Guide Méthodologique: Pour L'élaboration
Guide Méthodologique: Pour L'élaboration
Guide
SECTION A Diagnostic et enjeux de l’AMP Guide
A1 Informations générales méthodologique méthodologique
A1.1 La création de l’AMP
pour l’élaboration
A1.2
A1.3
La localisation et les limites de l’AMP
La gouvernance de l’AMP des plans de gestion pour l’élaboration
A1.4 Les inventaires, classements et engagements internationaux
A1.5
A1.6
Le contexte foncier et réglementaire
L’évolution historique et l’occupation du sol de l’AMP
des Aires Marines Protégées
en Afrique de l’Ouest
des plans de gestion
A1.7 Le cadre sociopolitique général
pour l’élaboration des plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest
A4.3 Le patrimoine culturel, paysager, archéologique et historique de l’AMP détermination des méthodes d’évaluation. Cette partie renvoie à une seconde
A4.4 Les activités socio-économiques dans et autour de l’AMP partie, appelée « canevas de rédaction », qui aide le lecteur à construire son propre
A5 Valeurs et enjeux de l’AMP plan de gestion, en suivant un canevas qui s'adaptera à sa situation.
Guide méthodologique
B4.1 Description des différentes options et stratégies de gestion
B4.2 Les mesures de gestion
B5 Les activités
B5.1 Description des activités
B5.2 Le cadre logique
B5.3 La programmation des activités
B5.4 Plan d’action annuel
C1 L’évaluation annuelle
Remerciements
Préface 3
Canevas de rédaction 51
Note sur les auteurs 76
Bibliographie 77
2 FIBA
SOMMAIRE
Préface
L'objet de ce document est de proposer aux gestionnaires d’Aires
Marines Protégées (AMP) en Afrique de l'Ouest un guide pour
l’élaboration de leurs plans de gestion. Il a été élaboré à la suite d’un
atelier sur les plans de gestion des AMP en Afrique de l'Ouest
organisé au Sénégal du 27 avril au 2 mai 2008 avec l’appui technique
et financier de la Fondation Internationale du Banc d’Arguin (FIBA) dans
le cadre du Programme Régional de Conservation de la zone Marine
et Côtière en Afrique de l’Ouest (PRCM). Les participants venus de
différents pays d'Afrique de l'Ouest ont échangé et été formés sur
les processus de réalisation des plans de gestion. Chaque étape du
processus a été analysée et discutée, ainsi les participants ont eu la
possibilité de partager leurs commentaires, leurs points de vue et
leurs expériences.
Ainsi, l’idée d’un guide est apparût aux participants de l’atelier pour
remplir deux objectifs : fournir un appui méthodologique aux gestion-
naires, et permettre l’harmonisation des plans de gestion dans
la sous-région et notamment dans le cadre du Réseau d’AMP
en Afrique de l’Ouest (RAMPAO), afin de faciliter les échanges entre
les gestionnaires et les partenaires.
Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 3
1 Comment utiliser ce document ?
Ce guide doit aider le lecteur à construire son plan de gestion étape par étape.
Il suit l’ordre chronologique de rédaction d’un plan de gestion, subdivisé ici en six
étapes clés. Chaque étape explique au lecteur quelles sont les activités clés à
conduire. Le lecteur y trouvera ainsi des recommandations et des exemples
concrets menés sur des AMP de la sous-région. Une partie méthodologique,
appelée « canevas de rédaction » située à la fin du document, l’aidera ainsi à
rédiger son propre document et à renseigner les rubriques correspondantes. Par
exemple, lors de l’étape 3 « diagnostic du site », le document présente les activités
qui peuvent être menées pour collecter les informations (études, enquêtes, etc.)
et oriente le lecteur sur les types d’informations nécessaires. Le « canevas de
rédaction » guidera le lecteur dans la rédaction. Il proposera des chapitres qui
pourront servir à la rédaction du plan de gestion (chapitre climat, chapitre
géologie, etc.).
Avant de commencer toute activité, il est recommandé de lire les six étapes en
entier afin d’avoir une idée précise du processus dans son ensemble. Ensuite, le
lecteur est amené à travailler partie par partie, en respectant l’ordre de celles-ci
afin de suivre la logique de construction d’un plan de gestion. Les différentes
rubriques proposées dans le « canevas de rédaction » » ne sont qu’indicatives, le
rédacteur pourra ignorer des chapitres ou choisir d’en approfondir d’autres, en
fonction des spécificités de son site et des données dont il dispose. Il est
cependant important de respecter l’enchaînement logique du processus qui est le
suivant : connaissance du site – enjeux de conservation – objectifs de gestion –
activités de mise en œuvre.
Bien gérées, les AMP sont de plus en plus considérées comme des outils robustes
contribuant à la conservation de la diversité biologique et à la gestion durable des
ressources halieutiques.
Cependant la gestion efficace des AMP est aujourd’hui encore entravée par un
certain nombre de contraintes liées à la nature même du milieu marin.
Les AMP sont en général associées à des écosystèmes ouverts, parfois vastes,
en mouvement et dynamiques, ce qui favorise la migration des ressources et des
usagers. La création et la gestion d’AMP étant plus récentes que pour les aires
terrestres, les cadres et systèmes de gestion (ressources techniques et
financières, cadres institutionnels, etc.) sont souvent inadéquats dans différents
pays de la région et doivent encore s’adapter à ces nouveaux outils.
4 FIBA
INTRO
du milieu terrestre, ce qui rend plus difficile
la quantification des bénéfices. Enfin, parmi
les contraintes liées à la gestion des AMP, il faut
mentionner le problème du balisage des limites et
de la surveillance. L’accès des AMP n’étant pas
toujours matérialisé par une barrière physique,
notamment du côté marin, ces sites sont souvent
considérés comme des « zones ouvertes » avec la possibilité de
pénétrer en tout lieu.
Si la plupart des AMP créées dans les quatre dernières décennies en Afrique de
l’Ouest répondaient essentiellement aux besoins de la conservation de la
biodiversité et de promotion du développement économique et social, les objectifs
de leur mise en place se sont de plus en plus diversifiés et englobent aujourd’hui
également le renouvellement des ressources halieutiques ainsi que la préservation
et valorisation du patrimoine culturel et historique.
Aujourd’hui les principaux défis pour la gestion efficace et équitable des AMP en
Afrique de l’Ouest sont multiples et partagés. On constate particulièrement
l’existence de besoins urgents en matière de renforcement des capacités des
gestionnaires, qui s’illustrent entre autres par des insuffisances au niveau de la
description des situations de référence (écologiques et socio-économiques), des
connaissances du statut de conservation des espèces clés et habitats, de
l’élaboration/actualisation des plans de gestion, des capacités d’animation et de
communication, de la mise en place d’actions viables d’appui au développement
local, ou encore de suivi écologique et socio-économique. Par exemple, en avril 2008,
x
Déf. : Qu’est-ce qu’une AMP ?
La définition de l’UICN est la suivante :
Depuis 2008, l'UICN propose une définition pour tout type d'aire protégée :
« un espace géographique clairement défini, reconnu, consacré et géré,
par tout moyen efficace, juridique ou autre, afin d’assurer à long terme la
conservation de la nature ainsi que les services écosystémiques et les
valeurs culturelles qui lui sont associés.»
La particularité des AMP réside essentiellement dans le fait qu’elles sont
constituées – entièrement ou en partie – d’un espace sous influence marine
(intertidal ou infratidal).
Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 5
x
La gestion des ressources
naturelles au Sénégal
Aboubakry Kane, Chargé de projets,
UICN Sénégal.
Un autre défi majeur à la gestion efficace des AMP en Afrique de l’Ouest est la
promotion de modèles innovants de gestion tels que les AMP communautaires, les
aires du patrimoine communautaire et la gestion transfrontalière des ressources
partagées. Il faut enfin souligner le problème récurrent et général du sous-
financement, qui appelle l’identification et la mise en place d’alternatives viables en
matière de financement durable des AMP.
6 FIBA
INTRO
3 Qu’est-ce qu’un plan de gestion ?
“ Un plan de gestion est un document écrit, discuté et approuvé qui décrit un site
ou une zone, ainsi que les problèmes ou opportunités de gestion pour la
protection de ses milieux naturels, de sa géomorphologie ou de ses paysages,
et qui permet à des objectifs fondés sur ces informations d'être atteints grâce
à un travail pertinent sur une durée de temps prédéterminée.”
› (Eurosite, 2001)
“ [Un plan de gestion] contient les objectifs de gestion et les moyens et stratégies
qui permettent de les atteindre. Le plan n'est pas une fin en soi ; il constitue
plutôt un cadre pour la gestion, la mise en œuvre et la planification.”
