Béton Précontraint - 03092020
Béton Précontraint - 03092020
Objectif :
• Comprendre le principe de fonctionnement et l’importance de
la technologie du béton précontraint
• Maitriser l’approche de dimensionnement et de vérification
des poutres isostatiques précontraintes
2
Sommaire
Chapitre 1 : Généralités
3
Bibliographie
J-A. CALGARO, J. Cortade, Application de l’Eurocode 2 : Calcul des bâtiments en
béton, Presses de l’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées, 1999
4
1. Généralités sur la précontrainte
1.1. Définition et historique
La précontrainte est « l’application d’une contrainte, d’un effort sur un solide
avant son utilisation de manière à améliorer son comportement mécanique ».
Cette invention, imaginée à la fin du XIXe siècle, a été développée par Eugène
FREYSSINET qui déposa les brevets les plus significatifs (en 1908 et 1928) qui
définissent :
5
1. Généralités sur la précontrainte
1.2. Intérêt de la précontrainte
Dans une poutre fléchie en béton armé, la partie tendue du béton ne participe
pas à la résistance de la poutre ; le béton en zone tendue sert essentiellement
à protéger les aciers passifs.
6
1. Généralités sur la précontrainte
1.2. Intérêt de la précontrainte
Deuxième solution : Structures mixtes (Acier-béton)
Suppression physique du béton tendu qui ne participe pas à la résistance et faire
reprendre les contraintes de traction par un profilé métallique en acier
Béton tendu
Avantages :
Inconvénients :
7
1. Généralités sur la précontrainte
1.2. Intérêt de la précontrainte
Troisième solution : Structures en béton précontraint
Suppression mécanique des efforts de traction dans la section du béton de sorte
que toute la section participe à la résistance de la structure. L’idée est donc
d’introduire artificiellement un système de contraintes préalables qui permettent en
service que la section du béton soit entièrement comprimée.
Avantages
Réduction de la section et du poids propre de la structure
Pièces plus fines et plus élancées
Augmentation de la portée des structures
Inconvénients
Exigence des résistances de béton plus élevées pour limiter le risque
d’excès de compression dans les phases de construction
Délai de mise en œuvre parfois plus important
Technologie exigeant une main d’œuvre plus qualifiée
8
1. Généralités sur la précontrainte
1.2. Intérêt de la précontrainte
9
1. Généralités sur la précontrainte
1.2. Intérêt de la précontrainte
10
1. Généralités sur la précontrainte
1.3. Principe de la précontrainte
Fondamentalement, on peut concevoir le béton précontraint comme une
manière de pallier les faiblesses du béton.
11
1. Généralités sur la précontrainte
1.3. Principe de la précontrainte
Dans le béton précontraint, on cherche à éviter que le béton soit tendu. L’idée
est donc d’introduire artificiellement dans les structures un système de
contraintes préalables qui, ajoutées aux charges extérieures, permettent au
béton de rester dans le domaine des compressions (précontrainte totale).
Aujourd’hui, on tolère qu’il y ait de la traction dans le béton (précontrainte
partielle).
Compression de la pièce
C
C
+ =
T
Diagramme Diagramme des
Diagramme des
des contraintes contraintes de
contraintes résultant
de flexion compression
12
1. Généralités sur la précontrainte
1.3. Principe de la précontrainte
Les contraintes préalables sont apportées par des aciers dits de précontrainte
avec une teneur en carbone de l’ordre de 9% (pour limiter les risque de
relaxation) et une résistance caractéristique à la traction fpk comprise entre 1560
et 2160 MPa sous forme de fils, de torons ou de barres.
13
1. Généralités sur la précontrainte
1.3. Principe de la précontrainte
Avantages du béton précontraint
Le béton peut être tendu, mais dans la limite de la non-fissuration. Il y a donc une
économie d'armatures passives importante, notamment dans le cas de situations
préjudiciables et très préjudiciables. Les pièces sont plus fines.
Inconvénients
Il y a risque de rupture à vide par excès de compression. Il faut donc être très
vigilant lors de la phase de réalisation (peu chargée) et il faut justifier toutes les
étapes. Les délais sont plus importants (temps de maturité du béton) et des
traitements thermiques sont parfois nécessaires.
