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Guide Méthodologique: Pour L'élaboration

Ce guide méthodologique vise à aider les gestionnaires d'Aires Marines Protégées (AMP) en Afrique de l'Ouest à élaborer des plans de gestion adaptés aux spécificités de la région. Il présente un processus en six étapes clés, allant de l'investigation préliminaire à l'évaluation du plan, tout en intégrant des recommandations et des exemples concrets. Le document souligne également les défis actuels de gestion des AMP, notamment le besoin de renforcement des capacités et l'importance d'approches communautaires.

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Guide Méthodologique: Pour L'élaboration

Ce guide méthodologique vise à aider les gestionnaires d'Aires Marines Protégées (AMP) en Afrique de l'Ouest à élaborer des plans de gestion adaptés aux spécificités de la région. Il présente un processus en six étapes clés, allant de l'investigation préliminaire à l'évaluation du plan, tout en intégrant des recommandations et des exemples concrets. Le document souligne également les défis actuels de gestion des AMP, notamment le besoin de renforcement des capacités et l'importance d'approches communautaires.

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x

Guide
SECTION A Diagnostic et enjeux de l’AMP Guide
A1 Informations générales méthodologique méthodologique
A1.1 La création de l’AMP
pour l’élaboration
A1.2
A1.3
La localisation et les limites de l’AMP
La gouvernance de l’AMP des plans de gestion pour l’élaboration
A1.4 Les inventaires, classements et engagements internationaux
A1.5
A1.6
Le contexte foncier et réglementaire
L’évolution historique et l’occupation du sol de l’AMP
des Aires Marines Protégées
en Afrique de l’Ouest
des plans de gestion
A1.7 Le cadre sociopolitique général

A2 Caractéristiques physiques de l’AMP


des Aires Marines Protégées
A2.1
A2.2
Le climat
L’hydrologie
La rédaction d’un plan de gestion est devenue une activité incontournable pour tout
gestionnaire d’espace protégé. Malheureusement, les résultats peuvent être en Afrique de l’Ouest
A2.3 Géologie et géomorphologie contrastés si l’exercice n’est pas réalisé correctement. Le travail d'élaboration d'un
A.2.4 Les formes du relief et leur dynamique
A2.5 Patrimoine géologique plan de gestion doit tout d’abord répondre à une attente de la part du gestionnaire,
et doit également être entrepris avec méthode.
A3 Caractéristiquesa biologiques et écologiques de l’AMP Charbel Rizk, Julien Semelin,
A3.1 Habitats et processus écologiques Ce guide a été rédigé afin d’accompagner les gestionnaires d’Aires Marines Charlotte Karibuhoye
A3.2 Espèces animales et végétales Protégées d’Afrique de l’Ouest pendant la réalisation de leurs plans de gestion.
A4 Le cadre socio-économique et culturel de l’AMP Il se veut être un document clair, concis, et illustré d'exemples de la sous-région.
Il s’articule en deux parties distinctes. Une première partie décrit le grandes étapes
A4.1 Les représentations culturelles de l’AMP
A4.2 Les savoirs locaux, utilisations passées du site,… de la rédaction du document, de la constitution d’une équipe de rédaction à la

pour l’élaboration des plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest
A4.3 Le patrimoine culturel, paysager, archéologique et historique de l’AMP détermination des méthodes d’évaluation. Cette partie renvoie à une seconde
A4.4 Les activités socio-économiques dans et autour de l’AMP partie, appelée « canevas de rédaction », qui aide le lecteur à construire son propre
A5 Valeurs et enjeux de l’AMP plan de gestion, en suivant un canevas qui s'adaptera à sa situation.

A5.1 La valeur du patrimoine naturel, culturel et socio-économique de l’AMP


A5.2 Les enjeux de l’AMP

SECTION B Objectifs et activités


Charbel Rizk, Julien Semelin, Charlotte Karibuhoye
B1 Les objectifs initiaux de création de l’AMP
et la gestion antérieure

B2 Les objectifs globaux

B3 les objectifs spécifiques

B4 Les stratégies de gestion

Guide méthodologique
B4.1 Description des différentes options et stratégies de gestion
B4.2 Les mesures de gestion

B5 Les activités
B5.1 Description des activités
B5.2 Le cadre logique
B5.3 La programmation des activités
B5.4 Plan d’action annuel

SECTION C Système d’évaluation de la gestion et du plan

C1 L’évaluation annuelle

C2 L’évaluation de fin de plan


SOMMAIRE
Guide
méthodologique
pour l’élaboration
des plans de gestion
des Aires Marines Protégées
en Afrique de l’Ouest
Auteurs :
Charbel Rizk
Julien Semelin
Charlotte Karibuhoye
x
Sommaire
...................................................................

Remerciements

Préface 3

1. Comment utiliser ce document ? 4

2. Le contexte des AMP en Afrique de l’Ouest 4

3. Qu’est-ce qu’un plan de gestion ? 7


3.1 Pourquoi rédiger des plans de gestion ? 8
3.2 Quand rédiger un plan de gestion et pour combien de temps ? 11

4. La rédaction du plan de gestion pas-à-pas 12


4.1 La concertation, la participation et la communication
au centre du processus 12
4.2 Un processus en six étapes clés 16
4.3 Proposition de structure du plan de gestion 19
4.4 Dernières recommandations avant de démarrer 20
4.5 Les étapes du processus 21

Etape 1 Investigations préliminaires 21


Etape 2 Sélection de l’équipe de rédaction 25
Etape 3 Diagnostic et enjeux 29
Etape 4 Identifier les objectifs 39
Etape 5 Programmer les activités 43
Etape 6 Evaluation du plan 49

Canevas de rédaction 51
Note sur les auteurs 76

Bibliographie 77

Lexique intérieur couverture

2 FIBA
SOMMAIRE
Préface
L'objet de ce document est de proposer aux gestionnaires d’Aires
Marines Protégées (AMP) en Afrique de l'Ouest un guide pour
l’élaboration de leurs plans de gestion. Il a été élaboré à la suite d’un
atelier sur les plans de gestion des AMP en Afrique de l'Ouest
organisé au Sénégal du 27 avril au 2 mai 2008 avec l’appui technique
et financier de la Fondation Internationale du Banc d’Arguin (FIBA) dans
le cadre du Programme Régional de Conservation de la zone Marine
et Côtière en Afrique de l’Ouest (PRCM). Les participants venus de
différents pays d'Afrique de l'Ouest ont échangé et été formés sur
les processus de réalisation des plans de gestion. Chaque étape du
processus a été analysée et discutée, ainsi les participants ont eu la
possibilité de partager leurs commentaires, leurs points de vue et
leurs expériences.

A la différence des guides plus généraux auxquels il se réfère,


ce guide a été construit pour répondre à deux attentes :

être une guide adapté aux Aires Marines Protégées,


où les caractéristiques du milieu marin et littoral
sont nettement abordées ;

être un guide adapté aux spécificités de l’Afrique


de l’Ouest, où les approches communautaires et
participatives sont prépondérantes, et où les enjeux
socio-économiques liés à la pêche très importants.

Ainsi, l’idée d’un guide est apparût aux participants de l’atelier pour
remplir deux objectifs : fournir un appui méthodologique aux gestion-
naires, et permettre l’harmonisation des plans de gestion dans
la sous-région et notamment dans le cadre du Réseau d’AMP
en Afrique de l’Ouest (RAMPAO), afin de faciliter les échanges entre
les gestionnaires et les partenaires.

Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 3
1 Comment utiliser ce document ?

Ce guide doit aider le lecteur à construire son plan de gestion étape par étape.
Il suit l’ordre chronologique de rédaction d’un plan de gestion, subdivisé ici en six
étapes clés. Chaque étape explique au lecteur quelles sont les activités clés à
conduire. Le lecteur y trouvera ainsi des recommandations et des exemples
concrets menés sur des AMP de la sous-région. Une partie méthodologique,
appelée « canevas de rédaction » située à la fin du document, l’aidera ainsi à
rédiger son propre document et à renseigner les rubriques correspondantes. Par
exemple, lors de l’étape 3 « diagnostic du site », le document présente les activités
qui peuvent être menées pour collecter les informations (études, enquêtes, etc.)
et oriente le lecteur sur les types d’informations nécessaires. Le « canevas de
rédaction » guidera le lecteur dans la rédaction. Il proposera des chapitres qui
pourront servir à la rédaction du plan de gestion (chapitre climat, chapitre
géologie, etc.).

Avant de commencer toute activité, il est recommandé de lire les six étapes en
entier afin d’avoir une idée précise du processus dans son ensemble. Ensuite, le
lecteur est amené à travailler partie par partie, en respectant l’ordre de celles-ci
afin de suivre la logique de construction d’un plan de gestion. Les différentes
rubriques proposées dans le « canevas de rédaction » » ne sont qu’indicatives, le
rédacteur pourra ignorer des chapitres ou choisir d’en approfondir d’autres, en
fonction des spécificités de son site et des données dont il dispose. Il est
cependant important de respecter l’enchaînement logique du processus qui est le
suivant : connaissance du site – enjeux de conservation – objectifs de gestion –
activités de mise en œuvre.

2 Le contexte des AMP en Afrique de l’Ouest

Bien gérées, les AMP sont de plus en plus considérées comme des outils robustes
contribuant à la conservation de la diversité biologique et à la gestion durable des
ressources halieutiques.

Cependant la gestion efficace des AMP est aujourd’hui encore entravée par un
certain nombre de contraintes liées à la nature même du milieu marin.

Les AMP sont en général associées à des écosystèmes ouverts, parfois vastes,
en mouvement et dynamiques, ce qui favorise la migration des ressources et des
usagers. La création et la gestion d’AMP étant plus récentes que pour les aires
terrestres, les cadres et systèmes de gestion (ressources techniques et
financières, cadres institutionnels, etc.) sont souvent inadéquats dans différents
pays de la région et doivent encore s’adapter à ces nouveaux outils.

Le niveau des connaissances scientifiques sur les ressources marines est en


général moins avancé que sur les écosystèmes terrestres, ceci étant dû en grande
partie au caractère relativement récent et aux coûts élevés des recherches
marines. De plus, les richesses du milieu marin sont moins accessibles que celles

4 FIBA
INTRO
du milieu terrestre, ce qui rend plus difficile
la quantification des bénéfices. Enfin, parmi
les contraintes liées à la gestion des AMP, il faut
mentionner le problème du balisage des limites et
de la surveillance. L’accès des AMP n’étant pas
toujours matérialisé par une barrière physique,
notamment du côté marin, ces sites sont souvent
considérés comme des « zones ouvertes » avec la possibilité de
pénétrer en tout lieu.

Si la plupart des AMP créées dans les quatre dernières décennies en Afrique de
l’Ouest répondaient essentiellement aux besoins de la conservation de la
biodiversité et de promotion du développement économique et social, les objectifs
de leur mise en place se sont de plus en plus diversifiés et englobent aujourd’hui
également le renouvellement des ressources halieutiques ainsi que la préservation
et valorisation du patrimoine culturel et historique.

Aujourd’hui les principaux défis pour la gestion efficace et équitable des AMP en
Afrique de l’Ouest sont multiples et partagés. On constate particulièrement
l’existence de besoins urgents en matière de renforcement des capacités des
gestionnaires, qui s’illustrent entre autres par des insuffisances au niveau de la
description des situations de référence (écologiques et socio-économiques), des
connaissances du statut de conservation des espèces clés et habitats, de
l’élaboration/actualisation des plans de gestion, des capacités d’animation et de
communication, de la mise en place d’actions viables d’appui au développement
local, ou encore de suivi écologique et socio-économique. Par exemple, en avril 2008,

x
Déf. : Qu’est-ce qu’une AMP ?
La définition de l’UICN est la suivante :

Depuis 2008, l'UICN propose une définition pour tout type d'aire protégée :
« un espace géographique clairement défini, reconnu, consacré et géré,
par tout moyen efficace, juridique ou autre, afin d’assurer à long terme la
conservation de la nature ainsi que les services écosystémiques et les
valeurs culturelles qui lui sont associés.»
La particularité des AMP réside essentiellement dans le fait qu’elles sont
constituées – entièrement ou en partie – d’un espace sous influence marine
(intertidal ou infratidal).

Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 5
x
La gestion des ressources
naturelles au Sénégal
Aboubakry Kane, Chargé de projets,
UICN Sénégal.

On constate dans la sous-région une


absence quasi générale de gestion des
ressources naturelles basée sur la mise seules 25% des 24 AMP officiellement
en œuvre d'un plan de gestion. Cette reconnues dans la sous-région avaient un
situation s'explique notamment par une plan de gestion, presque 40% étaient en
tradition de gestion policière et centrali- cours d’élaboration et presque 35% n’en
sée de ces ressources par l'Etat.
disposaient pas encore. Il faut cependant
En effet, le Sénégal, à l'instar de tous
les autres pays qui ont été colonisés, a mentionner que le nombre d’AMP ayant un
géré, après son accession à l'indépen- plan de gestion a doublé en deux ans, avec
dance en 1960, ses ressources en 2011 17 AMP disposant d’un plan de
naturelles par une législation formelle gestion actualisé.
appliquée par des institutions étatiques
fortes. Le schéma classique que l'on Comme pour les aires protégées terrestres,
retrouve partout est la création d'un on distingue plusieurs types d’AMP, de la
département ministériel sectoriel dont zone « fermée », où toute exploitation de
les directions techniques gèrent les res-
ressources est interdite [souvent appelées
sources sur la base d'un code constitué
par une loi et un décret inspirés ou réserves (marines) intégrales] à des zones
reprenant en grande partie la réglemen- d’utilisation multiple. Les AMP constituent
tation issue de l'ancienne Fédération de ainsi un outil de gestion intégrée de la zone
l'Afrique occidentale française. Cette côtière et complètent le panel des techniques
réglementation définit le pouvoir de et outils sectoriels, tels que, dans le domaine
l'agent chargé de sa mise en œuvre, les de la pêche, le repos biologique, les
actes considérés comme infractions et moratoires, la réglementation des engins de
les pénalités relatives. La sévérité de la pêche, ou encore les quotas.
mission policière est illustrée dans le
cas du Sénégal par le pouvoir important
de l'Etat qui contrôle par exemple toutes En Afrique l’Ouest, l’intégration des AMP en
les forêts et plantations y compris les tant qu’outils de gestion territoriale dans les
arbres plantés par les populations qui processus de gestion de la zone marine et
sont soumis aux mêmes règles de res- côtière doit nécessairement être renforcée,
triction en matière d'exploitation. notamment par une plus forte intégration
sectorielle et la promotion active du dialogue
interinstitutionnel. La gestion des AMP doit
également s’appuyer davantage sur la
recherche, notamment pour la définition des valeurs et impacts des AMP sur les
ressources, l’élaboration des états de référence, l’évaluation de l’efficacité de
gestion ou encore la construction d’un argumentaire robuste pour le plaidoyer et
l’aide à la décision.

Un autre défi majeur à la gestion efficace des AMP en Afrique de l’Ouest est la
promotion de modèles innovants de gestion tels que les AMP communautaires, les
aires du patrimoine communautaire et la gestion transfrontalière des ressources
partagées. Il faut enfin souligner le problème récurrent et général du sous-
financement, qui appelle l’identification et la mise en place d’alternatives viables en
matière de financement durable des AMP.

Du fait du caractère relativement récent de cet outil, il y a un besoin d’adéquation


des cadres juridiques nationaux dans les différents pays, afin de mieux prendre en
compte les particularités des AMP. D’autre part, l’harmonisation des législations
s’impose comme une condition à la concertation et la collaboration sous-régionale
face aux problèmes partagés par les pays. Cette gestion concertée au niveau sous-
régional implique la consolidation du récent Réseau des Aires Marines Protégées
en Afrique de l’Ouest (RAMPAO), plus spécifiquement le renforcement de son
fonctionnement institutionnel, de sa cohérence et de sa fonctionnalité, notamment
par l’amélioration de la représentativité des divers habitats critiques et de la
connectivité entre les AMP.

6 FIBA
INTRO
3 Qu’est-ce qu’un plan de gestion ?

Il existe de nombreuses définitions d’un plan de gestion. En voici quelques-unes


des plus communément admises et citées :

“ Un plan de gestion est un document écrit, discuté et approuvé qui décrit un site
ou une zone, ainsi que les problèmes ou opportunités de gestion pour la
protection de ses milieux naturels, de sa géomorphologie ou de ses paysages,
et qui permet à des objectifs fondés sur ces informations d'être atteints grâce
à un travail pertinent sur une durée de temps prédéterminée.”
› (Eurosite, 2001)

“ [Un plan de gestion] contient les objectifs de gestion et les moyens et stratégies
qui permettent de les atteindre. Le plan n'est pas une fin en soi ; il constitue
plutôt un cadre pour la gestion, la mise en œuvre et la planification.”
› (Parks Canada, 1978).

“ Un document qui oriente et contrôle la gestion d'une aire protégée. Il décrit de


façon détaillée les ressources, usages, infrastructures ainsi que le personnel
nécessaire à la gestion de l'aire dans l'avenir. C'est un document de travail qui
présente un programme pour les 5-10 années suivantes.”
› (Ndosi, 1992).

“ Un document qui énonce la philosophie fondamentale de développement du parc


et met en place des stratégies qui permettent de résoudre des problèmes et
d’atteindre des objectifs de gestion identifiés sur une période décennale. Les
activités des visiteurs et les bénéfices pour l’Homme sont identifiés sur la base
de ces stratégies, programmes, actions et infrastructures d’appui nécessaires
à des opérations effectives au niveau du parc. Grâce aux efforts de planification,
le parc est vu sous l’angle d’un contexte régional qui exerce une influence sur lui
tout en étant influencé par celui-ci.”
› (Young and Young, 1993).

“ Un plan de gestion est un outil qui permet de définir, de programmer et de


contrôler la gestion de manière objective et transparente. Sa rédaction permet
de tirer le plus grand profit de toutes les expériences positives et négatives,
dans un processus d’adaptation progressive, au fur et à mesure des évaluations.”
› (Chiffaut, 2006).

En conclusion, un plan de gestion est :

Un document-guide qui tient compte des objectifs de création de l’AMP ;

issu de la concertation ;

basé sur les connaissances disponibles du site et sur les enjeux et objectifs
de gestion ;

un programme des activités et des moyens sur une période donnée.

Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 7
3.1 Pourquoi rédiger des plans de gestion ?

