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SALUTATION

Le document traite de l'importance des salutations et de la courtoisie dans les interactions sociales, en particulier dans les cultures orientales. Il souligne que les salutations, souvent chargées de significations profondes, sont essentielles pour maintenir des relations harmonieuses et que la politesse est un reflet de l'éducation et des valeurs humaines. Enfin, il évoque le rôle des vertus dans la vie en société et comment elles facilitent les interactions humaines, tout en insistant sur l'importance des moments partagés en famille autour de la table.
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SALUTATION

Le document traite de l'importance des salutations et de la courtoisie dans les interactions sociales, en particulier dans les cultures orientales. Il souligne que les salutations, souvent chargées de significations profondes, sont essentielles pour maintenir des relations harmonieuses et que la politesse est un reflet de l'éducation et des valeurs humaines. Enfin, il évoque le rôle des vertus dans la vie en société et comment elles facilitent les interactions humaines, tout en insistant sur l'importance des moments partagés en famille autour de la table.
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SALUTATION

Les salutations ont toujours joué un très grand rôle dans la vie de l'Oriental, à la politesse
exubérante ; elles joignent aux paroles généralement prolixes les gestes démonstratifs (Ex
18:7), et elles ont autant d'importance lors des séparations que lors des rencontres.

On salue les supérieurs, les grands personnages,

en se prosternant devant eux jusqu'en terre (Ge 33:6 42:6 etc.), en s'agenouillant (Mr 10:17
etc.) ; on se tend les mains, on s'embrasse : (2Sa 15:5 etc.) voir Gestes.
Les formules de salutation sont tenues pour solennelles ; elles se confondent assez souvent
avec de véritables bénédictions (voir ce mot) auxquelles est attribué un pouvoir caché et une
sorte d'existence indépendante. (cf. Lu 10:6)

Le verbe hébreu bârak (=bénir) peut donc se traduire aussi dans bien des cas par saluer, (cf.
Ge 47:8,1Sa 13:10, Pr 27:14, etc.) et le grec aspazesthaï s'applique tout à la fois au salut
respectueux ou fraternel, au baiser, à l'accueil en général, au message affectueux dont on
charge un ami pour des amis (Mt 5:47, Ac 25:13,1Th 5:26 2Jn 1:10).

Les saluts des Israélites s'exprimaient surtout par le terme de châlôm, qui signifie : paix, dans
un sens très large comprenant à la fois santé, sécurité, prospérité, bien-être (1Sa 1:17,1Ch
12:18 etc.) ; « s'informer de la paix » est une locution équivalant au verbe saluer (Jug 18:15
etc.).

Les questions personnelles se pressent autour de ces informations (Ge 43:27-29,2Sa 20:9
etc.) ; en général elles se prolongent et se répètent interminablement (voir dans Beedeker,
Palestine et Syrie, p. CIX, les salutations et formules de politesse des bédouins et des paysans
d'aujourd'hui, qui reprennent volontiers une demande une douzaine de fois ; il en est de même
chez bien des peuples primitifs, au témoignage des voyageurs et missionnaires) ; ainsi
s'explique la consigne d'éviter les salutations, lorsqu'on ne doit perdre son temps à aucun prix
(2Ro 4:29, Lu 10:4).

Le terme péjoratif de salamalec, qui s'applique aux politesses exagérées, est précisément la
forme francisée du salam, ou salut, musulman : es-salam aleïka, qui est calqué sur le salut
hébreu : « La paix soit avec toi ! » Cette expression est la plus commune dans l'A.T., et aussi
dans le N.T., où elle est parfois littéralement traduite (Jug 19:20,1Sa 25:6, Jn 20:19,21,26,1Pi
5:14 etc.). C'est à cette formule de salutation que Jésus fait allusion dans la chambre haute :
« Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; je ne la donne pas comme le monde la
donne » (Jn 14:27), c-à-d, « je vous dis adieu ; c'est mon adieu que je vous adresse ; mon
adieu n'est pas comme l'adieu du monde... l'adieu du monde est pour toujours ; moi, je vais
revenir » (A. Westphal).

Les protestations verbales du monde oriental sont d'ailleurs en fonction de son imagination
sans mesure ; la courtoisie et la faconde en varient à l'infini des développements improvisés,
suivant les circonstances les plus diverses.

Ceux qu'a conservés l'A. T, sont du reste modérés (par ex. les habiles compliments d'Abigaïl à
David : 1Sa 25:23 et suivants). Les salutations spécifiquement religieuses y sont fréquentes :
voir les saluts échangés entre Booz et ses moissonneurs, entre Booz et Ruth (Ru 2:4-12) ; ce
salut des moissonneurs est repris dans Ps 129:8.

