Guide BPA Chap2
Guide BPA Chap2
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G UI DE DE S B ONNE S P R AT I Q UE S AG R I COL E S À L A R É UNI ON
CHAPITRE 2
AMENDEMENTS
ET ENGRAIS
© G. Bourgault, CTICS
Par les auteurs : S. BUSSON (LEGTA St Joseph), P-F. CHABALIER (CIRAD-Réunion), J-S. COTTINEAU
(ARMEFLHOR), B. DE LABURTHE (FRCA), P. FOURNIER (CIRAD-Réunion), K. LEROUX (FARRE),
V. VAN DE KERCHOVE (CA), P. SALGADO (CIRAD-Réunion)
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GUIDE DES BONNES PRATIQUES AGRICOLES À LA RÉUNION
CHAPITRE 2
AMENDEMENTS ET ENGRAIS
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GUIDE DES BONNES PRATIQUES AGRICOLES À LA RÉUNION
En culture hors sol, l’exploitant doit recycler ou traiter ses eaux de drainage. La loi l’y oblige, car
libérés directement dans le milieu naturel, ces effluents sont extrêmement polluants.
Station de traitement des effluents d’élevage SAS Camp Pierrot - Grand-Ilet Salazie
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GUIDE DES BONNES PRATIQUES AGRICOLES À LA RÉUNION
Les analyses de sol sont effectuées tous les 4 à La parcelle choisie doit être localisée précisément,
7 ans, et au moins à chaque plantation, pour per- afin de noter ce renseignement sur les fiches
mettre de suivre l’évolution de la fertilité de la d’identification des échantillons qui sont remis au
parcelle et réajuster les fertilisations minérales laboratoire: nom du lieu-dit, de la route avoisinante
et organiques selon les besoins de la canne à sur carte IGN, coordonnées GPS, ortho-photos…
sucre et du sol. Au laboratoire du CIRAD, les cartes topographiques
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GUIDE DES BONNES PRATIQUES AGRICOLES À LA RÉUNION
IGN au 1/25000e sont consultables pour retrouver de la culture, et toutes autres caractéristiques
les coordonnées X-Y du point de prélèvement. similaires.
Selon sa surface et sa pente, une parcelle peut
Prélèvements des échantillons de sol être composée d’une ou de plusieurs zones homo-
dans la parcelle gènes.
Dans la parcelle, il faut définir les zones où sont Chaque grande zone homogène est prélevée sépa-
effectués les prélèvements qui constituent, après rément. On exclura les zones trop petites. Dans
mélange, un ou plusieurs échantillons. Un seul chaque zone homogène, 15 prélèvements élé-
échantillon est fabriqué pour chaque zone « homo- mentaires de sol doivent être effectués. Plusieurs
gène » de la parcelle (figure 1). techniques existent : par exemple, celle de l’As-
sociation Française de NORmalisation (AFNOR)
Une zone homogène : zone de même couleur et deux autres, plus simples, du Groupement
de sol, même précédent cultural, même his- d’Études Méthodologiques et d’Analyses des Sols
torique de fertilisation, même aspect végétatif (GEMAS).
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GUIDE DES BONNES PRATIQUES AGRICOLES À LA RÉUNION
PROTOCOLE D’ÉCHANTILLONNAGE
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GUIDE DES BONNES PRATIQUES AGRICOLES À LA RÉUNION
2.1.1.3 Diagnostic agronomique savoir s’il exporte ses pailles et si l’agriculteur a déjà
du sol à partir planifié des apports de cendres, de matières orga-
de l’échantillon prélevé niques, ou d’autres produits.
• Certaines caractéristiques physiques du sol. Dans plus de 40 % des cas, le système ne trouve
La détermination de la réserve utile en eau (par pas de formules ternaires NPK du commerce cor-
exemple : mesure de pF au laboratoire), la den- respondant à l’équilibre idéal des éléments NPK
sité apparente (sol en place), etc. pour la parcelle (la recherche est faite à plus ou
moins 20 % sur chaque élément). Il propose alors
• Certaines caractéristiques biologiques du sol. des mélanges d’engrais simples ou binaires.
L’activité biologique est évaluée à partir de la
mesure de la biomasse microbienne vivante de La plupart des agriculteurs n’ont pas l’habitude
celui-ci. C’est un test spécifique fait par respi- et ne sont pas équipés pour faire eux-mêmes leur
rométrie au laboratoire. mélange d’engrais et cette technique est peu
répandue. On emploie généralement des formules
À la demande, vous pouvez obtenir les teneurs ternaires NPK « standard ». Le technicien doit voir
en oligo-éléments (fer, zinc, manganèse, cuivre, alors quelle solution est possible pour l’agricul-
bore) ainsi que les éléments traces métalliques teur : faire des mélanges d’engrais simples (géné-
(ETM) du sol (ex. cadmium, chrome, cuivre, mer- ralement : P-supertriple et Kcl après la coupe et
cure, nickel, plomb, zinc…). urée décalée en couverture) ou appliquer des
engrais binaires ou ternaires les plus proches des
2.1.1.4 Interprétation apports NPK recherchés.
des analyses de sol
et conseil de fertilisation Pour les autres cultures
En fonction du diagnostic agronomique de sol, le
CHAPITRE 2 : AMENDEMENTS ET ENGRAIS
69
GUIDE DES BONNES PRATIQUES AGRICOLES À LA RÉUNION
2.1.2 BESOIN DES CULTURES et les souches des graminées pérennes, comme
la canne et les fourrages, stockent également des
éléments nutritifs, qui peuvent être mobilisés par
Les besoins nutritifs d’une série de cultures loca- les organes en croissance.
lisées à La Réunion sont repris en annexe du
Les besoins nutritifs des plantes cultivées peuvent
« manuel de l’utilisateur » du logiciel de fertilisation
être estimés expérimentalement. Ils varient selon
« Ferti-Run 2008 ». Ce logiciel, édité par le CIRAD
que la récolte est faite en pleine phase végétative
et la MVAD, est accessible gratuitement sur inter-
(fourrages, brèdes, salades), en fin de phase végé-
net à l’adresse suivante :
tative (canne à sucre) ou au terme de la phase
http://www.mvad-reunion.org/-FERTI-RUN-2007- reproductrice (grains). Pour les plantes pérennes,
les prélèvements d’éléments nutritifs évoluent
Il couvre vingt variétés de légumes, six fruits et pour assurer à la fois la croissance de l’arbre et
des fourrages tempérés. Le mode de fertilisation la production fruitière. On considère qu’une
varie selon les cultures. dizaine d’années après la plantation, les besoins
des arbres fruitiers augmentent peu et corres-
2.1.2.1 Rappel général pondent simplement à la croissance des fruits.
Extrait du guide de la fertilisation
organique à La Réunion
(Chabalier et al., 2006) 2.1.2.2 Légumes en plein champ
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GUIDE DES BONNES PRATIQUES AGRICOLES À LA RÉUNION
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GUIDE DES BONNES PRATIQUES AGRICOLES À LA RÉUNION
Le pic de production de saison des pluies, moins élevés en saison des pluies, à l’inverse des ren-
important, se décale vers la fin de saison grâce dements en herbe. En saison fraîche les indices
à une fertilisation moins riche en azote, à l’ensilage de nutrition progressent et permettent la produc-
des excédents et des pluies tardives favorisant tion fourragère nécessaire à l’alimentation du
cette tendance. On observe que des apports frac- troupeau et au maintien de la qualité de l’herbe
tionnés d’engrais assurent le maintien d’une pro- et de la composition floristique de la prairie. La
duction herbagère suffisante en saison fraîche forte variabilité des niveaux de nutrition en potas-
habituellement déficitaire en fourrage. sium tend à se réduire et la majorité des indices
se situe désormais dans une gamme plus res-
En saison des pluies, des engrais faiblement dosés
treinte, excès et carences devenant moins pro-
en azote, visant à limiter les excédents de fourrage
noncés. Bien que plus lente, la levée des phéno-
tout en alimentant le sol en phosphore et en
mènes de blocage du phosphore dans les
potassium selon les besoins exprimés par les
andosols devant être envisagée sur le long terme,
diagnostics, conduisent à la diminution des écarts
une nette amélioration des indices de nutrition
aux références souhaitables : moins d’excès et
en phosphore se manifeste en saison fraîche, par
de carences, baisse des variabilités saisonnières
la quasi-disparition des fortes carences observées
et interexploitations. En saison fraîche, la stimu-
les années précédentes. Compte tenu de l’insuf-
lation de la pousse de l’herbe, ralentie par les
fisance d’entretien calco-magnésien, on assiste
conditions hivernales avec des engrais plus for-
à une acidification progressive, plus ou moins
tement dosés en azote est atteinte.
marquée, des sols. Ces résultats, qui s’opposent
L’utilisation de formulations mieux adaptées à à l’optimisation des pratiques de fertilisation,
des doses plus raisonnées se retrouve dans l’évo- montrent que l’acidité des sols demeure l’un des
lution des indices de nutrition des prairies. Les principaux facteurs limitant la culture fourragère
niveaux azotés des parcelles sont toujours moins dans « les Hauts » de La Réunion.
