Arb 2
Arb 2
lArbitrage
Naila BARKALLAH-8OUGHAMMOURA
II Le déroulementde
l'Instance Arbitrale
organise la procédure àsujvre àdéfaut d'exercice par les parties de leur l1berte.
rotale est mise en route pour s'étendre jusgu'au moment de la reddition de la sentence
arbitrale. Aunombre des caractères généraux de la procédure arbitrale, rendre une sentence
dans les moindres délais (A), dans le respect des principes fondamentauxde la procédure
souplesse dont le 1levier repose sur la liberté concédée aux parties sous l'égide du tribuna
arbitral (2).
1:La célérité
rapidité quant à la durée d'un arbitrage appelle des précisions en matière de délais, d
suspension du délai ou encore de son extinction (1-1). Elle pose également la question
mission est fixé par les parties. Le fait de fixer un délai permet de mettre en exergue la
vigilance des arbitres et d'éviter que la procédure traine. En matière d'arbitrage interne, le
Code de l'arbitrage enferme la durée dans un délai qui ne doit pas dépasser 6 mois", mais
quipeut être prorogé par accord des parties ou conformément à un règlement d'arbitrage. La
maitrise des délais est ainsi un des traits marquant de la procédure arbitrale, I'obligation de
trancher le litige dans les plus brefs délais s'en retrouvant échue à l'arbitre09.
Dans ce cadre, il importe de signaler qu'au nombre des diligences procédurales objet
justiceprivée.
l'instar d'une question préjudicielle qui serait posée au tribunal arbitral alors qu'elle ne rentre
pas dans les limites de sa compétence mais dont les termes interviennent dans la solution du
manipulation de l'incident criminel par exemple emporte sous couvert d'une question
opérant une suspension. A vrai dire, la facture de l'article 27 exacerbe le risque de retards
« Dans ce cas le délai pour rendre la sentence est suspendu jusqu 'ànotification au tribunal
I'article 27. En exigeant une notification au tribunal arbitral de la décision c'est, à tout le
moins, une prolongation des délais de la suspension qui est entérinée par le législateur. ILa
solution laisse perplexe surtout qu'àl'article 25, en cas de suspension pour une demande de
révocation ou de récusation la solution est celle d'une reprise automatique. « Lorsqu 'une
demande de révocation ou de récusation d'un arbiire est présentée, la procédure d'arbitrage
est suspendue jusqu'à ce qu'il soit statué sur la demande » est-il énoncé, Force est de
reconnaître que faire reprendre l'instance aussitôt rendue la décision sur la révocation ou la
209 OUERFELLI (Ah.), L'arbitrage dans lajurisprudence tunisienne », Op. cit., spéc.p. 289, n°802.
210 Article 27 du Code de l'arbitrage.
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Oroit de CAbitrage Naila BARKALLAH-BOUGHAMMOURA
le déroulement de l'instance
Saon est de nature à perturber le moins longtemps possible
et en tout les cas de meilleure façon qu'à l'article 27. Or la Cour de Cassation a
aoltale,
arbitrale?!", Encensurant des décisions de fond respectant cette différence, la haute juridiction
rendu dans les cas visés aux articles 25 et 27, à savoir, révocation, récusation et question
fait le beau jeu des mesures dilatoires d'un litigant pouvant compter avec la rigueur des juges
du droit.
tribunal arbitralest contraint de mettre fin à sa mission par le prononcé d'une ordonnance
de clôture amène à plus de précisions. Les cas visés sont divers au sein des trois chapitres du
Code,certains relèvent du fait de I'arbitre?13, d'autres sont dus aux litigants et ont partie liée
avec la nature contractuelle de l'arbitrage. Dans cet ordre d'idée on relèvera notamment qu'au
sein des dispositions communes l'article 15 dispose que le tribunal arbitral met fin à la
procédure si les parties s'entendent pour régler le litige. Le même article ajoute que « Si les
32.
RJL 1999, n°5, page 147
La Cour affirme:
Saly Ual 27 sl
et s. cité
Jl ls
par L. CHEDLY
chd
in
deludsuall
Sp
dlansJdrssulal ald ua d
dl Jl Ll li guy ye cal Sal all l sll-Cdl, Jyula
V.aussi, l'arrêt de la C. Cass. N° 4399 du 22 mai 2001 (inédit), qui cassé de la Cour d'appel
a de Tunis, où la
Cour
affirme :
Lgcga..
Cité par L.CHEDLY,in «L'instance arbitrale ... » article précité.
