Rapport Du PFE Finale
Rapport Du PFE Finale
Dédicace
A ceux qui sans eux le mot vie n’aurait aucun sens, à la
mémoire de mon cher père Mohammed qui a souhaité
vivre pour longtemps juste pour être présent à ce jour. A
celle qui m’a transmis la vie, l’amour, le courage, à toi
chère maman Zohra toutes mes joies, mon amour et ma
reconnaissance.
A mes sœurs, Jamila, Hassna, Fatima ezzahra, et
Meriem, et à mon petit frère Ayoub, qui ont su me
supporter et m’encourager ;
A ma grand-mère Aîcha, celle qui n’a jamais cessé de
prier pour nous, et rien n’est plus cher dans ses yeux que
notre bonheur ;
A mes cousines et mes cousins ;
A toute ma famille et tous mes amis ;
A tous mes professeurs ;
Que toute personne m’ayant aidé de près ou de loin,
trouve ici l’expression de ma reconnaissance.
Siham
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PROJET DE FIN D’ETUDES
Dédicace
C’est avec grand amour que je dédie ce travail
A mes très chers parents
Pour leur bonne éducation et encouragement je suis très
reconnaissant
A mes frères Mohamed et Slimane, Mes Sœurs Karima,
Racima, Halima et mon ange Layla
A mes neveux Mohamed Rayan et Abdellah
A ma nièce Ritage
Je vous aime beaucoup
A mon beau-frèreRachid
A mes grands-parents, A mes tantes, A mes oncles
A mes cousins je vous souhaite une vie pleine de bonheur
A tous mes professeurs du primaire jusqu'à L’ENSAH
A tous mes amis surtout Zouhair et mes voisins
A ma future femme
Et à tous ceux qui ont cru en moi.
Abdelazym
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Remerciement
« À DIEU seul revient notre gratitude en premier et dernier lieu. »
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pH Potentiel hydrogène
PNDM Programme National des Déchets Ménagers et Assimilés
PT Phosphore total
RI Eaux de ruissellement de surface de l’extérieur du site vers l’intérieur
R2 Eaux de ruissellement de l’intérieur du site vers l’extérieur
RE Rendement épuratoire
Sb Antimoine
Se Sélénium
SEEE Secrétariat d’État chargé de l’Eau et l’Environnement
SF UFC Streptocoques fécaux
SiO2 Slice
Sn Etain
SO4 Sulfate
STEP Station d’Epuration des Eaux Polluées
T Température
TKN Azote Total Kjeldahl
V Vanadium
Zn Zinc
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PROJET DE FIN D’ETUDES
Résumé
Au Maroc, les lixiviats sont produits en grande quantité dans les décharges où sont
entreposés des déchets très humides et sans précaution vis-à-vis de la pluviométrie. Ces
lixiviats sont très chargés en polluants organiques issus en particulier des réactions de
fermentation. Le rejet de ces effluents est soumis à des normes réglementaires, il est donc
nécessaire d’envisager un traitement efficace de ces effluents.
Le groupe PIZZORNO, responsable de la gestion de la décharge contrôlée de Rabat,
est également confronté à ce problème de traitement des lixiviats. Un traitement biologique
suivi par traitement membranaire par l’osmose inverse sont mis en place afin de résoudre
ce problème, cependant, ces traitement génèrent des quantités énormes du concentrât. Les
responsables se trouvent donc dans la nécessité de mettre en place un procédé de traitement
très avancé pour réduire le volume de ces concentrâts produits et qui permet d’obtenir à la
fin un effluent moins nocif.
A travers notre projet, nous avons proposé les procédés de coagulation-floculation et
filtration sur des Géotubes pour le retraitement des concentrâts. Ces procédés vont
permettre à la fois de diminuer les volumes produits du concentrât et d’obtenir un effluent
qui peut s’évaporer facilement.
Pour l’évaluation de la faisabilité technique des procédés choisis, nous avons
caractérisé en premier temps les concentrâts du CET d’Oum Azza, et estimé les volumes
produits en se basant sur le bilan hydrique du site étudié. En deuxième temps, nous avons
comparé les différentes variantes possibles pour l’implantation des procédés, et
dimensionné par la suite les ouvrages principaux de l’alternative la plus appropriée.
Dans la dernière partie de notre projet, une étude de la faisabilité économique a été
établie pour envisager le coût nécessaire pour le retraitement des concentrâts du CET
d’Oum Azza, suivie par un diagramme de Gantt pour déterminer l’échéance de réalisation
de notre projet.
Mots clé
CET Oum Azza, lixiviats, concentrât, coagulation, floculation, et filtration.
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Abstract
In Morocco, the leachate produced in large quantities in landfills where the waste is
stored very wet and carelessly front of the rainfall. These leachates are fraught with
organic pollutants because of fermentation reactions in particularly.
The group PIZZORNO, responsible of the managing and the control of Rabat’s
landfill, faces also the problem of leachate. Biological treatments followed by membrane
treatment by reverse osmosis are implemented to solve this problem. However, these
treatments generate huge amounts of concentrate. So managers have to develop a highly
advanced treatment process to reduce the volume of concentrates produced and provide at
the end a less harmful effluent.
Through our project, we have proposed the coagulation- flocculation and filtration by
Geotubes for the treatment of concentrate. These methods will be able to reduce the
volume of the concentrate and to obtain an effluent that can be readily evaporated.
In the last part of our project, a study of the economic feasibility has been
established to consider the cost to the treatment of the concentrates of the landfill Oum
Azza, followed by a Gantt diagram to determine the time required to our project.
Keywords
Landfill Oum Azza, leachate, concentrate, coagulation, flocculation, and filtration
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Introduction générale
Chapitre I. Présentation de
la société d’accueil
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Créé il y a plus de 30 ans, le groupe PIZZORNO est présent dans tous les métiers de
l’environnement. Innovation et réactivité, engagement pour le développement durable,
formation et valorisation des agents, sont ses valeurs clés. Le groupe les met tous les jours en
œuvre au travers de réponses adaptées à chacun de ses clients. Par le développement des
solutions de pointe, il a su gagner la confiance des collectivités et des entreprises pour devenir
un acteur incontournable en France et à l’international.
Le GPE intervient dans le domaine des déchets par trois grandes filiales (figure : 1) :
La collecte des déchets, le nettoiement et le traitement.
Métiers
Collecte des
Nettoiement Traitement
déchets
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Le nettoiement
Balayage manuel et mécanique
Enlèvement des tags et graffiti
Lavage et décrassage de la voirie
Déjections canines
Nettoyage des plages
Le traitement
Tri et recyclage
Traitement des déchets ménagers
Purification du lixiviat
Valorisation du biogaz
Le GPE opère au Maroc depuis 1997 dans le secteur de la collecte des déchets
ménagers, dans plusieurs villes du Royaume à savoir Casablanca, Marrakech, Mekhnès,
Settat, El Jadida, Kénitra, Tanger, Rabat, Al Hoceima [1].
