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DROIT CIVIL
Introduction
I- Définition du droit.
A- La notion de droit
Au sens général du terme, Le Droit est un ensemble de règles de vie en société dont l’inobservation
entraîne l’application de sanction. C’est l’ensemble des règles obligatoires qui régissent une société
donnée. Le Droit ainsi défini correspond à ce qu’on appelle le droit objectif.
Les normes du droit objectif s’imposent à tous les individus qui satisfont aux conditions qu’elles
posent.
Dans un sens particulier (second sens), le droit désigne une prérogative particulière dont une
personne déterminée peut se prévaloir sur un bien ou sur une autre personne. C’est le droit subjectif.
A- Le droit public
Le droit public est constitué par l’ensemble des règles qui déterminent l’organisation et le
fonctionnement des pouvoirs publics. Son but est d’assurer la satisfaction de l’intérêt général ; il
gouverne les rapports entre l’Etat et les citoyens.
Le droit public comprend plusieurs branches que sont : Le droit constitutionnel, le droit
administratif, les finances publiques ou droit financier.
1- Le droit constitutionnel
Il regroupe l’ensemble des règles qui régissent l’organisation et le fonctionnement de l’appareil
politique de l’Etat.
Il étudie notamment la répartition des pouvoirs entre le pouvoir législatif, le pouvoir exécutif et le
pouvoir judiciaire ; cette répartition est assortie de la compétence des différentes autorités étatiques à
qui se trouvent dévolus ces pouvoirs (Assemblée Nationale, Président de la république etc.…)
2- Le droit administratif
Il est composé des règles qui régissent la fonction administrative de l’Etat. Il s’agit des règles
relatives à l’organisation et au fonctionnement de l’administration publique (les ministères et leurs
services extérieurs, les Etablissements publics…etc.), ainsi que les règles qui définissent les droits
des administrés.
B- Le droit privé
Le droit privé est constitué par l’ensemble des règles qui régissent les relations entre les personnes
privées, individus ou groupements (sociétés, associations…etc).
Le droit privé comprend plusieurs branches au premier rang desquelles se trouve classé le droit civil,
droit privé commun.
1- Le droit civil
Le droit civil a vocation à régir de principe tous les rapports entre personnes privées ; le droit civil
est donc considéré comme le « droit privé commun ».
Il recouvre donc un domaine très vaste qui s’ordonne autour des 4 grands axes qui constituent les
différents livres du code civil.
Les personnes
*individualisation des personnes (nom, domicile, état civil, capacité)
*Rapports familiaux (mariage, régimes matrimoniaux, filiation, divorce, succession)
*Le régime des biens (meubles et immeubles) et tout ce qui a trait à la propriété.
*Le régime des obligations, c’est-à-dire des situations qui nous obligent juridiquement vis-àvis
d’autrui.
- Les obligations contractuelles découlent de la conclusion d’un contrat.
- Les obligations délictuelles sont celles qui découlent de la responsabilité civile.
2- Le droit commercial
Le droit commercial est la partie du droit privé qui régit les opérations faites par les commerçants,
soit entre eux, soit avec leurs clients. Il comprend les règles applicables aux commerçants et aux
activités commerciales et industrielles.
3- Le droit du travail
Le droit du travail encore appelé ‘’droit social’’ constitue une autre branche du droit privé qui a
vocation à réglementer les relations individuelles et collectives de travail au sein d’une entreprise. 4-
Le droit pénal
Le droit pénal définit les infractions punissables, qui traduisent des comportements de nature à
troubler la paix sociale ; le droit pénal définit ces comportements et fixe les peines qui leur sont
applicables (emprisonnement et amende).
La procédure pénale, quant à elle, réglemente les conditions dans lesquelles les délinquants sont
poursuivis et jugés.
Le droit civil détermine également le lieu où l’individu se trouve localisé, lieu où il vit, lequel est
appelé le domicile.
Le droit civil pose ensuite les règles relatives à l’état civil, à la capacité des personnes, aux droits
que les personnes peuvent exercer et corrélativement aux obligations par elles supportées.
Il prête attention aux rapports familiaux, notamment le mariage en tant que union de deux
personnes, ainsi que les régimes matrimoniaux (le sort des biens possédés par les conjoints) ; il
organise le divorce qui est la désunion des mariés, ainsi que la succession (l’héritage).
Tous ces différents aspects de la vie en société sont régis par une série de lois votées par l’Assemblée
Nationale de la République de Côte d’Ivoire, lesquelles sont relatives au nom, à l’état civil, à la
minorité, au mariage, au divorce et à la séparation de corps, à la paternité et à la filiation, à
l’adoption.
Ces lois constituent la base textuelle de ce qu’on appelle communément le Droit des personnes et
de la famille ; c’est le contenu essentiel du cours de droit civil de première année.
Dans le langage juridique, le mot ‘’personne’’ désigne tous les êtres qui sont titulaires de droit et
sujets d’obligation, c’est-à-dire qui sont susceptibles d’assumer des obligations. Ce terme
‘’personne’’ est synonyme de sujet de droit. Les personnes sont donc les seuls sujets de droit. Il
existe En Droit deux catégories de personnes. Elles ont en commun la qualité de sujet de droit et
sont les acteurs de la vie juridique ; ce sont les personnes physiques, et les personnes morales.
TITRE I
La personne physique est saisie par Le Droit dans les différentes étapes de sa vie : ainsi Le Droit
s’occupe de l’existence de la personne physique dès sa naissance (parfois avant même sa
naissance) et ce, jusqu’à sa mort considérée comme la fin de la personnalité juridique (Chapitre
er
1 ).
Ensuite, Le Droit prévoit des droits subjectifs attachés à la personne (Chapitre 2), en
s’intéressant également à l’individualisation de la personne physique (Chapitre 3). Enfin, il fixe
les règles relatives à sa capacité (Chapitre 4).
ER
CHAPITRE 1 - LE COMMENCEMENT ET L’EXTINCTION DE LA
PERSONNALITE JURIDIQUE
Tout être humain a la personnalité juridique ; mais à quel moment commence la personnalité
juridique et quand prend-elle fin?
er
Paragraphe 1 - Le principe : la personnalité commence avec la naissance
La naissance est la condition qui permet à l’enfant d’avoir la personnalité juridique, et d’être
titulaire de droit. Elle est ainsi le point de départ de la personnalité juridique, de la participation de
l’enfant à la vie juridique. Autrement dit, selon ce principe, ce n’est que lorsqu’il est sorti du ventre
de sa mère que l’enfant peut acquérir un droit à savoir : hériter d’un bien en cas de décès de son
père ou sa mère ; recevoir un bien, par exemple une maison, par donation…etc.
A l’inverse, selon toujours ce principe, l’enfant qui n’est pas encore né n’a pas la personnalité ; il
n’est donc pas apte à être titulaire d’un droit, en particulier succéder.
Ce principe a ainsi pour inconvénient d’exclure de la succession de son père, un enfant que porte
une femme dont le mari décède pendant la période de grossesse ; car cet enfant ne figure pas parmi
ceux qui sont nés au moment du décès du père, c’est-à-dire au moment où on cherche à savoir qui a
la qualité d’héritier du père décédé. En application donc de ce principe, cet enfant n’étant pas né,
n’a pas la personnalité juridique; il ne peut donc bénéficier de la succession de son défunt père.
Pour remédier à cette injustice, ce principe selon lequel la personnalité commence à la naissance est
frappé d’une exception.
Cette règle exceptionnelle a pour fondement juridique un adage romain qui s’énonce dans les
termes suivants: « Infans conceptus pro nato habetur quoties de commodis ejus agitur » ; ce
qui signifie : l’enfant conçu est considéré comme né chaque fois qu’il y va de son intérêt.
L’enfant étant encore dans le ventre de sa mère, il n’est pas né à l’instant où son père vient de
mourir ; néanmoins, on le considère comme né parce qu’à la date du décès de son père, à cette date
où on essaie de déterminer et rassembler les héritiers, son intérêt l’exige.
Selon l’article 7 de la loi n° 2019-573 du 26 juin 2019 relative aux successions: « Pour succéder,
il faut exister à l’instant de la succession. Sont donc incapables de succéder :
1° - Celui qui n’est pas encore conçu ;
2° - L’enfant qui n’est pas né vivant. »
Il résulte de ces dispositions que celui qui est simplement conçu, étant considéré comme né, est doté
ipso facto de la personnalité depuis le ventre de sa mère.
ème ème
Ce temps qui court du 300 au 180 jour avant la naissance de l’enfant est appelé ‘’la période
légale de conception’’. Autrement dit, ce sont les relations intimes entretenues pendant cette
période, par l’homme avec sa femme, qui ont eu pour résultat la conception de l’enfant. Si le mari
était, pendant cette période, dans l’incapacité d’entretenir de tels rapports, alors il n’est pas le père
de l’enfant.
La date de sa conception va être ainsi placée, située, par les défenseurs de l’intérêt de l’enfant (en
ème ème
particulier sa mère) entre le 300 et le 180 jour qui précède sa naissance, en démontrant que
pendant cette période son père était en relations constantes avec sa mère ; il est donc l’auteur de la
conception.
Ou, à l’inverse, ce sont les adversaires de l’enfant qui, pour le priver par exemple du droit d’hériter
ou de bénéficier d’une donation, vont démontrer que pendant cette période, son supposé père
n’ayant eu aucun contact avec elle, n’a pu entretenir des rapports intimes avec sa mère ; il n’est
donc pas l’auteur de la conception.
Ainsi, pour déterminer la période légale de conception (période pendant laquelle l’enfant est
supposé conçu), le législateur part d’une date de repère : la date de naissance de l’enfant. Il s’agit
donc de compter les jours un à un, en partant du jour de la naissance qui est la date de référence
mais est exclu du décompte, étant observé que selon la loi, les jours pris en compte sont ceux situés
«avant (la date de) la naissance de cet enfant » (article 4.1° de la loi n° 2019571 du 26 juin 2019
relative à la filiation).
ème
Il faut d’abord fixer la date qui correspond au 180 jour avant la naissance, puis ensuite trouver
ème
celle qui correspond au 300 jour avant la naissance.
Exemple : Calculons la période légale de conception d’un enfant né le 30 mai 2008 dont le père est
décédé le 18 novembre 2007.
Ce sont les rapports sexuels entretenus par les deux époux entre le 4 août 2007 et le 2 décembre 2007
qui ont donné lieu à la conception de cet enfant né le 30 mai 2008.
Le père est décédé le 18 novembre 2007 ; la période légale de conception (réelle) s’étend donc du 4
août 2007 au 17 novembre 2007.
2- L’intérêt de l’enfant
La personnalité juridique est reconnue à l’enfant conçu chaque fois qu’il sera pour lui question
d’acquérir un droit, un avantage: un legs ou une donation selon la loi. Mais cette règle est étendue à
tous les cas d’acquisition d’un avantage par l’enfant simplement conçu : tel est le cas de l’indemnité
d’une assurance-vie contractée par le père au profit des enfants; ou encore d’une somme d’argent
versée aux enfants d’un travailleur décédé des suites d’un accident de travail. Ainsi, par fiction
juridique, le législateur assimile l’enfant conçu à un enfant déjà né afin de lui permettre de
bénéficier d’un droit.
Il importe de préciser que la règle est inventée par les juristes pour permettre à l’enfant d’acquérir
des droits, donc bénéficier d’avantages matériels ou moraux, et non pour supporter des obligations
ou subir les défaveurs, les inconvénients du Droit.
En revanche, l’enfant qui ne naît pas vivant n’aura jamais eu la personnalité ; il sera dépouillé du
droit qui lui a été préalablement reconnu du fait de sa conception.
Il importe de signaler que selon l’ancienne loi de 1964, aujourd’hui abrogée par la loi de 2019,
l’enfant doit non seulement naître vivant, mais en outre il doit naître viable. La question se posait
alors de savoir ce que signifie naître viable.
Est né viable, l’enfant qui naît avec les organes essentiels à la vie, suffisamment constitués pour lui
permettre de vivre.
Aujourd’hui, l’article 7 de la loi n° 2019-573 du 26 juin 2019 relative aux successions a supprimé la
condition relative à la viabilité ; ce texte précise : « Pour succéder, il faut exister à l’instant de la
succession. Sont donc incapables de succéder :
1° - Celui qui n’est pas encore conçu ;
2° - L’enfant qui n’est pas né vivant. »
La personnalité juridique supposant la vie cesse avec la mort. Le terme de la personnalité juridique
coïncide exactement avec le terme naturel de la vie humaine.
Mais le droit, tout en privant le défunt de personnalité, admet que sa volonté puisse produire effet
après sa mort ; il accorde une valeur juridique au testament qui, selon nous, et ce, contrairement à
2
certaines opinions , ne traduit nullement un prolongement de la personnalité juridique.
Par ailleurs, le cadavre qui n’a pas de personnalité est tout de même une chose digne de respect.
Ainsi une autopsie ne peut être pratiquée sur le corps d’un mort sans l’autorisation de ses parents.
Paragraphe 1- L’absence
La nouvelle loi n° 2018-862 du 19 novembre 2018 relative à l’état civil (article 70) apporte deux
innovations au régime juridique de l’absence :
1- le jugement déclaratif d’absence emporte désormais la dissolution du mariage de l’absent ;
2- l’absent peut être judiciairement déclaré décédé dix ans à compter de la date de ses dernières
nouvelles.
Les dispositions du code civil en la matière n’ayant pas été modifiées par les réformes de 2018-
2019, celles-ci continuent de régir la situation d’absence.
* Définition.
En droit, l’absence est la situation d’une personne qui a cessé de paraître au lieu de son domicile ou
de sa résidence sans laisser de nouvelles, et dont on ignore si elle est encore en vie ou décédée
(article 115 du code civil).
La lecture des dispositions en la matière révèle que la loi organise le régime juridique de l’absence
autour de deux grands axes : la présomption d’absence et la déclaration d’absence. Ce qui met en
évidence l’existence de deux périodes : la période qui précède le jugement déclaratif d’absence et
celle qui lui est postérieure. Enfin, la loi fixe les règles relatives à la fin de l’absence.
A- La présomption d’absence
C’est la situation de l’individu pendant la période antérieure à la déclaration d’absence.
Ce temps qui précède la déclaration d’absence, et qui court à partir de la date des dernières nouvelles
de l’individu, est appelé la période de la présomption d’absence.
Au cours de cette période dont la durée mérite d’être connue, des précautions sont prises par la loi
pour protéger les intérêts de l’individu présumé absent.
L’administrateur judiciaire peut être choisi par le juge parmi les membres de la famille du présumé
absent, comme il peut s’agir d’une personne étrangère à ladite famille. En toute hypothèse, ne peut
être désignée par le juge en qualité d’administrateur judiciaire qu’une personne de bonne moralité,
capable de gérer les biens du présumé absent en bon père de famille.
Il importe, sur ce point, de préciser qu’au sens de l’article 136 du code civil, lorsqu’une succession
(un héritage) est ouverte, à laquelle le présumé absent ou l’absent doit prendre part, « elle sera
dévolue exclusivement à ceux avec lesquels il aurait eu le droit de concourir, ou à ceux qui
l’auraient recueillie à son défaut ». Ce qui signifie que les cohéritiers, notamment les frères et sœurs
de l’absent, ont le droit de se partager à eux seuls cet héritage sans ternir compte de l’absent ; quitte
à ce dernier, lors d’un éventuel retour, d’exercer une action en pétition d’hérédité (action en
réclamation de sa part d’héritage) contre les copartageants, pour se voir restituer la part qui lui
revient dans la succession concernée (article 137 du code civil).
B- La déclaration d’absence
1- Les conditions de la déclaration d’absence
Toute personne intéressée peut présenter une requête en déclaration d’absence auprès du tribunal de
première instance (article 115 du code civil). Peuvent être considérées comme personnes
intéressées : les enfants et le conjoint de l’absent, ainsi que ses créanciers ; les derniers cités étant
des personnes vis-à-vis desquelles l’absent est redevable de l’exécution d’une obligation, par
exemple, du paiement d’une somme d’argent.
Les personnes intéressées sont tenues d’attendre l’écoulement d’un délai de 4 ans pour présenter
leur demande en déclaration d’absence au tribunal qui, à son tour, dispose d’une année pour
effectuer son enquête. Lorsque le présumé absent a laissé un mandataire, le délai de déclaration
d’absence de 10 ans est augmenté de la durée de l’enquête.
Le juge qui reçoit la demande de déclaration d’absence doit, pendant 1 an, mener une enquête dont
le but est de chercher à savoir si effectivement l’on ne peut obtenir aucune nouvelle du présumé
absent. L’enquête est faite dans l’arrondissement de son domicile ou de sa résidence. Le rapport
issu de cette enquête servira de point d’appui au juge pour prendre sa décision.
- déclarer que la personne ne peut être considérée comme absente, parce que des éléments de
l’enquête par lui diligentée indiquent qu’on a de ses nouvelles ;
- déclarer que la personne est absente parce que, malgré toutes les recherches effectuées, on n’a
aucune nouvelle d’elle ; dans ce cas, le juge rend une décision de déclaration d’absence encore
appelée jugement déclaratif d’absence.
Dans cette dernière hypothèse, l’individu dont il s’agit est, dorénavant, officiellement absent ; il
n’est plus présumé absent. Le jugement déclaratif d’absence marque ainsi la fin de la période de
présomption d’absence.
Désormais, le jugement déclaratif d’absence dissout le mariage de l’absent. Ainsi, l’article 103 de
la loi relative au mariage mentionne l’absence parmi les causes de dissolution du mariage, au
même titre que le décès, le divorce, le décès judiciairement déclaré en cas de disparition et
l’annulation du mariage.
Curieusement la loi ne donne aucun délai pour demander la déclaration d’absence ; sur ce point le
code civil s’applique.
En conséquence, le conjoint de l’absent peut contracter un nouveau mariage, puisque le premier est
dissous par le jugement déclaratif d’absence ; car selon la loi, pour pouvoir contracter un nouveau
mariage, il faut que le premier soit préalablement dissous (article 3 de la loi relative au mariage).
Le jugement déclaratif d’absence envoie les héritiers présomptifs en possession provisoire des
biens. Autrement dit, le juge décide de remettre les biens de l’absent entre les mains de ses héritiers
que sont ses enfants, ses parents ou sa femme.
Avant d’en jouir, les héritiers présomptifs doivent procéder à l’inventaire des biens reçus et donner
caution pour la sûreté de leur administration (article 120 du code civil).
.
L’envoi en possession définitive
L’envoi en possession provisoire des biens peut être suivi de l’envoi en possession définitive. En
effet, s’il s’est écoulé un délai de 30 ans à compter de la date du jugement déclaratif d’absence ou
100 ans depuis la date de naissance de l’absent, les ayants-droit peuvent saisir le tribunal pour
l’entendre prononcer l’envoi en possession définitive, et ordonner, par voie de conséquence, le
partage des biens de l’absent (article 129 du code civil). Les ayants droits envoyés en possession
définitive peuvent désormais aliéner des biens de l’absent.
C- La fin de l’absence
La fin de l’absence est marquée, soit par la déclaration de décès, soit par le retour de l’absent.
Au terme d’un délai de dix ans à compter de la date des dernières nouvelles, le décès de l’absent peut
être judiciairement déclaré
Le jugement déclaratif de décès valant acte de décès est transcrit dans les registres de l’état civil du
dernier domicile de l’absent en marge de son acte de naissance ou de mariage (article
70 de la loi relative à l’état civil).
Le décès est supposé survenu le jour du prononcé du jugement déclaratif.
A partir de sa transcription, le jugement déclaratif de décès produit tous les effets du décès :
notamment la succession de l’absent s’ouvre immédiatement à la date du jugement déclaratif de
décès ; si l’absent est marié son mariage est dissous.
2- Le retour de l’absent
Le retour de l’absent qui peut intervenir à n’importe quel moment, emporte, par l’intervention d’un
nouveau jugement l’annulant, donc cessation des effets du jugement déclaratif d’absence ou du
jugement déclaratif de décès
Les héritiers présomptifs qui ont joui des biens de l’absent sont tenus de lui restituer :
- 1/5 des revenus si ce dernier revient avant l’écoulement d’un délai de 15 ans ;
- 1/10 des revenus s’il revient après les 15 ans ;
- après 30 ans la totalité des revenus leur est acquise ; ils ne seront donc tenus d’aucun
remboursement à l’égard de l’absent revenu (article 127 du code civil).
Malgré le retour de l’absent, son mariage qui a pris fin avec le jugement déclaratif demeure dissous.
Par ailleurs, revenu, l’absent peut exercer l’action en désaveu de paternité à l’égard des enfants nés
moins de 300 jours après la date des dernières nouvelles (article 3 de la loi relative à la filiation
interprété a contrario).
Si l’absent revient après le jugement déclaratif de décès, son mariage qui a pris fin avec le jugement
déclaratif demeure dissous. S’il a été procédé à la liquidation des biens, les biens reçus en partage
demeurent propres à chacun d’eux.
3- Le décès de l’absent
Si le décès de l’absent est prouvé avant le jugement déclaratif de décès, la procédure de l’absence
prend fin quelle que soit la période dans laquelle on se trouve : présomption d’absence, envoi en
possession provisoire ou envoi en possession définitive. Le décès prouvé entraîne la dissolution du
mariage de l’absent. La succession de l’absent s’ouvre à la date de son décès au profit de ses
héritiers.
Paragraphe 2- La disparition
La disparition est la situation d’une personne qui était dans des circonstances de nature à mettre sa
vie en danger mais dont le corps n’a pu être retrouvé.
Il convient d’abord les conditions, ensuite les effets de la disparition.
Le juge du lieu de la survenance des événements saisi, rend un jugement déclaratif de décès. Le
jugement déclaratif de décès doit préciser la date du décès qui sera fixée en tenant compte des
circonstances de la disparition ; cette date ne doit jamais être indéterminée (article 67 de la loi
relative à l’état civil). Le jugement déclaratif de décès valant acte de décès est transcrit dans les
registres de l’état civil du lieu réel ou présumé du décès (article 68 de la loi relative à l’état civil).
A partir de sa transcription, le jugement déclaratif de décès produit tous les effets du décès :
notamment la succession du disparu s’ouvre immédiatement à la date du jugement déclaratif de
décès ; si le disparu est marié son mariage est dissous.
Les droits reconnus à toute personne peuvent être classés en deux catégories :
- Les droits patrimoniaux qui sont des droits évaluables en argent ; ils forment le contenu du
patrimoine et sont à la base du commerce juridique ;
- Les droits extrapatrimoniaux n’ont aucune valeur pécuniaire ; il s’agit des droits familiaux (la
puissance paternelle) des droits de la personnalité (droit à l’intégrité physique, droit au respect de la
vie privée …etc) ; ces droits ne sont pas évaluables en argent et sont incessibles.
er
Paragraphe 1 - Les droits réels
Ce sont les droits qui portent directement sur une chose encore appelée un bien ; il s’agit d’un
rapport juridique immédiat entre une personne et un bien ; ils confèrent à leur titulaire un pouvoir
exercé sur une chose corporelle. Nous allons prendre connaissance des biens, objet de droit réel (A) ;
on verra ensuite les différentes catégories de droits réels (B).
A- Les biens
Les biens sont classés par le code civil en biens meubles et immeubles ; aux termes de l’article
516 du code civil, ‘’tous les biens sont meubles ou immeubles’’
1- Les meubles
Les biens sont meubles par leur nature, ou par la détermination de la loi.
2- Les immeubles
On distingue trois sortes d’immeubles : les immeubles par nature ; les immeubles par destination ;
les immeubles par l’objet auquel ils s’appliquent.
