Maladies Infectieuses de L'enfant: Le Grand Retour ?: Chapitre
Maladies Infectieuses de L'enfant: Le Grand Retour ?: Chapitre
Maladies infectieuses
de l’enfant : le grand retour ?
Points essentiels
■ Les inégalités épidémiologiques et vaccinales se constatent au niveau mondial,
au niveau local dans un même pays et/ou sont saisonnières.
■ Une refonte du calendrier vaccinal français a eu lieu en 2013.
■ Seules les vaccinations diphtérie, tétanos et poliomyélite sont obligatoires en
France.
■ Plus la couverture vaccinale est forte, moins la maladie est visible, ce qui fait
croire à sa disparition et que sa vaccination pourrait en devenir inutile.
■ La vaccination recommandée pour les personnels de santé en contact avec la
petite enfance concerne la grippe et la coqueluche.
■ Un grand nombre des maladies infectieuses sont contagieuses avant
déclaration des symptômes (grippe, varicelle) éventuellement par portage
« sain » (coqueluche) ou présentation subclinique (oreillons, hépatite).
■ Les moins de 1 an sont plus souvent atteints et généralement de manière plus
grave.
■ L’Infirmier Organisateur de l’Accueil (IOA) est particulièrement exposé au
risque infectieux.
■ Il est nécessaire d’être philosophe sans fatalisme : on soigne dans un monde
de germes, il est illusoire d’espérer y échapper mais les mesures de protection
sont faites pour s’en servir.
1. Introduction
2. Classification
2 ■ PÉDIATRIE
3. Évolution de l’épidémiologie
des principaux agents pathogènes
4 ■ PÉDIATRIE
circovirus d’origine porcine dont des fractions d’ADN sans particules virales ont été
repérées dans le vaccin rotavirus mais sans conséquence sanitaire pour l’homme.
Deux vaccins ont été particulièrement décriés suite à une augmentation de
l’incidence de pathologies inhabituelles : des cas d’invagination intestinale suite
au vaccin rotavirus vivant atténué et de narcolepsie sur vaccination grippe mais ce
second phénomène a été restreint aux pays nordiques et à la Chine ; il s’agit
vraisemblablement d’un événement multifactoriel (10). Aux États-Unis et au
Canada une surveillance particulière des effets secondaires du vaccin grippe
pandémique a été rassurante (2). En ce qui concerne l’augmentation du risque
d’invagination intestinale sur vaccin rotavirus, il est limité à la semaine suivant la
première dose vaccinale, surtout chez les enfants âgés de 6 à 12 mois et ne
multiplie que par 1,8 l’incidence des invaginations. Il est dès lors préférable
d’administrer la première dose avant 6 mois et d’exercer une surveillance digestive
durant la première semaine postvaccin (2, 13).
Un vaccin agit spécifiquement sur un agent pathogène mais permet aussi parfois
de réduire certaines infections « collatérales » comme dans le cas du vaccin grippe
par rapport aux otites moyennes aiguës (10) ou le vaccin ROR sur les
pneumonies (14).
Une recommandation universelle de vaccination permet d’obtenir une couverture
vaccinale supérieure à 80 %, ce qui est le cas en France pour la vaccination ROR,
hépatite B, DTPCa, antipneumococcique. Ces taux étaient en progression sensible
entre 2008 et 2011 pour ces enfants de moins de 7 ans (15).
Depuis 2013, le calendrier vaccinal français a subi une refonte notamment
marquée par la suppression des injections à 3 mois et 16 ans, un rappel
supplémentaire contre la coqueluche à 6 ans, un retour à l’âge de 12 mois pour la
première dose ROR et l’avancement de la vaccination HPV à 11 ans. Ce schéma a
déjà été appliqué avec succès dans d’autres pays et n’a pas montré
d’augmentation de certaines maladies à prévention vaccinale. Il est à noter que
seules les vaccinations diphtérie tétanos et poliomyélite sont obligatoires en
France (16).
Quelques pathogènes demeurent sans solution vaccinale tandis que différentes
équipes y travaillent : Ebola, salmonelles, Staphylocoque doré, plasmodium du
paludisme, HIV.
7. Rôle infirmier
Le rôle infirmier est basé sur les principes de soins habituels sauf en ce qui
concerne l’action infirmière au tri et à l’accueil du patient ainsi qu’en termes de
mesure de protection et d’isolement.
