Cours Capteur
Cours Capteur
Un capteur est un organe de prélèvement d'information qui élabore à partir d'une grandeur
physique que l’on nomme le mesurande (m), une autre grandeur physique (s) de nature
différente (très souvent électrique). Cette grandeur représentative de la grandeur prélevée est
utilisable à des fins de mesure ou de commande.
C’est un élément mécanique qui réagit à la grandeur à mesurer (mesurande), il à pour rôle de
transformer la grandeur à mesurer en une autre grandeur physique dite mesurable. Cette
grandeur constitue la réaction du corps d’épreuve.
C’est un élément sensible lié au corps d’épreuve. Il traduit les réactions du corps d’épreuve en
une grandeur électrique constituant le signal de sortie.
1.2.3. Conditionnement électronique du signal électrique:
C’est la différence algébrique entre les valeurs extrêmes pouvant être prises par la grandeur à
mesurer, pour laquelle les indications d’un capteur ne doivent pas être entachées d’une erreur
supérieure à la valeur maximale tolérée.
1.3.2. Sensibilité :
1.3.3. Résolution :
Elle correspond à la plus petite variation du mesurande que le capteur est susceptible de
déceler.
1.3.4. Rapidité :
C’est la qualité d’un capteur à suivre les variations du mesurande. On peut la chiffrer de
plusieurs manières :
Elle définie l’écart que l’on peut obtenir entre la valeur réelle et la valeur obtenue en sortie du
capteur. La précision fait appel à la notion de fidélité et de justesse, puisqu’un capteur juste et
fidèle est un capteur précis.
La sortie est une grandeur électrique dont la valeur est une fonction de la grandeur physique
mesurée par le capteur. La sortie peut prendre une infinité de valeurs continues.
Information en sortie
du capteur
La sortie est une séquence d'états logiques ou binaires qui, en se suivant, forme un nombre. La
sortie peut prendre une infinité de valeurs discrètes.
Information en sortie du
capteur
La sortie est un état logique que l'on note 1 ou 0. La sortie peut prendre ces deux valeurs.
- DEL allumée/éteinte ;
Ces capteurs génèrent une information électrique de type binaire (Vrai ou faux) qui
caractérise le phénomène à détecter ou capter.
Information en sortie
du capteur
Le capteur étant observable de l’extérieur au travers du signal électrique qu’il produit, peut
être vu soit comme un générateur soit comme une impédance. Dans le premier cas on parle de
capteur actif : le signal est une charge (un courant ou une tension). Dans le second cas on
parle de capteur passif : le signal est une impédance (résistance, inductance ou capacité).
Un capteur actif est généralement fondé dans son principe sur un effet physique qui assure la
conversion en énergie électrique de la forme d'énergie propre à la grandeur physique à
prélever, énergie thermique, mécanique ou de rayonnement.
[Link] Les effets physiques les plus classiques sont :
T2 T1
F
e
•l’effet Hall : Un capteur de Hall est un capteur de champ magnétique B qui consiste en un
barreau de semi conducteur alimenté par un courant I (c’est donc un capteur actif). Sous
l’effet du champ à mesurer divers phénomènes entrent en jeu (force de Lorentz, champ de
Hall consécutif, …) et il apparait entre les faces supérieure et inférieure du barreau une
tension VH proportionnelle à B qui constitue le signal de sortie.
Le capteur se comporte en sortie comme un dipôle passif qui peut être résistif, capacitif ou
inductif. La mesure de l'impédance permet ensuite de déduire la valeur du mesurande. Cette
mesure nécessite l'utilisation d’un circuit électrique alimenté.
Les éléments passifs les plus utilisés sont :
Ce type de capteur peut être modélisé par une f.é.m avec une résistance en série. Le
conditionneur doit avoir une forte impédance d’entrée pour isoler le capteur du reste de la
chaîne de mesure. On pourra utiliser un montage suiveur (inverseur ou non), ou un
amplificateur d’instrumentation.
Rc
Vs Re
ec
Capteu Conditionneur
.
r
R2
R1
+ R1 R2
Vs = ec + Vs ec
ec Rc ec Rc R1
Dans ce cas, le capteur peut se modéliser par une source de courant avec une résistance en
parallèle. On fait appel dans ce cas à un convertisseur courant-tension de manière à obtenir
une tension proportionnelle au courant de sortie du capteur.
