THEME D’EXPOSE : Clinique des auteurs d’homicides
GROUPE 3 : BOAYE Kodjo Rémy
PANA Sandrine
KANWORE Nathaniman
PLAN DU TRAVAIL
INTRODUCTION
I) Profil de auteurs d’homicides
1) Définition des concepts
2) Caractéristiques psychologiques et sociales
3) Facteurs criminologiques et situation
II) Méthodes d’évaluation clinique
1) Approches théorique
(Psychologique, biologique, sociologique)
2) Facteurs de risques
III) Prise en charge
1) Stratégies thérapeutiques
2) Enjeux éthique et limite de l’intervention
IV) Prévention des homicides
CONCLUSION
INTRODUCTION
Tuer un être humain est sans doute l’un des actes les plus transgressifs dans
toutes les sociétés humaines du monde. Derrière l’horreur de l’acte, une
question essentielle se pose : Qu’est-ce qui pousse un individu à commettre un
homicide La clinique des auteurs d’homicides s’intéresse précisément à cette
interrogation, en tentant de comprendre les mécanismes psychiques, les
trajectoires de vie et les contextes qui mènent à un tel passage a l’acte. Entre
souffrance psychique, pathologie mentale, trouble de la personnalité et
facteurs environnementaux, les profils des meurtriers sont complexes et
hétérogènes. La clinique, en tant que démarche de compréhension de
l’individu dans sa singularité, cherche à aller au-delà des étiquettes pour saisir
le sens de l’acte, ses origines et ses conséquences pour le sujet lui-même. Ainsi
comment la clinique peut-elle nous aider à comprendre les auteurs d’homicides
Quels sont les profils psychologiques les plus fréquents et les processus qui
mènent au meurtre*. Et comment cette compréhension peut-elle s’articuler
avec les enjeux de responsabilité pénale, de soins et de prévention.
I) Profil des auteurs d’homicides
Etymologie du mot homicide
Du vieil français homicide, du latin homicidium "homicide,"
de homo "homme" (voir homunculus) + -cidium "action de tuer,"
de caedere "tuer, abattre" (de la racine PIE *kae-id- "frapper").
Le sens "personne qui tue une autre" (fin du 14e siècle) est également issu
du français (homicide), du latin homicida "un meurtrier," de homo + -
cida "tueur." Identiques en français et en anglais, les deux mots diffèrent en
latin et dans d'autres langues (par exemple, l'espagnol homicida/homicidio).
1) Définition et enjeux
« L’homicide est le fait de donner volontairement ou
involontairement la mort à un être humain », Jean Pradel, Droit pénal
spécial, édition Cujas.
« L’homicide est l’acte par lequel un sujet met fin à la vie d’un autre,
acte qui prend souvent racine dans un fonctionnement psychique
perturbé, où se mêlent conflits intrapsychique, défaillance
narcissiques et éléments contextuels déclenchants. »
« Roland Coutanceau, La violence des jeunes : comprendre,
prévenir, prendre en charge »
La clinique des auteurs d’homicides désigne l’approche
psychologique et psychiatrique qui vise à comprendre les
mécanismes psychiques, émotionnels, comportementaux et
contextuels ayant conduit un individu à commettre un acte
d’homicide.
Ainsi, la clinique des auteurs d’homicides cherche à
* Comprendre le fonctionnement psychique de la personne ayant tué
* Explorer les facteurs déclencheurs du passage à l’acte
* Identifier d’éventuels troubles mentaux ou de la personnalité
* Evaluer la responsabilité pénale
* Mettre en place une prise en charge thérapeutique adaptée et
contribuer à la prévention de la récidive.
2) Caractéristiques psychologiques et sociales
Les caractéristiques psychologiques et sociales des auteurs
d’homicides sont variées, mais certains traits reviennent
fréquemment selon les recherches cliniques, psychiatriques et
criminologiques. On peut les regrouper en deux catégories : les
caractéristiques psychologiques individuelles, et les facteurs sociaux
et contextuels.
*Caractéristiques psychologiques des auteurs d’homicides :
Ces éléments concernent le fonctionnement psychique, la
personnalité, les troubles mentaux éventuels, et la manière dont la
personne gère ses émotions et ses conflits internes.
