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Section 1èreL'é-WPS Office

Le document traite de l'élaboration de la loi sur la protection de l'enfant en République Démocratique du Congo, en soulignant l'historique du cadre normatif et les lacunes du décret de 1950. Il met en avant l'adoption de la loi n°09/001 du 10 janvier 2009, qui vise à harmoniser la législation nationale avec les normes internationales et à établir un système de justice pour mineurs centré sur l'enfant. Enfin, il décrit la création et le fonctionnement des tribunaux pour enfants, ainsi que leurs compétences spécifiques en matière de protection et de réhabilitation des mineurs en conflit avec la loi.

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Le document traite de l'élaboration de la loi sur la protection de l'enfant en République Démocratique du Congo, en soulignant l'historique du cadre normatif et les lacunes du décret de 1950. Il met en avant l'adoption de la loi n°09/001 du 10 janvier 2009, qui vise à harmoniser la législation nationale avec les normes internationales et à établir un système de justice pour mineurs centré sur l'enfant. Enfin, il décrit la création et le fonctionnement des tribunaux pour enfants, ainsi que leurs compétences spécifiques en matière de protection et de réhabilitation des mineurs en conflit avec la loi.

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Section 1èreL’élaboration de la loi portant protection de l’enfant

Historique du cadre normatif congolais

Le décret du 6 décembre 1950 qui était en quelque sorte la copie conforme de la loi Belge du 15
Décembre 1912 a constitué pendant longtemps la première charte de l’enfant délinquant en République
Démocratique du Congo.[1]

Ce décret n’a pas expressément organisé toutes les règles de procédure spécifique en matière d’enfance
déviante ou délinquante. Le conseil colonial a justifié la quasi absence de telles règles dans son rapport
relatif au décret du 6 décembre 1950 en rappelant qu’au cours des débats parlementaires qui ont
précédé le vote de la loi Belge du 15 Décembre 1912 relative à la protection de l’enfance, le ministère de
la justice avait déclaré que cette loi ne dérogerait au droit commun que quant elle le stipulait de
manière expresse et tout ce qu’elle ne modifiait pas dans la législation générale devait en être de même
du projet de décret.

Le décret du 6 décembre 1950, en raison du manque de conceptualisation et d’actualisation de son


contenu est aujourd’hui en déphasage avec les réalités sociales et judiciaires actuelles mais aussi avec
les dispositions des normes internationales ratifiées par la République Démocratique du Congo.[2]

Plusieurs projets de réformes en vue d’une modernisation de ce décret ont pourtant été élaborés et
présentés aux autorités compétentes mais ils n’ont pas été suivis d’effets.

Le processus de mise en conformité de la législation actuelle aux dispositions de la convention des


Nations Unies relatives aux droits de l’enfant devrait privilégier l’institutionnalisation de procédures de
règlement extrajudiciaire des litiges, particulièrement adaptées au contexte africain.

Sur le plan politique,

Sur le plan social,

Sur le plan économique,

Sur le plan judiciaire.

Ces procédures permettent en principe une résolution des litiges plus rapide, moins coûteuse, qui évite
au mineur les conséquences fâcheuses engendrées pour restaurer le lien social existant entre l’auteur
de l’infraction et la victime.[3]
Cependant, l’absence de cadre juridique délimitant avec précision les contours de ce mode de résolution
des différends permet le développement de pratiques arbitraires qui mettent en péril l’intérêt de
l’enfant. L’élaboration d’un tel cadre constitue donc une priorité et doit être adapté, aux règles minima
des Nations Unies relatives à la protection de l’enfant doit être adapté à la convention des Nations Unies
relatives aux droits de l’enfant qui constituent les normes de référence en matière de protection des
droits fondamentaux de l’enfant.

La loi n°09/001 du 10 janvier 2009 portant protection de l’enfant

La République Démocratique du Congo est entrain de réaliser des efforts pour la consolidation des droits
des enfants. Cette évaluation s’est manifestée par l’adoption par les deux chambres du parlement et la
promulgation par le chef de l’Etat de la loi portant protection de l’enfant.[4]

Au terme de l’exposé de motifs, il a été rappelé que la condition de l’enfant dans le monde en raison de
sa vulnérabilité, de sa dépendance par rapport au milieu, de son manque de maturité physique,
intellectuelle et émotionnelle, nécessitant de soins spéciaux et une protection particulière n’a cessé
d’interpeller depuis un certain temps la communauté internationale.

Mue par la constitution du 18 février 2006 en son article 123, point 16, la République Démocratique du
Congo dont la population accorde une place centrale à l’enfant entant que renouvellement de l’être et
de la vie, s’est résolument engagé à faire de la protection de l’enfant son cheval de bataille,[5] en
adhérant à la convention 182 sur l’interdiction des pires formes de travail.

Cependant, en dépit des efforts déployés, de nombreux enfants continuent d’être maltraités,
discriminés, accusés de sorcellerie, infectés ou affectés par le VIH/SIDA ou sont l’objet de trafic. Ils sont
privés de leur droit à la succession, aux soins de santé et à l’éducation.

Pis encore, de nombreux enfants vivent dans la rue, victimes d’exclusion sociale, d’exploitation
économique et sexuelle tandis que d’autres sont associés aux forces et groupes armés. C’est dans ce
contexte que s’est fait sentir le besoin pressant d’élaborer dans notre pays une loi portant protection de
l’enfant. Ainsi, cette loi poursuit notamment les objectifs ci-après :
~ Le premier consiste en l’obtention d’un document unique contenant l’essentiel des dispositions légales
et règlementaires concernant l’enfant. En effet, auparavant plusieurs textes réglaient la manière, entre
autres le code de la famille, le code du travail, le code judiciaire, le code militaire, etc. cependant, le
renvoyant pour le reste aux codes concernés.