14
1. Généralités sur la précontrainte
1.4. Types de précontrainte
Il existe 3 modes de mise en œuvre de la précontrainte
Précontrainte par déplacement imposé (Aéro-portuaire, Barrage)
Précontrainte par pré-tension des câbles (Bâtiment)
Précontrainte par post-tension des câbles (Ouvrage d’art)
15
1. Généralités sur la précontrainte
1.4. Types de précontrainte
a. Précontrainte par déplacements imposés (peu utilisé)
Vérin plat
Barrage
Culée
rocheuse
Particularité
Pas de câbles ou de fils de précontrainte
Usage de vérin plat
16
1. Généralités sur la précontrainte
1.4. Types de précontrainte
b. Précontrainte par pré-tension des câbles (80% utilisée en préfabrication et pour
éléments de bâtiment)
Les câbles sont tendus avant le coulage du béton
Préparation du banc de
précontrainte
Mise en place et mise en tension
des fils par vérin
Coulage des éléments (Pas de
coffrage : béton très ferme; coffrage
: béton plastique
Traitement thermique du béton (gain
rapide de résistance
Relâchement des fils et section des
fils entre éléments après
durcissement partiel du béton
Après décoffrage
Contreflèche
17
1. Généralités sur la précontrainte
1.4. Types de précontrainte
b. Précontrainte par pré-tension des câbles (80% utilisée en préfabrication et pour
éléments de bâtiment)
ii. Le chariot de la tête mobile est tracté à l’aide de vérins qui viennent donc
mettre en tension les fils
18
1. Généralités sur la précontrainte
1.4. Types de précontrainte
b. Précontrainte par pré-tension des câbles (80% utilisée en préfabrication et pour
éléments de bâtiment)
iii. Le béton est alors coulé autour des fils tendus. Pour les poutrelles h<30cm, on
utilise un béton suffisamment raide pour se passer de coffrage. Les bancs de
précontrainte faisant une centaine de mètres de long, on peut réaliser plusieurs
poutres à la fois
19
1. Généralités sur la précontrainte
1.4. Types de précontrainte
b. Précontrainte par pré-tension des câbles (80% utilisée en préfabrication et pour
éléments de bâtiment)
iv. Le béton subit alors un cycle d’étuvage (8h, 60°C) afin d’accélérer son
durcissement. On peut utiliser aussi des BHP initiales. Le tout fait que le
durcissement nécessaire du béton avant mise en compression est atteint
largement avant 24h.
v. Le béton étant alors suffisamment résistant, on décharge les vérins et on coupe
les fils entre les différentes poutres. Il y a alors transfert, par adhérence, de la
traction des fils en compression dans le béton.
20
1. Généralités sur la précontrainte
1.4. Types de précontrainte
b. Précontrainte par pré-tension des câbles (80% utilisée en préfabrication et pour
éléments de bâtiment)
Applications usuelles : Éléments de bâtiment
21
1. Généralités sur la précontrainte
1.4. Types de précontrainte
b. Précontrainte par pré-tension des câbles (80% utilisée en préfabrication et pour
éléments de bâtiment)
Applications usuelles : Éléments de bâtiment
Plancher à faible portée (L≤7 m) : Prédalles
Plancher à forte portée (L ≤15 m) : Dalles alvéolaires
22
1. Généralités sur la précontrainte
1.4. Types de précontrainte
b. Précontrainte par post-tension des câbles (20% - Ouvrages d’art)
Les câbles sont tendus et prennent appui sur le béton durci
Bétonnage de la pièce
23
1. Généralités sur la précontrainte
1.4. Types de précontrainte
b. Précontrainte par post-tension des câbles (20% - Ouvrages d’art)
Le mode opératoire est le suivant :
ii. On laisse durcir le béton. Cette forme de précontraint étant réalisée sur
chantier, on n’utilise guère d’étuvage. Il faut donc plusieurs jours voir plusieurs
semaines pour que le béton atteigne la résistance nécessaire à sa mise en
compression.
iii. Le béton ayant atteint une résistance suffisante, on va le comprimer à l’aide de
vérins hydrauliques s’appuyant sur le béton durci et mettant en traction les
câbles enfilés dans les gaines. L’ensemble est auto-équilibré : le béton
comprimé compensant la traction des aciers.
24
1. Généralités sur la précontrainte
1.4. Types de précontrainte
b. Précontrainte par post-tension des câbles (20% - Ouvrages d’art)
iv. Les vérins étant des organes coûteux, il est nécessaires de pouvoir les
récupérer. Il existe donc des systèmes d’ancrage des câbles sur le béton qui
permettent à ceux-ci de rester en position tendue après enlèvement des vérins.
v. Les câbles enfilés librement dans les gaines seraient rapidement soumis à la
corrosion. Il faut donc les protéger de l’atmosphère extérieure. Les gaines sont
dont injectées d’un coulis de ciment sous pression confinant ainsi les câbles en
milieu basique limitant la corrosion.
25
1. Généralités sur la précontrainte
1.4. Types de précontrainte
b. Précontrainte par post-tension des câbles (20% - Ouvrages d’art)
Applications usuelles : Ouvrages d’art
Entretoise
Gaines poutre
26
1. Généralités sur la précontrainte
1.4. Types de précontrainte
b. Précontrainte par post-tension des câbles (20% - Ouvrages d’art)
Applications usuelles : Ouvrages d’art
27
1. Généralités sur la précontrainte
1.4. Types de précontrainte
b. Précontrainte par post-tension des câbles (20% - Ouvrages d’art)
28
1. Généralités sur la précontrainte
1.4. Types de précontrainte
Application : (Comparaison des modes par vérin et par câbles)
29
1. Généralités sur la précontrainte
1.4. Types de précontrainte
Application : (Comparaison des modes par vérin et par câbles)
30
1. Généralités sur la précontrainte
1.5. Intérêt de l’excentrement du câble
l’excentrement de la précontrainte, on a
diminué l’effort de précontrainte
La précontrainte est plus faible lorsque
l’excentricité est plus proche de la fibre la plus
tendue de la section
Application:
M = 0,8MN.m
e = 0,45m 31
1. Généralités sur la précontrainte
1.6. Matériels de précontrainte
Câbles et barres de précontrainte
Formes :
fils (< 12 mm) -
barres (> 12 mm)
torons (à 3 ou 7 fils
Exemple de torons à 7 fils : T13, T13S, T15, T15S)
Gaines
Les gaines sont noyées dans le béton précontraint par post-tension, selon le
tracé de chaque câble. Elles sont de préférence métalliques
33
1. Généralités sur la précontrainte
1.6. Matériels de précontrainte
Ancrages
Ils servent à bloquer le câble sous tension:
Tête
ancrage
Câbles
(torons
)
ancrage
34
1. Généralités sur la précontrainte
1.6. Matériels de précontrainte
Matériel d’injection
Une fois que le coulis de ciment est prêt, l’injection du coulis se fait au moyen d’une
pompe. L’opération d’injection doit s’effectuer à pression constante.