› (Parks Canada, 1978).
issu de la concertation ;
basé sur les connaissances disponibles du site et sur les enjeux et objectifs
de gestion ;
Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 7
3.1 Pourquoi rédiger des plans de gestion ?
Comme cela est rappelé dans les définitions précédentes, les plans de gestion
sont des outils et ne sont pas une fin en soi. Il existe cependant une forte tendance
à la rédaction de plans de gestion, si bien que dans certains sites, les efforts ont
été concentrés sur la production d'un plan de gestion et non sur la gestion effective
du site. Les plans produits soit dans ce cadre, soit sans un réel intérêt de la part
du gestionnaire, sont rarement utilisés et relégués sur une étagère une fois leur
rédaction achevée. La rédaction d’un plan de gestion doit donc correspondre à
une attente, du gestionnaire mais aussi de ses partenaires et parties prenantes.
S’il est vrai que les AMP n’ont pas toutes besoin d’un plan de gestion complet pour
débuter leurs opérations, celui-ci est nécessaire pour orienter les objectifs et le
développement à long terme de la zone (Salm et al., 2000).
8 FIBA
INTRO
Dresser un état de référence…
La rédaction d’un plan de gestion est une occasion unique d’enrichir les
connaissances autour de l’AMP, qu’elles soient écologiques, socio-économiques
ou culturelles. Le travail de « diagnostic » (cf. étape 3 : diagnostic) permet
d’augmenter le niveau de compréhension du site, mais aussi du système plus large
dans lequel il se trouve. Cette phase d’enrichissement des connaissances permet
de créer des liens avec les autres sites de la sous-région confrontés aux mêmes
problématiques de gestion.
x
L’EXPÉRIENCE MEDWETCOAST
D’après Sylvie Goyet : Le plan de gestion avec modération (Revue Espaces
Naturels n°22, avril 2008)
Tout d’abord, les études de diagnostic ont été très souvent incomplètes, laissant
de côté certains aspects liés aux milieux aquatiques, ainsi qu’une faiblesse dans
les données socio-économiques et les aspects culturels.
Une autre lacune a été soulignée au niveau de la non prise en compte des
écosystèmes adjacents aux aires protégées et des interrelations entre espèces,
les études se cantonnant aux limites strictes des aires protégées, qui ont parfois
été plutôt construites sur des aspects plus administratifs qu’écosystémiques.
L’identification des valeurs des sites a également bien souvent été trop axée sur
des aspects purement liés à la conservation de la biodiversité au niveau
international, délaissant les valeurs données par les populations au niveau local
(comme l’abondance des ressources en poisson par exemple).
Enfin, une des principales faiblesses se situait dans l’absence de construction d’un
business plan en parallèle de la démarche, conduisant à la rédaction de plans de
gestion irréalistes.
La rédaction d’un plan de gestion doit donc être initiée avec précaution, car un échec
peut coûter cher, tout d’abord en terme de moyens humains et financiers, mais aussi
car il peut entrainer un essoufflement des communautés dans la participation à la
gestion. L’approche doit être la plus pragmatique et adaptée au contexte, devant
aboutir à la production d’un plan de gestion simple, lisible par tous et chiffré. Enfin,
et surtout, pour être compris et amélioré, le processus doit être cyclique.
Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 9
Planifier les activités
Les plans de gestion sont avant tout des outils de planification indispensables à la
bonne gestion d’un site, à plusieurs niveaux. Tout d’abord pour le gestionnaire,
il lui permettra d’évaluer les efforts (financiers et humains) qu’il devra fournir pour
mener à bien les objectifs qui auront été fixés. En soi, le travail de planification lié
au plan de gestion sera effectué en parallèle d’un travail de rédaction d’un plan
d’affaires. Ce travail de planification évitera aux gestionnaires de « naviguer à vue »
en fixant des objectifs à atteindre sur la durée du plan. A un autre niveau, ce travail
de planification est aussi destiné aux différents partenaires, dont les bailleurs de
fonds, qui pourront y trouver des activités à appuyer, des synergies ou de nouveaux
projets à développer, en accord avec les attentes locales.
x
10 bonnes raisons
de planifier la gestion d’une Aire Protégée
Adapté de Wetland Management Planning : A Guide for Site Managers (Chatterjee
et al., 2008).
10 FIBA
INTRO
3.2 Quand rédiger un plan de gestion et pour combien de temps ?
Idéalement, le plan de gestion doit être rédigé dès qu'un site est reconnu comme
une aire protégée. Le nombre d'années couvertes par le plan dépendra de :
les lois imposées par les autorités nationales si elles déterminent un nombre
spécifique d'années ;
+ Il est fortement
recommandé de mettre
en place un plan d'action
pour l’équipe de rédaction
dès le démarrage
du processus.
Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 11
4 La rédaction du plan de gestion pas-à-pas
La construction d’un plan de gestion doit être abordée par étapes. Ce guide
propose six étapes clés (cf. chapitre 4.2), mais il est important de noter que la
concertation, la participation et la communication doivent être au centre du
processus et font ainsi parties intégrantes de chacune des étapes.
Lors de l’atelier organisé par la FIBA en 2008, et comme précisé dans la majorité
des guides, documents ou publications, tous les participants ont identifié la
consultation et la communication comme le cœur du succès pour le développement
et la mise en œuvre du plan de gestion, ainsi que pour la gestion en général de
l’aire protégée.
Gérer une aire protégée n’est pas seulement gérer la biodiversité, il s’agit surtout
de prendre en compte la population et ses activités. En conséquence, la gestion
des aires protégées et en particulier la rédaction de plans de gestion a évolué
d’une approche exclusivement pilotée par des experts, à une approche pleinement
participative, d’une démarche « top-down » à une démarche « bottom-up ».
Les parties prenantes doivent être directement impliquées dans la gestion et les
décisions de gestion et doivent apporter leur vision de la valeur et du fonction-
nement du site.
Les objectifs d’une AMP peuvent être locaux, nationaux ou globaux. Il y a une réelle
nécessité de mettre en adéquation ces différents niveaux d’approche. Les objectifs
visés par une AMP dépassent parfois la seule responsabilité des usagers locaux.
Il est certain que l’approche « expert seulement » a montré ses limites,
et l’implication des communautés locales dans
la gestion des AMP d’Afrique de l’Ouest et
ailleurs est une condition nécessaire pour
garantir leur fonctionnement. Cepen-
dant, il appartient au gestionnaire de
définir les limites qu’il aura à fixer,
en fonction de ses contraintes et
des objectifs qu’il cherchera à
atteindre.
12 FIBA
INTRO
x
L’exemple du Parc National du Banc d’Arguin en Mauritanie
Cheibany Ould Senhoury. Chef du département d'appui technique.
Antonio Araujo, Coordinateur du Programme PNBA de la FIBA.
Le Parc National du Banc d'Arguin (PNBA), première Aire Marine Protégée d'Afrique
de l'Ouest, a joué un rôle pionnier dans la sous-région. Le PNBA a été créé en 1976
grâce à des caractéristiques écologiques et ses valeurs scientifiques et culturelles
exceptionnelles.
Ce n’est qu’environ 20 ans après sa création que le PNBA s’est doté d’un plan directeur
couvrant la période 1994-2003, approuvé en 1995. Ce plan a été conçu de façon
linéaire sans réelle participation des populations. Les parties prenantes ont davantage
contribué à l’élaboration et la mise en œuvre du Plan d’Aménagement et de Gestion
2005-2009. La participation des populations a cependant encore été minime.
Ce n’est que pour le PAG 2010-2014 qu’une analyse des acteurs a été réalisée au
démarrage du processus et que la participation des populations est devenue une
priorité. Malgré cela, des progrès sont encore à réaliser en matière de participation
des populations locales et des autres acteurs impliqués dans la gestion du PNBA.
L'actuel plan d'aménagement et de gestion est un guide au quotidien et un outil de
fonctionnement du PNBA, reposant sur une stratégie d’ouverture et de coopération.
Celle-ci implique notamment son intégration dans les politiques sectorielles
nationales et le renforcement du rôle des collectivités et de la société civile dans
la mise en œuvre des actions de développement local.
Le PAG 2010-2014 du PNBA est articulé autour de cinq thématiques qui focalisent
le travail du PNBA et cernent les priorités :
› surveillance et application des mesures de conservation,
› développement territorial durable,
› promotion et valorisation de l’AMP (écotourisme, éducation à l’environnement
et communication),
› coordination des recherches scientifiques et observatoire de l’environnement,
› gouvernance partagée et gestion durable de l’institution PNBA.
Le PAG est décliné chaque année en plans d'action annuels. Des réunions
trimestrielles d'évaluation et de bilan sont réalisées. De plus, le PNBA est doté d'un
plan de modernisation et d'un plan d'affaires actuellement en phase de mise à jour.
