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Réflexion. Réfraction. Diffraction: Herbert RUNCIMAN

Le document traite des principes de réflexion, réfraction et diffraction en optique, en se concentrant sur les optiques diffractives, holographiques et hybrides. Il aborde également les traitements de surfaces optiques et l'analyse spectrale, ainsi que divers systèmes de balayage. Des références bibliographiques sont fournies pour un approfondissement technique ou scientifique.

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Réflexion. Réfraction. Diffraction: Herbert RUNCIMAN

Le document traite des principes de réflexion, réfraction et diffraction en optique, en se concentrant sur les optiques diffractives, holographiques et hybrides. Il aborde également les traitements de surfaces optiques et l'analyse spectrale, ainsi que divers systèmes de balayage. Des références bibliographiques sont fournies pour un approfondissement technique ou scientifique.

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20/10/2008

Réflexion. Réfraction. Diffraction


par Herbert RUNCIMAN
Order of the British Empire (OBE)
Bachelor of Science (B. Sc. Physics)
Electro-optic systems Pilkington Optronics (Glasgow)
Pierre-Yves MADEC
Ingénieur à la Division Imagerie Optique haute-résolution de l’Office National
d’Études et de Recherches Aérospatiales (ONERA)
et Gilbert GAUSSORGUES
Ingénieur de l’École supérieure d’optique
Président-directeur général de HGH Ingénierie systèmes infrarouges
Ancien directeur du laboratoire d’optronique de la Marine nationale

avec la participation de Jean-Louis MEYZONNETTE


Professeur à l’École supérieure d’optique
et de quelques élèves de l’École supérieure d’optique pour l’adaptation
et la traduction en langue française

1. Optiques diffractives, holographiques et hybrides ........................ E 4 045 - 2


1.1 Réseau de diffraction................................................................................... — 2
1.2 Analyse spectrale......................................................................................... — 3
1.3 Réseaux zonés et composants diffractifs .................................................. — 3
1.4 Optiques hybrides ....................................................................................... — 4
1.5 Éléments optiques holographiques ........................................................... — 4
2. Optique des faisceaux gaussiens ........................................................ — 5
3. Traitements de surfaces optiques ....................................................... — 6
3.1 Réflexion de Fresnel et angle de Brewster ................................................ — 6
3.2 Traitements antiréfléchissants.................................................................... — 6
3.3 Traitements multicouches........................................................................... — 7
3.4 Conception de filtres ................................................................................... — 7
3.5 Filtres conventionnels à bande étroite....................................................... — 7
3.6 Lames séparatrices...................................................................................... — 7
3.7 Filtres séparateurs par polarisation ........................................................... — 7
3.8 Filtres rugates et holographiques .............................................................. — 8
3.9 Traitements de protection ........................................................................... — 8
4. Imagerie haute résolution. Optiques active et adaptative ........... — 9
4.1 Évolution ...................................................................................................... — 9
4.2 Analyse de surface d’onde.......................................................................... — 9
4.3 Optique adaptative ...................................................................................... — 12
5. Systèmes de balayage ............................................................................ — 14
5.1 Balayages en espaces objet ou image....................................................... — 15
5.2 Balayages à miroirs polygonaux tournants .............................................. — 15
5.3 Balayage télévision par miroirs polygonaux et oscillants ....................... — 16
5.4 Autres concepts de balayages par réflexion ............................................. — 16
5 - 1997

5.5 Dispositifs de balayage par réfraction ....................................................... — 17


5.6 Balayage par composants diffractifs et holographiques.......................... — 17
5.7 Dispositifs de balayage électro-optiques................................................... — 18
5.8 Optiques pour dispositifs de balayage ...................................................... — 18
5.9 Dispositifs à base de réticules .................................................................... — 18
5.10 Dispositifs panoramiques ........................................................................... — 18
E 4 045

5.11 Balayage à poursuite de facettes ............................................................... — 20


Références bibliographiques ......................................................................... — 22

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RÉFLEXION. RÉFRACTION. DIFFRACTION ____________________________________________________________________________________________________

L e lecteur trouvera dans cet article :


— la description des différentes formes d’optique ;
— les traitements de surfaces optiques ;
— l’analyse de plusieurs types de balayage.
Des références bibliographiques sont données à la fin de l’article pour tout
complément technique ou scientifique nécessaire.

1. Optiques diffractives, d’intensité en fonction de l’angle est sinusoïdale. Si le nombre de


fentes est très grand, la condition d’interférence constructive entre
holographiques toutes les fentes n’est vérifiée que si l’angle coïncide exactement
avec l’un de ceux donnés par la formule générale. S’il y a N fentes,
et hybrides par exemple, on trouve que l’intensité diffractée est donnée par :

I (θ ) = I0 sinc2 B sinc2 (π Na sin θ )


1.1 Réseau de diffraction On notera que la largeur angulaire de chacun des faisceaux dif-
fractés correspond à une dimension de pupille égale à Na, largeur
Si un faisceau lumineux arrive avec un angle d’incidence i sur un de la partie de réseau éclairée par le faisceau incident.
écran constitué d’un ensemble de fentes étroites régulièrement
espacées d’une distance a, les rayons se diffractent dans les direc- En résumé, l’onde diffractée par un réseau de fentes parallèles et
tions i ’ pour lesquelles le déphasage entre deux fentes successives régulièrement réparties, éclairé par une onde monochromatique
est un nombre entier n (appelé ordre d’interférence) de longueurs collimatée, est constituée de faisceaux se propageant le long des
d’onde, c’est-à-dire que : directions données par la relation (1). La largeur angulaire de chaque
faisceau est donnée par la dimension utile du faisceau incident, et
sin i ’ = sin i ± n λ / a (1) les intensités relatives des différents ordres sont dictées par la figure
Cette formule s’applique quels que soient le nombre et la largeur de diffraction d’une fente individuelle.
des fentes du réseau, et même si on remplace les fentes par une ■ Réseaux de phase
variation périodique en transmission, en épaisseur, ou en indice de
réfraction, de période a. Par contre, ces paramètres influent sur la Un réseau constitué de fentes transparentes dans une pupille
répartition énergétique à l’intérieur de chaque ordre de diffraction. opaque présente la meilleure efficacité lorsque la largeur de ses
fentes est égale à la moitié du pas. Mais, dans ce cas, 50 % de
Plus une pupille circulaire est petite, plus la répartition angulaire l’énergie incidente est perdue. On peut remédier à cette perte en
du flux transmis est élargie. Pour une pupille rectangulaire, on utilisant un réseau de phase dans lequel l’ensemble des fentes est
obtient des résultats semblables, et l’on trouve que le diagramme remplacé par un ensemble de zones d’épaisseur optique différente.
d’intensité en diffraction d’une fente de largeur b et de longueur c, Pour cela, on peut déposer une couche d’un matériau adéquat sur
éclairée par un faisceau monochromatique et collimaté perpendi- un substrat, puis graver le motif souhaité. Si l’épaisseur optique de
culairement à la pupille est donné par : la couche est égale à λ, ce réseau de phase se comporte comme
un réseau d’amplitude, mais sans perte d’énergie.
I (θ, ϕ) = I0 sinc2 B sinc2 C
■ Réseaux blazés
où B = π (b / λ) sin θ,
En spectrographie, en déflexion ou en balayage de faisceau par
C = π (c / λ) sin ϕ, réseau, il faut optimiser l’efficacité de diffraction dans un seul
I0 l’intensité le long de l’axe. ordre 1. Dans ce but, on utilise des réseaux dits blazés, dont la surface
Si l’on considère des fentes très longues, elles ne diffractent la se compose d’un ensemble de facettes planes, contiguës, distantes
lumière que dans le plan perpendiculaire à leur longueur, suivant de a, et inclinées de façon à ce que la direction en réfraction (réseau
la loi : par réfraction) ou réflexion (réseau par réflexion) coïncide avec celle
dictée par la diffraction (figure 1).
I (θ ) = I0 sinc2 B
Pour les réseaux en réflexion, l’angle de chaque facette est
Cette intensité est nulle dans les directions θ telles que : simplement la bissectrice de l’angle entre la direction du faisceau
incident et celle du faisceau diffracté.
sin θ = m λ / b
avec θ = m λ / b
si θ est faible (directions proches de la normale à l’écran), m étant
un entier (relation à comparer avec le rayon du disque d’Airy d’une
pupille circulaire, donné par 1,22 λ / D op). Si la fente est infiniment
mince, l’amplitude diffractée ne dépend pas de la direction de
réémission, et un réseau constitué de fentes infiniment fines
présente une intensité en diffraction identique dans tous les ordres
correspondant à un angle de diffraction inférieur à 90o. Le nombre
de fentes éclairées détermine l’étendue angulaire autour de chaque
direction diffractée à l’intérieur de laquelle le faisceau a une intensité
non négligeable. S’il n’y a que deux fentes, la différence de phase
varie linéairement avec l’angle de diffraction, et la distribution
Figure 1 – Réseau de diffraction blazé

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1.2 Analyse spectrale ■ Réseaux holographiques


Si deux faisceaux collimatés, issus d’une même source, interfèrent
L’une des applications principales des réseaux est l’analyse spec- en faisant un angle entre eux, il se forme dans l’espace des franges
trale. Le schéma correspondant à un réseau plan se trouve sur la d’interférence dans l’espace, planes et parallèles entre elles, que l’on
figure 2. La source à analyser peut être soit ponctuelle soit une fente peut enregistrer sur un matériau photosensible, pour obtenir des
mais, quelle que soit sa forme, elle doit se trouver au foyer d’une réseaux de phase par développement ou gravure appropriés.
optique pour que le faisceau incident sur le réseau soit collimaté. Puisque ce type de réseaux est l’hologramme de deux points sources
Après diffraction, le faisceau de sortie est focalisé sur la fente de éloignés, on les appelle réseaux holographiques. Ils donnent une
l’analyseur ou sur un détecteur, fréquemment de type CCD (Charge excellente discrimination spectrale et ne présentent pas les défauts
Coupled Devices ), qui conduit à l’enregistrement simultané d’un systématiques propres à la gravure ( ghosts ) qui perturbent les
grand nombre de voies. réseaux classiques. Ils sont relativement bon marché, mais leur
La dispersion angulaire pour un ordre de diffraction donné est : efficacité en diffraction est relativement faible, puisque leur profil
est sinusoïdal plutôt qu’en dents de scie comme les réseaux blazés.
d θ /d λ = n / a cos θ La différence devient beaucoup moins marquée lorsque le pas du
réseau est comparable à la longueur d’onde.
alors que la largeur à mi-hauteur est :
λ /N a cos θ
Si l’on suppose que deux raies différentes peuvent être séparées 1.3 Réseaux zonés et composants
si leurs directions de sortie diffèrent de cette largeur, le pouvoir de diffractifs
résolution est alors :
λ /d λ = nN = L (sin i + sin θ )/ λ Si un faisceau collimaté est incident parallèlement à l’axe d’un
réseau dont le pas décroît en fonction de la distance à cet axe, il
où L est la largeur totale du réseau. sera dévié d’un angle proportionnel à cette distance. Dans certains
Exemple : si l’on désire résoudre, à 10 µ m, une différence de ordres de diffraction, le faisceau diffracté diverge en sortie du réseau,
longueur d’onde de 0,01 µm, avec un réseau, ce dernier devra avoir au mais pour d’autres, il est ramené sur l’axe, ce que l’on peut favoriser
moins 1 000 lignes dans le premier ordre, mais seulement 333 dans le par un effet de blaze. Dans le cas où le réseau se compose d’une
troisième ordre. série d’anneaux concentriques, il se comporte alors comme une
lentille, positive ou négative en fonction de l’angle de blaze.
Le problème des ordres élevés est leur superposition, dans le cas Un tel composant, aux anneaux alternativement opaques et trans-
d’une source à spectre large : le faisceau diffracté dans l’ordre (n – 1) parents, non blazé, est appelé réseau zoné : il ne présente qu’un
à la longueur d’onde n λ / (n – 1) et dans l’ordre (n + 1) à la longueur intérêt historique puisqu’il diffracte la lumière dans de nombreux
d’onde n λ / (n + 1) se retrouvent dans la même direction que l’ordre ordres secondaires et que son efficacité de diffraction est faible, mais
recherché, et ne peuvent donc être séparés que par filtrage spectral. on l’a utilisé pour former des images de rayonnements que l’on ne
Si θ est différent de i, les faisceaux en sortie et à l’entrée ont des sait pas focaliser au moyen de lentilles, tels que des rayons gamma :
largeurs différentes, ce qui rend elliptique la pupille de sortie d’un on place ces sources devant un masque métallique en forme de
faisceau circulaire à l’entrée, et inégaux les grandissements de la réseau zoné et une pellicule photographique, et chacune d’elles
source dans deux plans perpendiculaires (suivant la diffraction et projette l’ombre du masque sur la pellicule, qui apparaîtra après
parallèle aux lignes). Cela peut créer des difficultés ailleurs dans le développement comme un réseau zoné ; si l’on éclaire ensuite le film
système, et le montage θ = i est parfois préférable. Dans le cas d’un par une source optique ponctuelle, il en donne des images là où se
réseau par réflexion, cela veut dire que le faisceau diffracté revient trouvaient les sources gamma.
sur lui-même, et il faut laisser un léger décalage angulaire entre les La représentation par réseaux zonés aide à la compréhension des
deux directions pour extraire le faisceau de sortie. hologrammes, puisque la figure d’interférence, dans un plan, entre
Parce qu’ils sont faciles à fabriquer, la plupart des réseaux sont une onde plane et une onde sphérique divergente prend la forme
plans et utilisés suivant la procédure précédente. Cependant, sur un d’anneaux concentriques, dont l’espacement est identique à celui
domaine spectral limité, les réseaux concaves donnent de très bons d’un réseau zoné. S’il y a deux points sources, la figure d’interférence
résultats sans l’aide d’optique auxiliaire. est similaire à la superposition de deux réseaux zonés décentrés de
Les réseaux blazés se fabriquent à partir de matrices taillées au la distance correspondant à la séparation entre sources, de sorte que
diamant. Les investissements sont en général coûteux, et le nombre si on les enregistre, l’illumination du film par un faisceau collimaté
de matrices réalisées sans reprise d’outil assez limité, de sorte que reproduit l’image des deux points. Puisque l’espacement des franges
les réseaux maîtres sont extrêmement chers. La plupart des réseaux (correspondant à la focale du réseau zoné) dépend de la distance
sont obtenus par moulage à partir d’une matrice, en utilisant de la de chaque point source au film, les deux images sont reconstruites
résine. Ces réseaux par réplique peuvent être de très bonne qualité, en trois dimensions. Par extension, on peut considérer qu’un objet
et se montent sur des substrats qui seraient impropres à la réalisation tridimensionnel comporte une infinité de points, chacun d’eux créant
de matrices. son propre réseau zoné, et donnant lieu à une image en trois
dimensions lors de la reconstruction. Les réseaux zonés blazés, ou
composants optiques holographiques, ont beaucoup d’applications
potentielles, mais leur réalisation pratique est récente. Aux faibles
longueurs d’onde, la technique la plus efficace est la photogravure
assistée par ordinateur, mais, dans l’infrarouge, on peut utiliser la
découpe au diamant, sur de nombreux matériaux.
À première vue, les réseaux zonés blazés ressemblent beaucoup
aux lentilles de Fresnel, la confusion pouvant provenir du fait qu’on
les appelle souvent réseaux zonés de Fresnel. Dans une lentille de
Fresnel, on ne cherche pas à conserver une relation de phase entre
zones, la focalisation provenant entièrement de la réfraction. Par
conséquent, une lentille de Fresnel, même parfaite, n’est pas limitée
par la diffraction, et sa performance est faible et imprévisible : on
Figure 2 – Spectromètre à réseau limite l’usage de ces lentilles aux phares automobiles ou marins,