59
Droiü de CArbitrage
Naila BARKALLAH-BOUGHAMMOURA
parties lui enfontla demande, et s'il n'vvoit nas d'obiection, le tribunal arbitral constate le
Jat par une sentence arbitrale rendue par gccord des parties ». Ainsi, le dénouement de
T'arbitrage se dèroule ici àpartir d'une articulation particulière :celle de la volonté des parties
Iitigantes d'abord ;puis celle éventuelle de 1'intervention de I'arbitre par la suite4, Somme
toute, la transaction est un accord d'abdication à l'instance négocié entre les parties.
Orchestrée par les parties en cours de procès arbitral, la transaction procède ici d'un échange
direct entre les litigants sans de
intervention l'arbitre. ni au niveau de l'initiative, ni àcelui de
sa réalisationi>, Aussi, lorsqu' elles s'accordent à placer la transaction conclue sous le sceau
de la confidentialité, les parties conviendront alorssimplement de mettre fin la procédure par
une ordonnance de clôture. Toutefois, après s'être accordées sur le dénouement du litige, les
parties peuvent estimer nécessaire de s'adresser I'arbitre pour renforcer l'autorité de
P'accord., en lui conférant force exécutoire. Cette situation correspondra à la reddition par
T'arbitred'une sentence arbitrale d'accord-parties. D'aucuns ont souligné que l'ordonnance de
clöture est une pratique courante en matière d'arbitrage
international2l6. L'article 76
circonscrit d'ailteurs 3 cas oùl'ordonnance de clôture peut être rendue:lorsque les parties
conviennent de clore la procédure à l'instar de l'article 15, lorsque le demandeur retire sa
demande,et enfin lorsque le tribunal arbitral estime que la poursuite de la procédure est
devenue non indispensable ou impossible. On relèvera que le retrait de la demande
d'arbitrageest toutefois conditionné :si le défendeur y fait objection et que le tribunal arbitral
lui reconnait un intérêt légitime, ellen'emporte aucun effet. La solution est à bon escient, elle
participe d'une limite légitime au
droit de retrait s'agissant de protéger les droits des deux
parties litigantes7. Le dernier cas visé est assorti d'une solution moins heureuse:
la
perspective d'une clôture abusive
au regard des droits de l'une des parties suffit à convaincre
214 Iln'est
pas indifférent de
relever que les
reprennent in extenso le règlements d'arbitrage institutionnel
texte de l'article
15 du code de du Centre Al Insaf et
sous le titre de sentence l'arbitrage à l'article
du CCAT
d'accord-parties. 45 pour l'un et 13 pour
le second
215 Latransaction pourrait
faire intervenir
prévoient
un tiers. Les
d'ailleurs règlements d'arbitrage du
respectivement au sein des articles Centre Al Insaf et du
commission d'Arbitrage et 13. 30 Au le CCAT
l'affaire en
doit présenter
ax
parties une soltion
terme de la
à première disposition, «
mettant cette
solution en
priorité sans que
l'amiable chaque étape à la
du
d'arbitrage ». La seconde cela portè déroulement de
retient que « préjudice aux droits des
parties ». durant toute la
procédure, le tribunal
parties ni
clauses ax
arbitral
cherche à concilier
216 GARA (N),Cocde de l'arbitrage
les
annoté,
Op.cit.spéc.p.242.
217 GARA (N.), Code de l 'arbiage
amnoté
p.ci.spéc.p.243.
60
Droit de Nalla BARKALLAH-BOUGHAMMOURA
Arbitrage
du danger de l'ordonnance de clôture dans cete dernière hypothèse d'autant qu'clle n'est
à faire place aux outils numériques porteurs d'un gain d'efficacitó quant au déroulement de la
la communication des pièces et des écritures en profitant des gains de temps et donc d'argent
découlant de leurs usages. Cependant, un état des lieux de notre législation amène àsouligner
l'absence de cadre juridique attenant à I'utilisation des nouvelles technologies dans le cadre
T'absence de normes claires n'est toutefois pas de nature à remettre en cause une
recours à l'arbitrage trouve son fondement dans la convention d'arbitrage laquelle est même
à
d'autoriser les parties et le tribunal arbitral à recourir aux outils numériques au moins quant à
un processus simple de dématérialisation, celui attenant à la communication électronique220.
