Chap1 Ensembles Fonctions
Chap1 Ensembles Fonctions
par
Daouda Niang Diatta
(email:[email protected])
pour
La Licence 1 d'Informatique et d'Ingénierie.
(L12I)
Département Informatique.
UFR Sciences et Technologies.
Université Assane Seck de Ziguinchor.
Introduction
On développe dans ce chapitre les constructions de base de la théorie des ensembles, en
particulier celles qui concernent les fonctions en même temps que certains outils de base
pour l'énumération des éléments des ensembles considérés.
1 Ensembles
La théorie des ensembles a été introduite par Georg Cantor (1845 - 1918). Bien qu'il
soit nécessaire d'en donner une axiomatique rigoureuse pour éviter les paradoxes, nous
n'aurons pas trop besoin d'insister là-dessus, étant donné que les ensembles considérés dans
ce cursus sont soit finis, soit des ensembles classiques comme N=f0; 1; 2; 3; :::g, Z=f:::;
¡2; ¡1; 0; 1; 2; :::g, l'ensemble Q des nombres rationnels, ou l'ensemble R des nombres réels.
Définition. (Ensemble) Un ensemble est une collection d'objets qui en constituent les
éléments. On peut décrire un ensemble de deux manières :
En extension. On donne la liste exhaustive des éléments de l'ensemble :
E := fe1; e2; ::::g:
E := fx j P (x)g:
Exemple.
! Ensemble des lettres de l'alphabet :
A := fa; b; c; d; ::::; z g:
1
! En compréhension, on a l'ensemble des naturels compris entre 1 et n :
[n] := fi 2 Nj1 6 i 6 ng
qui s'écrit, en extension :
[n] := f1; 2; :::; ng:
! En compréhension, on a :
A := fa 2 N tel que a divise 14g et B := fx 2 R tel que x2 + x ¡ 1 = 0g
qui s'écrivent, en extension :
p p
¡1 + 5 ¡1 ¡ 5
A := f1; 2; 7; 14g et B := ; :
2 2
Remarque.
! Passer d'une description en compréhension à une description en extension d'un
ensemble donné constitue l'une des tâches majeures de l'activité mathématique.
! Deux ensembles sont égaux si et seulement si ils ont les mêmes éléments. Ainsi on
a les descriptions en extension fa; b; cg = fc; a; bg = fb; c; ag d'un même ensemble
qui contient trois éléments : a, b et c.
Démonstration.
Définition. L'ensemble vide, noté ? ou fg, est l'ensemble ne contenant aucun élément.
Le cardinal d'un ensemble E, noté jE j ou card(E); est son nombre d'éléments.
Un ensemble fini est un ensemble de cardinal fini. Un ensemble de cardinal non fini
est dit infini.
Exemple. Ainsi, j?j = 0, jA := fa; b; c; d; ::::; z gj = 26 et j[n]: =f1; :::; ngj = n. Donc ?, A
et [n] sont des ensembles finis, alors que N et R sont des ensembles infinis.
2
1. A \ ? = ?; 1'. A [ ? = A;
2. A\B =B \A 2'. A[B =B [A
3. A \ (B \ C) = (A \ B) \ C 3'. A [ (B [ C) = (A [ B) [ C
4. A \ (B [ C) = (A \ B) [ (A \ C) 4'. A [ (B \ C) = (A [ B) \ (A [ C)
Démonstration.
A [ B = A + B = fa; b; 1; 2; c; d; e; 3; 4g:
1.3 Sous-ensembles
Démonstration.
Démonstration.
3
Définition. (Ensemble des parties) L'ensemble des parties d'un ensemble E, noté
P[E], est l'ensemble de tous les sous-ensembles de E :
P[E] := fAj A E g: (5)
Exemple. Ainsi P[fa; b; cg] = f?; fag; fbg; fcg; fa; bg; fa; cg; fb; cg; fa; b; cgg et
jP[fa; b; cg]j = 8.
Démonstration.
Démonstration.
et pour n = 3, on a :
3
\ 3
[
Ai = A1 \ A2 \ A3 et Ai = A1 [ A2 [ A3:
i=1 i=1
4
On a les identités : ! !