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pour lesquels on ne recherche pas une qualité particulière. On peut lentille diffractive. On trouve aussi que la dispersion secondaire est
dire, sans trop risquer de se tromper, qu’un composant sur lequel assez élevée, bien que la lentille finale soit bien meilleure qu’une
on peut voir à l’œil nu le profil des zones est vraisemblablement une lentille en ZnSe seul. Même avec le meilleur matériau, il reste encore
lentille de Fresnel plutôt qu’un composant optique diffractif. une petite variation de la focale avec la longueur d’onde. Une solu-
On peut annuler l’aberration sphérique d’un composant optique tion est d’exploiter les propriétés thermiques du germanium, ordi-
diffractif plan, mais on rappelle qu’il n’est pas possible de satisfaire nairement défavorables, en introduisant un élément en germanium
à la condition des sinus avec un composant plan, car le coma devient faiblement négatif pour compenser le coefficient thermique résiduel
sévère ; on peut y remédier en utilisant un ménisque. Les du composant hybride.
composants optiques diffractifs sont très chromatiques, puisque leur Dans les systèmes monochromatiques, un composant hybride
focale est inversement proportionnelle à la longueur d’onde. Si un peut jouer le rôle d’un asphérique. Cependant, il est probablement
montage ne met en œuvre que des composants diffractifs, son préférable de passer par un asphérique, si l’on peut, avec le même
utilisation est limitée à des applications monochromatiques outil, en générer un assez facilement.
(systèmes laser), ou à celles qui exigent une forte discrimination
spectrale.

1.5 Éléments optiques holographiques


1.4 Optiques hybrides
Ce sont aussi des éléments diffractifs, avec un comportement qui
est très similaire. Par exemple, l’interférence entre une onde plane
Une association de composants diffractifs avec des composants et une onde sphérique donne lieu à un composant semblable au
conventionnels donne lieu à ce que l’on appelle l’optique hybride, composant diffractif décrit précédemment. Les composants hors
qui peut conduire à des progrès significatifs, en particulier dans d’axe, et les séparateurs de faisceaux peuvent s’obtenir en adaptant
l’infrarouge. Il faut noter que le nombre de matériaux optiques les positions et les angles entre les faisceaux de référence et de
utilisables dans les bandes d’imagerie thermique est très limité. Le signal, ou en utilisant des sources multiples. Une plus grande flexi-
germanium est très peu dispersif dans la bande 8-12 µm, mais son bilité est encore possible si les hologrammes sont calculés sur
indice de réfraction dépend très fortement de la température, de ordinateur, puisque la transformation des faisceaux, qui serait sans
même que son absorption, et sa dispersion est importante dans la cela extrêmement difficile voire impossible, est alors envisageable.
bande 3-5 µm. Les autres matériaux ont des indices plus stables en Par exemple, on peut transformer un faisceau circulaire en faisceau
fonction de la température, mais leur dispersion est généralement carré ou triangulaire, ou séparer un faisceau gaussien en plusieurs
importante, de sorte que les achromats correspondants, bien que d’intensités plus faibles, mais identiques. Un élément holographique
possibles, sont épais et chers, et leur transmission médiocre. La a pu être réalisé avec cette propriété pour créer plusieurs faisceaux
dispersion d’un composant diffractif dominant toutes ses autres oscillateurs locaux dans un système de radar laser cohérent à détec-
caractéristiques, on peut déposer un tel composant, de très faible teurs multiples.
puissance, à la surface d’un composant réfractif pour en modifier
la dispersion sans changer sensiblement les autres aberrations. ■ Composants basés sur des hologrammes épais
On rappelle que la dispersion d’un composant réfractif sur un Dans un hologramme mince, l’interfrange est plus grand que
intervalle de longueurs d’ondes (λ 1 , λ 2) se définit par la constrin- l’épaisseur du matériau photosensible, et on peut reconstruire
gence Vr telle que : l’image au moyen de n’importe quelle longueur d’onde, au prix d’une
Vr = (n – 1) / (n 2 – n 1) perte en efficacité de diffraction, d’un accroissement des aberrations
et d’un changement d’échelle. Si l’espacement des franges est petit
où n est l’indice moyen. vis-à-vis de l’épaisseur du matériau, une variation périodique tridi-
Par analogie, la constringence d’un composant diffractif se définit mensionnelle de l’indice ou de l’absorption se produit dans
par : l’émulsion. Des interférences constructives ne se produisent alors
V d = – λ m / (λ 2 – λ 1 ) que si l’équation du réseau et la condition de Bragg (telle qu’on la
connaît en cristallographie de rayons X) sont satisfaites en même
Le signe moins provient du fait que la dispersion d’un composant temps. Il en résulte que la reconstruction de l’onde ne peut se
diffractif est de signe opposé à celle d’un composant réfractif de produire que dans un domaine spectral très limité, autour de la lon-
même puissance. Si la focale de l’élément hybride est f, les focales gueur d’onde d’enregistrement.
respectives des éléments réfractif et diffractif sont alors : Si les deux faisceaux à l’enregistrement arrivent sous incidence
normale de part et d’autre du matériau sensible, les franges sont
Vd Vr
f r =  1 – -------  f, f d =  1 – -------  f parallèles à la surface du substrat. Avec la gélatine bichromatée, le
 Vr   Vd  développement aboutit à une variation d’indice, de sorte que le
composant se comporte comme un filtre diélectrique multicouches.
Puisque les franges sont parallèles à la surface, le pas du réseau
fd V en surface est infini, et la diffraction correspondante inexistante. S’il
et ----- = ------r n’y avait pas de gonflement de la gélatine au développement, le
fr Vd
composant aurait une réflectivité très élevée (et donc une très faible
transmission) pour la longueur d’onde utilisée à l’enregistrement.
Exemple : pour une lentille en germanium fonctionnant dans la
Ce gonflement entraîne un décalage en longueur d’onde, que l’on
bande 8-12 µm, le rapport des constringences est égal à 0,002 3, de
peut contrôler sur un domaine spectral important par une maîtrise
sorte que l’élément diffractif doit avoir une puissance très faible vis-à-vis
de la déshydratation. Lorsque la longueur d’onde désirée est atteinte,
de celle de l’élément réfractif, des aberrations négligeables, et n’intro-
on scelle hermétiquement le composant grâce à une seconde lame
duire pratiquement aucune modification dans la conception
de verre pour obtenir un filtre stable, très sélectif spectralement. De
d’ensemble.
tels composants sont utiles à la protection oculaire contre certaines
Cela ne résoud pas pour autant le problème de la sensibilité à la raies laser.
température. Si l’on considère que le séléniure de zinc est beaucoup C’est aussi le principe mis en œuvre pour les séparateurs holo-
moins sensible à la température, le rapport des constringences, de graphiques, qui peuvent associer, si on le désire, cette sélectivité
0,04 dans ce cas, entraîne une puissance un peu plus élevée de la spectrale à une capacité de focalisation.

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2. Optique des faisceaux


gaussiens
Le profil du faisceau laser monomode le plus simple (TEM00) est
gaussien, c’est-à-dire que l’éclairement dans un plan de front
(perpendiculaire au faisceau) est donné par :

E (r ) = E0 exp (– k r 2)
Le même terme « optique gaussienne » désigne aussi bien
l’optique des faisceaux gaussiens (lasers monomodes) que l’optique
géométrique dans les conditions de Gauss, d’où des risques de Figure 3 – Paramètres d’un faisceau gaussien
confusion.
Avant de considérer les faisceaux gaussiens, il est utile de se À grande distance du col, le bord du faisceau (à e–2 du centre en
pencher plus avant sur les implications de la formule éclairement) diverge d’un angle constant (= λ /π ω 0) par rapport à
1 / p ’ – 1 / p = 1 / f ’ lorsque l’on prend en compte la diffraction. l’axe. Si le col n’est pas accessible, sa position et son diamètre
Supposons que l’on cherche à former l’image d’un point source situé peuvent se calculer en mesurant le rayon du faisceau dans deux
très près du foyer objet d’une lentille. Dans le cadre de l’optique plans différents.
géométrique, le diamètre minimal du faisceau de sortie, qui se trouve Ce qui différencie le col de toutes les autres positions dans l’espace
dans le plan image, est nul. Ce n’est plus vrai si l’on tient compte est le fait que la surface d’onde y est plane, alors qu’elle est sphérique
de la diffraction car, si l’objet est exactement au foyer, l’image est partout ailleurs, avec un rayon de courbure donné par :
rejetée à l’infini, et le diamètre de son disque d’Airy est lui-même
R = z  1 +  π ω 0 λz  
infini. Le diamètre minimal du faisceau ne peut pas être dans le plan 2 2
image si le diamètre du disque d’Airy est supérieur à celui de la
lentille, c’est-à-dire si : Puisqu’une lentille parfaite transforme une onde sphérique en une
autre de rayon de courbure différent, on peut démontrer que, si le
2,44 λ p′ ⁄ D op > D op
col d’un faisceau se trouve situé à la distance d 1 d’une lentille de
2 focale f, la distance d 2 du col image à la lentille est :
soit p′ > D op 2,44 λ
2 4
d 1 f ( d 1 – f ) +  f π ω 0 12 
Cela ne veut pas dire que la formule donnant la position de l’image d 2 = ---------------------------------------------------------------------
2 4
-
est erronée, puisque c’est dans ce plan que l’on retrouve le nombre ( d 1 – f ) 2 +  π ω 0 12 
maximal de pixels. En effet, bien que le diamètre du faisceau soit
le plus petit au niveau de la lentille, un écran placé à cet endroit ne et le rayon du col image est :
permettrait de résoudre qu’un seul pixel sur toute la partie éclairée. 12
2 4
Les équations suivantes donnent les positions du diamètre minimal ω 1  ω 0 = f  ( d 1 – f ) 2 + π ω 0  12 
du faisceau plutôt que la position des images, sans aucune
contradiction avec la théorie précédente. En effet, si l’on utilise un Si le col dans l’espace objet est situé au foyer objet de la lentille,
faisceau gaussien pour éclairer un objet, la meilleure position de le col du faisceau dans l’espace image se trouve au foyer image et
l’image, en terme du nombre maximal de points résolvables, est non pas à l’infini comme ce serait le cas pour une vraie image. Le
encore prédite correctement par la théorie élémentaire. La seule rayon du col de sortie est alors f λ /π ω 0 , inversement proportionnel
raison pour laquelle la théorie ci-après est appliquée aux faisceaux à celui du col objet.
gaussiens plutôt qu’aux faisceaux à « bords raides » est qu’elle est Si l’on désire convertir un faisceau dont le col a un rayon ω 0 , à
beaucoup plus simple avec les faisceaux gaussiens. la distance d1 d’une lentille, en un faisceau dont le col a un rayon
La loi d’éclairement dans le plan focal d’une lentille étant propor- ω 1 et situé à la distance d 2 de cette lentille, la focale nécessaire est :
tionnelle à la transformée de Fourier de la loi d’éclairement dans
la pupille, le profil d’un faisceau gaussien demeure gaussien lors ( ω0  ω1 ) 2 d2 – d 1
f = ------------------------------------------------
de son passage au foyer d’un système optique parfait (ce qui n’est ( ω0  ω1 ) 2 – 1
pas le cas pour un faisceau uniforme, qui se transforme en figure
d’Airy), et l’on montre que cette distribution gaussienne se conserve Il est donc possible de choisir une lentille de telle sorte que les
tout au long de la propagation du faisceau. Contrairement à un deux conjugués et le grandissement aient simultanément les valeurs
faisceau uniforme à bords nets, un faisceau gaussien s’étale désirées, contrairement à l’imagerie traditionnelle où le grandisse-
théoriquement jusqu’à l’infini, de sorte que l’on doit définir le ment est lié de façon absolue au rapport de conjugaison.
diamètre en terme de baisse d’éclairement par rapport à sa valeur À première vue, les équations précédentes semblent complète-
sur l’axe. On définit ainsi le rayon ω dans un plan quelconque par ment indépendantes des relations conventionnelles en imagerie.
la distance à l’axe pour laquelle l’amplitude du champ électrique a Cependant, il est instructif de tracer le graphe donnant la variation
été réduite à 1/e fois sa valeur sur l’axe, et donc pour laquelle de d 2 en fonction de d1 pour différentes valeurs de ω 0 à partir de
l’éclairement représente 1/e2 (soit 13 %) fois l’éclairement sur l’axe. l’expression du col du faisceau et de la relation 1/p’ – 1/p = 1/f ’. Cela
Le faisceau s’élargit sous l’effet de la diffraction, et il n’existe qu’une apparaît sur la figure 4 pour f = 100 mm et λ = 10 µm. On peut voir
position pour laquelle le diamètre est minimum, position qui que, lorsque le rayon du col décroît, les courbes deviennent très
correspond au col ou à la taille (waist) (figure 3). Si ω 0 est cette valeur, similaires : l’image devient très semblable à celle prédite par
on trouve que le rayon du faisceau dans un plan situé à la distance l’optique géométrique, mais sans les valeurs divergentes. De façon
z du col, est : peut-être surprenante, plus la longueur d’onde est grande, meilleure
2
ω ( z ) = ω 0 1 + ( λzπ ω 20 ) est la concordance avec l’optique géométrique, et ceci parce que,
pour une valeur donnée de col, la divergence du faisceau est supé-
et l’éclairement en un point quelconque est alors : rieure, et par conséquent le faisceau à l’entrée ressemble beaucoup
à une onde sphérique en provenance d’un point source. Dans
2 2 2
E ( r, z ) = E 0 ( ω 0  ω ) exp  – 2 r  ω  beaucoup de cas pratiques, la dimension du col est si petite qu’on
obtient des résultats corrects à partir des équations de l’optique
géométrique.