Une condition est nécessaire pour qu’il y ait immeubles par destination : il faut qu’il y ait identité de
propriétaire ; autrement dit, le propriétaire de l’immeuble par nature et le propriétaire du bien appelé
à devenir immeuble par destination doivent être une seule et même personne.
a- Le droit de propriété
« La propriété est le droit de jouir et de disposer des choses de la manière la plus absolue, pourvu
qu’on n’en fasse pas un usage prohibé par les lois ou les règlements » (article 544 du code civil). De
cette définition, il résulte que le droit de propriété comporte trois prérogatives, encore appelées les
attributs du droit de propriété. Ce sont : l’usus, le fructus et l’abusus.
- L’usus
C’est le droit d’utiliser la chose à sa convenance, c’est-à-dire le droit de s’en servir ou ne pas s’en
servir.
Exemple : on peut ne pas porter un vêtement, ou laisser une voiture inutilisée dans un garage.
- Le fructus
- L’abusus
C’est le droit de disposer de la chose ; il y a la disposition juridique qui se réalise par l’aliénation du
bien. Exemple : la vente, la donation ; il y a la disposition matérielle qui se réalise par la destruction ;
exemple : détruire une maison, brûler un vêtement.
L’usufruit
C’est le droit de jouir des choses dont une autre personne a la propriété, comme le propriétaire
luimême, mais à la charge d’en conserver la substance.
L’usufruitier, c’est-à-dire la personne titulaire de l’usufruit, a le droit de jouir (usus et fructus) d’une
chose dont l’abusus appartient à une autre personne appelée nu-propriétaire. Le nupropriétaire se
trouve donc dépouillé de l’usus et du fructus au profit de l’usufruitier.
L’emphytéose
C’est un droit de jouissance sur un immeuble conféré à une personne pour une période de longue
durée. Le bail emphytéotique consenti pour une durée comprise entre 18 et 99 ans sert
essentiellement à mettre en culture des terres en friche.
La servitude. C’est une charge imposée à un immeuble pour l’usage et l’utilité d’un autre immeuble
appartenant à un propriétaire différent. L’immeuble grevé de la servitude s’appelle le fonds servant ;
et celui qui en est le bénéficiaire est dit fonds dominant. Exemple le droit de passage créé au profit
d’un terrain enclavé sur le terrain voisin.
2- Les droits réels accessoires
Les droits réels accessoires sont des droits qui sont assortis à un droit de créance pour le renforcer.
Le créancier titulaire d’un droit réel accessoire se trouve dans une situation préférable à celle du
créancier chirographaire, c’est-à-dire le créancier qui n’a pas de garantie.
Lorsque les droits réels accessoires ont pour objet un immeuble ; ils sont appelés droits réels
accessoires immobiliers.
Comme exemple, il faut citer l’hypothèque. C’est un droit réel portant sur un immeuble affecté à
l’exécution d’une obligation. C’est une sûreté réelle pouvant porter sur un ou plusieurs immeubles du
débiteur. C’est une garantie de crédit très commode, car elle laisse au débiteur la propriété et la
jouissance du bien hypothéqué tout en assurant une protection efficace au créancier.
Lorsque les droits réels accessoires portent sur des meubles, ils sont appelés droits réels accessoires
mobiliers ; tel est le cas du gage ou nantissement ; le gage est un contrat par lequel un débiteur
remet un meuble à son créancier pour garantie de sa dette.
Paragraphe 2- Les droits personnels ou droits de créance
Le droit personnel ou droit de créance est le droit subjectif reconnu à une personne (appelée
créancier) d’exiger d’une autre personne (appelée débiteur) une prestation. Exemple : le droit du
banquier d’exiger du client emprunteur, le remboursement de la dette ou encore le droit du bailleur
(le propriétaire de la maison mise en location) de réclamer au locataire le paiement du loyer. Le lien
juridique qui unit le créancier et le débiteur est appelée obligation
Dans un contrat de vente, par exemple, le vendeur a l’obligation de livrer à l’acheteur le bien vendu ;
en retour l’acheteur a l’obligation de payer au vendeur une somme d’argent représentant le prix du
bien.
er
Paragraphe 1 - Les droits de l’homme
Les droits de l’homme sont énoncés sous différents aspects. Notre Constitution, dans ses toutes
premières dispositions, met d’abord l’accent sur le droit à la vie ; elle proclame que « la personne
er
humaine est sacrée » (article 2 alinéa 1 de la Constitution) pour en tirer comme conséquence, la
suppression de la peine de mort (article 3 alinéa 3 de la Constitution)
Le droit à la vie est un droit fondamental ; c’est le premier droit de l’homme. Il est clairement
affirmé par la Constitution : « le droit à la vie est inviolable ; nul n’a le droit d’ôter la vie à autrui »
article 3 de la Constitution).
Suivent les libertés publiques, notamment : les libertés physiques, les libertés morales et les libertés
professionnelles.
Ces libertés s’exercent sous la réserve du respect de la loi, des droits d’autrui, de la sécurité nationale
et de l’ordre public (article 19 de la Constitution).
En conséquence, les atteintes, les blessures qui y sont portées donnent lieu à l’application de
sanctions.
D’abord ce sont des sanctions pénales qui répriment les atteintes à l’intégrité physique, parce que
ces comportements menacent l’ordre public.
Viennent ensuite des sanctions civiles qui vont se traduire par le versement d’une somme d’argent
appelée ‘’dommages et intérêts’’ à la victime sur le fondement de l’article 1382 du code civil.
Il en va de même en matière de sécurité publique où des peines corporelles sont édictées par la loi ; il
s’agit notamment de l’emprisonnement.
Lorsque la prise ou la publication sont faites sans son consentement (ce qui constitue la faute), la
victime peut exiger de l’auteur, la réparation du préjudice par elle subi.
Chaque individu a droit au respect de sa vie privée ; il a le droit de garder secrète l’intimité de son
existence, de ne pas être livré en pâture à la curiosité des autres personnes.
Toute information de nature à porter atteinte à la vie privée d’un individu requiert le consentement de
ce dernier. A défaut de consentement, l’auteur de la diffusion d’informations sur la vie privée
commet une faute sanctionnée sur le fondement de l’article 1382 du code civil.
3- Le droit à l’honneur
L’honneur est le sentiment que chacun se fait de sa dignité, la considération qu’on a soi-même de sa
personne, et le sentiment de considération que les autres personnes s’en font.
Chacun a le droit d’exiger que les tiers respectent son honneur. L’honneur consiste pour un individu
d’être épargné de tout opprobre sur le terrain de la bonne conscience. C’est l’article 90 de la loi
n°2017-867 du 27 décembre 2017 portant régime juridique de la presse qui en assure expressément
la protection à travers la répression de la diffamation.
La diffamation est « toute allégation ou imputation d’un fait qui porte atteinte à l’honneur ou à la
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considération de la personne ou au corps auquel le fait est imputé » (article 90 alinéa 1 de la loi
portant régime juridique de la presse).
La victime de l’atteinte au droit à l’honneur peut mettre en œuvre la responsabilité de l’auteur sur le
fondement de l’article 1382 du code civil et exiger de lui le versement de dommages et intérêts à
titre de réparation.
Il est nécessaire d’individualiser les personnes physiques. Pour les identifier dans leur famille et dans
la société, on a recours à des signes distinctifs : le nom et ses accessoires permettent d’identifier une
personne et la distinguer des autres ; le domicile permet de la localiser géographiquement ; les actes
de l’état civil contiennent des informations relatives à son état (état de vivant, de marié ou de
célibataire, ou état de mort).
Section 1 - Le nom
Le nom est une appellation qui sert à désigner une personne dans la vie sociale et juridique en vue de
l’exercice de ses droits et de l’exécution de ses obligations. Il est régi par la loi n° 64-373 du 07
octobre 1964 modifiée par celle du 2 août 1983, qui dispose : « toute personne doit avoir un nom
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patronymique et un ou plusieurs prénoms » (article 1 de la loi relative au nom).
Après avoir étudié les éléments constitutifs du nom, on exposera sa nature juridique et ses caractères.
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Paragraphe 1 - Les éléments constitutifs du nom
Le nom est composé du nom patronymique, du ou des prénoms ; à cela s’ajoutent le surnom et le
pseudonyme, considérés comme les accessoires du nom.
A- Le nom patronymique
Le nom patronymique d’une personne est le nom de la famille à laquelle elle appartient. Il est donc
attribué lors de la naissance en considération de la filiation ; celle-ci étant le lien juridique qui unit
une personne à ses père et mère.
Mais il y a des cas où l’attribution du nom relève de l’autorité administrative.
Mais il peut arriver que le père qui le reconnaît en second lieu, donc tardivement, souhaite que son
enfant porte le seul nom de son père, ou le nom du père auquel on ajoute le nom de la mère, le nom
de la mère étant, dans cette hypothèse, placé après celui du père. Dans ces deux dernières
hypothèses, c’est seulement avec le consentement de la mère que le père peut obtenir satisfaction.
Le consentement de la mère peut être donné soit oralement lors de la déclaration de reconnaissance
faite par le père, ou reçu séparément par un officier de l’état civil ou un notaire qui en dressent acte
(article 23 de la loi relative à la paternité et à la filiation)
L’enfant naturel adultérin par la mère ne peut être reconnu par l’amant de celle-ci, et porter son nom,
que lorsqu’il a été préalablement désavoué par son père présumé (article 22 alinéa 2 de la loi
relative à la filiation). Si le mari n’opte pas pour le désaveu, l’enfant, en sa qualité d’enfant légitime,
portera son nom en application de l’article 2 de la loi relative au nom.
Concernant l’ordre d’inscription du nom et des prénoms, la loi indique que le nom patronymique doit
être inscrit en premier lieu en majuscules d’imprimerie ; le ou les prénoms sont inscrits en second
lieu en minuscules. Ces règles sont contraires à celles du droit français où le prénom vient avant le
nom.
Le surnom est une appellation donnée à une personne par son entourage et sous laquelle elle est bien
connue. Dans les actes officiels une personne ne peut se faire désigner uniquement par son surnom.
Toutefois, selon la loi, le titulaire d’un surnom peut demander qu’il soit ajouté à ses noms et prénoms
sur les actes d’état civil (article 12 de la loi sur le nom).
Le pseudonyme est un nom de fantaisie ou d’emprunt choisi et généralement utilisé par l’intéressé
uniquement pour l’exercice d’une activité. Tel est le cas par exemple d’un pseudonyme employé
dans le cadre d’une activité commerciale ou artistique. Tout comme le surnom il est permis d’ajouter
le pseudonyme aux nom et prénoms réguliers.
2.2- La particule
C’est un mot qui précède certains noms ; il détermine le lien de filiation. La loi ivoirienne ne s’est
pas préoccupée de la particule; mais il faut noter que celle-ci est la composante de certains noms
patronymiques. On peut citer par exemple, la particule ’’Bi’’ et ‘’Lou’’ chez les Gouros. Ainsi, si la
particule a été oubliée dans le nom déclaré à l’état civil, l’omission doit être réparée par la
rectification judiciaire de l’acte de naissance.
1- Le changement de nom
Les changements de nom sont possibles en cas de changement d’état ou à titre principal
Tel est le cas lorsque l’enfant est reconnu en second lieu par le père ; il y a ajout du nom du père à
celui de la mère ou remplacement pur et simple du nom de la mère par celui du père.
L’adoption entraîne aussi l’attribution du nom de l’adoptant à l’adopté dont le nom est modifié.
La destruction de la filiation par l’annulation d’une reconnaissance faite sur la base d’une fausse
déclaration entraîne un changement du nom consécutif à un changement d’état.
La première concerne le changement de nom par substitution ; il concerne les individus qui, avant
l’entrée en vigueur de la loi de 1964, ne portaient pas le patronyme de leur auteur. Ces personnes
peuvent demander pour leur compte et celui de leurs enfants mineurs nés ou à naître, à porter le nom
de l’un de leurs ascendants ou de leur auteur. Elles peuvent donc choisir de porter désormais soit le
nom de leur père, soit le nom d’un grand parent, généralement celui de leur grand-père.
Prévue par l’article 7 de la loi relative au nom, la seconde procédure concerne le relèvement de
nom ; elle permet un changement de nom par adjonction. Celui dont le nom doit être relevé doit être
de sexe masculin, décédé sans postérité mâle; il doit être le dernier représentant mâle de cette
famille.
Celui qui veut relever le nom doit démontrer qu’il a un auteur commun avec le défunt.
Le relèvement de nom s’obtient par une déclaration faite devant l’officier de l’état civil du lieu de
son domicile dans les 5 ans qui suivent le décès de la personne dont le nom doit être relevé. La
déclaration est, par l’officier de l’état civil, transmise au tribunal pour homologation. Le jugement
d’homologation ordonnera la rectification des actes d’état civil en autorisant le requérant à adjoindre
le nom relevé à son patronyme.
2- Le changement de prénoms
Le prénom qui complète le nom patronymique est lui aussi soumis au principe de l’immutabilité
contenu dans l’article 11 de la loi relative au nom. Le changement de prénom peut intervenir à la
suite d’un changement d’état ; tel est le cas en matière d’adoption.
Par ailleurs, il est possible de changer de prénoms ou d’adjoindre de nouveaux prénoms à ceux
mentionnés sur l’acte de naissance. Mais celui qui sollicite le changement de prénoms doit justifier
d’un intérêt légitime. L’intérêt légitime peut se traduire par le fait que le prénom reçu des parents est
ridicule.
Celui qui désire changer de prénoms doit présenter une requête devant le tribunal ou la section de
tribunal dans le ressort duquel l’acte de naissance a été établi ; le requérant doit préciser les motifs du
changement qui établissent l’existence d’un intérêt légitime.
En application de ce texte, une action peut être intentée dans le but de défendre le nom contre toute
usurpation par un tiers. Qui peut intenter cette action ? Contre qui peut-elle être intentée ?
1- Le demandeur à l’action en défense du nom.
Les personnes qui, en qualité de demandeur, peuvent saisir la justice à cette fin sont :
- le porteur du nom lui-même ; en effet, le droit au nom étant un droit de la personnalité, le
titulaire de ce droit est la personne la mieux indiquée pour défendre son nom contre toute
usurpation ;
- les descendants du porteur du nom même s’ils ne portent pas eux-mêmes ce nom ; car le nom
patronymique est un élément d’identification d’une famille ; la défense de ce nom appartient à
tous les membres de cette famille même lorsque ceux-ci ne portent pas ce patronyme.
Le nom est inaliénable. Cela signifie que le droit au nom étant un droit extrapatrimonial ne peut
être cédé entre vifs, donné ou vendu, ni transmis par testament. Cependant, ce principe souffre d’une
exception. En effet, notre société outrancièrement capitaliste étant dominée par l’argent, a admis la
commercialisation du nom. Le nom sous lequel un individu fait le commerce (nom commercial) est
un élément de son fonds de commerce qui peut être cédé (vendu) en même temps que ce fonds dont
il fait partie. Mais l’utilisation du nom patronymique devenu commercial doit être exclusivement
limitée à l’exploitation du fonds de commerce.
Le nom est imprescriptible c’est-à-dire qu’il ne peut être perdu en raison d’un défaut d’utilisation.
La prescription, c’est la disparition d’un droit qu’on n’a pas exercé pendant une certaine durée. Les
juges français ont décidé qu’un nom de famille peut être réclamé par les membres de cette famille,
malgré le long temps pendant lequel ce nom n’a pas été porté.
Section 2- Le domicile
Le domicile est le siège légal de la personne, le lieu où la loi la localise. Comme le nom, le domicile
sert à individualiser la personne, en déterminant le lieu, où au regard de la loi, elle est censée être
toujours présente.
Le domicile est défini par l’article 102 du code civil qui dispose : « le domicile de tout ivoirien,
quant à l’exercice de ses droits civils, est au lieu où il a son principal établissement » Le domicile
doit être distingué des notions voisines telles que celles de résidence ou d’habitation.
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Paragraphe 1 - La détermination du domicile
Le principe est le libre choix du lieu où tout individu décide de fixer son principal établissement ;
c’est le domicile volontaire. Cependant, il existe des hypothèses dans lesquelles la loi attribue à
l’individu un domicile légal.
A- Le domicile volontaire
1- Les éléments constitutifs du domicile volontaire
Ils sont au nombre de deux : un élément matériel et un élément intentionnel
L’élément matériel se traduit par le fait de s’établir en un endroit.
L’élément intentionnel se manifeste par la volonté de fixer son domicile en cet endroit.
Une difficulté se présente lorsque la personne a plusieurs établissements, ayant plusieurs centres
d’intérêts localisés à des endroits divers. Dans ce cas, il faut avoir recours à l’élément intentionnel
qui va permettre de reconnaître l’un des centres d’activité de l’intéressé comme son principal
établissement. Dans certains cas, les tribunaux font prévaloir le lieu d’exercice de la profession ;
dans d’autres, les intérêts économiques et familiaux déterminent le lieu du principal établissement.
2- Le changement de domicile
Selon l’article 103 du code civil, le changement de domicile s’opère par le fait d’une habitation
réelle dans un autre lieu joint à l’intention d’y fixer son principal établissement.
Le changement de domicile suppose donc la modification de l’élément matériel et de l’élément
moral.
Pour l’élément matériel, sa modification s’opère par un déplacement du principal établissement ; à
cela il faut joindre la volonté de l’individu de fixer son principal établissement dans le nouvel
endroit.
La preuve du choix du nouvel établissement résultera d’une déclaration expresse faite à la mairie de
l’ancien domicile et celle du nouveau domicile.
B- Le domicile légal
C’est celui que la loi assigne d’office à certaines personnes, soit en raison de leur dépendance vis-à-
vis d’une autre personne, soit en raison de leur profession.
L’état est donc l’ensemble des caractéristiques permanentes de la personne, qui déterminent son
statut juridique dans la société. Sont des éléments constitutifs de l’état des personnes : la vie, la mort,
la situation maritale de l’intéressé (célibataire, marié, divorcé ou veuf).
Les éléments de l’état sont constatés officiellement par des actes appelés actes de l’état civil.
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En effet, selon l’article 1 de la loi n° 2018-862 du 19 novembre 2018 relative à l’état civil qui régit
la matière, « les actes de l’état civil sont des écrits par lesquels l’officier de l’état civil constate
d’une manière authentique les principaux événements dont dépend l’état des personnes »
L’état civil est ainsi un service public administratif qui a pour mission d’enregistrer les différents
événements qui constituent ou modifient l’état des personnes physiques, et de délivrer à cette fin aux
usagers des actes constatant leur état ; ce sont les actes de l’état civil.
La loi n° 2018-862 du 19 novembre 2018 relative à l’état civil contient les règles portant sur :
er
- l’établissement des actes de l’état civil (paragraphe 1 ) ; - les
fonctions des actes de l’état civil (paragraphe 2) ;
- les sanctions des irrégularités dans l’établissement des actes
de l’état civil (paragraphe 3).
er
Paragraphe 1 - L’établissement des actes de l’état civil
Le législateur a édicté des règles de principe pour l’établissement des actes de l’état civil ; mais il a
aussi pris des dispositions pour suppléer le défaut d’acte de l’état civil.
Des points de collecte d’informations concernant l’état civil sont créés dans les villages, dans les
centres de santé et dans tout autre lieu déterminé par décret (article 3 de la loi n° 2018-862 du 19
novembre 2018 relative à l’état civil).
Sur le territoire national, la qualité d’officier de l’état civil est conférée au maire dans la commune ;
en dehors de la commune, les fonctions d’officier de l’état civil sont exercées par le sous-préfet dans
les limites du territoire de la sous-préfecture.
Aux termes de l’article 4 de la loi relative à l’état civil), chaque circonscription d’état civil
comporte donc un officier de l’état civil.
Chaque bureau d’état civil comporte un agent de l’état civil.
De même chaque point de collecte comporte un agent de collecte.
Aux uns et aux autres, il peut être adjoint un ou plusieurs suppléants qui exercent leurs compétences
dans les mêmes conditions que les officiers et agents titulaires.
Hors du territoire national, la loi confère la qualité d’officier de l’état civil aux agents
diplomatiques ou consulaires (article 33 de la loi relative à l’état civil ; article 25 de la loi relative
au mariage). Les actes de l’état civil sont ici établis par les consuls et agents diplomatiques ivoiriens
conformément à la loi ivoirienne.
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Ils sont ouverts au 1 janvier et clos le 31 décembre de chaque année.
Les deux exemplaires sont côtés et paraphés par le président du tribunal
Un exemplaire des registres est conservé au chef-lieu de la circonscription d’état civil ; l’autre est
transmis au greffe du tribunal ou de la section du tribunal dans le ressort duquel est située la
circonscription.
Les actes sont inscrits sur les registres, de suite, sans aucun blanc : Les ratures et les renvois sont
approuvés et signés de la même manière que le corps de l’acte.
b- Le livret de famille
Il est délivré aux époux un livret de famille et un certificat de célébration civile (article 24 de la loi
relative au mariage ; 91 de la loi relative à l’état civil). Ces documents sont remis à celui d’entre
eux désigné par les époux.
Le livret porte l’identité des conjoints, la date et le lieu de célébration du mariage. On y inscrit par la
suite :
- les naissances et les décès des enfants nés du mariage et des enfants reconnus par le mari en
application de l’article 22 de la loi relative à la filiation,
- le décès ou le divorce des époux (article 92 de la loi relative à l’état civil).
a- L’acte de naissance
La déclaration de naissance est faite devant l’officier de l’état civil (article 30 de la loi relative à
l’état civil) par le père, la mère ou un ascendant ou toute personne ayant assisté à la naissance ou
encore la personne chez qui la mère est accouchée (article 43 de la loi relative à l’état civil).
Une fois la déclaration de naissance enregistrée, la rédaction de l’acte de naissance doit être
immédiate et comporter la signature du déclarant et celle de l’officier de l’état civil.
La loi (article 42) indique les mentions devant figurer sur l’acte de naissance :
* l’année, le mois, le jour, l’heure et le lieu de naissance de l’enfant ;
* le sexe de l’enfant ;
* le ou les prénoms qui lui sont donnés ;
* les prénoms, noms, âges, professions et domiciles des père et mère et s’il y a lieu ceux du
déclarant.
b- L’acte de décès
La déclaration de décès est faite devant l’officier de l’état civil (article 30 de la loi relative à l’état
civil) par l’un des parents du défunt ou par toute personne possédant sur son état civil des
renseignements nécessaires à la déclaration.
Les décès doivent être déclarés dans les 15 jours qui suivent la date du décès (article 53 de la loi
relative à l’état civil)
Les déclarations de décès sont reçues et les actes qui les constatent sont dressés par l’officier ou
l’agent de l’état civil du lieu du décès (article 30 de la loi relative à l’état civil). La loi ne prescrit
pas la rédaction immédiate de l’acte de décès.
La loi (article 54) indique les mentions devant figurer sur l’acte de décès:
* l’année, le mois, le jour, l’heure et le lieu du décès ;
* les nom et prénoms, date et lieu de naissance, profession et domicile de la personne décédée. * les
nom et prénoms, professions et domiciles des père et mère du défunt
* les nom et prénoms de l’autre époux si la personne décédée était mariée, veuve ou divorcée * les
nom et prénoms, âge, profession et domicile du déclarant et s’il y a lieu son degré de parenté avec
la personne décédée.
