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ÉDUCATION
DE
L'AMOUR
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DU MÊME AUTEUR :
Le Corps et l'âme. (Col. Présences, PLON, Paris ; édition ita-
lienne, MORCELLIANIA ; édition espagnole, DESCLÉE DE BROUWER.
Buenos-Aires.)
Santé humaine. (Col. Présences, PLON, Paris ; édition espagnole,
DESCLÉE DE BROUWER, Buenos-Aires.)
Éducation de l'Amour. (PLON, Paris ; édition espagnole, DESCLÉE
DE BROUWER, Buenos-Aires ; édition italienne, MARIETTI, Turin ;
édition portugaise, MACHADO, Porto ; édition grecque, KAKOU-
LIDES, Athènes ; édition hollandaise, HELMOND, Hollande.)
Lourdes et le miracle. (BLOUD et GAY.) (Épuisé.)
Dix prières à Notre-Dame de Lourdes. (SPÈS, Paris.) (Épuisé.)
La vie est là. (SPÈS, Paris.)
Le Bonheur passe la peine. (SPÈS. Paris.)
Offensives biologiques contre la personne. (SPÈS, Paris.)
Au service de la personne humaine. (Éd. de l'U. C. S. S.,
16, rue Tiphaine, Paris ; édition italienne, BERRUTI, Turin.)
Guide médical des vocations religieuses et sacerdotales.
(SPÈS, Paris ; édition italienne VITA E PENSIERO ; édition espa-
gnole, DESCLÉE DE BROUWER, Buenos-Aires.) (En collaboration
avec le docteur P. GALIMARD.)
Et Toi que vas-tu faire? (En collaboration avec le docteur
François-Maurice DUFOUR.) (PLON, Paris.)
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DOCTEUR RENÉ BIOT
ÉDUCATION
DE
L'AMOUR
LIBRAIRIE PLON
8, RUE GARANCIÈRE — PARIS-VI
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A PIERRE
ET MARGUERITE-MARIE GALIMARD
A LUC ET AGATHE RICHARD
A JEAN ET JULIETTE FALLAIX
dont les foyers
encore jeunes et déjà peuplés d'enfants
entourent le nôtre d'amitié.
Pâques 1945.
Copyright 1951 by Librairie Plon.
Droits de reproduction et de traduction réservés
pour tous pays y compris l'U. R. S. S.
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INTRODUCTION
«Si le mariage était précédé d'un noviciat, entend-on dire
parfois, combien y aurait-il de gens pour aller jusqu'à la
profession? »
Boutade? Sans doute. Mais n'y a-t-il là vraiment qu'un
mot d'humour? et l'amertume qui s'y dévoile ne révèle-
t-elle pas une réalité douloureuse?
Combien rencontre-t-on de ménages qui soient vraiment
heureux? Le nombre est-il très grand de maris et de femmes
qui trouvent leur bonheur dans leur vie commune, c'est-
à-dire pour qui la présence de l'aimé est la meilleure joie,
joie qui se suffit à elle-même, au point de compenser toutes
les peines, toutes les difficultés? En bref, y a-t-il beaucoup
d'époux qui, vraiment, s'aiment? Ne faut-il pas reconnaître
au contraire combien rare est une belle réussite de l'amour
conjugal?
Le médecin, qui entend presque autant de confidences
qu'un prêtre et qui surtout en reçoit de gens qui ne vont
guère se confesser, qui même ne connaissent pas le secours
des sacrements, ne se fait guère d'illusions sur ce point. Et
si, personnellement, nous nous acharnons à exalter les
splendeurs de l'amour conjugal, qu'on ne croie pas que cela
provient d'une méconnaissance des difficultés du mariage,
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voire des drames que recouvre parfois une apparence de
bonne entente : mais bien parce que nous pensons que c'est
en insistant sur ce que l'amour intégral peut apporter de
bonheur, qu'on aide ceux qu'anime une bonne volonté, à
faire à temps les efforts nécessaires pour ne pas compro-
mettre les richesses de sentiment dont ils sont capables.
Les malheurs que l'expérience nous révèle tiennent en
effet sans doute à la faiblesse de notre nature humaine, aux
défauts qui lui sont inhérents et qui rendent parfois pénible
la vie en famille ; et de ces misères, qui dépendent de notre
condition d'hommes, on ne peut pas espérer que l'humanité
se délivrera jamais complètement.
Mais n'arrive-t-il pas aussi que, trop souvent, jeunes gens
et jeunes filles arrivent au mariage sans avoir assez réfléchi
à la valeur de l'acte qu'ils accomplissent en s'unissant pour
jamais? N'est-ce pas que, faute d'un noviciat, ici impossible,
ils n'ont pas été suffisamment éduqués et préparés?