35
1. Généralités sur la précontrainte
1.7. Effet de la précontrainte sur un ouvrage
Structures isostatiques
L’effet de la précontrainte dans une section donnée ne dépend que de la position
du câble et de sa tension dans cette section indépendamment de son tracé dans le
reste de la structure. L’approche auto-contrainte permet de déterminer les
efforts
36
1. Généralités sur la précontrainte
1.7. Effet de la précontrainte sur un ouvrage
Structures hyperstatiques
Superposition des effets isostatiques + effets hyperstatiques (méthode des forces,
méthode des câbles concordants etc.)
Moment total
Moments isostatiques
Forces d’appui
Composante hyperstatique du
moment de flexion
37
Sommaire
Chapitre 1 : Généralités
38
2. Contexte règlementaire et principe de dimensionnement
2.1. Généralités
Les règlements utilisés :
Le fascicule 62 du CCTG
39
2. Contexte règlementaire et principe de dimensionnement
2.2. Actions
Les actions (valeurs caractéristiques) à considérer sur un ouvrage précontraint
sont :
40
2. Contexte règlementaire et principe de dimensionnement
2.3. Combinaisons d’actions
Combinaisons aux ELS
41
2. Contexte règlementaire et principe de dimensionnement
2.3. Combinaisons d’actions
Combinaisons aux ELS
, , , , , , , ,
Ponts routiers
, , , , , , ,
, , , , , , , ,
42
2. Contexte règlementaire et principe de dimensionnement
2.3. Combinaisons d’actions
Combinaisons aux ELS
Combinaison Caractéristique
Combinaison fréquente
Combinaison quasi-permanente
43
2. Contexte règlementaire et principe de dimensionnement
2.3. Combinaisons d’actions
Combinaisons aux ELS
44
2. Contexte règlementaire et principe de dimensionnement
2.3. Combinaisons d’actions
Combinaisons aux ELS
45
2. Contexte règlementaire et principe de dimensionnement
2.3. Combinaisons d’actions
Combinaisons aux ELU (Sécurité de la structure)
Les états limites visés aux ELU sont :
Rupture par déformation excessive
Perte d’équilibre
Fatigue
Légende
TS : charge routière de type tandem,
UDL : charge routière de type répartie uniforme,
qfk : charge uniforme de trottoir,
gri : groupe de charge i, cette notion permet de définir les combinaisons des
différents modèles de charge,
γP : Coefficient partiel relatif à la précontrainte (=1)
Fw : action du vent sans trafic
F*w l’action du vent en présence de trafic Tk : action de la température.
46
2. Contexte règlementaire et principe de dimensionnement
2.3. Combinaisons d’actions
Combinaisons aux ELU (Sécurité de la structure)
Destination Résistance (STR) Equilibre (EQU)
Bâtiments
1,35 , , 1,5 , 1,10 , 0,9 , 1,5 ,
1,5 , , 1,5 , ,
Ponts routiers
1,35 , , 1,5 , 1,10 , 0,9 , 1,5 ,
1,5 , , 1,5 , ,
Résistance (STR)
47
2. Contexte règlementaire et principe de dimensionnement
2.3. Combinaisons d’actions
Combinaison accidentelle
Les actions accidentelles sont :
Choc
Rupture de câbles de précontrainte
Séisme
Bâtiments , ,
, ,
Ponts routiers
, ; , 0,8 0,9
Valeur Initiale
Δ
Valeur Probable
Δ
Valeur Caractéristique
,
,
Valeurs de
50
2. Contexte règlementaire et principe de dimensionnement
2.5. Conduite des justifications
Justification vis-à-vis de l’ELS
51
2. Contexte règlementaire et principe de dimensionnement
2.5. Conduite des justifications
Justification vis-à-vis de l’ELS (Limitations de contraintes aux ELS)
Fatigue - 0,6
Passif Fissuration ,
52
2. Contexte règlementaire et principe de dimensionnement
2.5. Conduite des justifications
Justification vis-à-vis de l’ELS (Limitations de contraintes aux ELS)
Classe de la précontrainte
En classe II, on admet des tractions modérées dans le béton. Comme en classe I, ces
En classe III, enfin, les contraintes de traction du béton ne sont plus bornées. En
revanche, la fissuration est maîtrisée par un plafonnement sévère des tensions dans
53
2. Contexte règlementaire et principe de dimensionnement
2.5. Conduite des justifications
Justification vis-à-vis de l’ELS (Limitations de contraintes aux ELS)
54
2. Contexte règlementaire et principe de dimensionnement
2.5. Conduite des justifications
Armature passives longitudinales
,
1000
55
2. Contexte règlementaire et principe de dimensionnement
2.5. Conduite des justifications
Justification vis-à-vis de l’ELU
qui auraient été dimensionnées de façon trop étriquée sur la seule considération des
ELS
56
2. Contexte règlementaire et principe de dimensionnement
2.6. Organigramme simplifié de dimensionnement
Sollicitations autres que celles liées à P Pertes : hypothèses sur - Classe d’exposition
- Actions pertes instantanée et - Classe structurale ( Enrobage
- Combinaisons différée et Estimation de e0)
Précontrainte minimale:
- Non décompression à ELS: F/QP
- Limitation de la traction du béton:
- Vérification à l’ELS :
- Vérification à l’ELU (Moment : et effort tranchant : )
57
2. Contexte règlementaire et principe de dimensionnement
2.7. Conduite des justifications (vérifications)
58
2. Contexte règlementaire et principe de dimensionnement
Exercice d’application
Soit une dalle de section rectangulaire b = 100 cm et h = 80 cm. La dalle est soumise
aux moments extérieurs Mg = 0,125 MNm et Mq = 0,22 MNm. Cette dalle est
précontrainte par des fils adhérents tels que P = 2,3 MN et d’excentricité e0 = -25cm.
