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Cours Économie de Santé

Le document présente un module sur l'économie de la santé au Maroc, abordant des concepts clés tels que la définition de l'économie, le budget, et les ressources du système de santé. Il explore également les principes de l'offre de soins, les systèmes de financement, et les facteurs influençant la consommation et la production des soins. Enfin, il met en lumière l'importance de l'optimisation des ressources pour garantir l'accès à des soins de qualité tout en maîtrisant les dépenses.

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Cours Économie de Santé

Le document présente un module sur l'économie de la santé au Maroc, abordant des concepts clés tels que la définition de l'économie, le budget, et les ressources du système de santé. Il explore également les principes de l'offre de soins, les systèmes de financement, et les facteurs influençant la consommation et la production des soins. Enfin, il met en lumière l'importance de l'optimisation des ressources pour garantir l'accès à des soins de qualité tout en maîtrisant les dépenses.

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Royaume du Maroc

Ministère de la santé et de la protection sociale

Institut supérieur des professions infirmiers et techniques de santé -ERRACHIDIA

Module : Système de santé et économie de santé


Élément : Economie de santé

Filière : ASSISTANCE MEDICO-SOCIALE

Semestre : S1

ELABORE ET ENSEIGNE PAR : Wiaam EZAHRAOUI

Année universitaire 2024/2025


PLAN :

Chapitre 1. Définitions des concepts ..................................................................................................... 4


1. La définition de la science économique ..................................................................................... 5
2. L’introduction à l’économie de la santé ..................................................................................... 6
3. Le budget .................................................................................................................................... 7
4. Le budget programme ................................................................................................................ 7
5. Les agrégats et leurs relations .................................................................................................... 8
5.1 Le PIB (Produit Intérieur Brut) ............................................................................................... 8
5.2 Le PNB (Produit National Brut) .............................................................................................. 9
5.3 L'indice de développement humain (IDH) ........................................................................... 10
6. Les Recettes dans le Système de Santé .................................................................................... 10
7. Les Dépenses de Santé ............................................................................................................. 11
8. La Consommation..................................................................................................................... 12
9. Le Coût...................................................................................................................................... 12
10. Les agents économiques ...................................................................................................... 12
11. Les Partenariats.................................................................................................................... 13
Chapitre 2. Ressources du Système de Santé au Maroc ..................................................................... 15
1. Ressources Humaines : ............................................................................................................. 16
2. Les ressources financières ........................................................................................................ 21
3. Ressources matérielles : ........................................................................................................... 22
4. Sources de financement ........................................................................................................... 24
5. Structure du budget du Ministère de la Santé ......................................................................... 25
Chapitre 3. Les principes de l'offre de soins ........................................................................................ 26
1. Généralités ............................................................................................................................... 27
2. Equité et intégration de soins (Art 9, Loi cadre 34-09) : .......................................................... 27
3. La globalité de l’offre des soins (Art 21, Loi cadre 34-09) : ...................................................... 27
4. La gradation de l’offre des soins (Art 7, Décret 2.14.562) : ..................................................... 28
5. La globalité de l’offre des soins (Art 9 - Loi-cadre 34-09) : ...................................................... 28
Chapitre 4. Les systèmes de prise en charge des soins de santé ........................................................ 30
1. Description des différents systèmes de financement de la santé ........................................... 31
1.1 Le modèle Beveridgien......................................................................................................... 31
1.2 Le modèle Bismarckien (Assurance sociale obligatoire) ...................................................... 32
2. Modalités de prise en charge pour les soins de santé au Maroc ............................................. 33
3. La couverture médicale de base .............................................................................................. 38
Chapitre 5. Les facteurs influençant la consommation et la production des soins ........................... 40
1. Facteurs inhérents aux bénéficiaires........................................................................................ 41
2. Facteurs liés au système de santé ............................................................................................ 42
3. Facteurs socio- culturels et environnementaux. ...................................................................... 43
Chapitre 6. Approche pour l'estimation du cout des soins/couts fixes/cout variables ..................... 44
1. Utilisation des coûts et acteurs de la santé ............................................................................. 45
1. Impact de la maladie sur le plan individuel .............................................................................. 51
2. Impact de la maladie sur le plan familial .................................................................................. 51
3. Impact de la maladie sur le plan social et économique ........................................................... 52
Chapitre 1. Définitions des concepts

4
1. La définition de la science économique

L'économie est la science qui étudie l'utilisation des ressources rares pour répondre aux besoins
de la société. Elle se focalise sur trois opérations essentielles :

1. Production : Création de biens et services (ex. soins médicaux, médicaments).

2. Distribution : Répartition des ressources entre les individus via le marché ou l'État.

3. Consommation : Utilisation des biens et services par les ménages.

Elle s’intéresse aussi aux institutions qui facilitent ces échanges. En santé, l'économie aide à
optimiser l’allocation des ressources pour assurer un accès équitable et efficace aux soins.

L’économie, selon Raymond Barre, est la science qui étudie comment gérer des ressources
limitées face à des besoins illimités. Elle analyse les choix et comportements des individus et
des sociétés pour optimiser l’utilisation des moyens disponibles.

En d’autres termes, l’économie cherche à répondre à la question : comment satisfaire au


mieux les besoins humains avec des ressources restreintes ? Cela implique des arbitrages
dans la production, la répartition et la consommation des biens et services.

➢ Les notions relevées de ces deux définitions

-Le besoin est un manque ressenti par l’homme, accompagné d’un désir ou d’une nécessité de
le combler. Il peut être physiologique (comme se nourrir) ou social (comme l’éducation).

-Les ressources rares sont les moyens disponibles pour satisfaire ces besoins, mais elles sont
limitées. Il y a deux types de rareté :

• Rareté absolue : les ressources existent en quantité fixe, comme l’eau potable ou certains
minerais.

• Rareté relative : elles sont disponibles mais insuffisantes par rapport à la demande,
comme le nombre de médecins dans certaines régions.

-Le comportement économique correspond aux décisions et actions prises par les individus et
les sociétés pour gérer ces ressources rares de manière optimale et répondre à leurs besoins.
C’est ce qui guide la production, la distribution et la consommation des biens et services.

5
➢ En économie : 4 concepts fondamentaux

-La rareté des ressources a une dimension sociale, car elle oblige la société à faire des choix sur
la manière de les utiliser. Comme les besoins sont illimités et les ressources limitées, il faut
décider comment les répartir de manière optimale.

-Le choix ou la décision en économie repose sur l’allocation des ressources disponibles entre
différents usages. Par exemple, un gouvernement doit choisir entre investir dans la santé,
l’éducation ou les infrastructures en fonction des priorités du pays.

-Le coût d’opportunité correspond à ce que l’on sacrifie en faisant un choix. Si un budget est
alloué à un secteur, cela signifie qu’il ne pourra pas être utilisé ailleurs. L’objectif est donc
d’orienter les ressources vers leur meilleur usage possible.

-Enfin, l’efficience économique consiste à faire en sorte que les choix réalisés génèrent plus
de bénéfices que de coûts. Cela signifie utiliser les ressources de manière intelligente pour
maximiser la satisfaction des besoins avec le minimum de gaspillage.

2. L’introduction à l’économie de la santé


La santé, selon l’OMS, est un état complet de bien-être physique, mental et social, et non
simplement l’absence de maladie. Contrairement aux biens marchands classiques, la santé ne
peut pas être considérée uniquement comme un produit commercial.

Il existe un lien fort entre santé et économie. L’économie de la santé repose sur un compromis
: d’un côté, l’objectif est d’améliorer l’état de santé de la population en garantissant des soins
de qualité, et de l’autre, il faut optimiser les dépenses pour éviter le gaspillage des ressources.

L’économie de la santé est donc une branche de l’économie qui étudie la production et la
répartition des biens et services médicaux, c’est-à-dire comment sont financés, organisés et
accessibles les soins de santé. Elle s’intéresse aussi aux facteurs influençant le coût des soins et
à la fixation des prix dans le secteur médical.

➢ L’objectif principal de l’économie de la santé

L’objectif principal de l’économie de la santé est d’optimiser l’utilisation des ressources


disponibles dans le secteur de la santé. Étant donné que ces ressources sont limitées, il est
essentiel de les allouer de manière efficace pour répondre aux besoins de la population.

6
L’économie de la santé permet d’évaluer les coûts et l’efficience des soins et services médicaux.
Cela signifie analyser si les dépenses engagées produisent des résultats satisfaisants en termes
d’amélioration de la santé publique.

Enfin, cette discipline vise aussi à proposer des solutions aux défis économiques et financiers
du secteur de la santé, comme le financement des soins, la couverture médicale ou encore la
maîtrise des dépenses tout en garantissant une qualité de service optimale.

