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Cours Capteur

Le document traite des capteurs et de leur chaîne d'acquisition, en définissant les capteurs comme des dispositifs qui transforment une grandeur physique en un signal électrique. Il décrit la constitution d'un capteur, ses caractéristiques métrologiques, ainsi que les différentes classifications de capteurs, notamment analogiques, numériques et logiques. Enfin, il aborde les conditionneurs de capteurs actifs et passifs, expliquant leur fonctionnement et les montages associés.

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Cours Capteur

Le document traite des capteurs et de leur chaîne d'acquisition, en définissant les capteurs comme des dispositifs qui transforment une grandeur physique en un signal électrique. Il décrit la constitution d'un capteur, ses caractéristiques métrologiques, ainsi que les différentes classifications de capteurs, notamment analogiques, numériques et logiques. Enfin, il aborde les conditionneurs de capteurs actifs et passifs, expliquant leur fonctionnement et les montages associés.

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Chapitre 1:Capteurs et chaîne d’acquisition

1.1. Définitions d’un capteur :

Un capteur est un organe de prélèvement d'information qui élabore à partir d'une grandeur
physique que l’on nomme le mesurande (m), une autre grandeur physique (s) de nature
différente (très souvent électrique). Cette grandeur représentative de la grandeur prélevée est
utilisable à des fins de mesure ou de commande.

Fig.1.1. Fonction essentielle du capteur

1.2. Constitution d’un capteur:

mesurande mesurande grandeur signal


primaire secondaire électrique électrique
Corps Elément de Conditionneur
d’épreuve transduction

Fig.1.2. Constitution d’un capteur :

Les parties constitutives d’un capteur sont les suivantes :

1.2.1. Corps d’épreuve:

C’est un élément mécanique qui réagit à la grandeur à mesurer (mesurande), il à pour rôle de
transformer la grandeur à mesurer en une autre grandeur physique dite mesurable. Cette
grandeur constitue la réaction du corps d’épreuve.

1.2.2. Elément de transduction:

C’est un élément sensible lié au corps d’épreuve. Il traduit les réactions du corps d’épreuve en
une grandeur électrique constituant le signal de sortie.
1.2.3. Conditionnement électronique du signal électrique:

Module électronique assurant l’une ou l’ensemble des fonctions suivantes:

–Alimentation électrique du capteur (cas de capteurs passifs), –Filtrage, amplification du


signal, –Conversion du signal (Conversion Analogique Numérique).

1.3. Caractéristiques métrologiques d’un capteur :

1.3.1. Etendue de mesure :

C’est la différence algébrique entre les valeurs extrêmes pouvant être prises par la grandeur à
mesurer, pour laquelle les indications d’un capteur ne doivent pas être entachées d’une erreur
supérieure à la valeur maximale tolérée.

Fig.1.3. Etendue de mesure d’un capteur

1.3.2. Sensibilité :

La sensibilité représente le rapport de la variation du signal de sortie à la variation


correspondante du signal d’entrée, pour une mesure donnée, C’est la pente de la tangente à la
courbe de la réponse du capteur. Dans le cas d’un capteur linéaire, la sensibilité est constante.
Unité typique de la sensibilité = unité sortie/unité mesurande.

1.3.3. Résolution :

Elle correspond à la plus petite variation du mesurande que le capteur est susceptible de
déceler.

1.3.4. Rapidité :

C’est la qualité d’un capteur à suivre les variations du mesurande. On peut la chiffrer de
plusieurs manières :

Temps de réponse (à n%) à un échelon du mesurande.

Bande passante du capteur (à –3 dB par exemple).

Fréquence de résonance du capteur.


1.3.5 Précision

Elle définie l’écart que l’on peut obtenir entre la valeur réelle et la valeur obtenue en sortie du
capteur. La précision fait appel à la notion de fidélité et de justesse, puisqu’un capteur juste et
fidèle est un capteur précis.

1.4. Classification des capteurs

1.4.1. Capteurs analogique :

La sortie est une grandeur électrique dont la valeur est une fonction de la grandeur physique
mesurée par le capteur. La sortie peut prendre une infinité de valeurs continues.

Information en sortie
du capteur

Fig.1.4. Signal de sortie d’un capteur analogique

1.4.2. Capteur numérique:

La sortie est une séquence d'états logiques ou binaires qui, en se suivant, forme un nombre. La
sortie peut prendre une infinité de valeurs discrètes.

Information en sortie du
capteur

Fig.1.5. Signal de sortie carré d’un capteur numérique.


1.4.3. Capteurs logiques:

La sortie est un état logique que l'on note 1 ou 0. La sortie peut prendre ces deux valeurs.

Il y a notamment 4 types de capteurs logiques :

- Courant présent/absent dans un circuit ;

- Potentiel, souvent 5 V/0 V ;

- DEL allumée/éteinte ;

- Signal pneumatique (pression normale/forte pression) ;

L’information peut alors être :

Tout ou rien (TOR): exemple de l’état d’une vanne ouverte ou fermée.

Ces capteurs génèrent une information électrique de type binaire (Vrai ou faux) qui
caractérise le phénomène à détecter ou capter.

Information en sortie
du capteur

Fig.1.6. Signal de sortie d’un capteur TOR

1.5. Capteur actif et capteur passif

Le capteur étant observable de l’extérieur au travers du signal électrique qu’il produit, peut
être vu soit comme un générateur soit comme une impédance. Dans le premier cas on parle de
capteur actif : le signal est une charge (un courant ou une tension). Dans le second cas on
parle de capteur passif : le signal est une impédance (résistance, inductance ou capacité).

1.5.1. Capteur actif

Un capteur actif est généralement fondé dans son principe sur un effet physique qui assure la
conversion en énergie électrique de la forme d'énergie propre à la grandeur physique à
prélever, énergie thermique, mécanique ou de rayonnement.
[Link] Les effets physiques les plus classiques sont :

• l’effet thermoélectrique : c’est le principe de tout thermocouple. C’est un circuit constitué


de deux conducteurs de nature chimique différente et dont les jonctions sont à des
températures différentes T1 et T2. Il apparaît aux bornes de ce circuit une tension (force
électromotrice e) liée à la différence de température (T1-T2).

