Chapitre 0 Énergie & Environnement, c’est quoi
au juste ?
Chapitre 0 Énergie & Environnement,
c’est quoi au juste ? ---------------------------------------------------------------
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1. L’énergie, c’est quoi au juste ?
1.1. Définitions
Plusieurs définitions peuvent être attribuées au terme « énergie », selon le
domaine ou/et le contexte d’étude. Par exemple, les définitions suivantes
données par la littérature peuvent être citées :
• L’énergie est tout ce qui permet d’agir : sans elle, rien ne se passe, pas
de mouvement, pas de lumière, pas de vie.
• Autrement dit, l’énergie caractérise la capacité à modifier un état, à
produire un travail entraînant un mouvement, ou produisant par
exemple de la lumière, de la chaleur ou de l’électricité.
2
• En outre, la réalisation de plusieurs phénomènes naturels n’est permise
que par l’énergie : croissance des plantes, vent, courants des rivières,
vagues, chute d’objets, …
• Un tel terme est utilisé également en technologie et en économie afin
d’évoquer les ressources énergétiques (consommation, développement,
épuisement et impact écologique).
1.2. Caractéristiques de l’énergie
1.2.1. Énergies primaires
Les énergies primaires sont celles que l’on trouve dans la nature (à l’état
brut) comme par exemple :
• L’énergie des muscles ou encore l’énergie musculaire issue de la
nourriture.
• L’énergie hydraulique fournie par le mouvement de l’eau.
• L’énergie du vent ou encore l’énergie éolienne.
• L’énergie des combustibles (pétrole, gaz naturel, charbon, biomasse
…)
Cependant, l’électricité statique et l’électricité des éclairs, ne sont pas des
énergies primaires, car elles ne sont pas exploitables par l’homme.
A l’échelle industrielle, les énergies primaires sont réparties en :
3
Énergies Renouvelables (soleil, eau, vent, ..).
Énergies non renouvelables (énergies fossiles : pétrole, charbon, gaz et
énergie nucléaire).
Figure 1. Énergie primaire mondiale 2006. (Source : AIE)
1.2.2. Énergies secondaires
Les énergies secondaires résultent des transformations faites par l’être
humain sur les énergies primaires comme par exemple :
• L’électricité : produite à partir du gaz, du charbon, de l’eau, du vent
ou du soleil.
• Les carburants.
Il faut ensuite noter, que l’énergie secondaire est transformée en énergie
finale, telle que la lumière, la chaleur et l’énergie mécanique.
4
1.2.3. Quantité d’énergie
L’importance de la quantité d’énergie renfermée par une matière est
fonction des caractéristiques de cette dernière (position, masse, forme,
vitesse, ...).
Par exemple :
• En comprimant un ressort, la quantité d’énergie est proportionnelle à
son allongement.
En plaçant un corps à une hauteur donnée par rapport au sol, la
quantité d’énergie est proportionnelle à élévation.
• En déplaçant un corps, la quantité d’énergie renfermée par ce dernier
est d’autant plus importante que sa vitesse est élevée.
1.2.4. Transmission de l’énergie et son transformation
En réalité, l’énergie contenue dans la matière n’est pas visible mais par
contre la lumière, le mouvement, le vent et les vagues, par exemple,
peuvent se manifester d’une manière ou d’une autre, pour la mettre en
évidence et par suite la rendre visible. Parmi les propriétés de l’énergie, il
y a sa transmission d’un corps à un autre, souvent par transformation,
mais elle n’est jamais créée ni détruite : lorsque l’on parle de production
d’énergie, il ne s’agit pas d’une création, mais d'une transformation.
L’énergie se présente sous plusieurs formes (thermique, cinétique,
électrique…) et l’une de ses propriétés essentielles est de pouvoir être
convertie d’une forme en une autre. En effet, toute action ou changement
d’état nécessite que de l’énergie soit échangée.
Elle est obtenue par :
• Combustion de carburants.
5
• Utilisation de l’électricité
• Utilisation de forces naturelles.
1.2.5. Unités de l’énergie
L’énergie exprime la force des phénomènes physiques, c’est une
quantité mesurable.
