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4 - Rid 2 1970

La Revue Ivoirienne de Droit est publiée par la Cour Suprême, le Ministère de la Justice et l'Université d'Abidjan, avec un comité de rédaction composé de juristes éminents. Le sommaire présente des décisions jurisprudentielles, des analyses législatives et des commentaires sur divers domaines du droit, notamment le droit civil, pénal et commercial. Ce document sert de référence pour les praticiens du droit et les étudiants en droit en Côte d'Ivoire.

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4 - Rid 2 1970

La Revue Ivoirienne de Droit est publiée par la Cour Suprême, le Ministère de la Justice et l'Université d'Abidjan, avec un comité de rédaction composé de juristes éminents. Le sommaire présente des décisions jurisprudentielles, des analyses législatives et des commentaires sur divers domaines du droit, notamment le droit civil, pénal et commercial. Ce document sert de référence pour les praticiens du droit et les étudiants en droit en Côte d'Ivoire.

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REVUE IVOIRIENNE DE DROIT

ceda
REVUE IVOIRIENNE
DE DROIT
REVUE IVOIRIENNE DE DROIT
Publiée par

La Cour Suprême Le Ministère de la Justice, L'Université d'Abidjan,

La Faculté de Droit et des Sciences Economiques d'Abidjan,

Sous le Haut Patronage de


MM. Le Président de la Cour Suprême ;

le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice ;

le Ministre de l'Education Nationale ;

le Recteur de l'Université ;

le Doyen de la Faculté de Droit et des Sciences Economiques d'Abidjan.

Comité de rédaction

MM. Lucien YAPOBI, Vice-Président de la Cour Suprême, Président de la Chambre Judiciaire

Michel BERNARD, Vice-Président de la Cour Suprême, Président de la Chambre Administrative ;


Gérard GOUDOT, Secrétaire Général de la Cour Suprême ;
Albert MENSAH VARLET, Premier Président de la Cour d’Appel d'Abidjan ;
Coulibaly LAZENI, Procureur Général près la Cour d'Appel d'Abidjan ;
Joseph FOUQUET, Directeur des Etudes et de la Législation au Ministère de la Justice ; Daniel VEAUX, Doyen de la
Faculté de Droit et des Sciences Economiques d'Abidjan ; Pierre BELS, Maître de Conférences Agrégé à la Faculté de
Droit et des Sciences Economiques d'Abidjan ;
Jean-Bernard BLAISE, Maître de Conférences agrégé à la Faculté de Droit et des Sciences Economiques d'Abidjan ;
Francis WODIE, Chargé de Cours à la Faculté de Droit et des Sciences Economiques d'Abidjan ;

Jean-Guy GAUCHER, Assistant à la Faculté de Droit et des Sciences Economiques d'Abidjan.

— Rédacteur en Chef : J.-B. BLAISE

— Secrétaire de la Rédaction : J.-G. GAUCHER


REVUE IVOIRIENNE DE

DROIT
SOMMAIRE

Pages

TABLE DES MATIERES…………………………………………………………………………………………………………………………………………………4

JURISPRUDENCE Cour Suprême

— Chambre judiciaire — Formation civile………………………………………………………………………………………………………………..13

— Chambre judiciaire — Formation pénale………………………………………………………………………………………………………………29

— Chambre d'Annulation .................................................... …………………………………………………………………………………………….30

Cour d'Appel

— Chambre civile et commerciale ..................................... ……………………………………………………………………………………………..33

'— Chambre civile — Droit du Travail………………………………………………………………………………………………………………………..53

— Chambre correctionnelle ................................................ …………………………………………………………………………………………… 55

LEGISLATION

a) Textes
b) Tables de Législation [4* trimestre 1969}

— Table analytique .................................................. …………………………………………………………………………………………………… 67


— Table chronologique ........................................... …………………………………………………………………………………………………… 70

-3-
T A B L E D E S M A T I E R E S

J U R I S P R U D E N C E

ABUS DE CONFIANCE

— Mandat - Non représentation des sommes confiées - Commissions dues au mandataire


Compensation des sommes dues - Relaxe
Abidjan, Chambre Cor., 6 mai 1969…………………………………………………………………………………………………………………..58

— Marchandises confiées à un gérant par le propriétaire d'un fonds de commerce


- Absence d'inventaire - Preuve du détournement (non)
Abidjan, Chambre Corr., 20 mai 1969……………………………………………………………………………………………………………….60

— Présomption de détournement frauduleux - Nécessité pour le prévenu d'apporter la preuve contraire


Abidjan, Chambre Corr., 6 mai 1969…………………………………………………………………………………………………………………58
20 mai 1969………………………………………………………………………………………………………60

ACTION EN JUSTICE

— Qualité du demandeur - Pouvoir de représentation du père


Cour Sup. Ann., N° 10 du 4 avril 1969……………………………………………………………………………………………..........................30

APPEL

— Acte d'appel - Exploit non signifié - Inexistence - Application du droit des nullités - (Non)
Cour Sup. Civ., N° 19 du 18 avril 1969……………………………………………………………………………………………………………….18

— Recevabilité - Chose jugée - Sentence arbitrale Abidjan,


Chambre Civ. et Com., 23 mai 1969………………………………………………………………………………………………………...............38

ASSURANCE

— Attestation d'assurance - Présomption - Preuve de l'absence de contrat par enquête (non)


Abidjan, Ch. Civ. et Com., 27 juin 1969……………………………………………………………………………………………………………47

— Conditions générales du contrat - Gardien du véhicule - Qualité d'assuré - Vente du véhicule


Résiliation du contrat (non) - Inopposabilité à la victime Abidjan, Ch. Civ. et Com., 6 juin 1969 ................ ……………………….48

-4-
— Renouvellement - Bail écrit - Demande de renouvellement faite par un mandataire –
Reprise pour exercice personnel du commerce - Interdiction d'exercer un commerce similaire
Abidjan, Ch. Civ. et Com., 27 juin 1969 …………………………………………………………………………………………49

CASSATION

— Cas d'ouverture - Dénaturation des éléments de la cause


Cour Sup. Civ., N° 5 du 28 février 1969 …………………………………………………………………………………………13

— Moyen dépourvu d'intérêt pour le demandeur - Irrecevabilité


C. Sup. Civ., n° 15 du 18 avril 1969 ...................................................................................................................... ……….17

— Moyens - Convention - Dénaturation - Transaction arrêtant le compte des parties


et contenant engagement de payer - Affirmation de ce que le défaut de paiement
n'est pas l'inexécution de la convention – Cassation pour dénaturation
C. Sup. Civ., N° 23 du 9 mai 1969…………………………………………………………………………………………………22
— Moyen tiré de la nullité d'une enquête, irrecevable comme n'ayant pas été
soulevé devant le juge du fond
C. Sup. Civ.. N° 21 du 18 avril 1969 ......................................………………………………………………………………..19

— Pourvoi – Défaut de mémoire - Déchéance


C. Sup. Ann., N° Il du 4 Avril 1969 ....................................................................................................................... ……….31

— Pourvoi - Forme - Dépôt de la requête au Secrétariat de la Chambre Judiciaire - Irrecevabilité


C. Sup. Civ., N 39 du 30 mai 1969 ........................................................................................................................ ……….27

CHEQUES

— Acceptation de chèques sans provision en connaissance de cause-


Connaissance de l'insuffisance de provision au moment del'acceptation et non au
moment de la remise matérielle du chèque
Abidjan, Ch. Corr., I*r avril 1969 ........................................................................................................................... ………55

CIRCULATION ROUTIERE

— Circonstances de l'accident – Constatation de la vitesse excessive non influente


sur la réalisation de l'accident – Caractère fautif (non)
C. Sup. Pén., N° 10 du 18 avril 1969 .................................................................................................................... …….29

— Défaillance des freins - Collision - Fait imprévisible et inévitable (non)


C. Sup. Civ., N° 35 du 30 mai 1969 ....................................................................................................................... …….26

COMMISSIONNAIRE EN TRANSPORT

— Obligation de livrer la marchandise en bon état - Obligation de résultat


Abidjan, Ch. Civ. et Com., 23 mai 1969 ............................................................................................................... …..38

— 5—
COMPETENCE

— Matière commerciale - Litige entre commerçants - Actes faits pour les besoins du commerce –
Absence d'indications sur ce point dans les écritures des parties - Compétence du juge civil non critiquable.
C. Sup. Civ., N 23 du 9 mai 1969………………………………………………………………………….…………………………………………………………………….22

CONCUBINAGE

Rupture abusive - Citoyen français et jeune de statut personnel coutumier


Célébration des formes coutumières du mariage
C. Sup. Civ., N° 13 du 18 avril 1969……………………………………………………………………………………………………………………………………………16

CONTRAT DE TRAVAIL

— Congés - Absence de mise en demeure de l'employeur - Suspension du contrat


Abidjan, 2 è m e Ch. Civ., 9 mai 1969 ................................................................................................................................. ……………………………………………..53

— Médecin d'entreprise - Rupture - Faute professionnelle - Licenciement abusif (non)


C. Sup. Civ., N 21 du 18 avril 1969……………………………………………………………………………………………………………………………………………..19

— Prime d'ancienneté - Obligation pour l'employeur de mentionner la prime sur le bulletin de paie
— Rupture - Déplacement de l'employé entraînant pour lui des charges accrues - Fait de l'employeur
— Indemnité de licenciement - Conditions
— Frais de voyages - Justification nécessaire par l'employé
Abidjan, 2ème Ch. Civ., 23 mai 1969…………………………………………………………………………………………………………………………………………….53

CONVENTIONS

— Interprétation - Termes clairs et précis - Moyen tiré d'une fausse interprétation mal fondé

Obligation - Exécution - Retard - Exception de force majeure - Constatation


par le juge du fond
C. Sup. Civ.. N II du 18 avril 1969……………………………………………………………………………………………………………………………………………14

DIVORCE

Compétence - Epoux résidant en Côte d'ivoire


Abidjan, Ch. Civ. et Corn., 23 mai 1969……………………………………………………………………………………………………………………………………41

— Appel - Désistement - Application de la disposition légale interdisant l'acquiescement


Abidjan, Ch. Civ. et Com., 18 avril 1969…………………………………………………………………………………………………………………………….……34

DOMICILE

— Femme mariée - Domicile de son mari


Abidjan, Ch. Civ. et Com., 23 mai 1969…………………………………………………………………………………………………………………………………………..41
— Mariage conclu antérieurement à la loi du 7 octobre 1964 - Divorce postérieur
- Réclamation du remboursement de la dot - Infraction pénale (on)
Abidjan, Ch. Corr., 29 avril 1969…………………………………………………………………………………………………………………………………….57

ENTREPRENEUR DE TRAVAUX

— Construction d'une maison à forfait - Travaux supplémentaires - Autorisation écrite du propriétaire nécessaire
Abidjan, Ch. Civ. et Com.. 25 avril 1969…………………………………………………………………………………………………………………………..34

ESCROQUERiE

— Manœuvres frauduleuses - Mise en scène


Abidjan, Ch. Corr., 25 mai 1969 .......................................................................................................................... …………………………………………..61

FAILLITE — LIQUIDATION JUDICIAIRE

— Juge commissaire ordonnance de saisie d'un bien entre les mains d'un tiers - Excès de pouvoir appel possible
Abidjan, Ch. Civ. et Com., 2 mai 1969……………………………………………………………………………………………………………………………..37

FAUX ET USAGE DE FAUX

— Bons d'essence falsifiés par surcharge - Caractère d'écriture de commerce - Usage de faux - Preuve
Abidjan, Ch. Corr.. 22 avril 1969 .......................................................................................................................... …………………………………………56

FIANÇAILLES

— Coutume Baoulé - Rupture abusive - Réparation


C. Sup. Ann., N° 10 du 4 avril 1969 .........................................................................................................................………………………………………30

FORETS

— Infractions - Actions en dommages et intérêts au nom de l'Etat - Pouvoir du Ministère Public


C. Sup. Pén., N 13 du 9 mai 1969 ........................................................................................................................ ……………………………………...29

— Forêts classées - Attribution de droit d'usages sur les terrains - Compétence exclusive de l'Administration des Eaux et Forêts
C. Sup. Civ., N° 24 du 9 mai 1969 ........................................................................................................................ ……………………………………..23

JUGEMENTS ET ARRETS

— Conclusions - Défaut de réponse - Réponse implicite


C. Sup. Ann., N° 10 du 4 avril 1969 ..................................................................................................................... ……………………………………30

C. Sup. Civ., N° 24 du 9 mai 1969……………………………………………………………………………………………………………………………23

-7-
— Tribunal du Travail - Exception de nullité du jugement - Autorité de la décision
jusqu'à inscription de taux - Irrecevabilité
Abidjan, 2e Ch. Civ., 23 mai 1969……………………………………………………………………………………53

MARIAGE

— Application de la loi nouvelle au mariage coutumier célébré antérieurement - Recherche


nécessaire par le juge du fond de l'existence des conditions d'application

C. Sup. Civ., N 22 du Ib avril 1969 ……………………………………………………………………………………...20

MESURES D'INSTRUCTION

— Demande d'enquête auprès de l'Ordre National des Médecins - Pouvoir souverain


des juges du fond pour en apprécier la nécessité
C. Sup. Civ., N" 21 du 18 avril 1969……………………………………………………………………………………19

— Expertise, pouvoir souverain des juges du fond


C. Sup. Civ., N° 11 du 18 avril 1969……………………………………………………………………………………..14

PUISSANCE PATERNELLE

— Attribution - Enfant naturel reconnu d'abord par la mère - Attribution de


l'exercice de la puissance paternelle au père - Intérêt de l'enfant
Abidjan, Ch. Civ. et Com., 6 juin 1969……………………………………………………………………………….42

PREUVES — PRESOMPTIONS

— Présomptions graves, précises et concordantes


C. Sup. Civ., N° 27 du 9 mai 1969………………………………………………………………………………………25

— Preuve des faits - Pouvoir souverain des juges du fond


C. Sup. Civ., N° 12 du 18 avril 1969 ………………………………………………………………………………….15

REFERE

— Juge des référés - Contestation sérieuse - Absence de titre du demandeur –


Incompétence
Abidjan, Ch. Civ. et Com., 27 juin 1969…………………………………………………………………………….50

— Juge des référés - Appréciation de la légalité d'une ordonnance - Compétence Abidjan,


C. Civ. et Com., 2 mai 1969…………………………………………………………………………………………….37

RESPONSABILITE CIVILE

— Partage entre appelant et tiers non compris dans la poursuite - Incidence sur
les condamnations civiles (non)
C. Sup. Pén., N° 10 du 18 avril 1969 ………………………………………………………………………………29

— Responsabilité du fait des choses - Faute de la victime - Caractère


insurmontable mais non imprévisible - Cas fortuit
Abidjan, Ch. Civ. et Com., 4 avril 1969…………………………………………………………………………..33

— Préposé occasionnel - Accident commis grâce aux facilités procurées par la fonction
Abidjan, Ch. Civ. et Com., 6 juin 1969 …………………………………………………………………………..46

— 8—
TERRES NON IMMATRICULEES

— Droit d'usage coutumier - Propriété des plantations - Compétence exclusive


des tribunaux judiciaires
C. Sup. Civ., N° 12 du 4 avril 1969 .......................................................................................................................... 31

— Droit d'usage coutumier - Jugement antérieur entre les parties - Identité non
établie - Jugement inopposable
C. Sup. Civ., N 24 du 9 mai 1969 ............................................................................................................................. 23

TRANSPORT MARITIME

— Responsabilité du transporteur maritime - Incendie des marchandises entreposées


après débarquement - Dommage antérieur à la livraison - Application d'une clause
exclusive de responsabilité
Abidjan, Ch. Civ. et Com., N° 254 et 255 du 6 juin 1969 …………………………………………………………………43-44

— Acconage - Clause de non responsabilité - Règlement douanier enlevant à


l'entreprise la libre disposition des marchandises - Absence de faute
Abidjan, Ch. Civ. et Com., N° 255 du 6 juin 1969 …………………………………………………………………………......44

— Acconage - Qualité de mandataire de l'acconier - Responsabilité -


Absence de réserves - Préjudice causé au destinataire
Abidjan, Ch. Civ. et Com., 2 mai 1969 ............................................................................................................................. 35

TRANSPORT TERRESTRE

— Vice propre de la chose - Responsabilité du transporteur (non) - Article 103


du Code de commerce
Abidjan, Ch. Civ. et Com., 23 mai 1969 ………………………………………………………………………………………...38

SUCCESSION

— Application dans le temps de la loi du 7 octobre - Non rétroactivité


Abidjan, Ch. Civ. et Com., 2 mai 1969 ............................................................................................................................. 38

USAGE DE FAUX CERTIFICATS

— Copie du diplôme appartenant à un tiers


Abidjan, Ch. Corr., 12 mai 1969 ………………………………………………………………………………………………….59

USURPATION DE NOM

— Conditions - Inscription au casier judiciaire de celui dont le nom a été usurpé (non)
Abidjan, Ch. Corr., 12 mai 1969 ………………………………………………………………………………………………….59

L E G I S L A T I O N

ETABLISSEMENTS FINANCIERS

— Sociétés de leasing ou de crédit-bail - Définition - Conditions d'exercice de la profession


Décret N° 7006 du 7 Janvier 1970 ………………………………………………………………………………………………..66

PROCEDURE CIVILE ET COMMERCIALE

— Créances civiles et commerciales - Recouvrement simplifié


Loi N° 70484 du 3 août 1970 ............................................................................................................................................ 65

—9—
JURISPRUDENCE
COUR SUPRÊME
CHAMBRE JUDICIAIRE FORMATION CIVILE

ARRET N° 5 DU 28 FEVRIER 1969 Vu ledit article ;

Attendu que l’appréciation des éléments de la cause, faite par les juges du
CASSATION — Cas d’ouverture - Dénaturation des fond, n'est souveraine qu'autant que ces faits ne sont pas dénaturés ;
éléments de la cause
Attendu que pour débouter Abiola Akinocho de ses prétention! et infirmer de ce
A dénaturé les éléments de la cause et encourt en fait le jugement entrepris, la Cour a affirme que les décisions du 9 mars 1961 du
conséquence la cassation l'arrêt de la Cour d'Appel qui Tribunal coutumier de Bingerville et du 12 décembre 1963 du Tribunal de Paix
d'Abidjan Adjamé d'une part n'ont pas été rendues entre les mêmes parties El
affirme que deux jugements de tribunaux statuant en matière Hadj Moussa Cissé le vendeur des lots litigieux au nom e pour le compte de
de droit local n'ont pas été rendus entre les mêmes parties Ibrahima Kéita à Abiola Akinocho n’ayant aucune qualité pour représenter son
alors qu'il résulte des productions des dépositions, des mandant Kéita en justice e ce d autant plus qu’il a été cité dans le procès en son
déclarations et des conclusions des parties, que l'un e d'entre nom personnel et non en qualité de mandataire, et que par ailleurs son mandant
Ibrahima Kéita était bien connu d'Abiola et d'autre part qu'elles ne portent pas sur
elles avait été représentée dans la deuxième affaire par un
le même objet ; qu'en effet Mamadou Traoré et son auteur Soungalo Traoré
mandataire. tiennent leur droits litigieux d'Ibrahima Kéita et n'a pas établi que les lot litigieux n o
Cassation 11, 12 et 13 qui ont été vendus en février 1961 e délivrés à Soungalo Traoré
Vu le mémoire produit ;
soient les mêmes que ceux qui avaient été vendus à Abiola ;
Sur le moyen unique de cassation pris de la violation et fausse application de la
loi, notamment de l'article 198 de la loi n° 61-301 du 2 juin 1961, dénaturation des Mais attendu qu'il résulte des productions singulièrement tan des décisions que
éléments de la cause, manque de base légale, en ce que l'arrêt attaqué a dit que des déclarations et conclusions des parties d part que El Hadj Mamadou Cissé
le jugement du 10 décembre 1963 n'a pas l'autorité de la chose jugée et a attribué, avait reconnu, à propos de la vente des lots litigieux, avoir été le mandataire de
par contre, une telle force au jugement du 2 mars 1961, aux motifs que ces deux Ibrahima Kéita, ce que ce dernier avait confirmé et que s'agissant de matière
décisions d'une part n'ont pas été rendues entre les mêmes parties puisque coutumière, le mandant et le mandataire se confondent El Hadj Moussa Cissé
l'instance s'est déroulée dans la première entre Abiola et Ibrahima Kéita et dans la pouvait représenter valablement Ibrahima Kéita et que partant Abiola pouvait
seconde entre Abiola et Moussa Cissé qui, s'il avait mandat de vendre les lots élever sa revendication indifféremment contre l'un ou l'autre ;
litigieux n'avait, par contre, aucune qualité pour représenter Ibrahima Kéita en
D'autre part que les deux décisions intervenues ont trait ai mêmes lots, à savoir
justice, et d'autant plus qu'il a été cité en son nompersonnel etnon en qualité de
les lots 11, 12 et 13 d'Abobo-Gare.
mandataire, et queson mandat était connu del'adversaire ;
Attendu en conséquence qu'en statuant comme elle l'a fait, la Cour d'Appel a
d'autre part, ne portent sur le même objet, qu'en effet Mamadou Traoré et son
dénaturé les éléments de la cause, et violé le texte visé au moyen ;
auteur Soungalo Traoré tiennent leur droits litigieux d'IbrahimaKéita et il n'a pas
été établi que les lots litigieux n° 11, 12 et 13 qui ont été vendus en février 1961 et
délivrés à Soungalo Traoré, soient lesmêmes que ceux qui avaient été vendus à PAR CES MOTIFS
Abiola ;
Alors que lors du jugement du 9 mars 1961, ElHadj Moussa Cissé avait déclaré Casse et annule l'arrêt n° 20 du II février 1966 rendu par I Cour d'Appel
avoir été, dans la vente des lots litigieux, le mandataire de Ibrahima Kéita, ce que d'Abidjan et, pour être statué à nouveau, renvoie la cause et les parties devant la
ce dernier avait confirmé, et que s'agissant de matière coutumière, El Hadj Moussa
dite Cour autrement composée.
Cissé pouvait représenter valablement Ibrahima Kéita et que partant Abiola pouvait
élever sa revendication contre l'un et l'autre.
Et alors qu'il résulte tant des décisions intervenues dans ce litige que des MM. YAPOBI, Président de la Chambre Judicaire, Président et Rapporteur,
déclarations et conclusions des parties que tous les procès intervenus ont trait aux CREPPY et MERCAN, Conseillers, MENSAH, Secrétaire
mêmes lots, à savoir les lots II, 12 et 13 d'Abobo-Gare ;
.

- 13 -
OBSERVATIONS Que Borie sous-traita avec la Coopérative du Bâtiment et des Travaux Publics
puis avec son successeur la Société Ivoirienne du Bâtiment et des Travaux
Il n est pas permis aux tribunaux, sous prétexte d interpréter une décision de justice, de retirer Publics dite S.I.B.T.P. suivant lettre du 22 mai 1963 ; que conformément aux
aux parties un droit précédemment reconnu par un jugement passé en force de chose jugée. Il énonciations de cette lettre, deux catégories de travaux étaient décrits et évalués:
est d autre part certain que l’on est réputé avoir été partie dans une instance non seulement
quand on y a figuré personnellement, mais encore quand on y a été régulièrement représenté (Cf. I ) éclaircie des abords latéraux là où des engins de Borie avait procédé à
Encyclopédie Dalloz, Procédure, V° Chose jugée, n° 97 et s.) La décision rendue contre un l'ouverture du layon à raison de F. 65.005 le kilomètre ; 2) ouverture du layon avec
mandataire conventionnel a en particulier force de chose jugée contre le mandant (Comp. Cour éclaircie des abords latéraux à raison de F. 90.365 le kilomètre.
Française de Cassation, Civ. 18 juin 1902, D. 1902-1-385).
Que le retard dans l'exécution ayant provoqué la dénonciation du contrat par
Borie, un litige s'est installé entre les parties ;
ARRET N° 11 DU 18 AVRIL 1969
Attendu que la S.I.B.T.P. avait fait valoir que tous les travaux par elle
EXPERTISES — Pouvoir souverain des juges du effectués devaient être réglés conformément au tarif de la 2 e catégorie, le
fond dégagement du layon dans la première catégorie devait être payé comme travail
supplémentaire ; que la Cour d'Appel a estimé cette demande mal fondée, et
retenu l'évaluation proposée par Borie ;
CONVENTIONS. — Obligations - Exécution - Retard -
Exception de force majeure - Constatation par Attendu qu'il est fait grief à la Cour d'Appeld'en avoir ainsi décidé au motif que
le juge du fond - Preuve des retards par des l'évaluation Borie était basée sur des données sérieuses alors que celle de
l'expert ne reposait sur aucune justification, alors que l'expert a motivé
mises en demeure de l’Administration de soigneusement son évaluation et que Borie a reconnu avoir commis des erreurs ;
contrôle - Défaut de réponse (Non)
Mais attendu que l'interlocutoire ne liant pas le juge, la Cour a pu dans les
limites de son pouvoir souverain estimer plus sérieuse une évaluation plutôt
CONVENTION — Interprétation - Termes clairs et qu'une autre ;
précis - Moyen tiré de la fausse interprétation
mal fondé. Attendu qu'il est fait grief à la Cour d'Appeld'avoir mal interprété la lettre-
contrat du 22 mai 1963 en énonçant que les prix forfaitairementfixés rétribuaient
les difficultés techniques éventuelles et notamment que le dégagement des arbres
1) Les juge s du fond ne sont pas liés par les conclu sions tombés dans la tranchée relevait des obligations mises à la charge de la
des experts. Ils peuvent dans la limite de leurs pouvoirs S.I.B.T.P. ;
souverains d'appréciation, retenir une évaluation fai te par
Mais attendu que la Cour d'Appel n'a fait qu'appliquer les termes claires et
une des parties et différente des conclusions de l'expert. précis de la convention laquelle avait distingué :

2) Ne saurait être considéré comme n'ayant pas répondu à La première catégorie de travaux consistant en l'éclaircie des abords latéraux
de la tranchée et la deuxième catégorie consistant en l'ouverturede la tranchée
des conclusions invoquant la force maj eure, comme cause
avec éclaircie des abords latéraux ;
d'un retard dans l'exécution des obligations, l'arrêt de la
D où il suit que le moyen n'est pas fondé ;
Cour d'Appel qui relève que le retard dans l'exécution est
mis en évidence par la mise en demeure faite par un Attendu qu'il est fait grief à la Cour d'Appel d'avoir déclaré justifiée la
service administratif de contrôle. dénonciation du contrat par Borie, alors que dans les conclusions restées sans
réponse la S.I.B.T.P. avait invoqué la force majeure comme cause de son retard ;

2) Doit être rejeté comme mal fondé le moyen tiré d'une Mais attendu que la Cour d'Appel a énoncé que la rupture du contrat a été
prétendue mauvaise interprétation d'un con trat fait par la décidée par Borie à la suite du retard mis par
Cour d'Appel dès lors que cette juridiction n'a fait
qu'appliquer les termes de la convention.
Sous le Haut Patronage de 3
Comité de rédaction 3
Rejet

La Cour, TABLE DES


Attendu que des énonciations de l'arrêt attaqué (Abidjan 14 mai 1965) il ressort
MATIERES 4
que le Ministère des Travaux Publics a passé avec la Société André Borie un
contrat de travaux préalables à l'installation de la ligne de transport d'énergie JURISPRUDENCE 10
électrique haute tension entre la Centrale d'Ayamé II et les sous-stations
d'Abidjan, consistant en l'établissement sur 150 kilomètres, d'un layon large de 5 COUR SUPRÊME 11
mètres, carrossable et protégé contre la chute éventuelle d'arbres et de
branchages susceptibles d'entrer en contact avec la ligne ou les pylônes ; CHAMBRE JUDICIAIRE FORMATION
CIVILE 11
ARRET N° 5 DU 28 FEVRIER
1969 11
ARRET N° 11 DU 18 AVRIL
1969 14
3
ARRET N 13 DU 18 AVRIL
1969 CONCUBINAGE — Rupture
14
- -
abusive 18
ARRET N° 15 DU 18 AVRIL
1969 19
CASSATION. — Moyen
dépourvu d’intérêt pour le
demandeur - Irrecevabilité
19
APPEL. — Acte d’appel - Réparation. 30
Exploit non signifié - — Qualité du demandeur -
Inexistence - Application Pouvoir de représentation
du droit des nullités du père. 30
(non). 20
COUR SUPRÊME 30
ARRET N° 22 DU 18 AVRIL
1969 22 CHAMBRE D'ANNULATION 30
ARRET N° 23 DU 9 MAI 1969 ARRET N° 12 DU 4 AVRIL
24 1969 31
I. - COMPETENCE en matière ARRET N 11 DU 4 AVRIL 1969
commerciale - Litige entre 31
commerçants - Actes faits ARRET N° 166 DU 4 AVRIL
pour les besoins du 1969 33
commerce - Absence
COUR D'APPEL D'ABIDJAN 33
d’indications sur ce point
dans les écritures des CHAMBRE CIVILE ET COMMERCIALE
parties Compétence du 33
juge civil non ARRET N° 176 DU 18 AVRIL
critiquable. 24 1969 34
II. - CASSATION — Moyens - ARRET N° 197 DU 2 MAI 1969
Convention 24 35
ARRET N° 24 DU 9 MAI 1969 TRANSPORT MARITIME —
25 Acconage - Qualité de
I - FORETS CLASSEES. — mandataire de l’acconier -
Attribution 25 Responsabilité - Absence
de réserves 35
III - JUGEMENTS ET ARRETS —
Conclusions - Défaut de - Préjudice causé au
réponse 26 destinataire. 35
ARRET N° 27 DU 9 MAI 1969 ARRET N 209 DU 2 MAI 1969
27 38
PREUVES - PRESOMPTIONS — SUCCESSION — Application dans
Graves, précises et le 38
concordantes. 27 temps de la loi du 7 octobre 1964
ARRET N 35 DU 30 MAI 1969 – 38
28
Non rétroactivité. 38
CIRCULATION ROUTIERE —
ARRET N° 227 DU 23 MAI
Collision - Défaillance
1969 38
des freins - Fait
imprévisible et APPEL. — Recevabilité - Chose
inévitable, non. 28 jugée – 38
ARRET N° 39 DU 30 MAI 1969 Sentence arbitrale. 38
15
29
- -

TRANSPORT TERRESTRE —
CASSATION (Pourvoi). — Vice propre de la 38
Formes - Dépôt de la
requête au secrétariat de chose - Responsabilité du
la Chambre Judiciaire - transporteur (non)– 38
Irrecevabilité 29 Article 103 du code de
Rupture abusive - commerce. 38
COMMISSIONNAIRE EN
TRANSPORT — Obligation 38
de livrer la marchandise en bon
état – 38
Obligation de résultat 38
COUR D'APPEL D'ABIDJAN 53
2è CHAMBRE CIVILE ( Droit du
Travail ) 53
COUR D'APPEL D'ABIDJAN 55
CHAMBRE CORRECTIONNELLE 55
TEXTES 65
TABLE ANALYTIQUE 67
TABLE CHRONOLOGIQUE 70

Où étaient présents : M. BONI, Président de la Cour Suprême, Président,


MERCAN, Conseiller-Rapporteur, CREPPY, Conseiller, MENSAH, Secrétaire.

Arrêt n° 127 du 14 mai 1965

de la Cour d'Appel d'Abidjan ayant donné lieu, sur pourvoi à


l'arrêt de la Cour Suprême ci -dessus rapporté.

— 16
La Cour,
(non). 21
Considérant qu une ordonnance de référé du 12 mars 1964 e désigné comme
expert l'ingénieur chef du service de l'Energie Electrique avec mission notamment
de dire si des travaux supplémentaires non prévus à la convention ont été
ARRET N° 22 DU 18 AVRIL
effectués, que sur ce point qui constitue le fond du procès — l’expert n'a pu faire 1969 23
aucune constatation personnelle...

...Considérant qu'il importe de rechercher quel a été le montant des travaux


ARRET N° 23 DU 9 MAI 1969
effectués ; qu'à cet effet, la S.I.B.T.P prétend que le chiffre à retenir doit être celui 25
de 9.191.865 francs proposé par l'expert et accepté par les parties ; mais
considérant qu'il n'existe aucune trace au dossier d'un accord de la Société Borie I. - COMPETENCE en
sur le dernier chiffre, qu'au contraire elle s'en est tenue en première instance au
chiffre avancé par elle soit 8.780.169 francs, que la proposition de l'expert ne matière commerciale -
repose sur aucune justification ; que dans ces conditions, il échet de retenir le Litige entre commerçants -
chiffre de la Société Borie qui repose d'ailleurs sur des calculs détaillés et qui
paraît basé sur des données sérieuses et ce d'autant plus que, comme le signale Actes faits pour les
l'expert, le service de contrôle de l'EECI, tiers au procès et non suspect de
partialité, avait établi un état des travaux effectués par la S.I.B.T.P. avant la reprise
besoins du commerce -
par l'entreprise Borie état qui faisait apparaître des travaux inférieurs à ceux Absence d’indications sur
indiqués par l'entreprise Borie pour ses calculs, qu'il échet en conséquence de
fixer la somme retenue à titre de garantie et qui doit être versée par la Société
ce point dans les
appelante à 8.760.169 X 20 =1.756.034 francs ; écritures des parties
ARRET N 12 DU 18 AVRIL 1969 Compétence du juge civil
PREUVE DES FAITS. — Pouvoir souverain des juges
du fond non critiquable. 25
Les juge s du fond s ont souverains pour dégager leur
conviction des résultats d’ une enquête sans que la Cour
II. - CASSATION — Moyens
Suprême puisse réviser l’appréciation qu'ils ont faite de la - Convention 25
portée probante des témoignages.
ARRET N° 24 DU 9 MAI 1969
La Cour Rejet 26
Attendu qu’il résulte des énonciations de l'arrêt attaqué au la Cour d'Appel a I - FORETS CLASSEES. —
le 17 mai 1968 prononcé le divorce entre les époux Namory Sylla — Nogossan
Dosso aux torts et griefs exclusifs du mari au motif que ce dernier aurait exercé Attribution 26
de voies de fait sur sa belle-mère, ce qui constituait une grave vis-à-vis de
l'épouse, de nature à rendre intolérable maintien du lien conjugal ; III - JUGEMENTS ET ARRETS
Sous le Haut Patronage de 3 — Conclusions - Défaut de
réponse 27
Comité de rédaction 3
ARRET N° 27 DU 9 MAI 1969
TABLE DES 28
MATIERES 4
PREUVES - PRESOMPTIONS —
JURISPRUDENCE 10 Graves, précises et
COUR SUPRÊME 11 concordantes. 28
CHAMBRE JUDICIAIRE FORMATION ARRET N 35 DU 30 MAI 1969
CIVILE 11 29
ARRET N° 5 DU 28 FEVRIER CIRCULATION ROUTIERE —
1969 11 Collision - Défaillance
des freins - Fait
ARRET N° 11 DU 18 AVRIL
imprévisible et
1969 14
inévitable, non. 29
ARRET N3 13 DU 18 AVRIL
ARRET N° 39 DU 30 MAI 1969
1969 CONCUBINAGE — Rupture
30
abusive 19
CASSATION (Pourvoi). —
ARRET N° 15 DU 18 AVRIL
Formes - Dépôt de la
1969 20
- 17 - requête au secrétariat de
CASSATION. — Moyen la Chambre Judiciaire -
dépourvu d’intérêt pour le Irrecevabilité 30
demandeur - Irrecevabilité
Rupture abusive -
20
Réparation. 30
APPEL. — Acte d’appel -
— Qualité du demandeur -
Exploit non signifié -
Pouvoir de représentation
Inexistence - Application
du père. 30
du droit des nullités
COUR SUPRÊME 30 ARRET N° 227 DU 23 MAI
CHAMBRE D'ANNULATION 30 1969 38
ARRET N° 12 DU 4 AVRIL APPEL. — Recevabilité - Chose
1969 31 jugée – 38
ARRET N 11 DU 4 AVRIL 1969 Sentence arbitrale. 38
31 TRANSPORT TERRESTRE —
ARRET N° 166 DU 4 AVRIL Vice propre de la 38
1969 33 chose - Responsabilité du
COUR D'APPEL D'ABIDJAN 33 transporteur (non)– 38
CHAMBRE CIVILE ET COMMERCIALE Article 103 du code de
33 commerce. 38
ARRET N° 176 DU 18 AVRIL COMMISSIONNAIRE EN
1969 34 TRANSPORT — Obligation 38
ARRET N° 197 DU 2 MAI 1969 de livrer la marchandise en bon
35 état – 38
TRANSPORT MARITIME —
Obligation de résultat 38
Acconage - Qualité de
mandataire de l’acconier - COUR D'APPEL D'ABIDJAN 53
Responsabilité - Absence 2è CHAMBRE CIVILE ( Droit du
de réserves 35 Travail ) 53
- Préjudice causé au COUR D'APPEL D'ABIDJAN 55
destinataire. 35
CHAMBRE CORRECTIONNELLE 55
ARRET N 209 DU 2 MAI 1969
38 TEXTES 65
TABLE ANALYTIQUE 67
SUCCESSION — Application
dans le 38 TABLE CHRONOLOGIQUE 70
temps de la loi du 7 octobre 1964
– 38
Non rétroactivité. 38
100 conséquence la demande en paiement de dommages-intérêts...

Considérant pour terminer qu’il reste à examiner la demande en dommages- Président : M. BELFER — Conseillers : MM. LALONDRELLE et LOUIS ... Subt.
intérêts pour rupture abusive de contrat ; général : M. BASSE Avocats : Mes DOGUE et SCHARR.

Considérant en effet qu'il n'est pas contesté que la rupture est le fait de la Société
Borie mais considérant que c'est à la suite du retard important pris par la S.I.B.T.P.
de l'exécution du marché lequel prévoyait un minimum de I km par jour et aussi de la
mauvaise exécution des travaux ; qu'au surplus l'entreprise principale a été mise en
demeure à deux reprises par l'organisme administratif de contrôle du ministère des
Travaux Publics de se substituer à son sous-traitant, que dans ces conditions la
rupture immédiate du marché apparaît justifiée et ne saurait donner lieu à l'allocation
de dommages-intérêts, qu'il échet donc sur ce chef également d'infirmer la décision
attaquée et débouter la S.I.B.T.P. de sa demande ;

PAR CES MOTIFS


En la forme : Reçoit les appels tant principal qu'incident de la Société d'entreprise
de Travaux Publics André Borie et de la Société Ivoirienne de Bâtiment et de
— 18
Travaux Publics ;
Au fond : Reformant la décision entreprise, dit que les travaux pour lesquels la
S.I.B.T.P. réclame un supplément de prix étaient compris dans le marché avec la
Société Borie et rejette la demande en paiement y afférente ;
Déclare par contre que c'est à bon droit que le premier juge a décidé que
l'entreprise Borie était tenue au paiement des sommes retenues à titre de garantie
sur travaux effectués — fixées à 1.766.034 francs le montant de ces sommes que
cette société devra régler à la S.I.B.T.P. ;
Infirme par ailleurs le jugement entrepris en ce qu'il a alloué 400 000 francs de
dommages-intérêts;
Dit qu'il n'y a pas eu rupture abusive du contrat du 22 mai 1965 et rejette en
Mais attendu que du fond de tout ce la loi s'en remet à qui est de nature à
conscience du juge former sa conviction l’opinion qu'il exprime de l'ensemble des
témoignages produit qui ont été librement discutés, ne pouvant être révisés par la
Cour Suprême .
PAR CES MOTIFS
Rejette le pourvoi formé contre l'arrêt n° 152 rendu le 17 mai 1968 par la Cour
d'Appel d'Abidjan ;

Où étaient présents MM. BONI, Président de la Cour Suprême, Président,


MERCAN, Conseiller-Rapporteur, CREPPY.B
Conseiller, MENSAH, Secrétaire ;

Arrêt du 17 mai 1965


de la Cour d'Appel d'Abidjan ayant donné lieu sur pourvoi, à
l'arrêt de la Cour d'Appel ci -dessous rapporté.