Sous prétexte que l'amour ne se commande pas, qu'il est
essentiellement un acte de liberté et qu'il jaillit spontané-
ment, ne négligeons-nous pas un autre fait, psychologique
et moral à la fois : c'est que ce sentiment est objet d'édu-
cation commetout sentiment humain, comme toute activité
humaine. Parce que l'amour est en quelque sorte instinctif
ou que, du moins, il est étroitement lié à nos impulsions
instinctives, on agit comme s'il était capable de se suffire à
soi seul, de trouver par lui-même et comme infailliblement
son but, d'atteindre sa plénitude tout naturellement. On
pense qu'il sera son propre guide, qu'il saura bien découvrir,
par ses voies à lui, les moyens les plus efficaces de se réaliser
totalement. Et l'on redirait volontiers : le cœur a ses rai-
sons que la raison ne connaît pas...
Il y a là un mélange d'idées justes et d'erreurs.
Sans doute le cœur est-il en son domaine plus clairvoyant
bien des fois, que le raisonnement ! Mais que de fois aussi
ne se trompe-t-il pas !
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Il ne saurait d'ailleurs prétendre à l'hégémonie ; et, ces
raisons qu'il a, même si la raison ne les connaît pas elle-
même d'abord, ce sera cependant à elle à en juger en der-
nier ressort : c'est elle, toujours, qui doit rester le guide,
c'est elle la lumière, c'est elle, en définitive, qui décide,
même —et surtout —lorsque les raisons qu'elle a charge
de ratifier lui sont fournies par le cœur.
Ainsi, de même qu'il a besoin d'une éducatidn de ses
sens, de ses fonctions vitales, l'homme doit faire l'éduca-
tion du sentiment d'amour. Nous faisions remarquer dans
Santé humaine, qu'aucune de nos activités physiologiques
ne va toute seule, que les plus élémentaires, la respiration,
la digestion, n'atteignent leur plein développement et leur
efficacité totale que lorsque nous les disciplinons, en leur
appliquant des règles que la science nous fait découvrir
progressivement. Le mot de PÉGUY, que nous aimons
redire une fois de plus : «Tous ceux qui ont fait quelque
chose dans le monde sont des types qui n'ont pas oublié de
respirer », exprime un conseil qui s'étend à tous les do-
maines : depuis prendre le temps de respirer, de manger,
et de dormir, jusqu'à savoir respirer correctement, manger
sagement. Tout ce qui est activité humaine est inévitable-
ment soumis à la nécessité de l'éducation. Même lorsqu'une
certaine pédiatrie croit ne faire que de l'élevage, elle met
en œuvre des mécanismes qui ne peuvent pas ne pas être
autant psychiques que physiologiques. Chaque fois que nous
agissons sur un être humain, c'est de l'éducation que nous
faisons, bonne ou mauvaise ; chaque fois que l'être humain
est laissé à lui seul, ou qu'il lâche la bride à ses impulsions
sans contrôle, cette absence d'éducation conduit aux catas-
trophes.
A plus forte raison l'amour, qui risque d'être toute vio-
lence, doit être particulièrement objet d'éducation. Et plus
onobjecte que cette éducation est difficile, plus on en montre
la complexité, plus on en met en lumière la nécessité. C'est
justement parce que rien n'est plus délicat, parce que rien
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n'offre plus d'embûches, que le devoir d'éducation est ici
impérieux.
On ne peut en effet user avec lui de la méthode qui est
habituelle dans les autres domaines, à savoir l'entraînement,
la mise en train progressive. Commencer par des petites
tâches faciles, puis monter peu à peu aux plus hautes, tel
est le moyen courant pour apprendre à marcher, à lire, à
écrire, à jouer d'un instrument, à acheter et à vendre. Le
jeune médecin, par exemple, a été mêlé de jour en jour
davantage au travail de l'hôpital et ce n'est pas sans des
coups d'essai, à la salle de dissection, que le chirurgien se
lance dans les coups de maître...
Ici, rien de pareil n'est possible, il n'y a pas de noviciat,
le mariage est d'emblée tout ou rien, il ne peut pas en être
autrement. Il faut bien, hélas ! répéter cette vérité élémen-
taire puisque certains insensés sont allés jusqu'à prôner «le
mariage à l'essai » (i) ; comme si une liaison passagère et
néomalthusienne pouvait être assimilée au don total et défi-
nitif des époux, et son achèvement par la venue au monde
de l'enfant !
C'est une vérité sur laquelle insiste à juste titre Léon
HUSSON,dans son excellent livre : Élémentsdemoralesexuelle
à l'usage des maîtres de l'adolescence (2) : l'amour ne mérite
son nom que là où il est intégral. Nous aurons l'occasion d'y
revenir plus loin, et l'analyse des éléments qui entrent en
composition dans l'amour montrera justement qu'il est,
nécessairement, engagement définitif, don sans repentance :
tant qu'il n'atteint pas ce degré, il n'est pas lui-même.