• Le joule (J) est l'unité de mesure de l'énergie de référence selon le
système international d'unités (SI).
Par définition, le joule est le travail d’une force d’un Newton dont le
point d’application se déplace d’un mètre dans la direction de la force.
Il représente une quantité d’énergie perçue comme petite dans
l’activité courante d’un être humain, ce qui handicape son usage dans
certaines circonstances. Aussi est-il parfois utilisé au travers de ses
multiples en milliers : kilojoule (kJ), mégajoule (MJ), gigajoule (GJ),
…
1 kJ =103 J 1 MJ = 106 J 1 GJ = 109 J
Dans la pratique, l'énergie est fréquemment mesurée en utilisant
d'autres unités que le joule : la tonne d'équivalent pétrole (tep), le
kilowatt-heure (KW.h ou kWh), le British Thermal Unit (BTU), la
thermie (th) qui est une unité ancienne d’énergie etc.
1 BTU = 1055 J 1 th = 106 cal = 4 185.5×103 J
• La tep permet de mesurer l'énergie calorifique d'une tonne de pétrole
‘moyen’.
Elle est souvent employée dans les bilans énergétiques :
1 ktep = 103 tep 1 Mtep = 106 tep
• Les confusions dans les unités en matière d'énergie sont courantes. Par
exemple, le kW est une unité de puissance tandis que le kWh désigne
une quantité d'énergie.
6
1 kWh = 3.6 ×106 J
1.3. Formes d’énergie
On parle souvent de deux genres ou formes d’énergie : le travail (noté W)
et la chaleur (notée Q).
Le travail : est un transfert ordonné d'énergie entre un système et le
milieu extérieur,
La chaleur : est un transfert désordonné d’énergie entre le système et le
milieu extérieur.
En outre, différentes formes d’énergie peuvent être distinguées :
• Énergie de position : cinétique et mécanique (associée au
mouvement).
• Énergie potentielle chimique.
• Énergie lumineuse.
• Énergie thermique.
• Énergie électrique.
• Énergie électromagnétique.
• Énergie potentielle.
1.3.1. Énergie mécanique
L’énergie mécanique est la somme des énergies cinétique et potentielle,
soit :
Emécanique = Ecinétique + Epotentielle
Énergie cinétique (Ec) qui est l’énergie des corps en mouvement.
Comme l’énergie des cours d’eau (énergie hydraulique) et celle du
vent (énergie éolienne). Elles peuvent être transformées en énergie
mécanique (moulin à eau, moulin à vent, pompe reliée à une éolienne)
ou en électricité, si elles entraînent un générateur.
7
Énergie potentielle (Ep) qui est l’énergie stockée dans les corps
immobiles. Elle dépend de la position de ces derniers. Comme son
nom l’indique, elle existe potentiellement, c’est-à-dire qu’elle ne se
manifeste que lorsqu’elle est convertie en énergie cinétique.
1.3.2. Énergie thermique (ou calorifique)
C’est la chaleur ou encore l’énergie calorifique. Elle est causée par
l’agitation, au sein de la matière, des molécules et des atomes en
représentant donc l'énergie cinétique d'un ensemble au repos.
• Dans une machine à vapeur : elle est transformée en énergie
mécanique.
• Dans une centrale thermique : elle est convertie en électricité.
Le sous-sol renferme de l’énergie thermique (géothermie), qui est
utilisée soit pour produire du chauffage, soit pour générer de
l’électricité.
1.3.3. Énergie chimique
C’est l’énergie associée aux liaisons entre les atomes constituant les
molécules. Certaines réactions chimiques sont capables de briser ces
liaisons, ce qui libère leur énergie ; de telles réactions sont dites
exothermiques comme la combustion par exemple.
Lors de la combustion, le pétrole, le gaz, le charbon (biomasse)
convertissent leur énergie chimique en chaleur et souvent en lumière
(Flamme). Dans les piles, les réactions électrochimiques donnent de
l’électricité.
8
1.3.4. Énergie rayonnante
C’est l’énergie transportée par les rayonnements telle que l’énergie
lumineuse et le rayonnement infrarouge émis, par exemple, par le soleil
ou les filaments des ampoules électriques.