--Troubles mentaux (présents dans environ 10 à 15%)
. Psychoses (schizophrénie, paranoïa) : hallucination
, délire de persécution, perte de contact avec la réalité.
. Troubles de l’humeur sévères : dépression mélancolique, épisode
maniaque avec agitation.
. Troubles de stress post-traumatique ou dissociation (surtout dans
les cas d’infanticide ou de crimes intrafamiliaux).
--Troubles de la personnalité (fréquents chez les auteurs non
psychotiques)
. Personnalité borderline : Impulsivité, instabilité affective, peur de
l’abandon.
. Personnalité narcissique : blessure d’ego, incapacité à supporter
la frustration ou l’humiliation.
. Personnalité paranoïaque : méfiance excessive, interprétation
hostile des intentions d’autrui.
--Fonctionnement psychiques typiques
. Difficulté à symboliser les conflits internes (tout passe par
l’acte).
. Pauvreté du langage émotionnel, difficulté à verbaliser la
souffrance.
. Clivage, projection, acting-out comme mécanisme de défense.
. Sentiment de toute puissance ou à l’inverse, d’écrasement
par autrui.
--Facteurs émotionnels
. Accumulation de frustrations non exprimées
. Sentiment d’injustice, de trahison, d’humiliation avec une colère
parfois dirigée contre une figure symbolique (parent, partenaire…)
. Culpabilité post-acte (chez certains profils) ou absence totale
de remords (chez les profils antisociaux)
2)Facteurs criminologique et situation
Nous prénoms en compte ici les facteurs qui peuvent expliquer le passage à l’acte homicide,
ainsi que les situations contextuelles dans lesquelles ce type de crime peut survenir :
II) Méthodes d’évaluation clinique
1) Les approches théoriques
1.1) Approche psychanalytique
Pour mieux saisir l’originalité de cette conception de l’acte meurtrier, il est important de rappelle
l’hypothèse avancée par Freud dans Totem et Tabou au sujet du meurtre du Père dans le mythe de la
horde primitive. Freud affirme à cette occasion que la dimension primitive et autonome de
l’agressivité de l’homme en tant que disposition instinctive porte la marque de la pulsion de mort.
Cependant si l’homme est foncièrement criminel en son fort intérieur, pour quelle raison ne passe-t-
il pas toujours à l’acte+ Selon Freud, cette retenue est due à la force des trois instances qui
s’interposent entre l’homme et ses désirs inconscients les plus dérangeants. Par contre lorsque ses
dédies sont exacerbés sous l’effet d’évènement extérieurs l’action de ces instances se trouvent
affaiblie Toutefois si Freud reconnait que de tels événements jouent un role facilitateur dans la
violence extrême que l’homme inflige à son prochain, il ne les reconnait pas en tant que facteurs de
causalité. Elle met en lumière le processus de désubjectivation et de déshumanisation de la victime.
1.2) Approche sociologique
L’approche sociologique examine les facteurs sociaux, économiques et culturels qui influencent la
criminalité violente. Elle met l’accent sur les structures sociales et les dynamique collectives qui
faconnent les comportements criminels comme la théorie structurelle et la théorie de la
désorganisation sociale.
1.3) Approche biologique
Elle explore les facteurs neurobiologiques (cortex préfrontal et l’amygdale), génétiques (la sérotonine
et la dopamine, mutation du gène MAOA) et environnement (Exposition à des substances toxiques et
déséquilibre nutritionnel) aux qui peuvnt influencer les comportements violents
2) Les Facteurs de risques
Elles sont multiples et peuvent être analyser sous différents angles notamment Psychologique,
sociologique et criminologique.
