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Droit - Des - Contrats Des

Le document présente un cours de droit des contrats, abordant la théorie générale des obligations, les sources et la classification des obligations en droit sénégalais. Il décrit les caractéristiques du Code des Obligations Civiles et Commerciales (COCC) et les différents types d'obligations, ainsi que la charge et les moyens de preuve des obligations. Le cours met en lumière l'importance de la preuve écrite et les différents modes de preuve en matière contractuelle.

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Le document présente un cours de droit des contrats, abordant la théorie générale des obligations, les sources et la classification des obligations en droit sénégalais. Il décrit les caractéristiques du Code des Obligations Civiles et Commerciales (COCC) et les différents types d'obligations, ainsi que la charge et les moyens de preuve des obligations. Le cours met en lumière l'importance de la preuve écrite et les différents modes de preuve en matière contractuelle.

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Droit DES Contrats-2

Droit (Université Cheikh Anta Diop)

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Nom: Ahmada Tel: 778722621

UCAD 2021/2022

FACULTÉ DES SCIENCES JURIDIQUES ET POLITIQUES: (FSJP)

COURS: DROIT DES CONTRATS

PROF: Amadou Tidiane NDIAYE

INTRODUCTION GÉNÉRALE:

Le cours de théorie générale des obligations est divisé en deux parties:


- le droit des contrats
- le droit de la responsabilité civile
Ce sont les deux principales sources d'obligations. Le Code des obligations Civiles et
Commerciales en a prévu d’autres mais elles ne seront pas examinées cette année. On les
regroupe dans la catégorie des autres sources d’obligations (enrichissement sans cause et
gestion d’affaires).
Le cours du premier semestre est consacré à l’étude du droit des contrats. Il aura
principalement pour objet, l’étude de la notion d’obligation et l’examen de l’activité
contractuelle.
Au préalable, il est nécessaire de s’interroger à propos du sens qu’il faut donner à
l’obligation.
De façon générale, l’obligation est une injonction, un impératif, un devoir qui peut être
religieux, moral, professionnel, légal qui commande d’agir ou de ne pas agir dans un sens
déterminé. Dans ce sens, l’obligation ne lie pas deux personnes.
Sous une autre perception, l’obligation est un titre de créance donc une personne est titulaire
dans le cadre d’un emprunt émis par une société ou une collectivité publique. L’obligation
dans ce sens est essentiellement étudiée en droit commercial notamment en droit des sociétés
commerciales.
Dans le dernier sens, celui qui nous concerne, celui de la théorie générale des obligations,
l’obligation est le lien de droit en vertu duquel une personne est tenue d’exécuter une
prestation en faveur d’une autre. L’obligation lie alors deux personnes: le créancier et le
débiteur. Elle donne la possibilité à la première d’exiger de la seconde l’exécution de son
engagement. Cette exécution, quand elle est forcée, est faite avec le soutien des pouvoirs
publics.

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SECTION I: LES OBLIGATIONS EN DROIT SÉNÉGALAIS

PARAGRAPHE 1: LES SOURCES

Après les indépendances, un important effort de codification a été réalisé au Sénégal.


Pratiquement toutes les branches du droit ont été concernées. S’agissant du droit des
obligations, c’est un décret du 12 avril 1961 qui institua une commission de codification.
Finalement, il est ressorti des travaux de la commission différentes propositions qui ont
abouti à l’adoption de:
- la loi 62-63 du 10 juillet 1963 portant partie générale du Code des Obligations
Civiles et Commerciales (COCC)
- la loi 66-70 du 17 juillet 1966 relative aux contrats spéciaux (c’est la deuxième partie
du COCC)
- La loi 76-60 et la loi 85-40 qui forment la troisième et la quatrième partie du COCC.

A partir du moment où le Sénégal est engagé dans le cadre de l’OHADA à faire appliquer les
différentes dispositions des actes uniformes, on peut se demander si les dispositions du
COCC ayant le même objet doivent continuer à être appliquer mais il semble bien que la
primauté doit être accordée aux actes uniformes.

PARAGRAPHE 2: LES CARACTÈRES DU DROIT DES OBLIGATIONS

A)- AU PLAN DE LA FORME:

Les articles du code sont brefs et courts. Il y a eu un effort pour leur trouver un intitulé. Le
plan des rédactions est simple. Il est ainsi structuré:
- un titre préliminaire consacré à l’obligation
- une partie qui réglemente la formation du contrat
- une seconde partie qui traite des effets du contrat

B)- AU NIVEAU DU FOND:

Le COCC est inspiré essentiellement du droit français et surtout de la jurisprudence française


au moment de la codification.
Toutefois, un effort d’originalité a été fait notamment par:
- l’unification des obligations civiles et commerciales dans un seul code
- l’unification de la responsabilité contractuelle et la responsabilité délictuelle

SECTION II: NATURE ET CLASSIFICATION DES OBLIGATIONS

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A)- L’OBLIGATION A UN CARACTÈRE PATRIMONIAL

L’obligation a pour objet la satisfaction des besoins économiques de l’individu. On y parvient


en donnant au créancier la prérogative d’exiger du débiteur l’exécution d’une prestation
déterminée. Il s’agit d’un droit patrimonial. Par conséquent, c’est tout le patrimoine qui
garantit l’exécution de la prestation. Le créancier a un droit de gage général. L’obligation
tend à l’exécution d’une prestation. Elle a une valeur en elle-même. C’est cette valeur qui est
garantie par le droit de gage général. En cas d’une exécution, c’est le patrimoine du débiteur
qui va répondre de sa défaillance. L’obligation est cessible et saisissable.

B)- L’OBLIGATION EST UN DROIT PERSONNEL:

Elle doit être distinguée des droits réels. Le droit réel à un seul sujet actif alors que dans le
droit personnel, nous avons deux sujets: un sujet actif et un sujet passif. Le droit réel confère
un droit de suite et un droit de préférence alors que le droit personnel n’accorde au
créancier qu’un droit de gage général.

