Descente de charges : les
structures porteuses
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Objectifs
Identifier les éléments d’une structure porteuse.
Identifier les types de charges dans un bâtiment.
Déterminer si un élément structural peut résister à une
charge.
Points clés
La structure porteuse d'un bâtiment comprend l'ensemble
des éléments qui lui permettent de supporter des charges.
La descente de charges est l’étude du transfert des
charges, du haut vers le bas, dans un bâtiment.
La structure porteuse d’un bâtiment doit supporter :
o des charges permanentes ;
o des surcharges d’exploitation ;
o des surcharges liées au climat et aux risques
sismiques.
La capacité d’un élément structural à résister à une charge
se détermine en comparant la contrainte σ qu’il subit avec
sa limite d’élasticité Rec.
Pour bien comprendre
Notions en résistance des matériaux
1. La structure porteuse
a. Éléments porteurs
La structure porteuse d'un bâtiment comprend l'ensemble des
éléments qui lui permettent de supporter des charges, d'être
stable et de conserver une bonne rigidité.
Remarque
La structure porteuse est aussi nommée « ossature du bâtiment ».
On l'oppose à l'enveloppe, qui comprend tous les éléments qui
couvrent l'ossature.
Une structure porteuse comporte plusieurs types d'éléments,
dont notamment :
des éléments verticaux : murs porteurs, poteaux ;
Remarque
Un mur n’est pas forcément porteur, il y a aussi des murs qui
servent juste à séparer des pièces. On les appelle cloisons de
distribution.
des éléments horizontaux : dalles, poutres ;
des éléments de fondation : dalle de fondation, semelles ;
des éléments de charpente.
Exemple
b. Descente de charges
Chaque élément d'une structure porteuse a pour objectif :
d’assurer la rigidité et la stabilité de l’ensemble ;
de résister aux charges qui lui sont transmises par les
éléments au-dessus de lui ;
de transmettre les charges aux éléments qui sont en
dessous de lui.
Dans un bâtiment, la transmission des efforts, du haut vers le bas
de la structure porteuse, s'appelle la descente de charges.
La réalisation d’une étude sur la descente de charges d’un
bâtiment permet de dimensionner les éléments de sa structure
porteuse. Elle permet de choisir les formes, épaisseurs et
matériaux adaptés à chaque élément structural pour qu'il soit
suffisamment rigide et résistant.
c. Zones d'influence
Principe
Un élément de la structure porteuse est en généralement
soutenu par plusieurs autres éléments porteurs.
Exemples
Une dalle soutenue par quatre poutres.
Une poutre soutenue par trois poteaux.
La distribution des charges, des éléments supérieurs vers les
éléments inférieurs, se fait en déterminant la zone d'influence de
chaque élément inférieur.
Cette zone dépend essentiellement de la géométrie des
éléments supérieurs et inférieurs.
Exemple
Voici quelques exemples courants de zones d’influence.
Zones d’influence de quatre poteaux sur une dalle
Les zones, et donc les charges, sont
équitablement réparties entre les
poteaux qui pourront avoir les mêmes
dimensions.
Les zones sont des rectangles dont
l'aire est facilement calculable.
Zones d’influence de deux murs porteurs sur une dalle
Les zones, et donc les charges, sont
équitablement réparties entre les murs
qui pourront avoir les mêmes
dimensions.
Les zones sont des rectangles dont
l'aire est facilement calculable.
Zones d’influence de six poteaux sur une dalle
Les zones, et donc les charges, ne sont
pas équitablement réparties entre les
poteaux.
Soit les poteaux centraux seront
dimensionnés différemment des autres
pour être plus résistants, soit tous les
poteaux seront dimensionnés de la
même manière, mais les poteaux
externes seront alors surdimensionnés.
Les zones sont des rectangles dont
l'aire est facilement calculable.
Zones d’influence de quatre murs porteurs sur une dalle
Les zones sont plus importantes sur les
murs de façades (les murs les plus
long) qui devront être dimensionnés
pour être un peu plus résistants.
