lumière se sont
affrontées: l'une développant l'aspect corpusculaire, l'autre s'appuyant sur le
mécanisme ondulatoire.
Chacune de ces théories s'appuyait sur un certain nombre d'expériences mais
laissait inexpliqués d'autres phénomènes physiques.
A. Théorie corpusculaire
Avancée par Newton considère la lumière comme un ensemble de corpuscules
(dont il ne précisait pas la nature) lancés à grande vitesse par l'objet lumineux dans
un milieu appelé " éther ". La diversité des couleurs a été expliquée par des
différences de grosseur des corpuscules.
Descartes avait également expliqué les lois de l'optique par des images empruntées
à une cinématique corpusculaire.
Il faudra attendre le début du vingtième siècle et les travaux d'Einstein (1905) et
de Compton (1921) pour que cette théorie corpusculaire prenne sa forme
définitive : la lumière est formée de quanta d'énergie appelés photons.
Cependant, cette théorie laisse inexpliquée les phénomènes d'interférences (la
superposition de " lumières " qui peut produire de l'obscurité) et de diffraction (la
présence de lumière dans les zones d'ombre géométrique).
B. Théorie ondulatoire
A été proposée par Hooke (1665) pour expliquer les phénomènes d'interférences.
Huygens considère que tout point d'une surface lumineuse émet une onde
sphérique qui se propage à une vitesse finie dans l'éther.
Young puis Fresnel complèteront cette théorie ondulatoire de la lumière en
expliquant les interférences des ondes lumineuses et en associant la fréquence des
ondes à leur couleur.
Il faudra attendre l'introduction des ondes électromagnétiques par Maxwell (1864)
pour que cette théorie prenne sa forme définitive : la lumière est une onde
électromagnétique.
La théorie électromagnétique de Maxwell n'impose aucune limite à la fréquence des
ondes électromagnétiques. La lumière visible (0,4 µm < λ< 0,8 µm) n'occupant
qu'une très faible partie de ce spectre.
7
Nature de la lumière?
Figure 1 : Longueurs d'onde des ondes électromagnétiques. On peut retenir l'ordre
des 7 couleurs de l'arc-en-ciel avec le mot VIBUJOR Violet-Indigo-Bleu-Vert-Jaune-
Orangé-Rouge.
Cependant, cette théorie est incapable d'expliquer, entre autres, les échanges
d'énergie entre rayonnement et matière tel que l'effet photoélectrique.
C. Dualité onde-corpuscule
Chacune de ces deux théories n'explique qu'une partie des phénomènes physiques
relatifs à la lumière. En fait, la lumière est une entité propre qui a un double
comportement : un comportement ondulatoire et un comportement corpusculaire,
on parle alors de dualité onde-corpuscules.
De Broglie (1924) montre que le double aspect présenté par le phénomène
lumineux n'est qu'un cas particulier d'une propriété générale de la matière : à toute
particule de quantité de mouvement est associée une onde de longueur d'onde
; avec est la constante de Plank.
On considère actuellement, la lumière comme constituée d'ondes
électromagnétiques auxquelles sont associées des particules de masse nulle,
appelées " photons".
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Cadre générale de
III -
III
l'optique
Outil de description de la lumière: Ondes, Photons ou Rayons Lumineux
selon le contexte considéré.
Description: elle dépend de la dimension DO des objets à étudier par
rapport à la longueur d'onde λ.
L'optique couvre trois domaines différents : l'optique géométrique, l'optique
ondulatoire et l'optique quantique. Il ne s'agit pas d'outils contradictoires mais de
trois visions différentes des mêmes phénomènes. L'optique géométrique n'est pas
autre chose qu'une méthode de calcul simple s'appliquant sous certaines conditions.
Fondamental
L'optique géométrique est une approximation justifiée quand les dimensions du
système optique étudié sont grandes devant la longueur d'onde de la lumière qui
s'y propage.
9
Fondements de
IV -
IV
l'optique
géométrique
A. Rayons lumineux
La notion de rayons lumineux est une notion intuitive. Elle n'a pas de signification
physique mais c'est un outil très intéressant pour décrire la propagation de lumière
dans des conditions bien définies.
On peut les considérer les rayons lumineux comme la trajectoire de l'énergie
lumineuse (milieux isotropes). Ils sont à la base du développement de l'optique
géométrique.
B. Faisceaux lumineux
Les faisceaux lumineux sont composés de rayons lumineux indépendants les uns
des autres.
D'une manière générale, un faisceau peut avoir différentes configurations spatiales.
On distingue principalement trois types de faisceaux ;
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Fondements de l'optique géométrique
Les flèches indiquent le sens de propagation de la lumière.
C. Sources
D'une manière générale, le mot source désigne tout ce qui envoie de la lumière à
travers un dispositif. La distinction classique entre source primaire et source
secondaire n'a donc plus d'importance.
Par exemple, la Lune et les planètes sont des sources secondaires dans le sens où
elles n'émettent pas directement de la lumière, mais réfléchissent la lumière reçue
du soleil, dite source primaire.
En optique géométrique, on simplifie souvent le formalisme en faisant appel à des
sources ponctuelles ou peu étendues.
12
Fondements de l'optique géométrique
D. Interaction lumière-matière
Lorsqu'un faisceau lumineux rencontre la surface d'un milieu homogène, isotrope et
transparent, on peut observer:
Un milieu est dit :
Homogène : lorsque sa composition est la même en tous ses points.
Isotrope : lorsque ses propriétés sont les mêmes dans toutes les directions.
Transparent : s'il laisse passer la lumière sans atténuation.