Présent au Maroc depuis 1996, le Groupe PIZZORNO Environnement, au travers de
sa filiale SEGEDEMA, est aujourd’hui le leader des services de l’environnement.
Implantées dans les principales agglomérations du Royaume, les agences de
SEGEDEMA emploient plus de 3000 personnes. L’ensemble des métiers du GPE y est
représenté.
Le GPE est présenté au Maroc par 4 décharges contrôlées : celle de Rabat (Oum
Azza) qui fera l’objet de notre étude, d’Al Hoceima, de Settat et d’El Jadida (Moulay
Abdallah). Ainsi, la société a conçu, financé et géré le premier centre de tri de déchets au
Maroc. Un projet social pour lequel SEGEDEMA a décidé de travailler avec les anciens
trieurs de la décharge sauvage d’Akreuch, qui ont été regroupés dans une coopérative.
Le groupe opère aussi dans d’autres pays comme la France (Paris, Lyon, Marseille,
Nice, Toulon, La Seyne/Me, Cannes, Com d’agglo Fréjus Saint-Raphaël, Com. d’agglo.
Dracénoise), la Mauritanie (Communauté Urbaine de Nouakchott) et la Tunisie.
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PROJET DE FIN D’ETUDES
Le secteur privé joue un rôle déterminant dans la gestion des déchets marocains.
Pendant l’année de 2013, les déchets de 75% de la population ont été collectés par le
secteur privé (figure 2).
Alors que 50% de la population urbaine est desservie par des opérateurs privés
concernant la mise en décharge des déchets. Le GPE représenté par SEGEDEMA fait
partie des 4 filiales internationales qui monopolisent le marché marocain, ces sociétés
recouvrent plus que 80% du marché dans l’année 2013 [2].
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PROJET DE FIN D’ETUDES
5. Organigramme de la société
Directeur Maroc
G. PRENANT
(+Coursier)
Responsable Responsable
Responsable Responsable
Valorisation RH & Paie Chef
Trésorerie Recouvrement
Comptable
Y. &
N.
SEBBATA Z. Facturation
BOUCHEFAA
BOUSSINE B. AMNAY
Y. SAOUDI H. MAGRI
Direction Directeur
Exploitation Traitement
S. ZNIBER G. VALAY
Responsable Responsable
Responsable Responsable
Traitement CET
CET Centre
AL HOCEIMA
Lixiviat MY De Traitement
& Odeur ABDELLAH SETTAT
M. AOULEDALI
M.
F. RHOUALEM A. EL HAJLY A. EL HAJLY
IBNKHALDOUN
Fonction opérationnelle
Fonction support
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PROJET DE FIN D’ETUDES
Les déchets sont définis par la loi relative à leur gestion et à leur élimination (Loi 28-
00) comme : Tous résidus d’un processus de production, de transformation ou d’utilisation,
toute substance, matériau, produit ou plus généralement tout bien meuble abandonné ou
que son détenteur destine à l’abandon ou a l’obligation de s’en défaire dans le but de ne
pas nuire à la collectivité et de protéger l’environnement. La loi permet ainsi, de distinguer
entre dix types de déchets [3]:
Déchets ménagers
Déchets industriels
Déchets médicaux et pharmaceutiques
Déchets agricoles
Déchets dangereux
Déchets inertes
Déchets ultimes
Déchets biodégradables
Déchets encombrants
Déchets assimilés aux déchets ménagers
1.2. Ratio des déchets solides
Au niveau mondial
Ce taux de production n’est pas constant puisqu’il varie d’une année à l’autre. Cette
variation est due à plusieurs facteurs, les principaux sont le changement de la
consommation des habitants et l’augmentation du nombre d’habitation. Le schéma suivant
(figure 4) représente l’évolution de la production des déchets au Maroc entre 2005 et 2020.
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PROJET DE FIN D’ETUDES
Figure 4: Evolution de la production des déchets au Maroc entre 2005 et 2020 [2].
Au niveau régional
La variation de la production des déchets peut être observée d’une région à l’autre
(tableau 2), et en passant d’une ville à l’autre en fonction du niveau socio-économique, de
la saison, du taux de collecte, du nombre des habitants, et du changement du mode de
vie…[2,5].
Tableau 2: Quantité de déchets produite par ville [5].
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PROJET DE FIN D’ETUDES
Sur le plan qualitatif, la nature des déchets ménagers au Maroc est très différente de
celle des autres pays (figure 5). Cette différence concerne plusieurs paramètres et tout
particulièrement la teneur en eau et la proportion des matières organiques fermentescibles.
Ces paramètres se situent à des niveaux plus élevés dans le contexte marocain par rapport à
celui des autres pays. Le schéma suivant compare le pourcentage de ces paramètres entre le
Maroc et l’Europe centrale [6].
Figure 5 : Comparaison entre la nature des déchets au Maroc et l’Europe centrale [6].
Loi 12-03 sur les études d’impacts environnementaux (EIE) (Dahir n° 1-03-06
du 12 mai 2003). Elle définit le contenu d’une EIE et les types de projets assujettis.
Ses décrets d’application sont : Décret sur l’information du public; Décret sur la
constitution du Comité national des études d’impact sur l’environnement et des
Comités Régionaux des Etudes d’Impact sur l’Environnement
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PROJET DE FIN D’ETUDES
Loi 10-95 sur l’eau (dahir 1-95-154 du 16 août 1995). Cette loi fixe le cadre de la bonne
gestion des ressources en eau (utilisation de l’eau, gestion quantitative et qualitative de la
ressource).
Décret 2-04-553 (24 janvier 2005) relatif au déversement des eaux usées (modalités
de collecte de la redevance) et ses arrêtés conjoints ;
(25 juillet 2006) portant fixation des valeurs limites spécifiques de rejet domestique ;
Décret 2-97-787 (4 février 1998) relatif aux normes de qualité des eaux et ses arrêtés
conjoints ;
Arrêté 1276-01 (17 octobre 2002) portant fixation des normes de qualité des eaux
destinées à l'irrigation ;
Arrêté 2028-03 (10 novembre 2003) fixant les normes de qualité des eaux piscicoles.
La loi 28-00 relative à la gestion des déchets et à leur élimination a été élaborée
pour la:
Pose les règles et les principes fondamentaux qui permettent de faire face à la
problématique des déchets solides ménagers, industriels, médicaux et dangereux. La loi
vise à :
Loi 13-03 sur la qualité de l’air (dahir 1-03-61 du 12 mai 2003). Cette loi fixe le
cadre des émissions atmosphériques.
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PROJET DE FIN D’ETUDES
Loi 78-00 portant Charte communale telle que modifiée et complétée en 2002
par la loi 01-03 et en 2009 par la loi 17-08 (Dahir 1-08-153 du 18 février 2009).
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PROJET DE FIN D’ETUDES
Cette gestion concerne tous les types de déchets quelque soit leur nature. Elle diffère
d’un pays à l’autre selon le niveau du développement économique et culturel, et le Maroc
ne fait pas l’exception.