Force sera donc dans l'éducation de l'amour de se limiter
(1) Le Mariage sans chaîne, par LINDSEY et W. EVANS, Gallimard,
Paris, 1939.
Sur ce problème voir l'étude, essentielle, de M. Édouard JORDAN : Le
Mariage-compagnonnage. Commission catholique du XIII Congrès de la
Natalité. Éditions Mariage et Famille, 1932.
(2) Aubier, Paris, 1948.
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à une instruction — et celle-ci ne pourra moins faire que
de rester lointaine — et à une éducation générale des senti-
ments, à une culture de la générosité, du dévouement.
« Vous oubliez les fiançailles! » objecte en souriant une
jeune fille dont le doigt s'orne de la bague symbolique.
Non, nous ne les oublions pas, mais puisqu'elles sont déjà
un engagement, c'est avant de se fiancer qu'il faudrait avoir
été préparés à prendre une décision aussi grave. Et l'on ne
peut guère, d'autre part, compter sur le temps des fian-
çailles pour connaître son fiancé et se faire connaître de lui :
les méchantes langues ne disent-elles pas que chacun riva-
lise alors d'amabilité (je mets le mot au singulier) et que
souvent le caractère foncier ne se révèle que plus tard ? Mais,
surtout, il subsiste la différence, irréductible, entre une
phase où le sentiment d'amour ne se réalise pas charnelle-
ment et celle où il se marque de ce sceau définitif.
Ainsi on en revient toujours à la nécessité d'une éducation
lointaine de l'amour qui se présente sous deux aspects.
Elle suppose d'abord une éducation tout court, elle
s'appuie sur elle, elle n'en est qu'une branche particulière :
rien ne serait plus vain que de tenter une préparation au
mariage, ou de vouloir convier des époux à un amour inté-
gral, si les âmes ne sont pas, antérieurement, ouvertes à
la recherche du bien, mais restent emmurées dans l'égoïsme.
Sur cette éducation générale, base de l'éducation spéci-
fique de l'amour, nous ne dirons rien dans ce livre : c'est un
sujet tout autre que celui qui nous préoccupe présentement,
aussi vaste d'ailleurs que difficile et à propos duquel nous
ne pouvons ici que renvoyer aux ouvrages spéciaux qui lui
sont consacrés et parmi lesquels nous citerions volontiers
celui de Jean RIMAUD : L'Éducation, direction de la crois-
sance (1). Et nous supposerons donc déjà ébauchées sinon
même déjà solides les options de base qui orientent la vie
vers des fins morales et spirituelles.
(1) Aubier, Paris, 1946.
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Mais dans ce contexte, dans cette ambiance, il y a place
pour une formation spéciale, pour des réflexions particu-
lières portant sur les élans du sentiment, pour des conseils
circonstanciés concernant les impulsions des sens.
C'est à cette tâche, délimitée et cependant déjà infiniment
vaste, que ce livre veut s'appliquer.
Pour être efficace l'éducation de l'amour doit être étendue
à toutes les étapes de la vie.
Elle comporte d'abord qu'on tente de révéler aux époux
eux-mêmes tout ce qu'est l'amour, car ils ne le savent pas
assez, trop souvent. Ce sera l'objet de la première partie
de ce livre, elle s'appliquera à faire une analyse de ce senti-
ment et de ses composantes, et à fixer quelles exigences
découlent de sa nature.
Une seconde partie pourra alors envisager, avec les préci-
sions nécessaires, comment se posent durant les phases suc-
cessives de la vie les questions d'éducation du cœur et de
la chair. Et l'on verra qu'il ne suffit pas de préparer à
l'amour intégral les adolescents et les adolescentes : il faut
encore se préoccuper d'une préparation beaucoup plus loin-
taine, celle des enfants.
Dans une telle entreprise deux écueils contradictoires
menacent l'analyse : ne pas faire au corps et à l'instinct
une place suffisante, réduire au contraire à des perspectives
chamelles les forces spirituelles de l'amour.
Notre dessein serait précisément de montrer toujours
l'étroite liaison —le mot est encore insuffisant ; et dépen-
dance, non plus, ne traduit pas assez la fusion ici du biolo-
gique et de l'esprit... —disons l'unité profonde de ces deux
éléments. On se heurte, pour dire ces choses, aux mêmes
difficultés quelorsqu'ontente detraduire par desmotsl'unité
du corps et de l'âme; rien d'étonnant du reste puisque
l'amour est une des manifestations les plus caractéristiques
de l'intrication du physiologique et du spirituel.
