MP : Révisions
Questions
1- Le marché public est un contrat consensuel ou solennel ?
Il est à la fois consensuel et solennel car d’une part il nécessite un accord
de volonté créateur de droits et d’obligations.
C’est ainsi qu’il est soumis au principe de l’autonomie de la volonté qui
implique que les parties ne peuvent être tenues d’obligations ni
bénéficiaires de droits que si elles y ont consenti.
D’autre part il peut être solennel car c’est un contrat administratif écrit.
Cette exigence suppose que les droits et les obligations des parties soient
consignées dans un document écrit pour garantir la transparence, faciliter
la preuve, les contrôles et conférer un minimum de sécurité juridique.
2- Qu’est-ce qui distingue un marché de service d’un marché de prestation
intellectuelle ?
Un marché de service regroupe des services dont la personne publique a
besoin mais qui ne nécessite pas un savoir-faire, une connaissance
technique poussée de la part du prestataire tandis que les marchés de
prestations intellectuelles sont des prestations qui consistent en la
réalisation d’études, de travaux de recherches ou encore des services de
conseils qui ne se traduisent pas par un résultat physique mesurable ou
apparent.
3- Quelle est la différence entre une personne responsable des marchés et
une autorité contractante ?
l’autorité contractante est l’organisme ou la personne morale de droit
public signataire d’un contrat de partenariat tandis que la personne
responsable du marché est celle habilitée à signer le marché au nom de la
personne publique.
Elle est chargée de mettre en œuvre les procédures de passation et
d’exécution des marchés.
4- le principe du libre accès à la commande publique implique t-il qu’il soit
permis à toute personne intéressée par un marché public de participer à sa
passation ?
La liberté d’accès aux marchés publics signifie que les AC doivent
permettre à toute personne intéressée d’avoir librement connaissance des
besoins qu’elles émettent afin de choisir entre participer à la compétition
ou ne pas y participer. Ainsi, l’accès aux marchés publics doit être libre et
impartial et aucun obstacle ne doit y être érigé, sauf pour motif d’intérêt
général ou d’ordre public.
Cependant il y a des exceptions :
-Le CMP a dressé à son article 43 la liste de candidats interdits de
soumissionner aux marchés publics en raison de leur situation
économique et financière, de leur passé judiciaire et
de leur situation vis-à-vis de l’ARMP ; - En fonction de l’objet et du montant
du marché, l’accès n’est pas totalement libre car il est soumis au respect
de l’obligation de remplir les conditions spécifiques prévues par le CMP.
- En application de l’article 40 du CMP, il est demandé aux AC d’écarter les
candidats dont la participation à la procédure de passation du marché
aurait pour effet d’exposer au délit de prise illégale d’intérêts ou de conflit
d’intérêts.
6- Comment se fait le choix d’un mode de passation des marchés publics ?
Le choix d’un mode de passation peut se faire en fonction du montant
prévisionnel, dans ce cas ce sera un appel d’offre ouvert qui est une
procédure par laquelle une AC attribue le marché sans négociation, après
appel à la concurrence permettant ainsi une certaine transparence et une
ouverture de la procédure.
Le choix d’un mode est aussi guidée par l’objet ou les circonstances de
passation du marché.
Dans ce cas de figure ça peut être un appel d’offre restreint (C’est une
procédure qui permet à la PRM de sélectionner les entreprises avant de
remettre en concurrence, les seules entreprises ainsi choisies à l’avance)
ou un marché par entente directe (lorsque l’AC engage directement les
discussions avec un ou plusieurs opérateurs économiques et attribue le
marché au candidat qu’elle a retenu).
Il y a également le choix de l’offre spontanée, dans cette procédure, l’offre
de travaux, de fournitures ou de services n’est pas provoquée par l’AC mais
provient de l’initiative d’un opérateur économique. En d’autres termes, les
travaux, les fournitures et les services sont définis non pas par l’AC mais
par un opérateur économique tant dans leur nature que dans leur étendue.
Enfin le choix des marchés de prestation intellectuelle lorsqu’il faut réaliser
des travaux de recherche, des services de conseils…
7- Pourquoi l’entente directe est une procédure dérogatoire de passation
des marchés publics?
Il y a ED lorsque l’AC engage directement les discussions avec un ou
plusieurs opérateurs économiques et attribue le marché au candidat qu’elle
a retenu. En ce sens elle s’oppose à l’atteinte des objectifs de transparence
et de libre concurrence.