Pour la déclaration de décès sont exigés en pratique, le certificat médical (établi par le médecin) ou
le procès-verbal de la police ou la gendarmerie qui constate le décès, les pièces d’identité du défunt
et du déclarant.
c- L’acte de mariage
L’acte de mariage est établi à la suite de la double déclaration (articles 23 de la loi relative au
mariage, et 71 de la loi relative à l’état civil) faite devant l’officier de l’état civil, par les futurs
époux de se prendre pour mari et femme ; ceux-ci sont assistés de leurs témoins et éventuellement du
père ou de la mère ou du tuteur qui doit consentir au mariage pour les mineurs.
La loi (article 15 de la loi relative au mariage) énumère les pièces requises pour la constitution du
dossier de mariage : il s’agit des extraits d’acte de naissance des futurs époux datant de moins de
trois mois ; la copie des actes accordant des dispenses et toutes autres pièces propres à établir que les
conditions du mariage sont réunies.
L’acte de mariage doit être dressé sur le champ (article 23 alinéa2 de la loi relative au mariage)
.
L’article71 de la loi relative à l’état civil expose le contenu de l’acte de mariage ; celui-ci énonce :
- le numéro de référence de l’acte ;
- les prénoms, nom, professions, âges, dates et lieux de naissance, domiciles et résidences des époux
;
- les prénoms noms, professions et domiciles des pères et mères ;
- les consentements ou autorisations donnés en cas de minorité de l’un ou des époux ;
- Les prénoms et nom du précédent conjoint de chacun des époux ;
- la déclaration des contractants de se prendre pour époux et le prononcé de leur union par l’officier
de l’état civil ;
- les prénoms, noms, professions, domiciles des témoins et leur qualité de majeurs ; - l’option
éventuellement faite par les époux en faveur du régime de la séparation des biens.
Il faut souligner qu’à la suite de la célébration du mariage, les nom et prénoms du conjoint sont
mentionnés en marge de l’acte de naissance. Cette mention permet à l’officier de l’état civil invité à
célébrer un mariage de savoir si l’un des futurs époux se trouve déjà dans les liens d’un premier
mariage.
Le contenu de l’acte de reconnaissance n’est pas précisé par la loi ; naturellement, il doit indiquer :
- l’identité de l’enfant reconnu
- l’identité des père et mère (noms prénoms âge profession, domicile)
- les consentements exigés par la loi, à savoir celui de l’enfant âgé de plus de 21 ans ; celui de
l’épouse pour l’enfant adultérin a patre ; celui de la mère pour la substitution du nom du père à
celui de la mère lorsque le père reconnaît l’enfant en second lieu.
Par ailleurs, la loi prévoit que lorsqu’une personne est dans l’impossibilité de se procurer son acte de
naissance, elle peut le suppléer par un acte de notoriété.
En conséquence, la personne intéressée doit introduire une requête auprès du tribunal de première
instance ou de la section détachée du lieu de survenance de l’événement qu’est la naissance ou le
décès.
Le juge saisi constate d’abord qu’il y a défaut d’acte de l’état civil ; il rend ensuite un jugement pour
suppléer le défaut d’acte de l’état civil ; d’où l’expression ‘’jugement supplétif de défaut d’acte de
naissance ou jugement supplétif de défaut d’acte de décès’’.
Le dispositif du jugement supplétif de défaut d’acte de l’état civil est transmis par le ministère public
à l’officier de l’état civil (le maire ou le sous-préfet) pour être transcrit dans le registre des actes de
l’état civil (articles 83 à 85 de la loi relative à l’état civil).
Il tient lieu d’acte de l’état civil (acte de naissance ou de décès) dont la copie ou l’extrait peut être
délivrée par l’officier de l’état civil. Ainsi, plutôt que de le solliciter auprès du tribunal, l’intéressé
pourra obtenir du maire ou du sous-préfet, un extrait ou une copie du jugement supplétif d’acte de
naissance ou d’acte de décès.
Il faut noter qu’à côté des audiences ordinaires du tribunal destinées à rendre des jugements
supplétifs, des audiences foraines peuvent être organisées à cette même fin. Cette procédure permet
au tribunal de se déplacer et se rapprocher ainsi des justiciables qui, par ce biais, peuvent aisément
obtenir surtout des jugements supplétifs d’acte de naissance, rendus sur le champ par un juge.
Il en va ainsi pour le mariage ; la loi exige un extrait d’acte de naissance datant de moins de trois
mois. A défaut de pouvoir se procurer son acte de naissance, le futur époux peut obtenir la délivrance
d’un acte de notoriété.
L’acte de notoriété doit énoncer la fin pour laquelle il a été délivré ; il ne peut plus servir à d’autres
fins.
Il ne faut pas confondre l’acte de notoriété avec l’acte notarié. L’acte notarié est un acte authentique,
établi par un notaire pour constater par exemple un contrat de vente d’un immeuble (une maison, un
terrain à bâtir ou une parcelle de forêt).
Deux hypothèses peuvent se présenter : un exemplaire des registres a disparu, ou les deux
exemplaires ont disparu.
Dans la première hypothèse, le procureur de la république, selon les termes de l’article 87, prescrit
au greffier du tribunal ou de la section du tribunal compétent de faire une copie de l’exemplaire
existant sur un nouveau registre côté et paraphé par le président du tribunal. Après avoir vérifié la
fidélité de la copie à l’exemplaire original, le procureur de la république saisit par requête le tribunal
ou la section du tribunal pour lui demander d’ordonner que la copie servira à remplacer le double
manquant.
Dans la deuxième hypothèse, il n’est plus possible de faire des copies. La seule solution consiste à
reconstituer les actes de l’état civil, en vue de leur transcription sur deux registres côtés et paraphés
par le président du tribunal.
Pour ce faire, le procureur de la république (article 88) invite l’officier ou l’agent de l’état civil de la
circonscription ou du centre secondaire à dresser un état année par année des personnes qui sont
nées, mariées ou décédées pendant ce temps.
Après examen de cet état, le procureur de la République requiert le tribunal compétent d’ordonner
une enquête et toutes mesures de publicité jugées opportunes. L’enquête est faite par un juge commis
et un double de l’enquête est déposé au greffe du tribunal et au chef-lieu de la circonscription ou du
centre secondaire d’état civil où toute personne peut en prendre connaissance.
Une fois l’instruction terminée, le tribunal, sur les conclusions du procureur de la République,
ordonne le rétablissement des actes dont l’existence a été constatée. Un seul jugement contient les
actes d’une année entière pour chaque circonscription ou centre secondaire d’état civil intéressé. Il
est transcrit sur deux registres côtés et paraphés, lesquels sont déposés, l’un au cheflieu de la
circonscription d’état civil, l’autre au greffe du tribunal ou de la section du tribunal.
Il convient d’ajouter que l’article 90 de la loi relative à l’état civil autorise les personnes concernées
par la destruction des deux exemplaires du registre, à demander, devant le tribunal ou la section du
tribunal territorialement compétent, un jugement supplétif de défaut d’acte d’état civil.
Ainsi, les personnes intéressées pourront obtenir un jugement supplétif d’acte de naissance, d’acte de
décès ou d’acte de mariage ; car le jugement supplétif d’acte de mariage est exceptionnellement
prévu pour le seul cas de disparition des deux exemplaires du registre de mariage (article 74 de la loi
relative à l’état civil).
Les particuliers peuvent toutefois obtenir des renseignements figurant sur le registre en demandant à
l’officier ou l’agent de l’état civil de leur délivrer des extraits ou copies des actes de l’état civil.
La copie est la reproduction intégrale de l’acte figurant sur le registre de l’état civil. Elle comporte
donc toutes les mentions en marge et les transcriptions qui figurent sur le registre(article 31 de la loi
relative à l’état civil)..
L’extrait est une reproduction partielle des informations contenues dans le registre de l’état civil.
L’extrait d’acte de naissance, par exemple, doit contenir un minimum d’informations : l’année, le
jour, l’heure et le lieu de naissance, le sexe, les prénoms et le nom de l’enfant tels qu’ils émanent des
énonciations de l’acte de naissance (article 52 de la loi relative à l’état civil).
Les extraits et les copies délivrés par les dépositaires des registres de l’état civil (officiers ou agents
de l’état civil et greffiers) doivent faire mention de la date de leur délivrance et être revêtus de la
signature et du sceau de l’autorité qui les a délivrés (article 31 de la loi relative à l’état civil).
Les actes de l’état civil sont donc des actes authentiques, lesquels font foi jusqu’à inscription de
faux ; c’est-à-dire que celui qui en conteste la teneur doit démontrer que l’officier de l’état civil a fait
du faux en y insérant des déclarations contraires à la vérité.
Cette force probante est valable aussi bien pour les registres que pour les copies et les extraits. Les
copies et les extraits ont la même force probante que l’original, à condition d’avoir été délivrés par
l’une des autorités dépositaires des registres.
Paragraphe 3- Sanctions des irrégularités dans l’établissement des actes de l’état civil
Les sanctions visent d’abord l’officier de l’état civil qui a établi l’acte irrégulier; ensuite l’acte lui-
même.
En particulier lorsqu’il compromet, détruit ou modifie l’état civil d’un enfant de 10 ans ou d’un
enfant plus âgé atteint d’une infirmité, l’officier de l’état civil est puni d’un emprisonnement de 5 à
10 ans (article 451 du code pénal).
Le juge du fond dispose d’un pouvoir souverain d’appréciation de la gravité de l’irrégularité qui
affecte l’acte.
Si l’irrégularité est substantielle, le juge prononcera la nullité de l’acte. Il en va ainsi d’un acte établi
par une personne qui n’est pas investie des fonctions d’officier de l’état civil.
En revanche, si l’irrégularité est moins grave, le juge peut refuser de prononcer la nullité. Exemple :
une erreur portant sur le nom de l’intéressé.
L’officier ou l’agent de l’état civil peut de sa propre autorité procéder à la rectification de l’acte ; il
s’agit de corrections portées en marge ; car des ratures et renvois peuvent être effectuées dans l’acte
en vue de ces corrections, à condition qu’ils soient approuvés et signés de la même manière que le
corps de l’acte (article 17 de la loi relative à l’état civil).
La rectification administrative peut être ordonnée par le procureur de la république. Celui-ci donne
instruction aux dépositaires des registres de procéder à la rectification des erreurs ou omissions
purement matérielles des actes de l’état civil (article 79 de la loi relative à l’état civil)
Il en va de même lorsque l’acte contient des mentions inexactes, en l’occurrence un nom mal
orthographié ou orthographié sans la particule. La rectification a pour but de corriger l’inexactitude
constatée sur l’acte de l’état civil.
La rectification judiciaire de l’acte peut être la conséquence d’une action en changement d’état.
La capacité est l’aptitude qu’a une personne à être sujet de droits et d’obligations ; c’est le fait pour
une personne d’être apte à acquérir des droits, à en jouir et à les exercer.
L’aptitude d’une personne à mettre elle-même en œuvre ses droits et exécuter ses obligations, c’est la
capacité d’exercice.
L’incapacité est dite de jouissance lorsque la personne qui en est frappée est inapte à être titulaire
d’un ou plusieurs droits. Exemple : une personne condamnée pour crime ou vol peut être dépouillée
par le juge de son droit de vote ou d’être éligible, ou encore de son droit d’exercer le commerce.
L’incapacité est dite d’exercice lorsque la personne qui en est frappée est inapte à mettre elle-même
en œuvre (ou exercer) certains droits dont elle demeure titulaire. L’incapacité d’exercice signifie que
la personne concernée est titulaire de droits ; mais la loi met des restrictions à l’exercice par elle-
même desdits droits. Ainsi, un mineur peut être propriétaire ou créancier ; il a, à cet égard, la
capacité de jouissance. Mais il ne peut pas mettre lui-même en œuvre les prérogatives afférentes à
ces droits ; il faut qu’une autre personne les exerce pour lui. Lui est donc méconnue la capacité
d’exercice.
Vont être successivement étudiées, la situation du mineur, puis celle du majeur incapable.
Section 1- Le mineur
Le statut juridique du mineur est régi par la loi n° 2019-572 du 26 juin 2019 relative à la minorité.
Aux termes de cette loi, « est mineure la personne qui n’a pas encore atteint l’âge de dix-huit ans
er
accomplis» (article 1 ). Le mineur est donc toute personne âgée de moins de 18 ans. La personne
âgée de 18 ans et plus est dite majeure.
La loi a instauré au profit du mineur un régime de protection ; mais certains mineurs peuvent
échapper à ce régime par le biais de l’émancipation.
Sous-section 1- Le mineur non émancipé
er
Selon la loi le mineur non émancipé est incapable (paragraphe 1 ) ; par voie de conséquence, elle
prévoit à son profit un régime de protection (paragraphe 2)
Les actes juridiques interdits au mineurs sont appelés ‘’actes de disposition’’ ; ce sont ceux qui
grèvent sensiblement le patrimoine du mineur. Exemple : le mineur ne peut pas conclure un contrat
d’achat d’une voiture ou d’une maison, ni un contrat de donation, ni rédiger un testament.
Selon l’article 36 de la loi relative à la minorité, « le mineur engage son patrimoine par ses délits,
ses quasi-délits et son enrichissement sans cause ». Il est ainsi admis que le mineur est
personnellement responsable de ses faits.
Cette responsabilité peut se combiner avec la responsabilité des parents du mineur sur le fondement
de l’article 1384 alinéa 4 du code civil qui dispose : « les père et mère sont responsables des
dommages causés par leur enfant mineur vivant avec eux ».
Le mineur peut donc accomplir seul certains actes qui le concernent et qui impliquent une
appréciation personnelle. Ces actes excluent la représentation du mineur. Il en est ainsi des actes ci-
après exposés.
a - L’adoption
Le mineur âgé de plus de 16 ans doit consentir personnellement à son adoption (article 6 de la loi
relative à l’adoption).
b - La reconnaissance d’enfant naturel Le mineur peut reconnaître tout seul son enfant.
Ce sont des actes de gestion courante du patrimoine du mineur ; exemple : le contrat conclu pour
mettre une maison en location ; ou encore le recouvrement d’une créance. Le mineur non émancipé
peut accomplir seul les actes d’administration.
d - Le contrat de travail
Lorsque le mineur est âgé de moins de 16 ans, la conclusion et la rupture du contrat de travail se font
par son représentant légal agissant en son nom et pour son compte.
A partir de 16 ans, le mineur conclut et rompt son contrat de travail avec l’assistance de son
représentant légal qui est le père, la mère ou le tuteur (article 35 de la loi relative à la minorité).
Il s’agit d’une action en nullité relative qui ne peut être exercée que par la personne intéressée.
Pendant la minorité, cette action appartient au représentant légal ; le mineur devenu majeur pourra
lui-même exercer cette action à condition qu’elle ne soit pas prescrite. Le délai d’exercice de l’action
en nullité est de 5ans ; cette action est donc prescrite lorsqu’elle n’est pas exercée pendant un délai
de 5 ans (l’article 40 de la loi relative à la minorité). Cela signifie que passé un délai de 5 ans,
l’action en nullité ne peut plus être exercée devant le tribunal.
Toutefois, le législateur apporte une limite à l’obligation de restitution qui pèse sur le mineur ; car
selon l’article 41 de la loi relative à la minorité, « le mineur n’est tenu au remboursement de ce qui
lui a été payé que s’il est prouvé que ce paiement a tourné à son profit ».
A- L’autorité parentale
Initialement nommée « puissance paternelle » par la loi de 1964, »l’autorité parentale est l’ensemble
des droits reconnus aux père et mère sur la personne et les biens de leur enfant mineur et ayant pour
finalité l’intérêt de celui-ci. » (article 3 de la loi relative à la minorité)
A l’égard des tiers de bonne foi, chacun des époux est réputé agir avec l’accord de l’autre et dans le
seul intérêt de l’enfant, quand il accomplit seul un acte usuel de l’autorité parentale.
En cas de divorce, de séparation de corps ou de résidence séparée, l’autorité parentale est exercée
par celui des père et mère à qui le juge a confié la garde de l’enfant. Néanmoins le parent qui n’en a
pas la garde conserve les droits de visite et de surveillance et le droit de consentir à l’adoption ou à
l’émancipation de l’enfant mineur.
Si la garde a été confiée à une tierce personne, les autres attributs de l’autorité parentale continuent
d’être exercés par les père et mère. Mais le tiers investi de la garde de l’enfant accomplit les actes
usuels relatifs à sa surveillance et à son éducation (article 7).
En cas de décès de celui des père et mère ayant été investi, l’autorité parentale est dévolue de
plein droit à l’autre parent. Toutefois dans l’intérêt exclusif de l’enfant, le juge peut décider, à la
requête de tout intéressé, de confier sa garde à toute autre personne.
Lorsque la filiation est établie à l’égard de la mère et du père, l’autorité parentale est exercée par les
deux parents. S’il s’élève un conflit relativement entre les père et mère relativement à l’exercice de
l’autorité parentale, le juge saisi par le parent le plus diligent statue en considérant l’intérêt de
l’enfant.
A l’égard des tiers de bonne foi, chacun des parents est réputé agir avec l’accord de l’autre et dans le
seul intérêt de l’enfant, quand il accomplit seul un acte usuel de l’autorité parentale (article 9 alinéa4
de la loi relative à la minorité).
Incapacité du parent. Le parent qui est hors d’état de manifester sa volonté, en raison de son
incapacité ou de toute autre cause, perd l’exercice de l’autorité parentale.
La garde est un droit en vertu duquel le titulaire de la puissance paternelle fixe la résidence de
l’enfant. Il faut rappeler, à ce sujet, qu’en vertu de l’article 108 du code civil, le mineur non
émancipé est domicilié chez ses père et mère.
Le mineur ne peut quitter le domicile familial sans l’autorisation du titulaire de l’autorité parentale ;
il peut avoir recours à la force publique pour ramener l’enfant au domicile familial.
La surveillance.
Elle comporte le droit de surveiller la correspondance de l’enfant, surveiller ses mœurs et ses
relations avec des tiers ; le titulaire de l’autorité parentale peut interdire à l’enfant des relations qu’il
jugerait dangereuses pour sa vie.
L’éducation.
La loi parle de l’instruction et l’éducation de l’enfant (article 4.1° de la loi relative à la minorité).
Outre l’instruction, l’éducation de l’enfant comprend le droit de choisir sa religion, et même
d’assurer son éducation politique...etc
L’entretien.
L’obligation d’entretien se traduit par l’obligation de pourvoir à la nourriture, à l’habillement et aux
frais scolaires de l’enfant. Dans le cadre du mariage, la loi prévoit que « les époux contractent
ensemble, par le seul fait du mariage, l’obligation de nourrir, entretenir et éduquer leurs enfants »
(article 47 de la loi relative au mariage).
Cette obligation, en principe, prend fin à la majorité ; mais elle peut être prolongée au-delà de la
majorité pour l’enfant qui poursuit ses études ou pour l’enfant handicapé.
b- Les attributs relatifs aux biens du mineur
L’autorité parentale comporte le droit d’administrer les biens du mineur et disposer des revenus
desdits biens (article 4.4° de la loi relative à la minorité). Il s’agit de l’administration légale et de la
jouissance légale
b1- L’administration légale
L’administration légale emporte pour celui des parents qui exerce l’autorité parentale pouvoir
d’administration sur les biens de ses enfants mineurs et disposition de leurs revenus (article 42 de la
loi relative à la minorité).
L’administration légale suppose donc que le mineur dispose de biens personnels. La loi prévoit deux
hypothèses : l’administration légale pure et simple et l’administration légale sous contrôle judiciaire
(article 43 de la loi relative à la minorité)
b11 - L’administration légale pure et simple L’administration légale est pure et simple
lorsqu’elle est exercée conjointement par les père et mère qui exercent en commun l’autorité
parentale.
Tous les biens du mineur y compris son salaire, sont soumis à administration légale. Mais certains
biens en sont expressément exclus par l’article 49 de la loi relative à la minorité ; ce texte dispose
que ne sont pas soumis à l’administration légale :
- les biens donnés ou légués au mineur sous la condition qu’ils seront administrés par un tiers, c’est-
à-dire une personne autre que ses père et mère ; ce tiers ,selon la loi auront les pouvoirs qui lui auront
été conférés par la donation ou le testament, à défaut ceux qui lui auront été attribués par le juge des
tutelles.
- les biens échus au mineur par succession dans le cas où les parents auront été écartés de cette
succession pour cause d’indignité encourue de plein droit. Tel est le cas notamment, entre autres
raisons, lorsque les parents du mineur auront été condamnés en tant qu’auteur, ou complice, pour
avoir volontairement donné ou tenté de donner la mort ou porté des coups mortels au défunt dont ils
appelés à prendre l’héritage (article 9 de la loi relative aux successions).
- les biens échus au mineur par succession, dans le cas où les parents auront été écartés de cette
succession pour , lorsque cette indignité, judiciairement prononcée, n’était pas encourue de plein
droit ; ici c’est la décision du juge qui dépouille les parents de l ‘administration légale des biens du
mineur.
Il convient de préciser que dans tous les cas où l’administration légale des biens a été retirée aux
parents du mineur, ces biens sont gérés par un administrateur spécialement désigné par le juge des
tutelles qui fixe ses droits, pouvoirs et obligations (article 49 alinéa3 de la loi relative à la minorité).
Les deux parents, même d’un commun accord ne peuvent accomplir ces actes qu’avec une
autorisation du juge des tutelles (article 44 alinéa4 de la loi relative à la minorité)
L’administrateur légal représente le mineur dans les actes civil, sauf ceux pour lesquels le mineur est
er
autorisé à agir lui-même (article 45 alinéa 1 de la loi relative à la minorité); il convient de rappeler
que ces actes pour lesquels le mineur est autorisé à agir lui-même sont, entre autres, la
reconnaissance d’un enfant naturel ou encore l’action en recherche de paternité naturelle exercée par
la fille mineure.
b12 - L’administration légale sous contrôle judiciaire
En cas de conflit né de l’exercice de l’autorité parentale sur l’enfant légitime (article 5 alinéa
2) ou l’enfant naturel, enfant né hors mariage (article 9 alinéa3). Face à un tel conflit, le juge qui est
saisi par le parent le plus diligent prend une décision relative à la gestion des biens en considération
de l’intérêt de l’enfant.
En cas de décès de celui des père et mère investi de la garde de l’enfant légitime (article8) ou de
l’enfant naturel (article 12), le juge peut décider de confier l’administration légale des biens de
l’enfant à toute autre personne qui en est digne. Il en va de même lorsque le parent qui exerce
l’autorité parentale se trouve hors d’état de manifester sa volonté en raison de son incapacité ou de
toute autre cause ; ou encore lorsqu’il consent une délégation de ses droits issus de l’autorité
parentale.
La jouissance légale porte seulement sur les revenus des biens ; elle ne porte pas sur les biens eux-
mêmes.
Exemple : pour une maison mise en location, la jouissance légale a pour objet les loyers ;
l’administrateur légal a donc le droit de percevoir et disposer des loyers, mais il ne peut pas disposer
de la maison elle-même, notamment la vendre ; il ne pourra le faire qu’avec l’autorisation du juge
des tutelles.
L’administrateur légal qui perçoit les revenus du mineur ne peut en disposer librement qu’après avoir
satisfait aux obligations suivantes :
* une partie des revenus doit être utilisée pour l’entretien, la nourriture, et l’éducation du mineur,
selon sa fortune ;
* l’autre partie doit être utilisée pour le paiement des arrérages ou intérêts des capitaux ;
- d’une façon générale, l’administrateur légal est tenu de faire face à toutes les dépenses nécessitées
par l’entretien et la conservation du patrimoine du mineur.
Après avoir affecté les revenus des biens à toutes ces dépenses, s’il existe un reliquat après
déduction, l’administrateur légal pourra en disposer librement.