R
ic Rc
Vs Re ic +
Rc Vs=-R ic
Capteur Conditionneur
Convertisseur courant-tension.
Dans ce cas, le capteur peut se modéliser par une source de courant ic=dq/dt avec une capacité
Cc en parallèle. C’est le cas d’un cristal piézo-électrique. On fait appel dans ce cas à un
convertisseur charge-tension de manière à obtenir une tension proportionnelle à la charge de
sortie du capteur.
Cc
ic=dq/dt Vs Re
dq + q
ic Cc Vs
dt C
Capteur Conditionneur
Convertisseur charge-tension.
dq +
ic Cc Vs
dt
Ce type de capteurs donne une image du mesurande par l’intermédiaire d’une impédance. On
associe donc toujours une source externe de tension ou de courant aux capteurs. On distingue
les montages potentiométriques, les montages à pont et les montages oscillants.
A. Montage potentiométrique
On utilise un simple pont diviseur alimenté par une source de tension continue ES.
L’impédance interne de la source (RS) et l’impédance de l’appareil de mesure (Rd) doit être
prises en compte. Le capteur est modélisé par la résistance RC montée en parallèle avec
l’impédance d’entrée de l’appareil de mesure Rd.
Rs R1
Es
Appareil
Rc Vs Rd
de
mesure
La tension Vs est mesurée aux bornes du capteur par un appareil de mesure de résistance
d'entrée Rd.
Rc Rd
Vs Es
Rc R1 RS Rd RS R1 Rc
Rc Rd
Vs Es
Rc R1 Rd R1 Rc
Rc Rd
donc Vs Es
Rd R1 Rc
Rc
Vs Es
R1 Rc
On constate que la relation qui lie la tension de sortie (VS) au paramètre image du mesurande
(RC) n’est pas linéaire. La sensibilité du montage n’est donc pas constante
a. Linéarisation de la mesure
Pour linéariser la réponse du capteur afin d’obtenir ΔVS proportionnel ΔRC, On utiliser le
Fonctionnement en petits signaux: Dans ce cas on se place : aux petites variations du
mesurande:
Alors on obtient
( )
( )
C’est une relation linéaire d’où on peut directement extraire la sensibilité du capteur laquelle
est donnée par ⁄ . Cette sensibilité du montage potentiométrique est maximum si
on choisit : .
Soit:
Rs R1
Es
Appareil Is Rs Rc Vs
Rc Vs Rd
de
mesure
B. Montage en pont
L’utilisation d’un montage potentiométrique présente le défaut d’avoir en sortie la présence
d’une tension continu, et ceci en l’absence de variations du mesurande. L’emploi d’un
montage en pont présente l’avantage de s’affranchir de cette tension continue.
R1 R3
Es Vs
B
A
R2 R4
R2 R4
VA Es et VB Es
R1 R2 R3 R4
R2 R3 R1 R4
Il vient alors : Vs E
R1 R2 R3 R4 s
La condition d’équilibre du pont (Vs=0) est donnée par : R2R3 = R1R4 .
Cas 1 (montage en quart de pont) : Dans ce cas, le pont est constitué de trois résistances
fixes R2=R3=R4=Rco et un seul capteur résistif : R1=Rc(+)=Rco+Rc.
C
R1 R3
Es Vs
A B
R2 R4
D
Fig.1.18. Montage 1/4 de pont
E s Rc Rco
Vs
4 1 Rc 2 Rco
La tension Vs n’est pas proportionnelle à Rc . Pour de très faibles variations de Rc,
E Rc
Rc<<Rco , on peut linéariser la relation entre Vs et Rc : Vs s
4 Rco
Cas 2 (montage en demi pont) : on utilise deux résistances variables (deux capteurs) avec le
choix : R1=Rc(+)=Rco+Rc , R2=Rc(-)=Rco-Rc , R3=R4=Rco .
C
R1 R3
Es Vs
A B
R2 R4
D
Fig.1.19. Montage 1/2 de pont
Es Rc
Vs
2 Rco
Cas 3 (montage en pont complet): on utilise quatre résistances variables (quatre capteurs)
avec le choix : R1=R4=Rc(+)=Rco+Rc R2=R3=Rc(-)=Rco-Rc .