9
L’énergie des rayonnements solaires peut être récupérée et convertie en
électricité (énergie photovoltaïque) ou en chaleur solaire (solaire
thermique).
1.3.5. Énergie nucléaire
C’est l’énergie stockée dans les atomes (dans les liaisons entre les
protons et les neutrons au niveau du noyau). En transformant les noyaux
atomiques, les réactions nucléaires s’accompagnent d’un dégagement de
chaleur.
Dans les centrales nucléaires, on réalise des réactions de fission des
noyaux d’uranium, et une partie de la chaleur dégagée est transformée
en électricité.
1.3.6. Énergie électrique
Il s’agit de l'énergie transférée d'un système à un autre grâce à
l'électricité. Les systèmes pouvant fournir ces transferts électriques sont
par exemple les alternateurs et les piles.
Les systèmes receveurs de ces transferts sont par exemple les
résistances, les lampes et les moteurs électriques.
10
Figure 2. La foudre illustre généralement l'énergie à l'état naturel.
Paradoxalement elle en contient assez peu. Sa violence vient surtout de
la rapidité et de l'extrême localisation du phénomène. (Source :
[Link]
11
2. L’environnement, c’est quoi au juste ?
2.1. Définitions
Plusieurs définitions, trouvées dans la littérature, peuvent être attribuées
au terme ‘‘Environnement’’, en effet :
• Environnement = Ensemble des éléments (biotiques ou abiotiques) qui
entourent un individu ou une espèce et dont certains contribuent
directement à subvenir à ses besoins.
• Environnement = Ensemble des conditions naturelles (physiques,
chimiques, biologiques) et culturelles (sociologiques).
• Environnement = Ensemble des éléments objectifs (qualité de l'air,
bruit, etc.) et subjectifs (beauté d'un paysage, qualité d'un site, etc.)
constituant le cadre de vie d'un individu.
• Environnement = Ensemble des éléments qui constituent le voisinage
d'un être vivant ou d'un groupe d'origine humaine, animale ou végétale
et qui sont susceptibles d'interagir avec lui directement ou
indirectement.
• Environnement = Contexte écologique global, c'est-à-dire l'ensemble
des conditions physiques, chimiques, biologiques climatiques,
géographiques et culturelles au sein desquelles se développent les
organismes vivants, et les êtres humains en particulier.
L'environnement inclut donc l'air, la terre, l'eau, les ressources
naturelles, la flore, la faune, les hommes et leurs interactions sociales.
12
2.2. Sciences de l’environnement
La science a connu un développement considérable au cours du dernier
siècle. Les connaissances scientifiques ont beaucoup progressé, en
particulier dans le domaine de l'environnement. Certaines disciplines
spécialement dédiées à l'environnement, qui n'existaient pas jusque-là
sont même apparues récemment, l'écologie peut en être l’exemple.
La mise au point de nouveaux moyens techniques, d'instruments de
mesures et d'observation, a fait considérablement avancer la
connaissance que nous avions de l'environnement, que ce soit au niveau
du fonctionnement des êtres vivants et des interactions avec leur milieu,
des écosystèmes. Les avancées de la physique et de la chimie nous ont
permis de comprendre le fonctionnement des végétaux et plus
globalement des corps vivants. L'avancée de la science a entraîné une
plus grande mesurabilité des impacts humains sur l'environnement, d'où
provient également une plus grande prise de conscience.
Les problématiques environnementales sont passées de problèmes
locaux, comme la protection d'une espèce, à des problèmes mondiaux
comme :
Le trou dans la couche
d'ozone. Le réchauffement
de la planète.
2.3. Gestion de l’environnement
La gestion de l’environnement consiste à :
• identifier les besoins et les contraintes de systèmes d’études
déterminés.
13
• chercher de nouvelles solutions pour la gestion quotidienne de
l’environnement.
Par conséquent, il faut savoir :
• identifier les aspects ainsi que les impacts environnementaux liés à
toute activité.
• analyser les exigences légales.
• aider à mettre en place puis à faire vivre des systèmes de management
de l’environnement adaptés qui permettent de :
pallier les impacts ou d’en limiter les effets ?
réduire les émissions polluantes dans les différents compartiments
environnementaux (eau, air, bruit, déchets, …)
d’optimiser les outils de production et leur rapport à
l’environnement.