© V. Barbet-Massin, ARP
Prairie de fauche
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GUIDE DES BONNES PRATIQUES AGRICOLES À LA RÉUNION
Il faut prendre en compte la valorisation des présente des avantages indéniables. La teneur
effluents d’élevages pour intégrer les engrais de en matière organique d’un sol conditionne la qua-
ferme au plan de fertilisation mis en place avec lité du complexe argilo-humique. Son augmenta-
les éleveurs, le but étant de les valoriser au mieux tion entraîne une amélioration de la stabilité struc-
en les substituant autant que possible, aux engrais turale (enjeu érosion hydrique et éolienne) et une
minéraux. Le remplacement de la fertilisation augmentation de la capacité d’échange cationique
minérale par un amendement organique (com- qui se traduit par un meilleur stockage des élé-
posté ou pas) dans une proportion de 50 % vise ments minéraux nutritifs. Il doit ainsi être mobilisé
à préserver la qualité de l’eau sur certains terri- sur les zones d’action prioritaire identifiées pour
toires sensibles au lessivage de l’azote, notam- leur risque de pollution des eaux par l’azote ainsi
ment sur les zones d’alimentation de captage que dans les zones érosives.
d’eau potable, en diminuant d’au moins de moitié
la fertilisation minérale, facilement lessivable, et 2.1.2.5 Cas de la canne à sucre
en ajustant les apports organiques, plus stables,
en fonction de leur valeur fertilisante et des Parmi les principaux éléments qui servent à définir
besoins de la culture. L’apport de compost ou de une fertilisation, citons les besoins de la culture,
toute autre matière organique de « qualité » éligible les exportations et surtout les essais de courbe
sur la base des informations fournies par analyse de réponse aux éléments dans différentes condi-
du sol en remplacement de la fertilisation minérale tions.
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GUIDE DES BONNES PRATIQUES AGRICOLES À LA RÉUNION
Figure 2 : Données pour 118 tonnes de canne propre au champ, R570 (CIRAD)
De ce résultat, nous pouvons tirer les exportations *Remarque : les données de teneurs moyennes en
moyennes pour une tonne de canne usinable pro- éléments utilisées sont issues d’une base de don-
pre (sans feuilles et sans choux). nées dans laquelle les variations analytiques sont
Une tonne de tige de canne propre (R 570) mobi- très importantes selon les essais et leur localisa-
lise et exporte les éléments suivants : tion.
0,81 kg de N – 0,59 kg de P2O5 – 2,44 kg K2O Nous avons choisi les valeurs de teneurs en élé-
Remarque : ceci est valable pour des rendements ments qui semblaient correspondre à une nutrition
proches de 100 t/ha récoltées, car les répartitions correcte de la canne.
de biomasse ne sont pas linéaires en fonction de
la biomasse totale produite. Besoins de la canne
Les restitutions au champ pendant le cycle et pendant la croissance
après la coupe de « non-tiges » seraient de
Les besoins de la canne varient en fonction du
154 N – 69 P2O5 – 219 K2O cycle. Les besoins azotés sont forts en début,
auxquels il faudrait rajouter 18 tonnes de mor- les besoins potassiques se situent plutôt en
ceaux de canne restant au sol soit un total de : milieu de cycle et les besoins en P sont assez
168 N – 78 P2O5 – 255 K2O continus.
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GUIDE DES BONNES PRATIQUES AGRICOLES À LA RÉUNION
Le diagnostic foliaire (DF) sur canne à sucre est des appareils de type enjambeurs, soit à la main.
opérationnel depuis 50 ans. Il a été mis au point Les apports complémentaires de N ne doivent pas
à Maurice par P Halais. C’est un outil de contrôle dépasser 6-7 mois selon les cycles et le potassium
de la nutrition de la culture pendant la croissance, 8 mois. Dans le cas contraire, les changements
très utilisé dans les complexes sucriers. Il est com- de type de fertilisation sont à programmer sur la
plémentaire de l’analyse du sol. Il est très utile repousse suivante.
pour réagir rapidement puisqu’il informe de la
nutrition en éléments nutritifs de la canne en cours 2.1.2.5 Cultures horticoles
de levée entre le 4e et le 7e mois, en pleine crois-
sance. Il en existe quelques variantes dont une Les cultures horticoles constituent un domaine
méthode de calcul d’indices, en prenant en compte très vaste :
CHAPITRE 2 : AMENDEMENTS ET ENGRAIS
d’autres données. À La Réunion, les feuilles n° 3- • La floriculture, avec les fleurs coupées, les
4-5 sont prélevées et leurs tiers médian sont ana- potées fleuries, les plantes à massif, les potées
lysés au laboratoire pour leurs teneurs en N, P, K, vertes ;
Ca et Mg. Les teneurs obtenues sont comparées
• La pépinière, pour la production d’espèces
à une grille d’interprétation. Des corrections de
ligneuses, arbres et arbustes ;
fertilisation sont alors possibles en cours du cycle
si le prélèvement est fait tôt et si les délais d’ana- • La serriculture, avec la production floricole et
lyse sont rapides. Le plus souvent, les résultats de pépinière sous serre ;
sont difficilement exploitables l’année même, • Le paysagisme, pour la création de jardins et
compte tenu des délais d’analyse. Si des carences de grands espaces ;
sont observées une année, il convient de confirmer • L’horticulture maraîchère, pour la production
précocement le diagnostic l’année suivante, avant de fruits et légumes ;
d’intervenir sur une éventuelle modification de la
• L’arboriculture fruitière.
fertilisation. Les grands complexes sucriers sont
équipés d’avion permettant des épandages rapides La conduite technique, dans laquelle les pratiques
sur la canne déjà développée. Ici, nous sommes de fertilisation rentrent en compte, dépend de la
obligés d’intervenir en cours de cycle, soit avec destination finale de la plante produite.
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GUIDE DES BONNES PRATIQUES AGRICOLES À LA RÉUNION
© Cheik.Saidou/Min.agri.fr
Culture de roses
Il convient par ailleurs de préciser qu’au-delà de plantes particulièrement sensibles aux variations
ces différentes catégories d’activités comprises de ces facteurs, de par le plus faible pouvoir tam-
dans le terme d’horticulture, on peut aussi dis- pon généré par le contenant, de faible volume et
tinguer les cultures selon leur support, puisqu’on fermé.
peut produire dans des serres hors sol, en pleine
On distingue ainsi :
terre sous serre, en plein champ, et même sur
bâche en extérieur. • Les facteurs agronomiques
L’humidité suffisante et relativement constante
Les facteurs influençant l’assimilation permet la solubilisation des éléments minéraux,
des éléments minéraux par les racines et donc leur absorption par la plante. En excès,
elle provoque le lessivage et la perte d’éléments
Cette partie est présentée ici, car la culture en minéraux, et peut également asphyxier les
pot/sachet, fréquente en horticulture, rend les racines.