Facteurs individuels (Psychologique)
Antécédents de violences
Troubles psychotique
Impulsivité
Consommation de substance psycho active
Etats matrimonial
Troubles de la personnalité
Facteurs sociaux et environnementaux
Exposition à la violence dans l’enfance
Précarité économique
L’isolement social
Facteurs criminologiques
Accès aux armes
Appartenances a des groupes criminels
Récidive
Facteurs contextuels
Conflits familiaux
Stress aigu
Situation de crise
Profession
L’activité
III) Prise en charge
1) Stratégies thérapeutiques
1.1) L’évaluation initiale et diagnostique différentiel
Avant intervention thérapeutique, une évaluation clinique complète est essentielle pour
identifier les troubles mentaux sous-jacents (psychoses, trouble de la personnalité, les PTSD
etc..) et comprendre les facteurs précipitants de l’acte homicidaire (abus, antécédent
environnement).
1.2) Thérapie individuelle basées sur les troubles diagnostiqués
a) Thérapie cognitivo-comportementale
Utilisé notamment sur les auteurs présentant des troubles de la personnalité ou des distorsions
cognitives liées à la violence
b) Thérapie psychodynamique
Particulièrement utile dans les cas où, l’acte d’homicide s’enracine dans des conflits
intrapsychiques ou les mécanismes de défense pathologiques
1.3) Traitement des troubles psychotique ou graves
Chez les auteurs d’homicides atteints de schizophrénie ou d’autres troubles psychotiques, la prise en
charge médicamenteuse est primordiale, souvent combinée a un accompagnement
psychothérapeutique.
1.4) Travail sur la culpabilité, l’empathie et la réparation
Il s’agit de restaurer une conscience morale et une reconnaissance de préjudice causé.
Souvent intégré à la thérapie surtout dans les programmes de réhabilitation en milieux
fermé
1.5) Programme de traitement intégrés
En contexte carcéral ou médico-légal, on intervient dans le sens de la prévention de la
récidive, la gestion des impulsions et une psychoéducation.
2) Enjeux éthique et limite de l’intervention
En psychologie clinique et de la santé, le code d’éthique et déontologie interpelle le
psychologue de son intervention dans divers secteurs de soins psychologique
La confidentialité et obligation de levé le secret professionnel
Les psychologues cliniciens sont confrontés à des dilemmes éthiques doivent concilier
lorsqu’ils doivent concilier le respect du secret professionnel avec la nécessité de prévenir des actes
violents.
Consentement éclairé et soins sous contrainte
Avant toute intervention, le consentement éclairé aux soins est un principe fondamental
de l’éthique médical. Les cliniciens peuvent être amen »s a jouer un double role, en tant que
thérapeute et expert pour le système judiciaire. Cette dualité peut créer des conflits d’intérêt ou les
obligations envers le patient entrent en tension avec les exigences légales. Exemple dans un contexte
judiciaire, les auteurs d’homicide sont soumis à des traitements obligatoires, remettant en question
la validité de leur consentement.
IV)Prévention des homicides
1) Identification et gestion des risques : Evaluer les facteurs de risque, notamment les
antécédents de violence, les troubles psychologiques et les conflits interpersonnels. Des
outils d’évaluation du risque peuvent être utilisés pour anticiper les comportements
violents.
2) Intervention précoce : Offrir un accompagnement psychologique aux individus
présentant des signes de détresse ou de comportement agressifs. Des programmes
spécialisés existent pour intervenir auprès des personnes à risque.
3) Renforcement des structures de soutien : Encourager les réseaux et familiaux à jouer un
role actif dans la prévention. Un soutien émotionnel et social peut réduire les tensions et
prévenir les passages a l’acte.
4) Education et sensibilisation : Promouvoir des campagnes de prévention sur la gestion
des conflits, la communication non violente et la régulation émotionnelle. L’éducation
sur les conséquences des actes violents peut dissuader les comportements a risque.
5) Encadrement légal et institutionnel : Mettre en place des politiques de prévention,
telles que les mesures de protection pour des victimes potentielles et des sanctions
adaptées pour les auteurs de violences.
CONCLUSION
L’acte de tuer, en tant que transgression ultime, interroge profondément la société, la justice, mais
aussi la psychologie. La clinique des auteurs d’homicide, loin de se limitera une simple classification
des profils, cherche à comprendre l’humain derrière l’acte. Elle met en lumière des réalités
psychiques complexes, allant de la psychose à la perversion, en passant par les traumatismes non
élaborés, les troubles de la personnalité ou encore les situations de détresse extrême.