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L’alimentation du cheval pour éviter ou

contrôler les problèmes respiratoires

Par : Dany Cinq-Mars, agronome, Ph.D.


Division nutrition et alimentation
MAPAQ, Direction de l’innovation scientifique et technologique
[Link]
Pour commentaires : dcinqmar@[Link]
Révisé le 3 mai 2004

1. Introduction

Les fourrages en général et le foin en particulier doivent constituer la majorité des


aliments ingérés par cet herbivore. Les chevaux en liberté au pâturage ne courent à
peu près pas de risques de développer des problèmes respiratoires reliés à
l’alimentation.

Toutefois, la domestication et l’utilisation des chevaux pour des activités humaines et


particulièrement dans des climats nordiques, nous obligent à fournir aux chevaux
d’autres sources de fourrage. Le fourrage couramment utilisé pour répondre à ces
exigences est constitué de foin. Pour un œil non averti, du foin c’est du foin, sans
discernement et tous les foins s’équivalent. Pourtant, tel n’est pas le cas. Au contraire, il
existe des critères de qualité précis qui servent à différencier un foin souhaitable pour
les chevaux d’un autre qui ne l’est pas. Dans cette dernière situation des alternatives
restent envisageables. Parallèlement, des chevaux aux prises avec des problèmes
respiratoires peuvent compter sur une régie de l’alimentation adaptée à leur situation.

Dans les prochaines lignes nous verrons les précautions à prendre pour prévenir
l’apparition de problèmes respiratoires. Dans un deuxième volet, nous élaborerons sur
les moyens pour contrôler l’état des chevaux qui en sont atteints.

2. Prévention

2.1 L’observation

On n’insiste pas assez sur l’observation des animaux. Il arrive fréquemment que les
problèmes respiratoires sérieux ont débuté par de légères toux sporadiques lors de
l’alimentation. Cette toux indique souvent une hypersensibilité de l’animal à un foin non
adéquat. Un redressement rapide de la situation permettra généralement à l’animal de
ne pas développer de problème de santé respiratoire. Par contre, si on n’est pas attentif
au comportement de notre cheval et que la situation perdure, il est possible que la toux
s’aggrave et pose un réel problème à la santé. Il faut par conséquent demeurer à
l’écoute de notre cheval, non seulement quand on l’utilise, mais également dans son
logement lorsqu’il est au repos et qu’il s’alimente.
L’alimentation du cheval 2

2.2 L’aliment

Le foin constitue le fourrage très majoritairement servi aux chevaux. Contrairement à ce


que beaucoup de personnes pensent, le foin constitue un aliment nettement valorisé
par cet herbivore. L’animal doit consommer un minimum de 1 % de son poids vif en
fourrage (NRC 1989). Ce dernier sert au bon fonctionnement des organes digestifs du
cheval.

Il n’existe aucun problème à servir à volonté du foin de bonne qualité aux chevaux. Au
contraire, c’est salutaire à bien des niveaux. Par contre, tous les foins ne sont pas
équivalents. On retrouve de très bons foins pour les chevaux et d’autres tout à fait
inacceptables. Trop de gens portent peu d’attention au foin qu’ils achètent ou
produisent en pensant que de toute façon ce n’est que du foin! Pourtant, des critères de
qualité existent pour choisir le foin adéquat.

Tout d’abord, nous devons effectuer une appréciation visuelle (tableau 1). On note le
foin sur sa couleur, son odeur, sa texture et sur la présence de poussière. Pour ce faire,
il faut ouvrir quelques balles.

La note de passage se situe à 50 % ou 20 points, sur une possibilité de 40. Si le foin


n’obtient pas la note de passage, rien ne sert de pousser plus loin l’évaluation. Les
notes sont sévères en ce qui a trait aux odeurs et à la présence de poussière. C’est
qu’un foin est inacceptable pour les chevaux s’il y a présence de moisissure et de
poussière. C’est donc le point le plus important à considérer lors d’une évaluation
visuelle.

Tableau 1 Grille d’évaluation sensorielle d’un foin destiné aux chevaux


1
Item Note
10 9 8 7 6 5 4 3 2 1 0
Couleur vert vert vert pâle brun brun blanchi
foncé pâle foncé
Odeur fraîche moyenne faible moisi
pourri
Texture souple moyenne rigide
Poussière aucune peu moyenne beaucoup
1
Note totale sur 40 points, pour être acceptable un foin doit obtenir une note d’au moins
20 points. En bas de cette note de passage, on n’achète ni ne sert ce foin aux chevaux.

Le foin se présente sous différentes formes. Les balles rectangulaires constituent la


principale. Une balle de qualité ne contiendra pas de poussière. La poussière demeure
un signe que le foin a été pressé trop humide et a chauffé à l’entreposage. On n’utilise
pas ce foin pour les chevaux. Le foin de graminées (mil, brome, dactyle) sèche mieux
que les légumineuses (luzerne, trèfle, lotier). La digestibilité des graminées comparati-
vement aux légumineuses varie peu pour une maturité équivalente (Sturgeon et coll.
2000). Par contre indépendamment de l’espèce, moins un foin est fibreux plus les che-
vaux en ingèrent et plus ils le digèrent efficacement (La Casha et coll. 1999). Au tableau
2, on rapporte des valeurs nutritives de différents fourrages à divers stades de crois-
sance. Ceci confère au foin coupé à un stade de croissance moins avancé, une valeur
L’alimentation du cheval 3

nutritive accrue relativement à un autre foin coupé à un stade de croissance plus


avancé (tableau 3).

Tableau 2 Quelques valeurs nutritives de plantes fourragères servies aux chevaux, exprimées sur une
base de matière sèche

Aliment Nutriments1
ED PB, % LYS, % ADF, % NDF, % Ca, % P, %
(Mcal/kg)
Luzerne
Foin début 2,48 19,9 0,9 31,9 39,3 1,41 0,21
floraison
Mi-floraison 2,28 18,7 0,84 36,7 47,1 1,37 0,24
Pleine floraison 2,17 17 0,87 38,7 48,8 1,19 0,24
Orge paille 1,62 4,4 0,13 48,8 72,5 0,3 0,07
Brome
Pâturage 15-20 2,59 21,3 0,64 31 47,9 0,55 0,45
cm haut
Foin mi- 2,13 14,4 0,43 36,8 57,7 0,29 0,28
épiaison
Mature 1,69 6,0 0,18 44,8 70,5 0,26 0,22
Trèfle alsike
Pâturage 15-20 2,49 24,1 1,08 ND2 ND2 1,19 0,42
cm haut
Trèfle Ladino
Pâturage 15-20 2,50 25,8 1,16 28,5 32,1 1,27 0,35
cm haut
Trèfle rouge
Foin floraison 2,22 15,0 0,68 36 46,9 1,38 0,24
Dactyle
Foin début 2,17 12,8 0,38 33,8 59,6 0,27 0,34
épiaison
Foin pleine 1,90 8,4 0,25 37,8 65 0,26 0,30
épiaison
Fléole (mil)
Pâturage 15-20 2,37 12,2 0,37 29,0 55,7 0,4 0,26
cm haut
Foin
Mi-épiaison 1,99 9,7 0,29 36,4 63,7 0,48 0,23
Pleine épiaison 1,94 8,1 0,24 37,5 64,2 0,43 0,20
Lotier
Pâturage 15-20 2,18 20,6 0,93 ND2 46,7 1,74 0,26
cm haut
Foin
Mi-floraison 2,2 15,9 0,72 36 47,5 1,7 0,23
Adapté de NRC (1989)
1
Nutriments : ED = Énergie digestible; PB = Protéines brutes; LYS = lysine; ADF = Fibres
détergentes acides; NDF = Fibres détergentes neutres; Ca = calcium; P = phosphore
2
ND = Données non disponibles
L’alimentation du cheval 4