Quant à la bénédiction de Ps 118:26, ce devait être un des répons, prononcé par un choeur ou
par un prêtre, dans ce chant de fête au temple de Jérusalem (cf. Bbl. Cent.) ; elle sera lancée
comme acclamation messianique devant le cortège du Seigneur entrant dans la ville (Mt
21:9), et les parallèles des quatre évangiles donnent une idée des variantes individuelles qui
devaient s'entrecroiser à ce moment. d'enthousiasme populaire (voir Hosanna). Les vivats
réservés aux rois étaient plus ou moins stéréotypés (1Sa 10:24,1Ro 13:9,2Ro 11:12, Ne 2:3,
Da 2:4 5:10) ; ils se sont perpétués à travers les siècles.

Le N.T. adopte parfois la forme de salutation grecque, en rendant par khairé, khaïreïn
(=réjouis-toi), le châlôm hébreu ; littéralement, ce n'est plus la paix, mais la joie (en latin, ce
sera la santé : vale =porte-toi bien), la portée de la formule de politesse demeurant la même :
salut ! (Lu 1:28, Mt 26:49, Mr 15:18)

Dans la correspondance écrite officielle entre les rois de Perse et leurs gouverneurs apparaît la
salutation araméenne chelâm, chelâmâ =salut, prospérité, paix parfaite ! (Esd 4:17 5:7)

De même, dans deux lettres de l'époque apostolique, c'est la salutation classique du temps :
khaïreïn (Ac 15:23 23:26).

Comme le Maître avait tiré enseignement du châlôm hébreu, ainsi l'apôtre Paul tire
enseignement de ce khaïreïn grec lorsque dans son « épître de la joie » il donne à ce mot
d'adieu alors devenu banal toute sa force d'exhortation chrétienne : « Réjouissez-vous ! » (Php
3:1 4:4). Et l'épître de Jacques, aussitôt après le « salut » (khaïreïn) à ses lecteurs, en prend
texte pour sa première exhortation : « Parfaite joie, mes frères, les diverses épreuves qui vous
surviennent » (Php 1:1 et suivants).

La correspondance populaire des premiers siècles, retrouvée depuis quelque cinquante ans
dans les innombrables papyrus d'Egypte, prouve que le plan même des épîtres du N.T. était
exactement celui des lettres entre particuliers : nom et titre de l'auteur, nom et titre du
destinataire, et une brève salutation de l'un à l'autre, consistant en un souhait de joie, de paix,
de bonne santé ; puis généralement une action de grâces, suivie enfin de l'objet de la lettre, et
de nouveau des actions de grâces et des voeux de bonne santé, enfin une salutation plus ou
moins élaborée, désignant souvent un certain nombre de personnes.

C'est ainsi que le chap. 16 de l'épître aux Romains, avec tant de salutations, ressemble tout à
fait à ces fins de lettres du I er ou du II° siècle : « Salue Diodore avec les autres ; salue
Harpocrate... Salue bien fort Capiton et mes frères, Serènille et mes amis, etc. » L'expression
de 3Jn 1:14 : « Salue les amis, chacun en particulier » (grec, kat'onoma) y est aussi très
fréquente. La salutation isolée, à la 1re personne du singulier, de Tertius le scribe qui avait
écrit l'épître aux Romains dictée par saint Paul (Ro 16:22), trouve aussi un cas similaire : une
lettre du III° siècle envoyée à son frère par une certaine Hélène, se termine par ce post-
scriptum de la même écriture que la lettre : « Et moi Alexandre, votre père, je vous salue
beaucoup » (VGT, p. 85).

Jn L.

Utilisé avec autorisation de Yves PETRAKIAN


Les bonnes manières
La courtoisie, l’affabilité, la politesse et des vertus analogues sont les sœurs cadettes d’autres
vertus plus importantes. Et la famille est le lieu où l'on apprend le mieux, quel que soit son
âge.

Il est évident pour tous que les us et coutumes ont évolué au cours des années ou qu’ils
varient selon les régions. C’est pourquoi nous pourrions en conclure qu’il s’agit de quelque
chose de purement conventionnel pouvant être modifié, voire ignoré, à souhait

Cependant, il apparaît aussi que dans le domaine de la courtoisie l’essentiel demeure. Nous
avons tous entendu des phrases telles que celles-ci : « on voit bien à son comportement qu’il
est issu d’une bonne famille » ou « qu’il est poli cet enfant », et si ces propos nous étaient
adressés, nous nous sommes sentis flattés

Les vertus humaines, fondement des vertus surnaturelles, sont à la base des us et coutumes
des peuples, de ce que l’on appelle d’ordinaire l’urbanité ou l’éducation.

