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Maladies Éruptives: de L'Enfant

Le document traite des maladies éruptives de l'enfant, en se concentrant sur le diagnostic et la distinction entre des affections telles que la rougeole, la rubéole, et le mégalérythème épidémique. Il souligne l'importance de l'analyse sémiologique de l'éruption et des signes associés pour établir un diagnostic précis, tout en mentionnant les complications potentielles et l'impact des vaccinations. Enfin, il aborde les traitements symptomatiques et la nécessité d'un suivi approprié des patients.

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Maladies Éruptives: de L'Enfant

Le document traite des maladies éruptives de l'enfant, en se concentrant sur le diagnostic et la distinction entre des affections telles que la rougeole, la rubéole, et le mégalérythème épidémique. Il souligne l'importance de l'analyse sémiologique de l'éruption et des signes associés pour établir un diagnostic précis, tout en mentionnant les complications potentielles et l'impact des vaccinations. Enfin, il aborde les traitements symptomatiques et la nécessité d'un suivi approprié des patients.

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I-7 Q 94

RR

MALADIES ÉRUPTIVES
DE L’ENFANT
Dr Amandine Blasquez, Dr Christine Léauté-Labrèze
Unité de dermatologie pédiatrique
Centre de référence des maladies rares de la peau
hôpital Pellegrin-Enfants, 33076 Bordeaux Cedex
[Link]@[Link]
OBJECTIFS

DIAGNOSTIQUER ET DISTINGUER une rougeole,


une rubéole, un mégalérythème épidémique,
un exanthème subit, une mononucléose
infectieuse, une scarlatine.
ARGUMENTER l’attitude thérapeutique
et planifier le suivi du patient.

es maladies éruptives sont fréquentes chez l’enfant, et le

L plus souvent fébriles. Le diagnostic repose sur la chrono-


logie et l’analyse sémiologique de l’éruption (tableau),
ainsi que la présence d’éventuels signes associés. La plupart
des étiologies sont virales, de bon pronostic, mais il est impor-
tant de ne pas méconnaître une affection potentiellement grave,
comme une maladie de Kawasaki. Les vaccinations ont consi-
dérablement modifié le paysage des maladies éruptives. En
effet, on ne voit presque plus de rougeoles et de rubéoles, en FIGURE 1 Exanthème maculopapuleux au cours d’une mononucléose.
revanche on observe encore fréquemment des éruptions dues
à des toxines bactériennes.
Retrouvez sur [Link]
images un atlas de 10 photos de maladies
Exanthème morbilliforme éruptives de l’enfant.

Exanthème maculo-papuleux fait d’éléments séparés, parfois


confluents. Il existe des intervalles de peau saine (fig. 1). Les princi- Elle débute par de la fièvre modérée, voire des malaises, une
pales causes sont infectieuses, essentiellement virales, mais c’est atteinte des voies aériennes supérieures, suivie d’une fièvre éle-
également un mode de présentation fréquent des réactions médica- vée, d’une toux, d’une rhinite et d’une conjonctivite.
menteuses. Le prurit est inconstant ; quand il est présent, il oriente L’exanthème débute au visage, derrière les oreilles, puis s’é-
vers une étiologie non infectieuse, en particulier une toxidermie. tend au tronc et aux membres ; l’évolution est classiquement
purpurique.
Rougeole On note des signes d’accompagnement de l’éruption cuta-
Devenue rare depuis la généralisation de la vaccination, elle née : toux aboyante, rhinite, catarrhe oculo-nasal, adénopathies
est due au virus de la rougeole, qui est un paramyxovirus. L’incu- cervicales. Classiquement, on observe un énanthème, le signe
bation est de 9 à 14 jours. de Köplick est évocateur mais non pathognomonique (taches

LA REVUE DU PRATICIEN VOL. 59


20 janvier 2009 133
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RR Q 94 I-7 MALADIES ÉR UPTIVES DE L’ENFANT
TABLEAU

ORIENTATION DIAGNOSTIQUE DEVANT UNE DERMATOSE ÉRUPTIVE FÉBRILE DE L’ENFANT


Type Maculopapuleuse Vésiculeuse Scarlatiniforme Bulleuse Papuleuse
d’éruption et/ou squameuse
LOCALISÉE Mégalérythème épidémique Herpès Scarlatine Érythème polymorphe Syndrome de Gianotti-Crosti
(Parvovirus B19) Zona Syndrome APEC
Syndrome de Stevens-Johnson Éruption en gants
mains-pieds-bouche et chaussettes

