0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
22 vues41 pages

LAKHDARI Amine

Ce mémoire de Master étudie l'efficacité d'inhibition de la corrosion d'un acier inoxydable super martensitique SM13CRS dans un milieu acide, en analysant son comportement électrochimique et en mesurant la microdureté. Des échantillons ont été traités thermiquement à différentes températures et durées, et un inhibiteur d'extrait végétal a été appliqué, réduisant la vitesse de corrosion de 80% par rapport à la solution initiale sans inhibiteur. Le document présente également une synthèse bibliographique sur la corrosion des aciers inoxydables et les méthodes de protection contre celle-ci.

Transféré par

signejosephher
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
22 vues41 pages

LAKHDARI Amine

Ce mémoire de Master étudie l'efficacité d'inhibition de la corrosion d'un acier inoxydable super martensitique SM13CRS dans un milieu acide, en analysant son comportement électrochimique et en mesurant la microdureté. Des échantillons ont été traités thermiquement à différentes températures et durées, et un inhibiteur d'extrait végétal a été appliqué, réduisant la vitesse de corrosion de 80% par rapport à la solution initiale sans inhibiteur. Le document présente également une synthèse bibliographique sur la corrosion des aciers inoxydables et les méthodes de protection contre celle-ci.

Transféré par

signejosephher
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

République Algérienne Démocratique et Populaire

Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique


Ecole Nationale Polytechnique

Département de Métallurgie

Mémoire de Master en Génie des Matériaux

Thème

Optimisation de l’efficacité d’inhibition,


contre la corrosion d’un acier
supermartensitique, en milieu acide

Proposé et dirigé par : Etudié par :


Pr. F.HELLAL Amine LAKHDARI

Soutenu publiquement le 29 Juin 2016, devant le jury composé de :

Président A. DAIMELLAH Docteur ENP


Promoteur F. HELLAL Professeur ENP
Examinateur M.CHITROUB Professeur ENP

ENP 2016
‫ملخص‬
« Supermartensitique »‫من خالل هذا العمل تم دراسة السلوك الكهروكميائي للفوالذ الغير قابل التآكل‬
‫من أجل متابعة‬, ‫تم كذلك تشخيص العينات بالتحليل المجهري و قياس الصالبة‬, ‫ في محلول حمضي‬SM13CRS
‫تطور السلوك الكهروكميائي قمنا بالمعالجة الحرارية في درجات حرارة و أزمنة مختلفة لسلسلة من للعينات التي‬
‫تم تحضيرها ’ بعد الحصول على النتائج قمنا بتطبيق الحماية على العينات من خالل حقن مثبط ذو طبيعة نباتية في‬
‫ مقارنة بالسرعة في حالة عدم استعماله‬%80 ‫محلول العمل ’تم مالحظة نقص معتبر في سرعة التآكل الذي قدر بـ‬

‫’ التآكل’التبريد’المعاينة‬supermartensitique ‫ فوالذ غير قابل التآكل‬:‫كلمات مفتاحية‬


‫المجهرية’الصالبة’مثبط‬

Abstract
This work was focused on the study of the electrochemical behavior of a super martensitic
stainless steel SM13CRS in acidic medium, a characterization analysis of microstructures
and micro hardness measurement was made. To see the evolution of the electrochemical
behavior of the heat treated samples compared with the based sample, we prepared a
series of samples, at different temperatures and durations of the tempering heat treatment.
After obtaining the results we proceeded to the protection of the samples by a vegetal
extract inhibitor, a decreasing of 80% in the rate of corrosion is reached compared to the
initial solution without inhibitor.
Key Words: Super martensitic stainless steel, corrosion, quenching, tempering,
microstructure, hardness, inhibitor:

Résumé
Ce travail a été porté sur l’étude de comportement électrochimique d’un acier inoxydable
super martensitique SM13CRS dans un milieu acide, une caractérisation par analyse des
microstructures et mesure de microdureté a été faite. Afin de voir l’évolution du
comportement électrochimique des échantillons traités par rapport à l’échantillon brut,
nous avons préparé une série d’échantillon à de différentes températures et durées de
revenu. Après l’obtention des résultats nous avons procédé à la protection des
échantillons par un inhibiteur d’extrait végétale, une diminution de 80% de la vitesse de
corrosion est enregistrée par rapport à la solution initiale sans inhibiteur.
Mots clés : acier inoxydable supermartensitique, corrosion, trempe, revenu,
microstructure, microdureté, inhibiteur
Table des matières
Liste des figures …………………………………………………………………………4
Liste des tableaux ……………………………………………………………………….5
Introduction générale…………………………………………………………………….7
Chapitre I Corrosion des aciers inoxydables ............................................................ 8
I. Introduction ........................................................................................................ 9
II. Définition ........................................................................................................ 9
III. Principaux facteurs de la corrosion ................................................................ 9
IV. Mécanismes de la corrosion et théorie électrochimique............................... 10
V. Types de corrosion des aciers inoxydables .................................................. 15
Chapitre II Protection contre la corrosion .................................................. 17
I. Introduction ...................................................................................................... 18
II. Protections classiques ................................................................................... 18
III. Protection par inhibiteur ............................................................................... 19
Chapitre III Matériau et procédures ...................................................................... 24
I. Introduction ...................................................................................................... 25
II. Etat brut ........................................................................................................ 25
III. Etats traités thermiquement .......................................................................... 26
IV. Essais électrochimiques ................................................................................ 28
V. Méthodes d'exploitation des résultats électrochimiques............................... 31
VI. Préparation de la solution d’inhibiteur ......................................................... 33
Chapitre IV Résultats et discussions ..................................................................... 34
I. Résultats de l’électrochimie ............................................................................. 35
II. Résultats de la protection.............................................................................. 37
Conclusion génerale……………………………………………………………………39
Bibliographie .................................................................................................................. 40
Liste des figures
Figure I-1 Diagramme potentiel – pH du fer (T= 25°C) [4]. ......................................... 11
Figure I-2 Représentation d’une courbe de polarisation pour un métal passivant [4]. .. 12
Figure I-3 Détermination de condition de corrosion à partir des courbes de
polarisation anodique EA et cathodique Ek. ................................................................... 13
Figure II-1 Formation des couches barrières a) cathodiques et b) anodiques interférant
avec les réactions électrochimiques, dans le cas d’une étude en milieu acide [25]. ....... 21
Figure II-2. Diagramme d’Evans montrant le déplacement du potentiel de corrosion dû
à la présence d’un inhibiteur de corrosion [16]. ............................................................. 22
Figure II-3 Représentation schématique des modes d’adsorption de molécules
organiques inhibitrices sur une surface métallique [18]. ................................................ 23
Figure III-1 Four à résistance ........................................................................................ 26
Figure III-2. Cycles des traitements thermiques effectués. ........................................... 27
Figure III-3. Diagramme TTT de l’acier inoxydables supermartensitique AISI 420
[20]. ................................................................................................................................. 28
Figure III-4 Montage utilisé pour les essais électrochimiques. ..................................... 29
Figure III-5. pH-mètre électronique model HANNA 211............................................. 30
Figure III-6. L’échantillon BL après perçage et insertion du fil électrique. ................. 30
Figure III-7.Détermination des paramètres électrochimiques à partir des droites de
Tafel [14]. ....................................................................................................................... 32
Figure III-8 Technique de la mesure de la résistance de polarisation. .......................... 33
Figure IV-1 courbe de polarisation de l’echantillon T3. ............................................... 35
Figure IV-2 Courbes de polarisation de l'echantillon T3 avec 350, 400ppm d'inhibiteurs
et sans inhibiteurs............................................................................................................ 37
Liste des tableaux
Tableau I-1.Les principaux facteurs de corrosion [2]. .................................................... 9
Tableau III-1. Composition de l’acier supermartensitique. .......................................... 25
Tableau III-2. Symboles des échantillons à étudié. ...................................................... 26
Tableau IV-1 Résultats des essais potentiostatiques de l’échantillon T3 dans la solution
H2SO4 1.5N. .................................................................................................................... 36
Tableau IV-2 Résultats électrochimiques de l’échantillon T3 après l'ajout d'inhibiteur à
350 et 400 ppm. .............................................................................................................. 38
INTRODUCTION
GENERALE
Introduction générale

Ces aciers sont susceptibles d'être utilisés dans des conditions extrêmement
sévères où ils peuvent réagir avec leur milieu de travail. L’une des conséquences les plus
coûteuses réside dans la corrosion en milieu pétrolier. De par le monde, les pertes
correspondantes sont estimées à environ 4 à 5% du PNB, en incluant les impacts directs
et indirects ainsi que les frais des mesures de contrôle et de prévention.