En sus, l'article 453 bis ajouté par la loi n°2000-57 du 13 juin 2000 sur la signature et le
potentielle.En ce sens trouvent à être mis en exergue les principes posés par la Charte éthique
218 Jbid.
61
Nalla BARKALLAH-BOUGHAMMOURA
Orot de (Arbitrage
'Europe, A dessein de promouvoir la justice en ligne, la charte ónonce « cinq princlpes qul
devront êre respectés :les droits fondamentax et la protection des données personnelles, les
par le tribunal arbitral est signé à la fois par les parties et les arbitres. Il précise les points
litigieux que les arbitres auront à résoudre tout en délimitant la mission des arbitres et le cadre
demandes nouvelles en cours d'instance. Dans une procédure d'arbitrage internc, le procede
est moins usité, la convention d'arbitrage suffisant le plus souvent à circonscrire l'objet du
litige et définir les règles applicables à la procédure.
s'acquitter düment de ses fonctions, l'arbitre est doté des mêmes attributions que le juge
d'experts ou par tous actes pour lamanifestation de la vérité (all), Dans le même ordre
d'idée, il peut erjoindre une partie à produire un moyen de preuve (al 2) et il peut auditionner
toute personne qu'il estime utile d'entendre pour l'appréciation du litige (al 3), il peut même
désigner un de ses membres par écrit à dessein d'accomplir un acte déterminé (al 4).
Cependant, il faut souligner que les décisions de l'arbitre sur l'ensemble de ces points ne sont
pas directement exécutoires, faute
d'imperium (pouvoir de coercition : la possibilité de
disposer de la force publique pour faire exécuter par la force, si besoin est, un acte ou un
62
Oroit de
Nalla BARKALLAH-BOUGHAMMOURA
CArbitrage
de l'un des
Jgement ) puisque l'arbitre est un juge privé223 Confronté à l'obstruction
conduite
une section entière est consacrée
àla
de l'arbitrage interhational,
Sagissant
63 à 72 du troisième chapitre. On relèvera qu'elle
des articles
de la procédure arbitrale,
à 'arbitrage comme il le
l'arbitre qu'il échoit, au paragraphe 2 de l'article, de « procéder
245
66, article 67, article 68, article
69, article 70 et article 71.
ž24 Article 64, article 65, article
« Oui tient les rênes de l'instance arbitrale ? Volonté des parties dans l'instance
225 JARROSSON (Ch.),
63
Nalla BARKALLAH-BOUGHAMMOURA
Oroù de (Arbitrage
faute
probante, c'est-à-dire son résultat228, Le principe, bien établi, selon lequel l'arbitre,
Aussi, il advient qu'à partir du moment où les parties ont expressément dispose a une
ne tient plus les rênes de 1'instance arbitrale. Dans cette
exigence procédurale, l'arbitre
de blocage, la démission
mesure, quand l' administration d'une preuve conduit à une situation
procédure
interne et international
Le droit applicable à la procédure en matière d'arbitrage
que puisse être l'hypothèse retenue, l'arbitre doit respecter les principes directeurs du procès.
En effet, la lettre de l'article 13 du Code de l'Arbitrage, au dernier alinéa, impose que dans
tous les cas soient respectés les principes fondamentaux de la procédure civile et
228 En ce sens, REGNAULT (S.), « L'aménagement des règles de preuve », Actes de la réunion du 02 février
deprocédure : les regles de procédure sont-elles solubles dans le
2011. « La contractualisation des règles
p. 11.
contrat ? », Les cahiers de droit et de procédure, spéc:
art.oréc.
230 Article
,
spéc.
13 al 2.
p.169,n°13. Adde.
de
JARROSSON
la preuve en
(Ch.),
matière d'arbitrage,
« Réflexions
le droit
sur l'impérium
continental
», art. préc.
de la
spéc.
preuve
p. 24S.
»,
231 Article 13 al 4
64
Droit de CA
bitrage Nalla BARKALLAH-B0UGHAMMOURA
POur chacune des parties, de faire connaître tout ce qui est nécessaire au succès de sa
demande oude sa dEfense avec loyauté et bonne foi. Somme toute, en arbitrage, le respect
des
principes fondamentaux de la procédure civile et commerciale se circonscrit autour d'un
la contradiction, loyauté et bonne foi. Au fond, rien que de très logique :quelle serait l'utilité
traduire infornatiquement I'ensemble des règles du procès équitable pour que la plateforme
de résolution des litiges s'inscrive dans le respect des règles essentielles. D'un second côté ,
en dehors d'un droit à la connexion consacré , moins
au quant àla Tunisie", les risques liés
à la fracture numérique font peser sur l'égalité des parties le germe d'un combat à armes
inégales.
