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Les Incapacites

Le document traite des incapacités juridiques, en distinguant l'incapacité de jouissance et l'incapacité d'exercice, ainsi que des protections légales pour les mineurs et majeurs. Il décrit les différentes formes d'incapacité, les actes que les mineurs peuvent accomplir, et les régimes de protection pour les majeurs, tels que la sauvegarde de justice, la tutelle et la curatelle. Les mesures de protection visent à garantir les droits et le bien-être des personnes incapables en fonction de leur situation.

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Les Incapacites

Le document traite des incapacités juridiques, en distinguant l'incapacité de jouissance et l'incapacité d'exercice, ainsi que des protections légales pour les mineurs et majeurs. Il décrit les différentes formes d'incapacité, les actes que les mineurs peuvent accomplir, et les régimes de protection pour les majeurs, tels que la sauvegarde de justice, la tutelle et la curatelle. Les mesures de protection visent à garantir les droits et le bien-être des personnes incapables en fonction de leur situation.

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Les incapacités, 2025

LES INCAPACITES

L’incapacité est l’inaptitude juridique qui, dans les cas déterminés par la loi,
empêche une personne d’acquérir ou d’exercer valablement un droit.
On distingue l’incapacité de jouissance de l’incapacité d’exercice.
L’incapacité de jouissance prive l’incapable de certains droits ou de certaines
activités juridiques. Il s’agit de l’inaptitude à être sujet de droit et d’obligation, à
acquérir des droits et à en jouir (exemple : esclavage, mort civile).
Quant à l’incapacité d’exercice, elle est l’inaptitude à exercer les droits dont on est
titulaire. A la différence de l’incapacité de jouissance, l’incapacité d’exercice
comporte des remèdes, en ce sens que l’acte interdit à l’individu atteint d’une
incapacité d’exercice pourra être accompli, pour son compte, par son représentant.
L’étendue de l’incapacité d’exercice dépend des facultés de l’incapable et de la
gravité des actes à accomplir. Ainsi, on distingue :
- Les actes conservatoires (actes ayant pour but de protéger l’intégrité du
patrimoine)
- Les actes de disposition (actes évoquant l’idée d’aliénation et donc de
transfert de droit réel)
- Les actes d’administration (actes se situant entre les actes conservatoires et
les actes de disposition)
Les procédés de protection des incapables, en fonction des facultés des incapables
et de la gravité des actes à accomplir, sont :
- La représentation (procédé qui dessaisit totalement l’incapable au profit
d’une personne qui agit en ses lieu et place)
- L’assistance (procédé qui permet à l’incapable d’agir lui-même mais en ayant
à ses côtés une personne qui l’encadre juridiquement)
L’incapacité d’exercice atteint essentiellement les mineurs et certains majeurs qui
ont besoin de protection.

CHAPITRE I. LA PROTECTION DU MINEUR

Est mineure, toute personne qui n’a pas encore atteint 18 ans accomplis (art.1
minorité).
Bien que titulaire de droits, le mineur est frappé d’une incapacité générale
d’exercice.

SECTION I : INCAPACITE JURIDIQUE DU MINEUR

Paragraphe 1 : Étendue de l’incapacité du mineur

Le mineur est incapable d’accomplir seul les actes de la vie civile (art.32). Ces
actes se résument en actes juridiques, actes en justice et en faits juridiques.

A. Actes juridiques
Le mineur ne peut conclure d’acte qui résulte d’une manifestation de volonté
produisant des effets de droit (exemple : contrat, testament…).

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B. Actes en justice
Le mineur ne peut agir ou défendre en personne, qu’assisté de son représentant légal
dans toutes les instances (art.33). Il apparait donc que le mineur ne peut agir en
justice sans son représentant légal.

C. Faits juridiques

Il s’agit d’évènements indépendants de sa volonté mais susceptibles de produire des


effets de droit. La responsabilité personnelle du mineur (art.36) vient s’ajouter à
celle de ses mère et mère pour son fait dommageable (art.1384 [Link].).