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GUIDE DES BONNES PRATIQUES AGRICOLES À LA RÉUNION
L’oxygénation du substrat est également essen- Méthodes d’évaluation des besoins des
tielle, pour permettre la respiration racinaire plants horticoles
nécessaire au mécanisme d’absorption.
• La théorie
La salinité du substrat, favorisée par les séche-
resses, doit être maintenue à un niveau accep- Les besoins en éléments minéraux des plants
table. Trop importante, elle limite l’absorption varient en fonction du stade de croissance.
de l’eau et des éléments minéraux ; trop faible, Il existe plusieurs méthodes calendaires de
elle génère des carences impactant les rende- fertilisation, en fonction du type de produc-
ments et la qualité de la production. tion. Pour les potées fleuries, la fertilisation
Le pH doit être maintenu à une valeur proche varie 2-3 fois en cours de culture, selon les
de 5,8, propice à l’assimilabilité de la majorité objectifs du stade de culture : végétation,
des éléments minéraux. La culture en pot, où induction florale et floraison/vente. Dans le
le pouvoir tampon du substrat est plus limité cas des plantes vertes, les apports sont plus
qu’en plein sol, est plus sujette aux variations réguliers, pour l’objectif uniquement végétatif.
de pH pouvant largement limiter l’absorption Enfin, pour les fleurs coupées produites hors
des minéraux. sol, on a un équilibre pour la culture du début
à la fin. L’utilisation de certains mélanges fer-
Enfin, l’équilibre ionique entre certains ions doit tilisants (et de certains substrats complémen-
être maintenu, afin de limiter les phénomènes tés) va favoriser l’enracinement, le développe-
d’antagonisme entre ions (ex. : Ca++ inhibe l’ab- ment du feuillage ou la floraison/fructification.
sorption de K+ et Mg++).
• La pratique
• Facteurs climatiques
Méthodes d’observation
On retiendra que des conditions de lumière, de
L’observation visuelle du développement de la
température de l’air et d’hygrométrie (le tout
plante donne de précieuses informations sur
constituant le climat ambiant) maintenues à
la conduite de la culture, et notamment, sur la
leur niveau optimal favoriseront l’absorption de
qualité de la fertilisation : couleur des feuilles,
l’eau et des éléments minéraux par les racines,
des fleurs, solidité de la charpente, taille de
notamment en favorisant l’évapotranspiration ;
l’entre-nœud, forme et taille des feuilles/fleurs.
elles sont également nécessaires à un bon
Vous pouvez obtenir des informations sur les
métabolisme global de la plante.
effets de carence ou d’excès en éléments miné-
Dans le cas des cultures hors sol, la bonne raux dans Techniques horticoles de P. Gautreau
croissance de la plante est encore plus dépen- et A. Mâchefer (cf. Bibliographie).
dante des conditions environnantes qu’en plein
Attention, d’autres facteurs entrent en compte
sol. On retiendra notamment que la tempéra-
dans le développement de la plante, et peuvent
ture du substrat joue également un rôle non
influer sur ces observations. Ils doivent être
négligeable sur l’absorption des éléments miné-
considérés par ailleurs : l’alimentation en eau,
raux, et donc sur l’efficacité de la fertilisation : la qualité et la quantité de lumière, l’utilisation
CHAPITRE 2 : AMENDEMENTS ET ENGRAIS
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GUIDE DES BONNES PRATIQUES AGRICOLES À LA RÉUNION
© Cheik.Saidou/Min. agri. fr
Orchidées en pots
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GUIDE DES BONNES PRATIQUES AGRICOLES À LA RÉUNION
LE PLAN DE FERTILISATION
Choisir les matières fertilisantes et calculer le siens, engrais phosphatés), qui permettent de
volume à apporter nécessite de la part de l’agri- corriger, si nécessaire, le pH et la fertilité du sol.
CHAPITRE 2 : AMENDEMENTS ET ENGRAIS
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GUIDE DES BONNES PRATIQUES AGRICOLES À LA RÉUNION
1 étoile faible, pauvre très faible <1 < 2,5 <3 0 - < 150 <5 < 100 <4 1
2 étoiles moyen faible 1 - < 3 2,5 - < 4 3 - < 7 150 - < 300 5 - < 10 100 - < 200 5 2
riche,
3 étoiles moyen 3 - < 6 4 - < 5,5 7 - < 10 300 - < 450 10 - < 15 200- < 300 6 3
important
très riche,
4 étoiles important ≥6 ≥ 55 ≥ 10 ≥ 450 15 - < 20 300- < 400 7 4
très important
Figure 4 : Intérêt agronomique de 26 matières organiques produites à La Réunion (CIRAD/CA) (Ci-dessus et ci-contre)
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GUIDE DES BONNES PRATIQUES AGRICOLES À LA RÉUNION
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GUIDE DES BONNES PRATIQUES AGRICOLES À LA RÉUNION
Les classes ont été fixées afin d’assurer une bonne teneur en matières sèches (MS), effet fertilisant
répartition des diverses matières organiques dans en N, P2O5 et K2O.
chacune d’elle, excepté pour le critère C/N. En
Les effets agronomiques des matières sont à rela-
effet, dans ce cas, les classes retenues corres-
tiviser en fonction de leur teneur en matière sèche.
pondent à un effet agronomique. Par exemple :
Par exemple, une matière organique à faible teneur
• C/N < 5 effet essentiellement « engrais » ; en matière sèche, comme un lisier, aura un effet
• C/N = 10 début d’immobilisation ; fertilisant faible puisque les éléments sont dilués
• C/N ≥ 15 immobilisation confirmée. dans une grande quantité d’eau. Il suffit alors,
pour avoir un effet nutritif intéressant pour la cul-
L’effet amendant d’une matière organique a été
ture, d’apporter des doses importantes de cette
déterminé à partir de deux critères : C/N estimé
matière organique au champ (cf. 2.3).
et teneur en matières organiques (MO). L’effet
fertilisant en un élément (N, P2O5 ou K2O) d’une Cet intérêt agronomique des matières organiques
matière organique correspond, dans ce tableau, est donné à titre informatif et présente le mérite
à sa teneur totale en cet élément multipliée par de « classer » les effets agronomiques de ces
son coefficient d’équivalent engrais. Le coefficient matières. Il est donné sans tenir compte d’arrières
d’équivalence engrais d’une matière organique effets possibles des apports en question.
provient de sources bibliographiques, lorsqu’on
Toute autre information, telle qu’une analyse agro-
ne dispose pas de données locales.
nomique de la matière organique que l’on désire
Cinq classes ont été créées pour le critère « effet utiliser pour fertiliser une culture, doit évidem-
amendant », alors que quatre ont suffi à une ment être prise en compte dans le calcul de la
bonne répartition, dans le cas des autres critères : fertilisation.
© O. Pillot, DAAF
Mélange écume-cendre
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GUIDE DES BONNES PRATIQUES AGRICOLES À LA RÉUNION
83
GUIDE DES BONNES PRATIQUES AGRICOLES À LA RÉUNION
p > 40 % Aucun
* : Fumiers et composts
Figure 5 : Épandage des matières organiques en fonction des pentes (CIRAD/CA)
la nor-
ockage, l'épandage,
sp ec t de la ré gle mentation sur le st et de mi nim ise r les
Le re n de s produits, perm
om olo ga tio t alo rs
malisation ou l'h risques sanitair es,
qui deviennen
po llu tio n et les .
risques de age, cf. chapitre 5)
les effluents d’élev
négligeables (Pour
84
GUIDE DES BONNES PRATIQUES AGRICOLES À LA RÉUNION
2.2.1.7 Gestion des matières considéré comme une unité fertilisante, le mode
organiques sur l’île de calcul de la dose d’engrais à apporter à l’hec-
de La Réunion tare est le suivant.