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On rappelle que, pour un faisceau incident sur l’interface entre


deux milieux d’indices n 1 et n 2 , le facteur de réflexion dépend de
la polarisation. Si p est la polarisation parallèle au plan d’incidence
et s la polarisation perpendiculaire, les facteurs de réflexion corres-
pondants sont donnés par :
2 2
 ( p ) = tan ( i 1 – i 2 )tan ( i 1 + i 2 )
2 2
 ( s ) = sin ( i 1 – i 2 )sin ( i 1 + i 2 )
n1
où i 2 = arcsin  ------- sin i 1
 n2 
Sous l’incidence normale, le facteur de réflexion est identique pour
les deux polarisations, et égal à :
2 2
 = ( n2 – n1 )  ( n2 + n1 )

Exemple : la perte en réflexion par surface pour n = 1,53 (dans l’air)


est de 4,4 % et la transmission correspondante de 95,6 %. Si un
Figure 4 – Conjugaison des cols (waists )
instrument comporte une dizaine de composants (soit une vingtaine de
en fonction des conjugaisons images
surfaces), sa transmission sera égale à environ 41 % (0,956 20), en
absence de toute absorption. Avec du germanium (n = 4) la perte par
Il faut remarquer que le diamètre d’une lentille utilisée avec un réflexion est de 36 % par face et la transmission d’un tel système
faisceau gaussien doit être beaucoup plus grand que le diamètre du tomberait à 0,013 % !
faisceau si l’on veut négliger la diffraction par les bords.
On comprend facilement pourquoi les systèmes infrarouges ont
Dans les calculs, il est parfois nécessaire d’utiliser à la fois les rela- dû attendre le développement des traitements de surface pour être
tions de l’optique géométrique et celles de l’optique des faisceaux efficaces.
gaussiens. Par exemple, dans la conception de systèmes de balayage
laser, les équations de l’optique géométrique s’utilisent pour donner Il ressort des formules de Fresnel que le facteur de réflexion en
la position de la pupille de balayage et la direction du faisceau, alors polarisation parallèle s’annule lorsque :
que celles des faisceaux gaussiens concernent les positions et les i1 + i2 = π/ 2
dimensions des cols du faisceau.
c’est-à-dire lorsque le rayon réfracté est perpendiculaire au rayon
réfléchi [car tan (π /2) est infinie], soit lorsque i 1 = arctan (n 2 /n 1),
valeur connue sous le nom d’angle de Brewster, égale à 57o pour
un verre d’indice n = 1,53 ou 76o pour le germanium (n = 4). On utilise
3. Traitements de surfaces des fenêtres sous l’angle de Brewster comme hublots de cellules
optiques dans les lasers à gaz, pour éliminer les réflexions parasites de la pola-
risation recherchée.

Chaque fois qu’elle traverse une interface polie, la lumière subit


une perte par réflexion. Dès le début du 19e siècle, on remarqua que 3.2 Traitements antiréfléchissants
certains verres, attaqués par l’atmosphère, se ternissent en surface
et que les vieux composants optiques sont moins réfléchissants que Supposons qu’un substrat d’indice n S soit traité en surface avec
les neufs, mais il faut attendre 1891 pour réaliser que la transmission
une couche transparente d’épaisseur optique λ /4 et d’indice n c . Le
s’en trouve améliorée. C’est de cette observation qu’est née l’idée
des traitements antireflet, tout d’abord par des moyens chimiques, faisceau réfléchi par la surface du traitement est en opposition de
puis par dépôt sous vide. phase avec la réflexion provenant de l’interface entre le traitement
et le substrat. Si, de plus, les amplitudes correspondantes sont
De nos jours, les traitements sont utilisés non seulement pour 2
réduire (ou améliorer) la réflexion, mais aussi comme filtres égales, ce qui se produit lorsque n c = n S , l’onde résultante en
spectraux, séparateurs de faisceaux, ou polariseurs. Les premiers réflexion s’annule pour cette longueur d’onde et le flux est transmis
traitements étaient si facilement endommagés qu’il ne fallait jamais à 100 %. À partir de matériaux courants, on peut obtenir une annula-
toucher une surface traitée ; maintenant, les traitements sont tion approximative de la réflectance à de nombreuses longueurs
souvent plus résistants que la surface elle-même, et permettent d’en d’onde.
améliorer la résistance à l’abrasion. Ils permettent de concevoir des Dans le visible, le fluorure de magnésium est le matériau le plus
systèmes complexes et de transmission acceptable ; le choix du utilisé pour les traitements, car il possède un faible indice de
traitement est devenu un élément important dans la conception de réfraction (n = 1,38), il se dépose facilement par évaporation sous
systèmes optroniques. vide, et il est assez résistant. Le fluorure de magnésium, MgF2 , est
optimal pour un substrat d’indice égal à 1,9 mais ses résultats sont
intéressants avec tous types de verres comme indiqué dans le
tableau suivant : (0)
3.1 Réflexion de Fresnel
et angle de Brewster
Réflexion Réflexion avec MgF2
Indice du substrat de Fresnel (longueur d’onde optimale)
Les relations entre le facteur de réflexion d’une surface et l’indice
(%) (%)
du milieu ont été établies par Fresnel, d’où le nom de réflexion de
Fresnel pour désigner le phénomène de la réflexion sur un 1,5 4 1,4
diélectrique. 1,6 5,3 0,7
1,7 6,7 0,3
1,8 8,2 0,1

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Bien que l’efficacité à la longueur d’onde désirée croisse avec 3.4 Conception de filtres
l’indice, la réflectance croît d’autant plus vite que l’on s’éloigne de
cette valeur pour les substrats de haut indice, et, pour les indices
Les équations de base dans le calcul de la transmission de couches
supérieurs à environ 1,6 on trouve qu’un traitement conçu pour
minces sont relativement simples, mais l’optimisation doit se faire
0,55 µm donne une réflectance de 1 % à 0,45 et 0,65 µm.
sur ordinateur, sauf peut-être pour les plus simples. On peut obtenir
Dans les bandes infrarouges, le substrat le plus répandu est le pratiquement n’importe quelle forme de courbe en transmission si
germanium (n = 4), sur lequel on dépose généralement du sulfure l’on met en œuvre suffisamment de couches. Dans ces programmes,
de zinc (n = 2,3), dans les applications où une seule couche suffit. chaque couche est modélisée par une matrice caractéristique, et
l’ensemble de l’empilement par la matrice produit, dans le bon ordre,
des matrices individuelles.
3.3 Traitements multicouches
3.5 Filtres conventionnels à bande étroite
■ Antiréflexion
On peut réduire de beaucoup le facteur de réflexion d’un Des bandes passantes de 10 nm environ sont disponibles
composant à une longueur d’onde donnée en augmentant le nombre commercialement dans l’ultraviolet, le visible ou l’infrarouge, voire
de couches déposées. Un traitement multicouche permet d’obtenir de 1 nm pour certaines raies laser, avec des décalages en tempé-
une réflectance quasi nulle pour plusieurs longueurs d’onde simul- rature de l’ordre de 0,02 nm · K –1.
tanément, même si le facteur de réflexion en dehors de la bande Sous incidence oblique, la longueur d’onde du pic d’un filtre opti-
utile est bien supérieur à celle du substrat nu. misé dans l’air pour une incidence normale se déplace toujours vers
les basses longueurs d’onde, suivant une loi du type :
■ Filtre de Fabry-Pérot
12
Considérons deux surfaces planes réfléchissantes, non absor- λ max ( i ) λ max ( 0 ) =  1 – ( sin iN ) 2 
bantes, séparées d’une distance d. Tout rayon pénétrant dans la
cavité se trouvera réfléchi plusieurs fois par les surfaces. Les surfaces où N est l’indice efficace du filtre, qui tient compte des indices des
d’onde pour lesquelles le chemin optique aller-retour entre les faces différentes couches et de leurs épaisseurs (sa valeur typique est de
est un nombre entier de longueurs d’onde, se retrouvent en phase l’ordre de 2). On peut donc ajuster la longueur d’onde centrale d’un
sur l’interface, ce qui n’est plus vrai pour les autres, même légère- filtre interférentiel en l’inclinant par rapport au faisceau incident,
ment décalées en fréquence. On montre que la transmission maxi- mais la performance du filtre se dégrade au-delà de quelques degrés.
male d’un filtre de Fabry-Pérot, constitué de deux lames de facteur Un filtre comprenant une seule couche entre deux empilements
de réflexion  et de facteur d’absorption  est donnée par : de lames quart d’onde donne une réponse qui chute très rapidement
2 de part et d’autre de la longueur d’onde centrale, mais sa réjection
t pic = 1 ( 1 + t ) est mauvaise pour une largeur à mi-hauteur donnée. Pour obtenir
des bandes étroites avec réponse plate au sommet, et une bonne
où t = 1 –  –  .
réjection en dehors de la bande, il est nécessaire d’utiliser des filtres
La largeur spectrale d λ, distance entre les points à mi-hauteur à plusieurs couches centrales. On obtient couramment des trans-
de la courbe en transmission (FWHM : full width, half maximum ) missions au pic de l’ordre de 50 %.
est donnée par :
d λλ 0 = tmπ

