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Texte Complet

L'industrie de la mode, en particulier la fast fashion, a un impact environnemental majeur, avec une production textile en forte augmentation et des pratiques de consommation irresponsables. Des influenceurs émergent sur les réseaux sociaux pour promouvoir une mode plus durable, mais font face à des défis financiers et à la nécessité de contrer la surconsommation. Parallèlement, le phénomène d'écoblanchiment complique la situation, car de nombreuses marques prétendent être écoresponsables sans actions concrètes, soulignant l'urgence de réduire la consommation globale.

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Yasmine El Hadri
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Texte Complet

L'industrie de la mode, en particulier la fast fashion, a un impact environnemental majeur, avec une production textile en forte augmentation et des pratiques de consommation irresponsables. Des influenceurs émergent sur les réseaux sociaux pour promouvoir une mode plus durable, mais font face à des défis financiers et à la nécessité de contrer la surconsommation. Parallèlement, le phénomène d'écoblanchiment complique la situation, car de nombreuses marques prétendent être écoresponsables sans actions concrètes, soulignant l'urgence de réduire la consommation globale.

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2.

# Renoncer à la fast fashion

L’industrie de la mode a un impact environnemental tout sauf reluisant, mais


comment « verdir » votre garde-robe malgré tout?

Pas besoin d’être ce qu’on désigne comme une « victime de la mode » pour aimer
les vêtements. La preuve : chaque personne sur la planète a acheté en moyenne 17
pièces de vêtements et paires de chaussures neuves en 2021, selon le site
spécialisé FashionUnited citant les données d’Euromonitor International. Comme
des centaines de millions de gens dans le monde vivent dans l’extrême pauvreté,
les mieux nantis se dotent en réalité d’un bien plus grand nombre de tenues
vestimentaires chaque année!

Il va sans dire que toute une industrie alimente cette immense garde-robe
collective. Les grandes marques proposent toujours plus de choix de chandails, de
pantalons, de robes… Certaines lancent plus d’une dizaine de collections par
année, voire des nouveautés en continu.

Au cours des 20 dernières années, la production mondiale de fibres textiles a


presque doublé, passant de 58 millions de tonnes en 2000 à un record de 113
millions de tonnes en 2021, selon un rapport de Textile Exchange. [Cette
organisation mondiale à but non lucratif mentionne qu’à ce rythme], 149 millions de
tonnes de fibres textiles devraient être produites en 2030.

De leur côté, les consommateurs achètent beaucoup plus d’articles qu’il y a 20 ou


30 ans, les portent peu et s’en débarrassent rapidement. La piètre qualité des
vêtements vendus en ligne ou sur les rayons fait bien sûr partie de l’équation : les
fabricants comme les acheteurs les préfèrent à bas coût plutôt que durables. C’est
ce qu’on appelle en anglais le phénomène de la fast fashion, c’est-à-dire une mode
à consommation rapide et à faible coût.

# Prêt-à-porter... prêt-à-jeter

Si les consommateurs jettent trop de vêtements, ils ne sont pas les seuls à le faire.
En effet, les vêtements fabriqués mais invendus peuvent être donnés... ou
carrément détruits. « Les chiffres sont difficiles à obtenir, mais on estime que les
invendus représentent entre 10 et 30 % des productions », indique Marianne-
Coquelicot Mercier, conseillère en économie circulaire¹ dans l’industrie du textile.
Une chose est sûre : avec plus de 100 milliards d’articles produits par année sur la
planète, cela fait potentiellement beaucoup de vêtements jetés sans avoir été
portés.

Surtout que les habits neufs ou d’occasion donnés aux organismes de bienfaisance
ou dans les friperies – par les entreprises ou les consommateurs – ne trouvent pas
tous preneur, et que seulement une poignée de ces vêtements sont recyclés dans le
monde.

En fin de compte, une grande quantité de vêtements est exportée à l’international


avant de terminer sa route dans les poubelles des autres, des pays en l’occurrence
plus pauvres, faute de réels débouchés.

# Des répercussions colossales

Produire, vendre, acheter et jeter autant a évidemment un énorme contrecoup


environnemental. La mode est l’une des industries les plus polluantes du monde,
bien qu’il soit difficile de chiffrer ses répercussions avec exactitude.

En 2018, un rapport de Quantis, un groupe international de conseil en


développement durable, estimait que le secteur du vêtement compte pour environ
7 % des émissions mondiales de dioxyde de carbone (CO₂), un gaz à effet de serre.

Selon l’Agence de la transition écologique (ADEME) française, l’industrie du textile


[se classe troisième parmi les secteurs les plus gourmands] en eau dans le monde,
après la culture du blé et celle du riz. De plus, 20 % de la pollution des eaux dans le
monde serait causée par la teinture et le traitement des textiles.

