I- SUR LA DENATURATION DES FAITS PAR LA DEFENDERESSE
Attendu qu’il est important de rétablir les faits dans leur véracité en ce
qu’elle transpire des pièces versées aux
Débats par les parties ;
Attendu que sieur AGNANGUEM YALLA Serge recruté en 10 catégorie le 1
Mars 2008 par la SIAC
Brasseries ISENBECK-SA au poste de Responsable de la Comptabilité
Analytique, ne progressera que d’une
Catégorie au bout de treize (13) années de service après rachat de la SIAC
par la défenderesse en date du 17
Septembre 2008 ;
Attendu que l’employé a été lié à la défenderesse par deux (02) contrats
celui signé avec la SlAC SA en date du
1 Mars 2008 et I’avenant audit contrat signé avec la SABC en date du 28
Juillet 20 15 ;
Que contrairement aux dispositions du contrat de travail susvisé et de son
avenant, la défenderesse fera travailler
Le concluant non seulement pour elle-même, mais également pour ses
filiales les sociétés SOCAVER et SEMC ;
Qu’au bout des 13 années 07 mois et 18 jours de bons et loyaux services
au sein de ces diflérentes entités, Ie
Concluant a été licencié le 18 Octobre 2021 alors qu’il occupait la fonction
de Chef SERVICE SÉNIOR
TRESORERIE poste occupé entre le ler Juin 2018 jusqu’à la date de son
licenciement :
Qu’effectuant consciencieusement son activité professionnelle et dans le
cadre de celles de vérification, le
Conc informa sa hiérarchie des incidents de paiement des clients de
l’entreprise et en particulier d’un client
La Société LEMO DISTRIBUTION SARL, le deuxième plus gros distributeur
de la région i
Que c’est ainsi qu’en date du 14 Avril 2021 dans le cadre des informations
transmises habituellement, le
Concluant signalera les incidents de paiement liés aux opérations dudit
distributeur au sein de l'entreprise qui cumulaient à cette date des
chèques impayés de FCEA 243 405 483 à la date de Mars 2021
en indiquant par ailleurs que la situation débitrice de ce distributeur se
serait même améliorée pour la
même époque contrairement à l'année 2020 qui affichait pour la mme
date un excédent de chèques
impayés de FCFA 125 718 873 soit une situation beaucoup plus grave que
celle de mars 2021 ;
Qu'alors que la hiérarchie est parfaitement informée depuis plus d'une
année de l'indélicatesse dudít distributeur
aucune mesure ne sera prise contre ce dernier de sorte que malgré les in
formations communiquées en Avril 2021
et ce contrairement aux procédures internes, le distributeur litigieux
continuera d'émettre auprès de l'agence de
Bonaberi des chèques sans provision contre remise de marchandises;
Que contrairement aux écritures de la défenderesse, il n'a pas fallu
attendre une mission d'inspection pour prendre
connaissance des chèques sans provision émis par ledit distributeur
depuis un an auparavant soit en 2020 :
Qu'il est établi que les incidents de paiement et infractions commises par
le distributeur qui émettait sans gène
des chèques sans provision pendant près de deux ans n'ont pu échapper à
l'entreprise qui décide
malencontreusement de licencier à tort le concluant plus d'une année
après ;
Que le mail du 14 Avril 2021 des services du concluant porte en objet «
CHÈQUES IMPAYES
COMPTABILISÉS SUR MARS 2021 ET ETAT COMPARATIF ENTRE 2020 ET
2021 >» prouvant
I'information antérieure des services indiqués et habilitées de l'entreprise ;
Que contrairement aux allégations de la lettre de licenciement qui
mentionne des incidents de paiement du
distributeur incriminé pour la période du 1r Janvier au 28 Août 2021, il a
été relevé que les incidents de
chèques sans provision/chèques impayés couvrent une période beaucoup
plus ancienne soit au moins en
Mars 2020 ;
Qu'il ressort d'ailleurs de la réponse à la demande d'explication que le
concluant a procédé à l'information des
responsables habilitées contrairement à ce qui lui est prétendument
reproché de même que la défenderesse n'a
pas pu rapporter la preuve du défaut de traitement en temps réel des
notifications d'impayés pas plus pas plus que
la non maitrise des chèques impayés ;
Que le concluant a démontré que les procédures ont été suivies, les
destinataires des infomations requises
concernant les incidents de chèques impayés ont été tous informés à
compter de la notification de la banque de
sorte que les motifs de licenciement invoqués dans la lettre de
licenciement manquent de pertinence, de sérieux
et sont fallacieux ;
Qu'il ressort dès lors que le licenciement du concluant a été prononcé avec
une intention malveillante et
une légèreté blâmable (Cour Suprême, arrêt du 21 mai 1984) ;
Qu'il résulte des faits ci-dessus établis que le licenciement a été prononcć
alors que la faute du travailleur
n'était pas établie (Tribunal de Grande Instance de Yaoundé, jugement du
13 février 1982 ) ; Que surabondamment, le licenciement abusif résulte
du changement de motifde licenciement entre la lettre
de licenciement et les conclusions datées du 26 Août 2024 et versées aux
débats par la défenderesse;
(Tribunal de Grande Instance de Yaoundé, jugement du 20 mars 1992) ;
Qu'il échet de donner acte au concluant des faits ci-dess us établis et des
justificatifs donnés à l'entreprise
lesquelles n'établissent aucune faute à son encontre et aue la hiérarchie
du concluant n'a pris aucune
mesure contre le distributeur indélicat depuis 2020 ;
Qu'il échet en outre de relever que la défenderesse a volontairement
dénaturé les faits de la cause de sorte
à modifier les motifs de licenciement de la lettre du 15 Octobre 2021 et
dire en conséquence le licenciement
intervenu abusif ;