Dtu Bael 91
Dtu Bael 91
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DTU BAEL 91
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Sommaire
AVERTISSEMENT 1
rapport de présentation du BAEL 91
1 introduction
2 principales modifications de la partie A
3 principales modifications de la partie B
1 fissuration du béton armé
2 mise à jour de références aux normes de ciments
3 développement de bétons à hautes performances de résistance caractéristique dépassant 60
MPA
première partie règles générales
chapitre A.1 principes et définitions
A.1 .1 domaine d'application
A.1.2 principe des justifications
chapitre A.2 caractères des matériaux
A.2.1 béton
A.2.2 aciers
chapitre A.3 actions et sollicitations
A.3.1 actions
A.3.2 calcul des sollicitations
A.3.3 sollicitations de calcul
chapitre A.4 justification des pièces prismatiques soumises à des sollicitations normales
A.4.1 règles générales pour la justification des sections sous sollicitations normales
A.4.2 condition de non-fragilité
A.4.3 état limite ultime de résistance
A.4.4 état limite ultime de stabilité de forme
A.4.5 états limites de service vis-à-vis de la durabilité de la structure
A.4.6 calcul des déformations ; état limite de service vis-à-vis des déformations
chapitre A.5 justifications vis-à-vis des sollicitations tangentes
A.5.1 justifications des poutres sous sollicitations d'effort tranchant
A.5.2 justification des dalles et poutres-dalles sous sollicitations d'effort tranchant
A.5.3 actions tangentes exercées sur des éléments autres que les âmes : coutures d'attache
A.5.4 torsion
chapitre A.6 adhérence
A.6.1 adhérence des aciers en barres
A.6.2 ancrage et entraînement des treillis soudés
chapitre A.7 dispositions constructives diverses
A.7.1 protection des armatures
A.7.2 possibilités de bétonnage correct
A.7.3 reprises de bétonnage
A.7.4 poussées au vide
chapitre A.8 dispositions particulières à certains éléments
A.8.1 éléments comprimés
A.8.2 dalles sur appuis continus
A.8.3 armatures des poutres
A.8.4 pressions localisées, frettage, articulations
A.8.5 justification par l'expérimentation
deuxième partie règles applicables aux ossatures et éléments courants des structures en béton armé
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annexe C notations
C.1 principes
C.1.1 majuscules romaines
C.1.2 minuscules romaines
C.1.3 majuscules grecques
C.1.4 minuscules grecques
C.1.5 indices
C.1.6 apostrophe
C.2 indices
C.2.1 majuscules romaines
C.2.2 minuscules romaines et abréviations
C.3 notations
C.3.1 notations en majuscules romaines
C.3.2 notations en minuscules romaines
C.3.3 notations en minuscules grecques
C.3.4 symboles spéciaux
annexe D règles transitoires relatives à la définition des valeurs représentatives des actions et des
combinaisons d'actions dans les cas courants
D.1 valeurs représentatives des actions variables courantes dans le domaine des ponts-routes et
des bâtiments
D.1.1 ponts-routes
D.1.2 bâtiment
D.2 combinaisons d'actions
D.2.1 ponts-routes
D.2.2 bâtiments
annexe E.1 méthode de calcul applicable aux planchers à charge d'exploitation modérée, dite «
méthode forfaitaire »
E.1.0 domaine d'application
E.1.1 principe de la méthode
E.1.2 conditions d'application de la méthode valeurs des coefficients
E.1.3 détermination de la longueur des chapeaux et arrêts des barres inférieures de second lit
annexe E.2 méthode de calcul applicable aux planchers à charge d'exploitation relativement élevée,
dite « méthode caquot »
E.2.0 domaine d'application
E.2.1 principe de la méthode
E.2.2 conditions d'application de la méthode aux poutres à moments d'inertie égaux dans les
différentes travées et non solidaires des poteaux
E.2.2,1 moments d'appuis
E.2.2,2 moments en travée
E.2.2,3 efforts tranchants d'appui
E.2.3 conditions d'application de la méthode aux poutres à moments d'inertie variables d'une travée
à l'autre et non solidaires des poteaux
E.2.4 conditions d'application de la méthode au calcul des poutres continues solidaires des poteaux
qui les supportent
E.2.4,0 principes
E.2.4,1 travées intermédiaires
E.2.4,2 travées de rive
E.2.4,3 simplifications admises
E.2.4,4 cas d'une seule travée (ossature symétrique et symétriquement chargée)
E.2.4,5 moments en travée des poutres
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AVERTISSEMENT 1
Décision prise par la Commission Générale de Normalisation du Bâtiment-DTU lors de sa réunion du
12 septembre 1991
La Commission Générale de Normalisation du Bâtiment - DTU (CGNorBât-DTU) adopte comme
Document Technique Unifié les présentes Règles de calcul sous le nom de « Règles BAEL 91 », qui
constituent la révision des règles techniques de conception et de calcul des ouvrages et constructions
en béton armé suivant la méthode des états limites faisant l'objet du fascicule n° 62, titre Ier , section I
du Cahier des Clauses Techniques Générales (CCTG).
Ces « Règles BAEL 91 » se substituent aux « Règles BAEL 83 ».
AVERTISSEMENT 2
Décision prise par la Commission Générale de Normalisation du Bâtiment-DTU lors de sa réunion du
15 septembre 1999
La Commission Générale de Normalisation du Bâtiment - DTU (CGNorBât-DTU), adopte comme
modifications aux présentes Règles de calcul les modifications apportées au fascicule n° 62, titre Ier ,
section I du Cahier des Clauses Techniques Générales (CCTG).
La présente édition des « Règles BAEL 91 » inclut ces modifications.
rapport de présentation du BAEL 91
1 introduction
L'application des règles BAEL 83 s'impose depuis le 1er janvier 1985, date à laquelle les règles
précédentes CCBA 68 ont été abrogées après une période de coexistence. L'usage systématique du
BAEL 83 a révélé quelques imperfections suffisantes pour motiver une révision, cependant la parution
prochaine des eurocodes rendait inopportune une remise en cause profonde des prescriptions en
vigueur. Dans ces conditions, les modifications proposées se limitent à un « toilettage » répondant
aux buts suivants :
- améliorer et compléter certaines rédactions mal comprises ou considérées comme peu
claires, et par conséquent susceptibles d'être interprétées de façon erronée ;
- corriger les articles ayant fait l'objet de critiques, soit en précisant ou modifiant leur domaine
d'application, soit en apportant les retouches nécessaires pour obtenir, dans tous les cas
visés, des résultats satisfaisants ;
- tenir compte des textes les plus récents, notamment le fascicule 65 du CCTG, le DTU 21 et
les règles BPEL 83, y compris les modifications en cours de préparation pour ce dernier
document.
2 principales modifications de la partie A
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dépendant du coefficient K ont été remplacées par des expressions du type , ce qui permet
d'avantager, conformément à l'expérience, l'utilisation des bétons haute résistance.
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NOTE
(1)Pour des risques moindres de détérioration du fait de la fissuration, sont aussi définis les cas
« fissuration préjudiciable » et « fissuration peu préjudiciable ».
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climatiques, et dont le béton est constitué de granulats naturels normaux, avec un dosage en ciment
au moins égal à 300 kg par m³ de béton mis en oeuvre.
COMMENTAIRE
Le dosage ici indiqué n'est bien entendu valable que pour les ciments Portland habituels comportant
peu de constituants secondaires.
Sont considérées en béton armé les pièces qui sont encore aptes à jouer leur rôle dans la structure
dont elle font partie, lorsque la résistance à la traction par flexion de leur béton constitutif est
supposée nulle.
COMMENTAIRE
Ceci conduit habituellement à prévoir un pourcentage minimal d'armatures, en application de la règle
de non-fragilité qui fait l'objet de l'article A.4.2.
Restent en dehors du domaine des présentes règles :
- les constructions en béton non armé ;
- les constructions en béton constitué de granulats légers ;
- les constructions en béton caverneux ou cellulaire armé ;
- les constructions en béton de résistance caractéristique supérieure à 60 MPa ;
- les éléments armés de profilés laminés et les structures mixtes acier-béton ;
- les éléments soumis en service à des températures s'écartant sensiblement de celles qui
résultent des seules influences climatiques.
COMMENTAIRE
Les règles du présent document ne s'appliquent pas toutes sans adaptation à des bétons de
résistance caractéristique supérieure à 60 MPa.
D'autre part certains ouvrages peuvent faire l'objet de règles particulières auxquelles il est alors fait
référence.
COMMENTAIRE
Ces règles particulières peuvent concerner certains types d'ouvrages (par exemple cuvelages,
cheminées, canalisations, etc.), certains procédés de construction (par exemple les coffrages
glissants), ou encore des constructions non traditionnelles utilisées dans le bâtiment et dont les
conditions de calcul sont fixées dans le cadre des procédures ministérielles.
A.1.2 principe des justifications
Les calculs justificatifs sont conduits suivant la théorie des états limites. Un « état limite » est celui
pour lequel une condition requise d'une construction (ou d'un de ses éléments) est strictement
satisfaite et cesserait de l'être en cas de modification défavorable d'une action.
COMMENTAIRE
L'exposé de cette théorie ainsi que les définitions des termes utilisés se trouvent dans les « Directives
communes relatives au calcul des constructions de 1979 (D.C. 79) ».
Dans la liste des états limites, ne figure pas l'état limite de fatigue, qui n'a pas été pris en compte dans
le cas général. Toutefois, il peut être important de le considérer pour des pièces particulières
soumises à des variations d'actions importantes et fréquentes susceptibles de diminuer de façon
sensible leur durabilité ou résistance. Lorsqu'il y a lieu de le faire, le CCTP désigne les ouvrages ou
parties d'ouvrages devant faire l'objet de vérifications supplémentaires vis-à-vis de l'état limite de
fatigue, et il précise les modalités du calcul (niveau des actions, leurs combinaisons, valeurs des
coefficients J correspondants).
On distingue :
- les « états limites ultimes » qui correspondent à la limite :
- soit de l'équilibre statique ;
- soit de la résistance de l'un des matériaux ;
- soit de la stabilité de forme.
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- les états limites de service qui sont définis compte tenu des conditions d'exploitation ou de
durabilité.
COMMENTAIRE
Il s'agit surtout d'états limites de déformation (instantanée ou différée) et d'ouverture des fissures.
Les chapitres qui suivent donnent les justifications théoriques qu'il convient d'apporter dans les cas les
plus généraux. Cependant la justification d'éléments d'ouvrages peut aussi résulter d'une
expérimentation directe scientifiquement conduite et interprétée ; des indications à ce sujet sont
données à l'article A.8.5 .
COMMENTAIRE
Le recours à l'expérimentation peut notamment être utilisé dans les cas suivants :
- celui de pièces dont la justification échappe aux notions couramment admises, par exemple
parce que leurs formes sont particulièrement complexes ou encore que leur fonctionnement
mécanique ne relève pas de la longue expérience des constructeurs ;
- celui d'éléments préfabriqués en série.
chapitre A.2 caractères des matériaux
A.2.1 béton
A.2.1,1 résistance du béton
COMMENTAIRE
Les valeurs caractéristiques du présent article sont introduites dans les calculs compte tenu de
coefficients de sécurité spécifiques : voir notamment le Jb de l'article A.4.3,4 et du chapitre A.5.
A.2.1,11
Pour l'établissement des projets, dans les cas courants, un béton est défini par une valeur de sa
résistance à la compression à l'âge de 28 jours, dite valeur caractéristique requise (ou spécifiée).
Celle-ci, notée fc28 , est choisie a priori, compte tenu des possibilités locales et des règles de contrôle
qui permettent de vérifier qu'elle est atteinte (* ).
COMMENTAIRE
Les cas non courants sont ceux pour lesquels la vitesse de durcissement du béton s'écarte
sensiblement des valeurs les plus usuelles, par exemple en cas d'emploi de ciment alumineux ou de
recours à un traitement thermique. Il est alors nécessaire de préciser les résistances à différents âges
avant et après 28 jours, les éprouvettes étant soumises aux mêmes températures que le béton de
l'ouvrage.
* Dans l'attente de la norme correspondante, il convient de se reporter aux règles de contrôle du
fascicule 65 du C.C.T.G..
Les modalités du contrôle doivent être fixées compte tenu de l'importance de la structure et des
conséquences économiques et humaines d'une défaillance éventuelle.
Pour le choix de la résistance caractéristique requise, on peut s'inspirer des résultats statistiques
antérieurs obtenus sur des chantiers comparables.
Lorsque des sollicitations s'exercent sur un béton dont l'âge de j jours (en cours d'exécution) est
inférieur à 28, on se réfère à la résistance caractéristique fcj obtenue au jour considéré.
COMMENTAIRE
On peut admettre que pour j £ 28 la résistance fcj des bétons non traités thermiquement suit
approximativement les lois suivantes :
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Les bétons à haute résistance contenant des ultra-fines actives peuvent avoir une loi d'évolution
intermédiaire entre les deux précédentes. Pour les bétons traités thermiquement, on peut se reporter
à l'annexe 6 du BPEL .
Pour justifier la résistance des sections, la valeur fcj est conventionnellement bornée supérieurement à
fc28 . Pour d'autres types de vérifications, on peut admettre une valeur au plus égale à 1,10 fc28 lorsque
l'âge dépasse 28 jours, à condition que le béton ne soit pas traité thermiquement et que sa résistance
fc28 atteigne au plus 40 MPa.
COMMENTAIRE
On peut alors évaluer la valeur de fcj par la première formule ci-dessus pour 28 < j < 60, avec fcj = 1,
1fc28 pour j ³ 60.
Dans tous les cas, la résistance à la compression est mesurée par compression axiale de cylindres
droits de révolution de 200 cm² de section et d'une hauteur double de leur diamètre.
COMMENTAIRE
Ces dimensions supposent une grosseur du granulat au plus égale à 40 mm, condition généralement
satisfaite en béton armé ; les éprouvettes, conformes à la norme NF P 18-400, sont confectionnées et
essayées suivant le mode opératoire des normes NF P18-404 et NF P18-406.
A.2.1,12
La résistance caractéristique à la traction du béton à j jours, notée ftj , est conventionnellement définie
par la relation : dans laquelle ftj et fcj sont exprimés en MPa (ou N/mm²). Cette formule est valable
pour les valeurs de fcj £ 60 MPa.