Comme cela est rappelé dans les définitions précédentes, les plans de gestion
sont des outils et ne sont pas une fin en soi. Il existe cependant une forte tendance
à la rédaction de plans de gestion, si bien que dans certains sites, les efforts ont
été concentrés sur la production d'un plan de gestion et non sur la gestion effective
du site. Les plans produits soit dans ce cadre, soit sans un réel intérêt de la part
du gestionnaire, sont rarement utilisés et relégués sur une étagère une fois leur
rédaction achevée. La rédaction d’un plan de gestion doit donc correspondre à
une attente, du gestionnaire mais aussi de ses partenaires et parties prenantes.
S’il est vrai que les AMP n’ont pas toutes besoin d’un plan de gestion complet pour
débuter leurs opérations, celui-ci est nécessaire pour orienter les objectifs et le
développement à long terme de la zone (Salm et al., 2000).

Un intérêt tant dans le processus que dans le document final


Le premier intérêt d’un plan de gestion se situe précisément lors de sa rédaction.
Il s’agit d’un moment important dans la vie d’une AMP, qu’il arrive à la création ou
bien après. C’est une occasion unique de réunir toutes les parties prenantes pour
identifier des enjeux et formuler des objectifs. Cette étape constitue ainsi un
excellent travail de concertation et une approche participative de la gestion.

Parfois une obligation réglementaire


Dans certaines AMP, principalement des espaces protégés gérés par l’Etat, la
production d’un plan de gestion est mentionnée dans les textes de loi. Ce plan doit
être approuvé et rendu officiel. Si sa production revêt ici un caractère
« obligatoire », la motivation doit être la même que pour toutes les autres
catégories d’aires protégées, à savoir la mise en place d’une gestion efficace.

8 FIBA
INTRO
Dresser un état de référence…
La rédaction d’un plan de gestion est une occasion unique d’enrichir les
connaissances autour de l’AMP, qu’elles soient écologiques, socio-économiques
ou culturelles. Le travail de « diagnostic » (cf. étape 3 : diagnostic) permet
d’augmenter le niveau de compréhension du site, mais aussi du système plus large
dans lequel il se trouve. Cette phase d’enrichissement des connaissances permet
de créer des liens avec les autres sites de la sous-région confrontés aux mêmes
problématiques de gestion.

...pour mettre en place des outils d’évaluation de l’efficacité de gestion


Ces états de référence, combinés aux objectifs qui sont formulés dans le plan de
gestion, servent de base aux évaluations de l’efficacité de gestion qui s’en suivront.
Le plan de gestion doit fournir tout ou partie des éléments sur lesquels les outils
d’évaluation de l’efficacité de gestion vont s’appuyer (états de référence, objectifs,
indicateurs de suivi, etc.).
Ce guide complète le guide UICN Comment va votre AMP ? de Pomeroy et al.,
2006, conçu spécifiquement pour les AMP.

x
L’EXPÉRIENCE MEDWETCOAST
D’après Sylvie Goyet : Le plan de gestion avec modération (Revue Espaces
Naturels n°22, avril 2008)

Le projet MedWetCoast a appuyé entre 1999 et 2006 l’élaboration de plan de


gestion dans une quinzaine de sites pilotes de la Méditerranée. Lors de la dernière
année du projet, une évaluation de la démarche a été conduite par l’équipe du projet,
et les résultats sont contrastés.

Tout d’abord, les études de diagnostic ont été très souvent incomplètes, laissant
de côté certains aspects liés aux milieux aquatiques, ainsi qu’une faiblesse dans
les données socio-économiques et les aspects culturels.

Une autre lacune a été soulignée au niveau de la non prise en compte des
écosystèmes adjacents aux aires protégées et des interrelations entre espèces,
les études se cantonnant aux limites strictes des aires protégées, qui ont parfois
été plutôt construites sur des aspects plus administratifs qu’écosystémiques.

L’identification des valeurs des sites a également bien souvent été trop axée sur
des aspects purement liés à la conservation de la biodiversité au niveau
international, délaissant les valeurs données par les populations au niveau local
(comme l’abondance des ressources en poisson par exemple).

Enfin, une des principales faiblesses se situait dans l’absence de construction d’un
business plan en parallèle de la démarche, conduisant à la rédaction de plans de
gestion irréalistes.

La rédaction d’un plan de gestion doit donc être initiée avec précaution, car un échec
peut coûter cher, tout d’abord en terme de moyens humains et financiers, mais aussi
car il peut entrainer un essoufflement des communautés dans la participation à la
gestion. L’approche doit être la plus pragmatique et adaptée au contexte, devant
aboutir à la production d’un plan de gestion simple, lisible par tous et chiffré. Enfin,
et surtout, pour être compris et amélioré, le processus doit être cyclique.

Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 9
Planifier les activités
Les plans de gestion sont avant tout des outils de planification indispensables à la
bonne gestion d’un site, à plusieurs niveaux. Tout d’abord pour le gestionnaire,
il lui permettra d’évaluer les efforts (financiers et humains) qu’il devra fournir pour
mener à bien les objectifs qui auront été fixés. En soi, le travail de planification lié
au plan de gestion sera effectué en parallèle d’un travail de rédaction d’un plan
d’affaires. Ce travail de planification évitera aux gestionnaires de « naviguer à vue »
en fixant des objectifs à atteindre sur la durée du plan. A un autre niveau, ce travail
de planification est aussi destiné aux différents partenaires, dont les bailleurs de
fonds, qui pourront y trouver des activités à appuyer, des synergies ou de nouveaux
projets à développer, en accord avec les attentes locales.

Et communiquer aux parties prenantes


De ce fait, le plan de gestion devient également un important outil de
communication. Il doit donner une idée claire des objectifs de l'AMP, des résultats
à atteindre, afin de montrer les activités menées. La diversité du public amené à
lire un plan de gestion conduit parfois l’équipe de rédaction à produire deux
documents : un document complet regroupant toute l’information, mais parfois
trop technique et trop long pour un public non initié, et un document de synthèse
destiné plutôt au grand public et aux décideurs politiques.

x
10 bonnes raisons
de planifier la gestion d’une Aire Protégée
Adapté de Wetland Management Planning : A Guide for Site Managers (Chatterjee
et al., 2008).

1. Identifier les objectifs de gestion du site.

2. Identifier quels facteurs affectent ou peuvent affecter


les caractéristiques principales de votre site.

3. Résoudre les conflits.

4. Identifier et décrire les actions nécessaires pour atteindre


les objectifs de gestion.

5. Définir les besoins de suivis.

6. Maintenir une gestion continue et efficace.

7. Contribuer à obtenir des ressources financières.

8. Favoriser la communication dans et entre les sites, les organisations


et les parties prenantes.

9. Démontrer que la gestion est efficace.

10. S'assurer de la conformité avec les politiques locales nationales


et internationales.

10 FIBA
INTRO
3.2 Quand rédiger un plan de gestion et pour combien de temps ?

Idéalement, le plan de gestion doit être rédigé dès qu'un site est reconnu comme
une aire protégée. Le nombre d'années couvertes par le plan dépendra de :

l'expérience acquise par l’équipe gestionnaire en matière de planification ;

la nature de l'écosystème (les forêts sont des écosystèmes relativement


statiques comparées aux zones humides) ;

les lois imposées par les autorités nationales si elles déterminent un nombre
spécifique d'années ;

Les capacités de mise en œuvre disponibles.

Habituellement pour les écosystèmes très dynamiques, un plan de gestion est


rédigé pour une période comprise entre cinq et dix ans. Une période plus courte
(trois ans) peut être préférable s’il s’agit par exemple du premier plan de gestion,
ou si les gestionnaires manquent d’expérience.

Le temps nécessaire pour préparer un plan de gestion dépend principalement de


la durée des négociations avec les parties prenantes et de la disponibilité des
informations. En règle générale, la rédaction d'un plan nécessite environ 12 mois.
Si le processus de planification doit durer plus longtemps, il est souhaitable de
produire des plans plus courts pour des zones ou des thèmes qui ont déjà fait
l'objet d'accords.

+ Il est fortement
recommandé de mettre
en place un plan d'action
pour l’équipe de rédaction
dès le démarrage
du processus.

Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 11
4 La rédaction du plan de gestion pas-à-pas

La construction d’un plan de gestion doit être abordée par étapes. Ce guide
propose six étapes clés (cf. chapitre 4.2), mais il est important de noter que la
concertation, la participation et la communication doivent être au centre du
processus et font ainsi parties intégrantes de chacune des étapes.

Lors de l’atelier organisé par la FIBA en 2008, et comme précisé dans la majorité
des guides, documents ou publications, tous les participants ont identifié la
consultation et la communication comme le cœur du succès pour le développement
et la mise en œuvre du plan de gestion, ainsi que pour la gestion en général de
l’aire protégée.

4.1 La concertation, la participation et la communication


au centre du processus
Construire le plan de gestion est un processus participatif

Le premier objectif de la concertation consiste à fournir une information complète


aux parties prenantes. Elle facilite l’acceptation, voire l’appropriation, des objectifs
et des activités par les acteurs, ce qui est indispensable pour mettre en œuvre le
plan avec leur collaboration.

Gérer une aire protégée n’est pas seulement gérer la biodiversité, il s’agit surtout
de prendre en compte la population et ses activités. En conséquence, la gestion
des aires protégées et en particulier la rédaction de plans de gestion a évolué
d’une approche exclusivement pilotée par des experts, à une approche pleinement
participative, d’une démarche « top-down » à une démarche « bottom-up ».
Les parties prenantes doivent être directement impliquées dans la gestion et les
décisions de gestion et doivent apporter leur vision de la valeur et du fonction-
nement du site.

Les objectifs d’une AMP peuvent être locaux, nationaux ou globaux. Il y a une réelle
nécessité de mettre en adéquation ces différents niveaux d’approche. Les objectifs
visés par une AMP dépassent parfois la seule responsabilité des usagers locaux.
Il est certain que l’approche « expert seulement » a montré ses limites,
et l’implication des communautés locales dans
la gestion des AMP d’Afrique de l’Ouest et
ailleurs est une condition nécessaire pour
garantir leur fonctionnement. Cepen-
dant, il appartient au gestionnaire de
définir les limites qu’il aura à fixer,
en fonction de ses contraintes et
des objectifs qu’il cherchera à
atteindre.

12 FIBA
INTRO
x
L’exemple du Parc National du Banc d’Arguin en Mauritanie
Cheibany Ould Senhoury. Chef du département d'appui technique.
Antonio Araujo, Coordinateur du Programme PNBA de la FIBA.

Le Parc National du Banc d'Arguin (PNBA), première Aire Marine Protégée d'Afrique
de l'Ouest, a joué un rôle pionnier dans la sous-région. Le PNBA a été créé en 1976
grâce à des caractéristiques écologiques et ses valeurs scientifiques et culturelles
exceptionnelles.

Ce n’est qu’environ 20 ans après sa création que le PNBA s’est doté d’un plan directeur
couvrant la période 1994-2003, approuvé en 1995. Ce plan a été conçu de façon
linéaire sans réelle participation des populations. Les parties prenantes ont davantage
contribué à l’élaboration et la mise en œuvre du Plan d’Aménagement et de Gestion
2005-2009. La participation des populations a cependant encore été minime.

Ce n’est que pour le PAG 2010-2014 qu’une analyse des acteurs a été réalisée au
démarrage du processus et que la participation des populations est devenue une
priorité. Malgré cela, des progrès sont encore à réaliser en matière de participation
des populations locales et des autres acteurs impliqués dans la gestion du PNBA.
L'actuel plan d'aménagement et de gestion est un guide au quotidien et un outil de
fonctionnement du PNBA, reposant sur une stratégie d’ouverture et de coopération.
Celle-ci implique notamment son intégration dans les politiques sectorielles
nationales et le renforcement du rôle des collectivités et de la société civile dans
la mise en œuvre des actions de développement local.

Le PAG 2010-2014 du PNBA est articulé autour de cinq thématiques qui focalisent
le travail du PNBA et cernent les priorités :
› surveillance et application des mesures de conservation,
› développement territorial durable,
› promotion et valorisation de l’AMP (écotourisme, éducation à l’environnement
et communication),
› coordination des recherches scientifiques et observatoire de l’environnement,
› gouvernance partagée et gestion durable de l’institution PNBA.

Le PAG est décliné chaque année en plans d'action annuels. Des réunions
trimestrielles d'évaluation et de bilan sont réalisées. De plus, le PNBA est doté d'un
plan de modernisation et d'un plan d'affaires actuellement en phase de mise à jour.
La capitalisation pour un fonds fiduciaire est en cours pour assurer la durabilité des
démarches de gestion consignées dans le PAG. L'Etat mauritanien a déjà mobilisé
des fonds propres pour alimenter le fonds fiduciaire du PNBA, faisant ainsi preuve
d’un engagement politique sans précédents et donnant un exemple à suivre ailleurs.

Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 13
Points clés à garder à l’esprit :

1 Les parties prenantes vont participer au processus si elles trouvent un bénéfice


dans leur participation ;

2 La confiance dans le processus et en particulier dans le facilitateur (cf. Etape 2,


p.25) est d’une importance majeure pour assurer le succès. La transparence
est essentielle au processus.

3 Les processus participatifs sont la plupart du temps retardés à cause du


manque de connaissance des parties prenantes. La communication et la mise
à disposition d’informations sont des facteurs clés qui facilitent la prise de
décision.

4 Les contributions des parties prenantes et en particulier des populations locales


résidentes sont indispensables à la compréhension du site et à l’appréciation
de ses valeurs.

La communication comme outil d’information des parties prenantes

La communication est un outil essentiel à tous les niveaux et durant toutes les
étapes de mise en œuvre du plan de gestion :

La communication est déterminante en particulier au début du processus.


La population, si elle est bien informée sur les problématiques de gestion, est
plus prompte à négocier. Il est recommandé que ces processus démarrent le
plus tôt possible.

Durant les différentes étapes de la préparation du plan, l’information sur


les activités en cours telles que les enquêtes ou les études améliore
l’appropriation du processus par les parties prenantes et augmente la confiance
et l’échange.

Durant la mise en œuvre du plan, la communication permet de mettre en valeur


l’ampleur des efforts et l’application des décisions acceptées et intégrées au
plan.

La communication doit viser toutes les parties prenantes et personne ne doit


être laissé à l’écart.

Ce guide pratique ne rentre pas dans les détails de l’approche participative et des
techniques de concertation. Ci-contre sont listées les grands principes de
concertation. Il existe une grande quantité de publications à ce sujet que le lecteur
est invité à consulter. On peut cependant citer ici le Handbook 16 de la convention
Ramsar qui traite de communication, d’éducation et d’information du public (Ramsar
convention secretariat, 2007) et contient d’intéressants détails sur la
communication, ainsi que le guide En gouvernance partagée ! (Borrini-Feyerabend
et al., 2010) qui aborde des caractéristiques propres aux AMP de l’Afrique de
l’ouest.

14 FIBA
INTRO
x
Quelques principes essentiels
pour les processus de concertation
(Adapté de Phillips, 2002)

Il est essentiel que le processus de consultation créé l’échange entre


toutes parties prenantes. Ceci implique que l’équipe :

identifie toutes les parties prenantes ;

approche chaque partie prenante de façon équitable et transparente ;

produise des outils informatifs clairs et utiles ;

utilise des approches culturelles appropriées et variées ;

mette en phase la nature des propositions ;

soit prête à revisiter toute proposition ;

conserve des copies complètes et documentées de tous


les commentaires, et note tous les contacts ;

s’assure que toutes les demandes de réunions et d’outils sont traitées


rapidement ;

s’assure que tous les points de vues ont été considérés, qu’ils aient
été adoptés ou non ;

prenne le temps nécessaire pour que personne ne se sente pris


de vitesse, mais pas trop pour ne pas perdre tout intérêt ;

engage des consultations si des changements dans le plan pouvant


affecter d’autres parties prenantes sont envisagées ;

rende compte des résultats des consultations à tous ceux qui ont fait
des commentaires et ;

et, principe fondamental, traite les parties prenantes comme des


partenaires essentiels dans la conservation des Aires Marines
Protégées, et non comme des obstacles.

+ Pour aller plus loin sur l’approche participative


consulter le guide UICN sur la participation et
les outils de diagnostic participatif :
« Sharing Power » (Borrini-Feyerabend et al., 2004).

Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 15
4.2 Un processus en six étapes clés

Chaque processus de rédaction d’un plan de gestion est différent et dépend des
spécificités de chaque AMP. Cependant, trois grandes phases caractérisent ce
processus : le diagnostic du site, la détermination des objectifs et des
activités, et l’évaluation du plan.

Ce guide propose ici une méthodologie en six étapes clés (cf. fig.1). Il est important
de noter que la rédaction d’un plan de gestion est complémentaire de celle d’un
plan d’affaires et de l’évaluation de l’efficacité de gestion. La rédaction d’un plan
de gestion, au moment de la phase de programmation des activités, dépend en
grande partie du plan d’affaires. L’évaluation de fin de plan fait partie de l’évaluation
de l’efficacité de gestion qui est un processus plus complet et continu. Des guides
bien documentés existent pour ces deux autres processus. Ce manuel y fera
référence tout au long de la description des étapes.

x
Plan de gestion et plan d’affaires…

La rédaction d’un plan de gestion est un processus participatif durant lequel des
objectifs vont être déterminés. Le gestionnaire va pouvoir ainsi élaborer des
activités à partir de ces objectifs. Mais pour que les plans de gestions ne soient
pas « une liste de vœux » impossible à mettre en œuvre, cette phase de
détermination des activités doit être construite sur la base d’une évaluation concrète
des ressources disponibles et des coûts liés à leur mise en œuvre.

Ce travail d’évaluation des coûts et des ressources disponibles (ou potentielles) est
issu de la réalisation du business plan. Idéalement, ces deux processus doivent
être menés en parallèle. Si le plan d’affaires se base sur les activités déterminées
dans le cadre du plan de gestion, celui-ci a besoin du plan d’affaires pour évaluer
la faisabilité des activités qui ont été planifiées et ainsi les prioriser.

(NB : une formation sur les plans d’affaires des AMP a été organisée par la FIBA et
le WWF WAMER en juin 2010, un guide sur l’élaboration des plans d’affaires des
AMP de la sous-région est actuellement en cours d’élaboration).

16 FIBA
INTRO
Etape 1
Premières
investigations

Etape 2
Sélection de l’équipe
de rédaction

Etape 3
Diagnostic
et enjeux

Etape 4
Etape 6
Evaluation
Concertation Les objectifs
du plan
et de l’AMP
communication

Etape 5
Les activités

Le plan d’affaires

Figure 1 : Etapes clés pour la rédaction d’un plan de gestion.

La suite de ce guide s’attachera à décrire chaque étape et aidera le lecteur à


rédiger les parties du plan de gestion correspondantes.

Les deux premières étapes (premières investigations et sélection de l’équipe de


rédaction) se situent en amont du démarrage du processus. Elles ont pour but de
préparer le travail et ne doivent pas être négligées. La phase d’élaboration et de
rédaction du plan de gestion commence véritablement à partir de l’étape 3 : diagnostic
du site (p.29). La communication et la concertation sont au centre du processus.

Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 17
La dernière étape d’évaluation des résultats de la gestion termine un cycle.
Chaque étape de l’élaboration d’un plan de gestion doit faire l’objet d’une évaluation,
afin de s’assurer de la cohérence entre les étapes. L’évaluation de fin de plan fournit
les recommandations nécessaires à la rédaction du plan de gestion suivant.

Un plan définit des objectifs à un moment donné, mais les bonnes pratiques
nécessitent un suivi et une évaluation continue pour mesurer l’efficacité de gestion.
Des révisions régulières permettent d’évaluer l’efficacité des actions menées et de
réajuster le plan, ou d’effectuer une révision fondamentale si nécessaire.

Grâce à cette approche, les gestionnaires d’AMP pourront :

apprendre par l’expérience (“apprendre en faisant”) ;

prendre en compte, et répondre, aux changements qui affectent les particularités


du site ;

développer continuellement ou enrichir la gestion, et

démontrer que la gestion est appropriée et efficace.

Le cycle est habituellement répété à intervalles réguliers et prédéterminés, ou à


tout moment lorsque que des menaces urgentes ou inattendues apparaissent, ou
encore si des changements importants interviennent dans la gouvernance de
l’organe gestionnaire.

x
Recommandations pour une planification
réussie de la gestion
(Issu de Guidelines for management planning of protected areas
(Thomas et al., 2003)

Une planification de gestion réussie sera caractérisée par les aspects ci-dessous :

› C'est un processus et non un événement c'est-à-dire qu'il ne s'achève pas en


même temps que la production du plan, mais continue tout au long de sa mise en
œuvre et même au-delà.
› Elle est en rapport avec le futur : elle identifie les préoccupations et les futures
démarches alternatives, et examine l'évolution des chaînes de cause à effet qui
pourraient résulter des décisions courantes.
› Elle fournit un mécanisme qui permet de réfléchir aux menaces et aux
perspectives ainsi qu’aux autres problématiques complexes, de résoudre des
problèmes et promouvoir la discussion entre les parties concernées.
› Elle est systématique : la plupart des exercices de planification fonctionnent à
travers une suite d'étapes prédéterminées qui structurent le processus et
encouragent une approche logique. Une démarche systématique permet de
s'assurer que les décisions sont fondées sur la connaissance et l'analyse du sujet
et de son contexte, et aide les autres à comprendre la motivation des actions
proposées.

18 FIBA
INTRO
› Elle comprend aussi des jugements de valeur. Le plan de gestion pourrait être
considéré comme "un processus qui englobe l'identification de ce qu'est [une aire
protégée], ce qu'elle devrait être ainsi que la manière de maintenir ou d'atteindre
la condition voulue par rapport aux conditions variables internes et externes."
(Lipscombe 1987). L'utilisation du mot "devrait" implique que les jugements de
valeur permettent de déterminer ce qui "devrait être "aussi bien que "ce qui est".
La planification des aires protégées est ainsi axée non seulement sur l'analyse de
la condition objective de la ressource naturelle, mais aussi sur les populations et
leurs opinions.
› Elle comporte aussi une vue "globale". Le processus de planification peut, s'il est
exécuté de manière ouverte et inclusive, prendre en considération un large éventail
de problèmes, de points de vues et d'opinions. Quand il est appliqué à une aire
particulière, il doit pouvoir comprendre tous les processus et problèmes qui en
découlent aussi bien que ceux qui sont soulevés au-delà de ses frontières.
Le degré d'intégralité ou de "globalité" du processus dépendra toutefois de la
manière dont il est exécuté, des personnes concernées et la façon dont les
décisions finales seront prises.
› C'est un processus continu ; il n'est jamais statique ; il doit s'adapter aux
conditions changeantes et aux objectifs.

4.3 Proposition de structure du plan de gestion

Dans la majorité des manuels et des guides d’aide à la rédaction des plans de
gestion, le document attendu suit la même logique : une description du site, suivie
d’une définition des objectifs de gestion et des activités, qui se termine par la
description de la méthode d’évaluation du plan.

Cette structure est la plus naturelle et il est proposé dans ce guide trois grandes
parties, appelées sections :

SECTION A Diagnostic et enjeux de l’AMP


SECTION B Objectifs et activités
SECTION C Système d’évaluation de la gestion et du plan

Ces sections se décomposent ensuite en différentes parties que l’on retrouve dans
les plans de gestion et les différents manuels cités dans ce document, auxquelles
ont été ajoutées des parties spécifiques au contexte des AMP en Afrique de l’Ouest.

Les chapitres proposés sont indicatifs. Le rédacteur pourra choisir d’en ignorer
certains, ou d’en ajouter d’autres en fonction des spécificités de son site, et des
connaissances dont il dispose. Le tableau ci-après présente une proposition de
table des matières de plan de gestion, reprise par le canevas de rédaction proposé
dans ce guide.

Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 19
4.4 Dernières recommandations avant de démarrer

La description du site doit être claire et succincte. Elle doit se limiter aux faits qui
ont une influence sur la gestion du site. Les informations détaillées ou
complémentaires doivent être placées en annexe et référencées dans le texte.

Le site devra être replacé dans un contexte plus large de manière à pouvoir évaluer
à la fois les effets positifs et négatifs des facteurs d'influence internes ou externes
au site.

Les documents de référence annexés pourront être complétés lorsque de nouvelles


informations sont disponibles.

On pourra aussi décrire les potentiels du site, à la fois en termes écologiques et


en termes d'usages.

S'il existe des informations nécessaires au plan de gestion mais qui ne sont pas
disponibles, il faudra le souligner et planifier leur intégration dans le plan de gestion.

x
Recommandations
pour réussir un plan de gestion
(Issu de Guidelines for management planning of protected areas
(Thomas et al., 2003)

Un plan de gestion doit être :


Clair et accessible :
facile à lire, débarrassé de tout jargon et bien présenté.
Concis et intégral :
pas plus long qu'il n'est absolument nécessaire mais avec assez
d'informations pour remplir sa fonction.
Exact et objectif :
sans erreurs majeures ou observations qui pourraient être obsolètes,
contenant des explication claires.
Systématique et logique :
avec une politique de gestion qui résulte d’une évaluation du site où
chaque proposition est expliquée.
Acceptable et motivant :
pour tous ceux qui ont des intérêts dans le site et qui y sont attachés
de manière affective.
Précis et pratique :
avec des objectifs clairs, des méthodes réalistes pour les atteindre et
aboutissant aux résultats désirés, qui pourront être suivis et contrôlés.
Ciblé et effectif :
remplissant son rôle d’outil de gestion de site, en satisfaisant
les besoins de ses utilisateurs ainsi que les obligations légales.

20 FIBA
4.5 Les étapes du processus

Etape 1 Etape 2 Etape 3 Etape 4 Etape 5 Etape 6


Investigations préléminaires

Etape 1
Avant de mobiliser les parties prenantes, il est important d’avoir une bonne vision
du site, de ses contraintes, de ses enjeux et particulièrement de ses parties
prenantes. Ceci est d’autant plus important pour les équipes qui viennent d’être
nouvellement affectées sur un site. Une analyse préliminaire des parties prenantes
est nécessaire pour éviter toute difficulté supplémentaire, comme cela a été le cas
par exemple pour l’AMP du Bamboung au Sénégal.

x
L’importance de l’analyse des parties prenantes
Ibrahima Diamé, Président du comité de gestion de l’AMP du Bamboung au Sénégal

« Au moment de la création de l'AMP du Bamboung, l'équipe de démarrage avait


mis l'accent sur la sensibilisation des pêcheurs, compte tenu de leur importance
en tant qu'acteurs. Mais pour son fonctionnement, les agents du Ministère de la
Pêche se sentant marginalisés, au profit de ceux du Ministère de l'Environnement,
ont poussé des pêcheurs à continuer leurs activités dans l'AMP et ont ainsi créé
un conflit entre cette catégorie d'acteurs et les gestionnaires de l'AMP ».

Il est très important, avant de commencer les activités sur le site, d’avoir une idée
de l’identité de TOUTES les parties prenantes, de connaître leur rôle, leurs intérêts,
leur degré d’importance et leur influence. Ecarter des groupes peut contribuer à
créer des opposants au processus. Un exemple d’analyse simple de parties
prenantes est proposé ici (cf. tableau 1 page 22) afin d’aider les gestionnaires à
comprendre les implications de chacun dans le processus.

Il est aussi très important d’avoir à l’esprit que le rapport des partenaires avec le
site et le rôle qu’ils y jouent n’est pas statique. Il change avec le temps et l’évolution
des activités au sein de l’AMP et selon les contraintes extérieures. L’analyse doit
donc être fréquemment reconduite.

Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 21
o
TABLEAU 1

Exemple de liste des parties prenantes les plus influentes


dans le cadre du projet de création d’une AMP à Yawri Bay
en Sierra Leone (Sierra Leone Forestry Department, 2010)

Les groupes de partenaires locaux ayant une influence sur les décisions prises
dans la gestion des zones marines et côtières se divisent en deux grandes
catégories : les membres du gouvernement local et les groupes de la société civile.

Les membres du gouvernement local


• Chef de village et Anciens du village ;
• Chef de section et principal responsable de la chefferie
• Président et comités du quartier

La société civile
• Les chefs religieux aussi bien musulmans que chrétiens
• Les groupes de jeunes, les maîtres d’écoles là où il y a des écoles.
• Les responsables des sociétés secrètes (société poro pour les hommes et
bondo pour les femmes)
• L'Union des Pêcheurs Artisanaux de Sierra Leone (UPASL/SLAFU) qui
représente :
- les pêcheurs
- les propriétaires de pirogues
- les transformateurs de poissons
- les mareyeurs
- les fabricants de paniers
- les bûcherons et les vendeurs de bois
- les mécaniciens des moteurs hors-bord
- les constructeurs de pirogues
• La Nouvelle Union des Pêcheurs Artisanaux de Sierra Leone
(NUPASL/SLAAFU) (qui résulte d'une fusion)

Voici une liste de parties prenantes potentielles que l’on retrouve communément
dans les AMP d’Afrique de l’Ouest :

1 Les institutions locales et leurs représentants ;

2 Les représentants de l’Etat (agents du Ministère en charge des pêches ou de


l’environnement, représentants de la préfecture, etc.)

3 Les utilisateurs du site et de ses ressources (dans et hors AMP), y compris les
pêcheurs de subsistance, les pêcheurs artisanaux, les pêcheurs migrants, les
agriculteurs, les femmes collectrices de coquillages, les transformatrices de
poissons, les opérateurs touristiques, les compagnies forestières et minières,
les commerçants, les chasseurs, les écologistes, les touristes...

4 Les autorités traditionnelles et religieuses.

5 Les ONG locales, nationales, et internationales.

6 Les universités, les instituts de formation et de recherche.

22 FIBA
x
Les premières étapes de l’analyse des parties prenantes

1. Répertorier toutes les parties prenantes.

Etape 1
2. Pour chaque partie prenante, déterminer son intérêt (en y attribuant
un degré de 1 à 5), ses effets (positifs ou négatifs), et son influence
(avec un degré de 1à 5 également) exercés sur le site.

3. En utilisant les informations ci-dessus, classer les parties prenantes


conformément au tableau 2 ci-dessous. Ceux qui sont en bas à droite
sont les plus importants et les plus influents ; il faut maintenir des
relations étroites avec eux et les impliquer complètement au
processus. Ainsi une stratégie d’implication adaptée sera mise en
œuvre pour chaque catégorie.

TABLEAU 2
Matrice des degrés d’importance du site pour les parties
prenantes et de leur influence sur le site.

Degré d’influence des parties prenantes sur le site

1 2 3 4 5
Degré d’intérêt
des parties Influence
Inconnu Peu ou pas Faible Influence Très
prenantes signi-
pour le site d’influence influence modérée influent
ficative

Inconnu Sensibiliser
Effort minimum
et impliquer/former
Placer ici les parties prenantes
1. Peu ou pas d’intérêt Placer ici les parties prenantes
correspondantes aux degrés
correspondantes aux degrés
d’influence et d’importance
2. Intérêt faible d’influence et d’importance

3. Intérêt modérée Acteurs critiques


Garder informé et impliquer
(accompagnement rapproché)
Placer ici les parties prenantes
4. Intérêt important Placer ici les parties prenantes
correspondantes aux degrés
correspondantes aux degrés
d’influence et d’importance
5. Rôle critique d’influence et d’importance

Une fois les parties prenantes identifiées, il peut être intéressant de créer une
matrice (cf. tableau 2), classant les parties prenantes en fonction de leur degré
d’influence et leur intérêt pour le site. Ainsi, il sera facile d’identifier les groupes
cibles qui nécessitent un accompagnement et des efforts importants pour les
intégrer aux différentes processus de gestion.

Il faut garder à l'esprit que cet outil ne montre pas les rapports des parties
prenantes avec le site et ses composants. Ces relations sont mieux comprises au
fur et à mesure que le travail de planification évolue.

Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 23
La compréhension des pressions, des enjeux et des problèmes du site permet
à l'équipe de rédaction du plan de gestion de se préparer pour le processus de
négociation. Elle a aussi un impact sur la composition de l'équipe de rédaction :
par exemple, une expertise dans le domaine de la gestion des pêches pourrait être
requise pour appuyer le facilitateur dans le processus d’engagement des parties
prenantes.

La compréhension du niveau de sensibilisation, de connaissances et de


capacité des parties prenantes est essentielle dans la définition de cette
participation. Moins les connaissances sont importantes, plus le processus des
négociations est long et vice versa. L'équipe de rédaction doit avoir une idée claire
de la manière et du lieu où les parties prenantes obtiennent des informations et
utiliser de préférence les canaux existants.

De plus, une bonne compréhension par le responsable du site des capacités et


des ressources disponibles (financières et humaines) pour préparer et mettre
en oeuvre le plan de gestion permettra de s’assurer que les attentes sont traitées
à une échelle/niveau convenable et que les désagréments et conflits ultérieurs
seront évités.

Comme il est précisé plusieurs fois dans le guide pratique Eurosite (Eurosite,
2001) :

“ Echec dans la préparation, préparation a l'échec ”

La clé du succès du processus de planification et de mise en œuvre


ultérieure du plan de gestion se trouve dans les bonnes relations avec les
parties prenantes et la compréhension mutuelle. Une fois la compréhension
nécessaire établie, il appartiendra à l'équipe de gestion/planification de se
constituer et de présenter son mandat et son organisation aux parties prenantes.
C'est à ce moment que les efforts de communication commencent. Le principe
clé est d’agir avec précaution pour ne pas susciter des attentes qui ne
pourraient être satisfaites.

24 FIBA
Etape 1 Etape 2 Etape 3 Etape 4 Etape 5 Etape 6
Sélection de l’équipe de rédaction
Une équipe de planification et de rédaction d’un plan de gestion est
habituellement composée :

d’un responsable du projet qui n’est pas nécessairement celui qui rédige
l’intégralité du plan, mais il a la responsabilité de fournir le produit ;
Etape 2
d'un facilitateur, personne clé qui traitera avec les parties prenantes, en
particulier avec les communautés locales ;

des experts qui se joignent à l'équipe pour de courtes périodes en cas de


nécessité. Ces personnes contribuent à la collecte des informations et fournissent
une assistance technique au facilitateur spécialement durant les réunions.
L'équipe d'experts doit être multidisciplinaire ;

du comité de planification composé des représentants des parties prenantes


impliquées dans la gestion du site. Il s’agit notamment des institutions,
des communautés locales, des acteurs locaux, etc. ;

d’un expert en communication qui assure constamment la communication


avec les parties prenantes pour les informer, les sensibiliser et renforcer leurs
capacités ;

L'équipe de rédaction doit également inclure certaines parties prenantes


intéressées et motivées. Ce sont de très bonnes sources d'information et elles
facilitent les liens avec les entités ou communautés qu'elles représentent.

Le nombre de personnes dans l'équipe de planification doit être réduit au strict


nécessaire. Il ne faut pas la surcharger avec des personnes qui ne sont pas
indispensables, cela accroît les coûts et réduit l'efficacité.

Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 25
Comme dans toute organisation, l'esprit d'équipe est très important. Il est
nécessaire de s'assurer que la cohérence est de mise entre les membres de
l'équipe et qu'ils peuvent travailler en toute facilité et communiquer ensemble.

Enfin, il est important d'avoir une équipe multidisciplinaire, en intégrant les


communautés locales, des experts en matière de conservation marine, des socio-
économistes, des experts de la pêche, d’autres responsables d'AMP, etc.

La configuration de l’équipe de rédaction peut prendre plusieurs formes, en fonction


de la désignation du responsable du projet. Ainsi, les configurations suivantes
peuvent être envisagées, de la plus « interne » à la plus « externe » :

• Le responsable du projet est un membre désigné de l'équipe de gestion


déjà en place. Cette configuration permet une plus grande participation et une
appropriation du produit final mais son inconvénient est qu'elle relègue
l'élaboration du plan de gestion en dernière place de la liste des priorités puisque
le gestionnaire est confronté à des problèmes quotidiens qui requièrent tout son
temps et toute son attention. De même cette charge supplémentaire peut avoir
un impact négatif sur la gestion puisqu'une partie du personnel a été affecté à la
rédaction et n'aura donc plus de temps à consacrer aux activités de gestion.

• Le responsable du projet est spécialement (et uniquement) recruté par


l'équipe de gestion pour la rédaction du plan de gestion. Il s’agit de la
meilleure configuration en ce sens qu'elle ne surcharge pas l’équipe du site avec
des responsabilités supplémentaires, mais permet de l’impliquer dans le
processus.

• La tâche de rédaction du plan de gestion est confiée à un expert, en


étroite collaboration avec l’équipe de gestion. Cette configuration est parfois
une bonne solution, notamment lorsque l’équipe en charge de la gestion n’est
pas en mesure de mobiliser les ressources nécessaire (temps, capacités
techniques,…). Cette formule permet d’impliquer l’équipe et peut être une
occasion de renforcer ses capacités.

• La tâche de planification est confiée à un expert sans aucune intervention


de l'équipe de gestion. C'est la pire des configurations. En général, les experts
connaissent relativement moins bien le site que l'équipe de gestion. Celle-ci doit
donc être impliquée dans l’élaboration du plan de gestion afin que sa mise en
œuvre soit efficace.