Enfin, les conditions des travailleurs – des dizaines de millions de personnes sur la
planète – contribuent au bilan peu reluisant de cette industrie richissime : lieux de
travail non sécuritaires, absence de protection sociale, heures de travail excessives,
travail forcé, salaires indécents...

[...]

# Un vent de changement

Heureusement, tous ces bilans dévastateurs compilés par des organismes et des
regroupements de l’industrie commencent à faire bouger les choses.

Depuis 2018, une centaine d’entreprises – dont H&M, Zara, Adidas et Nike – ont
signé la Charte de l’industrie de la mode pour l’action climatique de l’Organisation
des Nations unies (ONU). Son objectif : atteindre la neutralité carbone d’ici 2050,
pour ainsi contribuer à maintenir le réchauffement climatique en dessous de 1,5 °C
par rapport aux températures de l’ère préindustrielle.

De telles visées sont ambitieuses, mais les actions sont encore modestes.
Plusieurs marques de vêtements prennent des engagements en matière de
responsabilité environnementale et sociale : diminuer leur bilan carbone, opter
pour des fibres textiles plus durables (ou « à faibles impacts »), renoncer à certaines
pratiques nocives pour la santé des travailleurs, etc.

Concrètement, ces gestes, surtout chez les grandes marques de ce monde,


prennent souvent la forme de collections de vêtements dites plus «
écoresponsables² ».

# Des efforts suffisants?

Certes, les initiatives écoresponsables dans le secteur du vêtement sont encore


timides, mais « il faut commencer quelque part! » lance Marianne-Coquelicot
Mercier. Fabriquer une collection de quelques morceaux ayant un impact
écologique moindre permet d’abord aux entreprises d’évaluer si ce type de
production est possible pour elles à plus long terme.

Cependant, il ne faudra pas s’arrêter là : « Un vêtement peut être le plus écolo du


monde, si les coutures lâchent, que le tissu bouloche ou qu’il n’est plus beau après
quelques lavages, ça ne sert à rien, poursuit-elle.

Maintenant, il faut qu’on s’attaque à la durée de vie du vêtement. »

Autant pour les consommateurs que pour l’industrie, il est temps de ralentir la
machine et de choisir la qualité et la durabilité avant l’abondance. « Il faut
apprendre à s’exprimer avec les vêtements, sans que ça signifie d’acheter toujours
plus », conclut l’experte.

Faire de bons choix : au secours!

Le vêtement le plus écolo, c’est quoi? C’est celui que vous n’achetez pas, bien sûr!
Comme vous le verrez dans notre encadré sur les bases d’une garde-robe durable
(ci-dessous), il faut d’abord réduire votre consommation et privilégier les articles de
seconde main³.

Cependant, ne serait-ce que pour vos sous-vêtements et quelques morceaux à


remplacer au fil des années, vous aimerez sans doute apprendre à faire de meilleurs
choix… même dans le neuf!
Or, entre les jolies images de la planète Terre, les noms de collections pseudo-
écologiques et les tissus à la mode – comme la fameuse viscose de bambou ou le
polyester fait avec des bouteilles recyclées –, comment [faire la différence entre la
réelle valeur écologique et l’écoblanchiment]?

La réponse courte : ce n’est pas simple! Nous vous guidons à travers ce chemin
tortueux.

3.

# Des influenceurs se rebellent contre la fast fashion

TikTok et Instagram, nouveaux vecteurs de promotion d’une mode plus


responsable? Sur ces réseaux [sociaux], temples de la consommation effrénée, des
influenceurs à contre-courant tentent de promouvoir des choix vestimentaires plus
respectueux de la planète.

Par l’Agence France-Presse

A commencer par Masego Morgan, tombée de sa chaise quand un géant de la fast


fashion lui a proposé 1 000 dollars pour une seule publication de promotion.
Non seulement l’influenceuse sud-africaine, qui compte 10 200 abonnés sur
Instagram, ne s’était jamais vu offrir une telle somme pour promouvoir une marque,
mais la marque en question représente tout ce qu’elle combat : la
surconsommation de vêtements bon marché, nuisibles à la planète et produits par
des ouvriers sous-payés.

Comme d’autres influenceurs internationaux décidés à lutter contre l’armada de


publications commanditées par les grandes marques sur Instagram, TikTok et
YouTube, son credo est simple : acheter, OK! Mais moins. Et mieux si d’occasion ou
ultradurable.

Une philosophie héritée de son enfance, lorsqu’elle


empruntait les vêtements de seconde main de son
élégante maman, qui voyait le recyclage comme un
« acte révolutionnaire ».

« Pour moi, il n’y a jamais eu de stigmate lié au fait de


porter des vêtements d’occasion », explique-t-elle à l’AFP
[Agence France-Presse] depuis son domicile du Cap [en
Afrique du Sud].
Cette partisane de la « consommation responsable » se
démarque […] en publiant des messages ludiques et non
culpabilisants, présentant une foule d’articles colorés,
recyclés et faits à la main, qu’elle porte plusieurs fois.