où m représente l’ordre du filtre, nombre de longueurs d’onde


3.6 Lames séparatrices
sur un aller-retour dans la cavité.
On peut concevoir des filtres rejecteurs (passe-haut ou passe-bas)
La finesse spectrale du filtre est d’autant meilleure que l’ordre est sur de larges domaines spectraux. La figure 5 montre des résultats
élevé, ce qui entraîne par contre l’apparition de pics parasites, qu’il obtenus avec des filtres ordinaires, ou haut de gamme, à 9 µm de
faut éliminer au moyen d’un autre filtre, par absorption. La longueur longueur d’onde de coupure. On peut arriver jusqu’à 95 % en trans-
d’onde du pic en transmission est aussi très sensible à l’angle d’inci- mission, avec un support en germanium, bien que 85 % soit plus
dence. Des filtres de Fabry-Pérot d’ordres supérieurs à 10 000 typique pour les composants ordinaires. Le blocage s’obtient en
peuvent se fabriquer à partir de miroirs argentés séparés de plusieurs réflexion plutôt qu’en absorption, de sorte que ces composants
millimètres. De tels composants peuvent résoudre les raies D du s’utilisent comme miroirs dichroïques, pour la sélection de bandes
sodium, mais leur acceptance angulaire est bien inférieure au degré. infrarouges, ou, dans le visible et le proche infrarouge, pour éliminer
Une autre application concerne la réalisation de composants de la chaleur de projecteurs (miroirs froids ).
réflectivité élevée. Les premiers essais, à base d’argent ou
d’aluminium, conduisaient à de faibles sélectivités spectrales et à
des transmissions au pic médiocres, à cause de l’absorption métal-
lique. La technique quasi universellement utilisée aujourd’hui est de
3.7 Filtres séparateurs par polarisation
constituer les surfaces réfléchissantes à partir d’un grand nombre
d’empilements de couches diélectriques. On a vu précédemment Autrefois, les polariseurs étaient souvent constitués d’empile-
que, si une couche a une épaisseur optique d’un quart de longueur ments de lames de Brewster. Un empilement de couches minces se
d’onde, les rayons réfléchis par la première et la deuxième faces sont comporte de façon similaire, mais avec l’avantage des effets inter-
en opposition de phase. Par contre, si l’épaisseur optique est d’une férentiels. La figure 6 montre la performance théorique d’un cube
demi-longueur d’onde, les faisceaux réfléchis sont en phase et se séparateur sous incidence de 45o. On notera que la polarisation p
renforcent mutuellement, et la réflectance d’un empilement de (parallèle) est transmise quelle que soit la longueur d’onde (puisque
couches demi-onde peut être beaucoup plus élevée que celle d’une l’angle de Brewster dépend très peu de la longueur d’onde), mais
surface métallique, avec une absorption beaucoup plus faible. Il n’est que la réjection de la composante s (perpendiculaire) couvre un
pas rare d’utiliser des filtres à une centaine de couches, obtenues domaine spectral très limité. Si l’on ne désire qu’une des deux
automatiquement par dépôt sous vide. polarisations, on peut obtenir une couverture angulaire beaucoup
plus importante sur tout le visible en utilisant des feuilles de plastique
dont l’effet polarisant est basé sur l’alignement des molécules de
colorants.

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Figure 5 – Filtres infrarouges passe-bas

Figure 7 – Filtre rugate


Figure 6 – Lame séparatrice en verre par polarisation

3.8 Filtres rugates et holographiques


Les couches citées précédemment ont un indice de réfraction
uniforme, mais il existe aussi des filtres, dits rugates, dont l’indice
varie sinusoïdalement dans l’épaisseur. On peut aussi obtenir de
façon holographique des filtres à bande très étroite à partir de deux
ondes arrivant de part et d’autre de la plaque, sous incidence
normale. Ces filtres holographiques sont un cas particulier des filtres
rugates. Les figures 7 et 8 montrent la réponse spectrale d’un filtre
rugate adapté à la réjection d’une raie laser, en terme de densité
optique. Les filtres holographiques peuvent présenter des bandes
plus étroites et moins de bandes latérales que les filtres rugates, mais
leur faible indice (gélatine bichromatée) les rend beaucoup plus sen-
sibles à l’angle d’incidence que ces derniers (d’indice plus élevé).
Figure 8 – Densité optique d’un filtre rugate

3.9 Traitements de protection est opaque dans le visible. Quelques progrès ont été faits sur le
carbone transparent, mais à l’heure présente, on en n’est qu’aux
premiers stades expérimentaux.
Le plus connu des traitements de protection est le carbone
adamantin (DLC : diamond like carbon ) qui est déposé, générale- Les spécifications les plus sévères de traitements se trouvent dans
ment sur du germanium, par dépôt chimique, en phase vapeur, le domaine aéroporté. Dans l’infrarouge, la protection la plus efficace
assisté par plasma (PACVD). Des dépôts de ce type sont beaucoup est fournie par une combinaison de phosphure de bore (BP) et de
plus résistants à l’abrasion que le substrat lui-même (tests standards carbone adamantin (DLC). La figure 9 montre des mesures en trans-
en abrasion au moyen de sableuses), et en améliorent aussi la résis- mission après essais en pluvioérosion à 211 m.s –1. La figure 10
tance à l’eau de mer. La transmission d’une surface traitée dans montre la transmission spectrale d’une fenêtre en germanium munie
l’infrarouge est typiquement supérieure à 94 %, et des versions de ce traitement.
bibandes (à la fois 3-5 et 8-12 µm) sont disponibles, mais le traitement

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Figure 9 – Résistance du phosphore de bore à la pluvioérosion

Figure 11 – Schéma d’une optique active

Si l’augmentation du diamètre des instruments permet effective-


ment de collecter plus de flux, et ainsi de sonder plus profondément
l’Univers, en revanche cela n’apporte aucun gain dans la finesse des
détails observés. En effet, la résolution théorique de ces télescopes,
inversement proportionnelle à leur diamètre, est dégradée par l’effet
des turbulences atmosphériques. De nombreuses techniques de trai-
tement d’images a posteriori ont été utilisées pour restaurer le mieux
Figure 10 – Facteur de transmission d’un hublot possible la qualité des images, et ainsi bénéficier de toute la puis-
traité au phosphore de bore sance des instruments utilisés [7]. Parallèlement, sous la poussée
des études à finalités militaires, une technique temps réel de
correction des fronts d’onde dégradés par la turbulence est apparue :
Les traitements de protection sont courants dans le visible, pour l’optique adaptative (figure 12).
améliorer la résistance aux rayures des lunettes et des appareils
photographiques. Ils sont indispensables si l’on doit employer, pour Bien que ne s’intéressant pas aux mêmes types de défauts à
leurs propriétés particulières, des matériaux optiques solubles dans corriger, l’optique active et l’optique adaptative sont deux techni-
l’eau ou déliquescents, même si ces derniers sont déconseillés. ques jumelles. Elles nécessitent l’emploi d’un analyseur de surface
d’onde, permettant de mesurer en temps réel les déformations des
ondes optiques ; ces déformations sont compensées par un miroir
dont le profil est contrôlé par un ensemble de moteurs : le miroir
4. Imagerie haute résolution. primaire du télescope lui-même pour l’optique active, un petit
miroir déformable pour l’optique adaptative.
Optiques active Les lois de commande permettant de contrôler chaque miroir sont
de même nature.
et adaptative
4.1 Évolution 4.2 Analyse de surface d’onde
Ces dernières années ont vu la naissance d’un très grand nombre
de projets de réalisation de télescopes de 8 m de diamètre, voire Les détecteurs optiques utilisés ne permettent pas de mesurer
plus, destinés aux observations astronomiques depuis le sol [3] [4] directement la phase des ondes électromagnétiques : ils ne sont
[5] [6]. Cet engouement pour les télescopes géants correspond à sensibles qu’à leur intensité. L’état de surface des fronts d’onde
deux besoins exprimés par la communauté astronomique : observer optiques ne peut être mesuré qu’indirectement. Pour les applications
des étoiles lointaines, donc faiblement lumineuses, et de structure astronomiques, l’analyseur de surface d’onde doit pouvoir travailler
complexe. Les plus grands télescopes de bonne qualité actuellement en lumière blanche, sur des objets faiblement lumineux ; il doit égale-
disponibles, ont un diamètre de 4 m ; les tentatives de réalisation ment pouvoir effectuer l’analyse sur des objets étendus. Deux types
d’instruments plus importants, tel le télescope de 5 m du Mont d’analyseurs peuvent être envisagés : l’analyseur de
Palomar (États-Unis) ou celui de 6 m de Zelentchouk (URSS), se sont Hartmann-Shack, développé et utilisé depuis de nombreuses
révélées complexes et decevantes. La réalisation de miroirs années, et l’analyseur de courbure, récemment proposé par
primaires de 8 m de diamètre nécessite une autre approche des F. Roddier.
problèmes technologiques : s’ils étaient réalisés selon les anciens Basé sur le principe de l’ombroscopie, l’analyseur de courbure
principes, la seule obtention du blank nécessiterait des années de mesure les courbures locales des fronts d’onde ; ce nouveau
refroidissement du verre, pour aboutir à une pièce optique pesant principe, a été mis en œuvre avec succès dans des systèmes
une cinquantaine de tonnes... Les concepts modernes préconisent d’optique adaptative dédiés à la communauté astronomique [8] [9].
la réalisation de ménisques minces d’une vingtaine de cm d’épais-
seur pour un diamètre de 8 m. La mise en forme et le maintien en L’analyseur de Hartmann-Shack permet d’évaluer les pentes
position de la surface optique sont réalisés par un ensemble de locales des fronts d’onde ; développé depuis de nombreuses
moteurs disposés sous le disque : c’est le principe de l’optique active années, il a largement été utilisé pour de nombreuses applications
(figure 11). astronomiques [10].

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4.2.1 Principe de l’analyseur de Hartmann-Shack 4.2.2 Reconstruction de la phase


(figure 13)
Si l’on considère un analyseur comprenant N × N sous-pupilles,
Le front d’onde optique aberrant est échantillonné par un réseau il fournit 2 N 2 mesures ; le problème est alors de reconstruire la
2D de microlentilles, conjugué de la pupille d’entrée du système phase à partir de la connaissance de ses pentes locales. Parmi toutes
optique. Chaque microlentille définit une sous-pupille et donne de les méthodes de reconstruction envisageables, la méthode modale
l’objet une image ; les basculements locaux de l’onde sont déter- présente de nombreux avantages [10].
minés par le déplacement relatif de la tache focale par rapport à Les instruments d’optique étant généralement à pupille circulaire,
une position de référence correspondant à une onde plane. La sur- on décompose la phase ϕ (ρ, θ ) sur une base infinie de polynômes
face d’onde est reconstruite par intégration des mesures de pentes orthonormés sur un tel support. Soit  Z i ( ρ , θ )  une telle base, on
locales. peut écrire :
Afin de mesurer ces déplacements, une mosaïque de détecteurs

de type CCD est placée au foyer des microlentilles. La position de
chaque spot lumineux est évaluée en calculant son centre de gra-
ϕ (ρ, θ) = ∑ ai Zi ( ρ , θ ) (4)
vité, à partir du signal vidéo numérisé fourni par le détecteur. Si on i=1
appelle (X c , Y c) les coordonnées du centre de gravité de la tache
dans une sous-pupille, on a : La base  Z i ( ρ , θ )  étant connue, on peut calculer les mesures que
fournirait l’analyseur pour chacun de ces modes ; soit
∑ xi Si x y
 M ( ρ , θ ) , M ( ρ , θ )  cet ensemble de mesures, on a pour chaque
i i
i
X c = ------------------
-
∑ Si sous-pupille :
i

∑ yi Si M
xi
(ρ, θ) = 
∂ Zi ( ρ , θ )
------------------------
∂x
- dx dy 


i
Y c = ------------------
- (2) ss—pup 
∑ Si  (5)


i ∂ Zi ( ρ , θ ) 
------------------------- d x d y 
yi
M (ρ, θ) = 
avec position du pixel no i,
(x i , y i ) ∂y
ss—pup 
Si signal détecté par le pixel no i.
Formellement, si l’intensité à l’intérieur de la sous-pupille est
uniforme, le calcul de X c et de Y c peut également s’écrire :

Xc =  ∂ϕ
-------- d x d y
∂x
ss—pup

Yc =  ∂ϕ
-------- d x d y
∂y
(3)
ss—pup
avec ϕ (x, y ) phase optique dans la pupille,
X c et Y c pente moyenne de la phase, en X et en Y, à l’inté-
rieur de la sous-pupille.
La réalisation de ce type d’analyseur conduit à un instrument
optique simple, compact et sans pièce mobile ; il est totalement
achromatique et peut travailler à partir de sources étendues spatiale-
ment (figure 14).
Figure 13 – Schéma de principe de l’analyseur de front d’onde

Figure 12 – Schéma d’une optique adaptative Figure 14 – Analyseur de surface d’onde (doc. ONERA)