Q = (U/d) x 100
État des lieux
et problématiques actuelles
Q = dose d’engrais à épandre par hectare
U = besoin de la culture en élément fertilisant par
Au fil des années, à La Réunion, on observe une hectare
augmentation des gisements de matières orga- d = teneur en élément nutritif de l’engrais
niques, tant au niveau agricole (qui est large- Par exemple, pour U = 120 unités d’azote/ha ; d’un
ment majoritaire) qu’urbain (qui va fortement ammonitrate titrant à 33,5 % de N (33,5 kg d’azote
augmenter). pour 100 kg de produit), Q = (120/33,5) x 100
En observant les gisements de matières orga- = 358 kg/ha d’ammonitrate N
niques et les lieux potentiels de valorisation agro-
nomique, on constate souvent une déconnexion 2.2.2.2 Les principales formes
entre les producteurs et les utilisateurs. Parfois, d’engrais minéraux
pour des matières organiques produites dans une
même zone, il y a une forte concurrence pour Les formulations d’engrais minéraux disponibles
trouver des surfaces d’épandage. Ainsi, il devient pour les agriculteurs apportent l’azote (N), le phos-
nécessaire de gérer les matières organiques à phore (P2O5) et le potassium (K2O), soit sous
l’échelle du territoire à l’aide d’outils comme le forme d’engrais :
plan d’épandage (cf. 5.3.2). • Simples qui ne contiennent qu’un élément N,
P ou K ;
Ceci est une nécessité pour :
• Composés binaires (deux éléments) : NP, NK ou
• La profession agricole (contrainte de production
PK ;
pour les éleveurs) ;
• Ternaires (trois éléments NPK associés). Les
• Les autres producteurs de matières organiques
ternaires NPK peuvent être du « bulk »,
(communes, communautés d’agglomération,
mélanges d’engrais simples ou de binaires. Ils
industries agroalimentaires) ;
sont alors composés de différentes natures
• Les utilisateurs (agriculteurs) ; de granulés, ce qui implique des risques de
• L’environnement. mauvais mélanges (granulés de densités dif-
férentes) ou de non-compatibilité (P-supertriple
Pour toute information complémentaire sur la et urée). Les ternaires peuvent aussi être for-
valorisation des matières organiques, pour des mulés par de l’engrais complexe, et dans ce
conseils techniques ou encore pour connaître cas, tous les granulés sont identiques : chacun
toute l’actualité dans ce domaine, contactez la comporte la même quantité de NPK. Ils sont
Mission de Valorisation Agricole des Déchets généralement plus chers, mais ne compor-
CHAPITRE 2 : AMENDEMENTS ET ENGRAIS
(MVAD) ou les coopératives agricoles (FRCA). Pour tent pas de risques d’utilisation. (cf. figure 6
obtenir leurs coordonnées, reportez-vous à Votre page suivante)
carnet d’adresses page 250.
Des engrais binaires et ternaires sont également
disponibles. Le choix de la forme d’engrais azoté
dépend du milieu, de la plante, etc.
2.2.2 MATIÈRES MINÉRALES
Pour l’azote, les nitrates agissent vite, l’urée résiste
mieux au lessivage et a un petit effet retard. Les
2.2.2.1 Présentation et choix ammoniaco-nitriques réalisent un compromis. En
des matières minérales général, il y a peu de différences d’efficacité entre
ces engrais. Le prix de l’unité fertilisante N est
Les principaux éléments nutritifs dont les cultures
déterminant dans le choix.
ont besoin sont : N, P, K, Ca, Mg, S et Si. Les
engrais minéraux commerciaux présentent des Il existe aussi des urées retard enrobées, plus
teneurs en N-P-K garanties par la réglementation. chères, qui libèrent l’azote entre 3 et 6 mois
Cette teneur exprime, en kilogramme, la teneur selon la qualité de l’enrobage et qui peuvent être
en éléments N, P2O5, K2O pour 100 kg de fertili- utilisées sur des plantes à cycle long comme la
sant. Un kilogramme d’élément fertilisant étant canne.
85
GUIDE DES BONNES PRATIQUES AGRICOLES À LA RÉUNION
urée 46 NH4+
azotés
Sulfate d’ammoniaque
21 NH4+
(SO3)
Superphosphate triple
phosphatés 46 Phosphore
(TSP)
Di-amonium phosphate
18 NH4+ 50 Phosphore
(DAP)
Chlorure de potassium
potassiques 60 K+
granulé
Sulfate de potassium
50 K+ 43 SO3
simple SOP granulés
Figure 6 : Principaux engrais disponibles à La Réunion (sous réserve de modifications des formulations disponibles) (CIRAD)
Pour les phosphates, on peut utiliser deux Les engrais « canne à sucre »
formes : • Pour la plantation et le redressement : 0-23-30
• Les P insolubles et hyposolubles (phosphates • Pour l’entretien : 13-8-24 NPK, 16-10-26 com-
thermiques, P naturel) pour les fumures de sol plexe TIMAC, 18-7-30 HDLG
acide, pour les fumures de fond, pour les • Pour la fertirrigation : 20-0-34
plantes à cycle long ;
Les engrais « prairie » proposés pour l’entretien
• Les P solubles (TSP, DAP) pour les plantes à sont : 30-10-10 et 10-20-20.
cycle court.
Les engrais « maraîchage », à utiliser à la mise en
L’alternance des formes d’engrais phosphatés est place de la culture sont : 10-12-30 Sk Superma-
une chose très recommandable pour un sol. raîchage et 15-5-30 Sk.
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GUIDE DES BONNES PRATIQUES AGRICOLES À LA RÉUNION
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GUIDE DES BONNES PRATIQUES AGRICOLES À LA RÉUNION
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GUIDE DES BONNES PRATIQUES AGRICOLES À LA RÉUNION
Boue d’épuration
45,6 0,45 24,8 0,6 2,7 1
solide-sèche
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GUIDE DES BONNES PRATIQUES AGRICOLES À LA RÉUNION
fertilisation mixte des cultures appelé FERTI-RUN Si le sol est bien équilibré, 800 kg/ha d’un
2008. Ce logiciel permet d’effectuer automati- engrais standard « canne à sucre » type 16-10-
quement des calculs de fertilisation organique et 26 ou 16-7-28 permettent d’obtenir un rende-
minérale pour un certain nombre de cultures. Les ment de 90 à 100 t/ha. La dose est proportion-
fertilisations d’entretien préconisées sont des nelle au rendement recherché, qui sert de base
apports en azote, phosphore et potassium, pro- de calcul.
venant d’une part, d’une matière organique et
d’autre part des engrais minéraux, la totalité étant Si le sol est déséquilibré en un ou plusieurs élé-
adaptée aux besoins de la culture. En revanche, ments, un rééquilibrage est possible par un choix
Les fumures de correction ou de renfort, ainsi d’engrais adaptés, qui rectifiera petit à petit les
que le chaulage, ne sont pas pris en compte. Le déséquilibres du sol.
type de sol a été pris en compte, de façon à majo- Pour chaque zone climatique, on doit suivre une
rer les apports en phosphore, pour tenir compte stratégie de fertilisation pour adapter les apports
des fixations par le sol. à la pluviométrie ou à la technique utilisée, afin
Logiciel disponible sur le site Internet : d’optimiser l’efficacité des engrais épandus. Cela
http://www.mvad-reunion.org/-FERTI-RUN-2007-. est d’autant plus nécessaire que l’on recherche
des forts rendements avec des applications d’en-
grais importantes. Voici deux exemples d’adapta-
Fiches ARTAS
tion de la fertilisation raisonnée pour de forts ren-
Il s’agit de fiches de calcul de la fertilisation mixte dements, obtenus en culture irriguée et en culture
de la canne à sucre, en engrais de fond à la plan- ferti-irriguée en goutte à goutte. (cf. figure 8 ci-
tation et en entretien. Ces fiches permettent le dessous)
calcul manuel de la fertilisation mixte de la canne • Exemple de la fumure d’entretien en goutte
à sucre, à la plantation et sur repousses. à goutte sur canne à sucre (repousse)
90
GUIDE DES BONNES PRATIQUES AGRICOLES À LA RÉUNION
(CIRAD)
Figure 9 : Plan de fertilisation n° 1
2 (CIRAD)
Figure 10 : Plan de fertilisation n°
• Cas des arbres fruitiers: exemple du manguier la dose d’entretien qui est fonction des exporta-
tions. Les doses sont données par arbre. Le prin-
Dans le cas des arbres fruitiers comme le man-
guier (cf. Guide de la production intégrée de la cipe est d’apporter l’azote en janvier après la
mangue à La Réunion, Cirad – Chambre d’Agri- récolte. De l’engrais NPK est apporté en juillet-
culture, 2009), le niveau de fertilisation augmente août à la floraison. En octobre, à la nouaison, des
régulièrement avec l’âge des arbres après la plan- apports de K complémentaires favorisent le taux
tation jusqu’à 11 ans où elle se stabilise alors à de sucre dans les fruits.