La Cour,
...Considérant que dame Nogossan Dosso a articulé à l'appui de sa demande en
divorce qu'en I963 sa mère a été frappée par son époux Namory Sylla qu'ayant
manifesté son mécontentement elle a été chassée du domicile conjugal par son
époux, que le 9 mars 1967 Namory Sylla porta à nouveau des coups sur la
personne de sa mère occasionnant à celle-ci une incapacité de travail de trois
jours ;

Qu'elle fait grief au jugement attaqué d'avoir estimé à tort pour la débouter de sa
demande qu'elle n'avait allégué que des I faits imprécis dont la preuve ne pouvait
être rapportée faute de pertinence ;

Considérant que la dame Makamadé Dosso entendue lors de l'enquête que celle
ci a été frappée à deux reprises et insultée par Namory Sylla ; que ces faits
constituent des injures graves justifiant sa demande en divorce ;

.Considérant que Namory Sylla objecte que les témoignages recueillis lors de
l'enquête du 17 août 1967 n'ont apporté rien de précis ;

- 19 -
Mais considérant que Namory Sylla ne conteste pas que depuis 1964 il vit Attendu que I arrêt confirmatif attaqué (Abidjan 9 février 1968) a rejeté ses
séparé de son épouse, celle-ci prétend qu'il l'a répudiée et lui soutenant qu elle a prétentions .
abandonné le domicile conjugal ; Attendu qu'il est fait a juste titre grief à la Cour d'Appel d'en avoir ainsi décidé aux
Considérant que Nogossan Dosso, a déclaré avoir été frappée par Namory seuls motifs que le concubinage est une situation de fait librement acceptée par un
Sylla; qu'elle a produit un certificat médical à l'appui de sa déclaration, attestant homme et une femme ; que les concubins n'ayant contracté aucune obligation
qu'elle présentait des lésions ; restent libres de rompre à tout moment sans que leur responsabilité civile puisse
être recherchée du seul fait de cette rupture ; qu'il n'y a pas lieu de faire droit à la
Que Namory Sylla s'est contenté de nier les faits, mais que cette dénégation ne demande d'enquête sollicitée par l'appelante, tendant à établir que la rupture du
suffit pas pour enlever tout caractère de véracité aux déclarations de la dame concubinage est due au seul fait de Vosaldy puisque le fait, à supposer qu'il soit
Makamadé Dosso ; établi, ne saurait engager la responsabilité de l’intimé ;
Attendu certes que le concubinage est une situation de fait librement acceptée
Considérant que le fait par un gendre d'exercer des voies de fait sur sa belle-
par un homme et un femme ; les concubins n ayant contracté aucune obligation
mère sans aucun motif plausible constitue à l'égard de son épouse une injure grave
restent libres de rompre à tout moment sans que leur responsabilité civile puisse
rendant intolérable le maintien du lien conjugal ;
être recherchée du seul fait de cette rupture ;
Que c'est donc à bon droit que Nogossan Dosso sollicite le divorce ; Mais attendu qu'il ne saurait en être ainsi lorsque par suite de circonstances de
Qu'il échet d'infirmer le jugement de ce chef. fait propres à l'existence de deux catégories de citoyens quant aux statuts personnel
le concubinage n'est pas le résultat d'un libre consentement ; qu'il en est ainsi
PAR CES MOTIFS
notamment lorsqu'une jeune fille a été donnée en mariage par son père,
Reçoit la dame Nogossan Dosso en son appel. conformément à la coutume à un homme de statut "dit" de droit commun auquel
Infirme en toutes ses dispositions le jugement n° 32 en date du 17 août 1967 du cette forme de mariage était interdite;
Tribunal de Séguéla. Attendu que la rupture d'un tel concubinage sans juste motif constitue une faute
Prononce le divorce entre les époux Namory Sylla et Nogossan Dosso aux torts du engageant la responsabilité de son auteur ;
mari avec toutes les conséquences de droit. Attendu qu'en l'espèce dame N'Guessan avait dans ses conclusions d'appel
Président : M. BELFER — Conseillers : MM. ARTHUR et MOÏSE demandé à prouver par voie d'enquête que Vosaldy, de statut "dit" de droit commun,
— Subst. Gén. : M. DUMONTET avait demandé sa main à son père qui la lui avait accordée ;
Avocats : Mes ALEXANDRE, BANNY, ADAM et CLARAC. Attendu qu'en refusant d'autoriser la dame Abé N'Guessan à faire la preuve des
faits ci-dessus articulés, la Cour a violé l'article 1382 du Code Civil ;
ARRET N3 13 DU 18 AVRIL 1969 PAR CES MOTIFS
CONCUBINAGE — Rupture abusive Casse et annule l'arrêt n° 34 rendu le 9 février 1968 par la Cour d'Appel
d'Abidjan, et pour être statué à nouveau renvoie la cause et les parties devant ladite
Citoyen français et jeune fille de statut personnel coutumier. Cour autrement composée :
Célébration préalable des formes coutu mières du mariage. Où étaient présents : MM. BONI, Président de la Cour Suprême, Président,
Caractère abusif de la rupture.
MERCAN, Conseiller-Rapporteur, CREPPY, Conseiller, MENSAH, Secrétaire.
S'il est exact que le concubinage est une situation de fait
librement acceptée par un homme et une femme et que sa rupture Pourvoi n° 55, civ. 68. Avocats : Mes ADAM, MARIANI.
n'est de ce fait susceptible d'aucune réparation civile en cas de
préjudice, il n'en est pas de même lorsqu'il s'agit d'un concubinage Arrêt n° 34 du 9 février 1968
entre personnes de statuts personnels différents, le concubinage
de la Cour d'Appel d'Abidjan ayant donné lieu, sur pourvoir, à
n'étant pas pour la jeune fille dans ce cas le résultat d'un libre
l'arrêt de la Cour Suprême ci-dessus rapporté.
consentement mais de la volonté du père ayant donné sa fille au
concubin de statut dit de droit commun suivant les formes du La Cour,
mariage coutumier. Par suite, encourt la cassation l'arrêt de la
Cour d'Appel qui a refusé à une ex-concubine de faire la preuve de ...Considérant que la dame Abé N'Guessan expose avoir courant- 1954 été
ce que son concubin avait demandé sa main à son père dans les séduite par le sieux Vosaldy et avoir vécu quelques mois en concubinage notoire
formes prévues par la coutume. avec ce dernier sur un chantier de la Société "La Forestière Equatoriale" que de
cette union libre serait né le 16 septembre 1954 un enfant du nom de Yapi Pierre,
Cassation
lequel ne fut pas reconnu par Vosaldy lequel devait alors l'abandonner avec son
La Cour,
enfant sans ressources, qu'ignorant à l'époque les conditions dans lesquelles la
Attendu que dame Abé N'Guessan prétendant avoir été séduite par Vosaldy alors filiation des enfants nés hors mariage pouvait être établie judiciairement, elle laissa
qu'elle était mineure et dont elle a eu un fils, a réclamé à son ex-concubin des passer le délai qui lui était imparti par la loi pour intenter pendant la minorité de son
dommages-intérêts en réparation du préjudice par elle subi ; enfant une action en reconnaissance de paternité

— 20 —
qu'ayant saisi par exploit introductif d'instance en date du 18 janvier 1966 le Tribunal Attendu qu’il est fait grief au dit arrêt d'en avoir ainsi dé par des motifs
Civil d'Abidjan d'une demande de pension alimentaire pour son enfant et /de contradictoires en ce que la Cour a énoncé d’une part autre part selon la coutume
dommages-intérêts en réparation du préjudice moral subi personnellement par elle Abbey c'est le fils qui hérite et d’autre part que les biens de la succession
du fait d'avoir été abandonnée sans ressources par le sieur Vosaldy elle aurait été revenaient aux 7 enfants Or Niangoran ;
par jugement n° 627" du 10 mai 1966 déboutée ; Mais attendu que ce moyen doit être écarté faute d'intérêt qu'en effet il
Considérant que la dame Abé N'Guessan précise que la présente action tendant importe peu pour Noplou que la succession dévolue à l'ainé ou à tous les
a obtenir une condamnation du sieur Vosaldy à lui payer à titre de dommages- enfants puisque de toutes façons elle doit lui échapper ;
intérêts la somme de 500 000 francs est fondée sur l’article 1332 du Code Civil et Attendu que Nopou Ory reproche à la Cour d'avoir déclaré que Dioman agissait
qu'elle offre de prouver tant par titre que par témoin que la rupture du concubinage pour le compte de Niangoran Augustinp frère, ce qui ne résulte pas du dossier ;
est due au seul fait de Vosaldy qui l'aurait abandonnée dès qu'il aurait appris la Mais attendu que ce moyen ne saurait être retenu ; qu'il ressort de l’acte d'appel
conception de l'enfant se soustrayant ainsi à ses obligations d'aide matérielle ; que la dame Dioman avait été assignée L Nopou tant en sa qualité personnelle
Considérant que le concubinage est une situation de fait librement acceptée par qu'en qualité de représentant de ses frères et sœurs ;
un homme et une femme qui ne veulent pas se lier par le mariage ; que les Attendu qu’il est enfin fait grief à la Cour d'Appel d'av décidé d'une part que
concubins n'ayant contracté aucune obligation, restent libres de rompre à tout le certificat d'hérédité ne suffisait pour établir que l'héritier désigné était chargé
moment sans que leur responsabilité civile puisse être recherchée du seul fait de d'administrer la 9 cession de feu Niangoran, et d'autre part que Nopou Ory n'av
cette rupture ; pas utilisé les revenus de la succession dans l'intérêt des enfants contrairement
Considérant en conséquence qu'il n'y a pas lieu de faire droit à la demande aux dires mêmes de la dame Dioman lors de| comparution personnelle ;
d'enquête sollicitée par l'intimée et tendant à établir que la rupture du concubinage Mais attendu que Nopou Ory avait lors de la dite comparution personnellement
est dûe au seul fait du sieur Vosaldy puisque ce fait à supposer qu'il soit établi ne présenté un cahier' où étaient relevées les dépenses faites ; que le juge du fond a
saurait engager la responsabilité de l'intimé ; pu apprécier souverainement compte tenu des éléments fournis, les sommes
dépensées les enfants, abstraction faite du motif relatif au certificat jus| ment
Considérant qu'il échet en conséquence de confirmer le jugement entrepris
critiqué par le pourvoi ;
lequel a débouté la dame Abé N'Guessan de sa demande en dommages-intérêts.
D'où il suit que le moyen n'est pas fondé ;
PAR CES MOTIFS
Déclare la dame Abé N'Guessan mal fondée en son appel, l'en déboute. PAR CES MOTIFS

Président : M. VARLET — Conseillers : MM. ARTHUR et MOÏSE Rejette le pourvoi formé contre l'arrêt n° 190 rendu le| juillet 1968 par la Cour
— Subst. gén. : M. DUMONTET Avocats : Mes d'Appel d'Abidjan ;
ADAM et MARIANI.
Où étaient présents : MM. BONI, Président de la Col Suprême, Président,
MERCAN, Conseiller-Rapporteur, CREPPY Conseiller, MENSAH, Secrétaire.
Avocats : es DOGUE, BANNY.
ARRET N° 15 DU 18 AVRIL 1969
CASSATION. — Moyen dépourvu d’intérêt pour le Arrêt n° 190 du 5 juillet 1968
de la Cour d'Appel d'Abidjan ayant donné lieu, si pourvoi, à
demandeur - Irrecevabilité
l'arrêt ci-dessus rapporté.
Un moyen de cassation tiré de la violation des règles La Cour,
coutumières, de la dévolution successorale applicable en l'espèce,
le décès du de cujus remontant à 1961, est dépourvu d'intérêt pour ...Considérant qu'il résulte des documents produits et à écritures des parties que
le demandeur dès lors que quelle que soit la solution retenue, il ne Niangoran Eyemon Michel de coutume Abbey est décédé à Abidjan le 10 mars
saurait être héritier. Par suite, un tel moyen est irrece vable. I96I, laissant ses enfants : 3 fils, Augustin, Christophe, Jean-Baptiste, et 4 filles
Simone, Marie-Thérèse, Reine-Marie et Marie-France ;
Rejet
Que le 22 mars I96I, Nopou Ory Daniel se présentait devan le Tribunal de
La Cour,
Subdivision d'Agboville accompagné des témoins M'Bassidjé François, Amafï
Attendu qu'il résulte des énonciations de l'arrêt attaqué (Abidjan 5 juillet I968)
Doffou, déclarait être le seul héritia de Niangoran Eyemon Michel et se faisant
qu'après le décès de Niangoran Eyemon Michel le 10 mars I96I, sa succession fut
délivrer un certifie^ d'hérédité par le dit Tribunal ;
appréhendée par son cousin Nopou Ory ; que sur action de la dame Dioman
agissant tant en son nom personnel qu'au nom de ses frères et sœurs, la Cour Qu'en vertu de ce certificat, Nopou Ory Daniel prit possession de la villa n° 84
d'Appel a condamné Nopou Ory à leur restituer la villa du de cujus sis à Treichville sise à Treichville dépendant de la sut cession de Niangoran Eyémon et perçut une
outre 800.000 francs représentant les revenus perçus et un rappel de traitement ; créance de 100 000 francs revenant à la succession de Niangoran Eyémon .

- 17 -
Considérant que c'est dans ces conditions que Simone Niangoran, agissant tant ARRET N° 19 DU 18 AVRIL 1969
en son nom personnel qu'au nom de ses six frères et sœurs, a suivant exploit en APPEL. — Acte d’appel - Exploit non signifié -
date du 17 août 1966 assigné Ory Daniel devant le Tribunal d'Abidjan en restitution Inexistence - Application du droit des nullités (non).
de la villa et en payement de la somme de 800.000 francs ;
Si aux termes de l'article 6 du décret du 30 novembre 1931, les
Considérant que le Tribunal estimant qu'en coutume Abbey, ce sont les enfants
nullités d'exploit sont, nonobstant toutes dispositions contraires,
qui héritent de leur père et que Ory Daniel n a été «désigné pour se charger de La
succession qu'en raison de la minorité des enfants ; qu'ayant perçu diverses
facultatives pour le juge, ce texte n'est pas applicable à un acte
sommes, tant titre de rappels et de loyers, s'élevant à 100.000 francs + 416.000 + d'appel fait par un exploit d'huissier non signifié, un tel acte étant
520.000 francs = 1.036.000 francs, il y avait lieu de faire droit à la demande de la non pas nul mais inexistant.
dame Dioman Niangoran ;
Rejet
Considérant qu'Ory Daniel fait grief au jugement entrepris d'avoir ainsi statué et La Cour,
soutient qu'en coutume Abbey, à défaut d'héritier majeur, la succession doit être
prise par le parent mâle le plus âgé et que c'est seulement à sa mort que les enfants Attendu que des qualités de la décision attaquée et des pièces de la procédure il
peuvent reprendre les biens de leur père ; ressort que Coulibaly Mamadou ayant attrait devant le Tribunal de première instance
d'Abidjan Siaka Bamba pour s'entendre condamner à restituer la concession par lui
Qu'en tout état de cause même s'il était obligé de se dessaisir actuellement des usurpée provenant de la succession der feu Coulibaly Zié et à payer la somme de F.
biens de la succession au profit des enfants, il ne peut être tenu à la restitution des 4.390.000 à titre de remboursement de loyers perçus outre 700.000 francs à titre de
fruits car aucune règle coutumière ne le rend comptable des revenus qu'il a perçus ; dommages-intérêts pour privation de jouissance, le Tribunal a fait partiellement droit
à la demande en ordonnant la restitution de la concession et en condamnant Siaka
Ma is considérant que lors de la comparution personnelle des parties devant le Bamba à payer 3.144.000 francs à titre de loyers outre 300.000 francs à titre de
premier juge le 26 janvier 1967, Ory Daniel a reconnu qu'en coutume Abbey c'est le dommages-intérêts par jugement du 25 janvier 1968 ;
fils qui hérite de son père, alors qu’il avait été admis à faire la preuve du contraire ; Que sur appel de Siaka Bamba, la Cour par l'arrêt attaqué a déclaré le dit appel
irrecevable, confirmé le jugement entrepris et débouté les parties du surplus de leurs
Considérant que le fils aîné de Niangoran Eyémon, Augustin, actuellement conclusions.
majeur est en droit de revendiquer la succession de son père ; que c'est donc à
juste titre que la dame Simone revendique cette succession. Attendu qu'il est fait grief à la Cour d'Appel d'en avoir ainsi décidé au motif que
l'acte d'appel ne comportait pas certaines mentions substantielles, ce qui en
entraînait la nullité et partant l'irrecevabilité de l'appel, alors que l'article 6 du décret
Considérant que Ory Daniel est mal venu de soutenir en cause d'appel qu'il est
du 30 novembre 1931 énonce que "nonobstant toutes dispositions contraires les
l'héritier coutumier et qu'il ne doit pas compte des revenus de la succession ;
nullités l'exploit, et d'actes de procédure accomplis par les huissiers sont facultatives
pour le juge qui peut les admettre ou les rejeter" ; alors qu'une jurisprudence
Qu'en effet le certificat d'hérédité qui lui a été délivré sur sa déclaration ne suffit
constante veut que le juge ne prononce la nullité que si elle porte atteinte aux droits
pas pour établir qu'il était régulièrement chargé de l'administration de la succession ;
d'une partie ;
Considérant que les enfants Niangoran ne l'ont jamais reconnu comme héritier ; Mais attendu que c'est à juste titre que la Cour d'Appel a déclaré l'appel
qu'ils lui ont simplement fait remarquer que s'il se prétendait héritier, il avait irrecevable qu'en effet elle n'a pu être valablement saisie par un exploit non signifié,
l'obligation d'entretenir les enfants avec les revenus de la succession qu'il avait donc inexistant ;
appréhendée, ce qu'il n'a pas fait ; Attendu que le pourvoi fait encore grief à la Cour d'Appel d'avoir statué sur le fond
du litige après avoir déclaré l'appel irrecevable ;
Considérant que c'est donc à bon droit que le premier juge, compte tenu des
Mais attendu que si la Cour d'Appel a, à tort, statué sur la demande
dépenses effectuées par Ory, a ordonné la restitution par lui de la villa et d'une
reconventionnelle de Mamadou Coulibaly, sans observation d'ailleurs de Siaka
partie des sommes perçues •
Bamba, elle n'a causé a ce dernier aucun préjudice puisque ladite demande a été
rejetée ; qu'il s'en suit que le grief doit être écarté faute d'intérêt ;
Qu'il échet donc de confirmer le jugement entrepris.
Où étaient présents : MM. BONI, Président de la Cour Suprême, Président,
PAR CES MOTIFS MERCAN, Conseiller-Rapporteur, CREPPY, Conseiller, MENSAH, Secrétaire.
Avocats : Mes ADAM, ALLEPOT.
Et ceux non contraires du jugement frappé d'appel.

Reçoit Nopou Ory Daniel en son appel.


Arrêt n° 244 du 25 octobre 1968
L'y déclare mal fondé. de la Cour d'Appel d'Abidjan ayant donné lieu sur
pourvoi à l'arrêt de la Cour Suprême ci -dessus
Président : M. VARLET — Conseillers : ARTHUR et AKABA — Subt. gén. : M. rapporté (extraits)
DÜMONTET Avocats : Mes DOGUE et BANNY.

— 22 —
La Cour, 1) La rupture du contrat de travail unissant un médecin à une
...Considérant que l'intimé soutenant dune part la nullité de l'acte d appel, cet acte
entreprise est suffisamment justifiée par la preuve de fautes
professionnelles sans qu'il soif nécessaire de tenir compta du
ne mentionnant ni la date à laquelle il a été signifié, ni la personne à qui il aurait été
fait que le licenciement est en partie motivé par le retour du
signifié, d'autre part, la tardivité de cet appel qui le 4 mai 1968 n'était pas encore
précédent médecin d'entreprise pendant l’absence du quel le
relevé, en soulève l'irrecevabilité. demandeur avait été recruté.
Qu'il sollicite en conséquence voir déclarer l'appel irrecevable, voir le jugement 2) Le juge du fond apprécie souverainement les résul tats d'une
frappé d'appel et voir condamner l'appelant à lui payer 150.000 francs pour enquête et le caractère insuffisant de celles -ci rendant inutile
procédure abusive ; une nouvelle mesure d'instruction.
3) Le moyen tiré de la nullité de l'enquête devant la Cour par le
Considérant que l'appelant conclut au rejet de ces exceptions et demande seul Président de la Chambre est irrecevable dès lors qu'il n'a pas
d'infirmer purement et simplement le jugement entrepris et de déclarer prescrite été soulevé devant le juge du fond.
l'action initiée par le sieur Mamadou Coulibaly et subsidiairement de le déclarer,
après enquête le cas échéant, propriétaire de la concession litigieuse ; Affaire sociale
Rejet
Considérant que ces mentions (date de l'appel, personne à qui l'acte aurait été La Cour,
signifié) ne sont pas portées sur l'acte d'appel critiqué ;
Attendu qu'il ressort des énonciations de l'arrêt attaqué (Abidjan 24 février 1967)
Considérant qu'il s'agit là de formalités substantielles de l'acte d'appel, que leur que le docteur T... avait été engagé par la Société Energie Electrique de Côte
omission est, de jurisprudence établie, sanctionnée par la nullité de l'acte d'appel ; d'ivoire dite EECI à titre temporaire et révocable en vue de remplacer au titre de
médecin d'entreprise le docteur Djessou pendant l'indisponibilité de celui-ci ; que
Considérant en outre que faute par la Cour de pouvoir vérifier la date de la remise l'EECI ayant à se plaindre des services du docteur T... lui notifia son licenciement
à l'intimé de la copie de l'exploit d'appel, il échet pour elle de déclarer cet appel avec préavis de 3 mois, et même dispense d'exécution du préavis ; que sur
irrecevable comme tardif puisqu'aussi bien la copie ne permet pas d'en connaître la protestation du docteur T... l'EECI lui fit connaître le véritable motif du licenciement;
date ;
Attendu que saisi par le docteur T..., le Tribunal avait estimé que l'EECI avait agi
Considérant que l'ensemble des éléments de la cause, mettant en jeu une avec une légèreté blâmable et accordé au docteur T... 100.000 francs à titre de
concession que chacun revendique comme sienne ne démontre pas qu'il s'agit d'une dommages- intérêts ; mais que la Cour par l'arrêt infirmatif attaqué l'a débouté de
procédure abusive et manifestement dilatoire — qu'il échet de débouter l'intimé de sa sa demande ;
demande de dommages-intérêts.
Attendu que le demandeur au pourvoi fait grief au dit arrêt d'en avoir ainsi
PAR CES MOTIFS décidé, sur le fondement d une enquête nulle pour avoir été exécutée devant le
Président de la Cour d'Appel j seul, au lieu de la Cour toute entière ;
Déclare irrecevable l'appel interjeté par le sieur Siaka Bamba du jugement rendu
Mais attendu que si l'enquête est nulle pour avoir été faite par devant le
le 25 janvier 1968 par le Tribunal de première instance d’Abidjan.
Président de la Cour d'Appel seul, le moyen aurait dû être soulevé devant le juge
Président : M. VARLET — Conseillers : MM. LOUIS et AHIOUA Subst. gén. : M. du fond . que mélangé de fait et de droit il est irrecevable ;

DUMONTET Avocats : Mes ÂDÀM et ALLEPOT. Attendu qu'il est en outre reproché à la Cour d'Appel de s'être contredite en
énonçant que le renvoi du docteur T... pour le remplacer par le docteur Groga
ARRET N° 21 DU 18 AVRIL 1969 associé du docteur Djessou avait été opéré avec une légèreté blâmable et d'autre
part que le renvoi pour fautes professionnelles était légitime ;
CONTRAT DE TRAVAIL — Médecin d’entreprise -
Mais attendu que la Cour d'Appel a dans l'arrêt pris soin d'exposer que si le
Rupture - Faute professionnelle - premier motif n'eût pas suffi pour légitimer le licenciement, le second motif réel
Licenciement abusif, (non). l'était ;
MESURES D’INSTRUCTION — Demande d’enquête D'où il suit que le moyen n'est pas fondé ;
auprès de l’Ordre National des Médecins - Attendu enfin que le pourvoi reproche a la Cour d'Appel d'avoir refusé
Pouvoir souverain du juge du fond pour d'ordonner une enquête auprès de l'Ordre National des médecins ;
apprécier la nécessité.
Mais attendu que le juge du fond décide souverainement des résultats d'une
CASSATION. — Moyen tiré de la nullité d’une enquête et notamment que les indications qu'elle apporte suffisent à emporter sa
enquête, irrecevable comme n’ayant pas été conviction ;
soulevé devant le Juge du fond. Qu'il s'en suit que le moyen ne saurait être accueilli ;

- 19 -
PAR CES MOTIFS Considérant que les témoins présentés par le docteur T... n ont fait aucune
Rejette le pourvoi formé contre l'arrêt n° 22 rendu le 24 février 1967 par la déclaration sur les circonstances de son licenciement ;
Cour d'Appel d'Abidjan ; Qu en revanche, les témoins Guehi Paul, Legah Prosper, Yapi Michel,
Kouamé Prosper, Agossou Kouakou Ernest, Tapa Théodore et Bogui Patrice,
Où étaient présents : MM. BONI, Président de la Cour Suprême, Président,
présentés par l'EECI, ont tous reproché au docteur de ne pas les avoir
MERCAN, Conseiller-Rapporteur, CREPPY, Conseiller, MENSAH, Secrétaire.
examinés sérieusement lorsqu'étant malades, ils se présentaient à la visite
médicale, de ne pas avoir évacué les employés malades sur des formations
Pourvoi n° 24, Tr. 69 Avocats : Mes ADAM, BERTHEAU.
sanitaires, de ne pas leur avoir administré des soins d’urgence malgré les
Arrêt n° 22 du 24 février 1967 moyens mis à sa disposition, de ne pas avoir tenu une permanence régulière ;
de la Cour d'Appel d'Abidjan ayant donné lieu, sur pourvoi, à
l'arrêt de la Cour Suprême ci -dessus rapporté. Considérant que par conclusions en date du 6 février 1967, maître Adam,
La Cour, conseil du docteur T... estimant pour non valable l'enquête diligentée le 17
...Statuant publiquement, en matière de conflit individuel du travail, sur l'appel décembre 1966, demande qu'une nouvelle enquête soit effectuée, sur les points
régulièrement interjeté le 2 avril I966, par Maître Bertheau au nom de l'EECI ; à I reprochés par l'EECI à ce dernier par le Conseil National de l’Ordre des
encontre d'un jugement en date du 19 avril I966 du Tribunal du Travail Médecins ;
d'Abidjan, lequel, saisi par le docteur T... d'une demande de dommages- intérêts
Considérant que l'enquête du 17 décembre 1966 diligentée par la Cour, a été
pour licenciement abusif, a condamné l'EECI à lui payer de ce chef la somme de
effectuée dans les formes prévues par la loi, et est donc régulière et valable ;
500.000 francs ;
Considérant qu’il est inutile de recourir à une nouvelle enquête ; qu'en effet,
Considérant que le 26 octobre I963, l'EECI a engagé le docteur T... par les délégués du personnel Kouamé, Agossou et Bogui ont affirmé que tous les
contrat temporaire et révocable dont la durée maximum était fixée au temps travailleurs de l'EECI étaient mécontents des soins données par le docteur T...
d'empêchement du docteur Djessou, titulaire du poste ; que par décision n° 562 et étaient venus leur en faire part ;
TAS*DION/AR en date du 3 décembre 1963, il était précisé que le docteur T...
était provisoirement agréé en qualité de médecin d'entreprise par l'EECI ; Qu'eux-mêmes ayant eu à se plaindre du peu d'empressement mis par le
docteur T... à les examiner et à les soigner, ils avaient tenu une réunion à son
Que les premiers juges ont déclaré à bon droit que l'EECI avait agi avec une sujet et à l'issue de cette réunion, étaient allé demander à la Direction de l'EECI
légèreté blâmable en invoquant pour licencier le docteur T... le prétexte qu'elle de le remplacer ;
était obligé de reprendre le docteur Djesiou, alors qu'en fait elle avait engagé le
docteur Groga ; Que le docteur T... ne rapportant pas la preuve du caractère abusif de son
licenciement et en revanche l'EECI établissant ses fautes commises par le
Considérant toutefois que devant les premiers juges, l'EECI a soutenu qu'elle docteur T... qui nécessitaient son licenciement dans l’intérêt de la bonne marche
avait en réalité licencié le docteur T... pour faute professionnelle, mais que de l'entreprise, il échet en conséquence, d'infirmer le jugement entrepris en
c'était dans !e seul souci d'éviter de grave préjudice à ce dernier qu'elle s'était toutes ses dispositions, de débouter le docteur T... de sa demande en
abstenue d'invoquer à son encontre lesdites fautes que l'appelante précisait dommages-intérêts (16.000.000 francs), et de le condamner à rembourser à
notamment que le docteur T... n'assurait pas la permanence nécessaire dans l'EECI la somme de 100.000 francs versée sur commandement de maître
son infirmerie ; Okaindji, le 6 juillet 1966, en exécution de la condamnation provisionnelle
ordonnée par les premiers juges ;
Qu'il faisait l'objet de nombreuses réclamations de la part des employés, et
signait des certificats de complaisance, que d'ailleurs elle avait fait état de ces En la forme : Reçoit l'EECI en son appel ;
fautes dans une lettre du 23 avril 1965 adressée à Monsieur le Ministre du
Au fond : Dit que le docteur n'a pas rapporté la preuve du caractère abusif de
Travail ; que le licenciement du docteur T... étant légitime, elle a demandé
son licenciement ;
l'infirmation du jugement entrepris ;
Dit que l'EECI, au contraire, a prouvé les fautes commises par le docteur T...,
Considérant qu'il résulte d'une jurisprudence constante qu il n'y a pas rupture
justifiant son licenciement dans l'intérêt de la bonne marche de l'entreprise ;
abusive du contrat de travail, lorsque le motif invoqué est inexact, mais que
Infirme en conséquence, le jugement entrepris en toutes ses dispositions.
Le motif réel est légitime ;

Considérant que l’article 41 du Code duTravail dispose que : Président : M. DANIGRAND — Conseillers : MM. LALONDRELLE et NEBOUT
— Subt. gén. : M. DUMONTET Avocats : Mes BERTHEAU et ADAM.
"La juridiction compétente constate l'abus par une enquête sur les causes et les
circonstances de la rupture du contrat" ; que les premiers juges n'ayant pasordonné
ladite enquête, la Cour d'Appel a, par arrêt avant-dire droit n° 109 du 28 octobre ARRET N° 22 DU 18 AVRIL 1969
1966, admis le docteur T...à rapporter, tant par titres que par témoins et à
l'audience du 2 décembre 1966, la preuve que son licenciement a été abusif, et MARIAGE. — Application de la loi nouvelle au
qu'en particulier, il ne s'est pas rendu coupable des fautes professionnelles qui mariage coutumier célébré antérieurement -
lui sont reprochées par l'EECI, et réservé à l'EECI le droit d'administrer à la Recherche nécessaire par le juge du fond
mime audience la preuve contraire ;
de l’existence des conditions d’application.

- 20 -
Aux termes de l'article 10 de la loi n° 64 -381 du 7 octobre Arrêt n° 125 du 2 juin 1967
1964 relative aux dispositions diverses applicables aux matières de la Cour d'Appel d'Abidjan ayant donné lieu, sur pourvoi,
régies par les lois sur le mariage, les effets du mariage tels que à l'arrêt de la Cour Suprême ci-dessus rapporté.
définis par la loi n° 64-375 du même jour sont applicables aux
mariages contractés suivant la coutume antérieurement à l a La Cour,
date d entrée en vigueur de la loi nouvelle mais à la condition
...Statuant publiquement, contradictoirement en matière civile et en dernier
d'avoir été régulièrement déclarés à l'état civil ou constatés par
ressort, sur l'appel régulièrement interjeté le 25 janvier I967 par la dame Mobio
jugement transcrit sur les registres d'état civil.
Chaboé du jugement n° 1459 en date du 8 novembre 1966 rendu entre elle et
L'arrêt d'appel qui a fait application des articles 68 et Demba N'Diagne contre dama Mobio Chaboé d'une demande en revendication
suivants de la loi n° 6 4-375 du 7 octobre 1964 et notamment de d'une plantation, sise à Zedji (sous-préfecture d'Alépé), a dit que Demba N'Diagne
l'article 74 concernant les pouvoirs d'administration du mari est le seul propriétaire de la plantation en 1953, a rejeté toutes les demandes de la
sans qu'il soit recherché d'abord s'il existait un mariage rentrant dame Chaboé Mobio ;
dans les condi tions prévues par l'article 10 susvisé, encourt en
conséquence la cassation. Considérant que la dame Mobio Chaboé, appelante, demande à la Cour de
surseoir à statuer jusqu'à la solution de l'action en divorce qu'elle se propose
Cassation
La Cour, d'introduire contre son époux Demba N'Diagne ; qu'elle expose au soutien de son
appel que la plantation litigieuse a été créée au cours de la vie commune ; qu'il
Sur le moyen pris d'office de la violation de l'article 10 de la loi n° 64-381 du
s'agit donc d'un bien de communauté ; que le mariage n'ayant jamais été
7 octobre 1962 relative aux dispositions diverses applicables aux matières
légalement dissous, on ne peut en l'état statuer sur l'action en revendication de
régies par les lois sur le mariage... .
Demba N'Diagne ;
Attendu qu'aux termes de l'article 10 de la loi n° 64-381 susvisée seuls
Considérant que l'intimé Demba N'Diagne conclut au débouté de l'appel que la
produisent les effets du mariage tels que définis par la loi n° 64-375 du mime
dame Mobio Chaboé et, se portant incidemment appelante demande à la Cour
jour relative au mariage, les mariages contractés conformément à la tradition
d'ordonner l'expulsion de la dame Mobio Chaboé de la plantation litigieuse dont il a
antérieurement à la date d entrée en vigueur de la loi nouvelle, régulièrement
été déclaré seul propriétaire ;
déclarés à l'état civil ou constatés par jugement transcrit sur les registres de
l'état-civil ; Considérant qu'il résulte des écritures des parties qu'elles étaient mariées et que
le terrain a été mis en valeur au cours du mariage ;
Attendu que l'arrêt attaqué a, sur appel de la dame Mobio Chaboé d'un
jugement rendu le 29 mars I966 par le Tribunal de première instance d'Abidjan Considérant qu'il est produit un procès-verbal d'audition en date du 31 mai 1966
déclarant que le nommé Demba N Diagne était le seul propriétaire d'une du témoin Yapo Achi duquel il résulte que le terrain litigieux a été attribué par lui
plantation litigieuse, constaté que la plantation objet du procès faisait partie de aux époux Demba N'Diagne et que la plantation a été créée en commun par
la communauté de biens existant entre ces deux plaideurs, motif pris de ce que Demba N'Diagne et la dame Mobio Chaboé qui est la sœur du témoin ;
la dame Mobio Chaboé prétendait être mariée selon la coutume depuis I954 à
Demba N'Diagne qui ne le contestait pas ; Considérant que, même en admettant comme exactes les allégations de la dame
Mobio Chaboé concernant le mariage toujours existant entre elle et Demba
Qu'en conséquence de cette constatation, la Cour d'Appel a ordonné N'Diagne, il n'en demeure pas moins qu'en vertu de l'article 74 de la loi du 7 octobre
l'expulsion de la dame Mobio Chaboé, le mari ayant pouvoir d'administration sur 1964 sur le mariage les biens communs sont administrés par le mari que dans ces
les biens communs ; conditions s'il est toujours loisible à la dame Mobio Chaboé de demander le divorce,
il n'y a pas lieu de surseoir, à statuer sur la demande de Demba N'Diagne, qu'il
Attendu que la Cour d'Appel a ainsi fait application des articles 65 et suivants
échet de lui reconnaître dès à présent le droit d'administrer la plantation litigieuse et
de la loi n° 64-375 du 7 octobre 1964, et notamment de l'article 74 concernant
d'ordonner ainsi qu'il le demande l'expulsion de la dame Mobio Chaboé, quitte à
les pouvoirs d'administration du mari ;
celle-ci de solliciter, le cas échéant, lors de sa demande en divorce toutes mesures
Mais attendu que la Cour d'Appel se devait de rechercher d'abord s'il existait conservatoires pour la garantie de ses droits.
entre les parties un mariage rentrant dans les conditions prévues par l'article 10
PAR CES MOTIFS ET CEUX NON CONTRAIRES
visé au moyen ; qu'en s'étant borné à constater l'appartenance à une
DU JUGEMENT FRAPPE D'APPEL
communauté résultant du mariage sans avoir préalablement procédé aux dites
recherches, la Cour d'Appel a violé ledit texte ; Reçoit la dame Mobio Chaboé en son appel.

PAR CES MOTIFS Réformant le jugement n° 1459 en date du 8 novembre 1966 du Tribunal de
première instance d'Abidjan, dit que Demba N'Diagne est l'administrateur de la
Casse et annule l'arrêt n° 125 rendu le 2 juin 1967 par la Cour d'Appel plantation litigieuse, sise à Zoghi (sous-préfecture d'Alépé).
d'Abidjan et, pour être statué à nouveau, renvoie la cause et les parties devant
ladite Cour autrement composée ; Ordonne l'expulsion de la dame Mobio Chaboé de la dite plantation par toutes
les voies de droit.
Où étaient présents : MM. BONI, Président de la Cour Suprême, Président et
Rapporteur, CREPPY, et MERCAN, Conseillers, MENSAH, Secrétaire. Président : M. BELFER — Conseillers : MM. LALONDRELLE et ARTHUR — Subst.
Pourvoi n° 41, Cir. 68. Avocats : Mes ADAM et CLARAC. gén. : M. DUMONTET Avocats : Mes ADAM et CLARAC.

- 21 -
ARRET N° 23 DU 9 MAI 1969 Mais attendu que nulle part dans la procédure il n'a été indiqué que Grillère
agissait pour les besoins de son commerce, ce qui aurait eu pour effet de donner la
I. - COMPETENCE en matière commerciale - qualification commerciale à la convention passée avec Abidjan-Travaux, ladite
Litige entre commerçants - Actes faits pour convention fût-elle commerciale pour ce dernier ;
les besoins du commerce - Absence Qu'il s en suit que le moyen ne saurait être accueilli ;
d’indications sur ce point dans les écritures
Attendu que c'est à juste titre que le pourvoi fait grief à la Cour d'Appel d'avoir
des parties Compétence du juge civil non dénaturé la convention des parties et les conclusions de Grillère en réduisant
critiquable. d’office la dette de 4 500 000 francs reconnus par ce dernier tant dans la convention
transactionnelle du 21 octobre 1965 que dans ses conclusions d'appel ;
II. - CASSATION — Moyens - Convention
- Dénaturation - Transaction arrêtant le Qu'en effet la convention susvisée précisait que la dette de Grillère envers
Ambrosino représentant Abidjan-Travaux d'arrêter à la somme de 4.500.000 francs
compte des parties et contenant engagement à ce jour, ce que Grillère confirmait en demandant à la Cour acte de ce que le
de payer - Affirmation de ce que le défaut de montant définitif des travaux restant dû était de 4.500.000 francs et que la Cour a
payement n’est pas l’inexécution de la admis dans les motifs de son arrêt ;
convention - Cassation pour dénaturation. Attendu que la Cour d'Appel pour valider la convention transactionnelle du 21
octobre 1965 et implicitement rejeter la demande de résolution formulée par
1 ) Le reproche fait à la Cour d'Appel d'avoir statué en matière
Abidjan-Travaux a énoncé que cette Société ne peut prétendre que la convention
civile alors que le litige dont elle était saisie était de nature
n'a pas été exécutée sous prétexte de défaut de paiement ;
commerciale ne saurait être accueilli dès lors qu'il n'est indiqué
nulle part dans la procédure que le demandeur avait fait l'acte Attendu qu'il est justement fait grief à la Cour d en avoir ainsi décidé en ne tirant
objet du litige pour les besoins de son commerce. pas de ses propres constatations la conséquence juridique qui s'en évince ;

2) Le juge d'appel qui saisi d'une demande de résolution d'une Qu'en effet l'article 1184 du Code Civil édicté que "la condition résolutoire est
transaction pour défaut des engage ments de paiement d'une toujours sous-entendue dans les contrats synallagmatiques pour le cas où l'une des
des parties, a dénaturé celle-ci en affirmant que le défaut de parties n'exécute pas ses obligations. Dans ce cas la partie envers laquelle
paiement ne constitue pas l'inexécution de la convention
l'engagement n'a pas été exécuté a le choix ou d'en poursuivre l'exécution forcée ou
justifiant la résolution de celle-ci.
d'en demander la résolution avec dommages- intérêts" ;
Cassation
La Cour, PAR CES MOTIFS
Attendu que par convention sous-seing privé du 21 janvier 1965 la Société Casse et annule l'arrêt n° 122 rendu le 17 juillet 1966 par la Cour d'Appel
Abidjan Travaux s'est engagée à construire pour le compte de Grillère pour le prix d'Abidjan et, pour être statué à nouveau, renvoie la cause et les parties devant
forfaitaire de 5.800.000 francs deux villas jumelées avec garage et clôture ; que le ladite Cour autrement composée ;
prix convenu devait être réglé à raison d'une part, de traites de 200.000 francs Où étaient présents : MM. BONI, Président de la Cour Suprême, Président,
payables à compter du 10 février 1965 début des travaux, et d'autre part, du MERCAN, Conseiller-Rapporteur, CREPPY; Conseiller, MENSAH, Secrétaire.
versement à l'entrepreneur du montant des loyers encaissés jusqu'à apurement de Pourvoi n° 5, Civ. 68. Avocats : Mes TREPTOW et MARIANI.
la dette que 29 traites furent tirées ;

Que des difficultés s'étant élevées entre les parties au sujet du paiement de 2 Arrêt n° 122 du 11 juin 1966
traites, le Tribunal de première instance fut saisi et entra en condamnation contre
de la Cour d'Appel d'Abidjan ayant donné lieu, sur pourvoi, à l'arrêt
Grillère le 21 octobre 1965 pour la somme de 5.400.000 francs outre 100.000 francs
à titre de dommages-intérêts ; de la Cour Suprême ci -dessus rapporté.