Dès le tri, un haut index de suspicion doit être accordé aux enfants dont
l’anamnèse rapporte un contage familial ou du système d’accueil quotidien, les
retours de voyage, l’appartenance à une famille migrante ou aux gens du voyage
en évitant toute stigmatisation. La transmission ciblée de l’information doit être
6 ■ PÉDIATRIE
réalisée oralement et sur un support écrit à l’infirmier en charge du secteur de
soins. Les mesures d’isolement et/ou de protection en attendant confirmation du
diagnostic doivent être respectées : masque et gants lors des soins, désinfection
systématique des mains, désinfection du local après isolement.
7.1.1. Rougeole
Cette maladie virale réapparaît régulièrement sous forme d’épidémie limitée
géographiquement et de manière saisonnière. La rougeole reste un élément de
surveillance suite à trois vagues épidémiques observées entre 2008 et 2011 ; les
incidences les plus élevées en octobre 2013 sont, par exemple, localisées dans le
sud-est français (4). En Angleterre, on diagnostique 1 000 cas par an. La
vaccination n’ayant lieu qu’à 12 mois, les plus jeunes ne sont pas protégés et les
mères plus âgées possèdent de moins en moins d’anticorps. De manière générale,
la moindre circulation du virus dans la population diminue les expositions et donc
n’entretient pas l’immunité acquise par le vaccin. Lors de la contamination, la
multiplication virale, et par là même la contagiosité, précède les signes cliniques,
raison pour laquelle la transmission nosocomiale notamment en salle d’urgence
existe réellement : 72 % des cas de rougeole nosocomiale en France ont concerné
des soignants… Le risque de complications pulmonaires et cérébrales est réel et
concerne essentiellement le nourrisson pour lequel le taux de mortalité est le plus
élevé (6 décès en France en 2011). Le vaccin vivant atténué est combiné à celui de
la rubéole et des oreillons. Une vaccination post exposition de deux doses peut
être réalisée dans les 72 heures suivant le contact (21). L’incubation dure deux
semaines et l’enfant est déjà contagieux avant le début de l’éruption et ensuite
pendant encore une semaine. La contagiosité est la plus forte lors des épisodes de
toux. Les symptômes peuvent se résumer avec trois « C » : « cough » (toux),
coryza et conjonctivite. La température apparaît avec la toux et le rash survient au
troisième jour. Le rash est maculopapuleux rouge et débute des oreilles vers tout
le corps pour desquamer la semaine suivante. Les fameuses taches de Koplick,
difficiles à voir, sont blanches et situées au niveau de la muqueuse buccale. Elles
précèdent le rash et sont spécifiques à la rougeole. Hormis l’isolement, le
traitement est symptomatique (22).
Purpura Mono-
Rougeole Varicelle Scarlatine Rubéole Lyme
fulminans nucléose
Agent virus Virus herpès Streptocoque A Togavirus chez Méningocoque Virus Epstein Borrelia
infectieux, chez 5-15 ans 5-9 ans Barr chez > Burgdorferi
population cible 2 ans et ados chez les
5-15 ans
Incubation, 10 jours ou + 2 semaines 3 à 4 jours, 2 à 3 sem. 2 à 10 jours 4-6 semaines 2-3 semaines,
incidence hiver-printemps plus rare en
saisonnière hiver
Évolution : 2 semaines, 2-3 poussées 2 semaines 3 jours, Évolution 1mois avec La durée sera
durée, taches de sur 10 j. adénopathies rapide, guérison altération état fonction du
particularités Köplick dans la rétro- déclarée après général, angine, diagnostic
bouche avant le auriculaires et 2 résultats adéno- et du
rash occipitales négatifs pathie, … traitement,
souvent
associée avec
arthrite
du genou
Contagiosité 6 jours avant et par contact 24 h avant et 3 1 semaine avant Par la salive ; Contact direct aucune
4 jours direct avec la semaines après le rash et finit prophylaxie de avec la salive
après le rash, salive ou les le rash, par avec la fin de l’entourage,
gouttelettes croûtes, par contact direct l’éruption, par la
émises lors de la aéroportage avec la salive ; salive
toux et par la prophylaxie
salive entourage
Précautions Masque filtrant Masque filtrant, Masque ou Masque ou Masque ou hygiène Aucune, enlever
additionnelles gants, blouse masque filtrant masque filtrant masque filtrant personnelle les tiques dès
au tri, en plus de si risque si risque d’aéro- si risque préventive que possible
la désinfection d’aérosolisation solisation d’aérosolisation,
des mains et des isolement
mesures
standardisées*
* par mesures standardisées, on entend la manipulation prudente du matériel contaminé, le port de lunettes de
protection-masque-tablier s’il y a risque de projections et port des gants s’il y a risque de contact potentiel avec
sang, liquide physiologique, muqueuse, sécrétions des muqueuses, lésions cutanées.