La capitalisation pour un fonds fiduciaire est en cours pour assurer la durabilité des
démarches de gestion consignées dans le PAG. L'Etat mauritanien a déjà mobilisé
des fonds propres pour alimenter le fonds fiduciaire du PNBA, faisant ainsi preuve
d’un engagement politique sans précédents et donnant un exemple à suivre ailleurs.
Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 13
Points clés à garder à l’esprit :
La communication est un outil essentiel à tous les niveaux et durant toutes les
étapes de mise en œuvre du plan de gestion :
Ce guide pratique ne rentre pas dans les détails de l’approche participative et des
techniques de concertation. Ci-contre sont listées les grands principes de
concertation. Il existe une grande quantité de publications à ce sujet que le lecteur
est invité à consulter. On peut cependant citer ici le Handbook 16 de la convention
Ramsar qui traite de communication, d’éducation et d’information du public (Ramsar
convention secretariat, 2007) et contient d’intéressants détails sur la
communication, ainsi que le guide En gouvernance partagée ! (Borrini-Feyerabend
et al., 2010) qui aborde des caractéristiques propres aux AMP de l’Afrique de
l’ouest.
14 FIBA
INTRO
x
Quelques principes essentiels
pour les processus de concertation
(Adapté de Phillips, 2002)
s’assure que tous les points de vues ont été considérés, qu’ils aient
été adoptés ou non ;
rende compte des résultats des consultations à tous ceux qui ont fait
des commentaires et ;
Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 15
4.2 Un processus en six étapes clés
Chaque processus de rédaction d’un plan de gestion est différent et dépend des
spécificités de chaque AMP. Cependant, trois grandes phases caractérisent ce
processus : le diagnostic du site, la détermination des objectifs et des
activités, et l’évaluation du plan.
Ce guide propose ici une méthodologie en six étapes clés (cf. fig.1). Il est important
de noter que la rédaction d’un plan de gestion est complémentaire de celle d’un
plan d’affaires et de l’évaluation de l’efficacité de gestion. La rédaction d’un plan
de gestion, au moment de la phase de programmation des activités, dépend en
grande partie du plan d’affaires. L’évaluation de fin de plan fait partie de l’évaluation
de l’efficacité de gestion qui est un processus plus complet et continu. Des guides
bien documentés existent pour ces deux autres processus. Ce manuel y fera
référence tout au long de la description des étapes.
x
Plan de gestion et plan d’affaires…
La rédaction d’un plan de gestion est un processus participatif durant lequel des
objectifs vont être déterminés. Le gestionnaire va pouvoir ainsi élaborer des
activités à partir de ces objectifs. Mais pour que les plans de gestions ne soient
pas « une liste de vœux » impossible à mettre en œuvre, cette phase de
détermination des activités doit être construite sur la base d’une évaluation concrète
des ressources disponibles et des coûts liés à leur mise en œuvre.
Ce travail d’évaluation des coûts et des ressources disponibles (ou potentielles) est
issu de la réalisation du business plan. Idéalement, ces deux processus doivent
être menés en parallèle. Si le plan d’affaires se base sur les activités déterminées
dans le cadre du plan de gestion, celui-ci a besoin du plan d’affaires pour évaluer
la faisabilité des activités qui ont été planifiées et ainsi les prioriser.
(NB : une formation sur les plans d’affaires des AMP a été organisée par la FIBA et
le WWF WAMER en juin 2010, un guide sur l’élaboration des plans d’affaires des
AMP de la sous-région est actuellement en cours d’élaboration).
16 FIBA
INTRO
Etape 1
Premières
investigations
Etape 2
Sélection de l’équipe
de rédaction
Etape 3
Diagnostic
et enjeux
Etape 4
Etape 6
Evaluation
Concertation Les objectifs
du plan
et de l’AMP
communication
Etape 5
Les activités
Le plan d’affaires
Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 17
La dernière étape d’évaluation des résultats de la gestion termine un cycle.
Chaque étape de l’élaboration d’un plan de gestion doit faire l’objet d’une évaluation,
afin de s’assurer de la cohérence entre les étapes. L’évaluation de fin de plan fournit
les recommandations nécessaires à la rédaction du plan de gestion suivant.
Un plan définit des objectifs à un moment donné, mais les bonnes pratiques
nécessitent un suivi et une évaluation continue pour mesurer l’efficacité de gestion.
Des révisions régulières permettent d’évaluer l’efficacité des actions menées et de
réajuster le plan, ou d’effectuer une révision fondamentale si nécessaire.
x
Recommandations pour une planification
réussie de la gestion
(Issu de Guidelines for management planning of protected areas
(Thomas et al., 2003)
Une planification de gestion réussie sera caractérisée par les aspects ci-dessous :
18 FIBA
INTRO
› Elle comprend aussi des jugements de valeur. Le plan de gestion pourrait être
considéré comme "un processus qui englobe l'identification de ce qu'est [une aire
protégée], ce qu'elle devrait être ainsi que la manière de maintenir ou d'atteindre
la condition voulue par rapport aux conditions variables internes et externes."
(Lipscombe 1987). L'utilisation du mot "devrait" implique que les jugements de
valeur permettent de déterminer ce qui "devrait être "aussi bien que "ce qui est".
La planification des aires protégées est ainsi axée non seulement sur l'analyse de
la condition objective de la ressource naturelle, mais aussi sur les populations et
leurs opinions.
› Elle comporte aussi une vue "globale". Le processus de planification peut, s'il est
exécuté de manière ouverte et inclusive, prendre en considération un large éventail
de problèmes, de points de vues et d'opinions. Quand il est appliqué à une aire
particulière, il doit pouvoir comprendre tous les processus et problèmes qui en
découlent aussi bien que ceux qui sont soulevés au-delà de ses frontières.
Le degré d'intégralité ou de "globalité" du processus dépendra toutefois de la
manière dont il est exécuté, des personnes concernées et la façon dont les
décisions finales seront prises.
› C'est un processus continu ; il n'est jamais statique ; il doit s'adapter aux
conditions changeantes et aux objectifs.
Dans la majorité des manuels et des guides d’aide à la rédaction des plans de
gestion, le document attendu suit la même logique : une description du site, suivie
d’une définition des objectifs de gestion et des activités, qui se termine par la
description de la méthode d’évaluation du plan.
Cette structure est la plus naturelle et il est proposé dans ce guide trois grandes
parties, appelées sections :
Ces sections se décomposent ensuite en différentes parties que l’on retrouve dans
les plans de gestion et les différents manuels cités dans ce document, auxquelles
ont été ajoutées des parties spécifiques au contexte des AMP en Afrique de l’Ouest.
Les chapitres proposés sont indicatifs. Le rédacteur pourra choisir d’en ignorer
certains, ou d’en ajouter d’autres en fonction des spécificités de son site, et des
connaissances dont il dispose. Le tableau ci-après présente une proposition de
table des matières de plan de gestion, reprise par le canevas de rédaction proposé
dans ce guide.
Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 19
4.4 Dernières recommandations avant de démarrer
La description du site doit être claire et succincte. Elle doit se limiter aux faits qui
ont une influence sur la gestion du site. Les informations détaillées ou
complémentaires doivent être placées en annexe et référencées dans le texte.
Le site devra être replacé dans un contexte plus large de manière à pouvoir évaluer
à la fois les effets positifs et négatifs des facteurs d'influence internes ou externes
au site.
S'il existe des informations nécessaires au plan de gestion mais qui ne sont pas
disponibles, il faudra le souligner et planifier leur intégration dans le plan de gestion.
x
Recommandations
pour réussir un plan de gestion
(Issu de Guidelines for management planning of protected areas
(Thomas et al., 2003)
20 FIBA
4.5 Les étapes du processus
Etape 1
Avant de mobiliser les parties prenantes, il est important d’avoir une bonne vision
du site, de ses contraintes, de ses enjeux et particulièrement de ses parties
prenantes. Ceci est d’autant plus important pour les équipes qui viennent d’être
nouvellement affectées sur un site. Une analyse préliminaire des parties prenantes
est nécessaire pour éviter toute difficulté supplémentaire, comme cela a été le cas
par exemple pour l’AMP du Bamboung au Sénégal.
x
L’importance de l’analyse des parties prenantes
Ibrahima Diamé, Président du comité de gestion de l’AMP du Bamboung au Sénégal
Il est très important, avant de commencer les activités sur le site, d’avoir une idée
de l’identité de TOUTES les parties prenantes, de connaître leur rôle, leurs intérêts,
leur degré d’importance et leur influence. Ecarter des groupes peut contribuer à
créer des opposants au processus. Un exemple d’analyse simple de parties
prenantes est proposé ici (cf. tableau 1 page 22) afin d’aider les gestionnaires à
comprendre les implications de chacun dans le processus.