Les inhibiteurs de corrosion constituent un moyen à part entière de protection


contre la corrosion métallique. Ils présentent l’originalité d’être le seul moyen
d’intervention à partir du milieu corrosif, ce qui en fait une méthode de contrôle de la
corrosion facile à mettre en œuvre et peu onéreuse, pour peu que le ou les produits utilisés
soient d’un coût modéré. Les nombreuses études consacrées, depuis une cinquantaine
d’années, à ces composés, ont abouti à proposer des produits ou des mélanges de produits
précis correspondant à des systèmes de corrosion (couples métal-milieu corrosif) donnés.
Chaque cas de corrosion reste cependant un cas particulier, et il est nécessaire de connaître
les données de base de fonctionnement de ces inhibiteurs, leurs limites d’utilisation, leur
toxicité particulière, pour pouvoir les utiliser avec une marge suffisante de sécurité.

De ce fait, nous nous sommes intéressés dans notre travail au comportement


électrochimique d’un acier supermartensitique dans un milieu acide pour simuler
l’environnement de travail, après étude de l’influence des traitements thermiques sur la
vitesse de corrosion. Un inhibiteur préalable a été injecté avec des différentes proportions
dans la solution qui constitue notre électrolyte pour qu’on puisse déterminer la
concentration optimale qui permet de réduire considérablement la vitesse de corrosion.
Dans cette étude nous nous sommes intéressés à l’optimisation de la concentration
d’inhibiteur afin d’obtenir une efficacité d’inhibition meilleure que celle obtenue dans
notre projet de fin d’études.

Ce manuscrit est organisé en deux parties principales :


 Partie théorique qui comprend une synthèse bibliographique portant sur les
caractéristiques électrochimiques des aciers inoxydables. L'accent a été porté sur
l’effet d’un inhibiteur sur la corrosion.
 Partie expérimentale qui décrit le matériau et les différentes méthodes
expérimentales mises en œuvre ainsi que le matériel utilisé. Un dernier chapitre
est consacré à la présentation des résultats obtenus qui seront par la suite
analysés et discutés tout en se référant sur des études faites sur ces types
d’aciers.

7
Chapitre I
Corrosion des aciers
inoxydables
Corrosion des aciers inoxydables

I. Introduction
Le terme corrosion évoque pour la plupart des personnes, l’image de la rouille propre aux
métaux ferreux, comme si seul le fer était susceptible de présenter ce phénomène. En
réalité, la corrosion est la cause générale de l’altération de la destruction de la plupart des
matériaux naturels ou élaborés. Tout se corrode et tout milieu peut être corrosif suivant
le matériau considéré.

II. Définition
La corrosion est définie comme étant l’interaction physico-chimique exercée sur le métal
par son milieu environnant, entraînant des modifications de ses propriétés et très souvent
une dégradation fonctionnelle du métal lui-même causant des pertes. Peu de matériaux se
trouvent à l’état natif dans la nature, ils offrent une grande résistance plus au moins grande
à l’altération par l’air atmosphérique, quelques-uns se trouvent sous forme métallique
comme l’or ou le platine.
Cette définition admet que la corrosion est un phénomène nuisible, elle détruit le matériau
où réduit ses propriétés. Parfois la corrosion est un phénomène bénéfique et souhaitée,
elle détruit et élimine un grand nombre d’objets abandonnés dans la nature comme ceux
des matériaux biodégradables qui sont utilisés dans la fabrication d’emballage laissés par
insouciance [1].
III. Principaux facteurs de la corrosion
La résistance à la corrosion d’un matériau n’est pas une propriété intrinsèque. Elle
dépend à la fois des caractéristiques du matériau et de celles du milieu. En plus de ces
facteurs, les conditions d’emploi et la durée d’exploitation ont un rôle prépondérant sur
les phénomènes de corrosion. Ces facteurs peuvent être classés en quatre groupes
principaux [2].

Tableau I-1.Les principaux facteurs de corrosion [2].

Facteurs relatifs au -Concentration du réactif.


milieu et -Teneur en oxygène, en impuretés, en gaz dissous (CO2, NH3,
définissant le mode H2S,).
d’attaque
-Acidité (PH) du milieu, salinité, résistivité.
-Température, Pression.
-Présence de bactéries.
- Addition d’inhibiteurs.

Facteurs -Composition de l’alliage, hétérogénéités cristallines.


métallurgiques -Procédés d’élaboration.
-Impuretés dans l’alliage, inclusions.
-Traitements thermiques, mécaniques

9
Corrosion des aciers inoxydables

-Etat de surface, défaut de fabrication.


Facteurs -Forme de pièces.
définissant les -Sollicitations mécaniques.
conditions -Emploi d’inhibiteurs.
d’emploi -Procédés d’assemblage (couple galvaniques, soudures, ….).
-Force électromotrice extérieure (électrolyse).

Facteurs dépendant -Vieillissement.


du temps -Tensions mécaniques internes ou externes. –Température
- Modalité d’accès de l’oxygène ou autres gaz dissous.
-Modification des revêtements protecteurs.
-Apparition d’un dépôt (calcique ou autre).

IV. Mécanismes de la corrosion et théorie électrochimique


Avant d'entrer dans les détails des aspects électrochimiques de la corrosion, il est utile de
décrire théoriquement les processus qui interviennent lorsqu'un métal est mis en contact
avec la solution aqueuse de l'un de ses sels. La phase métallique solide comprend des ions
n+
métalliques M disposés suivant un réseau cristallin, et les électrons de conduction libres
se déplacent dans tout le volume du métal en assurant la neutralité électrique globale du
cristal. A l'opposé, la phase aqueuse liquide est constituée d'un empilement compact
mobile, comprenant des molécules neutres, des ions positifs et des ions négatifs. A
l'interface, lors des fluctuations aléatoires d'énergie liées à l'agitation thermique, un ion
du réseau métallique peut quitter le métal et passer en solution; inversement, un ion
métallique en solution peut venir au contact du métal et rester piégé sur certains sites
préférentiels. Ce transfert correspond à un transport de charges électriques d'une phase à
l'autre. Contrairement aux ions qui peuvent passer d'une phase à l'autre, les électrons
libres ne peuvent pas passer directement dans la phase aqueuse, ils se fixent sur des
molécules ou sur des cations en réduisant leurs charges électriques. Là encore se produit
un transfert de charges électriques d'une phase à l'autre. En électrochimie, on appelle
habituellement [3]:
• Réaction anodique : toute réaction qui entraîne la libération d'électrons; en terme
chimique, il s'agit d'une réaction d’oxydation (1).

M→ Mn+ +ne- (1)


• Réaction cathodique : toute réaction qui entraîne la capture d'électrons; en terme
chimique, c'est une réduction cathodique (2).

Red→ Oxn+ + ne- (2)


IV.1. Diagramme de Pourbaix
Les diagrammes de Pourbaix ont une importance capitale dans le domaine de la corrosion,
puisqu'ils indiquent pour les différentes valeurs de tension et de pH les réactions qui sont
possibles et celles qui sont théoriquement impossibles. Ces diagrammes permettent aussi

10
Corrosion des aciers inoxydables

d'affirmer que dans telle condition de pH et d'aération du milieu agressif, tel métal peut
se corroder ou s’immuniser, sans donner d'indication sur la vitesse d'une telle évolution.
Ces diagrammes sont obtenus en étudiant les différents équilibres correspondant aux
différentes réactions d'électrode et les différentes réactions chimiques susceptibles de se
produire à l'interface [4].

Figure I-1 Diagramme potentiel – pH du fer (T= 25°C) [4].

