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DM17

Le devoir maison 17 propose deux problèmes mathématiques à traiter, le premier portant sur les noyaux et images itérés d'un endomorphisme d'un espace vectoriel, et le second sur les hyperplans de M2(C) stables par produit. Les différentes parties du premier problème incluent des démonstrations sur la stabilité des noyaux et images, ainsi qu'une étude d'un exemple spécifique. Le second problème explore les conditions sous lesquelles un hyperplan est stable par produit, en se concentrant sur des propriétés matricielles et des formes linéaires.

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Le devoir maison 17 propose deux problèmes mathématiques à traiter, le premier portant sur les noyaux et images itérés d'un endomorphisme d'un espace vectoriel, et le second sur les hyperplans de M2(C) stables par produit. Les différentes parties du premier problème incluent des démonstrations sur la stabilité des noyaux et images, ainsi qu'une étude d'un exemple spécifique. Le second problème explore les conditions sous lesquelles un hyperplan est stable par produit, en se concentrant sur des propriétés matricielles et des formes linéaires.

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MP2I À RENDRE LE 01.04.

25

DEVOIR MAISON 17
Vous traiterez au choix l’un des deux problèmes, le second étant plus difficile que le premier.

▶ Problème 1 : noyaux et images itérés en dimension finie

Soit 𝐸 un K-espace vectoriel (où K = R ou K = C), et soit 𝑓 un endomorphisme de 𝐸.


On note 𝑓 0 = id𝐸 et pour tout entier 𝑘 ⩾ 1, 𝑓 𝑘+1 = 𝑓 ◦ 𝑓 𝑘 .

Partie I. Généralités
1. Montrer que pour tout 𝑘 ∈ N, Ker(𝑓 𝑘 ) et Im(𝑓 𝑘 ) sont stables par 𝑓 .
2. Prouver que les suites (Im 𝑓 𝑘 )𝑘 ⩾0 et (Ker 𝑓 𝑘 )𝑘 ⩾0 sont respectivement décroissante et croissante pour
l’inclusion, c’est-à-dire que :

∀𝑘 ∈ N, Im(𝑓 𝑘+1 ) ⊂ Im(𝑓 𝑘 ) et Ker(𝑓 𝑘 ) ⊂ Ker(𝑓 𝑘+1 ).

3. Prouver que s’il existe 𝑘 ∈ N tel que Ker(𝑓 𝑘+1 ) = Ker(𝑓 𝑘 ), alors pour tout 𝑝 ⩾ 𝑘, Ker(𝑓 𝑝 ) = Ker(𝑓 𝑘 ).
4. Montrer que s’il existe 𝑘 ∈ N tel que Im(𝑓 𝑘+1 ) = Im(𝑓 𝑘 ), alors pour tout 𝑝 ⩾ 𝑘, Im(𝑓 𝑝 ) = Im(𝑓 𝑘 ).

Partie II. Étude d’un exemple


Dans cette partie, 𝐸 désigne un K-espace vectoriel de dimension 3, et (𝑒 1, 𝑒 2, 𝑒 3 ) une base de 𝐸.
Soit 𝑓 ∈ L(𝐸) l’unique endomorphisme de 𝐸 tel que :

𝑓 (𝑒 1 ) = 0𝐸 , 𝑓 (𝑒 2 ) = 𝑒 1 + 2𝑒 2 − 3𝑒 3, 𝑓 (𝑒 3 ) = 𝑒 1 .

5. Déterminer une base de Ker 𝑓 et une base de Im 𝑓 .


6. Prouver que pour 𝑘 ⩾ 2, dim Ker 𝑓 𝑘 ⩾ 2.
7. À l’aide d’une récurrence, montrer que pour tout 𝑘 ⩾ 2, 𝑓 𝑘 (𝑒 2 ) = 2𝑘 −2 (−𝑒 1 + 4𝑒 2 − 6𝑒 3 ).
8. En déduire que pour tout 𝑘 ⩾ 2, Im 𝑓 𝑘 = Im 𝑓 2 et Ker 𝑓 𝑘 = Vect(𝑒 1, 𝑒 3 ).
9. Montrer que 𝐸 = Ker 𝑓 2 ⊕ Im 𝑓 2 .

Partie III. Cas de la dimension finie.


Dans cette partie, on suppose que 𝐸 est de dimension finie 𝑛.
10. Montrer que la suite (dim Ker 𝑓 𝑘 )𝑘 ⩾0 est croissante, et justifier alors l’existence d’un entier 𝑖 tel que
Ker 𝑓 𝑖+1 = Ker 𝑓 𝑖 .
On note alors 𝑟 = min{𝑘 ∈ N | Ker 𝑓 𝑘+1 = Ker 𝑓 𝑘 }.
11. Justifier de même l’existence de 𝑠 = min{𝑘 ∈ N | Im 𝑓 𝑘 = Im 𝑓 𝑘+1 }.
12. Prouver que 𝑟 = 𝑠, que 𝑟 ⩽ 𝑛 et que 𝐸 = Im 𝑓 𝑟 ⊕ Ker 𝑓 𝑟 .
13. Déterminer 𝑠 si 𝑓 est injectif. Même question si 𝑓 est nilpotent d’indice 𝑝.
14. Montrer que la restriction de 𝑓 à 𝑁𝑟 = Ker 𝑓 𝑟 est nilpotente et préciser son indice de nilpotence.
15. Prouver que la restriction de 𝑓 à 𝐼𝑟 = Im 𝑓 𝑟 est un automorphisme de 𝐼𝑟 .

Partie IV. Dimension infinie


16. Donner un exemple d’endomorphisme 𝑓 de R[𝑋 ] pour lequel pour tout 𝑘 ∈ N, Ker 𝑓 𝑘+1 ≠ Ker 𝑓 𝑘 .
Donner un exemple d’endomorphisme 𝑔 de R[𝑋 ] pour lequel pour tout 𝑘 ∈ N, Im 𝑔𝑘+1 ≠ Im 𝑔𝑘 .

MP2I LYCÉE CHAMPOLLION


▶ Problème 2 : hyperplans de M𝑛 (C) stables par produit

Le but de ce problème est de déterminer pour quelles valeurs de 𝑛 ⩾ 2 il existe un hyperplan H de M𝑛 (C)
stable par produit, c’est-à-dire pour lequel ∀(𝐴, 𝐵) ∈ H 2, 𝐴𝐵 ∈ H, et de décrire tous ces hyperplans.
Tous les espaces vectoriels manipulés dans ce sujet sont des espaces vectoriels sur C.
Pour (𝑖, 𝑗) ∈ ⟦1, 𝑛⟧2 , on note 𝐸𝑖,𝑗 ∈ M𝑛 (C) la matrice élémentaire dont tous les coefficients sont nuls, sauf celui
de la 𝑖 ème ligne et 𝑗 ème colonne qui vaut 1.
On pourra utiliser sans démonstration le résultat suivant, prouvé en TD :

∀(𝑖, 𝑗, 𝑘, ℓ) ∈ ⟦1, 𝑛⟧4, 𝐸𝑖,𝑗 𝐸𝑘,ℓ = 𝛿 𝑗,𝑘 𝐸𝑖,ℓ .

I. Préliminaires matriciels
M𝑛,1 (C) −→ M𝑛,1 (C)
Soit 𝐴 ∈ M𝑛 (C). On note 𝑓𝐴 : .
𝑋 ↦−→ 𝐴𝑋
1. Montrer que pour tout 𝐴 ∈ M𝑛 (C), 𝑓𝐴 est un endomorphisme de M𝑛,1 (C).
2. Prouver que 𝑓𝐴 est un isomorphisme si et seulement si 𝐴 ∈ 𝐺𝐿𝑛 (C).
3. (★) On note 𝐹𝐴 = {𝑀 ∈ M𝑛 (C) | 𝐴𝑀 = 0𝑛 }.
Montrer que 𝐹𝐴 est un sous-espace vectoriel de M𝑛 (C), et que dim 𝐹𝐴 = 𝑛(𝑛 − rg(𝑓𝐴 )).
Indication : on pourra prouver qu’une matrice est dans 𝐹𝐴 si et seulement si toutes ses colonnes sont dans Ker(𝑓𝐴 )
et construire une base de 𝐹𝐴 à partir d’une base de Ker(𝑓𝐴 ).