C
R1 R3
Es Vs
A B
R2 R4
D
Fig.1.20. Montage en pont complet
Rc
Vs E s
Rco
A. Montage potentiométrique
Le capteur est capacitif (capteur de niveau par exemple) ou inductif (capteur de position). On
utilise alors une source d’alimentation sinusoïdale associée à un pont diviseur.
R1 Z c 1
Vs E s
R1 Z co 2 1 Z c R1 Z co
R1 Z c
Vs E s
R1 Z co 2
En utilisant une source de courant : Vs = Is Zc , si la résistance interne de la source est très
élevée devant |Zc|.
Rs R1
Es ~
Zc Is Zc Vs
Vs
B. Pont d’impédances
Z 2 Z1 E s
Vs
Z2 Z2 2
L E s
Vs
L0 2
C E s
Vs
C0 2
( )
Ou
Soit :
( ) ou ( )
C.2. Oscillateurs sinusoïdaux
La fréquence d’un oscillateur sinusoïdal peut être fixée, en particulier, par la résonance d’un
circuit constitué d’une bobine d’inductance L0 et d’un condensateur de capacité C0 associés
en série ou en parallèle. Le circuit présente une impédance purement résistive à la fréquence
de résonance F0 dont l’expression est :
. Habituellement, Si bien que l’on peut généralement poser dans tous les
Lorsqu’un capteur inductif ou capacitif est l’un des éléments du circuit résonant, ces
variations de réactance entraînant un changement de la fréquence de résonance . Selon le
type de capteur et en supposant le cas des faibles amplitudes :
( ) ou ( )
2.1. Introduction
Les capteurs sont caractérisés par des impédances de sorties non nulles, des tensions de sorties
faibles et travaillent dans des milieux hostiles. Pour cela l’utilisation des amplificateurs est
nécessaire afin d’améliorer le niveau du signal de sortie et minimiser les effets des
perturbations externes.
Dans tous les schémas électroniques, on représente l’ampli-op par un symbole graphique. On
peut utiliser le schéma de la Figure2.1.
- Son amplification aux fréquences basses est considérable (par exemple de 103 à 109)
- Bien sur, quelque soit le gain, la tension de sortie ne peut jamais dépasser la tension
d'alimentation,
Pour obtenir la Fonction de transfert on déterminer Vs(t)en fonction de Ve(t)et des éléments
du montage, Plusieurs méthodes sont envisageables, A titre d’exemple en voici trois.
Montage en contre réaction négative, donc ε = 0, donc V+=V- L’A.O. est idéal: I+= I-= 0
Et
On obtient
Théorème de Millman :
On obtient
Le théorème de superposition :
On obtient
On remarque qu’un signal positif en entrée devient négatif en sortie. Donc le gain du montage
est fixé par les valeurs des résistances. Comme l’entrée non inverseuse est reliée à la masse,
indirectement l’entrée inverseuse l’est aussi ! On dit encore que l’entrée inverseuse est une
masse virtuelle.
(a) (b)
Commande de Entrée
commutateurs
numérique
R/8
R
R/4
R/2
R
Ve +
Vs
A1
V1
A2 Vs
V2
On définit :
Tension différentielle : Vd = V2 – V1
Tension de mode commun : Vmc = (V2+V1)/2
Gain différentiel : Ad = (A2 + A1)/2
Gain de mode commun : Amc = A2 – A1
Ad
Taux de réjection de mode commun : Trmc
Amc ou en décibel
Ad
Trmc 20 Log10
Amc .
1
Ou encore : Vs Ad Vd Vmc
Trmc
Cette expression met en évidence deux termes, l'un proportionnel à la tension différentielle
(signal utile), et l'autre proportionnel à la tension de mode commun (signal perturbateur).
L’influence de Vmc est d’autant plus faible que Trmc est élevé. En pratique, un amplificateur
1
différentiel est approprié à une mesure si : Vd min Vmcmax . Plus le Trmc est grand, plus
Trmc
l’amplificateur est performant. Notons que la tension de mode commun dans un ampli
différentiel ne doit pas dépasser la tension d’alimentation de l’ampli. Par exemple, il sera hors
de question de faire rentrer un signal ayant une tension de mode commun de 20V sur un ampli
différentiel alimenté en ±15V.