Il est aussi très important d’avoir à l’esprit que le rapport des partenaires avec le
site et le rôle qu’ils y jouent n’est pas statique. Il change avec le temps et l’évolution
des activités au sein de l’AMP et selon les contraintes extérieures. L’analyse doit
donc être fréquemment reconduite.
Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 21
o
TABLEAU 1
Les groupes de partenaires locaux ayant une influence sur les décisions prises
dans la gestion des zones marines et côtières se divisent en deux grandes
catégories : les membres du gouvernement local et les groupes de la société civile.
La société civile
• Les chefs religieux aussi bien musulmans que chrétiens
• Les groupes de jeunes, les maîtres d’écoles là où il y a des écoles.
• Les responsables des sociétés secrètes (société poro pour les hommes et
bondo pour les femmes)
• L'Union des Pêcheurs Artisanaux de Sierra Leone (UPASL/SLAFU) qui
représente :
- les pêcheurs
- les propriétaires de pirogues
- les transformateurs de poissons
- les mareyeurs
- les fabricants de paniers
- les bûcherons et les vendeurs de bois
- les mécaniciens des moteurs hors-bord
- les constructeurs de pirogues
• La Nouvelle Union des Pêcheurs Artisanaux de Sierra Leone
(NUPASL/SLAAFU) (qui résulte d'une fusion)
Voici une liste de parties prenantes potentielles que l’on retrouve communément
dans les AMP d’Afrique de l’Ouest :
3 Les utilisateurs du site et de ses ressources (dans et hors AMP), y compris les
pêcheurs de subsistance, les pêcheurs artisanaux, les pêcheurs migrants, les
agriculteurs, les femmes collectrices de coquillages, les transformatrices de
poissons, les opérateurs touristiques, les compagnies forestières et minières,
les commerçants, les chasseurs, les écologistes, les touristes...
22 FIBA
x
Les premières étapes de l’analyse des parties prenantes
Etape 1
2. Pour chaque partie prenante, déterminer son intérêt (en y attribuant
un degré de 1 à 5), ses effets (positifs ou négatifs), et son influence
(avec un degré de 1à 5 également) exercés sur le site.
TABLEAU 2
Matrice des degrés d’importance du site pour les parties
prenantes et de leur influence sur le site.
1 2 3 4 5
Degré d’intérêt
des parties Influence
Inconnu Peu ou pas Faible Influence Très
prenantes signi-
pour le site d’influence influence modérée influent
ficative
Inconnu Sensibiliser
Effort minimum
et impliquer/former
Placer ici les parties prenantes
1. Peu ou pas d’intérêt Placer ici les parties prenantes
correspondantes aux degrés
correspondantes aux degrés
d’influence et d’importance
2. Intérêt faible d’influence et d’importance
Une fois les parties prenantes identifiées, il peut être intéressant de créer une
matrice (cf. tableau 2), classant les parties prenantes en fonction de leur degré
d’influence et leur intérêt pour le site. Ainsi, il sera facile d’identifier les groupes
cibles qui nécessitent un accompagnement et des efforts importants pour les
intégrer aux différentes processus de gestion.
Il faut garder à l'esprit que cet outil ne montre pas les rapports des parties
prenantes avec le site et ses composants. Ces relations sont mieux comprises au
fur et à mesure que le travail de planification évolue.
Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 23
La compréhension des pressions, des enjeux et des problèmes du site permet
à l'équipe de rédaction du plan de gestion de se préparer pour le processus de
négociation. Elle a aussi un impact sur la composition de l'équipe de rédaction :
par exemple, une expertise dans le domaine de la gestion des pêches pourrait être
requise pour appuyer le facilitateur dans le processus d’engagement des parties
prenantes.
Comme il est précisé plusieurs fois dans le guide pratique Eurosite (Eurosite,
2001) :
24 FIBA
Etape 1 Etape 2 Etape 3 Etape 4 Etape 5 Etape 6
Sélection de l’équipe de rédaction
Une équipe de planification et de rédaction d’un plan de gestion est
habituellement composée :
d’un responsable du projet qui n’est pas nécessairement celui qui rédige
l’intégralité du plan, mais il a la responsabilité de fournir le produit ;
Etape 2
d'un facilitateur, personne clé qui traitera avec les parties prenantes, en
particulier avec les communautés locales ;
Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 25
Comme dans toute organisation, l'esprit d'équipe est très important. Il est
nécessaire de s'assurer que la cohérence est de mise entre les membres de
l'équipe et qu'ils peuvent travailler en toute facilité et communiquer ensemble.
26 FIBA
La personne clé dans l'équipe de rédaction est le facilitateur. Il doit mériter
la confiance et le respect des parties prenantes, spécialement des communautés
locales, et avoir des aptitudes dans la communication et les relations sociales.
x
Comment choisir un bon facilitateur ?
Issu de Guidelines for Marine Protected Areas (Kelleher, 1999)
Rôle du facilitateur :
• il est responsable de la logistique des réunions ;
• il aide l'équipe de rédaction et les parties prenantes à définir les règles
relatives aux réunions ;
Etape 2
• il s'assure que le processus se déroule conformément aux règles établies
et que chacun a une chance égale de participer ;
• il s'assure que les représentants des parties prenantes sont dûment
mandatés et qu’ils n'agissent pas pour leur propre compte ;
• il favorise la meilleure communication possible entre les institutions
concernées, c'est-à-dire en reformulant certains points, en posant des
questions et en suggérant de nouvelles idées à explorer ;
• il aide les groupes à élargir l'éventail des options ;
• il fait ressortir les aspects positifs du processus ;
• il n'exprime pas ses opinions personnelles et ne prend aucune décision ;
• il fait savoir à tout le monde quand un accord qui a des chances d'être viable
a été trouvé.
Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 27
28 FIBA
Etape 1 Etape 2 Etape 3 Etape 4 Etape 5 Etape 6
Diagnostic et enjeux
La rédaction du plan de gestion d’une Aire Marine Protégée, une fois les premières
investigations et la sélection de l’équipe réalisées, débute par le regroupement des
informations sur le site afin que les responsables et les parties prenantes puissent
mieux l’appréhender. Les données rassemblées sont ainsi très variées : climat,
réglementation, faune, flore, culture, aspects socio-économiques, etc. D’autres
informations seront aussi nécessaires : pressions subies, contraintes, ressources
Etape 3
disponibles, usages faits par les communautés locales, ou encore politiques
sectorielles et plan locaux de développement.
Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 29
1. La collecte d’informations
30 FIBA
x
L’importance des savoirs locaux
Alkaly Doumbouya, Chercheur au Centre National de Recherches Halieutiques
de Boussoura (CNSHB), Guinée
Etape 3
locales.
Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 31
Marine Protégée et sont parfois éloignés de ses enjeux. Un bon niveau d’implication
des sciences dans la gestion doit être trouvé dès le processus de collecte
d’informations.
La gestion des Aires Marine Protégées nécessite d’avoir une vision sur les éléments
et leur interaction et leur interdépendance. L’approche globale d’un écologue aidera
à intégrer les résultats obtenus dans des spécialités différentes. Les gestionnaires
ont une mauvaise tendance à ne pas intégrer des sociologues, anthropologues,
économistes et experts en communication dans leurs équipes. Ces disciplines sont
quelquefois plus importantes pour la réussite du plan et sa mise en œuvre ultérieure
que les disciplines scientifiques.
x
Recommandations sur le contenu de l’information collectée
32 FIBA
x
Description et stratégie de choix des indicateurs écologiques
Luis Tito de Morais, Chercheur écologue à l’IRD.
Trois grands aspects peuvent être retenus : (1) les effets internes à l'AMP, (2) les
effets de débordement, (3) les effets pour l'exploitation. Ces effets ne sont ni
exhaustifs, ni exclusifs, ni contradictoires, mais selon celui que l'on souhaite
mesurer en priorité, les choix d'indicateurs ne seront pas les mêmes. Selon les
objectifs, les indicateurs doivent permettre de :
Etape 3
(2) Effets de débordement :
Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 33
x
Stratégie de choix et description
des indicateurs socio-économiques
Delphine Malleret-King, Socmon
Gérer une AMP c’est influencer le comportement des utilisateurs des ressources
marines, pour en améliorer ou maintenir la condition. C’est pourquoi, la gestion
d’AMP est indissociable de la sphère socio-économique. Pour influencer les acteurs
et collaborer avec eux, le gestionnaire devra comprendre leurs attitudes,
comportements, et le contexte social, économique, politique, culturel dans lequel
ils évoluent.
Le choix d’indicateurs est crucial pour que le suivi soit adapté aux besoins des
gestionnaires. Les principales catégories d’indicateurs sont : démographie (ex :
éducation, population, occupation), bien-être/richesse, gouvernance, perception/
attitude, utilisation des ressources. La sélection sera établie selon, entre autres,
les objectifs et les activités de l’AMP et la capacité de l’équipe. Un état de référence
fournira une bonne connaissance du contexte local et contribuera à mieux cibler
les indicateurs.