II. Formes linéaires sur M𝑛 (C) et hyperplans de M𝑛 (C)


M𝑛 (C) −→ C
4. Pour 𝐴 ∈ M𝑛 (C), on note 𝜑𝐴 : .
𝑀 ↦−→ tr(𝐴𝑀)
a. Montrer que pour tout 𝐴 ∈ M𝑛 (C), 𝜑𝐴 est une forme linéaire sur M𝑛 (C).

b. Pour 𝐴 = (𝑎𝑖,𝑗 )1⩽𝑖,𝑗 ⩽𝑛 ∈ M𝑛 (C), on note 𝐴 = 𝑎𝑖,𝑗 1⩽𝑖,𝑗 ⩽𝑛 ∈ M𝑛 (C). Calculer 𝜑𝐴 (𝐴 ).


c. En déduire que 𝜑𝐴 = 0L(M𝑛 (C),C) ⇔ 𝐴 = 0𝑛 .


5. a. Donner sans démonstration la dimension de L(M𝑛 (C), C).
M𝑛 (C) −→ L(M𝑛 (C), C)
b. Montrer que l’application Φ : est une application linéaire.
𝐴 ↦−→ 𝜑𝐴
c. À l’aide de la question 4.c, prouver que Φ est injective.
d. En déduire que pour toute forme linéaire 𝜑 : M𝑛 (C) → C, il existe une unique matrice 𝐴 ∈ M𝑛 (C)
telle que 𝜑 = 𝜑𝐴 .
6. Pour 𝐴 ∈ M𝑛 (C), on note H𝐴 = Ker 𝜑𝐴 = {𝑀 ∈ M𝑛 (C) | tr(𝐴𝑀) = 0}.
a. Montrer que pour 𝐴 ∈ M𝑛 (C) \ {0𝑛 }, H𝐴 est un hyperplan de M𝑛 (C).
b. Justifier que si H est un hyperplan de M𝑛 (C), alors il existe 𝐴 ∈ M𝑛 (C), non nulle, telle que H = H𝐴 .
c. Prouver de plus que si 𝐴 et 𝐵 sont deux matrices non nulles de M𝑛 (C), alors H𝐴 = H𝐵 si et seulement
si il existe 𝜆 ∈ C∗ tel que 𝐴 = 𝜆𝐵.

III. Hyperplans de M𝑛 (C) stables par produit


Dans cette partie, H est un hyperplan de M𝑛 (C) stable par produit.
Par la question 6.b, il existe donc une matrice non nulle de M𝑛 (C), qu’on notera 𝐴, telle que H = H𝐴 .

7. Dans cette question, on souhaite prouver que 𝐼𝑛 ∈ H. On raisonne par l’absurde en supposant que 𝐼𝑛 ∉ H.
a. Justifier que 𝜑𝐴 (𝐼𝑛 ) ≠ 0, et que M𝑛 (C) = H ⊕ Vect(𝐼𝑛 ).
M𝑛 (C) −→ M𝑛 (C)
b. Prouver que 𝜓 : 𝜑𝐴 (𝑀) est la projection sur Vect(𝐼𝑛 ) parallèlement à H.
𝑀 ↦−→ 𝐼𝑛
𝜑𝐴 (𝐼𝑛 )
MP2I LYCÉE CHAMPOLLION
c. Montrer que ∀(𝑀, 𝑀 ′ ) ∈ M𝑛 (C) 2 , 𝜓 (𝑀𝑀 ′ ) = 𝜓 (𝑀)𝜓 (𝑀 ′ ).
d. Prouver alors que pour 𝑀 ∈ M𝑛 (C), 𝑀 2 ∈ H ⇒ 𝑀 ∈ H.
e. Montrer que ∀(𝑖, 𝑗) ∈ ⟦1, 𝑛⟧2 , 𝑖 ≠ 𝑗 ⇒ 𝐸𝑖,𝑗 ∈ H.
f. En déduire alors que ∀𝑖 ∈ ⟦1, 𝑛⟧, 𝐸𝑖,𝑖 ∈ H et aboutir à une contradiction.
8. Prouver que H est un sous-anneau de M𝑛 (C).
9. Montrer que tr(𝐴) = 0.
10. Soit 𝑀 ∈ H.
a. Montrer que Ker(𝜑𝐴 ) ⊂ Ker(𝜑𝐴𝑀 ).
b. En déduire qu’il existe 𝜆 ∈ C tel que 𝐴(𝑀 − 𝜆𝐼𝑛 ) = 0𝑛 .
11. À l’aide de la question précédente, montrer que H ⊂ 𝐹𝐴 + Vect(𝐼𝑛 ), où 𝐹𝐴 est le sous-espace vectoriel de
M𝑛 (C) défini à la question 3.
12. En déduire que 𝑛 rg(𝑓𝐴 ) ⩽ 2, puis que nécessairement 𝑛 = 2.
13. Montrer que det(𝐴) = 0, et en déduire que 𝐴 est nilpotente, d’indice de nilpotence égal à 2.

IV. Épilogue : description des hyperplans de M2 (C) stables par produit


Par la partie précédente, on sait désormais qu’un hyperplan de M2 (C) stable par produit est de la forme H𝐴 ,
avec 𝐴 ∈ M2 (C) \ {02 } vérifiant 𝐴2 = 02 et tr(𝐴) = 0.
On considère donc dans cette partie une matrice 𝐴 ∈ M2 (C), non nulle, telle que 𝐴2 = 02 et tr(𝐴) = 0.
14. Justifier qu’il existe 𝑋 1 ∈ M2,1 (C) tel que 𝐴𝑋 1 ≠ 02,1 .
15. On note 𝑋 2 = 𝐴𝑋 1 . Que vaut 𝐴𝑋 2 ? Montrer que (𝑋 1, 𝑋 2 ) est une base de M2,1 (C).
16. Soit 𝑃 ∈ M2 (C) la matrice dont la première colonne est 𝑋 2 et la seconde est 𝑋 1 . Justifier que 𝑃 est
inversible.
!
0 1
17. Prouver alors que 𝑃 −1𝐴𝑃 = 𝑈 , où 𝑈 = .
0 0
18. Montrer que H𝑈 est l’ensemble T2 (C) des matrices triangulaires supérieures de M2 (C).
19. Prouver que l’application 𝑀 ↦→ 𝑃𝑀𝑃 −1 réalise une bijection de T2 (C) sur H𝐴 , qui est un isomorphisme
d’espaces vectoriels.
En déduire que H𝐴 est stable par produit, et que l’application ci-dessus est également un isomorphisme
d’anneaux entre T2 (C) et H𝐴
20. Prouver enfin que pour toute matrice 𝑄 ∈ 𝐺𝐿2 (C), 𝑄𝑀𝑄 −1, 𝑀 ∈ T2 (C) est un hyperplan de M2 (C)


stable par produit.


Conclusion : on a donc prouvé que des hyperplans de M𝑛 (C) stables par produit n’existent que si 𝑛 = 2, et qu’alors les
tels hyperplans sont exactement les ensembles de la forme {𝑃 −1 𝑀𝑃, 𝑀 ∈ T2 (C)}, où 𝑃 est une matrice de 𝐺𝐿2 (C).
On notera qu’il n’y a pas unicité d’une telle matrice 𝑃, par exemple, si 𝑃 = 2𝐼 2 , alors {𝑃 −1 𝑀𝑃, 𝑀 ∈ T2 (C)} = T2 (C).

MP2I LYCÉE CHAMPOLLION


CORRECTION 1

CORRECTION DU DEVOIR MAISON 17

▶ Problème 1 : noyaux et images itérés en dimension finie

Partie I. Généralités
1. Soit 𝑘 ∈ N. Soit 𝑥 ∈ Ker 𝑓 𝑘 . Alors 𝑓 𝑘 (𝑥) = 0𝐸 . On souhaite prouver que 𝑓 (𝑥) ∈ Ker 𝑓 𝑘 ,
c’est-à-dire que 𝑓 𝑘 (𝑓 (𝑥)) = 0𝐸 .
Mais 𝑓 𝑘 (𝑓 (𝑥)) = 𝑓 𝑘+1 (𝑥) = 𝑓 (𝑓 𝑘 (𝑥)) = 𝑓 (0𝐸 ) = 0𝐸 .
Donc Ker 𝑓 𝑘 est stable par 𝑓 .

