Cours Économie de Santé
Cours Économie de Santé
Semestre : S1
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1. La définition de la science économique
L'économie est la science qui étudie l'utilisation des ressources rares pour répondre aux besoins
de la société. Elle se focalise sur trois opérations essentielles :
2. Distribution : Répartition des ressources entre les individus via le marché ou l'État.
Elle s’intéresse aussi aux institutions qui facilitent ces échanges. En santé, l'économie aide à
optimiser l’allocation des ressources pour assurer un accès équitable et efficace aux soins.
L’économie, selon Raymond Barre, est la science qui étudie comment gérer des ressources
limitées face à des besoins illimités. Elle analyse les choix et comportements des individus et
des sociétés pour optimiser l’utilisation des moyens disponibles.
-Le besoin est un manque ressenti par l’homme, accompagné d’un désir ou d’une nécessité de
le combler. Il peut être physiologique (comme se nourrir) ou social (comme l’éducation).
-Les ressources rares sont les moyens disponibles pour satisfaire ces besoins, mais elles sont
limitées. Il y a deux types de rareté :
• Rareté absolue : les ressources existent en quantité fixe, comme l’eau potable ou certains
minerais.
• Rareté relative : elles sont disponibles mais insuffisantes par rapport à la demande,
comme le nombre de médecins dans certaines régions.
-Le comportement économique correspond aux décisions et actions prises par les individus et
les sociétés pour gérer ces ressources rares de manière optimale et répondre à leurs besoins.
C’est ce qui guide la production, la distribution et la consommation des biens et services.
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➢ En économie : 4 concepts fondamentaux
-La rareté des ressources a une dimension sociale, car elle oblige la société à faire des choix sur
la manière de les utiliser. Comme les besoins sont illimités et les ressources limitées, il faut
décider comment les répartir de manière optimale.
-Le choix ou la décision en économie repose sur l’allocation des ressources disponibles entre
différents usages. Par exemple, un gouvernement doit choisir entre investir dans la santé,
l’éducation ou les infrastructures en fonction des priorités du pays.
-Le coût d’opportunité correspond à ce que l’on sacrifie en faisant un choix. Si un budget est
alloué à un secteur, cela signifie qu’il ne pourra pas être utilisé ailleurs. L’objectif est donc
d’orienter les ressources vers leur meilleur usage possible.
-Enfin, l’efficience économique consiste à faire en sorte que les choix réalisés génèrent plus
de bénéfices que de coûts. Cela signifie utiliser les ressources de manière intelligente pour
maximiser la satisfaction des besoins avec le minimum de gaspillage.
Il existe un lien fort entre santé et économie. L’économie de la santé repose sur un compromis
: d’un côté, l’objectif est d’améliorer l’état de santé de la population en garantissant des soins
de qualité, et de l’autre, il faut optimiser les dépenses pour éviter le gaspillage des ressources.
L’économie de la santé est donc une branche de l’économie qui étudie la production et la
répartition des biens et services médicaux, c’est-à-dire comment sont financés, organisés et
accessibles les soins de santé. Elle s’intéresse aussi aux facteurs influençant le coût des soins et
à la fixation des prix dans le secteur médical.
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L’économie de la santé permet d’évaluer les coûts et l’efficience des soins et services médicaux.
Cela signifie analyser si les dépenses engagées produisent des résultats satisfaisants en termes
d’amélioration de la santé publique.
Enfin, cette discipline vise aussi à proposer des solutions aux défis économiques et financiers
du secteur de la santé, comme le financement des soins, la couverture médicale ou encore la
maîtrise des dépenses tout en garantissant une qualité de service optimale.
3. Le budget
Le budget est un outil essentiel de planification et de gestion financière. Il s’agit d’un document
qui anticipe les recettes et les dépenses sur une période donnée, généralement une année. Son
objectif est d’assurer une bonne répartition et un contrôle efficace des ressources pour éviter les
déséquilibres financiers.
-Le budget de fonctionnement : il couvre les dépenses courantes, comme les salaires du
personnel, l’achat de consommables médicaux et l’entretien des infrastructures.
-Le budget d’investissement : il est dédié aux projets à long terme, comme la construction d’un
nouvel hôpital ou l’achat d’équipements médicaux sophistiqués.
Ces budgets sont essentiels pour garantir une gestion optimale des ressources et assurer un bon
fonctionnement du système de santé
4. Le budget programme
Le budget programme est une approche plus moderne de la gestion budgétaire, différente du
budget traditionnel. Alors que ce dernier se contente d’allouer des ressources par type de
dépense (salaires, équipements, consommables…), le budget programme est orienté vers les
résultats et la performance.