14
Chapitre 1 Les différentes ressources d’énergie
Chapitre 1 Les différentes ressources d’énergie
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1. Introduction
Une source d’énergie est obtenue soit :
d’un élément naturel : l’eau, le vent, le soleil, la chaleur du sous-
sol. soit :
d’un phénomène naturel : la combustion, la fission nucléaire,
l’activité musculaire.
15
Le résultat est la production d’une énergie mécanique, thermique ou
électrique.
Les principales ressources énergétiques sont :
• Énergies fossiles : gaz naturel, charbon, pétrole.
• Énergie hydroélectrique.
• Énergie éolienne.
• Énergie nucléaire.
• Énergie solaire.
• Énergie géothermique.
On qualifie également l’énergie selon la source d’où elle est extraite ou
le moyen par lequel elle est acheminée, en effet il y a :
• Les énergies fossiles.
• L’énergie nucléaire.
• L’énergie de masse.
• L’énergie solaire.
• L’énergie électrique.
• L’énergie chimique.
• L’énergie thermique.
• L'énergie d’origine biomassique.
Il existe des sources d'énergie qui sont régénérées par des processus
naturels dans la mesure où on les exploite sans dépasser les limites de
cette capacité de régénération :
Ce sont les énergies renouvelables.
Les ressources énergétiques renouvelables sont exploitables sans limite
de durée à l'échelle humaine. Toutes les autres ressources énergétiques
sont des ressources non renouvelables.
16
2. Ressources énergétiques
Les ressources énergétiques (sources d’énergie) sont des réserves
naturelles d’une forme d’énergie donnée.
2.1. Ressources fossiles
Il s’agit du pétrole, du charbon, et du gaz naturel qui sont des ressources
d'énergie appelées fossiles. Les stocks ont été constitués à l'ère primaire
(il y a 250 millions d'années). Pendant des dizaines de millions d'années,
le rayonnement solaire a permis le développement des plantes et de la
biomasse en général; lorsqu'une petite partie de cette biomasse (moins
de 1%) s'est trouvée enfouie, elle a pu évoluer jusqu'à former du pétrole,
du gaz et du charbon. Le transfert d'énergie à partir de ces ressources
nécessite de les brûler : cette combustion est à l'origine de
l'augmentation des gaz à effet de serre (CO2 en particulier) dans
l'atmosphère.
Ces ressources assurent actuellement environ les trois quarts de nos
usages d'énergie à l'échelle mondiale.
2.2. Ressources fissiles
Il s’agit principalement de l’uranium dont les atomes constituent une
ressource d'énergie car leur fission libère de l'énergie. Ils sont extraits
d’un minerai.
La quantité d’uranium est donc limitée, les réserves sont estimées à
environ 100 ans. Si la fusion nucléaire (ayant lieu dans les étoiles)
venait à être maitrisée et rentable, il serait possible d’avoir une nouvelle
17
ressource d’énergie nucléaire constituée d'atomes tels que le deutérium
et le tritium (isotopes de l'hydrogène).
2.3. Vent (Énergie éolienne)
Le vent est un déplacement de l’air dans l’atmosphère. Il résulte, sous
l’effet du rayonnement solaire, d’une inégale répartition des conditions
de température et de pression dans l’atmosphère ainsi que de la rotation
de la terre sur elle-même.
2.4. Biomasse
La biomasse est l’ensemble des matières organiques, essentiellement
d'origine végétale, qui peuvent donner lieu à des combustions ou
permettent des combustions après transformations chimiques (le
méthane formé dans certains cas par la matière organique en l'absence
de dioxygène est un bon combustible). Même s'ils sont issus de
transformations chimiques de matière organique, les agrocarburants (ou
biocarburants) entrent également dans cette catégorie.
2.5. Terre (Énergie géothermique)
Notre planète est un système chaud dont la température est sans cesse
maintenue grâce aux éléments radioactifs qu'elle contient. En effet, la
terre s'est formée à partir des vestiges d’étoiles ayant explosé à la fin de
leurs vies. Parmi les poussières d’étoiles qui se sont accumulées pour
former la terre, certaines étaient constituées d'atomes radioactifs.