IV.2. Passivité des métaux


Le phénomène de passivité présente une très grande importance dans la mesure où il
constitue la base du mécanisme de résistance à la corrosion des aciers inoxydables. Le
phénomène de passivité se caractérise par la présence d’un film très mince (épaisseur de
l’ordre de 10 à 20 nm), appelé film passif ou couche passive, à la surface de l’alliage
métallique qui rend sa vitesse de corrosion négligeable. Cette couche passive est une
fonction du potentiel comme le montre la figure I-1. Le film passif, fortement solidaire
du substrat métallique, empêche ou rend insignifiant le contact entre l’alliage et les agents
plus ou moins agressifs du milieu environnant. Pour que le phénomène de passivité puisse
s’établir, et se maintenir, il est nécessaire que l’alliage fer-chrome ait une teneur minimale
en chrome de l’ordre de 10 %. Autrement dit, il existe un effet de seuil au-delà duquel le
phénomène de passivité peut exister et au-dessous duquel il est impossible. De plus, si la
couche passive devait être détruite localement par suite d’un endommagement accidentel
(rayure par exemple), elle possède la propriété de pouvoir se reconstituer dans un grand
nombre de milieux, ce qui traduit la propriété d’auto passivation de l’alliage métallique
dans ce milieu [2] [5].

11
Corrosion des aciers inoxydables

Figure I-2 Représentation d’une courbe de polarisation pour un métal passivant [4].
• Upas : potentiel de passivation.
• Uac : potentiel d’activation.
• Ud : potentiel de rupture.
• Ipas : densité de courant de passivation.
• Ip : densité de courant passif.

IV.3. Polarisation et surtension d’une électrode


Lorsque dans un système métal/milieu, une seule réaction d’électrode se produite à la
surface, il s’agit d’un système d’électrode simple. Le potentiel au repos correspond au
potentiel que prend spontanément une électrode, en l’absence d’un courant externe. Pour
une électrode simple, le potentiel au repos équivaut au potentiel réversible Erev [6]. Si le
potentiel d’une électrode diffère du potentiel au repos, un courant électrique traverse
l’interface électrode-électrolyte. La surtension η correspond à l’écart entre le potentiel
d’électrode et le potentiel réversible d’une réaction d’électrode.

η = E – Erev (4)

Lorsque plusieurs réactions d’électrode ont lieu simultanément dans un système


métal/électrolyte, il s’agit d’un système d’électrode mixte. Dans le cas d’électrode
mixte, le potentiel au repos équivaut au potentiel de corrosion Ecorr. Au passage de
courant, le potentiel que prend l’électrode diffère du potentiel de corrosion. Cet écart de
potentiel est appelé polarisation ξ.
ξ = E – Ecorr (5)

Généralement le processus électrochimique est caractérisé par trois types distincts de


polarisation. La polarisation totale est la somme de ces polarisations :

12
Corrosion des aciers inoxydables

Eapp – Eeq = ηact + ηconc + iR (6)

ηact: est la surtension d’activation

ηconc: est la surtension de concentration

iR: est la polarisation de résistance

IV.4. Courbes de polarisation


Les mécanismes décrits ci-dessus sont transposables à d’autres métaux non passivables.
Pour qu’un métal ou un alliage puisse se corroder, il faut que le potentiel de la solution
cathodique de réduction soit plus élevé que le potentiel d’équilibre de la solution anodique
de dissolution. Dans ce cas EK>EA et il y a corrosion

Figure I-3 Détermination de condition de corrosion à partir des courbes de


polarisation anodique EA et cathodique Ek.

Par contre, si EA>EK, la corrosion est impossible. En réalité, les phénomènes sont plus
complexes car il existe une interaction entre les potentiels d’équilibre et la densité de
courant de corrosion, mais le but de ce qui précède est d’arriver à comprendre le
mécanisme de la corrosion, ce qui peut être ainsi résumé :

Deux conditions sont nécessaires à la corrosion :


 le potentiel de la cathode doit être supérieur au potentiel de l’anode, c’est une
condition thermodynamique
 sa vitesse ou l’intensité de courant anodique doit être suffisante, c’est une
condition cinétique [1] [7].

13
Corrosion des aciers inoxydables


IV.5. Equation de Butler-Volmer
Cette équation donne la relation entre le potentiel et la densité de courant, elle est sous la
forme suivante [2]:
𝛼𝑛𝐹𝜂 (1−𝛼)𝑛𝐹𝜂
𝑖 = i0 [exp( )-exp(- )] (7)
𝑅𝑇 𝑅𝑇

Où :
-2
i : La densité de courant de transfert de charge (A.m ).
-2
i0 : La densité de courant d’échange de la réaction d’électrode en équilibre (A.m ).

α : Coefficient de transfert de charge (0 < α < 1).


n : La valence du métal.
-1
F : La constante de Faraday (96500 C.mol ).
R : La constante des gaz parfait.
T : Température (K).
η : La surtension ou l’écart de potentiel par rapport au potentiel d’équilibre.

IV.6. Vitesse de corrosion


La vitesse d'une réaction chimique peut être définie comme le nombre de moles d'atomes
réagissant par unité de temps et de surface d'électrode. Toutefois, cette quantité peut se
révéler difficile à apprécier directement [4].
Selon la loi de Faraday, lorsque n moles d’un métal réagissent, une quantité de charges
électriques proportionnelles Q, passe à travers l’interface électrode/électrolyte :

Q = N.F .n (8)
F : désigne la constante de Faraday,
F = 96490 c/mol.
n : nombre de charge, exprime le coefficient stoechiométrique des électrons dans
l’équation de la réaction d’électrodes.
N : nombre d’Avogadro,
23
N = 6.023 10 moles.

En dérivant l’équation de Faraday par rapport au temps, on obtient la loi de Faraday sous
sa forme la plus utilisée :
𝑑𝑛
I=nF 𝑑𝑡 (9)
𝑑𝑄
I= 𝑑𝑡 : représente l’intensité du courant électrique, en Ampères.

𝑑𝑛
v= 𝑑𝑡 : représente la vitesse de réaction en mol/s.

14
Corrosion des aciers inoxydables

𝑑𝑛 𝐼
Donc: v= 𝑑𝑡 =𝑛𝐹 [mol/s] (10)

Etant donné que les réactions électrochimiques sont hétérogènes, leurs vitesses de
réaction peuvent s’exprimer aussi en mol/s et par unité d’aire, on a donc :

𝐼 𝑖 2
V=𝑛𝐹𝐴 =𝑛𝐹 [mol/s.cm ] (11)


2
i : représente la densité du courant [A/cm ].
La loi de Faraday indique que la vitesse d’une réaction d’électrode est proportionnelle à
l’intensité de courant électrique à travers l’interface électrode / électrolyte [4].

V. Types de corrosion des aciers inoxydables


Les principaux types de corrosion rencontrés dans les aciers inoxydables sont les
suivantes :

V.1. Corrosion intergranulaire


Ce type de corrosion est associé à la précipitation des carbures de chrome de type C 23C6
aux joints de grains.
Cette précipitation engendre une déchromisation ou appauvrissement en chrome des
zones alentour (matrice). Ces zones devenant anodiques par rapport au reste de la
structure, peuvent alors être le siège d’une corrosion dite intergranulaire ou
intercristalline. Plus les plages déchromées anodiques sont étroites plus la corrosion est
rapide et dangereuse.
La dissolution préférentielle aux environs immédiats des joints de grains peut entraîner
une décohésion totale des grains et une perte complète des propriétés mécaniques du
matériau. L’attaque peut être plus ou moins rapide et orientée.

V.2. Corrosion par piqûres


La corrosion par piqûres est une forme de corrosion caverneuse très locale, généralement
due à la stagnation d’espèces chimique dépassivantes (fluorures, chlorures, bromures et
iodures) piégées à la surface du métal. Ces hétérogénéités aboutissent à la détérioration
du film passif qui protège le métal. Des inclusions non métalliques distribuées à la surface
d’un acier inoxydable peuvent constituer le point d’amorçage de piqûres.
Dès que la piqûre est amorcée, la solution qui l’occupe devient plus acide par
concentration des ions Cl- vers les parties anodiques, et la densité de courant d’électrolyse
atteint des valeurs élevées en raison de la petite surface anodique.

