Cours Analyse Num Licence
Cours Analyse Num Licence
ANALYSE NUMÉRIQUE
Niveau licences appliquées
ASMA ROUATBI
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Table des matières
2 Interpolation polynômiale 29
2.1 Rappel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
2.2 Interpolation de Lagrange . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
2.2.1 Méthode de Lagrange . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
2.2.2 Interpolation linéaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
2.2.3 Interpolation quadratique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
2.2.4 Erreur de l’interpolation de Lagrange . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
2.3 Interpolation de Newton . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
2.4 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
2.5 Indications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
3
4 Table des matières
Sommaire
1.1 Motivations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2 Méthode de dichotomie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.2.1 Principe de la méthode . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.2.2 Convergence de la méthode de dichotomie . . . . . . . . . . . . 7
1.2.3 Test d’arrêt . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.2.4 Vitesse de convergence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.3 Méthode de point fixe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.3.1 Principe de la méthode de point fixe . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.3.2 Estimation de l’erreur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.3.3 Ordre de convergence de la méthode du point fixe . . . . . . . 14
1.3.4 Test d’arrêt . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.4 Méthode de Newton . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.4.1 Convergence de la méthode de Newton . . . . . . . . . . . . . . 17
1.5 Méthode de Lagrange . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
1.5.1 Principe de la méthode . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
1.5.2 Convergence de la méthode de Lagrange . . . . . . . . . . . . . 18
1.5.3 Ordre de convergence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
1.6 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
1.7 Indications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
1.1 Motivations
Nous savons résoudre les équations du premier et second degré, et avec un peu plus
de technique les équations de degré 3 et 4. Mais, en général, on ne sait pas calculer
explicitement les solutions des équations de degré > 4 ou bien par exemples : x = exp(x),
x = cos x, x5 + x6 + 1 = 0. Donc il est nésessaire de développer des méthodes qui vont
approcher les solutions de l’équation de typef (x) = 0.
5
6 Chapitre 1. Résolution des équations non linéaires
Théorème 1.1 Soit f une fonction continue, à valeurs dans R et définie sur un intervalle
[a, b]. On suppose que f (a).f (b) < 0. Alors il existe α ∈]a, b[ tel que f (α) = 0.
Ce théorème garantit juste l’existence d’un zéro. Pour l’unicité on utilise le théorème de
la bijection.
Théorème 1.2 Soit f une fonction continue et strictement monotone sur un intervalle
I de R, alors f réalise une bijection de I dans f (I). De plus, sa bijection réciproque f −1
est continue sur I, de même monotonie que f .
a0 = a, b0 = b et pour n > 0
b−a
≤
2n+1
b − a
⇐⇒ ln ≤ (n + 1) ln 2
ln b−a
⇐⇒n + 1 ≥
ln
2
ln b−a
⇐⇒n ≥ −1
ln 2
Application 1.1 On considère la fonction
√
f (x) = exp(x) + 3 x − 2, x ∈ [0, 1].
‘
1. La convergence de (cn ) est dite linéaire si p = 1 et k < 1.
2. La convergence de (cn ) est dite quadratique si p = 2.
|en+1 | |α − cn+1 | 1
= ≤
|en | |α − cn | 2
Réponse :
1. Existence : f est continue sur [1, 2], f (1) = −1 < 0 et f (2) = 61 > 0, donc
f (1).f (2) < 0 alors d’après le théorème des valeurs intermédiaires, il existe α ∈]1, 2[
telle que l’équation f (α) = 0.
Unicité : f est dérivable sur [1, 2] et ∀x ∈ [1, 2], f 0 (x) = 6x5 − 1 > 0 −→ f est
strictement croissante.
Conclusion : l’équation f (x) = 0 admet une unique solution α ∈ [1, 2].
1
ln( )
1
2. Il suffit que n vérifie 2n+1 ≤ 10−2 ou encore 2−(n+1) ≤ 10−2 =⇒ n > ln102−2 − 1 =
2 ln(10)
ln(2)
− 1 = 5.64. Il nous faut au plus 6 itérations pour estimer la solution α.
en+1
3. La convergence de la méthode de dichotomie est linéaire, en effet en
≤ 12 .
f (x) = 0
g(x) = x.
La fonction g est une fonction dépendante de f non unique comme le montre l’exemple
suivant :
Définition 1.2 Un réel α ∈ [a, b] est dit point fixe d’une fonction g : [a, b] → R si
g(α) = α.
Proposition 1.1 Soit k > 0 et g : [a, b] → R. On dit que g est Lischitizienne de rapport
k > 0 (encore dit k- lipschitizienne) si pour tous x et y de [a, b] on a |g(x)−g(y)| ≤ k|x−y|.
Définition 1.4 Soit g une fonction k−lipschitizienne sur [a, b]. La fonction g est dite
contractante de rapport de contraction k, si 0 < k < 1.
Proposition 1.2 Soit g une fonction de classe C 1 sur [a, b], s’il existe 0 < k < 1 tel que
k = max |g 0 (x)| ∀x ∈ [a, b], alors g est contractante sur [a, b].
a≤x≤b
Théorème 1.4 Soit g une fonction, définie et continue sur [a, b] telle que
1. [a, b] est stable par g (∀x ∈ [a, b], g(x) ∈ [a, b]).
2. Il existe k ∈ R , 0 < k < 1 tel que |g 0 (x)| ≤ k < 1, k = max |g 0 (x)| (g est
a≤x≤b
contractante sur [a, b]).
Alors g admet un unique point fixe dans [a, b], et la suite définie par
(
x0 ∈ [a, b],
∀n ∈ N, xn+1 = g(xn ).
Remarque 1.6 Le réel α vérifiant les hypothèses du théorème précèdent est appelé point
fixe attractif.
Ilustration graphique (Voir Figure 1.1)
|g 0 (α)| > 1.
est divergente.