18
Les transformations nucléaires spontanées libèrent de l’énergie qui est
responsable d’un important échauffement des couches géologiques
situées sous la croute terrestre.
2.6. Soleil (Énergie solaire)
Le Soleil est une étoile naine jaune qui a mis environ 100 millions
d’années à se former il y a 4.5 milliards d’années, à partir des nuages
d’hydrogène d’une nébuleuse. Au sein du Soleil ont lieu des réactions
de fusion nucléaire (l’hydrogène se transforme en hélium) qui libèrent
de l’énergie par transfert thermique et par rayonnement. On prévoit que
ce mécanisme se poursuivra encore pendant 5 milliards d’années
environ jusqu’à épuisement du stock d’hydrogène et transformation du
soleil en géante rouge.
2.7. Eau
L’évaporation de l’eau, par l’action du rayonnement solaire, permet le
déplacement de quantités importantes d’eau sous la forme de nuages.
Les précipitations permettent de stocker de l’eau en altitude à l’aide de
retenues mais aussi d'alimenter les cours d'eau et les lacs. L'eau libérée
ou celle des cours d'eau peut faire tourner des turbines dans des
centrales hydroélectriques et permettre la production d’électricité
(énergie électrique).
2.8. Marées
Les marées sont les mouvements montants et descendants de l’eau des
mers et des océans causés par les interactions gravitationnelles entre ces
masses d’eau et la lune et le soleil.
19
Comme pour l’eau des cours d'eau, l’installation de centrales
hydroélectriques dans les zones de forts déplacements d’eau permet la
production d’électricité. Marées et courants sous-marins sont les seuls
cas de ressources qui ne désignent pas de la matière mais un évènement.
Figure 3. Énergies renouvelables dans le monde en 2005
(Source : [Link])
20
Figure 4. Énergies Renouvelables. (Source :
[Link])
21
Figure 5. Énergies renouvelables : Objectifs en 2020. (Source :
[Link])
22
Chapitre 2 Stockage de l'énergie
Chapitre 2 : Stockage de l'énergie
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1. Introduction
Le stockage de l'énergie est le placement d’une quantité d'énergie en un
lieu donné pour une utilisation ultérieure. Cela est nécessaire pour une
valorisation efficace qui concerne les énergies alternatives, sûres et
renouvelables mais intermittentes (éolien et solaire). Afin de stabiliser
les réseaux énergétiques et de lisser les irrégularités de
production/consommation dans le contexte de développement des
énergies renouvelables, l'alimentation énergétique de sites insulaires ou
isolés, le stockage de l’énergie calorifique ou électrique est quasiment
nécessaire.
23
Dans un souci qui concerne l’avenir et la planète, l’humanité doit puiser
son énergie à d'autres puits que ceux de pétrole. Mais cette nécessaire
transition vers les sources renouvelables, qui fait actuellement l’objet
d’un débat national, ne s'opérera qu’à une condition : parvenir à stocker
l’énergie. En effet, s'il est aujourd'hui plus ou moins simple de produire
de l’électricité, de la chaleur et même de l’hydrogène, stocker
durablement ces trois vecteurs d’énergie reste une véritable gageure
scientifique et technologique.
Figure 6. Schéma simplifié et de principe d'un système intégré de stockage dans un
réseau électrique, de type « Grid energy storage » ( Source : [Link] [Link])
Le stockage d'énergie de grille (ou stockage à grande échelle d'énergie)
est une collection des méthodes employées pour stocker l'énergie
électrique à grande échelle au sein d'un réseau électrique.
L'énergie électrique est stockée pendant les périodes où la production
(en particulier des centrales électriques intermittentes telles que les
24
sources d'électricité renouvelables comme l'énergie éolienne, la marée et
l'énergie solaire) dépasse la consommation et est retournée au réseau
lorsque la production tombe en dessous de la consommation.
2. Définitions
Pour la production d'énergie, le stockage est essentiel. Il est connu
couramment, dans la littérature, et économiquement chez les spécialistes
par « production d'énergie » :
• soit la transformation d'un stock d'énergie potentielle en une énergie
directement utilisable pour un travail ou un usage thermique.
