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Exercice Derivabilité

Le document présente des exercices sur la dérivabilité des fonctions mathématiques, incluant des calculs de dérivées et des conditions de continuité. Il aborde également des cas spécifiques de fonctions définies par morceaux et analyse leur comportement en des points critiques. Les réponses fournissent des résultats détaillés sur la dérivabilité et la continuité des fonctions considérées.

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Exercice Derivabilité

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Université Claude Bernard Lyon 1 UE Fondamentaux des Mathématiques I

Semestre d’automne 2018-2019

Feuille 10. Dérivabilité

Exercice 10-1 Pour chacune des fonctions f définies ci-dessous, calculer la fonction dérivée f 0 :
√ √ 1
1) x4 + 3x2 − 6 2) 6x7/2 + 4x5/2 − 2x 3) 3x + 3 x + 4) x(x + 3)ex
√ x
x3 + 1 1+x ln x sin x
5) 2 6) √ 7) 3
8)
x −x−2
√ 1+ x x 1 + cos x
2
2
12) e−x
3 2
9) x +x+1 10) sin(cos(3x)) 11) ln(sin x)
13) (1 − x)7/3 14) ln(|2x|) 15) ln(|e2πix |) 16) 2ln x

Réponse :
1. 4x3 + 6x
2. 21x5/2 + 10x3/2 − 2
3 1 1
3. √ + x−2/3 − 2
2 3x 3 x
2 x
4. (x + 5x + 3)e
x4 − 2x3 − 6x2 − 2x + 1
5.
(x2 − x − 2)2

x−1
6. √ √ √
2 x 1 + x(1 + 1 + x)2
1 − 3 ln x
7.
x4
1
8.
1 + cos x
9. 1/3(x2 + x + 1)−2/3 (2x + 1)
10. −3 cos(cos(3x)) sin(3x)
2 cos x
11.
sin x
2
12. −2xe−x
13. −7/3(1 − x)4/3
14. 1/|x|
15. e2πix 2iπ
1
16. ln(2)2ln x
x

Exercice 10-2 Déterminer a, b ∈ R tels que la fonction f définie sur R+ par :


(√
x, si 0 ≤ x ≤ 1,
f (x) = 2
(1)
ax + bx + 1, si x > 1,

soit dérivable sur R+ .

Réponse : La fonction est continue est dérivabe sur ]0, 1[ et sur ]1, +∞[. Le seul problème x = 1.
Pour que f soit continue sur x = 1 on doit avoir lim− f (x) = lim+ f (x) = f (1). Donc on a 1 = a+b+1.
x→1 x→1

1
f (x) − f (1) f (x) − f (1)
Pour que f soit dérivable sur x = 1, on doit avoir lim− = lim+ . Donc on a
x→1 x−1 x→1 x−1
1
= ax|x=1 . Afin que f soit dérivable, il faut et il suffit que les dérivées à droite et à gauche existent
2
1
et soient égales. Conclusion : f est dérivable sur [0, +∞[ si est seulement si a + b = 1 et a = . Donc,
2
1 1
a = et b = − .
2 2

Exercice 10-3
1. Étudier la continuité et la dérivabilité de la fonction f de R vers R définie par :


 ex − x, si x < 0,
 2
f (x) = cos (πx), si 0 ≤ x ≤ 1, (2)
1 + ln x ,

si x > 1.

x
p
2. Même question avec : f (x) = |x| .