La loi indique (article 48) que l’administrateur légal ne peut être astreint, au cours de la minorité de
l’enfant, à justifier de sa gestion, contrairement à ce qui est prévu à l’égard du tuteur ; car selon
l’article 112 de la loi relative à la minorité, le conseil de famille peut, à tout moment, appeler le
tuteur devant lui et l’inviter à justifier de sa gestion.
Mais l’administrateur légal reste comptable, c’est-à-dire qu’il est responsable vis-à-vis du mineur,
quant à la propriété des biens dont il a l’administration, et des revenus dont il n’a pas la libre
disposition. En effet, la loi lui fait obligation de dresser un inventaire des biens, cet inventaire étant
établi en présence du juge des tutelles. De même, il doit rendre compte de sa gestion sous avis
préalable du juge des tutelles, à la fin de l’exercice de ses fonctions (article 48 alinéa4 de la loi
relative à la minorité).
La jouissance légale prend fin sur la base des mêmes causes que l’administration légale.
Concernant les parents, ces mesures sont prises lorsque la santé, la sécurité, la moralité ou
l’éducation de l’enfant sont compromises ou insuffisamment sauvegardées, en raison de l’immoralité
er
ou de l’incapacité des père et mère ou de la personne investie du droit de garde (article 27 alinéa 1
de la loi relative à la minorité)
Concernant le mineur lui-même, les mesures d’assistance éducative peuvent être prises lorsqu’il
donne, par son inconduite ou son indiscipline, à ses parents ou à la personne investie du droit de
garde, des sujets de mécontentements très graves (article 27 alinéa 2 de la loi relative à la minorité).
La loi précise que le mineur sous assistance éducative doit, chaque fois que cela est possible, être
maintenu dans son milieu habituel de vie. Seulement, le juge des tutelles est invité, dans ce cas, à
désigner une personne qualifiée ou un service d’assistance sociale ou d’éducation ou un service de
protection judiciaire de l’enfance pour apporter aide et conseil à la famille, afin de suivre le
développement de l’enfant ; la personne ou le service désigné doit périodiquement faire un rapport
au juge sur la charge qu’il lui a confiée.
S’il s’avère nécessaire de retirer l’enfant de son milieu de vie actuel, le juge des tutelles peut
(article 29 de la loi relative à la minorité) décider de confier tout ou partie des droits de l’autorité
parentale à une personne physique ou morale. Le juge peut, dans ce cas, confier ces droits à :
- celui des père et mère qui n’a pas l’exercice du droit de garde ;
- un autre membre de la famille ou à un tiers digne de confiance ;
- un établissement public d’assistance sociale ou d’éducation, ou un établissement public relevant
du service d’aide à l’enfance, ou un établissement de protection judiciaire de l’enfance, ou un
établissement privé habilité.
La délégation volontaire.
Elle résulte de la volonté même du parent qui exerce l’autorité parentale ; celui-ci peut déléguer
volontairement et temporairement à une personne physique jouissant de ses droits civils, les droits
qu’il détient et les obligations qui lui incombent relativement à la garde, l’instruction, l’éducation et
la surveillance du mineur (article 13 de la loi relative à la minorité).
La délégation volontaire se fait par une déclaration conjointe des parties intéressées, reçue par le juge
des tutelles ; les parties peuvent y indiquer la durée et l’étendue de la délégation qui peut être
partielle ou totale. En cas de désaccord entre les parents ayant tous les deux l’exercice de l’autorité
parentale, le juge des tutelles statue, c’est-à-dire qu’il se prononce et prend une décision. De même,
le juge des tutelles, à la demande des parties intéressées agissant conjointement, peut décider, dans
l’intérêt de l’enfant, de déléguer à la personne tout ou partie des droits qui ne lui avaient pas été
conférés (article 15 de la loi relative à la minorité).
La délégation judiciaire
Elle est ordonnée par voie de justice. C’est une délégation forcée des attributs de l’autorité parentale.
Prévue par l’article 16 de la loi relative à la minorité, elle vise le cas d’un enfant mineur recueilli
par une personne physique ou morale sans l’intervention des père, mère ou tuteur.
La personne ayant recueilli l’enfant doit, dans un délai de 72 heures, en faire la déclaration au juge
des tutelles de la résidence des parents ou du tuteur.
La non déclaration de l’enfant est punie d’un emprisonnement d’un à trois mois et d’une amende de
100 000 à 500 000 francs, ou de l’une de ces deux peines seulement. S’il s’agit d’une personne
morale, les poursuites sont engagées et la peine prononcée contre le représentant de cette personne
morale habilitée à recevoir l’enfant.
Après réception de la déclaration, le juge la notifie aux parents ou tuteur de l’enfant. Si dans les
3 mois qui suivent la déclaration, personne (père, mère ou tuteur) ne réclame l’enfant, celui qui l’a
recueilli peut demander au juge des tutelles que lui soit confié, dans l’intérêt de l’enfant, l’exercice
de tout ou partie des droits de l’autorité parentale.
Le juge prononce, par voie d’ordonnance, la délégation partielle – il ne confère qu’une partie - des
droits de l’autorité parentale à la personne qui a recueilli l’enfant. Le juge des tutelles ordonne que
les autres droits soient dévolus au service chargé de la protection judiciaire de l’enfance.
La loi indique que le droit de consentir à l’adoption de l’enfant ne peut être délégué.
Judiciaire ou volontaire, la délégation a toujours un caractère provisoire ; les père, mère ou tuteur
peuvent demander au juge des tutelles que le mineur leur soit rendu.
S’il estime que dans l’intérêt de l’enfant, il y a lieu de rejeter la demande, le juge des tutelles peut
accorder au demandeur un droit de visite dont il fixe les modalités. Cette décision du juge peut être
contestée devant la cour d’appel. En cas de rejet de la demande des père, mère ou tuteur de récupérer
l’enfant, une nouvelle demande ne peut être formulée qu’après un délai d’un an à compter de la date
de la décision de rejet.
La déchéance facultative
Selon l’article 22 de la loi relative à la minorité, la déchéance facultative est prononcée en dehors de
toute condamnation pénale. Elle frappe les personnes exerçant l’autorité parentale qui mettent en
danger le plein épanouissement, la sécurité, la santé ou la moralité de l’enfant, et ce :
- par des mauvais traitements infligés à l’enfant ;
- par une consommation habituelle et excessive de boissons alcooliques, de stupéfiants, ou de toutes
autres substances nocives ;
- par des exemples pernicieux d’ivrognerie habituelle, d’inconduite notoire ou de délinquance ; - par
un défaut de soins ou un manque de direction ;
- par un désintérêt de plus d’un an sans justes motifs.
B- La tutelle
Selon l’article 52 de la loi relative à la minorité, « la tutelle est un régime de protection de l’enfant.
Elle est une charge publique et personnelle. Nul ne peut refuser de l’exercer sauf dérogations prévus
aux articles 63 et 64».
La tutelle est un mode de représentation du mineur. La loi détermine les cas d’ouverture de la tutelle,
les organes de la tutelle, le fonctionnement et la fin de la tutelle
1- L’ouverture de la tutelle
La loi relative à la minorité (article 53) précise les cas d’ouverture de la tutelle pour le mineur non
émancipé ; le juge saisi décide d’ouvrir la tutelle lorsqu’il se trouve en face d’un des cas prévus par
la loi.
- La tutelle s’ouvre en cas de décès des père et mère, ou lorsqu’ils sont hors d’état de manifester leur
volonté pour raison d’incapacité, d’absence, d’éloignement ou de toute autre cause.
- Elle s’ouvre également lorsque les deux parents sont tous deux déchus de l’autorité parentale.
- Elle s’ouvre lorsque le survivant est déchu des droits de l’autorité parentale.
- Elle s’ouvre lorsque les parents ont été tous deux condamnés pour abandon de famille dans le cas
où la victime de cet abandon est un de leurs enfants, et ce, même si la déchéance de l’autorité
parentale n’a pas été prononcée.
- Enfin la tutelle s’ouvre lorsque la filiation de l’enfant n’est pas établie à l’égard de ses parents.
a- Le tuteur
a1- La désignation du tuteur
Il existe trois modes de désignation du tuteur.
La tutelle testamentaire. On parle de tutelle testamentaire lorsque le tuteur a été désigné dans un
testament, ou par une déclaration spéciale soit devant notaire, soit devant le juge des tutelles. en fait
ce tuteur est désigné par le survivant des père et mère s’il a conservé au jour de sa mort l’exercice de
l’administration légale. la puissance paternelle (article 57 de la loi relative à la minorité).
La tutelle dative : c’est le cas où il n’y a pas de tuteur désigné par le dernier mourant des père et
mère, ou lorsque celui qui a été désigné vient à cesser ses fonctions ; dans ce cas, le tuteur est
désigné par le conseil de famille convoqué par le juge des tutelles (articles 58 et 62 de la loi relative
à la minorité). Le tuteur est alors choisi au sein de la famille ou en dehors de la cellule familiale.
La tutelle déférée à l’Etat : il en est ainsi lorsque la tutelle est vacante ; elle est déférée à l’Etat qui
l’exerce par l’intermédiaire d’un administrateur ; c’est la tutelle d’Etat ou tutelle publique (article 68
alinéa 2 de la loi relative à la minorité).
La qualité de tuteur est reconnue à toute personne sans distinction de sexe ou de nationalité.
Ne peuvent être investies de la charge tutélaire, les personnes frappées d’incapacité, c’est-à-dire les
mineurs et les majeurs protégés (article 82).
Par ailleurs, sont également exclues ou dépouillées de plein droit des charges de la tutelle (article
83). :
- les personnes condamnées pour crime ou délit sur la personne d’un enfant ou condamnées comme
complice d’un crime commis par un enfant ;
- les personnes à qui l’exercice des charges tutélaires a été interdit en application des dispositions du
code pénal ; - les personnes qui ont été déchues de l’autorité parentale.
Il en va de même des personnes dont l’inconduite notoire, l’improbité, la négligence habituelle ou
l’inaptitude aux affaires est manifeste (article 84 de la loi relative à la minorité).
Peuvent également être exclus ou destitués des charges de la tutelle, les individus qui,
personnellement ou dont les ascendants ou descendants, ont avec le mineur un litige mettant en cause
l’état de celui-ci ou une partie notable de ses biens(article 84 alinéa 2 de la loi relative à la
minorité).
La charge tutélaire est personnelle, elle ne se transmet ni au conjoint, ni aux héritiers du tuteur ;
er
toutefois les héritiers seront responsables de la gestion du tuteur (article 53 alinéas 1 et 3 de la loi
relative à la minorité).
Le conseil de famille est un organe collégial composé de 4 à 6 membres non compris le juge des
tutelles et le tuteur. Ils sont choisis par le juge des tutelles parmi les parents du mineur ainsi parmi les
alliés de ses père et mère ; le juge des tutelles doit faire diligence pour que chacune des deux lignes y
soit représentée article 71 de la loi relative à la minorité).
Le juge doit vérifier que les personnes appelées à siéger au sein du conseil de famille présentent
certaines aptitudes ; il doit également tenir compte des relations que les père et mère entretiennent
avec leurs différents parents et alliés, mais surtout l’intérêt que ces personnes portent à la personne
du mineur.
a- La personne du mineur
Sur la personne du mineur, le tuteur exerce les droits d’un parent exerçant l’autorité parentale (article
88 de la loi relative à la minorité) ; cela signifie qu’il représente le mineur au même titre que les
parents. Pèsent donc sur le tuteur les obligations prescrites par l’article 4 de la loi relative à la
minorité ; il s’agit notamment des obligations de garde, de direction, de surveillance, d’entretien,
d’instruction et d’éducation du mineur. Le conseil de famille règle les conditions générales de
l’entretien et de l’éducation de l’enfant en ayant égard à la volonté que les père et mère avaient pu
exprimer à ce sujet.
Le tuteur a l’obligation de faire prendre à l’égard du mineur toute mesure d’assistance éducative. Il a
le droit de consentir à son adoption et à son émancipation.
La loi énumère les actes que le tuteur peut faire seul ensuite ceux qui sont subordonnés à
autorisation du conseil de famille, et enfin ceux qui lui sont interdits.
Le tuteur peut faire seul, comme représentant du mineur tous les actes d’administration. Il peut ainsi
aliéner à titre onéreux (c’est-à-dire il peut vendre) les meubles d’usage courant et les biens ayant le
caractère de fruits (article 93 alinéa3 de la loi relative à la minorité).
Le tuteur peut donner seul quittance des capitaux qu’il reçoit pour le compte du mineur (article 97
er
alinéa 1 de la loi relative à la minorité). Ces capitaux sont déposés sur un compte ou vert au trésor
public ou dans un établissement bancaire au nom du mineur ; il doit préciser que le bénéficiaire de ce
compte est un mineur.
Ce dépôt des capitaux doit être fait par le tuteur dans un délai d’un moins à compter de la date de
leur réception ; passé le délai d’un mois, le tuteur est tenu personnellement de verser sur le compte
les intérêts que ces capitaux auraient perdus du fait de sa négligence (article 97 alinéa 3 de la loi
relative à la minorité).
Est soumise à une autorisation du conseil de famille, la prise en location par le tuteur des biens du
mineur (article 93 alinéa 5 de la loi relative à la minorité).
De même, aux termes des articles 100 et suivants de la loi relative à la minorité, le conseil de
famille doit donner son autorisation en vue de l’emploi ou du remploi des capitaux du mineur.
Le conseil de famille peut autoriser la vente des immeubles et fonds de commerce à l’amiable soit
par adjudication sur la mise à prix qu’il fixe, soit de gré à gré aux prix et stipulations qu’il détermine
(article 101 alinéa 2 de la loi relative à la minorité).
L’apport en société par le tuteur d’un immeuble ou un fonds de commerce appartenant au mineur est
autorisé par le conseil de famille (article 101 alinéa 4 de la loi relative à la minorité). Dans tous les
cas où l’autorisation du conseil de famille est requise pour la validité d’un acte du tuteur, celle-ci
er
peut être suppléée par celle du juge des tutelles (article 109 alinéa 1 de la loi relative à la
minorité).
Le juge des tutelles peut également, à la requête du tuteur, prendre la place du conseil de famille pour
autoriser une vente de valeurs mobilières appartenant au mineur (article 109 alinéa 2 de la loi
relative à la minorité).
De façon générale, le tuteur est tenu d’administrer les biens du mineur en bon père de famille ; en
conséquence, il répond des dommages qui pourraient résulter d’une mauvaise gestion (article 93
alinéa 4 de la loi relative à la minorité).
Dans les trois mois qui suivent fin de la tutelle, il doit rendre compte de sa gestion au mineur
émancipé ou devenu majeur, aux héritiers du mineur décédé (article 114 de la loi relative à la
minorité)
La tutelle prend fin en cas de :
- majorité du mineur ;
- émancipation du mineur ;
- décès du mineur.
Le décès du tuteur, quant à lui, ne met pas fin à la tutelle; il y a changement de tuteur. Il en va de
même lorsque le tuteur est frappé d’une incapacité.
Le mineur ne peut faire l’objet d’une émancipation que s’il a atteint l’âge de 16 ans révolus.
L’émancipation s’opère par une déclaration conjointe des parents ou de l’un d’eux en cas de
désaccord. Cette déclaration est reçue par le juge des tutelles; cette déclaration doit être faite
conjointement par les père et mère.
Si l’un des parents est dans l’impossibilité physique ou légale de manifester sa volonté, la déclaration
de l’autre suffit, s’il a lui-même conservé l’exercice de l’autorité parentale.
Le juge des tutelles recueille le consentement du mineur et prononce l’émancipation, si celle-ci
satisfait aux intérêts du mineur et s’il y a de justes motifs (article 120 alinéa4 de la loi relative à la
minorité).
Dans tous les autres cas où le mineur n’est pas placé sous tutelle, le juge des tutelles peut prononcer
l’émancipation s’il y a de justes motifs, et ce, à la requête du mineur lui-même ou de toute personne
intéressée.
En cas de tutelle, le mineur peut être émancipé si le conseil de famille l’estime opportun eu égard à
la personnalité et à l’intérêt du mineur; le conseil de famille peut, à cette fin, être saisi à la demande
du tuteur, d’un de ses membres ou du mineur lui-même (articles 121 et 122 de la loi relative à la
minorité).
Le jugement qui prononce l’émancipation est transmis à l’officier de l’état civil du lieu de naissance
à la diligence du ministère public ou de toute personne intéressée ; l’officier de l’état civil est tenu de
mentionner l’émancipation marge de l’acte de naissance du mineur.
La décision d’émancipation est publiée dans un journal d’annonces légales à la diligence du greffier
en chef (article 123 de la loi relative à la minorité).
.
Paragraphe 2- Les effets de l’émancipation
A l’instar du majeur, le mineur émancipé peut en principe accomplir tous les actes de la vie civile. Il
n’a plus besoin d’assistance ni d’un représentant agissant en son nom et pour son compte.
L’émancipation va ainsi produire ses effets sur la personne et sur les biens du mineur
A- La personne du mineur
L’émancipation met fin à l’exercice de l’autorité parentale. Devenu émancipé, le mineur n’a plus
besoin de protection. Le mineur émancipé peut avoir un domicile différent de celui de ses parents.
Ses père et mère ne sont plus responsables du dommage qu’il pourra causer à autrui ((article 124 de
la loi relative à la minorité). Toutefois, le mineur a nécessairement besoin du consentement de ses
parents pour faire l’objet d’une adoption.
Pour l’exercice du commerce, le mineur peut exercer le commerce avec l’autorisation de celui de ses
parents qui exerce l’autorité parentale ou du conseil de famille. Cette autorisation doit être inscrite au
registre du commerce et du crédit mobilier (article 125 de la loi relative à la minorité).
L’incapacité du majeur peut être une sanction accessoire d’une condamnation pénale ; c’est
l’interdiction légale prévue par le traité de l’OHADA (Organisation pour l’Harmonisation en Afrique
du Droit des Affaires), qui tient lieu de code de commerce, lequel interdit l’exercice du commerce
aux personnes condamnées à une peine d’emprisonnement pour avoir commis un crime ou un vol.
L’incapacité du majeur peut également être le résultat d’une altération de ses facultés mentales,
notamment en cas de démence ; ce qui le met dans l’impossibilité de pourvoir seul à ses intérêts. Ici,
l’altération des facultés mentales est la cause de l’incapacité ; car un être privé de raison ne peut
participer à la vie juridique ; un acte juridique devant procéder d’une volonté consciente.
Si l’incapacité du majeur est constatée, donc déclarée, celui-ci bénéficie d’une protection ; dans le
cas contraire, si l’incapacité n’a pas été officiellement constatée, le majeur incapable ne bénéficie
d’aucune protection.
er
Paragraphe 1 - Les incapables majeurs non protégés
Il s’agit de ceux qui souffrent d’une altération de leurs facultés mentales, mais qui ne sont pas
officiellement déclarés. C’est le cas, à titre d’exemple, de ceux qui, abandonnés à eux-mêmes, errent
dans les rues d’Abidjan. Ces personnes, dans la vie quotidienne, peuvent être impliquées dans la
conclusion d’actes, soit dans la commission d’un fait causant un dommage à autrui. Que dit le droit à
leur sujet ?
Contrairement au mineur, le majeur incapable n’a pas bénéficié de l’attention du législateur ivoirien ;
il n’y a donc pas de loi ivoirienne spécifique au majeur incapable. Il faut donc recourir au code civil
français, dans ses dispositions antérieures à l’indépendance (1960) pour examiner les actes et les faits
juridiques du majeur incapable.
Dans ce sens, le code pénal prévoit la démence parmi les cas d’impunité ; autrement dit, un fou qui
commet une infraction (il vole, viole ou tue une personne) ne peut être poursuivi devant un tribunal ;
il ne peut donc être condamné à une peine d’emprisonnement. C’est ce sens qui ressort de l’article
102 du code pénal qui dispose : « Il n’y a pas de responsabilité pénale lorsque l’auteur des faits est
atteint lors de leur commission d’une altération de ses facultés mentales, ou d’un retard anormal
de son développement, tels que sa volonté est abolie ou qu’il ne peut avoir conscience du
caractère illicite de son acte »
Le placement volontaire concerne les aliénés inoffensifs. Il intervient à l’initiative de la famille qui
doit présenter une demande écrite et signée, appuyée d’un certificat médical confirmant l’état mental
de l’intéressé.
Dès la décision d’internement, l’aliéné interné est frappé d’une incapacité générale d’exercice
provoquant l’ouverture d’une tutelle. Les actes juridiques accomplis par l’aliéné après son
internement sont nuls.
La personne morale est l’autre sujet de droit mis sur la scène par le Droit. C’est un être juridique
inventé de toutes pièces par les juristes pour lui conférer la propriété du patrimoine constitué par
l’ensemble des biens collectés par plusieurs personnes physiques. Le statut de la personne morale est
savamment calqué sur celui .de la personne physique.
Seront succinctement abordés : la classification des personnes morale et le régime juridique des
personnes morales.
Ces groupements dotés de la personnalité juridique et donc reconnus comme des sujets de droit,
peuvent être des sujets de droit public ou des sujets de droit privé.
er
Paragraphe 1 - Les groupements de personnes
Ce sont les groupements de personnes physiques ou morales ayant un but lucratif ou non, et un
patrimoine propre distinct de celui de leurs membres.
1- Les associations
Elles sont régies par la loi n° 60-315 du 21 septembre 1960 relative aux associations ; selon cette
loi, « L’association est la convention par laquelle deux ou plusieurs personnes mettent en commun
d’une façon permanente leurs connaissances ou leur activité dans un but autre que lucratif ». (article
er
1 ).
Les associations reconnues d’utilité publique sont des associations déclarées qui ont demandé et
obtenu de l’Etat de Côte d’Ivoire, la reconnaissance d’utilité publique. Elles bénéficient de la
personnalité morale et ont une capacité juridique plus étendue que celle de l’association simplement
déclarée.
Le nom des membres : Les membres d’une société sont appelés des associés ; les membres d’une
association sont appelés des sociétaires.
Le sort des biens lors de la dissolution du groupement. A la dissolution d’une société, les biens
sont partagés entre les associés ; alors qu’à la dissolution d’une association ses biens sont transférés à
une autre association poursuivant le même but.
Comme les personnes physiques naissent, vivent et meurent, les personnes morales se créent,
fonctionnent et disparaissent.
Enfin il y a des mesures de publicité, surtout pour les sociétés commerciales qui n’obtiennent la
personnalité morale qu’à la suite de leur immatriculation au registre du commerce et du crédit
mobilier. Il en va de même des associations qui bénéficient de la personnalité morale une fois
déclarées à la préfecture ou autre circonscription administrative.
er
Paragraphe 1 - L’individualisation de la personne morale
Le Droit reconnaît à la personne morale les attributs de la personne physique ; ainsi, comme la
personne physique, la personne morale a :
- une dénomination sociale ; c’est le nom de la personne morale ;
- un siège social ; c’est le domicile de la personne morale ;
- une nationalité qui permet de savoir la loi qui lui est applicable ; cette nationalité est déterminée
par le lieu où est fixé le siège social de la personne morale.
- Un patrimoine constitué par l’ensemble des biens apportés par les personnes physiques, membres
du groupement, et dont la personne morale est propriétaire. Ce patrimoine est distinct de celui
des membres de la personne morale.
- La capacité juridique qui permet à la personne morale, comme le fait la personne physique,
d’accomplir quotidiennement des actes juridiques.
Le mariage est « la société de l’homme et de la femme qui s’unissent pour perpétuer leur espèce,
pour s’aider par des secours mutuels à porter le poids de la vie et pour partager leur commune
destinée». « Le mariage est un acte juridique solennel par lequel un homme et une femme
établissent entre eux une union dont la loi civile règle impérativement les conditions, les effets et la
dissolution ».
