RÉPUBLIQUE DE GUINÉE
Ministère de l’enseignement supérieur
et de l’innovation technologique
UNIVERSITÉ GAMAL ABDEL NASSER DE CONAKRY
Faculté des Sciences et Techniques en Santé
Cours de Sante Publique
Surveillance épidémiologique
1. Pr. Agr. Sidikiba SIDIBE
2. Dr. Gnoumè CAMARA
Cours de bases de la surveillance
épidémiologique
Objectifs pédagogiques
▪ Décrire des différents types de surveillance épidémiologique
▪ Décrire les étapes de mise en œuvre d’un système de surveillance
épidémiologique
▪ Evaluer un système de surveillance épidémiologique
Plan du cours
Introduction
Objectifs et composantes d’un système de surveillance
Types de surveillance épidémiologique
Etapes de mise en place d’un système de surveillance épidémiologique
Evaluation d’un système de surveillance
Conclusion
Introduction
1. Définition de la surveillance épidémiologique :
Processus systématique et continu de collecte, d’analyse, d’interprétation et de
diffusion des données sanitaires pour la planification, la mise en œuvre et
l’évaluation des interventions.
2. Importance :
o Détection précoce des épidémies.
o Suivi des tendances épidémiologiques.
o Aide à la prise de décision en santé publique.
SÉQUENCE DES FONCTIONS DE SURVEILLANCE
Analyser et Investiguer
Détecter Notifier
interpréter
Épidémie Confirmer
Préparer/
Répondre
Communiquer Évaluer
(Rétro-information)
Objectifs et composantes d’un système de surveillance
1. Objectifs de la surveillance :
• Détecter précocement les épidémies.
• Evaluer les tendances des maladies (incidence, prévalence).
• Identifier les groupes à risque.
• Soutenir les politiques et la prise de décision.
• Evaluer l’impact des interventions.
1. Objectifs de la surveillance :
❑ Détecter précocement les épidémies.
• Mettre en œuvre rapidement des mesures de contrôle et de prévention
(vaccination, isolement, campagnes de sensibilisation, etc.).
• Limiter la propagation de l’épidémie et réduire les conséquences
sanitaires, sociales et économiques.
• Identifier la source de l’épidémie pour interrompre la chaîne de
transmission.
1. Objectifs de la surveillance :
❑ Evaluer les tendances des maladies (incidence, prévalence).
La surveillance fournit des données épidémiologiques régulières sur les
maladies. Elle permet de :
• Suivre l’évolution dans le temps (augmentation ou diminution) de la
fréquence des maladies.
• Estimer l’incidence (nombre de nouveaux cas) et la prévalence (nombre
total de cas existants à un moment donné).
• Repérer les fluctuations saisonnières ou les changements structurels dans
les modèles de morbidité.
1. Objectifs de la surveillance :
❑ Identifier les groupes à risque.
La surveillance permet d’analyser les données selon différents paramètres :
âge, sexe, profession, situation géographique, etc. Cela aide à :
• Repérer les populations les plus touchées.
• Adapter les stratégies de prévention et de communication aux besoins
spécifiques de ces groupes.
• Mieux comprendre les facteurs de risque associés à la maladie.
1. Objectifs de la surveillance :
❑Soutenir les politiques et la prise de décision.
Les données de surveillance sont essentielles pour les décideurs politiques et
les autorités de santé publique. Elles permettent de :
• Justifier les décisions basées sur des preuves (evidence-based decision
making).
• Allouer efficacement les ressources (humaines, matérielles, financières).
• Mettre en place des programmes de santé ciblés et suivre leur mise en
œuvre.
1. Objectifs de la surveillance :
❑Soutenir les politiques et la prise de décision.
Les données de surveillance sont essentielles pour les décideurs politiques et
les autorités de santé publique. Elles permettent de :
• Justifier les décisions basées sur des preuves (evidence-based decision
making).
• Allouer efficacement les ressources (humaines, matérielles, financières).
• Mettre en place des programmes de santé ciblés et suivre leur mise en
œuvre.
2. Composantes d’un système de surveillance :
❑ Collecte des données
• Sources : structures de santé, enquêtes, notifications des cas..
• Types de données : Démographique, clinique, biologique socio
économique….
❑ Analyse des données.
• Description;
• Détection d'épidémies;
• Identification des facteurs de risque.
2. Composantes d’un système de surveillance :
❑ Interprétation des données
• Evaluation des tendances;
• Identification des besoins
❑ Diffusion de l’information :
• Rapports épidémiologiques;
• Alertes sanitaires.