COMMENTAIRE
Cette définition, conventionnelle, suffit pour les calculs ; elle n'exclut pas la réalisation d'essais de
traction en conformité avec les prescriptions du fascicule 65.
Cette relation établie entre résistances caractéristiques diffère de celle que l'on obtiendrait avec des
valeurs moyennes.
Si l'on exprime les résistances en bars, elle devient :
A.2.1,13
A défaut de précédents et d'études préalables, on peut admettre a priori, pour des bétons courants,
lors de la rédaction des projets, des valeurs de la résistance caractéristique à la compression dont la
pratique a montré qu'elles peuvent être normalement atteintes sur les chantiers.
COMMENTAIRE
Pour le choix de la valeur de fc28 on peut considérer que :
- une résistance de 20 MPa est facilement atteinte sur les chantiers convenablement outillés ;
- on obtient facilement 25 MPa sur les chantiers faisant l'objet d'un contrôle régulier ;
- on peut obtenir 30 MPa dans toutes les régions à condition, en outre, de choisir
convenablement les matériaux et d'étudier la composition du béton ;
- des résistances supérieures peuvent être atteintes moyennant une sélection rigoureuse des
matériaux utilisés .
Il est aussi rappelé qu'une bonne résistance est généralement liée à une bonne compacité, ce qui est
favorable à la durabilité du béton.
En outre, l'attention est attirée sur le fait que les résistances moyennes du béton doivent être
supérieures aux valeurs caractéristiques requises d'environ 15 à 30 %, les différences étant d'autant
plus grandes que le chantier est moins bien contrôlé et le béton moins régulier.
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D'autre part le dosage en ciment doit tenir compte du pourcentage en volume des armatures.
COMMENTAIRE
Pour assurer un bon enrobage et une bonne protection des armatures, le béton doit être d'autant plus
dosé en ciment que les armatures sont plus nombreuses et plus divisées. Dans le cas de pièces
moyennement ou fortement armées, les dosages usuels oscillent entre 350 et 400 kg de ciment par
mètre cube de béton. On peut remarquer en outre que l'augmentation du dosage en ciment constitue
un moyen d'augmenter la résistance du béton.
A.2.1,2 déformations longitudinales du béton
A.2.1,21
Sous des contraintes normales d'une durée d'application inférieure à 24 heures, on admet, à défaut
de mesures, qu'à l'âge de j jours, le module de déformation longitudinale instantanée du béton Eij est
égal à : fcj (exprimé en MPa) désignant la résistance caractéristique à la compression à j jours.
COMMENTAIRE
La formule donnant Eij n'est valable que pour les bétons habituels durcissant naturellement sur le
chantier ; elle n'est pas applicable pour les justifications de l'article A.4.4 qui donne à ce sujet des
règles particulières.
Si on exprime les résistances en bars, la formule devient environ :
A.2.1,22
Les déformations différées du béton comprennent le retrait et le fluage ; on considère dans les calculs
que les effets de ces deux phénomènes s'additionnent sans atténuation.
COMMENTAIRE
Dans les cas où les règles simplifiées données ici paraîtraient insuffisantes ou incomplètes, il
conviendrait de se reporter aux règles du béton précontraint.
A défaut de mesures, on admet que sous contraintes de longue durée d'application, les déformations
longitudinales complémentaires dues au fluage du béton sont doubles de celles dues aux mêmes
contraintes supposées de courte durée et appliquées au même âge.
COMMENTAIRE
Cette règle revient à considérer un module de déformation différée Evj à j jours, qui permet de calculer
la déformation finale du béton (déformation instantanée augmentée du fluage). Si on exprime les
résistances en MPa (ou N/mm²), ce module est donné par la formule : Si les résistances sont
exprimées en bars, la formule devient :
A défaut de mesures, on estime que le raccourcissement unitaire dû au retrait atteint les valeurs
suivantes dans le cas de pièces non massives à l'air libre :
1,5.10-4 dans les climats très humides,
2 .10-4 en climat humide, ce qui est le cas de la France sauf son quart sud-est,
3 .10-4 en climat tempéré sec, tel que le quart sud-est de la France,
4 .10-4 en climat chaud et sec,
5 .10-4 en climat très sec ou désertique.
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COMMENTAIRE
Les valeurs données ici pour le retrait ne sont pas celles du béton seul, mais tiennent compte de la
présence d'un pourcentage moyen d'armatures.
A.2.1,3 coefficient de Poisson
Sauf cas particuliers (*), le coefficient de Poisson du béton est pris égal à 0 (zéro) pour le calcul des
sollicitations et à 0,2 pour le calcul des déformations.
COMMENTAIRE
* Il s'agit notamment de certaines coques minces.
A.2.2 aciers
A.2.2,1 prescriptions générales
Les armatures doivent être conformes aux textes réglementaires en vigueur.
COMMENTAIRE
Les textes actuellement en vigueur sont le titre I du fascicule 4 (et les textes qui s'y référent) pour les
marchés publics de travaux, l'article B.1.2 pour les bâtiments courants.
Le caractère mécanique servant de base aux justifications est la limite d'élasticité garantie, désignée
par fe .
COMMENTAIRE
Cette valeur, ainsi que le diagramme de l'article qui suit, sont introduits dans les calculs compte tenu
du coefficient Js défini en A.4.3,2 .
Dans ce qui suit, le module d'élasticité longitudinale de l'acier Es est pris égal à 200 000 N/mm² (ou
encore 2 000 000 bars).
A.2.2,2 diagramme déformations-contraintes
Le diagramme déformations (Hs ) contraintes (Vs ) à considérer pour l'application de l'article A.4.3 , est
conventionnellement défini ci-dessous.
COMMENTAIRE
L'attention est attirée sur le fait que la ductilité se caractérise par la valeur garantie de l'allongement
uniformément réparti Agt .
Cette valeur est fixée à 5 % pour les aciers de catégorie 3 de la norme NF A 35-016 et prise
conventionnellement égale à 2 % pour les treillis soudés.
Il est cependant loisible d'utiliser une forme de courbe se rapprochant du diagramme réel de l'acier
employé à condition de se référer à la valeur garantie de la limite d'élasticité fe et de contrôler la
résistance prise en compte pour l'allongement de 10 %o.
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COMMENTAIRE
Il convient en particulier de vérifier que l'augmentation escomptée de la résistance entre la limite
élastique et la valeur correspondant à l'allongement de 10 %o est effectivement obtenue.
chapitre A.3 actions et sollicitations
Les actions et sollicitations sont évaluées conformément aux articles qui suivent.
Le recours aux Directives Communes s'impose pour les cas qui ne sont pas explicitement visés par le
présent texte.
A.3.1 actions
COMMENTAIRE
Il est rappelé que les actions sont les forces et couples dus aux charges appliquées (permanentes,
climatiques, d'exploitation, etc.) et aux déformations imposées (variations de température, tassements
d'appuis, etc.).
A.3.1,1 généralités
Pour l'application de ce qui suit, on distingue :
- les actions permanentes, notées G, dont l'intensité est constante ou très peu variable dans le
temps, ou varie toujours dans le même sens en tendant vers une limite ;
- les actions variables, notées Q, dont l'intensité varie fréquemment et de façon importante
dans le temps ;
- les actions accidentelles, notées FA , provenant de phénomènes rares, tels que séismes ou
chocs.
COMMENTAIRE
Il en résulte que les actions dues aux déformations différées du béton font partie des actions
permanentes.
Les valeurs des actions ont généralement un caractère nominal (*). Elles sont définies soit par les
textes réglementaires et normatifs en vigueur (**), soit par le présent règlement (***), soit par les
textes particuliers à l'ouvrage (CCTP).
COMMENTAIRE
* Les valeurs nominales visées dans le présent texte sont des valeurs forfaitaires ou simplifiées qui
tiennent lieu de valeurs caractéristiques, telles que définies dans les Directives Communes.
** A la date de parution du présent document, les normes et règlement principaux définissant
certaines actions sont les suivants :
- NF P 06-001 : Charges d'exploitation des bâtiments ;
- DTU P 06-002 : Règles définissant les effets de la neige et du vent sur les constructions,
dites Règles NV 65, complétées par les règles N 84 (DTU P 06-006) ;
- P 06-004 : Charges permanentes et charges d'exploitation dues aux forces de pesanteur ;
- CPC Fascicule 61, titre II : Programme de charges et épreuves des ponts-routes.
*** Il s'agit notamment des articles A.3. 1,2 à A.3.1,4 suivants, complétés par l'annexe D qui
précise les valeurs représentatives des actions à prendre en compte, en attendant la mise en
cohérence de l'ensemble des textes avec les Directives Communes 79.
Elles sont introduites dans les combinaisons visées en A.3.3 avec les valeurs dites représentatives,
définies dans les articles A.3.1,2 à A.3.1,3 ci-après.
A.3.1,2 actions permanentes
COMMENTAIRE
Les actions permanentes comprennent notamment le poids propre de la structure, celui des
équipements fixes de toute nature (par exemple cloisons des bâtiments), les efforts (poids, poussées,
pressions) dus à des terres ou liquides dont les niveaux varient peu, les efforts dus aux déformations
imposées en permanence à la construction.
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A.3.1,21
En dehors du cas visé en A.3.1,22 ci-après, les actions permanentes sont introduites dans les
calculs avec leurs valeurs les plus probables (ou moyennes) ; à cet effet, les volumes sont évalués
d'après les dimensions prévues sur les dessins d'exécution.
Sauf circonstances spéciales, la masse volumique du béton armé est prise égale à 2,5 t/m³.
COMMENTAIRE
Ces circonstances spéciales peuvent se présenter lorsqu'il est fait usage de granulats de forte ou
faible densité, ou pour des pièces contenant une proportion d'armatures particulièrement forte ou
faible.
A.3.1,22
Lorsqu'une action permanente est susceptible de subir des écarts sensibles par rapport à sa valeur
moyenne, il convient d'en tenir compte en introduisant dans les calculs la valeur escomptée la plus
défavorable (maximale ou minimale) eu égard au cas considéré.
COMMENTAIRE
Des exemples sont donnés en commentaires de l'article 4.1. des Directives Communes 79,
auxquelles il convient de se reporter. Ces exemples concernent notamment la masse volumique, les
parois minces, les chapes et revêtements de chaussée, les canalisations, les cloisons des bâtiments,
les niveaux des liquides, les poussées des terres.
A.3.1,3 actions variables
A.3.1,31 charges d'exploitation, charges climatiques (neige et vent)
Les valeurs représentatives sont fixées en fonction de leur fréquence, leur durée d'application et la
nature des combinaisons dans lesquelles elles interviennent. Ces valeurs peuvent être :
- la valeur nominale de l'action considérée désignée par Qi ;
- la valeur de combinaison \oi Qi ;
- la valeur fréquente \1i Qi ;
- la valeur quasi-permanente \2i Qi .
Les coefficients \0 , \1 et \2 sont fixés par les textes en vigueur ou par les documents particuliers du
marché.
COMMENTAIRE
A titre transitoire les valeurs des coefficients \ sont précisées dans l'annexe D .
Le coefficient \0 intervient dans les combinaisons fondamentales (état limite ultime) et dans les
combinaisons rares (état limite de service).
Le coefficient \1 intervient dans les combinaisons accidentelles.
Le coefficient \2 intervient dans les combinaisons accidentelles et pour la vérification de la stabilité de
forme.
A.3.1,32 charges appliquées en cours d'exécution
Il est tenu compte des charges appliquées en cours d'exécution en distinguant :
- les charges peu variables (présentant un caractère permanent durant la phase d'exécution
considérée) et connues de façon relativement précise, qui sont introduites dans les calculs
avec les mêmes modalités que les charges permanentes.
COMMENTAIRE
Les valeurs introduites dans les calculs tiennent compte des effets dynamiques éventuels et des
emplacements réels possibles des charges.
- les autres charges, dont on évalue les valeurs extrêmes à partir de ce qui est
raisonnablement envisageable, et qui sont introduites avec les mêmes modalités que les
charges d'exploitation.
COMMENTAIRE
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Font partie de cette catégorie les charges pouvant varier ou se déplacer au cours d'une même phase
de travaux.
COMMENTAIRE
Ces variations de température ont été fixées en supposant une température initiale comprise entre
5 °C et 15 °C environ. Il convient de fixer les valeurs réellement subies par la structure compte tenu de
l'inertie thermique des pièces et de leur isolation éventuelle. Les dilatations linéaires peuvent être
évaluées en admettant forfaitairement un coefficient de dilatation du béton armé égal à 10-5 .
Les sollicitations correspondantes sont évaluées en introduisant pour le béton des modules de
déformation longitudinale tenant compte de la durée d'application des actions considérées.
COMMENTAIRE
Ces sollicitations ne sont pratiquement prises en compte que pour les structures particulièrement
sensibles aux effets thermiques. On peut généralement considérer que les effets dus à la température
comportent :
- une partie rapidement variable correspondant à des variations de 10 °C qui est donc
introduite avec le module Ei ;
- une partie lentement variable (égale au reste) qui est donc introduite avec le module Ev .
Dans le cas où il serait nécessaire de tenir compte des effets d'un gradient thermique, les valeurs
représentatives de cette action sont introduites conformément aux textes en vigueur ou à défaut aux
stipulations du marché.
A.3.1,34 autres actions variables
Les actions variables autres que celles visées dans les paragraphes A.3.1,31 à A.3.1,33 sont
évaluées en s'appuyant sur la notion de valeur représentative définie dans les Directives Communes.
COMMENTAIRE
Les valeurs représentatives s'appuient généralement sur la notion de valeur caractéristique (lorsque
les lois de distribution sont suffisamment bien connues) ou à défaut sur celle de valeur nominale que
l'on fixe à partir des valeurs extrêmes connues ou de ce qui est raisonnablement envisageable. Elles
sont introduites dans les combinaisons d'actions compte tenu des coefficients présentés en A.3.1,31 .
A.3.1,4 actions accidentelles
Les actions accidentelles ne sont à considérer que si des documents d'ordre public ou le marché le
prévoient.
COMMENTAIRE
Comme exemples d'actions accidentelles, on peut citer les séismes, explosions, incendies, chocs de
véhicules ou bateaux sur les appuis des ponts. Pour les séismes, il y a lieu actuellement de se
reporter au DTU P 06-003 (Règles parasismiques 69 complétées en 1982).