3. Le budget

Le budget est un outil essentiel de planification et de gestion financière. Il s’agit d’un document
qui anticipe les recettes et les dépenses sur une période donnée, généralement une année. Son
objectif est d’assurer une bonne répartition et un contrôle efficace des ressources pour éviter les
déséquilibres financiers.

Dans le domaine de la santé, un budget peut concerner un hôpital, un ministère ou encore un


organisme de santé.

➢ Il existe deux principaux types de budgets :

-Le budget de fonctionnement : il couvre les dépenses courantes, comme les salaires du
personnel, l’achat de consommables médicaux et l’entretien des infrastructures.

-Le budget d’investissement : il est dédié aux projets à long terme, comme la construction d’un
nouvel hôpital ou l’achat d’équipements médicaux sophistiqués.

Ces budgets sont essentiels pour garantir une gestion optimale des ressources et assurer un bon
fonctionnement du système de santé

4. Le budget programme
Le budget programme est une approche plus moderne de la gestion budgétaire, différente du
budget traditionnel. Alors que ce dernier se contente d’allouer des ressources par type de
dépense (salaires, équipements, consommables…), le budget programme est orienté vers les
résultats et la performance.

Il fonctionne en définissant des programmes précis, chacun ayant des objectifs stratégiques
clairs et des indicateurs de suivi permettant d’évaluer l’impact des dépenses.

➢ Les principales caractéristiques du budget programme :

7
- Il est basé sur des objectifs stratégiques, ce qui permet de lier les dépenses aux résultats
attendus.

- Il intègre des indicateurs de performance, pour mesurer l’efficacité des actions


financées.

- Il favorise la responsabilisation des gestionnaires, car ils doivent justifier l’utilisation


des fonds en fonction des résultats obtenus.

Dans le secteur de la santé, cette approche permet d’optimiser les dépenses publiques en
assurant que chaque dirham investi contribue réellement à l’amélioration des soins et des
services médicaux.

5. Les agrégats et leurs relations


Un agrégat économique est une grandeur qui permet de mesurer les résultats globaux de
l’activité économique d’un pays. Il regroupe des éléments de nature différente (production,
consommation, investissement…) pour donner une vision d’ensemble de l’économie.

Les principaux agrégats économiques sont : PIB / PNB / IDH.

5.1 Le PIB (Produit Intérieur Brut)


Le Produit Intérieur Brut (PIB) est un indicateur économique qui mesure la richesse produite
par un pays en une année. Il représente la valeur totale de tous les biens et services produits à
l’intérieur du territoire national, quelle que soit la nationalité des producteurs (entreprises
nationales ou étrangères opérant dans le pays).

➢ Mesure du PIB : La Méthode des Valeurs Ajoutées

Pour calculer le PIB, la méthode la plus courante repose sur la valeur ajoutée, qui représente
la richesse réellement créée par une entreprise ou une administration.

-Formule de la Valeur Ajoutée :

• Production : Tout ce que l’entreprise fabrique ou vend.

• Consommations intermédiaires : Tout ce qui a été acheté pour produire (matières


premières, énergie, services externes, etc.).

• Valeur Ajoutée = Production – Consommations Intermédiaires

8
• La somme des valeurs ajoutées de toutes les entreprises est égale à la valeur de la
production des biens et services finaux: c’est le PIB

◼ P.I.B. =V.A. brute des différents agents + impôts sur les produits (ex : TVA) -
subventions sur les produits.

➢ Interprétation de l’Évolution du PIB

• Croissance économique : lorsque le PIB augmente.

• Stagnation : lorsque le PIB reste stable.

• Récession : lorsque le PIB diminue, ce qui peut être préoccupant pour l’économie.

5.2 Le PNB (Produit National Brut)


Le Produit National Brut (PNB) prend en compte les revenus nets provenant de l’étranger. Il
inclut les revenus des entreprises et des citoyens du pays travaillant ou investissant à l’étranger,
tout en retirant les revenus générés sur le territoire national par des entreprises ou des
travailleurs étrangers.

-Formule de PNB :

Distinction entre PIB et PNB

• PIB = Richesse créée dans le pays, quelle que soit l’origine des producteurs.

• PNB = Richesse créée par les ressortissants du pays, où qu’ils soient dans le monde.

Le PIB est l’indicateur économique le plus utilisé pour mesurer la croissance économique d’un
pays.

9
5.3L'indice de développement humain (IDH)
L'indice de développement humain est un indice statistique évaluant le taux de
développement humain des pays du monde. Il se fondait alors sur trois critères :

◼ L'espérance de vie à la naissance,

◼ L'accès à l'éducation,

◼ le PIB par habitant.

-Formule de IDH :

Depuis 2011, la formule utilisée pour le calcul du l’IDH est la suivante:

6. Les Recettes dans le Système de Santé


Les recettes dans le domaine de la santé représentent les revenus qui permettent de financer le
système de santé. Elles proviennent de plusieurs sources :

- Impôts et taxes spécifiquement affectés à la santé.


- Contributions des assurances sociales et mutuelles, qui participent au financement des
soins.
- Paiements directs des patients, comme le ticket modérateur ou les frais médicaux non
couverts.
- Subventions et aides internationales, qui soutiennent certains programmes de santé.

Ces ressources permettent d’assurer le bon fonctionnement des hôpitaux, de rémunérer le


personnel médical et d’investir dans les infrastructures et équipements de santé.

1. L’IDH (Indice de Développement Humain)

L'Indice de Développement Humain (IDH) est calculé à partir de trois dimensions essentielles
:

1. L’espérance de vie à la naissance (IVie) : Elle représente la dimension santé et reflète


la longévité moyenne de la population.

10
2. L'accès à l'éducation (IÉducation) : Il prend en compte le nombre moyen d’années de
scolarisation des adultes et le nombre attendu d’années de scolarisation pour les enfants.

3. Le revenu par habitant (IRevenu) : Il est mesuré par le PIB par habitant en parité de
pouvoir d'achat (PPA), reflétant le niveau de vie.

La formule de l’IDH utilisée depuis 2011 est une moyenne géométrique des indices normalisés
des trois dimensions :

Cette approche permet de mieux refléter l’équilibre entre les trois dimensions, car si l’une des
composantes est très faible, l’IDH global sera fortement impacté.

En résumé, le PIB et le PNB évaluent la richesse économique, tandis que l’IDH donne une
vision plus globale du bien-être et du développement d’un pays

7. Les Dépenses de Santé


Les dépenses de santé correspondent aux montants engagés pour financer le système de santé.
Elles se répartissent en deux grandes catégories :

Dépenses courantes :

• Salaires du personnel médical (médecins, infirmiers, etc.).

• Achat de médicaments et de matériel médical.

• Entretien et fonctionnement des infrastructures hospitalières.

Dépenses d’investissement :

• Construction et modernisation des hôpitaux.

• Achat d’équipements médicaux de pointe (IRM, scanners, etc.).

Ces dépenses sont essentielles pour garantir un accès aux soins de qualité et améliorer les
services de santé.

11
8. La Consommation
La consommation désigne l’utilisation de biens et de services pour répondre aux besoins des
individus ou des entreprises.

La consommation de soins et de biens médicaux désigne l’ensemble des services et produits de


santé utilisés par la population pour répondre à leurs besoins médicaux. Elle dépend de plusieurs
facteurs :

• L’offre de soins : disponibilité des hôpitaux, médecins, pharmacies.

• L’accessibilité financière : prise en charge par les assurances, coût des soins.

• Les habitudes et besoins de santé : vieillissement de la population, prévention,


épidémies.

Exemple : Une consultation chez un médecin, l’achat de médicaments, une hospitalisation sont
des actes de consommation de soins.

9. Le Coût
Le coût représente la valeur des ressources utilisées pour produire un bien ou un service.

Le coût des soins correspond aux ressources nécessaires pour fournir un service de santé. On
distingue trois types de coûts :

• Coût direct : Dépenses immédiatement liées à la production ou à la prestation d’un


service (ex. achat de matières premières, frais de consultation médicale).

• Coût indirect : Conséquences économiques non directement mesurables (ex. perte de


productivité due à une maladie).

• Coût d’opportunité : Ressources allouées à une activité qui ne peuvent plus être utilisées
pour une autre (ex. investir dans un hôpital au lieu de financer des campagnes de
prévention)..

L’analyse des coûts permet d’optimiser les dépenses de santé et d’assurer un accès aux soins
efficace et durable.

10. Les agents économiques


Les agents économiques sont les acteurs qui participent à l’activité économique.