91
GUIDE DES BONNES PRATIQUES AGRICOLES À LA RÉUNION
© G. Bourgault, CTICS
92
GUIDE DES BONNES PRATIQUES AGRICOLES À LA RÉUNION
93
GUIDE DES BONNES PRATIQUES AGRICOLES À LA RÉUNION
Tonne
Boues liquides + rampe à enfouisseurs 25 15
ou à injecteurs
Figure 11 : Quantité épandable en un passage en fonction du matériel utilisé et de la matière organique à épandre (CIRAD)
À La Réunion, les deux types d’outils les plus utilisés actuellement sont la tonne à lisier avec une buse
palette pour les matières liquides et l’épandeur à fumier (hérissons horizontaux ou verticaux, sans
table d’épandage) pour les produits solides.
94
GUIDE DES BONNES PRATIQUES AGRICOLES À LA RÉUNION
95
GUIDE DES BONNES PRATIQUES AGRICOLES À LA RÉUNION
96
GUIDE DES BONNES PRATIQUES AGRICOLES À LA RÉUNION
À La Réunion, l’épandage des lisiers se fait généralement à l’aide d’une tonne à lisier et d’une buse
palette, ce qui induit des odeurs désagréables et la volatilisation de l’ammoniac (d’où une perte de
fertilisant). L’enfouissement permet de résoudre ces deux problèmes mais occasionne un surcoût lié
à l’effort de traction et au temps de travail supplémentaire. La consistance et la fluidité des lisiers
varient avec l’espèce animale, la conduite de l’élevage et la dilution.
Si répartiteur
hacheur : Rampe Buse palette
buse palette
À brasser dans la fosse de stockage
Si répartiteur
MS < 12 % afin d’éliminer la croûte formée
hacheur : Rampe à
Volaille Lisier Peut être assez épais à la surface. Cette opération évite
pendillards
(Canard) le bouchage des tuyaux
Si répartiteur
lors de l’épandage.
hacheur :
enfouisseurs
à socs ou à disques
tonnes à lisier
multibuses Les boues non stabilisées épandues
Boues
Stations Buse palette sur sols nus doivent être enfouies
d’épuration MS < 14 %
d’épuration dans un délai de 48 heures
Urbaines Rampe à pendillards
après l’épandage.
Rampe buse palette
Si la vinasse est prélevée à plus de 50 °C
Tonne en acier
Sous-produit dans la cuve de distillerie, la tonne à lisier
Vinasse MS = 11 % inoxydable + rampe
de distillerie utilisée pour l’épandage doit résister
multibuses
à la chaleur et à l’acidité.
97
GUIDE DES BONNES PRATIQUES AGRICOLES À LA RÉUNION
L’épandeur de lisier
Il se compose généralement d’une citerne, d’un compresseur d’air qui permet de remplir et de vider
celle-ci et d’un dispositif d’épandage (figures 15). L’épandeur permet donc le remplissage de la citerne,
le transport et l’épandage du produit liquide au champ. Le compresseur d’air (ou pompe à vide) permet
le remplissage ou la vidange de la cuve par une diminution ou une augmentation de la pression de l’air
qui s’y trouve.
98
GUIDE DES BONNES PRATIQUES AGRICOLES À LA RÉUNION
L’équipement d’épandage assure l’apport de la L’enfouisseur pour sol cultivé nécessite un tracteur
dose de matière organique recommandée par le plus puissant. Il peut être :
plan de fertilisation ainsi qu’une bonne répartition – à dents rigides pour un bon mélange terre-
transversale et longitudinale du produit sur la par- lisier, ou à dents flexibles vibrantes pour un
celle. Il permet de limiter les pertes d’azote et meilleur affinement de la terre,
donc la pollution atmosphérique, ainsi que les
nuisances olfactives. – à disques, il optimise le recouvrement (pré-
férable à La Réunion).
On distingue :
L’enfouisseur polyvalent est muni de disques plats
• La buse palette dite « queue de paon » (coutres circulaires) de grand diamètre. Il permet
C’est le dispositif le moins cher et le plus courant un travail sur culture et prairie.
à La Réunion. Le jet liquide sortant de la buse est
éclaté par la palette. La fixation de la buse ne per- 2.4.1.4 Épandage des matières
met pas un calage précis dans les plans horizontal
organiques pâteuses
et vertical. Extrait du Guide de la fertilisation
organique à La Réunion
• La rampe d’épandage
(Chabalier et al., 2006)
Après la vanne de sortie de la citerne, le lisier est
envoyé dans des tuyaux qui l’apportent à la rampe. Les matières pâteuses sont trop épaisses pour
Celle-ci est plus souvent équipée d’une série de être pompées et trop fluides pour être transpor-
buses palettes (multibuses) que de pendillards. tées avec un épandeur à fumier non équipé de
Pour une largeur d’épandage de 12 mètres, il faut porte. Cette catégorie regroupe le fumier mou, le
compter 8 buses ou 40 pendillards. Par rapport lisier épais, la fiente humide de volaille et la boue
à la buse unique, les rampes réduisent les éma- d’épuration pâteuse.
nations d’ammoniac et assurent une répartition
homogène du lisier au sol sur une largeur fixe. Le CORPEN (Bassez et al., 1997) présente deux
Dans le cas de la rampe à pendillards, il est indis- dispositifs d’épandage latéral de produits
pensable de disposer, entre la sortie de la tonne pâteux : le dispositif à turbine avant et le dispo-
à lisier et la rampe, d’un ou deux broyeurs répar- sitif de rotor à chaînes et fléaux. Les doses épan-
titeurs pour répartir le lisier et éviter le bouchage dues avec ces deux dispositifs sont très irrégu-
des tuyaux par des matières solides (coquilles lières et ne procurent pas un résultat
d’œufs, plumes, paille, etc.). Les rampes d’épan- satisfaisant.
dage demandent un entretien très régulier du sys-
tème d’épandage (rampe et circuits hydrauliques).
Le dispositif à turbine avant
• L’enfouisseur
Par la mise en terre du lisier, l’enfouissement La caisse étanche comporte un fond mouvant se
diminue les pertes d’azote ammoniacal, ce qui déplaçant de l’arrière vers l’avant ou une vis qui
alimente une turbine placée à l’avant, dans l’axe
CHAPITRE 2 : AMENDEMENTS ET ENGRAIS
99
GUIDE DES BONNES PRATIQUES AGRICOLES À LA RÉUNION
© V. Barbet-Massin, ARP
Épandage de matière organique solide
Types de matière organique solide queter. Il est donc conseillé de laisser « mûrir »
le fumier en tas durant deux mois afin de pouvoir
• Fiente sèche de poule pondeuse plus facilement l’émietter et le charger.
La fiente sèche doit être épandue à l’aide de maté-
Le fumier de mouton étant compact et difficile à
riel équipé pour apporter des doses de 2 à 4 t/ha.
émietter, il vaut mieux le composter pour en faci-
Ces doses sont très faibles et nettement infé-
liter l’épandage.
rieures à celles apportées par les épandeurs de
matière organique utilisés habituellement. L’uti- Le fumier de volailles de chair (poulets, dindes et
lisation d’un distributeur d’engrais (si le produit pintades) est à mélanger avant épandage car sa
est sec et pulvérulent) ou d’un épandeur à table composition dans l’étable varie en fonction du
d’épandage est conseillée. lieu de production.