15
Corrosion des aciers inoxydables

V.3. Corrosion caverneuse


Dans le cas d’un acier inoxydable au contact d’une solution aérée de chlorures, le
processus de corrosion est décrit par les étapes suivantes :
 Diffusion limitée de l’oxygène vers la solution imprégnant la crevasse

 Déplacement à l’extérieur de la crevasse de la réaction cathodique de l’oxygène


1
(2O2+H2O+2e- → 2OH-) ; la crevasse devient la zone anodique et les ions Cl- y
affluent.

 Augmentation de l’agressivité de la solution interne à la crevasse par hydrolyse


des sels conduisant à une chute importante du pH.

 Lorsque le pH de la solution caverneuse atteint une valeur critique, le film passif


protégeant le matériau est détruit.

 Croissance rapide de la crevasse par dissolution du métal actif.

La corrosion caverneuse peut affecter les assemblages réalisés par rivetage ou par
boulonnage de deux pièces métalliques entre lesquelles une zone occluse ou crevasse peut
être créée. Elle peut aussi se produire sous des joints non étanches ou le métal est en
contact avec un dépôt non métallique. Ce phénomène est accentué si le dépôt contient du
chlore ou du soufre.

V.4. Corrosion sous tension


Ce processus fait intervenir simultanément l’action d’une contrainte et celle d’un milieu
corrosif généralement aqueux. La contrainte responsable peut être une contrainte de
service ou une contrainte interne.
La corrosion sous tension se traduit par une fissuration des matériaux selon des trajets
intergranulaires, transgranulaires ou mixtes qui s’orientent généralement
perpendiculairement à la direction des contraintes. Cette corrosion n’est pas accompagnée
d’une perte de masse appréciable du matériau [8].

16
Chapitre II
Protection contre
la corrosion
Protection contre la Corrosion

I. Introduction
La lutte contre la corrosion représente toutes les mesures qu’on peut prendre pour protéger
les matériaux métalliques contre l’action destructive du milieu. La protection la plus
immédiate est de choisir des métaux ou alliages résistant aux milieux agressifs. Et, dès la
phase de conception d’une installation, la protection contre la corrosion doit être
considérée pour éviter de nombreux problèmes et garantir une certaine durée de vie. La
solution adoptée doit être compatible avec les prescriptions concernant la protection de
l’environnement et permettre le recyclage ou l’élimination des différents composants à la
fin de leur utilisation.
Les inhibiteurs de corrosion constituent un moyen de lutte original contre la corrosion des
métaux et des alliages. L'originalité provient de ce que le traitement anticorrosion ne se
fait pas sur le métal lui-même (revêtement, choix du matériau intrinsèquement résistant à
la corrosion), mais par l'intermédiaire du milieu corrosif.

II. Protections classiques


II.1. Contrôle du métal
La première idée est de choisir un matériau qui ne se corrode pas ou du moins qui se
corrode moins vite dans l'environnement considéré. On peut utiliser des aciers dits
inoxydables, des aluminiums, des céramiques, des polymères (plastiques) en donnant aux
objets une forme adaptée aux conditions d'utilisation (choisir une Géométrie adéquate de
la pièce, bien choisir la composions chimique des éléments d’addition en fonction de
l’effet sur la microstructure afin d’éviter les hétérogénéités.

II.2. Contrôle de l’interface


Les matériaux métalliques sont souvent en contact avec un milieu agressif liquide ou
gazeux, donc le phénomène de corrosion est un problème de surface ou plus précisément
d'interface entre un métal et un milieu agressif liquide ou gazeux.

 Les traitements de surfaces


C’est l’ensemble des traitements réalisés à la surface d’une pièce, généralement de l’ordre
de quelques microns, qui confèrent aux produits des propriétés de surface différentes de
celles qui existent déjà (placage, dépôt chimique, peinture…) [9].

 Les revêtements métalliques


On les emploie couramment pour protéger les métaux, notamment contre la corrosion
atmosphérique. Les dépôts métalliques sont réalisés à partir d'une solution contenant les
ions du métal à déposer et parfois des agents complexant, des agents tampons ou des
additifs organiques visant à améliorer les qualités (brillance, dureté, adhérence...) du
revêtement réalisé, D'une manière générale, on distinguera deux types de revêtements
métalliques [9].

 Les revêtements anodiques : le métal protecteur est moins noble que le métal à
protéger. C'est le cas du procédé de galvanisation. En cas de défaut du revêtement,
il y a formation d'une pile locale et ce dernier se corrode en protégeant le métal de

18
Protection contre la Corrosion

base. La protection reste donc assurée tant qu'une quantité suffisante de


revêtement est présente. Plus que l'absence de défaut, c'est donc l'épaisseur qui est
un élément important de ce type de revêtement. En général, elle est comprise entre
100 et 200 μm [9].

 Les revêtements cathodiques : le métal protecteur est plus noble que le métal
protéger. C'est le cas par exemple d'un revêtement de nickel ou de cuivre sur de
l'acier. En cas de défaut du revêtement, la pile de corrosion qui se forme peut
conduire à une perforation rapide du métal de base, aggravée par le rapport "petite
surface anodique" sur "grande surface cathodique". Dans ce cas, la continuité du
revêtement est donc le facteur primordial.

II.3. Contrôle de la solution


Parmi les techniques conventionnelles de protection contre la corrosion, on trouve
l’intervention au niveau de l’électrolyte. Ces techniques permettent de changer la
composition chimique ou la nature de la solution dans laquelle est considéré un matériau.
Ainsi, on recourt souvent à l’ajout de substances en petites quantités. Ces substances sont
appelées « inhibiteurs » et doivent répondre à quelques conditions. Ces conditions seront
détaillées davantage dans la section « Protection par inhibition

III. Protection par inhibiteur


Les protections cathodique et anodique essayent toutes les deux d’utiliser les mesures
électrochimiques pour réduire la vitesse de corrosion des métaux par polarisation externe.
Il existe une autre approche qui gêne les réactions de corrosion, soit en réduisant la
probabilité qu’elles ont de se produire, soit en réduisant la vitesse d’attaque, soit en faisant
les deux. C’est ce qu’on appelle l’inhibition. On agit sur le réactif en ajoutant un composé
qui aura pour effet d’établir une barrière entre le métal et la solution. Les inhibiteurs
doivent être :
 actifs à faibles concentrations.
 ne pas modifier les propriétés physiques de la solution.
 être faciles à mettre en œuvre et peu onéreux.
 ne pas modifier la stabilité des espèces contenues dans le milieu
 être stable à la température d'utilisation
Le domaine d’emploi se limite aux appareillages dans lesquels la solution est stagnante
ou se déplace en circuit fermé [10] [11].

III.1. Définition d’un inhibiteur


Un inhibiteur est une substance qui retarde la corrosion lorsqu’elle est ajoutée à un
environnement en faible concentration.
Un inhibiteur de corrosion doit abaisser la vitesse de corrosion du métal tout en
conservant les caractéristiques physico-chimiques de ce dernier. Il doit être non seulement
stable en présence des autres constituants du milieu, mais également ne pas influer sur la
stabilité des espèces contenues dans ce milieu. Un inhibiteur est définitivement reconnu

19
Protection contre la Corrosion

comme tel s’il est stable à la température d’utilisation et efficace à faible concentration.
Il peut être utilisé en vue d’une protection permanente ou temporaire [12].

III.2. Utilisations industrielles courantes des inhibiteurs


Bien que leur utilisation puisse être théoriquement envisagée dans la plupart des cas de
corrosion (avec, comme principales limitations, un volume trop important du milieu
corrosif ou l’impossibilité éventuelle d’y incorporer des additifs), les inhibiteurs ont
plusieurs domaines traditionnels d’application [13] :
• Le traitement des eaux (eaux sanitaires, eaux de procédés industriels, eaux de
chaudières, etc).
• L’industrie du pétrole : forage, extraction, raffinage, stockage et transport ; à tous les
stades de cette industrie, l’utilisation d’inhibiteurs de corrosion est primordiale pour la
sauvegarde des installations.

