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A La Musique

Le document analyse le poème 'À la musique' d'Arthur Rimbaud, mettant en lumière sa critique satirique de la bourgeoisie à travers une fresque sociologique. Rimbaud juxtapose la superficialité et l'ennui des bourgeois avec sa propre liberté d'expression et de sensualité, révélant ainsi son émancipation créatrice. En jouant sur la forme et le rythme, il remet en question les normes sociales et esthétiques de son époque.

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Le document analyse le poème 'À la musique' d'Arthur Rimbaud, mettant en lumière sa critique satirique de la bourgeoisie à travers une fresque sociologique. Rimbaud juxtapose la superficialité et l'ennui des bourgeois avec sa propre liberté d'expression et de sensualité, révélant ainsi son émancipation créatrice. En jouant sur la forme et le rythme, il remet en question les normes sociales et esthétiques de son époque.

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texte n°5 émancipation créatrice

A la musique

Introduction:

Arthur Rimbaud, poète du XIXᵉ siècle, écrit Les Cahiers de Douai en 1870, alors qu'il n'a
que 16 ans. Ce recueil réunit 22 poèmes, envoyés sous forme de manuscrits à son ancien
professeur Georges Izambard et à son ami Paul Demeny. Ces textes montrent déjà son
talent précoce et son regard critique sur le monde.

Dans ces poèmes, on retrouve l’influence du romantisme, qui met en avant les émotions,
et du Parnasse, qui valorise la beauté de la forme. Pourtant, Rimbaud commence à s’en
éloigner en abordant des thèmes comme la révolte, l’ennui et la société, annonçant les
innovations de sa poésie future.

Le poème étudié, "À la musique", en est un bon exemple. Il suit la structure du sonnet,
mais Rimbaud en modifie la forme en jouant sur le rythme et la langue. Derrière une
scène de fête populaire, il critique la bourgeoisie et le vide de ses distractions.

♦ Comment Rimbaud utilise-t-il la satire pour critiquer le conformisme


bourgeois dans ce poème ?

Mouvements :

1/ vs. 1-24 : une fresque sociologique moquée


2/ vs.25-36 : jeunesse et sensualité

Mouvements 1 :

(titre)
confère une tonalité musicale qui laisse penser à une éloge

“place de la gare à Charleville” cadre spatio-temporel


répond à un certains réalisme, fait référence aux concerts hebdomadaires qui s’y
tenaient. cadre spatial = lieu de passage, découverte de nouveaux individus venus de
divers horizon. poète s’engage à dépeindre portrait physique + morale des perso

(vs.1) complément circonstanciel de lieu + expansion du nom (+ adjectif péjoratif


“mesquines”)
rappelle importance de l’endroit + lance la critique (“mesquines” évoque manque
d’envergure)
(vs.2) Adjectif “correct”
Ironie sur un ordre rigide et sans spontanéité, reflet d'une société sclérosée.

(vs.3) adjectifs + propositions subordonnées relatives


pour faire un portrait moqueur de la classe bourgeoise. R mais en avant leur embonpoint
= symbole de réussite sociale à l’époque

(vs.3)adjectif indéfini
portrait moqueur qui ne laisse place à aucune exception

(vs.4) usage du présent + précision temporelle


recouvre une valeur d’habitude confirmée par précision temporelle

(vs.4) vocabulaire péjoratif du groupe nominal


poursuite de la critique mais d’un point de vue plus morale + cela personnifie la bêtise et
renforce leur caractère envieux

(vs.5-6) champ lexical militaire


réf au titre + musique associé au cadre militaire. Musique évoqué dans le titre plonge le
lecteur dans un contexte de guerre (guerre avec la Prusse)

(vs.7) champ lexical de l’économie


met en avant l’avarice de la bourgeoisie: il veulent être vu/regardé/admiré

(vs.9) groupe nominal étendu


réduit ces hommes à un objet + une attitude négative, vu qu’ils sont prêts à souligner «
“tous les couacs”

(sp.3) onomatopée + vocabulaire trivial


tourne en dérision une société qui semble figée et obnubilée par l’argent

(vs.10) adjectif
fait allusion à “l’opéra bouffe” une catégorie d’opéra comique. Charleville –Mézières se
transforme en vaste “opéra-bouffe” où la bêtise règne en maître. De plus, le jeu sonore
sur la consonne « b » dans « “bureaux bouffis” » prête à sourire.