Que ce même 21 octobre 1965 intervenait entre les parties une convention La Cour,
ainsi libellée : "D'un commun accord entre les parties d'une part Monsieur
...Considérant que selon convention du 21 janvier 1965, la Sté Abidjan-Travaux,
Ambrosino René d'autre part M. et Madame Grillère il est précisé que la dette de
représentée par Ambrosino s'était engagée à construire pour le compte de René
Grillère envers Ambrosino représentant Abidjan-Travaux s'arrête à la somme de
Grillère deux villas, deux garages et les clôtures, pour le prix forfaitaire de 5.800.000
4 500 000 francs à ce jour ;
francs "les travaux devant être terminés fin avril 1965" que la convention relative au
Que Grillère ayant néanmoins interjeté appel et Abidjan- Travaux appel "paiement" stipule qu'il sera effectué par versement mensuel de 200.000 francs
incident, la Cour d'Appel a rendu l'arrêt attaqué condamnant Grillère à payer à la "plus la totalité du montant des loyers encaissés jusqu'à amortissement de la
Société Abidjan-Travaux, somme" les versements s'effectuant par "effets échelonnés du 30 avril 1965 au 20
4.500.0 francs dont 3.800.000 échus et exigibles à la date de l'arrêt, sous janvier 1966, que les travaux ont été réceptionnés le 6 mai 1965, en présence de
déduction toutefois de la somme de 400.000 francs déjà versée, outre 100.000 l'architecte ;
francs à titre de dommages-intérêts ; Considérant que la Société Abidjan-Travaux affirme n'avoir reçu de Grillère que
la somme de 400.00 francs outre deux effets de 200 000 francs non encaissés et a
Attendu qu’il est reproché à la Cour d'Appel d'avoir statué en matière civile
fait assigner Grillère à la date du 26 mai 1965 en validité de saisie-arrêt et qu'elle
alors que le litige dont elle était saisie était de nature commerciale ;
obtint jugement de validité de saisie-arrêt et sa conversion en saisie-

— 22 —
exécution pour la somme de 800.000 francs que cette procédure est régulière, que sujet il est à noter que ces prétendus travaux étaient déjà effectués à la date de la
d'autre part n'ayant obtenu aucun autre paiement sur le prix des travaux effectués dernière convention du 28 octobre 1965, qui constitue d accord parties "le titre et le
elle assignait à nouveau Grillère "en résolution du marché-convention et en montant des créances définitifs" ;
paiement corrélatif de la somme de 5.800.000 francs prévus dans ladite convention,
outre un million de dommages-intérêts". Considérant enfin qu'en l'état de la procédure, les demandes d’expertise ne
constituent que des moyens dilatoires de nature à retarder encore le paiement des
Considérant que le jugement estimant que Grillère n'avait effectivement versé dettes largement échues, et qu’en l'espèce les compensations invoquées pour s
que 400.000 franc: et sanctionnant à bon droit les conventions librement signées, opposer à la demande principale de paiement ne sauraient être retenues par la
condamna Grillère à payer à la Société Abidjan-Travaux, la somme de 5.400.000 Cour, fut ce au titre de malfaçons prétendues lesquelles sont étrangères au débat
francs et 1.000.000 à titre de dommages-intérêts ; principal et ne peuvent faire l’objet que d'une procédure distincte sous forme
Considérant toutefois que certains travaux n'ayant pas été effectués par la d'action en responsabilité ; que d'autre part la Cour n'a pas à faire le compte des
Société, les parties d'un commun accord et 7 jours après le jugement rendu parties ni à vérifier l'exactitude et la régularité des versements effectués, lesquels
signèrent une nouvelle convention du 28 octobre 1965, aux termes de laquelle "la devront s'imputer de plein droit, ainsi que la somme saisie-arrêtée sur le montant de
dette Grillère s'arrête à la somme de 4.500.000 francs ; la condamnation en principal, relative au paiement des travaux effectués, seul objet
Considérant que Grillère qui a relevé appel le 21 janvier 1966, ne conteste pas le de la demande principale qu'à ce sujet la Cour, ainsi que l'a estimé le premier juge,
montant de sa dette ainsi fixée à 4 500 000 francs par la nouvelle convention que retient comme effectif et réel le versement par Grillère de 400.000 francs ; qu'en ce
dans ses conclusions du 26 mai 1966, devant la Cour il "offre de régler qui concerne les 400.000 francs supplémentaires qu'il prétend avoir réglé par effet,
immédiatement à la Société Abidjan-Travaux une somme de 3.800.000 franc; mais il lui appartient de rapporter la preuve de ce paiement ;
prétend "retenir" sur le montant définitif la somme de 700.000 francs, dont 500.000 Considérant que les retards considérables de Grillère au paiement de dettes
francs à titre de "retenue de garantie dite d usagede 10 % environ sur le montant échues d'un montant incontestable révèle la mauvaise foi de ce débiteur et justifie la
des travaux et 200.000 francs qui représentaient le montant des travaux effectués demande de dommages- intérêts pour résistance abusive et mesures dilatoires
par Grillère lui-même et non par l'entrepreneur", qu'il demande en outre : présentée par la Société Abidjan-Travaux créancière, que toutefois le préjudice ne
1) expertise sur la valeur réelle de ces travaux et sur des malfaçons qui seraient saurait être évalué à un million, mais seulement à la somme de 100.000 francs ;
relevée; ; PAR CES MOTIFS
2) expertise comptable pour faire les comptes des parties ;
Statuant publiquement et contradictoirement, en matière civile et en dernier
Considérant d'autrepart que la Société Abidjan-Travaux, intimée mais ressort ;
demanderesse reconventionnelle et appelante incidente, demande à la Cour de
En la forme : Reçoit l’appel principal de Grillère et l'appel incident de la Société
prononcer la résolution pour inexécution de la dernière convention du 28 octobre
Abidjan-Travaux ;
1965, et le paiement de la somme de 5.400.000 francs restant due, outre 1 000 000
000 de dommages-intérêt:, pour résistance abusive et manœuvres dilatoires ; Au fond : Réformant le jugement entrepris, valide !a convention des parties en
date du 28 octobre 1965 ;
Considérant que la convention du 28 octobre 1965, ne constitue pas en
En conséquence, condamne Grillère à payer à la Société Abidjan-Travaux, le
engagement de payer 4.500.000 francs à une date déterminée, mais un accord
montant des travaux effectués soit 4.500.000 francs dont 3.800.000 francs échus et
définitif des parties sur le montant de la créance dont la règlement reste fixé dans
exigibles à la date du présent arrêt, sous déduction toutefois de la somme de
les conditions prévues dans la convention initiale du 21 janvier 1965, que dès lors la
400.000 francs déjà versée la preuve d'autres versements n'étant pas rapportée en
Société Abidjan-Travaux ne peut prétendre que cette convention n'a pas été
l'état actuel du dossier, condamne en outre Grillère à payer 100.000 francs de
exécutée sous prétexte de défaut de paiement ; qu'il confient bien au contraire de
dommages-intérêts à la Société Abidjan Travaux.
l'homologuer et de la faire respecte/ en ce qu'elle fixe de façon non équivoque et
définitive le montant de la dette de Grillère, et par contre que ce dernier prétend Président : M. AUDIER — Conseillers : MM. LOUIS et NEBOUT
réduire cette dette de 700.000 francs et par conséquent limiter sa condamnation a — Subst. gén. : M. DUMONTET Avocats : Mes
3.800.000 francs qu'il offre de payer, s'engageant même à l'audience de la Cour du MARIANI et TREPTOW.

10 juin 1966, à régler 2.600.000 francs (montant de 13 mensualités) dans la


huitaine de l'arrêt à intervenir ; ARRET N° 24 DU 9 MAI 1969
Considérant que la retenue sollicitée de 700.000 francs n'est pas justifiée pas I - FORETS CLASSEES. — Attribution
plus que les expertises demandées ; de droits d’usage sur les terrains -
Considérant en effet que le prétendu "usage" invoqué, au titre de retenue de
Compétence exclusive de l’autorité
garantie de 500.000 francs ne s'impose pas à la Cour alors surtout qu'il n'a pas été administrative de l’Administration des Eaux et
prévu dans les conventions des parties, lesquelles ne contiennent aucune réserve Forêts.
de ce genre qu'au surplus cette prétention ne saurait être admissible que si Grillère
avait intégralement acquitté la somme de 3.800.000 francs, (2.600.000 francs de
II - TERRE NON IMMATRICULEE —
mensualités et 1.200.000 francs de loyers non reversés) au moment où il prétend Droit d’usage coutumier - Jugement antérieur
effectuer cette retenue, ce qui n'est pas le cas, qu'il en est de même en ce qui entre les mêmes parties - Identité non établie
concerne la somme de 200.00 francs qui représentait des travaux personnels - Jugement inopposable.
effectués par Grillère lui-même ; qu'à ce

— 27 —
III - JUGEMENTS ET ARRETS — Conclusions - Défaut Mais attendu que les juges, du fond observent que les faits allégués
manquaient de pertinence et que l’enquête demandée n avait pas pour objet de
de réponse faire la preuve des faits invoqués, mais bien de faire préciser l'objet même du litige ;
1) L’attribution de terrains faisant parties des forêts classées ne Attendu que cette appréciation des éléments fournis par les demandeurs relève
dépend pas des juridictions judiciaires mais relève du pouvoir souverain des juges du fond.
exclusivement et souverain ement de l'autorité administrative de D'où il suit que le moyen n'est pas mieux fondé que les autres ;
l'Administration des Eaux et Forêts.
Sur le 4e moyen : Attendu que le pourvoi prétend que les demandeurs avaient
2) La production d'un jugement antérieurement intervenu entre les invoqué l'article 20 de la loi du 20 décembre 1965I965 portant code forestier et que
parties n'est pas opposable à une demande portant sur le droit ni le Tribunal ni la Cour n'ont répondu à ce moyen ;
d'usage de terres non immatriculées dès lors qu'il n'est pas
établi que ce jugement concerne la parcelle de terrain Mais attendu que les juges du fond n'étaient pas tenus de suivre les parties dans
litigieuse. le détail de leur argumentation dès lors que ces arguments et moyens n'aboutissent
pas à un chef précis de demande articulé dans le dispositif des conclusions ; qu'au
3) Les parties ne sont pas tenues de répondre au détail des demeurant en admettant eux-mêmes dans leur mémoire en cassation que
argumentations.
l'application du code forestier dépend non des juridictions judiciaires, mais de
l'Administration forestière, les demandeurs admettent aussi nécessairement que la
Rejet
Cour n'avait pas à répondre à un moyen qui échappait totalement à sa
La Cour, compétence;
Sur le premier moyen pris de l'absence ou insuffisance de motifs, dénaturation D'où il suit que le 4 e moyen n'est pas fondé, et que la Cour d'Appel a légalement
des faits de la cause, en ce que la Cour aurait adopté les motifs du premier juge, justifié sa décision ;
alors que celui-ci avait eu tort de refuser aux demandeurs la possibilité de
PAR CES MOTIFS
démontrer que leur situation de riverains leur donnait sinon un droit exclusif, du
moins un droit de priorité dans l'attribution des terrains litigieux ; Rejette le pourvoi formé contre l'arrêt ne 20 rendu le 20 octobre 1967 par la Cour
d'Appel d'Abidjan ;
Mais attendu que dans l'arrêt attaqué, la Cour n'a pas déclaré adopter les
motifs discutables du premier juge ; qu'au demeurant, l'attribution des terrains Où étaient présents : MM. BONI, Président de la Cour Suprême, Président,
dépendants de forêts classées ne dépend absolument pas des juridictions CREPPY, Conseiller-Rapporteur, MERCAN, Conseiller, MENSAH, Secrétaire.
judiciaires, mais relève exclusivement et souverainement de l'autorité administrative Pourvoi n° 45, Civ. 68. Avocats : Mes ADAM et DOGUE.
de l'Administration des Eaux et Forêts que les demandeurs n'ont pas indiqué les
sources du droit exclusif où de priorité qu'ils invoquent ; Arrêt n° 200 du 30 octobre 1967
Qu'il en résulte que le grief articulé par le moyen ne saurait être accueilli ; de la Cour Suprême d'Abidjan ayant donné lieu sur
pourvoi à l'arrêt de la Cour Suprême ci-dessus rapporté.
Sur le second moyen tiré de ce que la Cour a déclaré que les appelants ne font
la preuve d'aucun droit coutumier sur les terrains qu'ils avaient cultivés en vertu La Cour,
d'un droit d’usage, alors que cependant ce droit d'usage est prouvé par la ...Considérant que les appelants soutiennent en caused'appel que leur action
production d'un jugement antérieurement intervenu entre les demandeurs et un avait pour but de protéger leurs droits de cultures sur une forêt située en bordure de
autre défendeur ; la forêt classée qu'ils avaient primitivement exploitée en attente de l'autorisation
administrative qu'ils ont sollicitée ; qu'ils craignaient que leur adversaire ne bénéficie
Mais attendu qu'il n'est pas établi que le jugement antérieur produit concerne la
de l'état de fait qu'il a créé en occupant le terrain au mépris des droits acquis ; qu'ils
parcelle de terrain présentement litigieuse ;
sollicitent donc l'infirmation du jugement entrepris et l'adjudication de leurs
Qu'au contraire ledit jugement antérieur rappelle que toutes les terres non conclusions de première instance tendant au principal à voir ordonner l'expulsion de
mises en valeur sont réputées terres d'Etat et que seule la mise en valeur et Nicolas Adia et subsidiairement voir ordonner une enquête adressée aux autorités
l'occupation créent le droit de propriété privée ; qu'en avouant avoirabandonné les administratives pour déterminer l'exactitude de leurs droits prioritaires et riverains,
terrains litigieux après un temps d'occupation, les laissant ainsi en friches, les établir les circonstances dans lesquelles Nicolas Adia a pu s'installer sur le terrain
demandeurs avouaient par la même qu'ils n'avaient sur les terrains aucun droit litigieux — et enfin délimiter exactement sur le terrain les parcelles litigieuses.
privatif susceptible d'empêcher que les dits terrains redevenus domaniaux, soient Considérant que Nicolas Adia, intimé, sollicite la confirmation pure et simple de
de nouveau défrichés et de nouveau mis en valeur ; la décision attaquée ;

Que par suite, le second moyen n'est pas mieux fondé que le premier ; Considérant que les appelants ne font la preuve d'aucun droit coutumier sur les
terres qu'ils prétendent avoir antérieurement cultivées en vertu d'un simple droit
Attendu que le pourvoi reproche à l'arrêt d'avoir rejeté à tort la demande d'usage ;
subsidiaire d'enquête présentée par les demandeurs et qui tendait à faire délimiter Qu'il résulte d'ailleurs de leurs propres conclusions qu'ils avaient abandonné ces
le terrain litigieux par un homme de l'art ; terres et que leur présente action a simplement un caractère préventif ;

— 28 —
Puisqu’aussi bien ils se sont déjà adressé à l'autorité administrative compétente Mais attendu que la Cour a énoncé que les gendarmes qui s étaient transportés
pour obtenir l autorisation d occuper et de cultiver ; qu'au surplus ils n'apportent immédiatement sur les lieux de l'accident ont relevé que la Peugeot de Faddoul se
aucune précision sur la nature et la situation des terrains qu'ils reprochent à leur trouvait en travers de la route, l'avant à 3 mètres 40 du bord gauche de la chaussée
adversaire d’avoir occupé en fraude de leurs droits ; que dans ces conditions c'est à dans son sens de marche, chaussée large de 6 mètres 70 ; qu'elle a pu en déduire
bon droit que le premier juge a rejeté leur demande dont l’objet est mal déterminé ; que Faddoul ne tenait pas sa droite et empiétait très nettement sur le couloir de
gauche ; que cette constatation de la faute de la victime suffit à justifier la mise à sa
Qu'il a également à juste titre rejeté la demande d'enquête les faits articulés charge d'un fait de responsabilité que la Cour apprécie souverainement abstraction
manquant de pertinence et n'ayant pas pour objet de faire la preuve des faits faite du motif surabondant à tort critiqué par le pourvoi, le juge du fond qui fait état
invoqués mais bien de faire préciser l'objet même du litige ; de présomptions qu'il énumère et apprécie souverainement n'était pas tenu de
rappeler dans sa décision l'exigence légale de préemptions graves, précises et
Considérant en conséquence qu'il échet de confirmer en son entier le jugement concordantes ;
déféré.
Attendu qu'il est encore fait grief à la Cour d'Appel d avoir fondé sa décision
PAR CES MOTIFS
uniquement en se référant aux données du procès-verbal de Gendarmerie du 24
Déclare recevable en la forme les appels de Sika Niamba, Assi Séka, Koffi décembre 1964, établi peu de jours après l'accident sans discuter les indications
Bakoin, Assagou Attiako, Beka N'Guessan, Yao Niamba Paul et Yao Séka Ernest apportées par le procès-verbal de transport du juge d'instruction du 19 février 1965,
mais les dits mal fondés. alors qu'elle y était invitée par des conclusions, ladite décision se trouvait ainsi
basée sur des motifs hypothétiques.
Déboute les appelants.
Mais attendu que le juge du fond apprécie souverainement l'ensemble des
Président : M. VARLET — Conseillers : MM. LALONDRELLE et NEBOUT — Subt. éléments de preuve qui lui sont soumis et qui ont été librement discutés par les
gén. : M. DUMONTET Avocats : Mes ADAM et DOGUE. parties, sans être tenu de les suivre dans le détail de leur argumentation ;
ARRET N° 27 DU 9 MAI 1969 Qu'en l'espèce en faisant son choix, la Cour a implicitement mais
nécessairement écarté la thèse des consorts Faddoul et répondu aux conclusions
PREUVES - PRESOMPTIONS — Graves, précises ;
précises et concordantes.
PAR CES MOTIFS
Les présomptions ne constituent une preuve que lorsqu'elles
sont graves, précises et concordantes et les juges du fond sont Rejette le pourvoi formé contre l'arrêt n° 140 rendu le 3 mai 1968 par la Cour
tenus de relever avec précision les faits les constituant. d'Appel d'Abidjan ;

Rejet Où étaient présents, MM. BONY, Président de la Cour Suprême, Président,


La Cour, CREPPY, Conseiller-Rapporteur, MERCAN, Conseiller, MENSAH, Secrétaire.

Attendu que le 20 décembre 1964 s'est produit une collision entre un grumier Pourvoi n° 51, Civ. 68. Avocats : Mes CLARAC et DOGUE.
conduit par Mamadou Traoré, au service de la Société de Transports dite
S.I.T.C.I.B. propriétaire du véhicule et une berline Peugeot conduite par Ibrahim Arrêt n° 140 du 3 mai 1968
Faddoul ; que Ibrahim Faddoul étant décédé des suites de ses blessures, sa veuve de la Cour d'Appel d'Abidjan ayant donné lieu,
agissant tant en son nom personnel qu'au nom de ses enfants mineurs a assigné
sur pourvoi, à l'arrêt de la Cour Suprême ci -dessus rapporté.
en paiement de dommages-intérêts la S.I.T.C.I.B. et son assureur la Mutuelle
Agricole de Côte d'ivoire et des Régions Tropicales ;
La Cour,
Attendu que les présomptions pour valoir preuve, doivent être la cause de la
Considérant qu'il est établi et non contesté que le 20 décembre I964 vers 15
collision était restée inconnue a condamné les défendeurs à payer aux consorts
heures, un tracteur attelé d'une remorque porte-grumes, appartenant à la
Faddoul toutes causes confondues F. 3.750.000 à titre de dommages-intérêts ;
S.I.T.C.I.B. et assuré par la Mutuelle Agricole, qui circulait sur la route d Abidjan
Que sur appel de toutes les parties, la Cour infirmait la décision du premier juge vers Akoupé est entré en collision à une vingtaine de kilomètres d'Abidjan avec une
a procédé à un partage de responsabilité, laissant les trois quarts à la charge de berline 403 Peugeot conduite par Ibrahim Faddoul qui venait en sens inverse ;
Ibrahim Faddoul, et condamné, compte tenu d'une augmentation du montant du
Que Ibrahim Faddoul a été grièvement blessé et est décédé le lendemain d'un
préjudice global, la S.I.T.C.I.B. et son assureur à payer F. 6.000.000.
traumatisme thoraco-abdominal avec rupture de la rate et hémorragie interne ; que
Attendu qu'il est fait grief à la Cour d'Appel d'en avoir ainsi décidé au seul motif Mamadou Traoré, conducteur du véhicule porte-grumes, qui avait, à la suite de cet
que la faute de la victime justifiant un partage deresponsabilité,pouvait se prouver accident fait l'objet d'une information pour homicide par imprudence, a bénéficié le
par tous moyens même par présomptions ; li août I965 d'une ordonnance de non-lieu. Faddoul, es-nom et qualité, en basant sa
demande sur l'article I384 paragraphe I du Code Civil, a assigné la S.I.T.C.I.B. en
Alors que les présomptionspour valoir preuve,doivent être graves précises et tant que gardien du porte-grumes et son assureur, devant le Tribunal de première
concordantes, caractéristiques qui doivent être relevées par le juge du fond ; instance d'Abidjan en réparation du préjudice causé à elle et à ses enfants ;

- 25 -
Considérant que le Tribunal par le jugement entrepris du 22 juin 1967 a estimé table. L’arrêt de la Cour d'Appel qui a déchargé ce conducteur de
que la cause de la collision étant demeurée inconnue le gardien de chaque toute part de responsabilité d une col lision encourt la cassation.
véhicule est tenu de réparer le dommage causé à l'autre du fait de la chose qu'il
Cassation
avait sous sa garde et a condamné, en conséquence la S.I.T.C.I.B. à réparer
La Cour,
l'intégralité du préjudice subi par la veuve Faddoul et ses enfants, et a condamné in
solidum l'assureur de la S.I.T.C.I.B. Attendu qu'il ressort des énonciations de l'arrêt confirmatif attaqué (Abidjan 26
avril 1968) qu'à la suite d'une collision survenue sur une chaussée large de 3 m 10
SUR LA RESPONSABILITE ENCOURUE PAR LA S.I.T.C.I.B.
entre un camion appartenant à la Société Ivoirienne de Distribution dite SIDECO
ET SON ASSUREUR
assuré par la Compagnie Générale d'Assurance dite C.G.A. et un camion
Considérant que la veuve Faddoul ayant basé son action sur I article 1384 appartenant à la Société Massieye et Ferras assuré par la Compagnie des
paragraphe I du Code Civil et la collision n'étant pas contestée, il en résulte que la Assurances Générales dit C.A.G. les deux véhicules larges de plus de 2 mètres ont
S.I.T.C.I.B. gardien de son véhicule porte-grumes qui est présumé être la cause été gravement endommagés . que la SIDECO et la C.G.A. d'une part et la Société
génératrice du dommage dont se plaint la dame Faddoul, est responsable de plein Massieye et Ferras et la C.A.G. d'autre part, se sont réciproquement assignées en
droit de ce dommage ; vue d'obtenir réparation du préjudice à elles causé ; que le Tribunal de première
instance d'Abidjan par jugement en date du 29 juin 1967 a estimé que le litige devait
Considérant qu'il résulte du même procès verbal de Gendarmerie que le seul
se régler sur le fondement de l'article 1384 alinéa I du Code Civil et qu'en
dégât du véhicule grumier est son aile gauche emboutie, alors que les dégâts
conséquence chaque partie devait réparer le dommage subi par l'autre ; que par
apparents de la Peugeot 403 intéressent la partie avant et accessoire : "La cabine
l'arrêt attaqué rendu sur appels de la SIDECO et de la C.G.A. la Cour a confirmé le
et les ridelles de la caisse sont comprimés" ;
jugement susvisé ;
Considérant qu'il convient de remarquer que Faddoul, conducteur de la 403
Attendu qu'il est fait à juste titre grief à la Cour d'Appel d'avoir retenu la
Peugeot est décédé d'un traumatisme thoraco-abdominal avec rupture de la rate ; responsabilité entière de la SIDECO en énonçant que le fait pour le conducteur du
Qu'il résulte nécessairement que ce traumatisme a été causé par compression véhicule de Massieye et Ferras de n'avoir pu l'immobiliser par suite d'une
de la cabine à la suite de la collision ; défaillance de ses freins ne constituait pas une faute imprévisible et inévitable, alors
que le seul fait de la participation de la victime à la réalisation du dommage doit
Considérant qu'il résulte des dégâts causés aux deux véhicules que c'est
entraîner la décharge pour le moins partielle du gardien ;
l'avant de la Peugeot 403 qui est entré en collision avec l'aile gauche du tracteur ;
PAR CES MOTIFS
Considérant que c'est à bon droit que la S.I.T.C.I.B. soutient que la Peugeot
403 qui s'est arrêtée après la collision en travers de la chaussée avait son avant à Et sans égard aux autres moyens du pourvoi ;
3 m. 40 du bord gauche de la chaussée dans son sens de marchealors que cette Casse et annule l'arrêt n° 125 rendu le 26 avril 1968 par la Cour d'Appel
chaussée a une largeur totale de 6 m 70, ne tenait pas sadroite et empiétait très d'Abidjan, et pour être statué à nouveau renvoie la cause, les parties devant la dite
nettement sur le couloir de gauche; Cour autrement composée ;

Considérant qu'il résulte de la compression de la cabine de la Peugeot que le Où étaient présents MM. BONI, Président de la Cour Suprême, Président,
choc de ce véhicule avec le tracteur a été violent, que ce tracteur a été déporté sur MERCAN, Conseiller-Rapporteur, CREPPY, Conseiller, MENSAH, Secrétaire.
sa droite, que la preuve est certaine que Faddoul conduisait son véhicule à une Pourvoi n° 20, Civ. 69. Avocats : Mes TREPTOW et DOGUE.
vitesse excessive ainsi que le prétend la S.I.T.C.I.B. ;

Considérant que si ces fautes de la victimen'exonèrent pas totalement la


Arrêt n° 125 du 26 avril 1968
S.I.T.C.I.B. de la responsabilité de plein droit encourue par elle, elles ont concouru de la Cour d'Appel d'Abidjan
au dommage et exonèrent partiellement la S.I.T.C.I.B. ; ayant donné lieu, sur pourvoi, à l'arrêt de la
Cour Suprême ci -dessus rapporté.
Que la Cour a les éléments suffisants pour fixer le partage de responsabilité à
un quart pour la S.I.T.C.I.B. et trois quarts pour Faddoul Ibrahim ; La Cour,
Considérant qu'il résulte tant des productions que des écritures des parties que
Qu'il échet d'infirmer le jugement de ce chef.
le 8 janvier I965 sur la route Alépé-Abidjan au point kilométrique 22, un camionde
Président : M. BELFER — Conseillers : MM. ARTHUR et MOÏSE Subst. gén. : M. 10 tonnes Berliet appartenant à la SIDECO et assuré par la Compagnie Générale
d'Assurances qui venait d'Abidjan et se dirigeait vers Petit-Alépé est entré en
DUMONTET Avocats : Mes DOGUE et CLARAC. collision avec un camion Chevrolet de 5 tonnes appartenant à la Société Massieye
et Ferras et assuré par la Compagnie d'Assurances Générales qui venait de Petit-
ARRET N 35 DU 30 MAI 1969 Alépé et se dirigeait vers Abidjan ; que la collision s'est produite alors que le
CIRCULATION ROUTIERE — Collision - véhicule Berliet venait de -franchir un ponceau, que la chaussée au lieu de
l'accident a une largeur de 3 m 10 ;
Défaillance des freins - Fait imprévisible et
inévitable, non. EN CE QUI CONCERNE LES RESPONSABILITES
ENCOURUES
Le fait pour un conducteur de n'avoir pu immobiliser son véhicule
par suite d'une défaillance des freins ne constitue pas un fait Considérant que la SIDECO et son assureurfont grief au jugement entrepris de
imprévisible et inévi- les avoir condamnés à réparer le préjudice

— 30 —
subi par la Société Massieye et Ferras et par l'assureur de celle- ci à la suite de ARRET N° 39 DU 30 MAI 1969
cette collision ; quelles soutiennent que cet accident est dû à la faute exclusive du
conducteur du véhicule de Massieye et Ferras qui a reconnu lui-même qu'il était CASSATION (Pourvoi). — Formes - Dépôt de la
débiteur du droit de priorité et qu'il a violé celle-ci en raison de la défaillance des requête au secrétariat de la Chambre Judiciaire -
freins de son véhicule ; Irrecevabilité
Mais considérant que les intimés objectent à juste titre que le fait par le La requête du pourvoi en cassation doit, aux termes de l'article
conducteur de leur véhicule de n'avoir pu l'immobilise" a la suite d'une défaillance 191 de la loi du 2 juin 1961, être déposée au Greffe de la
des freins ne constitue pas une faute imprévisible et inévitable puisque, la largeur Juridiction qui a rendu la décision attaquée. Par suite, doit être
de la chaussée rendant tout croisement impossible, L* conducteur du véhicule de la déclarée irrecevable la requête déposée au secrétariat de la
SIDECO, conformément aux prescriptions du Code de la Route, avait l'obligation de Chambre Judiciaire de la Cour Suprême.
s'arrêter pour laisser le passage au véhicule venant en sens inverse qui était un
véhicule de 5 tonnes de charges utiles alors que celui de la SIDECO était un Irrecevabilité
véhicule de 10 tonnes de charges utiles ;
La Cour,
Considérant qu'en ne ralentissant pas lors d'un croisement alors que
l'insuffisance de la largeur libre de la chaussée rendait, en tout état de cause ce Attendu que Félix René s'est pourvu en cassation contre l'ordonnance
croisement impossible, le conducteur du véhicule de la SIDECO a commis une faute d'exéquatur rendue le 22 mai I968 par le juge de section de Sassandra dans
qui a été génératrice du dommage dont se plaignent les intimés que dans ces l'instance pendante entre lui et son épouse née Colage Anne-Marie Louise, par
conditions le fait que la défaillance des freins du véhicule de Massieye et Ferras requête déposée au Secrétariat de la Chambre Judiciaire de la Cour Suprême ;
n'ait pas permis l'immobilisation de ce véhicule avant la collision n'exonère pas,
même partiellement, la SIDECO de la responsabilité du plein droit encourue par elle Mais attendu que l'article I9I de la loi 61-201 du 2 juin 1961 énonce que "le
en tant que gardien de son véhicule ; pourvoi doit être formé par une requête déposée au greffe de la juridiction qui a
rendu la décision attaquée ; qu'il s'en suit que la requête déposée au Secrétariat de
Que c'est à bon droit que le premier juge l'a condamné à réparer en totalité le la Chambre Judiciaire de la Cour Suprême est irrecevable ;
dommage causé à la Société Massieye et Ferras, et à l'assureur de celle-ci ;

PAR CES MOTIFS PAR CES MOTIFS

Et ceux non contraires du jugement frappé d'appel ;


Déclare irrecevable l'ordonnance de référé rendue par le juge des référés du
Reçoit la SIDECO et la Compagnie Générale d'Assurances en leur appel ; Tribunal de Sassandra le 22 mai 1968 ;

Les y déclare mal fondés. Où étaient présents : MM. BONI, Président de la Cour Suprême,

Confirme en toutes ses dispositions le jugement n° 1935 en date du 29 juin 1967 Président, CREPPY, Conseiller-Rapporteur, MERCAN,
frappé d'appel.
Conseiller, MENSAH, Secrétaire.
Président : M. BELFER — Conseillers : MM, ARTHUR et MOÏSE Subst gén. : M.
DUMONTET Avocats : Mes DOGUE et TREPTOW. Pourvoi n° 56, Civ. 68. Avocats : Mes MARIANI et DOGUE.

— 31 —
COUR SUPRÊME
CHAMBRE JUDICIAIRE FORMATION PÉNALE

ARRET N 20 OU 18 AVRIL 1969 Attendu qu’il est fait à juste titre grief à la Cour d'Appel d avoir estimé qu'une

I - CIRCULATION ROUTIERE — Circonstances de vitesse de 60 km à l'heure était anormale et avait eu une influence sur la réalisation
de l'accident alors que Tzibinski eût-il circulé à cette vitesse tenait la droite de son
l’accident - Constatation de la vitesse couloir de marche et que son véhicule en conséquence n'a joué qu'un rôle passif ;
excessive du conducteur circulant dans sa
bande de roulement non influente sur la PAR CES MOTIFS

réalisation de l’accident - Cassation - Casse et annule l'arrêt de la Cour d'Appel n° 856 du 30 octobre 1967 et pour être
statué à nouveau conformément à la loi, renvoie la cause et les parties devant la
Caractère fautif, non. même Cour autrement composée ;
II - RESPONSABILITE (Partage de) — Entre appelant Où étaient présents : MM. BONI, Président de la Cour Suprême, Président,
et un tiers non compris dans la poursuite - MERCAN, Conseiller-Rapporteur, CREPPY, Conseiller, MENSAH, Secrétaire.

Incidence sur les condamnations civiles : non Pourvoi n° 50-PE-68 - Avocats : Mes BERTHEAU et PRUDENT.

1) Ne saurait être c onsidéré comme fautif un conducteur


ARRET N° 13 DU 9 EVEAB 1969
circulant normalement dans son couloir de marc he dès
lors que cette vitesse n’ a eu aucune influence sur la
FORETS. — Infractions - Action en dommages et
réalisation de l'accident.
intérêts au nom de l’Etat - Pouvoir du
2) Le partage de responsabilité dans un accident entre un
Ministère Public.
appelant et un co-auteur non compris dans la poursuite n'a Aux termes de l'article 44 du Code Forestier, le Ministère
pas d'incidence sur les con damnations civiles. Public a le pouvoir d'exercer concurremment avec
Cassation l'Administration l'action en dommages et intérêts en
La Cour,
réparation du préjudice causé à l'Etat.
Attendu qu'il ressort des énonciations de l'arrêt attaqué (Abidjan 30 octobre Rejet
1967) que le 26 février 1966 s'est produite dans un virage de la route Ayamé- La Cour,
Aboisso une collision entre un véhicule automobile conduit par Tzybinski dans
laquelle avait pris place la dame Tzybinski, qui fut blessée ainsi que son mari ; Attendu que Boua Tebi a été condamné par arrêt contradictoire de la Cour d'Appel
à quatre mois d'emprisonnement avec sursis et 180.000 francs de dommages-
Que sur appel de Amon lequel a été reconnu seul responsable par le premier intérêts pour défrichement et abattage d'espèces protégées en forêt classée, outre
juge, la Cour a procédé à un partage de responsabilité entre les deux conducteurs ; le déguerpissement de la zone défrichée ;

SUR LE POURVOI DE LA DAME TZIBINSKI : Attendu qu'il est fait grief à la Cour d'Appel d'en avoir ainsi décidé sans entendre
des témoins dont l'audition avait été sollicitée par le prévenu et qui avait été
Attendu que l'auteur d'un délit doit être condamné à réparer intégralement le ordonnée par la Cour.
dommage par lui causé, alors même qu'il existerait un co-auteur responsable mais
non compris dans la poursuite ; Mais attendu que le moyen manque en fait, car il ne résulte pas des qualités de
l'arrêt qu'une enquête ait été ordonnée ;
Attendu qu'en l'espèce Amon ayant été reconnu responsable des blessures Attendu qu'il est fait encore grief à la Cour d'avoir statué sur l'action civile, en
involontaires causées à la demanderesse, le partage de responsabilité opéré par la l'absence du représentant de la partie civile, le Ministère Public n'ayant pas qualité
Cour d'Appel entre Tzibinski et Amon ne lui est pas opposable ; pour le faire ;
D'où il suit que son pourvoi ne saurait être reçu ; Mais attendu que contrairement aux allégations du pourvoi l'article 44 du Code
SUR LE POURVOI DE TZIBINSKI : Forestier reconnaît au Ministère Public le pouvoir d'exercer concurremment avec
l'Administration l'action en dommages-intérêts en réparation du préjudice causé à
Attendu qu'il est fait grief à la Cour d'Appel d'avoir procédé à un partage de l'Etat ; d'où il suit que le moyen ne saurait être accueilli ;
responsabilité entre Amon et Tzibinski au motif que ce dernier avait commis une
PAR CES MOTIFS
faute d'imprudence génératrice de l'accident en roulant à 60 km à l'heure dans un
Rejette le pourvoi ;
virage sans visibilité ; alors que nulle part dans la procédure il n a été énoncé que
Ou étaient présents : MM. BONI, Président de la Cour Suprême, Président,
Tzibinski circulait à cette vitesse ;
CREPPY, Conseiller-Rapporteur, MERCAN, Conseiller, MENSAH, Secrétaire.
Qu'en se décidant sur des éléments inexacts la Cour d Appel n'a pas donné de POURVOI N° 8 - PEN 69 - Avocat : Me ADAM.
base légale à sa décision :

29
COUR SUPRÊME
CHAMBRE D'ANNULATION

ARRET N° 10 DU 4 AVRIL 1969 Que s'il n'est pas possible de trouver dans l’argumentation d'Assi Aké le
moindre grief sérieux à l'encontre de son ex-épouse il résulte par contre du
A. - FIANÇAILLES (Coutume Baoulé). — dossier et des faits exposés par l'appelant lui-même que, malgré la naissance de
Rupture abusive - Réparation. l'enfant, il avait pris la décision ferme d'abandonner Alice, dans l'intention d'en
B. - JUGEMENTS ET ARRETS — Conclusions - épouser une autre, que cette volonté s'est manifestée par sa requête en divorce ;
que si le mariage a été déclaré nul, il appartenait alors à Assi Aké de régulariser,
Défaut de réponse - Réponse implicite - de faire procéder à un nouveau mariage, ce qu'il s’est bien gardé de faire puisque
Cassation - Non. précisément il voulait une rupture définitive ;
C. - ACTION EN JUSTICE - DROIT LOCAL Qu'un tel comportement nullement justifié aboutissant à une rupture
— Qualité du demandeur - Pouvoir de définitive d'entre les ex-époux, malgré l'ancienneté de leurs relations, leur
représentation du père. caractère officiel et la naissance d'un enfant a causé un préjudice moral
incontestable au père Kouakou Bodjé, à sa fille et à la famille, ainsi de même
a) Les ruptures unilatérales de fiançailles célébrées qu'un certain préjudice matériel à la fille Alice qui a perdu le soutien financier
d'Assi Aké sur lequel elle pouvait légitimement compter ;
officiellement suivant la coutume Baoulé et ayant été suivies
de cohabitation sont abusives, dès lors que le moindre grief Que selon la coutume des parties tout dommage de quelque nature qu'il soit
sérieux ne peut être trouvé pour justifier lesdites ruptures. doit être réparé par le versement d'une indemnité compensatrice ; que ce
principe d'équité n'est pas seulement un principe inscrit dans le Code Civil (en
b) Les juges du fond ont rejeté implicitement des conclusions l'espèce inapplicable), mais une règle de justice reconnue par la quasi-totalité
des coutumes ;
tendant à déclarer qu'était contraire à l'ordre social établi une
demande de réparation de rupture de l'état de concubinage en Que ce préjudice est ainsi certain et caractérisé par une rupture unilatérale
déclarant qu'il y avait eu fiançailles selon la coutume. des fiançailles par Assi Aké et refus par lui de reprendre la vie commune après
survenance d'enfant, cette attitude n'étant inspirée par aucun motif légitime,
c) Les coutumes africaines reconnaissent expressément et de aucun manquement grave ne pouvant être reproché à la jeune Alice Bodje ;
façon permanente au père le droit d'ester en justice aux lieu Attendu que par ces constatations et énonciations souveraines, la Cour, loin
et place de ses enfants, mineurs ou non. d'encourir les reproches qui lui sont faites a exactement appliqué la coutume
et, abondamment motivé sa décision et lui a ainsi donné une base légale ;
Rejet
La Cour,
Sur le premier moyen pris en sa troisième branche pris de la violation de la
Sur le premier moyen de cassation en ses deux premières branches réunies, loi, notamment de l'article 83, non réponse à conclusions ;
pris de la violation des articles 24 et 83 du décret -du 3 décembre 1931, fausse
application de la coutume des parties, absence et insuffisance de motifs, manque Attendu qu'il est enfin reproché à la Cour de n'avoir pas répondu aux
de base légale ; conclusions de l'appelant tendant au rejet de la demande de dommages-intérêts
de Kouakou Bodje au motif qu'une telle demande basée sur la rupture de l'état
Considérant qu'il est reproché à l'arrêt attaqué d'une part, d'avoir fondé sa de concubinage est contraire à l'ordre social établi ;
décision sur le caractère dommageable de la rupture unilatérale du fait de Assi
Laurent de ses fiançailles avec- dame Badje Akissi Alice alors que les relations Attendu que l'arrêt querellé ayant expressément déclaré qu'il / y avait eu
entre les parties n'ont pas le caractère de fiançailles traditionnelles, celles-ci en fiançailles selon la coutume Baoulé entre Assi Aké Laurent et dame Bodje
coutume Baoulé, ne comportant pas l'état de cohabitation des futurs époux ; Akissi Alice a, implicitement, mais nécessairement, rejeté les conclusions de
d'autre part de n'avoir ni déterminé la faute imputable à Assi Aké Laurent, ni la l'appelant ;
nature véritable du préjudice subi par la famille de la victime, puisque, aussi bien,
elle a admis le caractère collectif et patrimonial du dommage et du droit réparation D'où il suit que le moyen ne saurait être accueilli.

Attendu que l'arrêt querellé d'une part relève à juste titre è la suite du premier Sur le second moyen pris de la violation de la loi, notamment de l'article 24
juge que des fiançailles officielles furent célébrées selon la coutume Baoulé ; du décret du 3 décembre 1931, inobservation des règles relatives è la
d'autre part observe : représentation des parties.

— 30 —
Attendu qu'il est fait grief à l'arrêt attaqué d'avoir reconnu à Kouakou Bodje, le ARRET N° 12 DU 4 AVRIL 1969
droit d'agir en justice non seulement en son nom personnel mais encore en celui
de sa fille majeure dame Bodje Alice ; TERRES NON IMMATRICULEES — Droit d’usage
Attendu que toutes les coutumes africaines et notamment les coutumes Attié et coutumier - Propriété des plantations -
Baoulé, celles des parties, reconnaissent expressément et de façon permanente Compétence exclusive des Tribunaux
au père le droit d'ester en justice aux lieu et place de ses enfants mineurs ou non ; Judiciaires
Que de ce fait, le moyen manque en fait ;
Les tribunaux judiciaires sont seuls compétents pour connaître
PAR CES MOTIFS de tout litige ayant trait à la propriété de plantations sur des terres
non immatriculées. Le recensement desdites plantations par le
Rejette le pourvoi. service de /'Agriculture ne confère aucun droit de propriété .
Pourvoi n° 23-AN-68 en date du 20 novembre 1967.
Arrêt n° 10 du 4 avril 1969.

ARRET N 11 DU 4 AVRIL 1969 Rejet

CASSATION (Pourvoi). — Défaut de mémoire - La Cour


Déchéance. Vu le mémoire produit ;

Le défaut de dépôt de mémoire dans le mois de l'audience Sur les deux branches réunies du premier moyen pris de la violation de la
d'évocation entraîne aux termes de l'article 6 alinéa 1 de la loi loi, incompétence des Tribunaux judiciaires, dénaturation des éléments de la
du 14 août 1959, modifié par la loi du 23 mai 1960 la déchéance cause ;
du pourvoi.
Déchéance Attendu qu’il est fait grief à l'arrêt attaqué d'une part d'avoir déclaré
La Cour,
Mamadou Sidibé ,co-propriétaire de la plantation litigieuse, alors qu'à la suite de
Sur le pourvoi formé par Megbanhouré Soumahoro, cultivateur, demeurant chez son recensement par le chef du sous-secteur agricole d'Agnibilékrou cette
Fofana Baba, marabout à Adjamé (gare de train) lot 48, rue 9, de race et de plantation est devenue de droit la propriété exclusive de Sékou Sidibé, et que
coutume musulmane et Madame Makoto Bakayoko, ménagère, demeurant chez partant l'autorité judiciaire est incompétente pour connaître de tout litige y relatif
Fofana Baba, à Adjamé, lot 48, rue 9, de race et de coutume musulmane ; et d'autre part d'avoir considéré la proposition faite par Sékou Sidibé d'offrir à
Mamadou Sidibé la somme de 30 000 francs comme la reconnaissance par lui
En annulation d'un arrêt rendu le 29 mars I968 par la Cour d'Appel d'Abidjan des droits de Mamadou sur la plantation, alors que cette somme représentait la
(Chambre Civile coutumière) au profit : part de travail effectué par Mamadou pour la mise en valeur primitive de la
plantation litigieuse, et d'avoir ainsi méconnu la commune intention des parties ;
De Namory Dosso, almany, demeurant à Sina, sous-préfecture de Séguéla, de
race et de coutume musulmane ; Attendu d'une part que le recensement des plantations par le service de
Défendeur a l'annulation ; l'Agriculture ne confère aucun droit de propriété à leur bénéficiaire et que tout
La Cour en l'audience publique en ce jour ; litige ayant trait à de telles plantations relève de la compétence des Tribunaux
Sur le rapport de Monsieur le Conseiller Creppy, et après en avoir délibéré judiciaires ;
conformément à la loi ;
Attendu d'autre part que l'appréciation de l'intention des parties relève du
Attendu que l'audience d'évocation a été fixée au 8 novembre I968 ; pouvoir souverain des juges du fond ;
Attendu qu'aucun mémoire n'a été déposé pour soutenir ledit que conformément Que dès lors ce moyen ne saurait être accueilli ;
aux dispositions de l'article 6 de la loi du 14 août I959 modifiée par la loi du 23
mai I960, applicable en l'espèce, "le mémoire contenant le moyen du pourvoi en Sur le second moyen en ses première et deuxième branches réunies pris de
annulation devra, sous peine de déchéance, être déposé au greffe dans le délai
la violation de la loi, notamment de l'article 83 du décret du 3 décembre I93I
d'un mois à compter de la date de l'audience d'évocation" ;
absence ou insuffisance de motifs ;
Attendu qu'il importe, en conséquence de prononcer la déchéance dudit
Attendu que le moyen relève que la Cour d'une part a déclaré les deux
pourvoi;
parties co-propriétaires de la plantation litigieuse et en a opéré le partage, alors
PAR CES MOTIFS qu'il s'agit en réalité d'un droit d'usufruit ; et d'autre part n'a déterminé ni le lieu,
ni l'étendue ou la consistance de la plantation ;
Prononce la déchéance du pourvoi.
Pourvoi n° 24-AN-68 en date du 1er avril 1968. Attendu qu'il s'agit dans l'un comme dans l'autre cas de moyens de pur fait
qui au surplus ne préjudicient en rien aux intérêts du demandeur au pourvoi ;
Arrêt n° 11 du 4 avril I969.
Que partant ces deux branches du second moyen sont irrecevables ;
Président : M. YAPOBI.