GÉNÉRALISÉE Maladie de Kawasaki Varicelle Maladie de Kawasaki Épidermolyse Pityriasis rosé de Gibert
Toxic shock (staphylococcique Eczema herpeticum Scarlatine staphylococcique
ou streptococcique) (streptococcique ou Syndrome de Lyell
Rougeole staphylococcique)
Rubéole
Exanthème subit
Adénovirose
Mononucléose
Toxidermie médicamenteuse

blanches de 1 mm de diamètre sur un érythème intense de la Les complications sont rares chez l’enfant. En revanche, chez
muqueuse buccale). la femme enceinte, la rubéole est très grave, l’atteinte fœtale
L’évolution est favorable vers la guérison en 8 à 10 jours, avec étant quasi systématique : 90 % de contamination au cours des
une desquamation fine. 11 premières semaines de grossesse. Entre la 12 e et la
Des complications peuvent survenir (immunodéprimés, affec- 16 e semaine, il y a un risque de surdité de 25 % associé à
tions chroniques) : otite moyenne aiguë bactérienne, pneumopa- d’autres anomalies (retard mental, cardiopathie, atteinte oculaire,
thie bactérienne, encéphalite, myocardite, péricardite, gloméru- microcéphalie, retard de croissance). En période néonatale, on
lonéphrite aiguë, hépatite aiguë, thrombocytopénie. peut noter un ictère, un purpura thrombopénique qui disparaît
Le diagnostic est clinique. On peut réaliser une sérologie spontanément en quelques semaines, des lésions osseuses, un
(deux prélèvements à 21 jours d’intervalle). L’isolement viral dans aspect de « blueberry muffin baby », macules ou papules bleutées
les sécrétions nasopharyngées, le sang et les urines est possible, ou pourpres généralisées dues à une érythropoïèse extra-médul-
mais rarement réalisé en pratique. laire, et un exanthème récurrent (récidive au cours des 5 premières
Le traitement est symptomatique, associé à un isolement années).
(contagiosité importante). Chez les immunodéprimés, l’injection Le diagnostic est clinique. On peut s’aider de la sérologie, ou
d’immunoglobulines intraveineuses est indiquée. L’immunité est de l’isolement du virus sur sécrétions nasopharyngées en phase
acquise à vie. La prévention est faite par la vaccination, recom- aiguë, dans les urines, les selles ou le sang chez les enfants victi-
mandée mais non obligatoire. mes d’une embryopathie rubéoleuse.
Le traitement est symptomatique. La prévention est la vaccination.
Rubéole
Elle est due à un togavirus, transmis par contact direct ou par les Mégalérythème épidémique
gouttelettes nasopharyngées. L’incubation est de 14 à 21 jours. Appelé aussi cinquième maladie, il est dû au parvovirus B19.
Les prodromes sont mineurs ou insignifiants, d’une durée de L’incubation est de 4 à14 jours.
1 à 5 jours, mais avec une fièvre pouvant atteindre 39 °C, avec Il est fréquent chez les enfants d’âge scolaire, et débute par une
céphalées, malaise, dysphagie, conjonctivite. rougeur intense des 2 joues associée à une pâleur péribuccale.
La contagiosité est maximale 2 jours avant l’éruption et jus- L’exanthème est une éruption maculeuse, érythémateuse,
qu’à 7 jours après. réticulée, symétrique, localisée aux bras, aux jambes, à la poi-
On retrouve des adénopathies sous-occipitales, rétro-auricu- trine, à l’abdomen et aux cuisses. Il dure 3 à 5 jours, mais des
laires, cervicales. poussées sont possibles pendant 4 mois après les efforts phy-
L’exanthème débute au visage, puis s’étend au tronc, aux siques, la fièvre, l’exposition au soleil. D’autres atteintes sont
membres, il est composé de macules roses, confluentes, s’effa- notées avec des signes généraux, une hyperthermie, des arthri-
çant rapidement en 3 à 4 jours. L’énanthème est caractérisé par tes symétriques des mains, poignets et genoux sont possibles.
le signe de Forschheimer (20 % des cas), macules rouges ou Une érythroblastopénie survient chez les patients atteints d’ané-
pétéchies du voile du palais. mie hémolytique chronique.

