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Dans son postambule à la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, Olympe de Gouges appelle les femmes à prendre conscience de leurs droits et à se libérer des préjugés et de l'injustice. Elle souligne que malgré les avancées de la Révolution, les femmes continuent d'être méprisées et doivent s'unir pour revendiquer leur place dans la société. Gouges exhorte les femmes à opposer la force de la raison aux prétentions de supériorité masculine et à agir pour leur émancipation.

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Dans son postambule à la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, Olympe de Gouges appelle les femmes à prendre conscience de leurs droits et à se libérer des préjugés et de l'injustice. Elle souligne que malgré les avancées de la Révolution, les femmes continuent d'être méprisées et doivent s'unir pour revendiquer leur place dans la société. Gouges exhorte les femmes à opposer la force de la raison aux prétentions de supériorité masculine et à agir pour leur émancipation.

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Objet d’étude : La littérature d’idées du XVIe siècle au XVIIIe siècle

Parcours : Écrire et combattre pour l’égalité


Œuvre intégrale : Olympe de Gouges, Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, 1791

Le postambule : L’adresse aux femmes

Femme, réveille-toi ; le tocsin1 de la raison se fait entendre dans tout l'univers ;


reconnais tes droits. Le puissant empire de la nature n'est plus environné de préjugés, de
fanatisme, de superstition et de mensonges. Le flambeau de la vérité a dissipé tous les
nuages de la sottise et de l'usurpation2. L'homme esclave a multiplié ses forces, a eu besoin
5 de recourir aux tiennes pour briser ses fers 3. Devenu libre, il est devenu injuste envers sa
compagne. Ô femmes ! Femmes, quand cesserez-vous d'être aveugles ? Quels sont les
avantages que vous avez recueillis dans la Révolution ? Un mépris plus marqué, un dédain 4
plus signalé. Dans les siècles de corruption vous n'avez régné que sur la faiblesse des
hommes. Votre empire est détruit ; que vous reste-t-il donc ? La conviction des injustices de
10 l'homme. La réclamation de votre patrimoine, fondée sur les sages décrets 5 de la nature ;
qu'auriez-vous à redouter pour une si belle entreprise ? Le bon mot du Législateur des noces
de Cana6 ? Craignez-vous que nos Législateurs français, correcteurs de cette morale,
longtemps accrochée aux branches de la politique, mais qui n'est plus de saison, ne vous
répètent : femmes, qu'y a-t-il de commun entre vous et nous ? Tout, auriez-vous à répondre.
15 S'ils s'obstinent, dans leur faiblesse, à mettre cette inconséquence en contradiction avec
leurs principes ; opposez courageusement la force de la raison aux vaines prétentions de
supériorité ; réunissez-vous sous les étendards de la philosophie ; déployez toute l'énergie
de votre caractère, et vous verrez bientôt ces orgueilleux, non serviles adorateurs rampants
à vos pieds, mais fiers de partager avec vous les trésors de l'Être Suprême. Quelles que
20 soient les barrières que l'on vous oppose, il est en votre pouvoir de les affranchir ; vous
n'avez qu'à le vouloir.

1. Le tocsin : Bruit d’une cloche qu’on fait sonner pour donner l’alarme.
2. Usurpation : appropriation illégitime, vol.
3. Briser ses fers : Olympe de Gouges utilise ici une métaphore pour parler de la soumission du peuple au roi,
l’esclavage n’étant aboli qu’en 1794.
4. Dédain : indifférence, mépris.
5. Décrets : décisions.
6. Référence possible à la réponse que le Christ apporta à sa mère, Marie, venue lui signaler que les invités des noces
n’avaient plus de vin, et à laquelle Jésus répondit : « Que me veux-tu, femme ? » Il lui dit aussi : « Il y a de toi à
moi une grande différence, je suis le Dieu vivant, tu n’es qu’une créature. » Pour les chrétiens, cet épisode établit
un rapprochement entre le sacrement du mariage, qui permet l'union de l'homme et de la femme, et l'acte de foi,
qui unit les croyants à leur Dieu. Olympe de Gouges souligne le fait que la morale chrétienne a longtemps
imprégné la vie politique et sociale française.

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