Remarque 1.7 Le réel α vérifiant |g 0 (α)| > 1 est appelé point fixe répulsif.
avec g(x) = x + x3 .
Le seul point fixe est tel que g(x) = x ou encore x3 + x = x =⇒ x = 0.
g 0 (x) = 1 + 3x2 , |g 0 (0)| = 1. On ne peut rien conclure sur la nature du point fixe α = 0.
On reprend la relation de récurrence
xn+1 = g(xn ).
Si la suite converge c’est forcément vers α = 0. On a g(x) > 0 ∀x ∈ R∗+ donc xn > 0, ∀n
or xn+1 − xn = x3n > 0, n > 0 alors la suite (xn ) est strictement croissante donc elle ne
peut pas converger.
kn
|en | = |xn − α| ≤ |x1 − x0 |.
1−k
Pour déterminer le nombre maximal d’itérations pour que la solution soit approchée avec
une précision il suffit que
|xn − α| <
sachant que
kn
|xn − α| ≤ |x1 − x0 |.
1−k
donc
kn
|x1 − x0 | < .
1−k
ANALYSE NUMÉRIQUE Asma ROUATBI
14 Chapitre 1. Résolution des équations non linéaires
ou encore
(1 − k).
kn <
|x1 − x0 |
(1 − k).
⇒ en ln(k) <
|x1 − x0 |
!
(1 − k).
⇒ n ln(k) < ln
|x1 − x0 |
(1−k).
ln |x1 −x0 |
⇒ n>
ln(k)
Théorème 1.7 Soit g : [a, b] → [a, b] de classe C m avec m ∈ N. On suppose que g admet
un unique point fixe α ∈ [a, b] vérifiant |g 0 (α)| < 1. Alors la suite définie par
(
x0 ∈ [a, b]
∀n ∈ N, xn+1 = g(xn ), ∀n ≥ 0.
converge vers α.
De plus si g 0 (α) = · · · = g (m−1) (α) = 0 et g (m) (α) 6= 0. Alors l’ordre de convergence de
(xn ) est égale à m.
f (xn )
(∗) nous donne f (xn ) + f 0 (xn )(xn+1 − xn ) = 0 ou encore xn+1 = xn − f 0 (xn )
,n ≥ 0.
D’où la méthode de Newton :
x0 ∈ [a, b],
f (xn
xn+1 = xn − , ∀n ≥ 0.
f 0 (xn )
Interpretation géométrique :
L’équation de la tangente au point d’abscisse x0 est donnée par
L’abscisse x1 est le point d’intersection de ∆ avec l’axe (OX) est donnée par
f 0 (x0 )(x1 − x0 ) + f (x0 ) = 0 ou encore x1 = x0 − ff0(x 0)
(x0 )
.
..
.
xn+1 est l’abscisse de point d’intersection de la tangente à la courbe xn de f en xn et l’axe
des abscisses xn+1 = xn − ff0(x n)
(xn )
.
xn − exp( x1n )
xn+1 = xn − 1
1
1+ x2n
exp xn
1
x2n xn − exp xn
= xn −
1
x2n + exp xn
Remarque 1.8 La méthode de Newton peut être considérée comme une méthode de
f (x)
point fixe, si l’on choisit g(x) = x − 0
f (x)
f (xn )
xn+1 = xn − , ∀n ∈ N.
f 0 (xn )
Montrer que la méthode de point fixe est convergente si x0 est bien choisi. Donner
dans ce cas l’ordre de convergence.
2. Appliquer la méthode de Newton à l’équation x = exp(−x) et montrer que la
convergence est quadratique.
1.6 Exercices
Exercice 1.1 On se propose de résoudre numériquement l’équation
1. Montrer que l’equation (1.1) admet une unique solution réelle α ∈ [0, 2].
2. Décrire la méthode de Dichotomie.
3. Déterminer le nombre d’itérations nécessaires pour approcher la solution avec une
précision = 10−5 .
4. Quel est l’ordre de la convergence de cette méthode ?
f (x) = x3 − x2 − 1 = 0. (1.2)
1. Montrer que (1.2) admet une solution réelle unique α et que α ∈ [1, 2].
2. Montrer que l’équation (1.2) est équivalente à l’équation
x = gi (x), i = 1, 2,
√
où g1 (x) = x3 − x2 + x − 1 ou g2 (x) = 3 x2 + 1.
3. Etudier dans chacun des deux cas la convergence de la suite (xn )n∈N définie par la
méthode de point fixe
(
x0 ∈ I = [1, 2],
xn+1 = gi (x), , i = 1, 2, ∀n ≥ 0.
pour la recherche de α.
2. Montrer que l’erreur satisfait l’inégalité |xk −α| ≤ C k |x0 −α|. Donner une estimation
de la constante C et l’utiliser pour minorer le nombre d’itérations nécessaires pour
approcher α à 10−3 .
Montrer que la méthode est convergente. Donner dans ce cas l’ordre de convergence.
f (x) = ex − x − 2. (1.4)
x = gi (x), i = 1, 2,
x(1 + ex ) = ex
1. Montrer que cette équation admet une unique solution α dans [0, 1].
2. Écrire la méthode de Newton pour approcher la solution.
3. Proposer une autre itération de point fixe pour approcher α. Montrer que cette
itération converge vers α pour tout x0 ∈ [0, 1].
1.7 Indications
Indication exercice 1.1 1. Soit
La fonction f est continue sur [0, 2], f (0) = −10 < 0 et f (2) = 14 > 0, donc
f (0)f (2) < 0 alors d’après le théorème des valeurs intermédiaires, il existe α ∈]0, 2[
telle que l’équation f (α) = 0. Unicité : f est dérivable sur [0, 2] et ∀x ∈ [0, 2],
f 0 (x) = 3x2 + 8x > 0 donc f est strictement croissante sur [0, 2].