Il fonctionne en définissant des programmes précis, chacun ayant des objectifs stratégiques
clairs et des indicateurs de suivi permettant d’évaluer l’impact des dépenses.
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- Il est basé sur des objectifs stratégiques, ce qui permet de lier les dépenses aux résultats
attendus.
Dans le secteur de la santé, cette approche permet d’optimiser les dépenses publiques en
assurant que chaque dirham investi contribue réellement à l’amélioration des soins et des
services médicaux.
Pour calculer le PIB, la méthode la plus courante repose sur la valeur ajoutée, qui représente
la richesse réellement créée par une entreprise ou une administration.
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• La somme des valeurs ajoutées de toutes les entreprises est égale à la valeur de la
production des biens et services finaux: c’est le PIB
◼ P.I.B. =V.A. brute des différents agents + impôts sur les produits (ex : TVA) -
subventions sur les produits.
• Récession : lorsque le PIB diminue, ce qui peut être préoccupant pour l’économie.
-Formule de PNB :
• PIB = Richesse créée dans le pays, quelle que soit l’origine des producteurs.
• PNB = Richesse créée par les ressortissants du pays, où qu’ils soient dans le monde.
Le PIB est l’indicateur économique le plus utilisé pour mesurer la croissance économique d’un
pays.
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5.3L'indice de développement humain (IDH)
L'indice de développement humain est un indice statistique évaluant le taux de
développement humain des pays du monde. Il se fondait alors sur trois critères :
◼ L'accès à l'éducation,
-Formule de IDH :
L'Indice de Développement Humain (IDH) est calculé à partir de trois dimensions essentielles
:
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2. L'accès à l'éducation (IÉducation) : Il prend en compte le nombre moyen d’années de
scolarisation des adultes et le nombre attendu d’années de scolarisation pour les enfants.
3. Le revenu par habitant (IRevenu) : Il est mesuré par le PIB par habitant en parité de
pouvoir d'achat (PPA), reflétant le niveau de vie.
La formule de l’IDH utilisée depuis 2011 est une moyenne géométrique des indices normalisés
des trois dimensions :
Cette approche permet de mieux refléter l’équilibre entre les trois dimensions, car si l’une des
composantes est très faible, l’IDH global sera fortement impacté.
En résumé, le PIB et le PNB évaluent la richesse économique, tandis que l’IDH donne une
vision plus globale du bien-être et du développement d’un pays
Dépenses courantes :
Dépenses d’investissement :
Ces dépenses sont essentielles pour garantir un accès aux soins de qualité et améliorer les
services de santé.
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8. La Consommation
La consommation désigne l’utilisation de biens et de services pour répondre aux besoins des
individus ou des entreprises.
• L’accessibilité financière : prise en charge par les assurances, coût des soins.
Exemple : Une consultation chez un médecin, l’achat de médicaments, une hospitalisation sont
des actes de consommation de soins.
9. Le Coût
Le coût représente la valeur des ressources utilisées pour produire un bien ou un service.
Le coût des soins correspond aux ressources nécessaires pour fournir un service de santé. On
distingue trois types de coûts :
• Coût d’opportunité : Ressources allouées à une activité qui ne peuvent plus être utilisées
pour une autre (ex. investir dans un hôpital au lieu de financer des campagnes de
prévention)..
L’analyse des coûts permet d’optimiser les dépenses de santé et d’assurer un accès aux soins
efficace et durable.
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Les agents économiques en santé sont les acteurs qui participent à l’organisation, au
financement et à la consommation des soins
Ces acteurs jouent un rôle central dans l’organisation et le financement du système de santé.
11.Les Partenariats
Les partenariats en santé sont des coopérations entre acteurs publics et privés visant à optimiser
la gestion des soins et des ressources.
➢ Types de Partenariats
◼ Partenariats Public-Privé (PPP) :
◼ Partenariats intersectoriels :
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Chapitre 2. Ressources du Système de Santé au
Maroc
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Production de ressources : La présence de certaines restrictions telles que la pénurie, la
mauvaise répartition inéquitable des différents Ets de santé entre le milieu urbain et le milieu
rural et entre les régions et la faible fidélisation des ressources humaines de santé dans les zones
éloignées et rurales compromettent la capacité à créer un système de santé optimal.