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Le nombre de sous-pupilles de l’analyseur étant fini, on ne peut 4.2.3.1 Erreur sur la mesure du centre de gravité
reconstruire que les K premiers modes de la base (K < 2 N 2). des taches lumineuses
Si on appelle (m x , m y ) les mesures de l’analyseur pour la phase La position du centre de gravité des taches est déterminée par la
ϕ (ρ, θ ), on peut écrire : relation (2). Le bruit présent sur le signal de chaque pixel induit une
∞ erreur dans la détermination de cette position. Soit δ x la position
∑ ai M
xi en X du centre de gravité :
mx =
i=1 1
∞ (6) δ x = < δ x > + ----------
S tot ∑ bi j xi j (10)

yi
et my = ai M ij
i=1 où b i j est le bruit sur le pixel (i, j ) et S tot le signal total reçu par
Cette relation peut également s’écrire de façon matricielle : sous-pupille.
Si l’on appelle σ ∆ ϕ l’écart-type de l’écart de phase au bord d’une
sous-pupille, et σ δ x l’écart-type de δx , on peut écrire :
m = Mz a (7)
d
avec m vecteur des mesures en X et en Y fournies par l’analyseur, σ ∆ ϕ = ------ σ δ x ( en λ ) (11)
λf
M z matrice des mesures des modes de la base [relation (5)],
a vecteur des coefficients de décomposition modale de ϕ avec d diamètre d’une sous-pupille,
[relation (4)] ; f focale des microlentilles,
Le calcul des coefficients a i passe par l’inversion de la λ longueur d’onde d’analyse.
relation (7) ; le nombre de mesures étant supérieur au nombre de La variance de δ x est donnée par :
modes à reconstruire, l’inversion de M z se fait en utilisant le critère
1
∑ σi j
des moindres carrés. On obtient alors le résultat classique suivant : 2 2 2
σ δ x = ------------
2
- xij (12)
Stot ij
2
t
 Mz M z  a = Mz m
t
(8) où σi j est la variance du bruit b i j .
t ■ Bruit électronique de détecteur
Le produit matriciel  Mz M z  est une matrice carrée symétrique,
2 2
généralement inversible ; d’où le résultat final : On a alors σ i j = σ b , bruit de détecteur, indépendant du pixel (i, j ).
t –1 t On obtient [10] :
a =  Mz M z  Mz m (9) 2
1 σb NS
Remarque : l’obtention d’une matrice  Mz M z  irrégulière est souvent due à un nombre
t σ ∆ ϕ = ------------- ---------- -------- ( en λ ) (13)
excessif de modes pris en compte dans la reconstruction : il est alors nécessaire d’en
2 3 S tot N D
considérer moins pour pouvoir inverser correctement la relation (7). 2
avec N S nombre de pixels utilisés pour le calcul du barycentre,
Le choix de la base des modes de reconstruction est guidé par
la connaissance que l’on a des défauts de phase que l’on cherche N D nombre de pixels contenus dans le diamètre d’une tache
à analyser. En général, cette base est constituée des polynômes de de diffraction des microlentilles.
Zernike, ensemble de fonctions orthonormées sur un support circu- ■ Bruit de photons
laire de rayon 1. Ces fonctions présentent l’avantage d’être bien
connues des opticiens, dans la mesure où elles représentent les La statistique d’arrivée des photons (statistique poissonienne),
2
premières aberrations géométriques connues (aberration sphérique, conduit à un bruit σ i j = N , avec N nombre de photons détectés sur
astigmatisme, coma). Elles ont également été utilisées par Noll [11] le pixel (i, j ). Appliqué à la relation (12), on obtient [10] :
pour caractériser l’effet des turbulences atmosphériques sur les
phases optiques. 1 1 NT
σ ∆ ϕ = ------------- ------------- --------- ( en λ ) (14)
Les méthodes de reconstruction modales permettent de filtrer 2 2 nA ND
simplement les phases à reconstruire : il suffit de ne pas prendre
en compte les modes mal reconnus par l’analyseur, dont le rapport avec n A nombre de photons détectés par sous-pupille,
signal à bruit est mauvais ; de plus, une fois la phase reconstruite, N T nombre de pixels dans le diamètre de la tache image,
on peut la redéfinir sur autant de points que l’on souhaite.
N D nombre de pixels contenus dans le diamètre d’une tache
de diffraction des microlentilles.
4.2.3 Précision de reconstruction de l’analyseur ■ Application numérique
Exemple : si l’on considère le cas d’un analyseur travaillant avec 100
La mesure de la pente moyenne du front d’onde sur une sous-
photons détectés par sous-pupille, et pour lequel la largeur de la tache
pupille est proportionnelle au déplacement de la tache image au
image est égale à celle de la tache de diffraction et vaut 2 pixels, l’erreur
foyer de la microlentille correspondante. Deux sources d’erreurs sont
de détermination sur l’écart de phase, due au bruit de photons, vaut
à considérer : l’erreur liée à la précision de détermination du bary-
alors :
centre des taches lumineuses, et l’erreur due à l’aliasing spatial qui
λ
existe dans les mesures de l’analyseur de Hartmann-Shack par suite σ ∆ ϕ = ------- (15)
de l’échantillonnage spatial du front d’onde. En effet, le front d’onde 30
à analyser peut contenir des fréquences spatiales supérieures à la
ce qui correspond approximativement au critère de qualité image
fréquence d’échantillonnage.
exprimé par Maréchal.
Si, dans le même cas, on prend en compte un détecteur dont le bruit
de lecture vaut 100 électrons par pixel, et pour lequel on utilise 10
pixels pour le calcul du barycentre, l’erreur de détermination sur l’écart
de phase vaut alors :
σ ∆ ϕ = 1,44 λ (16)
ce qui conduit à une très mauvaise détermination de la phase.

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Pour réduire σ ∆ϕ sans augmenter le flux reçu, on peut envisager Un des paramètres fondamentaux de la turbulence est le diamètre
deux moyens : de Fried, noté r 0 , que l’on peut définir comme le diamètre d’un
— utiliser des détecteurs à faible bruit électronique, de l’ordre de télescope parfait qui aurait la même résolution qu’un télescope de
quelques électrons par pixel : actuellement, des CCD du commerce très grand diamètre, uniquement limité par la turbulence atmos-
permettent d’atteindre de tels niveaux de bruit de lecture, à condition phérique. À 0,5 µm, la valeur moyenne typique de ce paramètre est
de les lire à une cadence faible de l’ordre de 50 kHz. Dans le cas de 10 cm, dans un cas de propagation verticale.
notre exemple, pour que la détermination de l’écart de phase due Pour un même type de turbulence, le diamètre de Fried r 0 dépend
au bruit de lecture reste inférieure à celle due au bruit de photons, fortement de la longueur d’onde ; on a :
il faut que :
σ b < 2 électrons/pixel/trame (17) r 0 ∝ λ1,2 (20)

— utiliser un intensificateur de lumière, permettant d’accroître le Exemple : un r 0 de 10 cm dans le visible vaudra 53 cm à 2 µm, et
signal total reçu par les pixels ; ce type de composant présente 3,6 m à 10 µm.
l’avantage d’avoir un bruit négligeable, mais l’inconvénient d’un
faible rendement quantique (≈ 15 %, à comparer à 80 % pour un CCD La résolution angulaire d’un télescope de diamètre D supérieur
nu), ce qui limite le gain effectif que l’on peut obtenir. à r 0 , s’écrit de façon analogue à la relation (19) :
Dans le cas de notre exemple, pour que l’erreur sur la détermina- λ
θ turb = ------ (21)
tion de l’état de phase due au bruit de lecture reste inférieure à celle r0
due au bruit de photons, il faut que le gain G de l’intensificateur suive
la relation suivante : Cette relation montre que θ turb est quasiment indépendant de la
G > 50 (18) longueur d’onde (λ0,2) ; pour un r 0 de 10 cm à 0,5 µm, la résolution
imposée par l’atmosphère est de 1 seconde d’arc ; ainsi à 10 µm,
4.2.3.2 Erreur due à l’échantillonnage spatial les plus grands télescopes ne sont que très peu affectés par la turbu-
du front d’onde lence atmosphérique.
L’analyseur de front d’onde de Hartmann-Shack se comporte À partir de r 0 , on peut également exprimer la variance de la phase
comme un échantillonneur discret de la phase du front d’onde dans dans une pupille de diamètre D ; elle vaut :
le plan de la pupille. Si ses fluctuations spatiales comportent des D 53
σ ϕ = 1,03  ------ 
2 2
fréquences supérieures à la moitié de la fréquence d’échantillon- ( rad ) (22)
r0
nage, une erreur intervient du fait du sous-échantillonnage du front
d’onde, appelée erreur d’aliasing, ou erreur de repliement. L’estima- On a montré au paragraphe 4.2 que l’on pouvait décomposer la
tion de cette erreur passe par la connaissance du contenu fréquentiel phase sur une base de polynômes de Zernike ; Noll a calculé la
des défauts à mesurer. Le choix du nombre de sous-pupilles d’ana- variance des fluctuations de phase de chaque polynôme de
lyse permet alors de minimiser cette erreur. Zernike [11]. On a pour les premiers d’entre eux :

D 53
σ basculement = 2 × 0,45  ------ 
2 2
( rad ) (23)
r0
4.3 Optique adaptative
D 53
σ défocalisation = 0,023  ------ 
2 2
( rad ) (24)
Un système d’optique adaptative permet de corriger en temps réel r0
les perturbations de phase introduites par la turbulence sur la
propagation des faisceaux optiques. Après un bref rappel concernant Après extraction des K premiers polynômes de la phase, il reste :
les perturbations atmosphériques, nous décrirons les composants
2 – 56 D  53
 ----- 2
de ce type de système, et nous en fixerons les principaux σ ϕ = 0,3 K  r0 
- ( rad ) (25)
paramètres [12] [13].
Des relations (21) et (22), il ressort que les deux basculements
4.3.1 Paramètres de la turbulence atmosphérique contribuent pour 90 % à la variance des défauts de phase introduits
par la turbulence. Il est fondamental pour une optique adaptative
de parfaitement corriger ces deux défauts.
L’écoulement des masses d’air dans l’atmosphère est toujours
turbulent. Ces turbulences se produisant dans un milieu où la Un second paramètre d’importance pour caractériser la turbulence
température n’est pas uniforme, induisent des fluctuations locales est le domaine d’isoplanétisme θ 0 . On peut décrire ce paramètre
et aléatoires de température, et donc de l’indice de réfraction de comme le domaine angulaire à l’intérieur duquel deux points sources
l’air [14]. Les fronts d’onde optiques se propageant dans ce milieu sont vus avec les mêmes perturbations de front d’onde : effectuer
inhomogène, subissent des variations de leur chemin optique la mesure des perturbations de front d’onde pour l’une ou l’autre
conduisant à leur déformation spatiale. Ces déformations se mani- de ces sources est alors équivalent. Si l’on considère que r 0 est un
festeront également par des fluctuations d’intensité d’autant plus paramètre pupillaire pour une optique limitée par la turbulence
importantes qu’elles seront distantes des couches turbulentes qui atmosphérique, alors θ 0 est la grandeur de champ associée. Bien
leur ont donné naissance. que peu dépendant de r 0 , il est généralement exprimé par :
Les images obtenues à partir de ces fronts d’onde perturbés sont r0
dégradées. En l’absence de toute turbulence, la dimension angulaire θ 0 = -----
- (26)
h
d’une image est fixée par les lois de la diffraction : un instrument
de diamètre D, travaillant à une longueur d’onde λ donne une image h caractérisant une altitude moyenne des couches turbulentes.
focalisée de diamètre angulaire :
Pour un r 0 de 10 cm à 0,5 µm, θ 0 vaut 2 secondes d’arc à 0,5 µm
λ et 10 secondes d’arc à 2 µm.
θ dif = 2,44 ----- (19)
D

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Enfin, le dernier paramètre d’intérêt des turbulences atmosphé- On peut définir une matrice caractérisant l’influence du miroir
riques pour un système d’optique adaptative est le temps d’évolution sur l’analyseur de surface d’onde. Cette matrice, appelée matrice
des défauts de phase. Noté τ, il dépend de r 0 et de la vitesse moyenne d’interaction et notée D, est obtenue en appliquant successivement
du vent le long du trajet de propagation du faisceau lumineux ; on sur chaque moteur une commande unitaire et en enregistrant
écrit : chaque vecteur de mesures associé à chaque moteur. L’ensemble
r0 de ces vecteurs de mesures est rangé par colonne pour former la
τ = -----
- (27) matrice D.
v
Par la suite, pour un vecteur de commande quelconque V, on
Exemple : pour un r 0 de 10 cm à 0,5 µm et une vitesse moyenne sait calculer le vecteur de mesures ε par :
de vent de 16 m.s –1 (60 km/ h), le temps d’évolution τ vaut 6 ms
à 0,5 µm et 35 ms à 2 µm. ε = DV (28)
Calculer V à partir de ε revient à inverser la relation (28).
4.3.2 Description d’une optique adaptative En règle générale, la matrice d’interaction D est rectangulaire (il
y a plus de mesures que de moteurs à commander). Le calcul de
la matrice de commande se fait donc suivant le critère des moindres
Sur la figure 12, nous avons présenté le schéma d’un système carrés : la matrice obtenue sera celle qui minimise les erreurs
d’optique adaptative. L’analyseur de surface d’onde, dont nous résiduelles de mesure. Le résultat classique de ce calcul est :
avons présenté le principe dans le paragraphe 4.2, mesure en temps
réel les défauts de l’onde optique perturbée par l’atmosphère. À t
 DD  V = D ε
t
(29)
partir de cette mesure, un calculateur informatique temps réel
élabore les commandes à appliquer à l’élément correcteur, qui est Le calcul de la matrice de commande passe alors par l’inversion
t
constitué d’un miroir déformable, dont l’état de surface est en perma- du produit matriciel  DD  , matrice carrée symétrique. L’étude de la
nence contrôlé par un jeu de moteurs piézoélectriques. Nous allons singularité de cette matrice se fait en recherchant ses vecteurs
tout d’abord décrire ces miroirs déformables, puis nous détaillerons
propres et ses valeurs propres. On obtient alors :
le principe des algorithmes de commande utilisés, et enfin nous
décrirons le dimensionnement d’une optique adaptative. t t
 D D = P ∆ P (30)
4.3.2.1 Miroirs déformables avec P matrice colonne des vecteurs propres,
Un miroir déformable est en général constitué d’une mince plaque ∆ matrice diagonale des valeurs propres.
de verre, derrière laquelle sont disposés des moteurs qui, tirant ou Un vecteur propre représente un profil spatial de déformée du
poussant, déforment cette plaque (figure 15). miroir déformable, la valeur propre correspondante représentant sa
Nos applications nécessitent de réaliser des déplacements d’une sensibilité à l’analyse de surface d’onde. Si une de ces valeurs
dizaine de micromètres au maximum, avec des précisions de t
propres est nulle, la matrice D D n’est pas inversible ; pour calculer
l’ordre du centième de micromètre. Les matériaux piézoélectriques la matrice de commande, on peut alors filtrer ce mode à valeur propre
se prêtent particulièrement bien à ce type d’application : ce sont nulle. Le résultat devient alors :
des matériaux qui, soumis à un champ électrique, se dilatent ou se
contractent. À l’aide de ces matériaux, on réalise des moteurs en t t
D * = P ∆ –1 P D (31)
empilant un grand nombre de disques, et en alimentant chaque
disque avec la même tension : ainsi, à partir de matériau dont la avec D* matrice de commande optimale,
sensibilité de déplacement vaut 0,3 µm/kV, on réalise des moteurs
dont les sensibilités peuvent atteindre jusque 10 µm/kV. ∆ –1 inverse de la matrice des valeurs propres, dans laquelle
l’inverse des valeurs propres correspondant aux modes
La société française CILAS (ex-LASERDOT), ainsi que différentes à filtrer est remplacé par 0.
sociétés américaines, réalisent ce type de composants (figure 16).
La relation (31) permet de calculer une matrice de commande en
filtrant les modes peu sensibles à l’analyse, afin d’éviter qu’ils
4.3.2.2 Algorithmes de commande
n’induisent un bruit trop important sur la commande.
On suppose que l’ensemble des phénomènes physiques liant
l’analyseur de surface d’onde au miroir est linéaire. On cherche à
calculer une matrice de commande optimale telle que, multipliée par
le vecteur de mesure fourni par l’analyseur, on obtienne un vecteur
de commande à appliquer au miroir afin de corriger l’onde aberrante.