~ Le second objectif visait à harmoniser ce texte unique avec les standards internationaux établis par les
instances internationales auxquelles la République Démocratique du Congo fait partie, en vue de
répondre à l’évolution de la société congolaise

§1 La prise en compte des exigences fondamentales d’un système de justice pour mineur

Pour donner à un enfant le meilleur départ possible dans la vie, il faut adopter une démarche qui intègre
tous les éléments de son développement dès son plus jeune âge. On jette ainsi le fondement sur
lesquels, repose l’apport de la communauté internationale et nationale, qui présente toute une série
d’avantage.

La conception de l’enfant, des droits qui lui sont attachés, a évolué dans le temps.

Chez les romains, le père a le droit de vie et de la mort sur ses enfants. L’origine du mot « enfant » vient
d’ailleurs du mot latin « infrans », qui signifie « celui qui ne parle pas ». Pendant des siècles, l’enfant
n’est pas considéré comme une personne à part entière. Son père décide de tout pour lui.[6]Ce n’est
qu’au XVIIIe siècle, avec les philosophes de lumières, que l’on commence à s’intéresser aux conditions
du développement de l’enfant qui a besoin d’éducation, d’aide et de protection.[7]En voici quelques
critères :

Le système de justice pour mineur doit être rationnel et humain.[8] Le système de justice congolais est
rationnel et humain en ce qu’il vise le respect de la dignité humaine de l’enfant et se réfère aux
instruments internationaux en matière de justice juvénile. Le législateur congolais a intégré bon nombre
des dispositions pertinentes de ces instruments dans la loi portant protection de l’enfant. Aucun enfant
ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements crues, inhumains ou dégradants. La peine
de mort et la servitude pénale à perpétuité ne peuvent être prononcées pour les infractions commises
par un enfant.[9]

Le système de justice pour mineurs doit traiter l’enfant avec humanité.[10] Le système de justice pour
mineurs congolais traite l’enfant avec humanité. Il prévoit l’interdiction de la torture, des traitements
cruels, inhumains ou dégradants ainsi que de la peine de mort et de la servitude pénale à perpétuité.
[11]

Le système de justice pour mineurs doit être centré ou axé sur l’enfant.[12] Le système de justice pour
mineurs congolais est centré ou axé sur l’enfant. La loi portant protection de l’enfant prévoit des
dispositions qui énoncent les principes fondamentaux tels que la non discrimination, l’intérêt supérieur
de l’enfant et la participation.[13]

Le système de justice pour mineurs doit viser la spécialisation et une approche pluridisciplinaire.[14]
Cette loi a mis en place des tribunaux pour enfants dans lesquels seront affectés des magistrats
spécialisés c’est-à-dire formés et ayant un intérêt pour la justice pour mineurs. Le système congolais fait
appel à d’autres intervenants tels que les assistants sociaux, les médecins, les psychologues.[15]

Le système de justice pour mineurs doit être séparé du système de protection sociale.[16] Les enfants se
livrant à des actes de déviance sont considérés comme en situation difficile et bénéficie d’une protection
sociale spéciale à travers des mécanismes de prise en charge appropriés.[17]

Le système de justice pour mineurs doit fixer un seuil minimum de responsabilité pénale.[18] Le système
de justice pour mineur congolais dispose d’un seuil minimum de responsabilité pénale fixé à 14 ans.[19]
En dessous de cet âge, le juge confie l’enfant à un assistant d’accompagnement visant la sauvegarde de
l’ordre public et la sécurité de l’enfant et en tenant compte de la réparation du préjudice causé.

Le système de justice pour mineurs doit respecter le principe de la légalité des peines et des délits.[20]
Aucun enfant ne doit être suspecté, accusé ou convaincu d’infraction à la loi pénale en raison d’actions
ou d’omissions qui n’étaient pas interdites par le droit national ou international au moment où elles
étaient commises. D’une manière générale, le système judiciaire congolais applique le principe qui veut
que nulle infraction ne soit punie des peines qui n’étaient pas portées par la loi avant que l’infraction fut
commise, ainsi que l’adage « nullumcrimen, nullapoena sine legem ».[21]

Le système de justice pour mineurs doit faire bénéficier à l’enfant en conflit avec la loi des garanties
fondamentales de la procédure judiciaire.[22] Le système de justice pour mineurs congolais fait
bénéficier à l’enfant en conflit avec la loi, sous peine de nullité de la procédure, des garanties
fondamentales d’un procès équitable.[23]

Le système de justice pour mineurs doit prévoir un pouvoir discrétionnaire.[24] Pour permettre à
certains intervenants d’exercer un pouvoir discrétionnaire dans la prise des décisions. Il en est ainsi des
juges des enfants qui peuvent prendre des mesures estimés convenir le mieux dans chaque cas, mesures
qu’ils pourront en suite réviser.[25]

Le système de justice pour mineurs doit donner priorité aux mesures alternatives à la privation de
liberté.[26] Tels que l’assignation à résidence, la réprimande et la remise aux parents ou le fait de
confier l’enfant à un couple de bonne moralité.[27]

Le système de justice pour mineurs doit prévoir la possibilité de recourir aux mesures extrajudiciaire et
doit mettre un accent sur la justice « restauratrice ».[28] Par la justice « restauratrice » est une approche
qui reconnaît que l’infraction affecte la victime, la communauté au sein de laquelle l’infraction à été
commise et l’auteur de l’infraction. Son objectif est de faciliter la réparation du dommage causé par
l’infraction à la communauté et à la victime de permettre à l’auteur de restaurer une place au sein de la
collectivité. Le système de justice pour mineurs congolais à prévu la médiation comme mécanisme
extrajudiciaire consistant à éloigner l’enfant en conflit avec la loi de la procédure judiciaire.[29]

Le système de justice pour mineurs doit viser la réintégration de l’enfant dans la société et lui faire
assumer un rôle constructif au sein de celle-ci.[30]Les institutions de placement d’enfant en conflit avec
la loi ont pour objectif non seulement la garde, l’éducation ou la rééducation mais aussi la réinsertion
sociale.[31]