- 31 -
Sur la troisième branche du second moyen pris de la violation de la loi, non ou tels éléments de la cause, plutôt que sur tels autres qu'en espèce, en
réponse à conclusions et violation de l'article 83 du décret du 3 décembre 1931, déclarant que la plantation litigieuse était en rapport avant le départ de Mamadou
insuffisance de motifs ; Sidibé au Mali et que ce dernier n'a jamais entendu abandonner la plantation au
profit de Sékou Sidibé a rendu la mesure d'enquête sollicitée inutile, et ainsi,
Attendu qu’il est enfin fait grief à l'arrêt querellé non seulement de n'avoir pas implicitement mais nécessairement répondu pour les rejeter les conclusions à
fait droit mais encore de n avoir pas répondu à la demande d'enquête sollicitée cette fin de Sékou Sidibé ;
par Sékou Sidibé dont le résultat aurait, au moins partiellement, éclairé les juges PAR CES MOTIFS
sur l'étendue des droits acquis par les parties ;
Rejette le pourvoi.

Attendu que les juges du fond ne sont pas tenus de suivre les parties dans le Pourvoi n° 27-AN-68 en date du 3 avril 1968.
détail de leur argumentation ; qu'ils sont au demeurant libres et souverains Arrêt n° 12 du 4 avril 1969.
d'asseoir leur conviction sur tels

- 32 -
COUR D'APPEL D'ABIDJAN
CHAMBRE CIVILE ET COMMERCIALE

ARRET N° 166 DU 4 AVRIL 1969 Considérant que le premier juge l'a débouté de son action par le motif que
l'on se trouvait dans une hypothèse où la loi pénale réprime le moindre faute
RESPONSABILITE CIVILE. — Responsabilité du fait d'imprudence si légère soit elle et que dès cette situation, la relaxe prononcée
des choses - Faute de la victime - Caractère par le juge correctionnel interdisait au juge civil de relever une faute quelconque
insurmontable mais non imprévisible - Cas de nature à engager la responsabilité civile du conducteur relaxé ;

fortuit Considérant que Coulibaly Mékéné fait grief à cette décision d'avoir méconnu
que la présomption de responsabilité instituée par l'article 1384 du Code Civil
La faute du piéton surgissant brusquement en courant devant contre le gardien de la chose dommageable, elle ne peut être détruite que par la
preuve d'un cas fortuit, et non par la simple hypothèse que ce cas fortuit a pu se
une automobile, en dehors de toute faute du conducteur,
réaliser ;
constitue un fait non pas imprévisible mais insurmontable de
Qu'il soutient qu'en l'espèce, l'accident s'étant produit dans une agglomération
nature à exonérer le gardien de la présomption qui pèse sur lui
où la population est très dense et où les rues sont dépourvues de trottoir ,1a
en vertu de l'art. 1384 du Code civil. traversée inopinée d'un piéton ne peut être considérée comme un événement
imprévisible ;
La Cour,
Mais considérant que l'arrêt correctionnel du 13 février 1967 relève que le
Statuant publiquement contradictoirement en matière civile et en dernier chauffeur de Bado Bazoumbié s'est arrêté presque sur place ;
ressort sur l'appel régulièrement interjeté par Coulibaly Mékéné d'un jugement
contradictoire du Tribunal de première instance d'Abidjan du 9 mai 1968 qui l'a Qu'il apparaît ainsi que ce chauffeur envisageant le cas où un piéton
débouté de la demande de dommages-intérêts qu'il avait formée contre Bade traverserait imprudemment, roulait à très faible allure, et que l'irruption sur la
Bazoumbié ; chaussée de la petite Aminata Coulibaly, surgissant brusquement de la foule en
courant a constitué un fait non pas imprévisible, mais insurmontable par sa
Considérant qu'il est constant en fait que le 5 février 1966 vers dix heures, soudaineté ;
Bagora Bako, chauffeur au service de Bado Bazoumbié, conduisait de Gd- Qu'il s'ensuit que c'est à bon droit que le premier juge a déclaré que la faute
Bassam à Abidjan une automobile appartenant à son employeur ; commise par Aminata Coulibaly constituait le cas fortuit exclusif de la
responsabilité du gardien de la chose dommageable et qu’il échet de confirmer
Qu'alors qu'il circulait dans l'agglomération de Gd-Bassam, une fillette âgée cette décision ;
de cinq ans, Aminata Coulibaly, traversa brusquement la chaussée en courant
de la droite vers la gauche, au moment où survenait la voiture ; PAR CES MOTIFS

Que Bagora Bako freina immédiatement et s'arrêta presque sur place ; Déclare Coulibaly Mékéné recevable mais mal fondé en son appel ;
L'en déboute et confirme en toutes ses dispositions le jugement entrepris ;
Que néanmoins Aminata Coulibaly fit une chute et se cassa le fémur gauche,
ce qui lui occasionna une incapacité temporaire de travail de trois mois et demi, Condamne Coulibaly Mékéné aux dépens.
que Coulibaly Mékémé se constitua partie civile devant le juge pénal, mais que Président : M. VARLET — Conseillers : MM. ARTHUR et MONTAGNE —
par arrêt du 13 février 1967 en force de chose jugée, la Chambre correctionnelle Avocat général : M. DUMONTET Avocats : Mes ADAM et PRUDENT.
de la Cour de céans prononça la relaxe de Bagora Bako et condamna Coulibaly
Mékéné aux dépens.
OBSERVATIONS
La décision rapportée est à rapprocher de la jurisprudence française qui décide
Considérant que Coulibaly Mékéné fît assigner devant le juge civil, sur le
que l'irruption soudaine d’un enfant sur la chaussée, en dehors des passages
fondement de l'article 1384 du Code Civil, Bado Bazoumbié, gardien de la chose réservés aux piétons, constitue pour l'automobiliste qui heurte l'enfant, la faute
par laquelle était survenu le dommage subi par sa fille mineure ; de la victime exonérant totalement

— 33 —
de sa responsabilité le gardien de I’automobile en cause (Voy. en part. Cass. soc. 23 Considérant que c'est à bon droit que le premier juge a prononcé le divorce
mars 1960, D-1960.402 ; Civ. 17 déc. 1962, D-1953 som. 62 ; Civ. 8 nov. 1966, D.
d'entre les époux F... P... aux torts exclusifs de l'épouse, et qu'il a confié au père
1967, som. 18 ; contra, Colmar 24 fév. 1954, D- 1954, som. 63 mais ii s agissait d un
enfant sortant d une école). En revanche, les motifs invoqués par la Cour d'Appel la garde de l'enfant commun ;
d’Abidjan à l’appui de sa décision diffèrent quelque peu de ceux qui justifient les
décisions françaises. Celles-ci exigent que, pour être totalement exonératoire, la faute PAR CES MOTIFS
de la victime, plus exactement son fait, apparaisse comme "l'événement normalement
imprévisible" et dont le gardien n avait pas "la possibilité de surmonter les effets Déclare Solange P... recevable mais mal fondée en son appel ;
dommageables" (Civ. 23 janv. 1959, D. 1959, som. 47). C’est dire que, pour être
totalement exonératoire, la faute de la victime doit, en droit français, présenter
Confirme en toutes ses dispositions le jugement entrepris.
aujourd'hui tous les caractères de la faute majeure. Au contraire la décision ici
rapportée déclare un gardien totalement exonéré quoique la faute de la victime ait
constitué un fait, insurmontable sans doute, mais non pas imprévisible. L'arrêt semble Condamne Solange P... aux dépens.
donc indiquer que la Cour d’Abidjan adopte, quant à elle, une notion plus souple de la
faute totalement exonératoire. La solution n’est d’ailleurs peut-être pas inconciliable Président : M. VARLET — Conseillers : MM. ARTHUR et MONTAGNE —
avec les termes de deux arrêts rendus par la même Cour d'Appel (19 janv. et 2 fév.
Avocat général : M. DUMONTET Avocats : Mes MARIANI et BERTHEAU.
1968, cette revue, 1969. 1-43, note Ph. Fouchard.)
Il est plus surprenant de lire dans l’arrêt que, en l’espèce, la faute de la victime OBSERVATIONS
constituait un cas fortuit. L’affirmation qu’un événement non imprévisible peut
constituer un cas fortuit semble en effet en contradiction avec la définition de la force Lorsque le divorce a été prononcé en première instance et que le détendeur a fait appel, la
majeure ou du cas fortuit telle qu’elle est ordinairement admise. Il est cependant question se pose de savoir s’il peut se désister de son appel pendant l'instance devant la Cour.
douteux que la Cour ait voulu remettre en cause la définition de la force majeure et l’on La loi du 7 octobre 1964 relative au divorce et à la séparation de corps ne tranche pas la
difficulté. On pourrait soutenir que, le défendeur étant libre de ne pas faire appel, il reste libre
reste incertain devant la portée qu’il convient de reconnaître à l’arrêt.
J.B.B. de se désister. Ce point de vue avait été accueilli autrefois en France par certaines Cours
e
d’Appel (Voy. Nouv. Rép. Dalloz, V Divorce, n° 177). Il n'a pas été retenu par la Cour
d’Abidjan qui, dans le présent arrêt, admet que se désister de son appel équivaut à acquiescer

ARRET N° 176 DU 18 AVRIL 1969 à la décision contre laquelle on avait formé cette voie de recours. (Voy. également dans le
même sens, Divorce et Séparation de corps, publication du Ministère de la Justice, Abidjan,
1968, P. 93, n° 83, citant un arrêt non publié de la Cour d'Appel d'Abidjan du 2'0 oct. 1966).
DIVORCE. — Appel - Désistement - Application de C'est d'ailleurs la solution à laquelle s’est finalement ralliée la jurisprudence française
(Encyclopédie Dalloz, Procédure civile, V° Divorce, n° 805 et s ).
la disposition légale interdisant
l’acquiescement. Le motif invoqué à l'appui de la règle en fournit les limites. Doit être évidemment déclaré
recevable tout désistement qui tend au maintien du lien conjugal, ainsi le désistement du
demandeur en divorce, ou qui a pour objet une voie de recours ne remettant pas en cause la
L'article 12 de la loi du 7 octobre 1964 interdisant rupture du lien conjugal. J.B.B.
l’acquiescement d'un jugement de divorce doit être étendu par
identité de motif au désistement d'appel, cette disposition étant ARRET N° 191 DU 25 AVRIL 3.969
destinée à écarter toute adhésion volontaire à la demande qui
aboutirait au divorce par consentement mutuel interdit par la loi.
ENTREPRENEUR DE TRAVAUX — Construction
d’une maison à forfait - Travaux
La Cour,
supplémentaires - Autorisation écrite du
Considérant que par jugement contradictoire du 7 mars 1968 le Tribunal de propriétaire nécessaire
première instance d'Abidjan a prononcé le divorce d'entre les époux Alcide F... et
Solange F... aux torts exclusifs de l'épouse, et a confié au père la garde de Il résulte de l'article 1793 du Code civil que l'entre preneur qui
l'enfant née du mariage ; s'est chargé de la construction à forfait d'une villa d'après un
plan arrêté et pour un prix convenu avec le propr iétaire est
Considérant que Solange F... après avoir relevé appel de ce jugement
irrecevable à demander un supplément de prix sous prétexte de
suivant acte du ministère de Henri Zaourou Dogbo t huissier ad hoc à Sinfra, en changements ou d'augmentation faits sur le plan convenu, s'il
date du 28 mars 1968, a déclaré le 20 mars I969 se désister de son appel ; ne justifie pas d'une autorisation écrite du proprié taire ; celle-ci
étant impérativement exigée par la loi, elle ne saurait être
Considérant que l'article 12 de la loi n° 64-376 du 7 octobre 1964 dispose que
remplacée par une expertise établissant la réalité des travaux
le jugement qui prononce le divorce n'est pas susceptible d’acquiescement ; supplémentaires, ni par la mention insérée dans le procès
verbal de réception définitive énonçant que les travaux
Considérant que cette disposition a été édictée en vue d'interdire toute
supplémentaires sont à la charge du propriétaire.
adhésion volontaire à la demande qui aboutirait en fait au divorce par
consentement mutuel, interdit par la loi ;
La Cour,
Considérant qu'il convient, par identité de motifs, détendre cette disposition
au désistement de l'appel formé contre le jugement qui a prononcé le divorce ; Statuant publiquement contradictoirement en matière civile et en dernier
ressort sur l'appel régulièrement interjeté le deux octobre 1968 par la Société à
Considérant qu'il échet en conséquence d'examiner la demande au fond ; responsabilité Entreprise Africaine de Travaux Publics de Côte d'ivoire, dite
E.N.A.C.I. du jugement n° 1206 en date du 26 septembre 1968 rendu
Considérant qu'il résulte de plusieurs lettres produites aux débats, lettres contradictoirement entre elle et François Kadjo par le Tribunal de première
écrites de la main de Solange P... que celle-ci a en 1966 et 1967 entretenu instance d Abidjan, lequel saisi par l'E.N.A.C.I. contre François Kadjo d'une
d'abord avec un sieur J-M.L., puis avec un sieur J.C.B. des relations d'un demande en paiement de la somme de 833.416 francs du prix de la
caractère injurieux et outrageant pour son mari ; construction d'une villa et de la somme de 100.000

— 34 —
francs pour résistance abusive, et saisi par Kadjo contre I E.N.A.C.T. d une Considérant qu'en vertu de l'article 1793 du Code Civil, l’entrepreneur est
demande en paiement de 50.000 francs de dommages-intérêts pour action irrecevable à demander un supplément de prix sous prétexte de changement ou
abusive, a débouté l'E.N.A.C.I. de son action en paiement et a débouté Kadjo de d'augmentation faits sur le plan convenu s'il ne justifie d'une autorisation écrite
sa demande reconventionnelle. du propriétaire ;

Considérant que l'E.N.A.C.I., appelante demande à la Cour d'infirmer le Considérant que cette autorisation par écrit du propriétaire de modifier le plan
jugement entrepris, de condamner Kadjo à lui payer la somme de 833.416 est impérativement exigée par la loi et ne saurait être remplacée ni par une
francs, et subsidiairement d'ordonner une expertise pour déterminer les travaux expertise établissant la réalité des travaux supplémentaires ni par la mention
supplémentaires faits sur le terrain de Kadjo et en évaluer le coût ; établie insérée dans le procès-verbal de réception définitive par l'architecte
Considérant que l'intimé conclut à la confirmation du jugement entrepris ; énonçant d'une façon imprécise que les travaux supplémentaires sont à la
charge du propriétaire.
Considérant qu'il résulte des productions et des écritures des parties que
suivant devis en date du 21 avril 1965 d'un montant de 4.032.672 francs, arrondi Considérant que l'E.N.A.C.I. ne justifiant pas d'une autorisation écrite de
à quatre millions de francs, l'E.N.A. C.l. s'est' engagée a construire une villa sur Kodjo François est donc irrecevable a demander un supplément de prix ;
le lot 28 CHV à Cocody appartenant à Kodjo François, que le coût de cette
construction a été financé par le Crédit de la Côte d'ivoire pour le compte de Considérant que c'est à bon droit que le premier juge l'a débouté de sa
Kodjo François, que du 9 novembre 1965 au 31 janvier 1966, la somme de demande ;
3.960.000 a été versée à l'E.N.A.C.I. par le Crédit de Côte d'ivoire, que la
PAR CES MOTIFS
réception définitive de la villa a lieu suivant procès verbal en date du 23 février
1966, que le 27 septembre 1966 l'E.N.A.C.I. écrivait à François Kadjo pour lui
...Et ceux non contraires du jugement frappé d'appel ;
réclamer la somme de 833.416 francs, restant due sur le prix de la construction
de la villa, en faisant état d'un devis accepté de 4.780.250 francs, au lieu de 4 Confirme en toutes ses dispositions le jugement entrepris.
millions ; Condamne l'E.N.A.C.I. en tous les dépens.
Considérant que l'E.N.A.C.I. présentait le décompte suivant : Président M. VARLET — Conseillers MM. ARTHUR et MONTAGNE — Avocat
Devis accepté 4.780.250 + 34 sacs de ciments à 13.166 soit au total général : M. DUMONTET Avocats : Mes BANNY et MARIANI.
4.793.416 à déduire acomptes 3.960.000, reste dû = 833.416 francs.
OBSERVATIONS
Considérant que c'est en l'état de ces faits que l'E.N.A.C.I. a assigné Kadjo
Rappelons en effet que l'art. 1793 C. Civ. dispose que "Lorsqu’un architecte ou un
devant le Tribunal d'Abidjan en paiement de la somme de 833.416 francs ;
entrepreneur s est chargé de la construction a forfait d'un bâtiment, d’après un plan arrêté et
convenu avec le propriétaire du sol, il ne peut demander aucune augmentation de prix, ni sous
Considérant que I E.N.A.C.I. a fait valoir devant le Tribunal que le devis de 4 le prétexte de l'augmentation de la main d'œuvre ou des matériaux, ni sous celui des
millions, établi par elle avait été fait pour un terrain plat, contigu au terrain de changements ou d’augmentations faits sur ce plan, si ces changements ou augmentations n'ont
Kadjo et que Kadjo avait présenté comme étant le sien, mais que lors de pas été autorisés par écrit, et le prix convenu avec le propriétaire”. L’autorisation donnée par
écrit est indispensable et ne saurait être remplacée par un autre mode de preuve. (H.L. et J.
l'implantation de la construction, il était apparu que le terrain de Kadjo était un Mazeaud, Leçons de Droit Civil, tome 3, 2. vol., n° 1361).
terrain voisin présentant de fortes pentes et nécessitant l'édification de murs de
soutènements importants et que ce sont ces travaux supplémentaires non
prévus au devis primitif qui sont actuellement réclamés à Kadjo ;
ARRET N° 197 DU 2 MAI 1969
Considérant que Kadjo a résisté à cette demande en objectant qu'il a passé
un marché à forfait avec l'E.N.A.C.I. qu'il n'a jamais donné son accord pour une TRANSPORT MARITIME — Acconage - Qualité de
modification quelconque du devis Initial et du prix et que la demande de mandataire de l’acconier - Responsabilité -
l'E.N.A.C.I. était abusive ; Absence de réserves
Considérant que le premier juge a estimé qu'il s'agissait d'un marché à forfait - Préjudice causé au destinataire.
passé pour le prix de 4 millions et que l'entrepreneur n'apportant pas la preuve
écrite de modification du plan et de:, travaux a exécuter en supplément il y avait L'acconier étant, sau f disposition contraire, le man dataire du
lieu de le débouter de sa demande en application de l'article 1793 du Code Civil. destinataire, c'est à bon droit que le pre mier juge l’a condamné
à dédommager le destinataire des marchandises avariées, alors
Considérant que l'E.N.A.C.I. fait grief au jugement entrepris d'avoir ainsi que l'avarie résultait du transport maritime et qu'à la suite d'une
statué et soutient que la preuve des travaux supplémentaires résulte des erreur, l'acconier n'a pas fait de réserves lors du débarque ment
constatations de l'expert Alosius en date du 10 décembre 1968 qui chiffre ces de la marchandise et a donc privé le destinataire du droit d'agir
travaux nécessités par le dénivellement du sol à la somme de un million de contre le trans porteur maritime.
francs et résulte également du procès-verbal de réception définitive du 22 février
S'il résulte bien de l'article 154 du code des douanes que les
qui énonce que les travaux supplémentaires sont à la charge du propriétaire .
marchandises non dédouanées dans le mois qui suit le
Mais considérant qu'il n'est pas contesté qu'en avril 1965 l'E.N.A.C.I. s'est débarquement tombent en dépôt de doua nes aux risques du
chargée de la construction à forfait de la villa de Kadjo d'après un plan arrêté et destinataire, cette disposition ne peut être invoquée par
l'acconier pour s'exonérer, dès lors que le dommage résulte de
convenu avec Kadjo pour le prix de 4 millions de francs ;
son fait avant même le dépôt en douane.

- 35 -
La Cour, Considérant que devant la Cour, la SOCOPAO reprend cette argumentation
et fait grief au jugement entrepris de n'y avoir pas répondu ;
Statuant publiquement contradictoirement en matière commerciale et en
dernier ressort sur l'appel régulièrement interjeté par la Société anonyme Considérant que si la SOCOPAO ne conteste pas quelle a agi comme
SOCOPAO Côte d'ivoire le 9 avril 1968 du jugement ri° 282 en date du 2 mars acconier lors du débarquement du colis litigieux c'est-à-dire comme entrepreneur
1968 rendu contradictoirement entre elle d'une part, l'Agence Générale de de manutention, elle ne précise pas au nom et pour le compte de qui elle a agi,
Transit dite A.G.T. et Tiémoko Coulibaly d'autre part, par le Tribunal de première que devant cette imprécision il y a lieu de considérer ainsi que le soutiennent
instance d'Abidjan lequel saisi par l'A.G.T. et Tiémoko Coulibaly contre la l'A.G.T. et Tiémoko Coulibaly que la SOCOPAO a agi pour le compte du
Société Commerciale des Ports Africains dite SOCOPAO d'une demande en destinataire et comme mandataire de celui- ci, l'acconier étantpar définition le
paiement de la somme de 342.302 en réparation du préjudice qui leur a été mandataire du destinataire ;
causé par la livraison d'une caisse de bijouterie spoliée a dit que la
responsabilité des avaries du colis litigieux incombe à la SOCOPAO, l'a Considérant que la SOCOPAO qui reproche audestinataire de n'avoir pas
condamnée en conséquence à payer à l'A.G.T. et à Tiémoko Coulibaly la somme enlevé sa marchandise dans les 30 jours de son arrivée, ne précise pas
de 342.304 francs ; également dans quelles conditions le destinataire a été avisé que sa
marchandise avait été débarquée le 6 mai 1967 ;
Considérant que la SOCOPAO, appelante demande à la Cour d'infirmer le
Considérant que la SOCOPAO reconnaît elle-même que lors du
jugement entrepris, de débouter Tiémoko Coulibaly et l'A.G.T. de toutes leurs
débarquement de la marchandise, par suite d'une erreur
demandes ;
matérielle, elle a fait des réserves pour deux colis Intraco alors
Considérant que les intimés concluent à la confirmation du jugement déféré ; que le deuxième colis porté sous la marque Intraco était en réalité le colis de
Considérant qu'il résulte des productions et des écritures des parties que le 6 Tiémoko Coulibaly .
mai 1967 a été débarqué du navire "Hoogh Bénin" au port d'Abidjan un carton de
Considérant qu'il en résulte que par suite de cette erreur, Tiémoko Coulibaly
bijouterie portant la marque Tiémoko Coulibaly Treichville-Abidjan devant peser
n'a pas été avisé que son colis a été avarié avant le débarquement, que le
71 kgs;
service des Douanes également n'a pas été avisé de ce fait, qu'en conséquence
Que ce colis a été débarqué par l'entreprise d'acconage, la SOCOPAO, qui a Tiémoko Coulibaly ayant fait une déclaration de mise à la consommation pour un
effectué également le débarquement des autres marchandises de ce bateau ; colis considéré comme débarqué en bon état et ayant été dans l'obligation de
Que ce colis a été pris en charge par la SOCOPAO qui l'a entreposé dans le payer des droits de douane pour une marchandise qui n'existait pas et cela par le
magasin cale ri° 9 du port d'Abidjan géré par elle ; fait de la SOCO PAO, c'est donc à bon droit qu'il réclame le remboursement de
cette somme à la SOCOPAO ;
Que le 30 mai 1967 l'Agence Générale de Transit, transitaire de Tiémoko
Coulibaly destinataire du colis de bijouterie a fait au service des Douanes une Considérant que la SOCOPAO, n'ayant pas fait des réserves au nom de
déclaration de mise en consommation de la marchandise ; Tiémoko Coulibaly lors du débarquement de sa marchandise, elle a donc privé
Que le 10 juin 1967 lorsque le transitaire s'est présenté pour prendre livraison celui-ci du droit d'agir contre le transporteur maritime, que c’est donc à bon droit
du colis il a été constaté que celui-ci était avarié et ne pesait plus que 13 kgs au que Tiémoko Coulibaly lui réclame le montant des marchandises manquantes,
quitte à la SOCOPAO à se retourner contre le transporteur maritime si elle
lieu de 71 kgs ;
estime que les réserves faites par elle au nom d'un tiers peuvent profiter à
Que la SOCOPAO remettait alors le colis en acceptant les réserves du Tiémoko Coulibaly ;
transitaire ;
Considérant que la SOCOPAO reconnaissant que le colis de Tiémoko
Que le service des Douanes exigeait du destinataire la totalité des droits sur
Coulibaly a été spolié avant le débarquement, il importe peu que Tiémoko n'ait
le colis, les avaries ayant été constatées après la déclaration de mise à la
retiré ce colis que plus d'un mois après le débarquement, qu'en effet si en vertu
consommation ;
de l'article 154 du Code des Douanes, les marchandises en dépôt de douane
Considérant que c'est dans ces conditions que Tiémoko Coulibaly et son demeurent aux risques des propriétaires, le préjudice subi par Tiémoko résultant
transitaire l'A.G.T. ont assigné la SOCOPAO devant le Tribunal d'Abidjan en du fait de la SOCOPAO, avant le dépôt en douane et alors qu'elle était
payement de la somme de 179.405 francs valeur des bijoux manquants dans le mandataire de Tiémoko Coulibaly, la SOCOPAO est donc tenu de le réparer ;
colis et la somme de 162.899 francs montant des droits de douane appliqués sur
la marchandise manquante et qu'est intervenu le jugement frappé d'appel ; Qu'il échet donc dans ces conditions de confirmer le jugement entrepris ;

Considérant que devant le premier juge la SOCOPAO a résisté à la demande


PAR CES MOTIFS ET
formée contre elle en faisant valoir que l'obligation de l'acconier est de délivrer
CEUX NON CONTRAIRES DU JUGEMENT FRAPPE D'APPEL
au réceptionnaire la marchandise dans l'état ou lui-même l'a reçue du
transporteur maritime, que de plus les colis doivent être dédouanés dans le mois
Déclare la SOCOPAO mal fondée en son appel ;
de l'arrivée sinon ils tombent en dépôt de douane aux risques et périls du
destinataire, qu'en l'espèce lors du débarquement du colis de Tiémoko Coulibaly Confirme en toutes ses dispositions le jugement entrepris ;
le colis était avarié et elle avait pris des réserves à l'égard du transporteur Condamne la SOCOPAO à l'amende d'appel et au dépens.
maritime et le colis n'ayant été retiré que le 10 juin 1967 alors qu'il avait été
Président : M. VARLET — Conseillers MM. ARTHUR et NEBOUT — Avocat
débarqué depuis le 6 mai 1967 elle n'était plus responsable dudit colis ;
général : M. DUMONTET Avocats : Mes DOGUE et MARIANI.

— 36 —
OBSERVATIONS FIAT 600 a été vendue le 6 décembre 1967 par Hoballah Rede à la Sté Mobilis mais
C est une solution identique que la Cour Suprême a retenu dans son arrêt n° 13 du 24 mai 1963 payée par chèque du 23 décembre 1967 tiré par Gaddar-Rafic sur la Sté Ivoirienne de
(Bull. C.S. 1963, J. 14), en décidant qu'en recevant les marchandises sous palan, en les faisant banque, que la "Chevrolet Impala a été vendue le 18 décembre 1967 par Gebailli
transporter à quai et emmagasiner en vue d'en assurer la livraison ultérieure, un acconier agissait en
qualité de mandataire du destinataire. Dans ia présente espèce, la Cour d'Abidjan se montre sans doute cousin de Raffic Gaddar à la Sté Mobilis mais que les assurances et les frais de ce
trop affirmative lorsqu'elle dit que l’acconier est par définition le mandataire du destinataire’ . En réalité véhicule ont toujours été payés en 1966 et 1967 par Gaddar Raffic, qu'en conséquence
l’acconier est d'abord un entre, preneur de manutention et il peut être, suivant les cas, au service soit du il semblait ressortir de tous ces faits qu'il s'agissait d'un détournement d'actif
transporteur, soit du destinataire : il opère pour le compte de celui qui a requis ses services (comp. loi
française du 18 juin 1966. art. 52). Il faut, dans chaque cas particulier, rechercher en fait pour le compte caractérisé et organisé et qu il était de l'intérêt des créanciers de faire procéder au
de qui travaillait l'acconier. retour à la masse de tout actif pouvant être considéré comme appartenant à la faillite ;
Considérant qu'à la suite de cette requête le juge commissaire par ordonnance du
ARRET N° 200 DU 2 MAI 1969 16 septembre 1968 a autorisé le syndic à faire procéder par tel huissier qu’il désignera
à la saisie des 4 véhicules sus désignés et à les déposer au lieu indiqué par le syndic,
FAILLITE - LIQUIDATION JUDICIAIRE — les clefs et papiers afférents aux dits véhicules devant être remis au syndic ;

Juge commissaire - Ordonnance de saisie Considérant que lors de l'exécution de cette ordonnance par l'huissier, !a Sté
Mobilis s'est pourvue en référé devant le Président du Tribunal d'Abidjan, que celui-ci
d’un bien entre les mains d’un tiers - Excès statuant sur procès- verbal de difficultés d'exécution, s'est, par I ordonnance entreprise
de pouvoir - Appel possible. du 19 novembre 1968, déclaré incompétent pour faire échec à I’exécution de
l'ordonnance du juge commissaire en date du 16 septembre 1968 ;
REFERES. — Compétence du juge pour apprécier Considérant que la Sté Mobilis fait grief aux décisions entreprises d'avoir ainsi statué,
la légalité d’une ordonnance dont il est qu'elle fait valoir que, le Code -de Commerce qui définit de façon précise les pouvoirs du
demandé exécution. juge commissaire de lui accord pas le droit d’ordonner que des biens régulièrement
détenus par destiers mais que le syndic estime être la propriété du failli, puisse être
Le juge des référés saisi d'une difficulté d'exécution étant
appréhendés sans aucun procès ni aucun jugement préalable ;
compétent pour apprécier si la décision en vertu de laquelle
/'exécution est diligentée est un titre exécutoire valable, c'est à tort Considérant que le syndic objecte à cette argumentation de la Sté Mobilis qu'en
que ce magistrat s'est déclaré incompétent pour faire échec à vertu de l’article 453 du Code de Commerce, les ordonnances du jugecommissaire sont susceptibles d'opposition devant le Tribunal dans les cinq jou
l'exécution d'une ordonnance du juge commissaire d'une faillite
autorisant la saisie d'un bien entre l es mains d'un tiers, alors que l'ordonnance et gue le Tribunal statue par jugement non susceptible de recours, qu'en
cette ordonnance était entachée d'excès de pouvoir et ne valait que conséquence l'appel formé le 19 novembre 1967 est tardif et d'autre part constitue une
comme acte administratif insusceptible d'exécution. voie de recours inadmissible «et que c'est à bon droit que le juge des référés s'est
déclaré-incompétent ;
S'il résulte bien de l'art. 583 du code de commerce que les
ordonnances du juge commissaire ne sont susce ptibles d'aucune Mais considérant qu'en vertu de l'article 806 du Code de Procédure civile le juge des
voie de recours autre que l'opposition, il n'en est ainsi qu’autant référés est compétent lorsqu'il s'agira de statuer sur les difficultés relatives à l'exécution
qu'elles sont légalement rendues dans les limites des attributions de d'un titre exécutoire ou d'un jugement ;
ce magistrat et ne sont pas entachées d'excès de pouvoir auquel
cas l'appel est recevable. Considérant que le juge des référés saisi d'une difficulté -d'exécution est compétent
pour apprécier la décision en vertu de laquelle l'exécution est tentée est un titre
La Cour,
exécutoire valable opposable à la partie contre laquelle l'exécution est poursuivie;
Considérant qu'il résulte des productions et des écritures des parties que Raffic Considérant qu’aucune disposition du Code de Commerce réglementant les
Gaddan a été déclaré en état de faillite par jugement du Tribunal d'Abidjan en date du attributions du juge commissaire ne lui donne le droit d'ordonner la saisie entre les
28 mars I9èftixant provisoirement la date de cessation des paiements au décembre mains d'un tiers, propriétaire apparent, des biens dont le failli aurait disposé pendant la
1967, que par jugement en date du 22 août 1968 la-date de cessation des paiements période suspecte, et la réintégration, des dits biens dans l'actif de la faillite.
se trouvait reportée au 10 mai 1967 ;
Considérant qu'une telle ordonnance rendue par le juge commissaire n'est pas un acte
Que le 28 août 1968 le syndic de la faillite Raffic Gaddar présentait Requête au de juridiction mais un simple acte -^^administratif sans portée juridique et ne saurait
juge commissaire de la faillite Raffic Gaddar aux fins d’obtenir l’autorisation faire bénéficier des dispositions inhérentes aux ordonnances légalement rendues, qu'en
pratiquer la saisie par voie d'huissier des véhicules : Peugeot 404 n° C 912 Cl-I, Ford conséquence elle ne s'impose pas aux tiers qui peuvent toujours refuser de les exécuter
Taunus G-2666 CI-I, FIAT 600 F-2I83 Cl-I, Chevrolet Impala r-333 Cl-I immatriculés au et ne peuvent y être contraints ;
nom de la Société Africaine des Meubles Mobilis dite SAM ; Considérant que si les ordonnances du juge commissaire ne sont susceptibles
d'aucune autre voie de recours que l'opposition n'en est ainsi qu'autant qu'elles sont
Que le syndic exposait à l'appui véhicule Peugeot 404 a été vendu Raffic Gaddary
légalement rendues dans les limites des attributions de ce magistrat et ne sont pas
à la Sté Mobilis, et la novembre 1967 par Raffic Gaddar à la requête que le 1967 par
entachées d'excès de pouvoir et le tiers lésé par une ordonnance
vendue le 6 Mobilis, que la

- 37 -
illégalement rendue peut toujours se pourvoir devant la juridiction compétente Considérant qu'il est constant en fait et non dénié que Kacou Ayé Bingou a été
pour s'opposer a son exécution ; suivant décision du Tribunal de subdivision d'Adzopé du 9 février I956, déclaré
héritier selon la coutume Attié de son frère Kakou Ayé Bessekon décédé à
Quil est de jurisprudence que les ordonnances entachées d'excès de pouvoir Affery le 2 février I956 ;
sont susceptibles non seulement d'opposition mais d'appel dans les formes et
délais ordinaires ainsi que cela résulte à contrario de l'article 583 § 5 du Code de Que Emmanuel Bessekon Ambeu, fils du de cujus, agissant en son nom
Commerce ; personnel et au nom de ses frères et sœurs a assigné Kacou Ayé Bingou en
pétition d'hérédité ;
Considérant que "si aux termes des articles 446 et 447 du Code de
Commerce, certains actes passés par le failli pendant la période suspecte sont Considérant que le premier juge a fait droit à cette demande au motif que le
nuls de plein droit et d'autres annulables, cette nullité ne peut être prononcée défendeur ne contestait pas que son frère avait laissé neuf enfants, eh que les
que par le Tribunal et ne saurait en résulter d'une décision du juge commissaire biens laissés par le défunt devaient revenir à ses descendants ;
statuant sur requête du syndic, que c'est donc à bon droit que la Société Mobilis
s'oppose à l'exécution de l'ordonnance du juge commissaire en date du 16 Mais considérant que la vocation successorale des descendants en ligne
septembre 1968, rendue hors des limites de ses attributions ; directe n'a été instituée que par la loi n" 64-379 du 7 octobre I964 qui n'a
disposé que pour l'avenir .
Considérant que l'appel formulé par la Sté Mobilis contre l'ordonnance des Considérant que les successions ouvertes antérieurement à la date
référés du 19 novembre 1968 étant recevable et cette ordonnance ayant statué d'application de cette loi demeurent régies par la coutume du de cujus ;
sur la validité de l’ordonnance du 16 septembre 1968, c'est donc à bon droit que
la Société Mobilis a également relevé appel de cette dernière ordonnance ; Considérant que c'est a tort que le premier juge a ordonné la restitution aux
enfants du feu Kakou Ayé Bessekou des biens laissés par celui-ci et
Qu'il échet d'infirmer l'ordonnance des référés du 19 novembre 1968 ; régulièrement appréhendés par son frère conformément a la coutume Attié ;
qu'il échet d'infirmer cette décision ;
PAR CES MOTIFS
PAR CES MOTIFS
Infirme en toutes ses dispositions l'ordonnance des référés en date du 19
novembre 1968 rendue par le Président du Tribunal d'Abidjan ; Déclare recevable l'appel de Kacou Ayé Bingou et y faisant droit ;
Dit que l'ordonnancedu juge commissaire en date du 16 d'une décision, le Infirme en toutes ses dispositions le jugement entrepris ;
juge des référés était compétent ;
Condamne Emmanuel Bessekon Ambeu aux dépens.
Dit que l’ordonnancedu juge commissaire en date du 16 septembre 1968 n'est
Président : M. VARLET — Conseillers : MM. MONTAGNE et ARTHUR —
pas susceptible d'exécution forcée contre la Sté Africaine des Meubles Mobilis ;
Avocat général : M. DUMONTET.
Ordonne en conséquence la discontinuation des poursuites et la main-levée
de la saisie des véhicules ; ARRET N° 227 DU 23 MAI 1969
Condamne le syndic de la faillite Raffic Gaddar en tous les dépens.
APPEL. — Recevabilité - Chose jugée –
Président : M. VARLET — Conseillers MM. ARTHUR et Sentence arbitrale.
MONTAGNE — Avocat général : M. DUMONTET Avocats : Mes
DOGUE et BERTHEAU. TRANSPORT TERRESTRE — Vice propre de la
chose - Responsabilité du transporteur (non)–
Article 103 du code de commerce.
ARRET N 209 DU 2 MAI 1969 COMMISSIONNAIRE EN TRANSPORT — Obligation
SUCCESSION — Application dans le de livrer la marchandise en bon état –
temps de la loi du 7 octobre 1964 – Obligation de résultat
Non rétroactivité. Est irrecevable, mal fondé et présente un carac tère abusif
La loi du 7 octobre 1964 qui institue la vocation successorale l’appel interjeté dans un litige alors qu'une décision arbitrale est
des descendants en ligne directe n'ayant disposé que pour intervenue entre les parties et que cette décision a été exécutée
l'avenir, les successions ouvertes anté rieurement à la date par l'appelant.
d'application de cette loi demeurant régies par la coutume du de Le voiturier, en vertu de l'article 102 du code de commerce
cujus. n'étant pas garant des avaries provenant du vice propre de la

La cour, chose, c'est en vain que le desti nataire des marchandises


avariées recherche la responsabilité du transporteur ferrov iaire,
Statuant sur l'appel régulier en la forme, interjeté par Kacou Ayé Bingou d'un
jugement contradictoire de la section de Tribunal d'Adzopé du 20 décembre alors qu'il est établi que l'avarie résulte d'un état défectueux de
1968, qui l'a condamné à restituer à Emmanuel Bessekon Aubeu et à ses frères la marchandise antérieur à la prise en charge par le
quatre plantations faisant partie de l'héritage du feu Kahou Ayé Bess:kon ; transporteur.