« Si nous faisons la même chose que les influenceurs de la mode » qui chaque jour
défilent en vidéo avec de nouveaux vêtements, « nous finirons par [être aussi
toxiques qu’eux] », estime-t-elle.

Consommation doublée

Mais ce choix a un revers : impossible de gagner sa vie avec des contenus axés sur
la durabilité.

Alors qu’un influenceur classique peut, dans un pays développé, gagner un salaire
annuel à six chiffres grâce aux commanditaires et aux liens d’affiliation, Masego
Morgan doit, elle, travailler en parallèle dans [le domaine de] la conception
graphique.

Ces dernières années, les réseaux sociaux ont pris une importance considérable
pour les marques, dont le marketing reposait auparavant sur les publicités papier
ou télévisées. [Les marques] peuvent désormais toucher des millions de personnes
par l’intermédiaire d’influenceurs qui promeuvent leurs vêtements dans
des stories ou des publications [du type] #outfitoftheday (tenue du jour).

Ces campagnes stimulent les ventes : en 20 ans, la consommation mondiale de


vêtements, de chaussures et d’accessoires a doublé.

Mais cela a un prix élevé pour la planète. L’industrie de la mode représente entre 2
et 8 % des émissions de gaz à effet de serre.

Autant de messages qui ont contribué à l’émergence de « nouveaux influenceurs


mode » plus soucieux d’environnement.

Parmi eux [figure] Venetia La Manna, une Britannique de 33 ans qui compte 197 000
abonnés sur Instagram, dont la série de vidéos « Recipe for Disaster » sur les
dommages sociaux et environnementaux d’entreprises comme Adidas, Amazon et
Nike a rencontré un énorme succès avec environ 6,5 millions de vues.

« Agents du changement »

Contrairement à Masego Morgan, [Venetia La Manna] gagne sa vie grâce à son


travail en ligne, soutenue par une audience plus large et des collaborations avec de
puissants sites de seconde main comme Vestiaire Collective ou eBay.
« Au cours des cinq dernières années, j’ai vraiment l’impression que [la prise de
conscience du] problème a émergé », la fast fashion rejoignant « le plastique et la
nourriture au cœur du débat », note Mme La Manna.

Ces influenceurs sont « des agents du changement », estime Simone Cipriani,


fondateur et directeur de l’Ethical Fashion Initiative et président de l’Alliance des
Nations unies pour une mode durable.

« Ils contrent l’influence négative que vous trouvez habituellement sur les réseaux
sociaux, où l’on prône simplement la surconsommation », ajoute-t-il.

D’autant que, parallèlement, le marché de la seconde main ne cesse de grandir :


ses ventes devraient atteindre 218 milliards de dollars d’ici 2026, contre 96 milliards
en 2021. Un acteur comme Vinted² a ainsi vu le nombre de ses utilisateurs
quasiment doubler en trois ans, passant de 23 à 45 millions entre 2019 et 2022.

4.

# La mode écoresponsable existe-t-elle vraiment?

Le géant de l’industrie de la mode H&M fait actuellement face à une poursuite. Son
crime? Il aurait berné des milliers de consommateurs et de consommatrices en
proposant une gamme de vêtements qui seraient faussement écoresponsables.
Mais le cas de H&M n’est malheureusement pas unique. Ce phénomène se
nomme écoblanchiment, verdissement ou greenwashing, en anglais.

Par Mélina Nantel

Le terme écoblanchiment a fait son apparition en 1986.


On cherchait alors à décrire les pratiques des hôtels qui demandent à leur clientèle
de réutiliser leurs serviettes plutôt que d’en prendre de nouvelles à chaque usage.
Prétextant ainsi « sauver la planète », les hôtels y voyaient une occasion
d’économiser temps et argent sur la lessive.

L’écoblanchiment, s’il peut aujourd’hui se décliner de plusieurs manières, désigne


toute forme de publicité trompeuse où l’on prétend appliquer des politiques ou
procédés respectueux de l’environnement, sans que soient posés de gestes réels
pour diminuer l’impact environnemental.

Alors que les enjeux climatiques sont au cœur des discours sociaux actuels, le
phénomène de l’écoblanchiment a le vent dans les voiles. Selon une étude publiée
en 2021 par la Changing Markets Foundation, chez les 46 compagnies textiles
étudiées (dont faisaient partie H&M, Nike, Zara et bien d’autres grandes marques),
59 % des prétentions écologiques¹ seraient mensongères, partiellement ou
complètement.