❑ Utilisation des résultats
• Planification
• Evaluation:
Types de la surveillance
1. Surveillance passive
o Définition : Les données sont rapportées par les structures de santé sans
sollicitation spécifique.
o Exemples : Registres de maladies infectieuses, déclarations obligatoires (ex
: rougeole, paludisme).
o Avantages : Peu coûteuse, bonne couverture géographique.
o Limites : Sous-déclaration, dépendance à la qualité des systèmes locaux.
2. Surveillance active
o Définition : Les agents de santé ou enquêteurs collectent activement les
données en recherchant des cas sur le terrain (recherche pro-active).
o Exemples : Recherche de cas de poliomyélite ou d’Ebola.
o Avantages : Detection plus précise , données de meilleure qualité et
exhaustives
o Limites : Coûteuse et nécessitant beaucoup de ressources.
3. Surveillance basée sur les laboratoires
o Définition : surveillance de l’agent pathogène dans les echantillons
biologique.
o Exemples : recherche de cas de poliomyélite ou d’Ebola.
o Avantages : identifier rapidement les résistances aux antimicrobiens et de
suivre l'évolution génétique des agents pathogènes.
o Limites : nécessite des laboratoires équipés et du personnel qualifié.
4. Surveillance sentinelle
o Définition : surveillance menée dans des sites ou populations spécifiques
pour fournir des données représentatives.
o Exemples : surveillance de la grippe dans des centres de santé sentinelle.
o Avantages : soins coûteuse que l’active, données rapides et fiables.
o Limites : pas représentative de toute la population.
5. Surveillance syndromique
o Définition : collecte de données basées sur des syndromes ou des
symptômes plutôt que sur des diagnostics confirmés.
o Exemples : surveillance des symptômes grippaux dans les urgences.
o Avantages : détection précoce, utile pour des maladies émergentes, les
flambées rapides ( grippe et gastro-entérique)
o Limites : risque de faux positifs, nécessite une validation ultérieure.
6. Surveillance participative
o Définition : implication directe des communautés dans la collecte des
données.
o Exemples : signalements communautaires pour la grippe ou les zoonoses.
o Avantages : mobilisation communautaire, bonne couverture locale.
o Limites : formation nécessaire, données parfois subjectives.
7. Surveillance basée sur les événements (SBE)
o Définition : surveillance reposant sur la collecte d’informations provenant
de sources formelles et informelles. Identification d’événements inhabituels
ou de signaux.
o Exemples : médias, réseaux sociaux, alertes communautaires.
o Avantages : rapide et flexible, utile pour détecter les épidémies.
o Limites : nécesite une analyse rigoureuse des données non structurées.
Etapes de mise en place et évaluation d’un système de
surveillance
1. Etapes de mise en place d’un systeme de surveillance:
❑ Définir les objectifs spécifiques
Il s’agit de préciser ce que le système vise à accomplir. Ces objectifs orienteront
tout le reste du processus :
• Souhaite-t-on détecter les flambées épidémiques ?
• Suivre l’évolution d’une maladie chronique ?
• Surveiller l’efficacité d’un programme de santé ?
• Cibler une maladie particulière ou plusieurs ?
1. Étapes de mise en place d’un systeme de surveillance:
❑ Identifier les sources et les types de données nécessaires.
Cette étape vise à déterminer où et comment obtenir les informations utiles :
• Sources : hôpitaux, centres de santé, laboratoires, pharmacies, enquêtes
communautaires, etc.
• Types de données :Démographiques : âge, sexe, localisation…
Cliniques : symptômes, diagnostics, évolution…
Laboratoires : résultats de tests…
Comportementaux : habitudes, expositions, pratiques à risque
1. Étapes de mise en place d’un systeme de surveillance:
❑ Former les équipes et attribuer les rôles.
Un système de surveillance nécessite des ressources humaines bien organisées
• Définir les rôles de chacun : collecte, saisie, analyse, supervision,
communication…
• Former le personnel à l’utilisation des outils, à la gestion des données, au
respect de la confidentialité.
• Mettre en place une chaîne de responsabilité claire pour garantir la fluidité
de l’information.
1. Étapes de mise en place d’un systeme de surveillance:
❑ Elaborer des outils de collecte et des systèmes d’analyse.
Il faut développer des moyens standardisés et efficaces pour collecter, centraliser
et analyser les données :
• Fiches de notification, formulaires électroniques, applications mobiles…
• Logiciels d’analyse de données (ex : Excel, DHIS2, Epi Info, etc.).
