_____________________________________________________________________________________________________ TRAITEMENT NUMÉRIQUE DU SIGNAL
En réalité d’autres paramètres doivent être pris en compte. Le cal-
cul de la TFR fait intervenir des manipulations de pointeurs dans des
Tableau 2 – Correspondance entre rang, codage binaire tableaux, manipulations qui entraînent une charge de calcul non
et renversement négligeable. La TFR exige en outre de la place en mémoire pour
stocker les tableaux de données qui sont de taille généralement
Rang Codage binaire Renversement Élément
supérieure à la mémoire du filtre. Il faut aussi noter, et c’est peut-
0 000 000 0 être le point le plus important, que les résultats sont obtenus avec
un retard de l’ordre de la taille du bloc soit 2N.
1 001 100 4
2 010 010 2
3 011 110 6
4 100 001 1 3. Filtrage linéaire
5 101 101 5
6 110 011 3
7 111 111 7 Que ce soit pour réaliser un traitement utile (sélection d’une
bande de fréquence, extraction d’un signal dans du bruit …) ou que
ce soit pour modéliser des déformations indésirables (transmission
à travers un canal), on est conduit à envisager des transformations
2.4.5 Filtrage par TFR sur les signaux.
Une façon de décrire ces dernières est de faire appel à la notion de
Nous avons vu (relation (34)) que la TFDI de la suite système (boîte noire) ayant une entrée et une sortie. Dans le cas des
Y (k ) = H (k ) X (k) est le signal : signaux numériques, il faut généralement entendre par système un
NÐ1
programme qui, à partir du signal d’entrée x (n), engendre le signal
de sortie y (n) :
y(n) = ∑ x ( k ) h ( ( n Ð k ) mod N )
k=0
Entrée Système Sortie
obtenu par convolution circulaire, alors que le produit des TFtd cor- x (n) (programme) y (n)
respond à la convolution (relation (20)) :
+∞ +∞
Dans la majorité des cas rencontrés en pratique, les systèmes
peuvent être considérés linéaires et invariants dans le temps (sys-
∑ x (k) h(n Ð k) = ∑ x (n Ð k) h (k) (36)
tème SLI). On entend par système invariant un système dont les
k=Ð∞ k=Ð∞ caractéristiques n’évoluent pas avec le temps, une séquence
Il n’est donc pas possible de réaliser un filtrage en utilisant direc- d’entrée produisant la même séquence sortie quel que soit le
tement la TFD sur des blocs de longueur N. Toutefois, une solution moment auquel elle est appliquée. On utilise le plus souvent le
à partir de TFD existe et l’utilisation de la TFR peut alors fournir un terme de filtre pour désigner un système SLI.
gain de temps appréciable. On montre qu’un filtre numérique a pour équation d’entrée/sortie
Soit le filtre de réponse impulsionnelle hN (n ) et soit le signal une relation de convolution discrète. Si x (n) désigne le signal
x (n ). D’après (36), la valeur en sortie à l’instant n est donnée par : numérique d’entrée et y (n) celui de sortie, on a :
Y ( n ) = hN ( 0 ) x ( n ) + … + hN ( N Ð 1 ) x ( n Ð N + 1 ) (37) +∞ +∞
y (n) = ∑ x (k)h(n Ð k) = ∑ x ( n Ð k ) h ( k ) = (x ∗ y ) ( n ) (38)
Si on utilise la TFD, on est tenté de faire un produit de la TFD de k=Ð∞ k=Ð∞
hN (n ) par celle d’un bloc x N ( n ) = { x ( pN ) … x ( pN + N Ð 1 ) } de
taille N extrait de x (n). Mais, comme on vient de le dire, la convolu- La suite h (n) qui caractérise le filtre est appelée sa réponse impul-
tion associée est circulaire et le résultat est faux. Une solution est sionnelle (c’est en effet la réponse du système à l’impulsion unité
d’effectuer la suite d’opérations schématisées de la façon suivante : δ (n)).
1. calcul de la TFD H2N (k ) de la suite {0 … 0, hN (0) … hN (N – 1)} Pour un système, une des propriétés principales que l’on peut en
obtenue en complétant hN (n) à gauche par N zéros ; attendre est sa stabilité. Le type de stabilité envisagé ici est dit EBSB
(entrée bornée/sortie bornée), c’est-à-dire que le signal de sortie
2. Calcul de la TFD X2N (k ) du bloc : reste borné si le signal d’entrée est lui-même borné.
x 2 N ( n ) = { x ( pN )… x ( pN + 2 N Ð 1 ) } On montre qu’une condition nécessaire et suffisante de stabilité
d’un filtre est que la suite h (n ) soit de module sommable, ce qui
de longueur 2N ;
3. Multiplication terme à terme de X2N (k ) par X2N (k ), suivie
s’écrit ∑ h(n) < + ∞ . Nous verrons que cette condition prend une
n
d’une TFDI ; forme particulièrement simple sur la transformée en z de h (n).
4. Conservation des N premiers termes du résultat précédent : ces Lorsque la réponse impulsionnelle est nulle pour n < 0, on dit que
termes coïncident avec les N valeurs le système est causal. Dans ce cas, le calcul de la sortie y (n ) ne
{ y ( pN + N )… y ( pN + 2 N Ð 1 ) } données par la relation (36) ; nécessite pas la connaissance des valeurs d’entrée d’indices supé-
5. Retour en 2 jusqu’à épuisement des données du signal x (n). rieurs à n. Toutefois, en TNS, la causalité n’a pas de caractère impé-
rieux. Il suffit de faire le calcul en temps différé en acceptant un
Comparons le nombre d’additions-multiplications complexes
certain retard à la connaissance, comme le montre la relation entrée/
(amc) avec celui d’un calcul direct. On néglige la première TFR qui
sortie :
n’est pas faite qu’une fois. A chaque pas on effectue deux TFR (l’une
directe, l’autre inverse) de taille 2N. La charge de calcul est d’environ y ( n ) = ax ( n + 2 ) + bx ( n + 1 ) + cx ( n ) + bx ( n Ð 1 ) + ax ( n Ð 2 )
2 N × log 2 N amc pour N points de convolution, qu’il faut comparer
aux N 2 amc d’un calcul direct. On en déduit un gain de temps calcul D’après la relation (38) la réponse impulsionnelle de ce filtre est
d’environ N/log2 (2N). Pour N > 32, la technique par TFR est donc h (– 2) = h (2) = a, h (– 1) = h (1) = b et h (0) = c. Ce système n’est
plus rapide. donc pas causal.
Toute reproduction sans autorisation du Centre français d’exploitation du droit de copie est strictement interdite.
© Techniques de l’Ingénieur, traité Électronique E 3 087 − 11