# Un encadrement légal

Afin de freiner le phénomène de fausses déclarations écologiques, le gouvernement


québécois compte sur la Loi sur la protection du consommateur. Au fédéral, on
trouve le Bureau de la concurrence, qui chapeaute trois lois à cet effet : la Loi sur la
concurrence, la Loi sur l’étiquetage des textiles et la Loi sur l’emballage et
l’étiquetage des produits de consommation.

« Le Bureau joue un rôle d’enquêteur et de procureur, et se réfère aux lois et


certifications environnementales pour déterminer si une publicité est fausse ou
trompeuse », explique Julien Beaulieu, chargé de cours sur le droit de la
concurrence à l’Université de Sherbrooke. C’est notamment en vertu d’une entente
avec le Bureau que la compagnie de café Keurig Canada avait dû payer une amende
de 3,8 millions $ l’an dernier, à la suite de déclarations environnementales fausses
quant à la recyclabilité de ses dosettes de café à usage unique.

Mais Keurig n’aura pas souffert que financièrement de cette affaire : faire de
l’écoblanchiment engendrerait également une perte de confiance de la clientèle.

C’est du moins ce que rapporte une étude publiée en 2022 dans la Harvard
Business Review. Elle démontre que les entreprises ayant été impliquées dans un
scandale lié à l’écoblanchiment auraient vu une diminution de 1,34 % du taux de
satisfaction de leur clientèle. Si ce chiffre semble minime à première vue, une
diminution de cet ordre aurait un impact direct sur la performance d’une entreprise,
notamment sur les ventes et la rétention.

L’écoblanchiment aurait également des conséquences à une plus large échelle que
celle de l’entreprise. Pour Caroline Larocque, chargée de projets en développement
durable et communication pour le Collectif Communication Citoyenne, le
phénomène nuirait à la transition socio-écologique en cours « en semant la
confusion chez les consommateurs et en banalisant les solutions réelles aux enjeux
environnementaux ».

# Des entreprises en (dé)croissance

Si l’on pose souvent l’écoblanchiment comme un problème de transparence des


entreprises, le réel enjeu serait plutôt l’urgence de freiner la consommation, y
compris la consommation écologique, verte ou responsable. C’est le constat que
font plusieurs environnementalistes, ainsi que de nombreuses entreprises
écoresponsables, qui ont fait le pari d’opter pour un modèle d’affaires
essentiellement minimaliste.

« Il faut qu’on consomme moins, globalement. »

C’est le discours que porte Julie Rochefort, présidente de la compagnie québécoise


de mode écoresponsable Message Factory. Son entreprise, fondée en 2005,
propose des vêtements écoresponsables neufs, mais encourage les
consommateurs à revoir leurs besoins avant d’acheter. Même discours du côté
d’Abaka, entreprise écoresponsable basée à Shawinigan. Le fondateur, Mario
Hamelin, qui a mis temps et énergie sur son entreprise depuis plus de 20 ans, mise
avant tout sur un modèle d’affaires (et de vie) minimaliste.

« La mode écoresponsable va au-delà du choix de la fibre. Elle implique de revoir le


modèle d’affaires et toutes les étapes de production dans le but d’en réduire les
impacts négatifs tout au long du processus », explique Caroline Larocque, qui voit la
lutte à la surconsommation comme un enjeu primordial.

# Ralentir et réduire

Au Québec et à l’international, de plus en plus de certifications existent pour guider


les consommateurs.
Le ministère de l’Environnement provincial a d’ailleurs mis sur pied un répertoire
des « écoétiquettes », afin de fournir des renseignements sur les caractéristiques
environnementales des produits. Le Bureau de la concurrence fédéral offre
également une série de conseils aux consommateurs afin de mieux contrer
l’écoblanchiment.

Mais la loi en fait-elle suffisamment pour encadrer les entreprises? Pour Caroline
Larocque, il y a encore beaucoup à faire en termes de législation pour éviter
l’écoblanchiment au Canada.

« Récemment en France, un décret a été accepté relativement aux allégations de


neutralité carbone² dans la publicité. Le mot carboneutralité est de plus en plus
utilisé par les entreprises à tort et à travers. Ce décret vient mettre des balises sur
son utilisation […]. » Ce type de modèle pourrait inspirer le Canada, croit la chargée
de projet.

Pour l’environnementaliste André Bélisle, président et cofondateur de l’Association


québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA), les certifications
écologiques³ seraient de trop modestes mesures pour répondre à l’ampleur de la
crise climatique.

« Il ne faut pas avoir peur des mots. On est face à l’effondrement. Face à la crise
climatique, il faut que les gens comprennent les enjeux et les impacts. Il faut un
changement de paradigme : pas seulement en parler, mais y consentir. C’est notre
droit à la santé, notre droit à un environnement sain », affirme André Bélisle.