T2 T1

Fig.1.7. Schéma de principe d’un capteur thermoélectrique

• l’effet piézoélectrique : L’application d’une force et plus généralement d’une contrainte


mécanique à certains matériaux dits piézoélectriques, le quartz par exemple, entraîne une
déformation qui suscite l’apparition de charges électriques égales et de signes contraires sur
les faces opposées. Application : mesure de forces ou de grandeurs s’y ramenant (pression,
accélération) à partir de la tension que provoquent aux bornes d’un condensateur associé à
l’élément piézoélectrique les variations de sa charge.

F
e

Fig.1.8. Schéma de principe d’un capteur piézoélectrique


• l’effet d’induction électromagnétique : qui se traduit par une force électromotrice prenant
naissance dans un conducteur qui se déplace dans un champ électromagnétique, permet
d’appréhender la vitesse de déplacement de ce conducteur dans le champ

--L’application d’un champ magnétique perpendiculaire au rayonnement provoque dans le


matériau éclairé l’apparition d’une tension électrique dans la direction normale au champ et
au rayonnement. Applications: Les effets photoélectriques qui permettent d’obtenir des
courants ou tensions fonction de l’éclairement d’une cible sont à la base de méthodes de
mesure des grandeurs photométriques d’une part, et ils assurent d’autre part, la transposition
en signal électrique des informations dont la lumière peut être le véhicule.

Fig.1.9. Schéma de principe d’un capteur

•l’effet Hall : Un capteur de Hall est un capteur de champ magnétique B qui consiste en un
barreau de semi conducteur alimenté par un courant I (c’est donc un capteur actif). Sous
l’effet du champ à mesurer divers phénomènes entrent en jeu (force de Lorentz, champ de
Hall consécutif, …) et il apparait entre les faces supérieure et inférieure du barreau une
tension VH proportionnelle à B qui constitue le signal de sortie.

Fig.1.10. Schéma de principe d’un capteur à effet Hall

1.5.2. Capteur passif

Le capteur se comporte en sortie comme un dipôle passif qui peut être résistif, capacitif ou
inductif. La mesure de l'impédance permet ensuite de déduire la valeur du mesurande. Cette
mesure nécessite l'utilisation d’un circuit électrique alimenté.
Les éléments passifs les plus utilisés sont :

 Les thermorésistances : une thermorésistance est un élément thermosensible dont la


résistance électrique varie en fonction de sa température.
 Les photorésistances : la résistance électrique d’une photorésistance varie en fonction de la
lumière.
 Les inductances variables : on peut faire varier une inductance en modifiant la perméabilité
du milieu dans lequel se referment les lignes du champ, ou bien le nombre de spires.
 Les capacités variables : on peut faire varier une capacité en modifiant la permittivité du
diélectrique ou bien la distance entre les deux armatures ou la surface des armatures.
 Les jauges de contraintes : les jauges présentent une variation de leur résistance quand ils
sont soumis à des contraintes mécaniques.

1.6. Conditionneurs de capteurs

1.6.1 Conditionneurs de capteurs actifs

Un capteur actif se comporte comme un générateur de tension, de courant ou de charge.

[Link]. Capteur source de tension

Ce type de capteur peut être modélisé par une f.é.m avec une résistance en série. Le
conditionneur doit avoir une forte impédance d’entrée pour isoler le capteur du reste de la
chaîne de mesure. On pourra utiliser un montage suiveur (inverseur ou non), ou un
amplificateur d’instrumentation.

Rc
Vs Re
ec

Capteu Conditionneur
.
r
R2
R1

+ R1  R2
Vs = ec + Vs  ec
ec Rc ec Rc R1

Montage suiveur Montage suiveur et amplificateur

Fig.1.11. Capteur source de tension


[Link]. Capteur source de courant

Dans ce cas, le capteur peut se modéliser par une source de courant avec une résistance en
parallèle. On fait appel dans ce cas à un convertisseur courant-tension de manière à obtenir
une tension proportionnelle au courant de sortie du capteur.
R

ic Rc
Vs Re ic +
Rc Vs=-R ic

Capteur Conditionneur
Convertisseur courant-tension.

Fig.1.12. Capteur source de courant

[Link]. Capteur source de charge

Dans ce cas, le capteur peut se modéliser par une source de courant ic=dq/dt avec une capacité
Cc en parallèle. C’est le cas d’un cristal piézo-électrique. On fait appel dans ce cas à un
convertisseur charge-tension de manière à obtenir une tension proportionnelle à la charge de
sortie du capteur.

Cc
ic=dq/dt Vs Re
dq + q
ic  Cc Vs  
dt C
Capteur Conditionneur

Convertisseur charge-tension.

Fig.1.13. Capteur source de charge

En pratique, et afin de minimiser l’effet des défauts de l’amplificateur opérationnel (tension


de décalage, courant de polarisation), on préfère utiliser le montage pseudo-intégrateur donné
par le schéma suivant.
R

dq +
ic  Cc Vs
dt

Fig.1.14. Convertisseur charge-tension.


Vs S  1 RC S
La fonbfssedsyu_zes<ction de transfert du montage est : 
QS  C 1  RCS

C’est un filtre de type passe haut de fréquence de coupure fc=1/(2RC).

Si la fréquence de q(t) est supérieure à fc, alors Vs  - q/C .

Si la fréquence de q(t) est inférieure à fc, alors Vs  - R dq/dt .

Ce montage ne peut pas être utilisé pour des mesures statiques.

1.6.2. Conditionneurs de capteurs passifs

Ce type de capteurs donne une image du mesurande par l’intermédiaire d’une impédance. On
associe donc toujours une source externe de tension ou de courant aux capteurs. On distingue
les montages potentiométriques, les montages à pont et les montages oscillants.

[Link]. Conditionneurs de capteurs résistifs

A. Montage potentiométrique

On utilise un simple pont diviseur alimenté par une source de tension continue ES.
L’impédance interne de la source (RS) et l’impédance de l’appareil de mesure (Rd) doit être
prises en compte. Le capteur est modélisé par la résistance RC montée en parallèle avec
l’impédance d’entrée de l’appareil de mesure Rd.

Rs R1

Es
Appareil
Rc Vs Rd
de

mesure

Fig.1.15. Montage potentiométrique et montage à source de courant.

La tension Vs est mesurée aux bornes du capteur par un appareil de mesure de résistance
d'entrée Rd.