• Fumiers • Composts
Le fumier de bovin a des densités variables selon Le compost de déchets verts urbains (avec ou sans
le type d’élevage et la proportion de paille ou de boue d’épuration urbaine) subit plusieurs retour-
copeaux de bois le constituant. Cette matière nements. Il est ensuite broyé et criblé. Le mélange
peut être assez hétérogène et difficile à déchi- est homogène et hygiénisé. Une bonne qualité du
100
GUIDE DES BONNES PRATIQUES AGRICOLES À LA RÉUNION
tri en amont permet l’obtention d’un produit conte- d’épandage de boue d’épuration sèche granulée à
nant peu d’inertes (plastiques, verres, cailloux…). l’aide d’un distributeur d’engrais centrifugé porté.
Comme ce produit présente une qualité granulo-
Le compost de fumier est réalisé par l’agriculteur.
métrique similaire à celle des engrais, il s’écoule
Il ne comprend souvent que deux retournements
régulièrement, même si la poussière est abondante.
et n’est pas criblé. Pour l’émiettement à l’épan-
dage, le compost de fumier est homogène et bien
divisé. Mais un compost non protégé de la pluie Matériel d’épandage des fumiers et
devient mou et collant, ce qui réduit la régularité autres matières solides
et la largeur d’épandage.
L’épandeur à fumier permet d’épandre des
Pour l’écume sèche de sucrerie, l’épandage est matières dont le taux de matière sèche dépasse
fait avec un épandeur à hérissons muni de tables 20 %. L’épandeur est constitué d’une caisse mon-
d’épandage. tée sur châssis (équipée d’un fond mouvant et
d’un système de déchiquetage et de projection),
Pour les boues d’épuration urbaines sèches, le
d’essieux et de pneumatiques (figure 16).
CEMAGREF (Thirion et al., 2003) a réalisé des essais
F)
deur de fumier à ridelles (CEMAGRE
Figure 16 : Vue générale d’un épan
101
GUIDE DES BONNES PRATIQUES AGRICOLES À LA RÉUNION
Le choix du matériel est adapté est une étape compost, de boue d’épuration urbaine et de
importante. On distingue : fumier de volaille ;
• Le broyeur, pouvant être utilisé pour l’épan- • L’épandeur à deux hérissons verticaux per-
dage de fumiers compacts ; met un apport de doses d’au moins 10 t/ha
• L’épandeur traditionnel à deux hérissons sur une largeur d’épandage de 6 m. Une caisse
horizontaux est dépassé. La largeur d’épan- étroite, à roues de grand diamètre, est plus
dage est faible car elle correspond à celle de maniable qu’une caisse large ;
la caisse. Ce matériel épand irrégulièrement et • L’épandeur à quatre hérissons verticaux
ne convient pas à l’apport de faibles doses ; permet une largeur d’épandage de 5 m et
• L’épandeur à deux hérissons et table nécessite un entretien régulier du matériel.
d’épandage permet d’apporter des doses infé- Généralement, les épandeurs à hérissons ver-
rieures à 10 t/ha, sur une largeur d’épandage ticaux sont moins coûteux à l’achat et à l’en-
de 12 m. Il est bien adapté à l’épandage de tretien que les dispositifs à table d’épandage.
102
GUIDE DES BONNES PRATIQUES AGRICOLES À LA RÉUNION
2.4.1.6 Autres types de matériel met une meilleure qualité d’épandage. Ce type
Extrait du Guide de la fertilisation d’investissement est réalisable par une CUMA
organique à La Réunion
(Chabalier et al., 2006)
ou une entreprise de compostage, mais plus dif-
ficilement pour une petite exploitation d’élevage,
vu le coût de ce matériel.
Matériel d’enfouissement
des matières organiques
l’épandeur classique utilisé en poste fixe est nion ne facilitent pas une bonne répartition de
contraignant, revient cher et convient à des l’engrais dans les parcelles. C’est pourquoi les
petits tas pour des exploitations individuelles. réglages doivent être précis et des contrôles d’ho-
La performance est de 10 à 15 t/h. Avec de mogénéité de répartition doivent être faits régu-
gros équipements, la performance peut atteindre lièrement. L’utilisation de localisateurs d’engrais
90 à 100 t/h. et des épandeurs à débit proportionnel à l’avan-
L’emploi d’un retourneur d’andain réduit le temps cement (DPA) reste marginale. Les matériels DPA
consacré au retournement et effectue un travail sont bien adaptés au relief mais ils sont plus oné-
de qualité. La moyenne des performances est reux que les appareils habituellement utilisés à
de 500 t/h. Ce matériel est destiné à traiter des La Réunion.
quantités importantes réparties sur des andains
assez longs (largeur de 3 à 4 mètres et hauteur 2.4.2.1 Épandage solide
de 1,8 mètre environ). L’utilisation d’un retour-
neur d’andain pour le compostage de fumier per- Les fertilisants minéraux solides se présentent
met de réduire de 50 % le volume initial de la sous forme de granulés (engrais NPK, chaux gra-
matière organique. Le compost, grâce à son nulée, KCl…), de perles (urée), ou de poudre (sels,
homogénéité et sa granulométrie plus fine, per- chaux pulvérulente).
103
GUIDE DES BONNES PRATIQUES AGRICOLES À LA RÉUNION
104
GUIDE DES BONNES PRATIQUES AGRICOLES À LA RÉUNION
En général, les débits sont étalonnés par le dans les bacs et on établit la courbe de répartition.
constructeur et les informations fournies dans la Elle traduit l’irrégularité possible ainsi que les
notice technique. Mais compte tenu de la diver- points de chevauchement.
sité des produits (densité, aptitude à l’écoule-
ment), il vaut mieux effectuer un étalonnage à Le fonctionnement et les réglages de chaque type
poste fixe pour adapter les données constructeur d’appareil sont développés en détail dans le
si nécessaire. « Guide de la fertilisation de la canne à sucre à
La Réunion » (Émilie Fillols & Pierre-François
• Étalonnage de la vitesse du tracteur Chaballier, 2007).
La détermination de la vitesse réelle de déplace-
ment du tracteur permet de faire le bon réglage 2.4.2.2 Épandage liquide
de la vis d’ouverture des disques pour obtenir le
bon dosage à l’hectare. Dans le cas de la culture de l’ananas, les pulvé-
1 ) Prendre une distance D de 100 m par exem- risations foliaires sont particulièrement bien adap-
ple entre 2 jalons en laissant un espace suf- tées à la morphologie des feuilles qui ont la par-
fisant pour élancer et arrêter le tracteur. ticularité de pouvoir absorber les engrais. Compte
tenu des très fortes densités de plantation géné-
2 ) Mesurer le temps T en secondes pour par-
ralement sur paillage plastique, c’est aussi la seule
courir cette distance.
solution économique pour apporter les fertilisants
3 ) La vitesse réelle se détermine par : en fréquence et quantité.
V (km/h) = 3.6 x D / T
Les applications doivent s’échelonner tout au long
• Réglage de l’épandeur pour la quantité vou- de la phase végétative de la plante et s’organiser
lue à l’hectare de façon à ce que les apports augmentent de la
plantation au traitement d’induction florale (TIF)
Pour régler l’appareil, on doit disposer de certaines
données : pour les faire correspondre aux besoins de la
plante.
1 ) Q (kg/ha) : dose d’engrais à apporter à l’hec-
tare Pour mettre à la disposition de la plante les doses
2 ) L (m) : la largeur d’épandage croissantes, deux techniques sont possibles :
3 ) V (km/h) : la vitesse d’avancement • Soit on intervient à intervalles réguliers et on
applique les doses croissantes ;
4 ) De (kg/min) : le débit nécessaire
• Soit on applique des doses identiques mais on
De = Q x L x V / 600. réduit l’intervalle entre les applications au fur
À partir de ce débit nécessaire, on cherche la cor- et à mesure que l’on s’approche du TIF.
respondance avec le tableau constructeur ou avec C’est souvent cette dernière technique qui est
ses propres étalonnages. On obtient l’indice de préconisée car elle limite les risques d’erreurs
la vis de réglage de l’ouverture du disque de entre les parcelles.