\ \ \
Ai = Ai \ Aj ;
k2I [J i2I j 2J
! !
[ [ [
Ai = Ai [ Aj ;
k2I [J i2I j 2J
Exemple. Pour toute partie A non vide et strictement incluse dans E, la famille à deux
éléments fA; A g est une partition de E.
5
Démonstration.
/ S:
Théorème 8. Pour tout ensemble S et tout élément y 2
Pk[S + fyg] = Pk[S] + fB + fygjB 2 Pk ¡1[S]g (12)
Démonstration.
Exemple. Considérons le cas P2[fa; b; cg] pour illustrer l'utilisation du théorème pour
décrire en extension Pk[E].
On débute avec S = fa; bg et y = c. La récursion se déroule comme suit :
P2[fa; b; cg] = P2[fa; bg] + fB + fcgj B 2 P1[fa; bg]g
P2[fa; bg] = ffa; bgg et P1[fa; bg] = ffag; fbgg
Ainsi, en remontant la récursion, on a :
P2[fa; b; cg] = ffa; bgg + fB + fcgj B 2 ffag; fbggg
P2[fa; b; cg] = ffa; bgg + ffa; cg; fb; cgg
P2[fa; b; cg] = ffa; bg; fa; cg; fb; cgg:
Exemple. On a : fa; b; c; dg f1; 2g = f(a; 1); (b; 1); (c; 1); (d; 1); (a; 2); (b; 2); (c; 2); (d; 2)g.
Remarque. Observons que si l'un des ensembles A ou B est vide, alors le produit cartésien
A B est vide :
A ? = ? B = ?:
Démonstration.
6
! Si (Ai)i2I est une suite d'ensembles indexés par I, on dit de ai que c'est la i-ième
coordonnée de la suite. Le produit cartésien généralisé est l'ensemble
Y
Ai := f(ai)i2I jai 2 Ai; pour i 2 I g:
i2I
! Le cas particulier qui correspond à choisir I =[n] = f1; 2; :::; ng donne la construction
du produit cartésien
A1 A2 An = f(a1; a2; :::; an)jai 2 Ai; 1 6 i 6 ng:
Définition. (Relation) Une relation R, allant d'un ensemble A vers un ensemble B, est
un sous-ensemble du produit cartésien A B :
R est une relation de A vers B si R A B (14)
Exemple. Pour A = fa; b; c; dg et B = f1; 2; 3g, R = f(a; 1); (a; 2); (b; 3); (c; 2); (d; 1)g est
une relation de A vers B.
Exemple. Pour A = fa; b; c; dg et B = f1; 2; 3g et R = f(a; 1); (a; 2); (b; 3); (c; 2); (d; 1)g,
on a : RT = f(1; a); (2; a); (3; b); (2; c); (1; d)g.
2 Fonctions
Bien que la notion de fonction soit l'une des plus importantes en mathématiques, ce n'est
qu'à la fin du dix-neuvième siècle qu'elle a pris la forme moderne qu'on lui connaît.
7
Si (x; y) 2 f, alors on dit que y est l'image de x par la fonction f et x est un antécédant
de y par la fonction f.
Exemple. Pour A = fa; b; c; dg et B = f1; 2; 3g la relation R = f(a; 1); (a; 2); (b; 3); (c; 2);
(d; 1)g, n'est pas fonctionnelle car a 2 A est en relation avec deux éléments de B (1 et 2).
Par contre la relation f = f(a; 1); (b; 3); (c; 2); (d; 1)g est bien fonctionnelle.
Remarque.
! Si f est une relation fonctionnelle A vers B, un élément x dans A caractérise
uniquement l'élément correspondant y dans B. Il est habituel de désigner par f (x)
cet élément, et on a donc :
! Formellement parlant, une fonction de A vers B est un triplet (f ; A; B), avec f une
relation fonctionnelle de A vers B. Il est habituel d'écrire f : A!B pour ce triplet.
! Ainsi, on a la fonction f : fa; b; c; dg ¡! f1; 2; 3g; telle que
! On peut également penser à une fonction comme étant une transformation f qui
à chaque élément x de A associe un seul élément f (x) de B.