(vs.10) répétition de l’adjectif “gros”


rend la satire évidente

(vs.11) l’apposition
fait référence, au sens propre, à une personne chargée de soigner et guider des
éléphants (qui sont ici les femmes) et au sens figuré, à un guide. Mais le terme « cornacs
» fait aussi penser à « mari cornu », c’est-à-dire « mari trompé »

(vs.12) proposition subordonnée relative


illustre que les femmes font office de publicités ambulantes

La verve satirique de Rimbaud se poursuit aussi dans le travail sur la musicalité des
vers. le poète semble se rire de l’autosuffisance des bourgeois.
(vs.14) proposition subordonnée relative
Le poète saisit l’ennui qui caractérise, les nouveaux personnages

(vs.15-16) trois verbes au présent de l’indicatif à valeur d’énonciation


Leur nonchalance affichée contraste avec le sérieux qu’ils veulent se donner

(vs.15) complément d’objet


suggère une conversation d’ordre politique mais creuse. En effet, Rimbaud crée un
contraste entre deux expressions adverbiales : la théorie, « fort sérieusement » et la
réalité « En somme ! ». Cette dernière, exprimée au discours direct et à la forme
exclamative, semble mettre un point final à une discussion qui n’a jamais commencé.

(sp. 5) L’allitération en « b » et « d »
accentue l’impression de rondeur qui se dégage de cette description : « “Un bourgeois à
boutons clairs, bedaine flamande” »

( vs.19) l’activité principale


illustre l’oisiveté de la bourgeoisie (fumer une pipe de luxe (l’onnaing).

(sp.5) dresse le portrait sûr de lui s’affichant

(vs.21) sujet postposé


le spectacle des bourgeois est remplacé par celui de voyous (jeunes gens)

(vs.22) participe passé


renvoit à une certaine sensualité

(vs.23) superlatif
suggère leur jeune âge

(vs.23) participe présent


souligne leur pauvreté et leur envie de rivaliser avec les bourgeois

(vs.24) C.C de but + points de suspension


leur objectif apparaît + clin d’œil pour que le lecteur imagine la suite

Mouvement 2 :

(vs. 25 ) pronom d’insistance


illustre une parole assurée

(vs.25) adjectif+ comparaison


R affirme sa différence sociale

(vs.26) groupe nominal


comme les voyous il est attiré par la gent féminine

(vs.27) affirmation + pronom


complicité se noue + naissance d’un jeu de séduction
(vs.27) ellipse du sujet + retardement du complément d’objet directe
mime la vivacité d’une scène de séduction

(vs.30) champs lexical du corps + termes qui leur sont associés


révélateur de l’innocence féminine + d’une certaine liberté

(vs.33) énumération coupée par des points de suspension


laisse au lecteur liberté de poursuivre le découverte

(vs.34) verbe “reconstruire”


rend compte de la tâche du poète qui redonne sens et unité à ce qui l’entoure

(vs.34) lexique utilisé + construction grammaticale ( 1pers. et 3pers.)


permet de lire l’intensité des sentiments

(vs.36) sensations physiques se matérialisent

Conclusion :

Ce poème oppose deux catégories sociales: d'une part, les bourgeois affichant leur
richesse et leur bêtise; d'autre part, le poète, libre d'exister et de ressentir.

En effet, la plume satirique de Rimbaud tourne en ridicule les parures extérieures


hideuses des bourgeois, leurs physiques disgracieux, leurs attitudes irrespectueuses: ils
ne sont qu'apparences vides.

Par opposition, le poète apparaît libre, quelle que soit son apparence physique.
Il assume sa position d'observateur de la gent féminine et exprime sa sensualité. De la
séduction à l'érotisation, il n'y a qu'un pas que Rimbaud ose franchir.

Émancipé des codes sociaux et esthétiques - la facture classique de l'alexandrin, les


topoi de la poésie -, le poète est le seul à pouvoir créer quelque chose de nouveau.

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