Paragraphe 2 : Exceptions à l’incapacité générale d’exercice du mineur

A. Actes touchant la personne du mineur

• Les actes qui intéressent personnellement le mineur âgé de plus de 16 ans,


notamment ceux qui concernent son état, ne peuvent être conclus qu’avec
son consentement
• L’action en recherche de paternité est, pendant la minorité de l’enfant,
exercée par la mère, même mineure (art.26 filiation)
• Le mineur âgé de plus de 14 ans doit consentir personnellement à son adoption
(art.7 adoption)

B. Actes touchant le patrimoine du mineur

• A partir de l’âge de 16 ans, le mineur conclut et rompt seul son contrat de


travail avec l’assistance de son représentant légal (art.35 minorité)
• Le mineur peut accomplir seul tous les actes conservatoires sur son patrimoine
(art.34)
• Le mineur peut accomplir les actes que sont représentant légal aurait pu
accomplir seul, exemple : actes d’administration (art.37)

C. Actes de la vie courante ou autorisés par l’usage

• Actes nécessaires de la vie courante (achat de pain, de ticket de bus, contrat


de transport, achat de fournitures scolaires…)

Paragraphe 3 : Sanctions de l’incapacité du mineur

A. Nullité (art.37 in fine)

• Nullité relative, car protection des intérêts du mineur (art.38)


• Pendant la minorité, l’action est exercée par son représentant légal
• Le mineur devenu majeur peut lui-même exercer l’action, à condition qu’elle
ne soit ni prescrite, ni ratifiée
• L’action se prescrit par 5 ans à compter de la majorité ou de l’émancipation

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B. Rescision pour lésion

• Lorsque le mineur, agissant seul, a fait un acte que le tuteur aurait pu faire
seul sans l’autorisation du conseil de famille, cet acte est rescindable en
faveur du mineur si celui-ci a subi une lésion
• Il s’agit des actes qui rentrent dans le pouvoir d’administration du
représentant légal

SECTION II : REGIME DE PROTECTION DU MINEUR

La protection du mineur se fait à travers le système de représentation. Il existe


deux modes de représentation :
- La représentation par les parents (autorité parentale)
- La représentation par le tuteur (la tutelle)

Paragraphe 1 : Autorité parentale

L’autorité parentale est définie comme l’ensemble des droits et obligations


reconnus aux père et mère sur la personne et les biens de leur enfant mineur.
Cette institution est commune à toutes les familles (légitime, naturelle et
adoptive). Elle présente un certain nombre de caractéristiques :
- Elle appartient au père et à la mère conjointement
- Elle prend fin à la majorité de l’enfant ou avec son émancipation
- Elle est d’ordre public c’est-à-dire qu’elle échappe à la volonté des interessés
et est hors du commerce
- Elle est aménagée dans l’intérêt des enfants et non pour le confort de son
détenteur
- C’est un pouvoir de protection et les prérogatives reconnues aux détenteurs
ne sont que la contrepartie des devoirs et de la responsabilité que leur impose
le fait de la procréation.

A. Attributions de l’autorité parentale

1. Exercice de l’autorité parentale sur l’enfant né dans le mariage


• Conjointement par les père et mère sauf décision judiciaire contraire
(art.5)
• En cas de conflit, le juge tranche selon l’intérêt de l’enfant
• En cas de divorce, de séparation de corps ou de résidence, l’autorité
parentale est exercée par celui à qui le juge a confié la garde ; l’autre
parent a un droit de visite et de surveillance ainsi que le droit de
consentir à l’adoption ou à l’émancipation du mineur (art.6)
• La garde confiée à un tiers, les père et mère conservent les autres
attributs de l’autorité parentale (art.7)

2. Exercice de l’autorité parentale sur l’enfant né hors mariage

• L’autorité parentale appartient à celui des père et mère à l’égard duquel la


filiation est établie
• Elle est exercée par les deux, si la filiation est établie à leur égard (art.9)

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3. Exercice de l’autorité parentale sur l’enfant adopté

• Elle est exercée conformément aux règles applicables en matière


d’adoption

B. Attributs de l’autorité parentale (art.4)

1. La personne du mineur
• Assurer la garde, la direction, la surveillance, l’entretien, l’instruction
et l’éducation du mineur
• Faire prendre à l’égard du mineur toute mesure d’assistance éducative
• Consentir à son adoption et à son émancipation

2. Les biens du mineur


• Administrer les biens du mineur et disposer des revenus desdits
biens

C. Contrôle et déchéance de l’autorité parentale

1. Contrôle de l’autorité parentale

• Assistance éducative (en cas d’inconduite de l’enfant ou


d’immoralité des père et mère)
• Délégation des droits de l’autorité parentale (délégation
volontaire art.13 et svts, délégation judiciaire art.16 et svts)

2. Déchéance de l’autorité parentale

• Déchéance de plein droit (art.21)


• Déchéance facultative (art.22)

Paragraphe 2 : La tutelle

A. Ouverture de la tutelle

• Cas d’ouverture (art.53 et 54)

B. Organes de la tutelle

1. Le tuteur (art.57 et svts)


• Modes de désignation
- Tutelle testamentaire (art.57)
- Tutelle dative (art.58)
- Tutelle déférée à l’Etat (art.61)

• Qui peut être tuteur ?