3.2. Situation de gestion des déchets ménagers au Maroc
Transport
- Insuffisance des moyens de transport.
- Coût de transport est élevé
- Utilisation fréquente des mêmes véhicules dans les circuits de collecte entraîne leur
dégradation rapide et prématurée.
- Recours parfois à des moyens de transport de mauvaise qualité.
- Longueur des trajets pour le transport des déchets jusqu’aux décharges.
3.3.1. Incinération
Le compostage est un processus par lequel des matériaux biodégradables sont mis
ensemble pour être convertis en un amendement humifère stabilisé, grâce au travail des
organismes biologiques vivants sous conditions contrôlées. Les ordures ménagères des
villes marocaines se prêtent beaucoup mieux au compostage que les ordures ménagères
européennes qui sont pauvres en matières organiques et très sèches, cependant plusieurs
contraintes entravent le développement de ce secteur.
Le Maroc a connu depuis les années soixante, l’implantation d’une dizaine d’unités de
compostage (tableau 3). Plusieurs usines ne fonctionnent pas, comme celle de Tétouan, de
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PROJET DE FIN D’ETUDES
Nouvelle stratégie de gestion des déchets qui s'inscrit dans la technique dite des trois
R (Réduire, Réutiliser, et Recycler) intégrant la:
Protection de l’environnement;
Gestion des ressources naturelles (matières premières);
Protection de la santé publique.
Il existe au Maroc des projets visant à atteindre un taux de 20 % du recyclage en 2015, on
cite:
Le Projet de Tri-Recyclage-Valorisation réalisé par le groupement ADS Maroc-
EDIC (Rabat) pour le compte du Département de l’Environnement et du METAP.
Le Réseau Marocain de Gestion des Déchets Urbains (REMAGDU) qui a était créé
dans le cadre du programme CoMun villes et municipalités de la coopération
allemande au Maroc, GIZ et il comporte 10 villes marocaines (Rabat, Tanger,
Mohammedia, Benslimane, Béni Mellal, Oujda, Agadir, Fès, Essaouira et Guelmim).
Le centre de Tri qui sera disponible en 2016 par l’ouverture de la nouvelle décharge
de Tanger sur la commune de Menzla.
Le centre de Tri du CET Oum Azza qui a démarré en 16/6/2011. Le premier centre
de son genre au Maroc, il a permis la socialisation de 153 anciens trieurs informels
d’Akreuch sous le nom de la Coopérative Attawafouk.
3.3.4. La mise en décharge
Au Maroc, la mise en décharge est la filière d’élimination des déchets la plus utilisée
vu que les autres technologies telle que le compostage, l’incinération et le tri-recyclage-
valorisation sont des alternatives très coûteuses surtout dans un pays dont la gestion et la
législation environnementale sont encore des ébauches comme le Maroc.
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PROJET DE FIN D’ETUDES
Cependant, cette option est loin d’être écologiquement durable vu que les déchets
sont très humides et très riches en matière organique et génèrent de grands volumes de
lixiviats et des émissions quantitativement importantes de méthane.
Le tableau ci-dessous (tableau 4) représente l’ensemble des décharges exploitées au
Maroc, ainsi que leurs délégataires et la durée de l’exploitation par ces derniers.
Guelmim SOTRADEMA-GEOPRO -
Marrakech - -
Mohammedia-Benslimane ECOMED -
Figuig - -
Cependant, il existe d’autres décharges contrôlées qui sont programmées par les
autorités telle que : Sidi Ifni, M’diq-Fnideq, Sefrou, Safi, Tiznit, Settat, Taza, Boujdour,
Taroudant-Chtouka Aït Baha, Youssoufia-Chemaia; Tan Tan; Sidi Kacem; Tata; El Hajeb;
Ouezzane, Berrechid…
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PROJET DE FIN D’ETUDES
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PROJET DE FIN D’ETUDES
Casiers d’enfouissement
Station de traitement
des lixiviats
Tableau 5: Estimation de la quantité de déchets enfouis au CET d’Oum Azza jusqu’à l’horizon 2027.
Quantité de Quantité de Quantité de
Année Année Année
déchets (tonnes) déchets (tonnes) déchets (tonnes)
2008 511 000 2015 628 466 2022 772 933
2009 526 330 2016 647 320 2023 796 121
2010 542 120 2017 666 739 2024 820 005
2011 558 383 2018 686 741 2025 844 605
2012 575 135 2019 707 344 2026 869 943
2013 592 389 2020 728 564 2027 896 042
2014 610 161 2021 750 421
Total (tonnes) 13 730 761
Moyenne annuelle 686 538
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PROJET DE FIN D’ETUDES
Les déchets traités au centre d’Oum Azza sont les déchets ménagers et les déchets
industriels banals (DIB) (Annexe II). Une enquête réalisée in situ par le gestionnaire du
CET en 2010 a révélé que les déchets sont composés principalement des refus de
nourriture (45% du poids brut) et des refus de jardinage (22% du poids brut) (Tableau 6).
Tableau 6: Composition des déchets entrant au CET d'Oum Azza (en % de poids).
(a) (b)
(c) (d)
Face aux problèmes liés au tri informel, et avec la fermeture du site d’Akreuch, la
société TEODEM a décidé de construire un centre de tri, en intégrant les trieurs dans un
cadre organisé visant l’amélioration de leurs conditions de travail et de vie.
Les opérations du montage du centre de tri (figure 10-a) ont démarré en septembre
2010. Il comporte les installations suivantes :
Un alimentateur d’une capacité de 16 T/H (figure 10-c),
Un trommel (figure 10-d) de 3 mètres de diamètre, et d’une longueur de 10m,
composé d’une crible rotatif (figure 10-e) de quatre mailles différentes (0-80 mm,
80-120 mm, 120-200 mm et > à 200 mm). Les mailles 0 à 120 mm permettent la
récupération de la fraction fermentescible contenue dans les déchets ménagers.
Deux tapis de tri (figure 10- b), le premier est connecté à la maille 80-120 mm du
trommel et le deuxième connecté à la maille supérieure à 20 mm.
Le centre de tri fonctionne en deux manières :
Tri mécanique
Les déchets vidés dans le hangar (figure 10-f) sont rechargés par un engin type
chargeur dans l’alimentateur (figure 10-c),
Les déchets subissent un criblage dans le trommel, puis ils sont séparés en deux
fractions dont chacune passe sur un tapis.
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PROJET DE FIN D’ETUDES
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PROJET DE FIN D’ETUDES
Les lixiviats de la décharge sont des eaux usées complexes fortement polluées. Ils
résultent de la percolation de l'eau de pluie à travers les déchets et de l’eau contenue dans
ces ordures. Les transformations biologiques aérobies et anaérobies jouent un rôle
fondamental dans la genèse des lixiviats. Les micro-organismes hétérotrophes (bactéries,
levures, champignons) se servent des déchets enfouis comme substrats, ce qui permet de
dégrader la fraction organique fermentescible. La composition des lixiviats révèle
notamment de hautes valeurs de conductivité, de DCO, de DBO, d’anions, de cations,
d’ammoniac, des métaux lourds...Sa composition dépend de nombreux facteurs à savoir la
composition des déchets, l’âge de la décharge, et les conditions météorologiques.
