MMC Ii Fse Ucd
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Département de Physique
Amine MIKDAM
Table des matières Mécanique des milieux continus
1. Introduction :
La première partie de ce cours a permis de définir, mathématiquement, deux outils
fondamentaux pour la description de l’évolution d’un milieu continu lors d’une
transformation. Le premier outil est le tenseur des déformations linéarisé défini en prenant
en considération l’hypothèse de petites perturbations. Ce dernier permet de quantifier les
allongements unitaires ainsi que les angles de glissement. Le second outil est le tenseur des
contraintes de Cauchy qui permet de quantifier les contraintes normales ainsi que les
contraintes de cisaillement. Aucune relation n’a pu être défini dans cette première partie du
cours entre ces deux tenseurs.
Dans cette deuxième partie du cours, le lien sera établi entre les contraintes appliquées à un
domaine matériel et les déformations engendrées par ces contraintes. Inversement, une
déformation imposée à un domaine matériel va générer des contraintes au sein de ce
domaine. La relation mutuelle entre les contraintes et les déformations est une propriété
intrinsèque du domaine matériel étudié (matériau). Cette relation est appelée « loi de
comportement » du matériau. Cette dernière dépend essentiellement de la nature et de la
structure du matériau, mais dépend aussi d’autres paramètres tel que la température ou la
vitesse de déformation.
Pour établir les lois de comportement, il est nécessaire de réaliser de nombreux essais
mécaniques afin de caractériser chaque matériau. Les principaux essais utilisés sont la
traction-compression, la torsion et la flexion. Le comportement mécanique d’un matériau se
caractérise, généralement, par deux zones. Une première zone, dite élastique, dans laquelle
la déformation varie linéairement en fonction de la contrainte appliquée. Et une deuxième
zone, dite plastique, dans laquelle cette variation est non linéaire. Dans ce cours, on se limitera
seulement à la loi de comportement utilisée pour décrire la relation entre les contraintes et
les déformations dans la zone élastique.
Après l’établissement de la loi de comportement, deux méthodes de résolution d’un problème
d’élasticité linéaire isotrope seront présentées : la méthode en déplacement et la méthode en
contrainte. L’objectif étant d’étudier l’évolution d’un milieu continu sous l’action de
sollicitations extérieures en déterminant le tenseur des contraintes, le tenseur des
déformations ainsi que le champ de déplacement. La résolution analytique des problèmes
d’élasticité linéaire isotrope se limitera à des exemples simples. Pour des problèmes plus
complexes, la simulation numérique s’impose comme l’outil indispensable de résolution de
ces problèmes.
2. Lois de comportement :
2.1. Définition :
Les lois de comportement (modèles de comportement, modèles constitutifs, équations
rhéologiques, lois phénoménologiques, …) définissent des comportements types des milieux
matériels en termes de relation entre les contraintes et déformations dans le cas des milieux
solides ou entre les contraintes et les vitesses de déformations dans le cas des milieux fluides.
Chaque type de ces lois de comportement est associé à une classe de matériaux ou de fluides
bien précise : métaux, céramiques, polymères, fluides newtoniens, fluides non newtoniens, …
Les lois de comportement proviennent d’observations expérimentales et font l’objet d’études
mathématiques afin d’exprimer, dans le cas des milieux solides, l’évolution des contraintes en
fonction des déformations, ou inversement, sous forme de relations mathématiques :
=f E ( )
Si on considère l’hypothèse des petites perturbations (H.P.P), le tenseur des déformations est
approximé par le tenseur des déformations linéarisé :
= f ( )
m
e
Remarques :
• Le comportement des matériaux peut être influencé par plusieurs paramètres tel que
la vitesse de déformation et la température ;
• L’effet de la température est très important dans le cas des matériaux plastiques ;
• Ces effets ne seront pas pris en considération dans ce cours ;
• Des essais cycliques de fatigue (endurance) peuvent être réalisés afin de prédire la
durée de vie d’un matériaux (traction-compression ; traction-torsion, …).
Les paramètres et la courbe contrainte-déformation d’un essai cyclique traction-compression
en déformation imposée sont représentés dans la figure ci-dessus :
linéarisé . En utilisant un tenseur de quatrième ordre, la relation entre les contraintes et les
déformations peut être formulée sous la forme suivante :
=C ij = Cijkl kl avec i, j , k , l = 1, 2,3 C ou K
Le tenseur C est appelée tenseur des rigidités (tenseur des raideurs élastiques, tenseur des
constantes élastiques ou tenseur d’élasticité). Ce tenseur de quatrième ordre est constitué de
81 composantes. La relation entre les déformations et les contraintes peut être exprimée aussi
en utilisant un tenseur de quatrième ordre sous la forme suivante :
Le tenseur S est appelé tenseur des souplesses (tenseur des compliances élastiques).