La qualité des données et donc leur utilité dépendra des méthodes choisies et de
la rigueur avec laquelle les données sont collectées. Les difficultés méthodolo-
giques sont cependant facilement évitées avec un peu de bon sens, de rigueur et
le choix judicieux d’animateurs/enquêteurs (préférablement locaux).
Le Manuel Soc Mon pour les AMP d’AO a été conçu afin de guider le gestionnaire
dans sa réflexion, dans la planification et la conduite d’un plan de suivi socio-
économique.
34 FIBA
2. L’analyse et le traitement des informations
Il ne faut pas perdre de vue que le diagnostic du site doit au final fournir tous les
éléments nécessaires à la détermination des enjeux de gestion. Les informations
collectées doivent souligner l’aspect « emblématique » du site et l’intérêt de la mise
Etape 3
en place de mesures de gestion. Cette phase de diagnostic doit également
permettre de faire le bilan sur le statut de l’AMP, son état de conservation, son
interrelation avec le territoire dans lequel elle se situe, et les tendances évolutives.
x
Mise à jour du diagnostic
Il est important de noter que la connaissance d’un site est sans cesse amenée à
être améliorée. Si le premier exercice de réalisation d’un plan de gestion doit
permettre de collecter le minimum d’informations pour identifier des enjeux et des
objectifs, la réalisation des plans suivants devra être l’occasion d’améliorer et de
mettre à jour ces informations.
De plus, la valeur et les enjeux d’un site sont fluctuants dans le temps et l’espace.
Si à un moment donné, les enjeux se situent sur une zone ou sur la préservation
d’une espèce par exemple, ceux-ci peuvent évoluer (amélioration de l’état de
conservation, modification des pressions,…) et de nouveaux enjeux peuvent
apparaître. Cette mise à jour est donc nécessaire pour adapter le plan de gestion
à un contexte fluctuant.
Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 35
4. Les valeurs du site
Pour identifier les valeurs d’un site, le plus simple consiste tout d'abord à énumérer
les différents statuts existant au plan international, en identifiant quels sont les
espèces, les habitats, ou les activités (culturelles notamment) qui bénéficient d’un
statut leur conférant une certaine valeur. On peut citer par exemple les espèces
et habitats inscrites sur des conventions internationales (CITES, convention
x
Recommandations sur des critères
de valeurs remarquables
(Issu de Guidelines for management planning of protected areas
(Thomas et al., 2003)
des zones et des ressources qui fournissent des services essentiels aux
populations hors du parc, en particulier celles qui en tirent un avantage
économique ou politique ;
36 FIBA
d’Abidjan,…), les espèces inscrites sur la liste rouge de l’UICN (www.iucnredlist.org),
ainsi que les espèces faisant l’objet de protection au niveau national.
Enfin, des techniques d'évaluation économique peuvent être utilisées pour assigner
une valeur monétaire à un site. Ces valeurs sont déterminées par des économistes
en utilisant des techniques différentes telles que le prix du marché, les coûts évités,
le consentement à payer, le coût du voyage, etc. Pour aller plus loin, le rapport de
synthèse de la TEEB (The Economy of Ecosystem and Biodiversity) présente les
différents aspects à prendre en compte pour évaluer la valeur économique de
Etape 3
différents espaces naturels (TEEB, 2010).
Cette étape de concertation est primordiale, car c’est à partir des problèmes
identifiés que vont se dessiner des enjeux de conservation. Par exemple, les études
peuvent montrer que le site abrite une population importante de lamantins, espèce
reconnue comme menacée au niveau international. Dès lors que la population
reconnaît que la chasse ou la circulation d’engins à moteur représentent un danger
pour le lamantin, sa conservation peut ressortir comme un enjeu important pour
l’AMP. C’est sur la base de ces enjeux que vont par la suite être construits les
objectifs globaux et spécifiques de l’AMP.
Généralement, les enjeux consistent soit à réduire ou gérer les pressions qui
affectent un site, soit à valoriser le patrimoine existant. Dans la région ouest-
africaine en particulier, ces enjeux s’articulent principalement autour de l’exploitation
durable des ressources (poissons, coquillages, bois, etc.), de la préservation
d’espèces remarquables (lamantins, oiseaux d’eau, tortues, etc.), ou de
l’amélioration des conditions de vies des populations locales (activités génératrices
de revenus, écotourisme, etc.).
Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 37
x
La méthode de l’arbre à problèmes
38 FIBA
Etape 1 Etape 2 Etape 3 Etape 4 Etape 5 Etape 6
Identifier les objectifs de l’AMP
« Ils doivent être conçus sur la base du diagnostic et notamment à partir des
enjeux. Ils ont vocation à rester quasi permanents dans les plans successifs
(sauf erreur de définition lors du premier plan ou amélioration sensible des
connaissances), même lorsque les évaluations démontrent qu’ils sont atteints. »
(Chiffaut, 2006).
x
Des objectifs de protection mais aussi de développement… Etape 4
Il est important de maximiser le potentiel du site et de ne pas se soucier uniquement
de l'élimination des pressions. L'écotourisme peut être un bon exemple, tel que
cela a été démontré au Bamboung où les revenus du gîte écotouristique permettent
d’alimenter un fonds pour la surveillance (mirador, pirogue) afin d’éviter la pêche
illégale dans le bolong. L'écotourisme peut également aller au-delà de la résolution
des problèmes et permettre de générer des fonds pour la communauté tout en
sensibilisant ses membres sur l'importance du site. Il faut cependant que chaque
gestionnaire soit parfaitement conscient des opportunités touristiques offertes par
son site, car si le Bamboung est l’exemple le plus abouti en Afrique de l’Ouest,
toutes les AMP de la région n’ont pas le même potentiel écotouristique.
Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 39
Le rôle et les capacités du facilitateur sont déterminants dans la réussite de cette
étape. Les étapes avant et après celle-ci sont plus faciles et directes mais c'est ici
que l'avenir du site se joue. Cette étape, si elle n’est pas conduite correctement,
retardera le processus du plan de gestion.
x
Recommandations pour identifier les objectifs globaux
(adapté de Chiffaut, 2006)
40 FIBA
2. Les objectifs spécifiques
Les objectifs spécifiques sont généralement rédigés sous la forme d’un verbe de
changement d’état, accompagné d’un complément d’objet, par exemple :
« restaurer les sites de nidification des spatules blanches ». En vue des évaluations,
il faut veiller à donner les indications permettant de vérifier si l’objectif est atteint.
La plupart des guides proposent l'acronyme SMART pour formuler les objectifs
spécifiques : ceux-ci doivent être Spécifiques, Mesurables, Accessibles, Réalistes,
Temporels.
Spécifiques (précis)
Une gestion efficace ne consiste pas seulement à atteindre les objectifs en général,
mais à atteindre chaque objectif individuellement. Sans objectifs précis et
mesurables, il est difficile de déterminer ce qui doit être fait et comment le faire.
Accessibles et Réalistes
Il doit être possible d'atteindre les objectifs du plan en reconnaissant les contraintes
auxquelles les responsables font face. Pour cette raison, les idéaux exprimés dans
la vision (ou dans les objectifs globaux) auront besoin d'être traduits en termes
plus pratiques afin de faire face aux réalités courantes. Encore une fois ce n’est
« pas une liste de vœux ». Etape 4
Mesurables
Les gestionnaires doivent être en mesure de dire si les activités de gestion sont
en train d'atteindre les résultats désirés. Il s’agit là d’un important indicateur de
succès. Il ne sera possible d'évaluer ce succès que si les objectifs sont quantifiés
ou liés à un résultat qui peut être mesuré d'une certaine façon.
Temporels
Dans la mesure du possible, les objectifs doivent être délimités dans le temps.
La responsabilité des gestionnaires envers les parties prenantes doit se mesurer
dans le respect des délais des actions entreprises pour la mise en œuvre du plan.
Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 41
x
La difficulté de mesurer la « Nature »…
Identifier des objectifs mesurables n’est pas simple et souvent les caractéristiques
écologiques ne sont pas assez bien connues pour y arriver correctement. Toutefois
ces premières étapes vers une approche mesurable sont fondamentales et peuvent
être utilisées pour identifier l’information qui fait défaut.
Le «Common Standards Monitoring», approche utilisée pour de nombreux sites
désignés pour la conservation de la nature dans le Royaume Uni, a été bien
développé pour permettre de standardiser le suivi des sites importants :
“ dans cette approche les seules caractéristiques pour lesquelles le site était
désigné sont suivies. Celles-ci sont alors classées comme étant soit dans une
condition favorable soit dans une condition défavorable. De cette façon, il est
possible de catégoriser n'importe quelle caractéristique comme ayant satisfait
ses objectifs de conservation (condition favorable) ou non (condition
défavorable). ” (Alexander and Rowell 1999).