La séparation entre les zones
d’influence se fait en suivant une
droite à 45°.
Remarque
L'épaisseur des murs étant faible par rapport à la largeur du dalle,
on peut faire une approximation quant à la forme des zones
d'influence et considérer que ce sont des triangles et des trapèzes.
2. Les charges
a. Charges permanentes
Les charges permanentes sont les charges liées à la masse des
éléments qui composent le bâtiment.
Ces éléments font partie :
de la structure porteuse ;
de l'enveloppe (isolation, cloison, couverture, etc.) ;
des installations techniques (réseaux électrique,
plomberie, etc.).
Comme leur nom l'indique, les charges permanentes doivent
être supportées en continu par la structure porteuse du
bâtiment.
Les charges permanentes sont notées G, et sont exprimées en
newton par mètre carré (N·m–2) ou en Pascal (Pa), car il s’agit de
forces surfaciques ou de pressions.
Remarque
« Pression » et « force surfacique » sont des termes équivalents,
mais il est plus courant d’utiliser la force surfacique en construction.
Exemple
Les charges permanentes d'une maison sont liées aux poids
combinés de la charpente, des tuiles, des poutres, des murs, des
différents revêtements pour sols et murs, de l'isolation, des
menuiseries, du réseau électrique, du réseau d'eau et des
fondations.
b. Surcharges d'exploitation
Les surcharges d'exploitation sont les charges liées à l'utilisation
du bâtiment.
Exemple
Les surcharges d'exploitation d'une maison comprennent le poids
des personnes qui habitent la maison, les meubles,
l’électroménager, etc.
Les surcharges d'exploitation sont liées à la fonction du
bâtiment (habitation, commerce, industrie, etc.). Elles sont,
contrairement aux charges permanentes, irrégulières et
partiellement intermittentes.
Les surcharges d’exploitation sont notées Q, et sont exprimées en
newton par mètre carré (N·m–2) ou en Pascal (Pa).
Remarque
Les surcharges d'exploitation, selon le type d'utilisation du bâtiment,
sont décrites par la norme EN 1991 Eurocode 1.
c. Autres charges
D'autres surcharges doivent être prises en compte en fonction
de la localisation géographique du bâtiment.
Notamment :
les surcharges liées aux conditions climatiques,
principalement le vent (notées W) et la neige (notée S) ;
les surcharges liées aux risques sismiques (notée F).
Ces surcharges sont exprimées en newton par mètre carré
(N·m–2) ou en Pascal (Pa).
Remarque
La manière dont sont prises en compte des surcharges liées aux
conditions climatiques et sismiques sont décrites par la norme
EN 1991 Eurocode 1.
3. Le dimensionnement d'un élément
structural
a. Contrainte
Dans un élément structural (mur, poteaux, etc.) soumis à un
effort de compression, la contrainte subie se note σ et se
calcule avec la formule suivante.
avec :
σ la contrainte subie par l’élément structural, en N·m–2 ou en Pa
F la force de compression, en N
A l’aire de la surface de la section de l’élément, en m 2
Remarques
On prend la section normale (perpendiculaire) à la force.
Si la géométrie de l’élément fait que la section n’a pas toujours
la même surface, on prend la plus petite section possible.
Exemple
Le poteau ci-dessus est comprimé entre le sol et des éléments de
construction situés au-dessus de lui.
Il en résulte une force de compression de 23 000 N.
Sa section, perpendiculaire à la force, est un rectangle de 16 cm par
12 cm, soit une surface de A = 0,12 × 0,16 = 0,0192 m2.
On obtient donc une contrainte dans le poteau de :
1 200 000 Pa 1,2 MPa.
b. Limite d'élasticité
Chaque matériau possède une caractéristique nommée limite
d’élasticité.
La limite d’élasticité représente la contrainte maximale que peut
supporter le matériau, avant de subir des déformations
permanentes.