Pour des raisons de symétrie du tenseur des contraintes de Cauchy et du tenseur des
déformations linéarisé, le tenseur des rigidités est constitué de seulement 36 composantes
indépendantes. Afin de simplifier l’écriture de la loi de comportement, on utilise la notation
suivante (notation de Voigt) :
Le tenseur des rigidités est donc symétrique et la loi de comportement s’écrit sous la forme
suivante en utilisant la notation de Voigt :
Cette forme du tenseur des rigidités d’écrit le comportement d’un matériau triclinique. Un tel
matériau ne possède aucune propriété de symétrie de structure ou de symétrie de
comportement selon des directions différentes.
2.3.2. Matériau orthotrope :
Un matériau orthotrope est un matériau qui possède trois plans de symétrie de structure
perpendiculaires deux à deux. Le nombre de composantes indépendantes du tenseur des
rigidités se réduit à seulement 9 composantes et s’écrit sous la forme suivante :
• • C33 0 0 0
• • • C44 0 0
• • • • C55 0
• • • • • C66
• • C11 0 0 0
• • • C44 0 0
• • • • C44 0
• • • • • C44
• • C11 0 0 0 1
avec C44 = ( C11 − C12 )
• • • C44 0 0 2
• • • • C44 0
• • • • • C44
Les matériaux isotropes sont les matériaux les plus simple à caractérisés et à étudier. Il existe
d’autres types matériaux qui se caractérisent par d’autres symétries de structure ou de
comportement. La forme de la matrice du tenseur des rigidités pour les différents types de
matériaux est représentée dans la figure suivante :
= tr ( ) I + 2 ij = kk ij + 2 ij avec i, j, k = 1, 2,3
tr ( ) I
1 1
= − ij = ij − kk ij avec i, j , k = 1, 2,3
2 2 ( 3 + 2 ) 2 2 ( 3 + 2 )
Généralement, plutôt que d’utiliser les deux coefficients de Lamé pour décrire la loi de
comportement d’un matériau, on utilise usuellement le module d’Young E et le coefficient
de Poisson . Ces deux paramètres ont des significations physiques plus intuitives que les
deux coefficients de Lamé. La loi de comportement en utilisant ces deux paramètres s’écrit
sous la forme suivante :
tr ( ) I
E
= +
1 + 1 − 2
11 1 − 0 0 0 11
• 1 −
22 0 0 0 22
33 E • • 1 − 0 0 0 33
=
23 (1 + )(1 − 2 ) • • • (1 − 2 ) 2 0 0 2 23
13 • • • • (1 − 2 ) 2 0 2 13
12 • • • • • (1 − 2 ) 2 2 12
La loi de comportement inverse qui relie les déformations aux contraintes s’écrit sou la forme
suivante :
1 +
= − tr ( ) I
E E
11 1 − − 0 0 0 11
• 1 − 0 0 0 22
22
33 1 • • 1 0 0 0 33
=
2 23 E • • • 2 (1 + ) 0 0 23
2 13 • • • • 2 (1 + ) 0 13
2 12 • • • • • 2 (1 + ) 12
E E
= =
(1 + )(1 − 2 ) 2 (1 + )
(3 + 2 )
E= =
+ 2 ( + )
11 0 0
= 0 0 0
0 0 0
Le tenseur des déformations obtenu en utilisant la loi de Hooke généralisée est le suivant :
1
E 11 0 0
= 0 − 11 0
E
0 0 − 11
E
Remarques :
b. Compression hydrostatique :
En appliquant une compression isotrope à un milieu continu, la forme du tenseur des
contraintes de Cauchy s’écrit sous la forme suivante :
− p 0 0
= 0 − p 0
0 0 − p
Le tenseur des déformations obtenu en utilisant la loi de Hooke généralisée est le suivant :
1 − 2
− p E 0 0
1 − 2
= 0 −p 0
E
1 − 2
0 0 −p
E
Remarque :
c. Cisaillement simple :
0 12 0
= 12 0 0
0 0 0
Le tenseur des déformations obtenu en utilisant la loi de Hooke généralisée est le suivant :
1 +
0 12 0
E
1 +
= 12 0 0
E
0 0 0
Remarque :
• L’application d’une contrainte de cisaillement simple dans un plan d’un milieu continu
conduit à un glissement simple dans le même plan de ce milieu.