Rc Rd
Vs  Es
Rc R1  RS   Rd RS  R1  Rc 

En négligeant RS et en supposant que la résistance Rd est très grande on peut obtenir


l’expression suivante:

Rc Rd
Vs  Es
Rc R1   Rd R1  Rc 
Rc Rd
donc Vs  Es
Rd R1  Rc 

Rc
Vs  Es
R1  Rc

On constate que la relation qui lie la tension de sortie (VS) au paramètre image du mesurande
(RC) n’est pas linéaire. La sensibilité du montage n’est donc pas constante

a. Linéarisation de la mesure

Pour linéariser la réponse du capteur afin d’obtenir ΔVS proportionnel ΔRC, On utiliser le
Fonctionnement en petits signaux: Dans ce cas on se place : aux petites variations du
mesurande:

Alors on obtient
( )
( )

C’est une relation linéaire d’où on peut directement extraire la sensibilité du capteur laquelle
est donnée par ⁄ . Cette sensibilité du montage potentiométrique est maximum si
on choisit : .

Soit:

Rs R1

Es
Appareil Is Rs Rc Vs
Rc Vs Rd
de

mesure

Fig.1.16. Montage potentiométrique et montage à source de courant.

Remarque : cas d’une alimentation en courant

L’utilisation d’une source de courant Is rend le montage directement linéaire si la résistance


interne Rs de la source est très grande par rapport à RC ainsi que la résistance d’entrée de
l’appareil de mesure, c’est à dire : Vs = Is Rc .

B. Montage en pont
L’utilisation d’un montage potentiométrique présente le défaut d’avoir en sortie la présence
d’une tension continu, et ceci en l’absence de variations du mesurande. L’emploi d’un
montage en pont présente l’avantage de s’affranchir de cette tension continue.

R1 R3
Es Vs
B
A
R2 R4

Fig.1.17. Montage en pont

La tension de sortie du pont est donnée par : Vs = VA – VB , avec

R2 R4
VA  Es et VB  Es
R1  R2 R3  R4

R2 R3  R1 R4
Il vient alors : Vs  E
R1  R2 R3  R4  s
La condition d’équilibre du pont (Vs=0) est donnée par : R2R3 = R1R4 .

Suivant le nombre de capteurs utilisés dans le pont, on distingue plusieurs cas :

Cas 1 (montage en quart de pont) : Dans ce cas, le pont est constitué de trois résistances
fixes R2=R3=R4=Rco et un seul capteur résistif : R1=Rc(+)=Rco+Rc.
C
R1 R3
Es Vs
A B
R2 R4
D
Fig.1.18. Montage 1/4 de pont

E s Rc Rco
Vs  
4 1  Rc 2 Rco

La tension Vs n’est pas proportionnelle à Rc . Pour de très faibles variations de Rc,
E Rc
Rc<<Rco , on peut linéariser la relation entre Vs et Rc : Vs   s
4 Rco
Cas 2 (montage en demi pont) : on utilise deux résistances variables (deux capteurs) avec le
choix : R1=Rc(+)=Rco+Rc , R2=Rc(-)=Rco-Rc , R3=R4=Rco .
C
R1 R3
Es Vs
A B
R2 R4
D
Fig.1.19. Montage 1/2 de pont

Es Rc
Vs  
2 Rco
Cas 3 (montage en pont complet): on utilise quatre résistances variables (quatre capteurs)
avec le choix : R1=R4=Rc(+)=Rco+Rc R2=R3=Rc(-)=Rco-Rc .

C
R1 R3
Es Vs
A B
R2 R4
D
Fig.1.20. Montage en pont complet

Rc
Vs   E s
Rco

[Link]. Conditionneurs de capteurs réactifs

A. Montage potentiométrique

Le capteur est capacitif (capteur de niveau par exemple) ou inductif (capteur de position). On
utilise alors une source d’alimentation sinusoïdale associée à un pont diviseur.

L’impédance complexe du capteur Zc varie de Zco à Zco+Zc , la tension de sortie varie de Vs


à Vs :

R1 Z c 1
Vs  E s
R1  Z co 2 1  Z c R1  Z co 

On obtient aux petites variations :

R1 Z c
Vs  E s
R1  Z co 2
En utilisant une source de courant : Vs = Is Zc , si la résistance interne de la source est très
élevée devant |Zc|.

Rs R1

Es ~
Zc Is Zc Vs
Vs

Fig.1.21. Montage potentiométrique dans le cas d’impédances complexes.

B. Pont d’impédances

Le pont transforme une variation d’impédance en un signal électrique. Le principe du pont de


résistances reste valable pour les impédances. On utilise généralement deux capteurs
fonctionnant en opposition.
Z1 R0
Es ~ Vs
B
A
Z2
R0

Fig.1.22. Montage en pont

La tension de sortie du pont est donnée par

Z 2  Z1 E s
Vs 
Z2  Z2 2

Exemple 1 : Mesure de capteurs inductifs

Z1 = j(L0 + L) ; Z2 = j(L0 - L)

L E s
Vs  
L0 2

Exemple 2 : Mesure de capteurs capacitifs

Z1 = 1/j(C0 + C) ; Z2 = 1/j(C0 - C)

C E s
Vs 
C0 2

C. Montages oscillants : L’emploi d’un oscillateur comme conditionneur permet de


transférer sur la fréquence des oscillations, l’information liée à la valeur de l’impédance du
capteur. Le signal délivré par l’oscillateur est dit « modulé en fréquence » par le mesurande.
Cette méthode de conditionnement offre plusieurs avantages : - L’information portée par la
fréquence possède une immunité aux parasites supérieure à celle d’une information portée par
l’amplitude. - La conversion sous forme numérique est simple ; elle consiste à compter les
périodes du signal pendant un temps déterminé. - Le signal modulé en fréquence peut être
transmit par voie hertzienne permettant alors des télémesures, utile en particulier sur des
pièces tournantes. On distingue deux types d’oscillateurs : Les oscillateurs sinusoidaux et de
relaxation.

C.1. Oscillateurs de relaxation :

L’oscillateur de relaxation le plus couramment utilisé est le multivibrateur astable (Fig1.23).


C’est un générateur de signaux rectangulaires.

Fig.1.23. Schéma électrique d’un astable à circuit R-C.