Depuis son indépendance, le Maroc a déployé de façon continue des efforts de renforcement de
l’infrastructure sanitaire :
– RESSP (2689 Centres de santé) : la desserte globale est passée d’un Etablissement /14.600
hab (1990), à un établissement /12.000 hab (2011), à un établissement / 12 238 hab (2017). 12
319 hab (2022).
– R.H. (159) : la capacité litière hospitalière publique fonctionnelle est passée de 25.715 (1997)
à 22.155 (2011), à 21 692 (2017), à 21 455 (2022).
1. Ressources Humaines :
Les systèmes de soins ne peuvent fonctionner sans personnel de santé. L’OMS classe le Maroc
parmi les 57 pays du monde souffrant d'une pénurie aiguë de personnel soignant, avec un ratio
de 1,64 professionnel de santé pour 1 000 habitants, alors que le seuil critique pour atteindre les
OMD est de 2,5.
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Le déficit quantitatif et qualitatif en ressources humaines est structurel et est aggravé par une
distribution déséquilibrée au niveau territorial et intra-régional.
Figure : Rapport du personnel de santé qualifié à la population (pour 10 000 hab) dans la
Région africaine OMS et dans le monde, 2006–2013
Les ressources humaines constituent l’actif le plus important et la ressource primordiale que le
système de santé doit développer pour créer les conditions nécessaires à une amélioration
continue de l’état de santé de la population. Malgré les efforts consentis, la situation des
ressources humaines est marquée par un déficit quantitatif et qualitatif de plus en plus
significatif, voire inquiétant.
Mar Alg Tun Egy Jor RU Fra Esp USA Tha Tur
Médecins 6,27 12,1 12,2 28,3 25,6 27,9 31,8 37,0 24,5 3,9 17,1
/10.000Hab.
Infirmiers
&
8,9 19,5 32,8 35,2 40,5 88,3 93,0 50,8 111 20,8 24,0
Sage-femme
17
/10.000
Hab.
Fig. : Densité d’infirmières et de sages-femmes dans la Région EMRO pour 10.000 hab. en 2017
Graphie : Lauréats des facultés de médecine marocaines entre 2008 et 2016 (DRH, 2017)
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Graphie : Lauréats du 1er cycle des ISPITS de 2003-2017 (DRH, 2016)
Tableau : Répartition des ressources humaines du secteur public par profil et par réseau, année
2022 4 (*)
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La répartition des ressources humaines dans le secteur de la santé montre une prédominance du
personnel paramédical (63% du total), avec une forte concentration d'infirmiers polyvalents et
de sages-femmes, soulignant leur rôle clé dans l'organisation des soins. Les médecins, bien que
nombreux (13 762), sont majoritairement concentrés dans les structures RH, tandis que les
RESSP disposent davantage de médecins généralistes et d'infirmiers polyvalents, traduisant un
certain effort de déploiement des soins de proximité. Cependant, les RISUM et REMS affichent
des effectifs plus réduits, ce qui peut interroger sur leur capacité à répondre aux besoins de
santé. Par ailleurs, la présence limitée de chirurgiens-dentistes (414) et de pharmaciens (183)
pourrait révéler un besoin d’augmentation de ces spécialités. Enfin, le personnel administratif
et technique reste en nombre réduit (7 374 au total), ce qui peut limiter le soutien aux structures
de soins. Il serait donc pertinent de rééquilibrer ces effectifs en renforçant certaines catégories
et en optimisant leur répartition territoriale pour une meilleure accessibilité aux soins.
Source : SCS/DPE/DPRF
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sages-femmes (6 216), dont la répartition est plus homogène mais toujours insuffisante dans
certaines zones. La catégorie "autres profils" (7 837) montre également des écarts notables selon
les régions. Ces inégalités pourraient justifier des ajustements dans la politique de répartition
des ressources humaines afin d’assurer un accès équitable aux soins sur l’ensemble du territoire.
• Dépenses de santé par habitant : Relativement faibles par rapport aux pays développés.
• Part importante des dépenses supportée par les ménages (paiement direct des soins,
médicaments, consultations privées).
Source : 5 DF/DPRF 6 Les comptes nationaux provisoires 2022, HCP 7 SEIS/DPE/DPRF 8 Comptes nationaux
de la santé, année 2018
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En 2022, le budget général du Ministère de la Santé et de la Protection Sociale s’élevait à 23
542 550 000 DH, représentant 7,14 % du budget total de l'État. Ce budget se répartit entre le
fonctionnement (6,87 % du budget de fonctionnement de l'État) et l'investissement (7,89 % du
budget d'investissement de l'État). Par ailleurs, le PIB par habitant pour cette même année était
de 36 274 DH, et le budget du Ministère de la Santé et de la Protection Sociale représentait 1,76
% du PIB aux prix courants. Ces chiffres traduisent l'importance des ressources allouées au
secteur de la santé et leur poids dans l'économie nationale.