Professeur au Département de management à HEC Montréal, Yves-Marie Abraham


affirme lui aussi que la solution à l’écoblanchiment ne serait pas simplement de
respecter des standards de production, mais bien de freiner cette production. « Si
on veut être cohérent sur le plan écologique, il faut accepter qu’on va produire
moins », mentionne le professeur. « Nous n’avons jamais été capables de générer
une croissance [économique] propre. C’est un mensonge. Lorsqu’on a une
croissance, on assiste à une dégradation sur le plan écologique. »

5.

# Repenser sa consommation en cessant d’acheter des vêtements neufs en


mars

Par La Presse Canadienne

Un Québécois consomme en moyenne 40 kg de textile neuf par année, selon le


média spécialisé en environnement Unpointcing, qui a lancé au début du mois la
Détox vestimentaire. Les personnes qui ont participé à cette initiative devaient
éviter d’acheter un vêtement neuf pendant tout le mois de mars.

On porterait nos vêtements seulement de 7 à 10 fois avant de s’en défaire, selon


la société d’information Bloomberg. Les objectifs du défi étaient d’amener les
gens à repenser leur rapport aux vêtements et d’encourager un mode de
consommation plus conscient et responsable.

[Unpointcing] a créé un groupe Facebook pour son défi Détox vestimentaire,


auquel sont abonnées quelque 2 800 personnes¹.

[Le média québécois] accompagnait les participants en communiquant plusieurs


statistiques sur l’industrie vestimentaire, et aussi des trucs et astuces pour réduire
la consommation. Par exemple, lorsqu’un chandail est troué ou taché, on peut le
transformer en sac réutilisable ou en torchon.

Bianka Roy, une résidente de la région de la Beauce qui a participé au défi, s’est
fait une liste de choses qu’elle peut transformer. Elle confectionne par exemple
des coussins pour ses chiens avec des tissus ou encore des taies d’oreiller avec
des draps usés.

Mme Roy estime que le défi l’a vraiment aidée à repenser sa consommation. «
Quand je suis au magasin maintenant, je ne pense pas juste à ce que le bien va
me procurer, mais au déchet que ça va générer », dit-elle.

Il est par ailleurs important de regarder l’étiquette des vêtements que l’on achète,
puisque tous les textiles n’ont pas le même impact sur l’environnement. Les tissus
faits de fibres synthétiques comme le polyester, le nylon et l’acrylique sont non
biodégradables et produisent du micropiastique.

[…]

Marilyne Baril, la fondatrice de la boutique Marigold, qui a pignon sur rue à


Verdun [quartier de Montréal], considère que le défi est une belle initiative,
puisqu’il amène le consommateur à repenser ses achats. « Le meilleur choix, c’est
d’acheter moins, mais acheter mieux », dit-elle.
Sa boutique de prêt-à-porter propose des vêtements qui sont entièrement
conçus et fabriqués à Montréal. D’ailleurs, ses articles ont tous une étiquette qui
détaille le coût rattaché à chaque étape de la confection du vêtement.

L’étiquette des vêtements Marigold indique aussi d’où proviennent les matières
premières. « Avec le défi, c’est bien que les gens soient encouragés à ouvrir le
vêtement et à regarder à l’intérieur », estime Mme Baril.

L’entrepreneure nuance toutefois en ajoutant que, si les gens n’achètent plus du


tout de vêtements neufs, elle ne pourra plus vivre de sa passion de la mode et
devra fermer boutique. Elle prône donc les objectifs derrière le défi Détox
vestimentaire, mais si le Québec en entier cesse d’acheter des vêtements neufs
durant tout le mois de mars, cela n’est pas viable financièrement pour elle.

Mme Baril n’hésite pas à encourager sa clientèle à fréquenter les magasins de


seconde main. Selon elle, il faut trouver un équilibre entre acheter des vêtements
neufs de qualité et des articles usagés.

Elle explique qu’au fil des ans, la qualité des vêtements se détériore. « Les
vêtements de nos parents par exemple […] étaient souvent fabriqués localement.
Ils étaient d’une qualité impeccable, fait valoir Mme Baril. Maintenant, c’est ça le
problème avec la fast fashion, […] quand c’est fait outre-mer, l’important c’est
que ça soit rapide, donc c’est sûr que la qualité est moins bonne. »

« On a beau dire qu’on achète moins, mais si on n’achète pas de la qualité, on ne


pourra même pas redonner au suivant quand on sera tanné de notre vêtement. »

Acheter pour se sentir bien

Pour Joëlle Carle, le défi a été facile, puisqu’elle s’habille en grande partie dans les
friperies ou par l’entremise des échanges de vêtements.

D’ailleurs, elle constate que les échanges de vêtements sont de plus en plus
populaires à l’organisme à but non lucratif pour lequel elle travaille. La Brouette –
Agriculture urbaine et écocitoyenneté, établie à Trois-Rivières, organisait des
échanges de vêtements environ deux fois par année en 2019.

