Leçon 12 : REPRODUCTION CHEZ LES SPERMAPHYTES
Lycée Maciré BA Année 2008-2009
Kédougou
Classe :
Terminale : S2
3ème PARTIE : REPRODUCTION
THEME 10 : REPRODUCTION CHEZ LES SPERMAPHYTES
Leçon 12 : REPRODUCTION CHEZ LES SPERMAPHYTES
INTRODUCTION :
Les spermaphytes sont des plantes à fleurs constitués par les gymnospermes (l’ovule
est nu) et les angiospermes (ovule est couvert). Leur appareil reproducteur est constitué par la
fleur qui après fécondation donnera le fruit avec sa graine.
I- L’ORGANISATION GENERALE DE LA FLEUR D’ANGIOSPERMES
La fleur est portée par un axe dressé, le pédoncule, terminé par un renflement, le
réceptacle qui porte les pièces florales. Ces pièces florales peuvent être stériles ou fertiles.
I-1. Les pièces stériles
Elles sont constituées par :
- Les sépales généralement de couleur verte et dont l’ensemble forme le calice.
- Les pétales de couleurs variables et dont l’ensemble forme la corolle.
I-2. Les pièces fertiles
Les pièces fertiles sont les étamines et le pistil ou gynécée.
- L’étamine est l’organe reproducteur mâle de la fleur, il est constituée d’un filet au
bout duquel se trouve l’anthère. L’ensemble des étamines forme l’androcée.
- Le pistil ou gynécée est l’organe reproducteur femelle, il est constitué du stigmate, du
style et de l’ovaire dans lequel se trouvent les ovules. L’ovaire est constitué par un
ensemble de carpelles.
NB : Les fleurs possédant des organes mâles et femelles sont dites hermaphrodites ou
bisexuées, alors que celles qui ne possèdent qu’un sexe sont dites unisexuées.
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Organisation générale de la fleur
II. ETUDE DES ORGANES REPRODUCTEURS ET FORMATION DES GAMETES
II-1. Les organes reproducteurs mâles : les étamines
II-1-1. Structure des anthères et des grains de pollen
L’étamine est constituée d’une anthère et d’un filet. L’anthère présente un
parenchyme, des faisceaux conducteurs et 4 sacs polliniques ou sporanges (contenant les
grains de pollen) entourés de l’extérieur vers l’intérieur d’une assise mécanique, d’une
assise nourricière et d’un épiderme.
Dans les sacs polliniques se trouvent des grains de pollen constitués de deux cellules,
une cellule reproductrice ou génératrice (de petite taille et à noyau allongé) et une cellule
végétative (de grande taille et à noyau arrondi). Le grain de pollen est délimité par deux
membranes :
- L’exine, membrane externe dure, ornementée, avec des pores et parfois des épines.
- L’intine, membrane interne mince et souple.
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II-1-2. Formation de l’anthère et des grains de pollen
L’observation de coupes d’anthères jeunes et mûres permet de suivre la formation des
grains de pollen et des parois de l’anthère.
Formation des cellules mères des grains de pollen et de la paroi de l’anthère
La jeune anthère présente 4 angles, au niveau de chaque angle, de grandes cellules se
divisent et se différencient. La cellule la plus interne se divise pour donner les cellules mères
des grains de pollen et la cellule la plus externe se divise pour donner les assises de la paroi
de l’anthère qui sont :
- L’assise mécanique discontinue au niveau des fentes de déhiscence, intervient lors de
la déhiscence pour libérer les grains de pollen mûrs.
- L’assise nourricière servant de nourriture aux grains de pollen, disparaît par la suite.
Sa disparition entraine une fusion des deux sacs polliniques du même côté pour
former une loge.
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Evolution des cellules mères des grains de pollen
Les cellules mères des grains de pollen sont diploïdes (2n chromosomes). Elles
subissent une méiose et donnent 4 microspores haploïdes (n chromosomes). Ces
microspores sont regroupées par la paroi de la cellule mère et forment des tétrades (4
microspores).
Chaque microspore élabore son exine et son intine. Le noyau se divise pour donner la
cellule reproductrice et la cellule végétative (la cellule reproductrice sera par la suite
incluse dans la cellule végétale).
La paroi qui unissait les tétrades s’hydrolyse et libère dans le sac pollinique les
microspores devenus grains de pollen.