Ce tableau présente des données sur les dépenses totales de santé (DTS), notamment la part
allouée à la consommation médicale (80 %) et le montant par habitant (1 384 DH). Il indique
également l'évolution annuelle moyenne de la DTS, qui a été de 2,9 % entre 2010 et 2013 et de
3,2 % entre 2013 et 2018. Les sources citées incluent les comptes nationaux de la santé et des
organismes gouvernementaux.
3. Ressources matérielles :
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Les ressources matérielles désignent l’ensemble des infrastructures et équipements nécessaires
au bon fonctionnement du système de santé.
➢ Infrastructures de santé
• Hôpitaux publics et CHU (Centres Hospitaliers Universitaires) : Fournissent des soins
spécialisés et des formations médicales.
• Centres de santé urbains et ruraux : Fournissent des soins de base et des services de
prévention.
• Cliniques privées : Offrent des services spécialisés avec un meilleur confort mais à des
coûts plus élevés.
• Laboratoires d’analyses médicales : Essentiels pour le diagnostic des maladies.
• Pharmacies : Assurent l’accès aux traitements.
Le Maroc a une dépendance totale v-à-v de l’étranger pour l’achat des équipements médicaux.
Son parc du secteur public est vétuste, mal réparti et très hétérogène (problème de gestion et de
maintenance).
L’investissement du secteur privé dans le domaine des équipements lourds est de plus en plus
important : 85% des scanners, 88% des mammographies, 80% des IRM.
Le Maroc reste très faible en matériel médico-hospitalier que ce soit en comparaison avec les
pays à développement similaire ou à la moyenne des pays de l’OCDE comme il est illustré au
niveau du tableau ci-après
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Tableau : Ressources matérielles du Maroc comparées au niveau mondial (OMS, 2014)
Rev inter
Mar Alg Tun Egy Jor RU Fra Esp USA Tha Tur Mex med sup
LITS 9,0 - 21,0 5 18,0 61,0 64,0 31,0 29,0 21,0 25,0 15,0 32
(10.000Hab)
Scanners 1,2 - 8,9 - 5,5 8,9 9,9 13,9 40,9 6,0 14,5 3,7 7,9
par Million (7,9)
hab.
IRM par 0,4 0,4 1,6 0,8 0,8 5,0 5,98 4,2 31,5 1,0 2,0 0,5 1,4
Million
Hab.
4. Sources de financement
Le financement de la santé au Maroc se caractérise par une multiplicité d’acteurs financeurs. Il
s’agit des sources publiques à travers les recettes fiscales de l’Etat, de la contribution de
l’assurance maladie (y compris les diverses formes d’assurances privées) et des sources privées
à travers les paiements directs des ménages.
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• Paiement direct des ménages (45,6%) : C'est la part la plus importante. Cela signifie que
près de la moitié des dépenses de santé sont financées directement par les citoyens, sans
passer par un intermédiaire comme l'assurance maladie ou l'État.
• Assurance maladie (29,3%) : Ce financement regroupe les cotisations versées par les
assurés à des organismes d'assurance santé (CNSS, CNOPS, mutuelles, assurances
privées).
• Ressources fiscales (24%) : Ce sont les fonds publics alloués par l’État à travers les
impôts et les taxes.
• Employeurs (hors couverture médicale) (0,4%) : Il s'agit de la contribution directe des
entreprises en dehors des assurances santé obligatoires.
• Autres (0,5%) et Coopération internationale (0,2%) : Très faible part du financement,
incluant les aides étrangères et autres contributions.
a) Budget de fonctionnement
Il couvre les dépenses courantes du système de santé :
• Salaires et rémunérations du personnel médical et administratif.
• Achat de médicaments et consommables médicaux.
• Frais de maintenance et d’entretien des infrastructures.
• Gestion des programmes de prévention et de sensibilisation.
b) Budget d’investissement
• Il est consacré aux projets à long terme, tels que :
• Construction et rénovation des hôpitaux et centres de santé.
• Achat d’équipements médicaux modernes.
• Mise en place de systèmes d’information et de digitalisation du secteur de la santé.