Conclusion : l’équation f (x) = 0 admet une unique solution α ∈ [0, 2].
2. Méthode de dichotomie (Voir le cours).
5
2
3. Il suffit que 2n+1 ≤ 10−5 ou encore n + 1 > ln(2×10
ln(2)
)
=⇒ n > 5 ln(2)
ln(10)
− 1 = 16, 60.
Alors le nombre d’itérations nécessaires pour approcher la solution avec une précision
= 10−5 est n ≈ 17 itérations.
en+1 1
4. On a en
≤ 2
=⇒la convergence est linéaire.
La fonction f est continue sur [0, 1], f (0) = −1 < 0 et f (1) = e − 1 > 0, donc
f (0)f (1) < 0 alors d’après le théorème des valeurs intermédiaires, il existe α ∈]0, 1[
telle que l’équation f (α) = 0. Unicité : f est dérivable sur [0, 1] et ∀x ∈]0, 1],
f 0 (x) = xex (x + 2) > 0, donc f est strictement décroissante sur ]0, 1].
Conclusion : l’équation f (x) = 0 admet une unique solution α ∈ [0, 1].
ln( b−a )
3. Il suffit que n > ln 2 − 1 = 12.28. Pour n ≈ 13 itérations, on peut approcher la
solution à = 10−4 .
.
3. On considère la suite définie par
(
x0 ∈ I = [1, 2],
xn+1 = g1 (xn ), , i = 1, 2, ∀n ≥ 0.
On a x 7→ g1 (x) = x3 − x2 + x − 1 est dérivable sur [1, 2]
et ∀x ∈ [1, 2] ; g10 (x) = x(3x − 2) + 1 > 1, donc la méthode de point fixe diverge.
On définit maintenant la suite
(
x0 ∈ I = [1, 2],
xn+1 = g2 (xn ), , i = 1, 2, ∀n ≥ 1.
√
Montrons que [1, 2] est stable par g2 . On a x 7→ g2 (x) = 3 x2 + 1 est dérivable sur
[1, 2]
2
et ∀x ∈ [1, 2] g20 (x) = 23 x(x2 + 1)− 3 > 0, donc g est strictement croissante, et
1 1
g2 ([1, 2]) = [g2 (1), g2 (2)] = [2 3 , 5 3 ] ⊂ [1, 2]. On a |g20 (x)| < k avec k = max1≤x≤2 |g20 (x)| =
4
3
× 12 < 1 donc g2 est contractante. Conclusion : d’après le théorème de point fixe
33
la suite xn+1 = g2 (xn ) est convergente.
1
avec g : [0, π] −→ R la fonction définie par g(x) = 1 − cos x.
4
1. g([0, π]) ⊂ [0, π]?
x 7→ g(x) est dérivable sur [0, π] et ∀x ∈ [0, π], g 0 (x) = 14 sin(x) > 0, x ∈ [0, π] donc
g est strictement croissante sur [0, π].
On a donc g([0, π]) = [g(0), g(π)] = [ 34 , 54 ] ⊂ [0, π].Donc [0, π] est stable par g.
Maintenant montrons que g est contarctante : on a |g 0 (x)| ≤ k avec k = max0≤x≤π |g 0 (x)| =
1
4
< 1, donc g est contractante sur [0, π].
D’après le Théorème de point fixe il existe un unique α ∈ [0, π] tel que g(α) = α et
la suite (
x0 ∈ I = [0, π],
xn+1 = g(xn ), , ∀n ≥ 1.
est convergente.
2. En appliquant le théorème des accroissements finis entre xn−1 et α on aura l’existence
de ξ entre xn−1 et α tels que
1 1
|xn − α| = |g(xn−1 ) − g(α)| = |g 0 (ξ)||xn−1 − α| = |sinξ||xn−1 − α| ≤ |xn−1 − α|.
4 4
Alors, on a
1
|xn − α| ≤ |xn−1 − α|
4
1
|xn−1 − α| ≤ |xn−2 − α|
4
1
|xn−2 − α| ≤ |xn−3 − α|
4
..
.
1
|x1 − α| ≤ |x0 − α|.
4
On a aura n
1
|xn − α| ≤ |x0 − α|.
4
n n n
On a 41 |x0 − α| ≤ 14 π. Il suffit que ( 14 π ≤ 10−3 =⇒ n ln( 41 ) ≤ ln( π1 ) −
3 ln(10) ou encore n > ln π+3 ln 10
ln(4)
= 5.80. Alors le nombre d’itérations nécessaires
−3
pour approcher α à 10 est n ≈ 6.
que f (α) = 0.
Unicité : f est dérivable sur [ 21 , 1] et ∀x ∈ [ 12 , 1], f 0 (x) = −(e−x + 1) < 0 =⇒ f est
strictement décroissante sur [ 21 , 1].
Conclusion : l’équation f (x) = 0 admet une unique solution α ∈ [ 12 , 1].
2. On considère la méthode itérative suivante
(
1
x0 ∈ I = [ 10 , 1],
−xn
xn+1 = e , , ∀n ≥ 0.
ou encore
x0 ∈ I = [1, 2],
exn (xn − 1) + 2
xn+1 = , , ∀n ≥ 0.
exn − 1
2
. En partant de x0 = 1, x1 = e−1
et x2 = ....
ou encore
x0 ∈ I = [1, 2],
xn + exn (xn − 1)
xn+1 = xn − , , ∀n ≥ 0.
1 − xn exn
x0 ∈ I = [0, 1],
ex
xn+1 = g(xn ) = , , ∀n ≥ 0.
1 + ex
ex
On a x 7→ g(x) = est dérivable sur [0, 1] et ∀x ∈ [0, 1] ; g 0 (x) = ex (1 + ex )2 >
1 + ex
e
0, donc g est strictement croissante, et g([0, 1]) = [g(0), g(1)] = [ 12 , 1+e ] ⊂ [0, 1].