Tableau 3 Indice de la valeur relative d’un foin à prédominance de graminées basé sur les résultats
de l’analyse chimique de la fibre détergente acide (ADF) et de la protéine brute (PB)

ADF PB
(%) (%)
20 19 18 17 16 15 14 13 12 11 10 9 8 7 6 5
25 156 155 153 151 149 147 145 144 142 140 138 136 134 133 131 129
26 154 152 150 148 146 144 143 141 139 137 135 133 132 130 128 126
27 151 149 147 145 143 142 140 138 136 134 132 131 129 127 125 123
28 148 146 144 143 141 139 137 135 133 132 130 128 126 124 122 121
29 146 144 142 140 138 136 135 133 131 129 127 125 124 122 120 118
30 143 141 139 138 136 134 132 130 128 127 125 123 121 119 117 116
31 141 139 137 135 133 132 130 128 126 124 122 121 119 117 115 113
32 139 137 135 133 131 129 128 126 124 122 120 118 117 115 113 111
33 137 135 133 131 129 127 126 124 122 120 118 116 115 113 111 109
34 135 133 131 129 127 125 124 122 120 118 116 114 113 111 109 107
35 133 131 129 127 126 124 122 120 118 116 115 113 111 109 107 105
36 131 129 127 126 124 122 120 118 116 115 113 111 109 107 105 104
37 130 128 126 124 122 120 119 117 115 113 111 109 108 106 104 102
38 128 126 124 123 121 119 117 115 113 112 110 108 106 104 103 101
39 127 125 123 121 120 118 116 114 112 110 109 107 105 103 101 99
40 126 124 122 120 118 116 115 113 111 109 107 105 104 102 100 98
41 125 123 121 119 117 115 114 112 110 108 106 104 103 101 99 97
42 124 122 120 118 116 114 113 111 109 107 105 103 102 100 98 96
43 123 121 119 117 116 114 112 110 108 106 105 103 101 99 97 95
44 122 120 118 117 115 113 111 109 107 106 104 102 100 98 96 95
45 122 120 118 116 114 112 111 109 107 105 103 101 100 98 96 94

100 L’indice 100 est attribué à un foin dosant 40 % d’ADF et 6 % de protéines brutes sur
une base sèche.

On retrouve également les balles rondes de foin sec. Les mêmes précautions quant à la
poussière et à la valeur nutritive s’appliquent. Cependant il faut savoir que les balles
rondes sont généralement pressées beaucoup plus serrées que les balles
rectangulaires. Par conséquent, s’il reste un peu trop d’humidité, le foin va chauffer plus
facilement que pour des balles rectangulaires. On retrouve donc plus souvent des
balles rondes poussiéreuses comparativement à des balles rectangulaires.

De façon générale, les recommandations suivantes peuvent être formulées :

À l’intérieur, toujours fournir un foin exempt de poussière et de moisissure. Du foin


poussiéreux contribue à l’apparition de problèmes respiratoires souvent irréparables.
Ainsi, il vaut mieux acheter ou produire un foin exempt de poussière, même si pour cela
on se retrouve avec un foin plus mature possédant une valeur nutritive moindre.

Une étude canadienne a échantillonné le foin de 10 fermes équestres, pour en analyser


la teneur en mycotoxine. Les chercheurs ont observé d’importantes différences dans la
teneur en vomitoxine surtout, entre les différents foins. Les foins contenant beaucoup
de luzerne comparativement au mil contenaient plus de vomitoxine (Raymond et coll.
L’alimentation du cheval 5

2000). Les niveaux observés pour les foins riches en moisissures oscillaient entre 2,6 et
3,6 ppm. Ces auteurs considèrent de tels niveaux préoccupants pour la santé des
chevaux. Le foin considéré sécuritaire contenait des niveaux de vomitoxine oscillant
entre 1 et 2 ppm selon la même étude.

2.3 Régie de l’alimentation

On est maintenant très vigilent pour les moindres signes précurseurs des problèmes
respiratoires. Puis, on s’est procuré le meilleur foin disponible. Maintenant, la façon de
servir ce foin peut-elle avoir un impact sur la prévention des maladies respiratoires?
Bien sûr que oui!

Encore ici le premier critère de régie préventive consiste en l’observation. On a beau


avoir acheté le meilleur lot de foin disponible, il est possible que quelques balles de ce
lot soient poussiéreuses. En effet, lors de la fenaison, il arrive fréquemment que des
andains plus gros, insuffisamment séchés, ou encore des rebords de champ plus
humides, donnent des balles qui chaufferont à l’entreposage. Il se peut également que
les balles mal disposées sur un séchoir chauffent légèrement et produisent des balles
poussiéreuses. Ainsi, beaucoup de situations restent propices à la présence de balles
légèrement poussiéreuses dans un lot de foin qui autrement est parfait. Un minimum
d’attention lors de l’alimentation permet d’identifier rapidement ces « récalcitrantes ».
L’erreur que beaucoup commettent, c’est de la donner pareil en se disant que malgré
tout il y a peu de poussière et que « ça va être correct pareil ». Au contraire, ces
poussières sont des spores de moisissures et il est très probable que ce ne soit pas
« correct pareil ». La bonne démarche à suivre consiste plutôt à ne pas servir ce foin à
l’intérieur. Si les chevaux vont dehors à l’occasion, on gardera ces balles un peu moins
belles pour cette occasion. On défait la balle et on la secoue à l’aide des mains ou des
pieds. On l’étend, la poussière partira au vent réduisant grandement le risque que les
chevaux en respirent en s’alimentant.

Évidemment, on parle de situation où les balles contiennent un peu de poussière. Dans


l’éventualité de balles visiblement moisies (grises au brunes) et très poussiéreuses il
n’est aucunement question de les donner aux chevaux.

Un autre critère de régie d’alimentation à considérer lorsqu’on alimente les chevaux,


origine encore de l’observation du cheval dans la nature. Comment obtient-il l’herbe ou
les aliments qu’il ingère? La tête penchée vers le sol. Ce comportement alimentaire
n’est pas sans impact préventif sur la santé du système respiratoire.

En effet, le cheval produit des sécrétions nasales. Pour vous en rappeler, souvenez-
vous de la fois où le cheval s’est « mouché » dans votre visage! Les sécrétions nasales
du cheval permettent une certaine filtration de l’air inspiré. Lorsque la tête est basse, les
sécrétions descendent dans les conduits nasaux et captent au passage les fines
particules présentes dans l’air et dans le foin lorsque le cheval mange. Ce
comportement alimentaire constitue une barrière préventive pour les maladies
respiratoires.
L’alimentation du cheval 6

Par contre, si on sert le foin dans des filets ou dans des trémies à foin à la hauteur du
dos du cheval, qu’arrive-t-il aux sécrétions nasales? Elles n’empruntent pas les conduits
nasaux, mais sont plutôt dirigées vers l’arrière. Le phénomène de filtration des
particules devient alors moins efficace.