Fonct[?; B] = f?g:
8
On peut décrire en extension l'ensemble Fonct[A; B] des fonctions de A vers B via la
formule récursive du théorème suivant :
/E :
Théorème 11. Quel que soient les ensembles E et F et pour tout élément x 2
X
Fonct[E + fxg; F ] = ff + f(x; y)gjf 2 Fonct[E ; F ]g:
y 2F
Démonstration.
Exemple. Considérons le cas Fonct[fa; b; cg; f0; 1g] pour illuster l'utilisation du théorème
précédent pour décrire en extension Fonct(A; B). On débute avec E = fa; bg et x = c.
X
Fonct[fa; b; cg; f0; 1g] = ff + f(c; y)gj f 2 Fonct[fa; bg; f0; 1g]g
y 2f0;1g
Or
X
Fonct[fa; bg; f0; 1g] = ff + f(b; y)gj f 2 Fonct[fag; f0; 1g]g;
y2f0;1g
puis
X
Fonct[fag; f0; 1g] = ff + f(a; y)gj f 2 Fonct[?; f0; 1g]g;
y 2f0;1g
et
Fonct[?; f0; 1g] = f?g:
Ainsi en remontant la recursion on obtient :
Fonct[fag; f0; 1g] = ff(a; 0)g; f(a; 1)gg:
Fonct[fa; bg; f0; 1g] = ff(a; 0); (b; 0)g; f(a; 1); (b; 0)g; f(a; 0); (b; 1)g; f(a; 1); (b; 1)gg:
Remarque.
! On peut vérifier que :
Fonct[A; B \ C] = Fonct[A; B] \ Fonct[A; C]:
9
Définition. (Composition fonctionnelle) Pour f : A ¡! B et g: B ¡! C (avec le but de
f égal à la source de g), on définit la fonction composée de g par f, dénotée g f en posant :
g f : A ¡! C
g f: (20)
x 7¡! g(f(x)):
! Si nous considérons le cas où R est une relation de [n] vers [k] alors :
1 si (i; j) 2 R;
R: [n] [k] ¡¡ f0; 1g est définie par R(i; j) :=
0 si (i; j) 2
/ R;
et est ainsi un tableau de n lignes et k colonnes, encore dénoté R, dont les entrées
sont des 1 ou des 0.
! On dit alors que R est la matrice de la relation R.
Exemple. Avec n = 3 et k = 4, la relation R=f(1; 1); (1; 3); (1; 4); (2; 2); (2; 3); (3; 1); (3;
4)g a pour matrice : 0 1
1 0 1 1
R =@ 0 1 1 0 A:
1 0 0 1
10
Théorème 12. La relation R de [n] vers [k] est une relation fonctionnelle si et seulement
si sa matrice R contient un et un seul 1 sur chacune de ses lignes.
Démonstration.
Exemple.
0 1
0 1 1 0 1
1 0 1 1 B C
B 0 1 0 C
Si A =@ 0 1 1 0 A alors AT =B C
@ 1 1 0 A
1 0 0 1
1 0 1
Exemple. Pour la fonction f : fa; b; c; dg ¡! f1; 2; 3g définie par f = f(a; 1); (b; 3); (c; 2);
(d; 1)g, on a :
f +(fa; b; cg) = f1; 2; 3g; f +(fb; dg) = f1; 3g; Im(f ) = f1; 2; 3g:
11
Définition. (Image réciproque) L'image réciproque ou l'image inverse du sous-ensemble
D de B par la fonction f : A ¡! B est le sous ensemble f ¡(D) de A. Ainsi on a :
(
P[B] ¡! P[A]
f ¡: (26)
D 7¡! f ¡(D) := fx 2 Ajf (x) 2 Dg:
Exemple. Pour la fonction f : fa; b; c; dg ¡! f1; 2; 3g définie par f = f(a; 1); (b; 3); (c; 2);
(d; 1)g; on a :
f ¡(f¡1g) = fa; bg et f ¡(f2; 3g) = fb; cg:
Proposition 14. Pour toute fonction f : A ¡! B, si fCigi2I est une famille de sous-
ensembles de B deux à deux disjoints, alors la famille ff ¡(Ci)gi2I est une famille de sous-
ensembles de A deux à deux disjoints.