Réponse : (1) La fonction est continue en dehors de 0 et 1 parce que chaque point x de R \ {0, 1}
appartient à un intervalle ouvert sur lequel f est définie de manière unique et par une fonction
ln x
continue, en l’occurrence par ex − x ou cos2 (πx) ou 1 + . Elle est continue à droite en 0 et à
x
gauche en 1 parce que la définition de la fonction en ces points est donnée par cos2 (πx). Comme
ln x
lim− ex − x = 1 = f (0), elle est aussi continue à gauche en 0 et comme lim+ 1 + = 1 = f (1) elle
x→0 x→1 x
est aussi continue à droite en 1. Elle est donc partout continue.
Pour x < 0, f est dérivable de dérivée f 0 (x) = ex − 1. Pour 0 < x < 1, f est dérivable de dérivée
1 − ln x
f 0 (x) = −2π cos(πx) sin(πx). Pour x > 1, f est dérivable de dérivée f 0 (x) = .
x2
f (x) − f (0) x2 f (x) − f (0) cos2 (πx) − 1
En 0, lim− = lim− = 0 et lim+ = lim+ =
x→0 x x→0 2x x→0 x x→0 x
−(πx)2 (cos(πx) + 1)
lim+ = 0. La fonction f est donc dérivable en O de dérivée f 0 (0) = 0.
x→0 2x
f (x) − f (1) cos2 (πx) − 1 cos2 (πy) − 1 −(πy)2 (cos(πy) + 1)
Ensuite lim− = lim− = lim− = lim− =
x→1 x−1 x→1 x−1 y→0 y y→0 2y
f (x) − f (1) ln x ln(y + 1)
0 et lim+ = lim+ = lim+ = 1. Donc f admet une dérivée à droite et
x→1 x−1 x→1 x(x − 1) y→0 y(y + 1)
une dérivée à gauche en 1 mais n’est pas dérivable.
(2) La fonction f est continue en tout point de R puisqu’elle est la composée de deux fonctions

continues sur R, en l’occurrence et | |.
Elle est dérivable en tout point de √ R \ {0} car chaque réel√ non nul appartient à un intervalle
ouvert sur lequel√f est définie par √ x 7→ x pour x > 0 et x 7→ −x √ pour x < 0. √
−x − 0 x x−0 x
En 0, lim− = lim+ = −∞, tandis que lim+ = lim+ = +∞. Par
x→0 x−0 x→0 −x x→0 x−0 x→0 x
conséquent, f n’est pas dérivable en 0 ; elle ne l’est pas à gauche ni à droite non plus.

Exercice 10-4 Préciser pour chacune des fonctions suivantes de R vers R en quels points elles sont
dérivables, dérivables à droite, dérivables à gauche, et les valeurs de leurs dérivées, dérivées à droite,
dérivées à gauche.
1. f (x) = cos(cos x).

2. g(x) = 1 + cos x.
p
3. h(x) = | sin x|.

Réponse :

2
1. La fonction cos est dérivable sur R donc f (x) est aussi dérivable sur R de dérivée f 0 (x) =
sin(cos x) sin(x).
2. La fonction g est périodique de période 2π. En dehors de π, g est dérivable de dérivée g 0 (x) =
− sin x
√ .
2 1 + cos x √ √
1 + cos x 1 − cos y |y| 1
Pour les valeurs supérieures en π, lim+ = lim+ = lim+ √ = √ . Ce
x→π x−π y→0 y y→0 2y 2
1
qui donne la valeur de la dérivée à droite. Par contre en π − on obtiendra − √ , ce qui donne
2
la valeur de la dérivée à gauche. Par conséquent, g n’est pas dérivable en π. Elle ne l’est qu’à
gauche et à droite. Par périodicité, le même manque de dérivabilité existe en tout point de R
de la forme (2k + 1)π.
3. La fonction h(x) est périodique de période π. Comme sin est partout dérivable, que |.| est

dérivable en dehors de 0, et que . est dérivable sur R∗+ , la fonction h(x) est dérivable sur ]0, π[
cos x
de dérivée h0 (x) = .
2 sin x
h(x) 1
Par contre en 0, h n’est ni dérivable à droite, ni à gauche, car lim+ = lim+ √ n’est pas
x→0 x x→0 x
finie. Un raisonnement symétrique donne la même conclusion en 0− . Ce raisonnement s’étend
sur R par périodicité et h n’est pas dérivable en kπ pour tout k ∈ Z.

Exercice 10-5 Soit f la fonction réelle d’une variable réelle définie par :
f R −→ R(
x + exp(−1/x2 ), si x > 0
x 7−→ .
sin x, si x ≤ 0

1. Montrer que f est dérivable en tout point x de R∗ en calculant sa dérivée.


2. f est-elle dérivable en 0 ?
3. f 0 est elle continue en 0 ?
4. f est-elle deux fois dérivable en 0 ?