admis aujourd'hui que l'arbitre n'a pas de for, le lieu du siège de l'arbitrage pouvant être
complètementfortuit ou avoir été choisi pour des raisons non juridiques. Une distinction a été
ainsi établie depuis longtemps entre la loi applicable à la procédure et la loi applicable au
fond si bien qu'en cas de silence des parties sur le choix de la loi applicable à la procédure, il
I'arbitre d'autant quil n'est pas tenu, en sus, de se référer à une loi étatique. A vrai dire, dans
cette perspective, il pourrait même choisir des règles transnationales. Il reste que sur ce point,
I'article 47-2 dispose que le droit tunisien s'applique « si le lieu de l'arbitrage est situ sur le
65
Nalla BARKALLAH-BOUGHAMMOURA
Orou de [Arbitrage
si ces mêmes dispositions ont été choisies, soll par les parties, soil par
territoire unisien ou,
letribunal arbitral ».
L'arbitre doit dans sa sentence appliguer le droit à moins que par application des
ou en équité.
en arbitrage interne, le droit que l'arbitre applique correspond à l'ensemble des normes en
vigueur dans le système juridique concerné. Ainsi, l'arbitre applique un droit étatique qui est
le droit tunisien si l'arbitrage est interne. En revanche, si l'arbitrage est international, la loi
d'autonomie convenue entre les parties retrouve son empire: l'arbitre tranche le litige selon
la loi choisie par les parties, selon l'article 73 alinéa 1 (1).Cependant, il advient qu'àdéfaut
de choix, I'arbitre appliquera la loi qu'il estime appropriée par application
de 1'alinéa 2ème du
même article236 (2).
Les parties ont alors la pleine faculté de choisir parmi les différentes normes qui ont
vocation à s'appliquer. Munie d'une liberté «pratiquement sans limites , les parties
en toute autonomie choisir le droit applicable au fond du litige comme elles peuvent
eguo et bono, selon ce qui est dquitable et bon p39. En outre , lorsque les parties veulent
clause d'amiable composition et la désignation par les parties dans le compromis d'un droit
applicabie au fond du litige y40, Ainsi, c'est la conception subjective de la loi d'autonomie
des parties en matière contractuelle qui est consacrée explicitement, Jusqu' alors, aucune
Partant, la lettre du texte de I'article 73 soulève encore une autre difficulté, celle de
1 nterprétation. Tandis que la version française du texte n'ouvre aux parties que la possibilité
conformémentà la loi désignée par les parties 3, la version arabe de la disposition fait
apparaître en la matière, une notion plus large, celle d'« Ahkème el Qanoun » qui peut se
traduire par « dispositions légales », mais encore par l'expression moins restrictive de
« règles de droir ». La difficulté d' interprétation vient de ce que les deux expressions ne sont
237 bid.
238 Par là, il faut entendre principalement le droit étatique, et, éventuellement, la lex mercatoria, celle-ci
240 LOQUIN (E.), « Les pouvoirs des arbitres internationax à la lumière de l'évolution récente du droit de
l'arbitrage international », JDI 1983., spéc. p. 324, n°56. Une telle combinaison contraint simplement l'arbitre à
se conformer dans sa sentence à l'ordre public de la législation ainsi désignée.
241 Pour une analyse d'ensemble sur la question,V. BATTIFOL (H.), « Objectivisme et subjectivisme dans le
droit international privé des contrats », Mélanges Maury, Tome 1, DALLOZ & SIREY 1960,D. 39 et s.
Pour les tenants du subjectivisme, aucurne loi ne se reconnaît le pouvoir de régir un contrat international tant gue
Jes parties n'en ont pas décidé ainsi. Il découle de cette conception le système dit de « l'incorporation » de la loi
dans le contrat selon lequel la loi s'intègre dans le contrat. Devenant d'une
l'objet stipulation, il advient que la
loi a la même valeur que les autres dispositions contractuelles. Pour les tenants de l'objectivisme, le contrat
international est nécessairement par une loi. Aussi la loi applicable,
régi même choisie par les parties [le rôle de
la volonté des parties est systématisé dans la théorie de la localisation du contrat], n'est-elle pas intégrée dans le
contrat, mais elle le régit.
6
Droi de lArbitrage Naila BARKALLAH-BOUGHAMMOURA
pas synonymes, à telle enseigne que la signification de la seconde implique de permettre aux
parties de choisir des règles non étatiques en recourant aussi bien aux principes généraux de
droit, qu'à des usages du commerce international ou encore à des normes transnationales'4*.
Le champ des options est multiple et il se combine même avec le choix d'une loi étatique.