26 FIBA
La personne clé dans l'équipe de rédaction est le facilitateur. Il doit mériter
la confiance et le respect des parties prenantes, spécialement des communautés
locales, et avoir des aptitudes dans la communication et les relations sociales.

x
Comment choisir un bon facilitateur ?
Issu de Guidelines for Marine Protected Areas (Kelleher, 1999)

Rôle du facilitateur :
• il est responsable de la logistique des réunions ;
• il aide l'équipe de rédaction et les parties prenantes à définir les règles
relatives aux réunions ;

Etape 2
• il s'assure que le processus se déroule conformément aux règles établies
et que chacun a une chance égale de participer ;
• il s'assure que les représentants des parties prenantes sont dûment
mandatés et qu’ils n'agissent pas pour leur propre compte ;
• il favorise la meilleure communication possible entre les institutions
concernées, c'est-à-dire en reformulant certains points, en posant des
questions et en suggérant de nouvelles idées à explorer ;
• il aide les groupes à élargir l'éventail des options ;
• il fait ressortir les aspects positifs du processus ;
• il n'exprime pas ses opinions personnelles et ne prend aucune décision ;
• il fait savoir à tout le monde quand un accord qui a des chances d'être viable
a été trouvé.

Un bon facilitateur est :


• reconnu comme indépendant ;
• généralement respecté par toutes les parties concernées;
• capable de communiquer avec tout le monde ;
• quelqu'un qui a une bonne capacité d'écoute ;
• capable de poser des questions pertinentes, par exemple, sur les causes
premières des nombreux problèmes et la viabilité des options soulevées ;
• capable de tirer le meilleur parti des participants et de les aider à entrevoir
un meilleur avenir pour eux-mêmes.

Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 27
28 FIBA
Etape 1 Etape 2 Etape 3 Etape 4 Etape 5 Etape 6
Diagnostic et enjeux

“ Un plan de qualité peut être élaboré à partir de descriptions relativement simples


des caractéristiques physiques, biologiques et socio-économiques d'une zone.
Des données plus sophistiquées renforcent la confiance du responsable ou du
planificateur, mais elles justifient rarement un changement profond du plan.
L'absence d'informations spécifiques au site n'est normalement pas une bonne
raison pour reléguer la gestion au profit de plus de recherches (Kelleher, 1999).
Les gestionnaires (et les planificateurs) considèrent qu'ils ont rarement assez
d'informations et généralement doivent accepter la situation suivante : un manque
possible d'informations ne doit pas devenir une excuse pour retarder la
production du plan ”. D’après Thomas, L. & Middleton, J. 2003.

La rédaction du plan de gestion d’une Aire Marine Protégée, une fois les premières
investigations et la sélection de l’équipe réalisées, débute par le regroupement des
informations sur le site afin que les responsables et les parties prenantes puissent
mieux l’appréhender. Les données rassemblées sont ainsi très variées : climat,
réglementation, faune, flore, culture, aspects socio-économiques, etc. D’autres
informations seront aussi nécessaires : pressions subies, contraintes, ressources

Etape 3
disponibles, usages faits par les communautés locales, ou encore politiques
sectorielles et plan locaux de développement.

Cette collecte d’informations et son traitement représentent « le diagnostic du


site ». Bien que le terme « diagnostic » suggère un processus exhaustif et détaillé
de collecte d'informations, il n'est pratiquement pas nécessaire et presque jamais
possible si l’on considère les ressources disponibles dans les AMP et
particulièrement en Afrique de l’Ouest. Il est donc essentiel de commencer avec
ce qui est disponible et approprié. Il est faux de dire qu'un plan de gestion peut
être rédigé sans rassembler d’informations mais il est vrai qu'il peut être fait sans
une collecte exhaustive d’informations et sans l'apport d'experts.

Enfin, bien souvent l’équipe de rédaction consacre beaucoup (trop) d’efforts au


diagnostic du site, au détriment des autres étapes. Dans le document, il n’est pas
demandé de présenter toutes les données disponibles sur l’AMP (celles-ci pourront
également soit être mises en annexe, soit être notées comme référence), mais
seulement les informations dont dispose l’équipe de rédaction qui vont se révéler
importantes pour la gestion du site. En nombre de pages, la partie diagnostic ne
devrait pas dépasser la moitié du document final (hors annexes).

+ Un point important à garder à l'esprit :


l'absence d'informations ne doit pas arrêter
la prise de décision et la gestion, même si
le manque d'information est globalement
un problème crucial dans la gestion
des AMP en Afrique de l’Ouest.

Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 29
1. La collecte d’informations

Voici quelques recommandations concernant la phase de collecte d’informations.


Tout d’abord, un minimum d'informations est requis ; il n'est jamais nécessaire
d'être exhaustif. Ensuite, la collecte d'informations doit se poursuivre tout au long
de la gestion du site. Ce n'est pas un événement ponctuel pour le plan de gestion.
Les informations sont aussi nécessaires pour le suivi de l’efficacité et des impacts
de la gestion du site.

L’expérience du MedWetCoast (Medwetcoast, 2005) montre qu’il faut aller au-delà


des limites du site. Toutes les influences extérieures exercées sur le site doivent
être prises en compte. De plus, pour les besoins de la gestion, il est plus important
de connaître et de comprendre les processus et leur évolution que de recevoir une
liste longue et exhaustive d'espèces.

Où trouver les informations ?


Les informations peuvent provenir de sources différentes, pas seulement à partir
des experts ou des données disponibles. Chaque fois que c'est possible, les
communautés locales et les acteurs (par exemple les pêcheurs, les femmes
collectrices de coquillages, etc.) doivent être inclus dans la collecte des
informations (cf. « L’importance des savoirs locaux » ci-contre). Cependant, l'avis
d'un expert est nécessaire pour déterminer la faisabilité, les niveaux d’intérêt et de
priorité des études ou enquêtes envisagées.

Des informations sont également disponibles dans les études et analyses


précédentes de la zone, les rapports d’étudiants ou les publications scientifiques.
De même, lorsqu’un site est déclaré aire protégée, les textes de loi et propositions
de classement renferment des descriptions des caractéristiques essentielles
(généralement écologiques) de la zone.

La collaboration avec les experts


Les experts sont des professionnels dans leurs disciplines respectives et
constituent une excellente source d'informations ; toutefois certains d'entre eux
ont tendance à être trop « scientifiques » pour les besoins de la gestion d'une Aire

30 FIBA
x
L’importance des savoirs locaux
Alkaly Doumbouya, Chercheur au Centre National de Recherches Halieutiques
de Boussoura (CNSHB), Guinée

Dans l’évolution de la dynamique de création des aires protégées en général,


la conservation stricto sensus de la diversité biologique a longtemps dominé.
Des populations locales entières ont été « sacrifiées » et parfois même déplacées
en dehors de leurs terroirs et implantées ailleurs. Peu à peu, les droits de ces
communautés autochtones ont été reconnus, notamment suite aux actions des
ONG internationales de conservation. Cette reconnaissance a été facilitée et
appuyée par l’importance des savoirs locaux dont disposent ces communautés.
A Tristao en Guinée par exemple les vieux pêcheurs ont guidé les chercheurs du
CNSHB à géoréférencer les nourriceries côtières autour des îles, mais ont aussi
aidé à identifier les espèces qui se reproduisent dans la zone. Ces zones de
nourriceries ont été retenues comme zones à protéger intégralement dans l’AMP
Tristao/ Alcatraz. Ailleurs dans la Baie de Sangaréyah dans Dubréka, un
questionnaire plus détaillé a permis de préciser les périodes de migration pour la
ponte, les éléments du contenu stomacal de chacune des espèces et les périodes
et zones d’abondance pour la pêche des différentes espèces. Les études
océanographiques poussées de ces milieux (salinité, turbidité, oxygène dissous,
etc.) ont permis de compléter ces caractéristiques identifiées par les communautés

Etape 3
locales.

Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 31
Marine Protégée et sont parfois éloignés de ses enjeux. Un bon niveau d’implication
des sciences dans la gestion doit être trouvé dès le processus de collecte
d’informations.

La gestion des Aires Marine Protégées nécessite d’avoir une vision sur les éléments
et leur interaction et leur interdépendance. L’approche globale d’un écologue aidera
à intégrer les résultats obtenus dans des spécialités différentes. Les gestionnaires
ont une mauvaise tendance à ne pas intégrer des sociologues, anthropologues,
économistes et experts en communication dans leurs équipes. Ces disciplines sont
quelquefois plus importantes pour la réussite du plan et sa mise en œuvre ultérieure
que les disciplines scientifiques.

Nous pouvons déduire les recommandations suivantes de ce qui précède :

x
Recommandations sur le contenu de l’information collectée

Pour la faune et la flore, il est important de déterminer les effectifs, la


distribution, les processus écologiques, les tendances, les interactions
et ne pas se cantonner à une liste d'espèces.
Les tendances, la distribution et les interactions sont extrêmement
importantes pour comprendre le passé et particulièrement le statut futur
d'une aire protégée.
Il est important de considérer le système de manière globale et d'utiliser
une approche écosystémique. Toutes les informations sont interdépen-
dantes et il est important d’analyser cette interdépendance, en
particulier entre l’Homme et la nature.
Chaque élément d'information doit déterminer des valeurs écologiques,
socio-économiques et culturelles, ainsi que des enjeux,à l’échelle locale,
nationale ou internationale. La science pour elle-même n’a que peu
d’intérêt ici, il est important d’identifier l’intérêt qu’apportent ces
informations au processus et à la population.

Anticiper la mise en place de suivis


La phase de collecte d’informations permet ainsi de dresser un état de référence,
qui constitue la base des suivis écologiques et socio-économiques qui seront par
la suite mis en place. Le gestionnaire d’AMP devra identifier des indicateurs dont il
s’attachera à suivre l’évolution. Luis Tito de Morais, chercheur écologue à l’IRD,
précise que, idéalement, la mise en place d'une évaluation par des indicateurs
devrait toujours se faire selon une conception "AAC" (Avant-Après et Contrôle).
Cela signifie que les études doivent commencer avant et se poursuivre après la
mise en réserve, aussi bien dans la réserve elle-même que sur des sites de contrôle
à l'extérieur de l'AMP.

32 FIBA
x
Description et stratégie de choix des indicateurs écologiques
Luis Tito de Morais, Chercheur écologue à l’IRD.

Trois grands aspects peuvent être retenus : (1) les effets internes à l'AMP, (2) les
effets de débordement, (3) les effets pour l'exploitation. Ces effets ne sont ni
exhaustifs, ni exclusifs, ni contradictoires, mais selon celui que l'on souhaite
mesurer en priorité, les choix d'indicateurs ne seront pas les mêmes. Selon les
objectifs, les indicateurs doivent permettre de :

(1) Effets internes à l'AMP


vérifier que la richesse spécifique des espèces cibles (poissons en particulier) croît
bien linéairement avec le temps après la mise en défens, à l'intérieur de l'AMP ;
vérifier le rôle et la part des changements éventuels dans l'habitat au sein de
l'AMP dans l'accroissement de la richesse (par rapport au rôle direct de la
protection) ;
vérifier que les structures trophiques au sein de l'AMP deviennent plus
équilibrées au sein de l'AMP et que les communautés ne sont plus dominées
par un faible nombre d'espèces (en général de niveau trophique bas).

Etape 3
(2) Effets de débordement :

vérifier que la richesse spécifique des espèces cibles (poissons en particulier)


croît bien linéairement avec le temps après la mise en défens, tant à l'intérieur
qu'à l'extérieur de l'AMP (la distance d'impact bénéfique est souvent très faible) ;
vérifier le rôle et la part des changements éventuels dans l'habitat au sein
de l'AMP dans l'accroissement de la richesse (par rapport au rôle direct de la
protection) ;
vérifier que les effets observés à l'extérieur vont en diminuant avec l'éloignement
de la réserve ;
vérifier que les grands prédateurs deviennent bien de plus en plus grands et
abondants dans la réserve et à proximité immédiate de celle-ci ;
vérifier que les communautés écologiques à proximité immédiate de la réserve
ont tendance à se rapprocher de celles de l'intérieur de l'AMP (phénomène
long à observer).

(3) Effets pour l'exploitation

vérifier qu'après un fléchissement initial suivant la mise en défens (effet de


sanctuaire ou d'appel de l'AMP) les captures des espèces cibles (poissons en
particulier) à l'extérieur de l'AMP croît bien linéairement avec le temps ;
vérifier la bonne application des réglementations de pêche à proximité de l'AMP
(si la situation à proximité de l'AMP est celle d'un "laisser-faire" complet, il sera
très difficile de mettre en évidence un quelconque effet) ;
vérifier que la part des grands prédateurs dans les captures à l'extérieur de
l'AMP croît bien linéairement avec le temps après la mise en défens ;
vérifier que le bien-être et les revenus des populations concernées se sont
accrus après la mise en défens (l'effet peut être long à observer, mais
idéalement, après un fléchissement initial, il devrait continuer à croître
linéairement avec le temps).

Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 33
x
Stratégie de choix et description
des indicateurs socio-économiques
Delphine Malleret-King, Socmon

Gérer une AMP c’est influencer le comportement des utilisateurs des ressources
marines, pour en améliorer ou maintenir la condition. C’est pourquoi, la gestion
d’AMP est indissociable de la sphère socio-économique. Pour influencer les acteurs
et collaborer avec eux, le gestionnaire devra comprendre leurs attitudes,
comportements, et le contexte social, économique, politique, culturel dans lequel
ils évoluent.

De ce fait, le suivi socio-économique est un outil qui fait partie intégrante de la


gestion d’une AMP. C’est en suivant l’évolution d’indicateurs spécifiques que le
gestionnaire évaluera l’impact des activités de l’AMP. De plus, en impliquant les
acteurs en tant qu’informateurs, le suivi leur permet de donner leur opinion (de
façon systématique) ; de s’approprier les résultats de l’AMP, et de contribuer à la
recherche de solutions aux problèmes émergents. Le suivi socio-économique
renforcera donc la collaboration entre gestionnaires et acteurs, et garantira la
transparence de gestion.

Cependant, conduire un plan de suivi socio-économique nécessite une bonne


préparation. Le processus s’articule autour d’objectifs de suivi (lies aux objectifs
de l’AMP) et implique :

La mesure systématique, rigoureuse et régulière (généralement par le biais


d’entretiens) d’indicateurs :

l’analyse des données pour détecter les changements ;


l’intégration de l’information interprétée dans la prise de décision ;
la diffusion de cette information aux acteurs concernés.

Le choix d’indicateurs est crucial pour que le suivi soit adapté aux besoins des
gestionnaires. Les principales catégories d’indicateurs sont : démographie (ex :
éducation, population, occupation), bien-être/richesse, gouvernance, perception/
attitude, utilisation des ressources. La sélection sera établie selon, entre autres,
les objectifs et les activités de l’AMP et la capacité de l’équipe. Un état de référence
fournira une bonne connaissance du contexte local et contribuera à mieux cibler
les indicateurs.

La qualité des données et donc leur utilité dépendra des méthodes choisies et de
la rigueur avec laquelle les données sont collectées. Les difficultés méthodolo-
giques sont cependant facilement évitées avec un peu de bon sens, de rigueur et
le choix judicieux d’animateurs/enquêteurs (préférablement locaux).

Le Manuel Soc Mon pour les AMP d’AO a été conçu afin de guider le gestionnaire
dans sa réflexion, dans la planification et la conduite d’un plan de suivi socio-
économique.

34 FIBA
2. L’analyse et le traitement des informations

Le travail de collecte ne pourra apporter toute l’information souhaitée. Il est donc


important de prévoir également un bilan sur la qualité de cette information (fiabilité),
et sur sa disponibilité. Certaines informations n’auront pas pu être collectées, il
faut ainsi en expliciter les raisons (difficultés techniques, rétention d’informations,
manque de moyens, information jugée finalement non indispensable), et présenter
les perspectives futures.

Le travail de traitement des informations devra au maximum être réalisé sous la


forme d’interprétations cartographiques. En effet, la visualisation par l’intermédiaire
des cartes permet bien souvent de replacer l’AMP dans son contexte
géographique. De plus, une analyse cartographique, grâce au travail de
juxtaposition et de croisement d’informations, enrichit l’analyse. Enfin, il faut noter
que le travail de diagnostic doit être présenté au public, et la lecture de carte facilite
le travail de communication et de présentation.

Il ne faut pas perdre de vue que le diagnostic du site doit au final fournir tous les
éléments nécessaires à la détermination des enjeux de gestion. Les informations
collectées doivent souligner l’aspect « emblématique » du site et l’intérêt de la mise

Etape 3
en place de mesures de gestion. Cette phase de diagnostic doit également
permettre de faire le bilan sur le statut de l’AMP, son état de conservation, son
interrelation avec le territoire dans lequel elle se situe, et les tendances évolutives.

x
Mise à jour du diagnostic

Il est important de noter que la connaissance d’un site est sans cesse amenée à
être améliorée. Si le premier exercice de réalisation d’un plan de gestion doit
permettre de collecter le minimum d’informations pour identifier des enjeux et des
objectifs, la réalisation des plans suivants devra être l’occasion d’améliorer et de
mettre à jour ces informations.
De plus, la valeur et les enjeux d’un site sont fluctuants dans le temps et l’espace.
Si à un moment donné, les enjeux se situent sur une zone ou sur la préservation
d’une espèce par exemple, ceux-ci peuvent évoluer (amélioration de l’état de
conservation, modification des pressions,…) et de nouveaux enjeux peuvent
apparaître. Cette mise à jour est donc nécessaire pour adapter le plan de gestion
à un contexte fluctuant.

Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 35
4. Les valeurs du site

Pour identifier les valeurs d’un site, le plus simple consiste tout d'abord à énumérer
les différents statuts existant au plan international, en identifiant quels sont les
espèces, les habitats, ou les activités (culturelles notamment) qui bénéficient d’un
statut leur conférant une certaine valeur. On peut citer par exemple les espèces
et habitats inscrites sur des conventions internationales (CITES, convention

x
Recommandations sur des critères
de valeurs remarquables
(Issu de Guidelines for management planning of protected areas
(Thomas et al., 2003)

Dans l'évaluation des enjeux d'une aire protégée, le gestionnaire doit se


demander si l’aire contient :

des exemples remarquables de valeurs naturelles, paysagères, géolo-


giques, scientifiques, écologiques, floristiques, faunistiques et récréatifs
(et si oui pourquoi) ;

des caractéristiques biologiques uniques, des types de végétation et de


paysage (et si oui pourquoi) ;

des zones essentielles pour la protection de l'intégrité écologique de


l’aire protégée dans son ensemble (y compris des zones essentielles au
maintien des cours d’eau et de leur qualité et les raisons) ;

des zones et des ressources vitales (économiquement, culturellement


ou autre) pour les communautés locales ;

des zones et des ressources qui fournissent des services essentiels aux
populations hors du parc, en particulier celles qui en tirent un avantage
économique ou politique ;

des espèces végétales ou animales rares ou endémiques ;

des espèces végétales, animales ou des habitats sensibles, menacés


ou en voie d’extinction ;

des ressources qui sont en général sensibles aux activités humaines ;

des exemples remarquables de paysages aménagés, témoignant d’une


utilisation durable des ressources naturelles ;

des sites archéologiques ou historiques importants ;

des sites culturels importants ;

des caractéristiques ayant conduit à une reconnaissance mondiale (par


exemple le Patrimoine Mondial de l’UNESCO).