2.4 La litière

La litière ne fait pas réellement partie de l’alimentation, bien qu’il arrive fréquemment
que de la litière de paille soit ingérée par les chevaux. Toutefois, la régie de la litière
peut devenir une source de poussière et de gaz nocifs pouvant nuire à la santé
respiratoire des chevaux.

La première précaution à appliquer concernant la litière, consiste à « nettoyer » le box


des chevaux alors qu’ils en sont absents. Puis, on y incorpore de la nouvelle litière et on
ventile avant d’y réintroduire les bêtes. Le but est encore de réduire la poussière fine
dans l’environnement immédiat de l’animal. La poussière devient un problème dans la
litière, lorsque la grosseur des particules qu’elle contient est de moins de 1 mm.

En effet, Clarke et Madelin (1987) rapportent des problèmes d’hypersensibilité des


voies respiratoires avec des particules de poussière très fines chez les chevaux et les
humains. Parmi les produits qui dégagent beaucoup de particules fines, il y a la ripe de
bois mou dont 6 % du matériel est constitué de particules de moins de 1 mm (Ward et
coll., 2000), le bran de scie, le chanvre et la mousse de tourbe en contiendraient au
moins autant (Airaksinen et coll. 2001), alors que la paille et le papier journal
déchiqueté ou mis en comprimés en contiennent 1 % ou moins (Ward et coll. 2000).
Les microbes sont également toujours présents dans tous les produits organiques
utilisés comme litière. On retrouve notamment les champignons microscopiques
responsables des moisissures, des bactéries et des actinomycètes (tableau 4).

Tableau 4 Microbes communément retrouvés dans divers matériaux potentiellement utilisés comme
1
litière

Matériel Champignons microscopiques Bactéries mésophiles3


cfu/g2
Fungi Actinomycètes cfu/g
Mousse de tourbe 300 000 à 200 millions ― 50 000 à 100 millions
Chanvre 500 à 1,7 million 8 000 à 10 000 600 000 à 9 millions
Paille 700 000 à 2 millions 0 à 300 10 millions à 1 milliard
Ripe de bois mou 400 à 5 millions 0 à 2 000 5 000 à 6 millions
Bran de scie 600 à 40 000 ― 40 000 à 3 millions
Papier journal 100 à 400 0 à 100 20 000 à 40 000
déchiqueté
1
Adapté de Airaksinen et coll. (2001)
2
Colony Forming Unit par gramme de matériel
3
Somme des bactéries mésophiles, xérophiles et thermotolérantes

Ces microbes lorsque présents en trop grandes quantités sont néfastes pour le système
respiratoire des chevaux. À la lumière de ce tableau, on constate que le papier journal
reste le plus hygiénique sur cette base. Les autres produits varient plus,
L’alimentation du cheval 7

dépendamment des conditions de production et d’entreposage, le plus variable


demeure sans doute la paille de céréales qui doit séjourner au champ après la récolte
du grain. Plus le séjour au champ s’allonge, plus elle reçoit de pluie, plus elle contient
de microbes et moins elle devient souhaitable comme litière.

Pouvoir d’absorption d’ammoniac

Un autre critère de qualité de la litière consiste en sa capacité d’absorption d’ammoniac.


En effet, ce gaz se dégage dans les fèces et l’urine suite à l’excrétion des protéines
alimentaires non digérées et des déchets des protéines métabolisées dans le corps de
notre cheval. Si son alimentation est trop riche en protéines, l’excrétion d’azote
augmente ainsi que le dégagement d’ammoniac dans le fumier.

Le tableau 5 classe diverses litières quant à leur pouvoir d’absorption d’ammoniac. La


mousse de tourbe possède le pouvoir le plus grand pour ce critère. Nous lui donnons
donc une valeur d’absorption relative de 100 % et classons les autres en ordre
décroissant. Le bran de scie, le chanvre, le papier journal déchiqueté et la ripe de bois
mou se classent environ à mi-chemin entre la mousse de tourbe et la paille qui ne
possède à peu près pas de capacité d’absorption d’ammoniac.

Il existe de nouveaux produits commercialisés au Québec dont le pouvoir d’absorption


d’ammoniac est sensé être très grand. La documentation scientifique pour corroborer
ces affirmations reste mince, quoique les témoignages des gens qui les utilisent
semblent positifs.
1
Tableau 5 Capacité relative de diverses litières à absorber l’ammoniac dégagé du fumier de cheval

Litière % absorption relative à Écart-type


17,4oC
Mousse de tourbe 100 0
Bran de scie 64 0
Chanvre 60 0
Papier journal déchiqueté 52 0
Ripe de bois 44 11,1
Paille de céréales 4 11,3
1
Adapté de Airaksinen et coll. (2001)

Un haut pouvoir absorbant de ce gaz nocif demeure un critère à considérer par-


ticulièrement en saison froide où généralement la ventilation est à son plus faible. La
concentration de ce gaz peut donc augmenter jusqu’à des niveaux inquiétants. En effet
de hautes concentrations d’ammoniac prédisposent les chevaux à une maladie que l’on
appelle l’obstruction pulmonaire chronique (Tanner et coll. 1998) et peut-être au
développement de pneumonies chez le poulain (McMillan 1986 cité par Pratt et coll.
2000). Lawrence et coll. (1988) ont mesuré des niveaux d’ammoniac de 25,3 ppm dans
le box des chevaux au niveau du licou. Pratt et coll. (2000) rapportent quant à eux des
concentrations ne dépassant pas 14 ppm lorsque mesurées également au licou. Par
contre, en mesurant ce gaz au niveau de la litière, ces chercheurs ont trouvé des
L’alimentation du cheval 8

valeurs dépassant les 200 ppm. Chez les humains la concentration maximale permise
pour une exposition à court terme se situe à 35 ppm environ. On réalise donc que des
taux de plus de 200 ppm peuvent devenir irritants pour les voies respiratoires du cheval.
Ainsi lorsqu’on évalue une litière, il importe également de considérer son pouvoir
absorbant au niveau de l’ammoniac comme un critère de qualité important. La mousse
de tourbe remporta aisément le match sur cette base.

Les granules de bois semblables à ceux utilisés pour les poêles aux granules peuvent
être utilisés à titre de litière. Aucune documentation scientifique comparant ce type de
litière aux autres n’est disponible à notre connaissance. Toutefois, il est probable que le
taux de poussière contenu dans ce produit soit faible. Quant au pouvoir d’absorption
d’ammoniac il est probable que ce produit qui est constitué de bran de scie comprimé
se comporte comme ce dernier. Encore ici, les témoignages des gens qui l’utilisent
restent positifs.

3. Contrôle

Maintenant, si on est aux prises avec un animal qui a développé des problèmes
respiratoires, que peut-on faire du coté alimentation pour en atténuer les effets? Tout
d’abord les mesures préventives discutées à la section précédente, s’appliquent
également à ce niveau-ci. De plus, d’autres aliments et régies alimentaires peuvent
s’ajouter à notre arsenal pour soulager l’animal atteint.