Cet amplificateur est réalisé par un amplificateur opérationnel est quatre résistances.
R1 R3
V-
V1
R2
V+ +
R4 Vs
V2
R4 R3 R1
V V2 et V V1 V2
R2 R4 R1 R3 R1 R3
R4 R1 R3 R
D’où il vient : Vs V2 3 V1
R1 R2 R4 R1
R4 R1 R3 R
Qui peut être écrite sous la forme : Vs A2 V2 A1 V1 ; A2 et A1 3
R1 R2 R4 R1
R1 R4 R2 R3
Amc A2 A1 ,
R1 R2 R4
et le gain différentiel :
A2 A1 R1 R3 R4 R3
Ad
2 2 R1 R2 R4 R1 R3
Afin de réduire l’effet de la tension de mode commun, on doit minimiser le gain Amc. En
effet, ce dernier est nul si : R1 R4 R2 R3 0 soit R3 R1 R4 R2 .
R3
Avec cette condition, le gain en mode différentiel devient : Ad .
R1
Supposons que toutes les résistances R1 à R4 sont définies à une tolérance près. On a :
Ad min
Trmc où Ad min Adn Ad ; Amc max Amcn Amc
Amc max
Avec Adn est la valeur nominale de Ad et Amcn est la valeur nominale de Amc .
1 Adn
Après calcul on arrive à : Trmc .
4e
On constate que le Trmc va augmenter quand la tolérance sur les résistances va se resserrer, et
de plus, il va augmenter avec le gain différentiel Adn . Ce résultat est important, car il montre
que le plus mauvais cas sera celui du gain unité. Notons que l’ampli opérationnel à son propre
Trmc et qui devrait être pris en compte dans le calcul du Trmc global du montage.
Ce montage est caractérisé par une impédance d’entrée faible, un gain difficilement réglable
car pour faire varier le gain il faut toujours changer deux résistances, et un Trmc dépendant du
Trmc de l’ampli op et de la tolérance des résistances utilisés.
Remarque : pour les forts gains, le plus gros problème qu'on va rencontrer sur un montage
différentiel simple est la faiblesse des impédances d'entrée. Il existe un montage dit
‘potentiomètrique’ qui permet de résoudre ce problème, et de plus, autorise l'ajustage du gain
avec une seule résistance (R5).
R1 R3 R5
R6
V1
R2
+
V2 R4 Vs
Fig.2.6. Montage potentiométrique.
R1 R2 R3 R4
+ +
V1 V2 Vs
Les amplis opérationnels sont supposés parfaits. On peut facilement calculer l’expression de
la tension de sortie:
R3 R4 R R R2
Vs V2 4 1 V1
R3 R3 R1
R1 R3 R2 R4 1 R R
Amc , et Ad 1 4 2 2
R1 R3 2 R3 R1
R1 R4
Le gain Amc est nul si : .
R2 R3
R1
Dans ce cas, Ad 1
R2
Ce montage possède une très grande impédance d’entrée (égale à l’impédance d’entrée de
l’ampli opérationnel). Mais il n'apporte rien par rapport au montage simple pour ce qui est du
mode commun et de la faculté d'ajustage : il faut apparier les composants de la même manière
pour obtenir un bon Trmc, et il faut changer deux composants pour ajuster le gain.
Etage 1 Etage 2
+ R1 R3
V1
Rb V’1
Ra if
+
Rc Vs
R2 R4
+ V’2
V2
La mise en équations du montage est très simple, on va encore utiliser le fait que les amplis op
sont supposés parfaits. Le courant circulant dans les résistances Ra, Rb et Rc sera donc le
même, ce qui permet d’écrire :
V1 V2
if
Ra
V1 V1 Rb i f
V2 V2 Rc i f
Soit encore :
R R
V1 1 b V1 b V2 ,
Ra Ra
R R
V2 1 c V2 c V1
Ra Ra
Et on a :
R4 R1 R3 R
Vs V2 3 V1
R1 R2 R4 R1
Enfin :
R R3 1 Rc Ra R4 R3 Rb R R3 Rc Ra R4 R3 R
Vs 1 V2 1 1 b V1
R2 R4 R1 R1 Ra
R2 R4 R1 R1 Ra
R1 R4 R2 R3
En calculant le gain en mode commun, on trouve : Amc
R1 R2 R4
R3 Rb Rc
Avec cette condition, le gain Ad est donnée par : Ad 1
R1 Ra
Ce résultat montre la possibilité de faire varier le gain Ad sans altérer le gain Amc. En pratique,
Rb
on prend Rb=Rc et R1=R2=R3=R4 ce qui donne : Ad 1 2 . On peut donc faire varier le
Ra
gain différentiel en changeant la résistance Ra.