0 0 e
On a |g (x)| < k avec k = max0≤x≤1 |g (x)| = 4 < 1 donc g est contractante. D’après
le théorème de point fixe la suite est convergente vers α ∈ [0, 1].
1. Soit f (x) = 23 sin x − x + 12 , on a f est continue sur [0, π], f (0) = 12 > 0 et f (π) =
1
2
− π < 0, donc f (0)f (π) < 0 alors d’après le théorème des valeurs intermédiaires,
il existe α ∈]0, π[ telle que l’équation f (α) = 0, donc on peut appliquer la méthode
de la dichotomie pour approcher la solution α ∈ [0, π].
b−a π
2. l’erreur maximale qu’on obtient après 3 itérations est : |en | ≤ 24
= 24
.
II On considère la méthode de point fixe suivante :
(
x0 ∈ [0, π]
xn+1 = g(xn ), ∀n ∈ N.
1
avec g : [0, π] −→ R la fonction définie par g(x) = 2
+ 23 sin x.
1. g([0, π]) ⊂ [0, π]?
x 7−→ g(x) est dérivable sur [0, π] et ∀x ∈ [0, π], g 0 (x) = 23 cos x donc g 0 (x) < 0,
x ∈ [ π2 , π] et g 0 (x) > 0, x ∈ [0, π2 ] d’ou g est strictement croissante sur [0, π2 ] et
strictement décroissante sur [ π2 , π].
On a g([0, π2 ]) = [g(0), g( π2 )] = [ 12 , 67 ] ⊂ [0, π] et g([ π2 , π]) = [g(π), g( π2 )] = [ 12 , 67 ] ⊂
[0, π], donc g([0, π]) = [ 12 , 76 ] ⊂ [0, π]. D’autre part on a |g 0 (x)| ≤ k avec k =
max0≤x≤π |g 0 (x)| = 23 < 1, donc g est contractante sur [0, π]. D’après le Théorème
de point fixe il existe un unique α ∈ [0, π] tel que g(α) = α et la suite
(
x0 ∈ [0, π]
xn+1 = g(xn ), ∀n ∈ N.
est convergente.
g 0 (α) = 23 cos α 6= 0 =⇒ l’ordre de convergence est égale à 1.
2. (a) En appliquant le théorème des accroissements finis entre xn−1 et α on aura
l’existence de c entre xn−1 et α tels que
2 2
|xn − α| = |g(xn−1 ) − g(α)| = |g 0 (c)||xn−1 − α| = | cos c||xn − α| ≤ |xn−1 − α|.
3 3
(b) On a
2
|xn − α| ≤ |xn−1 − α|
3
2
|xn−1 − α| ≤ |xn−2 − α|
3
2
|xn−2 − α| ≤ |xn−3 − α|
3
..
.
2
|x1 − α| ≤ |x0 − α|
3
On a aura n
2
|xn − α| ≤ |x0 − α|
3
ANALYSE NUMÉRIQUE Asma ROUATBI
1.7. Indications 27
n n
2 2
(c) |xn − α| ≤ 3
|x0 − α| alors |xn − α| ≤ 3
π.
n
(d) Il suffit que 3 × π ≤ 10−3 =⇒ n ln( 32 ) ≤ ln( π1 ) − 3 ln(10) ou encore
2
n ≥ − ln ln(
π−3 ln 10
2
)
= 19.85. Il ne faut alors n ≈ 20 itérations pour approcher la
3
solution de 10−3 .
3. (a) On a
2
|xn − α| − |xn+1 − xn | ≤ |xn+1 − xn + xn − α| ≤ |xn − α|
3
2
=⇒ |xn − α| − |xn+1 − xn | ≤ |xn − α|
3
2
=⇒ (1 − )|xn − α| ≤ |xn+1 − xn | ≤
3
=⇒ |xn − α| ≤ .
1 − 23
Interpolation polynômiale
Sommaire
2.1 Rappel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
2.2 Interpolation de Lagrange . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
2.2.1 Méthode de Lagrange . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
2.2.2 Interpolation linéaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
2.2.3 Interpolation quadratique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
2.2.4 Erreur de l’interpolation de Lagrange . . . . . . . . . . . . . . 32
2.3 Interpolation de Newton . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
2.4 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
2.5 Indications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
2.1 Rappel
Soit Rn [X] l’espace vectoriel des polynômes de degré inférieur ou égale à n et {1, X, X 2 , ...., X n }
sa base canonique de dimension dim Rn [X] = n + 1.
29
30 Chapitre 2. Interpolation polynômiale
P n(X) = a0 + a1 X + a2 X 2 + ... + an X n .
Définition 2.2 Soient x0 , x1 , ..., xn (n + 1) points deux à deux distincts d’un intervalle
[a, b] de R. Les polynômes d’interpolation de Lagrange Li sont définis pour i = 0, 1, ..., n
par :
n
Y x − xj (x − x0 )(x − x1 ) · · · (x − xi−1 )(x − xi+1 ) · · · (x − xn )
Li (x) = =
j=0,j6=i xi − xj (x − x0 )(xi − x1 ) · · · (xi − xi−1 )(xi − xi+1 ) · · · (xi − xn )
n−1
Y x − xj (x − x0 )(x − x1 )...(x − xi )...(x − xn−1 )
Ln (x) = =
j=0 xi − xj (xn − x0 )...(xn − x1 )...(xn − xi )(xn − xn−1 )
Pn (xi ) = yi , i = 0, ..., n
3. La famille {L0 (x), L1 (x), ..., Ln (x)} est une base de Rn [X].
f (x1 ) − f (x0 )
P1 (x) = L0 (x)f (x0 ) + L1 (x)f (x1 ) = (x − x0 ) + f (x0 ),
x1 − x0
x − x1 x − x0
où L0 (x) = et L1 (x) = et P1 (xi ) = f (xi ), i = 0, 1.
x0 − x1 x1 − x 0
Remarque 2.2 La formule d’interpolation linéaire est la droite linéaire passant par les
points d’abscisses x0 et x1 .