- 38 -
Le commissionnaire professionnel en transport étant débiteur d'une Que l’expert a indiqué comme cause des avaries un stationnement trop
obligation de résultat, c est à tort que le premier juge a dé chargé prolongé à quai à Abidjan, la marchandise débarquée le 8 n'ayant été enlevée
celui-ci de toute obligation au motif que son mandant ne lui a pas
que le 16 après avoir stationné à la chaleur ambiante et que lors du
donné d'instruction, alors qu'il est établi que le dommage causé par
la marchand ise est dû en partie à la négligence du commissionnaire déchargement du navire la marchandise était en bon état et ne présentait pas
qui n'a pas pris les soins prop res à la conservation de la traces de pourriture.
marchandise.
Que le 20 novembre 1965, la SOCOPAO signifiait le rapport- d'expertise de la
La Cour, SABEX à la SAMOA, consignataire du navire et faisait toutes réserves tant à son
Statuant publiquement, contradictoirement, en matière commerciale et en encontre qu'à l'encontre de l'armateur conformément à l'art. 435 du Code de
dernier ressort sur l'appel régulièrement interjeté les 17 et 25 juillet 1968 par Commerce ;
l'Office de Commercialisation des Produits de la Haute Volta dite O.F.C.O.M., du
Que la marchandise expédiée par fer au tarif petite vitesse parvenait à
jugement n° 522 du 18 avril 1968, rendu contradictoirement entre lui d'une part,
Ouagadougou les 24 et 27 novembre 1965 et était livrée a I O.F.C.O.M. le 27
la Sté Commerciale des Ports Africains dite SOCOPAO, la Régie Abidjan-Niger
novembre 1965 ; que par lettre du 27 novembre 1965 l'O.F.C.O.M. faisait des
dite RAN et la Sté Hettema Zonen d'autre part, par le Tribunal de première
réserves sur l'état de la marchandise et une expertise était effectuée le même
instance d'Abidjan lequel saisi par l'O.F.C.O.M. contre la SOCOPAO, la RAN et
jour par la Cie des Experts Maritimes, en présence de la SOCOPAO et de
la Sté Hettema d’une demande tendant à faire déclarer les défendeurs
l'O.F.C.O.M. ;
responsables en totalité ou pour partie de la perte du lot de pommes de terre
expédié par la Sté Hettema Zonen à destination de I O.F.C.O.M. et à verser à Quo l'expert a indiqué comme cause des avaries un station- en mauvais état,
l'O.F.C.O.M. la somme de 500.000 francs à titre de dommages et intérêts, a dit et que les pommes de terre étaient pourries et que le service de Protection des
que le Tribunal est incompétent pour connaître le litige opposant I O.F.C.O.M. à Végétaux ordonna la destruction totale de la marchandise ;
la Sté Hettema Zonen, a dit que la R.A.N. et la SOCOPAO n'ont commis aucune
faute et a débouté l'O.F.C.O.M. de toutes ses demandes ; Que l'expert indique comme cause des avaries un état défectueux de certaines
pommes de terre en cours du transport, un entrepôt prolongé des tubercules dans
Considérant que I O.F.C.O.M. appelant demande à la Cour d'infirmer le
un milieu humide propice à la décomposition des légumes, le transport dans des
jugement entrepris et de lui allouer le bénéfice de son exploit introductif
wagon métalliques entièrement fermés pendant huit et onze jour;, avec des
d'instance ;
températures variables de 8/10° à 32/42° qui augmentent et accélèrent la
Considérant que la Sté Hettema Zonen conclut à l'irrecevabilité et au mal décomposition des tubercules ;
fondé de l'appel de l'O.F.C.O.M. et à la condamnation de l'O.F.C.O.M. à lui payer
la somme de 200.000 francs de dommages intérêts pour procédure abusive er Considérant que c'est en l'état de ces faits que l'O.F.C.O.M. a, suivant exploits
appel abusif ; en date des 12 et 17 mai 1966, assigné devant le Tribunal d'Abidjan la
SOCOPAO, la RAN et la Sté Hettema Zonen et qu'est intervenu le jugement
Considérant que la R.A.N. intimée conclut à la confirmation de la décision
susvisé du 18 avril 1968, frappé d'appel ;
déférée ;
En ce qui concerne la Société Hettema Zonen ;
Considérant que la SOCOPAO, intimée, conclut également à la confirmation
du jugement ; Considérant que pour résister à la demande formée contre elle, la Sté Hettema
Considérant qu'il résulte des productions et des écritures des parties que mille a excipé de l'incompétence du Tribunal du fait que le contrat de vente intervenu
sacs de pommes de terre pesant au total 50 tonnes expédiés par la Sté Hettema entre elle et l'O.F. C.O.M. prévoyait une clause d'arbitrage et que conformément à
Zonien à destination de l’Office de Commercialisation des Produits de la Haute cette clause le litige a été soumis à la Chambre Arbitrale de Paris qui a déjà
Volta à Ouagadougou ont été embarqués à Dunkerque le 18 octobre 1965 sur la rendu sa décision ;
navire "Milady" ayant la SAMOA comme consignataire à Abidjan ;
Considérant que l'O.F.C.O.M. a acquiescé à cette demande et demandé acte
Que ce navire est arrivé au port d'Abidjan le 7 novembre 1965, que les sacs de son désistement d'instance contre la Sté Hettema ;
de pommes de terre ont été débarqués le 7 novembre 1965 et entreposés dans
le magasin de cale de la SOCOPAO au port d'Abidjan ; Considérant que le premier juge lui a donné acte de son désistement ;
Que le 16 novembre 1965 cette marchandise a été chargée par la SOCOPAO Considérant qu'en cause d'appel l'O.F.C.O.M. fait valoir qu’elle a interjeté
dans deux wagons de la Régie Abidjan Niger pour être transportées à appel contre la Sté Hettema en vue d'un recours possible en garantie de la
Ouagadougou et remise à la SOCOPAO-Ouaga, chargée de la livraison à
SOCOPAO contre la Société Hettema ;
l'O.F.C.O.M. ;
Que le 16 novembre 1965 au moment du chargement une expertise de la Mais considérant qu'il n'appartient pas à l'O.F.C.O.M. d'interjeter appel pour le
marchandise a été faite par la SABEX, commissaire d'avaries des assureurs, et compte de la SOCOPAO ;
ce à la requête de la SOCOPAO agissant pour le compte de l'O.F.C.O.M. ;
Que son appel contre la Sté Hettema est donc irrecevable et mal fondé, que
Que l'expert en un rapport du 20 novembre 1965 a constaté que lors du c'est à bon droit que la Sté Hettema fait valoir que cet appel est abusif et lui
chargement, une partie des pommes de terre étaient plus ou moins pourries, cause un préjudice alors que depuis 1967 le litige entre l'O.F.C.O.M. et elle a été
coulantes avec dégagement de pourriture et que ce n'est qu’à destination, après réglé par une sentence de la Chambre Arbitrale de Paris et que l'O.F.C.O.M. a
ouverture des sacs et tri qu'il sera possible de déterminer le tonnage de pommes exécuté cette sentence ;
de terre impropres à la consommation ;

- 39 -
Considérant que la demande de 200.000 francs de dommages- intérêts formée
par la Sté Hettema Zonen est exagérée, que la Cour a les éléments suffisants
II. - CASSATION — Moyens
pour évaluer le préjudice subi à la somme de 50.000 francs CFA ; - Convention 26
En ce qui concerne la RAN :
Considérant qu'il était reproché à la R.A.N. d'avoir, en tant que transporteur ARRET N° 24 DU 9 MAI 1969
logé les marchandises dans de mauvaises conditions et de leur avoir imposé 27
des délais de routes anormaux la marchandise ayant été mise dans des
wagons plombés et le transport ayant duré sept jours. I - FORETS CLASSEES. —
Mais considérant que c est à bon droit que la R.A.N. a fait valoir devant le
premier juge quelle a exécuté strictement le contrat de transport passé entre elle
Attribution 27
et la SOCOPAO et qui consistait à acheminer à Ouagadougou deux wagons de
pommes de terre dans les termes et conditions du tarif demandé et pour lequel le
III - JUGEMENTS ET
prix a été payé, que la SOCOPAO ayant demandé le bénéfice de l'application du ARRETS — Conclusions -
tarif spécial de petite vitesse W n°1, elle avait un délai de 17 jours pour
l'acheminement Défaut de réponse 28
Sous le Haut Patronage de 3 ARRET N° 27 DU 9 MAI 1969
Comité de rédaction 3 29
TABLE DES PREUVES - PRESOMPTIONS —
MATIERES 4 Graves, précises et
concordantes. 29
JURISPRUDENCE 10
ARRET N 35 DU 30 MAI 1969
COUR SUPRÊME 11 30
CHAMBRE JUDICIAIRE FORMATION CIRCULATION ROUTIERE —
CIVILE 11 Collision - Défaillance
ARRET N° 5 DU 28 FEVRIER des freins - Fait
1969 11 imprévisible et
ARRET N° 11 DU 18 AVRIL inévitable, non. 30
1969 14 ARRET N° 39 DU 30 MAI 1969
ARRET N3 13 DU 18 AVRIL 31
1969 CONCUBINAGE — Rupture CASSATION (Pourvoi). —
abusive 20 Formes - Dépôt de la
ARRET N° 15 DU 18 AVRIL requête au secrétariat de
1969 21 la Chambre Judiciaire -
Irrecevabilité 31
CASSATION. — Moyen
dépourvu d’intérêt pour le Rupture abusive -
demandeur - Irrecevabilité Réparation. 30
21 — Qualité du demandeur -
APPEL. — Acte d’appel - Pouvoir de représentation
Exploit non signifié - du père. 30
Inexistence - Application COUR SUPRÊME 30
du droit des nullités CHAMBRE D'ANNULATION 30
(non). 22
ARRET N° 12 DU 4 AVRIL
ARRET N° 22 DU 18 AVRIL 1969 31
1969 24
ARRET N 11 DU 4 AVRIL 1969
ARRET N° 23 DU 9 MAI 1969 31
26
ARRET N° 166 DU 4 AVRIL
I. - COMPETENCE en 1969 33
matière commerciale -
Litige entre commerçants - COUR D'APPEL D'ABIDJAN 33
Actes faits pour les CHAMBRE CIVILE ET COMMERCIALE
besoins du commerce - 33
Absence d’indications sur
ARRET N° 176 DU 18 AVRIL
ce point dans les
1969 34
écritures des parties
Compétence du juge civil ARRET N° 197 DU 2 MAI 1969
non critiquable. 26 35
TRANSPORT MARITIME — en première instance a fait valoir qu'aucune négligence ne peut lui être
reprochée, qu'elle a fait des diligences normales n'ayant jamais reçu
Acconage - Qualité de d'instructions particulières tant de l'expéditeur que du destinataire de la

mandataire de l’acconier - marchandise ;


Considérant que le premier juge a estimé, après avoir constaté que
Responsabilité - Absence l'O.F.C.O.M. n'avait donné aucune instruction a la SOCO PAO en ce qui
de réserves 35 concerne le mode d'acheminement des pommes de terre, que la carence de
l'O.F.C.O.M. déchargeait la SOCO PAO de toute obligation ;
- Préjudice causé au Mais considérant que c'est à bon droit que l'O.F.C.O.M. fait gri-f au jugement
entrepris d'avoir ainsi statué ;
destinataire. 35 Qu'en effet la SOCOPAO transitaire et commissionnaire de transport

ARRET N 209 DU 2 MAI 1969 professionnel, en prenant en charge les 50 tonnes de pommes de terre à leur
débarquement à Abidjan le 8 novembre 1965 surtout qu'il n'est pas contesté
38 qu'elle était le transitaire habituel de l'O.F.C.O.M., a contracté envers
l'O.F.C.O.M. toutes les obligations incombant au commissionnaire de transport ;
SUCCESSION — Application Considérant qu'il est de principe que le commissionnaire de transport étant
débiteur d'une obligation de résultat ; l'arrivée de la marchandise en bon état à
dans le 38 son point de destination, les moyens de transport restant à sa discrétion sauf
clause contraire ;
temps de la loi du 7 octobre 1964 Considérant que la SOCOPAO avait l'obligation de soigner la marchandise,
– 38 qu’il y a lieu de remarquer qu'ayant reçu 50 tonnes de pommes de terre en bon
état le 8 novembre elle a chargé sur les wagons de la R.A.N. le 16 novembre
Non rétroactivité. 38 seulement 32 tonnes

ARRET N° 227 DU 23 MAI


1969 38
APPEL. — Recevabilité - Chose
jugée – 38
Sentence arbitrale. 38
TRANSPORT TERRESTRE —
Vice propre de la 38
chose - Responsabilité du
transporteur (non)– 38
Article 103 du code de
commerce. 38
COMMISSIONNAIRE EN
TRANSPORT — Obligation 38
de livrer la marchandise en bon
état – 38
Obligation de résultat 38
- 40 -
COUR D'APPEL D'ABIDJAN 55
2è CHAMBRE CIVILE ( Droit du
Travail ) 55
COUR D'APPEL D'ABIDJAN 55
CHAMBRE CORRECTIONNELLE 55
TEXTES 65
TABLE ANALYTIQUE 67
TABLE CHRONOLOGIQUE 70
transport devant s'effectuer sous douane, en transit les wagons ont été
fermés et plombés par le service des douanes et l'expéditeur et non par elle ;
Considérant que c'est en vain qu'en cause d appel I O.F.C.O.M. fait grief à
la R.A.N. d'avoir livré la marchandise en mauvais état alors que le transporteur
à l'obligation de livrer la marchandise dans l'état où elle se trouvait lors de la
livraison au départ, qu’en effet en vertu de l'art. 103 du Code de Commerce le
voiturier n'est pas garant des avaries qui proviennent du vice propre de la
chose ; qu'il résulte de l'expertise de la marchandise effectuée à Ouagadougou
à l'arrivée que I avarie était due à un état défectueux des pommes de terre
avant la prise en charge par la R.A.N. qu'il échet en conséquence de confirmer
le jugement en ce qu'il a mis hors de cause la R.A.N. ;
En ce qui concerne la SOCOPAO ;
Considérant que la SOCOPAO pour résister à la demande formée contre elle
en état de pourriture, ainsi que cela résulte des récépissés de la R.A.N. et du
rapport d expertise lors du chargement, que cette disparition de 18 tonnes en
huit jours aurait dû inciter la SOCO PAO a plus de diligence, que c'est à juste
titre que l'O.F.C.O.M. lui reproche d avoir expédié une marchandise périssable
en petite vitesse d'autant plus qu'il lui était loisible de solliciter par les voies les
plus rapides des instructions de l'O.F.C.O.M., ne serait-ce que pour faire un tri
des pommes de terre avant le chargement sur wagons ;

Considérant qu'il résulte de tout ceci que la SOCOPAO par sa négligence et


son défaut de diligence a engagé sa responsabilité ;

Mais considérant que l'expertise effectuée à Ouagadougou a l'arrivée de la


marchandise indique comme une des causes de l'avarie un état défectueux des
pommes de terre en cours de transport, qu’il y a lieu d'admettre dans ces
conditions que ce vice propre de la marchandise qui a contribué à sa perte
exonère en partie la SOCOPAO de la responsabilité encourue par elle ;

Considérant que la Cour a les éléments suffisants pour décider que ce vice
propre exonère pour moitié la SOCOPAO de la responsabilité encourue par
elle;

Considérant que dans son assignation introductive d'instance l'O.F.C.O.M.


demandait de déclarer la SOCOPAO responsable en totalité ou en partie de la
perte de la marchandise, de la condamner à supporter les frais, débours et
dépens de toute sorte et à lui payer la somme de 500.000 francs de dommages-
intérêts.

Considérant que I O.F.C.O.M. ne justifie pas d un préjudice particulier, autre


que les frais et débours, a lui causé par la perte des pommes de terre, que sa
demande en payement de la somme de 500.000 francs est donc mal fondée ;

PAR CES MOTIFS


Et ceux non contraires du jugement frappé d'appel ;
Dit irrecevable l'appel formé par l'Office de Commercialisation des Produits de
Haute Volta contre la Sté Hettema Zonen ;

Condamne l'Office de Commercialisation des Produits de la Haute Volta a


payer à la Sté Hettema Zonen la somme de 50 000 francs CFA de dommages-
intérêts pour appel abusif ;

Dit recevable mais mal fondé l'appel formé par l'O.F.C.O.M. contre la R.A.N.;

Dit recevable et fondé l'appel formé par l'O.F.C.O.M. contre la SOCOPAO ;

Infirme partiellement le jugement entrepris ;

Dit que la SOCOPAO est responsable pour moitié de la perte de la totalité


du lot de 50 tonnes de pommes de terre débarqué le 8 novembre 1965 du
navire "Milady" et destiné à l'O.F.C.O.M. de Haute Volta ;

Condamne en conséquence la SOCOPAO a rembourser à l'Office de


Commercialisation des Produits de la Haute Volta la moitié des frais débours et
prix que l’O.F.C.O.M, a payé pour cette marchandise ;

Condamne la SOCOPAO en tous les dépens,(sauf ceux occasionnés par la


mise en cause de la Sté Hettema Zonen et de la RAN qui seront supportés par
l'Office de Commercialisation des Produits de La Haute Volta).

Président : M. VARLET — Conseillers : MM. ARTHUR ET MONTAGNE


Avocat général : M. DUMONTET
Avocats : Mes MARIANI, DOGUE et GENTHON.
ARRET N° 234 DU 23 MAI 1969 époux résident en Côte d'ivoire, l'article 60 de la loi du 7 octobre 1964 sur le
mariage énonce que le choix de la résidence de la famille appartient au mari et
DOMICILE. — Femme mariée – que la femme est obligée d'habiter avec lui ;
Domicile de son mari.
Sous le Haut Patronage de 3
DIVORCE. — Compétence - Epoux résidant
en Côte d’ivoire. Comité de rédaction 3
L'article 60 de la loi du 7 octobre 1964 disposant que le choix TABLE DES
de la résidence de la famille appartient au mari et que sa femme
est obligée d'habiter avec lui, il en résulte que la résidence
MATIERES 4
légale de la femme est au domicile du mari et c' est dès lors à tort JURISPRUDENCE 10
que le premier juge a déclaré irrecevable l'action en divorce du
mari dont la femme a quitté le domicile conjugal en violation des COUR SUPRÊME 11
obligations découlant du mariage pour résider dans un pays
étranger, ce fait n'étant pas suffisant pour d ire qu'elle ne réside CHAMBRE JUDICIAIRE FORMATION
pas en Côte d Ivoire au sens de l'article 2 de la loi du 7 octobre CIVILE 11
1964 qui dispose que la demande en divorce n'est recevable qu'à
la condition que les époux résident en Côte d'ivoire. ARRET N° 5 DU 28 FEVRIER
La Cour, 1969 11
Statuant publiquement, par défaut en matière civile et en dernier ressort, après
débats en Chambre du Conseil sur l'appel régulièrement interjeté le 26 février
ARRET N° 11 DU 18 AVRIL
1969 par P... Y... Georges du jugement n° 209 en date du 30 janvier 1969 rendu 1969 14
par défaut entre lui et son épouse la dame N... A..., par le Tribunal de première
instance d Abidjan lequel saisi par P... Y... contre son épouse d'une demande en ARRET N3 13 DU 18 AVRIL
divorce a déclaré irrecevable la demande en divorce de P... Y... ;
1969 CONCUBINAGE — Rupture
Considérant que P... Y... appelant, demande a la Cour d'infirmer le jugement
entrepris et de prononcer le divorce aux torts de la dame A... N... avec toutes les
abusive 20
conséquences de droit ;
ARRET N° 15 DU 18 AVRIL
Considérant que la dame N... ne comparaissant pas bien que régulièrement
assignée il échet de statuer par défaut à son encontre ;
1969 21
Considérant que P... Y... Georges et la dame A... N... ont contracté mariage le CASSATION. — Moyen
trois septembre 1966 devant l'officier de l'état civil d'Abidjan ;
dépourvu d’intérêt pour le
Que suivant exploit du 21 août 1968, P... Y... Georges, employé au ministère
de la Construction et de l'Urbanisme et domicilié à Abidjan, a fait citer son épouse
demandeur - Irrecevabilité
devant le Tribunal de première instance d'Abidjan pour entendre prononcer le 21
divorce aux torts de la dame N... ;

Considérant que le premier juge après avoir constaté que la dame N... A...
APPEL. — Acte d’appel -
résidant actuellement au Congo-Kinshasa a estimé que l'action de P... Y... était Exploit non signifié -
irrecevable au motif qu'en cas de mariage célébré en Côte d'ivoire entre ivoiriens,
l'action en divorce n'est recevable que si les époux résident en Côte d'ivoire et Inexistence - Application
que cette disposition étant d'ordre public il y avait lieu de l'appliquer d'office ; du droit des nullités
Considérant que P... Y... a basé sa demande en divorce notamment sur le fait (non). 22
que depuis le mariage son épouse a refusé de résider avec lui et s'est mise à
voyager dans différents pays sans lui donner de ses nouvelles, qu'elle est allée ARRET N° 22 DU 18 AVRIL
au Ghana, au Nigeria et se trouve actuellement au Congo-Kinshasa ;
1969 24
Considérant que si l'article 2 de la loi du 7 octobre 1964 énonce qu'en cas de
mariage célébré en Côte d'ivoire, entre ivoiriens, la requête en divorce n'est
recevable que si les deux
ARRET N° 23 DU 9 MAI 1969
26
I. - COMPETENCE en
matière commerciale -
Litige entre commerçants -
Actes faits pour les
besoins du commerce -
Absence d’indications sur
ce point dans les
écritures des parties
Compétence du juge civil
non critiquable. 26
II. - CASSATION — Moyens
- Convention 26
ARRET N° 24 DU 9 MAI 1969
27
I - FORETS CLASSEES. —
Attribution 27
III - JUGEMENTS ET
ARRETS — Conclusions - 38
Défaut de réponse 28 SUCCESSION — Application
ARRET N° 27 DU 9 MAI 1969 dans le 38
29
temps de la loi du 7 octobre 1964
PREUVES - PRESOMPTIONS — – 38
Graves, précises et
concordantes. 29 Non rétroactivité. 38
ARRET N 35 DU 30 MAI 1969 ARRET N° 227 DU 23 MAI
30 1969 38
CIRCULATION ROUTIERE — APPEL. — Recevabilité - Chose
Collision - Défaillance jugée – 38
des freins - Fait Sentence arbitrale. 38
imprévisible et
inévitable, non. 30 TRANSPORT TERRESTRE —
Vice propre de la 38
ARRET N° 39 DU 30 MAI 1969
31 chose - Responsabilité du
transporteur (non)– 38
CASSATION (Pourvoi). —
Formes - Dépôt de la Article 103 du code de
requête au secrétariat de commerce. 38
la Chambre Judiciaire - COMMISSIONNAIRE EN
Irrecevabilité 31 TRANSPORT — Obligation 38
Rupture abusive -
de livrer la marchandise en bon
Réparation. 30
état – 38
— Qualité du demandeur -
Pouvoir de représentation Obligation de résultat 38
du père. 30 COUR D'APPEL D'ABIDJAN 56
COUR SUPRÊME 30 2è CHAMBRE CIVILE ( Droit du
CHAMBRE D'ANNULATION 30 Travail ) 56
ARRET N° 12 DU 4 AVRIL COUR D'APPEL D'ABIDJAN 55
1969 31 CHAMBRE CORRECTIONNELLE 55
ARRET N 11 DU 4 AVRIL 1969 TEXTES 65
31 TABLE ANALYTIQUE 67
ARRET N° 166 DU 4 AVRIL TABLE CHRONOLOGIQUE 70
1969 33
COUR D'APPEL D'ABIDJAN 33 Que c'est donc à tort que le premier juge a déclaré irrecevable l'action de P... Y...
Georges ;
CHAMBRE CIVILE ET COMMERCIALE
Considérant que la dame A... N... a abandonné le domicile conjugal depuis 1966,
33 qu'il résulte d'une carte écrite par elle au sieur K... M... alors qu'elle était a Accra,
qu’elle demandait à K... M... de ne pas donner son adresse à ?... Y... Georges ;
ARRET N° 176 DU 18 AVRIL Considérant que ce comportement de la dame N... A... rend intolérable le
1969 34 maintien du lien conjugal;

ARRET N° 197 DU 2 MAI 1969 Qu'il échet donc defaire droit à la demande en divorce de P... Y... ;
PAR CES MOTIFS
35
Reçoit P... Y... Georges en son appel ;
TRANSPORT MARITIME — Infirme en toutes ses dispositions le jugement entrepris ;

Acconage - Qualité de Prononce le divorce entre P .. Y... Georges et dame N... A... aux torts de la
mandataire de l’acconier - femme, et avec toutes les conséquences de droit ;

Responsabilité - Absence Ordonne la mention du dispositif du présent arrêt en marge de l'acte demariage
n°133 en date du 3septembre 1966 dressé à Abidjan et en marge des actes de
de réserves 35 naissance de chacun des époux ;

- Préjudice causé au Condamne la dame N... A... en tous les dépens.

Président : M. VARLET — Conseillers : MM. ARTHUR et MONTAGNE — Avocat


destinataire. 35 général : M. DUMONTET

ARRET N 209 DU 2 MAI 1969 OBSERVATIONS


L’alinéa troisième de l’article 2 de la loi relative au divorce et à la séparation de corps dispose
que : "En cas de mariage célébré en Côte d'ivoire entre Ivoiriens, la requête en divorce ou en
séparation de corps n'est recevable que si les deux époux résident en Côte d'ivoire ; seuls sont
compétents, pour en connaître, les tribunaux ivoiriens".
Cette disposition originale soulève des difficultés d'interprétation car elle n est pas d une
parfaite clarté. Deux points, à tout le moins, sont incertains.
Le premier est illustré par l'espèce qui a donné lieu à l'arrêt rapporté. Deux époux de nationalité
ivoirienne ayant fait célébrer leur mariage en Côte d'ivoire, que se passe-t-il lorsque l’un des
conjoints abandonne la résidence commune et va s’établir à l'étranger ? Dans le cas particulier,
c'était la femme qui depuis le mariage avait refusé de résider chez son mari et s'était mise à
voyager dans différents pays étrangers Si l'on applique à la lettre l'article 2, al. 3, il faudra
décider, comme l’a fait le Tribunal de première instance, que la demande en divorce introduite
par le mari est irrecevable : les deux époux ne résident pas en Côte d'ivoire. La solution est
paradoxale, puisque le même fait, le refus de cohabiter, est à la fois une cause de divorce et un
obstacle à la recevabilité de la demande. Elle est inéquitable, puisqu'elle permet à l’époux
coupable de paralyser l'action de son conjoint qui se trouve ainsi placé à sa merci. On
comprend que la Cour d'Appel ait cherché à écarter l’obstacle. Elle l’a fait en assimilant la
résidence au domicile : "Considérant, dit la Cour, que la résidence légale de la femme est au
domicile du mari..." Malheureusement la doctrine de la Cour n’est pas sans faiblesse. La
résidence est une notion de fait qui ne se confond pas avec le domicile. La résidence est le lieu
où une personne se trouve effectivement pendant un certain temps (Marty et Raynaud. Droit
Civil, t. 1, 2e vol., n° 686. On ne peut pas parler de résidence légale,

- 41 -
car la loi, si elle peut imposer un rattachement d ordre juridique, ne peut pas nier une évidence Que cet enfant a été reconnu le 2 novembre 1960 par le sieur Maurice Bahi
physique. Introduire l'idée d une résidence légale de la femme au domicile du mari, revient à
Zahiri, de nationalité ivoirienne, et le 8 novembre I960 par sa mère .
créer une fiction que rien, à notre connaissance, n’autorise en l’état du droit ivoirien. C est dans
le même sens que se sont d ailleurs prononcé les premiers commentateurs de la loi ivoirienne Quo Bahi et dame Philippe vécurent ensemble à Paris jusqu'au mois de mai
sur le divorce : La résidence est un état de fait ; elle se caractérise essentiellement par
l'habitation : les époux doivent habiter en Côte d’ivoire lors de I introduction de la requête, même
I963, époque à laquelle Bahi, qui est employé de l'Association pour la Sécurité
si le centre de leurs intérêts se situe à l’étranger." (Divorce et séparation de corps, Publication du de la Navigation Aérienne (ASEC NA), fut envoyé à Brazzaville ;
Ministère de la Justice, Abidjan 1968. p. 67). Il en résulte, selon les mêmes auteurs que, d'une
part, la citation du défendeur par notification au parquet, réserve à ceux qui n'ont aucune Que dans le courant de l'année I964, dame Philippe épousa le sieur Adrien
résidence connue en Côte d'ivoire, est inopérante et que, d'autre part, le juge ne peut délivrer Kouassi, de nationalité ivoirienne, et vint vivre à Abidjan avec son mari, et sa fille
aucune commission rogatoire à l'effet d’entendre l'époux défendeur résidant à l’étranger (op. cit. Naddhee ;
p. 68)
Que Bahi vint à son tour s'établir à Abidjan dans le courant de l'année 1965 ;
La notion de "résidence légale de la femme mariée, imaginée par la Cour d Appel d’Abidjan
pour assouplir la règle gênante formulée par l’art. 2, al. 3. nous paraît donc difficile à justifier. La Que dame Philippe épouse Kouassi fit, suivant exploit du 31 août 1965,
discussion reste ouverte et il appartiendra à la Cour Suprême de se prononcer. assigner Bahi devant le tribunal de la Seine à Paris aux fins de se faire attribuer
l'exercice de la puissance paternelle sur l'enfant Naddhee, et de faire condamner
L’examen de l'art. 2, al. 3 de la loi relative au divorce et à la séparation de corps révèle une
seconde difficulté. Bien qu'elle n ait pas été évoquée dans l’affaire qui a donné lieu à l'arrêt Bahi au paiement de 20.000 francs français de dommages-intérêts et d une
rapporté, nous le rappelleront au passage. Le texte comporte en effet une seconde phrase ainsi pension alimentaire pour l'enfant ;
rédigée : "Seuls sont compétents, pour en connaître, les tribunaux ivoiriens ". Deux
interprétations semblent possibles. En premier lieu le texte peut vouloir dire que deux ivoiriens, Que par jugement de défaut contradictoire du 16 janvier 1966 le Tribunal de
mariés en Côte d’ivoire et ayant leur résidence en Côte d’Ivoire ne peuvent voir leur divorce la Seine a débouté dame Philippe de sa demande de dommages-intérêts, mais
prononcé que par la seule juridiction ivoirienne. S’ils ont aussi leur domicile en Côte d’ivoire, il
n’y a pas de difficulté, le tribunal du domicile du mari étant normalement compétent. En
lui a donné l'exercice de la puissance paternelle sur Naddhee, et a condamné
revanche, si le mari est domicilié à l'étranger, faudra-t-il admettre que l’époux puisse saisir le Bahi à payer une pension/mensuelle de 200 francs français pour sa part
tribunal dans le ressort duquel le conjoint a sa résidence, par dérogation au principe posé dans contributive à l'entretien de l'enfant ;
l’alinéa premier de l'art. 2 qui veut que soit compétent le tribunal du domicile ? Mais il se pourrait
que le texte ait une autre signification et qu'il veuille dire, plus généralement, que les ivoiriens Que Bahi n'a exercé aucune voie de recours contre ce jugement qui lui a été
dont le mariage a été célébré en Côte d’ivoire ne peuvent divorcer qu’en vertu d une décision signifié le 26 mai I966 mais qu'il a lui même fait assigner dame Philippe devant
d’une juridiction ivoirienne, même lorsqu’ils ont leur domicile et leur résidence à l’étranger. A
ceux-là le divorce serait interdit : d’une part, en effet, ils ne pourraient pas saisir la juridiction
le /Tribunal de première Instance d'Abidjan, suivant exploit du 13 mars 1967, à
ivoirienne, parce que n’ayant pas leur résidence en Côte d’ivoire, d’autre part, serait privé d'effet l'effet de se faire restituer l'exercice de la puissance paternelle sur sa fille ;
en Côte d’ivoire. Il semble malheureusement que le divorce prononcé par la juridiction étrangère,
celle de leur domicile, le but de la loi aille plutôt dans le sens de cette deuxième interprétation : Considérant que par jugement contradictoire du 4 juillet 1968 le Tribunal
"Le législateur, en édictant ces dispositions, a voulu empêcher ses nationaux de divorcer loin de d'Abidjan a donné à Maurice Bahi Zahiri l'exercice de la puissance paternelle sur
leur milieu familial, lorsque du moins leur mariage a été célébré en Côte d’ivoire. Il a considéré, l'enfant Naddhee, a confié la garde de celle-ci à sa mère dame Philippe épouse
en effet, que l'influence de la famille était de nature à éviter les demandes en divorce ou en
séparation de corps hâtives ou inconsidérées". (Divorce et séparation de corps, précité, p. 67). Kouassi, a dit que Bahi serait tenu de verser à cette dernière la pension de
Si tel est véritablement le sens du texte, il nous semble pénaliser à l’excès les nationaux, mariés 10.000 francs CFA par mois dont le Tribunal de la Seine avait ordonné le
en Côte d'ivoire, mais ayant leur domicile et leur résidence à l'étranger. J.B.B. paiement, et a organisé le droit de visite de Bahi ;

ARRET N° 253 DU 6 JUIN 1969 Considérant que dame Philippe épouse Kouassi a relevé appel de ce
jugement ; que cet appel est régulier en la forme et doit être déclaré recevable ;
PUISSANCE PATERNELLE — Attribution - Enfant Considérant que dame Philippe déclare expressément acquiescer aux
naturel reconnu d’abord par la mère - dispositions du jugement qui ont organisé le droit de visite de Bahi, qu'ainsi le
seul point dont la Cour soit saisie est l'attribution de l'exercice de la puissance
Attribution de l’exercice de la puissance paternelle sur Naddhee ;
paternelle au père - Intérêt de l’enfant.
Considérant que dame Philippe soutient que le jugement du Tribunal de la
L'attribution de la puissance paternelle n'ayant pas pour les Seine du 16 janvier 1966, passé en force de chose jugée, lui a définitivement
enfants naturels le caractère définitif qu'elle a pour les enfants attribué cet exercice ;

légitimes, c'est à bon droit que, s'agissant d'un enfant naturel Qu'il n'existe aucune disposition légale susceptible d'entraîner une modification
reconnu en premier par sa mère, le juge a attribué l'exercice de dans cette attribution, à l'exception de celles qui organisent ia déchéance de la
la puissance paternelle au père q ui avait reconnu l'enfant puissance paternelle, mesure particulièrement grave qui n'est susceptible
d'intervenir que pour les causes limitivement prévus par la loi : condamnation,
postérieurement, ce changement qui s'inspire avant tout de
mauvais traitements, abandon..., causes qui ne sont pas invoquées en l'espèce ;
l'intérêt de l'enfant ne constituant pas une déchéance et n'ayant
pas le caractère d'une sanction. Mais considérant que l'attribution de la puissance paternelle n'a pas pour les
enfants naturels le caractère définitif qu'elle a pour les enfants légitimes ;
La Cour,
Considérant que la dame Mathé Hélène Philippe a donné le jour le 28 octobre Que cette attribution doit s'inspirer avant tout de l'intérêt de l'enfant, et que le
I960 à Paris, 14e arrondissement, à un enfant de sexe féminin qui a reçu les changement qui peut en être fait ne constitue pas une évidence et n'a pas le
prénoms de Maddhee Rachel Tatiana ; caractère d'une sanction ;

— 42 —
Considérant que pour confier à dame Philippe l’exercice de la puissance trois balles de coton pesant 288 kilos à destination de la SAFRIC à Abidjan ;
paternelle sur Naddhee, le Tribunal de la Seine, devant qui Bahi détaillant, n'avait Que le navire arriva à Abidjan le 13 mars 1965 ;
pu présenter sa défense s'était fondé sur ce que Bahi, depuis la reconnaissance
Que les marchandises furent déchargées par les soins de la SOAEM
qu’il avait faite de I enfant, s'était totalement désintéressé de celui-ci tant au point
consignataire du "Piave", et entreposées dans le magasin n° 7 du port d'Abidjan,
de vue affectif que du point de vue matériel.
magasin dont elle a la gestion ;
Mais considérant qu'il résulte des pièces produites aux débats par Bahi qu’il
Que le 14 mars 1965 dans l’après-midi, une incendie se déclara dans le dit
s'est au contraire toujours intéressé a sa fille ; qu'il a essayé de la faire venir à
magasin et que les trois balles de tissu appartenant à la SAFRIC furent détruites
Brazzaville pendant qu'il séjournait dans cette ville ;
par le feu ;
Qu'il s'est efforcé de voir l'enfant pendant un congé qu'il est venu passer a
Que le 16 mars 1965, la SOAEM encaissa, des mains de l’Agence Générale
Abidjan à la fin de l'année 1964, qu'il a expressément acquiescé aux dispositions
de Transit, dite A.G.T., consignataire de la cargaison pour le compte de la
du jugement du Tribunal de la Seine le condamnant à payer une pension pour
SAFRIC, le montant des frais de débarquement des colis détruits en même
l'entretien de Naddehee et que s'il ne l'a pas effectivement payée, c'est parce que
temps que celui de diverses autres marchandises ;
dame Philippe a refusé de la toucher;
Que le même jour, à la requête de la SOAEM, le Président du Tribunal
Considérant qu'il est de l'intérêt de l'enfant Naddhée de ne
d'Abidjan commettait le sieur Michel Bienvenue expert maritime, à l'effet de
pas être soustraite à la vigilance et à l'attention d'un père qui
déterminer les causes et l'origine du sinistre, et de chiffrer le montant des
a prouvé l'attachement qu'il avait pour elle ; dommages qui en résultaient ;
Qu'il échet en conséquence de confirmer la décision du premier juge ; Que l'expert déposa le 24 août 1965 un rapport qui concluait que le foyer de
PAR CES MOTIFS l'incendie se localisait au cœur d'un lot de cent balles de sacs de sisal, qui
fortement compressées et probablement un peu humides, s'étaient échauffées et
Déclare Marthe Hélène Philippe épouse Kouassi recevable mais mal fondée avaient pris feu spontanément ;
en son appel ;
Que l'expert évaluait le dommage subi par la SAFRIC à 773.732 francs.
L en déboute et confirme en toutes ses dispositions le jugement entrepris ; Considérant que la SAFRIC a actionné la SOAEM en remboursement de la
Condamne Marthe Hélène Philippe épouse Kouassi aux dépens d’appel. valeur des tissus reconnue par l'expert, augmentée des frais d approche de la
marchandise et du manque a gagner ;
Président M. VARLET — Conseillers MM. ARTHUR et MONTAGNE — Avocat
général : M. DUMONTET Avocats : Mes SCHARR et CARLTON. Considérant que la SOAEM a objecté que le connaissement du Lloyd Triestino
prévoyait dans son article 9 que “le capitaine du navire et le transporteur ne sont
pas responsable des incendies ou explosions survenant dans les magasins ou
ARRET N° 254 DU 6 JUIN 1869 en un lieu quelconque sur la terre, que ce soit avant l'embarquement ou après le

TRANSPORT MARITIME — Responsabilité du débarquement", et dans son article 23 que "si le réceptionnaire n'est pas présent
pour prendre livraison de la marchandise à son arrivée, le capitaine et le
transporteur maritime - Incendie des transporteur déposeront les marchandises sur allèges, dans les magasins, docks
marchandises entreposées après ou autres, toujours aux frais, risques et périls du chargeur ou du réceptionnaire" ;
débarquement - Dommage antérieur à la qu'étant consignataire du navire, c est-à-dire mandataire de l'armateur, elle est
livraison - Application d’une clause fondée à invoquer tous les droits et exception que celui-ci peut opposer au
destinataire ;
exclusive de responsabilité.
Considérant que le premier juge a fait droit à la demande de la SAFRIC aux
C'est en vain que le propriétaire des marchandises détruites motifs que le transport maritime prenant fin avec la remise de la marchandise
sous palan, la SOAEM avait effectué, du quai au magasin n° 7, un transport
par l'incendie invoque la responsabilité du consignataire au moti f
terrestre soumis aux règles de l'article 103 du Code de Commerce qui prohibe
que le transport maritime pre nant fin par la remise de la les clauses de non responsabilité ; et que d'autre part la SOAEM qui avait perçu
marchandise sous palan, le consignataire avait effectué du quai auprès de l'A.G.T., transitaire de la SAFRIC, le montant des frais de
aux entrepôts un transport terrestre qui prohibe les clauses de débarquement, était devenue de ce fait mandataire de la SAFRIC qui disposait
contre elle d'une action directe ;
non responsabilité, alors qu'il est de principe qu'à défaut d'une
Mais considérant qu'a défaut d'une clause du connaissement le stipulant
clause contraire stipulée dans le connaissement, le transport
expressément, le transport maritime ne prend pas fin par la remise de la
maritime prend fin à la livraison au des tinataire ou au transitaire marchandise sous palan, mais seulement par sa livraison au destinataire ou au
de celui-ci, et que dès lors, la clause de non respo nsabilité transitaire de celui-ci ;
inscrite au connaisse ment peut être invoquée par le Qu'ainsi le connaissement n'était pas accompli lors du dépôt des
consignataire. marchandises dans le magasin n° 7, et que c'est à bon droit que la SOAEM,
consignataire du "Piave", invoque les clauses de non responsabilité inscrites
La Cour, dans le dit connaissement ;
Considérant qu'il est constant en fait et non dénié que la fabrique de soierie
Considérant que la SAFRIC soutient vainement qu'il est né du paiement des
Ausset et Cie a fait charger à Marseille le 2 mars 1965 sur le navire "Piave" de la
droits de débarquement qu’elle a versés à la
Cie Lloyd Triestino,

- 43 -
SOAEM, un contrat distinct du contrat qui la lie au transporteur maritime, et que S'agissant de marchandises transportées sous connaissement
la SOAEM devenue gardienne de la chose dès lors que celle-ci était dans son
et qui, déchargées puis en treposées par le consignataire du
entrepôt, est responsable de la conservation de cette chose dans les termes du
droit commun ;
navire, ont été détruites par incendie dans les locaux du
consignataire, c est à tort que le propriétaire des marchandises
Considérant que ce n'est pas par l'effet d'un contrat original qui l'unirait à la réclame à celui -ci le paiement des droits de douane afférant aux
SOAEM et qui serait distinct du contrat de transport maritime, que la SAFRIC a
marchandises détruites au motif qu e le consignataire ayant agi
réglé à la SOAEM, par l'intermédiaire de son transitaire l'A.G.T., le montant des
trais de débarquement, mais bien par application de l’article 23 de connaissement en tant qu’acconier après le débarquement, il ne pouvait par
qui prévoit qu’à l'arrivée le capitaine fait déposer les marchandises en magasin suite invoquer la clause de non responsabilité stipulée dans le
aux frais du réceptionnaire ; connaissement alors d'une part, que les opérations qui su ivent le
Qu'ainsi c'est toujours en qualité de consignataire du navire que la SOAEM a déchargement de la marchandise jusqu'à la livraison font partie
reçu la marchandise en dépôt dans son magasin ; du transport maritime lorsqu'elles sont effectuées par l'armateur
ou ses agents et que dès lors, le consignataire étant man dataire
Considérant que la SAFRIC soutient encore que l’application des clauses de
non responsabilité inscrites dans le connaissement doit être écartée par suite de de l'armateur peut valablement invoquer la clause de n on
la faute lourde commise par la SOAEM et de l'impéritie qu'elle a montré dans la responsabilité qui exonère l’armateur notamment du risque
façon dont les marchandises ont été stockées ; d'incendie et que d autre part, même si le con signataire avait agi
Mais considérant que la SAFRIC ne rapporte pas la preuve de cette faute en tant qu’acconier, le demandeur qui était en relations avec lui
lourde ; ne pouvait ignorer que celui-ci stipulait dans les conditions
générales auxquelles il traitait habituellement une clause claire
Qu'en effet le rapport de l'expert Bienvenue qui conclut à cette inflammation
et précise l'exonérant de la responsabilité résultant de plein droit
était prévisible ni que des précautions spéciales s’imposaient à la SOAEM pour
l'éviter ; du contrat d'acconage.