« Je pense que maintenant on va faire des échanges tous les deux mois. C’est de
plus en plus populaire et il y a vraiment beaucoup de demandes. C’est
impressionnant comment le mouvement s’agrandit », commente Mme Carle.

Même si cela fait environ 10 ans que Mme Carle ne consomme presque pas de
vêtements neufs – tout au plus deux fois par année – elle estime qu’elle n’est pas
à l’abri d’une rechute.

« Parfois, je ressens le besoin d’aller m’acheter quelque chose de neuf. On nous


met tellement ça dans la tête : quand on ne se sent pas bien, on va s’acheter des
vêtements pour se sentir mieux. C’est difficile de se battre contre ça. »

— Joëlle Carle

De son côté, Bianka Roy a trouvé le défi plus difficile, notamment à cause des
publicités ciblées sur les réseaux sociaux. Elle admet que c’est un défi pour elle de
ne pas ouvrir les courriels qu’elle reçoit de ses boutiques préférées. « Je vais
moins dans les commerces, donc je suis moins tentée, mais le commerce vient
dans ma maison », illustre-t-elle.

Même si elle a acheté un manteau neuf en solde durant le mois de mars, Mme
Roy note tout de même quelques succès. Elle ne s’est pas limitée au domaine
vestimentaire, elle a appliqué l’idée du défi à tout bien de consommation.

[Comme il y a maintenant trois personnes de moins sous son toit], Mme Roy a
rempli plusieurs boîtes de vaisselle et autres articles de cuisine pour les donner.
Elle explique que, lorsqu’elle désencombre un placard, elle se « rend compte de
l’espace que ça crée ». Alors elle répète l’exercice une deuxième fois.

« Je laisse passer du temps, et si ça ne me manque pas, c’est que je n’ai pas


besoin de le remplacer », indique-t-elle.
Avant le défi, Mme Roy achetait des articles neufs toutes les semaines, tous les
jours, dit-elle, si l’on compte les achats en ligne. Elle a désormais l’intention de se
limiter à une fois par mois.

6.

# L’achat de seconde main : une façon de consommer plus populaire que


jamais

Par Maryanne Dupuis

S’habiller de la tête aux pieds pour 25 $, c’est possible, et de plus en plus


fréquent. Depuis quelques années, la popularité de l’achat de seconde main ne
cesse d’augmenter, non seulement dans le secteur du vêtement, mais aussi pour
toutes sortes de biens.

« C’est une tendance qui a commencé il y a déjà plusieurs années, et qui s’est
accélérée au cours de la pandémie également », explique le professeur émérite à
HEC Montréal Jacques Nantel.

« Une des raisons, c’est la propension qu’ont eue les consommateurs à magasiner
de plus en plus sur le Web parce que nous étions confinés. Beaucoup ont
commencé à considérer des plateformes qu’on ne considérait pas avant, comme
les Kijiji et les autres de ce monde. »

Le 5e Indice Kijiji de l’économie de seconde main, publié en 2019 par


l’Observatoire de la consommation responsable de l’Université du Québec à
Montréal,
signale que les vêtements, chaussures et accessoires
représentent 30 % de tous les objets d’occasion vendus.

De son côté, la compagnie ThredUP, qui propose un


service de revente en ligne, prévoit dans son dernier
rapport que [la taille du] marché mondial des vêtements
de seconde main [pourrait] surpasser celle de la mode
éphémère (fast fashion) d’ici la fin de la décennie.

« Si on regarde cette tendance-là, couplée aux


préoccupations bien réelles à l’égard de l’environ-
nement, de la réutilisation et du recyclage, je vous
dirais que sans que ça dépasse le marché primaire, le
marché de la seconde main va continuer à prendre de
l’ampleur et va changer [la] production de beaucoup
d’entreprises. »

— Jacques Nantel, professeur émérite à HEC Montréal

# Changement des mentalités

Si le marché de la seconde main connaît aujourd’hui une ampleur sans précédent,


c’est aussi parce que les mentalités ont évolué, selon Éric St-Arnaud, directeur
général de Renaissance Montréal.

« Quand j’ai commencé chez Renaissance, les gens venaient magasiner chez nous
et on avait des sacs avec des logos, se rappelle-t-il. Mais certaines personnes
pouvaient sortir du magasin et revirer le sac à l’envers pour être sûres qu’on ne
voie pas le logo, parce que c’était encore associé au fait d’avoir peu d’argent. »

« Aujourd’hui, on entend plus de gens dire : “J’ai trouvé ça chez Renaissance, je


suis habillé au complet et ça m’a coûté 35 $” », dit-il.
À la boutique La Caravane Vintage, à Montréal, la copropriétaire Stéphanie
Lemay croit elle aussi que la perception des gens à l’égard de l’achat de seconde
main a changé, particulièrement chez les plus jeunes.