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Committee, 2007 Guideline for Isolation Precautions: Preventing Transmission of Infectious Agents in Healthcare
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8 ■ PÉDIATRIE
Les formes graves s’observent plus chez les enfants asthmatiques ou
immunodéprimés, en période néonatale et chez les nourrissons de moins de un an
qui présentent une mortalité quatre fois plus élevée, Elles sont alors très extensives
et/ou hémorragiques, peuvent se compliquer d’une méningo-encéphalite, d’une
pneumopathie, d’une bactériémie ou d’une fascéite nécrosante suite à la
surinfection cutanée.
Le traitement est symptomatique en évitant l’aspirine à cause du risque de
syndrome de Reye : paracétamol, AINS, antiprurigineux de la classe des anti H1.
Les soins locaux consistent en bains tièdes (bi)quotidiens avec un savon
dermatologique. En cas de complication bactérienne, le traitement antibiotique
est instauré. Le traitement antivital doit suivre les recommandations AMM mais
peut être discuté en cas de formes graves et de varicelle périnatale. Les
immunoglobulines ne sont plus disponibles en France.
7.1.3. Scarlatine
Cette maladie classique de l’enfance peut émerger en pic d’épidémie, comme à
Hong Kong en 2011 et sa forme invasive peut être mortelle, nécessitant une
prophylaxie familiale (24). En France, on a également constaté une augmentation
des formes invasives et l’émergence de souches résistantes aux traitements par
macrolides (25).
Un défi diagnostique est de distinguer la scarlatine de la maladie de Kawasaki,
cette dernière provoquant des lésions coronaires dès l’enfance. La maladie de
Kawasaki est une vasculite tandis que la scarlatine est caractérisée par un
érythème papulaire résultant de la production d’une toxine de streptocoque
bêtahémolytique A souvent retrouvée dans la pharyngite concomitante. Le pic de
scarlatine survient en hiver ou au début du printemps et concerne généralement
les enfants âgés de 5 à 15 ans. La présence d’une forte fièvre ainsi que l’apparition
en moins de 48 heures d’un rash avec effet « papier de sable » et pâleur
péribuccale constituent ses principaux éléments diagnostics. L’apparition de la
langue « framboise » est également typique. Le frottis sera à 95 % positif dans
la recherche de streptocoque bêtahémolytique A. Le traitement doit être
antibiotique et antipyrétique avec respect de règles d’hygiène simple : lavage des
mains et changement de brosse à dent (26).
7.1.4. Rubéole
Avant la vaccination, le togavirus cause de rubéole était commun chez les enfants
entre 5 et 9 ans, survenant par épidémie en cycle toutes les quelques années. La
vaccination entreprise dans les années 1970 chez les filles adolescentes a permis
de réduire son incidence mais en gardant une population masculine non protégée.
La vaccination des bébés tous sexes confondus a seulement débuté dans les
années 1990. Son incidence au niveau mondial est élevée dans les pays où la
vaccination n’est pas suffisante voire inexistante et 57 cas ont été diagnostiqués
en Angleterre durant la première moitié de 2012. La rubéole incube durant 2 à
3 semaines, est contagieuse une semaine avant l’apparition d’un rash qui migre
graduellement vers les pieds. Des adénopathies rétroauriculaires et occipitales
7.1.5. Variole
Encore aujourd’hui, l’hôte naturel et l’origine de ce virus restent inconnus.
Considérée comme éradiquée de la surface de la terre depuis 1979, des stocks de
virus de la variole sont conservés en différents endroits à des fins probables de
recherche. Son utilisation en bio terrorisme reste dans les esprits et ne serait pas
neuve car les Britanniques avaient déjà utilisé des couvertures de malades pour
disperser le virus au sein de l’armée adverse dès le XVe siècle… La vaccination par
virus vivant atténué a permis la protection des populations à partir des essais de
Jenner en 1796 et a abouti à des vaccins de troisième génération, dont l’utilisation
a été stoppée depuis 1984. Les effets secondaires de la vaccination n’étaient pas
toujours anodins, entraînant ce qui était dénommé « maladie de la vaccine »,
parfois létale. On a ainsi extrapolé qu’en cas de menace avérée de bio terrorisme,
la vaccination de l’ensemble du personnel soignant dans les quatre jours suivant
l’exposition, mènerait à une dizaine de décès et un certain nombre
d’encéphalites… Les modalités de vaccination sont particulières (injection en
anneau par 10 ou 15 pressions successives) (28).