PARAGRAPHE 2: LA CLASSIFICATION DES OBLIGATIONS


Les obligations sont nombreuses. On peut les classer d’après leur source ou d’après leur objet

A)- LA CLASSIFICATION SELON L’OBJET

L’objet de l’obligation est la chose sur laquelle elle porte. Il y a à et égard trois distinctions à
faire:
- Les obligations de donner, de faire et de ne pas faire
- Les obligations de moyens et les obligations de résultats
- Les obligations de somme d’argent, les obligations en nature et les dettes de valeurs
L’obligation de donner consiste à transférer un droit réel à une personne, à remettre la
propriété d’un bien à quelqu’un.
L’obligation de faire consiste à exécuter une prestation autre qu’un transfert de droit au
créancier
L’obligation de ne pas faire met à la charge du débiteur une abstention
L’intérêt de faire la distinction entre ces différentes obligations réside dans le fait que les
deux premières obligations (obligation de faire et obligation de ne pas faire) ne sont pas
susceptibles d’une exécution forcée. Le débiteur ne peut être contraint à exécuter ces
obligations. Il répare le préjudice causé à sa défaillance par des dommages et intérêts.
En ce qui concerne les obligations de moyens et les obligations de résultats, la distinction
réside dans le fait que tantôt le débiteur est ténu de réaliser un résultat déterminé, tantôt il est
obligé juste de mettre en œuvre les moyens pour atteindre ce résultat. Exemple: le médecin a
l’obligation de soigner mais n’a pas l’obligation de guérir le malade. On dit qu’il doit
apporter les soins d’un bon père de famille à l’exécution de son obligation.

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L’intérêt de la distinction réside dans la détermination de la faute. Le débiteur d’une


obligation de résultat est fautif dès que le résultat n’est pas atteint. A l’inverse, pour
démontrer la faute chez le débiteur de l’obligation de moyen, il est nécessaire d’établir qu’il
n’a pas fait tout ce qui est possible pour atteindre le résultat déterminé.
Les sommes d'argent sont des biens fongibles et l’obligation de sommes d’argent est
toujours une obligation de donner.
Les obligations de somme d’argent ne sont pas des obligations ordinaires. Elles peuvent
perdre leur valeur du fait de l’inflation or la créance ne porte pas sur un pouvoir d’achat mais
sur une somme d’argent. C’est la raison pour laquelle il a été prévu des clauses d’indexation
aux échelles mobiles.
Les obligations en nature sont insensibles aux fluctuations monétaires. La valeur du bien
objet de l’obligation peut varier mais le débiteur sera tenu de fournir la prestation promise.

B-) LA CLASSIFICATION DES OBLIGATIONS D’APRÈS LEURS SOURCES

Le COCC énumère trois sources d’obligations:


- le contrat
- Le délit
- Les autres sources (gestion d’affaires et enrichissement sans cause)

SECTION III: LA PREUVE DES OBLIGATIONS

PARAGRAPHE 1: LA CHARGE DE LA PREUVE

La question de la charge de la preuve renvoie à la question de savoir sur qui repose repose la
charge de la preuve. L’article 9 du COCC dispose à cet égard: « Celui qui invoque un droit
doit prouver le fait juridique ou l’acte juridique qui est la source de ce droit.» C’est celui
qui invoque l’existence d’un droit qui doit le prouver (vérifier la formule latine). C’est donc
au demandeur qu’incombe la charge de la preuve mais si le défendeur invoque un acte ou un
fait qui est de nature à le libérer, il doit en établir la réalité ou le bien-fondé.
Exceptionnellement, il peut arriver que le demandeur soit dans l’impossibilité de prouver
directement l’acte ou le fait juridique objet du litige. Dans ce cas, l’existence de présomption
légale va entraîner le renversement de la charge de la preuve. Le créancier n’est pas obligé de
prouver directement ses allégations.

PARAGRAPHE 2: L’OBJET DE LA PREUVE

La preuve doit porter sur deux éléments:


- l’existence de la règle de droit qui pose des conditions de jouissance du droit évoqué,
- l’existence de l’élément qui provoque l’application du droit évoqué. Il peut s’agir
d’un acte juridique (contrat) ou d’un fait juridique (délit).

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Pour le demandeur, il lui faudra également établir que s’il demande l’exécution d’une
prestation déterminée, c’est en raison de l’existence d’un contrat qui a fait naître l’obligation
inexécutée; il se peut qu’il s’agisse d’une créance qui est née à l’occasion d’un délit dont il a
été la victime.
Peu importe la source de l’obligation, il est absolument indispensable de la prouver.
Toutefois, dans les moyens de preuves, il est tenu compte du fait que l’obligation découle
d’un contrat ou d’un délit.

PARAGRAPHE 3: LES MOYENS DE PREUVE

Le COCC rappelle les différents moyens de preuve utilisés pour réaliser la nature d’une
obligation. Il s’agit de:
- l’écrit
- Le témoignage
- Les présomptions du fait de l’homme
- L’aveu judiciaire
- Le serment
Il y a donc cinq moyens de preuve. Ils n’ont pas la même force, ne sont pas toujours
interchangeables et dans certaines circonstances, ils peuvent être inopérants.

A-) LA PREUVE PAR ÉCRIT

Dans certaines situations, l’écrit est exigé. Quand c’est le cas, l’écrit doit revêtir certaines
formes.
● Exigence de l’écrit:
En matière contractuelle, la preuve écrite est le principe. Les parties ont la possibilité, au
moment de la conclusion du contrat, d’établir la preuve de leur engagement. C’est le système
de la préconstitution des preuves. Autrement dit, on impose aux parties au moment de la
conclusion du contrat, d’établir la preuve écrite de leurs obligations. Mais cette règle n’est
pas générale. Elle est écartée dans tous les contrats dont la valeur est inférieure à 20.000 fr;
elle est également écartée dans les contrats commerciaux.
Quand il s’agit de ces deux exceptions, la preuve de l’obligation est libre.
En dehors de ces deux hypothèses (valeur inférieure à 20.000 et contrat entre commerçants),
la preuve est également libre dans les hypothèses suivantes:
— impossibilité matérielle ou morale de préconstituer la preuve
la perte matérielle de l’acte juridique par suite d’une force majeure (une inondation a
emporté tous les documents contractuels)
— l’existence d’un commencement de preuve par écrit. Il s’agit d’un écrit mais d’un écrit
auquel il manque un ou plusieurs éléments exigés par la loi. Dans ce cas, le demandeur a la
possibilité de recourir aux autres modes de preuve.

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● Les formes de l’écrit:


Nous avons deux formes d’écrit qui peuvent faire la preuve des obligations: l’acte
authentique et l’acte sous seing privé. Il faut certainement y ajouter une troisième catégorie
d’acte: l’écrit électronique.
Le COCC n’a réglementé que l’acte authentique et l’acte sous seing privé.

1-) L’ACTE AUTHENTIQUE

Il est rédigé par un officier public compétent (un notaire par exemple) signé par celui-ci et
les parties. Le notaire conserve l’original du contrat. Il fait des copies aux parties: on les
appelle des expéditions. La première copie est appelée grosse. Elle est remise au créancier
qui veut procéder à l’exécution forcée.
En ce qui concerne la force obligatoire, l’acte authentique fait foi jusqu’à instruction de faux
pour l’ensemble des énonciations constatées par l’officier public (la signature des parties,
leur identité, l’échange des consentements, etc.)

