الجمهورية الجزائرية الديمقراطية الشعبية
Béjaïa (en kabyle ⴱⴳⴰⵢⵝ, Bgayet4 ; en arabe بجاية, Biǧāya, /bid͡ʒaːja/), également
[ ]
appelée anciennement Bougie en français, est une commune algérienne située en
bordure de la mer Méditerranée, à 220 km à l'est d'Alger. Elle est le chef-lieu de
la wilaya de Béjaïa et de la daïra de Béjaïa, en Kabylie.
Le site de la ville est peuplé depuis le paléolithique. Les
vestiges néolithiques retrouvés dans la région font partie de la
culture ibéromaurusienne. La ville est mentionnée dans les sources historiques à
partir du Ve siècle av. J.-C. comme faisant partie du monde libyque. Ouverte aux
échanges maritimes, la ville connaitra l'influence et un comptoir phénicien qui la fera
connaitre sous le nom de Salda et, à l'époque romaine, sous le nom de Saldae, elle
est promue capitale du royaume vandale avant d'être islamisée au VIIIe siècle. La
ville est prise par les Arabes en 708, puis mentionnée au Xe siècle par le
géographe andalou Abū ʿUbayd al-Bakrī qui parle d'une présence importante
d'Andalous.
Elle devient une prestigieuse capitale, mais également un foyer religieux, commercial
et savant de la Méditerranée sous la dynastie des
Berbères hammadides au XIe siècle, qui la prennent pour capitale en lieu et place de
la Qala'a des Béni Hammad. Après un intermède almohade, elle redevient la capitale
d'une branche des Hafsides puis siège un sultanat indépendant.
Réputée en Europe pour la qualité de ses chandelles faites de cire
d'abeille — auxquelles elle a donné son nom : les bougies — Béjaïa a également
joué un rôle important dans la diffusion en Occident des chiffres arabes et des
savoirs mathématiques locaux. Au Moyen Âge, des savants comme Raymond
Lulle, Leonardo Fibonacci et Ibn Khaldoun y étudient.
Après un déclin progressif et relatif amorcé au XVe siècle (du fait notamment de
reconfigurations dans le commerce mondial), Bejaïa conquise par les Espagnols en
1510 subit dès lors un net déclin qui se prolongera avec la reconquête par la régence
d'Alger en 1555. Elle perd substantiellement sa culture savante ; ses grands
établissements d'enseignement ne sont plus, ses grandes personnalités scientifiques
n'y sont plus (partis en d'autres grandes cités du Maghreb et du Proche-Orient) ;
seule subsiste l'institution théologique décentralisée des zaouïas. Elle est éclipsée, à
l’échelle du Maghreb Central, par Alger siège du pouvoir politique et de la marine.
Elle continue de tirer un certain prestige de ses mystiques religieux et de l'exportation
du bois issu de l'arrière-pays. Elle est prise par les Français en 1833. Elle continue
alors son déclin pour n'être plus qu'une ville portuaire moyenne, exportant des
productions agricoles locales, puis renoue avec un certain dynamisme à la fin
du XIXe siècle.
Lors de l'indépendance du pays, en 1962, elle retrouve un rôle culturel. En effet,
grande ville berbérophone, elle devient un des foyers de la revendication identitaire
berbère. Elle redevient aussi, progressivement, un port de première importance,
talonnant celui d'Alger et devançant Oran.