En particulier la famille ff ¡(fyg)gy 2Im(f ) est une partition de A. Autrement dit c'est
une famille de sous-ensembles non vides de A, deux à deux disjoints et on a :
X
A= f ¡(fyg):
y 2Im(f )
Démonstration.
Exemple. La fonction f : fa; b; c; dg ¡! f1; 2; 3g définie par la relation f = f(a; 1); (b; 3);
(c; 2); (d; 1)g n'est pas bijective car sa relation transposée f T = f(1; a); (3; b); (2; c); (1; d)g
n'est pas fonctionnelle. En effet il y'a deux couples commençant par l'élément 1 : (1; a) et
(1; d).
Démonstration.
12
Démonstration.
Théorème 17. Il existe une bijection entre deux ensembles finis A et B, si et seulement
si A et B ont même cardinal, i:e: : jAj=jB j.
Démonstration.
Remarque.
! Dans le section suivante, nous allons l'utiliser plusieurs fois pour établir des identités
intéressantes.
! On désigne par Bij[A; B] l'ensemble des fonctions bijectives de A vers B , i.e :
Bij[A; B] := ff 2 Fonct[A; B]jf: A ¡!
~ B g: (27)
Théorème 18. Quel que soient les ensembles A et B tels que jB j = jAj + 1, et pour tout
/A :
élément x 2
X
Bij[A + fxg; B] = ff + f(x; y)gjf 2 Bij[A; B nfyg]g: (28)
y2B
Démonstration.
Exemple. Considérons le cas Bij[fa; b; cg; f1; 2; 3g] pour illustrer l'usage du théorème
précédent pour décrire en extension Bij[A; B].
On débute avec A = fa; bg et x = c. La récursion se déroule comme suit :
X
Bij[fa; b; cg; f1; 2; 3g] = ff + f(c; y)gjf 2 Bij[fa; bg; f1; 2; 3gnfyg]g
y2f1;2;3g
X
Bij[fa; bg; f2; 3g] = ff + f(b; y)gjf 2 Bij[fag; f2; 3gnfyg]g
y2f2;3g
Bij[fa; bg; f2; 3g] = ff + f(b; 2)gjf 2 Bij[fag; f3g]g + ff + f(b; 3)gjf 2 Bij[fag; f2g]g
Bij[fa; bg; f2; 3g] = ff(a; 3); (b; 2)gg + ff(a; 2); (b; 3)gg
Bij[fa; bg; f2; 3g] = ff(a; 3); (b; 2)g; f(a; 2); (b; 3)gg
De la même manière on établie que :
Bij[fa; bg; f1; 3g] = ff(a; 3); (b; 1)g; f(a; 1); (b; 3)gg
Bij[fa; bg; f1; 2g] = ff(a; 2); (b; 1)g; f(a; 1); (b; 2)gg
13
Ainsi :
ff + f(c; 1)gjf 2 Bij[fa; bg; f2; 3g]g = ff(c; 1); (a; 3); (b; 2)g; f(c; 1); (a; 2); (b; 3)gg
ff + f(c; 2)gjf 2 Bij[fa; bg; f1; 3g]g = ff(c; 2); (a; 3); (b; 1)g; f(c; 2); (a; 1); (b; 3)gg
ff + f(c; 3)gjf 2 Bij[fa; bg; f1; 2g]g = ff(c; 3); (a; 2); (b; 1)g; f(c; 3); (a; 1); (b; 2)gg
En remontant la récursion, on obtient :
Bij[fa; b; cg; f1; 2; 3g] = f f(c; 1); (a; 3); (b; 2)g; f(c; 1); (a; 2); (b; 3)g;
f(c; 2); (a; 3); (b; 1)g; f(c; 2); (a; 1); (b; 3)g;
f(c; 3); (a; 2); (b; 1)g; f(c; 3); (a; 1); (b; 2)g
g
Remarque.
! Le composé de fonctions bijectives est une fonction bijective, et l'inverse d'une
fonction bijective est une fonction bijective.