12
Les agents économiques en santé sont les acteurs qui participent à l’organisation, au
financement et à la consommation des soins

• Ménages : Consommateurs de soins et contributeurs via les assurances et paiements


directs.
• Entreprises : Productrices de médicaments, prestataires de services de santé.
État : Régulateur et financeur du système de santé.
• Institutions financières : Assurances et mutuelles permettant de couvrir les coûts des
soins.
• ONG et organisations internationales : Apport de financements et soutien aux
infrastructures sanitaires.

Ces acteurs jouent un rôle central dans l’organisation et le financement du système de santé.

11.Les Partenariats
Les partenariats en santé sont des coopérations entre acteurs publics et privés visant à optimiser
la gestion des soins et des ressources.

➢ Types de Partenariats
◼ Partenariats Public-Privé (PPP) :

• Collaboration entre l'État et des entreprises privées.

• Objectif : Financer et gérer des infrastructures sanitaires (hôpitaux, équipements


médicaux).

◼ Partenariats intersectoriels :

• Association entre différents secteurs (santé, éducation, protection sociale).

• Objectif : Améliorer l’efficacité des politiques publiques et la prise en charge globale


des patients.

Impact : Amélioration de l’accès aux soins et optimisation des ressources.

13
14
Chapitre 2. Ressources du Système de Santé au
Maroc

15
Production de ressources : La présence de certaines restrictions telles que la pénurie, la
mauvaise répartition inéquitable des différents Ets de santé entre le milieu urbain et le milieu
rural et entre les régions et la faible fidélisation des ressources humaines de santé dans les zones
éloignées et rurales compromettent la capacité à créer un système de santé optimal.
Depuis son indépendance, le Maroc a déployé de façon continue des efforts de renforcement de
l’infrastructure sanitaire :

– RESSP (2689 Centres de santé) : la desserte globale est passée d’un Etablissement /14.600
hab (1990), à un établissement /12.000 hab (2011), à un établissement / 12 238 hab (2017). 12
319 hab (2022).

– R.H. (159) : la capacité litière hospitalière publique fonctionnelle est passée de 25.715 (1997)
à 22.155 (2011), à 21 692 (2017), à 21 455 (2022).

Malgré l’évolution notable de l’infrastructure sanitaire, l’accessibilité physique demeure encore


un défi à relever. Ex : 31% de la population se trouve à +10 km d’une formation sanitaire.

Le développement du secteur privé constitue un problème par sa distribution limitée et


concentré aux grandes villes :
– Cliniques : 356 (santé en chiffres 2017) concentrées aux grandes villes, 408 (santé en chiffres
2022)
– Cabinets de Consultations et Diagnostic = 2.552 (en 1991) à 7.310 (en 2011) à 10.990 en
(2020) et 12240 en (2022)
– Capacité litière 9.719 lits (santé en chiffres 2017), 14.559 lits (santé en chiffres 2022),

Malgré ces efforts, on constate que :

– Insuffisance globale des Ressources matérielles,


– Insuffisance globale des RH, et
– Mauvaise répartition des ressources au sein de la population.

1. Ressources Humaines :
Les systèmes de soins ne peuvent fonctionner sans personnel de santé. L’OMS classe le Maroc
parmi les 57 pays du monde souffrant d'une pénurie aiguë de personnel soignant, avec un ratio
de 1,64 professionnel de santé pour 1 000 habitants, alors que le seuil critique pour atteindre les
OMD est de 2,5.

16
Le déficit quantitatif et qualitatif en ressources humaines est structurel et est aggravé par une
distribution déséquilibrée au niveau territorial et intra-régional.

Figure : Rapport du personnel de santé qualifié à la population (pour 10 000 hab) dans la
Région africaine OMS et dans le monde, 2006–2013

Les ressources humaines constituent l’actif le plus important et la ressource primordiale que le
système de santé doit développer pour créer les conditions nécessaires à une amélioration
continue de l’état de santé de la population. Malgré les efforts consentis, la situation des
ressources humaines est marquée par un déficit quantitatif et qualitatif de plus en plus
significatif, voire inquiétant.

Tableau : Comparaison de la densité médicale et infirmière (OMS, SSM 2014)

Mar Alg Tun Egy Jor RU Fra Esp USA Tha Tur

Médecins 6,27 12,1 12,2 28,3 25,6 27,9 31,8 37,0 24,5 3,9 17,1

/10.000Hab.

Infirmiers
&
8,9 19,5 32,8 35,2 40,5 88,3 93,0 50,8 111 20,8 24,0
Sage-femme

17
/10.000
Hab.

Fig. : Densité d’infirmières et de sages-femmes dans la Région EMRO pour 10.000 hab. en 2017

(Source : OCDE, 2017

Graphie : Lauréats des facultés de médecine marocaines entre 2008 et 2016 (DRH, 2017)

18
Graphie : Lauréats du 1er cycle des ISPITS de 2003-2017 (DRH, 2016)

La formation du personnel reste insuffisance. Les 10 facultés de médecine (dont 3 privées)


devaient former en moyenne 1300 médecins par année (800 généralistes et 500 spécialistes) et
la moyenne par an de formation des 23 sites des ISPITS et leurs annexes (Ex IFCS) forment
3.300 infirmiers et techniciens de santé.

Tableau : Répartition des ressources humaines du secteur public par profil et par réseau, année
2022 4 (*)

Source : 4 SCS/ DPE/ DPRF


(*) Personnel exerçant au niveau des établissements de santé publics

19
La répartition des ressources humaines dans le secteur de la santé montre une prédominance du
personnel paramédical (63% du total), avec une forte concentration d'infirmiers polyvalents et
de sages-femmes, soulignant leur rôle clé dans l'organisation des soins. Les médecins, bien que
nombreux (13 762), sont majoritairement concentrés dans les structures RH, tandis que les
RESSP disposent davantage de médecins généralistes et d'infirmiers polyvalents, traduisant un
certain effort de déploiement des soins de proximité. Cependant, les RISUM et REMS affichent
des effectifs plus réduits, ce qui peut interroger sur leur capacité à répondre aux besoins de
santé. Par ailleurs, la présence limitée de chirurgiens-dentistes (414) et de pharmaciens (183)
pourrait révéler un besoin d’augmentation de ces spécialités. Enfin, le personnel administratif
et technique reste en nombre réduit (7 374 au total), ce qui peut limiter le soutien aux structures
de soins. Il serait donc pertinent de rééquilibrer ces effectifs en renforçant certaines catégories
et en optimisant leur répartition territoriale pour une meilleure accessibilité aux soins.

Figure : Répartition du personnel infirmier et technicien de santé exerçants au niveau des


établissements de santé par région, année 2022.

Source : SCS/DPE/DPRF

La répartition régionale du personnel paramédical met en évidence des disparités importantes


entre les régions. Casablanca-Settat, Rabat-Salé-Kénitra et Fès-Meknès concentrent le plus
grand nombre de personnels, traduisant une meilleure dotation en ressources humaines, tandis
que des régions comme Drâa-Tafilalet, Guelmim-Oued Noun et Eddakhla-Oued Eddahab
disposent d’effectifs bien plus réduits, ce qui peut poser des défis en matière d’accessibilité aux
soins. Les infirmiers polyvalents représentent la majorité du personnel (23 323), suivis des

20
sages-femmes (6 216), dont la répartition est plus homogène mais toujours insuffisante dans
certaines zones. La catégorie "autres profils" (7 837) montre également des écarts notables selon
les régions. Ces inégalités pourraient justifier des ajustements dans la politique de répartition
des ressources humaines afin d’assurer un accès équitable aux soins sur l’ensemble du territoire.

2. Les ressources financières


Le financement est un élément clé pour garantir l’efficacité du système de santé. Il permet de
payer les professionnels de santé, d’acheter des équipements et de garantir un accès équitable
aux soins.

Dépenses de santé au Maroc

• Part du budget de l’État allouée à la santé : Environ 6 à 7 % du budget total.

• Dépenses de santé par habitant : Relativement faibles par rapport aux pays développés.

• Part importante des dépenses supportée par les ménages (paiement direct des soins,
médicaments, consultations privées).

Tableau : les ressources financières

Source : 5 DF/DPRF 6 Les comptes nationaux provisoires 2022, HCP 7 SEIS/DPE/DPRF 8 Comptes nationaux
de la santé, année 2018

21
En 2022, le budget général du Ministère de la Santé et de la Protection Sociale s’élevait à 23
542 550 000 DH, représentant 7,14 % du budget total de l'État. Ce budget se répartit entre le
fonctionnement (6,87 % du budget de fonctionnement de l'État) et l'investissement (7,89 % du
budget d'investissement de l'État). Par ailleurs, le PIB par habitant pour cette même année était
de 36 274 DH, et le budget du Ministère de la Santé et de la Protection Sociale représentait 1,76
% du PIB aux prix courants. Ces chiffres traduisent l'importance des ressources allouées au
secteur de la santé et leur poids dans l'économie nationale.