A défaut de textes réglementaires, il appartient au marché de fixer les valeurs représentatives de ces
actions.
A.3.2 calcul des sollicitations
COMMENTAIRE
Il est rappelé que les sollicitations sont les efforts (effort normal, effort tranchant) et les moments
(moment de flexion, moment de torsion) calculés à partir des actions par des méthodes appropriées.
Les calculs sont conduits suivant des méthodes scientifiques appuyées sur des données
expérimentales.
A.3.2,1 règles générales
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D'une façon générale les sollicitations sont calculées en utilisant pour la structure un modèle élastique
et linéaire (*). On emploie les procédés de la Résistance des Matériaux dans la mesure où la forme
des pièces le permet (**).
COMMENTAIRE
* Le modèle élastique et linéaire est cependant insuffisant pour certaines justifications ; il s'agit
notamment de l'état limite ultime de stabilité de forme (voir art. A.4.4 ). De plus, il ne permet pas de
bien rendre compte de certains phénomènes, par exemple pour le calcul des déformations et de la
fissuration, ainsi que pour le comportement sous les actions accidentelles.
L'attention est d'autre part attirée sur les redistributions d'efforts susceptibles de se produire (voir art
A.3.2,4 ).
** Lorsque les procédés de la Résistance des Matériaux ne sont pas applicables et dans la mesure où
le présent texte ne donne aucune indication précise on peut :
- soit adopter les schémas se rapprochant de structures connues, méthode applicable dans
des cas simples et faisant appel au bon sens et à l'expérience du projeteur ;
- soit avoir recours à des modèles de calcul plus élaborés ;
- soit procéder à une expérimentation probante sur modèle réduit, méthode applicable dans le
cas de pièces comportant des formes particulièrement complexes. Des indications à ce sujet
sont données en A.8.5, 1 .
On peut cependant apporter au calcul les simplifications indiquées en A.3.2,2 .
Pour la détermination des inconnues hyperstatiques de toute nature, les calculs sont conduits à partir
des sections brutes, c'est-à-dire sans déduction des vides qui peuvent être réservés dans certaines
sections. D'autre part, la largeur de hourdis à prendre en compte de chaque côté d'une nervure de
poutre en Té (ou double Té) à partir de son parement, est limitée par la plus restrictive des conditions
ci-après :
- on ne doit pas attribuer la même zone de hourdis à deux nervures différentes ;
- la largeur en cause ne doit pas dépasser notablement le dixième de la portée d'une travée.
A.3.2,2 simplifications admises
A.3.2,21
Lorsque les inconnues hyperstatiques ne dépendent pas de la valeur du module d'élasticité, il est
loisible d'introduire (dans les équations qui servent à leur détermination) les constantes mécaniques
(aires et moments d'inertie par exemple) calculées sur les sections du béton seul des pièces
supposées non fissurées et abstraction faite de leurs armatures ; cette approximation n'est cependant
valable que dans la mesure où les rapports des déformabilités des différentes pièces composant la
structure ne sont pas fondamentalement changés.
COMMENTAIRE
Cette simplification est généralement admise pour une poutre continue sur appuis invariables.
L'attention est cependant attirée sur le fait que la fissuration peut modifier de façon très sensible la
déformabilité de certaines pièces. Par exemple, la déformabilité d'un tirant peut être voisine de celle
des aciers nus.
A.3.2,22
Les sollicitations dites du second ordre peuvent souvent être négligées, sauf lorsqu'il s'agit de vérifier
l'état limite ultime de stabilité de forme (art. A.4.4 ).
COMMENTAIRE
Il est en outre rappelé que, moyennant certaines conditions (définies en A.4.3,5), les sollicitations du
second ordre sont prises en compte forfaitairement.
A.3.2,23
Pour les éléments dont les conditions d'encastrement sur appuis peuvent s'écarter notablement des
conditions correspondant au modèle élastique et linéaire, il est admis d'évaluer les moments
d'encastrement à des fractions forfaitaires des moments maximaux qui seraient supportés par la pièce
si elle était articulée sur ses appuis.
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COMMENTAIRE
Il s'agit en particulier de pièces de dimensions relativement faibles (dalles ou poutrelles) encastrées
sur des pièces plus massives ; il peut alors se produire au voisinage de l'encastrement des rotations
non négligeables dues à la déformation des scellements des armatures tendues. L'article A.8.2,32
constitue une application du présent alinéa.
A.3.2,24
Pour la vérification à l'état limite ultime, il est souvent possible de négliger les sollicitations dues aux
déformations imposées dans la mesure où la ductilité des pièces en cause et la souplesse de leurs
attaches l'autorisent.
COMMENTAIRE
C'est notamment le cas de la température dont les effets sont généralement négligés pour le calcul
des bâtiments, dans la mesure où certaines dispositions constructives sont respectées (joints de
dilatation par exemple).
A.3.2,25
Il est loisible d'avoir recours, en certains domaines, à des méthodes de calcul simplifiées.
COMMENTAIRE
On peut, par exemple, appliquer les méthodes de calcul définies dans les annexes E , dans les
domaines spécifiés qui leur sont propres.
A.3.2,3 ouvrages construits en plusieurs phases
Lorsqu'un ouvrage est exécuté en plusieurs phases, il en est tenu compte dans l'évaluation des
sollicitations et des résistances, aussi bien en cours d'exécution qu'en service.
COMMENTAIRE
L'exécution d'un ouvrage en plusieurs phases successives peut en effet conduire à des efforts
différant sensiblement de ce que l'on aurait obtenu avec une structure coulée en une seule fois.
L'évaluation des efforts pour chaque élément doit tenir compte du fait que les déformations résultant
des phases successives s'additionnent, en considérant pour chaque phase les fibres extrêmes des
poutres.
En outre, les déformations différées du béton (retrait et fluage) peuvent produire des redistributions de
sollicitations ou contraintes, du fait qu'elles sont gênées par les liaisons hyperstatiques établies au
cours des phases successives. Le calcul de ces redistributions doit être conduit avec d'autant plus de
prudence que les valeurs numériques et lois du fluage et du retrait ne sont connues qu'avec une
assez large imprécision.
Deux exemples d'ouvrages construits en plusieurs phases peuvent être cités :
- les travées indépendantes à poutres préfabriquées comportant un hourdis de liaison coulé
après mise en place des poutres, d'où des redistributions de contraintes dues au fait que les
déformations différées du béton des poutres sont gênées par le hourdis ;
- les travées indépendantes dont la continuité est réalisée par la suite ; il s'ensuit alors des
redistributions de sollicitations.
A.3.2,4 redistributions d'efforts
Il y a lieu dans certains cas de tenir compte des redistributions d'efforts dues à la non-concordance du
comportement des matériaux avec le modèle théorique adopté (élasticité linéaire).
COMMENTAIRE
Cette non-concordance est le plus souvent due à la fissuration et à la plasticité du béton (y compris la
non-linéarité du fluage). L'article A.3.2,23 en fournit un exemple pour les déformations locales de
certaines pièces. Par contre, les redistributions dues au fait que les déformations différées du béton
peuvent être gênées par les liaisons établies lors de phases successives de la construction relèvent
de l'article A.3.2,3 .
Les phénomènes visés dans le présent article ont un effet presque toujours globalement favorable,
notamment au voisinage des états limites ultimes ; en effet, ils se traduisent généralement par une
atténuation des sollicitations aux points où sous charges croissantes la condition d'état limite serait
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dépassée en premier lieu, avec en contre-partie une augmentation des sollicitations en d'autres
points.
Pour l'évaluation de ces redistributions, il convient cependant d'être très prudent, en raison de la très
grande variabilité des phénomènes en cause. Il y a donc lieu de s'appuyer dans la mesure du possible
sur des bases expérimentales probantes ; les articles A.3.2,24 et A.8.2,32 ainsi que la partie B
donnent des exemples de redistributions forfaitaires confirmées par la pratique. Il est déconseillé
d'admettre des redistributions évaluées sur des bases uniquement théoriques. De toute manière, les
déformations résultant des redistributions admises doivent être compatibles avec les états limites
considérés.
A.3.2,5 dalles
D'une façon générale, les dalles sont calculées en utilisant un modèle élastique et linéaire. Il est
cependant loisible d'avoir recours à la méthode des lignes de rupture, à condition de satisfaire aux
conditions de validité qui lui sont propres.
COMMENTAIRE
L'attention est attirée sur le fait que la méthode des lignes de rupture est d'application d'autant plus
délicate qu'elle conduit souvent à des résultats apparemment plus favorables que d'autres méthodes.
En particulier, elle n'est applicable que vis-à-vis de l'état limite ultime de résistance et ne saurait donc
valoir justification vis-à-vis des états limites de service tels que la fissuration. Il faut notamment
souligner que cette méthode laisse, en principe, une liberté complète pour le choix des rapports des
moments résistants ultimes dans différentes directions (en général orthogonales). Il appartient donc
de fixer suivant les règles de l'art le rapport des sections d'armatures dans deux directions
perpendiculaires : l'article A.8.2,41 donne des prescriptions sur les pourcentages minimaux qu'il y a
lieu de prévoir pour les aciers dits de répartition.
En outre, il est nécessaire de satisfaire aux règles suivantes :
- ne prendre en compte aucun moment d'encastrement excédant le moment admissible au-
delà de l'appui (par exemple le moment admissible dans l'âme d'une poutre mince sur
laquelle est encastré le bord d'un hourdis) ;
- dans une dalle longue chargée sur une partie seulement de sa longueur, envisager des
mécanismes de rupture n'intéressant qu'une partie de la longueur de la dalle ;
- lorsque des charges concentrées sont proches des bords ou des angles de la dalle,
envisager des mécanismes de rupture spéciaux ;
- d'une façon générale, prendre garde qu'un mauvais choix d'un mécanisme de rupture peut
couramment mener à une sous-évaluation importante des efforts ;
- enfin, un mécanisme de rupture ne peut être valable que dans la mesure où la résistance de
la dalle en dehors des lignes de rupture est assurée. En particulier, en présence de charges
concentrées, tout mécanisme de rupture exige en tout point de la dalle, dans toute direction,
un minimum des moments résistants : par exemple, sous une charge unique concentrée Q,
la somme des moments résistants de l'un et l'autre signes doit, en moyenne, pour l'ensemble
des directions être au moins égale à Q/2S (par unité de longueur), compte non tenu des
coefficients J à appliquer en fonction de l'état limite considéré.
D'autre part, on admet qu'une force appliquée sur une aire à contour convexe à la surface d'une dalle
agit uniformément sur une aire du feuillet moyen dont le contour est parallèle à la projection du
contour de l'aire d'application de la charge sur ce feuillet et distant de cette projection de la demi-
épaisseur de la dalle.
Si la force localisée est appliquée à la surface d'un revêtement de la dalle, on applique la même règle,
la distance entre contours parallèles étant augmentée de l'épaisseur du revêtement si ce dernier est
constitué de béton ou d'un matériau analogue, et des trois-quarts de l'épaisseur de ce revêtement s'il
est moins résistant (asphalte coulé, béton bitumineux, enrobés par exemple).
A.3.3 sollicitations de calcul
A.3.3,1 généralités
Les justifications produites doivent montrer pour les divers éléments d'une structure et pour l'ensemble
de celle-ci, que les sollicitations de calcul définies dans les sous-articles qui suivent ne provoquent
pas le phénomène que l'on veut éviter.
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COMMENTAIRE
Pour les pièces soumises à un effort normal, il peut y avoir lieu en outre de tenir compte d'une
excentricité additionnelle de la force extérieure. Celle-ci est obligatoire lorsque l'effort normal est une
compression (art. A.4.3,5 et A.4.4 ).
Dans ce qui suit, on désigne par :
Gmax l'ensemble des actions permanentes défavorables ;
Gmin l'ensemble des actions permanentes favorables ;
Q1 une action variable dite de base ;
Qi les autres actions variables dites d'accompagnement (avec i > 1) ;
\0 , \1 et \2 les coefficients définis en A.3.1,31 .
COMMENTAIRE
Dans une combinaison donnée, Gmax et Gmin désignent des actions d'origine et de nature différentes,
ce qui exclut de partager une même action permanente entre ces deux parties. En particulier le poids
propre d'une poutre continue est introduit avec le même coefficient sur toute sa longueur.
Par contre s'il s'agit de l'action d'un remblai dont le poids a un effet favorable et la poussée un effet
défavorable, il convient de prendre la valeur minimale du poids (Gmin ) et la valeur maximale de la
poussée (Gmax ) car les incertitudes sur ces deux éléments ont des origines physiques différentes.
Chaque action est, bien entendu, introduite avec sa valeur la plus défavorable.
Les actions variables sont introduites de la façon la plus défavorable, c'est-à-dire soit avec la valeur
de combinaison indiquée, soit avec la valeur zéro.
A.3.3,2 sollicitations de calcul vis-à-vis des états limites ultimes de résistance
Les sollicitations à considérer résultent des combinaisons d'actions ci-après dont on retient les plus
défavorables.
A.3.3,21 combinaisons fondamentales
Lors des situations durables ou transitoires, il y a lieu de considérer :
COMMENTAIRE
Ces situations, définies dans les Directives Communes, s'opposent aux situations accidentelles pour
lesquelles on utilise les combinaisons de A.3.3,22 .
expression dans laquelle JQ1 vaut 1,5 dans le cas général (*) et 1,35 dans les cas suivants :
- la température
- les charges d'exploitation étroitement bornées ou de caractère particulier (**)
- les bâtiments agricoles à faible densité d'occupation humaine (***).
COMMENTAIRE
* Pour certaines constructions provisoires, le marché peut spécifier d'autres valeurs de JQ1 , après
analyse des conditions de fonctionnement et d'exploitation ; voir A.3.1,32 pour les charges
appliquées en cours d'exécution.
** Pour les ponts-routes, les charges de caractère particulier sont les convois militaires et les convois
exceptionnels définis dans le titre II du fascicule 61 du CPC ou dans le marché.
*** Il s'agit de bâtiments destinés à abriter des animaux ou produits, à l'exclusion de toute action
humaine permanente.
A.3.3,22 combinaisons accidentelles
COMMENTAIRE
Il est rappelé qu'en cas d'actions accidentelles, les coefficients Js et Jb sont réduits (voir en A.4.3,2 et
A.4.3,41 ).