« Il y a vraiment une grande demande. Je dirais que les jeunes sont plus
conscientisés à consommer de seconde main, ils ne se questionnent pas deux
fois. Pour eux, ça n’a pas de connotation négative, contrairement à certaines
personnes plus âgées. »

Chez Annex Vintage, la gérante Camille Benoît estime que les produits proposés
dans la boutique peuvent concurrencer ceux offerts dans les grandes chaînes.

« Je pense qu’il y a beaucoup plus de gens qui se rendent compte qu’en fait, la
mode, c’est extrêmement cyclique et que les pièces neuves qu’ils peuvent
retrouver au centre-ville, nous aussi on les a, mais à un moindre prix, ou à un prix
équivalent et de meilleure qualité. »

# Multiplication des plateformes

Outre Kijiji et Marketplace, qui sont devenues des incontournables pour ce qui
est de la vente et de l’achat de biens de seconde main, d’autres acteurs tentent
aussi de [profiter de ce marché].

[...]

L’application québécoise Upcycli propose de mettre en relation les particuliers les


uns avec les autres. Depuis son lancement en 2019, plus de 25 000 personnes
l’ont téléchargée. [...]

Penser à l’après

Le 5e Indice Kijiji de l’économie de seconde main révèle aussi que de plus en plus
de Canadiens se procurent des vêtements d’occasion pour l’aspect écologique.

Et certains acteurs de l’industrie commencent déjà à penser plus loin.


« Nous sommes à l’affût de ce qui se passe ailleurs sur la planète. Notre objectif,
c’est d’essayer de terminer le cercle d’économie circulaire avec le recyclage, [ce
qu’on ne fait] pas en ce moment », dit Éric St-Arnaud, directeur général de
Renaissance Montréal.

Mais le défi est de taille et plusieurs questions font surface.

« En quoi on [transforme le tissu] après? Est-ce qu’on refait des vêtements? Avec
plusieurs matières, ça semble être peu possible à faire… Mais est-ce qu’on peut
faire des produits de construction par exemple, ou le transformer en autre chose?
Et après, quelle compagnie va vouloir utiliser les produits? C’est quoi, le coût de
transformation? Parce que ça revient toujours au coût, à la fin. »

[...]

# Bien du fil à retordre pour une mode écologique

Par Caroline Montpetit

Avec le lot de mitaines d’enfants dépareillées que lui a donné le service de garde
d’une école de Montréal, Isabelle Kaliaguine a créé une audacieuse veste
rembourrée.
« C’est un projet de recherche », dit la diplômée en design et en muséologie, qui
travaille aujourd’hui sous le pseudonyme de D’ Guenille. Isabelle Kaliaguine ne
vend pas de produits recyclés directement aux individus, mais elle offre à des
entreprises de recycler leurs bannières publicitaires, par exemple, pour en faire
des produits comme des sacs. Et elle anime des ateliers de récupération de
vêtements pour tous les âges.
La passion du recyclage est venue à Isabelle Kaliaquine
à l’époque où elle créait des décors de tissu pour de
grands événements. « Je me souviens d’avoir tendu du
tissu pour décorer toute la gare Windsor », dit-elle.
« Après, les compagnies voulaient jeter le tissu. » Elle le
recyclait pour en faire autre chose. Aujourd’hui, elle se
sert de bannières pour recouvrir des bancs comme ceux
du stade de tennis du parc Jarry, et utilise des toiles
publicitaires des grands magasins pour donner des
ateliers de confection d’anoraks ou de sacs. « Je ne
peux rien jeter, dit-elle. Je me demande toujours ce que je pourrais faire avec ce
qui ne sert plus. » Lors de notre
entrevue, elle portait un chandail fait de tissu récupéré,
dont les poignets avaient été taillés dans des jambes de
chaussettes.

Le parent pauvre du recyclage

Le textile est le parent pauvre du recyclage au Québec,


confirme Brigitte Geoffroy, porte-parole de RECYC-QUÉBEC.
« La mode, c’est un secteur assez triste », dit-elle. Si le
commerce des vêtements de seconde main est
aujourd’hui florissant, le recyclage des matières textiles
est très marginal. Et « les vêtements ne vont pas dans le
bac de recyclage », fait remarquer M[me] Geoffroy. Les
fibres naturelles sont cependant biodégradables.

« Le Québécois moyen jette 30 kilos de textiles par


année », dit Isabelle Kaliaguine. Or, des matières comme
le polyester, par exemple, sont formées de microplastiques, qui se répandent
dans l’eau de lavage.
L’industrie vestimentaire se classe au sixième rang des
industries [les plus] polluantes et est l’un des plus
grands pollueurs d’eau potable, selon un rapport du
groupe londonien Eco Experts.