Les « cinquième » (roséole) et « sixième » (érythème infectieux aigu) maladies
éruptives de l’enfant ne sont pas évoquées dans cet article au vu de leur bénignité
et de leur contagiosité limitée.
10 ■ PÉDIATRIE
Tableau 2 – Bacterial Meningitis Score (score prédictif) :
bacilles Gram + 2 0
7.2.2. Coqueluche
Bordetella Pertussis est une bactérie cause de la coqueluche et son expression
clinique est très variable, ce qui peut rendre son diagnostic difficile. Les formes
graves et compliquées du nourrisson peuvent être de pronostic réservé, surtout dans
la forme maligne. La gravité de la maladie est déterminée par l’âge de l’enfant et son
statut vaccinal : plus le sujet est jeune, plus la gravité et les complications seront
présentes. La mortalité dans les pays industrialisés est estimée à 0,2 % mais la
coqueluche participe aussi à la mort subite du nourrisson par le phénomène
d’apnée. La toux est le principal symptôme. Le contage se fait par voie respiratoire
au contact du malade. La phase d’incubation peut durer deux semaines suivie par
dix jours de catarrhe avec toux ; le sujet est alors extrêmement contagieux. La
distinction avec une virose respiratoire classique a lieu lorsque la toux devient
persistante, caractérisée par des quintes répétées sans inspiration efficace et qui se
finissent par une reprise respiratoire sonore comparée au chant du coq. Des
vomissements peuvent accompagner la toux. Cette période de toux peut durer un
mois mais la convalescence est lente et voit survenir encore des quintes sur
hyperréactivité bronchique. La survenue de coqueluche chez un sujet vacciné est
fréquente mais sa forme clinique en sera atténuée avec un « chant du coq » souvent
absent. Chez le petit nourrisson, cette phase sonore peut également faire défaut,
rendant le diagnostic moins facile mais les quintes restent prolongées, émétisantes
et souvent cyanosantes. Elles sont alors cause d’accès hypoxiques, d’apnées ou de
bradycardie et peuvent compromettre l’hydratation suite aux vomissements. Le
début de la maladie chez le bébé peut mimer une bronchiolite lorsque l’atteinte
initiale est plus sévère. La radio de thorax et la NFS permettent d’éliminer d’autres
12 ■ PÉDIATRIE
diagnostics ; la recherche du virus par aspiration naso pharyngée permet de
confirmer la coqueluche. Une bronchopneumonie constitue une complication chez
un nourrisson sur cinq. Les complications neurologiques ou nutritionnelles sont rares
dans les pays industrialisés (36). La vaccination devrait aussi être proposée aux
parents et grands-parents dans une stratégie de « cocooning » car l’immunité
acquise par vaccin n’est pas durable (16).
7.2.4. Tuberculose
Plus l’enfant est jeune, plus grand sera le risque de contamination au contact d’un
adulte infecté surtout en intrafamilial. En cas de contact tuberculeux, le traitement
est le même depuis plusieurs années : recherche de l’infection et bithérapie par
isoniazide et rifampicine, prophylaxie systématique chez le moins de 2 ans et jusqu’à
5 ans suivant le pédiatre, surveillance avec bilan à 3 mois du contact. Le diagnostic
repose sur les résultats de la radio de thorax mais elle ne permet pas toujours de voir
les petites adénopathies qui seront mieux détectées par une tomodensitométrie.
L’intradermoréaction (IDR) peut être faussement négative et ne suffit pas à
différencier la tuberculose latente d’un simple contage sans infection ou d’une
vaccination antérieure (IDR acceptable dans ce cas jusque 18 mm). Le tubage
gastrique à jeun avec recherche du bacille de Koch est réservé à l’enfant hospitalisé.
La vaccination ne permet pas toujours d’éviter la maladie (37).
7.3.4. Mononucléose
Le virus d’Epstein Barr est un herpèsvirus, introduit dans l’organisme par la salive.
Il peut demeurer latent chez 15 à 25 % des sujets non symptomatiques. La
14 ■ PÉDIATRIE
tranche d’âge la plus touchée est l’adolescence de par les contacts sociaux directs
et elle est rare avant deux ans, l’enfant plus grand peut être contaminé par des
jouets sucés. L’incubation est longue : 4 à 6 semaines et les symptômes
évocateurs : fièvre élevée, angine, polyadénopathies, hépatomégalie, oedèmes
palpébraux, rash érythémateux variés généralisés et fugaces. Les atteintes
neurologiques ou hématologiques sont possibles. Le diagnostic peut être confirmé
sérologiquement sauf chez un tiers des enfants en bas âge et est signé par
l’augmentation des cellules mononuclées hyperbasophiles à l’hémogramme. La
guérison spontanée est la règle. Les formes graves, exceptionnelles, ne sont pas
forcément associées à des déficits immunitaires (43).