Le mariage est ainsi une union volontairement consentie par deux personnes de sexe différent et
célébrée avec solennité.
A l’origine le mariage était régi par la loi n° 64-375 du 7 octobre 1964, qui a été modifiée par la loi
n° 83-800 du 2 août 1983. Elle a été légèrement réformée par la loi n° 2013-33 du 25 janvier 2013.
La loi n° 2019-570 du 26 juin 2019 relative au mariage a abrogé ces textes ci-dessus énumérés ;
elle est le support d’une réforme assez profonde du mariage.
Il importe de signaler que lorsque les futurs époux, en présence de l’officier de l’état civil, déclarent
vouloir se prendre pour mari et femme, l’échange des consentements, bien souvent, n’est que la
consécration devant la loi d’une ’’ vie à deux’’, qui est la manifestation concrète d’un accord
antérieur appelée fiançailles.
Le législateur ivoirien n’a pas pris de dispositions relatives aux fiançailles ; le droit ivoirien ne fait
allusion aux fiançailles que dans les cas d’ouverture des actions en recherche de paternité naturelle
(article 26 de la loi relative à la paternité et à la filiation).
Les fiançailles peuvent se définir comme étant une entente préalable au sujet d’un mariage qu’on
désire, mais que l’on est libre de refuser jusqu’au dernier moment, même devant l’officier de l’état
civil.
Les fiançailles constituent donc une promesse de mariage qui peut ne pas être tenu, et dont il faut
s’interroger sur le non respect. Se posent donc ici des problèmes liés non seulement à la nature
juridique des fiançailles, mais surtout à leurs effets.
er
Paragraphe 1 - La rupture des fiançailles par les fiancés
A- La responsabilité de la rupture des fiançailles
En principe, chaque fiancé peut librement renoncer à son engagement au mariage projeté. Un fiancé
peut rompre les fiançailles sans engager sa responsabilité à l’égard de l’autre. Exemple : le cas d’un
gendarme dont les supérieurs hiérarchiques refusent d’autoriser le mariage ; la rupture des
fiançailles ne lui est pas imputable.
La rupture des fiançailles lorsqu’elle est abusive peut donner lieu au paiement de dommages
intérêts. Dans ce cas, l’auteur de la rupture engage sa responsabilité sur le fondement de l’article
1382 du code civil qui suppose une faute, un préjudice et un lien entre la faute et le préjudice.
La faute qui lui est reprochable peut être découverte dans les circonstances de la rupture. Exemple :
le fiancé disparaît le matin même du mariage. Lorsque sa faute est démontrée, l’époux responsable
de la rupture sera condamné au paiement de dommages-intérêts au profit de l’autre qui en est
victime.
er
Paragraphe 1 - Les conditions de fond
A- L’aptitude physique
Selon l’article 2 de la loi n° 2019-570 du 26 juin 2019 relative au mariage, «l’homme et la femme
avant dix huit ans révolus, ne peuvent contracter mariage.»
1- La différence de sexe
« Le mariage est l’union d’un homme et d’une femme célébrée par devant l’officier de l’état civil »
er
(article 1 de la loi relative au mariage). Le mariage en Côte d’Ivoire n’est donc possible qu’entre
deux personnes de sexe différent ; cette condition est désormais expressément énoncée par l’article
er
1 de la loi relative au mariage. La loi ivoirienne exclut ainsi le mariage entre homosexuels.
2- – L’âge matrimonial
Nul ne peut en principe contracter mariage s’il n’a pas atteint un âge minimum requis par la loi ; cet
âge est de dix-huit ans pour l’homme et la femme. L’exigence de l’âge minimum permet d’éviter le
mariage des jeunes personnes n’ayant pas atteint un certain développement physique. Il faut noter
qu’en France, cet âge est également de 18 ans pour l’homme et pour la femme.
1- L’existence du consentement
La manifestation du consentement. Chacun des époux manifeste sa volonté, en présence de
témoins, devant l’officier de l’état civil ; ce dernier reçoit la déclaration des futurs époux de se
prendre pour mari et femme. L’expression du consentement n’est pas forcément orale; ce qui rend
possible le mariage des muets. Ainsi, les larmes et le regard ont été interprétés comme étant les
signes par lesquels l’un des époux qui ne pouvait pas parler a entendu exprimer sa volonté de
contracter le mariage.
Le consentement doit être réel. La volonté du futur époux doit être consciente. Un individu serait
incapable de se marier si sa volonté se trouvait abolie au moment de la célébration. Ainsi, le
consentement donné sous l’emprise de l’ivresse n’est pas valable. De même, concernant l’aliéné, il y
a défaut de consentement lorsque la personne se trouvait dans un état de démence au moment de la
célébration.
La volonté doit être sérieuse. Le consentement doit être donné dans le but de créer une union
conjugale. Deux personnes peuvent contracter mariage sans aucune intention matrimoniale.
2- L’intégrité du consentement
Pour être valable, le consentement donné doit être exempt de vice. Parmi les trois vices (l’erreur, la
violence et le dol) qui peuvent affecter le consentement, entraînant par voie de conséquence la nullité
d’un contrat (article 1109 du code civil), l’article 4 alinéa 2 de la loi relative au mariage n’en a
retenu que deux : la violence et l’erreur sur l’identité physique ou civile de la personne. La loi
nouvelle ajoute à cela l’impuissance et la stérilité de l’autre époux connues par ce dernier avant le
mariage.
*a – L’erreur
* L’erreur sur l’identité physique. Il en serait ainsi en cas de substitution d’une femme à une autre
lorsqu’on est en face de jumelles.
* L’erreur sur l’identité civile de la personne des époux. Il s’agit de l’erreur sur l’état civil, la
nationalité de l’époux ou son appartenance familiale. L’époux, dans ce cas, a bien voulu prendre
en mariage son conjoint ; mais il ne l’a voulu que parce qu’il croyait qu’il répondait à une identité
autre que celle qui vient de lui être révélée. Exemples : L’un des futurs époux s’est attribué un
faux nom pour faire croire à l’autre qu’il appartient à une famille à laquelle, en réalité, il est
étranger ; ou encore, la jeune fille a épousé un divorcé alors qu’elle croyait épouser un célibataire.
C’est l’innovation apportée par la nouvelle loi n° 2019-570 du 26 juin 2019 relative au mariage
ajoute à l’objet de l’erreur la puissance sexuelle et la fécondité de l’autre époux ; elle énonce
clairement que « Le consentement n’est pas non plus valable si celui qui l’a donné ignorait
l’incapacité physique de consommer le mariage ou l’impossibilité de procréer de l’autre époux,
connue par ce dernier avant le mariage ».
Désormais un époux peut demander la nullité du mariage pour vice de consentement, lorsque l’autre
conjoint lui a caché son impuissance sexuelle ou son infertilité ; il peut ainsi se prévaloir de son
erreur portant sur ces défauts biologiques de l’autre pour demander la nullité du mariage pour vice de
consentement.
Pour vicier le consentement, l’erreur doit avoir été déterminante, c’est-à-dire que sans elle, l’autre
partie ne se serait pas engagée dans les liens du mariage.
*b - La violence. La violence physique est celle par laquelle on est contraint par la force à s’engager
; la violence morale étant constituée, par exemple, par la pression exercée par les parents pour
pousser leur enfant à consentir au mariage.
*c - La mise à l’écart du dol. Le dol est ici écarté par la loi ivoirienne au titre des motifs pouvant
vicier le consentement au mariage. Le dol est une erreur provoquée par des manœuvres destinées à
tromper l’autre futur époux, pour l’amener à offrir son consentement au mariage. Les manèges
destinés à séduire l’autre afin de vaincre sa résistance et l’embarquer dans les liens du mariage ne
peuvent être retenus comme vice du consentement ; car ‘’en amour trompe qui peut’’. Le dol n’a
donc aucune incidence sur la validité du mariage.
1- La prohibition de la bigamie
Selon l’article 3 de la loi relative au mariage « Nul ne peut contracter un nouveau mariage avant la
dissolution du précédent constatée soit par une décision devenue définitive, soit par un acte de
décès...»
La loi interdit donc à un même homme d’avoir à la fois deux ou plusieurs femmes ; de même, il est
interdit à une femme d’avoir deux ou plusieurs époux (polyandrie). L’institution du mariage
monogamique, clef de voûte de la civilisation européenne, a ainsi été importée et adoptée par le
législateur ivoirien.
2- Le délai de viduité
C’est un délai avant l’expiration duquel il n’est pas permis à la femme de se remarier. Ce délai est
er
de trois cent jours révolus depuis la dissolution du précédent mariage (article 6 alinéa 1 de la loi
relative au mariage) ; il court à compter du décès du premier conjoint ou en cas de divorce à
compter de l’ordonnance qui a fait cesser la cohabitation.
Le délai de viduité a pour but d’éviter une confusion sur la paternité de l’enfant qui naîtrait peu après
la dissolution du premier mariage et après la conclusion du second mariage ; il y aurait incertitude
sur la filiation paternelle de cet enfant.
La durée du délai de viduité (300 jours) peut être abrégée si la femme vient à accoucher ; elle peut
également être abrégée par le président du tribunal s’il résulte des circonstances que depuis trois cent
jours le précédent mari n’a pas cohabité avec sa femme ; il en va de même lorsqu’il est établi par un
médecin que la femme n’est pas en état de grossesse (article 6 alinéa 2 de la loi relative au
mariage).
3- La prohibition de l’inceste
Le mariage est prohibé entre des personnes qui sont des proches parents et personnes alliées.
Ainsi, le mariage ne peut être célébré entre ascendants et descendants, c’est-à-dire entre père et fille,
grand-père et petite fille, mère et fils entre grand-mère et petit fils.
er
A ce sujet, l’article 7 alinéa 1 de la loi relative au mariage dispose : Est prohibé le mariage entre :
1° en ligne directe, les ascendants et les descendants et les alliés dans la même ligne ;
2° en ligne collatérale, frère et sœur, oncle et nièce, neveu et tante et entre alliés au degré de beau-
frère et belle-sœur, lorsque le mariage qui produisait l’alliance a été dissous par le divorce ;
3° l’homme et la femme qui l’a nourri au sein ;
4° l’homme et la fille de son ancienne épouse née d’une autre union ;
5° la femme et le fils de son ancien époux né d’une autre union ;
6° l’homme et l’ancienne épouse de ses ascendants en ligne directe et collatérale ;
7° la femme et l’ancien époux de ses ascendantes en ligne directe et collatérale ;
8° l’adoptant et l’adopté ;
9° l’adopté et les enfants de l’adoptant ;
10° l’adopté et le conjoint de l’adoptant et réciproquement entre l’adoptant et le conjoint de l’adopté
;
11° les enfants adoptifs de la même personne.
Néanmoins le procureur de la république, saisi par toute personne intéressée, peut lever les
prohibitions pour causes graves entre alliés en ligne directe et en ligne collatérale au degré de beau-
frère et de belle-sœur, lorsque la personne qui a créé l’alliance est décédée.
er
Dans l’article 7 alinéa 1 , on observe que les cousins germains ne sont pas cités par la loi ; on peut
donc conclure à la validité du mariage entre cousins.
Ensuite, concernant le mariage entre beau frère et belle sœur, désormais la loi l’interdit de manière
absolue, lorsque le mariage qui produisait l’alliance a été dissous par le divorce.
En revanche, pour le même mariage entre alliés au degré de beau-frère et belle-sœur, lorsque la
personne qui a créé l’alliance est décédée le mariage est certes également interdit ; mais dans ce cas,
la prohibition peut être levée par une dispense du procureur de la république pour causes graves
(article 7 alinéa 2 de la loi relative au mariage). Il s’agit donc d’un inceste relatif ; ainsi, à titre
d’exemple, lorsque la belle-sœur devenue veuve porte une grossesse dont l’auteur est son beau-
frère, on peut trouver en cette grossesse une cause grave justifiant l’obtention d’une dispense du
procureur de la république, qui permettra la célébration du mariage entre ces deux alliés.
Il en résulte qu’au moyen d’une dispense du procureur de la république, la veuve peut se remarier
avec le frère de son défunt mari ; à l’inverse, le mari veuf peut épouser la sœur de sa femme décédée.
La loi consacre ici, implicitement, la règle prévue par certaines coutumes ivoiriennes, laquelle invite
le frère du défunt à épouser la veuve de ce dernier (c’est le système du lévirat) ; ou à l’inverse, la
sœur de la femme décédée à épouser le mari de sa sœur défunte (le système du sororat).
Partant, il importe d’observer que, par exception, certains proches parents ou alliés peuvent donc
contracter mariage s’ils obtiennent une dispense du Procureur de la République pour cause grave
(article 7 alinéa 2 de la loi relative au mariage).
L’inceste absolu. Les empêchements au mariage entre ascendants et descendants, entre frères et
sœurs ont un caractère absolu. Le mariage entre frère et sœur, père et fille, mère et fils n’est pas
possible; puisque dans ces cas, la prohibition ne peut être levée par aucune dispense ; il s’agit d’un
inceste absolu.
L’inceste relatif. Parmi les empêchements basés sur la parenté, seuls ceux issus de relations entre
oncle et nièce, tante et neveu peuvent être levés par une dispense du procureur de la République ; il
s’agit d’un inceste relatif.
Il y a aussi des empêchements résultant de l’alliance qui ont un caractère relatif ; tel est le cas du
mariage entre beau-frère et belle sœur lorsque la personne qui a créé l’alliance est décédée. Dans un
tel cas, une dispense délivrée par le procureur de la République pour cause grave est ici nécessaire
pour la célébration du mariage.
Par contre, le mariage est désormais absolument prohibé entre alliés au degré de beau-frère et belle-
sœur, lorsque le mariage qui produisait l’alliance a été dissous par le divorce.
A- La forme du mariage
1- Les formalités préparatoires du mariage
Les formalités préparatoires ont pour objet de permettre à l’officier de l’état civil de vérifier que les
futurs époux remplissent les conditions de fond du mariage.
Les unes concernent les documents que les futurs époux doivent fournir ; les autres se résument en
l’information des futurs époux sur le choix du régime matrimonial.
Il faut en effet souligner qu’en cas de mariage, il est fait mention de la célébration du mariage et du
nom du conjoint en marge de l’acte de naissance de chacun des époux (article 71 in fine de la loi
relative à l’état civil). Cette mention permet à l’officier de l’état civil invité à célébrer un mariage de
savoir si l’un des futurs époux se trouve déjà dans les liens d’un premier mariage.
L’impossibilité de se procurer l’acte de naissance peut être suppléée par un acte de notoriété établi
par le président du tribunal du lieu de naissance ou du domicile du futur époux (article 97 de la loi
relative à l’état civil).
Un certificat de résidence doit être fourni par les futurs époux à l’officier de l’état civil en
application de l’article 20 de la loi relative au mariage.
Une copie des actes accordant des dispenses doit être fournie par les futurs époux qui en sont
bénéficiaires ; tel est le cas des personnes qui se heurtent à une prohibition de leur mariage pour
cause d’inceste ; leur mariage ne peut être célébré qu’avec une dispense accordée par le Procureur de
la République (article 7 alinéa 2 de la loi relative au mariage).
D’autres pièces peuvent être exigées des futurs époux par l’officier de l’état civil en fonction des
circonstances entourant le mariage : il s’agit notamment des actes justifiant la dissolution d’un
précédent mariage (exemple : un acte de décès du précédent conjoint, un extrait du jugement de
divorce, ou du jugement déclaratif d’absence, ou du jugement déclaratif de décès de l’absent ou du
disparu).
Pour les policiers, une autorisation de se marier doit être délivrée par le ministre chargé de la police
nationale (article 39 de la loi du 9 août 2001 portant statut des personnels de la police nationale) ;
la règle est aussi valable pour les militaires (article 46 du code de la fonction militaire).
Il importe de faire remarquer que selon loi (article 15) la remise à l’officier de l’état civil des
documents ci-dessus énumérés doit s’effectuer dix jours au moins avant la date fixée pour la
célébration du mariage. Or la même loi (article 18) impose à l’officier de l’état civil de faire une
publication par voie d’affichage, un mois avant la célébration du mariage, au siège de la
circonscription d’état civil du lieu de la célébration du mariage. Cela permet de soutenir, en toute
logique, que les documents requis doivent être remis à l’officier de l’état civil plus d’un mois avant
la date de célébration du mariage ; ainsi, ayant entre ses mains le dossier complet du mariage,
l’officier de l’état civil pourra faire la publication par voie d’affichage dans le délai d’un mois à lui
imposé par la loi.
2- La célébration du mariage
a- La nécessité d’une célébration civile
Le mariage est obligatoirement célébré par un officier de l’état civil (article 13 de la loi relative au
mariage) ; et l’article 14 proclame que « seul le mariage célébré par un officier de l’état civil a des
effets légaux ».
L’officier de l’état civil compétent pour célébrer le mariage est celui du lieu du domicile ou de la
résidence de l’un des époux ; le mariage doit être célébré soit à la mairie soit à la sous-préfecture du
domicile ou de la résidence de l’un des époux (article 20 de la loi relative au mariage).
Exceptionnellement, le mariage peut être célébré dans un lieu autre que la salle de mariage de la
mairie ou la sous-préfecture. En effet, le Procureur de la République ou le juge du tribunal peut, s’il
existe de justes motifs, autoriser la célébration du mariage dans un lieu autre que la mairie ou la
sous-préfecture.
En cas d’empêchement grave, le Procureur de la République peut requérir l’officier de l’état civil de
se transporter au domicile ou à la résidence de l’un des futurs époux pour y célébrer le mariage
(article 21 de la loi relative au mariage).
Particulièrement, en cas de péril imminent de mort de l’un des futurs époux, l’officier de l’état civil
peut, avant toute réquisition ou autorisation du procureur de la république, se transporter au domicile
de l’un des futurs époux pour célébrer le mariage ; mais il doit, après la célébration, en informer le
procureur de la république dans les plus brefs délais de la nécessité de cette célébration (article 22 de
la loi relative au mariage).
La célébration du mariage exige la présence obligatoire des époux qui doivent y consentir
er
personnellement (article 4 alinéa 1 ) ; il en résulte que le mariage par procuration est exclu, ainsi
que le mariage posthume.
L’officier de l’état civil doit enfin interpeller les futurs époux sur leur consentement au mariage ; il
leur demande s’ils acceptent de se prendre pour mari et femme. Chacun doit répondre ‘’oui’’ (article
23 alinéa 2 de la loi relative au mariage). Il importe, à ce sujet, de rappeler que l’expression du
consentement n’est pas forcément orale; ce qui rend possible le mariage des muets. Ainsi, les larmes
et le regard ont été interprétés comme étant les signes par lesquels l’un des époux qui ne pouvait pas
parler a entendu exprimer sa volonté de contracter le mariage.
L’officier de l’état civil déclare, au nom de la loi, que les deux parties sont unies par le mariage.
L’acte de mariage est dressé sur le champ (article 23 alinéa 2 de la loi relative au mariage). Il est
signé par l’officier de l’état civil, les parties et leurs témoins.
En principe, on n’admet qu’il n’y a mariage qu’après le prononcé de la formule d’union par l’officier
de l’état civil. Ainsi, en cas de mort subite ou de rétractation de l’un des époux après avoir dit ‘’oui’’
et avant que l’officier de l’état civil ne les déclare unis par le mariage, on considère qu’il n’y a pas eu
mariage.
La remise du livret de famille lors de la célébration du mariage. Selon la loi, il est délivré aux
époux un livret de famille ; Le livret de famille est remis à celui d’entre eux désignés par les époux
(article 24 de la loi relative au mariage).
Le certificat de célébration civile. Comme le livret de famille, il est délivré aux époux un certificat
de célébration civile qui est, lui aussi, remis à celui d’entre eux désignés par les deux époux.
B- La preuve du mariage
Cette preuve est utile soit aux époux, soit aux enfants issus de leur union qui cherchent à prouver leur
état d’enfant légitime. Le mariage étant un acte juridique, sa preuve par écrit est prévue par la loi,
avec toutefois des exceptions y assorties.
Outre l’acte de mariage, la preuve du mariage peut également résulter de la présentation du certificat
de célébration civile ou du livret de famille.
Ainsi on ne peut invoquer le témoignage de personnes qui auraient assisté à la célébration du
mariage ou la présomption tirée de la possession d’état d’époux pour faire la preuve du mariage.
Il convient d’ajouter que l’article 90 de la loi relative à l’état civil autorise les personnes victimes
de la destruction des deux exemplaires du registre de mariage, à demander, devant le tribunal ou la
section du tribunal territorialement compétent, un jugement supplétif de défaut d’acte de mariage.
Car le jugement supplétif d’acte de mariage, en principe interdit par l’article 74 de la loi relative à
l’état civil, est exceptionnellement prévu pour le seul cas de disparition des deux exemplaires du
registre de mariage (article 90 de la loi relative à l’état civil). Dans ce cas, la preuve du mariage
peut donc résulter de la présentation d’un jugement supplétif de défaut d’acte de mariage.
Ensuite, la preuve du mariage peut également être faite par la possession d’état d’époux, c’est-àdire
le fait pour un homme et une femme de s’être comportés comme gens mariés et d’être pris pour tels
aux yeux du public.
La possession d’état d’époux (article 41 de la loi relative au mariage) s’établit par une réunion
suffisante de faits qui supposent l’existence du lien matrimonial ; les faits qui l’établissent sont :
- que l’homme et la femme portent le même nom ;
- qu’ils se traitent comme mari et femme ;
- qu’ils sont reconnus comme tels par la famille et dans la société.
er
Paragraphe 1 - Les oppositions au mariage
L’effet suspensif de l’opposition peut prendre fin avec la mainlevée, c’est-à-dire le retrait de l’acte
d’opposition. La mainlevée, c’est le moyen légal de mettre fin à l’opposition. Pour obtenir la
mainlevée de l’opposition, les futurs époux doivent adresser une requête au tribunal dans le ressort
duquel le mariage doit être célébré ; le tribunal saisi statue dans les dix jours suivant le dépôt de la
requête. La décision du tribunal peut être contestée devant la cour d’appel par les futurs époux ou le
procureur de la république (article 10 de la loi relative au mariage).
- Le mariage homosexuel.
er
L’article 1 de la loi relative au mariage précise que le mariage est une union entre un homme et une
femme ; en application de ce texte, un mariage homosexuel, unissant deux hommes ou deux femmes,
est frappé d’une nullité absolue.
-Le défaut de consentement des époux. Un mariage conclu par un aliéné (un fou) ou une personne
sous l’emprise de l’alcool ou de la drogue, est nul pour violation de l’article 4 ;
- Le mariage pour bigamie. la nullité concerne ici la nouvelle union alors que le premier
mariage n’est pas dissous ;
- le mariage pour inceste. La nullité concerne la violation des empêchements liés à la parenté ou à
l’alliance. Tel est le cas de cet enseignant qui, voulant régulariser sa situation matrimoniale
avec sa fiancée, découvre que celle-ci est sa sœur.
La nullité absolue étant édictée pour défendre l’intérêt général, l’action en nullité appartient en
principe à toute personne intéressée. Il peut s’agir des époux eux-mêmes, de leurs parents, de toute
personne qui y a intérêt ou du ministère public.
*En cas d’incompétence de l’officier de l’état civil, la nullité est couverte si les époux ont la
possession d’état continue d’époux depuis la célébration du mariage.