Le Ministère de la Santé et de la Protection Sociale a alloué 3,48 milliards de DH en


subventions, répartis entre les CHU (2,86 Mds DH), les SEGMA (570 M DH) et l’Institut
Pasteur (47 M DH), afin de soutenir le fonctionnement et le développement du système de santé.

Tableau : les dépenses totales de santé (DTS)

Ce tableau présente des données sur les dépenses totales de santé (DTS), notamment la part
allouée à la consommation médicale (80 %) et le montant par habitant (1 384 DH). Il indique
également l'évolution annuelle moyenne de la DTS, qui a été de 2,9 % entre 2010 et 2013 et de
3,2 % entre 2013 et 2018. Les sources citées incluent les comptes nationaux de la santé et des
organismes gouvernementaux.

3. Ressources matérielles :

22
Les ressources matérielles désignent l’ensemble des infrastructures et équipements nécessaires
au bon fonctionnement du système de santé.

➢ Infrastructures de santé
• Hôpitaux publics et CHU (Centres Hospitaliers Universitaires) : Fournissent des soins
spécialisés et des formations médicales.
• Centres de santé urbains et ruraux : Fournissent des soins de base et des services de
prévention.
• Cliniques privées : Offrent des services spécialisés avec un meilleur confort mais à des
coûts plus élevés.
• Laboratoires d’analyses médicales : Essentiels pour le diagnostic des maladies.
• Pharmacies : Assurent l’accès aux traitements.

➢ Équipements médicaux et logistiques


• Matériel médical : Scanners, IRM, échographes, équipements chirurgicaux.
• Ambulances et moyens de transport sanitaire : Essentiels pour les urgences.
• Systèmes d’information hospitaliers : Digitalisation des dossiers médicaux pour une
meilleure gestion des patients.

Le Maroc a une dépendance totale v-à-v de l’étranger pour l’achat des équipements médicaux.
Son parc du secteur public est vétuste, mal réparti et très hétérogène (problème de gestion et de
maintenance).
L’investissement du secteur privé dans le domaine des équipements lourds est de plus en plus
important : 85% des scanners, 88% des mammographies, 80% des IRM.
Le Maroc reste très faible en matériel médico-hospitalier que ce soit en comparaison avec les
pays à développement similaire ou à la moyenne des pays de l’OCDE comme il est illustré au
niveau du tableau ci-après

23
Tableau : Ressources matérielles du Maroc comparées au niveau mondial (OMS, 2014)

Rev inter
Mar Alg Tun Egy Jor RU Fra Esp USA Tha Tur Mex med sup

LITS 9,0 - 21,0 5 18,0 61,0 64,0 31,0 29,0 21,0 25,0 15,0 32
(10.000Hab)

Scanners 1,2 - 8,9 - 5,5 8,9 9,9 13,9 40,9 6,0 14,5 3,7 7,9
par Million (7,9)
hab.

IRM par 0,4 0,4 1,6 0,8 0,8 5,0 5,98 4,2 31,5 1,0 2,0 0,5 1,4
Million
Hab.

4. Sources de financement
Le financement de la santé au Maroc se caractérise par une multiplicité d’acteurs financeurs. Il
s’agit des sources publiques à travers les recettes fiscales de l’Etat, de la contribution de
l’assurance maladie (y compris les diverses formes d’assurances privées) et des sources privées
à travers les paiements directs des ménages.

Figure : Sources de financement de la santé par nature de financement, 2018

24
• Paiement direct des ménages (45,6%) : C'est la part la plus importante. Cela signifie que
près de la moitié des dépenses de santé sont financées directement par les citoyens, sans
passer par un intermédiaire comme l'assurance maladie ou l'État.
• Assurance maladie (29,3%) : Ce financement regroupe les cotisations versées par les
assurés à des organismes d'assurance santé (CNSS, CNOPS, mutuelles, assurances
privées).
• Ressources fiscales (24%) : Ce sont les fonds publics alloués par l’État à travers les
impôts et les taxes.
• Employeurs (hors couverture médicale) (0,4%) : Il s'agit de la contribution directe des
entreprises en dehors des assurances santé obligatoires.
• Autres (0,5%) et Coopération internationale (0,2%) : Très faible part du financement,
incluant les aides étrangères et autres contributions.

5. Structure du budget du Ministère de la Santé


Le budget du Ministère de la Santé est structuré en différentes catégories de dépenses.

a) Budget de fonctionnement
Il couvre les dépenses courantes du système de santé :
• Salaires et rémunérations du personnel médical et administratif.
• Achat de médicaments et consommables médicaux.
• Frais de maintenance et d’entretien des infrastructures.
• Gestion des programmes de prévention et de sensibilisation.

b) Budget d’investissement
• Il est consacré aux projets à long terme, tels que :
• Construction et rénovation des hôpitaux et centres de santé.
• Achat d’équipements médicaux modernes.
• Mise en place de systèmes d’information et de digitalisation du secteur de la santé.

c) Financements des programmes de santé prioritaires


• Vaccination et prévention des maladies.
• Lutte contre les maladies chroniques et infectieuses.
• Développement de la télémédecine et digitalisation des soins.

25
Chapitre 3. Les principes de l'offre de soins

26
1. Généralités
L’offre de soins au Maroc est encadrée par la Loi cadre 34-09, qui définit les principes,
l’organisation et la répartition des soins à travers le territoire national. Son objectif est d’assurer
un accès équitable aux soins, en garantissant une complémentarité entre les secteurs public et
privé.

Le système de santé repose sur plusieurs principes clés 1. (Art. 2 - Loi-cadre 34-09) :

• Solidarité et responsabilisation : La population doit être impliquée dans la prévention et


la préservation de sa santé.
• Égalité d’accès aux soins : Tous les citoyens doivent bénéficier des soins sans
discrimination.
• Équité dans la répartition des ressources : Les infrastructures et les ressources humaines
doivent être réparties de manière équilibrée sur tout le territoire.
• Complémentarité intersectorielle : Les secteurs public, privé et associatif doivent
collaborer pour une meilleure efficacité.
• Approche genre : L’offre de soins doit prendre en compte les spécificités des besoins de
santé des hommes et des femmes.

L'État est responsable de la mise en œuvre de ces principes afin de garantir un accès universel
et de qualité aux soins de santé.

2. Equité et intégration de soins (Art 9, Loi cadre 34-09) :


L'offre de soins doit être répartie sur l’ensemble du territoire national de façon équilibrée et
équitable, dans le respect des principes de l’Art 2 de la Loi-cadre. L'offre de soins a pour objet
de (Art. 20-Loi cadre) :

– Prévoir et susciter les évolutions nécessaires de l'offre de soins (publique et privée),


– Satisfaire de manière optimale les besoins en soins et services de santé de la
population,
– Réaliser l'harmonie et l'équité dans la répartition spatiale des ressources matérielles et
humaines,
– Corriger les déséquilibres régionaux et intra-régionaux et maîtriser la croissance de
l'offre.
.
3. La globalité de l’offre des soins (Art 21, Loi cadre 34-09) :

27
L’offre de soins est structurée selon plusieurs critères :

L'offre de soins est établie selon :

– Les types d'infrastructures et des installations sanitaires.


– Les normes et les modalités de leur implantation territoriale.
– La base de l'analyse globale de l'offre de soins existante, des données géo-démographiques et
épidémiologiques, et du progrès technologique médical.

L'offre de soins comporte : ressources humaines, l'ensemble des infrastructures sanitaires


relevant du secteur public ou privé, autres installations de santé fixes ou mobiles et les moyens
mis en œuvre pour produire des prestations de soins et de services en réponse aux besoins de
santé des individus, des familles et des collectivités.

4. La gradation de l’offre des soins (Art 7, Décret 2.14.562) :


L'offre de soins est régie par le principe de gradation des niveaux de soins.
Elle repose sur un système de Réf./Réf., qui régule les parcours de soins des patients en dehors
des situations d'urgence.
Elle peut être organisée à l'intérieur du même territoire de santé sous forme de réseaux
coordonnés de soins, ou entre les territoires de santé sous forme de filières de soins.