la dalle.
59
Sommaire
Chapitre 1 : Généralités
60
3. Propriétés des matériaux
3.1. Béton
Résistance à la compression
é 30⁄37 à 50/60
Classes de résistance:
35⁄40 à 50⁄60
Résistance moyenne à la compression:
28 : 8
exp 1 28⁄
28 :
Type de ciment
CEM 42,5 R CEM 52,5 N / R CEM 32,5 R CEM 42,5 N CEM 32,5 N
Résistance à la traction
⁄
28 : 0,3
Résistance moyenne:
28 :
Résistance caractéristique: 0,7
61
3. Propriétés des matériaux
3.1. Béton
Module élastique
⁄10 ,
28 ; 22000
Module élastique: ,
28 ;
Traitement thermique
∆ti
20 °C
t1 t2 t3 t4 t (h)
Cycle de température
62
3. Propriétés des matériaux
3.1. Béton
Traitement thermique
1
0
1
Le t0 est remplacé par t0eq pour tenir compte du durcissement accéléré du fait
du traitement thermique
63
3. Propriétés des matériaux
3.2. Aciers actifs
Caractéristiques mécaniques
Diagramme de calcul
, 0,9
0,9 2%
64
3. Propriétés des matériaux
3.2. Aciers actifs
Caractéristiques de relaxation (fils et torons)
∆ ,
exp ⁄1000 ∗ 10
⁄ 500
65
3. Propriétés des matériaux
3.2. Aciers actifs
Aciers de précontrainte courants
66
3. Propriétés des matériaux
3.2. Aciers actifs
Types d’aciers de précontraints
Torons (à 3 fils (rares de nos jours) – à 7 fils (T13, T15, etc.) : classe 1770 et
1860
T13 : constitué de 7 fils, 6 fils de 4,2 mm enroulés sur 1 fils de 4,3 mm
67
3. Propriétés des matériaux
3.3. Aciers passifs
Aciers de peau
Aciers de constructions
68
Sommaire
Chapitre 1 : Généralités
69
4. Calcul des pertes de précontrainte
La force de précontrainte varie à la fois : (i) dans l’espace, avec l’abscisse le long du câble, du
fait des frottements ; (ii) dans le temps, à cause du retrait et du fluage du béton d’une
part, de la relaxation des aciers d’autre part. Ainsi, les pertes de tension se trouvent ventilées
en deux catégories : (i) les pertes instantanée, (ii) les pertes différées.
Ap représentant la
section nominale du
câble
70
4. Calcul des pertes de précontrainte
4.2. Pertes de précontrainte
2 types de pertes
x
71
4. Calcul des pertes de précontrainte
4.2. Pertes de précontrainte
a. Pertes instantanées (5 à 10%)
Pertes instantanées selon la mise en œuvre
72
4. Calcul des pertes de précontrainte
4.2. Pertes de précontrainte
a. Pertes instantanées (5 à 10%)
Perte par frottement (f ou Pf )
Elles sont dues à :
- Courbure du tracé
- Déviation parasites
Courbure du tracé (fonction de la courbure α)
Considérons un tronçon élémentaire de câble courbe, de rayon de courbure R,
compris entre les abscisses s (M) et s+ds (N)
Le tronçon de câble MN est en équilibre sous
l’effet de :
- La force de tension P(s) en M, tangente en
M au tracé,
- La force de tension P(s) + dP en N, tangente
en N au tracé,
- Les forces de contact que le béton exerce
sur le câble entre M et N (pds et qds)
73
4. Calcul des pertes de précontrainte
4.2. Pertes de précontrainte
a. Pertes instantanées (5 à 10%)
Perte par frottement (f ou Pf )
Les équations d’équilibre se présentent sous la forme (en tenant compte de la
relation du frottement solide (q = .p) :
74
4. Calcul des pertes de précontrainte
4.1. Pertes de précontrainte
a. Pertes instantanées (5 à 10%)
Perte par frottement (f ou Pf )
Déviations parasites (fonction de l’abscisse x)
Un conduit ne suit jamais parfaitement son tracé théorique (poids du câble,
poussée du béton, etc.).