De même, soit 𝑦 ∈ Im 𝑓 𝑘 . Alors il existe 𝑥 ∈ 𝐸 tel que 𝑦 = 𝑓 𝑘 (𝑥), et donc


𝑓 (𝑦) = 𝑓 𝑘+1 (𝑥) = 𝑓 𝑘 (𝑓 (𝑥)) ∈ Im 𝑓 𝑘 .
Donc Im 𝑓 𝑘 est stable par 𝑓 .
2. Soit 𝑘 ∈ N. Soit 𝑦 ∈ Im 𝑓 𝑘+1 . Alors il existe 𝑥 ∈ 𝐸 tel que 𝑦 = 𝑓 𝑘+1 (𝑥) = 𝑓 𝑘 (𝑓 (𝑥)) ∈ Im 𝑓 𝑘 .
Donc Im 𝑓 𝑘+1 ⊂ Im 𝑓 𝑘 .

De même, soit 𝑥 ∈ Ker 𝑓 𝑘 . Alors 𝑓 𝑘 (𝑥) = 0𝐸 , et donc 𝑓 𝑘+1 (𝑥) = 𝑓 (𝑓 𝑘 (𝑥)) = 𝑓 (0𝐸 ) = 0𝐸 ,
de sorte que 𝑥 ∈ Ker 𝑓 𝑘+1 .
Donc Ker 𝑓 𝑘 ⊂ Ker 𝑓 𝑘+1 .
3. Nous allons prouver que si Ker 𝑓 𝑘+1 = Ker 𝑓 𝑘 , alors Ker 𝑓 𝑘+2 = Ker 𝑓 𝑘+1 .
Nous savons déjà que Ker 𝑓 𝑘+1 ⊂ Ker 𝑓 𝑘+2 .
Inversement, soit 𝑥 ∈ Ker 𝑓 𝑘+2 . Alors 𝑓 𝑘+1 (𝑓 (𝑥)) = 0𝐸 , de sorte que 𝑓 (𝑥) ∈ Ker 𝑓 𝑘+1 . Mais
1 Puisqu’on a supposé
alors1 𝑓 (𝑥) ∈ Ker 𝑓 𝑘 , de sorte que 𝑓 𝑘+1 (𝑥) = 𝑓 𝑘 (𝑓 (𝑥)) = 0𝐸 . Et donc 𝑥 ∈ Ker 𝑓 𝑘+1 .
Donc Ker 𝑓 𝑘+2 ⊂ Ker 𝑓 𝑘+1 , et donc par double inclusion, Ker 𝑓 𝑘+2 = Ker 𝑓 𝑘 . Ker 𝑓 𝑘+1 = Ker 𝑓 𝑘 .

Prouvons alors par récurrence que pour tout 𝑝 ⩾ 𝑘, Ker 𝑓 𝑝 = Ker 𝑓 𝑘 .


Pour 𝑝 = 𝑘 et 𝑝 = 𝑘 + 1 c’est évident.
Et si pour 𝑝 ⩾ 𝑘 + 1, Ker 𝑓 𝑘 = Ker 𝑓 𝑝 , alors Ker 𝑓 𝑝 ⊂ Ker 𝑓 𝑘 −1 ⊂ Ker 𝑓 𝑘 , de sorte que
Ker 𝑓 𝑘 −1 = Ker 𝑓 𝑝 , et donc par ce qui précède, Ker 𝑓 𝑘+1 = Ker 𝑓 𝑘 = Ker 𝑓 𝑝 .
Donc par le principe de récurrence, pour tout 𝑘 ⩾ 𝑝, Ker 𝑓 𝑘 = Ker 𝑓 𝑝 .
4. Prouvons de même que Im 𝑓 𝑘 = Im 𝑓 𝑘+1 ⇒ Im 𝑓 𝑘+2 = Im 𝑓 𝑘+1 . " Attention !
Soit donc 𝑦 ∈ Im 𝑓 𝑘+2 . Alors il existe 𝑥 ∈ 𝐸 tel que 𝑦 = 𝑓 𝑘+2 (𝑥) = 𝑓 (𝑓 𝑘+1 (𝑥)). Le 𝑡 en question n’a aucune
Mais 𝑓 𝑘+1 (𝑥) ∈ Im 𝑓 𝑘+1 = Im 𝑓 𝑘 , donc il existe 𝑡 ∈ 𝐸 tel que 𝑓 𝑘+1 (𝑥) = 𝑓 𝑘 (𝑡). raison d’être égal à 𝑥. On
Et donc 𝑦 = 𝑓 (𝑓 𝑘 (𝑡)) = 𝑓 𝑘+1 (𝑡) ∈ Im 𝑓 𝑘+1 . veillera donc bien à le noter
différemment.
Donc Im 𝑓 𝑘+2 ⊂ Im 𝑓 𝑘+1 , et l’inclusion réciproque ayant été prouvée à la question 2,
Im 𝑓 𝑘+1 = Im 𝑓 𝑘+2 .

On prouve alors de proche en proche, comme à la question précédente que pour tout
𝑝 ⩾ 𝑘, Im 𝑓 𝑝 = Im 𝑓 𝑘 .

Partie II. Étude d’un exemple


5. Soit 𝑥 = 𝑎𝑒 1 + 𝑏𝑒 2 + 𝑐𝑒 3 ∈ 𝐸, avec (𝑎, 𝑏, 𝑐) ∈ K.
Alors 𝑥 ∈ Ker 𝑓 ⇔ 𝑓 (𝑥) = 0𝐸 ⇔ 𝑎𝑓 (𝑒 1 ) + 𝑏 𝑓 (𝑒 2 ) + 𝑐 𝑓 (𝑒 3 ) = 0𝐸 . Soit encore


𝑏 +𝑐 = 0


𝑏 (𝑒 1 + 2𝑒 2 − 3𝑒 3 ) + 𝑐𝑒 1 = 0𝐸 ⇔ 2𝑏 = 0 ⇔ 𝑏 = 𝑐 = 0.

 −3𝑏 = 0


Donc 𝑥 ∈ Ker 𝑓 ⇔ 𝑥 = 𝑎𝑒 1 ⇔ 𝑥 ∈ Vect(𝑒 1 ).
Donc Ker 𝑓 = Vect(𝑒 1 ) possède une base formée d’un seul élément : le vecteur 𝑒 1 .
Alternative
De plus, on sait que Im 𝑓 est engendré par 𝑓 (𝑒 1 ), 𝑓 (𝑒 2 ), 𝑓 (𝑒 3 ), et puisque 𝑓 (𝑒 1 ) = 0𝐸 , Sans théorème du rang, on
peut directement vérifier
Im 𝑓 = Vect(𝑓 (𝑒 2 ), 𝑓 (𝑒 3 )). qu’il s’agit d’une famille libre
Par le théorème du rang, dim Im 𝑓 = dim 𝐸 − dim Ker 𝑓 = 3 − 1 = 2, donc 𝑓 (𝑒 2 ), 𝑓 (𝑒 3 ) est (car formée de deux vecteurs
une famille génératrice de cardinal 2 de Im 𝑓 , donc en est une base. non colinéaires).

MP2I LYCÉE CHAMPOLLION M. VIENNEY


2 DEVOIR MAISON 17

6. Notons que 𝑒 1 ∈ Ker 𝑓 ⊂ Ker 𝑓 2 et 𝑓 2 (𝑒 3 ) = 𝑓 (𝑒 1 ) = 0𝐸 , donc 𝑒 3 ∈ Ker 𝑓 2 .


2 Car sous-famille d’une
Ainsi, Vect(𝑒 1, 𝑒 3 ) ⊂ Ker 𝑓 2 . Puisque (𝑒 1, 𝑒 3 ) est libre2 , dim Vect(𝑒 1, 𝑒 3 ) = 2, et donc
dim Ker 𝑓 2 ⩾ 2. famille libre.

Et donc pour 𝑘 ⩾ 2, Ker 𝑓 2 ⊂ Ker 𝑓 𝑘 , donc dim Ker 𝑓 𝑘 ⩾ 2.