Dans le montage de la fig.1.23, le capteur est soit la capacité soit la résistance


La période des oscillations est directement reliée à la valeur de la capacité du
capteur capacitif par la relation suivante:

( )

On a alors, une variation de la fréquence F de la tension V0 :

Ou

Soit :

( ) ou ( )
C.2. Oscillateurs sinusoïdaux

La fréquence d’un oscillateur sinusoïdal peut être fixée, en particulier, par la résonance d’un
circuit constitué d’une bobine d’inductance L0 et d’un condensateur de capacité C0 associés
en série ou en parallèle. Le circuit présente une impédance purement résistive à la fréquence
de résonance F0 dont l’expression est :

- Pour un circuit oscillant série :


- Pour un circuit oscillant parallèle :



Où : est le coefficient de qualité de la bobine, RS étant sa résistance série et

. Habituellement, Si bien que l’on peut généralement poser dans tous les

cas la même fréquence de résonance .


Lorsqu’un capteur inductif ou capacitif est l’un des éléments du circuit résonant, ces
variations de réactance entraînant un changement de la fréquence de résonance . Selon le
type de capteur et en supposant le cas des faibles amplitudes :

( ) ou ( )

1.6. Structure d’une chaîne d’acquisition


Une chaine d’acquisition recueille les informations nécessaires à la connaissance et au
contrôle d’un procédé, elle délivre ces informations sous une forme appropriée à leur
exploitation.
La suite des phases de traitement des signaux dans une chaîne d’acquisition suit le synoptique
de la Fig.1.24. La chaîne d’acquisition de données convertie le signal analogique de sortie
du capteur en signal numérique et après traitement du signal numérique délivre un signal
analogique.
Fig.1.24. Phases de traitement de l’information
Le filtre analogique limite la bande passante du capteur et évite ainsi la détérioration du
rapport signal à bruit. L’étage d’échantillonnage et de maintien prélève un échantillon du
signal et le maintien constant pendant la phase de conversion.

La conversion analogique numérique (CAN) traduit le signal analogique maintenu constant en


grandeur numérique quantifiée sur n bits. Après traitement numérique, le signal est converti
en analogique par un convertisseur numérique analogique (CNA). Cette opération n’est pas
obligatoire puisqu’il existe des actionneurs qui peuvent admettre un signal numérique. Le
filtrage de sortie réduit les effets de modification du signal suite à la numérisation.
Chapitre 2:Amplificateur d’instrumentation

2.1. Introduction
Les capteurs sont caractérisés par des impédances de sorties non nulles, des tensions de sorties
faibles et travaillent dans des milieux hostiles. Pour cela l’utilisation des amplificateurs est
nécessaire afin d’améliorer le niveau du signal de sortie et minimiser les effets des
perturbations externes.

2.2. Rappel sur l’amplificateur opérationnel

2.2.1. Modélisation d’un amplificateur opérationnel

Dans tous les schémas électroniques, on représente l’ampli-op par un symbole graphique. On
peut utiliser le schéma de la Figure2.1.

Fig.2.1. Amplificateur opérationnel

V- : la tension entre l'entrée inverseuse et le potentiel de référence

V+ : la tension entre l'entrée positive et le potentiel de référence

ε : la tension d'entrée différentielle (V+-V-).

On caractérise généralement l’ampli-op par :

- Son amplification aux fréquences basses est considérable (par exemple de 103 à 109)

- Bien sur, quelque soit le gain, la tension de sortie ne peut jamais dépasser la tension
d'alimentation,

- Le module de l'amplification décroît lorsque la fréquence augmente.


2.2.2. Amplificateur Inverseur

Montage en contre réaction négative.

Fig.2.1. Montage de base d’un amplificateur Inverseur

Pour obtenir la Fonction de transfert on déterminer Vs(t)en fonction de Ve(t)et des éléments
du montage, Plusieurs méthodes sont envisageables, A titre d’exemple en voici trois.

Montage en contre réaction négative, donc ε = 0, donc V+=V- L’A.O. est idéal: I+= I-= 0

La loi des mailles / loi des nœuds :

Et

On obtient

Théorème de Millman :

On obtient

Le théorème de superposition :

On obtient
On remarque qu’un signal positif en entrée devient négatif en sortie. Donc le gain du montage
est fixé par les valeurs des résistances. Comme l’entrée non inverseuse est reliée à la masse,
indirectement l’entrée inverseuse l’est aussi ! On dit encore que l’entrée inverseuse est une
masse virtuelle.

2.3. Amplificateur d’instrumentation

Suivant le signal amplifié, on distingue deux familles d’amplificateurs :

 Amplificateurs asymétriques : dans ce cas, le signal d’entrée à la même référence que


l’amplificateur.
 Amplificateurs différentiels : dans ce cas, le signal d ‘entrée à une référence différente que
celle de l’amplificateur.

Capteur Ampli Capteur Ve Ampli


Ve Vs Vs

(a) (b)

Fig.2.2. (a) Amplificateur asymétrique, (b) Amplificateur différentiel.

2.3.1. Amplificateurs asymétriques


Ce sont des circuits associant un amplificateur opérationnel et des composants nécessaires à
son bon fonctionnement. Parmi ces amplificateurs on cite : l’amplificateur suiveur,
l’amplificateur inverseur, l’amplificateur non inverseur et l’amplificateur à gain
programmable (le changement du gain de l’ampli est effectué à partir des commutateurs
analogiques).

Commande de Entrée
commutateurs
numérique
R/8
R
R/4
R/2 
R
Ve +
Vs

Fig.2.3. Amplificateur à gain programmable.


2.3.2. Amplificateurs différentiels

Un amplificateur différentiel amplifie la différence des tensions V1 et V2 présentés à ses


deux bornes d’entrée. Il est utile dans les cas de la mesure de la tension aux bornes d’un
composant et de la mesure de la tension de déséquilibre d’un pont de Wheatstone. Cet
amplificateur est schématisé par la figure suivante :

A1
V1 
A2 Vs
V2

Fig.2.4. Modèle d’un ampli différentiel.

La sortie est donnée par : Vs = A2V2 – A1V1

On définit :

 Tension différentielle : Vd = V2 – V1
 Tension de mode commun : Vmc = (V2+V1)/2
 Gain différentiel : Ad = (A2 + A1)/2
 Gain de mode commun : Amc = A2 – A1
Ad
Taux de réjection de mode commun : Trmc 

Amc ou en décibel

Ad
Trmc  20 Log10
Amc .