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Chapitre 3. Les principes de l'offre de soins
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1. Généralités
L’offre de soins au Maroc est encadrée par la Loi cadre 34-09, qui définit les principes,
l’organisation et la répartition des soins à travers le territoire national. Son objectif est d’assurer
un accès équitable aux soins, en garantissant une complémentarité entre les secteurs public et
privé.
Le système de santé repose sur plusieurs principes clés 1. (Art. 2 - Loi-cadre 34-09) :
L'État est responsable de la mise en œuvre de ces principes afin de garantir un accès universel
et de qualité aux soins de santé.
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L’offre de soins est structurée selon plusieurs critères :
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Ils constituent, à ce titre, des établissements de recours et d'appui pour le réseau des
établissements de soins de santé primaires ».
Le réseau de soins signifie le réseau de prise en charge des problèmes et risques particuliers de
santé selon une organisation horizontale non hiérarchisée au sein d’un même territoire sanitaire.
Alors que la filière est cette organisation verticale hiérarchisée de la prise en charge des patients
avec un premier contact d’accès aux soins, représenté par le Médecin Généraliste/Traitant
relevant du Public/Privé, et des niveaux de recours aux soins organisés selon la nature de la
morbidité et les protocoles thérapeutiques quand ils existent.
L'offre de soins a pour objet de (Art. 20-Loi cadre) :
‒ prévoir et susciter les évolutions nécessaires de l'offre de soins publique et privée,
‒ satisfaire de manière optimale les besoins en soins et services de santé de la population, 58
‒ réaliser l'harmonie et l'équité dans la répartition spatiale des ressources matérielles et
humaines,
- corriger les déséquilibres régionaux et intra-régionaux et maîtriser la croissance de l'offre.
L'offre de soins est établie selon :
L’offre de soins est constituée du secteur public et du secteur privé, qu'il soit à but lucratif ou
non.
Les deux secteurs doivent-être organisés de manière synergique afin de répondre de manière
efficiente aux besoins de santé.
.
29
Chapitre 4. Les systèmes de prise en charge des soins
de santé
30
Les systèmes de prise en charge des soins de santé sont essentiels pour assurer un accès
équitable aux soins pour l’ensemble de la population. Ces systèmes varient selon les pays et
sont influencés par des facteurs économiques, politiques et sociaux. L’objectif principal est
d’assurer la couverture des dépenses médicales afin d’éviter que les coûts des soins ne
deviennent un obstacle à la santé des citoyens.
EXEMPLES
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1.2 Le modèle Bismarckien (Assurance sociale obligatoire)
Description Ce modèle repose sur un financement par des cotisations sociales
obligatoires des employeurs et des salariés.
Pays Allemagne, France, Belgique, Pays-Bas.
appliquant ce
modèle
Principes • Les salariés et employeurs paient des cotisations à des caisses
d’assurance maladie.
• L’assurance est obligatoire pour tous les travailleurs.
• Le système est géré par des organismes indépendants sous
contrôle public.
Avantages • Accès étendu aux soins avec un large choix de prestataires.
• Qualité élevée des soins.
• Possibilité de souscrire à des assurances complémentaires.
Inconvénients • Coût élevé pour les employeurs et les travailleurs.
• Complexité administrative.
• Risque de déficits financiers des caisses d’assurance.
EXEMPLES
Aux États-Unis, un patient sans assurance doit payer ses soins de sa poche, ce qui peut
entraîner des dettes élevées en cas d’hospitalisation.
EXEMPLES
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L'AMO est un régime de couverture médicale obligatoire qui permet aux salariés et à certaines
catégories de citoyens de bénéficier d’un remboursement partiel ou total de leurs dépenses de
santé. Ce régime est géré par deux organismes principaux :
a) L’AMO pour le secteur privé – Gérée par la CNSS (Caisse Nationale de Sécurité
Sociale)
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* Pendant 24 mois pour le conjoint survivant et les enfants en cas de décès de l’assuré.
➢ Conditions pour en bénéficier de la mutuelle CNSS :
Il faut justifier de:
– 54 jours de cotisation pendant les 6 mois précédant la maladie ;
– paiement effectif des cotisations par l’employeur ;
– identification des membres de la famille de l’assuré ou du pensionné auprès de la CNSS ;
– déclaration des maladies longues et coûteuses à la CNSS.
b) L’AMO pour le secteur public – Gérée par la CNOPS (Caisse Nationale des
Organismes de Prévoyance Sociale)
– Victime des violations de droits de l’Homme de la période allant de 1956 à 1999 (Convention
conclue le 05/07/2007 entre l’Etat et Conseil Consultatif des Droits de l’Homme).