134 LA REVUE DU PRATICIEN VOL. 59


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Le parvovirus B19 est également responsable d’une éruption
Q RR 94
fièvre, une angine, une altération de l’état général, des adénopa-
papulo-purpurique dite « en gants et en chaussettes ». thies, une splénomégalie. L’exanthème est maculeux, diffus, sur-
La complication est la vascularite nécrosante systémique venant à la fin de la première semaine des symptômes (fig. 1).
dans les infections chroniques. L’éruption classique survient aussi après l’ingestion d’ampicilline
Chez la femme enceinte, c’est une infection grave avec un et débute 2 jours après la prise.
risque de mort fœtale au cours de la première moitié de la gros- Des examens paracliniques peuvent être utiles, un MNI test,
sesse de 10 % (anasarque fœtoplacentaire). voire une sérologie EBV ; la formule leucocytaire est à prédomi-
La contagiosité est nulle dès que l’éruption apparaît, sauf nance de lymphocytes. Le traitement est symptomatique, et on
chez les patients en aplasie où les patients sont contagieux jus- évitera les antibiotiques.
qu’à une semaine au moins après l’éruption.
Le diagnostic est clinique. Une sérologie est possible. Pour les Toxidermies
infections chroniques, la réalisation d’une PCR sanguine peut Les toxidermies se manifestent fréquemment (40 % des cas)
aider au diagnostic. par une éruption maculopapuleuse morbilliforme qui débute aux
Le traitement est symptomatique, le pronostic est excellent membres ou dans les zones de pression.
chez l’enfant sain, l’isolement est inutile. En cas de notion de L’atteinte des muqueuses est variable, ainsi que celle des
contact avec une femme enceinte, ou une personne à risque paumes et des plantes.
immunodéprimée, on vérifiera leur statut sérologique (la pré- L’intervalle libre entre la prise de médicament et l’éruption est
sence d’IgG anti-parvovirus signe une immunisation ; en leur généralement de 1 à 2 semaines. Un fébricule est souvent présent.
absence, une surveillance particulière sera effectuée). Chez les Les principaux responsables sont :
immunodéprimés, une injection d’immunoglobulines intravei- – ampicilline et dérivés de la pénicilline,
neuses est possible. – triméthoprime-sulfaméthoxazole,
– agents antiépileptiques (carbamazépine).
Autres viroses
Beaucoup de virus ont été décrits comme responsables d’érup-
Érythème roséoliforme
tion morbilliforme, plus particulièrement les adénovirus, échovirus,
adénovirus et coxsackies. Le principal diagnostic à évoquer est la roséole, appelée aussi
La mononucléose infectieuse est une infection virale due à 6e maladie ou exanthème subit, et due à un virus du groupe her-
l’Epstein-Barr virus ou EBV. Le tableau classique associe de la pès (HHV-6), qui atteint les enfants de 6 mois à 3 ans.
L’incubation est en moyenne de 9 jours. Les prodromes sont
une fièvre élevée bien supportée, suivie d’une baisse brutale au
4e, 5e jour, avec apparition de l’éruption. L’exanthème est fait de
maculopapules rose pâle, débutant au cou, puis s’étendant au
tronc et aux membres. Le visage est respecté. La durée d’évolu-
tion est de 1 à 2 jours. L’énanthème est fait de petites papules
érythémateuses du palais mou. On note fréquemment la pré-
sence d’adénopathies cervicales.
Les complications sont les méningites virales, les convulsions.
Le diagnostic est clinique, on peut réaliser une sérologie en
cas de doute, voire une PCR sanguine.
Le traitement est symptomatique, sans nécessité d’isolement.

Érythème scarlatiniforme
Devant un exanthème scarlatiniforme, on évoquera une vraie
scarlatine, mais également une maladie de Kawasaki (fig. 2), ou
une autre pathologie toxinique bactérienne.