* une cohabitation continue entre les époux pendant six mois en cas d’erreur ou de violence;
* le fait que l’époux mineur a atteint 19 ans révolus sans avoir fait de réclamation. Son inaction
pendant une année exprime sa renonciation à agir en nullité ; ce qui confirme tacitement le mariage
entaché de nullité.
La qualité d’époux n’ayant jamais été reconnue aux personnes concernées, les enfants issus du
mariage annulé seraient réputés n’avoir jamais été légitimes.
Pour éviter ces inconvénients de la nullité, une exception à la rétroactivité est prévue par la loi qui
consacre ainsi la théorie du mariage putatif. Le mariage putatif est un mariage nul, mais sans les
effets rétroactifs de la nullité. Cette théorie s’applique dans les relations entre les époux, mais aussi
aux enfants issus du mariage nul.
La bonne foi des époux. Selon l’article 36 de la loi relative au mariage, « la décision prononçant la
nullité doit également statuer sur la bonne foi de l’un et l’autre des époux. La bonne foi est présumée
». La bonne foi signifie l’ignorance par les époux de la cause de la nullité au moment de la
célébration du mariage.
* Les effets du mariage putatif Le mariage putatif produit les effets d’un mariage dissous sans
rétroactivité.
Pour l’avenir, le mariage étant dissous, les époux ne pourront invoquer ni la qualité d’époux, ni un
droit dans la succession de l’autre.
Pour le passé, si les époux sont de bonne foi, tous les effets antérieurs du mariage annulé sont
maintenus. Leurs intérêts pécuniaires seront liquidés selon le régime matrimonial par eux choisi. Si
les deux époux sont de mauvaise foi, ils ne pourront pas bénéficier de la théorie du mariage putatif.
Pour eux, le mariage est dissous aussi bien pour l’avenir que pour le passé (article 37 de la loi
relative au mariage).
Le sort des enfants étant indépendant de la bonne ou la mauvaise foi des parents, même si ces
derniers étaient de mauvaise foi lors de la célébration du mariage, les enfants nés de ce mariage
demeurent légitimes. Ils peuvent se prévaloir de cette qualité à l’encontre des parents, mais ceuxci ne
peuvent en faire autant (article 37 alinéa 2 de la loi relative au mariage).
Les époux de mauvaise foi perdent le bénéfice de l’article 48 de la loi relative au mariage qui
institue, à la charge des enfants légitimes, une obligation alimentaire au profit des parents.
CHAPITRE II- LES EFFETS DU MARIAGE
Les effets du mariage qui méritent ici d’être retenus sont ceux qui touchent aussi bien les rapports
personnels entre les époux que les rapports pécuniaires.
Section 1- Les effets du mariage dans les rapports personnels entre les époux
Au titre des rapports personnels entre les époux, l’article 51 de la loi n° 2019-570 du 26 juin 2019
relative au mariage dispose : « la famille est gérée conjointement par les époux dans l’intérêt du
ménage et des enfants. Ils assurent ensemble la direction morale et matérielle de la famille,
pourvoient à l’éducation des enfants et préparent leur avenir ».
Dans ce domaine, le législateur règlemente aussi bien les obligations réciproques que les droits des
époux.
er-
Paragraphe 1 Les devoirs réciproques des époux
Selon l’article 45 de la loi relative au mariage «les époux s’obligent à la communauté de vie. Ils se
doivent mutuellement respect, fidélité, secours et assistance »
La communauté de vie, c’est surtout une manière pudique de désigner les relations sexuelles que les
époux doivent entretenir ; lesquelles constituent le devoir conjugal par excellence. Le refus de
relations sexuelles est considéré comme une injure grave susceptible d’entraîner le divorce.
B- Le devoir de fidélité
Le devoir de fidélité est un devoir réciproque qui s’impose au mari et à la femme. L’infidélité est
constituée par toute relation sexuelle avec une personne autre que son conjoint. C’est l’adultère qui
est frappé de sanctions civiles et pénales.
er
En effet, l’adultère est une cause de divorce (article 1 de la loi relative au divorce et à la
séparation de corps).
Le devoir de secours se traduit sur le plan pécuniaire par l’obligation alimentaire et celle de
contribuer aux charges du ménage.
C Le droit d’intervention d’un conjoint dans l’exercice d’une profession par l’autre
Selon l’article 57 de la loi n° 2019-570 du 26 juin 2019 relative au mariage « chacun des époux a le
droit d’exercer la profession de son choix, à moins qu’il ne soit judiciairement établi que l’exercice
de cette profession est contraire à l’intérêt de la famille ». Il appartient aussi bien au mari qu’à la
femme de démontrer devant le juge que l’activité de son conjoint est contraire à l’intérêt de la
famille, afin d’en obtenir la cessation.
Section 2- Les rapports pécuniaires entre époux
La loi règlemente les rapports d’intérêts pécuniaires nés du mariage ; il s’agit des effets directs du
mariage sur les biens des époux. Dans ce cadre, le législateur a institué un devoir de secours mutuel ;
de même, il organise le régime matrimonial.
er
Paragraphe 1 - Le devoir de secours
Selon l’article 45 de la loi relative au mariage, les époux se doivent mutuellement secours et
assistance.
Le devoir de secours, c’est le devoir pour l’époux qui en a les moyens d’assurer la subsistance de
l’autre qui se trouve dans le besoin
Lorsque les époux vivent ensemble, le devoir de secours est compris dans l’obligation de chacun des
er
époux à contribuer aux charges du ménage (article 52 alinéa 1 de la loi relative au mariage).
Lorsque les époux sont séparés, le devoir de secours se traduit par le versement d’une pension
alimentaire dont le montant est fixé par le juge.
Le régime matrimonial est ainsi l’ensemble des règles qui régissent les intérêts pécuniaires des époux
; ces règles déterminent en particulier la condition juridique des biens et règlent le sort des dettes des
époux.
Depuis la loi du 7 octobre 1964 et ce, jusqu’en 1983, la Côte d’Ivoire n’a connu qu’un seul régime
matrimonial : celui de la communauté des biens. Le mariage emportait donc de plein droit, adhésion
obligatoire des époux à ce régime de communauté légale.
La réforme de la loi du 2 août 1983 a institué le régime de la séparation des biens ; elle offre
désormais aux futurs époux une option entre le régime de la communauté et celui de la séparation
des biens. Mais les époux peuvent changer de régime deux années après l’application de celui adopté
le jour du mariage (article 62 de la loi relative au mariage); ce changement de régime matrimonial
devant être justifié par le seul intérêt de la famille.
Quel que soit le régime matrimonial choisi par les époux, il existe des règles générales communes
aux deux régimes, lesquelles font apparaître ce qu’on peut appeler le statut matrimonial de base.
A- Le statut matrimonial de base
Appelé en France ‘’régime primaire impératif’’, le statut matrimonial de base ou droit commun
matrimonial, se présente comme l’ensemble des règles applicables à tous les époux quel que soit le
régime matrimonial choisi, y compris le cas où les époux auront choisi de régler le sort de leurs biens
par le biais d’un contrat de mariage.
Ces règles concernent particulièrement la contribution des époux aux charges du ménage ; audelà,
elles confèrent aux époux une autonomie bancaire.
L’inexécution de l’obligation de contribuer aux charges du mariage peut, selon la loi, entraîner deux
formes de sanction :
- une sanction civile se traduisant par une saisie arrêt sur salaire au profit du ménage, et le divorce ou
la séparation de corps résultat de l’injure grave, cause de divorce que constitue le refus de contribuer
aux charges du mariage ;
- une sanction pénale ; le code pénal (article 453) punit d’un emprisonnement de 3 mois à un an et
d’une amende de 100 000 à 1 000 000 francs, l’inexécution par un époux du jugement le condamnant
à verser une pension alimentaire à son conjoint ou à ses enfants ; ou s’il demeure volontairement
plus de deux mois sans fournir la totalité des subsides déterminés par le juge ni acquitter le montant
intégral de la pension.
2- L’autonomie bancaire
Selon l’article 68 de la loi relative au mariage, chacun des époux peut, sans le consentement de
l’autre, se faire ouvrir un compte en banque, et disposer librement des fonds qui y sont déposés.
Cette règle issue de la réforme de 1983 est surtout bénéfique à la femme qui, auparavant, n’avait le
droit de se faire ouvrir un compte en banque que par représentation de son mari dans le cadre du
mandat domestique.
Dans la même logique, la banque qui hébergeait le compte de la femme avait l’obligation d’informer
le mari de l’existence de ce compte, et le solde de ce compte ne pouvait être débiteur (autrement dit
la femme ne pouvait retirer la totalité de la somme inscrite sur le compte) qu’avec l’autorisation du
mari ou décision de la justice (article 66 ancien de la loi du 7 octobre 1964).
Aujourd’hui, il n’est plus question de représentation du mari par la femme ; celle-ci peut librement
ouvrir son compte en banque et y effectuer librement les mouvements de fonds par elle souhaités.
Il faut d’abord relever que chacun des époux administre seul ses gains et revenus provenant de
l’exercice de son activité professionnelle (article 81 de la loi relative au mariage.
En dehors des gains et revenus, l’administration des biens communs appartient « à l’un ou l’autre
époux » (article 82 de la loi relative au mariage). Les actes accomplis sans fraude par un époux sont
opposables à l’autre ; ce qui signifie que l’époux qui n’a pas conclu l’acte est tout de même tenu de
faire face aux charges financières qui en découlent.
Parmi les actes (contrats) ci-dessus énumérés, l’annulation des quatre premiers peut être demandée
par l’époux qui n’a pas donné son consentement. L’action en nullité doit être exercée dans le délai
d’un an à compter du jour où l’époux a eu connaissance de l’acte (article 82 alinéa 4 de la loi
relative au mariage). Cette action ne peut en aucun cas être exercée lorsque, suite à la dissolution du
mariage, une année se sera écoulée.
Pour les deux derniers actes, la loi n’en prévoit pas la nullité. L’époux contractant qui n’a pas obtenu
le consentement de l’autre, reste tenu, tout seul, de faire face aux conséquences financières résultant
l’acte ; partant, les charges financières engendrées par ces contrats ne seront imputées que sur ses
biens propres (article 82 alinéa 5 de la loi relative au mariage)
Il importe de préciser qu’aux termes de l’article 74 de la loi relative au mariage, tout bien est
présumé commun, si l’un des époux ne prouve pas qu’il lui est propre. C’est la présomption de
communauté.
Chaque époux a l’administration, la jouissance et la libre disposition de ses propres biens. Il peut
arriver qu’un époux confie à l’autre la gestion de ses biens propres. Cette gestion des biens d’un
époux par l’autre se fait sur la base du mandat express ou du mandat tacite ; ce mandat ne peut
porter que sur des actes d’administration ; il ne permet pas au mandataire d’effectuer des actes de
disposition sur les biens dont il assure la gestion (article 85 de la loi relative au mariage).
L’obligation des époux au passif de la communauté dépend donc de la nature ménagère ou non de la
dette à payer.
Contractée par un seul ou par les deux époux, la dette qui ’’porte sur les besoins et charges du
ménage’’ est une dette solidaire des époux ; tel est le sens de l’article 71 de la loi relative au
mariage qui énonce : « chacun des époux a pouvoir pour passer seul les contrats qui ont pour objet
l’entretien du ménage et l’éducation des enfants. Toute dette ainsi contractée par l’un oblige l’autre
solidairement.
Néanmoins la solidarité n’a pas lieu pour les dépenses manifestement excessives eu égard au train
de vie du ménage ou à l’utilité de l’opération. L’absence de solidarité n’est pas opposable au tiers
contractant de bonne foi ».
La solidarité signifie qu’en cas d’insolvabilité (incapacité à payer) de l’époux qui l’a contractée, le
créancier de la dette ménagère a le droit de poursuivre directement l’autre pour exiger lui le paiement
de ladite dette.
La dette ménagère est payable sur les biens communs et les biens propres de chaque époux. Elle
engage donc la totalité du patrimoine familial (article 76.1° de la loi relative au mariage).
Il en va de même des dettes contractées par les époux agissant ensemble et de concert ; celles-ci
peuvent être poursuivies sur les biens communs et les biens propres de chacun des époux; et ce, que
ladite dette ait été contractée dans l’intérêt commun des époux ou dans l’intérêt de l’un d’eux
er
seulement (article 77 alinéa 1 de la loi relative au mariage).
Les dettes d’aliments autres que celles qui ont trait aux besoins de la famille sont propres à l’époux
qui en est le débiteur (article 79 de la loi relative au mariage).
Enfin les dettes dont les époux étaient tenus le jour de la célébration de mariage leur sont
personnelles ; sont soumises au même sort les dettes dont se trouvent grevées les successions et
libéralités échues à chacun des époux (article 78 de la loi relative au mariage).
.
2- Le régime de la séparation des biens
La séparation des biens est difficilement compatible avec l’idée même de mariage ; car une union de
deux personnes ne peut raisonnablement avoir pour base la séparation…des biens.
Mais qu’à cela ne tienne!.. La loi du 2 août 1983 a institué le régime de la séparation des biens avec
pour corollaire la séparation de passif.
a- La composition de l’actif
• Les biens personnels
Sous le régime de la séparation des biens, chacun des époux conserve l’administration, la jouissance
et la libre disposition de ses biens personnels ; mais il doit, dans le même temps, assurer sa
contribution aux charges du ménage (article 98 de la loi relative au mariage).
La gestion des biens d’un époux par l’autre se fait sur la base du mandat express ou du mandat tacite
; ce mandat ne peut porter que sur des actes d’administration ; il ne permet pas au mandataire
d’effectuer des actes de disposition sur les biens dont il assure la gestion (article 102 de la loi
relative au mariage).
Les époux qui optent pour la séparation des biens peuvent eux aussi organiser leurs rapports
patrimoniaux sur la base d’un contrat de mariage conclu devant un notaire, ou un contrat de mariage
homologué par le président du tribunal compétent (article 101 de la loi relative au mariage).
Aussi la loi prévoit-elle que «les biens sur lesquels aucun des époux ne peut justifier sa propriété
er
exclusive sont réputés leur appartenir indivisément, à chacun pour moitié » (article 100 alinéa 1
de la loi relative au mariage).
Les dettes contractées par un époux antérieurement au mariage lui sont donc strictement
personnelles.
Les dettes contractées par un époux pendant le mariage lui sont également personnelles si elles sont
nées en sa personne.
Mais, dans le cadre même du régime dit de la séparation des biens, il existe une série d’hypothèses
dans lesquelles, les dettes contractées par un époux peuvent être imputées sur le patrimoine de
l’autre, entrainant la saisie de ses biens personnels.
ère
1 hypothèse : Les dettes ménagères
les auteurs de la réforme de 1983 reconnaissent que la séparation des biens « n’exclut pas
l’existence d’une étroite collaboration entre les époux, laquelle se produira notamment par
l’obligation de chacun d’entre eux de contribuer aux charges du ménage».
Il en résulte, à l’évidence, que dans le régime de la séparation, comme d’ailleurs dans celui de la
communauté, chacun des époux doit contribuer aux charges du mariage à proportion de ses facultés
respectives (article 52 de la loi relative au mariage).
Ainsi les dettes ayant trait aux besoins et charges du ménage étant communes aux deux époux, elles
doivent être payées au moyen des biens personnels de chacun d’eux ; mais ces dettes ne sont pas
forcément solidaires, car, « la solidarité ne se présume point; il faut qu’elle soit expressément
stipulée…» (article 1202 du code civil).
Pour y remédier, nous soutenons que le paiement de ces dettes, à notre avis, devrait être garanti par
une solidarité que le législateur doit, en la matière, imposer aux deux époux.
Il en va également des dettes contractées par les époux agissant ensemble et de concert ; elles ne sont
pas forcément solidaires, mais peuvent être poursuivies sur les biens personnels et les éventuels biens
indivis. Pour le paiement de ces dettes, le cloisonnement entre les deux patrimoines disparaît, laissant
aux créanciers la faculté de saisir à la fois les biens des deux époux, c’est-à-dire la totalité du
patrimoine familial.
ème
2 hypothèse : Le cautionnement offert par un époux aux engagements de l’autre.
Un époux peut offrir une garantie aux obligations contractées par l’autre ; à titre d’exemple, le mari,
sollicité par sa femme, accepte de se porter caution solidaire de celle-ci pour le paiement d’une dette
dont elle est redevable vis-à-vis de son banquier. Il faut préciser que la caution est une personne qui
s’engage à payer à la place du débiteur au cas où celui-ci serait insolvable (article 2011 du code
civil).
Dans une telle hypothèse, le cloisonnement entre les patrimoines disparaît ; le banquier peut faire
saisir les biens personnels du mari en sa qualité de caution solidaire de sa femme, et inversement,
faire saisir les biens personnels de la femme caution solidaire de son mari.
ème
3 hypothèse : La ‘’faillite’’ de l’époux commerçant.
Aux termes de l’article 103 de la loi relative au mariage, le mariage se dissout : par le décès de l’un
des époux ; par le divorce ; par l’absence judiciairement déclarée de l’un des époux ; le décès
judiciairement déclarée en cas de disparition ; l’annulation du mariage.
Toutes ces causes entraînent la dissolution du mariage avec des conséquences qui y sont attachées.
Lorsque la mésintelligence entre les époux atteint un degré pathologique d’intensité rendant
insupportable la vie commune, il arrive très souvent que l’un des époux, surtout la femme, quitte
spontanément le domicile conjugal pour trouver refuge ailleurs, généralement chez un parent ; on
parle, dans ce cas, de séparation de fait, situation non régie par la loi.
En revanche, pour ces mêmes raisons, les époux peuvent être autorisés par la justice à vivre
séparément ; c’est la séparation de corps qui est un simple relâchement du lien matrimonial.
Enfin, ces raisons peuvent entraîner la rupture définitive des relations conjugales : c’est le divorce
(SECTION 1) qui, avec la séparation de corps (SECTION 2), ont toujours retenu l’attention de la
doctrine dans le cadre de l’enseignement du droit de la famille.
Section 1- Le divorce
Le divorce, c’est la dissolution du mariage du vivant des deux époux (article 103). Le
divorce doit être distingué de la nullité du mariage.
La nullité est une sanction qui frappe un mariage qui a été célébré en méconnaissance (en violation)
des conditions requises par la loi pour sa formation ; un tel mariage est censé n’avoir jamais été
célébré, n’avoir jamais existé.
Le divorce, c’est la dissolution d’un mariage régulièrement célébré (avec la réunion de toutes les
conditions requises par la loi) ; mais en cours de vie commune, une mésentente entre les époux les
conduit à mettre fin à leurs relations conjugales.
Le divorce est prononcé, non pas par l’officier de l’état civil qui a célébré le mariage mais, par
l’autorité judiciaire pour des causes prévues par la loi. La matière est régie par la loi du 7 octobre
1964 relative au divorce et à la séparation de corps ; celle-ci a été modifiée successivement par les
lois du 2 août 1983, et du 23 décembre 1998. De cette législation réformée découlent deux cas de
divorce qui seront étudiés avant d’en examiner les effets.
er
Paragraphe 1 - Le divorce pour faute
Le divorce est ici conçu comme étant la sanction d’une faute imputable à l’un des époux ; il est
prononcé par le tribunal s’appuyant sur des conditions de fond et de forme.
A- Les conditions de fond du divorce
Le divorce est la dissolution d’un mariage valablement célébré, donc régulier. Ce
mariage sera dissous pour des causes énumérées par la loi.
a- L’adultère
L’adultère est le fait pour un époux d’entretenir des relations sexuelles avec une personne autre que
son conjoint. L’adultère constitue l’une des causes les plus fréquentes du divorce en Côte d’Ivoire ;
en particulier, l’adultère reproché au mari qui entretient une seconde femme dans un foyer parallèle.
L’injure grave.
L’injure est définie par l’ancienne loi (aujourd’hui abrogée) du 14 décembre 2004 portant régime
juridique de la presse comme étant « toute expression outrageante, terme de mépris ou invective qui
ne renferme l’imputation d’aucun fait » (article 78).
L’injure grave, cause de divorce, se découvre au travers de tout comportement d’un époux de nature
à blesser l’autre dans son amour propre. Plusieurs exemples puisés dans la jurisprudence ivoirienne
en donnent une parfaite illustration. Constituent ainsi des cas d’injure grave :
- le fait pour le mari de chasser la femme du domicile conjugal sous le prétexte qu’elle aurait
commis un détournement à son préjudice ;
- le fait pour le mari de refuser l’acte sexuel à sa femme sans motif légitime ;
- le fait pour l’épouse de quitter la résidence même secondaire pour entreprendre un voyage hors
du pays, sans daigner en informer son époux ;
- l’abandon du domicile conjugal par la femme pour aller vivre avec son amant ;
- le refus par la femme de faire des enfants…etc
La condamnation pénale d’un conjoint pour des faits portant atteinte à l’honneur et à la
considération
La condamnation doit être prononcée par le tribunal pendant le mariage, même si l’infraction a été
commise avant le mariage. Si le comportement incriminé n’entraîne pas une condamnation, il n’y a
pas de cause de divorce.
L’abandon de famille est également constitué en cas de violation du devoir de secours et d’assistance
entre époux. Exemple : le fait pour un époux de laisser sa famille dans le besoin. Il est réprimé par le
code pénal d’un emprisonnement de 3 mois à un an et d’une amende de 100 000 à 1000 000 francs
(article 453 du code pénal).
De cette disposition, il résulte qu’une cause alléguée par un époux n’entraîne pas forcément le
divorce ; le juge doit d’abord vérifier que celle-ci rend intolérable le maintien du lien conjugal ou de
la vie commune. Il s’agit d’apprécier le comportement fautif de l’époux en raison de sa gravité et de
sa répétition ; car « des piqûres d’épingle renouvelées brisent aussi sûrement l’harmonie conjugale
qu’une faute plus éclatante, mais isolée ».
Le juge dispose donc d’un pouvoir souverain d’appréciation pour prononcer le divorce ; ce pouvoir
lui permet de rechercher une faute imputable à l’un des époux afin d’en prononcer la sanction qui est
le divorce.
Au bout du compte, le juge aura vérifié que la dissolution du mariage n’est pas la conséquence d’une
simple crise passagère dans les relations entre époux, mais qu’elle est la traduction d’un véritable
échec du mariage.
1- La phase de conciliation
a- La procédure devant le Président du tribunal
L’époux qui prend l’initiative du divorce doit présenter au président du tribunal sa requête, sous la
forme écrite ou verbale.
b- L’audience de conciliation
Elle a pour but la réconciliation des deux époux qui doivent comparaître en personne.
L’audience de conciliation se déroule en chambre du conseil, c’est-à-dire hors la présence du public.
Les époux doivent comparaître en personne sans leurs conseils (leurs avocats), afin de préserver les
chances de réussite de la tentative de conciliation.
Au cours de l’audience, le juge fait aux époux les observations susceptibles de favoriser un
rapprochement entre eux. Si les époux se réconcilient à la suite des observations du juge, l’action en
divorce s’éteint.
Si la réconciliation n’est pas obtenue mais que le juge estime qu’elle reste encore possible, il reporte
la suite de l’audience à une date qui ne peut excéder six mois ; elle peut être renouvelée sans
dépasser une durée totale d’une année, tous renouvellements compris.
L’ajournement de l’instance peut être accompagné des mesures suivantes :
- le tribunal peut ordonner la résidence séparée des époux pendant l’instance en divorce ;
- la remise des effets personnels à l’époux autorisé à vivre dans un lieu autre que le domicile
conjugal ;
- la garde provisoire des enfants et le droit de visite.
Une pension alimentaire sera versée à titre provisoire à l’époux qui aura obtenu la garde des enfants ;
cette pension alimentaire doit être distinguée de celle versée à l’un des époux au titre de l’exécution
du devoir de secours.