Remarque 2.3 la valeur d’une différence divisée est indépendante de l’ordre des xi c’est
à dire
f (xi+1 ) − f (xi ) f (xi+1 ) f (xi ) f (xi ) − f (xi+1 )
f [xi+1 , xi ] = = + = = f [xi+1 , xi ].
xi+1 − xi xi+1 − xi xi − xi+1 xi − xi+1
Définition 2.4 (Interpolation de Newton)
On appelle polynôme d’interpolation de Newton tout polynôme Pn ∈ Rn [X] qui s’écrit
sous la forme suivante :
Pn (x) = f (x0 ) + f [x0 , x1 ](x − x0 ) + .... + f [x0 , x1 , · · · , xn ](x − x0 ) · · · (x − xn−1 )
Exemple 2.3 x0 = 1, x1 = 0, x2 = 1 et f (x0 ) = 2, f (x1 ) = 1, f (x2 ) = −1.
f (0) − f (−1)
f [−1] = 2, f [−1, 0] = = 1 − 2 = −1.
0 − (−1)
f [0, 1] − f [−1, 0] f (1) − f (0)
f [−1, 0, 1] = or f [0, 1] = = −1 − 1 = −2
1 − (−1) 1−0
−2 + 1 1
donc f [−1, 0, 1] = =− .
2 2
1 3 1
P2 (x) = f (x0 )+f [x0 , x1 ](x−x0 )+f [x0 , x1 , x2 ](x−x0 )(x−x1 ) = 2−(x−x0 )− x(x+1) = 1− x− x2 .
2 2 2
Définition 2.5 Soient x0 , x1 , ..., xn , (n + 1) points deux à deux distincts d’un intervalle
[a, b] de R On définit les polynômes Ni par
N0 (x) = 1, Nj (x) = (x − x0 )(x − x1 ) · · · (x − xi−1 ), i = 1, · · · n.
Remarque 2.4 Les polynômes N1 et Nn sont définis par :
N1 (x) = x − x0 , Nn (x) = (x − x0 )(x − x1 ) · · · (x − xn−1 ).
Proposition 2.1 La famille {N0 (x), N1 (x), ..., Nn (x)} forme une base de Rn [X] dite base
de Newton de dimension n + 1.
Théorème 2.4 Soient f une fonction définie sur [a, b], Pn ln polynôme d’interpolation de
f aux points x0 , x1 , ..., xn de [a, b], alors le polynôme de Newton Pn s’écrit d’une manière
unique dans la base {N0 (x), N1 (x), ..., Nn (x)} sous la forme suivante
Pn (x) = D0 N0 (x) + D1 N1 (x) + · · · + Dn Nn (x),
avec Les Di sont les différences divisée données par
f (x1 ) − f (x0 )
D0 = f [x0 ] = f (x0 ), D1 = f [x0 , x1 ] = ,
x1 − x 0
f [x1 , · · · , xi ] − f [x0 , x1 , · · · , xi−1 ]
Di = f [x0 , x1 , · · · , xi ] = pour i ≥ 2.
xi − x0
2.4 Exercices
Exercice 2.1 1. Ecrire le polynôme d’interpolation de Lagrange associé au points
1 1
0, , ,0 , (1, 0) .
4 2
2. Soit f (x) = sin(x) et f (x) = e3x définie sur [0, 1], estimer le nombre minimum
n de points pour que l’erreur d’interpolation entre la fonction et son polynôme
d’interpolation soit inférieure à 10−1 , 10−2 et 10−3 .
Exercice 2.4 Ecrire le polynôme d’interpolation de la fonction f (x) = cos(x) aux points
π
d’abscisses x0 = 0, x1 = et x2 = π.
2
2.5 Indications
Indication exercice 2.1 1. On calcule les polynômes Li ; 0 ≤ i ≤ 2,
2
Y (x − xj ) (x − x1 )(x − x2 ) 1
— L0 (x) = = = 2(x − 1)(x − ).
j=1 (x0 − xj ) (x0 − x1 )(x0 − x2 ) 2
2
Y (x − xj ) (x − x0 )(x − x2 )
— L1 (x) = = = −4x(x − 1).
j=0,j6=1 (x1 − xj ) (x1 − x0 )(x1 − x2 )
1
Y (x − xj ) (x − x0 )(x − x1 ) 1
— L2 (x) = = = −2x(x − ).
j=0 (x2 − xj ) (x2 − x0 )(x2 − x1 ) 2
Le polynôme d’interpolation de Lagrange s’écrit
1 1
P2 (x) = L0 (x)f (x0 ) + L1 (x)f (x1 ) + L2 (x)f (x2 ) = (x − 1)(x − ).
2 2
On vérifie P2 (x0 ) = y0 , P2 (x1 ) = y1 et P2 (x2 ) = y2 .
n
f (n+1) (ξ) Y
2. L’erreur |en | = |Pn (x) − f (x)| = (x − xi ) or
(n + 1)! i=0
— Pour
π π
( (n+1)
f (x) = sin(x), f n)(x) = sin x + n et f (x) = sin x + (n + 1)
2 2
f (n+1) (ξ) sin x + (n + 1) π2 1
≤ max ≤
(n + 1)! 0≤x≤1 (n + 1)! (n + 1)!
Pour n ≥ 3, on a |en | ≤ 10−1 , pour n ≥ 4 , on a |en | ≤ 10−2 et pour n ≥ 6 on
a |en | ≤ 10−3 .
— Pour f (x) = e3x , on a f (n) (x) = 3n e3x et f (n+1) (x) = 3n+1 e3x .