3.1 Trempage du foin

Il est pratique courante de faire tremper le foin des chevaux qui toussent. Cette
pratique, quoique généralement efficace, entraîne-t-elle des aspects négatifs
relativement à la valeur nutritive du foin ainsi traitée? Blackman et Moore-Colyer (1998)
de même que Moore-Colyer (1996) rapportent pour des foins de graminées une
diminution d’environ 90 % des poussières respirables contenues dans le foin après
seulement 10 ou 30 minutes de trempage (tableaux 6 et 7). Un trempage jusqu’à 12
heures n’a toutefois pas permis, statistiquement, une réduction plus importante des
poussières respirables.

Tableau 6 Effet du temps de trempage sur les particules respirables de foin de graminées

Temps de trempage (h)


Item 0 0,5 3 12
Nombre de particules respirables 32 652 3 908 3 484 2 092

Écart-type 5 445 1 886 1 208 906


Source : Moore-Colyer (1996)
L’alimentation du cheval 9

Tableau 7 Effet du temps de trempage sur les particules respirables de foin de graminées

Temps de trempage (min)


Item 0 10 30 80
Nombre de particules respirables 25 971a 1 862b 1163b 1 309b

Écart-type 2 237 787 626 598


Source : Blackman et Moore-Colyer (1998)

a) b)
Les chiffres d’une même rangée avec la même lettre ne sont pas significativement
différents (P < 0,05).

Par contre le trempage provoque des pertes de nutriments plus ou moins importantes
selon le type de foin et le temps de trempage. Pour du foin de graminées ce sont
surtout des sucres simples, solubles dans l’eau et des minéraux qui se lessivent
(tableaux 8 et 9) entraînant une augmentation de la fibre peu digestible (ADF) dans le
foin (tableau 10). Le foin qui a trempé devient donc moins nutritif. Si on est contraint à
faire tremper le foin pour le servir aux chevaux, il serait bon de procéder à une analyse
de ce foin ainsi traité et d’ajuster le programme alimentaire en fonction de la valeur
nutritive réelle du foin servi.

Tableau 8 Effet du trempage sur la teneur en minéraux (g/kg) du foin de graminées

Minéraux1
Trempage (h) Na K P Mg Ca
0 6,3 14,5 2,8 1,6 3,7
0,5 3,6 10,5 2,4 1,6 3,8
3 2,5 6,1 1,8 1,3 3,8
12 1,9 5,3 1,7 1,2 3,7
Source : Moore-Colyer (1996)
1
Na = sodium; K = potassium; P = phosphore; Mg = magnésium; Ca = calcium

Tableau 9 Effet du trempage du foin de graminées sur la teneur en nutriments (g/kg)

Nutriments1
Trempage Hydrates de Azote Ca P K Mg Na
(min) carbone
solubles
0 119,30 13,7 5,2 1,96 24,0 1,32 1,43
10 118,32 12,8 4,8 1,49 16,9 1,14 1,17
30 112,52 13,3 5,02 1,31 14,4 1,12 0,91
Source : Blackman et Moore-Colyer (1998)
1
Ca = calcium; P = phosphore; K = potassium; Mg = magnésium; Na = sodium
L’alimentation du cheval 10

Tableau 10 Effet d’un trempage de 30 minutes sur la perte en nutriments (g/kg) du foin de
luzerne

Nutriments1
Trempage Azote Cendres NDF ADF Digestibilité
(min)
0 27,4 80 471 358 708
30 26,2 56 546 408 664
Adapté de Collins (1991)
1
NDF = Fibres détergentes neutres; ADF = Fibres détergentes acides.

3.2 L’ensilage d’herbe

L’ensilage d’herbe demeure une solution possible aux problèmes respiratoires.


Évidemment, il ne contient pas de poussière. On fabrique des ensilages d’herbe dans
des silos ou dans des balles enrobées. En l’absence d’oxygène, les fourrages entrepo-
sés humides subissent une fermentation. Le milieu se stabilise en devenant plus acide
et le fourrage se conserve un peu comme des cornichons. Le pH d’un ensilage bien
fermenté se situe entre 4 et 4,5. S’il n’est pas exposé à l’air, l’ensilage se conserve très
longtemps.

Lorsqu’on expose l’ensilage à l’air, en développant une balle ronde par exemple, il faut
que le fourrage qu’elle contient soit ingéré à l’intérieur d’une période de 2 jours environ.
À défaut l’ensilage va se mettre à chauffer et à se détériorer. Il ne pourra plus
sécuritairement être servi aux animaux.

Différents types d’ensilage d’herbe peuvent être servis aux chevaux. On retrouve le plus
souvent des balles rondes enrobées. Toutefois, d’autres types d’ensilage restent
possibles, comme les ensilages en silos tours conventionnels ou en silos à atmosphère
contrôlée. Par ailleurs, il faut se rappeler que plus le silo est gros et plus il faut
d’animaux pour le consommer et éviter qu’il se détériore. À titre d’exemple, une balle
ronde de 4 pi x 4 pi (1,4 m x 1,4 m) contient l’équivalent d’environ 15 à 20 balles
rectangulaires. Par conséquent, il faut une dizaine de chevaux pour consommer une
balle ronde d’ensilage en 2 jours. Ceci exclue donc les petits troupeaux pour l’utilisation
d’ensilage d’herbe. La digestibilité des différents nutriments et l’énergie contenue dans
les ensilages d’herbes se compare avantageusement à la valeur nutritive du foin
(Moore-Colyer and Longland 2000). Cependant, des ensilages trop humides (33 % MS)
provoquent une baisse de consommation chez les chevaux comparativement à des
ensilages moins humides (50 % MS) selon les mêmes chercheurs. Des ensilages trop
humides augmentent également le risque de botulisme (Ricketts et coll. 1984).

De plus, la qualité des ensilages doit être exemplaire pour ne pas provoquer d’autres
problèmes de santé. En effet, un ensilage mal fait, contenant des moisissures, du
fumier, du compost, de la terre et des carcasses d’animaux, ne doit pas être servi aux
chevaux car il peut provoquer des coliques ou du botulisme. Des cas de botulisme sont
rapportés, dans la documentation scientifique, chez des chevaux alimentés de balles
L’alimentation du cheval 11

rondes enrobées (Ricketts et coll. 1984). Le pH de ces ensilages était de 7,4. De plus
l’odeur d’ammoniac qui s’en dégageait n’était pas une odeur caractéristique des
ensilages bien conservés.

Si on souhaite servir de l’ensilage aux chevaux il faut s’assurer de :

1. Favoriser un ensilage de graminées (mil, brome, dactyle) qui possède un faible


pouvoir tampon et qui s’acidifie rapidement.
2. Éviter un ensilage de légumineuses (luzerne, trèfle) qui possède un pouvoir
tampon élevé et garde le pH généralement plus élevé comparativement aux
graminées.
3. Éviter d’ensiler dans des champs où il reste du fumier non décomposé.
4. Éviter de faucher trop court de manière à ne pas récupérer de la terre dans
l’ensilage.
5. Ensiler à la bonne teneur en matière sèche. Par exemple, environ 50 % pour de la
balle ronde.
6. Procéder à l’ensilage immédiatement après la récolte pour épuiser l’oxygène et
favoriser la fermentation anaérobique typique des ensilages, une baisse rapide et
plus importante du pH, et une non prolifération des moisissures (Mills et Kung jr.
2002).
7. S’il s’agit de balles rondes, s’assurer de bien respecter les recommandations du
nombre de couches de plastique pour bien sceller le contenu.
8. Disposer les balles dans un endroit non susceptible aux inondations, et où les
risques d’abîmer le plastique accidentellement sont au plus bas.
9. Vérifier régulièrement l’intégrité du plastique pour s’assurer que les chats, les
oiseaux ou les rongeurs ne l’ont pas percé. Lorsque le plastique est percé,
l’oxygène entre dans l’ensilage et celui-ci se détériore.
10. À la reprise, développer et enlever la ficelle qui attache la balle.
11. S’attarder à la présence d’odeurs suspectes.
12. Chercher la présence de moisissures. S’il s’agit de petites surfaces, on peut retirer
l’ensilage impropre. Si une grande proportion de la balle est moisie, on évitera de
la servir aux chevaux.
13. Le pH doit osciller entre 4 et 6.
14. La présence de terre, de souris mortes ou de fumier indique que cet ensilage est à
risque pour les chevaux.