Maladie de Kawasaki
La maladie de Kawasaki est une vascularite systémique,
d’apparition brutale et d’étiologie inconnue. Le pic de fréquence
FIGURE 2 Maladie de Kawasaki (exanthème maculo-papuleux associé
est entre 2 et 5 ans et elle touche plus souvent le garçon.
à une chéilite et une conjonctivite chez un enfant fébrile et asthénique). Le diagnostic repose sur un faisceau d’arguments.

LA REVUE DU PRATICIEN VOL. 59


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RR Q 94 I-7 MALADIES ÉR UPTIVES DE L’ENFANT

Le critère principal est une fièvre élevée persistant au-delà de de gant ». L’énanthème montre des pétéchies du palais et de la
5 jours, et ne régressant pas sous antibiotiques, auquel doivent luette, la muqueuse linguale est initialement recouverte d’un
être associés 4 des 5 critères suivants : enduit blanchâtre, puis la langue est framboisée, avec des
– une hyperhémie conjonctivale sans kératite mais souvent muqueuses rouge vif.
associée à un œdème palpébral ; Le diagnostic est clinique. Le bilan sanguin met en évidence
– une atteinte buccopharyngée avec un énanthème pharyngé, une hyperleucocytose, des prélèvements bactériologiques cuta-
une langue framboisée, et surtout une chéilite ; nés ou de gorge peuvent aider à mettre en évidence le germe.
– un exanthème polymorphe non prurigineux apparaissant à la Le traitement comporte une antibiothérapie antistreptococ-
fin de la première semaine, d’évolution morbilliforme, puis scar- cique (pénicilline) associée à des mesures symptomatiques. Le
latiniforme, avec atteinte prédominante du siège et régression pronostic est favorable. Les complications comme le rhuma-
en une semaine ; tisme articulaire aigu ou la glomérulonéphrite sont devenues
– une atteinte des extrémités : érythème des plantes et des paumes exceptionnelles.
et/ou œdème du dos des pieds et des mains ; desquamation des
extrémités à la fin de la 2e semaine d’évolution (signe tardif), Épidermolyse staphylococcique
– des adénopathies : le plus souvent cervicales, de grande taille, ou staphyloccocal scalded skin syndrome
non inflammatoires mais sensibles. Elle atteint le nourrisson et l’enfant avant 5 ans.
Tous ces signes peuvent être fugaces et dissociés dans le C’est une affection toxinique due à la diffusion d’exfoliatines A
temps, il est important de les rechercher à l’interrogatoire. Il et B sécrétées par certaines souches de Staphylococcus
existe souvent des signes digestifs, ballonnement abdominal, aureus. La dermite exfoliatrice du nouveau-né (maladie de Ritter
hydrocholécyste, diarrhée. Dans tous les cas, on observe une von Rittersheim) est la forme néonatale, souvent nosocomiale.
importante asthénie, l’enfant est grognon et douloureux lors de L’épidermolyse staphylococcique succède à une infection
l’examen clinique. focale bénigne, cutanée (impétigo, surinfection de varicelle,
Les complications les plus graves sont les anévrismes coro- omphalite) ou muqueuse (infection ORL, conjonctivale ou vul-
nariens qui se constituent aux alentours de la 3e semaine. vaire).
La biologie n’est pas spécifique du syndrome de Kawasaki : La maladie débute brutalement par un exanthème scarlatini-
présence d’un syndrome inflammatoire non spécifique, throm- forme prédominant au visage, aux régions périorificielles et aux
bocytose fréquemment observée au moment de l’apparition des plis. En quelques heures se produit une exfoliation provoquant
anévrismes coronariens. un décollement des zones érythémateuses, spontanément ou à
Le traitement consiste en l’injection d’immunoglobulines intra- la suite d’un frottement (signe de Nikolsky), mettant à nu de vas-
veineuses (2 g/kg en 1 ou 2 fois) associées à l’acide salicylique à tes érosions épidermiques rosées et suintantes, bordées par les
dose anti-inflammatoire (60 à 80 mg/kg/j) à la phase aiguë, puis à téguments desquamés, froissés comme un « linge mouillé » (fig. 3).
dose antiagrégante (10 à 15 mg/kg/j) jusqu’à l’échographie car- Contrairement au syndrome de Lyell, le décollement reste super-
diaque de contrôle 3 à 4 mois après l’épisode aigu. ficiel (l’exfoliatine clive les couches supérieures de l’épiderme) et
La surveillance est clinique et paraclinique, avec une échogra-
phie cardiaque à 3 semaines, puis à 3 mois, et la surveillance de
la décroissance du syndrome inflammatoire biologique.