Considérant que c'est à tort que le premier juge a déclaré la SOAEM Le propriétaire des marchandises ne peut davantage invoquer
responsable du sinistre survenu le 14 mars 1965 et l'a condamnée à indemniser la faute qu'aurait commise son adversaire en entreposant sans
la SAFRIC du dommage qui en est résulté ; qu'il échet d'infirmer cette décision ; précautions suffisantes des mar chandises susceptibles de causer
un incendie, alors que les règlements douaniers lui imposant les
PAR CES MOTIFS
points sur lesquels il devait entreposer les colis , il n'en avait pas
Déclare recevable l'appel de la Société Ouest Africaine d'Entreprise Maritimes la libre disposition.
en Côte d'ivoire dite SOAEM, et y faisant droit ;
La Cour,
Infirme en toutes ces dispositions le jugement entrepris ;
Statuant publiquement, contradictoirement, en matière commerciale et en
Déboute la Société Africaine de Confection dite SAFRIC de toutes ses dernier ressort sur l’appel régulièrement interjeté le 14 mars 1968 par la Société
demandes fins et conclusions ; Massieye & Ferras du jugement n° 1819 en date du 21 décembre 1967 rendu
Condamne la SAFRIC à tous les dépens. entre elle et la Société Ouest Africaine des Entreprises Maritimes en Côte d’ivoire
dite SOAEM-Ci par le Tribunal de première instance d’Abidjan lequel saisi par la
Président : M. VARLET — Conseillers : MM. ARTHUR et MONTA GNE — Avocat Sté Massieye & Ferras contre la SOAEM-CI d’une demande en payement de la
général : M. DUMONTET Avocats : Mes TREPTOW et CLARAC. somme de 395.374 francs en remboursement des droits de douane payés sur
une marchandise avariée alors que la SOAEM-CI était dépositaire de la
ARRET N° 255 DU 6 JUIN 1969 marchandise, et en payement de la somme de 50.000 francs de dommages-
intérêts pour résistance abusive, a débouté la Société Massieye & Ferras de ses
TRANSPORT MARITIME — Responsabilité du demandes et l’a condamnée aux dépens ;
transporteur maritime - Incendie des Considérant que la Société Massieye & Ferras, appelante, demande à la
marchandises - Opérations de transport Cour, d’infirmer le jugement entrepris et de lui adjuger le bénéfice de son exploit

postérieures au débarquement effectué par introductif d'instance ;

l’armateur ou ses agents - Caractère de Considérant que la SOAEM-CI conclut à la confirmation du jugement déféré ;

transport maritime - Clause de non Considérant qu’il résulte des productions et des écritures des parties que 150
cartons de cigarettes destinées à la Société Massieye & Ferras à Abidjan ont été
responsabilité valable chargées sur le steam-shif "Saint-Pierre" sous connaissement n° 29 de
Acconage - Clause de non responsabilité - Bordeaux;
Règlement douanier enlevant à l'entreprise Que ces marchandises ont été débarquées à Abidjan le 9 mars 1965 par la
la libre disposition des marchandises - SOAEM-CI consignataire du "Saint-Pierre" et entreposées dans son magasin
cale n° 7 à la disposition de la Société Massieye & Ferras dans les conditions
Absence de faute. prescrites par l’article 77 du Code des Douanes ;

— 48 —
Que le 12 mars 1965 la Société Massieye & Ferras déposait au bureau des Considérant que le consignataire du navire est le mandataire de l'armateur ;
douanes d'Abidjan une déclaration de mise a la consommation pour les 150 Considérant que contrairement à ce que soutient la Société Massieye &
cartons de cigarettes ; Ferras, les opérations qui suivent le déchargement de la marchandise à quai au
Que dans la soirée du dimanche 14 mars un incendie survenait dans le port d'arrivée jusqu'à la livraison effective des marchandises au destinataire font
magasin cale n° 7 où étaient toujours entreposés les cartons de cigarettes ; partie du transport maritime lorsqu'elles sont effectuées par l'armateur, le
capitaine ou leurs agents ;
Qu'à la suite de l'intervention des services d'incendie un lot de 20 cartons de
cigarettes fortement mouillés et humidifiés, a été reconnu invendable ; Considérant qu'en ce qui concerne cette phase du transport une exonération
Que la Société Massieye & Ferras sollicitait du service des Douanes conventionnelle de responsabilité n'est pas prohibée, que c'est donc à bon droit
l’autorisation de ne pas payer les droits de douane s'élevant à 395.374 francs que la SOAEM qui a procédé au déchargement de la marchandise litigieuse en
pour ces 20 cartons de cigarettes qu'elle abandonnait mais se heurtait à un refus tant que marchandise de l'armateur excipe de la clause du connaissement
de ce service excipant de l'article 36 du Code des Douanes aux termes duquel suivant laquelle la marchandise est livrée à quai aux risques de la dite
après leur enregistrement les déclarations ne peuvent plus être modifiées pour un marchandise, et de la règle 2 du connaissement qui énonce que l'armateur n'est
sinistre survenu ultérieurement ; pas responsable du dommage cause par l'incendie ;

Que c'est dans ces conditions qu'après avoir vainement réclamé à la SOAEM Considérant au surplus qu'il n'est pas contesté que la SOAEM était en
le remboursement de la somme de 395.374 francs qu'elle avait dû verser au relations avec la Société Massieye & Ferras et que celle-ci connaissait les
service des douanes ; que suivant exploit en date du 18 janvier 1967 la Société conditions générales auxquelles cette société traitait habituellement, les papiers
Massieye & Ferras assignait la SOAEM devant le Tribunal d'Abidjan en payement commerciaux de la SOAEM mentionnant toujours la clause "toutes marchandises
de cette somme et en payement de dommages intérêts pour résistance abusive ; séjournant sur terre-plein, en magasin ou sous hangar à leurs frais, risques et
périls, aucune assurance contre le vol, l'incendie ou l'explosion n'est couverte par
Considérant que la SOAEM a résisté à la demande formée contre elle en nous", que la SOAEM est donc en droit même si elle avait agi en tant qu'acconier
faisant valoir qu'en vertu des clauses du connaissement elle est exonérée de de la Société Massieye & Ferras d'exciper de cette clause claire d exonération de
toute responsabilité, l'incendie n'ayant pas été causé par sa faute, que de plus les la responsabilité de plein droit encourue par elle en vertu du contrat d'acconage ;
destinataires sont avertis par les conditions générales figurant sur ses documents
commerciaux que les marchandises sont entreposés à leurs frais, risques et Sur la faute reprochée à la SOAEM ;
périls, que la cause de l'incendie étant restée inconnue, la Société Massieye & Considérant que si la SOAEM peut valablement exciper des clauses
Ferras doit être déboutée de sa demande . l'exonérant de toute responsabilité en cas d’accident ces clauses ne sont valables
qu'autant qu'aucune faute ne peut lui être reprochée ;
Considérant que le premier juge a estimé, la Société Massieye & Ferras, ne
définissant pas les fonctions réelles de la SOAEM, et la cause de l'incendie étant Considérant qu'il résulte du rapport d'expertise en date du 23 août 1965
demeurée inconnue, que la SOAEM n'était pas responsable de cet incendie et a dressé par le sieur Bienvenue, que l'incendie a éclaté dans le magasin cale n° 7
en conséquence débouté la Société Massieye & Ferras de sa demande ; que le foyer de l'incendie a été localisé au cœur d'un lot de 100 balles de sacs de
sisal ;
Considérant que la Société Massieye & Ferras fait grief au jugement entrepris
d'avoir ainsi statué, qu'elle fait valoir que la SOAEM a agi en qualité Considérant que l'expert a émis comme hypothèse pour expliquer les causes
d'entrepreneur de manutention après le débarquement de la marchandise sous de l'incendie "que les balles de sacs fortement compressées et probablement
palan et ne peut exciper du contrat de transport maritime, qu'elle a en tant quelque peu humides se sont échauffées et qu'il s'en est suivi une combustion
qu’acconier contracté l'obligation de restituer la marchandise et ne peut se spontanée" ;
soustraire à sa responsabilité qu'en invoquant la force majeure, les clauses
d'exonération de responsabilité en matière d'acconage devant s'interpréter Considérant que la Société Massieye & Ferras reproche à la SOAEM de
restrictivement, que de plus la SOAEM a commis une faute en entreposant du n'avoir pas pris des précautions suffisantes pour entreposer cette marchandise
sisal mouillé près d'un lot de produit chimique sans précautions suffisantes et est sujette à la chauffe, et d'avoir placé cette marchandise dangereuse à proximité
ainsi responsable de l’incendie et de ses conséquences, le sisal étant une des produits chimiques ;
matière inflammable nécessitant certaines précautions ;
Mais considérant que la SOAEM objecte à bon droit qu'il résulte du rapport
Sur la nature des rapports juridiques existant entre la SOAEM et la Société d'expertise que le lot de caisses de produits chimiques n'était pas déclaré
Massieye & Ferras destinataire de la marchandise ; dangereux et qu'une faute ne peut être prouvée contre elle ;
Considérant qu'il résulte du connaissement établi lors de l'embarquement de la
marchandise litigieuse sur le navire "Saint-Pierre" de la Société Navale de Considérant au surplus que les marchandises ont été placées dans un
l'Ouest, que l'Agent de cette compagnie à Abidjan est la SOAEM consignataire magasin cale conformément à l’article 77 du Code des Douanes que cet article
du navire ; énonce que le transporteur où son représentant a l'obligation de placer la
marchandise dans le magasin cale sur les points indiqués par le service des
Considérant que l'article 5 des conditions particulières de ce connaissement Douanes, qu'en conséquence la SOAEM étant tenue de se conformer aux
énonce : "les colis seront reçus ou livrés soit sous palan, soit à quai, suivant les règlements douaniers et n'ayant pas toute liberté pour disposer de la
circonstances, à la diligence et au choix de l'armateur et du capitaine et de leurs marchandise litigieuse on ne peut lui imputer à faute les conditions de placement
agents, mais aux frais et risques de la marchandise" ; de la marchandise dans le magasin cale ;

- 45 -
Considérant qu’aucune faute ne pouvant être prouvée à la charge de la n° 5616/221 valable du Ier novembre 1965 au 31 octobre 1966;
SOAEM la demande formée contre elle par la Société Massieye & Ferras est mal Que ce véhicule a été vendu par la Procure des Missions à Souleymane
fondée ; Hourani dans le courant de 1966 à une date non précisée ;
Qu'il échet de confirmer le jugement entrepris ; Que ce véhicule ayant occasionné le 8 juillet 1966 un accident dommageable
à la dame Brou N'Guessan, Hourani Souleymane a fait le même jour une
ET CEUX NON CONTRAIRES DU JUGEMENT FRAPPE D'APPEL déclaration d'accident à l'Agence du G.F.A. à Dimbokro ;

Déclare la Société Massieye & Ferras recevable mais mal fondé en son appel; Que Moussa Diallo conducteur du véhicule n° A 7104 CI-4 poursuivi devant
le Tribunal correctionnel de Dimbokro sous la prévention de blessures
L'en déboute ; involontaires sur la personne de dame Brou N'Guessan a été condamné par
Président : M. VARLET — Conseillers MM. ARTHUR et MONTAGNE — Avocat jugement en date du 22 novembre 1966 à quatre mois d'emprisonnement et à
général : M. DUMONTET Avocats : Mes BERTHEAU et TREPTOW. payer 600 000 francs de dommages-intérêts à Brou N'Guessan ;
Considérant que c'est en l'état de ces faits que la dame Brou N'Guessan a
assigné devant le Tribunal civil de Dimbokro Souleymane Hourani pris tant
ARRET N° 257 DU 6 JUIN 1969 comme gardien du dit véhicule que comme commettant de Moussa Diallo, et le
G.F.A. comme assureur du véhicule pour s'entendre condamner in solidum à
RESPONSABILITE CIVILE — Préposé occasionnel - payer la somme de 600.000 francs montant de la condamnation prononcée
contre Moussa Diallo ;
Accident commis grâce aux facilités
procurées par la fonction - Abus de Sur la responsabilité de Souleymane Hourani ;
Considérant que devant le premier juge Souleymane Hourani et le G.F.A. ont
fonctions - Responsabilité du commettant. résisté à cette demande, en faisant valoir que Moussa Diallo, ayant utilisé sans
autorisation le véhicule de Souleymane Hourani qui ne lui avait été confié que
ASSURANCES — Conditions générales du contrat - pour être lavé, était devenu le gardien de ce véhicule, et Souleymane Hourani
Gardien du véhicule - Qualité d’assuré - qui avait ainsi perdu la garde et n'était pas le commettant de Moussa Diallo ne
Vente du véhicule pouvait être tenu pour responsable de l'accident et du dommage causé à la
dame Brou N'Guessan ;
- Résiliation du contrat (non) -
Considérant que le premier juge a estimé que Souleymane Hourani en
Inopposabilité à la victime. donnant l'ordre à Moussa Diallo de laver son véhicule avait conservé la garde et
Doit être considéré comme un préposé occasionnel l'individu à la direction de ce véhicule et doit être déclaré responsable des dommages
qui son propriétaire avait confié un véhi cule pour le laver, et qui causés par ce véhicule ;
a causé un accident en se servant de ce véhicule sans Considérant que Souleymane Hourani et le G.F.A. font grief au jugement
l'autorisation du propriétaire ; dès lors celui -ci doit être déclaré entrepris d'avoir ainsi statué et reprenant leurs arguments développés en
responsable du fait de son préposé, l'accident ayant été causé première instance objectant que Moussa Diallo ayant fait circuler le véhicule
par ce dernier grâce aux facilités que lui procuraient ses sans l'autorisation de Souleymane Hourani celui-ci avait perdu la garde juridique
fonctions.
du dit véhicule ;
Par ailleurs, ayant l a garde du véhicule avec l'auto risation du Mais considérant que c'est à bon droit que la dame Brou N'Guessan fait
propriétaire l'auteur de l'accident, même s'il a abusé de cette valoir qu'il n'est pas contesté que Souleymane Hourani a le 8 juillet 1966 donné
garde, doit être considéré comme un assuré au sens des l'ordre à Moussa Diallo de laver sa voiture ; qu'en conséquence celui-ci était
conditions générales de la police d'assurance souscrite par le
devenu le préposé occasionnel de Souleymane Hourani . que Souleymane
propriétaire et la compagnie d'assurance doit garantie à ce
Hourani ayant laissé à la disposition de Moussa Diallo la clef de contact du
dernier.
véhicule pour permettre à Moussa Diallo de le déplacer pour le mettre sur l'aire
Ne peut être opposée à la victime la réalisation du contrat de lavage, il a permis à son préposé occasionnel de trouver dans les fonctions
d'assurance opérée par la vente du véhicule intervenue qu'il lui donnait l'occasion et le moyen de causer le dommage ;
antérieurement à l'accident et constatée par un avenant dès lors, Considérant qu'il est de principe que dès lors que le fait dommageable a été
d'une part, qu'aucune clause de la police ne stipule que la vente
commis par le préposé au moyen des facilités que lui procuraient ses fonctions,
opère résiliation du contrat et que, d'autre part, l'avenant ayant
ces motifs suffisent à établir la responsabilité civile du commettant ;
été signé postérieure ment à l'accident, l'indemnité d'assurance
était acquise à la victime le jour même du sinistre. Considérant qu'il est constant que Moussa Diallo ayant mission de laver le
véhicule a causé un accident avec ce véhicule dont il s'est servi de sa propre
~ La Cour, initiative ;
Considérant qu'il résulte des productions et des écritures des parties qu'un Mais considérant que c'est a l'occasion de ces fonctions et par abus de celle-
véhicule Peugeot 403 n° A 7101 CI-4 appartenant à la Procure des Missions ci qu'il s'est rendu coupable de l'accident qu'il a commis pendant ses heures de
Catholiques de Côte d'ivoire avait été assuré par la Mission auprès du G.F.A. travail et avec les moyens mis à sa disposition ; qu'en conséquence cet acte
suivant police n'est pas

— 50 —
indépendant du rapport de préposition qui l'unissait à son employeur, que celui- des condamnations prononcées contre Moussa Diallo la dame Brou N Guessan
ci doit donc être tenu pour civilement responsable ; ayant une action directe contre l'assureur ;
En ce qui concerne la garantie due par le G.F.A. ; PAR CES MOTIFS
Considérant en tout état de cause que Souleymane Hourani, propriétaire du ET CEUX NON CONTRAIRES DU JUGEMENT FRAPPE D'APPEL
véhicule, avait confié ce véhicule à Moussa Diallo pour être lavé, qu’il en résulte
que c'est donc avec l'autorisation de Souleymane Hourani que Moussa Diallo Déclare Souleymane Hourani et le Groupement Français des Assurances mal
avait la garde de ce véhicule ; fondés en leur appel ;

Considérant qu'aux termes de l’article 2 de la police souscrite par la Procure Confirme le jugement n° 4 en date du 4 avril 1968 du tribunal de Dimbokro en
de la Mission Catholique étant une police flotte (police n° 5616/221) par assuré il ce qu'il a condamné in solidum Souleymane Hourani et le Groupement Français
faut entendre le souscripteur de la police, le propriétaire du véhicule, et toute des Assurances à payer à la dame N'Guessan Brou la somme de 600.000 francs
personne ayant avec leur autorisation la garde du véhicule ; à titre de dommages-intérêts ;
Considérant que Moussa Diallo au moment de l'accident ayant la garde du
Condamne Souleymane Hourani et le G.F.A. à l'amende d'appel et aux
véhicule avec l'autorisation du propriétaire même s'il a abusé de cette garde était
dépens.
un assuré au sens des conditions générales de la police, et le G.F.A. assureur lui
doit garantie et doit payer à la dame Brou N'Guessan le montant de la Président : M. VARLET — Conseiller MM. ARTHUR et MONTAGNE — Avocat
condamnation prononcée contre Moussa Diallo ; général : M. DUMONTET Avocats : Mes DOGUE et ALEXANDRE.
En ce qui concerne l'existence du contrat d'assurance au moment du sinistre ; Comparer : C. Suprême, Ch. Jud., 15 avril 1966 - Bull. 1966, 2ène trim., page 65.
Considérant que le G.F.A.fait valoir que la Police souscrite par la Procure de la
MissionCatholique étant une police flatte cette police a été résiliée depuis le 13
avril 1966 date à laquelle le véhicule n° A 7104 Cl 4 a été retiré de la circulation
ARRET N° 280 DU 27 JUIN 1969
ainsi que cela résulte d'un avenant a cette police passé entre la Procure et lui le ASSURANCE. — Attestation d’assurance
13 juillet 1966 ;
- Présomption - Preuve de l’absence de
Qu’en conséquence le sinistre ayant eu lieu le 8 juillet 1966, il ne doit pas contrat - Enquête (non)
garantie ;
Mais considérant qu'aucune clause de cette police produite par le G.F.A. ne L'allégation par une compagnie d'assurance que l'auteur de
stipule qu'en cas de vente du véhicule l'assurance est résiliée, qu'au contraire l'accident n'a pas payé la prime, ne détruit pas la présomp tion
l'article 2 des conditions générales de la Police stipule qu'il faut entendre par d'assurance résultant de l’attestation délivrée par l'assureur,
"Assuré" le souscripteur
cette présomption ne pouvant être détruite qu'en établissant -
de la polies et le propriétaire du véhicule, ce qui implique qu’en cas de vente du qu'il n'y a jamais eu contrat d'assurance ; en l' absence de faits
véhicule par le souscripteur — propriétaire le nouveau propriétaire bénéficie du susceptibles de détruire cette présomption, doit être rejetée la
plein droit de l'assurance en cours, conformément d'ailleurs à l'article 19 de la loi
demande par l'assureur d'une enquête tar dant à établir qu'il
du 13 juillet 1930 ;
n'existe aucun contrat d'assurance au bénéfice de l'auteur de
Considérant qu'au moment ou Souleymane Hourani a acquis le véhicule celui- l’accident. Dès lors l'assureur doit garantie à la victime qui
ci était assuré jusqu'au 31 octobre 1966 ;
exerce son action directe sauf à établir la fraude de l'assuré.
Considérant que Hourani Souleymane a toujours soutenu sans être démenti
La Cour,
qu'il a acquis le véhicule avec le bénéfice de l'assurance jusqu'au 31 octobre
1966 ; Statuant publiquement contradictoirement en matière civile et en dernier
Considérant qu’il y a lieu de remarquer que pour pouvoir faire circuler son ressort sur l'appel régulièrement interjeté le 29 mai 1968 par la Compagnie
véhicule Souleymane Hourani devait justifier d'une assurance. que lors de d'Assurances "Le Phénix" du jugement n° 401 en date du 28 mars 1968 rendu
l'accident du 8 juillet 1966 il a justifié de l'assurance au Commissaire de Police contradictoirement entre elle et Battin Bagou par le Tribunal de première instance
chargé du constat, qu’il a fait une déclaration d'accident à l'Agence du G.F.A. de d’Abidjan lequel saisi par Battin Bagou contre la Compagnie d'Assurances "Le
Dimbokro ; Phénix" d une demande en payement de la somme de 500.000 francs montant
des condamnations prononcées contre la Société "Tous Transports" assurée par
Considérant que l'avenant portant résiliation de l'assurance n'a été signé que
la Compagnie "Le Phénix" par jugement du Tribunal Correctionnel en date du 30
le 13 juillet 1966 c'est-à-dire postérieurement au sinistre et à la déclaration
novembre 1966 a condamné la Compagnie d'Assurances "Le Phénix" à garantir
d’accident en date du 8 juillet 1966 ;
son assuré la Société "Tous Transports" des condamnations prononcées contre
Considérant qu'en vertu de l’article 53 de la loi du 13 juillet 1930 l’indemnité elle par le jugement correctionnel du 30 novembre 1966 telles qu’elles ressortent
d’assurance est acquise au tiers lésé dès le jour du sinistre qu'il en résulte que du commandement du 6 mars 1967 outre les intérêts de droit à compter du jour
l’assuré ne peut après la survenance du sinistre, résilier une police d'assurance du jugement ;
et priver la victime d'une indemnité qui lui est déjà acquise ;
Considérant que la Compagnie d'Assurances "Le Phénix", demande
Considérant que la résiliation intervenue le 13 juillet 1966 n'est donc pas principalement l'infirmation du jugement, le débouté de Battin Bagou, et
opposable à la dame N'Guessan Brou et que le G.F.A. doit donc régler à la dame subsidiairement l’autorisation de prouver par enquête qu'aucun contrat
Brou N'Guessan le montant d'assurance ne la lie à la Société ‘’Tous Transports" ;

- 47 -
Considérant que Battin Bagou intimé conclut à la confirmation du jugement Considérant qu'aucune fraude n'étant alléguée c'est donc à bon droit que le
déféré ; premier juge a condamné la Compagnie d'Assurance "Le Phénix" à payer le
Considérant qu'il résulte des productions et des écritures des parties que Tado montant des condamnations prononcées contre la Société "Tous Transports", la
Gnakpa Antoine, en conduisant le véhicule Simca E 4547 Cl I a involontairement Compagnie "Le Phénix" étant l'assureur de la Société "Tous Transports" ;
causé des blessures, le 6 août 1964 à la jeune Sagou Daghohi fille de Battin PAR CES MOTIFS
Bagou ;
ET CEUX NON CONTRAIRES DU JUGEMENT FRAPPE D'APPEL
Que poursuivi devant le Tribunal Correctionnel pour blessures involontaires
Tado Gnakpa Antoine a par jugement du Tribunal d'Abidjan en date du 2 février
Déclare la Compagnie d'Assurances "Le Phénix" mal fondée en son appel ;
1966, été condamné à 4 mois d'emprisonnement et 5.000 francs d'amende et à
payer 500.000 francs de dommages-intérêts à Battin Bagou, que la Société "Tous Confirme en toutes ses dispositions le jugement n° 401 en date du 28 mars
Transports" a été déclaré civilement responsable de Tado Gnakpa Antoine ; 1968 du Tribunal de première instance d'Abidjan ;
Considérant que sur opposition à ce jugement, par la Société "Tous Condamne la Compagnie d'Assurances "Le Phénix" à l'amende d'appel et aux
Transports", le Tribunal Correctionnel d'Abidjan par un jugement n° 4027 en date dépens.
du 30 novembre 1966 a confirmé le jugement du 2 février 1966 en toutes ses Président : M. VARLET — Conseillers MM. ARTHUR et MONTAGNE — Avocat
dispositions ; général ; M. PERCEVAL Avocats : Mes MARIANI et ADAM.
Considérant que ce jugement du 30 novembre 1966 a été signifié le 6 mars
1967 à la Société "Tous Transports" suivant exploit de Okaindji, huissier à
Abidjan avec commandement de payer le montant de la condamnation ; Le présent arrêt intervient à propos de l'attestation d assurance, ou document justificatif selon
la terminologie du législateur, dont la réglementation mal comprise des assurés pose aussi des
Considérant que suivant exploit du 26 mai 1967 Battin Bagou a assigné la difficultés d’interprétation aux assureurs.
Compagnie d'Assurances "Le Phénix" assureuse du véhicule de la Sté "Tous
Les textes ivoiriens régissant la matière, rigoureusement identiques à ceux qui s appliquent
Transports" devant le Tribunal de première instance d'Abidjan pour la prise en
en France, sont, d’une part, l’art. 7 de la loi du 28 octobre 1960 qui énonce le principe que
charge du sinistre ayant fait l'objet du jugement correctionnel du 30 novembre l’attestation fait présumer l’obligation d assurance, d’autre part, et surtout I art. 19 du décret du
1966 et s'entendre condamner à lui payer la somme de 500.000 francs montant 13 novembre 1961 selon lequel : "La présomption qu'il a été satisfait à l’obligation d’assurance
est établie par le document justificatif pour la période mentionnée sur ce document'’ .
de la condamnation avec les intérêts de droit et les dépens ;
Considérant que sur cette assignation est intervenu le jugement du 28 mars En l’espèce, un enfant est blessé dans un accident provoqué par le préposé d’une société de
transport. Le père de la victime, après que le tribunal correctionnel eût statué sur la
1968 frappé d'appel par la Société "Le Phénix" ; responsabilité pénale et condamné civilement l’assuré exerce l’action directe contre l’assureur. Il
est fait droit à sa demande par les juges du fond (jugement du 28 mars 1968). C'est contre cette
Considérant que devant le premier juge, la Société "Le Phénix", pour résister à décision que la Compagnie d’assurance a interjeté appel au motif que l’assuré n’ayant pas payé
la demande formée contre elle, avait soutenu, tout en reconnaissant avoir délivré la prime, elle n'était pas tenue à garantie, encore qu’elle lui ait délivré une attestation
à la Société "Tous Transports" une attestation d'assurance n° 1225/804, qu'elle d’assurance. Elle est déboutée pour n’avoir pas diligenté la preuve de son allégation et le
premier jugement confirmé.
ne devait pas garantir, car il n'y avait pas assurance, la Société "Tous Transports"
n'ayant pas payé la prime d'assurance. 1. - Le problème est de déterminer le rôle probatoire de l’attestation d’assurance. En d’autres
termes, si le litige né entre l’assureur et l’assuré n'a pas pour objet une contestation sur
Considérant que le Tribunal a estimé que la Compagnie "Le Phénix' 1 par son l’application du contrat, mais porte sur son existence même, l'assuré peut-il se prévaloir de sa
allégation ne détruisait pas la présomption d'assurance résultant de l'attestation seule attestation pour établir la réalité du contrat d assurance ?
d'assurance délivrée par elle, et a fait droit à la demande de Battin Bagou ; En principe et en bonne théorie, la réponse est négative car toute autre conclusion tendrait à
Considérant qu'en vertu de l'article 17 du décret n° 61-370 du 13 novembre assimiler l’attestation à une note de couverture.
1961 sur l'assurance obligatoire, l'attestation d'assurance délivrée par l'assureur La note de couverture est un engagement formel de l'assureur qu’il garantit l’assuré pendant
établit une présomption d'assurance, que c'est donc à bon droit que le premier une durée généralement courte, précédent le plus souvent l’établissement d’un contrat définitif.
juge a décidé que la Compagnie "Le Phénix" devait garantir, n'ayant pas détruit Document succinct, sans forme ni contenu déterminé légalement, mais obligatoirement signé
par l’assureur, la note de couverture se suffit à elle-même. C’est pourquoi elle est de nature à
cette présomption ; établir la preuve de la garantie de l’assureur. Et, tout écrit d’où résulte l'engagement terme de
l’assureur doit s'analyser en une note de couverture (Picard et Besson, Les assurances
Considérant que pour Battin Bagou, tiers victime, l'attestation d'Assurance
terrestres en droit français, 2e édition, t. 1, n° 50 Planiol, Rippert et Besson, 2 e édit. t. XI, n°
délivrée par la Cie "Le Phénix" suffit pour qu'il puisse se prévaloir de l'obligation 1283, Sicot et Margeat, Précis de la loi sur le contrat d’assurance, n° 86 ; G. Sidibé, Les
de garantie contractée par cette Compagnie et qu'il appartient à celle-ci pour garanties résultant de l’assurance automobile obligatoire en France et au Mali, thèse-droit, Paris
1970, p. 12’1 et s.).
s'exonérer de cette obligation de prouver qu'il n'y a jamais eu contrat d'assurance
entre elle et la Société "Tous Transports" ; L’attestation d’assurance ou document justificatif est autre chose. D’abord, quant à sa nature
juridique : l’attestation ne traduit pas un engagement ferme de l’assureur. C’est seulement un
Considérant que la Cie "Le Phénix" n'articule à l'appui de sa demande moyen de contrôle de l'obligation d’assurance dont la non présentation à la réquisition des
d'enquête aucun fait susceptible de détruire la présomption d'assurance, que représentants de l’ordre est sanctionnée par une amende (art. 7, alinéa 1, loi du 28 octobre
cette demande d'enquête ne peut donc être accueillie ; 1960). Ensuite quant à ses effets que la loi détermine : l’attestation n’emporte pas garantie, mais
seulement présomption de garantie. Il s’agit d'une présomption simple que l'assureur peut
Considérant que la décision judiciaire condamnant l'assuré à raison de sa détruire.
responsabilité, constitue pour l'assureur qui a garanti celle-ci dans ses rapports Sur le plan des principes, l’assimilation des deux documents est inexacte. La doctrine
avec la victime la réalisation, tant dans son principe que dans son étendue, du française quasi-unanime conclut à cette irréductibilité. (En ce sens, Bedour et ses
risque couvert et lui est dès lors à ce titre opposable, lorsque la dite victime collaborateurs, Précis des accidents d’automobile, 5e édit., p. 790 et s. ; A. Besson L’attestation
d'assurance automobile et la présomption de garantie, R.G.A.T. 1969, p. 474 Contra G.C M.
exerce son action directe, sauf qu'il y a fraude de l'assuré ; note Dalloz 1970, p. 25).

- 48 -
En absence de prime payée, certains agents ou courtiers, au lieu d’attendre la rédaction Qu’au me. du sinistre, la garantie n avait pas pris effet, ou était suspendu en application de
d’une police définitive — ce qui peut selon l’organisation de la Compagnie d’assurances I’art. 16 de la loi du 13 juillet 1930. ou encore que le risque était non assuré ou exclu de la
prendre du temps — délivrent immédiatement une attestation d’assurance valable soit depuis garantie (le conducteur n avait pas l'âge minimum, ou n’était pas titulaire du permis de
sa remise, soit quelques jours après celle-ci. Que décider lorsqu'un sinistre survient dans ces conduire...)
conditions alors que le contrat d’assurance n’est pas régularisé ? Plusieurs juridictions Georges Sidibé
françaises ont admis la garantie sous prétexte que l’agent avait mal informé l'automobiliste sur
Docteur en Droit
la portée de la date mentionnée sur l’attestation (Colmar, 26 mai 1967 R.G.A.T. 1968, 371
note A.B. ; Civ. 27 octobre 1969, 3 e esp. D. 1970, p. 26 note G.C.M.) ou que l'attestation était
rédigée à en tête de la compagnie et signée de son agent es-qualité (Tr. Gr. Inst. Lyon, 21
novembre 1967, R.G.A.T. 1968. 378 note A.G. ; G.P. 1968, 1.254).
ARRET N° 282 DU 27 JUIN 1969
C’est en présence de ces faits que ces juridictions ont analysé le document justificatif en
une note de couverture et ont affirmé qu'il est recevable en tant que preuve de l’assurance
consentie.
BAIL COMMERCIAL. — Renouvellement
- Bail écrit - Durée d’exploitation de trois
L'argument tiré des mentions portées sur l'attestation pour exiger la garantie de l'assureur
ne résiste pas à la critique. Ces mentions fixées impérativement par le législateur lui-même
ans • Demande de renouvellement faite par
(art. 16 à 23 du décret du 13 nov. 1961) pour des commodités de, contrôle routier ne sauraient mandataire- Reprise pour exercice
être modifiées par l’assureur. De même elles ne sauraient être la seule preuve de la garantie.
La Cour de Montpellier a clairement rappelé ce principe en affirmant que "l’attestation, personnel du commerce - Interdiction
suffisante à l’égard de la réglementation routière, n'implique qu'une présomption de garantie à
la charge de l'assureur "Montpellier, 15 mai 1968, D. 1967 682 ; Toulouse 22 décembre 1969,
d’exercer un commerce similaire dans les
D. 1970 Som. 182). locaux repris
Mais il va de soi que du moment qu’une attestation a été remise à l’assuré, l’assureur qui
prétend lui refuser sa garantie doit articuler la preuve du fait qu’il invoque et qui est de nature à Le propriétaire d'un local ne peut refuser a u propriétaire du
l’exonérer du paiement de l'indemnité d’assurance.
fonds de commerce exploité dans ce local le renouvellement de
Car le sens de la présomption est qu'en l’absence de la preuve de ce fait exonératoire, l’on son bail sans indemnité, dès lors qu'il s'agit d un bail écrit et
doit faire comme si toutes les conditions de la garantie étaient réunies. Dans l’arrêt ici rapporté, qu'en vertu de ce bail, le commerçant a exploité le fonds
la décision de la Cour d’Appel d’Abidjan est à approuver. Sans doute le non paiement de prime pendant au moins trois ans, au motif que la demande de
suffit-il, si la procédure de l’art. 16 de la loi du 13 juillet 1930 a été honorée,à justifier le refus de
garantie ; mais encore faut-il que l’irrespect par l’assuré de son obligation de payer la prime soit renouvellement n'a pas été faite par le locataire alors qu'il est
établi. Il ne l’était pas ici. établi que cette demande a été faite par un mandataire et que le
propriétaire était au courant de I existence du mandat ; le
II. - Toutefois, il est un cas particulier ou l’attestation vaut note de couverture, ce qui signifie propriétaire des murs ne peut davan tage exercer son droit de
qu’il s’y attache alors une présomption irréfragable de garantie.
reprise sans indemnité au motif que le locataire a commis une
Le cas est prévu par l’art. 24 du décret du 13 novembre 1961 en vertu duquel : faute en laissant gérer le fonds par un tiers alors que le bail
"L’attestation d’assurance et l’attestation provisoire d’assurance ne doivent comporter aucune n'interdit pas l'exploitation par l'intermédiaire d'un tiers et qu'au
autre mention que celles prévues par leprésent décret, sauf éventuellement, un acquit du surplus, il est établi que le commerçant a toujours exploit é le
paiement de la prime".
fonds lui-mê me ; par ailleurs, le droit de reprise pour exploitation
En autorisant la mention sur l’attestation de "l’acquit du payement de la prime", le personnelle au bailleur se heurte aux dispositions de l'article 34
législateur donne pouvoir à l’assureur — peut-être par inadvertance — de conférer au du décret du 30 juin 1952 qui interdit au propriétaire d'ex ercer
document justificatif un rôle probatoire renforcé. dans les locaux repris un commerce similaire au com merce du
En pratique, il arrive que lemandataire de l’assureur — l’agent ou parfois le courtier — locataire évincé.
accepte, comme il en a lepouvoir, les propositions de l’assuré de le couvrir immédiatement.
La Cour,
Cela arrive souvent lorsquel’automobiliste, venant de prendre livraison de sa voiture, est
pressé de se conformer à l’obligation d’assurance. S’agissant, en matière d’assurance Considérant qu’il résulte des productions et des écritures des parties que le
automobile de risques simples aux caractéristiques définies dans le tarif de la Compagnie, c’est 31 janvier 1962 Abidjaoudi vendait à la dame Neelly Joseph Naiclé pour le prix
plutôt l’automobiliste qui adhère aux conditions de l’assureur. Les parties étant alors convenues d'un million de francs un magasin bar restaurant dit "Pampam n° 2" et lui
de l’objet du contrat et de son étendue, l’automobiliste verse, parfois sans plus tarder, le prix de
l’assurance. S’il n’est pas remis à ce dernier de contrat définitif en bonne et due forme, il lui est renouvelait le bail en cours pour une période de trois ans ;
délivré une attestation laquelle porte, dans notre hypothèse, l’acquit du versement de la prime.
Que le 8 février 1964 Joseph Naklé par exploit de Ouégnin huissier sollicitait
Quelle est la valeur de ce document au regard de l’assurance ?
d'Abidjaoudi le renouvellement du bail du 31 janvier 1962 ;
La Cour Suprême Française l’analyse en une note de couverture (Civ. 7 mai 1969, 1ère
espèce, R.G.A.T. 1969, 528 ; D. 1970, Som. 1 ; Voy. auparavant, Besançon 21 juin 1967 et Tr. Que suivant exploit de Okaindji huissier, en date du 7 avril 1964, Abidjaoudi
Gr. Inst. Lyon 21 novembre 1967, R.G.A.T. 1968, 372 et s.). L’arrêt se garde de poser un notifiait à la dame Joseph Naklé son refus de renouveler le bail et son intention
principe ; il porte "qu’en l’espèce, l’attestation d’assurance établissait l’existence d’un accord
d'exercer son droit de reprise ;
des parties sur l’étendue du risque et le montant de la prime...".
Nous nous rangeons à cet avis. La présomption de confusion entre l’attestation et le droit Que suivant exploit en date du 5 mai 1964 les époux Joseph Naklé ont
qu’elle sert à prouver devient irréfragable chaque fois que notre titre porte l’engagement
assigné Abidjaoudi devant le juge des loyers d'Abidjan en renouvellement du
réciproque et indubitable des parties sur les éléments essentielsdu contrat. L’attestation vaut
alors, en vertu des règles générales contractuelles, note de couverture. Et si un sinistre se bail;
produit après la remise d’un tel document, l’assureur est tenu à garantie comme s’il avait
délivré à l’assuré une police en bonne et due forme. Il ne peut échapper au paiement de Considérant que Abidjaoudi a résisté à cette demande en faisant valoir que la
l’indemnité d’assurance qu'en se prévalant de causes d’exonération limitées. demande de renouvellement du bail formée par Joseph Naklé et nom par la
A cet effet, l’assureur peut refuser sa garantie en établissant, à titre d’exemple : dame Naklé seule titulaire du
Qu’ayant le sinistre, il avait résilié la police soit sur la demande de l’assuré, soit de commun
accord avec l’automobiliste.