3.3 Le fourrage comprimé

Une autre présentation de foin consiste en de gros cubes d’environ 2,5 cm x 2,5 cm (1
po x 1 po) et vendus commercialement. L’ingestion et la digestibilité de ces produits se
comparent à celles du foin long (Drogoul et coll. 2000a, b). Ces produits sont
généralement de très bonne qualité et très bien acceptés par les chevaux. Différentes
espèces sont disponibles. On retrouve des gros cubes de graminées, de légumineuses
et différents mélanges des deux. Ce produit ne constitue pas un aliment concentré. Les
gros cubes de fourrages sont en fait du foin haché et comprimé. Ce foin est de bonne
qualité et permet le contrôle des problèmes respiratoires chez les chevaux.
L’alimentation du cheval 12

Certaines précautions doivent cependant être prises pour éviter des complications. Tout
d’abord, les cubes de foin doivent être servis au niveau du sol. En les ingérant, l’animal
risque moins, de cette façon, de s’étouffer en les avalant trop rapidement. Si on sert les
gros cubes de foin à la hauteur du dos du cheval, il est possible qu’en se levant la tête
le cheval les aspire et s’étouffe. En servant au niveau du sol le risque s’atténue
grandement. Il est également possible d’humecter ces cubes en ajoutant jusqu’à 4 litres
d’eau par kg de cube.

Ces cubes sont composés de foin haché. Le cheval prendra moins de temps à ingérer
cet aliment qu’il prendrait pour du foin non haché. Par conséquent, il est possible que le
cheval s’ennuie le reste de la journée où il n’aura rien à faire. Si tel est le cas il faudra le
distraire par des jouets « équins » placés dans son logement ou par une socialisation
avec des congénères. Sinon, il risque de développer des mauvaises habitudes ou vices
d’écuries.

3.4 Les substituts de foins commerciaux

Ce qui les différencie des cubes de fourrages discutés à la section précédente, c’est
que ces produits ne contiennent pas que du fourrage. Ils sont composés en plus
d’ingrédients riches en fibres digestibles, comme de la pulpe de betterave, des écailles
de soya et de riz. De plus, on y incorpore au besoin des minéraux, oligo-éléments et
vitamines pour en faire un aliment plus complet.

Par contre, tout comme le fourrage en gros cubes, les substituts commerciaux sont
ingérés rapidement et le cheval risque de s’ennuyer en attendant le prochain repas. Sur
cette base, on procédera avec les mêmes recommandations qu’à la section
précédente.

3.5 Les pâturages

Évidemment, au Québec, il reste impensable d’offrir du pâturage à l’année. Toutefois


avec une bonne gestion des champs, cette pratique reste possible jusqu’à 6 mois par
année plus ou moins quelques semaines selon la localisation géographique de la
ferme. Évidemment, les chevaux au pâturage ne souffriront pas de problèmes
respiratoires reliés aux poussières de foin.

On reconnaît l'importance des pâturages chez les herbivores depuis fort longtemps. En
effet, Cato, un philosophe romain déclarait, il y a 2000 ans que ce qui était le plus
profitable pour un agriculteur était un pâturage de première classe (Nacht 1996). Les
effets bénéfiques chez les chevaux sont nombreux. Laissé à lui-même dans un
environnement naturel, le cheval passe entre 60 et 80 % de son temps à brouter
(Briggs 1998). L'exercice et l'air frais améliorent la qualité des sabots, la densité
osseuse et réduit les problèmes respiratoires (Singer et coll. 1999). De plus, cet animal
social a besoin de contact avec ses congénères. Cela lui permet également de faire de
l'exercice, bienfaisant pour cet athlète, réduisant l'ennui souvent à l'origine des vices
d'écuries (Singer et coll. 1999). De plus, la mastication très importante au pâturage
(Avery cité par Singer et coll. 1999) permet une usure plus uniforme des dents, ce qui
réduit le besoin de les râper.
L’alimentation du cheval 13

3.5.1 Comment bien gérer les pâturages?

Une saine gestion des pâturages commence par (Dalrymple 1984) :

1. L'absence d'objets potentiellement dangereux susceptibles de blesser l'animal.


Quelques exemples de tels objets sont la présence de machinerie agricole dans
les champs, de souches pointues, de pièces de métal, de vieilles broches et de
petits objets susceptibles d'être avalés et causer des problèmes (Singer et coll.
1999).
2. Une surface de champ uniforme exempte de trous de marmottes ou autres.
3. Des clôtures sécuritaires pour l'animal. À titre d'exemple, des rubans larges
électrifiables sont très visibles et sécuritaires car ils cèderont sous la pression. Si
on utilise un seul ruban on le place à 84 cm du sol. Par contre, deux rubans se
retrouvent respectivement à 51 et 91 cm du sol, alors que si on décide que trois
rubans sont nécessaires, leurs dispositions seront à 41 cm, 71 cm et 102 cm
respectivement (Lewis 1995).
4. L'absence de plantes toxiques (tableau 11).
5. Le pâturage doit être nutritif, uniforme et permettre à l'animal de faire de l'exercice.
6. La présence et la disponibilité constante d'eau de boisson.
7. La présence d'abris pour les conditions climatiques défavorables (pluie, neige,
vent froid, soleil accablant, etc.).
8. Un programme de lutte antiparasitaire adapté et planifié avec votre vétérinaire
praticien. Sur cette base, des recherches démontrent que le meilleur moyen pour
prévenir l'infestation au pâturage consiste à ramasser le fumier au champ à tous
les jours ou 2 fois par semaine au minimum (Nacht 1996; Singer et coll. 1999).
Évidemment cette pratique est extrêmement laborieuse. À défaut, on s'assurera
d'envoyer des chevaux au champ avec un taux de parasite le plus bas possible.
En consultant votre vétérinaire, vous conviendrez ensemble du meilleur plan
d'attaque possible. De plus, pour réduire le taux d'infestation au champ il faut
éviter d'étendre le crottin. Cette pratique bien que bénéfique pour la fertilisation
étend les œufs de parasite et les disperse à la grandeur du pâturage. Les chevaux
évitent naturellement de brouter près des endroits de défécations où les œufs de
parasites abondent. Ils possèdent donc l'instinct ou le réflexe d'éviter de se
recontaminer en ne broutant pas à ces endroits. Par contre, si les animaux
demeurent au champ, affamés, ils finiront par brouter même aux zones de
défécation et se réinfesteront inévitablement.
L’alimentation du cheval 14