2-) L'ACTE SOUS SEING PRIVÉ

Il doit être entièrement rédigé par les parties et signé par celles-ci. Sa rédaction est
entièrement libre.
Une fois signé par les parties, il peut produire effet mais certains éléments dépendent de la
nature du contrat.
Les contrats synallagmatiques doivent être établis en autant d’exemplaires qu’il y a de
parties.
L’acte sous seing privé fait foi de sa date et de son contenu jusqu’à preuve contraire. Il
acquiert date certaine dans ces cas suivants:
- l’enregistrement de l’acte
- le décès de l’un des signataires de l’acte
- la mention de l’acte sous seing privé dans un acte authentique.

B-) LES AUTRES MODES DE PREUVES:

1)- LES TÉMOIGNAGES ET LES PRÉSOMPTIONS DU FAIT DE L’HOMME:

Les témoignages et les présomptions du fait de l’homme. Le témoignage c’est la relation faite
par une personne des actes ou faits qu’elle a vu ou entendu se dérouler. Le témoignage doit
être distingué de la commune renommée, c’est-à-dire du témoignage d’après les « on dit ».
Les présomptions du fait de l’homme sont des conséquences que le magistrat tire d’un fait
connu pour établir l’existence d’un fait inconnu.

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2)- L’AVEU JUDICIAIRE ET LE SERMENT:

L’aveu judiciaire, c’est la déclaration qui est faite par une personne qui reconnaît pour exact
(vrai) un fait de nature à produire contre elle des conséquences juridiques. Exemple: une
personne reconnaît devoir de l’argent à une autre.
L’aveu judiciaire est un mode de preuve parfait. Il est indivisible (un débiteur reconnaît
devoir de l’argent à son créancier mais la dette est payable dans deux ans).
En ce qui concerne le serment, c’est une affirmation solennelle faite par une partie de la
réalité d’un acte qui lui est favorable.

PREMIÈRE PARTIE: LE CONTRAT

On distingue le contrat de certaines notions voisines comme l’acte judiciaire ou la


convention.

SECTION I: LA NOTION D’ ACTE JURIDIQUE

PARAGRAPHE 1: L’ACTE JURIDIQUE UNILATÉRAL

Une personne agissant seule crée des effets de droit soit à sa charge soit à son profit. L’acte
juridique unilatéral peut être extinctif (exemple: une renonciation à succession); il peut être
déclaratif (exemple: reconnaissance d’enfant naturel ou aveu); il peut être translatif: il
transmet un droit (exemple: le testament).
Les actes juridiques ont le même régime juridique que le contrat.

PARAGRAPHE 2: L’ACTE JURIDIQUE MULTILATÉRAL

Deux ou plusieurs personnes s’entendent, négocient pour créer des effets de droit. Le COCC
définit le contrat comme l’accord de volonté qui donne naissance à des obligations. À ce titre,
le contrat est une forme de convention. En effet, la convention donne naissance à des
obligations mais elle peut aussi les modifier ou prononcer leur extinction.
Le contrat est une sorte de convention mais la convention n’est pas un contrat.

SECTION II: LA CLASSIFICATION DES CONTRATS

Nous avons une classification qui est faite par le COCC et une classification sous-entendue
par le code.

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A-) LA CLASSIFICATION SELON L’OBJET DU CONTRAT

1-) CONTRAT SYNALLAGMATIQUE ET CONTRAT UNILATÉRAL

Le contrat est synallagmatique quand il donne des obligations à la charge de chaque partie au
contrat. Chacune des parties est à la fois débitrice et créancière. Elles sont chacune obligée à
l’égard de l’autre (exemple: contrat de vente, contrat de vente,...)
Le contrat est unilatéral quand une seule partie doit faire face à des obligations. Il s’agit bel et
bien d’un contrat, d’un accord de volonté mais qui ne rend débitrice qu’une seule personne
(exemple: donation, prêt).
A ce titre, il faut distinguer l’acte juridique unilatéral du contrat unilatéral.
L’intérêt de faire la distinction entre ces deux types de contrat réside dans la sanction prévue
en cas d’inexécution.
Ainsi, on considère que la résolution sanctionne l’inexécution dans les contrats
synallagmatiques et de même en cas de force majeure, on applique la théorie des risques.

2-) CONTRAT À TITRE ONÉREUX ET CONTRAT À TITRE GRATUIT

Le contrat est à titre onéreux lorsque chaque partie reçoit un avantage (exemple: contrat de
vente).
Il est à titre gratuit lorsque l’une des parties procure à l’autre un avantage sans rien recevoir
en retour (exemple: une donation)

3-) CONTRAT COMMUTATIF ET CONTRAT ALÉATOIRE

Les contrats commutatifs et les contrats aléatoires sont des contrats à titre onéreux. Mais dans
le contrat commutatif les parties sont en mesure d’évaluer ce qu’elles obtiennent du contrat
au moment de sa conclusion. Par contre, dans le contrat aléatoire, les chances de gain ou de
perte de l’une des parties dépendent d’un événement futur incertain donc d’un aléa (exemple:
contrat d’assurance, le pari, le jeu)

B-) LA CLASSIFICATION SELON LA DURÉE

On distingue à cet égard les contrats à exécution instantanée (la vente au comptant) et les
contrats à exécution successive ( le bail, contrat de travail, etc.). Ce sont des contrats dont
l’exécution s’écoule dans le temps.
L’intérêt de distinguer ces deux types de contrats réside dans la rupture des relations
contractuelles. Ainsi, il est impossible dans un contrat à exécution successive de procéder à la
restitution des différentes prestations alors que dans le cas d’un contrat à exécution
instantanée, la résolution impose aux parties la restitution des différentes prestations.

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CHAPITRE : LA FORMATION DU CONTRAT

Les personnes sont libres de s’engager ou de ne pas s’engager dans une relation contractuelle.
Elles sont également libres d’aménager le contrat pour atteindre les objectifs qu’elles
poursuivent. On dit que leur volonté est souveraine. Elle est donc en mesure de se fixer sa
propre loi.
Toutefois, cette liberté n’est pas absolue, elle est limitée par tout un ensemble de règles et de
principes dont la fonction finale est de préserver l’intérêt général sur les intérêts particuliers.