7.3.6. Otite
L’otite moyenne aiguë est très fréquente : aux États-Unis, deux tiers des enfants
de moins de deux ans en auront au moins une. C’est la deuxième maladie
infectieuse de l’enfant après la rhinopharyngite. Chez les anglo-saxons, le
pneumocoque est le germe prédominant tandis qu’en France, on retrouve plutôt
Hémophilus Influenzae. Une fièvre modérée apparaît dans un à deux tiers des cas
et l’otalgie n’est pas toujours présente. L’otoscopie permet le diagnostic. Le
traitement est antibiotique par voie orale et la paracentèse ne doit pas être
systématique. Le risque en cas de non-traitement est la déchirure du tympan et
l’ouverture d’une porte d’entrée aux méningite et bactériémie. Les récidives se
voient essentiellement chez les enfants de moins de 2 ans (45).
7.4. Zoonoses
7.4.1. Borréliose de Lyme
Il n’existe pas de relevés épidémiologiques en France sur la borréliose de Lyme
chez l’enfant. La borréliose existe cependant et l’enfant âgé de 5 à 15 ans reste un
sujet à risque lors de jeux, promenade ou stages nature… La France fait partie des
zones endémiques à Borrelia Burgdorferi, surtout dans le Limousin et en Alsace.
Aucune borréliose congénitale n’a pu être prouvée. La notion de piqûre de tique
lors d’une promenade en forêt est souvent établie sans que le patient s’en rappelle
le site exact. La manifestation clinique la plus fréquente est l’érythème migrant
avec des lésions rouges à violacées de plus de 5 cm de diamètre et qui progressent
de façon centrifuge. L’arthrite de Lyme touche le genou dans 9 cas sur 10 (46). La
paralysie faciale tant redoutée par le grand public n’est relevée que dans 7 % des
cas. La problématique du diagnostic, par culture du germe ou sérologie, est due
16 ■ PÉDIATRIE
La prévention passe par la vaccination des femmes enceintes (deux doses avant
l’accouchement) ou en âge de procréer. Le traitement est étiologique avec une
antibiothérapie (Pen G), une sérothérapie en intrathécale, une vaccinothérapie,
des soins locaux à la plaie et un traitement symptomatique qui met l’accent sur
l’isolement sensoriel, les sédatifs et les myorelaxants, l’oxygénation si nécessaire,
la prévention des thrombo embolies, une hydratation et une nutrition par sonde
nasogastrique.
8. SIDA (51)
Trente ans après les premiers diagnostics de SIDA chez l’enfant, la situation des
malades infectés est stable dans les pays à forts revenus grâce aux traitements
antirétroviraux et le risque de transmission mère-enfant est désormais quasi nul si
le suivi de la parturiente est adapté. Il est effectivement établi que la
contamination a lieu principalement à l’accouchement. Le taux de femmes sous
prophylaxie augmente depuis 1995 et le taux actuel de transmission à la naissance
est actuellement de 0,5 % en France. Parallèlement, la multithérapie permet
d’éviter le décès dans les quatre premières années de vie et il n’y a plus aucune
mortalité parmi les enfants infectés nés après 2008 en France. Revers de la
médaille, certains effets secondaires du traitement maternel se voient chez
l’enfant non infecté mais exposé in utéro à la toxicité médicamenteuse.
La situation est évidemment inverse dans les pays dont le système de santé est
moins développé.
9. Conclusion
On ne peut donc pas vraiment parler de « grand retour » des maladies
infectieuses de l’enfant étant donné qu’elles n’ont jamais été entièrement sous
contrôle à l’exclusion de la variole. Les réémergences sont nombreuses mais
limitées dans le temps et l’espace grâce à une bonne couverture vaccinale et à des
systèmes de soins accessibles dans les pays industrialisés. Par contre, dans les pays
à faibles revenus, les maladies infectieuses de l’enfant restent un réel problème de
santé publique car un risque élevé de mortalité y est associé si aucune vaccination
suffisante n’est mise en œuvre ou que les conditions d’hygiène demeurent
inadéquates. Les chances de survie d’un enfant infecté ne sont dès lors pas
comparables selon la contrée dans laquelle il vit.
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