Tableau 11 Principales intoxications végétales chez le cheval

Nom vulgaire Principe toxique et Caractéristiques principales


localisation de l'intoxication
I. Arbres, arbustes, arbrisseaux
If (Taxus sp) Alcaloïdes. Toutes les Très fréquente, symptômes
parties sauf arille. nerveux. Dose mortelle : 100 à
500 g de feuilles.
Buis Alcaloïdes. Toutes les Symptomatologie digestive.
parties de la plante. Intoxication aiguë. Dose
mortelle : 750 g de feuilles.
Gui Viscotoxine, polypeptide. Troubles digestifs, dyspnée,
Toute la plante. ataxie. Mortelle.
Troëne Inconnu. Rameaux et fruits. Gastro-entérite mortelle.
Cytise Alcaloïdes : cytisine. Toutes Convulsions et dyspnée, co-
les parties. liques, salivation. Dose mortelle
de graines : 200 à 400 g.
Acacia Phytotoxine. Écorce de Troubles digestifs et
l'arbre. cardiaques. Dose mortelle : 150
g d'écorce.
Rhododendron, Kalmia Andromedotoxine. Vertiges, ataxie, dyspnée,
troubles digestifs, intoxication
surtout avec espèces orne-
mentales.
II. Plantes herbacées sauvages
Colchique Alcaloïdes : colchicine. Intoxication par les feuilles et
Toute la plante. les graines au printemps, ex-
ceptionnellement en automne
avec les fleurs. Diarrhée,
colique, néphrite. Dose mor-
telle : quelques kilos de plante
fraîche.
Vérâtre Alcaloïdes. Toute la plante. Intoxication par les foins.
Symptômes digestifs, trem-
blements musculaires, hy-
persudation. Dose mortelle :
1 kg de feuilles sèches.
Aristoloche Inconnu. Toute la plante. Paralysie, état comateux,
polyurie considérable jusqu'à
100 L d'urine par jour. En
général non mortelle.
Prêles Alcaloïdes, thiaminase. Par le foin contaminé. Forme
Toutes les parties. chronique : incoordination
motrice, amaigrissement.
L’alimentation du cheval 15

Nom vulgaire Principe toxique et Caractéristiques principales


localisation de l'intoxication
II. Plantes herbacées sauvages (suite)
Digitale Hétéroside cardiotoxique. Rare. Signes digestifs et uri-
Toutes les parties. naires. Dose mortelle : 140 g de
feuilles.
Lierre terrestre Non connu. Toute la plante. Symptômes cardiaques et
respiratoires avant élévation de
la température centrale. Aiguë,
souvent mortelle.
Millepertuis (Hypericum Hypericine, pigment Photosensibilisation, érythème,
perforatum) photosensibilisant. Toute la prurit, excoriations cutanées,
plante. gonflement des paupières. Ne
se produit que si l'animal est
mis au soleil.
Fougère Thiaminase (antivitamine Faiblesse. Parésie. Contraction
B1). musculaire de la face, de
l'encolure.
Moutarde Isothiocyanates. Toux quinteuse.
Cigüe aquatique Cicutoxine. Excitation intense.
Asclépiade de syrie Inconnu Non documenté.
(Asclepias syriaca)
Eupatoire rugeuse Inconnu Non documenté.
(Eupatorium rugosum)
Datura Stramonie Inconnu Non documenté.
(Datura stramonium)
Morelle (Solanum sp.) Inconnu Non documenté.
Seneçon vulgaire Inconnu Non documenté.
(Senecio vulgaris)
III. Graines toxiques
Vesce Acides aminés, Encéphalose hépatique :
neurotoxiques, substances symptômes nerveux, digestifs,
hépatotoxiques. ictère, photosensibilisation.
Gesse Acides aminés Paralysie : cornage par
neurotoxiques. dégénérescence du nerf
récurrent.
Ivraie Alcaloïde teneur très Intoxication par les criblures.
variable. Symptômes nerveux, ébriété,
démarche ataxique. Dose
mortelle : 3 à 5 kg.
Nielle Saponoside. Troubles digestifs chroniques.
Amaigrissement. Peu toxique.
Adapté de CRAAQ (2003); Singer et coll. (1999).
L’alimentation du cheval 16

3.5.2 Autres points de gestion des pâturages

La grandeur des parcelles broutées influent également sur la qualité du pâturage. Une
situation idéale consiste à fournir aux chevaux des parcelles de dimensions modestes
qu'ils mangeront rapidement. On les y introduit lorsque l'herbe est à une hauteur de 15-
25 cm pour les y retirer lorsque celle-ci est à 5 cm, un, deux ou trois jours plus tard.
Laisser brouter à moins de 5 cm ralentit la repousse de l'herbe, car on épuise ainsi la
plante. Le regain est donc retardé et notre vitesse de rotation ultimement ralentie. De
plus, lorsque l'herbe est trop courte sur des sols très sablonneux, les chevaux peuvent
ingérer du sable et développer des coliques de sables. On a donc tout avantage à
retirer les animaux lorsque l'herbe est rasée à environ 5 cm.

Règle générale, le moins longtemps les chevaux sont dans une même parcelle, le plus
uniformément celle-ci est broutée. Cette gestion des pâturages a permis d'obtenir chez
des poulains d'un an des taux de gain de 0,6 kg/j avec des pâturages uniquement. En
revanche des gains 2,6 fois moins importants, soit 0,23 kg/j, ont été obtenus chez des
poulains comparables placés dans de grands champs où on ne pratiquait pas de
rotation des parcelles (Briggs 1998).

Au printemps, l'herbe pousse plus rapidement que les chevaux peuvent en ingérer. On
fauche les parcelles qui dépassent 25 cm pour en faire du foin. Le regain servira plus
tard dans la saison, lorsque la croissance de l'herbe aura ralenti et qu'un plus grand
nombre de parcelles deviendra nécessaire.

Un grand champ peut être divisé facilement en plusieurs petites parcelles avec des
rubans électriques larges et hautement visibles par exemple. On peut même placer
différents objets très visibles le long des clôtures temporaires pour que les chevaux les
voient bien. On pense alors à de petits drapeaux oranges, par exemple. Il demeure
important de toujours garder un point d'eau disponible.

En pratiquant cette façon de gérer les pâturages, la plupart des chevaux bénéficieront
au maximum des bienfaits de cette alimentation. Cela permettra de réduire très signifi-
cativement les besoins en concentrés réduisant d'autant les risques de complications
digestives. Par contre des pâturages mal gérés entraînent des risques de fourbure,
particulièrement chez les chevaux à risques, comme les poneys et les bêtes trop
grasses (Furga 1999). Ce sont les hydrates de carbone non structuraux (HCNS) qui
peuvent causer des problèmes chez les chevaux qui ne sont pas habitués aux
pâturages.