Le Trmc de cet amplificateur en fonction de la tolérance e des résistances R 1 à R4 est
1 R
approximé par: Trmc 1 2 b . Ce résultat montre qu’on pourra augmenter le Trmc en
2e Ra
variant la résistance Ra sans modifier le gain de mode commun.
Ce montage possède une très grande impédance, un gain réglable par une seule résistance et
permet d’avoir un Trmc élevé.
4. Amplificateur d’isolement
Dans le cas de très fortes tensions de mode commun (>2kV) ou de tensions de mesure très
faibles (<µV), on est amené à utiliser des amplificateurs d’isolement qui présentent des
TRMC supérieurs à 160dB :
Une isolation « physique » est réalisée entre l’entrée différentielle et la sortie. La réalisation
de cette isolation peut être de différent type :
3.1.1. Filtre : Un filtre est un circuit électrique qui a pour but de laisser, dans un spectre de
fréquence donné une certaine bande de fréquence en éliminant les autres. D’une manière
générale, on dira qu’un filtre électrique est un circuit qui apporte une modification à
l’amplitude ou à la phase des composantes spectrales d’un signal. Un filtre est donc un
sélecteur de fréquence. Un filtre sera vu aussi comme un quadripôle chargé de sélectionner
une certaine gamme de fréquence
Fig.3.1. filtre
( )
( )
( )
: Pulsation du signal
| ( )| [ ]
3.1.3. Bande coupée (bande atténuée) : On appelle « bande bloquée » ou « bande coupée »
l’intervalle de fréquence où les composantes du signal sont éliminées, on peut dire aussi que
c’est l’intervalle de fréquence où l’affaiblissement est grand par rapport à celui de la bande
passante.
3.1.4. Fréquence de coupure : Fréquence pour laquelle le signal de sortie subit une
atténuation (en général une atténuation de 3db)
3.1.5. Gabarit : C’est un diagramme qui représente les conditions nécessaires à la réalisation
d’un filtre ; Ces conditions sont :
1- La fréquence de coupure
On peut distinguer quatre types de filtre selon leurs fonctions : Filtre passe bas, Filtre passe
haut, Filtre passe bande, Filtre coupe bande(Rejet).
Les courbes idéales de la Fg 3.2. Montrent les quatre types de filtres principaux. Les deux
premiers, le filtre passe-bas et le filtre passe-haut, ont tous deux une bande passante et une
bande atténuée. La fréquence qui sépare les deux bandes est appelée la fréquence de coupure.
Le nom de ces filtres vient de la région dans laquelle les fréquences passent de l’entrée `a la
sortie : pour un passe-bas, ce sont les fréquences plus faibles que la fréquence de coupure qui
passent, tandis que pour le passe-haut, ce sont les fréquences plus élevées qui passent. Les
termes bas et haut sont relatifs ici; ils ne font référence qu’`a la fréquence de coupure.
Les deux autres types de filtres ont deux fréquences de coupure. Le filtre passe-bande permet
de passer seulement les fréquences entre les deux fréquences de coupure; le filtre ` a rejet (ou
filtre coupe-bande) laisse passer tout sauf ce qui est entre les deux fréquences de coupure.
On analysera ici trois types de filtres : deux filtres passifs, soit le filtre RL série et RC série, et
l’implantation avec ampli-op d’un filtre passe-bas.
Le circuit du filtre RL série est montré à la Fig3.3. L’entrée du circuit est une tension
sinusoïdale de fréquence variable. La sortie du circuit est la tension aux bornes de la
résistance.