Scarlatine
Le début est brutal, avec une infection du pharynx (angine et
fièvre), de la peau, ou des parties molles, par Streptococcus
pyogenes.
D’autres bactéries ont été décrites, notamment le staphylo-
coque.
Les manifestations cliniques sont toxiniques (toxine érythro-
gène).
L’exanthème apparaît 1 à 2 jours après l’infection bactérienne,
débutant à la partie supérieure du tronc puis se généralisant avec
un aspect rugueux (peau granitée), en épargnant les paumes et
les plantes. Parfois, il est discret et visible seulement dans les plis
(plis axillaires, plis inguinaux). Il disparaît en 8 à 10 jours, et une
desquamation se produit entre le 10e et le 30e jour, débutant au
tronc, puis aux extrémités, avec la classique atteinte « en doigts FIGURE 3 Épidermolyse staphylococcique.

136 LA REVUE DU PRATICIEN VOL. 59


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Maladies éruptives de l’enfant
Q RR 94
Les vésicules évoluent vers des croûtes en 24 à 48 heures, mais
la durée totale de l’éruption est de 7 à 10 jours.
POINTS FORTS À RETENIR
Les complications sont :
Les vaccinations ont considérablement modifié le paysage – surinfection bactérienne par le streptocoque ou le staphylo-
des maladies éruptives, la rougeole et la rubéole sont coque doré (impétigo, dermohypodermite, abcès, fasciite) ;
devenues exceptionnelles. – pneumopathie varicelleuse : plus fréquente chez les sujets
Les exanthèmes maculopapuleux sont les plus fréquents adultes ;
en pratique, la cause est le plus souvent virale et bénigne. – neurologiques : encéphalite, méningite, ataxie cérébelleuse
aiguë ;
Devant un exanthème scarlatiniforme, il faut éliminer une – hépatite, syndrome de Reye (devenu exceptionnel depuis l’évic-
scarlatine, mais également un choc toxique staphylococcique tion de l’aspirine) ;
et une maladie de Kawasaki. – thrombopénie, neutropénie.
Eczema herpeticum (greffe du virus herpétique sur une La maladie est plus sévère chez l’adulte et l’adolescent. Chez
dermatite atopique) est une affection potentiellement grave la femme enceinte, il y a un risque d’embryopathie varicelleuse
si le traitement par aciclovir n’est pas rapidement institué. au premier trimestre et au début du deuxième trimestre de gros-
sesse, mais cela reste exceptionnel. En revanche, il y a possibilité
Certaines maladies éruptives sont peu ou pas fébriles,
elles correspondent à un groupe d’affections appelées de varicelle néonatale sévère quand la mère fait une varicelle
syndromes paraviraux, c’est le cas du pityriasis rosé de Gibert, 5 jours avant et 2 jours après l’accouchement. Chez les immuno-
de l’APEC et du syndrome de Gianotti-Crosti. déprimés, la maladie est bien sûr plus grave.
Le diagnostic est clinique. En cas de doute, on peut réali-
ser une PCR sur produit de grattage de vésicules, et une
sérologie VZV.
les muqueuses sont épargnées. Il y a parfois de la fièvre, mais Le traitement est avant tout symptomatique : antihistami-