Si elles ne sont pas définies par des textes spécifiques, les combinaisons d'actions à considérer sont
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COMMENTAIRE
Il s'agit le plus souvent de cas délicats pour lesquels des analyses particulières doivent être conduites
en s'inspirant des Directives Communes.
Des indications relatives aux ouvrages et bâtiments courants sont données en B.3.3 .
A.3.3,5 vérification de la stabilité de forme
Les sollicitations de calcul à considérer et la nature des justifications à présenter sont précisées à
l'article A.4.4 du présent règlement.
chapitre A.4 justification des pièces prismatiques soumises à des sollicitations normales
COMMENTAIRE
Le présent chapitre s'applique aux pièces prismatiques usuellement désignées par les termes de
poutres ou de dalles.
On entend par sollicitations normales celles qui peuvent être équilibrées par des contraintes normales
développées sur les sections droites des pièces. Les éléments de réduction de ces sollicitations sont
dans les cas les plus courants le moment fléchissant et l'effort normal : toutefois, dans le cas de
pièces soumises à une torsion gênée et notamment lorsque la section comporte des parois minces,
les éléments de réduction des sollicitations normales sont plus complexes et comportent le terme
appelé « bi-moment » ; ce dernier (lorsqu'il existe) mérite un examen particulier.
A.4.1 règles générales pour la justification des sections sous sollicitations normales
A.4.1,1 sections nettes
Les sections à prendre en compte sont les sections nettes obtenues après déduction de tous les
vides, qu'ils soient réservés au bétonnage ou créés par refouillement ; cette déduction subsiste,
lorsque les vides sont remplis après coup de béton, si des précautions spéciales ne sont pas prises
pour le rebouchage.
COMMENTAIRE
Il convient donc de déduire (par exemple) le trou réservé dans la membrure de la poutre en Té ci-
dessous, même s'il est rempli après coup de béton.
Parmi les précautions spéciales on peut citer la qualité du béton et de sa mise en oeuvre, la qualité
des surfaces de reprise, la continuité des armatures.
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COMMENTAIRE
L'article A.8.1 précise les règles applicables aux pièces comprimées (sections minimales
d'armatures, dispositions constructives).
A.4.1,3 largeurs des tables de compression des poutres en Té
La largeur de hourdis à prendre en compte de chaque côté d'une nervure à partir de son parement est
limitée par la plus restrictive des conditions ci-après :
- on ne doit pas attribuer la même zone de hourdis à deux nervures différentes (*) ;
- la largeur en cause ne doit pas dépasser le dixième de la portée d'une travée (**) ;
- la largeur en cause ne doit pas dépasser les deux tiers de la distance de la section
considérée à l'axe de l'appui extrême le plus rapproché.
COMMENTAIRE
Les règles données ici permettent d'évaluer les largeurs de hourdis à prendre en compte vis-à-vis du
calcul des contraintes s'exerçant sur le béton.
* Cette prescription ne fait pas obstacle à ce que l'on considère un hourdis comme lié dans son
ensemble à plusieurs nervures ainsi qu'on le fait dans le calcul des ponts à poutres sous chaussée.
** La travée peut être indépendante ou continue. Dans le cas d'une entretoise, la portée à considérer
est la distance entre axes des poutres de rive.
A.4.1,4 changements de section
Lorsque les dimensions transversales d'une poutre varient avec l'abscisse mesurée le long de la
poutre, on prend en compte les dimensions effectives sous réserve que les pentes des parois sur l'axe
des abscisses ne dépassent pas 1/3. Dans le cas contraire, on prend en compte des sections fictives
raccordées aux sections minimales par des parois fictives de pente 1/3.
A.4.1,5 sollicitation des membrures tendues
Pour évaluer l'effort agissant sur une membrure tendue, on prend en compte le moment fléchissant
agissant à une distance 0,8 h (h hauteur totale de la poutre) de la section considérée, dans la
direction où le moment augmente en valeur absolue.
COMMENTAIRE
Cette règle tient compte forfaitairement de l'effet sur une membrure tendue de l'inclinaison des bielles
dues à l'effort tranchant ; elle conduit à décaler de 0,8 h, dans le sens défavorable, les courbes
enveloppes des moments fléchissants.
Dans le tracé du diagramme des moments résistants à l'état limite ultime, il est loisible d'adopter, pour
simplifier, une contrainte de l'acier égale à celle déterminée dans la section du moment maximal.
A.4.2 condition de non-fragilité
A.4.2,1 définition
Par définition est considérée comme non fragile, une section tendue ou fléchie telle que la sollicitation
provoquant la fissuration du béton dans le plan de la section considérée entraîne dans les aciers une
contrainte au plus égale à leur limite d'élasticité garantie.
COMMENTAIRE
La fragilité définie ici se réfère aux contraintes normales de traction ; elle n'exclut pas l'utilité de
certaines précautions à l'égard de la fragilité vis-à-vis de contraintes de cisaillement ou de
compression.
La sollicitation provoquant la fissuration est en principe de même nature et de même sens que la
sollicitation de service qui résulte des actions prises en compte. Toutefois, la réalité peut être
différente dans la mesure où certaines actions auraient été considérées comme secondaires et
négligées dans les calculs ; il peut être alors opportun de disposer un minimum d'armatures vis-à-vis
de types de sollicitations possibles bien que non pris en compte. Parmi les actions trop souvent
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COMMENTAIRE
Dans le cas de pièces soumises à la traction simple, la condition de non-fragilité s'exprime alors par la
condition U désignant le rapport de la section des armatures de limite d'élasticité fe à celle du béton.
Dans le cas de la flexion simple, on peut prendre comme bras de levier 0,9 d (d étant la hauteur utile
de la poutre) ; si on admet en outre que pour des poutres usuelles d est sensiblement égal à 0,9 h (h
étant la hauteur totale de la poutre), on obtient pour une section rectangulaire simplement fléchie, de
largeur b, armée d'une section As , la condition
A.4.2,2
Les pièces fragiles au sens de la définition ci-dessus sont en dehors du domaine normal du béton
armé et ne sauraient donc être justifiées par les règles qui suivent, notamment celles qui concernent
la fissuration (art. A.4.5,3 ). De telles pièces peuvent cependant être admises à condition de
s'appuyer sur les règles de l'art consacrées par l'usage ; en particulier les pièces fragiles, soumises à
des charges notables et chiffrables doivent être justifiées en majorant (*) de 20 % les sollicitations du
chapitre A.3 .
COMMENTAIRE
Le risque des pièces fragiles est essentiellement un mauvais comportement vis-à-vis de la fissuration
qui se traduit le plus souvent par des fissures très peu nombreuses (voire par une fissure unique)
mais d'ouverture très prononcée pouvant aller dans des cas extrêmes jusqu'à la rupture brutale. Ce
risque est effectif pour les pièces peu sollicitées par les actions dues au poids propre et aux charges
d'exploitation, pièces pour lesquelles le rôle du retrait et de la température ainsi que d'effets
secondaires divers devient prépondérant ; or l'évaluation exacte des actions et sollicitations est
rarement possible dans ce cas. Il convient alors de se référer à l'expérience ; en l'absence de celle-ci,
la prudence doit conduire à prévoir des sections non fragiles.
* Cette majoration est destinée à tenir compte forfaitairement du fait que lorsque les charges sont
relativement faibles, le rôle des déformations imposées et des efforts secondaires est accru.
A.4.3 état limite ultime de résistance
A.4.3,1 principe de la justification
Les sollicitations de calcul de l'article A.3.3,2 ne doivent pas dépasser dans le sens défavorable les
sollicitations limites ultimes résultant des règles énoncées dans les paragraphes qui suivent.
COMMENTAIRE
Il s'agit de vérifier que le vecteur représentant la sollicitation demeure à l'intérieur d'un domaine limite
établi à partir des règles énoncées dans cet article.
A.4.3,2 hypothèses de calcul
Les hypothèses de calcul sont énumérées ci-dessous :
- les sections droites restent planes et il n'y a pas de glissement relatif entre les armatures et
le béton (*) ;
- la résistance à la traction du béton est négligée ;
- les déformations des sections sont limitées pour l'allongement unitaire de l'acier à 10 %o,
pour le raccourcissement unitaire du béton à 3,5 %o en flexion et 2 %o en compression
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simple ;
- le diagramme déformations-contraintes du béton est défini en A.4.3,4 ;
- le diagramme de calcul des aciers se déduit de celui de l'article A.2.2,2 en effectuant une
affinité (**) parallèlement à la tangente à l'origine dans le rapport 1/Js . Le coefficient Js est
pris égal (***) à 1,15 sauf vis-à-vis des combinaisons accidentelles définies à l'article A.3.3,22
pour lesquelles on adopte 1 (unité) ;
- on peut supposer concentrée en son centre de gravité la section d'un groupe de plusieurs
barres, tendues ou comprimées, pourvu que l'erreur ainsi commise sur la déformation
unitaire ne dépasse pas 15 %.
COMMENTAIRE
* Les déformations des fibres sont ainsi proportionnelles à leur distance à l'axe neutre de la
déformation et sont les mêmes pour les deux matériaux béton et acier. Il est cependant rappelé que
les sections ne restent pas planes lorsque la sollicitation exercée comporte un bi-moment.
** Il est rappelé que les déformations totales des matériaux doivent tenir compte des déformations
résultant des phases successives de la construction (voir A.3.2,3 ).
*** L'attention est attirée sur le fait que la valeur fixée pour le coefficient Js ne saurait couvrir, ni les
défauts importants dans le positionnement des armatures (excédant les tolérances contractuelles), ni
les dommages subis par certaines barres, notamment celles qui sont en attente.
A.4.3,3 diagramme des déformations limites de la section
Les diagrammes possibles résultent des déformations limites fixées pour les matériaux, d'où les trois
domaines de la figure ci-dessous définis à partir des pivots A, B et C.
figure sans légende dans: A.4.3,3 diagramme des déformations limites de la section
COMMENTAIRE
Les diagrammes sont utiles pour le dimensionnement des sections ; il ne faut cependant pas les
confondre avec ceux qui correspondent aux déformations réelles de la section sous une sollicitation
donnée.
Le domaine 1 (pivot A), conditionné par l'allongement de l'acier, est celui de la flexion (simple ou
composée) sans épuisement de la résistance du béton ; lorsque toute la section est située du côté
des allongements, on est évidemment dans le cas de la traction de faible excentricité.
Le domaine 2 (pivot B), conditionné par le raccourcissement du béton, est celui de la flexion (simple
ou composée) avec épuisement de la résistance du béton sur la fibre la plus comprimée ; les
armatures voisines de la fibre opposée peuvent alors être soit tendues, soit comprimées avec une
petite partie de béton tendu (diagramme voisin de B0).
Le domaine 3 (pivot C) est celui de la section entièrement comprimée.
A.4.3,4 diagrammes déformations-contraintes du béton
A.4.3,41
Le diagramme déformations جb contraintes Vb du béton pouvant être utilisé dans tous les cas est le
diagramme de calcul dit « parabole-rectangle ».
Il comporte un arc de parabole du second degré d'axe parallèle à l'axe des contraintes de
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compression Vbc suivi d'un segment de droite parallèle à l'axe des déformations جbc et tangent à la
parabole en son sommet. Ce segment s'étend entre les valeurs 2 %o et 3,5 %o de la déformation جbc .
L'arc de parabole s'étend de l'origine des coordonnées jusqu'à son sommet de coordonnées
COMMENTAIRE
Le coefficient Jb est un coefficient Jm (au sens des Directives Communes) qui a pour objet de tenir
compte de la dispersion de la résistance du béton ainsi que d'éventuels défauts localisés. Dans le
cadre du présent règlement il n'est utilisé que comme diviseur de fcj pour l'application des articles
A.4.3 , A.4.4 , A.5 et A.8.4.
Pour les seules justifications relevant du présent article A.4.3 , la valeur 1,5 peut être réduite jusqu'à
1,3 lorsque les facteurs de dispersion agissent à coup sûr de façon beaucoup moins défavorable ce
qui peut être le cas d'une part de pièces suffisamment massives pour qu'un défaut local de béton soit
sans conséquence, d'autre part de pièces bétonnées en usine fixe et faisant l'objet d'une procédure
de contrôle interne approuvée par un organisme officiel de contrôle ou de certification comportant le
rejet des pièces défectueuses. Dans ce dernier cas, il faut imposer pour le coefficient k2 , tel que défini
dans l'annexe T 24.4 4 du fascicule 65 du C.C.T.G. et dans l'article [Link] du fascicule 65 A du
C.C.T.G., une valeur au plus égale à 2 MPa.
Le coefficient T est fixé à 1 lorsque la durée probable d'application de la combinaison d'actions
considérée est supérieure à 24 h, à 0,9 lorsque cette durée est comprise entre 1 h et 24 h, et à 0,85
lorsqu'elle est inférieure à 1 h.
COMMENTAIRE
Les coefficients 0,85 en numérateur et T en dénominateur ont pour objet de tenir compte de ce que la
résistance du béton est fonction décroissante de la durée d'application de la charge.
Dans le cas des ponts-routes et sauf indications contraires du marché, les durées probables
d'application des charges d'exploitation ou des charges de vent, avec leurs valeurs caractéristiques,
sont présumées inférieures à 1 heure.
A.4.3,42
Lorsque la section considérée n'est pas entièrement comprimée, il est loisible d'utiliser le diagramme
rectangulaire simplifié défini ci-dessous, dans lequel yu désigne la distance de l'axe neutre de la
déformation à la fibre la plus comprimée :
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- sur une distance 0,2 yu à partir de l'axe neutre, la contrainte est nulle :
- sur la distance 0,8 yu restante, la contrainte vaut pour les zones comprimées dont la largeur
est croissante (ou constante) vers les fibres les plus comprimées et pour les zones
comprimées dont la largeur est décroissante vers ces mêmes fibres.
COMMENTAIRE
Parmi les zones de largeur décroissante vers les fibres les plus comprimées, on peut citer le cercle, le
triangle ou le trapèze avec, du côté le plus comprimé, le sommet (dans le premier cas) ou la plus
petite base (dans le second cas) ; c'est aussi le cas de la section rectangulaire en flexion déviée.