! On dit habituellement d'une bijection de A vers A que c'est une permutation de
A, et on désigne souvent par S[A] l'ensemble des permutations de A.
! Lorsque A=[n], on écrit simplement S[n]. Les permutations sont souvent dénotées
par des lettres grecques minuscules : ; ; ; etc:
! La matrice associée à une permutation de [n] est la matrice de la relation
fonctionnelle : [n] ¡! [n]. C'est une matrice carrée n n de 0 et de 1, ayant un 1
dans chaque ligne, et un 1 dans chaque colonne.
Notation. On dénote souvent par le symbole ,¡! le fait qu'une fonction soit injective.
On écrit donc f : A,¡!B, pour dire que f est une injective.
14
Remarque.
! On désigne par Inj[A; B] l'ensemble fonctions f injectives de A vers B :
Inj[A; B] := ff 2 Fonct[A; B]jf : A,¡!B g: (29)
! Pour qu'il existe une injection f : A,¡!B, le nombre d'éléments de A doit nécessaire-
ment être plus petit ou égal à celui de B, c.-à-d. : jAjjB j. On a donc Inj(A; B) =;;
lorsque jAj>jB j.
Proposition 19. Une injection entre deux ensembles finis de même cardinal est une
bijection.
Démonstration.
/A :
Théorème 20. Quel que soient les ensembles A et B, et pour tout élément x 2
X
Inj[A + fxg; B] = ff + f(x; y)gjf 2 Inj[A; B nfyg]g (30)
y2B
Démonstration.
Notation. On dénote souvent par le symbole ¡ le fait qu'une fonction soit surjective.
On écrit donc f : A ¡ B, pour dire que f est surjective.
Remarque.
! On désigne par Surj(A; B) l'ensemble des fonctions surjectives de A vers B :
Surj[A; B] := ff 2 Fonct[A; B]jf : A ¡ B g: (31)
15
! Pour qu'il existe une surjectionf : A ¡ B, le nombre d'éléments de A doit néces-
sairement être plus grand ou égal à celui de B, c.-à-d. : jAj> jB j. On a donc
Surj(A; B) =;; lorsque jAj<jB j.
Proposition 21. Une surjection entre deux ensembles finis de même cardinal est une
bijection.
Démonstration.
Théorème 22. Quel que soient les ensembles A et B, et pour tout élément y 2 /B :
X
Surj[A; B + fyg] = ff + g jf 2 Surj[AnC ; B] et g 2 Fonct[C ; fyg]g:
C A
Démonstration.
Démonstration.
Démonstration.
Démonstration.
Démonstration.
16
3 Compter les éléments d'un ensemble
Lorsqu'on veut calculer la dérivée d'une fonction, le problème se décompose en un ou des
problèmes plus simples, selon que la fonction à dériver est la somme, le produit, ou encore
le composé de deux fonctions plus simples. Il en est souvent de même pour l' énumération
des éléments d'un ensemble A. Le problème donné se décompose souvent en des problèmes
plus simples, selon que l'ensemble à énumérer peut se décrire en terme des constructions
de base sur les ensembles.
Démonstration.
Démonstration.
Lemme 30. Si E et E 0 sont deux ensembles de même cardinal, alors P[E] et P[E 0] sont
également de même cardinal. Autrement dit :
jE j = jE 0j =) jP[E]j = jP[E 0]j (38)
Démonstration.
17
Proposition 31. Quel que soit les ensembles disjoints E1 et E2 :
i. la fonction
P[E1 + E2] ¡!
~ P[E1] P[AE2]
: (39)
B 7¡! (B \ E1; B \ E2)
est bijective,
ii. si jE1j = n1 , jE2j = n2 , alors
p(n1 + n2) = p(n1) p(n2): (40)
Démonstration.
Théorème 32. Pour un ensemble fini E de cardinal n, l'ensemble P[E] est de cardinal 2n.
jP[E]j = 2jE j = 2n (41)
Démonstration.
Corollaire 33. Si jAj=n et jB j=k, alors le nombre de relations de A vers B est égal à
2nk.
jRel[A; B]j = 2jAjjB j = 2nk (42)
Démonstration.