Figure 15 – Schéma d’un miroir déformable


Figure 16 – Miroir déformable (doc. ONERA)

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4.3.2.3 Dimensionnement d’un système


d’optique adaptative
Un tel dimensionnement s’effectue à partir de la connaissance de
trois données : le diamètre du télescope utilisé pour l’observation,
noté D, la longueur d’onde à laquelle s’effectue l’observation, notée
λ, et la valeur moyenne du paramètre de Fried pour la longueur
d’onde d’observation, notée r 0 [12] [13].
Le premier paramètre du système est le nombre de moteurs du
miroir déformable, noté N, qui se calcule par :

N =  ------ 
D 2
(32)
 r0 

L’amplitude de déformation nécessaire pour chaque moteur est


proportionnelle au diamètre du télescope ; on peut l’évaluer en
utilisant la relation (22). Afin de relâcher les spécifications sur le
miroir déformable, on corrige les défauts de basculement par un
miroir de pointage spécialisé ; ainsi, pour calculer la dynamique
nécessaire au miroir déformable, on ne prend pas en compte les
défauts dus aux basculements [relation (23)].
Le nombre de moteurs du miroir étant déterminé, on en déduit
le nombre de sous-pupilles nécessaires : il faut une sous-pupille par
moteur pour commander correctement le système complet.
Enfin, le dernier paramètre est la fréquence d’échantillonnage de
la boucle complète : le capteur de l’analyseur de surface d’onde est
une caméra CCD dont la fréquence trame fixe la cadence de rafraî-
chissement des mesures du front d’onde. L’utilisation d’un capteur
CCD introduit dans la boucle un retard pur d’une trame ; le type de
correcteur temporel utilisé pour la commande étant un simple inté-
grateur, on considère qu’il existe un facteur 10 entre la fréquence
de travail de la boucle et sa fréquence de coupure en boucle ouverte
à 0 dB. Si l’on appelle τ, le temps d’évolution typique de la turbulence
à la longueur d’onde λ (relation (27)), et si on appelle T la durée d’une
trame de l’analyseur, on a :
T = τ /10 (33)

4.3.3 Exemple d’une optique adaptative


Come-On-Plus

En 1992, l’ONERA (Office National d’Études et de Recherches


Aérospatiales), la société Laserdot et l’Observatoire de Meudon ont
entrepris pour le compte de l’ESO (European Southern Observatory), la Figure 17 – Exemple d’amélioration d’image d’étoiles
réalisation d’un système d’optique adaptative, destiné à obtenir des obtenue avec le système Come-on Plus (doc. Max-Planck Institut für
images d’étoiles limitées par la diffraction à 2,2 µ m, à partir d’un Extraterrestrische Physik, extrait de « The Messenger », no 79, march 1995,
télescope de 3,6 m [15]. publication ESO)
Nous en donnons les principales caractéristiques :
— le miroir déformable réalisé par CILAS comporte 52 moteurs, dont
l’amplitude de déformation vaut ± 5 µm (cette dynamique est large-
ment surdimensionnée) ;
— l’analyseur de surface d’onde est de type Hartmann-Schack ; il
5. Systèmes de balayage
comporte 32 sous-pupilles utiles ; le capteur utilisé est un CCD intensifié
par bombardement d’électrons travaillant à 200 Hz et intensifiée Dans le domaine de l’imagerie, les systèmes qui fonctionnent dans
(figure 16) ; le visible et dans le proche infrarouge disposent de matrices de
— le signal vidéo de la caméra de l’analyseur est traité par un détecteurs à haute résolution (CCD) qui permettent d’obtenir des
calculateur spécialisé, d’une puissance de 107 pixels par seconde ; le images de qualité sans aucun balayage. Dans l’infrarouge, il existe
calculateur permettant de passer des mesures de pente aux tensions de telles matrices (diodes Schottky en siliciure de platine : PtSi) pour
de commande du miroir est à base de processeurs TMS 320C40 de couvrir la bande 3-5 µm, mais celles qui ont un rendement quantique
Texas Instruments ; élevé ont actuellement un nombre de pixels assez réduit : 256 × 256
— la fréquence de coupure en boucle ouverte du système est de est à peu près la limite actuelle en production. Dans la bande 8-12 µm,
30 Hz ; les problèmes de production de matrices sont encore plus graves,
— la caméra d’imagerie est une mosaïque de 32 × 32 détecteurs les espoirs étant fondés sur les détecteurs à puits quantiques
InSb, travaillant entre 1 et 5 µm. multiples en GaAs/GaAlAs. La résolution la meilleure s’obtient grâce
Ce système fonctionne maintenant depuis 1992, et a donné d’excel- aux systèmes à balayage, dans lesquels l’image de la scène se
lents résultats, permettant notamment, dans le cas de faibles turbu- déplace sur des détecteurs fixes, en petit nombre, pour créer un
lences atmosphériques, d’obtenir des images limitées par la diffraction signal variable en fonction du temps, à partir duquel sera recons-
jusque 1,8 µm (figure 17). tituée l’image.

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D’autre part, dans des systèmes tels que les radars laser, on
démontre qu’il est inefficace d’éclairer toute la scène par un faisceau
très divergent, et que, si l’on veut une grande portée, il faut balayer
la scène avec un pinceau laser fin, en synchronisme avec le détecteur.
Sur une plus petite échelle, en microscopie confocale, on élimine
le rayonnement parasite grâce à un balayage du point illuminé qui
coïncide en trois dimensions avec celui du point observé, de petits
diaphragmes permettant de rejeter la lumière diffusée par d’autres
zones que celle sous examen.
Dans ce paragraphe, on analyse plusieurs types de balayages,
particulièrement ceux qui, à base de miroirs, couvrent de larges
domaines spectraux, depuis l’UV jusqu’au lointain IR, voire les
micro-ondes, là où le manque de matrices les rend indispensables.
Les systèmes de balayage ont pour but de déplacer, en général
de façon répétitive, soit un faisceau laser sur une scène, soit l’image
de la scène sur un détecteur. Dans ce dernier cas, il est souvent plus
simple de considérer que c’est le détecteur qui se déplace sur la
scène, car la géométrie de la scène est souvent beaucoup plus
complexe que celle du détecteur, et on supposera donc que le but
d’un balayage est d’entraîner un mouvement systématique de
l’image d’un détecteur ou d’une source sur la cible.

5.1 Balayages en espaces objet ou image

Puisqu’il faut un système optique pour former l’image du détecteur


ou de la source sur la scène, le balayage peut se trouver (figure 18)
soit entre l’optique et la scène (balayage en espace objet), soit entre
l’optique et le détecteur (balayage en espace image). Figure 18 – Balayages dans les espaces objet et image

Si la scène est très éloignée, le balayage en espace objet pré-


sente l’avantage de fonctionner en éclairage collimaté et de
conserver facilement une mise au point sur tout le champ. Par mineux, on utilise souvent un balayage grand champ dans l’espace
contre, le balayage dans l’espace objet impose des composants objet et on place en tête un afocal réducteur de champ, qui agrandit
optiques au moins aussi larges que le faisceau à l’entrée. Si l’on la pupille à la dimension voulue. Seul le télescope doit être
note que, souvent, on impose une résolution théorique de 0,1 mrd compatible avec le champ à balayer, les optiques de tête ou de sortie
(dimension de la tache d’Airy), ceci entraîne théoriquement dans la devant seulement être compatibles avec le champ instantané de la
bande 8-12 µm une pupille d’entrée de 250 mm de diamètre, source ou du détecteur. Cette solution ne réduit cependant en rien
125 mm étant un minimum, même avec des détecteurs très les spécifications sur le positionnement des pupilles de balayage.
sensibles. Dans ce cas, un balayage en espace objet n’est pas envi-
sageable.
Pour des systèmes de petit diamètre, cependant, le balayage 5.2 Balayages à miroirs polygonaux
dans l’espace objet est en général préférable, car il impose à
l’optique de ne couvrir que le champ instantané du détecteur ou de tournants
la source, quelle que soit la largeur du champ à couvrir, et dans ce
cas, une simple lentille asphérique peut suffire pour constituer
Un miroir polygonal à facettes planes permet un balayage linéaire,
l’optique d’un analyseur de ligne aéroporté de 100o de champ avec
unidirectionnel, rapide, répétitif, qui s’adapte bien aux demandes de
des milliers de pixels par ligne.
type télévision. Par exemple, un système au standard CCIR 625 lignes
En ce qui concerne le balayage en espace image, un de ses avan- réclame un balayage ligne à 15 625 Hz. Si l’on dispose d’un détecteur
tages est son plus faible encombrement, et donc la possibilité de unique, la vitesse de rotation nécessaire est de 937 500/ N tr/min, si
vitesses plus élevées et d’adressage agile du faisceau, mais il faut N est le nombre de facettes ; un miroir à 12 facettes devra tourner
respecter un certain nombre de contraintes : le dispositif doit non à 78 125 tr/min, ce qui est possible avec des rotors de 40 à 50 mm
seulement fournir la figure de balayage désirée, mais il doit aussi de diamètre et des puissances de quelques watts, dans de l’hélium
conserver la mise au point, et donc respecter la forme (plane ou basse pression pour éviter les effets de viscosité dans l’air. Dans un
sphérique) du champ de l’optique. De plus, comme la qualité d’un système bon marché, avec des roulements à billes conventionnels
système optique dépend de façon cruciale de la position de ses dans l’air, il faut un plus grand nombre de facettes ou un détecteur
pupilles d’entrée et de sortie, la (ou les) pupille de balayage doit à plusieurs éléments en parallèle pour être compatible avec un
s’accorder en position avec celles du système optique, et, dans les balayage télévision, car la vitesse de rotation maximale est de l’ordre
balayages bidirectionnels, les pupilles de balayage correspondant de 20 000 à 30 000 tr/min.
aux deux directions peuvent ne pas coïncider. Autre difficulté supplé-
Un paramètre qui joue un rôle essentiel dans la conception de
mentaire, l’optique doit fournir une image de qualité sur l’ensemble
dispositifs de balayage est le produit (D op θ ) entre le diamètre du
du champ balayé, ce qui rend impossibles les balayages à très grands
faisceau et son angle de balayage. Puisque ce produit, lié à l’invariant
champs.
de Lagrange, est constant tout au long du système, des dispositifs
Le maintien de la mise au point sur l’ensemble du champ est l’une différents, mais de produit D op θ identique, peuvent donner les
des plus grosses difficultés du balayage dans l’espace image, car mêmes résultats (sauf peut-être en ce qui concerne l’efficacité de
l’ouverture du faisceau au niveau du détecteur est souvent très balayage) par le choix du grossissement de l’afocal auxiliaire qui
élevée pour optimiser la sensibilité du système. Pour résoudre ce permet d’uniformiser les champs.
problème là où un balayage dans l’espace objet serait trop volu-