§2. La création des tribunaux pour enfant

Il est crée, dans chaque territoire et dans chaque ville, une juridiction spécialisée dénommée tribunal
pour enfants conformément à l’article 84, de la loi n009/001 du 10 Janvier 2009 portant protection de
l’enfant. Le siège ordinaire et le ressort de ce tribunal sont fixés par décret du premier ministre.[32]

Selon la charte africaine sur les droits et le bien-être de l’enfant, tout enfant accusé ou déclaré coupable
d’avoir enfreint la loi pénale a droit à un traitement spécial compatible avec sa dignité et sa valeur, et
semblable de renforcer le respect de l’enfant pour les droits de l’homme et les libertés fondamentales
des autres.[33]

Le tribunal pour enfants, crée par la loi n°09/001 du 10 janvier 2009 portant protection de l’enfant, est
une juridiction spéciale. Il n’est pas à classer dans l’un ou l’autre ordre de juridiction judiciaire ou
administratif. Sa spécialité résulte du fait que cette juridiction se rattache à un sujet spécifique de droit
qu’est l’enfant, entendu au sens de l’article 41 de la constitution et de l’article 2 de la loi précitée, c’est-
à-dire toute personne sans distinction de sexe, qui n’a pas encore atteint dix huit ans révolus.

Le caractère spécial du tribunal pour enfant a conduit le législateur à prendre en compte les principes
universellement admis en matière de justice pour mineurs, dans la fixation des règles de procédure
devant cette juridiction. Il s’agit principalement de la sincérité ou du non finalisme, de la célérité de la
confidentialité.

Mais le caractère spécial n’est pas institué en ce qui concerne les enfants en conflit avec la loi. En effet,
lorsque le tribunal pour enfants est saisi pour se prononcer en matière d’identité, de capacité, de
filiation, d’adoption ou de parenté, les règles de procédure applicables sont prévues ordinairement au
civil.
Si un mineur a commis un manquement qualifié d’infraction à la loi pénale, le seul juge compétent pour
en connaître au premier degré sera le juge de paix siégeant avec un officier du ministère public,
magistrat de carrière. La peine sera remplacée par une mesure, d’éducation ou de préservation d’après
distinctions.

Organisation et fonctionnement des tribunaux pour enfants

Le tribunal pour enfant est composé de la chambre de première instance et de la chambre d’appel. Les
deux chambres sont indépendantes l’une de l’autre quant à leur fonctionnement.

Le tribunal pour enfant est composé d’un juge président et des juges, tous affectés par le conseil
supérieur de la magistrature parmi les magistrats de carrière spécialisés et manifestant de l’intérêt dans
le domaine de l’enfance. En cas d’absence ou d’empêchement, le président est remplacé par le juge le
plus ancien d’après l’ordre de nomination.[34]

Le président est chargé de la répartition des tâches. La chambre de première instance siège à juge
unique. La chambre d’appel siège à trois juges. Le tribunal pour enfant compte un greffier assisté d’un
ou plusieurs adjoints. Le tribunal pour enfant est doté d’au moins un assistant social affecté par les
services provinciaux ayant les affaires sociales dans leurs attributions. Le tribunal pour enfant siège avec
le concours du ministère public du ressort et l’assistance d’un greffier.

Compétences du tribunal pour enfant

Le tribunal pour enfant n’est compétent qu’à l’égard des personnes de moins de 14 ans bénéficie, en
matière pénale, d’une présomption irréfragable d’irresponsabilité.[35]

Lorsque l’enfant déféré devant le juge a moins de 14 ans, celui-ci le relaxe comme ayant agi sans
discernement et ce, sans préjudice de la réparation du dommage causé à la victime. Dans ce cas, le juge
confie l’enfant à un assistant social et, ou un psychologue qui prend des mesures d’accompagnement
visant la sauvegarde de l’ordre public et la sécurité de l’enfant et tenant compte de la réparation du
préjudice causé. Ces mesures consistant notamment dans l’accompagnement psychosocial et le
placement dans une famille d’accueil ou une institution privée à caractère social autre que celle
accueillant des enfants en situation difficile.
Un enfant de moins de 14 ans ne peut être placé dans un établissement de garde provisoire, ni dans un
établissement de garde d’éducation ou de rééducation de l’Etat.

Le tribunal pour enfants est seul compétent pour connaître des matières dans lesquelles se trouve
impliqué l’enfant en conflit avec la loi. Il connaît également des matières se rapportant à l’identité, la
capacité, la filiation, l’adoption et la parenté telles que prévues par la loi.

Dans les matières prévues à l’alinéa 2 de l’article 99 de la loi portant protection de l’enfant, les décisions
sont prises conformément aux règles de la procédure civile.

Est territorialement compétent, le tribunal de la résidence habituelle de l’enfant, de ses parents ou


tuteur, du lieu des faits ou l’enfant aura été trouvé, ou du lieu où il a été placé, à titre provisoire ou
définitif les tribunaux pour enfants ne sont pas encore fonctionnels. Ce sont les tribunaux de paix qui
font office des tribunaux pour enfants.

Section 2èmeLes difficultés socio économiques.

La situation socio économique n’est pas encore améliorée, malgré les efforts fournis par le
gouvernement congolais et d’autres acteurs. Les défis de la reconstruction sociale et économique sont
multiples. Le démarrage économique et handicapé par le cycle d’endettement qui freine d’ailleurs le
développement des capacités productives.

La République Démocratique du Congo perd chaque année sa croissance économique à cause de


l’instabilité. L’Etat se doit en temps de paix, de répondre ou tout au moins de veiller à la disposition des
citoyens des structures et infrastructures nécessaires à leur promotion et bien-être socio économique,
tels le travail rémunéré, les structures sanitaires et scolaires.