Mais il faut prendre garde, en outre, lorsqu'on s'évertue
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à préparer à l'amour intégral, de laisser ceux qu'on éduque
borner leur intention à une sorte de culture «fermée »de
ce sentiment. Former des jeunes en vue du mariage, déve-
lopper chez les époux le souci de donner à leur amour tout
son épanouissement risquerait, si l'on n'y faisait attention,
de tourner à une délectation égoïste, à une recherche de
l'amour pour l'amour. Malheur à un sentiment qui resterait
ainsi enclos en soi, comme s'il était sa propre fin! Il se
renierait lui-même et avorterait lamentablement.
Atravers lui et par lui, c'est plus haut que lui que les
époux sont conviés à monter. Car l'amour aussi, est au ser-
vice de fins qui le dépassent : de même que tout l'humain
est appelé à rendre gloire au Créateur et, s'il le fallait, à
savoir se sacrifier pour que soit assuré d'abord le règne de
Dieu.
«Je sais fermement », écrivait le 17 août 1913, Joseph
OLLÉ-LAPRUNE à sa fiancée (1), «je sais fermement avec
vous que, non seulement notre affection ne saurait être un
obstacle à l'amour de Dieu, mais, bien au contraire, que
nous ne réaliserons notre vocation de plein amour de Dieu
que par notre mutuel amour. J'en vis la preuve à chaque
instant en moi : seule en effet une ascension énergique vers
Dieu est la condition de notre amour voulu par Lui et c'est
pourquoi notre amour nous pousse à tout sacrifier à son
amour.
«Je sais qu'en venant à vous, je viens aussi à tous mes
autres devoirs ; et que j'ai, par vous, plus de grâces pour les
mieux remplir. »
C'est de la lumière de ces principes que nous ne cesserons
de nous inspirer.
(1) In Liens immortels, Beauchesne, Paris, 1948.
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PREMIÈRE PARTIE
UN A M O U R INTÉGRAL
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CHAPITRE PREMIER
EN UNE SEULE CHAIR
'IL est vrai de toute activité humaine qu'elle n'est
jamais le fait de la chair seule, comme il advient chez
s l'animal, ni de l'esprit seul, comme c'est le cas des
anges, mais bien toujours et de la chair et de l'esprit à la
fois (1), cela apparaît plus clairement encore lorsqu'on ana-
lyse l'amour.
On y trouve en effet, non pas seulement un mélange,
maisbien une unité indissociable et de charnel et despirituel.
Tant que l'observation ne découvre qu'appel des sens ou
qu'elle ne constate qu'attrait des âmes, cen'est pas devant
l'amour que l'on se trouve placé, mais devant une impulsion
sexuelleseulement oudevant une amitié. Cen'est quelorsque
ces deux composantes ne sont plus isolables qu'il y a amour;
lorsque le sentiment d'attachement à la personne éveille
en même temps un émoi corporel, et lorsque l'attrait char-
nel, dépassant le besoin d'union des corps et le transfigu-
rant, ne peut plus se concevoir que dans un don de tout
l'être spirituel.
Cette vérité, qui est à la base même de tout ce que nous
(1) Cf. Le Corps et l'âme, collection Présences, Plon, Paris.
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avons à dire, a été parfaitement mise en lumière par de
nombreux e t excellents ouvrages, d'inspiration plus nette-
ment psychologique, parmi lesquels nous distinguons l'Essai
sur l' amour humain de Jean GUITTON (1), et La Voie sacrée
de Henri RAMBAUD (2). Nous n'avons donc pas à reprendre
à notre tour pareille analyse ; il n'est pas superflu cependant
d'attirer l'attention sur certains aspects qui se rattachent
plus immédiatement à nos préoccupations de médecin.
Mais, si nous envisageons les problèmes en partant vo-
lontiers de points de vue biologiques, le titre de ce livre dit
assez clairement que rien n'est à nos yeux contraire à la
vérité que de ramener à la seule sexualité la question que
nous abordons et que c'est bien de l'amour intégral que nous
entendons parler.
Sexualité animale et amour humain.
A comparer en effet la sexualité telle qu'elle est chez
d'animal et l'amour tel qu'il caractérise l'espèce humaine,
on constate qu'il y a, à la fois, continuité de l'un à l'autre
mais rupture cependant (3).
Continuité en ce sens que l'ensemble des modalités par
lesquelles s'exerce la fonction de transmission de la vie
révèle une complexité croissante.
La première impression que l'on peut retirer d'une incur-
sion dans la domaine zoologique en matière de sexologie,
c'est la diversité infinie des modes de transmission de la vie
et du comportement qui l'accompagne. Une loi cependant
semble bien se dégager de cette infinité de formes, loi que
(1) Aubier, Paris, 1948.
(2) Lardanchet, Lyon, 1946.
(3) Pour plus de développement voir notre chapitre Sexualité animale et
amour humain, in Recherche de la famille. Éd. fam. de France, Paris 1949.