7. Pour 𝑘 = 2, on a

𝑓 2 (𝑒 2 ) = 𝑓 (𝑒 1 +2𝑒 2 −3𝑒 3 ) = 𝑓 (𝑒 1 )+2𝑓 (𝑒 2 )−3𝑓 (𝑒 3 ) = 2𝑒 1 +4𝑒 2 −6𝑒 3 −3𝑒 1 = −𝑒 1 +4𝑒 2 −6𝑒 3 = 22−2 (−𝑒 1 + 4𝑒 2 − 6𝑒 3 ) .

Donc la récurrence est initialisée.


Supposons donc que 𝑓 𝑘 (𝑒 2 ) = 2𝑘 −2 (−𝑒 1 + 4𝑒 2 − 6𝑒 3 ). Alors

𝑓 𝑘+1 (𝑒 2 ) = 2𝑘 −2 (−𝑓 (𝑒 1 ) + 4𝑓 (𝑒 2 ) − 6𝑓 (𝑒 3 )) = 2𝑘 −2 (4𝑒 1 +8𝑒 2 −12𝑒 3 −6𝑒 1 ) = 2𝑘 −2 (−2𝑒 1 +8𝑒 2 −12𝑒 3 ) = 2𝑘 −1 (−𝑒 1 +4𝑒 2 −6𝑒 3 ).

Donc par le principe de récurrence, pour tout 𝑘 ⩾ 2, 𝑓 𝑘 (𝑒 2 ) = 2𝑘 −2 (−𝑒 1 + 4𝑒 2 − 6𝑒 3 ) .


8. Puisque −𝑒 1 + 4𝑒 2 − 6𝑒 3 ≠ 0𝐸 , nous avons donc déjà dim Im 𝑓 𝑘 ⩾ 1 pour 𝑘 ⩾ 2.
Or par le théorème du rang, dim Im 𝑓 𝑘 = dim 𝐸 − dim Ker 𝑓 𝑘 ⩽ 3 − 2 = 1.
Donc nécessairement, dim Im 𝑓 𝑘 = 2 = dim Im 𝑓 2 . Puisque de plus Im 𝑓 𝑘 ⊂ Im 𝑓 2 , on a
égalité, Im 𝑓 𝑘 = Im 𝑓 2 .
Et donc dim Ker 𝑓 𝑘 = 2, et puisque Vect(𝑒 1, 𝑒 3 ) ⊂ Ker 𝑓 𝑘 , par égalité des dimensions,
Ker 𝑓 𝑘 = Vect(𝑒 1, 𝑒 3 ).
Détails
9. Nous avons déjà, par le théorème du rang, dim 𝐸 = dim Ker 𝑓 2 + dim Im 𝑓 2 . Un espace de dimension 1
Par ailleurs, puisque −𝑒 1 + 4𝑒 2 − 6𝑒 3 ∈ Im 𝑓 2 , qui est de dimension 1, (une droite) possède pour
base n’importe lequel de ses
Im 𝑓 2 = Vect(−𝑒 1 + 4𝑒 2 − 6𝑒 3 ). vecteurs non nuls.

Soit donc 𝑥 ∈ Ker 𝑓 2 ∩ Im 𝑓 2 .


Alors 𝑥 ∈ Ker 𝑓 2 , donc il existe 𝜆, 𝜇 ∈ K tels que 𝑥 = 𝜆𝑒 1 + 𝜇𝑒 2 .
Et puisque 𝑥 ∈ Im 𝑓 2 , il existe 𝛼 ∈ K tel que 𝑥 = 𝛼 (−𝑒 1 + 4𝑒 2 − 6𝑒 3 ).
Et donc 𝜆𝑒 1 + 𝜇𝑒 3 = 𝛼 (−𝑒 1 + 4𝑒 2 − 6𝑒 3 ) ⇔ (𝜆 + 𝛼)𝑒 1 − 4𝛼𝑒 2 + (𝜇 + 6𝛼)𝑒 3 = 0𝐸 .


 𝜆 +𝛼 = 0


Puisque (𝑒 1, 𝑒 2, 𝑒 3 ) est libre, il vient −4𝛼 = 0 ⇔ 𝜆 = 𝛼 = 𝜇 = 0.

 𝜇 + 6𝛼 = 0


Et donc 𝑥 = 0𝐸 . On en déduit que Im 𝑓 2 ∩ Ker 𝑓 2 = {0𝐸 }.

Couplé à la condition sur les dimensions, ceci nous donne donc 𝐸 = Im 𝑓 2 ⊕ Ker 𝑓 2 .

Partie III. Cas de la dimension finie


10. Pour tout 𝑘 ⩾ 0, Ker 𝑓 𝑘 ⊂ Ker 𝑓 𝑘+1 , et donc dim Ker 𝑓 𝑘 ⩽ dim Ker 𝑓 𝑘+1 .
Puisque pour tout 𝑘 ∈ N, 0 ⩽ dim Ker 𝑓 𝑘 ⩽ 𝑛, 𝐴 = {dim Ker 𝑓 𝑘 , 𝑘 ∈ N } est une partie
non vide et majorée de N, elle possède un plus grand élément 𝑑. Soit donc 𝑖 ∈ N tel que
𝑑 = dim Ker 𝑓 𝑖 .
Alors par ce qui précède, dim Ker 𝑓 𝑖 ⩽ dim Ker 𝑓 𝑖+1 , et puisque 𝑑 = max 𝐴,
dim Ker 𝑓 𝑖+1 ⩽ 𝑑 = dim Ker 𝑓 𝑖 . Rappel
Donc dim Ker 𝑓 𝑖+1 = dim Ker 𝑓 𝑖 . Puisque Ker 𝑓 𝑖 ⊂ dim Ker 𝑓 𝑖+1 , on a donc égalité : Un sous-espace vectoriel de
Ker 𝑓 𝑖 = Ker 𝑓 𝑖+1 . 𝐸 qui a même dimension que
𝐸 est nécessairement égal à 𝐸
tout entier.
Alternative : la suite (dim Ker 𝑓 𝑘 )𝑘 ⩾0 est une suite croissante et majorée. Donc elle est
convergente. Mais étant une suite d’entiers, elle est nécessairement stationnaire, et donc
il existe 𝑖 ∈ N∗ tel que dim Ker 𝑓 𝑖+1 = dim Ker 𝑓 𝑖 . La suite est similaire à ce qui a été fait
ci-dessus. 
L’ensemble 𝑘 ∈ N∗ | Ker 𝑓 𝑘+1 = Ker 𝑓 𝑘 est une partie non vide (par la question précé-
dente) de N∗ , et possède donc un plus petit élément.
11. Sur le même principe 𝐵 = {dim Im 𝑓 𝑘 , 𝑘 ∈ N∗ } est une partie non vide de N, donc elle
possède un plus petit
 élément 𝑑. Et alors si 𝑠𝑘est tel que dim Im 𝑓 𝑠 = 𝑑, par décroissance de
la suite dim Im 𝑓 𝑘 , pour tout 𝑘 ⩾ 𝑠, Im 𝑓 = Im 𝑓 .
𝑘 𝑠

12. Si Im 𝑓 𝑘 = Im 𝑓 𝑘+1 , alors par le théorème du rang,


dim 𝐸 − dim Ker 𝑓 𝑘 = dim 𝐸 − dim Ker 𝑓 𝑘+1 , et donc dim Ker 𝑓 𝑘 = dim Ker 𝑓 𝑘+1 .

MP2I LYCÉE CHAMPOLLION M. VIENNEY


CORRECTION 3

Ceci est en particulier vrai pour 𝑘 = 𝑠, et donc dim Ker 𝑓 𝑠 = dim Ker 𝑓 𝑠+1 , si bien que par
définition de 𝑟 , 𝑟 ⩽ 𝑠.
On prouve de même que puisque dim Ker 𝑓 𝑠 = dim Ker 𝑓 𝑠+1 , par le théorème du rang
dim Im 𝑓 𝑠 = dim Im 𝑓 𝑠+1 et donc 𝑠 ⩽ 𝑟 .
Et donc par double inégalité, 𝑟 = 𝑠.

On a déjà, par le théorème du rang, dim Im 𝑓 𝑟 + dim Ker 𝑓 𝑟 = dim 𝐸.