75
4. Calcul des pertes de précontrainte
4.1. Pertes de précontrainte
a. Pertes instantanées (5 à 10%)
Perte par frottement (f ou Pf )
Coefficient de frottement (rd pour le calcul des pertes dues au frottement
77
4. Calcul des pertes de précontrainte
4.1. Pertes de précontrainte
a. Pertes instantanées (5 à 10%)
Perte par recul d’ancrage (g ou Pg )
Lors du report de l’effort du vérin à l’ancrage, le câble subit toujours un léger
raccourcissement g :
Faible dans le cas des ancrages par calage ou vissage (g est de l’ordre de
2mm) dû à la déformation du corps d’ancrage et du tassement des cales,
Plus important dans le cas des ancrages par coincement (g peut atteindre 6mm)
dû au déplacement des torons et des clavettes vers l’intérieur de la pièce avant
leur clavetage. Les notices techniques des procédés définissent, pour chaque
type d’ancrage, la valeur probable de g
78
4. Calcul des pertes de précontrainte
4.1. Pertes de précontrainte
a. Pertes instantanées (5 à 10%)
Perte par recul d’ancrage (g ou Pg )
79
4. Calcul des pertes de précontrainte
4.1. Pertes de précontrainte
a. Pertes instantanées (5 à 10%)
Perte par recul d’ancrage (g ou Pg )
80
4. Calcul des pertes de précontrainte
4.1. Pertes de précontrainte
a. Pertes instantanées (5 à 10%)
Perte par déformation instantanée du béton (n ou Pn )
Post-tension
81
4. Calcul des pertes de précontrainte
4.1. Pertes de précontrainte
a. Pertes instantanées (5 à 10%)
Perte par déformation instantanée du béton (n ou Pn )
Post-tension
82
4. Calcul des pertes de précontrainte
4.1. Pertes de précontrainte
a. Pertes instantanées (5 à 10%)
Perte par déformation instantanée du béton (n ou Pn )
Post-tension
Pour n câbles la perte de tension de part et d’autre des abouts vaut :
∆ ∗ ∗ Soit ∆ ∗ ∗
Pré-tension
∆ ∗ soit ∆
83
4. Calcul des pertes de précontrainte
4.1. Pertes de précontrainte
a. Pertes instantanées (5 à 10%)
Tension initiale dans le câble
Elle correspond à la tension dans le câble après déduction de toutes les pertes
instantanées de précontrainte.
soit ∆
84
4. Calcul des pertes de précontrainte
4.1. Pertes de précontrainte
b. Pertes différées (15 à 20%)
Elles regroupent l’ensemble des pertes se produisant à moyen et long terme dans
le béton et dans les aciers de précontrainte compte tenu de leur caractère
viscoélastique.
Elles se composent de :
85
4. Calcul des pertes de précontrainte
4.1. Pertes de précontrainte
b. Pertes différées (15 à 20%)
Pertes dues au retrait du béton (r ou Pr )
Les câbles, liés au béton à leurs extrémités par les ancrages, et tout au
long de leur tracé par le coulis d’injection, sont astreints à subir les
mêmes variations de déformation que le béton adjacent.
Si t0 est l’âge du béton au moment de la mise en tension d’un câble, la
partie non encore effectuée du retrait vaut :
86
ca endogène, cd dessiccation cs total
4. Calcul des pertes de précontrainte
4.1. Pertes de précontrainte
b. Pertes différées (15 à 20%)
Pertes dues au fluage du béton (fl ou Pfl )
o Des pertes différées de toute nature qui entraînent une évolution progressive
de la tension dans les câbles
o Des différentes phases de construction qui se traduisent par l’application de
nouvelles charges permanentes
87
4. Calcul des pertes de précontrainte
4.1. Pertes de précontrainte
b. Pertes différées (15 à 20%)
Pertes dues au fluage du béton (fl ou Pfl )
Si l’on désigne par σmax et σmin les valeurs extrêmes qu’elle présente
il est facile de montrer, dans le cadre des hypothèses de la viscoélasticité linéaire que
la déformation totale du béton satisfait, à tout instant à :
En pratique, σmin se confond très souvent
avec la contrainte finale σb du béton
adjacent aux armatures dans l’ouvrage
soumis à ses seules charges permanentes
(état à vide) de sorte que
88
4. Calcul des pertes de précontrainte
4.1. Pertes de précontrainte
b. Pertes différées (15 à 20%)
Pertes dues à la relaxation des aciers de précontrainte (p ou Pp )
Un câble tendu à une contrainte voisine de sa limite élastique et dont la longueur
est maintenue constante, voit sa contrainte diminuer au cours du temps (environ
5% pour les bons aciers au bout d’un temps infini ( 500.000 h). Ce phénomène
(relaxation) dépend de :
La composition chimique de l’acier,
Le mode d’élaboration du fil (laminage ou tréfilage),
La tension à laquelle l’acier est soumis
90
4. Calcul des pertes de précontrainte
4.1. Pertes de précontrainte
b. Pertes différées (15 à 20%)
Pertes dues à la relaxation des aciers de précontrainte (p ou Pp )
la perte de tension finale due à la relaxation peut être estimée par la formule
soit ∆
91
4. Calcul des pertes de précontrainte
4.1. Pertes de précontrainte
b. Pertes différées (15 à 20%)
Pertes différées totales (d ou Pd )
∆ ∆ ∆ ∆
, ∆ ∆ ,
. , et . ,
92
4. Calcul des pertes de précontrainte
4.1. Pertes de précontrainte
b. Pertes différées (15 à 20%)
Pertes différées totales (d ou Pd )
∆ ∆ ∆ ∆
, ∆ ∆ ,
Avec EC, on a :
93
4. Calcul des pertes de précontrainte
Application 1
Soit une poutre de longueur 28 m soumise à la précontrainte par 6 câbles de type
7T15 par post-tension.