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– Instruire les demandes d’affiliation des employeurs et d’immatriculation des personnes
relevant de son ressort.
– Soins préventifs et curatifs liés aux programmes prioritaires entrant dans le cadre de la politique
sanitaire de l'état.
– soins liés à l'hospitalisation et aux interventions chirurgicales y compris les actes de Chirurgie
réparatrice.
– explorations fonctionnelles.
– lunetterie médicale.
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– soins bucco-dentaires.
– actes paramédicaux.
Sont exclues du champ des prestations garanties par l'assurance maladie obligatoire de base :
les interventions de chirurgie esthétique, les cures thermales, l'acupuncture, la mésothérapie, la
thalassothérapie, l'homéopathie et les prestations dispensées dans le cadre de la médecine dite
douce.
En plus des régimes obligatoires, de nombreuses personnes souscrivent à des mutuelles ou des
assurances privées pour améliorer leur couverture médicale.
• Ce sont des organismes à but non lucratif qui proposent des assurances complémentaires
aux travailleurs et retraités.
• Exemples de mutuelles au Maroc :
• Mutuelle Générale du Personnel des Administrations Publiques (MGPAP)
• Mutuelle des Travailleurs de l’Éducation et de la Culture (MUTEC)
• Permettent de couvrir les soins non remboursés par l’AMO (prothèses dentaires, soins
optiques…).
• Offrent une couverture supplémentaire ou complète pour les soins dans le secteur privé.
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• Possibilité de remboursement intégral des consultations et hospitalisations en clinique.
• Exemples d’assurances : Saham, Atlanta, Wafa Assurance.
Malgré l’existence des régimes de couverture médicale, une partie de la population continue de
payer directement ses soins sans bénéficier de remboursement.
Conséquences négatives :
Exemple : Un patient non assuré doit payer intégralement son traitement pour une
hospitalisation en clinique privée, ce qui peut représenter plusieurs milliers de dirhams.
AMO : fondée sur les principes et les techniques de l'assurance sociale au profit des personnes
exerçant une activité lucrative, des titulaires de pension.
RAMED : fondée sur les principes de l'assistance sociale et de la solidarité nationale au profit
de la population démunie.
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- 18 août 2005, mise en place effective de l’AMO, instituée par la loi 65-00 portant code
de la CMB, promulguée par le Dahir 1-02- 296 du 3 octobre 2002,
- 04 novembre 2008 lancement de l’expérience pilote du RAMED;
- 13 mars 2012 lancement de la Généralisation du RAMED;
- 13 janvier 2016 entrée en vigueur AMO pour les étudiants immatriculés à la CNOPS
- Juin 2017 adoption par le parlement de la loi 98-15 pour la couverture des travailleurs
non salariés;
- Fin 2019, entrée en vigueur AMO pour trois catégories des TNS.
Depuis l’entrée en vigueur de la loi 65-00 portant code de la couverture médicale de base en
2005, des progrès substantiels ont été réalisés en matière de la généralisation de la couverture
médicale à toute la population marocaine.
En effet, le taux de couverture médicale est passé de 16% en 2005 à 64% en 2018 et à 70,4 %
e, 2020.
Ceci est le résultat de la mise en œuvre de l’Assurance Maladie Obligatoire (AMO) pour les
fonctionnaires du secteur public et les employés du secteur privé, la généralisation du RAMED
en Mars 2012 et la mise en œuvre de l’AMO au profit des étudiants à partir de 2016.
- Soins préventifs et curatifs liés aux programmes prioritaires entrant dans le cadre de la
- politique sanitaire de l' Etat
- Actes de médecine générale et de spécialités médicales et chirurgicales ;
- Soins relatifs au suivi de la grossesse, à l' accouchement et ses suites ;
- Hospitalisations;
- Analyses de biologie médicale ;
- Radiologie et imagerie médicale ;
- Médicaments admis au remboursement ;
- Poches de sang humain et dérivés sanguins ;
- Dispositifs médicaux et implants
- Articles de prothèse et d' orthèse médicales
- Lunetterie médicale ;
- Soins bucco-dentaires ;
- Orthodontie pour les enfants ;
- Actes de rééducation fonctionnelle et de kinésithérapie ;
39
- Actes paramédicaux
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L’offre et la demande de soins de santé sont influencées par plusieurs facteurs qui interagissent
de manière complexe. On peut classer ces facteurs en trois grandes catégories :
➢ Facteurs démographiques
• Âge : Les enfants et les personnes âgées consomment généralement plus de soins
(vaccinations, maladies chroniques, soins gériatriques).