Réponse :
1. Tout d’abord, f est continue sur R∗ parce que chaque point de cet ensemble appartient à un
intervalle ouvert sur lequel f est uniquement définie comme composition de fonctions simples,
continues sur cet intervalle. Ensuite, comme lim+ x + exp(−1/x2 ) = 0 = f (0) elle est aussi
x→0
continue en 0.
f est dérivable sur R∗+ , de dérivée f 0 (x) = 1 + 2/x3 exp(−1/x2 ), et aussi sur R∗− de dérivée
f 0 (x) = cos x.
f (x) − f (0) f (x) − f (0) sin x
2. On a lim+ = lim+ 1 + 1/x exp(−1/x2 ) = 1 et lim− = lim− = 1.
x→0 x−0 x→0 x→0 x−0 x→0 x
Donc f est dérivable en 0 et f 0 (0) = 1.
3. Comme lim+ 1 + 2/x3 exp(−1/x2 ) = 1 et lim− cos x = 1, f 0 est continue en 0, et donc continue
x→0 x→0
sur R.
f 0 (x) − f 0 (0) 4 2 f 0 (x) − f 0 (0) cos x − 1
4. On a lim+ = lim+ 2/x exp(−1/x ) = 0 et lim− = lim− =
x→0 x−0 x→0 x→0 x−0 x→0 x
00
0, d’où f est deux fois dérivable en 0, et f (0) = 0.

Exercice 10-6 Soit n ∈ N. On définit fn : R −→ R par


(
xn sin(1/x), si x 6= 0
fn (x) = .
0, si x = 0

3
1. Pour quelles valeurs de n, fn est-elle continue ?
2. Pour quelles valeurs de n, est-elle fn dérivable ?
3. Pour quelles valeurs de n, est-elle fn0 continue ?
4. Pour quelles valeurs de n, est-elle fn0 dérivable ?

Réponse :
1. Comme sin est une fonction bornée, on a lim fn (x) = 0 si n 6= 0. Par contre lim sin(1/x)
x→0 x→0
n’existe pas. Vérifions-le en utilisant deux suites de nombres strictements positifs (an ) et (bn ).
1 1
an = (n ∈ N∗ ) ; bn = π (n ∈ N) .
nπ 2
+ nπ

Quand on pose x = an , on a lim sin(1/an ) = 0 ; en fait, f (an ) = 0 pour tout n ∈ N∗ . Par


n→+∞
contre, lim sin(1/bn ) n’existe pas. En effet, f (bn ) = 1 si n est pair et f (bn ) = 1 si n est impair.
n→+∞
Ainsi fn est continue sur R pour n ≥ 1.
2. En dehors de 0, fn est dérivable, de dérivée fn0 (x) = nxn−1 sin(1/x) − xn−2 cos(1/x). En 0 on
fn (x) − fn (0)
a lim = lim xn−1 sin(1/x). Ainsi f est dérivable en 0 si et seulement si n ≥ 2,
x→0 x−0 x→0
auquel cas fn0 (0) = 0.
3. On a lim fn0 (x) = lim nxn−1 sin(1/x) − xn−2 cos(1/x) = 0 seulement si n ≥ 3, car quand n = 2,
x→0 x→0
lim cos(1/x) n’existe pas, une conclusion à laquelle on peut aboutir par la même méthode que
x→0
la non existence de la limite de sin(1/x) en 0. Donc fn0 est continue, uniquement si n ≥ 3.
f 0 (x) − fn0 (0)
4. fn0 est dérivable en dehors de 0. On a lim n = lim nxn−2 sin(1/x) − xn−3 cos(1/x)
x→0 x−0 x→0
et donc fn0 est dérivable en 0 si et seulement si n ≥ 4.

Exercice 10-7 Appliquer le théorème des accroissements finis pour démontrer les inégalités sui-
vantes :
1. | sin x| ≤ |x| pour x ≥ 0 ;
2. ln(1 + x) ≤ x pour x ≥ 0.