A.4.3,5 cas de la flexion composée avec compression
Dans ce qui suit on utilise les notations suivantes :
(f longueur de flambement de la pièce,
( longueur de la pièce,
h hauteur totale de la section dans la direction du flambement,
ea excentricité additionnelle traduisant les imperfections géométriques initiales (après
exécution), qui s'ajoute à l'excentricité résultant des efforts appliqués,
e1 excentricité (dite du premier ordre) de la résultante des contraintes normales, y compris
l'excentricité additionnelle définie ci-dessus,
e2 excentricité due aux effets du second ordre, liés à la déformation de la structure.
COMMENTAIRE
La longueur de flambement est celle d'une pièce supposée élastique articulée aux deux extrémités,
qui présenterait même section et même contrainte critique d'Euler que la pièce supposée elle aussi
élastique.
La valeur de (f dépend de la nature des liaisons à chaque extrémité de la pièce qui peut être (par
exemple) libre, articulée ou encastrée. Il convient de l'évaluer avec prudence en raison des graves
dangers que pourrait entraîner une sous-évaluation de cette valeur ; il faut en particulier tenir compte
de la plus ou moins grande souplesse des encastrements (rarement parfaits) ainsi que des
possibilités (fréquentes) de déplacements des extrémités perpendiculairement à l'axe longitudinal de
la pièce.
Les sections soumises à un effort normal de compression sont justifiées vis-à-vis de l'état limite ultime
de stabilité de forme conformément à l'article A.4.4 en adoptant une excentricité totale de calcul :
e = e1 + e2
Cependant il est possible de tenir compte des effets du second ordre de façon forfaitaire lorsque le
rapport (f /h est inférieur à la plus grande des deux valeurs 15 et 20 e1 /h.
Pour ce faire, on procède aux justifications habituelles complétées comme suit :
ea la plus grande des deux valeurs 2 cm et (/250 expression dans laquelle on désigne par :
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COMMENTAIRE
Les justifications habituelles concernent l'état limite ultime de résistance défini ci-avant (A.4.3,1 à
A.4.3,4 A.4.3,1 à A.4.3,4 A.4.3,1 à A.4.3,4 A.4.3,1 à A.4.3,4 ) et l'équilibre statique.
Les calculs plus précis effectués suivant l'article A.44 permettent, dans certains cas, de réduire la
section des armatures par rapport à la méthode forfaitaire exposée ici.
Les excentricités additionnelles sont bien entendu à prendre dans la direction la plus défavorable ; en
cas de flexion déviée, il est loisible de composer les excentricités e obtenues suivant les deux axes
principaux d'inertie.
Lorsque les actions variables figurant dans les combinaisons définies en A.3.3,21 et A.3.3,3
comportent une partie quasi-permanente (se reporter à A.3.1,31 et à l'annexe D pour la définition et
la valeur du coefficient \2 ), il convient d'introduire celle-ci dans le numérateur du coefficient D.
A.4.4 état limite ultime de stabilité de forme
A.4.4,1 domaine d'application
Le présent article a pour objet la justification, vis-à-vis des états limites, des structures pour lesquelles
on ne peut pas négliger les effets dits du second ordre.
Les articles qui suivent sont directement applicables aux structures, et à leurs éléments constitutifs,
susceptibles de présenter une instabilité sous sollicitations de compression-flexion.
COMMENTAIRE
Dans ce domaine, il est rappelé que l'article A.4.3,5 donne des règles forfaitaires pour évaluer les
effets du second ordre (pour des valeurs limitées du rapport (f /h).
Les justifications des sous-articles A.4.4,2 et A.4.4,3 sont à présenter vis-à-vis de l'état limite ultime.
En outre, dans le cas des pièces très déformables, il est nécessaire de vérifier les états limites de
service.
COMMENTAIRE
Pour la justification des états limites de service, on tient également compte des effets du second
ordre, évalués dans l'hypothèse de l'élasticité linéaire des matériaux (aciers et béton) et en négligeant
le béton tendu, le module de déformation longitudinale du béton étant choisi en fonction de la durée
des diverses actions concernées. Les vérifications à apporter concernent la contrainte admissible du
béton, la fissuration et les déformations.
Les règles qui suivent sont également applicables, moyennant adaptation, aux phénomènes
d'instabilité plus complexes, tels que cloquage des voiles plans ou courbes, déversement des poutres
en flexion-torsion, flambement des profils ouverts en compression-torsion.
A.4.4,2 principe des justifications
La justification de la stabilité de forme consiste à démontrer qu'il existe un état de contraintes qui
équilibre les sollicitations de calcul, y compris celles du second ordre, et qui soit compatible avec la
déformabilité et la résistance de calcul des matériaux.
COMMENTAIRE
Il s'agit d'un état d'équilibre qui est, le plus souvent, éloigné de l'état limite ultime de résistance des
sections. La divergence d'équilibre peut en effet se produire avant rupture de la section la plus
sollicitée.
Compte tenu de ce principe, la justification peut être assurée, soit en calculant l'état de contraintes
équilibrant les sollicitations de calcul, soit par toute autre méthode permettant de démontrer qu'il existe
- Page 28 -
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un état d'équilibre.
Il est précisé que les sollicitations du second ordre résultent des déformations correspondant à l'état
de contraintes qui équilibre les sollicitations totales, qui incluent ces sollicitations du second ordre,
calculées à partir des diagrammes déformations-contraintes des matériaux.
A.4.4,3 sollicitations et hypothèses de calcul
A.4.4,31
Les sollicitations sont calculées à partir des combinaisons d'actions définies aux articles A.3.3,21
(pour l'état limite ultime) et A.3.3,3 (pour l'état limite de service), en tenant compte en outre :
- d'une imperfection géométrique initiale ayant un caractère conventionnel, définie de la façon
la plus défavorable en fonction du mode de flambement de la structure ; dans les cas
courants, cette imperfection consiste à prendre :
- dans le cas d'une ossature, une inclinaison d'ensemble égale à :
- 0,01 radian s'il s'agit d'un seul étage avec une majorité de charges appliquées au
niveau supérieur,
- 0,005 radian pour les autres ossatures ;
- dans le cas d'un élément isolé, une excentricité additionnelle des charges égale à la plus
grande des deux valeurs :
- 2 cm,
- et (/250, ( désignant la longueur de l'élément ;
- des sollicitations du second ordre liées à la déformation de la structure ;
- éventuellement, des défauts de section ou (et) de ligne moyenne. Dans ce dernier cas, le
CCTP peut fixer des valeurs particulières pour les coefficients J.
COMMENTAIRE
Dans le cas de structures exceptionnelles et de grandes dimensions, le CCTP peut imposer une
imperfection géométrique légèrement différente, tenant compte des écarts de construction possibles,
et de tous les phénomènes susceptibles d'introduire des flexions parasites ou des excentricités
additionnelles des charges.
A.4.4,32
Dans les cas courants, les déformations sont évaluées à partir des hypothèses suivantes :
- les sections droites restent planes ;
- le béton tendu est négligé ;
- les effets du retrait du béton sont négligés ;
- on adopte, pour les aciers, les mêmes diagrammes que pour les justifications vis-à-vis de
l'état limite ultime de résistance (art. A.4.3,2 ) ;
- on adopte, pour le béton comprimé, un diagramme déformations-contraintes déduit de celui
de l'article A.4.3,41 par une affinité parallèle à l'axe des déformations, de rapport (1 + D ّ◌),
expression dans laquelle les coefficients D et ّ◌ ont la même signification qu'en A.4.3,5 .
COMMENTAIRE
Le coefficient D est pris, bien entendu, au plus égal à un.
Dans le cas d'ouvrages exceptionnels, tels que ceux qui présentent de grandes dimensions, il est
loisible d'admettre des hypothèses plus représentatives du comportement réel de la structure, pour
l'évaluation des déformations. Celles-ci peuvent être alors calculées (y compris les effets du second
ordre) en adoptant pour Jb une valeur réduite, sans descendre au-dessous de 1,35.
COMMENTAIRE
Il appartient alors au CCTP de fixer les hypothèses de calcul en s'inspirant de ce qui suit :
° on peut adopter pour le béton comprimé, sous charges de courte durée (vis-à-vis du fluage),
un diagramme déformations-contraintes plus conforme que la loi parabole-rectangle au
comportement physique du matériau. Ce diagramme, à définir en s'appuyant sur des essais
représentatifs, peut être du type ci-dessous en introduisant notamment :
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On peut, par exemple, s'inspirer de l'annexe 1 des Règles BPEL (article 2).
° Pour le calcul des déformations, le coefficient Jb peut être réduit jusqu'à 1,35 de façon à être
plus représentatif du comportement d'ensemble de la pièce, car lorsque celle-ci est de
grandes dimensions, les effets locaux sont susceptibles de se compenser partiellement. Par
contre, il conserve sa valeur de 1.5 pour la justification des sections à l'état limite ultime.
En outre, lorsque la structure est soumise à plusieurs actions appliquées chacune à des temps
différents, on peut superposer les états successifs correspondants.
COMMENTAIRE
Une méthode consiste alors à opérer sur le diagramme ci-dessus une affinité parallèle à l'axe des
déformations, de rapport : expression dans laquelle :
COMMENTAIRE
Il faut noter que cette hypothèse est plutôt optimiste pour les fortes valeurs de la contrainte
longitudinale.
A.4.5 états limites de service vis-à-vis de la durabilité de la structure
Les vérifications à effectuer portent sur :
- un état limite de compression du béton (A.4.5,2 ) ;
- un état limite d'ouverture des fissures (A.4.5,3 ).
Les combinaisons d'actions à considérer sont celles de l'article A.3.3,3 , sous réserve des indications
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données en A.4.5,31 .
COMMENTAIRE
La liste des états limites indiqués ici ne saurait être considérée comme exhaustive. Il peut y avoir lieu
de vérifier d'autres états limites en fonction du rôle assumé par la structure.
A.4.5,1 règles de calcul en section courante
COMMENTAIRE
Les zones d'about sont traitées en A.5. 1,3.
Les calculs sont conduits moyennant les hypothèses suivantes :
- les sections droites restent planes et il n'y a pas de glissement relatif entre les armatures et
le béton en dehors du voisinage immédiat des fissures ;
- le béton tendu est négligé ;
- le béton et l'acier sont considérés comme des matériaux linéairement élastiques et il est fait
abstraction du retrait et du fluage du béton ;
- par convention, le rapport n du module d'élasticité longitudinale de l'acier à celui du béton ou
« coefficient d'équivalence » a pour valeur 15 (*) ;
- conformément aux errements habituels, on ne déduit pas dans les calculs les aires des
aciers de l'aire du béton comprimé ; on peut, en outre, supposer concentrée en son centre de
gravité l'aire d'acier de la section transversale d'un groupe de plusieurs armatures, pourvu
que l'erreur ainsi commise ne dépasse par 15 % (**).
COMMENTAIRE
* Ces hypothèses conduisent aux formules habituelles de la Résistance des Matériaux, à condition de
considérer des sections homogènes, c'est-à-dire dans lesquelles les aires des aciers sont comptées
pour n fois leur surface tout en gardant le même emplacement.
** La vérification se fait graphiquement, sur le diagramme des déformations.
A.4.5,2 état limite de compression du béton
La contrainte de compression du béton est limitée à 0,6 fcj
A.4.5,3 état limite d'ouverture des fissures
A.4.5,31 principe de la justification
Les formes et dimensions de chaque élément, ainsi que les dispositions des armatures, sont conçues
de manière à limiter la probabilité d'apparition de fissures d'une largeur supérieure à celle qui serait
tolérable en raison du rôle et de la situation de l'ouvrage.
COMMENTAIRE
Les fissures de largeur excessive peuvent compromettre l'aspect des parements, l'étanchéité des
parois, la tenue des armatures vis-à-vis de la corrosion. Il est cependant reconnu qu'il n'est pas
possible de fixer a priori une largeur de fissure à respecter, vu la très grande variabilité du
phénomène ; en outre la durabilité des structures ne parait liée qu'à un ordre de grandeur de
l'ouverture des fissures (quelques dixièmes de millimètre pour les cas les plus courants).
Les paragraphes suivants A.4.5,32 à A.4.5,34 donnent les prescriptions à appliquer en fonction du
degré de nocivité des ouvertures de fissures, qu'il appartient au maître d'oeuvre d'apprécier en
l'absence de précisions figurant dans le marché.
COMMENTAIRE
Compte tenu du commentaire ci-dessus, il est impossible de fixer des règles générales concernant le
degré de nocivité, d'autant plus que l'appréciation dépend de nombreux facteurs parmi lesquels :
- l'environnement : à ce sujet, le fascicule de documentation de l'AFNOR P 18-011 donne
une classification des environnements agressifs ;
- la nature de la structure : parmi les facteurs défavorables on peut citer les pièces minces
(treillis) et la multiplication des surfaces de reprise ;
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- l'utilisation de l'ouvrage avec comme facteurs défavorables l'importance des charges quasi
permanentes et des actions très fréquentes ainsi que le contact régulier avec des produits
nocifs tels que les sels de déverglaçage ;
- la prise en compte dans les calculs d'une valeur de limite élastique supérieure à la valeur la
plus courante 400 MPa ;
- l'expérience acquise sur des ouvrages analogues qui doit englober le coût initial (compte
tenu du ratio d'armatures), le coût d'entretien et la durabilité effective très variable en fonction
du site et de la qualité de la construction.
En fonction de ces critères certains textes spécifiques fixent les règles applicables ; par exemple, le
fascicule 74 du C.C.T.G. traite des réservoirs et des châteaux d'eau. Pour les bâtiments et ouvrages
assimilés la partie B (B.6.3 et B.7.3) donne certaines indications. A défaut, il appartient au C.C.T.P. de
fixer les règles applicables.
Pour les ponts routiers, on peut considérer que la fissuration est :
- peu préjudiciable dans la plupart des cas où les ouvrages sont de formes simples, en milieu
peu agressif et dont les calculs prennent en compte une valeur de limite élastique au plus
égale à la valeur la plus courante 400 MPa ;
- préjudiciable en milieu moyennement agressif, avec des ouvrages minces (treillis), ou de
nombreuses surfaces de reprise, ou encore des pièces soumises à traction peu excentrée
(tirants) ;
- très préjudiciable en milieu fortement agressif.
Les principaux paramètres qui interviennent dans la limitation de l'ouverture des fissures sont le
pourcentage des armatures tendues, les diamètres de celles-ci qu'il faut proportionner aux dimensions
transversales des pièces, leur répartition, et leur contrainte de traction sous les combinaisons de
l'article A.3.3,3 .