• Sexe : Les femmes consultent plus fréquemment les services de santé (suivi de
grossesse, gynécologie, contraception).
Exemple : Une femme enceinte aura plus de consultations médicales qu’un homme du même
âge en raison des suivis prénataux.
➢ Facteurs économiques
• Revenu : Un faible revenu limite l'accès aux soins (coût des consultations, des
médicaments).
• Couverture sociale : L’assurance maladie facilite l’accès aux soins, tandis que l’absence
de couverture peut être un frein.
Exemple : Une personne affiliée à l’AMO a plus de chances d’accéder aux soins qu’un
travailleur informel sans couverture médicale.
41
• Habitudes de santé : Le tabagisme, la sédentarité ou l’alcoolisme influencent le besoin
en soins.
Exemple : Une personne qui fume sera plus exposée aux maladies respiratoires, augmentant sa
consommation de soins.
• Présence d’hôpitaux et centres de santé : Une densité élevée de structures facilite l’accès
aux soins.
• Transports et distances : Un éloignement des structures peut décourager les patients.
Exemple : Dans les zones rurales, l’accès aux spécialistes est limité, ce qui peut retarder la prise
en charge des maladies.
Exemple : Un patient atteint d’une maladie cardiaque nécessitant une intervention rapide peut
être mis sur une liste d’attente trop longue, ce qui peut nuire à sa santé.
• Gratuité ou remboursement des soins : Les patients se soignent davantage si les coûts
sont pris en charge.
• Régimes d’assurance maladie : L’existence de programmes comme l’AMO ou l’AMO-
Tadamon influence le recours aux soins.
Exemple : Une personne bénéficiant du RAMED a accès aux hôpitaux publics, tandis qu’une
personne sans assurance pourrait éviter de consulter en raison du coût.
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3. Facteurs socio- culturels et environnementaux.
L’environnement social et culturel joue un rôle crucial dans la consommation et la production
des soins.
Exemple : Dans certaines cultures, la dépression est perçue comme une faiblesse, ce qui pousse
les malades à ne pas consulter.
Exemple : Une campagne de sensibilisation sur le dépistage du cancer du sein augmente le taux
de consultation chez les femmes.
➢ Facteurs environnementaux
Exemple : Un ouvrier travaillant dans une usine avec des produits toxiques peut développer des
maladies pulmonaires nécessitant une prise en charge médicale.
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Chapitre 6. Approche pour l'estimation du cout des
soins/couts fixes/cout variables
44
L’estimation des coûts des soins est essentielle pour la gestion des établissements de santé. Elle
permet d’assurer une allocation efficace des ressources et d’optimiser la prise en charge des
patients tout en maîtrisant les dépenses.
L’analyse des coûts en santé est essentielle pour comprendre comment les ressources
financières sont utilisées dans le secteur médical.
Elle permet de mieux gérer les budgets, de fixer des tarifs équitables et d’assurer une prise en
charge optimale des patients.
Le coût des soins représente la somme des dépenses nécessaires à la prise en charge d’un patient
dans un système de santé. Il inclut toutes les ressources mobilisées pour offrir des soins
médicaux, allant des ressources humaines aux consommables et aux coûts de fonctionnement.
• Coût unitaire : Coût d’un acte médical ou d’une prestation spécifique (ex. : consultation,
hospitalisation, intervention chirurgicale).
• Coût total : Ensemble des dépenses liées à un établissement ou un système de soins sur
une période donnée.
• Coût marginal : Coût supplémentaire engendré par la prise en charge d’un patient
additionnel.
Les professionnels de santé sont au cœur du système de soins, et leurs salaires constituent une
part importante des coûts hospitaliers.
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• Personnel technique et logistique : Maintenance des équipements, gestion des stocks.
Ces équipements nécessitent également des coûts liés à leur maintenance et remplacement.
Les établissements de santé doivent supporter divers coûts liés à leur fonctionnement quotidien.
L’analyse des coûts en santé permet de mieux comprendre la structure financière des
établissements médicaux et d’optimiser l’allocation des ressources. Les coûts peuvent être
classés selon plusieurs critères, notamment leur nature et leur variabilité
➢ Coûts directs
Les coûts directs représentent les dépenses directement liées à la prestation des soins. Ils sont
engagés pour diagnostiquer, traiter ou surveiller une maladie et sont facilement identifiables
dans les budgets des hôpitaux et cliniques.