Réponse :
1. On considére f (x) = sin x sur [0, x]. La fonction f est continue sur [0, x] et dérivable sur ]0, x[,
f (x) − f (0)
par le théorème des accroissements finis il existe c ∈]0, x[ telle que f 0 (c) = . Donc,
x−0
| cos(c)(x − 0)| = | sin x|. Puisque | cos c| ≤ 1 on a | sin x| ≤ |x|.
2. Cette fois si on considère f (x) = ln(1 + x) sur [0, x], x ≥ 0. La fonction f est continue sur
[0, x] et dérivable sur ]0, x[, par le théorème des accroissements finis il existe c ∈]0, x[ telle que
ln(1 + x) − ln 1 1 x
= . Donc ln(1 + x) = ≤ x.
x−0 1+c 1+c

Exercice 10-8
1. Montrer que pour tous réels a et b avec 0 ≤ a < b :
b−a b−a
2
< arctan b − arctan a < .
1+b 1 + a2
2. En déduire que :
 
π 3 4 π 1
+ < arctan < + .
4 25 3 4 6

4
Réponse :
1. La fonction arctan est continue et dérivable sur R. Le théorème des accroissements finis montre
alors qu’il existe c ∈]a, b[ tel que

arctan b − arctan a = arctan0 c(b − a) .


1 1 1 1
Comme arctan0 x = 2
est strictement décroissante sur R∗+ on a 2
< 2
<
1+x 1+b 1+c 1 + a2
d’où le résultat.
2. Il suffit d’écrire l’encadrement précédent pour a = 1 et b = 4/3.

Exercice 10-9
1. Montrer que pour tous réels x et y : | cos y − cos x| ≤ |y − x|.
2. Montrer que pour tous réels x et y tels que x 6= y : | cos y − cos x| < |y − x|.

Réponse :
1. La fonction cos x est continue et dérivable sur R. Par conséquent, si x 6= y, disons x < y sans
perte de généralité, le théorème des accroissements finis nous montre qu’il existe c ∈]x, y[ tel
que

cos(x) − cos(y) = cos0 (c)(x − y) = (− sin(c))(x − y) .

En valeur absolue, on obtient

| cos(x) − cos(y)| = | cos0 (c)||x − y| ≤ |x − y| .

parce que −1 ≤ sin(c) ≤ 1. Si x = y, bien sûr l’inégalité large reste vraie.


2. On essaye d’affiner l’inégalité du premier point. Sans perte de généralité, on supposera x < y.
π
Il y a deux cas à considérer. Dans le premier il n’existe pas de k ∈ Z tel que x < + kπ < y.
2
Sous cette hypothèse, pour tout c ∈]x, y[, | cos(c)| < 1. Par conséquent, l’inégalité qui découle
du théorème des accroissements finis devient

| cos(x) − cos(y)| = | cos0 (c)||x − y| < |x − y| .

Mettons-nous maintenant dans le cas contraire. On considère le plus petit k ∈ Z tel que
π
x < + kπ < y. Alors,
2
π π
| cos(x) − cos(y)| = | cos(x) − cos( + kπ) + cos( + kπ) − cos(y)|
2 2
≤ | cos(x) − 0| + |0 − cos(y)|
π π
≤ | cos0 (c1 )||x − ( + kπ)| + | cos0 (c2 )|| + kπ − y|.
2 2
π π
où c1 ∈]x, + kπ[ et c2 ∈] + kπ, y[ proviennent du théorème des accroissements finis. Comme
2 2
π π
il n’existe pas d’élément de + πZ dans l’intervalle ]x, + kπ[, on a | cos0 (c1 )| < 1. Ainsi
2 2
π π
| cos(x) − cos(y)| < |x − ( + kπ)| + |( + kπ) − y|
2 2
π π
= + kπ − x + y − cos( + kπ)
2 2
= y−x
= |x − y|.

Exercice 10-10 Soit f de [0, 1] vers R une fonction trois fois dérivable.