5. La globalité de l’offre des soins (Art 9 - Loi-cadre 34-09) :


Elle est constituée du secteur public et du secteur privé, qu'il soit à but lucratif ou non. Les deux
secteurs doivent être organisés de manière synergique afin de répondre de manière efficiente
aux besoins de santé, par une offre de soins et de services complémentaires, intégrés et
coordonnés.
La loi 34-09 et son décret d’application consolident le modèle du système de soins préconisé
par le
Maroc : Pyramidal, Intégré, Hiérarchisé, Fondée sur les SSP (Art 7 et 30 - Décret 2-14-562).
==> Article 7 « L'offre de soins est régie par le principe de gradation des niveaux de soins. Elle
repose sur un système de référence et de contre référence, qui régule les parcours de soins des
patients en dehors des situations d'urgence. Ce système peut être organisé à l'intérieur du même
territoire de santé sous forme de réseaux coordonnés de soins, ou entre les territoires de santé
sous forme de filières de soins ».
==> Article 30 « Les établissements relevant du réseau hospitalier font partie de la filière de
soins.

28
Ils constituent, à ce titre, des établissements de recours et d'appui pour le réseau des
établissements de soins de santé primaires ».
Le réseau de soins signifie le réseau de prise en charge des problèmes et risques particuliers de
santé selon une organisation horizontale non hiérarchisée au sein d’un même territoire sanitaire.
Alors que la filière est cette organisation verticale hiérarchisée de la prise en charge des patients
avec un premier contact d’accès aux soins, représenté par le Médecin Généraliste/Traitant
relevant du Public/Privé, et des niveaux de recours aux soins organisés selon la nature de la
morbidité et les protocoles thérapeutiques quand ils existent.
L'offre de soins a pour objet de (Art. 20-Loi cadre) :
‒ prévoir et susciter les évolutions nécessaires de l'offre de soins publique et privée,
‒ satisfaire de manière optimale les besoins en soins et services de santé de la population, 58
‒ réaliser l'harmonie et l'équité dans la répartition spatiale des ressources matérielles et
humaines,
- corriger les déséquilibres régionaux et intra-régionaux et maîtriser la croissance de l'offre.
L'offre de soins est établie selon :

‒ Les types d'infrastructures et les installations sanitaires.


‒ Les normes et les modalités de leur implantation territoriale.
‒ La base de l'analyse globale de : l'offre de soins existante, des données géodémographiques
et épidémiologiques et des progrès technologique médical.

L’offre de soins est constituée du secteur public et du secteur privé, qu'il soit à but lucratif ou
non.
Les deux secteurs doivent-être organisés de manière synergique afin de répondre de manière
efficiente aux besoins de santé.
.

29
Chapitre 4. Les systèmes de prise en charge des soins
de santé

30
Les systèmes de prise en charge des soins de santé sont essentiels pour assurer un accès
équitable aux soins pour l’ensemble de la population. Ces systèmes varient selon les pays et
sont influencés par des facteurs économiques, politiques et sociaux. L’objectif principal est
d’assurer la couverture des dépenses médicales afin d’éviter que les coûts des soins ne
deviennent un obstacle à la santé des citoyens.

1.Description des différents systèmes de financement de la santé


Le financement des soins de santé repose sur plusieurs modèles qui influencent l’organisation
et l’accessibilité des soins dans un pays. Voici les principaux types de systèmes de financement
des soins de santé :

1.1 Le modèle Beveridgien


Description Ce système repose sur un financement public à travers l’impôt et garantit
un accès gratuit ou très peu coûteux aux soins de santé pour tous

Pays Royaume-Uni, Espagne, Canada, Suède.


appliquant ce
modèle
Principes • Financement par l’impôt (les citoyens contribuent via leurs
impôts).
• Gestion centralisée par l’État.
• Accès universel aux soins de santé gratuits ou à faible coût.
Avantages • Égalité d’accès aux soins.
• Prise en charge complète des maladies chroniques et des urgences.
• Réduction des inégalités sociales en matière de santé.
Inconvénients • Longs délais d’attente.
• Charges financières lourdes pour l’État.
• Limitation dans le choix des médecins et des hôpitaux, donc le
patient n’est pas libre de choisir son médecin.

EXEMPLES

Au Royaume-Uni, les patients peuvent consulter un médecin généraliste gratuitement


dans un centre de santé public, mais doivent attendre plusieurs mois pour certaines
interventions chirurgicales non urgentes.

31
1.2 Le modèle Bismarckien (Assurance sociale obligatoire)
Description Ce modèle repose sur un financement par des cotisations sociales
obligatoires des employeurs et des salariés.
Pays Allemagne, France, Belgique, Pays-Bas.
appliquant ce
modèle
Principes • Les salariés et employeurs paient des cotisations à des caisses
d’assurance maladie.
• L’assurance est obligatoire pour tous les travailleurs.
• Le système est géré par des organismes indépendants sous
contrôle public.
Avantages • Accès étendu aux soins avec un large choix de prestataires.
• Qualité élevée des soins.
• Possibilité de souscrire à des assurances complémentaires.
Inconvénients • Coût élevé pour les employeurs et les travailleurs.
• Complexité administrative.
• Risque de déficits financiers des caisses d’assurance.

EXEMPLES

En France, un salarié du secteur privé est automatiquement affilié à la Sécurité sociale et


bénéficie du remboursement d’une partie de ses frais médicaux (consultations,
médicaments, hospitalisation).

1.3. Le modèle libéral (Privé, basé sur l’assurance volontaire)

Description Ce modèle repose principalement sur le secteur privé, où les patients


paient directement leurs soins ou souscrivent à une assurance privée.
Pays États-Unis
appliquant ce
modèle
Principes • Pas de couverture universelle, sauf programmes spécifiques pour
les plus démunis (ex. Medicaid, Medicare aux États-Unis).
• Chaque individu souscrit à une assurance privée.
• Les prix des soins sont fixés par le marché.
Avantages • Liberté de choix des professionnels et des établissements de
santé.
• Rapidité de prise en charge des patients assurés.
Inconvénients • Inégalités d’accès aux soins.
• Coût élevé pour les patients non assurés.
• Risque de faillite financière en cas de maladie grave.
• Ce modèle ne conduit pas à une couverture universelle, malgré la
richesse du pays
32
EXEMPLES

Aux États-Unis, un patient sans assurance doit payer ses soins de sa poche, ce qui peut
entraîner des dettes élevées en cas d’hospitalisation.

1.4. Le modèle mixte

Description Ce modèle repose principalement sur le secteur privé, où les patients


paient directement leurs soins ou souscrivent à une assurance privée.
Pays Maroc, Tunisie, Turquie.
appliquant ce
modèle
Principes • Couverture publique de base pour tous (AMO,).
• Possibilité d’assurance privée complémentaire pour des
prestations supplémentaires.
• Partenariats entre le secteur public et privé.
Avantages • Adaptabilité aux besoins des populations.
• Permet d’améliorer l’accès aux soins spécialisés.
Inconvénients • Risque d’inégalités si le secteur privé devient trop dominant.

EXEMPLES

Au Maroc, un fonctionnaire affilié à la CNOPS bénéficie d’un remboursement partiel des


soins, mais peut souscrire à une assurance privée pour couvrir les frais restants.

2. Modalités de prise en charge pour les soins de santé au Maroc


Le système de prise en charge des soins de santé au Maroc repose sur un modèle mixte,
combinant des assurances publiques obligatoires, une couverture médicale pour les plus
démunis, des mutuelles et assurances privées, ainsi que le paiement direct des soins. Ce système
vise à garantir un accès équitable aux soins tout en impliquant différents acteurs publics et
privés.

2.1 L’Assurance Maladie Obligatoire (AMO)

33
L'AMO est un régime de couverture médicale obligatoire qui permet aux salariés et à certaines
catégories de citoyens de bénéficier d’un remboursement partiel ou total de leurs dépenses de
santé. Ce régime est géré par deux organismes principaux :

a) L’AMO pour le secteur privé – Gérée par la CNSS (Caisse Nationale de Sécurité
Sociale)

• Destinée aux salariés du secteur privé et aux indépendants.


• Financement : Cotisations prélevées sur les salaires (part employeur et part salarié).
• Prise en charge :
• Consultations médicales (généralistes et spécialistes).
• Médicaments remboursables selon un taux défini.
• Hospitalisation et interventions chirurgicales.
• Examens médicaux et analyses biologiques.
• Soins dentaires et optiques (partiellement).
➢ Les ayants droit au régime de la CNSS (art 73 la loi) :
Ce régime d'assurance maladie obligatoire de base confié à la CNSS donne droit aux :
– Personnes assujetties au régime de sécurité sociale et leurs ayant droits :
* Salariés assujettis au régime de sécurité sociale ne disposant pas d’une assurance
facultative ;
* Assurés volontaires ;
* Marins pêcheurs à la part.
– Titulaires de pensions du secteur privé dont le montant ≥ 500 Dh ;
– Professionnels, travailleurs indépendants et personnes non salariées exerçant une activité
Libérale (loi n° 98-15).
➢ Couverture de la mutuelle :
– Couverture (pour la 1ère fois en 2011) : 2,8 millions de Pax.
– Panier de soins pour adultes (51 groupes de pathologies déclinées en 172 maladies)
– Enfants couverts pour touts les soins y compris soins préventifs (vaccins).
– Garantie illimitée et sans plafond.
– Couverture des maladies antérieures.
– Couverture à vie des Retraités et Handicapés bénéficiaires.
– Maintien de la garantie :
* Pendant 6 mois en cas de cessation d’activité de l’assuré.
* Pendant 12 mois en cas de dissolution du lien de mariage du conjoint.