Cette approche peut bien fonctionner pour des caractéristiques facilement
quantifiables comme l'abondance d'une espèce, le nombre d'espèces, la zone
d'habitat récupérée, mais ne s'adapte pas facilement à des notions plus intangibles,
telles que la beauté naturelle ou l'expérience ressentie par les visiteurs.
Outre ces fondamentaux, d’autres aspects importants doivent être pris en compte
lors de la formulation des objectifs spécifiques.
Tout d’abord, ils doivent exprimer les buts à atteindre, mais non les moyens utilisés
pour les atteindre. Il s’agit d’une erreur fréquente, probablement parce que le fait
d'identifier un "objectif " ciblé est plus difficile que d'indiquer comment l'atteindre.
Ainsi, si un objectif est de protéger un habitat sensible, il doit se référer à ce qui le
menace (incendie, parasites) et non aux moyens de résoudre cette menace.
Par exemple, il ne faut pas écrire comme objectif : « assurer la surveillance
maritime de l’AMP », mais « Préserver les ressources marines de la pêche illégale ».
La préservation des ressources est l’objectif, la surveillance maritime un des
moyens.
Il faut également prioriser ces objectifs, afin de faire ressortir ceux qui doivent
obligatoirement être atteints. Cette priorisation est nécessaire notamment pour les
étapes suivantes, lorsqu’il faudra déterminer quels seront les moyens à mettre en
œuvre, et quelles seront les ressources disponibles.
42 FIBA
Etape 1 Etape 2 Etape 3 Etape 4 Etape 5 Etape 6
Programmer les activités
La définition des activités doit faire l’objet d’une réflexion stratégique qui conditionne
leur succession dans le temps, amorçant ainsi le travail de planification qui fait
suite. Les activités doivent être cohérentes entre elles et conformes avec les
objectifs stratégiques, ainsi qu’avec la réglementation de l’AMP.
L’équipe de rédaction doit être consciente des contraintes et évaluer chaque option
pour voir si elle est réaliste. Inspiration, intuition, vision transversale, raisonnement
imaginatif et originalité sont ici primordiaux.
Etape 5
Les contraintes techniques et financières sont bien entendu de premier ordre dans
les critères de choix, mais des critères d’ordre plus stratégiques doivent également
être pris en compte. Par exemple, le degré d’interventionnisme envisagé : non-
intervention, implication active (comme le reboisement), ou le degré d’intervention
des communautés dans les opérations de gestion. Enfin, les priorités établies dans
les enjeux et objectifs vont également peser dans la sélection des différentes
options.
Il est important de noter que les différentes options et les stratégies peuvent évoluer
dans le temps. Les conditions du milieu peuvent changer, ainsi que les ressources
financières du gestionnaire, ou encore plus généralement les objectifs spécifiques
et les ordres de priorité. En fonction de ces changements, les choix et la mise en
œuvre de certaines activités pourront être révisés.
Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 43
D’après les recommandations issues du guide UICN (Thomas et al., 2003), l’équipe
de rédaction doit se poser les questions suivantes :
si l'option fonctionnera ;
dans quelle mesure les options seront adoptées par les hommes politiques
et le grand public ;
Les choix ainsi réalisés permettent de définir les activités, qui seront décrites avec
précision dans le registre des activités placé en annexe.
44 FIBA
x
ENCART
Exemple du zonage de l’AMP d’Urok
en Guinée-Bissau. (source : Biai et al, 2003)
Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 45
4. Le cadre logique
Les objectifs spécifiques doivent permettre d’atteindre des résultats, pour lesquels
des indicateurs sont établis afin d’en contrôler la progression. Les risques et les
hypothèses de réussite sont identifiés dès le début de la programmation ce qui
permet aux parties prenantes de mesurer les risques au moment de la prise de
décision et à l’équipe du projet de tenter de les éliminer ou de les minimiser avant
qu’ils ne surviennent.
x
Le plan d’affaires
Plan de gestion et plan d’affaires sont étroitement liés et complémentaires.
Un plan de gestion permet de clarifier des objectifs de gestion et de
programmer un plan de travail pour les atteindre ; un plan d’affaire va
évaluer les coûts que cette programmation représente, et analyser les
ressources disponibles ou mobilisables.
Ainsi, un plan d’affaire doit s’appuyer sur un plan de gestion pour être
réalisé, mais un plan de gestion, s’il se veut réalisable, doit intégrer les
conclusions du plan d’affaires pour construire un programmation réaliste.
On peut ainsi considérer que le processus de calcul des charges qui pèsent
sur l’AMP est le même dans le cas des plans de gestion et dans les plans
d’affaires. Le plan d’affaires va plus loin en proposant une stratégie pour
capter les ressources nécessaires.
46 FIBA
La surveillance nautique est une activité
qui coûte très cher aux gestionnaires d'AMP.
Globalement, on estime que la gestion d'une AMP
coûte 60% plus cher que la gestion d'un parc terrestre
à surface équivalente.
les dates et durées d’exécution des activités, mais aussi (et surtout) les coûts
humains et financiers pour les réaliser. A ce niveau, il y a une interaction forte avec
le plan d’affaires (cf. encadré ci-contre).
les charges de personnel : elles englobent tous les coûts liés au personnel
(salaires, assurances sociales, etc.) ;
les charges de structure : il s’agit de tous les coûts liés à l’entretien du matériel,
l’achat de fournitures, les loyers, le carburant, etc ;
les charges d’amortissement : ce sont les charges effectuées chaque année afin
d’amortir le matériel acheté et de prévoir le remplacement des équipements de
l’AMP (ordinateurs, vedettes, etc.).
Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 47
Chaque activité est donc évaluée en terme de besoins humains et de charges.
Par exemple la surveillance maritime d’une AMP induit des charges importantes de
personnel (personnel qualifié et nombreux), des charges de structure élevées (frais
d’entretien des vedettes et du matériel, carburant, etc.), des charges
d’amortissement importantes mais peu de charges de travaux et d’études.
Ainsi, le budget total est calculé sur une base annuelle, pour toute la durée du plan.
Il est également nécessaire d'identifier les sources de revenus connues et
potentielles telles que l’autofinancement, les appuis des organisations partenaires,
les budgets nationaux, etc. Les recettes et dépenses potentielles doivent être
équilibrées chaque année. Dans le cadre de la rédaction du plan de gestion, il n’est
pas demandé d’aller au-delà de ce travail d’évaluation. L’étape parallèle consistera
en l’élaboration d’un plan d’affaires, qui comprendra une stratégie pour obtenir les
financements requis.
48 FIBA
Etape 1 Etape 2 Etape 3 Etape 4 Etape 5 Etape 6
Evaluation du plan
Les premiers plans de gestion étaient des documents statiques, souvent écrits par
des consultants extérieurs à l’équipe de gestion, couvrant une période comprise
entre cinq et dix ans, revisés à mi-parcours et avant la fin du plan.
Les versions révisées des plans de gestion ne constituent donc pas un équilibre
entre les activités non exécutées des anciennes versions et les nouvelles activités
prévues. De la même façon, une nouvelle version ne remet pas en cause la totalité
de l'ancienne version. Les révisions doivent considérer l'ancien plan et déterminer
pourquoi certaines activités n'ont pas été exécutées et en analyser les causes.
Etape 6
Cette dernière étape vise à prévoir dès la rédaction du plan de gestion quels seront
les méthodes et les moyens à mettre en place pour évaluer sa réalisation et ses
impacts sur la gestion, ainsi que l’atteinte des objectifs de création, sur des bases
annuelles et pour la durée du plan. Il ne s’agit pas d’évaluer l’efficacité de la gestion
de l’AMP. Cette activité fait l’objet d’une méthodologie particulière.
Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 49
L’évaluation de fin de plan est réalisée par l’ensemble des acteurs de l’AMP, et si
possible en associant une personne extérieure afin de lever tout problème de
subjectivité. Il s’agit dans un premier temps de dresser un bilan de la réalisation
des opérations, puis de faire un point sur les évolutions en termes de
connaissances et de résultats, pour enfin évaluer l’efficacité, la cohérence et la
pertinence des opérations et des objectifs. Ces éléments serviront de base pour
la rédaction d’un nouveau plan de gestion. Par ailleurs, une évaluation des moyens
financiers, matériels et humains doit être réalisée afin de prévoir le cas échéant la
mobilisation de nouveaux moyens en termes de personnel ou de financements.
Cet exercice est un véritable travail d’évaluation de l’efficacité de gestion des AMP,
pour lesquelles des outils spécifiques existent (cf. ci-après).
x
Évaluations du plan et évaluation de l’efficacité de gestion
Ces deux exercices d’évaluation sont distincts, bien que très proches et liés.