On peut analyser ce circuit de façon qualitative pour voir s’il fonctionne comme un filtre
passe-bas. En effet, à de basses fréquences, l’inductance (dont l’impédance est jωL), agit
comme un court-circuit. La tension de la source se rend donc à la résistance. À hautes
fréquences, l’inductance agira comme un circuit ouvert, puisque son impédance sera très
élevée. Il n’y a donc pas de signal qui se rend à la résistance. On voit bien que ce circuit est un
filtre passe-bas : les signaux de basse fréquence se rendent à la sortie, tandis que ceux de
hautes fréquences ne s’y rendent pas.
Fréquence de coupure
La fréquence de coupure pour des filtres réels est la fréquence à laquelle l’amplitude de sortie
est à ⁄√ de la valeur maximale :
| ( )|
√
C’est la définition la plus utilisée en génie électrique. Le terme ⁄√ peut parâtre arbitraire,
mais à cette tension, la puissance a diminué de moitié.
Le circuit RL série peut être analysé pour déterminer sa fréquence de coupure. On cherche
alors la fonction de transfert du filtre :
⁄
( )
⁄
⁄
( )
⁄
On sépare cette dernière équation en deux parties : une pour l’amplitude, et l’autre pour la
phase
⁄
| ( )|
√ ( ⁄ )
( ) ( )
⁄
| ( )| ( )
√ √ ( ⁄ )
Cette équation donne un résultat important : on peut choisir la fréquence de coupure voulue en
faisant un choix approprié de R et L.
Un circuit RC série peut aussi servir de filtre passe-bas. Dans ce cas-ci, la sortie est sur la
capacitance et non la résistance, contrairement au circuit RL série. Le circuit est montré à la
figure.3.4.
Fréquence de coupure
⁄
( )
⁄
⁄
| ( )|
√ ( ⁄ )
⁄
| ( )| ( )
√ √ ( ⁄ )
On obtient :
( )
N’importe quel circuit ayant une fonction de transfert de la même forme que l’´equation
précédente agira comme un filtre passe-bas.
Une autre relation importante à propos des deux filtres présentés est la relation entre la
fréquence de coupure et la constante de temps. En effet, si on compare la constante de temps
des circuits RL et RC série et leur fréquence de coupure, on obtient :
[Link]. Filtre passe-bas actif
On peut aussi réaliser les filtres avec des circuits à ampli-op. L’avantage de ces circuits est
qu’ils permettent d’amplifier les signaux voulus. Un filtre passe-bas à base d’ampli-op est
présenté à la figure 3.5.
⁄
( )
⁄
Ce qui est de la même forme que la forme générale, autre que le gain−R2/R1. La fréquence de
coupure de ce filtre est
Pour faire un design avec ce genre de filtre, il faut choisir les valeurs de R 2 et C en premier
pour obtenir la fréquence de coupure voulue, puis choisir la résistance R1 pour obtenir le gain
désiré.
On analyse maintenant les filtres passe-haut. Il s’agit des mêmes circuits que ceux vus à la
section précédente, mais branchés différemment. On utilise le circuit RC série, RL série et
avec ampli-op.
Le premier filtre passe-haut étudié est le filtre RC série, `a la figure 3.6. La configuration est
presque la même que le filtre passe-bas, sauf qu’on a échangé la résistance et la capacitance.
La sortie est sur la résistance.
Fig.3.6. Filtre passe-haut RC série
( )
⁄
( )
⁄
| ( )|
√ ( ⁄ )
Et le déphasage est
( )
Ce qui est la même fréquence de coupure que dans le cas du filtre passe-bas.
[Link]. Filtre actif passe-haut
Tout comme le filtre actif passe-bas, on peut réaliser un filtre actif passe-haut. Un filtre passe-
haut à base d’ampli-op est présenté à la figure 3.7.
( )
⁄ ⁄
Pour faire un design avec ce genre de filtre, il faut choisir les valeurs de R1 et C en premier
pour obtenir la fréquence de coupure voulue, puis choisir la résistance R2 pour obtenir le gain
désiré.
Le prochain type de filtre analysé sera le filtre passe-bande. Ce type de filtre permet de filtrer
les fréquences qui sont en dehors de sa bande passante. Ce genre de filtre est un peu plus
complexe que les autres filtres.
[Link]. Caractéristiques
La figure3.8 montre un filtre passe-bande RLC série. Comme les autres types de circuits, on
peut faire une analyse qualitative en premier pour vérifier le fonctionnement de ce circuit.