Remarque. Rapelons que lorsque A=[n], une fonction f: [n] ¡! B est encore appelée un
arrangement avec répétition de n objets pris dans B.
! Ainsi Fonct[[n]; B] est l'ensemble des arrangements avec répétition de n objets pris
dans B.
! Par suite, jFonct[[n]; B]j = jB jn est le nombre d'arrangements avec répétition de n
objets pris dans B.
Factorielle croissante.
t(k): =t (t + 1) (t + k ¡ 1); pour t une variable quelconque.
18
Coefficient binomial.
n n!
:= :
k k!(n ¡ k)!
Démonstration.
Remarque. Rapelons que lorsque A=[n], une fonction injective f : [n] ¡! B est encore
appelée un arrangement sans répétition de n objets pris dans B.
! Ainsi Inj[[n]; B] est l'ensemble des arrangements sans répétition de n objets pris
dans B.
! Par suite, jInj([n]; B)j = jB j(n) est le nombre d'arrangements sans répétition de n
objets pris dans B.
Démonstration.
Démonstration.
Démonstration.
19
Principe des tiroirs. Si n objets sont placés dans k boîtes , avec n > k ,alors
il y a au moins une boîte contenant plus d'un objet.
Théorème 40. Si jAj est plus grand que jB j, alors pour toute fonction f : A ¡! B, on a
au moins un élément y de B pour lequel jf ¡(fyg)j>1.
Démonstration.
jA \ B
\ C j = jE j ¡ jAj ¡ jB j ¡ jC j + jA \ B j + jA \ C j + jB \ C j ¡ jA \ B \ C j:
20
Théorème 43. Si E est un ensemble fini et fAigi2I une famille finie de sous-ensembles
de E, on a :
\ jI j
X X \
Ai = (¡1)k Aj (53)
i2I k=0 J 2Pk(I) j 2J
Remarque.
! L'une des formes typiques d'utilisation du principe d'inclusion-exclusion correspond
au cas où les sous-ensembles Ai sont décrits via des propriétés Pi :
Ai := fx 2 E jPi(x)g
Le principe d'inclusion-exclusion permet alors d'énumérer l'ensemble des éléments
de E qui n'ont aucune des propriétés Pi.
! Pour illustrer ce type de situation, comptons le nombre d'entiers entre 1 et 1000 qui
ne sont divisibles ni par 5, ni par 6, ni par 8.
¡ Posons : E = [1000]; A = fa 2 E tel que 5|ag; B = fa 2 E tel que 6|ag;
C = fa 2 E tel que 8|ag. Nous cherchons donc le cardinal de A \ B
\ C . Par
le principe d'inclusion-exclusion, on a :
jA \ B
\ C j = jE j ¡ jAj ¡ jB j ¡ jC j + jA \ B j + jA \ C j + jB \ C j ¡ jA \ B \ C j:
¡ Observonsquele nombre d'entiers n qui sont divisibles à la fois par k1; k2; :::,
n
et km est m , où m est le plus petit commun multiple de k1; k2; : :: ; km.
Ici bxc dénote la partie entière de x.
j k j k j k
1000 1000 1000
¡ Ainsi : jAj = = 200, jB j = = 166, jC j = = 125,
j k5 j 6k j8 k
1000 1000 1000
jA \ B j = 5 6 = 33, jA \ C j = 5 8 = 25, jB \ C j = 3 8 = 41,
j k
1000
jAj = 5 3 8 = 8.
¡ D'où jA \ B
\ C j = 1000 ¡ 200 ¡ 166 ¡ 125 + 33 + 25 + 41 ¡ 8 = 600:
21
Théorème 44. Pour des ensembles finis A et B, respectivement de cardinal n et k,
jBj
X k
X
jB j k
jSurj[A; B]j = (¡1) j (jB j ¡ j) =
jAj
(¡1) j (k ¡ j)n (54)
j j
j=0 j =0
Démonstration.
4 Multi-sous-ensembles et monômes.
La notion de multi-sous-ensemble apparaît lorsqu'on désire permettre (contrairement
aux principes de la théorie des ensembles) la répétition d'éléments d'un ensemble.
Remarque.