SECTION I: LE PRINCIPE DE L’AUTONOMIE DE LA VOLONTÉ

Ce principe renvoie à deux idées fortes:


- la souveraineté de la volonté
- force obligatoire de la volonté

PARAGRAPHE 1: LA SOUVERAINETÉ DE LA VOLONTÉ

La volonté est souveraine signifie que l’individu est libre de s’engager avec qui il est veut. Il
est également libre de mettre en place n’importe quelle opération juridique pour atteindre des
objectifs déterminés.
La conséquence qu’il faut tirer de la souveraineté de la volonté c’est le caractère supplétif des
règles en matière de contrat.

PARAGRAPHE 2: LA FORCE OBLIGATOIRE DE LA VOLONTÉ

L’article 96 du COCC dispose que le contrat légalement formé crée un lien irrévocable entre
les parties. Cela signifie qu’entre les parties, entre les parties seulement le contrat a force
obligatoire. Il doit être exécuté dans les termes qui ont été convenus. Une seule d’entre elles
agissant ne peut se soustraire à l’exécution du contrat.
Le juge intervenant en cas de différends entre les parties ne peut pas modifier le contrat. La
loi l’engage à vérifier la commune intention des parties pour trancher.
En matière légale, le principe de non rétroactivité des lois a pour effet d’épargner les parties
au moment de l’entrée en vigueur de la loi nouvelle: la loi nouvelle ne s’applique aux contrats
en cours d’exécution.
Si le contrat est obligatoire entre les parties seulement, cela signifie que les tiers n’ont pas à
être débiteur ou créancier en raison du contrat.

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SECTION II: LES LIMITES

Certaines limites sont des limites anciennes au principe, d’autres sont des limites qu’on peut
considérer comme nouvelles.

PARAGRAPHE 1: LES LIMITES ANCIENNES

A-) L’ORDRE PUBLIC ET LES BONNES MŒURS

Ce sont des limites qui se trouvent dans l’article 42 du COCC. Elles rappellent la primauté
de la société sur l’individu.
L’ordre public comme les bonnes mœurs visent la préservation de l’intérêt général sur
l’intérêt particulier. On distingue au sein de l’ordre public, l’ordre public textuel, l’ordre
public virtuel, l’ordre public politique, l’ordre public économique, l’ordre public de
protection et l’ordre public de direction.

B-) LES LIMITES AU NIVEAU DES EFFETS DU CONTRAT

Au niveau des effets du contrat, la faculté de résiliation unilatérale reconnue à chaque partie
dans un contrat unilatéral est une exception à l’effet obligatoire de la volonté; de même quand
il s’agit d’un contrat qui est fondé sur la confiance, la partie qui n’a pas plus confiance peut
rompre le contrat à tout moment: dans certaines circonstances, le débiteur qui organise son
appauvrissement ou refuse un enrichissement peut faire face à l’action d’un créancier qui
exerce ses droits.

PARAGRAPHE 2: LES LIMITES NOUVELLES

Il s’agit essentiellement des règles de droit de la consommation qui interviennent pour limiter
les effets du principe de l’autonomie de la volonté.

TITRE I: L’ACCORD DE VOLONTÉ

L’accord de volonté fait partie des conditions de formation du contrat. En ce qui concerne cet
accord de volonté, il est exigé qu’il soit valable et qu’il s’exprime pour que les parties en
aient connaissance; il faut enfin que les consentements que se rencontrent.

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CHAPITRE I: LA VALIDITÉ DU CONSENTEMENT

Il est nécessaire que le consentement existe. En l’absence de consentement, on ne peut pas


considérer qu’il y a contrat. Une fois régler la question de l’existence du consentement, il faut
s’attacher à vérifier s’il réunit les différentes qualités qui lui permettent de produire effet.

SECTION I: L’EXISTENCE DU CONSENTEMENT

L’article 58 du COCC rappelle qu’il n’y a point de contrat sans consentement émanant de
l’une ou de l’autre partie. Cette disposition exige donc que l’accord soit donné pour qu’on
puisse considérer que le contrat est conclu.

PARAGRAPHE 1: L’EXPRESSION DU CONSENTEMENT

Le consentement c’est l’acquiescement, l’acte de volonté, la manifestation de volonté qui


permet de considérer qu’il y a un contrat. Exemple: entrer dans un bus de transport en
commun, lever la main dans une vente aux enchères. Le consentement peut s’exprimer de
quelque manière que ce soit, il ne doit laisser aucun doute sur la volonté de celui qui
s’exprime d’entrer dans une relation contractuelle.
Il arrive qu’une fois le consentement exprimé, qu’il ait une différence entre ce qu’a voulu la
personne et le contrat dans lequel elle s’est engagée. Il y a alors une distorsion entre l’élément
psychologique du contrat et l’élément matériel du consentement.

PARAGRAPHE 2: LES HYPOTHÈSES D’ABSENCE DE CONSENTEMENT

L’article 59 du COCC dispose que le consentement doit émaner d’une personne jouissant de
ses facultés intellectuelles. On considère donc que l’altération des facultés mentales empêche
qui est atteinte d’entrer dans une relation contractuelle. Elle ne peut pas émettre de
consentement valable. Les engagements qu’elle souscrit doivent être annulés.
À l’altération des facultés intellectuelles, on assimile certaines formes d’ivresse ou de folie
passagère.
La difficulté sera d’établir l’état de la personne qu’on entend protéger par l’annulation du
contrat.

SECTION II: L’INTÉGRITÉ DU CONSENTEMENT

À partir du moment où le consentement existe, la controverse peut naître de la contestation de


son intégrité. On peut faire état d’une erreur qui a déterminé le consentement, on peut
également soutenir que le consentement a été donné à la suite d’une violence exercée sur le
cocontractant. L’erreur et la violence sont donc les vices du consentement.

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En ce qui concerne l’erreur, on distingue l’erreur spontanée de l’erreur provoquée.

PARAGRAPHE 1: L’ERREUR

A-) L’ERREUR SPONTANÉE:

C’est le vice de consentement le plus fréquent en droit des contrats. Il s’agit d’une fausse
représentation de la réalité. C’est la personne qui se plaint de son erreur qui s’est trompée
toute seule. Elle a considéré comme exact des éléments qui ne le sont pas.
L’erreur est spontanée, pour qu’elle entraîne l’annulation du contrat, il faut qu’elle ait été
déterminante.
L’erreur a beau exister et être déterminante, il peut arriver qu’elle soit indifférente. C’est
notamment le cas quand il s’agit d’une erreur inexcusable ou d’une erreur qui porte sur la
valeur.