Lors du dimensionnement d’un élément structural, il faut veiller
à ce que cette limite ne soit pas dépassée.
La limite d’élasticité en compression se note Rec et s’exprime en
Pascal (Pa).
Remarques
La limite d’élasticité des matériaux courants est toujours
fournie dans les énoncés.
La limite d’élasticité est différente selon le type d’effort subi
(compression, traction, flexion, etc.). Dans ce cours, on ne
s’occupe que de la compression.
Exemple
La limité d’élasticité en compression du béton est Rec = 15 MPa. Le
poteau de l’exemple précédent est donc suffisamment résistant si il
est fabriqué en béton.
c. Dimensionnement
De manière générale, réaliser la descente de charges d’un
bâtiment revient à vérifier que chaque élément structural est bien
dimensionné.
Cela signifie qu’il faut vérifier que l’inégalité σ < Rec est bien
respectée pour chaque élément.
Si ce n’est pas le cas, on doit :
changer les dimensions de l’élément pour agrandir sa
section ;
modifier la répartition des forces en agissant sur les zones
d’influence ;
changer de matériau et en prendre un plus résistant.
Cependant, on utilise rarement l’inégalité précédente telle
quelle. On préfère lui ajouter un coefficient de sécurité K,
supérieur à 1, pour augmenter virtuellement la contrainte subie
par l’élément structural.
On doit alors vérifier l’inégalité K × σ < Rec.
Remarque
Les coefficients de sécurité, selon le type d’élément structural et la
situation, sont décrits par la norme EN 1991 Eurocode 1.
Exemple
Si on reprend l’exemple précédent, le poteau subit une
contrainte σ 1,2 MPa et possède une limite
d’élasticité Rec = 15 MPa.
On utilise un coefficient de sécurité, K = 1,5, courant en
construction. On obtient donc l’inégalité 1,2 × 1,5 < 15
1,8 < 15 qui est vérifiée. Le dimensionnement du poteau est donc
satisfaisant.
d. Enfoncement dans le sol
Il est nécessaire, à la fin d’une descente de charges, de vérifier
que le sol résiste aux charges.
On calcule alors la pression exercée par un élément sur le sol
avec la formule suivante.
avec :
la pression exercée par un élément sur le sol, en
N·m ou en Pa
–2
P le poids supporté par l’élément, en N
A l’aire de la surface en contact avec le sol de l’élément, en
m2
On peut de nouveau appliquer un coefficient de sécurité K. On
compare ensuite la pression exercée par l’élément sur le sol
avec la résistance à l’enfoncement du sol, Renf, qui s’exprime en
Pascal (Pa).
On doit donc vérifier l’inégalité .
Exemple
Si on reprend l’exemple précédent, le poteau supporte un poids
équivalent à 23 000 N et l’aire de sa surface en contact avec le sol
est A = 0,0192 m2.
On obtient donc une pression sur le sol
1 200 000 Pa 1,2 MPa.
Si le poteau repose sur un sol dont la résistance à l’enfoncement
vaut Renf = 0,3 MPa, et qu’on utilise un coefficient de
sécurité, K = 1,3, alors l’inégalité 1,3 × 1,2 < 0,3 1,56 < 0,3 n’est
pas vérifiée.
On en déduit que le poteau s’enfonce dans le sol. Il faut donc
augmenter la section en contact avec le sol en élargissant la base du
poteau.
Remarques
Une charge, une contrainte et une pression représentent le
même phénomène physique : une force qui s’applique sur une
surface. C’est pour cela qu’elles ont la même unité, le
Pa = N·m–2, et qu’on peut les additionner et les comparer avec
des inégalités.
Les charges sont notées avec une lettre majuscule :
G (charge permanente), Q (surcharge
d’exploitation), S (surcharge due à la neige) et W (surcharge
due au vent).
Les contraintes à l’intérieur d’un matériau sont notées avec la
lettre grecque sigma σ.
Pour la pression sur le sol, on utilise la lettre minuscule p.