3n+1 e3x
|en | = max |f (x) − Pn (x)| ≤ max
0≤x≤1 0≤x≤1 (n + 1)!
2.
f (n+1) (ξ)
en (x) = f (x) − Pn (x) = gn+1 (x).
(n + 1)!
4
(x − xi ) = x(x2 − 1)(x2 + 1) et donc l’erreur |e4 | ≤
Y
M5
Pour n = 4, g5 (x) = g (x)
5! 5
i=0
720x + 240x3 − 720x5
où g5 (x) = et M5 = max f (5) (x)
(1 + x2 )6 −2≤x≤2
Sommaire
3.1 Rappel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
3.2 Méthodes directes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
3.2.1 Méthode d’élimination de Gauss . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
3.2.2 Méthode de décomposition LU . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
3.2.3 Factorisation de Choleski . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
3.3 Méthodes itératives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
3.3.1 Méthode de point fixe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
3.3.2 Méthode de Jacobi . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
3.3.3 Méthode de Gauss-Seidel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
3.4 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
3.5 Indications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
3.1 Rappel
Définition 3.1 (Un système linéaire)
Soit n, p ≥ 1 des entiers. Un système linéaire n×p est un ensemble de n équations linéaires
à p inconnues de la forme
a11 x1 + a12 x2 + a13 x3 + ... + a1p xp = b1
a21 x1 + a22 x2 + a23 x3 + ... + a2p xp = b2
(S) := ..
.
an1 x1 + an2 x2 + an3 x3 + ... + anp xp = bn .
avec aij et bi sont des coefficients dans R et x1 , x2 , ..., xn sont des inconnues à chercher
dans R.
1. Si bi = 0, 1 ≤ i ≤ n, dans ce cas le système (S) est dit système homogène.
2. Une solution de (S) est un p-uplet (x1 , x2 , ..., xp ) qui vérifie les n équations de (S).
Résoudre (S) revient à chercher toutes les solutions.
37
38 Chapitre 3. Résolution des systèmes linéaires
Dans la suite nous allons traiter que les systèmes linéaires carrés d’ordre n à coefficients
réels, c’est à dire (aij )1≤i,j≤n et bi ∈ Rn .
Remarque 3.1 L’existence et de l’unicité de la solution d’un système linéaire carrée est
garantie si l’un des condition suivante est vérifiée
1. A est inversible c’est à dire detA 6= 0.
2. le système homogène AX = 0 admet une solution unique qui est nulle.
Définition 3.2 Soit A = (aij )1≤i,j≤n une matrice carrée. On dit que A est dite à diagonale
strictement dominante en lignes si elle vérifie :
X
∀i, |aii | > |aij |.
j=1,j6=i
La solution du système peut être calculée par la formule de Cramer. Mais cette méthode
de point de vue pratique est très couteuse. Pour cette raison, des méthodes numériques
alternatives aux formules de Cramer ont été développées. Elles sont dites directes si elles
arrivent à la solution du système en un nombre fini d’étapes, itératives si elles nécessitent
un nombre infini d’étapes. alors, nous allons commencer par les méthodes directes
bn
(b) si A est une matrice triangulaire supérieure, on a xn = et les inconnues
ann
xn−1 , ..., x1 sont données par cette expression
n
a X
xi = bi − aij xj .
aii j=i+1
Remarque 3.2 Le déterminant d’une matrice triangulaire est égal au produit des éléments
diagonaux.
Principe de la méthode de Gauss
La méthode du pivot de Gauss consiste à transformer le système AX = b en un système
équivalent de la forme U X = Y , où U est une matrice triangulaire supérieure et Y est un
second membre convenablement modifié. Enfin on résout le système triangulaire U X = Y .
Exemple 3.1
x + 2y + 3z + 4t
=1
2x + 3y + 4z + t =2
(S) :=
3x + 4y + z + 2t =3
4x + y + 2z + 3t = 4.
1 2 3 4 y 1
2 3 4 1 y 2
S =⇒ AX = b avec A = X = et b =
3 4 1 2 z 3
4 1 2 3 t 4
On écrit
1 2 3 4 1
2 3 4 1 2
(A|b) =
3 4 1 2 3
4 1 2 3 4
Etape 1 : a11 = 1 6= 0
ai1
Li ←− Li − L1 , 2 ≤ i ≤ 4.
a11
L2 ←− L2 ←− 2L1 , L3 ←− L3 − 3L1 et L4 ←− L4 − 4L1
1 2 3 4 1
0 −1 −2 −7 0
0 −2 −8 −10 0
0 −7 −10 −13 0
Etape 2 : a22 = −1 6= 0
ai2
Li ←− Li − L1 , 3 ≤ i ≤ 4.
a22
L3 ←− L3 − 2L2 et L4 ←− L4 − 7L2
1 2 3 4 1
0 −1 −2 −7 0
0 0 −4 4 0
0 0 4 36 0
Etape 3 : a33 = −4 6= 0
L4 ←− L4 + L3 .
1 2 3 4 1
0 −1 −2 −7 0
= (U |Y ).
0 0 −4 4 0
0 0 0 40 0
On résoud le système
x + 2y + 3z + 4t = 1
x =1
−y − 2z − 7t = 0 y =0
U X = Y =⇒
−4z + 4t = 0
z =0
40t = 0. t = 0.
Théorème 3.1 Soit A une matrice carrée d’ordre n à coefficients réelles. On suppose que
A est inversible (detA 6= 0). Alors il existe une unique décomposition de A de la forme
LU avec L est une matrice triangulaire inférieure ne possédant que 1 sur la diagonale et
U est triangulaire supérieure.