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le professeur CARNOT, dans son livre la Famille génitrice et
génophylactique (1) appelle « loi de compensation » et qu'il
formule ainsi : « La sauvegarde de l'espèce entraîne comme
conséquence que le nombre des œufs des jeunes sera d'autant
plus grand que la génophylaxie sera moins bonne et les risques
de destruction plus élevés. »
Cette loi est, pour ainsi dire, la formule complémentaire
d'une autre, dite « loi évolutive », en vertu de laquelle « la
génération est d'autant mieux assurée et protégée, avec un
moindre gaspillage de matériel vivant et un meilleur ren-
dement génétique, qu'il s'agit d'animaux plus évolués ».
Le livre que nous citons trace à grands traits une sorte
de tableau général de l'évolution de la sexualité le long du
déroulement des espèces animales. Et l'on voit s'éveiller pro-
gressivement l'attachement des géniteurs à leur descendance
et une prévision ingénieuse de leurs besoins après la naissance
et aussi la progression d'une sensibilité spécifique, l'instinct
sexuel, qui est capable de faire exécuter au mâle ou à la
femelle des prodiges stupéfiants.
L'homme se montre soumis, lui aussi, aux mêmes appels
de la vie qui tend à se transmettre.
Mais la rupture apparaît en ce sens que dans l'espèce
humaine la part de sensibilité, de sentiment plus exactement,
est au moins égale. L'impulsion sexuelle s'épanouit en sen-
timent, l'instinct se spiritualise en amour, selon une formule
que nous nous plaisons à répéter.
En outre, chez l'animal, fécondité et sexualité sont si
rigoureusement dépendants que ce n'est jamais que pour
perpétuer l'espèce que le couple se rapproche. L'homme au
contraire apparaît comme l'être capable de dissocier, dans
une malice que la morale condamne, la finalité reproduc-
trice et le plaisir des sens. Mais il se révèle aussi comme
celui qui est doué du pouvoir de maîtriser son impulsion
et de n'être en rien diminué s'il se refuse à obéir à l'appel de
(1) Baillière, Paris, 1946.
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l'espèce : et l'on peut définir l'homme en disant qu'il est
l'animal capable de chasteté.
Et lorsque, dans l'amour intégral qui ne ruse pas avec
les finalités naturelles, la sexualité humaine aboutit à la
fécondité, des différences radicales se révèlent entre la
pullulation des rejetons chez les animaux et le petit nombre
relativement des enfants, même dans les foyers nombreux.
A côté des milliers ou même millions d'œufs des mollusques
ou des poissons, qu'est-ce que l'ovule mensuel de la femme?
De telle sorte que l'idée s'impose, à mesure qu'on observe
et qu'on réfléchit, que la fécondité humaine ne recherche
pas tant le nombre que la qualité du nouvel être qui viendra
au monde. Tout se passe comme si, au lieu d'une pullulation
de vivants, il y avait là recherche de l'apparition d'un orga-
nisme privilégié.
La longue gestation par la femme confirme cette hypo-
thèse, d'autant qu'elle est suivie d'une phase, longue aussi,
d'éducation. Contrairement aux autres rejetons qui, quasi
dès leur éclosion, peuvent se suffire à eux-mêmes, l'enfant
naît si cruellement dépourvu de tous moyens de se nourrir,
de se préserver des variations de température, de se défendre
contre mille dangers qu'il périrait infailliblement, s'il était
abondonné tel quel.
Un jugement superficiel pourrait conclure qu'il y a là
pour notre espèce une faiblesse et que la vie a marqué un
recul en aboutissant à la forme humaine. Bien au contraire
il se trouve en fait que cette longue période de latence, entre
la venue au monde et la pleine possession des moyens qu'il
acquerra d'année en année, permet à l'enfant d'homme
l'élaboration patiente et minutieuse (1) d'un magnifique
réseau de connexions nerveuses, comme il n'en est pas
d'autre exemple dans les espèces vivantes.
(1) Voir à ce sujet le livre admirable de MOURGUE et VON MONAKOV :
Introduction biologique à l'étude de la neurologie et de la psychopathologie.
Alcan, Paris, 1928.
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Il y a donc bien dans l'espèce humaine, comme chez toute
autre, une sexualité qui tend à la fécondité. Mais cette
fécondité est marquée d'emblée d'un caractère qui la
met à part : elle est au service de l'activité nerveuse et donc
psychique et morale qu'aura le nouveau venu ici-bas. Elle
est orientée vers ce qui le caractérisera comme une personne ;
et l'appel à la vie est sollicité ici par bien autre chose que le
seul instinct : un sentiment étroitement corrélatif de celui
qui attirait les époux l'un vers l'autre, l'amour de l'enfant
qui sera pétri de leur chair fusionnée.