l’état général est conservé. niques, soins locaux (désinfection locale, antibiothérapie locale
Les hémocultures et le liquide des bulles sont stériles, d’où si surinfection). Pour la fièvre, on prescrit du paracétamol mais
l’intérêt d’un prélèvement de gorge et/ou de la porte d’entrée pas d’aspirine ni d’AINS. L’aciclovir intraveineux est donné
cutanée à la recherche du staphylocoque. dans les formes sévères ; chez les immunodéprimés, il faut le
Le traitement consiste en une antibiothérapie anti-staphylo- démarrer dans les 72 premières heures de l’infection. L’admi-
coccique par voie générale, associé à des soins locaux (émol- nistration d’immunoglobulines VZV, dans les 72 heures suivant
lients). Malgré la présentation spectaculaire, l’évolution est favo- l’exposition, est également possible chez les sujets à risque. Il
rable, la guérison est obtenue en 6 à 12 jours, sans séquelle, car existe un vaccin non obligatoire en France, et autorisé à partir
le décollement cutané est superficiel, intra-épidermique. de 12 mois (une dose jusqu’à 12 ans, puis 2 doses à 1 mois
d’intervalle à partir de 12 ans).
Éruptions vésiculeuses L’évolution est habituellement favorable, le virus qui reste
dans l’organisme peut se réactiver secondairement sous forme
Varicelle d’un zona.
Elle est due au virus varicelle-zona (VZV, herpès virus humain
de type 3). Syndrome pied-main-bouche
Ce virus a un tropisme épidermique qui induit une infection au Il est dû à un virus coxsackie. La transmission se fait par voie
sein des kératinocytes, avec mort des cellules épidermiques. fécale-orale, avec une excrétion dans les selles du virus pen-
L’incubation est de 14 à 16 jours en moyenne. La contagiosité dant 12 semaines au maximum. La contagiosité survient 2 jours
est maximale 2 jours avant l’éruption, et jusqu’à la formation des avant l’éruption et jusqu’à 2 jours après. Des épidémies sur-
croûtes. La transmission est interindividuelle par contact direct viennent en début d’été et en automne. L’incubation est de 3 à
de patient contagieux ou par les sécrétions nasopharyngées. La 5 jours.
maladie est plus sévère dans les formes familiales successives. L’exanthème est fait de papulovésicules éparses ovales, ou
L’immunité est acquise à vie. linéaires localisées sur les extrémités, paumes, pulpes des
L’exanthème est généralisé, constitué de vésicules sur fond doigts, plantes de pied. La fièvre est modérée ou absente. La
érythémateux, accompagné d’une fièvre modérée. Les pous- diarrhée est souvent présente. Des vésicules buccales peuvent
sées de vésicules se succèdent pendant 2 à 5 jours. Le prurit est gêner l’alimentation.
important et doit être traité pour limiter le grattage et le risque de Le diagnostic est clinique. L’isolement du virus est possible
surinfection bactérienne. Des vésicules peuvent être retrouvées sur des prélèvements de gorge, selles, rectum, la réalisation
au niveau des muqueuses, pouvant gêner l’alimentation orale. d’une sérologie est possible.