Exemple 3.2
2x + y − 2z
=1
(S) := 4x + 5y − 3z =1
−2x + 5y + 3z = 1
Soit
2 1 −2 1
(A|b) = 4 5 −3 1
−2 5 3 1
Etape 1 : a11 = 2 6= 0
ai1
Li ←− Li − L1 , 2 ≤ i ≤ 3.
a11
L2 ←− L2 − 2L1 , L3 ←− L3 + L1
2 1 −2 1
0 3 1
−1
0 6 1 2
Etape 2 : a22 = 3 6= 0
L3 ←− L3 − 2L2
2 1 −2 1
0 3 1
−1
= (U |Y ).
0 0 −1 4
donc
1 0 0 2 1 −2
L = 2 1 0 , U = 0 3 1
−1 2 1 0 0 −1
Pour résoudre (S), on résoud les systèmes linéaires
1 0 0 y1 1
LY = b ⇐⇒ 2 1 0 y2 = 1
−1 2 1 y3 1
on aura donc
y1 = 1
y2 = −1
y3 = 4
et
2 1 −2 x1 1
UX = Y ⇐⇒ U 0 3 1 x2 = −1
0 0 −1 x3 4
on aura donc
x1 = 1
x2 = 0
x3 = −1.
• Le calcul explicite de l’inverse d’une matrice peut être effectué en utilisant la factorisation
LU comme suit : On note
A−1 = (x1 |...|xn ),
Exemple 3.3
1 1 1 1
1 −2 3 4
A=
1 4 6 8
1 0 0 0
0 a22 · · · 0
D = .. .. .. = diag(a11 , a22 , · · · , ann ),
..
. . . .
0 0 · · · ann
0 0 ··· ··· 0 0 a12 ··· . a1n
... 0 0 ··· . a2n
a
21 0 ··· 0
.
.. .. .. ..
et F = − ..
E= −
. . . .
.. .. .. .. .. .. .. ..
. . . . . . . . . an−1,n
⇐⇒ X = MJ X + N.
− aa11 − aa1n
0 12
··· . 11
a21 a23 a2n
−a 0 − a
· · · − a
22 22 22
.. .. ... ..
où MJ = . est la matrice de Jacobi associée à la
. . .
. . . . .
an1 an2 an,n−1
− aann − ann · · · − ann 0
b
1
a11
.
matrice A et N = D−1 b =
.‘ .
.
bn
ann
La suite de la méthode de Jacobi est définie comme suit
n (k)
bi −
P
aij xj
(k+1) j=1,j6=i
xi = , 1≤i≤n
aii
Exemple 3.4
2 1 1 1
A = 1 2 1 et b = 0
−1 1 1 0
La matrice de Jacobi est définie par
0 − 21 − 12
MJ = − 2 0 − 12
1
1 −1 0
La suite de la méthode de Jacobi est donnée par
(k) (k)
(k+1) 1 − x2 − x3
x1 =
2 (k)
(k)
X (k+1) = (k+1) −x1 − x3
x2 =
2
(k+1) (k) (k)
= x1 − x2
x3
AX = b ⇐⇒ (D − (E + F ))X = b
⇐⇒ (D − E)X = F X + b
⇐⇒ X = (D − E)−1 F X + (D − E)−1 b
| {z } | {z }
H N
⇐⇒ X = HX + N.
H = (D − E)−1 F est dite matrice de Gauss-Seidel.
La suite de la méthode de Gauss-Seidel est définie comme suit
i−1 (k+1) n (k)
bi − −
P P
aij xj aij xj
(k+1) j=1 j=i+1
xi = , 1≤i≤n
aii
Exemple 3.5
2 1 1 1
A = 1 2 1 et b = 0
−1 1 1 0
La matrice de Gauss Seidel est définie par
0 − 12 − 12
H = 0 14 − 14
0 − 34 − 14
Remarque 3.4 Soit A une matrice carrée d’ordre n inversible dont les coefficients diagonaux
sont tous non nuls. Alors les méthodes de Jacobi et de Gauss-Seidel sont soit toutes les
deux convergentes soit toutes les deux divergentes. En cas de convergence, la méthode de
Gauss-Seidel est plus rapide que celle de Jacobi.
Remarque 3.5 Le choix entre une méthode directe et une méthode itérative pour la
résolution d’un système linéaire AX = b dépend non seulement de l’efficacité théorique
des algorithmes, mais aussi du type de matrice, des capacités de stockage en mémoire et
enfin de l’architecture de l’ordinateur.
3.4 Exercices
Exercice 3.1 Soit le système linéaire
x+y+z+t=1
x − 2y + 3z + 4t = 1
(S) =
x + 4y + 6z + 8t = 1
x=1
2 1 2α x3 9
1. Donner une condition suffisante sur le coefficient α pour avoir convergence des
méthodes de Jacobi et de Gauss-Seidel.
2. Soit α = 2. Ecrire la matrice de Jacobi MJ .
3. Ecrire la méthode de Jacobi et approcher la solution avec 4 itérations à partir de
X (0) = (0, 0, 0).
4. Ecrire la méthode de Gauss-Seidel et approcher la solution avec 3 itérations à partir
de X (0) = (0, 0, 0).
5. Comparer les deux méthodes.
−1 −1 α z 3
1. Donner une condition suffisante sur le coefficient α pour avoir convergence des
méthodes de Jacobi et de Gauss-Seidel.
2. Soit α = 4.
(a) Ecrire la matrice de Jacobi J.
(b) Ecrire la méthode de Jacobi et approcher la solution avec 3 itérations à partir
de X (0) = (0, 0, 0).
(c) Ecrire la matrice de Gauss-Seidel H.
(d) Ecrire la méthode de Gauss-Seidel et approcher la solution avec 2 itérations à
partir de X (0) = (0, 0, 0).
(e) Comparer les deux méthodes.
3. Soit α = 3.
(a) Résoudre le système linéaire par la méthode de Gauss.
(b) Factoriser la matrice A.
(c) Calculer det A.