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bail était nulle, qu'en tout cas, il était en droit de refuser le renouvellement du bail Considérant que selon l'article 34 du décret du 30 juin 1952 le propriétaire ne
en raison des fautes commises par le locataire et également pour exercer son peut exercer dans les locaux repris un commerce similaire au commerce du
droit de reprise ; locataire évincé ;
Considérant que l'ordonnance entreprise ayant déclaré recevable la demande Qu'il en résulte qu'il ne peut pas évincer le locataire sans indemnité et
en renouvellement du bail et ayant déclaré prescrite l'action d'Abidjaoudi en ce qu'Abidjaoudi est donc mal fondé en sa demande de reprise sans indemnité,
qui concerne l'exercice de son droit de reprise Abidjaoudi reprend devant la Cour pour exploiter lui-même le fonds de commerce ;
l'argumentation développée par lui en première instance ;
Sur le droit de la dame Naklé au renouvellement du bail : Sur la révision du prix du loyer .
Considérant que le bail consenti par Abidjaoudi le 31 janvier 1962 pour une Considérant qu'Abidjaoudi a sollicité subsidiairement une révision du prix du
durée de 3 ans est un bail écrit . loyer en application des articles 14 et suivant du décret du 30 juin 1952 ;
Considérant qu'aux termes de l'article 2 du décret du 30 juin 1952 tout
Considérant qu'en cas de renouvellement du bail lorsque le différend porte sur
locataire exploitant un fonds de commerce depuis au moins 3 trois années en
le prix il est procédé conformément aux articles 14 et suivants du décret du 30
vertu d'un bail écrit pourra prétendre à un renouvellement de bail que c'est donc à
juin 1952 que c'est donc à bon droit que le premier juge a donné acte à
bon droit que la dame Naklé a sollicitéle renouvellement du bail à sonexpiration ;
Abidjaoudi de sa demande de révision du prix et a renvoyé les parties à une
Sur la nullité de la demande de renouvellement ; audience ultérieure ;
Considérant que selon l'article 6 du décret de juin 1952 en cas de bail écrit la
demande de renouvellement doit être présenté au bailleur dans le délai PAR CES MOTIFS
maximum d'un an et minimum de six mois ;
Considérant que c'est en vain que Abidjaoudi soutient que la demande de ET CEUX NON CONTRAIRES DE L'ORDONNANCE FRAPPEE D'APPEL
renouvellement ayant été formulée à la requête de Joseph Naklé alors que le
locataire était la dame Naklé cette demande est nulle ; Déclare Abidjaoudi mal fondé en son appel ;

Qu'en effet ia dame Naklé a toujours soutenu que cette demande a été Confirme en toutes ses dispositions l'ordonnance n° 1494 en date du 24
formulée par son mari agissant comme son mandataire ce qui était à la décembre 1966 du juge des loyers d'Abidjan ;
connaissance d'Abidjaoudi ;
Condamne Abidjaoudi aux dépens d appel.
Considérant que l'exploit de refus de renouvellement notifié le 7 avril 1964 à la
dame Naklé à la requête d'Abidjaoudi énonce expressément que Abidjaoudi Président M. VARLET — Conseillers : MM. ARTHUR et MONTAGNE — Avocat
refuse le renouvellement demande par la dame Nelly Naklé aux termes d'un général : M. PERCEVAL Avocats : Mes MARIANI et DOGUE.
exploit en date du 8 février qu'ainsi après avoir reconnu que c'est la dame Naklé
qui a formulé la demande de renouvellement Abidjaoudi ne peut demander la ARRET N° 283 DU 27 JUIN 1969
nullité de cette demande au motif que c'est le sieur Naklé et non la dame Naklé
qui l a formulée ;
REFERE. — Juge des référés - Contestation
Que c'est donc à bon droit que le premier juge a déclaré recevable la sérieuse - Absence de titre du demandeur -
demande de renouvellement ;
Incompétence
Sur le refus de renouvellement d'Abidjaoudi pour faute du locataire ;
Présente le caractère d'une contestation sérieuse le litige
Considérant que Abidjaoudi se basant sur l'article 35 du décret du 30 juin
opposant le propriétaire d'un fonds ayant fait expulser un
1952 fait valoir qu'il justifie contre le locataire d'un grief sérieux, qu'il refuse en occupant en vertu d une décision de jus tice, au possesseur qui
conséquence le renouvellement et n'est tenu d'aucune indemnité, la dame Naklé prétend sans produire aucun titre à l'appui de sa demande , avoir
ayant fait exploiter le fonds de commerce par un tiers ; acquis du chef du premier occupant un droit sur une portion du
M ais considérant que c'est à bon droit que le premier juge a estimé que la terrain selon lui non litigieuse ; dès lors c'est donc à bon droit
convention du 31 janvier 1962 qui fait la loi des parties ne porte pas limitation que le juge des référés s'est déclaré incompétent pour trancher
des droits du locataire et ne lui interdit pas l'exploitation du fonds par le litige.
l'intermédiaire d un tiers et qu'en conséquence Abidjaoudi est mal fondé dans La Cour,
son refus de renouvellement sans indemnité de ce chef, d'autant plus que le
fonds a toujours été exploité par la dame Naklé elle-même ; Statuant publiquement contradictoirement en matière civile et en dernier
ressort sur l'appel régulièrement interjeté le 28 novembre 1967 par Ouraga Zébié
Sur l'exercice par Abidjaoudi de son droit de reprise ;
de l'ordonnance des référés n° 1423 en date du 14 novembre 1967 rendue entre
Considérant que Abidjaoudi a déclaré vouloir en tout état de cause, exercer lui et Namory Bakayoko par le Président du Tribunal de première instance
son droit de reprise pour exploiter lui-même le fonds de commerce ;
d'Abidjan lequel saisi par Ouraga Zébié contre Namory Bakayoko d'une
Mais considérant que c'est à bon droit que la dame Naklé fait valoir que demande en remise des clés d'un magasin sis à Adjamé Nord lui appartenant,
Abidjaoudi après lui avoir vendu le fonds de commerce ne saurait exercer son s'est déclaré incompétent et a renvoyé Ouraga Zébié à se pourvoir devant la
droit de reprise pour évincer l'acquéreur ; juridiction compétente ;

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Considérant que Ouraga Zébié appelant demande a la Cour d'infirmer Considérant que le premier juge a estimé que s’agissant d'un litige concernant
l'ordonnance entreprise, de dire que l'ordonnance des référés du 17 décembre une question de propriété et Ouraga Zébie ne produisant aucun titre à l’appui de
1966 ne peut être mise à exécution contre lui qui se trouvait, au moment de sa demande le juge des référés était incompétent pour statuer ;
l'expulsion de Koukra Jean, régulièrement en possession d'une parcelle
attenante à celle revendiquée par Namory Bakayoko, de dire qu'en exécution de Considérant que Ouraga Zébié fait grief à l'ordonnance entreprise d'avoir ainsi
la décision à intervenir il sera rétabli dans l'immeuble dont il a été évincé jusqu'à statué, qu'il soutient qu'il a acquis de Koukra Jean une parcelle de terrain
décision judiciaire sur le fond ; attenante à la parcelle de 500 mètres carrés litigieuse entre Koukra Jean et
Namory Bakayoko, que sur cette parcelle il a construit un bâtiment important à
Considérant qu’il résulte des productions et des écritures des parties que usage commercial que c'est par une véritable voie de fait que l'huissier en
Namory Bakayoko se prévalant d'un arrêt en date du 28 janvier I960 du Tribunal expulsant Koukra Jean de la parcelle litigieuse l'a également expulsé de la
supérieur de droit local et d'un arrêt en date du 26 août 1966 rendus entre lui et parcelle de terrain qui n'est pas litigieuse ;
Koukra Jean, décisions qui avaient consacré son droit de propriété sur la
parcelle de terrain sise à Adjamé bornée au Nord par la Coopérative Bananière Mais considérant que Ouraga Zébié ne produit aucun titre à l'appui de ses
et au Sud par la Société de l'Habitat, a assigné Koukra Jean devant le juge des allégations qui sont contestées par Namory Bakayoko qu'il ne prouve pas que
référés d'Abidjan en expulsion ; Namory Bakayoko a été mis en possession d'une parcelle de terrain supérieure a
Que suivant ordonnance du juge des référés d'Abidjan en date du 17 celle énoncée dans les décisions de justice antérieures ;
décembre 1966 l'expulsion de Koukra Jean a été prononcée ainsi que celle de
Que c'est donc à bon droit que le premier juge s'est déclaré incompétent la
tous occupants de son chef ;
contestation étant sérieuse ;
Considérant qu'en vertu de cette ordonnance des référés Koukra Jean a été
expulsé des lieux litigieux le 14 octobre 1967 par l'huissier Okaindji qui a dressé
PAR CES MOTIFS
un procès-verbal le même jour ;
Considérant que suivant exploit en date du 31 octobre 1967, Ouraga Zébié a Et ceux de l'ordonnance frappée d'appel .
assigné Namory Bakayoko devant le juge des référés d'Abidjan aux fins de
Déclare Ouraga Zébié mal fondé en son appel ;
restitution des clefs d'un magasin de 8 pièces sis à Adjamé-Nord lui appartenant
pour l'avoir acquis de Koukra Jean et dont les portes furent fermées après Confirme en toutes ses dispositions l'ordonnance des référés n° 1423 en date
l'expulsion de Koukra Jean le 14 octobre 1967 . du 14 novembre 1967 du Président du Tribunal de première instance d'Abidjan ;
Considérant que Namory Bakayoko a résisté à cette demande en faisant
Condamne Ouraga Zébié en tous les dépens.
valoir qu'il est propriétaire du terrain sur lequel se trouve le magasin litigieux qu'il
a un titre de propriété résultant de l'arrêt de la Cour d'Appel du 26 août 1966 et Président : M. VARLET — Conseillers : MM. ARTHUR et MONTAGNE
qu en conséquence le juge des référés est incompétent pour statuer sur la Avocat général : M. DUMONTET
demande de Ouraga Zébié ; Avocats : Mes DOGUE et MARIANI.

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COUR D'APPEL D'ABIDJAN
2è CHAMBRE CIVILE ( Droit du Travail )
ARRET N° 117 DU 9 MAI 1969 Considérant que la SABIC a reconnu le 17 octobre 1968, devant l'inspecteur du
travail qu'elle demandait à tous secrétaires partant en congé de donner leur
CONTRAT DE TRAVAIL. — Congés - Absence de démission avant leur départ ; que tel ne fut pas le cas de la dame Maurey qui ne
mise en demeure de l’employeur - bénéficiait que d'un congé d un mois pour 20 mois d'activité dans l'entreprise ;
Suspension du contrat. Considérant que la SABIC n'a pas mis en demeure la dame Maurey son
employée de rejoindre son poste à l'expiration du congé ; qu'elle n'a à aucun
C'est à bon droit que les premiers juges ont alloué le préavis moment manifesté le désir de ne pas reprendre son employée ; que si elle avait
entendu se séparer définitivement de son employée, lors de son départ en
et l'indemnité de licenciement à une employée que l'employeur a
congé, elle n'aurait pas manqué de régler à la dame Maurey I indemnité de
refusé de reprendre après son congé dès lors que celui -ci n'a à licenciement qui lui était due pour services effectifs jusqu'à la date de cessation
aucun moment manifesté l'intention de se s éparer de cette de ses fonctions, que précisément cette indemnité n'ayant pas été réglée, la
employée et notamment, ne l' a pas mise en demeure de Cour estime que dans l'intention des parties au départ en congé de la dame
Maurey, le contrat n'était pas résilié, mais seulement suspendu pour la durée du
reprendre son service après l'expiration du congé normal, et
congé en France de l'employée, qui pouvait, légitimement espérer continuer ses
qu'ainsi le contrat ne se trouvait pas résilié, mais suspendu pour services à la SABIC dès son retour ; que c'est donc à bon droit que les premiers
la durée du congé. juges ont alloué à la dame Maurey le préavis et l'indemnité de licenciement
qu'elle réclamait, qu'il échet en conséquence de confirmer le jugement entrepris .
La Cour,
Statuant publiquement, contradictoirement en matière de droit du travail et en PAR CES MOTIFS
dernier ressort sur l'appel régulièrement interjeté le 12 février 1969 par la SABIC
ET CEUX DU JUGEMENT FRAPPE D'APPEL
du jugement n° 33 en date du 28 janvier 1969 rendu contradictoirement entre
elle et la dame Maurey par le Tribunal de Travail d'Abidjan lequel, saisi par la Reçoit la SABIC en son appel ;
dame Maurey contre la SABIC d'une demande en paiement : L'y déclare mal fondé et l'en déboute ;
Confirme en toutes ses dispositions le jugement n° 33 en date du 28 janvier
1) de la somme de 35.418 francs au titre d'indemnité de licenciement ;
1969 du Tribunal de Travail d'Abidjan.
2) de celle de 85.000 francs au titre de préavis a condamné la SABIC à payer à Président : M. LALONDRELLE — Conseillers : MM. LOUIS et SORGUES —
la dame Maurey les dites sommes ; Subst. général : M. DUMONTET Avocats : Mes ADAM et MARIANI.
Considérant que la SABIC appelante soutient que la dame Maurey lors de
son départ, à l'occasion du congé pris par son mari, qui travaillait dans
l'entreprise, a tacitement donné sa démission, qu'elle ne peut en conséquence ARRET N° 139 DU 23 MAI 1969
prétendre au préavis, ni à l'indemnité de licenciement, qu'elle conclut à
l’infirmation de la décision déférée ; JUGEMENTS ET ARRETS — Tribunal du Travail -
Exception de nullité du jugement - Autorité
Considérant que la dame Maurey, intimée n'a pas conclu en cause d'appel ;
de la décision jusqu’à inscription de faux -
Considérant qu'il est constant que les époux Maurey travaillaient ensemble à Irrecevabilité.
la Sté SABIC ; que lors du départ en congé de son mari, la dame Maurey, qui
assumait les fonctions de secrétaire a accompagné ce dernier ; qu'à l'expiration CONTRAT DE TRAVAIL — Prime d’ancienneté -
du congé de 4 mois dont bénéficiait son mari, elle est revenue et a demandé à la Obligation pour l’employeur de mentionner
SABIC de la reprendre. que celle-ci lui oppose un refus au motif qu'elle était
considérée comme démissionnaire ;
la prime sur

- 53 -
le bulletin de paie - Rupture - Déplacement Considérant qu'également c'est à bon droit que le jugement déféré en appel, a
de l’employé entraînant pour lui des condamné Verguet Marcel à payer à Louhou Gaston, la somme de 4.223 francs
au titre du préavis, puisqu'il résulte des circonstances de la rupture que
charges accrues - Fait de l’employeur - l'affectation de l'employeur à Abidjan, ville qui comporte des dépenses accrues
Indemnité de licenciement - Conditions - pour des employés à salaire modeste, a été la cause du refus de se déplacer de
Frais de voyage - Caractère d’obligation en l'employé malgré les conditions nouvelles faites par Verguet et qui ne sont pas
nature - Justification nécessaire par explicités d'ailleurs ; qu'en égard à cette situation indépendante de la volonté de
l'employé, la rupture est imputable à l'employeur ;
l’employé
Considérant que c est aussi à bon droit que le jugement entrepris a condamné
Verguet Marcel à payer la somme de 49.500 francs au titre d'indemnité de
Les jugements faisant foi jusqu'à inscription de faux, doit être
déclarée irrecevable l'e xception de nullité du jugement motivé licenciement ; qu'en effet il résulte des relations des parties que Louhou Gaston
par la prétendue composition irrégulière du Tribunal du Travail. ayant été au service de son employeur plus de cinq ans doit bénéficier de I
indemnité de licenciement, laquelle a justement été calculée en fonction du
Alors même que le salaire payé à l'employé est supérieur au
salaire et de la durée des services ;
salaire de base c'est à bon droit que le premier juge a condamné
l'employeur à payer une pri me d'ancienneté dès lors que celle -ci, Considérant que sur les frais de voyage, il est constant que Louhou Gaston a
qui doit faire l'objet d'une mention particulière ne figure pas sur été engagé par Verguet Marcel pour la deuxième fois à Daloa ; que de plus les
les bulletins de paie remis à l'employé. frais de voyage étant une obligation en nature et l'employé ne justifiant pas avoir
La rupture du contrat de travail est due au fait de l'employeur engagé ces frais, il échet de débouter Louhou Gaston de cette demande et
lorsque c'est ce dernier qui a demandé à son employé de se d'infirmer le jugement entrepris en ce qu'il a condamné Verguet à payer 5.000
déplacer dans des conditions entraî nant des dépenses accrues. francs au titre de frais de voyage ;

PAR CES MOTIFS


La Cour,
ET CEUX NON CONTRAIRES DES PREMIERS JUGES
Considérant qu'il résulte des productions et des écritures des parties, que
En la forme : Reçoit les appels de Louhou Gaston et de Verguet Marcel ;
Louhou Gaston a été embauché une première fois par Verguet Marcel de mai
1957 à mai 1959 à Gagnoa et une deuxième fois après une interruption de travail Au fond : Les déclare bien fondés en partie .
d'un an, de mai 1960 à octobre 1967 ; Rejette l'exception de nullité in limine litis ;
Considérant que sur le rappel des primes d'ancienneté, il résulte des relations Confirme le jugement entrepris et ce qu'il a condamné Verguet Marcel à
des parties que Louhou Gaston n'a pas été au service de Verguet Marcel de payer à Lohou Gostan :
manière continue ; qu'il y a eu effectivement une interruption de service d'un an ;
que c'est donc à bon droit que le jugement entrepris n'a retenu que la période-
— 17.550 francs au titre de prime d'ancienneté ;

continue de 1960 à 1967 comme celle pouvant donner droit aux primes — 4.223 francs autitre d'indemnité de préavis ;
d'ancienneté à l'employé ; — 49.500 francs autitre d'indemnité de licenciement ;
Réformant pour le surplus déboute Louhou Gaston de sa demande en
Considérant que c'est à bon droit que les premiers juges ont condamné,
remboursement de frais de voyage ;
Verguet à payer à Louhou Gaston les primes d'ancienneté s'élevant à 17.550
francs étant donné que cette indemnité, qui doit faire l'objet d'une mention Président : M. LALONDRELLE — Conseillers : MM. LOUIS et MOULARE —
particulière, ne figure pas sur les bulletins de salaire produits par l'employé ; Subst. général : M. DUMONTET Avocats : Me DOGUE.

- 54 -
COUR D'APPEL D'ABIDJAN
CHAMBRE CORRECTIONNELLE

ARRET N° 424 DU V AVRIL 1969 désintéressé, ne fût-ce que partiellement, sa victime, la Société Burroughs ;
qu'enfin il a déjà été condamné, pour abus de confiance, le 6 mars 1967, par la
CHEQUES. — Acceptation de chèques sans Cour de céans à six mois d'emprisonnement avec sursis ; que cette
provision en connaissance de cause - condamnation, remontant à moins de 5 ans était devenue définitive au moment
Connaissance de l’insuffisance de provision de la commission des faits donnant lieu aux présentes poursuites ; qu'il y a donc
au moment de l’acceptation et non au lieu de faire application de l'article 695 § 2 du Code de Procédure Pénale ;

moment de la remise matérielle du chèque. En ce qui concerne le délit d'acceptation de chèques sans provision
Considérant que Couzon Daniel, employé de la Société Burroughs,
Se rend coupable d'acceptation en connaissance de cause bénéficiaire du chèque, poursuivi en ce qui le concerne, pour avoir accepté de
d'un chèque émis sans provision, le prévenu qui, igno rant recevoir les 2 chèques litigieux en les sachant sans provision, sollicite une
décision de relaxe en faisant valoir que sa bonne foi est entière, qu'il n'a eu
l'insuffisance de provision au moment de la remise du chèque, a
connaissance de l'absence de provision qu'après la remise des chèques, qu’il
néanmoins accepté celui -ci après avoir été informé de était alors tard pour faire restituer la marchandise cédée à Chérif Mamadou et lui
l'insuffisance de provision par la banque du tireur. rendre les chèques .
Mais considérant que Daniel Couzon s'est renseigné auprès de la Banque sur
La Cour,
l'état du compte de Chérif Mamadou ; qu'il lui fut répondu que la provision était
Considérant que Chérif Mamadou est prévenu d'avoir à Abidjan, le premier insuffisante ; que néanmoins il accepta les chèques ; que d'ailleurs, devant le
août 1968, émis, de mauvaise foi, deux chèques de 570.000 et 22.000 francs Commissaire de Police, il déclara : "Au moment de la remise des chèques
sans provision préalable et disponible suffisante, tirés sur le compte 123.046 Monsieur Mamadou Chérif ne m'avait pas informé de l'insuffisance de l’a
dont il est titulaire à la Banque Internationale pour le Commerce et l’Industrie de provision de son compte; pour connaître la situation actuelle de son compte, j'ai
la Côte d'ivoire ; que Couzon Daniel est de son côté, prévenu d'avoir, dans les téléphoné à la banque (B.I.C.I.) à Monsieur Deray Guy ; Monsieur Deray m'a
mêmes circonstances de temps et de lieu, accepté sciemment de recevoir les répondu que la provision était insuffisante pour le montant d'un des chèques,
dits chèques de 570 000 et 22.000 francs non approvisionnés émis par celui de 570.000 francs ; après la réponse donnée par Monsieur Deray, j'ai avisé
Mamadou Chérif ; Monsieur Chérif Mamadou de la Situation actuelle du compte ; ce Monsieur s'est
engagé sur l'honneur à approvisionner son compte avant la présentation des
En ce qui concerne le délit d'émission de chèques sans provision
chèques qui ne pouvait être faite avant trois semaines étant donné l'absence
Considérant que Mamadou Chérif a maintenu a l'audience, les aveux passés des personnes habilitées à endosser les chèques" ;
par lui tant devant le Commissaire de Police qu'au Parquet et devant le Tribunal
Considérant que vainement Couzon Daniel soutient que la communication
; qu'il sollicite seulement l'indulgence de la Cour, en faisant valoir que Couzon
téléphonique est intervenue après l'acceptation par lui des chèques litigieux ;
Daniel employé de la Société Burrough bénéficiaire des chèques à qui il venait
d'acheter six machines multiplicatrices et différentes fournitures de bureau, avait Considérant en effet que dans tout paiement par chèque, il convient de
parfaitement eu connaissance de l'absence de provision des dits chèques ; distinguer la simple remise matérielle du titre par le tireur, de l'acceptation, qui
est postérieure, par le bénéficiaire ; que les renseignements téléphoniques ne
Considérant que la commission par son co-prévenu du délit d'acceptation de peuvent bien évidemment être demandés à la banque qu'après la remise
chèques sans provision, n'atténue en aucune façon la culpabilité de Mamadou matérielle, ne serait-ce que pour connaître l'établissement et donner ensuite au
Chérif ; que si la Cour estime devoir réprimer moins rigoureusement l'infraction banquier les références du compte sur l'état duquel l'on entend se renseigner.
commise par Mamadou Chérif, elle doit cependant relever qu'il s'agit d'un
Considérant qu'au moment de l'acceptation des chèques, Couzon connaissait
commerçant avisé, ayant une longue pratique des affaires et une parfaite
donc très exactement la situation du compte bancaire de Mamadou Chérif ; que
connaissance des régies de sa profession ; que malgré le délai écoulé depuis la nonobstant l'insuffisance de la pro-
commission de l'infraction, il n'a pas

— 55 —
vision il accepta les chèques sur la promesse que lui fit le tireur d'approvisionner ARRET N° 457 DU 22 AVRIL 1969
son compte avant la présentation des chèques ; que Mamadou Chérif demanda
seulement de rapporter à un mois la présentation des chèques à la banque, ce FAUX ET USAGL DE FAUX — Bons d'essence
que Couzon accepta, l'absence du Directeur de la Société Burroughs reportant falsifiés par surcharge - Caractère d’écriture
d'ailleurs à trois semaines l'endossement des chèques ; de commerce - Usage de faux - Preuve
Considérant que si Couzon, simple employé, n'avait pas un intérêt personnel Se rend coupable d'un usage de faux en écritures de
matériel et direct à l'opération, il entendait cependant ne pas laisser échapper
commerce, valant titre, le gérant d'une station service qui dresse
l'occasion d’une vente importante dont la Société Burroughs ne manquerait pas
de le féliciter d'autant plus qu'il assurait l'intérim du Directeur ; une facture au vu de bons surchargés dès lors que lui seul avait
intérêt à taire croire à une livraison supérieure à la quantité
Considérant que la preuve est en conséquence bien rapportée que Couzon réellement fournie et quand bien même la confection des bons
s'est rendu coupable d'avoir accepté, en connaissance de cause, deux chèques
falsifiés ne peut lui être formellement imputée.
émis sans provision ;
La Cour,
Considérant en ce qui concerne la répressionque la Cour estime devoir réprimer
Considérant qu’il résultedu dossier et des débats qu'Attar Ali était gérant de la
moins rigoureusement l'infraction relevée, que compte tenu de son âge et de son
stationShell à Zuénoula ; qu’il avait à son service, en qualité de pompiste, le
inexpérience des affaires il y a lieu de faire bénéficier Couzon Daniel de larges
nommé Coulibaly Fatogoma ;
circonstances atténuantes, d'autant plus, ainsi qu'il a été déjà dit, qu'il n'avait pas
un intérêt personnel matériel et direct . Considérant qu'Hassan Daher, commerçant à Zuénoula, avait I habitude de
s'approvisionner en essence à la station tenue par Attar Ali, de signer des bons et
En ce qui concerne l’action civile ; de régler en fin de mois la facture qui lui était présentée ;
Considérant quefin décembre 1968, Attar Ali présenta à Hassan Daher une
Considérant que la Société Burroughs, bénéficiaire des chèques, s'est facture de carburant pour le mois écoulé ; qu'en vérifiant les bons qu'il avait signés
constituée partie civile et sollicite la condamnation de Chérif Mamadou au et qui étaient joints à la facture, Hassan Daher constata que dix bons avaient été
paiement de la somme de 592.000 francs, correspondant au montant des surchargés ;
chèques demeurés impayés ;
Considérant qu'il lui était ainsi réclamé le règlement de 441 litres d'essence
Considérant que cette demande est recevableet fondée, en application de alors que le montant réel des dix bons s'élevait, avant falsification, à 170 litres
l'avant dernier alinéa de l'article 66 du décret du 30 octobre 1935 ; qu'il échet en d'essence ;
conséquence d'y faire droit et de confirmer sur ce point le jugement déféré. Considérant que les prévenus ne contestent pas que les dix bons aient été
surchargés ; qu'ils ne peuvent expliquer ces surcharges ni indiquer la personne
PAR CES MOTIFS ET qui en serait l'auteur ;
Considérant qu'il est constant que les bons avaient été directement remis par
CEUX NON CONTRAIRES DU PREMIER JUGE Hassan Daher au pompiste Coulibaly Fatogoma ; que celui-ci les remettait, en fin
de journée, à Attar Ali.
En la forme : Reçoit Chérif Mamadou, Couzon Daniel et le ministère public en Considérant que les dix bons, signés de Hassan Daher doivent être considérés
leur appel ; comme écrits de commerce constituant titres, dès lors que les dits bons peuvent
fournir une présomption à l'appui d'une demande (Cassation Criminelle 7-10-
Au fond : Sur l'action publique ;
1958) ;
Confirme le jugement entrepris en ses dispositions déclaratives de culpabilité.
Considérant en ce qui concerne Coulibaly Fatogoma que la Cour ne trouve pas
Emendant quant à la peine. dans les faits de la cause la preuve de sa culpabilité ; qu'il n'y avait pour lui,
simple pompiste, aucun intérêt à falsifier des bons, pour laisser croire à une
Condamne Chérif Mamadou à six mois d'emprisonnement, le déclare déchu du livraison d'essence supérieure à la quantité réellement fournie ; qu'il existe en tout
bénéfice de sursis concernant la peine de 6 mois d'emprisonnement prononcée cas un doute qui doit lui profiter ;
par arrêt rendu le 6 mars 1967 par la Cour d'Appel de céans.
Considérant qu'Attar Ali reconnaît avoir lui même établi la facture du 30
Condamne Couzon Daniel à 50.000 francs d'amende. décembre 1968 sur le vu des bons qu'il détenait et qu'il annexa à la facture ; qu'il
admet avoir remarqué les surcharges portées sur les dix bons litigieux ; que
Sur les intérêts civils ; cependant il les a compté, chacun pour la valeur indiquée en surcharge ;
Considérant que lui seul avait un intérêt personnel à faire croire, par la
Confirme le jugement en ce qu'il a condamné Chérif Mamadou à payer à la présentation à Hassan Daher, de bons falsifiés, à une livraison d’essence
Société Burroughs la somme de 592.000 francs à titre de dommages-intérêts. supérieure à la quantité qui avait été fournie ;

Président : M. SORGUES — Conseillers : Mme KEKEH et M. NEBOUT — Considérant en ce qui concerne Attar Ali que le délit qui lui est reproché et
primitivement qualifié "faux en écritures de commerce" est plus exactement
Avocat général : M. Bakary COULIBALY constitutif du délit d'usage de faux prévu par l'article 151 du Code Pénal et
Avocats : Mes TREPTOW et CLARAC. réprimé par l'article 150 ; qu'il y a donc lieu de disqualifier en ce sens ;

— 56 —
Considérant que compte tenu de son âge il y a lieu de lui accorder de larges Considérant que cependant Goneya-Bi-Zou et Irié-Bi-Gohi étaient tous deux
circonstances atténuantes et, en ce qui concerne la peine d'emprisonnement directement cités devant le Tribunal correctionnel de Bouaflé, le premier pour
que la Cour estime devoir lui infliger, à le faire bénéficier des dispositions s'être fait remboursé une dot ; que le nommé Kambo-Bi-Vaouli, chef du village
bienveillantes de l'article 694 du Code de Procédure Pénale. de Kanzra qui avait servi d'intermédiaire entre Irié-Bi-Gohi et Goneya-Bi-Zou
Jacques était cité comme témoin ; qu'à l'audience du Tribunal il acceptait, sur
PAR CES MOTIFS l'interpellation qui lui était faite, de comparaître volontairement sous la même
En la forme : Reçoit les appels des prévenus et du ministère public. inculpation d'infraction à la législation sur la dot ;
Au fond : Renvoie Coulibaly Fatogoma des fins de la poursuite sans peine ni Considérant que Irié-Bi-Gohi et Kambo-Bi-Vaouli ont été condamnés à sept mois
dépens. d'emprisonnement et Goneya-Bi-Zou Jacques à sept mois d'emprisonnement et
Dit que les faits reprochés à Attar Ali sont plus exactement constitutifs du délit 104.000 frs d'amende ; que mandats de dépôt étaient décernés, à l'audience,
d'usage de faux en écriture de commerce prévu par I article 151 du Code Pénal contre les trois prévenus ; que par arrêt avant dire droit du 22 avril 1969, il était
et réprimé par l'art. 150; donné mainlevée des mandats de dépôt décernés contre Goneya-Bi-Zou
Disqualifie en ce sens. Jacques et Kambo-Bi-Vaouli ;
Pour la répression, le condamne à quatre mois d'emprisonnement et vingt Considérant que le premier juge a fait une fausse application de l'article 21
mille francs d'amende. de la loi n° 64-381 du 7 octobre I964 ; qu'en effet, ce texte réprime le fait de
Dit qu'en application de l'article 694 du Code de Procédure Pénale, il sera solliciter ou agréer des offres ou promesses de dot et de solliciter ou recevoir
sursis à l'exécution de la peine d'emprisonnement. une dot, ainsi que le fait d'user d'offres ou de promesses de dot ou de
Président : M. SORGUES — Conseillers : Mme KEKEH et M. sollicitations tendant au versement d'une dot ; qu'en revanche, le remboursement
NEBOUT — Avocat général : M. Bakary COULIBALY. d'une dot, s'il ne peut plus être exigé, n'est cependant pas constitutif d'une
infraction pénale, pas plus que la demande de remboursement ;
ARRET N° 526 DU 29 AVRIL 1969
Considérant en conséquence qu’il y a lieu de dire que les faits reprochés
DOT. — Mariage conclu antérieurement à la loi du aux prévenus ne sont pas constitutifs d'une infraction pénale et qu'il échet de les
7 octobre 1964 - Divorce postérieur - relaxer sans peine ni dépens.
Réclamation du remboursement de la dot -
Remboursement - Office d’intermédiaire - PAR CES MOTIFS
Infraction pénale (non). En la forme : Reçoit les appels des prévenus et du ministère public.
Fait une fausse application de l'article 21 de la loi n° 64 -381 Au fond : Les dit bien fondés.
du 7 octobre 1964, le juge qui condamne trois individus Infirme le jugement entrepris.
respectivement prévenus d'avoir pour le premier réclamé le
Président : M. SORGUES — Conseillers : Mme KEKEH et M. NEBOUT
remboursement d'une dot versée à l'occasion d'un mariage
Avocat général : M. Bakary COULIBALY.
conclu antérieurement à la promulgation d e la loi susdite et
ensuite dissous par un divorce, pour le second d'avoir
NOTE
remboursé cette dot, et pour le troisième d'avoir servi
(2) Il faut remarquer que cet arrêt est, à notre connaissance, la première décision publiée
d'intermédiaire alors que si ce texte réprime le fait de solliciter s'agissant de l’application de la législation pénale sur la dot coutumière. Est-il besoin de
ou agréer des offres ou promesses de dot ainsi que le fai t d'user rappeler qu’en application des articles 2V et 22 de la loi n° 64381 du 7 octobre 1964,
encourt l’emprisonnement et l’amende celui qui aura sollicité ou agréé des offres ou
d'offres ou de promesses de dot, en revanche, le promesses de dot, ou la dot elle-même, ainsi que celui qui aura agi à titre d’intermédiaire.
Il s’agissait en l’espèce de trois personnes poursuivit pour avoir respectivement, sollicité
remboursement d'une dot s'il ne peut plus être exigé (1) n'est et obtenu le remboursement d’une dot pour le premier, effectué ce remboursement pour le
cependant pas constitutif d'une infraction pénale, pas plus que second et pour le troisième avoir agi comme intermédiaire. La dot avait été versée à
l’occasion d'un mariage contracté antérieurement à la promulgation des lois de 1964 et,
la demande de remboursement (2). par la suite, dissous par divorce.
(1) Sur ce point voy. Abidjan Ch. Civ. et Com. 2 août 1968, cette Le juge de première instance ayant condamné assez sévèrement les prévenus ceux-ci
Revue 1969, n° 3, p. 45. ont interjeté appel et la Cour d’Abidjan a infirmé le jugement par des motifs que l’on ne
peut qu’approuver. "Attendu dit la Cour que le juge a fait une fausse application de l’art.
La Cour,
21 de la loi n° 64381 du 7 octobre 1964 — qu'en effet, ce texte réprime le fait de solliciter
Considérant que Goneya-Bi-Zou Jacques avait épousé la fille d’Irié-Bi-Gohi ou recevoir une dot, ainsi que le fait d’user d’offres ou promesses de dot ou de
sollicitations tendant au versement d’une dot ; qu’en revanche, le remboursement de la
auquel il avait versé une dot de 72.000 francs, le mariage étant antérieur à la loi dot, s’il ne peut plus être exigé n'est cependant pas constitutif d’une infraction pénale, pas
n° 64-381 du 7 octobre 1964 ayant interdit le versement de dot ; qu'ayant par la plus que la demande de remboursement".
suite divorcé, Goneya-Bi-Zou réclama à son ex-beau-père le remboursement de
Le premier juge a assimilé le remboursement de la dot à des faits punis par la loi parce
la dot ; que 20.000 francs lui furent d'abord restitués, que le reliquat ne lui ayant qu’ils favorisent ou constituent le versement de la dot coutumière. Ceci est évidemment
pas été versé, Goneya-Bi-Zou Jacques adressa, le 25 avril 1967, au Sous-préfet contraire au principe d’interprétation stricte qui est la règle en droit pénal et au surplus,
de Zuénoula une lettre de plainte contre Irié-Bi-Gohi ; que lors de l'enquête de méconnait l’intention du législateur — celui-ci a voulu empêcher une pratique qu’il
considère comme néfaste sur le plan social et même économique alors que le
Gendarmerie effectuée le 9 décembre 1968, à la suite de la plainte du 25 avril remboursement de la dot versée ne peut qu’être conforme au but du législateur puisqu’il s
1967, Goneya-Bi-Zou Jacques précisait qu'en janvier 1968, Irié-Bi-Gohi lui avait agit d’un fait contraire à la pratique interdite — c’est donc avec raison que la Cour d'Appel
restitué le reliquat de la dot, soit 52 000 francs et qu'en conséquence il se a censuré une décision qui prétendait appliquer la loi répressive à toutes les opérations
relatives à la dot.
désistait de sa plainte .

— 57 —
ARRET N° 557 DU 6 MAI 1969 NOTE
La Cour d Appel n hésite pasa condamner pour abus de confiance

ABUS DE CONFIANCE — Présomption de deslors que la remise de la chose est établie et que le prévenu
ne peut la représenter, en application de la présomption de détournement édictée par I art. 408 du Code Pénal, le prévenu en
détournement frauduleux - Preuve contraire effet ne peut exonérer qu‘en prouvant que l’impossibilité de représenter la

non rapportée. chose n a pas une origine frauduleuse ou si cette origine est frauduleuse qu’elle ne lui est pas imputable. Voy. Abidjan 14 octobre
3 ü
1968 cette Revue 1969, n 3, p. 62, 25 novembre 1968, Revue 1969 n 4 p. 61)
Il faut remarquer que le juge du fond doit constater que cette preuve n est pas apportée par le prévenu et justifier cette
constatation faute de quoi, la présomption risquerait de devenir absolue.
Doit être confirmé le jugement condamnant le prévenu d'abus
de confiance alors que ce prévenu a qui il a été remis un objet à Lorsque le prévenu a indiqué la raison pour laquelle il lui est impossible de représenter la chose, la Cour d'Appel doit vérifier ses
dires et apprécier le caractère frauduleux sous peine d encourir la censure de la Cour Suprême (C. Sup. Pen. 2’8 janvier 1966
titre de travail salarié et qui ne le représente pas ne rapporte er
B.C.P. - 1966 1 trimestre J. 51)

pas la preuve que la non représentation n'a pas une origine


frauduleuse ou que, si cette origine est frauduleuse, elle ne lui
est pas imputable et ainsi ne peut s'exonérer de la présomption
qui pèse sur lui aux termes de l'article 408 du Code pénal.

La Cour,
ARRET N 558 DU 6 MAI 1969
ABUS DE CONFIANCE — Mandat - Non
Considérant que ie sieur Anzoumana Diagabaté, a remis son poste radio détérioré à
Ouattara Moussa, réparateur radio à Prikro, qu'à la demande de ce dernier, il avançait
représentation des sommes confiées
une somme de 1.000 francs à titre d'avance sur les frais de réparation ; - Commissions dues aux mandataires
- Montant déterminé par le taux officiel
présentant un caractère obligatoire -
Considérant que peu après le prévenu disparut sans avoir restitué, a son
propriétaire, le poste radio qui lui avait été remis à titre de dépôt ou pour un travail
Compensation des sommes dues - Relaxe
salarié ;
Do/7 être relaxé des poursuites du chef d'abus de confiance
Considérant que le 16 décembre 1968 le plaignant ayant retrouvé par hasard un acheteur de produits à qui ont été confiées à titre de mandat
Ouattara Moussa, portait plainte contre lui ; des sommes destinées à acheter du café et du cacao pour le
Considérant que devant la Cour que le prévenu a précisé que le poste radio lui avait compte du mandant et qui n a pas représenté le reliquat de ces
été remis en 1967 et non en 1965 ; que n'ayant pu assurer lui-même la réparation, il sommes après opération, alors que le reliquat correspond au
avait confié ledit poste à un réparateur plus compétent, le sieur Mamadou Coulibaly, et
montant des commissions dues par le mandant à l'acheteur, et
ce, avec l’accord de Anzoumanan Diagabaté ;
Considérant que celui-ci oppose un démenti formel aux déclarations faites par le déterminées d'après le taux fixé par la Caisse de Stabilisation et
prévenu . que Mamadou Coulibaly, entendu par le Gendarme enquêteur a précisé que de Soutien des produits agricoles qui présente un caractère
Ouattara Moussa, lui avait bien remis un poste radio,mais qu'à aucun moment le obligatoire, le mandant n'ayant pu en conséquence imposer à
prévenu ne lui avait indiqué qu'il s'agissait d'un poste radio à réparer ; que, bien au
l'acheteur dans le contrat liant les parties une rémunération plus
contraire, Ouattara Moussa, entendait par cette remise de poste, verser un acompte
faible.
sur les frais d'apprentissage du métier de réparateur radio ;
Considérant que le prévenu qui se trouve dans l'impossibilité de représenter le poste
radio, qui lui avait été remis à titre de travail salarié par Anzoumanan Diagabaté, ne
peut renverser la présomption qui pèse sur lui aux termes des alinéas 3 et 4 de I article
408 du Code Pénal (rédaction de la loi du 11 novembre 1963), puisqu'il ne rapporte pas
la preuve que cette impossibilité n'a pas une origine frauduleuse, ou, si cette origine est La Cour,
frauduleuse, qu'elle ne lui est pas imputable ;
Considérant en conséquence que les dispositions du jugement entrepris procèdent Considérant qu'il résulte du dossier et des débats que suivant contrat passé au
tant d'une exacte appréciation des faits et circonstances de la cause que d'une justeapplication dedébut de
la la traite 1967-1968, Mamadou Karamoko dit Santiago, acheteur de produits, s
loi pénale au délit retenu à la charge du prévenu ; qu’il y a lieu de les confirmer engageait à acheter des produits pour le compte du sieur Ali Ahmed Khalife, lequel
purement et simplement ; devait avancer au prévenu les fonds nécessaires ainsi que les sacs vides et une
Considérant que les dommages intérêts alloués à la partie civile y ont été bascule ; qu'il n'est pas contesté que les tonds avancés à Mamadou Karamoko seraient
exactement appréciés par le premier juge ; qu'il convient également de les confirmer. remis à celui-ci à titre de mandant à charge par lui de fournir à Ali Ahmed Khàlifé le
tonnage correspondant de café et cacao, et s'il y avait un reliquat d'en représenter le
montant ;
Considérant qu'il n'est pas davantage contesté que Mamadou Karamoko a reçu d'Ali
Ahmed Khalifé, en plusieurs versements échelonnés :

— Pour la traite du cacao ..................................................... 356.550 Frs


PAR CES MOTIFS puis ................................................................................... 150.000 Frs
— Pour la traite du café ..... ...... ............... . ........................ 300.000 Frs
En la forme : Reçoit l'appel interjeté par le prévenu.
puis ................................................................................... 50.000 Frs
Au fond : Le dit mal fondé. à titre de prêt -------------------------------
soit au total ................................................................................... 856.550 Frs
Confirme le jugement entrepris en toutes ses dispositions pénales et civiles.

Considérant que, par ailleurs, Mamadou Karamoko avait reçu de deux planteurs,
Président : M. SORGUES — Conseillers : Mme KEKEH et M. NEBOUT — Avocat Kouadio Ta Ici Pierre et Andoi Kouamé respectivement 10.000 et 20.000 francs qu'il
général : M. Bakary COULIBALY. devait remettre à

58
». • -
jn
Ali Ahmed Khalifé et qu'il conserva ; qu'ainsi il restait devoir, en fin de traite, la (soit au total 223.600 kg de produits), la commission totale de Mamadou
somme de 886.550 francs à Ali Ahmed Khalifé ; que celui-ci reconnaît que Karamoko devait être fixée à 782.600 francs (3,5 X 223.600) ;
Mamadou Karamoko a effectué pour con compte une dépense de 11.000 francs
pour réparation de véhicule, ce qui ramenait à 875.550 francs les montants des Considérant qu'à 8.150 francs près, le montant des sommes réclamées par
Ali Ahmed Khalifé (790.750 francs) correspond au total des commissions
sommes restant dûes par Mamadou Karamoko ;
auxquelles Mamadou Karamoko est en droit de prétendre (873.600 francs) ;
Considérant que Ali Ahmed, déduisant de la somme de 875.550 francs le
Considérant que cette différence (8.T50 francs) à moins de 1% des sommes
montant d'une livraison de cacao (139.145 frs) non réglée à Mamadou
reçues au total par Mamadou Karamoko (356.550 + 150.000 + 300.000 +
Karamoko, ramena à 736.000 francs (875.550 — 139.145) le montant des
50.000 + 10.000 + 20.000 = 886.550 francs) ; qu'il s'agit d'un pourcentage de
sommes restant dues par Mamadou Karamoko ; qu'il lui fit alors signer, le 19
perte extrêmement faible ; qu'au surplus sur les 886.550 francs reçus, 50 000
février 1968 a postériori, un contrat dit de mandat par lequel Mamadou
l'aurait été à titre de prêt personnel de Ali Ahmed Khalifé à Mamadou Karamoko,
Karamoko reconnaissait avoir reçu la somme de 736.000 francs ;
et non de mandat,
Considérant qu’il importe peu que le contrat ait été signé alors que les
Considérant que, dans ces conditions, il ne résulte pas des pièces dj dossier
opérations de traite étaient terminées, Mamadou Karamoko ne contestant pas
ni des débats contre Mamadou Karamoko, d'avoir à Divo courant 1967-1968
avoir reçu, antérieurement, les sommes indiquées et ce aux fins de mandat ;
commis le délit d'abus de confiance au préjudice d'Ali Ahmed Khalifé ; qu'il échet
Considérant qu'Ali Ahmed Khalifé déclare par ailleurs avoir remis 500 sacs en conséquence de le relaxer sans peine ni dépens.
vides à Karamoko qui ne lui en aurait restitué que 365, d'une valeur chiffrée à
Président : M. SORGUES — Conseillers : Mme KEKEH et M. NEBOUT —
150 franques pièces par la partie civile, soit au total 54.750 francs — qu'ainsi
Avocat général : M. Bakary COULIBALY Avocat : Me BINZEME.
Mamadou Karamoko resterait lui devoir 790.750 francs (736.000 + 54.750).