L’évaluation du plan se cantonne aux activités qui ont été réalisées et se base sur
l’évaluation des indicateurs pour mesurer et expliquer pourquoi certaines activités
ont ou n’ont pas fonctionné. L’évaluation de l’efficacité de gestion est un processus
à part entière visant à déterminer dans quelle mesure les objectifs de l’AMP ont été
atteints ou non et qui fait l’objet de guides détaillés (par exemple : Comment va
votre AMP ? de Pomeroiy et al., 2006).
50 FIBA
CANEVAS DE
RÉDACTION
Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 51
Avant de présenter le plan de gestion, il est nécessaire de
préciser quelles ont été les étapes de sa rédaction, de sa
validation, et quels ont été les auteurs et les relecteurs.
o
TABLEAU 3
Récapitulatif des étapes de la création de l’AMPC du Bamboung
au Sénégal (Biotope Ecologues Volontaires, 2009)
Conse ils :
Ne pas insérer ici les copies des docu ments officiels
mais les mettre en annexe et y faire référence.
2. La localisation et les limites de l’AMP
Localisation
Cette partie ne comprend qu’une ou plusieurs cartes. Il faut pouvoir situer l’AMP
CANEVAS DE
RÉDACTION
Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 53
Les informations mentionnées sur les cartes doivent être connues d’un large public
afin de pouvoir facilement repérer l’AMP (noms de villages, de lieux, etc.)
Limites et superficie
Indiquer la superficie de l’AMP, et donner toutes les explications nécessaires à la
compréhension de ses limites (présence de cours d’eau, limites administratives,
frontière, limite entre deux villages, etc.). Indiquer également les limites des zones
tampons, ou zones de transition (cf. figure 2 ci-contre pour un exemple de carte
de délimitation).
o
FIGURE 1
54 FIBA
o
FIGURE 2
Carte de délimitation du parc national de Tanbi Wetlands
en Gambie (DPWM, 2008)
3. La gouvernance de l’AMP
Organismes et responsabilités
Établir la liste de tous les organismes concernés par la gestion du site et préciser
leurs statuts (organismes de tutelle, comités de gestion, comités villageois, comités
de surveillance, etc.). Cette partie peut être illustrée sous la forme d'un
organigramme (cf. figure 4 page 57).
Équipements et infrastructures
Décrire brièvement les équipements et les infrastructures bâtis du site, leur
structure et leur objectif s’il y a lieu (cf. exemple page suivante avec le PNBA).
Décrire ici quels sont les objectifs du gestionnaire en relation avec sa charte
d’objectifs. Quelle approche pour la gestion de l’AMP ?
Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 55
o
FIGURE 3
56 FIBA
o
FIGURE 4
Exemple d’organigramme des organes de gestion de l’AMP
d’Urok en Guinée-Bissau (source : Biai et al., 2003)
Conse il :
Mettre en annexe les copies des actes de création des comités de gestion,
comités de surveilla nce.
Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 57
5. Le contexte foncier et réglementaire
Statut foncier
Décrire le statut foncier du site en faisant référence aux documents officiels en
annexe (domaine public, parcelles privées, etc.).
Au fil des siècles, la plupart des sites ont fait l’objet d’occupations humaines
successives. Si les informations sont accessibles, il est important de mettre en
lumière les traces de ce passé, qui seront utiles pour les diagnostics écologiques
et socio-économiques qui suivent. Comparer les informations collectées (sous forme
de cartes par exemple) avec la situation actuelle. Un exemple ci-dessous avec la
localisation des amas coquilliers au Parc National du Delta du Saloum (PNDS).
o
FIGURE 6
58 FIBA
7. Le cadre sociopolitique général
Conse il :
Attention, il ne s’agit pas de décrire en détail les aspects
socio-économiques qui seront abordés plus tard !
TABLEAU 4
Exemple d'histogramme de populations avoisinant le parc
national de Tanbie en Gambie (source : DPWM, 2008)
45 000
Année 2003
40 000
Année 1993
35 000
Population
30 000
25 000
20 000
15 000
10 000
5 000
0
Banjul
Abuko
Bakau Wasulung
Eboutown
Fajikunda
New Jeshwang
Old Jeshwang
Taliding
Daranka
Kerevan
Lamin
Mandinaring
Villages
Conse il :
Dans la plupart des cas, la description ne peut etre accompagnée
CANEVAS DE
RÉDACTION
de donnée s précises car elles font souvent défaut, mais les grande s
tendan ces sont souvent connue s et serviront dans un premier temps
a étayer la description.
Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 59
o
TABLEAU 5
2 500
2 000
Précipitations (mm/an)
1 500
1 000
500
0
1918
1921
1924
1927
1930
1933
1936
1939
1942
1945
1948
1951
1960
1963
1966
1969
1972
1975
1978
1981
1984
1987
1990
1993
1996
1999
2002
2005
2008
2. L’hydrologie
60 FIBA
o
FIGURE 7
Réseau hydrographique au niveau de la réserve de biosphère
transfrontalière du Saloum-Niumi (source : DPN, 2010).
3. Géologie et géomorphologie
Histoire et formations géologiques
L’objectif est de disposer d’une bonne connaissance des formations géologiques
et de leurs structures, de comprendre l’histoire géologique du territoire étudié,
d’établir des relations entre la géologie et les paysages, etc.
cultures. Insérer ici une carte pédologique du territoire si celle-ci existe (cf : exemple
page 63 en figure 8 de la carte de l'AMP de Joal Fadiouth au Sénégal).
Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 61
x
ENCART
Conse il :
Si ces donnée s font défaut, les caractéristiques générale s peuvent etre
décrites et la collecte de donnée s plus précises pourra faire l’objet d’un
objectif du plan de gestion (cf. encart ci-dessu s).
62 FIBA
o
FIGURE 8
Profil géomorphologique de l’AMP de Joal-Fadiouth au Sénégal.
(source : Inconnu, 2009).
Cordons littoraux
Dépressions ensablées
Terrasses sableuses
o
FIGURE 9
Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 63
5. Patrimoine géologique
Pour replacer le site dans son contexte, faire également une description brève des
zones adjacentes, en mettant l'accent notamment sur la localisation du site au sein
d'un secteur naturel ou semi-naturel plus vaste, ou s'il est au contraire entouré de
zones d'agriculture intensive, de forêts de production, de zones de développement
commerciales ou urbaines.
64 FIBA
o
FIGURE 10
Cartographie des mangroves à Avicenia
dans l’AMP de Kawawana au Sénégal. (source : Laffargue, 2010)
Conse il :
La description de la végétat ion proposée ici concern e surtout les grands
ensembles. Les especes végétales clés seront décrites ci-apres.
Ne pas hésiter a enrichir le texte de photographies présent ant
les grands ensembles décrits.
2. Espèces animales et végétales
État de référence
Décrire l’état de référence des populations, et déterminer des indicateurs précis.
Préciser la nature des dégradations s’il y a lieu (surpêche, pollution, etc.). Estimer
les menaces qui pèsent sur certaines espèces à la lumière des tendances socio-
économiques ou naturelles.
La description des espèces prendra la forme d’une analyse des peuplements pour
chaque groupe : nombre d’espèces recensées, espèces dominantes et fréquentes,
espèces caractéristiques.
Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 65
Décrire lorsque cela est nécessaire (espèces marines en particulier) les
caractéristiques biologiques comme les cycles migratoires ou de reproduction qui
auront une influence sur la gestion (i.e. reproduction en dehors de l’AMP, exportation
des larves, brassage génétique avec des populations voisines, etc.). Un exemple
est donné ci-après avec la localisation des nurseries de poissons à Tristao.
Facteurs d’influence
Réflexion identique à celle menée sur les habitats, rapportée aux espèces jugées
importantes pour la conservation. Exposer les facteurs écologiques et humains qui
auront une influence sur la conservation de ces espèces (climat, nourriture
disponible, pêche, etc.).
Conse ils :
Les listes d’especes seront placées en annexe.
Concentrer les descriptions sur les especes a enjeux
de conservation (espece s vulnéra bles, remarqu ables,
comme rciales, etc.).
Ces descriptions serviront de base pour l’établissement
des enjeux de conservation de l’AMP.
o
FIGURE 11
66 FIBA
A4. LE CADRE SOCIO-ECONOMIQUE
ET CULTUREL DE L’AMP
• autres…
Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 67
État de référence
Évaluer ici l’état de référence socio-économique de l’AMP et dresser une liste
d’indicateurs qui seront suivis au cours du plan de gestion.
Facteurs d’influence
Décrire quels sont les facteurs susceptibles d’influencer les activités socio-
économiques des populations dépendantes de l’AMP. Les activités alternatives
potentielles développées au sein de l’AMP pourront être décrites ici.