•La protection temporaire des métaux, que ce soit pendant le décapage acide, le nettoyage
des installations ou le stockage à l’atmosphère (inhibiteurs volatils, incorporation aux
huiles et graisses de protection temporaire) ou pour le traitement des huiles de coupe.
• L’industrie des peintures sur métaux où les inhibiteurs sont des additifs assurant la
protection anticorrosion des métaux.

III.3. Classes d’inhibiteurs


Il existe plusieurs façons de classer les inhibiteurs, des classements simples peuvent être
proposés :
soit à partir de la formulation des produits (inhibiteurs organiques et inhibiteurs
minéraux).
soit à partir de leur mécanisme d'action électrochimique (inhibiteurs cathodiques,
anodiques ou mixtes).
soit à partir de leur mécanisme d'action interfaciale (inhibiteurs agissant par
adsorption à la surface du métal ou par formation d'un film protecteur).

III.3.a Nature des molécules de l’inhibiteur


 Inhibiteurs organiques
Il existe de très nombreux composés organiques susceptibles d’être utilisés comme
inhibiteurs. À partir d’une molécule « mère » possédant une certaine efficacité, il est
toujours possible de synthétiser des composés de plus en plus complexes dans le but soit
d’améliorer l’efficacité inhibitrice ou encore certaines propriétés physiques (solubilité en
milieu aqueux ou non aqueux, pouvoir mouillant, température d’ébullition...), soit de
rendre l’analyse de la formulation inhibitrice plus difficile. Par ailleurs, la
commercialisation d’un produit dépend en grande partie de son prix de revient : la
préférence est donnée à des sous-produits de l’industrie pétrolière.
Comme il a été vu précédemment, les composés organiques susceptibles de fonctionner
comme inhibiteurs de corrosion contiennent, en principe, un centre actif susceptible
d’échanger des électrons avec le métal : N, O, S, P [14].

20
Protection contre la Corrosion

 Inhibiteurs inorganiques
D’une manière générale, les inhibiteurs inorganiques sont utilisés dans des milieux
voisins de la neutralité ou alcalins. Suivant qu’ils nécessitent plus ou moins d’oxygène
dissous dans le milieu corrosif pour être efficaces, on les classe en inhibiteurs non
passivants ou en inhibiteurs passivants. Les premiers agissent plutôt par formation d’un
composé protecteur, précipité en surface, alors que les seconds agissent en aidant à la
formation d’une couche d’oxyde homogène et isolante. On peut remarquer que la quasi-
totalité des molécules inorganiques inhibitrices contiennent de l’oxygène dans leur
formule [15].

III.3.b Le mécanisme d’action électrochimique


On peut classer les inhibiteurs en fonction de leur mode d’action électrochimique. On
distingue alors : les inhibiteurs anodique, cathodique ou mixte (regroupant alors les deux
premières propriétés).

 Les inhibiteurs cathodiques


L’action de ces inhibiteurs se traduit par une diminution de la vitesse de la réaction
cathodique et donc par un déplacement du potentiel de corrosion vers des valeurs moins
nobles. Ce sont généralement des cations qui peuvent migrer vers la surface cathodique,
où ils précipitent sous formes de sels basiques ou d'hydroxydes, formant des films
adhérents et compacts. Les inhibiteurs cathodiques incluent des combinaisons de zinc, de
nickel, de magnésium, des phosphates alcalins… [13].

 Les inhibiteurs anodiques


Les inhibiteurs anodiques sont très nombreux, Ce sont généralement des substances
inorganiques, sont surtout des composés salins dont l’anion forme avec le métal un
produit insoluble se déposant sur la surface. La protection est efficace à la condition que
ce produit soit parfaitement adhérent et sans présence de pores qui pourraient initier une
corrosion par piqûres, de même, l’inhibiteur doit être en quantité suffisante afin de
recouvrir la totalité des microanodes sinon, la diminution de la surface active risquerait
alors d’entraîner des dommages plus importants que ceux qui se produiraient sans cette
protection [13].

Figure II-1 Formation des couches barrières a) cathodiques et b) anodiques interférant


avec les réactions électrochimiques, dans le cas d’une étude en milieu acide [25].

21
Protection contre la Corrosion

 Les inhibiteurs mixtes


Les inhibiteurs mixtes diminuent la vitesse des deux réactions partielles en modifiant peu
le potentiel de corrosion. Seuls quelques-uns des inhibiteurs mentionnés ci-dessus
peuvent devenir pleinement effectifs en liaison avec l'oxygène dissous ou avec les sels de
calcium. L'ajout simultané de deux inhibiteurs peut donner comme résultat la croissance
d’effet inhibiteur et il peut aussi éliminer aux faibles concentrations le risque à la
corrosion par piqûres [16]. Un tel inhibiteur consiste souvent en une combinaison d'agent
oxydant, comme le nitrate ou les chromates et un non oxydé, mais qui précipite comme
le silicate [16].

Figure II-2. Diagramme d’Evans montrant le déplacement du potentiel de corrosion dû


à la présence d’un inhibiteur de corrosion [16].

III.3.c Les mécanismes d'interface et principes d'action


Dans la classification liée au mécanisme réactionnel mis en jeu en fonction de leur mode
d’action, on peut distinguer différents types d’inhibiteurs : ceux agissant par adsorption,
par passivation ou par précipitation [16].

 Les inhibiteurs agissant par adsorption


Sont en général les inhibiteurs organiques. Ils empêchent l’action du milieu agressif en
se fixant sur la surface du métal. Leur fixation se fait principalement par la fonction active
de l’inhibiteur ; cependant, les parties polaires peuvent être également adsorbées. Ceux
qui agissent par adsorption chimique s’avèrent souvent plus efficaces que ceux agissant
par adsorption physique, car le partage des électrons renforce la liaison entre le métal et
l’inhibiteur. Généralement, la molécule inhibitrice agit comme donneur d’électrons alors
que le métal agit comme accepteur d’électrons [17].

22
Protection contre la Corrosion

Figure II-3 Représentation schématique des modes d’adsorption de molécules


organiques inhibitrices sur une surface métallique [18].

 Les inhibiteurs agissant par passivation


Sont en général les inhibiteurs minéraux. Ils provoquent la passivation spontanée du métal
en renforçant la couche d’oxyde formée naturellement sur la surface du métal. Ils se
réduisent sur les pores de la couche d’oxyde/hydroxyde plus ou moins protectrice qui se
forme naturellement sur la surface du métal. L’ion chromate est l’un des inhibiteurs
passivant par excellence mais son caractère cancérigène et sa forte toxicité réduisent
notablement son utilisation [17].

 Les inhibiteurs agissant par précipitation


Ils provoquent la formation d’un film superficiel constitué de sels minéraux ou de
complexes organiques peu solubles formés lors de la précipitation des produits de réaction
cathodique tout en bloquant la dissolution anodique. Il s’agit généralement de sels d’acide
faible et de base forte comme les borates, les silicates, les phosphates et les sels de zinc
[17].

23
Chapitre III Matériau et
procédures
Matériau et procédures

I. Introduction
Ce chapitre a pour but de présenter les méthodes expérimentales, électrochimique et
d’analyses, utilisées dans cette étude. Une description du matériau, de l’électrolyte, et des
montages effectués permet, dans un premier temps de fixer une démarche expérimentale.
Les techniques électrochimiques sont à leur tour présentées, de manière à souligner leur
intérêt et leur pertinence dans l’étude de comportement à la corrosion de l’acier
SM13CRS, et d’évaluer l’efficacité et le mécanisme d’action des inhibiteurs.

II. Etat brut


Le matériau ayant servi aux expériences de la présente étude est un acier inoxydable
supermartensitique SM13CRS qui est utilisé dans les produits tubulaires pour les champs
pétroliers (Oil Country Tubing Goods), qui a été fabriqué (sans soudure) par le procédé
de laminage.
Au départ le matériau était sous forme d’une canalisation de 4 pouces. Par la suite,
l’échantillonnage s’est fait de la manière suivante : l’acier a été découpé à froid sous
forme d’anneaux, il est ensuite coupé par scie mécanique manuelle sous forme de petits
cubes. La composition chimique est donnée dans la fiche technique du constructeur
NIPPON STEEL & SUMITOMO (Tableau IV.1).

Tableau III-1. Composition de l’acier supermartensitique.