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Autre paramètre important, l’efficacité de balayage η bal est le pour- Pour les analyseurs de lignes aéroportés, la sensibilité doit
centage du temps consacré réellement au balayage pendant une demeurer excellente sur un très grand champ de balayage (jusqu’à
révolution. Dans la plupart des cas, η bal représente la fraction du 180o dans certains cas), ce qui correspond à un produit Dop θ très
temps pendant laquelle chaque facette intercepte le faisceau en élevé. Si on utilise une technique conventionnelle, la dimension du
entier, car les périodes pendant lesquelles le faisceau se partage rotor devient inacceptable, et c’est pour cela que l’on utilise simul-
entre deux facettes ne sont généralement pas utilisables (bien qu’il tanément deux facettes (figure 20 : dispositif de Kennedy). Cette
existe des dispositifs qui utilisent plus d’une facette à la fois). approche est très performante, mais au prix de tolérances en fabrica-
Un troisième paramètre important est la courbure de champ de tion très serrées et le coût s’en ressent, si l’on doit recombiner cor-
la trajectoire balayée qui, vue le long du rayon principal, peut se rectement le faisceau initialement séparé en deux. De plus, la limite
manifester comme une courbure du champ ou de la direction de diffraction est imposée séparément par chaque partie du faisceau,
d’adressage, ou des deux à la fois. et non par l’ensemble. Si l’on accepte une réduction des perfor-
mances, on peut employer le dispositif à lame de hache (figure 21).
Si la source (ou le détecteur) est allongée dans le sens du balayage La rotation d’image qu’il introduit élimine l’utilisation de détecteurs
(cas des balayages série, où les éléments décrivent la même trajec- en série, mais elle est avantageuse en fait pour des détecteurs en
toire, les signaux de sortie étant retardés l’un par rapport à l’autre parallèle puisqu’elle réduit suffisamment l’angle sous-tendu par la
puis additionnés pour améliorer le rapport signal à bruit), il faut tenir matrice dans la direction perpendiculaire au balayage pour éviter
compte de la précision avec laquelle les différentes parties de la un recouvrement des lignes en bord de champ.
source suivent le même chemin. La question se pose dans les
systèmes d’analyse par deux ou plusieurs faisceaux laser (pour une
discrimination en couleur, par exemple), dans ceux où les faisceaux,
séparés angulairement, balaient la même partie de l’objet avec un
retard proportionnel à leur séparation angulaire.

5.3 Balayage télévision par miroirs


polygonaux et oscillants

Alors que la cadence ligne nécessaire à l’imagerie est en général


si élevée qu’elle nécessite un dispositif à rotation continue, la
cadence trame est de 50 ou 60 Hz, ce qui autorise le balayage en
dents de scie par miroir plan, à partir de galvanomètres. L’efficacité
de balayage de tels dispositifs dépend du couple moteur et du Figure 19 – Rotor à réflexion duale (entrée/sortie)
moment d’inertie de l’ensemble constitué par le miroir et la partie
mobile du moteur. Si l’on désire reproduire le rapport standard 4:3
sans mémoire de champ, l’efficacité de balayage du dispositif méca-
nique doit être adaptée à celle du moniteur qui, pour la plupart des
standards TV, est de 92 %. On ne peut pas toujours obtenir cette
valeur, et dans ce cas, il faut éliminer quelques lignes et tolérer une
image de rapport d’aspect supérieur. C’est pour cette raison que la
plupart des imageurs thermiques ont un rapport d’aspect de 3:2.

5.4 Autres concepts de balayages


par réflexion

Il existe de nombreuses autres méthodes de balayage que celles


de type télévision. Par exemple, en associant un balayage avec un
nombre assez important de détecteurs en parallèle (au moins une
trentaine), on peut éliminer le miroir trame et couvrir le champ
Figure 20 – Balayage ligne à pupille découpée en deux
correspondant par un décalage angulaire entre facettes successives
du polygone tournant, chacune assurant sa propre fauchée. S’il n’y
a qu’un seul dispositif, la distorsion du balayage peut être importante
à cause de la déflexion angulaire du faisceau destinée à éviter l’obtu-
ration. En utilisant des paires de facettes comme sur la figure 19,
on peut défléchir les faisceaux en entrée et en sortie d’une façon
telle que les distorsions soient du même ordre que celles obtenues
avec un rotor simple sous incidence normale.
Dans une modification ingénieuse de cette technique, due à A.
Lettington, on peut utiliser un rotor avec un nombre différent de
facettes en haut et en bas de sorte que, s’il y a 7 facettes en haut
et 8 en bas, il existe 56 combinaisons possibles de facettes. De Figure 21 – Balayage linéaire avec lame de hache
cette façon, un petit nombre de détecteurs en parallèle peut assu-
rer la couverture voulue avec une résolution compatible de l’ima-
gerie télévision.

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5.5 Dispositifs de balayage par réfraction Si l’on utilise des hologrammes ou des réseaux zonés, le disque
assure la focalisation en même temps que la déflexion. On peut
aussi déposer des hologrammes sur des surfaces cylindriques ou
De nombreux balayages, basés sur des polygones en réfraction sphériques. Puisqu’il n’y a pas de facettes qui donnent prise au
(figure 22), exploitent avec succès le fait que, si une lame à faces vent, les puissances de moteurs demeurent faibles.
parallèles d’épaisseur e et d’indice de réfraction n tourne d’un angle
θ, l’image se déplace d’une distance e θ (1 –1/n ). Il faut cependant
de l’ingéniosité pour obtenir de bonnes performances optiques, car
cette technique de balayage introduit une courbure de champ et un
astigmatisme importants, que l’on doit compenser par le reste de
l’optique. Si l’on utilise un point source ou un détecteur unique, il
est possible, au moins en principe, de corriger les aberrations de
l’optique en amont. Par contre, si la source est étendue ou si l’on
met en œuvre une matrice de détecteurs, la courbure de champ de
l’optique située entre le détecteur et le système de balayage doit
compenser celle du balayage et, plus généralement, donner un
compromis satisfaisant en astigmatisme. Ces aberrations sont alors Figure 22 – Balayage par réfraction (prisme tournant)
corrigées dans l’optique frontale. En dehors de l’imagerie thermique,
on peut citer comme domaine de succès des déflecteurs à polygones
par réfraction, les éditeurs de films pour le cinéma, où le polygone
compense le déplacement du film à chaque image, et évite ainsi un
mouvement d’entraînement intermittent du film.
Une autre approche de balayage par éléments réfractifs consiste
à utiliser une paire de prismes contrarotatifs (prismes de Risley ou
diasporamètre [2]) pour la déflexion des faisceaux collimatés, et
obtenir ainsi une grande variété de figures de balayage. Pour plus
de détails, le lecteur pourra se reporter en [2]. Une des figures de
balayage souvent mise en œuvre et très pratique pour la déflexion
de faisceaux laser, est le balayage sinusoïdal dans un plan, avec deux
prismes identiques tournant à des vitesses égales et opposées. Si
les prismes ne sont pas achromatisés, le domaine spectral du
dispositif est très limité. Un balayage unidirectionnel peut s’obtenir
si l’on monte des secteurs de prismes sur des roues contrarotatives
(figure 23). Cette technique présente l’avantage de n’utiliser qu’une Figure 23 – Balayage unidirectionnel à base de diasporamètre
très faible portion du chemin optique, mais sa vitesse de balayage
n’est pas constante.
Situé entre les systèmes à réflexion et ceux à réfraction, le prismor
(figure 24) entraîne une rotation du faisceau d’un angle double de
celui de la rotation du dispositif, vraiment achromatique malgré la
réfraction. Comme dans le dispositif de Kennedy, la pupille est
séparée en deux parties, et la limite de diffraction correspond à la
moitié du faisceau au centre du champ. On peut obtenir des angles
de déflexion bien supérieurs à 180 o et il n’y a aucune rotation
d’image, ce qui rend ce type de système utile pour la surveillance
quasi panoramique, bien que la stabilisation verticale soit difficile
à obtenir. Figure 24 – Prismor pour balayage et dérotation

5.6 Balayage par composants diffractifs


et holographiques

On peut faire tourner un disque plan mince plus rapidement et


avec beaucoup moins de prise au vent qu’un rotor à facettes
multiples de même diamètre, ce qui permet, en inscrivant des
réseaux de diffraction ou des hologrammes directement sur la
surface de tels disques, d’obtenir une grande variété de figures de
balayage, aussi bien par transmission que par réflexion. Ces
méthodes, qui reposent sur la diffraction, ne conviennent qu’à des
sources monochromatiques, la déflexion du faisceau étant calculée
par l’équation du réseau.
La référence [1] montre qu’un ensemble de réseaux linéaires
placés à la périphérie du disque suivant la configuration de la
figure 25 permet de défléchir un faisceau pour le focaliser sur une
figure de balayage linéaire. Pour un rayonnement dans le visible,
la fréquence spatiale du réseau est si élevée que seule une approche
holographique est raisonnable, l’hologramme étant formé par l’inter-
férence entre deux faisceaux collimatés à 90o l’un de l’autre. Pour
un laser CO2 , les technologies courantes de réalisation de réseaux
blasés suffisent. Figure 25 – Système de balayage holographique

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Le lecteur pourra se rapporter utilement à la référence [1] pour 5.9 Dispositifs à base de réticules
les systèmes de balayage holographiques.

Dans ce type de systèmes, on ne fait pas défiler la scène sur le


détecteur, mais on utilise un réticule (généralement mobile) pour
5.7 Dispositifs de balayage coder l’image. Cette approche est très courante dans les systèmes
électro-optiques pour autodirecteurs infrarouges, la rotation du réticule provenant
parfois de celle du missile. Le choix judicieux de la forme du réticule
permet de repérer la direction de petites cibles par rapport à l’axe
Depuis longtemps, on recherche des balayages sans pièces de rotation, grâce à la phase de la modulation du signal détecté. Une
mobiles, et la technique la plus développée à ce jour est le balayage telle technique est illustrée par la figure 27, où l’on notera que la
acousto-optique, dans lequel un cristal piézoélectrique excite un bloc pupille d’entrée est conjuguée au détecteur, alors que le réticule est
de matériau transparent dont l’indice de réfraction varie en réponse dans le plan focal de l’objectif.
aux ondes acoustiques de volume. Le réseau de phase ainsi créé
Les systèmes à réticules sont analysés en détail dans la
au sein du matériau par la variation d’indice périodique dévie une
référence [1].
partie du faisceau incident d’un angle proportionnel à la fréquence
acoustique, de sorte qu’un changement de fréquence provoque une
déflexion du faisceau diffracté. L’efficacité de diffraction peut être
élevée, car l’effet prend place dans le volume du matériau. Le dispo- 5.10 Dispositifs panoramiques
sitif doit être orienté de façon précise, telle que seul le faisceau choisi
satisfasse la condition de Bragg, pour que l’efficacité de diffraction
y soit élevée (figure 26). Cet effet, basé lui aussi sur la diffraction, Dans les systèmes de surveillance, il est souvent demandé au
ne convient que pour des sources strictement monochromatiques. senseur d’avoir une vue panoramique de la scène. De tels systèmes
Avec cette restriction en tête, il faut savoir que l’on peut obtenir nécessitent généralement une stabilisation et une dérotation
d’excellents résultats. Dans le visible et le proche infrarouge, des d’image, et entraînent des distorsions de balayage qui éliminent
dispositifs à oxyde de tellure peuvent balayer 2 000 points en 200 ms certains types de senseurs.
environ, avec 5 watts de puissance acoustique. Dans l’infrarouge,
à 10 µm, des déflecteurs en germanium couvrent 700 points en
100 ms, mais la puissance acoustique est alors de 150 W (et la
puissance électrique encore élevée).

5.8 Optiques pour dispositifs de balayage

En plus de l’optique pour la conjugaison de pupilles, il faut géné-


ralement prévoir un télescope pour adapter le dispositif à la spéci-
fication en champ, et une optique après le dispositif de balayage pour
focaliser le faisceau sur un détecteur.
La conception du télescope est généralement simple, mais il ne
faut pas oublier que la distance d’œil doit être assez grande pour
pouvoir positionner la pupille de sortie sur la pupille du balayage.
En général, les télescopes de Galilée ne conviennent pas. Si les
contraintes d’encombrement exigent l’utilisation d’un télescope
court, il devient encore plus difficile d’associer une bonne perfor-
mance optique avec une distance d’œil suffisante, et si l’ensemble
doit être très compact, une solution catadioptrique peut s’imposer.
À cause de l’obturation centrale et de la diffraction, cependant, il y
a une perte inévitable en performance, et il se peut alors qu’une
performance équivalente et dans le même encombrement puisse Figure 26 – Déflecteur acousto-optique
s’obtenir à partir d’un télescope réfractif, d’ouverture moindre.
Si le détecteur est constitué d’un élément unique ou d’une très
petite matrice, une lentille simple ou un miroir parabolique hors
d’axe peuvent suffire à focaliser le faisceau sur le détecteur. Si la
matrice contient un grand nombre d’éléments, il est primordial que
la pupille d’entrée de l’optique de détection coïncide avec la pupille
de sortie du système de balayage. Dans les systèmes d’imagerie
thermique, le détecteur est généralement refroidi et comporte, à
l’intérieur de Dewar, un diaphragme (appelé diaphragme froid ) qui
limite l’angle de vue du détecteur à l’ouverture de l’optique. Si l’on
veut réduire au minimum le bruit du détecteur dû au fond, le
diaphragme froid doit constituer le diaphragme d’ouverture de
l’ensemble du système, et donc coïncider avec la pupille du sys-
tème de balayage. Puisque le diaphragme froid est lui-même inac-
cessible, il faut que l’optique de détection projette l’image du
diaphragme froid sur la position désirée. Pour cela, l’optique de Figure 27 – Système de balayage à base de réticule
détection doit former une image intermédiaire de la matrice entre
le détecteur lui-même et le dispositif de balayage.