Les compositions chimiques et biochimiques des lixiviats sont non seulement très
diverses mais aussi variables dans le temps et dans l’espace.
Généralement les lixiviats sont composés de :
Matière organique dissoute et en suspension, exprimée généralement en DCO qui
comprend les acides gras volatils « AGV », les substances humiques et fulviques et
d’autres ;
Micropolluants organiques (hydrocarbures, composés aromatiques…) ;
Composés minéraux majeurs sous forme ionique (Ca2+, Mg2+, Na+, K+, NH4+, Fe2+,
HCO3-, Cl-, SO42-,…) ainsi que d’autres composés tels que les borates, les
sulfites… ;
Cations de métaux lourds à l’état de traces, sous forme majoritairement complexée
par des ligands minéraux (HCO3-, Cl-, SO42-) ou organiques (macromolécules de
type humique et fulvique).
Les principaux types de polluants présents dans les lixiviats sont les:
Acides gras qui proviennent des espèces animales et végétales.
Composés ligno-cellulosiques (cellulose, hémicelluloses et lignine) retrouvés en
décharge et qui sont principalement dus aux déchets verts (bois, herbe, feuilles),
aux papiers, aux cartons et aux journaux entreposés.
Matières plastiques qui constituent 11% (poids humide) des déchets ménagers.
Pesticides, et plusieurs métaux lourds qui ont été identifiés dans les lixiviats avec
des faibles concentrations comme le Mg, Fe, As, Cd, Cr, Co, Cu, Pb, Ni et le Zn
[11].
2.3. Estimation du débit
Les entrées d’eau dans un centre de stockage sont formées principalement des
précipitations, auxquelles s’additionnent l’eau transportée par les déchets eux-mêmes, et
les eaux de ruissellement qui s’infiltrent dans les compartiments d’enfouissement.
L’estimation des volumes des lixiviats produits par les casiers d’enfouissement
constitue un enjeu primordial dans le dimensionnement, la gestion du risque pour
l’environnement, et la gestion du coût financier.
Cette estimation, se fait par l’application de la règle générale qui consiste à estimer
qu’un site reçoit de la pluie (P), des eaux de ruissellement de surface de l’extérieur du site
vers l’intérieur (RI), et de l’eau lessivée apportée par les déchets (ED), et rejette des
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PROJET DE FIN D’ETUDES
lixiviats produits (E), des eaux de ruissellement de l’intérieur du site vers l’extérieur (R2)
et de l’eau évaporée (EV).
P + ED + RI = E + R2 + EV
P : Eaux de la pluie
RI : Eaux de ruissellement de surface de l’extérieur du site vers l’intérieur
ED: Eau lessivée apportée par les déchets
E : Rejets des lixiviats produits
R2 : Eaux de ruissellement de l’intérieur du site vers l’extérieur
EV : Eau évaporée
Le volume des lixiviats issus de la décharge est obtenu par l’équation suivante:
2.3.1. Climatologie
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PROJET DE FIN D’ETUDES
Le deuxième apport en eau, au niveau du casier du stockage des déchets, est l’eau
transportée par ruissellement. Dans le cas de la décharge d’Oum Azza toute la surface du
casier instrumenté est ceinturée de fossés qui acheminent tous les eaux de ruissellement
vers l’extérieur de la décharge. Donc les eaux de ruissellement ne s’ajoutent pas au niveau
de l’équation du bilan hydrique.
En ce qui concerne la température, elle varie de 12°C en saison froide à 23°C en
saison chaude dans cette région [13].
L’évaporation correspond au phénomène physique du passage de l’eau de l’état
liquide à l’état gazeux dans les conditions naturelles. L'évapotranspiration potentielle
calculée sur une période de 25 ans à Rabat est de 1370 mm sur l'ensemble de l'année, avec
une moyenne de 46 mm pendant les mois d'hiver et de 187 mm pendant les mois d'été [13].
Dans le cas des centres de stockage de déchets non recouverts par une couverture
végétale, la contribution de la transpiration des plantes à l’évapotranspiration est
négligeable.
L’humidité relative descend en deçà de 64 % en été, en automne et au printemps. La région
de Rabat se caractérise globalement par un taux d’humidité relativement constant tout au
long de l’année [13].
Nous nous sommes servi de l’équation du bilan hydrique afin d’estimer le volume
des lixiviats produits :
Soit :
P + ED + RI = E + R2 + EV
P : Eaux de la pluie
RI : Eaux de ruissellement de surface de l’extérieur du site vers l’intérieur
ED: Eau lessivée apportée par les déchets
E : Rejets des lixiviats produits
R2 : Eaux de ruissellement de l’intérieur du site vers l’extérieur
EV : Eau évaporée
La surface de la décharge est plate et recouverte donc R2 est négligeable, de même
pour RI suite à la géométrie de la décharge :
Soit :
E = ED + (P - EV)
L’estimation de la quantité d’eau apportée par le déchet (ED) a été établie à partir
d’une proportion d’eau égale à 30 %. Pour un tonnage de 1600t/j, la quantité d’eau
contenue est de l’ordre de480m3/j. L’estimation de la pluie (P) a donné une moyenne de
valeur de 1.52mm/j. L’évaporation (EV) étant égale à 1370 mm/an, donne une quantité
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PROJET DE FIN D’ETUDES
évaporée journalière de l’ordre de 3,75 mm/j. Donc pour une surface d’enfouissement non
couverte de 15000m2, la quantité d’eau évaporée est 56.25m3/j.
Le volume total des lixiviats produite par le centre d’enfouissement d’Oum Azza est donc
d’environ 423m3/j.
A ce volume on rajoute le volume de lixiviat venant des centres de transfert, et qui
varie d’un mois à l’autre selon la quantité des déchets entrants au CT.
L’estimation de la quantité d’eau apportée par le déchet (ED) a été établie à partir
d’une proportion d’eau égale à 30 %. Pour un tonnage de 1600t/j, la quantité d’eau
contenue est de l’ordre de480m3/j. L’estimation de la pluie (P) a donné une moyenne de
valeur de 1.49mm/j, suite à un cumule annuelle de 542.33mm. L’évaporation (EV) étant
égale à 1370 mm/an, donne une quantité évaporée journalière de l’ordre de 3,75 mm/j.
Donc pour une surface d’enfouissement non couverte de 15000m2, la quantité d’eau
évaporée est 56.25m3/j.
Le volume total des lixiviats produite par le centre d’enfouissement d’Oum Azza est donc
d’environ 423m3/j.
A ce volume on rajoute le volume de lixiviat venant des centres de transfert par des
camions citernes, et qui varie d’un mois à l’autre selon la quantité des déchets entrants au
CT. La moyenne mensuelle apportée est de l’ordre de175t/mois.