3.5 Indications
Indication exercice 3.1 1.
1 1 1 1 x 1
1 −2 3 4 y 1
AX = b ⇐⇒ A = X = et b =
1 4 6 8 z 1
1 0 0 0 t 1
2. On écrit
1 1 1 1 1
1 −2 3 4 1
(A|b) =
1 4 6 8 1
1 0 0 0 1
Etape 1 : a11 = 1 6= 0
ai1
Li ←− Li − L1 , 2 ≤ i ≤ 4.
a11
L2 ←− L2 − L1 , L3 ←− L3 − L1 et L4 ←− L4 − L1
1 1 1 1 1
0 −3 2 3 0
0 3 5 7 0
0 −1 −1 −1 0
Etape 2 : a22 = −3 6= 0
ai2
Li ←− Li − L1 , 3 ≤ i ≤ 4.
a22
L3 ←− L3 + L2 et L4 ←− L4 − 13 L2
1 1 1 1 1
0 −3 2 3 0
0 0 7 10 0
0 0 − 35 −2|0
Etape 3 : a33 = 7 6= 0
5
L4 ←− L4 + 21 L3 .
1 1 1 1 1
0 −3 2 3 0
= (U |Y ).
0 0 7 10 0
8
0 0 0 21 0
On résoud le système
x+y+z+t=1
x=1
−y + 2z + 3t = 0 y=0
U X = Y =⇒
7z + 10t = 0
z=0
8
t = 0. t = 0.
21
1 0 0 0 1 1 1 1
1 1 0 0 0 −3 2 3
L= , U=
1 −1 1 0 0 0 7 10
−5
1 13 21
1 8
0 0 0 21
1 0 0 0 y1 1
1 1 0 0 y2 1
LY = b ⇐⇒ =
1 −1 1 0 y3 1
−5
1 13 21
1 y4 1
on aura donc
y1 =1
y2 =0
y3 =0
y4 =0
et
1 1 1 1 x 1
0 −3 2 3 y 0
UX = Y ⇐⇒ =
0 0 7 10 z 0
8
0 0 0 21 t 0
on aura donc
x=1
y=0
z=0
t=0
8
4. detA = detU = 1 × (−3) × 7 × 21
= −8.
AX = b
où
6 1 1 x 12
2 4 0 , X = y et b = 0
1 2 6 z 6
, On écrit
6 1 1 12
(A|b) = 2 4 0 0
1 2 6 6
Etape 1 : a11 = 6 6= 0
ai1
Li ←− Li − L1 , 2 ≤ i ≤ 3.
a11
L2 ←− L2 − 13 L1 , L3 ←− L3 − 16 L1
6 1 1 12
11 −1
0
3 3
−4
11 35
0 6 6
6
11
Etape 2 : a22 = 3
6= 0
L3 ←− L3 − 12 L2
6 1 1 12
11 −1
0 3 3
−4
= (U |Y ).
0 0 6 6
On résoud le système
6x + y + z = 12
11
UX = Y ⇐⇒= 3
y − 31 z = −4
6z = 6.
2. A = LU avec
1 0 0 6 1 1
1 11
L = 3 1 0 ,
et U = 0
3
− 13
1 1
6 2
1 0 0 6
Pour résoudre (S), on résoud les systèmes linéaires
1 0 0 y1 12
1
LY = b ⇐⇒ 3 1 0 y2 = 0
1 1
6 2
1 y3 6
on aura donc
y1 = 12
y2 = −4
y3 = 6
et
6 1 1 x1 12
11 1
UX = Y ⇐⇒ 0
3
− 3 x2 = −4
0 0 6 x3 6
on aura donc
x1 = 2
x2 = −1
x3 = 1.
11
3. detA = detU = 6 × 3
× 6 = 132.
4. La matrice de Jacobi est définie par
0 − 16 − 61
MJ = − 12 0 0
1 1
−6 −3 0
2 1 2α x3 9
2 1 4 x3 9
− 21 − 41
0
1
MJ =
2 0 0
− 12 − 14 0
α ∈] − ∞, −2[∪]2, +∞[.
2. . Soit α = 4.
(a) Le système (S) est équivalent à
4 −1 −1 x 1
−1 3 −1 y = 2
−1 −1 4 z 3
0 0 4 −1 −1 0 0 0 0
4 0 0 0 1 1
Soit M = D − E = −1 3 0 et tN = F = 0 0 1
−1 −1 4 0 0 0
La matrice de Gauss-Seidel H est donnée par H = M −1 N or
1 1 1
0 0 0
1 41 4 4
M −1 = (Com(M ))T = 1
0 donc H = 0 1 5
12 3 12 12
detM 1 1 1 1 1
12 12 4
0 12 6
4. Soit α = 3.
(a)
3 −1 −1 1
(A|b) = −1 2 −1 2
−1 −1 3 3
Etape 1 : a11 = 3 6= 0
ai1
Li ←− Li − L1 , 2 ≤ i ≤ 3.
a11
L2 ←− L2 − 13 L1 , L3 ←− L3 − 31 L1 et
3 −1 −1 1
5
0
3
− 43 73
0 − 34 83 83
5
Etape 2 : a22 = 3
6= 0 L3 ←− L3 + 54 L2
3 −1 −1 1
5
0
3
− 43 7
3
= (U |Y ).
4 15
0 0 3 3
On résoud le système
153
3x − y − z = 1
x = 60
5 4 7 22
U X = Y =⇒ 3
y − 3
z = 3
y = 5
4 15 15
3
z= 3.
z = 4
.
153 22 15
SR4 = ( , , )
60 5 4
1 0 0 3 −1 −1
(b) A = LU avec L = − 3 1 0 et U = 0 53 − 34
1
− 13 − 54 1 0 0 4
3
(c) detA = detU = 3 × 53 × 4
3
= 20
3
.
57