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■ Stabilisation d’image dimension du prisme devient totalement prohibitive pour des fais-
Très souvent, la stabilisation de l’image s’effectue grâce à un miroir ceaux de grands diamètres, mais dans ce cas il faut placer le
gyrostabilisé, placé entre le hublot de protection et l’optique. Dans dérotateur entre un afocal réducteur et l’optique.
le cas de hublots sphériques, l’axe de rotation du miroir doit passer ■ Prismor
par le centre de courbure du dôme. Pour un hublot plan, il faut
projeter la pupille d’entrée sur le hublot pour en minimiser la Le prismor est une réalisation très compacte de dérotateur, formée
dimension. de deux prismes de Dove dont les hypoténuses argentées sont en
contact. Les spécifications sur le parallélisme du faisceau sont
Il existe beaucoup d’autres approches, parmi lesquelles on citera sévères, et il ne faut pas placer un prismor derrière un afocal, puisque
le montage du senseur complet sur roulements. Cette solution chaque moitié de pupille est inversée indépendamment l’une de
présente l’avantage de maintenir fixe la ligne de visée par inertie, l’autre, ce qui donne une pupille de sortie en forme de double D,
le servomécanisme n’étant là que pour compenser les frictions des dos à dos.
roulements et la tension des câbles, et pour modifier la direction
d’observation. ■ Prisme de Schmidt
On peut obtenir une stabilisation agile en utilisant de petits miroirs Bien que ce prisme (figure 29) soit plus petit que celui de Dove
ou de petites lames transparentes, montés sur galvanomètres, après pour un diamètre de faisceau donné, son trajet optique est presque
réduction du diamètre du faisceau par un afocal. Les aberrations et aussi long. L’angle de rotation effectif est cependant beaucoup plus
les distorsions de ce dernier limitent évidemment le domaine de faible, ce qui rend ce prisme plus tolérant en convergence de
compensation angulaire de la méthode, qui présente cependant un faisceau. Le seul désavantage du prisme de Dove est la valeur élevée
intérêt certain comme moyen de stabilisation complémentaire, par de son indice de réfraction, nécessaire à la réflexion totale interne
exemple pour contrer les effets inertiels du miroir de déflexion sur la seconde face, pour tout le domaine des angles d’incidence.
principal. Ce problème se résoud assez facilement dans l’infrarouge, où les
Pour des mouvements angulaires faibles, une stabilisation élec- matériaux à indices élevés sont assez nombreux. Le prisme de
tronique de l’image, par comparaison avec une image mémorisée, Schmidt fonctionne bien derrière un afocal, et donne lieu à des
peut constituer une solution bon marché, souvent employée dans aberrations de pupilles bien plus faibles que celui de Dove. C’est
les caméscopes. probablement le prisme à choisir dans un système infrarouge où l’on
peut placer un afocal intermédiaire.
■ Dérotation d’image
■ Miroir-prisme K
Il se produit toujours une rotation d’image, même si la ligne de
visée se maintient dans la bonne direction. Pour une stabilisation Trois miroirs montés comme sur la figure 30 constituent un
3-axes, un dérotateur est nécessaire. Tous les systèmes de surveil- système achromatique dans n’importe quelle bande spectrale, et
lance panoramique nécessitent donc une dérotation d’image. Dans pour un faisceau collimaté ou non. Malheureusement, l’angle
le cas de l’observation humaine, la seule alternative à la dérotation d’acceptance est très faible et, pour un faisceau de diamètre donné,
optique est de suivre le mouvement en tournant la tête, comme pour le dérotateur est très volumineux. La version prismatique possède
un périscope de sous-marin. Heureusement, avec un senseur optro- un angle d’acceptance supérieur.
nique, il existe d’autres options et, si le produit D op θ est supérieur
à environ 200 mm · degrés, on peut dire dès le départ qu’il faut
considérer tous les moyens possibles pour éliminer le besoin de
dérotation optique, car les conséquences sur le coût, le poids et la
complexité en sont généralement très lourdes. La meilleure solution
est de faire tourner le senseur lui-même, en utilisant un joint tournant
optique ou HF pour retrouver le signal. Avec les techniques de traite-
ment de signal modernes, la dérotation électronique peut être une
solution attractive, mais qui entraîne une perte de résolution à cause
de l’interpolation entre pixels. Si le senseur est volumineux,
complexe, ou s’il nécessite des servitudes spécifiques (telles que de
l’air sous pression pour la cryogénie Joule Thomson), il se peut que
la dérotation optique soit le moindre de plusieurs maux.
Un dérotateur optique en ligne entraîne une rotation d’image à
une vitesse double de celle du dérotateur, puisque l’effet provient
Figure 28 – Prisme de Dove
de l’équivalent d’une réflexion sur un plan de symétrie en rotation.
Dans un système panoramique, le dérotateur doit donc tourner à
une vitesse moitié de celle de la ligne de visée. Tout système optique
qui entraîne une inversion d’image de haut en bas sans inversion
de gauche à droite peut s’employer comme dérotateur. La liste de
méthodes ci-après n’est pas exhaustive, mais rassemble celles qui
sont le plus souvent utilisées.
■ Prisme en toit ou de Dove (figure 28)
Le faisceau se réfracte sur la face d’entrée, se réfléchit sur la face
hypoténuse, puis se réfracte à nouveau sur la face de sortie. Un
moyen pratique d’évaluer l’effet optique d’un dérotateur est de
déplier le dispositif pour obtenir un diagramme tunnel. On peut
voir que le prisme est équivalent optiquement à un bloc épais
tourné d’au moins 45o par rapport au faisceau. À moins que le fais-
ceau ne soit collimaté, l’astigmatisme est sévère, mais la technique
est assez bon marché, et ne nécessite pas de matériau d’indice Figure 29 – Prisme de Schmidt
élevé (bien que cela contribue à réduire l’encombrement). La

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■ Prisme de Péchan 5.11 Balayage à poursuite de facettes


Si l’on a besoin d’un dérotateur en faisceau convergent, c’est un
prisme de Péchan qu’il faut prendre. Le cheminement des rayons
est représenté sur la figure 31. Bien que ce prisme soit très compact, Le rendement cyclique de balayage peut être considérablement
son trajet optique est très long, et il faut nécessairement utiliser un amélioré par l’utilisation d’un polygone de miroirs fonctionnant en
matériau de faible absorption. Le prisme de Schmidt est certes plus mode dit de poursuite de facettes (figure 34) :
simple et meilleur marché, mais le prisme de Péchan élimine le — une lentille L1 forme l’image D1 du détecteur D0 sur les facettes
besoin d’un faisceau collimaté, et les économies dans les autres d’un polygone réflecteur tournant P1 ;
postes optiques peuvent être considérables. Les aberrations chroma- — une lentille L2 de grand diamètre donne une image D2 de D1
tique et sphérique d’un prisme de Péchan annulent celles d’une après réflexion sur le polygone P1 ;
lentille positive, ce qui permet parfois de simplifier la conception de — le faisceau réfléchi dans la rotation du polygone P1 balaye un
l’optique. diamètre de la lentille L2.
■ Prisme de Rantsch
Ce prisme (figure 32) convient à des faisceaux convergents et
conduit à un chemin optique assez court. Dans de nombreux cas
cependant, l’obstruction centrale est importante, et le dispositif
complexe et cher.
■ Dérotateur à miroir (ou prisme) en toit
Un miroir en toit (c’est-à-dire deux miroirs à 90o l’un de l’autre,
agencés de telle sorte que les pertes de lumières à leur intersection
soient négligeables) constitue un dérotateur de faible encombre-
ment. La précision doit être excellente si l’on désire atteindre la limite
de diffraction. D’autre part, il faut trouver un moyen pour extraire
l’image, puisque le faisceau revient sur lui-même. Si l’on peut tolérer
une perte en transmission supérieure à 50 %, on peut employer une
lame séparatrice par polarisation, mais il faut alors convertir la pola- Figure 31 – Prisme de Péchan
risation linéaire en polarisation circulaire au moyen d’une lame quart
d’onde avant le dérotateur ; sinon, le dérotateur fait tourner le plan
de polarisation et empêche un fonctionnement correct de la lame
au retour.
Ce type de dérotateur devient alors très attractif si l’image est
allongée dans une direction, car on peut alors utiliser une fente
étroite dans un miroir pour en extraire l’image avec des pertes
minimes, comme le montre la figure 33. L’utilisation d’un prisme
conduit à un cheminement optique encore plus court, mais le
domaine spectral se trouve alors réduit à celui de la transparence
du matériau.
■ Autres types de dérotateurs
Puisque tout système optique qui retourne une image dans un plan
agit comme un dérotateur, un afocal ou un objectif comprenant des
lentilles cylindriques peut faire l’affaire. Il est aussi possible de
constituer un dérotateur à partir de fibres optiques en arrangeant
les fibres de telle sorte que l’image soit inversée par rapport à un
plan.
Figure 32 – Prisme de Rantsch

Figure 30 – Dérotateur à miroirs

Figure 33 – Dérotateur à miroir en toit pour image linéaire

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L’image finale D2 reste fixe (dans la pratique D2 est à l’infini et Ce polygone, constitué de 10 facettes, est entraîné à une vitesse
D1 au foyer de L2) : en rotation de 18 000 tr/min (cf. module de balayage LK4 figure 36).
— un deuxième polygone à miroirs P2 , identique à P1 et synchrone
avec celui-ci, est situé entre L2 et D2 de telle façon que la largeur
de ses facettes soit égale à la section du faisceau optique instantané ;
— une facette donnée réfléchit ce faisceau et se déplace en même
temps que celui-ci. L’image D3 de D2 se déplace le long d’une ligne.
Chaque facette du polygone P2 poursuit ainsi le faisceau réfléchi
par le premier polygone P1 .
Le module de balayage LK4 (conçu par AGEMA Infrared Systems)
utilise une double réflexion sur deux facettes opposées d’un même
polygone à l’aide d’optiques réflectives.
L’intérêt d’un tel système utilisé dans les caméras AGEMA 800 et
900 est de pouvoir mettre en œuvre un balayage par tambour de
miroirs de petite dimension tout en ayant un rendement de balayage
élevé, c’est-à-dire un temps utile d’analyse de l’image optimale.
L’efficacité de balayage est ainsi portée à 0,83 pour le module LK4
d’analyse ligne et à 0,8 pour le module d’analyse trame, soit une
efficacité totale de 0,664 au lieu de 0,49 dans les anciens équipements
AGA 780 à balayages par prismes par réfraction.
Figure 34 – Balayage par polygones
La bande passante électrique peut être réduite dans un rapport :
0,49
--------------- = 0,74
0,664
Pour un nombre de points images par seconde équivalents, ce
mode de balayage améliore le rapport signal sur bruit, donc la sensi-
bilité thermique de la caméra dans un rapport :
1
----------------- = 1,16
0,74
En ce qui concerne la transmission optique, la comparaison de
transmission entre l’ancien système et le nouveau peut être fait de
la façon suivante : le système AGA 780 correspond à la traversée
de 16 dioptres de silicium (n S = 3,422 3), notés de 1 à 16 sur la
figure 35a. Ces dioptres sont revêtus d’un traitement de surface SiO2
(n c = 1,8) qui donne un facteur de réflexion à chaque dioptre
 = 0,059 pour la longueur d’onde 4 µm, d’où la transmission d’un
dioptre traité :
τ = 1 –  = 0,94
Ce qui donne une transmission totale pour les 16 dioptres en
négligeant les phénomènes d’absorption :
Figure 35 – Exemples de réalisations
τ16 = 0,37
Le système AGEMA 900 correspond à la traversée de 12 surfaces
dioptriques (notées de 1 à 12 sur la figure 35b ) avec τ = 0,94
moyen par dioptre et à 8 réflexions (A à H figure 35b ) sur des trai-
tements aluminium R = 0,98 par miroir soit une transmission
optique totale :

τ op = (0,94)12 × (0,98)8 = 0,40


Le gain en transmission optique entre les deux systèmes est
alors :
0,40
------------ = 1,1
0,37
Cette nouvelle technologie apporte une amélioration globale de
la sensibilité thermique proportionnelle au gain de transmission et
à l’inverse de la racine carrée du rapport de réduction de bande
passante, soit :
1,1 × 1,16 = 1,3
Ce changement de technologie de balayage présente donc un gain
de sensibilité radiométrique de l’ordre de 30 %. De plus, la dimension
du polygone peut être réduite, ce qui autorise des vitesses de rotation
rapides et une fréquence ligne élevée : 2,5 kHz à 3,5 kHz.
Figure 36 – Module de balayage LK 4

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