Il vient alors : Vs  Ad Vd  Amc Vmc

 1 
Ou encore : Vs  Ad Vd  Vmc 
 Trmc 

Cette expression met en évidence deux termes, l'un proportionnel à la tension différentielle
(signal utile), et l'autre proportionnel à la tension de mode commun (signal perturbateur).
L’influence de Vmc est d’autant plus faible que Trmc est élevé. En pratique, un amplificateur
1
différentiel est approprié à une mesure si : Vd min  Vmcmax . Plus le Trmc est grand, plus
Trmc
l’amplificateur est performant. Notons que la tension de mode commun dans un ampli
différentiel ne doit pas dépasser la tension d’alimentation de l’ampli. Par exemple, il sera hors
de question de faire rentrer un signal ayant une tension de mode commun de 20V sur un ampli
différentiel alimenté en ±15V.

[Link]. Amplificateur différentiel simple

Cet amplificateur est réalisé par un amplificateur opérationnel est quatre résistances.
R1 R3

V- 
V1
R2
V+ +
R4 Vs
V2

Fig.2.5. Montage différentiel.

L’ampli opérationnel est supposé idéal, alors : V+ = V- , avec

R4 R3 R1
V  V2 et V  V1  V2
R2  R4 R1  R3 R1  R3

R4 R1  R3 R
D’où il vient : Vs  V2  3 V1
R1 R2  R4 R1

R4 R1  R3 R
Qui peut être écrite sous la forme : Vs  A2 V2  A1 V1 ; A2  et A1  3
R1 R2  R4 R1

De cette expression, on déduit le gain de mode commun :

R1 R4  R2 R3
Amc  A2  A1  ,
R1 R2  R4 

et le gain différentiel :

A2  A1 R1  R3  R4 R3 
Ad     
2 2 R1  R2  R4 R1  R3 
Afin de réduire l’effet de la tension de mode commun, on doit minimiser le gain Amc. En
effet, ce dernier est nul si : R1 R4  R2 R3  0 soit R3 R1  R4 R2 .

R3
Avec cette condition, le gain en mode différentiel devient : Ad  .
R1

Supposons que toutes les résistances R1 à R4 sont définies à une tolérance près. On a :

Ri = Rin (1  e) , où Rin est la valeur nominale de la résistance et e la tolérance autour de cette


valeur nominale (ex : e=±5%). On peut donc calculer le Trmc en fonction de la tolérance e
dans le cas le plus défavorable, soit:

Ad min
Trmc  où Ad min  Adn  Ad ; Amc max  Amcn  Amc
Amc max

Avec Adn est la valeur nominale de Ad et Amcn est la valeur nominale de Amc .

1  Adn
Après calcul on arrive à : Trmc  .
4e

On constate que le Trmc va augmenter quand la tolérance sur les résistances va se resserrer, et
de plus, il va augmenter avec le gain différentiel Adn . Ce résultat est important, car il montre
que le plus mauvais cas sera celui du gain unité. Notons que l’ampli opérationnel à son propre
Trmc et qui devrait être pris en compte dans le calcul du Trmc global du montage.

Ce montage est caractérisé par une impédance d’entrée faible, un gain difficilement réglable
car pour faire varier le gain il faut toujours changer deux résistances, et un Trmc dépendant du
Trmc de l’ampli op et de la tolérance des résistances utilisés.

Remarque : pour les forts gains, le plus gros problème qu'on va rencontrer sur un montage
différentiel simple est la faiblesse des impédances d'entrée. Il existe un montage dit
‘potentiomètrique’ qui permet de résoudre ce problème, et de plus, autorise l'ajustage du gain
avec une seule résistance (R5).
R1 R3 R5

 R6
V1
R2
+
V2 R4 Vs
Fig.2.6. Montage potentiométrique.

2.3.3. Amplificateur d’instrumentation

Les amplificateurs d'instrumentation se sont des amplificateurs différentiels de précision mais


ne sont pas des amplificateurs opérationnels. Les amplificateurs d’instrumentation sont
caractérisés par une haute impédance d’entrée, des courants de polarisation faibles, une haute
réjection du mode commun, un gain réglable par l’utilisateur, une très grande précision, une
conversion tension/courant en sortie disponible. La structure de l’amplificateur
d’instrumentation peut être élaborée à partir d’un ou de plusieurs amplificateurs
opérationnels. Le montage différentiel à un ampli opérationnel est l’amplificateur
d’instrumentation le plus simple mais il ne possède pas les performances requises pour des
applications de précision. Les configurations les plus répandues de l’amplificateur
d’instrumentation sont élaborées à partir de deux ou trois amplis opérationnels.

A. Schéma à deux amplis opérationnels

R1 R2 R3 R4

 

+ +
V1 V2 Vs

Fig.2.7. Ampli d’instrumentation à deux amplis opérationnels.

Les amplis opérationnels sont supposés parfaits. On peut facilement calculer l’expression de
la tension de sortie:

R3  R4 R R  R2
Vs  V2  4 1 V1
R3 R3 R1

D’où on déduit les gains :

R1 R3  R2 R4 1 R  R 
Amc  , et Ad  1  4  2  2  
R1 R3 2 R3  R1  
R1 R4
Le gain Amc est nul si :  .
R2 R3

R1
Dans ce cas, Ad  1 
R2

Le Trmc de cet amplificateur en fonction de la tolérance e des résistances R 1 à R4 est


Adn
approximé par: Trmc  . Le résultat est légèrement différent de celui trouvé pour le
4e
montage différentiel simple, mais l'ordre de grandeur reste le même. Ce montage est encore
plus défavorable dans le cas du gain unité : le Trmc sera égal à 1/4e contre 1/2e dans le
montage différentiel simple.

Ce montage possède une très grande impédance d’entrée (égale à l’impédance d’entrée de
l’ampli opérationnel). Mais il n'apporte rien par rapport au montage simple pour ce qui est du
mode commun et de la faculté d'ajustage : il faut apparier les composants de la même manière
pour obtenir un bon Trmc, et il faut changer deux composants pour ajuster le gain.

B. Schéma à trois amplis opérationnels


C’est le schéma le plus populaire d’amplificateurs d’instrumentation.

Etage 1 Etage 2

+ R1 R3
V1 
Rb V’1

Ra if
+
Rc Vs
 R2 R4
+ V’2
V2

Fig.2.8. Ampli d’instrumentation à trois amplis opérationnels.