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Exemples de coûts directs :
➢ Coûts indirects
Un coût indirect est une dépense qui ne peut pas être directement rattachée à une prestation, un
service ou un produit spécifique. Il concerne plusieurs activités en même temps et nécessite une
clé de répartition pour être attribué aux différents services ou prestations.
Les coûts fixes sont des dépenses qui ne varient pas en fonction du nombre de patients traités.
Ils restent constants sur une période donnée, quel que soit le volume d’activité de
l’établissement de santé.
➢ Coûts variables
Les coûts variables sont les dépenses qui évoluent en fonction du volume d’activité. Plus
l’hôpital accueille de patients, plus ces coûts augmentent.
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• Dépenses énergétiques : Augmentation de la consommation d’électricité et d’eau avec
plus de patients.
Le coût total est la somme des coûts fixes et des coûts variables :
Plusieurs acteurs sont impliqués dans l’évaluation et le contrôle des coûts des soins :
L'estimation du coût des prestations de santé repose sur plusieurs méthodes permettant d'évaluer
précisément les dépenses engagées :
La comptabilité analytique est une approche permettant d'analyser et de suivre les coûts des
prestations de santé selon les activités et les services hospitaliers. Elle repose sur plusieurs
principes :
Décomposition des coûts : Les coûts sont segmentés en fonction des différentes activités
hospitalières (consultations, chirurgie, hospitalisation) afin de mieux comprendre la répartition
des dépenses.
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• Coûts variables : Ces coûts évoluent en fonction de l'utilisation des services, comme les
médicaments, les dispositifs médicaux, les consommables et les examens médicaux.
• Analyse des centres de coûts : La répartition des coûts par services (radiologie, bloc
opératoire, urgences) permet une meilleure gestion et une optimisation des ressources.
• Approche d'estimation du coût des prestations
La méthode des coûts complets permet d’attribuer l’ensemble des dépenses nécessaires à la
réalisation d’une prestation de santé en tenant compte des coûts directs et indirects :
• Identification des coûts directs : Ce sont les coûts directement attribuables à une
prestation donnée (consultation, intervention chirurgicale), tels que les honoraires
médicaux, les médicaments utilisés et les équipements spécifiques.
• Prise en compte des coûts indirects : Ces coûts concernent les charges qui ne sont
pas directement attribuables à une prestation unique mais qui sont nécessaires au
fonctionnement global (entretien des locaux, électricité, services administratifs).
• Allocation des coûts indirects via des clés de répartition : Les coûts indirects sont
répartis entre les différentes prestations en fonction de critères définis (temps
d'utilisation des équipements, surface des locaux utilisés, volume d'activité).
L’Activity-Based Costing (ABC) est une approche plus précise qui consiste à analyser les
processus et les activités pour attribuer les coûts aux prestations de manière plus fine :
• Calcul des coûts des activités : Chaque activité consomme des ressources spécifiques
(temps du personnel, usage des équipements, consommation de matériel) qui sont
évaluées individuellement.
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globales, la méthode ABC affecte les coûts aux prestations en fonction de leur
utilisation réelle des ressources.
• Avantages : Cette approche permet une meilleure compréhension des coûts et aide à
identifier les activités les plus coûteuses, favorisant ainsi l’optimisation des processus
et la réduction des gaspillages.
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Les maladies, qu'elles soient aiguës ou chroniques, ont des répercussions à plusieurs niveaux :
individuel, familial, social et économique.
A. Impact physique
• Diminution des capacités fonctionnelles (ex. : difficulté à marcher pour une personne
ayant une maladie musculaire).
• Fatigue et perte d’autonomie (ex. : besoin d’aide pour les gestes du quotidien).
• Modification du mode de vie (ex. : régime alimentaire strict pour les diabétiques).
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• Sentiment d’impuissance face à la souffrance du malade.
• Réorganisation des rôles au sein du foyer (ex. : un enfant qui prend en charge ses parents
malades).
• Nécessité d’adapter le logement aux besoins du malade (ex. : installation d’un lit
médicalisé).
C. Impact financier
A. Impact social
B. Impact économique
La maladie ne touche pas seulement l’individu malade, mais a des répercussions importantes
sur son entourage et sur la société. Il est essentiel de mettre en place des politiques de
prévention, d’améliorer l’accès aux soins et d’accompagner les malades ainsi que leurs familles
pour atténuer ces impacts.
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