36 FIBA
d’Abidjan,…), les espèces inscrites sur la liste rouge de l’UICN (www.iucnredlist.org),
ainsi que les espèces faisant l’objet de protection au niveau national.

La détermination de la valeur doit se faire également en fonction des particularités


du site mises en évidence lors du diagnostic, en le replaçant dans son contexte
régional et international. Cette analyse peut s’appuyer sur les critères de la
Conférence sur la Diversité Biologique (CDB) pour l’identification des zones marines
écologiquement ou biologiquement significatives nécessitant une protection (CBD,
2008). On peut, par exemple, citer les critères de rareté des écosystèmes
représentés, la vulnérabilité, la productivité biologique, ou encore l’importance de
certaines zones dans le cycle de vie des espèces.

Enfin, des techniques d'évaluation économique peuvent être utilisées pour assigner
une valeur monétaire à un site. Ces valeurs sont déterminées par des économistes
en utilisant des techniques différentes telles que le prix du marché, les coûts évités,
le consentement à payer, le coût du voyage, etc. Pour aller plus loin, le rapport de
synthèse de la TEEB (The Economy of Ecosystem and Biodiversity) présente les
différents aspects à prendre en compte pour évaluer la valeur économique de

Etape 3
différents espaces naturels (TEEB, 2010).

6. Les enjeux de gestion

Les connaissances accumulées dans les étapes précédentes serviront à


déterminer l’importance du site et ses atouts, et à informer les parties prenantes.
Par la suite, les pressions et les problèmes qui affectent le site et l’atteinte des
objectifs de sa création seront débattus avec les parties prenantes en utilisant des
outils variés, tels que la technique de l'arbre à problèmes. Ce dernier outil permet
d’aider à visualiser les pressions sur le système et ses impacts potentiels.

Cette étape de concertation est primordiale, car c’est à partir des problèmes
identifiés que vont se dessiner des enjeux de conservation. Par exemple, les études
peuvent montrer que le site abrite une population importante de lamantins, espèce
reconnue comme menacée au niveau international. Dès lors que la population
reconnaît que la chasse ou la circulation d’engins à moteur représentent un danger
pour le lamantin, sa conservation peut ressortir comme un enjeu important pour
l’AMP. C’est sur la base de ces enjeux que vont par la suite être construits les
objectifs globaux et spécifiques de l’AMP.

Généralement, les enjeux consistent soit à réduire ou gérer les pressions qui
affectent un site, soit à valoriser le patrimoine existant. Dans la région ouest-
africaine en particulier, ces enjeux s’articulent principalement autour de l’exploitation
durable des ressources (poissons, coquillages, bois, etc.), de la préservation
d’espèces remarquables (lamantins, oiseaux d’eau, tortues, etc.), ou de
l’amélioration des conditions de vies des populations locales (activités génératrices
de revenus, écotourisme, etc.).

Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 37
x
La méthode de l’arbre à problèmes

Il s’agit d’une méthode participative, qui consiste à identifier les problèmes


rencontrés sur le site (le tronc), et à y attribuer des causes (les racines) et des
conséquences (les branches). Chaque problème fait l’objet d’un arbre à problèmes
différent. Cette méthode permet de bien cerner les problématiques de conservation,
afin de déterminer les enjeux propres à chaque site.
Les experts ne sont introduits dans le processus que pour répondre à des questions
précises. Il s’agit de s’assurer que le processus aidera les membres de la
communauté à mieux en comprendre les causes, à trouver les solutions possibles
et à choisir les actions à entreprendre.
Pour aller plus loin, consulter Promoting Institutional and Organizational Develop-
ment: A Source Book of Tools and Techniques. (DFID, 2003).

+ Ici commence la rédaction du plan de gestion.


Pour commencer avec la rédaction de
la SECTION A – Diagnostic et enjeux de l’AMP,
rendez-vous à la page 53 du Canevas de rédaction
et suivre les instructions qui sont données
afin de rédiger le plan de gestion
partie par partie.

38 FIBA
Etape 1 Etape 2 Etape 3 Etape 4 Etape 5 Etape 6
Identifier les objectifs de l’AMP

1. Les objectifs globaux

Avant de déterminer des objectifs globaux, certains guides recommandent de


rédiger une vision qui résume en une phrase l’objectif général de l’AMP. Cette vision
est ensuite déclinée en objectifs globaux (parfois appelés objectifs à long terme)
qui doivent permettre d’atteindre ou de maintenir un état considéré comme idéal
pour l’AMP (toutes les valeurs écologiques, socio-économiques et culturelles sont
maintenues et préservées).

« Ils doivent être conçus sur la base du diagnostic et notamment à partir des
enjeux. Ils ont vocation à rester quasi permanents dans les plans successifs
(sauf erreur de définition lors du premier plan ou amélioration sensible des
connaissances), même lorsque les évaluations démontrent qu’ils sont atteints. »
(Chiffaut, 2006).

La construction de cette partie doit être en quelque sorte mécanique, afin de


s’écarter de toute subjectivité, et être basée sur les enjeux qui ont été identifiés
auparavant, afin d’aborder toutes les sources de dégradation, mais aussi tous les
potentiels de l’AMP. Cependant, devant la diversité des situations, une certaine
marge de manœuvre est possible, l’essentiel étant de conserver la logique de
raisonnement à savoir : identification des objectifs puis des activités (étape 5).

x
Des objectifs de protection mais aussi de développement… Etape 4
Il est important de maximiser le potentiel du site et de ne pas se soucier uniquement
de l'élimination des pressions. L'écotourisme peut être un bon exemple, tel que
cela a été démontré au Bamboung où les revenus du gîte écotouristique permettent
d’alimenter un fonds pour la surveillance (mirador, pirogue) afin d’éviter la pêche
illégale dans le bolong. L'écotourisme peut également aller au-delà de la résolution
des problèmes et permettre de générer des fonds pour la communauté tout en
sensibilisant ses membres sur l'importance du site. Il faut cependant que chaque
gestionnaire soit parfaitement conscient des opportunités touristiques offertes par
son site, car si le Bamboung est l’exemple le plus abouti en Afrique de l’Ouest,
toutes les AMP de la région n’ont pas le même potentiel écotouristique.

L'utilisation de méthodes participatives (comme l’arbre à objectifs) permet de réunir


toutes les parties prenantes responsables pour s'entendre sur les objectifs du site.
Chaque partie apporte sa propre série d'objectifs grâce à un dialogue mené par
un facilitateur expérimenté, et essaie de parvenir à un accord sur les objectifs
globaux du site. La plupart des manuels et les acteurs de terrain conseillent de
commencer par des groupes individuels autonomes (pêcheurs, femmes, jeunes,
partenaires, etc.) et ensuite d’évoluer vers des rencontres mixtes.

Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 39
Le rôle et les capacités du facilitateur sont déterminants dans la réussite de cette
étape. Les étapes avant et après celle-ci sont plus faciles et directes mais c'est ici
que l'avenir du site se joue. Cette étape, si elle n’est pas conduite correctement,
retardera le processus du plan de gestion.

On demandera aux parties prenantes de formuler des objectifs globaux.


Les recommandations de l’ATEN (Chiffaut, 2006) ci-dessous donnent des
indications sur la manière dont ils doivent être identifiés.

x
Recommandations pour identifier les objectifs globaux
(adapté de Chiffaut, 2006)

1. Reprendre tous les enjeux, en conservant leur rang hiérarchique.

2. Dans un premier temps, attribuer un objectif global à chaque enjeu. Sur la


forme, rédiger les objectifs globaux en termes clairs et précis, qualifiés d’une
seule phrase, relativement courte (par exemple : « Préserver les populations
reproductrices d’oiseaux marins » ou « Améliorer les conditions de vie des popu-
lations locales »).
3. Opérer des regroupements si les objectifs globaux sont trop nombreux.

4. Vérifier la cohérence des objectifs entre eux, notamment des objectifs de


conservation avec les objectifs de développement, et avec les objectifs géné-
raux d’autres plans ou documents d’objectifs.
Chaque objectif doit être accompagné d’un court argumentaire pour apporter des
compléments d’information.

40 FIBA
2. Les objectifs spécifiques

Les objectifs spécifiques (aussi appelés objectifs du plan) ont un caractère


opérationnel, leur durée de vie est celle du plan, même s’ils peuvent être reconduits.
Ils déclinent les objectifs globaux en visant un ou plusieurs résultats concrets à
moyen terme. Ils cherchent notamment à préserver les valeurs du site et/ou à
réduire les effets des facteurs influençant négativement l’état de conservation.

Les objectifs spécifiques sont généralement rédigés sous la forme d’un verbe de
changement d’état, accompagné d’un complément d’objet, par exemple :
« restaurer les sites de nidification des spatules blanches ». En vue des évaluations,
il faut veiller à donner les indications permettant de vérifier si l’objectif est atteint.
La plupart des guides proposent l'acronyme SMART pour formuler les objectifs
spécifiques : ceux-ci doivent être Spécifiques, Mesurables, Accessibles, Réalistes,
Temporels.

Spécifiques (précis)
Une gestion efficace ne consiste pas seulement à atteindre les objectifs en général,
mais à atteindre chaque objectif individuellement. Sans objectifs précis et
mesurables, il est difficile de déterminer ce qui doit être fait et comment le faire.

Accessibles et Réalistes
Il doit être possible d'atteindre les objectifs du plan en reconnaissant les contraintes
auxquelles les responsables font face. Pour cette raison, les idéaux exprimés dans
la vision (ou dans les objectifs globaux) auront besoin d'être traduits en termes
plus pratiques afin de faire face aux réalités courantes. Encore une fois ce n’est
« pas une liste de vœux ». Etape 4
Mesurables
Les gestionnaires doivent être en mesure de dire si les activités de gestion sont
en train d'atteindre les résultats désirés. Il s’agit là d’un important indicateur de
succès. Il ne sera possible d'évaluer ce succès que si les objectifs sont quantifiés
ou liés à un résultat qui peut être mesuré d'une certaine façon.

Temporels
Dans la mesure du possible, les objectifs doivent être délimités dans le temps.
La responsabilité des gestionnaires envers les parties prenantes doit se mesurer
dans le respect des délais des actions entreprises pour la mise en œuvre du plan.

Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 41
x
La difficulté de mesurer la « Nature »…

Identifier des objectifs mesurables n’est pas simple et souvent les caractéristiques
écologiques ne sont pas assez bien connues pour y arriver correctement. Toutefois
ces premières étapes vers une approche mesurable sont fondamentales et peuvent
être utilisées pour identifier l’information qui fait défaut.
Le «Common Standards Monitoring», approche utilisée pour de nombreux sites
désignés pour la conservation de la nature dans le Royaume Uni, a été bien
développé pour permettre de standardiser le suivi des sites importants :
“ dans cette approche les seules caractéristiques pour lesquelles le site était
désigné sont suivies. Celles-ci sont alors classées comme étant soit dans une
condition favorable soit dans une condition défavorable. De cette façon, il est
possible de catégoriser n'importe quelle caractéristique comme ayant satisfait
ses objectifs de conservation (condition favorable) ou non (condition
défavorable). ” (Alexander and Rowell 1999).
Cette approche peut bien fonctionner pour des caractéristiques facilement
quantifiables comme l'abondance d'une espèce, le nombre d'espèces, la zone
d'habitat récupérée, mais ne s'adapte pas facilement à des notions plus intangibles,
telles que la beauté naturelle ou l'expérience ressentie par les visiteurs.

Outre ces fondamentaux, d’autres aspects importants doivent être pris en compte
lors de la formulation des objectifs spécifiques.

Tout d’abord, ils doivent exprimer les buts à atteindre, mais non les moyens utilisés
pour les atteindre. Il s’agit d’une erreur fréquente, probablement parce que le fait
d'identifier un "objectif " ciblé est plus difficile que d'indiquer comment l'atteindre.
Ainsi, si un objectif est de protéger un habitat sensible, il doit se référer à ce qui le
menace (incendie, parasites) et non aux moyens de résoudre cette menace.
Par exemple, il ne faut pas écrire comme objectif : « assurer la surveillance
maritime de l’AMP », mais « Préserver les ressources marines de la pêche illégale ».
La préservation des ressources est l’objectif, la surveillance maritime un des
moyens.

Il faut également prioriser ces objectifs, afin de faire ressortir ceux qui doivent
obligatoirement être atteints. Cette priorisation est nécessaire notamment pour les
étapes suivantes, lorsqu’il faudra déterminer quels seront les moyens à mettre en
œuvre, et quelles seront les ressources disponibles.

Pour rédiger cette partie


Rendez-vous à la page 70 du Canevas de rédaction

42 FIBA
Etape 1 Etape 2 Etape 3 Etape 4 Etape 5 Etape 6
Programmer les activités

Les activités sont la terminaison de l’arborescence logique : Vision / Objectifs


globaux / Objectifs spécifiques / Activités. Leur mise en œuvre doit permettre
d’atteindre les résultats identifiés dans l’étape précédente.

La définition des activités doit faire l’objet d’une réflexion stratégique qui conditionne
leur succession dans le temps, amorçant ainsi le travail de planification qui fait
suite. Les activités doivent être cohérentes entre elles et conformes avec les
objectifs stratégiques, ainsi qu’avec la réglementation de l’AMP.

1. Les options et les stratégies de gestion

L’équipe de rédaction doit être consciente des contraintes et évaluer chaque option
pour voir si elle est réaliste. Inspiration, intuition, vision transversale, raisonnement
imaginatif et originalité sont ici primordiaux.

Etape 5

Les contraintes techniques et financières sont bien entendu de premier ordre dans
les critères de choix, mais des critères d’ordre plus stratégiques doivent également
être pris en compte. Par exemple, le degré d’interventionnisme envisagé : non-
intervention, implication active (comme le reboisement), ou le degré d’intervention
des communautés dans les opérations de gestion. Enfin, les priorités établies dans
les enjeux et objectifs vont également peser dans la sélection des différentes
options.

Il est important de noter que les différentes options et les stratégies peuvent évoluer
dans le temps. Les conditions du milieu peuvent changer, ainsi que les ressources
financières du gestionnaire, ou encore plus généralement les objectifs spécifiques
et les ordres de priorité. En fonction de ces changements, les choix et la mise en
œuvre de certaines activités pourront être révisés.

Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 43
D’après les recommandations issues du guide UICN (Thomas et al., 2003), l’équipe
de rédaction doit se poser les questions suivantes :

Quelles options représentent le meilleur rapport coût/bénéfice ?

Quel est le "meilleur" groupe d'options ?

Quelles options sont conformes à des critères préétablis?

En réponse à ces questions, l’équipe doit pouvoir identifier :

l'option qui est la plus conforme à l'objectif ;

si l'option fonctionnera ;

si chaque option est financièrement viable ;

dans quelle mesure les options seront adoptées par les hommes politiques
et le grand public ;

qui gagne et qui perd, c’est-à-dire quelles catégories de la société profiteront


des activités mises en œuvre et quelles sont celles qui en subiront les
désavantages.

Les choix ainsi réalisés permettent de définir les activités, qui seront décrites avec
précision dans le registre des activités placé en annexe.

2. Le zonage, stratégie indispensable aux AMP

Ce guide a voulu mettre l’accent sur le zonage, stratégie de gestion


particulièrement mise en œuvre dans les AMP. Elle consiste à diviser un site en
différentes zones qui sont habituellement : le cœur de conservation, les zones
tampon et les zones d'utilisation durable (chasse, tourisme, pêche etc.). Des règles
déterminent les usages autorisés ou non sur ces différentes zones, et le
gestionnaire doit ainsi mettre en œuvre des activités pour les faire respecter
(surveillance, balisage, sensibilisation, etc…).

Les recommandations de l'UICN (Kelleher, 1999) et EUROSITE préconisent de


maintenir un système de zonage simple et clair. Il faut utiliser autant que possible
des frontières physiquement identifiables (côte, bouées, etc.) notamment pour
distinguer les zones de pêche et de non-pêche. Cet aspect est très important en
mer, ou la délimitation d’une zone est difficile.

44 FIBA
x

ENCART
Exemple du zonage de l’AMP d’Urok
en Guinée-Bissau. (source : Biai et al, 2003)

Le processus de concertation lié à la création de l’AMP d’Urok en Guinée-


Bissau a permis d’établir de façon consensuelle un zonage de la partie
côtière en trois zones :
une zone de conservation (bleu foncé) : l’accès à cette zone et à
ses ressources est uniquement réservé aux résidents à des fins
alimentaires ou cérémonielles. Le degré de protection de cette zone vise
donc à préserver une zone écologiquement sensible, afin de garantir la
sécurité alimentaire, culturelle et environnementale des îles d’Urok.
Etape 5

une zone de développement (bleu clair) : l’accès aux ressources y


est réservé exclusivement aux résidents, à des fins alimentaires,
cérémonielles et commerciales. Le principe d’exclusivité des droits
d’accès au profit des communautés résidentes permet de garantir leur
sécurité économique. De même que pour la zone centrale, ces droits
d’accès exclusifs induisent auprès de leurs bénéficiaires une
responsabilité de gestion du territoire à leur profit, constituant ainsi le
meilleur gage de durabilité des ressources.
une zone de transition (gris clair) : l’accès est autorisé aux pêcheurs
non-résidents et aux pêcheurs sportifs sous réserve du respect des
règles en vigueur sur le territoire Urok. L’accès aux pêcheurs non-
résidents fait partie intégrante de la logique globale du plan de gestion,
étant entendu que les efforts de gestion sont destinés à bénéficier non
seulement aux communautés résidentes, mais au pays tout entier. De la
même façon que les îles Urok sont alimentées par l’extérieur (en
poissons reproducteurs par exemple), il est vital qu’elles alimentent en
échange l’extérieur de leur territoire.

Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 45
4. Le cadre logique

Le cadre logique permettra de rendre claire et mesurable la répartition des objectifs


et des activités. Il débute avec les objectifs globaux qui se déclinent en objectifs
spécifiques puis en activités (un exemple de cadre logique est disponible en page
73 du canevas de rédaction).

Les objectifs spécifiques doivent permettre d’atteindre des résultats, pour lesquels
des indicateurs sont établis afin d’en contrôler la progression. Les risques et les
hypothèses de réussite sont identifiés dès le début de la programmation ce qui
permet aux parties prenantes de mesurer les risques au moment de la prise de
décision et à l’équipe du projet de tenter de les éliminer ou de les minimiser avant
qu’ils ne surviennent.