5
1. On suppose que f (0) = f 0 (0) = f 00 (0) = 0 et que f (1) = 0. Montrer que f 000 s’annule sur
l’intervalle ]0, 1[.
2. On suppose ici que f (0) = f (1/3) = f (2/3) = f (1) = 0. Montrer le même résultat. Généralisez
à une fonction k fois dérivable ayant n zéros, pour tous entiers k < n.
3. On suppose ici que f (0) = f 0 (0) = 0 et que f (1) = f 0 (1) = 0. Montrer le même résultat.

Réponse : C’est une suite d’applications du théorème de Rolle. L’existence de α et β est justifiée
par ce théorème.
1. Comme f (0) = f (1) = 0 il existe α ∈]0, 1[ tel que f 0 (α) = 0. Alors comme f 0 (0) = f 0 (α) = 0
il existe β ∈]0, α[ tel que f 00 (β) = 0, et finalement, comme f 00 (0) = f 00 (β) = 0 il existe
γ ∈]0, β[⊂]0, 1[ tel que f 000 (γ) = 0.
2. Pour f 0 on a trois racines distinctes, une entre 0 et 1/3, une entre 1/3 et 2/3 et une entre 2/3
et 1, donc 2 racines distinctes pour f 00 et finalement 1 pour f 000 .
On montre la généralisation par récurrence sur k < n, pour n fixé. Soit g une fonction ayant n
zéros. On considère le prédicat P (k) : si g est k fois dérivable, alors g (k) a au moins n − k zéros.
Initialisation : P (0) est évidemment vrai.
Hérédité : Soit 0 < k < n. On suppose P (k − 1) vrai. Montrons que P (k) l’est. Si g est k
fois dérivable, elle est k − 1 fois dérivable, et par hypothèse de récurrence g (k−1) a au moins
n − k + 1 zéros. On applique le théorème de Rolle à cette fonction, et on obtient bien que g (k)
admet au moins n − k zéros.
Conclusion : P (0) est vrai et la propriété est héréditaire donc pour tout k < n, si g est k fois
dérivable, g (k) admet au moins n − k zéros.
3. f (0) = f (1) = 0 nous donne une troisième racine pour f 0 , on conclut comme ci dessus.

Exercice 10-11 On considère P : R −→ R une fonction polynomiale de degré n ∈ N, c’est à dire


qu’il existe des nombres réels a0 , a1 , ..., an tels que an 6= 0 et

∀x ∈ R, P (x) = a0 + a1 x + · · · an xn .

Montrer qu’il existe au plus n solutions réelles à l’équation P (x) = 0.

Solution :
On utilise la généralisation du 2) de l’exercice précédent : Si P avait strictement plus que n
racines, alors sa dérivée n-ème, qui est une constante non nulle, aurait au moins un zéro, ce qui est
absurde.
Remarque : On peut le montrer directement par récurrence : pour n ≥ 1 entier, notons P(n) la
proposition suivante :
Pour tout polynôme réel P de degré n, il existe au plus n nombres réels distincts x1 <
x2 < · · · < xn tels que, pour tout 1 ≤ k ≤ n, P (xk ) = 0.
Initialisation : Une fonction affine a au plus un zéro.
Hérédité : On considère un entier n ≥ 2 tel que P(n − 1) soit vraie. Montrons que P(n) est
également vraie.
On effectue un raisonnement par l’absurde. Supposons que P soit une fonction polynomiale de
degré n, et supposons qu’il existe n + 1 solutions distinctes x1 < x2 < · · · < xn < xn+1 de l’équation
P (x) = 0. Alors
0 = P (x1 ) = P (x2 ) = · · · = P (xn ) = P (xn+1 ).
Le théorème de Rolle appliqué à la fonction P : R −→ P (qui est dérivable en chaque point de R)
sur les intervalles I1 , I2 , ..., In définis par

∀k ∈ {1, ..., n}, Ik =]xk , xk+1 [

6
fournit n nombres réels y1 ∈ I1 , y2 ∈ I2 , ..., yn ∈ In tels que

0 = P 0 (y1 ) = P 0 (y2 ) = · · · = P 0 (yn ).

Cependant, la fonction P 0 est une fonction polynomiale de degré n. L’hypothèse de récurrence ap-
pliquée à P 0 montre que nécessairement P 0 = 0. On en déduit que P est un polynôme constant, ce
qui est une contradiction.