2.4. Caractérisation des lixiviats brut du CET Oum Azza
Les résultats d’analyse du lixiviat du CET Oum Azza sont résumés dans le tableau 8
(Annexe III) :
Tableau 8: Résultats d'analyse du lixiviat brut du CET d'Oum Azza.
L’examen des résultats présentés dans le tableau 8 montre que le lixiviat analysé
accuse une charge polluante élevée. En effet :
La conductivité électrique qui est de l’ordre de 42200 µS/cm indique une forte
minéralisation du lixiviat de la décharge d’Oum Azza.
Les valeurs des paramètres pH et MES sont respectivement de l’ordre de 7,45 et de
688 mg/l, ceci montre d’une part, le caractère basique du lixiviat de la décharge
étudiée et d’autre part, leurs charges minérale et organique moins fortes.
En ce qui concerne la charge organique, les teneurs de la DCO et de la DBO5 sont
respectivement de 43776 et 25501 mg d’O2/L, avec un rapport DCO/ DBO5 de 1,71
inférieur à la valeur limites 4, ce qui rend l’effluant facilement biodégradable.
38
PROJET DE FIN D’ETUDES
39
PROJET DE FIN D’ETUDES
40
PROJET DE FIN D’ETUDES
Le bassin d’aération
Au niveau de ce bassin, les bactéries aérobies dégradent la matière organique et la
transforme en éléments minéraux. La principale activité bactérienne est la nitrification
(transformation des ions ammonium en nitrates). Le bassin est équipé de trois aérateurs de
surface fonctionnant selon une temporisation de cadence (265 kg d’O2/h de fonctionnement
des turbines d’aération) où les durées de marche et d’arrêt sont réglées.
Le bassin d’anoxie
Au niveau de ce bassin, les bactéries anaérobies dégradent d’avantage la matière
organique. Les ions nitrates sont transformés en azote (dénitrification). Le bassin est
équipé d’un agitateur et d’une pompe d’extraction des boues (biomasse bactérienne). A
l’aide d’une simple vanne manuelle, trois voies permettent d’extraire l’excès des boues
pour les envoyer aux lagunes d’évaporation ou bien pour les réensemencer dans le bassin
d’aération. Il est également équipé de trois pompes centrifuges immergées (17m3/h) qui
refoulent le lixiviat épuré vers les trois machines de l’osmose inverse.
1.2. Traitement membranaire
Le traitement membranaire des lixiviats épurés est basé sur l’osmose inverse, qui se
fait par le refoulement des lixiviats sous pression vers les membranes de l’OI après une
pré-filtration.
La station de traitement membranaire est constituée de trois stations d’osmose
inverse : La machine surnommée Oum Azzacf figure qui assure une filtration de 240 m 3/j
de lixiviat, avec une conversion au démarrage de 60%. Les machines surnommées Akreuch
et Pierre Feu, qui assurent la filtration de 120 m3/j chacune avec une conversion au
démarrage qui varie entre 55 et 50%, comme il est montré dans la photo ci-dessous (figure
13).
Figure 13: Photo des trois stations d'osmose inverse du CET d'Oum Azza.
41
PROJET DE FIN D’ETUDES
La machine Akreuch est constituée d’un seul container alors que les deux machines
Oum Azza et Pierre Feu sont constituées de deux containers de dimensions similaires : 6m
de longueur, 2.4m de largeur, et 2.5m de hauteur pour chacun (figure 14) :
42
PROJET DE FIN D’ETUDES
L’alimentation des blocs est assurée par une pompe à piston à une pression de 63
bars. Les molécules d’eau et les autres éléments, qui ont pu traverser les membranes de
l’osmose inverse constituent le perméat, alors que la pollution retenue par les membranes
constitue le concentrât.
Le perméat est stocké dans la cuve de chaque machine. Une partie est rejetée dans le
barrage, et l’autre partie est utilisée pour le lavage des camions, l’arrosage des pistes, et
l’arrosage des plantes…
43
PROJET DE FIN D’ETUDES
1.3. Evaporation
Les résultats des analyses du lixiviat brute et du lixiviat à la sortie du bassin d’anoxie
nous permettent de déduire le rendement de l’épuration biologique. Les résultats du suivi
du rendement épuratoire de la STEP sont synthétisés dans les tableaux et les graphes qui
figurent ci-dessous. Les bordereaux des analyses du Laboratoire Public d’Etudes et Essais
(LPEE) sont fournis en annexe IV.
44
PROJET DE FIN D’ETUDES
LB LSEP RE%
T (°C) 16,3 16,5 -
pH 7,45 8,05 -
Conductivité (µS/cm) 42200 43200 -2
DCO (mgd’O2/l) 43776 18528 58
DBO5 (mg d’O2/l) 25501 7476 71
NTK (mg/l) 4312 3164 27
+
NH4 (mg/l) 3738 2240 41
MES (mg/l) 688 374 46
La figure ci-dessous (figure 19) montre l’abattement des différents paramètres après
l’épuration biologique
50000
40000
30000
20000 LB
10000 LSEP
Paramètres
Figure 19: Comparaison entre les valeurs de certains paramètres avant et après l'épuration biologique.
45
PROJET DE FIN D’ETUDES
LSEP P RE %
T° C 16,5 18.5 -
pH 8,05 7,45 -
Paramètres
Figure 20: Comparaison des valeurs de certains paramètres avant et après l'épuration membranaire.
46
PROJET DE FIN D’ETUDES
47
PROJET DE FIN D’ETUDES
La majorité des paramètres analysés ont des valeurs inférieures aux valeurs limites
de rejet direct. Alors que la conductivité, la DBO5, la DCO, et le NTK présentent des
valeurs qui dépassent largement les normes de rejets dans le milieu naturel (Arrêté 1607-
06). L’augmentation de ces paramètres est expliquée en premier lieu par le vieillissement et
le colmatage des membranes d’osmose inverse et par l’arrêt non programmé des aérateurs.
La non-conformité aux normes de rejets a révélé la nécessité du changement
obligatoire des membranes d’OI. De ce fait, une intervention par la société PALL a eu
lieu afin de résoudre cette problématique. Les photos ci-dessous (figure 21) représentent le
déroulement de cette intervention à laquelle nous avons participé.
Le débit
Une intervention, qui a duré 15 jours, a permis d’effectuer des changements sur la
machine d’osmose inverse. Pour déterminer l’ampleur de ces modifications une évaluation
sur 9 jours a été réalisée avant et après le changement des membranes.
8
7
6
5
4
3
2
1
0
05/03/2014
05/02/2014
06/02/2014
07/02/2014
08/02/2014
09/02/2014
10/02/2014
11/02/2014
12/02/2014
13/02/2014
06/03/2014
07/03/2014
08/03/2014
09/03/2014
10/03/2014
11/03/2014
12/03/2014
13/03/2014
48
PROJET DE FIN D’ETUDES
Taux de conversion
Le taux de conversion de la machine, et le débit moyen d’entrée du lixiviat, étaient les
principaux paramètres qui révélaient la nécessité d’intervenir pour augmenter d’avantage
l’efficacité de la machine d’OI.