COMMENTAIRE
L'attention est attirée sur le fait que les prescriptions de l'article A.4.5,3 ne concernent que les
dispositions constructives des armatures. La durabilité des structures dépend en fait surtout du
respect des enrobages et de la qualité du béton en place, notamment sa compacité. Il est aussi
rappelé que les surfaces de reprise peuvent constituer un point faible lorsqu'elles sont mal exécutées.
Cependant, certaines actions de très courte durée peuvent ne pas être prises en compte pour les
justifications de contrainte des paragraphes A.4.5,33 et A.4.5,34 .
COMMENTAIRE
En particulier, il est d'usage pour certaines structures de ne pas tenir compte de l'action du vent. On
peut aussi se référer aux combinaisons fréquentes, telles que définies dans leBPEL . Il appartient au
CCTP de préciser, en tant que de besoin, les actions et combinaisons à prendre en compte.
A.4.5,32 cas où la fissuration est considérée comme peu préjudiciable
Les règles minimales à appliquer sont les suivantes :
A.4.5,321
Pour éviter des fissurations abusives dans les pièces relativement sollicitées, il convient à défaut de
règles consacrées par l'expérience de concevoir des éléments non fragiles (au sens de l'article A.4.2
) pour les parties ne comportant pas de joint de dilatation, et de prévoir s'il y a lieu des armatures de
peau conformément à l'article A.8.3 .
COMMENTAIRE
Les éléments visés ici sont ceux qui ne font pas l'objet de règles spécifiques rappelées en A.4.5,322
et qui sont essentiellement soumis à des déformations imposées (notamment retrait, fluage et
température) dont les effets sont d'autant plus difficiles à appréhender que les structures sont plus
hyperstatiques et les phases de bétonnage plus complexes.
A.4.5,322
Certains éléments font l'objet de règles forfaitaires consacrées par l'expérience. Il s'agit notamment
des dalles sur appuis continus (A.8.2 ), des poutres (A.8.3 ) et de certaines parties de bâtiments
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courants (B.5 ).
A.4.5,323
Pour limiter la fissuration, il convient dans la mesure du possible :
- de n'utiliser les gros diamètres que dans les pièces suffisamment épaisses,
- d'éviter les très petits diamètres dans les pièces exposées aux intempéries,
- de prévoir le plus grand nombre de barres compatible avec une mise en place correcte du
béton, et avec la règle ci-dessus relative aux petits diamètres.
COMMENTAIRE
A titre d'exemple, les dispositions telles que celles figurées en 1 et 2 sont nettement plus défavorables
que les dispositions 3 et 4 qui assurent une meilleure répartition des fissures. Les armatures de peau
ne figurent pas sur ces schémas.
COMMENTAIRE
Cette prescription ne s'applique que dans la mesure où elle est plus sévère que A.8.2,42 .
A.4.5,34 cas où la fissuration est considérée comme très préjudiciable
On observe les règles suivantes qui s'ajoutent à celles données en A.4.5,32 :
- la contrainte de traction des armatures est limitée à la valeur 0,8 [ (MPa), l'expression de [
étant donnée en A.4.5,33 .
- le diamètre des armatures les plus proches des parois est au moins égal à 8 mm ;
- dans le cas des dalles et des voiles faisant au plus 40 cm d'épaisseur, l'écartement des
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armatures d'une même nappe est au plus égal à la plus petite des deux valeurs 20 cm et 1,5
h (h épaisseur totale de l'élément) (*) ;
- les armatures de peau prévues en A.8.3 pour les poutres de grande hauteur, ont une
section au moins égale à 5 cm² par mètre de longueur de parement (**) ;
- lorsque la membrure tendue d'une poutre est constituée de barres de diamètre supérieur à
20 mm, l'écartement de celles-ci dans le sens horizontal est au plus égal à trois fois leur
diamètre (**).
COMMENTAIRE
* Cette règle se substitue à celle donnée en A.8.2,42 .
** Ces règles se substituent à celles données en A.8.3 .
A.4.6 calcul des déformations ; état limite de service vis-à-vis des déformations
A.4.6,1 calcul des déformations
COMMENTAIRE
Le calcul des déformations est notamment effectué pour évaluer les flèches des poutres dans le but
de fixer des contre flèches à la construction, ou de limiter les déformations en service (voir A.4.6,2 ).
A.4.6,11
Le calcul des déformations globales doit tenir compte des phases successives de la construction et
des différentes sollicitations exercées.
COMMENTAIRE
L'attention est attirée sur le fait que les déformations obtenues lors de phases successives de la
construction ne sont pas automatiquement cumulables en raison du phénomène singulier constitué
par la fissuration du béton.
Les déformations dues à la flexion sont obtenues par une double intégration des courbures le long
des pièces. Les déformations dues à l'effort tranchant sont obtenues par intégration (simple) des
distorsions.
COMMENTAIRE
Une première intégration des courbures donne les rotations (ou déviations angulaires) ; l'intégration
de ces dernières donne les déformations normales à la fibre moyenne.
Compte tenu du but recherché, on tient compte, si nécessaire, des déformations différées du béton
(retrait et fluage) et de celles dues à la température.
Pour la conduite du calcul, on distingue deux cas suivant que la pièce est fissurée ou non.
COMMENTAIRE
L'attention est attirée sur la grande dispersion des phénomènes non linéaires ; en particulier la
fissuration et les déformations différées du béton présentent un caractère très aléatoire. Il convient
donc de distinguer les déformations probables (pour les compenser par des contre flèches) et les
déformations possibles (pour les comparer aux états limites de déformation).
A.4.6,12
Le calcul des courbures dans l'état non fissuré est conduit en rendant homogènes les sections de
béton et d'acier, le coefficient d'équivalence n ayant pour valeur conventionnelle 15.
COMMENTAIRE
Il est loisible de considérer les sections de béton seul, abstraction faite de leurs armatures, lorsque la
section de la pièce considérée est surabondante vis-à-vis du béton.
Le calcul des courbures dans l'état fissuré (*) est conduit à partir de la valeur de la courbure exprimée
sous la forme : où
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COMMENTAIRE
* A partir de l'état non fissuré, le chargement progressif d'une pièce se traduit par une phase de
transition dans laquelle des fissures se produisent en nombre croissant jusqu'à atteindre la
« fissuration systématique ». Dans la phase transitoire, le calcul des déformations est particulièrement
aléatoire (voir le dernier commentaire de A.4.6,11 ).
** L'action du béton tendu équivaut à une diminution de l'allongement de l'acier calculé à partir de la
contrainte de l'armature au droit d'une fissure. Lorsque la « fissuration systématique » est atteinte,
cette diminution peut être évaluée à la quantité :
Dans ces expressions, on désigne par Vs la contrainte de l'acier à l'état limite de service, par ftj la
contrainte de rupture par traction du béton à l'âge de j jours et par Uf le rapport de la section
d'armatures tendues à une aire de béton tendu limitée par le contour de la pièce et une parallèle à
l'axe neutre déterminée par celle des deux conditions suivantes qui donne la plus grande surface :
- la hauteur du béton tendu, comptée à partir de la fibre extrême, est égale à 0.3 d (d
désignant la hauteur utile) ;
- la surface de béton tendu a même centre de gravité que les armatures tendues.
Le calcul de جs et جbc doit tenir compte des déformations différées du béton.
COMMENTAIRE
Les déformations différées du béton augmentent la hauteur de la zone comprimée du béton, ce qui
entraîne une réduction de la contrainte de compression sur la fibre extrême et une légère
augmentation de la contrainte de traction de l'acier. Ces effets, qui peuvent avoir une certaine
incidence sur une section rectangulaire, sont généralement négligeables dans le cas des sections en
T pour lesquelles il suffit de considérer les contraintes obtenues avec le coefficient forfaitaire n = 15.
A.4.6,13
Le calcul des distorsions dans l'état non fissuré est conduit selon les hypothèses usuelles de la
Résistance des Matériaux en considérant la section du béton seul.
Le calcul des distorsions dans l'état fissuré est basé sur l'analogie du treillis : les allongements des
armatures sont convenablement réduits pour prendre en compte l'effet de l'adhérence.
COMMENTAIRE
Les déformations dues à l'effort tranchant sont en général négligeables par rapport à celles qui sont
dues aux moments fléchissants ; il n'en est plus de même dans le cas des âmes fissurées fortement
sollicitées.
L'attention est d'autre part attirée sur ce que les déformations de torsion des pièces fissurées
atteignent des valeurs élevées.
A.4.6,2 état limite de déformation
Les justifications relatives à l'état limite de déformation sont à présenter lorsque les déformations
peuvent gêner l'utilisation de la construction ou engendrer des désordres dans cette dernière ou dans
les éléments qu'elle supporte.
Il convient, s'il y a lieu, de limiter séparément les déformations permanentes et celles sous charges
variables.
COMMENTAIRE
A défaut de textes généraux, il appartient au CCTP de définir la limite des déformations ainsi que les
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COMMENTAIRE
Dans cette expression conventionnelle, on a introduit la hauteur utile à la place du bras de levier, dans
le but de simplifier les calculs : Wu ne représente donc pas la valeur réelle de la contrainte exercée,
mais une fraction comprise entre 0,8 et 0,9.
En cas de largeur variable sur la hauteur de la section, il convient d'adopter pour bo une valeur
minimale, sauf justification contraire. Dans le cas particulier des sections circulaires, on pourra
adopter
COMMENTAIRE
Le dimensionnement des armatures transversales de ces pièces relève des règles de construction
des poteaux (art. A.8.1,3 ).
Les armatures d'âme calculées en fonction des règles qui suivent règnent sur toute la hauteur de la
poutre et sont ancrées dans les membrures de celle-ci.
A.5.1,2 justification d'une section courante
Pour la vérification de la résistance du béton et des armatures d'âme au voisinage d'un appui
(A.5.1,21 à A.5.1,23 ), l'effort tranchant Vu peut être évalué en négligeant les charges situées à une
distance de l'appui inférieure à h/2 et en ne prenant en compte qu'une fraction égale à 2a/3h des
charges situées à une distance a de l'appui comprise entre 0,5 h et 1,5 h.
A.5.1,21 état limite ultime du béton de l'âme
A.5.1,211
Dans le cas où les armatures d'âme sont droites (c'est-à-dire perpendiculaires à la fibre moyenne) et
dans celui où elles comportent à la fois des barres relevées et des armatures droites, la contrainte Wu
doit être au plus égale à la plus basse des deux valeurs :
- Page 36 -
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COMMENTAIRE
En cas de recours aux barres relevées il est conseillé de bien répartir les armatures en cause et de
prévoir de petits diamètres. De plus il est recommandé d'associer ces barres à des armatures droites
susceptibles d'équilibrer au moins la moitié de l'effort tranchant.
En outre, lorsque la fissuration est jugée préjudiciable, ou très préjudiciable, les contraintes ci-dessus
sont remplacées par les valeurs limites :
COMMENTAIRE
Voir article A.4.5,31 .
A.5.1,212
Dans le cas où les armatures d'âme sont inclinées à 45° sur l'axe de la poutre, la contrainte Wu doit
être au plus égale à la plus basse des deux valeurs :
La même règle peut être appliquée dans le cas d'armatures d'âme droites accompagnées
d'armatures parallèles à l'axe de la poutre, réparties sur la hauteur de l'âme et convenablement
ancrées sur les appuis, à condition que le volume relatif de ces dernières armatures soit au moins
égal à celui des armatures d'âme droites.
COMMENTAIRE
Ce volume relatif s'évalue en divisant la section des branches utiles des armatures par la section de
béton perpendiculaire à ces branches.
La disposition décrite dans cet alinéa est notamment recommandée en cas de fissuration préjudiciable
ou très préjudiciable.
A.5.1,213
Si les armatures sont disposées de façon intermédiaire entre les cas prévus en A.5.1,211 et
A.5.1,212 il est loisible de procéder à une interpolation linéaire pour fixer la valeur limite de Wu .
A.5.1,22 section minimale d'armatures d'âme
Toute âme de poutre comporte une armature transversale composée d'aciers parallèles au plan
moyen de l'âme et ancrés efficacement dans les deux membrures.
Ces aciers font avec l'axe longitudinal de la poutre un angle D compris entre 45° et 90°, leur
inclinaison étant de même sens que celle de la contrainte principale de traction au niveau du centre
de gravité de la section de la poutre supposée non fissurée.
L'espacement st des cours successifs d'armatures transversales d'âme est au plus égal à la plus
basse des deux valeurs :
0.9 d et 40 cm
COMMENTAIRE
Pour les poutres exceptionnellement hautes il est loisible d'augmenter cette dernière valeur (40 cm). Il
est rappelé d'autre part que le diamètre des armatures d'âme doit satisfaire à l'article A. 7.2,2 .
Si on désigne par At la section d'un cours d'armatures transversales de limite d'élasticité fe , la quantité
doit être au moins égale à 0,4 MPa (ou N/mm²).
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COMMENTAIRE
Le schéma ci-dessous explicite les notations utilisées.
Toutefois, pour les poutres larges dont la largeur d'âme bo est supérieure à la hauteur totale h, cette
condition peut ne pas être respectée, sauf au voisinage des parements de l'âme sur des largeurs
égales à h/2.
COMMENTAIRE
Cette relation qui donne la section d'armatures d'âme nécessaire pour équilibrer l'effort tranchant,
comporte deux termes ; le premier résulte de la théorie du treillis de Ritter-Mِrsch, le deuxième (terme
soustractif) tient compte, par l'intermédiaire du coefficient empirique k, de la partie de l'effort tranchant
équilibrée par la membrure comprimée du treillis.
Le coefficient 0,9 figurant au dénominateur constitue une approximation du rapport z/d.
L'expression 0,3 ftj tient compte de la définition conventionnelle de Wu (en admettant z = 0,9 d), ce qui
donne finalement une formule équivalente à celle donnée dans les Règles BPEL .
et avec comme valeurs de k :
1 (unité) en flexion simple, en flexion composée avec compression, Vcm désignant la
contrainte moyenne de compression de la section totale du béton, sous l'effort normal de
calcul, en flexion composée avec traction, Vtm désignant la contrainte moyenne de traction
de la section totale du béton, sous l'effort normal de calcul.