11 12 0
= 12 22 0
0 0 0
La forme du tenseur des déformations obtenu en utilisant la loi de Hooke généralisée est la
suivante :
11 12 0
= 12 22 0
0 0 33
Remarques :
11 12 0
= 12 22 0
0 0 0
La forme du tenseur des contraintes obtenu en utilisant la loi de Hooke généralisée est la
suivante :
11 12 0
= 12 22 0
0 0 33
Remarques :
a. Matériaux isotropes :
Dans le cas des matériaux isotropes, les deux critères les plus couramment utilisés pour
vérifier si la déformation se situe dans la zone élastique sont :
- Le critère de Von Mises :
1
VM = ( I − II ) + ( II − III ) + ( III − I ) élastique
2 2 2
2
- Le critère de Tresca :
b. Matériaux anisotropes :
Dans le cas des matériaux anisotropes, plusieurs critères sont utilisés pour vérifier si la
déformation se situe dans la zone élastique. Ces critères dépondent fortement de la structure
du matériau et de son comportement mécanique dans les différentes directions. Parmi ces
critères on trouve :
- Le critère de Hill :
- Le critère de Tsaï-Hill :
TH = H + P ( 11 − 22 ) + Q ( 22 − 33 ) élastique
U = U1 ( X1 , X 2 ) e1 + U 2 ( X1 , X 2 ) e2
b. Données du problème :
S
SU n
ST D
Remarques :
• En un point de la surface extérieure, une seule condition peut être imposée, soit en
déplacement soit en contrainte ;
• S = SU ST ;
• Géométrie du domaine étudié : permet de faciliter la résolution analytique du
problème.
3.3. Équations à disposition :
a. Équation d’équilibre :
L’équation de l’équilibre est la forme locale du principe fondamentale de la dynamique. En
négligeant les effets dynamiques, cette équation s’écrit sous la forme suivante :
div + f = 0
1
(
)
T
= grad U + grad U
2
Cette relation permet l’obtention de six relations indépendantes entre les déformations et le
déplacement.
c. Loi de comportement :
Dans le cas de l’élasticité linéaire isotrope, la relation entre les contraintes et les déformations
est donnée par la loi de comportement de Hooke généralisée. Cette dernière s’écrit sous les
deux formes suivantes :
= tr ( ) I + 2
E
= + tr ( ) I
1 + 1 − 2
Cette loi permet l’obtention de six relations indépendantes entre les contraintes et les
déformations.
Remarques :
ST SU
ST SU ST SU
( )
div 2 + tr ( ) I + f = 0
1
( )
1
( )
T T
div 2 grad U + grad U + tr grad U + grad U I + f = 0
2 2
( )
( 1
)
( )
T T
div grad U + div grad U + div tr grad U + grad U I + f = 0
2
En coordonnées cartésiennes, on a :
1
tr ( ) = tr grad U + grad U ( )
T
2
1 U U U U U U
tr ( ) = 1 + 2 + 3 + 1 + 2 + 3
2 X1 X 2 X 3 X 1 X 2 X 3
U1 U 2 U 3
tr ( ) = + +
X 1 X 2 X 3
tr ( ) = divU
Donc :
( )
( ) + div (( divU ) I ) + f = 0
T
div grad U + div grad U
( ) ( )
div grad U + grad divU + grad divU + f = 0 ( )
Avec :
(
) = grad ( divU )
T
div grad U
(( ))
div divU I = grad divU ( )
L’équation de Lamé-Navier s’écrit alors sous la forme suivante :
( ) ( )
div grad U + ( + ) grad divU + f = 0
La procédure à suivre pour la résolution d’un problème d’élasticité linéaire est la suivante :
Solution : U , ,
Cette approche consiste à proposer la forme du tenseur des contraintes qui vérifie les
conditions d’équilibre ainsi que les conditions aux limites en contraintes. Par la suite, on vérifie
l’équation de Beltrami-Michell et on calcul les déformations en utilisant la loi de
comportement inverse. L’équation cinématique permet l’obtention du vecteur déplacement.
Ce vecteur doit vérifier, à la fin, les conditions aux limites en déplacements.
div grad + ( )
() ( ) ( ( ))
T
grad grad ( tr ) +
1
div f I + grad f + grad f =0
1 + 1 −
La procédure à suivre pour la résolution d’un problème d’élasticité linéaire est la suivante :
Solution : U , ,