60
55
50
45
40
35
30
25
20 Taux de conversion %
15
10
5
0
Avant l’intervention, le taux de conversion était donc stable, et il se situait aux alentours de
41% (figure 23).
Après l’intervention, le taux de conversion a connu une augmentation jusqu’à la valeur de
56% qui peut être considéré comme un taux important.
La conductivité du perméat
La conductivité du lixiviat à l’entrée de la machine d’OI est très variable, ses valeurs sont
généralement élevées, elles sont aux alentours de 50000 µS/cm. Cela est dû essentiellement à
l’hétérogénéité et l’âge des lixiviats qui proviennent de trois sites : Temara, Akreuch, Oum Azza.
Les résultats de l’évaluation de la conductivité sont résumés sur le graphe suivant (figure 24):
49
PROJET DE FIN D’ETUDES
Analyse du concentrât
Une analyse du concentrât brut issus de la machine d’OI Oum Azza a montré les
résultats résumés sur le tableau 13 (Bordereau d’analyse du concentrat : annexe VI).
Tableau 13: Résultats d'analyse du concentrât issus de la machine d'OI Oum Azza.
50
PROJET DE FIN D’ETUDES
Ce qui est en accord avec les concentrations du lixiviat de départ. La matière en suspension
est aussi présente avec des valeurs élevées 757mg/l.
L’analyse bactériologique des streptocoques fécaux et des coliformes totaux montre
des valeurs de 6,3.104, et 270 unités/100ml respectivement.
Les valeurs et les résultats montrés dans le tableau 13 affirment l’entrave rencontrée
lors de l’évaporation. D’où la nécessité de procéder à une filière particulière de traitement
pour faciliter l’évaporation en séparant la matière décantable et celle filtrable.
3. Problématiques
4. Solutions proposées
4.1. Le choix de la coagulation-floculation et la filtration
51
PROJET DE FIN D’ETUDES
Les colloïdes représentent des particules ayant un diamètre variant entre 10-8 et 10-
5
m, en suspension dans les solutions. Ils sont en générale des particules microscopiques
d’origine variable à savoir des substances minérales ou végétales, des virus, des bio-
polymères, ou des bactéries. Ils sont les responsables de la couleur et de la turbidité des
différents effluents.
Pour la stabilité des systèmes colloïdaux, deux théories sont acceptées :
Forces d'attraction-répulsion
Leur charge identique est la principale cause pour laquelle les suspensions
colloïdales se trouvent toujours en répulsion, il s’agit de l’état stable. Cette répulsion peut
durer des années voir des siècles. Il existe également des forces d'attraction moléculaires
qui favorisent le rapprochement des particules dispersées. Lorsque deux particules entrent
en contact, elles s'agglomèrent en un flocon stable qui se comporte comme une particule
unique. La figure 25 montre la force d'attraction et la force de répulsion qui s'exercent à
une distance (r) entre deux particules colloïdales.
Figure 25: Effet de la distance entre deux particules colloïdales sur la force de répulsion électrostatique (Er), la
force d'attraction moléculaire (Ea) et la force résultante (E) [14].
Afin d’agglomérer les particules, il faut que les forces d’attraction dépassent les
forces de répulsion, en d’autre terme il faut que la distance entre les particules soit très
faible.
Double couche
Lorsqu'une particule colloïdale est suspendue dans un milieu polaire qui contient des
ions, elle attire électrostatiquement les ions de charge opposée. Il s'ensuit qu'aux abords de
la particule chargée, les charges électriques portées par des ions se répartissent en deux
couches, comme illustré par la figure 26.
52
PROJET DE FIN D’ETUDES
Les différentes espèces présentes dans la solution se rencontrent dans l'ordre suivant:
La particule, souvent chargée négativement dans la nature;
Une couche fixe d'ions de signe contraire (couche de STERN) ;
Une couche diffuse de contre-ions, se raréfiant avec la distance, déformable et
mobile (couche de GOUY) ;
La masse du liquide environnant.
Il existe entre les deux couches (STERN et GOUY) un potentiel électrostatique ou de
NERNST, qui varie en fonction de la distance par rapport à la surface du colloïde.
Dans la couche liée, le potentiel de STERN décroît linéairement car les cations
constitutifs sont empilés uniformément. En revanche, dans la couche de GOUY, le
potentiel électrostatique varie de manière non linéaire, étant donné que la répartition
ionique résulte d'un mélange aléatoire de cations et d'anions.
La valeur du potentiel à la surface de la couche de STERN est appelé potentiel zêta.
Les colloïdes étant chargés négativement, ce potentiel est négatif. Les particules de
potentiel zêta négatif se repoussent très fortement. C'est pourquoi, les colloïdes sont très
stables et inhibent toute agglomération.
4.2.2. Le processus de coagulation
53
PROJET DE FIN D’ETUDES
Après avoir été déstabilisées, les particules colloïdales ont tendance à s'agglomérer
lorsqu'elles entrent en contact les unes avec les autres. La floculation a justement pour but
d'augmenter la probabilité des contacts entre les particules. La figure 27 représente le
déroulement des deux étapes :
Pour mieux illustrer les procédés, la figure 28 résume les différents phénomènes de
la coagulation-floculation produits par un polymère.
Afin de résoudre les problèmes rencontrés dans le CET d’Oum Azza, on a proposé
deux solutions. Une première variante qui applique la coagulation-floculation en amont de
la chaîne de traitement et une deuxième qui l’applique en aval après l’osmose inverse [17].
4.3. Première variante : Application de la coagulation-floculation sur le lixiviat brute
Coagulation-
Lixiviats bruts
Floculation-
Filtration
Concentrât 1 Perméat 1
Traitement Biologique
Traitement Membranaire
Concentrât 2 Perméat 2
55
PROJET DE FIN D’ETUDES
Traitement Membranaire
Concentrât 1 Perméat 1
Coagulation-
Floculation-Filtration
Concentrât 2 Perméat 2
56
PROJET DE FIN D’ETUDES
57
PROJET DE FIN D’ETUDES
Chapitre V. Etude de la
faisabilité technique
58
PROJET DE FIN D’ETUDES
Afin de répondre aux différentes questions posées, un ensemble des expériences ont
eu lieu comme le Jar Test, l’injection et le mélange des produits, et le test de filtration.
1. Jar Test
Le Jar test, comme son nom l’indique, est un test qui permet de déterminer les
conditions optimales dans lesquelles la coagulation et la floculation ont des meilleurs
résultats, il permet ainsi de fixer les concentrations du coagulant et du floculant qui
permettent d’éliminer la grande partie des matières colloïdales.
Parmi les coagulants les plus reconnus sont ceux à base de fer ou bien à base
d’aluminium (Trivalent). Plusieurs tests ont été effectués par des coagulants de ce type.