Il s’agit donc de prouver que Im 𝑓 𝑟 ∩ Ker 𝑓 𝑟 = {0𝐸 }.
Soit donc 𝑦 ∈ Im 𝑓 𝑟 ∩ Ker 𝑓 𝑟 . Alors 𝑓 𝑟 (𝑦) = 0𝐸 , et il existe 𝑥 ∈ 𝐸 tel que 𝑦 = 𝑓 𝑟 (𝑥).
Donc 𝑓 2𝑟 (𝑥) = 0𝐸 . Or 2𝑟 ⩾ 𝑟 , donc Ker 𝑓 2𝑟 = Ker 𝑓 𝑟 , de sorte que 𝑥 ∈ Ker 𝑓 𝑟 . On a donc
𝑓 𝑟 (𝑥) = 0𝐸 , soit encore 𝑦 = 0𝐸 .
Donc Ker 𝑓 𝑟 ∩ Im 𝑓 𝑟 = {0𝐸 }, et donc 𝐸 = Im 𝑓 𝑟 ⊕ Ker 𝑓 𝑟 .
13. On sait que si 𝑓 est injectif, Ker 𝑓 = {0𝐸 } = Ker id𝐸 = Ker 𝑓 0 . Donc 𝑟 = 0, et donc 𝑠 = 0.
Et si 𝑓 est nilpotent d’indice 𝑝, alors pour tout 𝑘 ⩾ 𝑝, 𝑢 𝑘 = 0 L (𝐸 ) , donc Im 𝑢 𝑘 = {0𝐸 }.
Donc déjà 𝑠 ⩽ 𝑝.
Et puisque 𝑢 𝑝 −1 ≠ 0 L (𝐸 ) , 𝑠 > 𝑝 − 1, et donc 𝑠 = 𝑝.
14. Si 𝑓 ∈ 𝑁𝑟 , alors 𝑓 𝑟 (𝑥) = 0𝐸 . Soit encore 𝑓 |𝑁
𝑟 (𝑥) = 0 .
𝑟
𝐸
Donc 𝑓𝑁𝑟 est nilpotent et son indice de nilpotence vaut au plus 𝑟 .
De plus, on sait que Ker 𝑓 𝑟 −1 ≠ Ker 𝑓 𝑟 , et donc si 𝑥 ∈ 𝑁𝑟 \ Ker 𝑓 𝑟 −1 , on a 𝑓 𝑟 −1 (𝑥) ≠ 0𝐸 , et
𝑟 −1 ≠ 0
donc 𝑓 |𝑁 𝑟
L (𝐸 ) .

Donc l’indice de nilpotence de 𝑓 |𝑁𝑟 vaut exactement 𝑟 .


3 Moyennant corestriction.
15. Notons que 𝐼𝑟 étant stable par 𝑓 , 𝑓 |𝐼𝑟 peut bien être vu3 comme un endomorphisme de 𝐼𝑟 .
Il s’agit donc de prouver que 𝑓 |𝐼𝑟 est injectif, puisque 𝐼𝑟 étant de dimension finie, tout
4 C’est le corollaire du théo-
endomorphisme injectif de 𝐼𝑟 est automatiquement4 bijectif.
Soit donc 𝑦 ∈ Ker 𝑓 |𝐼𝑟 = Ker 𝑓 ∩ 𝐼𝑟 . rème du rang.
Alors il existe 𝑥 ∈ 𝐸 tel que 𝑦 = 𝑓 𝑟 (𝑥), et 𝑓 (𝑦) = 0𝐸 .
Donc 𝑓 𝑟 +1 (𝑥) = 0𝐸 , de sorte que 𝑥 ∈ Ker 𝑓 𝑟 +1 = Ker 𝑓 𝑟 . Et donc 𝑦 = 𝑓 𝑟 (𝑥) = 0𝐸 .
Ceci prouve bien que Ker 𝑓 |𝐼𝑟 = {0𝐸 } et donc 𝑓 |𝐼𝑟 est injectif, donc un automorphisme de
𝐼𝑟 .

Partie IV. Dimension infinie


16. Considérons 𝑓 : 𝑃 ↦→ 𝑃 ′ , de sorte que pour tout 𝑘 ∈ N, 𝑓 𝑘 : 𝑃 ↦→ 𝑃 (𝑘 ) .
Il est bien connu que 𝑃 (𝑘 ) = 0 si et seulement si deg 𝑃 < 𝑘, et donc Ker 𝑓 𝑘 = R𝑘 −1 [𝑋 ].
Et donc pour tout 𝑘 ∈ N, Ker 𝑓 𝑘 ≠ Ker 𝑓 𝑘+1 .

De même, soit 𝑔 : 𝑃 ↦→ 𝑋 𝑃. Alors pour tout 𝑘 ∈ N, 𝑔𝑘 : 𝑃 ↦→ 𝑋 𝑘 𝑃.


Donc Im 𝑔𝑘 = {𝑋 𝑘 𝑃, 𝑃 ∈ R[𝑋 ]} est l’ensemble des polynômes divisibles par 𝑋 𝑘 .
Donc 𝑋 𝑘+1 ∈ Im 𝑔𝑘+1 et 𝑋 𝑘+1 ∉ Im 𝑔𝑘 .
Donc Im 𝑔𝑘+1 ≠ Im 𝑔𝑘 , et ce pour tout 𝑘 ∈ N.

▶ Problème 2 : hyperplans de M𝑛 (C) stables par produit (concours marocain 2020)

Préliminaires matriciels
1. Soient 𝑋, 𝑌 ∈ M𝑛,1 (C) et 𝜆 ∈ C. Alors

𝑓𝐴 (𝜆𝑋 + 𝑌 ) = 𝐴(𝜆𝑋 + 𝑌 ) = 𝜆𝐴𝑋 + 𝐴𝑌 = 𝜆𝑓𝐴 (𝑋 ) + 𝑓𝐴 (𝑌 ).

Donc 𝑓𝐴 est linéaire et donc est bien un endomorphisme de M𝑛,1 (C).


2. Puisque M𝑛,1 (C) est de dimension finie, 𝑓𝐴 est un isomorphisme si et seulement si il est
injectif.
Soit si et seulement si Ker 𝑓𝐴 = {0𝑛,1 } ⇔ (∀𝑋 ∈ M𝑛,1 (C), 𝐴𝑋 = 0𝑛,1 ⇔ 𝑋 = 0𝑛,1 ).
Mais nous reconnaissons là l’une des caractérisations des matrices inversibles, donc 𝑓𝐴 est
un isomorphisme si et seulement si 𝐴 ∈ 𝐺𝐿𝑛 (C).
3. Il est évident que la matrice nulle appartient à 𝐹𝐴 .
Soient 𝑀1, 𝑀2 ∈ 𝐹𝐴 et soit 𝜆 ∈ C. Alors

𝐴(𝜆𝑀1 + 𝑀2 ) = 𝜆𝐴𝑀1 + 𝐴𝑀2 = 𝜆0𝑛 + 0𝑛 = 0𝑛

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4 DEVOIR MAISON 17

donc 𝜆𝑀1 + 𝑀2 ∈ 𝐹𝐴 . Et donc 𝐹𝐴 est un sous-espace vectoriel de M𝑛 (C).

Pour la dimension, mettons tout de suite de côté le cas où 𝐴 est inversible. Dans ce cas, on
a rg(𝑓𝐴 ) = dim M𝑛,1 (C) = 𝑛, et donc 𝑛 − rg(𝑓𝐴 ) = 0.
Mais par ailleurs, si 𝑀 ∈ 𝐹𝐴 , alors 𝐴𝑀 = 0𝑛 , et donc par multiplication à gauche par 𝐴 −1 ,
𝑀 = 0𝑛 . Donc 𝐹𝐴 = {0𝑛 } est de dimension 0 = 𝑛 × (𝑛 − rg(𝑓𝐴 )).
5 Et donc que 𝑓 n’est pas
Nous supposons donc dans la suite de la question que 𝐴 n’est pas inversible5 . 𝐴
un isomorphisme, donc que
Soit 𝑀 ∈ M𝑛 (C), et soient 𝐶 1, . . . , 𝐶𝑛 ses colonnes. Nous savons alors que la 𝑗 ème colonne
rg(𝑓𝐴 ) < 𝑛.
du produit 𝐴𝑀 est égal à 𝐴𝐶 𝑗 .
Et donc 𝑀 ∈ 𝐹𝐴 ⇔ ∀𝑗 ∈ ⟦1, 𝑛⟧, 𝐴𝐶 𝑗 = 0𝑛,1 ⇔ ∀𝑗 ∈ ⟦1, 𝑛⟧, 𝐶 𝑗 ∈ Ker 𝑓𝐴 .