Les HCNS se calculent de la façon suivante :

HCNS (base sèche) = 100 – PB – gras – cendres – NDF


où PB = % de protéines brutes
gras = % de gras
cendre = % de cendres
NDF = % de fibre détergente neutre
L’alimentation du cheval 17

Pour les grains, les HCNS équivalent approximativement à l’amidon. La capacité


maximale à digérer l’amidon se situerait autour de 0,4 % du poids vif par jour (Hoffman
et coll. 2001). Par contre les HCNS des fourrages restent non seulement nettement plus
faibles, soit entre 5 et 20 % de la matière sèche, comparativement à 60 %, pour les
grains, mais contiennent seulement entre 19 % d’amidon pour le foin et 38 % pour les
pâturages (Hoffman et coll. 2001). Le reste des HCNS des fourrages est formé d’HCNS
fermentable dans le caecum et le gros intestin du cheval. De plus, une partie de ces
dernières sont fermentées rapidement et l’autre moitié lentement (Hoffman et coll.
2001). La teneur en ces diverses fractions d’HCNS varie à tout le moins entre le
pâturage et le foin. Mais elle varie également probablement entre les graminées et les
légumineuses, l’ensilage comparativement au foin. Sur cette base, tout changement
d’alimentation, particulièrement du foin au pâturage doit se faire de façon progressive
pour permettre à la flore microbienne du gros intestin et du caecum du cheval de
s’adapter à la variation de la teneur en HCNS et à la variation de ces diverses fractions.

Finalement, pour les raisons mentionnées précédemment, chez des chevaux ayant
accès à un pâturage luxuriant, ce n’est pas une bonne idée de complémenter avec des
concentrés riches en sucres et en amidon. Il faudrait plutôt opter pour des concentrés
riches en matière grasse et en fibre digestible de façon à éviter les surcharges
intestinales en HCNS (Hoffman et coll., 2001).

3.5.3 L’adaptation

Le cheval possède un système digestif particulier lui permettant de digérer les


fourrages. On y retrouve une fermentation microbienne importante. Ainsi les microbes
qui s'y trouvent « s'habituent » à un type d'alimentation. Pour éviter de les brusquer et
de les indisposer (comprendre problème digestif chez le cheval) on procèdera à tout
changement alimentaire de façon graduelle. Le passage du foin au pâturage constitue
un changement d'alimentation drastique. Il faut habituer nos microbes sur une période
s'échelonnant entre 10 et 15 jours de façon à avoir des microbes heureux et un cheval
qui ne fait ni colique ni fourbure. Pour ce faire, on sort notre animal pour de brèves
périodes au printemps (tableau 12) en s'assurant que notre cheval a bien mangé son
aliment coutumier (foin) avant de sortir. On majore graduellement la période passée à
l'extérieur pour en arriver à notre alimentation à base de pâturage.
L’alimentation du cheval 18

Tableau 12 Exemple d'un programme de transition sécuritaire du foin au pâturage

Temps, A.M. P.M. Précautions


jour
0 Foin, concentré Foin, concentré normal On commence demain
normal
1 Foin, pâturage 15 Foin, pâturage 15 min, On sert le foin 2 heures avant de
min, concentré normal concentré normal sortir les chevaux au pâturage. Les
concentrés sont servis au retour à
l'écurie.
2 Foin, pâturage 30 Foin, pâturage 30 min, Concentrés pour encourager le
min, concentré ½ concentré ½ cheval à entrer à l'écurie. On sert le
foin 2 heures avant de sortir les
chevaux au pâturage.
3 Foin, pâturage 45 Foin, pâturage 45 min, Réduire graduellement les concen-
min, concentré ½ concentré ½ trés car les pâturages sont plus
riches que le foin. Se faire faire un
programme alimentaire au besoin.
On sert le foin 2 heures avant de
sortir les chevaux au pâturage.
4 Foin, pâturage 1 h, Foin, pâturage 1 h, On peut aller plus ou moins rapi-
concentré ¼ concentré ¼ dement dépendamment du com-
portement de l'animal. On sert le
foin 2 heures avant de sortir les
chevaux au pâturage.
5 Foin, pâturage 1 h, Foin, pâturage 1 h, On sert le foin 2 heures avant de
concentré ¼ concentré ¼ sortir les chevaux au pâturage.
6 Foin, pâturage 1,5 h, Foin, pâturage 1,5 h, On sert le foin 2 heures avant de
concentré ¼ concentré ¼ sortir les chevaux au pâturage.
7 Foin, pâturage 2 h, Foin, pâturage 2 h, Après 2 heures consécutives au
concentré ¼ concentré ¼ pâturage, l'animal devrait cesser
naturellement de brouter et jouer un
peu. On sert le foin 2 heures avant
de sortir les chevaux au pâturage.
8 Foin, pâturage 3 h, Foin, pâturage 3 h, On sert le foin 2 heures avant de
concentré ¼ concentré ¼ sortir les chevaux au pâturage.
9 Foin, pâturage 4 h, Foin, pâturage 4 h, On sert le foin 2 heures avant de
concentré ¼ concentré ¼ sortir les chevaux au pâturage.
1
10 Foin, pâturage à vo- On sert le foin 2 heures avant de
lonté, concentré selon sortir les chevaux au pâturage.
besoins du
programme
alimentaire
Adapté de Dalrymple (1984)
1
On peut allonger la période d'adaptation de cinq jours chez des chevaux sensibles à la
fourbure et aux coliques en répétant l'étape 6 deux autres jours et l'étape 7, trois autres
jours.
L’alimentation du cheval 19

3.5.4 Quelles plantes fourragères?

Quels types ou quelles espèces de plantes fourragères doit-on produire pour les
chevaux aux pâturages? Avant de répondre à cette question mentionnons que les
chevaux s'adaptent à la plupart des plantes fourragères cultivées au Québec. Aux
tableaux 13 et 14, on trouve les espèces de plantes fourragères adaptées à différentes
régies des champs et types de sol. On se sert de ces recommandations comme point
de départ. Des particularités existent concernant certaines espèces de plantes
fourragères chez les chevaux. De façon générale, les légumineuses (trèfle, luzerne,
lotier) sont très riches, trop riche même en protéine pour la plupart des chevaux. De
plus, elles restent fragiles au piétinement. Ce n'est donc pas une bonne idée de semer
des légumineuses pures. Il faut plutôt les associer avec des graminées comme la fléole
ou le mil, le dactyle, le brome, etc. Le tableau 15 peut nous guider quant à l'association
à recommander entre les légumineuses et les graminées. Les pâturages composés de
sorgho, d'herbe de soudan peuvent contenir de l'acide prussique, toxique pour les
chevaux (Singer et coll. 1999). Ils sont par conséquent à éviter.

Tableau 13 Caractéristiques des légumineuses recommandées

Caractéristique Luzerne Trèfle rouge Trèfle ladino Lotier


Adaptation Toutes les Toutes les Toutes les Toutes les
régions régions régions régions
Égouttement Excellent Bon Bon à excellent Pauvre à
requis excellent
Supporte mal les Résiste mal à la Peut tolérer une
excès d’eau sécheresse certaine période
d’inondation
Tolérance à Faible Bonne Bonne Très bonne
l’acidité
Exigence de pH 6,8 à 7,0 6,0 à 6,5 6,0 à 6,5 5,5 à 6,5
Persistance Très bonne Médiocre Bonne Très bonne
Potentiel de Excellent. La plus Très bon Bon à très bon Bon
rendement élevée des
légumineuses
Vitesse Rapide Très rapide et Moyenne à rapide Lente
d’établissement facile à établir
Capacité de Moyenne à Très forte Moyenne Faible
compétition l’établissement
Très forte par la Ne pas l’associer
suite avec une grami-
née compétitive
Source CPVQ (1989)
L’alimentation du cheval 20