La mise en équations du montage est très simple, on va encore utiliser le fait que les amplis op
sont supposés parfaits. Le courant circulant dans les résistances Ra, Rb et Rc sera donc le
même, ce qui permet d’écrire :
V1  V2
if 
Ra

V1  V1  Rb i f

V2  V2  Rc i f

Soit encore :

 R  R
V1  1  b  V1  b V2 ,
 Ra  Ra

 R  R
V2  1  c V2  c V1
 Ra  Ra

Et on a :

R4 R1  R3 R
Vs  V2  3 V1
R1 R2  R4 R1

Enfin :

 R  R3 1  Rc Ra  R4 R3 Rb   R  R3 Rc Ra  R4 R3  R 
Vs   1  V2   1  1  b  V1
 R2  R4  R1 R1 Ra  
 R2  R4  R1 R1  Ra  

R1 R4  R2 R3
En calculant le gain en mode commun, on trouve : Amc 
R1 R2  R4 

Le gain Amc est nul si : R3 R1  R4 R2 .

R3  Rb  Rc 
Avec cette condition, le gain Ad est donnée par : Ad  1  
R1  Ra 

Ce résultat montre la possibilité de faire varier le gain Ad sans altérer le gain Amc. En pratique,
Rb
on prend Rb=Rc et R1=R2=R3=R4 ce qui donne : Ad 1  2 . On peut donc faire varier le
Ra
gain différentiel en changeant la résistance Ra.
Le Trmc de cet amplificateur en fonction de la tolérance e des résistances R 1 à R4 est

1  R 
approximé par: Trmc  1  2 b  . Ce résultat montre qu’on pourra augmenter le Trmc en
2e  Ra 
variant la résistance Ra sans modifier le gain de mode commun.

Ce montage possède une très grande impédance, un gain réglable par une seule résistance et
permet d’avoir un Trmc élevé.

2.4.. Amplificateur d’instrumentation programmable

Permet le chois d’un gain Ad parmi un ensemble de (généralement 4 ou 8) de gains possible.


Ce choix s’effectue par sélection des résistances Ra et Rb au moyen d’un mot binaire A1 A0, (1
parmi 4) ou A2A1 A0, (1 parmi 8) appliqué par le contrôleur aux entrées de sélection de gain.

4. Amplificateur d’isolement

Dans le cas de très fortes tensions de mode commun (>2kV) ou de tensions de mesure très
faibles (<µV), on est amené à utiliser des amplificateurs d’isolement qui présentent des
TRMC supérieurs à 160dB :

Fig.2.9. Amplificateur d’isolement

Une isolation « physique » est réalisée entre l’entrée différentielle et la sortie. La réalisation
de cette isolation peut être de différent type :

- isolation par transformateur : Basse fréquence (<20kHz) et haute tension (10kV),

- isolation optique : Haute fréquence (100kHz) et basse tension (1kV).


Chapitre 3: FILTRAGE
3.1. Définitions : Nous commençons notre étude par les définitions et les explications de
quelques grandeurs caractéristiques relatives aux actions de filtrage :

3.1.1. Filtre : Un filtre est un circuit électrique qui a pour but de laisser, dans un spectre de
fréquence donné une certaine bande de fréquence en éliminant les autres. D’une manière
générale, on dira qu’un filtre électrique est un circuit qui apporte une modification à
l’amplitude ou à la phase des composantes spectrales d’un signal. Un filtre est donc un
sélecteur de fréquence. Un filtre sera vu aussi comme un quadripôle chargé de sélectionner
une certaine gamme de fréquence

Fig.3.1. filtre

La fonction de transfert en régime harmonique est donnée par :

( )
( )
( )

: Pulsation du signal

Le gain est représenté par :

| ( )| [ ]

3.1.2. Bande passante : On appelle « bande passante » ou « bande transmise »l’intervalle de


fréquence où les composantes du signal sont transmises. D’une autre façon, c’est l’intervalle
où l’affaiblissement varie peu par rapport à celui de la bande bloquée.

3.1.3. Bande coupée (bande atténuée) : On appelle « bande bloquée » ou « bande coupée »
l’intervalle de fréquence où les composantes du signal sont éliminées, on peut dire aussi que
c’est l’intervalle de fréquence où l’affaiblissement est grand par rapport à celui de la bande
passante.

3.1.4. Fréquence de coupure : Fréquence pour laquelle le signal de sortie subit une
atténuation (en général une atténuation de 3db)
3.1.5. Gabarit : C’est un diagramme qui représente les conditions nécessaires à la réalisation
d’un filtre ; Ces conditions sont :

1- La fréquence de coupure

2- Le dépassement toléré, c’est-à-dire l’augmentation du gain de l’ensemble dans la bande


passante.

3- L’atténuation minimale à partir d’une fréquence donnée dans la bande bloquée.

3.2. Classification d’un filtre :

On peut distinguer quatre types de filtre selon leurs fonctions : Filtre passe bas, Filtre passe
haut, Filtre passe bande, Filtre coupe bande(Rejet).

Fig.3.2. les différents types de filtres

Les courbes idéales de la Fg 3.2. Montrent les quatre types de filtres principaux. Les deux
premiers, le filtre passe-bas et le filtre passe-haut, ont tous deux une bande passante et une
bande atténuée. La fréquence qui sépare les deux bandes est appelée la fréquence de coupure.
Le nom de ces filtres vient de la région dans laquelle les fréquences passent de l’entrée `a la
sortie : pour un passe-bas, ce sont les fréquences plus faibles que la fréquence de coupure qui
passent, tandis que pour le passe-haut, ce sont les fréquences plus élevées qui passent. Les
termes bas et haut sont relatifs ici; ils ne font référence qu’`a la fréquence de coupure.
Les deux autres types de filtres ont deux fréquences de coupure. Le filtre passe-bande permet
de passer seulement les fréquences entre les deux fréquences de coupure; le filtre ` a rejet (ou
filtre coupe-bande) laisse passer tout sauf ce qui est entre les deux fréquences de coupure.

3.2.1. Filtre passe bas

On analysera ici trois types de filtres : deux filtres passifs, soit le filtre RL série et RC série, et
l’implantation avec ampli-op d’un filtre passe-bas.

[Link]. Circuit RL série

Le circuit du filtre RL série est montré à la Fig3.3. L’entrée du circuit est une tension
sinusoïdale de fréquence variable. La sortie du circuit est la tension aux bornes de la
résistance.