1 √
Exercice 10-12 Montrer que 100 + est une approximation par excès de 10001, et que l’erreur
200
1
d’approximation est inférieure à .
4 · 106
√ 1
Réponse : On applique le théorème des accroissements finis à f (x) = x, de dérivée √ . En effet,
√ 2 x√
d’après le théorème des accroissements finis, il existe c ∈]10000, 10001[ tel que 10001 − 10000 =
1 1 1 1 1
√ . Comme la fonction x 7→ √ est décroissante, √ < √ = . Par conséquent,
2 c 2 c 2 c 2 10000 200
√ 1 1
10001 = 100 + √ < 100 + . La valeur absolue de la différence entre la valeur exacte et
2 c 200
l’approximation est

1 1 1 c − 100 1 c − 104 1
√ − = √ = √ √ < .
2 c 200 2 100 c 2 100 c( c + 100) 4 . 106

1 1
Exercice 10-13 Montrer que pour tout entier k ≥ 1 : < ln(k + 1) − ln(k) ≤ . En déduire
k+1 k
1 1 1
que pour tout entier n ≥ 1, on a ln(n + 1) ≤ 1 + + + · · · + ≤ 1 + ln(n) .
2 3 n
1 1 1
Déterminer lim Hn où Hn = 1 + + + · · · +
n→+∞ 2 3 n
Réponse : La fonction ln est continue et dérivable sur R∗+ , de dérivée x 7→ 1/x, qui est une
1
fonction décroissante. Le théorème des accroissements finis montre alors que pour k ≥ 1, ≤
k+1
n
1 X
ln(k + 1) − ln k ≤ . Les sommes téléscopiques impliquent ln(n + 1) = ln(k + 1) − ln k ≤ Hn , et
k k=1
n−1 n−1
X 1 X
Hn = 1 + ≤ 1+ ln(k + 1) − ln k = 1 + ln(n) d’où le résultat. Comme lim ln n = ∞, on
k=1
k + 1 k=1
n→∞

conclut que Hn diverge aussi.

Exercice 10-14
1. Utiliser l’exercice précédent pour montrer que pour α ≤ 1
n
X 1
lim α
= ∞.
n→∞
k=1
k

α−1 1 1
2. On suppose maintenant α > 1. Pour k ≥ 2, comparer α
et α−1
− α−1 .
k (k − 1) k
3. Toujours pour α > 1, montrer que
n
X 1 α
lim α
= `, avec ` < .
n→∞
k=1
k α−1

7
Réponse :
n n
X 1 X 1
1. Si α ≤ 1, alors lim α
≥ lim = ∞.
n→∞
k=1
k n→∞
k=1
k
α−1
2. La fonction f (x) = 1/xα−1 est continue et dérivable sur R∗+ , de dérivée − α . Par le théorème
x
1 1
des accroissements finis, appliqué sur l’intervalle [k−1, k], − = f (k−1)−f (k) =
(k − 1)α−1 k α−1
α−1
|f (k − 1) − f (k)| > .

n n
X α−1 X α−1 1
3. On a donc par les sommes télescopiques, α
= α − 1 + α
< 1 − α−1
+ α − 1.
k=1
k k=2
k n
n n
X α−1 X 1 α
A la limite, on obtient lim α
< α. Ceci équivaut à lim α
< .
n→∞
k=1
k n→∞
k=1
k α − 1

Exercice 10-15
Soit n ≥ 1 un nombre entier et a0 , a1 , ..., an ∈ R tels que
a0 a1 an
+ + ··· + = 0.
1 2 n+1
Montrer que l’équation d’inconnue x ∈ R

a0 + a1 x + · · · + an x n = 0

a au moins une solution x dans l’intervalle ]0, 1[.

Solution :
On considère les deux fonctions polynomiales P, Q : R −→ R définies par

P (x) = a0 + a1 x + · · · an xn
∀x ∈ R, a0 a1 an n+1
Q(x) = x + x2 + · · · + x .
1 2 n+1
On commence par remarquer que Q0 = P (la fonction Q est polynomiale, donc dérivable). Ensuite,
l’hypothèse de l’énoncé assure que
0 = Q(0) = Q(1).
Puisque Q est dérivable, le théorème de Rolle assure donc l’existence de x ∈]0, 1[ tel que Q0 (x) =
0 = P (x), soit encore,
a0 + a1 x + · · · + an xn = 0.