34
* Pendant 24 mois pour le conjoint survivant et les enfants en cas de décès de l’assuré.
➢ Conditions pour en bénéficier de la mutuelle CNSS :
Il faut justifier de:
– 54 jours de cotisation pendant les 6 mois précédant la maladie ;
– paiement effectif des cotisations par l’employeur ;
– identification des membres de la famille de l’assuré ou du pensionné auprès de la CNSS ;
– déclaration des maladies longues et coûteuses à la CNSS.

b) L’AMO pour le secteur public – Gérée par la CNOPS (Caisse Nationale des
Organismes de Prévoyance Sociale)

• Concerne les fonctionnaires et agents du secteur public.


• Financement : Prélèvement d’une cotisation mensuelle sur le salaire des fonctionnaires.
• Prise en charge similaire à celle de la CNSS, avec parfois de meilleurs taux de
remboursement.
➢ 1° Ayants droit à la CNOPS (art 73 la loi) :

La CNOPS et les Sociétés mutualistes la composant pour :

– Les fonctionnaires et agents de l’Etat,

– Les agents des Collectivités locales,

– Les agents des Etablissements publics,

– Les agents des Personnes morales de droit public,

– Leurs ayants droit,

– Les titulaires de Pensions du secteur public auprès de la CMR ou RCAR.

– Victime des violations de droits de l’Homme de la période allant de 1956 à 1999 (Convention
conclue le 05/07/2007 entre l’Etat et Conseil Consultatif des Droits de l’Homme).

– Les Étudiants de l’enseignement supérieur et de la formation professionnelle (loi 116-12).

➢ Missions de la CNOPS en matière d’AMO de base :

– Responsable sur les sociétés mutualistes la composant.

35
– Instruire les demandes d’affiliation des employeurs et d’immatriculation des personnes
relevant de son ressort.

– Assurer le recouvrement des cotisations salariales et contributions patronales.

– Rembourser ou prendre en charge directement les prestations garanties par la loi.

– Conclure les conventions nationales avec les prestataires de soins.

– Établir les comptes relatifs à la gestion de l’AMO.

– Assurer le contrôle médical.

➢ Les prestations couvertes (frais de soins curatifs, préventifs, réhabilitation et


médicalement) :

– Soins préventifs et curatifs liés aux programmes prioritaires entrant dans le cadre de la politique
sanitaire de l'état.

– actes de médecine générale et de spécialités médicales et chirurgicales.

– soins relatifs au suivi de la grossesse, à l'accouchement et ses suites.

– soins liés à l'hospitalisation et aux interventions chirurgicales y compris les actes de Chirurgie
réparatrice.

– analyses de biologie médicale.

– radiologie et imagerie médicale.

– explorations fonctionnelles.

– médicaments admis au remboursement.

– poches de sang humain et dérivés sanguins.

– dispositifs médicaux et implants nécessaires aux différents actes médicaux et chirurgicaux


compte tenu de la nature de la maladie ou de l'accident et du type de dispositifs ou d’implants.

– appareils de prothèse et d'orthèse médicales admis au remboursement.

– lunetterie médicale.

36
– soins bucco-dentaires.

– orthodontie pour les enfants.

– actes de rééducation fonctionnelle et de kinésithérapie.

– actes paramédicaux.

➢ Prestations exclues de la prise en charge :

Sont exclues du champ des prestations garanties par l'assurance maladie obligatoire de base :
les interventions de chirurgie esthétique, les cures thermales, l'acupuncture, la mésothérapie, la
thalassothérapie, l'homéopathie et les prestations dispensées dans le cadre de la médecine dite
douce.

c) L’extension de l’AMO aux Travailleurs Non-Salariés (TNS)

• Depuis 2021, l’AMO a été généralisée aux travailleurs indépendants (artisans,


commerçants, agriculteurs, chauffeurs de taxi, professions libérales…).
• Gestion assurée par la CNSS.
• Les TNS cotisent en fonction de leurs revenus déclarés et bénéficient des mêmes
avantages que les salariés.
2.2. Les Mutuelles et Assurances Complémentaires

En plus des régimes obligatoires, de nombreuses personnes souscrivent à des mutuelles ou des
assurances privées pour améliorer leur couverture médicale.

a) Les mutuelles de santé

• Ce sont des organismes à but non lucratif qui proposent des assurances complémentaires
aux travailleurs et retraités.
• Exemples de mutuelles au Maroc :
• Mutuelle Générale du Personnel des Administrations Publiques (MGPAP)
• Mutuelle des Travailleurs de l’Éducation et de la Culture (MUTEC)
• Permettent de couvrir les soins non remboursés par l’AMO (prothèses dentaires, soins
optiques…).

b) Les assurances privées

• Offrent une couverture supplémentaire ou complète pour les soins dans le secteur privé.

37
• Possibilité de remboursement intégral des consultations et hospitalisations en clinique.
• Exemples d’assurances : Saham, Atlanta, Wafa Assurance.

2.3. Le Paiement Direct des Soins

Malgré l’existence des régimes de couverture médicale, une partie de la population continue de
payer directement ses soins sans bénéficier de remboursement.

a) Qui est concerné ?

• Les travailleurs du secteur informel non couverts par l’AMO.


• Les patients qui choisissent de se faire soigner dans le secteur privé sans assurance.
b) Conséquences du paiement direct

Conséquences négatives :

• Coût élevé des soins hospitaliers et des médicaments.


• Risque de renoncement aux soins faute de moyens financiers.
• Endettement des familles en cas de maladie grave.

Exemple : Un patient non assuré doit payer intégralement son traitement pour une
hospitalisation en clinique privée, ce qui peut représenter plusieurs milliers de dirhams.

3. La couverture médicale de base


Le Maroc a entamé la réforme du financement de la santé par l’adoption de la loi n° 65-00
portant code de la couverture médicale de base dont l’objectif est de permettre :
• De consolider et de faire converger toutes les actions vers l’objectif commun d’une
couverture sanitaire universelle.
• D’assurer, à toute la population, l’égalité et l’équité dans l’accès aux soins sans que cela
n’entraîne des difficultés financières pour les usagers.

Deux volets de la CMB : AMO, RAMED.

AMO : fondée sur les principes et les techniques de l'assurance sociale au profit des personnes
exerçant une activité lucrative, des titulaires de pension.

RAMED : fondée sur les principes de l'assistance sociale et de la solidarité nationale au profit
de la population démunie.

38
- 18 août 2005, mise en place effective de l’AMO, instituée par la loi 65-00 portant code
de la CMB, promulguée par le Dahir 1-02- 296 du 3 octobre 2002,
- 04 novembre 2008 lancement de l’expérience pilote du RAMED;
- 13 mars 2012 lancement de la Généralisation du RAMED;
- 13 janvier 2016 entrée en vigueur AMO pour les étudiants immatriculés à la CNOPS
- Juin 2017 adoption par le parlement de la loi 98-15 pour la couverture des travailleurs
non salariés;
- Fin 2019, entrée en vigueur AMO pour trois catégories des TNS.

Depuis l’entrée en vigueur de la loi 65-00 portant code de la couverture médicale de base en
2005, des progrès substantiels ont été réalisés en matière de la généralisation de la couverture
médicale à toute la population marocaine.
En effet, le taux de couverture médicale est passé de 16% en 2005 à 64% en 2018 et à 70,4 %
e, 2020.
Ceci est le résultat de la mise en œuvre de l’Assurance Maladie Obligatoire (AMO) pour les
fonctionnaires du secteur public et les employés du secteur privé, la généralisation du RAMED
en Mars 2012 et la mise en œuvre de l’AMO au profit des étudiants à partir de 2016.