Fig.3.3. Filtre passe-bas (RL série)

On peut analyser ce circuit de façon qualitative pour voir s’il fonctionne comme un filtre
passe-bas. En effet, à de basses fréquences, l’inductance (dont l’impédance est jωL), agit
comme un court-circuit. La tension de la source se rend donc à la résistance. À hautes
fréquences, l’inductance agira comme un circuit ouvert, puisque son impédance sera très
élevée. Il n’y a donc pas de signal qui se rend à la résistance. On voit bien que ce circuit est un
filtre passe-bas : les signaux de basse fréquence se rendent à la sortie, tandis que ceux de
hautes fréquences ne s’y rendent pas.

Fréquence de coupure

La fréquence de coupure pour des filtres réels est la fréquence à laquelle l’amplitude de sortie
est à ⁄√ de la valeur maximale :

| ( )|

C’est la définition la plus utilisée en génie électrique. Le terme ⁄√ peut parâtre arbitraire,
mais à cette tension, la puissance a diminué de moitié.
Le circuit RL série peut être analysé pour déterminer sa fréquence de coupure. On cherche
alors la fonction de transfert du filtre :


( )

Pour étudier la réponse en fréquence, on fait la substitution p =jω :


( )

On sépare cette dernière équation en deux parties : une pour l’amplitude, et l’autre pour la
phase


| ( )|
√ ( ⁄ )

( ) ( )

On a , on peut calculer la fréquence de coupure de ce filtre :


| ( )| ( )
√ √ ( ⁄ )

Et on résout pour obtenir

Cette équation donne un résultat important : on peut choisir la fréquence de coupure voulue en
faisant un choix approprié de R et L.

[Link]. Circuit RC série

Un circuit RC série peut aussi servir de filtre passe-bas. Dans ce cas-ci, la sortie est sur la
capacitance et non la résistance, contrairement au circuit RL série. Le circuit est montré à la
figure.3.4.

Fig.3.4. Filtre passe-bas (RC série)


On peut faire la même sorte d’analyse qualitative que pour le circuit RL série. À basses
fréquences, la capacitance se comporte comme un circuit ouvert, et donc la tension aux bornes
de la capacitance est la même qu’à la source. À hautes fréquences, la capacitance se comporte
comme un court-circuit, et donc la tension est nulle à ses bornes, peut importe l’entrée.

Fréquence de coupure

Pour calculer la fonction de transfert, il suffit d’appliquer un diviseur de tension (l’impédance


du condensateur est 1/pC) :


( )

On fait la substitution p =jω pour obtenir l’amplitude de la fonction de transfert :


| ( )|
√ ( ⁄ )

Pour obtenir l’équation de la fréquence de coupure, il suffit d’isoler ω lorsque ( ) ⁄√ .


| ( )| ( )
√ √ ( ⁄ )

On obtient :

Si on compare la fonction de transfert obtenue pour le circuit RL et pour le circuit RC, on


obtient la forme générale suivante :

( )

N’importe quel circuit ayant une fonction de transfert de la même forme que l’´equation
précédente agira comme un filtre passe-bas.

Une autre relation importante à propos des deux filtres présentés est la relation entre la
fréquence de coupure et la constante de temps. En effet, si on compare la constante de temps
des circuits RL et RC série et leur fréquence de coupure, on obtient :
[Link]. Filtre passe-bas actif

On peut aussi réaliser les filtres avec des circuits à ampli-op. L’avantage de ces circuits est
qu’ils permettent d’amplifier les signaux voulus. Un filtre passe-bas à base d’ampli-op est
présenté à la figure 3.5.

Fig.3.5. Filtre passe-bas avec ampli-op

On peut calculer la fonction de transfert de ce circuit :


( )

Ce qui est de la même forme que la forme générale, autre que le gain−R2/R1. La fréquence de
coupure de ce filtre est

Pour faire un design avec ce genre de filtre, il faut choisir les valeurs de R 2 et C en premier
pour obtenir la fréquence de coupure voulue, puis choisir la résistance R1 pour obtenir le gain
désiré.

3.2.2. Filtre passe haut

On analyse maintenant les filtres passe-haut. Il s’agit des mêmes circuits que ceux vus à la
section précédente, mais branchés différemment. On utilise le circuit RC série, RL série et
avec ampli-op.

[Link]. Filtre passe-haut RC série

Le premier filtre passe-haut étudié est le filtre RC série, `a la figure 3.6. La configuration est
presque la même que le filtre passe-bas, sauf qu’on a échangé la résistance et la capacitance.
La sortie est sur la résistance.
Fig.3.6. Filtre passe-haut RC série

On fait la même analyse qualitative de ce circuit : à basses fréquences, la capacitance agit


comme un circuit ouvert, et donc aucune tension n’apparaît sur la résistance; à hautes
fréquences, la capacitance agit comme un court-circuit, et donc toute la tension apparaît à la
résistance.

La fonction de transfert du circuit de la fig.3.6. Est :

( )

Ce qui donne, en termes de fréquence,

( )

L’amplitude de la fonction de transfert est :

| ( )|
√ ( ⁄ )

Et le déphasage est

( )

Si on résout l’équation de l’amplitude pour obtenir la fréquence de coupure, on obtient :

Ce qui est la même fréquence de coupure que dans le cas du filtre passe-bas.
[Link]. Filtre actif passe-haut

Tout comme le filtre actif passe-bas, on peut réaliser un filtre actif passe-haut. Un filtre passe-
haut à base d’ampli-op est présenté à la figure 3.7.

Fig.3.7. Filtre passe-haut avec ampli-op

On peut calculer la fonction de transfert de ce circuit :

( )
⁄ ⁄

La fréquence de coupure de ce filtre est

Pour faire un design avec ce genre de filtre, il faut choisir les valeurs de R1 et C en premier
pour obtenir la fréquence de coupure voulue, puis choisir la résistance R2 pour obtenir le gain
désiré.

3.2.3. Filtres passe-bande

Le prochain type de filtre analysé sera le filtre passe-bande. Ce type de filtre permet de filtrer
les fréquences qui sont en dehors de sa bande passante. Ce genre de filtre est un peu plus
complexe que les autres filtres.