En cas d’échec de la tentative de conciliation, un jugement de non-conciliation est rendu qui vient le
constater. L’affaire est renvoyée devant le tribunal pour la phase de jugement.
2- La phase de jugement
Des règles spécifiques de procédure et de preuve sont prévues par la loi, lesquelles concourent à la
décision du tribunal.
Si les débats font apparaître des torts à la charge de l’un et l’autre époux, le divorce sera prononcé
aux torts partagés des deux époux.
Le jugement de divorce se déroule en chambre de conseil, c’est dire que les débats ont lieu à huis
clos ; cela permet d’éviter que les informations sur l’intimité des époux ne soient diffusées dans le
public. C’est seulement le jugement qui est rendu en audience publique. Le non-respect de ces
dispositions entraîne la nullité de la procédure de divorce.
b- Les règles de preuve
La charge de la preuve incombe au demandeur en divorce. Il appartient donc à celui des époux qui
invoque une cause de divorce d’en apporter la preuve; c’est la règle de droit commun. Toutefois, la
preuve est difficile à rapporter, étant entendu qu’il s’agit de faits qui se sont produits dans l’intimité
des personnes concernées. La réforme de 1983 a instauré, en la matière, la liberté de la preuve. Selon
la loi, « les faits invoqués en tant que cause de divorce ou de séparation de corps… peuvent être
établis par tout mode de preuve y compris l’aveu » (article 10 de la loi relative au divorce et à la
séparation de corps). La preuve de l’adultère peut, entre autres, être établie par un constat d’adultère
fait par un huissier.
Pour préserver l’unité de la famille, le témoignage des descendants (des enfants) et des domestiques
est exclu. Le juge dispose d’un pouvoir souverain d’appréciation de la force probante des
témoignages.
c- La décision de divorce
La décision du juge peut aboutir à deux solutions :
- rejeter la demande
- prononcer le divorce
* Le rejet du divorce comme solution au conflit met fin à la procédure ; le lien conjugal est maintenu
entre les époux. L’autorité de la chose jugée interdit une nouvelle demande en divorce fondée sur la
même cause ; sauf la survenance de faits nouveaux.
Le juge qui rejette la demande de divorce est autorisé à statuer sur la contribution des époux aux
charges du mariage, la résidence de la famille et la garde des enfants (article 9 alinéa 4 de la loi
relative au divorce). Car, en cas d’échec de la procédure de divorce, la reprise de la vie commune
n’est pas automatique.
* Le prononcé du divorce
La décision prononçant le divorce a lieu en audience publique. Mention sera faite du dispositif de la
décision sur l’acte de mariage et sur l’acte de naissance de chacun des époux.
Le divorce peut être prononcé soit aux torts exclusifs de l’un des époux ou aux torts réciproques ou
partagés des deux époux.
La réconciliation. Elle se présente comme un accord entre les époux basé sur le pardon accordé au
conjoint fautif. La réconciliation est expresse lorsqu’elle intervient au cours de l’audience de
conciliation ; elle est alors constatée dans le jugement de conciliation.
La réconciliation tacite résulte de la reprise de la vie commune, ou la renonciation à l’action en
divorce.
Le décès d’un époux. Il constitue une cause d’extinction de l’action en divorce ; car le décès est en
lui-même une cause de dissolution du mariage (article 103 de la loi relative au mariage) ; il est donc
inutile pour le juge de prononcer une seconde dissolution du mariage par le divorce. Il s’agit du
décès survenu avant que le jugement ou l’arrêt prononçant le divorce ne soit devenu définitif (article
9 alinéa 3 de la loi relative au divorce).
S’il survient après le jugement définitif, le mariage étant déjà dissous par le divorce, le décès n’a
aucune incidence sur un mariage désormais inexistant.
2- La capacité
Le divorce par consentement mutuel doit être une décision émanant d’une volonté éclairée. Un
incapable majeur ne peut y recourir, bien que le droit de divorcer ne lui soit pas méconnu. Par
er
ailleurs, le mariage doit avoir duré 2 ans au moins (article 1 2° de la loi relative au divorce); un tel
mariage aura été vécu par les époux qui l’auront expérimenté.
3- L’objet
Le consentement mutuel porte sur un double objet : l’accord pour divorcer ; la convention sur les
er
conséquences du divorce qui sera prononcé (article 12 alinéa 1 de la loi relative au divorce). La
requête portant accord de divorcer serait irrecevable si elle n’est pas accompagnée d’une convention
réglant les conséquences du divorce.
4- La cause
er
Selon la loi, les époux ne sont pas tenus d’indiquer la cause du divorce (article 12 alinéa 1 de la loi
relative au divorce). Naturellement, il existe une cause qui est à la base de l’accord de volonté des
époux ; celle-ci peut être gardée secrète par les époux.
2- Les délais
Le premier délai est relatif à la durée du mariage ; la loi indique que la demande en divorce par
consentement mutuel n’est recevable qu’après au moins deux (2) années de mariage.
Le second délai. Lorsque la requête lui est présentée, le juge laisse aux époux un délai de trois mois
pour réfléchir sur leur projet de divorce (article 12 alinéa 3 de la loi relative au divorce). Ce délai
est destiné à ralentir la formation de l’accord, permettant ainsi à l’un des époux de revenir sur sa
décision de divorcer en retirant son consentement.
Le délai de réflexion de trois mois est le seul légalement prescrit ; mais il n’est pas exclu que la mise
au point de la convention de conséquences, par discussions successives entre le juge et les parties,
nécessite des délais supplémentaires.
Au terme du délai de réflexion, le juge dispose d’un délai d’un mois pour prononcer le divorce.
C- Le contrôle du juge
Le juge qui est le président du tribunal territorialement compétent doit vérifier si les formalités
légales ont été bien accomplies, notamment si le délai de réflexion a été observé.
L’accord de principe sur la décision de divorcer échappe au contrôle du juge. Ainsi, bien qu’il soit
chargé de veiller à l’intérêt des enfants, le juge ne peut paralyser la décision de divorcer en
considérant qu’elle est contraire à cet intérêt.
En revanche, le contrôle du juge s’exerce sur le contenu de la convention tendant à régler les
conséquences du divorce ; notamment les dispositions qui sont relatives à la garde et l’éducation des
enfants. Car, le juge peut, par décision motivée, refuser l’homologation de la convention s’il constate
que celle-ci préserve insuffisamment les intérêts des enfants ou de l’un des époux.
La décision du juge
A l’expiration du délai de réflexion de 3 mois accordé aux époux, la décision du juge sera de deux
ordres.
* Le juge prononcera la radiation de la requête, par jugement en chambre de conseil, s’il s’avère
que les époux ont renoncé à leur projet de divorce.
er
Paragraphe 1 - Les effets légaux du divorce
La dissolution du mariage va corrélativement avoir des conséquences sur les rapports entre les époux
; elle a inévitablement une incidence sur les enfants.
Il faut également noter que la femme divorcée ne peut se remarier qu’après avoir observé le délai de
viduité de 300 jours à elle imposée par la loi (article 6 de la loi relative au mariage) ; ce délai court
à compter du jour où le jugement ou l’arrêt ayant prononcé le divorce est devenu définitif. Mais la
durée du délai de viduité (300 jours) peut être abrégée si la femme vient à accoucher ; elle peut
également être abrégée par le président du tribunal s’il résulte des circonstances que depuis trois cent
jours le précédent mari n’a pas cohabité avec sa femme ; il en va de même lorsqu’il est établi par un
médecin que la femme n’est pas en état de grossesse (article 6 alinéa 2 de la loi relative au
mariage).
Par le divorce, le mariage étant dissous, la femme perd le droit d’usage du nom du mari ; elle reprend
er
l’usage de son nom (article 24 alinéa 1 de la loi relative au divorce et à la séparation de corps).
Toutefois, selon la loi, la femme peut continuer à porter le nom de son ex-mari, soit avec l’accord de
celui-ci, soit avec l’autorisation du juge. L’autorisation judiciaire lui sera accordée si elle apporte la
preuve qu’elle a un intérêt particulier à continuer à faire usage du nom de son ex-mari ; ou encore
qu’elle y aspire dans l’intérêt des enfants (article 24 alinéa 2 de la loi relative au divorce). Il peut
s’agir d’un intérêt professionnel pour la femme, laquelle est très connue sous le patronyme de son
ex-époux. Exemple : La femme est, sous le nom du mari, une enseignante de renommée ou une
pharmacienne.
Les mêmes modalités sont applicables au cas de dissolution du mariage par décès. Dans cette
hypothèse, les biens communs étant partagés en deux parts égales, la part (la moitié) revenant au
défunt sera ajoutée à ses biens propres pour constituer la masse des biens de la succession, c’est-à-
dire les biens à hériter. Si les époux étaient mariés sous le régime de la séparation de biens, la part (la
moitié) des biens indivis revenant au défunt sera ajoutée à ses biens personnels pour constituer la
masse des biens de la succession.
Les biens de la succession seront partagés aux héritiers suivant l’ordre établi par l’article 11 de la loi
n° 2019-573 du 26 juin 2019 relative aux successions. Cet ordre classe les enfants et petits enfants
du défunt au premier rang, et le conjoint survivant (le mari ou la femme) en dernière position après
les parents.
- L’époux innocent ne peut bénéficier de la pension alimentaire que s’il est dans le besoin ; cela
résulte de l’article 27 qui soumet son paiement à l’insuffisance d’avantages stipulés pour assurer la
subsistance de l’époux innocent. Ainsi, une pension alimentaire ne peut donc être accordée à un ex-
conjoint qui travaille et qui a en plus des ressources personnelles lui permettant de vivre.
Le montant de la pension alimentaire ne peut excéder un quart des revenus de l’époux qui en est
débiteur (article 27 de la loi relative au divorce) ; il est fixé par le juge en tenant compte des besoins
du demandeur et naturellement des ressources de celui qui doit la payer.
Enfin, la loi relative au divorce (article 20) autorise le juge à décider le versement au conjoint
victime innocent, outre la pension alimentaire, des dommages-intérêts pour réparation du préjudice
matériel ou moral subi du fait du divorce.
B- Les effets légaux du divorce à l’égard des enfants Il faut ici
distinguer les effets personnels des effets patrimoniaux
En principe l’exercice de la puissance paternelle appartient à l’époux qui a obtenu la garde des
enfants ; cette garde est confiée à l’époux innocent, autrement dit, celui qui a gagné le procès en
divorce, ou exceptionnellement à l’époux coupable ou à une tierce personne (article 21 de la loi
relative au divorce).
Sur la question, le juge prend toujours en considération l’intérêt des enfants pour confier leur garde à
la personne la mieux qualifiée. Il faut indiquer, à ce sujet, que les enfants en bas âge sont
généralement confiés à la mère.
Lorsque la garde a été attribuée à l’autre époux ou à une tierce personne, l’époux non gardien n’est
pas pour autant dépouillé de tous droits sur l’enfant; il conserve le droit d’intervenir dans la vie du
mineur en surveillant son entretien et son éducation (article 22 de la loi relative au divorce).
En effet, l’époux non gardien a un droit de surveillance qu’il exerce au cours des séjours passés chez
lui par l’enfant.
Il a également un droit de visite qui est le droit d’accueillir l’enfant chez lui ; il consiste dans
l’hébergement de l’enfant dans un délai déterminé soit par le tribunal, soit par les conventions
conclues par les époux relativement aux effets du divorce.
a- L’obligation d’entretien
Quelle que soit la personne à laquelle il sera confié, les père et mère sont tenus de contribuer à
l’entretien et à l’éducation de l’enfant (article 22 de la loi relative au divorce). Cette obligation
d’entretien se traduit, pour l’époux non gardien, par le versement d’une pension alimentaire au profit
de l’enfant. Lorsque la garde est confiée à une tierce personne, les père et mère sont tenus de verser à
cette dernière une pension alimentaire au bénéfice de l’enfant (article 22 de la loi relative au
divorce).
L’inexécution de cette obligation est sanctionnée civilement par une saisie-arrêt sur le salaire de l’ex-
époux débiteur. De surcroît, l’époux coupable du non paiement de la pension alimentaire peut être
pénalement poursuivi et condamné pour avoir commis le délit d’abandon de famille (article 453 du
code pénal).
b- L’administration légale
En cas de divorce, l’administration légale pure et simple des biens du mineur fait place à
l’administration légale sous contrôle judiciaire. Le parent gardien est en principe désigné par le
tribunal en tant qu’administrateur légal sous contrôle judiciaire.
Ces conventions sont réaffirmées par la loi du 23 décembre 1998 qui a institué le divorce par
consentement mutuel (articles 12 et 27 bis de la loi relative au divorce). Selon les nouvelles
dispositions issues de cette loi, les effets du divorce par consentement mutuel sont ceux contenus
dans la convention homologuée par le juge. Il importe ici de voir successivement l’objet des
conventions et le contrôle effectué sur elles par le juge.
La pension alimentaire à verser à l’un des époux peut également être réglée ; il peut être prévu dans
la convention que la pension alimentaire sera versée à l’ex-époux même si le divorce est prononcé à
ses torts.
La liquidation et le partage de la communauté peuvent faire l’objet d’une entente entre les époux.
Ainsi, par exemple, l’époux qui obtient la garde des enfants peut continuer à occuper la maison
familiale qui est un bien propre à l’autre époux, quitte au propriétaire à consentir à l’occupant un bail
à usage d’habitation créant à la charge de ce dernier l’obligation de payer un loyer.
B- Le contrôle du juge
Les conventions relatives au divorce ne peuvent valablement produire leurs effets que si elles sont
homologuées par le juge.
Le juge joue donc un rôle considérable dans la validité des conventions puisqu’il peut refuser
d’homologuer une convention qui, à son sens, ne protège pas suffisamment les intérêts des enfants
ou de l’un des époux. « Le tribunal, en prononçant le divorce ou la séparation de corps, peut
refuser l’homologation (de la convention) s’il constate que les intérêts des enfants ou de l’un des
époux ne sont pas suffisamment préservés » (article 10 ter alinéa 3 de la loi relative au divorce)
Ainsi une convention relative à la garde de l’enfant, mais qui, selon le juge, semble ne pas être
favorable à l’intérêt de l’enfant peut rencontrer le refus d’homologation.
La convention acquiert par l’homologation un caractère officiel et définitif ; elle est la loi des parties
que sont ici les deux ex-époux.
B- La procédure
La procédure est identique à celle du divorce.
Il faut seulement relever que la faculté est offerte par la loi (article 5 alinéa 2) à un époux de
répondre à une demande en divorce par une demande reconventionnelle en séparation de corps. A
l’inverse, il est permis de répondre à une demande en séparation de corps par une demande
reconventionnelle en divorce.
Si deux demandes en divorce et en séparation de corps sont accueillies à la fois, c’est le divorce qui
est prononcé aux torts partagés des deux conjoints (article 5 alinéa 4 de la loi relative au divorce et
à la séparation de corps) ; la demande en divorce l’emporte donc sur la demande en séparation de
corps.
A- Les effets de la séparation de corps sur les rapports personnels entre époux
La séparation entraîne non pas la destruction, mais un simple relâchement du lien conjugal ;
certaines obligations nées du mariage disparaissent pendant que d’autres subsistent.
1- La suppression des devoirs de cohabitation et
d’assistance
Selon la loi (article 28) la séparation de corps met fin à la vie commune et aux obligations qui en
découlent. Il en résulte que le devoir de cohabitation est supprimé ; le jugement qui prononce la
séparation de corps reconnaît à la femme le droit d’avoir un domicile distinct de celui de son époux.
B- Les effets de la séparation de corps sur les rapports pécuniaires entre époux
Certains effets sont communs à la séparation de corps et au divorce ; d’autres sont spécifiques à la
séparation de corps.
Concernant le régime de la communauté, s’il n’était pas liquidé, sa dissolution prononcée par
décision judiciaire est réputée non avenue, c’est-à-dire que cette dissolution est censée n’avoir jamais
eu lieu ; à l’inverse, si la communauté a été liquidée, les biens reçus par chacun des époux en partage
de la communauté lui restent propres (article 32 de la loi relative au divorce et à la séparation de
corps)
2- Les effets de la réconciliation dans les relations des époux avec les tiers
Pour produire des effets à l’égard des tiers, la réconciliation, selon l’article 33, doit être
conjointement déclarée par les deux époux au président du tribunal compétent ; ce dernier demande
au greffier d’en dresser un procès verbal. Un extrait de ce procès-verbal est publié dans un journal
d’annonces légales, et mention en est faite, à la diligence du ministère public, sur les actes de l’état
civil des époux, notamment les actes de mariage et les actes de naissance (article 33 alinéa 2 et 3 de
la loi relative au divorce et à la séparation de corps).
Le démariage 152
YAPO YAPI André Droit des personnes et de la famille
TITRE II : LA FILIATION
La filiation est le lien de droit qui unit le père ou la mère à son enfant. Elle peut être légitime,
naturelle ou adoptive.
La filiation légitime suppose que le père et la mère sont mariés.
La filiation naturelle implique qu’il n’y a pas de lien conjugal entre le père et la mère. La
filiation est adoptive lorsqu’elle est créée artificiellement par un jugement d’adoption.
La filiation était initialement régie par la loi n°64-377 du 7 octobre 1964, modifiée par la loi n° 83-
799 du 2 août 1983. Ces deux textes ont été abrogés par la loi n°2019-571 du 26 juin 2019 relative
à la filiation.
L’adoption, quant à elle, demeure régie par la loi n°64-378 du 7 octobre 1964 modifiée par la loi n°
83-802 du 2 août 1983.
CHAPITRE I- LA FILIATION LEGITIME
La filiation légitime est le lien qui unit un enfant né dans le mariage à ses père et mère ; elle
suppose donc le mariage des parents. Soit l’enfant est né dans le mariage, soit il est né hors
mariage, mais il a été légitimé par le mariage subséquent de ses parents.
La filiation légitime est établie à l’égard de la mère (filiation légitime maternelle) ou du père
(filiation légitime paternelle).
er
Paragraphe 1 - L’établissement de la filiation maternelle légitime
Pour prouver qu’un enfant est né d’une femme, trois éléments peuvent y aider : le mariage de la
femme ; l’accouchement de cette femme mariée; l’identité de l’enfant avec celui auquel la femme
est accouchée.
La preuve du mariage est faite au moyen de l’acte de mariage. L’accouchement et l’identité de
l’enfant trouvent leur mode de preuve au travers des articles 9 à 14 de la loi relative à la filiation ;
ces dispositions font appel à l’acte de naissance, la possession d’état d’enfant légitime et le
témoignage.
A- L’acte de naissance
La filiation des enfants nés dans le mariage se prouve par les actes de naissances inscrits sur les
er
registres de l’état civil (article 9 de la loi relative à la filiation ; article 1 de la loi relative à l’état
civil).
La filiation maternelle légitime peut également résulter d’un jugement supplétif de défaut d’acte de
naissance, ou d’un acte de notoriété.
Pour faire la preuve de la filiation maternelle légitime, ces actes doivent contenir, en plus du nom
de l’enfant, le nom de la mère. L’acte de naissance fait foi, jusqu’à preuve contraire, de
l’accouchement et de l’identité de l’enfant.
C- La preuve testimoniale
La preuve de la filiation peut être faite par témoins (article 12 de la loi relative à la filiation). La
preuve testimoniale est admise sous certaines conditions :
- à défaut de possession constante d’état d’enfant légitime ;
- lorsque l’enfant aura été inscrit soit sous de faux noms ; ou s’il est né de père et mère inconnus.
En outre, la preuve par témoignage peut être admise s’il y a un commencement de preuve par écrits,
ou lorsque les présomptions ou indices résultant de faits constants, lesquels sont assez graves pour
déterminer l’admission de la preuve testimoniale (article 12 alinéa 2 de la loi relative à la filiation).
Le commencement de preuve par écrit résulte des titres de famille, des registres et papiers
domestiques du père ou de la mère, des actes publics et même privés émanés d’une partie engagée
dans la contestation, ou qui y aurait intérêt si elle était vivante (article 13 de la loi relative à la
filiation).
Paragraphe 2- Les actions relatives à la maternité légitime Au sens de l’article 11 de la loi
relative à la filiation, deux actions peuvent être exercées : l’action en réclamation d’état et l’action
en contestation d’état relatives à la maternité ou la paternité légitime.
L’article 11 de la loi relative à la filiation précise que l’action ne peut être exercée que dans les cas
suivants :
- l’enfant n’a ni acte de naissance, ni possession d’état d’enfant né dans le mariage ;
- l’enfant a une possession d’état non conforme à son acte de naissance.
La mère contre qui l’action est exercée peut prouver par tous moyens que l’auteur de l’action en
réclamation d’état n’est pas son enfant (article 14 de la loi relative à la filiation).
A défaut de règles spécifiques, l’action en contestation d’état est soumise à la prescription de droit
commun qui est trente ans.
er
Paragraphe 1 - La présomption de paternité
« Pater is est quem nuptiae demonstrant » ! Cet adage latin est codifié par la loi sur à la filiation : «
L’enfant conçu pendant le mariage ou né moins de trois cents jours après la dissolution du mariage, a
pour père le mari de sa mère » (article 2 de la loi relative à la filiation). Ce texte consacre ce qu’on
appelle la présomption de paternité. En effet, d’un fait connu (le mariage), la loi tire la conséquence
d’un fait inconnu ou difficile à connaître : le père de l’enfant.
En effet, qui est le père de l’enfant né d’une femme mariée ?
La loi y répond en partant d’un constat : le mariage ; puisque l’homme et la femme étant unis par le
mariage vivent sous le même toit (devoir de cohabitation), la grossesse que porte la femme est
supposée être le fruit des œuvres du mari ; le mari est présumé être le père de l’enfant qui en naîtra.
C’est la présomption de paternité.
Ici, l’enfant ayant été conçu avant le mariage, le législateur s’est contenté de la seule naissance de
l’enfant, laquelle s’est produite pendant le mariage, pour reconnaître à l’enfant la qualité d’enfant
légitime. Car en application du principe posé par l’article 2, devraient être couverts par la
présomption, seuls les enfants qui sont conçus pendant le mariage ; à l’inverse ceux conçus avant le
mariage devraient en être exclus.
A ce cas, on doit associer celui de l’enfant né plus de 300 jours après la date des dernières
nouvelles de l’absent ; prévu par l’ancienne, ce cas est supprimé par la nouvelle loi de 2019. Né plus
de 300 jours après le départ de l’absent, il ne bénéficie pas de la présomption de paternité. Car, sa
conception a eu lieu après le départ du mari, c’est-à-dire à un moment où le mari était dans
l’incapacité physique de cohabiter avec sa femme en raison de son éloignement.
En revanche, l’enfant né moins de 300 jours après la date des dernières nouvelles de l’absent est
couvert par la présomption, parce qu’il est supposé conçu à un moment où le mari était présent
auprès de sa femme.
Il faut noter que dorénavant le jugement déclaratif d’absence emporte dissolution du mariage de
l’absent (article 70 alinéa 7 de la loi n° 2018-862 du 18 novembre 2018 relative à l’état civil).
b- La preuve testimoniale
A défaut d’acte de naissance et de possession d’état, la preuve de la filiation paternelle peut être faite
par témoignage. La preuve par témoignage est admise s’il y a un commencement de preuve par
écrits, ou lorsque les présomptions ou indices résultant de faits constants, lesquels sont assez graves
pour déterminer l’admission de la preuve testimoniale (article 12 alinéa 2 de la loi relative à la
filiation).