Ainsi dans sa finalité la plus indiscutable, la reproduction,
la sexualité humaine est caractérisée par des orientations,
qui, tout en l'apparentant à la sexualité animale, l'en distin-
guent irréductiblement.
Chair et esprit.
Dans de telles perspectives, la chair de l'homme apparaît
bien comme ayant une place d'honneur dans le plan du
Créateur. C'est là une vérité trop souvent méconnue. Beau-
coup d'adversaires du christianisme, on le sait, lui font
reproche de n'avoir que méfiance et mépris pour le corps.
Ce n'est pas seulement à propos de l'amour qu'ils for-
mulent ce grief, ils l'étendent à toute la conception de la
vie. C'est un des thèmes de propagande antichrétienne que
se lèguent depuis les premiers âges les ennemis de la foi.
De nos jours le renouveau païen le reprend, en l'orchestrant
des plus récentes découvertes de la science physiologique.
Aux foules modernes, avides de santé, le Christ est ainsi
présenté comme l'ennemi du développement harmonieux du
corps. Tout ce qui est sain, vivant, tout ce qui est joie phy-
sique de plein air nous est montré comme le legs infiniment
précieux de l'antiquité grecque et romaine ; et l'on oppose
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à cette belle lumière du stade les macérations des cloîtres,
les austérités des saints, les sacrifices corporels qui sont la
base même de la vie spirituelle... Les littératures à la mode
s'en donnent à cœur joie, et les textes abondent où
s'affrontent en antithèses vigoureuses ces deux tableaux :
de la santé recherchée comme le vrai et quasi le seul bien, et
de la souffrance célébrée comme une épreuve salvatrice.
Nous savons bien, nous qui avons le bonheur d'être
chrétiens, que ce reproche est calomnie : l'essentiel de la
religion du Christ n'est-il pas le mystère d'un Dieu incarné?
et si le Fils de Dieu n'a pas craint de revêtir notre chair
humaine, rigoureusement la même que celle de chacun de
nous, de quelle grandeur ne faut-il pas que soit empreinte
cette demeure matérielle?
Personne autant que Jésus n'a eu d'attention pour le
corps, prenant pitié de la faim, de la soif, de la fatigue de
ceux qui le suivaient. Personne n'a été commeLui secourable
aux malades, les guérissant de leurs souffrances et montrant
ainsi quel prix il attachait à la santé !
Si le paganisme antique a connu le culte, nous devrions
dire l'orgueil du corps bien portant et beau, qui donc, sinon
l'Église et ses saints, a poussé le respect de la chair jusqu'à
l'entourer de soins délicats, lorsqu'elle apparaît dans les
pires états de délabrement, de déchéance?
Et l'on peut bien mettre au défi les esthètes contemporains
qui prêchent une sorte d'idolâtrie de la chair, d'aller panser
les lépreux, les cancéreux, de ne pas se laisser répugner par
les souillures et les déjections : elles ne rebutent pas le cœur
de la Sœur de charité.
« Précisément, vont peut-être riposter certains fanatiques
de la beauté corporelle, ce que nous reprochons au chris-
tianisme, c'est d'avoir une certaine attirance, malsaine s'il
en est, pour la chair malade. Il y a là une sorte de perversion
qui prend plaisir à soigner ce qui est morbide. Vous ne vous
intéressez au corps que s'il est flétri, que lorsqu'il porte la
marque de la déchéance que vous attribuez au péché originel.
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Voussoignezles malades, maisvous restez méfiants vis-à-vis
de la vie, elle vous fait peur, elle vous paraît toujours une
menace de luxure : la crainte du péché vous empêche de
vousépanouir dans la joie et vousfaites étoufferles corps des
fidèles. »
Non, le mystère de l'Incarnation n'est pas celui d'une
chair déchue ; ni l'Ascension ni l'Assomption ne sont le
triomphe de la maladie, maisbien dela vieet d'une plénitude
devie dont aucune intelligence humaine, dont aucunescience
biologique ne peut même entrevoir la splendeur. Si le Christ
guérit les malades, c'est bien la preuve qu'il met la santé au-
dessus de la maladie, dans l'ordre des biens. Si la charité
chrétienne édifie des hôpitaux, ouvre des dispensaires, c'est
pour soulager, au moins, ceux que la médecine ni la chirurgie
ne peuvent guérir : elle n'oublie jamais que la douleur est
une épreuve. Et si ses saints ont eu le courage, héroïque
bien souvent, de l'accepter, ce n'est certes pas par un mépris
de la santé :,une telle attitude serait à la fois un blasphème
et une sottise ; mais bien parce qu'ils savent que ce mal peut
acquérir une portée rédemptrice et, à la lumière surnaturelle
de la foi, se muer en un bien, quoiqu'il continue à broyer la
sensibilité.
In came una.
