Réflexion. Réfraction. Diffraction: Herbert RUNCIMAN
Réflexion. Réfraction. Diffraction: Herbert RUNCIMAN
DOCUMENTATION
20/10/2008
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pour lesquels on ne recherche pas une qualité particulière. On peut lentille diffractive. On trouve aussi que la dispersion secondaire est
dire, sans trop risquer de se tromper, qu’un composant sur lequel assez élevée, bien que la lentille finale soit bien meilleure qu’une
on peut voir à l’œil nu le profil des zones est vraisemblablement une lentille en ZnSe seul. Même avec le meilleur matériau, il reste encore
lentille de Fresnel plutôt qu’un composant optique diffractif. une petite variation de la focale avec la longueur d’onde. Une solu-
On peut annuler l’aberration sphérique d’un composant optique tion est d’exploiter les propriétés thermiques du germanium, ordi-
diffractif plan, mais on rappelle qu’il n’est pas possible de satisfaire nairement défavorables, en introduisant un élément en germanium
à la condition des sinus avec un composant plan, car le coma devient faiblement négatif pour compenser le coefficient thermique résiduel
sévère ; on peut y remédier en utilisant un ménisque. Les du composant hybride.
composants optiques diffractifs sont très chromatiques, puisque leur Dans les systèmes monochromatiques, un composant hybride
focale est inversement proportionnelle à la longueur d’onde. Si un peut jouer le rôle d’un asphérique. Cependant, il est probablement
montage ne met en œuvre que des composants diffractifs, son préférable de passer par un asphérique, si l’on peut, avec le même
utilisation est limitée à des applications monochromatiques outil, en générer un assez facilement.
(systèmes laser), ou à celles qui exigent une forte discrimination
spectrale.
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E (r ) = E0 exp (– k r 2)
Le même terme « optique gaussienne » désigne aussi bien
l’optique des faisceaux gaussiens (lasers monomodes) que l’optique
géométrique dans les conditions de Gauss, d’où des risques de Figure 3 – Paramètres d’un faisceau gaussien
confusion.
Avant de considérer les faisceaux gaussiens, il est utile de se À grande distance du col, le bord du faisceau (à e–2 du centre en
pencher plus avant sur les implications de la formule éclairement) diverge d’un angle constant (= λ /π ω 0) par rapport à
1 / p ’ – 1 / p = 1 / f ’ lorsque l’on prend en compte la diffraction. l’axe. Si le col n’est pas accessible, sa position et son diamètre
Supposons que l’on cherche à former l’image d’un point source situé peuvent se calculer en mesurant le rayon du faisceau dans deux
très près du foyer objet d’une lentille. Dans le cadre de l’optique plans différents.
géométrique, le diamètre minimal du faisceau de sortie, qui se trouve Ce qui différencie le col de toutes les autres positions dans l’espace
dans le plan image, est nul. Ce n’est plus vrai si l’on tient compte est le fait que la surface d’onde y est plane, alors qu’elle est sphérique
de la diffraction car, si l’objet est exactement au foyer, l’image est partout ailleurs, avec un rayon de courbure donné par :
rejetée à l’infini, et le diamètre de son disque d’Airy est lui-même
R = z 1 + π ω 0 λz
infini. Le diamètre minimal du faisceau ne peut pas être dans le plan 2 2
image si le diamètre du disque d’Airy est supérieur à celui de la
lentille, c’est-à-dire si : Puisqu’une lentille parfaite transforme une onde sphérique en une
autre de rayon de courbure différent, on peut démontrer que, si le
2,44 λ p′ ⁄ D op > D op
col d’un faisceau se trouve situé à la distance d 1 d’une lentille de
2 focale f, la distance d 2 du col image à la lentille est :
soit p′ > D op 2,44 λ
2 4
d 1 f ( d 1 – f ) + f π ω 0 12
Cela ne veut pas dire que la formule donnant la position de l’image d 2 = ---------------------------------------------------------------------
2 4
-
est erronée, puisque c’est dans ce plan que l’on retrouve le nombre ( d 1 – f ) 2 + π ω 0 12
maximal de pixels. En effet, bien que le diamètre du faisceau soit
le plus petit au niveau de la lentille, un écran placé à cet endroit ne et le rayon du col image est :
permettrait de résoudre qu’un seul pixel sur toute la partie éclairée. 12
2 4
Les équations suivantes donnent les positions du diamètre minimal ω 1 ω 0 = f ( d 1 – f ) 2 + π ω 0 12
du faisceau plutôt que la position des images, sans aucune
contradiction avec la théorie précédente. En effet, si l’on utilise un Si le col dans l’espace objet est situé au foyer objet de la lentille,
faisceau gaussien pour éclairer un objet, la meilleure position de le col du faisceau dans l’espace image se trouve au foyer image et
l’image, en terme du nombre maximal de points résolvables, est non pas à l’infini comme ce serait le cas pour une vraie image. Le
encore prédite correctement par la théorie élémentaire. La seule rayon du col de sortie est alors f λ /π ω 0 , inversement proportionnel
raison pour laquelle la théorie ci-après est appliquée aux faisceaux à celui du col objet.
gaussiens plutôt qu’aux faisceaux à « bords raides » est qu’elle est Si l’on désire convertir un faisceau dont le col a un rayon ω 0 , à
beaucoup plus simple avec les faisceaux gaussiens. la distance d1 d’une lentille, en un faisceau dont le col a un rayon
La loi d’éclairement dans le plan focal d’une lentille étant propor- ω 1 et situé à la distance d 2 de cette lentille, la focale nécessaire est :
tionnelle à la transformée de Fourier de la loi d’éclairement dans
la pupille, le profil d’un faisceau gaussien demeure gaussien lors ( ω0 ω1 ) 2 d2 – d 1
f = ------------------------------------------------
de son passage au foyer d’un système optique parfait (ce qui n’est ( ω0 ω1 ) 2 – 1
pas le cas pour un faisceau uniforme, qui se transforme en figure
d’Airy), et l’on montre que cette distribution gaussienne se conserve Il est donc possible de choisir une lentille de telle sorte que les
tout au long de la propagation du faisceau. Contrairement à un deux conjugués et le grandissement aient simultanément les valeurs
faisceau uniforme à bords nets, un faisceau gaussien s’étale désirées, contrairement à l’imagerie traditionnelle où le grandisse-
théoriquement jusqu’à l’infini, de sorte que l’on doit définir le ment est lié de façon absolue au rapport de conjugaison.