Données : =0,18 rd-1, =0,002 m-1 ( =0,0044 m-1), g=6 mm, =3,5 MPa,
=10,1 MPa, = 2x10-4, =1770 MPa, , =1583 MPa, =2,5%, =0,43,
=190 GPa
94
4. Calcul des pertes de précontrainte
Application 1
95
4. Calcul des pertes de précontrainte
Application 2
Données : = 0,2984 rd, =0,18 rd-1, =0,002 m-1 ( =0,00428 m-1), g=6 mm,
=15,3 MPa, =11,1 MPa, = 35 MPa, CEM42,5R, = 3x10-4, =1860
MPa, , =1660 MPa, =2,5%, =0,43, =190 GPa
96
4. Calcul des pertes de précontrainte
Application 3
Soit une poutre de 40m de longueur, précontrainte par 4 câbles formés de torons
de classe 1770 de résistance à très basse relaxation (TBR) avec une relaxation
garantie à 1000 heures : = 2,5%, de contrainte de rupture garantie =
1770 MPa et de limite d’élasticité , = 1583 MPa. = 190 GPa.
La mise en tension a lieu à 12 jours sur un béton de résistance = 30 MPa et
= 35 MPa. Le ciment utilisé est du CEM 42,5 R. Le retrait final est = 3x10-4.
Le glissement à l’ancrage est de 5 mm. Les coefficients de frottement valent :
=0,17 rad-1, =0,0016 m-1 ( =0,00398 m-1).
Le câble a une allure parabolique de 40m de longueur et 1,10m de flèche.
La contrainte au centre de gravité des armatures due à l’action des charges
permanentes existantes à la mise en tension à l’action de la précontrainte vaut
= 7,5 MPa.
La contrainte supplémentaire apportée par les actions permanentes, appliquées à
50 jours valent 1 MPa. La contrainte finale maximale valant 7,2 MPa.
97
4. Calcul des pertes de précontrainte
1. Tension à l’origine
2. Pertes instantanées
1. Pertes dues au frottement
2. Pertes dues recul d’ancrage
3. Pertes par déformation instantanée du béton
4. Pertes instantanées totales
3. Pertes différées
1. Pertes dues au retrait du béton
2. Pertes dues au fluage du béton
3. Pertes dues à la relaxation de l’acier
4. Pertes différées totales
4. Pertes totales
5. Tension finale dans le câble (fonction de x et t)
98
Sommaire
Chapitre 1 : Généralités
99
5. Flexion ELS des poutres isostatiques non fissurées
5.1. Généralités
o Calculer les contraintes qui apparaissent dans les sections sous l’effet
des sollicitations de calcul
10
0
5. Flexion ELS des poutres isostatiques non fissurées
5.1. Généralités
Après avoir déterminer les différentes sollicitations par les méthodes au choix, on
aura alors à déterminer :
o Précontrainte P et excentricité e0
10
1
5. Flexion ELS des poutres isostatiques non fissurées
5.2. Notations
Section droite
10
2
5. Flexion ELS des poutres isostatiques non fissurées
5.3. Sollicitations appliquées à une section
a. Sollicitations développées par les actions extérieures
Les actions extérieures (autres que la précontrainte) développent dans une section
un moment fléchissant M, qui est la somme de :
10
3
5. Flexion ELS des poutres isostatiques non fissurées
5.3. Sollicitations appliquées à une section
b. Sollicitations développées par la précontrainte
∑ ∗
10
4
5. Flexion ELS des poutres isostatiques non fissurées
5.4. Contraintes normales dans le béton
a. Contraintes de sollicitation
10
6
5. Flexion ELS des poutres isostatiques non fissurées
5.4. Contraintes normales dans le béton
b. Contraintes limites
Classes de précontrainte
107
5. Flexion ELS des poutres isostatiques non fissurées
Classes de précontrainte
108
5. Flexion ELS des poutres isostatiques non fissurées
Application 1 :
Les câbles sont mise en tension lorsque le béton a plus de 28 jours d’âge.
Outre son poids propre, la poutre est soumise à une charge permanente et à une
surcharge de 0,02 MN/m et 0,027 MN/m respectivement
109
5. Flexion ELS des poutres isostatiques non fissurées
Application 1 :
6 câbles
Type 12T13
Caractéristiques géométriques
Section (m²) (m4) (m) ′ (m)
brute 0,7600 0,397 0,93 1,07
nette 0,7364 0,379 0,91 1,09
homogène 0,7642 0,400 0,94 1,06
110
5. Flexion ELS des poutres isostatiques non fissurées
Application 1 :
Types de section
Section brute
C’est la section du béton seul, telle qu'elle résulte des dessins de coffrage, sans
réduction des conduits et ancrages. Elle est utilisée pour l'évaluation :
des rigidités des différentes pièces constituant la structure (en vue de calculer
111
5. Flexion ELS des poutres isostatiques non fissurées
Application 1 :
Types de section
Section nette
Elle est utilisée pour le calcul des contraintes à l'ELS en classe I et II.