B-) LE DOL:
Il s’agit d’une tromperie provoquée intentionnellement par l’autre partie ou un tiers. Il peut
s’agir de manœuvre, de mensonge ou d’artifice.
Il y a deux éléments dans le dol. Un élément psychologique et un élément matériel.
L’élément psychologique c’est la conscience de tromper l’autre partie mais si toutes les deux
parties se sont trompées, il n’y a pas de
dol.
En ce qui concerne l’élément matériel, il peut s’agir de mensonges, d’artifices, de manœuvres
pour amener l’autre partie à donner son consentement.
Le dol peut consister également en une réticence qu’on considère comme dolosive: l’une ne
révèle pas à l’autre des informations qui auraient changé son jugement.
Pour que la nullité pour dol soit encourue, il faut que les manœuvres aient été commises
intentionnellement et qu’elles aient été déterminantes. Autrement dit, sans elles, la victime du
dol ne se serait pas engagée.

PARAGRAPHE 2: LA VIOLENCE

Il s’agit d’une contrainte qui a été exercée sur un contractant en vue de l’amener à donner son
consentement. La victime de la violence ressent une crainte qui l’oblige à donner son accord.
On trouve trois éléments dans la violence:
- une menace d’un mal considérable présent mettant en danger la personne ou les
biens du contractant ou de ses proches
- une menace intentionnelle, injuste et déterminante entraînant l’expression du
consentement
- une manœuvre émanant du contractant ou d’un tiers.

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CHAPITRE II: L’EXPRESSION DU CONSENTEMENT

A partir du moment où le consentement existe et qu’il n’est pas vicié, il faut s’interroger à
propos de son mode d’expression. On devra s’interroger sur le moment de la formation du
contrat.

SECTION I: LES MODES D’EXPRESSION DU CONSENTEMENT

Pour qu’un contrat soit conclu, il est nécessaire que les volontés se manifestent. Une telle
manifestation de volonté est appréciée selon qu’il s’agit d’une offre ou d’une acceptation.

PARAGRAPHE 1: L’OFFRE DE CONTRACTER

L’offre est également appelée pollicitation. L’offre est une proposition de contrat ferme et
précise qui entraîne la conclusion du contrat dès la survenance d’une acceptation.
Pour qu’il y ait offre, il est nécessaire que la personne qui l’exprime ne se réserve pas la
possibilité d’une révocation. Il suffit juste que l’acceptation intervienne pour que le contrat
soit conclu.
En plus de cette fermeté, il est exigé que la proposition soit précise. En d’autres termes, les
éléments essentiels du contrat doivent être connus par l’autre partie.( Exemple: dans un
contrat de transport, les éléments essentiels c’est la destination et le prix du transport,
dans un contrat de vente c’est l’objet de la cession et le prix de la cession.)
Il n’est pas nécessaire que tous les éléments soient connus.
A côté de ces conditions de fonds (fermeté et précision), il y a des conditions de forme: le
consentement s’exprime soit de manière expresse soit de manière tacite.
Il s’exprime de manière expresse quand il est écrit ou oral.
Il est tacite quand il est déduit du comportement de la personne qui l’exprime.
Quand l’offre a été faite, elle doit être maintenue si un délai a été fixé pour l’acceptation.
Si aucun délai n’a été fixé, le pollicitant peut se rétracter.

PARAGRAPHE II: L’ACCEPTATION

L’acceptation c’est l’accord ou l’acquiescement qui a été donné par le destinataire de l’offre.
Il s’agit d’une réponse positive à la pollicitation. Elle doit également revêtir certaines formes
et réunir certaines caractéristiques.

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A- LES FORMES DE L’ACCEPTATION

Comme l’offre, l’acceptation peut être expresse ou tacite. Elle peut donc être écrite ou orale.
On peut la déduire de certains comportements.
En tout état de cause, elle doit être pure et simple. Toute autre réponse à la pollicitation qui
n’est pas pure et simple est une contre proposition.
L’acceptation est en principe libre, elle peut également résulter du silence. C’est ce qui est
exceptionnellement prévu par l’article 81 du COCC: « Le silence vaut acceptation lorsque
les relations d’affaires existant entre les parties les dispensent de toute autre manifestation
de volonté.»

B- L’OBJET DE L’ACCEPTATION

En plus d’être pure et simple, l’acceptation doit être éclairée.

1- L’ACCEPTATION ÉCLAIRÉE

Cette question pose le débat sur la portée de l’acceptation. Ainsi, quand celle-ci est exprimée
couvre-t-elle tous les éléments du contrat ou seulement certaines d’entre eux les plus
essentiels?

2- L’ACCEPTATION PURE ET SIMPLE

Il faut qu’il y ait une coïncidence parfaite entre l’offre et l’acceptation mais il peut arriver que
l’acceptation éclairée ne porte que sur les éléments essentiels du contrat. Il n’est pas alors
contestable dans ce cas qu’on doit considérer le contrat comme conclu.

SECTION II: LA RENCONTRE DES CONSENTEMENTS

Ce qui donne naissance au contrat c’est la rencontre des consentements. Assez souvent, il
s’agit d’une rencontre instantanée mais il arrive que la détermination du lieu et du moment de
la formation du contrat soit difficile à établir. Il arrive également que la formation du contrat
soit précédée d’accord qui prépare la conclusion du contrat définitif.
Deux questions sont donc à distinguer:
- La formation successive des contrats
- Les contrats entre absents

PARAGRAPHE 1: LA FORMATION SUCCESSIVE DES CONTRATS

Certains contrats sont complexes, il faut l’objet d’une négociation plus ou moins longue. Les
parties en négociation sont amenées à conclure des accords durant la phase préparatoire du
contrat et ces accords sont très nombreux.

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A- LES ACCORDS CONCLUS DURANT LA PHASE PRÉPARATOIRE

1- LES POURPARLERS

Ils sont différents de la pollicitation. On doit les distinguer de la pollicitation. Il s’agit d’une
proposition en vue d’engager des négociations. Ils précèdent l’offre. Il faut donc considérer
que celui qui est en pourparlers à toute liberté pour sortir des négociations sans engager sa
responsabilité. Ceux qui sont en pourparlers ne sont pas liés par un contrat.
Toutefois, on exige d’eux de la bonne foi dans la conduite des négociations. Ils doivent
également faire preuve de loyauté.
Cela signifie donc que l’inobservation de ces obligations de loyauté et de bonne foi expose
les contrevenants à être condamnés dans le cadre d’une action en responsabilité civile.