diamètre en terme de baisse d’éclairement par rapport à sa valeur À première vue, les équations précédentes semblent complète-
sur l’axe. On définit ainsi le rayon ω dans un plan quelconque par ment indépendantes des relations conventionnelles en imagerie.
la distance à l’axe pour laquelle l’amplitude du champ électrique a Cependant, il est instructif de tracer le graphe donnant la variation
été réduite à 1/e fois sa valeur sur l’axe, et donc pour laquelle de d 2 en fonction de d1 pour différentes valeurs de ω 0 à partir de
l’éclairement représente 1/e2 (soit 13 %) fois l’éclairement sur l’axe. l’expression du col du faisceau et de la relation 1/p’ – 1/p = 1/f ’. Cela
Le faisceau s’élargit sous l’effet de la diffraction, et il n’existe qu’une apparaît sur la figure 4 pour f = 100 mm et λ = 10 µm. On peut voir
position pour laquelle le diamètre est minimum, position qui que, lorsque le rayon du col décroît, les courbes deviennent très
correspond au col ou à la taille (waist) (figure 3). Si ω 0 est cette valeur, similaires : l’image devient très semblable à celle prédite par
on trouve que le rayon du faisceau dans un plan situé à la distance l’optique géométrique, mais sans les valeurs divergentes. De façon
z du col, est : peut-être surprenante, plus la longueur d’onde est grande, meilleure
2
ω ( z ) = ω 0 1 + ( λzπ ω 20 ) est la concordance avec l’optique géométrique, et ceci parce que,
pour une valeur donnée de col, la divergence du faisceau est supé-
et l’éclairement en un point quelconque est alors : rieure, et par conséquent le faisceau à l’entrée ressemble beaucoup
à une onde sphérique en provenance d’un point source. Dans
2 2 2
E ( r, z ) = E 0 ( ω 0 ω ) exp – 2 r ω beaucoup de cas pratiques, la dimension du col est si petite qu’on
obtient des résultats corrects à partir des équations de l’optique
géométrique.
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Bien que l’efficacité à la longueur d’onde désirée croisse avec 3.4 Conception de filtres
l’indice, la réflectance croît d’autant plus vite que l’on s’éloigne de
cette valeur pour les substrats de haut indice, et, pour les indices
Les équations de base dans le calcul de la transmission de couches
supérieurs à environ 1,6 on trouve qu’un traitement conçu pour
minces sont relativement simples, mais l’optimisation doit se faire
0,55 µm donne une réflectance de 1 % à 0,45 et 0,65 µm.
sur ordinateur, sauf peut-être pour les plus simples. On peut obtenir
Dans les bandes infrarouges, le substrat le plus répandu est le pratiquement n’importe quelle forme de courbe en transmission si
germanium (n = 4), sur lequel on dépose généralement du sulfure l’on met en œuvre suffisamment de couches. Dans ces programmes,
de zinc (n = 2,3), dans les applications où une seule couche suffit. chaque couche est modélisée par une matrice caractéristique, et
l’ensemble de l’empilement par la matrice produit, dans le bon ordre,
des matrices individuelles.
3.3 Traitements multicouches
3.5 Filtres conventionnels à bande étroite
■ Antiréflexion
On peut réduire de beaucoup le facteur de réflexion d’un Des bandes passantes de 10 nm environ sont disponibles
composant à une longueur d’onde donnée en augmentant le nombre commercialement dans l’ultraviolet, le visible ou l’infrarouge, voire
de couches déposées. Un traitement multicouche permet d’obtenir de 1 nm pour certaines raies laser, avec des décalages en tempé-
une réflectance quasi nulle pour plusieurs longueurs d’onde simul- rature de l’ordre de 0,02 nm · K –1.
tanément, même si le facteur de réflexion en dehors de la bande Sous incidence oblique, la longueur d’onde du pic d’un filtre opti-
utile est bien supérieur à celle du substrat nu. misé dans l’air pour une incidence normale se déplace toujours vers
les basses longueurs d’onde, suivant une loi du type :
■ Filtre de Fabry-Pérot
12
Considérons deux surfaces planes réfléchissantes, non absor- λ max ( i ) λ max ( 0 ) = 1 – ( sin iN ) 2
bantes, séparées d’une distance d. Tout rayon pénétrant dans la
cavité se trouvera réfléchi plusieurs fois par les surfaces. Les surfaces où N est l’indice efficace du filtre, qui tient compte des indices des
d’onde pour lesquelles le chemin optique aller-retour entre les faces différentes couches et de leurs épaisseurs (sa valeur typique est de
est un nombre entier de longueurs d’onde, se retrouvent en phase l’ordre de 2). On peut donc ajuster la longueur d’onde centrale d’un
sur l’interface, ce qui n’est plus vrai pour les autres, même légère- filtre interférentiel en l’inclinant par rapport au faisceau incident,
ment décalées en fréquence. On montre que la transmission maxi- mais la performance du filtre se dégrade au-delà de quelques degrés.
male d’un filtre de Fabry-Pérot, constitué de deux lames de facteur Un filtre comprenant une seule couche entre deux empilements
de réflexion et de facteur d’absorption est donnée par : de lames quart d’onde donne une réponse qui chute très rapidement
2 de part et d’autre de la longueur d’onde centrale, mais sa réjection
t pic = 1 ( 1 + t ) est mauvaise pour une largeur à mi-hauteur donnée. Pour obtenir
des bandes étroites avec réponse plate au sommet, et une bonne
où t = 1 – – .
réjection en dehors de la bande, il est nécessaire d’utiliser des filtres
La largeur spectrale d λ, distance entre les points à mi-hauteur à plusieurs couches centrales. On obtient couramment des trans-
de la courbe en transmission (FWHM : full width, half maximum ) missions au pic de l’ordre de 50 %.
est donnée par :
d λλ 0 = tmπ
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3.9 Traitements de protection est opaque dans le visible. Quelques progrès ont été faits sur le
carbone transparent, mais à l’heure présente, on en n’est qu’aux
premiers stades expérimentaux.