Tableau 14 Caractéristiques des graminées recommandées

Caractéristique Fléole des prés Brome inerme Dactyle Alpiste roseau Ray-grass annuel
Adaptation Toutes les régions Toutes les régions Toutes les régions Toutes les régions Toutes les régions
Égouttement requis Bon à excellent Très bon Très bon Médiocre à très bon Bon à excellent
Fait bien sur des Très faible tolérance Plante de terrains
terrains modérément à l’excès d’eau mal drainés et sujets
bien drainés à inondation
Exigences de pH 6,0 à 6,5 6,0 à 6,5 6,0 à 6,5 5,5 à 7,0 5,5 à 7,0
Rusticité Excellente Moyenne à bonne Moyenne Très bonne ---------
Vitesse Modérément lente et Lente et difficile à Rapide et facile Lente Rapide et facile
d’établissement assez facile semer
Force de Bonne Bonne Forte pour les Bonne Forte
concurrence légumineuses Normalement établi
en semis pur
Regain Lent et faible surtout Moyen Rapide Moyen, peu de Rapide
en été croissance
automnale
Résistance à la Faible Bonne à très bonne Très bonne Très bonne Bonne
sécheresse
Qualité du fourrage Bonne appétence, Garde bien sa qualité La teneur en protéine La teneur en protéine Bonne appétence
teneur en protéine et avec la maturité et l’appétence et l’appétence
digestibilité diminuent avec la diminuent avec la
inférieures à celle du maturité maturité
brome
Source CPVQ (1989)
L’alimentation du cheval 21

Tableau 15 Recommandations pour l'ensemencement des pâturages

Durée de la prairie Caractéristique du sol Espèce en semis pur ou en Dose de semis


association (kg/ha)
Longue durée (5 ans et plus) Moyennement égoutté, Lotier en semis pur 10
pH variant de 6,0 à 6,5
Lotier 7
Fléole des prés 7
Lotier 7
Brome inerme 10
Mal égoutté, Lotier 7
pH variant de 5,5 à 6,5 Alpiste roseau 9
Durée moyenne (3 à 5 ans) Moyennement égoutté, Trèfle ladino 2
pH variant de 6,0 à 6,5 Fléole des prés 7
Trèfle ladino 2
Brome inerme 10
Courte durée (1 à 3 ans) Moyennement égoutté, Trèfle ladino 2
pH variant de 6,0 à 6,5 Dactyle 8
Source CPVQ (1989)

Tableau 16 Recommandations pour l'ensemencement de prairies destinées à la fauche et au regain pâturé

Durée de la prairie Caractéristique du sol Espèce en association Dose de semis


(kg/ha)
Longue durée (3 ans et plus) Bien égoutté, Luzerne 9
pH variant de 6,5 à 7,0 Trèfle ladino 1
Fléole des prés 7
Luzerne 9
Trèfle ladino 1
Brome inerme 10
Courte durée (1 à 2 ans) Moyennement égoutté, Trèfle rouge 5
pH variant de 6,0 à 6,5 Trèfle Ladino 1
Fléole des prés 7
Source CPVQ (1989)
L’alimentation du cheval 22

3.6 Garder les chevaux atteints toujours à l’extérieur

À la section précédente, on a vu qu’il était faisable de garder les chevaux au pâturage


environ la moitié de l’année. Mais qu’en est-il du reste de l’année où au Québec, on
connaît des saisons généralement peu clémentes. Les équidés s’accommodent très
bien de la saison froide. Ils peuvent rester dehors avec un abri.

Les chevaux gardés dehors ou en étable froide en hiver ne doivent pas avoir de
couverture, car leur pelage isole mieux que celle-ci. On ne fait pas travailler des
chevaux gardés dehors l’hiver. On leur fournit du foin ou de l’ensilage si le nombre le
justifie. L’eau doit être disponible dans des abreuvoirs chauffés ou spécialement conçus
pour le froid. On ne doit pas se fier sur la neige pour abreuver un cheval; c’est
insuffisant!

La température ambiante a des répercussions sur le métabolisme de l’animal. De façon


générale, plus la température s’abaisse et plus l’animal utilise de l’énergie pour
entretenir ses fonctions vitales et se réchauffer. Des valeurs précises chez les chevaux
n’ont pas été trouvées. Toutefois, le tableau 17 rapporte des variations en besoins
énergétiques chez des bovins de boucherie soumis à différentes régies et températures
ambiantes. Il est probable que l’image chez les chevaux ressemble à celle observée
chez les bovins.

Tableau 17 Variation des besoins énergétiques ENe + ENg dans divers environnements1

ToC Régie
1
Moyenne Élite Médiocre Très déficiente
15 100 100 100 121
0 104 104 114 213
-10 111 111 134 393
-20 115 115 163 759
1
Calculé avec le logiciel Conseil-boeuf®
2
Valeur énergétique relative de 100 % pour une régie moyenne

Dehors, la consommation alimentaire augmente. Au tableau 18 on a simulé la variation


de la consommation volontaire de matière sèche (CVMS) en fonction de la température,
mais aussi en fonction de la régie à laquelle les animaux sont soumis. Ici encore les
simulations ont été effectuées chez le bovin de boucherie.
L’alimentation du cheval 23

Tableau 18 Variation de la CVMS relative dans différents environnements1

ToC Régie
2
Moyenne Élite Médiocre Très déficiente
15 100 105 85 71
0 107 113 91 76
-10 113 117 95 79
-20 115 121 98 81
1
Simulations effectuées à l’aide du logiciel Conseil-boeuf®
2
CVMS relative 100 % pour une régie moyenne

Les deux tableaux précédents font état de la régie générale à la ferme. Une régie
adéquate permet à tous les animaux d’avoir accès à un abri qui les protège du vent et
des précipitations, et leur permet de se coucher tout en gardant un pelage propre.

Parallèlement, il faut du fourrage à volonté assorti d’une portion de concentrés


proportionnelle à la valeur nutritive du fourrage. On maintien l’état de chair. Attention!
Ne pas se fier au « coup d’œil ». Il faut toucher les animaux, car l’épaisseur du poil peut
tromper l’œil, aussi expert soit-il.

Des animaux sales, non abrités des intempéries, mal alimentés mangeront moins et
auront des dépenses énergétiques accrues comparativement à des animaux gardés
dans une régie d’élevage convenable. Qu’adviendra-t-il dans de telles circonstances?
Ça ne fonctionnera pas! Les chevaux maigriront, s’affaibliront les rendant plus
susceptibles à toutes sortes de problèmes de santé.

Par conséquent, il est important de fournir aux chevaux gardés dehors un


environnement sain et une alimentation équilibrée en fonction de la valeur nutritive des
fourrages.

4. Conclusion

Les problèmes respiratoires chez le cheval peuvent être prévenus en servant du foin
exempt de poussière. De plus, en observant les animaux on peut s’apercevoir des
signes précurseurs et remédier à la situation rapidement. Différentes pratiques
alimentaires peuvent aider à prévenir l’apparition de ce problème.

Par ailleurs, si on est aux prises avec un cheval qui démontre des problèmes
respiratoires, diverses actions peuvent être prises pour en atténuer les impacts. On
pense au trempage du foin, aux ensilages d’herbe, aux cubes de foin, aux substituts de
foin commerciaux, aux pâturages et aux chevaux gardés à l’extérieur toute l’année.
L’alimentation du cheval 24

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