2- LES CONTRATS PRÉPARATOIRES

Il s’agit bien de contrat mais de contrat qui prépare la conclusion du contrat définitif. On en
couvre deux grandes catégories: les contrats cadre et les accords de principe.
En ce qui concerne les contrats cadres, ce sont les parties elles-mêmes qui fixent à l’avance
les règles générales qui gouverneront les contrats ultérieurs qu’elles vont conclure. Elles
s’entendent pour dégager les éléments essentiels du contrat en se réservant le moment venu
de conclure d’autres contrats qui respectent le cadre général préalablement fixé.
Les accords de principe sont quant à eux, des contrats. Ils ont cependant un objet limité. Ils
ne portent que sur le principe du contrat à venir. Les parties sont juste d’accord pour engager
la négociation en vue de conclure un contrat déterminé. En conséquence, elles ont
l’obligation de négocier, de le faire avec bonne foi et loyauté mais elles n’ont pas l’obligation
d’aboutir à la conclusion du contrat.
À partir du moment où l’accord de principe est un contrat, le fait pour l’une des parties de
rompre unilatéralement les pourparlers peut constituer une source de responsabilité civile.

B- LA CONCLUSION DU CONTRAT

Le contrat est conclu au moment et au lieu de la rencontre des consentements. Cette règle ne
vaut évidemment que pour les contrats qui mettent des parties l’une en face de l’autre. La
situation peut poser d’autres difficultés quand les contractants sont situés sur des lieux
différents et tout particulièrement dans des pays différents. On parle alors de contrat entre
absents.
Il peut aussi arriver que le contrat soit précédé de promesses de contrat. Il s’agit alors de
véritable contrat qui engage les parties l’une à l’égard de l’autre.

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- Quand des parties ont décidé de conclure des contrats de promesse, il peut s’agir soit
de promesse unilatérale soit de promesse synallagmatique. Dans les deux cas, il
s’agit de contrats qui doivent être distingués des contrats préparatoires, ils doivent être
distingués également des accords de principe.
Les parties sont tenues par leurs promesses.
La promesse unilatérale est le contrat par lequel une personne s’engage envers une autre
personne si cette dernière en manifeste sur la suite de la volonté à conclure le contrat dont les
conditions sont d’ordre déjà déterminées.
Il y a accord de volonté qui empêche le promettant de revenir sur son engagement.
Le bénéficiaire de la promesse qui dans ce cas n’assume aucune obligation est préservé de la
révocation de l’engagement. C’est lui qui décide de la levée de l’option et donc de la
conclusion du contrat.
- Quand il s’agit d’une promesse synallagmatique, les deux parties s’engagent l’une
envers l’autre. Ainsi quand il s’agit d’une promesse de vente, les deux parties sont
d'accord l’une pour vendre et l’autre pour acheter. Elles déterminent l’objet de la
vente et le prix de celle-ci. En réalité, la promesse synallagmatique est une double
promesse.
On dit qu’elle vaut contrat si le contrat est passé librement mais si ce n’est pas le cas, les
parties ont l’obligation de parfaire le contrat en accomplissant les formalités prescrites par la
loi pour sa formation définitive.

PARAGRAPHE 2: LES CONTRATS ENTRE ABSENTS

Dans cette situation, la notion d’absence ne doit pas être perçue au sens du Code de la
famille. Il s’agit juste de personnes qui ne se trouvent pas l’une en face de l’autre. Il risque
alors de se poser le problème de lieu et du moment de la formation du contrat.
En ce qui concerne le moment de la formation du contrat, on peut s’attacher à quatre (4)
dates:
- La date de l’expédition de l’offre
- La date de la réception de l’offre
- La date de l’émission de l’acceptation
- La date de la réception de l’acceptation

On ne peut pas admettre la formation du contrat uniquement à partir de l’existence d’une


offre; de même on ne peut pas concevoir juste parce que l’acceptation a été émise que le
contrat est conclu. Il y a deux (2) donc actes qu’il faut éliminer.
La solution du COCC est la suivante: article 82 alinéa 1er « Entre absents, le contrat se
forme comme entre personnes présentes au moment et au lieu de l’acceptation.»
Le texte semble consacrer la théorie de l’édition.
Il correspond également aux dispositions de l’article 78 du COCC : « Le contrat se forme
par une offre ou pollicitation suivie d’une acceptation.»
Il faut donc considérer que c’est la solution du Code des Obligations Civiles et
Commerciales (COCC).

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TITRE II: L’OBJET ET LA CAUSE DU CONTRAT

Il faut préciser qu’il s’agit ici d’étudier l’objet et la cause dans le contrat.
En effet, qu’il s’agisse de l’objet ou de la cause, on distingue d’une part, l’objet de
l’obligation de l’objet du contrat et d’autre part la cause du contrat de la cause de l’obligation.
En définitive, il faut examiner la cause et l’objet dans le contrat.

CHAPITRE I: L’OBJET DANS LE CONTRAT

La notion d’objet joue un double rôle. Il s’agit de protéger une des parties au contrat mais
également de faire respecter l’ordre public et les bonnes mœurs. Ces deux aspects sont
précisés dans l’étude de la notion d’objet. L’objet présente une dimension particulière dans
son rôle de protection d’une des parties au contrat. Il est mis en œuvre notamment de lésion.

SECTION I: LA NOTION D’OBJET

PARAGRAPHE 1: LES DIFFÉRENTES SORTES D’OBJET

A- L’OBJET DE L’OBLIGATION ET L’OBJET DU CONTRAT

Aux termes de l’article 73 du COCC, l’objet du contrat est fixé par les parties qui ont entière
liberté à cet égard dans les limites du respect de l’ordre public et de bonnes mœurs.
L’objet du contrat c’est l’opération juridique que les parties entendent réaliser. C’est l’intérêt
que le contrat a pour but de satisfaire.
Exemple: contrat de bail, contrat de vente, etc.
Certaines de ces opérations juridiques sont connues. Elles correspondent à des figures
contractuelles réglementées. Elles ont un nom mais il existe d’autres opérations juridiques
spécialement mises en place par les parties pour satisfaire certains intérêts que le contrat a
pour objet de réaliser.
Exemple: le contrat de lutte, le contrat de sponsori, etc.
L’objet de l’obligation c’est la prestation promise. C’est ce à quoi s’est engagée une des
parties. C’est le contenu qui doit être fourni, c’est l’obligation qui doit être exécutée par le
débiteur.
Ainsi, dans un contrat de travail, le contenu de l’obligation de l’employeur c’est le paiement
des salaires. C’est l’objet de son obligation. Celui de l’employé c’est exécuter la prestation
convenue.
Le COCC, article 47.3 fait de l’objet une condition de formation du contrat.
Quand il s’agit de l’objet de l’obligation, on peut se trouver en face d’une multiplicité
d'objets. On peut alors procéder à leur classification.