➢ Panier de Soins AMO

- Soins préventifs et curatifs liés aux programmes prioritaires entrant dans le cadre de la
- politique sanitaire de l' Etat
- Actes de médecine générale et de spécialités médicales et chirurgicales ;
- Soins relatifs au suivi de la grossesse, à l' accouchement et ses suites ;
- Hospitalisations;
- Analyses de biologie médicale ;
- Radiologie et imagerie médicale ;
- Médicaments admis au remboursement ;
- Poches de sang humain et dérivés sanguins ;
- Dispositifs médicaux et implants
- Articles de prothèse et d' orthèse médicales
- Lunetterie médicale ;
- Soins bucco-dentaires ;
- Orthodontie pour les enfants ;
- Actes de rééducation fonctionnelle et de kinésithérapie ;

39
- Actes paramédicaux

Chapitre 5. Les facteurs influençant la


consommation et la production des soins

40
L’offre et la demande de soins de santé sont influencées par plusieurs facteurs qui interagissent
de manière complexe. On peut classer ces facteurs en trois grandes catégories :

• Facteurs inhérents aux bénéficiaires (caractéristiques individuelles des patients).


• Facteurs liés au système de santé (organisation et performance des structures de soins).
• Facteurs socio-culturels et environnementaux (normes sociales, conditions de vie, accès
aux ressources).
Ces facteurs concernent les caractéristiques propres aux individus qui influencent leur recours
aux soins.

1. Facteurs inhérents aux bénéficiaires

➢ Facteurs démographiques
• Âge : Les enfants et les personnes âgées consomment généralement plus de soins
(vaccinations, maladies chroniques, soins gériatriques).
• Sexe : Les femmes consultent plus fréquemment les services de santé (suivi de
grossesse, gynécologie, contraception).

Exemple : Une femme enceinte aura plus de consultations médicales qu’un homme du même
âge en raison des suivis prénataux.

➢ Facteurs économiques

• Revenu : Un faible revenu limite l'accès aux soins (coût des consultations, des
médicaments).
• Couverture sociale : L’assurance maladie facilite l’accès aux soins, tandis que l’absence
de couverture peut être un frein.

Exemple : Une personne affiliée à l’AMO a plus de chances d’accéder aux soins qu’un
travailleur informel sans couverture médicale.

➢ Facteurs liés aux comportements individuels

• Niveau d’éducation : Un patient instruit a plus de chances de comprendre l'importance


des soins préventifs.

41
• Habitudes de santé : Le tabagisme, la sédentarité ou l’alcoolisme influencent le besoin
en soins.
Exemple : Une personne qui fume sera plus exposée aux maladies respiratoires, augmentant sa
consommation de soins.

2. Facteurs liés au système de santé


L'organisation et la qualité du système de santé influencent l’offre et la consommation des soins.

➢ Accessibilité géographique et infrastructure

• Présence d’hôpitaux et centres de santé : Une densité élevée de structures facilite l’accès
aux soins.
• Transports et distances : Un éloignement des structures peut décourager les patients.

Exemple : Dans les zones rurales, l’accès aux spécialistes est limité, ce qui peut retarder la prise
en charge des maladies.

➢ Qualité des soins et disponibilité des services

• Équipements et ressources humaines : Un hôpital bien équipé et doté de médecins


qualifiés offre de meilleurs soins.
• Temps d’attente : Un délai trop long pour une consultation peut dissuader certains
patients.

Exemple : Un patient atteint d’une maladie cardiaque nécessitant une intervention rapide peut
être mis sur une liste d’attente trop longue, ce qui peut nuire à sa santé.

➢ Systèmes de financement et couverture médicale

• Gratuité ou remboursement des soins : Les patients se soignent davantage si les coûts
sont pris en charge.
• Régimes d’assurance maladie : L’existence de programmes comme l’AMO ou l’AMO-
Tadamon influence le recours aux soins.

Exemple : Une personne bénéficiant du RAMED a accès aux hôpitaux publics, tandis qu’une
personne sans assurance pourrait éviter de consulter en raison du coût.

42
3. Facteurs socio- culturels et environnementaux.
L’environnement social et culturel joue un rôle crucial dans la consommation et la production
des soins.

➢ Facteurs culturels et croyances

• Représentation de la maladie : Certaines populations privilégient la médecine


traditionnelle à la médecine moderne.
• Tabous et stigmatisation : Certaines maladies (ex. : santé mentale, maladies
sexuellement transmissibles) sont mal perçues, limitant la demande de soins.

Exemple : Dans certaines cultures, la dépression est perçue comme une faiblesse, ce qui pousse
les malades à ne pas consulter.

➢ Niveau de sensibilisation et d’information

• Campagnes de prévention : Une population bien informée adopte de meilleurs


comportements de santé.
• Littératie en santé : Un patient qui comprend les symptômes de certaines maladies
consultera plus rapidement un médecin.

Exemple : Une campagne de sensibilisation sur le dépistage du cancer du sein augmente le taux
de consultation chez les femmes.

➢ Facteurs environnementaux

• Conditions de vie et pollution : Un environnement insalubre (eau contaminée, pollution


de l’air) augmente le risque de maladies.
• Conditions de travail : Certains métiers exposent à des risques spécifiques (exposition
aux produits chimiques, travail physique intense).

Exemple : Un ouvrier travaillant dans une usine avec des produits toxiques peut développer des
maladies pulmonaires nécessitant une prise en charge médicale.

43
Chapitre 6. Approche pour l'estimation du cout des
soins/couts fixes/cout variables

44
L’estimation des coûts des soins est essentielle pour la gestion des établissements de santé. Elle
permet d’assurer une allocation efficace des ressources et d’optimiser la prise en charge des
patients tout en maîtrisant les dépenses.

L’analyse des coûts en santé est essentielle pour comprendre comment les ressources
financières sont utilisées dans le secteur médical.

Elle permet de mieux gérer les budgets, de fixer des tarifs équitables et d’assurer une prise en
charge optimale des patients.

1. Utilisation des coûts et acteurs de la santé


1.1 Définition du coût des soins

Le coût des soins représente la somme des dépenses nécessaires à la prise en charge d’un patient
dans un système de santé. Il inclut toutes les ressources mobilisées pour offrir des soins
médicaux, allant des ressources humaines aux consommables et aux coûts de fonctionnement.

Le coût des soins peut être analysé sous différents angles : •

• Coût unitaire : Coût d’un acte médical ou d’une prestation spécifique (ex. : consultation,
hospitalisation, intervention chirurgicale).
• Coût total : Ensemble des dépenses liées à un établissement ou un système de soins sur
une période donnée.
• Coût marginal : Coût supplémentaire engendré par la prise en charge d’un patient
additionnel.

1.2 Les principaux éléments constituant le coût des soins :

➢ Les ressources humaines

Les professionnels de santé sont au cœur du système de soins, et leurs salaires constituent une
part importante des coûts hospitaliers.

• Médecins et chirurgiens : Consultations, interventions, suivi des patients.


• Infirmiers et aides-soignants : Administration des soins, surveillance des patients.
• Administrateurs et personnel de gestion : Planification des ressources, gestion des
dossiers médicaux.

45
• Personnel technique et logistique : Maintenance des équipements, gestion des stocks.

➢ Les équipements médicaux


Les équipements utilisés dans le diagnostic et le traitement des patients constituent un
investissement majeur dans le secteur de la santé.

• Appareils d’imagerie : IRM, scanners, échographes.


• Équipements chirurgicaux : Blocs opératoires, robots médicaux.
• Matériel de monitoring : Moniteurs cardiaques, ventilateurs, perfusions automatiques.

Ces équipements nécessitent également des coûts liés à leur maintenance et remplacement.

➢ Les consommables médicaux


Les consommables sont des produits utilisés directement pour la prise en charge des patients.

• Médicaments : Antibiotiques, antidouleurs, vaccins.


• Matériel de soins : Pansements, compresses, seringues, gants stériles.
• Réactifs de laboratoire : Tests biologiques, sang pour les transfusions.

➢ Les coûts de fonctionnement

Les établissements de santé doivent supporter divers coûts liés à leur fonctionnement quotidien.

• Énergie et fluides : Électricité, eau, oxygène médical.


• Transport et logistique : Ambulances, transferts de patients.
• Systèmes d’information : Dossiers médicaux électroniques, logiciels de gestion
hospitalière.
• Entretien et sécurité : Nettoyage des locaux, protection contre les infections.

1. 3 Catégories de Coûts en Santé

L’analyse des coûts en santé permet de mieux comprendre la structure financière des
établissements médicaux et d’optimiser l’allocation des ressources. Les coûts peuvent être
classés selon plusieurs critères, notamment leur nature et leur variabilité

➢ Coûts directs

Les coûts directs représentent les dépenses directement liées à la prestation des soins. Ils sont
engagés pour diagnostiquer, traiter ou surveiller une maladie et sont facilement identifiables
dans les budgets des hôpitaux et cliniques.