Exercice 10-16
On condidère deux fonctions f, g : R −→ R telles que f soit deux fois dérivable et g continue.
1. Soit c ∈ R un maximum local de f . Montrer que f 00 (c) ≤ 0.
2. De même, si c ∈ R est un minimum local de f , montrer que f 00 (c) ≥ 0.
3. On suppose que
∀x ∈ R, f 00 (x) + g(x)f 0 (x) − f (x) = 0.
. On suppose de plus qu’il existe a, b ∈ R tels que a < b et f (a) = f (b) = 0. Montrer que
f (x) = 0 pour tout x ∈ [a, b].

Solution :

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1. On raisonne par l’absurde : supposons, en vue d’obtenir une contradiction, que f 00 (c) > 0, c’est
à dire que
f 0 (c + h) − f 0 (c) f 0 (c + h)
f 00 (c) = lim = lim > 0.
h→0 h h→0 h
En effet, f 0 (c) = 0 puisque c est un extremum (local) de f . On en déduit que f 0 (c + h)h−1 est
positif pour h 6= 0 assez petit : il existe δ > 0 tel que

f 0 (c + h) > 0 pour h ∈]0, δ[


f 0 (c + h) < 0 pour h ∈] − δ, 0[.

En particulier, h 7→ f (c + h) est décroissante sur ] − δ, 0[ et croissante sur ]0, δ[. La fonction f


admet donc un minimum local en c. Mais comme c est aussi un maximum local, cela signifie
que f est constante sur un petit intervalle I =]c − η, c + η[ contenant a (avec η > 0). On en
déduit que f 00 (c) = 0, ce qui est une contradiction.
2. En posant F = −f et en utilisant la question précédente à F , on montre que f 00 (c) ≥ 0.
3. Supposons, en vue d’obtenir une contradiction, que f ne soit pas constamment nulle sur [a, b].
Comme f est continue, elle admet un maximum c et un minimum c0 sur le segment [a, b], c’est
à dire que
∀x ∈ [a, b], f (c0 ) ≤ f (x) ≤ f (c).
En particulier, f (c0 ) ≤ 0 = f (a) = f (b) ≤ f (c). Comme nous avons supposé que f est non
identiquement nulle sur [a, b], nécessairement f (c0 ) < 0 ou f (c) > 0.
Plaçons-nous d’abord dans le cas où f (c) > 0. En évaluant l’équation vérifiée par f en c on
trouve
f 00 (c) + g(c)f 0 (c) − f (c) = 0.
Mais comme c est un maximum (global) de f (sur [a, b]), on a d’une part f 0 (c) = 0, et d’autre
part f 00 (c) ≤ 0 grâce à la question 1. La relation précédente devient

0 < f (c) = f 00 (c) + g(c)f 0 (c) = f 00 (c) ≤ 0,

ce qui est une contradiction. Dans le cas où f (c0 ) < 0, on montre de manière symétrique que

0 ≤ f 00 (c0 ) = f 00 (c0 ) + f 0 (c0 )g(c0 ) = f (c0 ) < 0,

ce qui est aussi une contradiction.

a f (x) − x f (a)
Exercice 10-101 Soit f : R → R dérivable. Calculer lim , pour un a ∈ R.
x→a x−a
a f (x) − x f (a) a f (x) − a f (a) + a f (a) − x f (a)
Réponse : On a lim = lim = af 0 (a) − f (a).
x→a x−a x→a x−a
Exercice 10-102 Montrer que la fonction P de R vers R définie par P (x) = x100 + ax7 + bx + c
(a, b, c ∈ R) a au plus 4 racines réelles.

Réponse : La dérivée seconde de P est 9900x98 +42ax5 . Ce polynôme a au plus deux racines réelles,
r
3 −42a
0 et . Par conséquent, P a au plus deux points d’inflexion. Ceci implique que P ait au plus
9900
4 racines réelles.