Le plus connu des traitements de protection est le carbone
adamantin (DLC : diamond like carbon ) qui est déposé, générale- Les spécifications les plus sévères de traitements se trouvent dans
ment sur du germanium, par dépôt chimique, en phase vapeur, le domaine aéroporté. Dans l’infrarouge, la protection la plus efficace
assisté par plasma (PACVD). Des dépôts de ce type sont beaucoup est fournie par une combinaison de phosphure de bore (BP) et de
plus résistants à l’abrasion que le substrat lui-même (tests standards carbone adamantin (DLC). La figure 9 montre des mesures en trans-
en abrasion au moyen de sableuses), et en améliorent aussi la résis- mission après essais en pluvioérosion à 211 m.s –1. La figure 10
tance à l’eau de mer. La transmission d’une surface traitée dans montre la transmission spectrale d’une fenêtre en germanium munie
l’infrarouge est typiquement supérieure à 94 %, et des versions de ce traitement.
bibandes (à la fois 3-5 et 8-12 µm) sont disponibles, mais le traitement
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∑ yi Si M
xi
(ρ, θ) =
∂ Zi ( ρ , θ )
------------------------
∂x
- dx dy
i
Y c = ------------------
- (2) ss—pup
∑ Si (5)
i ∂ Zi ( ρ , θ )
------------------------- d x d y
yi
M (ρ, θ) =
avec position du pixel no i,
(x i , y i ) ∂y
ss—pup
Si signal détecté par le pixel no i.
Formellement, si l’intensité à l’intérieur de la sous-pupille est
uniforme, le calcul de X c et de Y c peut également s’écrire :
Xc = ∂ϕ
-------- d x d y
∂x
ss—pup
Yc = ∂ϕ
-------- d x d y
∂y
(3)
ss—pup
avec ϕ (x, y ) phase optique dans la pupille,
X c et Y c pente moyenne de la phase, en X et en Y, à l’inté-
rieur de la sous-pupille.
La réalisation de ce type d’analyseur conduit à un instrument
optique simple, compact et sans pièce mobile ; il est totalement
achromatique et peut travailler à partir de sources étendues spatiale-
ment (figure 14).
Figure 13 – Schéma de principe de l’analyseur de front d’onde
Figure 12 – Schéma d’une optique adaptative Figure 14 – Analyseur de surface d’onde (doc. ONERA)
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Le nombre de sous-pupilles de l’analyseur étant fini, on ne peut 4.2.3.1 Erreur sur la mesure du centre de gravité
reconstruire que les K premiers modes de la base (K < 2 N 2). des taches lumineuses
Si on appelle (m x , m y ) les mesures de l’analyseur pour la phase La position du centre de gravité des taches est déterminée par la
ϕ (ρ, θ ), on peut écrire : relation (2). Le bruit présent sur le signal de chaque pixel induit une
∞ erreur dans la détermination de cette position. Soit δ x la position
∑ ai M
xi en X du centre de gravité :
mx =
i=1 1
∞ (6) δ x = < δ x > + ----------
S tot ∑ bi j xi j (10)
∑
yi
et my = ai M ij
i=1 où b i j est le bruit sur le pixel (i, j ) et S tot le signal total reçu par
Cette relation peut également s’écrire de façon matricielle : sous-pupille.
Si l’on appelle σ ∆ ϕ l’écart-type de l’écart de phase au bord d’une
sous-pupille, et σ δ x l’écart-type de δx , on peut écrire :
m = Mz a (7)
d
avec m vecteur des mesures en X et en Y fournies par l’analyseur, σ ∆ ϕ = ------ σ δ x ( en λ ) (11)
λf
M z matrice des mesures des modes de la base [relation (5)],
a vecteur des coefficients de décomposition modale de ϕ avec d diamètre d’une sous-pupille,
[relation (4)] ; f focale des microlentilles,
Le calcul des coefficients a i passe par l’inversion de la λ longueur d’onde d’analyse.
relation (7) ; le nombre de mesures étant supérieur au nombre de La variance de δ x est donnée par :
modes à reconstruire, l’inversion de M z se fait en utilisant le critère
1
∑ σi j
des moindres carrés. On obtient alors le résultat classique suivant : 2 2 2
σ δ x = ------------
2
- xij (12)
Stot ij
2
t
Mz M z a = Mz m
t
(8) où σi j est la variance du bruit b i j .
t ■ Bruit électronique de détecteur
Le produit matriciel Mz M z est une matrice carrée symétrique,
2 2
généralement inversible ; d’où le résultat final : On a alors σ i j = σ b , bruit de détecteur, indépendant du pixel (i, j ).
t –1 t On obtient [10] :
a = Mz M z Mz m (9) 2
1 σb NS
Remarque : l’obtention d’une matrice Mz M z irrégulière est souvent due à un nombre
t σ ∆ ϕ = ------------- ---------- -------- ( en λ ) (13)
excessif de modes pris en compte dans la reconstruction : il est alors nécessaire d’en
2 3 S tot N D
considérer moins pour pouvoir inverser correctement la relation (7). 2
avec N S nombre de pixels utilisés pour le calcul du barycentre,
Le choix de la base des modes de reconstruction est guidé par
la connaissance que l’on a des défauts de phase que l’on cherche N D nombre de pixels contenus dans le diamètre d’une tache
à analyser. En général, cette base est constituée des polynômes de de diffraction des microlentilles.