112
5. Flexion ELS des poutres isostatiques non fissurées
Application 1 :
Types de section
Section homogène
113
5. Flexion ELS des poutres isostatiques non fissurées
Application 1 :
Types de section
Section homogène réduite
114
5. Flexion ELS des poutres isostatiques non fissurées
Application 1 :
Fourchette de précontrainte
115
5. Flexion ELS des poutres isostatiques non fissurées
Application 1 :
On constate que la contrainte maximale dans le béton est satisfaite (19 24) et
qu’il n’y a pas de traction dans le béton. La contrainte maximale reste inférieure à
0,45 =18 MPa, pas de risque pour le fluage
116
5. Flexion ELS des poutres isostatiques non fissurées
5.5. Centre de pression et ligne de pression
117
5. Flexion ELS des poutres isostatiques non fissurées
5.5. Centre de pression et ligne de pression
11
8
5. Flexion ELS des poutres isostatiques non fissurées
5.6. Noyau limite et fuseau limite
a. Définition
Le noyau limite est l’intervalle dans lequel doit se trouver le centre de pression
dans une section donnée pour le respect des contraintes admissibles,
11
9
5. Flexion ELS des poutres isostatiques non fissurées
5.6. Noyau limite et fuseau limite
b. Détermination du noyau limite
12
0
5. Flexion ELS des poutres isostatiques non fissurées
5.7. Noyau de passage et fuseau de passage
a. Définition
Dans une section donnée, le noyau de passage est l’intervalle dans lequel doit se
trouver le câble dans une section donnée pour le respect du noyau limite,
12
1
5. Flexion ELS des poutres isostatiques non fissurées
5.8. Valeur minimale de précontrainte
122
5. Flexion ELS des poutres isostatiques non fissurées
5.8. Valeur minimale de précontrainte
123
5. Flexion ELS des poutres isostatiques non fissurées
5.9. Caractère d’une section
a. Section sous-critique
124
5. Flexion ELS des poutres isostatiques non fissurées
5.9. Caractère d’une section
b. Section sur-critique
Lorsque l’excentricité associée à PI ne respecte pas la condition d’enrobage (h), la
solution P = PI est à rejeter, car le câble est mal enrobé. La section est alors sur-
critique et :
125
5. Flexion ELS des poutres isostatiques non fissurées
5.10. Expressions développées de P
Les relations précédentes ne sont guère pratiques pour le calcul de P (car elles
contiennent implicitement P). On utilise les relations ci-dessous :
126
5. Flexion ELS des poutres isostatiques non fissurées
5.11. Section minimale de béton
On obtient la section minimale de béton lorsqu’on atteint les contraintes limites de
compression.
Dans ce qui suit, on suppose que l’on s’astreint de façon systématique, à adopter
les valeurs minimales précédemment trouvées pour la précontraintes (PI, PII).
127
5. Flexion ELS des poutres isostatiques non fissurées
5.11. Section minimale de béton
b. Cas d’une section sur-critique
128
5. Flexion ELS des poutres isostatiques non fissurées
5.12. Récapitulatif
Pour effectuer complètement le dimensionnement d’une section (coffrage et
précontrainte), dans la mesure où l’on dispose d’au moins un degré de liberté
géométrique pour chacune des membrures, et où l’on souhaite atteindre les limites
de compression, on peut écrire 4 équations,
129
5. Flexion ELS des poutres isostatiques non fissurées
5.12. Récapitulatif
b. Hypothèse d’une section sur-critique
130
5. Flexion ELS des poutres isostatiques non fissurées
Application 1
Béton : C40/50
Précontrainte de classe I
Enrobage des câbles : 15 cm
131
5. Flexion ELS des poutres isostatiques non fissurées
Application 2
Soit une poutre de section 50 x 120 cm soumise aux moments minimum de 1,9
MN.m et maximum de 2,4 MN.m.
Béton : C40/50
Précontrainte de classe I
Enrobage des câbles : 15 cm
132
5. Flexion ELS des poutres isostatiques non fissurées
Application 3
Soit une dalle de largeur 1m, de hauteur h et de 15m de portée, soumise à une
charge d’exploitation q=0,05 MN/m2. Le béton utilisé a une résistance de 35 MPa.
Précontrainte de classe II
Enrobage des câbles : 12 cm
• Déterminer la hauteur h
133
5. Flexion ELS des poutres isostatiques non fissurées
Application 4
• Déterminer la hauteur h
134
Sommaire
Chapitre 1 : Généralités
135
6. Flexion ELU des poutres isostatiques
6.1. Généralités
Les justifications vis-à-vis des ELU, complémentaires de l’ELS, s’avèrent
indispensable pour les raisons suivantes :
Un dépassement des charges caractéristiques (prises en compte dans les
calculs aux ELS) est toujours possible,
Il faut donc examiner le comportement des structures sous charges majorées.