CHAPITRE 2 : AMENDEMENTS ET ENGRAIS
105
GUIDE DES BONNES PRATIQUES AGRICOLES À LA RÉUNION
Selon le type d’engrais potassique utilisé, il = 400 m2 , soit encore 400/E = 222 m si les
n’est pas toujours aisé d’assurer une dissolution billons sont espacés de 1,8 m.
correcte. La plupart du temps, ce mélange s’ef-
Une fois la cadence déterminée, on essaiera
fectue directement dans la cuve de traitement
de s’y tenir et surtout, on notera scrupuleuse-
en utilisant uniquement le retour cuve pour
ment les surfaces traitées avec chaque cuve
assurer le brassage. Des systèmes de prépa-
afin de contrôler systématiquement la qualité
ration des solutions sont parfois utilisés, met-
de l’épandage.
tant en œuvre des cuves mélangeuses avec une
agitation qui peut être soit mécanique (pales) Lorsque l’on utilise un pulvérisateur (le plus sou-
soit hydraulique (pompe). Ces systèmes assu- vent porté) muni d’une rampe, il faut commencer
rent généralement une meilleure mise en solu- par calculer les différents éléments :
tion des engrais et donc une meilleure homo- • Q (L/ha), quantité de solution d’engrais à
généité de l’application. apporter à l’hectare
Plusieurs matériels sont utilisables : • V (km/h) la vitesse d’avancement
• Pompe à dos ; • Db (L/min) le débit de chaque buse
• W (cm) l’écartement entre les buses
• Pulvérisateur porté pouvant être équipé :
• Dp (L/Min) le débit nécessaire de la pompe
– d’une lance (dans ce cas, le tracteur et la
cuve restent en extrémité de parcelle) • L (cm) la largeur de la rampe
– d’une mini-rampe portée à la main (2 billons) Ces différents éléments sont liés par les for-
– d’une rampe de largeur variable de 12 à mules :
18 m. Q = (60000 x Db) / (V x W) et Dp = (L x Db) / W
Réglage du matériel
Exemple :
C’est en pulvérisation manuelle (pompe à dos,
lance, mini-rampe) que l’on rencontre le plus de Pour
difficultés à effectuer un réglage correct : • Q = 2500 L/ha
Avec une pompe à dos de 20 L de capacité, on • Db = 2,5 L/min (on peut ajuster le débit en fonc-
peut traiter (avec notre exemple de mélange tion de la pression d’utilisation, selon les abaques
précédent) 10 000/2 500*20 = 80 m2. fournies par le constructeur pour le type de buse
utilisé)
Soit E l’entre-axe des billons (en m), la longueur
• W = 40 cm
sur laquelle il faudra épandre les 20 L sera 80/E,
soit 44 mètres de billon à l’écartement habituel • L = 1 200 cm
(1,8 m). Il faudra régler la vitesse du tracteur à 1,5 km/h (cf.
La difficulté consiste à conserver la vitesse plus haut) et la pompe devra avoir un débit au moins
d’avancement une fois qu’on l’a bien estimée. égal à 75 L/min. En réalité, si on veut assurer un
Malheureusement, le cheminement entre les retour cuve suffisant pour assurer l’agitation, la
billons est fréquemment gêné par la pente, ou pompe devra débiter au moins 75 + 20 % = 90 L/mn.
les roches, et a tendance à modifier la vitesse Selon les caractéristiques de son matériel (par
de progression et donc la régularité de l’épan- exemple pompe à débit plus élevé), il sera pos-
dage. La même difficulté se rencontre avec l’uti- sible d’augmenter le débit des buses, ou bien
lisation de pulvérisateurs portés (cuves de 400 les rapprocher pour permettre une vitesse
à 800 L) munis d’une lance ou d’une mini- d’avancement supérieure et donc un épandage
rampe. Or, c’est le système le plus utilisé à La plus rapide.
Réunion. De nouveau, la vitesse d’avancement
est réglée par le pas de l’homme et donc sou-
mise à variations selon la topographie du ter-
rain. Cela n’empêche pas d’effectuer un « cali-
brage » du pas afin d’obtenir le maximum de
régularité. Dans ce cas, on remplira la cuve
avec 100 L de mélange d’engrais et on ajustera
sa vitesse pour traiter 10 000/2 500*100
106
GUIDE DES BONNES PRATIQUES AGRICOLES À LA RÉUNION
107
GUIDE DES BONNES PRATIQUES AGRICOLES À LA RÉUNION
Le système de fertilisation (station de tête) com- • Le volume quotidien d’apport de solution nutri-
porte au minimum : tive. Un ou deux capillaires supplémentaires
• Deux bacs de 100 Litres pour fabriquer la solu- sont branchés sur le réseau de fertigation et
tion mère ; plongés dans un seau posé à proximité de ce
point de prélèvement ;
• Deux pompes doseuses volumétriques desti-
nées à diluer les solutions mères dans l’eau • Le volume quotidien des eaux de drainage. Ce
d’irrigation ; contrôle est effectué sur 12 à 18 plantes. On
collecte grâce à un système indépendant le
• Deux filtres : un filtre en amont et un autre à la
drainage de ces plants. C’est faisable dans le
sortie de la station ;
cas d’un substrat organique conditionné en
• Une vanne reliée à un petit programmateur inté- sacs ou dans le cas de scories placées dans
grant la fenêtre d’irrigation (exemple : de 7 à des pots ou dans de petites gouttières : elles
17 heures), la durée d’une irrigation et l’inter- doivent être situées au centre de la serre et
valle entre deux irrigations. être représentatives de la moyenne des indivi-
Cette station de fertilisation est destinée à dis- dus de la serre. De plus, il faut être très soi-
tribuer une solution unique évoluant en fonction gneux lors des pratiques culturales sur ces
du stade de la culture. Grâce au débit et à la pres- plantes : par exemple, la cassure de l’extrémité
sion du réseau d’eau, la solution nutritive est dis- de la tige ou la chute d’un fruit entraîne une
tribuée à chaque plant grâce à un système de diminution de l’absorption d’éléments minéraux
« goutte à goutte ». D’autres équipements peuvent et d’eau, qui se traduit par une augmentation
devenir rapidement indispensables comme une artificielle du drainage ;
réserve en eau et un surpresseur (pompe) pour • Le pH et l’électroconductivité de la solution
reprendre l’eau de la réserve et la mettre sous nutritive et des eaux de drainage. Le pH et
pression. Pour les exploitations de taille impor- l’électroconductivité sont mesurés sur ces
tante l’irrigation fertilisante est gérée par une sta- échantillons à l’aide d’un pH-mètre et d’un
tion de ferti-irrigation (ordinateur et matériel spé- conductivimètre.
cifique pour la gestion de l’irrigation fertilisante).
Cette station permettra de gérer différentes serres Volumes d’apport et de drainage
avec des variétés et/ou des espèces différentes
ou à des stades physiologiques différents néces- Le rapport entre les mesures du volume d’apport
sitant des solutions nutritives adaptées. et du volume de drainage permet de déduire le
taux de drainage, exprimé en pour cent. Le taux
2.5.1.2 Contrôle de drainage mesure la proportion de la solution
de la solution nutritive du substrat qui a été renouvelée (cf. Figure 21) :
Extrait du guide de la tomate
hors sol à La Réunion
1) Va, volume d’apport collecté avec x goutteurs,
(S. Simon, J. Minatchy, 2009)
2) Vd, volume de drainage issu de y plantes.