Zernike, ensemble de fonctions orthonormées sur un support circu- ■ Bruit de photons
laire de rayon 1. Ces fonctions présentent l’avantage d’être bien
connues des opticiens, dans la mesure où elles représentent les La statistique d’arrivée des photons (statistique poissonienne),
2
premières aberrations géométriques connues (aberration sphérique, conduit à un bruit σ i j = N , avec N nombre de photons détectés sur
astigmatisme, coma). Elles ont également été utilisées par Noll [11] le pixel (i, j ). Appliqué à la relation (12), on obtient [10] :
pour caractériser l’effet des turbulences atmosphériques sur les
phases optiques. 1 1 NT
σ ∆ ϕ = ------------- ------------- --------- ( en λ ) (14)
Les méthodes de reconstruction modales permettent de filtrer 2 2 nA ND
simplement les phases à reconstruire : il suffit de ne pas prendre
en compte les modes mal reconnus par l’analyseur, dont le rapport avec n A nombre de photons détectés par sous-pupille,
signal à bruit est mauvais ; de plus, une fois la phase reconstruite, N T nombre de pixels dans le diamètre de la tache image,
on peut la redéfinir sur autant de points que l’on souhaite.
N D nombre de pixels contenus dans le diamètre d’une tache
de diffraction des microlentilles.
4.2.3 Précision de reconstruction de l’analyseur ■ Application numérique
Exemple : si l’on considère le cas d’un analyseur travaillant avec 100
La mesure de la pente moyenne du front d’onde sur une sous-
photons détectés par sous-pupille, et pour lequel la largeur de la tache
pupille est proportionnelle au déplacement de la tache image au
image est égale à celle de la tache de diffraction et vaut 2 pixels, l’erreur
foyer de la microlentille correspondante. Deux sources d’erreurs sont
de détermination sur l’écart de phase, due au bruit de photons, vaut
à considérer : l’erreur liée à la précision de détermination du bary-
alors :
centre des taches lumineuses, et l’erreur due à l’aliasing spatial qui
λ
existe dans les mesures de l’analyseur de Hartmann-Shack par suite σ ∆ ϕ = ------- (15)
de l’échantillonnage spatial du front d’onde. En effet, le front d’onde 30
à analyser peut contenir des fréquences spatiales supérieures à la
ce qui correspond approximativement au critère de qualité image
fréquence d’échantillonnage.
exprimé par Maréchal.
Si, dans le même cas, on prend en compte un détecteur dont le bruit
de lecture vaut 100 électrons par pixel, et pour lequel on utilise 10
pixels pour le calcul du barycentre, l’erreur de détermination sur l’écart
de phase vaut alors :
σ ∆ ϕ = 1,44 λ (16)
ce qui conduit à une très mauvaise détermination de la phase.
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Pour réduire σ ∆ϕ sans augmenter le flux reçu, on peut envisager Un des paramètres fondamentaux de la turbulence est le diamètre
deux moyens : de Fried, noté r 0 , que l’on peut définir comme le diamètre d’un
— utiliser des détecteurs à faible bruit électronique, de l’ordre de télescope parfait qui aurait la même résolution qu’un télescope de
quelques électrons par pixel : actuellement, des CCD du commerce très grand diamètre, uniquement limité par la turbulence atmos-
permettent d’atteindre de tels niveaux de bruit de lecture, à condition phérique. À 0,5 µm, la valeur moyenne typique de ce paramètre est
de les lire à une cadence faible de l’ordre de 50 kHz. Dans le cas de 10 cm, dans un cas de propagation verticale.
notre exemple, pour que la détermination de l’écart de phase due Pour un même type de turbulence, le diamètre de Fried r 0 dépend
au bruit de lecture reste inférieure à celle due au bruit de photons, fortement de la longueur d’onde ; on a :
il faut que :
σ b < 2 électrons/pixel/trame (17) r 0 ∝ λ1,2 (20)
— utiliser un intensificateur de lumière, permettant d’accroître le Exemple : un r 0 de 10 cm dans le visible vaudra 53 cm à 2 µm, et
signal total reçu par les pixels ; ce type de composant présente 3,6 m à 10 µm.
l’avantage d’avoir un bruit négligeable, mais l’inconvénient d’un
faible rendement quantique (≈ 15 %, à comparer à 80 % pour un CCD La résolution angulaire d’un télescope de diamètre D supérieur
nu), ce qui limite le gain effectif que l’on peut obtenir. à r 0 , s’écrit de façon analogue à la relation (19) :
Dans le cas de notre exemple, pour que l’erreur sur la détermina- λ
θ turb = ------ (21)
tion de l’état de phase due au bruit de lecture reste inférieure à celle r0
due au bruit de photons, il faut que le gain G de l’intensificateur suive
la relation suivante : Cette relation montre que θ turb est quasiment indépendant de la
G > 50 (18) longueur d’onde (λ0,2) ; pour un r 0 de 10 cm à 0,5 µm, la résolution
imposée par l’atmosphère est de 1 seconde d’arc ; ainsi à 10 µm,
4.2.3.2 Erreur due à l’échantillonnage spatial les plus grands télescopes ne sont que très peu affectés par la turbu-
du front d’onde lence atmosphérique.