137
6. Flexion ELU des poutres isostatiques
6.2. Équilibre d’une section à la rupture
se décompose en trois termes :
138
6. Flexion ELU des poutres isostatiques
6.2. Équilibre d’une section à la rupture
Les allongements des armatures de précontrainte ou leurs variations Δ′ et
Δ′′ corrélatifs des contraintes de tension (variations des tensions) , Δ′ et Δ′′
Δ′
Δ′ d’où Δ′ 5
20.10-3 140
6. Flexion ELU des poutres isostatiques
6.3. Caractérisation d’un état limite ultime
Le pivot C, quant à lui, permet de tenir compte du fait que, lorsqu’une pièce périt
tout en étant partout comprimée, les raccourcissements qu’on y mesure sont
sensiblement plus faibles que sur la fibre comprimée la plus déformée d’une pièce
partiellement tendue à rupture.
10.10-3
20.10-3
141
6. Flexion ELU des poutres isostatiques
6.3. Principe des justifications
Il s’agit de s’assurer que les sollicitations réglementaires de calcul, que nous
désignerons par Sa n’entraîne pas l’apparition d’un état limite ultime dans la section.
a. Sollicitations de calcul
Elle est évaluée non pas à partir des diagrammes caractéristiques contraintes-
déformations des matériaux, mais à partir de leurs diagrammes de calcul
=1,5 =1,15 =1,15
143
6. Flexion ELU des poutres isostatiques
6.3. Principe des justifications
c. Conduite des justifications
144
6. Flexion ELU des poutres isostatiques
Application 2
145
Sommaire
Chapitre 1 : Généralités
146
7. Résistance des sections sous effort tranchant
7.1. Généralités
Alors que la résistance à la flexion conditionne les membrures d’une poutre, c’est la
résistance à l’effort tranchant qui permet de dimensionner les âmes et de préciser
le tracé à donner aux câbles dans les zones où la flexion n’est pas prépondérante.
147
7. Résistance des sections sous effort tranchant
7.1. Généralités
a. Valeur de l’effort tranchant à considérer
Dans la section droite d’une poutre, l’effort tranchant est la composante verticale,
comptée positivement vers le haut, de la somme des forces appliquées à gauche
de la section. Ces forces comprennent :
• les charges extérieures (et leurs réactions d’appui) donnant l’effort tranchant
extérieur Vext ;
• les forces que le câble exerce sur le béton à gauche de la section et qui
génèrent l’effort tranchant isostatique de précontrainte (ou ∑ sin si
plusieurs câbles traversent la section) ;
148
7. Résistance des sections sous effort tranchant
7.1. Généralités
a. Valeur de l’effort tranchant à considérer
Les vérifications à l’effort tranchant doivent donc se faire en considérant deux cas
de charges extrêmes (comme les vérifications à la flexion).
149
7. Résistance des sections sous effort tranchant
7.1. Généralités
b. Tolérances réglementaires
Enfin, il est considéré comme inutile de vérifier les sections situées à une distance
inférieure à h/2 d’un appui intermédiaire d’une poutre continue.
150
7. Résistance des sections sous effort tranchant
7.1. Généralités
c. Expression des contraintes de cisaillement
.
.
• Sur la facette verticale passant par le même point P, une contrainte normale
et le même cisaillement changé de signe
L’angle de fissure la plus probable avec la ligne moyenne de la poutre sera donnée
2
2
152
7. Résistance des sections sous effort tranchant
7.1. Généralités
d. Relation entre cisaillement et contrainte normale
et 0 d’où
2
2
153
7. Résistance des sections sous effort tranchant
7.2. Dispositions réglementaires à ELS
Les essais effectués sur des poutres précontraintes soumises à des efforts de
cisaillement ont mis en évidence l’existence de deux modes de rupture du béton
La seconde formule est rarement prépondérante et n’est utilisée que dans le cas
d’éléments soumis à de fortes compressions longitudinales (si 0,4 )
̅ min ̅ ; ̅
154
7. Résistance des sections sous effort tranchant
7.2. Dispositions réglementaires à ELS
̅ 0,4
̅ 2 0,6
̅ min ̅ ; ̅
On vérifie que ̅
155
7. Résistance des sections sous effort tranchant
7.3. Dispositions réglementaires à ELU
a. Justification des armatures transversales
sin sin
. . .
3 sin sin
156
7. Résistance des sections sous effort tranchant
7.3. Dispositions réglementaires à ELU
a. Justification des armatures transversales
• Pourcentage minimum d’armatures
Pour éviter une rupture fragile due à l’effort tranchant, on disposera un minimum
d’armatures transversales de façon à satisfaire :
• Écartement maximum
157
7. Résistance des sections sous effort tranchant
7.3. Dispositions réglementaires à ELU
a. Justification de la bielle de béton
158
7. Résistance des sections sous effort tranchant
Application
Soit une travée isostatique de 20m de portée précontrainte par 2 câbles
paraboliques. La section est armée transversalement par des étriers passifs
verticaux. Le diamètre extérieur des gaines de câbles est de 70mm. L’inclinaison
des câbles à l’abscisse h/2 est de 7,69°.
159
Projet (Pont-Dalle)
On se propose de dimensionner la section du béton et la précontrainte d’un pont-
dalle de 26m de portée en classe II de précontrainte pour une charge A(l)=12kN/m2
et des superstructures représentant la chaussée, les trottoirs, les gardes-corps et
divers de 3 kN/m2.
160