C Si Mn Ni Cr Mo
≤ 0.03 ≤ 0.50 ≤ 0.50 5.0 ~ 6.5 11.5 ~ 13.5 1.5 ~ 3.0

D’après la fiche technique du fournisseur, le matériau SM13CRS est obtenu par


traitement de trempe-revenu.
L’échantillon utilisé dans notre étude est T3 trempé à l’eau après un maintien de 30 min
à une température de 1050°C puis revenu à une température de 700°C pendant 30min

 Estimation des temperatures Ms et Mf dans l’acier inoxydable à étudier


Comme introduit au deuxième chapitre, il est possible d’avoir une estimation des
températures de début et fin de la transformation martensitique d’après le pourcentage
des éléments d’alliages. A l’aide de notre composition chimique voici une estimation
primaire des températures Ms, Mf d’après l’équation de Goosh
Ms(C°)= 540 - 497 (0.03) - 6.3 (0.5) - 36.3 (5,75) - 10.8 (12.5) - 46.6 (2,25)
Ms(C°)=73,37°C
La température de fin de transformation dans les aciers inoxydables martensitique est
généralement inférieure par 100 °C en dessous de la température Ms
Mf= Ms - 100°C
Mf= -26,63°C

25
Matériau et procédures

III. Etats traités thermiquement


III.1. Matériel utilisé pour les traitements thermiques
Pour nos essais nous avons utilisé un four à résistance de marque NÜVE MF120, afin
d’effectuer les différents traitements thermiques (Figure IV-1).

Figure III-1 Four à résistance

III.2. Choix des températures des traitements thermiques


Les huit (8) échantillons de l’acier SM13CRS ont subi une trempe à l’eau après une
austénitisation de 30 min à 1050°C, après la trempe les échantillons ont subi un deuxième
traitement thermique de revenu, de température et de temps de maintien diffèrent. Pour
constater l'effet du revenu, un échantillon témoin subit uniquement le traitement de
trempe. Les températures et temps de maintien des échantillons ayant subi un traitement
thermique sont données dans le tableau IV.2 résume les traitements thermiques effectués.

Tableau III-2. Symboles des échantillons à étudié.

Symbole Signification
BL Brut sens Longitudinal
BT Brut sens Transversal
T0 Trempe 1050°C, 0.5h à l’eau
T1 Trempe 1050°C, 0.5h + Revenu 600°C, 1h à l’air
T2 Trempe 1050°C, 0.5h + Revenu 650°C, 1h à l’air
T3 Trempe 1050°C, 0.5h + Revenu 700°C, 0.5h à l’air

T4 Trempe 1050°C, 0.5h + Revenu 700°C, 1h à l’air

T5 Trempe 1050°C, 0.5h + Revenu 700°C, 2h à l’air

T6 Trempe 1050°C, 0.5h + Revenu 750°C, 1h à l’air

26
Matériau et procédures

Concernant l’échantillon brut nous avons pris deux directions, le sens long et le sens
transverse afin de voir s’il y a une différence entre les deux.
Les traitements thermiques effectués sont représentés dans la figure IV-2

1200 T3 Trempe 1050°C + Revenu 700°C, 30'

1000
Température (°C)

800

600

400

200

0
0 20 40 60 80 100 120 140 160
Temps (min)

Figure III-2. Cycles des traitements thermiques effectués.

Le choix de la température 1050°C assure une parfaite mise en solution de toutes les
phases préexistantes.
Le traitement de mise en solution est suivi par une trempe à l'eau, afin de rendre tous les
échantillons dans le même état structurale. Après, les échantillons subissent un revenu
aux températures (600°C, 650°C, 700°C et 750°C). Ces températures ont été choisies en
se basant sur le diagramme TTT de l’acier inoxydable supermartensitique présenté dans
la figure IV-3. Le diagramme démontre pourquoi la structure est martensitique et non pas
ferritique même à des très faibles vitesses de refroidissement, l’austénite (𝛾) se
trensforme en martensite, car la température de l’équilibre thermodynamique de la
transformation 𝛾 → 𝛼 est entre 750°C et 800°C, par contre la température du début
de la transformation martensitique est faible. Selon le constructeur SUMITOMO il n’est
pas nécessaire de construire le diagramme TTT de ces aciers par ce que la structure
devient martensitique quelle que soit la vitesse de refroidissement [19].

27
Matériau et procédures

Figure III-3. Diagramme TTT de l’acier inoxydables supermartensitique AISI 420


[20].

Les températures (600°C, 650°C, 700°C et 750°C) ont été choisies afin de mettre en
évidence les différentes phases figurantes dans le diagramme en jouant sur le temps de
maintien.

IV. Essais électrochimiques


Dans notre étude une cellule de polarisation est constituée de 3 électrodes, une électrode
de référence (calomel saturé), une contre-électrode en graphite et l’échantillon est
considéré comme électrode de travail. L’ensemble est branché à un instrument
électronique appelé potentiostat. Les électrodes sont placées dans la solution d'électrolyte,
généralement une solution qui ressemble le plus à l'environnement de travail effective à
l'essai. Dans la solution, un potentiel électrochimique (tension) est appliqué entre les
différentes électrodes. Le potentiel de corrosion (Ecorr) est mesuré par le potentiostat
comme une différence d'énergie entre l'électrode de travail et l'électrode de référence
(Figure IV-7).

28
Matériau et procédures

Figure III-4 Montage utilisé pour les essais électrochimiques.

IV.1. Solution de travail


L’électrolyte est préparé à partir d’une solution mère d’acide sulfurique (H2SO4) dont la
composition est :
Pureté Masse molaire Densité Normalité
96 ~ 98 % 98.07 g/mol 1.84 36.4N

Pour chaque essai on a utilisé une cellule électrochimique de 200 ml de volume de la


solution H2SO4 à 1.5N agitée et aérée préparé comme suit :
𝑁1 = 1.5𝑁
D’après la loi de dilution : 𝑁1 𝑉1 = 𝑁2 𝑉2 avec { 𝑉1 = 500 𝑚𝑙 𝑣𝑜𝑙𝑢𝑚𝑒 𝑑𝑒 𝑡𝑟𝑎𝑣𝑎𝑖𝑙
𝑁2 = 36.4𝑁

Donc le volume de la solution mère à diluer 𝑉2 = 20.60 𝑚𝑙.


Le pH est mesuré par un pH-mètre électronique model HANNA 211 dont la valeur est de
- 0.22.

29
Matériau et procédures

Figure III-5. pH-mètre électronique model HANNA 211.


En calculant le pH de la solution H2SO4, 1,5N donc (0,75M) analytiquement
H2SO4 2H+ + SO42- donc [H+] = 1,5M
pH= -Log[H+]  pH= -Log(1,5)= -0,17

IV.2. Electrodes de travail


Un fil électrique est inséré dans les échantillons à l’aide d’un perçage de 2,5mm de
diamètre, l’étanchéité est assure par une colle en silicone, pour éviter toute contamination
de l’échantillon (corrosion galvanique) comme illustré dans la figure IV-8.

Figure III-6. L’échantillon BL après perçage et insertion du fil électrique.

30
Matériau et procédures

Avant d’aborder les essais de polarisation, on commence par un essai d’immersion qui
consiste à immerger l’échantillon a étudié dans la solution de (H2SO4, 1.5N) pendant une
durée de 15min puis enregistrer le potentiel d’abandon (sans application de potentiel),
afin de fixer l’intervalle de balayage du potentiel.

V. Méthodes d'exploitation des résultats électrochimiques


Pour déterminer le potentiel et la densité de courant (Ecorr, icorr) de corrosion, la
représentation logarithmique de la densité de courant devient nécessaire. Cette
représentation permet de mettre en évidence la relation entre le logarithme de i et le
potentiel, lorsque cette dernière, en valeur absolue, est élevée.
La courbe Log(i) = f (E) donne la séquence des phénomènes résultant d'une combinaison
de processus anodique et cathodique à l'interface métal/solution. Nous utilisons pour cela
le logiciel OriginLab qui est un outil facilitant la manipulation des graphes et le calcul
des pentes.