L’analyseur de front d’onde de Hartmann-Shack se comporte À partir de r 0 , on peut également exprimer la variance de la phase
comme un échantillonneur discret de la phase du front d’onde dans dans une pupille de diamètre D ; elle vaut :
le plan de la pupille. Si ses fluctuations spatiales comportent des D 53
σ ϕ = 1,03 ------
2 2
fréquences supérieures à la moitié de la fréquence d’échantillon- ( rad ) (22)
r0
nage, une erreur intervient du fait du sous-échantillonnage du front
d’onde, appelée erreur d’aliasing, ou erreur de repliement. L’estima- On a montré au paragraphe 4.2 que l’on pouvait décomposer la
tion de cette erreur passe par la connaissance du contenu fréquentiel phase sur une base de polynômes de Zernike ; Noll a calculé la
des défauts à mesurer. Le choix du nombre de sous-pupilles d’ana- variance des fluctuations de phase de chaque polynôme de
lyse permet alors de minimiser cette erreur. Zernike [11]. On a pour les premiers d’entre eux :
D 53
σ basculement = 2 × 0,45 ------
2 2
( rad ) (23)
r0
4.3 Optique adaptative
D 53
σ défocalisation = 0,023 ------
2 2
( rad ) (24)
Un système d’optique adaptative permet de corriger en temps réel r0
les perturbations de phase introduites par la turbulence sur la
propagation des faisceaux optiques. Après un bref rappel concernant Après extraction des K premiers polynômes de la phase, il reste :
les perturbations atmosphériques, nous décrirons les composants
2 – 56 D 53
----- 2
de ce type de système, et nous en fixerons les principaux σ ϕ = 0,3 K r0
- ( rad ) (25)
paramètres [12] [13].
Des relations (21) et (22), il ressort que les deux basculements
4.3.1 Paramètres de la turbulence atmosphérique contribuent pour 90 % à la variance des défauts de phase introduits
par la turbulence. Il est fondamental pour une optique adaptative
de parfaitement corriger ces deux défauts.
L’écoulement des masses d’air dans l’atmosphère est toujours
turbulent. Ces turbulences se produisant dans un milieu où la Un second paramètre d’importance pour caractériser la turbulence
température n’est pas uniforme, induisent des fluctuations locales est le domaine d’isoplanétisme θ 0 . On peut décrire ce paramètre
et aléatoires de température, et donc de l’indice de réfraction de comme le domaine angulaire à l’intérieur duquel deux points sources
l’air [14]. Les fronts d’onde optiques se propageant dans ce milieu sont vus avec les mêmes perturbations de front d’onde : effectuer
inhomogène, subissent des variations de leur chemin optique la mesure des perturbations de front d’onde pour l’une ou l’autre
conduisant à leur déformation spatiale. Ces déformations se mani- de ces sources est alors équivalent. Si l’on considère que r 0 est un
festeront également par des fluctuations d’intensité d’autant plus paramètre pupillaire pour une optique limitée par la turbulence
importantes qu’elles seront distantes des couches turbulentes qui atmosphérique, alors θ 0 est la grandeur de champ associée. Bien
leur ont donné naissance. que peu dépendant de r 0 , il est généralement exprimé par :
Les images obtenues à partir de ces fronts d’onde perturbés sont r0
dégradées. En l’absence de toute turbulence, la dimension angulaire θ 0 = -----
- (26)
h
d’une image est fixée par les lois de la diffraction : un instrument
de diamètre D, travaillant à une longueur d’onde λ donne une image h caractérisant une altitude moyenne des couches turbulentes.
focalisée de diamètre angulaire :
Pour un r 0 de 10 cm à 0,5 µm, θ 0 vaut 2 secondes d’arc à 0,5 µm
λ et 10 secondes d’arc à 2 µm.
θ dif = 2,44 ----- (19)
D
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Enfin, le dernier paramètre d’intérêt des turbulences atmosphé- On peut définir une matrice caractérisant l’influence du miroir
riques pour un système d’optique adaptative est le temps d’évolution sur l’analyseur de surface d’onde. Cette matrice, appelée matrice
des défauts de phase. Noté τ, il dépend de r 0 et de la vitesse moyenne d’interaction et notée D, est obtenue en appliquant successivement
du vent le long du trajet de propagation du faisceau lumineux ; on sur chaque moteur une commande unitaire et en enregistrant
écrit : chaque vecteur de mesures associé à chaque moteur. L’ensemble
r0 de ces vecteurs de mesures est rangé par colonne pour former la
τ = -----
- (27) matrice D.
v
Par la suite, pour un vecteur de commande quelconque V, on
Exemple : pour un r 0 de 10 cm à 0,5 µm et une vitesse moyenne sait calculer le vecteur de mesures ε par :
de vent de 16 m.s –1 (60 km/ h), le temps d’évolution τ vaut 6 ms
à 0,5 µm et 35 ms à 2 µm. ε = DV (28)
Calculer V à partir de ε revient à inverser la relation (28).
4.3.2 Description d’une optique adaptative En règle générale, la matrice d’interaction D est rectangulaire (il
y a plus de mesures que de moteurs à commander). Le calcul de
la matrice de commande se fait donc suivant le critère des moindres
Sur la figure 12, nous avons présenté le schéma d’un système carrés : la matrice obtenue sera celle qui minimise les erreurs
d’optique adaptative. L’analyseur de surface d’onde, dont nous résiduelles de mesure. Le résultat classique de ce calcul est :
avons présenté le principe dans le paragraphe 4.2, mesure en temps
réel les défauts de l’onde optique perturbée par l’atmosphère. À t
DD V = D ε
t
(29)
partir de cette mesure, un calculateur informatique temps réel
élabore les commandes à appliquer à l’élément correcteur, qui est Le calcul de la matrice de commande passe alors par l’inversion
t
constitué d’un miroir déformable, dont l’état de surface est en perma- du produit matriciel DD , matrice carrée symétrique. L’étude de la
nence contrôlé par un jeu de moteurs piézoélectriques. Nous allons singularité de cette matrice se fait en recherchant ses vecteurs
tout d’abord décrire ces miroirs déformables, puis nous détaillerons
propres et ses valeurs propres. On obtient alors :
le principe des algorithmes de commande utilisés, et enfin nous
décrirons le dimensionnement d’une optique adaptative. t t
D D = P ∆ P (30)
4.3.2.1 Miroirs déformables avec P matrice colonne des vecteurs propres,
Un miroir déformable est en général constitué d’une mince plaque ∆ matrice diagonale des valeurs propres.