• soit la transformation directe de flux d'énergie naturels, flux sur
lesquels l'humain n'a aucun contrôle. Ce sont les énergies
renouvelables, souvent issues du rayonnement solaire.
Selon les physiciens, il n'y a jamais production d'énergie, mais
transformation d'une énergie disponible dans la nature.
En outre, le stockage est la constitution d'un stock d'énergie potentielle à
partir de flux d’énergie dont on n'a pas l’usage immédiat, pour en
disposer plus tard, quand la demande sera plus importante.
La nature stocke naturellement de l'énergie par exemple avec la
biomasse "neuve" (non fossile), le cycle climatique de la terre (pluie,
neige...), les marées, …
Certains stockages naturels n'ont eu lieu qu'à l'échelle de temps
géologique (création du charbon, du pétrole et du gaz, formation des
étoiles et des éléments radioactifs dans les noyaux des planètes).
Aujourd'hui, les stocks d'énergies fossiles s'épuisent, leur
renouvellement étant infinitésimal à l'échelle de temps de la vie
25
humaine, raison pour laquelle ces ressources sont appelées non-
renouvelables et fossiles (Voir chapitres 0 & 1).
3. Intérêt du stockage de l’énergie
Le stockage d'énergie est un enjeu vital pour les sociétés humaines
et l'industrie.
L'indépendance énergétique est stratégique et économiquement
essentielle.
L’énergie doit impérativement être disponible à la demande, sans
coupure inopinée. Toute rupture d'approvisionnement a un coût
économiques et social élevé et en termes de santé et de sécurité. etc
;
Exemple : une coupure de courant dans un hôpital peut avoir des
conséquences désastreuses, ce pourquoi il est muni de plusieurs
groupes électrogènes de secours et de stocks de carburant.
En réalité, un stockage d'énergie est utile pour les fins suivantes :
• Sécurisation de l'approvisionnement en énergie d'un pays ou d'un
groupe de pays.
• Ajustement de la production d'énergie en fonction de la demande.
• Compensation de l'irrégularité de la production des énergies dites
intermittentes.
Besoins quantitatifs
Sécurisation de l’approvisionnement en énergie
Ajustement de la production d’énergie à la demande
26
Compensation de l’irrégularité de la production des énergies
intermittentes
Perspectives économiques et sociétales
4. Efficacité énergétique d’un stockage d’énergie
Sauf pour les moyens naturels de stockage d'énergie ambiante, comme
la lumière solaire dans la biomasse, le vent ou la pluie, le stockage
d'énergie est associé à l'opération inverse : l'opération consistant à
récupérer l'énergie stockée (le déstockage d'énergie). Les deux
opérations de stockage/déstockage constituent un cycle de stockage. À
la fin d'un cycle, le système de stockage retrouve son état initial; on a
alors régénéré le stockage.
L'efficacité énergétique d'un cycle correspond au rapport entre la
quantité d'énergie récupérée sur la quantité d'énergie que l'on a cherché
initialement à stocker. Ce rapport est généralement inférieur à 1, sauf
pour les moyens naturels de stockage d'énergie ambiante où il peut être
considéré comme infini.
L'efficacité énergétique d'un cycle de stockage d'énergie dépend
énormément de :
la nature du stockage
la nature et des systèmes physiques mis en œuvre pour le stockage
et le déstockage.
5. Grandes formes de stockage
Le stockage est directement lié à l'usage qu'on fait de l'énergie. On peut
citer les sections suivantes.
• Stockage de combustible.
27
• Stockage électrochimique.
• Stockage de calories. Stockage mécanique.
• Stockage sous forme d'énergie potentielle de pesanteur.
5.1. Stockage sous forme d'énergie chimique
Le stockage sous forme d'énergie chimique est très utilisé mais ne
représente pas le mode de stockage le plus important en termes de
MWh. Énergie chimique de la biomasse : issue de l'énergie solaire
• Potentiel électrochimique et stockage de l'électricité
• Gaz
• Méthane
• Hydrogène
Stockage d'hydrogène gazeux
Stockage d'hydrogène liquide
Stockage sous forme de composés physiques ou chimiques
(libération facile du gaz).