Libération du grain de pollen par déhiscence
A la maturité les cellules de l’assise mécanique perdent de l’eau et se rétractent
provoquant ainsi une rupture de la fente de déhiscence qui ouvre les loges polliniques et
libère ainsi les grains de pollen.
II-2. Les organes reproducteurs femelles : le pistil ou le gynécée
II-2-1. Structure du gynécée ou pistil
Il est constitué du stigmate qui est relié à l’ovaire par le style. L’ovaire est formé d’un
ou de plusieurs carpelles soudés (3 carpelles chez le Lis) contenant les ovules. Chaque ovule
est relié au carpelle par un placenta sur lequel se fixe le funicule. Si l’ovule se fixe au centre
de l’ovaire, c’est la placentation axile, s’il se fixe sur les parois de l’ovaire c’est la
placentation pariétale.
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Placentation pariétale Placentation axile
L’intérieur de l’ovule présente un tissu, le nucelle qui est recouvert d’un ou de deux
téguments (primine et secondine). Sur le bout opposé à la chalaze, les téguments laissent un
petit orifice, le micropyle. Dans le nucelle et vers le micropyle se trouve le sac
embryonnaire. L’ovule peut présenter plusieurs formes : orthotrope, campylotrope et
anatrope. Chez les ovules anatropes ont note l’apparition du raphé.
Ovule orthotrope Ovule campylotrope Ovule anatrope
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II-2-2. Formation de l’ovule et du sac embryonnaire
Formation de l’ovule
L’ovule se forme à partir d’une prolifération locale du placenta. Cette partie se
développe en forme de mamelon représentant le nucelle. Deux bourrelets se développent
ensuite et recouvrent progressivement le nucelle, ce sont les deux téguments.
Sac embryonnaire
Formation du sac embryonnaire
Lors du développement du nucelle, une cellule se différencie par sa grosseur et son
contenu, c’est la cellule mère du sac embryonnaire. Elle subit une méiose pour donner 4
macrospores ou mégaspore haploïdes. Les trois dégénèrent et celui qui survit augmente de
taille et son noyau subit 3 mitoses successives pour donner 8 noyaux. Le cytoplasme produit
ensuite une membrane qui délimite vers le pôle micropylaire une oosphère encadrée de deux
synergides, vers le pôle chalazien 3 antipodes et au centre une cellule constituée de 2
noyaux, les noyaux polaires ou noyaux du sac embryonnaire (qui fusionneront pour donner
un noyau diploïde, le noyau central).
dégénèrent
Formation du sac embryonnaire
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III. LA FECONDATION
Elle passe par plusieurs étapes : la pollinisation, la germination du grain de pollen
et la double fécondation.
III-1. La pollinisation
C’est est le transport passif du grain de pollen de l’anthère jusqu’au stigmate. Le
stigmate le retient grâce à son aspect gluant et à ses papilles. Elle est directe quand le pollen
provient de la même fleur ou croisée quand le pollen vient d’une autre fleur. Le transport du
pollen est généralement assuré par le vent (anémogamie), les insectes (entomogamie) ou
l’eau (hydrogamie).
III-2. Germination du grain de pollen et croissance du tube pollinique
III-2-1. Germination du grain de pollen
Le grain de pollen posé sur le stigmate absorbe de l’eau par osmose et se gonfle. Sous
l’effet de la pression due à la turgescence, l’intine et une partie du cytoplasme de la cellule
végétale font saillis au niveau des pores de l’exine et donnent un tube pollinique, c’est le
début de la germination.
Germination du grain de pollen
III-2-2. Croissance du tube pollinique
Orientation du tube pollinique
Expérience
Saupoudrons du pollen sur deux milieux nutritifs gélosés, dont l’un contient un
stigmate. On constate après quelques heures que dans le milieu sans stigmate les tubes
polliniques se développent dans tous les sens, alors que dans le milieu présentant un stigmate,
les tubes polliniques se dirigent vers le stigmate.
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Interprétation
Le stigmate émet une substance qui diffuse jusqu’aux grains de pollen (les grains
éloignés du stigmate ne sont pas atteints). Cette substance oriente la croissance du tube
pollinique vers le stigmate, c’est le chimiotropisme positif.
Croissance du tube pollinique
Lors de sa croissance, le tube pollinique pénètre dans le stigmate, passe par les voies
remplies de sécrétion du style, la paroi de l’ovaire et atteint le micropyle de l’ovule. Cette
croissance est favorisée par les réserves de la cellule végétale et les substances du style.