Noter que la sortie du filtre est aux bornes de la résistance.
A basses fréquences, la capacitance agit comme un circuit ouvert, et donc aucun courant ne
circule dans la résistance. À haute fréquences, l’inductance agit comme un circuit ouvert,
empêchant un courant de circuit dans la résistance. Entre les hautes et basses fréquences, la
capacitance et l’inductance permettent à l’entrée de se rendre à la sortie puisque leurs
impédances ne sont pas trop élevées. À une certaine fréquence, l’impédance de la capacitance
(qui est négative) annule l’impédance de l’inductance, l’amplitude de la fonction de transfert
est réelle, et la tension `a la sortie est la même que celle `a l’entrée.
La fig.3.9. montre la réponse typique d’un filtre passe-bande. Les fréquences de coupure sont
définies par les points où l’amplitude atteint 0.707 de la valeur maximale.
On peut faire une analyse quantitative du filtre RLC série pour déterminer les paramètres. La
fonction de transfert du filtre est :
( ⁄ )
( )
( ⁄ ) ⁄
Fig.3.9. Réponse en fréquence d’un filtre passe-bande RLC série
( ⁄ )
| ( )|
√( ⁄ ) ( ( ⁄ ))
Et le déphasage est :
( ⁄ )
( ) ( )
⁄
On peut maintenant calculer les cinq paramètres qui caractérisent le filtre passe-bande. En
premier, la fréquence centrale est définie comme étant la fréquence où la fonction de transfert
est purement réelle. Ceci se produit au point où l’impédance de la capacitance annule celle de
l’impédance, soit
Les fréquences de coupure sont calculées de la même façon que d’habitude, on isole ω
pour ( ) ⁄√ . Lorsqu’on effectue les calculs, on trouve 4 fréquences, mais seulement
deux ont une signification physique. Les deux fréquences de coupure sont :
√( ) ( )
√( ) ( )
La largeur de bande du filtre est la différence entre ωc2 et ωc1. On trouve donc
Pour réaliser un filtre passe-bande actif, il suffit d’utiliser un filtre passe-bas en cascade avec
un filtre passe-haut. La fréquence de coupure du filtre passe-bas doit être plus élevée que la
fréquence de coupure du filtre passe-haut. On obtient le circuit de la figure 3.10. Noter qu’on
ajoute généralement un amplificateur inversant `a la sortie.
Le dernier type de filtre étudié est le filtre coupe-bande. Ce genre de filtre permet de tout
passer `a la sortie sauf certaines fréquences. Un exemple d’application est un filtre qui permet
d’´eliminer un canal TV d’une transmission.
[Link]. Filtre coupe-bande RLC série
Le premier circuit étudié est le circuit RLC série, montré à la fig.3.11. Il s’agit du même
circuit que le passe-bande, sauf que la sortie est prise aux bornes de l’inductance et la
capacitance en série
On peut faire maintenant une analyse quantitative du filtre coupe-bande RLC série. La
fonction de transfert de ce circuit est :
⁄ ⁄
( )
⁄ ( ⁄ ) ( ⁄ )
Et le déphasage,
( ⁄ )
( ) ( )
⁄
Les fréquences de coupure sont les même que celle du filtre passe-bande. Les deux fréquences
de coupure sont :
√( ) ( )
√( ) ( )
La largeur de bande du filtre est la différence entre ωc2 et ωc1. On trouve donc
( )
[Link]. Filtre coupe-bande actif.
De la même façon que le filtre passe-bande actif, on peut construire un filtre coupe bande actif
en utilisant un filtre passe-bas et un filtre passe-haut. Ce filtre aura trois caractéristiques
importantes :
1- Le gain du filtre passe-bas est unitaire, et sa fréquence de coupure sera la plus petite des
deux fréquences de coupure.
2- Le filtre passe-haut aura un gain unitaire aussi, et sa fréquence de coupure est la plus élevée
des deux.
3- Le gain de l’amplificateur donne le gain voulu dans la bande passante. La plus grosse
différence est que ces circuits sont en parallèle et non en cascade comme c’est le cas pour le
filtre passe-bande. On utilise un amplificateur à sommation à la sortie. Le circuit est montré à
la Fig.3.13.