[Link]. Caractéristiques

Les filtres passe-bande ont quelques caractéristiques additionnelles comparativement aux


filtres passe-bas et passe-haut. Ces paramètres sont :

1- Fréquence centrale ωo : C’est la fréquence à laquelle la fonction de transfert du filtre est


purement réelle. On l’appelle aussi la fréquence de résonance. La fréquence centrale est la
moyenne géométrique des fréquences de coupure, √ . Pour un filtre passe-
bande, l’amplitude de la fonction de transfert est maximale à la fréquence centrale.
2- Largeur de bande β : C’est la largeur de la bande passante.

3- Facteur de qualité Q : C’est le rapport entre la fréquence centrale et la largeur de bande. Le


facteur de qualité est une mesure de la largeur de la bande passante, indépendamment de la
fréquence centrale.

[Link]. Circuit RLC série

La figure3.8 montre un filtre passe-bande RLC série. Comme les autres types de circuits, on
peut faire une analyse qualitative en premier pour vérifier le fonctionnement de ce circuit.
Noter que la sortie du filtre est aux bornes de la résistance.

Fig.3.8. Filtre passe-bande RLC série

A basses fréquences, la capacitance agit comme un circuit ouvert, et donc aucun courant ne
circule dans la résistance. À haute fréquences, l’inductance agit comme un circuit ouvert,
empêchant un courant de circuit dans la résistance. Entre les hautes et basses fréquences, la
capacitance et l’inductance permettent à l’entrée de se rendre à la sortie puisque leurs
impédances ne sont pas trop élevées. À une certaine fréquence, l’impédance de la capacitance
(qui est négative) annule l’impédance de l’inductance, l’amplitude de la fonction de transfert
est réelle, et la tension `a la sortie est la même que celle `a l’entrée.

La fig.3.9. montre la réponse typique d’un filtre passe-bande. Les fréquences de coupure sont
définies par les points où l’amplitude atteint 0.707 de la valeur maximale.

On peut faire une analyse quantitative du filtre RLC série pour déterminer les paramètres. La
fonction de transfert du filtre est :

( ⁄ )
( )
( ⁄ ) ⁄
Fig.3.9. Réponse en fréquence d’un filtre passe-bande RLC série

Comme d’habitude, on remplace p = jω pour obtenir l’amplitude en fonction de la fréquence :

( ⁄ )
| ( )|
√( ⁄ ) ( ( ⁄ ))

Et le déphasage est :

( ⁄ )
( ) ( )

On peut maintenant calculer les cinq paramètres qui caractérisent le filtre passe-bande. En
premier, la fréquence centrale est définie comme étant la fréquence où la fonction de transfert
est purement réelle. Ceci se produit au point où l’impédance de la capacitance annule celle de
l’impédance, soit

On résout pour obtenir

Les fréquences de coupure sont calculées de la même façon que d’habitude, on isole ω
pour ( ) ⁄√ . Lorsqu’on effectue les calculs, on trouve 4 fréquences, mais seulement
deux ont une signification physique. Les deux fréquences de coupure sont :

√( ) ( )
√( ) ( )

La largeur de bande du filtre est la différence entre ωc2 et ωc1. On trouve donc

Le dernier paramètre `a calculer est le facteur de qualité. Par définition,

[Link]. Filtres passe-bande actifs

Pour réaliser un filtre passe-bande actif, il suffit d’utiliser un filtre passe-bas en cascade avec
un filtre passe-haut. La fréquence de coupure du filtre passe-bas doit être plus élevée que la
fréquence de coupure du filtre passe-haut. On obtient le circuit de la figure 3.10. Noter qu’on
ajoute généralement un amplificateur inversant `a la sortie.

Fig.3.10. Filtre passe-bande actif

3.2.4. Filtres coupe-bande

Le dernier type de filtre étudié est le filtre coupe-bande. Ce genre de filtre permet de tout
passer `a la sortie sauf certaines fréquences. Un exemple d’application est un filtre qui permet
d’´eliminer un canal TV d’une transmission.
[Link]. Filtre coupe-bande RLC série

Le premier circuit étudié est le circuit RLC série, montré à la fig.3.11. Il s’agit du même
circuit que le passe-bande, sauf que la sortie est prise aux bornes de l’inductance et la
capacitance en série

Fig.3.11. Filtre à élimination de bande RLC série

On fait en premier une analyse qualitative de ce circuit. `A basses fréquences, la capacitance


se comporte comme un circuit ouvert, et donc la tension de sortie est la même que celle de
l’entrée. À haute fréquences, l’inductance se comporte comme un circuit ouvert, et la sortie
est la même que l’entrée. À la fréquence de résonance, l’impédance de l’inductance annule
l’impédance de la capacitance, et donc il y a court-circuit, et la sortie est nulle.

La réponse typique d’un filtre coupe-bande est montrée à la figure 3.12.

Fig.3.12. Réponse typique d’un filtre à élimination de bande RLC série

On peut faire maintenant une analyse quantitative du filtre coupe-bande RLC série. La
fonction de transfert de ce circuit est :

⁄ ⁄
( )
⁄ ( ⁄ ) ( ⁄ )

Et on obtient l’amplitude en remplaçant p=jω :


| ⁄ |
| ( )|
√( ⁄ ) ( ( ⁄ ))

Et le déphasage,

( ⁄ )
( ) ( )

La fréquence centrale du filtre est la même que celle du filtre passe-bande,

Les fréquences de coupure sont les même que celle du filtre passe-bande. Les deux fréquences
de coupure sont :

√( ) ( )

√( ) ( )

La largeur de bande du filtre est la différence entre ωc2 et ωc1. On trouve donc

Le dernier paramètre à calculer est le facteur de qualité,

La forme générale d’un filtre coupe-bande est :

( )
[Link]. Filtre coupe-bande actif.

De la même façon que le filtre passe-bande actif, on peut construire un filtre coupe bande actif
en utilisant un filtre passe-bas et un filtre passe-haut. Ce filtre aura trois caractéristiques
importantes :

1- Le gain du filtre passe-bas est unitaire, et sa fréquence de coupure sera la plus petite des
deux fréquences de coupure.

2- Le filtre passe-haut aura un gain unitaire aussi, et sa fréquence de coupure est la plus élevée
des deux.

3- Le gain de l’amplificateur donne le gain voulu dans la bande passante. La plus grosse
différence est que ces circuits sont en parallèle et non en cascade comme c’est le cas pour le
filtre passe-bande. On utilise un amplificateur à sommation à la sortie. Le circuit est montré à
la Fig.3.13.

Fig.3.13. Filtre à élimination de bande actif

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