Soit donc 𝑑 = dim Ker(𝑓𝐴 ), et soit 𝑋 1, . . . , 𝑋𝑑 une base de Ker 𝑓𝐴 .


Pour 𝑗 ∈ ⟦1, 𝑛⟧ et 𝑘 ∈ ⟦1, 𝑑⟧, notons 𝑀 𝑗,𝑘 la matrice dont tous les colonnes sont nulles, sauf
Remarque
la 𝑗 ème, égale à 𝑋𝑘 .
Maintenant que vous
Soit alors 𝑀 ∈ 𝐹𝐴 , et soient comme précédemment 𝐶 1, . . . , 𝐶𝑛 les colonnes de 𝑀, qui sont
connaissez les matrices, vous
donc dans Ker 𝑓𝐴 . avez probablement reconnu
𝑑
∑︁ que Ker(𝑓𝐴 ) est ce que nous
Alors pour tout 𝑗 ∈ ⟦1, 𝑛⟧, il existe des scalaires 𝜆𝑘,𝑗 , 1 ⩽ 𝑘 ⩽ 𝑑 tels que 𝐶 𝑗 = 𝜆𝑘,𝑗 𝑋𝑘 . avons appelé Ker 𝐴.
𝑘=1
𝑑
∑︁
Autrement dit, la 𝑗 ème colonne de 𝑀 est celle de 𝜆𝑘,𝑗 𝑀 𝑗,𝑘 .
𝑘=1
𝑛 ∑︁
∑︁ 𝑑
Mais il s’agit aussi de la 𝑗 ème colonne de 𝜆𝑘,𝑖 𝑀𝑖,𝑘 puisque pour 𝑖 ≠ 𝑗, la 𝑗 ème colonne
𝑖=1 𝑘=1
de 𝑀𝑖,𝑘 est nulle.
𝑛 ∑︁
∑︁ 𝑑
Et donc 𝑀 = 𝜆𝑘,𝑖 𝑀𝑖,𝑘 ∈ Vect(𝑀𝑖,𝑘 , (𝑖, 𝑘) ∈ ⟦1, 𝑛⟧ × ⟦1, 𝑑⟧).
𝑖=1 𝑘=1

Nous avons donc mis en évidence une famille génératrice de 𝐹𝐴 , prouvons qu’elle est libre.
𝑛 ∑︁
∑︁ 𝑑
Soient donc (𝜆𝑖,𝑘 ) 1⩽𝑖 ⩽𝑛 des complexes tels que 𝜆𝑖,𝑘 𝑀𝑖,𝑘 = 0𝑛 .
1⩽𝑘 ⩽𝑑
𝑖=1 𝑘=1
𝑑
∑︁
Alors la 𝑗 ème colonne du membre de gauche est 𝜆 𝑗,𝑘 𝑋𝑘 , qui est donc nul.
𝑘=1
Par liberté de (𝑋 1, . . . , 𝑋𝑑 ), on a donc 𝜆 𝑗,1 = 𝜆 𝑗,2 = · · · = 𝜆 𝑗,𝑑 = 0.
Ceci étant vrai pour tout 𝑗 ∈ ⟦1, 𝑛⟧, la famille des 𝑀𝑖,𝑘 est libre, et donc est une base de 𝐹𝐴 .
Elle est de cardinal 𝑛 × 𝑑, et donc

dim 𝐹𝐴 = 𝑛 × 𝑑 = 𝑛 × dim Ker 𝑓𝐴 = 𝑛 × (𝑛 − rg(𝑓𝐴 )).

II. Formes linéaires sur M𝑛 (C) et hyperplans de M𝑛 (C)


4.a. Il est évident que 𝜑𝐴 est à valeurs dans C.
Soient 𝑀, 𝑁 ∈ M𝑛 (C), et soit 𝜆 ∈ C. Alors

𝜑𝐴 (𝜆𝑀 + 𝑁 ) = tr(𝐴(𝜆𝑀 + 𝑁 )) = tr(𝜆𝐴𝑀 + 𝐴𝑁 ) = 𝜆 tr(𝐴𝑀) + tr(𝐴𝑁 ) = 𝜆𝜑𝐴 (𝑀) + 𝜑𝐴 (𝑁 ).

Donc 𝜑𝐴 est linéaire, et donc est une forme linéaire sur M𝑛 (C).
4.b. On a
𝑛 h
 ⊤  ∑︁ 𝑛 ∑︁
𝑛 𝑛 ∑︁
𝑛 𝑛 ∑︁
𝑛
⊤ ⊤
i ∑︁ ∑︁ ∑︁
𝜑𝐴 𝐴 = 𝐴𝐴 = [𝐴] 𝑖,𝑘 [𝐴 ] 𝑘,𝑖 = 𝑎𝑖,𝑘 𝑎𝑖,𝑘 = |𝑎𝑖,𝑘 | 2 .
𝑖,𝑖
𝑖=1 𝑖=1 𝑘=1 𝑖=1 𝑘=1 𝑖=1 𝑘=1

4.c. Il est évident que si 𝐴 = 0𝑛 , alors pour tout 𝑀 ∈ M𝑛 (C), 𝜑𝐴 (𝑀) = tr(𝐴𝑀) = 0.
Inversement, supposons que 𝜑𝐴 soit la forme linéaire nulle, c’est-à-dire que pour tout
𝑀 ∈ M𝑛 (C), tr(𝐴𝑀) = 0.  ⊤
Alors en particulier, 𝜑𝐴 𝐴 = 0.
𝑛 ∑︁
∑︁ 𝑛
Par la question précédente, on a donc |𝑎𝑖,𝑘 | 2 = 0.
𝑖=1 𝑘=1
Mais il s’agit alors d’une somme de réels positifs, qui est nulle si et seulement si chacun de

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CORRECTION 5

ses termes est nul.


Soit si et seulement si ∀(𝑖, 𝑘) ∈ ⟦1, 𝑛⟧2, 𝑎𝑖,𝑘 = 0 ⇔ 𝐴 = 0𝑛 .
5.a. Soient 𝐴, 𝐵 ∈ M𝑛 (C) et 𝜆 ∈ C. Alors, pour toute matrice 𝑀 ∈ M𝑛 (C), on a
[Φ(𝜆𝐴 + 𝐵)] (𝑀) = tr ((𝜆𝐴 + 𝐵)𝑀) = 𝜆 tr(𝐴𝑀) + tr(𝐵𝑀) = [𝜆Φ(𝐴)] (𝑀) + [Φ(𝐵)] (𝑀).
Donc Φ(𝜆𝐴 + 𝐵) = 𝜆Φ(𝐴) + Φ(𝐵), et donc Φ est linéaire.
5.b. Pour 𝐴 ∈ M𝑛 (C), on a 𝐴 ∈ Ker Φ ⇔ 𝜑𝐴 = 0 L (M𝑛 (C),C) .
Or, par la question 4.b, cette dernière condition est vérifiée si et seulement si 𝐴 = 0, donc
Ker Φ = {0𝑛 }. Donc Φ est injective.
5.c. Nous savons que dim L(M𝑛 (C), C) = dim M𝑛 (C) × dim 𝐶 = dim M𝑛 (C).
Et donc puisque Φ est une application linéaire injective entre deux espaces vectoriels de
même dimension, c’est un isomorphisme.
Et donc pour tout 𝜑 ∈ L(M𝑛 (C), C), il existe un unique 𝐴 ∈ M𝑛 (C) tel que 𝜑 = Φ(𝐴) = 𝜑𝐴 .
6.a. Par 4.c, nous savons que puisque 𝐴 est non nulle, la forme linéaire 𝜑𝐴 est également non
nulle. Et donc son noyau est un hyperplan de M𝑛 (C).
6.b. Inversement, si H est un hyperplan de M𝑛 (C), alors il existe une forme linéaire 𝜑 ∈
L(M𝑛 (C), C), non nulle, telle que H = Ker 𝜑. Rappel
Mais alors il existe une unique matrice 𝐴 ∈ M𝑛 (C) telle que 𝜑 = 𝜑𝐴 , et donc H = Ker 𝜑𝐴 = H𝐴 . Deux formes linéaires non
6.c. Nous savons que Ker 𝜑𝐴 = Ker 𝜑 𝐵 si et seulement il existe 𝜆 ∈ C∗ tel que 𝜑𝐴 = 𝜆𝜑 𝐵 . nulles définissent le même
Soit si et seulement si il existe 𝜆 ∈ C∗ tel que Φ(𝐴) = Φ(𝜆𝐵), ce qui par injectivité de Φ est hyperplan si et seulement si
équivalent à 𝐴 = 𝜆𝐵. elles sont colinéaires.