Considérant que Mamadou Karamoko prétend qu'Ali Khalifé ne lui a pas réglé
les commissions dont il fixa le taux d'abord à 3 francs par kilogramme, puis, ARRET N° 571 DU 12 MAI 1969
devant la Cour, à 4,20 francs par kg ; qu'il a livré à Ali Ahmed 121.300 kgs de
café et 102.300 kgs de cacao, soit, au total pour les 2 produits 223.600 kgs . USAGE DE FAUX CERTIFICATS — Copie d’un
diplôme appartenant à un tiers
Considérant qu'Ali Khalifé ne conteste pas devoir à son employé les
commissions prévues pour la livraison de 223.600 kgs de produits, mais qu'il USURPATION DE NOM — Conditions - Inscription
soutient que le taux de ladite commission a été fixé, entre les parties, à 2 francs d’une condamnation au casier judiciaire de
par kg, ainsi qu'il résulte du contrat du 19 février 1968 ;
celui dont le nom a été usurpé (non).
Considérant que le prix officiel minimum d'achat au producteur pour la
campagne 1967-1968 a été fixé à 70 francs par kg pour le cacao (décret n° 67- Si le fait pour le prévenu de s'être fait délivrer la copie d'un
419 du 30 septembre 1967) et à 90 francs par kg pour le café (décret n° 67-448 diplôme appartenant à un tiers, et sous le nom de ce dernier, de
du 19 octobre 1967), les décrets précités prévoyant, par ailleurs, que les frais de s'être fait engager comme insti tuteur dans l'enseignement privé
ramassage et de transport au port d'embarquement seront pris en charge par la constitue bien le délit a usage de faux certificat et d'immixtion
Caisse de Stabilisation et de Soutien des Produits Agricoles" ;
sans titre dans les fonctions d'instituteur, ce fait ne peut
Considérant que c'est à ces prix que Mamadou Karamoko a payé les produits constituer le délit d'usurpation de nom prévu par l'article 736 du
aux producteurs et qu'Ali Ahmed Khalifé les lui a rachetés ; Code de procédure pénale, les poursuites intentées supp osant
Considérant qu’il résulte d'une attestation de la Caisse de Stabilisation, la découverte de l'usurpa tion et ne pouvant de ce fait entraîner
produite au dossier que "le différentiel café de la Campagne 1965-66 prévoyait l'inscription d'une condamnation au casier judiciaire de celui
pour la rémunération du ramassage de café 4.200 francs par tonne qui se dont le nom a été indûment utilisé.
décomposent comme suit :
La Cour,
Rémunération du ramassage ..................................................... 1.500 Francs
Considérant qu'il résulte du dossier et des débats que courant 1966 Yao Koffi qui
Frais de ramassage ................................................................... 2.000 Francs
logeait dans la même chambre que son camarade Kouadio Téhua, se faisait
Entreposage et manutention ...................................................... 700 Francs
établir une copie du diplôme de Brevet Elémentaire dudit Kouadio Téhua et
Considérant que ces taux ont un caractère obligatoire et qu'Ali Ahmed Khalifé délivrer un extrait de l'acte de naissance de ce dernier ; qu'il postulait alors sous
ne pouvait imposer à Mamadou Karamoko des conditions de rémunérations le nom de Kouadio Téhua un emploi dans l'enseignement et produisait à l'appui
moins favorables ; que cependant l'entreposage et la manutention étant assurés de sa demande les documents susvisés ; qu'il fut alors engagé comme
par le commerçant, Mamadou Karamoko, ramasseur, ne pouvait prétendre qu'à instituteur dans l'enseignement privé catholique et exerça de 1966 à 1968 les
la prime de 3,50 francs par kilo se décomposant ainsi : fonctions de directeur de l'école privée catholique de Damé puis de Tanda, sous
le nom de Kouadio Téhua.
— 1,5 francs pour rémunération du ramassage ;
— 2 francs pour frais de ramassage ; Considérant que Yao Koffi qui reconnaît les faits explique avoir usé de ce
subterfuge en raison de ce qu'il ne pouvait être régulièrement engagé dans
Considérant que pour 121.300 kg de café et 102.300 kg de cacao fournis par
l'enseignement du fait qu'il avait déjà été condamné en 1962 à une peine de 10
Mamadou Karamoko à Ali Ahmed Khalifé
mois d'emprisonnement ferme ;

— 59 —
Considérant que ces faits constituent tout à la fois le délit d usage de faux Considérant que les dispositions du jugement entrepris procèdent tant d'une
certificat et d'immixtion sans titre dans les fonctions d'instituteur. Qu'il échet de exacte appréciation des faits et circonstances de la cause que d'une juste
confirmer le jugement entrepris en ce qu’il a déclaré Yao Koffi coupable de ces application de la loi pénale au délit retenu à la charge du prévenu ;
deux délits ;
Considérant que le premier juge en allouant la somme de 17.400 francs à
Considérant qu'il ne résulte pas par contre du dossier que Yao Koffi ait pris le dame Boni Amani à titre de dommages-intérêts, a fait une exacte appréciation
nom de Kouadio Téhua dans des circonstances qui ont déterminé ou auraient pu du préjudice subi par celle-ci ; qu'il échet de le confirmer.
déterminer l'inscription d'une condamnation au casier judiciaire de celui-ci ; que
les poursuites pour immixtion sans titre dans les fonctions d'instituteur et usage PAR CES MOTIFS
de faux certificat dont Yao Koffi é+ait susceptible de fairel'objet supposaient en
Donne défaut contre Cissé Demba.
effet la découverte de l’usurpation de nom et ne pouvaient de ce fait entraîner
l’inscription d'une condamnation au casier judiciaire de Kouadio Téhua ; qu'il Confirme le jugement entrepris en toutes ses dispositions pénales et civiles.
échet en conséquence de relaxer Yao Koffi du chef d usurpation de nom, délit
prévu et puni par I article 736 du Code de Procédure Pénale ; Président : M. SORGUES — Conseillers : Mme KEKEH et M.
NEBOUT — Avocat général : M. Bakary COULIBALY.
PAR CES MOTIFS
Réformant le jugement entrepris.
Relaxe le prévenu du chef d usurpation de nom. ARRET N° 623 DU 20 MAI 1969
Confirme par contre le jugement entrepris en ce qu il a déclaré le prévenu ABUS DE CONFIANCE — Marchandise confiées à
coupable d'usage de faux certificat et d'immixtion sans titre dans les fonctions
un gérant par le propriétaire d’un fonds de
d'instituteur.
Président : M. MOÏSE — Conseillers : Mme KEKEH et M.
commerce - Absence d’inventaire - Preuve
MOULARE — Avocat général : M. Bakary COULIBALY du détournement (non).
Doit être relaxé du chef d'abus de confiance le gérant d'une
ARRET N° 621 BU 20 MAI 1969 boutique prévenu d avoir détourné au préjudice de son
ABUS DE CONFIANCE — Présomption de employeur une partie des marchan dises que ce dernier lui avait
détournement - Nécessité pour le prévenu confiées pour les vendre alors que /'employeur ne fournit aucun
d’apporter la preuve contraire. document établissant la valeur des marchandises confiées au
gérant ni l'inventaire prétendument dressé à la fin de la gestion.
Ne peut renverser la présomption de détournement qui pèse
sur lui aux termes de l'article 40 5 du Code pénal le prévenu à La Cour,
qui ont été confiés des objets en dépôt et qui ne peut Considérant au en avril 1968, le nommé Touré Moussa avait une boutique à
représenter ces objets dès lors qu'il ne rapporte pas la preuve Abobo-Gare et engageait Ousmane Kaboré comme gérant .
que cette impossibilité n'a pas une origine frauduleuse ou que, Considérant que Touré Moussa soutient qu'il avait confié à son employé, pour
si cette origine est frauduleuse, qu'elle ne l ui est pas imputable. 88.000 francs de marchandises, et qu'à son retour d'un voyage au Mali, début
juillet 1968, il n'avait trouvé que pour 11.755 francs de marchandises, et que
La Cour,
Ousmane Kaboré n avait pu lui remettre les recettes correspondant à ia
Considérant que le 12 juillet 1968, la dame Boni Amani qui venait d'acheter 9 différence, soit 56.245 francs ;
pagnes, se rendait au marché de Treichville pour y effectuer des achats ; que
gênée par son colis de pagne, elle le confiait en dépôt à Cissé Demba, Considérant que Touré Moussa portait en conséquence plainte pour abus de
marchand de seaux ; confiance contre Ousmane Kaboré ;

Considérant que ses achats terminés, la dame Boni Amani se présentait à Considérant que celui-ci a nié les faits précisant d'une part que le total des
Cissé Demba pour lui demander la restitution de son colis que Cissé Demba marchandises ne représentait qu'une valeur de 50 000 francs, et d’autre part que
l'avisait alors qu'il avait déjà rendu les pagnes à un individu qu'il ne connaissait Moussa Touré se présentait régulièrement pour récupérer la recette de la
pas mais qui lui avait dit été envoyé par elle ; journée qui variait entre 3 et 4.000 francs ; Ousmane Kaboré ajoutait également
qu'il avait donné pour 5.000 francs de marchandises à crédit à un ami de son
Considérant qu'à l'enquête préliminaire et au Parquet Cissé Demba employeur et des cigarettes à un autre ;
maintenait cette version ; qu'à l'audience du Tribunal il déclarait que le colis lui
avait été volé ; qu'il n'apportait, pas davantage la preuve de ce qu'il avançait ; Considérant que Moussa Touré n'a fourni aucun document établissant la
valeur des marchandises confiées à Ousmane Kaboré ; qu'il n'a pas davantage
Considérant que le prévenu qui se trouve dans l'impossibilité de représenter produit l'inventaire qu'il dit avoir dressé en fin de gestion de son employé ; qu'il
les 9 pagnes reçus en dépôt, ou d'en justifier l'emploi ou l'usage régulier, ne peut ne conteste pas qu'il passait régulièrement prélever les recettes de la journée qui
renverser la présomption qui pèse sur lui aux termes de l'article 408 du Code s’élevaient entre 3 et 4.000 francs et qui, d'après lui permettaient de renouveler
Pénal (rédaction de la loi du 11 novembre 1963) puisqu'il ne rapporte pas la le stock des marchandises de la boutique, qu'enfin il ne conteste pas, que son
preuve que cette impossibilité n'a pas une origine frauduleuse, ou si cette origine gérant ne touchait qu'un salaire de 2.000 francs par mois ;
est frauduleuse qu'elle ne lui est pas imputable ;

- 60 -
Considérant que le bulletin n° I du prévenu n'est pas classé au dossier, mais il ne Considérant que le 20 août 1968, vers 12 h 45, Blé Douty se présente chsi le
semble pas qu'il ait déjà été condamné ; commerçant Fouad Kabbag, voisin de Ben Adiba Abdelhac ; que se disant
envoyé de l'E.E.C.I., il demanda le versement d une taxe de 2.600 francs qu'au
Considérant en conséquence qu'il ne résulte pas des pièces du dossier ni des
cas de non paiem:nt, il avait l'ordre de couper le courant ; qu ayant enfilé son gant
débats la preuve contre Ousmane Kaboré d'avoir à Abidjan courant 1968 commis
isolant et saisit une pince, il s'approchait du compteur ; que Fouad Kabbag appela
le délit d'abus de confiance ; qu'il échet de confirmerle jugement de relaxer
son voisin à l'aide ; que Ben Adiba Abdelhac, arrivé sur les lieux, reconnu
en du le 26 juillet 1968.
PAR CES MOTIFS l'individu qui, la veille s'était présenté à son magasin ; qu'ayant compris qu il avait
affaire à un escroc, il alerta la police qui appréhenda Blé Douty Gabriel ;
En la forme Reçoit I’appel du ministère public ; Donne
défaut contre le prévenu Ousmane Kaboré et Moussa Touré, partie civile. Considérant que si le prévenu a contesté les faits à l'audience du Tribunal et
Au fond : Confirme le jugement de relaxe rendu le 26 juillet 1968 par le Tribunal de la Cour, il a, à I enquête préliminaire, passé aux aveux complets et
correctionnel d'Abidjan. circon:tanciés ; qu'il est formellement dénoncé par les témoins Ben Adiba
Président : M. SORGUES — Conseillers : Mme KEKEH et M. Abdelhac et Fouad Kabbag ; qu il était porteur au moment de son arrestation,
NEBOUT — Avocat général : M. Bakary COULIBALY. d'une serviette en matière plastique contenant un gant en caoutchouc, trois
tournevis, deux pinces, un marteau et autres outils d'électricien .

ARRET N° 630 DU 25 MAI 1969 Considérant la mise en scène (gant de caoutchouc, outils d'électricien) con
titue bien les manœuvras frauduleuses prévues pa<^ l'article 405 du Code Pénal ;
ESCROQUERIE. — Manœuvres frauduleuses – qu'au surplus le prévenu s'est indirectement présenté à ses victimes comme étant
Mise en scène le mandataire de l'E.E.C.I. chargé du recouvrement de taxes impayées ; que cette
Société a confirmé qu'il ne faisait pas partie de son personnel ;
Constitue les manœuvres frauduleuses prévues par l'article
Considérant que si le bulletin I du prévenu n'est pas classé au dossier, les
405 du Code Pénal la mise en scène consistant pour le prévenu renseignements recueillis sur son compte lui sont défavorables ; qu il avait déjà
à se présenter à la victime muni des outils d'électriciens comme été signalé comme se livrant, à Treichville, à des escroqueries identiques à celle
un agent de l’E.E.C.I. chargé de couper le branchement. dont Ben Adiba Abdelhac avait été victime ;

La Cour, Considérant que les dispositions du jugement entrepris procèdent tant d'une
exacte appréciation des faits et circonstances de la cause que d'une juste
Considérant qu'il résulte du dossier et des débats que le 19 août 1968, vers
appréciation de la loi pénale au délit retenu à la charge du prévenu.
18 h 15 au quartier Adjamé, le nommé Blé Douty Gabriel, électricien, se
présentait au magasin du sieur Ben Adiba Abdelhac et lui déclara, qu'employé de
l'E.E.C.I., il venait pour couper le courant ; qu'il s était muni d'une serviette et PAR CES MOTIFS
d'une trousse à outils ; que malgré les explications de Ben
En la forme : Reçoit les appels du prévenu et du ministère public.
Adiba l'assurant qu'il avait régulièrement réglé ses factures, il se dirigea vers
le compteur, sortit un gant isolant de sa serviette et l'enfila . qu'ayant saisi un Au fond Confirme le jugement entrepris en toutes ses dispositions.
tournevis, il déclara à Ben Adiba que s'il coupait le branchement, les frais de
remise en état s'élèveraient à 5.000 francs ; q'ue par contre la coupure pourrait Condamne en outre le prévenu aux dépens de I arrêt liquidés à la somme de
être évitée s'il versait immédiatement la taxe s'élevant à 2 600 francs ; que tout 10.757 francs.
en parlant le prévenu frappait de son outil le compteur électrique ; que pour éviter
Président : M. SORGUES — Conseillers : Mme KEKEH et M.
d'être privé de lumière, Ben Adiba lui remit la somme de 2.600 francs réclamée, NEBOUT — Avocat général : M. Bakary COULIBAL
que lui ayant demandé de lui délivrer un reçu, Blé Douty Gabriel lui promit de
passer le lui remettre le lendemain ;

- 61 -
LEGISLATION
TEXTES
PROCEDURE CIVILE ET COMMERCIALE Art. 6. — L'ordonnance portant condamnation signifiée par exploit
Loi n° 79-484 du 3 août 1970 instituant pour d'huissier de Justice.

certaines créances civiles et commerciales, Copies de la requête et de l'ordonnance sont notifiées en tête de
une procédure de recouvrement simplifiée (1) l'exploit de signification, lequel contient sommation au débiteur d'avoir à
Article premier. — Toute demande en paiement d'une somme d'argent payer dans le délai de quinze jours le montant de la dette ainsi que les
ayant une cause civile ou commerciale dont le montant ne dépasse pas intérêts et frais dont le montant sera précisé sous peine d'y être contraint
trois cent cinquante mille francs en principal, peut être soumise à la par toutes voies de droit.
procédure de recouvrement fixée ci-après, à condition que la créance soit
Par ledit exploit, l'huissier doit en outre aviser le ou les débiteurs de
certaine, liquide et exigible.
leur droit de former opposition dans les délais et les formes prévues aux
La même procédure est applicable lorsque cette créance de nature articles 8 et 9, dont les dispositions doivent être intégralement reproduites
commerciale, résulte en outre d'une ou plusieurs lettres de changes dans l'exploit à peine de nullité.
acceptées ou d'un ou plusieurs billets à ordre, quel qu'en soit le montant.
Art. 7. — L'ordonnance portant condamnation est signifiée au débiteur
Art. 2. — La procédure susvisée ne peut être suivie si le débiteur n'a suivant les règles du droit commun.
pas de domicile ou de résidence connus en Côte d'ivoire, ou s'il réside à
l'étranger. Toutefois, elle n aura d'effet à son égard que si elle a été signifiée à sa
personne, ou à défaut, à domicile, à condition dans ce cas, que la copie ait
Art. 3. — La juridiction compétente, pour connaître de la demande, est
été remise à un de ses parents ou employé, et qu'elle ait été acceptée par
le tribunal de première instance ou la section de tribunal du domicile du ou
celui-ci après avoir décliné leur nom, qualité et adresse.
de l'un des débiteurs, nonobstant toute clause attributive de juridiction
Art. 8. — L'ordonnance portant condamnation n’est pas susceptible
L'incompétence de la juridiction irrégulièrement saisie est d'ordre
d'appel.
public.
Elle peut être frappée d'opposition dans le délai de quinze jours à
Art. 4. — La demande en paiement est soumise au président du
compter de la date de sa signification. Pendant ce délai il est sursis à son
Tribunal ou au juge de la section du tribunal par requête écrite, déposée
exécution.
ou adressée au greffe de la juridiction compétente.

La requête contient les nom, prénoms, profession et domicile du ou Toutefois si la signification a été faite à domicile, l'opposition est encore
des demandeurs et du ou des défendeurs ; elle précise le montant de la recevable pendant un délai de huit jours, à compter du premier acte
créance et sa cause. d'exécution.

Il y est joint, en outre, tous documents pouvant justifier l'existence, le


Passé ces délais, le débiteur est déchu de son droit de faire opposition.
montant et le bien fondé de la créance.
L'opposition suspend l'exécution de l'ordonnance.
Art. 5. — Si le président du tribunal ou le juge de section du tribunal
estime que la créance satisfait aux conditions exigées par l'article premier, Art. 9. — L'opposition doit, à peine d'irrecevabilité, être formée par
il condamne le débiteur au paiement. L'ordonnance apposée au bas de la l'acte d'huissier comportant citation à comparaître devant le tribunal de
requête précise le montant de la somme à payer. Elle est revêtue première instance ou la section de tribunal tel qu'il a été déterminé, en
immédiatement de la formule exécutoire. application des règles fixées à l'article 3. Elle doit être motivée.
Dans le sens contraire, la requête est rejetée sauf aux parties à se
pourvoir suivant la procédure de droit commun. L'ordonnance de rejet Le délai de comparution ne pourra être inférieur à huit jours ni
n'est susceptible d'aucune voie de recours. supérieur à 15 jours si toutes les parties sont domiciliées dans le ressort
de la juridiction. Si l'une des .parties est domiciliée dans un autre ressort,
les délais de comparution sont portés respectivement à 15 jours et un
(1) Le texte publié ci-dessus comporte les redressements effectués par le rectificatif publié au
Journal Officiel du 3 décembre 1970, p. 1948. mois.

— 65 —
Art. 10. — L'opposant est tenu, à peine d'irrecevabilité de sa demande du titre de perception, les parties sont passibles du double droit.
de consigner, obligatoirement avant la date de l'audience, une somme
suffisante pour couvrir le paiement des frais et dépens. Art. 17. — Sont abrogées toutes dispositions antérieures contraires à la
présente loi, notamment le décret-loi du 25 août 1937 instituant pour les
Art. II. — Si l'opposition est déclarée irrecevable ou non fondée, le petites créances commerciales une procédure de recouvrement- simplifiée.
jugement restitue à l'ordonnance son plein effet.
Toutefois, les procédures ayant fait l'objet d'une ordonnance portant
Si l'opposition est déclarée recevable et fondée, la juridiction demeure injonction de payer à la date de publication de la présente loi, restent
saisie sans autre forme et statue comme en matière de droit commun. soumises aux dispositions du décret-loi visé à l'alinéa précédent.

Dans tous les cas, si les parties ou l'une d'elles ne se présentent pas, il
sera statué d'office par un jugement qui aura les effets d'un jugement ETABLISSEMENTS FINANCIERS — Sociétés de
contradictoire. leasing ou de crédit-bail - Définition -
L'appel des jugements rendus sur opposition doit être interjeté dans un Conditions d’exercice de la profession
délai de quinze jours à compter de leur prononcé. Décret n° 70-06 du 7 janvier 1970, fixant les
Art.12.— Il est tenu au greffe un registre sur papiernon timbré, coté et conditions dans lesquelles les sociétés de
paraphé par le président du tribunal ou le juge de la section de tribunal, et Leasing ou de Crédit-Bail sont habilitées à
sur lequel sont inscrits les nom, prénoms, profession et domicile des
parties, la date de l'ordonnance, le montant et la cause de la créance, la
exercer leur activité
date de l'opposition s'il en est formée ainsi que la date du jugement et son
dispositif. Le Président de la République,

Art. 13. — La requête visée à l'article I est soumise à un droit de timbre Vu la loi n° 65-232 du 4 août 1965, portant réglementation de crédit et
de 1.000 francs. organisation de la profession bancaire et des professions qui s'y rattachent ;
Vu le décret nc 66-45 du 8 mars 1966, déterminant les attributions du ministre
Art.14.— L ordonnance visée à l'article 5 est dispensée du timbre et de de l'Economie et des Finances ;
laformalité de l'enregistrement.
Le Conseil des ministres entendus,
Art. 15. — Le jugement qui déclare l'opposition irrecevable ou non Décrète :
fondée est enregistré au droit fixe de 5.000 francs.
Article premier. — Les opérations de Leasing ou de Crédit-Bail, visées
Art. 16. — Le jugement ou l'arrêt déclarant fondée l'opposition sont par le présent décret, sont les opérations de location d'immeubles à usage
provisoirement enregistrés à la diligence du greffier au même droit fixe de commercial ou d'habitation, de matériel d'outillage ou de biens
5.000 francs. Ils restent cependant soumis au droit de condamnation dont d'équipement, spécialement achetés par le bailleur en vue de cette
le recouvrement est laissé à la diligence du receveur de l'enregistrement. location, et dont lesdits bailleurs demeurent propriétaires, lorsque ces
A cette fin : opérations, quelle que soit leur dénomination, donnent au locataire la
faculté d'acquérir, au plus tard à l'expiration du bail, tout ou partie des
— Le greffier mentionne sur la minute qu'il sollicite l'enregistrement biens loués, moyennant un prix convenu, tenant compte, au moins pour
au droit fixe en application de la présente loi ; partie des versements effectués à titre de loyers.
Art. 2. — Les entreprises qui font profession habituelle de pratiquer les
— Le receveur après mention de l'enregistrement au droit fixe liquide opérations visées à l'article premier, sont considérées comme des
sur la minute le droit de condamnation éventuellement exigible, déduction établissements financiers et sont soumises à ce titre, aux dispositions de la
faite du droit fixe perçu ou indique, le cas échéant qu'il n'est dû aucun droit loi n° 65-252 du 4 août 1965, des décrets nos 66-67, 66-168, 66-169, 66-
proportionnel. 170, 66-172 du 26 avril 1966, de l'arrêté n° 23 du 5 janvier 1967 qui
réglementent les conditions d'activité des établissements financiers.
Le greffier ne peut, à peine d'une amende de 1.000 francs et de
répondre personnellement du droit, délivrer la grosse ou l'expédition du Art. 3. — Les entreprises susceptibles d'engager des opérations de
jugement ou de l'arrêt que sur justification du paiement du droit Leasing ou de Crédit-Bail, devront se consacrer uniquement aux
proportionnel tel que liquidé sur la minute. opérations définies à l'article premier du présent décret, et ne pourront, en
particulier, étendre leur activité à la pratique de la vente à crédit.
A défaut de paiement dans le mois de la notification

— 66 —
TABLE ANALYTIQUE
Aval de l’Etat 20 novembre 1969 - Décret n° 69-485 complétant le décret n° 69-
15 octobre 1969 - Décret n° 69-440 accordant l'aval de l'Etat à une 427 du 30 septembre 1969, fixant la date d'ouverture et le prix
avance consentie au Crédit de la Côte d'ivoire par la Caisse minimum d'achat au producteur pour la campagne principale cacao
Centrale de Coopération Economique pour le financement partiel 1969-1970.
des travaux d'adduction d'eau envisagée pour la Commune (J.O. du 4 décembre 1969, page 1755)
d'Abidjan.
Café
(J.O. du 30 octobre 1969, page 1581)
30 septembre 1969 - Décret n° 69-425 fixant la date de clôture des
opérations de commercialisation de la campagne caféière 1968-
22 octobre 1969 - Décret n° 69-446 accordant l'aval de l'Etat à un
1969.
emprunt contracté par le Crédit de la Côte d'ivoire auprès de la
Caisse Centrale de Coopération Economique. (J.O. du 2 octobre 1969, page 1421)

(J.O. du 30 octobre 1969, page 1581)


30 septembre 1969 - Décret n° 69-426 fixant la date d'ouverture et le
prix minimum d'achat au producteur pour la campagne caféière
5 novembre 1969 - Décret n° 69-454 accordant l'aval de l'Etat à un
1969-1970.
emprunt contracté par la Société pour le Développement et
l'Exploitation du Palmier à huile (SODEPALM) auprès de la Caisse (J.O. du 2 octobre 1969, page 1421)
Centrale de Coopération Economique.
(J.O. du 20 novembre 1969, page 1677) 20 novembre 1969 - Décret n° 69-484 complétant le décret n° 69-
426 du 30 novembre 1969, fixant la date d'ouverture et le prix
5 novembre 1969 - Décret n° 69-455 accordant l'aval de l'Etat à un minimum d'achat au producteur pour la campagne caféière 1969-
emprunt contracté par la SODEPALM auprès de la Caisse Centrale 1970.
de Coopération Economique.
(J.O. du 4 décembre 1969, page 1755)
(J.O. du 20 novembre 1969, page 1678)
Casino
5 novembre 1969 - Décret n° 69-456 accordant l'aval de l'Etat à un 8 décembre 1969 - Loi n° 69-507 portant création d'un casino et
emprunt contracté par PAL MINDUSTRIE, auprès de la Caisse autorisant son exploitation.
Centrale de Coopération Economique.
(J.O. du 18 décembre 1969, page 1803)
(J.O. du 20 novembre 1969, page 1678)

Budget Général Chemins de fer


18 octobre 1969 - Arrêté n° 1827 MTP-RAN relatif à ia répression de
8 décembre 1969 - Loi n° 69-511 portant loi rectificative des
l'embarquement clandestin à bord des trains de marchandises.
Finances à la loi n‘ 65-612 du 31 décembre 1968.
(J.O. du 22 décembre 1969, page 1833) (J.O. du 6 novembre 1969, page 1605)

Cacao Circulation urbaine


30 septembre 1969 - Décret n° 69-427 fixant la date d'ouverture et 25 novembre 1969 - Arrêté municipal n° 73 ST- VU réglementant la
le prix minimum d'achat au producteur pour la campagne principale circulation des engins spéciaux de manutention et des véhicules
cacao 1969-1970. tractés à marche lente.

(J.O. du 2 octobre 1969 - Page 1422) (J.O. du 25 décembre 1969, page 1868)

— 67 —
Collectivités territoriales Douanes
cf. Organisation territoriale 13 novembre 1969 - Arrêté n° 7624 MAEF, complétant l'arrêté n°
1300 FAEP-CAB du 14 août 1964, fixant les routes légales à
l'importation et à l'exportation.
Communauté Economique Européenne
8 décembre 1969 - Loi n° 69-509 portant approbation de la (J.O. du 4 décembre 1969, page 1743)
Convention d'association entre la Communauté Economique
Européenne et les Etats africains et malgache associés à cette Douanes (Mercuriales)
Communauté. 30 décembre 1969 - Décret n° 69-522 fixant les valeurs mercuriales
devant servir de base pour le calcul des droits et taxes ad valorem
(J.O. du 25 décembre 1969, page 1844)
des bois à l'exportation.

Conseil Economique et Social (J.O. du 31 décembre 1969, page 1882)

22 décembre 1969 - Loi n° 69-535 instituant un régime de retraite en


faveur des anciens membres du Conseil Economique et Social.
Douanes (Tarifs)
30 décembre 1969 - Ordonnance n° 69-523 portant modification du
(J.O. du 31 décembre 1969, page 1873) tarif des douanes à l'entrée et à la sortie.

(J.O. du 31 décembre 1969, page 1874)


22 décembre 1969 - Décret n° 69-537 fixant les règles d'application
de la loi rï° 69-535 du 22 décembre 1969, qui a institué un régime de
Emprunts
retraite en faveur des anciens conseillers économiques et sociaux.
8 décembre 1969 - Loi n° 69-510 autorisant l'émission d'emprunts
(J.O. du 31 décembre 1969, page 1877) obligatoires à lots.

(J.O. du 25 décembre 1969, page 1845)


Construction (Permis de construire)
24 novembre 1969 - Arrêté n° 704 MCU-CAB déterminant les Enseignement primaire
modalités d'application du décret n° 67-141 du II avril 1967, portant
9 octobre 1969 - Arrêté n° 152 MEN, portant réglementation du
règlementation du permis de construire.
diplôme d'instituteur adjoint stagiaire et du diplôme d'instituteur
(J.O. du 11 décembre 1969, page 1785) stagiaire.

(J.O. du 30 octobre 1969, page 1567)


Constructions (Etablissements publics et
Sociétés d’Etat. Finances extérieures
22 octobre 1969 - Projet de décret n° 69-447 instituant un contrôle 21 novembre 1969 - Décret n° 69-488 relatif à certaines opérations
des constructions édifiées pour le compte des établissements d'investissements et d'emprunts avec l'étranger.
publics et des sociétés d'Etat.
(J.O. du 27 novembre 1969, page 1710)
(J.O. du 30 octobre 1969, page 1589)
Investissements extérieurs
Conventions cf. Finances extérieures
cf. Communauté Economique Européenne
Organisation territoriale
Conventions
4 décembre 1969 - Décret n° 69-504 portant application de la loi n°
cf. Mafit Trust Corporation Genève 69-241 du 9 juin 1969, portant réorganisation territoriale de la

Dépenses publiques République.

cf. Marchés publics (J.O. du II décembre 1969, page 1768)

— 68 —
Mafit Trust Corporation Genève Prix littéraire
1er octobre 1969 - Ordonnance n° 69-432 portant approbation de la 11 novembre 1969 -Arrêté n°158 MEN portant
Convention du 26 mars 1966, entre la République de Côte d'ivoire création d'un prix de poésie en Côte d'ivoire.
et la Société Mafit Trust Corporation à Genève.
(J.O. du 27 novembre 1969, page 1703)
(J.O. du 16 octobre 1969, page 1472)

11 novembre 1969 - Arrêté n°159 MEN portant


Marchés publics création d'un prix de théâtre en Côte d'ivoire.
16 septembre 1969 - Décret n° 69-416 portant règlementations en
matière de contrôle des marchés et conventions passées sur les (J.O. du 27 novembre 1969, page 1703)
budgets de l'Etat et budgets annexes.

(J.O. du 2 octobre 1969, page 1409) Prix (Règlementation des) - Produits


sidérurgiques
Marine marchande 17 septembre 1969 - Arrêté n° 7183 MAEF-AE portant fixation des
22 octobre 1969 - Décret n° 69-444 portant création d'une mesures provisoires d'application du blocage des prix aux produits
commission sociale de la Marine Marchande et des Pêches sidérurgiques importés.
Maritimes.
(J.O. du 2 octobre 1969, page 1414)
(J.O. du 30 octobre 1969, page 1562)

Procédure pénale (Code de)


Notaires
29 septembre 1969 - Rectificatif à la loi n° 69-371 du 12 août 1969,
29 septembre 1969 - Rectificatif au décret n° 69- 373 du 12 août modifiant et complétant certaines dispositions du Code de Procédure
1969, fixant les modalités d'application de la loi n° 69-372 du 12 Pénale.
août 1969, portant statut du Notariat. (J.O. du 16 octobre 1969 - Page 1471)

(J.O. du 16 octobre 1969, page 1474)

Produits pétroliers
Pêche maritime 15 octobre 1969 - Décret n° 69-439 modifiant le décret n° 67-213 du
22 octobre 1969 - Décret n° 69-445 portant interdiction du chalutage 26 mai 1967, portant fixation des taxes de péage sur les produits
de fond aux navires de pêche étrangers dans la zone contigüe aux pétroliers.
eaux territoriales de la Côte d'ivoire.
(J.O. du 30 octobre 1969, page 1562)
(J.O. du 30 octobre 1969, page 1563)

Taxes fiscales
Pharmacie (Produits)
10 juin 1969 - Arrêté n° 66-MSP/DG-9 portant enregistrement de la 30 décembre 1969 - Ordonnance n° 69-521 portant aménagements
spécialité pharmaceutique vaccin antidiphtérique, antitétanique, fiscaux.
anticoquelucheux. (J.O. du 31 décembre 1969, page 1874)
(J.O. du 2 octobre 1969, page 1418)

Taxis (Chauffeurs de)


Prestations familiales
17 octobre 1969 - Arrêté n° 1824 MTP-DTR fixant les conditions
5 novembre 1969 - Décret n° 69-457 portant relèvement du taux des d'établissement, de délivrance et de validité des certificats d'aptitude
prestations familiales et fixant le taux de ces prestations. à l'exercice du métier de chauffeurs de taximètre.

(J.O. du 20 novembre 1969, page 1686) (J.O. du 13 novembre 1969, page 1637)

- 69 -
TABLE CHRONOLOGIQUE
10 juin 1969 30 septembre 1969
Arrêté n° 66 MSP/DG-9 portant enregistrement de la spécialité Décret n° 69-427 fixant la date d'ouverture et le prix minimum
pharmaceutique vaccin antidiphtérique, antitétanique, d'achat au producteur pour la campagne principale cacao 1969-
anticoquelucheux. 1970.
(J.O. du 2 octobre 1969, page 1422)
(J.O. du 2 octobre 1969, page 1418)

16 septembre 1969 1er octobre 1969


Décret n° 69-416 portant règlementation en matière de contrôle des Ordonnance n° 69-432 portant approbation de la convention du 26
marchés et conventions passées sur les budgets de l'Etat et budgets mars 1966, entre la République de Côte d'ivoire et la Société Mafit
annexes. Trust Corporation à Genève.

(J.O. du 2 octobre 1969, page 1409)


(J.O. du 16 octobre 1969, page 1472)
17 septembre 1969
Arrêté n° 7183 MAEF-AE, portant fixation des mesures provisoires 9 octobre 1969
d'application du blocage des prix aux produits sidérurgiques
Arrêté n° 152 MEN portant règlementation du diplôme d'instituteur
importés.
adjoint stagiaire et du diplôme d'instituteur stagiaire.
(J.O. du 2 octobre 1969, page 1414)
(J.O. du 30 octobre 1969, page 1567)

29 septembre 1969
Rectificatif à la loi n° 69-371 du 12 août 1969, modifiant et
15 octobre 1969
complétant certaines dispositions du Code de Procédure Pénale. Décret n° 69-439 modifiant le décret n° 67-213 du 26 mai 1967,
portant fixation des taxes de péage sur les produits pétroliers.
[J.O. du 16 octobre 1969, page 1471)
(J.O. du 30 octobre 1969, page 1562)
29 septembre 1969
Rectificatif au décret n° 69-373 du 12 août 1969, fixant les modalités 15 octobre 1969
d'application de la loi n° 69-371 du 12 août 1969, portant statut du
Décret n° 69-440 accordant l'aval de l'Etat à une avance consentie
Notariat.
(J.O. du 16 octobre 1969, page 1474) au Crédit de la Côte d'ivoire par la Caisse Centrale de Coopération
Economique pour le financement partiel des travaux d'adduction
30 septembre 1969 d'eau envisagé par la Commune d'Abidjan.

Décret n° 69-425 fixant la date de clôture des opérations de (J.O. du 30 octobre 1969, page 1581)
commercialisation de la campagne caféière 1969-1970.

(J.O. du 2 octobre 1969, page 1421) 17 octobre 1969


30 septembre 1969 Arrêté n° 1824 MTP-DTR fixant les conditions d'établissement, de
Décret n° 69-426 fixant la date d'ouverture et le prix minimum délivrance et de validité des certificats d'aptitude à l'exercice du
d'achat au producteur pour la cam- métier de chauffeurs de taximètre.

(J.O. du 2 octobre 1969, page 1421) (J.O. du 13 novembre 1969, page 1637)

— 70 —
18 octobre 1969 5 novembre 1969
Arrêté n° 1827 MTP/RAN, relatif à la répression de l'embarquement
Décret n° 69-457 portant relèvement du taux des prestations
clandestin à bord des trains de marchandises.
familiales et fixant le taux de ces prestations.
(J.O. du 6 novembre 1969, page 1605)
(J.O. du 20 novembre 1969, page 1686)
22 octobre 1969
Décret n° 69-444 portant création d'une Commission sociale de la
11 novembre 1969
Marine Marchande et des Pêches Maritimes. Arrêté n° 158 MEN, portant création d'un prix de poésie en Côte
(J.O. du 30 octobre 1969, page 1562) d'ivoire.
(J.O. du 27 novembre 1969, page 1703)
22 octobre 1969
Décret n° 69-445 portant interdiction du chalutage de fond aux 11 novembre 1969
navires de pêche étrangers dans la zone contigüe aux eaux
territoriales de la Côte d'ivoire. Arrêté n° 159 MEN, portant création d'un prix de théâtre en Côte
d'ivoire.
(J.O. du 30 octobre 19.69, page 1563)
(J.O. du 27 novembre 1969, page 1703)
22 octobre 1969
Décret n° 69-446 accordant l'aval de l'Etat à un emprunt contracté 13 novembre 1969
par le Crédit de la Côte d'ivoire auprès de la Caisse Centrale de Arrêté n° 7624 MAEF, complétant l'arrêté n" 1866 FAEP-CAB du 24
Coopération Economique. août 1964 fixant les routes légales à l'importation et à l'exportation.

(J.O. du 30 octobre 1969, page 1581) (J.O. du 4 décembre 1969, page 1743)

22 octobre 1969 20 novembre 1969


Projet de décret n° 69-447 instituant un contrôle des constructions
Décret n° 69-484 complétant le décret n! 69-426 du 30 septembre
édifiées pour le compte des établissements publics et des sociétés
1969, fixant la date d'ouverture et le prix minimum d'achat au
d'Etat.
producteur pour la campagne caféière 1969-1970.
(J.O. du 30 octobre 1969, page 1589)
(J.O. du 4 décembre 1969, page 1755)

5 novembre 1969 20 novembre 1969


Décret n° 69-454 accordant l'aval de l'Etat à un emprunt contracté
par la Société pour le Développement et l'Exploitation du Palmier à Décret n° 69-485 complétant le décret n° 69-427 du 30 septembre
huile (SODEPALM) auprès de la Caisse Centrale de Coopération 1969, fixant la date d'ouverture et le prix minimum d’achat au
Economique. producteur pour la campagne principale cacao 1969-1970.

(J.O. du 20 novembre 1969, page 1677) (J.O. du 4 décembre 1969, page 1755)

5 novembre 1969 21 novembre 1969


Décret n° 69-455 accordant l'aval de l'Etat à un emprunt contracté
Décret n° 69-488 relatif à certaines opérations d'investissements et
par la SODEPALM auprès de la Caisse Centrale de Coopération
d'emprunts avec l'étranger.
Economique.
(J.O. du 27 novembre 1969, page 1710)
(J.O. du 20 novembre 1969, page 1678)
24 novembre 1969
5 novembre 1969
Décret n° 69-456 accordant l'aval de l'Etat à un emprunt contracté Arrêté n° 704 MCU-CAB déterminant les modalités d'application du
par PALMINDUSTRIE, auprès de la Caisse Centrale de décret ri° 67-141 du II avril 1967, portant règlementation du permis
Coopération Economique. de construire.

(J.O. du 20 novembre 1969, page 1678) (J.O. du 11décembre 1969, page 1785)

- 71 -
25 novembre 1969 22 décembre 1969
Arrêté municipal n 73 ST-VU réglementant la circulation des engins Loi n° 69-535 instituant un régime de retraite en faveur des anciens
spéciaux de manutention et des véhicules tractés à marche lente. membres du Conseil Economique et Social.

(J.O. du 25 décembre 1969, page 1868) (J.O. du 31 décembre 1969, page 1873)

4 décembre 1969
Décret n° 69-504 portant application de la loi n3 69-241 du 9 juin 22 décembre 1969
1969, portant réorganisation territoriale de la République. Décret n° 69-537 fixant les règles d'application de la loi n° 69-535 du

(J.O. du I I décembre 1969, page 1768) 22 décembre 1969, qui a institué un régime de retraite en faveur des
anciens conseillers économiques et sociaux.
8 décembre 1969 (J.O. du 31 décembre 1969, page 1877)
Loi n° 69-507 portant création d'un casino et autorisant son
exploitation.
(J.O. du 18 décembre 1969, page 1803)
30 décembre 1969
8 décembre 1969 Ordonnance n° 69-521 portant aménagements fiscaux.
Loi n° 69-511 portant loi rectificative de Finances à la loi n° 68-612
(J.O. du 31 décembre 1969, page 1874)
du 31 décembre 1968.

(J.O. du 22 décembre 1969, page 1833)


29 décembre 1969
8 décembre 1969 Ordonnance n° 69-523 portant modification du tarif des Douanes à

Loi n° 69-509 portant approbation de la Convention d'association l'entrée et à la sortie.

entre la Communauté Economique Européenne et les Etats africains (J.O. du 31 décembre 1969, page 1874)
et malgache associés à cette Communauté.

(J.O. du 25 décembre 1969, page 1844)


30 décembre 1969
8 décembre 1969
Décret n° 69-522 fixant les valeurs mercuriales devant servir de base
Loi n° 69-510 autorisant l'émission d'emprunts obligatoires à lots.
pour le calcul des droits et taxes ad valorem des bois à l'exportation.
(J.O. du 25 décembre 1969, page 1845)
(J.O. du 31 décembre 1969, page 1882)

- 72 -

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