LA REVUE DU PRATICIEN VOL. 59


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RR Q 94 I-7 MALADIES ÉR UPTIVES DE L’ENFANT

Le traitement est symptomatique, l’hygiène des mains est douloureuses dans la région périnéale ou sur les organes géni-
très importante. taux externes. La transmission se fait par contact direct. Chez
un enfant prépubère, le plus souvent il s’agit d’une infection à
Herpès HSV1 par manuportage à partir d’un foyer à distance ;
Il est dû à Herpes simplex (HSV), virus à ADN ubiquitaire, se – infections oculaires : conjonctivite superficielle pouvant attein-
transmettant par contact direct avec des lésions. dre la cornée. Des cicatrices sont possibles ;
Il existe 2 types : HSV1 transmis par la salive et HSV2 trans- – panaris herpétique : il touche la pulpe du doigt, est fréquent
mis lors de contacts sexuels. Le tropisme épidermique pro- chez les enfants qui sucent leur pouce ;
voque une infection des kératinocytes. Ensuite, le virus persiste – érythème polymorphe : lors de réactivation de l’herpès ;
dans les ganglions nerveux à l’état quiescent et se réactive – encéphalite herpétique : elle associe fièvre, convulsions, trou-
sous l’influence de différents facteurs (traumatisme, lumière, ble de la conscience, irritabilité.
menstruations, etc.). Pour le diagnostic, la sérologie n’est d’aucune utilité. On peut
La primo-infection à HSV1 n’est pas toujours symptoma- rechercher le virus dans les lésions et le mettre en évidence par
tique. Quand elle l’est, elle entraîne chez l’enfant une gingivos- immunoflurescence directe, et/ou le cultiver. La PCR herpès peut
tomatite avec fièvre, irritabilité, refus de l’alimentation, d’une se faire sur tous les prélèvements : peau, LCR, sang, selles.
durée de 7 à 14 jours. En cas de récurrence, on observe un Le traitement est fondé sur l’aciclovir pour les primo-infections
bouquet de vésicules reposant sur une base érythémateuse, (15-30 mg/kg 3 fois par jour, maximum 80 mg/kg/j) à donner
dans toutes les localisations y compris les muqueuses. On dans les premières 72 heures, associé à des soins locaux anti-
retrouve des adénopathies satellites. septiques pour éviter la surinfection. Un examen ophtalmolo-
D’autres manifestations sont possibles : gique doit être réalisé en cas d’atteinte oculaire.
– eczema herpeticum : éruption diffuse chez un sujet ayant une L’isolement du patient est nécessaire. L’évolution est favorable,
dermatite atopique, fièvre élevée, vésicules très nombreuses, avec la guérison spontanée en 8 jours. Des récurrences sont
altération de l’état général, le tableau cutané peut faire évoquer possibles.
un impétigo (fig. 4) ;
– herpès néonatal : principalement lié à HSV2, mais possibilité Éruptions peu ou non fébriles
d’infection aussi à HSV1. Il peut donner une infection systé-
mique généralisée avec atteinte de multiples organes : encé- La plupart des éruptions de l’enfant sont infectieuses, et
phalite (HSV2), hépatite (HSV1). La peau et les muqueuses ne fébriles, mais certaines surviennent dans un contexte d’apyrexie
sont pas toujours atteintes. Le virus est présent dès la nais- et d’état général conservé. On les classe habituellement dans le
sance et disséminé au cours des 2 premières semaines de vie, groupe des exanthèmes dits paraviraux, une même éruption
et jusqu’à 6 semaines. La morbidité et la mortalité sont sévères ; pouvant se voir avec plusieurs virus.
– herpès génital : chez l’adolescent et l’adulte jeune, il est le plus
souvent dû à HSV2 ; vésicules ou ulcérations peu profondes, Pityriasis rosé de Gibert
C’est une dermatose aiguë banale survenant chez l’enfant
après 5 ans, avec une légère prépondérance féminine et une
recrudescence hivernale. Les prodromes sont inconstants.
Deux types de lésions sont notées : des médaillons annu-
laires rosés de 20 à 60 mm de diamètre, bordés d’une fine
collerette desquamative interne et des lésions rosées plus
petites, de 2 à 10 mm, mal limitées, desquamatives sans
caractère annulaire.
La présence d’un médaillon initial isolé pendant 2 à 21 jours
est retrouvée dans la moitié des cas et revêt une grande valeur
diagnostique.
L’éruption siège préférentiellement sur le tronc et la racine
des membres mais peut toucher l’ensemble du tégument. Des
formes atypiques vésiculeuses ou purpuriques sont décrites, en
particulier chez le petit enfant.
La guérison est spontanée en 6 à 8 semaines sans traite-
ment, et les récidives sont rares. Les formes très prurigineuses
FIGURE 4 Eczema herpeticum (diffusion d’une infection herpétique peuvent bénéficier d’un traitement par émollients, antihistami-
chez un enfant ayant une dermatite atopique). niques et dermocorticoïdes.