- Toute personne, sauf les mineurs, les condamnés ou les personnes de
mauvaise moralité

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- La tutelle est une charge publique (obligatoire mai atténuée par l’article 63)
et personnelle (c’est-à-dire non transmissible à quiconque)

2. Les organes de contrôle

• Le Conseil de famille (art.69 et svts)


Organe collégial composé de 4 à 6 personnes choisies parmi les parents et alliés

• Le juge des tutelles


Il joue un rôle de surveillant général

C. Fonctionnement de la tutelle
• Le tuteur exerce les droits et obligations d’un parent exerçant
l’autorité parentale
• Il assure la gestion des biens au nom et pour le compte du mineur

CHAPITRE II. LA PROTECTION DU MAJEUR


Le majeur est la personne âgée de dix-huit ans accomplis. Il est capable d’accomplir
tous les actes de la vie civile.

Il existe trois régimes de protection du majeur, selon la gravité de l’incapacité.

Peut être placé sous l’un des régimes de protection prévus par la loi :

- le majeur qui est dans l’impossibilité de pourvoir seul à ses intérêts en raison
de l’altération de ses facultés mentales ou corporelles, de son infirmité, de
son affaiblissement dû à l’âge ou du retard anormal de son développement ;
- le majeur qui, par sa prodigalité ou son intempérance, s’expose à tomber dans
le dénuement ou compromet l’exécution de ses obligations familiales.

SECTION I : MAJEUR SOUS SAUVEGARDE DE JUSTICE (art.16 et suivants)

Le juge des tutelles peut placer sous sauvegarde de justice la personne qui, pour
l’une des causes citées plus haut, a besoin d’une protection juridique temporaire ou
d’être représentée pour l’accomplissement de certains actes déterminés. Exemple :
une victime d’accident de la circulation qui est temporairement invalide.

Cette mesure peut être également prononcée par le juge des tutelles saisi d’une
procédure de curatelle ou de tutelle, pour la durée de l’instance.

La personne placée sous sauvegarde de justice conserve l’exercice de ses droits.


Toutefois, elle ne peut, à peine de nullité, faire un acte pour lequel un mandataire
spécial a été désigné.

La mesure de sauvegarde de justice est prise pour une durée de trois mois
renouvelables une fois par ordonnance du juge des tutelles.

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Le juge des tutelles peut, à tout moment, ordonner la mainlevée de la mesure de


sauvegarde de justice si le besoin de protection temporaire cesse.

SECTION II : MAJEUR SOUS TUTELLE (art.22 et suivants)

La tutelle est ouverte quand un majeur, pour l’une des causes énoncées ci-dessus, a
besoin d’être représenté d’une manière continue dans les actes de la vie civile.
Exemple : un vieillard dont les facultés mentales sont affectées par l’âge.

Le juge ne peut prononcer l’ouverture de la tutelle que si l’altération des facultés


mentales ou corporelles du malade a été constatée par deux médecins spécialistes
choisis sur une liste des experts agréés auprès des juridictions.

Le conseil de famille est appelé à donner son avis sur l'état de la personne pour
laquelle est demandée l'ouverture d'une tutelle, ainsi que sur l'opportunité d'un
régime de protection.

L'avis du conseil de famille ne lie pas le juge des tutelles.

Lorsque le majeur à protéger est marié, le conjoint est de droit son tuteur à moins

que la communauté de vie n’ait cessé entre eux ou que le juge n’estime qu’une

autre cause interdise de lui confier la tutelle.

SECTION III : MAJEUR EN CURATELLE (art.47 et suivants)

Lorsqu’un majeur, pour l’une des causes prévues ci haut, sans être hors d’état d’agir
lui-même, a besoin d’être assisté ou contrôlé dans certains actes de la vie civile, il
peut être placé sous le régime de la curatelle. Exemple : un majeur non voyant.

Lorsque le majeur à protéger est marié, le conjoint est, de droit, son curateur, à
moins que la communauté de vie n’ait cessé entre eux, ou que le juge n’estime
qu’une autre cause interdise de lui confier la curatelle.

Le majeur en curatelle ne peut, sans l’assistance de son curateur, faire aucun acte
qui, sous le régime de la tutelle des majeurs, requerrait une autorisation du conseil
de famille. Il ne peut, non plus, sans cette assistance, recevoir des capitaux, ni en
faire emploi.

Si le majeur en curatelle a fait, seul, un acte pour lequel l’assistance du curateur


était requise, lui-même ou le curateur peuvent en demander l’annulation.

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Les incapacités, 2025

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