Ainsi la chair n'est pas maudite, si l'esprit qui l'anime
en fait l'usage conforme à notre nature et voulu providen-
tiellement. Mais il faut aller beaucoup plus loin.
Ce rôle de la chair, il n'est pas seulement celui qu'elle
doit tenir dans l'incarnation individuelle qui constitue
chacun de nous, elle est appelée à une mission plus grande
encore dans ce que nous oserions nommer : l'incarnation
conjugale.
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«Ils seront deux en une seule chair », la parole des livres
saints, que le Christ reprend solennellement à son compte,
est dans toutes les mémoires; onla cite à tout propos; mais,
par là-même, n'arrive-t-on pas à en perdre de vue le sens
profond? Commeles pièces de monnaie qui, à force de passer
de main en main, finissent par s'estomper, le relief de la
formule dont se servait le Christ lui-même ne s'émousse-t-il
pas? Osons-nous assez mettre la chair à la place d'honneur
que lui réserve le plan divin?
C'est surtout lorsqu'il s'agit de l'amour, lorsqu'il est
question de l'élan qui porte l'un vers l'autre ceux qui s'ai-
ment, que l'on voit les adeptes de la recherche du plaisir
charnel, cultivé parfois avec de savants raffinements,
faire grief aux tenants de la morale traditionnelle de mé-
priser la chair.
Ils disent : «C'est comme à regret, c'est parce qu'il n'y
a pas moyen de faire autrement pour assurer la survie de
l'espèce humaine, que la morale, la religion consentent à
faire une place au corps; c'est par une sorte de condescen-
dance comme on signe un pacte la main forcée. Mais, au
fond, ce que cachent les requêtes de la spiritualité, c'est un
dégoût de la chair. »
Que, chez certains, le souci de la pureté, si légitime, si
salutaire, ait été déformé en raideur ; que la prudence dans
la conduite, toujours requise, et plus encore peut-être de
nos jours, ait pu se teinter de méfiance systématique, et
par conséquent excessive, vis-à-vis des impulsions de l'ins-
tinct, cela n'est pas contestable, nous aurons à y revenir
plus loin.
Ceserait un sujet d'études fort intéressant que de chercher
sous quelles influences et à quelles périodes de l'histoire
la pruderie a pris le pas sur la vraie pudeur. Nousne saurions
même esquisser ici un tel tableau historique, qui est hors
de notre compétence. Cette enquête montrerait, croyons-
nous, que c'est aux mêmes moments et parallèlement que
se développait un dévergondage sournois et subtil. L'histoire
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des mœurs du XVII et du XVIII siècle révélerait que l'im-
moralité conjugale profonde, mais cachée, marche volontiers
de pair avec une attitude extérieure qui voudrait faire croire
qu'il n'est pas de bon ton de parler ouvertement d'amour,
lorsqu'il s'agit de mariage. On retrouverait, nous semble-
t-il, la même opposition entre la morale embourgeoisée et
collet monté du XIX siècle et les formes évanescentes d'un
lyrisme trop exclusivement passionnel que distille un mau-
vais romantisme.
Plusieurs pensent voir là un des fruits lointains et per-
nicieux du jansénisme. Mais, en réalité, le mal vient de
beaucoup plus loin dans le temps.
Déjà saint PAULécrivait à TIMOTHÉEque des imposteurs
proscrivent le mariage; et l'on sait que des Esséniens pro-
fessaient cette erreur, en prenant prétexte que les œuvres
de la chair sont l'œuvre de Satan.
Onpeut suivre dansl'Amouretl'Occident (1) deD. deROU-
GEMONT l'histoire de cette conception le long des âges.
Que cette hérésie cathare ait contaminé ou non l'inspiration
des poètes delangue d'oc —P. BELPERRONa démontré que
nondans sonlivre si attachant, Lajoie d'amour, contribution
à l'étude des troubadours et de l'amour courtois (2) —il n'im-
porte pas à notre propos. Ceque nous retenons c'est l'exis-
tence d'un courant d'idées qui veulent détacher l'amour
de ses liens avec la chair.
Conceptions apparemment pures : voire, au premier
abord, d'une pureté plus exquise que celle des intimités
conjugales franches ; mais elles aboutissent bien vite à des
déviations plus redoutables et plus profondément perni-
cieuses.
Et l'Apôtre stigmatisait ces hypocrites en déclarant
qu' «ils ont
conscience ». la marque de la flétrissure dans leur propre
(1) Coll. Présences, Plon, Paris.
(2) Plon, Paris, 1948.
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En sens inverse, et avec non moins d'outrance, s'accu-
mulent les livres qui ont voulu ne mettre l'accent que sur
le côté charnel de l'amour, au point même de réduire le
sentiment à l'instinct et par un abus de langage, de donner
au mot amour la seule signification de joie des sens dans un
contact sexuel, quel qu'il soit.