de verre, derrière laquelle sont disposés des moteurs qui, tirant ou Un vecteur propre représente un profil spatial de déformée du
poussant, déforment cette plaque (figure 15). miroir déformable, la valeur propre correspondante représentant sa
Nos applications nécessitent de réaliser des déplacements d’une sensibilité à l’analyse de surface d’onde. Si une de ces valeurs
dizaine de micromètres au maximum, avec des précisions de t
propres est nulle, la matrice D D n’est pas inversible ; pour calculer
l’ordre du centième de micromètre. Les matériaux piézoélectriques la matrice de commande, on peut alors filtrer ce mode à valeur propre
se prêtent particulièrement bien à ce type d’application : ce sont nulle. Le résultat devient alors :
des matériaux qui, soumis à un champ électrique, se dilatent ou se
contractent. À l’aide de ces matériaux, on réalise des moteurs en t t
D * = P ∆ –1 P D (31)
empilant un grand nombre de disques, et en alimentant chaque
disque avec la même tension : ainsi, à partir de matériau dont la avec D* matrice de commande optimale,
sensibilité de déplacement vaut 0,3 µm/kV, on réalise des moteurs
dont les sensibilités peuvent atteindre jusque 10 µm/kV. ∆ –1 inverse de la matrice des valeurs propres, dans laquelle
l’inverse des valeurs propres correspondant aux modes
La société française CILAS (ex-LASERDOT), ainsi que différentes à filtrer est remplacé par 0.
sociétés américaines, réalisent ce type de composants (figure 16).
La relation (31) permet de calculer une matrice de commande en
filtrant les modes peu sensibles à l’analyse, afin d’éviter qu’ils
4.3.2.2 Algorithmes de commande
n’induisent un bruit trop important sur la commande.
On suppose que l’ensemble des phénomènes physiques liant
l’analyseur de surface d’onde au miroir est linéaire. On cherche à
calculer une matrice de commande optimale telle que, multipliée par
le vecteur de mesure fourni par l’analyseur, on obtienne un vecteur
de commande à appliquer au miroir afin de corriger l’onde aberrante.
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N = ------
D 2
(32)
r0
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D’autre part, dans des systèmes tels que les radars laser, on
démontre qu’il est inefficace d’éclairer toute la scène par un faisceau
très divergent, et que, si l’on veut une grande portée, il faut balayer
la scène avec un pinceau laser fin, en synchronisme avec le détecteur.
Sur une plus petite échelle, en microscopie confocale, on élimine
le rayonnement parasite grâce à un balayage du point illuminé qui
coïncide en trois dimensions avec celui du point observé, de petits
diaphragmes permettant de rejeter la lumière diffusée par d’autres
zones que celle sous examen.
Dans ce paragraphe, on analyse plusieurs types de balayages,
particulièrement ceux qui, à base de miroirs, couvrent de larges
domaines spectraux, depuis l’UV jusqu’au lointain IR, voire les
micro-ondes, là où le manque de matrices les rend indispensables.
Les systèmes de balayage ont pour but de déplacer, en général
de façon répétitive, soit un faisceau laser sur une scène, soit l’image
de la scène sur un détecteur. Dans ce dernier cas, il est souvent plus
simple de considérer que c’est le détecteur qui se déplace sur la
scène, car la géométrie de la scène est souvent beaucoup plus
complexe que celle du détecteur, et on supposera donc que le but
d’un balayage est d’entraîner un mouvement systématique de
l’image d’un détecteur ou d’une source sur la cible.
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Autre paramètre important, l’efficacité de balayage η bal est le pour- Pour les analyseurs de lignes aéroportés, la sensibilité doit
centage du temps consacré réellement au balayage pendant une demeurer excellente sur un très grand champ de balayage (jusqu’à
révolution. Dans la plupart des cas, η bal représente la fraction du 180o dans certains cas), ce qui correspond à un produit Dop θ très
temps pendant laquelle chaque facette intercepte le faisceau en élevé. Si on utilise une technique conventionnelle, la dimension du
entier, car les périodes pendant lesquelles le faisceau se partage rotor devient inacceptable, et c’est pour cela que l’on utilise simul-
entre deux facettes ne sont généralement pas utilisables (bien qu’il tanément deux facettes (figure 20 : dispositif de Kennedy). Cette
existe des dispositifs qui utilisent plus d’une facette à la fois). approche est très performante, mais au prix de tolérances en fabrica-
Un troisième paramètre important est la courbure de champ de tion très serrées et le coût s’en ressent, si l’on doit recombiner cor-
la trajectoire balayée qui, vue le long du rayon principal, peut se rectement le faisceau initialement séparé en deux. De plus, la limite
manifester comme une courbure du champ ou de la direction de diffraction est imposée séparément par chaque partie du faisceau,
d’adressage, ou des deux à la fois. et non par l’ensemble. Si l’on accepte une réduction des perfor-
mances, on peut employer le dispositif à lame de hache (figure 21).
Si la source (ou le détecteur) est allongée dans le sens du balayage La rotation d’image qu’il introduit élimine l’utilisation de détecteurs
(cas des balayages série, où les éléments décrivent la même trajec- en série, mais elle est avantageuse en fait pour des détecteurs en
toire, les signaux de sortie étant retardés l’un par rapport à l’autre parallèle puisqu’elle réduit suffisamment l’angle sous-tendu par la
puis additionnés pour améliorer le rapport signal à bruit), il faut tenir matrice dans la direction perpendiculaire au balayage pour éviter
compte de la précision avec laquelle les différentes parties de la un recouvrement des lignes en bord de champ.
source suivent le même chemin. La question se pose dans les
systèmes d’analyse par deux ou plusieurs faisceaux laser (pour une
discrimination en couleur, par exemple), dans ceux où les faisceaux,
séparés angulairement, balaient la même partie de l’objet avec un
retard proportionnel à leur séparation angulaire.