8- Qu’est-ce qui justifie le fait que l’appel d’offre ouvert soit la procédure
normale de passation des marchés publics ?
l’article 60. 3 du CMP qui précise que « l’appel d’offres ouvert constitue le
mode de passation des marchés auquel les autorités contractantes doivent
recourir par principe ».
Une procédure transparente : la publicité constitue la première étape d’un
appel d’offre ouvert. Elle est particulièrement importante dans la mesure où
elle fige le reste de la procédure en fixant le contenu mais également les
éléments de la mise en concurrence, en établissant, par exemple, les
critères d’analyses des candidatures et des offres.
Une procédure ouverte : tout candidat qui n’est pas exclu par lest textes
peut remettre une offre. Elle obéit à la logique de la libre concurrence et à
l’égalité de traitement des candidats. L’autorité ne détermine pas, à
l’avance, les candidats autorisés à participer à la procédure.
• Une procédure respectueuse des délais A compter de la
publicité de l’AAO, les candidats ont un délai minimum de 30 jours
calendaires pour déposer leurs dossiers de soumission (art. 63 du CMP)
- Délai suffisant : car presque tous les éléments du marché sont déjà
connus à travers les PPM, les avis généraux : les candidats sont déjà
informés - Délai minimal : les autorités contractantes ont la possibilité
de le dépasser - Le délai peut être réduit de 5 jours lorsque la procédure
a été faite par internet (La dématérialisation des procédures).
9- Définissez les notions et expressions suivantes :
Le marché public :Le Décret n°2014-1212 portant Code des marchés
publics (CMP) dispose que le marché public est un « contrat écrit, conclu à
titre onéreux par une Autorité contractante pour répondre à ses besoins en
matière de travaux, de fournitures ou de services ou à des besoins
combinant ces différentes catégories »
Le candidat à un marché public : Un candidat est un opérateur économique
qui demande à participer ou est invité à participer à une procédure de
passation d’un contrat de la commande publique.
L'attributaire d'un marché public : est le soumissionnaire classé premier à
l'issue de l'analyse des offres. Il devient titulaire suite à transmission des
pièces fiscales et sociales attestant de la régularité de sa situation et suite
à notification du marché.
La Cellule de Passation des Marchés publics est l’organe ayant pour
principale mission la planification, l'examen et le suivi de l'exécution
des marchés publics.
les AGPM sont des documents de pré information. Ce sont des avis de
publicité par lesquels les AC alertent les opérateurs économiques de leur
intention de lancer un marché mais ne les lancent pas encore.
Ils sont conçus au nom de la transparence et de la libre concurrence pour
leur permettre de connaître assez précocement les intentions des AC de
passer tel ou tel marché afin de s’y préparer en conséquence.
Un soumissionnaire est un opérateur économique qui présente une offre
dans le cadre d’une procédure de passation d’un contrat de marché public.
Le titulaire est celui qui a la qualité de cocontractant de l’administration
quand le contrat aura été signé.
10- le choix d’un mode de passation des marchés publics est-il la
manifestation d’un pouvoir discrétionnaire ou d’un pouvoir lié de l’AC ?
Non, le choix d’un mode de passation d’un marché public est lié soit par
l’objet ou les circonstances de passation du marché soit par le montant
prévisionnel soit par d’autres modes spécifiques (Les marchés de
prestations intellectuelles, l’offre spontanée)
11- Quelle est la procédure à suivre pour un marché de prestation
intellectuelle ?
La passation d’un marché de prestations intellectuelles comporte deux
phases : une phase ouverte de présélection et une phase restreinte de
sélection.
A. La présélection des candidats
Durant la phase de présélection et lorsque le montant du marché est
supérieur ou égal aux seuils fixés à l’art. 53 du CMP, l’AC observe les
formalités suivantes :
• La publication d’un avis à manifestation d’intérêt (AMI).
• A compter de la publication de l’AMI, un délai minimum de
quinze (15) jours est imparti aux intéressés pour déposer leur candidature ;
• A l’expiration du délai, la commission dresse la liste des
candidats (short list) aptes à exécuter le marché en application des critères
publiés dans l’AMI.
• Le nombre de candidats à présélectionner ne peut, en principe,
être inférieur à trois.