Exercice 10-103 On définit

f : R −→ R
.
x 7−→ ln(1 + x2 ) − arctan x

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Pn (x)
1. Montrer que pour tout n ∈ N∗ et x ∈ R, f (n) (x) = où Pn est un polynôme de degré
(1 + x2 )n
n qui satisfait les identités
(a) P1 (x) = 2x − 1,
(b) Pn+1 (x) = (x2 + 1)Pn0 (x) − 2xPn (x) .
2. Montrer que pour tout n ∈ N∗ , le polynôme Pn a n racines distinctes.

Réponse :
1. C’est un raisonnement par récurrence sur n ∈ N∗ .
2. On se contente d’une indication. Pour n = 1, c’est clair. Pour n + 1 on évalue Pn+1 en les n
racines supposées distinctes de Pn et étudie le changement de signe.

Exercice 10-104 Soit f : [a, b[−→ R une fonction continue, dérivable sur ]a, b[. Montrer que f est
dérivable à droite en a et f 0 (a) = lim+ f 0 (x), en supposant que cette limite est finie.
x→a

f (x) − f (a) f (x) − f (a)


Réponse : On calcule lim+ . Pour chaque x ∈]a, b[, il existe cx ∈]a, x[ tel que =
x→a x−a x−a
f 0 (cx ). La conclusion s’ensuit en utilisant l’hypothèse que la limite lim+ f 0 (x) soit finie.
x→a

Exercice 10-105 Soient a < b deux réels. Existe-t-il une fonction dérivable f de [a, b[ vers R telle
que l’on ait simultanément le comportement asymptotique lim f (x) = ∞ et la majoration |f 0 | ≤ 1 ?
x→b−

Réponse : Non. En effet, pour tout a < b0 < b, il existe c ∈]a, b0 [ tel que f (b0 )−f (a) = f 0 (c)(b0 −a).
En valeur absolue, on obtient |f (b0 ) − f (a)| = |f 0 (c)||(b0 − a)| ≤ |b0 − a|. Par conséquent la valeur
de f (b0 ) est majorée par f (a) + |b0 − a|. Ceci empêche que lim f (x) = ∞.
x→b−

Exercice 10-106 Soit f de [0, 1] vers R une application continue sur [0, 1] telle que f (0) = 0 et
f (1) = 1.
On suppose que f est dérivable en 0 et en 1 et que l’on a f 0 (0) = f 0 (1) = 0.
1. Montrer qu’il existe un α dans ]0, 1[ tel que

f (α) f (α) − 1
= .
α α−1
f (x) − f (0) f (1) − f (x)
En déduire que f (α) = α. [Indication : étudier la fonction g(x) = − .]
x−0 1−x
2. On suppose de plus que f est deux fois dérivable sur [0, 1]. Montrer qu’il existe un β dans ]0, 1[
tel que |f 00 (β)| ≥ 4. [Indication : raisonner par l’absurde et étudier les fonctions x 7→ f (x)−2 x2
et x 7→ 1 − f (x) − 2 (1 − x)2 .]

Réponse : Suivez soigneusement les indications. Pensez à utiliser le théorème des valeurs intermé-
diaires.

Exercice 10-107 Soit f la fonction définie par f (x) = x ln x − x.


1. En appliquant à f le théorème des accroissements finis, montrer que pour tout n ≥ 1, on a :

ln n ≤ f (n + 1) − f (n) ≤ ln(n + 1).

2. En déduire que pour tout n ≥ 1, on a :

ln 1 + ln 2 + · · · + ln n ≤ f (n + 1) + 1 ≤ ln 2 + ln 3 + · · · + ln(n + 1).

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3. En déduire que pour tout n ≥ 1, on a :
 n n  n+1
n+1
e ≤ n! ≤ e .
e e

Réponse :
1. f (x) est dérivable de dérivée ln x, strictement croissante.
2. On fait la somme de 1 à n de ses inégalités pour obtenir le résultat.
3. On a donc f (n)+1 < ln(n!) < f (n+1)+1, soit l’encadrement désiré en passant à l’exponentielle.

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