• Protocoles pour la transmission, validation, traitement et interprétation des
données.
1. Étapes de mise en place d’un systeme de surveillance:
❑ Tester le système et le déployer.
Avant de généraliser le système, il est crucial de le tester à petite échelle (phase
pilote) :
• Vérifier la fonctionnalité des outils et la réactivité du système.
• Repérer les failles ou obstacles logistiques, techniques ou humains.
• Ajuster en fonction des retours d’expérience, puis procéder au déploiement
à plus grande échelle.
Attributs d’un Système de Surveillance
Les attributs d’un système de surveillance
❑ Simplicité
Un système simple est facile à comprendre, à mettre en œuvre et à gérer :
• Utilise des outils et procédures clairs et accessibles.
• Nécessite peu de formation spécialisée.
• Permet une collecte de données rapide, sans surcharge de travail.
Un système trop complexe peut décourager les utilisateurs de terrain,
ralentir le processus et compromettre la qualité des données
Les attributs d’un système de surveillance
❑ Flexibilité
Il doit pouvoir s’adapter rapidement à :
• De nouvelles maladies émergentes.
• Des modifications dans les critères de surveillance.
• Des contextes différents (zones rurales vs urbaines, conflits, catastrophes).
Par exemple, un système conçu pour surveiller la grippe doit pouvoir intégrer
rapidement la surveillance d’un nouveau virus respiratoire comme le SARS-
CoV-2.
Les attributs d’un système de surveillance
❑ Acceptabilité
Cela fait référence au niveau d’engagement et de participation des parties
prenantes (agents de santé, population, autorités) :
• Si le système est perçu comme utile et simple, l’adhésion sera plus grande.
• La confidentialité, la charge de travail et la motivation influencent cette
acceptabilité.
Une forte acceptabilité améliore la qualité et la complétude des données
recueillies.
Les attributs d’un système de surveillance
❑ Sensibilité
C’est la capacité du système à détecter un maximum de cas réels, même en
faible nombre :
• Un système sensible permet une détection précoce des flambées.
• Il dépend de la qualité des données, des critères de définition de cas, et de
la vigilance des observateurs.
Une faible sensibilité peut retarder les réponses sanitaires.
Les attributs d’un système de surveillance
❑ Valeur prédictive positive
La VPP mesure la proportion de cas détectés qui sont réellement des cas
confirmés :
• Une VPP élevée signifie que le système ne donne pas trop de faux positifs.
• Cela évite le gaspillage de ressources sur des alertes injustifiées.
Par exemple, si 100 cas suspects sont notifiés et que 80 sont confirmés, la VPP est
de 80 %.
Les attributs d’un système de surveillance
❑ Représentative
Un bon système reflète fidèlement la distribution des maladies dans l’ensemble de
la population cible :
• Couvre toutes les zones géographiques concernées (pas seulement les grandes
villes).
• Inclut toutes les catégories de population (âge, sexe, statut socio-économique).
Cela permet d’éviter des biais qui fausseraient l’évaluation de la situation sanitaire.
Les attributs d’un système de surveillance
❑ Rapidité
Il est important que le système transmette et traite les données en temps opportun :
• La rapidité est cruciale pour déclencher rapidement des actions de contrôle.
• Elle concerne le délai entre : détection → notification → analyse → réponse.
Un bon exemple est la surveillance des maladies à déclaration obligatoire où les
délais sont très courts.
Les attributs d’un système de surveillance
❑ Stabilité
Il s’agit de la capacité du système à fonctionner de manière continue et fiable,
même en période de crise :
• Résistance aux interruptions (pannes, changements de personnel, conflits...).
• Durabilité sur le long terme (financements, matériel, motivation des équipes).
Un système stable permet un suivi constant et de qualité dans le temps.
Les attributs d’un système de surveillance
❑ Coût
Il est essentiel de prendre en compte les ressources nécessaires au fonctionnement
du système :
• Ressources humaines, matérielles, logistiques et financières.
• Il faut viser un bon rapport coût-efficacité, surtout dans les contextes à
ressources limitées.
Un système très performant mais trop coûteux peut être non viable sur le long
terme.
Cadre d’Evaluation de la Surveillance en Santé Publique
Méthodologie d’évaluation d’un système de surveillance
• Definir l’objectif du projet
• Identifier les parties prenantes
• Decrire le système existant
• Sélectionner les critères d’évaluation
• Collecter et analyser les données
• Fournir des recommandations
Méthodologie d’évaluation d’un système de surveillance
❑ Definir l’objectif du projet
Avant toute chose, il est essentiel de préciser pourquoi on évalue le système :
• Vérifier son efficacité ou sa performance ?