B. La sélection du prestataire
Dans cette phase de sélection, l’AC adresse une demande de proposition
(DP) aux 3 premiers candidats sélectionnés au moins. Ils reçoivent un
dossier de consultation comprenant :
• Les termes de référence ;
• Une lettre d’invitation indiquant les critères de sélection et leur
mode d’application ainsi que le projet de marché ;
• l’indication des exclusions à la participation future aux
marchés de travaux, fournitures et services.
• la soumission des propositions s’effectue sous la forme d’une
enveloppe unique à l’intérieur de laquelle figurent l’enveloppe de l’offre
technique et celle de l’offre financière.
• l’ouverture des offres se fait aussi en deux étapes :
• - Ouvrir et évaluer les offres techniques en application des
critères définis ; - Ouvrir et comparer les offres des seuls
soumissionnaires techniquement qualifiés, c’est-à-dire, ceux dont les
offres techniques ont été jugées satisfaisantes.
12 - Présentez succinctement les critères de qualification des
soumissionnaires
Le processus de qualification du soumissionnaire comprend 3 critères :
⁃ la référence concernant les marchés analogues
⁃ Les moyens matériels et humains que tous les candidats
disposent pour exécuter le marché ;
⁃ Leur capacité financière.
13 -Pourquoi dit-on que le marche public est un contrat administratif écrit
et à titre onéreux ?
C’est un contrat administratif écrit.
Cette exigence suppose que les droits et les obligations des parties soient
consignées dans un document écrit pour garantir la transparence, faciliter
la preuve, les contrôles et conférer un minimum de sécurité juridique
C’est également un contrat administratif à titre onéreux.
La particularité du marché public est qu’il donne lieu à un mode de
rémunération unique : le paiement d’un prix par la personne publique.
Cette dernière verse le prix de la prestation ou du bien qui lui est fourni.
Ainsi chacune des parties reçoit de l’autre un avantage en contrepartie de
celui qu’elle procure.
14- Qu’est-ce qui rapproche un marché public d’une convention de
délégation de service public et d’un contrat de partenariat public privé ?
15- Est-il permis à l’attributaire d’un marché public de poursuivre son
exécution ?
L’attributaire est le soumissionnaire qui a été retenu et à qui le marché a
été confié.
Mais cette attribution est provisoire durant un délai de recours de 15 jours.
Quand le contrôle à priori pour vérifier la régularité aura été exercé et que le
délais de recours aura expiré on devient attributaire définitif.
16- En quoi est-il permis de soutenir que le marché public est un contrat
synallagmatique ?
l’article 1102 du code civil dispose que le contrat est
synallagmatique « lorsque les contractants s’obligent réciproquement les
uns envers les autres ».
Un marché public répond à ces principes généraux qui constituent la
formation de tout contrat.
Il est nécessairement un accord de volonté créateur de droits et
d’obligations.
C’est un contrat synallagmatique en ce sens que les droits de l’une des
parties constituent les obligations de l’autre et vice et versa.
En contrepartie des travaux, fournitures et services, l’AC doit rémunérer son
cocontractant.
17- Quels sont les organes de l’ARMP ?
-Conseil de régulation : définit et oriente sa politique générale et, évalue sa
gestion dans les limites fixées par ses missions organiques ou statutaires.
-Comité de règlement des différends : il règle les litiges au sein des
marchés publics
-Direction Générale : elle est chargée de la gestion et de l’application de la
politique générale de l’ARMP, sous le contrôle du Conseil de Régulation, à
qui elle rend compte de sa gestion.
18- le rôle de la DCMP dans le dispositif institutionnel de gestion des
marchés publics ?
La Direction centrale des Marchés publics est chargée :
• d’assurer le contrôle a priori des procédures de passation et
d’attribution des marchés publics ;
• d’émettre des avis sur les décisions concernant l’attribution des
marchés et d’accorder, à la demande des autorités contractantes, les
autorisations et dérogations nécessaires lorsqu’elles sont prévues par la
réglementation en vigueur ;
• d’assurer en relation avec l’Autorité de Régulation des Marchés
publics, la formation, l’information et le conseil de l’ensemble des acteurs
de la commande publique sur la réglementation et les procédures
applicables ;
• de contribuer, en relation avec l’autorité de Régulation des
Marchés publics, à la collecte et à l’analyse des données ainsi qu’à
l’établissement des statistiques sur les marchés publics ;
• d’effectuer un examen juridique et technique, avant leur
approbation, des projets de marchés publics;
• d’assurer le suivi de l’exécution des marchés publics.