Nous ne pouvons peut-être pas affirmer que l’affabilité, condition de celui qui est agréable
dans ses rapports avec les autres et dans ses conversations, soit la vertu la plus importante.
Elle suscite cependant en nous un sentiment d’empathie, de cordialité, de compréhension,
difficile à expliquer ou à suppléer.

L’urbanité nos montre quelque chose sans quoi la vie en société devient impossible, elle nous
apprend à être humains, civilisés. La courtoisie, l’affabilité, l’urbanité et des vertus analogues
sont les sœurs cadettes d’autres vertus plus importantes. Leur particularité réside dans le fait
que sans elles la vie en société deviendrait désagréable. Qui plus est, dans la pratique,
quelqu’un de grossier et de discourtois pourrait très difficilement vivre la charité.

Regarder Jésus

Il a pu nous arriver, à un moment déterminé de notre vie, qu’ayant eu un comportement ou


une attitude peu corrects, nous nous soyons demandé : « Qu’a-t-on pu penser de moi ?
Pourquoi ai-je fait cela ? Comme j’ai été ridicule ! »
Nous voyons dans une page de l’Évangile deux attitudes contrastées : celle du bien-pensant
de l’époque et celle d’une pécheresse [1]. Simon, le pharisien, a organisé un repas en accord
avec la qualité de l’invité, quelqu’un qui est considéré comme un prophète. Il a sûrement
prévu le plan de table, le personnel nécessaire pour le service, les mets qu’il allait lui offrir et
les sujets de conversation qu’il voudrait aborder avec le Maître. Il fallait faire bonne figure
devant ceux qui comptaient dans la société et devant l’hôte principal. Or, il a oublié quelques
détails auxquels le Seigneur s’attendait.

« Tu vois cette femme ? dit-il à Simon. Je suis entré dans ta maison, et tu ne m’as pas
versé d’eau sur les pieds ; elle, au contraire, m’a arrosé les pieds de ses larmes et les a
essuyés avec ses cheveux. Tu ne m’as pas donné de baiser ; elle, au contraire, depuis que
je suis entré, n’a cessé de me couvrir les pieds de baisers. Tu n’as pas répandu d’huile
sur ma tête ; elle, au contraire, a répandu du parfum sur mes pieds [2].

À première vue, on dirait des bagatelles insignifiantes. Cependant, Jésus, Dieu parfait et
homme parfait, en remarque l’absence. Saint Josémaria, qui a contemplé profondément la
réalité de l’incarnation du Fils de Dieu, manifestée aussi dans des gestes qui pourraient
échapper à un regard sans amour, commentait à propos de ce passage : Jésus-Christ apporte
le salut, et non la destruction de la nature ; et nous apprenons de lui que se comporter mal
envers l’homme, créature de Dieu, fait à son image et sa ressemblance (cf. Gn 1, 26), n’est
pas chrétien [3].

Voilà des enseignements utiles pour quelqu’un qui veut sanctifier les différentes routes du
monde et s’y sanctifier. D’autant plus que la nature humaine elle-même, avec ses dispositions
et facultés, a été élevée par le Seigneur.

Il n’est rien, aussi insignifiant ou anodin qu’il semble, qui ne puisse être rapporté à Dieu. Soit
donc que vous mangiez, soit que vous buviez, et quoi que vous fassiez, faites tout pour la
gloire de Dieu [4]. Toutes les activités honnêtes ont déjà été rachetées, si bien que toutes, si
elles sont accomplies en union avec le Christ, peuvent acquérir une valeur rédemptrice.

Les vertus sont aussi radicalement personnelles, elles appartiennent à la personne ; mais il est
facile de répondre que la personne n’est pas une « pièce isolée » ; nous vivons en rapport avec
le monde, nous coexistons avec d’autres personnes : nous sommes indépendants tout en
dépendant les uns des autres :Nous nous aidons ou nous nous faisons du tort. Nous sommes
tous des maillons d’une même chaîne [5].