Faut-il considérer dés lors que la version arabe fait seule autorité en la limitant à l'acception
«règles de droit » même si le Code de l'arbitrage est antérieure à la loi du 5 juillet 1993
relative à la publication des textes au journal officiel et à leur exécution, laquelle dispose que
la publication dans une autre langue que I'arabe n'est faite qu'àtitre d'information ? En
d'autres temes, la liberté des parties permet-elle le choix de règles non étatiques ? La
doctrine est sur ce point unanime246 : la faculté de détermination du droit qui est laissée aux
parties doit s'entendre de celle qui est la plus étendue à l'instar des tendances récentes
communément admises en la matièr247 S'en tenir à la version arabe est, en plus, la seule
inspiré, 248
Une obligation est faite à l'arbitre :que les parties aient ou non usé de leur liberté de
choisir le droit applicable, l'arbitre doit décider selon les stipulations contractuelles en
244
MEZIOU(K.), « Le droit aufond du
63.
applicable litige dans I'arbitrage international ». art. préc. ,spéc. p.
62.
MEZIOU(K.), « Le droit applicable au fonddu litige dans l'arbitrage international » ,art. préc.,spéc.p.
246 En ce
sens CHEDLY (L), «
L'arbitre du Commerce
International, un juge privé », in La
Mélanges en l'honneur duProfesseur Mohamed passion du Droit,
LARBI HACHEM, Tunis 2006 Faculté de Droit et
Politiques de Tunis,. spéc. p.324, ,
Adde. MEZIOU (K.), MEZGHANI
(A.),
des Sciences
« Le Code tunisien de
I'arbitrage », art. préc., spéc. p. 533.
68
Droit de
CArbitrage
Nalla
BARKALLAH-8OUGHAMMOURA
considération des
usages du commerce. Dans tous les cas, le tribunal arbitral statue sur le
différend
conformément awx stipulations du contrat, en tenant comple
Commerce des usages du
applicables à la transaction »
4ème dispose ainsi l'article 73 alinéa 4. A la vérité, le
alinéa de
l'article 73 parait conférer une plus grande force aux dispositions du contrat.
Aussi,
l'impérativité différente
des deux hypothèses n'est-elle pas inintéressante à relever en
contemplation d'une situation particulière, celle où, face au respect vraisemblablement
inaltérable de l'accord contractuel des lesdites
parties, stipulations contractuelles seraient
déclarées nulles
par le droit
applicable choisi par ces mêmes parties. Que signifie alors
l'obligation faite à
l'arbitre « dans tous les cas » de statuer « sur le différend conformément
au Stipulations du contrat » ? De 1'avis d'un auteur, pour résoudre le conflit entre le texte du
contrat et la loi choisie, il revjendrait à1Parbitre
d'examiner si une hiérarchie est établie entre
la loi choisie et les clauses du contrat249 s'il n'existe aucune hiérarchie, l'arbitre devrait
chercher àreconstituer la volonté des parties à partir de l'analyse de la clause par laquelle les
parties ont désigné le droit applicable250, « Ce qu'il importe de souligner c 'est que, pour
I'arbitre, il n'existe pas de hiérarchie naturelle entre le contrat et un droit quelconque. Tout
au contraire, un droit ne s'applique que si parties
les l'ont voulu et dans les limites de cette
volonté 251
Quid du mutisme des parties sur ce point ? L'arbitre à défaut de choix par les parties
appliquera la loi quil estime appropriée selon l'article 73 alinéa Est-ce à dire
2ème, qu'il est
tenu de suivre un raisonnement conflictualiste ? En réalité, la lettre du texte semble autoriser
l'arbitre à faire 1'économie d'un raisonnement conflictualiste, l'expression loi appropriée
imposant de raisonner sur la base d'une approche casuistique à partir du contenu du droit
249MEZIOU (K.), « Le droit applicable au fonddu litige dans l'arbitrage international », art. préc. , spéc. p.
66.
250 DERAINS (Y.), «L'ordre public et le droit applicable au fond du litige dans l'arbitrage international »,
Rev.arb 1986, spéc. p. 391,n°29.
251 Jbid spéc. p. 392, n°32. Adde. du même auteur, « Les normes d'application inmédiates », inLe droit des
relations économigues internationales :études ofertes à Berthold GOLDMAN, LITEC 1987, p. 33 n° 8, où ce
dermier souligne qu' « il n'existe pas pour l'arbitre international de loi
étatique dont l'application s'impose en
vertu d'une norme supérieure d'un ordre juridique dont il erait le gardien.
Cela explique que les arbitres se
refusent a priori à remettreen çause le choi des parties quant au droit applicable ».
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