Si dans les pays occidentaux le développement a atteint un niveau où l’offre en matière de travail est
supérieur à la demande malgré la forte industrialisation et la robotisation, dans les pays du tiers-monde
par contre la faible industrialisation, l’équipement insuffisant, le faible taux de scolarisation, et
l’inadéquation formation emploi conduisent inévitablement l’homme au chômage et à la misère.
En effet, l’époque de l’Etat providence est dépassée surtout en ce qui concerne les pays sous-
développés, caractérisés par l’insuffisance alimentaire, monétaire, une démographie galopante et où
l’on vit en dessous du seuil de pauvreté. Toutes ces tares conduisent inévitablement à l’errance des
jeunes et des enfants, et surtout rend critique la cohésion sociale.

Dès lors, pour beaucoup d’enfants, creuseurs de diamants. Ils sont exploités par des adultes espérant
des gains rapides qui les font travailler pendant de longues heures, parfois au péril de leur vie (boyaux
de mine non étayés), pour quelques pièces qui leur permettent tout juste de se nourrir.

Ce travail de creuseur, souvent illégal, les expose aussi aux rafles des gardes. S’ils sont pris, ils sont
arrêtés et placé en cellule, sans égard pour leur âge, dans des conditions particulièrement pénibles.[36]

Certains même s’enrôlent par désespoir, situation que les « recruteurs » exploitent fréquemment. Ils
sont utilisés dans des zones d’exploitation des ressources et sont rétribués avec une modique somme
d’argent mais cela constitue pour eux un revenu.

§1. Difficultés sociales

De manière générale, les indicateurs sociaux sont très alarmants. Au niveau du système éducatif, ce sont
les parents qui paient tous les frais. Le taux de scolarisation est de 33 % et le taux général
d’analphabétisation est de 52 % en 2010.

La qualité de l’instruction est en baisse et les enseignants touchent un salaire modique qui ne leur
permet pas de satisfaire leurs besoins vitaux.

Selon le rapport sur le développement humain publié en 2010, la République Démocratique du Congo
est classé 177ème sur 177 avec un revenu national par habitant à la parité des pouvoirs d’achat de 705
dollars par an. Environ 1200 personnes dont la moitié constituée des enfants meurent chaque jour à
cause de la violence, des maladies et de la malnutrition. Cette dernière touche entre 60 et 70 % des
femmes et des enfants.

Les dimensions multiples de la pauvreté des enfants en RD Congo


Pour l’organisation des Nations Unies, la pauvreté peut être définie comme étant « la condition dans
laquelle se trouve un être humain qui est privé de manière durable ou chronique des ressources, des
moyens des choix, de la sécurité et du pouvoir nécessaires, politiques et sociaux.« La pauvreté se
rapporte à la privation des biens et services de base, mais elle englobe également des carences en qui
concerne d’autres dimensions essentielles des droits de l’homme qui, telles que la réponse et les loisirs
et la protection contre la violence et les conflits, élargissement les choix des individus et leurs capacités.
[37]

Vu que, pour les enfants, la pauvreté dont ils font l’expérience, mut à leur développement mental,
physique, affectif et spirituel, il importe tout particulièrement d’élargir la définition de la pauvreté chez
les enfants en dépassant les conceptualisations classiques, telles que la faiblesse du revenu du ménage
ou les faibles niveaux de consommation. La pauvreté met en péril chacun des droits de l’enfant en RD
Congo, l’empêche d’acquérir ce dont il a besoin pour survivre, se développer et s’épanouir.

Les enfants manquent le plus de biens et de services essentiels : plus d’un tiers de tous les enfants
souffrent de malnutrition, ne vont pas à l’école. La pauvreté illustre la nature multidimensionnelle des
menaces qui pèsent sur les enfants : chaque privation exacerbe les effets des autres, et lorsque deux
d’entre elles, voire les trois, conjuguent leurs effets, l’impact sur la vie des enfants est catastrophique.

Les enfants qui vont chercher de l’eau à une source éloignée ont moins de temps pour aller à l’école et
ce problème touche particulièrement les filles. Ces privations, et d’autres, telles que l’absence d’un
logement adéquat et d’accès aux services sociaux, empêchent les enfants à jouir de leurs droits à
l’éducation, à une bonne nutrition et aux soins de santé, l’enfance restera menacée.

La pauvreté met souvent les enfants en contact avec la loi ; et les systèmes de justice pénale, qui ne
tiennent pas compte des droits des enfants accusés d’avoir commis des infractions, peuvent perpétuer
la pauvreté.[38]

Lorsque les enfants sont accusés d’infractions (telles que le vol de nourriture), et lorsque la seule
solution est la détention, on les sépare de bonne heure de leur famille et du reste de la communauté, ce
qui les empêche d’acquérir, l’éducation de base pour évoluer dans la société et échapper à la pauvreté
une fois adultes. Même après leur remise en liberté, ils sont souvent désignés à l’opprobre public et
peuvent éprouver des difficultés à se réinsérer dans la collectivité ; facteurs qui aggravent leur
marginalisation et leur pauvreté par la suite.
Dans tous ces cas, les séquelles de la pauvreté, loin de ne concerner que la première génération,
peuvent se transmettre aux générations à venir.

En mettant en lumière les façons dont la pauvreté empêche les enfants de donner le meilleur d’eux-
mêmes et de participer sur un pied d’égalité à la vie de la société.

Les enfants en RD Congo sont privés d’un grand nombre de leurs droits : survie, santé et nutrition,
éducation, participation et protection contre tout préjudice, exploitation et discrimination. Ces
privations plongent les enfants dans la détresse à court terme. Elles sont généralement associées à trois
facteurs structurels : faible revenu du ménage ; absence d’infrastructures physiques dignes de ce nom,
souvent liée à la faiblesse des investissements publics et faiblesse des institutions.

La pauvreté prive les enfants de leurs droits en RD Congo

Lorsqu’ils vivent dans la pauvreté, les enfants sont privés de bon nombre de leur droits, dont
notamment le droit à la survie, à la santé et à la nutrition, à l’éducation, à la participation et à la
protection contre la violence, l’exploitation et la discrimination.