Des plus de 64 000 tonnes de textiles qui ont été


récupérées au Québec en 2021, peut-on lire dans les
statistiques de RECYC-QUÉBEC, « un peu moins de la
moitié de celles-ci ont été destinées au réemploi local
(40 %). Une quantité similaire (39 %) a également été
acheminée à des courtiers, qui exportent ensuite les
textiles principalement vers l’international, mais
également vers d’autres provinces canadiennes. Les
matières restantes ont été transformées sur place
(chiffons, artisanat, redesign[1] – 15 %) ». En 2018, moins
de 1 % des matières récupérées ont été envoyées vers
une filière de recyclage et conditionnement hors Québec,
comme pour le défibrage, « cette filière étant quasi inexistante au Québec

Il faut dire que le recyclage du textile est une opération coûteuse. Christiane
Garant, qui a produit durant 25 ans des vêtements de la marque Myco Anna,
fabriqués en partie avec des textiles de seconde main, en a fait l’expérience.

« Dans les premières années, les vêtements étaient faits à 100 % avec des textiles
de seconde main, des lainages qu’on transformait en vestes d’hiver et en
accessoires », raconte-t-elle. Ensuite, la compagnie a peu à peu intégré des
chutes commerciales de tissus22.

« Plus il y avait de fibres recyclées, plus cela coûtait cher à produire. Ça prend de
la main-d’œuvre pour transformer, découper, aller chercher la matière, la laver, la
démousser », dit la designer, qui a cessé sa production il y a quatre ans pour
ouvrir une boutique de créations locales.

« Après, dans les lainages, il peut y avoir une tache ou un trou, ça fait en sorte
qu’on ne peut pas faire de la production à grande échelle. C’est plus artisanal, du
pièce par pièce. Les matières ne réagissent pas toutes de la même manière. »

Hausser les prix?

Pour continuer sa production, il aurait fallu hausser les prix, explique Mme
Garant, ce que la clientèle n’était peut-être pas prête à assumer. Une mode
écorresponsable, dit-elle, se fait « avec une vraie conscience environnementale, et
non par appât du gain ».

D’ailleurs, les filières de recyclage du textile sont extrêmement rares. Marianne-


Coquelicot Mercier a par exemple développé les feutres Chroma, faits à 80 % de
fibres vestimentaires recyclées et à 20 % de fibres de polyester régénérées.
Isabelle Kaliaquine parle aussi d’ECONYL, une compagnie italienne qui récupère
le nylon recyclable des filets de pêche, quitte à aller les chercher dans l’océan,
pour en faire des maillots de bain par exemple.

Ces initiatives sont marginales. Le principal problème de la pollution par le textile,


c’est la surconsommation. À l’échelle mondiale, selon les données de Myriam
Laroche, consultante en virage écologique dans l’industrie de la mode, « un
vêtement est porté en moyenne sept fois avant d’être jeté. Plus de 50 % de la
mode éphémère produite est jetée moins d’un an plus tard. Et depuis 2008
seulement, à l’ère de la culture de surconsommation, la production de vêtements
a augmenté de près de 200 %, et la consommation de plus de 60 % ».

C’est donc la mode éphémère, peu chère, peu durable et utilisant souvent des
tissus polluants qui est au banc des accusés. « Si un vêtement neuf coûte moins
de 20 dollars », c’est qu’il vient de cette industrie, dit Myriam Laroche.
Les solutions sont toutefois souvent plus complexes qu’elles en ont l’air, poursuit-
elle. Le coton est biodégradable, mais sa production consomme énormément
d’eau. La fausse fourrure sauve des animaux, mais elle est fabriquée avec des
produits chimiques et n’est pas biodégradable. Myriam Laroche souhaiterait par
ailleurs que les machines à laver les vêtements soient munies de filtres
permettant de capter les microplastiques.

Des vêtements durables

Le maître mot de la mode responsable est donc la durabilité. Si un vêtement est


de bonne qualité, il durera plus longtemps. Isabelle Kaliaquine se souvient des
pantalons d’homme qui pouvaient s’ajuster facilement à la taille, selon qu’il
maigrissait ou engraissait, et pouvaient donc durer des années.

Petite-fille de couturière, elle a constaté que ce métier n’est pas valorisé au


Québec, comme si cette filière attirait nécessairement des gens qui ne peuvent
pas faire d’études prolongées. En France, a-t-elle remarqué, les gens ont, ou ont
eu plus tendance à faire réparer leurs vêtements qu’à les jeter. « Ils reprisent leurs
chaussettes trouées par exemple », dit-elle. Un phénomène plus rare ici.

Avec ses ateliers, elle joint toute une population, des adolescents aux personnes
âgées, qui souhaite garder ses vêtements plus longtemps, quitte à les
transformer, grâce à une applique ou à une broderie, pour en masquer l’usure. Et
afficher fièrement sa nouvelle vie.

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