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5.5 Dispositifs de balayage par réfraction Si l’on utilise des hologrammes ou des réseaux zonés, le disque
assure la focalisation en même temps que la déflexion. On peut
aussi déposer des hologrammes sur des surfaces cylindriques ou
De nombreux balayages, basés sur des polygones en réfraction sphériques. Puisqu’il n’y a pas de facettes qui donnent prise au
(figure 22), exploitent avec succès le fait que, si une lame à faces vent, les puissances de moteurs demeurent faibles.
parallèles d’épaisseur e et d’indice de réfraction n tourne d’un angle
θ, l’image se déplace d’une distance e θ (1 –1/n ). Il faut cependant
de l’ingéniosité pour obtenir de bonnes performances optiques, car
cette technique de balayage introduit une courbure de champ et un
astigmatisme importants, que l’on doit compenser par le reste de
l’optique. Si l’on utilise un point source ou un détecteur unique, il
est possible, au moins en principe, de corriger les aberrations de
l’optique en amont. Par contre, si la source est étendue ou si l’on
met en œuvre une matrice de détecteurs, la courbure de champ de
l’optique située entre le détecteur et le système de balayage doit
compenser celle du balayage et, plus généralement, donner un
compromis satisfaisant en astigmatisme. Ces aberrations sont alors Figure 22 – Balayage par réfraction (prisme tournant)
corrigées dans l’optique frontale. En dehors de l’imagerie thermique,
on peut citer comme domaine de succès des déflecteurs à polygones
par réfraction, les éditeurs de films pour le cinéma, où le polygone
compense le déplacement du film à chaque image, et évite ainsi un
mouvement d’entraînement intermittent du film.
Une autre approche de balayage par éléments réfractifs consiste
à utiliser une paire de prismes contrarotatifs (prismes de Risley ou
diasporamètre [2]) pour la déflexion des faisceaux collimatés, et
obtenir ainsi une grande variété de figures de balayage. Pour plus
de détails, le lecteur pourra se reporter en [2]. Une des figures de
balayage souvent mise en œuvre et très pratique pour la déflexion
de faisceaux laser, est le balayage sinusoïdal dans un plan, avec deux
prismes identiques tournant à des vitesses égales et opposées. Si
les prismes ne sont pas achromatisés, le domaine spectral du
dispositif est très limité. Un balayage unidirectionnel peut s’obtenir
si l’on monte des secteurs de prismes sur des roues contrarotatives
(figure 23). Cette technique présente l’avantage de n’utiliser qu’une Figure 23 – Balayage unidirectionnel à base de diasporamètre
très faible portion du chemin optique, mais sa vitesse de balayage
n’est pas constante.
Situé entre les systèmes à réflexion et ceux à réfraction, le prismor
(figure 24) entraîne une rotation du faisceau d’un angle double de
celui de la rotation du dispositif, vraiment achromatique malgré la
réfraction. Comme dans le dispositif de Kennedy, la pupille est
séparée en deux parties, et la limite de diffraction correspond à la
moitié du faisceau au centre du champ. On peut obtenir des angles
de déflexion bien supérieurs à 180 o et il n’y a aucune rotation
d’image, ce qui rend ce type de système utile pour la surveillance
quasi panoramique, bien que la stabilisation verticale soit difficile
à obtenir. Figure 24 – Prismor pour balayage et dérotation
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Le lecteur pourra se rapporter utilement à la référence [1] pour 5.9 Dispositifs à base de réticules
les systèmes de balayage holographiques.
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■ Stabilisation d’image dimension du prisme devient totalement prohibitive pour des fais-
Très souvent, la stabilisation de l’image s’effectue grâce à un miroir ceaux de grands diamètres, mais dans ce cas il faut placer le
gyrostabilisé, placé entre le hublot de protection et l’optique. Dans dérotateur entre un afocal réducteur et l’optique.
le cas de hublots sphériques, l’axe de rotation du miroir doit passer ■ Prismor
par le centre de courbure du dôme. Pour un hublot plan, il faut
projeter la pupille d’entrée sur le hublot pour en minimiser la Le prismor est une réalisation très compacte de dérotateur, formée
dimension. de deux prismes de Dove dont les hypoténuses argentées sont en
contact. Les spécifications sur le parallélisme du faisceau sont
Il existe beaucoup d’autres approches, parmi lesquelles on citera sévères, et il ne faut pas placer un prismor derrière un afocal, puisque
le montage du senseur complet sur roulements. Cette solution chaque moitié de pupille est inversée indépendamment l’une de
présente l’avantage de maintenir fixe la ligne de visée par inertie, l’autre, ce qui donne une pupille de sortie en forme de double D,
le servomécanisme n’étant là que pour compenser les frictions des dos à dos.
roulements et la tension des câbles, et pour modifier la direction
d’observation. ■ Prisme de Schmidt
On peut obtenir une stabilisation agile en utilisant de petits miroirs Bien que ce prisme (figure 29) soit plus petit que celui de Dove
ou de petites lames transparentes, montés sur galvanomètres, après pour un diamètre de faisceau donné, son trajet optique est presque
réduction du diamètre du faisceau par un afocal. Les aberrations et aussi long. L’angle de rotation effectif est cependant beaucoup plus
les distorsions de ce dernier limitent évidemment le domaine de faible, ce qui rend ce prisme plus tolérant en convergence de
compensation angulaire de la méthode, qui présente cependant un faisceau. Le seul désavantage du prisme de Dove est la valeur élevée
intérêt certain comme moyen de stabilisation complémentaire, par de son indice de réfraction, nécessaire à la réflexion totale interne
exemple pour contrer les effets inertiels du miroir de déflexion sur la seconde face, pour tout le domaine des angles d’incidence.
principal. Ce problème se résoud assez facilement dans l’infrarouge, où les
Pour des mouvements angulaires faibles, une stabilisation élec- matériaux à indices élevés sont assez nombreux. Le prisme de
tronique de l’image, par comparaison avec une image mémorisée, Schmidt fonctionne bien derrière un afocal, et donne lieu à des
peut constituer une solution bon marché, souvent employée dans aberrations de pupilles bien plus faibles que celui de Dove. C’est
les caméscopes. probablement le prisme à choisir dans un système infrarouge où l’on
peut placer un afocal intermédiaire.