COMMENTAIRE
Dans le cas courant de la flexion simple avec D = 90° (armatures d'âme droites), la relation s'écrit :
Les contraintes Vcm et Vtm se calculent conventionnellement sur la section de béton supposée non
fissurée et non armée.
Dans le cas de la flexion composée avec traction, le coefficient k doit être pris avec sa valeur
algébrique qui est négative dès que Vtm > 0. 1 fcj . La résistance des pièces tendues à l'effort tranchant
est en effet médiocre.
En outre, la valeur de k est bornée supérieurement à :
0 (zéro) dans le cas de reprises de bétonnage n'ayant pas reçu le traitement ci-après, ou
lorsque la fissuration est jugée très préjudiciable,
1 (unité) dans le cas de surfaces de reprise munies d'indentations dont la saillie atteint au
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moins 5 mm.
COMMENTAIRE
Sauf traitement particulier, une reprise de bétonnage constitue un point faible et doit donc être traitée
conformément à la règle des coutures donnée en A.5.3 , ce qui revient à prendre k = 0. L'attention est
attirée sur le fait que lorsque la surface de reprise se situe à un niveau différent de celui de la fibre
neutre, la justification doit être faite à ce niveau avec la valeur correspondante du cisaillement qui
diffère de la valeur conventionnelle Wu .
En cas d'indentations, cette précision doit être portée sur les dessins.
A.5.1,3 zones d'application des efforts
Les règles qui suivent permettent de traiter forfaitairement la plupart des cas. Il est cependant possible
d'avoir recours à des schémas plus élaborés tenant compte des dispositions exactes du coffrage, des
armatures et des charges, ce qui peut conduire à des inclinaisons de bielles sur l'horizontale
différentes de 45° ainsi qu'à des systèmes de bielles superposées (par exemple lorsque plusieurs
nappes horizontales d'armatures sont disposées sur la hauteur de la poutre).
Pour les justifications qui suivent (A.5.1,31 à A.5.1,32 ), l'effort tranchant Vu doit être évalué sans
prendre en compte les réductions mentionnées au A.5.1,2 .
A.5.1,31 appui simple d'about
A.5.1,311
A l'appui simple d'about d'une poutre on admet que les charges sont transmises par l'intermédiaire
d'une bielle unique, dite « bielle d'about », inclinée à 45° sur l'axe de la poutre.
COMMENTAIRE
Lorsque l'inclinaison réelle de la bielle risque d'être sensiblement inférieure à 45°, il convient d'en tenir
compte ; ce cas peut se produire en particulier lorsque les sollicitations prépondérantes d'une poutre
sont dues à une charge unique voisine du milieu de la poutre.
A.5.1,312
On doit prolonger au-delà du bord de l'appui (côté travée) et y ancrer une section (*) d'armatures
longitudinales inférieures suffisante pour équilibrer l'effort tranchant Vu .
COMMENTAIRE
Lorsque la poutre repose par l'intermédiaire d'un appareil d'appui (plaques de néoprène, rouleaux,
pendules, etc.) c'est le bord de cet appareil qui doit être considéré.
* La section visée ici est au moins égale à : quelle que soit la valeur de Vu , il est de bonne
construction d'ancrer une nappe d'armatures (la plus basse) avec sa longueur de scellement (s s'il
s'agit d'un ancrage rectiligne, avec une sécurité équivalente s'il s'agit d'un ancrage avec courbure ; la
valeur (s est définie en A.6. 1,22 .
Lorsque par sa nature, l'appui est susceptible de transmettre une réaction inclinée, on ajoute à la
section visée ci-dessus, celle qui est nécessaire pour transmettre la composante horizontale
éventuelle de la réaction d'appui.
A.5. 1,313
Dans le cas d'une poutre à nervure rectangulaire, d'épaisseur bo avant l'appui (côté travée), on doit
vérifier la condition suivante (*) :a désigne la longueur d'appui (**) de la bielle d'about, évaluée au
niveau des armatures inférieures et mesurée parallèlement à l'axe longitudinal de la poutre. La valeur
de a est prise au plus égale au bras de levier de la poutre évalué à 0,9 d.
COMMENTAIRE
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* Le coefficient minorateur 0,8 figurant dans le second membre tient compte du fait que la bielle
d'about est soumise à des moments de flexion secondaires et que son inclinaison peut s'écarter de la
valeur théorique 45°.
Cependant il est possible de renforcer la résistance de la bielle d'about en prévoyant un ferraillage
suffisamment dense, par exemple analogue à celui des poteaux de façon à constituer un « montant
d'about ». Il est possible aussi de renforcer l'appui de la bielle en frettant la zone voisine de l'appui.
Dans ces derniers cas, le coefficient 0,8 peut être augmenté sans pouvoir dépasser la valeur 1,2.
** Les figures ci-dessous indiquent les valeurs à utiliser pour a dans les cas les plus courants :
Poutre à nervure rectangulaire reposant sur un poteau dont elle est solidaire
Poutre à nervure rectangulaire reposant sur un appareil d'appui
Dans ce dernier cas, l'attention est attirée sur le fait que l'adjonction d'un montant d'épaisseur égale
à la largeur de l'appui permet d'augmenter la sécurité vis-à-vis de la bielle d'about.
- Page 40 -
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A.5.1,314
Les armatures visées en A.5.1,312 doivent être disposées de telle sorte qu'il n'y air pas de risque de
fendage d'un coin au voisinage de l'arête extrême de la poutre.
COMMENTAIRE
Ce risque peut exister par exemple (figure ci-dessous) lorsque des armatures de gros diamètre sont
ancrées avec un grand rayon de courbure. Dans ce cas, des armatures supplémentaires doivent
armer le coin extrême de la poutre.
Il est également possible de disposer à plat (dans un ou plusieurs plans horizontaux) les ancrages
des armatures.
A.5.1,315
Dans le cas d'appuis de faible longueur, on peut superposer des bielles avec des armatures
inférieures dans chacune d'elles. Les armatures situées en partie basse de la poutre doivent pouvoir
équilibrer un effort au moins égal à Vu /3 et être ancrées à cet effet.
COMMENTAIRE
Dans ce cas, la justification d'équilibre exige un renfort d'armatures d'âme.
A.5.1,32 appui intermédiaire
A.5.1,321
Lorsque la valeur absolue du moment fléchissant de calcul vis-à-vis de l'état ultime Mu est inférieure à
0,9 Vu d, on doit prolonger au-delà du bord de l'appareil d'appui (côté travée) et y ancrer une section
d'armatures suffisante pour équilibrer un effort égal à :
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COMMENTAIRE
Dans cette expression, on admet un bras de levier égal à 0,9 d. Le moment Mu , normalement négatif
sur appui avec les conventions de signe usuelles, est pris en valeur algébrique. Pour Vu , il s'agit de la
valeur (normalement positive) à droite de la ligne d'appui.
A.5.1,322
Sur un appui intermédiaire d'une poutre continue, on vérifie pour chacune des travées adjacentes la
condition de l'article A.5.1,313 .
Si la poutre comporte un talon symétrique, l'étendue transversale de l'appui ne peut être estimée
supérieure à l'épaisseur de l'âme augmentée de la hauteur du talon, à moins que la poutre ne
comporte un montant d'appui.
En outre, la contrainte moyenne de compression de l'aire d'appui sous la valeur de calcul ultime de la
réaction doit être au plus égale à sauf dispositions constructives particulières (frettage, bossage de
répartition).
COMMENTAIRE
La limitation indiquée ici n'est pas valable (elle serait trop restrictive) en cas de frettage de la zone
concernée (voir art. A.8.4 ). Il est d'autre part possible de satisfaire cette limitation en interposant
entre l'intrados et l'appareil d'appui une surépaisseur de béton (formant bossage) suffisante pour
répartir les efforts de telle sorte qu'au niveau de l'intrados la contrainte moyenne soit ramenée au taux
admissible.
A.5.1,33 efforts entraînant la mise en tension transversale de l'âme d'une poutre
La zone d'application à une poutre d'un effort donné doit être conçue de telle sorte que la transmission
de cet effort aux parties de la poutre capables de l'équilibrer, soit assurée. Si cette transmission a
tendance à séparer les deux membrures en entraînant ainsi la mise en tension transversale de l'âme
de la poutre, il est nécessaire de l'assurer au moyen d'armatures, appelées suspentes, calculées vis-
à-vis de l'état limite ultime.
COMMENTAIRE
Cette prescription s'applique en particulier aux croisées de poutres, pour lesquelles l'ensemble des
suspentes doit équilibrer la réaction mutuelle d'appui. En ce cas, les suspentes peuvent être
constituées par les armatures d'âme de la poutre la plus haute (en général la poutre porteuse)
disposées dans le volume commun aux deux poutres ou dans son voisinage immédiat.
Elle est aussi applicable aux poussées au vide développées par des éléments courbes ou à tracé
anguleux, dont il y a lieu de justifier l'attache sur les structures dont ils font partie.
Dans le cas où l'effort appliqué est réparti (par exemple hourdis suspendu aux âmes d'une poutre en
U ou caisson), il faut s'assurer que les armatures d'âme dimensionnées vis-à-vis de l'effort tranchant
sont suffisantes pour équilibrer les charges suspendues, en les renforçant s'il y a lieu.
Dans le cas où l'effort appliqué est concentré (croisement de poutres), les suspentes s'ajoutent aux
armatures nécessaires pour équilibrer l'effort tranchant présent à l'amont du croisement dans la poutre
porteuse.
A.5.2 justification des dalles et poutres-dalles sous sollicitations d'effort tranchant
A.5.2,1 définitions
Les dalles sont des plaques portant dans deux directions. Les poutres-dalles sont des plaques
présentant deux bords libres, sensiblement parallèles et distants d'au moins trois fois leur épaisseur ;
en outre, un moment principal de flexion est sensiblement parallèle aux bords libres, et beaucoup plus
grand que l'autre moment principal de même signe.
COMMENTAIRE
On appelle ici direction d'un moment de flexion la direction des contraintes normales qui lui
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COMMENTAIRE
Il s'agit des armatures nécessaires (éventuellement) vis-à-vis de l'effort tranchant ; celles-ci
correspondent aux armatures d'âme des poutres ; elles sont normalement perpendiculaires au feuillet
moyen de la dalle.
Il convient, en outre, de respecter les dispositions de l'article A.8.2,4.
Dans le cas des poutres-dalles, auxquelles l'article A.8.2,4 n'est pas applicable, il est recommandé
de disposer des armatures d'effort tranchant avec un volume relatif au moins égal à 0,0001, cette
proportion devant être portée à 0,001 au voisinage des bords libres, conformément au dernier alinéa
del'article A.5.1,22.
En cas de surface de reprise ménagée dans l'épaisseur de la dalle considérée, on applique l'article
A.5.3 .
Dans les autres cas, on dimensionne les armatures d'effort tranchant de la manière indiquée pour les
poutres en A.5.1,23.
A.5.2,3 justification du béton avec armatures d'effort tranchant
Lorsque la dalle comporte des armatures d'effort tranchant, les valeurs limites de la contrainte
tangente Wu sont celles données pour les poutres à armatures d'âme droites (A.5.1,211) multipliées
par : où h désigne l'épaisseur totale de la dalle en mètres.
COMMENTAIRE
Aucune règle n'est donnée pour h £ 0, 15 m étant donné que les éléments minces ne comportent
usuellement pas d'armatures d'effort tranchant.
D'autre part, pour les éléments d'épaisseur comprise entre 0,15 m et 0,30 m, il convient de n'utiliser
que de petits diamètres pour les armatures d'effort tranchant qui pourraient être (éventuellement)
localement nécessaires.
A.5.2,4 forces localisées - poinçonnement
A.5.2,41
Sous l'action de forces localisées, il y a lieu de vérifier la résistance des dalles au poinçonnement par
effort tranchant. Cette vérification s'effectue comme suit :
COMMENTAIRE
Une force est localisée lorsque les dimensions de son impact sont petites par rapport aux portées de
la dalle. La méthode indiquée n'est évidemment valable que pour des contours suffisamment
ramassés.
A.5.2,42
Dans le cas d'une charge localisée éloignée des bords de la dalle, on admet qu'aucune armature
d'effort tranchant n'est requise, si la condition suivante est satisfaite : expression dans laquelle on
désigne par :
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COMMENTAIRE
Cette limite ne tient pas compte de l'effet favorable dû à la présence d'un ferraillage horizontal. Elle
peut être majorée sous réserve des justifications correspondantes. La valeur limite peut être portée à :
avec : U( : pourcentage moyen d'armatures horizontales d : hauteur utile et en bornant
supérieurement U( à 0,015.
A.5.2,43
Si la condition de A.5.2,42 n'est pas satisfaite, on considère le contour u parallèle à uc le plus éloigné
de celui-ci (donc avec u > uc ) pour lequel
On dispose des armatures d'effort tranchant dans toute la zone intérieure à ce périmètre, en
appliquant les règles édictées en A.5.1,23 et A.5.2,3 .
COMMENTAIRE
Dans le cas le plus général, il convient de considérer des contours intermédiaires de façon à adapter
les armatures d'effort tranchant aux valeurs du cisaillement évaluées sur ces contours.
A proximité des bords de la dalle, on remplace certaines parties des contours visés ci-dessus par des
perpendiculaires aux bords des dalles, lorsqu'il en résulte un raccourcissement des périmètres
concernés. Eventuellement les contours considérés peuvent inclure plusieurs charges localisées
voisines, lorsque cette manière de procéder conduit à des effets plus défavorables.
COMMENTAIRE
Les figures ci-dessous donnent des exemples de forces localisées à proximité des bords de la dalle.
A.5.3 actions tangentes exercées sur des éléments autres que les âmes : coutures d'attache
Les justifications à présenter sont toutes relatives à l'état limite ultime.
A.5.3,1 règle des coutures généralisée
A.5.3,11
Cette règle a pour but de justifier certains plans intérieurs du béton sur lesquels s'exerce un effort
tangent et pour lesquels il n'est pas prévu par ailleurs de justification spécifique (*). Il s'agit
notamment :
- des surfaces de reprise de bétonnage,
- des plans d'attache de deux pièces entre elles (**).
COMMENTAIRE
* Echappent en particulier à la règle des coutures les âmes des poutres, qui font l'objet de l'article
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A.5.1 .