V.1. Extrapolation des droites de Tafel


Cette méthode permet de déterminer d'une façon précise les paramètres électrochimiques
d'un métal au contact d'un électrolyte à savoir : la valeur instantanée de corrosion icorr, le
potentiel de corrosion Ecorr, les pentes de Tafel. Elle utilise les portions de la courbe
Log(i) = f(E), éloignées du potentiel de corrosion, c'est-à-dire les portions pour lesquelles
E >>> Ecorr (domaine anodique) ou E <<< Ecorr (domaine cathodique), elle est basée sur
l’équation de Buttler –Volmer :
E E
i = icorr expβa − icorr expβc (18)

βa et βc sont les coefficients de transfert


Avec : bi = 2,303βi

Pour la branche anodique (E >> Ecorr)

2,303(E−Ecorr )
ia = icorr exp ba

E − Ecorr = 𝑎 + 𝑏. 𝐿𝑜𝑔(𝑖)

ηa = 𝑎 + 𝑏. 𝐿𝑜𝑔(𝑖)

Ou ηa est la surtension anodique

Pour la branche cathodique (E << Ecorr)

2,303(E−Ecorr )
ia = icorr exp bc

E − Ecorr = 𝑎′ + 𝑏′. 𝐿𝑜𝑔(𝑖′)

η𝑐 = 𝑎′ + 𝑏′. 𝐿𝑜𝑔(𝑖′)

Ou ηc est la surtension cathodique.


31
Matériau et procédures

Les deux équations de Ƞa et Ƞa représentent la loi de Tafel sous sa forme simplifiée et


indiquent que la courbe [log (i) = f(E)] doit présenter une partie linéaire appelée
couramment «droite de Tafel».

Figure III-7.Détermination des paramètres électrochimiques à partir des droites de


Tafel [14].

V.2. Méthode de la résistance de polarisation


C’est une autre technique de détermination de la vitesse de corrosion. La mesure de la
résistance de polarisation consiste à faire un balayage de quelques millivolts autour du
potentiel de corrosion et de déterminer le courant correspondant, elle est déterminée par la
relation :
𝑑𝐸
( 𝑑𝑖 )i=0
La connaissance des valeurs des coefficients de Tafel et la mesure de la résistance de
polarisation permettent de déterminer la densité de courant de corrosion par la relation dite
de Stern et Geary :

1 𝑏𝑐 𝑏𝑎
𝑖𝑐𝑜𝑟𝑟 = ( )
2,3. 𝑅𝑝 𝑏𝑐 + 𝑏𝑎

32
Matériau et procédures

Figure III-8 Technique de la mesure de la résistance de polarisation.

VI. Préparation de la solution d’inhibiteur


Dans notre étude, nous avons utilisé une solution d’inhibiteurs d’extrait organique dont
les concentrations sont (60, 125, 250, 300, 500 et 1000ppm) après avoir dilué le volume
de l’inhibiteur, dans un même volume d’éthanol afin de les mélanger dans notre
électrolyte (H2SO4 à 1.5N).
Le volume d’extrait de l’inhibiteur utilisé est de 500 µL dilué dans 500 µL d’éthanol.
Après chaque mesure l’efficacité de l’inhibiteur est calculée selon la formule [21] [22]
𝑖𝑐𝑜𝑟𝑟 − 𝑖𝑐𝑜𝑟𝑟(𝑖)
EI% = × 100 (19)
𝑖𝑐𝑜𝑟𝑟

Avec icorr et icorr(i) sont les densités de courant sans et avec addition d’inhibiteurs.

33
Chapitre IV Résultats et
discussions
Résultats et discussions

I. Résultats de l’électrochimie
La figure IV-1 illustre la courbe de polarisation de l’echantillon T3 (trempe + revenu à
700°C , 30;) de l’acier SM13CRS dans une solution acide de H2SO4 1.5 N de pH égal à -
0.22. Un balayage potentiostatique de -1500 à 2000 mV/ECS nous a permis de constater
la présence de trois zones : une cathodique, une anodique et une zone de passivation.
Pour des potentiels inférieurs au potentiel de corrosion (Einit = -1500 mV/ECS à Ecorr
= -532 mV/ECS), l’acier ase situe dans son domaine d’activation cathodique et est une
cathode du point de vue électrochimique ; c’est alors la réaction de réduction d’hydrogène
qui contrôle le processus cathodique et masque la réaction de réduction de l’oxygène :

2H+ + 2e- → H2
1
O2 + H2O + 2e- → 2 OH-
2

30
Densité de courant (mA/cm²)
20

10
Potentiel (mV)
0
-1500 -1000 -500 0 500 1000 1500
-10

-20

-30

-40

-50

-60

-70

Figure IV-1 courbe de polarisation de l’echantillon T3.

Cette phase est accompagnée par un dégagement de bulles d’hydrogène à la surface


métallique. La densité de courant varie de moins en moins rapidement pour atteindre la
valeur nulle à Ecorr.
Dès que les potentiels imposés dépassent le potentiel d’équilibre, l’acier se retrouve dans
sa zone anodique. Nous proposons de diviser cette zone en trois domaines :

35
Résultats et discussions

 Domaine d’activité :

Ce domaine s’étend sur -270mV, l’acier étudié y est une anode du point de vue
électrochimique. La densité de courant s’accroît considérablement lorsque le potentiel
augmente, et ce jusqu’à un point critique (Nous expliquons ça par le fait que le matériau,
étant en anode, se corrode (s’oxyde) et passe en solution suivant l’équation :
Fe → Fe2+ + 2e-

 Domaine de prépassivité :

Nous remarquons une chute drastique de la densité de courant accompagnée de


fluctuations importantes. Ces variations sont interprétées par l’apparition d’une couche
d’oxyde provenant des produits de corrosion de l’acier ; cette couche freine le transport
de matière et ralentit donc la corrosion que subit le matériau.

 Domaine de passivité :
Pour des valeurs du potentiel allant du potentiel de passivation la densité de courant
oscille autour de 0 et varie faiblement, ce qui donne l’allure d’un pseudo-palier. Cette
zone est en réalité une zone de pseudo-passivité, vu qu’elle est caractérisée par la pseudo-
stabilité de la couche d’oxyde formée précédemment : sa présence est aussi liée à un
domaine de stabilité en pH, et devient généralement instable vers les milieux acides
comme celui que nous avons considéré. En conséquent, la couche d’oxyde n‘est pas
vraiment protectrice : elle est fragile et poreuse et se dissout en espèces Fe II et Fe III. Il
se crée alors une nouvelle interface triple (électrolyte/couche d’oxyde/métal) où la couche
d’oxyde gagne en épaisseur au détriment du métal, puis se dissout dans la solution.
L’exploitation semi-logarithmique nous permet de tracer les droites de Tafel extrapolées
afin de situer le point triple correspondant à l’équilibre pour enfin tirer la valeur du
potentiel de corrosion et de la densité de courant de corrosion.

Tableau IV-1 Résultats des essais potentiostatiques de l’échantillon T3 dans la solution


H2SO4 1.5N.

Echantillon Ecorr (mV icorr


ECS) (mA/cm²)
T3 -532 0,58

36
Résultats et discussions

II. Résultats de la protection


l'addition de 300 ppm et de 350 ppm d'extraits d’huile de clou de girofle a diminuer
potentiel Ecorr, et réduit la densité de courant (vitesse de corrosion ) et on constate une
augmentation de l'efficacité de l'inhibition% IE, ce comportement reflète les actes
d'extrait de clou de girofle comme inhibiteur de corrosion qui peuvent être liées à
l'adsorption de l’inhibiteur au niveau des sites actifs de la surface de l'électrode. D'autre
part, les valeurs numériques des deux pentes anodiques et cathodiques de tafel ont
diminuées à mesure que la concentration de l'extrait a augmenté, Ces résultats indiquent
que l'inhibiteur de notre l'étude agit comme un inhibiteur du type mixte.
Ces résultats confirment que l’huile de clou de girofle agit comme un inhibiteur de
corrosion efficace, l'efficacité de l'inhibition a augmenté lorsque la concentration a
augmenté jusqu'à 350 ppm, où l'efficacité de l'inhibition maximale (80,21%) a été obtenue
à une concentration de 350 ppm. Lorsque la concentration de l’inhibiteur est supérieure à
350 ppm, l'efficacité de l'inhibition commence à diminuer. Ainsi, il est conclu que la
réaction de dégagement d'hydrogène est catalysé à une concentration > 350 ppm à partir
de composés de clou de girofle.
Pour voir la différence on trace la superposition des courbes de polarisation de
l'échantillon T3 avec 350 et 400ppm d'inhibiteurs et sans inhibiteurs (Figure IV-2).