Ce n'est pas simplement dans certains ouvrages de pro-
pagande anticonceptionnelle que cette attitude se rencontre,
accompagnée du reste —nous ne voulons pas dire : masquée
sous les aspects —d'un souci du bonheur de celui qu'on
aime. Ce n'est pas non plus uniquement dans les livres
comme celui, tristement célèbre, qui avait l'impudence de
s'intituler : le Mariage parfait, et dont il eût été plus juste
—une haute autorité morale le faisait remarquer —d'ins-
crire comme titre : le Mariage parfaitement immoral. Cesont
d'innombrables romans, parmi lesquels ceux de LAWRENCE
sont les plus célèbres. Dans l'Amant de lady Chatterley, ou
plus encore dans Défense de lady Chatterley —à dire vrai,
dans presque toute son œuvre— il développe une thèse
sur la valeur du plaisir sexuel, lorsqu'il est pleinement
ressenti, réellement consenti : LAWRENCElui attribue une
sorte de puissance morale, pour ainsi dire, il y voit la vraie
source de tout progrès spirituel, pour chaque être humain :
une espèce de «rédemption par l'amour », pour prendre les
mots wagnériens, mais en entendant par amour, exclusi-
vement la satisfaction de l'appétit sexuel.
Une étude générale de la littérature contemporaine serait
à entreprendre de ce point de vue. Cen'est pas notre tâche
ici, notre but n'est pas de dresser un inventaire du mal.
Mais il ne serait pas sans intérêt pour le psychologue de
mener cette enquête.
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Vraies perspectives chrétiennes.
Aucune de ces outrances ne nous révèle le vrai, la morale
ne fait sienne ni les unes ni les autres. C'est avec sérénité
et à la lumière de la raison qu'elle cherche quelle est la juste
place du corps dans l'amour conjugal.
Et la morale chrétienne qui vient surnaturaliser ce que
décède l'étude impartiale de la nature humaine, et ouvrir
en outre des perspectives spirituelles infinies, n'hésite pas
uninstant à regarder ces problèmes en face.
Dans une esquisse très dense (1), l'abbé MONCHANIN
s'était plu à citer quelques témoignages des Pères de l'Église
à ce sujet : ils étaient fort démonstratifs d'une largeur de
vuesinfinimentréconfortantes. C'est par exempleauI I
CLÉMENT d'Alexandrie écrivant dans son Pédagogue :
«Nous ne devrions pas avoir honte de nommer ce que Dieu
n'a pas eu honte de créer. »C'est TERTULLIEN déclarant :
«Lanature doit être unsujet, non dehonte, mais derespect. »
Et l'auteur faisait remarquer que dans la Somme théolo-
gique, lorsque saint THOMAS traite des fautes sexuelles, il
voit le péché dans le manque de rectitude de la volonté, mais
non dans l'instinct lui-même.
Les pages de la Sommeconsacrées aux «délectations »(2),
devraient être toujours présentes à l'esprit des psychologues
et des moralistes lorsqu'ils abordent les problèmesdel'amour
conjugal.
Et saint AUGUSTIN lui-même, que l'on présente comme
obsédé par la malice du péché, affirme dans la Cité deDieu :
(1) In Questions relatives à la sexualité, éditions du Groupe lyonnais
d'études médicales, philosophiques et biologiques. Le texte a paru ensuite
dans Problèmes de la sexualité, collection Présences. Plon, Paris.
(2) I II., q. XXXI et seq.
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Malgré le nombre consi-
dérable delivres qui ont été
consacrés à la psychologie
de l'amour et à la physio-
logie du mariage,trop de
couples ignorent encore les
transfigurations corporelles
et morales qu'ils pourraient
en retirer, s'ils étaient plus
attentifs au don qu'ils re-
çoivent. A aucun moment
de la vie sans doute ne se
révèle autant l'unité de la
nature humaine, faite de
Photo Blanc et Demilly. matière et d'esprit, que
lorsque dans le don réci-
proque de leur corps, les époux appellent à l'existence
de nouveaux êtres.
C'est sur cette idée centrale de l'unité du corps et de
l'âme que porte l'ouvrage du docteur René Biot et ce
livre apparait ainsi commela suite naturelle desréflexions
qui faisaient l'objet de ses essais précédents : Le Corps
et l'âme, Santé humaine.
Poussant son analyse aussi loin dans le domaine phy-
siologique que sur le plan sentimental, l'auteur montre
quelle est la grandeur du rôle joué par la chair dans un
amour authentique mais tout autant quelles exigences
spirituelles sont incluses dans l'instinct sexuel humain.
Une rare délicatesse permet au docteurBiot de tout dire,
et d'apprendre aux parents comment à leur tour, ils de-
vront et pourront tout dire à leurs enfants.
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