Trois paramètres de la solution nutritive doivent Vd / y
être régulièrement contrôlés : Taux de drainage (%) = x 100
Va / x
108
GUIDE DES BONNES PRATIQUES AGRICOLES À LA RÉUNION
Acidité : 5,5 ≤ pH ≤ 6,2 La valeur 0,85 est une valeur calculée et fixe : elle
représente le facteur de corrélation entre la
Le paramètre d’acidité, mesuré par le pH, concentration en engrais et l’électroconductivité.
désigne le caractère acide, neutre ou basique
d’une solution. Les solutions nutritives utilisées La conductivité optimale de la solution nutritive
sont toujours légèrement acides, 5,5 ≤ pH ≤ 6,2, se situe aux environs de 2 mS/cm2. Elle dépend
car cela réduit les risques de précipitation des du climat, du stade végétatif et de la variété cul-
matières fertilisantes dissoutes et permet une tivée. La conductivité optimale de la solution de
absorption optimale des éléments minéraux. La drainage est alors identique à celle de la solution
solution nutritive est en réalité élaborée sur la d’apport : les ions et l’eau sont absorbés dans les
base des besoins « théoriques » des plantes. mêmes proportions pour que la plante ne manque
Selon leur état physiologique et les conditions de rien.
environnantes (ensoleillement, température…), Pour le substrat, on tolère une conductivité d’en-
ces besoins changent. Les plantes prélèvent seu- viron 3 mS/cm 2 . Il faut éviter les variations
lement ce dont elles ont besoin (eau et ions) et brusques de conductivité dans le substrat car les
laissent le reste. racines ne s’adaptent que progressivement à leur
Cette absorption partielle entraîne alors les modi- environnement. Quand une correction est néces-
fications du pH suivantes : saire, il vaut mieux modifier la conductivité de la
solution nutritive par paliers de 0,2 à 0,3 mS/cm
• L’absorption préférentielle des anions (SO4- -,
et observer les valeurs obtenues dans le subs-
NO3-, H2PO4-, Cl-) provoque l’alcalinisation (c’est-
trat.
à-dire une augmentation du pH) de la fraction
liquide au sein du substrat et, par conséquent, La concentration en engrais conditionne fortement
de l’eau de drainage ; le prélèvement de l’eau par la plante. L’absorption
• L’absorption préférentielle des cations (NH4+, de l’eau par les racines est régulée par un équilibre
K+, Na+, Ca++, Mg++) provoque une acidification entre la concentration minérale à l’intérieur des
de la fraction liquide au sein du substrat, c’est- cellules des racines et celle à l’extérieur des
à-dire une baisse du pH. racines : l’eau migre du milieu le moins concentré
vers le milieu le plus concentré.
C’est pourquoi il faut vérifier chaque jour le pH
de la solution nutritive apportée et le pH du drai- Selon la qualité du substrat, trois cas peuvent se
nage : ce sont les variations entre les valeurs de présenter :
ces deux pH qui sont intéressantes à interpréter. • L’eau et les solutés sont absorbés en quantité
Elles renseignent sur les besoins réels et condui- suffisante ;
sent à modifier régulièrement la solution nutritive • L’électroconductivité (EC) du substrat est faible.
en fonction des valeurs mesurées. L’eau n’est pas très liée aux engrais et se
déplace spontanément du milieu le moins
Électroconductivité (EC) concentré vers le milieu le plus concentré, c’est-
à-dire du substrat vers la plante. L’eau traverse
CHAPITRE 2 : AMENDEMENTS ET ENGRAIS
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GUIDE DES BONNES PRATIQUES AGRICOLES À LA RÉUNION
de la diminuer en arrosant à l’eau claire. Il est préférable de surirriguer 1 ou 2 jours avec une solution
d’apport d’une conductivité légèrement inférieure à la normale (0,2 mS/cm en dessous de l’EC nor-
male) tout en respectant un drainage de 30 % ;
• La solution de drainage est moins concentrée que la solution d’apport. Les ions sont préférentiellement
absorbés par la plante. Les plantes risquent d’exprimer des déséquilibres. Il suffit alors d’augmenter
progressivement l’électroconductivité de la solution d’apport.
trop faible (< EC solution nutritive) trop forte (> EC solution nutritive)
Problèmes culturaux
En début de culture, il peut s’agir
d’une libération d’éléments par le substrat.
Il faut alors augmenter le drainage.
En cours de culture, cela peut s’expliquer
Il faut augmenter l’EC
Déjà faible par une diminution des prélèvements
de la solution nutritive.
d’éléments minéraux par la plante.
Il faut alors vérifier l’état des racines
et la conduite climatique, puisque le climat
de la serre intervient sur la transpiration
des plantes.
Normale Il faut augmenter l’EC de la solution nutritive. Il faut diminuer l’EC de la solution nutritive.
Problèmes culturaux
En début de culture, il peut y avoir
un stockage d’éléments dans le substrat
– exemple : absorption d’azote
et développement d’une microflore.
En cours de culture, il peut y avoir
Il faut diminuer l’EC
un prélèvement élevé d’éléments minéraux
Déjà forte de la solution nutritive.
qui induit le développement de plantes
vigoureuses. La conduite de la culture
et celle du climat doivent être ajustées
pour obtenir un meilleur équilibre.
Il faut faire une analyse de la solution
nutritive et du substrat.
2.5.2 LES EFFLUENTS ments nutritifs qui vont, soit s’infiltrer dans le sol,
DES SERRES: soit s’écouler dans le milieu environnant.
LE DRAINAGE La quantité de solution drainée et rejetée peut
atteindre 20 à 30 % des apports, soit l’équivalent
2.5.2.1 Présentation et contexte de 2 000 à 3 000 m3 par hectare et par an.
Une part importante de la production de légumes Au total, sur une année, le rejet à une concentra-
sous serres est obtenue actuellement à partir des tion d’environ 1,5 à 2 g/l représente de 3 à 6
cultures hors sol « en solution perdue ». Ces tonnes d’éléments minéraux sous forme ionique
méthodes de culture engendrent actuellement par ha dont 1 tonne à 1,5 tonne d’azote sous
des eaux de drainage contenant encore des élé- forme NO3-. (cf. : )
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40 ha 2 000 à 3 000 m3 1,5 à 2 g/l 3 à 6 tonnes/ha 3 000 à 4 000 U/Ha 300 à 400 U/ha
juin
r 1992, décret du 12
ex te législat if (loi sur l’eau du 3 janvie ra ble . Il int er dit le
Le cont ibrée et du
) im po se de gé re r l’eau de façon équil ns ag ric ole s da ns les
96 xploitatio
t des effluents d’e
déversement direc er ra ine s.
et so ut
eaux superficielles
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L’ARMEFLHOR étudie en ce moment l’impact sur utilisent l’oxygène des nitrates pour respirer et
le rendement du recyclage en circuit fermé avec dégagent de l’azote gazeux (N2). Cette réaction
deux types de matériel de désinfection de la solu- nécessite de la matière organique.
tion de drainage :
D’après les données bibliographiques, le passage
– Désinfection par ultra-violets dans le bassin filtrant abaisse fortement la
– Désinfection par ionisation concentration en nitrate dès 7 jours. Au bout de
10 à 14 jours, la concentration en azote passe en
Rejet aux normes : dessous du seuil de 50 mg/l.
envoyer le drainage Des essais sont actuellement en cours à l’ARME-
dans un bassin filtrant
FLHOR pour :
à macrophytes
• Évaluer la quantité de matière organique suffi-
Le producteur choisit avec cette méthode de reje- sante pour dénitrifier le milieu ;
ter des effluents aux normes. La teneur limite • Évaluer la capacité d’épuration pour les autres
tolérée dans une eau de consommation est de éléments minéraux ;
50 mg de NO3-/l. Même si le rejet d’eau potable
• Évaluer l’impact sur la flore bactérienne ;
n’est pas l’objectif, cette valeur est habituellement
prise comme référence lorsqu’on parle de pollu- • Évaluer la pertinence du matériel végétal.
tion azotée. Pour toute information complémentaire, contactez
Le principe de la dénitrification de ces bassins l’ARMEFLHOR. Pour obtenir ses coordonnées,
est basé sur l’activité de bactéries anaérobies qui reportez-vous à Votre carnet d’adresses page 250.
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CHAPITRE 2
AMENDEMENTS ET ENGRAIS
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CHAPITRE 2
AMENDEMENTS ET ENGRAIS
Vincenot D., Normand F., Amouroux P., Hoarau I., Joas J., Léchaudel M., 2009. Guide de
production intégrée de mangues à La Réunion. Novembre 2009, 121 p. Disponible à
la Chambre d’Agriculture de La Réunion
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