La pauvreté met en péril l’enfance de la façon la plus directe qui soit : en menaçant le droit qu’a un
enfant de vivre. La survie de l’enfant a toujours été au cœur de l’action de la communauté
internationale de développement et sauver la vie de nourrissons et protéger la santé des mères et des
enfants demeurent l’une des principales priorités de l’UNICEF.

Sur le plan de la santé et nutrition, la pauvreté met en péril l’enfance en exposant des millions d’enfants
à des maladies qui pourraient facilement être évitées ou guéries au moyen de médicaments et de
vaccins peu coûteux.

Toutes les années, cinq milles enfants meurent en RD Congo faute de ne pas avoir pu bénéficié de
vaccins pourtant courants. La malnutrition joue un rôle dans environ la moitié de ces décès. Les carences
en micronutriments entrent également en ligne de compte : un enfant atteint de carence en Vitamine A.
même lorsqu’elle ne met pas directement en danger les jours de l’enfant, la malnutrition peut causer
chez un jeune enfant des retards de croissance ou des handicaps et nuire au développement du cerveau
et aux facultés d’apprentissage de l’enfant, l’empêchant d’acquérir les compétence dont son avenir
dépend.

Le manque d’accès à l’eau salubre et à des installations sanitaires adéquates est un facteur de
transmission des maladies, d’aggravation de la malnutrition et d’affaiblissement de la santé.

En ce qui concerne l’éducation : 12 millions d’enfants en âge d’aller à l’école en RD Congo qui ne sont
pas scolarisés sont privés de leur droit à l’éducation du fait de la pauvreté, parce que leur famille n’a pas
les moyens de s’acquitter de frais de scolarité, parce que l’insuffisance des budgets nationaux empêches
de construire des établissements scolaires adéquats, ou parce qu’ils doivent travailler pour pouvoir
manger.[39]

La majorité de ces enfants sont des filles, qui sont souvent les premières à ne plus aller à l’école en cas
de difficultés financières. Même lorsque les filles sont scolarisées normalement, il se peut qu’elles
obtiennent de moins bons résultats du fait des stéréotypes sexistes qui subsistent ou des responsabilités
ménagères qui les empêchent d’aller régulièrement à l’école. Non seulement la pauvreté met en péril la
vie des enfants, mais elle accroit également leur vulnérabilité face à d’autres dangers, en favorisant la
violence et l’exploitation, notamment le travail des enfants.

Les prédateurs qui vendent des esclaves ou l’exploitation sexuelle ne vont pas chercher leurs proies
dans les bans lieux aisées ; ils recrutent dans les bidonvilles les plus pauvres ou dans les régions rurales
les plus défavorisées, là où la pauvreté extrême rend souvent les enfants plus vulnérables.

Les projets de développement nationaux et internationaux présentent souvent les enfants comme les
bénéficiaires de la charité, plutôt que comme des participants actifs à l’élaboration de leur propre
avenir, et tiennent trop rarement compte de l’avis des enfants dans les stratégies mises ou point en leur
faveur. Pourtant, la réduction de la pauvreté peut accroître le pouvoir d’action des enfants, tout comme
la pauvreté peut les condamner au silence.

§2. Difficultés économiques.

La RD Congo dispose d’une économie non compétitive par rapport à d’autres pays africains. Selon la
banque mondiale, l’économie congolaise occupe en 2010, la 178ème position c’est-à-dire la dernière
place sur la liste des pays du monde considérés d’après leurs capacités à offrir des réelles facilités pour
réaliser des affaires.

Plus de la moitié des enfants congolais travaillent durement dans des environnements insolubles pour
contribuer aux charges des ménages, indique l’enquête socio-économique réalisée dans quelques villes
du pays.

Les résultats de cette étude démontrent que la RD Congo est encore loin de respecter les droits
fondamentaux relatifs à la liberté, à la santé et au loisir des enfants. La population vit avec une moyenne
de 0,30 dollars par jour soit une valeur de trois beignets de 100 francs congolais par jour. Aujourd’hui en
RD Congo douze milles enfants travaillent dans les mines, un enfant qui travail dans les mines, le fait par
cause de pauvreté.[40]Le système éducatif n’est pas bien organisé et l’Etat alloué un quota dérisoire à
l’éducation et à la formation technique et professionnelle.

Avec cette précarité qui engouffre les ménages au Congo, les enfants ne bénéficient pas d’une éducation
suffisante. Le problème souvent, c’est la pauvreté, c’est le chômage des parents ; tout dépend de la
gestion et de la volonté politique de l’Etat.

Les crises politiques à répétition que connait la RD Congo depuis son indépendance jusqu’à ce jour n’ont
pas entraîné que la violence et les guerres civiles.[41]Nous avons souligné plus tant qu’elles avaient
aussi entrainé une délinquance de l’Etat qui s’est soldé par le démantèlement du tissu socio-
économique du pays, un phénomène qui a fini par rendre les parents incapables d’assumer leurs
obligations familiales, ce qui a placé l’enfant congolais devant issue fatales :

~ Quitter l’école que les parents ne peuvent plus payer pour aller travailler pour sa survie ou celle de sa
famille ;

~ Se délocaliser de la famille vers la rue où il est entraîné dans l’engrenage drogue, violence et
criminalité ;

~ Prendre le raccourci de la prostitution.


Ceux qui réunissent à résister à cette triple fatalité ont beaucoup de chance d’être chassés par la force,
du tout, familiale vers la rue à la faveur des fausses croyances au phénomène « enfant sorcier », qui
constitue par ailleurs un idéal prétexte utilisé par certains parents moins scrupuleux, ne pouvant plus
assumer leurs obligations familiales.

Les garçons et les filles accusés de sorcellerie sont souvent victimes de services corporels et affectifs,
tenus à l’écart des autres enfants, retirés de l’école et privés de tout contact physique avec d’autres
membres de la famille. Il se peut que des parents, des tuteurs ou des frères et sœurs plus âgés accusent
un enfant de pratiquer la sorcellerie ou d’être « possédé » lorsqu’une maladie ou un décès survient dans
la famille, qu’un revenu ou un emploi fixe est perdu ou qu’un comportement anormal est perçu chez
l’enfant.