3
Densité de courant Log(i) (mA/cm²)

Potentiel (mV )
0
-2000 -1500 -1000 -500 0 500 1000 1500 2000 2500

-1
Sans inhibiteur
350 ppm
-2
400 ppm

-3

Figure IV-2 Courbes de polarisation de l'echantillon T3 avec 350, 400ppm d'inhibiteurs


et sans inhibiteurs.
Nous remarquons que les domaines anodiques et cathodiques ont été changé après
l’addition de l’inhibiteurs on remarque aussi que le domaine de passivation aussi a changé
ce qui implique que notre inhibiteur agit comme un inhibiteur mixte.
Apres dépouillement de résultats on trace le tableau IV-2 suivant qui résume les
paramètres de corrosion obtenus avant et après ajout de deux concentrations d’inhibiteurs.

37
Résultats et discussions

Tableau IV-2 Résultats électrochimiques de l’échantillon T3 après l'ajout d'inhibiteur à


350 et 400 ppm.

Concentration Ecorr (mV icorr Efficacité


de l’inhibiteur ECS) (mA/cm²) de
l’inhibiteur
EI%
0 ppm -532 0,58 -
350 ppm -515 0,114 80,21
400 ppm -517 0,34 41,44

Nous remarquons dans le tableau ci-dessus que lorsqu’on augmente la concentration de


l’inhibiteur dans la solution acide de H2SO4, le rendement a atteint la valeur de 80,21%
à 350 ppm. Pour la concentration 400 ppm le rendement de l’inhibiteur diminue jusqu’à
une valeur de 41,44%.

Le rendement optimal EI% de 80,21% est obtenu par addition de 350 ppm de l’inhibiteur
(Tableau IV.2). Ces résultats indiquent que la corrosion de l’acier SM13CRS peut être
inhibée efficacement avec une concentration qui atteint 300 ppm. L’augmentation du
rendement EI% est proportionnelle à la diminution de la densité de courant icorr. À la
concentration de 300 ppm, la plus basse valeur du courant de corrosion est produite grâce
à l’adsorption uniforme des molécules de l’inhibiteur sur la surface du métal [23].
Lorsque la concentration de l’inhibiteur est plus grande que la concentration optimale, la
solution devient saturée. Il y a une possibilité d’une forte interaction, entre les molécules
d’inhibiteur dans la solution et de l'inhibiteur attaché à la surface du métal de telle sorte
que cette couche, sera libérée à nouveau dans la solution [24].

38
Conclusion générale

L'étude électrochimique a été effectuée dans la solution H2SO4 à une concentration de


1,5N et pH = - 0.22 après addition de différentes proportions d’inhibiteurs (350 et 400
ppm)
Les résultats obtenus ont permis de tirer les conclusions suivantes :

 Les essais électrochimiques nous ont conduits à conclure que la concentration


optimale de notre inhibiteur est : 350 ppm

 L'emploi de ce composé organique dans les milieux acide doit être effectué avec
beaucoup de précautions car, l'augmentation des concentrations par rapport à la
valeur optimale provoque un déplacement du potentiel de corrosion vers des
valeurs moins nobles avec une augmentation de la densité de courant de
corrosion.

 Le processus d’inhibition a été mis en évidence par le déplacement du potentiel


de corrosion vers des valeurs plus nobles, et par la diminution des densités de
courant de corrosion.

 L’étude de l’efficacité inhibitrice de ce composé fait apparaitre une meilleure


efficacité de 80,21%.

Comme tout travail, nous pensons que ce travail a besoin d’être approfondi. Dans ce
contexte, nous proposons une optimisation plus poussée de la concentration en inhibiteur.
Il est vrai que la concentration de 350 ppm donne un rendement satisfaisant, mais le fait
de l’optimiser davantage serait encore plus rentable et rendrait donc le travail plus
productif.

D’autre part, la perspective d’effectuer une observation au MEB (microscopie


électronique à balayage), permettrait une maîtrise plus poussée en ce qui concerne la
microstructure des échantillons avant et après inhibition.

39
Bibliographie

[1] P. J. Cunat, Aciers Inoxydables - Propriétés - Résistance à la corrosion, M4541.,


Les techniques de l'ingénieur, édition 2000.

[2] H. Boulmeche, « Etude de l’efficacité du revêtement de machine du secteur


humide de la Tannerie de Jijel », Mémoire de Magister. Université de Skikda,,
2006.

[3] Fontana et Greene, « Technologie de la corrosion», Direction projets de centrale


génie, 1972.

[4] D.Landolt, « Corrosion et chimie de surface des métaux », Presses Polytechniques


et Universitaires Romandes, 1997.

[5] M.Ouchen, « Effet du pH DU milieu sur la corrosion de l’aciers inoxydable 304L


», PFE, université de hadj lakhdar Batna, 2013.

[6] J.J.Lamoureux, « Précis de corrosion », Groupe ABBDL, 1980.

[7] B. J et M. G, Métallurgie, élaboration, structures-propriétés, normalisation,,


collection « Les précis AFNOR/Nathan , 2005.

[8] G. Fontana, Corrosion Engineering, Third edition, Mars 1988.

[9] F. Hellal, Cours de Corrosion et Protection, Alger: Ecole Nationale Polytechnique,


2015.

[10] J. Scully, Corrosion Protection, principes fondamentaux,, MASSON, 1995.

[11] H. Uhlig, Corrosion et protection,, Paris: Dunod , 1970.

[12] H. Norman, Scope and importance of inhibitor technology, NACE Corrosion


Inhibitors. USA: National Association of corrosion Engineers, , 1973.

[13] P. Bommersbach, Evolution des propriétés d’un film inhibiteur de corrosion sous
l’influence de la température et des conditions hydrodynamique, 2005.

[14] C. Fiaud, inhibiteur de corrosion, Techniques d’ingenieurs , 1990.

[15] I. Rozenfeld, Corrosion inhibitors., McGraw-Hill, 1981.

[16] F. Khoukhi, Etude de l’efficacité de deux inhibiteurs de corrosion dans les milieux
multiphasiques (Eau, huile et gaz), Boumerdes, 2008.

[17] F. Constantin, Étude de l’efficacité d’inhibiteurs de corrosion utilisés dans les


liquides de refroidissement, 2011.

40
[18] F. Donahue et K. Nobe, Theory of organic corrosion inhibitors. Adsorption and
linear free energy relationships., J. Electrochem Soc, 1965, p. 886.

[19] J. Enerhaug, A STUDY OF LOCALIZED CORROSION IN SUPER


MARTENSITIC STAINLESS STEEL WELDMENTS, Trondheim: The
Norwegian University of Science and Technology (NTNU), 2002.

[20] Communication with dr. Ueda, Sumitomo, Tokyo: Sumitomo steels, 1998.

[21] H. Hazwan, K. N. Jain, R. N, H. Dahon et D. Nasshorudin, “The effect of


Tinospora crispa extracts as a natural mild steel corrosion inhibitor in 1 M HCl
solution”, Arabian Journal of Chemistry, 2011.

[22] H. G. a. P. S. H. Gerengi, “The inhibition effect of mad honey on corrosion of


2007-type aluminium alloy in 3.5% Nacl Solution”, Materials Research, vol. 17,
no. 1, 2014, pp. 255-265.

[23] F. Kandemirli and S. Sagdinc, Theoretical study of corrosion inhibition of amides


and thiosemicarbazones, Corrosion Science, vol. 49, no. 5., 2007, p. 2118–2130.

[24] A. M. Fekry and M. A. Ameer, Electrochemical investigation on the corrosion and


hydrogen evolution rate of mild steel in sulphuric acid solution, International
Journal of Hydrogen Energy, vol. 36, no. 1, 2011, p. 11207–11215.

41

Vous aimerez peut-être aussi