** Dans la même catégorie entrent certains plans susceptibles d'être soumis à un effort tangent
important du fait d'un changement de section ; plus généralement, il faut coudre toute section jugée
critique vis-à-vis d'une rupture éventuelle par cisaillement. L'attention est attirée cependant sur le fait
que la règle des coutures ne doit pas être utilisée de façon abusive lorsqu'en un point donné le choix
du plan à justifier ne s'impose pas pour les raisons constructives déjà citées ; dans ce dernier cas, il
convient en général de considérer soit le plan qui découpe la plus petite section de béton, soit, si cela
est plus défavorable, celui qui supporte les contraintes tangentes les plus fortes.
Ces plans doivent être traversés d'armatures d'attache (dites également armatures de couture)
convenablement ancrées de part et d'autre : sont prises en compte en tant qu'armatures d'attache, les
armatures faisant un angle d'au moins 45° avec le plan sollicité et inclinées en sens inverse de la
direction probable des fissures du béton.
COMMENTAIRE
Lorsqu'un plan est soumis à des actions tangentes susceptibles de changer de sens, il y a lieu de
disposer les armatures de couture perpendiculairement au plan sollicité.
Pour être efficaces, les armatures de couture doivent être disposées dans les zones directement
concernées par la diffusion des efforts ; une approximation courante consiste à supposer que cette
diffusion s'effectue à 45°.
A.5.3,12
La justification consiste, en l'absence de résultats expérimentaux fournissant des bases sûres de
calcul, à appliquer l'inégalité suivante :
COMMENTAIRE
La règle donnée exprime tout aussi bien l'équilibre :
- soit de deux surfaces au contact présentant un coefficient de frottement égal à un et
supposées soumises (outre les sollicitations ultimes) à l'effort de compression qui résulterait
de la mise en traction des armatures de couture (aux contraintes indiquées par la règle) ;
- soit d'un mécanisme de treillis comportant des bielles de béton inclinées à 45° sur le plan
sollicité.
Le premier équilibre est celui des surfaces de reprise traitées suivant les règles de l'art, c'est-à-dire
avec des rugosités de l'ordre de 5 mm. En cas de surface lisse (non traitée), le coefficient de
frottement peut descendre à 0,6.
Le second schéma est utilisé pour justifier l'attache de deux pièces entre elles, mais n'est strictement
valable que pour des fissures inclinées à 45° ; dans le cas général, il s'agit donc d'une approximation
justifiée par le fait que la direction probable des fissures est dans la pratique souvent incertaine
(actions variables, gradients de contraintes, etc.).
La règle indiquée ne saurait donc rendre compte de l'effet (sur la direction des fissures) de contraintes
diverses, telles qu'une compression parallèle au plan d'étude ; dans le cas où la direction probable
des fissures peut être établie (par exemple à partir de la théorie de la courbe intrinsèque) il est loisible
d'en tenir compte en procédant à une étude plus fine du phénomène.
avec (*) :
At somme des aires des sections droites des aciers constitutifs d'un cours d'armatures
d'attache ;
St espacement de ces armatures parallèlement au plan sollicité ;
bo épaisseur du béton prise en compte pour évaluer les contraintes s'exerçant sur le plan
considéré, c'est-à-dire la contrainte tangente Wu et la contrainte normale Vu , cette dernière
étant comptée positive pour les compressions et négative pour les tractions (**) ;
fe limite d'élasticité garantie des armatures d'attache ;
D angle de ces armatures (compris entre 45° et 90°) avec le plan sollicité ;
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COMMENTAIRE
* Les notations utilisées sont explicitées par la figure ci-dessous :
** L'attention est attirée sur le fait que la résistance au cisaillement des pièces tendues est médiocre.
A.5.3,2 liaison des membrures d'une poutre avec l'âme
Il y a lieu de justifier par la règle des coutures la jonction des membrures d'une poutre à l'âme en
considérant soit le plan de naissance, parallèle au plan moyen de l'âme, de la saillie de la membrure
sur l'âme, soit tout plan parallèle au plan de naissance si cela est plus défavorable.
La contrainte Wu à prendre en compte pour l'application de l'article A.5.3,12 est une contrainte
moyenne calculée sur la section seule du béton supposé non fissuré. Elle s'évalue à partir du
glissement longitudinal s'exerçant sur le plan à justifier ; dans le calcul de ce glissement, on ne tient
compte que des largeurs de membrures considérées pour justifier la résistance de la poutre sous
sollicitations ultimes vis-à-vis de la flexion.
COMMENTAIRE
On peut admettre que l'effort de glissement (par unité de longueur) relatif à une largeur b1 de hourdis
comprimé est égal à :
As étant la section totale d'armatures tendues. Dans les expressions ci-dessus, on peut évaluer le
bras de levier du couple des forces internes à la valeur z = 0,9 d. L'attention est en outre attirée sur le
fait qu'il convient d'augmenter la section des coutures dans les zones où des armatures sont en cours
de scellement.
La contrainte tangente Wu est limitée aux mêmes valeurs que celles indiquées pour les âmes en
A.5.1,21.
Les armatures propres des hourdis peuvent être considérées comme armatures de couture
indépendamment du rôle qu'elles jouent dans la résistance à la flexion du hourdis lui-même.
COMMENTAIRE
Ces armatures sont à compter en fonction de leur longueur d'ancrage de part et d'autre de la section à
justifier.
A.5.3,3 surfaces de reprise
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Les coutures de reprise sont dimensionnées conformément à A.5.3,1 . Elles ne sont cependant pas
exigées dans les structures peu sollicitées, lorsque les conditions suivantes sont réalisées :
- l'élément en cause n'est soumis qu'à des charges réparties, lentement variables, non
susceptibles d'effets dynamiques ou de choc ;
- la surface de reprise est traitée pour lui donner une rugosité importante, par exemple en
ménageant des indentations de liaison ;
- la contrainte tangente calculée sous sollicitation ultime n'excède pas 0,35 MPa (ou N/mm²) ;
- la contrainte normale éventuelle est une compression.
COMMENTAIRE
C'est à ces conditions que (par exemple) des dalles réalisées à partir de prédalles préfabriquées
surmontées d'une épaisseur de béton coulé en place peuvent être considérées comme constituant un
ensemble monolithique.
Il est rappelé d'autre part qu'en application de la formule donnée en A.5.3, 12 , la présence
d'armatures de couture n'est pas exigée lorsque la contrainte normale est une compression de valeur
au moins égale à la contrainte de cisaillement.
A.5.4 torsion
Les justifications à présenter sont relatives à l'état limite ultime. Les règles qui suivent sont applicables
aux pièces linéaires (poutres et caissons).
COMMENTAIRE
Il est cependant possible de s'inspirer de ces règles pour la justification des dalles élégies, ainsi que
pour celle des poutres-dalles étroites.
A.5.4,1 généralités
Les sollicitations de torsion sont généralement évaluées dans l'hypothèse de déformations des
matériaux élastiques et linéaires ; il convient cependant d'avoir recours à des modèles tenant compte
de la fissuration du béton, lorsque le comportement du béton fissuré est suffisamment connu par les
résultats expérimentaux dont on dispose.
COMMENTAIRE
L'étude de la rupture par des sollicitations comportant un couple de torsion est encore trop peu
avancée pour qu'une théorie de la fissuration air pu être établie en ce cas. Le recours à un modèle
tenant compte de la fissuration ne peut donc reposer que sur des essais. Il convient cependant de
signaler que la fissuration diminue dans des proportions très importantes la rigidité de torsion. En
conséquence, la sécurité consiste généralement à sous-estimer la rigidité de torsion par rapport à la
rigidité de flexion quand on a recours à une analyse linéaire. De plus, lorsque la rigidité de torsion est
prise en compte dans le calcul des sollicitations, il est indispensable de justifier les sections vis-à-vis
des moments de torsion calculés.
A titre de simplification, il est souvent possible de négliger la rigidité de torsion, notamment lorsque
celle-ci n'est pas nécessaire pour assurer l'équilibre de la structure. Dans le cas contraire (efforts de
torsion prépondérants), des méthodes plus précises doivent être recherchées.
A.5.4,2 calcul des contraintes
Pour l'évaluation des contraintes dues au couple de torsion on distingue les sections creuses et les
sections pleines.
COMMENTAIRE
Les règles données visent les sections creuses et les profils pleins de forme convexe. Dans le cas de
sections pleines composées de profils minces, ceux-ci ne peuvent équilibrer que de faibles couples de
torsion, tout en subissant des déformations importantes ; il est souvent préférable de négliger les
contraintes d'origine hyperstatique dues à la torsion, et de prendre en compte les efforts de flexion
entraînés sur les différents profils par la rotation de la section autour du point appelé centre de torsion.
A.5.4,21 sections creuses
La contrainte tangente de torsion s'évalue par la formule : dans laquelle Tu est le moment de torsion,
bo l'épaisseur de la paroi au point considéré et : l'aire du contour tracé à mi-épaisseur des parois.
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COMMENTAIRE
La formule donnée est obtenue par application de la théorie des poutres tubulaires à section fermée à
parois minces.
Si l'épaisseur bo des parois est supérieure à l'épaisseur fictive définie en A.5.4,22 il convient
d'appliquer la règle de calcul des sections pleines.
A.5.4,22 sections pleines
Pour un profil plein de forme convexe, on remplace la section réelle par une section creuse
équivalente dont l'épaisseur de paroi est égale au sixième du diamètre du cercle qu'il est possible
d'inscrire dans le contour extérieur. La contrainte de torsion se calcule alors comme pour les sections
creuses.
COMMENTAIRE
Les essais montrent que le noyau d'une section pleine ne joue pas de rôle à l'état limite ultime de
torsion.
La méthode qui vient d'être exposée n'est pas susceptible d'être étendue aux sections de forme
complexe.
COMMENTAIRE
On peut cependant appliquer la règle du premier alinéa de l'article A.5.4,22 aux sections
décomposables en rectangles en considérant séparément chacun des rectangles juxtaposés, puis en
supprimant les éléments de paroi des rectangles composants qui ne suivent pas le contour extérieur
de la section ; on obtient ainsi une paroi continue qui suit le contour extérieur de la section et
n'entoure qu'un alvéole. Ce mode de détermination n'est applicable qu'à la condition que les rapports
des côtés des rectangles composants soient tous compris entre 1/3 et 3. Il est loisible de considérer
des sections fictives obtenues par troncature de certains rectangles de façon à respecter les
proportions indiquées.
Les figures ci-dessous explicitent la méthode utilisée, le trait tireté indiquant la limite de la section
creuse équivalente.
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COMMENTAIRE
Ceci conduit en général à prévoir deux systèmes d'armatures respectivement parallèle et orthogonal à
l'axe de la pièce. Ils sont déterminés par les formules : où, en plus des notations utilisées en A.5.3,12
et en A.5.4,21 , on désigne par :
COMMENTAIRE
Cette règle est valable pour les pièces soumises uniquement à des efforts tangents. En cas de
compression concomitante, il convient de se reporter à la règle des coutures.
chapitre A.6 adhérence
Le présent chapitre concerne les liaisons entre le béton et les armatures ; dans le cas des barres, ces
liaisons sont mesurées par la contrainte d'adhérence Ws (A.6.1,1 ).
Les règles à respecter, toutes relatives à l'état limite ultime, visent :
- les extrémités des barres qui doivent être ancrées avec une sécurité suffisante (A.6.1,2
pour les barres, A.6.2,1 et A.6.2,2 pour les treillis soudés) ;
- les armatures en partie courante soumises à des contraintes, dites d'entraînement, qui
doivent être limitées pour ne pas endommager le béton entourant les armatures.
COMMENTAIRE
L'attention est attirée, en outre, sur le fait que la qualité de la liaison acier-béton est liée à la stricte
observation des dispositions constructives de l'article A.7.2 .
A.6.1 adhérence des aciers en barres
A.6.1,1 contrainte d'adhérence
La liaison entre une armature et le béton est mesurée par la contrainte d'adhérence Ws définie par la
formule :
COMMENTAIRE
Cette formule générale s'applique :
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- d'une part, aux extrémités des armatures, c'est-à-dire aux ancrages destinés à transmettre
au béton la totalité de l'effort axial exercé sur l'armature ;
- d'autre part, aux zones courantes des armatures soumises à des efforts d'entraînement dus
à la variation de l'effort axial appliqué.
où dF/dx est la variation par unité de longueur de l'effort axial exercé sur l'armature et u le périmètre
utile de l'armature, confondu avec le périmètre nominal lorsqu'il s'agit d'une barre isolée.
COMMENTAIRE
Les valeurs à prendre pour les paquets sont précisées enA.6. 1,221 pour les ancrages et enA.6. 1,3
pour les armatures soumises à des efforts d'entraînement.
L'efficacité d'une barre du point de vue de l'adhérence est caractérisée par son coefficient de
scellement \s qui est pris égal à l'unité pour les ronds lisses bruts de laminage et à la valeur fixée par
la fiche d'identification pour les autres types d'armatures.
COMMENTAIRE
Pour les armatures à haute adhérence, la valeur du coefficient \s est généralement égale à 1,5.
A.6.1,2 ancrage des aciers en barres
A.6.1,21 conditions d'équilibre
L'ancrage de l'ensemble d'un paquet de barres n'est pas admis. Une barre est toujours ancrée
individuellement ; les paquets de plus de trois barres ne comportent aucun ancrage de barre
individuelle sur toute leur longueur.
COMMENTAIRE
Il en résulte que dans un paquet de trois barres au plus, les longueurs d'ancrage de chacune des
barres ne doivent pas se chevaucher ; les paquets de plus de trois barres ne doivent être composés
que d'éléments d'une seule longueur ancrés par épanouissement à leurs extrémités.
Sur la longueur d'un ancrage, la contrainte d'adhérence est supposée constante et égale à sa valeur
limite ultime :
COMMENTAIRE
Le tableau ci-dessous donne les valeurs de Wsu pour quelques valeurs de fc28 appartenant au domaine
couvert par le présent règlement ; on a considéré le cas des ronds lisses (\s = 1) et celui des barres à
haute adhérence les plus courantes pour lesquelles (\s = 1. 5).
En outre, dans les parties courbes, en l'absence de contact avec une autre barre, il est admis de
tenir compte d'un effort axial de frottement égal à la réaction de courbure de la barre multipliée par le
coefficient de frottement de l'acier sur le béton, pris égal à 0,4.
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