138 LA REVUE DU PRATICIEN VOL. 59


20 janvier 2009

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Exanthème périflexural asymétrique de l’enfant
Q RR 94
disséminer à la face d’extension des membres, et toucher enfin
Il touche l’enfant de 2 à 4 ans. Des prodromes sont possibles la face et le cou, avec un respect habituel du tronc, des creux
(digestifs ou ORL). Les signes généraux sont modérés, la fièvre poplités et des plis du coude. Il n’y a pas d’atteinte muqueuse.
peu élevée, à 38 °C. Il existe des formes atypiques papulovésiculeuses, lichénoï-
L’exanthème est fait d’une éruption micropapuleuse, peu des ou œdémateuses, surtout chez l’enfant de moins de 1 an,
prurigineuse, débutant unilatéralement dans un ou plusieurs plis l’évolution peut se faire sur un mode purpurique.
de flexion, en particulier au niveau de la région axillaire. L’exten- L’éruption peut persister plusieurs semaines (habituellement 3 à
sion est centrifuge à prédominance unilatérale, mais la région 4 semaines, parfois jusqu’à 8 semaines), puis disparaît sans trai-
controlatérale peut être atteinte dans un second temps. L’érup- tement. Les dermocorticoïdes ne sont pas efficaces. Les adéno-
tion peut ressembler à une dermatite atopique, avoir une dispo- pathies peuvent persister longtemps après la disparition du rash.
sition circinée ou une évolution purpurique. On trouve souvent L’acrodermatite papuleuse peut être déclenchée par de nombreux
des adénopathies dans le territoire adjacent à l’éruption. L’exan- agents infectieux viraux, en particulier par le virus de l’hépatite B
thème périflexural asymétrique de l’enfant (APEC : Asymetric dans la description initiale. On peut l’observer au décours d’infec-
Periflexural Exanthem of Childhood) peut toucher également les tions par les virus des hépatites, l’EBV, le CMV, le HHV6, les adéno-
membres supérieurs et inférieurs, et plus rarement le visage ou virus, le parvovirus, les rotavirus, la rubéole, le HIV-1, le VRS, les
les extrémités sous la forme d’un érythème palmaire unilatéral. entérovirus, et les échovirus. Des formes post-vaccinales sont
La régression est spontanée entre la troisième et la sixième également fréquentes (vaccination anti-hépatite B, poliomyélite,
semaine d’évolution, mais des récurrences peuvent être observées ROR....). Des causes bactériennes ont également été rapportées.
sur 3 à 4 mois. L’étiologie est inconnue, mais, du fait de sa survenue Le diagnostic est clinique dans les formes typiques, l’histologie
saisonnière et de son association à des prodromes non spécifiques n’étant pas spécifique. Un bilan sanguin minimal comportant un
et à de la fièvre, une cause infectieuse est fortement suspectée. hémogramme, le dosage des transaminases est pratiqué en
l’absence d’orientation étiologique. •
Acrodermatite papuleuse infantile
(syndrome de Gianotti-Crosti) Les auteurs déclarent n’avoir aucun conflit d’intérêts
concernant les données publiées dans cet article.
Elle touche les enfants entre 2 et 6 ans, et est plus fréquente
au printemps. Des prodromes sont possibles (fièvre, fatigue,
symptômes respiratoires hauts) ainsi que des adénopathies, POUR EN SAVOIR
hépatomégalie et splénomégalie. Bessis D. Dermatologie et maladies infectieuses, métaboliques et toxiques,
L’exanthème est fait de papules d’extension rapide, monomorphe, Ed Springer, 2007.
plane, érythémateuse, brun-rouge ou couleur de la peau, à surface Bayliss Mallory S, Lorette G. Dermatologie pédiatrique, Ed Elsevier, 2007.
lisse, mesurant 2 à 10 mm de diamètre. Les lésions ne sont pas Textbook of pediatric dermatology, second edition, edited by John Harper, Oranje A,
Prose N, 2000.
confluentes et sont peu prurigineuses et, contrairement à l’APEC,
Bodemer C, Crickx B, Roujeau JC. Maladies éruptives de l’enfant, Ann Dermatol
elles sont localisées de manière symétrique. Initialement, les papules Venereol, 2002;129:S76-S82.
apparaissent sur les bras, les cuisses et les fesses, puis peuvent

Qu’est-ce qui peut tomber à l’examen ?


Les maladies éruptives de l’enfant peuvent générer de nombreux sujets de cas cliniques.
➜ La maladie de Kawasaki se prête bien aux sujets d’examen en raison de la partie diagnostique (clinique et biologique),
le traitement qui est bien codifié et les complications.
➜ Le choc toxique staphylococcique est également un sujet de choix avec la partie diagnostique et surtout thérapeutique
(traitement antibiotique, mais également traitement symptomatique du choc hypovolémique).
➜ Un dossier de virose peut permettre une transversalité avec l’aspect gynéco-obstétrical (mère enceinte, enfant
avec virose), et le versant bactérien (surinfection bactérienne d’une rougeole ou d’une varicelle par exemple).
➜ L’Eczema herpeticum permet d’aborder la sémiologie de la dermatite atopique et de l’herpès (problématique
d’une éruption vésiculeuse chez un nourrisson), et ensuite l’aspect thérapeutique d’une dermatose virale aiguë
comme l’herpès et le traitement d’une dermatose chronique inflammatoire à plus long terme.

LA REVUE DU PRATICIEN VOL. 59


20 janvier 2009 139
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