• Identifier ses faiblesses ?
• Proposer des améliorations ?
• Rendre compte aux partenaires ou aux bailleurs de fonds ?
Exemple : L’objectif peut être de savoir si le système permet une détection rapide
des flambées de choléra dans une région donnée
Méthodologie d’évaluation d’un système de surveillance
❑ Identifier les parties prenantes.
Les parties prenantes sont les personnes ou institutions concernées par le système
ou qui en dépendent :
• Agents de santé, responsables de programme, ministères, partenaires
techniques et financiers, ONG, communautés locales.
• Les impliquer permet d’obtenir leur avis, soutien, et engagement, mais aussi
de garantir la prise en compte de leurs attentes.
Exemple : Les autorités sanitaires locales peuvent aider à mieux comprendre les
défis rencontrés sur le terrain.
Méthodologie d’évaluation d’un système de surveillance
❑ Decrire le système existant
Il s’agit de dresser un portrait détaillé et factuel du système de surveillance :
• Quelles maladies sont surveillées ?
• Quels sont les circuits de collecte et de transmission des données ?
• Quels outils et méthodes sont utilisés ?
• Quelles ressources humaines et financières sont mobilisées ?
Cette étape sert de base de référence pour juger du fonctionnement du système.
Méthodologie d’évaluation d’un système de surveillance
❑ Sélectionner les critères d’évaluation
Pour évaluer un système, il faut choisir des indicateurs pertinents, tels que :
• Simplicité, flexibilité, sensibilité, acceptabilité, rapidité, représentativité,
stabilité, coût…
• Ces critères doivent être mesurables, adaptés au contexte et en lien avec les
objectifs fixés.
Exemple : Si l’objectif est d’évaluer la détection rapide, on se concentrera
particulièrement sur la rapidité et la sensibilité.
Méthodologie d’évaluation d’un système de surveillance
❑ Collecter et analyser les données
Une fois les critères définis, il faut recueillir les informations qualitatives et
quantitatives nécessaires :
• Entretiens, questionnaires, données de surveillance existantes, observations
de terrain…
• L’analyse permettra de mesurer la performance du système selon chaque
critère et d’identifier les points forts et faibles.
Exemple : Comparer les délais de notification entre différents districts pour évaluer
la réactivité.
Méthodologie d’évaluation d’un système de surveillance
Techniques de collecte des données :
▪ Entrevues avec les parties prenantes.
▪ Revues de documents.
▪ Visites sur le terrain.
▪ Analyse des bases de données existantes.
Méthodologie d’évaluation d’un système de surveillance
❑ Fournir des recommandations
Enfin, il faut formuler des recommandations claires et pratiques, en lien
direct avec les résultats de l’évaluation :
• Propositions d’amélioration (formation, simplification des outils,
renforcement de la supervision…).
• Orientations stratégiques ou opérationnelles pour rendre le système plus
efficace.
• Ces recommandations doivent être priorisées, réalistes, et
accompagnées d’un plan d’action si possible.
Méthodologie d’évaluation d’un système de surveillance
3. Critères d’évaluation d’un bon système de surveillance
• Simplicité • Spécificité
• Flexibilité • Rapidité:
• Acceptabilité • Représentativité
• Sensibilité • Coût-efficacité
Méthodologie d’évaluation d’un système de surveillance
4. Défis dans l’évaluation des systèmes de surveillance
o Limites de données.
o Faible implication des parties prenantes.
o Manque de ressources financières et humaines.
o Résistance au changement.
Méthodologie d’évaluation d’un système de surveillance
5. Indicateurs clés pour le suivi des performances
o Taux de couverture.
o Délais entre la détection et la réponse.
o Coût par cas détecté.
o Proportion de données complètes et fiables.
Conclusion
le système de surveillance épidémiologique joue un rôle crucial dans la détection
précoce, le suivi et la gestion des épidémies. Il constitue un pilier fondamental
pour la santé publique en permettant une réponse rapide et appropriée face aux
menaces sanitaires. L'efficacité du système repose sur la collecte de données
fiables, l'analyse en temps réel et la diffusion d'informations aux autorités
sanitaires. Cependant, pour optimiser sa performance, il est essentiel de
renforcer la coordination entre les différents acteurs impliqués, d'améliorer les
capacités de gestion des données et d'investir dans la formation continue des
professionnels de la santé.
Je vous remercie