E. Indice de réfraction
Le rapport entre la vitesse de la lumière dans le vide c à celle dans le milieu
considéré V est une grandeur sans dimension noté et appelé "indice de réfraction"
du milieu.
c
n=
v
L'indice dépend de la longueur d'onde de la lumière qui traverse le milieu. On
appelle ce phénomène la dispersion optique. Il peut-être quantifié par différentes
lois. la plus utilisées d’entre elles est la loi dispersion de Cauchy:
où est en μm. et sont des constantes.
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Fondements de l'optique géométrique
Fondamental
L'indice de réfraction est une grandeur intrinsèque de chaque milieu. C'est un
paramètre important qui reflète le degré de compacité.
F. Chemin optique
Soit le déplacement élémentaire du chemin géométrique quelconque joignant
deux points et dans un milieu d'indice . Ce dernier peut varier d'un point à
l'autre du milieu.
On appelle " chemin optique [AB]", entre les points et le long de la courbe
, l'intégrale curviligne :
Le chemin optique [AB] apparaît donc comme une grandeur algébrique, positive
si le parcours de vers s'effectue dans le sens de la lumière, négative dans le
cas contraire.
G. Dioptre
Un dioptre est une surface qui sépare deux milieux transparents et homogènes
d'indices différents. Cette surface peut être plane (le dioptre est alors dit plan),
sphérique (dioptre sphérique) ou de forme quelconque.
Elle peut également être rendue soit totalement soit partiellement réfléchissante
par un traitement adéquat (dépôt d'une fine couche métallique par exemple). On
obtient alors un miroir ou une lame partiellement réfléchissante.
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Principes de
V-
V
l'optique
géométrique
A. 1- Principe de propagation rectiligne de la lumière
Dans le vide, la lumière se propage en ligne droite de manière isotrope
avec une vitesse c constante ( ).
Dans un milieu transparent, isotrope et homogène, la lumière se propage
en ligne droite avec une vitesse indépendante de la direction.
La conséquence la plus immédiate de la propagation rectiligne est l'existence de
l'ombre. Quand une lampe éclaire un objet opaque, on observe derrière lui une
zone d'ombre.
Eclipse de soleil par exemple. le principe de la propagation rectiligne de la lumière
s'applique parfaitement.
B. 2- Principe du retour inverse de la lumière
Si l'on inverse son sens de propagation, un rayon lumineux suit le même
chemin, même à travers une surface de séparation entre deux milieux
(dioptre).
En effet, si on considère un rayon lumineux issu d'un point A, traversant plusieurs
milieux et aboutissant à un point B. Et si on inverse le sens de la lumière, on
remarque que la lumière suivra le même trajet entre ces deux points.
On dit que le trajet suivi par la lumière est indépendant du sens de
15
Principes de l'optique géométrique
propagation.
C. 3- Indépendance des rayons lumineux
Les rayons lumineux composant composés le faisceau lumineux sont
indépendants les uns des autres.
Il en résulte qu'il n y a pas une perturbation entre les différents rayons issus de
différents points d'une source lumineuse. On peut donc étudier la marche d'un
rayon lumineux indépendamment de la marche des autres rayons.
D. 4- Limite de validité de l'optique géométrique
L'optique géométrique est fondée essentiellement sur le principe de la propagation
rectiligne de la lumière. La validité du principe de propagation rectiligne de la
lumière est limitée par les phénomènes de diffraction qui ont pour effet
l'impossibilité d'isoler physiquement un rayon lumineux en limitant les faisceaux par
un diaphragme de petite ouverture (même ordre de grandeur de la longueur d'onde
).
Pour observer la propagation rectiligne, et par conséquent l'utilisation de
l'optique géométrique soit valide, il faudrait utiliser donc des instruments
dont l'ouverture est grande devant la longueur d'onde de la lumière
utilisée.
E. 5- Principe de Fermat
Parmi toutes les trajectoires possibles, celle effectivement suivie par un
rayon lumineux correspond à une valeur stationnaire du chemin optique.
Autrement dit ; le trajet effectivement suivi par la lumière pour aller d'un point A à
un point B est celui pour lequel le chemin optique est extrémal (c'est-à-dire
maximal ou minimal) par rapport aux trajets fictifs voisins allant de A à B.
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Conclusion
À RETENIR :
1. La lumière a un double comportement : un comportement ondulatoire et un
comportement corpusculaire, on parle alors de dualité onde-corpuscules.
Elle est constituée d'ondes électromagnétiques auxquelles sont associées des
particules de masse nulle, appelées " photons".
2. La lumière n'est qu'une petite partie du vaste spectre électromagnétique appelée le
visible. La longueur d'onde λ du visible dans le vide est comprise entre 400 nm et
800 nm.
3. Principes de la propagation rectiligne:
- Dans le vide, la lumière se propage en ligne droite avec une vitesse
indépendante du sens de propagation.
La vitesse de la lumière dans le vide est une constante fondamentale de la
physique. C'est la plus grande vitesse qui puisse exister dans la nature
.
- Dans un milieu transparent, isotrope et homogène, la lumière se propage en
c
ligne droite avec une vitesse indépendante de la direction v= , où n est
n
l'indice de réfraction du milieu.
L'indice de réfraction est une grandeur caractéristique de chaque milieu.
dépend de la longueur d'onde et il est toujours supérieur ou égal à 1 ( v ⩽c ).
4. Le formalisme de l'optique géométrique est applicable quand les dimensions du
système étudié sont grandes devant la longueur d'onde .
5. Le principe de Fermat est le principe de base de l'optique géométrique. Il résume
et regroupe toutes les lois et les autres principes de l'optique géométrique. Il stipule
que le rayon lumineux suit un trajet correspond à une valeur stationnaire du
chemin optique.
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