Le commencement de preuve par écrit résulte des titres de famille, des registres et papiers
domestiques du père ou de la mère, des actes publics et même privés émanés d’une partie engagée
dans la contestation, ou qui y aurait intérêt si elle était vivante (article 13 de la loi relative à la
filiation).
1° s’il prouve que pendant le temps qui a couru depuis le trois centième jour jusqu’au cent quatre
vingtième jour avant la naissance de cet enfant, il était dans l’impossibilité physique de cohabiter
avec sa femme ;
2° si, selon les données acquises de la science médicale, il est établi qu’il ne peut en être le père »
L’exercice de l’action en désaveu de paternité se trouve ainsi soumis à certaines conditions qu’il
convient d’exposer avant d’en étudier la procédure et les effets.
Elle suppose l’éloignement du mari dû soit à son emprisonnement, son hospitalisation, son
internement, ou un voyage.
L’impossibilité physique peut être due à un accident se traduisant par une impuissance accidentelle,
résultat d’une intervention chirurgicale rendant impossibles les rapports sexuels entre conjoints.
Selon la loi, le mari qui entend désavouer l’enfant né de sa femme peut avoir recours à une expertise
médicale pour apporter la preuve qu’il n’en est pas le père. C’est le sens de l’article 4 qui permet au
mari de démontrer que « ...selon les données acquises de la science médicale, il est établi qu’il ne
peut en être le père ».
Il s’agit d’un nouveau moyen de preuve offert par la loi de 2019 pour l’exercice de l’action en
désaveu de paternité. Le mari peut donc démontrer que bien qu’étant en contact permanent avec sa
femme, celle-ci qui est d’une inconduite notoire a eu commerce avec un autre homme, son amant,
qui est le père de l’enfant.
Ainsi «les données acquises de la science médicale » peuvent permettre au mari d’avoir recours à un
test ADN pour démontrer qu’il n’est pas le père de l’enfant né de sa femme.
Dans le même sens, il peut également, au moyen d’un examen médical, démontrer qu’il souffre
d’une impuissance sexuelle naturelle, ou encore d’une infertilité (une stérilité), le mettant dans
l’impossibilité d’être le père de l’enfant de sa femme.
2- Les enfants nés pendant les 180 jours qui suivent la célébration du mariage
Aux termes de l’article 5 la loi n° 2019-571 du 26 juin 2019 relative à la filiation, « l’enfant né
avant le cent quatre vingtième jour du mariage ne peut être désavoué par le mari dans les cas
suivants... » Cela suppose, a contrario, qu’en dehors des cas par elle cités, cette disposition permet au
mari de désavouer cet enfant.
Bénéficiant de la présomption de paternité, cet enfant peut, comme ceux conçus et nés dans le
mariage, donc être désavoué par le mari.
Il suffit au mari, en se fondant sur la date d’accouchement, de prouver devant le tribunal que l’enfant
ème ème
est né avant le 180 jour suivant le mariage, c’est-à-dire avant la fin du 6 mois qui s’est écoulé
depuis la date de la célébration du mariage.
Par exception, les héritiers du mari décédé peuvent contester la légitimité de l’enfant, lorsque le
mari est décédé dans le délai de l’action en désaveu sans avoir agi (article 6 de la loi relative à la
paternité et à la filiation)
b- Le défendeur
L’action en désaveu est en principe dirigée contre la mère de l’enfant. Si celle-ci est décédée,
interdite ou absente, l’action sera exercée contre un tuteur ad hoc désigné, dans un délai de deux
mois, à la requête du mari ou de ses héritiers (article 8 de la loi relative à la filiation).
2- Le délai d’exercice de l’action en désaveu
L’action en désaveu doit être exercée par son titulaire dans un délai maximum de deux mois (article
6 de la loi relative à la filiation).
Ce délai commence à courir à compter de la naissance de l’enfant si le mari se trouvait sur les lieux à
l’époque de la naissance. S’il était absent, le délai commence à courir à compter de son retour. Si la
naissance lui a été cachée le délai commence à courir à compter de la découverte de la fraude.
Ce délai est d’un mois à compter de la date de désignation du tuteur ad hoc lorsque l’action est
exercée contre ce dernier (article 8 alinéa 2 de la loi relative à la filiation).
La cause est instruite et débattue en chambre du conseil, le jugement est, quant à lui, rendu en
audience publique (article 8 alinéa 3 de la loi relative à la filiation).
Le jugement de désaveu détruit la filiation légitime de l’enfant né dans le mariage ; il met fin à la
paternité du mari. Ainsi, l’enfant né de sa femme n’est plus l’enfant du mari.
A l’égard de la mère, le jugement de désaveu détruit la filiation légitime pour lui substituer une
filiation naturelle ; l’enfant n’est plus un enfant légitime ; il est un enfant naturel.
Le jugement de désaveu a également pour effet de modifier le nom de l’enfant désavoué ; l’enfant
prend le nom de sa mère (article 3 de la loi relative au nom). Dans le jugement de désaveu, le
tribunal ordonnera la modification du nom de l’enfant et la rectification de l’acte de naissance. Il
s’agit ici d’un changement de nom consécutif à un changement d’état.
La filiation naturelle est le lien qui unit un enfant né hors mariage à ses père et mère. Elle concerne
l’enfant naturel simple et l’enfant naturel adultérin.
er
Paragraphe 1 - La reconnaissance volontaire de l’enfant
Reconnaître un enfant, c’est déclarer l’existence d’un lien de filiation entre un homme ou une femme
et cet enfant. La reconnaissance peut être tacite ou expresse.
A- La reconnaissance tacite
La reconnaissance de l’enfant naturel résulte, généralement, de la déclaration de naissance faite par
l’un des parents ; sur la base de cette déclaration, est établi l’acte de naissance de l’enfant. Dans ce
cas, la reconnaissance est tacite, c’est-à-dire implicitement déduite de la déclaration. Il y a lieu ici de
distinguer l’établissement de la filiation maternelle de celui de la filiation paternelle.
On peut en déduire que lorsque la déclaration de naissance est faite par une personne autre que le
père naturel, et que cette tierce personne n’est pas munie d’une procuration authentique ou spéciale
du père, cette déclaration de naissance ne vaut pas reconnaissance tacite de l’enfant par le père.
B- La reconnaissance expresse.
Elle est soumise à certaines conditions et produit des effets
1- Les conditions de la reconnaissance expresse
Elles concernent la forme de l’acte de reconnaissance et les enfants susceptibles d’être reconnus.
L’acte authentique consiste dans la rédaction de l’acte de reconnaissance par un officier de l’état
civil qui n’est pas forcément celui du lieu de naissance.
La reconnaissance peut également être effectuée devant un notaire ou devant un juge ; si elle est
faite devant un juge, elle sera constatée par le greffier sur le registre d’audience.
Dans l’acte authentique (à distinguer de l’acte de naissance), le père ou la mère déclare sa paternité
ou sa maternité à l’égard de l’enfant dont le nom figure sur l’acte. La reconnaissance ne peut donc, à
peine de nullité, émaner d’un acte sous-seing privé, sous la forme, par exemple, d’une lettre adressée
à la mère par le prétendu père qui y fait un aveu de paternité.
b- Les enfants susceptibles d’être reconnus Seuls les enfants ne bénéficiant pas d’une filiation
déjà établie peuvent être objet d’une reconnaissance ; tel est le sens de l’article 28 de la loi relative à
la filiation qui dispose : « lorsqu’une filiation est établie par un acte ou un jugement, nulle filiation
contraire ne pourra être postérieurement reconnue sans qu’un jugement établisse, préalablement,
l’inexactitude de la première ».
La loi relative à la filiation (article 23) reconnaît à tous ceux qui y ont intérêt, le droit de contester
une reconnaissance afin d’en obtenir la nullité prononcée par le tribunal.
Une première reconnaissance d’enfant peut ainsi être attaquée en nullité si la preuve est faite qu’elle
est fausse ; par suite, le juge rétablira alors la vraie filiation.
La nullité de la reconnaissance peut également être prononcée pour défaut de consentement. En effet,
la reconnaissance par le père ou la mère d’un enfant de plus de 18 ans est subordonnée au
consentement préalable de ce dernier (article 21 alinéa 2 de la loi relative à la filiation).
A cela il faut ajouter la reconnaissance faite par le père de l’enfant né de son commerce adultérin ;
celle-ci doit être précédée de l’information donnée à l’épouse du projet de reconnaissance. L’acte de
reconnaissance doit, à peine de nullité, contenir la mention de l’information donnée à l’épouse par
er
acte de commissaire de justice (article 22 alinéa 1 de la loi relative à la filiation).
La nullité de la reconnaissance peut enfin résulter de l’absence d’un jugement de désaveu préalable
du mari, lorsque l‘enfant est né du commerce adultérin de la mère (article 22 alinéa 2 de la loi
relative à la filiation).
Prévue par l’article 19 alinéa 2 de la loi relative à la paternité et à la filiation, cette action peut être
exercée lorsque l’acte de naissance n’indique pas le nom de la mère, et que cette dernière n’a pas non
plus reconnu l’enfant. L’enfant peut alors saisir la justice pour faire établir sa filiation naturelle
maternelle.
Les héritiers de l’enfant peuvent-ils exercer cette action ? L’article 27 est muet sur la réponse à cette
question. On peut, en raisonnant par analogie, appliquer ici la solution prévue par la loi en matière de
filiation légitime (articles 17 et 18 de la loi relative à la filiation). Il faut donc admettre l’action des
héritiers, lorsque la recherche judiciaire de maternité naturelle avait été commencée par l’enfant.
L’irrecevabilité de l’action en recherche de maternité naturelle doit être déclarée lorsqu’une autre
filiation maternelle a déjà été établie à l’égard de l’enfant. Car, il faut, dans ce cas, faire d’abord la
preuve de l’inexactitude de la première filiation et par conséquent l’annuler, avant de rétablir la vraie
filiation maternelle de l’enfant (article 28 de la loi relative à la filiation).
c- L’aveu non équivoque résultant d’un écrit Il s’agit de lettres ou quelque autre écrit
émanant du père prétendu et qui établissent, de manière non équivoque, un aveu de paternité. Tel est
le cas d’une lettre où il est clairement mentionné : « tu m’avais pourtant affirmé que tu prenais la
pilule » ; une telle phrase est révélatrice des agitations d’une âme inquiète, troublée, suite à
l’annonce de l’état de grossesse de son amante. Il en va de même d’une lettre contenant des conseils
d’avortement ; celle-ci peut être considérée comme contenant un aveu non équivoque de paternité.
L’élément matériel se manifeste par le fait d’avoir pourvu et participé à l’entretien et à l’éducation
de l’enfant en versant de l’argent à sa mère ou à une tierce personne qui l’a accueilli, pour faire face
à ses besoins financiers, par exemple prendre en charge les frais de scolarité.
L’élément personnel (ou intentionnel) signifie que les subsides doivent avoir été versés par le
prétendu père luimême, ou par une tierce personne agissant comme son mandataire ; en participant à
l’entretien de l’enfant, il doit avoir agi en qualité de père. Ainsi, un ami de la mère se comportant en
qualité de bienfaiteur ne doit pas se voir imputer la qualité de prétendu père, en position de
défendeur à l’action en recherche de paternité.
Il faut souligner que l’existence d’un des cas d’ouverture de l’action n’entraîne pas automatiquement
la déclaration judiciaire de la paternité. Lorsque le juge constate l’existence d’un des cas, il n’est pas
obligé de déclarer la paternité puisqu’il dispose d’un pouvoir souverain d’appréciation de la cause à
lui soumise. Il doit vérifier s’il n’existe aucune cause d’irrecevabilité.
Il s’agit de fins de non recevoir, c’est-à-dire des cas dans lesquels l’action doit être déclarée
irrecevable par le tribunal ; elle est neutralisée.
Dans ces cas, le défendeur rapportera la preuve que, même si elle est soupçonnée, sa paternité est
impossible.
a- Le prétendu père était, pendant la période légale de conception, dans l’impossibilité physique
d’être l’auteur de l’enfant
Cette hypothèse est identique à la cause de désaveu de paternité légitime. L’impossibilité physique
d’être l’auteur de l’enfant peut être lié à l’éloignement du prétendu père de l'enfant vis-à-vis de sa
mère. L’éloignement s’entend par la non présence du prétendu père marquée par un voyage, son
emprisonnement, son hospitalisation ou son internement. Il en va de même pour l’impossibilité
physique due à un accident se traduisant par une impuissance sexuelle du prétendu père. Ainsi, pour
neutraliser l’action en recherche de paternité naturelle, le prétendu père peut alléguer son
impuissance accidentelle provoquée par une opération chirurgicale, ou son impuissance naturelle
rendant impossibles les rapports sexuels entre les deux partenaires.
Selon la loi, le prétendu père peut, comme pour l’action en désaveu de paternité légitime, avoir
recours à une expertise médicale pour apporter la preuve qu’il n’en est pas le père. C’est le sens de
l’article 25 qui lui permet de démontrer « ...selon les données acquises de la science, qu’il ne peut
en être le père ».
er
Paragraphe 1 - Les enfants adultérins par la mère En principe ces enfants appelés ‘’enfants
adultérins a matre’’ sont couverts par la présomption de paternité. Ces enfants ne peuvent être
reconnus que s’ils ont été préalablement désavoués par le présumé père ; autrement dit, un jugement
de désaveu rendu par le tribunal sur une action du père viendra détruire la filiation légitime (article
22 alinéa 2 de la loi relative à la filiation).
Ainsi le jugement aura pour effet de faire perdre à l’enfant sa qualité d’enfant légitime pour lui
conférer celle d’enfant naturel adultérin. A partir de ce moment, cet enfant pourra être reconnu par
son vrai père, son père biologique. Cette reconnaissance sera possible une fois que le jugement de
désaveu aura été transcrit, à l’état civil, en marge de l’acte de naissance de l’enfant.
En résumé, pour que l’enfant adultérin par la mère puisse être reconnu par son véritable père, il doit
avoir été, au préalable, désavoué par le mari de sa mère.
La filiation adoptive est régie par la loi n° 64-378 du 7 octobre 1964 modifiée par la loi n° 83802 du
2 août 1983 ; elle résulte d’un jugement, le jugement d’adoption qui crée un lien juridique entre deux
personnes qui ne sont pas nécessairement unis par le sang.
La loi prévoit deux formes d’adoption : l’adoption simple qui laisse subsister les liens de l’enfant
avec sa famille d’origine et l’adoption plénière qui entraîne la rupture des liens de l’enfant avec sa
famille d’origine. Les deux formes de filiation obéissent aux mêmes conditions ; seuls les effets
présentent quelques différences.
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Paragraphe 1 - Les conditions de fond
Certaines conditions sont communes aux deux formes d’adoption ; d’autres sont spécifiques à
chacune d’elles.
1- L’adoptant
C’est la personne qui s’engage à adopter. En principe, toute personne peut adopter. Seulement, la loi
prévoit des conditions relatives à l’âge de l’adoptant, et selon que l’adoption est le fait de personnes
mariées.
a- L’âge de l’adoptant
er
L’adoptant doit être âgé de plus de Trente ans (article 2 alinéa 1 de la loi relative à l’adoption) ;
lorsque l’adoption est conjointement sollicitée par deux époux, la condition d’âge n’est exigée que
d’un seul des époux.
L’adoptant doit avoir quinze ans de plus que l’adopté. En cas d’adoption de l’enfant du conjoint, la
différence d’âge est ramenée à 10 ans. S’il y a de justes motifs le tribunal peut prononcer le jugement
d’adoption alors que la différence d’âge est inférieure à 10 ans (article
2 alinéas 4 et 5 de la loi relative à l’adoption).
* La durée du mariage
Les époux doivent être mariés depuis plus de cinq ans; cette durée est exigée pour l’adoption
er
demandée conjointement par les deux époux ou par un seul (article 2 alinéas 1 et 2 de la loi
relative à l’adoption) ; lorsque l’adoption est conjointement sollicitée par deux époux, la condition
d’âge n’est exigé que d’un seul. Peu importe que le ou les adoptants aient déjà eu des enfants ; une
disposition abrogée de la loi de 1964 exigeait que le ou les adoptants soient sans enfant. La durée du
mariage est une précaution relative à la stabilité de l’union des futurs adoptants.
* Le consentement du conjoint
Lorsque l’adoption est demandée par un seul des époux, le consentement de l’autre est exigé
(article 2 alinéa 3 de la loi relative à l’adoption).
Exceptionnellement, le consentement n’est pas nécessaire lorsque l’époux qui doit le donner est
dans l’impossibilité de manifester sa volonté ; ou encore s’il y a séparation de corps entre les époux
ou demande soit de divorce soit de séparation de corps (article 2 alinéa 3 de la loi relative à
l’adoption).
Le consentement du conjoint est donné par acte authentique devant le président du tribunal, le juge
de section du tribunal, un notaire ou un agent diplomatique ou consulaire ivoirien (article 8).
2- La personne de l’adopté
L’adopté mineur âgé de plus de seize ans doit consentir personnellement à son adoption (article 29
de la loi relative à la minorité). Le consentement donné par l’adoptant doit revêtir la même forme
que celui du conjoint en cas d’adoption par une personne mariée (article 8). L’adoption doit
er
présenter pour l’adopté des avantages (article 1 ); ces avantages qui peuvent être d’ordre matériel ou
moral sont souverainement appréciés par le tribunal.
Lorsque l’un des père et mère est décédé, inconnu ou dans l’impossibilité de manifester sa volonté,
le consentement de l’autre suffit (article 7 alinéa 2). Dans tous les cas, le consentement des parents
doit être donné sous la forme prévue par l’article 8 de la loi relative à l’adoption.
En cas de dissentiment entre les parents tous deux vivants (l’un donne son consentement, l'autre le
refuse), la loi permet à l’adoptant de demander au tribunal l’autorisation de procéder à l’adoption en
lieu et place du consentement des père et mère.
2 – Dans l’adoption plénière qui emporte rupture des liens entre l’adopté et sa famille d’origine,
l’adopté doit être âgé de moins de quinze ans, et recueilli au foyer de l’adoptant depuis au moins six
er
mois (article 27 alinéa 1 de la loi relative à l’adoption).
Exceptionnellement, l’adoption plénière pourra avoir lieu dans l’un des cas prévus par l’article 27
alinéa 2 de la loi relative à l’adoption.
Le tribunal compétent est celui du lieu du domicile de l’adoptant. Si l’adoptant a son domicile à
l’étranger, le tribunal compétent est celui du domicile de l’adopté. A défaut de tout autre le tribunal
de première instance d’Abidjan est compétent (article 10 de la loi relative à l’adoption)
La requête doit contenir une copie des consentements requis par la loi.
Le tribunal dispose d’un pouvoir souverain d’appréciation pour prononcer ou non l’adoption ; il n’a
pas à exposer les motifs. Le jugement qui prononce l’adoption est rendu en audience publique
(article 13 de la loi relative à l’adoption).
En cas d’adoption simple, le jugement d’adoption doit être mentionné en marge de l’acte de
naissance de l’adopté, à la requête du Procureur de la République. Cette mention doit être portée
dans le délai d’un mois à compter de la date à laquelle la décision a acquis l’autorité de la chose
jugée (article 13 alinéa 2)
En cas d’adoption plénière, le jugement d’adoption doit, à la requête du Procureur de la république,
être transcrit sur les registres d’état civil du lieu de naissance de l’adopté. L’acte de naissance de
l’enfant sera, à la diligence du Procureur de la République, revêtu de la mention ‘’adoption’’, et
considéré comme nul (article 13 alinéas 3, 4 et 5 de la loi relative à l’adoption).
er
Paragraphe 1 - Les effets communs aux deux formes d’adoption
L’adoption simple ou plénière crée entre l’adoptant et l’adopté un lien de filiation assorti de
conséquences.
En cas d’adoption simple, il est prévu en principe l’adjonction du patronyme de l’adoptant à celui de
l’adopté. L’adopté porte alors un nom patronymique double. Pour l’adopté de moins de 16 ans, le
tribunal peut exceptionnellement décider la substitution du nom de l’adoptant à son propre nom. En
cas d’homonymie, aucune modification n’intervient dans le nom de l’adopté.
Par l’effet du jugement d’adoption, l’adoptant est en principe investi de tous les droits de la
puissance paternelle y compris celui de consentir au mariage de l’adopté. Les parents de sang
perdent par conséquent les droits de la puissance paternelle.
L’adopté et ses descendants ont les mêmes droits que les enfants ou descendants par le sang, dans la
succession de l’adoptant (articles 19 et 29 de la loi relative à l’adoption).
Il faut préciser que l’adopté et ses descendants conservent leurs droits héréditaires dans leur famille
d’origine (article 19 alinéa 2 de la loi relative à l’adoption).
En revanche, l’adopté et ses descendants n’acquièrent aucun droit de succession sur les biens des
parents de l’adoptant (article 19).
L’adopté doit des aliments à l’adoptant si celui-ci se trouve dans le besoin et réciproquement
(articles 18 et 29 de la loi relative à l’adoption).
1- Le maintien des liens de l’adopté avec sa famille Le maintien des liens de l’adopté
avec sa famille d’origine comporte plusieurs conséquences.
L’existence d’un empêchement au mariage entre l’adopté et sa famille par le sang.
Le maintien de l’obligation alimentaire réciproque entre l’adopté et ses parents de sang. Toutefois,
les père et mère par le sang de l’adopté ne sont tenus de lui fournir des aliments que s’il ne peut les
obtenir de ses parents adoptifs.
L’adopté conserve ses droits de succession dans sa famille d’origine (article 19 alinéa 2)
2- La révocation de l’adoption
L’adoption simple est révocable, contrairement à l’adoption plénière. La révocation ne peut
intervenir que par décision de justice (article 25 de la loi relative à l’adoption).
La demande de révocation peut émaner soit de l’adoptant, soit de l’adopté et s’il est mineur du
Procureur de la République. Toutefois, la demande est irrecevable lorsque le mineur est âgé de moins
de 13 ans.
Quelles peuvent être les causes de révocation ?
La révocation doit être justifiée par des motifs graves relevant du pouvoir souverain d’appréciation
du juge. Ces motifs graves peuvent être liés à la personne de l’adopté lorsque, notamment, celui-ci
fait preuve d’ingratitude. Les motifs graves peuvent se trouver dans l’indignité de l’adoptant qui ne
satisfait pas aux obligations résultant de la puissance paternelle.
Le jugement de révocation doit être motivé ; il peut être attaqué par toutes les voies de recours. Le
jugement de révocation est mentionné en marge de l’acte de naissance de l’adopté.
Le jugement de révocation fait cesser pour l’avenir les effets de l’adoption. Il détruit donc le lien de
filiation créé par le jugement d’adoption.
L’adopté doit alors restituer à l’adoptant les biens reçus dans l’état où ceux-ci se trouvent.
B- Les effets propres à l’adoption plénière L’adoption plénière entraîne la rupture des liens
entre l’adopté et sa famille d’origine. Avec le jugement d’adoption, la filiation adoptive se substitue
à la filiation par le sang. L’adopté en principe, cesse d’appartenir à sa famille par le sang (article 28
er
alinéa 1 de la loi relative à l’adoption)
Cependant, la rupture n’est pas totale puisque le législateur a maintenu des empêchements au
mariage entre l’adopté et certains membres de sa famille.
L’adoption plénière est irrévocable (article 30 de la loi relative à la filiation). L’adoption plénière
ayant pour objet d’assurer l’intégration de l’adopté dans sa nouvelle famille ne peut qu’être
irrévocable. Le lien de filiation créé par l’adoption plénière a donc un caractère définitif qui le
rapproche du lien de filiation par le sang.
La filiation adoptive 199