5.2. Stockage sous forme d’énergie mécanique
Le stockage sous forme d'énergie mécanique consiste à transformer
l'énergie excédentaire sous forme d'énergie potentielle ou cinétique.
• Stockage sous forme d’énergie potentielle
• Stockage hydraulique
• Masses solides
• Air comprimé
• Azote liquide
• Stockage sous forme d’énergie cinétique
28
5.3. Stockage d’énergie calorifique
Le stockage de chaleur peut être réalisé à travers deux phénomènes
différents associés aux matériaux qui assurent le stockage. On parle
alors de stockage par chaleur sensible et de stockage par chaleur latente.
• Le stockage par chaleur sensible
• Le stockage par chaleur latente
29
Chapitre 3 Consommations, réserves et évolutions
des ressources d’énergie
30
Chapitre 3 Consommations, réserves
et évolutions des ressources d’énergie
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1. Introduction
Les réserves mondiales prouvées d'énergies non renouvelables (fossiles
et uranium) pouvaient être estimées en 2015 à 946 milliards de tonne
d'équivalent pétrole (tep), soit 80 ans de production au rythme actuel.
Cette durée est très variable selon le type d'énergie : 51 ans pour le
pétrole, 53 ans pour le gaz naturel, 114 ans pour le charbon. La
production mondiale d'énergie commercialisée était en 2015, selon BP,
de 13306 Mtep, en progression de 48% depuis 1998 ; elle se répartissait
en 32.8% de pétrole, 28.8% de charbon, 24% de gaz naturel, 4.4% de
nucléaire et 10% d'énergies renouvelables (hydroélectricité 6.7%, éolien
1.4%, biomasse et géothermie 0.9%, biocarburants 0.6%, solaire 0.4%).
Depuis la révolution industrielle, la consommation d'énergie n'a cessé
d'augmenter. Elle a progressé de 122% en 40 ans, de 1973 à 2013. En
2009, à la suite de la crise de 2008, elle n'avait augmenté que de 1%. La
consommation énergétique mondiale (énergie primaire) était en 2013,
selon l'Agence internationale de l'énergie de 13.59 milliards de tep (6.1
en 1973).
31
2. Consommation énergétique mondiale
En 2013, environ 28% de l'énergie mondiale finale est consommée par
l'industrie,
27% par les transports, et 36% par le résidentiel, le tertiaire et
l’agriculture. Les 9% restants correspondent essentiellement au pétrole
utilisé pour produire du plastique et au charbon utilisé pour produire de
la fonte.
2.1. Consommation énergétique selon le type d'énergie utilisé
Une part importante des énergies primaires sont converties en électricité
et donc consommées sous forme d'électricité ou de chaleur. L'Agence
internationale de l'énergie fournit les estimations suivantes :
Tableau 1. Production et consommation finale d'énergie selon le type
d'énergie utilisé.
(Source : [Link]
Production Production
Consom. Part Consom. Variation Pa
d'énergie d'énergie
MTep finale dans la finale consom. dan
primaire primaire
1990 consom. 2013 2013/1990 cons
1990 2013
Pétrole 3 241 2 606 41% 4 216 3 716 +43% 40%
Gaz naturel 1 688 944 15% 2 909 1 401 +48% 15%
Charbon 2 225 766 12% 3 958 1 069 +40% 11%
Nucléaire 526 - - 646 - - -
Hydroélectricité 184 - - 326 - - -
Éolien, solaire,
37 3 - 162 34 ns 0.4
géoth.