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B- LA CLASSIFICATION DES OBLIGATIONS EN FONCTION DE L’OBJET

Une distinction est faite entre les obligations de donner, les obligations de faire et les
obligations de ne pas faire; on fait également la distinction entre les obligations de moyens et
les obligations de résultats.
Parfois les obligations sont simples, parfois ce sont des obligations complexes. Ainsi, il arrive
que deux ou plusieurs obligations soient englobées dans la même opération. L’objet de
l’obligation contient alors plusieurs prestations. On dit que ce sont des obligations
conjonctives. Exemple: vente d’un champ avec le matériel agricole, les intrants et la récolte
sur pied.
Il peut alors s'agir de l'obligation alternative, le débiteur a le choix entre deux ou plusieurs
obligations. Exemple: vente de viande au choix du débiteur entre viande de mouton,
viande de chèvre ou viande de chameau.
Il peut s’agir enfin d’une obligation facultative. Le débiteur doit dans cette situation
exécuter une prestation à défaut, il peut en exécuter une autre.

PARAGRAPHE 2: LES CARACTÈRES DE L’OBJET

L’objet doit être possible et réunir certains caractères. Le COCC prévoit qu’il doit être
déterminé mais il doit également être licite.
La question de l’existence de l’objet pose le problème de la possibilité pour le débiteur de
fournir la prestation promise. Ainsi, s’il est impossible de fournir la prestation, le débiteur est
libéré. Exemple: vente d’un téléphone Nokia qui n’est plus fabriqué. Il y a une impossibilité
matérielle de fournir la prestation. Exemple: vente d’un véhicule Renault 21, ces véhicules
ne sont plus fabriqués; c’est une impossibilité matérielle.
L’ objet de l’obligation doit se trouver dans le commerce juridique. En d’autres termes,
l’objet de l’obligation peut constituer une prestation contractuelle. Cela exclut évidemment
les droits extrapatrimoniaux, les droits de la personnalité, les choses sacrées ou religieuses
ainsi que les attributs de la souveraineté de l’État.
Toutefois, il faut relativiser ces interdictions. Il y a une importante activité contractuelle qui
se développe autour de l'embryon, du fœtus, du sang et de ses dérivés. Tout ceci pose la
question de la commercialité de l’objet.
En d’autres termes, il faut se demander si l’objet est licite, s’il est conforme à l’ordre public
aux bonnes mœurs.
A partir du moment où l’objet réunit ces différents caractères, il faut se demander si cet objet
existe. En principe, l’objet doit être déterminable dans son contenu, dans son espèce et dans
sa quantité mais l’objet peut également porter sur des choses futures alors même qu’on est
pas certain qu’elles verront le jour.
Exemple: “je vous vends ma prochaine récolte d’arachide.”
Si la chose ne voit pas le jour, le contrat ne produira aucun effet. C’est tout l’intérêt de
conclure des promesses synallagmatiques.

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SECTION II: L’ÉQUIVALENCE DES PRESTATIONS: LA LÉSION

Il n y a pas un principe général qui impose l’équivalence des prestations dans un contrat.
La reconnaissance d’une liberté aux parties dans le cadre de l’exercice d’une activité
contractuelle laisse supposer qu’elles sont seules à pouvoir apprécier les avantages qu’elles
tirent d’un contrat. Les différentes prestations sont présumées équilibrées.
En conséquence, le juge n’a pas autorité pour rétablir un équilibre supposé rompu.
Ce déséquilibre contractuel peut être contemporain de la formation du contrat; il peut arriver
en raison de changement de circonstances qu’un déséquilibre voit le jour en cours
d’exécution du contrat.
Dans le premier cas, le déséquilibre renvoie à la notion de lésion. Dans le second il s’agit
d’une imprévision. Elle est étudiée dans le cadre de l’exécution du contrat.

PARAGRAPHE 1: LA NOTION DE LÉSION

Il s’agit d’un préjudice pécuniaire résultant pour l’une des parties d’une inégalité de valeur
entre les prestations au moment de la formation du contrat.
Le sacrifice consenti par l’une des parties est trop lourd par rapport à l’avantage attendu.
On fait recours à la lésion quand il y’a un prix dans le contrat. Il doit également s’agir d’un
contrat à titre onéreux. Le contrat dont il est question doit être commutatif. Enfin, il doit
être synallagmatique.

PARAGRAPHE 2: LA SANCTION DE LA LÉSION (ARTICLE 75 ALINÉA 2 DU COCC)

La lésion n’est pas en principe une cause de nullité du contrat. Cela signifie que le fait que le
contrat soit lésionnaire n’a aucune incidence sur la validité de celui-ci.
Le principe c’est donc la validité du contrat lésionnaire mais exceptionnellement, la nullité
peut être encourue. Cette nullité on l’appelle rescision. Il peut arriver aussi que le bénéficiaire
de la lésion rachète celle-ci.
La nullité pour lésion est admise dans les cas suivants:
- Le contrat de partage: c’est le préjudice pécuniaire causé à l’une des parties et
résultant du déséquilibre des valeurs des prestations reçues par les copartageants. Le
contrat de partage étant caractérisé par l’égalité, il est normal que la lésion y soit
sanctionnée. Mais pour que celle-ci soit sanctionnée, il faut qu’elle soit supérieure de
prix du quart dans l’évaluation.
- Les contrats usuraires: (article 541 alinéa 2 du COCC). Le taux usuraire est atteint
quand il dépasse de plus de ⅔ le taux maximum des intérêts débiteurs que les
banques sont autorisée à appliquer à leur concours.
- La légion énorme: il arrive que dans certains contrats qu’on se trouve en face d’un
déséquilibre des prestations tellement important qu’on en arrive à invalider le contrat.

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CHAPITRE II: LA CAUSE DE CONTRAT

SECTION I: LA NOTION DE CAUSE

La cause n’est pas définie dans le COCC, elle joue cependant un rôle déterminant dans la
théorie générale du contrat. La cause permet notamment de savoir pourquoi les parties ont
conclu le contrat. C’est le but recherché par les parties au moment de la conclusion du
contrat.
En réalité, le COCC a retenu la cause subjective qui permet d’assurer l’équité entre les
parties. Il faut en conséquence vérifier l’existence de la cause et sa conformité à l’ordre
public et aux bonnes mœurs.

SECTION II: LES CARACTÈRES DE LA CAUSE

La cause doit exister et elle doit être licite.

PARAGRAPHE 1: L’EXISTENCE DE LA CAUSE

A- LE PRINCIPE DE LA NULLITÉ DE L’ACTE ABSTRAIT

L’article 77 alinéa 1er du COCC dispose « L’absence de cause pour l’une des obligations
rend le contrat annulable ».
Une telle absence peut être perçue de deux manières. Soit il s’agit d’une absence totale de
cause, soit d'une absence partielle de cause.
L’idée d’absence totale de cause pose la question de la validité des actes abstraits. S’il y a une
hostilité du droit civil à leur égard, le droit commercial à l’inverse les reconnaît notamment
en matière d’effet de commerce (le chèque, la lettre d’échange).