Croissance tube pollinique
III-3.La double fécondation
Au début de la germination le noyau de la cellule végétale se place à l’extrémité du
tube pollinique (il dégénérera à la fin de la croissance du tube pollinique), il sera suivi par la
cellule génératrice qui subit une mitose pour donner 2 gamètes mâles (anthérozoïdes ou
spermatozoïdes) plus ou moins spiralés.
Quand le tube pollinique atteint le sac embryonnaire, un des spermatozoïdes fusionne
avec l’oosphère pour donner l’œuf principal ou œuf embryon (diploïde, 2n), l’autre
spermatozoïde fusionne avec le noyau de la cellule centrale pour donner l’œuf accessoire ou
œuf albumen (triploïde, 3n).
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Donc il y a une double fécondation qui est caractéristique des spermaphytes.
IV. MECANISMES DE FORMATION DE LA GRAINE ET DU FRUIT
IV-1. Formation de la graine
La transformation de l’ovule fécondé se fait en trois temps :
- L’œuf accessoire se divise plusieurs fois et rapidement pour donner un tissu de
réserve, l’albumen qui s’agrandit en digérant le nucelle.
- L’œuf embryon se divise plusieurs fois pour donner l’embryon ou la plantule
(radicule, tigelle et gemmule) et les cotylédons.
- Lorsque le fruit est mure, le développement de la graine s’arrête, elle se déshydrate et
entre en vie ralentie. Les téguments deviennent épais et résistants. Selon la localisation des
substances de réserve, nous avons des graines sans albumen ou exalbuminées (réserves
dans les cotylédons) et des graines à albumen (réserves dans l’albumen).
Développement albumen Développement embryon
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Ovule fécondé Début Graine albuminée Graine exalbuminée
développement
Développement de la graine
Graine albuminées de Ricin
Tigelle
Gemmule
Graine albuminée d’haricot
IV-2. Formation du fruit
Les fruits ne sont produits que chez les angiospermes et sont issus du développement
de l’ovule (qui donne la graine) et des parois de l’ovaire (qui donne le péricarde chargé de
substances sucrées chez les fruits charnus).
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Chez les gymnospermes il n’y a qu’une graine nue issue du développement de
l’ovule.
V. GERMINATION
V-1. Conditions de la germination
Pour germer la graine doit remplir des conditions internes, c'est-à-dire être saine,
mûre, pas trop vieille. Elle doit également être mise dans des conditions externes favorables,
car elle a besoin d’eau (pas trop), de l’oxygène et une température idéale.
V-2. Manifestations de la germination
Manifestations morphologiques
En présence d’eau, la graine semée absorbe de l’eau et se gonfle. Son tégument se
fend, la radicule se développe et s’enfonce dans le sol. La tigelle en particulier l’hypocotyle,
s’allonge vers le haut entrainant les cotylédons, c’est « la levée » de la graine, qui est épigée
chez le niébé et l’arachide, contrairement à la germination hypogée où l’hypocotyle ne
s’allonge pas et les cotylédons restent dan le sol. Les cotylédons s’ouvrent, la seconde partie
de la tigelle (l’épicotyle) se développe en même temps que les premières feuilles qui
verdissent au contact de la lumière. Les cotylédons vont ensuite perdre leur volume, verdir,
flétrir et tomber.
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Manifestation physiologiques
Le gonflement de la graine entraine une absorption d’eau par le cytoplasme des
cellules, la graine passe de l’état de vie ralentie à une vie active avec :
- la synthèse d’enzymes de digestion (amylase, lipases et de protéases) qui digèrent les
réserves en des nutriments simples (glucose, acides gras et acides aminés) utilisables
par la plantule.
- une activité respiratoire intense se manifeste par un taux élevé de CO2 dégagé et une
forte absorption d’O2, on note également une élévation de la température.
Ces deux activités permettent à la plantule de grandir à partir de ses réserves, elle est
hétérotrophe à ce stade. La radicule se développe ensuite pour donner des racines capables
d’absorber l’eau et les sels minéraux du sol, la gemmule donne des feuilles qui verdissent et la
plantes devient capable de synthétiser ses propres nutriments par photosynthèse et devient
autotrophe.
VI. CYCLE DE DEVELOPPEMENT ET CYCLE CHROMOSOMIQUE
VI-1. Cycle de développement
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VI-2. Cycle chromosomique
n chromosomes
2n chromosomes
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