32
Biomasse et
905 792 13% 1 376 1 130 +43% 12%
déchets
Électricité - 834 13% - 1 677 +101% 18%
Chaleur - 335 5% 2 273 -19% 3%
Total 8 806 6 281 100% 13 594 9 301 +48% 100
2.2. Consommation énergétique selon le secteur
L'Agence internationale de l'énergie fournit les estimations suivantes :
Tableau 2. Consommation énergétique selon le
secteur. (Source : [Link]
Consommation Consommation Variation
Part dans la Part dans
MTep finale finale consommation
consommation 2013/1990 consommat
1990 2013
Industrie 1 807 29% 2 702 +50% 29
Transport 1 576 25% 2 564 +63% 28
Résidentiel 1 528 24% 2 128 +39% 23
Tertiaire 463 7% 752 +62% 8
Agriculture
170 3% 203 +19% 2
+ pêche
Non spécifié 260 4% 131 -50% 1
Usages non
477 8% 821 +72% 9
énergétiques
Total 6 281 100% 9 301 +48% 100
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2.3. Consommation d'énergie par habitant
Figure 7. Consommation d'énergie mondiale en 2010 (kg équivalent
pétrole par habitant). (Source : World Data Bank 2010)
3. Réserves des ressources d'énergie
Il importe de distinguer les réserves qui sont les quantités que l'on peut
produire techniquement et économiquement des ressources qui sont les
quantités totales existantes mais qui ne sont pas forcément exploitables.
Les prévisions sur les réserves doivent souvent être revues compte tenu
des recherches nouvelles et de l'évolution des techniques. Depuis
longtemps l'épuisement des réserves pétrolières est programmé mais
toujours retardé dans le temps.. Aujourd'hui, les réserves prouvées
représenteraient 40 ans de consommation.
Les ressources ou réserves mondiales en énergie peuvent être
considérées comme inépuisables si l'on considère que :
34
• l'énergie solaire reçue en un jour par notre planète est environ trente
fois supérieure à notre consommation annuelle totale,
• l'énergie nucléaire pourrait devenir quasiment inépuisable si l'on
utilisait les filières de surgénération ou de fusion.
Cependant :
• L'énergie solaire est très peu concentrée ce qui pose des problèmes
économiques de rentabilité et d'espace ; de plus, l'irrégularité de sa
production pose le problème du stockage d'énergie ;
• L'énergie nucléaire pose des défis techniques et des problèmes de
sureté et de pollution (déchets) qui suscitent des oppositions.
Figure 8. Réserves mondiales d'énergies et production annuelle 2014 par
sources d’énergie.
(Source : [Link]
Tableau 3. Réserves mondiales d'énergies et production annuelle par
sources d’énergie.
(Source : [Link]
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Nombre
Réserves d'années
Réserves Réserves Production de
mondiales
mondiales mondiales annuelle
(en unité production
(en Gtep) (en %) (en Gtep)
physique) à ce
rythme
Pétrole 1 698 239 25% 4.4 51
Gbbl
Gaz naturel 187 Tm3 168 18% 3.2 53
Charbon 892 Gt 431 46% 3.83 114
Uranium 5.9 Mt 52 6% 0.58 90
Thorium 6.4 Mt 56 6% ns ns
Total conventionnel 946 100% 11.8 80
Hydroélectrique 8.9 PWh 2,0 0.89 Ns
Énergie 39 PWh 8,8 0.15 Ns
éolienne
Solaire 1 070 000 92 000 0.03 Ns
PWh
Biomasse 3 1021 J 70 1.38 Ns
4. Évolutions des ressources d’énergie
• La croissance économique détermine la consommation d'énergie. En
moyenne l'économie mondiale devrait croître d'environ 3% d'ici 2020
mais les disparités sont importantes.
• La Chine et l'Inde se situant aux alentours de 5%.
• Les pays en développement de l'ordre de 4 % et les pays de l'OCDE
aux environs de 2%.
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• L'OCDE (Organisation de coopération et de développement
économiques) demeurerait la plus riche avec 42% de la richesse
mondiale en 2020.
• La croissance économique est liée à la démographie. Les hypothèses
de croissance de la population sont de l'ordre de 1% par an. Là encore
avec des disparités importantes, la croissance serait beaucoup plus
importante dans les pays en développement que dans celle de l'OCDE.
• Les questions démographiques évoluent. La maîtrise de la procréation
a entraîné une transformation culturelle de première grandeur dont les
effets n'ont probablement pas fini de se faire sentir.
• En Europe, par exemple en Espagne et en Italie, la croissance
démographique était encore forte dans les années 50, elle a beaucoup
diminué ces dernières années entraînant des changements dans les
modes de vie.
• Ce phénomène se développe dans les pays méditerranéens et pourrait
s'étendre. Il est prévu une population de 7.4 milliards en 2020...et en
2050 : 8 ou 10 milliards ?
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