Les vertus ont aussi ce caractère social. Elles n’existent pas pour nous faire briller ou pour
alimenter notre égoïsme mais, en dernière instance, elles existent pour les autres. Pourquoi
sommes-nous très à l’aise avec celui-ci et, peut-être, un peu moins avec celui-là ?
Probablement, parce que il nous écoute et nous voyons qu’il nous comprend ; il n’a pas l’air
d’être pressé, il communique la sérénité, il ne s’impose pas ; il fait des suggestions, est discret
et pose tout juste les questions qu’il faut.

Celui qui sait vivre en bonne entente avec les autres, s’entendre, partager, offrir, accueillir,
donner la paix est sur la voie de la vertu. Jésus nous enseigne que, si certaines qualités
manquent, la vie en commun se détériore. Et les vertus que nous pourrions appeler vertus des
rapports mutuels constituent le présupposé et le fondement sur lequel nous pouvons sertir le
joyau de la charité.

Les vertus de latable

Il est très fréquent que le père et la mère travaillent en dehors du foyer, un phénomène qui
touche de plus en plus de catégories de personnes. Les deux salaires sont nécessaires pour
subvenir aux besoins domestiques. Les horaires différents et les distances posent de sérieuses
difficultés pour que la famille se réunisse au grand complet, surtout dans les grandes villes.
Heureusement que les enfants peuvent prendre leur repas de midi à l’école ! se disent certains
parents.

Il ne faut pas penser pour autant qu’autrefois, lorsque tout le monde pouvait se retrouver à la
maison pour le déjeuner, ces réunions étaient toujours glorieuses : les enfants se battaient
entre eux ou se plaignaient de ce qu’on leur servait, les parents disputaient… C’était à peu de
chose près comme de nos jours : sur le fond, les situations ont peu changé. Cela dit,
aujourd’hui comme hier, il s’agit de profiter des occasions que la vie nous fournit et
s’entraîner à transformer les contretemps en moyens de formation.

Combien de fois, par exemple, avons-nous pensé à profiter des dîners ou des déjeuners des
fins de semaine pour faire une réunion familiale ? Il existe déjà des études dans lesquelles les
garçons et les filles soulignent que "manger en famille" est l'activité la plus importante pour
eux.

Etre avec les gens qui nous aiment, partager, se faire comprendre sont des façons de
socialiser, d'apprendre à se donner aux autres. Il améliore les relations entre les membres de la
famille, offre aux parents des moments informels pour mieux connaître leurs enfants et
anticiper les difficultés éventuelles.

Combien de détails d’éducation s’apprennent autour d’une table : « Je te serai reconnaissant


d’aller chercher le sel ». « T’es-tu lavé les mains avant de t’asseoir à table ? » « Redresse-toi
et ne croise pas les jambes en mangeant ». « Peux-tu aider ton frère à mettre le couvert ou à
débarrasser la table ? » « On ne jette pas le pain ». « Prend bien la fourchette ». « Coupe la
viande en petits morceaux et ne parle pas la bouche pleine ». « Il ne faut pas avoir les yeux
plus gros que le ventre, on doit manger tout ce que l’on s’est servi, qu’on l’aime ou non ». « Il
faut porter la soupe à la bouche et non pas approcher la bouche de l’assiette ». « Essuie-toi les
lèvres avant de boire et ne fais pas de bruit ». « Ne bois pas le coude sur la table ».
Quelques-unes de ces phrases peuvent varier selon les lieux, mais la plupart sont universelles.
Certaines peuvent sembler négatives et il n’est pas nécessaire de les rappeler toutes ni
continuellement. En même temps, vues en tant qu’affirmations, elles évoquent la
considération avec laquelle nous devons traiter les autres : de petites choses qui révèlent la
correction, la courtoisie, l’hygiène ; des marques de sollicitude sur des aspects qui, par
inadvertance, pourraient gêner quelqu’un.

Dans les repas, l’on peut apprendre des choses élémentaires : la quantité raisonnable à se
servir d’un plat, compte tenu du nombre de convives ; ne pas grignoter entre les repas pour
mieux apprécier ainsi les plats qui sont proposés. D’un autre côté, manger ensemble est plus
qu’un fait social. C’est aussi de la culture au sens le plus noble et rigoureux du terme.

La culture, comme un bon nombre d’auteurs l’ont bien mis en évidence, se rapporte au culte.
Rendre à Dieu le culte qui lui est dû fait partie de la nature humaine, qui devient aussi culture
sous forme de rites et d’institutions. Quelle belle façon de rendre au Seigneur toute la gloire si
le rite des repas est précédé d’une prière ! Si nous invoquons la bénédiction de Dieu sur la
famille et les dons que nous allons recevoir. Si nous remercions le Seigneur pour le pain qui
nous est offert chaque jour et si nous prions pour ceux qui l’ont préparé et pour ceux qui
vivent dans l’indigence.