5. La planification et l'évaluation des coûts des activités

La planification est un des éléments clés du plan de gestion. Celle-ci doit se


construire à deux niveaux. Une planification sur la durée du plan, qui servira de
support à une planification annuelle. Ces planifications doivent indiquer d’une part

x
Le plan d’affaires
Plan de gestion et plan d’affaires sont étroitement liés et complémentaires.
Un plan de gestion permet de clarifier des objectifs de gestion et de
programmer un plan de travail pour les atteindre ; un plan d’affaire va
évaluer les coûts que cette programmation représente, et analyser les
ressources disponibles ou mobilisables.

Ainsi, un plan d’affaire doit s’appuyer sur un plan de gestion pour être
réalisé, mais un plan de gestion, s’il se veut réalisable, doit intégrer les
conclusions du plan d’affaires pour construire un programmation réaliste.

Lors de la rédaction du plan d’affaire, le gestionnaire est amené à analyser


toutes les charges qui pèsent sur son AMP (fonctionnement, activités,
investissements, etc.). L’idéal est de se placer sur un pas de temps
correspondant au plan de gestion. Ces charges sont ensuite confrontées
aux ressources disponibles (dotations de l’Etat, autofinancement, etc.). Bien
souvent, charges et recettes ne sont pas équilibrées, et un écart plus ou
moins important est révélé. Pour cette raison, il est dans un premier temps
intéressant de réaliser un scénario minimum, en dessous duquel l’AMP ne
peut jouer son rôle et un scénario idéal, où toutes les activités peuvent être
réalisées. Puis le gestionnaire doit mener une réflexion pour évaluer les
options dont il dispose pour capter des ressources suffisantes et ainsi
assurer les activités planifiées.

On peut ainsi considérer que le processus de calcul des charges qui pèsent
sur l’AMP est le même dans le cas des plans de gestion et dans les plans
d’affaires. Le plan d’affaires va plus loin en proposant une stratégie pour
capter les ressources nécessaires.

46 FIBA
La surveillance nautique est une activité
qui coûte très cher aux gestionnaires d'AMP.
Globalement, on estime que la gestion d'une AMP
coûte 60% plus cher que la gestion d'un parc terrestre
à surface équivalente.

les dates et durées d’exécution des activités, mais aussi (et surtout) les coûts
humains et financiers pour les réaliser. A ce niveau, il y a une interaction forte avec
le plan d’affaires (cf. encadré ci-contre).

Le coût de chaque activité doit être mesuré en termes de coûts humains et


financiers. Généralement, les gestionnaires d’aires protégées distinguent deux
types de coûts : les coûts de fonctionnement et les coûts d’investissement.

Le fonctionnement correspond aux charges récurrentes (salaires, loyers, carburant,


etc.). Les coûts d’investissement sont des charges dites « exceptionnelles »
Etape 5

(acquisition de vedettes, construction de bureaux, etc.).

Les charges de fonctionnement peuvent être distinguées en quatre catégories :

les charges de personnel : elles englobent tous les coûts liés au personnel
(salaires, assurances sociales, etc.) ;

les charges de structure : il s’agit de tous les coûts liés à l’entretien du matériel,
l’achat de fournitures, les loyers, le carburant, etc ;

les charges de travaux et d’études : il s’agit des dépenses effectuées pour la


réalisation d’études scientifiques, de consultances, ou d’aménagement de struc-
tures sur le site (sentiers, entretien de bouées, etc.) ;

les charges d’amortissement : ce sont les charges effectuées chaque année afin
d’amortir le matériel acheté et de prévoir le remplacement des équipements de
l’AMP (ordinateurs, vedettes, etc.).

Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 47
Chaque activité est donc évaluée en terme de besoins humains et de charges.
Par exemple la surveillance maritime d’une AMP induit des charges importantes de
personnel (personnel qualifié et nombreux), des charges de structure élevées (frais
d’entretien des vedettes et du matériel, carburant, etc.), des charges
d’amortissement importantes mais peu de charges de travaux et d’études.

Ainsi, le budget total est calculé sur une base annuelle, pour toute la durée du plan.
Il est également nécessaire d'identifier les sources de revenus connues et
potentielles telles que l’autofinancement, les appuis des organisations partenaires,
les budgets nationaux, etc. Les recettes et dépenses potentielles doivent être
équilibrées chaque année. Dans le cadre de la rédaction du plan de gestion, il n’est
pas demandé d’aller au-delà de ce travail d’évaluation. L’étape parallèle consistera
en l’élaboration d’un plan d’affaires, qui comprendra une stratégie pour obtenir les
financements requis.

Pour rédiger cette partie


Rendez-vous à la page 71 du Canevas de rédaction

48 FIBA
Etape 1 Etape 2 Etape 3 Etape 4 Etape 5 Etape 6
Evaluation du plan
Les premiers plans de gestion étaient des documents statiques, souvent écrits par
des consultants extérieurs à l’équipe de gestion, couvrant une période comprise
entre cinq et dix ans, revisés à mi-parcours et avant la fin du plan.

Si l’évaluation de fin de plan reste fondamentale, le caractère itératif du processus


de planification permet de mettre en œuvre des révisions plus fréquentes de la
planification et de son impact sur le site. Le plan de gestion peut par conséquent
être évalué et mis à jour annuellement. Ces évaluations passent en revue les
activités déjà accomplies, les budgets dépensés annuellement et révisent ainsi les
objectifs. L’analyse des succès et des échecs est indispensable à la mise en œuvre
d’une gestion souple et adaptative, afin de prendre en compte les résultats et
recommandations issus des exercices d’évaluation et du suivi de l’efficacité de
gestion.

Les versions révisées des plans de gestion ne constituent donc pas un équilibre
entre les activités non exécutées des anciennes versions et les nouvelles activités
prévues. De la même façon, une nouvelle version ne remet pas en cause la totalité
de l'ancienne version. Les révisions doivent considérer l'ancien plan et déterminer
pourquoi certaines activités n'ont pas été exécutées et en analyser les causes.
Etape 6

Cette dernière étape vise à prévoir dès la rédaction du plan de gestion quels seront
les méthodes et les moyens à mettre en place pour évaluer sa réalisation et ses
impacts sur la gestion, ainsi que l’atteinte des objectifs de création, sur des bases
annuelles et pour la durée du plan. Il ne s’agit pas d’évaluer l’efficacité de la gestion
de l’AMP. Cette activité fait l’objet d’une méthodologie particulière.

Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 49
L’évaluation de fin de plan est réalisée par l’ensemble des acteurs de l’AMP, et si
possible en associant une personne extérieure afin de lever tout problème de
subjectivité. Il s’agit dans un premier temps de dresser un bilan de la réalisation
des opérations, puis de faire un point sur les évolutions en termes de
connaissances et de résultats, pour enfin évaluer l’efficacité, la cohérence et la
pertinence des opérations et des objectifs. Ces éléments serviront de base pour
la rédaction d’un nouveau plan de gestion. Par ailleurs, une évaluation des moyens
financiers, matériels et humains doit être réalisée afin de prévoir le cas échéant la
mobilisation de nouveaux moyens en termes de personnel ou de financements.
Cet exercice est un véritable travail d’évaluation de l’efficacité de gestion des AMP,
pour lesquelles des outils spécifiques existent (cf. ci-après).

x
Évaluations du plan et évaluation de l’efficacité de gestion

Ces deux exercices d’évaluation sont distincts, bien que très proches et liés.
L’évaluation du plan se cantonne aux activités qui ont été réalisées et se base sur
l’évaluation des indicateurs pour mesurer et expliquer pourquoi certaines activités
ont ou n’ont pas fonctionné. L’évaluation de l’efficacité de gestion est un processus
à part entière visant à déterminer dans quelle mesure les objectifs de l’AMP ont été
atteints ou non et qui fait l’objet de guides détaillés (par exemple : Comment va
votre AMP ? de Pomeroiy et al., 2006).

Pour rédiger cette partie


Rendez-vous à la page 72 du Canevas de rédaction

50 FIBA
CANEVAS DE
RÉDACTION

Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 51
Avant de présenter le plan de gestion, il est nécessaire de
préciser quelles ont été les étapes de sa rédaction, de sa
validation, et quels ont été les auteurs et les relecteurs.

SECTION A Diagnostic et enjeux de l’AMP

A1. INFORMATIONS GENERALES


1. La création de l’Aire Marine Protégée

Historique de la création de l’AMP


Rappeler quand et qui a souligné l’intérêt du site. Mentionner les études préalables,
les premières demandes de classement, les principales étapes de négociations et
les objectifs de création. Présenter s’il y a lieu les changements dans la
gouvernance du site. Les principales étapes peuvent être mentionnées sous forme
de tableau (cf. tableau 3)

o
TABLEAU 3
Récapitulatif des étapes de la création de l’AMPC du Bamboung
au Sénégal (Biotope Ecologues Volontaires, 2009)

2000 Détermination de la zone à protéger.


Une délibération de la CR de Toubacouta créée l’AMP
10 octobre 2002
du Bamboung et met en place sa structure de gestion.
Détermination des règles de gestion de l’AMP
Avril 2003
du Bamboung et démarrage de la surveillance.
4 novembre 2004 Décret Présidentiel de création de l’AMPC du Bamboung.

Acte de création de l’AMP


Préciser quel est le statut officiel, la date de signature et d’éventuelles
modifications.

Les grandes lignes de la réglementation de l’AMP


Il ne s’agit pas ici de détailler la réglementation, mais de fournir au lecteur les
principaux éléments pour comprendre de quel type d’AMP il s’agit (catégories UICN).

Conse ils :
Ne pas insérer ici les copies des docu ments officiels
mais les mettre en annexe et y faire référence.
2. La localisation et les limites de l’AMP

Localisation
Cette partie ne comprend qu’une ou plusieurs cartes. Il faut pouvoir situer l’AMP
CANEVAS DE
RÉDACTION

par rapport à la sous-région, au territoire national, à la région administrative et aux


collectivités locales (cf. un exemple de carte figure 1 ci-après).

Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 53
Les informations mentionnées sur les cartes doivent être connues d’un large public
afin de pouvoir facilement repérer l’AMP (noms de villages, de lieux, etc.)

Limites et superficie
Indiquer la superficie de l’AMP, et donner toutes les explications nécessaires à la
compréhension de ses limites (présence de cours d’eau, limites administratives,
frontière, limite entre deux villages, etc.). Indiquer également les limites des zones
tampons, ou zones de transition (cf. figure 2 ci-contre pour un exemple de carte
de délimitation).

Contexte régional et accès


Décrire les territoires terrestres et maritimes entourant la zone, ainsi que les routes
d’accès.

o
FIGURE 1

Carte de localisation de l’AMP Kawawana en Casamance (Sénégal)


(Laffargue C., 2010).

Conse il (carte page suivante) :


Il convient ici de bien choisir l’échelle et le fond de carte afin d’utilise r
le meme pour le reste du docu ment.

54 FIBA
o

FIGURE 2
Carte de délimitation du parc national de Tanbi Wetlands
en Gambie (DPWM, 2008)

3. La gouvernance de l’AMP

Organismes et responsabilités
Établir la liste de tous les organismes concernés par la gestion du site et préciser
leurs statuts (organismes de tutelle, comités de gestion, comités villageois, comités
de surveillance, etc.). Cette partie peut être illustrée sous la forme d'un
organigramme (cf. figure 4 page 57).

Établir les responsabilités individuelles concernant les divers aspects de la gestion


du site, les personnes ressource et les contacts : les détails de ces contacts devront
être continuellement revus et mis à jour.

Équipements et infrastructures
Décrire brièvement les équipements et les infrastructures bâtis du site, leur
structure et leur objectif s’il y a lieu (cf. exemple page suivante avec le PNBA).

Politique interne du gestionnaire


Les compétences et la politique interne d'un organisme auront une influence
déterminante sur la façon d'envisager la gestion d'un site. Une association de
pêcheurs n’aura pas la même approche que la direction d’un parc national.
CANEVAS DE
RÉDACTION

Décrire ici quels sont les objectifs du gestionnaire en relation avec sa charte
d’objectifs. Quelle approche pour la gestion de l’AMP ?

Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 55
o
FIGURE 3

Carte des infrastructures présentes au niveau du PNBA


en Mauritanie (Source : PNBA, 2009).

56 FIBA
o

FIGURE 4
Exemple d’organigramme des organes de gestion de l’AMP
d’Urok en Guinée-Bissau (source : Biai et al., 2003)

COMITÉ DE GESTION ASSEMBLÉE GÉNÉRALE CONSEIL


UROK UROK DES DOYENS
› Représentants de Formosa (6) › Membres des Comités › Régulos
› Réprésentants de Nago (3) de Gestion de Tabanca ( de tous › Baloberos
› Réprésentants de Chedia (3) les villages des 3 îles)
› Tiniguena (2) › Autorités locales (2)
› RBABB (1) › Délégation Régionale des Pêches (1)
› Administrateur local (1) › Tiniguena
› RBABB (1)
› GPC (1)
› NAP/UICN
› FIBA (1) + Partenaire financier (1)

› Personnes dont les compétences


techniques sont reconnues (8)
et membres de
› Tiniguena ASSEMBLÉES INSULAIRES
› FIBA / PRCM
› GPC, RBABB, INEP
CIPA / Ministério Pescas

FORMOSA NAGO CHEDIA


› Membres des Comités de Gestion › Membres des Comités › Membres des Comités
des Tabancas de Formosa de Gestion de Nago de Gestion des Tabancas
› Tiniguena › Tiniguena de Chedia
› Autoritées locales › Autoritées locales › Tiniguena
› Autoritées locales

COMITES DE GESTION DE TABANCAS


› 3 représentants des pêcheurs
› 3 représentants des femmes
collectrices de coquillages
› 2 représentants des autortiés
traditionnelles

Conse il :
Mettre en annexe les copies des actes de création des comités de gestion,
comités de surveilla nce.

4. Les inventaires, classements et engagements internationaux

Identifier les différents statuts concernant le territoire de l’AMP (Ramsar, réserve


de Biosphère, etc.) au niveau international, national et régional. Le présenter sous
la forme d’un tableau récapitulatif comprenant les classements, les noms des
zones, leur date de classement et leurs superficies.
CANEVAS DE
RÉDACTION

Rappeler les conventions internationales dans lesquelles le pays s’est engagé et


pour lesquelles les objectifs de l’AMP s’insèrent (CBD, Convention d’Abidjan, etc.)

Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 57
5. Le contexte foncier et réglementaire

Statut foncier
Décrire le statut foncier du site en faisant référence aux documents officiels en
annexe (domaine public, parcelles privées, etc.).

Servitudes et droits d’usage


Cartographier tous les droits (droits d'usage, servitudes, etc.) détenus par d'autres
partenaires, par exemple : droits de passage, ramassage de coquillages, récolte
de tourbe, chasse, site sacré, etc.

Autres plans en vigueur


Indiquer les autres plans dans lesquels l’AMP s’insère (plans de développement
locaux, plans d’aménagement des pêches, etc.)

6. L’évolution historique et l’occupation du sol de l’AMP

Au fil des siècles, la plupart des sites ont fait l’objet d’occupations humaines
successives. Si les informations sont accessibles, il est important de mettre en
lumière les traces de ce passé, qui seront utiles pour les diagnostics écologiques
et socio-économiques qui suivent. Comparer les informations collectées (sous forme
de cartes par exemple) avec la situation actuelle. Un exemple ci-dessous avec la
localisation des amas coquilliers au Parc National du Delta du Saloum (PNDS).

o
FIGURE 6

Localisation des amas coquilliers dans le PNDS, témoignant


de l’occupation de l’espace par les populations résidentes
(source : DPN, 2010)

58 FIBA
7. Le cadre sociopolitique général

Rédiger une courte synthèse sur le niveau de population (démographie) et les


tendances évolutives, l’organisation administrative du territoire, les schémas, plans
et programmes publics ou internationaux divers, etc.

Conse il :
Attention, il ne s’agit pas de décrire en détail les aspects
socio-économiques qui seront abordés plus tard !

TABLEAU 4
Exemple d'histogramme de populations avoisinant le parc
national de Tanbie en Gambie (source : DPWM, 2008)

45 000
Année 2003
40 000
Année 1993
35 000
Population

30 000
25 000
20 000
15 000
10 000
5 000
0
Banjul

Abuko

Bakau Wasulung

Eboutown

Fajikunda

New Jeshwang

Old Jeshwang

Taliding

Daranka

Kerevan

Lamin

Mandinaring

Villages

A2. CARACTERISTIQUES PHYSIQUES DE L’AMP


1. Le climat
Climat du pays et de l’écorégion
Reprendre les caractéristiques du climat du pays et de l’écorégion ouest-africaine
(saison des pluies, moyennes de températures, etc.).

Climat régional et local


Décrire plus précisément le climat régional de l’AMP, ainsi que les caractéristiques
climatiques du site (élévation, exposition, aspect, végétation) et précisez en quoi
elles influencent le climat local et/ou quelle influence le climat exerce sur le site.

Conse il :
Dans la plupart des cas, la description ne peut etre accompagnée
CANEVAS DE
RÉDACTION

de donnée s précises car elles font souvent défaut, mais les grande s
tendan ces sont souvent connue s et serviront dans un premier temps
a étayer la description.

Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 59
o
TABLEAU 5

Exemple de données météorologiques collectées auprès du service


météorologique de Ziguinchor dans le cadre du document de
création de l’AMP de Kawawana au Sénégal (source : Laffargue, 2010).

2 500

2 000
Précipitations (mm/an)

1 500

1 000

500

0
1918
1921
1924
1927
1930
1933
1936
1939
1942
1945
1948
1951
1960
1963
1966
1969
1972
1975
1978
1981
1984
1987
1990
1993
1996
1999
2002
2005
2008

2. L’hydrologie

Les eaux souterraines


Décrire les caractéristiques des eaux souterraines, notamment la dynamique des
nappes (périodes de sécheresse, etc.) et la qualité de l’eau.

Les cours d’eau


Décrire les caractéristiques des eaux de surface, les influences des eaux marines
et saumâtres, le débit saisonnier, les données physico-chimiques ou la présence
de polluants si cela est connu, etc. Cette partie peut être décrite par une carte
(exemple figure 7 page suivante avec l'hydrologie au niveau du parc national du
Delta du Saloum).

Les eaux côtières


Décrire les caractéristiques des eaux côtières (salinité, température, etc.), ainsi
que les phénomènes de marées et de courants.

+ L’acquisition de ces informations est souvent relativement


coûteuse et ne représente généralement pas un intérêt majeur
pour la gestion du site. D’une manière générale, il appartient à
chaque gestionnaire d’évaluer les rapports coûts/bénéfices de
chaque information, en rapport avec ses objectifs de gestion et
les moyens dont il dispose.