Habitats
L’évaluation des habitats se fait selon plusieurs catégories de critères (rareté,
vulnérabilité, importance dans les processus écologiques, etc.). Il s’agit d’effectuer
une évaluation combinée en fonction des textes et recommandations connues au
niveau international et national, mais aussi en fonction des connaissances du site
(frayères, nourriceries, reposoirs, etc.).
Espèces
Établir la liste des espèces d'importance internationale ou nationale, typiques ou
rares. Donner leur statut et leur écologie, et décrire - si elles sont connues - leurs
exigences spécifiques en matière de gestion.
68 FIBA
La formulation des enjeux peut être présentée sous forme de tableau (exemple
tableau 6) et agrémentée de cartes (exemple figure 12).
TABLEAU 6
Récapitulatif des enjeux de l’AMP de Tristao Alcatraz en Guinée
(CNSHB, 2010)
o
FIGURE 12
CANEVAS DE
RÉDACTION
Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 69
SECTION B Objectifs et activités
Une fois les objectifs globaux listés, il sera possible de les regrouper ou de les
simplifier pour les rendre le plus clair possible. Sur la forme, un objectif global doit
être formulé en une seule phrase courte (ex : Améliorer les conditions de vie des
populations, assurer la durabilité de la pêche dans l’AMP, etc.). Chaque objectif
devra être agrémenté d’un court argumentaire précisant l’état de référence, l’état
de conservation, et les indicateurs qui seront employés.
o
TABLEAU 7
OBJECTIFS
OBJECTIFS SPECIFIQUES
GLOBAUX
1.1. Améliorer les connaissances sur la dynamique
1. Assurer des espèces et des habitats
la préservation de
la biodiversité et 1.2. Préserver les zones de nourriceries situées dans
l’utilisation durable les bolongs et les estuaires de l’AMP
des ressources 1.3. Protéger et/ou restaurer les habitats et espèces
naturelles de l’AMP clés de l’AMP (mangrove, zone d’alimentation et
de ponte de la tortue, etc.)
2.1. Appuyer la réhabilitation d’infrastructures clés
2. Améliorer dans les villages de l’AMP (puits, digues, etc.).
les conditions de vie 2.2. Promouvoir des mécanismes de financement
des populations durable de la gestion de l’AMP
et le développement local
70 FIBA
x
ENCART
ENCART Test SMART (source : Chiffaut, 2006)
Spécifique :
L’objectif est-il précis et bien ciblé (pas trop général) ? Est-il bien
opérationnel ?
Mesurable :
Pourra-t-on évaluer s’il est atteint au moyen d’indicateurs quantitatifs
ou semi-quantitatifs ?
Accessible :
Est-il réalisable avec les moyens humains, techniques et financiers
du gestionnaire ?
Réaliste :
A-t-on des chances de l’atteindre durant la durée du plan ?
N’est-il pas trop hasardeux ?
Présenter ici les différentes options et les stratégies qui ont été choisies (cf. étape 5).
Argumenter en présentant les éléments significatifs qui ont déterminé les choix
stratégiques.
Présenter ici de manière claire les principales mesures de gestion qui ont été
prises, telles que le zonage ou la définition de règles particulières sur l’exploitation
des ressources.
Pour les principales activités, il y a lieu d'élaborer une microfiche (cf. ci-après).
Chaque ligne de la microfiche doit être remplie au mieux de nos connaissances,
spécialement en ce qui concerne « la responsabilité » et « le coût ». Pour le terme
« responsabilité », il est très important d'indiquer le titre et/ou le nom de la
personne par exemple « le Directeur du service des pêches » et non le « Service
des pêches » sinon la responsabilité sera atténuée. S'agissant du coût, si le coût
exact n'est pas disponible une approximation suffira, ou alors il peut être reporté
CANEVAS DE
RÉDACTION
Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 71
o
TABLEAU 8
Objectif spécifique :
Stratégie de gestion :
Priorité :
Calendrier de réalisation :
Localisation :
Méthodologie pour la mise en œuvre :
Responsable :
Exécution :
Partenaires :
Budget prévu :
Financement :
Matériel :
Indicateur pour évaluer la réalisation :
2. Cadre logique
72 FIBA
o
TABLEAU 9
Proposition de canevas de cadre logique
Objectif
Global 1
Ici, écrivez votre objectif global
Objectif Indicateurs Moyens de vérification Hypothèses
spécifique 1.1 :
écrivez ici
votre objectif
spécifique
Activités Budget
a ct i v ités
rivez vo s
I c i , é c
Activités Budget
Cette partie doit être la plus précise et la plus solide possible, car elle constitue le
noyau opérationnel du plan de gestion. Elle doit être lisible et accessible car elle
est continuellement consultée par le ou les responsables de la gestion de l’AMP.
Détailler chaque activité selon les objectifs du plan, indiquer l’année de réalisation,
la période et la périodicité, la priorité. Indiquer qui sera responsable de l’exécution
(AMP, prestataire, communauté, etc.) et estimer son coût financier (fonctionnement
et investissement) et humain (un exemple est proposé avec le tableau 10 ci-après).
CANEVAS DE
RÉDACTION
Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 73
TABLEAU 10
Chronogramme
Période Fréquence
Quinquennal
Activité 1.1.3
Activité 1.2.1
Activité 1.2.2
Activité 1.2.3
Conse il :
Il s’agit plus ici d’organ iser la chronologie des opératio ns
entre elles et leur périodicité que de fixer des dates
précises pour chacun e.
Chaque année, extraire une programmation des activités en fonction des prévisions
formulées dans le plan de travail quinquennal, en ajustant les besoins financiers.
Le plan d’action annuel doit aussi être élaboré en fonction des moyens financiers
dont le gestionnaire dispose. Il est important d’ajouter des colonnes
correspondantes au détail de ces moyens financiers.
74 FIBA
o
Coût de l'opération
Pilotage Investissement
Fonct TOTAL
Nature Coût
Deux types d’évaluation sont décrites : une évaluation annuelle, basée sur le bilan
d’activités, et une évaluation en fin de plan qui conduira à la rédaction de la nouvelle
version du plan.
Conse il :
Attention, il ne s’agit pas d’évalue r l’effica cité de gestion,
des méthod es particulieres existent et c’est un exercice a part. Il s’agit
seulem ent de présent er l’état d’avancement du plan et de mettre
en évidence les difficultés rencont rées.
Guide méthodologique pour l’élaboration de plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest 75
Note sur les auteurs
76 FIBA
Bibliographie
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WWF, 2009 – Résumé exécutif du plan de gestion de l’AMP de Joal-Fadiouth. WWF, AMP
Joal-Fadiouth, DPN Sénégal.
78 FIBA
x
Guide
SECTION A Diagnostic et enjeux de l’AMP Guide
A1 Informations générales méthodologique méthodologique
A1.1 La création de l’AMP
pour l’élaboration
A1.2
A1.3
La localisation et les limites de l’AMP
La gouvernance de l’AMP des plans de gestion pour l’élaboration
A1.4 Les inventaires, classements et engagements internationaux
A1.5
A1.6
Le contexte foncier et réglementaire
L’évolution historique et l’occupation du sol de l’AMP
des Aires Marines Protégées
en Afrique de l’Ouest
des plans de gestion
A1.7 Le cadre sociopolitique général
pour l’élaboration des plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest
A4.3 Le patrimoine culturel, paysager, archéologique et historique de l’AMP détermination des méthodes d’évaluation. Cette partie renvoie à une seconde
A4.4 Les activités socio-économiques dans et autour de l’AMP partie, appelée « canevas de rédaction », qui aide le lecteur à construire son propre
A5 Valeurs et enjeux de l’AMP plan de gestion, en suivant un canevas qui s'adaptera à sa situation.
Guide méthodologique
B4.1 Description des différentes options et stratégies de gestion
B4.2 Les mesures de gestion
B5 Les activités
B5.1 Description des activités
B5.2 Le cadre logique
B5.3 La programmation des activités
B5.4 Plan d’action annuel
C1 L’évaluation annuelle
pour l’élaboration des plans de gestion des Aires Marines Protégées en Afrique de l’Ouest
A4.3 Le patrimoine culturel, paysager, archéologique et historique de l’AMP détermination des méthodes d’évaluation. Cette partie renvoie à une seconde
A4.4 Les activités socio-économiques dans et autour de l’AMP partie, appelée « canevas de rédaction », qui aide le lecteur à construire son propre
A5 Valeurs et enjeux de l’AMP plan de gestion, en suivant un canevas qui s'adaptera à sa situation.
Guide méthodologique
B4.1 Description des différentes options et stratégies de gestion
B4.2 Les mesures de gestion
B5 Les activités
B5.1 Description des activités
B5.2 Le cadre logique
B5.3 La programmation des activités
B5.4 Plan d’action annuel
C1 L’évaluation annuelle