Bénir la table est une coutume qui aide à intérioriser le fait que Dieu est toujours à nos côtés,
à rendre grâce pour ce que nous recevons et à respecter tous ceux avec qui nous vivons.

Garder le bon ton

C’est aussi à table et dans les réunions de famille que les enfants se préparent à la vie en
société. Il est de plus en plus clair que la devise tout est permis ne correspond pas à la réalité.
Une personne qui se vexe pour un rien ou qui discute à tout propos est un partenaire
compliqué dans le travail.

Quelqu’un qui néglige son aspect extérieur pour accueillir le public fait preuve de peu
d’estime de lui-même et d’autrui et n’inspire pas la confiance, tout au moins de prime abord.
S’exprimer correctement, savoir intervenir dans une conversation ou attendre son tour,
apprendre à se présenter dignement, dans l’habillement et les accessoires, voilà quelques
aspects de la vie en société.

Plus que la mode, c’est le style qui nous permet de rester à l’écart de la vulgarité. Avoir du
style, de la classe, se caractérise davantage par la sobriété et l’équilibre, par la capacité de
concilier extrêmes et contrastes que par le suivi de la mode.

Le style fait partie de notre personnalité. Par exemple, il est important d’apprendre à s’habiller
selon les circonstances. Le soin ne consiste pas tant à avoir une garde-robe chère, de grandes
marques, qu’à porter des vêtements propres et bien repassés.

Cela, les enfants l’apprennent et le mettent en pratique à la maison, en voyant comment leurs
parents se comportent toujours avec élégance et discrétion. Assister à un repas de gala n’est
pas la même chose qu’être avec des amis ou dans l’intimité familiale. Ni se promener habillé
n’importe comment dans les couloirs de la maison plutôt que de passer une robe de chambre
au saut du lit.
Les réunions familiales, y compris les repas, permettent aux enfants de raconter les petites
aventures survenues à l’école, et aux parents de faire un commentaire opportun, de rappeler
un critère sur un comportement déterminé. C’est l’occasion de partager leurs activités
favorites, de s’enthousiasmer pour les randonnées en montagne ou pour l’histoire, d’introduire
les enfants dans l’art fascinant de la narration.

Il est possible de programmer des excursions et des visites artistiques et de dévoiler, peu à
peu, certains aspects des traditions familiales, religieuses, patriotiques ou culturelles. Les
enfants apprennent à parler sans hausser le ton ni crier et, plus encore, ils s’exercent à l’art de
l’écoute et s’habituent à ne pas interrompre le fil des conversations, à ne pas imposer leurs
points de vue ni leurs exigences.

En famille, grâce à ces petits détails, nous prenons soin les uns des autres. Personne ne se
présente mal habillé ni ne mange sans un minimum de tenue. Les mamans surtout pensent au
plat qu’aime celui qui fête son anniversaire. Chacun passe le plat aux autres et reste attentif à
ce dont ils ont besoin. L’un offre le pain ou l’eau à un autre avant de se servir lui-même. À la
fin, l’action de grâce, car la reconnaissance favorise la concorde et celle-ci la joie et le sourire.

Après un bon repas pris en famille, nous sommes plus heureux, d’un bonheur non seulement
physiologique, d’animal bien portant [6], mais plutôt d’avoir partagé notre intimité avec ceux
que nous aimons le plus, et de s’être ainsi enrichis moralement.

Tous ces comportements dont nous venons de parler nous aident à former notre intériorité, à
nous tourner vers Dieu et vers les autres. La femme et l’homme mûrs sont bien ancrés dans la
réalité. C’est pourquoi ils se contentent de ce qu’ils ont et en profitent à fond. Ils ont appris à
se respecter eux-mêmes, à être maîtres de leur âme et de leur corps. Ils se comportent en toute
situation avec naturel, prudence et sens de la mesure. Ils persévèrent avec confiance dans
l’amitié, le travail, les objectifs qu’ils se sont fixés, parce qu’ils sont plus capables de donner
que de recevoir. Ils ont appris à être généreux et sortent chaque matin comme le soleil —
exultavit ut gigas ad currendam viam, il se réjouit, vaillant, de courir sa carrière [7] —,
avec une bonne humeur bénéfique qui dignifie tout ce qu’elle touche.

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