■ Dérotation d’image
■ Miroir-prisme K
Il se produit toujours une rotation d’image, même si la ligne de
visée se maintient dans la bonne direction. Pour une stabilisation Trois miroirs montés comme sur la figure 30 constituent un
3-axes, un dérotateur est nécessaire. Tous les systèmes de surveil- système achromatique dans n’importe quelle bande spectrale, et
lance panoramique nécessitent donc une dérotation d’image. Dans pour un faisceau collimaté ou non. Malheureusement, l’angle
le cas de l’observation humaine, la seule alternative à la dérotation d’acceptance est très faible et, pour un faisceau de diamètre donné,
optique est de suivre le mouvement en tournant la tête, comme pour le dérotateur est très volumineux. La version prismatique possède
un périscope de sous-marin. Heureusement, avec un senseur optro- un angle d’acceptance supérieur.
nique, il existe d’autres options et, si le produit D op θ est supérieur
à environ 200 mm · degrés, on peut dire dès le départ qu’il faut
considérer tous les moyens possibles pour éliminer le besoin de
dérotation optique, car les conséquences sur le coût, le poids et la
complexité en sont généralement très lourdes. La meilleure solution
est de faire tourner le senseur lui-même, en utilisant un joint tournant
optique ou HF pour retrouver le signal. Avec les techniques de traite-
ment de signal modernes, la dérotation électronique peut être une
solution attractive, mais qui entraîne une perte de résolution à cause
de l’interpolation entre pixels. Si le senseur est volumineux,
complexe, ou s’il nécessite des servitudes spécifiques (telles que de
l’air sous pression pour la cryogénie Joule Thomson), il se peut que
la dérotation optique soit le moindre de plusieurs maux.
Un dérotateur optique en ligne entraîne une rotation d’image à
une vitesse double de celle du dérotateur, puisque l’effet provient
Figure 28 – Prisme de Dove
de l’équivalent d’une réflexion sur un plan de symétrie en rotation.
Dans un système panoramique, le dérotateur doit donc tourner à
une vitesse moitié de celle de la ligne de visée. Tout système optique
qui entraîne une inversion d’image de haut en bas sans inversion
de gauche à droite peut s’employer comme dérotateur. La liste de
méthodes ci-après n’est pas exhaustive, mais rassemble celles qui
sont le plus souvent utilisées.
■ Prisme en toit ou de Dove (figure 28)
Le faisceau se réfracte sur la face d’entrée, se réfléchit sur la face
hypoténuse, puis se réfracte à nouveau sur la face de sortie. Un
moyen pratique d’évaluer l’effet optique d’un dérotateur est de
déplier le dispositif pour obtenir un diagramme tunnel. On peut
voir que le prisme est équivalent optiquement à un bloc épais
tourné d’au moins 45o par rapport au faisceau. À moins que le fais-
ceau ne soit collimaté, l’astigmatisme est sévère, mais la technique
est assez bon marché, et ne nécessite pas de matériau d’indice Figure 29 – Prisme de Schmidt
élevé (bien que cela contribue à réduire l’encombrement). La
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L’image finale D2 reste fixe (dans la pratique D2 est à l’infini et Ce polygone, constitué de 10 facettes, est entraîné à une vitesse
D1 au foyer de L2) : en rotation de 18 000 tr/min (cf. module de balayage LK4 figure 36).
— un deuxième polygone à miroirs P2 , identique à P1 et synchrone
avec celui-ci, est situé entre L2 et D2 de telle façon que la largeur
de ses facettes soit égale à la section du faisceau optique instantané ;
— une facette donnée réfléchit ce faisceau et se déplace en même
temps que celui-ci. L’image D3 de D2 se déplace le long d’une ligne.
Chaque facette du polygone P2 poursuit ainsi le faisceau réfléchi
par le premier polygone P1 .
Le module de balayage LK4 (conçu par AGEMA Infrared Systems)
utilise une double réflexion sur deux facettes opposées d’un même
polygone à l’aide d’optiques réflectives.
L’intérêt d’un tel système utilisé dans les caméras AGEMA 800 et
900 est de pouvoir mettre en œuvre un balayage par tambour de
miroirs de petite dimension tout en ayant un rendement de balayage
élevé, c’est-à-dire un temps utile d’analyse de l’image optimale.
L’efficacité de balayage est ainsi portée à 0,83 pour le module LK4
d’analyse ligne et à 0,8 pour le module d’analyse trame, soit une
efficacité totale de 0,664 au lieu de 0,49 dans les anciens équipements
AGA 780 à balayages par prismes par réfraction.
Figure 34 – Balayage par polygones
La bande passante électrique peut être réduite dans un rapport :
0,49
--------------- = 0,74
0,664
Pour un nombre de points images par seconde équivalents, ce
mode de balayage améliore le rapport signal sur bruit, donc la sensi-
bilité thermique de la caméra dans un rapport :
1
----------------- = 1,16
0,74
En ce qui concerne la transmission optique, la comparaison de
transmission entre l’ancien système et le nouveau peut être fait de
la façon suivante : le système AGA 780 correspond à la traversée
de 16 dioptres de silicium (n S = 3,422 3), notés de 1 à 16 sur la
figure 35a. Ces dioptres sont revêtus d’un traitement de surface SiO2
(n c = 1,8) qui donne un facteur de réflexion à chaque dioptre
= 0,059 pour la longueur d’onde 4 µm, d’où la transmission d’un
dioptre traité :
τ = 1 – = 0,94
Ce qui donne une transmission totale pour les 16 dioptres en
négligeant les phénomènes d’absorption :
Figure 35 – Exemples de réalisations
τ16 = 0,37
Le système AGEMA 900 correspond à la traversée de 12 surfaces
dioptriques (notées de 1 à 12 sur la figure 35b ) avec τ = 0,94
moyen par dioptre et à 8 réflexions (A à H figure 35b ) sur des trai-
tements aluminium R = 0,98 par miroir soit une transmission
optique totale :
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