L’impossibilité pour les parents ou les tuteurs de payer les frais de scolarité et autres coûts liés à
l’enseignement primaire était l’une des raisons pour lesquelles les enfants commençaient à passer du
temps dans les rues, ces enfants restent chez eux sans avoir rien à faire et très vite, ils sont dans la rue
pour chercher du travail ou s’amuser. Ils peuvent facilement être exploités par des adultes qui les paient
très peu, souvent pour des tâches très dures. Ou ils commencent à fréquenter des enfants qui vivent
dans la rue depuis quelques temps. Ils risquent de commencer à boire de l’alcool, à se droguer ou à
commettre des délits. Une fois habitués à la vie de la rue, ils quittent leur foyer et rejoignent des gangs
de délinquants de rue. Vue l’impossibilité pour les parents de payer les frais à leurs enfants s’entraîne la
déscolarisation des enfants.[42]

Plusieurs parents, ont exprimé leur inquiétude pour « l’avenir de leurs enfants qu’ils ne peuvent plus
scolariser faute de moyens ». Pourtant, soulignent-ils, « l’article 43 de la constitution du pays affirme
que l’enseignement primaire est obligatoire et gratuit dans les établissements publics.[43] Tandis que
l’article 44 dit que l’éradication de l’analphabétisme est un devoir national pour la réalisation du quel le
gouvernement doit élaborer un programme spécifique.[44]

Il n’existe aucun programme politique en matière d’enseignement dans notre pays. La souffrance des
parents, qui supportent l’enseignement en payant de leurs poches les salaires des enseignants, afin par
dévoiler, depuis les années 1980, l’incapacité totale du gouvernement à prendre en charge le domaine
de l’éducation.

Section 3èmeL’absence des juridictions spécialisées et du personnel


A l’heure actuelle, la loi n°09/001 du 10 janvier 2009 portant protection de l’enfant constitue le texte de
référence pour l’administration de la justice pour mineurs dans notre pays.

Le grand problème qui demeure encore intact est celui de l’inexistence des juridictions pour mineurs qui
seules peuvent bien appliquer cette loi et de l’absence de formation de leurs animateurs. Actuellement,
c’est le juge de paix qui, à la fois, connaît des matières civiles et pénales qui examine, au premier degré,
les affaires des mineurs.

En ce sens, l’article 87 la loi portant protection de l’enfant du 10 janvier 2009 dispose : Le tribunal pour
enfant est composé de la chambre de première instance et la chambre d’appel.[45]Les deux chambres
sont indépendantes l’une de l’autre quant à leur fonctionnement.

Le tribunal pour enfants est composé d’un président et des juges, tous affectés par le conseil Supérieur
de la Magistrature parmi les magistrats de carrière spécialisés et manifestant de l’intérêt dans le
domaine de l’enfance. En cas d’absence ou d’empêchement, le président est remplacé par le juge le plus
ancien d’après l’ordre de nomination.

Pour une application efficiente de la loi portant protection de l’enfant, le gouvernement congolais doit
allouer un budget conséquent au secteur de la justice pour la création des juridictions mineurs, la
spécialisation des juges et la formation des OPJ en ce qu’ils sont les plus souvent les premiers à être en
contact avec les enfants en conflit avec la loi.

En dehors de cet aspect, il y a des défis d’ordre pratique et règlementaire à relever. En d’autres termes,
il faut que les autorités compétentes prennent des décrets et arrêtés pour la mise en œuvre de cette loi.
Il est, à cet égard, fort regrettable de contacter que le code de la famille attend depuis maintenant 23
ans des textes règlementaire au titre des mesures d’application de certains de ses dispositions.

Le personnel doit comprendre un nombre suffisant de spécialistes tels que des éducateurs, des
instructeurs, des conseillers, des travailleurs sociaux, des psychiatres et des psychologues qualifiés. Ces
personnes et les autres spécialistes doivent normalement être employés à titre permanent, ce qui
n’empêche pas d’employer des auxiliaires à temps partie ou bénévoles si l’appui et la formation qu’ils
peuvent donner sont adéquats et bénéfiques.
L’établissement doit avoir recours à toutes les sources et formes d’assistance curative, scolaire, morale,
spirituelle et autre qui sont indiquées et disponibles et doit s’efforcer de les employer selon les besoins
et les problèmes individuels de traitement des mineurs.

L’administration doit choisir avec soin le personnel de tout grade et de toute catégorie, car c’est de son
intégrité, de son humanité, de sa capacité de s’occuper de mineurs, de ses capacités professionnelles et
de son aptitude générale au travail en question que dépend d’une bonne gestion de mineurs.

Le personnel doit recevoir une formation qui lui permette de s’acquitter de manière efficace de ses
tâches en matière de réadaptation et qui comporte, en particulier, une formation dans les domaines de
la psychologie de l’enfant, de la protection de l’enfance et des moins internationales relatives aux droits
de l’homme et aux droits de l’enfant, notamment les présentes règles.

Tout au long de sa carrière, le personnel devra maintenir et perfectionner ses connaissances et sa


capacité professionnelle en suivant des cours de perfectionnement qui seront organisés
périodiquement.

L’administration doit instaurer des formes d’organisation et de gestion propres à faciliter les
communications entre les diverses catégories de personnel dans chaque établissement afin d’assurer la
coopération entre les divers services qui s’occupent des mineurs, ainsi qu’entre le personnel et
l’administration, de manière à ce que le personnel directement en contact avec les mineurs soit en
mesure de travailler dans des conditions favorables à l’exercice de ses fonctions.

Si un mineur a commis une infraction, le seul juge compétent pour en connaître au premier degré sera le
juge de paix siégeant avec un officier du ministère public, magistrat de carrière. La peine sera remplacée
par une mesure de garde, d’éducation ou de préservation d’après des distinctions.