60 FIBA
o

FIGURE 7
Réseau hydrographique au niveau de la réserve de biosphère
transfrontalière du Saloum-Niumi (source : DPN, 2010).

3. Géologie et géomorphologie
Histoire et formations géologiques
L’objectif est de disposer d’une bonne connaissance des formations géologiques
et de leurs structures, de comprendre l’histoire géologique du territoire étudié,
d’établir des relations entre la géologie et les paysages, etc.

Si les informations sont disponibles, situer l’AMP dans son environnement


géologique, résumer l’histoire géologique de la région, nature des affleurements,
des principales structures, etc.

La nature des sols


Situés à l’interface du substrat et de la végétation, les sols sont importants à
considérer pour interpréter les paysages, les habitats, et l’implantation des
CANEVAS DE
RÉDACTION

cultures. Insérer ici une carte pédologique du territoire si celle-ci existe (cf : exemple
page 63 en figure 8 de la carte de l'AMP de Joal Fadiouth au Sénégal).

Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 61
x
ENCART

Description des sols de la Réserve de Biosphère Transfrontalière


du Saloum-Niumi . (source : Mat Dia, 2003)

D’après les travaux de l’ISRA et de l’IRD, la couverture pédologique du


bassin du PNDS et de ses bordures comprend les sols suivants :
sols ferrugineux tropicaux lessivés développés respectivement sur la
couverture gréseuse du continental terminal et sur des dunes
continentales ;
sols sulfatés acides des tannes, dénudés et impropres à l’agriculture.
Ils servent de reposoir pour certains oiseaux tels que les mouettes à
tête grise et les goélands railleurs ainsi que certains mammifères comme
le singe vert qui affectionne les crabes violonistes qui colonisent ce type
de sol ;
sols hydromorphes organiques peu évolués des vasières actuelles.
Ils constituent des zones de gagnage pour certains oiseaux migrateurs
comme le courli corlieu et le grand courli ;
sols minéraux et sols peu évolués d’apport sur cordons sableux récents
ou accumulation des limons éoliens qui constituent des reposoirs de
prédilection des sternideas ;
sols calcimorphes de type rendzine riche en matière organique des amas
artificiels de coquilles.

Conse il :
Si ces donnée s font défaut, les caractéristiques générale s peuvent etre
décrites et la collecte de donnée s plus précises pourra faire l’objet d’un
objectif du plan de gestion (cf. encart ci-dessu s).

4. Les formes du relief et leur dynamique


Relief et paysages terrestres
Identifier et décrire les formes du relief, les paysages caractéristiques et la
dynamique qui en résulte (hydrogéologie notamment).

Bathymétrie et évolution du trait de côte


Décrire les reliefs bathymétriques, les processus d’érosion/sédimentation,
l’évolution du trait de côte, etc. (par exemple avec une carte telle que celle
présentée en page suivante pour l'AMP de Kayar au Sénégal).

62 FIBA
o

FIGURE 8
Profil géomorphologique de l’AMP de Joal-Fadiouth au Sénégal.
(source : Inconnu, 2009).

Vasières anciennes dénudées

Vasières anciennes partiellement dénudées

Vasières anciennes enherbées

Vasières récentes fonctionnelles

Cordons littoraux

Dépressions ensablées

Dunes de l’intérieur modelées attenuées

Terrasses sableuses

Vallées semi permanentes

o
FIGURE 9

Bathymétrie de la zone de l’AMP de Kayar (Source : WWF, 2009)


CANEVAS DE
RÉDACTION

Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 63
5. Patrimoine géologique

Objets géologiques remarquables


Décrire, si cela est connu, la présence d’éléments géologiques remarquables, tels
que fossiles, plis, failles ou cavités naturelles.
Déterminer leur degré de lisibilité, leurs conditions d’altération et leur vulnérabilité
(pillage, travaux, etc.) afin d’en dégager d’éventuels enjeux de conservation.

A3. CARACTERISTIQUES BIOLOGIQUES


ET ECOLOGIQUES DE L’AMP

1. Habitats et processus écologiques


État de référence
Décrire l’état de référence des habitats et déterminer des indicateurs précis qui
permettront d’évaluer l’évolution des habitats (espèces bioindicatrices, surfaces,
plantes envahissantes, etc.)

Décrire les habitats, écosystèmes, biotopes ou communautés importants, typiques


ou rares. Il est important de replacer le site dans son contexte national ou régional,
particulièrement dans le cas de biotopes ou d'espèces dont la présence est
significative à l'échelle internationale. L'utilisation de cartes est ici primordiale.
Un exemple de cartographie de mangrove est présenté dans la figure 10 ci-après).

Pour replacer le site dans son contexte, faire également une description brève des
zones adjacentes, en mettant l'accent notamment sur la localisation du site au sein
d'un secteur naturel ou semi-naturel plus vaste, ou s'il est au contraire entouré de
zones d'agriculture intensive, de forêts de production, de zones de développement
commerciales ou urbaines.

Facteurs d’influence et dynamique de la végétation


Décrire les facteurs écologiques ou humains qui vont avoir une influence sur les
habitats (ensoleillement, salinité, pâturage, pêche, etc.)

Ces facteurs peuvent être à l’origine de successions d’habitats (suite au feu,


tempêtes, etc.) Décrire également les séries et successions d’habitats qui ont des
liens dynamiques entre eux (forêts secondaires, etc.)

64 FIBA
o

FIGURE 10
Cartographie des mangroves à Avicenia
dans l’AMP de Kawawana au Sénégal. (source : Laffargue, 2010)

Conse il :
La description de la végétat ion proposée ici concern e surtout les grands
ensembles. Les especes végétales clés seront décrites ci-apres.
Ne pas hésiter a enrichir le texte de photographies présent ant
les grands ensembles décrits.
2. Espèces animales et végétales
État de référence
Décrire l’état de référence des populations, et déterminer des indicateurs précis.
Préciser la nature des dégradations s’il y a lieu (surpêche, pollution, etc.). Estimer
les menaces qui pèsent sur certaines espèces à la lumière des tendances socio-
économiques ou naturelles.

La description des espèces prendra la forme d’une analyse des peuplements pour
chaque groupe : nombre d’espèces recensées, espèces dominantes et fréquentes,
espèces caractéristiques.

Décrire les espèces caractéristiques ou dominantes, et leurs interactions


CANEVAS DE
RÉDACTION

écologiques si elles sont connues. Lister et cartographier les espèces


particulièrement abondantes ou localisées, et commentez leur distribution et les
variations saisonnières.

Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 65
Décrire lorsque cela est nécessaire (espèces marines en particulier) les
caractéristiques biologiques comme les cycles migratoires ou de reproduction qui
auront une influence sur la gestion (i.e. reproduction en dehors de l’AMP, exportation
des larves, brassage génétique avec des populations voisines, etc.). Un exemple
est donné ci-après avec la localisation des nurseries de poissons à Tristao.

Décrire les espèces végétales marines dominantes, et si possible une description


des communautés (en relation avec profondeur, salinité, etc.). La description du
phytoplancton peut être incluse dans cette partie.

Facteurs d’influence
Réflexion identique à celle menée sur les habitats, rapportée aux espèces jugées
importantes pour la conservation. Exposer les facteurs écologiques et humains qui
auront une influence sur la conservation de ces espèces (climat, nourriture
disponible, pêche, etc.).

Conse ils :
Les listes d’especes seront placées en annexe.
Concentrer les descriptions sur les especes a enjeux
de conservation (espece s vulnéra bles, remarqu ables,
comme rciales, etc.).
Ces descriptions serviront de base pour l’établissement
des enjeux de conservation de l’AMP.

o
FIGURE 11

Localisation des nurseries de poissons dans la réserve naturelle


de Tristao en Guinée. (source : CNSHB, 2010)

66 FIBA
A4. LE CADRE SOCIO-ECONOMIQUE
ET CULTUREL DE L’AMP

Il est important ici de décrire les activités socio-économiques à l’intérieur ET à


l’extérieur de l’AMP. Leur appréciation est primordiale pour comprendre l’état des
habitats et des espèces, anticiper les tendances évolutives de l’AMP et, in fine,
définir les objectifs et les stratégies de gestion.

1. Les représentations culturelles de l’AMP

La perception de l’AMP par les populations


Décrire suite à des enquêtes la perception de l’AMP par les populations locales, et
la place de l’homme au sein de cet outil.

La perception de la nature par les populations


Décrire les représentations de la nature par les populations locales. Identifier les
sites ayant une importance dans la cosmogonie ou avec les pratiques socio-
culturelles, les espèces animales et végétales ayant un statut particulier.

2. Les savoirs locaux, les utilisations passées du site

Décrire les savoirs traditionnels et les utilisations actuelles et passées du site,


notamment les pratiques qui pourront avoir un lien avec les actions de conservation
menées sur le site.

3. Le patrimoine culturel, cultuel, paysager,


archéologique et historique de l’AMP
Décrire les intérêts culturels, cultuels, paysagers ou archéologiques et historiques
qui pourraient être pris en compte.

4. Les activités socio-économiques dans et autour de l’AMP


Description des activités socio-économiques
Décrire les différentes activités socio-économiques concernant l’AMP (au sein de
celle-ci et autour). On peut proposer ici les grands types d’activités suivantes :

• activités de subsistance (incluant agriculture, pêche, cueillette, etc.) ;


• activités forestières ;
• activités touristiques ;
• activités liées à la conservation de la nature ;
• chasse ;
• extractions ;
• éducation, recherche ;
• actes contrevenant et police de la nature ;
CANEVAS DE
RÉDACTION

• autres…

Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 67
État de référence
Évaluer ici l’état de référence socio-économique de l’AMP et dresser une liste
d’indicateurs qui seront suivis au cours du plan de gestion.

Facteurs d’influence
Décrire quels sont les facteurs susceptibles d’influencer les activités socio-
économiques des populations dépendantes de l’AMP. Les activités alternatives
potentielles développées au sein de l’AMP pourront être décrites ici.

Pour aller plus loin :


Guide SOCMO N Afrique de l’Ouest a paraitre.

A5. VALEURS ET ENJEUX DE L’AMP

1. La valeur du patrimoine naturel,


culturel et socio-économique de l’AMP
Faire ici la synthèse et l’analyse de toutes les valeurs des habitats, espèces,
activités, etc. qui ont été décrites précédemment, en mettant en exergue les
valeurs particulières au site qui doivent être préservées ou rétablies, par des
mesures spécifiques de gestion

Habitats
L’évaluation des habitats se fait selon plusieurs catégories de critères (rareté,
vulnérabilité, importance dans les processus écologiques, etc.). Il s’agit d’effectuer
une évaluation combinée en fonction des textes et recommandations connues au
niveau international et national, mais aussi en fonction des connaissances du site
(frayères, nourriceries, reposoirs, etc.).

Espèces
Établir la liste des espèces d'importance internationale ou nationale, typiques ou
rares. Donner leur statut et leur écologie, et décrire - si elles sont connues - leurs
exigences spécifiques en matière de gestion.

Patrimoine socio-économique et culturel


Faire ressortir les aspects socio-économiques et culturels remarquables qui devront
être pris en considération pour définir les objectifs et mesures de gestion (existence
de pratiques traditionnelles de gestion des ressources, sites sacrés, etc.).

2. Les enjeux de l’AMP

Formuler ici différents types d’enjeux :


• Les enjeux de conservation (concernant les habitats, les espèces, etc.)
• Les enjeux socio-économiques (concernant la sauvegarde des activités dans
l’AMP, le niveau de vie des populations, etc.)
• Les enjeux pédagogiques et culturels (concernant la vocation de l’AMP à
sensibiliser, les valeurs culturelles de l’AMP, etc.)
• Les enjeux de connaissance du patrimoine de l’AMP (concernant le besoin de
connaissances supplémentaires, de recherches, etc.)

68 FIBA
La formulation des enjeux peut être présentée sous forme de tableau (exemple
tableau 6) et agrémentée de cartes (exemple figure 12).

TABLEAU 6
Récapitulatif des enjeux de l’AMP de Tristao Alcatraz en Guinée
(CNSHB, 2010)

Enjeux Enjeux liés à la mangrove


liés à la Enjeux liés aux zones humides et aux oiseaux migrateurs
conser- Enjeux liés aux espèces menacées
vation Enjeux liés à l’île d’Alcatraz et de l’île au Naufrage
Enjeux liés à l’exploitation des ressources naturelles
Agriculture et élevage
Contrôle Pêche
de la Fumage
chasse Exploitation des palmiers à huile
Saliculture
Exploitation minière
Savoirs et pratiques traditionnelles
Enjeux
Flux migratoires
sociaux
Position insulaire et précarité des conditions de vie des populations

o
FIGURE 12

Localisation des enjeux de conservation des oiseaux au PNBA


(source : PNBA, 2009)

CANEVAS DE
RÉDACTION

Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 69
SECTION B Objectifs et activités

B1. LES OBJECTIFS INITIAUX DE CREATION


DE L’AMP ET LA GESTION ANTERIEURE
Faire un état des objectifs déjà identifiés, par exemple dans le dossier de création,
les rapports d’étude, etc. Ils doivent servir de source d’inspiration, mais ne doivent
pas forcément servir de base pour l’architecture du plan.

Rappeler la gestion antérieure, traditionnelle ou préciser s’il y a eu des opérations


de conservation ou de développement sur le site. Identifier les réussites ou les
échecs, et conclure sur les orientations à donner aux objectifs et sur les stratégies
de mise en œuvre.

B2. LES OBJECTIFS GLOBAUX


Établir la liste des objectifs globaux (cf. étape 4 page 39).

Une fois les objectifs globaux listés, il sera possible de les regrouper ou de les
simplifier pour les rendre le plus clair possible. Sur la forme, un objectif global doit
être formulé en une seule phrase courte (ex : Améliorer les conditions de vie des
populations, assurer la durabilité de la pêche dans l’AMP, etc.). Chaque objectif
devra être agrémenté d’un court argumentaire précisant l’état de référence, l’état
de conservation, et les indicateurs qui seront employés.

B3. LES OBJECTIFS SPECIFIQUES


Construire un tableau rappelant les objectifs globaux et y associer les objectifs
spécifiques (exemple tableau 7). Vérifier la cohérence des objectifs entre eux.
Vérifier également que les objectifs sont bien décrits (cf. test SMART en encart).
Rédiger un court argumentaire sous chaque objectif spécifique (précisions sur la
localisation, la durée, l’état visé à l’issue du plan, les indicateurs de réussite, etc.)

o
TABLEAU 7

Exemple théorique d’objectifs globaux et d’objectifs spécifiques

OBJECTIFS
OBJECTIFS SPECIFIQUES
GLOBAUX
1.1. Améliorer les connaissances sur la dynamique
1. Assurer des espèces et des habitats
la préservation de
la biodiversité et 1.2. Préserver les zones de nourriceries situées dans
l’utilisation durable les bolongs et les estuaires de l’AMP
des ressources 1.3. Protéger et/ou restaurer les habitats et espèces
naturelles de l’AMP clés de l’AMP (mangrove, zone d’alimentation et
de ponte de la tortue, etc.)
2.1. Appuyer la réhabilitation d’infrastructures clés
2. Améliorer dans les villages de l’AMP (puits, digues, etc.).
les conditions de vie 2.2. Promouvoir des mécanismes de financement
des populations durable de la gestion de l’AMP
et le développement local

70 FIBA
x

ENCART
ENCART Test SMART (source : Chiffaut, 2006)

Spécifique :
L’objectif est-il précis et bien ciblé (pas trop général) ? Est-il bien
opérationnel ?
Mesurable :
Pourra-t-on évaluer s’il est atteint au moyen d’indicateurs quantitatifs
ou semi-quantitatifs ?
Accessible :
Est-il réalisable avec les moyens humains, techniques et financiers
du gestionnaire ?
Réaliste :
A-t-on des chances de l’atteindre durant la durée du plan ?
N’est-il pas trop hasardeux ?

B4. LES STRATEGIES DE GESTION


1. Description des différentes options et stratégies

Présenter ici les différentes options et les stratégies qui ont été choisies (cf. étape 5).
Argumenter en présentant les éléments significatifs qui ont déterminé les choix
stratégiques.

2. Les mesures de gestion

Présenter ici de manière claire les principales mesures de gestion qui ont été
prises, telles que le zonage ou la définition de règles particulières sur l’exploitation
des ressources.

B5. LES ACTIVITES


1. Description des activités

Pour les principales activités, il y a lieu d'élaborer une microfiche (cf. ci-après).
Chaque ligne de la microfiche doit être remplie au mieux de nos connaissances,
spécialement en ce qui concerne « la responsabilité » et « le coût ». Pour le terme
« responsabilité », il est très important d'indiquer le titre et/ou le nom de la
personne par exemple « le Directeur du service des pêches » et non le « Service
des pêches » sinon la responsabilité sera atténuée. S'agissant du coût, si le coût
exact n'est pas disponible une approximation suffira, ou alors il peut être reporté
CANEVAS DE
RÉDACTION

en terme de ressources nécessaires (matériel devant être acquis, hommes/jours,


etc.), mais cette information doit impérativement être reportée.

Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 71
o
TABLEAU 8

Proposition de fiche d’activité

NOM et CODE DE L’ACTIVITÉ

Objectif spécifique :
Stratégie de gestion :
Priorité :
Calendrier de réalisation :
Localisation :
Méthodologie pour la mise en œuvre :
Responsable :
Exécution :
Partenaires :
Budget prévu :
Financement :
Matériel :
Indicateur pour évaluer la réalisation :

Ces fiches doivent être remplies uniquement pour les principales x


ENCART

activités de l’AMP. Il s’agit d’un travail long et parfois fastidieux, mais


qui permet souvent au gestionnaire d’identifier les difficultés liées à
certaines activités avant de les réaliser, et qui doit permettre de
pérenniser les protocoles d’intervention si le gestionnaire vient à
changer.

2. Cadre logique

Construire le cadre logique en rappelant les objectifs globaux, les objectifs


spécifiques, et les activités (cf. canevas ci-contre). Il est important de formuler les
activités en restant au plus près de l’objectif spécifique et en se demandant par
quel moyen l’atteindre. Prévoir systématiquement ce qu’un objectif nécessite en
termes de travaux, de suivi, d’entretien, de gestion administrative, etc. Par
exemple, pour les objectifs liés à la conservation, toujours prévoir un suivi de
contrôle permettant de vérifier s’ils sont atteints au terme du plan.

72 FIBA
o

TABLEAU 9
Proposition de canevas de cadre logique

Objectif
Global 1
Ici, écrivez votre objectif global
Objectif Indicateurs Moyens de vérification Hypothèses
spécifique 1.1 :
écrivez ici
votre objectif
spécifique
Activités Budget

a ct i v ités
rivez vo s
I c i , é c

Indicateurs Moyens de vérification Hypothèses


Objectif
spécifique 1.2 :
écrivez ici
votre objectif
spécifique

Activités Budget

Ici, écrivez vo s activ ités

3. Programmation des activités


Le plan de gestion doit proposer une programmation réfléchie des activités sur la
durée du plan afin de prévoir le programme de travail pour chaque année et les
moyens financiers et humains nécessaires.