III. Hyperplans de M𝑛 (C) stables par produit.


7.a. Puisque H = H𝐴 = Ker(𝜑𝐴 ), si 𝐼𝑛 ∉ 𝐴, alors 𝐼𝑛 ∉ Ker(𝜑𝐴 ), et donc 𝜑𝐴 (𝐼𝑛 ) ≠ 0.
6 C’est dans le cours.
Il est alors classique6 que toute droite engendré par un élément qui n’est pas dans H est un
supplémentaire de H dans M𝑛 (C). Et donc en particulier, c’est le cas de Vect(𝐼𝑛 ).
7.b. Soit 𝑀 ∈ M𝑛 (C). Notons 𝑀 = 𝑁 + 𝜆𝐼𝑛 , avec 𝑁 ∈ H et 𝜆 ∈ C l’unique décomposition de
𝑀 comme un élément de H plus un élément de Vect(𝐼𝑛 ).
Alors 𝜑𝐴 (𝑀) = 𝜑𝐴 (𝑁 ) +𝜆𝜑𝐴 (𝐼𝑛 ).
| {z }
=0 car 𝑁 ∈ H
𝜑𝐴 (𝑀) 7 Par définition d’une projec-
Donc 𝜆 = .
𝜑𝐴 (𝐼𝑛 ) tion.
𝜑𝐴 (𝑀)
Le projeté de 𝑀 sur Vect(𝐼𝑛 ) parallèlement à H est alors7 𝜆𝐼𝑛 = 𝐼𝑛 = 𝜓 (𝑀).
𝜑𝐴 (𝐼𝑛 ) Subtilité
Et donc 𝜓 est bien la projection sur H parallèlement à Vect(𝐼𝑛 ). Ici, 𝜑𝐴 (𝑀 ) est un complexe,
7.c. On a sûrement envie d’utiliser la question précédente, mais elle ne nous est en fait d’aucune aide ici donc son carré est nul si et
car on ne sait rien de 𝜑𝐴 (𝑀𝑀 ′ ). seulement si il est nul.
En revanche, 𝜓 (𝑀 ) est une
Soient donc 𝑀, 𝑀 ′ ∈ M𝑛 (C), et notons 𝑀 = 𝑁 + 𝜆𝐼𝑛 et 𝑀 ′ = 𝑁 ′ + 𝜆 ′ 𝐼𝑛 , avec 𝑁 , 𝑁 ′ ∈ H et matrice carrée, et son carré
𝜆, 𝜆 ′ ∈ C. On a donc peut-être nul sans que la ma-
trice elle-même ne le soit
𝑀𝑀 ′ = (𝑁 + 𝜆𝐼𝑛 ) (𝑁 ′ + 𝜆 ′ 𝐼𝑛 ) = 𝑁 𝑁 ′ + 𝜆𝑁 + 𝜆𝑁 ′ +𝜆𝜆 ′ 𝐼𝑛 . (matrice nilpotente d’indice
| {z }
2). On aurait pu arguer que
∈H
𝜓 (𝑀 ) est dans Vect(𝐼𝑛 ), et
Et donc 𝜓 (𝑀𝑀 ′ ) = 𝜆𝜆 ′ 𝐼𝑛 = 𝜓 (𝑀)𝜓 (𝑀 ′ ). que la seule matrice scalaire
de carré nul est la matrice
7.d. Notons que H = Ker𝜓 . Et donc si 𝑀 2 ∈ H, alors 𝜓 (𝑀 2 ) = 0𝑛 . Soit encore (𝜓 (𝑀)) 2 = 0𝑛 . nulle, mais il faut impérati-
Ce qui en utilisant la formule ci-dessus, montre que 𝜑𝐴 (𝑀) 2 = 0 ⇔ 𝜑𝐴 (𝑀) = 0 ⇔ 𝐴 ∈ H. vement un argument de ce
type pour conclure.
7.e. Nous savons, grâce à la formule rappelée en début de sujet que pour 𝑖 ≠ 𝑗,
2
𝐸𝑖,𝑗 = 𝐸𝑖,𝑗 𝐸𝑖,𝑗 = 𝛿𝑖,𝑗 𝐸𝑖,𝑗 = 0𝑛 .
2 ∈ H, si bien que 𝐸 Remarque
Et donc en particulier, 𝐸𝑖,𝑗 𝑖,𝑗 ∈ H.
Sur le même principe, H
7.f. Pour 𝑖 ∈ ⟦1, 𝑛⟧2 et 𝑗 ≠ 𝑖, on a 𝐸𝑖,𝑖 = 𝐸𝑖,𝑗 𝐸 𝑗,𝑖 . Et par la question précédente, 𝐸𝑖,𝑗 et 𝐸 𝑗,𝑖 sont doit nécessairement contenir
dans H, donc par stabilité de H par produit, 𝐸𝑖,𝑖 ∈ H. toutes les matrices nilpo-
Nous venons donc de prouver que H contient toutes les matrices élémentaires, et donc tentes.
contient Vect(𝐸𝑖,𝑗 , (𝑖, 𝑗) ∈ ⟦1, 𝑛⟧2 ) = M𝑛 (C).
Ceci est absurde car H est un hyperplan de M𝑛 (C) et donc de dimension strictement
inférieure à celle de M𝑛 (C).
On en déduit donc que H contient 𝐼𝑛 .

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6 DEVOIR MAISON 17

8. Puisque H est un sous-espace vectoriel, c’est en particulier un sous-groupe de (M𝑛 (C), +).
On l’a supposé stable par produit, et 𝐼𝑛 ∈ H, donc ceci suffit à garantir que H est un
sous-anneau de M𝑛 (C).
9. Puisque 𝐼𝑛 ∈ H, 𝜑𝐴 (𝐼𝑛 ) = 0 ⇔ tr(𝐴𝐼𝑛 ) = 0 ⇔ tr(𝐴) = 0.
10.a. Soit 𝑁 ∈ Ker(𝜑𝐴 ) = H.
Alors, par stabilité de H par produit, 𝑀𝑁 ∈ H, et donc 𝜑𝐴 (𝑀𝑁 ) = 0 ⇔ tr(𝐴𝑀𝑁 ) = 0 ⇔
𝜑𝐴𝑀 (𝑁 ) = 0.
Et donc on a bien Ker(𝜑𝐴 ) ⊂ Ker(𝜑𝐴𝑀 ).
10.b. Soit 𝐴𝑀 = 0𝑛 , auquel cas 𝜆 = 0 convient.
Soit 𝐴𝑀 ≠ 0, et alors Ker(𝜑𝐴𝑀 ) est un hyperplan de M𝑛 (C). Puisqu’il contient Ker(𝜑𝐴 )
8 Deux hyperplans sont tou-
et que ces deux espaces sont de même dimension8 , ils sont égaux.
Et alors par la question 6.c, il existe 𝜆 ∈ C∗ tel que 𝐴𝑀 = 𝜆𝐴 ⇔ 𝐴(𝑀 − 𝜆𝐼𝑛 ) = 0𝑛 . jours de même dimension.

11. Nous venons donc de prouver que si 𝑀 ∈ H, alors il existe 𝜆 ∈ C tel que 𝑀 − 𝜆𝐼𝑛 ∈ 𝐹𝐴 .
Et alors 𝑀 = (𝑀 − 𝜆𝐼𝑛 ) + 𝜆𝐼𝑛 ∈ 𝐹𝐴 + Vect(𝐼𝑛 ).
Donc H ⊂ 𝐹𝐴 + Vect(𝐼𝑛 ).
12. On a donc dim H ⩽ dim 𝐹𝐴 + dim Vect(𝐼𝑛 ).
Ce qui, en reprenant la dimension de 𝐹𝐴 obtenue à la question 3, nous donne,

𝑛 2 − 1 ⩽ 𝑛 2 − 𝑛 rg(𝑓𝐴 ) + 1 ⇔ 𝑛 rg(𝑓𝐴 ) ⩽ 2.