Jar Test à la faculté de Mohammedia (figure 31, 32): Nous avons utilisé un coagulant
à base de fer qui est le chlorur-ferrique (FeCl3) concentré et non concentré plus un
polymère (floculant). Après l’ajout du coagulant, tous le concentrât a été transformé
en mousse, ce qui rend l’utilisation des coagulants qui contiennent le ferre
impossible.
Figure 32: mélange du chlorur-ferrique avec le Figure 31: Mousse résultante de mélange de chlorur-
concentrât. ferrique avec le concentrât.
Jar Test par la société Riegonor : Un ensemble de coagulants ont fait l’objet du test
pour choisir à la fin un coagulant à base d’aluminium, il s’agit du polychlorure
d’aluminium, alors que le floculant qui a donné un résultat parfait est le
polyacrylamide (figures 33, 34).
Figure 33: Photo illustratif du protocole expérimental. Figure 34: Jar test avec le polychlorure d'aluminium,
et le polycrylamide.
59
PROJET DE FIN D’ETUDES
Les différents Jar Test effectués ont permis donc de révéler la nature des deux
produits qu’on va utiliser pour retraiter le concentrât du CET d’Oum Azza, ainsi que leur
concentrations.
Le coagulant : Polychlorure d’aluminium (Al (OH)xCly ) avec un volume de
13ml par 1L du concentrât.
Le floculant : Polyacrylamide ((C3H5NO)x) avec un volume de 150ml par
1L du concentrât.
Après le choix des deux produits chimiques qu’on va utiliser par la suite, il était
nécessaire de penser à la manière avec laquelle ces deux produits seront injectés et
mélangés avec le concentrât. Deux hypothèses concernant l’injection et le mélange ont été
proposées :
Injection et mélange des deux produits avec le concentrât dans un bassin et
l’utilisation d’une pompe qui permettra de pomper l’effluent coagulé et
floculé.
Injection des deux produits dans les conduites qui vont acheminer le
mélange vers les filtres.
L’injection des deux produits dans les conduites d’acheminement semble plus
bénéfique par rapport à l’injection dans un bassin pour le mélange. L’utilisation du bassin
et des pompes pour le pompage des effluents floculés peut nuire à la qualité des flocs, car
la force exercée par les pompes peut détruire les flocs déjà préparés. Cependant, les
conduites vont permettre à la fois, de transporter le concentrât des bassins de stockage ou
bien à partir de la machine d’OI et donner le temps nécessaire pour que le mélange entre
les produits et le concentrât sera bien fait.
60
PROJET DE FIN D’ETUDES
Le contenant (Sac) utilisé a permis d’avoir une séparation parfaite entre les deux
phases liquide et solide, et par conséquent ces Géotubes proposés par la société Riegonor
pourront donner des résultats satisfaisants. Le tableau ci-dessous présente les différentes
formes de Géotubes que la société peut fournir (tableau14) :
Périmètre (m) Diamètre (m) Hauteur max (m) Largeur (m) Capacité (m3/m)
61
PROJET DE FIN D’ETUDES
52% respectivement. De même, le rendement est positif pour les autres paramètres
analysés à savoir la silice et le calcium qui est retenus avec un rendement de 99%.
Les procédés ont montré donc une efficacité très importante et une rétention
parfaite des différentes formes de pollution retrouvées dans le concentrât. En plus, et avec
un taux de conversion de 90%, on va se retrouver à la fin avec un perméat léger, moins
nocifs, et qui peut être évaporé facilement en absence de toute pollution due à son odeur.
(Annexe VII : bordereau d’analyse de filtrat après retraitement).
5. Les moyens
6. Dimensionnement
6.1. Objectif
62
PROJET DE FIN D’ETUDES
Le débit du concentrât produit des trois machines d’OI est de l’ordre de 225,6m3/j, à
ce débit on retranche le débit de la station Pier feu suite à son arrêt de fonctionnement, le
débit à traiter est donc de 165,6m3/j (6.9m3/h).
D’après le Jar-test, pour un litre du concentrât il nous faut 0,000013 m3 du coagulant
et 0,00015m3 du floculant. Donc pour un débit du 165.6m3/j du concentrât on doit débiter
2,1528m3/j et 24,84m3/j du coagulant et du floculant respectivement.
Pour leurs injections, on va utiliser deux pompes doseuses sous un débit de
2,49.10-5m3/s du coagulant et 2,875.10-4m3/s du floculant (tableau 16).
1L 165,6m3/j
Coagulant 13 ml 2,1528m3/j
Paramètre Valeur
Pourcentage en filtrat % 90
Pourcentage en boues % 10
Un Géotube standard de périmètre de 27,4m, avec une longueur de 10m, une largeur
de 3,7m et une hauteur maximale de 2,4m peut stocker jusqu’à 88.8m3 de boue (tableau
18).
63
PROJET DE FIN D’ETUDES
Un seul Géotube avec ces dimensions peut nous servir pour stocker la boue de 128,7
h de fonctionnement du procédé de coagulation-floculation, ce qui est équivalent à 5jours.
La surface occupée par un Géotubes est de 37m², une surface assez faible par rapport
à la surface totale des lagunes d’évaporation que l’exploitant possède.
Le filtrat des Géotubes est destiné à l’évaporation dans l’autre bassin d’évaporation
de surface de 6504m².
6.4. Fourniture
Paramètre Valeur
Durée de fonctionnement (jours) 20
Débit du coagulant suivant la durée de fonctionnement (m3/j) 0,00026
Débit du floculant suivant la durée de fonctionnement (m3/j) 0,003
Débit du filtrat produit pour le traitement du concentrât (m3/j) 95,04
Débit des boues produites lors du traitement du concentrât (m3/j) 10,56
Volume de boue produite selon la durée de fonctionnement (m3) 211.2
Volume de filtrat produit selon la durée de fonctionnement (m3) 1900.8
64
PROJET DE FIN D’ETUDES
Dimensions Valeur
Longueur (m) 10
Largeur (m) 3,7
Hauteur (m) 2,4
Surface (m2) 37
Capacité de stockage (m3) 88,8
Périmètre standard(m) 27,4
Nombres d’heure de fonctionnement par un seul Géotube (h) 201,8
Nombre des Géotubes nécessaire 2.3
Paramètre Valeur
Durée de fonctionnement jours 20
Débit du coagulant suivant la durée de fonctionnement m3/j 0,00026
Débit du floculant suivant la durée de fonctionnement m3/j 0,003
Débit du filtrat produit pour le traitement du concentrât m3/j 54
Débit des boues produites lors du traitement du concentrât m3/j 6
Volume de boue produite selon la durée de fonctionnement m3 120
Volume de filtrat produit selon la durée de fonctionnement m3 1080
Dimensions Valeur
Longueur (m) 10
Largeur (m) 3,7
Hauteur (m) 2,4
Surface (m2) 37
Capacité de stockage (m3) 88,8
Périmètre standard (m) 27,4
Nombre des Géotubes nécessaire 1,351351
Nombre d'heure de fonctionnement par un seul Géotube(h) 355,2
65
PROJET DE FIN D’ETUDES
7. Plan de masse
Dans le test industriel on va travailler seulement dans le premier bassin qui va assurer
l’évaporation aussi.