TITRE II: LES EFFETS DU CONTRAT

Le contrat régulièrement conclu doit être exécuté par les parties mais il arrive que cette
exécution ne se fasse pas soit parce qu’une des parties ne le veut pas, soit elle ne le peut pas.
Dans les deux hypothèses, nous sommes en face d’une inexécution.

CHAPITRE I: L’EXÉCUTION DU CONTRAT

Il arrive souvent que l’exécution du contrat se fasse pratiquement au même moment que sa
formation. C’est le cas dans les contrats instantanés mais s’il s’agit de contrat dont
l’exécution s’étale sur la durée, le contrat doit être exécuté jusqu’à son terme.
Mais quelque soit la situation, on considère que le contrat doit être exécuté par les parties et
que les tiers qui ne sont ni créanciers ni débiteurs en raison de ce contrat ne sont en rien tenus
par celui-ci. On dit que le contrat leur est opposable.

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SECTION I: L’EXÉCUTION DU CONTRAT PAR LES PARTIES

L’article 96 du COCC dispose: « le contrat légalement formé crée entre les parties un lien
irrévocable ». Cette disposition est similaire à celle qui l’a inspirée dans l’ancien code civil
français.
Elle signifie que le contrat est une sorte de loi entre les parties. Celles-ci sont tenues en raison
de ce contrat, elles doivent l’exécuter dans les termes qui ont été convenus. Mais la
détermination des parties peut poser difficultés. Il peut arriver qu’on ait des difficultés à les
identifier.

PARAGRAPHE 1: IDENTIFICATION DES PARTIES

A priori, ce sont les personnes qui ont conclu le contrat, celles qui l'ont négocié et qui se sont
engagées en leur nom et pour leur compte.
Il faut ajouter aux parties toutes les personnes qui se sont faites représentées. Celles-ci sont
considérées comme obligées par le contrat. Il en est de même des ayants cause qui sont tenus
au même titre que les parties.

PARAGRAPHE 2: L’IRRÉVOCABILITÉ DU LIEN CONTRACTUEL

L’article 96 fait état d’un lien irrévocable entre les parties. Il faut en préciser le sens pour
mieux comprendre les modalités d’exécution du contrat.

A- LA FORCE OBLIGATOIRE DU CONTRAT

On dit que le contrat a force obligatoire. Il doit en être ainsi parce que les parties se sont
librement engagées. Elles ont déterminé le contenu du contrat et fixé les modalités de son
exécution. L’autonomie de la volonté qui leur est reconnue impose qu’elles soient contraintes
de respecter les engagements qu’elles ont librement souscrit: il faut respecter la parole
donnée. C’est une question morale et juridique. Le non-respect de ces engagements expose
les parties à être contraintes de les exécuter. Il va de la sécurité dans les transactions.
Les conséquences qu’il faut tirer dans l’irrévocabilité du lien contractuel sont:
- Le contrat ne peut être modifié qu’à la suite d’un accord entre les parties: ce que la
volonté a fait, seule la volonté peut le défaire.
- Le contrat ne peut être rompu de façon unilatérale par l’une des parties sauf dans
certaines situations où on reconnaît un droit de résiliation unilatérale.
- Ni le juge, ni le législateur ne peuvent intervenir pour modifier un contrat.

Toutes ces conséquences peuvent être tempérées notamment en cas de reconnaissance d’un
pouvoir de résiliation unilatérale dans les contrats à durée indéterminée et de la possibilité
dans le cadre des contrats fondés sur la confiance d’une possibilité de révocation.

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B- LES MODALITÉS D’EXÉCUTION DU CONTRAT

En général les contrats sont exécutés purement et simplement mais il arrive que les parties
forcent des modalités particulières d’exécution et précisent dans les contrats les
circonstances, conditions et moment de l’exécution.
Le COCC a prévu deux modalités d’exécution du contrat auxquelles les parties peuvent faire
recours. Il s’agit du terme et de la condition.
- Le terme: c’est un événement futur et certain qui a pour effet de retarder l’exécution
de l’obligation ou bien de mettre en terme à cette exécution. Quand il s’agit de
retarder l’exécution de l’obligation, on dit que c’est un terme suspensif. Quand il
s’agit de mettre fin à l’exécution du contrat, on dit que c’est un terme extinctif. Il est
suspensif quand l’exécution de l’obligation ne peut être exigée avant l’arrivée du
terme. Il est extinctif lorsqu’il fixe le moment où l’obligation cesse d’être due.

- La condition: l’article 66 du COCC: c’est un événement incertain qui retarde la


formation du contrat ou sa disparition. Quand elle retarde la formation du contrat, on
dit que c’est une condition suspensive. La naissance de l’obligation dépend de la
réalisation de la condition. Exemple: je vous loue si je suis affecté à Saint Louis. La
condition peut être résolutoire car dans cette situation l’obligation existe déjà mais
son maintien est conditionnel. Sa disparition dépend alors d’un événement dont la
réalisation est incertaine.

SECTION II: LES EFFETS DU CONTRAT À L'ÉGARD DES TIERS

A l’égard des parties, le contrat a un effet obligatoire mais à l’égard il n’a pas cet effet. C’est
ce qu’on appelle la relativité des conventions. Le COCC envisage certaines hypothèses qui
permettent de réaliser que les tiers peuvent être tenus au même titre que les parties.

PARAGRAPHE 1: LA RELATIVITÉ DU CONTRAT À L'ÉGARD DES TIERS

Le contrat ne produit pas des obligations à l’égard des tiers à moins que la loi l’aie prévu.
Cela signifie que les tiers ne sont ni débiteurs ni créanciers en raison du contrat.
Cependant, le contrat leur est opposable.
Ce sont deux aspects d’une règle qu’il fait préciser.
Le contrat ne peut pas produire de profit pour les tiers. Il ne me peut non plus générer de
charges pour eux. Ces tiers que la loi entend préserver sont nombreux. Il y a des ayants
cause à titre particulier (ceux qui se portent acquéreurs d’un ou plusieurs biens de leur
auteur), et des ayants cause à titre universel.

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PARAGRAPHE 2: LES EXCEPTIONS À LA RELATIVITÉ DES CONVENTIONS

Il y a beaucoup d’exceptions au principe de la relativité des conventions. Mais, assez souvent,


on fait état surtout de la promesse de porte fort et de la stipulation pour autrui.

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