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Exemples de coûts directs :

• Consultations médicales : Honoraires des médecins et spécialistes.


• Hospitalisations : Coût des chambres, soins infirmiers, alimentation des patients.
• Médicaments et traitements : Antibiotiques, chimiothérapies, vaccins.
• Examens diagnostiques : Radiographies, scanners, IRM, analyses biologiques.
• Interventions chirurgicales : Frais de bloc opératoire, anesthésie, matériel chirurgical.

➢ Coûts indirects

Un coût indirect est une dépense qui ne peut pas être directement rattachée à une prestation, un
service ou un produit spécifique. Il concerne plusieurs activités en même temps et nécessite une
clé de répartition pour être attribué aux différents services ou prestations.

• Exemples de coûts indirects :

• Salaires du personnel administratif (secrétaires, comptabilité, direction)


• Électricité utilisée pour tout l’hôpital
• Entretien et nettoyage des salles d’opération
➢ Coûts fixes

Les coûts fixes sont des dépenses qui ne varient pas en fonction du nombre de patients traités.
Ils restent constants sur une période donnée, quel que soit le volume d’activité de
l’établissement de santé.

Exemples de coûts fixes :

• Salaires du personnel médical et administratif.


• Loyers et charges immobilières des hôpitaux et cliniques.
• Amortissement des équipements médicaux (IRM, scanners, blocs opératoires).
• Maintenance et entretien des infrastructures hospitalières.

➢ Coûts variables

Les coûts variables sont les dépenses qui évoluent en fonction du volume d’activité. Plus
l’hôpital accueille de patients, plus ces coûts augmentent.

Exemples de coûts variables :


• Achat de médicaments et consommables : Gants, seringues, pansements.
• Examens et analyses médicales : Plus de patients = plus de tests en laboratoire.

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• Dépenses énergétiques : Augmentation de la consommation d’électricité et d’eau avec
plus de patients.

➢ Calcul du coût total des soins

Le coût total est la somme des coûts fixes et des coûts variables :

Cout total= Cout fixe + cout variable

1.4 Acteurs de la santé et rôle dans l’estimation des coûts

Plusieurs acteurs sont impliqués dans l’évaluation et le contrôle des coûts des soins :

• Les hôpitaux et cliniques : Gestion des budgets et optimisation des dépenses.


• Les assurances et mutuelles : Remboursement des soins et négociation des tarifs.
• L’État et les agences de santé : Régulation des coûts, subventions et financement des
infrastructures.
• Les patients : Paiement des frais médicaux restants (ticket modérateur, dépassements
d’honoraires).

2. Approche d'Estimation du Coût des Prestations

L'estimation du coût des prestations de santé repose sur plusieurs méthodes permettant d'évaluer
précisément les dépenses engagées :

2.1 La Comptabilité Analytique

La comptabilité analytique est une approche permettant d'analyser et de suivre les coûts des
prestations de santé selon les activités et les services hospitaliers. Elle repose sur plusieurs
principes :

Décomposition des coûts : Les coûts sont segmentés en fonction des différentes activités
hospitalières (consultations, chirurgie, hospitalisation) afin de mieux comprendre la répartition
des dépenses.

➢ Identification des coûts fixes et variables :


• Coûts fixes : Ces coûts ne varient pas en fonction de l'activité hospitalière, tels que les
salaires du personnel médical, les coûts d'infrastructure (bâtiments, équipements) et les
coûts administratifs.

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• Coûts variables : Ces coûts évoluent en fonction de l'utilisation des services, comme les
médicaments, les dispositifs médicaux, les consommables et les examens médicaux.
• Analyse des centres de coûts : La répartition des coûts par services (radiologie, bloc
opératoire, urgences) permet une meilleure gestion et une optimisation des ressources.
• Approche d'estimation du coût des prestations

2.2 La Méthode des Coûts Complets

La méthode des coûts complets permet d’attribuer l’ensemble des dépenses nécessaires à la
réalisation d’une prestation de santé en tenant compte des coûts directs et indirects :

• Identification des coûts directs : Ce sont les coûts directement attribuables à une
prestation donnée (consultation, intervention chirurgicale), tels que les honoraires
médicaux, les médicaments utilisés et les équipements spécifiques.

• Prise en compte des coûts indirects : Ces coûts concernent les charges qui ne sont
pas directement attribuables à une prestation unique mais qui sont nécessaires au
fonctionnement global (entretien des locaux, électricité, services administratifs).

• Allocation des coûts indirects via des clés de répartition : Les coûts indirects sont
répartis entre les différentes prestations en fonction de critères définis (temps
d'utilisation des équipements, surface des locaux utilisés, volume d'activité).

2.3 La Méthode ABC (Activity-Based Costing)

L’Activity-Based Costing (ABC) est une approche plus précise qui consiste à analyser les
processus et les activités pour attribuer les coûts aux prestations de manière plus fine :

• Identification des activités principales : Il s'agit de détailler toutes les tâches


impliquées dans une prestation de santé (accueil du patient, consultation, analyse de
laboratoire, intervention chirurgicale, suivi post-opératoire).

• Calcul des coûts des activités : Chaque activité consomme des ressources spécifiques
(temps du personnel, usage des équipements, consommation de matériel) qui sont
évaluées individuellement.

• Répartition des coûts en fonction de la consommation réelle des ressources :


Contrairement à la méthode des coûts complets qui utilise des clés de répartition

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globales, la méthode ABC affecte les coûts aux prestations en fonction de leur
utilisation réelle des ressources.

• Avantages : Cette approche permet une meilleure compréhension des coûts et aide à
identifier les activités les plus coûteuses, favorisant ainsi l’optimisation des processus
et la réduction des gaspillages.

Chapitre 7. Impact de la maladie

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Les maladies, qu'elles soient aiguës ou chroniques, ont des répercussions à plusieurs niveaux :
individuel, familial, social et économique.

1. Impact de la maladie sur le plan individuel


Lorsqu’un individu est atteint d’une maladie, cela affecte son bien-être physique, mental et
émotionnel.

A. Impact physique

• Diminution des capacités fonctionnelles (ex. : difficulté à marcher pour une personne
ayant une maladie musculaire).

• Douleurs chroniques ou inconfort (ex. : arthrite, cancer).

• Fatigue et perte d’autonomie (ex. : besoin d’aide pour les gestes du quotidien).

B. Impact psychologique et émotionnel

• Stress et anxiété liés au diagnostic et à l’évolution de la maladie.

• Dépression due à la douleur ou à l’isolement.

• Perte d’estime de soi et frustration face aux limitations physiques.

C. Impact sur la qualité de vie

• Modification du mode de vie (ex. : régime alimentaire strict pour les diabétiques).

• Réduction des loisirs et des interactions sociales.

• Stigmatisation liée à certaines maladies (ex. : VIH, maladies mentales).

2. Impact de la maladie sur le plan familial


Une maladie affecte également la famille du patient, qui doit s’adapter à la situation.

A. Impact émotionnel sur la famille

• Stress et anxiété pour les proches, surtout en cas de maladie grave.

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• Sentiment d’impuissance face à la souffrance du malade.

• Tensions familiales dues à l’accumulation des responsabilités.

B. Impact sur l’organisation familiale

• Réorganisation des rôles au sein du foyer (ex. : un enfant qui prend en charge ses parents
malades).

• Augmentation de la charge de travail pour les aidants familiaux.

• Nécessité d’adapter le logement aux besoins du malade (ex. : installation d’un lit
médicalisé).

C. Impact financier

• Hausse des dépenses médicales (médicaments, consultations, hospitalisations).

• Réduction des revenus si le malade ou un proche doit arrêter de travailler.

• Besoin d’un soutien financier ou d’une aide sociale.

3. Impact de la maladie sur le plan social et économique


Les maladies, surtout chroniques, ont un impact considérable sur la société et l’économie d’un
pays.

A. Impact social

• Augmentation du nombre de personnes en situation de handicap ou en perte


d’autonomie.

• Pression sur les services de santé et les structures d’accompagnement.

• Discrimination et exclusion sociale (ex. : rejet des personnes atteintes de maladies


stigmatisantes).

B. Impact économique

• Coût élevé des soins médicaux (hospitalisation, traitements de longue durée).

• Baisse de la productivité en raison des arrêts de travail prolongés.

• Augmentation des dépenses publiques en santé et en protection sociale.

La maladie ne touche pas seulement l’individu malade, mais a des répercussions importantes
sur son entourage et sur la société. Il est essentiel de mettre en place des politiques de
prévention, d’améliorer l’accès aux soins et d’accompagner les malades ainsi que leurs familles
pour atténuer ces impacts.

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