Le suivi du débit sera effectué à l’aide des débitmètres installés au niveau des
machines d’osmose inverse. Et par un calcul du taux de conversion de chaque machine on
peut estimer le débit entrant et à retraiter. On peut de même estimer le débit sortant des
bâches par l’application des taux de rétention des filtres qui est de l’ordre de 10%.
Le suivi du débit permettra de déterminer les doses nécessaires pour le retraitement
du concentrât. Une sous-estimation ou une surestimation du débit auront des effets
intolérables sur le déroulement des différents procédés.
8.2. pH
66
PROJET DE FIN D’ETUDES
9. Devenir du perméat
Les résultats des analyses nous permettent d’évaluer la conformité du filtrat par
rapport aux normes de rejet direct dans le milieu naturel. Le tableau suivant résume les
résultats de quelques paramètres (tableau 23) (Annexe X : arrêté 1607-06 fixant les valeurs
limites de rejets directe).
Tableau 23: Conformité aux normes de rejet.
67
PROJET DE FIN D’ETUDES
Les données du tableau 23 indiquent une conformité aux normes de rejet direct pour
le cyanure et le fluorure. Cependant, la conductivité, la DCO ainsi que la DBO5 présentent
une non-conformité aux normes de rejets.
De ce fait, le filtrat due au retraitement du concentrât ne peut pas être rejeté
directement dans le milieu naturel sans un traitement secondaire.
9.2. Conformité aux normes d’irrigation
Dans le but de valider l’idée de retraitement du filtrat par l’OI, un test de conformité
aux valeurs limites à l’entrée d’OI est résumé par le tableau 25.
Tableau 25: Conformité aux valeurs limites à l'entrée de la machine d'OI.
filtrat Valeurs limites à l’entrée d’OI Conformité
Conductivité (µs/cm) 74000 40000 NC
Silice (mg/l) 48,73 40 NC
DBO5 (mgO2/l) 8666 50000 C
DCO (mgO2/l) 19430 75000 C
Calcium (mg/l) 5,61 * *
Baryum (mg/l) 1,76 * *
Fluorure (mg/l) 0,09 * *
Cyanure (mg/l) 1,14 * *
68
PROJET DE FIN D’ETUDES
La partie retenue dans les bâches (concentrât 2) est une boue ayant des
caractéristiques différentes et des concentrations distinctes en élément majeures et en
éléments trace.
Pour bien préciser la destination la plus appropriée de ces boues, une analyse a été
faite dont les résultats sont résumés sur le tableau suivant (bordereau d’analyses de la boue
après retraitement voir annexe XII).
69
PROJET DE FIN D’ETUDES
Le tableau montre que la boue extraite des Géotubes a une siccité de l’ordre de
11,62% qui représente une siccité inférieure à la valeur limite d’enfouissement d’une boue
issus du STEP dans un CET qui est égale à 30% [18].
Les autres paramètres analysés à savoir les éléments traces et les métaux ont des
concentrations assez faibles. Le CET d’Oum Azza est une décharge de classe 1, il ne reçoit
que les déchets ménagers et assimilés, et la législation marocaine, en matière de gestion
des déchets solides, ne fixe pas des normes bien strictes pour les éléments chimiques en
matières de boues à enfouir dans les CET.
D’après l’article 2 du décret n° 02-07-253 du 14 Rajeb 1429 (18 juillet 2008) portant
sur la classification des déchets et fixant la liste des déchets dangereux [19], dans son
annexe 1, les boues extaite des Géotub après coagulation-floculation sont admissibles dans
le CET Oum Azza, suivant les code 19-02-06( boues prevanant des traitement physico-
chimique ne contenant des substances dangereuses) et 19-07-03( lixiviat de décharges ne
contenant pas des substances dangereuses).
Il est donc recommandé d’amménager un casier spéciale suivant les regles d’art,
destiné à l’enfouissement des boues des procèdés de coagulation-floculation et filtration,
afin d’éviter le mélange avec les déchets ménageres.
70
PROJET DE FIN D’ETUDES
71
PROJET DE FIN D’ETUDES
Les dimensions des géotubes fournis par le fournisseur sont différentes. Par
conséquent, le prix du géotube est en fonction de sa capacité et ses dimensions. Puisqu’on
va travailler avec des géotube ayant 27,5 m de périmètre, on a choisi donc d’évaluer le prix
de ce Géotube. L’estimation du coût que nous avons réalisé pour les Géotubes est la
suivante.
72
PROJET DE FIN D’ETUDES
4. Coût total
Le coût total du projet sera donc la somme des différents coûts opératoires, le tableau
suivant résume l’ensemble des frais.
Géotubes 355200
Pompes 98560
73
PROJET DE FIN D’ETUDES
74
PROJET DE FIN D’ETUDES
1. Le diagramme de Gantt
75
PROJET DE FIN D’ETUDES
76
PROJET DE FIN D’ETUDES
Branchement à l’électricité. 2
77
PROJET DE FIN D’ETUDES
Conclusion
La quantité des lixiviats à traiter par l’osmose inverse du CET Oum Azza se divise
par les membranes en deux parties de concentrations différentes. D’une part, une partie
passant à travers les membranes : perméat rejeté dans le milieu naturel ou stocké pour
d’autres utilisations, et d’autre part, une partie qui ne passe pas à travers la membrane :
concentrât ou retentât et qui contient l’ensemble des particules retenues par les membranes
qui sera collecté et doit subir un traitement avant son élimination. Les taux de conversion
des machines d’osmose inverse du CET d’Oum Azza varie entre 56 et 50% (56% pour
celle d’Oum Azza, et 50% pour celle d’Akreuch et de Pier Feu).
Pour la filtration on a choisi d’utiliser des bâches appelées géotubes qui seront
fournis par la société Reigonor.
78
PROJET DE FIN D’ETUDES
Bibliographie
79
PROJET DE FIN D’ETUDES
80
PROJET DE FIN D’ETUDES
Annexe I
81
PROJET DE FIN D’ETUDES
Annexe II
82
PROJET DE FIN D’ETUDES
Annexe III
83
PROJET DE FIN D’ETUDES
Annexe IV
84
PROJET DE FIN D’ETUDES
Annexe V
85
PROJET DE FIN D’ETUDES
Annexe VI
86
PROJET DE FIN D’ETUDES
Annexe VII
87
PROJET DE FIN D’ETUDES
Annexe VIII
88
PROJET DE FIN D’ETUDES
Annexe IX
89
PROJET DE FIN D’ETUDES
Annexe X
90
PROJET DE FIN D’ETUDES
Annexe XI
91
PROJET DE FIN D’ETUDES
Annexe XII
92
PROJET DE FIN D’ETUDES
Annexe XIII
93