Cette partie doit être la plus précise et la plus solide possible, car elle constitue le
noyau opérationnel du plan de gestion. Elle doit être lisible et accessible car elle
est continuellement consultée par le ou les responsables de la gestion de l’AMP.

Détailler chaque activité selon les objectifs du plan, indiquer l’année de réalisation,
la période et la périodicité, la priorité. Indiquer qui sera responsable de l’exécution
(AMP, prestataire, communauté, etc.) et estimer son coût financier (fonctionnement
et investissement) et humain (un exemple est proposé avec le tableau 10 ci-après).
CANEVAS DE
RÉDACTION

Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 73
TABLEAU 10

Exemple de tableau quinquennal de programmation des activités

Chronogramme
Période Fréquence
Quinquennal

Objectif Spécifique 1.1

Activité 1.1.1 X X Mars-Sept Hebdo

Activité 1.1.2 X Juillet Ponctuel

Activité 1.1.3

Objectif Spécifique 1.2

Activité 1.2.1

Activité 1.2.2

Activité 1.2.3

Conse il :
Il s’agit plus ici d’organ iser la chronologie des opératio ns
entre elles et leur périodicité que de fixer des dates
précises pour chacun e.

4. Plan d’action annuel

Chaque année, extraire une programmation des activités en fonction des prévisions
formulées dans le plan de travail quinquennal, en ajustant les besoins financiers.
Le plan d’action annuel doit aussi être élaboré en fonction des moyens financiers
dont le gestionnaire dispose. Il est important d’ajouter des colonnes
correspondantes au détail de ces moyens financiers.

74 FIBA
o

Coût de l'opération
Pilotage Investissement
Fonct TOTAL
Nature Coût

AMP 1 000 € Achat matériel 500 € 1 500 €


AMP 200 € Consultance 3 000 € 3 200 €
+ prest.

SECTION C Système d’évaluation


de la gestion et du plan

Deux types d’évaluation sont décrites : une évaluation annuelle, basée sur le bilan
d’activités, et une évaluation en fin de plan qui conduira à la rédaction de la nouvelle
version du plan.

C.1 L’évaluation annuelle


Décrire ici quelle est la méthode utilisée pour l’évaluation annuelle. Elle peut se
faire sur la base du bilan annuel d’activités, en reprenant le plan d’action annuel, et
en indiquant l’état d’avancement des activités (au niveau technique et financier).

Conse il :
Attention, il ne s’agit pas d’évalue r l’effica cité de gestion,
des méthod es particulieres existent et c’est un exercice a part. Il s’agit
seulem ent de présent er l’état d’avancement du plan et de mettre
en évidence les difficultés rencont rées.

C.2 L’évaluation de fin de plan


Déterminer ici le processus d’évaluation finale qui sera mis en œuvre (quelles
méthodes d’évaluation de l’efficacité de gestion, quelle méthode de révision de fin
de plan, à quelles dates, quel processus de validation, etc.).
CANEVAS DE
RÉDACTION

Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 75
Note sur les auteurs

Charbel Rizk est diplômé en biologie, agronomie et environnement de


l’Université Américaine de Beyrouth. Il a été chef de projet de la
composante libanaise de MedWetCoast, un projet de conservation des
zones humides en Méditerranée. Il a notamment piloté des projets de
gestion intégrée de la zone côtière méditerranéenne et travaille
actuellement comme consultant sur des projets du Programme des
Nations Unies pour le Développement de la Banque Mondiale ou encore
de l’Union Européenne.

Julien Semelin est diplômé de l’Institut Universitaire Européen de la Mer


de Brest, en France. Il a été conservateur de la réserve naturelle de l’île
du Grand Connétable en Guyane française et a notamment rédigé et mis
en œuvre le premier plan de gestion de cette Aire Marine Protégée. Depuis
2009, il pilote pour la FIBA des projets liés à la création d’AMP et au
renforcement de leur efficacité de gestion en Afrique de l’Ouest, au sein
desquels la mise en place de plans de gestion est une activité prioritaire.

Charlotte Karibuhoye a obtenu un doctorat en biologie de la


conservation à l’Université de Goettingen en Allemagne. Elle a travaillé
dans le domaine de la gestion des ressources naturelles en Afrique de
l’Ouest avant de rejoindre la FIBA en 2004, comme coordinatrice du projet
d’appui aux AMP. Depuis 2007, elle coordonne le programme AMP de la
FIBA qui vise à consolider le réseau régional d’AMP en Afrique de l’Ouest,
le RAMPAO. Charlotte Karibuhoye est également Vice-Présidente pour
l’Afrique Centrale et de l’Ouest de la Commission Mondiale de l’UICN sur
les Aires Protégées (CMAP).

76 FIBA
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78 FIBA
x
Guide
SECTION A Diagnostic et enjeux de l’AMP Guide
A1 Informations générales méthodologique méthodologique
A1.1 La création de l’AMP
pour l’élaboration
A1.2
A1.3
La localisation et les limites de l’AMP
La gouvernance de l’AMP des plans de gestion pour l’élaboration
A1.4 Les inventaires, classements et engagements internationaux
A1.5
A1.6
Le contexte foncier et réglementaire
L’évolution historique et l’occupation du sol de l’AMP
des Aires Marines Protégées
en Afrique de l’Ouest
des plans de gestion
A1.7 Le cadre sociopolitique général

A2 Caractéristiques physiques de l’AMP


des Aires Marines Protégées
A2.1
A2.2
Le climat
L’hydrologie
La rédaction d’un plan de gestion est devenue une activité incontournable pour tout
gestionnaire d’espace protégé. Malheureusement, les résultats peuvent être en Afrique de l’Ouest
A2.3 Géologie et géomorphologie contrastés si l’exercice n’est pas réalisé correctement. Le travail d'élaboration d'un
A.2.4 Les formes du relief et leur dynamique
A2.5 Patrimoine géologique plan de gestion doit tout d’abord répondre à une attente de la part du gestionnaire,
et doit également être entrepris avec méthode.
A3 Caractéristiquesa biologiques et écologiques de l’AMP Charbel Rizk, Julien Semelin,
A3.1 Habitats et processus écologiques Ce guide a été rédigé afin d’accompagner les gestionnaires d’Aires Marines Charlotte Karibuhoye
A3.2 Espèces animales et végétales Protégées d’Afrique de l’Ouest pendant la réalisation de leurs plans de gestion.
A4 Le cadre socio-économique et culturel de l’AMP Il se veut être un document clair, concis, et illustré d'exemples de la sous-région.
Il s’articule en deux parties distinctes. Une première partie décrit le grandes étapes
A4.1 Les représentations culturelles de l’AMP
A4.2 Les savoirs locaux, utilisations passées du site,… de la rédaction du document, de la constitution d’une équipe de rédaction à la

pour l’élaboration des plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest
A4.3 Le patrimoine culturel, paysager, archéologique et historique de l’AMP détermination des méthodes d’évaluation. Cette partie renvoie à une seconde
A4.4 Les activités socio-économiques dans et autour de l’AMP partie, appelée « canevas de rédaction », qui aide le lecteur à construire son propre
A5 Valeurs et enjeux de l’AMP plan de gestion, en suivant un canevas qui s'adaptera à sa situation.

A5.1 La valeur du patrimoine naturel, culturel et socio-économique de l’AMP


A5.2 Les enjeux de l’AMP

SECTION B Objectifs et activités


Charbel Rizk, Julien Semelin, Charlotte Karibuhoye
B1 Les objectifs initiaux de création de l’AMP
et la gestion antérieure

B2 Les objectifs globaux

B3 les objectifs spécifiques

B4 Les stratégies de gestion

Guide méthodologique
B4.1 Description des différentes options et stratégies de gestion
B4.2 Les mesures de gestion

B5 Les activités
B5.1 Description des activités
B5.2 Le cadre logique
B5.3 La programmation des activités
B5.4 Plan d’action annuel

SECTION C Système d’évaluation de la gestion et du plan

C1 L’évaluation annuelle

C2 L’évaluation de fin de plan


Activités Evaluation de l’efficacité de gestion Plan d’action annuel
Les activités sont les opérations mises en œuvre par le Processus continu durant lequel le gestionnaire est Le plan d’action annuel découle du programme de travail
gestionnaire d’un espace protégé pour atteindre les amené à analyser le degré d’atteinte des objectifs de pluriannuel, et doit permettre de planifier techniquement
objectifs qui ont été fixés dans le plan de gestion. l’aire protégée et les impacts des activités de gestion et financièrement la réalisation des activités dans
mises en œuvre sur le site. l’année.
Aire Marine Protégée (AMP)
Voir la définition en page 5. Gestion Programme de travail pluriannuel
La gestion d’une aire protégée regroupe toutes les Le programme de travail pluriannuel est un élément clé
Aire Marine Protégée Communautaire (AMPC) activités qui sont mises en œuvre par le gestionnaire du plan de gestion dans le sens où il permet d’organiser
Le terme « communautaire » vient préciser que la pour atteindre les objectifs qui sont fixés pour le site. les activités entre elles et dans le temps. Le programme
gouvernance de cet espace est confiée aux de réalisation des activités est donc déterminé en terme
communautés locales, en collaboration avec les autres Gestion participative de période, de périodicité, de responsabilité et de coûts.
parties prenantes. Implication des communautés locales, des usagers, de
l’administration, et des autres parties prenantes d’une Plan d’affaires
Aire du Patrimoine Communautaire (APC) aire protégé dans les activités mises en œuvre par le Voir la définition page 46.
Ce terme désigne des espaces occupés et utilisés de gestionnaire de l’espace protégé.
manière traditionnelle par une ou des communautés Plan de gestion
données, qui sont volontairement dédiés et gérés, pour Gouvernance Voir la définition page 7.
assurer la conservation à long terme des ressources La gouvernance d’une aire protégée renvoie au
naturelles et du patrimoine culturel. fonctionnement de l’autorité responsable de la gestion Renforcement des capacités
et plus particulièrement aux processus de prise de Le renforcement des capacités regroupe toutes les
Balisage décision. Définir la gouvernance d’une aire protégée activités de formation ou d’appui technique, ayant pour
Le balisage d’une aire protégée consiste en la consiste donc à identifier l’autorité responsable de la but l’acquisition de compétences pour améliorer la
matérialisation sur le terrain de ses limites ou de ses prise des décisions relatives à la gestion et décrire son gestion d’un site.
zones par la mise en place de marques visibles et mode de fonctionnement.
reconnaissables par tous : pancartes, bornes ou poteau Stratégies
à terre, ou bouées de signalisation en mer. Gouvernance partagée Les stratégies de gestion guident le gestionnaire dans
Partage de l’autorité, de la prise de décision et de la la mise en œuvre des activités. Elles doivent permettre
Cadre logique responsabilité de la gestion d’une aire protégée entre de réaliser les choix entre les différentes options
Outil de forme matricielle qui permet de mettre en les différentes parties prenantes impliquées. identifiées pour atteindre les objectifs.
cohérence les objectifs entre eux et avec les activités
mises en œuvre, et de mesurer les résultats atteints Indicateurs Suivi
grâce à l’identification d’indicateurs. Un indicateur permet de mesurer de façon objective tout Un suivi, qu’il soit écologique ou socio-économique, est
changement ou phénomène étudié. Il s’agit donc, dans une opération d’acquisition de connaissances répétée
Communication le cadre de ce guide, d’un outil d’aide à la décision qui dans le temps. Les suivis concernent des indicateurs
La communication regroupe ici toutes les activités permet de mesurer l’efficacité de gestion d’une aire identifiés dès la réalisation des états de référence,
destinées à transmettre de l’information aux parties protégée. permettant d’évaluer les impacts des mesures de
prenantes, sous toutes les formes possibles : débats, gestion et les changements observés.
émissions de radio, cinémas-débats, théâtre, réunions Objectifs globaux
dans les villages, etc. Objectifs de l’aire protégée à long terme. Ils visent un Valeurs
état idéal vers lequel la gestion de l’aire protégée devrait Les valeurs d’une aire protégée sont les caractéristiques
Concertation conduire, à travers la préservation de la biodiversité et remarquables du site, que la gestion du site cherche à
Dans ce guide, la concertation regroupe les activités qui des ressources naturelles ou encore l’amélioration des préserver. Elles peuvent être d’ordre internationales,
seront menées ou initiées par l’équipe de rédaction pour conditions de vie des populations. nationales ou locales. Avec les enjeux, les valeurs sont
Avec la participation de : impliquer les parties prenantes dans les différentes à la base de la création d’une aire protégée.
Antonio Araujo Ibrahima Diamé étapes de la rédaction du plan de gestion. Objectifs spécifiques
Alkaly Doumbouya Sylvie Goyet Ils sont établis sur la durée du plan de gestion, en vue Vision
Aboubakry Kane Delphine Malleret-King Durabilité financière d’atteindre les objectifs globaux. Ils ont un caractère La vision résume l’objectif général de la gestion d’un site
Luis Tito de Morais Cheibany Ould Senhoury La durabilité financière d’une aire protégée est atteinte opérationnel. en une seule phrase.
lorsque des apports financiers et pérennes sont assurés
à long terme afin de permettre au site de fonctionner Options Zonage
Remerciements : correctement. Les options sont les différentes alternatives dont Délimitation des espaces à l’intérieur de l’aire dans
Les auteurs tiennent à remercier toutes les personnes qui ont contribué à la rédaction de ce dispose le gestionnaire d’un espace protégé pour lesquels sont mise en œuvre des mesures de gestion
document, en particulier Ibrahima Diamé, Alkaly Doumbouya, Aboubakry Kane, Delphine Enjeu atteindre un objectif. Chaque option est caractérisée sur différentes.
Malleret-King, Luis Tito de Morais et Cheibany Ould Senhoury. Des remerciements particuliers Un enjeu de gestion est identifié par le gestionnaire et le terrain par une activité ou un groupe d’activités, que
vont à Antonio Araujo et Sylvie Goyet, pour leur contributions, mais aussi pour leurs les parties prenantes. Il justifie la mise en œuvre de le gestionnaire doit étudier en terme de faisabilité,
commentaires et suggestions sur le contenu du document, ainsi qu’à Genevière Coutrot et mesures de conservation pour préserver ou restaurer d’impact, de pertinence ou encore de complémentarité
Corinne Roux pour leur relecture attentive. un caractère remarquable du site (une valeur). afin de guider son choix.
Les auteurs remercient également tous les gestionnaires d’Aires Marines Protégées qui ont
mis à disposition leurs plans de gestion, sans lesquels la rédaction de ce guide n’aurait pas Etat de référence Parties prenantes
été possible. Effectuer un état de référence consiste à élaborer un Ce sont toutes les entités (organismes ou personnes)
bilan des connaissances sur plusieurs domaines, afin de concernées par la gestion d’une aire protégée. Les
constituer un point de départ, une ligne de base, aux différentes parties prenantes peuvent avoir divers
Le papier intérieur de ce guide est certifié . suivis d’indicateurs de gestion. En général, les états de intérêts et influences sur le processus de gestion.
référence sont de trois ordres : écologique, socio-
économique et culturel.
Conception graphique et illustrations : www.designbyreg.dphoto.com

Imprimé à Dakar, Sénégal, 2e semestre 2011.


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Guide
SECTION A Diagnostic et enjeux de l’AMP Guide
A1 Informations générales méthodologique méthodologique
A1.1 La création de l’AMP
pour l’élaboration
A1.2
A1.3
La localisation et les limites de l’AMP
La gouvernance de l’AMP des plans de gestion pour l’élaboration
A1.4 Les inventaires, classements et engagements internationaux
A1.5
A1.6
Le contexte foncier et réglementaire
L’évolution historique et l’occupation du sol de l’AMP
des Aires Marines Protégées
en Afrique de l’Ouest
des plans de gestion
A1.7 Le cadre sociopolitique général

A2 Caractéristiques physiques de l’AMP


des Aires Marines Protégées
A2.1
A2.2
Le climat
L’hydrologie
La rédaction d’un plan de gestion est devenue une activité incontournable pour tout
gestionnaire d’espace protégé. Malheureusement, les résultats peuvent être en Afrique de l’Ouest
A2.3 Géologie et géomorphologie contrastés si l’exercice n’est pas réalisé correctement. Le travail d'élaboration d'un
A.2.4 Les formes du relief et leur dynamique
A2.5 Patrimoine géologique plan de gestion doit tout d’abord répondre à une attente de la part du gestionnaire,
et doit également être entrepris avec méthode.
A3 Caractéristiquesa biologiques et écologiques de l’AMP Charbel Rizk, Julien Semelin,
A3.1 Habitats et processus écologiques Ce guide a été rédigé afin d’accompagner les gestionnaires d’Aires Marines Charlotte Karibuhoye
A3.2 Espèces animales et végétales Protégées d’Afrique de l’Ouest pendant la réalisation de leurs plans de gestion.
A4 Le cadre socio-économique et culturel de l’AMP Il se veut être un document clair, concis, et illustré d'exemples de la sous-région.
Il s’articule en deux parties distinctes. Une première partie décrit le grandes étapes
A4.1 Les représentations culturelles de l’AMP
A4.2 Les savoirs locaux, utilisations passées du site,… de la rédaction du document, de la constitution d’une équipe de rédaction à la

pour l’élaboration des plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest
A4.3 Le patrimoine culturel, paysager, archéologique et historique de l’AMP détermination des méthodes d’évaluation. Cette partie renvoie à une seconde
A4.4 Les activités socio-économiques dans et autour de l’AMP partie, appelée « canevas de rédaction », qui aide le lecteur à construire son propre
A5 Valeurs et enjeux de l’AMP plan de gestion, en suivant un canevas qui s'adaptera à sa situation.

A5.1 La valeur du patrimoine naturel, culturel et socio-économique de l’AMP


A5.2 Les enjeux de l’AMP

SECTION B Objectifs et activités


Charbel Rizk, Julien Semelin, Charlotte Karibuhoye
B1 Les objectifs initiaux de création de l’AMP
et la gestion antérieure

B2 Les objectifs globaux

B3 les objectifs spécifiques

B4 Les stratégies de gestion

Guide méthodologique
B4.1 Description des différentes options et stratégies de gestion
B4.2 Les mesures de gestion

B5 Les activités
B5.1 Description des activités
B5.2 Le cadre logique
B5.3 La programmation des activités
B5.4 Plan d’action annuel

SECTION C Système d’évaluation de la gestion et du plan

C1 L’évaluation annuelle

C2 L’évaluation de fin de plan

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