Puisque 𝐴 n’est pas la matrice nulle, il existe 𝑋 ∈ M𝑛,1 (C) tel que 𝐴𝑋 ≠ 0𝑛,1 ⇔ 𝑓𝐴 (𝑋 ) ≠ 0𝑛,1 .
Et donc rg(𝑓𝐴 ) ⩾ 1. Si bien qu’on doit avoir 𝑛 ⩽ 2, et donc 𝑛 = 2.
13. Si 𝐴 était inversible, 𝑓𝐴 serait un isomorphisme, et donc rg(𝑓𝐴 ) = 2, ce qui ne permet pas
d’avoir 2 rg(𝑓𝐴 ) ⩽ 2.
Donc 𝐴 n’est pas inversible, de sorte que det(𝐴) = 0.

Rappelons que pour toute matrice 𝑀 de M2 (C), on a 𝑀 2 − tr(𝑀)𝑀 + det(𝑀)𝐼 2 = 02 .


Donc ici, 𝐴2 − tr(𝐴) 𝐴 + det(𝐴) 𝐼 2 = 02 ⇔ 𝐴2 = 02 .
|{z} | {z }
=0 =0
Puisque de plus 𝐴 ≠ 02 , 𝐴 est donc nilpotente d’indice 2.

IV. Épilogue : description des hyperplans de M2 (C) stables par produit.


14. Puisque 𝐴 n’est pas la matrice nulle, l’une au moins de ses colonnes
 est non nulle. Et donc
1 0
soit 𝐴 (qui est la première colonne de 𝐴) est non nul, soit 𝐴 est non nul.
0 1
Et donc il existe 𝑋 1 ∈ M2,1 (C) tel que 𝐴𝑋 1 ≠ 02,1 .
15. On a 𝐴𝑋 2 = 𝐴2𝑋 1 = 0𝑛 𝑋 1 = 02,1 .
Puisque dim M2,1 (C) = 2, il suffit de prouver que (𝑋 1, 𝑋 2 ) est libre, car alors étant de
cardinal 2, ce sera automatiquement une base de M2,1 (C).
Soient donc 𝜆1, 𝜆2 des complexes tels que 𝜆1𝑋 1 + 𝜆2𝑋 2 = 02,1 .
Alors en multipliant à gauche par 𝐴, il vient 𝜆1𝐴𝑋 1 + 𝜆2𝐴𝑋 2 = 02,1 ⇔ 𝜆1𝐴𝑋 1 = 02,1 .
Or par hypothèse, 𝐴𝑋 1 ≠ 02,1 , donc 𝜆1 = 0.
Reste alors 𝜆2𝑋 2 = 02,1 , et puisque 𝑋 2 = 𝐴𝑋 1 ≠ 02,1 , 𝜆2 = 0.
Donc (𝑋 1, 𝑋 2 ) est libre et donc est une base de M2,1 (C).
16. La famille des colonnes de 𝑃 est une base de M2,1 (C), donc il s’agit d’une caractérisation
des matrices inversibles rencontrée plus tôt dans l’année.
Plus simplement, pour une matrice 2 × 2, nous savons qu’elle est inversible si et seulement
si ses colonnes ne sont pas colinéaires, ce qui est nécessairement le cas ici puisque (𝑋 1, 𝑋 2 )
est libre.
17. Pour éviter d’avoir à calculer 𝑃 −1 , prouvons plutôt que 𝐴𝑃 = 𝑃𝑈 .
Souvenons-nous à cet effet que la 𝑗 ème colonne de 𝐴𝑃 est égale au produit de 𝐴 par la 𝑗 ème
colonne de 𝑃.
Et en particulier, la première colonne de 𝐴𝑃 est 𝐴𝑋 2 = 02,1 .
Et sa seconde colonne est 𝐴𝑋 1 = 𝑋 2 .

Par ailleurs, la première colonne de 𝑃𝑈 est nulle, car la première colonne de 𝑈 l’est.
1
Et la seconde colonne de 𝑃𝑈 est 𝑃 , c’est-à-dire la première colonne de 𝑃, donc 𝑋 2 .
0

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CORRECTION 7

Et donc 𝐴𝑃 = 𝑃𝑈 puisque ces deux matrices ont les mêmes colonnes.


Et par conséquent 𝑃 −1𝐴𝑃 = 𝑈 .
 
𝑎 𝑏
18. Soit 𝑀 = ∈ M2 (C). Alors
𝑐 𝑑
     
0 1 𝑎 𝑏 𝑐 𝑑
𝑀 ∈ H𝑈 ⇔ tr(𝑈 𝑀) = 0 ⇔ tr = 0 ⇔ tr = 0 ⇔ 𝑐 = 0.
0 0 𝑐 𝑑 0 0
  
𝑎 𝑏
Donc H𝑈 = , (𝑎, 𝑏, 𝑑) ∈ C3 = T2 (C).
0 𝑑
19. Notons 𝑓 l’application définie sur T2 (C), qui à 𝑀 associe 𝑃𝑀𝑃 −1 .
Alors 𝑓 est à valeurs dans H𝐴 , car si 𝑀 ∈ T2 (C), il vient Rappel
    On a tr(𝐴𝐵) = tr(𝐵𝐴), donc
tr(𝐴𝑓 (𝑀)) = tr 𝐴𝑃𝑀𝑃 −1 = tr 𝑃𝑈 𝑃 −1 𝑃𝑀𝑃 −1 = tr(𝑃𝑈 𝑀𝑃 −1 ) = tr(𝑈 𝑀𝑃𝑃 −1 ) = tr(𝑈 𝑀) = 0 on peut permuter l’ordre des
matrices à l’intérieur de la
trace.
car 𝑀 ∈ T2 (C) = H𝑈 .

De plus, 𝑓 est clairement linéaire. Prouvons que 𝑓 est injective : on a 𝑓 (𝑀) = 0𝑛 ⇔


𝑃𝑀𝑃 −1 = 0𝑛 , ce qui après multiplication à gauche par 𝑃 −1 et à droite par 𝑃 est équivalent à
𝑀 = 0𝑛 .
Puisque T2 (C) et H𝐴 sont deux hyperplans de M2 (C), ils ont même dimension, et donc 𝑓
étant injective, c’est un isomorphisme (et en particulier une bijection).

Soient à présent 𝑀1, 𝑀2 ∈ H𝐴 . Alors 𝑃 −1 𝑀1 𝑃 et 𝑃 −1 𝑀2 𝑃, qui sont les antécédents de 𝑀1 et


𝑀2 par 𝑓 , sont dans H𝑈 = T2 (C). Et donc leur produit 𝑃 −1 𝑀1 𝑃𝑃 −1 𝑀2 𝑃 = 𝑃 −1 𝑀1 𝑀2 𝑃 est
9 L’ensemble des matrices
encore9 dans T2 (C), de sorte que 𝑀1 𝑀2 = 𝑃 (𝑃 −1 𝑀1 𝑀2 𝑃)𝑃 −1 ∈ H𝐴 .
Et donc H𝐴 est stable par produit. triangulaires est stable par
produit.
Puisqu’on a facilement 𝑓 (𝑀𝑁 ) = 𝑓 (𝑀)𝑓 (𝑁 ) et 𝑓 (𝐼𝑛 ) = 𝑃𝐼𝑛 𝑃 −1 = 𝐼𝑛 , 𝑓 est donc un
morphisme d’anneaux.
20. Soit 𝑄 ∈ 𝐺𝐿2 (C). Alors pour tout 𝑀, 𝑁 ∈ M2 (C), on a 𝑄𝑀𝑄 −1 = 𝑁 ⇔ 𝑀 = 𝑄 −1 𝑁 𝑄, si
bien que 𝑀 ↦→ 𝑄𝑀𝑄 −1 est une bijection de M2 (C) sur lui-même.
Et étant linéaire, elle préserve donc la dimension des sous-espaces vectoriels, de sorte que
l’image de T2 (C), c’est-à-dire 𝑄𝑀𝑄 −1, 𝑀 ∈ T2 (C) est de même dimension de T2 (C), et


donc est un hyperplan de M2 (C).


Il est stable par produit pour les mêmes raisons qu’à la question précédente.

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