Le rapport du conseil colonial au décret du 6 décembre 1950 signalait déjà qu’il est unanimement admis
que les juridictions (tribunaux) de l’enfance, grâce à la spécialisation du juge dans l’étude des problèmes
de l’enfance délinquante, grâce à la simplicité de la procédure, à l’absence de toute publicité des
audiences, au cadre des locaux où les jeunes délinquants comparaissent, grâce surtout au fait que le
magistrat en infligeant une sanction cherche avant tout à assurer l’assistance et l’éducation de l’enfant
ont contribué puissamment aux résultats encourageants qui suivent partout leur organisation.[46]
Les législateurs qui ont adopté ce système ont compris l’importance particulière accordée à la
spécialisation du personnel chargé de connaître des affaires dans lesquelles des mineurs sont impliqués.

Section 3ème Perspectives d’avenir

En dépit de ces différents textes de lois qui ont amélioré tant soit peu le cadre légal de protection de
l’enfant, la situation sociale de l’enfant s’est davantage détériorée du fait de la non diffusion de ces
textes auprès des autorités politico-administratives qui sont censées se charger de la mise en œuvre et
les enfants eux-mêmes et de l’ignorance de ceux-ci par la population en général et les parents eux-
mêmes.

La dégradation de la situation de l’enfant est totalement évidente et perceptible que le président de la


République, dans son discours sur l’état de la nation du 6 décembre 2008 à déclaré : « ... nous ne
pouvons, sans faire le lit de la violence et de la grande criminalité, accepter qu’une grande partie de la
jeunesse vise en marge de la société sans encadrement familial, sans éducation, sans logement, sans
emploi, sans revenu et donc sans espoir ... ».[47]

Or, cette jeunesse ainsi décrite « sans emploi, sans revenu .... » est génitrice d’un grand nombre
d’enfants dit de la rue non scolarisés, abusés et exploités. Par ailleurs, il y a lieu d’indiquer qu’à cause de
la persistance des conditions économiques défavorables et de manque d’une politique sociale claire, il y
a aujourd’hui, non seulement des générations d’enfants de la rue, mais aussi, des parents et de grands
parents de la rue.

Puisse l’Etat congolais fait partie de ces instruments relatifs à la détention et aux mesures alternatives,
nous l’invitons à prendre des mesures administratives susceptibles de donner plein effet aux nombreux
textes légaux pris en vue de la promotion et de la protection de l’enfant.

Par la même occasion, nous invitons le gouvernement à dégager une ligne budgétaire conséquente pour
assurer une bonne diffusion de ces instruments dans tout le pays et, à cet effet, à accorder un rôle
important aux organisations de la société civile particulièrement les organisations non
gouvernementales et accroître sa coopération avec celles-ci lors de l’élaboration des politiques et
programmes de la mise en œuvre de ces instruments protégeant l’enfant.
Enfin, que l’Etat congolais ne néglige point de réaliser les actions en faveur de la promotion et de la
protection de l’enfant qui lui sont suggérées par les ONG et d’octroyer le pouvoir et le budget
nécessaires au conseil national de l’enfant et de mettre en place un mécanisme de surveillance
indépendante chargée de la misse en œuvre de la convention et d’en assurer la suivi.

L’article 45 points 6 et 7 de la constitution de la troisième République promulguée le 18 février 2006,


dispose que « les pouvoirs publics ont le devoir d’assurer la diffusion et l’enseignement de la
constitution, de la déclaration universelle des droits de l’homme, de la charte africaine des droits de
l’homme et des peuples ainsi que de toutes les conventions régionales et internationales relatives aux
droits de l’homme et au droit international humanitaire dûment ratifiées.

L’Etat à l’obligation d’intégrer les droits de la personne humaine dans tous les programmes de
formation, dans les forces armées, dans la police et les services de sécurité ... ».[48]

Malheureusement, la préoccupation du comité, quant à la connaissance de ces conventions relatives


aux droits de l’enfant par un grand nombre de la population congolaise et des professionnels concernés,
demeure en dépit de la traduction de ces instruments dans nos quatre langues nationales.

L’Etat congolais doit multiplier des campagnes de vulgarisation de ces instruments auprès des praticiens
des lois sur toute l’étendue du territoire national et surtout dans les milieux ruraux.

Puisse nous citons l’Etat congolais à élaborer un plan national de diffusion et de vulgarisation de ces
instruments avec un accent particulier vers tous les services de l’administration publique de manière
que les décideurs soient suffisamment informés sur ces obligations du gouvernement à l’égard des
enfants. L’Etat congolais doit multiplier des campagnes de vulgarisation et des formations en faveur des
acteurs intervenant dans les questions de l’enfant. Par ailleurs, que les versions en langues nationales
soient rendues disponibles et vulgarisés auprès de la population en général et des enfants en particulier
et que ce soit prévue spécialement pour ces derniers une version en bande dessinée pour une meilleure
compréhension et d’allouer des subsides aux ONG locales en vue de faciliter et intensifier les campagnes
de vulgarisation entreprises par elles sur tout l’ensemble du pays.

L’intérêt supérieur de l’enfant n’est pas encore une préoccupation primordiale dans les décisions prises
ou à prendre par des institutions publiques ou privées de protection sociales des tribunaux, des
autorités administratives ou des organes législatifs.
A titre indicatif :

En matière de séparation des conjoints les tribunaux rendent des décisions d’attribution des enfants aux
pères ou seul motif que ce sont eux qui travaillent et qui ont des moyens matériels et financier pour les
encadrer au détriment de l’élément affectif.

En matière d’attribution d’autorisation de fonctionnement, les autorités administratives accordent des


autorisations aux églises, bars et buvettes sans tenir compte de leur proximité avec les écoles, les
maternités et des lieux de résidence sensibles et de leur influence néfaste sur l’éducation ou le repos.