! Dans le cas A = [k], un monôme est caractérisé par un vecteur d'exposants
v =(1; 2; :::; k) 2 Nk , avec norme
kv k1 := 1 + 2 + ::: + k = n; (avec i > 0): (56)
22
! Compk(n) est l'ensemble des compositions de n en k parts (non nulles). Autrement
dit, ses éléments sont les solutions de l' équation
1 + 2 + ::: + k = n; (avec i > 0): (58)
Proposition 45.
i. On a une bijection entre Compk[n] et Pk¡1[n ¡ 1].
n¡1
ii. jCompk[n]j = k¡1
.
Démonstration.
Proposition 46.
i. On a une bijection entre Mk[n]) et Compk[n + k ¡ 1] .
n+k ¡1
ii. jMk[n]j = k
.
Démonstration.
Définition. (Bijection) Une fonction f : A ¡! B est une bijection entre deux multi-sous-
ensembles (A; ) et (B ; ) si f est bijective et pour tout x 2 A, (f(x)) = (x).
Démonstration.
Les opérations sur les ensembles s'étendent aux multi-sous-ensembles de façon assez
directe. En fait, la situation est même parfois plus simple. Ainsi, la somme est plus naturelle
dans ce contexte, puisqu'on pose
(A; ) + (B ; ) := (A [ B; ) (59)
avec la fonction de multiplicité définie comme
8
>
< (x) + (x) si x 2 A \ B ;
(x) := (x) si x 2 A et x 2 / B; (60)
>
: (x) si x 2
/ A et x 2 B:
Proposition 48. Si (A; ) et (B; ) sont des multi-sous ensembles finis, alors on a les
égalités suivantes :
i. jA + B j = jAj + jB j,
ii. jA B j = jAj jB j
23
Démonstration.
Remarque. Bien entendu les définitions de somme généralisée et produit cartésien géné-
ralisé s'adaptent de façon analogue au contexte des multi-sous-ensembles.
5 Séries génératrices
Lorsqu'on cherche à trouver une formule pour le nombre an de structures construites sur
un ensemble à n éléments, des outils adéquats facilitent grandement P le travail. L'objectif
visé par l'introduction de la série génératrice (ordinaire) n>0 anz n, et de la série
P zn
génératrice exponentielle n>0 an n! , d'une suite de nombres (an)n2N est de faciliter
ces manipulations. En effet, un phénomène fascinant se produit alors, puisque des calculs
très classiques sur les séries (et les fonctions associées) correspondent à des manipulations
combinatoires très naturelles. Nous aurons plusieurs fois l'occasion de le constater, mais ce
n'est qu'au chapitre sur la théorie des espèces de structures qu'on pourra véritablement
bien mettre en évidence cette relation intime entre l'algèbre des fonctions et celle des
opérations combinatoires.
Pour cette approche, l'un des principes fondamentaux est le critère d' égalité est que
deux séries ne peuvent être égales que si leurs coefficients coïncident. Autrement dit,
X X
anz n = bnz n si et seulement si an = bn; pour tout n 2 N.
n>0 n>0
Lorsque le développement en série de Taylor d'une fonction f(z) (sur les réels) est f (z) =
P P zn
n>0 anz (resp. f(z) = n>0 an n! ), on dit que f(z) est la fonction généraltrice
n
Exemple. Considérons l'identité bien connue e(s+t)z = esz :etz : En développant en série
chaque membre de l' égalité, on obtient le calcul :
! !
X zn X zn X zn
(s + t) n = s n t n
n! n! n!
n>0 n>0 n>0
n
!
X X n k n¡k z n
= s t :
k n!
n>0 k=0
24
P P
Étant données deux séries formelles f(z) = n>0 anz
n et g(z) = n>0 bnz
n, on définit
les opérations :
La somme.
X
f (z) + g(z) := (an + bn)z n: (65)
n>0
Le produit de Cauchy.
n
!
X X
f (z)g(z) := akbn¡k z n (66)
n>0 k=0
La puissance n-ième.
(
f (z)(f(z))n¡1 si n > 0
(f (z))n := (68)
1 si n = 0:
La dérivée.
X
f 0(z) := (n + 1)an+1z n: (69)
n>0
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