Il n’existe pas des normes établies pour le fonctionnement des structures de placement des enfants. Ce
qui explique que les enfants subissent des règles de différents milieux à un autre en raison de
l’inexistence de norme et de système de contrôle approprié.

Dans tout le pays, il existe plus des bars, buvettes, églises que des bibliothèques, des centres récréatifs,
des salles de spectacles.

Le parlement composé des députés et sénateurs qui ont pour mission de parler au nom du peuple
adopte depuis plusieurs années, de façon tout à fait irréaliste, un budget de l’Etat qui prévoit une
allocation très modique aux services sociaux de base.

Nous invitons l’Etat congolais à organiser des formations et des recyclages des autorités et du personnel
judiciaire afin que l’élément moyens matériel et financier ne soit pas le seul critère à considéré
notamment pour confier la garde des enfants à l’un ou l’autre des conjoints mais qu’il soit également
tenu compte de l’élément affectif qui prend en compte l’intérêt supérieur de l’enfant.[49]

Le gouvernement congolais doit prendre les mesures législatives, administratives ou autres incitant les
autorités administratives à tenir compte de l’intérêt supérieur de l’enfant dans l’octroi des autorisations
administratives en matière d’encadrement et de contrôle des centres de placement des enfants
conformément aux règles minima des Nations Unies relatives à la détention et aux mesures alternatives
de l’enfant en conflit avec la loi.

Il n’existe pas de centre de placement appartenant à l’Etat en RD Congo. Ceci est l’une des raisons du
nombre relativement élevé des enfants de la rue. Il existe plutôt quelques centres de placement privés
des enfants. Malheureusement, ils ne sont pas recensés et travaillent en ordre dispersé. Ils ne sont pas
non plus contrôlés et ne bénéficient pas d’appui de l’Etat. Mais au lieu même de les placer dans ces
centres vu leur jeune âge, le gouvernement préfère plutôt les traiter comme des adultes en les jetant en
prison.
Nous demandons à l’Etat congolais de doter le pays des structures publiques d’encadrement des enfants
et d’appuyer les initiatives privées dans ce domaine pour une véritable prise en charge des enfants et à
veiller à ce que les procédures d’adoption soient conformes aux règles internationales et conduites dans
l’intérêt supérieur de l’enfant.

[1]Rapport du conseil colonial relatif au décret du 6 décembre 1950, p. 99.

[2]RDC, Rapport national sur les objectifs du millénaire peu le développement, Kinshasa, 2009, p. 37.

[3]BALAKIBALI J.C, Problématique de la protection des enfants en RD Congo, SAFARI, Kinshasa, 2009, p.
89.

[4]Rapport final du séminaire international sur les droits de l’enfant, Kinshasa, 2009, p. 8.

[5]Art. 123 de la constitution du 18 février 2006, Journal officiel numéro spécial du 18 février 2006.

[6]Zani Mahmoud, La Convention Internationale des Droits de l’Enfant : portée et limite, Publisud, Paris,
1996, p. 88.

[7]Recueil de la convention des droits de l’enfant, 2007, p. 16.

[8]Art. 40 point 1 de la CIDE.

[9]Art. 9 de la LPPE.

[10]Art. 13 des règles de Beijing.


[11]Art. 11 de la LPPE.

[12]Art. 2 des règles de Beijing.

[13]Art. 4, 5, 6, 7 de la LPPE.

[14]Art. 40 de la CDE, point 3.

[15]Art. 84, 88, 92, 103 et 110 de la LPPE.

[16]Art. 5 et 24 des principes directeurs de Riyad.

[17]Art. 62, 63 et 64 de la LPPE.

[18]Art. 4 des règles de Beijing.

[19]Art. 95 de la LPPE.

[20]Art. 40, point 2 de la CDE.

[21]Art. 1 Code Pénal Ordinaire Livre Ier.

[22]Art. 17.2 de la CADBE, article 7 des règles de Beijing.


[23]Art. 104 de la LPPE.

[24]Art 6. 1 des règles de Beijing.

[25]Art. 113 à 117, Art 125 de la LPPE.

[26]Règles minima des Nations Unies pour l’élaboration de mesures non privatives de liberté.

[27]Art. 106 à 109 de la LPPE.

[28]Art. 40. 3, b de la CDE.

[29]Art. 8, 132 à 141 de la LPPE.

[30]Module sur les critères de soins relatifs à la détention, la réhabilitation et la réinsertion sociale des
enfants délinquants, Dakar, 2005, p. 21, Manuel de formation sur la justice pour mineurs à l’intention du
personnel de l’UNICEF.

[31]Art.67 de la LPPE.

[32]Art. 84 de la loi n°09/001 du 10 janvier 2009 portant protection de l’enfant.

[33]Art. 17,1 de la charte africaine sur les droits et le bien-être de l’enfant de juillet 1990.

[34]Art. 88 de la LPPE.
[35]Art.95 de la LPPE.

[36]HABIBU, J. B., Effectivité du statut de la Cour Pénale International, éd. ACAT, Bukavu, 2008, p.51.

[37]Gordon, David, etalii. “Child poverty in the developing world, the policy press”, Bristol, October
2003, p. 75.

[38]Nations Unies : Nous les enfants, examen de fin de décennie de la suite donnée au sommet mondial
pour les enfants, A/S-27/3, Nations Unies, New-York, 4 mai 2009.

[39]PNUD, Rapport sur le Développement humain, 2010, p. 98.

[40]VANISTENDAEL, S., « Resilence and spirituality », dans Barbara Monroe, David Olivier, Resilence in
Palliative Care, Oxford University, Press, Oxford, 2007 ,p81

[41]TOUCHARD, L., Enfants de la rue, C.R.I.S.P, Bruxelles, 2009, p. 89.

[42]LOKASOLA, F., RD Congo, Quel avenir ? Les enfants de la rue, Safari, Kinshasa, 2009, p. 113.

[43]Art. 43 de la constitution de la République Démocratique du Congo, in journal officiel, février 2006.

[44]Art. 44 de

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